Le professeur Ali Nouhoum Diallo sur le projet de réformes constitutionnelles : «Si jamais ce projet passe, c’est une royauté qui ne dit pas son nom»

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    Depuis, la publication du fameux rapport  du comité d’appui aux réformes institutionnelles (CARI) présenté par Daba Diawara et visant à modifier la constitution, les politiciens, la société civile ne cessent de nourrir des débats à ce propos. C’est ainsi que les Boucliers de la Démocratie (B-DEM) pour la commémoration de son premier anniversaire, a organisé une conférence débat, le 24 juillet au centre Djoliba sur le thème : "Réflexion sur la révision de la constitution du 25 février 1992".

    Le conférencier, Docteur Cheick Tidian Cissé au cours de son intervention a souligné que la relecture de la constitution du 25 février avait été initiée par l’ancien Président de la République du Mali, Alpha Oumar Konaré à travers son chef de gouvernement de l’heure, Ibrahim B. Kéïta au cours d’un forum politique national. Suite à ce forum un projet de révision de la constitution fut voté en juillet 2000 par l’Assemblée Nationale (AN). Mais, le référendum constitutionnel fixé en décembre 2001 n’a pas pu être organisé.

    Pour l’orateur, le 31 décembre 2007, le président de la République, ATT à l’occasion de la présentation de ses vœux à la nation, a annoncé sa décision de confier à une haute personnalité la mission de conduire et de réfléchir sur la consolidation de la démocratie au Mali. Un rapport de deux cent trente trois (233) recommandations présenté par le CARI a abouti à un vaste projet de réformes politiques.

    Les objectifs sont nombreux, parmi lesquels on peut citer la   correction des lacunes et des insuffisances  révélées par la pratique institutionnelle de la présente constitution.

    Au regard de ces modifications importantes qui bouleversent l’architecture constitutionnel et le paysage institutionnel, l’on peut s’interroger sur les causes réelles et profondes, le bien fondé et l’opportunité, le coût financier et la portée politique du projet de réforme. 

    Selon le conférencier, on se pose la question de savoir : pourquoi un président en fin de mandat cherche à tout prix à modifier la constitution dans un contexte politico-socio-économique calamiteux ?

    La procédure de la révision constitutionnelle et plus largement celle de l’élaboration du projet de réformes politiques, malgré leur impact sur l’avenir du pays, ont rompu avec la démarche participative adoptée au Mali depuis la conférence nationale de juillet à août 1991. 

    Alors, à quoi serviraient de telles reformes décrédibilisées par leur méthodologie et leur démarche couteuses et inappropriées dans un contexte de pénurie financière mondiale et inopportunes dans leur principe.

    Les orientations et tendances du projet de réformes politiques reflètent des innovations qui s’analysent généralement en des imitations, des reproductions, des copies quelques fois conformes à des constitutions ou à des institutions étrangères.

    Le professeur, Ali Nouhoum Diallo, ex- président de l’Assemblée Nationale après avoir appuyé les interventions du conférencier a enfin apporté des éclaircissements sur certains points du thème de débat. Avant de déclarer que : "si jamais ce projet passe, c’est une royauté qui ne dit pas son nom".        Falé COULIBALY

     

     

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