L’épervier du 3ème Arrondissement : sa TÊTE mise à prix par les marabouts au service des malfrats

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On les appelait « la bande de l’Ambassade de Chine » parce qu’ils opéraient  fréquemment dans cet endroit propice aux guet-apens. Mais c’est fini. Ce groupe de malfrats, dernière poche de résistance dans le secteur contrôlé par l’Inspecteur Principal Papa Mamby Keïta surnommé l’Epervier du Mandé est presque neutralisée. Mais PMK lui, doit désormais faire face à une autre menace.

Ils étaient trois et il n’en reste  plus qu’un. Les deux premiers sont au trou. Ils ont été appréhendés le samedi dernier par l’équipe de Papa Mamby Keïta. C’est à Bakarybougou, dans une  famille apparemment  respectable que les deux malfrats ont été arrêtés. C’est suite à l’agression perpétrée sur un passant la veille que nos limiers ont pu avoir des pistes sérieuses. Cette bande organisée était la dernière identifiée dans le secteur et connue de la police laquelle avait reçu de nombreuses plaintes à son sujet. C’était les gérants d’une station service, de vente de bonbonnes de gaz et enfin, un passant.

Il était quatre heures du matin dans la nuit du vendredi au samedi, quand le groupe aperçut sa victime. Ils se mirent à trois pour le neutraliser et lui soutirer un montant de 150.000 F CFA en plus d’un téléphone portable. Comme, la victime a eu le malheur d’opposer de la résistance, il reçut deux coups de couteau dans les fesses et dans les cuisses. Notre homme dut lâcher prise et ses agresseurs se sauvèrent avec ses biens. Un témoin avait assisté à l’agression et connaissait parfaitement les bandits. Il parvint à les décrire à la victime laquelle, après vaines tentatives de les retrouver, s’adressa finalement  à la Brigade de Recherche du Commissariat du 3ème Arrondissement. Et l’infernale machine se mit immédiatement en branle. Une enquête minutieuse et surtout rapide permit d’identifier avec précision le domicile des suspects. Une situation profita aux enquêteurs : après l’agression, un des malfrats ignorait que le coup leur avait valu un butin de 150.000 F CFA. Les deux  autres ne jugèrent pas nécessaires de lui en parler. Quand ce dernier apprit l’histoire, il n’hésita plus à balancer les deux autres.

Enfin, c’est dans une famille aux allures respectables que les investigations conduisirent les policiers. Ils avaient déjà mis la main sur un suspect qui était en possession d’une clef pour serrure. Arrivés sur les lieux en compagnie de leur oiseau, les membres de la famille refusèrent de collaborer. Ils nièrent connaître le suspect. Avait-il une chambre ici ? Non, non et non !  C’est la sœur aînée du suspect qui s’agitait particulièrement. Mais puisqu’il y avait une clef et une porte fermée, il fallait maintenant essayer si elles correspondaient. Et elles correspondaient. A l’intérieur, dormaient à poing fermé deux hommes visiblement bourrés d’alcool et de stupéfiants. Ils furent tous embarqués non sans mal. Contrairement aux membres de la famille, les voisins du quartier furent très heureux d’être débarrassés de cette racaille. Ils avaient peur.

Au commissariat, ils reconnurent les faits qui leur sont reprochés. Les limiers purent même profiter de l’opposition née lors du partage du butin entre nos malfrats. Ils purent ainsi rentrer en possession de nombreuses autres pistes dans les attaques où la bande a été impliquée. Nos lecteurs comprendront que pour des raisons liées à l’enquête, nous ne saurions dire davantage.

On retiendra, en tout état de cause que le groupe était spécialisé dans les attaques à main armée et vol de moto. Cinq plaignants se sont déjà présentés au Commissariat et ont reconnu leurs agresseurs. Suite aux perquisitions, divers objets ont été retrouvés dans l’antre que la grande sœur tenait vainement à cacher. Parmi ces objets, on retrouve, une sorte de faucille qui sert à immobiliser la victime par le coup ; une bouteille de PASTIS vide, preuve qu’ils avaient besoin de remontant avant de passer à l’attaque ; plusieurs gris-gris et talisman dont le plus insolite est un cadenas fait feuillets et de fils rouges destinés à attacher les autorités, les flics en particuliers. Cela n’a visiblement pas marché parce que l’équipe de l’Epervier du Mandé a égal à elle-même. En aucun moment, elle ne s’est sentie paralysée par une quelconque force mystérieuse censée provenir du cadenas. Ce n’est pas la grande sœur du suspect qui nous contredira. Les enquêtes suivent leurs cours pour mettre la main sur le dernier des Mohicans. C’est une question de jours voire d’heures, promet l’Epervier du Mandé, à condition que ce sont les marabouts qui ne mettent pas la main sur lui.

B.S. Diarra

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