Selon le journal Algérien El watan : Bahanga s’apprêtait à reprendre les armes pour perpétrer des attaques sanglantes contre le Mali

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    A en croire le quotidien progouvernemental algérien " Al Watan " l’éternel rebelle  et trafiquant d’armes impénitent  aurait été assassiné lorsque ayant intercepté seul deux 4X4 bourrés d’armements en provenance de la Libye  il intima aux occupants, des jeunes de la région de  Tombouctou, selon toujours " El Watan ", de lui remettre les armes. Son véhicule sera retrouvé, plus tard,  par ses fidèles compagnons, renversé et son  flanc gauche criblé de balles tirées par un Seminov.  Dans une interview qu’il a donnée au même " El Watan " quelques heures avant sa mort, Ibrahim Ag Bahanga avait laissé entendre qu’il s’apprêtait  à reprendre les armes  en vue de perpétrer des attaques dans les semaines qui suivent le Ramadan, comme nous l’avions exactement pressenti dans un précédent article.  Encore une fois,  c’est Dieu même qui a sauvé le Mali si l’on sait que, de son séjour libyen, Bahanga a ramené une importante quantité d’armes et qu’il avait commencé à sensibiliser des centaines de jeunes Touareg pour les rallier à sa cause: la rébellion pure et dure et le trafic des armes.

    ‘est à travers un discours enflammé et très haineux contre l’Etat malien et, suprême surprise, celui qui était considéré comme son protecteur, Mouammar Kadhafi, que le très tristement célèbre  Ibrahim Ag Bahanga s’est exprimé dans les colonnes du quotidien algérien pro-gouvernemental,  El Watan, quelques heures avant sa mort survenue dans des circonstances non encore élucidées. Dans l’interview en question publié par El Watan, le vendredi 26 août,  Bahanga soutient que lors de l’insurrection libyenne quelques centaines de Touareg maliens ont déserté les rangs, d’autres ont rejoint la rébellion libyenne, beaucoup sont revenus dans le nord du Mali  et quelques centaines sont restées dans  l’armée loyaliste.  

    " Les téléphones portables de ces derniers  ont été confisqués. Ils ne peuvent plus communiquer avec le monde extérieur ni entrer en contact avec personne. Ils ne savent pas ce qui se passe autour d’eux. Selon les informations que nous avons obtenues  auprès de nos compatriotes, ceux qui tentent de fuir sont immédiatement exécutés. Nous les considérons comme séquestrés. Nous savons qu’El Gueddafi  recrutait des enfants âgés entre 15 ans et 18 ans et dès le début de la révolution en Libye, il leur faisait croire qu’ils allaient subir une formation militaire et non pas faire la guerre. Une fois sur le terrain, c’était le contraire qui se passait. Il les a fait massacrer à Misrata. Ces enfants ne savaient même pas utiliser  des armes et ils  ne les ont d’ailleurs jamais utilisées. El Gueddafi a commis un crime  en les enrôlant de force  et en exécutant ceux qui tentaient de fuir. Les Touareg  ont toujours souhaité qu’El Gueddafi parte de la Libye, parce qu’il a toujours tenté de les exploiter sans aucune contrepartie " souligne Bahanga dans l’interview.

    Des propos qu’il faut, cependant prendre avec des pincettes. Même si l’on peut comprendre le chant du désamour entre l’éternel rebelle et son ancien maître sur le déclin, le colonel libyen ayant toujours été imprévisible dans ses choix.

    Dans cette crise libyenne en rapport avec l’insécurité dans la bande sahélo-saharienne, l’on n’est jamais à l’abri d’une tentative de manipulation tant les intérêts des acteurs sont complexes, mouvants et souvent divergents. On croit tomber des nues quand Ibrahim Ag Bahanga affirme dans la même interview qu’  " AQMI s’est bien équipée grâce au Mali et certains Etats occidentaux " (sic). Une affirmation dénuée de tout fondement sur laquelle " El Watan " a titré son entretien exclusif avec Bahanga. Les services spéciaux algériens sont-ils passés par-là ?

     

    Est-il vrai que vous vous préparez à reprendre dans les semaines à venir ?

    A cette question d’El Watan, Ibrahim Ag Bahanga de répondre : " Nous sommes dans la phase de sensibilisation et de réorganisation. Beaucoup de jeunes veulent des réponses concrètes et immédiates. Ils s’impatientent. Nous travaillons sur nos revendications et sur nos erreurs ? Ensuite, il faut passer à l’étape la plus difficile. C’est amener Bamako à les prendre en compte, même si c’est par la force des armes ".

    Heureusement pour notre pays  que Dieu le Tout-puissant en a décidé autrement en montrant à Bahanga qu’il n’était  qu’un simple mortel.   Cependant,  la vigilance et  le sens de l’anticipation doivent être de rigueur dans ce dossier sécuritaire à surveiller comme le lait sur le feu. Car dans le même numéro d’El Watan du vendredi 26 août, le journal algérien consacrait un article aux circonstances de la mort de Bahanga, dans lequel on peut relever : "Bahanga s’affairait depuis des mois à préparer le terrain  pour reprendre l’action armée, dans les semaines qui suivent le Ramadan. Les 22 et 23 août, il avait réuni quelques centaines de jeunes cadres dan son QG pour arrêter définitivement une stratégie sur le terrain que ses proches comptent mettre  à exécution dès sa succession. Deux noms circulent, ceux de Mohamed Ould Bibi et Tena. Les compagnons de route du défunt sont les plus fidèles à sa stratégie de reprise des armes".

    Toujours est-il que le discours d’outre-tombe, pourrait-on dire,  de  Bahanga est très dangereux et préjudiciable à la paix et à l’unité nationale. Au moment  ou d’importants projets de développement sont en train d’être mis en œuvre au nord du pays, ils risquent d’emporter dans une aventure à l’issue incertaine de paisibles citoyens qui ne cherchent qu’à vivre dans la tranquillité et en bonne intelligence avec les autres communautés.

    S’agissant en fin des circonstances de la mort de Bahanga,  un proche du défunt interrogé par El Watan de confier : "C’était en milieu d’après-midi, Bahanga avait pris sa Toyota Station et  s’est lancé à leur recherche. (NDLR Bahanga avec ses compagnons les plus fidèles se trouvait ce vendredi dans son fief de Tinassalak lorsqu’il eu l’information selon laquelle deux véhicules tout terrain, à bord une importante quantité d’armes avait franchi la frontière libyenne et se dirigeaient vers la région de Tombouctou). Il n’a pas voulu déplacer tout le groupe, préférant aller vérifier cette information. A quelques dizaines de kilomètres, il a effectivement remonté les traces des deux  véhicules qu’il a interceptés. Les occupants sont des jeunes de la région, dont un est le fils d’un député. Ils n’ont pas voulu lui dire à qui étaient destinées les armes. Il les a sommés de les remettre. Nous ne savons pas ce qui s’était passé par la suite. Lorsque nous avons remarqué que Brahim n’était pas rentré et que son téléphone ne répondait pas, nous sommes allés à sa recherche.   Nous avons trouvé son véhicule renversé et son flanc gauche touché par des balles tirées  par un Seminov. L’ont-ils tué et simulé un accident ?  Nous n’en savons rien. Nous sommes en train d’enquêter sur cette affaire et nous ne voulons pas qu’elle soit utilisée  pour mener des actions de représailles. Il est encore trop tôt pour agir  ".  

    Yaya SIDIBE

     

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