Edito : Règlement de comptes politique ?

12 Sept 2013 - 03:15
Mis à jour: 13 ans
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La composition du gouvernement Oumar Tatam Ly, le dimanche 8 septembre, a surpris les alliés politiques d’IBK. Il s’agit bien de la CODEM, du MPR, du CNID et de certains candidats qui lui ont apporté leur soutien au second tour. Résultat : IBK a   pratiquement doublé son score du premier tour.   ibk micro1Les mécontents laissent entendre qu’ils n’ont pas été respectés par le tout nouveau Président de la République, pas parce qu’ils n’ont pas intégré le gouvernement, mais parce qu’ils n’ont eu aucune possibilité de communication avec IBK. Ils ne connaissent donc pas ses véritables intentions politiques. C’est pourquoi, rares sont ceux des alliés qui ont produit un communiqué de presse pour prendre acte de la composition du gouvernement ou pour des félicitations ou un soutien. Ils restent toujours froissés. Des conciliabules discrets seraient déjà entamés pour se regrouper et, au besoin, élargir la base politique de l’opposition en rejoignant Soumaïla Cissé. Ils ont  donc envie de savoir si IBK a réellement besoin d’eux.   Certains pensent déjà à un règlement de comptes politique parce que la CODEM est sortie des entrailles du RPM et que le CNID et le MPR, naguère Espoir 2002, ont eu à trahir IBK au profit d’ATT.C’est pourquoi, ils ont été ignorés dans le gouvernement au profit de Moussa Mara dont le score est bien en deçà de celui du trio. Cela est-il suffisant pour conclure à un règlement de comptes ?   La réponse est, de notre point de vue, négative. Le cas Moussa Mara suffit en lui-même pour affirmer que la composition du gouvernement est loin d’être inspirée par un règlement de comptes politique. Qui a fatigué IBK, dans son fief de la commune IV plus que ce jeune maire ? C’est bien Moussa Mara qui a mis IBK, le tout-puissant président de l’Assemblée nationale, en ballotage le contraignant à un second tour, lors des législatives de 2007. Si IBK était un revanchard, il commencerait par Moussa Mara, en essayant de l’affaiblir et non en le renforçant comme il l’a fait.   En revanchard, il laisserait l’ADEMA à la touche ou favoriserait sa déconfiture en choisissant d’autres cadres qui ne font pas l’unanimité au sein du parti.       La composition d’un gouvernement obéit à des critères tels que, principalement, le poids politique. Il se trouve aujourd’hui que ni le CNID ni le MPR ni la CODEM ne sont  des foudres de guerre politiques. Ils doivent donc bien comprendre qu’IBK n’a pas besoin d’eux pour gouverner. S’ils veulent être davantage respectés, politiquement parlant, par le nouveau Président, qu’ils se battent pour les législatives prochaines afin de compter à l’Assemblée nationale. C’est vrai qu’IBK, dans sa grande générosité, aurait dû intéresser ces trois partis pour conforter sa base politique. Il a préféré encourager  le seul RPM avec au moins 11 ministres du pur sérail politique, avec à la clé des portefeuilles ministériels stratégiques comme la Santé, l’Education et le Développement rural. Si IBK avait une dette envers les Tisserands, il l’a payée, et de la plus belle manière.       Il a, en effet, donné les moyens à son parti pour la conquête du pouvoir législatif. Ce qui indique qu’il n’y aura pas de législatives avant six mois, le temps pour le RPM de prendre connaissance de l’appareil d’Etat et de l’utiliser, bien sûr, à bon escient, au moment venu, pour la députation. C’est dire qu’IBK ne veut pas compter sur les autres, le RPM d’abord et les alliés après. C’est une intelligence politique qui fait peur aux autres, qui leur fait croire que le nouveau Président  risque de s’arroger tous les pouvoirs, ce qui serait, selon eux, dangereux pour la République.       Par contre, d’autres estiment qu’un pouvoir politique se doit de s’offrir  une majorité forte et stable, qu’on ne pourrait pas déstabiliser au gré des humeurs, ou à travers un chantage honteux.     Aux alliés de comprendre : IBK veut tout le pouvoir. Une fois cette velléité réalisée, il pourrait être généreux en  partageant  le pouvoir sur des critères  que lui-même aura définis pour consolider à la fois sa base politique et sociale. La composition du gouvernement n’a donc rien d’un règlement de comptes politique mais procède, plutôt, d’une stratégie politique efficiente pour se donner une majorité simple ou absolue à l’Hémicycle.     Chahana Takiou

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Commentaires (19)

User
Kassin 13 ans
Les 5 piliers de l'IBKratie 1. Bourbe sur la prestation de serment qui ignore royalement le respect de la constitution et de la loi au Mali tel que prescrit en lettres d'or à l'article 37 de la constitution du 25 février 1992 du Mali. 2. Bourbe sur Moussa Traoré qui serait un "Grand républicain" d'après IBK alors qu'il a tout fait pour ne pas voir l'avènement du pluralisme démocratique au Mali en 1991. Mais c'est ce pluralisme démocratique qui permet aujourd'hui à IBK de dormir à Koulouba. 3. Bourde sur "Inchalla", qui est devenu la clé passe partout du nouveau régime qui veut islamiser une république laïque avec collision dangereuse avec des mafias religieuses du pays. 4. Bourde sur le gouvernement Tatam 34, dont le pléthorique effectif ressemble plutôt à un banquet des affamés plutôt qu'à une équipe de travail efficace au service d'un pays pauvre. 5. Bourde Bling bling avec lunettes à monture dorée et autres extravagances inutiles pour la république dont rivalisent les nouveaux princes d'un pays meurtri dans l'inconscience généralisée.
IBK a bien fait pour les vautours. Le gouvernement n'est pas une soupe populaire à partager entre le RPM et les alliés d'IBK au second tour.
IBK a bien fait pour les vautours. Le gouvernement n'est pas une soupe populaire à partager entre le RPM et les alliés d'IBK au second tour. 13 ans
IBK a bien fait de ne pas intégrer les vautours du CNID, MPR et CODEM. Ils ont déjà participé au partage de la soupe d'ATT et beaucoup volé mais ça ne leur a pas empêché de changer de veste pour tirer sur ATT. Aujourd'hui ils se positionnent pour taper dans les caisses via le gouvernement d'IBK. Leur alliance a toujours été opportuniste mais IBK peut se rassurer que ce sont des traîtres et des incompétents que le Peuple ne va jamais plaindre. Cependant, au regard du démarrage d'IBK, je pose la question de savoir à quand la promotion de Moussa Ag Assarid? A quand la nomination de satan ? NB: il ne s'agit pas de Satan Oumar Mariko mais du plus grand satan pour lequel il travaille.
Malien
Malien 13 ans
Non, pas tout le pouvoir à IBK !L'homme a la caricature d'un dictateur assoiffé. :-D
Bissimila
Bissimila 13 ans
Le dédoublement du score du Président n'est pas le fait d'une adhésion de qui que ce soit mais de la volonté des maliens humiliés et déshonorés de rompre avec le passé. Je demande si GMT n'allait pas passé s'il avait été candidat.
kaoulatt
kaoulatt 13 ans
Mais IBK avait dit qu'il y'aurait pas de clientélisme politique et la plupart des alliés ont aussi avoué que leur alliance n'était pas conditionnée à des portefeuilles ministériels alors peut être IBK n'a tenu que promesse.
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