Table ronde sur le forum des investisseurs : Les quatre vérités de Zoumana SACKO

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    Soumana Sacko dit Zou, on le sait, n’a pas sa langue dans sa poche.  L’ancien Premier ministre de la Transition malienne vient de prouver, une fois  de plus, que son sobriquet de Zorro l’incorruptible n’est pas usurpé. C’était hier au Centre International de Conférences de Bamako, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du 1er Forum des Investisseurs au Mali où Zou, en sa qualité de Secrétaire Exécutif de l’ ACBF (la Fondation pour le Renforcement des Capacités en Afrique) et, partant, d’invité d’honneur du Forum, a eu l’honneur d’adresser un mot à l’assistance. Comme on pouvait s’y attendre, Zou a saisi l’occasion pour asséner ses quatre vérités et tout le monde en a eu pour son grade.

    A commencer par le Général Kafougouna Koné. "Tout comme la guerre est trop sérieuse pour être confiée au  seul Général Kafougouna Koné, l’économie aussi est trop sérieuse pour  être confiée aux seuls ministres Abou Bakar Traoré, Seydou Traoré et Choguel Maïga. Il faut associer les opérateurs économiques, à travers la CCIM et l’APCAM,  à tout ce qui concerne l’économie,  y compris les négociations avec le FMI et la Banque Mondiale. Ma fondation en a fait son credo" de confier, la mine serrée, mais non sans humour, Soumana Sacko. Plus sérieusement, l’ancien Premier ministre fera remarquer qu’il a  toujours été dit en théorie  que le secteur privé est le moteur  du développement économique, mais que  dans la pratique, personne ne respecte les règles du jeu. Les hauts cadres de l’administration profitent  des privatisations pour se muer  en hommes d’affaires.

     L’Etat ne doit pas être un acteur économique, tout comme les cadres de l’administration doivent se garder de faire des affaires. Avec une telle répartition des rôles, les vaches seront bien gardées et l’économie malienne s’en portera mieux.

    Les opérateurs économiques  en ont eu aussi pour leur compte. Pour  l’ex-Premier  ministre, en fait d’opérateurs économiques, le Mali regorge, à quelques exceptions près, plutôt d’affairistes qui trichent le fisc, la douane…Les bailleurs de fonds ou plus précisément ceux qu’il est désormais convenu d’appeler les partenaires  techniques et financiers n’ont guère été épargnés. Contrairement à ce qu’ils préconisent théoriquement, ceux-ci préfèrent appuyer les pays qui jurent avec la bonne gouvernance, mais qui puent le pétrole. Selon toujours Zou, ce n’est pas le seul volume des investissements qui crée la croissance, mais bien la qualité des ressources humaines, celle du cadre institutionnel, donc de l’environnement institutionnel.

    Le Secrétaire Général de l’ACBF d’inviter ces partenaires techniques et financiers à faire des investissements à grande valeur ajoutée sur le continent noir  pour que la solidarité triomphante dans une Afrique qui gagne ne soit plus un vœu pieu. Un tonnerre d’applaudissements a accueilli cette intervention.                                                     

    Yaya Sidibé

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