ERREMENTS AU SOMMET DE L’ETAT:ATT dit ‘’tchou’’ et fait ‘’tcha’’

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Plus d’un mois après les actes terroristes du 23 mai et moins d’une semaine après la signature des accords dits de la honte, le président ATT depuis Kita, a cru bon de réagir, en interprétant la colère de ses compatriotes comme des actes de va-t-en guerre. Il connaît la guerre, parce qu’il a été au feu, en Centrafrique et dans les pays qui avaient sollicité sa médiation. Pour lui, refuser de signer à l’aveuglette des accords avec des hors-la loi est un acte de guerre qui aurait plongé le pays dans le K.O. ATT est sans doute l’un des rares Maliens détenant le privilège de la connaissance de la redoutable puissance de feu des insurgés. C’est vraisemblablement la raison pour laquelle, sans requérir l’avis, encore moins l’aval de qui que ce soit, il a engagé les négociations en dehors de notre pays, avec en tête son refus d’imposer la paix par la seule voie qui vaille en pareille circonstance : chercher et mettre aux arrêts ceux qui ont défié les lois de notre pays. Chut, ne dites surtout pas, qu’il cherche à finir tranquillement ce mandat sans feu, ni flamme ! C’est une mauvaise publicité pour celui qui aspire à un second quinquennat.
ll a peut – être raison. Mais ce que notre président feint peut-être d’ignorer, c’est que personne ne lui a demandé de partir en guerre, mais de faire rechercher et arrêter ceux- là qui, par leur acte de banditisme avéré, ont mis à mal la quiétude de notre pays.
Jusqu’ici, nous étions fiers et le disions sur tous les toits que notre pays, le Mali, demeurait le seul au monde à avoir résolu ses problèmes internes sans grands dommages.
A-t-il depuis le palais senti le malaise de son peuple, lequel, à défaut de ne pouvoir l’exprimer de vive voix, a applaudi la sortie de certains Maliens, ou du moins ceux qui ont une tribune pour ce faire ? Relais ou pas, l’opinion nationale a très mal pris la manière cavalière avec laquelle les autorités de la république ont géré les actes du 23 mai. Seules, c’est vrai qu’elles parlent au nom du peuple en général, mais de delà à engager des discussions et faire des propositions ou signer quoi que soit avec des gens qui, en toute indépendance, ont décidé de défier les lois de la république, est une attitude inacceptable.
C’est le fait du prince et le peuple malien, à travers son seul support unique et crédible, c’est-à-dire les médias privés, a réagi en désapprouvant, même si l’écho de sa colère n’a pas fait l’objet de publication officielle sur les ondes et plateaux des médias d’Etat. C’est de bonne guerre, et on n’est pas en Côte d’Ivoire où, même en temps de guerre réelle, sous-tendue par une division du pays, le président Laurent Gbagbo continue de jouer la carte de la pluralité et à fond.
Et pire, non content de passer par-dessus la tête de tout le monde, on explique la colère des Maliens par des termes du genre «exploitation politicienne», comme si ce n’était pas un problème politique.
Alors, pourquoi, après coup, a-t-on réuni les partis politiques au département de l’Administration territoriale ? N’est-ce pas pour associer ces relais de l’opinion à une gestion politique de la situation créée? Décidément, la pensée unique continue de faire son chemin et semble avoir de beaux jours à l’ère ATT.
Sory HAIDARA

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