Attaque à mains armées au Nord-mali : L’aide de camp du gouverneur de Kidal enlevé et passé à Tabac

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L’aide de camp du gouverneur enlevé et passé à Tabac par des bandits armés.

Aujourd’hui tout porte à croire qu’il n’est pas souvent agréable de s’aventurer loin de la ville de Kidal. Si la route Gao-Kidal est sans danger majeur, la situation est souvent tout autre entre Kidal et Tessalit d’une part et d’autre part entre Kidal et Abeibara. Des bandits armés en quête de proie y circulent couramment.

L’aide de camp du gouverneur en a fait les frais. C’était le week-end dernier quand il est tombé sur une meute de bandits armés égarés.

Il rentrait chez lui à Kidal, de retour d’une mission quand il a été surpris, au détour d’un virage, par une bande d’éléments armés et enturbannés à bord d’un véhicule tout terrain. La scène survint à une quarantaine de Kilomètres de la ville de kidal.

Après lui avoir retiré son arme (une Kalach), ils lui ont roué de coups, le laissant pour mort sur la route avant de disparaître dans la nature. Revenu à lui-même après de sacrés sales moments où il avait eu peur pour sa vie, l’aide de camp très diminué, a longtemps déambulé d’un point à un autre, d’une voie à une autre avant de retrouver difficilement les siens à Kidal.

Cette agression de l’aide de camp du gouverneur n’est qu’un cas parmi tant d’autres, raconte une source habituée de la route.

Depuis l’accrochage survenu entre bandes armées du Mali et Salafistes d’Algérie, l’insécurité s’est amplifiée dans la région. Les insurgés du 23 mai, coupés de leur base arrière et de leur source d’approvisionnement en vivre et divers, ont décidé de revoir leur stratégie. Certains se sont convertis dans la razzia  tout au long des grandes routes. Toujours est-il, que ses actes ont lieu à quelques Kms de la ville de Kidal. Il est craindre que des actes de ce genre ne se multiplient à l’heure où l’armée malienne a décidé d’alléger son dispositif dans la région. Nous y reviendrons.

 

Réunion d’urgence au gouvernorat de Kidal

Une rencontre d’urgence a réuni lundi dernier, autour du gouverneur Ag Ilyène, les chefs militaires de la région de Kidal en vue de trouver une solution à la recrudescence des actes de banditisme dans la région.

S’il est vrai que le banditisme a de tout temps été un fait courant dans la région, force est de reconnaître que les récents agissements des bandits ont donné du fil à retordre aux autorités. Les attaques, nous a-t-on dit, ont tous eu lieu pas très loin de la ville de Kidal, pourtant réputée trop militarisée.

Le gouverneur de Kidal a instruit aux chefs militaires de faire preuve de vigilance et d’efficacité dans la région pour éviter que de tels actes puissent se reproduire.

Abdoulaye DIARRA

Des officiers supérieurs de l’armée algérienne à Kidal

Des officiers supérieurs de l’armée algérienne séjournent depuis quelques jours à Kidal. Leur mission, à en croire de source proche de l’armée, est de rétablir le climat de confiance entre l’Etat et l’alliance du nord. En terme de confiance, c’est bien entre l’Etat malien et l’Etat algérien. Chacun de son coté a, dans les mains, une patate chaude. Coté algérien c’est la Salafistes, irréductibles depuis de longues années et dont le champ d’action est désormais le territoire malien. L’Etat malien s’était proposé de les bouter hors de son territoire. Mais, comme on le sait il est question, à propos des Salafistes, d’une hydre à plusieurs têtes. L’armée malienne a revendiqué avoir poussé dans ses derniers retranchements, jusqu’au Tchad, le Para chef salafiste. L’armée malienne s’efforçait, tant bien que mal, à surveiller la frontière avec l’Algérie. Mais c’est les moyens qui manquaient le plus jusqu’au jour où, un certain 23 mai, le Mali a eu sous les mains sa propre patate chaude.

Des insurgés Touareg maliens dont certains sont des déserteurs de l’armée malienne ont en effet pris le maquis ce 23 mai 2006. Le théâtre de leur opération est la frontière avec l’Algérie. Cette dernière s’implique dans la crise ainsi ouverte au Mali jusqu’à la signature en juillet des accords appelés Accords d’Alger entre gouvernement et insurgés Touareg maliens. L’Algérie est partie à l’Accord avec le statut de médiateur.

Les insurgés Touareg maliens n’ont trouvé mieux à faire que de s’attaquer aux Salafistes algériens. Un clin d’œil de trop à l’endroit des autorités algériennes de la part des insurgés maliens. L’ouverture des hostilités entre insurgés maliens et insurgés algériens a mis mal à l’aise la partie algérienne, médiatrice de surcroît. Ajourez à cela qu’il est de notoriété publique que l’Algérie fournit aux insurgés maliens, réfugiés dans les grottes, une aide bien au-delà de l’humanitaire simple. Et ce fut une raison suffisante pour ces insurgés maliens de faire la guerre contre las Salafistes en lieu et place de l’Algérie.

A ce niveau donc de la réalité des choses sur le terrain, il n’y aurait que des militaires pour prendre en charge des questions liées aux relations entre les deux Etats, malien et algérien. Nul doute que l’Algérie dispose d’argument majeurs pour raisonner les insurgés maliens. On nous append que des rencontres sont prévues dans les jours à venir entre ces algériens et ces insurgés.  

A. Diarra

 

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