Burkina Faso-Musique: Un album en mémoire au président Thomas Sankara

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OUAGADOUGOU, 28 décembre (XINHUA) — L’artiste musicien burkinabé du nom de Karim Sama alias "Sams K. le Jah" a présenté, jeudi à Ouagadougou, son nouvel album intitulé "une bougie pour Thomas Sankara".

Sur un total de 10 titres que compte l’album, quatre sont dédiés au père de la révolution burkinabé, le président Thomas Sankara.

Il s’agit de "Pour que vive sa mémoire", "Thomas Sankara feat Sams K. le Jah", "Sankara du Burkina"et "Sankara, la prophétie".

La date initialement choisie pour la dédicace de l’album était le 21 décembre dernier, correspondant à la date de naissance du président Sankara, né le 21 décembre 1949.

Au cours de la conférence de presse qu’il a animée à ce propos, l’artiste a fait comprendre que compte tenu du mouvement de protestation des militaires cela n’a pas été possible. Sams K. le Jah a fait remarquer que la réalisation de cet album participe à briser la peur de l’évocation de la mémoire de Thomas Sankara.

Source:
XINHUA

SANKARA: LA CHRONOLOGIE

21/12/49 : Naissance de Thomas Sankara à Yako

05/08/1960 : Proclamation de l’indépendance.

03/01/66 : Insurrection populaire contre le régime de Maurice Yaméogo. Lamizana est porté au pouvoir.

10/66 : Après avoir obtenu le BEPC, thomas réussit le concours d’entrée au PMK qu’il intègre à la rentrée.

01/10/69 : Thomas Sankara intègre l’académie militaire d’Antsirabé.

1972 : Sankara assiste à Madagascar à la Révolution de mai qui renverse le régime néo-colonial de Tsiranana. Il rentre en Haute-Volta la même année, puis va faire un stage de parachutisme en France, à Pau

Septembre 1973 : Création de la LIPAD, Ligue Patriotique pour le Développement. 08/02/74 : A la suite d’une crise parlementaire, le Général et Président Lamizana suspend la constitution et dissout l ‘assemblée nationale.

16/12/74 : Affrontement militaire entre le Mali et la Haute Volta pour une bande de terre. Thomas Sankara réussit une percée avec ses hommes.

1976 : Sankara prend la direction du CNEC (Centre National d’Entraînement Commando à Pô).

Août 1977 : Création de l’OCV, (Organisation Communiste Voltaïque).

Janvier 1978 à mai 78 : Thomas Sankara effectue un stage au centre de formation de parachutistes à Rabat au Maroc.

14/05/78 : Election présidentielle. Après avoir été mis en ballottage, Lamizana est élu au second tour avec 56,2% des votants.

21/07/78 : Création par thomas Sankara d’une organisation clandestine militaire dénomé " l’arête ". Il y est dit dans le préambule du règlement intérieure : " Son but est de rechercher, regrouper, organiser tous les officiers et éventuellement tous les voltaïques qui, par leurs idées progressistes et leurs actions, sont susceptibles de lutter sincèrement pour un changement politique et social réel au profit des masses populaires voltaïques. L’adhésion à ce groupe exclut l’appartenance à toute autre organisation politique "

01/10/78 : Création du Parti Communiste Révolutionnaire Voltaïque (PCRV).

21/07/79 : Mariage de Thomas Sankara avec Mariam Sermé.

14/10/79 : Création de l’ULC, Union de Lutte Communiste.

25/11/80 : Coup d’Etat du CMRPN dirigé par le colonel Sayé Zerbo.

13/09/81 : Invité par Saye Zerbo à prendre le poste de secrétaire d’Etat à l’information, Sankara refuse d’abord, puis finit par accepter sous la pression de ses camarades officiers.

31/12/81 : Retour au pouvoir de Rawlings au Ghana après un nouveau coup d’Etat. Il s’attaque résolument à la corruption.

12/04/82 : Le secrétaire d’Etat à l’information Sankara démissionne en signe de protestation contre les atteintes aux libertés, il est aussitôt consigné dans la garnison de Dédougou.

7 /11/82 : Un coup d’Etat militaire dont le véritable initiateur est le colonel Somé Yoryan renverse Saye Zerbo ; après de longues discussions, le nouveau Conseil provisoire du salut du peuple (CPSP, plus tard Conseil du salut du peuple, CSP) désigne le médecin-commandant Jean-Baptiste Ouédraogo comme président. Sankara et ses amis officiers n’ont pas participé au coup d’Etat.

11/01/83 : Thomas Sankara dévient premier ministre.

26/03/83 : Discours de Sankara à un meeting de masse à Ouagadougou.

17/05/83 Coup de force de l’aile conservatrice du CSP ; arrestation de Sankara, du cdt Lingani ; Zongo, qui a échappé à l’arrestation le matin, doit se rendre, mais Compaoré peut s’échapper et rejoindre la base des commandos de Pô dont il a le commandement et y entrer en dissidence.

20/05/83 : Dans les rues de Ouagadougou, d’immenses manifestations réclament la libération de Sankara. Le 27, J.B. Ouédraogo est contraint d’annoncer qu’il va libérer les prisonniers politiques, mais en fait, ils restent en résidence surveillée, et la protestation continue.

04/08/83. Les commandos du CNEC dirigés par Compaoré montent de Pô et le gouvernement de J.B. Ouédraogo est renversé. Le Conseil national de la révolution (CNR) prend le pouvoir et désigne Sankara comme président. Dans son premier discours radiodiffusé au pays, le nouveau président appelle à la formation immédiate et partout de Comités de défense de la révolution (CDR).

24/08/83 : Le premier gouvernement du CNR est constitué. On y compte 5 membres du PAI, 3 membres de l’ex-ULC et les 3 militaires qui avec Sankara seront appelés les 4 chefs historiques de la révolution.

03/01/1984 : Première session des Tribunaux populaires de la révolution (TPR). Parmi ceux qui comparaissent se trouve l’ex-président Lamizana qui sera acquitté. Les audiences sont radiodiffusées.
Février : Le CNR abolit tous les paiements et corvées obligatoires envers la chefferie.20-22/03/84 : Grève des enseignants du SNEAHV. 1 500 enseignants sont licenciés par le CNR

23/04/84 : Thomas Sankara convoque un conseil des ministres pour tenter de révenir sur le licenciement des enseignants grévistes mais la mesureest maintenue.

28/05/84 : Sept personnes accusées d’avoir fomenté un complot sontfusillées.

02/10/84 : Sankara présente au nom du CNR le Discours d’orientation politique (DOP). 21/05/84 : Première crise ouverte avec le PAI. Le ministre de la jeunesse et des Sports est limogé pour avoir voulu organiser la commémoration des manifestations de mai 83 en dehors des CDR.

10/08/84 : Création de l’UCB, Union des Communistes burkinabé par le regroupement de petits groupes d’intellectuels.

04/08/1984 : 1er anniversaire de la révolution avec défilé des milices populaires à Ouaga. La Haute-Volta change de nom et devient le Burkina Faso, ou pays des hommes intègres (mots empruntés aux trois langues les plus parlées, le moré, le dioula et le peulh). La terre et les ressources minières sont nationalisées.

01/10/1984 : Le CNR abolit l’impôt de capitation et lance sur trois mois le Programme de développement populaire.

04/10/84 : Discours de Thomas Sankara à la tribune de la trente-neuvième session de l’Assemblée générale des Nations Unies.

25/11/1984 : Début d’une campagne de 15 jours de vaccination de tous les burkinabè de moins de 15 ans contre la méningite, la fièvre jaune et la rougeole, avec la participation de volontaires cubains. 2 500 000 enfants sont vaccinés.

03/12/1984 : Conférence nationale sur le budget à Ouagadougou avec la participation de 3 000 délégués. Elle adopte la proposition de réduire les salaires des hauts fonctionnaires de l’équivalent d’un mois de salaire, ceux des autres fonctionnaires de l’équivalent d’une dizaine, pour assurer le financement des projets de développement

31/12/1984 : Sankara annonce la suppression des loyers pour l’année 1985 pour les logements d’habitation et le lancement d’un programme de construction de logements.

01/02/1985 : Début de la bataille du rail pour construire un nouveau chemin de fer de Ouagadougou à Tambao dans le nord.

25/12/85 : Seconde guerre contre le mali qui opère des bombardements aériens. Plus de 100 morts de part et d’autres. Le 29, le cessez-le feu est signé.

Février -avril 1986 : Campagne d’alphabétisation en langues nationales qui concerne env. 35 000 personnes dans les zones rurales.

31/03/1986 : 1ère conférence nationale des CDR.

07/05/86 : L’UCB, l’ULCR, le GCB, et l’OMR signent une déclaration commune s’engageant à œuvrer au sein du CNR pour l’édification d’une organisation unique d’avant-garde.

03/09/1986 : Discours au sommet du Mouvement des pays non-alignés à Harare.

17/11/1986 : Le président français François Mitterrand, à Ouagadougou. Devant lui, Sankara critique les liens de la France avec le régime de l’apartheid en Afrique du Sud.

21/08/87 : Lettre de Thomas Sankara invitant les différents ministères à reprendre les enseignants licenciés et certains fonctionnaires dégagés. Il propose la libération de Touré Soumane mais n’est pas suivi.

03/09/87 : Réunion particulièrement tendue de l’OMR. Il y est question des tracts orduriers qui circulent en ville et s’en prenne à Thomas Sankara et à sa famille. Thomas Sankara déclare que leurs auteurs sont présents. Blaise Compaoré s’emporte alors et se plaint que la réunion ait été convoquée pour l’accuser.

08/09/87 : Le 8 septembre se tient une réunion de l’OMR où est décidé le retrait de tous les militaires de l’UCB.

21/09/87 : Le bureau politique du CNR décide de se doter d’un programme politique qui doit servir de base de travail à l’unification des organisations membres du CNR.

01/10/87 : Réunion des 4 " chefs historiques ". Thomas Sankara leur propose de repartir ensemble mais il n’est pas suivi.

02/10/87 : cérémonies d’anniversaire du 4ème anniversaire de DOP à tenkodogo dans une atmosphère lourde. On craint un attentat. Le représentant des étudiants critique l’ouverture politique prônée par Thomas Sankara.

08/10/87 : Sankara propose une réunion aux 3 autres " chefs historiques " Lingani décline l’invitation. Thomas Sankara se plaint de la situation créée après le meeting de tenkodogo. Devant le silence des deux autres, Thomas Sankara se lève et claque la porte. Il téléphonera le soir à son ami pour s’en excuser.

08-10/10/87 : Forum contre l’apartheid à Ouagadougou.

13/10/87 : Réunion de l’OMR qui entérine la décision de retrait de tous les militaires de l’UCB.

15/10/87 : Sankara et 12 collaborateurs sont assassinés par un détachement militaire ; Blaise Compaoré prend le pouvoir, dissout le CNR qu’il remplace par un Front " populaire " du 15 octobre. L’appel à des manifestations de soutien tombe dans le vide. Au contraire, le lendemain matin et les jours suivants, des milliers et des milliers de Burkinabé se rendent sur la tombe de Sankara et condamnent ainsi le crime.

Source : Archive Bendré ;
Biographie de Thomas Sankara de Bruno Jaffré

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