Assemblée nationale : Soumi trace les sillons du renouveau

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Après les atermoiements à cause de la Cour Constitutionnelle, cinq groupes parlementaires ont finalement été constitués. Au grand vouloir du Premier ministre OTL et de la majorité parlementaire. C’était ce vendredi 07 février 2014 à l’Assemblée nationale sous la présidence effective du nouveau Président des lieux Issiaka Sidibé dit Isaac et la présence enregistrée de plus de cent vingt honorables députés dont le Chef de file de l’opposition Soumi champion.

 

 

Soumi Les groupes parlementaires sont connus depuis ce vendredi, au cours d’une session plénière avec trois non inscrits (2 Pdes et 1 indépendant) c’est-à-dire qui ne sont dans aucun groupe parlementaire. Même s’il y a des rumeurs persistantes qui indiquent qu’ils pourront rejoindre l’opposition constructive.

 

 

Cependant, par le vouloir du PM Oumar Tatam Ly dont la majorité a emboité le pas, il faut 10 députés pour un groupe parlementaire. Ainsi, l’hémicycle du nouveau Mali comprend cinq groupes parlementaires. Ce sont le groupe RPM (70 députés), le groupe de l’Alliance Pour le Mali (11 partis politiques avec 27 députés), le groupe URD, PARENA et PRVM dénommé groupe parlementaire “Vigilance Républicaine et Démocratique”, l’opposition parlementaire avec 21 députés. Celui de l’Adéma-PASJ (16 députés) et enfin le groupe Fare – Sadi (6 et 4 députés).

 

 

C’est à la suite de cette constitution que chaque groupe a fait sa déclaration. Ils ont certes les mêmes objectifs, le Mali mais pas forcément les mêmes approches. Nous vous livrons alors la déclaration du Chef de file de l’opposition Soumaïla Cissé au nom de son groupe. Tout en rappelant que ce serait lors d’une nouvelle séance plénière courant semaine que le bureau de l’Assemblée nationale et les commissions parlementaires seront mis en place.

 

 

Challenger du Président IBK à la dernière présidentielle, l’enfant de Niafunké prouve une fois de plus son sens patriotique. Il indique à la face du monde que l’opposition mérite respect et considération ; que l’opposition n’est pas une machine destructrice mais une véritable force qui aide les gouvernants à se ressaisir pour le bonheur commun. Ainsi, il trace les sillons du renouveau du Mali nouveau. Il reste maintenant à IBK, à Isaac de se saisir de cette opportunité afin que le Mali retrouve sa place dans le concert des Nations.

 

 

Soumi au nom de ‘‘Vigilance républicaine et démocratique’’

“L’heure et les enjeux sont à l’identification des urgences, au débat positif d’idées, à la recherche concrète de solutions, à l’action et l’investissement prioritaires”

 

 

PRÉAMBULE

La pluralité d’opinions, la liberté de la pensée et son expression sont l’apanage de la République. Elles sont inséparables de la dignité du citoyen et du respect scrupuleux des droits de l’homme; leur défense est le premier devoir du parlementaire.

Pour le respect de ces libertés fondamentales dans le cadre de l’Assemblée Nationale, se regroupent les députés de l’URD, du PARENA et du PRVM.

 

 

DÉCLARATION

Par cette déclaration, les députés de l’URD, du PARENA et du PRVM élus les 24 novembre et 15 décembre 2013 pour la Vème législature de la 3ème république, se constituent en groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale sous la dénomination : VIGILANCE RÉPUBLICAINE ET DÉMOCRATIQUE (V.R.D.).

 

 

Le  Mali,  notre  Maliba,  trace  à  nouveau  et  heureusement son  chemin vers l’avenir. Cet avenir est possible mais encore plein d’incertitudes.

 

 

Il se bâtira sur les solides fondations que nous poserons. Cela exige de chaque citoyen et encore plus de nous parlementaires, de la rigueur, de la détermination et de la vigilance à tout moment.

 

 

L’humilité, la dignité, le courage, l’honnêteté et le travail seront notre seul credo.

 

Il n’y aura pas d’avenir pour notre pays sans dialogue, sans vérité, sans respect, sans solidarité et sans transparence entre nous les élu(e)s de la Nation.

 

 

La confiance et les espoirs de notre peuple, toutes sensibilités confondues, de toutes les régions, de toutes les couches sociales  et de toutes origines ne  sauraient s’arrêter à la porte du bureau de vote.

 

 

Chaque voix donnée exige de nous parlementaires dignité et acharnement à lutter contre toutes les dérives, les manquements et les entorses aux lois républicaines. Elle exige aussi de nous une constante mobilisation par rapport aux urgences économiques, sociales et structurelles qui interpellent notre pays.

 

 

Nous voici toutes et tous devant un immense défi à relever et chaque groupe parlementaire, chacun à sa place et non l’un à la place de l’autre, aura à cœur – nous n’en doutons pas – d’y mettre toute son énergie en toute loyauté et avec un sens aigu de la responsabilité envers le pays et ses populations.

 

 

Nous devons donc réfléchir tous ensemble par la grâce d’Allah, sur les stratégies indispensables sans heurts ni violence, avec la claire conscience que si nous sommes les bénéficiaires de nos actes positifs, nous serons les seules victimes de nos défaillances.

Alors :

 

L’heure ni les enjeux ne sont à la distribution d’honneurs, de privilèges, de petits arrangements, de vaines discussions ou d’interminables tergiversations.

L’heure et les enjeux sont à l’identification des urgences, au débat positif d’idées, à la recherche concrète de solutions, à l’action et l’investissement prioritaires.

 

Telle sera la ligne de conduite de notre groupe parlementaire !

 

Telle sera sa contribution exemplaire à la reconstruction de notre pays !

 

Telle sera son exigence de mobilisation et  d’accompagnement pour le faire grandir, le rendre plus fort et lui redonner l’honneur, la reconnaissance et le rang qui doivent impérativement demain et à nouveau être les siens dans le concert des nations.

 

Nous défendons les principes de la démocratie et de la République fondés sur le respect de la séparation des pouvoirs, sur le plein exercice des compétences législatives et de contrôle du Parlement ainsi que sur la refondation d’une vraie démocratie.

 

 

Nous assumerons notre pouvoir représentatif et décisionnel au sein de toutes les instances de l’Assemblée Nationale.

Nous  nous  inscrivons dans  l’OPPOSITION RÉPUBLICAINE et  resterons solidaires dans le respect de l’identité de chaque composante du groupe. Nous définirons par nos propositions et nos amendements les fondements d’une alternative au pouvoir en place.

 

 

Notre groupe parlementaire entend pleinement, sereinement et loyalement exercer son mandat de sentinelle vigilante, tenir son rôle de force de propositions et agir dans le respect des règles d’un État de droit.

 

Notre groupe parlementaire a des devoirs envers lui-même et le peuple. Notre groupe parlementaire, ainsi que tout groupe constitué d’opposition, doit aussi avoir des droits accordés par l’État afin de remplir sa mission et garantir sa liberté d’expression.

 

 

L’honorable Président de notre Assemblée à l’occasion de son discours d’investiture a émis le vœu que le parlement malien ne soit pas “une chambre d’enregistrement” ! Nous en prenons acte, sans restriction aucune ni sournoise interprétation.

 

 

Oui donc au vrai débat public en notre enceinte, oui aux délibérations fertiles, oui aux élans

patriotiques qui défendent les intérêts nationaux.

Oui à une classe politique créative et imaginative, fervente et studieuse.

Oui à des élu(e)s audacieux pour structurer une politique cohérente de développement et mettre en place une administration de proximité performante.

 

Oui à toutes ces orientations pour ne pas dire obligations.

Oui donc à cette indispensable rénovation du fonctionnement de notre Assemblée dans un cadre concerté, apaisé et crédible, instaurant un statut de  l’opposition  institutionnalisé,  dans  le  respect  mutuel,  l’esprit  de tolérance et  la compréhension réciproque de notre pluralité d’idées et de valeurs.

 

 

Notre pays, le Mali, est regardé par le monde entier depuis plusieurs mois!

 

Notre pays, le Mali, n’a pas le droit à l’erreur dans sa gouvernance, n’a pas le droit à la suspicion envers ses institutions, n’a pas le droit à l’indécision dans sa reconstruction, n’a pas le droit à l’hésitation dans sa réhabilitation internationale.

 

Notre pays, le Mali,  a vocation à imposer sa crédibilité, à valoriser les multiples talents de sa jeunesse, de ses femmes, de ses forces armées et de sécurité,  de toutes les corporations et métiers qui font sa force et sa richesse, à exploiter rationnellement ses ressources naturelles, à développer  les  leviers  de  sa  croissance,  à  réconcilier  son  peuple  et raffermir  son  identité  nationale  en  puisant  dans  ses  dénominateurs culturels et traditionnels communs, à arrêter la culture de l’impunité et à forger les outils de son développement afin que notre État- Nation soit fort, prospère et pérenne.

 

Nous nous appuyons sur les valeurs constantes de la République: la liberté, l’égalité, la solidarité, la sécurité, la laïcité. Ces valeurs s’appuient sur la responsabilité individuelle sans laquelle il n’y a pas de société organisée.

 

Conscients que notre action s’inscrit dans le cadre global de la mondialisation des rapports économiques, culturels, sociaux entre les nations et les individus, nous luttons contre la pauvreté, la misère et toutes les formes d’exclusion ou de discrimination pour assurer à nos compatriotes l’exercice effectif de leurs droits et libertés, la dignité et l’épanouissement personnel.

 

Nous défendons le travail et agissons pour assurer une meilleure sécurité des salariés contre l’extension des précarités.

Nous entendons œuvrer à l’amélioration de la gouvernance économique et financière et  au  développement d’un  secteur  privé  national  dynamique capable d’accélérer la croissance notamment dans l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’artisanat, le tourisme et les mines et de favoriser la création d’emplois.

 

Nous apprécions l’aide de nos partenaires au développement et respectons les accords internationaux engageant notre pays.

 

Nous  tenons  à   la  sécurité  des  hommes  et  des  biens  et  défendons l’intégrité territoriale grâce à des forces de défense et de sécurité républicaines bien entraînées et bien équipées.

 

Nous faisons de l’amélioration du système éducatif et du développement des nouvelles  technologies  de  l’information  et  de  la  communication une  priorité nationale pour doter le pays d’un capital humain compétent et compétitif.

 

Attachés à  l’autorité et  à  la  neutralité de  la  puissance publique, nous promouvons la conception d’un Etat modernisé qui assure la justice et la solidarité entre les citoyens ; qui garantit le droit à la santé et à la retraite pour   chacun   ;   qui   s’appuie   sur   des   services   publics   rénovés correspondant aux besoins de la collectivité nationale ; qui garantit la libre administration des collectivités territoriales ; qui reconnaît la pleine responsabilité des  partenaires sociaux,  des  syndicats  et  de  la  société civile.

 

 

Nous œuvrons pour que la puissance publique donne aux collectivités décentralisées les moyens d’un véritable exercice de toute leur compétence et reconnaisse l’apport de leur diversité.

 

Défenseurs de la liberté d’opinions et de la laïcité, nous promouvons la liberté d’expression, l’indépendance de la presse et le plus large accès à l’information, à la technologie et à la culture.

Nous veillons à une plus grande représentation des femmes dans toutes les structures de décision de notre pays.

 

Nous veillons à offrir aux jeunes toutes les opportunités de leur épanouissement. Une  jeunesse  saine,  sportive,  éduquée,  entreprenante  et  confiante  en  son avenir.

Soucieux de favoriser l’intégration régionale et sous régionale nous nous battons pour sa réussite au grand bénéfice de notre peuple.

 

 

Certains que notre environnement naturel est un bien commun qu’il faut préserver, nous œuvrons pour un développement durable fondé sur le respect des ressources naturelles, la maîtrise des ressources énergétiques et la protection de la faune et de la flore, l’accès à l’eau potable et à un habitat viable.

 

Avec les parlementaires de l’ensemble des Etats africains qui se reconnaissent dans nos valeurs, nous œuvrons pour une réorientation économique et sociale de  l’Union  Africaine  et  travaillons  à  la  construction  d’un  espace  public  qui permette aux peuples de s’exprimer et de décider de leur avenir commun.

 

Militants de la paix et de la concorde, nous défendons la conception d’un monde multipolaire  appuyé  sur  des  institutions  internationales qui  garantissent des règles communes entre les Nations et qui protègent les minorités et les peuples menacés.

 

Nous voulons un développement plus solidaire envers les plus pauvres à travers  des  politiques  plus  efficaces  et  une  lutte  implacable contre  la corruption et la délinquance financière.

 

 

En  toutes  circonstances,  nous  plaçons  notre  action  dans  le  cadre  de  la promotion de l’intérêt général et de la réconciliation de notre peuple.

Nous constituons une force alternative capable d’assurer les responsabilités de l’Etat. Dans cet esprit, toutes les propositions que nous présentons au Parlement s’inscrivent dans le cadre de l’amélioration de la bonne gouvernance parlementaire et publique.

 

Le Mali a un avenir.

Nous en tenons dans nos mains une grande part.

Choisissons de les avoir fermes dans l’action et ouvertes dans la concertation. Le Mali a un avenir.

 

Nous en tenons dans nos cœurs le moteur. Choisissons de le rendre fiable et durable. Notre République est aujourd’hui debout ! Le peuple attend et entend qu’elle avance ! Son légitime espoir ne peut être trahi.

 

Notre honneur est en jeu tout comme celui de notre pays ! Et le bonheur de notre peuple n’a qu’un prix ;

 

Celui de notre travail assidu, inlassable et rigoureux à son unique service. Je dis bien:

 

Que le bonheur de notre peuple n’a qu’un prix ;

 

Celui de notre travail assidu, inlassable et rigoureux à son unique service. Vive la République

Vive la Démocratie

Vive le Mali

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1 commentaire

  1. Que sa Majesté commence par remettre l’or et les reliques culturelles volés à Gao et à Tombouctou, lors de la colonisation marocaine après la défaite de l’Empire Songhay face aux troupes espagnoles et marocaines. Modibo Keïta a fait ce combat à l’époque, Mohamed V le grand- père de l’actuel roi a proposé des bourses et le développement. C’est ça l’origine des bourses marocaines pour ce qui ne le savent pas. Le dossier est pendant devant l’UNESCO qui le met dans ses tiroirs sous les pressions marocaines. Alors Votre Majesté rendez-nous nos objets culturels et il parait que c’est ça le secret qui vous permet de maintenir l’unique monarchie qui n’a pas péri au Maghreb.

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