IBK après son élection à la tête du FDR : «Je suis totalement prêt pour battre ATT en 2007»

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Le tout nouveau président du FDR, Ibrahim Boubacar Kéïta du RPM, entouré de ses collègues, a animé, le samedi 3 mars, une conférence de presse, au siège du Parena (siège provisoire du FDR) pour, à la fois, présenter le présidium qu’il dirige et expliquer les grandes ambitions de ce regroupement politique : «redonner confiance aux Maliens à travers une vraie démocratie, une école performante et mettre fin au populisme et à la démagogie ambiante». IBK, le principal conférencier, répondant à une question d’un journaliste, a déclaré : «Je suis totalement prêt pour battre ATT en 2007».

Mis sur les fonts baptismaux, le 25 février 2007, au centre culturel «Bulonba», le Front pour la Démocratie et la République (FDR) a élu, le samedi 2 mars, son présidium. Il est dirigé par le président du RPM Elhadj Ibrahim Boubacar Kéïta.

Les autres membres sont : Tiébilé Dramé du Parena (1er vice-président), Soumeylou Boubèye Maiga de la Convergence 2007 (2ème vice-président), Mamadou Sangaré dit Blaise de la CDS (3ème vice-président), Abdoulaye Traoré dit Diop de l’ADJ (4ème vice-président), Me Mamadou Gakou de la COPP (5ème vice-président), El Madani Diallo de l’ADJ (secrétaire général), Amadou Sidibé dit RDR (secrétaire général adjoint), Issa Diarra de Convergence 2007 (Trésorier général), l’honorable Mamadou Bagayogo de la CDS (Trésorier adjoint), Djiguiba Kéïta dit PPR du Parena (porte parole). Précisons que le parti des Tisserands n’était pas candidat à la présidence.

Le choix des tisserands s’était plutôt porté sur le leader du Parena, Tiébilé Dramé. Pour des raisons multiples, les partis membres du FDR ont à l’unanimité plébiscité IBK.

Quelques heures après son élection, le tout nouveau patron du FDR, entouré de ses collègues, a animé une conférence de presse le dimanche 3 mars, au siège du parti du bélier blanc afin de rendre officiel ce présidium et de dévoiler les grandes lignes du combat démocratique du regroupement politique qu’il dirige.

«Notre Front ne se bouscule pas autour d’une personne. Nous voulons assurer les Maliens, leur donner confiance en eux-mêmes, les remettre au travail. Nous voulons construire une démocratie active. Pas le monologue, encore moins de véhiculer des images d’un certain temps digne d’une République bananière. Nous refusons que le pays sombre dans l’allégéance, l’opportunisme et la médiocrité. Notre combat est celui d’une démocratie réelle et non factice» a déclaré IBK.

A la question de savoir s’il est prêt pour battre ATT à l’élection présidentielle d’avril 2007 ? IBK répondra sans hésitation : «totalement». Avec un système qui frise le culte de la personnalité, une école en panne, une démocratie qui marche à reculons, l’affairisme et le clientélisme qui ont pignon sur rue dans le Mali d’ATT, le tout couronné par une paupérisation grandissante des populations, IBK est sûr de sa victoire et celle du FDR. C’est pourquoi, il a mis le pouvoir en garde contre un éventuel folklore électoraliste. D’ores et déjà, le président du FDR met des doutes sur l’existence des 7,2 millions de cartes confectionnées alors que le fichier électoral n’est toujours pas mis au point.

«Il n’y a pas de clarté, ni de transparence sur le fichier électoral à moins de deux mois des élections générales. Le nombre et la localisation des bureaux de vote ne sont toujours pas connus. Nous allons demander un audit du fichier électoral. Nous serons présents dans tous les bureaux de vote pour éviter d’éventuels tripatouillages des résultats et nous aurons la maîtrise de ces derniers» a promis le président du FDR.

En outre, IBK a dénoncé la démagogie et le populisme en cours depuis fort longtemps. En effet, il n’a pas bien apprécié les déclarations du président sortant, ATT en visite à Yorosso le 26 février dernier.

Cette date a coïncidé avec le dernier forum de l’Union Africaine à laquelle ATT n’a pas pris part. Il disait en substance : «Yorosso vaut mieux que Addis Abéba et que dans la capitale éthiopienne, il n’y a que des bavardages inutiles». IBK pense que cette phrase est une insulte aux chefs d’Etat africains, à l’Union Africaine et son président Alpha Oumar Konaré. «J’ai eu honte pour mon pays» a t-il fulminé.

Le FDR réclame le départ du gouverneur du District, Féfé Koné

Pour leur part, Tiébilé Dramé et Blaise Sangaré ont vigoureusement attaqué l’ORTM, qualifié par le premier de radio nord-coréenne. «Ce qui se passe à l’ORTM est une honte. Ce n’est pas digne d’une démocratie pluraliste. On n’agresse pas un peuple, on ne le violente pas de cette manière. Paradoxalement, c’est au moment où l’ORTM et le ministère de la Communication sont dirigés par des professionnels que notre télévision nationale devient la dernière de l’Afrique. Grâce à Africable, nous suivons ce qui se passe ailleurs. Et tout le monde remarque que c’est bien différent de ce que Bozola nous sert toutes les nuits» a soutenu le candidat du Parena à la présidentielle du 29 avril.

Par ailleurs, Tiébilé Dramé a laissé entendre que «le FDR demande la démission du gouverneur du District pour le rôle néfaste qu’il joue dans l’organisation des élections générales. Il est inadmissible qu’un administrateur de haut rang, en l’occurrence un gouverneur, prenne faits et causes pour un candidat et de façon ostentatoire. Cela est un recul grave. Nous invitons les responsables en charge d’organiser les élections, de respecter le serment de leur profession, en observant la neutralité requise en pareille situation. Nous invitons tous les préfets et gouverneurs à se démarquer de la méthode du gouverneur du District de Bamako qui a prouvé plus d’une fois qu’il est partisan» a conseillé le gendre du président Konaré.

Blaise Sangaré de la CDS ajoutera que la neutralité doit être de rigueur chez un administrateur civil. Avant de revenir sur le matraquage psychologique auquel l’ORTM soumet le peuple malien : «l’ORTM contribue à asseoir la machine de fraude électorale parce qu’il violente les conscientes et tente de rendre les Maliens borgnes. Choisir est un droit. L’ORTM fausse le jeu en refusant la comparaison et en choisissant un camp. Si l’ORTM n’arrête pas, nous allons l’arrêter par les voies légales appropriées».

Chahana TAKIOU

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