Sans Tabou: DDR, la bombe à retardement !

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Au Mali, alors que l’insécurité fait rage sur toute l’étendue du territoire, le processus de désarmement et de réintégration de 63 000 combattants recensés suite à la signature de l’Accord pour la paix, en 2015, n’a pu commencer faute de moyens. Au lieu de s’attaquer à cette question préoccupante qui constitue une bombe à retardement, c’est l’État du Mali qui est mis sous pression pour accélérer des réformes institutionnelles rejetées par une importante partie de la classe politique.

Dans le souci de faire bouger les lignes, les autorités nationales proposent l’organisation d’un dialogue politique national, dont les termes de référence ne font toujours pas l’unanimité, malgré les multiples rencontres entre acteurs.

Entre le gouvernement et les acteurs socio-politiques, notamment ceux de l’opposition, l’on est encore loin d’un consensus autour de ce dialogue. Le gouvernement, dans les TDR, estime que ce ‘’dialogue politique inclusif ne sera point une « conférence nationale souveraine, non plus une porte ouverte à la mise en veilleuse des institutions actuelles et leur remplacement par un régime de transition… ».

De son côté, les partis politiques et regroupements de la société civile plaident pour un espace qui doit ‘’traiter toutes les questions d’intérêt national et regrouper tous les acteurs’’. Aussi, son format doit-il être décidé de manière partagée : « il ne s’agit donc pas de traiter quelques problèmes que règlent les soucis des tenants du pouvoir et dont la mise en œuvre des solutions ne conduirait le pays qu’a une nouvelle impasse ».

Les discussions sont toujours en cours et la participation de l’ensemble des acteurs à ce dialogue susceptible de poser les jalons des réformes tant attendues est loin d’être garantie.

Entre temps, la liberté des combattants en arme constitue une véritable bombe à retardement pour le Mali et tous ses voisins. Car, les différents rapports de l’ONU sur le Mali établissent clairement ‘’la collusion de certains éléments des groupes armés avec des groupes terroristes, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, le JNIM’’. À Kidal notamment, les experts de l’ONU, dans le cadre du régime des sanctions, détaillent : ‘’…les très lucratifs trafics–de migrants, de cannabis ou de cocaïne – auxquels s’adonnent dans le Sahel certaines personnalités connues, selon leur enquête : acteurs politiques, mais aussi complices de réseaux criminels actifs de la Mauritanie au Niger et de la Guinée-Bissau au Sénégal’’.

Aujourd’hui, comme en 2013, l’intégrité territoriale du Mali est plus que jamais en cause, malgré la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, des pans entiers du territoire national échappent toujours à l’exercice de l’autorité de l’État central. L’érection de la région de Kidal en grand symbole de la défiance de l’Etat et sa sanctuarisation qui continue, sont assez illustratives.

À ce jour, bien qu’ayant connu un début, le DDR peine toujours à être effectif.
Il faut reconnaitre avec cet analyste et homme politique, Mamadou Lamine SIBY que de la signature de l’Accord en 2015 à nos jours, les groupes armés n’ont jamais laissé entrevoir un quelconque signe exprimant leur désir du vivre ensemble. Il n’y a jamais eu d’aveu sur les massacres d’Aguel’hoc, jamais de pardon demandé aux citoyens durement touchés par ce conflit armé.

Par Sidi DAO

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