Litterature : Sidi Alamine Ag Doho livre son « Chagrin nomade »

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    Thématique pertinente, inspiration abondante et riche, etc. les critiques littéraires sont unanimes et  reconnaissent en l’œuvre de l’écrivain un véritable travail de fond.
     
    Directeur de l’école fondamentale de Tarkint au nord de la région de Gao, cercle de Bourem, Sidi Alamine Ag Doho est opérateur de saisie à la maison d’édition « La Sahélienne » au début des années 1990. L’instituteur profite de ce court répit dans sa vie (comme l’affirme-t-il) pour écrire le récit de ses années d’errance. Le pari  gagné est relaté dans un livre intitulé « Touareg, 1973-1997 : Vingt-cinq ans d’errance  et de déchirement » paru en 2010 aux éditions « La Sahélienne » dans la collection « Dune verte ».

    Au cœur de la richesse touaregue

    L’auteur revient dans les librairies avec son nouveau livre « Chagrin nomade », édité par la même maison en collaboration avec « L’Harmattan » dans la collection « Dune verte ». Dans ce livre de 120 pages, Sidi Alamine Ag Doho met en lumière les composantes et les valeurs du monde touareg. « Voici venue l’heure du « tendé » et de son rituel de séduction où l’esprit comme le corps sont mis à l’épreuve. L’enjeu, nous explique-t-il, est de gagner le cœur d’une femme sans troubler la bonne entente entre les campements. Erachante relève le défi ».
    A travers trois histoires, de jeunes touaregs affleurent les usages d’une communauté célébrant autant la culture que la bravoure, la beauté que l’esprit. Pourtant, ces mêmes traditions qui subliment l’amour ne sont pas toujours tendres envers les amoureux et gare à qui voudrait nager à contre-courant. 

    Le contexte de la rédaction de ce livre, nous confie l’auteur, remonte aux années 1994, marquées par la mouvance de la grande sécheresse qui a frappé notre pays, et la mouvance de la démocratie. L’œuvre, qui rappelle le bien-vivre touareg, est une histoire de culture, de bravoure, mais également d’amour. 

    En somme, dans « Chagrin nomade », l’auteur dépeint de manière saisissante une société du paraître dont il dévoile les contradictions par son style intimiste. Dans cette œuvre Sidi Alamine démontre, sans doute, sa nostalgie de ce qu’était la société touaregue, dans la splendeur de ses richesses, où les communautés vivaient en harmonie, et où la richesse des cultures offre aux populations l’aisance de vivre. Aujourd’hui, tout a disparu, regrette-t-il. Précisant en revanche que le livre n’est pas une interpellation. « Je n’aime pas ce terme lorsqu’il s’agit du rôle d’un écrivain, nous répond-il. Expliquant que l’objectif de cette œuvre est de faire savoir que le monde évolue bien avec peu de choses. « Je pose le problème du changement de nos habitudes et de pertes de certains de nos repères…Car l’homme est devenu trop individualiste », remarque Sidi Alamine. Qui annonce prochainement son troisième livre, dont il ne dévoile pas la teneur.

    A signaler que pour cette rentrée littéraire 2011-2012, les éditions « La Sahélienne » arrivent avec six livres, dont celui Sidi Alamine Ag Doho. Les autres livres sont : « Comment meurt l’autre moitié du Mali » de Abdou Traoré dit « Diop », « Le petit théâtre du farfadet », « La messe est dite » de Adama Traoré, « Les Martyrs du tourbillon » de Amadi Hamady Diarra, « Deny et denistar » et « Un 31 décembre » de Salimata Togora.
    I. F. SISSOKO

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