Amadou Toumani Touré, Président de la Rue publique :« Le 08 juin 2012, je m’en vais ! »

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Dans une interview accordée, le 21 janvier dernier à nos confrères « Les Afriques », Sa Majesté Amadou II, Roi de Koulouba, met fin aux rumeurs circulant sur la prorogation de son mandat en 2014. « Je suis étonné de voir discuter de mon sort, sans que personne vienne me demander mon avis », déplore t –il. Avant d’ajouter qu’il ne soutiendra aucun candidat à la présidentielle.

 

La rumeur court, folle et fofolle : à défaut de rempiler pour un troisième mandat, le locataire du « Palais Louveaud » verra son bail renouveller jusqu’en 2014. Afin de lui permettre de « parachever les nombreux chantiers qu’il a ouverts ».

 

Soutenue, dit –on, par plus de 90% des députés, l’harmonisation des mandats législatif, municipal et présidentiel était le prétexte tout trouvé, par les caciques du pouvoir, pour inviter leur « mentor » à proroger son mandat de deux ans.

Une mascarade du pouvoir ?

 

Considérée comme une « mascarade du pouvoir », la pétition lancée depuis la capitale du Kénédougou par une association fantôche, a soulevé un tollé général au sein des Etats- majors politiques. « Il y a plein d’hommes valeureux comme A.T.T. au Mali, sinon mieux que lui, qui n’aspirent qu’à diriger ce pays », rétorque Pr Ali Nouhoun Diallo, ancien président de l’Assemblée Nationale et non moins leader de l’Adema. Avant de conclure, la voix nouée par la colère : « barrons la route à ces opportunistes par tous les moyens ». C’était le week-end dernier, à la faveur des journées de solidarité entre l’Amérique latine, les Caraïbes et l’Afrique, organisées au siège du parti Sadi à Djélibougou.

 

Cette pétition a été précédée d’une autre rumeur et non des moindres : celle, selon laquelle, des opérateurs économiques, -avec à leur tête Jeamille Bittar -, solliciteront un troisième mandat pour Sa Majesté Amadou II. Ce sera, dit –on, le 5 février prochain à l’occasion de la remise de leur médaille au chef de l’Etat.

 

Sa Majesté brise le silence

Mais au fur et à mesure que le locateur du Palais Louveaud se mure dans le silence, les rumeurs sur la prorogation de son mandat en 2014 ou sur un troisième mandat se font, de plus en plus, persistantes. En dépit du démenti formel qu’il leur a apporté en juin 2009. d’où sa décision de remettre les pendules à l’heure.

 

Dans une interview accordée à nos confrères « Les Afriques », le 21 janvier dernier, le chef de l’Etat brise le silence. « Je ne sais pas comment ils vont prolonger mon mandat. Je ne sais pas ce que cela veut dire. Mon mandat finit le 08 juin 2012 », rassure t –il. Avant d’ajouter « je pense que ce sont des artifices ».

 

Corriger les insuffisances de la constitution sans porter atteinte aux acquis démocratiques

Car pour le Président de la Rue publique, la constitution malienne n’est pas comme les autres : tout changement doit passer par un référendum. Contrairement à l’imagerie populaire, poursuit –il, la reforme constitutionnelle n’a pas pour but de « modifier pour modifier » la constitution ; mais d’identifier les insuffisances de notre loi fondamentale, les entraves à notre pratique démocratique, de réorganiser nos institutions, et le financement des élections etc… en vue de leur apporter des solutions.

 

S’agissant de l’article 30, limitant le mandat présidentiel à deux, le Chef de l’Etat est formel : « ni le président de la République, ni l’Assemblée nationale, ni le congrès ne peuvent le changer. C’est le peuple malien qui peut le faire par référendum ».

 

Pour le locataire du Palais Louveaud, toute cette agitation autour de la prorogation de son mandat traduit une crise de confiance entre lui et les leaders politiques ; lesquels, dit –il, trépignent d’impatience pour lui succéder : « Je vois dans cette agitation un manque de confiance. Je crois qu’en réalité, les gens sont pressés. Moi aussi, d’ailleurs, je suis pressé de leur laisser la place », rassure t –il. Avant de préciser qu’il n’a pas de dauphin. Mais surtout, qu’il ne soutiendra aucun candidat : « Je ne soutiendrai aucun candidat. Je me contenterai de tout faire pour organiser des élections libres, transparentes et crédibles ».

 

L’adieu d’A.T.T.

A l’issue de la présidentielle de 2012, le Président de la Rue publique souhaite, au Mali, d’avoir à sa tête un bon président. C’est-à-dire, un homme « pondéré, ouvert, disponible, travailleur et surtout, profondément, enraciné dans nos valeurs culturelles ».

 

Oumar Babi

 

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