ENTRE NOUS : Les ‘’baga- baga’’ depuis Fourou

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Jour ‘’J’’ moins 27, les choses sérieuses semblent avoir commencé, en attendant l’ouverture officielle de la campagne programmée pour le 8 avril. La marche de protestation de la jeunesse du Front pour la démocratie et la république semble avoir produit l’effet escompté : un ‘’tchikan’’, un message qui n’est pas tombé dans des oreilles de sourd. Il est passé cinq sur cinq : la rue, comprend-on en substance, bruira au cas où les choses ne se passeraient pas dans les règles de l’art. Le pouvoir a compris l’ampleur de l’enjeu.rn

Craignant l’allure que pourraient prendre les choses, Koulouba sorti de la manche sa carte maîtresse. La meilleure stratégie en la matière consistant à prendre les devants, le président sortant a opté de bander les muscles le week-end dernier. Mais cela n’a guère surpris les observateurs. Car, cela est connu depuis la rébellion du 23 mai dernier, Sambourou choisit toujours ses déplacements à l’intérieur pour : soit régler ses comptes avec ceux qui ne sont pas d’accord avec sa façon de faire, ou mettre les points sur ses ‘’i’’ à sa façon.

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Il n’a pas dérogé à la règle hier dimanche, à Fourou, en 3e région, fief natal de son ami Kafougouna, où il procédait à une énième inauguration. De là, Sambourou s’est adressé aux Maliens, quelques instants avant la proclamation par la Cour constitutionnelle de la validation ou non des candidatures à la présidentielle. Une parfaite illustration de la démarche. A l’analyse de son appel, il ne fait l’ombre d’aucun doute que le président sortant, travaillant à sa réélection prochaine, a pris les devants en avertissant singulièrement les candidats du Front et leurs troupes qu’il ne tolérera aucune contestation au cas où il réaliserait son ‘’takokelen’’.

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L’ordre, souligne-t-il de dix traits, sera maintenu avant, pendant et après le scrutin. Soupçonne-t-il déjà ses challengers déterminés sous la bannière du Front ? On ne tardera pas à être fixé. Ce qui est sûr, c’est que l’appel n’est pas tombé non plus dans des oreilles de sourd. Se sachant dans le collimateur de la menace présidentielle, les ‘’frontistes’’ savent à quoi s’en tenir. Cela ne fait l’objet d’aucun doute : Sambourou préparerait-il psychologiquement les Maliens à l’issue du scrutin qu’il organisera dans moins d’un mois et qu’il compte gagner à la manière décrite par ses ouailles, c”est-à-dire au premier tour, qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Qu’importe les analyses et  réflexions se rapportant, à la difficulté voire à l’impossibilité de réaliser ce rêve dans les règles de l’art compte tenu du contexte malien!

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Mais force est de se convaincre que ce réflexe présidentiel, surtout sur un ton de menace, est inopportun et déplacé. Le président de la république aurait dû avoir la sagesse de prendre en compte les cris de détresse d’une opposition à cause de l’exploitation abusive des médias d’Etat à son profit. Les avis et communiqués et de la Ceni et du Conseil supérieur de la Communication n’ont rien changé à la situation. La confusion était  reine.

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Sous la casquette de président de la république, c’est bien le candidat qui sillonnait avec moyens et ressources de l’Etat, les 2/3 du pays en candidat travaillant pour son compte. Nioro a levé les équivoques. A-t-on besoin d’être politique pour le comprendre ? Non content de n’avoir pas fait observer ou jouer les règles du jeu, le président candidat, visiblement bien en jambe, s’exerce à faire avaler la pilule bien avant la tenue du scrutin.

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Mais il est bon de saluer son appel à l’ensemble des communautés religieuses de notre pays, afin qu’elles prient pour le Mali, pour la bonne tenue de ce scrutin à très haut risque pour la stabilité politique de notre pays, 16 ans après la révolution historique de mars 91. Les prières, à elles seules, suffiront-elles ?

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Sory HAIDARA

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