Mali: Sanogo va-t-il faire son come-back?

17 Août 2012 - 00:00
Mis à jour: 14 ans
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[caption id="attachment_82955" align="alignleft" width="350"] Le capitaine Amadou Haya Sanogo[/caption]

La prochaine refonte des institutions sera l'occasion de donner un rôle officiel au chef des ex-putschistes.

Au Mali, le gouvernement d’union nationale annoncé en fin juillet dernier par le président intérimaire, Dioncounda Traoré, se fait toujours attendre. En tout cas, au moment où ces lignes étaient tracées dans l’après-midi du 16 août, c’étaient toujours les tractations, les examens des CV (curriculum vitae) des prétendants, les enquêtes de moralité au pas de course. Sur ce plan, c’était toujours l’expectative. Aucun nom n’a fuité comme c’est souvent le cas en pareille circonstance dans bon nombre de pays. Par contre, concernant le Haut conseil d’Etat (HCE) proposé par le président intérimaire, il est quasi certain que l’un des deux postes de vice-président va échoir au capitaine Amadou Haya Sanogo.

Le putschiste va sortir de l’ombre

Au regard de son profil, on n’a pas besoin d’être devin pour savoir qu’il aura en charge «toutes les questions militaires concernant le Nord du Mali», comme le définissait Dioncounda Traoré dans son discours à la Nation de fin juillet dernier. L’auteur du coup d’Etat de la nuit du 21 au 22 mars devra, à ce titre, présider le Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité. Dans un futur proche, le capitaine Sanogo jouera donc un rôle de premier plan dans la sortie de crise de son pays pour laquelle il est accusé par certains de l’avoir aggravée en faisant un coup d’Etat contre la démocratie. Il fera lui-même partie de l’appareil d’Etat ainsi que cinq de ses partisans à qui des postes ont été proposés dans le gouvernement d’union nationale tant attendu. Pour ce faire, il devra sortir de son camp de Kati pour prendre une part active à la transition. Il sera amené à agir au grand jour au lieu de le faire à l’ombre comme on le lui prête. En effet, ils sont nombreux à voir sa main ou sa silhouette, c’est selon, derrière le maintien du Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, le refus de confier la sécurisation des institutions et des personnalités à des forces étrangères ou encore le rôle exclusif que tient à jouer l’armée nationale dans la libération du septentrion occupé. Comme un loup tenaillé par la faim, Sanogo va sortir maintenant du bois au grand dam de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui a exigé sa mise à l’écart de la transition.

La Cédéao mange son chapeau

Ironie du sort, c’est l’organisation sous-régionale qui est mise de côté dans ce qui se passe actuellement à Bamako. Certes, il y a le médiateur qu’elle a mandaté, mais elle n’est pas associée aux consultations qui se mènent pour la formation du gouvernement. D’ailleurs, ni le délai du 31 juillet 2012 donné pour former le gouvernement en question, ni sa rallonge de dix jours n’ont été respectés et l’organisation sous-régionale n’a pas tapé du poing sur la table, encore moins brandi des sanctions. En plus, ses troupes sont aussi indésirables tant à Bamako que dans le Nord. On veut tout juste la confiner au rôle de formateur de troupes et de fournisseur de logistique dans la reconquête du Nord en préparation. S’en contentera-t-elle ou fera-t-elle un passage en force? En attendant, c’est la Cédéao qui va avaler des couleuvres avec cette remise en selle annoncée du capitaine Sanogo. A l’évidence, elle n’a pas la même lecture de la situation que le président intérimaire. Leurs points de vue sur le capitaine et son rôle sont opposés.

Sanogo est incontournable

Alors que l’organisation sous-régionale voit en Sanogo un élément dangereux à mettre de côté, Dioncounda pense autrement de l’intéressé. Pour lui, Amadou Sanogo est incontournable pour une sortie de crise durable. A ce titre, il faut l’associer plutôt que de l’écarter, d’où son retour annoncé par la grande porte avec le titre de vice-président de la république. Et il n’est pas exclu qu’à la fin de la transition, il retrouve le statut d’ancien chef d’Etat et les avantages liés que la Cédéao lui avait retirés, pour mieux l’isoler. Si le capitaine a renversé Amadou Toumani Touré avec comme motif, donner les moyens à l’armée pour combattre, à l’époque, la rébellion touarègue du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), il faudra lui permettre de se faire valoir. C’est tout le sens qu’il faut donner à cette réhabilitation annoncée même si elle peut être perçue comme une prime aux coups d’Etat en Afrique. En effet, le risque est grand que de potentiels putschistes se laissent convaincre que porter atteinte aux institutions, sous prétexte de sauver le pays ou la démocratie qui serait en danger, peut rapporter gros en termes d’impunité et de privilèges. Séni Dabo (Le Pays) / slateafrique.com

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Commentaires (13)

User
SORY Idrissa
SORY Idrissa 14 ans
C'est simple . Si le Mali écarte CEDEAO, il ne restera à celle-ci que de fermer ses frontières.Les Maliens doivent comprendre que leur pays n'est pas la CI qui a fait 10 ans de crise en restant debout ! Vous ne pouvez pas continuer à narguer toute la sous-région sans conséquence. On vous laissera vos SANOGO, et autres MARIKO ainsi que votre rébellion au nord qui vous a déjà chassé et qui vous chassera à nouveau. Vous avez écouté la Mauritanie. Les Américains à ces sujet .
babaduhon
babaduhon 14 ans
Les maliens ont la liberte de choisir entre la communaute internationale d'un cote et les puschistes de l'autre cote,cela est une realite internationale contre laquelle le Mali ne peut rien.
Kassin 14 ans
Panique à Kati 6ème épisode Ces événements se déroulent entre 10 h et 11 h à 15km au nord ouest de Bamako  "Pompomprôrôn Pompomprôrôn pompommmm" -Rassemblement d'évaluation et d'avancement des soldats! Rassemblement immédiat, rassemblement! Dans le camp militaire de Kati les soldats accourent de partout, sautent les barrières, d'autres sortent par la fenêtre. En une minute, des centaines de soldats envahissent la grande place du camp. -Écoutez-moi très bien, l'état-major général des armées nous a envoyés des spécialistes dans l'évaluation des militaires. C'est un cabinet d'audit américain qui a fait ses preuves en Irak et en Afganistan. Les soldes et les avantages de chacun de nous seront désormais liés à nos faits d'armes individuels et collectifs. C'est un voeu du premier ministre CMD. Alors soyez gentils et répondez sincèrement aux questions de nos hôtes. Introduit bien le Capitaine Sanogo. -Bonjour tout le monde. Très Heureux d'être parmi vous! C'est notre premier audit dans un camp militaire africain. La séance de ce matin sera consacrée à vous donner la parole pour que vous nous faites vivre vos faits d'armes les plus marquants. Alors à qui? Poursuit l'auditeur américain. -Moi monsieur, mon monsieur, moi moi! -Toi Sergent! -En mars 2012, devant les télévisions du monde entier, j'ai pu me sauver avec un téléviseur écran plat du palais de Koulouba qu'on avait attaqué auparavant. -C'est tout? -Beh Oui! -Ok au suivant, à toi Caporal! -J'ai pu torturé de mes propres mains 10 soldats des commandos parachutistes qu'on a capturés désarmés à Djikoroni. Mon ami, le Caporal ici présent,  a même filmé la torture et l'a mise sur YouTube. -Moi monsieur moi moi moi moi moi ! -Oui toi! -J'ai arresté arbitrairement 30 civils sans savoir pourquoi.  Comme il n'y avait plus de place on les a relâchés après une semaine. Ce n'est pas évident quand même de leur nourrir tous. Mais c'est très facile de les arrêter. Ah qu'est ce qu'on s'est marré! -Bon on va arrêter là pour aujourd'hui. -Non non non non! Tout le monde n'a pas parlé! -Oui c'est bon un autre jour. L'américain est obligé de suspendre la séance. -Oh oh oh oh ce n'est pas possible! Je n'ai même pas pu parler de l'Ortm! 1 h plus tard à l'état-major général des armées. -Mon Colonel Major vous êtes sûr que là où vous nous avez envoyé, c'est un camp militaire? -Bien sûr! Pourquoi cette question?C'est le camp Soundiata, le plus grand et le prestigieux du Mali. -Ok,  Ok! Et il y avait ce matin des vrais militaires la-bas. -Sans aucun doute! Que des meilleurs! -Ok je vous remercie mon Colonel Major. Notre bureau de Californie vous enverra notre rapport d'Audit accompagné de notre facture avec une remise exceptionnelle de 95%.
perroquet
perroquet 14 ans
Sanogo, tu es vraiment le fils de ton père, ne craint de rien; on est tous derrière toi. Je te dis ceci: "Lorsque toute une communauté se met d’accord pour te faire du mal, elle ne pourra te faire que les maux que Dieu ta prédestine,si elle conjugue ses efforts pour te faire du bien, elle pourra te faire que les biens que Dieu ta prédestiné, sache que les plumes ont cessé d'écrire et l'ancre a séché sur les feuilles"
Sankaratom
Sankaratom 14 ans
Si Sanogo devient vice-president au Mali, c'est qu'on aurait merite tout ce qui nous est arrive et arrive.
moussa ag
moussa ag 14 ans
MON CHER...TOI TU ES TOUJOURS A QUESTIONNER LE FAIT QU'ON MERITE TOUT CE QUI NOUS EST ARRIVE ET ARRIVE.... MOUSSA AG A FAIT SES CONCLUSIONS ET A DEPASSE CE STADE IL Y'A LONGTEMPS.... DIS QUE SI SANOGO DEVIENT VICE-PRESIDENT AU MALI...ON VA MERITER TOUT CE QUI VA NOUS ARRIVER.... LE SEUL MALHEUR DE CETTE AFFAIRE LA... EST QUE CA NOUS AFFECTE TOUS...SINON MOI JE NE M'EN SOUCIERAI POINT...ON LE MERITE...ON LE MERITE....ET ON LE MERITE.... EN TOUT CAS NE T'EN FAIS PAS...MEME LE FANFARON LUI MEME SAIT QUE LUI COMME VP NE VA PAS MARCHER...A PLUS FORTE RAISON LE MATHEMAGICIEN ET L'ASTROPACIFISTE.... ON EST PAS LES SEULS A AVOIR UNE SINCERE EMPATHIE POUR CES FANFARONS...IL Y'A UN MONDE INTERNATIONAL AUSSI....ET UN PAYS ENCLAVE AVEC BEAUCOUP DE NULLARDS DANS SON HISTOIRE DEPUIS L'INDEPENDANCE NE PEUT PAS S'EN PASSER... Moussa Ag, qui est certain que certaines choses sont des simples actions du BON DIEU....MAIS D'AUTRES SONT DES PROBLEMES CREES ET MERITES PAR LES VICTIMES....C'EST LE CAS DU MALI....
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