ATT à la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux, hier, au CICB : “Je suis pressé de partir. Je fais les réformes pour celui qui viendra en 2012”

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    C’est un ATT toujours gai et adepte d’histoires drôles, comme pour démentir les rumeurs persistantes sur son état de santé, qui s’est adressé à l’ensemble de la famille judiciaire réunie à l’occasion de la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux, hier, au Centre international de conférences (CICB) de Bamako. Devant un parterre de personnalités, parmi lesquelles le Premier ministre Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, des membres du Gouvernement et des présidents d’institutions de la République, le président de la République, tout fraîchement revenu du pèlerinage à la Mecque, est apparu offensif, clair et tranchant sur sa volonté de quitter le pouvoir en 2012 ; en disant : " Je suis pressé de sortir. Je ferai tout pour que les élections de 2012 soient démocratiques et que je parte correctement. Je le fais pour moi même… ". Fin des rumeurs et préjugés ? On serait tenté de le croire.

    C’est le président de la Cour Suprême, Nouhoum Tapily, qui a ouvert le bal des orateurs à cette rentrée solennelle des Cours et Tribunaux 2011-2012 dont le thème a porté sur "Le rôle du juge dans la réussite du processus électoral". Un sujet d’actualité quand on sait que l’année 2012 est celle des élections référendaire, présidentielles et législatives.

    Le président de la République, président du Conseil Supérieur de la Magistrature ne pouvait donc retenir meilleur thème que celui-ci, compte tenu de l’importance d’élections transparentes pour une démocratie encore balbutiante comme la nôtre.Où parfois le rôle du juge dans le processus électoral est soit méconnu soit extraverti.

    En tout cas, incompris pour la plupart des citoyens qui assimilent parfois l’intervention du juge électoral comme un…3ème tour. C’est vrai que dans notre pays, le passage devant monsieur le juge électoral a été l’occasion, dans plusieurs cas, de renverser les résultats.

    C’est ainsi qu’on a vu certaines personnes  passées députés à la grande surprise de leur propre électorat. Ici, à Bamako comme à l’intérieur du pays. Ce qui a, d’ailleurs, fait dire par l’un des intervenants au cours de cette rentrée solennelle des Cours et Tribunaux que ce sont là des députés cooptés, pour le commun des citoyens.

    Rappelons que la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux 2010-2011 avait eu comme thème : "L’exercice du droit de grève- Forces et faiblesses".

    C’est dire combien l’autorité judiciaire reste collée à la réalité. Cela afin notamment de faire partager les préoccupations du temps avec l’ensemble des couches socioprofessionnelles de notre pays.

    Pour le président de la Cour Suprême, "dans nos pays, les élections se présentent souvent comme un problème réel". Aussi, a-t-il appelé "chaque acteur à jouer sa partition en toute impartialité…Dans la mesure où chaque maillon du processus est essentiel pour sa réussite".

    Le juge étant, selon lui, au début et à la fin du processus, il doit être en mesure "de se départir de considérations politiques ou partisanes". Nouhoum Tapily a insisté sur le fait que "le juge ne doit subir aucun trafic d’influence, ni aucune pression financière, politique ou sociale". ‘’ Je ne doute point que le juge assumera son rôle’’, a-t-il souligné en concluant son intervention.

    Quant au président de la République, président du Conseil Supérieur de la Magistrature, il a souligné le fait que les différents intervenants ont eu à mettre l’accent "sur les lourdes responsabilités qui pèsent sur les épaules du juge en matière électorale et la crainte de voir devenir à lui seul, un "troisième tour de scrutin" au vu des irrégularités sanctionnées soit en amont soit en aval des élections".

    Pour le président ATT, ces inquiétudes sont légitimes, en ce qui concerne la tenue régulière des pièces d’exécution par les juridictions ; les décisions de justice quelques fois contradictoires des différentes juridictions compétentes en matière du contentieux électoral ; les cas de fraude et de corruption susceptibles de fausser le libre choix des électeurs lors de l’inscription sur les listes électorales, lors de la campagne électorale ou encore au moment du vote.

    C’est donc la raison fondamentale qui fait qu’il est attendu du juge des décisions saines qui garantissent la stabilité, la paix et la cohésion de la Nation.

    L’indépendance et l’impartialité que lui impose son serment guideront, selon le président ATT, son action en matière de contentieux électoral.

    Pour le président du Conseil Supérieur de la Magistrature, ces questionnements interpellent tous les acteurs du processus électoral et singulièrement l’ensemble de la classe politique. Si c’est vrai que le juge est le maillon essentiel du processus, pour le président ATT "le juge concourt avec d’autres acteurs, notamment la CENI, les partis politiques, la société civile et la presse. Aussi, a-t-il appelé ces différents acteurs" à assumer toute leur part de responsabilité pour des élections apaisées".

    Parlant du projet de réformes qui sera soumis au référendum du 29 avril prochain, le président ATT a soutenu la nécessité d’une telle révision de notre Loi fondamentale. D’où l’appel qu’il a lancé afin que ses compatriotes puissent se prononcer«oui»sur ledit projet à l’issue du couplage du référendum avec le premier tour de l’élection présidentielle de 2012. Il a réaffirmé sa volonté d’organiser des élections démocratiques en 2012 et justifié l’idée de reformes envisagées, à travers ces propos : "C’est la Constitution qui me donne le droit d’interroger les Maliens. Je suis pressé de partir. Je fais les reformes pour celui qui viendra en 2012".

    Le président de la République a lancé une petite flèche dans le jardin de la classe politique et des candidats qui veulent briguer la magistrature suprême su pays, en leur conseillant de s’investir sur le terrain. Car, devait souligner ATT, personne ne sera nommée…Des propos qui, certainement, feront réfléchir tous les acteurs politiques qui rêvent de s’installer à Koulouba en 2012.

    Mamadou FOFANA

     

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