Tension dans le Gouvernement : Lorsque Pinochet et Mala n’échangent plus de politesse

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           Le ministère de l’Education Nationale a vécu un début d’année scolaire difficile et pour cause, plusieurs syndicats d’enseignants avaient déclenché des mouvements de grève. Ceux de l’enseignement supérieur avaient entamé une grève illimitée coupant le sommeil aux étudiants, parents d’élèves et autorités scolaires.rn

            Craignant une année blanche, les étudiants et leurs parents ont durci le ton amenant le Premier Ministre, chef du gouvernement à se déplacer en personne pour pouvoir trouver avec les professeurs grévistes une issue à la crise. C’est la médiation du PM qui a porté fruit car « tout est finalement rentré dans l’ordre ». Professeurs et étudiants ont repris le chemin de l’université. Ce qui a été considéré au M.E.N comme une gifle du PM à l’endroit du ministre géomancien Mala.

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            Deuxième affront subi par le ministre de l’éducation en moins d’une année scolaire, c’est le cas des contractuels de l’enseignement secondaire. Pour rappel, ceux-ci avaient signé un protocole d’accord avec le département de tutelle pour que le BAC 2006 qui était menacé puisse se tenir. Puisque qu’après une année scolaire les enseignants n’ont plus aucun moyen de pression, le département a certainement oublié ce protocole dans les placards. C’est donc très remontés que les profs sont revenus des vacances et ont décidé de se faire entendre par qui de droit. Un mouvement de grève est lancé boycottant la rentrée et obligeant le ministère à ouvrir les négociations avec les professeurs après environ un mois de débrayage. L’accord qui a été signé à l’issue des négociations et sous la houlette de Badi Ould Ganfoud, ministre de la fonction publique disait ceci : « Des négociations seraient entreprises auprès des autorités compétentes pour qu’il n’y est pas de retenue sur les salaires des enseignants durant la période de grève ». C’était sans compter avec la détermination de Mala qui trouve ses collègues trop exigeants, raison pour la quelle il fit sortir une lettre circulaire demandant aux gouverneurs de régions de procéder à une retenue sur les salaires des enseignants. Et comme pour punir les grévistes, rapidement avec le zèle qu’il faut, un mois de salaire a été retenu dans certaines régions, Ségou par exemple.

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            Les enseignants se sont logiquement retournés vers le ministre de la fonction publique et  parrain l’accord qui s’est vu humilié par le ministre de l’éducation, à qui revient la résolution du problème. Par lettre confidentielle adressée au PM, le ministre de la fonction publique tirait sur la sonnette d’alarme à propos de la violation des termes du protocole d’accord dont il est le garant. Vu la pertinence du contenu de cette lettre confidentielle, le ministre de la fonction publique aurait reçu du PM le feu vert et le soutien nécessaire pour rappeler à qui ne le savait pas ou fait fi des conditions dans lesquelles une retenue sur le salaire est procédée et qui est habilité à le faire. Réconforté en cela par l’aval de la primature, dans une lettre datant du 15 février dernier, le ministre de la fonction publique rappelait à des Directeurs d’Académie et aux chefs d’établissements, qu’ils ne sont pas habilités à élaborer des projets de décision concernant retenue de salaire chez les enseignants d’une part, et de l’autre de suspendre les procédures en cours et de reverser là où les salaires avaient déjà été retenus.

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            Par cette décision le ministre de la fonction publique retrouvait son autorité qui avait été usurpée par son collègue de l’éducation qui, à son tour se voyait également sacrifié à ses collègues professeurs. Au ministère de l’éducation, on se plaint de la « façon cavalière » avec laquelle le ministre de la fonction publique a géré cette crise avec la bénédiction appuyée de la primature. Et pour manifester son mécontentement, le ministre de l’éducation a trouvé une formule originale consistant à ne plus adresser la parole même pas un simple bonjour au chef du gouvernement Ousmane Issoufi Maiga qui devient du coup son ennemi juré.

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            De l’analyse de cette crise, il apparaît que le ministre de l’éducation est de nos jours de plus en plus isolé car même le Président de la République ATT serait déçu de sa gestion de l’école. Si sa présence au gouvernement répond à un souci de maintenir une certaine sérénité dans l’espace scolaire, car qu’on le veuille ou pas Mala a une influence sur le monde scolaire malien, il n’est un secret pour personne que l’objectif est loin d’être atteint. Bien au contraire.

rnB. DABO

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