Débats sur la Sécurité au Mali : Mountaga Tall et Younouss Hameye Dicko se prononcent sur la Côte d’Ivoire

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D’après Me Mountaga Tall, C’est l’Etat ivoirien qui a fait appel à l’ONUCI, organisme qui n’était même pas demandeur. Le pouvoir juridique conféré à l’ONUCI, à cet effet, était donc supérieur au droit en vigueur dans les Etats. Elle avait pour mission de certifier les élections. Me Mountaga Tall répondait ainsi au professeur Younouss Hameye Dicko qui avait eu la malencontreuse idée de pourfendre ceux qui ont proclamé le résultat des élections avant le Conseil constitutionnel ivoirien, qui, selon lui, était habilité à proclamer les résultats définitifs. Il avait estimé que cette attitude consistait à plonger la Côte d’Ivoire dans l’insécurité. Ces contributions se sont faites lors de la conférence débat organisée, samedi dernier, au centre Djoliba, par l’association Adéma.

Elle était animée par l’ancien ministre Zeïni Moulaye et le consultant Abdoul Aziz Diallo, sous la présidence du professeur Ali Nouhoum Diallo et avec comme modérateur Issiaka Traoré du CNID association. Le professeur Ali Nouhoum Diallo a expliqué le contexte et la justification du thème qui portait sur la problématique de la sécurité au Mali. Il a indiqué  que les Maliens sont de plus en plus préoccupés par l’insécurité. Malgré la médiatisation et la prouesse des forces de sécurité, a-t-il dit, la psychose s’installe dans nos villes et campagnes, avec comme corollaires les accidents sur les axes routiers, les braquages, les conflits communautaires, etc.

 Celle qui suscite des interrogations, a-t-il ajouté, c’est la situation d’insécurité au Nord de notre pays. Parmi les conséquences directes, a-t-il souligné, on peut citer le ralentissement des activités économiques et touristiques. A travers cette conférence débat, l’espoir des organisateurs est que chaque Malien se sente concerné et s’engage dans le combat de la sécurité pour un Mali de paix. L’ancien ministre Zeïni Moulaye, a confirmé l’ampleur de l’insécurité urbaine et périurbaine. Il a fait état de la multiplication des conflits communautaires, du trafic de drogues, d’armes et d’êtres humains.

Depuis 2005, le gouvernement est en réflexion sur la situation sécuritaire. C’est à ce titre, a-t-il rappelé, que, 127 résolutions ont été adoptées au cours des états généraux de la sécurité et de la paix. Il a relevé les recommandations concernant la mise en place d’une politique nationale de sécurité et protection civile, la mise en place d’un programme qui accompagne sa mise en œuvre, la création d’une coalition pour protéger la gouvernance démocratique de la politique de sécurité, l’élaboration de la stratégie de communication pour une gouvernance partagée de la sécurité. Zeïni Moulaye a précisé que le conseil des ministres a adopté la politique nationale de sécurité et de protection civile, le 20 octobre dernier. Il a attiré l’attention sur le programme spécial pour la paix et la sécurité logé à la présidence. Il a notamment insisté sur la gouvernance démocratique impliquant tous les acteurs. Il faut, a-il dit, un consensus entre les Etats pour aboutir à une convention pour la sécurité en Afrique de l’Ouest.

 Le consultant, Abdoul Aziz Diallo, a fait savoir que les conflits communautaires sont les plus nombreux, notamment les conflits de leadership et fonciers. Il a cité les zones de conflits : Sahel occidental malien ; Delta central du Niger ; Plateau dogon ; régions du sud ; régions du Nord. Les dommages, a-t-il dit, sont au niveau humain, économique et politique. Les principales sources de conflit, a-t-il souligné, sont le déficit de communication, le manque de démocratie et de transparence dans la gestion des affaires publiques ainsi que la faiblesse du pouvoir public. Concernant les mécanismes à développer, il a cité la mise en place d’une stratégie globale de prévention des conflits et la mise en place d’un système précoce d’informations. Il faut, aussi, a-t-il affirmé, engager l’Etat à rendre une justice équitable et œuvrer à la réduction de la pauvreté. Il a ensuite expliqué les techniques de médiation.

Baba Dembélé

 

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