Candidature de l’Adema à la présidentielle de 2012 : La tête de Dioncounda réclamée par 4 puissants clans du Comité exécutif

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Depuis que le président de l’Adema-PASJ, le Pr. Dioncounda         Traoré a sorti, lors de sa conférence de presse du samedi 20 novembre 2010, la grosse artillerie dans le but de couper l’herbe sous le pied de ses adversaires et concurrents, la tension est montée d’un cran au sein de la Ruche. Partisans et adversaires d’une éventuelle candidature de celui qui préside, depuis une dizaine d’années, aux destinées du parti de l’abeille se regardent désormais en chiens de faïence. Aujourd’hui plus que jamais, Dioncounda Traoré est          devenu, pour certains barons de la Ruche, l’homme à abattre.

En effet, ce sont trois puissants clans du Comité exécutif de l’Adema-PASJ qui ne jurent, désormais, que d’avoir la peau du président du parti, Dioncounda Traoré. Et cela, depuis la déclaration de candidature, à peine voilée, de celui-ci   à la présidentielle de 2012. On se rappelle que tous les ministres Adema avaient fait l’école buissonnière en se réfugiant derrière des alibis pour ne pas être présents à la conférence de presse du président de leur parti. C’est dire que si demain, des forces externes à la Ruche devaient s’attaquer à Dioncounda Traoré, il ne trouvera aucun de ses ministres pour lui porter assistance car, tous craignent qu’un éventuel soutien à la candidature du président de leur parti ne soit mal vu et pris en mal par le pouvoir, c’est-à-dire Koulouba. Qui voit tout, sait tout mais laisse tout faire pour le moment. Cherchant donc à se mettre à l’abri d’éventuelles poursuites judiciaires, des barons de l’Adema veulent, dès maintenant, trahir leur parti au profit d’une candidature externe censée leur servir de gîte protecteur contre les foudres du juge anticorruption Sombé Théra. Déjà, il semble que trois clans se soient constitués au sein de la Ruche en vue de déstabiliser Dioncounda Traoré, le président du PASJ, dès que ce dernier annoncera officiellement sa candidature à l’investiture du Comité exécutif devant se tenir le 26 mars 2011. Les quatre clans qui se disputent le parti de l’abeille présentement étant le clan de ceux qui disent " tout sauf Dioncounda ", ceux qui prônent " un candidat externe au parti " et qui, en réalité, soutiennent une éventuelle candidature du Premier ministre Modibo Sidibé, viennent, ensuite, ceux qui " sont derrière tout candidat proposé par ATT " et, enfin, les " partisans de la candidature de Dioncounda Traoré ". C’est dire que le président de l’Adema fait déjà face aux tirs croisés venant de l’est, l’ouest et du sud. Lui-même étant au nord en attendant l’ouverture des hostilités qui ne sauraient tarder compte tenu de l’âpreté de la guerre d’usure annoncée pour bientôt.

Ce n’est donc pas exclu que Dioncounda Traoré soit obligé de renforcer sa garde rapprochée, dont les éléments les plus fidèles se recrutent majoritairement parmi les députés de son parti. C’est sûr également qu’il aura une partie de la jeunesse en cas de guerre larvée et quelques militantes du mouvement des Femmes qui, malheureusement, est beaucoup plus difficile à maîtriser par quelqu’un qui n’est pas riche comme Crésus. Dioncounda Traoré n’ayant pas amassé de fortune sur le dos du peuple, il lui sera assez difficile d’avoir la voix des jeunes et des femmes du parti qui ont besoin, traditionnellement, du " carburant " et d’espèces sonnantes et trébuchantes pour se décider dans tel ou tel sens. C’est un combat difficile que Dioncounda Traoré, s’il persiste dans sa volonté de se présenter à l’investiture de la Ruche, va devoir livrer contre surtout des adversaires invisibles ou tapis dans l’ombre et tirant les longues ficelles de la trahison. Comme ce fut le cas lors de la présidentielle de 2002, quand le candidat officiel de l’Adema, Soumaïla Cissé fut trahi par ceux-là mêmes qui partageaient chaque jour son déjeuner. Dioncounda aura-t-il un sort différent de celui de son frère Soumaïla Cissé ? En tout cas, il a désormais du pain sur la planche. Déjà, ses adversaires au sein du Comité exécutif de l’Adema distillent, par-ci par-là, des rumeurs de congrès extraordinaire dans le but de le pousser   vers la sortie.

Cela permettra aux membres des quatre clans anti-Dioncounda d’avoir les coudées franches et de proposer un candidat (probablement externe au parti) à l’investiture de la Ruche pour la présidentielle de 2012.

Mamadou FOFANA

 

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