La CENI somme l’ORTM d’arrêter la propagande anticipée et outrancière

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Dans une déclaration, déposée à notre rédaction et signée par son président,… Fodié Touré, la CENI dénonce la campagne élec­torale, prématurément ouverte par l’ORTM. Aussi, invite-t-elle Bozola à «mettre fin, en tout cas jusqu’à l’ouverture officielle de la campagne électorale, à la couverture et à la médiatisation de toute activité politique ou associative menée sur fond de propa­gande ou de campagne électorale».

En effet, depuis quel­ques semaines, la CENI dit avoir suivi avec intérêt la tenue des ins­tances statutaires dé cer­tains partis politiques, au cours desquelles des posi­tionnements ont été claire­ment définis par rapport à l’élection présidentielle.

En marge de ces événe­ments, Fodié Touré de relever : qu’une «couvertu­re médiatique intense par l’ORTM de manifestations organisées dans différen­tes localités du pays et dans certains quartiers de Bamako par des partis po­litiques, des associations ou clubs déclarant soutenir la candidature éventuelle de certains hommes politiques, alors qu’à ce jour, aucune candidature n’a été enregistrée conformément aux articles 146, 147et 148 de la loi électorale. Et, la Cour constitutionnelle n’a encore arrêté, ni publié de liste de candidats en vertu de l’article 149 de la même loi».

Avant de constater que «ces manifestations, mé­diatisées à outrance par l’ORTM et au cours des­quelles des consignes de vote sont données, consti­tuent des activités de cam­pagne électorale dès lors qu’elles visent essentielle­ment à mobiliser le maxi­mum de suffrages autour d’une candidature. Que ces manifestations ne peuvent être menées et ne doivent être couvertes par les mé­dias que pendant le temps de la campagne électorale déterminé à l’article 69 de la loi électorale».

Cette disposition dispo­se clairement, entre autres, que : «la campagne élec­torale est ouverte à partir du vingt et unième (21e) jour qui précède le jour du scrutin pour l’élection du président de la Républi­que et des députés…La campagne électorale prend fin le jour précédant la veille du scrutin à mi­nuit».

Aussi, par lettre en date du 23 janvier 2007, la CENI a saisi le Comité National de l’Egal Accès aux Médias d’Etat (CNEAME) afin qu’il prenne, conformément à ses attributions, des mesu­res utiles. Mais depuis cet­te date, aucune mesure n’ayant été prise, la CENI est déterminée à exercer, conformément aux disposi­tions des articles 14, 15 et 16 de la loi électorale, sa mission de suivi et de su­pervision sur toutes les pha­ses du processus électoral, à savoir : la période préé­lectorale, la période électo­rale, la période post-électo­rale.

C’est pourquoi, la CENI, convaincue que de la bonne gestion de la première période dépendra le climat qui régnera sur tout le reste du processus, «demande à l’ORTM de mettre fin, en tout cas jusqu’à l’ouverture officielle, de la campagne électorale, à la couverture et à la médiatisation de tou­te activité politique ou as­sociative menée sur fond de propagande ou de cam­pagne électorale».

De l’avis de la CENI, sont considérées comme activités de propagande ou de campagne électorale déguisée toutes manifesta­tions ou toutes déclarations publiques de soutien à un candidat, à un parti politique ou à une coalition de partis politiques, faites directe­ment ou indirectement par une association, une per­sonne, ou un groupement de personnes quelle qu’en soit la qualité, la nature ou le caractère.

L’institution chargée de la supervision des élections estime qu’il en est de même des visites, des missions à caractère économique, so­cial ou autrement qualifiées, effectuées par toutes auto­rités de l’Etat sur le territoi­re national et qui donnent lieu aux manifestations et déclarations susvisées.

L’activité politique ou associative est encore dite de propagande ou de cam­pagne électorale selon la CENI dès lors qu’elle tend à mobiliser le maximum de suffrages autour d’une can­didature ; dès lors qu’elle a pour objet de donner des consignes de vote ; dès lors qu’elle vise à amener les citoyens à adhérer à une candidature ou à un pro­gramme politique.

Face à cette situation qui persiste, la CENI invite, encore une fois, le CNEA­ME à prendre, dès à pré­sent, des mesures adéqua­tes conformément à ses at­tributions.

«La CENI, disposée à accomplir sa mission en toute responsabilité et en toute impartialité, afin que les élections générales de 2007 se déroulent dans la légalité, dans la transpa­rence et dans l’équité, ga­ges de paix, de stabilité et de concorde. Aussi, exhor­te t-elle les acteurs de la scène politique au respect des lois de la République et du code de conduite qu’ils viennent de parapher et souhaite une bonne an­née électorale à tout le peu­ple malien» a conclu le pré­sident de la CENI, Fodié Touré.

Chahana TAKIOU

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NOTRE COMMENTAIRE

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ATT visé par la CENI

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Dans sa déclaration, la CENI a dit haut et fort ce que murmurent tout bas les uns et les autres. En effet, depuis plusieurs années, l’ORTM a démarré de façon délibérée la campagne présidentielle de 2007.

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Le journal télévisé de 20h15 s’ouvre et se referme par des soutiens et des appels à voter en faveur du président sortant, quand bien même la campagne électorale n’est pas encore ouverte.

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Des associations de toutes sortes, créées pour la circonstance, ont les organes d’Etat à leur dévotion entière tandis que les formations politiques, qui ont la prétention de ne pas penser et agir dans la voie voulue et tracée par le pouvoir sont mises à la portion congrue voire purement et simplement censurées. C’est le cas de SADI, du RPM, de l’ADJ, en un mot de tous les mal pensants.

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C’est dans cette implacable logique digne du système de parti unique qui a fait les ravages que l’on sait ici même au Mali (il est vrai que les hommes ont la mémoire courte) que l’on a assisté à des montages grotesques invitant les paysans, les griots, les Mopticiens, les femmes Tamacheck, les Arabes et même les Maliens de l’extérieur à voter en faveur d’ATT. Celui-ci également, dans ses interminables sorties pour inaugurer un forage par-ci, un pont par-là, un commissariat de police plus loin ou remettre des clés aux bénéficiaires des logements sociaux partout, ne trouve aucun inconvénient à ce que des associations ou groupes de personnes lui manifestent leurs soutiens électoraux, en violation flagrante de la loi électorale et de l’éthique tout court.

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Organe public, appartenant donc par définition et par vocation à l’ensemble du peuple malien et non à un groupe d’hommes, encore moins à un seul homme, fût-il président de la République, dirigé de surcroît par des individus présentés comme des professionnels de l’information ou de la communication, l’ORTM aurait dû éviter toute attitude ou comportement de nature à violer, voire violenter la déontologie.

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Au lieu de cela, c’est lui-même qui, sous la houlette de Sidiki Konaté et de son ministre de tutelle, Gaoussou Drabo, encourage les manquements à la loi et à l’éthique.

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Donnant ainsi l’impression que l’ORTM s’est engagé résolument dans une campagne électorale permanente en faveur du Général-président, Amadou Toumani Touré qui doit être réélu à tout prix comme si le sort du Mali dépendait exclusivement de cette seule élection.

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Avec l’ORTM, la démocratie malienne, au lieu d’avancer, a assurément reculé. Au point que certains se surprennent à regretter l’ORTM de sous Moussa Traoré avec ses interminables communiqués du Bureau Exécutif Central de l’UDPM qui occupaient l’essentiel des bulletins d’information.

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Décidément, les responsables actuels du ministère de la Communication et de l’ORTM, habitués à subir plutôt qu’à servir, sont en retard d’une révolution. Pour s’adapter au Mali nouveau, avec ses exigences de liberté de la parole et de l’écriture, d’équilibre mais aussi d’audace. Chahana Takiou

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