Au secours ! Un Ovni à Bamako !

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    Au secours ! Un fléau nouveau s’abat sur notre ville. Ils appellent ce phénomène  sous d’autres cieux un Ovni. Un Objet volant non identifié. Ou quelque chose comme ça. C’est, dans le cas qui nous concerne, un virus  extrêmement dangereux. Et il vole.

    Sa force de frappe est terrible et imparable. Quand il attaque, c’est pas moins de dix jours de calvaire: le nez qui coule et qui finit par devenir douloureux, les yeux qui larmoient, la gorge qui irrite de par la fréquence de quintes de toux sèches, la voix qui s’enroue, la tête qui explose, les courbatures etc. Des manifestations cliniques semblables à celles de la grippe, sauf qu’elles durent beaucoup plus. On ne déplore, heureusement, pas de mort.

    A quoi est dû ce phénomène nouveau dont ne semble apparemment troubler nos autorités sanitaires. Leur silence signifie-t-il qu’elles ne sont pas au courant du phénomène, ou que celui-ci n’a pas atteint à leurs yeux un stade de gravité pour déclencher le système d’alerte ? Seulement voilà : la nature, dit-on, a horreur du vide.

    Comme à l’accoutumée, nos chères autorités préfèrent jouer la politique de l’Autriche, un comportement qui a permis l’essor de beaucoup d’épidémies que nous aurions pu éviter en regardant au contraire la réalité en face. Loin de s’intéresser au phénomène, dès l’apparition des premiers cas, ne serait-ce que pour rassurer la population, elles ont choisi de se taire, laissant le micro libre à Radio Kankan.

    Ainsi apprend-on dans certains milieux que cette forme de grippe est la fameuse grippe aviaire dont on entend tant parler. Allah Ackbar ! Ayez pitié de ces pauvres âmes ! Elles ne savent pas toujours ce qu’elles disent ! Encore qu’elles n’ont pas peur de dieu : n’est pas ces langues pendues qui racontent  par ailleurs que le phénomène qui sévit actuellement à Bamako nous serait venu tout droit de la Mecque, au terme du hadj, dans les bagots des pèlerins. Mais, il y’a une troisième catégorie de spéculateurs : elle tente, elle, d’établir un rapport de cause à effet entre la dégradation constatée dans l’atmosphère ces derniers temps (lire Encadré ci-dessous)
    Lanfia Sinaba

    Deux mots de Monsieur météo

    À quoi ce phénomène est-il dû? Quelles en sont les conséquences ? M. Almahadi S. Maïga, chef du centre météorologique principal de Bamako Sénou a bien voulu répondre à nos questions.

    Comment expliquez-vous le phénomène climatique qui règne actuellement, en tout cas dans la capitale. Car depuis quelques jours, les Bamakois ont constaté une dégradation de l’atmosphère ambiante se manifestant par une sorte d’écran de poussière et de fumée.

    Almahadi S. Maïga – La poussière aperçue en ville en fin de semaine dernière est due aux conditions locales créées par les hommes, les fumées des  voitures etc. Et, ça se localise dans la ville. Car, en dehors de la ville, on n’a pas constaté ce phénomène…Sur le plan météorologiquement significatif, ce n’est pas du soulèvement de poussière‘’.

    Ah, tiens donc !  Mais qu’est-ce qui devrait alors se passer  pour qu’il en soit ainsi ?

    Les soulèvements de poussière sont dus à un vent fort et troublant qui circule sur une surface nue, enlevant les débris et les transportant sur de longues distances. Sur le plan météorologique, ces soulèvements de poussière provoquent la réduction de la visibilité. Or, cette visibilité est un paramètre dont doivent tenir compte tout ceux qui voyagent, par transport aérien ou terrestre. En début Janvier 2007, il avait été constaté des situations de poussières étendues qui ont duré quelques jours. Mais, en ce moment précis, il n’y a pas de situation critique, météorologiquement parlant.

    Nous suivons et surveillons les poussières de grandes étendues : telle cette vague de poussière qui était présente au Niger à l’Ouest du Mali, à la date du 25 décembre 2006. Elle est arrivée à Bamako le 31 décembre 2006 en passant par Ségou. Il y eu un autre cas à la date du 2 janvier 2007 : l’ensemble du territoire de l’Afrique occidentale jusqu’en Mauritanie était couvert de poussières.

    En clair, pour nous résumer, les soulèvements de poussières que nous surveillons sont dus à un renforcement de vent. Lequel, à son tour, est dû à d’autres phénomènes météorologiques comme les basses et hautes pressions. Le vent ainsi renforcé soulève la poussière qui, déversée sur l’ensemble des zones, peut créer des réductions de visibilité. Et ces réductions de visibilité ont des impacts sur la circulation aérienne et  le transport terrestre. A la date d’aujourd’hui 30 janvier 2007, il n’y a aucune poussière en  terme météorologique selon les prévisions sur notre carte des données. Nous recevons des informations venant d’Afrique et d’Europe toutes les trois heures par jour.

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