Rentrée solennelle des Cours et Tribunaux 2010-2011 : Plus de 70% des cas de grève sont dus au fait qu'un ministre ou un directeur a manqué d'attention ou de temps pour les partenaires sociaux dixit ATT

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    En effet, c’est le constat fait par le président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature à l’audience de la rentrée solennelle des cours et tribunaux qui a eu lieu, hier lundi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB). Une rentrée judiciaire qui avait pour thème : "L’exercice du droit de grève : forces et faiblesses", présenté par Djibril Kané, juge de paix à compétence étendue de Oueléssébougou.

    Cette audience de la rentrée solennelle des cours et tribunaux, présidée par le président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature, a commencé, d’abord, par la prestation de serment de Fodé Doumbia, magistrat, nommé Conseiller à la Cour suprême.

    Ensuite, l’auditoire a eu droit à l’intervention de la présidente de la Cour suprême, Diallo Kaïta Kayentao, qui a placé cette rentrée judiciaire sous la symbolique du Cinquantenaire de l’indépendance de notre pays. Elle a également tenu à rappeler tout le chemin parcouru par la justice malienne, en général et, par l’institution qu’elle préside, en particulier. 

    C’est ainsi qu’elle n’a pas manqué de saluer tous efforts déployés en faveur de la justice malienne au cours de ces cinquante ans. Dans ce cadre, un hommage appuyé a été rendu au président Amadou Toumani Touré pour "l’attention et la considération qu’il accorde au pouvoir judiciaire".

    Rappelons que le CICB était pavoisé de slogans tels "Oui à l’exercice du droit de grève, non à son abus !", "L’exercice du droit de grève ne doit pas entraver le fonctionnement de l’Etat !" ou encore "Droit de grève, corollaire du droit syndical, tous garantis par la Constitution !".

    Ces paroles, qui revenaient tel un leitmotiv, annonçaient, en effet, la communication de Djibril Kané, magistrat et syndicaliste, portant sur "L’exercice du droit de grève : forces et faiblesses". A l’entame de sa communication, le brillant orateur a planté le décor en posant, d’abord, la question de savoir : "Que faut-il entendre par grève et par droit de grève ?". Après avoir définit la grève "comme une cessation collective et concertée du travail en vue d’appuyer des revendications professionnelles", il ajoutera que le droit de grève, selon le "Vocabulaire juridique", se définit comme "Le droit pour chaque travailleur de participer à une grève sans que sa situation juridique ne subisse d’autre effet que celui qui résulte de la Constitution ou de la loi".

    Pour le rapporteur Djibril Kané, "comparaison n’est pas raison mais, de la même façon que la guerre est l’échec de la diplomatie, la grève est le constat de l’échec ou, au moins, de l’insuccès des négociations collectives du travail". Après avoir, pendant une heure d’horloge, brossé le tableau des différentes causes et différents types de grève, il est parvenu à la conclusion "qu’au Mali, malheureusement, la grève semble, en raison de la pratique, être l’unique moyen de faire triompher les revendications des travailleurs". Pour l’orateur, "l’horizon social n’est jamais exempt de préavis de grève ou de grève donnant, parfois, lieu à des situations ubuesques pour lesquelles chacun à sa part de responsabilité". Quant au président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature, il n’a pas dérogé à la tradition en faisant partager, avec l’assistance, ses meilleurs souvenirs sur de brillants magistrats et avocats à l’instar des regrettés  Alassane Bèye et Me Demba Diallo, appréciés par leur éloquence par toute une génération.

    Avant de déclarer l’année judiciaire 2010-2011 ouverte, le président ATT a salué cette journée comme étant pour lui «un moment privilégié de communier avec l’ensemble des composantes et membres de la famille judiciaire». Il a également profité de cette cérémonie solennelle pour rendre un hommage mérité à "tous ces pionniers, connus ou anonymes, qui ont façonné la magistrature malienne et qui jouissent encore d’un immense respect au sein des populations".

    Le président de la République qui n’a décidément pas sa langue dans sa poche, a saisi l’occasion pour déclarer que plus de 70 % des cas de grève sont dus au fait qu’un ministre ou un directeur a manqué d’attention ou de temps pour les partenaires sociaux.

    Notons qu’à cette rentrée judiciaire étaient présents le Premier ministre Modibo Sidibé, des membres de son gouvernement, des présidents d’institutions de la République, des diplomates, de la haute hiérarchie des Forces armées et de sécurité et, naturellement, une foule des grands jours composée majoritairement de représentants de la famille judiciaire de notre pays.

    Mamadou FOFANA

     

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