Gouvernement réaménagé : Quatre Nouveaux Arrivants et des Permutations

0
Communiqué du Conseil des Ministres du mercredi 13 janvier 2016

L’actualité nationale de la fin de la semaine a été dominée par le réaménagement gouvernemental intervenu vendredi. C’est le secrétaire général de la présidence de la République, Mohamed Alhousseyny Touré qui a donné lecture de la composition du gouvernement remanié dans un flash de la télévision nationale.

Quelques constats s’imposent au regard de la nouvelle liste du gouvernement. Primo, la taille de l’équipe augmente légèrement en passant de 31 membres dans l’ancienne à 32 ministres. L’on enregistre trois départs dont deux poids lourds. Le premier est le ministre du Développement rural, le secrétaire général du parti présidentiel, Bocari Tréta qui était le n° 2 du gouvernement dans l’ordre protocolaire dans l’ancienne équipe.
Le Développement rural qu’il dirigeait est même scindé en deux ministères avec l’Agriculture d’un côté et l’Elevage et la Pêche de l’autre. L’Agriculture est confiée à Kassoum Denon. L’ancien directeur de l’Office du Niger fait partie des quatre rentrants. Comme Nango Dembélé qui va diriger l’Elevage et la Pêche. Celui-ci avait déjà été ministre délégué auprès du ministre du Développement rural en charge de l’Elevage, de la Pêche et de la Sécurité alimentaire sous la Transition.

Le deuxième poids lourd à quitter le gouvernement est le ministre de l’Economie et des Finances, Mamadou Igor Diarra. Il laisse son fauteuil à Boubou Cissé qui peut être considéré comme l’un des grands « gagnants » du réaménagement. Boubou Cissé permute ainsi des Mines à l’Economie et aux Finances. Il cède son ancien fauteuil à Cheickna Seydi Ahmady Diawara, précédemment ministre de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine. Celui-ci se retrouve en terrain bien connu pour avoir dirigé les Mines au milieu des années 90.
L’arrivée de Konimba Sidibé dans le gouvernement a sans doute surpris plus d’un. L’ancien ministre chargé du Contrôle général d’Etat sous la Transition en 1991 se voit confier le portefeuille de la Promotion des Investissements et du Secteur privé précédemment occupé par Me Mamadou Gaoussou Diarra. Celui-ci constitue avec Mamadou Igor Diarra (Economie et Finances) et Bocari Tréta le trio sortant.

Par ailleurs, la Coopération internationale et l’Intégration africaine retournent dans le giron des Affaires étrangères toujours aux mains d’Abdoulaye Diop. Le mouvement contraire s’est fait au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Si Me Mountaga Tall conserve l’Enseignement supérieur, la Recherche scientifique est confiée à un nouveau ministre en la personne de Mme Founé Samaké Migan. Elle était conseiller technique dans ce même département, avant sa nomination.

Ministre de l’Agriculture: KASSOUM DENON

DENONC’est un fin connaisseur du monde agricole qui hérite du portefeuille de l’agriculture. Né en 1954 à N’Goa dans l’ex-arrondissement central de San, Kassoum Denon est un ingénieur agronome de classe exceptionnelle diplômé en Sciences appliquées et agronomie de l’Institut polytechnique rural de Katibougou en 1977. En 1982, il renforcera ses connaissances à l’Université agronomique d’Alexandrie et au Centre international pour le développement de l’agriculture de Caire en Egypte puis en 1993 à l’Institut forum de Paris sur le management financier des entreprises agricoles et au prestigieux Institut international pour le management et le développement de Washington.

Son parcours professionnel démontre à suffisance ses atouts pour prendre en charge le ministère de l’Agriculture. C’est un domaine que l’ancien patron de l’Office du Niger connaît bien pour avoir fait 34 ans de carrière dans le monde agricole. Carrière qui commença en 1978 à l’opération des périmètres irrigués de Kayes (OPI) comme chef de la section vulgarisation et formations des paysans aux techniques de productions intenses des cultures irriguées.

De 1986 à 1987, Kassoum Denon fera un passage à la CMDT comme chef de zone d’expansion rurale de Koutiala et Bougouni avant d’entamer une véritable carrière d’agronome à l’Opération riz de Ségou en 1988 devenue après Office riz de Ségou où il fut successivement chef de section vulgarisation et recherche, chef de division production de riz, directeur adjoint puis directeur général.

En 2009, Kassoum Denon est nommé président directeur général de l’Office du Niger, poste qu’il occupera jusqu’en 2011. Ensuite il a été nommé chef de la Cellule de coopération internationale agricole au département de l’Agriculture et du développement rural. A ce titre, il fut négociateur des projets et programmes de développement en matière agricole avec les partenaires techniques et financiers du Mali.
Depuis juillet 2015, Kassoum Denon était conseiller technique à la présidence de la République, chargé du développement rural et de l’environnement.

Ministre de la Recherche scientifique: MME ASSETOU FOUNE SAMAKE MIGAN

AssétouLa recherche scientifique est devenue un ministère à part entière dans le nouveau gouvernement. Le portefeuille a été confié à une dame de sérail en la personne de Mme Assétou Founé Samaké Migan. Titulaire d’un doctorat en sciences biologiques, spécialité génétique des plantes/amélioration variétale, obtenu à l’université d’Etat de Kharkov en ex-URSS, elle était conseiller technique au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, avant sa nomination dans le gouvernement.

Née en 1960 à San, Mme Assétou Founé Samaké Migan a enseigné la physiologie végétale à l’Ecole normale supérieure de Bamako entre 1993 et 2000. A partir de 2000, elle est devenue assistante des programmes à Winrock international jusqu’en 2004. Elle a ensuite été responsable de la méthodologie au Forum social polycentrique de Bamako entre 2005 et 2006. Trois plus tard, elle deviendra responsable des programmes à l’Institut africain de l’alimentation et du développement durable.

De mai 2011 à juillet 2013, Mme Assétou Founé Samaké Migan était la représentante de l’Unitarian services of Canada au Mali, au Sénégal et au Burkina Faso. De novembre 2013 à juin 2014, elle était conseiller technique au ministère de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du nord.
De 1997 jusqu’à sa nomination dans le gouvernement, Mme Assétou Founé Samaké Migan était enseignante/chercheur à l’université des sciences, techniques et technologiques de Bamako. Elle est également consultante et membre du comité pédagogique de la formation continue sur les semences et le fondement holiste de la biotechnologie dans l’agriculture dans l’espace UEMOA. Elle est aussi chercheur principal sur « l’Etude d’impact de l’acquisition massive des terres sur l’agriculture en Afrique de l’ouest ».

Mme Assétou Founé Samaké Migan est membre notamment du Forum pour un autre Mali et fondatrice de l’Institut africain de l’alimentation et du développement durable. Mariée et mère d’un enfant, elle parle bamanan, français, russe et anglais. Elle aime la lecture et la marche.

Ministre de l’Investissement et de la Promotion du secteur privé: KONIMBA SIDIBE

konimbaL’expert comptable Konimba Sidibé est le nouveau ministre l’Investissement et de la Promotion du secteur privé. Né le 18 octobre 1956 à N’Djiballa, dans le cercle de Dioïla, Konimba Sidibé entame les études primaires dans cette localité. Ses études secondaires le conduiront en1972 au Lycée technique de Bamako.

Muni de son baccalauréat, Konimba Sidibé s’envolera pour la France en 1975 pour suivre des études supérieures à l’Université de Paris I « Panthéon Sorbonne », et à l’Ecole normale supérieure technique de Cachan où il décrocha l’agrégation en économie en 1981 et le doctorat en économie du développement en 1985. Il était aussi très impliqué au mouvement syndical des étudiants. Il milita au sein de la puissante Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF).

De retour au bercail en 1985, Konimba Sidibé poursuit la lutte contre le régime en place. Le 18 octobre 1990, il est parmi les fondateurs du Comité national d’initiative démocratique (CNID), qui se muera plus tard en parti politique (CNID Faso Yiriwa Ton). Participant à la Conférence nationale sous la transition démocratique, Konimba Sidibé attire l’attention en dénonçant la gabegie et la corruption qui caractérisaient alors la conduite des affaires publiques. De 1991 à 1992, il est nommé à la tête du ministère chargé du Contrôle général d’Etat.
En 1995, Konimba Sidibé et d’autres compagnons de lutte, quittent le CNID pour fonder le Parti pour la renaissance nationale (PARENA). Un an auparavant, il avait créé son cabinet d’expert et de consultant économique et financier « Koni Expertise ». Il est élu député en 2007 dans la circonscription de Dioïla.
À la faveur de la grave crise politico-sécuritaire qui a secoué le pays en 2012, Konimba Sidibé et certains proches décidèrent d’investir le champ de la Société civile, en créant l’association « Djoyoro Fa ». En avril 2013, il rompt avec le PARENA et crée le Mouvement pour un destin commun (MODEC). Il était candidat à l’élection présidentielle de 2013.

A sa nomination dans le nouveau gouvernement, Konimba Sidibé dirigeait son entreprise « Koni Expertise ». Il enseigne aussi dans divers établissements d’enseignement supérieur depuis 1985. Il parle bambara, français et anglais. Konimba Sidibé est passionné de danse, de musique, de cinéma et de lecture. Il pratique aussi divers sports, comme le basket, les arts martiaux. Il est marié et père de 5 enfants.

Ministre de l’Elevage et de la Pêche: Dr NANGO DEMBELE

Nango DembeléLe nouveau ministre de l’Elevage et de la Pêche s’appelle Dr Nango Dembélé. Né en 1954 à Kaledougou, dans le cercle de Yorosso, il fréquente l’école primaire de Kifasso (Yorosso) de 1963 à 1968 et l’école secondaire de Yorosso de 1968 à 1972, avant d’entrer au lycée de Banankoro (1972-1974) où il obtient son baccalauréat en sciences. II sera orienté à l’Ecole nationale d’administration (ENA), d’où il sortira avec une maitrise en économie.
Nango Dembélé partira plus tard aux Etats Unis d’Amérique où il s’inscrit à l’Université du Michigan (Michigan State University) pour y passer un master en économie appliquée et un doctorat en agroéconomie.
A son retour au pays, il sera affecté au Trésor public à Tombouctou. Il est ensuite nommé assistant de recherche puis assistant technique au ministère de l’Agriculture. Nango Dembélé retournera quelques années plus tard au Michigan comme chargé de Programme de recherche sur les politiques agricoles en Afrique de l’Ouest et au Mali.
Dr Nango Dembélé est marié et père de 2 enfants. Il a pour hobbies la lecture et le cinéma. Pendant la transition, il était ministre délégué auprès du ministre du Développement rural en charge de l’élevage, de la Pêche et de la Sécurité alimentaire. Un domaine dont il a une parfaite maitrise.
A sa nomination, Dr Nango Dembélé était ministre commissaire en charge du Commissariat à la sécurité alimentaire.

PARTAGER