Candidat de l’Adéma-Pasj pour 2012 : Dioncounda ne se leurre-t-il pas ?

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Le plus grand parti, le mieux implanté de l’échiquier politique national, le parti africain pour la solidarité et la justice est un faiseur de roi. Ce, depuis la fin du régime dictatorial de Moussa Traoré en 1991. Cependant, depuis l’élection du premier Président de l’ère multipartite, Alpha Oumar Konaré, le parti est confronté à des divergences de vues pour le choix de son porte-étendard. Toutes choses qui ont entraîné le départ de certains pères fondateurs pour créer d’autres formations politiques. Surmontant de temps à autres des obstacles, le parti sera encore sous les feux d’un autre choix qui s’annonce ardu pour 2012. Surtout avec les tentatives de nombreux militants à pousser Modibo Sidibé, l’actuel Premier ministre à se présenter.

En rencontrant la presse ce samedi 13 novembre à la maison de la presse, le Président de l’Abeille solitaire et Président de l’Assemblée nationale avait un objectif : lever l’équivoque de soutien du parti à un quelconque candidat non adémiste. Particulièrement, il s’agit de l’actuel Premier ministre de ATT, Modibo Sidibé qui a déjà le soutien de plusieurs barons du parti pour la présidentielle de 2012. Même si jusqu’à ce jour lui-même reste muet sur sa candidature comme une carpe dans l’eau chaude. Cependant, sa probable candidature crée déjà des dissensions au sein du parti de l’Abeille solitaire.

C’est certainement après les nombreuses sorties des médias sur la question que le Président Dioncounda a pris son courage à deux mains pour éclairer la lanterne de l’opinion sur sa position, celle de son clan dans le parti. Ce qui n’a jamais été et ne sera jamais la position du parti. Tant qu’il y aura les différents courants. La majorité peut en décider mais il y aura toujours des défections. C’est d’ailleurs, ce qui nous pousse à poser la question : Dioncounda ne se leurre-t-il pas ?

Nous serons affirmatif pour dire que le Professeur se leurre. Pour la simple raison qu’à la fin de cette conférence, certains barons qui font partis des 28 membres du Comité Exécutif (CE) du parti soutenant Modibo n’ont pas hésité à dire ceci aux journalistes : «Dioncounda est fou. Nous ne jurons que de Modibo. Qu’il se détrompe car Modibo détient l’une des plus vieilles cartes de l’Adéma Pasj. Au moment opportun, la preuve lui sera apportée…».

A quelques encablures des élections générales, tous les partis sont en ordre de bataille. Certains se dégonflent tandis que d’autres absorbent de plus en plus des petits ou militants pour mieux se positionner, malgré les problèmes qui pourront surgir.

A l’Adéma si l’équation reste le choix du candidat à l’interne, il y a un imbroglio qui ne dit pas son nom, la candidature de Modibo Sidibé par rapport au parti.

Aujourd’hui ambitieux pour être le candidat du parti, Dioncounda cherche tous les moyens pour se frayer un chemin afin de pouvoir s’imposer. Certainement, pour lui, il faut déjà barrer la route à l’actuel Premier ministre. Comme on le dit : «Science sans conscience n’est que ruine de l’âme», le Professeur doit savoir chercher d’autres moyens plus adéquats que de s’attaquer à Modibo. Alors, qu’il cesse de se leurrer. Sinon, nous savons tous qu’en 2002 le parti avait son candidat officiel. Mais rien n’a empêché une frange importante du parti à s’aligner derrière l’indépendant ATT pour son succès. N’était-il pas parmi les fossoyeurs ? Alors, chacun a son tour chez le coiffeur.

Affirmant déjà que l’abeille solitaire ira seul n’est pas un mal en soi. Mais, le professeur déclenche les hostilités. «Nous irons aux élections 2012 pour gagner car nous sommes conscients de notre force. En 2007, nous avons soutenu ATT parce qu’on savait que nos chances étaient minimes. Ce qui nous a poussés à soutenir ATT….», a indiqué Dinoncounda.

Il faut rappeler à Dioncounda qu’en 2002, il a été dit ceci : «ATT est venu pour la stabilité politique, recoller les morceaux et redorer le blason politique avec des dissensions graves que l’Adéma avait créées pendant ses dix ans. Notamment pendant les six ans de règne de IBK Premier ministre avec les représailles de l’opposition.». Pourquoi pas Modibo en 2012 ?

Même si d’ores et déjà, le slogan 1er semble : «Tout sauf un indépendant au Mali».

« Il faut savoir faire preuve de patience. Un homme patient voit venir les choses et au bout de la patience, il y a le miel… Enfin, la patience est la moitié de la foi », disait Me Alioun Blondin Beye.

Boubacar DABO

 

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