Elections Présidentielles de 2007 : IBK est-il l’homme providentiel ?

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    A son deuxième congrès ordinaire, le Rassemblement Pour le Mali a investi, pour briguer la Magistrature Suprême, le candidat El Hadj Ibrahim Boubacar Kéïta. Il se présente comme l’homme providentiel pour le Mali, eu égard au contenu de son message à l’adresse des militants du parti car, estimant que la gestion actuelle du pouvoir fait apparaître beaucoup de dérives. Ce qui serait la source du patrimonialisme. Cet IBK qui se dessine à l’horizon sera-t-il différent de celui que nous avons connu sous l’ADEMA?

    2007 est une année électorale dans notre pays car, seront organisées les élections présidentielles et législatives. Conformément à la constitution, les institutions de la République seront renouvelées, ce qui donne lieu à la tenue de nouvelles élections, étant donné que le mandat du président de la République et celui des députés qui sont de cinq ans tirent vers leur fin. Ces représentants du peuples ont été élus en 2002.
    A l’orée de ses élections, les différentes formations politiques s’activent pour l’élection de leurs candidats, soit issus de leurs propres partis ou d’une alliance.

Au Rassemblement Pour le Mali, la situation est très claire, le parti a décidé de présenter un candidat à l’élection présidentielle qui n’est autre que son président. Ce dernier a été investi le week-end dernier lors du 2ème congrès ordinaire qui s’est déroulé au Centre International de Conférences de Bamako. Il s’agit de Ibrahim Boubacar Kéïta, président de l’Assemblée Nationale dont l’objectif affiché est la conquête de Koulouba.

KOULOUBA, LE CHEMIN EST LONG ET PLEIN D’EMBUCHES

    Pour se retrouver à Koulouba, il va falloir au président du RPM, réunir plusieurs atouts de son côté. Plusieurs paramètres entrent en jeu aux élections présidentielles, notamment le soutien d’une solide formation politique. Ce qui est le cas pour Ladji Bourama, son parti est le plus représenté à l’Hémicycle et sur le plan communal, il arrive derrière l’ADEMA et l’URD.

    Aussi, il y a la carrure du candidat, et cela ne manque pas chez le candidat IBK, l’homme est présidentiable. Ambitieux: l’homme l’est et à ce sujet, il a dit dans son discours d’investiture : “le RPM sera présent Inch’ Allah aux élections présidentielles d’avril 2007. Il le sera par mission et par devoir. Oui par mission, s’il est vrai que l’objectif premier, fondamental de tout parti politique est la conquête du pouvoir politique pour mettre en oeuvre le projet de société qu’il propose à ses concitoyens et appliquer le programme qui doit le traduire en réalités concrètes”.

    La décision du RPM d’aller aux élections est tout à fait objective et logique, mais l’ascension n’est pas chose facile. Elle découle en partie du passé du candidat.

LE NOUVEL IBK FAIT-IL REVER ?

    Dans son discours d’investiture, le candidat IBK a tracé sa vision des choses qui sert de thème de campagne pour lui en ces termes : “il s’agit pour nous d’avoir une vision qui tienne compte de l’état réel actuel de notre pays, de notre environnement du monde, bref de l’ensemble de ces relations internationales complexes sans l’intelligence réelle desquelles, l’on ne pourra jamais développer ce pays en terme de croissance durable et soutenable, profitable à l’ensemble national, surtout aux plus faibles”.

    IBK dont-il s’agit a été Premier ministre de ce pays durant six années sous le régime de Alpha Oumar Konaré pendant les dix années de  gestion du pouvoir par l’ADEMA. Ce qui laisse entendre que l’homme est très connu de nos compatriotes. Et durant cette période tout fut-il rose? Loin s’en faut. Il néanmoins affirmé qu’aimer un peuple, c’est  le considérer mieux, le respecter, accepter d’organiser dans des conditions de clarté et de transparence absolues, toute consultation devant décider de son destin.

QU’EN EST-IL DES ELECTIONS DE 1997?

    Ces élections ont été tenues sans fichier électoral fiable. Elles furent en conséquence boudées par l’ensemble de la classe politique, excepté le parti au pouvoir. C’est IBK qui les a organisées.

    La gestion de l’école en ces temps est loin aussi de servir d’exemples, c’est sous IBK qu’on a assisté à l’année blanche et aux années facultatives. Il est aussi comptable de la gestion de l’ADEMA au pouvoir, puisqu’il était aussi président du parti. L’entourage aussi compte, alors qu’on se plaint beaucoup de celui d’IBK.

    Sous ATT aussi, le RPM est comptable de la gestion, au nom du consensus. De toutes les façons, IBK qui se profile à l’horizon n’est pas différent de celui que nous avons connu sous l’ADEMA.

Mamadi TOUNKARA

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