ESCARMOUCHES AU FRONT NORD : Kidal s’achemine-t-elle vers un enlisement ?

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En dépit de l’installation du comité de suivi et l’arrivée quasi simultanée de certains délégués de l’Alliance du nord, les deux parties, l’Etat malien et les insurges peinent à accorder leurs violons. Le député de la région de Kidal, un des proches des insurgés de l’Alliance du 23 mai a été pris à parti par un détachement de l’armée malienne. Son cortège aurait dans la foulée reçut quelques coups. Heureusement, il y a plus de peur que de mal. Cet incident, premier du genre, depuis la signature de l’Accord d’Alger a davantage crispé une situation déjà tendue à Tégharghat.

Actuellement, la situation de Kidal, n’est pas différente de celle qui prévalait aux premiers jours des événements du 23 mai. La population a loin d’être rassuré.

Il est connu que l’Alliance du nord avait fait du départ des renforts de Kidal leur première exigence. En retour, l’état avait exigé la remise des armes enlevées dans les garnissons de Kidal et Menaka.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. L’armée reste toujours à Kidal et adopte une position désormais plus qu’attentiste. Les insurgés de leur côté soufflent le chaud et le froid à la fois. Pour combien de temps.
«Contrairement à ce que les gens pensent, l’armée va jalousement garder ses positions, partout, où elle se trouve au Mali». Ses propos sont du président ATT. C’était au cours de la remise des équipements opérationnels à l’armée malienne.

Le département de la Défense qui avait servi de cadre à cette cérémonie, a réuni tous les états majors et les hauts gradés de l’armée malienne.

C’est en présence de ses camarades d’armes que le président ATT est sorti de ses gonds pour marteler sur un ton de fermeté, digne de militaire. Sans vouloir nommer la situation qui prévaut à Kidal, ATT, après avoir félicité l’armée malienne pour ses nombreuses missions à l’extérieur, avertit «l’armée, contrairement à ce que les gens s’imaginent, ne va pas céder ses positions, elle va jalousement les garder…». N’est ce pas un signal fort, à ceux qui ont dénoncé la signature de l’Accord d’Alger, mais aussi aux insurgés du 23 mai.

En tout cas, la situation loin de se débloquer est sur le point de s’enliser. La réalité du terrain semble avoir pris le pas sur la bonne foi des autorités de vouloir à tout prix faire la paix.

Il reste à dire aux militaires retranchés au niveau des postes de contrôle d’arrêter d’ouvrir le feu sur la population. Ils connaissent là où se trouvent les rebelles. Ils n’ont qu’à s’y rendre pour leur entraînement au tir.

Abdoulaye DIARRA

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