Seydou Badian kouyaté à propos des radiés de l’US-RDA «réintégrés» à la faveur des 60 ans du parti

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L’Union Soudanaise RDA commémore, ce l’an de grâce 2006, les soixante ans de sa création. Sa direction nationale a profité de cette opportunité pour lever la sanction de radiation qui frappait, depuis le 23 mai 1998, une dizaine de personnalités éminentes pour opposition à la ligne officielle du parti suite aux élections générales de 1997. Il s’agit de Idrissa Diarra, Secrétaire politique du parti à ses heures triomphantes (1960-1968) et longtemps après, Abdoulaye Singaré (ancien ministre de l’Education) Gabou Diawara (ancien responsable de la jeunesse et ancien ministre délégué à la présidence de la République) Seydou Badian Kouyaté (ancien ministre du Plan et du Développement) Oumar Baba Diarra (ancien ministre du Travail) Badara Sow (ancien ministre de tutelle des Sociétés et Entreprises d’Etat) Bengoro Coulibaly (ancien Haut Commissaire adjoint à la jeunesse) Mamadou Traoré dit «Prof» (ancien diplomate) Birama Sissoko et Sékou Maré. La décision portant levée de sanction contre ces personnalités a été prise par le Bureau politique national (BPN) au cours de sa réunion ordinaire du samedi 18 novembre 2006. Interrogé par nos soins, le Dr Seydou Badian Kouyaté a laissé entendre qu’il est absurde de réintégrer des personnes décédées (ce qui est le cas d’un grand nombre de gens figurant sur cette liste) et qu’il serait plus convenable de prendre en leur faveur une mesure de réhabilitation.

Dans le cadre des festivités marquant le soixantenaire de la naissance de l’US-RDA (1946-2006), les responsables du parti ont  placé l’événement sous le signe du «rassemblement». Aussi, fidèle à cet esprit, ont-ils convenu de reconstituer la grande famille de l’US-RDA. C’est pourquoi, au cours de sa réunion ordinaire du samedi 18 novembre 2006, le Bureau Politique National de l’US-RDA a décidé, de lever la sanction qui frappe une dizaine de ses camarades. Il s’agit de Seydou Badian Kouyaté, Idrissa Diarra, Abdoulaye Singaré, Gabou Diawara, Bengoro Coulibaly, Birama Sissoko, Sékou Maré, Oumar Baba Diarra, Mamadou Traoré dit Prof, Badara Sow. Ceux-ci réintègrent désormais les rangs de l’US-RDA à en croire la déclaration, signée par le secrétaire général du parti, Dr Badara Aliou Macalou.

Suite à cette importante décision du parti de l’indépendance, nous avons joint par téléphone, dans la matinée d’hier, mercredi 22 novembre, le doyen Seydou Badian Kouyaté pour recueillir ses impressions.

Il s’est montré fâché  face à une telle mesure avant de nous déclarer que : «Je ne réintègre rien. Je n’ai pas besoin d’une réintégration. Dans le cadre des discussions relatives à  la reconstitution de la grande famille de l’US-RDA, le Bureau Politique National actuel a entamé des négociations avec le PIDS, dirigé par Daba Diawara. Comme préalable, il m’est revenu qu’ils ont convenu de nous réhabiliter et non de nous réintégrer. C’est aberrant d’entendre parler de réintégration d’un groupe parmi lesquels se trouvent de fortes personnalités qui sont dans l’au delà».

Rappelons qu’à la faveur des élections ratées d’avril 1997, le Collectif des partis politiques de l’opposition (COPPO) dont l’US-RDA était membre, avait préconisé la non reconnaissance des institutions de la République.

Une ligne radicale que Seydou Badian Kouyaté avait dénoncée sur les antennes de Radio Kledu le 8 mai 1998, puis sur l’ORTM, le 11 mai de la même année.

Cette prise de position, pour le moins courageuse, de celui qui fut le ministre du Plan et du Développement de Modibo Kéïta et militant de première heure de l’US-RDA, avait été appuyée par des propositions de sortie de crise non moins réalistes jurant avec le maximalisme traditionnel du collectif.

Cette position avait été soutenue par 29 autres membres du Bureau Politique National sur la quarantaine que comprend cet organe, dirigé au moment des faits par Bamou Touré.

Curieusement, c’est le groupe minoritaire qui s’est arrogé le droit de sanctionner Seydou Badian Kouyaté et autres. Cette décision «illégale» a été attaquée le premier juin 1998 auprès du juge des référés de la commune II, aux fins de levée de sanction.

Les requérants avaient eu raison sur les radicaux le 19 juin de la même année et Bamou Touré de qualifier le magistrat, Sambala Traoré de «petit juge de quartier».

Après donc ce verdict, un congrès avait été convoqué pour départager les deux tendances. Il a été un flop magistral car, on a assisté à deux rencontres, sanctionnées chacune par la mise en place d’un Bureau Poltique National, au nom de l’US-RDA. L’un était dirigé par Bamou Touré, soutenu par Dr Gologo Elbéchir et l’autre par Daba Diawara, appuyé par Seydou Badian Kouyaté. Les débats s’étaient intensifiés à tel point qu’on a eu droit à un procès, gagné cette fois-ci par le groupe de Gologo.

Les perdants ont ainsi crée le PIDS, présidé de sa création à nos jours par Daba Diawara, par ailleurs, secrétaire général du ministère de la santé. Depuis l’US-RDA s’est affaiblie de façon progressive.

A preuve : durant les législatives dernières, elle n’a pu obtenir qu’un seul député sur une liste commune à Mopti. Il s’agit du vieux Ali Maïga, décédé l’an dernier.

Depuis deux ans, l’équipe actuelle du parti de la charrue attelée multiplie les appels à la retrouvaille en direction principalement du PIDS et de tous ceux qui se réclament de Mamadou Konaté et de Modibo Keita.

C’est dans cette perspective que les mesures de suspension évoquées ci-dessus ont été levées. Mais, le secrétaire général de l’US-RDA, Dr Macalou semble rater le coche puisque les intéressés ne veulent pas entendre parler de réintégration mais s’attendent plutôt à une réhabilitation.

Chahana TAKIOU

 

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