Sans Tabou: après ‘‘un Malien un masque’’, ‘‘un électeur un masque’’ ?

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10 des 20 millions de masques promis par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, sont arrivés aujourd’hui à Bamako, ce 18 avril 2020. Chaque commune a son lot de masques. Cependant, l’initiative présidentielle saluée par tous les Maliens est déjà Covidée par la corruption et enveloppée dans un drap de mensonge, trop politisée pour atteindre son objectif de protection des Maliens contre la pandémie du siècle. L’initiative un Malien, un masque, se transforme en un Électeur un masque ?

Contrairement à son objectif initial, le gouvernement du Mali a privilégié les électeurs et les agents électoraux aux autres Maliens dans la distribution des masques promis par le président IBK à l’ensemble des Maliens.

Dès leur arrivée ce samedi, les autorités ont changé l’usage des masques promis par le chef de l’État pour en faire un outil politique et de chantage. Ainsi, nous apprenons que le gouvernement a donné la priorité aux votants pour limiter la propagation du virus le jour du vote. Si certains observateurs apprécient cette manière de faire, des interrogations demeurent quant aux insuffisances de la mesure. En effet, il, selon les statiques officielles, il y a 18 millions d’habitants, peut-être même plus. Sur ce lot, seulement 8 millions de Maliens sont inscrits. Par contre, le nombre de votants dépasse rarement les 3 millions, comment les autorités comptent-elles procéder pour la distribution du reste des masques ? Comment faire la distinction entre ceux qui ont déjà perçu des masques lors des opérations de vote et ceux qui ne l’ont pas eu ?

En réalité, il s’agit d’un détournement et une corruption à ciel ouvert autour de l’affaire des masques qui ont été promis sans condition aux Maliens en vue de les protéger contre le COVID-19. En tout cas, le président IBK a été très clair dans ses propos ce 10 avril, en soutenant ‘’un Malien, un masque’’ et non ‘’un électeur, un masque’’. Pourquoi acheminer donc nos masques dans les bureaux de vote, si ce n’est une volonté de politiser l’affaire ?

Lors du dernier conseil des ministres ce 15 avril, le chef de l’État a d’ailleurs instruit aux ministères de l’Administration territoriale, de la Santé et de la Sécurité de prendre des mesures idoines pour la protection des électeurs. En aucun moment, il n’a été question de changer la vocation des 20 millions de masques promis aux Maliens.

Aussi, en optant pour cette formule, le gouvernement convaincu qu’il est incapable d’atteindre l’ensemble des bureaux de vote des circonscriptions électorales, à travers le pays (Kayes à Taoudéni et de Sikasso à Ménaka) en si laps de temps (samedi et dimanche) décide de s’installer dans la fraude et l’arnaque. Cela signifie que les masques seront distribués seulement dans les bureaux de vote dans Bamako et sa périphérie. Puisque ne disposant d’aucun moyen d’atteindre l’ensemble des électeurs ce dimanche, jour de vote.

Pire, la tragédie de ce détournement est le risque de contamination du peu de masques qui va être distribué sur place dans les bureaux de vote. Car ces maques contaminés vont être acheminés dans les domiciles par les bénéficiaires pour constituer des supports de larges diffusion du COVID-19 au Mali dans les jours à venir. Il faut donc craindre le pire dans les prochains jours dans notre pays où les autorités ne sont pas encore dans les dispositions de protéger les populations contre cette pandémie, mais plutôt de défendre leurs propres intérêts. Car à ces mauvaises appréciations au sommet de l’État, il faut ajouter également l’ignorance et/ou l’incivisme d’une importante partie des Maliens qui continue avec des célébrations sociales (baptêmes, mariages) et les prières collectives dans les mosquées…

Par Sidi DAO

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