Communiqué de la délégation des six chefs d’etat de la CEDEAO sur la situation au Mali

30 Mars 2012 - 19:51
Mis à jour: 15 ans
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Le Sommet Extraordinaire de la CEDEAO du mardi 27 mars 2012 à Abidjan, sur la situation politique au Mali, dans ses résolutions finales, avait décidé de l’envoi au Mali, le jeudi 29 mars 2012, d’une délégation de haut niveau chargée d’informer la junte sur la teneur des décisions du Sommet et de discuter notamment, des modalités d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Cette délégation de haut niveau des six (6) Chefs d’Etat est composée comme suit : 1. Le Président en exercice de la CEDEAO, Son Excellence Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire ; 2. Le Président en exercice de l’Union Africaine, Son Excellence Thomas Boni YAYI, Président de la République du Bénin ; 3. Le Président du Burkina Faso, Son Excellence Blaise COMPAORE, Médiateur de la CEDEAO pour la crise malienne ; 4. La Présidente de la République du Libéria, Son Excellence Ellen JOHNSON-SIRLEAF ; 5. Le Président de la République du Niger, Son Excellence Issoufou MAHAMADOU ; 6. Le Président de la République Fédérale du Nigéria, Son Excellence Goodluck Ebele JOHNATHAN, représenté par son Ministre délégué aux Affaires Etrangères, Son Excellence Nurudeen MOUHAMMAD. Dans l’accomplissement de sa mission, ce jeudi 29 mars 2012, cette délégation en route pour Bamako, n’a pas pu atterrir en raison des problèmes de sécurité du fait de la situation confuse provoquée par des manifestants à l’aéroport de Bamako. Les Chefs d’Etat ont alors regagné Abidjan, pour y tenir une réunion d’urgence. Ils ont entendu le rapport du Président de la Commission, des Ministres des Affaires Etrangères, des Chefs d’Etat-major de retour de mission à Bamako après leurs rencontres avec le CNRDRE. Au terme de leur réunion, les Chefs d’Etat ont d’abord rappelé les principales décisions de la Conférence Extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO qui s’articulent comme suit : 1. Dénier toute forme de légitimité au Comité National de Redressement pour la Démocratie et la Restauration de l’Etat (CNRDRE) et exiger le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel au Mali ; 2. Rappeler au CNRDRE sa responsabilité en ce qui concerne la sécurité et la sûreté du Président Amadou Toumani TOURE ; 3. Exiger que le CNRDRE libère tous les détenus politiques ; 4. Suspendre le Mali de tous les organes de prise de décision de la CEDEAO, avec effet immédiat, conformément aux articles 1 (e) et 45 (2) du Protocole additionnel sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance, et les dispositions de la Charte Africaine sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance et ce jusqu’au rétablissement effectif de l’ordre constitutionnel ; 5. Enjoindre au CNRDRE de prendre des mesures immédiates en vue du rétablissement de l’ordre constitutionnel au Mali, conformément aux Protocoles de la CEDEAO et en tenant compte des décisions adoptées par le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine portant suspension du Mali ; 6. Autoriser la montée en puissance de la Force en attente de la CEDEAO pour parer à toutes éventualités ; 7. En cas de non respect de ces décisions par le CNRDRE, la Conférence invite tous les Etats membres à imposer avec effet immédiat une interdiction de voyager ainsi qu’un embargo diplomatique et financier sur les membres du CNRDRE et leurs proches collaborateurs. En application de ces décisions, et après consultations et accords des autres Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, les sanctions suivantes ont été arrêtées : 1. Sanctions Politiques et Diplomatiques - Suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO ; - Rappel des Ambassadeurs des Etats membres de la CEDEAO accrédités auprès de la République du Mali pour consultation ; - Interdiction aux membres du CNRDRE et leurs associés de voyager dans l’espace de la CEDEAO; - Fermeture des frontières des Etats membres de la CEDEAO sauf pour les cas humanitaires ; 2. Sanctions Economiques - Gel des avoirs des différents responsables du CNRDRE et de leurs associés dans les pays membres de la CEDEAO ; - Fermeture au Mali de l’accès des ports des pays côtiers de la CEDEAO ; 3. Sanctions financières - Gel des comptes du Mali à la BCEAO ; - Non approvisionnement des comptes de l’Etat malien dans les Banques privées à partir de la BCEAO ; - Gel des concours financiers à partir de la BOAD et de la BIDC ; 4-Autres sanctions - Gel de la participation du Mali à toutes manifestations sportives et culturelles au sein de l’espace CEDEAO ; Ces sanctions devraient être appliquées dans un délai maximum de 72 heures, au plus tard le lundi 2 avril 2012, si le CNRDRE n’accédait pas aux exigences de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO. En outre, les Chefs d’Etat invitent l’Union Africaine à renforcer ses propres sanctions contre le CNRDRE et ses associés, et à saisir le Secrétariat Général des Nations Unies de ces sanctions. Concernant la rébellion dans le nord du Mali, les Chefs d’Etat réitèrent leur appel à toutes les parties prenantes pour un cessez-le-feu immédiat ainsi que l’offre de médiation de la CEDEAO. Les Chefs d’Etat renouvellent leur ferme engagement à soutenir le Mali pour la défense de son intégrité territoriale dès le retour à l’ordre constitutionnel. Dans ce cas, ils mobiliseront tous leurs partenaires à cet effet. Le médiateur désigné par le Sommet Extraordinaire de la CEDEAO, le Président du Burkina Faso, Son Excellence Blaise COMPAORE, est chargé du suivi de la mise en œuvre de ces mesures en liaison avec les Etats membres de la CEDEAO et les Institutions régionales citées plus haut. Les Chefs d’Etat demeurent saisis de la situation au Mali et invitent le Président de la Commission de la CEDEAO à bien vouloir transmettre ces décisions au Président de la Commission de l’Union Africaine et au Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine, pour information et action appropriée. Fait à Abidjan le 29 mars 2012  

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Commentaires (20)

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dexy 15 ans
Gao puis Tombouctou aux mains des rebelles,voila les conséquences d'un coup d'Etat idiot et non reflechi;qui aurait pu croire à la reussite d'un tel coup en 2012 sous pretexte d'incompétence de SEM ATT voila ou nous à méner leurs compétence (junte). après le retour à l'ordre constitutionnel il faudra que cette junte reponde de leurs acte devant la justice Malienne. le retour constitutionnel signifie alors l'application de la constitution,je ne comprends donc pas pourquoi une convention nationale devrait mettre en place une organe de transition ????
dexy 15 ans
les rebelles encercleraient deja les garnisons de Tombouctou;et apres la prise de Gao ils s’apprettent à s’emparer de tombouctou. Jusqu’ou nous menera t’elle cette junte ???
le mali ne se gère pas avec des émotions et le dénigrement des autres, nos bidasses n’ont rien compris, ils sont manipulés par des petits politicards qui croient que pour diriger le mali il faut des émotions, non les enfants il faut beaucoup de sagesse pour gérer ce pays, ce n’est pas avec ces prédateurs et manipulateurs que vous allez sortir le mali du gouffre dans lequel vous l'avez précipité, la mali vaut mieux que ça, vous n’êtes que des petits fumeurs de joints qui voulez jouer avec nos vies, le valeureux peuple malien ne se laissera pas faire, depuis que vous êtes là en moins d'une semaine, nos villes tombent une à une aux mains des combattants de aqmi, c’est trop facile de traiter les autres d’incompétents, alors que vous êtes incapables de faire vos preuves,avez-vous signé un pacte avec le diable ?pour livrer le mali aux islamistes? retournez dans vos casernes, nous prendront les armes à votre place pour chasser ces rebelles et sauver l’intégrité du territoire, bande de petits ambitieux écervelés .
OMOLO 15 ans
Au lieu de s'en prendre à ADO qu'est ce que nous les maliens ont fait pour eviter cette situation? au moment où on prenait sanction contre Bagbo tous les maliens etaient d'accord et meme on accusait ATT d'etre trop souple envers ce dernier et mtna c'est notre tour il faut accepter, le malheur ne frappe pas seulement l'autre, il peut arriver aussi. Bonne comprehension
phare 15 ans
Il ne faut plus se faire d'illusions sur les institutions africaines. Elles sont au service des Occidentaux servis par les pantins et les fantoches Nègres de la Françafrique. Dès que le Mali aura réglé cette crise, si l'UA et la CEDEAO ne bougent pas dans le bon sens à savoir le respect et la défense de l'intégrité du Mali, il faudra généraliser la déstabilisation de toute la sous région pour redessiner la carte des États. On verra alors ce qui restera du Burkina-Faso, du Niger, de la Côte d'Ivoire, du Libéria, du Nigéria, bref de tous ces Etats ouest-africains dans leur configuration actuelle. Les Occidentaux se frotteront les mains et on verra que seront devenus les Blaise Compaoré, Ouattara, Boni Yayi et tous ces pantins de Nègres criminels ? Et si nos peuples ne prennent pas au sérieux la malfaisance de ces fantoches à la tête de nos États nous n'aurons nos yeux que pour pleurer nos morts. En ce moment crucial, on nous distrait avec des élections néocoloniales pipées d’avance et financées par les occidentaux; mais les vraies menaces qui pèsent sur notre avenir, ce sont des guerres généralisées de remise en cause des frontières, des massacres de masses et le démantèlement de nos États. Et c'est aux patriotes africains de barrer la route à cet avenir noir que ces Nègres fantoches nous préparent. Peuple du Mali et d'Afrique, ATT n'est pas à sauver, mais bien l'intégrité et l'unité du Mali en tant qu’État souverain. Il ne faut pas se tromper de combat.
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