Semaine de l’association des jeunes avocats du Mali : Le clin d’œil aux femmes et enfants détenus de Bollé

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    Le 30 septembre dernier, les responsables de l’association des jeunes avocats du Mali (AJAM) étaient en visite aux centres de détention pour femmes et enfants de Bollé. Sur place, Me Nadia Béoulé Camara et ses collègues se sont imprégnés des conditions de vie des pensionnaires avant de faire des dons.

    Dans le cadre de la 1ere édition de la semaine de l’AJAM, Me Nadia Béoulé Camara accompagnée d’une forte délégation a visité le 30 septembre dernier les centres de détention pour femmes et enfants de Bollé. Au centre de détention et de rééducation pour femmes, les jeunes avocats ont été reçus par la directrice, Mme Maïga Hadidia Maïga, entourée par quelques proches collaborateurs. Après les salutations, la présidente de l’AJAM a rappelé le contexte de cette visite qui se situe dans le cadre de l’exécution du service public de l’avocat. Il s’agit, a-t-elle souligné, de s’imprégner des conditions de vie des détenus en vue d’une meilleure défense de leur droit. Malgré les fautes commises, les détenus ont droit à un traitement humain. La directrice du centre s’est réjouie de cette visite avant de souhaiter la bienvenue à ses hôtes.    

    Première destination des jeunes avocats : la crèche. Vingt-deux enfants y vivent, sous la surveillance d’une monitrice. Ils sont gardés jusqu’à l’âge de quatre ans, pour être ensuite remis à leurs familles respectives ou confiés à une institution spécialisée. Selon la directrice du centre, Mme Maïga Hadidia Maïga, la prise en charge de ces enfants pose un réel problème, Plus grave, Me Nadia et ses collègues apprendront que la monitrice chargée de la surveillance n’émarge pas sur le budget du centre et qu’elle est prise en charge par une Ong bien généreuse.

    Pour accéder au centre où sont gardées les détenues, il faut passer par le sergent chef Assa Condé qui garde jalousement l’entrée avec un œil rivé sur son poste de téléviseur. C’est à la section du fichier qu’on obtient les informations les plus utiles. A la date du 30 septembre, le centre avait un effectif de 116 détenues dont 32 condamnées, 84 prévenues. Par mois, le centre reçoit en moyenne 15 et 35 détenues. Les infractions concernent généralement coups et blessures volontaires, vols, infanticides, abus de confiance, meurtres et escroquerie. Trois des détenues actuelles auraient  épuisé le délai réglementaire de détention provisoire. Selon un responsable du centre, 80% des détenues n’ont pas d’avocat.

    Les détenues sont réparties par le chef de la section fichier et celui de la surveillance entre les chambres en fonction de leur âge et de leur état de santé. Le nombre de détenues par cellule peut varier de cinq à treize en fonction de l’évolution de la population carcérale.

    La tresse : un passe-temps pour les pensionnaires de Bollé
    Les unes sont assises devant la salle. Elles s’offrent une occupation en tressant les unes aux autres. A l’intérieur, d’autres dorment paisiblement. Par manque de lit, certaines se couchent sur terre. De la cellule des fonctionnaires à celle des étrangères, un seul tour suffit pour avoir une forte compassion pour les pensionnaires. A chaque cellule, la directrice se faisait le devoir de présenter la délégation. L’évocation du mot avocat donnait de l’espoir aux détenues dont certaines ne cessaient de rappeler l’impérieuse nécessité de recourir aux services d’un défenseur. Le paludisme et la diarrhée sont les deux maladies les plus fréquentes. Cela est dû à l’état marécageux du centre où stagnent des eaux de pluie. Le centre reçoit des médicaments. Mais le hic est qu’on ne tient pas compte de leurs préoccupations exprimées. Actuellement, souligne la directrice, il y a une crise grave  de moustiquaire. Après avoir pris bonne note des conditions des  détenues, la présidente de l’AJAM a pris l’engagement de les aider. Mais avant de les quitter, elle leur fit don de sucre et de savon.

    La deuxième étape de cette visite a été le centre de détention et de rééducation des mineurs de Bollé où la délégation a été reçus par le directeur, M. Moussa Sarawili Maïga. Selon lui, le centre est polyvalent en recevant des enfants contrevenants et non contrevenants. Le centre comprend six unités : action sociale, santé, formation professionnelle, agro-pastorale, socio-animation, surveillance. Dans ce centre de vingt-et-un locataires au moment de la visite de la délégation de l’AJAM, les auteurs de crime étaient rares. On y trouvait plutôt des cas de vol, de viol, d’abus de confiance, entre autres délits mineurs. Après un moment d’échanges dans son bureau, le directeur conduit les membres de la délégation au service social. A côté, trois jeunes garçons pilaient le mil. Non loin, un garde est couché sur le lit en face d’une femme qui prépare avec un œil vigilant sur sa marmite. Dans le dortoir 2 que la délégation a visité, on compte quelques lits avec un téléviseur accroché au mur. Ici, les encadreurs ont pris le soin de parfumer la salle. La délégation visite la salle des nouvelles technologies de l’information (Nti) où sont exposés quelques ordinateurs, offerts par une association catholique. Pour ne pas le rendez-vous de la mondialisation, les enfants sont initiés aux Nti.

    Le directeur a plaidé  pour un meilleur traitement dans le délai des dossiers au niveau des tribunaux. Après avoir remis quelques cartons de savon et de sucre, la présidente de l’AJAM, Me Camara, a donné quelques conseils aux enfants. Le directeur du centre, visiblement ému par le geste symbolique de la délégation, a dit à ses hôtes du jour : ‘’Ce n’est pas le contenu, mais la manière qui compte. Vous avez un cœur’’, a déclaré M. Moussa Sarawili. Selon lui, c’était la première fois que le centre recevait la visite d’une délégation d’avocats.   
    Par Chiaka Doumbia& Mariam Kéïta

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