À l’heure du Mali : Le pragmatisme du Mali sur la question Sahraouie

Le Mali de 2026, sous le leadership du général d’armée Assimi Goïta, a affirmé une ligne diplomatique claire : le respect de sa souveraineté. Cette orientation s’inscrit dans une longue tradition malienne, chaque régime ayant adapté ce principe aux réalités de son époque.

13 Avr 2026 - 11:37
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À l’heure du Mali : Le pragmatisme du Mali sur la question Sahraouie
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À l’heure du Mali : Le pragmatisme du Mali sur la question Sahraouie

La décision historique, annoncée dans la déclaration du 10 avril 2026, de retirer la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), constitue un acte fort de souveraineté assumée par les autorités de la 4ᵉ République. Elle est en parfaite harmonie avec la Constitution du 22 juillet 2023, dont l’article dispose que l’action publique est guidée par des principes fondés sur le respect de la souveraineté de l’État, les choix souverains du peuple et la défense de ses intérêts. La politique extérieure du Mali relève donc pleinement de ce champ d’action publique.

En retirant sa reconnaissance à la RASD, le gouvernement du Mali affirme sa souveraineté après des analyses géopolitiques adaptées aux réalités actuelles, comme il l’avait fait en 1982 en l’accordant. Cette position, restée gelée depuis 1990, trouve désormais son aboutissement dans la décision du 10 avril 2026. La RASD, proclamée le 27 février 1976 par le Front Polisario, demeure un État non reconnu par la majorité de la communauté internationale. Elle revendique le Sahara occidental, territoire également revendiqué par le Maroc, qui en contrôle près des deux tiers. Cette entité, née de la volonté de l’OUA de parachever la décolonisation du continent, n’a jamais pu s’imposer comme une réalité tangible, ni sur le plan territorial ni sur celui des populations, deux attributs essentiels d’un État.

La présence du chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, aux côtés de son homologue Abdoulaye Diop à Koulouba, au département et chez le Président de la Transition, illustre la force des relations entre les deux pays et leur convergence de vues sur les enjeux régionaux, continentaux et mondiaux. Le Maroc et le Mali partagent un héritage commun et une relation singulière : malgré la reconnaissance de la RASD par Bamako, Rabat n’a jamais rompu ses liens avec le Mali, contrairement à d’autres pays. Dans les milieux diplomatiques, cette attitude est qualifiée de « doctrine de l’exception malienne ».

Le Maroc a toujours respecté la position souveraine du Mali, privilégiant la patience et la coopération. Il a développé des partenariats économiques exemplaires, notamment dans la banque, les télécommunications et les échanges académiques. Ceux-ci se retrouvent renforcés avec l’annonce de 300 bourses d’études. Autre retombée immédiate : la suppression du visa électronique (AEVM) pour les Maliens en séjour ou en transit au Maroc. Autant de preuves que le Mali, pragmatique dans ses choix, défend les intérêts de ses citoyens conformément aux principes constitutionnels.

La souveraineté a toujours guidé les choix du Mali : Modibo Keita et ses compagnons ont opté pour une voie socialiste en rupture avec le bloc occidental ; Moussa Traoré, président de l’OUA, s’est engagé contre l’Apartheid ; Alpha Oumar Konaré a refusé une rencontre sur certaines questions monétaires avec la France ; Amadou Toumani Touré a rejeté les propositions de reconduite des migrants maliens ; Ibrahim Boubacar Keïta a rappelé à la France et à l’ONU que les Maliens « ne sont pas des gueux » en matière de relations internationales.

Dans cette continuité, Assimi Goïta a expulsé un ambassadeur français, mis fin à la MINUSMA, aux forces Barkhane et Takuba, ainsi qu’à l’Accord issu du processus d’Alger, toujours au nom de la souveraineté nationale. Aujourd’hui, le retrait de la reconnaissance de la RASD, en cohérence avec cette ligne, marque une nouvelle étape. Le Mali s’aligne sur le plan marocain et les résolutions des Nations unies pour une solution définitive à ce vieux dossier africain.

Désormais, conformément à la vision claire du Président de la Transition, Chef de l’État, le Mali est plus que jamais souverain dans ses décisions, avec des lignes diplomatiques cohérentes et assumées.

Alassane Souleymane

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Commentaires (31)

User
Le JNIM Encerle Bamako
Le JNIM Encerle Bamako 6 mois
comme si cela va changer quoi que ce soit..... La voie du Malistan du nain goita ne compte pas du tout, meme pas au nvieau de l'AES.
Lastus
Lastus 6 mois
Ce n'est pas une question de pragmatisme, c'est une question de bon sens...... Le Mali ne peut pas clamer que le pays est un et indivisible et soutenir des séparatistes dans un autre pays..... Par ailleurs, le front polissario a soutenu les rebelles azawadiens, puis les terroristes contre l'Etat et les populations du Mali. Je ne vois pas pourquoi nous allons continuer à les soutenir face à l'Etat du Maroc.
Coulibaly Yacouba
Coulibaly Yacouba 6 mois
Il était temps de mettre fin à cette hésitation depuis trop longtemps de la part de autorités maliennes successives concernant ce dossier du Sahara Occidental. Nous sommes sûrs que cela sera plus utile pour le Mali que d'être du coté de cette reconnaissance de ce territoire dont le Maroc possède depuis très longtemps un pouvoir.
LeGoupil33
LeGoupil33 6 mois
Est ce que le "pragmatisme" du Mali ne pourrait pas s'appliquer également aux demandes des Touaregs ? Drôle de pragmatisme !!!!!!
l'Azawad Libre
l'Azawad Libre 6 mois
Azawad libre et indépendant n'est qu'une question de temps.Merci à nos héros du FLA!
Lastus
Lastus 6 mois
Les touaregs n'ont aucune demande..... Ils ont été manipulés par le prisonnier Sarko!!!!!!! le pragmatisme a voulu qu'on les combatte pour réduire les véléités de la france à néant!!!!!!!!!!!!!!!!
TankerTanker
TankerTanker 6 mois
Le « pragmatisme » du Mali : on met l’honneur au vestiaire, on range les principes au placard, on oublie la RASD, et on applaudit le Maroc. Au final, ce que certains appellent stratégie ressemble surtout à un renoncement.
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