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<title>Actualités au Mali en temps réel et info en direct &#45; : Histoire (Politique)</title>
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<description>Actualités au Mali en temps réel et info en direct &#45; : Histoire (Politique)</description>
<dc:language>fr</dc:language>
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<title>Abdoulaye Wade  à 100 ans :  Le Sénégal organise un hommage national</title>
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<description><![CDATA[ Il y a quelques jours, précisément le 29 mai 2026, Abdoulaye Wade, Ancien président de la République du Sénégal, soufflait ses 100 bougies. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 06 Jun 2026 01:48:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un anniversaire pas comme les autres, eu égard à la dimension de l'homme, son parcours et ses réalisations. Raison pour laquelle le Sénégal a décidé de lui rendre un vibrant hommage et le clou des manifestations prévues sera le vernissage de l'exposition : "Abdoulaye Wade, 100 ans et 1000 vies".<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les 4 et 5 juin 2026 auront lieu les célébrations officielles du 100e anniversaire de l'ancien président Abdoulaye Wade. Initialement prévu le jour de son anniversaire (le 29 mai), l'événement a été reporté à cause de la proximité avec la Tabaski. Cet hommage national se déroulera sous le haut patronage du président Bassirou Diomaye Faye. C'est dans la salle du Grand Théâtre national que se tiendra la cérémonie officielle. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Rien que ce choix du lieu est plus qu'un hommage à Abdoulaye qui compte parmi ses grandes réalisations de grand visionnaire ce joyau culturel. Le Grand Théâtre (baptisé Grand Théâtre National Doudou Ndiaye Coumba Rose) est aujourd'hui le temple de la culture sénégalaise.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Situé à Dakar, il a été construit a été construit dans le cadre de la coopération sino-sénégalaise. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Officiellement inauguré le 15 avril 2011 par l'ancien président Abdoulaye Wade, ce complexe culturel a une capacité d'environ 1 800 places assises. Il s'élève sur 6 étages comprenant des salles de répétition, des loges et des salles de conférence. Comme annoncé lors de son inauguration, le Grand Théâtre, qui entre dans la lignée du projet des 7 merveilles du parc culturel du président Abdoulaye Wade, a pour mission d'offrir un espace de rayonnement pour le 6e art, les spectacles vivants, la musique et la préservation du répertoire culturel africain et mondial.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La cérémonie d'inauguration du Grand Théâtre Doudou a été marquée par un opéra sur la légende de Mali Sadio exécuté par des pensionnaires du Théâtre national Daniel Sorano et des membres de la chorale Afrikiyo, une prestation d'un ensemble Sonrai du Mali et un spectacle de la Troupe artistique des handicapés de Chine. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le programme s'articule autour de deux temps forts : D'abord le mercredi 4 juin (Grand Théâtre Doudou-Ndiaye-Rose) : Cérémonie officielle d'ouverture ponctuée par la diffusion d'un documentaire intitulé : Abdoulaye Wade, 100 ans et 1000 vies. Elle sera suivie d'une exposition ouverte au public retraçant le parcours intellectuel et politique de l'ancien chef de l'État sénégalais. Pour joindre l'utile à l'agréable, les musiciens entendent apporter leur touche par un Méga-concert populaire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le lendemain, notamment le jeudi 5 juin au Monument de la Renaissance Africaine (encore une des idées de génie de l'Ancien président du Sénégal aujourd'hui centenaire) se déroulera le Grand colloque scientifique pour analyser l'héritage politique, démocratique et intellectuel du Pape du Sopi (changement qualitatif en wolof), ce mot par lequel il a mobilisé les Sénégalais autour de son programme libéral pour assurer l'alternance, mettant ainsi fin à quarante ans du règne socialiste (Senghor puis Abdou Diouf).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Amadou Bamba NIANG<o:p></o:p></span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Journaliste et Consultant indépendant</strong><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>49ème anniversaire de la mort de Modibo Keita : Tout n&amp;apos;a pas été dit sur sa politique</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/49eme-anniversaire-de-la-mort-de-modibo-keita-tout-na-pas-ete-dit-sur-sa-politique-3117248.html</link>
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<description><![CDATA[ Chaque année, depuis l&#039;instauration de  la supposée démocratie multipartite dans le Mali, les autorités nationales rendent un hommage au premier Chef de l&#039;État du pays à l&#039;occasion de sa disparition, le 16 mai 1977. ]]></description>
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<pubDate>Thu, 04 Jun 2026 10:25:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Nouveau Réveil</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un décès survenu après un coup d'État militaire perpétré le 19 novembre 1968 à son encontre. Il est intéressant de s'interroger sur ce qui a été beaucoup occulté dans la politique de Modibo Keïta.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye Maïga a, au nom de Son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’État, déposé le samedi 16 mai 2026 une gerbe de fleurs sur la tombe du Président Modibo Keïta. Il a affirmé qu’« en ce lieu de mémoire et de recueillement, la Nation malienne s’incline avec respect devant l’immense héritage laissé par le Président Modibo Keïta, père de l’indépendance du Mali et symbole de dignité ». Certes, l'homme a beaucoup fait pour le Mali. Il est magnifié à tous les niveaux. Cependant, force est de constater que tout n'était pas " rose".<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un bilan occulté par ses thuriféraires<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Modibo Keita a été le premier Chef de l’Etat du Mali. C’est lui<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>qui, en compagnie de ses camarades de l’Union Soudanaise pour le Rassemblement Démocratique Africain (US-RDA), a conduit le pays à l’indépendance sous le nom de République du Mali en souvenir à la fédération du Mali qu’il a voulue constituer au départ avec la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), le Dahomey (actuel Bénin), le Soudan français (actuel Mali) et le Sénégal, qui finalement n’était constituée que par le Soudan français et le Sénégal. Malheureusement, cette éphémère fédération, d’à peine deux mois, s’est éclatée le 20 août 1960. Modibo Keita a posé les premiers jalons dans tous les domaines de la vie du Mali. Son régime avait une base solide au départ. Il portera très haut le prestige international du Mali. Au plan interne, il a construit un État fort et amorcé une industrialisation volontariste du pays. Toutefois, l’autre aspect de son bilan, occulté par ses thuriféraires, est loin d’être reluisant : en effet, le premier président du Mali a enfermé dans les bagnes de Taoudéni et de Kidal ses opposants emblématiques, parmi eux Fily Dabo Sissoko et Hamadoun Dicko, sous prétexte de complots avec des « preuves » laborieusement exposées. Le socialisme économique radical qu’il instaura dans un pays héritier d’une longue tradition de liberté commerciale, sans compter les dérives des miliciens, favorisera l’émergence d’un front hostile et déterminé contre son régime. Il est aussi vrai que son engagement en faveur des mouvements de libération de l’Afrique dérangeait considérablement le camp occidental.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>A ces problèmes est venu s’ajouter en 1966 le Coup d’Etat militaire contre son ami le panafricaniste Kwamé N’Krumah, Chef d’Etat du Ghana. Dès lors se sentant isolé même à l’interne, Modibo Keïta dissout le bureau politique national de l’US-RDA en le remplaçant par un Comité national de défense de la révolution (CNDR). Dans la foulée, il dissout aussi l’Assemblée nationale en la remplaçant par une délégation législative de 28 membres qui sont ses plus proches. C’est dans ce contexte de méfiance à l’égard de ses anciens camarades et d’isolement par des pays voisins à la solde de l’impérialisme occidental qu’intervient le Coup d’ Etat militaire perpétré par celui là-même qui était instructeur de la milice populaire, le Lieutenant Moussa Traoré. A la tête de 13 autres officiers subalternes, Lieutenant Moussa Traoré, mit fin, le 19 novembre 1968, au régime de Modibo Keïta.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La République actuelle du Mali créée de façon unilatérale<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C’était un jeudi 22 septembre 1960, dans la salle de conférence du Lycée technique de Bamako, que la République du Mali a été proclamée, par Modibo Keïta, en remplacement de la République du Soudan, membre de la Fédération du Mali. C’était au cours d’une réunion extraordinaire du bureau politique national de l’US-RDA (Union Soudanaise-Rassemblement démocratique africain). Cette déclaration est intervenue, quelques jours, après l’éclatement de la fédération du Mali, composée du Sénégal et du Soudan, survenu le 20 août 1960. Cette fédération avait<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>proclamé son indépendance le 20 juin 1960. La date du 22 septembre pour proclamer la naissance de la République du Mali a été choisie par les dirigeants de l’époque, en souvenir au 22 septembre 1878, date à laquelle a eu lieu la bataille de Sabouciré (capitale du royaume de Logo) située à 25 Km de la ville de Kayes au cours de laquelle le roi Niamody Sissoko et ses hommes ont mené une farouche résistance contre l’avancée de la pénétration coloniale des troupes françaises. Pourtant, l'US-RDA n'était pas le seul parti politique du pays.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'indépendance du Mali acquise sur fond d'accords négociés avec la France<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 17 janvier 1959, il y a eu la formation, par les dirigeants du Sénégal et du Soudan, de la fédération du Mali, qui demeure dans la Communauté jusqu’à son indépendance, proclamée le 20 juin 1960. La Haute-Volta<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>(actuel Burkina Faso) et le Dahomey (actuel Bénin) avaient<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>également adhéré initialement à la Fédération mais le référendum organisé en mars 1960 en Haute-Volta débouche sur un rejet massif de la Fédération. La réaction est identique au Dahomey (actuel Bénin) dont la population se sent plus proche du Conseil de l’Entente, l'autre regroupement d'élites politiques, constitué de la Côte-d’Ivoire, du Dahomey, du Niger et de la Haute-Volta (actuel Burkina Faso). Après le retrait de ces deux pays, le Soudan et le Sénégal continuent l'aventure.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Ainsi, le 4 avril 1959, le Sénégalais Léopold Sédar Senghor est élu président de l’Assemblée fédérale et le Soudanais Modibo Keita président du gouvernement, le Sénégalais Mamadou Dia devenant vice-président. Dans les deux pays, les scrutins organisés en mars 1959 ont dégagé une majorité très nette en faveur de ce système fédéral. Ses défenseurs, Modibo Keita et Jean-Marie Koné, ont obtenu au Soudan 78% des voix contre les tenants de l’indépendance soudanaise, Hamadoun Dicko et Fily Dabo Sissoko. Le 28 septembre 1959, Modibo Keita le Soudanais et Mamadou Dia, le Sénégalais, sont reçus par De Gaulle et lui annoncent que la fédération du Mali compte accéder à l’indépendance sans quitter la Communauté française, ce qu’accepte le général. Des accords relatifs aux transferts de souveraineté sont ensuite négociés jusqu’en avril 1960. Les 11 et 12 décembre 1959, lors du conseil exécutif de la Communauté réuni à Saint-Louis (Sénégal), le général De Gaulle annonce l’accès à l’indépendance du Mali, par transfert des compétences communautaires, mais en concluant avec la France des accords de coopération qui seront négociés jusqu’en avril 1960. Le 18 janvier 1960 sont ouvertes à Paris des négociations relatives à l’accession du Mali à la souveraineté internationale. Louis Jacquinot, Roger Frey et Jean Foyer négocient avec Senghor, Mamadou Dia et Modibo Keita. Les accords sont signés le 4 avril et ratifiés les 9 et 16 juin par l’Assemblée nationale française et par le Conseil de la République. Et le 20 juin 1960, l'indépendance de la fédération du Mali est proclamée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il faut rappeler que par rapport à la Communauté française, le 8 août 1958, De Gaulle a annoncé dans une allocution télévisée que les territoires africains auront à se prononcer pour choisir entre l’indépendance et l’association à la France. Le 28 septembre 1958, il a été organisé un référendum par lequel les Français de métropole et les Africains ont été appelés à se prononcer sur l’adoption de la constitution de la Ve République et sur la mise en place de la Communauté appelée à remplacer l’Union française et à préparer les voies de l’indépendance. La Guinée est le seul territoire qui rejette le projet de Communauté. Et le 5 octobre 1958, la Constitution de la Vè République a été promulguée consacrant ainsi la création de la Communauté dont faisait partie intégrante le Soudan (actuel Mali).<o:p></o:p></span></p>
<p><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-fareast-theme-font: minor-latin; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: EN-US; mso-bidi-language: AR-SA;">Cyrille Coulibaly</span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Accord de Tamanrasset :  Témoignages d’acteurs privilégiés</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/accord-de-tamanrasset-temoignages-dacteurs-privilegies-3117155.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans les précédentes parutions, il a été question de la rencontre de Tamanrasset des 5 et 6 janvier 1991 ... ]]></description>
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<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 09:32:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans les précédentes parutions, il a été question de la rencontre de Tamanrasset des 5 et 6 janvier 1991 : leur préparation, leur déroulement, la comparaison entre les exigences des rebelles et les points d’accord sur lesquels se sont entendues les deux parties. Dans la présente parution, il sera question de deux témoignages : ceux du chef de la mission gouvernementale, le colonel Ousmane Coulibaly, chef d’état-major général des armées et du lieutenant-colonel Kafougouna Koné, à l’époque chef d’état-major de l’armée de terre, membre de la délégation gouvernementale. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Témoignage du chef de la délégation gouvernementale, le colonel Ousmane Coulibaly<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La délégation gouvernementale était forte d’une cinquantaine de membres, quarante participants ayant fait le voyage de Tamanrasset pour trouver, sur place, l’ambassadeur du Mali en Algérie avec une dizaine de collaborateurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les membres de la délégation gouvernementale étaient, pour la plupart, des responsables politiques, administratifs, militaires appuyés par des personnes-ressources ayant joué un rôle de premier plan dans les opérations de résorption de la rébellion.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Elle était conduite par le chef d’état-major général des Armées, membre de la direction du Parti, le Conseil National de l’UDPM à qui il avait été signifié que l’intégrité territoriale et la souveraineté du Mali n’était pas à négocier.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Avec cette instruction, munie d’une documentation étoffée sur la décentralisation en cours d’adoption et sur plusieurs projets de développement, la délégation gouvernementale a rencontré celle des rebelles le 5 janvier 1991.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les échanges ont été fraternels, malgré l’atmosphère de guerre qui, précédemment, avait prévalu sur le terrain. Ils ont abouti à la signature d’un accord de cessez-le-feu entrant en vigueur le dimanche 6 février 1991 à partir de 14 heures locales.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">De part et d’autre, l’accord a été qualifié d’historique et hommage fut rendu aux autorités algériennes pour leur disponibilité et la bonne organisation de la rencontre.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cet accord a fait l’objet d’une large diffusion. Il porte, essentiellement, sur les points suivants :- l’arrêt des opérations militaires et de toutes actions de guerre sur le territoire national ;- l’interdiction de recours à tout acte de violence, collectif ou individuel ;- la stabilisation des forces rebelles à leur cantonnement à la frontière au moment de la signature ;- l’engagement de la procédure d’allégement progressif des forces gouvernementales concernant le repli des éléments dépêchés en renfort sur place pour les besoins de la cause et assurer le retour de l’Administration dans la zone ;- limitation des actions des Forces de Sécurité aux missions de patrouille.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les débats ont porté également sur les deux points essentiels que sont : la décentralisation et l’intégration.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La décentralisation prévue était déjà arrêtée par des textes qui n’attendaient que leur adoption à la suite d’un vote de l’Assemblée Nationale. Elle était conçue pour l’ensemble du pays, non spécifiquement pour les seules régions du nord du pays.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’intégration devait intervenir le 31 mars 1991 à Gao où se trouvaient 250 à 300 combattants rebelles à intégrer. Chacun d’eux avait reçu, au préalable, une fiche individuelle et l’avait dûment remplie afin de se faire identifier avec précision. C’est après cela qu’il était admis dans une caserne pour une période de mise à niveau et recevoir, à terme, une affection dans les corps des Forces Armées et paramilitaires ; le tout, dans le respect des règlements en vigueur.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Une commission d’application et de suivi du cessez-le-feu avait été mise en place lors d’une rencontre dénommée TAM II (Tamanrasset II) le 31 janvier à Tamanrasset. Elle comprenait 22 membres : 16 représentants des parties gouvernementale et rebelle en raison de 8 membres par partie et 6 membres représentant l’Algérie retenue comme présidente de la commission. Celle-ci avait son siège à Gao.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La première session de la commission s’est tenue à Gao les 5, 6 et 7 mars 1991 pour un contrôle de tâches.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A la suite de la signature des accords, une délégation des mouvements rebelles a été invitée à Bamako. Après avoir été reçue par le Chef de l’Etat, elle a visité différents sites à travers le pays.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pendant ce séjour à Bamako, le chef de la délégation des mouvements rebelles et celui de la délégation gouvernementale à Tamanrasset, sur invitation de l’ORTM, ont participé, ensemble, à un débat télévisé.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A la suite de ce débat, le chef de la délégation gouvernementale a accordé une interview, radiodiffusée et télévisée, en bamanankan, au journaliste Ibrahim Souleymane Coulibaly. Le débat comme l’interview ont eu lieu dans le courant du mois de janvier. Ils doivent être encore disponibles aux archives de l’ORTM.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au regard de l’engagement pour rétablir la paix au Nord, les deux parties ont incontestablement fait preuve de bonne volonté et de détermination. Une deuxième rencontre devait avoir lieu, toujours à Gao, du 27 au 31 mars 1991. Au cours de cette réunion, les documents officiels sur la décentralisation devaient être remis à la partie rebelle par la partie gouvernementale. En retour, la partie rebelle devait remettre à la partie gouvernementale les fiches, dûment remplies, des combattants proposés au recrutement dans<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>les Forces Armées et de Sécurité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette rencontre n’a pas pu avoir lieu. En effet, le 26 mars 1991, [ ] à partir du 26 mars, l’entreprise de déstabilisation des institutions de la IIè République a abouti au renversement du régime. La suite est connue. Notre pays en vit encore, plus de deux décennies après, les affres.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Témoignage du lieutenant-colonel Kafougouna Koné<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 9 mai 1991, Le Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) tient sa cinquième réunion ordinaire sous la présidence du lieutenant-Colonel Amadou Toumani Touré, chef de l’État. Les deux représentants des mouvements rebelles, Achérif Ag Mohamed et Malaïmine Ould Bady, considérés comme « des démocrates en armes » sont absents. Leur absence se justifie. En effet, présents lors des quatre sessions précédentes, ils ont mesuré jusqu’à point ceux qui se réunissaient n’étaient pas à même de remédier aux maux du pays, en tout cas, de mettre en œuvre les dispositions des accords issus de la rencontre de Tamanrasset. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Une « révolution populaire » vient d’avoir lieu. Plus d’un se gargarise d’avoir contribué à renverser « la dictature la plus sanguinaire d’Afrique occidentale ». L’on s’attend donc à des mesures concrètes rendant visibles les avantages du changement tant prôné depuis décembre 1990. L’attente est déçue.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Comme permet d’en juger ce que consignent les procès-verbaux de réunion de l’instance suprême de la République.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les deux premiers, ceux des 4 et 11 avril, tout comme celui du 2 mai 1991 informent sur des débats relatifs aux « conditions de travail et de traitement des membres du CTSP (dotation d’essence, allocation d’indemnités, affectation de véhicules de fonction, affectation de bureaux à la Maison du Peuple et des locaux annexes etc.)<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le procès-verbal n°3 de la réunion du 25 avril se penche longuement sur le sort à réserver aux cadres et agents de l’Administration du parti UDPM qu’un participant n’a pas hésité à traiter de « collabo » tandis qu’un autre décelait, parmi eux, d’« éminents professeurs ». La même question est débattue lors de la réunion n°4 qui, comme celle du 23 mai, aborde la question du sort à réserver aux champs de Moussa Traoré et de Sékou Ly.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Achérif Ag Mohamed et Malaïmine Ould Bady ont dû se sentir inutiles en un tel cénacle. Aussi ont-ils choisi de le déserter pour rejoindre les leurs dans la dissidence vis-à-vis d’Iyad Ag Ghaly. Pourtant, dès le départ, un comité avait été constitué pour examiner le contenu des accords. Il ne déposa jamais les conclusions d’une étude sur le sujet. Finalement, compte tenu de la dégradation de la situation sur le terrain, le Président du CTSP choisit-il d’ouvrir le débat sur l’épineuse question. C’était le 9 mai.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">« La situation dans les 6è et 7è régions », introduit le président de séance, « est préoccupante. Je pense que des mesures militaires et politiques aussi doivent être prises. Je pense aussi qu’on peut avoir des explications sur ce point. » <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette intervention est suivie de celle du lieutenant-colonel Kafougouna Koné qui donne d’amples détails sur les Accords de Tamanrasset. Les voici reproduits à partir du procès-verbal n° 5 de la réunion ordinaire du CTSP.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il faut d’abord rappeler que les accords de Tamanrasset portaient sur quatre points, à savoir :- la réduction des effectifs militaires qui se trouvaient dans les zones des combats. Les rebelles estiment qu’il y a trop de militaires dans les 6è et 7è Régions qui, selon eux, sont ainsi occupées. Effectivement, depuis 1963, des unités militaires ont été placées dans tous les oueds de ces Régions ;- le retrait de l’armée de certaines localités ;- le recrutement d’une partie de leurs combattants pour l’intégrer dans l’armée nationale ;- la décentralisation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’ancien régime qui avait envoyé plus de mille soldats a accepté la réduction des effectifs et du nombre de postes de sécurité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’intégration de certains combattants dans l’armée régulière a également fait l’objet d’un accord. Cette intégration doit se faire selon les textes en vigueur mais pas sur la base ethnique et les intéressés doivent accepter de servir en tout lieu du territoire national. Les fiches ont été distribuées à cet effet.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les rebelles avaient été invités à rendre leurs armes. Un accord sur la décentralisation a été obtenu. Il ne s’agit ni d’une autonomie interne, ni d’une fédération, ni d’une indépendance. Cette décentralisation donne à ces deux régions la possibilité de se consulter sur des problèmes spécifiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Une commission de suivi de ces accords a été mise sur pied. Elle comprend huit représentants des rebelles, huit représentants du gouvernement et six représentants de l’Algérie. La Commission de suivi s’est réunie et a constaté que le gouvernement que le Gouvernement a entamé l’exécution des accords. Mais les rebelles n’ont pas remis leurs armes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au cours d’une réunion avec le FIAA et le MPA, on a relevé le nombre d’incidents et on a demandé aux représentants de ces mouvements la cessation de ces incidents. Ils ont demandé un mois pour entrer en contact avec leurs dissidents pour mettre fin aux actions de ces derniers. Il semble que le MPA ne peut plus cerner le problème.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Récemment, les éléments du FIAA ont quitté Tombouctou pour se rendre à Gao. Ces derniers étaient en tenue de combat et étaient armés. Arrivés à Gao, ils ont voulu enter en rapport avec un Tamasheq. Ce dernier, en faisant usage de son arme, a provoqué la révolte de la population de Gao. Ces mêmes éléments du FIAA ont organisé à Gao une manifestation au cours de laquelle ils se sont présentés comme des libérateurs. Là encore, la population de Gao était révoltée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il y a eu une réunion sur les accords de Tamanrasset à Gao. Les cadres se sont plaints de n’avoir pas été associés. Une commission a été mise en place pour prendre les contacts nécessaires afin de calmer la situation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pendant tout ce temps, des villages continuent d’être attaqués par des rebelles. Il en résulte que ce que l’on a appelé opération Tamasheq au cours de laquelle les familles touarègues ont été la cible de la population de Gao. Les Forces armées étaient obligées de prendre en charge ces familles touarègues hors de la ville. Selon certaines sources, ce qui a choqué la population, c’est que le ministre de l’Administration territoriale, qui était en tournée dans ces deux régions, n’a pas pu convaincre les gens.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Présentement, une délégation du CTSP est dans la Région de Gao, une délégation du Gouvernement est aussi sur place.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il faut reconnaître qu’il y a un groupe qui n’est pas d’accord avec les signataires des accords de Tamanrasset. Ils ont demandé à rencontrer une délégation du gouvernement. Le problème est interne aux Touareg. On pense que Kidal, qui sera bientôt érigé en chef de lieu de région, sera favorisé par rapport à Ménaka.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La solution pourrait être d’ordre politique. Une large information sur les accords de Tamanrasset doit être faite. La Commission de suivi des accords de Tamanrasset doit être convoquée pour monter à la partie algérienne la situation qui prévaut sur le terrain. Après cela, le Gouvernement doit prendre ses responsabilités.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette intervention du lieutenant-colonel Kafougana Koné suggère à Oumar Mariko la question suivante : En quoi consiste la réduction des effectifs préconisés par les accords de Tamanrasset ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La réponse du lieutenant-colonel : « Le pays est couvert par trois zones e défense dont la zone de défense de Gao. En temps normal, cette zone de Gao dispose d’un effectif donné. Cet effectif a été renforcé par 700 personnes dans le cadre de ces événements.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>La réduction de ces effectifs, dans le cadre des accords de Tamanrasset, constitue à retirer les troupes qui ont été envoyées en renfort pour les regrouper dans des postes de sécurité donnés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Intervenant dans le débat, Abdramane Baba Touré déclare : « On dit que les accords de Tamanrasset prévoient une partie du territoire national dans laquelle les rebelles en armes peuvent circuler. Il a également été question de libération des prisonniers. Mais l’autre partie en conflit n’a pas fait autant.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Précisions du lieutenant- colonel Kafougouna Koné : « Il n’existe pas de zone réservée strictement aux rebelles. Pendant les événements, on avait défini une zone et considéré comme rebelle tout individu qui s’y trouvait. Dans les accords de Tamanrasset, on n’a pas parlé de libération de prisonniers. Pour décrisper la situation, la Gouvernement avait jugé utile de libérer des prisonniers. Du côté des rebelles, on a fait comprendre qu’il n’y avait pas de prisonniers. Selon nos enquêtes aussi, les rebelles n’ont pas fait de prisonniers.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Recueillis et rapportés par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Issiaka Ahmadou Singaré<o:p></o:p></span></b></p>
<p><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-fareast-theme-font: minor-latin; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: EN-US; mso-bidi-language: AR-SA;">Professeur émérite de l’Université de Bamako</span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Putschs, trahisons et parrains de l&amp;apos;extérieur :  Quand la paranoïa des palais rencontre les intérêts des métropoles</title>
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<description><![CDATA[ Si le pouvoir issu d&#039;un coup d&#039;État est une tragédie qui se joue à huis clos dans les palais présidentiels, sa mise en scène est souvent orchestrée depuis des capitales ... ]]></description>
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<pubDate>Mon, 18 May 2026 10:20:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si le pouvoir issu d'un coup d'État est une tragédie qui se joue à huis clos dans les palais présidentiels, sa mise en scène est souvent orchestrée depuis des capitales lointaines. Derrière chaque «frère d'armes» qui appuie sur la gâchette contre son propre allié, se dessine fréquemment l'ombre de parrains extérieurs. La France, les États-Unis et d'autres puissances impériales ont perfectionné l'art de la «neutralisation par procuration», utilisant les ambitions et les peurs des Africains pour briser toute velléité de souveraineté réelle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'architecture de la trahison: Le bras armé de l'étranger…<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La paranoïa du dictateur putschiste n'est pas seulement un trouble psychologique; c'est un outil de gouvernance entretenu par l'extérieur. Les services de renseignement occidentaux excellent dans l'art d'inoculer le poison du doute. En suggérant à un numéro deux que son leader est devenu «trop radical», «instable» ou «nuisible aux intérêts communs», ces puissances transforment un officier en un bourreau prêt à agir pour «sauver le pays», et surtout, pour sauver les intérêts de la métropole.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette dynamique crée un marché de la trahison, où la légitimité ne vient plus du peuple, mais de l'onction secrète reçue de Paris ou de Washington. Le coup d'État devient alors une simple opération de maintenance impériale, visant à remplacer un pion devenu indocile par un serviteur plus prévisible.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La souveraineté ne s'assassine jamais mieux que par la main d'un frère, guidée par la promesse d'un maître lointain.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Burkina Faso: La main française derrière le drame du 15 octobre<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'assassinat de Thomas Sankara n'est pas le simple résultat d'une querelle d'ego entre lui et Blaise Compaoré. Il s'inscrit dans une logique de neutralisation d'un projet de rupture panafricain qui menaçait l'ordre de la Françafrique. La France de François Mitterrand, par l'entremise de ses réseaux « Foccartistes» et de relais régionaux, voyait en Sankara une contagion dangereuse.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Compaoré n'a pas seulement agi par avidité personnelle; il a été l'instrument d'une restauration de l'ordre néocolonial. En éliminant Sankara, il offrait à la France la garantie d'un Burkina «normalisé». La peur de perdre le pouvoir a ici été alimentée par la promesse d'une protection extérieure durable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Compaoré a ainsi troqué la dignité de son pays contre trente ans de règne sous perfusion diplomatique et militaire française.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali: Moussa Traoré et le jeu des équilibres impériaux<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au Mali, Moussa Traoré a bâti son hégémonie sur les ruines du socialisme de Modibo Keïta, un basculement largement encouragé par les puissances occidentales en pleine Guerre froide. L'élimination systématique de ses compagnons de la première heure, Kissima Doukara et Tiécoro Bagayoko notamment répondait à une nécessité double: consolider son pouvoir personnel et rassurer ses soutiens extérieurs en purgeant le Comité militaire de libération nationale (CMLN) de ses éléments les plus imprévisibles.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans ce contexte, les États-Unis et la France ont souvent fermé les yeux sur la brutalité du régime de Traoré tant que celui-ci restait un rempart contre l'influence soviétique ou libyenne dans la région. La paranoïa de Traoré était fonctionnelle pour l'impérialisme: un chef seul, isolé de son peuple et de ses pairs, est un chef d'autant plus facile à manipuler par les leviers de la dette et de la coopération militaire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La Mécanique du «coup de balai» télécommandé<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un coup d'État qui balaye un coup d'État est souvent le signe d'un changement de stratégie chez le commanditaire extérieur. Lorsque le coût politique de soutien à un dictateur devient trop élevé, ou lorsqu'un nouveau capitaine plus malléable se présente, le «parrain» retire son soutien. La chute est alors rapide. La peur panique de perdre le pouvoir pousse le dirigeant aux derniers outrages, mais sans l'appui logistique ou financier de ses maîtres, la forteresse s'écroule.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'histoire récente nous montre que tant que la source du pouvoir réside dans la validation extérieure plutôt que dans le contrat social national, le cycle des putschs restera la norme. Les puissances étrangères utilisent les Africains comme des pièces sur un échiquier, les incitant à s'entredéchirer pour que, dans le chaos résultant, les ressources et les positions stratégiques restent sous contrôle étranger.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En conclusion, l'avidité du pouvoir et la peur de le perdre sont les cordes sensibles sur lesquelles jouent les violonistes de la géopolitique mondiale. La fin de ce cycle ne viendra pas d'un nouveau putsch «plus patriotique» que les précédents, mais d'une rupture radicale avec la dépendance envers les parrains extérieurs. Tant que le sabre africain sera forgé ou aiguisé à l'étranger, il finira toujours par se retourner contre la gorge de l'Afrique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Par A.K. DRAMÉ<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">2026-A.K. D-Essai sur l'ingérence et les pathologies du pouvoir.<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Mali : le Premier ministre rend hommage à Modibo Keïta et salue la résilience du peuple malien</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mali-le-premier-ministre-rend-hommage-a-modibo-keita-et-salue-la-resilience-du-peuple-malien-3116837.html</link>
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<description><![CDATA[ À l’occasion de la 49e commémoration de la disparition du Président Modibo Keïta, père de l’indépendance du Mali, le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a rendu un hommage solennel à l’illustre homme d’État ce samedi 16 mai 2026. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 16 May 2026 13:42:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p data-start="352" data-end="609"><span style="font-size: 14pt;">Mandaté par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, le Chef du Gouvernement a procédé au dépôt d’une gerbe de fleurs sur la tombe du premier Président du Mali indépendant, dans une atmosphère de recueillement et de mémoire nationale.</span></p>
<p data-start="611" data-end="796"><span style="font-size: 14pt;">Dans son intervention, Abdoulaye Maïga a salué « l’immense héritage » laissé par Modibo Keïta, qu’il a présenté comme un symbole de dignité, de souveraineté et d’engagement patriotique.</span></p>
<p data-start="798" data-end="981"><span style="font-size: 14pt;">« En ce lieu de mémoire et de recueillement, la Nation malienne s’incline avec respect devant l’immense héritage laissé par le Président Modibo Keïta », a déclaré le Premier ministre.</span></p>
<p data-start="983" data-end="1192"><span style="font-size: 14pt;">Cette cérémonie commémorative a également été l’occasion pour les autorités de mettre en avant la résilience du peuple malien face aux défis actuels, notamment les attaques terroristes et la crise énergétique.</span></p>
<p data-start="1194" data-end="1402"><span style="font-size: 14pt;">Le Premier ministre a salué les efforts engagés par les autorités de la Transition pour renforcer la sécurisation du territoire national et accélérer les réponses apportées aux préoccupations des populations.</span></p>
<p><img src="https://www.maliweb.net/uploads/images/202605/image_870x_6a087404c93a7.jpg" alt="" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;"></p>
<p data-start="1404" data-end="1561"><span style="font-size: 14pt;">Selon lui, les idéaux défendus par Modibo Keïta et ses compagnons demeurent au cœur du processus de refondation de l’État engagé par les autorités actuelles.</span></p>
<p data-start="1563" data-end="1761" data-is-last-node="" data-is-only-node=""><span style="font-size: 14pt;">La cérémonie s’est déroulée en présence des membres de la famille du Président Modibo Keïta, de plusieurs membres du Gouvernement ainsi que de nombreuses personnalités politiques et administratives.</span></p>
<p data-start="1563" data-end="1761" data-is-last-node="" data-is-only-node=""><span style="font-size: 14pt;"><strong>La Rédaction de Maliweb.net</strong></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>70ᵉ anniversaire du décès de Mamadou Konaté : Hommage à un pionnier de l’indépendance</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/70%E1%B5%89-anniversaire-du-deces-de-mamadou-konate-hommage-a-un-pionnier-de-lindependance-3116684.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 11 May 2026 12:22:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 11 mai 2026, la famille de Mamadou Konaté, des sympathisants, des amis, ainsi que SEM Efe Ceylan, Ambassadeur de la République de Turquie au Mali, et le Professeur Aly Nouhoum Diallo, se sont réunis au cimetière de Niaréla à Bamako pour commémorer les 70 ans de la disparition de Mamadou Konaté, l’un des artisans majeurs de l’histoire politique du Mali et de l’Afrique de l’Ouest.<o:p></o:p></span></p>
<p><img src="https://www.maliweb.net/uploads/images/202605/image_870x_6a0208ce4715f.jpg" alt="" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;"></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un recueillement empreint de respect. <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sous un soleil ardent devant la tombe de l’illustre disparu, décédé le 11 mai 1956 à l'âge de 59 ans, le fils Moussa Konate et ainsi des petits fils et filles<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>se sont recueillis pour<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>un<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>devoir de mémoire <span style="mso-spacerun: yes;"> </span>en tant que proche de Mamadou Konate mais en tant que citoyen malien pour saluer l'un des artisans majeurs de l'histoire politique du Mali et de l'Afrique de l'Ouest, mais aussi, et surtout, d'une occasion de revisiter le parcours et les idéaux de Mamadou Konaté afin d'interroger le présent à la lumière des combats qu'il a menés et aussi défendre son héritage politique dont l’image d’un grand rassembleur que les petits-fils garde de lui.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En cette cérémonie commémorative à l'occasion du 70e anniversaire du décès de Mamadou Konaté, L’Association Mamadou Konaté (AMK) , présidée par Moussa Konaté, a décidé de limiter les commémorations en raison du contexte sécuritaire actuel et par respect pour les familles endeuillées. Les activités se sont donc réduites à un recueillement au cimetière et à la lecture du Saint Coran dans la grande famille Konaté.<o:p></o:p></span></p>
<p><img src="https://www.maliweb.net/uploads/images/202605/image_870x_6a0208cccafe7.jpg" alt=""></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un hommage solennel<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pendant le recueillement, SEM Efe Ceylan, Ambassadeur de la Turquie, et le Professeur Aly Nouhoum Diallo ont déposé une gerbe de fleurs sur la tombe de Mamadou Konaté, au nom de ses descendants admiratifs et reconnaissants. Une lecture de la sourate Yâ-Sîn du Saint Coran a suivi car cette récitation de la sourate auprès pour une<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>personne<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>morte est fortement recommandée dans la tradition islamique pour faciliter la sortie de l'âme, apporter apaisement et miséricorde. Surnommée le « cœur du Coran », elle rappelle l'unité de Dieu, la résurrection et la vie après la mort pour que la miséricorde et le pardon d’Allah puisse effacer les péchés du défunt. Des prières ont également été adressées aux victimes du terrorisme et pour la paix au Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p><img src="https://www.maliweb.net/uploads/images/202605/image_870x_6a0208cf90abc.jpg" alt=""></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Qui était Mamadou Konaté ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mamadou Konaté, né en 1897 à Kati au Mali et mort le 11 mai 1956 à Bamako, est un homme politique malien et fut instituteur. Député actif, il fut le 1er vice-président africain-noir de l'Assemblée nationale française. Il fut également parmi les pionniers leaders politiques partisan d'un Mali indépendant dont<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Il est considéré comme l’un des pères de l’indépendance du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Biographie<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mamadou Konaté après des études à l’École normale William-Ponty (Gorée, Sénégal) devient instituteur-formateur-enseignant entre<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>1919 et 1946<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>dans différentes localités comme Bafoulabé, Macina, Kolokani avant de prendre la direction de l’École régionale de Bamako. En 1937, il crée le Syndicat des instituteurs de l’Afrique occidentale française. En 1945, il fonde le bloc démocratique soudanais avec Seydou Traoré, père d'Amadou Seydou Traoré [1], et le 1er président Malien Modibo Keïta, leur parti devient l’Union soudanaise – Rassemblement démocratique africain en octobre 1946, une section du Rassemblement démocratique africain qui donna (US-RDA).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Élu député en 1946, il siège à l’Assemblée nationale française au sein du groupe de l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) et est membre notamment des commissions de l’Éducation nationale et des Territoires d’Outre-mer. La liste du RDA est arrivée en deuxième position après celle du Parti progressiste soudanais (PSP) de Fily Dabo Sissoko. En 1951, la liste du RDA arrive de nouveau en deuxième position et Mamadou Konaté siège de nouveau à l’Assemblée nationale ainsi en 1951 et 1956 Mamadou Konaté fut réélu au parlement .Lors des élections de janvier 1956, la liste du RDA dépasse celle du PSP. Mamadou Konaté est élu avec Modibo Keïta. À l’Assemblée nationale, il est l'un des vice-présidents avec André le Troquer, Roger Garaudy et Marie-Claude Vaillant-Couturier. Peu de temps après, atteint d’une hépatite, il décède le 11 mai 1956.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Chronique de M&amp;apos;Béra</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/chronique-de-mbera-3115806.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 13 Apr 2026 11:17:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sous le soleil de plomb du Hodh Ech Chargui, le monde semble se réduire à une ligne d'horizon vibrante, où le sable ocre rencontre un ciel d'un bleu absolu. Ici, à la frontière mauritanienne, la terre ne parle que d'exil. Bienvenue à M'Béra, cette ville de toile et de poussière qui, au fil des années, est devenue le refuge de plus de 100 000 âmes fuyant la tourmente malienne.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Lorsqu’on arrive à Bassikounou, l’agitation est saisissante. Ce n’est plus seulement une ville, c’est un carrefour mondial. On y croise des nomades au regard chargé de mille kilomètres de marche, des enfants dont les rires éclatent malgré la précarité, et des femmes à la dignité souveraine. Pour ces nouveaux arrivants, la traversée a été une lutte contre la soif et la peur. Dans leurs yeux, l'écho des détonations du Mali ne s'est pas encore éteint.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La résilience sous la toile<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pénétrer dans le camp de M'Béra, c'est entrer dans une fourmilière humaine en perpétuel mouvement. Ici, le silence n'existe pas. Il y a le fracas des charrettes, le bêlement du bétail, cet or sur pattes que les réfugiés ont réussi à sauver, et le bourdonnement des marchés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C’est ici que se joue le véritable miracle : celui de la vie qui reprend ses droits. Sous une tente de fortune, une mère prépare le thé avec une précision rituelle, pendant qu'à quelques pas, son fils suit des cours dans une école construite par les organisations humanitaires. Ils ne sont pas des statistiques; ils sont des architectes de leur propre survie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Une économie de l'espoir<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ce qui frappe le visiteur, c’est l’ingéniosité. Les réfugiés ne sont pas assis à attendre. Ils commercent, ils réparent, ils cultivent. Le marché du camp est le cœur battant de la zone: on y trouve des tissus colorés, des épices, des pièces détachées. C'est une économie de la débrouille qui a fini par lier intimement le destin des réfugiés à celui des populations mauritaniennes locales. Il n'est pas rare de voir un éleveur touareg négocier avec un commerçant mauritanien; c'est là que le désert, autrefois barrière, devient un pont.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">De quoi sont faits leurs lendemains ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La vie ici est un équilibre précaire. Si l'aide humanitaire, les rations, les soins, l'eau acheminée par les camions-citernes, reste la colonne vertébrale, le désir d'autre chose est palpable. C'est le désir de retourner chez soi, sur ces terres maliennes qu'ils ont dû quitter dans la précipitation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Chaque soir, quand le soleil plonge derrière les dunes, le camp s'illumine de milliers de petites lumières. Ce ne sont pas seulement des lampes solaires, c'est une constellation d'espoirs. Dans ce désert mauritanien, ces hommes et ces femmes nous rappellent une leçon fondamentale: même arraché à ses racines, l'être humain possède cette capacité insensée à vouloir continuer à grandir, à commercer, à aimer, et à construire, jour après jour, une humanité commune face à l'adversité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Moulaye Idriss avec A.K. DRAMÉ<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le témoignage d'Agaly: Le Berger sans Horizon<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Voici le portrait croisé de deux (02) destins qui s'entremêlent dans la poussière de M'Béra. Un focus sur l'intimité d'une famille et le défi titanesque de l'eau, l'or bleu du désert.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sous son chèche indigo qui ne laisse paraître que des yeux plissés par des décennies de vent de sable, Agaly, cinquante-deux (52) ans, remue son thé avec une lenteur cérémonieuse. Il y a deux (02) ans, il possédait trois cents têtes de bétail près de Tombouctou. Aujourd'hui, derrière sa tente de toile blanche marquée du sceau bleu du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), il n'en reste que douze.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">«On ne fuit pas seulement la guerre, on fuit la fin d'un monde», confie-t-il d'une voix sourde. «Au Mali, la peur a remplacé la pluie. Ici, en Mauritanie, la terre est hospitalière, mais elle est fatiguée».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour Agaly, chaque jour est un calcul mathématique cruel : comment nourrir ses bêtes sans empiéter sur les pâturages des locaux ? Comment rester un homme libre quand on dépend d'un coupon alimentaire ? Sa dignité, il la trouve dans le petit commerce de charbon qu'il a lancé à l'entrée du camp. Un gagne-pain dérisoire, mais qui lui permet d'acheter des cahiers à sa dernière fille, Fatma, qui rêve de devenir médecin pour, dit-elle, «réparer les cœurs brisés du désert».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La bataille de l'or bleu: un équilibre fragile<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si l'espoir a un son à M'Béra, c'est celui du grincement des pompes à eau. Dans cette région semi-aride, l'arrivée de plus de 100 000 personnes et de milliers d'animaux a transformé la gestion de l'eau en une mission de haute voltige.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">• Le défi climatique: Les nappes phréatiques, sollicitées comme jamais, s'épuisent. Le changement climatique n'est pas un concept abstrait ici: c'est une réalité qui se mesure au centimètre près dans les puits.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">• La cohabitation: C’est là que le reportage devient politique. À Bassikounou, les populations locales voient leurs puits s'assécher plus vite. «Partager son pain est une chose, partager son puits en est une autre», explique un notable mauritanien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">• L'innovation de survie: Pour éviter les conflits, des ingénieurs humanitaires et des locaux ont mis en place des systèmes de forages solaires hybrides. Ces installations ne servent pas qu'au camp, elles alimentent aussi les villages environnants, transformant une source potentielle de tension en un outil de paix durable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le murmure des dunes<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Alors que la nuit tombe, les générateurs s'éteignent les uns après les autres. Le silence revient, lourd et majestueux. On entend au loin le rire des enfants qui courent entre les tentes, ignorant que leur aire de jeux est l'une des zones les plus surveillées au monde.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M'Béra n'est plus seulement un camp de réfugiés. C'est une cité-État née de l'urgence, un laboratoire de la résilience humaine où, malgré la chaleur suffocante et l'incertitude du lendemain, on continue de planter des jardins maraîchers dans le sable. Parce que, comme le dit Agaly avant de s'endormir: «Tant qu'il y a un puits et une école, le désert ne pourra pas nous effacer».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Moulaye Idriss avec A.K. DRAMÉ<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les sentinelles de la tradition: le pouvoir au féminin<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Poussons donc les pans de la tente pour découvrir le véritable pilier de M'Béra: les femmes. Dans cette société en exil, ce sont elles qui recousent les morceaux d'une identité éparpillée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans la culture touarègue et maure, la femme n'est pas seulement l'âme du foyer, elle en est la propriétaire. À M'Béra, cette influence a pris une dimension politique et économique inédite.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Elles s'appellent Fatimatou, Zeinaba ou Mariam. Elles se réunissent sous de grands hangars pour transformer le cuir, tisser des nattes ou fabriquer des bijoux. Ces coopératives de femmes sont devenues les moteurs de l'autonomie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En vendant leurs créations sur les marchés de Bassikounou et même jusqu'à Nouakchott, elles font entrer de l'argent frais dans le camp, réduisant la dépendance aux rations internationales.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ce sont elles qui gèrent les points d'eau et les comités de protection. Elles veillent à ce que les filles ne quittent pas les bancs de l'école du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) pour être mariées trop tôt, menant une bataille silencieuse mais féroce pour l'éducation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un laboratoire de mixité<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le camp de M'Béra est un curieux miroir. On y trouve des Touaregs, des Arabes, des Peulhs et des Songhaïs, vivant côte-à-côte avec leurs hôtes mauritaniens.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un brassage inattendu<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">À l'origine, les tensions auraient pu être explosives: compétition pour l'herbe rare, pour l'eau, pour l'espace. Pourtant, un phénomène de «transculturation» s'opère:<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">• La langue et la musique: Le soir, autour des petits postes de radio ou des téléphones chargés à l'énergie solaire, on écoute du Blues Touareg (Tinariwen) mélangé aux chants traditionnels mauritaniens. Les dialectes se mélangent, créant un «parler de M'Béra».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">• L'intégration par le commerce: Les commerçants maures de Bassikounou ont appris à connaître les besoins spécifiques des réfugiés (parfums, thés spécifiques du Mali), tandis que les artisans réfugiés apportent des techniques de forge ou de tannerie autrefois rares dans la zone.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le saviez-vous ? La Mauritanie est l'un des rares pays au monde à autoriser les réfugiés à circuler librement et à travailler. Cette liberté est le ciment qui empêche le camp de devenir une prison à ciel ouvert.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'ombre au tableau: le défi écologique<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est le revers de la médaille de cette solidarité. Imaginez une ville de 100 000 habitants surgie de nulle part dans un écosystème fragile.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">1. La déforestation: Le besoin en bois de chauffe est immense. Les alentours de Bassikounou se sont dégarnis, créant des frictions avec les locaux qui voient leur environnement se dégrader.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">2. Le surpâturage: Les troupeaux des réfugiés, bien que symboles de richesse, épuisent les sols. Pour répondre à cela, des «Comités de Sages» mixtes (réfugiés et locaux) ont été créés. Ils patrouillent ensemble pour interdire la coupe de certains arbres et organiser la rotation des pâturages. C'est une diplomatie de la terre, où l'on apprend à survivre ensemble pour ne pas périr séparément.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Moulaye Idriss avec A.K. DRAMÉ<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La génération M'Béra: Enfants du sable, citoyens du Monde<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">À M'Béra, le temps ne se mesure pas en années, mais en «vagues d'arrivée». Pour les plus jeunes, ceux qui ont vu le jour entre deux (02) tentes ou sur les bancs d'une école de fortune, le Mali n'est qu'une terre de récits. C'est la «génération M'Béra»: des milliers d'enfants et d'adolescents pour qui ce camp est le seul monde connu, et la Mauritanie, le seul horizon.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour ces jeunes, l'identité est un pont instable. Ils parlent le hassanya ou le français avec l'accent de Bassikounou, écoutent les musiques qui traversent les frontières et portent en eux la nostalgie transmise par leurs aînés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'éducation est leur seule fenêtre sur un futur qui dépasse les clôtures de barbelés symboliques. Pour eux, chaque certificat de scolarité est une promesse de liberté. Ils sont les médiateurs naturels entre les cultures, effaçant naturellement les clivages ethniques qui ont déchiré le pays de leurs parents.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le mirage du retour<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En avril 2026, la question du retour est plus lancinante que jamais. Mais pour la jeunesse de M'Béra, le retour au Mali est une équation à multiples inconnues:<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">• Une terre inconnue: Comment rentrer dans un pays dont ils ignorent les réalités quotidiennes ? Le Mali, pour eux, est une destination rêvée, mais aussi une terre de risques où l'insécurité, selon les rapports humanitaires de 2026, reste un obstacle majeur.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">• Le choix de la stabilité: Beaucoup voient leur avenir ailleurs, loin du camp, vers Nouakchott ou même au-delà, cherchant à transformer leur résilience apprise ici en compétences professionnelles (numérique, artisanat, agriculture moderne).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'horizon de M'Béra<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Alors que le soleil se couche sur le Hodh Ech Chargui, M'Béra ne ressemble plus tout à fait à un camp. C'est devenu une ville-étape, un lieu de transition devenu permanent. La «génération M'Béra» ne regarde pas seulement vers le passé. Elle regarde devant, portée par une soif de vivre que rien ne semble pouvoir étouffer.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Leur message est simple: Ils ne veulent pas être les éternels «réfugiés». Ils veulent être les bâtisseurs de demain, qu'ils soient au Mali, en Mauritanie ou ailleurs. Ils sont la preuve vivante que si l'on peut arracher un homme à sa terre, on ne peut jamais lui ôter sa capacité à rêver d'un ailleurs plus vaste.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le grand reportage s'arrête ici, dans la poussière d'or du désert, où chaque pas, pour ces jeunes, est une affirmation de leur existence. M'Béra n'est pas la fin d'une histoire, c'est le prologue d'une nouvelle génération qui, née dans l'exil, est en train de réinventer le concept même de nation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Moulaye Idriss avec A.K. DRAMÉ <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le sanctuaire de l'esprit face au tumulte du forum<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le monde est un fracas de vanités où la quête de puissance aveugle les plus lucides. Entre le bouclier stoïcien qui nous préserve des bassesses humaines et l'interrogation fondamentale sur l'utilité de la conquête, se dessine une troisième voie: celle de la souveraineté intérieure. Quand l'arène politique ne devient qu'un théâtre d'ombres sans idéal, le refus de l’engagement n’est plus une fuite, mais un acte de résistance suprême.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’aube se lève sur une époque saturée de bruits, où chaque individu semble engagé dans une course effrénée vers un sommet invisible. Dès les premières lueurs, le sage nous prévient: vous rencontrerez l’ingrat, le fourbe, l’égoïste. Ce n’est pas un constat d’amertume, mais une cartographie du réel. Dans ce paysage humain accidenté, une question s’élève, glaciale et nécessaire: pourquoi plonger ses mains dans le cambouis de la lutte pour le pouvoir si l'on n'y trouve aucun intérêt supérieur ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>L'illusion de la nécessité<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous vivons sous le diktat de la participation. Il faudrait être «dans la mêlée», mordre la poussière des campagnes, conquérir des trônes de papier pour exister. Pourtant, la véritable tragédie moderne réside dans cette accumulation de pouvoirs vides. Se mêler à la lutte sans une convergence d'intérêts, qu'ils soient collectifs, moraux ou stratégiques, revient à s'enchaîner volontairement aux vices que Marc Aurèle nous enjoignait de prévoir.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Conquérir pour le simple fait de dominer, c’est s’exposer nu à l’insolent et à l’envieux sans l’armure de la conviction. C’est accepter de devenir soi-même le fourbe que l’on redoutait au réveil.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La dissidence du retrait<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ignacio Ramonet nous a souvent appris à décoder les structures de domination cachées derrière les discours officiels. Ici, la domination la plus subtile est celle qui nous convainc que le pouvoir est une fin en soi. Or, le refus de la conquête, quand elle est dépourvue de sens ou de profit pour la cité, devient une posture révolutionnaire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le désintérêt n'est pas de l'indifférence ; c'est une sélection rigoureuse de ses batailles. Dans un système où tout est marchandise, même l'influence, garder sa force pour des œuvres qui échappent à la corruption du forum est le luxe ultime du penseur indépendant.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'empire de soi-même<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si le pouvoir ne sert ni une vision, ni une amélioration de la condition humaine, il n'est qu'une charge inutile. En se préparant à rencontrer l'ingratitude dès l'aurore, on réalise que le seul pouvoir qui vaille la peine d'être conquis est celui que l'on exerce sur ses propres passions.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La lutte ne mérite notre présence que si elle porte en elle les germes d'une transformation réelle. Hors de ce cadre, la sagesse commande de rester l'observateur vigilant, celui qui, du haut de sa citadelle intérieure, regarde passer les conquérants d'un jour, déjà oubliés par l'histoire avant même d'avoir régné.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Par Abdou Karim DRAMÉ<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Me Mountaga Cheick Tall : « L’une des plus belles pages de notre histoire »</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/me-mountaga-cheick-tall-lune-des-plus-belles-pages-de-notre-histoire-3115450.html</link>
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<description><![CDATA[ Le lendemain du 26 mars 2026, Me Mountaga Tall, ancien président de parti et acteur majeur du Mouvement démocratique, sur son compte Tweeter, a rendu un vibrant hommage à l’ultime date de souvenir de l’avènement de la démocratie au Mali, le 26 mars 1991. ]]></description>
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<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 02:34:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">« Le 26 mars n’est pas qu’une date. Le 26 mars n’est pas un souvenir figé dans les livres d’histoire ou dans les narratifs de nostalgiques de luttes glorieuses. Le 26 mars est une victoire du Peuple malien sur la dictature. Le 26 mars est un serment. Le 26 mars est la preuve éclatante qu’aucun peuple ne peut être durablement maintenu dans la peur lorsque sa jeunesse se lève et lorsque sa conscience se réveille.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 26 mars 1991, le Mali a écrit l’une des plus grandes et belles pages de son histoire. Par le courage de sa jeunesse, par l’engagement des élèves et étudiants, des travailleurs, des démocrates et de tous les patriotes, notre peuple a arraché au prix du sang la liberté, le pluralisme politique, la vie associative, la liberté de la presse, la liberté d’opinion, la liberté syndicale et l’espérance d’une justice indépendante.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Voilà ce que signifie le 26 mars. Voilà ce qu’il représente. Voilà pourquoi il dérange encore. Car un peuple qui se souvient du 26 mars est un peuple qui refuse la résignation. Un peuple qui se souvient du 26 mars est un peuple qui sait que les libertés ne se mendient pas : elles se conquièrent et elles se défendent.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Or, en ce 26 mars 2026, que voyons-nous ?</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous voyons l’Association des élèves et étudiants dissoute. Nous voyons des associations fragilisées. Nous voyons les partis et associations politiques dissous. Nous voyons les activités politiques interdites. Nous voyons des responsables politiques emprisonnés, d’autres exilés. Nous voyons des élections sans cesse repoussées, comme si la souveraineté du peuple pouvait attendre indéfiniment.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous voyons une presse qui s’autocensure, tandis que des journalistes sont poursuivis, inquiétés ou condamnés. Nous voyons la liberté d’opinion rétrécir sous le poids de poursuites contestables. Nous voyons des syndicalistes traqués pour avoir exercé des droits légitimes. Nous voyons les manifestations interdites. Nous voyons, enfin, la peur chercher à s’installer dans les esprits.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Alors la question se pose : que reste-t-il du 26 mars ?</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je vous le dis avec force : il reste l’essentiel. Il reste la mémoire. Il reste la conscience. Il reste le refus de courber l’échine. Il reste la détermination de celles et ceux qui savent que l’histoire ne recule jamais définitivement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Qu’on se le dise clairement : le 26 mars ne mourra pas.</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">On peut dissoudre des organisations. On peut suspendre des libertés. On peut mobiliser les mercenaires des réseaux sociaux. On peut salarier les propagandistes et les folliculaires. Mais on n’efface pas une conquête historique. Et surtout, on n’assassine pas un idéal. Le 26 mars n’est pas un cadeau accordé par la générosité d’un pouvoir.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 26 mars est une conquête populaire. Une conquête arrachée au prix de dures luttes. Une conquête scellée par le sacrifice de nombreuses victimes. Une conquête sanctifiée par le sang des martyrs. C’est pourquoi nous n’avons pas le droit de nous taire. Nous n’avons pas le droit d’oublier. Nous n’avons pas le droit d’abandonner cet héritage.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Face à la peur, nous opposerons le courage. Face au renoncement, nous opposerons la constance. Face aux atteintes aux libertés, nous opposerons la résistance civique et morale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>À la jeunesse malienne, je m’adresse avec gravité et avec confiance :</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Impliquez-vous. Organisez-vous. N’acceptez ni l’indifférence, ni la fatalité, ni la confiscation de votre avenir. Car personne ne fera le Mali à votre place. Personne ne défendra votre dignité à votre place. Personne ne consolidera la démocratie à votre place. Nous sommes là. Avec vous.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Nous resterons debout. Et nous tiendrons bon. Gloire aux Martyrs ! Honneur à la jeunesse combattante ! Vive la liberté ! Vive la démocratie ! Vive le 26 Mars »!<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Koureichy Cissé</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>26 Mars 1991 : 35 ans après, que reste&#45;t&#45;il ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-35-ans-apres-que-reste-t-il-3115449.html</link>
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<description><![CDATA[ Le 26 mars 1991 marque la fin du régime militaire du général Moussa Traoré et le point de départ du système de gouvernance démocratique. ]]></description>
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<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 01:37:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un régime militaire qui avait duré 23 ans, avec son lot de violation de droit et gestion catastrophique à tous les niveaux. 26 mars 1991, était une victoire, un nouveau départ mais que reste-t-il de cet idéal.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Jamais le 26 mars n’a été aussi timidement célébré au Mali. Pas de grandes conférences débats comme à l’accoutumée. Seulement une cérémonie de dépôt de germe et cela sans le président de la transition et sans les grands acteurs de cette date. Des acteurs démocratiques quasiment absents de la scène et totalement réduits au silence.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>En plus de cela, la question légitime, que reste-t-il de l’idéal du 26 mars ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’une des libertés les plus applaudies avec l’avènement de la démocratie au Mali fut le multipartisme politique et la fin du parti unique et la politique à sens unique du général Moussa. Les acteurs politiques ont été libérés de créer leurs partis politiques et de conquérir à la conquête et l’exercice du pouvoir. Qu’en est-il de cet idéal aujourd’hui. Le constat est amer. Les partis politiques n’existent plus. Tous dissouts et le droit d’en créer librement plus que jamais menacé.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ecrire un article de presse aujourd’hui, une analyse, une opinion surtout critique à l’endroit des principes du jour, est une véritable marche sur des œufs. Ce qui aurait été ‘’vraisemblablement’’, juste une opinion critique envers les autorités dans un passé récent, est aujourd’hui une atteinte au crédit de l’Etat, diffamation offense. Ce qui jadis, n’était qu’une opinion qui devrait être répondue par une autre opinion contraire, amène très loin derrière les barreaux ou des bourreaux. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La liberté d’expression très difficile à contrôler aujourd’hui car les médias sont plus que jamais incontrôlables. Tout le monde peut s’exprimer et être médiatisé, souvent contre son propre gré. Mais, aucune garantie n’existe : S’il y a liberté après s’être exprimé. Les opinions et les critiques contre le pouvoir est aujourd’hui, une vraie marche sur des œufs. Les avis contraires même<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>d’u expert, est aujourd’hui, subversif et peut faire voyager à Koulikoro.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tout laisse croire aujourd’hui que le 26 mars pourrait dormir dans les jours à venir dans les tiroirs de l’oubli. Vu le projet de narratif en cours pour blanchir le général Moussa Traoré et faire porter la robe du démon aux démocrates voire aux Victimes et Martyrs de 91. Nous forcer à boire par le nez et faire du coupable la victime. Mais que faire et que dire à celui dont l’évidence ne convainc pas ? Rien. Comme du 26 mars, 35 ans, après, il ne reste plus quasiment, rien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Koureichy Cissé</strong><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Commémoration du 26 mars 1991 : Une mémoire amputée de ses acteurs</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/commemoration-du-26-mars-1991-une-memoire-amputee-de-ses-acteurs-3115380.html</link>
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<description><![CDATA[ Le 26 mars au Mali ne se résume pas à une simple date du calendrier. Il incarne un tournant historique majeur, celui de la chute du régime autoritaire du général Moussa Traoré à l’issue d’un soulèvement populaire porté par des forces vives bien identifiées : partis politiques, syndicats, associations et mouvements estudiantins. ]]></description>
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<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 08:03:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Arc en Ciel</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Trente-cinq ans plus tard, la commémoration de cet événement fondateur de la démocratie malienne soulève une question de fond : peut-on célébrer le 26 mars sans ceux qui l’ont rendu possible ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En effet, cette année encore, la cérémonie officielle s’est déroulée dans un contexte pour le moins paradoxal. Plusieurs acteurs historiques de la lutte démocratique sont aujourd’hui absents de la scène publique, non pas par choix, mais du fait de leur dissolution par les autorités de transition. Partis politiques, associations à caractère politique, ainsi que l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM), ont été écartés du paysage institutionnel. Seule l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) subsiste encore dans cet espace restreint.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pourtant, ces entités ont constitué, en 1991, le socle du mouvement populaire qui a conduit à la chute du régime. L’AEEM, notamment, avait joué un rôle déterminant à travers la mobilisation estudiantine, souvent au prix de lourds sacrifices. Les partis politiques, alors en gestation ou en clandestinité, et les organisations syndicales avaient convergé dans une dynamique de contestation inédite, donnant naissance à un véritable front social contre la dictature.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans ce contexte, la commémoration du 35e anniversaire a pris une tonalité singulière. Le Premier ministre, Abdoulaye Maiga a procédé au dépôt d’une gerbe de fleurs au Monument des Martyrs, un geste symbolique fort, mais qui, à lui seul, ne saurait combler l’absence des acteurs historiques. Parallèlement, une conférence-débat s’est tenue à la Pyramide du Souvenir. Là encore, le cadre et le thème rappellent l’importance du devoir de mémoire, mais l’absence de ceux qui ont vécu, porté et incarné cette lutte pose question.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Peut-on véritablement transmettre la mémoire d’un combat en excluant ses témoins directs ? Peut-on rendre hommage aux martyrs sans donner la parole à ceux qui ont partagé leur engagement, leurs espoirs et leurs sacrifices ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette commémoration, vidée en partie de sa substance humaine, donne l’impression d’une mémoire institutionnalisée, voire encadrée, au détriment de sa dimension populaire et plurielle. Le 26 mars 1991 n’est pas seulement un souvenir d’Etat ; il est avant tout une conquête du peuple malien dans toute sa diversité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A l’heure où le pays traverse une nouvelle phase de son histoire politique, la question de la mémoire devient éminemment politique. Se souvenir, oui. Mais se souvenir avec tous.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">B.S.<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>26 Mars 1991&#45;26 Mars 2026 :  Un anniversaire chargé d’histoire</title>
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<description><![CDATA[ Trente-cinq ans après la chute du régime du général Moussa Traoré, le Mali se souvient de ses martyrs. ]]></description>
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<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 01:46:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>Arc en Ciel</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A travers une conférence-débat organisée, le 26 mars 2026, à la Pyramide du Souvenir, acteurs institutionnels et intellectuels ont mêlé devoir de mémoire et réflexion sur les défis contemporains, notamment sécuritaires et technologiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 26 mars 1991 reste gravé dans la mémoire collective comme un tournant décisif de l’histoire du Mali. Ce jour-là, à l’issue d’une lutte populaire menée par le mouvement démocratique, le régime du général Moussa Traoré s’effondrait, ouvrant la voie à l’avènement de la démocratie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Trente-cinq ans après cet épisode marquant, le pays a commémoré cet anniversaire à travers une conférence-débat tenue à la Pyramide du Souvenir. Le thème retenu, « Sécurité humaine et recompositions sociotechnologiques au Mali : dynamiques, provenance et résilience face à la crise post-2012 », témoigne de la volonté d’inscrire cette journée dans une réflexion tournée vers l’avenir.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La rencontre a réuni plusieurs conférenciers de renom, dont le professeur Famaganwoye Konaté. Les échanges ont porté sur des sous-thématiques majeures telles que l’intelligence artificielle, les défis sécuritaires et les mécanismes de prévention des crises.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au-delà des débats académiques, la journée a été marquée par un profond recueillement en hommage aux victimes des événements de mars 1991.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Un devoir de mémoire réaffirmé</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour Moussa Bamba, secrétaire général adjoint de l’AMSUNEM, cette commémoration revêt une dimension hautement symbolique : « Cette journée est dédiée aux martyrs qui ont versé leur sang pour que la démocratie advienne au Mali », a-t-il déclaré.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Moussa Kéïta, secrétaire général de l’Association pour la défense des victimes de la répression (ADVR), a insisté sur la nécessité de transmission :<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">« Le 26 mars est une journée de mémoire. Il s’agit de se remémorer ces jeunes qui ont péri pour la démocratie. C’est avant tout une journée de recueillement ».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Avant l’aboutissement du 26 mars, plusieurs journées de manifestations avaient été violemment réprimées. Parmi les plus tragiques figure celle du 22 mars 1991, où près d’une centaine de personnes ont perdu la vie et des dizaines d’autres ont été blessées.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ces événements rappellent le prix payé pour l’instauration de la démocratie et soulignent l’importance de préserver les acquis démocratiques dans un contexte national encore fragilisé.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 26 mars demeure ainsi non seulement une date historique, mais aussi un appel constant à la vigilance citoyenne et à la consolidation démocratique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Yaye A. Cissé</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Focus : 26 mars 91 : À nos 35 ans</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/focus-26-mars-91-a-nos-35-ans-3115331.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 30 Mar 2026 08:01:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il était une fois un grand rassemblement populaire du Peuple malien. Il y a 35 ans de cela, les avocats et magistrats du corps de la justice au Mali s'étaient alliés aux syndicats, dont l'UNTM et l'AEEM, accompagnés des journalistes et des leaders d'opinion du monde enseignant, pour déboulonner l'inamovible GMT du poste de président de la République. Ce large rassemblement de patriotes et militants de la cause démocratique prit le nom de Mouvement démocratique. Il devint le creuset de la 2ème Révolution malienne, après celle du Président Modibo Kéïta, écourtée malgré des résultats tangibles.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En ce jour anniversaire, il convient de rendre un vibrant hommage aux martyrs et à tous ceux qui se sont battus pour l’avènement de la démocratie. Cette Révolution de mars 1991 connut son point culminant le 26 mars lorsque l’armée, sous la conduite du Lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré et de ses compagnons d'armes, prit ses responsabilités devant l'histoire pour parachever la lutte héroïque du peuple malien contre la dictature. En notifiant au Général Moussa Traoré son arrestation au Palais de Koulouba — alors que les membres de son parti avaient déjà déserté les cercles du pouvoir — ATT marquait la naissance du Conseil National de la Réconciliation, puis du Comité de Transition pour le Salut Public (CTSP).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sous le slogan « Allez vite », ATT réussit en 14 mois et 48 jours à organiser la première Conférence nationale, à faire adopter la Constitution de la 3ème République et à préparer le Pacte national pour la paix. Après le référendum du 12 janvier 1992, l'alternance fut consommée le 8 juin avec l'élection du Pr Alpha Oumar Konaré. S'en suivirent les deux mandats d'Alpha, puis le retour d'ATT en civil pour une décennie de gestion consensuelle (2002-2012), jusqu'à ce que les répercussions de la crise libyenne et l'instabilité au Nord ne précipitent sa chute.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'histoire retiendra ensuite la transition de Dioncounda Traoré, la période d'instabilité marquée par l'irruption du capitaine Amadou Haya Sanogo, puis la présidence d'Ibrahim Boubacar Keïta (2013-2020). Face à un artefact démocratique devenu insupportable pour les populations, les actuels responsables de la Transition ont eu le courage de stabiliser le pays pour engager un nouveau processus de refondation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd'hui, alors que le Mali Kura se co-construit sous l'impulsion du Général d’Armée Assimi Goïta, du Premier ministre Abdoulaye Maïga et du gouvernement, les populations attendent de voir apparaître le nouveau soleil de la démocratie malienne. Trente-cinq ans après, alors que l’AIGE et les nouvelles institutions veillent sur notre souveraineté et le respect de la Constitution du 22 juillet 2023, l'espoir demeure que cette expérience porte ses fruits pour un réel redéploiement politique. Car, au-delà des régimes, l'esprit de mars 1991 reste le socle de notre quête commune de dignité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>La Rédaction</strong><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>35 ans des événements de mars 91 : Entre devoir de Mémoire et impulsion démocratique</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/35-ans-des-evenements-de-mars-91-entre-devoir-de-memoire-et-impulsion-democratique-3115324.html</link>
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<description><![CDATA[ Sous l’égide du Premier ministre Abdoulaye Maïga, le Mali a commémoré, le jeudi 26 mars 2026, le 35ème anniversaire de l’avènement de la démocratie. ]]></description>
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<pubDate>Mon, 30 Mar 2026 01:45:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette date, gravée en lettres de sang et d’espoir dans le marbre de l’histoire contemporaine du pays, rappelle la chute du régime de Moussa Traoré en 1991.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cependant, dans le contexte actuel du Mali Kura, cette célébration a revêtu une dimension particulière, marquée par la présence solennelle du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, représentant le Chef de l’État. Loin d’être une simple réminiscence nostalgique, cette journée a été l’occasion pour les autorités de la Transition de lier le sacrifice des martyrs de 1991 aux défis sécuritaires et souverains de 2026.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La cérémonie officielle s’est déroulée au Monument des Martyrs, à Bamako, dans une atmosphère de recueillement et de dignité. Sous un soleil de plomb, mais devant une assistance composée de membres du gouvernement, du Conseil National de Transition (CNT), de représentants du corps diplomatique et des familles des victimes du 26 mars, le Premier ministre a déposé la traditionnelle gerbe de fleurs. Ce geste symbolique, au pied de l'édifice représentant la résistance populaire, a marqué le point de départ d’une série d’allocutions visant à réinterpréter l’héritage démocratique à l’aune de la transition actuelle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Un discours de rupture et de continuité stratégique</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a prononcé un discours d'une intensité rare, oscillant entre l'hommage vibrant aux devanciers et la fermeté nécessaire à la conduite des affaires de l'État en période de crise. Son intervention a duré près de quarante-cinq minutes, structurée autour de trois axes majeurs : le respect de la mémoire, la souveraineté retrouvée et l'indispensable refondation de l'État. «Nous sommes ici pour honorer ceux qui, au prix de leur vie, ont ouvert les vannes de la liberté. Mais honorer le 26 mars en 2026, c’est refuser que ce sacrifice soit dévoyé par une démocratie de façade qui a failli nous coûter notre existence en tant que nation», a déclaré d’emblée le Premier ministre, installant ainsi le décor d'une relecture critique des trente dernières années.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Général Maïga a insisté sur le fait que la liberté acquise en 1991 n'a de sens que si elle s'accompagne d'une sécurité réelle et d'une dignité économique. Il a fustigé les dérives passées qui, sous couvert de pluralisme, ont laissé le pays s'enfoncer dans la corruption et l'insécurité. Pour lui, le 26 mars ne doit plus être seulement le symbole d'une chute, mais celui de l'éveil d'un peuple qui reprend en main son destin face aux ingérences extérieures.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>La souveraineté au cœur du verbe</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans une partie du discours particulièrement applaudie, le Premier ministre a évoqué les choix stratégiques du Mali, notamment le renforcement des capacités des Forces Armées Maliennes (FAMa) et la diversification des partenariats internationaux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">«Les martyrs de 1991 sont tombés pour que le Mali soit libre. Aujourd'hui, notre combat au Nord, à Kidal, à Ménaka, et partout sur le territoire, est le prolongement direct de cette quête de liberté. On ne peut prétendre être démocrate si l’on accepte que son pays soit sous tutelle ou que son territoire soit morcelé. La démocratie sans souveraineté n’est qu’une illusion confortable pour ceux qui nous dominent».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il a poursuivi en adressant un message clair à la communauté internationale et aux partenaires du Mali, réaffirmant les trois principes qui guident désormais l'action publique malienne : le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et de partenaires opérés par le Mali, et la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans toutes les décisions. «Le 26 mars nous a appris à dire "Non" à l'oppression intérieure. La Transition nous apprend à dire "Non" à l'oppression extérieure. C'est cela, la véritable continuité de l'esprit de mars 1991».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Le 26 mars face aux défis du Mali Kura</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Premier ministre a également abordé la question de l'école et de la jeunesse, faisant écho aux préoccupations actuelles sur le système éducatif. Il a souligné que les jeunes qui ont manifesté en 1991 voulaient une école performante, et que le Mali Kura se doit de leur offrir enfin cette éducation de qualité, adaptée aux métiers du futur. «Nous ne célébrons pas des cendres, mais nous entretenons un feu. Ce feu doit éclairer nos salles de classe, nos usines et nos champs. La refondation dont nous parlons n'est pas un slogan, c'est l'exigence de transformer chaque sacrifice passé en une brique pour l'avenir».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En évoquant les réformes institutionnelles en cours, Abdoulaye Maïga a rappelé que la nouvelle Constitution et les mécanismes de lutte contre la corruption sont les véritables héritiers de l'aspiration populaire du 26 mars. Il a appelé à une union sacrée derrière les autorités pour parachever le processus de transition, tout en garantissant que les erreurs du passé - notamment la politisation à outrance de l'administration et le pillage des ressources - ne se reproduiront plus.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Une journée de communion nationale</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au-delà du discours officiel, cette journée a été vécue comme un moment de respiration pour une population malienne résiliente. Dans les quartiers de Bamako, de Kayes à Gao, les débats ont animé les "grains" et les radios locales. Si le souvenir des événements de 1991 reste vif pour les anciens, la jeunesse, elle, s'approprie cette date sous l'angle de la fierté nationale retrouvée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Premier ministre a conclu son intervention par un appel à la réconciliation nationale, mais une réconciliation basée sur la justice. «Que les larmes des mères de 1991 se transforment aujourd'hui en sourires d'espoir pour nos soldats au front. Le Mali est un et indivisible. Le sang versé le 26 mars 1991 irrigue la terre sur laquelle nous bâtissons aujourd'hui le Mali de nos rêves, un Mali debout, fier et souverain. Vive le Mali, vive la République !». Cette célébration du 26 mars 2026 restera dans les mémoires comme celle où la parole politique a tenté de réconcilier l'idéal démocratique historique avec les impératifs de survie et de puissance d'une nation en pleine mutation. Abdoulaye Maïga, par sa verve habituelle et sa stature de chef de gouvernement de transition, a su donner à cette fête légale une profondeur qui dépasse le simple calendrier pour en faire un acte de foi envers le futur.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>MKL</strong><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Quatre puissants empires qui ont marqué l&amp;apos;histoire de l&amp;apos;Afrique de l&amp;apos;Ouest</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/quatre-puissants-empires-qui-ont-marque-lhistoire-de-lafrique-de-louest-3115342.html</link>
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<description><![CDATA[ On ne compte pas moins de 16 Etats en Afrique de l&#039;Ouest de nos jours, sur une superficie d&#039;environ 6,8 millions de km2. ]]></description>
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<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 14:31:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Hérité de la colonisation, ce morcellement de la région en micros Etats, tranche avec un passé glorieux, marqué par l'existence de puissants empires dont l'influence continue de façonner culturellement les populations de cette partie du continent africain.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<h2 id="Afrique-de-lOuest-territoire-des-grands-empires" class="css-1szm4ix emoh99e1" tabindex="-1">Afrique de l'Ouest : territoire des grands empires<span class="css-2ozlq5"></span></h2>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">De l'Afrique de l'Ouest, on ne parle généralement que des crises politiques et sécuritaires que connaissent la plupart des pays de la région notamment ceux du Sahel.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Si l'on ajoute le sous-développement et l'extrême pauvreté de la population, on vient presque à oublier que cette partie du continent africain, est connue pour avoir été le territoire de grands empires, immensément riches et dont l'héritage est toujours vivant.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Dans cet article, <strong>BBC News Afrique</strong> vous fait découvrir quatre grands empires médiévaux qui ont prospéré dans cette région, de leur naissance, à leur déclin, en passant par leur apogée.</p>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<h2 id="Un-passé-souvent-évoqué-par-déminents-historiens-africains" class="css-1szm4ix emoh99e1" tabindex="-1">Un passé souvent évoqué par d'éminents historiens africains</h2>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Les travaux des historiens sénégalais Cheikh Anta Diop, guinéen Djibril Tamsir Niane, burkinabè Joseph Ki-Zerbo entre autres, nous ont appris que le moyen âge a été une période faste de l'histoire africaine, plus particulièrement dans la partie occidentale du continent.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">En effet, entre le VIII et XVIe siècle, de grands empires aux territoires immenses, aux richesses énormes ont émergé en Afrique de l'Ouest.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Mêmes s'ils sont tombés après en déclin, ces empires ont considérablement marqué l'histoire durant leur apogée.</p>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Malgré les effets de la colonisation, ce passé glorieux raconté brièvement dans les manuels scolaires est un élément de fierté sur lequel les Etats actuels tentent de se bâtir un destin semblable.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<h2 id="1-Lempire-du-Ghana-" class="css-1szm4ix emoh99e1" tabindex="-1">1- L'empire du Ghana</h2>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Le territoire de l'ancien empire du Ghana n'a rien à voir avec celui de l'actuel république du Ghana que les Anglais appelaient la Gold Cost.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">L'empire du Ghana s'étendait d'un territoire allant d'une partie de la Mauritanie actuelle jusqu'aux rives du Niger, en englobant la région de la vallée du fleuve Sénégal, le Mali notamment la région de Tombouctou.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Au sud, le territoire de l'empire couvrait l'ouest malien jusqu'à la Falémé, cette région frontalière avec le Sénégal d'où d'ailleurs étaient situés ses importantes mines d'or qui ont fait la richesse de cet empire médiéval.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Les origines du Ghana font l'objet de débats chez les historiens. Certains font remonter la fondation de l'empire au III siècle avant Jésus-Christ, tandis que d'autres affirment que le Ghana été fondé un peu plus tard par les Soninké ou Sarakollé.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Ces derniers auraient bâti un petit royaume appelé Wagadou au sud-est de la Mauritanie et qui a donné naissance à l'Empire du Ghana.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">L'empire du Ghana connait son apogée entre le Xe siècle et le XIe siècle sous le règne de Khaya Maghan CISSE.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">L'économie de l'empire reposait essentiellement sur le commerce transsaharien de l'or dont le Ghana était abondamment doté, du sel, de l'ivoire, du cuivre et l'esclavage, mais aussi sur l'agriculture et l'élevage.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Cette immense richesse en or est mentionnée par les marchands arabes et perses qui désignaient le territoire du Ghana, ''pays de l'or''.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">La capitale de l'empire est Koumbi Saleh, située aux confins du désert du Sahara dans le sud-est de la Mauritanie actuelle.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">L'historien arabe andalou Al-Bakri (1040–1094) qui a visité Koumbi Saleh décrit une cité composée de deux parties: un quartier commerçant avec beaucoup de marchands arabes musulmans et un quartier administratif et spirituel protégé par un mur de pierre avec ses nombreuses mosquées.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">L'empire du Ghana tomba en déclin au début du XI e siècle avec l'envahissement de la capitale Koumbi Saleh par les Almoravides en 1076, ces guerriers du désert, qui ont étendu leur domination jusqu'aux rives du fleuve Sénégal.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Lorsque l'actuel Ghana a pris son indépendance en 1957, les dirigeants du nouvel Etat indépendant ont choisi le nom de l'empire disparu d'où serait originaire le peuple Akan que l'on retrouve principalement au Ghana et en Côte d'Ivoire selon certains historiens.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<h2 id="2-Lempire-du-Mali-" class="css-1szm4ix emoh99e1" tabindex="-1">2- L'empire du Mali</h2>
</div>
<figure class="css-1qn0xuy">
<div class="css-1jir9cx"><img class="css-1seqhu9" src="https://ichef.bbci.co.uk/ace/ws/640/cpsprodpb/9399/live/7132f560-22eb-11f1-a79a-77e93010d956.jpg.webp" sizes="(min-width: 1008px) 760px, 100vw" srcset="https://ichef.bbci.co.uk/ace/ws/240/cpsprodpb/9399/live/7132f560-22eb-11f1-a79a-77e93010d956.jpg.webp 240w, https://ichef.bbci.co.uk/ace/ws/320/cpsprodpb/9399/live/7132f560-22eb-11f1-a79a-77e93010d956.jpg.webp 320w, https://ichef.bbci.co.uk/ace/ws/480/cpsprodpb/9399/live/7132f560-22eb-11f1-a79a-77e93010d956.jpg.webp 480w, https://ichef.bbci.co.uk/ace/ws/624/cpsprodpb/9399/live/7132f560-22eb-11f1-a79a-77e93010d956.jpg.webp 624w, https://ichef.bbci.co.uk/ace/ws/800/cpsprodpb/9399/live/7132f560-22eb-11f1-a79a-77e93010d956.jpg.webp 800w" alt="Mansa Musa, roi du Mali, 1375. Représentation de Mansa Musa, souverain de l'Empire du Mali au XIVe siècle. Il est représenté tenant une pépite d'or et coiffé d'une couronne de style européen. La légende à droite se traduit par : « Musa Mali, seigneur de Guinée ». L'or est si abondant dans son pays qu'il est le roi le plus riche et le plus noble de tout le pays" width="765" height="546" loading="lazy" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;">
<p class="css-nyj3yn" role="text"><span class="css-2ozlq5">Crédit photo,</span><span lang="en-GB">Photo by Heritage Art/Heritage Images via Getty Images</span></p>
</div>
<figcaption class="css-1562tom" dir="ltr"><span role="text"><span class="css-2ozlq5">Légende image,</span><span data-testid="caption-paragraph">Une représentation de Kankan Moussa</span></span></figcaption>
</figure>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Il a régné en maître en Afrique de l'Ouest sur d'immenses territoires couvrant plusieurs pays actuels de la région.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">La fondation de l'empire du Mali remonte au XIII e siècle. Son fondateur, n'est autre que l'empereur Soundjata Keita après sa victoire sur Soumaoro Kanté.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Proclamé ''Mansa du Mande'' Soundjata Keita se retrouve à la tête d'un vaste territoire comprenant plusieurs royaumes dont les souverains deviennent de fait des (farin) des sortes de gouverneurs de province.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Son empire s'étend du désert, aux contreforts du Fouta Djalon et Sénégal au Niger couvrant les territoires actuels du Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau, la Guinée Conakry, le Mali, le Niger et une partie du Burkina Faso et de la Mauritanie.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">L'empire du Mali est d'ailleurs considéré par comme étant l'un des grands empires africains au Moyen Âge ayant réussi à perdurer jusqu'en 1645.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Le Mali restera l'un des empires les plus emblématiques de l'Afrique et dont la renommée a dépassé les frontières du continent.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">L'histoire raconte que son fondateur Soundjata Keita aurait vécu jusqu'à 7 ans sans pouvoir marcher, ce qui a été utilisé par les autres pour humilier sa mère.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Djibril Tamsir Niane écrit dans son ouvrage Soundjata Keita que Sogolon, la maman du futur empereur manquant de condiments s'est adressé à Sassouma Bereté, sa coépouse pour lui demander des feuilles de baobab.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Dans sa réponse pleine de mépris, celle-ci lui dit : ''moi mon fils a sept ans savait marcher et c'est lui qui allait cueillir des feuilles de baobab pour moi''.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Cette humiliation pousse Sogolon à s'en prendre à son fils. Et c'est ce jour-là que Soundjata se redressa et se mit debout sur ses deux jambes.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Lorsqu'il s'est emparé du pouvoir, il entreprit la conquête du Djolof (Sénégal actuel) et d'autres territoires agrandissant l'empire.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Pour maintenir la paix et la cohésion au sein de ce vaste territoire, Soundjata convoqua une assemblée générale des notables et proclama la « charte du Manden » nouveau.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Selon l'historien guinéen Djibril Tamsir Niane, Soundjata Keita qui a entrepris la réorganisation de son immense territoire codifia les relations sociales au sein de l'empire entre les différentes composantes ethniques à Kouroukan Fouga il établit les droits de chaque peuple et scella l'amitié entre eux.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">La capitale de l'empire se trouvait à Niani,</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">L'empire du Mali connut son apogée sous Mansa Moussa ou Kankan Moussa au XIVe siècle. L'empereur malien Kanka Moussa est connu comme étant l'homme le plus riche de tous les temps.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Son nom est resté dans l'histoire à la suite de son pèlerinage à la Mecque effectué (1324-1325) au cours duquel il aurait emporté d'énormes quantités d'or en Égypte et à la Mecque au point de faire chuter durablement le cours de l'or dans ces deux cités selon Djibril Tamsir Niane.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">L'empire du Mali est tombé en déclin au XVe siècle avec l'émergence de l'empire Songhaï né sur ses flancs.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<h2 id="3-L-empire-SONGHAÏ" class="css-1szm4ix emoh99e1" tabindex="-1">3- L' empire SONGHAÏ</h2>
</div>
<figure class="css-1qn0xuy">
<div class="css-1jir9cx"><img class="css-1seqhu9" src="https://ichef.bbci.co.uk/ace/ws/640/cpsprodpb/1a37/live/3d7e0010-22ec-11f1-a79a-77e93010d956.jpg.webp" sizes="(min-width: 1008px) 760px, 100vw" srcset="https://ichef.bbci.co.uk/ace/ws/240/cpsprodpb/1a37/live/3d7e0010-22ec-11f1-a79a-77e93010d956.jpg.webp 240w, https://ichef.bbci.co.uk/ace/ws/320/cpsprodpb/1a37/live/3d7e0010-22ec-11f1-a79a-77e93010d956.jpg.webp 320w, https://ichef.bbci.co.uk/ace/ws/480/cpsprodpb/1a37/live/3d7e0010-22ec-11f1-a79a-77e93010d956.jpg.webp 480w, https://ichef.bbci.co.uk/ace/ws/624/cpsprodpb/1a37/live/3d7e0010-22ec-11f1-a79a-77e93010d956.jpg.webp 624w, https://ichef.bbci.co.uk/ace/ws/800/cpsprodpb/1a37/live/3d7e0010-22ec-11f1-a79a-77e93010d956.jpg.webp 800w" alt="La Grande Mosquée de Djenné, au Mali, est le plus grand édifice en terre crue au monde, chef-d'œuvre de l'architecture soudano-sahélienne. Construite en 1907 sur le site de la première mosquée du XIIIe siècle, elle est bâtie en banco (argile, paille, eau). " width="1024" height="679" loading="lazy">
<p class="css-nyj3yn" role="text"><span class="css-2ozlq5">Crédit photo,</span><span lang="en-GB">Photo de Michel RENAUDEAU/Gamma-Rapho via Getty Images</span></p>
</div>
<figcaption class="css-1562tom" dir="ltr"><span role="text"><span class="css-2ozlq5">Légende image,</span><span data-testid="caption-paragraph">Marché devant la grande mosquée de Djenné, Mali</span></span></figcaption>
</figure>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">C'est sous la dynastie des Askia que l'ancien royaume Songhaï, autre fois royaume vassal de l'empire du Mali verra le jour. Conquête après conquête, Sonni Ali Berb (1464-1492) arrive à agrandir son empire avec de nouveaux territoires au XIVe siècle.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Redoutable guerrier et fin stratège, Sonni Ali Ber qui a longtemps servi pour le compte de l'empire du Mali prend la tête d'une armée de cavaliers qui s'enfuit vers le Songhaï, son pays d'origine et s'empara du pouvoir sous le titre de Sonni qui veut dire ''Sauveur'' appelé également Sonni le Grand.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">L'économie de l'empire était basée sur le commerce transsaharien, l'agriculture, l'élevage et la pêche mais surtout par le commerce de l'or, le cuivre et les barres de sel.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">L'empire de Songhaï connait son apogée sous le règne de l'ASKIA MOHAMMED, à partir de 1493. A cette époque, sa réputation n'avait rien à envier aux empires européens.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">La capitale de l'Empire songhaï était Gao Située au bord du fleuve Niger dans l'actuel Mali. La cité fut un grand centre administratif majeur.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Au-delà de Gao, l'empire comptait également d'autres villes célèbres comme Tombouctou et Djenné.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Sonni Ali Berb meurt en 1492, laissant la place à une nouvelle dynastie, celle des Askia dont le plus prestigieux monarque est Askia Mohamed dont le tombeau est toujours conservé à Gao.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Dès 1516, des rebellions et les luttes internes entre héritiers à la succession apparaissent au sein de l'empire contribuant à son affaiblissent.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">La conquête des mines de sel de Teghaza et le commerce de l'or rendront cet empire si prospère au point de susciter des convoitises de conquérants venus du Maroc et qui ont fini par annexer l'empire en Mars 1591.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<h2 id="4-Lempire-du-KanemBornou" class="css-1szm4ix emoh99e1" tabindex="-1">4- L'empire du Kanem-Bornou</h2>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">La région du lac Tchad, elle, est le berceau d'un empire millénaire, celui du Kanem- Bornou.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Le Kanem-Bora a probablement été fondé vers le milieu du IXe siècle, et sa première capitale était située à Njimi, au nord-est du lac Tchad.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Son territoire correspond aujourd'hui au sud du Tchad, au nord du Cameroun, au nord-est du Nigeria et l'est du Niger.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Mais d'autres sources mentionnent que le territoire de l'empire s'étendait aussi jusqu'au Fezzan, cette région désertique du sud-ouest de la Libye actuelle.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Les historiens soulignent deux périodes d'apogée de l'empire du Kanem Bornou.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Une première période d'apogée autour du XIIIe siècle et une seconde autour du XVIe siècle.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Pendant ces deux périodes, le Kanem-Bornou se dote d'organisations politiques et sociales.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">L'empire entretient une politique d'échanges commerciaux prospères avec ses voisins.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">La dynastie des Sayf qui contrôle le territoire en fait un empire commercial majeur entre le IXe et le XIXe siècle.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Son économie reposait essentiellement sur le commerce du sel, des défenses d'éléphant, des plumes d'autruche et des animaux.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Au-delà du commerce, l'élevage et l'agriculture sont également pratiqués.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">En raison de sa situation géographique, il servait de point de contact pour le commerce entre l'Afrique du Nord, la vallée du Nil et la région subsaharienne.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">L'empire échangeait des esclaves contre des chevaux avec l'Afrique du Nord.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">À la fin du XIVe siècle, le peuple Bulala contraignit le Sayf à abandonner Kanem, et la capitale fut transférée à Birni Ngazargamu, au Bornou, à l'ouest du lac Tchad.</p>
</div>
<div class="css-1k9op6x e17x9cvu0" dir="ltr">
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr">Sous son souverain Idrīs Alawma, qui régna de 1571 à 1603 environ, le Kanem-Bornou s'étendit et se consolida.</p>
<p class="css-tmqcq9 eea635z0" dir="ltr"><a href="https://www.bbc.com/afrique/articles/cqxdxy29gddo">......BBC</a></p>
</div>
</div>
</div>
</div>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Évènements du 26 mars 1991 : Ce que le général Moussa Traoré a dit  aux enquêteurs après sa chute (suite 3)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/evenements-du-26-mars-1991-ce-que-le-general-moussa-traore-a-dit-aux-enqueteurs-apres-sa-chute-suite-3-3115285.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 08:49:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans cette troisième partie de l'instruction de l'ex-président Moussa Traoré, nous abordons le volet des questions ayant porté sur l'aspect économique de sa gestion du pouvoir. Toujours convaincu de son innocence et de son amour pour la patrie, l'ancien homme fort du Mali se défend face aux enquêteurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Question </strong>: <em><strong>D'après certains constats, l'économie malienne, à partir de 1979, a souffert de beaucoup d'hémorragies et de laxisme. Vous avez été accusé d'être le fossoyeur de l'économie nationale, à en juger par la liquidation des sociétés et entreprises d'Etat ; certaines auraient été bradées à des proches ou à des amis. Qu'en répondez-vous ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Réponse : Je connais bien la situation des sociétés et entreprises d'Etat pour avoir demandé aux pays amis de m'aider à leur restauration. De 1970 à 1972, j'ai tenu une réunion du Comité militaire de libération nationale et du gouvernement pour faire le point sur toutes les sociétés et entreprises d'Etat.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A partir de 1972, les sociétés et entreprises d'Etat ont été juridiquement créées et dotées d'un fonds de roulement. L'une des plus importantes, la Somiex, n'existait pas juridiquement et n'avait qu'un fonds de roulement de 100 millions de francs maliens. C'est ainsi que les sociétés et entreprises d'Etat ont fonctionné jusqu'en 1979-1980, période à laquelle la crise économique mondiale s'est accentuée. Elles ont connu des difficultés financières.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le gouvernement et le BEC se sont réunis pour examiner, cas par cas, ces sociétés suivant les rapports des conseils d'administration. Nous avons soumis à la Banque mondiale l'assistance au secteur d'Etat, qui a fait réaliser une étude par un bureau, et nous avons convenu, BEC, gouvernement et UNTM, de la classification en trois catégories : les sociétés stratégiques à maintenir et à renforcer ; les sociétés dont le capital devait être ouvert ; les sociétés devant être transformées en coopératives ou vendues.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En dépit de ce programme de réforme, les sociétés sont tombées dans d'énormes difficultés financières et ont été déclassées ; c'est le cas d'Air Mali et de la Somiex. Tous les dossiers des sociétés et entreprises d'Etat se trouvent ficelés dans les archives. Quand on parle de société bradée, l'Ocinam, par exemple, dont la vente vient d'être annulée par le ministre des Finances qui m'a écrit pour information. L'acquéreur aussi m'a écrit pour dénoncer les termes de l'annulation, contraires à la convention. Je ne m'en suis jamais mêlé, du début à la fin.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">S'agissant de la Socima, le constat a été fait, dès sa création, que les charges étaient supérieures à l'apport. A la suite de plusieurs tentatives vaines auprès des partenaires soviétiques pour la redynamisation, le gouvernement a décidé de créer une seconde cimenterie, projet qui n'a pas pu voir le jour malgré les engagements des partenaires. Au regard des difficultés de la Socima, le Fonds monétaire et la Banque mondiale ont demandé sa déclassification pour que les engagements du gouvernement soient honorés au 31 décembre 1990, d'où la vente de la société après appel d'offres.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A propos de la situation de la BDM, trois dossiers ont été constitués : le premier est l'étude réalisée par la Société de banque tunisienne, le deuxième par la Bcéao, le troisième par les experts maliens. Il a été prouvé par l'ancien ministre des Finances, l'ancien Premier ministre, le professeur Mamadou Dembélé, et l'ancien ministre de l'Emploi, Madame Diallo Lala Sy, que le directeur Ibrahim Bocar Bah n'avait pas de responsabilité directe dans l'affaire BDM.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La situation s'est dégradée avec les administrateurs provisoires français.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Il a cependant été constaté que le désastre à la BDM a commencé dès 1984, date à laquelle il y a eu une ruée d'individus de tout bord sur les fonds de la BDM à travers des crédits sans garantie fiable, sous la pression des autorités - a-t-on dit - dont votre propre intervention ou celle des membres de votre famille. Qu'en répondez-vous ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je n'ai pas de parents commerçants et je ne suis intervenu pour personne. Aucun membre de ma famille, au sens strict du terme, n'est intervenu pour qui que ce soit. Je ne réponds pas d'autres personnes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En ce qui concerne cette affaire Ibrahim Bocar Bah et la BDM, j'ai adressé maintes correspondances au Premier ministre, au ministre des Finances et à celui de l'Emploi pour situer les responsabilités. Le résultat se trouve dans les explications données plus haut. Mieux, Ibrahim Bocar Bah lui-même m'a écrit pour me dire que si une seule responsabilité était retenue contre lui, il ne devait pas être un frein à l'application de la loi.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'ai appris par Radio-Mali que j'aurais des fonds déposés à l'extérieur et que l'information provenait d'un responsable du CTSP. J'en suis indigné car, à ce niveau, c'est une diffamation grave de la part d'un responsable qui doit en répondre. Je vous garantis que si vous pouvez trouver un système par lequel quelqu'un peut s'engager à vérifier auprès des banques ces dépôts, alors venez me voir : je m'engagerai à l'application de ce système. Je suis convaincu que ledit responsable, s'il était à ma place, déposerait ses fonds à l'extérieur. Je n'ai rien à dire à propos de notre ex-ambassadeur à Paris.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Que savez-vous du projet sel gemme ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il y a plusieurs années, sans pouvoir vous préciser la date, j'ai reçu une demande d'audience de l'ingénieur Hamadoun Traoré, que je ne connaissais pas. Lors de notre rencontre, il a commencé par dire que le rêve d'un ingénieur est de faire des réalisations avant sa mise à la retraite ou sa mort. Il a poursuivi en disant qu'il aurait bientôt 40 ans et qu'avant sa retraite, il rêvait d'amener le sel de Taoudéni à tous les points du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je l'ai mis en rapport avec le ministre Tiéblé N'Dao pour une solution heureuse du problème. Voyant que les choses n'avançaient pas, il a souhaité me voir une seconde fois pour expliquer ses difficultés. C'est alors que j'ai ordonné à la Sonarem et au ministère de la Défense de lui donner des véhicules pour aller faire ses études à Taoudéni, comme je me suis engagé à ce que le sel de Taoudéni soit un peu partout au Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'ai mis du temps à revoir Monsieur Traoré ; il a payé de sa poche la rédaction de ce rapport afin que nous puissions l'exploiter. Ce n'est qu'au moment où Idrissa Kéita est devenu ministre du Développement industriel qu'un service rattaché a été créé pour exploiter le sel gemme de Taoudéni. Devant la situation financière de l'Etat et l'application des programmes de réforme, ce service rattaché a été supprimé et Monsieur Traoré a demandé que ce projet soit un Epic.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les Soviétiques, intéressés par l'exploitation du sel gemme et des matériaux connexes, ont envoyé une quantité nécessaire de sel de mer pour le vendre en vue de la réalisation du projet. C'est ce sel qui est arrivé fin 1990 et qui a causé des problèmes. J'ai ordonné à mon ministre des Finances de faciliter le stockage de ce sel, de faire ouvrir un compte à la BDM et d'y loger les fonds de contrepartie. Entre-temps, Monsieur Traoré est revenu me voir pour me dire qu'il avait des difficultés à vendre ce sel et qu'il s'agissait du sel provenant de Tchernobyl. Durant des années, les budgets votés pour ce service n'ont pas été payés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Hamadoun m'a parlé des études faites par Texaco dans le bassin de Taoudéni et du fait que les Soviétiques étaient intéressés par les mêmes recherches. J'ai demandé au ministre de la BDM de rechercher cette étude ; aucune suite ne m'a été donnée. Hamadoun ne m'a jamais parlé des privés maliens impliqués et intéressés par cette affaire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">S'agissant du dépôt et du transfert de l'or de Syama par la Bank of Africa, les ministres des Finances et de l'Industrie concernés pourront vous donner les explications nécessaires.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'ai des biens individuels et des biens en commun avec Madame. J'ai deux concessions à Kayes acquises avant le mariage de ma femme : la villa de l'Hippodrome, le verger, le champ, un terrain au bord du fleuve en commun avec Madame.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour la mise en valeur de notre champ commun, je n'ai jamais eu à utiliser les moyens de l'Etat. D'ailleurs, les frais engagés proviennent tous du président Houphouët.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Oui, le ministre Cheick Oumar Doumbia a fait des réparations sur la piste menant au champ. Je n'ai rien payé à cet effet et la piste était ouverte à l'usage public ; les populations de Baguinéda l'empruntaient. J'ignore quel a pu être le coût de ces réparations. Le ministre en question va vous édifier.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Connaissez-vous la société Afrique Avenir ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je n'ai aucun lien avec cette société.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'ignore ce qu'est le fonds commun de placement Nation Fonds USA Canada N°.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelles sont les banques par lesquelles les fonds envoyés à vos enfants transitent et quels sont leurs correspondants à l'extérieur ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je ne connais que la BMCD.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Quel est le montant de la trousse annuelle de vos enfants ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La famille envoie la somme de sept millions par enfant chaque année. Ces sommes proviennent des dons du président Houphouët et des revenus du champ.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'ignore le procédé de transfert de ces fonds ; ce sont les aides de camp et les officiers adjoints aux aides de camp qui effectuent ces opérations. J'ignore aussi que mon fils Idrissa Traoré, dit Idi, ait plusieurs comptes dans des banques étrangères. Si tel est le cas, il y a lieu de chercher à savoir si ces comptes sont crédités et de demander des explications.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tous mes biens sont déclarés sur les fiches que j'ai établies pour la commission d'enrichissement illicite. Je ne sais pas si ces fiches comportent des montres de grande valeur déposées dans ma chambre à coucher au palais de Koulouba.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je ne me fais pas une idée de la valeur actualisée des réalisations dans le champ. J'ai demandé des pieds de bananiers au président Houphouët et il a entrepris un financement important pour la réalisation d'une ferme moderne.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Ne pensez-vous pas que c'est en votre qualité de chef de l'Etat, représentant la pauvre nation malienne, que le président Houphouët, à l'instar des autres chefs d'Etat, a fait preuve de tant de générosité ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Vous conviendrez avec moi que ce n'est pas en tant que chef d'Etat que j'ai demandé des pieds de bananiers à Houphouët pour mon champ. C'était l'individu Moussa Traoré qui s'est adressé au planteur Houphouët.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;">              <strong>        </strong></span><strong>Par Roger Sissoko</strong><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Commémoration des événements de mars 1991 : Le Premier ministre rend hommage aux martyrs</title>
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<description><![CDATA[ Pour le Général de division Abdoulaye Maïga, la célébration de cette journée symbolise la reconnaissance de la Nation pour les sacrifices des héros tombés pour l&#039;avènement de la démocratie au Mali. Au nom du Chef de l’État, il a salué la résilience du peuple malien face aux assauts de l’ennemi et aux difficultés de la vie quotidienne ]]></description>
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<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 11:00:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">26 mars 1991-26 mars 2026, il y a exactement 35 ans, jour pour jour, une révolution populaire renversait le régime du Général Moussa Traoré. Pour commémorer cet évènement historique de notre pays, le Chef du gouvernement, le Général de division Abdoulaye Maïga a, au nom du Président de la Transition, procédé, hier, au dépôt de gerbe de fleurs aux pieds du monument dédié aux martyrs de 1991.</span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Cet acte du Premier ministre symbolise la reconnaissance de la Nation aux sacrifices des héros tombés pour l'avènement de la démocratie au Mali. Des acteurs de cette révolution ont tenu à saluer leur mémoire par leur présence massive à cette cérémonie solennelle. Ont participé également à cette journée de commémoration, des membres du gouvernement, du corps diplomatique accrédité dans notre pays et des autorités administratives et politiques du District de Bamako. L’on pouvait lire sur la banderole : « la mémoire des martyrs, guide la refondation nationale».</span><span class="pf-br-replacement" orig-style=""> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Il est 9 heures, après les salutations protocolaires et l’exécution de l’hymne national, le Premier ministre respecte la tradition en s’inclinant devant la mémoire des martyrs. Dans son message à la presse, il a rappelé qu’il y a 35 ans, des Maliens ont payé le sacrifice ultime pour un idéal démocratique. Le Général de division Abdoulaye Maïga a rendu un hommage mérité aux victimes de ces évènements tragiques tout en implorant Dieu d’accepter les personnes décédées au paradis et a souhaité prompt rétablissement aux blessés.</span><span class="pf-br-replacement" orig-style=""> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Le Chef du gouvernement a affirmé que la commémoration de la journée des martyrs revêt plusieurs symboliques. Outre le devoir de mémoire, a-t-il souligné, c’est une indication claire de la volonté des autorités maliennes de matérialiser à travers différentions actions, cet idéal démocratique. «Il y 35 ans, je crois que nul ne peut contester le fait que la pratique et l’exercice démocratique dans notre pays aient connu des acquis qu’il faut consolider», a constaté le Premier ministre, reconnaissant dans le même temps que cette pratique démocratique a connu de grandes difficultés.</span><span class="pf-br-replacement" orig-style=""> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">«Des difficultés qu’il faut corriger afin d’avoir une démocratie parfaite», a souhaité le Général de division Abdoulaye Maïga, avant de rappeler le dysfonctionnement de la pratique démocratique qui, pour lui, est la cause endogène de la crise multidimensionnelle que le pays connaît. «En 2012, nous avons perdu plus de 70% de notre territoire avec son lot de victimes civiles et militaires», a-t-il déploré, ajoutant que c’est compte tenu de toutes ces difficultés que le Président de la Transition a donné la parole aux Maliens pour qu’ils puissent faire un diagnostic sans complaisance de la situation politique, socio-économique du pays.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""> </span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><img data-filename="celeb.jpg" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" data-pf_rect_width="784" data-pf_rect_height="463.859375" class="pf-large-image flex-width blockImage" orig-style="" 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width="810" height="479"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><em><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Le Général de division Abdoulaye Maïga (en blanc) lors du dépôt de gerbe de fleurs </span><span class="text-node"> aux pieds du monument dédié aux martyrs</span></b></em></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""> </span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Pour le Premier ministre, les 517 recommandations issues des Assises nationales de la refondation (ANR) constituent le socle du Mali kura, la boussole du Chef de l’état. Dans cette dynamique, le Premier ministre a relevé des avancées, parmi lesquelles, l’amélioration substantielle de la sécurité des personnes et de leurs biens, l’équipement des Forces armées maliennes (FAMa), la reprise de plusieurs sanctuaires terroristes, l’adoption de la Constitution du 22 juillet 2023 et la relecture du code minier.<span> </span></span><span class="pf-br-replacement" orig-style=""> </span><span class="text-node">Citant ces résultats tangibles, le Chef du gouvernement a noté l’édiction des trois principes guidant l’action publique à savoir le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et des partenariats opérés par le pays et la défense des intérêts vitaux du peuple malien. A ce propos, le Chef de l’Administration malienne a insisté que les questions de souveraineté sont non négociables et constituent la cheville ouvrière de la refondation du Mali. Dans cette lancée, il a évoqué surtout l’initiative de la Confédération des états du Sahel qui repose sur les principes de souveraineté. Une Confédération qui, selon lui, aspire à devenir une puissance régionale.</span><span class="pf-br-replacement" orig-style=""> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Par ailleurs, le Général de division Abdoulaye Maïga a évoqué l’adoption d’une vision prospective pour notre pays jusqu’en 2063. Pour lui, ces actions matérialisent le processus de refondation dans notre pays. Toutefois, le Premier ministre a indiqué que des difficultés existent toujours, promettant qu’elles seront résolues. Pour relever ces défis, il a soutenu que le processus de refondation repose sur un prérequis extrêmement important pour la réalisation de la cohésion nationale.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Au nom du Chef de l’État, le Général de division Abdoulaye Maïga a salué la résilience du peuple malien face aux assauts de l’ennemi et aux difficultés de la vie quotidienne. Le Chef du gouvernement a exhorté ses compatriotes à la vigilance et à ne pas céder aux sirènes de la division et de la désinformation. De son point de vue, le Mali kura est une réalité. « Tous les objectifs assignés par le peuple à l’issue des ANR et d’autres fora seront pleinement atteints », a-t-il assuré.</span></span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Namory KOUYATE</span></strong></p>]]> </content:encoded>
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<title>26&#45;Mars : le Premier ministre rend hommage aux Martyrs et pointe du doigt les « dysfonctionnements » de la démocratie</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-le-premier-ministre-rend-hommage-aux-martyrs-et-pointe-du-doigt-les-dysfonctionnements-de-la-democratie-3115266.html</link>
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<description><![CDATA[ Tradition respectée, ou presque. Le Mali a célébré ce 26 mars 2026 la Journée des Martyrs. En lieu et place du président de la Transition, le Premier ministre, Abdoulaye Maïga, a procédé ce jeudi matin au dépôt de gerbe de fleurs au Monument des Martyrs. Des acteurs du mouvement démocratique, dont le professeur Ali Nouhoum Diallo, étaient présents à la célébration. ]]></description>
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<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 17:10:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Trente-cinq ans après les événements qui ont marqué la chute du régime de Moussa Traoré, la démocratie malienne est à la croisée des chemins. S’exprimant après le dépôt de gerbe de fleurs au Monument des Martyrs, le Premier ministre, Abdoulaye Maïga, a rappelé « le sacrifice ultime » consenti par des Maliens pour l’avènement de la démocratie. Une mémoire que les autorités entendent préserver, tout en la reliant aux enjeux actuels.</span><o:p></o:p></p>
<p><img src="https://www.maliweb.net/uploads/images/202603/image_870x_69c5685664dd4.jpg" alt="" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;"></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Dans sa déclaration, le Premier ministre a reconnu que la pratique démocratique au Mali a certes enregistré des acquis, mais aussi de « grandes difficultés ». Il a même établi un lien direct entre ces dysfonctionnements et la crise multidimensionnelle que traverse le pays depuis 2012. « Les dysfonctionnements de la pratique démocratique sont en partie la cause de la crise », a-t-il affirmé, évoquant notamment la perte de plus de 70 % du territoire national cette année-là, avec son cortège de victimes civiles et militaires.</span><o:p></o:p></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Cet aveu traduit une lecture critique des décennies post-1991 : insuffisances institutionnelles, gouvernance contestée, fragilité de l’État et incapacité à prévenir l’effondrement sécuritaire. Autant de facteurs qui ont, selon les autorités actuelles, affaibli les fondements de la démocratie malienne.</span><o:p></o:p></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Face à ce constat, Assimi Goïta a engagé, selon Abdoulaye Maïga, un processus de refondation basé sur la consultation populaire. Les Assises nationales de la Refondation ont ainsi permis de formuler 517 recommandations, présentées comme la « boussole » de l’action publique.</span><o:p></o:p></p>
<p><img src="https://www.maliweb.net/uploads/images/202603/image_870x_69c56854475df.jpg" alt="" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;"></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;">Les résultats de ces consultations populaires sont, entre autres, selon le Premier ministre : l’adoption de la Constitution du 22 juillet 2023 ; la relecture du code minier et la promotion du contenu local ; le renforcement des capacités des forces armées ; la reconquête de certaines zones, dont Kidal.</span><o:p></o:p></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Mamadou TOGOLA  / maliweb.net</strong></span><o:p></o:p></p>]]> </content:encoded>
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<title>La grande liquidation : Du chiffon de Kadhafi au Conseil d&amp;apos;administration de l&amp;apos;Empire</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/la-grande-liquidation-du-chiffon-de-kadhafi-au-conseil-dadministration-de-lempire-3114835.html</link>
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<description><![CDATA[ Le fantôme de 2009: l&#039;hérésie du «Roi des Rois» ]]></description>
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<pubDate>Mon, 09 Mar 2026 09:35:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Souvenez-vous. 23 septembre 2009. Dans le temple feutré de Manhattan, un bédouin en costume de gala ne vient pas quémander une audience, mais prononcer une oraison funèbre. Ce jour-là, Muammar Kadhafi n'a pas seulement déchiré la Charte des Nations Unies; il a exposé la nudité d'un système qui confond la paix avec la soumission.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pendant 100 minutes, le «Guide» a piétiné le protocole, transformant le perchoir de l'Organisation des Nations unies (ONU) en une tranchée de vérité. Il a désigné du doigt les «Cinq Rois» du Conseil de Sécurité, ces gardiens du temple qui ne protègent pas l'humanité, mais leurs propres chasses gardées. Ce n'était pas un discours, c'était une déclaration de guerre contre l'hypocrisie. Mais l'Histoire, cette vieille courtisane écrite par les vainqueurs, a préféré effacer l'homme pour ne garder que l'image d'un fou. Pourquoi ? Parce que le système ne pardonne pas à un Africain de refuser la laisse.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">2026: La «Pax Trumpiana» ou le hold-up du multilatéralisme<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Avance rapide. Janvier 2026. Le décor a changé, mais la mécanique de prédation s'est perfectionnée. Nous y sommes: l'acte de décès officiel de l'ONU a été paraphé sous les dorures de Davos. Donald Trump, le nouveau «César du Deal», a achevé ce que Kadhafi dénonçait: il a transformé le droit international en une option «Premium».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Bienvenue au «Board of Peace» (Conseil de la Paix). Ici, on ne parle plus de souveraineté, mais de solvabilité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">● Le droit d'entrée: La paix n'est plus un droit inaliénable, c'est un abonnement. Un milliard de dollars le ticket pour être assis à la table des décisions. Vous ne payez pas ? Vous êtes un «maillon faible», une variable d'ajustement sur la carte des hostilités.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">● La privatisation du monde: Trump préside ce directoire avec la poigne d'un Président directeur général (PDG) à vie. Autour de lui, pas de diplomates de carrière, mais des exécuteurs de contrats: Kushner, Rubio, et même des mercenaires de luxe comme Tony Blair. La reconstruction de Gaza ou l'avenir de l'Afrique se négocient comme des fusions-acquisitions.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">● La mort de la règle: «Ma seule limite est ma propre moralité», clame le Don. Dans ce nouveau code militaire, la morale est indexée sur le cours du brut. C'est le triomphe du mercenariat diplomatique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le silence des agneaux européens<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pendant que l'Empire se réorganise en syndicat de crime organisé légalisé, l'Europe offre le spectacle d'une armée en déroute. Paralysés par la peur d'une taxe à 200% sur le Chardonnay ou d'un retrait des troupes américaines, les dirigeants du Vieux Continent se bousculent pour obtenir le statut d'«observateur».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est une vassalisation rampante. Ils ne contestent plus, ils espèrent juste que les miettes du festin tomberont de leur côté de l'Atlantique. La France de Macron tente une esquive, mais finit par raser les murs du Conseil d'Administration.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Verdict des tranchées<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le message de 2009 est aujourd'hui une réalité brutale. Kadhafi avait déchiré le papier; Trump a brûlé la bibliothèque. Nous ne sommes plus dans un monde de lois, mais dans un monde de contrats de protection.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si la diplomatie était autrefois un jeu d'échecs, elle est devenue un «poker menteur», où les cartes sont marquées. La dignité, comme le disait le Lion de la Sirte, vaut plus que l'approbation. Mais dans le monde de 2026, la dignité est la seule marchandise que le Conseil de la Paix ne peut pas racheter... pour l'instant.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Par A.K. DRAMÉ, Chroniques de la Ligne de Front<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Encadré N°1<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'arme de l'exclusion: le «default de protection»<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'analyse tactique de ces «Zones de Non-Droit Financier» (ZNDF) révèle une stratégie d'asphyxie coordonnée, conçue pour mettre au pas les récalcitrants du continent africain. Dans ce nouveau directoire mondial de 2026, ne pas payer son «ticket d'entrée» au Conseil de la Paix équivaut à une radiation pure et simple du système immunitaire économique mondial. Voici le décryptage de ce siège financier moderne…<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour les nations africaines qui refusent de verser le tribut d'adhésion, le Conseil de la Paix n'utilise plus les vieux décrets de l'Organisation des Nations unies (ONU), mais le retrait de garantie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">● Le Concept: Si vous n'êtes pas «dans la pièce», vous êtes déclaré «Zone Grise».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">● La Conséquence: Les assureurs maritimes et les banques d'investissement (sous pression du Board de Trump) augmentent les primes de risque à des niveaux prohibitifs. Importer du blé ou exporter du coton devient une opération de contrebande légale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">● L'Objectif: Pousser les populations à la révolte par l'inflation importée, sans avoir à tirer une seule balle de M16.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La diplomatie du «Pay-per-View» géopolitique<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Conseil de la Paix a instauré une hiérarchie de souveraineté basée sur le portefeuille, créant une fracture nette sur le continent:<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Statut du Pays<span style="mso-tab-count: 1;">     </span>Condition d'Accès<span style="mso-tab-count: 1;">         </span>Traitement Diplomatique<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Membre "Platinum"<span style="mso-tab-count: 1;">       </span>Versement de 1 Md$ ou accès total aux ressources.<span style="mso-tab-count: 1;">         </span>Protection militaire totale et lignes de crédit illimitées.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Membre "Observateur"<span style="mso-tab-count: 1;">          </span>Allégeance politique et base militaire offerte.<span style="mso-tab-count: 1;">          </span>Survie économique sous perfusion, droit de "regarder" les décisions.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Zone de Non-Droit<span style="mso-tab-count: 1;">        </span>Refus du racket / Souverainisme affiché.<span style="mso-tab-count: 1;">          </span>Embargo technologique, cyber-attaques "non attribuées" et gel des avoirs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le cas de l'Afrique de l'Ouest: résistance ou asphyxie ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans des régions comme le Mali ou le Burkina Faso, la résistance à ce «Board of Peace» crée un précédent dangereux pour l'Empire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">● La tactique du Conseil: Couper l'accès aux câbles sous-marins de fibre optique et aux systèmes de paiement satellite.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">● La réponse des ZNDF: On assiste à la naissance d'un «marché noir de la souveraineté». Ces pays se tournent vers des réseaux alternatifs (systèmes de paiement non-dollars, troc brut contre infrastructures) pour contourner le péage de Trump.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'inversion des valeurs: la paix devient une «Commodity»<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le grand danger de cette architecture est que la guerre n'est plus un échec de la diplomatie, mais un levier de négociation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">«Si vous ne payez pas pour la Paix, vous recevrez la Guerre par défaut de paiement».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est l'aboutissement cynique de ce que Kadhafi craignait: un monde où le Conseil de Sécurité est devenu une agence de recouvrement de dettes à l'échelle planétaire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A.K.D<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">xxx<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Encadré N°2<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Bouclier de la Transformation Locale<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'analyse de la résistance face au Board of Peace (Conseil de la Paix) nous conduit à une conclusion inévitable: dans un monde de prédateurs transactionnels, la seule armure valable est l'autonomie productive. Pour les nations africaines situées dans les «Zones de Non-Droit Financier», le projet industriel n'est plus une option économique, c'est une manœuvre de survie de haute intensité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Voici comment transformer une usine en bastion de souveraineté contre le racket du «Don»: Le coton, surnommé l'or blanc, est souvent exporté brut, laissant la plus-value aux mains de ceux qui contrôlent les ports et les monnaies.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Créer des complexes de Mali Textile Intégré (MTI). En transformant la fibre sur place, le pays ne vend plus une «matière première» (soumise au chantage des cours du Conseil), mais un «produit fini».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le produit fini peut être échangé via des accords bilatéraux de troc ou des monnaies régionales, contournant ainsi le système SWIFT et les péages du Board of Peace.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'énergie: le talon d’Achille à fortifier<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le racket de Trump sur les 50 millions de barils vénézuéliens montre que l'énergie est l'arme de poing préférée du Conseil.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sortir de la dépendance aux hydrocarbures importés (et donc taxés par le Board) en investissant massivement dans le solaire thermique et la biomasse industrielle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Une usine textile qui tourne à l'énergie locale est une usine qu'on ne peut pas éteindre depuis un bureau à Mar-a-Lago ou Davos.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le «contrat social» comme capital-risque<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans ce système de «Paix Premium», le Conseil de la Paix parie sur l'effondrement interne des pays récalcitrants.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'industrialisation locale crée des emplois massifs et stabilise la monnaie interne par la réduction des importations.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quand une population voit que son pain et ses vêtements dépendent de son industrie nationale et non des caprices d'un directoire étranger, le pays devient ingouvernable par la peur.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La cyber-souveraineté<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Puisque le Conseil utilise l'embargo technologique comme levier, les nations souverainistes doivent développer des réseaux de gestion industrielle décentralisés (Open Source, serveurs locaux).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">● L'objectif: Empêcher qu'une mise à jour logicielle ou un «kill-switch» ne bloque les machines-outils des usines africaines.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La souveraineté n'est pas un discours à l'Organisation des Nations unies (ONU); c'est une ligne de production qui tourne. En 2026, face à un empire qui privatise la paix, le véritable acte de rébellion d'une nation africaine est de devenir son propre fournisseur.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A.K.D<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Panorama de la diplomatie malienne : Assimi sur les pas du Président Modibo Kéïta</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/panorama-de-la-diplomatie-malienne-assimi-sur-les-pas-du-president-modibo-keita-3114540.html</link>
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<description><![CDATA[ Le Grand Mali, carrefour des civilisations khassongué, mandingue, songhaï, Bambara, peule et tamasheq, a toujours conçu son destin à travers le prisme de l&#039;unité continentale. ]]></description>
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<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 09:26:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">De l'éclatement de la Fédération du Mali en août 1960 à l'affirmation de l'Alliance des États du Sahel (AES) en 2026, la République du Mali a transformé ses défis géographiques et politiques en une doctrine d'engagement panafricain sans faille,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>n'ayant jamais eu à expulser en masse des ressortissants nationaux d'un autre pays hébergés sur son sol. Cette vertu d'hospitalité a fait le lit de la «constance diplomatique malienne». La jaatiggiya ou l'hospitalité africaine, bien de chez nous, repose sur un refus historique de la vassalité, en tous temps tous lieux. Un fort sentiment national porté dès lors par une lignée de diplomates ayant inscrit le respect de la dignité nationale au cœur de leur action sur la scène internationale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’éveil des pionniers sous le corridor de feu (1958-1968)<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La genèse de cette diplomatie s’écrit dans le tumulte des années de décolonisation. Dès 1958, face à la Constitution de la Communauté française proposée par le général Charles de Gaulle, Modibo Kéïta et les leaders de l’US-RDA optèrent pour un «Oui» tactique. Ce choix pragmatique visait à construire une indépendance par étapes, refusant la rupture brutale subie par la Guinée. En avril 1959, lors des négociations pour l'indépendance de la Fédération du Mali (Soudan,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Dahomey, Haute Volta, Sénégal), des émissaires de premier plan comme le Docteur Madera Kéïta et Mamadou Dia bataillent pour obtenir la gestion souveraine de la défense et de la monnaie, deux piliers régaliens alors jalousement gardés par Paris.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’éclatement de la Fédération qui surviendra en août 1960, suivi de l'arrestation et de l'expulsion du Président Modibo Kéïta alors chef du gouvernement établi à Dakar, vont agir en catalyseur pour donner naissance le 22 septembre 1960 à la 1ère République autoproclamée : le Mali nouveau, souverain et indépendant accédant à la reconnaissance internationale et à la magistrature suprême.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Baréma Bocoum (1961–1964), premier architecte de cette reconnaissance, orchestre l’entrée du pays à l’ONU et le retrait des troupes françaises dès 1961. Sous l'impulsion d'Ousmane Bâ (1964–1968), le Mali devient le fer de lance du groupe de Casablanca, introduisant à l'OUA en 1963 les principes sacrés de non-ingérence et d'intangibilité des frontières héritées de la décolonisation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’équilibre pragmatique et la médiation (1968-1991)<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le changement de régime en 1968 n’altère pas la vocation diplomatique du Mali. Sous le Colonel Moussa Traoré, le pays passe d'un socialisme idéologique à une politique de bon voisinage. Charles Samba Sissoko (1970–1978) consolide l’axe militaire avec l’URSS - dotant l’armée des premiers MiG et blindés soviétiques - tout en maintenant un dialogue nécessaire avec l’Occident.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette ère est marquée par l’apogée du «soft power» malien, incarné par Maître Alioune Blondin Bèye (1978–1986). Ce juriste brillant transforme Bamako en capitale de la médiation, portant la voix du Mali dans les dossiers complexes de l’Angola et du Sahara Occidental. Lui succédant, le diplomate Modibo Kéïta (1986–1989) apporte une rigueur technique essentielle à la résolution des différends frontaliers avec le Burkina Faso après la «Guerre de Noël». En 1988, la présidence de l’OUA exercée par Moussa Traoré vient couronner cette stratégie de prestige international.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La parenthèse du multilatéralisme (1991-2012)<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’avènement de la démocratie transforme le Mali en «bon élève» des instances internationales. Tiébilé Dramé (1991–1992), sous la transition du Lieutenant-Colonel Amadou Toumani Touré (ATT), rassure les bailleurs et stabilise les relations avec la CEDEAO, en organisant la Conférence nationale de réconciliation, le référendum constitutionnel et les premières élections législatives et présidentielles pluralistes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sous le premier président démocratiquement élu en avril-mai 1992, le professeur Alpha Oumar Konaré (Adema - Pasj), ce fut Ibrahim Boubacar Keïta (1993–1994) et Modibo Sidibé (1997–2002) qui œuvreront à la transformation de l’OUA en Union Africaine (UA), faisant de Bamako un pivot du multilatéralisme. Le retour d'ATT en 2002 renforce l'image du Mali comme médiateur régional. Moctar Ouane (2004–2011), par sa longévité et sa finesse technique, donne au pays une stature respectée à l'ONU. Cependant, la crise libyenne de 2011 révèle les limites de ce consensus diplomatique face à la brutalité des menaces transfrontalières, malgré les alertes de Soumeylou Boubèye Maïga sur l'embrasement imminent du Sahel.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le tournant souverainiste : de la crise à l'AES (2012-2026)<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La période de Dioncounda Traoré (2012–2013) et le mandat d'IBK sont marqués par une diplomatie de «sauvetage» et une forte dépendance vis-à-vis de l'aide internationale (Opération Serval, MINUSMA, Barkhane). Zahabi Ould Sidi Mohamed et Abdoulaye Diop (dans sa première mission) gèrent les négociations complexes de l'Accord d'Alger de 2015.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La «Rectification» de mai 2021 marque une rupture épistémologique. Sous le leadership du Général d’Armée Assimi Goïta, le ministre Abdoulaye Diop devient le visage d’une diplomatie de sommation. Le Mali dénonce les accords de défense obsolètes, exige le départ des forces étrangères (Barkhane, Takuba, MINUSMA) et se retire de la CEDEAO et de la Francophonie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ce pivot stratégique vers l'Est, soutenu par une coopération musclée avec la Russie (sécurité) et la Turquie (technologie des drones Bayraktar), permet de reprendre l'initiative sur le terrain, symbolisée par la libération de Kidal en novembre 2023. La création de l'Alliance des États du Sahel (AES) en septembre 2023, transformée en Confédération à Niamey en juillet 2024, consacre la naissance d'un nouveau bloc de puissance régionale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Perspectives 2063 : le Mali Kura ou le hub énergétique<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 2026, la diplomatie malienne ne cherche plus l'approbation, elle construit des faits accomplis. L'après-Ramadan s'annonce décisif avec l'arbitrage des projets de gazoducs (offre marocaine versus axe transsaharien) et la consolidation de l'intégration économique de l'AES.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans l'agenda Mali Kura ɲɛtaasira 2063, la diplomatie agit comme un levier de la souveraineté arrachée. Elle vise désormais une autonomie totale - monétaire, militaire et énergétique - tout en prônant une réforme radicale du multilatéralisme à l'ONU. De Modibo Keïta à Assimi Goïta, le Mali reste fidèle à son serment de1960 : une nation souveraine, maîtresse de son destin et pilier indéfectible de l'unité africaine.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">MKL<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Discours du 20 janvier 1961 devant les diplomates accrédités au Mali : Le président Modibo Kéita annonce la fermeture des bases françaises</title>
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<description><![CDATA[ Le 20 janvier 1961, le Président Modibo Kéita a réuni les diplomates accrédités au Mali et, dans un discours resté célèbre, il a appelé la France à évacuer ses bases militaires de Bamako, Kati, Gao et Tessalit ]]></description>
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<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 15:33:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">« Excellences,<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je vous remercie de vous êtes distraits de vos augustes occupations, de vos nombreuses préoccupations, pour répondre à mon invitation. L’importance de la communication exige que je vous la fasse moi-même. A l’heure qu’il est, l’ambassade de France en République du Mali est informée par mes soins de la décision de mon parti et de mon gouvernement de voir la France évacuer les bases militaires de Bamako, de Kati, de Gao, et de Tessalit, qu’elle occupait du fait des accords franco- maliens, signés à Paris le 22 juin 1960, entre elle et la Fédération du Mali et qui deviennent caducs après les évènements du 19 au 20 août 1960 et l’acte de reconnaissance par la France du gouvernement du Sénégal, acte qui consacre la dissolution de la Fédération du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La République du Mali a affirmé sa volonté de coopérer avec la France sur la base de la non-ingérence dans nos affaires intérieures et du respect de notre souveraineté. La décision de mon parti et de mon gouvernement ne met nullement en cause cette volonté. Elle est l’expression de notre conviction qu’à moins d’abandon volontaire de souveraineté de la part d’un Etat jeune ou d’accords particuliers dans le domaine de la défense, les troupes de l’ex-puissance coloniale ne peuvent stationner sur le territoire de l’ex-colonie aux côtés des troupes du jeune Etat.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">D’autre part, le peuple du Mali, l’Union soudanaise RDA et le gouvernement de mon pays ont toujours affirmé leur option en faveur de la politique de non-alignement sur l’un ou l’autre des deux blocs. Cette attitude est en contradiction avec la présence, sur son territoire, des troupes d’une puissance étrangère et à laquelle ne le lie aucun accord et qui, d’autre part, est engagée dans le pacte militaire d’un bloc.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je prie vos Excellences d’informer vos gouvernements respectifs et d’attirer leur attention sur notre ferme décision de l’évacuation rapide des troupes stationnées en République du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je vous remercie »<o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Évènements du 26 mars 1991 : Ce que le général Moussa Traoré a dit aux enquêteurs (suite 1)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/evenements-du-26-mars-1991-ce-que-le-general-moussa-traore-a-dit-aux-enqueteurs-suite-1-3113057.html</link>
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<description><![CDATA[ Le 26 mars 1991, le nouvel homme fort du Mali, le lieutenant-colonel Amadou Touré dit ATT, affirme sur une chaine étrangère qu&#039;en ce jour le président Moussa Traoré est face à ses responsabilités, d&#039;abord en tant que homme, ensuite en tant que officier et surtout en tant que chef d&#039;Etat. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 17 Jan 2026 02:06:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A la question de savoir s'il pense que l'ancien président a ordonné de tirer sur la foule, ATT dit ceci "même s'il n'a pas donné l'ordre de tirer sur la foule, il a laissé tirer sur la foule depuis janvier jusqu'en mars<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>1991". C'est de ces actes que Moussa Traoré a répondu devant un tribunal. Nous publions la suite de son instruction judiciaire en amont du procès crimes de sang.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">uestion : Ne pensez-vous pas justement que votre amour, votre passion pour le parti UDPM<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>vous a fait mettre en mélange sur un pied d'égalité la Constitution et les textes ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Réponse de Moussa Traoré : Ce n'est ni par amour, ni par passion du parti. C'est plutôt par loyalisme<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>et par honnêteté intellectuelle que j'ai appliqué tous les textes du pays. Certains de ceux qui ont rédigé la présente Constitution vivent encore (civils et militaires) bien que les statuts étaient modifiés toujours en congrès. Le secrétaire général du parti n'est nullement responsable de la concordance des statuts du parti et de la Constitution.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au-delà de ce qui a été prêté au président de la République par les médias à propos de modification de la Constitution, les organes d'information et de renseignements de l'Etat ou du gouvernement ont sollicité votre prise de position en faveur des aspirations du peuple à l'instar d'autres chefs d'Etat tel que le président Houphouët Boigny, qu'en fût-il ?<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Entre légitimité et la légalité, il faut être très prudent. Ou ne dire la légitimité que dans la légalité. Dès que la légalité s'efface, tout devient légitime. Il faut se référer à ce que j'ai dit de la Constitution et des statuts du parti. Il faut se référer à ce que j'ai dit de la Constitution et des statuts du parti. Il faut avoir aussi à l'esprit que la Constitution de la Côte d'voire est différente de celle du Mali.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans quel cadre avez-vous placé la réponse de Djibril Diallo à la question de la position du congrès prévu pour le mois de mars 1991, sur le multipartisme notamment quand il a déclaré que c'est au président de la République de se prononcer la-dessus, il a même ajouté de façon fort remarquée "A tout seigneur tout honneur" ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est moi qui ai exigé que les membres du BEC passent à la RTM à l'approche du congrès pour donner des explications aux populations et aux militants. Déjà j'avais demandé d'élaborer toutes les hypothèses afin d'être soumises au congrès : Lois sur les partis politiques, constitutionnellement l'approfondissement de la question du multipartisme. Jusqu'à ce point il n'a dit que la vérité. Toutefois, Djibril Diallo a été interpellé parce qu'il s'est démarqué par rapport à l'histoire en affirmant qu'il a été toujours pour le multipartisme.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tout au long de vos déclarations, il semble que vous ayez tenu de façon constante et inflexible à ce que soit par voie de congrès exclusivement qu'une réponse soit donnée aux réclamations. Vous saviez cependant que l'UDPM et son congrès étaient rejetés, des défections ont été relevées au sein même du parti, comment expliquez-vous tant d'obstination ? <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il n'y avait pas de position figée, ni d'obstination, la Constitution est là, les statuts sont là. Ne peut être président de la République que son secrétaire général. Il faut un minimum d'honnêteté intellectuelle envers soi-même et ses mandants. A ma connaissance, au sein du parti il n'y a pas eu de rejet du congrès. Même ceux qui ont réclamé le multipartisme n'ont pas rejeté le congrès dans les documents qui nous sont parvenus.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans votre rapport, vous avez déclaré textuellement ceci "Dans tous les cas, éviter la poursuite des manifestants et ne pas tirer sur eux". Telles seraient les instructions que vous avez données aux ministres impliqués dans le maintien d'ordre. Cependant, un desdits ministres, le général Mamadou Coulibaly, a fait état de votre intention déclarée le 4 mars 1991, de réprimer avec la dernière rigueur les manifestations à Bamako notamment en faisant usage des moyens feux. Ce serait fait à l'occasion d'une réunion informelle tenue à Koulouba. Le chef d'Etat-major général des armées, le colonel Ousmane Coulibaly, a confirmé les déclarations. Qu'en répondez- vous ? <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je ne me souviens pas avoir rencontré le chef d'Etat-major général sur les manifestations. La première fois, c'était au téléphone quand j'ai appris qu'il y avait des morts, je lui ai demandé si son ministre était au courant. Il me dit non et je lui ai dit que je préviendrai son ministre pour qu'il prenne la direction de l'Etat-major opérationnel. Quand le ministre est rentré, je lui ai dit de nommer le chef d'Etat-major général chef d'Etat-major opérationnel. Il a répondu qu'il l'est déjà. Et le ministre a pris l'exemple des événements du Nord où le chef d'Etat-major général est le coordinateur des actions.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La troisième fois, c'était dans la nuit du 25 au 26 mars 1991, quand j'ai convoqué les ministres et leurs collaborateurs impliqués. Je n'ai pas parlé de l'usage de feu contre les manifestants. J'ai sûrement dit au général Mamadou Coulibaly, ministre de la Défense, que j'agirais avec la dernière rigueur si les manifestations continuaient. Il aurait dû se rappeler qu'à chaque rencontre j'insistais sur la défense des points stratégiques et de ne jamais pourchasser les manifestants.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comment se ferait-il alors que j'aurais dit de tirer sur les manifestants. Si le général Mamadou Coulibaly a dit que j'ai tenu des propos relatifs à l'usage des moyens feux en présence des lieutenants-colonels Oumar Diallo, Bakary Coulibaly et des commandants Harouna Traoré et Anatole Sangaré, cela n'est pas exact. La seule fois où j'ai reçu le commandant Anatole en présence des autres, c'était le 22 janvier. En un mot, je réfute ces allégations<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>En dépit des nombreux cas de morts qui vous ont été signalés, de la marche des femmes, de la dernière prise de position de l'UNTM, vous vous êtes contenté d'insister sur la tenue du congrès, la fin de votre mandat au mois de juillet 1991 et vous avez finalement refusé de démissionner quoique vos plus proches collaborateurs aient joint leurs voix à celles de l'UNTM notamment le lundi 25 mars 1991, n'avez-vous pas en cela nié votre serment de 1968 renouvelé en 1978 ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Non, je ne crois pas. Je ne reprendrai pas le film des événements parce que je l'ai fait déjà. Mais j'insisterai sur le dialogue que j'ai ouvert avec le Comité de coordination que personne ne m'a obligé à le faire. Au moment où le coup d'Etat a eu lieu, j'étais en train de donner des directives aux membres de la commission de médiation qui devait rencontrer le comité de coordination. J'ai considéré que ma perception des choses ne me permettait pas de démissionner face à de telle injonction.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les généraux Mamadou Coulibaly, Sékou Ly, ainsi que le colonel Ousmane Coulibaly respectivement ministre de la Défense nationale, ministre de l'Intérieur et du Développement à la base et chef d'Etat-major général des armées et coordinateur des opérations de maintien d'ordre ont déclaré chacun pour sa part n'avoir jamais donné l'ordre de tirer les 22, 23 et 24 mars 1991. Pourtant, durant toutes ces journées, il y a eu des tirs à tuer à la suite de dotations des hommes en munitions réelles, grenades offensives. Cela n'est-il pas en contradiction avec les instructions que vous déclarez avoir données lors de votre visite à l'Etat-major opération dans la nuit du 23 au 24 mars 1991 ? Qu'en dites-vous ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si au cours de cette visite j'ai prononcé un seul mot de consigne de feu, les responsables auraient signalé. Les consignes que j'ai données se résument en la situation, la mission, la répartition des missions. Voila les points sur lesquels j'ai insisté. Il ne revient pas à un président de parler de consigne de feu, si consigne de feu y a, elle ne peut être donnée que par l'Etat-major opérationnel.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans l'hypothèse où vous auriez simplement dit de ne pas tirer mais d'assurer la défense statique des points stratégiques, le terme défense ayant une signification déterminée en matière de combat, dans votre optique comment devait s'exprimer la réplique en cas d'attaque des objectifs défendus ? <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il n'y aura pas de guerre de mots entre défense et protection, je disais tantôt que les autorités administratives pouvaient requérir ces forces et que les responsables militaires devaient être prêts à se mettre à la disposition des requérants. Mes collaborateurs l'ont confirmé.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Encore une fois, il ne revient pas au président de la République de définir les modes d'intervention des forces, ni de fixer les consignes de feu. C'est parce que précisément il m'a été signalé que les effectifs étaient insuffisants à Bamako que j'ai tenu à donner ces institutions de défense statique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En ce qui concerne le deuxième volet relatif à l'économie et aux finances de l'Etat, les objectifs sont définis par le parti. Le gouvernement élabore un plan de développement économique et social qui est approuvé par l'Assemblée nationale. Ces différents plans ont été exécutés avec plus ou moins de difficultés quand la sécheresse est absente, quand la crise économique ne sévit pas, quand la crise énergétique n'éclate pas.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans ce domaine, j'ai eu à obtenir des dons soit à ma demande, soit sur initiative de certains chefs d'Etat. A ce sujet, après la guerre Mali-Haute Volta en 1975, j'ai envoyé Baba Diarra voir le Roi Faysal d'Arabie saoudite qui lui a remis un chèque de dix millions de dollars. Ce chèque a été encaissé à la BCM à travers Tiéoulé Konaté pour le compte du Trésor public. La même année, le président des Emirats Unis, Cheikh Zayed, m'a fait un don de quatre millions de dollars. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le chèque a transité par la BCM et encaissé par le ministère des Finances pour le compte du Trésor public. En 1978, l'Emir Cheikh Zaber du Koweït m'a fait un don d'un million de dollars, somme transitée par la BCM pour le compte du Trésor public. En 1976, Faysal m'a remis cinq millions de dollars avant son décès pour la construction du barrage de Sélingué, chèque transité par la BCM, encaissé par le ministre du Développement rural, à l'époque Mamady Kéita.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 1978, le président des Emirats arabes unis a fait un don de quatre millions de dollars, transité par la BCM pour le compte du Trésor public. En 1981, l'Emir du Koweït m'a fait un don d'un million de dollars, transité par la BCM pour le compte du Trésor public. En 1985, le Koweït m'a fait un don d'un million de dollars. Les Emirats m'ont fait un don dont j'ignore le montant juste après la deuxième guerre contre le Burkina. Le président Houphouët Boigny m'a fait un don d'un milliard de F CFA, fonds versé au Trésor public.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 1987, le président Houphouët m'a envoyé cinq cent millions de F CFA toujours par le canal de feu Boubacar Diallo, fonds versé au Trésor public. Le président Maaouya de Mauritanie m'a donné entre quatre cent et quatre cent cinquante millions de F CFA versés au Trésor public en espèce par Monsieur Dianka Kaba Diakié alors ministre des Finances.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 1986, le président Chaldi d'Algérie m'a donné un fonds dont je ne me rappelle plus le montant. La démarche a été faite par Djibril Diallo.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les cinq cent millions donnés par Houphouët ont été versés au Trésor par Oumar Diallo, mon aide de camp. Chadli m'a aussi donné dix millions de dollars en ciment lorsque Drissa Kéita était ministre des Finances. Il a chargé la Somiex du transport et de la vente de ce ciment, pour la réfection du palais. Tous ces fonds ont servi à effectuer les dépenses courantes. Une fois que ces fonds tombent, je dis de les remettre au ministre des Finances et je ne m'en occupe plus. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'énumération de ces dons de fonds concerne des opérations d'individu à individu. Sur le plan d'Etat à Etat, il y a eu des conventions d'aide entre gouvernement dans lesquelles je ne me suis pas impliqué. Je n'ai jamais eu à utiliser pour des fins personnelles le moindre des fonds dont je viens de vous parler.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans le cadre de nos relations personnelles, le président Houphouët assiste ma famille. Les formes d'assistance de la part de Houphouët sont diverses et ne se limitent pas à ma famille. En 1970 par exemple, à l'occasion du Sommet constitutif de la Cédéao à Bamako, Houphouët a fait dont de plus de dix millions de F CFA à ma famille. C'est avec ce fonds que j'ai construit ma villa de l'Hippodrome.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;">                  <strong>         </strong></span><strong>O. Roger Sissoko</strong><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Faure Gnassingbe, président du Togo :  &amp;quot;Le monde ne peut plus être gouverné sans l&amp;apos;Afrique&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/faure-gnassingbe-president-du-togo-le-monde-ne-peut-plus-etre-gouverne-sans-lafrique-3112119.html</link>
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<description><![CDATA[ Prenant la parole au 9ᵉ Congrès panafricain organisé à Lomé les 8 et 9 décembre 2025, le Président togolais Faure Gnassingbé, président du Togo a souligné que le renouveau du panafricanisme constitue une nécessité stratégique, dans un contexte où le monde évolue, où l’ordre international se redessine et où de nouveaux pôles d’influence voient le jour. ]]></description>
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<pubDate>Sun, 14 Dec 2025 01:18:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour le Président Faure Gnassingbé, la période de profonde transformation que traverse le monde révèle une vérité incontournable : aucune nation africaine ne peut affronter seule l’immensité des défis actuels.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Qu’il s’agisse de l’injustice climatique, des crises sanitaires, des écarts technologiques ou de la compétition économique mondiale, l’unité est indispensable. Il affirme que le panafricanisme n’est pas qu’un simple concept, mais un impératif stratégique, une voie vers la souveraineté permettant aux Africains de décider collectivement de leur avenir à partir d’une vision commune, réaliste et ambitieuse.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Selon lui, le panafricanisme qu’il appelle de ses vœux n’a rien d’un slogan. C’est un panafricanisme concret, exigeant, ancré dans l’union des peuples, des cultures, des économies et des savoirs du continent. Un panafricanisme capable d’agir dans un monde qui, selon lui, n’attendra pas l’Afrique. À ses yeux, ce congrès doit rappeler une évidence : l’Afrique ne peut plus rester spectatrice. Divisée, elle demeure vulnérable ; unie, elle devient une force.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Président du Togo a souligné que la réforme du multilatéralisme est désormais indispensable. Selon lui, le monde ne peut plus être dirigé sans l’Afrique. Le système international actuel, élaboré à une époque où nos nations étaient encore sous domination coloniale et où nos peuples étaient exclus des décisions, ne correspond plus aux réalités d’aujourd’hui. Il est incompréhensible qu’un continent de 1,4 milliard d’habitants, représentant 28 % des États membres de l’Onu et bientôt un quart de l’humanité, ne dispose toujours pas d’un siège permanent au Conseil de sécurité. Ce n’est pas seulement une anomalie, c’est une véritable aberration. L’Afrique ne peut rester à l’écart des décisions qui façonnent la paix, la finance ou le commerce mondial.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il a également insisté sur le fait que notre principal levier réside dans la mobilisation de nos propres ressources. Le développement du continent ne viendra pas de solutions importées, mais de nos richesses naturelles, de la créativité de notre jeunesse, de nos entreprises, de notre diaspora, de nos savoirs et de nos cultures. C’est cela, la souveraineté moderne : financer nous-mêmes nos priorités, transformer localement nos matières premières, moderniser nos systèmes alimentaires et sanitaires, et surtout investir massivement dans notre capital humain. La mise en valeur de nos connaissances endogènes, de nos traditions intellectuelles et de nos savoirs médicinaux doit irriguer tout notre système éducatif.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Une Afrique forte est une Afrique qui a confiance en son savoir, en ses capacités et en son identité. Avec une jeunesse parmi les plus dynamiques au monde, des terres vastes et fertiles, ainsi qu’une diaspora influente, nous avons les atouts nécessaires pour convertir ces potentiels en véritable puissance.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Ibrahima Ndiaye</strong> <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le mandarin : Le solide socle linguistique du développement exponentiel de la Chine</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-mandarin-le-solide-socle-linguistique-du-developpement-exponentiel-de-la-chine-3112041.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans l’une de nos récentes parutions (Le Matin N°655 du jeudi 20 novembre 2025), l’un de nos collaborateurs extérieurs a consacré un mini-dossier au modèle politique de la Chine. ]]></description>
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<pubDate>Thu, 11 Dec 2025 08:29:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un modèle auquel on peut se référer pour améliorer la gouvernance politique de nos États, notamment l’accès au pouvoir et aux responsabilités. Mais, au-delà des atouts de ce modèle politique, les progrès fascinants de la Chine reposent aussi sur un tremplin solide : la langue ! Le Mandarin s’est ainsi imposé dans un univers dialectique qui aurait pu être un handicap. Langue officielle de la République populaire de Chine, utilisée dans l'administration et l'éducation sur tout le territoire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les peuples forts n'ont jamais tourné le dos à leur culture et à leurs traditions ! Tout comme il est évident qu'aucun peuple ne peut s’épanouir et atteindre le niveau de développement espéré en étudiant et en se formant dans la langue d’autrui. C’est ce que la République populaire de Chine a compris. Oui, elle a compris que la langue est cruciale pour le développement économique car elle facilite les transactions commerciales et l'accès aux marchés internationaux, améliore la compétitivité des entreprises en favorisant l'innovation et la productivité, et renforce le capital humain par l'éducation et l'accès à l'information.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En plus du fait qu’une communication efficace est indispensable pour les négociations, les collaborations et l'intégration au sein des entreprises multiculturelles, il est aussi indéniable que les programmes d'alphabétisation et l'enseignement des langues maternelles peuvent directement améliorer la qualité de vie et les revenus des populations. Langue officielle et outil d'unification nationale facilitant la communication et l'administration à travers le pays, le mandarin est crucial pour le développement de la Chine. Il est aussi un vecteur essentiel du développement économique, ouvrant des opportunités d'affaires et renforçant sa position sur la scène internationale grâce à son statut de langue de l'innovation et de la diplomatie. De plus, cette langue est un pont vers la culture chinoise et favorise les échanges interculturels. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il a été promu comme langue commune à travers le pays pour surmonter la complexité des dialectes et des variations régionales, facilitant ainsi la communication et la cohésion sociale et nationale. Face à l'essor économique de la Chine, la maîtrise du mandarin est devenue un avantage concurrentiel majeur dans le monde des affaires, permettant de négocier, de former des partenariats et de comprendre les marchés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C’est aussi une langue de plus en plus importante dans la diplomatie mondiale parce que la Chine est un acteur majeur dans des organisations internationales telles que l'ONU. Savoir parler le mandarin ouvre indéniablement des portes sur le marché de l'emploi, notamment dans les entreprises ayant des liens avec la Chine, que ce soit dans le commerce, la finance ou d'autres secteurs. Sans compter qu’apprendre le mandarin permet de mieux comprendre l'histoire, la philosophie et les arts chinois, offrant un aperçu plus profond de cette civilisation millénaire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un outil d’innovation donnant accès à des opportunités exceptionnelles<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le mandarin est vu comme un véhicule de l'innovation, ouvrant l'accès à un monde de connaissances et permettant de saisir des opportunités dans des secteurs de pointe comme les technologies. Sa maîtrise favorise les échanges et la compréhension mutuelle avec les communautés chinoises du monde entier et renforce le dialogue international. « La langue chinoise a été un pilier fondamental dans l'unification, l'éducation, l'économie, la culture et l'internationalisation de la Chine, contribuant ainsi à son développement global », a défendu Nanamoudou Djata Keïta, un universitaire malien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’une des premières réformes menées par le Parti communiste chinois (PCC) après son arrivée au pouvoir était le « plan linguistique de la Nouvelle Chine ». Celui-ci était fondé sur trois mesures : la désignation du mandarin en tant que langue officielle et sa promotion à travers le pays, la simplification des caractères et la mise en place du système du Pinyin (écriture phonétique latinisée).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au cours des dernières décennies, la Chine s’est imposée comme un acteur majeur sur la scène mondiale, avec son économie en plein essor, ses technologies de pointe et son influence croissante sur la politique internationale. Au cœur de cette ascension fulgurante se trouve la langue chinoise, le mandarin, qui est rapidement devenue un outil essentiel pour naviguer dans les complexités de notre monde interconnecté. Ce qui fait que apprendre le mandarin n’est plus seulement un passe-temps intéressant ou une quête intellectuelle ; c’est devenu un moyen puissant de jeter des ponts entre les cultures, de favoriser la coopération et de débloquer des opportunités à l’échelle mondiale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">À mesure que l’influence économique de l’Empire du milieu s’accroît, la demande de professionnels maîtrisant le mandarin augmente dans des secteurs tels que la finance, la santé, l’éducation et le divertissement. Les entreprises du monde entier recherchent des employés capables de communiquer efficacement avec les clients, les fournisseurs et les partenaires chinois, ce qui fait des locuteurs du mandarin des personnes très recherchées sur le marché du travail.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Moussa Bolly<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Évènements du 26 mars 1991 :  Ce que le général Moussa Traoré a dit aux enquêteurs après sa chute</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/evenements-du-26-mars-1991-ce-que-le-general-moussa-traore-a-dit-aux-enqueteurs-apres-sa-chute-3111621.html</link>
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<description><![CDATA[ Le bain de sang qu&#039;a connu notre pays en mars 1991, l&#039;obstination du président Moussa Traoré à se maintenir au pouvoir par tous les moyens conduisent à la chute de son régime. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 29 Nov 2025 06:45:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Conseil de réconciliation nationale sous la houlette du lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré (ATT) opère un coup d'Etat historique pour arrêter le massacre des manifestants. Les doyens Djibril M'Bodge et Sidiki Konaté de l'ORTM chargés de la première interview du nouvel homme fort du Mali ont pris les nouvelles de<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>l'ancien président Moussa Traoré.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Et ATT de répondre : "L'ancien président vit, sa femme également, ses compagnons et ses collaborateurs les plus proches également. Le peuple malien décidera de leur sort". C'est-à-dire qu'ils répondront de leurs actés liés à la gestion du pouvoir, notamment les événements malheureux du 26 mars 1991. C'est à ce tire qu'ils furent jugés par un tribunal d'exception dirigé par feu Mallé Diakité, à l'époque conseiller à la Cour suprême.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>A partir de ce numéro, nous reviendrons sur l'instruction judiciaire de l'ancien président Moussa Traoré et de l'ex-chef d'Etat-major du PC opérationnel feu Bakary Coulibaly.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Pour des raisons déontologiques, nous taisons les noms des officiers de gendarmerie et de police qui<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>ont procédé à l'audition du général Moussa Traoré sur les événements du 26 mars 1991. Faudrait-il rappeler qu'il l'intéressé était accusé de détournement de fonds de l'Etat, de complicité d'assassinat,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>enrichissement illicite, complicité de coups et blessures ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">la première question portant sur son identité et ce qu'il sait desdits événements, l'ancien président dit ceci : <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Moussa Traoré :"Je me nomme Moussa Traoré, né le 25 septembre 1936 à Sébétou, cercle de Kayes, des feus Kaba et Founè Traoré. Je suis général d'armée d'infanterie, marié et père de six enfants.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En ce qui concerne les événements pour lesquels je suis interpellé, il faut les situer dans leur contexte. Le 21 janvier 1991, lorsque les manifestants sont sortis, j'étais souffrant. C'est dans l'après-midi, après avoir pris mes médicaments, que je suis sorti et j'ai entendu des coups de feu. Donc, j'ai attendu le lendemain pour sortir : le mardi j'ai convoqué mes collaborateurs impliqués : ministre de l'Intérieur, ministre de la Défense nationale, le directeur général de la Sécurité d'Etat, le directeur de la sûreté nationale, le chef d'Etat-major de la gendarmerie.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>J'ai ordonné de mettre fin à ces manifestations en prenant toutes les dispositions nécessaires, et de prendre contact avec le secrétariat permanent du BEC pour définir une stratégie afin d'informer et de sensibiliser les populations et les militants. Je ne vois pas, si ce n'est pas au Mali, un président s'occuper à gérer ce problème alors que les attributions des ministres sont clairement définis par un règlement. Que serait-il passé si le président n'était pas un militaire ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La deuxième étape serait les manifestations du 22 et 23 mars. La rumeur a circulé que les élèves et étudiants disent qu'ils vont faire la casse. J'ai convoqué les ministres (Défense et Intérieur) le jeudi 21 mars au soir pour leur donner cette information. Ils m'ont dit qu'ils sont au courant. J'ai dit d'éviter de pourchasser les manifestants et d'occuper tous les points stratégiques afin de ne pas disperser les efforts. Je pense que les choses étaient claires.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quand j'ai appris le samedi 23 mars dans la journée qu'il y a eu des morts et des blessés, le soir je me suis rendu au Poste commandement opérationnel, le chef d'Etat-major opérationnel m'a rendu compte de la situation. Cela aussi ressort dans mon rapport. Le chef d'Etat-major opérationnel a notamment fait ressortir dans son exposé que les cas de morts sont imputables à l'hystérie des manifestants qui avaient décidé d'attaquer les commissariats notamment.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">S'il y'a des responsabilités à situer, ce n'est vraiment pas à mon niveau aujourd'hui. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En votre qualité de chef suprême des Armées répondant aussi bien du ministre de la Défense que celui de l'Intérieur, estimez-vous vraiment que les conséquences de leur acte, si tel est le cas, ne vous impliquent pas ? Etant entendu qu'ils ont été nommés par vous en dépit de la carence, qui vous a obligé par la suite à vous investir par des instructions et des recommandations répétées ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En tant que chef suprême des Armées, je dois autoriser l'engagement des Forces armées dans une situation de crise donnée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le ministre de l'Intérieur et les autorités administratives en cas de crise peuvent requérir ces forces. L'autorisation a été donnée au ministre de la Défense d'informer les autorités militaires à ce qu'elles tiennent prêtes les troupes en cas de réquisition. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les attributions des ministres étant définies par décret, le ministre qui n'est pas d'accord avec la politique du gouvernement doit se démettre sinon assumer ses responsabilités jusqu'au bout. Je dois souligner que ma propre philosophie est qu'un responsable est avant tout un éducateur et un conseiller. C'est à ce titre que je suis intervenu personnellement pour éviter la dégradation de la situation. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les ministres impliqués dans la gestion des faits, étant des militaires sous vos ordres, ne pouvaient-ils pas penser qu'ils étaient soumis à votre autorité ? <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est aux ministres impliqués de répondre à cette question. J'ai été clair à chaque époque,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>qu'il s'agisse de janvier ou de mars 1991.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cependant le dernier remaniement ministériel opéré au sein du gouvernement notamment au niveau de l'Intérieur et de la Justice après celui de la Défense nationale a laissé présager de votre part un durcissement de position dans la gestion de la crise. Qu'en dites-vous ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au niveau de l'Intérieur, le ministre ne pouvait demeurer en place après la situation dans le Nord du pays.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Le ministre de la Justice ne pouvait pas rester non plus compte tenu de la gestion du ministère.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Cela n'a rien à voir avec le durcissement de ma position et des événements qui se déroulaient dans tout le pays. Si durcissement, cela allait être un remaniement de fonds en comble. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La situation qui s'est produite au nord du pays était prévisible par le ministre ou le ministère pour prévenir à temps. Cette situation est suffisamment dangereuse pour maintenir un ministre en place. La gestion du ministère e la Justice était devenue difficile par le manque de volonté du ministre pour réaliser les réformes engagées par le président et le gouvernement. En décembre 1989, il y avait quarante deux objectifs à atteindre et à repartir entre les ministères et d'autres instructions écrites adressées au ministre de la Justice.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A propos du ministère de l'Intérieur, quel fut donc le but visé par le rattachement de la police à l'Intérieur ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est un vieux projet et tous mes collaborateurs étaient d'accord sur ça. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A quoi attribuer vous les causes des événements douloureux qu'à vécus le pays de janvier à mars 1991 ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les 21 et 22 mars 1991, les casses qui ont eu lieu relèvent des actes de vandalisme.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Aucune revendication des élèves et étudiants n'était parvenue ni au ministère de l'Education ni au gouvernement. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'ai convoqué le ministre de l'Education nationale, (paix à son âme) Bakary Traoré le 23 janvier et je lui ai demandé ce qui se passe ? Il m'a répondu que les élèves et étudiants ne lui ont soumis ni doléances, ni revendication. Par les moyens officiels et non officiels, j'ai cherché à comprendre les revendications. J'ai su que ce n'était pas des revendications scolaires et estudiantines, mais politiques. Par ces canaux que les élèves et étudiants s'expliquent afin qu'on trouve des solutions, j'ai mis certains responsables des écoles sur la question, il y a eu des contradictions.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les élèves et étudiants se sont vus coincés surtout au niveau de l'Ecole de médecine. J'ai demandé aux élèves et étudiants qu'ils fassent par écrit leurs revendications. Des réponses seront données. C'est là que j'ai convoqué le ministre de l'Education une seconde fois pour un entretien sur les problèmes scolaires et universitaires.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Nous avons convenu qu'il doit examiner toutes les doléances et leur donner des solutions.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Celles qui dépassent ses compétences et ses moyens doivent être soumises au gouvernement. Ainsi le ministre a reçu leurs revendications par écrit, il a répondu par écrit. C'est là que les élèves et étudiants ont fait circuler la rumeur que le ministre refuse de les recevoir alors qu'ils n'ont pas demandé à être reçus. En définitive, lorsque le ministre a reçu leur demande d'audience, il les a reçus sur mes instructions en même temps que les représentants des associations d'élèves et étudiants. Les déclarations des représentants en font foi, tous étaient satisfaits et les problèmes avaient leur solution.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pendant ce temps, l'UNTM, qui était partie en grève pour 48 h, était en négociations avec le gouvernement par l'intermédiaire d'une commission dont les membres ont été choisis d'accord parties. Tout semblait se dérouler dans un cadre juridique satisfaisant, lorsque brusquement les casses, les incidents des 22, 23, et 24 mars ont eu lieu sans que ces accords signés au niveau de l'Education nationale aient été dénoncés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'UNTM ayant annoncé une seconde grève sans se retirer des négociations et sans faire d'autres déclarations politiques en dehors de la résolution de mai 1990 du conseil central. Ce n'est que le dimanche 24 mars 1991, qu'ayant convoqué les responsables du comité de coordination des organisations et associations politiques pour leur poser la question sur ce qu'elles veulent après un long commentaire. C'est après tout ce que je viens de dire que l'avocat Idrissa Traoré sur injonction du secrétaire général de l'UNTM, m'a remis comme réponse une résolution (la fausse résolution n°1) réclamant ma démission. Ce à quoi j'ai répondu que je ne démissionnerai pas.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mes collaborateurs du cabinet, du gouvernement et du BEC présents ont constitué avec ce comité une commission de conciliation. En dehors du dimanche 24 mars 1991 aucune revendication quelle qu'elle soit n'est parvenue au gouvernement, ni des associations ni de leur comité de coordination. En réalité, les manifestations ont eu lieu sous l'instigation des associations appuyées par les organisations non gouvernementales françaises et par certains responsables politiques français. Je précise et confirme qu'aucun document officiel n'est parvenu au gouvernement en dehors de la résolution n°1 pour faire une réclamation d'ordre politique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cependant vous avez intervenu vous même dans une allocution télévisée adressée à la nation, en précisant qu'il appartiendra au congrès de mars de se pencher sur le multipartisme et autres voies de démocratisation réclamées.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Cela ne signifie-t-il pas que vous étiez imprégné des aspirations des manifestants ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je dois rappeler que lors du 11e anniversaire du parti, il a été décidé de discuter ou de débattre de l'exercice de la démocratie au sein du parti au niveau des conférences nationales et régionales, le multipartisme a été évoqué dans certaines régions, notamment Bamako.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Au regard des comptes rendus, le BEC a décidé que tous ces débats doivent se faire au niveau des sections jusqu'à la base et que rapports soient faits par les sections avant juillet 1990 afin qu'une session extraordinaire du conseil national puisse l'examiner. Une seule section, Ségou avait réclamé le multipartisme avec des contradictions. D'autres sections tout en optant pour le parti unique estimaient qu'il ne faut pas craindre le multipartisme. C'est là que la résolution du conseil national a demandé au BEC d'approfondir la réflexion sur le multipartisme et de faire rapport pour le congrès prochain, voilà ce qui m'a amené à dire dans mon discours ce que j'ai dit. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'ai dit à Gao qu'il est tout à fait normal que la jeunesse s'exprime et que la rue n'est pas appropriée pour faire des réclamations quelles qu'elles soient. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A supposer que ce soit tout le peuple qui ait demandé le multipartisme, la procédure a été tracées dès août 1990. La position du pouvoir n'était pas figée d'abord depuis août 1990, les sections ont examiné jusqu'à la base le multipartisme et ces rapports étaient en exploitation au BEC quand les manifestations se sont accentuées. Je dois souligner que la Constitution dit que la révision constitutionnelle revient au président de la République<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>et à l'Assemblée nationale.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>D'autre part, il est dit par les statuts du parti que l'option et le statut ne peuvent être modifiés que par un congrès. Donc le secrétariat général ne peut rien dans ces conditions dès que ça touche l'option et les statuts. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A suivre<span style="mso-spacerun: yes;">      </span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;">           </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">O. Roger Sissoko<o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Hamed Sow rend hommage à l&amp;apos;ancien président de la République  (2002&#45;2012) : ATT fut un Grand Homme d&amp;apos;Etat qui se caractérisait avant tout par son humilité.</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/dr-hamed-sow-rend-hommage-a-lancien-president-de-la-republique-2002-2012-att-fut-un-grand-homme-detat-qui-se-caracterisait-avant-tout-par-son-humilite-3111390.html</link>
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<description><![CDATA[ Humble dans son rapport au pouvoir. 
Humble dans son rapport aux autres. 
Humble jusque dans sa manière de servir et de se retirer ]]></description>
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<pubDate>Sat, 22 Nov 2025 01:58:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Après le décès du Président Amadou Toumani Touré, le 10 novembre 2020, le plus bel hommage que j'ai lu ne venait pas d'un allié, mais de l'un de ses pires adversaires politiques : le docteur Oumar Mariko. L'"enfant terrible" de la politique malienne écrivait, en substance :<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>"ATT, l'homme qui ne pouvait pas détester, même ses pires ennemis."</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mariko racontait cette visite à Dakar, durant l'exil du président, au cours de laquelle il lui avait dit, en face : "Koro, je fais partie de ceux qui ont contribué à votre chute."<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et ATT de lui répondre simplement : "Dogo, je le sais, mais malgré tout, tu restes un jeune frère."<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette phrase, venue d'un homme blessé mais sans haine, en dit plus sur la nature profonde du président que bien des discours officiels.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Le ciment d'une sincère amitié</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je ne faisais pas partie du premier cercle des proches du Président Amadou Toumani Touré, ni un compagnon de la première heure. Et pourtant, comme d'autres dirigeants maliens, il a profondément marqué ma trajectoire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">À l'occasion du cinquième anniversaire de sa disparition, je ressens le besoin de lui rendre cet hommage : celui d'un témoin que l'illustre disparu a gratifié d'une sincère amitié. ATT savait que je n'étais pas un courtisan, que j'avais accepté de le rejoindre en renonçant à gagner dix fois moins que ce que je gagnais en Belgique à l'époque, mais que je partageais avec lui un objectif commun : servir notre pays.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tout commence à l'approche de l'élection présidentielle de 2002. J'étais frappé par le nombre de mes amis sérieux, exigeants, souvent très critiques en politique, qui se disaient prêts à le soutenir sans hésitation. Je me posais alors une question simple : Qu'a donc cet homme de si particulier pour que tant de personnalités, aux parcours si différents, convergent vers lui ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour y répondre, il faut revenir à un moment fondateur de notre histoire récente. En 1991, le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré met fin à vingt-deux (22) ans de dictature du général Moussa Traoré. En seulement quatorze (14) mois de transition, il organise une Conférence nationale rassemblant toutes les forces vives de la Nation, fait adopter une nouvelle Constitution, supervise des élections législatives et une élection présidentielle pluraliste, sans se présenter lui-même et il remet le pouvoir, au président démocratiquement élu, Alpha Oumar Konaré.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans une région où tant de dirigeants s'accrochent à leur fauteuil, ce geste de retenue a fait de lui une exception. Il aurait pu garder le pouvoir. Il a choisi de passer le flambeau. Dix ans plus tard, après avoir demandé sa retraite de l'armée, ATT se présente à l'élection présidentielle. Il la remporte face à un autre ami, feu Soumaïla Cissé (paix à son âme).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Trois mois après sa prestation de serment, il m'a accordé une audience au palais de Koulouba. ATT avait ce don rare de mettre immédiatement son interlocuteur à l'aise. En sortant de cette entrevue, j'ai eu le sentiment étrange et profond que nous nous connaissions depuis longtemps, comme si cette conversation venait prolonger un dialogue commencé bien avant. J'avais la réponse à ma question sur mes amis qui le suivaient : cet homme savait valoriser les autres. À partir de ce moment, nous avons gardé le contact.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 2005, à l'occasion de ma nomination comme Directeur général du Centre pour le Développement de l'Entreprise (CDE, ACP-UE), le Président ATT a tenu à venir à Bruxelles pour me féliciter personnellement. Ce geste, à la fois profond et chaleureux, disait beaucoup de l'homme : attentif aux trajectoires individuelles, fier de voir des Maliens porter haut le nom du pays dans les institutions internationales, toujours prompt à encourager plutôt qu'à juger.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En décembre 2006, il m'a invité au palais présidentiel pour échanger sur l'avenir du Mali. J'y séjournerai trois semaines. C'est au cours de ce séjour que nous discutons en profondeur de son programme présidentiel pour le second mandat. J'ai eu le privilège d'être l'auteur principal du PDES, le Programme de Développement Économique et Social du Mali, qu'il utilisera comme son projet de société lors de l'élection présidentielle de 2007.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Plus tard, il me fera l'honneur de me nommer Ministre des Mines, de l'Énergie et de l'Eau, puis Conseiller spécial du Président de la République, fonction que j'exercerai jusqu'au coup d'État de 2012. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au-delà des titres et des responsabilités, je garde surtout en mémoire du président un style de travail : l'écoute, la recherche du consensus, le refus de l'humiliation, la volonté constante d'éviter les ruptures inutiles. ATT nous répétait souvent : "Il y a trois virus qui cherchent constamment à infiltrer le corps d'un dirigeant et à le détruire : son propre ego, la flatterie et la perfidie des courtisans et la cécité face au jugement de l'Histoire."<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Le bâtisseur</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il y a de cela dix-neuf ans, ATT entamait son PDES par ce paragraphe, resté figé dans la mémoire de tous ceux qui veulent sincèrement apporter leur contribution à l'édification du Mali : "Dans leur histoire (des Nations), il y a des moments où un déclic s'est produit, où le temps s'est accéléré, leur permettant d'enclencher le cercle vertueux du développement. <o:p></o:p></span></p>
<p><img src="https://www.maliweb.net/uploads/images/202511/image_870x_69204206a3089.jpg" alt=""></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ces accélérations de l'histoire des nations se sont souvent produites à des moments précis : celui de leur rencontre avec un ou plusieurs de leurs fils qui leur offraient une vision claire de l'avenir et des actions à mettre en œuvre pour l'atteindre.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le temps est venu pour notre pays de forcer son destin, d'obtenir la paix définitive afin d'entamer son décollage socio-économique. Il ne s'agit pas de formuler un vœu pieux, mais de proposer aux hommes et aux femmes qui veulent bâtir notre pays une démarche cohérente et réaliste, soutenue par des moyens clairement identifiés."<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">ATT n'était pas seulement un visionnaire. C'était aussi le bâtisseur d'un pays qui se transformait sous nos yeux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sous sa présidence, le Mali s'est couvert de routes comme autant de veines reliant le cœur aux extrémités. Le réseau de routes bitumées s'est allongé de plus de mille cinq cents kilomètres : des rubans d'asphalte reliant villes principales et secondaires, champs et marchés, familles et espoirs. Là où la poussière et l'isolement régnaient, le bitume a apporté la circulation, le commerce, l'école moins lointaine, l'hôpital plus proche. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il y a aussi ces ponts qui racontent mieux que les discours sur la marche du pays.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le pont de Gao, jeté sur le Niger comme une poignée de main entre le Sud et le Nord. Le troisième pont de Bamako, l'"amitié sino-malienne" écrite dans le béton, pour désengorger la capitale et faciliter le ralliement des quartiers séparés par le Djoliba. <o:p></o:p></span><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>ATT savait qu'un pont n'est pas seulement un ouvrage d'ingénieur : c'est un symbole de confiance entre des rives qui, jusque-là, se regardaient de loin</strong>.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les maisons, elles aussi, ont poussé. On les appelle encore "ATTbougou". Près de dix mille logements sociaux ont été construits et attribués à des familles modestes, et plusieurs milliers étaient encore en chantier lorsque les armes ont interrompu l'histoire. Ce ne sont pas que des chiffres : ce sont des loyers qui baissent, des familles qui quittent les cours surpeuplées, des enfants qui grandissent avec une chambre à eux, une porte à fermer le soir, un toit à ne plus craindre durant l'hivernage.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour aider les paysans à traverser les saisons difficiles, des centaines de banques de céréales ont été créées ou reconstituées à travers le pays. Dans beaucoup de communes rurales, un grenier s'est dressé comme un rempart silencieux contre la soudure des saisons. Là encore, il ne s'agissait pas de charité mais de dignité : donner aux producteurs une marge de manœuvre, éviter qu'ils bradent leur récolte au plus bas prix, protéger les familles contre la faim lorsque les pluies se font avares.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans les villages, des forages et des systèmes d'hydraulique villageoise ont rapproché l'eau potable des femmes, des troupeaux et des jardins. Des aires de regroupement ont été aménagées sur les chemins de transhumance pour éviter les conflits entre éleveurs et agriculteurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans les villes, des écoles, des lycées, des universités nouvelles ont élargi l'horizon de milliers de jeunes. À Bamako et en régions, des hôpitaux modernes, dont l'Hôpital du Mali, ont ouvert leurs portes, pour que le mot "urgence" ne rime plus systématiquement avec "évacuation".<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et l'électricité ? Elle est au développement ce que le sang est à l'organisme. À l'époque, dans la décennie 2000-2010, le solaire n'était pas bon marché. Nos désavantages géoclimatiques ne permettaient pas non plus d'utiliser à suffisance les sources hydroélectriques. Alors nous sommes allés chercher l'électricité chez nos voisins. C'est le sens des réseaux interconnectés. Le commerce ne gifle pas la souveraineté, sauf pour les esprits primaires. Toutes les régions africaines ont ou envisagent d'avoir des réseaux interconnectés (WAPP, SAPP, EAPP et CAPP). Malgré la guerre en Ukraine, EDF et ORANO (France) ont importé 65 tonnes d'uranium enrichi de ROSATOM (Russie) entre avril 2024 et mars 2025. Autre exemple, en 2024, les États-Unis ont importé de l'ordre de 33 TWh du Canada. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'important est de trouver du courant vital pour les entreprises et les populations. Dans cette logique, pour ATT, les délestages cumulés dans l'année ne devraient pas dépasser au total plus de dix jours. Il tenait beaucoup à cette directive, qui a été très souvent respectée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Rien n'est parfait. Beaucoup restait à faire et à parfaire. Mais lorsqu'on regarde honnêtement cette décennie ATT, on voit des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux, des logements, des banques de céréales, de l'eau potable qui progresse, lentement mais sûrement. On voit un pays qui, malgré les contraintes, essayait de se tenir debout, jetant les bases concrètes d'une réelle souveraineté.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>L'infatigable homme du dialogue et le soldat de la paix</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">ATT, c'était aussi une certaine idée de la paix. Dieu seul sait combien de centaines d'échanges le président a eus avec les principaux chefs des groupes rebelles. À commencer par Iyad Ag Ghali, qu'il avait convaincu et envoyé comme "conseiller consulaire" à l'Ambassade du Mali en Arabie saoudite, de 2007 à 2010. N'eût été la demande des autorités saoudiennes de le faire quitter leur pays, à cause de ses activités religieuses jugées "suspectes", peut-être que l'histoire du Mali aurait pris un autre cheminement. Et puis, il y a eu l'irresponsabilité incommensurable, le crime de Nicolas Sarkozy, appuyé par certains dirigeants occidentaux, arabes et turcs, contre le fédérateur des tribus libyennes, le créateur de la Libye moderne, le stabilisateur de la région sahélienne : Mouammar Kadhafi. Celui-là même qui avait abandonné la révolution mondiale, banni les attentats, renoncé à l'arme nucléaire pour se faire une place dans le concert des Nations. Il y a eu dans la vie de Kadhafi deux moments, deux personnages : et c'est celui qui "voulait rentrer dans les rangs", le "bon", qu'ils ont assassiné en novembre 2011. La Libye brisée en plusieurs morceaux et le Sahel déstabilisé en paient encore les conséquences.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Après l'explosion de la barrière libyenne, lorsque, début 2012, des hommes surentraînés et suréquipés, anciens membres de la garde nationale du "guide" Kadhafi, se sont dirigés vers le Mali, ATT a envoyé des émissaires pour connaître leurs intentions et explorer les solutions possibles pour leur accueil. Il a vite compris que la guerre était inévitable avec certains d'entre eux. ATT disait que "la meilleure façon de gagner une guerre était de l'éviter". Mais il faut être deux pour faire la paix. Lorsque les belligérants ne laissent d'autre choix que les armes, alors il faut y aller pour de bon. Toutes nos grandes villes (Gao, Tombouctou, Kidal) ont fait face aux hordes bellicistes sans se plier, du temps d'ATT président.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pourtant, au moment de l'explosion des hostilités de 2012, le président ne disposait que de huit cents (800) commandos parachutistes pour notamment assurer sa sécurité. Il a choisi d'en envoyer sept cent vingt (720) sur les théâtres d'opérations, estimant que les hommes de son corps d'origine devaient donner l'exemple.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le jour du coup d'État, ce 21 mars 2012, ce jour fatidique de basculement du Mali vers les profondeurs de l'abîme, jusqu'à présent sans toucher le fond, il n'y avait que quatre-vingts (80) "bérets rouges" à Bamako pour la protection présidentielle. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Bien qu'informé des agitations au camp Soundiata Keïta de Kati, ATT n'avait pas voulu rappeler ses hommes pour se retrancher derrière eux, ni faire intervenir la Gendarmerie ou la Garde nationale. Pour lui, il n'était pas question que des militaires maliens tirent sur d'autres militaires maliens pour prolonger, de quelques semaines, un pouvoir personnel qui touchait de toute façon à sa fin constitutionnelle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">"Servir le Mali" n'était pas pour lui une formule creuse : ce fut, jusqu'au bout, une ligne de conduite.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour ma part, j'ai continué à le voir durant son exil à Dakar, puis à son retour à Bamako. Loin du pouvoir, Amadou Toumani Touré est resté fidèle à lui-même : simple, affable, attentif aux autres, peu enclin aux ressentiments publics, toujours soucieux de l'avenir du Mali plus que de son propre sort. Il a toujours su mettre l'intérêt du Mali au-dessus du sien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour aujourd'hui et pour demain<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd'hui, alors que notre pays traverse l'une des périodes les plus incertaines de son histoire, la figure d'Amadou Toumani Touré ne doit pas seulement nourrir notre mémoire : elle doit éclairer notre horizon. Rendre hommage à ATT, ce n'est pas idéaliser le passé ni nier les erreurs ; c'est reconnaître qu'il est possible de concilier autorité et humilité, courage et retenue, puissance de l'État et respect des citoyens.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est désormais à nous, collectivement, d'assumer cet héritage :<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- en refusant la haine comme mode de gouvernement ;<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- en plaçant l'intérêt général au-dessus des rancœurs personnelles ;<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- en faisant de la paix non pas un slogan, mais une stratégie, un travail quotidien, parfois ingrat, souvent silencieux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Mali a besoin de se souvenir d'ATT, non pas seulement comme d'une page tournée, mais comme d'un repère. Il n'a jamais prétendu être un homme parfait; il a cherché à être un homme utile. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">À l'heure où nous cherchons à éviter l'effondrement, à réinventer notre vivre-ensemble, son exemple nous rappelle que la grandeur d'un dirigeant se mesure à ce qu'il laisse à son peuple, et non à ce qu'il emporte avec lui.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Puisse le Bon Dieu faire que cet appel soit entendu.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Puisse l'œuvre d'ATT continuer d'inspirer les générations présentes et futures du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Que Dieu l'accueille en Sa miséricorde et apaise le cœur de sa famille et de tous ceux qui l'ont aimé. Amine<o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le régime du père de l&amp;apos;indépendance chute le 19 novembre 1968 : Moussa Traoré n&amp;apos;est pas l&amp;apos;auteur du  coup d’Etat contre le président Modibo Kéïta</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-regime-du-pere-de-lindependance-chute-le-19-novembre-1968-moussa-traore-nest-pas-lauteur-du-coup-detat-contre-le-president-modibo-keita-3111388.html</link>
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<description><![CDATA[ Plusieurs chefs d&#039;Etat ayant conduit leurs pays à l&#039;indépendance ont été renversés par des coups d&#039;Etat militaires. En 1965, Ahmed Ben Bella de l&#039;Algérie est demis par son ministre de la Défense, un an après le régime de Kwame Nkrumah du Ghana tombe et, en 1968, le Mali enregistre son premier coup de force. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 22 Nov 2025 01:50:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le président Modibo Kéita est arrêté par le Comité militaire de libération nationale (CMLN). Ces coups d'Etat serviront de leçon au dictateur guinéen Ahmed Sékou Touré. Il en tire tous les enseignements et neutralise un à un tous les officiers, les hommes politiques influents et les intellectuels chevronnés à l'image de Diallo Telli, susceptibles de le contrarier. Jusqu'à sa mort en mars 1984, il demeurera dans ce concept de complot perpétuel pour asseoir son autorité et entretenir son régime. Aujourd'hui, nous revenons sur l'arrestation du père de l'indépendance du Mali, le président Modibo Kéita. Qu'est-ce qui s'est passé ce 19 novembre 1968 ? Les promesses du CMLN ? Ses reproches au régime de l'ex US-RDA ? Pourquoi les militaires n'ont pas respecté leurs promesses de retour dans les casernes ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">l ressort de nos investigations que le lieutenant Moussa Traoré n'est pas l'instigateur du coup d'Etat du 19 novembre 1968. Après la disqualification des hauts gradés, et face au refus du chef d'Etat-major, le colonel Sékou Traoré, de porter le chapeau, le choix s'est porté sur le capitaine Sory Ibrahim Sylla. Lequel aurait tenu des propos non rassurants. Finalement, les putschistes se sont dit que le lieutenant Moussa Traoré a les atouts requis pour prendre la tête du mouvement. L'idée de la destitution du président Modibo Kéita est mûrie par trois jeunes officiers : le capitaine Sory Ibrahim Sylla, les lieutenants Youssouf Traoré et Mamadou Sanogo. Chaque fois qu'ils avaient le temps, ils discutaient de la vie de la nation. A l'époque, le lieutenant Moussa Traoré servait à Kayes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Après les pelotons 1 et 2 à Ségou et Gao, ils décident de passer à l'offensive. Ils touchent des camarades en qui ils ont confiance, dont Moussa Traoré. A cette phase, le risque est grand, d'autant plus que certains, notamment le chef d'Etat-major (CEM), le colonel Sékou Traoré, les lieutenants Ousmane Coulibaly et Alou Traoré ont désapprouvé l'action.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le CEM informe même le ministre de la Défense, et une réunion d'urgence est convoquée à Kati. Le colonel Sékou dénonce l'action des jeunes et leur demande de patienter. Après cette rencontre entre officiers, les conspirateurs comprennent que la menace est réelle et ils donnent des consignes : abattre à domicile tout suspect au-delà de minuit. Le slogan est clair "mieux vaut mourir que de se laisser prendre comme un mouton". Malgré la confirmation d'un coup d'Etat en gestation, le pouvoir, au lieu d'être en état d'alerte maximale, n'entreprend rien pour traquer les auteurs. Il paie cash son laxisme et sa négligence le 19 novembre 1968. Le président Modibo Kéita, au retour d'un voyage à l'intérieur du pays, est arrêté sur la route de Koulikoro.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'arrestation du président <o:p></o:p></span></strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Modibo Kéïta</strong> <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 19 novembre 1968 la ville de Bamako se réveille sous une atmosphère timide. Ses points névralgiques sont occupés par des blindés militaires. Au quartier des miliciens d'habitude ambiant, il règne un silence de cimetière. Au même moment, le président Modibo Kéita est en tournée à l'intérieur du pays. Entre-temps des officiers de l'armée malienne conspirent. Qu'est-ce qui s'est passé ce jour de 19 novembre 1968 ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">De crainte de déformer l'histoire, nous donnons la parole à un des acteurs clés de ce grand événement, le capitaine Soungalo Samaké. A propos de l'arrestation de feu le président Modibo Keïta, il dit ceci dans son livre "Ma vie de soldat" : "Dans la nuit du 17 novembre 1968, les lieutenants Moussa Traoré, Kissima Doukara et Youssouf Traoré sont venus dans l'Ami-6 de Kissima. Ils ont garé le véhicule dans un coin vers le célibaterium, et m'ont demandé si je suis prêt ? J'avais la compagnie para en mains et je m'étais préparé en conséquence. C'est là qu'ils ont fixé le jour et l'heure du commencement des opérations. Moussa me dit : «Soungalo, le président Modibo doit débarquer à Koulikoro à 9 heures, avant qu'il ne mette pied à terre, il faut le prendre. Il n'y a pas d'officier qui va avec moi ? Il y a Tiécoro, partez avec lui'. Baba Diarra aussi a été désigné non comme combattant mais comme éventuel dépanneur des chars qui nous transportaient. Donc j'étais dans la première automitrailleuse, Tiécoro la deuxième et Amadou Baba Diarra dans la troisième. Quand nous avons dépassé Massala, j'ai vu devant nous un nuage de poussière. Je me suis dit que c'était le convoi de Modibo qui arrivait. Il fallait donc qu'on fasse quelque chose. Baba Diarra a demandé qu'on mette les automitrailleuses en travers pour couper la route. J'ai ordonné aux hommes de se coucher à droite dans le bas côté de la route, les armes en joue. Quand la délégation va buter sur les chars, je l'arrêterai. Si on me tue, vous tirez. Mais tant que je ne suis pas mort, ne tirez pas.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si Moussa Traoré dit qu'il a fait un coup d'Etat sans effusion de sang, c'est moi qui me suis sacrifié. J'ai donc arrêté le convoi et donné l'ordre à tous de sortir des véhicules les mains en l'air. Celui qui tenterait le plus petit geste peut risquer sa vie. Quand le président Modibo Kéita est sorti les mains en l'air, Tiécoro est venu se mettre au garde-à-vous pour dire : «Voulez-vous vous mettre à la disposition de l'armée ?» J'ai dit, il n'y a pas de formule de politesse. Prenez-le, embarquez dans l'automitrailleuse. Et puis les soldats sont venus m'aider et nous l'avons embarqué dans l'automitrailleuse. Ouologuem est venu me dire, «S'il vous plait, est-ce que le président ne peut pas continuer dans sa voiture ?» Pas question !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">On a conduit toute la délégation au siège du parti d'où Moussa Traoré nous a donnés l'ordre d'emmener Modibo au champ de tir de Kati. Pendant tout le trajet, Modibo est resté la tête baissée sauf au rond-point de Koulouba où aboutissent la route du Point G et celle de Kati. Là, il a levé la tête, a regardé dans la direction du palais jusqu'à ce que le véhicule accomplisse son virage. Puis il a repris la même posture. Quand on est arrivé au champ de tir, on lui a demandé de se mettre en tenue de milicien. Après Tiécoro Bagayoko lui a posé la question : «les Fily Dabo, Hamadoun et Kassoum ont été jugés par un tribunal populaire. Quelques temps vous les avez graciés. Et après vous les avez tués. Pourquoi ?»<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- Je ne réponds pas à la question. J'ai appris la mort de Fily Dabo, Hamadoun et Kassoum à la radio comme n'importe quel citoyen.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- Moi j'ai dit président, vous n'êtes pas n'importe quel citoyen. Vous avez des détenus que vous avez graciés. Vous apprenez leur mort par voie de radio. Personne ne vous a rendu compte. Quelle a été votre réaction ? Il m'a regardé et dit : «Je ne réponds pas». <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- Vous connaissez quelque chose. Vous apprenez la mort simultanée de gens que vous avez graciés. Il y a un gouverneur de région et d'autres autorités ? Personne ne vous rend compte et vous vous contentez d'avoir appris à la radio. C'est grave".<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Faudrait-il rappeler que le président Moussa Traoré dans une interview accordée à Ibrahim Baba Kaké de RFI en 1988 (dans l'émission Mémoire d'un continent) à la faveur de l'anniversaire des 20 ans de son pouvoir, affirmait que Modibo Kéita a été mis aux arrêts par le sergent Binkè Traoré. Ce qui contredit les premiers rôles joués par Tiécoro et Soungalo Samaké. En son temps, Moussa disait que Binkè est devenu par la suite aveugle et qu'il vit à Koutiala.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ainsi prenait fin le règne du président Modibo Kéita, l'homme qui a conduit le pays à l'indépendance avec ses compagnons d'infortune : Seydou Badian Kouyaté, Drissa Diarra, Madeira Kéita, Mamadou Gologo, Gabou Diawara, Binkoro Coulibaly, Moussa Taty Kéita, Mamadou Diarrah, Jean-Marie Koné, Hamaciré N'Douré, Ibrahim Sall, Oumar Ly, Kanssoro Sogoba (chef de la milice), Mahamane Alassane Haïdara, Attaher Maïga, Dioukamady Sissoko. L'ancien président sera détenu dans différents lieux du pays jusqu'à son décès le 16 mai 1977 à l'âge de 62 ans. Ce qui a choqué l'opinion et surtout ses partisans, c'est le fait que les autorités militaires ont occulté son statut d'ancien président. Le communiqué lu sur Radio Mali disait :<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>"Modibo Kéita, ancien instituteur à la retraite, est décédé des suites d'un œdème aigu des poumons". Ainsi se referma définitivement la vie du père de l'indépendance.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les raisons du coup <o:p></o:p></span></strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>d'Etat de 1968</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il est évident qu'aucun coup d'Etat militaire n'est gratuit. Au-delà des ambitions de ses auteurs, ils avancent dès les premières heures de leur action des arguments solides pour convaincre l'opinion nationale et la communauté internationale. Alors qu'est-ce qui a poussé des officiers maliens à déposer le père de l'indépendance malienne ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le colonel Youssouf Traoré, l'un des conspirateurs et membre influent du Comité militaire de libération nationale, disait ceci lors de son passage dans la rubrique "Que sont-ils devenus ?" :<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>"Le régime de Modibo Kéita a eu la maladresse de commettre certaines erreurs qui l'ont décrédibilisé. Primo, la création d'une milice sous l'autorité de Koulouba fut plutôt un catalyseur du développement des contradictions sociales. Secundo, le coup d'Etat civil contre les institutions et le parti US-RDA qui a consisté à dissoudre illégalement les organes dirigeants de toutes les sections du parti, remplacés par les comités locaux de défense de la révolution. Au niveau national, le bureau politique de l'US-RDA fut dissout et remplacé sans congrès par un Comité national de défense de la révolution. A l'Assemblée nationale, le bureau fut illégalement dissout et remplacé par une Commission législative présidée Mamadou Diarrah de Koulikoro. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mahamane Haïdara, le président fut destitué. Tertio, l'opération Taxi, conçue et réalisée pour moraliser la vie politico-économique, ne put paradoxalement résister à la cupidité et au banditisme des miliciens. En moins d'un an, tous les véhicules saisis en parfait état de marche (plus d'un millier) appartenant aux cadres politiques et administratifs, furent totalement dépouillés de toutes leurs pièces essentielles démontables (roues, batteries, moteurs, phares) par les miliciens et vendus sur le marché noir. Enfin, les obsèques du franc malien. Proclamé attribut de souveraineté nationale par le président Modibo Kéita pour motiver sa création, la courte histoire du franc malien fut écrite dès le départ par des arrestations, un tribunal populaire illégal, des condamnations arbitraires avant de se terminer dans les dunes de sable au nord par la liquidation physique des opposants par un peloton d'exécution".<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Les promesses tenues du CMLN</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les militaires dans leurs premières déclarations ont promis de retourner dans les casernes au terme d'un délai de six mois. Hélas ! Ils resteront pendant vingt trois ans. Ils se sont rétractés parce que selon le colonel Youssouf Traoré l'agitation des cadres de l'US-RDA ne rassurait pas ? Alors comment réaliser un tel projet et laisser le pays entre les mains des opposants qui pouvaient se retourner contre eux ? Une problématique qui explique tous les tenants et les aboutissants qui se sont passés entre novembre 1968 et mars 1991.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Entre-temps le CMLN vole en éclats avec les différentes arrestations opérées en 1978. Le colonel Youssouf Traoré, complice du président Moussa Traoré, finit par se sauver au risque de se faire prendre et subir le même sort qui a été réservé à ses compagnons du coup d'Etat de 1968.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ironie du sort, Moussa Traoré aussi sera arrêté un 26 mars 1991.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;">                    <strong>     </strong></span><strong>O. Roger Sissoko</strong> <o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>L’ambassadeur Driss Isbayene lors de l&amp;apos;exposition célébrant le 50e anniversaire de la marche verte</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/lambassadeur-driss-isbayene-lors-de-lexposition-celebrant-le-50e-anniversaire-de-la-marche-verte-3111192.html</link>
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<description><![CDATA[ «Le 31 octobre 2025 marque un nouveau  tournant historique, date où la communauté internationale a rendu justice à l&#039;histoire» ]]></description>
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<pubDate>Sat, 15 Nov 2025 02:34:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">"Cette exposition photo retrace les moments forts <span style="mso-spacerun: yes;"> </span>de la MarcheVerte avec des images qui montrent le rôle des femmes et des hommes pour l'amour de la patrie".<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">"Ce sont 350 000 marocains, dont 10 % de femmes, qui se sont levés et portés volontaires pour participer à cette Marche"<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est à travers une exposition photos retraçant les moments forts de la Marche Verte du 16 octobre 1975 que l'ambassade du Royaume du Maroc au Mali sous la conduite de Driss Isbayène, a célébré avec fierté et joie le 50e anniversaire de cet événement, qui a permis au royaume chérifien de parachever le processus de décolonisations. Il s'agit bien, comme l'a si déclaré le diplomate marocain, des images qui montrent le courage des volontaires et le rôle essentiel de ces femmes et hommes pour l'amour de la patrie. Et la particularité de l'édition 2025 est l'adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies de la proposition marocaine d'autonomie pour ses provinces du Sud. Ils étaient très nombreux à célébrer cet événement exceptionnel, le jeudi 6 novembre 2025, à la chancellerie. Parmi lesquels Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et Mme Oumou Sall Seck, ministre en charge de l'Entrepreneuriat national, de l'Emploi et de la Formation professionnelle ainsi que des représentants de certaines institutions notamment le Conseil national de transition. Sans oublier la communauté marocaine au Mali. Et l'ambassadeur Driss Isbayene était visiblement très ému d'accueillir tout ce beau monde pour célébrer le 50e anniversaire de la Marche Verte, symbole fort de l'unité et de la cohésion du peuple marocain. "Le 6 novembre 1975, nous avons vu ces vaillants marcheurs fouler le sol de notre Sahara avec pour seule arme à la main, le Coran et le drapeau national. Un sentiment de joie et de fierté s'est emparé de tout le Maroc et la liesse n'a pas chuté même après le retour de ces désormais glorieux unificateurs du Maroc". Parole de l'ambassadeur de Sa Majesté, le Roi Mohammed VI au Mali dans son discours que nous publions en intégralité.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est avec un grand plaisir que je vous accueille à la chancellerie du Maroc à l'occasion de la célébration du 50eme anniversaire de la Marche Verte, symbole fort de l'unité et de la cohésion du peuple marocain.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En effet, pour ceux qui connaissent l'histoire contemporaine du Maroc, le 16 octobre 1975, Feu Sa Majesté le Roi Hassan II, Que Dieu ait Son âme, lançait, depuis la ville d'Agadir, un appel historique à une marche pacifique pour consacrer le retour des provinces du sud à la mère patrie, après près de 90 ans de colonisation espagnole. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tout le pays retenait son souffle devant les écrans et postes de radio, écoutant attentivement le Monarque s'adresser à son peuple et lancer le coup d'envoi de ce qui est devenu l'épopée du siècle, la gloire de toute une nation et le facteur unificateur entre le Trône et son peuple.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Unis et décidés à libérer notre Sud, des milliers de bus, camions et transports publics se sont ébranlés de tous Lees recoins du Royaume pour répondre à l'appel du Sud. Ce sont 350 000 marocains, dont 10 % de femmes, qui se sont levés et portés volontaires pour participer à cette Marche. L'engouement populaire était total qu'il a fallu établir des quotas pour chaque région et ville, selon le nombre de sa population. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'avais 12 ans à l'époque et je voyais mes proches se préparer pour ce grand départ. Un oncle, une tante et un cousin étaient chanceux d'être sélectionnés pour cette épopée. J'étais admiratif devant découvrant, ce jour-là, ce qu'était le vrai sens du patriotisme et de l'amour de la patrie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 6 novembre 1975, devant nos écrans TV, nous avons vu ces vaillants marcheurs fouler le sol de notre Sahara avec pour seule arme à la main, le Coran et le drapeau national. Un sentiment de joie et de fierté s'est emparé de tout le Maroc et la liesse n'a pas chuté même après le retour de ces désormais glorieux unificateurs du Maroc.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le monde entier s'accordait à dire que c'était un coup de génie du regretté Roi Hassan II. Ce génie a été transmis à son fils, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'Assiste, qui a lancé depuis son intronisation, un Plan de développement ambitieux des provinces récupérées, devenues en un court laps de temps, un espace de développement avec des villes comme Lâayoune, Dakhla, Boujdour et Smara, renaissant du sable et transformées en véritables pôles économiques, s'ouvrant aujourd'hui sur notre région sahélo-saharienne. Cet accomplissement n'aurait pas été possible aussi sans l'engagement de toutes celles et ceux qui ont pris part à la Marche Vert et à qui nous rendons 50 ans plus tard un vibrant hommage.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons la chance d'avoir parmi nous, M. Mamadou Niang, président de l'Association malienne d'amitié Mali-Maroc, que je tiens tout particulièrement à remercier d'avoir accepté notre invitation. Car M. Niang, est un des volontaires qui a participé à la Glorieuse Marche Verte lorsqu'il était étudiant à Rabat en 1975 et qui va nous faire part de son témoignage.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tel un vrai écho de ce 50e anniversaire de la Marche Verte, le 31 octobre 2025, marque incontestablement un nouveau tournant historique, date où la communauté internationale, dans son expression collective, a dicté une vérité connue de tout le peuple marocain et a rendu justice à l'histoire. C'est la date où le conseil de sécurité des Nations-Unies, en adoptant la Résolution 2797, a consacré la proposition marocaine d'autonomie pour ses provinces du Sud, comme base unique et exclusive de négociation afin de clore définitivement un conflit artificiel, vestige de la guerre froide.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est pour dire que ce jour du 6 novembre 2025 restera tout aussi gravé dans nos mémoires, marocains et pays et peuples alliés, dont je salue ici la représentativité par votre présence.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mesdames et Messieurs, <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons préparé pour vous une exposition photographique retraçant les moments forts de la Marche Verte : des images qui montrent le courage des volontaires et le rôle essentiel de ces femmes et hommes pour l'amour de la patrie. J'espère que ces photos vous permettront de ressentir l'émotion et la fierté qui, ont animé le peuple marocain, il y a maintenant 50 ans jour pour jour".<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Mamadou Niang témoin vivant de la marche verte de 1975 : &amp;quot;Cette marche nous rappelle que le Maroc reste un modèle de stabilité, de solidarité et de coopération Sud&#45;Sud&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/dr-mamadou-niang-temoin-vivant-de-la-marche-verte-de-1975-cette-marche-nous-rappelle-que-le-maroc-reste-un-modele-de-stabilite-de-solidarite-et-de-cooperation-sud-sud-3111193.html</link>
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<description><![CDATA[ &quot;Elle fut une marche de foi, de solidarité  et de confiance en un idéal supérieur&quot; ]]></description>
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<pubDate>Sat, 15 Nov 2025 01:22:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">"50 ans après, cet événement demeure un symbole vivant de la foi, du courage et de l'unité d'un peuple autour de son Roi et de sa patrie"<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd'hui<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>président de l'Association malienne d'amitié Mali-Maroc (Amama) Dr. Mamadou Niang, jeune étudiant à l'Institut national de statistique et d'économie appliquée (Inséa) de Rabat à l'époque, était parmi les participants à la Marche Verte du 16 novembre 2025. L'exposition photo organisée par l'ambassade du Royaume du Maroc, le 6 novembre 2025, était une belle occasion pour faire part de son témoignage sur cet événement historique. "En participant à la Marche Verte, cette épopée historique du Royaume, j'ai ressenti une profonde fierté d'être un étudiant africain formé au Maroc - un pays qui m'a transmis le sens du devoir, de la solidarité et de l'engagement pour l'Afrique.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Ce moment a profondément marqué ma conscience et mon parcours. Il a renforcé en moi l'attachement aux valeurs universelles que le Maroc incarne : la tolérance, la paix, la fidélité aux liens spirituels et historiques entre nos peuples", a rappelé Dr. Niang dans son témoignage que nous publions ci-dessous. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est pour moi un immense honneur, et une émotion profonde, de prendre la parole aujourd'hui à l'occasion du 50e anniversaire de la Marche Verte. Cet événement demeure, cinquante ans après, un symbole vivant de la foi, du courage et de l'unité d'un peuple autour de son Roi et de sa patrie. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En novembre 1975, j'étais étudiant à l'Institut national de statistique et d'économie appliquée (Inséa) de Rabat. Comme tant d'autres jeunes venus d'Afrique, j'ai été témoin et acteur de cette mobilisation extraordinaire qui a marqué l'histoire contemporaine du Royaume du Maroc. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En réalité, deux éléments m'ont profondément motivé à répondre à l'Appel historique de Sa Majesté le Roi Hassan II (Paix et Salut sur Lui). D'abord, les recommandations de mon père, un homme de foi, profondément attaché à la voie soufie, qui m'avait encouragé à poursuivre mes études supérieures au Royaume du Maroc - ce pays de la gouvernance chérifienne qu'il admirait pour sa sagesse et sa fidélité spirituelle. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ensuite, les paroles lumineuses et empreintes de spiritualité prononcées par Sa Majesté Le Roi Chérifien Hassan II (Paix et Salut sur Lui), dont la portée transcendait la politique pour toucher les cœurs. Ces paroles ont éveillé en moi un sentiment d'élévation, de confiance et d'engagement, me poussant à marcher aux côtés du peuple marocain dans cette épopée historique. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Des centaines de milliers de volontaires, porteurs du Saint Coran et du drapeau national, ont répondu à l'appel de Sa Majesté le Roi Hassan II - dans une atmosphère de paix, de dignité et de ferveur nationale. Oui, j'ai fait l'axe Rabat - Tarfaya - Smara, environ plus de 1000 km.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La Marche Verte n'était pas seulement un acte politique ; elle fut surtout une marche de foi, de solidarité et de confiance en un idéal supérieur : celui de la libération pacifique et du triomphe du droit. Elle a incarné la cohésion d'un peuple uni autour de son Roi et la conviction que la justice, la fraternité et la paix peuvent triompher sans violence. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En participant à la Marche Verte, cette épopée historique du Royaume, j'ai ressenti une profonde fierté d'être un étudiant africain formé au Maroc - un pays qui m'a transmis le sens du devoir, de la solidarité et de l'engagement pour l'Afrique. Ce moment a profondément marqué ma conscience et mon parcours. Il a renforcé en moi l'attachement aux valeurs universelles que le Maroc incarne : la tolérance, la paix, la fidélité aux liens spirituels et historiques entre nos peuples.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Ces valeurs, je les ai portées tout au long de ma carrière d'expert en développement et dans mon engagement au sein de l'Association malienne d'amitié Mali-Maroc (Amama) dont je suis très fier d'être le président aujourd'hui, pas pour moi-même, mais en mettant en avant les intérêts socioéconomiques des deux peuples Mali - Maroc. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd'hui encore, la Marche Verte inspire les générations africaines. Elle nous enseigne qu'aucune cause juste ne se gagne sans foi, sans unité, sans amour du pays. Elle nous rappelle aussi que le Maroc, fidèle à sa vocation africaine, reste un modèle de stabilité, de solidarité et de coopération Sud-Sud. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Permettez-moi enfin d'exprimer, en ce jour de commémoration, ma gratitude et mon respect au Royaume du Maroc, à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qu'Allah L'assiste, pour avoir su poursuivre cette œuvre de construction, d'ouverture et de fidélité à l'Afrique. Vive l'amitié entre le Maroc et le Mali ! Vive l'Afrique fraternelle et unie !"<o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>10 Novembre 2020&#45;10 Novembre 2025 : A la mémoire du Président ATT</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/10-novembre-2020-10-novembre-2025-a-la-memoire-du-president-att-3111053.html</link>
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<description><![CDATA[ Le week-end dernier, la mémoire du Président Amadou Toumani Touré, disparu il y a cinq ans jour pour jour, a été honorée avec ferveur et dignité à Bamako. ]]></description>
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<pubDate>Tue, 11 Nov 2025 01:52:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">Le samedi, au siège de la Fondation, une cérémonie de remise de dons a rassemblé de nombreux participants venus saluer l’héritage humaniste de l’ancien chef d’État. La valeur totale des dons distribués s’élève à 59.637.500 FCFA. Le lendemain, dimanche, une lecture collective du Coran a été organisée au domicile du défunt, dans une atmosphère de recueillement.<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">Madame Touré Lobbo Traoré, épouse du Président ATT, dira : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">«Voilà cinq ans ! Cinq longues années que le Président Amadou Toumani Touré nous a quittés. Pourtant, son souvenir est partout : dans les regards, dans les cœurs, dans les œuvres».<o:p></o:p></i></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">Elle a souligné que ce devoir de mémoire, initié dès novembre 2021, s’est poursuivi chaque année à travers des actions concrètes portées par la Fondation, en faveur des plus vulnérables.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">Des dons pour les déplacés et les enfants malades<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">Pour cette cinquième commémoration, la Fondation Amadou Toumani Touré pour l’Enfance a offert 50 tonnes de céréales, 350 bidons d’huile de 20 litres, 350 sacs de pâtes alimentaires, 1000 nattes, 200 pagnes, 20 machines à coudre pour soutenir les activités génératrices de revenus.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">L’hôpital Mère-Enfant, fidèle partenaire de la Fondation, a également contribué à l’hommage : cinq enfants ont bénéficié d’une opération gratuite à cœur ouvert, et une journée de consultations gratuites est prévue pour 500 patients.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">Le général à la retraite, Ismaïla Cissé, responsable de l’accueil des déplacés à Sénou, a exprimé sa gratitude au nom des bénéficiaires : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">«Ce énième don, destiné à plus de 3000 personnes de toutes ethnies confondues, témoigne de votre attachement constant aux idéaux de paix, de réconciliation nationale et de cohésion sociale»</i>.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">Un devoir de mémoire qui se poursuit<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">Depuis 2021, la Fondation Amadou Toumani Touré pour l’Enfance multiplie les initiatives en hommage à l’ancien Président.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">2021</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;"> : Publication du recueil de ses discours, inauguration de la bibliothèque Amadou Toumani Touré, réalisation d’un forage à Mountougoula.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">2022</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;"> : Rénovation de 18 salles de classe à Sebenicoro, remise de 150 tables-bancs, distribution de 1000 kits scolaires<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">2023 : Prise en charge de 80 enfants pour des interventions en cathétérisme cardiaque, dons de vivres à l’institution Marchoux, équipements pour 8 associations de veuves.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">2024</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;"> : Soutien à la Pouponnière de Bamako, au village SOS de Sanankoroba, et à deux centres d’apprentissage du Coran ; dotation en matériel médical pour le centre Mère-Enfant.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">À travers ces actions, la Fondation ATT pour l’Enfance perpétue l’engagement du Président Amadou Toumani Touré pour les plus démunis. Son souvenir ne s’efface pas : il se transforme en gestes concrets, en solidarité active, en espoir renouvelé.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">Cinq ans après son rappel à Dieu, son épouse Madame Touré Lobbo Traoré n'a de cesse de lui rendre un hommage solidaire, spirituel et appuyé. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: #1d1d1d; mso-fareast-language: FR;">Mohamed SYLLA<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le 10 novembre 2020 nous quittait ATT : Les bienfaits d&amp;apos;un Homme de Dieu d&amp;apos;ici&#45;bas à l&amp;apos;au&#45;delà !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-10-novembre-2020-nous-quittait-att-les-bienfaits-dun-homme-de-dieu-dici-bas-a-lau-dela-3110958.html</link>
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<description><![CDATA[ AMO et Logements Sociaux : l&#039;héritage 
Ce qu&#039;il a laissé pour la postérité et dont les Maliens sont en train de jouir aujourd&#039;hui ]]></description>
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<pubDate>Mon, 10 Nov 2025 02:19:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nul être vivant, à fortiori humain, n'est éternel ! En témoigne la mort du Prophète Mohamed (PSL), le Messager d'Allah. De ce principe infaillible, Amadou Toumani Touré ne pouvait en être l'exception que Dieu le rappela à lui un mardi 10 novembre 2020. Donc, cinq (5) longues et douloureuses années pour les siens, pour la nation malienne et pour l'Afrique entière qui seront bouclées lundi prochain. En cette circonstance, l'homme qui a présidé aux destinées du Mali de 1991 à 1992 puis de 2002 à 2012 reviendra dans les esprits et dans la mémoire collective pour rappeler ce bâtisseur et démocrate sincère qu'il fut. Pour chaque entité (parents, amis, anciens collaborateurs, compagnons politiques qui se réclamaient de lui) cette date est marquée d'une pierre noire dans l'agenda de l'histoire politique contemporaine du Mali. Pour notre part, nous avons décidé d'immortaliser l'Homme à travers un rappel annuel dans nos colonnes de sa personne et de sa personnalité, et de l'héritage qu'il a laissé pour la postérité et dont les Maliens sont en train de jouir aujourd'hui. Vous avez parlé de l'Amo ? <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je ne suis pas venu pour le pouvoir, mais pour le Mali". L'opinion nationale et internationale se rappelle encore cette citation du président Amadou Toumani Touré à qui les faits vécus et vérifiables ont donné raison tout au long de son règne.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Homme discret, pacifique et consensuel, ATT a marqué le Mali par son sens du dialogue. Certes, ses détracteurs lui reprochaient parfois un excès de compromis et un manque de fermeté face à la crise sécuritaire qui a caractérisé la fin de son double mandat, mais, pour la majorité des Maliens, ATT symbolisait la stabilité, la paix et la dignité nationale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La triste nouvelle d'Istanbul !<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mardi 10 novembre 2020, peu après la prière du Fajr (5 h 30-6 h), la nation malienne se réveillait avec la triste nouvelle du décès, à Istanbul, en Turquie, de son ancien président, Amadou Toumani Touré dit ATT, six jours après son 72e anniversaire de naissance et moins de deux mois après le décès, le 15 septembre, du deuxième président du Mali, le général Moussa Traoré.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Deuil, tristesse, compassion et signature du livre de condoléances au plan national, messages de condoléances à l'échelle mondiale. Le ballet au domicile du défunt aura duré une semaine au bout de laquelle le Mali tout entier dit adieu à ATT à travers des obsèques nationales organisées le mardi 17 novembre 2020 à la Base A du Génie militaire. Le président de la Transition de l'époque, Bah N'Daw, et le vice-président de l'époque, le général d'armée Assimi Goïta, ainsi que deux anciens chefs d'Etat Alpha Oumar Konaré et Dioncounda Traoré étaient là pour rehausser l'image des funérailles aux côtés de Mme Touré Lobbo Traoré, veuve de l'illustre disparu. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Lecture de l'oraison funèbre, présentation des condoléances du chef de l'Etat, Bah N'Daw, par le Grand chancelier des Ordres nationaux, le général Amadou Sagafourou Guèye, défilés des troupes terrestres, témoignage de la famille du défunt et prière funéraire ont meublé le déroulement de la triste cérémonie. Amadou Toumani Touré repose désormais au cimetière d'Hamdallaye.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sans doute que lundi prochain, 10 novembre 2025, 5è anniversaire de la disparition d'ATT, sa famille voudra sacrifier au rituel par une séance de lecture du Coran au domicile du défunt. Pourquoi pas d'autres activités à caractère social, humanitaire ou d'intérêt public ? <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">De l'écolier au commando para<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Amadou Toumani Touré est né le 4 novembre 1948 à Mopti où il grandit dans le quartier Wayinkoré. Il confie aux biographes qu'il garde de la Venise malienne le souvenir de tous ces petits métiers auxquels il s'adonnait : couture, élevage, pêche au filet et à la ligne, labour, négoce et football.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il fit son cycle fondamental à Mopti, Tombouctou, Bandiagara ; poursuit ses études à l'Ecole normale secondaire de Badalabougou (EN Sec), à Bamako, d'où il décroche, en 1969, son diplôme en lettres-histoire et géographie. Un cursus qui le mène tout droit à la profession d'enseignant à l'instar de beaucoup de ses camarades de promotion devenus plus tard professeurs d'enseignement supérieur.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Coup du destin : la même année, sa carrière professionnelle va connaître un virage à 90° vers le métier des armes. En effet, admis au recrutement pour l'Ecole militaire interarmes (Emia) de Kati, le nouvel élève officier de l'Emia de Kati commence aussitôt sa formation en 1969. Il sort en 1972 avec le grade de sous-lieutenant.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Avide de connaissances, il suivra toute une série d'études et de formations durant sa carrière. Notamment à l'Ecole supérieure des troupes aéroportées à Riazan en URSS (1974-1975), au Centre national d'entraînement commando (Cnec) à Mont Louis en France (1978), à l'Ecole supérieure de guerre interarmes (17e promotion) à Paris en France (1989-1990) et au Cours supérieur interarmes (42e promotion) à Paris en France (1990).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">De toutes ces étapes, Amadou Toumani Touré aimait laisser entendre qu'il garde des souvenirs mémorables de son séjour à Riazan qui fut une étape importante dans sa formation militaire. Car, c'est une des plus grandes écoles de parachutisme au monde, d'où sont sortis le général Lebed, et, la plupart des généraux soviétiques sont des produits de Riazan. ATT y a fait un cours supérieur de commandant de compagnie, de chef de bataillon et de saut en parachute.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au titre des promotions en grades, après celui de sous-lieutenant, Amadou Toumani Touré est successivement promu lieutenant le 1er octobre 1974, capitaine le 1er octobre 1978, chef de bataillon le 1er janvier 1984, lieutenant-colonel le 1er octobre 1988, général de brigade le 8 juin 1992, et général d'armée le 1er octobre 1996.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il est nommé commandant de la Garde présidentielle, du 28 avril 1981 au 30 mars 1984. Le commandement du bataillon des paras commandos lui est confié par deux fois, en janvier 1984, puis le 14 mars 1991. Une douzaine de jours plus tard, le 26 mars, lui et ses compagnons déposent le général Moussa Traoré, en proie à une révolution populaire déclenchée depuis fin 1990.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Venu au pouvoir afin d'instaurer un régime démocratique, ATT a-t-il réussi ? Nous le verrons plus bas.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Parfaite transition démocratique<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le premier contact d'ATT avec le pouvoir suprême date, comme signalé plus haut, date du 26 mars 1991 avec la déposition du général Moussa Traoré, acte qui parachevait une révolution déclenchée par les associations du Mouvement démocratique. Désigné président du Comité de réconciliation nationale - CRN - (26 mars) et du Comité de transition pour le salut du peuple - CTSP - (29 mars), Amadou Toumani Touré conduit la Transition malienne jusqu'au 8 juin 1992.<o:p></o:p></span></p>
<p><img src="https://www.maliweb.net/uploads/images/202511/image_870x_690dc98fe4717.jpg" alt=""></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette période a été d'abord marquée par la tenue, du 29 juillet au 12 août 1991, de la Conférence nationale qui produira la Constitution du 25 février 1992, le code électoral, la charte des partis, l'Etat de la nation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ensuite, le calendrier des échéances électorales pour la mise en place des institutions de la IIIe République a été respecté comme arrêté : le 12 janvier 1992, référendum constitutionnel ; le 19 janvier 1992, élections municipales ; le 23 février 1992 et le 8 mars 1992, 1er et 2e tours des élections législatives ; et les 12 et 26 avril 1992, 1er et 2e tours de l'élection présidentielle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Enfin, la signature, le 11 avril 1992 à Bamako, du Pacte national, consacrant le règlement du conflit du Nord du Mali (déclenché en juin 1990), occupe une place de choix parmi les acquis de la Transition de 1991, au terme de laquelle le chef de l'Etat, Amadou Toumani Touré, remet le pouvoir aux civils, précisément à Alpha Oumar Konaré, conformément à ses engagements pris le 26 mars 1991.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dix ans au service de l'Afrique, élu démocratiquement !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Après une dizaine d'années (1992-2001) passées à lutter contre la dracunculose (ver de Guinée) au Mali et à sillonner l'Afrique à la recherche de la paix, Amadou Toumani Touré se lance dans la politique pour briguer la magistrature suprême.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 1er septembre 2001, il demande une mise en retraite anticipée de l'armée pour se lancer dans la politique. Candidat indépendant, il déclare sa candidature le 10 mars 2002 à Sikasso et il est élu président de la République le 24 mai 2002, avec 64,35 % des voix au second tour, pour un premier mandat de cinq ans. Il est investi le 8 juin. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Amadou Toumani Touré est réélu dès le 1er tour le 29 avril 2007 avec 71,20 % pour un second mandat de cinq. Investiture le 8 juin. C'est dans sa vie d'homme politique que le président Amadou Toumani Touré a le plus étonné, avec ses idées, ses concepts, ses méthodes et, bien sûr, ses réalisations. Enumérer les réalisations du président Touré relève de la gageure, mais durant ses mandats, le quatrième président du Mali a posé des actes forts dont certains méritent une attention de nos fidèles lecteurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ce qu'ATT a réalisé<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les fins observateurs et experts politiques et économiques le témoignent sans sourciller : ce que ATT a fait en dix ans dépasse largement les réalisations cumulées des quarante (40) ans précédents son règne, donc de 1960 à 2002. Cela veut tout dire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tout d'abord, nous retenons d'Amadou Toumani Touré qu'il est le père de l'Assurance maladie obligatoire. Si nous plaçons l'Amo en tête des acquis d'ATT, c'est parce que lui-même confiait à qui voulait l'entendre que ce régime était sa plus grande satisfaction. Le consensus politique, la consolidation de la démocratie avec l'engagement des réformes institutionnelles, le respect des libertés individuelles, la gestion pacifique de la crise du Nord, etc. sont autant d'actes politiques qui ont été très déterminants dans la vie de la nation, la paix et la quiétude sociales au Mali sous ATT.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'un des plus grands acquis des mandats du président de la République Amadou Toumani Touré, c'est, sans doute, sa méthode atypique de gestion politique du pouvoir ; une méthode qui a permis au peuple malien de retrouver son unité et sa cohésion interne indispensables pour pouvoir faire face aux défis du développement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Arrivé au pouvoir sous couverture de parti, Amadou Toumani Touré a été d'emblée inspiré de "partager le pouvoir" dans un cadre de gestion concertée et consensuelle, c'est-à-dire impliquer toutes les sensibilités aux affaires. Son slogan de campagne de 2002 : "Retrouvons ce qui nous unit" a profondément touché le peuple malien, qui l'a élu sur la base de ce message. Une fois élu, le président de la République a mis en pratique cette vision qui lui a permis de réunir, autour de sa personne et de son projet, toutes les composantes et forces politiques et sociales que comptait le Mali. Il a fait en sorte que chaque Malien se sente citoyen à part entière, avec les mêmes droits et obligations. Il a mis autour d'une même table, autour de sa personne, des hommes et des formations politiques qui, quelques mois seulement avant son élection, ne parlaient pas le même langage. Dans la gestion de la crise du Nord, le président ATT a toujours mis en avant le dialogue, parce qu'étant un général d'armée, rompu au métier de la guerre, il connaissait plus que quiconque les conséquences (sociales, militaires, économiques…) de la gestion d'un conflit déjà enclenché. Il fallait donc, coûte que coûte, éviter d'entraîner le Mali dans un engrenage. Aujourd'hui, plus que jamais, nous sommes dans cet engrenage. La guerre contre le terrorisme ne finit…jamais. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Durant ses dix ans de règne démocratique, ATT a posé d'autres actes et actions qui marquent encore la vie nationale. La création, le 25 août 2003, du Bureau du Vérificateur général, modèle canadien, est l'un de ceux-ci. Aussitôt intronisé, ATT a initié le Programme des logements sociaux afin de permettre aux Maliens aux revenus faibles d'avoir leur propre toit. Les 1008 logements, inaugurés en 2004, ont donné le ton à ce vaste concept qui se poursuit. La dernière attribution concerne la 2è tranche de 1992 logements du programme des 12556 logements. Le 4 décembre 2005, la Loi d'orientation agricole (LOA) est lancée par ATT. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 6 février 2010, Amadou Toumani Touré procède au lancement des travaux du barrage de Taoussa d'un coût global de 130 milliards de F CFA. 139 000 hectares de périmètres agricoles devaient être aménagés en vue d'augmenter les revenus des populations, et d'assurer l'autosuffisance et la sécurité alimentaires.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 25 octobre 2010, ATT lance les travaux de construction de l'autoroute Bamako-Ségou d'un coût global de 182 milliards de F CFA. Ces deux projets constituent les plus importants jamais réalisés dans les secteurs agricole et routier au Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Citons également l'Echangeur multiple de Bamako, le Pont de l'Amitié Mali-Chine ou 3e Pont de Bamako et la réalisation de plusieurs routes, ponts et chaussées à l'intérieur du pays.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Enfin, au lendemain du coup d'Etat de mars 2012 qui l'a renversé, sa démission de ses fonctions de président de la République pour permettre le retour à l'ordre constitutionnel exigé par la Cédéao fut un acte fort ! "Mon devoir, comme je l'ai dit lorsque je m'impliquais il y a vingt-deux ans, jeune officier, c'est le Mali que je voulais aider. En me présentant en 2002, comme candidat à l'élection présidentielle, c'est encore le Mali qui a inspiré ma décision. Je pensais que la petite expérience que j'ai vécue pouvait aider à soutenir ce pays. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans le cadre de la recherche de solution, je pense que la décision prise par la Cédéao et la communauté internationale est la meilleure. J'ai décidé de vous remettre ma lettre de démission, que vous allez remettre aux autorités compétentes pour permettre l'exercice plein et entier des dispositions de notre article 36. Il faut que le Mali reste dans les dispositions de sa Constitution de février 1992. Je pense que c'est tout à fait normal, je le fais sans pression, (…) de bonne foi (…), surtout pour l'amour que j'ai pour ce pays", avait écrit ATT, le démocrate, pour marquer la fin de son ère et faire ses adieux aux Maliens.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Que conclure ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Après avoir passé 11 ans à la tête du Mali, soit 132 mois ou encore 528 semaines, en qualité de chef d'Etat (26 mars 1991-8 juin 1992), puis de président de la République du Mali (8 juin 2002-8 avril 2012), Amadou Toumani Touré fut ce grand Homme d'Etat inoubliable et qui restera à jamais gravé dans la mémoire et le cœur de ses compatriotes. Les raisons ? La gestion imprimée au pouvoir, le modèle de gestion politique conçu et imposé, les actes posés qui ont impacté la vie des populations, les acquis de tous genres légués à la postérité. Autres atouts favorables : son sens du patriotisme, sa gestion concertée du pouvoir et sa gestion pacifique des conflits, mais aussi et surtout, la recherche perpétuelle de la paix par le dialogue, le compromis, les concessions et tous moyens pacifiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La Transition démocratique malienne est indissociable de la vie d'ATT, mais l'enfant de Mopti fut aussi un vaillant soldat, un humaniste, un médiateur et un politique qui a fait ses preuves dans la gestion des affaires de l'Etat !<span style="mso-spacerun: yes;">      </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;">   </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">El Hadj A.B.HAIDARA<o:p></o:p></b></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Lancement de la Caravane Alphadi  pour la Paix : Le Président du CESEC dans la Cité des 333 Saints</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/lancement-de-la-caravane-alphadi-pour-la-paix-le-president-du-cesec-dans-la-cite-des-333-saints-3110523.html</link>
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<description><![CDATA[ Le Président du Conseil économique, social, environnemental et culturel, monsieur Yacouba KATILE, séjourne  dans la région de Tombouctou depuis lundi 20 octobre. ]]></description>
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<pubDate>Wed, 22 Oct 2025 19:31:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Ce, dans le cadre<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>du lancement<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>officiel des festivités de «<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>la Caravane Alphadi pour la Paix ».<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>En<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>prélude de la cérémonie consacrant l’ouverture<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>des activités, le Président du CESEC, a rendu une visite de courtoisie aux légitimités traditionnelles et religieuses de la ville des 333 saints.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il était exactement dix heures quand le Président du<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Conseil économique, social, environnemental et culturel en compagnie du Gouverneur<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>de la Région,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>le Contrôleur<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>principal de Police, Bakoun KANTE, est arrivé<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>à la bibliothèque familiale Ben Essayoutt de Djingarey ber, où<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>l’ensemble des chefs coutumiers et religieux<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>se sont réunis pour la circonstance.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">«Notre rôle consiste à faire des prières et de formuler des bénédictions pour le pays. Nous ne manquerons<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>pas de le faire.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Le Conseil économique, social, environnemental et culturel joue un rôle important<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>dans le développement socioéconomique du Mali. Nous suivons avec un grand intérêt vos différentes missions de collecte du<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>recueil des attentes des besoins et des problèmes de la société », a<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>indiqué<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>le substitut de l’Imam de la Mosquée de SANKORE, M.ElMoctar CISSE. Il a ensuite<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>insisté sur l’urgence d’accélérer le processus d’opérationnalisation<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>de l’Université de Tombouctou. A cet effet, il a sollicité l’accompagnement du Président du CESEC.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En retour, le Président<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>a expliqué<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>le rôle important que joue les légitimités traditionnelles et le vif intérêt que le Président de la Transition leur accorde. Il a<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>tenu à rassurer ses interlocuteurs de l’accompagnement de la 7eme<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>institution.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;">  </span></span></p>
<p><img src="https://www.maliweb.net/uploads/images/202510/image_870x_68f930533c561.jpg" alt=""></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Il faut noter que la « Caravane d’Alphadi pour la Paix » vise comme objectif global de renforcer le développement culturel et artistique de Tombouctou et de lancer un appel à la Paix, à la réconciliation et au vivre ensemble pour les populations de la 6e région, du Mali et de l’Alliance des Etats du Sahel. Elle se tiendra du 21 au 22 octobre 2025. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Service Communication CESEC</strong><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>15 octobre 1987&#45;15 octobre 2025 :  Sankara le volcan, l’espérance consumée mais indestructible</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/15-octobre-1987-15-octobre-2025-sankara-le-volcan-lesperance-consumee-mais-indestructible-3110408.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/15-octobre-1987-15-octobre-2025-sankara-le-volcan-lesperance-consumee-mais-indestructible-3110408.html</guid>
<description><![CDATA[ Trente-huit (38) ans après l’assassinat lâche et ignoble du capitaine Thomas Isidore Noël Sankara et douze de ses camarades, l’Afrique se souvient. ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/uploads/images/202204/Thomas-Sankara.jpeg" length="57141" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Mon, 20 Oct 2025 08:38:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le vent de la Révolution souffle encore à travers les peuples qui refusent de plier. On a cru le réduire au silence, mais sa voix, forgée dans le courage, la dignité et la justice, continue de gronder dans les consciences libres. Il demeure la boussole des opprimés, le phare des nations en quête d’émancipation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans cette matinée de deuil, où l’Afrique toute entière pleure le sacrifice d’un capitaine-poète, d’un rebelle au cœur en feu, je veux que s’élève, parmi les cendres, le chant rugissant de Thomas Sankara. Aujourd’hui, trente-huit années après l’assassinat ignoble qui le priva de son souffle, franchissons les sombres murailles de l’oubli et ramenons au jour la lumière de ses combats, ses rêves dévorés mais semeurs d’espérance pour les peuples pillés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il y avait, dans ses rêves, la soif d’une révolution radicale, la rupture complète avec l’ancien ordre ! Et Sankara lança l’offensive avec un volontarisme fou, une rage d’émancipation, un amour des humbles. Il changea le nom du pays, de Haute Volta à Burkina Faso, pays des hommes intègres, pour couper les chaînes de la mémoire coloniale et imposer la dignité. Il planta plus de dix millions d’arbres pour lutter contre la désertification du Sahel, défiant la nature que l’on accroche aux insignes du pillage. Il fit vacciner plus de deux millions et demi d’enfants contre la méningite, la rougeole, la fièvre jaune, dans ce même souffle où il installait des écoles, des centres de santé, des puits, des barrages, des infrastructures sans recourir à l’aide extérieure.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il déclencha une campagne d’alphabétisation massive. Quand le pays plafonnait à treize pour cent de taux d’alphabétisme, il le propulsa vers soixante-dix pour cent en quelques années et fit descendre dans la rue le pouvoir, en brisant les privilèges, interdisant les voitures de luxe pour les dignitaires, imposant la Renault 5 comme voiture d’État. Il s’attaqua au ver de la corruption, mit en place les Tribunaux Populaires de la Révolution (TPR) pour juger les détourneurs et les bureaucrates, et fit des Comités de Défense de la Révolution (CDR) le fer de lance de la participation populaire. Il proclama l’interdiction de l’excision, des mariages forcés, arrachant aux traditions patriarcales leurs masques de légitimité. Il déclara l’égalité des sexes, fit entrer les femmes au gouvernement, dans l’armée, dans les champs et sur les chantiers, avec congés de maternité reconnus à tous les niveaux de la chaîne du travail, public comme privé, militaire ou administratif.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il prêchait l’autosuffisance alimentaire, consommer ce que produit la terre du Faso, et refuser les emprunts du Fonds monétaire international (FMI) ou les chaînes des bailleurs de fonds. Il exhortait ses pairs africains à rompre les soumissions financières, dénonçait la dette odieuse, appelait la jeunesse à s’armer de savoir, de travail collectif, de conscience de classe.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sur le plan culturel, il érigea des salles de cinéma par secteur, fonda le cinéma Neerwaya pour faire rayonner le Festival panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO); il soutint l’art à travers le SIAO, la voix des opprimés, l’écriture, la musique comme armes de libération.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sur la scène internationale, il parlait d’une voix qui craquait d’indignation. Il dénonçait l’Apartheid en Afrique du Sud, défendait une Palestine libre sans domination sioniste, fustigeait les dictatures africaines complices du néocolonialisme, refusait de plier devant l’Occident. Sa diplomatie était vérité. Il disait à la face des puissants que le Burkina Faso ne plierait pas, qu’il suivrait sa voie, qu’il ne serait pas une colonie indépendante en titre. Il prônait le panafricanisme, l’unité des peuples, et attendait des chefs africains qu’ils cessent d’être des valets de puissances étrangères.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Oui, dans son regard brûlait la lampe de Marx et la flamme de Lénine, mais dans une réalité burkinabè, avec la conviction que le peuple doit reprendre ses forces pour refonder l’ordre. C’était une révolution démocratique et populaire qu’il rêvait, une guerre de libération intérieure. Il savait que l’ennemi était partout, dans les banques internationales, dans les ambassades, dans le silence des élites africaines, dans la misère qu’ils imposaient.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mais le rêve sankariste eut à affronter les coups de boutoir des valets locaux de l’impérialisme. Ceux-là mêmes qui, tapis dans l’administration, dans les casernes et les salons politiques, œuvraient à briser l’élan populaire. Ils craignaient la fin de leurs privilèges, la perte de leurs maîtres et de leurs rentes. Ils minaient l’œuvre révolutionnaire de l’intérieur, semant la division, alimentant les doutes, infiltrant les structures nées de la Révolution. C’est dans cette gangrène sourde que mûrit la trahison. Sankara, lui, avançait sans compromis, persuadé que l’histoire n’appartient pas aux hésitants. Il savait que la Révolution ne se mendie pas, qu’elle se conquiert au prix du courage et du sang.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et pourtant, malgré des limites qui n'ont pas manqué, le bilan éclate, le pays est transformé en quatre ans et deux mois. Des villes reliées, des routes, des rails. Chaque village avait sa source d’eau, chaque région son électrification, ses écoles, ses centres de santé. Le peuple sentait que le temps de l’indignité était fini. Sankara allumait les cœurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quand le glaive fratricide du traître Blaise Compaoré frappa, ce n’était pas un homme qu’on tua, mais un avenir qu’on enterrait. Le crime vengeur fut mis en scène par un Caïn africain instruit par l’impérialisme. Mais le sang versé n’est pas perdu, il coule encore en nous, en chaque jeunesse insurgée d’Afrique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd’hui, sous la direction de l’héritier spirituel de la Révolution d'août 1983, le capitaine Ibrahim Traoré, porteur de la Révolution progressiste populaire (RPP), le Burkina marche à nouveau vers l’indépendance pleine. Ibrahim Traoré (IB) assume ce legs, défie les vestiges de la Françafrique, nationalise là où il le faut, ramène l’économie vers le peuple, réaffirme le refus de l’aide captive. Il suit les traces de Sankara comme un fils de feu. Le mémorial et mausolée inaugurés récemment à Ouagadougou, conçus par l’architecte Francis Kéré en matériaux de terre locale, symbolisent que la mémoire se veut enracinement, lutte et espérance.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En ce jour de douleur, Africaine, Africain, pleure la perte, mais relève-toi. Que l’image du Capitaine soit étincelle dans ton front, que son cri résonne dans ta gorge et que sa vision guide ta marche. Le sol africain saigne mais ce sang féconde le réveil. Ô Afrique, relève-toi, car derrière toi marche Sankara, dans le pas du capitaine Traoré.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et que dans la fumée de l’histoire nos enfants voient la flamme, et marchent, implacables, libres, debout jusqu’à la victoire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Par Abou MACO <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Les relations sino&#45;africaines et les 80 ans de l&amp;apos;ONU : De la solidarité anticoloniale au développement partage, trajectoire d&amp;apos;une longue marche en commun</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/les-relations-sino-africaines-et-les-80-ans-de-lonu-de-la-solidarite-anticoloniale-au-developpement-partage-trajectoire-dune-longue-marche-en-commun-3110331.html</link>
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<description><![CDATA[ L&#039;année 2025 marque le 80ème anniversaire de la création de l&#039;Organisation des Nations Unies (ONU). ]]></description>
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<pubDate>Sat, 18 Oct 2025 01:48:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Elle marque aussi les 76 ans de la fondation de la République Populaire de Chine, le 70ème anniversaire de la Conférence de Bandung et les 25 ans du Forum sur la Coopération Sino-africaine (FOCAC). Au regard de ces évènements historiques, l'évolution des relations sino-africaines s'avère en parfaite cohérence avec les institutions de l'ONU, reflète le destin commun Chine-Afrique et témoigne des mutations de l'ordre international. Durant les années 60, la Chine a fermement soutenu les mouvements de lutte d'indépendance, de dignité et de souveraineté des peuples africains. Cet esprit de solidarité a jeté les bases d'une amitié sincère, d'une confiance mutuelle qui continuent aujourd'hui, de définir le partenariat Sino-africain. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">n 1971, les pays africains nouvellement indépendants ont massivement voté en faveur de la résolution 2758 de l'Assemblée Générale des Nations Unies, rétablissant la République Populaire de Chine dans son siège légitime à l'ONU. Cet acte historique demeure la pierre angulaire des relations sino-africaines et symbolise l'essor de la coopération Sud-Sud sur la scène internationale. Au fil des décennies, les relations entre les deux parties ont évolué, passant d'une libération partagée à un développement partagé, d'une solidarité politique agissante à un partenariat stratégique pragmatique pour une prospérité commune. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 2000, la création du Forum sur la Coopération Sino-africaine (FCSA) a marqué le début d'une nouvelle ère de développement commun. A partir de 2013, "l'Initiative la Ceinture et la Route" lancée par le Président Xi Jinping, a produit la réalisation concrète de projets d'infrastructures économiques, de réduction de la pauvreté, d'éducation, de culture et de santé qui ont amélioré les conditions de vie des Peuples Africains et mis en évidence la valeur singulière de la coopération Sino-africaine au sein de la coopération internationale. La philosophie de cette coopération porte une vision pour la construction d'une Communauté de Destin Chine-Afrique encore plus solide. A cet égard d'importantes questions émergent.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comment les relations sino-africaines sont-elles passées du soutien politique mutuel au développement partagé ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comment la Chine et l'Afrique poursuivent-elles leurs relations dans le cadre de l'ONU ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comment le droit au développement peut-il être placé au cœur de la Gouvernance mondiale ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comment le partenariat Chine-Afrique peut-il façonner l'ordre international?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les relations entre la Chine et l'Afrique sont profondément ancrées dans la solidarité contre le colonialisme, l'oppression et les dominations étrangères. Elles sont ancrées dans une lutte commune pour l'indépendance, la dignité, la souveraineté et la justice. Au moment où les pays Africains luttaient pour se libérer de la domination coloniale, sortant d'un siècle d'humiliation, la Chine a tendu la main à l'Afrique. Cette solidarité n'était pas seulement idéologique. Elle était morale et culturelle, reconnaissant que le droit à l'autodétermination est le fondement de la paix et de la justice. La souffrance subit et l'expérience anticoloniale partagée ont forgées un lien fondé sur le respect mutuel, devenu l'un des partenariats les plus authentiques des relations internationales. "C'est dans les moments difficiles que l'on reconnaît son vrai ami", dit l'adage. La lutte anticoloniale a libéré des pays et des peuples, mais aussi transformé l'ordre mondial et élargi les fondements moraux et politiques des relations internationales. Les pays nouvellement indépendants d'Asie et d'Afrique ont redéfini le multilatéralisme, faisant de l'ONU une tribune pour tous, notamment les voix du Sud. Ainsi est née la multipolarité comme un monde où la diversité est respectée et où chaque pays, quelle que soit sa taille ou sa puissance a son mot à dire pour façonner le destin de l'humanité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au cours des décennies écoulées, les relations sino-africaines ont évolué au niveau de partenariat stratégique global qui joue désormais un rôle essentiel dans la Gouvernance mondiale. Grâce au Forum sur la Coopération Sino-africaine (FCSA) et l'Initiative la Ceinture et la Route, les deux parties ont transformé leur amitié historique en une coopération pragmatique dans tous les domaines du développement : les infrastructures, les sciences et technologies, l'éducation, la santé et le développement durable, etc... Ce qui a permis à une nouvelle voix de se faire entendre à l'ONU. Cette voix prône la paix, la réforme de la Gouvernance mondiales, le respect de la souveraineté et un modèle de développement au service des peuples. Des ténèbres du colonialisme à la lumière de l'indépendance, de la solidarité politique à une vision commune de développement et de la gouvernance mondiale, la trajectoire des relations Sino-africaines reflète le parcours humain de civilisations multimillénaires. Rappelons que la lutte anticoloniale était un combat pour la liberté, mais aussi pour plus de justice et d'équité dans la Gouvernance mondiale. Aujourd'hui, la Chine et l'Afrique continuent de porter ce flambeau, œuvrant ensemble pour la construction d'un monde multipolaire, inclusif. Le passé a été bâtit par la souffrance et la solidarité. Le présent s'est construit sur la coopération pragmatique. L'avenir se dessine pour la prospérité commune et une Gouvernance mondiale partagée. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 1971, le soutien massif des pays Africains à la résolution 2758 a légitimé le statut de la Chine à l'ONU, marqué l'histoire des Nations Unies et l'histoire commune de la Chine et de l'Afrique. Ce fut un tournant dans les relations internationales, un moment où la voix des pays en développement, menés par l'Afrique, a remodelé l'équilibre moral et politique de la Gouvernance mondiale. Faisant preuve d'unité et de conviction, vingt-sept pays Africains ont voté en faveur de ladite résolution. En rétablissant la Chine à la place qui lui revient de droit à l'ONU, l'Afrique a affirmé que l'ordre mondial ne doit pas être guidé par la puissance, mais par le droit international. Le retour de la Chine à l'ONU a insufflé un nouvel élan au multilatéralisme, renforcé la voix des pays en développement et accéléré la transition vers un ordre mondial plus inclusif et multipolaire. Le partenariat Chine-Afrique, né à cette époque de solidarité est devenu l'un des exemples les plus dynamiques de développement et de respect mutuels du monde moderne. La leçon à retenir de l'esprit de 1971 invite la Chine et l'Afrique à maintenir haut la flamme de l'unité, de l'engagement initial qui a guidé les dirigeants africains et chinois à cette époque-là. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le soutien de l'Afrique à la Chine a confirmé le principe selon lequel "lorsque des pays agissent ensemble et solidairement, ils peuvent transformer la Gouvernance mondiale" pour le bonheur des peuples. L'héritage de 1971 réside dans le solide partenariat entre la Chine et l'Afrique, mais aussi dans l'engagement commun des deux parties en faveur d'un système de gouvernance mondiale plus juste et inclusif.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au cours des dernières décennies, les relations Sino-africaines ont évolué au niveau d'une vision commune, ancrée dans les principes des relations Sud-Sud, inscrites non pas dans la conditionnalité, mais dans la souveraineté respectée. En ce moment où la gouvernance mondiale connait des tensions, le partenariat Chine-Afrique offre une nouvelle voie qui ne reproduit pas le modèle occidental de " relations donateur-bénéficiaire " mais la redéfinit du point de vue des pays en développement. La coopération Sino-africaine s'approfondie davantage dans des domaines de l''innovation, la recherche conjointe, le transfert de technologies, l'industrialisation et la mise en place d'institutions durables (universités, groupes de réflexion, plateformes numériques et mécanismes financiers) l'éducation et les échanges culturels pour constituer une architecture commune de progrès. Le FCSA est en droite ligne des objectifs des Nations Unies, le Programme de développement durable à l'horizon 2030, l'Agenda 2063 de l'Union Africaine. Il propose un cadre inclusif axé sur le développement, reflétant les priorités des pays Africains. Il renforce la coopération multilatérale et représente un modèle axé sur les résultats concrets. La coopération Sino-africaine est entrée dans une nouvelle ère, où son impact transcende les relations bilatérales pour influencer l'architecture de la gouvernance mondiale. En privilégiant la réalisation des aspirations des peuples à vivre une vie meilleure et en promouvant l'équité, elle est devenue une force transformatrice pour façonner un système international plus équitable. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En ce 80ème anniversaire de l'ONU, la Chine et l'Afrique soulignent que le droit au développement doit être au cœur de la gouvernance mondiale. Ce principe doit passer du statut de plaidoyer à celui de règles institutionnelles. En effet, il y a quarante ans, l'ONU reconnaissait le droit au développement comme un droit universel et inaliénable. Cependant, des décennies plus tard, les inégalités entre les Nations et entre les régions persistent. Alors que l'Organisation entre dans la neuvième décennie de son existence, la Chine et l'Afrique prônent que le développement n'est pas un privilège, mais un droit humain fondamental qui doit être ancré dans les structures de la Gouvernance mondiale. Ensemble la Chine et l'Afrique possèdent la crédibilité et l'expérience nécessaires pour mener cette transformation souhaitée par les peuples. Il est temps que l'ONU respecte son engagement initial, c'est-à-dire : " faire du développement, de l'égalité et de la dignité, le fondement d'un nouvel ordre de gouvernance mondiale ". <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La trajectoire des relations Sino-africaines, de la solidarité anticoloniale au développement commun, témoigne d'une longue histoire faite d'espoir, de résilience et d'une volonté de construire une communauté de destin partagé. En se tournant vers l'avenir, Chinois et Africains doivent toujours se rappeler que l'amitié Chine-Afrique n'est pas née d'une convenance géopolitique, mais de la conviction forgée dans les luttes d'hier et renforcée par les rêves de demain. Dès lors, les deux parties doivent constamment réaffirmer leur engagement commun en faveur de la promotion de la paix, de l'égalité et du développement de tous les pays du monde. Ensemble, la Chine et l'Afrique continueront de marcher main dans la main, de leur histoire commune à leur destin commun.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Prof. Yoro DIALLO<o:p></o:p></span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Chercheur Principal / Directeur Exécutif du Centre d'Etudes Francophones <o:p></o:p></span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Directeur du Musée Africain et du Musée des Echanges Chine-Afrique<o:p></o:p></span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">"2024 Chinese Government Friendship Award"<o:p></o:p></span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Institut des Etudes Africaines, Université Normale de Zhejiang, CHINA<o:p></o:p></span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>E-mail: inadial@yahoo.com /Tél: (0086)15888991173</strong><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Message de Félicitations</title>
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<description><![CDATA[ Au nom de la Chefferie de Lafiabougou et de l’ensemble des notabilités, je tiens à adresser mes vives félicitations à notre Coordinateur, El hadj Seydou Sangaré, pour sa désignation en qualité de Parrain National de la 30ème édition du Mois de la Solidarité et de la Lutte contre l’Exclusion. ]]></description>
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<pubDate>Fri, 17 Oct 2025 01:03:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pélican</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette distinction est non seulement un honneur personnel mais également une grande fierté pour l’ensemble des chefs de quartiers du District de Bamako. Elle traduit la reconnaissance nationale du rôle déterminant que jouent nos légitimités traditionnelles dans la consolidation de la cohésion sociale, le renforcement de la solidarité et la sauvegarde des valeurs culturelles de notre cher Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En parfaite harmonie avec la vision de Son Excellence le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, qui accorde une place de choix aux autorités coutumières et traditionnelles, cette désignation vient confirmer que le Mali peut toujours compter sur ses valeurs et sur ses garants sociaux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Puisse cette mission inspirer davantage d’initiatives pour l’unité, la paix et la solidarité entre tous les fils et filles du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Avec respect et considération,<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">El hadj Sinaly TRAORÉ<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Me AT Diarra : In Mémorian Maître Amidou Diabaté :  ‘’Un camarade courtois, un compagnon de causes et un adversaire sans animosité ‘’</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/me-at-diarra-in-memorian-maitre-amidou-diabate-un-camarade-courtois-un-compagnon-de-causes-et-un-adversaire-sans-animosite-3110304-3110304.html</link>
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<description><![CDATA[ Une vieille camaraderie politique. Tiéblé Dramé et Cheick O Sissoko ont pris mon attache en 80 à Dakar à la Gueule Tapée. ]]></description>
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<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 12:36:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>La mise en lien organisée entre VML et SVB devenus plus tard Fernënt et Sanfin. Jusqu'à la crise organisationnelle de Sanfin en 1986 Amidou et Doyen (sobriquet de AT DIARRA) se savaient mais sans contact physique. Rentrés au Mali nous avons fait connaissance avec lui, les camarades Konimba et le Professeur Yoro Diakité. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Son passage comme Ministre de la Justice par 2 fois a raffermi nos liens à travers la représentation de l'AMDH que j'assurais en tant que membre dès 1993 et membre du bureau en 1998. Bien évidemment on m'avait collé l'étiquette d'"Extrémiste-jusqu'auboutiste". C'est la vie ! Nous préparâmes les sessions de l'EID. Les positions de l'AMDH n'étaient pas les miennes mais plutôt d'instance. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 2003 la vie nous a imposé la défense de l'Ivoirien IB-Coulibaly. Mon implication dans ce dossier à risque était fondée sur mes amitiés et camaraderie avec le Dr Oumar Mariko, lui-même ami de Soro Guillaume, ce dernier à l'époque en tandem avec Alassane Dramane Ouattara et IB-Coulibaly. Maître Amidou m'a devancé d'une semaine au fait que j'ai accepté de voyager avec la femme de IB-Coulibaly (Kadiatou Keita) et ses garçons. Maître AD logeait vers Colonel Fabien et AT<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>DIARRA à Porte de la Chapelle chez Mme Méité. Elle accepta le risque après refus d'un autre ivoirien nanti à Paris qui prit peur ! Tombé malade sans raison clinique, Maître Amidou me rend visite. Tout étonné, je mis à sa disposition tous les ouvrages que j'ai payés pour ma plaidoirie. Heureux hasard ! Je recouvre partiellement ma forme et Maître Antoine Comte d'insister pour que je porte la Robe. Nous étions Maîtres Margulis Sorin, Antoine Comte, Amidou Diabaté et ATDIARRA. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">IB-Coulibaly est libéré ! La joie est immense! Nous sommes en conférence de presse devant la Prison de Fresnes. (JA l'intelligent No 2228•21-27 sept 2003 et des Photos de presse). Notre Confrère Antoine Comte demanda s'il y avait des conseils à donner à IB-Coulibaly. Je réagis pour conseiller à notre client que si son intention est de faire la politique qu'il crée un parti et préalablement s'inscrive en cours de management pendant son séjour en France. Son Parti « l'UNIR » crée à partir du Bénin est-il la leçon ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'ai dû couvrir toutes les Conférences essentielles de IB-Coulibaly au point qu'il m'invita en 2005 à Paris. En fait toute la bataille du MPCI (Mouvemt Patriotique de la Côte d’Ivoire) était dirigée contre le concept de "l'Ivoirité" que le Président Konan Bedié a fait théoriser par des universitaires ivoiriens avec lesquels nous avons discuté en 1999 et en 2000 à l'Hôtel IBIS sur invitation du Journaliste Ben Harouss sur « Les Transitions Africaines ». Nos collègues ivoiriens traitaient les Burkinabé et Maliens-nes de "Bétail électoral"! En fait c'était l'électorat du Président Alassane Dramane Ouattara. Je pense que Guillaume Soro et ADO ont lâché IB-Coulibaly, à cause de ses ambitions autonomistes. Sinon comment comprendre que IB rentre à Paris avec un Passeport de service burkinabé et se fait arrêter pour « Recrutement de mercenaires et tentatives de déstabilisation du Président Gbagbo à partir de la France ». IB était trop direct et la France a eu peur d'un Sankara-bis. Voilà !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Maître Amidou et ATDIARRA. Les 4200 paysans-nes C/ l'Office du Niger. Je m'occupais des<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>paysans-nes. Les motifs d'expropriations pour non-paiement de la redevance-eau cachaient mal l'éviction des petits producteurs des terres de l'ON. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'AFFAIRE des habitants de NTabacoro sur la Route de Ségou. Pour 325 ha visés par le décret de déclaration d'utilité publique, plus de 500 ha ont été expropriés ! Les décrets de déclaration d'utilité publique et d'expropriation ont été attaqués devant la Cour Suprême (Sect Adm) en 2009. La procédure a été volontairement bloquée jusqu'en 2012, où à la faveur de la loi d'origine parlementaire de circonstance, le régime d'application a changé. Nous avons succombé par suite de changement de législation provoquée !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">CHER CAMARADE, CHER MAÎTRE ET MON BEAU. PAIX À TON ÂME ! QUE FIRDAWS SOIT TA <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">DEMEURE !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ne pars pas trop loin, Amidou…<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Me Mountaga Tall</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>‘’Amidou Diabaté : un homme intègre, courageux, patriote, compétent et désintéressé’’</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les témoignages recueillis depuis le décès de Maître Amidou Diabaté soulignent de façon unanime ces qualités essentielles. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Que puis-je dire de plus ? Mais qui comprendrait que je ne dise rien même si, selon Sénèque, « les grandes douleurs sont muettes ».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je m'attacherai donc à évoquer la profonde confiance qui a marqué nos relations malgré les épreuves.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Revenons au début des années 1990.</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un jour, ma secrétaire, une professionnelle rigoureuse, outrepasse les consignes pour m'annoncer la visite d'un magistrat qui insistait pour me voir. Lorsqu'elle prononce le nom d'Amidou Diabaté, je me précipite pour le retrouver dans une salle d'attente bondée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notre entretien s'est prolongé plus d'une heure. Après des précautions oratoires et des hésitations, il m'a finalement questionné sur la nécessité de s'organiser contre le régime dictatorial en place.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">On se connaissait peu mais on se respectait beaucoup. Après les mêmes précautions de ma part, la confiance a fini par s’instaurer pour ne plus jamais s’estomper.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est ainsi que je lui ai présenté un document, dont je conserve encore le manuscrit jauni, qui deviendra plus tard, après correction et validation, le « Manifeste » du CNID-Association, texte fondateur de l’Association avec « l’Appel au Peuple malien ».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette confiance instinctivement instaurée, a survécu aux épreuves et aux aléas de la vie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En février 1991, contraint à la clandestinité, je me déplaçais chaque nuit pour discuter de la stratégie à mener avec deux camarades, dont Amidou, témoignant ainsi d'une confiance absolue en raison des risques considérables encourus.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Lorsque la répression s'est intensifiée en mars 1991, Amidou Diabaté a dû également rentrer en clandestinité. Dans la nuit du 26 mars 1991, c’est de chez mon jeune frère Cheick Oumar Tall dit Kara, qui, avec d’autres le protégeaient, qu’il s’est rendu, accompagné de celui-ci, à la Bourse du Travail, après l’annonce de l’arrestation du Général Moussa Traoré.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Après le 26 mars, je décide de ne pas siéger au CTSP (Comité de Transition pour le Salut du Peuple) lors de la mise en place de cet organe suprême de la Transition. Nous avons proposé à Amidou de siéger à ma place. Malgré ses efforts pour me convaincre de revenir sur ma décision, j'ai tenu bon. Or mon acceptation l’aurait empêché d’y siéger. Il a finalement accepté, non par ambition personnelle, mais par sens du devoir.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Ce même schéma s'est répété lors de l'entrée du CNID-FYT au gouvernement en 1994.</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour les 3 portefeuilles obtenus par le parti (Energie – Construction Urbanisme Logement et Justice), j’ai proposé le 1erVice-président Yoro Diakité, le Secrétaire Général Abdoulaye Diop et le Secrétaire politique Amidou Diabaté. Amidou, avec beaucoup d’autres insista encore pour que je rentre moi-même au gouvernement d’autant que nous avions obtenu que le chef de file de nos ministres soit ministre d’Etat et numéro 2 du Gouvernement. Or, mon acceptation l’aurait privé du portefeuille de la Justice que le parti lui destinait.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Même l'épisode du PARENA n'a pas altéré ces liens personnels basés sur la confiance et l'estime mutuelle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Lors de ma récente visite à Amidou à l'hôpital du Point G pendant sa maladie, nos larmes ont exprimé ce que les mots ne pouvaient pas dire. Nous nous sommes tenus longuement la main, sans savoir que c'étaient nos adieux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">À sa famille éplorée, au PARENA et particulièrement à PPR, j'adresse mes condoléances les plus sincères et attristées.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Repose en paix, vieux frère mais aussi confrère, ami, complice et compagnon !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tu as tant apporté !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Puisse ALLAH SWT t'accueillir parmi Ses Élus.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Amine !<o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Me AT Diarra : In Mémorian Maître Amidou Diabaté :  ‘’Un camarade courtois, un compagnon de causes et un adversaire sans animosité ‘’</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/me-at-diarra-in-memorian-maitre-amidou-diabate-un-camarade-courtois-un-compagnon-de-causes-et-un-adversaire-sans-animosite-3110303-3110303.html</link>
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<description><![CDATA[ Une vieille camaraderie politique. Tiéblé Dramé et Cheick O Sissoko ont pris mon attache en 80 à Dakar à la Gueule Tapée. ]]></description>
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<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 12:34:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>La mise en lien organisée entre VML et SVB devenus plus tard Fernënt et Sanfin. Jusqu'à la crise organisationnelle de Sanfin en 1986 Amidou et Doyen (sobriquet de AT DIARRA) se savaient mais sans contact physique. Rentrés au Mali nous avons fait connaissance avec lui, les camarades Konimba et le Professeur Yoro Diakité. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Son passage comme Ministre de la Justice par 2 fois a raffermi nos liens à travers la représentation de l'AMDH que j'assurais en tant que membre dès 1993 et membre du bureau en 1998. Bien évidemment on m'avait collé l'étiquette d'"Extrémiste-jusqu'auboutiste". C'est la vie ! Nous préparâmes les sessions de l'EID. Les positions de l'AMDH n'étaient pas les miennes mais plutôt d'instance. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 2003 la vie nous a imposé la défense de l'Ivoirien IB-Coulibaly. Mon implication dans ce dossier à risque était fondée sur mes amitiés et camaraderie avec le Dr Oumar Mariko, lui-même ami de Soro Guillaume, ce dernier à l'époque en tandem avec Alassane Dramane Ouattara et IB-Coulibaly. Maître Amidou m'a devancé d'une semaine au fait que j'ai accepté de voyager avec la femme de IB-Coulibaly (Kadiatou Keita) et ses garçons. Maître AD logeait vers Colonel Fabien et AT<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>DIARRA à Porte de la Chapelle chez Mme Méité. Elle accepta le risque après refus d'un autre ivoirien nanti à Paris qui prit peur ! Tombé malade sans raison clinique, Maître Amidou me rend visite. Tout étonné, je mis à sa disposition tous les ouvrages que j'ai payés pour ma plaidoirie. Heureux hasard ! Je recouvre partiellement ma forme et Maître Antoine Comte d'insister pour que je porte la Robe. Nous étions Maîtres Margulis Sorin, Antoine Comte, Amidou Diabaté et ATDIARRA. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">IB-Coulibaly est libéré ! La joie est immense! Nous sommes en conférence de presse devant la Prison de Fresnes. (JA l'intelligent No 2228•21-27 sept 2003 et des Photos de presse). Notre Confrère Antoine Comte demanda s'il y avait des conseils à donner à IB-Coulibaly. Je réagis pour conseiller à notre client que si son intention est de faire la politique qu'il crée un parti et préalablement s'inscrive en cours de management pendant son séjour en France. Son Parti « l'UNIR » crée à partir du Bénin est-il la leçon ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'ai dû couvrir toutes les Conférences essentielles de IB-Coulibaly au point qu'il m'invita en 2005 à Paris. En fait toute la bataille du MPCI (Mouvemt Patriotique de la Côte d’Ivoire) était dirigée contre le concept de "l'Ivoirité" que le Président Konan Bedié a fait théoriser par des universitaires ivoiriens avec lesquels nous avons discuté en 1999 et en 2000 à l'Hôtel IBIS sur invitation du Journaliste Ben Harouss sur « Les Transitions Africaines ». Nos collègues ivoiriens traitaient les Burkinabé et Maliens-nes de "Bétail électoral"! En fait c'était l'électorat du Président Alassane Dramane Ouattara. Je pense que Guillaume Soro et ADO ont lâché IB-Coulibaly, à cause de ses ambitions autonomistes. Sinon comment comprendre que IB rentre à Paris avec un Passeport de service burkinabé et se fait arrêter pour « Recrutement de mercenaires et tentatives de déstabilisation du Président Gbagbo à partir de la France ». IB était trop direct et la France a eu peur d'un Sankara-bis. Voilà !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Maître Amidou et ATDIARRA. Les 4200 paysans-nes C/ l'Office du Niger. Je m'occupais des<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>paysans-nes. Les motifs d'expropriations pour non-paiement de la redevance-eau cachaient mal l'éviction des petits producteurs des terres de l'ON. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'AFFAIRE des habitants de NTabacoro sur la Route de Ségou. Pour 325 ha visés par le décret de déclaration d'utilité publique, plus de 500 ha ont été expropriés ! Les décrets de déclaration d'utilité publique et d'expropriation ont été attaqués devant la Cour Suprême (Sect Adm) en 2009. La procédure a été volontairement bloquée jusqu'en 2012, où à la faveur de la loi d'origine parlementaire de circonstance, le régime d'application a changé. Nous avons succombé par suite de changement de législation provoquée !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">CHER CAMARADE, CHER MAÎTRE ET MON BEAU. PAIX À TON ÂME ! QUE FIRDAWS SOIT TA <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">DEMEURE !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ne pars pas trop loin, Amidou…<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Me Mountaga Tall</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>‘’Amidou Diabaté : un homme intègre, courageux, patriote, compétent et désintéressé’’</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les témoignages recueillis depuis le décès de Maître Amidou Diabaté soulignent de façon unanime ces qualités essentielles. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Que puis-je dire de plus ? Mais qui comprendrait que je ne dise rien même si, selon Sénèque, « les grandes douleurs sont muettes ».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je m'attacherai donc à évoquer la profonde confiance qui a marqué nos relations malgré les épreuves.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Revenons au début des années 1990.</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un jour, ma secrétaire, une professionnelle rigoureuse, outrepasse les consignes pour m'annoncer la visite d'un magistrat qui insistait pour me voir. Lorsqu'elle prononce le nom d'Amidou Diabaté, je me précipite pour le retrouver dans une salle d'attente bondée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notre entretien s'est prolongé plus d'une heure. Après des précautions oratoires et des hésitations, il m'a finalement questionné sur la nécessité de s'organiser contre le régime dictatorial en place.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">On se connaissait peu mais on se respectait beaucoup. Après les mêmes précautions de ma part, la confiance a fini par s’instaurer pour ne plus jamais s’estomper.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est ainsi que je lui ai présenté un document, dont je conserve encore le manuscrit jauni, qui deviendra plus tard, après correction et validation, le « Manifeste » du CNID-Association, texte fondateur de l’Association avec « l’Appel au Peuple malien ».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette confiance instinctivement instaurée, a survécu aux épreuves et aux aléas de la vie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En février 1991, contraint à la clandestinité, je me déplaçais chaque nuit pour discuter de la stratégie à mener avec deux camarades, dont Amidou, témoignant ainsi d'une confiance absolue en raison des risques considérables encourus.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Lorsque la répression s'est intensifiée en mars 1991, Amidou Diabaté a dû également rentrer en clandestinité. Dans la nuit du 26 mars 1991, c’est de chez mon jeune frère Cheick Oumar Tall dit Kara, qui, avec d’autres le protégeaient, qu’il s’est rendu, accompagné de celui-ci, à la Bourse du Travail, après l’annonce de l’arrestation du Général Moussa Traoré.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Après le 26 mars, je décide de ne pas siéger au CTSP (Comité de Transition pour le Salut du Peuple) lors de la mise en place de cet organe suprême de la Transition. Nous avons proposé à Amidou de siéger à ma place. Malgré ses efforts pour me convaincre de revenir sur ma décision, j'ai tenu bon. Or mon acceptation l’aurait empêché d’y siéger. Il a finalement accepté, non par ambition personnelle, mais par sens du devoir.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Ce même schéma s'est répété lors de l'entrée du CNID-FYT au gouvernement en 1994.</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour les 3 portefeuilles obtenus par le parti (Energie – Construction Urbanisme Logement et Justice), j’ai proposé le 1erVice-président Yoro Diakité, le Secrétaire Général Abdoulaye Diop et le Secrétaire politique Amidou Diabaté. Amidou, avec beaucoup d’autres insista encore pour que je rentre moi-même au gouvernement d’autant que nous avions obtenu que le chef de file de nos ministres soit ministre d’Etat et numéro 2 du Gouvernement. Or, mon acceptation l’aurait privé du portefeuille de la Justice que le parti lui destinait.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Même l'épisode du PARENA n'a pas altéré ces liens personnels basés sur la confiance et l'estime mutuelle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Lors de ma récente visite à Amidou à l'hôpital du Point G pendant sa maladie, nos larmes ont exprimé ce que les mots ne pouvaient pas dire. Nous nous sommes tenus longuement la main, sans savoir que c'étaient nos adieux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">À sa famille éplorée, au PARENA et particulièrement à PPR, j'adresse mes condoléances les plus sincères et attristées.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Repose en paix, vieux frère mais aussi confrère, ami, complice et compagnon !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tu as tant apporté !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Puisse ALLAH SWT t'accueillir parmi Ses Élus.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Amine !<o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Me AT Diarra : In Mémorian Maître Amidou Diabaté :  ‘’Un camarade courtois, un compagnon de causes et un adversaire sans animosité ‘’</title>
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<description><![CDATA[ Une vieille camaraderie politique. Tiéblé Dramé et Cheick O Sissoko ont pris mon attache en 80 à Dakar à la Gueule Tapée. ]]></description>
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<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 12:33:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>La mise en lien organisée entre VML et SVB devenus plus tard Fernënt et Sanfin. Jusqu'à la crise organisationnelle de Sanfin en 1986 Amidou et Doyen (sobriquet de AT DIARRA) se savaient mais sans contact physique. Rentrés au Mali nous avons fait connaissance avec lui, les camarades Konimba et le Professeur Yoro Diakité. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Son passage comme Ministre de la Justice par 2 fois a raffermi nos liens à travers la représentation de l'AMDH que j'assurais en tant que membre dès 1993 et membre du bureau en 1998. Bien évidemment on m'avait collé l'étiquette d'"Extrémiste-jusqu'auboutiste". C'est la vie ! Nous préparâmes les sessions de l'EID. Les positions de l'AMDH n'étaient pas les miennes mais plutôt d'instance. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 2003 la vie nous a imposé la défense de l'Ivoirien IB-Coulibaly. Mon implication dans ce dossier à risque était fondée sur mes amitiés et camaraderie avec le Dr Oumar Mariko, lui-même ami de Soro Guillaume, ce dernier à l'époque en tandem avec Alassane Dramane Ouattara et IB-Coulibaly. Maître Amidou m'a devancé d'une semaine au fait que j'ai accepté de voyager avec la femme de IB-Coulibaly (Kadiatou Keita) et ses garçons. Maître AD logeait vers Colonel Fabien et AT<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>DIARRA à Porte de la Chapelle chez Mme Méité. Elle accepta le risque après refus d'un autre ivoirien nanti à Paris qui prit peur ! Tombé malade sans raison clinique, Maître Amidou me rend visite. Tout étonné, je mis à sa disposition tous les ouvrages que j'ai payés pour ma plaidoirie. Heureux hasard ! Je recouvre partiellement ma forme et Maître Antoine Comte d'insister pour que je porte la Robe. Nous étions Maîtres Margulis Sorin, Antoine Comte, Amidou Diabaté et ATDIARRA. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">IB-Coulibaly est libéré ! La joie est immense! Nous sommes en conférence de presse devant la Prison de Fresnes. (JA l'intelligent No 2228•21-27 sept 2003 et des Photos de presse). Notre Confrère Antoine Comte demanda s'il y avait des conseils à donner à IB-Coulibaly. Je réagis pour conseiller à notre client que si son intention est de faire la politique qu'il crée un parti et préalablement s'inscrive en cours de management pendant son séjour en France. Son Parti « l'UNIR » crée à partir du Bénin est-il la leçon ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'ai dû couvrir toutes les Conférences essentielles de IB-Coulibaly au point qu'il m'invita en 2005 à Paris. En fait toute la bataille du MPCI (Mouvemt Patriotique de la Côte d’Ivoire) était dirigée contre le concept de "l'Ivoirité" que le Président Konan Bedié a fait théoriser par des universitaires ivoiriens avec lesquels nous avons discuté en 1999 et en 2000 à l'Hôtel IBIS sur invitation du Journaliste Ben Harouss sur « Les Transitions Africaines ». Nos collègues ivoiriens traitaient les Burkinabé et Maliens-nes de "Bétail électoral"! En fait c'était l'électorat du Président Alassane Dramane Ouattara. Je pense que Guillaume Soro et ADO ont lâché IB-Coulibaly, à cause de ses ambitions autonomistes. Sinon comment comprendre que IB rentre à Paris avec un Passeport de service burkinabé et se fait arrêter pour « Recrutement de mercenaires et tentatives de déstabilisation du Président Gbagbo à partir de la France ». IB était trop direct et la France a eu peur d'un Sankara-bis. Voilà !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Maître Amidou et ATDIARRA. Les 4200 paysans-nes C/ l'Office du Niger. Je m'occupais des<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>paysans-nes. Les motifs d'expropriations pour non-paiement de la redevance-eau cachaient mal l'éviction des petits producteurs des terres de l'ON. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'AFFAIRE des habitants de NTabacoro sur la Route de Ségou. Pour 325 ha visés par le décret de déclaration d'utilité publique, plus de 500 ha ont été expropriés ! Les décrets de déclaration d'utilité publique et d'expropriation ont été attaqués devant la Cour Suprême (Sect Adm) en 2009. La procédure a été volontairement bloquée jusqu'en 2012, où à la faveur de la loi d'origine parlementaire de circonstance, le régime d'application a changé. Nous avons succombé par suite de changement de législation provoquée !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">CHER CAMARADE, CHER MAÎTRE ET MON BEAU. PAIX À TON ÂME ! QUE FIRDAWS SOIT TA <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">DEMEURE !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ne pars pas trop loin, Amidou…<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Me Mountaga Tall</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>‘’Amidou Diabaté : un homme intègre, courageux, patriote, compétent et désintéressé’’</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les témoignages recueillis depuis le décès de Maître Amidou Diabaté soulignent de façon unanime ces qualités essentielles. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Que puis-je dire de plus ? Mais qui comprendrait que je ne dise rien même si, selon Sénèque, « les grandes douleurs sont muettes ».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je m'attacherai donc à évoquer la profonde confiance qui a marqué nos relations malgré les épreuves.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Revenons au début des années 1990.</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un jour, ma secrétaire, une professionnelle rigoureuse, outrepasse les consignes pour m'annoncer la visite d'un magistrat qui insistait pour me voir. Lorsqu'elle prononce le nom d'Amidou Diabaté, je me précipite pour le retrouver dans une salle d'attente bondée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notre entretien s'est prolongé plus d'une heure. Après des précautions oratoires et des hésitations, il m'a finalement questionné sur la nécessité de s'organiser contre le régime dictatorial en place.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">On se connaissait peu mais on se respectait beaucoup. Après les mêmes précautions de ma part, la confiance a fini par s’instaurer pour ne plus jamais s’estomper.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est ainsi que je lui ai présenté un document, dont je conserve encore le manuscrit jauni, qui deviendra plus tard, après correction et validation, le « Manifeste » du CNID-Association, texte fondateur de l’Association avec « l’Appel au Peuple malien ».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette confiance instinctivement instaurée, a survécu aux épreuves et aux aléas de la vie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En février 1991, contraint à la clandestinité, je me déplaçais chaque nuit pour discuter de la stratégie à mener avec deux camarades, dont Amidou, témoignant ainsi d'une confiance absolue en raison des risques considérables encourus.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Lorsque la répression s'est intensifiée en mars 1991, Amidou Diabaté a dû également rentrer en clandestinité. Dans la nuit du 26 mars 1991, c’est de chez mon jeune frère Cheick Oumar Tall dit Kara, qui, avec d’autres le protégeaient, qu’il s’est rendu, accompagné de celui-ci, à la Bourse du Travail, après l’annonce de l’arrestation du Général Moussa Traoré.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Après le 26 mars, je décide de ne pas siéger au CTSP (Comité de Transition pour le Salut du Peuple) lors de la mise en place de cet organe suprême de la Transition. Nous avons proposé à Amidou de siéger à ma place. Malgré ses efforts pour me convaincre de revenir sur ma décision, j'ai tenu bon. Or mon acceptation l’aurait empêché d’y siéger. Il a finalement accepté, non par ambition personnelle, mais par sens du devoir.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Ce même schéma s'est répété lors de l'entrée du CNID-FYT au gouvernement en 1994.</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour les 3 portefeuilles obtenus par le parti (Energie – Construction Urbanisme Logement et Justice), j’ai proposé le 1erVice-président Yoro Diakité, le Secrétaire Général Abdoulaye Diop et le Secrétaire politique Amidou Diabaté. Amidou, avec beaucoup d’autres insista encore pour que je rentre moi-même au gouvernement d’autant que nous avions obtenu que le chef de file de nos ministres soit ministre d’Etat et numéro 2 du Gouvernement. Or, mon acceptation l’aurait privé du portefeuille de la Justice que le parti lui destinait.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Même l'épisode du PARENA n'a pas altéré ces liens personnels basés sur la confiance et l'estime mutuelle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Lors de ma récente visite à Amidou à l'hôpital du Point G pendant sa maladie, nos larmes ont exprimé ce que les mots ne pouvaient pas dire. Nous nous sommes tenus longuement la main, sans savoir que c'étaient nos adieux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">À sa famille éplorée, au PARENA et particulièrement à PPR, j'adresse mes condoléances les plus sincères et attristées.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Repose en paix, vieux frère mais aussi confrère, ami, complice et compagnon !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tu as tant apporté !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Puisse ALLAH SWT t'accueillir parmi Ses Élus.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Amine !<o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Loutana : Lorsque l’orgueil fit tomber Fantoni, il y a 135 ans</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/loutana-lorsque-lorgueil-fit-tomber-fantoni-il-y-a-135-ans-3110261.html</link>
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<description><![CDATA[ Il est des batailles qui ne se limitent pas aux lances et aux murailles. Certaines, comme celle de Loutana en 1890, opposant deux royaumes frères – Loutana et Kénédougou – nous parlent encore aujourd’hui. ]]></description>
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<pubDate>Wed, 15 Oct 2025 08:29:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Elles nous enseignent que la grandeur d’un dirigeant ne se mesure pas seulement à la force de ses guerriers, mais à la sagesse de ses décisions.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En ce mois de juin 1890, Tièba Traoré, Roi de Kénédougou, mobilise un millier d’hommes, ses meilleurs généraux, et fait venir un renfort conduit par son frère Babemba accompagné du capitaine français Quinquandon. En face, à Loutana, le Roi Fantoni Traoré se tient fièrement derrière ses murailles, entouré de quelques centaines de guerriers prêts à mourir plutôt qu’à céder.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 21 juin, Tièba assiège Loutana. Le 29, il lance l’assaut. Trois jours de combats acharnés s’ensuivent. Résultat : un échec sanglant, 80 morts, 584 blessés, Tièba lui-même touché, son griot Djéli Mori blessé au front. L’offensive se transforme en blocus. Il ne s’agit plus de vaincre par l’épée, mais par la faim.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C’est alors que survient le moment décisif de toute guerre : l’instant où la parole pourrait remplacer le fer. Quinquandon propose la négociation. Mais Fantoni, gonflé de certitude et persuadé de l’arrivée prochaine de son allié, le Roi de Kinian, refuse.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Erreur fatale<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Car « le temps politique n’est pas celui des tambours ». La famine étouffe la cité. Le secours de Kinian arrive trop tard et tombe dans une embuscade tendue par Babemba et Quinquandon. Le dernier espoir est balayé. Acculé, Fantoni se rend. Mais l’histoire ne lui offrira ni pardon, ni traités : le 16 septembre 1890, il est exécuté, et Loutana est mise à sac.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette guerre fratricide n’est pas qu’un souvenir. Elle est un miroir tendu à toute nation, à tout dirigeant, à tout peuple. Que nous dit-elle ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">1. Il y a un temps pour combattre… et un temps pour négocier<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Fantoni a su défendre, mais il n’a pas su négocier à temps. La bravoure sans lucidité devient ruine. Le chef n’est pas seulement celui qui combat ; il est aussi celui qui sait sauver son peuple avant qu’il ne soit trop tard.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">2. L’orgueil d’un homme peut devenir la tragédie d’un peuple<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Par peur d’humilier sa couronne, Fantoni a sacrifié des vies. Gouverner, c’est parfois choisir la paix quand bien même elle coûte l’orgueil personnel.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">3. Aucun secours n’est certain s’il n’est pas préparé<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le secours promis par Kinian fut illusoire. Il n’est pire stratégie que d’attendre le salut d’autrui. Un peuple doit fonder sa survie sur sa propre sagesse, non sur les promesses extérieures.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’Histoire ne juge pas : elle avertit. Loutana n’est pas un simple épisode de bravoure. C’est un avertissement politique : À ceux qui croient que la force suffit, elle rappelle le pouvoir du dialogue. À ceux qui se fient aux alliances, elle rappelle l’urgence de l’autonomie. À ceux qui gouvernent, elle enseigne que la vraie victoire est celle qui épargne les innocents. L’histoire ne doit pas être récitée : elle doit être méditée. Les héros du passé ne nous lèguent pas des erreurs à répéter, mais des leçons à comprendre.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Loutana, 1890</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quand deux frères se font la guerre, c’est toujours le peuple qui meurt. Et quand un roi refuse d’écouter la voix de la raison, l’Histoire finit par le parler à sa place.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Source des faits historiques : livre de l'historien Soumaïla Sanoko, Le Royaume du Kénédougou 1825-1898<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. Mahamadou Konaté<o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Polémique autour des propos d’Abdoulaye Diop sur Modibo Keïta : le ministre s’explique</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/polemique-autour-des-propos-dabdoulaye-diop-sur-modibo-keita-le-ministre-sexplique-3110241.html</link>
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<description><![CDATA[ Les propos du ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, tenus à Lomé lors du Peace and Security Forum, continuent de susciter de vives réactions au Mali. ]]></description>
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<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 11:46:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En voulant encourager la jeunesse africaine à s’impliquer davantage dans la gouvernance, le chef de la diplomatie malienne a provoqué une polémique autour de la figure historique du président Modibo Keïta, père de l’indépendance du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Samedi dernier à Lomé, Abdoulaye Diop a exhorté les jeunes à « avoir confiance en eux et à ne pas rester en marge de la gouvernance de leur pays ». Dans son intervention, il a cité l’exemple des dirigeants africains de l’indépendance :<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">« Ce n’est pas nouveau. Quand nous regardions notre ancien président Modibo Keïta, quand il est arrivé au pouvoir, à l’indépendance, il avait à peine 33 ans. Et la plupart des dirigeants des indépendances étaient dans la trentaine ou moins. (…) Nous, les qualités que nous avons aujourd’hui, ils ne les avaient pas. Modibo Keïta était un instituteur, il n’a pas été préparé à diriger un pays. Nous, nous avons cette expérience. »<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ces déclarations ont été jugées « réductrices » par plusieurs admirateurs et partisans du premier président du Mali. Certains internautes ont dénoncé une «méconnaissance historique», rappelant que Modibo Keïta était âgé de 45 ans au moment de l’indépendance, et non 33 ans. D’autres ont partagé des extraits de sa biographie pour souligner son parcours d’enseignant, de syndicaliste et de militant panafricaniste chevronné avant son accession au pouvoir.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sur les réseaux sociaux, les réactions se sont multipliées, oscillant entre indignation, ironie et défense du ministre. Tandis que certains y voient une maladresse de communication, d’autres estiment que les propos traduisent un manque de respect envers l’héritage du président Modibo Keïta.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Face à la controverse, Abdoulaye Diop a publié ce mardi 14 octobre un message d’apaisement sur ses comptes officiels :<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">« Je lis avec beaucoup d’attention les réactions suscitées par mes propos à Lomé Peace and Security Forum. Je tiens à rappeler mon profond respect pour le président Modibo Keïta, figure emblématique de notre indépendance et modèle d’intégrité, d’engagement patriotique et de clairvoyance. (…) Mon intention n’était nullement de diminuer son héritage, mais de magnifier le modèle de réussite qu’il représente. »<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le ministre a ajouté que Modibo Keïta reste pour lui «une source d’inspiration constante dans la défense de la souveraineté et de la dignité du Mali ».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette mise au point a permis de calmer certaines critiques.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>D’autres estiment que le parcours de président Modibo Keita doit être enseigné en lieu et place la leçon sur « la Révolution française de 1789 » supprimée des programmes scalaires par une décision du ministre de l’Education nationale, le 9 octobre 2025.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mamadou TOGOLA/maliweb.net<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Célébration du 65 eme anniversaire de l’indépendance du Mali : Table ronde sur les idéaux du père de l’indépendance du Mali, Modibo Keita, dans la construction de l’unité Africaine</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/celebration-du-65-eme-anniversaire-de-lindependance-du-mali-table-ronde-sur-les-ideaux-du-pere-de-lindependance-du-mali-modibo-keita-dans-la-construction-de-lunite-africaine-3109382.html</link>
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<description><![CDATA[ Quels enjeux pour la consolidation de l’AES ? ]]></description>
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<pubDate>Fri, 19 Sep 2025 01:59:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En marge des festivités de la célébration du 65 ème anniversaire de l’indépendance du Mali, le Mémorial Mémorial Modibo KEÏTA a organisé ce jeudi 18 septembre 2025, une une table-ronde sur les thèmes : « idéaux du père de l’indépendance du Mali, Modibo Keita, dans la construction de l’unité Africaine : Quels enjeux pour la consolidation de l’AES ?» et « Rôle de la jeunesse dans la construction de l’AES fondé sur les idéaux des leaders historiques , père de l’indépendance en Afrique » La cérémonie d’ouverture était présidée par le Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme M. Mamou DAFFE. Elle a enregistré la présence du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de Recherche Scientifique M. Bouréma KANSAYE ainsi que de nombreuses personnalités politiques, culturelles et historiens.<span style="mso-spacerun: yes;">   </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les deux thématiques ont été développées par des conférenciers chevronnés notamment M. Diadié Yacouba Dagnoko, ancien ministre, M. Daouda Nama Tékété, journaliste et écrivain, M. Modibo Diallo, Historien, Mohamed Salikènè Coulibaly, ancien Ministre et Dr. Abakary Touré, Enseignant Chercheur. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette table ronde visait à pérenniser la mémoire des luttes héroïques d'hier menées par les peuples africains pour leur libération et l’unité africaine, sous la conduite de leurs leaders historiques, en lien avec l’histoire contemporaine de la Confédération des États du Sahel (AES).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans son exposé dont le thème était « La Construction de l'Unité Africaine quels idéaux du Père de l'indépendance du Mali, Modibo Keita. Enjeux pour la consolidation de l’AES, le journaliste écrivain Daouda TEKETE dira qu’il faut donc aujourd'hui, en Afrique, des personnalités intègres et compétentes, capables d'assumer ces missions. En l'absence de tout contrôle efficace, on ne peut, en réalité, compter que sur la qualité des hommes, leur formation solide, leur éthique personnelle. Il s'agit d'hommes qui, par leur mode de vie, par les actes qu'ils posent ou ont posé au quotidien contribuent à aider les masses populaires africaines à assumer leur destin et à quitter cette vie d'humiliation, d'appauvrissement, de doute et d'incertitude qu'elles n'ont pas choisie et qui ne caractérise ni leur audace, ni leur rêve, ni leur espoir, ni ceux de leurs martyrs,<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>En effet, ces doutes et incertitudes n'existent ni dans la teneur des déclarations d'indépendance, ni dans les hymnes et les devises des Etats africains…Modibo Keita a été un des militants africains qui a joué un rôle primordial dans le combat contre le colonialisme sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions. Il avait une vision progressiste, un attachement viscéral à l'indépendance, à la justice sociale, à l'unité africaine et à la paix véritable dans le monde. Les idées et l'action de Modibo Keita restent d'une très grande actualité. Ses luttes, les efforts qu'il a consentis pour son peuple, son énergie inépuisable, son prestige et ses qualités humaines en font aujourd'hui une source d'inspiration pour tout patriote Malien, pour tout Africain luttant pour le progrès du continent, pour toute personne qui œuvre pour l'émancipation l'épanouissement de l'humanité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Modibo Keita : le panafricaniste inflexible<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour le journaliste Daouda TEKETE, Modibo Keïta, premier président du Mali indépendant, fut bien plus qu'un chef d'État : instituteur de formation, socialiste convaincu et panafricaniste inflexible, il rêva d'un continent debout et maître de son destin. Son parcours incarne à la fois la promesse et la fracture de l'Afrique post-coloniale. L'indépendance du Mali, proclamée en 1960, avait été un moment de grâce. Le Soudan français devenait République, les drapeaux coloniaux cédaient la place à l'espérance verte et or, et Modibo Keïta en portait le souffle. Il croyait, avec une foi inébranlable, que l'Afrique pouvait se tenir debout, socialiste sans Moscou, panafricaine sans naïveté, fier sans arrogance. Modibo Keïta fut à la fois le poing levé d'un peuple en marche, et l'illustration tragique de ce que devient un rêve quand il se heurte aux murs d'une réalité postcoloniale d'un continent, d'une promesse jamais tout à fait tenue. Ce n'est pas seulement l'histoire d'un homme que nous retraçons ici. C'est celle d'un pays, Modibo Keita est né et a grandi dans un Soudan français quadrillé par l'administration<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 1937 déjà, avec le Voltaïque Ouezzin Coulibaly, il avait jeté les bases du premier syndicat des enseignants d'Afrique-Occidentale française. La plume, le verbe, la salle de classe : tout est arme pour Modibo. Il n'a pas encore pris un seul fusil, mais dans les salons coloniaux, son nom circule déjà comme un avertissement. En 1946, la guerre est finie, mais le vent du changement souffle. Modibo Keïta devient l'un des fondateurs de l'Union soudanaise et adhère immédiatement au Rassemblement Démocratique Africain (RDA), le grand mouvement interterritorial voulu par Félix Houphouët-Boigny. Mais Keïta, dès le départ, rêve plus grand, plus radical. L'Afrique ne peut pas simplement négocier ses chaînes ; elle doit les briser. Cette même année, il est arrêté, brièvement interné par les autorités françaises. Il en sort plus convaincu que jamais : les réformes sont des leurres, seul le départ du colon redonnera sens à l'histoire africaine. Modibo Keïta entre alors en politique non pas comme un ambitieux mais comme un engagé pour le changement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Construire un pays dans les cendres de l'Empire<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En croire, le journaliste écrivain Daouda Teteke, le 20 septembre 1960, au palais de Koulouba, les drapeaux français glissent lentement du mât. Deux jours plus tard, le Soudan français devient officiellement la République du Mali. Modibo Keïta, costume sobre, regard intense, proclame l'indépendance sans détour, sans condition, sans nostalgie. Mais dans l'ombre de cette célébration, un deuil silencieux s'installe. Quelques semaines plutôt, la Fédération du Mali (projet panafricain qu'il portait aux côtés de Léopold Sédar Senghor) s'effondre. Le Sénégal claque la porte. Les rêves d'un État unifié d'Afrique de l’Ouest s’éloignent. Cette rupture marque un tournant. Modibo s'engage à bâtir un Mali au service de l'un africain. Il ne tergiverse pas. Le Mali devient un État socialiste adapté aux réalités africaines. Les fondements économiques de la politique de décolonisation de 1960 à 1968<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le régime instauré par MODIBO KEITA au Mali avait su créer chez les maliens la confiance en soi, le sens de l'honneur et de la dignité. Dans tous les domaines de la vie économique, sociale et culturelle, ceux sont les maliens qui étaient à l'avant-garde du combat émancipateur du peuple. Les sociétés et entreprises d'état avaient toutes été réalisées, essentiellement à partir de ressources internes. Grace à la mobilisation des populations, à travers les" investissements humains", de nombreuses infrastructures ont été réalisées. IL s'agit, entre autres, des écoles de villages et de quartiers (300 salles de classes construites er 6 (six) ans par les populations elles-mêmes), des dispensaires et infirmeries de village, de campements nomades, des puits, routes non goudronnées, petits barrages, ponts sur la rivière magasins de ravitaillement ouverts dans les villes, villages ainsi que dans les plus petits postes militaires pour les populations nomades. Il faut signaler que les locaux abritant actuellement l’administration du Haut Conseil des Collectivités à Bamako ont été pour l'essentiel construits par ''investissement humain" sous le régime de Modibo Keita.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notamment, la Régie des Transports Routiers du MALL, la Régie Nationale des Chemins de fer. Pour désenclaver le pays sur les plans intérieur et extérieur, des structures ont été créées du Mali, la Compagnie Malienne de Navigation, les Transports Urbains de Bamako, la Compagnie AIR-MALI. La création de ces structures s'est accompagnée de la réalisation de nombreuses infrastructures dont 1600km de routes goudronnées, des milliers de kms de pistes rurales, des ponts. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'éducation nationale a été transformée pour l'adapter à la réalité et à l'intérêt national. II s'agissait de mettre en place un enseignement de masse et de qualité qui décolonise les esprits et réhabilite l'homme africain. Le taux de scolarisation qui était le plus bas de l'ancienne AOF (7% en 1960 alors qu'il était de 20% pour la Cote d'Ivoire et le Sénégal) va grimper en flèche pour atteindre 29% en 1966.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">LA QUÊTE DE L'UNITÉ AFRICAINE<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">« Nos objectifs : réalisation de l'unité et de l'indépendance africaines, construction de grande nation africaine fière de sa liberté et de sa prospérité, qui permettra <span style="mso-spacerun: yes;"> </span><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>la culture négro-africaine » disait Modibo Keïta selon les explications de M Tekete. Modibo Keïta et l'US-RDA avaient un souci : la balkanisation de l'Afrique. Pour eux, il faut faire l'unité africaine et former ainsi une grande entité face à l'Europe impérial l'Amérique capitaliste du RDA en 1957, Modibo reçu les congressistes venus des par le souffle libérateur de la fin de la guerre exhalent de reprendre pied pour nous frustrer des pays de l'AOF (Afrique-Occidentale française) en ces termes: C'est à Bamako, au cœur des libertés chèrement acquises préconise une indépendance dans une union confédérale d'États souverains réunis autour des thèses fédéralistes de Modibo était partagées par le leader nigérien Djibo Bakary qui la France, Modibo Keita appellera à voter OUT lors du référendum de 1958, au nom de acquis avec notre large participation a l'unité africaine.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mémoire d'un homme, mémoire d'une nation : Quelles leçons à tirer ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour Tekete , en 1991, le vent tourne. Le régime de Moussa Traoré s'effondre sous le poids de son propre autoritarisme et des mobilisations populaires. L'horizon politique s'ouvre enfin. Alpha Oumar historien de premiers gestes symboliques : réhabiliter Modibo Keïta. Ce n'est pas simplement un acte politique ; c'est un devoir de mémoire. Le nom de Modibo Keïta est rendu à des espaces publics : Aéroport, Stade, les lycées reprennent son visage, autrefois effacé. En 1999, on inaugure le Mémorial Modibo Keïta à Bamako. Mais une réhabilitation officielle ne suffit pas à refermer les plaies. Modibo reste le père de la nation, l'instituteur devenu chef d'État, intègre, visionnaire, incorruptible. Et puis, il y a tous ceux (nombreux) qui savent très peu ou pas de la vie et de l'œuvre de l'homme. Les jeunes générations le croisent sur les anciens billets de banque, dans les pages des manuels, mais rarement dans une conversation vivante. Son histoire est là, mais elle dort, comme figée derrière une vitre. Elle mérite d'être enseignée dans nos institutions scolaires et universitaires. Modibo Keïta n'a jamais eu la gloire posthume d'un Thomas Sankara, ni la reconnaissance internationale d'un Nelson Mandela. Il reste dans une zone floue de la mémoire panafricaine, comme si son rêve avait été trop tôt éteint, trop tôt compromis. Et pourtant, ses intuitions résonnent encore. L'idée d'une zone de libre-échange en Afrique et d'une monnaie africaine indépendante, aujourd'hui relancée dans les débats sur le franc CFA, étaient au cœur de son combat. La notion d'un État social africain, capable de rompre avec la logique néolibérale sans tomber dans la caricature, reste d'une actualité brûlante. Même son panafricanisme, si souvent moqué ou trahi, retrouve aujourd'hui une forme de légitimité, face aux désillusions de la globalisation et à la résurgence des nationalismes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mais il manque une chose essentielle : la parole. Modibo Keïta parlait. beaucoup. forts. avec feu. Il croyait au pouvoir du mot, à la densité du discours politique. Ce n'est pas un hasard si ses discours n'ont jamais été réédités, ni traduits. L'effacement ne s'est pas arrêté à sa mort : il a continué, par négligence, par peur ou par habitude. On peut imaginer, presque sourire, à ce que Modibo penserait du Mali contemporain. Un pays où les coups d'État se succèdent comme des saisons, où l'armée devient la gardienne de la souveraineté, où l'on parle encore d'indépendance sans toujours définir de qui, de quoi et comment l'on veut s'affranchir.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Bokoum Abdoul Momin/maliweb.net<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 16.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Seconde guerre mondiale, 80 ans : Le monde toujours en guerre</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/seconde-guerre-mondiale-80-ans-le-monde-toujours-en-guerre-3108265.html</link>
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<description><![CDATA[ Le 2 septembre 1945, le Japon capitulait face aux Alliés, mettant officiellement fin à la Seconde guerre mondiale. Ce jour-là, l’humanité espérait tourner la page d’un conflit qui avait coûté la vie à plus de 50 millions de personnes. ]]></description>
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<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 01:42:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Dans la foulée, les Nations unies voyaient le jour, porteuses d’un idéal : instaurer un ordre mondial fondé sur la paix, la coopération et la souveraineté des peuples. Mais 80 ans plus tard, cette promesse semble s’éloigner.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Loin d’un apaisement global, le XXIe siècle s’est ouvert sur une prolifération de conflits inter et intracommunautaires : guerres civiles, affrontements ethniques, insurrections armées, et violences transfrontalières. Du Moyen-Orient à l’Afrique centrale, de l’Ukraine à la Birmanie, les foyers de tension se multiplient, nourris par des rivalités géopolitiques, des injustices historiques et des fractures sociales non résolues.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au Sahel, la lutte contre le terrorisme a justifié une décennie d’interventions militaires occidentales, notamment françaises, à travers les opérations Serval et Barkhane. Pourtant, malgré les moyens déployés, les groupes djihadistes se sont enracinés, les États se sont fragilisés, et les populations locales ont payé le prix fort.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Selon les statistiques, en 2023, les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 443 milliards de dollars, soit plus de 6,6 milliards de dollars par jour.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A en croire les mêmes statistiques, les États-Unis ont dépensé 916 milliards de dollars à eux seuls, la Chine a investi 296 milliards de dollars dans son armée, la Russie, en pleine guerre en Ukraine, a consacré 109 milliards de dollars à sa défense.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Face à ces chiffres vertigineux, les fonds alloués au maintien de la paix paraissent dérisoires. Le budget approuvé des opérations de paix des Nations unies pour l’exercice 2021–2022 s’élevait à 6,38 milliards de dollars, soit moins de 0,3 % des dépenses militaires mondiales.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ce budget finance 12 missions de paix à travers le monde, dont plusieurs en Afrique (Mali, RDC, Soudan du Sud), et couvre les salaires, la logistique, le transport et les technologies nécessaires à la protection des civils et à la stabilisation des zones de conflit.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Depuis la fin de la guerre froide en 1991, avec la dislocation de l’Union soviétique, les puissances occidentales ont multiplié les interventions militaires sous des motifs variés : protection des civils, lutte contre le terrorisme ou défense d’intérêts stratégiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’Irak (2003), la Libye (2011), la Syrie, et même le Nicaragua dans les années 1980, ont vu leurs régimes renversés ou affaiblis par des coalitions internationales, souvent sans mandat clair des Nations unies. Ces interventions, bien que parfois justifiées par des violations des droits humains ou des menaces sécuritaires, ont souvent laissé derrière elles des États en ruines, des sociétés fragmentées et des ressentiments durables.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La question d’une troisième guerre mondiale peut sembler alarmiste, mais elle n’est plus taboue. Des scénarios militaires évoquent une escalade possible entre l’Otan et la Russie, sur fond de guerre en Ukraine, Les États-Unis et la Chine, autour de Taïwan, les États-Unis, la Corée du Nord et l’Iran, autour de l’arme nucléaire ou encore les deux Corées, dont la tension reste vive.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La militarisation de l’intelligence artificielle, de l’espace et des technologies autonomes ajoute une couche d’incertitude à ce paysage déjà instable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pourtant, une guerre mondiale n’est pas une fatalité. Elle peut être évitée par une diplomatie multilatérale renforcée, qui dépasse les logiques de blocs, une réforme des institutions internationales, pour mieux représenter les pays du Sud et un une mobilisation citoyenne mondiale, pour exiger des dirigeants qu’ils privilégient la paix à la puissance.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 2 septembre 1945 devait être un point final. Il est devenu une virgule dans une histoire toujours en mouvement. <o:p></o:p></span></p>
<p><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-fareast-theme-font: minor-latin; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: EN-US; mso-bidi-language: AR-SA;">Commémorer la fin de la Seconde Guerre mondiale, c’est aussi interroger notre présent pourquoi, malgré les leçons du passé, continuons-nous à reproduire les mêmes erreurs ? Et surtout, que pouvons-nous faire, collectivement, pour que le XXIe siècle ne soit pas celui d’une nouvelle conflagration </span></p>]]> </content:encoded>
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<title>Le Guatemala considère l&amp;apos;initiative d&amp;apos;autonomie comme &amp;quot;l&amp;apos;unique base sérieuse, crédible et réaliste pour la résolution du différend&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-guatemala-considere-linitiative-dautonomie-comme-lunique-base-serieuse-credible-et-realiste-pour-la-resolution-du-differend-3106950.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 04 Jul 2025 21:59:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La République du Guatemala a affirmé, jeudi 03 juillet 2025, que l'initiative d’autonomie, présentée par le Maroc en 2007, est "l'unique base sérieuse, crédible et réaliste pour progresser vers un accord durable pour un règlement définitif de ce conflit artificiel, dans le plein respect de l'intégrité territoriale du Royaume et de sa souveraineté nationale".<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette position a été exprimée par le ministre des Relations extérieures de la République du Guatemala, Carlos Ramiro Martinez Alvarado, lors d’un point de presse à l'issue de sa rencontre, à Rabat, avec le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le chef de la diplomatie guatémaltèque a également fait part de l’appui total de son pays aux efforts déployés par le Royaume du Maroc pour parvenir à une solution politique, réaliste, pragmatique, durable et mutuellement acceptable à ce différend régional.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Royaume du Maroc et la République du Guatemala ont aussi souligné leur attachement à la sacralité des principes de souveraineté et d'intégrité territoriale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il y a lieu de rappeler que la République du Guatemala est le premier pays d'Amérique Latine à avoir ouvert un Consulat Général dans la ville de Dakhla, en décembre 2022.<o:p></o:p></span></p>
<p><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-fareast-theme-font: minor-latin; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: EN-US; mso-bidi-language: AR-SA;">maghress.com/</span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le Malheur s&amp;apos;abat sur Sarkozy, Blaise et Abdel Aziz : Justice divine</title>
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<description><![CDATA[ En 2012, le Mali sombrait dans une crise sans précédent : coup d’État, rébellion touarègue, et montée du djihadisme. ]]></description>
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<pubDate>Mon, 26 May 2025 02:07:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au cœur de cette tempête, trois hommes, Nicolas Sarkozy, Mohamed Ould Abdel Aziz et Blaise Compaoré. Ce trio a orchestré une déstabilisation aux conséquences dramatiques du Mali. Aujourd’hui, la justice s'abat sur eux. Ces figures autrefois puissantes sont rattrapées par ce que certaines interprètent comme de la «justice divine».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Mali, carrefour de décisions lointaines et d'influences régionales, a vu son destin profondément marqué par les actions de déstabilisation de trois figures majeures : Nicolas Sarkozy, Blaise Compaoré et Mohamed Ould Abdel Aziz. Leurs parcours individuels, désormais entachés de condamnations et d'accusations, résonnent aujourd'hui avec l'instabilité persistante qui a frappé le Mali et l'ensemble du Sahel. Il est crucial de repenser leur impact non comme une série d'événements isolés, mais comme une toile complexe où les décisions de chacun ont contribué, directement ou indirectement, à façonner le présent tumultueux de notre pays. L'Ombre portée sur le Mali par ces trois ex-dirigeants de la France, du Burkina Faso et de la Mauritanie n'est plus mise en doute.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd’hui, la justice de leur pays -moins scélérate qu'on le pensait - a livré sa sentence leur concernant. À première vue, c'est le Mali qui en sort grandi sur tous les plans en ayant réussi à faire enterrer leurs intentions criminelles et leurs entreprises machiavéliques. Pour dire : "kolon juggu yiri bé kari a yéré kono". Effet boomerang ou justice divine, l'essentiel est que nous nous en sortions indemnes de leur plan commandité de destruction de l'État malien et de fragilisation de sa stabilité. Leurs condamnations respectives et les accusations qui pèsent sur eux résonnent en échos aux opérations militaires de reconquête territoriale menées par les FAMa et les forces armées conjointes de la Confédération AES.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Nicolas Sarkozy : l'Ouragan libyen et ses répercussions sahéliennes</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'ancien président français, Nicolas Sarkozy, est aujourd'hui rattrapé par une série de condamnations en France pour corruption, trafic d'influence, et financement illégal de campagne. Nicolas Sarkozy cumule ainsi les revers judiciaires. En 2021, il est condamné à 3 ans de prison (dont 1 ferme) pour corruption dans l’«affaire des écoutes». En 2023, la peine confirmée en appel, avec obligation de porter un bracelet électronique. En 2024 il bénéficie d'une libération conditionnelle, mais toujours sous surveillance. Cette année 2025, il fait l'objet d'un nouveau procès pour soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007. Mis en examen, le parquet dans sa réquisition a demandé 7 ans de prison en mars dernier.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La chute de Mouammar Kadhafi a libéré un flux incontrôlable d'armes et de combattants lourdement armés vers le nord du Mali. Ce retour a exacerbé les tensions latentes, contribuant directement à l'éclatement de la rébellion de 2012 et à l'implantation durable des groupes djihadistes.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’ancien président français Nicolas Sarkozy a ainsi joué un rôle central dans la déstabilisation du Mali, motivé par des tensions personnelles avec le Président Amadou Toumani Touré (ATT). Leur relation s’est envenimée autour de trois dossiers clés : le refus d’ATT d’accueillir une base militaire française à Sévaré, son opposition aux accords migratoires proposés par Paris, et surtout son soutien au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, malgré les pressions de Sarkozy. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Après la chute de Kadhafi en 2011, des combattants lourdement armés ont afflué vers le Nord du Mali, déclenchant une rébellion soutenue par le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad). Selon des sources crédibles, Sarkozy aurait confié à ses alliés Mohamed Ould Abdel Aziz<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>de la Mauritanie et Blaise Compaoré du Burkina Faso la mission d’apporter aide et assistance à cette nouvelle rébellion au Nord du Mali et de fragiliser le pouvoir d’ATT. Conséquence : le coup d’État du 22 mars 2012.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Blaise Compaoré : le médiateur à la réputation sulfureuse</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Âgé aujourd’hui de 70 ans, Blaise Compaoré, après sa chute, a fui vers la Côte d’Ivoire. Il a été condamné par contumace à la prison à perpétuité pour son rôle dans l'assassinat du Président Thomas Sankara en 1987. Avec son ancien chef de la sécurité Hyacinthe Kafando qui a également été condamné à la prison à vie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Blaise a été le parrain et le mentor des rebelles et terroristes. Actuellement, il vit en exil, reclus, à Abidjan. Fort malade, il est aujourd’hui devenu méconnaissable et grabataire. Un état de déclin physique et moral qui en dit long sur le sort de l’homme autrefois surnommé «le parrain du Sahel». Son mandat d’arrêt international pour l’assassinat de Sankara le prive de tout retour au pays.<span style="mso-spacerun: yes;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"></span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'ancien président du Burkina Faso avait transformé son pays en base arrière du MNLA. Blaise Compaoré a été un médiateur ambiguë de la Cedeao dans le conflit au Mali jusqu'à son départ du pouvoir en 2014. Son influence sur les groupes armés lui a permis d'instrumentaliser les chefs rebelles touaregs du nord du Mali, facilitant leur retour au Mali après la chute de Kadhafi en Libye, ce qui aurait contribué à la déstabilisation de la région. En effet, sous sa présidence, la longue frontière entre le Burkina Faso et le Mali était rendu perméable, permettant des mouvements transfrontaliers de groupes armés et de trafics. Blaise Compaoré hébergeait les chefs rebelles à Ouagadougou, conseillait leurs stratégies, et permettait le transit d’armes vers le septentrion malien. Son bras droit, Gilbert Diendéré, aurait même participé à des opérations d’exfiltration de combattants blessés, violant l’espace aérien malien. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Mohamed Ould Abdel Aziz : la lutte ambivalente et les doutes persistants</strong><o:p></o:p></span></p>
<p><img src="https://www.maliweb.net/uploads/images/202505/image_870x_68333dc0ab460.jpg" alt=""></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd’hui, l’ancien président mauritanien est poursuivi pour corruption, blanchiment d’argent, et détournement de biens publics. Surnommée «l’affaire de la décennie», cette procédure judiciaire sans précédent a été suivie de près tant sur le plan national qu’international. Elle concerne la période où Mohamed Ould Abdel Aziz était au pouvoir, entre 2009 et 2019, et s’inscrit dans un vaste dossier de lutte contre la corruption. Le ministère public avait requis 20 ans de réclusion et la confiscation des biens présumés acquis illégalement. La Cour d’appel l'a finalement condamné, le mercredi 14 mai 2025, à 15 ans de prison ferme, alourdissant ainsi la peine de 5 ans prononcée en première instance en décembre 2023. Le verdict, lu par le président de la chambre criminelle de la Cour d’appel de Nouakchott, reconnaît Mohamed Ould Abdel Aziz, coupable d’abus d’influence, mauvaise utilisation de fonction et dissimulation de revenus criminels.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si la Mauritanie sous sa direction a été un allié des terroristes, certains analystes ont pointé du doigt une approche parfois douteuse voire une complicité avec des réseaux terroristes qui ont provoqué l'instabilité au Mali et dans le Sahel.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’implication de Mohamed Ould Abdel Aziz dans le financement du Mnla pèse lourd dans son dossier, symbolisant sa déchéance politique. L'ancien président mauritanien, Abdel Aziz a en effet fourni un soutien logistique et financier au MNLA depuis Nouakchott. Son régime a hébergé la branche politique du mouvement rebelle, facilitant des réunions secrètes et acheminant des fonds. Il aurait également collaboré avec des groupes djihadistes comme Ansar Dine, dirigé par Iyad Ag Ghali, pour amplifier le chaos au Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La Rédaction<o:p></o:p></span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong></strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Un passé lourd de conséquences</strong> <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les parcours de Nicolas Sarkozy, Blaise Compaoré et Mohamed Ould Abdel Aziz, marqués par des condamnations et des accusations, se rejoignent dans leurs répercussions profondes sur le Mali. Leurs actions, qu'il s'agisse de décisions internationales aux conséquences non maîtrisées, de médiations sujettes à caution ou de politiques régionales aux effets ambivalents, ont contribué, directement ou indirectement, à façonner le destin tragique du Mali depuis 2012. L'instabilité persistante du pays, les souffrances de sa population, les milliers de morts et les centaines de milliers de déplacés, ainsi que les défis sécuritaires majeurs, sont autant d'échos des choix et des responsabilités engendrés par ces figures politiques de premier plan. La montée des groupes djihadistes, l'affaiblissement de l'État et l'instabilité régionale persistante, avec des répercussions jusqu'au Burkina Faso et au Niger, sont des conséquences directes de cette période tumultueuse. Le sentiment que la "justice divine" les rattrape aujourd'hui témoigne de la douleur et du désir de rédemption ressentis par de nombreux Maliens face à un passé lourd de conséquences.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ces situations mettent en lumière l'interconnexion complexe des dynamiques régionales et internationales, où les décisions politiques de chaque acteur peuvent avoir des répercussions profondes et durables sur la stabilité d'un pays comme le Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Et voici le Mausolée Sankara !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/et-voici-le-mausolee-sankara-3105293.html</link>
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<description><![CDATA[ Le Burkina Faso a inauguré le 17 mai 2025, le Mausolée du Président Thomas Sankara et de ses douze compagnons assassinés le 15 octobre 1987 à Ouagadougou. ]]></description>
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<pubDate>Thu, 22 May 2025 13:12:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour cette marque de reconnaissance à l’endroit d’un panafricain de son rang, le peuple burkinabé s’est mobilisé autour des autorités nationales. Plusieurs délégations sont venues de l’extérieur, pour rendre hommage à ce grand révolutionnaire qui perdu la vie pour que l’Afrique soit libre. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour le président de la transition burkinabé,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>c’est la première phase d’un projet au nom de Sankara, dont la réalisation est prévue sur plus de 14 hectares. Il comprendra un Musée, une Place de martyrs, une Ecole politique et des infrastructures culturelles.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 17 mai 2025 pour certains représente le symbole du refus de la domination impérialiste, du néocolonialisme et de leurs avatars que sont la guerre et le terrorisme. Des rues ont été baptisées aux noms de chacun de ses douze compagnons tombés avec lui. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Perspectives sahéliennes : Du Liptako à Sankara, la mémoire collective préservée</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/perspectives-saheliennes-du-liptako-a-sankara-la-memoire-collective-preservee-3105184.html</link>
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<description><![CDATA[ Birago Diop l&#039;a dit : «Les morts ne sont pas morts.» Une vérité que l&#039;histoire africaine ne cesse d&#039;illustrer. Modibo Keïta, père de l&#039;indépendance malienne, arrêté et emprisonné, a rendu son dernier souffle en détention le 16 mai 1977. Pourtant, son nom et son héritage restent vivaces, inscrits dans les rues, les stades et les monuments dédiés à sa mémoire. ]]></description>
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<pubDate>Tue, 20 May 2025 10:30:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p>Il en va de même pour Thomas Sankara, ce Président du Faso foudroyé par les balles de ceux qui craignaient la révolution qu'il incarnait. Assassi n é le 15 octobre 1987, il avait cependant eu le temps d'ensemencer un changement de mentalité, non seulement chez la jeunesse burkinabè, mais aussi au sein d'une large frange des masses africaines en quête d'émancipation. </p>
<p>Aujourd'hui encore, son combat résonne à travers les générations qui refusent l'asservissement et revendiquent une Afrique souveraine, bâtie sur ses propres forces. C'est pourquoi l'inauguration du Mausolée Thomas Sankara, le samedi 17 mai dernier au Conseil de l'Entente - lieu même de s on assassinat avec douze de ses compagnons - rev êt une dimension historique majeure. Le Premier ministre burkinabè, accompagné de ses homologues sénégalais et tchadien, ainsi que des délégations de l'Alliance des États du Sahel (AES), a scellé cet hommage dans le marbre, affirmant ainsi la pérennité de la mémoire des héros de la souveraineté africaine. </p>
<p>Comme l' a si justement exprimé le Chef du gouvernement burkinabè : « Ce mausolée est aussi le témoignage d'une intégrité persécutée mais toujours vivace. Il est le sceau indélébile de la reconnaissance d'un peuple en lutte, la matérialisation d'une mémoire vive dont la résilience face à l'usure du temps est inébranlable.»  Ce sanctuaire n'est pas qu'un hommage. C'est un appel. Un espace où le souvenir devient réflexion , l'éducation inspire l'action, et où le passé éclaire les combats d'aujourd'hui. </p>
<p>LA MÉMOIRE : CLÉ DE LA SOUVERAINETÉ  SAH ÉLIENNE. Ces actes forts nous invitent à méditer sur la pensée de l'historien tchèque Milan Hubl concernant la mémoire : « La première étape pour liquider un peuple est d'effacer sa mémoire. Détruisez ses livres, sa culture, son histoire. Puis, faites éc rire de nouveaux livres, fabriquez une nouvelle culture, inventez une nouvelle histoire. Bientôt, cette nation commencea à oublier ce qu'elle est et ce qu'elle a été…» </p>
<p>C'est cette menace de l'oubli contre laquelle l'AES se dresse aujourd'hui, détermine à reconstruire une «Afrique souveraine et prospère». Toute œuvre durable devra impérativement passer par la réhabilitation de la mémoire collective - elle que des décennies, voire des siècles de colonisation ont tenté d'effacer. </p>
<p>L'impulsion mémorielle est désormais une réalité. Bamako en est un exemple parlant : le 25 décembre 2024, la capitale malienne a inaugurée «la Place de l'AES», et plusieurs avenues et rues ont été rebaptisées en hommage aux figures de la lutte nationale, remplaçant les noms d'anci ens serviteurs du r</p>
<p>régime colonial. Deux mois plus tôt, Niamey lui emboîtait le pas avec la création de « la Place Liptako-Gourma », véritable symbole de solidarité et de souveraineté partagée entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso. </p>
<p>Ce choix est d' une pertinence stratégique, à un moment où de puissants intérêts étrangers expérimentent depuis des décennies d'affaiblir l'influence du Liptako-Gourma - une région cruciale pour le développement endogène et la sécurisation des générations futures. En exploitant la crise sécuritaire du Sahel, certaines forces ont cherché à éclipser cette identité commune au profit du concept artificiel de la «zone des trois frontières», une dénomination introduite entre 2017 et 2019 pour fragmenter l'unité sahélienne et diluer l'emprise étatique sur cette région stratégique. </p>
<p>LIPTAKO-GOURMA : Un H ÉRITAGE À  P ÉSERVER . Face à ces tentatives de falsification, la mémoire sahélienne doit être protégée. Le « Liptako », espace historique du Burkina Faso, s'étend à l'ouest du Niger et à 268 km au nord-est de Ouagadougou. Il inclut Dori et ses alentours, et puise son nom dans l</p>
<p><strong>'Histoire de l'émirat fondée en 1810 par Ibrahim Sayfu. </strong></p>
<p>Le «Gourma», lui, est un terme qui traverse les trois pays. Il signifie «la rive droite du fleuve Niger» en songh aï . Au Mali, il délimite une vaste zone stratégique incluant le Cercle de Gourma-Rharous. Au Burkina, il donne son nom à la province du Gourma, dont la ville phare est Fada N'Gourma, où vit le peuple Gourmantché. Au Niger, son empreinte persiste également. </p>
<p>Ces éléments intangibles de notre mémoire collective sahélienne sont des repères essentiels. Ils sont les piliers d'une résistance nécessaire face aux entreprises de falsification. Car c'est bien la mémoire qui nourrit les révolutions, celles qui transforment la condition de l' homme et tracent la voie d'un avenir souverain. </p>
<p><strong>Alassane Souleymane</strong></p>]]> </content:encoded>
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<title>Le 26 mars, ATT et la démocratie</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-26-mars-att-et-la-democratie-3101443.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 03 Apr 2025 09:33:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alternance</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Nous sommes le 26 Mars. Une Lapalissade me diraient certains. Il se trouve que j’aime certaines Lapalissades, et le 26 Mars est de celles-ci. Donc je répète, nous sommes le 26 Mars. Vous voyez comme moi que c’est une date qui se suffit à elle seule; pas besoin de lui accoler une année, genre le 26 Mars 1991, parce que ça va de soi, parce que ça coule de source (ce n’est pas comme certaines dates qui ne tiennent pas la comparaison parce qu’il faudrait les chercher à la lampe torche à midi pile). Le 26 Mars a été l’œuvre d’hommes et de femmes, et de jeunes, et d’enfants, et de vieillards, qui se sont retrouvés à écrire l’Histoire, sans s’en rendre compte, à l’insu de leur plein gré comme dirait l’autre. Qu’ils en soient remerciés, aussi bien les morts que les victimes encore pantelantes de cette épopée. Le 26 Mars est l’aboutissement de décennies de luttes clandestines, de luttes souterraines sur fond d’incertitudes passagères et de convictions bien trempées. Mais un homme plus que tous les autres à son nom intimement lié à cette date, il s’agit de ATT (tout comme le 26 Mars, le nom de ATT se suffit à lui seul). Vous remarquerez que je ne dis pas feu ATT parce que pour moi, il vit dans toutes les œuvres qu’il a bâties et qui profitent à tous aujourd’hui y compris jusqu’à ceux qui baignent dans une sorte de nihilisme.

Nous sommes le 26 Mars. Et je vais rendre hommage à ATT, ATT le kankékentigui. Jusqu’aux premières heures du 26 Mars où les Maliens ont mis un visage sur son nom que toutes les ondes des radios charriaient, il était presqu’inconnu au bataillon si je puis me permettre. Quelques rares responsables du Mouvement démocratique l’avaient côtoyé dans d’’autres circonstances et un cercle encore plus restreint avait travaillé avec lui pour mettre fin aux tueries et à la dictature. Sinon le reste des Maliens, pour tout le grand reste des Maliens, il était un parfait inconnu. Par son style inimitable (il plaisantait avec tout le monde même si ses têtes de turc préférés étaient les Sissoko, les Coulibaly, les Kéita et les Maiga). Il s’est vite fait adopter par l’ensemble des Maliens principalement par ses amis les enfants.

ATT était d’une très grande humilité. Il était d’une grande accessibilité. Il était peuple et ça plaisait aux Maliens qui venaient de sortir de l’enfer. Mais il était surtout le kankelentigui. Il était l’homme de parole. Il était l’homme de serment. Malgré le fait que le pays était un vaste chantier de ruines après les 26 Mars, engagement a été pris de faire une très courte Transition, tellement courte qu’elle devait à peine se tenir en 9 mois. Il faut reconnaître que la confiance avec les militaires n’était pas totalement de mise (quand c’est un bœuf rouge qui a écorné ton père, dès que tu aperçois quelque de rouge, tu détales). Les civils du Mouvement démocratique gardaient toujours en mémoire la trahison des putschistes de 1968 qui, non seulement avaient confisqué le  pouvoir mais en plus, de libérateurs étaient devenus de vrais criminels. Les 9 mois ne suffisant pas, il a fallu ajouter 5 mois supplémentaires avec toujours ces propos répétés à chaque occasion : « je suis pressé de partir » déclarait ATT, sûr de lui, sûr de ses convictions (Mitterrand dirait : garder la nuque raide sur ses convictions). Il ne s’est pas laissé tenter par certaines personnes qui lui disaient de rester, de ne pas se presser; ces personnes hantent encore les coulisses du pouvoir et les couloirs des palais. Le 8 juin 1992, le monde entier a accouru pour venir assister à passation de pouvoir ATT et Alpha. Le monde entier a accouru pour venir voir et toucher presque ce militaire qui tient parole et qui s’en retourne à ses casernes. Le monde entier a accouru pour voir comment dans ce pays pauvre qu’est le Mali on donnait sens à la parole donnée, comment on respectait la parole donnée et tourner dos au pouvoir. Champion des boutades, ATT disait qu’il fallait être fou pour vouloir diriger le Mali. Au journaliste qui lui tendait le micro à la sortie de l’isoloir en 1992, ATT a déclaré avoir voté pour le candidat qu’il aimait le moins. Et je ne peux m’empêcher d’ajouter une de ses concevions : « le militaire qui voudrait faire de la politique doit enlever ses tenues d’abord ». Cette conviction vaut encore de nos jours, en tout cas c’est ce que je crois parce que nous sommes plus que jamais à l’ère du verba volant (les paroles s’envolent surtout quand on ne veut pas les respecter).

ATT a aimé le Mali. Il a propulsé le pays dans le cercle des pays qui vivent l’alternance. Il a prouvé qu’un militaire pouvait prendre le pouvoir et respecter son serment de ne pas rester . Il a démontré qu’on pouvait tenir un homme par sa langue au moyen de sa parole donnée. Ce faisant, il a créé des problèmes à tous les putschistes africains à qui les journalistes posaient inlassablement la même question : allez-vous faire comme ATT. Les putschistes africains de ces dernières années jouent avec leur serment, avec leur parole donnée. J’écoutais hier le président gabonais Brice Oligui Nguema qui est candidat à l’élection présidentielle. Le journaliste lui a rappelé sa promesse de remettre le pouvoir aux civils. « Oui, j’ai dit que je leur remettrai le pouvoir mais je n’ai jamais dit que je ne serai pas candidat. J’étais militaire maintenant je suis civil parce que je me suis déshabillé » a-t-il répondu le plus innocemment possible. Fastoche. Même un caméléon pâlirait de jalousie devant une telle facilité de changer de couleur. Deux précautions valant mieux qu’une , il a fait éliminer tous les potentiels candidats qui pouvaient lui pourrir la compétition. Il faut être gabonais, de père gabonais lui-même de père gabonais (un candidat a été recalé parce qu’il n’a pas pu produire l’acte de naissance de son grand-père). Même condition pour la mère. Il faut avoir une épouse gabonaise, de père gabonais et de grand père gabonais. Il faut n’avoir jamais mis les pieds hors du pays durant ces 3 dernières années. Résultats des courses, le militaire se retrouve civil et en compétition avec des gens que personne ne connaît. Le plus triste dans l’histoire, le plus pathétique c’est de voir les hommes politiques, démocrates sincères et convaincus mettre à sa dispositions des plateformes électorales, l’encensant, déclarant qu’il est l’homme providentiel que le Gabon attendait. Et lui il est tellement sûr de son coup…d’état qu’il a fixé la date de ses élections au 12 avril. Mais le bougre gabonais n’est pas le seul dans ce cas, où renier sa parole semble être un sport intéressant. En Guinée, Doumbouya qui s’est fait bombardé Général fait tout pour rester au pouvoir au lieu de respecter son engagement à organiser des élections et regagner les casernes. Il suscite des associations l’implorant de se porter candidat. Lui aussi n’y est pas allé de mains morte. Ceux qu’il n’a pas pu trucider ou qu’il n’a pu mettre dans ses prisons ont tous fui le pays. Il est à la phase de dissolution et de suspension des partis politiques. Le seul objectif est de disposer d’un boulevard devant lui. Les pays de l’AES eux, c’est un autre level. La volonté de garder le pouvoir est plus que manifeste malgré les déclarations de bonnes intentions et les prestations de serment à répétition. Comme dirait l’autre, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Au Mali où on a connu ATT on ne peut imaginer pareil reniement.

Je vais dire de choses pour terminer sur les militaires qui ont opéré des coups d’états. Primo, ils sont tous très proches de ceux qu’ils ont renversés soit comme aide de camp, soit comme unité spéciale créée par leurs victimes (un ami vient de souffler à mon oreille en me disant qu’ils ont tellement côtoyé le pouvoir et les bonnes choses qui y sont liées qu’ils ont cédé à la tentation). Secundo, ils n’aiment pas trop les journalistes et tous ceux qui pensent différemment. En Guinée, on en met en prisons à tour de bras quand ils ne disparaissent pas tout simplement. Au Niger, c’est la Maison de la presse qu’ils ont commencé par fermer avant d’ouvrir la chasse aux journalistes. Au Burkina, ils viennent de dissoudre l’association des journalistes non sans avoir réussi la prouesse d’obtenir chez nous la  fermeture de Joliba TV et surtout de remplir les geôles de journalistes ou à les envoyer au front, ils ne sont pas les seuls d’ailleurs. Au Mali, la chape de plomb est telle qu’on observe une sorte d’autocensure florissante.

Je prends un adage bien de chez nous pour expliquer que les misères survenues à la démocratie chez nous et ailleurs sont des misères que nous avons cherchées ou achetées pour parler terre-à-terre. « Do bè Nya la, do bè Nya tchèlakaw la » pour dire que rien n’est totalement blanc ou totalement noir, ou que dans une dispute, les torts sont partagés. Les accidents de parcours dont nos démocraties ont été victimes, les braquages auxquels nous avons assistés prouvent seulement que le processus est long. Et cela me renvoie à une déclaration de feu IBK du temps où il était Premier ministre et qu’il était obligé de ferrailler, tous les jours, avec les manifestants presqu’en étant lui-même sur les barricades. « La démocratie n’est pas un feu de stop où on vient, on s’arrête et c’est fini » disait-il. Au contraire, c’est un processus de tous les jours. Et me vient à l’esprit cette autre citation dont je ne me rappelle plus l’auteur : « la démocratie est comme un jardin anglais, planté 1000 ans et arrosé tous les jours ». Oui, la démocratie est une fleur dont il faut prendre soin. Sans exagérer, je pense pouvoir dire que de par notre pratique démocratique, de par nos pratiques quotidiennes nous avons préparé le lit de certaines dérives et dresser un boulevard (le boulevard de l’indépendance) pour les adeptes des changements anticonstitutionnels et violents. Nous avons pensé que les majorités politiques obtenues par des bricolages représentaient tout le peuple. Erreur. Erreur qui nous a été fatale chaque fois qu’il y a eu un soubresaut ou une secousse. Que ce soit le coup d’état contre ATT survenu alors qu’il était à un mois de la fin de son second mandat ; ce soit le coup d’état contre IBK deux ans après avoir commencé son second mandat; personne n’est sorti pour s’opposer aux putschistes. Il est vrai que le capitaine Sanogo a été renvoyé dans sa caserne grâce à la pugnacité de la communauté internationale qui lui a imposé le respect de la Constitution. Dans les deux cas, et dans d’autres situations qui n’ont pas abouti à des ruptures, on s’est rendu à l’évidence, les majorités politiques ne coïncident pas avec les majorités sociologiques.

Notre démocratie a produit et encouragé des pratiques que personne ne pensait possibles. Je prends juste l’exemple des maires et de la prédation sur le foncier. Je ne les frapperai pas tous du même bâton mais pour l’écrasante majorité d’entre eux, ils se sont livrés à la vente à ciel ouvert des terres, en spoliant souvent les propriétaires authentiques. Au nom de la majorité politique à laquelle ils appartenaient, ils étaient intouchables, ils étaient impunis, ils se permettaient tout, ils osaient tout. Je pourrais ajouter le fait que les ressources humaines appelées souvent à gérer les affaires de l’Etat ne brillaient pas forcément par leurs compétences. Au contraire, certains cadres étaient non seulement incompétents mais ils pouvaient être d’une arrogance hors norme. Nous nous disions que rien ne pouvait nous arriver. On se comportait comme le cavalier qui était tellement sûr de lui qu’il se permettait de s’asseoir sur les naseaux de son cheval. Il m’arrive souvent de rappeler cette mise en garde de feu Mamadou Lamine Traoré. « Camarades disait-il, rien n’est irréversible y compris notre démocratie ». L’histoire lui a donné raison au moins à trois reprises.

[caption id="attachment_2846823" align="alignright" width="300"]<a href="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2019/11/Tiegoum-Boubeye-Maiga.jpg"><img class="size-medium wp-image-2846823" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2019/11/Tiegoum-Boubeye-Maiga-300x206.jpg" alt="Tiègoum Boubèye Maïga" width="300" height="206" /></a> Tiègoum Boubèye Maïga[/caption]

Après la première guerre mondiale qui a vu l’Europe complètement par terre et dévastée, son industrie saccagée, ses populations meurtries et sans repère, l’auteur français Paul Valéry eut cette terrible phrase: « Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ». Et c’est avec plaisir que je le paraphrase : « Nous autres démocraties, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ».

<strong>Tiégoum Boubèye MAÏGA, Journaliste</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Le 26 mars survivra à toutes les tentatives de sa décapitation :  Et la Démocratie triomphera !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-26-mars-survivra-a-toutes-les-tentatives-de-sa-decapitation-et-la-democratie-triomphera-2-3101447.html</link>
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<pubDate>Wed, 02 Apr 2025 14:44:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alternance</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>C’est après des années de lutte patriotique, dans une parfaite symbiose et une communion entre le vaillant  peuple malien et son armée que le régime dictatorial du Général Moussa Traoré a été défait un 26 mars 1991. Cette date est sans nul doute le début de la résurrection du peuple malien, de la prise en main de son destin et surtout celle de la marche vers la démocratie scandée et souhaitée par l’ensemble du peuple malien. Plus de trente ans après cette grande prouesse les ennemis de la démocratie sont toujours à pied d’œuvre avec le machiavélique dessein de l’enterrer à jamais, mais comme pour paraphraser le premier Président du Mali indépendant Modibo Keita, à propos du 22 septembre, la date du 26 Mars aussi continuera à résonner comme un gong sur la conscience de tous ceux qui œuvrent à la destruction de la démocratie. Ni coups d’Etat, encore moins une campagne de déconstruction et de diabolisation ne parviendront jamais à arriver à bout de la démocratie car elle a comme fondement le sang et l’âme des milliers de martyrs  maliens qui ont cru en elle. Pourquoi tant de haine contre le 26 Mars 1991 ? Les hommes et les femmes qui ont cru et qui croient toujours en la démocratie ont-ils capitulé face à cette campagne de démolition de la date glorieuse qu’est le 26 Mars ?  </em></strong>

La défense de la patrie passe indéniablement par la défense de la démocratie, la seule alternative crédible pour la construction d’un Etat moderne. Plus de trente ans après l’aboutissement de la lutte héroïque des patriotes avec  l’instauration de la démocratie, les apprentis sorciers ou encore les nostalgiques d’un passé rétrograde  ne cessent de la vilipender et de la dénigrer en lui faisant porter le chapeau de tous les malheurs du pays. Si l’honnêteté intellectuelle nous oblige à reconnaitre que le bilan des 30 ans de pratique démocratique est loin d’être rose, il est même souvent noir par endroits, mais nul ne doit remettre en cause ce modèle de gouvernance, le seul d’ailleurs qui met au cœur de la gestion de la RESPUBLIKA le peuple. Certains hommes et femmes ont incontestablement failli à leurs missions, mais leurs comportements ne sauraient remettre en cause la démocratie qui est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Nous ne devons pas perdre de vue cette définition, même si elle est galvaudée par certains. Nous devrons tous nous convaincre qu’il n y a pas d’alternative à la démocratie et le 26 Mars  est le début de la longue marche vers le progrès en dépit des écueils et autres obstacles qui se dresseront devant lui. Cette date est déjà écrite en lettres d’or au fronton de la République et elle est l’une des plus belles pages de l’histoire moderne du Mali et que ni coups d’Etat encore moins tentatives de dénigrement et de déconstruction  ne sauraient l’effacer.

<strong><em>Pourquoi tant de haine contre le 26 Mars 1991 ?</em></strong>

Pour rappel la première tentative pour démolir  la démocratie a été le stupide coup d’Etat perpétré par des officiers subalternes de l’armée sous la houlette du Capitaine Amadou Haya Sanogo, un 22 mars 2012. Les auteurs de cet ignoble  coup d’Etat pour convaincre une frange importante du peuple, surtout celle qui est analphabète, ont dû mener une campagne d’intoxication, de dénigrement et même de diabolisation contre les dirigeants avec en toile de fonds la remise en cause de la démocratie. Ils ont pourtant eu des oreilles attentives y compris celles d’hommes politiques véreux, incapables de briguer le suffrage du peuple et qui pensaient trouver une occasion idoine d’obtenir par le biais du coup d’Etat ce qu’ils ne pourraient jamais obtenir par la voie des urnes. Ces hommes politiques véreux par la gouvernance chaotique desquels le pays était sur le point de s’effondrer n’ont trouvé d’autres solutions que d’aller se cacher derrière des militaires sans formation politique encore moins idéologique. En effet,  Le hic est que les raisons qui ont poussé les militaires à s’emparer du pouvoir se sont plutôt empirées au fil du temps : La corruption, le népotisme, le clientélisme, l’insécurité, bref la mauvaise gouvernance et j’en passe ! Jamais le Mali n’a été la risée du monde qu’après le coup d’Etat du Capitaine Amadou Haya Sanogo. En pourparlers à Ouagadougou, les cadres politiques se sont  donnés  en spectacle au Burkina Faso. Comme si cela ne suffisait pas, ce sont les militaires qui se livraient à cœur joie à un pillage sans discernement de l’administration en la dépouillant de tous les outils et matériels de travail. Ce coup d’Etat a été le facteur déclencheur de la marche à reculons du Mali. Il a été le début de la campagne de déconstruction de la démocratie, car 8 ans après cette forfaiture un autre groupe de militaires récidive en s’accaparant du pouvoir avec cette fois-ci la complicité d’une frange importante de la classe politique et de la société civile. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la démocratie a été encore la cible toute trouvée. Ils lui ont fait encore porter le chapeau de la descente aux enfers du pays. A chaque crise on remet en cause la démocratie et on tente d’enterrer le 26 Mars 1991. C’est le cas après le dernier coup d’Etat, celui perpétré par cinq colonels avec la complicité active de certains ténors du Mouvement démocratique. Ces derniers perdant tout espoir de promotion ont fait le choix du raccourci en allant s’accoquiner avec certains militaires pour renverser un régime démocratiquement élu, ouvrant ainsi la boite de pandore et posant une équation à mille inconnues.

<strong><em>Les hommes et les femmes qui ont cru et qui croient toujours en la démocratie ont-ils capitulé face à cette campagne de démolition de la date fatidique qu’est le 26 Mars ?  </em></strong>

Si les détracteurs du Mouvement démocratique ont contribué à déconstruire cette belle bâtisse qu’est la démocratie, il n’en demeure pas moins que certains acteurs du 26 Mars ont également leur grande part de responsabilité dans l’affaiblissement, voire l’affaissement de la démocratie. En plus de leur complicité à toute épreuve, ils ont également été à la base de l’inimitié, voire du rejet du peuple, car  l’espoir que son avènement avait suscité a été  déçu. Les vertus qui doivent  caractériser la démocratie comme la bonne gouvernance n’ont été au rendez-vous  laissant la place à la corruption à ciel ouvert, au népotisme, à l’affairisme à outrance et surtout à la culture de la médiocrité. Les acteurs du Mouvement démocratique ont donné de l’élan à leurs détracteurs, quand ils ont accepté de s’accoquiner avec les auteurs des coups d’Etat soit en les cautionnant par leur silence soit en se faisant   complices. La conviction semble laisser place à l’opportunisme et les idéaux du 26 Mars sont enterrés sur l’autel de la recherche des strapontins et autres prébendes.  Quelle génération pour ressusciter l’espoir et pour honorer la mémoire des martyrs qui ont donné leur sang pour que le Mali et les Maliens puissent être heureux.

En définitive, malmenée, torturée, vouée aux gémonies, la démocratie résistera tant que sa fondation restera encore et toujours solide, tant que des hommes et des femmes continueront à croire en ses vertus, tant qu’elle restera la seule alternative crédible mettant au centre de la gouvernance le peuple.

<strong>Youssouf Sissoko </strong>

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<title>Alpha Oumar Konare et Amadou Toumani Touré  Les deux pères de la démocratie malienne</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/alpha-oumar-konare-et-amadou-toumani-toure-les-deux-peres-de-la-democratie-malienne-3101438.html</link>
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<pubDate>Wed, 02 Apr 2025 14:20:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alternance</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Amadou Toumani Touré et Alpha Oumar Konaré qu’on les aime ou qu’on les déteste, sont les deux figures qui incarnent le plus la démocratie. L’histoire retiendra que ces deux personnalités de par les rôles qui ont été les leurs dans l’avènement de la démocratie et de son ancrage, sont indéniablement des   symboles pour ne pas dire les pères fondateurs de la démocratie malienne. Le premier, à savoir ATT, pour avoir libéré le vaillant peuple du joug de la dictature militaire du Général Moussa Traoré, un certain 26 Mars 1991, passe pour être le précurseur de ce qui sera la démocratie plus tard. C’est ATT et ses frères d’armes qui ont mis fin au face à face macabre entre le Peuple et le dictateur après deux décennies de lutte pour la démocratie, les libertés  et le bien-être. Le second, à savoir AOK, pour avoir été le premier président démocratiquement élu en 1992 passe pour être celui qui, après le soubassement, a posé le jalon de sa construction et de sa consolidation. Leurs noms resteront gravés en lettres d’or dans les annales de l’histoire moderne de notre pays. Si le bilan de leurs  gouvernances respectives  peut  être sujet à débats, personne ne peut leur disputer, par contre, la paternité de la démocratie au Mali tant leurs actes ont contribué à l’avènement et à l’ancrage de la démocratie.  ATT, en officier d’honneur, respectant son serment a transmis pacifiquement le pouvoir à un civil, en l’occurrence AOK,  après des élections transparentes, crédibles et démocratiques. Ce dernier à son tour a remis le flambeau à son successeur après ses deux mandats constitutionnels,  réalisant ainsi l’une des premières alternances pacifiques dans la sous-région. Comment 34 ans après l’avènement de la démocratie, le Mali va-t-il encore connaitre deux coups d’Etat ? Les régimes militaires issus des deux coups d’Etat ont-ils fait mieux que les régimes civils et démocratiques qui les ont précédés ?  </em></strong>

On ne cessera jamais de rappeler que c’est au prix du sang, des larmes et de la sueur du peuple malien que la démocratie a vu le jour. Ainsi c’est dans une grande euphorie et dans l’espoir d’un pays prospère où les libertés sont garanties,  que les maliens se sont mobilisés pour lutter contre le régime dictatorial du Général Moussa Traoré. C’est le 26 Mars 1991, après plus de deux décennies de combat patriotique que le peuple est arrivé à bout de la tyrannie. Les Maliens sont sortis tôt ce petit matin du 26 mars 1991 pour non seulement témoigner leur solidarité, mais aussi  saluer les vaillants et patriotiques soldats du peuple, qui par leur action salvatrice et responsable, ont arrêté le bain de sang et donné au peuple sa liberté, en mettant hors d’état de nuire le Président sanguinaire. C’est ce jour que le grand public a découvert le  visage moins familier qui est celui du lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, à la tête du Conseil National pour le salut du peuple, CNSP. Le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, accompagné de ses frères d’armes et de quelques figures emblématiques du Mouvement démocratique ont été longuement ovationnés par une foule en liesse et enthousiaste d’avoir recouvré sa liberté, à leur rentrée à la Bourse du Travail.  Qu’il soit dit en passant, la bourse du travail, haut lieu de la lutte syndicale, est le symbole de la démocratie, car elle a été le Quartier Général, QG, du Mouvement démocratique .

L’heure de la liberté a sonné, le peuple a retrouvé de nouveau la plénitude de ses droits, le changement c’est maintenant, à bas la corruption, à bas le népotisme, vive la démocratie, étaient les quelques refrains scandés par la foule à la Bourse du Travail et dans la rue ce 26 Mars 1991. Le 26 Mars est non seulement le symbole de la liberté retrouvée, mais elle consacre également le début de la longue et pénible marche vers la démocratie. Après la grande liesse populaire, place aux pourparlers entre les deux entités, à savoir les militaires qui ont parachevé la lutte du peuple et les organisations sociopolitiques, constituées en  Mouvement démocratique, afin de parvenir à une architecture institutionnelle devant conduire à une brève transition dont la finalité serait l’organisation des élections transparentes, démocratiques et crédibles. Les acteurs sont parvenus à la conclusion que la réussite de la transition passera par une brève transition, un large consensus pour permettre in fine de doter le Mali d’institutions légitimes et légales. Après d’intenses tractations entre les deux parties, un consensus a été trouvé, tant autour de la durée de la transition que des organes. Ainsi ce consensus a permis non seulement de mettre en place un gouvernement de large ouverture, mais aussi et surtout un organe, le Comité de Transition pour le Salut du Peuple, CTSP, qui avait valeur d’institution législative. Une conférence Nationale inclusive a été organisée. Elle a non seulement permis de panser la plaie béante de 23 ans de dictature, mais aussi de doter le Mali d’une Constitution démocratique, soumise à referendum et promulguée le 25 février 1992. Le terrain étant bien déblayé un calendrier des différents scrutins a été rendu public. Ainsi commença le marathon électoral avec  le scrutin municipal, ensuite législatif et enfin le scrutin présidentiel. Si les deux premiers scrutins n’ont pas attiré l’attention de l’opinion, le scrutin présidentiel, par contre, a fait l’objet d’attention particulière, car c’est l’avenir de la démocratie malienne qui se joue à ce niveau. Après le dépôt de candidature, la campagne a été lancée et   une dizaine de candidats, huit candidats, pour être plus précis, se sont lancés en campagne, au terme de laquelle le premier tour du scrutin a été organisé deux candidats se détachent du lot : Alpha Oumar, le candidat de l’ADEMA- PASJ et Tiéoulé Mamadou Konaté celui de l’US RDA. Le candidat de l’ADEMA, Alpha Oumar Konaré a été élu après un second tour âprement discuté avec Tiéoulé Mamadou Konaté de l’US RDA. Le nouveau Président démocratiquement élu en l’occurrence connu sous les initiales d’AOK, sera investi le 8 juin 1992. Cette date aura une double signification, elle marque non seulement un point final à la transition, qui n’a duré que 14 mois et consacre le début d’une ère nouvelle celle de la démocratie. Après une transition réussie un homme, une personnalité devrais-je dire, semble attirer l’attention de l’opinion, le Lieutenant-Colonel Amadou Toumani Touré, un officier d’honneur qui a respecté sa parole donnée en remettant le pouvoir aux civils au terme de la transition.

Ainsi commença la longue marche démocratique au Mali. AOK qui capitalise tous les espoirs sera confronté aux dures réalités du pouvoir, surtout dans un pays où tout était à refaire, ou tout était prioritaire. Alpha Oumar Konaré, en dépit d’immenses obstacles qui ont jonché la voie vers le développement, a fait rêver les maliens par plusieurs actions de développement. En dix ans de gouvernance si son règne n’a pas été un long fleuve tranquille, il faut tout de même reconnaitre qu’il a posé les jalons du développement et d’un certain ancrage démocratique, la décentralisation en est l’une des résultantes. Que dire des infrastructures de développement,  il a construit plus d’écoles, plus de centres de santé, plus de routes, plus de stades ; plus d’infrastructures de développement que l’ensemble de deux précédentes Républiques réunies. Le 8 juin 2002 il a transmis le flambeau pacifiquement à son successeur qui est l’ancien Président de la transition. ATT, puis que c’est de lui qu’il s’agit, reconverti en civil et de surcroit en homme politique, remporta l’élection présidentielle contre le candidat du parti majoritaire, Soumaïla Cissé, battu au second tour. Cette deuxième alternance pacifique a non seulement fait du Mali l’une des vitrines de la démocratie en Afrique, mais aussi et surtout a attiré beaucoup d’investisseurs qui ont fait du Mali une bonne destination. ATT a pu faire ce qu’il pouvait avec un bilan fait des hauts et de bas. Il est considéré comme l’un des plus grands bâtisseurs d’empire avec des infrastructures de développement, mais malgré toutes ces prouesses et à quelques encablures seulement de la fin de son deuxième et dernier mandat, quelques officiers subalternes de l’armée, après une mutinerie, se sont emparés du pouvoir. Leur motif était que l’armée n’était pas équipée et les soldats meurent sans moyens de défense, motif fallacieux car c’est après ce coup d’Etat que les trois régions du nord sont tombées entre mains des terroristes.

Ce coup d’Etat a été le plus stupide de l’histoire des coups d’Etat au Mali et a mis à vau l’eau les immenses acquis démocratiques et de développement. De pays adulé pour le modèle démocratique qu’il incarnait et surtout bien apprécié par  le monde entier pour ses avancées en termes de préservation des droits et libertés, le Mali est devenu, après cette forfaiture, la risée du monde. Cet ignoble coup d’Etat est à la base de la désagrégation du pays, car ses conséquences ont été la chute de toutes les régions du nord qui sont par la suite, tombées entre les mains des terroristes, il a provoqué également une chienlit généralisée à Bamako où casse, marches et contre marches s’entremêlent. Au même moment la coalition Djihado-terroriste progressait vers le sud,  Il a fallu l’intervention militaire de la France en 2013 pour stopper l’avancée des terroristes qui déferlaient sur Bamako.

<strong><em>Comment 34 ans après l’avènement de la démocratie, le Mali a-t-il encore pu connaitre deux coups d’Etat ? </em></strong>

Si rien ne peut justifier une rupture constitutionnelle surtout par la voie des armes, les deux coups d’Etat sont les conséquences directes de la mauvaise gouvernance. En effet, de l’avènement de la démocratie jusqu’en 2012 les régimes qui se sont succédés au pouvoir n’ont pas administré la thérapie nécessaire  aux grands maux comme la corruption, le népotisme, la gabegie qui ont été à la base du soulèvement populaire en 91. Si nul ne peut peindre entièrement en noir le bilan de trois décennies de gouvernance démocratique du pays, il est tout aussi indéniable que les maux qui bloquent le développement n’ont pas été vaincus, ils se sont  même métastasés pour devenir une fatalité avec comme conséquence le manque de confiance entre gouvernants et gouvernés, l’affaiblissement des institutions et surtout l’anéantissement de  tous les efforts de construction d’un Etat démocratique où les vertus  comme la transparence, la rigueur, la redevabilité, l’exemplarité seront  les règles du jeu. Comment ne pas être séduit par  John Jerry Rawlings, le père de la démocratie Ghanéenne, qui a mis en place les fondations d’un Etat de droit, d’institutions capables de résister aux soubresauts politiques. C’est pourquoi plus de vingt ans après, la démocratie ghanéenne reste toujours solide, elle s’est même beaucoup améliorée pour devenir une démocratie exemplaire qui fait des émules sur le continent africain. Le Mali doit s’inspirer des exemples de démocraties réussies dans la sous-région et ailleurs. Pour ce faire une nouvelle recomposition du paysage politique s’impose, car il est difficile de faire du nouveau avec du vieux.

<strong><em>Les régimes militaires issus des deux coups d’Etat ont-ils fait mieux que les régimes civils et démocratiques qui les ont précédés ?  </em></strong>

La réponse est sans nul doute non ! Les deux coups d’Etat militaires perpétrés en 2012 et 2020 ont tous comme dénominateur commun la mise en mal du pays et la remise en cause d’un ordre bien établi, d’un modèle qui a fait ses preuves qu’est la démocratie. Par leurs coups d’Etat, ils ont contribué à l’affaissement, voire l’effondrement de la démocratie. Le hic est qu’à analyser de près leurs bilans, ils n’ont nullement contribué à résoudre les questions cruciales qu’elles soient sécuritaires, économiques, sociales et  institutionnelles. Le problème est que les auteurs de deux coups d’Etat n’avaient non seulement pas l’expérience nécessaire pour diriger un pays, la vision pour donner une orientation,  mais aussi les moyens humains et matériels pour opérer les changements qu’il faut. Ils ont plutôt mis en avant leurs intérêts personnels au détriment de ceux du peuple malien. Si le premier coup d’Etat qui est celui du Capitaine Amadou Haya Sanogo a  donné naissance à une courte transition militaire, qui a abouti très rapidement au retour à l’ordre constitutionnel sous la direction d’un président intérimaire conformément à la constitution et  surtout à l’organisation d’élections transparentes et crédibles afin de tourner la page sombre de la transition. Sept ans après cette rupture constitutionnelle, une autre a été perpétrée par d’autres officiers, à la différence des auteurs du coup d’Etat de 2012, ceux de 2020 étaient des officiers colonels. Chat échaudé craignant l’eau froide à la différence de leurs prédécesseurs ces officiers n’ont pas voulu céder aux injonctions de la communauté internationale, donc après un an de transition  ils contrôlaient déjà  la totalité du pouvoir  pour entreprendre ensuite de se libérer de tous leurs engagements internationaux en se retirant unilatéralement de la CEDEAO notamment. Ils sont retirés de l’OIF, du G5 Sahel, et entendent conserver le pouvoir en mettant entre parenthèses la démocratie.  En conséquence si la transition de 2012 a été de courte durée, celle de 2020 s’éternise, comme pour dire que les  militaires cette fois semblent décidés à garder durablement le pouvoir. LE 26 MARS SURVIVRA ET LA DEMOCRATIE TRIOMPHERA

<strong>Youssouf Sissoko  </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Célébration du 26 mars : Les non invités</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/celebration-du-26-mars-les-non-invites-3101225.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 29 Mar 2025 01:43:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Lors de la cérémonie de dépôt de gerbes de fleur au monument des Martyrs pour la célébration du 26 mars, cette semaine, certains acteurs ont brillé par leur absence. Il s’agit des acteurs de mars 91 plus particulièrement, l’Adema-Association et l’Adema-PASJ.</em></strong>

Depuis 1996, il est institué au Mali la Semaine des Martyrs allant du 17 mars au 26 mars. Une semaine de recueillement qui se termine par la journée du 26 mars à travers une cérémonie de dépôt de gerbes de fleurs au monument des Martyrs. Avant-hier, la cérémonie s’est déroulée en l’absence de plusieurs ténors et acteurs de la Démocratie.

Pour l’Adema-Association, à savoir Mme Sy Kadiatou Sow, la raison n’est autre que les difficultés protocolaires. Selon une source proche de la présidente de l’Adema-PASJ, cela fait bientôt trois ans que Mme Sy ne prend plus part à la cérémonie officielle car avec le protocole actuel, souligne notre source, l’accès à la cérémonie est difficile voire pénible souvent pour elle. <em>« Sinon rien d’autre »</em>, nous rassure notre source.

L’Adema-PASJ ou l’Adema parti politique a aussi brillé par son absence. A la question posée à un responsable du parti, l’Adema-PASJ, n’a pas reçu d’invitation à la cérémonie raison pour laquelle, le parti n’y a pas pris part. Notre interlocuteur nous fait savoir que même d’habitude, on n’invitait pas les partis. Tout le monde s’y rendait, c’est tout. L’Adema n’a juste pas pris part, dit-il.

Pour les raisons, notre interlocuteur explique que pour le 17 mars, la cérémonie de dépôt de gerbes au monument Cabral, l’Adema-PASJ, a demandé à ce que les membres du parti prennent part à cette cérémonie mais le 26 mars, rien n’a été décidé, affirme-t-il<em>. « Je ne sais pas pourquoi le parti a décidé cela, mais moi personnellement, j’ai décidé de ne pas y aller »,</em> nous a-t-il confié.

Lors du dépôt de gerbes au monument Cabral, le 17 mars passé, plusieurs responsables de l’Adema-PASJ ont pris part à cette activité du Premier ministre. Pour ne citer que le secrétaire général du parti Yaya Sangaré, Adama Noupounou Diarra, le doyen Ali Nouhoum Diallo entre autres. Pour le 26 mars, ni eux ni autres acteurs de mars 91, n’ont pris part à la cérémonie.

<strong>Koureichy Cissé</strong>

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<title>Mars : Mois sacré de la démocratie...</title>
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<pubDate>Sat, 29 Mar 2025 01:25:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le retour à la démocratie est une exigence du Peuple Souverain de la République du Mali.</em></strong>

Car, en démocratie, c'est le Peuple qui dirige, c'est le Peuple qui gère. Ce Peuple ne doit pas être contrarié dans sa volonté, il ne doit pas être empêché de dire sa volonté, et rien ni personne ne doit l'empêcher de le faire.

Et rien ni personne ne doit l'empêcher de réclamer la démocratie, les pratiques de gouvernance vertueuse, de dénoncer les restrictions des libertés individuelles et collectives, des espaces d’expression plurielle, l'instauration et la promotion de la pensée unique, de continuer de dénoncer la marginalisation ou la réduction au silence des voix discordantes, le climat de terreur et d'intimidation, la complaisance, une certaine justice bancale et sélective, l'impunité des responsables des drames humains et des crimes économiques, l'impunité des promoteurs de haines sociales, l'illégalité de certaines décisions gouvernementales, entre autres.

Contrairement aux autres formes de gouvernance, la démocratie, c’est la liberté d’agir dans le cadre des textes du pays. Il n'y a pas d'alternative ! Tous les subterfuges s'épuiseront inéluctablement...et le Peuple souverain triomphera ! Souvenons-nous toujours de nos Martyrs, patrimoines nationaux communs ! Nous sommes tous des Maliens... Gloire éternelle aux Martyrs !

&nbsp;

<strong>Camarade Yaya Sangaré</strong>

<em>Secrétaire général du Comité Exécutif</em>

<strong>Adéma-PASJ</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Commémoration du 26 Mars 1991 : Le Président de la Transition rend hommage aux Martyrs</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 26 Mar 2025 15:26:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Ce mercredi 26 mars 2025, Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État, a procédé à un dépôt de gerbe de fleurs au monument des Martyrs. Cette cérémonie solennelle marque la commémoration de la Journée des Martyrs.</strong>

L’événement a enregistré la présence du Président du Conseil National de Transition, le Général de Corps d’Armée Malick DIAW, du Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye MAÏGA, ainsi que des présidents d’institutions et des membres du Gouvernement.

Dès son arrivée aux abords du monument en début de matinée, le Président de la Transition a été accueilli par les hautes autorités de la Transition. Après le salut au drapeau et l’exécution de l’hymne national, il a procédé au dépôt de la gerbe de fleurs, symbolisant le respect et la reconnaissance de la nation malienne envers les martyrs de la démocratie.

Dans son allocution, le Président Assimi GOÏTA a rappelé que cette journée marque le 34e anniversaire des événements tragiques de mars 1991. Il a souligné l’importance de la mémoire collective et du devoir de réflexion sur les enjeux actuels du Mali.

« Cette journée marque l’aboutissement de la lutte héroïque menée par le peuple malien pour instaurer le changement. Si le souvenir des événements tragiques demeure dans la conscience collective, il en va de même pour l’aspiration du peuple à vivre dans un pays pacifié, réconcilié et stable », a-t-il déclaré.

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Le Chef de l’État a également mis en avant les actions entreprises par les autorités de la Transition pour répondre aux aspirations profondes de la population. Parmi ces initiatives, les Assises Nationales de la Refondation et le Dialogue inter-malien, ayant abouti à des centaines de recommandations visant à refonder la gouvernance et à assurer la paix et la réconciliation.

« Notre pays a fait le choix noble de s’assumer sur la voie de la souveraineté. La réalisation de cette aspiration demande patience, engagement et sacrifice. C’est ensemble et dans un élan de solidarité nationale que nous trouverons des solutions durables à nos problèmes », a-t-il affirmé.

Le Président de la Transition a salué la sagesse et la résilience du peuple malien face aux défis actuels et a exhorté chacun à poursuivre les efforts pour préserver la mémoire des martyrs et bâtir un Mali stable et prospère. Il a enfin adressé ses vœux à la communauté musulmane du Mali, lui souhaitant une bonne fin de mois de Ramadan dans la paix et la quiétude.

Par <span class="xt0psk2"><a class="x1i10hfl xjbqb8w x1ejq31n xd10rxx x1sy0etr x17r0tee x972fbf xcfux6l x1qhh985 xm0m39n x9f619 x1ypdohk xt0psk2 xe8uvvx xdj266r x11i5rnm xat24cr x1mh8g0r xexx8yu x4uap5 x18d9i69 xkhd6sd x16tdsg8 x1hl2dhg xggy1nq x1a2a7pz xkrqix3 x1sur9pj xzsf02u x1s688f" role="link" href="https://www.facebook.com/Presidence.Mali?__cft__[0]=AZXZRNzk7fpXXoOxm_Ci-2pd833JH8GoJCipkjTSTXOhYXHq5gwrk9iMlq982W3CLtNs1N3R-oEH11hn6VVqOz6WkNM5EEY5LifZHvj_C9YJEQhD-4v2cKHua5c7Mhd7ufjJ4Ytort7vwlDBLmimldOtZJ2ZcMnngqvRFYDCpLc1wHtmNgRCQXiOF0b3oqRQnbY&amp;__tn__=-UC%2CP-R"><strong class="html-strong xdj266r x11i5rnm xat24cr x1mh8g0r xexx8yu x4uap5 x18d9i69 xkhd6sd x1hl2dhg x16tdsg8 x1vvkbs x1s688f"><span class="html-span xdj266r x11i5rnm xat24cr x1mh8g0r xexx8yu x4uap5 x18d9i69 xkhd6sd x1hl2dhg x16tdsg8 x1vvkbs">Présidence de la République du Mali</span></strong></a></span><span class="html-span xdj266r x11i5rnm xat24cr x1mh8g0r xexx8yu x4uap5 x18d9i69 xkhd6sd x1hl2dhg x16tdsg8 x1vvkbs x1dor1uw x1n2onr6 xxymvpz"> </span>]]> </content:encoded>
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<title>Le 26 mars survivra à toutes les tentatives de sa décapitation :   Et la Démocratie triomphera !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-26-mars-survivra-a-toutes-les-tentatives-de-sa-decapitation-et-la-democratie-triomphera-3100846.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 25 Mar 2025 09:30:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alternance</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>C’est après des années de lutte patriotique, dans une parfaite symbiose et une communion entre le vaillant  peuple malien et son armée que le régime dictatorial du Général Moussa Traoré a été défait un 26 mars 1991. Cette date est sans nul doute le début de la résurrection du peuple malien, de la prise en main de son destin et surtout celle de la marche vers la démocratie scandée et souhaitée par l’ensemble du peuple malien. Plus de trente ans après cette grande prouesse les ennemis de la démocratie sont toujours à pied d’œuvre avec le machiavélique dessein de l’enterrer à jamais, mais comme pour paraphraser le premier Président du Mali indépendant Modibo Keita, à propos du 22 septembre, la date du 26 Mars aussi continuera à résonner comme un gong sur la conscience de tous ceux qui œuvrent à la destruction de la démocratie. Ni coups d’Etat, encore moins une campagne de déconstruction et de diabolisation ne parviendront jamais à arriver à bout de la démocratie car elle a comme fondement le sang et l’âme des milliers de martyrs  maliens qui ont cru en elle. Pourquoi tant de haine contre le 26 Mars 1991 ? Les hommes et les femmes qui ont cru et qui croient toujours en la démocratie ont-ils capitulé face à cette campagne de démolition de la date glorieuse qu’est le 26 Mars ?  </em></strong>

La défense de la patrie passe indéniablement par la défense de la démocratie, la seule alternative crédible pour la construction d’un Etat moderne. Plus de trente ans après l’aboutissement de la lutte héroïque des patriotes avec  l’instauration de la démocratie, les apprentis sorciers ou encore les nostalgiques d’un passé rétrograde  ne cessent de la vilipender et de la dénigrer en lui faisant porter le chapeau de tous les malheurs du pays. Si l’honnêteté intellectuelle nous oblige à reconnaitre que le bilan des 30 ans de pratique démocratique est loin d’être rose, il est même souvent noir par endroits, mais nul ne doit remettre en cause ce modèle de gouvernance, le seul d’ailleurs qui met au cœur de la gestion de la RESPUBLIKA le peuple. Certains hommes et femmes ont incontestablement failli à leurs missions, mais leurs comportements ne sauraient remettre en cause la démocratie qui est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Nous ne devons pas perdre de vue cette définition, même si elle est galvaudée par certains. Nous devrons tous nous convaincre qu’il n y a pas d’alternative à la démocratie et le 26 Mars  est le début de la longue marche vers le progrès en dépit des écueils et autres obstacles qui se dresseront devant lui. Cette date est déjà écrite en lettres d’or au fronton de la République et elle est l’une des plus belles pages de l’histoire moderne du Mali et que ni coups d’Etat encore moins tentatives de dénigrement et de déconstruction  ne sauraient l’effacer.

<strong><em>Pourquoi tant de haine contre le 26 Mars 1991 ?</em></strong>

Pour rappel la première tentative pour démolir  la démocratie a été le stupide coup d’Etat perpétré par des officiers subalternes de l’armée sous la houlette du Capitaine Amadou Haya Sanogo, un 22 mars 2012. Les auteurs de cet ignoble  coup d’Etat pour convaincre une frange importante du peuple, surtout celle qui est analphabète, ont dû mener une campagne d’intoxication, de dénigrement et même de diabolisation contre les dirigeants avec en toile de fonds la remise en cause de la démocratie. Ils ont pourtant eu des oreilles attentives y compris celles d’hommes politiques véreux, incapables de briguer le suffrage du peuple et qui pensaient trouver une occasion idoine d’obtenir par le biais du coup d’Etat ce qu’ils ne pourraient jamais obtenir par la voie des urnes. Ces hommes politiques véreux par la gouvernance chaotique desquels le pays était sur le point de s’effondrer n’ont trouvé d’autres solutions que d’aller se cacher derrière des militaires sans formation politique encore moins idéologique. En effet,  Le hic est que les raisons qui ont poussé les militaires à s’emparer du pouvoir se sont plutôt empirées au fil du temps : La corruption, le népotisme, le clientélisme, l’insécurité, bref la mauvaise gouvernance et j’en passe ! Jamais le Mali n’a été la risée du monde qu’après le coup d’Etat du Capitaine Amadou Haya Sanogo. En pourparlers à Ouagadougou, les cadres politiques se sont  donnés  en spectacle au Burkina Faso. Comme si cela ne suffisait pas, ce sont les militaires qui se livraient à cœur joie à un pillage sans discernement de l’administration en la dépouillant de tous les outils et matériels de travail. Ce coup d’Etat a été le facteur déclencheur de la marche à reculons du Mali. Il a été le début de la campagne de déconstruction de la démocratie, car 8 ans après cette forfaiture un autre groupe de militaires récidive en s’accaparant du pouvoir avec cette fois-ci la complicité d’une frange importante de la classe politique et de la société civile. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la démocratie a été encore la cible toute trouvée. Ils lui ont fait encore porter le chapeau de la descente aux enfers du pays. A chaque crise on remet en cause la démocratie et on tente d’enterrer le 26 Mars 1991. C’est le cas après le dernier coup d’Etat, celui perpétré par cinq colonels avec la complicité active de certains ténors du Mouvement démocratique. Ces derniers perdant tout espoir de promotion ont fait le choix du raccourci en allant s’accoquiner avec certains militaires pour renverser un régime démocratiquement élu, ouvrant ainsi la boite de pandore et posant une équation à mille inconnues.

<strong><em>Les hommes et les femmes qui ont cru et qui croient toujours en la démocratie ont-ils capitulé face à cette campagne de démolition de la date fatidique qu’est le 26 Mars ?  </em></strong>

Si les détracteurs du Mouvement démocratique ont contribué à déconstruire cette belle bâtisse qu’est la démocratie, il n’en demeure pas moins que certains acteurs du 26 Mars ont également leur grande part de responsabilité dans l’affaiblissement, voire l’affaissement de la démocratie. En plus de leur complicité à toute épreuve, ils ont également été à la base de l’inimitié, voire du rejet du peuple, car  l’espoir que son avènement avait suscité a été  déçu. Les vertus qui doivent  caractériser la démocratie comme la bonne gouvernance n’ont été au rendez-vous  laissant la place à la corruption à ciel ouvert, au népotisme, à l’affairisme à outrance et surtout à la culture de la médiocrité. Les acteurs du Mouvement démocratique ont donné de l’élan à leurs détracteurs, quand ils ont accepté de s’accoquiner avec les auteurs des coups d’Etat soit en les cautionnant par leur silence soit en se faisant   complices. La conviction semble laisser place à l’opportunisme et les idéaux du 26 Mars sont enterrés sur l’autel de la recherche des strapontins et autres prébendes.  Quelle génération pour ressusciter l’espoir et pour honorer la mémoire des martyrs qui ont donné leur sang pour que le Mali et les Maliens puissent être heureux.

En définitive, malmenée, torturée, vouée aux gémonies, la démocratie résistera tant que sa fondation restera encore et toujours solide, tant que des hommes et des femmes continueront à croire en ses vertus, tant qu’elle restera la seule alternative crédible mettant au centre de la gouvernance le peuple.

<strong>Youssouf Sissoko </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Retenons bien tous ceci : Tant que le Monument des Martyrs de mars 1991, et la Pyramide du Souvenir se dresseront fièrement devant le Pont des Martyrs de mars 1991, qui enjambe majestueusement le fleuve Djoliba,</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retenons-bien-tous-ceci-tant-que-le-monument-des-martyrs-de-mars-1991-et-la-pyramide-du-souvenir-se-dresseront-fierement-devant-le-pont-des-martyrs-de-mars-1991-qui-enjambe-majestueusement-le-fleu-3100851.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 25 Mar 2025 08:30:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alternance</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Tant que le Carré des Martyrs de Mars 1991 abritera leurs sépultures à Niaréla le quartier des fondateurs de Bamako,

Tant que le stade du 26 mars 1991 se dressera fièrement à l'entrée de Bamako sur la rive droite du fleuve Niger,

Tant que les eaux du fleuve Djoliba couleront sous les ponts de Bamako,

<strong>Tant que la journée du 26 mars sera chômée et payée en République du Mali. </strong>

Tant que tous les chefs de l'Etat successifs du Mali iront s'incliner une fois par an devant la mémoire de ces Martyrs du 26 mars 1991,

Tant que les livres d'histoire nous apprendront que le Président Général Moussa Traoré est mort chez lui  en liberté entouré de sa famille au contraire du Président Modibo Keïta, Père de l'Indépendance qui lui, est mort en détention dans les geôles de ce même Général Moussa Traoré, loin des siens,

Tant que les idéaux du 26 mars 1991 figureront en préambule de la Constitution du Mali,

Tant que le multipartisme restera  désormais gravé dans le marbre de la Constitution du Mali,

Tant que le Mali sera le Mali,

Tant que ..., Tant que..., Tant que...

<strong>Restons rassurés ! Restons fiers, Restons sereins !</strong>

Aucune tentative solitaire,  pitoyable et désespérée de déconstruction et de révisionnisme ne saurait altérer ni même atteindre cet immense et monumental bond qualitatif du Peuple Malien dans l'histoire !

Le Mouvement démocratique n'appartient pas à ses illustres et  dignes inspirateurs et acteurs, il appartient au Peuple Malien tout entier et à l'Histoire<strong> !</strong>

<strong>Les Martyrs peuvent reposer en paix !</strong>

Les  inspirateurs, acteurs et combattants de cette grandiose lutte Patriotique peuvent marcher fièrement, la tête haute sur le sol sacré du Maliba !

<strong> </strong>

<strong>Malick Touré </strong>

<strong>Administrateur Civil </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>24 mars au Mali: la chute de deux Généraux</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/24-mars-au-mali-la-chute-de-deux-generaux-3100763.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 24 Mar 2025 18:57:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Info-Matin</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[24 mars 1980 : Les étudiants maliens ont occupé pendant quelques heures les locaux de leur ambassade à Dakar le lundi 24 mars 1980 à la suite de l’assassinat d’un dirigeant syndical étudiant par la police de Bamako (le Monde du 25 mars,). À Paris, le Comité de défense des libertés, présidé par Georges Marchais, a protesté contre « les sévices exercés par les tortionnaires du régime sanguinaire de Moussa Traoré contre des étudiants et dirigeants syndicalistes «.

24 mars 1991 :Le dimanche 24 mars lors d’un meeting aussi impressionnant que le précédent, le Comité de coordination des associations et organisations qui s’était formé, composé de l’UNTM, l’AEEM, l’AMDH, l’ADIDE, l’AJDP, la JLD, l’ADEMA et le CNID, informait l’opinion publique dans un communiqué du déclenchement d’une grève générale illimitée. Il posait comme condition la dissolution du Gouvernement, celle de l’Assemblée nationale et dans le même document, la coordination demandait la démission du Président de la République. Elle prônait la mise en place d’un Comité de Salut Public qui serait chargé de gérer la transition politique jusqu’à l’organisation d’élections libres et démocratiques.

24 mars 1991 : Une délégation se rendit à Koulouba pour remettre ce manifeste au général Moussa TRAORE qui avait reçu, auparavant, une délégation des chefs religieux. Les positions étaient trop tranchées pour être conciliées. L’entourage du chef de l’Etat tenta néanmoins, désespérément, de transformer l’après-entrevue en séance de négociation. Les délégués s’y refusèrent, se limitant strictement à leur rôle de messagers.

Dans la même journée, le Secrétaire politique du Bureau exécutif central de l’Union démocratique du peuple malien (le Parti unique au pouvoir), Djibril Diallo, faisait remettre au général Moussa TRAORE sa lettre de démission des instances du Parti. Il rappela à l’occasion qu’il avait toujours prôné une ouverture politique qui aurait épargné à notre pays des violences regrettables.

24 mars 1991 ; Dans la soirée le Président Moussa TRAORE fit une seconde déclaration à la Nation. Ce message s’avéra aussi déphasé que sa première adresse. Les événements allaient désormais se précipiter en dehors de son contrôle.

Dans l’après-midi du 24 mars, une commission ad hoc composée de membres du BEC et du Gouvernement rencontrait à la Bourse du travail le Comité de coordination des associations et des organisations et arrêtait, de commun accord avec lui, des mesures susceptibles de ramener le calme dans le pays. Parmi ces mesures, il y avait la levée de l’état d’urgence et du couvre feu (ouvertement bafoués à Bamako et à l’intérieur du pays) ;la libération de tous les prisonniers arrêtés lors des événements du 21 et 22 janvier qui marquent le point de départ de la contestation estudiantine contre le pouvoir de Moussa Traoré et ceux des 22, 23 et 24 mars 1991.

La Commission ad hoc demandait naturellement la cessation des actes de violence.

Mais le Président qui avait préalablement enregistré son discours, ne fit mention d’aucune de ces mesures. Tout se passait comme si de son Palais de Koulouba, il était coupé du reste du pays et étranger aux flots démontés de l’histoire qui battaient à ses pieds.

24 mars 1991 ; Pour la troisième journée consécutive, l’armée malienne a ouvert le feu, dimanche 24 mars 1991, à Bamako, contre les manifestants. Selon les informations provenant à l’époque des milieux d’opposition et des sources diplomatiques, 100 à 150 personnes auraient été tuées depuis vendredi. Le président Moussa Traoré, pour sa part, après une visite au fameux PC opérationnel, parlait lui de « 23 morts seulement ». Alors qu’émeutiers et opposants réclament son départ, le chef de l’Etat a affirmé que ni lui ni son gouvernement ne démissionneraient.

24 mars 1991 : Ce dimanche 24 mars 1991, impossible de dresser un bilan exact de la répression. Mais on sait déjà que de nombreux enfants figurent parmi les victimes. Tués par balles ou brûlés vifs.

Pourtant, le Mali a été l’un des premiers pays à ratifier la Convention internationale des droits de l’enfant. Le président Moussa Traoré partagea, avec le premier ministre canadien, la présidence du sommet des enfants aux Nations unies, à New-York, en septembre 1990.

24 mars 1991 ; La Radio-Télévision du Mali (RTM) a annoncé, dimanche 24 mars 1991 dans la soirée, la levée de l’état d’urgence et du couvre-feu instaurés depuis vendredi noir dans les principales villes du pays.

Ce même dimanche, le président Moussa Traoré a déclaré, dans une interview accordée à la radio France-Info, qu’il ne démissionnerait pas. Il a affirmé que les troubles des trois derniers jours n’avaient fait que 23 morts. A la journaliste qui lui demandait s’il allait se démettre, comme le demande l’opposition, il a répondu : «je ne le ferai pas, je ne démissionnerai pas, mon gouvernement ne démissionnera pas, parce que je ne suis pas l’élu de la seule opposition, je suis l’élu du peuple malien. «

Prié de dire s’il était prêt à instaurer le multipartisme, il a ajouté : « Je n’ai pas à refuser ou à accepter le multipartisme. Ça n’est pas mon problème à moi. Mon problème, c’est de laisser le libre choix à notre peuple. C’est tout. «

Le même 24 mars 2007, le Président Amadou Toumani TOURE a annoncé, au cours d’un déplacement à Nioro du Sahel, sa candidature à l’élection présidentielle du 29 avril 2007, tandis que La Convention Sociale-Démocrate (CDS) a investi son président Blaise SANGARE et l’Union nationale pour la république (UNPR) a investi Modibo SANGARE comme candidat à cette élection.

24 mars 2019 ; Suite au massacre perpétré à Ogossogou qui a fait au moins 157 membres de la communauté peule, dont 46 enfants, blessé 65 autres civils et incendié 95 % du village, le Président IBK a convoqué une session extraordinaire du Conseil des ministres, lequel a publié un décret annonçant la révocation du chef d’état-major des armées et la dissolution du groupe d’autodéfense dozo Dan Na Ambassagou, présumé être impliqué dans cette attaque. Le groupe a refusé de se démanteler, invoquant la persistance de l’insécurité, tandis que d’autres voix se sont élevées pour réclamer la dissolution de l’ensemble des milices et groupes d’autodéfense dans la région. Le procureur de Mopti a ouvert une enquête sur les faits.

24 Mars 2007 : Investiture pour la présidentielle du candidat de Convergence (ASMA) Soumeylou Boubèye Maïga. Soumeylou a présenté sa candidature sous le triple sceau du souvenir aux luttes multiples pour la démocratie, de la fidélité aux engagements et de la revendication du bilan de l’Adéma, de la nécessité de se battre pour les plus pauvres et les plus démunis.

24 mars 2007 : annoncé pour octobre 2006 puis reporté à janvier 2007, le Forum de Kidal s’est finalement tenu, les 23 et 24 mars 2007. Le cadre institutionnel du Forum de Kidal pour le développement des régions du Nord, comprenant un comité national d’orientation, un secrétariat technique et une commission nationale d’organisation. La rencontre a enregistré la participation de près de 300 participants, notamment des membres du gouvernement, les institutions de la république et les partenaires.

24 mars 2008 : le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale explique aux diplomates la situation au nord-est de la région de Kidal, après les attaques perpétrées par des bandes armées. Dans une déclaration liminaire, le ministre Ouane a rappelé que les 19 et 20 mars derniers, la bande à Ibrahim Ag Bahanga, appuyée par d’autres hommes armés venus de pays voisins, a attaqué des convois militaires de ravitaillement et posé des mines, occasionnant mort d’hommes et de nombreux blessés civils et militaires, ainsi que la destruction de véhicules civils et militaires.

24 mars 2008 : Un regroupement de femmes, dénommé “Le collectif des mamans pour sauver l’école” organise une marche pour exprimer au Premier ministre son inquiétude face à la radicalisation des positions dans la crise de l’école.

24 Mars 2012 : Alors que personne ne savait où était le président ATT, dix partis politiques : l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma-Pasj), l’Union pour la république et la démocratie (URD), le Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES), l’Union pour la démocratie et le développement, l’Union des forces démocratiques pour le progrès (UFDP), le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR), le Parti de la solidarité et du progrès (PSP), le Parti pour la démocratie et la justice (PDJ), le Parti pour la démocratie et le progrès (PDP), le Mouvement pour la démocratie et le développement (MDD) se joignent à plusieurs associations, dont l’UNTM pour mettre en place le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie (FDR).

<strong>La Rédaction</strong>]]> </content:encoded>
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<title>26 mars 1991 – 26 mars 2025 : 34 ans de démocratie au Mali : quels bilans pour les Maliens ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2025-34-ans-de-democratie-au-mali-quels-bilans-pour-les-maliens-3100724.html</link>
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<pubDate>Mon, 24 Mar 2025 12:12:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>Arc en Ciel</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le 26 mars 1991 marque un tournant décisif dans l’histoire du Mali. Après des décennies de régime autoritaire, une insurrection populaire menée par des étudiants, des travailleurs et des militaires a conduit au renversement du régime de Moussa Traoré, ouvrant ainsi la voie à la démocratie. Trente-quatre ans plus tard, il est légitime de s’interroger sur les bénéfices de cette démocratie pour les Maliens.</em></strong>

Mercredi 26 mars 2025, le Mali fête le 34e anniversaire de la chute d’un dictateur : le général d’armée Moussa  Traoré. Ce renversement du pouvoir du pouvoir de l’enfant de Sébétou (Kayes), a été suivi par l’instauration de la démocratie au Mali et du pluralisme démocratique.

Aussi, depuis 1991, le Mali a adopté une nouvelle Constitution garantissant les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression, de la presse et d’association. Le pluralisme démocratique s’est installé, et les élections multipartites sont devenues la norme, permettant une alternance politique entre civils et militaires.

La décentralisation a également constitué une avancée majeure, donnant aux collectivités locales plus d’autonomie dans la gestion de leurs ressources et favorisant une participation accrue des citoyens à la gouvernance.

La liberté de la presse s’est considérablement renforcée, faisant du Mali un pays où les médias jouent un rôle central dans la vie politique et sociale. De nombreux journaux, radios et télévisions privées ont vu le jour, offrant un espace d’expression à toutes les sensibilités politiques et sociales.

Sur le plan économique, la libéralisation du marché a encouragé l’émergence d’entrepreneurs privés et favorisé l’intégration du Mali dans l’économie régionale et internationale. L’essor des télécommunications et du numérique a permis une meilleure connectivité et l’apparition de nouvelles opportunités économiques.

<strong>Une démocratie mise à l’épreuve</strong>

Malgré ces avancées, la démocratie malienne a traversé de nombreuses crises. Les coups d’État successifs de 2012, 2020 et 2021 ont révélé la fragilité des institutions et mis en évidence les défis liés à la gouvernance et à la stabilité politique.

L’insécurité persistante dans le nord et le centre du pays, exacerbée par la montée du terrorisme et des conflits intercommunautaires, a affaibli l’État et rendu difficile l’application des principes démocratiques sur l’ensemble du territoire.

Par ailleurs, malgré les alternances politiques, de nombreux citoyens estiment que les élites n’ont pas su répondre aux attentes en matière de développement, de création d’emplois et d’accès aux services sociaux de base. La corruption, la mauvaise gestion des ressources publiques et l’inégalité dans la répartition des richesses restent des obstacles majeurs à l’épanouissement démocratique du pays.

<strong>Quel avenir pour la démocratie malienne ?</strong>

A l’aube de ce 34ᵉ anniversaire, les Maliens aspirent à une démocratie plus solide et inclusive. La refondation annoncée par les autorités de transition suscite à la fois espoir et interrogations : comment assurer une gouvernance plus transparente et efficace ?

Si les acquis démocratiques sont réels, leur consolidation passe par une implication citoyenne plus forte, une meilleure gestion des ressources publiques et une présence plus affirmée de l’État sur tout le territoire. La démocratie malienne a prouvé sa résilience face aux crises, mais son avenir dépendra de la capacité des Maliens à la défendre et à l’adapter aux réalités actuelles.

En 34 ans, la démocratie a offert des libertés fondamentales, mais les attentes restent grandes pour un développement véritablement inclusif et équitable.

<strong>Balla Keita</strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>34ème anniversaire du 26 mars 1991 :  Comme une malédiction, les différentes générations de l&amp;apos;AEEM manquent de stratégie et le pouvoir leur échappe</title>
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<pubDate>Mon, 24 Mar 2025 06:50:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le Mali célèbre, ce mercredi, le 34<sup>ème</sup> anniversaire de la chute du général Moussa Traoré. À cette occasion, nous vous présentons, l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), qui par son manque de vision, de stratégie, ses contradictions, sa boulimie financière, s’est laissée passer le pouvoir sous ses pieds.

Sous la bannière de la démocratie, le slogan était: «<em>Un village, Une école, Un enseignant</em>». L’État s'était donné les moyens générant tant d'espoirs auprès des jeunes pour lesquels le diplôme était devenu un passeport pour toute intégration sociale.

Sans atteindre pleinement ces objectifs, l'État avait néanmoins créé des mécanismes d'incitations à travers l'octroi des aides scolaires aux élèves. Tout jeune bachelier recevait des allocations d'études supérieures, de même pour tout étudiant qui décrochait une inscription dans un établissement étranger (Occident, ex-URSS) compte tenu de l'insuffisance d'infrastructures et de la qualité du système éducatif. Dans ce domaine, l'aide des pays de l'Est, notamment l'ex-URSS a été irréprochable en accueillant chaque année des centaines d'étudiants maliens à leur charge. À la fin de la décennie 90, le Mali connaît un taux de scolarisation très bas et le niveau des étudiants très bas.

L'Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), créée en octobre 1990, était un syndicat ou une milice puissante, défiant même le gouvernement. Le pouvoir du général Moussa Traoré a pris un sérieux coup. Le régime est tombé un 26 mars 1991 grâce à un tandem UNTM-AEEM.

À l'époque, Oumar Mariko était le secrétaire général de l'Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) et Bakary Karambé, secrétaire général de l'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). Malgré le déploiement des forces armées à Bamako et ailleurs, l'UNTM et l'AEEM ont mis fin au régime du général Moussa Traoré.

Après la chute, il y a une transition d'une durée de quatorze (14) mois, avec à la clé un organe constitutif appelé Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) et un gouvernement. C'est dans un climat de suspicion que la transition a pris fin. Le mot de la fin de la transition a été prononcé par le président de la transition le colonel Amadou Toumani Touré (ATT) en ces termes: «Que Dieu sauve le Mali». Et depuis ce jour-là, le Mali se noie dans le fleuve Niger. La question scolaire est suffisante pour le déluge provoqué.

S'il est un domaine où les démocrates ont échoué sans doute, c'est celui de la question scolaire. Et c'est là où, les évènements dramatiques se succèdent sans solution. C'est à partir de 1994 que l'école malienne entame sa descente aux enfers. Aidé en cela, par le Premier ministre de l'époque.

D'une année facultative, on passe à une année blanche. Au lieu de quatre ou cinq (05) ans pour les études supérieures, on perd désespérément sept (07) ans. On devient vieux étudiant diplômé chômeur. Du coup, les étudiants ont compris qu'il faut sévir contre le gouvernement. Et le gouvernement a compris avec une stratégie forte et puissante, celle du billet de banque. Les plus radicaux étaient repérés et bien entretenus par le gouvernement, une façon pour se dédouaner envers les dirigeants de l'Association des élèves et étudiants du Mali. Mais, c'était mal connaître les élèves et les étudiants. Ils savent que leur association est parmi celles qui sont à l'origine de la chute du général Moussa Traoré. Ils connaissaient la quasi-totalité des démocrates, professeurs des écoles supérieures ou à l'université. L'université surnommée colline du Savoir était le lieu de contestation, de rassemblement des troupes de l'AEEM.

Les journées chaudes de l'association se passent sous Yahiya Ould Zarawana, secrétaire général de l'AEEM. Le pouvoir ADEMA prend un sérieux coup. Devant le cynisme, le pouvoir abdique en octroyant des bourses d'études supérieures aux radicaux, distribue des billets de banque à d'autres, offre des emplois à certains. À vrai dire, l'AEEM fut le second pouvoir de l'ADEMA. Son «armée» à tout faire.

À vrai dire, l'AEEM a tout eu avec tous les présidents qui se sont succédé au pouvoir de 1992 à 2023, année de sa dissolution par la transition. Elle a fini par avoir le pouvoir et tout le pouvoir à sa disposition malgré sa dissolution. Comme une malédiction, les différentes générations de l'AEEM manquent de stratégie et le pouvoir leur échappe. Ce sont des générations AEEM qui sont aujourd'hui les cadres de l'administration publique, qui constituent les forces armées, les fondateurs de partis politiques, d'entreprises privées, Président-directeur général (PDG) de société et entreprises publiques, ministres. Que sais-je encore ?

Mais hélas ! Quelle malédiction ? Bamako, dit-on, serait une ville sacrée qui ne devrait être brûlée ? Combien de fois des pneus ont été brûlés dans la capitale ? La femme d'un ministre de l'Éducation nationale mise en habit d'Adam. Brûler des domiciles privés. Allah est souvent obligé de sévir. Dieu, le Mali et l'AEEM. Si l'AEEM a à son actif la chute du régime de Moussa Traoré, elle a aujourd'hui une part de responsabilité morale dans la grande corruption endémique qui ronge notre pays. La transition parle de refondation de l'État, qui à mon avis est impossible avec une bonne partie de cette génération AEEM pas très clean.

À titre de rappel. Dans un des nombreux gouvernements d’Ibrahim Boubacar Keïta, il a fait la promotion de plusieurs jeunes diplômés de l'AEEM dans le gouvernement. À l'évidence, ce fut une déception. Leur gestion fut une des plus catastrophiques. Aujourd'hui, le président de la transition fait la même chose en plaçant son espoir sur la jeunesse dans toutes ses composantes. Encore, qu'il n'a pas juré. Si le président de la transition savait, il n'allait pas prendre une telle initiative considérable. Si l'AEEM voulait réussir, elle allait réussir comme Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (PASTEF) au Sénégal.

La quasi-totalité des mairies furent et continuent d'ailleurs à être gérée par des anciens de l'AEEM. Et Dieu seul sait que la gestion du foncier est une catastrophe. C'est une bombe en attente d'un détonateur pour exploser.

Aujourd'hui, les Maliens ont plus besoin de justice que de démocratie. Or, le ministère de la Justice est dirigé par un ministre de la génération AEEM. La justice et son mode de fonctionnement sont décriés par la population. Qu’Allah sauve notre pays et sa population.

<strong>Safouné KOUMBA</strong>

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<title>26 Mars 91 :  Et… la dictature chuta !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-91-et-la-dictature-chuta-3100619.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 24 Mar 2025 01:31:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Quelle date que le 26 mars 1991 ! Les tenants et les aboutissants de cette date historique et fatidique sont à rechercher dans le cérémonial organisé au carré des martyrs du cimetière de Niaréla et au monument des martyrs face à l'Ambassade de France, côté Est, et faisant dos au pont des martyrs avec la dame pleurant son enfant assassiné et dont le corps est sous ses yeux, elle-même agenouillée. Qui pouvait prévoir la chute du régime sanguinaire et dictatorial qui régnait sur le pays de 1968 avec le coup d'État du 19 novembre 1968 à ce mardi 26 mars 1991 où la joie populaire était à son paroxysme à l'arrivée des militaires patriotes et délivreurs du peuple à la Bourse du travail (siège de l'Union nationale des Travailleurs du Mali-Untm). Retour sur une épopée politique agitée du Mali contemporain.</strong>

Si l'histoire ne se répète pas elle est faite pour se souvenir. Le jour du souvenir du 26 mars, date fériée, chômée et payée depuis 24 ans, se passe de plus en plus sans grand engouement. C'est à se demander où sont passés tous ces acteurs militants engagés de la cause démocratique d'alors, réunis au sein du Mouvement démocratique ? Ce conglomérat de politiciens avisés, de révolutionnaires et de quelques activistes scolaires opportunistes a fini par s’entre-déchirés et dévier des idéaux de la révolution de mars 91.

24 ans après, si l'histoire ne s'est pas répétée elle a par contre bégayé. Ne serait-ce que parce que certains acteurs clés de cette longue marche vers la démocratisation ont échoué à faire de ce fait politique marquant de la fin du 20ème siècle un tournant décisif de notre part d'histoire dans le concert des nations. Pour qu'on en arrive à se poser encore la question de savoir quelle Charte, quelle loi électorale pour les Partis politiques ? Quelle nouvelle Constitution  pour un Mali Kura ? Quelle nouvelle forme de Conférence nationale ? Il a coulé beaucoup d'eau sous les ponts.

<strong>Ainsi, de l'élection du 12 avril 1992 du premier président de la République démocratiquement élu (Alpha Oumar Konaré avec 43%) à ce 22 mars 2024, l'on ne cesse de se poser la question de savoir ce qui s’est réellement passé le 26 mars 1991 à Bamako et dans tout le Mali ?</strong> Le point culminant de la contestation estudiantine est atteint <strong>le 22 mars 1991</strong>, lorsque des milliers d’étudiants, de fonctionnaire et d’ouvriers sont sortis pour manifester dans les rues à côté des sœurs, femmes et des mamans qui avaient déjà pris d'assaut le pont pour rallier le centre-ville en venant de Badalabougou. Le régime de Moussa Traoré commence à faiblir sous la pression d’une situation économique qui ne permet plus aux Maliens d’être satisfaits de la situation politique. Tel un animal blessé, le Parti unique qui tenait le gouvernail à travers l'Union démocratique du peuple malien (Udpm), jeta ses dernières forces dans la bataille en donnant l'ordre de tirer sur la foule depuis le Pco (Poste de commandement opérationnel dirigé par le Lieutenant-colonel Bakary Coulibaly). Jusqu'à ce jour, malgré les procès Crimes de sang et Crimes économiques l'on ne sait toujours pas qui a donné l'ordre de tirer, le Général Moussa Traoré, chef de l'État ayant complètement perdu le contrôle sur l'appareil de répression bien rodé qui exerçait sévèrement. En se retournant contre sa population, l'armée avait fait feu sur la foule et près de 200 morts sont tombés sous les balles. C’était le jour qu'on a qualifié de <strong>vendredi noir</strong>. Les manifestations ont culminé avec des affrontements violents et certains manifestants ont été brutalement fauchés par balle. Malgré cette répression, le peuple se tenait debout prêt à mourir jusqu’au dernier pour exiger un changement radical, prenant ainsi une sérieuse option vers le multipartisme et la démocratie. 72 heures après ce <strong>vendredi noir</strong>, dans la nuit du 25 au 26 mars 1991, un coup d’État vint mettre fin à hémorragie, car les populations martyrisées étaient cette fois-ci bien déterminées à en finir une fois pour toute.

<strong>L’entrée en scène de l’armée</strong>

Grâce au jeune officier, <strong>le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré</strong>, le Général Moussa Traoré est mis en état d'arrestation pour sa propre sécurité. Le Bourreau du peuple venait d'échapper à une mort atroce que les acteurs révolutionnaires s'apprêtaient à lui faire vivre par le Code de procédure accélérée (cpa-loi de la rue) autrement dit article 320 (300 frs de carburant et une boîte d'allumette à 20 frs). Le pouvoir n'était plus dans les mains des oligarques du parti Udpm. Les militaires l'avaient récupéré et comptaient en faire partage avec la société civile et politique malienne. D'où la naissance du CTSP (Comité de transition pour le salut public). L’avènement d’une telle instance fait suite au rejet à la bourse du travail des propositions des militaires du CNR (Conseil national de Réconciliation) par les organisations coalisées du Mouvement démocratique.

<strong>Avec la formation d'un gouvernement de consensus et de large ouverture, la Transition malienne sous ATT pouvait à présent inaugurer une nouvelle ère pour le Mali avec la fin de la concentration des pouvoirs par un seul parti et l’instauration du multipartisme intégral dans un système démocratique dit État de droit.</strong>

Ces faits se sont passés parce que les causes du mal étaient profondes et personne n'avait le courage de les remettre en question. Ce qui nous donne une idée précise  de la perception générale des Maliens sur leur révolution du 26 mars 1991 et le sens donné à la démocratie 34 ans après. L’histoire de la journée du 26 mars 1991 au Mali est donc un objet d’étude intéressant qui garde toute son importance en tant que moment d’histoire et de rupture tant au plan moral, spirituel que politique. La «journée des martyrs» est ainsi devenue le symbole des victimes et héros de la lutte héroïque du peuple malien pour la démocratie. À Bamako, le carré des martyrs se trouve dans le cimetière de Niaréla et le monument d’hommage aux martyrs de la démocratie est situé sur l’avenue Modibo Keïta face au square Patrice Lumumba. Désormais, le président Moussa Traoré et l'Union démocratique du peuple malien (UDPM), le parti unique, n’avaient plus les commandes et la vie politique au Mali pouvait prendre une nouvelle orientation démocratique.

<strong>Climat d'instabilité</strong>

Après deux décennies de règne solitaire du pouvoir, en ayant éliminé ses proches collaborateurs du groupe du CMLN (Comité militaire de libération nationale), le Général Président de la République du Mali et Secrétaire général à vie du parti constitutionnel Udpm, ne pouvait plus faire face aux injonctions de Paris et de la communauté internationale. Avec les pressions des institutions de Breton Woods, de graves problèmes économiques étaient le mot quotidien des Maliens. À la fin de l’année 1989, avec la chute du mur de Berlin et le dégel de la guerre froide entre superpuissances, la fin du dictateur roumain allait réveiller des sentiments farouches en les Maliens qui ne se sentaient plus obligés de respecter les lois de la République qui tue ses propres enfants. Le mouvement de contestation va se généraliser à tout le pays désormais contre le régime autoritaire en place. Les journaux et associations actives qui ont pu se créer accentuaient la lutte en attirant le feu de la colère à travers presse. Face à cette frénésie pour les revendications démocratiques la situation se dégradait, les aspirations au changement se faisaient entendre plus fort, le barreau malien et les travailleurs du syndicat unique ont pu entrer dans la danse. Les grèves des étudiantes, sous l’impulsion de l’AEEM (Association des élèves et étudiants du Mali) secouent le pays. Les représentants de la foi sont sollicités pour appeler au calme ou pour stopper la répression brutale. L’imam Balla Kalé et Monseigneur Luc Sangaré ne seront pas en reste. Dans ce climat d'instabilité généralisé et face à la fébrilité de l’État et du parti unique Udpm, les militaires vont prendre leurs responsabilités et s’assumer en prenant le pouvoir des mains du General Moussa Traoré. Le 26 mars 1991, le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré est proclamé Chef de l’État et Président de la Transition confiée au mini parlement dénommé Comité de transition pour le salut du peuple (Ctsp). Une fois le parti unique - l'Udpm – dissous, le gouvernement de la Transition est installé avec comme Premier Ministre un jeune incorruptible nommé Zoumana Sacko. La transition va se poursuivre sur 14 mois et 147 jours malgré un coup d'État raté, le 15 juillet 1991, qui mène entre autres à l'arrestation du ministre de l'Intérieur. Il a fallu le renversement de GMT pour qu’une première transition naisse au Mali. Le processus démocratique est désormais lancé et rien ne pourra l’arrêter jusqu’à son terme final par l’organisation du scrutin présidentiel du 12 avril 1992 qu’ont précédé les législatives du 8 mars 1992. Au terme du deuxième tour, l'Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema Pasj) arrive en tête avec 76 des 116 sièges en jeu. Le 26 avril, le candidat de l'Adema, Alpha Oumar Konaré, remporte le second tour de la présidentielle devant Tiéoulé Mamadou Konaté de l'Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (Us-Rda). La participation aux législatives, comme à la présidentielle est cependant faible. Les élections sont boycottées par plusieurs catégories de personnes et le processus fait l'objet de critiques. La démocratie malienne persistera néanmoins sous Konaré qui sera réélu pour un second mandat en 1997. Tel que promis lors de la Conférence nationale de fin juillet mi-août 1991, les élections législatives et présidentielles ont été finalement tenues en 1992.

<strong> Khaly-Moustapha LEYE</strong>

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<item>
<title>Commémoration des martyrs de mars 1991 : Le ministre de la Santé et du Développement Social,  le médecin Colonel Assa Badiallo TOURÉ dans la vision de perpétuer la mémoire collective.</title>
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<pubDate>Sun, 23 Mar 2025 16:22:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Il était 9h sous un soleil ardent, lorsque le ministre de la Santé et du Développement social, le Médecin Colonel Assa Badiallo TOURÉ a rejoint la marche organisée par l’Association des Victimes pour la Répression (ADVR) en présence des parents des victimes, des vétérans du mouvement démocratique et de nombreux jeunes, venus s’abreuver à la source de l’histoire contemporaine du Mali.

Cette cérémonie, organisée au Carré des martyrs sis au Cimetière de Niarela où reposent de milliers de victimes tombées pour la démocratie, avait pour objet de rendre hommage aux martyrs de la répression de mars 1991.

<a href="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2025/03/26-mars-.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3100644" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2025/03/26-mars-.jpg" alt="" width="650" height="506" /></a>Le Président de l’ADVR a remercié le Ministre pour l’engagement constant des autorités dans la commémoration des victimes de la répression. Il a terminé par dire que la réconciliation sociale repose sur une justice démocratique et réparatrice

<a href="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2025/03/Badiallo-26-mars.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3100645" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2025/03/Badiallo-26-mars.jpg" alt="" width="650" height="433" /></a>Le Ministre de la santé et du Développement Social a , au nom  du Chef de l’Etat  et du Premier Ministre , procédé au dépôt de gerbes de fleurs en la mémoire des victimes avant de rassurer la jeunesse présente sur les lieux  que le Gouvernement de la Transition « tiendra toute sa place  dans le respect de la mémoire  de nos martyrs en faisant que tous les jours son action  contribue à matérialiser leurs idéaux ».

S’adressant aux marcheurs de l’ADVR, le Colonel Assa Badiallo a salué la constance de leur démarche depuis 34 ans accompagnés qu’ils sont par la jeunesse et les a rassurés « que les victimes de la répression des évènements de janvier à mars 1991 méritent le respect et la reconnaissance de la Nation et demeurent dans le cœur et dans l’esprit du peuple malien ».

Pour le ministre Assa Badiallo TOURÉ, le Mali a entamé un grand chantier de refondation pour relever les défis liés à la mauvaise gouvernance, ceci ne peut réussir sans une compréhension solidaire de la grande majorité des maliens dont il a saisi l’opportunité de saluer sa résilience. Après son intervention, le Ministre a procédé au traditionnel tour  symbolique des tombes des victimes et a salué l’assistance avant de mettre fin à la cérémonie.

<strong>Réseau de Communication du MSDS.</strong>

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<title>45 ans après la disparition de Cabral :  &amp;quot;Où est enterré notre camarade Cabral ?&amp;quot;</title>
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<pubDate>Sat, 22 Mar 2025 01:25:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>La question continue de tourmenter l’esprit des amis de l’illustre disparu Abdoul Karim Camara dit Cabral. Cette semaine, lors de la cérémonie de dépôt de gerbes au "monument Cabral" par le Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, les camarades du leader estudiantin ont eu la chance de poser la question au chef de l’exécutif.</em></strong>

17 mars 1980-17 mars 2025, 45 ans, jour pour jour, le leader estudiantin Abdoul Karim Camara perdait la vie sous les coups de bottes de l’ancien régime Moussa Traoré, selon plusieurs témoignages. 45 ans, officiellement, personne ne sait où a été enterré le jeune leader Abdoul Karim dit Cabral par le régime de Moussa.

Et depuis, toutes les occasions sont bonnes pour l’Amicale des Anciens militants et sympathisants de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (Amsuneem) pour demander : "Où est enterré notre camarade Cabral ?".

Face au chef de l’exécutif de la Transition, Abdoulaye Maïga, cette semaine, lors du dépôt de gerbe au monument Cabral, le Secrétaire général de l’Amsuneem, El Hadj Seydou Patrice Dembélé, a saisi de nouveau profité de l’occasion et a fait la doléance : <em>"Nous vous demandons humblement, un vœu ardent qui nous est cher  de nous aider. Je dis bien de nous aider à retrouver où est enterré notre camarade Cabral ?"</em>. Et d’ajouter : <em>"C’est un souhait, la famille biologique et nous, sommes toujours dans cette dynamique que nous serions enfin assurés du lieu où dort notre camarade"</em>.

Dans son allocution, le Premier ministre a fait fi de la question. Aucune réponse directe encore moins une promesse. Le chef de l’exécutif se contentera de reconnaitre les valeurs patriotiques du leader Abdoul Karim Cabral. <em>"Un leader estudiantin charismatique, rigoureux, travailleur, patriote et une boussole pour la jeunesse"</em>, sont entre autres les qualificatifs reconnus à feu Abdoul Karim Cabral par le Premier ministre.  Le général Abdoulaye Maïga, lui a aussi reconnu les valeurs de son combat mais a gardé un silence militaire sur la question.

<strong>Koureichy Cissé    </strong>]]> </content:encoded>
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<title>La dévaluation du franc CFA, un scénario impossible à exclure</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/la-devaluation-du-franc-cfa-un-scenario-impossible-a-exclure-3097718.html</link>
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<pubDate>Sat, 01 Mar 2025 16:26:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Visages masqués, des centaines de jeunes armés de gourdins déferlent dans le quartier du Plateau, à Dakar. Scandant des slogans hostiles au chef de l’État, les manifestants prennent la direction du palais présidentiel et saccagent tout sur leur passage. Malgré les nuages de gaz lacrymogènes, les forces de l’ordre ont du mal à contenir la vague. Les affrontements sont violents et causent la mort d’au moins quatre policiers et un civil. Les militaires prennent finalement position autour du bâtiment de la radiotélévision, et des blindés légers font leur apparition à certains carrefours de la ville. </em></strong>

Ces événements, assimilables à des émeutes de la faim, se sont déroulés le 16 février 1994. Les Sénégalais protestaient contre l’explosion des prix, conséquence d’une décision historique prise un mois plus tôt. Ce fameux 11 janvier 1994, il est 20 h 50 lorsqu’Antoine Ntsimi, le ministre camerounais des Finances, visiblement épuisé par quarante-huit heures de négociations, s’assied, face caméra, entouré d’une forêt de micros. À sa droite, Michel Roussin, le ministre français de la Coopération, le toise, bras croisés. Antoine Ntsimi lit alors un communiqué annonçant la « décision » des quatorze chefs d’État et de gouvernement des zones Uemoa et Cemac de « modifier la parité franc CFA ».

<strong>Traumatisme </strong>

Du jour au lendemain, la valeur du billet est divisée par deux. Conséquence immédiate, le prix des produits importés, comme l’essence ou la farine, double mécaniquement. D’Abidjan à Yaoundé en passant par Libreville, la situation est vécue comme un traumatisme. « Après le boom de la démocratie, nous voilà dans le krach de la dévaluation. Le tout, imposé par les capitales occidentales, devenues plus que jamais maîtresses de notre destin », résumait L’Union, le quotidien gouvernemental gabonais.

C’est la conclusion de mois, voire d’années de rumeurs et d’hésitations. À l’époque, les économies des zones franc vont mal, très mal. Les cours des matières premières sont au plus bas et les taux d’intérêt en dollars augmentent. La part de l’Afrique dans le commerce mondial décline. Les pays de la zone ne parviennent plus à rembourser leurs dettes. Ils ont parfois des difficultés à payer les fonctionnaires. Les ajustements structurels du FMI n’ajustent rien, les réserves de change sont au plus bas, les capitaux fuient la zone et, face aux impayés, les institutions de Bretton Woods ferment finalement le robinet. Appelée à la rescousse, la France conditionne tout appui budgétaire à un programme du FMI. Mais l’institution conditionne tout programme à une dévaluation. « Les chefs d’État n’ont pas eu le choix. Le décès du charismatique Félix Houphouët-Boigny, le 7 décembre 1993, qui était farouchement opposé à une dévaluation, a achevé le processus », raconte l’économiste togolais Kako Nubukpo.

Arriver à un taux crédible Contraints et forcés, les quatorze présidents finissent par accepter l’inacceptable. « Il fallait arriver à un taux durablement crédible, un taux qui réellement autorise et stimule le retour des capitaux ainsi que les investissements étrangers. C’est la raison pour laquelle ce taux a été choisi », expliquait alors le Français Michel Camdessus, directeur général du FMI.

Malgré son coût social particulièrement élevé, l’opération est un succès d’un point de vue macroéconomique. « Les importations, devenues plus chères, ont chuté. Dans le même temps, les exportations devenaient concurrentielles. La balance des paiements s’est rééquilibrée », explique l’économiste malien Modibo Mao Makalou.

Trois décennies plus tard, le spectre de la dévaluation continue de hanter les nuits des dirigeants des zones franc CFA. Car les mêmes causes produisant les mêmes effets, un tel scénario est impossible à exclure totalement. Et ces derniers temps, la rumeur enfle, alimentée par les discours souverainistes qui agitent l’Afrique de l’Ouest. « Attention aux prophéties autoréalisatrices, la valeur d’une monnaie repose aussi sur la confiance qu’elle inspire », prévient un investisseur ouest-africain sous couvert d’anonymat.

Néanmoins, le « franc CFA est une monnaie trop forte, surévaluée d’environ 10 % », estime Kako Nubukpo, qui poursuit : « Même si à court terme, l’option d’une dévaluation semble être exclue, nous sommes dans une situation qui, à certains égards, pourrait rappeler celle qui prévalait en 1994. Les critères de convergence ne sont plus respectés depuis 2021 et il y a un dérapage budgétaire dans de nombreux pays de la zone. Par exemple, le déficit budgétaire du Sénégal a pu dépasser 10 % du PIB. »

<strong> Situation alarmante </strong>

La situation est encore plus critique dans la zone Cemac. Dans la sous-région, la croissance tourne au ralenti, l’inflation se maintient à un niveau élevé, le surendettement menace et les réserves de change baissent petit à petit. Conséquence : le 16 décembre dernier, Paul Biya a réuni ses pairs à Yaoundé à l’occasion d’un sommet extraordinaire pour répondre à ces « signaux d’alerte préoccupants ».

Abebe Aemro Selassie, le directeur Afrique du FMI, ainsi que Thierry Marchand, l’ambassadeur de France au Cameroun, étaient également présents lors du sommet. Un tour de table qui n’est pas sans rappeler celui qui avait eu lieu trente ans plus tôt. « Aucun ajustement monétaire n’est à l’ordre du jour », s’est néanmoins empressé de préciser le communiqué de la présidence camerounaise, alors que plusieurs médias locaux avaient agité le fameux chiffon rouge de la dévaluation. De fait, la réunion des chefs d’État d’Afrique centrale n’a pas débouché sur une telle décision.

<strong>Cours des matières premières au plus haut </strong>

Les conditions sont-elles réunies pour que la crainte devienne réalité ? « Pour qu’une monnaie soit solide, il faut l’équivalent d’environ trois mois d’importations en réserve de change », rappelle Modibo Mao Makalou. Au terme de l’année 2024, les réserves de change des pays de la Cemac se sont établies à environ 10,2 milliards d’euros, en baisse de 5 % sur un an. Cela correspond à 4,4 mois d’importations, contre 4,9 mois à fin 2023. Côté Uemoa, la couverture des importations par les réserves de change est passée de 3,4 mois en 2023 à 3,7 mois en 2024.

Dans son dernier rapport sur la politique monétaire, la BCEAO estime que ces réserves devraient même monter à 4,5 mois d’importations d’ici à la fin de l’année. La zone commence à bénéficier de l’augmentation des exportations de pétrole et de gaz, notamment grâce à la mise en production en Côte d’Ivoire, au Niger et au Sénégal.

Autre argument qui semble exclure l’option d’une dévaluation, les cours de la plupart des matières premières sont à leurs plus hauts, à l’image de l’or et du cacao dont la Côte d’Ivoire et le Ghana sont les premiers producteurs mondiaux. Enfin, l’Afrique de l’Ouest affiche des taux de croissance parmi les plus élevés de la planète. « Non seulement une dévaluation est improbable mais surtout elle n’est pas nécessaire, tranche Bruno Cabrillac, directeur général de la Fondation pour les études et la recherche sur le développement international (Ferdi). Les banques centrales prennent les mesures qu’il faut pour éviter ça. De nombreux pays des deux zones ont des accords avec le FMI qui prévoient justement un renforcement des réserves de change. »

<strong>Risque d’éclatement de la zone franc </strong>

En 2016, les six pays membres de la Cemac, confrontés à une forte baisse des cours du pétrole et des réserves de change qui approchaient dangereusement les deux mois d’importations, étaient pourtant passés tout près d’un « réajustement de la parité monétaire ». « Ils avaient deux options sur la table : la dévaluation ou le programme avec le FMI », se souvient Bruno Cabrillac, qui fut aussi administrateur pour la France à la BEAC.

Conscients des troubles sociaux qui provoqueraient une dévaluation, les chefs d’États ne semblent même pas avoir envisagé la première option. « Le contexte actuel est beaucoup plus tendu qu’en 1994, analyse Kako Nubukpo. Les conséquences politiques d’une dévaluation seraient incomparables. » Alors que les pays du Sahel et le Sénégal de Bassirou Diomaye Faye ne cachent pas leur volonté de se départir de ce symbole de la colonisation à plus ou moins long terme, une dévaluation pourrait précipiter l’éclatement de la zone monétaire.

<a href="http://www.jeuneafrique.com">www.jeuneafrique.com</a>

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<item>
<title>Regard sur le passé : Événements du 28 février 1978 / de Moussa Traore à ATT</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/regard-sur-le-passe-evenements-du-28-fevrier-1978-de-moussa-traore-a-att-3097479.html</link>
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<pubDate>Sat, 01 Mar 2025 01:20:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>28 février 1978-28 février 2025, cela fait 47 ans jour pour jour que Bamako vibrait sous l'orage. Les hommes forts de la junte au pouvoir, le Comité militaire de libération nationale (CMLN) sont arrêtés. Il s'agit de Tiécoro Bagayoko, directeur des services de sécurité, Kissima Doukara, ministre de la Défense nationale, Karim Dembélé, ministre des Transports, et le commandant de la Compagnie-Para, le capitaine Soungalo Samaké, ami personnel de Tiécoro et le préposé des missions secrètes et redoutables du pouvoir. Nous avons déjà parlé de ces événements et le procès qui s'en est suivi. Lequel jugement a confirmé la cassure entre des frères d'armes. Aujourd'hui sous l'</em></strong><strong><em>angle de "Regard sur le passé", nous revenons à une anecdote liée à l'ex-président Amadou Toumani Touré. Ce jour, il a été intronisé commandant de la Compagnie-Para par le colonel Youssouf Traoré. Comment ? Quel est cet acte pour lequel le président Moussa Traoré lui avait dit qu'il ira loin ? Nous avons investigué une fois de plus pour revisiter l'une des pages de l'histoire du Mali. </em></strong>

Le mardi 28 février 1978 avant midi, le président Moussa Traoré et le colonel Youssouf Traoré avaient déjà fini l'application de leur plan machiavélique, c'est-à-dire l'arrestation des ténors du CMLN mis en cause.

Pendant qu'un bain de foule sous la forme d'une motion de soutien réconfortait le président Moussa Traoré dans sa posture, son acolyte Youssouf Traoré se rendait au Camp-Para de Djicoroni. Parce que le commandant de cette unité d'élite fait partie des conjurés. Il fallait tuer dans l'œuf toute tentative de soulèvement et trouver rapidement un nouveau commandant de compagnie. Faudrait-il rappeler que c'est dans le bureau du colonel Youssouf Traoré que Soungalo fût arrêté et ligoté par de jeunes soldats. En plus des instructions du président Moussa Traoré pour les arrestations, Youssouf a aussi trouvé l'occasion de prendre une revanche sur le commandant de la Compagnie-Para. Un incident a opposé les deux officiers, dans la gestion de l'affaire des coupeurs de tête à Dioïla (village de Soungalo). Après enquête, le colonel Youssouf a été contraint à présenter des excuses à son subordonné. Mais la rancune est restée. Parce qu'il le lui avait dit. Et Soungalo en parle dans son livre "Ma vie de soldat" (page 110).

De façon tacite l'adjoint de Soungalo Samaké, le capitaine Amadou Toumani Touré est intronisé. Comment ? Le colonel Youssouf Traoré dès son arrivée au camp des commandos parachutistes s'enferme avec ATT. Il lui explique les raisons qui ont conduit  à l'arrestation de la bande des trois et leurs complices. Aussi il lui dit qu'il dirigera désormais la Compagnie-Para, et que cela sera formalisé plus tard. Mieux il a instruit à ATT de calmer toute éventuelle tempête. Cette séance de travail des deux officiers a duré des heures. C'est sous cet orage au sein du CMLN que le grand frère et ami personnel d'ATT, Mamadou Diarra (de l'Essor pour plus de précision) très inquiet fit le trajet Bamako Coura/Djicoroni Para pour s'enquérir des nouvelles de son cadet. Il trouvera Mme Touré Lobo Traoré dans une panique totale, et dont la santé n'était pas au top. Le silence entretenu déjà par le départ de son mari au bureau créa une confusion impitoyable dans sa tête.

<strong>L'ami Mad Diarra</strong>

<a href="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2025/02/ATT-26-mars.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3097489" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2025/02/ATT-26-mars.jpg" alt="" width="650" height="892" /></a>Le doyen Mad Diarra bien qu'angoissé s'est efforcé de rassurer Lobo pendant des heures. Il profita de la présence d'un soldat pour envoyer un message à ATT. L'homme de rang était venu prendre un document de son nouveau commandant de compagnie. Et quand il a rendu compte, ATT est venu s'excuser en catastrophe auprès de son aîné. Il lui expliquera ce qui le retenait. L'incident était clos et Lobo retrouve ses esprits.

Le lendemain matin le chauffeur de l'ex-ministre des Transports Karim Dembélé a apporté à ATT une valisette qui se trouvait dans le coffre du véhicule de son patron. Le nouveau commandant de la Compagnie-Para  s'en est allé rendre compte au président Moussa Traoré. Celui-ci lui serra la main en lui disant : <em>"Tu iras loin"</em>. Les anciens se rappellent sûrement que c'est cette valisette qui a été publiée dans le quotidien national L'Essor comme une fortune détournée par un membre du gouvernement. Mais de quoi s'agit-il à propos de cette valisette contenant des dizaines de millions ?

Il ressort de nos investigations que l'argent a été remis au ministre des Transports en Côte d'Ivoire la veille de son retour au Mali, par des compatriotes au profit de leur frère commerçant. Avec le week-end, le ministre n'a pas pu rentrer en contact avec le destinataire du colis. Le temps de fixer un rendez-vous, la situation fût confuse et tout bascula. Dommage !!!

Effectivement Amadou Toumani Touré ira loin, et même très loin. Il renversera le président Moussa Traoré dans le feu d'une révolution populaire. Il dirigera une transition exemplaire, un grand projet de lutte contre la dracunculose, puis devint président de la République par la voie des urnes. Malheureusement un coup d'Etat inexplicable le chassa du pouvoir à quelques mois de la fin de son deuxième mandat. Une fois de plus  le doyen Mad Diarra joua un grand rôle.

Le constat amer est que le président ATT a été trahi par les siens, et surtout ceux-là qu'il a aidés, secourus ou même sauvés. Hélas !!! Comme l'a dit un écrivain, <em>"l'homme est un animal à deux têtes, l'une c'est la grandeur, l'autre c'est la médiocrité".</em> Il est indéniable que le président Amadou Toumani Touré a aimé ce pays jusqu'à son décès. C'est cet amour pour le Mali qui expliquait d'ailleurs son refus de s'exiler à Dakar à la demande de la Cédéao, quelques jours après le coup d'Etat du capitaine Amadou Aya Sanogo.

Là encore c'est le doyen Mad Diarra qui est intervenu pour qu'il accepte de quitter le pays. Pour la circonstance, c'est la fille d'ATT, Mabo Touré qui demanda au doyen d'intercéder auprès de son père. Parce qu'elle ne voulait pas du tout que celui-ci ait d'autres ennuis que la chute de son régime.

Le doyen Mad Diarra rejoindra ATT dans la villa où il s'était réfugié dans l'ACI-2000. Face à l'ancien président et cadet, il tranche : <em>"Tu acceptes de partir tel que demandé par la Cédéao, ou tu m'oublies pour le reste de notre vie. Mieux tu ne feras aucune déclaration ni avant, ni après ton départ".</em> ATT surpris par la fermeté rare de Mad Diarra à son égard ne répliquera pas. Il lui obéira en acceptant les propositions de la Cédéao.

Les pages de l'histoire de feu président Amadou Toumani Touré sont riches. D'autres anecdotes suivront selon les circonstances.

<strong> O. Roger Sissoko</strong>]]> </content:encoded>
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<title>In Memoriam : Abderhamane Baba Touré</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/in-memoriam-abderhamane-baba-toure-3097042.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 01:44:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Le 14 février dernier marquait le 22e anniversaire de la disparition du Professeur Abderhamane Baba Touré. Il a été une des figures majeures de l'histoire contemporaine du Mali</em>. Dans l'ombre comme au grand jour,  il fut un intrépide dirigeant du mouvement révolutionnaire qui a renversé l'autocratie et instauré le pluralisme démocratique au Mali.

Cadre du Parti africain de l'indépendance (PAI) créé, entre autres, par Majemout Diop, du PAI-Soudan sous l'égide de Lassana Doumbia, du Docteur Sané Moussa Diallo et d' Amadou Djikoronin Traoré, membre du Parti malien ouvrier et paysan (PMOP) fondé et dirigé par Yolo Tolo Walbanou, il a pris la tête du Parti malien du travail (PMT) à son retour au Mali en 1967.

Né en 1928 dans le village de Doukouré, commune de Saréyamou, dans le Gourma de Diré, il est allé à l'école primaire, dans ce gros bourg sur les rives d'Issaber, puis à Goundam où il a été hébergé par Alassane Sababa Touré, père de son camarade de classe Tiémoko Almadi.

À Bamako, il fréquenta l'École primaire supérieure Terrasson de Fougères entre 1943 et 1946.

Après l’École Technique Supérieure où il obtient la première partie du baccalauréat, il intègre  l'École normale William-Ponty (Sénégal), il décroche la seconde partie du baccalauréat.

Il poursuit ses  études supérieures en France à Montpellier . Dans cette ville du sud de la France, il milite au sein de plusieurs organisations dont l'Association étudiante internationale  (AEI).

&nbsp;

Titulaire d'une licence en Sciences Physiques, il réussit au CAPES et est nommé professeur certifié en 1956.

Revenu au pays, il enseigne la physique et la chimie au lycée Terrasson de Fougères (actuel lycée Askia Mohamed de Bamako).

Après le "NON" historique de la Guinée au référendum gaulliste de septembre 1958, Abderhamane, comme plusieurs jeunes cadres africains de cette époque, va enseigner en Guinée en signe de solidarité avec le peuple de ce pays qui a "préféré la pauvreté dans la dignité à l'opulence dans l'esclavage".

Rentré de Guinée en 1960, il est professeur de sciences physiques dans les lycées. Il obtient une bourse d´études de 3ème cycle et repart pour la France.

C'est dans sa résidence, 102, rue du Général Leclerc, à Saint-Leu-la Forêt dans la vallée de Montmorency ( 20 kms de Paris) que s'est tenue, un jour de mai 1965, une des réunions fondatrices du Parti malien du travail ( PMT). Plusieurs militants et leurs épouses ont partagé un repas mémorable offert par Madame Touré Marie-Therèse Vallogne (surnommée Mimi). Parmi les convives: Marie-Bernard Sissoko-Mamoudou, Ali Nouhoun Diallo, Bah Boubacar Bill....

Une autre réunion fondatrice eut lieu en 1965 à Nyomirambougou, Bamako au domicile de Moriké Konaré.

Ont participé à cette rencontre :

le cheminot Yolo Tolo, l'ancien combattant Hamadiar Traoré, Soumana Maïga, Kadari Bamba, Sadou Oumar Yattara.

La principale conclusion de cette réunion a été le changement de nom, du " Parti malien ouvrier et paysan" (PMOP) en "Parti malien du travail" (PMT).

Rentré définitivement au Mali en 1967, Abderhamane Baba Touré est nommé Directeur général de l'École Normale Supérieure.

Abderhamane Baba Touré fut après Soumana Maïga, le dirigeant incontesté du Parti malien du travail (PMT).

En novembre 1968, un putsch militaire renverse le Président Modibo Keïta et son gouvernement.

Dès le lendemain, 20 novembre, le PMT publie un tract ambigu qui donne  l'impression de soutenir ou de comprendre l'action des militaires putschistes.

Quelques mois plus tard, en avril 1969, plusieurs membres  et sympathisants du PMT sont arrêtés: Abderhamane Baba Touré, Kadari Bamba, Marie-Bernard Sissoko, Monobem Ogoniangaly, Sadou Oumar Yattara, Mamadou Doucouré Vézéro et Santigui Mangara.

Interpellé et détenu pendant 45 jours, le leader étudiant, Oumar Konaré, a été élargi au bénéfice du doute, faute de preuves de son appartenance au PMT.

Les autres membres du PMT ont été jugés et condamnés à 18 mois d'emprisonnement.

Abderhamane Baba Touré a été envoyé à Yélimané à l'extrême Ouest où il purgea sa peine.

À sa sortie de prison en 1971, il a continué à militer pour la démocratie et la justice sociale au Mali.

Vingt ans après, le Mali connaîtra une insurrection populaire victorieuse dans laquelle, le PMT et ses rameaux (notamment l'Union TiémokoGaran) ont joué un rôle déterminant.

Les luttes estudiantines des années 1978-1980 ont donné une nouvelle impulsion au combat du peuple pour la liberté.

Dès 1982 le Front démocratique du peuple malien (FDPM) est créé par Moussa Tati Keïta et ses camarades.

En décembre 1986 le PMT, le FDPM, l'US-RDA et le PMRD créèrent à Dakar le  Front national démocratique et populaire (FNDP) avec le soutien de Amath Dansokho et de Abdoulaye Bathily, deux dirigeants de la gauche sénégalaise dont les partis sont issus du PAI originel.

Après le Club Nelson Mandela et l'Association des diplômés sans emploi ( ADIDE), l'Union TiémokoGaran crée en octobre 1990 le Comité national d' initiative démocratique (CNID), puis l'Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) sous la houlette de Oumar Mariko.

Les organisations membres du FNDP et d'autres patriotes mirent sur les fonts baptismaux, ce même mois d' octobre 1990, l'ADEMA-Association dont le premier président fut Abdramane Baba Touré.

L'association des jeunes pour la démocratie et le progrès (AJDP) et la Jeunesse libre et démocratique (JLD) ont été créées par de jeunes patriotes qui n'avaient peur de rien.

Le CNID organise le 10 décembre 1990 une grande manifestation conduite par  Me Mountaga Tall, Me Demba Diallo, Cheikh Oumar Sissoko et Amidou Diabaté.

Le  31 décembre, le CNID et l'ADEMA manifestent ensemble.

"Demokarasi, I sanbè, sanbè!  était le slogan clamé par les porte-parole de cette marche unitaire, Kadiatou Sow Salaama et Drissa Diakité, repris par des  dizaines de milliers de Bamakois.

En janvier 1991, les professionnels de la justice sous l'égide de leur section syndicale déclenchent une grève générale illimitée et prennent la rue pour le respect de l'État de droit.

Ils reçoivent le soutien du Syndicat national de l'administration d'État (SYNTADE), importante composante de l'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM).

Le 17 mars1991, l'AEEM commémore par une marche la mort sous la torture, au camp des parachutistes de Djikoronin en mars 1980, de Abdoul Karim Camara, secrétaire général de l'UNEEM.

Le 22 mars, une manifestation "avec barricades " organisée par l'AEEM est sauvagement réprimée.

Le sang coule.... Des morts...., des blessés...C'était "le vendredi noir".

Combinant le sentiment démocratique et le serment d'Hippocrate, Bocar Sall, Ali Nouhoun Diallo, Chérif Cissé et d'autres professionnels de la santé se démultiplient à l'hôpital Gabriel Touré pour assister les blessés par balles au milieu des cadavres.

Les images prises par Cheikh Oumar Sissoko et  Racine Keïta témoignent de la barbarie et de l'horreur de la répression.  Elles émeuvent l'opinion internationale.

Me Bintou Maïga,  Abderhamane Baba Touré et Kadari Bamba, entre autres, se rendent au siège de l'UNTM et confèrent avec les dirigeants syndicaux.

Après une visite à Gabriel Touré, où ils ont pu constater la boucherie, Bakari Karambé, Boïssé Traoré et leurs camarades décrètent une grève générale illimitée jusqu'à la démission du général Moussa Traoré.

Après concertation avec l'UNTM, l'ADEMA, le CNID, l'AEEM le Barreau, l'AMDH et les autres associations, une coordination des organisations démocratiques est mise en place, le 23 mars sous la direction de l'UNTM.

Abderhamane Baba Touré est élu premier vice-président. Amidou Diabaté du CNID est 2ème vice-président. Oumar Mariko de l'AEEM est 3è vice-président. Maître Demba Diallo de l'Association des droits de l'homme en est le porte-parole.

Boïssé Traoré, Me Drissa Traoré, Soumeylou Boubèye Maïga et  Cheikh Abdoulaye Cissé sont parmi les membres actifs.

Un  "Appel au peuple malien " est rédigé et diffusé. Il soutient la grève générale de l'UNTM et exige la démission du général Moussa Traoré et de son gouvernement ainsi que la dissolution de l'Assemblée Nationale.

Il  appelle également les forces démocratiques à constituer un Comité de salut du peuple (CSP) chargé de gérer la transition démocratique.

Dès le 24 mars, le président Moussa Traoré demande à rencontrer la coordination démocratique.  Une délégation  se rend à Koulouba : Bakari Karambé, Abderhamane Baba Touré, Amidou Diabaté, Me Drissa Traoré, Me Demba Diallo, Hamadoun Bâ, représentant de l'AEEM.

La rencontre tourne court: courageusement les  délégués insistent sur la démission du Président et sur la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée Nationale.

Le lendemain, 25 mars, une délégation conjointe du parti unique (UDPM) et du Gouvernement se rend à la Bourse du travail: le général Filifing Sissoko, Drissa Traoré BEC-UDPM), Sambou Soumaré ( ministre de la Justice), Zeïni Moulaye (ministre du Tourisme), Anatole Sangaré, Directeur des services de renseignements.

En face, Abderahmane Baba Touré, Amidou Diabaté, Moussa Balla Diakité et Hamadoun Bah de l'AEEM, Sidi Camara et Dioncounda Niakaté de l'ADIDE rejetèrent l'offre de négociations et exigèrent la démission pure et simple du Général Moussa Traoré.

Dans  la nuit du 25 au 26 mars 1991, la  révolution triompha: après concertation avec  l'Aide de Camp du Président ( le Colonel Oumar Diallo) et le Directeur Général de la Sécurité d'État (le Contrôleur Général de police Anatole Sangaré), le commandant de la Garde Présidentielle, le Lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, à la tête d' un détachement du bataillon parachutiste pénètre dans le bureau présidentiel et arrête le Chef de l'État, les membres de la direction du parti unique et les ministres réunis pour examiner la situation.

Dès le lendemain, 26 mars, les nouveaux chefs militaires se rendent à la Bourse du travail à la rencontre de la Coordination démocratique.

Les dirigeants civils de l'insurrection et les officiers conviennent de la mise enplace d'un " Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP), organe dirigeant de la période intérimaire qui durera 14 mois.

Le Professeur  Abderhamane Baba Touré  en est élu 2èmeVice-Président.

Après les premières élections pluralistes, il est nommé membre  de la Cour Constitutionnelle. Les membres de cette institution l'ont élu président à partir de 1999.

Pendant plusieurs décennies, le fils de Houneyezatou et de Baba Touré (deux paysans du Gourma malien) s'est engagé dans l'action politique pour débarrasser la patrie de la dictature et poser les jalons de la démocratie.

Avec le vétéran Kadari Bamba, il a publié aux éditions Jamana, en 2002,  une "contribution du PMT à l'avènement de la démocratie au Mali".

Il s'est éteint le 14 février 2003 à Paris. Il fut inhumé à Bamako.

L'École nationale d'ingénieurs (ENI) du Mali, dont il a été le directeur général pendant des années, porte son nom.

De sa sortie de prison en 1971 à son décès, son épouse, Élizabeth Adam John,  joua auprès du vétéran un rôle déterminant dans les combats qu'il a menés pour l'avènement de la démocratie.

Dans trois ans, ce sera le centenaire de la naissance de Abderhamane Baba Touré.

Les  forces démocratiques doivent se préparer, à cette occasion, à rendre un vibrant hommage à ce grand Malien.

<strong><em>Sources :</em></strong>
<ul>
 	<li><strong><em>entretiens avec des témoins, des acteurs, des veuves, enfants et proches de protagonistes disparus;</em></strong></li>
 	<li><strong><em>"Contribution du PMT à l'avènement de la démocratie au Mali", Éditions Jamana, 2002.</em></strong></li>
 	<li><strong><em>" Les grandes dates du Mali", Cauris-Livres, 2019.</em></strong></li>
 	<li><strong><em>archives conservées par des familles d'acteurs.</em></strong></li>
</ul>
<strong>Par Tiébilé Dramé</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le Mali en panne de développement :   Manque de leadership ou de vision de ceux qui ont gouverné le pays après Modibo Kéita ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-mali-en-panne-de-developpement-manque-de-leadership-ou-de-vision-de-ceux-qui-ont-gouverne-le-pays-apres-modibo-keita-3096295.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 20 Feb 2025 01:45:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>On peut tout reprocher au regretté président (22 septembre 1960 à 19 novembre 1968) Modibo Kéita (4 juin 1915-16 mai 1977) sauf qu’il ne fut pas un vrai leader qui avait une vision claire de l’émancipation socioéconomique et politique du Mali après l’indépendance acquise le 22 septembre 1960. En écoutant son discours prononcé le 30 octobre 1961 lors d’une conférence des cadres à Kati, on se rend compte que le putsch du 19 novembre 1968 a réellement hypothéqué le développement économique du pays. L’amer constat est surtout que le Mali a progressivement glissé en passant de pays exportateur à un dépotoir de produits manufacturés importés. Manque de leadership ou de vision de ceux qui ont gouverné le pays après la chute du père de l’indépendance ?</strong>

«<em>Rendre aux Maliens la maîtrise de leur destin</em>» ! Telle était l’ambition du regretté président Modibo Kéita. Et en l’écoutant s’adresser aux cadres le 30 octobre 1961 à Kati, on se rend compte qu’il incarnait un véritable leadership porteur d’une réelle volonté pour concrétiser l’indépendance du pays sur tous les plans.      A commencer par l’aménagement des voies de désenclavement du Mali. Il avait ainsi en projet de bitumer la route Bougouni-Manankoro frontière Côte d’Ivoire pour que «<em>les véhicules de transport puissent subir moins de dégâts</em>». Cet axe stratégique (130 km) reste encore un véritable bourbier en hivernage. Comme l’ont le plus souvent déploré les populations locales, cette route continue de causer des pertes matérielles et humaines dans «<em>l’indifférence des décideurs politiques</em>».

Pour davantage désenclaver le Mali, le président Modibo Kéita a déclaré à Kati son ambition de lancer l’étude du cours du fleuve Niger pour qu’il puisse être «<em>navigable en toute saison</em>» parce que «<em>nous savons que le transport fluvial coûte moins cher que le transport routier</em>». Et de poursuivre, «<em>pour soustraire notre pays de l’emprise des produits industriels importés, nous avons décidé de transformer sur place notre coton en tissus et fils ; de transformer nos cuirs en chaussures ; de produire nous-mêmes notre ciment ; notre huile d’arachide ; de produire nous-mêmes certaines machines</em>…». Il était aussi question d’étudier le cours du fleuve Sénégal pour que «<em>Kayes soit notre port fluvial pour réduire notre dépendance du Sénégal, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire voire du Ghana…</em>».

Mais, en vrai leader, le président Kéita était aussi conscient des obstacles à franchir pour concrétiser ses projets qui contrariaient sans doute la volonté néo-colonialiste de l’Occident, notamment de la France. «<em>Ce sont de beaux projets, mais pour leur réalisation, il nous faut des crédits d’investissements</em>», a-t-il reconnu. «<em>A l’heure actuelle, sur le plan des investissements, nous sommes dépendants de la France. Nous utilisons le franc CFA qui est garanti par la monnaie française. Ainsi, du jour au lendemain, si nous avons besoin de crédits d’investissements, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l'Ouest </em>(BCEAO) <em>peut demander des ordres à Paris qui peut dire non…</em>», a-t-il souligné aux cadres réunis à Kati.

<strong>De la vision pour contourner les obstacles néocolonialistes</strong>

Mais, en leader visionnaire, il avait sa petite idée derrière la tête pour contourner cet obstacle. «<em>Nous avons vu ce danger et pour y soustraire, nous avons envoyé un peu partout des missions et nous en avons au​ssi reçu. Elles ont été envoyées dans les pays de l’Est comme dans ceux de l’Ouest. Nos problèmes ont été exposés et les pays qui ont estimé devoir apporter leur contribution à la construction de notre pays nous ont aidé en signant avec nous des accords de coopération ainsi que des accords commerciaux</em>», a assuré le président Modibo Kéita.

«<em>Dans le cadre de ces accords, certains pays nous donnent des équipements, des fournitures ou ils nous prêtent des sommes pour les acheter… Mais, si vous apprenez que l’Union Soviétique</em> (aujourd’hui Fédération de Russie) <em>a mis à notre disposition 40 000 roubles, cela ne signifie pas que ce pays compte l’argent et nous le remet en espèce, mais il nous ouvre un crédit de 40 000 roubles avec lesquels nous achetons des équipements, du matériel pour nos besoins…</em>», a-t-il schématisé.

«<em>Généralement, ces pays nous ouvrent des comptes chez eux pour nous permettre d’acheter du matériel, des équipements pour installer nos industries, pour équiper notre pays. La plupart des ces accords sont conclus sur la base du principe des échanges compensés</em>», a expliqué le président Kéita. «<em>Les échanges compensés</em>» sont généralement des crédits remboursés en nature (arachide, huile, peau, coton…). «<em>C’est pourquoi, depuis trois ans, nous avons mis l’accent sur le retour à la terre pour qu’il y ait beaucoup plus de cultivateurs, les grouper afin qu’ils puissent être mieux aidés avec des moyens modernes pour accroître leurs rendements… Cela nous permettrait d’avoir suffisamment de produits pour rembourser les pays qui nous ont prêté les sommes mises à notre disposition pour acquérir du matériel et des équipements pour notre plan de développement</em>», a expliqué aux cadres le père de l’indépendance du Mali. Il a rappelé que les 4/5 de son discours tenu le 1er septembre 1961 (dans le cadre de l’ouverture du «<em>Plan électoral</em>») étaient orientés vers l’organisation du paysannat, de l’élevage et vers les conditions à remplir pour l’accroissement de la production.

A cette occasion, le président Kéita a demandé à ses camarades de se pencher sur l’économie de la République du Mali. Et cela d’autant plus que, a-t-il rappelé, «<em>nous avons cet avantage rare en Afrique. Dans nos échanges extérieurs avec les pays africains, nous leur vendons plus qu’eux ils nous vendent. Ainsi, sur le plan africain, notre balance commerciale est excédentaire</em>». Le riz, le poisson sec, le poisson fumé, le bétail, la viande, les haricots… étaient autant de produits que le Mali de Modibo Kéita vendait en Guinée, en Côte d’Ivoire, au Libéria, en Haute Volta (Burkina Faso), au Niger, au Ghana.

<strong>Quand la Côte d’Ivoire importait sa consommation de riz du Mali</strong>

«<em>Cela nous permet de nous approvisionner en franc CFA, de sorte que même si, la France devant la pression des sociétés commerciales installées ici et que nous sommes en train de liquider, essayerait de faire pression sur nous, nous pourrons en souffrir un ou deux mois, mais avec nos activités commerciales, nous parviendrons à nous en tirer. Ainsi, quoiqu’il advienne, en raison de notre économie riche en produits agricoles, laitiers et en bestiaux, nous avons la possibilité d’avoir des devises, parce que les autres pays africains ont plus besoin de nous pour leur subsistance</em>», a assuré Modibo Kéita.

Comme on peut le constater, nos potentialités agro-sylvo-pastorales faisaient qu’on ne pouvait pas imposer à notre pays une politique à laquelle il n’adhérait pas, «<em>même si l’on veut faire usage de la pression monétaire</em>». Dans son intervention, Modibo Kéita a rappelé que «<em>la République de Guinée nous a devancé dans l’indépendance et des camarades y font souvent référence. Mais les situations ne sont pas les mêmes. Une partie de la Guinée est dominée par la forêt</em>». Quant à la Côte d’Ivoire, a souligné le camarade Modibo Kéita (paix à son âme), «<em>malgré qu’elle cultive le riz dans certaines régions, les populations préfèrent celui produit au Mali à cause de sa qualité, de sa variété</em>». Ainsi, en 1961, la Côte d’Ivoire a importé du Mali 10 mille tonnes de  riz et plus les années suivantes.

Le comble est qu​e, aujourd’hui, le Mali importe tout de l'extérieur. Deuxième producteur de riz d'Afrique de l'ouest (avec une production annuelle de plus de 2 millions de tonnes) après le Nigeria), le Mali importe pourtant environ 25 % de ses besoins de consommation de la denrée, soit environ 2,4 millions de tonnes par an, d’après les données de l’USDA (Département de l'Agriculture des États-Unis). Mais, nous savons tous aussi que ces importations essentiellement exonérées sont contrôlées par un vaste réseau d’enrichissement illicite…

«<em>On peut étudier l’économie de tous les autres pays africains, on ne trouvera pas une réédition du cas malien</em>», a défendu le président Modibo Kéita dans ce discours historique que tous ceux qui aspirent diriger un jour notre pays doivent écouter en faire une référence. Et cela d’autant plus que, à l’époque, c’était la meilleure conception du développement de l’économie malienne bénéficiant de l’équilibre de sa balance commerciale grâce aux exportations. Comme l’a dit le doyen Abdoul Karim Dramé (qui nous a envoyé l’audio), c’est «<em>un cours d'économie d'avant-garde en bon français». </em>Et de souligner, «<em>on comprend mieux qu'après sa chute, les secteurs prometteurs pour notre pays   aient été sabotés</em>».

En tout cas, l’amer constat est là : le Mali a progressivement glissé en passant de pays exportateur à un dépotoir de produits manufacturés importés. Manque de leadership ou de vision de ceux qui ont gouverné le pays après la chute du père de l’indépendance ? On a en tout cas toutes les raisons de croire que le putsch du 19 novembre 1968 a été une brutale rupture (orchestrée de l’extérieur) qui a hypothéqué le développement économique du Mali jusqu’à ce jour !

<strong>Moussa Bolly</strong>

XXXX

<strong>Le Mali d’hier à aujourd’hui : </strong>

<strong>La  brutale rupture qui a hypothéqué le développement économique du Mali le 19 novembre 1968</strong>

[caption id="attachment_3096271" align="aligncenter" width="650"]<a href="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2025/02/Modibo-Keita-inaugure-une-usine.jpg"><img class="size-full wp-image-3096271" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2025/02/Modibo-Keita-inaugure-une-usine.jpg" alt="" width="650" height="420" /></a> Modibo Keita inaugure une usine[/caption]

En l’écoutant à Kati, on comprend maintenant pourquoi en quelques années seulement Modibo Kéita avait réussi à poser les bases d’une économie indépendante. Et cela malgré que l’industrie malienne soir inexistante à l’accession du pays à l’indépendance. Les pères de notre indépendance se sont attelés à la création de plusieurs petites industries (sucrerie, rizerie, cimenterie, usine de céramique, manufacture de tabacs et d’allumettes, tannerie, usine de textile, abattoir frigorifique, huilerie conserverie…) afin de favoriser l’indépendance économique. Une quarantaine de sociétés et entreprises d’états (Société des Conserves du Mali/SOCOMA ; Société d’Exploitation des Produits oléagineux du Mali/SEPOM) ; Abattoir frigorifique, Société malienne d’importation et d’exportation/SOMIEX ; Banque de développement du Mali/BDM ; Librairie Populaire du Mali/LPM ; Société des ciments du Mali/SOCIMA ; Société nationale d’entreprise de travaux publics/SONETRA ; Air Mali ; Société nationale de recherche et d’exploitation minières/SONAREM), Compagnie malienne des textiles ; Société équipement du Mali (SEMA)…) ont ainsi vu le jour entre 1960 et 1967.

On notera également la création de plusieurs structures qui répondaient aux besoins essentiels de la population, notamment 10 hôpitaux, 300 dispensaires, 45 centres médicaux, 60 maternités, une pharmacie populaire avec des succursales dans toutes les grandes villes et chefs de lieux de cercles et des dépôts dans les arrondissements et les villages, 5 écoles de formation de personnel de la santé, 4 écoles d’enseignement supérieur (ENA, ENSUP, ENI, INA). Pour mieux affirmer la souveraineté nationale, le franc malien a été créé le premier juillet 1962. En tout cas, le constat est que le Mali ne cesse de dégringoler depuis le putsch du 19 novembre 1968.

<strong>Moussa Bolly</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Histoire : Il y a 144 ans Goumanko résistait à la pénétration coloniale française</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/histoire-il-y-a-144-ans-goumanko-resistait-a-la-penetration-coloniale-francaise-3095200.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 12 Feb 2025 10:00:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>11 février 1881-11 février 2025, il y a 144 ans que le village de Goumanko a été martyrisé lors de la pénétration coloniale, après avoir opposé une résistance farouche aux multiples assauts des troupes de l’armée française. Situé à 9 km au Sud de la ville de Kita, cette localité a été la 2è martyre après Logo Sabouciré (1878), dans la Région de Kayes du fait de l’armée coloniale française qui a massacré plus de 1.000 personnes après 3 heures de combats acharnés.</strong>

Pour commémorer l’anniversaire de cette résistance héroïque de Goumanko face à la France coloniale, l’Association Faso Kanu en partenariat avec l’Association Obara, celle des ressortissants de Daban, en collaboration avec le Conseil communal de la circonscription administrative, a organisé hier une journée éducative et récréative à l’attention des élèves du complexe scolaire Aminata Diarra à N’Gabacoro-Droit.

La cérémonie était placée sous le parrainage de Kardjigué LaïcoTraoré, homme de culture, en présence du commissaire principal de l’Association Faso Kanu, Ibrahima Kébé, du représentant du Conseil national de Transition (CNT), Dr Youssouf Z. Coulibaly, des autorités administratives politiques et coutumières locales et d’autres personnalités.

Intervenant en tant que ressortissant de Goumanko et descendant direct des résistants héroïques, Gaoussou Sidibé a brièvement retracé les différentes étapes de la résistante de son village, des premières attaques d’El Hadj Oumar Tall et ses deux fils en 1877, jusqu’à l’arrivée des troupes coloniales françaises qui ont souffert pendant plus de trois mois devant le mur de protection d’environ 4 mètres de hauteur construit par les villageois.

Le représentant du CNT, Dr Youssouf Z. Coulibaly, a expliqué que ces genres d’évènements permettent aux élèves de savoir que nous étions un pays de guerriers et qu’il y a 144 ans, Goumanko avait opposé une résistance farouche à la pénétration coloniale. Cela, après des luttes très acharnées qui ont fait beaucoup de victimes de part et d’autres dont un millier de nos braves défenseurs de la cité de Goumanko. Ces riches histoires ont tendance à disparaître aujourd’hui, d’où l’importance de cette journée, a-t-il ajouté.

Le Commissaire principal de l’Association Faso Kanu a fait savoir que c’est la 5è année consécutive que son regroupement organise une journée pour commémorer cette date historique de février 1881 qui doit rester gravée dans la mémoire collective. «Nos ancêtres ont payé au prix de leurs vies pour leurs honneur et dignité en se dressant de toute leur taille pour contrer l’envahisseur étranger», a souligné le leader associatif, qui a promis qu’ils continueront leurs efforts. C’est pourquoi, Ibrahima Kébé pense que cette partie de notre histoire doit être enseignée dans les établissements scolaires en lieu et place de la révolution française.

Pour sa part, le promoteur du complexe scolaire Aminata Diarra a salué l’initiative qui, selon lui, doit se poursuivre dans tous les établissements du pays. Selon Zoumana Diarra, cela permettra aux élèves de connaître l’histoire de leur pays et la bravoure de leurs ancêtres.

L’exécution symbolique de 11 coups de canon en mémoire des 84 coups de canon qui ont détruit Goumanko le 11 février 1881 et la remise de médailles et d’autres distinctions par les organisateurs à des personnalités engagées dans la préservation de la mémoire historique de cette localité, ont été des moments forts de la cérémonie.

Aboubacar TRAORE]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mamadou Diarrah, 1er député maire de Koulikoro :  Un homme d’honneur, Sa vie et son Œuvre1919&#45;1977.</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mamadou-diarrah-1er-depute-maire-de-koulikoro-un-homme-dhonneur-sa-vie-et-son-oeuvre1919-1977-3092580.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mamadou-diarrah-1er-depute-maire-de-koulikoro-un-homme-dhonneur-sa-vie-et-son-oeuvre1919-1977-3092580.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2025/01/Mamadou-Diarrah.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Mon, 27 Jan 2025 07:46:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Janvier 2025</strong>

<strong>SOMMAIRE</strong>
<ul>
 	<li><strong> Biographie de Mamadou DIARRAH</strong></li>
 	<li><strong> Réalisations de Mamadou DIARRAH dans la commune urbaine de Koulikoro: Témoignages de: FAYIRA DIARRA, 1<sup>er</sup> adjoint au maire de Koulikoro 1960-1968, médaillé d’or de l’Indépendance,</strong></li>
 	<li><strong> Allocution prononcée par l’Ambassadeur Aguibou DIARRAH représentant la famille DIARRAH à la cérémonie de baptême du stade Mamadou DIARRAH le 21 septembre 2005,</strong></li>
 	<li><strong> Remerciements de la famille DIARRAH pour la rénovation du Stade Mamadou DIARRAH.</strong></li>
</ul>
<strong>BIOGRAPHIE DE MAMADOU DIARRA H,</strong>

<strong>Biographie de l’honorable députe maire de Koulikoro, feu Mamadou Diarra H, Médaillé d’Or de l’indépendance</strong>

Né <strong>vers 1919</strong>, de feu Sambou DIARRA ancien combattant et de Mariam MAÏGA ménagère, Mamadou DIARRA H affectueusement connu sous le nom de DIARRA avec H fréquenta l’École primaire de Koulikoro de <strong>1927</strong> à <strong>1935,</strong> où il obtient le Certificat d’Étude primaire.

Il est admis à l’École Primaire Supérieure (EPS) de Bamako de <strong>1936 </strong>à <strong>1940</strong>.

<strong>- 1940</strong>-<strong>1944</strong>, il fréquente la célèbre Ecole William Ponty au Sénégal;

<strong>- 1945- 1946</strong>, il est nommé Chef de gare (CFM) Chemin de fer Dakar-Niger à Sébikotane (Sénégal);

<strong>- 1946</strong>, Militant syndicaliste et anti colonialiste, il participe à la Création du RDA (Rassemblement Démocratique Africain) à Bamako;

<strong>- 1958</strong>, 1<sup>e</sup> Adjoint au Maire de la commune de Moyen exercice de Ségou (République Soudanaise);

<strong>- 1959,</strong> Chef de Cabinet du Président du Gouvernement de la République soudanaise;

- Janvier <strong>1960</strong>-Août <strong>1960</strong>, Député Fédéral de la Fédération du Mali ;

- Par décret N°60-197 du 5 Août<strong> 1960</strong>, il est nommé Président de la Commission chargée de suivi à titre consultatif les questions de mise en place de l’Armée Malienne au Soudan.

Les Membres de cette Commission étaient:
<ul>
 	<li>Monsieur Oumar Ly,</li>
 	<li>Le Capitaine Pinana DRABO,</li>
 	<li>Le Capitaine Sékou TRAORÉ,</li>
 	<li>Le Lieutenant de Gendarmerie Balla KONÉ.</li>
</ul>
- 22 septembre<strong> 1960</strong>, il est désigné pour lire la résolution politique proclamant l’Indépendance de la République du Mali;

- Rapporteur général du congrès extraordinaire de l’US-RDA;

<strong>- De 1960 à 1968:</strong>
<ul>
 	<li>Député maire de la ville de Koulikoro ;</li>
 	<li>Président de la Commission défense et sécurité de l’Assemblé Nationale du Mali;</li>
 	<li>Commissaire Politique du Bureau Politique Nationale de RDA (Rassemblement Démocratique Africain);</li>
 	<li>19 Novembre <strong>1968</strong>, Coup d’État Militaire;</li>
 	<li>Arrestation du Président Modibo Keïta à Kayo, village situé à une dizaine de km de Koulikoro.</li>
</ul>
Mamadou DIARRAH est le dernier Homme Politique ayant échangé avec le Président Modibo Keïta, à son retour de Mopti, à sa descente du Bateau "<strong>Général SOUMARÉ</strong>” au quai de Koulikoro avant son arrestation.

L’homme d’honneur, par fidélité au Président Modibo Keïta, et convaincu de la justesse des valeurs qu’il incarne, s’est livré de lui-même aux auteurs du coup d’État à Bamako pour être détenu en même temps que son compagnon politique, son ami et camarade de toujours.

Ils ont été détenus ensemble neuf (09) ans durant sans jugement, <strong>1968-1977</strong> à Kidal.

Ils décédèrent la même année, au Camp Para de Djicoroni à Bamako.
<ul>
 	<li><strong>20 Mars 1977</strong>, Décès de Mamadou DIARRAH.</li>
 	<li><strong>16 Mai 1977</strong>, Décès du Président Modibo Keïta.</li>
</ul>
<strong>RÉALISATIONS DE MAMADOU DIARRAH DANS LA COMMUNE URBAINE DE KOULIKORO</strong><strong>: TÉMOIGNAGES DU DOYEN FAYIRA DIARRA</strong>

<strong>Témoignages de Fayira Diarra à la cérémonie de baptême du Stade Municipale de Koulikoro au nom de Mamadou Diarrah,</strong>

<strong>Son discours, le 21 septembre 2005</strong>

<strong><em>Monsieur Le Gouverneur;</em></strong>

<strong><em>Monsieur Le Préfet du Cercle de Koulikoro;</em></strong>

<strong><em>Monsieur Le Président de l’Assemblée Régionale;</em></strong>

<strong><em>Monsieur Le Maire de la Commune Urbaine de Koulikoro;</em></strong>

<strong><em>Madame la Présidente de Conseil de Cercle de Koulikoro;</em></strong>

<strong><em>Messieurs Le Directeur des Services Régionaux;</em></strong>

<strong><em>Messieurs Les Députés;</em></strong>

<strong><em>Messieurs Les conseillers Communaux;</em></strong>

<strong><em>Citoyennes et Citoyens;</em></strong>

<strong><em>Mesdames et Messieurs.</em></strong>

À notre qualité de proche collaborateur et de doyen des amis et camarades de feu Mamadou DIARRAH qu'il nous soit permis d'adresser d'abord nos remerciements á toutes les personnes qui ont œuvré pour que la cérémonie qui nous réunit aujourd'hui voit le jour, et ensuite aux autorités municipales dont le conseil municipal, au cours de sa session ordinaire du 15 Août 2005 a bien voulu délibérer pour baptiser le Stade municipal de Koulikoro au nom de Mamadou DIARRA H. Cet acte de portée immortelle, vient récompenser les mérites de celui qui a donné le meilleur de lui-même pour le développement en général de la circonscription et en particulier de sa commune. Ainsi le vœu longtemps exprimé par des citoyens se voit réalisé.

«<strong>Au nom de Dieu clément et miséricordieux</strong>» ce sont les livres saints qui en font état dans quelques-unes de leurs pages glorieuses. Ces pages révèlent que chaque être humain avant d'être admis à venir habiter la terre traverse d'abord un corridor du ciel ou liberté lui est donnée de formuler en présence des anges serviteurs de Dieu, les vœux qu’il aimerait voir se réaliser au cours de sa brève existence humaine.

C’est ainsi, amis mesdames et messieurs que nous avons tous, défilé dans ce corridor et que nous avons eu l'occasion tour à tour de découvrir temporairement la partie la plus vraie de notre être.

Mais s'il y en est un qui a choisi ce qui est difficile, c'est bien notre frère ami et collaborateur. Je veux citer Mamadou DIARRAH pour les intimes, objet de cette cérémonie. Lui qui a choisi de se sacrifier pour assurer le bonheur de ses concitoyens, or tout le monde sachant que le bonheur est un maitre exigeant, surtout le bonheur d'autrui.

Mamadou DIARRAH s’est engagé dans une vie faite de générosité de renoncement de soi et de partage

Cet homme au cœur aimant et tolérant,

Cet homme au Cœur pétri de vérité et de bonté,

Cet homme au Cœur épris de tolérance et de justice,

Cet homme au cœur tendre et miséricordieux,

Cet homme au cœur doux et généreux,

Cet homme au cœur pur vient d’une famille source de vie, école de foi, de vérité, de pardon et toutes vertus admirables, famille ou le mari aimable comme l’épouse admirable, l'enfant qu'on envie pour sa bonté, sa politesse sa gentillesse et son respect pour tous, le cadre administratif politique ou religieux dont on chante les éloges pour ses qualités familiales, morales et professionnelles, famille qui cultive les vertus humaines, sociales, morales et spirituelles.

Chers concitoyens, nous nous inclinons respectueusement pour saluer et dire merci à la famille DIARRA pour nous avoir fait don de Mamadou DIARRAH.

Citoyen orné de vertus, il est le premier Maire de la commune de Koulikoro, Député Maire, il s'est donné totalement aux services de la nation et de sa commune pour le plus grand bonheur de ses citoyens.

Mamadou DIARRA H avait une envergure nationale et internationale. Les missions à lui confiées dans ce cadre se sont avérées couronnées de succès, des voix plus autorisées pourraient le confirmer.

Au plan local, nous citerons parmi d'autres des actions et actes qui sont à I ’actif du Député-maire.

<strong>- Empierrement de rues à Koulikoro-ba et Koulikoro-gare;</strong>

<strong>- Lotissement du quartier plateau I et Il;</strong>

<strong>- Lotissement du quartier Nord de Koulikoro-ba;</strong>

<strong>- Bitumage du tronçon de route traversant les deux (02) grands quartiers;</strong>

<strong>- Ouverture de rues à Koulikoro-ba et Koulikoro-gare pour faciliter la circulation;</strong>

<strong>- Réalisation d'un réseau d'eau sommaire au plateau I;</strong>

<strong>- Construction de deux (02) jardins d'enfants;</strong>

<strong>- Construction de deux (02) centres sociaux;</strong>

<strong>- Construction d'une Maison de Peuple;</strong>

<strong>- Aménagement et clôture du terrain de sports;</strong>

<strong>- Animation et appui constant à la jeunesse;</strong>

<strong>- Création d’une troupe artistique;</strong>

<strong>- Relance des activités de la société nationale d'exploitation des huileries du Mali (actuelle HUICOMA);</strong>

<strong>- Transfert de Bamako à Koulikoro de la Direction Générale de la COMANAV (Compagnie Malienne de Navigation);</strong>

<strong>- L’ouverture du Commissariat de police;</strong>

<strong>- Réouverture de l’École normale de Katibougou (IPR) fermée en 1958 réouverte en 1960;</strong>

<strong>- Création de coopératives multifonctionnelles;</strong>

<strong>- Rattachement des villages de Katibougou et de Souban à la commune etc.;</strong>

<strong>- Délivrance de la dignité de «<em>citoyen d'honneur</em>» au Président de la République Fédérale d’Allemagne, LUBKE;</strong>

<strong>- Délivrance de la dignité de «<em>citoyen d'honneur</em>» au Premier Ministre de la République Populaire de Chine Chou-En-Lai;</strong>

<strong>- Délivrance de la dignité de «<em>citoyen d'honneur</em>» au Président de la République du Congo Brazzaville Alphons Masemba Debat;</strong>

<strong>- Création des A.C.M (Ateliers et Chantiers Métallurgiques du Mali);</strong>

<strong>- Construction par les ACM du Bateau «<em>GÉNÉRAL SOUMARÉ</em>» avec l’assistance de la République Fédérale d’Allemagne (RFA);</strong>

<strong>- Procéder au jumelage de la ville de Koulikoro avec la ville de Magdebourg en Allemagne.</strong>

L’occasion est bonne pour nous sans les citer tous au risque d’en oublier, de rendre un hommage mérité à tous les collaborateurs de DIARRAH morts et vivants qui se sont engagés sans calcul à ses cotes pour mener à bien cette tâche, qu'ils en soient tous remerciés.

<strong>Pour terminer, nous ses anciens collaborateurs, le témoignons, le témoignerons et le communiquerons aux générations futures.</strong>

En ce jour solennel, nous nous inclinons respectueusement devant sa mémoire.

Merci à toutes et à tous.

<strong>Fayira DIARRA dernier médaillé d’Or, est décédé le 30 mai 2024 à Koulikoro.</strong>

<strong>ALLOCUTION PRONONCÉE PAR L’AMBASSADEUR AGUIBOU DIARRAH À LA CÉRÉMONIE DE BAPTÊME DU STADE MAMADOU DIARRAH</strong>

&nbsp;

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

<strong>CÉRÉMONIE DE BAPTÊME DU STADE MUNICIPAL DE KOULIKORO DU NOM DE FEU MAMADOU DIARRAH DE KOULIKORO, LE 21 SEPTEMBRE 2005</strong>

<strong>Discours du représentant de la famille Diarrah, Ambassadeur Aguibou Silamakan Diarrah</strong>

<strong><em>- Monsieur le Gouverneur;</em></strong>

<strong><em>- Monsieur le Maire;</em></strong>

<strong><em>- Honorables députés;</em></strong>

<strong><em>- Monsieur les conseillers Municipaux;</em></strong>

<strong><em>- Honorables Doyens;</em></strong>

<strong><em>- Mes chers parents;</em></strong>

<strong><em>- Mesdames et Messieurs.</em></strong>

Tout d'abord, je voudrais demander la permission à nos anciens, ici présents; nos pères et mères, bref tous nos ainés, de prendre la parole aujourd’hui pour exprimer les sentiments de la famille DIARRAH et remercier en ce jour solennel du 21 septembre 2005, date de baptême du stade municipal de Koulikoro du nom de Feu Mamadou DIARRAH, 1<sup>er</sup> député Maire de la ville de Koulikoro.

À cet effet, je voudrais solliciter I’indulgence des anciens, les imams, les chefs de villages, les gardiens de la tradition, la colline sacrée du Nianan, pour les mots que je serai amené à prononcer cet après-midi. Nul n'étant infaillible, à priori, je demande leur pardon à tous. Mon premier propos, au nom de la famille DIARRAH, c'est de rendre grâce à Dieu, le Clément, le Tout Puissant, le Miséricordieux, pour nous avoir permis de voir ce jour, le 45<sup>ème</sup> Anniversaire du 22 septembre, jour du baptême du Stade Municipal de Koulikoro du nom de Mamadou DIARRAH.

Que Dieu soit loué.

Mon 2<sup>ème</sup> propos, c’est de remercier tous les pionniers de l’indépendance du Mali, morts ou vivants qui ont accepté le sacrifice suprême pour que le Mali soit aujourd’hui un pays démocratique ou vivent sans rancune tous ses enfants avec des visions certes différentes mais ayant comme objectif final la préservation et la Consolidation de l’unité nationale, et le progrès continu au bénéfice de tous.

Mon 3<sup>ème</sup> propos, s'adresse à nos anciens présents parmi nous aujourd’hui 45<sup>ème</sup> Anniversaire de l'indépendance de notre pays. Eux qui ont vu le 22 septembre 1960, et qui ont lutté depuis 1945 pour que le 22 septembre soit. Puisse Dieu leur accorder une longue vie pour que Mali indépendant puisse bénéficier encore de leur riche expérience et de leur sagesse dont la jeune génération a cruellement besoin.

Mon 4<sup>ème</sup> propos, ce sont des remerciements au nom de la famille DIARRA H, à toute la population de Koulikoro, au Maire et Conseillers Municipaux pour avoir décidé de baptiser le stade municipal de Koulikoro du nom de feu Mamadou DIARRAH, un acte de reconnaissance, d’une haute portée historique.

Je voudrais associer à ces remerciements les compagnons et amis de Koulikoro et Bamako, le Doyen Tonton Fayira DIARRA, 1<sup>er</sup> Adjoint du 1<sup>er</sup> Maire, le conseiller Municipal Konimba COULIBALY, agent municipal depuis 1960, Abdoulaye FOMBA à Koulikoroba, Sirakorola Barou à Sirakorola, Ousmane Faya, Gaoussou TRAORÉ, Kadiatou SOUCKO, la famille El hadji Bakary DIAKITÉ, tous les camarades, frères, amis et compagnons de DIARRAH disparus ou vivants. Je pense particulièrement à notre mère Bafanta DIALLO, aux Tontons Mountaga FANÉ, Mamadou NIAMBÉLÉ, Saliph DIARRA, Dr Blondin DIOP, Abdoulaye DIARRA, Dalla KEITA, je n'oublie pas Ba Maremba SOUCKO, en ce jour je ne saurai oublier Mamadou DIARRA dit Blibliss son chauffeur, fils de Fayon DIARRA, gardien de la tradition. Mes pensées vont aux Feus Abdoulaye SINGARÉ, feu Lassana FOFANA, Feue Matié TRAORÉ dite Banmatié, sa secrétaire particulière, Feu Djounou MAÏGA, Feu Demba NDIAYE, la famille DEMBÉLÉ à Koulikoroba, les Commandants de cercle de Koulikoro feus DIAWARA et Alassane BATA, la liste est longue et j'en oublie avec toutes mes excuses. Je voudrai remercier le Préfet de Koulikoro et tous ses Adjoints, les Directeurs, Chefs de services et leur affirmer tout notre engagement à demeurer auprès de la jeunesse si chère à Papa notre père à tous.

Permettez-moi un instant de saluer et remercier ses Compagnons de lutte de l'US-RDA, compagnons de détention, je pense au Président Modibo KEITA, Mahamane Alassane HAIDARA, Alioune DIAKITÉ, Gabou DIAWARA, Dr Mamadou GOLOGO, Dr Seydou Badian KOUYATÉ, Kansoro SOGOBA, les frères Arouna et Badara SOW, Amadou Djicoroni, et j'en passe.

Mon 5<sup>ème</sup> propos s'adresse à la ligue de football de Koulikoro; et à son Président Banou Makadji. À cette ligue, tous les remerciements de la famille DIARRAH.

Qu'elle sache que la famille DIARRAH, entreprendra tout, je dis bien tout pour qu'elle reste au contact de l'élite malienne et africaine.

Mon 6<sup>ème </sup>propos s'adresse aux autorités, le gouverneur de la région, mon frère, Issa Tapo pour son travail afin que le rayonnement de la ville de Koulikoro soit une réalité. La famille DIARRA H, à Koulikoro, Bamako, Bougouni, Bamba, au Mali, en Afrique et dans le monde, prend l'engagement de tout mettre en œuvre pour que Koulikoro retrouve son rayonnement d'antan.

Mon 7<sup>ème</sup> propos, s'adresse à la jeunesse de Koulikoro, qu'elle sache que l'avenir de la ville lui appartient, qu'elle doit travailler et elle trouvera toujours la famille DIARRAH à ses côtés.

Puisse Allah, le Tout Puissant, le Décideur Suprême; leur accorder une longue vie.

Enfin, en terminant, la famille DIARRA H, toute la famille sans exception, notre vielle Maman, Hadja Youma THIAM, ici présente qui a participé à tous les combats de DIARRA H de 1946 à 1960; de 1968 à 1977; de sa détention à son décès le 20 mars 1977, vous remercie infiniment pour tout, et fait des bénédictions pour vous tous ici présents et pour le Mali éternel.

<strong><em>Vive la ville de Koulikoro, vive le stade Mamadou DIARRA H, vive le Mali unit et prospère.</em></strong>

<strong><em>Je vous remercie.</em></strong>

<strong><em> </em></strong>

<strong><em> </em></strong>

<strong>REMERCIEMENTS DE LA FAMILLE DIARRAH POUR LA RÉNOVATION DU STADE MAMADOU DIARRA H</strong>

<strong>Remerciements de la famille Diarrah pour la rénovation du Stade Mamadou Diarra H</strong>

<strong>Remerciement et Hommage:</strong>

- Au Président de la Transition, le Général d’Arme Assimi GOÏTA pour avoir posé cet acte mémoriel à l’intention de la génération actuelle et future pour que vive le Mali éternel.

L’histoire retiendra toutes vos actions salvatrices pour le salut d’un Mali Indépendant et totalement souverain, et maître de son destin.

<strong>Remerciements</strong>

- Au Ministre de la Jeunesse, des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, M. Abdoul Kassim Ibrahim FOMBA, pour l’initiative de la rénovation;

- Aux Ouvriers et à l’Équipe Technique chargés de la rénovation du Stade DIARRAH;

- Aux populations de Koulikoro;

- Au Gouverneur de région de Koulikoro;

- Aux Conseillers municipaux et au Maire de la Commune de Koulikoro;

- Aux autorités traditionnelles;

- Aux chefs religieux;

- À la chefferie et gardiens de la colline sacrée de Nianan;

- Aux autorités du Centre d’instruction militaires Boubacar Sada SY, et

- À tous les doyens et sages de RDA encore vivants;

- À la ligue de football et tous les sportifs de la région de Koulikoro;

<strong>POUR LA FAMILLE DIARRAH</strong>

<strong><em>Ambassadeur Aguibou S. DIARRAH</em></strong>

<strong><em>Chevalier de l’ordre National</em></strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Adresse du Président de la République et Secrétaire Général du Parti, le Camarade Modibo Keïta, aux Chefs des Missions Diplomatiques en poste au Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/adresse-du-president-de-la-republique-et-secretaire-general-du-parti-le-camarade-modibo-keita-aux-chefs-des-missions-diplomatiques-en-poste-au-mali-3091894.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/adresse-du-president-de-la-republique-et-secretaire-general-du-parti-le-camarade-modibo-keita-aux-chefs-des-missions-diplomatiques-en-poste-au-mali-3091894.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2020/05/modibo-keita.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Tue, 21 Jan 2025 13:10:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alternance</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[Bamako, le 20 janvier 1961

À« Excellences,

Je vous remercie de vous être distraites de vos augustes occupations et de vos nombreuses préoccupations pour répondre à mon invitation. L'importance de la communication exige que je vous la fasse moi-même.

A l'heure qu'il est, l'Ambassade de France en République du Mali est informée par mes soins de la décision de mon Parti et de mon Gouvernement de voir la France évacuer les bases militaires de Bamako, de Kati, de Gao et de Tessalit, qu'elle occupait du fait des accords franco-maliens signés à Paris le 22 juin 1960, entre elle et la Fédération du Mali et qui deviennent caducs après les événements du 19 au 20 août 1960 et l'acte de reconnaissance par la France du Gouvernement du Sénégal, acte qui consacre la dislocation de la Fédération du Mali.

La République du Mali a affirmé sa volonté de coopérer avec la France sur la base de la non-ingérence dans nos affaires intérieures et du respect de notre souveraineté. La décision de mon Parti et de mon Gouvernement ne met nullement en cause cette volonté.

Elle est l'expression de notre conviction qu'à moins d'abandon volontaire de souveraineté de la part d'un État jeune ou d'accords particuliers dans le domaine de la défense, les troupes de l'ex-puissance coloniale ne peuvent stationner sur le territoire de l'ex-colonie aux côtés des troupes du jeune État.

D'autre part, le peuple du Mali, l'US-RDA, et le Gouvernement de mon pays ont toujours affirmé leur option en faveur de la politique de non-alignement sur l'un ou l'autre des deux blocs. Cette attitude est en contradiction avec la présence, sur son territoire, des troupes d'une puissance étrangère et à laquelle ne le lie aucun accord et qui d'autre part est engagée dans le pacte militaire d'un bloc.

Je prie vos Excellences d'informer vos gouvernements respectifs et d'attirer leur attention sur notre ferme décision de l'évacuation rapide des troupes stationnées en République du Mali.

Je vous remercie. »]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Modibo Keïta: Qui était l’homme ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/modibo-keita-qui-etait-lhomme-3090711.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/modibo-keita-qui-etait-lhomme-3090711.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/05/Feu-Modibo-Keita.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Mon, 13 Jan 2025 09:23:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[Homme politique malien né à Bamako (1915-1977). Sorti de l’école normale William Pointy de Dakar en 1936, il fonda l’année suivante le Syndicat des enseignants de l’Afrique occidentale française (AOF), avec le Burkinabé Ouezzin Coulibaly. En 1946, il se joignit à Félix Houphouët-Boigny pour créer à Bamako, le Rassemblement démocratique africain (RDA).

Intégré dans le sérail des représentants de l’Union française à l’Assemblée nationale, il entra dans les cabinets de Bourgès-Maunoury et de Félix Gaillard (1957). C’est un fédéraliste comme la plupart des hommes politiques de la savane qui rêvent à l’unité d’autrefois, mais il est aussi pragmatique, car le Soudan français est un pays enclavé dont le seul poumon est la voie ferrée qui le relie au port de Dakar.

En 1959, il préside la Fédération du Mali, qui unit son pays au Sénégal, mais sa personnalité et son amitié avec Sékou Touré, qui a quitté la Communauté française avec fracas, heurtent les options socialisantes tout en nuances de Léopold Senghor. Après l’éclatement de la Fédération, il continue à présider son pays, qui a gardé le nom prestigieux de Mali. Sans rompre totalement avec la France, il se rapproche de la Guinée et du Ghana (création de l’Union des États de l’Afrique de l’Ouest), opte pour le «non-alignement», une formule dont il est l’auteur, et fait sortir le Mali de la zone franc.

Les difficultés financières et la raréfaction des produits importés, alors que l’administration pléthorique absorbe l’essentiel du budget de l’Etat, déclenchent une sourde opposition de la population. L’opinion publique bascule lorsqu’il créé une milice qui ne tarde pas verser dans la corruption. L’armée, composée de responsable formés à l’école française, en profite pour prendre le pouvoir sous la direction du lieutenant Moussa Traoré (1968). Détenu pendant de longues années à Kidal, le premier président de la République malienne meurt le 16 mai 1977.

Air Mali

Dans le cadre de l’option fondamentale du parti et du gouvernement, le 22 septembre 1960 la résolution économique demandait entre autres: de s’attaquer immédiatement et rigoureusement à la décolonisation économique; d’instituer rapidement des structures économiques nouvelles en renversant et développant les circuits commerciaux dans le cadre de la planification socialiste fondée sur les réalités africaines; d’user de tous les moyens, pour implanter une infrastructure ferroviaire, routière, fluviale et aérienne conforme aux besoins du pays. C’est donc en application de ces décisions que fut créée la Compagnie nationale Air Mali.

L’exploitation du réseau aérien intérieur était faite par la Compagnie Air France dans le cadre général de son exploitation Inter africaine et ne ravitaillait donc pas en profondeur le territoire. Trois fois par semaine, des longs- courriers de la Compagnie Air France-TAL-UAT reliaient Bamako à la France. Trois escales seulement étaient reliées deux fois par semaine, deux autres escales une fois par semaine et deux chaque quinzaine (Nioro-Nara).

D’octobre 1960 à décembre, les activités se sont surtout axées sur les prises de contacts, la mise en forme de la Compagnie et le recrutement du personnel indispensable. C’est en avril 1961, à la suite de la réception de trois DC 3, que devait commencer le rôle de transporteur aérien d’Air Mali. Lignes intérieures: Ségou, Mopti, Goundam, Tombouctou, Gao, Nara, Niafunké, Kayes, Nioro, Niono. Si l’on considère la jeunesse de cette compagnie à l’époque, nous pouvons affirmer qu’elle peut mériter toute la confiance qu’on peut placer en elle.

Le développement du tourisme en République du Mali sera un facteur de la progression du transport aérien, compte tenu des commodités qu’il offre (rapidité, stabilité, sécurité, confort). Pays continental, le Mali avec sa superficie étendue est obligé de s’appuyer sur une compagnie aérienne solide pour faire face à un développement économique rapide et cohérent.

Transferts définitifs: Extrait du livre du colonel Assimi Souleymane Dembélé né en 1935 à Mouroudiah (Nara)

Le livre du colonel Assimi Souleymane Dembélé est terrible et édifiant. Terrible parce qu’il montre du Mali une image que peu de gens soupçonnent. Le souvenir d’une terre de grands empires, un peuple fier et pacifique, une culture d’une richesse insolente caractérisent en effet ce pays, havre de paix dans les sables mouvants qu’est devenue l’Afrique. Il y a certes ce Mali- là, mais il y en a un autre plus secret, moins glorieux, celui des brimades, des tortures, des assassinats dont personne ne parle.

De l’ère «socialiste» de Modibo Keïta au long règne des militaires sous la férule de Moussa Traoré, ce furent trente années de violences sans nom. Nul n’était épargné, ni les femmes, ni les enfants, ni les vieilles personnes. Comme régie par une loi implacable la chaîne des assassinats fut ininterrompue, les bourreaux finissant immanquablement par devenir les victimes. Et cela, au nom de l’idéologie, au nom du pouvoir. Le Mali fut un pays relativement stable sous Modibo Keïta comme sous Moussa Traoré, mais c’est à la lecture du livre du colonel Dembélé qu’on comprend le prix que le pays a payé pour cette stabilité: une vie faite de silence.

Silence de ceux qui ont subi les pires tortures, silence de leurs parents, silence des cadres, silence des politiciens. Il faudra un jour répondre à cette question: comment un peuple qui fut pourtant grand a-t-il subi de telles dictatures durant des décennies sans broncher ? La réponse: Au Mali, nous sommes passés du monopartisme au multi-monopartisme. Cela veut dire que nous sommes passés d’un système de parti unique à un système avec une multitude de partis qui gardent encore les réflexes du parti unique. On a chassé le naturel, il est revenu au galop. Alors que le 26 mars 1991, date historique pour les Maliens, signe la fin de privilèges d’une dictature et d’un régime bâti sur le parti unique, le népotisme et la corruption.

Comment un peuple qui fut pourtant grand a-t-il sombré ? La réponse à cette question se trouve dans un fait abracadabrant au Mali: le Programme d’ajustement structurel (PAS) qui frappé notre pays sous le parti unique de Moussa Traoré et sous la démocratie. La Banque mondiale et l’USAID et d’autres partenaires financiers ont imposé et financé dans le cadre de l’ajustement structurel des liquidations des sociétés et entreprises d’État qui ont occasionné des départs volontaires à la retraite. Plusieurs entreprises sont liquidées: Éditions et imprimeries du Mali (EDIM-SA), Société Nationale d'Entreprise de Travaux Publics (SONETRA), Société malienne d'import-export (SOMIEX), Société malienne de conserves (SOMACO), Office des produits agricoles du Mali (OPAM), Société des conserves du Mali (SOCOMA), Société nationale de recherches et d'exploitation des ressources Minières (SONAREM), Société malienne des produits chimiques (SMPC), Société nationale Air-Mali (AM), Régie des chemins de fer du Mali (CFM), Industrie textile du Mali (ITEMA), Usine de Bois, Librairie populaire du Mali, Société nationale des hôtelleries du Mali, Office malien du bétail et de la viande (OMBEVI), Société malienne du bétail et des peaux (SOMBEPEC), Société d’exploitation des produits oléagineux du Mali (SEPOM) , Société de construction radioélectrique du Mali (SOCORAM), Société nationale de tabac et allumette du Mali (SONATAM), Union nationale des coopératives (UNICOOP), Compagnie malienne de navigation (CMN), COMATEX, Société des ciments du Mali (SOCIMA) à Diamou, Société des tanneries maliennes (TAMALI), Mali Lait, etc.

Au total, 5 666 fonctionnaires ont été victimes des PAS. Plus d’un tiers des fonctionnaires de la fonction publique ont été compressés entre 1987 et 1993. Le programme a concerné deux (02) vagues. La première 1987-1988 et 1989. La deuxième vague: 1991-1992 et 1993. Depuis ces années, les Programmes d’ajustement structurel ont créé un malaise social. Une injustice sociale, source de tous nos maux.

La démocratie devait réparer la blessure, elle l’a enflée en redéployant ses militants victimes du Programme d’ajustement structurel dans des institutions et services nouvellement crées. Dès lors, la méchanceté gratuite, la jalousie et la haine sont rentrés dans nos mœurs. La Banque mondiale, l’USAID et les partenaires financiers ont versé 310 milliards de francs CFA pour payer les droits des travailleurs compressés.

<strong>Mali: grandeur et décadence de Modibo Keïta</strong>

Pays de haute tradition historique, le Mali correspond à l’ancien Soudan. C’est un pays musulman dans lequel subsiste une partie du régime des castes qui divise la population selon les fonctions sociales. Le parti dominant est l’Union soudanaise, parti révolutionnaire anticolonialiste dirigé par Modibo Keïta. Il est relayé par des comités locaux, des mouvements de jeunesse et aux élections de 1959, il balaye ses rivaux. Après l’échec de la Fédération, le Mali se retrouve seul, sans voie d’accès à la mer, qui dépend de la France pour 80% de ses importations et doit faire transiter ses produits par le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.

Le gouvernement se rapproche de la Guinée de Sékou Touré et lance une campagne de nationalisations et de collectivisation. Une société étatique, la (Société malienne d’import-export (SOMIEX) est chargée de l’exportation des arachides, principale source de revenus du Mali, et de l’importation des produits courants.

Les livres et journaux, la banque, les transports, la pharmacie sont également réglementés au niveau national. Bien que le Mali ne veuille pas rompre avec la France, les dissensions s’accentuent avec l’ancien colonisateur. Les bases militaires françaises sont évacuées, un franc malien créé, que la France se refuse à garantir, la balance commerciale reste déficitaire et les dépenses de fonctionnement augmentent, tirées par les augmentations des fonctionnaires, les frais administratifs et la réalisation d’équipements luxueux improductifs.

Dès 1967, il faut se rendre à l’évidence. Le plan quinquennal a échoué. En politique étrangère, le Mali soutient les combats menés en Algérie, au Congo Kinshasa, en Angola contre l’impérialisme. Il tente de s’assurer des appuis à l’Est du côté de la Chine et de l’URSS, comme à l’Ouest avec les États-Unis et l’Allemagne, par une politique de modération qui n’exclut pas la fermeté.

En politique intérieure, Modibo Keïta cultive son image de marque de sage, obtient le prix Lénine pour la paix et s’implique dans la mise en œuvre du socialisme. Mais celui-ci heurte à l’individualisme des paysans. Sa politique puritaine (restriction des fêtes, interdiction des jeux de hasard) déplait également aux jeunes, qui préfèrent les fêtes aux causeries politiques. Les populations nomades touareg du nord entrent en rébellion, des manifestations contre l’austérité forcée éclatent en juillet 1962, réprimées avec brutalité.

Des dirigeants de l‘opposition meurent dans des conditions mystérieuses Aux élections de 1964, la liste unique de l’Union soudanaise obtient 99,8% des voix. Mais les finances du pays ne s’assainissent pas, la fraude reprend de plus belle, encouragée par la corruption au niveau de l’État, les commerçants mènent une guerre larvée contre le pouvoir, le Fonds monétaire international (FMI) refuse un prêt, la France fait la sourde oreille. La production d’arachide s’effondre. Modibo Keïta remplace le bureau politique du parti par un Comité national de défense de la révolution (CNDR), appuyé sur des milices populaires. Il croit pouvoir compter sur la France, avec laquelle il vient de signer un accord, quand il est renversé en novembre 1968 par le lieutenant Moussa Traoré, qui devient chef d’État. Ce putsch surprend d’autant plus les observateurs internationaux qu’il ne s’accompagne d’aucune réaction de la population.

Au contraire, femmes et jeunes applaudissent à la chute du socialisme. Mais la lune de miel entre le peuple et ses dirigeants ne dure pas. Le régime cède à la corruption, guerroie contre son voisin burkinabè, s’appauvrit et, ayant pris ses distances vis-vis des pays de l’Est, demande l’aide de la France qui s’entremet en 1984 pour lui faire réintégrer l’Union. Le franc malien dévalué de moitié, rentre dans la zone franc. Moussa Traoré est chassé du pouvoir par une insurrection en mars 1991.

Au Mali, comme la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest, la société est fortement hiérarchisée. Elle comprend deux (02) grands groupes: les horons et les esclaves. Il appartient aux horons «tlobilé» de diriger notre le Mali nous enseignent les griots dans leur Tarik.

Pour mieux comprendre les soubresauts lisez ces messages de deux conservateurs et traditionnalistes: «Peuples et jeunes prétentieux, un jour viendra où ce pays n’aura comme chefs suprêmes, que des gens de condition servile (esclaves) pour vous gouverner».

Le second d’ajouter: «S’il y a cinquante-deux (52) semaines dans l’année, il n’est pas certain que les vraies familles nobles atteignent en nombre ce chiffre au Mali». Sommes-nous arrivés à ce stade ? Sûrement oui.

<strong>GÉOPOLITIQUE</strong>

<strong>Le Mali de Modibo Keïta et ses réalisations</strong>

Le territoire malien est situé dans la zone des cuvettes centrales de l’Afrique Occidentale. Il est limité au nord par le Sahara algérien, au nord-est par le Niger, à l’est par le Burkina Faso, au sud par la Côte d’Ivoire et la Guinée, à l’ouest par la Mauritanie. Au Mali, se trouve la partie supérieure du fleuve Sénégal ainsi que 1 600 km du fleuve Niger, sur les 4200 km de son parcours.

<strong>Organisation politique</strong>

La République du Mali est indépendante depuis le 20 août 1960, date de l’éclatement de la Fédération du Mali (Soudan-Sénégal) dont l’indépendance avait été proclamée le 20 juin 1960, mais elle sera officiellement proclamée le 22 septembre 1960 par l’Assemblée nationale. La capitale est Bamako. La Constitution, de type présidentiel, a été adoptée par l’Assemblée nationale le 22 septembre 1960.

Le pouvoir exécutif appartient au président du gouvernement, chef de l’État. Il est assisté dans ses décisions par le Bureau politique du parti de l’Union Soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA). Le président de l’époque était Modibo Keïta. Le pouvoir Législatif appartient à l’Assemblée élue au suffrage universel direct pour cinq (05) ans. Elle comprenait 80 députés. Le parti de l’Union Soudanaise-RDA (Rassemblement Démocratique Africain) était un parti unique.

L’Union générale des travailleurs du Mali (UGTM) réunissait tous les travailleurs syndiqués. Tous les membres influents du syndicat étaient membres du Bureau politique du parti.

Le Mali était membre:

- du groupe de Casablanca (siège du bureau permanent à Bamako),

- de la zone franc (sous réserve des remarques faites au chapitre VIII),

- de l’union douanière ouest- africaine,

- de l’ONU (27 septembre 1960) et des grandes organisations internationales, y compris le FMI depuis 1963,

De l’Organisation de l’Unité africaine (OUA). Le Mali était, en outre, associé au marché Commun.

L’État: Au seuil de l’indépendance, le Mali tenta un essai de Fédération avec le Sénégal qui se termina par un échec (20 août 1960). La République du Mali était alors proclamée, le 22 septembre 1960 de la même année, indivisible, démocratique, laïque et sociale: «Un Peuple, Un But, Une foi». Le président du gouvernement est investi par l’Assemblée nationale à la majorité absolue. Il est chef de l’État et gardien de la Constitution. Il nomme les ministres, les ambassadeurs, signe et ratifie les traités. Il est le chef suprême des Armées.

L’Administration: Le Mali était divisé en six (06) régions administratives dont les gouverneurs étaient nommés; et qui était assistés d’assemblées de régions élues au suffrage universel. Subdivisions: cercles (commandants nommés+conseils de cercles); arrondissements (conseils d’arrondissements): communes (maires élus+conseils de villages). Les six (06) régions totalisaient quarante-deux (42) cercles et cent trente (230) arrondissements. Les tribus et fractions nomades du Nord étaient dirigées par des conseils de tribus élus.

La Santé publique: Deux (02) hôpitaux de première catégorie (Bamako). Six (06) hôpitaux secondaires, Gao, Markala, Mopti, Ségou, Sikasso, Kayes). L’ensemble de l’équipement sanitaire s’est considérablement développé (trente-neuf (39) centres hospitaliers deux cent cinquante (250) dispensaires, sept (07) léproseries, quarante-sept (45) maternités, des centres de protection de la mère et de l’enfant, des infirmeries, une banque de sang, des camions de dépistage et de radio. On ne peut évoquer cet équipement sans faire mention de l’Institut Marchoux (lèpre) et de l’IOTA (Institut d’ophtalmologie tropicale d’Afrique), centre de recherche concernant l’ophtalmologie tropicale.

La Justice: les tribunaux coutumiers ont été abolis. L’organisation judiciaire comprenait les échelons suivants: Haute Cour de justice (composée de députés élus), compétente le cas échéant, pour juger les ministres, voire le chef de l’État, la Cour d’État (trois sections: constitution, contentieux, comptes); appelée à trancher les litiges sur le plan gouvernemental; Cour d’Assises, Cour d’Appel, tribunaux de première instance, justices de paix, tribunaux du travail.

La Diplomatie: Le Mali avait une vingtaine de représentants diplomatiques à l’étranger, notamment aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France, en URSS et en République populaire de Chine. Près de quarante (40) pays étaient représentés au Bamako. Sur le plan international, notre pays était membre de nombreuses organisations, à commencer par les Nations unies et l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), l’Organisation internationale du travail (OIT), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), etc.

Les Forces armées: L’effectif des Forces armées était d’environ 3 000 hommes. Il existait une école militaire de formations de cadres. L’équipement (chars, aviation) était d’origine soviétique. L’armée participait à la vie de la nation (administration de certaines régions, culture des champs collectifs, alphabétisation).

Les Finances: En 1962, notre pays quittait la zone franc et créait sa propre monnaie: le franc malien, équivalant au Fr. CFA. Le 17 janvier 1967, des conversations s’engagèrent avec la France pour réintégrer le Mali dans la zone franc (accord signé le 15 février 1967).

En mai de la même année, le franc malien était dévalué de 50%. Sa nouvelle valeur est définie par un équivalant en or (0,0018 grammes d’or fin). L’Institut d’émission était la BRM (Banque de la République du Mali).

Les Investissements: Trois (03) secteurs se partageaient l’éventail des investissements:

- un secteur privé malien et étranger, représentant plus de dix mille (10 000) patentes;

- un secteur coopératif et mutualiste dont le développement s’accroit sans cesse;

- un secteur d’intérêt public réservé à l’État et dans le cadre duquel un certain nombre d’activités sont orientées en fonction des objectifs du plan.

L’Agriculture: La production locale est, au Mali, l’économie de base. C’est donc à la paysannerie que s’est appliquée, en tout premier lieu, la planification socialiste du pays. La forme coopérative est la structure essentielle de cette économie. Toutes les sociétés mutuelles sont affiliées à un Fonds territorial d’Action Économique. L’Institut d’économie rurale (IER) élabore les programmes de développement agricole, en corrélation avec le Plan.

Enfin, des Centres d’expansion rurale s’occupent du forage des puits, d’aménagement des terres et du calendrier des cultures. Le groupe mil-sorgho est la première production du Mali (1 200 000 hectares). Production annuelle moyenne: 800 000 tonnes. Toutefois, la culture du riz est intensifiée parce que considérée comme étant de valeur plus nutritive pour la population.

L’Industrie: Les industries procédant de la production agricole sont les plus importantes (rizeries, égrenage du coton, défibrage du kapock, conserves alimentaires et boissons). La production de l’élevage a conduit à l’installation d’abattoirs frigorifiques à Gao et Bamako.

Minoteries et tanneries complètent cette industrialisation des produits de l’élevage et de l’agriculture. Autres industries de fabrication: cimenterie, briqueterie, complexe textile, matériel électronique, céramique, papeterie, allumettes, cigarettes.

Les Mines: L’exploitation la plus importantes qui était en activité fut celle des carrières de sel gemme de Taoudénit (3 500 tonnes par an). Mais d’importants gisements métalliques existent au Mali. Le Plan a prévu leur exploitation au fur et à mesure des prospections positives. Le Bureau minier a été créé en vue de promouvoir la recherche, l’exploitation et la transformation des richesses du sous-sol. La «prospective» porte sur l’or, le platine, l’uranium, le thorium, le lithium, la bauxite, les phosphates, le cuivre, le fer, le manganèse, etc. Des carrières de marbre sont déjà exploitées. Des forages de pétrole ont été entrepris, notamment au nord- est de Gao.

La Pêche: C’est une des richesses très réelles du Mali (50 000 tonnes de poissons frais). Les principales régions de pèche: Mopti: 25 000 tonnes. Ségou: 15000 tonnes Gao: 8500 tonnes. Le poisson séché est, avec l’arachide, le coton et le bétail, un département important de l’exportation.

Les grands équipements Barrages: Au nombre de trois. Électricité: puissance installée: 15 425 kW. Sept (07) centrales.

Les Routes: 12 000 km environ (nationales: 5 600 km: régionales: 1 660 km: locales 4 820 km). Les 2/3 du réseau routier sont praticables en toutes saisons.

Le Réseau fluvial: 1 750 km navigables sur le Niger pendant certaines époques de l’année. Le Sénégal est navigable à partir de Kayes, tout à l’ouest du pays.

Les Aéroports: L’aéroport de Bamako, de classe B, est utilisable pour les long-courriers: DC7, jets et Iliouchine 18. La compagnie Air-Mali assurait des services hebdomadaires sur la France, le Maroc et les principales capitales africaines. Autres aéroports: Ségou, Goundam, Gao, Tombouctou, Kayes, Nioro.

Les Chemins de fer: Toute la portion malienne du Dakar-Niger (ou Niger-Océan) prolongée au-delà de Bamako jusqu’à Koulikoro. Au total 645 km.

La Population: La population au 4/5 habite la partie occidentale, 1/10 dans les villes. Au nord, la population est nomade ou semi-nomade. Densité moyenne de la population: 3,7 au kilomètre carré. Villes: capitale, Bamako (150 000 habitants). Les autres villes principales étaient: Kayes, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou.

Les Races et religions: On ne dénombre pas moins de vingt-trois (23) ethnies différentes dont les noms, pour certaines d’entre elles du moins ont quelque célébrité: Bambara, Peulh, Touaregs, Toucouleurs, Dogons. Près d’un million et demi d’habitants étaient animistes. Tout aussi nombreux sont les musulmans. Une trentaine de mille environ étaient chrétiens.

Les Langues: De nombreuses langues ou dialectes spécifiquement le mandingue (2/3 de la population). On parle également l’arabe. Le français est la langue officielle.

Les Moyens d’expression: Radio.

Organisme d’État, Radio-Mali possédait une dizaine d’émetteurs. Radio-Mali émettait en français, en anglais, et dans plusieurs langues régionales, bambara, peul, etc. De nombreux postes récepteurs d’écoute collective existaient dans les lieux publics et les écoles.

Presse «L’Essor»: Édition quotidienne hebdomadaire. C’est l’organe de l’Union soudanaise. Bulletin quotidien de l’Agence nationale d’information du Mali (ANIM). Bulletins mensuels du Plan du Tourisme. Bulletin de liaison de l’Office du Niger (Ségou).

L’Emploi: Le nombre de salariés était d’environ 18 800, soit un pourcentage très faible de la population active, celle-ci étant estimée à 2 300 000 individus. La répartition des salaires, selon les secteurs, fait apparaitre que 32% d’entre eux étaient versés dans le secteur public, 19% dans le commerce et la banque, 15% dans le bâtiment et les travaux publics, 11% dans l’agriculture, 10% dans les transports, 9% dans l’industrie, le reste étant réparti entre les professions libérales et la domesticité. En raison des trois facteurs mentionnés: forte pression démographique, population jeune, croissance rapide des villes, un problème de sous-emploi se pose au Mali, en particulier dans les centres urbains.

L’Éducation: Au Mali, la question de l’enseignement a été marquée aussitôt après l’indépendance par une réforme d’envergure: la coupure primaire-secondaire a été abolie par la création de l’école fondamentale groupant l’ancienne école primaire et le premier cycle du secondaire. Une grande place a été réservée, en outre aux travaux pratiques. 16% du budget étaient consacrés à l’éducation. Le taux de scolarité est passé de 8 à 11,5%. Cycle fondamental: 700 écoles Cycle secondaire et technique: seize (16) écoles. Enseignement supérieur: École nationale d’administration (ENA); École de médecine. Nombreux étudiants à l’étranger (Afrique, Europe, ex-URSS. Il existait plusieurs Centres de recherches scientifique: fondamentale, médicale, agronomique.

En 1960, le taux de scolarisation (calcul UNESCO) était encore très faible: 10%, et l’analphabétisme atteignait 95% de la population totale. La même année, le Mali disposait en moyenne de quarante et un (41) maîtres pour 100 000 habitants. Un effort tout particulier a donc été entrepris dans ce domaine et pour 1963, le nombre d’élèves de l’enseignement primaire était en augmentation de 80% par rapport à 1962.

Le Plan prévoyait par ailleurs la construction d’un nouveau lycée d’une capacité de 1 200 élèves dont 900 internes. Parallèlement, la réforme des programmes devait permettre un enseignement mieux adapté. L’École nationale d’administration du Mali assurait la formation de cadres supérieurs et de hauts fonctionnaires.

<strong>Source: Documents rassemblés par la Rédaction</strong>

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<title>La gauche révolutionnaire en Afrique Subsaharienne: le cas du Mali (suite)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/la-gauche-revolutionnaire-en-afrique-subsaharienne-le-cas-du-mali-suite-3-3079895.html</link>
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<pubDate>Mon, 07 Oct 2024 10:04:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>L’histoire de la gauche malienne reste souvent méconnue. Peu d’écrits, sauf ce que l’on retrouve dans quelques journaux clandestins de l’époque. Les archives détenues par des responsables ou des militants de gauche sont propriété privée. Elles sont très mal conservées dans des cartons ou reparties en sacs faciles à planquer ou à déplacer, en cas de perquisitions policières. Beaucoup ont été perdues avec la disparition de leurs détenteurs. D’autres sont devenues la propriété de leurs familles qui n’en voient pas la portée historique. Mal conservées, elles restent, pour l’essentiel, peu exploitées, parfois inexploitables. Cependant, elles demeurent chargées de souffrances ou d’espérances, parfois les deux à la fois. Elles restent les quelques rares témoignages précieux de cette partie de l’histoire récente du pays.</strong>

<strong> </strong><strong>Le groupe Tiémoko Garan Kouyaté</strong>

Au sein du PMT, d’autres ruptures eurent lieu. Certains de ses militants finirent par s’organiser au sein du groupe «<strong>Tiémoko Garan Kouyaté», </strong>du nom d’un militant communiste malien fusillé en 1942 par les nazis lors de l’occupation du territoire français pendant la seconde guerre mondiale. Certains membres de ce groupe, militants SVB à l’origine, jouèrent un rôle important dans la chute de la dictature de Moussa Traoré. Il œuvrait surtout dans la clandestinité. Ses militants étaient impliqués dans les luttes syndicales des enseignants, élèves et étudiants, de la magistrature, de la santé et autres syndicats. À maintes occasions, ils furent le fer de la mobilisation générale lors de l’insurrection populaire qui finit par abattre la dictature militaire.

Le Groupe Tiémoko Garan Kouyaté (TGK) était principalement composé de militants en rupture avec le PMT dont il dénonçait les revirements idéologiques et la collaboration avec le régime de Moussa Traoré dans le cadre de la théorie de l’entrisme évoquée plus haut. Les figures de proue en étaient le Pr Yoro Diakité, le Cinéaste Cheick Omar Sissoko, l’anthropologue Bréhima Béridogo, l’historien le Doyen Drissa Diakité, le Magistrat Hamidou Diabaté et autres, rejoints par d’autres de l’intérieur comme l’étudiant en Médecine Oumar Mariko, un des principaux dirigeants du mouvement étudiant AEEM (Association des Élèves et Étudiants du Mali) des années 90 et Tiébilé Dramé, Professeur de Lettres qui s’exila en France pour fuir la dictature de Moussa Traoré.

TGK dénonçait aussi la théorie de la nécessité de la création d’une bourgeoisie nationale comme étape indispensable dans le processus de la révolution nationale démocratique et populaire. Ainsi, certains dirigeants et cadres du PMT prônait la facilitation de l’enrichissement d’une élite en vue de l’«<strong>émergence d’une bourgeoisie nationale</strong>». Certains joignirent la parole à l’acte et devinrent hommes d’affaires. Ils profitèrent de leur positionnement au sein de l’appareil du régime de Moussa Traoré pour mettre en place un vaste réseau qui leur servit de ‘‘<strong>véritable pompe à fric</strong>’’ souvent au sein même des entreprises d’État. Il finit par mettre en place un véritable clan que certains baptisèrent «<strong>clan CMDT</strong>» du nom de la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles qui avait un poids de premier plan dans l’économie du pays. Le clan CMDT, à la chute de Moussa Traoré, prit de l’importance au sein de l’appareil d’État. Il en profita pour positionner ses cadres au sein de l’appareil politique et économique du nouveau régime ADEMA et pour s’accaparer des secteurs les plus juteux de l’économie nationale lors de la mise en œuvre des politiques de privatisation imposées par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire Internationale (FMI). Ils devinrent les principaux et nouveaux actionnaires des secteurs privatisés (hôtels, PMU, Télécoms, Mines et autres.)  Les déviations et les abandons de la ligne de gauche par le pouvoir ADEMA viennent de là. L’achat de bulletins de vote et la corruption généralisée aussi.

Les principaux dirigeants de TGK finirent par créer après la chute de la dictature en mars 1991, le Congrès National d’Initiative Démocratique (CNID), association qui donna naissance à un parti du même nom. Il connut plus tard en 1995 une scission, où les éléments de gauche se séparèrent des libéraux au sein du parti pour créer le PARENA (Parti de la Renaissance Africaine), dirigé par le Pr Yoro Diakité, puis Tiébilé Dramé. Ce parti connut plusieurs scissions qui aboutirent à la création en 1996 du parti BARA (Bloc des Alternatives pour le Renouveau Africain) dirigé par Yoro Diakité et du parti SADI (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance) sous la direction de Cheick Omar Sissoko, puis de Oumar Mariko.

<strong>Le Part Malien pour la Révolution et la Démocratie</strong>

Un autre parti positionné à gauche, le Parti Malien pour la Révolution et la Démocratie (PMRD), composé principalement d’anciens étudiants maliens de l’ex Union Soviétique et des anciens pays de l’Est, fusionnera avec le PMT pour donner naissance à l’ADEMA-PASJ.

Le PMRD avait une ligne politique globalement prosoviétique même si certains de ses membres étaient quelque peu critiques vis-à-vis de l’Union soviétique. Il recrutait principalement ses militants dans les milieux estudiantins et syndicaux et parmi les cadres formés dans les anciens pays de l’Est et de Russie. Ses dirigeants étaient très populaires surtout dans les milieux scolaires, comme le Professeur de Philosophie Mamadou Lamine Traoré.

Le PMRD joua un rôle important dans la lutte de résistance contre la dictature de Moussa Traoré.  Abdoulaye Barry, linguiste de formation, était un des principaux dirigeants de l’intérieur. Comme figures de proue, on peut citer, entre autres, Cheick Pléah, Sociolinguiste et fils du Dr Pléah de l’USRDA, Samba Sidibé, Ingénieur des Travaux Publics, Kléna Sanogo, longtemps Directeur de l’Institut des Sciences Humaines, Bakary Bouaré, Économiste de Formation tout comme Kassa Traoré, ancien Directeur de l’IPR (Institut Polytechnique Rural de Katiboubou) et Mohamedoun Dicko, ancien Secrétaire Général de l’ADEMA-PASJ. Certains de ses militants et cadres furent arrêtés, torturés et déportés de 1974 à 1978 dans les bagnes du nord en plein désert pour avoir diffusé un tract hostile au référendum constitutionnel qui fit du parti unique UDPM un parti constitutionnel. De nombreux cadres et responsables du PMRD subirent aussi les affres de la dictature.

Le PMRD connut une première crise lors de la naissance de l’ADEMA. Certains de ses cadres et dirigeants étaient partisans de la construction d’un front de partis plutôt que d’une dissolution de tous les partis et mouvements clandestins de gauche au sein de l’ADEMA. Selon eux, cela aurait conduit à ouvrir le parti à des courants opportunistes sans véritable identité de gauche et à leur permettre de s’emparer à terme de la direction politique du mouvement démocratique de l’époque. Ce courant minoritaire représenté par Abdoulaye Barry, fut écarté de la direction mais la suite des évènements lui donna raison.

En 1994, au terme d’une crise au sein de l’ADEMA, parti au pouvoir, les anciens du PMRD rompirent avec la majorité présidentielle et créèrent un nouveau parti, le Mouvement pour l’Indépendance, la Renaissance et l’Intégration Africaine (MIRIA) sous la direction du Pr Mamadou Lamine Traoré. Ce parti connut lui aussi des crises qui virent le départ de certains cadres fondateurs et militants. Certaines des principales figures de cette dissidence retournèrent à l’ADEMA. D’autres se désengagèrent de l’action politique. Au fil du temps le MIRIA perdit son leadership au sein du mouvement estudiantin et politique et devint un appendice du parti présidentiel. Certains militants du PMRD furent à l’origine du tract de 1975 dénonçant le projet de referendum constitutionnel de 1975 du régime. Ils écopèrent de quatre (04) années de détention et déportation dont on peut avoir le témoignage à travers l’ouvrage «<strong>Toiles d’Araignées</strong>» de Ibrahima Ly, porté plus tard à l’écran. Parmi eux, en plus de Ibrahma Ly et Mohamedoun Dicko déjà cités, on peut noter Oumar Ly, fondateur de la SOMIEX (Société Malienne d’Importation et d’Exportation), Jean Étienne Diendéré, Économiste de formation, Bakary Konimba Traoré dit Bakary Pionnier,  Adama Samassékou, linguiste, Samba Sidibé, Ingénieur des Travaux Publics, Cheick Sadibou Cissé, Architecte, Seydou Thiéro, Directeur du Club Sportif, Bourama Traoré, Urbaniste, Cyr Mathieu Samaké Directeur Général Liptako-Gourma, Mamadou Lamine Kouyaté Directeur du Stade Omnisports, Mani Diénépo, Inspecteur Général de la Jeunesse et des Sports.

Le CDLDM dressa au final une liste de plus de 300 victimes de la répression du régime de Moussa Traoré.

<strong>Des expériences éphémères de gauche</strong>

Sur le front intérieur, de 1968 à 1991, d’autres organisations de gauche eurent, pour la plupart, une existence éphémère comme le groupe créé autour du «<strong>Manifeste pour la patrie</strong>» lancé en 1994 et qui dénonçait déjà la trahison des idéaux du 26 mars 1991 par le pouvoir ADEMA. Parmi ses principaux leaders, les Professeurs Issa N’Diaye et Cheick Pléah. Il en fut de même pour le Parti des Travailleurs du Mali (PTM) qui se réclamait de l’héritage du PMT mais dénonçait ses dérives. Le PTM fut créé en 1975 par des militants issus du Parti Communiste Malien, lui-même issu d’une fusion entre d’anciens dissidents du PMT (les Professeurs Many Camara, Issa N’Diaye et Fadel Diop, Ingénieur chimiste, ancien de la COMATEX (Compagnie Malienne des Textiles) de Ségou. Il s’exila un moment au Congo au temps de la période de la révolution De Ngouabi. À ce noyau s’ajoutèrent différents petits partis comme le «<strong>Parti de l’Unité Populaire</strong>» dirigé par un ancien militant PMT, Diatrou Diakité, implanté surtout en milieu ouvrier à la cimenterie de Diamou, près de Kayes, région ouest du Mali et à l’usine de marbre de Bamako. Son organe, le journal «<strong>Avant-garde</strong>» ne connut qu’une seule édition. Le PTM eut une existence assez courte. Certains de ses cadres et dirigeants finirent par se retrouver au sein de l’ADEMA, du parti SADI et sur d’autres fronts de luttes, notamment syndicaux, culturels et autres. Il convient de noter que l’actuel Parti Communiste Malien est différent de son prédécesseur des années 70. Il est composé essentiellement d’anciens étudiants maliens des années 80 à 90. Son influence est assez marginale.

<strong>À SUIVRE DANS NOS PROCHAINES PAUTIONS!</strong>

<strong>Pr Issa N’DIAYE</strong>

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</item>

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<title>Le discours du 22 septembre de Modibo Kéita qui fonda le Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-discours-du-22-septembre-de-modibo-keita-qui-fonda-le-mali-3-3078595.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 26 Sep 2024 01:41:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Voici en intégralité le discours prononcé par le premier Président de la République du Mali, précisément le 22 septembre 1960, au Congrès extraordinaire de l’Union Soudanaise-Rda. Un document qui conserve toute sa valeur historique.</em>

<strong>Chers Camarades, </strong>

A la Conférence territoriale du Parti, il y a trois semaines, nous nous sommes contentés d'un exposé objectif du déroulement des événements de Dakar, sans en tirer les conséquences. Nous avons par la suite pris un certain nombre de contacts qui ont projeté plus de lumière sur les origines plus ou moins lointaines desdits événements. C'est ainsi que j'ai répondu à l'appel du président de la République française, aux invitations du Roi du Maroc et du président de la République du Ghana. D'autre part, des missions ont été envoyées à l'extérieur: U.S.A, O.N.U, Allemagne fédérale, pays de l'Est,  Afrique occidentale.

Pour mieux suivre le sens de notre action politique pendant ces derniers mois, il est indispensable que nous examinions la situation créée en Afrique depuis le Référendum du 28 septembre 1958.

Le 28 septembre, les conditions politiques intérieures nous imposèrent un vote favorable à l'entrée dans la Communauté.

En outre, nous avons pensé et pensons encore que les chances de réalisation de l'unité sont très aléatoires pour des Etats accédant à l'indépendance car, devenus souverains, ils affirment leur personnalité aussi bien sur le plan intérieur que sur le plan extérieur.

Aussi avions-nous espéré que l'autonomie était pour les Etats africains la période la plus favorable de leur évolution pour la réalisation de leur unité. Evidemment cela supposait, de la part des dirigeants de ces Etats, une indépendance totale à l'égard des puissances d'argent et des autorités des anciennes métropoles.

<strong>Eclatement de la Fédération du Mali…</strong>

Par ailleurs, nous avons estimé et estimons encore que c'est dans l'unité que l'Afrique pourra résister à l'emprise des forces impérialistes et renforcer le camp de la paix.

A l'exclusion de la République Arabe Unie, dont on ne peut pas encore tirer toutes les conclusions sur le plan africain mais qu'il faut néanmoins saluer comme une volonté de l'Afrique de réaliser son unité, et de la Fédération du Mali, dont l'existence fut précaire par la trahison des dirigeants sénégalais, les Etats indépendants d'Afrique en sont encore à la recherche des bases de coopération sur le plan économique et culturel.

Mais nous pensons qu'il faut aller au-delà de ces formules pour que l'Afrique puisse résister à l'action destructrice des anciennes puissances coloniales qui, ayant perdu la domination politique, veulent asseoir une domination économique et culturelle. Certes, il faudra du temps et des efforts. Dans ce domaine, aucun pays ne peut nous donner des leçons de patience et de courage.

D'aucuns peuvent penser que notre association avec le Sénégal a été un échec. C'est voir subjectivement le problème, ce qui empêche d'en saisir toutes les conséquences. Tout d'abord, la Fédération du Mali a permis au Sénégal d'aller à l'indépendance, parce que tout le monde sait que les dirigeants sénégalais, empêtrés dans leurs difficultés intérieures, isolés du reste de l'Afrique, et pour cause, ne pouvaient pas, seuls, y conduire leur pays.

D'autre part, <strong>l'accession à la souveraineté internationale de la Fédération du Mali a conduit certains Etats africains, jusqu'alors hostiles à toute idée d'indépendance,</strong> à faire usage de leur droit à l'indépendance. Faudrait-il rappeler que la création du Mali et son accession à l'indépendance ont considérablement contribué à la réalisation de l'unité politique au Soudan. Nous avons pu, ainsi, nous assurer du contrôle politique et administratif de la République soudanaise.

J'estime également que la sécession du Sénégal a été le ferment de la mobilisation générale des populations soudanaises. Elle permettra à la République soudanaise de réaliser pleinement ses objectifs politiques, économiques, sociaux et culturels sur la base d'un véritable socialisme, et uniquement en fonction des intérêts des couches les plus défavorisées. La démonstration sera également faite aux dirigeants sénégalais que la République soudanaise était le principal marché des industries et entreprises sénégalaises, que notre République n'était pas pauvre et que le Sénégal était riche de notre richesse. Nous entendons garder nos richesses, mêmes humaines, pour accélérer le développement économique de notre République.

<strong>Prévoir l’isolement du Soudan, par la force des choses et par l'évolution des événements politiques !</strong>

Les mesures prises, tant à l'intérieur de la République soudanaise qu'à l'extérieur, nous imposeront pour une certaine période des sacrifices qui sont, je le sais, déjà acceptés. Il faut prévoir un isolement possible du Soudan, par la force des choses et par l'évolution des événements politiques. Il s'agit donc, dès maintenant, face à cette éventualité, d'envisager les voies et moyens pour une économie socialiste planifiée.

Nous ne nous arrêterons pas aux slogans, aux formules toutes faites, nous innoverons, partant des réalités maliennes greffées sur les expériences réussies ailleurs. Est-il besoin de préciser que la modification de nos structures économiques n'entravera en rien les activités normales du secteur privé ?

<strong>L’opposition de la France à l'admission de la Fédération du Mali à l’Onu !</strong>

Vis-à-vis de la République française, nous avons fait preuve de loyauté. Je ne veux pas ici reprendre les arguments développés dans certains journaux qui précisent les origines, les causes réelles de la sécession du Sénégal. Notre position sur le problème algérien, notre détermination à construire un véritable socialisme, notre volonté de réaliser, avant toute autre association, une véritable communauté africaine, ont déterminé certains responsables français à conduire les dirigeants sénégalais à la sécession. Je n'en veux pour preuves que quelques faits :

1 ° Le refus systématique de la France, en application des accords franco-maliens, d'apporter son appui pour que soit assurée la sécurité intérieure de la Fédération du Mali 2° L'attentisme du Gouvernement français dans l'application des accords franco-maliens, en particulier dans le domaine économique 3° L'intervention de la République française auprès des organismes directeurs du Marché commun pour que ceux-ci attendent la conclusion des événements avant d'honorer leurs engagements vis-à-vis de la Fédération du Mali ;

4° Les termes mêmes du message de félicitation du Général de Gaulle à M. Senghor, nommé président de la République du Sénégal ;

5° L'aveu du Premier Ministre de la République française de son action, en décembre dernier, auprès de MM. Senghor et Dia, pour qu'ils transforment la Fédération du Mali en confédération ;

6° La reconnaissance par le Gouvernement français de l'indépendance du Sénégal. Cela se conçoit aisément puisque ce sont les dirigeants français qui ont inspiré, préparé, déclenché, soutenu la sécession de la République du Sénégal ;

7° Enfin, la demande d'ajournement par la France à l'O.N.U de l'admission de la Fédération du Mali. Nous ne voulons pas abuser de votre patience en faisant un long développement que j'estime en la circonstance inutile. Il s'agit donc pour nous de prendre des décisions en fonction des seuls intérêts de la République soudanaise.

Dans un monde de plus en plus tourmenté, où la légalité n'apparaît qu'à travers les intérêts stricts des pays, la lutte pour nous devra s'engager sur le plan politique.

<strong>Conséquence logique de la caducité des accords franco-maliens </strong>

Nous demeurons certes fidèles à l'idée de la Fédération africaine, nous nous considérons toujours liés par le serment du 17 janvier 1959. Mais pour le succès de notre action en faveur de la Fédération, il est indispensable et urgent que la République soudanaise s'affirme sur le plan africain et sur le plan international. C'est la raison pour laquelle nous vous invitons à autoriser l'Assemblée législative:

1 À appréhender les compétences transférées par la République soudanaise à la Fédération du Mali ;

2° À proclamer comme Etat indépendant et souverain la République soudanaise ;

3° À proclamer que la République soudanaise s'appelle République du Mali, libre de tous engagements et liens politiques vis-à-vis de la France, comme la Haute-Volta, la Côte d'Ivoire, le Niger, le Dahomey. C'est la conséquence logique de la caducité des accords franco-maliens que la France a délibérément violés en reconnaissant la République du Sénégal comme Etat indépendant.

Notification de ces décisions sera faite au Gouvernement français, à l'Organisation des Nations Unies et à tous les pays indépendants.

Fidèles à notre idéal d'union et de paix, j'insiste sur ce mot, nous sommes décidés à établir des relations amicales avec tous les Etats du monde, sans exclusive aucune, singulièrement avec ceux d'Afrique qui seront désireux de promouvoir une politique d'union et de progrès, de s'engager résolument dans la lutte pour la libération totale du continent africain et l'établissement d'une paix durable entre tous les peuples.

<strong>Tous mobilisés pour la construction de la République du Mali !</strong>

La République du Mali est née. Le Mali continue. Le mot Mali continuera à résonner comme un gong sur la conscience de tous ceux qui ont œuvré à l'éclatement de la Fédération du Mali ou qui s'en sont réjouis. Nous restons mobilisés pour l'idée de la Fédération qui, malgré tout, demeure une semence virile de l'unité africaine. Nous avons perdu une partie, mais nous gagnerons la manche, inch’allah. Les puissances d'argent, les forces rétrogrades et impérialistes n'y pourront rien. Camarades, la Fédération du Mali en tant qu'entité territoriale n'existe plus. Son support politique était le Parti de la Fédération Africaine, dont le Président est M. Senghor. La rupture entre la République soudanaise et la République du Sénégal, provoquée par des contradictions politiques fondamentales, met en cause l'existence et le fonctionnement du P.F.A. D'autre part, celui-ci était l'expression politique d'une idée à laquelle nous demeurons attachés mais qui fut trahie dans des circonstances peu honorables par son Président et l'Union Progressiste Sénégalaise. Le P.F.A. ne peut donc pas survivre à l'éclatement de la Fédération du Mali. L'Union Soudanaise - R.D.A doit se libérer de toute attache avec cette formation politique, garder son autonomie jusqu'à ce que puissent s'affirmer des positions claires et nettes sur les problèmes politiques et économiques que les Etats africains ont à affronter au lendemain de leur indépendance.

Plus de construction politique dans l'équivoque. Clarté dans nos positions, clarté dans celles de nos partenaires éventuels, voilà les conditions indispensables d'une dépendance quelconque de l'Union Soudanaise - R.D.A vis-à-vis de formations politiques africaines. L'Union Soudanaise - R.D.A, fidèle à son option fondamentale en faveur de la paix et l'unité africaine, est décidée dès maintenant à établir des relations de bonne volonté, d'amitié et de solidarité avec tous les partis politiques mobilisés pour la paix, pour la libération du continent africain de toute domination étrangère et pour l'unité des peuples africains.

Camarades, vous pouvez faire confiance au Bureau politique, au Comité directeur. Nous voulons ce que vous voulez. Il n'y a pas de temps à perdre. Toutes les Maliennes et tous les Maliens doivent se considérer comme mobilisés pour la construction de la République du Mali, patrie de tous ceux qui sont fermement attachés à la réalisation de l'Indépendance et de l'Unité africaine, toutes les Maliennes et tous les Maliens doivent accepter tous les sacrifices pour que notre pays puisse sortir grandi, rayonnant, de l'épreuve qu'il traverse pour que les Africains libres, réellement libres, puissent, sans possibilité d'ingérence, s'unir pour que s'affirme une grande nation africaine qui marquera de son sceau la politique internationale, pour que la paix, espoir des peuples en voie de développement, s'établisse entre tous les pays du monde.

<strong>Source : Modibo Kéita : ''Discours et Interventions'', </strong>

<strong>Archives nationales du Mali.</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Tribune sur l’extrait de Modibo Keita : ‘’ Jubilé du Cinquantenaire un autre regard’’ :  La marche vers le 22 septembre, la raison d’un choix, les leçons de l’histoire</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/tribune-sur-lextrait-de-modibo-keita-jubile-du-cinquantenaire-un-autre-regard-la-marche-vers-le-22-septembre-la-raison-dun-choix-les-lecon-3078282.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 24 Sep 2024 01:59:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le peuple malien célèbre, le dimanche 22 septembre, le soixante-quatrième anniversaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale : de son indépendance. Cette célébration, ces dernières années, est de plus en plus banalisée. On commémore plus qu’on ne célèbre. Depuis des lustres, le peuple est sevré de la retraite aux flambeaux et du bal populaire dans la nuit du 21 au 22 septembre, des défilés et des manifestations populaires la journée du 22 septembre. En particulier, c’est du défilé militaire sur le boulevard de l’Indépendance dont les Bamakois sont sevrés. Dans cette tribune déduite d’une étude, le Professeur Issiaka Ahmadou Singaré nous plonge dans un retour à la réalité avec la réponse à trois questions : quelles ont été les étapes franchies avant le 22 septembre 1962 ?  Pourquoi le choix de la date du 22 septembre ? quelles leçons tirer de ce qui s’est produit dans notre pays de 1946 au 22 septembre 1960 ?</em></strong>
<ol>
 	<li><strong> L’évolution politique du Soudan Français vers l’indépendance</strong></li>
</ol>
Entre le 6 novembre 1946 le 22 septembre 1960, notre pays a connu quatre périodes différentes de son histoire contemporaine : celles de l’Union Française, de l’autonomie interne au sein de l’Union Française, de la Communauté Franco-Africaine et, enfin, de la Fédération du Mali. Le 22 septembre 1960 est à considérer comme la résultante des faits qui se sont déroulés durant ces quatre périodes.
<ol>
 	<li><strong> 6</strong> <strong>novembre 1945 – 23 juin 1956 : l’Union Française</strong></li>
</ol>
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France est sommée, par les vainqueurs, de décoloniser. Elle s’y résout à contrecœur. Plutôt que de plier bagages et de partir, elle choisit de partir en restant. Elle se dote, le 13 octobre 1946, d’une nouvelle constitution, celle de la IVè République et forme, avec ses possessions d’outre-mer, l’Union Française. Le 25 octobre, comme pour associer les colonisés à la gestion de leurs affaires intérieures, elle crée les Conseils généraux qui évolueront pour devenir des Conseils territoriaux. Le Conseil général du Soudan et son avatar, le Conseil territorial du Soudan seront dominés par le PSP jusqu’en 1956. Se succéderont à leur présidence, Tidiane Fagadan Traoré et Fily Dabo Sissoko.

L’Union Française est acceptée par les colonies d’Afrique subsaharienne. A l’époque, celle-ci comportait deux fédérations de colonies, deux Etat sous tutelle et l’île de Madagascar. Les deux fédérations de colonies sont l’Afrique Occidentale Française (AOF) et l’Afrique Equatoriale Française (AEF). Les deux Etats sous tutelle sont le Cameroun et le Togo. L’AOF comportait huit colonies : la Côte d’Ivoire, le Dahomey (actuel Benin), la Guinée Française, la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), la Mauritanie, le Niger, le Soudan Français (actuel Mali) et le Sénégal.

La France mettra dix ans (1946 – 1956) pour leur reconnaître un début d’émancipation. Durant ces dix années, les seules avancées notables sont, en général, outre l’obtention de certaines libertés individuelles, la transformation des colonies en Territoires d’Outre-Mer (TOM), l’octroi de la citoyenneté de l’Union Française aux « indigènes » des TOM, la suppression du travail forcé.

En particulier, les Soudanais profitent des espaces de libertés qui leur sont reconnus pour créer des associations, des syndicats et des partis politiques, voter et envoyer des députés aux deux Assemblées nationales constituantes, celle de novembre 1945 et celle de juin 1946.

Deux hommes briguent les suffrages du deuxième collège, celui des « sujets de l’Empire » par opposition au premier collège, celui des citoyens français : Fily Dabo Sissoko et Mamadou Konaté. Le premier est élu député de la circonscription du Soudan-Niger le 18 novembre 1945. Au lendemain des élections, les deux adversaires transforment leur équipe de campagne en partis politiques. Ainsi voient le jour, en 1946 : le Bloc Soudanais de Mamadou Konaté et le Parti Progressiste Soudanais (PSP) de Fily Dabo Sissoko à côté du Parti Démocratique Soudanais (PDS) d’Idrissa Diarra. Déjà, le clivage, quand tout incite à constituer un front uni contre les abus de la colonisation.

La France consacre l’essentiel de son activité outre-mer à la lutte contre aux nationalistes ayant rejeté l’Union Française. Se sentant relégués au second plan à Paris, les députés subsahariens s’organisent, se rencontrent à Bamako et créent un parti supra-territorial en octobre 1946 : le Rassemblement Démocratique Africain (RDA). Le RDA doit être représenté dans chaque territoire par une section. Les trois partis soudanais se rencontrent pour fusionner. C’est un échec ; de nouveau, le clivage. Le Bloc Soudanais et le PDS fusionnent pour donner naissance à l’Union Soudanaise-section territoriale du RDA (US-RDA). Le PSP choisit de préserver son autonomie, reprochant au RDA son apparentement avec le Parti Communiste Français (PCF).

Aucun des deux partis n’est à l’abri des divisions internes. Elles sont très marquées au sein de l’US-RDA avec les oppositions entre partisans de Mamadou Konaté et ceux de Modibo Keïta. A noter que Mamadou Konaté est membre fondateur du RDA dont il est le premier vice-président là où Modibo Keïta n’est membre fondateur ni du RDA ni de l’US-RDA. En octobre 1946, comme Ahmed Sékou Touré du reste, il ne figure pas parmi les congressistes n’est même pas présent à Bamako.

Les partisans de Mamadou Konaté sont conduits par Tiémoko Diarra. Ils remportent une première manche lors de la tenue du IIIè Congrès de l’US-RDA en septembre 1952, avec la création du poste de président du parti et l’élection de Mamadou Konaté à ce poste. Les seconds auront l’année d’après, le dessus en réussissant à faire élire Modibo Keïta comme Conseiller de l’Union Française contre Tiémoko Diarra, candidat sortant. A cette occasion, le parti a frôlé l’implosion. Mais la sagesse a prévalu. Tiémoko Diarra a retiré sa candidature quelques heures avant la clôture du dépôt des listes.

Le clivage s’accentue et atteint son paroxysme lors du désapparentement du RDA avec le PCF. De nouveau, le parti est au bord de l’implosion. Mamadou Konaté est pour la rupture, Modibo Keïta, contre. Lors d’un vote du Comité directeur de l’US-RDA, ce dernier est mis en minorité avec un résultat de 11 voix contre 5. Ses adversaires poussent plus loin, le sommant de démissionner de son poste de Secrétaire général du parti pour rejoindre son nouveau poste d’affectation, Tombouctou.

En décembre 1951, il a dû se sentir concerné par cette phrase de Mamadou Konaté : « Que ceux qui veulent faire un parti communiste aillent le créer… » La querelle rebondit lors de la tenue du IVè Congrès ordinaire de l’US-RDA (22-25 septembre 1955) avec des échanges peu amènes entre les deux hommes, le Président du parti et le Secrétaire général à l’ouverture et à la clôture des assises. La disparition de Mamadou Konaté sera suivie d’une période d’accalmie. Modibo Keîta renforce son emprise sur l’US-RDA contraignant Tiémoko Diarra à démissionner pour créer, avec Me Sylvandre, le Mouvement Socialiste de Défense des Intérêts du Soudan (MSDIS).

Le PSP non plus n’est pas à l’abri des dissensions. La plus notoire est celle qui voit la rupture entre Fily Dabo Sissoko et Tidiani Fagadan Traoré. Le PSP a été constamment présenté comme un parti de « notables ». A tort. Certes, Fily Dabo Sissoko est chef de canton et président des chefs de canton du Soudan Français. Cependant, le PSP ne manque pas de cadres. Il en dispose même plus que l’US-RDA.

En 1951, le double collège est supprimé. Fily Dabo Sissoko doit se choisir un colistier pour les législatives de cette date en remplacement de Me Sylvandre. Les prétendants ne manquent pas : Tidiane Faganda Traoré, Yalla Sidibé, Ya Doumbia, Hamounet Dicko, Mamadou M’Bodge… Sur recommandation du gouverneur Louveau, Fily Dabo Sissoko choisit Hamadou Dicko, 37 ans. Tidiani Faganda Traoré estime le choix inconcevable. Il démissioone du PSP pour créer son propre parti, l’Action Progressiste. De la fusion de ce parti avec le MSDIS naît le Bloc Démocratique Soudanais (BDS).

AU RDA comme au PSP, les clivages continueront de se manifester jusqu’à la dissolution des deux partis, en 1968 pour le premier, en 1959 pour le second
<ol>
 	<li><strong> 17 juin 1956 – 13 mai 1958 : l’autonomie interne</strong></li>
</ol>
La France subit de véritables déculottées outre-mer, en Indochine, au Maghreb. Pour ne pas perdre l’Afrique subsaharienne, elle laisse du lest. Elle promulgue une loi-cadre connue sous le nom de loi Gaston Defferre. Cette loi ne consacre pas l’indépendance des TOM. Elle autorise une décentralisation une déconcentration des pouvoirs. Chaque territoire est doté d’une Assemblée Territoriale élue au suffrage universel. Le parti majoritaire à l’Assemblée Territoriale forme un conseil de gouvernement présidé par le gouverneur du Territoire avec, comme vice-président du conseil, un élu du parti majoritaire.

L’ US-RDA remporte les élections territoires de 1956 en supplantant le Parti Progressiste Soudanais. Mahamane Alassane Haïdara est élu Président de l’Assemblée Territoriale, Jean Marie Koné est nommé vice-président du Conseil de gouvernement. Il en est ainsi dans chacun des huit Territoires de l’AOF, des quatre de l’AEF, à Madagascar, au Cameroun et au Togo. Pour le député de la Côte d’Ivoire, ces dispositions donnent entière satisfaction. Celui du Sénégal, Léopold Sédar Senghor la compare à l’association entre le cavalier et sa monture », en conteste la pertinence.

Son choix, contrarié, est celui d’une confédération unissant la France aux « fédérations primaires » que sont l’AOF et l’AEF auxquelles serait reconnue le droit à l’indépendance. Il est sur la même longueur d’onde que Modibo Keïta. Tous deux s’abstiennent lors du vote pour l’adoption des décrets d’application que le Sénégalais assimile à des « joujoux et [à] des sucettes »,

A partir de ce moment s’effectue le clivage entre deux conceptions de l’évolution des relations entre l’Afrique subsaharienne francophone et la France. Houphouët-Boigny est partisan de la dislocation de l’AOF, estimant que la Côte d’Ivoire, territoire économiquement mieux doté que les autres ne saurait être la vache laitière de territoires comme la Haute-Volta ou le Soudan. A l’inverse, Senghor prône le renforcement des pouvoirs du Grand Conseil de l’AOF, donc, des liens fédérateurs.

La balance penche du côté de Senghor. Les députés subsahariens non issus du RDA se regroupent et créent deux partis fédéraux : le Mouvement Socialiste Africain (MSA) et la Convention Africaine (CAf). Le vent de l’unité souffre. Les trois regroupements de partis veulent se fédérer. Le 29 septembre 1957, le RDA tient, à Bamako, son IIIè Congrès interterritorial. Houphouët-Boigny, inamovible Président du parti depuis sa création est présent. Les ténors de la rencontre sont Gabriel d’Arboussier, Modibo Keïta, Ahmed Sékou Touré.  Le chef du gouvernement Sénégalais, Mamadou Dia, y assiste en qualité d’observateur.

Le débat porte sur l’unification des forces politiques en vue de constituer une fédération. Houphouët-Boigny qui s’y oppose est mis en minorité. Il se retire des assises et, en sa qualité de ministre français, choisit de prendre ses quartiers au palais du gouverneur à Koulouba. Le reste du congrès se déroule en son absence. Mais, ses cadets du RDA lui évitent le déshonneur : l’idée de jeter les fondements d’une fédération n’ est pas abandonnée, mais repoussée.

Les débats entamés à Bamako se poursuivent à Paris. Mais, Houphouët-Boigny pose des conditions inacceptables pour les responsables du MSA et de la CAF. Ces derniers se retrouvent pour fusionner et donner naissance au Parti du Regroupement Africain (PRA) en mars 1958. Le duel entre Houphouët-Boigny et Léopold Sédar Senghor Senghor continue. Un événement majeur va intervenir et changer la donne.

<strong>III. 13 mai – 28 septembre 1958 : la Communauté Franco-Africaine</strong>

Le 13 mai 1958, la France connaît son énième coup d’Etat depuis qu’à la fin du XVIIIè siècle Avec l’appui des généraux de l’Armée d’Afrique, Charles de Gaulle accède à la présidence du conseil de gouvernement. Son programme tient en quatre points : mettre fin à la guerre d’Algérie, définir de nouveaux rapports entre la Métropole et l’Outre-Mer, moderniser la France, construire l’Union Européenne.

La modernisation de la France commence par la modernisation de ses institutions. De Gaulle choisit de mettre fin aux régimes des partis, source d’instabilité gouvernementale. Assisté par Michel Debré, il rédige une nouvelle Constitution et la soumet au référendum des Français, métropolitains comme ultramarins. Il leur est demandé de se déterminer par « Oui » ou par « Non ».

Dans les rangs des députés ultramarins, c’est, de nouveau, la division. A la place de l’Union Française, il leur est proposé la Communauté Franco-Africaine. Pour eux, l’alternative est la suivante : voter « oui » et devenir république indépendante membre de la Communauté Franco-Africaine ad vitam aeternam ; voter « non » et faire sécession en se mettant hors de cette communauté. En votant « oui », les Territoires, devenus Républiques », continueront à bénéficier de l’aide au développement. En votant « Non », ils font sécession et se privent de cette aide.

Face à cette proposition, trois tendances se dégagent.

La première est incarnée par Ahmed Sékou Touré. Il n’est pas contre l’association entre la France et les TOM au sein de la Communauté Franco-Africaine. Mais, il propose le schéma suivant : que la possibilité leur soit donnée d’être membres de la Communauté non en tant que TOM, mais en tant qu’Etats indépendants et souverains ; en un mot, que l’indépendance précède l’adhésion.

La deuxième tendance est celle de Houphouët-Boigny. Elle consiste faire voter « oui » conformément au vœu de Charles de Gaulle, en se privant de toute possibilité d’évoluer, par la suite, vers l’indépendance. Depuis sa rupture avec les communistes en 1954, le député de la Côte d’Ivoire a choisi son camp. Il exclut toute formule d’indépendance, son vœu étant la transformation de son Territoire en Département d’Outre-Mer (DOM). Il le fait savoir à Kwame Nkrumah, Premier ministre du Ghana en visite officielle à Abidjan : vous avez fait le choix de l’indépendance, nous avons fait celui de la lierté.

La troisième tendance est celle de Léopold Sédar Senghor. Se déterminer est plus que douloureux pour ce dernier. D’emblée, il écarte la rupture avec la France en votant « non » comme le recommande Mamadou Dia. Mais, il n’est pas non plus en faveur d’une adhésion excluant toute possibilité d’évolution vers l’indépendance. Il n’écarte pas l’adhésion à la Communauté. Mais, il recommande qu’une fois membre de la Communauté, les nouveaux Etats puissent évoluer vers l’indépendance, seuls ou groupés.

Charles de Gaulle commence par trancher en faveur d’Houphouët-Boigny. Ce dernier occupe, à ses côtés, une place de choix. Il est ministre d’Etat et membre du Conseil constitutionnel chargé de la rédaction de la Constitution. Georges Pompidou, en sa qualité de directeur de cabinet du Président du conseil, intervient en faveur de son condisciple et ami, Léopold Sédar Senghor. La Constitution est légèrement modifiée. La possibilité d’être membre de la Communauté et d’évoluer, par la suite, vers l’indépendance, seuls ou groupés, est reconnue aux TOM, au grand dam d’Houphouët-Boigny qui se dit trahi.

Le référendum a lieu le 28 septembre 1958. Au Soudan (l’épithète « français » a cessé d’accompagner le nom depuis la loi-cadre), l’US-RDA, parti majoritaire, appelle à voter « oui ». Son rival, le PSP, fait le choix contraire. Fily Dabo Sissoko assimile la proposition de de Gaulle à un diktat, voire, à un chantage ; d’où sa phrase : « Nous sommes d’un pays où l’on préfère mourir de faim plutôt que d’être substanté par celui qui vous le rappelle constamment ».

Charles de Gaulle est plus que satisfait des résultats du référendum, aussi bien de ceux de la Métropole que de ceux de l’Outre-Mer. A l’exception de la Guinée, tous les Territoires ont voté, massivement, « oui ». Il en est de même pour Houphouët-Boigny car l’esprit fédéraliste est, momentanément, enterré. Chaque TOM est indépendant et traite directement avec Paris. Le 24 novembre 1958, le Soudan devient République Soudanaise, membre de la Communauté, avec, à sa tête, Modibo Keïta, Président du conseil des ministres, Jean Marie Koné, Vice-Président.

Une nouvelle page dans les relations franco-africaines s’ouvre. Elle réserve bien des surprises à de Gaulle.
<ol>
 	<li><strong> 4 avril 1959 – 22 septembre 1960 : la Fédération du Mali</strong></li>
</ol>
Léopold Sédar Senghor n’a pas renoncé à son idée de fédération. Ni Modibo Keïta. Pour celui-ci, l’heure est au choix entre continuer à cheminer avec Houphouët-Boigny et entériner la balkanisation de l’AOF ou rompre avec le Président du RDA et rallier Senghor. Il opte pour la seconde solution. Son option est également celle de Sourou Migan Apithy (Dahomey), et de Maurice Yaméogo (Haute-Volta).

La décision de créer la Fédération du Mali est prise. Quarante députés, soit dix députés par Etat, en rédigent les textes fondamentaux. Mais, vite, le nombre d’Etats fédérés tombe à deux. Ni Charles de Gaulle, ni Houphouët-Boigny ne peuvent souffrir l’idée d’un regroupement allant dans le sens contraire de leurs intérêts. Ils choisissent de le torpiller. Un port en eau profonde est proposé au Dahomey à condition qu’il se démarque de la fédération. Il n’hésite pas, il choisit le port. A la suite de pressions exercées sur la Yaméogo par Houphouët-Boigny, la Haute-Volta, à son tour, quitte le regroupement.

Sénégalais et Soudanais restent ensemble. Les textes fondamentaux sont revus pour être adaptés à la situation née du départ des deux Etats sécessionnistes. Le 4 avril 1959, le transfert des compétences est signé entre la France et la Fédération du Mali. Les institutions sont mises en place ; dont : un Parti fédéral, une Présidence de la Fédération, un Conseil de gouvernement fédéral composé de huit ministres, une Assemblée fédérale. Le 20 juin 1960, la Fédération du Mali proclame son indépendance.

Sénégalais et Soudanais se répartissent les postes de responsabilité. Senghor est élu Secrétaire général du Parti Africain pour l’Indépendance (PAF). Il cumule cette fonction avec celle de Président de l’Assemblée fédérale dont le Vice-Président est Dramane Coulibaly, député de Ségou. Modibo Keïta est nommé Président du conseil du gouvernement. Mamadou Dia est Vice-Président du conseil, cumule cette fonction avec celle de ministre de la Défense. L’élection du Président de la Fédération est prévue pour le 20 août.

Elle n’aura pas lieu, à cause de la candidature de Senghor à ce poste, candidature que récuse, fermement, les Soudanais pour les raisons suivantes : la francophilie très affirmée du candidat, son union avec une Française, sa confession religieuse. Pour eux, il n’est pas le candidat idéal ; que les Sénégalais en proposent un autre, entre Lamine Guèye et Mamadou Dia. Ce dernier, à son tour, fait preuve d’intransigeance : ce sera Senghor ou la Fédération va éclater.

Elle éclate dans la nuit du 19 au 20 août, mais pour une autre raison. Une armée fédérale est créée. Il faut en nommer le chef d’état-major. Modibo Keïta propose son aide de camp, le colonel Abdoulaye Soumaré. Mamadou Dia propose le sien, le colonel Fall. En conseil de gouvernement, un vote intervient pour trancher. Les quatre ministres soudanais et un ministre sénégalais, Boubacar Guèye, votent en faveur de Soumaré. Modibo Keïta signe le décret de nomination, Mamadou s’abstient de le contresigner. C’est le blocage.

Deux semaines durant, le conseil de ministres ne se tient pas. La date du 20 août approche. Modibo Keïta décide de mettre fin à la crise. Il convoque, le 19 août, un conseil de ministres extraordinaire. Cinq ministres sur huit sont présents, les quatre Soudanais et Boubacar Guèye. Le quorum est atteint, les délibérations sont valables. Pour crever l’abcès, Modibo Keïta prend quatre décisions importantes : il destitue Mamadou Dia de son poste de ministre de la Défense, se nomme ministre de la Défense à sa place, décrète l’état d’urgence et donne instructions au colonel Soumaré d’assurer le service du maintien d’ordre.

Les Sénégalais réagissent. Avec l’appui de la gendarmerie française, ils mettent le colonel Soumaré aux arrêts. Les agents du maintien d’ordre, placés aux points stratégiques de Dakar, sont relevés et remplacés. Les militants UPS de l’intérieur sont invités à venir investir la capitale. Enfin, les ministres fédéraux maliens ainsi que tous les responsables soudanais présents à Dakar sont assignés à résidence. Dans le courant de la nuit, l’Assemblée législative est convoquée. A l’unanimité, elle vote la loi actant le retrait du Sénégal de la Fédération, proclame l’indépendance de la République du Sénégal. Charles de Gaulle et Houphouët-Boigny exultent : la Fédération du Mali a vécu.
<ol>
 	<li><strong> Le choix d’une date </strong></li>
 	<li><strong> En souvenir de la mémorable bataille de Sabouciré ? </strong></li>
</ol>
Le 22 septembre 2010 a été celui du Cinquantenaire. Amadou Toumani Touré, Président de la République, veut lui donner un cachet particulier. Les livres d’histoire ont dû être consultés et l’on y a découvert la date du 22 septembre 1878. Ce jour, après Médine et le siège de son fort par Oumar Saïdou Tall-al-Foutiyyou, notre peuple subissait le deuxième acte d’agression des troupes d’invasion coloniale française contre son territoire.

Sur instruction du général Faidherbe, gouverneur du Sénégal, le lieutenant-colonel Reybaud, depuis Saint-Louis, marche sur la cité de Sabouciré, capitale de la principauté malinké du Logo. Le prince Niamody Sissoko s’était refusé à rompre l’alliance qui le liait à Oumar-al-Foutiyyou pour se placer sous protectorat français. Or, sans cette entente avec les envahisseurs français, impossible d’arriver à Bamako perçu comme tête de pont pour descendre le Niger, atteindre Tombouctou et, de-là, progresser vers le Nord pour faire la jonction avec les troupes venues d’Algérie et vers l’Est pour réaliser l’axe Dakar-Djibouti.

Dans cet ordre d’idée, Sabouciré est devenu un verrou à faire sauter. Faidherbe ne lésine pas sur les moyens. Avec le siège de Médine, il a mesuré la détermination avec laquelle un peuple défend sa patrie. Aussi met-il à la disposition de Reybaud le nécessaire pour une campagne conçue pour être des plus courtes : 585 hommes, des militaires français appuyés par des tirailleurs sénégalais et des spahis, 80 chevaux, 4 canons.

L’attaque de la cité débute à 8 heures, le 22 septembre 1878. Sabouciré est fortifiée. Sur les remparts, les résistants se relaient, opposant une défense farouche aux agresseurs. Mais, il faut se rendre à l’évidence. La supériorité technique de l’ennemi finit par faire la différence. Après huit heures de combat, les résistants proposent au prince l’évacuation de la cité. Ce dernier déclare préférer la mort à la honte et veut rester sur place, s’il le faut, mourir les armes à la main.

Quatre esclaves ne l’entendent pas de cette oreille. Ils l’enlèvent et, sur leurs épaules, le transportent vers les berges de la Falémé où l’attend une pirogue. Le lieutenant-colonel Reybaud, avec ses jumelles, voit la manœuvre, fait pointer le canon en direction de l’embarcation, ordonne le tir. Niamody Sissoko disparaît dans les flots. Son corps ne sera pas retrouvé. La France venait de commettre, sur notre territoire, son premier crime de guerre et son premier crime contre l’humanité.

Le Président Amadou Toumani Touré se rappelle cette bataille et en récupère la symbolique. A l’occasion des festivités du Cinquantenaire, il fait procéder à une restitution de la résistance sur les lieux mêmes de l’événement. L’acte inspire à Nouhoum Dicko, envoyé spécial à Sabouciré le 3 septembre, la réflexion suivante : « 82 ans après, le Mali de Modibo Keïta accédait à l’indépendance. Sabouciré se pose en cela comme un symbole de la résistance. Point de départ de la colonisation au Mali, le village de Sabouciré est aussi un lieu de mémoire incarnant à travers le 22 septembre 1960 l’arrêt de la colonisation. »
<ol>
 	<li><strong> Cependant, non Sabouciré, mais plutôt la nécessité de parer au plus pressé</strong></li>
</ol>
Certes, Sabouciré est un lieu de mémoire. Mais, elle l’est, au même titre que tous les lieux de résistance à la pénétration coloniale : le Woyowayanko, Diéna, Sikasso, Taquinbawt, Andéranboucane… L’on peut faire entorse à la vérité historique et flatter le sentiment national en établissant la continuité entre le 22 septembre 1878 et le 22 septembre 1960. Cela ne doit nullement occulter que des motivations particulières ont conduit la République Soudanaise comme date de la proclamation de l’indépendance du Mali.

Le congrès extraordinaire de l’Union Soudanaise RDA, convoquée le 22 septembre 1960, était prévue pour durer quatre jours. Il n’a duré qu’un jour. Si le calendrier initial du congrès de l’Union Soudanaise RDA avait été maintenu, cette proclamation serait intervenue le 25 septembre et cette date aurait été retenue comme celle de notre accession à la souveraineté nationale et international.
<ol>
 	<li><strong> 1. La sécession du Sénégal </strong></li>
</ol>
Les raisons du choix de la date du 22 septembre sont à rechercher dans la succession des événements qui se sont produits à partir du 20 août 1960 à Dakar. Ce jour aurait dû être celui de l’élection du Président de la Fédération du Mali. Il a été le jour de son éclatement.

A partir du 20 août, il ne sera plus possible de rapprocher les deux Etats naguère fédérés ; d’où une divergence d’appréciations de la situation entre Sénégalais et Soudanais. Cette divergence transparaît clairement dans les messages que les présidents des conseils de gouvernement des deux Etats adressent au Secrétaire général de l’ONU, Dag Hammarskjöld, pour l’informer de ce qui s’est produit à Dakar dans la nuit du 19 au 20 août et des dispositions qu’ils souhaiteraient que le Conseil de Sécurité prenne.

Pour les Sénégalais, leur retrait de la Fédération est irréversible. Dès le 20 août, le télégramme de Mamadou Dia est, en ce sens suffisamment explicite. Il est conçu comme pour signer la première manifestation du nouvel Etat indépendant sur l’arène internationale. Le chef du gouvernement sénégalais rend compte des événements et sollicité l’adhésion du Sénégal à l’ONU en tant qu’Etat indépendant et souverain. Cette demande est réitérée le 23 août.
<ol start="2">
 	<li><strong> 2. Le refus de reconnaître la sécession du Sénégal</strong></li>
</ol>
De leur côté, les Soudanais ne demeurent pas inactifs. Pour eux, pour Modibo Keïta en particulier, la sécession du Sénégal, assimilée à une trahison, ne possède pas de fondement légal car aucune disposition constitutionnelle ne l’autorise. Aussi est-elle sans effet, « la Fédération du Mali continue ».

Les communications avec l’extérieur sont interrompues. Tous les centres de transmission sont occupés. Les Soudanais sont assignés à résidence. Grâce à un petit émetteur, depuis ses appartements, Modibo Keïta parvient à faire parvenir à Hamaciré N’Douré, Président par intérim du Conseil de gouvernement du Soudan, le texte d’un télégramme destiné à Dag Hammarskjöld et daté du 20 août. Le Président du conseil fédéral y donne des précisions sur les événements récemment survenus à Dakar et sollicite une intervention du Conseil de Sécurité pour empêcher la sécession du Sénégal.

Les dirigeants soudanais ne resteront pas longtemps en résidence surveillée à Dakar. Dès le 20 août, ils embarquent dans un train spécial, destination Bamako. Dans la nuit du 22 au 23 août, c’est l’arrivée à Bamako, sous une fine pluie.

Le 25 août est marqué la tenue d’une conférence de presse par Modibo Keïta. Il ne s’est pas encore résolu à accepter la sécession du Sénégal. Aussi anime-t-il la conférence de presse en portant double qualificatif : chef du gouvernement fédéral du Mali et chef du gouvernement de la République soudanaise.

La séance a lieu dans la salle du conseil des ministres à Koulouba en présence des membres du gouvernement et du Bureau Politique National (BPN). Plusieurs points sont abordés lors de la séance, dont la ferme détermination à maintenir l’unité de la Fédération. Il se dit prêt à recourir à tous les moyens, y compris l’usage de la force, pour s’opposer au séparatisme du Sénégal : « Il n’y a rien », déclare-t-il, « que nous ne puissions envisager pour maintenir l’intégrité territoriale du Mali. »

Au cas où l’indépendance du Sénégal serait reconnue par un Etat, à l’égard de cet Etat, répond-il, « nous adopterons une attitude analogue à celle des puissances occidentales à l’égard de la Chine. » Pour lui : « Le Mali est juridiquement indissoluble. » Aussi considère-t-il « comme éphémère une initiative de quelques dirigeants sénégalais qui ont trahi le serment du 17 janvier 1959. »

Ce même 25 août, que Dag Hammarskjöld répond au télégramme transmis par l’intermédiaire de Hamaciré N’Douré. La réponse est loin de donner satisfaction à son destinataire. Elle ne fait mention ni du retrait du Sénégal de la Fédération du Mali ni de la demande d’assistance auprès de l’ONU afin d’empêcher cette sécession. Au contraire, elle insiste sur l’initiative française relative à d’éventuels pourparlers entre les deux désormais ex Etats fédérés.

le 26 août, Modibo Keïta donne suite au télégramme de Dag Hammarskjöld.  Il réitère sa demande d’une assistance auprès de l’ONU en sa qualité de « président Modibo Keïta, président [du] gouvernement fédéral [du] Mali et [du] gouvernement [de la] République soudanaise ». Il termine en précisant : « […] D’autre part, [la] capitale [de la] Fédération [du] Mali [est] provisoirement fixée à Bamako. »
<ol start="3">
 	<li><strong> 3. L’évolution vers l’indépendance du Soudan</strong></li>
</ol>
Cependant, tout semble indiquer que le Président du conseil de gouvernement du Soudan se résout à accepter le divorce. Le 29 août, à la suite de la tenue d’une conférence des cadres de l’Union Soudanaise-RDA et d’une session de l’Assemblée législative du Soudan, il se décide à se rendre à Paris répondre, enfin, à l’invitation du général de Gaulle. Il y arrive le 2 septembre. Le 31 août, deux ministres du gouvernement soudanais, Mamadou Aw et Seydou Badian Kouyaté l’ont précédé dans la capitale française pour remettre, en son nom, une lettre au général de Gaulle.

La rencontre entre les deux chefs de gouvernement est rapportée différemment par Seydou Badian Kouyaté et par Modibo Keïta. Selon le premier, elle a été plutôt tendue, le second insiste, au contraire, sur la courtoisie observée de part et d’autre. Modibo Keïta reproche à son homologue français le rôle négatif joué par son pays dans la crise malienne. De Gaulle reconnaît l’implication de certains responsables français, mais demande que soient abordés les problèmes bilatéraux entre la France et le Soudan.

Un sujet le préoccupe : le sort qui sera réservé à ses troupes stationnées sur le territoire du Soudan. De Gaulle négocie le maintien de ses troupes sur place. Un accord est trouvé. Sur proposition de Modibo Keïta, les troupes françaises évacueront les différents camps militaires disséminés sur l’ensemble du territoire pour se regrouper dans les bases de Kati, Bamako, Gao et Tessalit.
<ol start="4">
 	<li><strong> 4. Le congrès du 22 septembre 1960 et la proclamation de l’indépendance de la République du Mali </strong></li>
</ol>
Le temps joue contre Modibo Keïta. Le 20 septembre, toutes les anciennes colonies françaises au sud du Sahara ont été admises à l’ONU, à l’exception de la Mauritanie, non encore indépendante, du Sénégal et du Soudan. Or, dès le 28 juin, une semaine après la proclamation de son indépendance, la Fédération du Mali avait déposé une demande d’adhésion à l’ONU. Après le 20 août, le Sénégal a renouvelé cette demande mais en tant que République indépendante. Le Conseil de Sécurité se propose de réexaminer, le 28 septembre, la demande formulée le 28 juin, date à laquelle il avait recommandé à l’unanimité l’admission de la Fédération du Mali à l’instance internationale.

L’examen risque d’être défavorable au Soudan. La Fédération du Mali, de facto, a cessé d’exister. Le Sénégal a l’appui de la France, membre permanent du Conseil de Sécurité. Le Soudan n’est pas encore un Etat indépendant et, par conséquent, ne peut formuler une demande d’adhésion. C’est cette situation qui a prévalu pour convoquer le congrès extraordinaire du 22 septembre 1960. La convocation est faite le 15 septembre. Tout devait être terminé le 25 septembre, avant la date butoir du 28 septembre.

Le congrès travaille au pas de charge. Deux discours sont prononcés, celui du Secrétaire politique de l’US-RDA, Idrissa Diarra et celui du Secrétaire général du part, Modibo Keïta. Quatre messages sont entendus ; ceux des Femmes, des Jeunes, des Anciens Combattants et victimes de guerre, de l’Union Nationale des Travailleurs du Soudan. Deux résolutions sont adoptées : la Résolution de politique générale et la Résolution économique.

Modibo Keïta, dans son discours, invite les congressistes « à autoriser l’Assemblée législative :

1° A /appréhender les compétences transférées par la République soudanaise à la Fédération du Mali ;

2° A/ proclamer comme Etat indépendant et souverain la République soudanaise ;

3°A /proclamer que la République soudanaise s’appelle République du Mali, libre de tous engagements et liens politiques vis-à-vis de la France, comme la Haute-Volta, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Dahomey.

L’Assemblée législative vote à l’unanimité ces propositions. La Fédération du Mali a vécu. La République du Mali est née. Le 28 septembre, le Mali et le Sénégal sont admis à l’ONU. Une page de notre histoire nationale vient d’être tournée. Quelles leçons pouvons-nous en tirer ?

Dans une prochaine parution, la réponse à cette question.

<strong>  Issiaka Ahmadou Singaré</strong>

<strong>Docteur d’Etat-ès-Lettres</strong>

<strong> Professeur émérite de l’Université de Bamako</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Afin que nul n&amp;apos;oublie !  Voici le clin d&amp;apos;oeil de l&amp;apos;histoire !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/afin-que-nul-noublie-voici-le-clin-doeil-de-lhistoire-3075955.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 02 Sep 2024 00:21:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alternance</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[En 1991, au plus fort de l'insurrection populaire contre la dictature du Général Moussa Traoré, un mouvement  contre-insurrectionnel dirigé par des  caciques du parti unique tenta de renverser la vapeur en organisant des contre marches à travers Bamako sans succès et cette tentative désespérée fut tuée dans l'œuf !

La Démocratie et le mouvement démocratique triomphèrent de la dictature et du parti unique le 26 mars 1991 !

Trente années après ce sacre historique , un mouvement d'opposition démocratique au  Président de la République démocratiquement élu composé de plusieurs acteurs du mouvement démocratique  , fut infiltré , instrumentalisé et radicalisé par ces mêmes caciques recyclés du parti unique défunt qui réussirent à le transformer en un mouvement insurrectionnel violent le M5RFP dont le seul but est devenu  la chute du Président démocratiquement élu , la chute de la Démocratie et du mouvement démocratique !

Le 18 août 2020, ils réussirent enfin à venger  un certain 26 mars 1991 en renversant avec la complicité de l’armée, le Président démocratiquement élu ainsi que toutes les institutions démocratiques du Mali.

Ceux qui en 1991 ont combattu au risque de leur vie la dictature, sont ceux qui en 2019 et 2020 ont fait entrer les  loups du parti unique défunt dans la bergerie de l'opposition démocratique et ont été de ce fait les coauteurs de l'assassinat de la Démocratie malienne !

Honte  à eux qui aujourd'hui sont traqués, privés de leurs libertés, étouffés avec  le Peuple Malien  tout comme en 1990, 1991, victimes des exactions de leurs anciens complices qui leur ont arraché et détruit  l'instrument commun le M5RFP ainsi que tous les fruits de leur forfaiture commune !

<strong>Malick Touré </strong>

<strong>Août 2024</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Célébration de la journée panafricaine des femmes : Zoom sur Aoua Kéita, la première femme députée du Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/celebration-de-la-journee-panafricaine-des-femmes-zoom-sur-aoua-keita-la-premiere-femme-deputee-du-mali-3072702.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 05 Aug 2024 08:07:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Eternelle militante pour les droits des femmes africaines, Aoua Kéita, est une pionnière du   féminisme africain dont il est bien de se rappeler et perpétuer son parcours dans la mémoire collective.</em></strong>

Née en 1912 à Bamako au Mali. C’est contre l’avis de sa mère que son père décide de l’inscrire à l’école. Elle est admise au sein de la première école pour filles de la ville en 1923. Elle poursuit ses études pour devenir en 1931 l’une des premières femmes d’Afrique noire à obtenir le diplôme de sage-femme. En tant que sage-femme, Aoua commença à revendiquer auprès des autorités coloniales la création de maternités. 15 ans après, elle rejoint le parti politique de l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA). Malheureusement, parce que c’est une femme, elle n’était pas autorisée à participer aux réunions mais son mari si, et ce dernier lui transmettait les informations.

En 1956, elle fonde le Mouvement intersyndical féminin, visant à développer la solidarité féminine. En 1958, elle est la seule femme élue au bureau politique de l’US-RDA. En 1959, aux élections législatives, elle est élue députée de la Fédération du Mali. C’était à Sikasso, devenant ainsi la première femme malienne à occuper ce poste. Sa victoire a fait grincer des dents et était révélatrice de la mentalité d’une bonne partie de la population. D’ailleurs elle a relaté cela en ces termes dans un de ses ouvrages : “Sors de mon village, femme audacieuse. Il faut que tu sois… effrontée pour essayer de te mesurer aux hommes en acceptant une place d’homme. C’est la faute… des dirigeants du RDA qui bafouent les hommes de notre pays en faisant de toi leur égale. » (Kéita, 1975 : 13). Eternelle militante pour les droits des femmes africaines, elle réussit à être la seule femme qui contribua à la rédaction et à la promulgation, en 1962, d’un Code du Mariage et de la Tutelle du Mali, qui accordait de nouveaux droits aux femmes.

<strong>Pionnière de la création de l’Organisation panafricaine des Femmes</strong>

Dans sa lancée, le 31 juillet 1962, elle se réunit avec des femmes de l’ensemble du continent africain à Dar Es Salam en Tanzanie pour créer la toute première organisation dédiée aux femmes africaines : l’Organisation Panafricaine des Femmes. Leur but était malgré les différences, d’unir leurs forces et de travailler ensemble pour l’amélioration significative des conditions de vie des africaines. La JIFA sera promulguée par les Nations unies en 1962 avant d’être officiellement consacrée le 31 juillet 1974, lors du premier Congrès de l’Organisation panafricaine des femmes qui s’est tenu au Sénégal. Un moment historique !

En 1975, Aoua publie “Femme d’Afrique’’. La vie d’Aoua Keïta racontée par elle-même – son autobiographie. L’ouvrage est récompensé par le grand prix littéraire d’Afrique noire un an plus tard. C’est un récit exceptionnel sur l’engagement professionnel et politique de cette sage-femme à l’époque coloniale. Aoua Kéita accordera dans son œuvre une place privilégiée à son action militante, aux aspects politiques par rapport aux aspects personnels. Celle qui a été une femme combattante, fortement engagée avec les mouvements politiques et les droits des femmes, a dénoncé la corruption et le colonialisme. Elle s’est éteinte en 1980, à l’âge de 67 ans.

Aoua Kéita est aujourd’hui reconnue comme l’une des pionnières du féminisme africain et est devenue un grand exemple pour toutes les femmes. Elle a montré que d’autres voies étaient désormais possibles pour les femmes africaines. Aoua Kéita a été et sera toujours un grand symbole du féminisme africain. Nous nous devons de perpétuer son histoire et de suivre ses pas.

<strong>Aïssata Tindé (stagiaire)</strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Candidature d’Assimi Goïta à la présidentielle : Un retour en arrière</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/candidature-dassimi-goita-a-la-presidentielle-un-retour-en-arriere-3071158.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 23 Jul 2024 07:57:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>La candidature du colonel Assimi Goïta à l’élection présidentielle ne souffre plus d’aucune ambiguïté après des visites officielles dans certaines capitales régionales, la tenue des Assises nationales de la refondation (ANR), l’organisation du Dialogue Inter-Maliens (DIM) pour la paix et la réconciliation, une Fondation pour faire de l’humanitaire. Voilà que tout semble fin prêt pour mouiller le maillot.</strong>

Tous ceux-là, sous l’égide d’une Fondation, on peut présager sans risque de se tromper que le président de la transition sera candidat à l’élection présidentielle à venir. En politique, le Mali est un pays atypique qui renvoie à l’histoire politique du pays, mais aussi aux ambitions des chefs de partis, qui restent pour le moment en stand-by sur leur starting-block en attendant leur heure, et de préférence dans le sens du vent, c’est-à-dire dans le dos du président de la République, Assimi Goïta (CNT) Ne cherchez pas un opposant à la transition. Il n’y en a pas. Où plutôt si. Certains leaders emprisonnés, d’autres en exil. L’audience de ces prisonniers n’a pas beaucoup de risque pour troubler le sommeil du candidat. Retour en arrière.

Le 22 septembre 1960, on proclame à Bamako, l’indépendance de la République soudanaise qui prend le nom du Mali. Modibo Keïta est nommé président de la République. En septembre de cette même année, un congrès extraordinaire du parti au pouvoir, l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA) opte pour un État socialiste.

Le régime n’est pas tendre et les crises politiques successives ponctuées de la mort de plusieurs opposants, aboutissent en 1968 à un coup d’État militaire orchestré par le lieutenant Moussa Traoré. Nouvelle Constitution, nouveau parti unique, l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), Moussa Traoré s’installe durablement au pouvoir.

Modibo Keïta meurt en détention le 16 mai 1979. L’année suivante, première alerte avec des manifestations étudiantes. Réélu président en 1985, Moussa Traoré freine des deux (02) pieds quand pointe à l’horizon la question du multipartisme dans les années 90, alors qu’il a en plus déjà à faire avec la rébellion touarègue.

Le Bénin tout proche, dirigé comme le Mali par un militaire, Mathieu Kérékou, adopte à la fin de l’année 1990 une nouvelle Constitution garantissant le multipartisme. La première Conférence nationale à se tenir en Afrique, qui a débouché sur cette ouverture au Bénin, ne pouvait laisser des pays comme le Mali en marge du mouvement.

Ainsi, le 25 octobre 1990, au Mali, cette fois-ci, se créé une Association dénommée Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA). En fait, l’ADEMA n’était rien d’autre que la vitrine légale de plusieurs partis politiques clandestins puisqu’interdits, qui avaient créé dès 1986, un front unitaire dénommé Front national démocratique et Populaire (FNDP).

Si Moussa Traoré arrive à conclure un accord de paix avec la rébellion touarègue qui s’était manifestée dès les années 63 et 64, il doit faire face, entre janvier et mars 1991, à une agitation politique sans précédent. Le fer de lance de cette contestation, c’est le monde universitaire et étudiant.

Le 26 mars 1991, le régime est renversé par un coup d’État militaire, les forces armées s’étant constituées en Conseil de réconciliation nationale (CRN), un CRN dirigé par un lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré. Les évènements vont vite, Amadou Toumani Touré prend la tête du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) et le multipartisme est autorisé le 6 avril 1991. Un an plus tard, en janvier 1992, une nouvelle Constitution qui officialise le multipartisme et un système présidentiel est adopté par référendum. Entre temps, le 25 mai 1991, l’Adema s’est transformée en parti politique dénommé Adema-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ).

Le régime de Moussa Traoré est donc tombé très rapidement, non sans avoir joué de la répression: plus de 100 morts en mars 1991 lorsqu’ordre fut donné à l’armée de tirer sur les manifestants. Le régime est tombé grâce à deux acteurs qui ont travaillé de concert: l’ADEMA qui a soulevé la rue, et Amadou Toumani Touré (ATT), qui a refusé la répression. C’est donc sans peine que l’Alliance pour la démocratie au Mali- Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ) remportera les premières élections législatives démocratiques en mars 1992.

Nous croyons qu’aujourd’hui, l’ancien Conseil national pour le salut du peuple (CNSP) du colonel Assimi Goïta n’a pas tiré des leçons du coup d’État d’ATT en 1991 et le coup d’État du 22 mars 2012 du capitaine Amadou Aya Sanogo. Les trois coups d’État militaires ont tous les trois un dénominateur commun: ceux qui ont fait un coup d’État, ils ont tous été renversés par un coup d’État ou ont fini en prison.

Pour conclure, une éventuelle candidature du colonel Assimi Goïta serait un retour en arrière. Une sorte de retour à la ATT qui n’augurera rien de bon pour notre pays. Amadou Toumani Touré, candidat indépendant, élu président en 2002, a opté pour un consensus qui n’a abouti qu’à un désordre. Chassé du pouvoir par une horde de militaires, il ira en exil à Dakar avant de revenir au bercail.

Le chiffre politique du Mali est un (01). Un mandat presque finissant 2020 à 2024, organiser des élections crédibles et transparentes pour toute solution utile pour notre pays.

<strong>Amy SANOGO</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le journal officiel du Mali de 1960 à 1968 :  Les actes fondateurs d’un jeune État</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-journal-officiel-du-mali-de-1960-a-1968-les-actes-fondateurs-dun-jeune-etat-3070326.html</link>
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<pubDate>Mon, 15 Jul 2024 07:48:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le Journal Officiel d’un pays reste un document d’une importante valeur. Il est une partie de la mémoire administrative de l’État. À ce titre, il constitue un matériau de première main pour les chercheurs.</strong>

Nous avons feuilleté celui du jeune État du Mali dont le Président Modibo Kéita et ses compagnons ont posé les bases en 1960. Ce survol nous a permis de tâter le pouls de cette œuvre dans deux domaines essentiels; l’Armée et l’école.

Il faut situer le contexte politique, celui de la cassure burlesque de la très éphémère Fédération du Mali; tentative de construction d’un destin commun entre le Mali et le Sénégal. Le 25 juillet, Modibo Kéita a nommé le Colonel Abdoulaye Soumaré, chef d’État-major de l’Armée fédéral. Cette nomination a été contestée par Senghor. Et depuis, rien n’a pu être comme avant. La Fédération éclate. Modibo Kéita, lui-même arrive à regagner Bamako dans une ambiance où le nationaliste était à cran. Le 22 Septembre, le Soudan est devenu le Mali et tout va s’accélérer. Le pays n’a que des priorités.

La défense nationale, la construction d’une armée immédiatement opérationnelle a été de cette vision. À travers les actes posés, on remarque, le rapidement le rappel à l’activité du Capitaine de réserve Mohamed Ould Issa, «<strong>vu les nécessités de services</strong>», à travers le décret N°248 du 26 septembre, soit quatre (04) jours seulement après la proclamation de l’indépendance. L’acte est consigné dans le Journal Officiel du 15 Octobre 1960. Le même jour, «<strong>l’État-major Territoriale de la République (soudanaise) a changé de dénomination et est devenu «<em>l’État-major de l’Armé du Mali</em>»</strong>».

Le 27 septembre, le Sous-Lieutenant Abdoulaye Ouologuem est nommé «<strong>aide de camp à la présidence du Gouvernement du Mali</strong>». Il sera le seul aide de camp du Président Modibo jusqu’au coup d’état du 19 Septembre. Les décrets convoqués dans cette semaine sont décisifs. Il faut juste rappeler que un mois avant, soit le 5 Août 1960, le Soudan avait concrétisé son engagement pour la création de l’Armée fédérale à travers la désignation de ses représentants qui étaient Mamadou Diarra (Représentant fédéral, Oumar Ly (Directeur de cabinet du Vice-Président), Capitaine Pinana Drabo, Capitaine Sékou Traoré et le Lieutenant de Gendarmerie Balla Koné, le 5 Août 1960. Le capitaine Sékou Traoré était l’agent de liaison avec l’État-major basé à Dakar.

C’est au nom de cet engagement que le Soudan a désigné le Médecin Africain Koniba Pléah pour participer à la mission des médecins de la Fédération du Mali au Congo, à la suite des militaires commandés par le Colonel Mademba Sy. Cette équipe était composée de Dr Amadou Sy, du Ministère de la Santé et des Affaires sociales du Sénégal, de Dr Iba Mar Diop, Ministère de l’Éducation et de la Santé du Mali.

Le Dr Amadou en était le chef, comme le témoigne le Décret N°60-201 du 3 Août 1960. L’article 3 de ce décret précise que cette équipe de civils sera astreinte à la discipline militaire, portera la tenue militaire. Le décret a aussi conféré «<strong>à titre fictif à titre fictif les grades suivants: Capitaine pour le chef de mission et Lieutenant pour les autres</strong>». (Journal du 15 Septembre 1960). C’est le début d’une aventure fabuleuse pour l’armée nationale avec de grands noms: Général de Brigade Abdoulaye Soumaré, Capitaines Pinana, SékouTraoré, Tiémoko Konaté, Lieutenants Demba et Malick Diallo, Sous-Lieutenant Boucary Sangaré. Le journal Officiel du 1<sup>er</sup> Octobre 1960 est une pièce essentielle dans la compréhension des actes qui ont préparé l’indépendance du pays.

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<strong>L’école</strong>

La République a renforcé les internats. Beaucoup de cadres de cette époque en sont nostalgiques. L’Arrêté N°296 du 3 avril 1961 apparait comme la marque d’attention de l’État envers ses futurs cadres. Cet arrêté paru dans le Journal Officiel du 15 Avril 1961 traite de la question du «<strong>menu type applicable aux internats scolaires de la République du Mali</strong>». On y lit trois (03) points essentiels à savoir le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner.

Le petit déjeuner devait être constitué de bouillie de riz sucrée, café, nescafé ou cacao, pain. Le déjeuner et le dîner comprenait des entrées et des sorties. Le «<strong><em>hors d’œuvre</em>» était composé: «salade de crudités diverses suivant les saisons, macédoine de légume en salade, pomme de terre en salade, haricots ou lentilles en salade, patates douces en salade, sardines, thon</strong>». Le plat de résistance était composé de légumes, riz, ignames, patates, maniocs, pommes de terre, légumes secs, couscous de mil ou de fonio, mais. En plus, de la viande (bœuf ou mouton, poisson ou poulet). Enfin le dessert qui était composé de «<strong>Fruits du pays suivant les saisons, beignets locaux au sucre, nougat local aux arachides</strong>».

La quiétude était à ce prix. La qualité de l’enseignement aussi. Mais malgré tout, les grèves étaient fréquentes pour dénoncer la qualité des plats servis !

L’État était aussi très regardant dans l’attribution des bourses et le suivi des étudiants à l’étranger. Les bourses étaient la récompense du mérite: des sans bourses, des bouses entières d’internat, des bourses entières d’externat et d’autres catégories pour l’extérieur. Ces bourses étaient renforcées, dans certains cas, par les appuis issus de la coopération internationale, appuis qui ont fait que le Mali a pu envoyer des étudiants dans plusieurs pays. Certains, au retour, ont eu une carrière internationale exceptionnelle.

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<strong>Alioune Blondin Bèye, Inspecteur de police</strong>

Il est mort brutalement dans un accident d’avion en Côte d’Ivoire, le 26 juin 1998 alors qu’il était le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Angola. Avocat, enseignant, plusieurs fois ministres, peu de maliens savent qu’au départ de sa carrière professionnelle, il était Inspecteur de police. Le journal Officiel du 15 juillet 1962 parle de lui, à travers un congé de formation dont il a bénéficié, le 29 juin 1962. On y lit exactement ceci: «<strong>M. Bèye Alioune Blondin, assimilé à un Officier de Police Adjoint, en service au commissariat du premier Arrondissement de Bamako, est, sur sa demande, mis en congé sans solde pour la durée de ses études à poursuivre en France…».</strong>

Dans le même journal on découvre d’autres décisions le concernant, notamment la Décision du 26 juin 1962, pour le renouvèlement d’une bourse de catégorie D dont il bénéficiait en tant que «<strong>bachelier précédemment inscrit au lycée de Semur-en-Auxois pour la reprise de ses études dans l’enseignement supérieur</strong>». Un an plutôt, il avait bénéficié d’une bourse dans le même lycée avec la mention suivante: «<strong>mener des études de médecine</strong>» (Décision du 6 novembre 1961). Curieux destin ! Il y a eu plusieurs Blondin, symboles de la marque d’une administration qui a misé sur la formation des jeunes. On retrouve les traces de Yambo Ouologuem, au Lycée Edouard Henri, à Lyon, Massa Makan Diabaté, Sciences Po, Strasbourg; Ouattara Tiégoué, Faculté de Droit de Paris; Sayon Fofana, Montpelier; Mahamar Oumar, Lycée Fermat, Toulouse; Rokiatou Ndiaye, Strasbourg; Djibril Diallo, Faculté des Sciences, Orssay, Paris, Birama Diakité, Fernand Traoré, N’Golo Traoré, tous en Véto à Alfort (Journal Officiel du 15 Août 1962).

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<strong>Les musiciens et les plasticiens</strong>

L’État a pris conscience de la formation des musiciens pour sortir du tintamarre et de l’improvisation. En 1962, il a envoyé des jeunes dans les plus prestigieuses institutions reconnues dans le domaine, notamment en France. Il en est ainsi de Taraoré Moussa, alias Tarass, au Conservatoire de Musique de Dijon, Cheick Samaké, dans le même conservatoire, pour apprendre comment enseigner la discipline, Mamadou Diallo au Conservatoire Toulouse. Une année après, sont partis à Cuba une dizaine de jeunes maliens. La Décision du 3 Octobre 1964 qui leur alloue des subsides en témoigne dans le Journal Officiel du 1<sup>er</sup> Mars 1965. DramaniCoulibali, Aliou Traoré, Salif Traoré, Moustapha Sacko, Tiécoura Ouattara, Abdoulaye Diarra, Issa Boncana, Mamadou Tolo, Kalilou Traoré, Bah Tapo y ont appris la musique. Ils y ont formé l’un des groupes les plus prestigieux, «<strong>Las Maravillas</strong>». Moussa Dembélé, et Boubacar Kéita sont aux Beaux-arts en Italie.

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<strong>Les plans de carrière</strong>

Ici apparait l’humilité des dirigeants. Le Président Modibo KEITA était un instituteur. Il aurait pu se faire nommer professeur ou tout autre cadre dans une catégorie très élevée. À la lecture, on s’aperçoit que jusqu’en 1961, il n’était pas au plafond de sa catégorie. L’arrêté du 24 Février 1961 a traité de l’avancement des instituteurs principaux, instituteurs adjoints. On y lit que Marcel Dembélé a été le seul à avoir été proposé pour être Instituteur principal. Il était suivi de Réné Chevreux. Pour les instituteurs ordinaires, on retrouvait pour l’accession à la première classe Modibo Kéita en compagnie de Makan Traoré, N’Faly Sissoko, Diakalidia Coulibaly, Amadou Babacar Sène, Bilaly Sissoko et Lassana Sacko.

Pour la deuxième classe, on retrouvait Hadi Kontao, Jeanette Haïdara, épouse de Attaher Maïga, Boubacar Bathily, Bouragué Sangaré, Charles Jondot.

Mahamane Alassane HAÏDARA, le président de l’Assemblée nationale n’accédait à la troisième classe que par avancement normal, «<strong>par ancienneté</strong>». L’épouse du Président Modibo Kéita, Mariam Trawélé, monitrice ordinaire de 2<sup>ème</sup> classe a été proposée pour accéder à la première classe de sa catégorie, cette année-là. (Journal du 15 avril 1961).

Modibo Kéita n’a accédé à la catégorie «<strong>hors classe</strong>» qu’en 1965 (journal du 1<sup>er</sup> avril 1965). C’est vrai que la progression dans le corps des enseignants n’était pas chose facile. Des instituer teigneux et brillants ont gravi la montagne. Certains en passant le baccalauréat et reclasser dans la hiérarchie des instituteurs. Tel fut le cas d’Amadou Seydou Traoré dit Djicoroni. Amadou Seydou avait été révoqué de la fonction publique, du fait de ses activités politiques et syndicales. Il a été rappelé l’activité, le 26 Aout 1960, après avoir réussi au bac. À la même date, d’autres jeunes instituteurs diplômés de l’École Normale William Ponty de Sébikotane ont débarqué avec leur bac. Ce sont Danséni Bayo, Sinko Coulibaly, Sidiki Diarra, Zégué Ouattara, Yaya Goïta et Sagaidou Fily Maiga. (Journal officiel du 15 septembre 1960). Sinko, Sidiki, et autres Alphonse Oya Démbélé, Soumana Mamadou Maïga finiront par accéder à l’École Normale Supérieure de Bamako.

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<strong>Les examens scolaires</strong>

Le journal Officiel donne des informations sur les examens scolaires. En 1962,( journal Officiel du 5 Août 1962) la session du Brevet Élémentaire du Premier Cycle (BEPC) a eu comme lauréats plusieurs futurs gestionnaires de l’État tels que feu Abdallah Mahamane, Bandiougou Gakou, Feu Mamadou Kaba, Ibrahima Kéita, alias IBK, Nyombi Mory Kéita, Danioko Mâ Nassa, Nakounté Diakité, Toumani Diallo, Agounon Djimdé (aujourd’hui retraité à Koro), Mohamed Lamine Traoré, Aminata Maiga, Youssouf Sylla ( Zapata), Lalla Sy, Eglez Ag Foni, Ibrahim Ag Youssouf, Mamadou Togo (actuel président de Ginna Dogon), Oumar Konaré,( futur Alpha Oumar Konaré).

La génération de 1966 du Diplôme d’Études Fondamentales (DEF) est instructive. On y retrouve Amadou Toumani Touré, orienté en section Histoire-Géographie de l’École Normale Secondaire.

La même année voit Diola Bagayoko, le futur physicien émérite, faire son entrée au Lycée en série Sciences exactes. Jacqueline Nana (ministre et Député) est orientée en Lettres Classiques, la même année. C’est le même circuit pour Cheibane Coulibaly (Kati Ville I), Nabet dit Vincent Coulibaly (Séminariste LPK), Soumana Doumbia (Mamadou Konaté B), Oumar Kanouté (Poudrière A), Souleymane Yacouba Sidibé (Bagadadji II), Samba Soumaré (Nara)… (Journal Officiel du 15 Septembre 1966).

La dernière génération qui a retenu notre attention était à la première partie du bac en 1968, l’année du coup d’État. Diarougou Sangho, Many Camara, Soumana Sacko, Yaya Ouattara, Daba Diawara, Moussa Konaté. Cette promotion a eu des destins croisés. Diarougou est devenu journaliste talentueux; Many Camara est devenu brillant sociologue, après de études de philosophie à l’École Normale Supérieure. Daba Diawara a laissé un nom et une réputation à l’université de Dakar avant d’entamer une réjouissante carrière administrative. Yaya Ouattara a suivi son cursus à l’École Normale Supérieure avant d’embrasser une carrière de gendarme après son passage à l’École Militaire Inter Armes. Soumana Sako, après les lettres classiques a suivi un cursus éloquent à l’École Nationale d’Administration. Il s’est envolé pour les USA. Il sera le Premier ministre de l’après-Moussa Traoré.

Revenir sur les premières années de l’indépendance du Mali, équivaut à faire une revue émouvante de l’effort consenti par un pays conscient de ses capacités internes. Le Journal Officiel de la période a été réalisé dans des conditions techniques difficiles; mais il a eu le mérite d’exister et de nous permettre de voir les plis du temps.

D’emblée, en même émerge la probité et la dimension éthique des responsables de cette période. Apparaissent en filigrane les destins de plusieurs cadres de ce pays, dans leurs succès et leurs échecs. Certains cadres ont été «<strong>exclus</strong>» des établissements qu’ils fréquentaient pour «<strong>indiscipline notoire</strong>». Des dames ont été exclues du Lycée de Jeunes Filles, non par pour insuffisance de résultats, mais parce qu’elles se sont mariées. Il était bien entendu qu’il s’agissait d’un lycée pour jeunes filles et non pour jeunes femmes. Nous avons parlé du cas d’Abdoulaye Ouologuem, le seul et unique aide de camp du président Modibo. Promu à la sécurité du Président Modibo, en 1960, il «<strong>n’était</strong>» que Capitaine huit (08) ans après, le jour du coup d’État.

<strong>Pr Ibrahim MAÏGA</strong>

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<title>Du 19 novembre 1968 à l’ère démocratique :  Des incompétents triomphants gouvernent le Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/du-19-novembre-1968-a-lere-democratique-des-incompetents-triomphants-gouvernent-le-mali-3068621.html</link>
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<pubDate>Mon, 01 Jul 2024 09:04:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>À l'exception de la première République, qui a choisi l’option socialisme pour diriger le Mali, les régimes d’exception, du parti unique, la démocratie, les transitions militaro-civiles ont navigué entre une gestion affairiste et une corruption généralisée pour servir leurs propres intérêts. Ce système de prévarication aux antipodes d’une gouvernance vertueuse a érodé les fondements de l’État, plongeant notre pays dans l’antiquité. Pourtant, le Mali ne manque pas de ressources humaines qualifiées pour redorer son blason. Comment y parvenir ?</strong>

Si les slogans, de quelle que nature qu’ils soient, pouvaient bâtir une nation forte et émergente, le Mali en serait une des plus enviées au Mali. La preuve. Depuis la rectification dite de la transition en 2021, des slogans politiques remplacent des réponses adéquates aux préoccupations des Maliens. Ils sont assénés de sorte que certains de nos compatriotes croient dur comme fer à des lendemains sans anicroche. Et plusieurs d’entre eux les considèrent comme un vrai projet de société pour sortir notre pays de la situation déshonorante dont il vit depuis 2012.

Le gouvernement, mis en place, à cet effet, pour conduire cette politique de rectification, abreuve les Maliens de slogans creux. On leur parle de «<strong>Mali Koura</strong>», «<strong>Souveraineté retrouvée</strong>», «<strong>Refondation de l’État</strong>». Des slogans assortis d’aucune vision pour que le Mali retrouve son rayonnement international d’antan. Finalité. Ils ne servent que les intérêts de leurs concepteurs politiques qui profitent de cette confusion délibérément entretenue pour préserver leurs avantages financiers et renforcer leur position dans l’appareil d’État. Et la vérité a fini par rattraper le mensonge. Les slogans ne se vendent plus. Ils ne mobilisent plus. Ils ne rêvent plus. Laissant les initiateurs sur le quai du regret.

L’irruption brutale des militaires sur la scène politique, à la suite du coup d’État du 19 novembre 1968 contre le président Modibo Keïta, a porté un coup dur à la marche progressiste entamée par la première République, dont l’ambition était de faire du Mali, un pays émergent dans le concert des nations. Depuis cet évènement douloureux, notre pays marche sur des crêtes. Les acquis obtenus, grâce aux efforts de tous les Maliens sous l’ère socialiste, ont été dilapidés par les successeurs du président Keïta comme si des ennemis de notre pays s’étaient installés au pouvoir. Dans cette entreprise diabolique contre notre pays, rien n’a été épargné. Elle commence par la destruction des ressources humaines sans lesquelles aucun développement durable n’est possible. Les cadres capables de relever les défis de la croissance économique ont été embastillés, torturés, assassinés et pour d’autres contraints de quitter le pays ou mis de côté. La conscience citoyenne formée sous la première République s’effrite comme du beurre au soleil. Le Malien est devenu méconnaissable face au bien public. Bonjour les dégâts ! La corruption généralisée, l’affairisme, les détournements de deniers publics s’installent à tous les étages de l’administration malienne. Ensuite, ils ont mis le grappin sur le tissu économico- industriel. Les fleurons de l’économie malienne ont été mis à genou (Régie des Chemins de fer du Mali, SOMIEX, COMATEX, Usine Thé Farako, SOMAPIL, etc.).

Ce système de prévarication donne naissance à des fonctionnaires milliardaires, des propriétaires terriens sortis de nulle part, à la construction des cités pour les barons des régimes, à des actionnaires dans les sociétés et entreprises d’État qu’ils ont privatisées pour servir leurs propres intérêts, à la création des écoles, universités privées et des sociétés-écrans. Il a été entretenu par des incompétents triomphants qui se sont plutôt servis des richesses nationales au détriment du peuple malien. Jamais, ils n’ont mis leur bagage intellectuel au service de la nation malienne, mais pour leurs propres intérêts personnels.

Depuis le coup d’État du 19 novembre 1968 à l’ère démocratique, en passant par le parti unique et les transitions militaro- civiles, politiquement, le Mali a été gouverné par des incompétents triomphants. Si les uns ont triomphé par les armes pour imposer leur volonté au peuple, les autres ont aussi triomphé à la suite d’élections bâclées, truquées, contestées et non transparentes. La gouvernance de ces régimes laisse à désirer. Elle est jalonnée de scandales politico- financiers derrière lesquels se cachent ceux qui sont au pouvoir. Et cela, malgré les avantages et privilèges qu’ils se sont indument accordés (caisses noires, budget de souveraineté, fonds spéciaux, budget de fonctionnement…). L’impunité aidant, l’argent du contribuable tombe dans les paradis fiscaux ou dans des caveaux construits dans les champs. Un manque à gagner pour l’économie malienne. Ils n’en ont cure. Ce placement à l’extérieur leur procure des bénéfices.

Contrairement à la première, qui a choisi une orientation politique, à savoir le socialisme pour jeter les jalons du développement de notre pays, les régimes d’exception (1968- 1978), du parti unique (1978- 1991), la démocratie (1991- 2020), les transitions militaro-civiles (1991, 2012, 2020- 2024) n’avaient aucune vision politique pour continuer le travail entamé à l’indépendance. Ils ont profité des ruptures institutionnelles pour naviguer dans la gestion de l’État entre une gestion affairiste et une corruption généralisée pour servir leurs propres intérêts. Ce système de prévarication aux antipodes d’une gouvernance vertueuse a érodé les fondements de l’État, plongeant notre pays dans l’antiquité. Ici, il est loin de remettre en cause leur formation initiale, mais politiquement, ils étaient mal formés et idéologiquement mal préparés pour gouverner à hauteur de souhait le Mali.

Pourtant, notre pays ne manque pas de ressources humaines qualifiées pour relever le défi du développement durable. À condition qu’on leur fasse appel et utilisées judicieusement pour répondre aux attentes des Maliens. Et la transition militaro-civile en cours est appelée à changer de fusil d’épaule en abandonnant le recours à des incompétents qui triomphent sur l’argent public et dont la gestion durant quatre (04) ans n’ouvre aucune perspective à notre pays.

<strong>Yoro SOW</strong>

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<title>33è  anniversaire de la Journée des martyrs : Le ministère de la Culture respecte la tradition</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/33e-anniversaire-de-la-journee-des-martyrs-le-ministere-de-la-culture-respecte-la-tradition-3059880.html</link>
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<pubDate>Tue, 09 Apr 2024 01:37:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Dans le cadre de la commémoration de la Journée des martyrs le 26 mars dernier, la Pyramide du souvenir a abrité un colloque sur la thématique : «Le renouveau au Mali : état des lieux et perspectives» sous la présidence du ministre Andogoly Guindo.

Le colloque avait pour but de présenter des travaux du comité scientifique sur les événements du 26 mars 1991, de faire l’état des lieux des réformes engagées et de proposer des pistes de solutions. Le ministre a, à l’entame de son discours, fait observer une minute de silence en la mémoire des personnes disparues au cours des événements de mars 91. Il a fallu que des hommes et femmes se sacrifient pour que s’ouvre l’ère démocratique au Mali.

Pour lui, c’est une date sombre dans l’histoire du Mali. «26 mars 1991-26 mars 2024, il y a 33 ans que le peuple malien écrivait son entrée dans l’ère démocratique par le sang de plusieurs de ses filles et fils…Une date capitale avec hélas, son souvenir de tristesses, sa part de sang et de larmes». A l’en croire, toutes les grandes nations ont traversé des moments difficiles.

La commémoration de la Journée du 26 mars 2024, poursuit le ministre Guindo, est un moment de recueillement, de reconnaissance et de souvenir, afin de pérenniser la mémoire de ces héros qui se sont donné corps et âme pour la naissance de la démocratie.

Le thème de cette édition : «Le renouveau au Mali : état des lieux et perspectives», cadre parfaitement avec la dynamique de la refondation du Mali lancée par les plus hautes autorités de la transition, a fait savoir le ministre. Ainsi ont été exposés par les panélistes et débattus avec intérêt par les participants plusieurs sous thèmes tels que la reconquête de la souveraineté nationale, le renouveau médiatique, le renouveau de la justice, le nouveau découpage territorial etc.

<strong>Broulaye Koné, Stagiaire</strong>]]> </content:encoded>
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<title>26 mars 2024 :    La pyramide du souvenir rend hommage aux martyrs</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-2024-la-pyramide-du-souvenir-rend-hommage-aux-martyrs-3059440.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 04 Apr 2024 01:21:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Sous la présidence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, la direction du Pyramidé du Souvenir a organisé un colloque pour honorer la mémoire des martyrs du 26 mars 1991.</strong>

<strong> </strong>«<em>Le renouveau au Mali : état des lieux et perspectives</em>» ! Telle était la thématique retenue pour un colloque organisé par la direction de la Pyramide du Souvenir en hommage aux martyrs du mars 1991. L’événement a été présidé par le ministre de l’Artisanat, de la Culture et de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Andogoly Guindo. Cette initiative vise à montrer que le pays se souviendra toujours de ceux qui ont consenti le sacrifice suprême pour l’avènement de la démocratie.

À l’entame de ses propos, le ministre Andogoly Guindo a insisté sur l’importance de la commémoration de cette journée qui est d’une très grande importance pour la nation malienne. «<em>Les grandes nations sont celles-là qui assument leur histoire, dans la gloire comme dans les moments difficiles. Et, par là même, arrivent à en tourner les pages, même les plus sombres, sans rien occulter</em>». Et de rappeler, «<em>il y a 33 ans que le peuple malien écrivait son entrée dans l'ère démocratique par le sang de plusieurs de ses filles et fils. Trente trois ans après, les Maliens se souviennent de ce sacrifice ultime des martyrs de la démocratie</em>». C'est pour les immortaliser dans la «<em>Mémoire colle</em>ctive» du peuple malien qu'a été instituée la «<em>Journée des martyrs</em>».

Selon le ministre Andogoly Guindo, le choix du thème de cette année traduit la vision du président de la Transition et du gouvernement malien engagés dans «<em>un vaste chantier de refondation nationale</em>». Et de poursuivre, «<em>le 24 mai 2021, l'Armée a décidé de prendre ses responsabilités pour éviter le chaos à notre nation. D'où la rectification de la Transition qui constitue une nouvelle dynamique orientée vers la résolution des grands problèmes réels du pays. Depuis l'ouverture de ce chantier, le 24 mai 2021, notre pays suit avec constance sa marche vers la refondation et le renouveau de son architecture politique et institutionnelle…</em>».

Les bases de ce renouveau ont été posées par les Assises nationales de la refondation (ANR) tenues du 11 au 30 décembre 2021. C’est ainsi que des réformes politiques et institutionnelles sont en cours pour refonder le pays. «<em>Les ANR nous ont offert une occasion exceptionnelle pour nous interroger sur le type de citoyens que nous voulons être, les valeurs sociétales endogènes que nous voulons accroître et promouvoir, le type de Mali-Kura que nous voulons bâtir, le type de leaders dont nous avons besoin pour construire et conduire le Mali… Le concept de Mali-Kura a ainsi été adopté par l'ensemble du peuple malien</em>», a indiqué le ministre de l’Artisanat, de la Culture et de l’Industrie hôtelière et du Tourisme.

«<em>Les défis qui assaillent notre pays nous interpellent tous sans exception. Faisons donc en sorte que le Mali soit fier de nous tous à l'heure du bilan de l'histoire… Sans anticiper sur les échanges fructueux qui auront lieu au cours de ce colloque, je puis, en me référant à la grande expertise des panélistes, affirmer, que les objectifs du présent colloque seront atteints</em>», a conclu le ministre Andogoly Guindo à la cérémonie d’ouverture.

La reconquête de la souveraineté nationale ; la régionalisation, une innovation ou une évidence dans la décentralisation malienne ? ; la dynamique démographique et processus de régionalisation au Mali ; la préservation du multilinguisme, gage du renouveau culturel et de la refondation au Mali ; le renouveau médiatique et le renouveau de la justice ont été, entre autres, les sous-thèmes développés par les panélistes réunis au sein d’un Comité scientifique présidé par Pr. Famaghan Oulé Konaté.

<strong>Sory Diakité</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
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<title>Sahel colonial, histoires de contact, histoires de conquêtes</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/sahel-colonial-histoires-de-contact-histoires-de-conquetes-3059300.html</link>
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<pubDate>Wed, 03 Apr 2024 08:43:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Les Français s’implantent militairement au Sahel dans les années 1890 et étendent ainsi leur présence coloniale en Afrique de l'Ouest. De quelle manière les Français nouent-ils des relations avec les élites locales pour asseoir leur domination coloniale ?</strong>
<div class="ExpressionSummary">
<div class="Expression-guests svelte-m1s953" data-testid="Expression-guests">
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-m1s953">Avec</div>
<ul class="svelte-m1s953">
 	<li class="qg-tx2 qg-xtra-lh svelte-m1s953"><a class="underline-hover svelte-pxd8ge" href="https://www.radiofrance.fr/personnes/camille-lefebvre" data-testid="link"><span class="qg-st4">Camille Lefebvre</span></a> Historienne, directrice de recherche au CNRS et directrice d'étude à l'EHESS, spécialiste de l’histoire de l'Afrique saharo-sahélienne aux XIXe et XXe siècles</li>
 	<li class="qg-tx2 qg-xtra-lh svelte-m1s953"><span class="qg-st4">Benoit Beucher</span> Historien, maître de conférences en histoire contemporaine de l’Afrique de l'Ouest et Centrale à l’Université Paris Cité, chercheur au CESSMA</li>
 	<li class="qg-tx2 qg-xtra-lh svelte-m1s953"><span class="qg-st4">Daouda Gary-Tounkara</span> Historien, chargé de recherche CNRS à l'Institut des Mondes Africains, spécialiste des relations entre migrants et État au sein de l’AOF puis de la CEDEAO</li>
</ul>
</div>
</div>
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<div class="">
<p class="PopSlotParagraph qg-tx2 qg-xtra-lh svelte-1xznlfb">Empires, royaumes, chefs tribaux, comment s’organisait le Sahel avant l’arrivée des colonisateurs ? Comment étaient découpés ces territoires, et d’ailleurs l’étaient-ils ? Lors de la conférence de Berlin en 1885, les Européens se partagent l’Afrique : <em>"Ils ont partagé Africa sans nous consulter, sans nous aviser"</em>, chante Tiken Jah Fakoly, que plus rien n’étonne…</p>

<h2 class="qg-st2 ">Des expéditions militaires au Sahel</h2>
<p class="PopSlotParagraph qg-tx2 qg-xtra-lh svelte-1xznlfb">À la fin des années 1890, l'État-major français cherche à faire la jonction entre ses possessions coloniales d’Algérie et d’Afrique de l’Ouest. Des expéditions militaires sont envoyées au Sahel pour intégrer ces territoires à l’Afrique Occidentale Française (AOF), la fédération des colonies françaises dans la région. Selon l'historien Daouda Gary-Tounkara, les Français parviennent à jouer des conflits internes : <em>"Quand les Français arrivent, la logique ancienne est de s'en faire des alliés dans le cadre de rivalités politiques régionales."</em></p>

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<div class="PopSlot-label svelte-1nn8uhn">
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<div class="">
<p class="PopSlotParagraph qg-tx2 qg-xtra-lh svelte-1xznlfb">Les Français s’imposent au sein de sociétés très différentes. Pour l'historien Benoit Beucher, il est très important de les <em>"concevoir comme des espaces dynamiques sur le plan historique. Ce n'est pas une histoire stationnaire, ces sociétés ne sont pas engluées dans la tradition."</em> Le Niger est un territoire de rivalités entre différents sultanats, où l’islam est prépondérant. La Haute-Volta, actuel Burkina Faso, est dominée par l’ethnie mossie, qui se structure suivant une hiérarchie féodale avec à sa tête différentes royautés régionales, dont la plus puissante est celle de Ouagadougou. Enfin, Sikasso, au sud de l'actuel Mali, est la capitale d’un vaste royaume très centralisé, le Kénédougou.</p>

<h2 class="qg-st2 ">Un pouvoir qui se délègue</h2>
<p class="PopSlotParagraph qg-tx2 qg-xtra-lh svelte-1xznlfb">Les administrateurs coloniaux français, en sous-effectif, s'appuient sur les élites locales pour gouverner le territoire conquis. L'historienne Camille Lefebvre rappelle que <em>"tout l'enjeu de la colonisation, c'est qu'un très petit nombre d'hommes essayent de gérer des territoires immenses et des populations bien plus nombreuses qu'eux."</em> Les rois mossis ou les anciens vassaux du roi du Kénédougou sont ainsi des intermédiaires essentiels pour lever l’impôt ou mobiliser les populations. Ils jouent un rôle important lors de la Première Guerre mondiale par la levée de troupes, envoyées combattre dans la métropole, et la défense des intérêts de l’AOF devenue vulnérable aux insurrections anticoloniales.</p>
<p class="PopSlotParagraph qg-tx2 qg-xtra-lh svelte-1xznlfb">En contrepartie de leurs services, les élites locales obtiennent pour leur territoire le statut officiel de colonie, ce qui leur assure davantage de reconnaissance auprès de l’administration française, ainsi que le développement d'infrastructures routières et ferroviaires qui connectent les espaces sahéliens au reste de l’AOF. Un apport que Camille Lefebvre nuance fortement : <em>"Quand les Français partent du Niger, ils ont construit 60 kilomètres de routes goudronnées pour l'ensemble du territoire qui fait deux fois la France."</em></p>
<p class="PopSlotParagraph qg-tx2 qg-xtra-lh svelte-1xznlfb">Plus complexes qu’une opposition binaire entre collaboration et résistance, les sociétés coloniales en Afrique de l’Ouest sont des constructions collectives, où les figures tierces, qui jouent le rôle d’intermédiaires auprès des colons, sont des acteurs essentiels.</p>

<h2 class="qg-st2 ">Pour en savoir plus</h2>
<p class="PopSlotParagraph qg-tx2 qg-xtra-lh svelte-1xznlfb"><strong>Benoit Beucher</strong> est maître de conférences en histoire contemporaine de l'Afrique de l’Ouest et Centrale à l’Université Paris Cité et chercheur au Centre d’études en sciences sociales des mondes africains (CESSMA). Il est spécialiste de l’histoire de la colonisation française au Burkina Faso.
Il a notamment publié :</p>

<ul>
 	<li><em>Manger le pouvoir au Burkina Faso. La noblesse mossi à l’épreuve de l’histoire</em>, Karthala, 2017</li>
</ul>
<p class="PopSlotParagraph qg-tx2 qg-xtra-lh svelte-1xznlfb"><strong>Daouda Gary-Tounkara</strong> est historien, chargé de recherche CNRS à l'Institut des Mondes Africains. Il est spécialiste des relations entre migrants et État au sein de l’AOF puis de la CEDEAO.
Il a notamment publié :</p>

<ul>
 	<li><em>L’Afrique des savoirs au sud du Sahara (XVI-XXIe siècle) : acteurs, supports, pratiques</em>, coécrit avec Didier Nativel, Karthala, 2012</li>
 	<li><em>Migrants soudanais/maliens et conscience ivoirienne. Les étrangers en Côte d’Ivoire (1903-1980),</em> L’Harmattan, 2008</li>
</ul>
<p class="PopSlotParagraph qg-tx2 qg-xtra-lh svelte-1xznlfb"><strong>Camille Lefebvre</strong> est historienne, directrice de recherche au CNRS et directrice d'étude à l'EHESS. Elle est spécialiste de l’histoire de l'Afrique saharo-sahélienne aux XIXe et XXe siècles, particulièrement au Niger.
Elle a notamment publié :</p>

<ul>
 	<li><em>À l’ombre de l’histoire des autres</em>, Éditions de l'EHESS, 2022</li>
 	<li><em>Des pays au crépuscule. Le moment de l’occupation coloniale (Sahara-Sahel)</em>, Fayard, 2021, réédition en poche dans la collection "Pluriel" en 2023</li>
 	<li><em>Frontières de sable, frontières de papier. Histoire de territoires et de frontières, du Jihad de Sokoto à la colonisation française du Niger, XIXe-XXe siècles</em>, Éditions de la Sorbonne, 2015</li>
</ul>
<h2 class="qg-st2 ">Références sonores</h2>
<ul>
 	<li>Chanson <em>Plus rien ne m'étonne</em> par Tiken Jah Fakoly</li>
 	<li>Archive sur l'origine du "peuple" Mossi dans l'émission <em>Terre de légende</em>, Office De Coopération Radiophonique, 23 juin 1964</li>
 	<li>Archive du discours de Léon Barety à propos du commandant Lamy dans l'émission <em>Ainsi va le monde</em>, RTF, 10 mai 1950</li>
 	<li>Lecture par Sam Baquiast du récit par le sultan de Zinder en 1898 de l'assassinat de l’officier français Cazemajou, récit bilingue kanouri et haoussa de al-Hajj Musa ibn Hisein recueilli au Caire en 1904</li>
 	<li>Lecture par Mathieu Coppalle de la pétition adressée par le roi de Ouagadougou Naaba Koom II au député Diagne afin d’obtenir la reconstitution de la colonie de Haute-Volta, 1932</li>
 	<li>Musique <em>He Layla</em> par Tinariwen, 2023</li>
 	<li>Musique du générique : <em>Gendèr</em> par Makoto San, 2020</li>
</ul>
</div>
</div>
</div>
<div class="ExpressionReferences-chronicles g-block-margin svelte-m1s953"><strong>Source: https://www.radiofrance.fr/</strong></div>
</div>
</div>
</div>
</div>
</div>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>26 mars 1991 &#45; 26 mars 2024 : Que reste&#45;t&#45;il de la révolution démocratique ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2024-que-reste-t-il-de-la-revolution-democratique-3059307.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 03 Apr 2024 02:24:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Informateur</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<h4><em>33 ans après l’avènement de la démocratie au Mali, que reste t-il des idéaux de la révolution du 26 mars 1991 ?</em></h4>
<h4>« On a stoppé le sang, mais noyé la révolution, alors que celle ci avait pour objectif de nettoyer le pays ! Les partis politiques ont accouru vers le pouvoir, les oppositions se sont multipliées mais tous, ont oublié jusqu’ à l’essence du combat du 26 mars ! Et les militaires ont récupéré ce qui reste »</h4>
Il y a trente-trois  ans, le Mali entrait dans l’ère de la démocratie après 23 ans de dictature sous le règne du Général Moussa Traoré ! Feu Amadou Toumani Touré, ancien président du Mali, est apparu, à l’époque, comme un héros de la révolution, après le coup d’état du 26 mars 1991. An té korôlè fè fô koura ! «On veut le renouveau ! » C’était le slogan en bamanan du peuple malien descendu dans la rue pour réclamer plus de liberté, de justice et de droits. Mais que sont devenus les principaux acteurs de ce 26 mars 1991, consacré journée des Martyrs !

<strong>Retour sur une date historique </strong>

Chronologiquement, le 26 mars est l’aboutissement d’un long processus historique. Comme pour les grandes victoires, il aura fallu le combat acharné de patriotes, de résistants à l’oppresseur et les soubresauts de l’histoire, pour modifier à jamais le cours de l’histoire du Mali. Après la mort de l’ex président Modibo Keita en 1977, le général Moussa Traoré prend le pouvoir et érige l’UDPM, comme parti Unique, établissant un simulacre de démocratie, et bridant les libertés individuelles.

Le régime interdit toute forme de protestation et les mouvements estudiantins comme l’UNEEM, (l’Union Nationale des élèves et étudiants maliens). S’en suit la répression de leaders trop contestataires. Parmi eux, Abdoul Karim Cabral ! Né en 1955, il fut le dernier Secrétaire Général de l’UNEEM, avant d’être torturé, puis assassiné le 17 mars 1980. Cabral était un étudiant sérieux, un homme épris de justice et d’idéaux, qui se battait pour faire instaurer de meilleures conditions d’études pour les jeunes… (Bourses, régionalisation des lycées, Accès aux universités etc…). Mais les grandes victoires s’obtiennent au prix du sang et des sacrifices. Et d’autres résistants prendront le relais, après lui. Les années 90, verront l’émergence de formations telles que l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA), le Comité National d’Initiative Démocratique (CNID) de Mountaga Tall Suivront l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) crée par Oumar Mariko et d’autres étudiants, l’Association des jeunes pour la démocratie et le progrès (AJDP). Et avec l’appui de l’Union Nationale des travailleurs du Mali, (l’UNTM), du Parti Malien pour la révolution et la démocratie (PMRD), les jeunes diplômés sans emploi, déterminés à gagner leur liberté et à jouir de leurs droits, se mobiliseront contre le régime, de même que la presse, lasse d’être bridée. De nombreux journaux publieront des articles incendiaires contre le régime militaire.
<strong>Marches et meetings, le peuple se révolte </strong>
Cette même année, après moult revendications, pour l’instauration du multipartisme, les marches, meetings et assemblées se multiplieront entre janvier et Mars, et seront réprimées dans le sang ! Des centaines de maliens verront mourir leurs fils, sœurs et camarades de lutte dans la rue. La révolution menée de front par des leaders syndicalistes, l’AEEM, mais aussi le Mouvement des Femmes, constituera un élan historique au Mali, du jamais vu depuis l’instauration de la charte du Kurukanfuga en 1235. Et C’est l’intervention du Général Amadou Toumani Touré, dans la nuit du 25 au 26 mars 1991, qui permettra de destituer Moussa Traoré et d’arrêter le bain de sang ! « C'est le vendredi 22 mars (jour des premières tueries, qui feront plus de trois cents morts, NDLR) que nous avons compris que Moussa avait atteint le point de non-retour et que nous devions intervenir (...) A partir du 22 mars, quand les gosses ont exposé leurs poitrines aux balles, suivis de leurs mères - nos sœurs, nos femmes -, on ne pouvait plus hésiter. (…) Et puis, nous avions déjà pris contact avec certaines organisations civiles, [en particulier, avec Me Demba DIALLO, président de l'Association des Droits de l'Homme, et le Secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs, Bakary KARAMBÉ, qui seront les premiers informés du succès de l'opération, NDLR](…),racontera ATT, dans une interview à l’ hebdomadaire Jeune Afrique.

&nbsp;

<strong>Que reste-t-il des idéaux du 26 Mars </strong>

33 ans après les évènements sanglants du 26 mars 1991 ; Moussa Traoré a présenté ses excuses au peuple lors de la conférence nationale (…) et les partis politiques se sont multipliés au Mali, instaurant le pluralisme. Pour certains, la révolution de Mars 91 est un échec car le Mali souffre aujourd’hui de corruption et de clientélisme. L’état subit les méfaits d’une démocratie tronquée, jugent d’autres esprits. Quelles leçons faut-il alors tirer de cette révolution démocratique ? « A l’époque, j’étais un lycéen et j’ai marché avec les autres, mais nous sommes passés à côté des idéaux du pays! Le 26 mars représentait un repère. Cette date doit rappeler aux hommes politiques, qui ont confisqué le pouvoir l’importance du combat mené », explique oumar Haïdara ancien leader estudiantin. M. Baby, un jeune étudiant, membre de l’AEEM, estime que le coup d’état du 26 mars a assassiné la révolution : « On a stoppé le sang, mais noyé la révolution, alors que celle ci avait pour objectif de nettoyer le pays ! Les partis politiques ont accouru vers le pouvoir, les oppositions se sont multipliées mais tous, ont oublié jusqu’ à l’essence du combat du 26 mars ! ». Une vision plus nuancée, celle du chroniqueur et journaliste Adam Thiam : « Le 26 mars amorce un changement, dans l’histoire politique du Mali, celle de la volonté d’un renouveau, d’un état empreint de démocratie, malheureusement, certains leaders politiques ont déçu ».


Le 26 mars, une révolution confisquée ? Malgré les réminiscences et les blessures du peuple, le Mali est entré dans l’ère de la démocratie. Le pluralisme s’est installé de même que la liberté de la presse. A chaque scrutin électoral, le peuple peut choisir ses dirigeants et exprimer sa volonté. Dernièrement, les élections Communales ont fait apparaître, un désir d’alternance des élites au sommet depuis de nombreuses années et face à l’échec de leurs politiques. Après le Mouvement citoyen, l’apparition de formations indépendantes suscitent l’espoir chez les jeunes et les populations les plus démunies. Le parti SADI (…) d’Oumar Mariko, conquiert la voix des paysans à Koutiala. D’autres comme le CNID, l’ADEMA et le RPM ont déçu, et certains comme la CODEM, le nouveau parti de la Convergence pour le développement du Mali d’Housseiny Guindo, créent l’émulation… Le 26 mars 1991 restera toutefois une date symbolique pour les maliens. C’est l’occasion de rappeler les idéaux de justice et de prospérité, qui ont animé le combat des vrais patriotes du peuple !

<strong>Et aujourd’hui !</strong>

Force est de constater un recul total. Les autorités en place ont dissout un des grands maillons de cette lutte qui est l’association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). Le droit à la critique devient un souci et du coup, on assiste à la mort des idéaux du 26 mars 1991.

L'argumentation est en train de péricliter ! Le d’un malaise au sein de notre société surtout sur les réseaux sociaux, malaise caractérisé par une intolérance intellectuelle et un rejet automatique des opinions divergentes, simplement parce qu'on a associé à l'auteur une étiquette d'ennemi à la nation. Comment pouvons-nous construire une nation forte si nous étouffons la diversité d'opinions ? Comment pouvons-nous espérer avoir une société tolérante si seule, la pensée unique est acceptée ? Vous reprochez à certains de vos concitoyens de toujours être dans la critique sans proposer, alors quand 'ils émettent des propositions continuellement. Mais que faites-vous de ces suggestions, sinon de les rejeter avec des attaques presque insultantes ? À un moment donné, faut savoir ce que nous voulons réellement. Ce pays n'appartient à personne en particulier, et chacun a le droit de s'exprimer dans le respect de nos lois et textes. Nous avons tous également le droit de ne pas être d'accord avec ces opinions sans pour autant être désagréables. Si un compatriote exprime une opinion avec laquelle vous êtes en désaccord, élevez le débat en présentant vos contre-arguments. L'histoire du Mali n'a pas commencé en 1960, ni en 2020. Des grands hommes ont dirigé ce beau pays, respectant la dignité humaine sur tous les plans. Ils nous ont légué un héritage empreint d'amour, mais aujourd'hui, nous en  en faisons un pays de violence, tant physique que verbale. Pensez-vous réellement que ce comportement fera taire ou changer d'opinions des hommes et femmes qui ont sacrifié leurs vies pour ce pays ? C'est mal connaître ! Les maliens sont  plus que résilients ! La lumière est notre seul espoir !

<strong>Ibrahim Yattara</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Devoir de mémoire :  26 mars 1991&#45;26 mars 2024</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/devoir-de-memoire-26-mars-1991-26-mars-2024-3059312.html</link>
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<pubDate>Wed, 03 Apr 2024 01:48:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Informateur</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>26 mars 1991-26 mars 2024, devoir de mémoire et reconnaissance éternelle envers les martyrs qui ont sacrifié leur vie pour les uns ou leur intégrité physique pour d’autres pour l’avènement de la démocratie au Mali</strong>

Mardi 26 mars dernier, le peuple malien a célébré le 33<sup>ème</sup> anniversaire de la lutte pour l’avènement de la démocratie au Mali. Nous sommes le 26 mars 1991, après 23 ans de règne sans partage, le Général Président Moussa Traoré est renversé par un coup d’état militaire qui verra la mise en place d’un Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) dirigé par le Lieutenant-Colonel Amadou Toumani Touré, allias ATT.

Au début de l’année 1991 « un vent nouveau » a soufflé au Mali. En effet rien ne marchait dans le pays gangréné par la corruption, le népotisme, le clientélisme, la gabegie, l’arbitraire, le détournement des biens publics, etc. Fatigué de la cherté de la vie, assoiffé de liberté, aspirant au multipartisme, le peuple malien tous les âges confondus, s’est levé comme un seul homme pour faire des revendications. En  première ligne nous avons  le mouvement démocratique composé des associations ADEMA, CNID, UNTM, AEEM, AJDP, AMDH, le Barreau, etc.  Partout au Mali, et en particulier à Bamako, ce sont des manifestations de rues, des casses accompagnées d’incendies parfois. Les élèves, à la demande de l’AEEM dirigée à l’époque par un certain Oumar Mariko, ne fréquentaient plus. Malgré tout, le régime en place du Général Moussa Traoré reste sourd aux aspirations légitimes de son peuple. Au contraire il durcit le ton en tirant à balles réelles sur les manifestants. Que de jeunes fauchés à la fleur de l’âge par les balles sur le pont de badalabougou baptisé « pont des martyrs, d’autres se sont noyés en se jetant  dans le fleuve espérant échapper aux balles. Dans les rues, dans les maisons, dans les lieux de culte, dans les marchés, partout c’est la chasse aux manifestants. Et que dire de ce que l’on a appelé « le vendredi noir ». Ce jour-là un commando équipé de lance flamme a brulé vif des manifestants et de simples passants venus se réfugier dans les locaux de l’immeuble « sahel vert ». Le Président avait promis de « faire descendre l’enfer » sur la tête des manifestants, alors c’est chose faite ce « vendredi noir ». Et que dire des élèves et étudiants et autres manifestants fauchés sur la route du palais présidentiel au niveau de l’ENA. Face à l’entêtement du pouvoir et face à tous ces massacres, les femmes sont sorties soutenir leurs enfants et se sont mises nues pour maudire le Général Président Moussa Traoré et son régime. A son tour l’UNTM appelle à une grève générale illimitée jusqu’à la démission du régime en place. Le mouvement démocratique, à sa tête feu Me Demba Diallo, est allé jusqu’à remettre une lettre au Président lui demandant sa démission. A cette démarche il répond « niet » car selon lui seul le peuple pourrait le faire partir démocratiquement. Comme si son régime était démocratique. Le peuple malien n’a dû son salut qu’à un groupe d’officiers rassemblés sous la bannière du Conseil de Réconciliation Nationale (CRN) dirigé par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré qui arrêtât le Général Président Moussa Traoré dans la nuit du 25 au 26 mars 1991. Après 23 ans de pouvoir sans partage, le règne du Général Président vient de prendre fin. Lui-même ayant pris le pouvoir après son coup d’état contre le tout premier Président du Mali indépendant Modibo Keïta mort en détention en 1977. Nous étions le 19 novembre 1968. Le cours de l’histoire vient à jamais d’être modifié. Les acteurs de cette révolution de palais se regroupèrent et mettent en lieu et place du CRN le Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) donnant ainsi naissance à la 3<sup>ème </sup> République. Une nouvelle Constitution verra le jour. Dans une interview accordée au journal « jeune Afrique » ATT disait : « C'est le vendredi 22 mars que nous avons compris que Moussa avait atteint le point de non-retour et que nous devions intervenir ». En souvenir de ce jour mémorable, des monuments sont construits à la mémoire de nos martyrs : le Carré des Martyrs dans le cimetière de Niaréla sert de mausolée aux victimes de la répression des événements de 1991, sur des tablettes sont inscrits les noms des martyrs qui y reposent ; <strong>la Pyramide du Souvenir située en face du « pont des martyrs »</strong> a été érigée également en hommage aux martyrs. Tous les maliens épris de justice, de paix et animés de la flamme de démocratie doivent s’incliner devant la mémoire des martyrs qui ont sacrifié leur vie pour les uns et leur intégrité physique pour d’autres. Saluons la mémoire des pionniers de la lutte pour un mieux-être de la population en général et des élèves et étudiants en particulier comme Abdoul Karim Camara le Secrétaire général de l'Union Nationale des Élèves et Étudiants du Mali (UNEM), arrêté, torturé puis assassiné le 17 mars 1980. Son seul tort a été de réclamer de meilleures conditions d’étude pour les élèves et étudiants de son pays. Trente-trois ans après ces évènements tragiques, fondamentalement rien n’a changé dans le quotidien des maliens. Nous assistons à une généralisation de la corruption, du clientélisme, la baisse du pouvoir d’achat, et surtout l’impunité des membres des différents régimes au pouvoir. La vie est de plus en plus chère, et pourtant les salaires ne suivent pas. L’UNTM et le gouvernement sont en négociations à cet effet. Et que dire de la baisse du niveau des élèves et des enseignants, des effectifs pléthoriques dans les classes malgré la multiplication des écoles privées et la construction d’universités. Le chômage des jeunes est aussi une plaie de notre démocratie. La santé est une denrée rare, les centres de santé sont de véritables mouroirs. Et que dire des différents soulèvements armés des syndicats. Malgré tout, des indicateurs  sont au rouge. C’est le cas de la dissolution des mouvements, associations et partis politiques. La route Bamako-Gao est presque impraticable, interdiction de critiquer. Seuls quelques vidéastes à la solde d’un régime actuel ont droit à la parole. La tendance à la liberté de la presse se noircit, les partis politiques n’ont que leurs yeux pour pleurer en entendant la nouvelle donne. L’accès aux réseaux sociaux n’est pas contrarié. Les terres agricoles mises en valeur pour assurer l’autosuffisance alimentaire bègue  etc. Malgré tout la vigilance doit être  de mise.

En attendant les acteurs  principaux de l’avènement de la démocratie au Mali, sont devenus muets, ou certains prennent  du bon à soutenir ;la situation actuelle sans vraiment soutenir.

<strong>Yattara Ibrahim</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>26 mars 1991 :  33 ans après, les acteurs consternés !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-33-ans-apres-les-acteurs-consternes-3059198.html</link>
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<pubDate>Tue, 02 Apr 2024 02:54:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le mardi 26 mars 2024, notre pays, le Mali a commémoré le 33<sup>ème</sup> anniversaire de l’avènement de la démocratie dans notre pays. C’est un 26 mars 1991, au prix du sang et de nombreux sacrifices, après un soulèvement populaire que le peuple vaillant du Mali conduit par le Mouvement démocratique s’en glorifie toujours. Après avoir renversé le régime de Moussa Traoré c’est le Mouvement démocratique à travers ses nombreux leaders qui a hérité de la gestion du pays. Trente ans après, le constat du bilan de trois décennies de gestion est désastreux et beaucoup de leaders du mouvement démocratique sont réduits au silence et n’osent plus regarder le peuple en face. L’histoire donne-t-elle raison à Moussa Traoré ?  </em></strong>

Beaucoup de jeunes de la nouvelle génération n’ont pas vécu mars 1991 et ne connaissent pas réellement l’idéal qui entourait cette lutte. On raconte seulement que le Président Moussa Traoré après avoir fait le coup d’État à Modibo Keita, a, pendant plus de trente ans, géré le pays d’une main de fer, les libertés fondamentales étaient restreintes, le peuple vivait dans la misère. Raisons valables de réclamer sa démission et de son régime. Et après des semaines de lutte soldées par des morts d’hommes, Moussa Traoré a été déposé par  feu Lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré grâce au soutien du peuple et l’engagement des leaders du mouvement démocratique. Après une transition a été mise en place et dirigée par le même homme. Ainsi notre pays ouvre la voie au multipartisme et la liberté d’expression a été mise en valeur.  En 1992, les premières élections  de l’ère démocratique sont organisées et Alpha Oumar Konaré du mouvement démocratique et de l’Adema-PASJ est élu président. Et depuis des leaders du mouvement démocratique ont bénéficié de tous les postes avantageux au Mali. Ministres, députés, Cadres de l’Administration, ils sont ceux qui ont tiré profit de la lutte de Mars 1991. A cause de leur intérêt personnel, beaucoup ont oublié le fondement de la lutte du peuple et se sont adonnés à toutes les dérives : Corruption, népotisme, gestion clanique… Voici d’un trait ce qu’on peut tirer comme bilan de la gestion de ceux qui ont chassé Moussa Traoré du pouvoir. C’est grâce à la faillite de ce mouvement que notre pays a enregistré plusieurs coups d’Etat après 1991. La mémoire des victimes de mars 1991 a été trahie et le peuple en est conscient, raison pour laquelle il a été toujours dans la rue et avec des arguments.

A part l’acquisition de la liberté d’expression et le multipartisme, les leaders du mouvement démocratique ne peuvent se vanter d’aucun bilan élogieux des trente ans d’une gestion centrée sur leur intérêt personnel et leur propre confort.  Et c’est leur mauvais choix politique et leur inconstance qui a fait qu’aujourd’hui un des disciples de Moussa Traoré en la personne de Choguel Kokalla Maiga est à la Primature et jouit d’une popularité mieux que n’importe quel acteur dudit mouvement démocratique. Faut-il le rappeler, Choguel a eu la Primature grâce au M5-RFP, un mouvement politique hétérogène qui était composé à 98% des partis issus du mouvement démocratique. Jamais on n’aurait pu imaginer que les leaders du mouvement démocratique s’associeraient à un disciple de l’ancienne UDPM pour renverser un pouvoir démocratiquement élu et en plus un pouvoir dirigé par un des leurs. Chose qu’il regrette amèrement, et aujourd’hui ils sont accusés de tous les péchés d’Israël. Sous cette transition dirigée par les jeunes militaires, l’on raconte partout que les hommes politiques sont responsables de tout ce qui est arrivé à notre pays. Beaucoup de hommes disent que Moussa Traoré est mieux qu’eux. Et certaines personnes qui ont vécu mars 1991 regrettent aujourd’hui pourquoi ils sont sortis combattre le régime de Moussa Traoré. Ainsi l’histoire a rétablit l’honneur de Moussa Traoré.

Et les leaders du mouvement démocratique réduits au silence sont partagés entre consternation et regret. La célébration du 26 Mars perd de plus en plus son sens.

<strong>Adama Tounkara</strong>]]> </content:encoded>
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<title>#Mali : Commémoration du 26 mars : Le chef de l’État invite à s’unir davantage autour du Mali</title>
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<pubDate>Wed, 27 Mar 2024 11:45:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le colonel Assimi Goïta a lancé cet appel lors d’une interview accordée à la presse après avoir déposé une gerbe de fleurs au monument des Martyrs. Il a saisi l’occasion pour féliciter et remercier toutes les Maliennes et tous les Maliens pour leur résilience face aux multiples défis</strong>

26 mars 1991-26 mars 2024. Cela fait exactement 33 ans que notre pays a opté pour la démocratie, obtenue de haute lutte où certains compatriotes ont consenti le sacrifice suprême. Pour rendre hommage à ces «soldats de la démocratie», le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a déposé, hier dans la matinée, une gerbe de fleurs au monument des Martyrs.

Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, le président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw, les présidents des institutions, des autorités administratives indépendantes, les membres du gouvernement, les représentants du corps diplomatique et des organisations internationales accréditées dans notre pays, les autorités administratives, politiques et traditionnelles du District de Bamako étaient tous mobilisés autour du chef de l’État pour être témoins de cet acte solennel. La cérémonie a aussi enregistré la présence de plusieurs acteurs des évènements de mars 1991 qui ont conduit notre pays sur la voie de la démocratie et du multipartisme.

À son arrivée, après le salut au drapeau et l’exécution de l’hymne national, le colonel Assimi Goïta s’est rendu directement au monument des Martyrs où il a déposé une gerbe de fleurs sous la sonnerie aux morts de la fanfare nationale. Après cet acte solennel, le président de la Transition a accordé une interview à la presse où il a indiqué que c’est un devoir pour lui, en ce jour marquant le 33è anniversaire de la journée des martyrs, de rendre hommage à ceux qui ont consenti le sacrifice ultime pour l’avènement d’un Mali démocratique, prospère et juste.

Pour le colonel Assimi Goïta, au-delà de la célébration de cette journée, il s’agit en réalité de faire le bilan de la démocratie malienne après 33 années d’exercice. Selon lui, «cela nous permettra d’évaluer le chemin parcouru afin de se projeter dans l’avenir avec sérénité». Le chef de l’État a saisi l’occasion pour féliciter et remercier toutes les Maliennes et tous les Maliens pour leur résilience face aux multiples défis tout en les invitant à s’unir davantage autour de l’essentiel qui est notre patrie.

La célébration du 26 mars de cette année coïncide avec le mois de ramadan qui est une période par excellence de grande consommation des produits de première nécessité, a souligné le colonel Assimi Goïta, qui a félicité le gouvernement et tous les opérateurs économiques pour avoir pris toutes les dispositions afin que ces produits soient disponibles au Mali et dans tous les marchés. Il a rendu grâce à Dieu et prié pour le repos éternel de tous nos martyrs.

<strong>Dieudonné DIAMA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Journée des Martyrs : dépôts de fleurs aux monuments des Martyrs par le Président de la Transition</title>
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<pubDate>Tue, 26 Mar 2024 15:42:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="yiv3345341047ydp68664722msonormal" style="text-align: justify;line-height: 13.8pt;background: white"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: black">Le Président de la Transition, Chef de l’État, Son Excellence le Colonel Assimi GOÏTA a, une fois de plus, respecté la tradition, en procédant ce mardi 26 mars 2024, à un dépôt de gerbe de fleurs au monument des Martyrs à l’occasion de la commémoration de la Journée des Martyrs.</span></p>
<p class="yiv3345341047ydp68664722msonormal" style="text-align: justify;line-height: 13.8pt;background: white"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: black">C’était en présence du Premier ministre, Chef du Gouvernement, du Président du Conseil National de Transition, des membres du Gouvernement, des représentants du corps diplomatique et de plusieurs acteurs du mouvement démocratique.</span></p>
<p class="yiv3345341047ydp68664722msonormal" style="text-align: justify;line-height: 13.8pt;background: white"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: black">Arrivé aux abords du monument en début de matinée, Son Excellence le Colonel Assimi GOÏTA a été accueilli par les hautes autorités présentes. Après le salut au drapeau et l’hymne national, le Président de la Transition a rendu hommage aux Martyrs en déposant la gerbe de fleurs, témoignant ainsi du respect et de la reconnaissance de toute la nation malienne envers ceux qui ont sacrifié leur vie pour la liberté et la démocratie.</span></p>
<p class="yiv3345341047ydp68664722msonormal" style="text-align: justify;line-height: 13.8pt;background: white"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: black">Après avoir rendu hommage aux martyrs pour leur sacrifice, le Président GOITA a indiqué que le Mali vient de loin. Selon lui, cette cérémonie commémorative est l’occasion de faire le bilan de la démocratie malienne après 33 années afin d’évaluer son parcours et de se projeter dans l’avenir. « Je tiens à saluer la remarquable résilience des Maliens confrontés à de nombreux défis, tout en les encourageant à rester unis et engagés pour affronter l’avenir et relever ensemble les défis à venir », a-t-il déclaré.</span></p>
<p class="yiv3345341047ydp68664722msonormal" style="text-align: justify;line-height: 13.8pt;background: white"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: black">Par ailleurs, le Président de la Transition a également saisi l’occasion pour saluer les efforts déployés par le Gouvernement et les opérateurs économiques pour garantir l’accès aux denrées de première nécessité pendant le mois de ramadan, soulignant ainsi l’importance de la solidarité et de l’entraide dans la société malienne.</span></p>
<p class="yiv3345341047ydp68664722msonormal" style="text-align: justify;line-height: 13.8pt;background: white;margin: 0cm 0cm 8.0pt 0cm"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: black">Source : Présidence</span></p>]]> </content:encoded>
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<title>33ème anniversaire de l’avènement de la démocratie au Mali :  Quel bilan pourrait –on tirer de ce modèle de gouvernance fait des hauts et des bas ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/33eme-anniversaire-de-lavenement-de-la-democratie-au-mali-quel-bilan-pourrait-on-tirer-de-ce-modele-de-gouvernance-fait-des-hauts-et-des-bas-3058432.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 25 Mar 2024 15:10:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alternance</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le 26 Mars 1991, au petit matin, le peuple, après des longues et pénibles journées de lutte pour sa liberté, au prix du sang, s’est réveillé en découvrant sur le petit écran des nouveaux visages, ceux des jeunes officiers avec à leur tête un certain lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré. Ces jeunes officiers patriotes ont tout simplement décidé de parachever la lutte du peuple en arrêtant et le bain de sang et le dictateur, à savoir le Général Moussa Traoré. De cette date jusqu’à aujourd’hui le peuple malien a amorcé une longue et pénible marche vers des horizons prometteurs. Cette laborieuse et chancelante marche a été interrompue à deux reprises, en 2012 avec le plus stupide coup d’état de toute l’histoire du monde, perpétré par le Capitaine Amadou Haya Sanogo et en 2020 par cinq colonels de l’armée malienne sous le leadership d’Assimi Goita. Demain mardi 26 Mars 2024, le peuple se souviendra et fêtera dans la plus grande sobriété sa victoire contre la dictature, même si cette victoire est en passe d’être confisquée.  Ne faudrait-il pas  dresser le bilan de 33 ans de démocratie.</em></strong>

Si tout n’a pas été rose, il ne serait pas non plus objectif encore moins raisonnable de tout peindre en noir. Le bilan de la pratique démocratique loin d’être reluisant est sans nul doute  fait des hauts et des bas. Nul ne peut remettre en cause certains acquis de la démocratie comme les libertés qu’elles soient d’association, d’expression, ou même confessionnelle. Chaque malien est libre de dire ce qu’il pense et de militer aux partis et associations de son choix. Chaque citoyen a le droit de pratiquer le culte de soin choix.  Autre acquis de la démocratie est l’alternance au pouvoir. N’eussent été les deux interruptions, à savoir le coup d’Etat de 2012 et celui de 2020, le dernier est d’ailleurs toujours en cours, aucun président n’a eu la moindre velléité de falsifier la constitution pour se maintenir au pouvoir. Le Mali était même cité en exemple des pays où l’alternance était une réalité surtout quand le premier Président démocratiquement élu, à savoir Alpha Oumar Konaré, avait passé pacifiquement le flambeau à son successeur Amadou Toumani Touré en 2002. Ce dernier était dans des bonnes prédispositions de remettre à son tour le témoin à son successeur, quand les militaires se sont mutinés et ont mis fin à cette belle aventure démocratique en s’accaparant du pouvoir d’Etat. Malgré le retour à l’ordre constitutionnel avec l’élection d’Ibrahim Boubacar Keita dit IBK, en 2013, le Mali n’a plus jamais retrouvé la tranquillité et la paix. En effet, quand politiques et militaires menaient une lutte acharnée pour le pouvoir à Bamako, le nord et le centre ont été envahis par une horde djihado-terroristes. Malgré l’intervention des forces françaises, Serval en 2012 pour arrêter leur progression vers Bamako, ils se sont repliés vers le grand nord pour se réorganiser. L’élection d’un nouveau Président qui était censée mettre fin à la période  d’exception et signer le retour à l’ordre constitutionnel normal, n’a pas apporté grand-chose à la lutte contre le terrorisme. C’est d’ailleurs l’insécurité qui a été l’une des causes de l’impopularité d’IBK. A cette insécurité on pourrait ajouter la corruption, le népotisme, l’affairisme et la gabegie financière, toutes choses qui ont fini par pousser de nouveau une frange importante du peuple dans la rue pour réclamer son départ du pouvoir pour incompétence. L’appel du peuple ne serait pas tombé dans des oreilles de sourds, car cinq colonels de l’Armée ont pris leur courage en mains pour « parachever la lutte du peuple ». IBK comme ATT, le pouvoir retourne encore entre les mains des militaires. Si la première transition a été de courte durée, celle qui a commencé depuis 2020 est toujours en cours et nul ne pourrait prédire sa fin tant ceux qui sont au pouvoir n’ont pas l’intention de lâcher prise.

<strong>Faudrait-il jeter le bébé avec l’eau du bain ?             </strong>

Malgré toutes ces turpitudes, la démocratie reste la meilleure alternative pour une gestion inclusive, participative et transparente. Sa mise entre parenthèses serait une grosse erreur, d’où sa préservation. Comme toute œuvre humaine, la démocratie est tout aussi perfectible, pour non seulement la tropicaliser et l’adapter aux réalités, mais aussi l’expliquer au grand public qui semble avoir un jugement erroné. Les détracteurs de la démocratie ont tendance à la faire passer pour une camisole de force que l’occident veut nous imposer. Bien que sa forme actuelle soit venue de l’occident, mais la démocratie parait être un modèle universel de gestion de l’Etat, le seul modèle qui met d’ailleurs au cœur de la gestion de la République le peuple d’où le pouvoir du peuple par peuple et pour le peuple…..

<strong>Youssouf Sissoko </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Transition malienne : Entre dictature et démocratie</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/transition-malienne-entre-dictature-et-democratie-3058415.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 25 Mar 2024 10:00:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Quand le vent souffle fort, chacun se préoccupe de maintenir la calebasse qu’il a sur la tête. Mais, je trouve que pour construire un pays, cela ne suffit pas et pour empêcher un pouvoir de nuire, rien de tel qu’un contre-pouvoir. Pour cela, il faut un contrepouvoir populaire.

Le lendemain du renversement du général Moussa Traoré, le 26 mars 1991, au matin, le Comité de réconciliation nationale (CRN) comportait en effet les officiers plus que compromis avec le régime défunt, reconnaît qu’il s’agit là, de la victoire du peuple et décide d’aller voir les responsables des associations et organisations démocratiques qui ont mené la lutte. Hommage de l’armée au peuple ! Il paraît que cela ne s’est pas passé sans valse-hésitation. Normal quand on regarde de près la composition du CRN. Mais la réaction des leaders du Mouvement démocratique m’a laissé perplexe: aucune allusion au rôle que l’armée a joué dans la chute du régime, mais pour mieux montrer la suspicion qui frappe l’armée, le porte-parole (Me Demba Diallo) insiste lourdement sur la victoire du peuple et sur le fait que le pouvoir serait tombé même sans l’intervention de l’armée.

Le dimanche 11 août 1991, la veille de la clôture de la Conférence nationale, le commandant Karamoko Niaré présentait les regrets de l’armée au peuple, pour le rôle que le régime du général Moussa Traoré lui a fait jouer. La réaction spontanée de l’auditoire de la Conférence nationale a montré que les représentants de toutes les catégories sociales de notre pays étaient prêts à se réconcilier avec notre armée, et à l’aider à réussir sa refondation. Cela ne s’est pas fait sans grincements de dents.

Un évènement extrêmement important s’est passé le 15 juillet 1991 ! Le coup d’État avorté du commandant Lamine Diabira. Ce qui est le plus important, c’est cette incroyable chasse que les sous-officiers et les hommes de troupe ont livrée aux officiers. L’armée était au bord de la dislocation alors que plus que jamais le pays a besoin d’elle pour assurer la sécurité intérieure et préserver l’unité nationale. Quels que soient les griefs des sous-officiers et des hommes de troupe que devient une armée sans discipline ? Quelle que soit «l’incompétence» des officiers que devient une armée où ce sont des civils, homme moyen comme vous et moi complètement incompétents dans le métier des armes, qui décident de la construction de l’armée ?

Ce rappel très important décrit le scenario de cette transition en cours (putsch 2021 du colonel Keïta, membre du Conseil national de transition, jamais élucidé). Il faut gérer tout ça avec calme et responsabilité. Il faut se hâter bien sûr parce qu’il y a beaucoup à faire, avec lenteur parce que les enjeux sont énormes, et la marge de manœuvre étroite. Aucun de nos compatriotes qui a le souci de l’instauration d’une vie démocratique, n’a intérêt à l’affaiblissement de l’armée. Il faut sans cesse renforcer les contre-pouvoirs populaires. Mais, cela demande du travail. La démocratie telle que conçue pour nos peuples ne tue pas les dictatures mais elle peut servir si on la domestique comme il faut à renforcer ces dictatures.

<strong>Amy SANOGO</strong>]]> </content:encoded>
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<title>33 ans après le 26 mars 1991 :  Les acquis en cause, les acteurs en disgrâce</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/33-ans-apres-le-26-mars-1991-les-acquis-en-cause-les-acteurs-en-disgrace-3058407.html</link>
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<pubDate>Mon, 25 Mar 2024 08:17:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le Mali célèbre, ce mardi, le 26 Mars, dans un contexte toujours marqué par l’insécurité, la vie chère, le pilotage à vue des affaires publiques. Et l’élément majeur de cet anniversaire est la dissolution de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), une des associations du Mouvement démocratique, fer de lance de la lutte héroïque du peuple malien contre la dictature du général Moussa Traoré.

Trente-trois (33) ans après la chute du général Moussa Traoré par une insurrection populaire, le 26 mars 1991, l'enthousiasme de voir un Mali réconcilié avec ses valeurs pour rompre avec les pratiques mafieuses cède sa place aux déceptions. Les nouveaux venus se sont montrés plus royalistes que le roi. Ils passent à la vitesse supérieure en confisquant tout ce qui appartient au peuple à leur seul profit. Quelques années de leur gestion ont largement suffi pour que les hommes avertis comprennent qu'il y a eu tromperie sur la marchandise. Ils ont appliqué à la lettre ce proverbe: ''Ôte-toi de là que je m'y mette''.

Les méthodes qu'ils ont dénoncées dans la clandestinité et à visage découvert et qui ont ruiné notre pays durant le règne du général Moussa Traoré ont été une aubaine pour les soi-disant démocrates. Ils les ont industrialisées pour se donner une cure de santé financière: enrichissement personnel, insolent, méprisant et arrogant. Le marché de gré à gré passe de 10 millions de F CFA à 250 millions de F CFA. Ainsi, ils ouvrent la porte à une corruption généralisée et à la course effrénée à l’argent public. C’est ce tableau du déshonneur que les démocrates sincères et patriotes convaincus affichent dès leur prise de pouvoir le 8 juin 1992.

Ainsi, commence le tripatouillage des textes pour qu'une minorité s'accapare et profite des richesses nationales. Des avantages et privilèges faramineux sont accordés à des politiciens de profession. Des nominations fantaisistes sont faites pour que des parents et des militants accèdent sans peine aux biens publics. Et les résultats n’ont pas tardé à tomber. En 1999, une liste de vingt et un (21) milliardaires, dont seize (16) fonctionnaires et cinq (05) opérateurs économiques, tombe comme un couperet sur la tête de ceux qui considéraient encore les démocrates prédateurs comme des messies. Et bien avant cette date, les scandales politico- financiers éclataient partout et impliquaient les «hommes propres d’hier», dit-on, venus laver les larmes du peuple malien de la punition du long règne du général Moussa Traoré. Ainsi, commença la remise en cause des acquis du peuple malien.

Erigés sur le sang des martyrs des événements douloureux qui ont conduit à chasser le général Moussa Traoré et son parti unique du pouvoir, le 26 mars 1991, les acquis et les attentes sont restés au stade de slogan pour le peuple. Alors qu’au même moment, les démocrates prédateurs se la coulent douce. Ils viennent de réaliser leur rêve. Celui d’accéder au pouvoir à tout prix. Et ce qui importe pour eux maintenant, c’est de faire main basse sur le Trésor public pour que la minorité démocratique rattrape son retard financier et de prestige sur le dos des Maliens qui ont blanchi sous le harnais depuis la dictature imposée à la suite du coup d’État de 1968. Ils aspiraient au Kokadjè (assainissement de la vie publique), gage d’un développement durable. Peine perdue. La victoire du peuple a été confisquée par une horde de voleurs et de prédateurs à la solde de l’impérialisme qui se satisfait de la victoire de ses valets. Peu importe le déroulement des élections.

&nbsp;

Choguel Kokalla emboite le pas aux acteurs du Mouvement démocratique

Ironie du sort. Les acteurs du Mouvement démocratique accusent les autres de remettre en cause les acquis du 26- Mars, alors qu’ils ont été les premiers à les piétiner. Ils n’ont jamais su incarner le changement pour que le peuple profite des acquis qu’il a obtenus dans la douleur. Et l’État de droit sur lequel tous les acquis devraient s’appuyer pour l’émergence d’un Mali nouveau n’ont jamais vu le jour. Au contraire, les démocrates ont contribué à affaiblir l’État par une gestion désastreuse des ressources humaines. Et l’homme à la place qu’il faut, un des slogans phares du 26- Mars, a été remplacé par le militantisme, le népotisme, le copinage… Par la suite, ceux qui ont bénéficié de ce raccourci se sont constitués en bandes organisées pour piller de fond en comble les richesses nationales.

Ainsi, la bonne gestion, la lutte contre la corruption, la restauration de l’autorité de l’État sont renvoyées aux calendes grecques. Ce qui a contribué à créer un désordre à tous les niveaux de l’administration publique. Bonjour les dégâts ! L’incivisme, l’indiscipline, l’insouciance, l’impunité sont érigés au rang des valeurs. Résultat: le Malien est devenu qui se moque des lois.

Si aujourd’hui, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga met son pied dans le plat de la remise en cause des acquis de soulèvement populaire de 1991, c’est qu’il emboite le pas aux acteurs de mars 1991. Sinon, s’ils avaient préservé les acquis, personne n’oserait les remettre en cause, à plus forte raison Choguel Kokalla Maïga, le premier bénéficiaire des acquis de l’insurrection populaire qui a eu raison de son mentor le 26 mars 1991.

S’il y avait un acquis à préserver, c’était de tout faire pour que le Mali ne tombe plus dans les mains des militaires. Malheureusement, les démocrates ont travaillé pour cela. Deux (02) coups d’État en pleine démocratie. Et après avoir pris acte de ces crimes contre le peuple malien, ils accompagnent les militaires dans la gestion de la transition. Ils sont les premiers à occuper les postes à responsabilité ou se mettre à genou devant les principes du jour pour qu’on ne relève pas leurs cadres. La mèche étant dite. Le peuple n’a que ses yeux pour pleurer.

Ce complot éventré fait qu’aujourd’hui les acteurs du Mouvement démocratique sont en disgrâce. Et après chaque coup de force, ils sont sur le banc des accusés. Il ne reste plus qu’à faire leur procès. Depuis le coup d’État de 2020, leurs voix sont inaudibles. Ils sont accusés d’être les responsables de la déchéance du Mali. Ils se cherchent désespérément aujourd’hui. À qui la faute ? Leur gestion chaotique.

Cette célébration intervient à un moment où l’insécurité, la vie chère et le pilotage à vue des affaires publiques demeurent encore une préoccupation pour les autorités de la transition. Cette situation d’incertitude, doublée de la dissolution de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), le fer de lance de la lutte héroïque contre la dictature du général Moussa Traoré, se transforme peu à peu en grogne sociale. Il est du devoir de la transition de maintenir le contact avec le peuple pour désamorcer le cocktail explosif qui n’est pas loin d’exploser et dont les ingrédients ont été remis par un Premier ministre, animé de la haine, de la vengeance, de la division et qui a su bâtir sa popularité précaire sur les contre-vérités, la falsification et la déformation de l’histoire politique de notre pays.

À beau mentir qui vint de loin. La roue de l’histoire tourne.

<strong>Yoro SOW</strong>]]> </content:encoded>
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<title>26 Mars 1991&#45;26 Mars 2024 :  D’hier à aujourd’hui</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2024-dhier-a-aujourdhui-3058282.html</link>
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<pubDate>Mon, 25 Mar 2024 01:27:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Ce mardi 26 mars 2024, il y a 33 ans déjà, le Mali connaissait son second putsch militaire en l'espace de 23 ans de règne du monolithisme politique au parti constitutionnel dit Cmln-Udpm. Suite à l'arrestation du premier président-fondateur de la République du Mali, père Modibo Kéita, le 19 novembre 1968, Bamako était en liesse et le peuple libéré des miliciens de l'Us-Rda exulta en offrant un blanc-seing aux militaires plébiscités le 2 juin par référendum du 2 juin 1974 leur attribuant un bail sur le Mali, à travers la gouvernance cédée au parti constitutionnellement homologué cadre unitaire du peuple malien en l'Udpm (Union démocratique du Peuple malien). Le semblant de coup d’État du 28 février 1978 qui a entraîné la dissolution du Cmln (Comité militaire de libération nationale), avec l'arrestation de la bande des trois (Colonels Tiékoro Bakayoko, directeur de la Sûreté nationale, Kissima Tounkara, ministre de la Défense et Karim Dembélé, ministre des Transports) pour tentative de coup d’État et haute trahison allait ouvrir ce boulevard au Général-Président, Camarade Secrétaire général du Parti Udpm Moussa Traoré. Cet accaparement de l'espace politique par lui et son clan (les généraux Baba Diarra, Missa Koné et Sékou Ly notamment) va mal les desservir avec l'esprit de compétition propre à tout clanisme.

Les barons de l'Udpm vont par finir tracer une ligne rouge qui rend l'appareil politique et le parlement intouchables pendant que les compagnons de la première heure contrôlaient les sociétés d'Etat et certaines directions. L'ère de la bonne entente entre civils et militaires durant une décennie a vite lassé sous les coups des plans d'ajustements structurels du Fmi et de la Banque mondiale. De là, élèves, étudiants, couches et classes moyennes, populations défavorisées et bas peuple vont se soumettre au diktat international qui appelait au libéralisme politique à travers le Plan Hermann Cohen, Secrétaire d'état américain, et la Glasnost Perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev, président de l'Urss à l'époque. Avec la chute du mur de Berlin et la fin du régime de Nicolae Ceausescu le 25 décembre 1989 en Roumanie, les Maliens, cadres et syndicalistes, jeunes apprenants et jeunes apprentis se révoltèrent, et les femmes combattantes au premier plan, mirent leur nudité en bouclier pour percer le mur du son et se faire entendre sous les balles, debout, en rangs serrés sur le pont des martyrs qui porte leur nom (une pensée pieuse à Ramatoulaye Dembélé, fille de notre consœur Aïssata Cissé et à tous les martyrs des chaudes journées de Ramadan en mars 1991).

Aux plans géopolitique et stratégique, le Mali de GMT était à terre avec un mouvement démocratique composite très déterminé, et il ne restait plus qu'à se baisser pour ramasser le pouvoir. Le Cnr (Conseil national de la réconciliation) est né sur ces entrefaites avec l'arrestation du Général Moussa Traoré "pour sa propre sécurité" par un jeune officier nommé Lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré. Ce dernier réussira à conduire une Transition démocratique propre de 14 mois en allant vite pour pouvoir restituer le pouvoir aux civils après deux tours d'élections aux premières présidentielles démocratiquement organisées au Mali qui ont vu deux challengers s'affronter : Alpha Omar Konaré, premier président démocratiquement élu du Mali en avril 1992, et Tiéoulé Mamadou Konaté, malheureux perdant (Us-Rda Bdia-Faso jiggi). La machine démocratique du processus de démocratisation au Mali était bel et bien lancé. Enfin, on pouvait espérer sur la troisième République du Mali pour enraciner la démocratie participative à la malienne...

<strong>Processus de démocratisation au Mali bel et bien lancé...</strong>

Des années après, sur trois décennies et cinq à six occupants (Sanogo, Dioncounda, Ibk, Bah Ndaw, Assimi Goïta) de la présidence de la République à Koulouba, en tant que chef d'État légalement "élu" ou illégitimement "reconnu" et "accepté", les Maliens ont toujours du mal à accepter les militaires comme des patriotes sauveurs, filles et fils du pays, dédiés à la sécurisation du territoire et à la tranquillité, au calme et à la quiétude des populations. Après le départ d'IBK, une transition est tombée enceinte du M5 et les organes directeurs du M5 ne veulent pas reconnaître la grossesse de la Transition qui est portée enfant béni 9 mois durant, puis baptisé le 24 mai 2021 projets constitutionnel et électoral des prochaines présidentielles maliennes. Le premier accouchement a eu lieu le 18 juin 2023 avec le Référendum.

<strong>Une transition est enceinte du M5...</strong>

Pourquoi ce qu'Att a réussi avec le mouvement démocratique et le Ctsp à côté du gouvernement de super Zou dit Zorro (Zoumana Sacko) ne serait-il possible de réalisation sous le régime du gouvernement Choguel Maïga et la gouvernance Assimi Goïta ? Que vouloir de plus avec les Généraux et Colonels de Moussa Traoré sans la contribution des Généraux et Colonels d'Att qu'on ne saurait obtenir des actuels Colonels et Généraux d'Assimi Goïta ?

Ce qui reste vrai est vrai : <em>«Le Prophète (Psl) ayant terminé son discours dit : "Où est celui qui m'a questionné au sujet de l'Heure ? - Me voici, Ô Envoyé d'Allah, répondit l'Arabe. - "Lorsque, reprit le Prophète (Psl), toute sécurité aura disparu, attends-toi à voir venir l'Heure. - Et comment se manifestera cette disparition ? demanda l'Arabe. - Quand, répliqua le Prophète (Psl), l'autorité sera aux mains de ceux qui n'en sont pas dignes, attends-toi à voir venir l'Heure»</em>, [Sahib al-Bukhari 59].

En dépit des démissions volontaires et libres des présidents ATT et IBK, et malgré les enjeux sécuritaires et les perspectives nouvelles en émergence dans le Sahel, l'urgence de 1968 reste la même urgence de 1991 qui s'est présentée à nouveau à nous, nouvelle expérience malheureuse en 2012 avant de devenir ce que nous connaissons aujourd'hui depuis le 18 août 2020 et la rectification du 24 mai 2021.

Ce 26 mars 2024, afin de <em>«combler le vide constitutionnel et institutionnel dans la conduite des affaires publiques»</em>, le Mali s'est déjà doté d'organes de direction (Titre 3, Art.3.- Les organes de la Transition sont : le Président de la Transition ; le Conseil national de Transition ; le Gouvernement de la Transition). Vu le Décret n°2020‐0072 PT‐RM du 1er octobre 2020 portant promulgation de la Charte de la Transition (JO 2020‐17 sp), modifié par la Loi n°2022‐001 du 25 février 2022 portant révision de la Charte de la Transition (JO 2022‐01 sp)]. Il y a 33 ans, les Maliens étaient déjà <em>« conscients de la nécessité d’une trêve sociale pour permettre aux autorités de la transition de poser les bases de la refondation de l’État »</em>. Suite aux Recommandations des Assises Nationales de la Refondation de l’État des 27, 28, 29 et 30 décembre 2021, les populations maliennes se sont engagées vers un nouvel horizon qui s'appelle Mali Kura.

<strong>En dépit des démissions volontaires et libres des présidents ATT et IBK</strong>

Pour dire que la prorogation de la Transition est ce qui est actée sur les cinq ans requises pour remplacer la Constitution du 25 février 1992 par celle du 18 juin 2023 fondant la 4ème République du Mali ou Mali Kura dont voici le soubassement programmatique par ordre de priorité, selon la Charte de la Transition (Chapitre 2, Art.2) : <em>« Les missions de la Transition consacrées par la présente Charte, sont notamment : le rétablissement et le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national ; le redressement de l’État et la création des conditions de base pour sa refondation ; la promotion de la bonne gouvernance ; la refonte du système éducatif ; l’adoption d’un pacte de stabilité sociale ; les réformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives ; l’organisation des élections générales ; la mise en œuvre intelligente de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger (désormais «caduc et d'inapplicabilité absolue») ; la mise en œuvre efficiente des Recommandations des Assises nationales de la Refondation »</em> des 28, 29 et 30 décembre 2022 à Bamako.

<strong>KML</strong>]]> </content:encoded>
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<title>26 Mars 1991&#45;26 Mars 2024 :  Retour sur la chute de la dictature</title>
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<pubDate>Mon, 25 Mar 2024 01:22:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le Peuple malien célèbre demain, le 33<sup>ème</sup> anniversaire de la Révolution de mars 1991 qui a vu le peuple malien se soulever et renverser le Régime dictatorial du Général Moussa Traoré. Jour des libertés reconquises, le 26 mars de chaque année, le peuple se souvient… Retour sur ces journées historiques qui ont forgé le destin de notre pays avec le couronnement de la révolte populaire par la prise du pouvoir par l’armée sous la houlette du lieutenant- colonel Amadou Toumani Touré.</strong>

Le climat social est à la révolte dès 1990. La misère a atteint un niveau insupportable. Le Président Moussa Traoré et l’Union démocratique du peuple malien (Udpm), le parti unique, dominent la vie politique. Le pays est aux prises avec de graves problèmes économiques. Le mouvement de contestation contre le Régime autoritaire en place s’accentue. Attisées par la situation socioéconomique, les sécheresses et les aspirations démocratiques des Maliens, des grèves estudiantines et syndicales secouent le pays

Le 1<sup>er</sup> mai 1990, la Centrale syndicale du pays, Untm (Union nationale des travailleurs du Mali), se prononce pour la première fois en faveur de la démocratisation du pays. L’Association des élèves et étudiants du Mali (Aeem), après la répression de 1979, se réveille de longues années de silence.

Ainsi, l’Aeem et le Comité national d’initiative pour la démocratie (Cnid) appellent à une manifestation pour le multipartisme le 10 décembre 1990. Plus de dix mille manifestants répondent à l’appel. C’est la plus grande mobilisation des masses jamais organisée au Mali sous le Régime de Moussa Traoré. La manifestation se déroule pacifiquement dans la capitale Bamako, mais le Pouvoir n’entendait pas reculer d’un iota. Les organisateurs et les manifestants non plus. Le 24 janvier 1991, ils appellent à une nouvelle manifestation qui va enclencher le cycle des affrontements se terminant par la chute de Moussa Traoré.

<strong>Révolte populaire à Bamako et à l’intérieur</strong>

<strong> </strong>Après que le Gouvernement du Président Moussa Traoré a décidé à la mi-janvier d’interdire d’«activités politiques» toutes les associations favorables au multipartisme, des scènes de violences éclatent à Bamako. Elles se transforment en émeutes et en actes de pillages et de vandalisme sans précèdent, causant la mort de plusieurs personnes et faisant plus d’une centaine de blessés graves. Les manifestants bloquent les routes et saccagent les édifices publics. Les forces de l’ordre ouvrent le feu faisant de nombreuses victimes du côté des populations civiles.

<strong>Le 28 janvier 1991 :</strong> à la nouvelle de l’arrestation de plusieurs élèves et étudiants dont le Secrétaire général de l’Aeem, Oumar Mariko, le mouvement explose en insurrection de toute la jeunesse, englobant celle des quartiers populaires. Ces derniers, tout particulièrement les jeunes chômeurs, armés de bâtons et de pierres, envahissent les rues de la capitale, brûlent des magasins, des édifices publics et des voitures. Les résidences de plusieurs membres du Gouvernement et du parti unique, dont celle du Directeur général des Douanes, Ramos, beau-frère du Président M. Traoré, sont entièrement saccagées. A partir de ce moment, les émeutes se multiplient tous les jours à travers toute la ville de Bamako où les manifestants érigent des barricades. Cette situation se propage vers les régions. Les morts de manifestants et le nombre de blessés ne cessent de croître tous les jours.

<strong>Le 29 janvier 1991</strong> : ce sont des centaines de manifestants arrêtés qui sont torturés. Le Général-président annonce que l’interdiction aux associations de faire de la politique est levée, mais cela ne diminue pas la pression de la rue. L’Aeem revendique la libération de tous les emprisonnés. <strong>Le 31 janvier 1991 </strong>: le Gouvernement laisse entendre qu’il pourrait libérer de nombreux manifestants arrêtés.

<strong>Le 2 février 1991 :</strong> la télévision nationale annonce la libération de 196 élèves et étudiants sur les 232 officiellement arrêtées dont 34 autres ont été déférés en justice et condamnés pour trouble à l’ordre public, pillage, incendie, dévastation d’édifices publics, vol et recel. Les Touaregs du Nord du Mali s’invitent dans la lutte, en attaquant l’usine de phosphates de Bourem, à une centaine de kilomètres de la ville de Gao, dans la nuit du 21 février 1991, tuant deux militaires.

<strong>Répression sanglante</strong>

<strong>Le 22 mars 1991 :</strong> Bamako, qui avait déjà connu des émeutes en fin janvier, est à nouveau le théâtre de violentes manifestations de jeunes chômeurs et d’étudiants qui réclament l’augmentation des Bourses d’études et la création d’une commission d’enquête sur les précédentes émeutes. Les forces de l’ordre tirent à la mitrailleuse sur la foule, causant la mort de dizaines de personnes. L’état d’urgence et le couvre-feu sont immédiatement instaurés dans tout le pays. De violentes manifestations parcourent la capitale. Les forces de l’ordre tirent à balles réelles et tuent encore et encore. C’est un véritable carnage à la mitraillette et à la grenade offensive. La guerre est déclarée par le Pouvoir aux jeunes manifestants qui enflamment le Ministère de l’Emploi.

<strong>Le 23 mars</strong> <strong>1991 </strong>: la jeunesse scolarisée est rejointe dans la révolte par les chômeurs et les travailleurs. Alors, les émeutes s’étendent à l’ensemble du pays. Des répressions violentes ont lieu à Sikasso, Ségou et Dioïla. Certains policiers se font lyncher. Le centre commercial de Bamako est le siège d’un véritable carnage. Tout ce qui appartient aux responsables du régime est saccagé. Les commerçants sont attaqués eux aussi. Les morts continuent de tomber, mais, cette fois, la foule ne recule plus devant les forces de l’ordre. Les étudiants inventent un moyen d’autodéfense face aux policiers. Ils l’intitulent «<em>Article 320, code de procédure accélérée</em>» - 300 francs Cfa pour acheter un litre d’essence et 20 francs Cfa pour acquérir une boîte d’allumette. L’action consiste à jeter de l’essence sur les Agents des forces de l’ordre et à allumer un brin d’allumette.

Les jours suivants, les manifestations continuent, s’attaquant aux édifices publics et aux familles de certains dirigeants du régime en place. L’hôtel de ville est saccagé. Deux dignitaires proches du président Moussa Traoré sont lynchés par la foule en colère.

<strong>Le 25 mars 1991 </strong>: des villas des dignitaires du Régime sont pillées. L’Etat d’urgence a été décrété dans les villes. Le bilan est de nombreux manifestants morts et des centaines de blessés dont certains ont les membres déchiquetés. Le Chef de l’Etat lance un appel au calme et affirme sa «<em>totale disponibilité pour un dialogue et une consultation et pour trouver des solutions durables aux différents problèmes</em>». Les manifestants répondent : «<em>C’est terminé. On ira jusqu’au bout ! ».</em>

Il y a déjà un bilan de plusieurs dizaines de morts. La grève générale commence, paralysant le pays. Les mères de familles, révoltées par le fait que leurs enfants sont tués, marchent sur la présidence à Koulouba. Le Général-président leur barre la route avec des blindés. Mais l’Armée ne marche plus et on est à un doigt d’une mutinerie.

<strong>Et le CNR prend le pouvoir</strong>

Affirmant agir en coordination avec les organisations démocratiques, cet après-midi du <strong>mardi 26 mars 1991</strong>, le Lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré lance un appel au calme à ses concitoyens. À la tête d’un Conseil national de la réconciliation (Cnr) composé d’une vingtaine d’officiers, ATT (Chef de corps du Bataillon des commandos parachutistes) est le nouvel Homme fort du pays. Dès son installation, le Cnr suspend la Constitution et dissout le Gouvernement et l’Udpm. Il prend également une série de mesures de sécurité préventives (couvre-feu, fermeture des frontières et des aéroports, coupure des communications téléphoniques et télégraphiques avec l’extérieur) et affirme sa volonté de «<em>bannir à jamais la corruption, l’affairisme, le népotisme et toutes les autres pratiques inavouables</em>» de l’ancien Régime. «<em>Un conseil militaire de guerre ne verra pas le jour au Mali. L’Armée rentrera dans ses casernes</em>», ajouta ATT, qui promet la mise en place prochaine de la démocratie. Au mois d’avril 1992, Alpha Oumar Konaré est élu Président de la IIIe République.

<strong>Mémé Sanogo</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Focus :  Modibo Keïta, Diori Hamani, Sangoulé Lamizana, Sékou Touré: Ces chefs d’État africains que furent&#45;ils ?</title>
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<pubDate>Mon, 19 Feb 2024 07:47:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Modibo Keïta, Diori Hamani, Sangoulé Lamizana, Sékou Touré: Ces chefs d’État africains que furent-ils ?</strong>

Diori Hamani, Homme d’État, né en 1916, à Soudouré, en pays Zarma, au bord du fleuve Niger, près de Niamey et décédé à Rabat en 1989. En tant que fils de notable, Hamani Diori fut envoyé par l’administration coloniale à l’École des otages, puis à l’école normale William-Ponty de Dakar. Il entra ensuite à l’école nationale de la France d’Outre-mer à Paris pour enseigner le Haoussa, la plus importante langue du Niger, ce qui lui donna l’occasion d’entrer en contact avec le monde syndical.

De retour au Niger comme instituteur, il profita en 1946 de la libéralisation introduite par le discours de Brazzaville pour fonder le Parti progressiste nigérien (PPN) et devenir député du Niger. Aux côtés de Modibo Keïta, d’Ahmed Sékou Touré et de Félix Houphouët Boigny, il participa à la fondation du Rassemblement démocratique africain (RDA), dont le PPN devint la section nigérienne.

En août 1960, Hamani Diori devint président du Niger indépendant. Il se tint à l’écart de la Fédération du Mali et des progressistes (groupe de Casablanca), comme Sékou Touré et Modibo Keïta, et préféra suivre Houphouët Boigny et les modérés (groupe de Brazzaville) qui voulaient conserver des liens spécifiques avec la France. Mais au Niger, où les exactions de la colonne Voulet-Chanoine lors de la conquête et l’interdiction récente du parti Sawaba avaient laissé des souvenirs amers, la politique résolument francophile du président suscita une hostilité qui se manifesta par une tentative d’attentat à la sortie de la grande mosquée de Niamey (1964). Diori était conscient de cette hostilité et il resta dans le conflit du Biafra au Nigeria voisin (1967- 1969) en s’opposant au transit d’armes destinées aux sécessionnistes.

Ahmed Sékou Touré: homme politique guinéen. Il dut sa popularité à son non au référendum sur la Communauté proposé par le général de Gaulle en 1958 et à ses discours vitupérant le néocolonialisme. Il naquit à Faranah dans le massif du Fouta Djallon, dans le centre de la Guinée Conakry. Ahmed Sékou Touré débuta comme employé de bureau et se tourna rapidement vers l’action syndicale.

En 1947, il fut ainsi invité à assister, à Paris, à un congrès de la Confédération générale du travail (CGT). Peu après, il fit la connaissance d’Houphouët-Boigny qui lui proposa d’assurer la direction de la section guinéenne du Rassemblement démocratique africain (RDA). Le parti en raison de sa faible représentation fut d’abord apparenté au Parti communiste sur les bancs de l’Assemblée nationale, puis à partir de 1950, à l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR), le petit parti de centre gauche de François Mitterrand.

En 1958, à l’instigation de son voisin Kwame Nkrumah, dont le pays, le Ghana venait d’accéder à l’indépendance, il rejoignit le panafricanisme et le neutralisme militant en votant non au référendum sur la Communauté.

Les sociétés américaines remplacèrent et, malgré les violentes diatribes anti-impérialistes de Sékou Touré, exploitèrent la bauxite du pays qui abrite 90/o des réserves connues. Sékou Touré se sentit assiégé et développa une crainte de complots qui le firent s'enfoncer dans un pouvoir autoritaire. Son entourage était victime de purges souvent imaginaires, comme le poète et homme politique Fodeba Keita ou son ministre de l'intérieur Diallo Telli, ancien Secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA).

Modibo Keïta: homme politique malien né à Bamako en 1915, décédé en 1977. Sorti de l'école normale William Ponty de Dakar en 1936, il fonda l'année suivante le syndicat des enseignants de l'Afrique-Occidentale française (AOF) avec le Burkinabè Ouezzin Coulibaly. En 1946, il se joignit à Houphouët Boigny pour créer à Bamako, le Rassemblement démocratique africain. Intégré dans le sérail des représentants de l'Union française à l’Assemblée, il entra dans les cabinets de Bourges-Maunoury et de Félix Gaillard (1957). C'est un fédéraliste comme la plupart des hommes politiques de la savane qui rêvent à l'unité d'autrefois, mais il est aussi pragmatique, car le Soudan français est un pays enclavé dont le seul poumon est la voie ferrée qui le relie au port de Dakar.

En 1959, il préside la Fédération du Mali, qui unit son pays au Sénégal, mais sa personnalité et son amitié avec Sékou Touré, qui a quitté la Communauté française avec fracas, heurtent les options socialisantes tout en nuances de Léopold Sédar Senghor. Après l'éclatement de la Fédération, il continue à présider son pays, qui a gardé le nom prestigieux de Mali. Sans rompre totalement avec la France, il se rapproche de la Guinée et du Ghana: création de l'Union des États de l'Afrique de l'Ouest, opte pour le «non-alignement», une formule dont il est l'auteur, et fait sortir le Mali de la zone franc.

Abdou Diouf: homme d'État sénégalais né à Louga en 1935 d'un père serer et d'une mère toucouleur. Il fréquenta l'école coranique comme tout jeune musulman, puis le lycée Faidherbe de Saint-Louis, la Faculté de droit de Dakar (1955) et l'école de la France d'Outre-mer à Paris. Ce parcours qui le fit surnommer "Abdou-sans faute" l'amena au lendemain de l'indépendance du Sénégal en 1960 à la tête de la province du Sine- Saloum (1961) auprès du président Léopold Sédar Senghor dont il devint le directeur de cabinet en 1963 puis le Président ministre en 1970.

Bon connaisseur des arcanes de la politique sénégalaise où les chefs religieux tijanes et mourides ont souvent plus d'importance que les tribuns modernistes, il lui restait encore à obtenir l'assentiment de la base électorale du chef de l'État.

Senghor en fit officieusement son dauphin en le présentant à l'élection de l'Union progressiste sénégalais (UPS) qui prit le label de Parti socialiste lorsqu'une démocratisation mesurée autorisa la création de trois autres partis politiques. Après la démission de Senghor le 1er janvier 1981, Diouf fut élu président du Sénégal. Il gagna sa réputation de "Sage de l'Afrique" en 1984-1985, président de l'OUA il mit son talent de négociateur au service d'un règlement en Afrique australe.

Le général Sangoulé Lamizana: après la mort d'Ouezzin Coulibaly, Maurice Yaméogo devient président de la République en décembre 1959 et son parti, l'Union démocratique voltaïque, remporte la majorité des sièges à l'Assemblée nationale. Yaméogo est un homme truculent, qui doit lutter contre les chefs tribaux et les marabouts de sa droite, et les étudiants et syndicalistes de sa gauche. Il prône l'austérité, combat la corruption, mais n'a pas les moyens de rénover son pays. La grève générale est proclamée.

Le général Sangoulé Lamizana prend le pouvoir, s'institue président de la République, dissout l'Assemblée nationale, suspend la Constitution, forme un gouvernement de techniciens et de soldats, entouré par un comité consultatif où siègent les politiques, et fait adopter un budget d'austérité sensiblement analogue à celui de son prédécesseur. "L'armée, dit-il, nous a appris deux choses: la discipline et l'économie des deniers de l'État". L'armée devait remettre le pouvoir aux civils, mais les troubles de septembre 1966 entre les partisans de Yaméogo et ceux de Ki-Zerbo entraînent la suspension des activités politiques.

<strong>Le général impose un parti unique en 1974 puis revient à un multipartisme limité en 1978. Il gouverne au-dessus des partis, réussit à rétablir l'équilibre du budget et à rembourser une partie de ses dettes vis à vis du secteur privé. Il est renversé en 1980 par le colonel Saye Zerbo.</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Général Moussa Traoré :  Que peut&#45;on retenir de ce grand homme d’Etat ? (5ème partie)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/general-moussa-traore-que-peut-on-retenir-de-ce-grand-homme-detat-5eme-partie-3053337.html</link>
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<pubDate>Tue, 13 Feb 2024 09:31:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Qui est, réellement, Moussa Traoré ? Comment est-il arrivé au pouvoir ? Comment a-t-il exercé le pouvoir ? Comment a-t-il quitté le pouvoir ? Quel héritage a-t-il laissé aux Maliens ? Dans le but de répondre à ces cinq questions, Dr Choguel Kokalla Maïga et Pr Issiaka Ahmadou Singaré dans leur énième coproduction ont mis sur le marché un livre de trois cent pages, intitulé ‘’Hommage au Général d’armée Moussa Traoré, Secrétaire général de l’Union Démocratique du Peuple Malien ’’, dont le lancement a eu lieu à la Maison de la Presse. Après quatre publications sur cet ouvrage dans nos précédentes livraisons, nous  voilà à la dernière partie portant sur le résumé de ce chef d’œuvre révélateur sur ce que la nouvelle génération peut retenir de ce grand homme d’Etat que fut le Général Moussa Traoré. </em></strong>

Moussa Traoré, après s’être illustré sur différents champs d’action comme brillant élève, brillant sous-officier et officier, accède au pouvoir le 19 novembre 1968. Le régime qu’il renverse ce jour, celui de l’US-RDA, après avoir parachevé l’indépendance du Soudan Français octroyée le 24 novembre 1958 avec la proclamation de l’indépendance du Mali, le 22 septembre 1960, avait engagé le pays sur la voie du socialisme. Les difficultés n’ont pas tardé à se faire jour. Elles sont d’ordre politique, avec le renforcement progressif du pouvoir personnel de Modibo Keïta au détriment des compagnons de lutte de la première heure et des différents adversaires politiques. Elles sont d’ordre économique avec les baisses de rendement dans les domaines agricole et industriel. Elles sont d’ordre social, avec les fortes restrictions exercées sur les libertés individuelles. Ces différentes sources de frustration justifient l’euphorie qui s’est emparée du peuple malien à l’annonce du coup de force.

Une fois installé au pouvoir, Moussa Traoré est fréquemment confronté à la gestion des crises : affaire des conjurés d’août 1969, des sous-officiers et soldats en décembre 1976, douloureuses séparations d’avec des compagnons d’armes membres du CMLN les 27 mars 1971, 28 février et 8 mars 1978, le 2 janvier 1979,

Mais ces crises n’affectent en rien le fonctionnement de l’Etat. Dès le mercredi 20 novembre 1968, les cadres et agents de l’Etat sont invités à reprendre le travail. Les premières mesures prises vont dans le sens du rétablissement de certaines libertés individuelles. Le socialisme n’est pas, officiellement, abandonné. Les sociétés et entreprises d’Etat, considérées comme des « acquis du peuple », ne sont pas liquidées. Mais ; dans les campagnes, les paysans sont affranchis de beaucoup de contraintes. Le commerce privé, tant traditionnel que moderne, est, de nouveau, autorisé.

La politique du développement économique, social et culturel rencontre des difficultés dans sa mise en œuvre ; difficultés accrues par de longues périodes de sécheresse entre 1974 et 1985. Il n’en reste pas moins que des réalisations sont effectuées dans les domaines suivants : défense et sécurité, industries et infrastructures, transports et télécommunications, agriculture, éducation, santé, arts, sports.

Initialement, six mois ont été retenus pour assainir la situation économique, réussir la réconciliation nationale et retourner dans les casernes. A l’épreuve des faits, cela s’est révélé impossible. La conférence des cadres, organisée en juillet 1969, a fait découvrir une série de fractures dont il a fallu, par la suite, tenir compte. Organiser des élections dans un tel contexte aurait été préparer les conditions d’un nouveau coup d’Etat. Aussi, un retour progressif à la vie constitutionnelle, une démarche mûrement réfléchis, est-il décidé.

Une nouvelle constitution est promulguée à la suite de la tenue d’un référendum. Deux organisations démocratiques sont, en premier lieu, créées ; une première dans l’histoire contemporaine du Mali. Les femmes se retrouvent au sein de l’UNFM, les jeunes s’organisent au sein de l’UNJM. A l’issue d’un congrès constitutif, un nouveau parti est créé ; l’UDPM. Organisé sur le mode de l’US-RDA, il en diffère par son fonctionnement et son programme.

L’UDPM régit la vie de la nation d’avril 1979 à mars 1991. La période est marquée, non seulement par les périodes de sécheresse dont il a été déjà question, mais, également, par une crise économique durement ressentie aussi bien par les pays développés que par ceux en voie de développement. Un sentiment d’afro-pessimisme inspire aux investisseurs euro-américains à se détourner de l’Afrique pour s’orienter vers les pays d’Amérique latine nouvellement affranchis des dictatures militaires. Enfin, les institutions de Bretton-Woods imposent leurs PAS.

De cette crise et de ses différentes manifestations, l’UDPM tire les conséquences. Il resserre son champ d’activités et se concentre, pour poursuivre l’œuvre du développement économique, social et culturel, sur un programme comportant quatre volets : l’autosuffisance alimentaire, la maîtrise de l’eau, la protection de l’écosystème, le désenclavement intérieur et extérieur. Le Parti mobilise le pays tout en entier autour de l’exécution de ce programme.

Au niveau local, les populations s’organisent en associations et tons villageois pour l’exécution des initiatives de base inspirées chacune par les quatre composantes du programme retenu. Au niveau national, quatre grands projets sont élaborés et leur financement obtenu. Dans certains cas, leur exécution a même commencé avant d’être brusquement interrompu.

En ce qui concerne l’autosuffisance alimentaire, le projet dit du Méma-Farimaké se propose l’aménagement de 200 000 ha de terres dans la zone de l’Office du Niger. La maîtrise de l’eau conduit à exhumer des cartons le projet du barrage de Taoussa avec un lac de retenue s’étendant jusqu’à 200 km de Mopti. La protection de l’écosystème suppose, en premier lieu, la lutte contre la désertification. Le projet de la barrière verte est retenu, s’étendant de Diéma à Ménaka sur 15 Km de largeur. Enfin, en ce qui concerne le désenclavement intérieur et extérieur, le Parti et le gouvernement, après s’être farouchement et triomphalement opposés à la privation de la RCFM et de la COMANAV, ont validé la projet de dé-caillassage du seuil de Sotuba pour autoriser la navigation de Kangaba à Gao.

L’existence de deux autres projets d’envergure méritent d’être signalée, celles de la décentralisation, pour mieux responsabiliser les populations et celle de l’Université nationale décentralisée et professionnalisée pour contribuer à la modernisation du système éducatif à travers son adaptation à nos réalités.

Ces projets étaient en cours d’exécution. Ils sont financiers, respectivement, par : l’URSS, un consortium d’investisseurs, le Japon, la République Fédérale d’Allemagne. Pour l’Université, ce sont les Etats-Unis d’Amérique, la Chine et la République qui se sont engagés à la concrétiser. Enfin, ce sont les Etats-Unis qui se sont engagés à financer la décentralisation bien que le projet leur ait été soumis par l’UDPM, un parti unique, donc, aux antipodes de la démocratie d’après leur point de vue.

Mais le néo-colonialisme français veille au grain. La France ne possède nullement les moyens des pays ci-dessus cités. Son aide au développement n’est que saupoudrage, destinée à maintenir dans la sujétion. Elle ne peut concevoir un Mali émergent. L’UDPM, se fondant sur le génie créateur du peuple malien, a élaboré un modèle original de développement. Sa réussite sonnera le glas de l’hégémonie française en Afrique subsaharienne. Y mettre fin devient un impératif pour le néocolonialisme. François Mitterrand, dûment informé par ses taupes glissées dans l’entourage immédiat de Moussa Traoré, passe à l’action. Auparavant, une passe d’armes l’oppose à Moussa Traoré lors du Sommet de La Baule à propos de l’instauration du multipartisme. Mitterrand se sent offensé. Il a la rancune tenace et décide de le lui faire payer cher.

Dans un premier temps, il appuie la rébellion de quelques jeunes apatrides rentrés de Libye et qui entendent libérer ce qu’ils considèrent, à tort, comme la terre de leurs ancêtres. La rébellion est circonscrite en moins de trois mois. Mitterrand n’abandonne pas cependant son projet de renverser Moussa Traoré.

Dans un second temps, à partir d’une analyse sociologique de la population malienne, ses services de renseignement, toujours aidés par une cinquième colonne tapie dans l’ombre, identifient les groupes non satisfaits de la gestion de l’UDPM : les éternels opposants à tous les régimes qui se sont succédé au Mali depuis 1958, les étudiants, les diplômés à la recherche du premier emploi, les partants volontaires à la retraite qui n’ont pas su gérer leurs fonds de réinsertion dans la vie professionnelle.

Cet ensemble hétéroclite est invité à s’organiser pour réclamer l’instauration du multipartisme. Il s’autoproclame « Mouvement démocratique ». Moussa Traoré ne se soustrait pas à la demande, mais veut que cette instauration se fasse dans le respect des textes, dont, la constitution. Manipulé par l’Elysées, l’opposition reste fermée à tout dialogue, refuse « une démocratie offerte sur un plateau d’argent ». Le 22 mars 1991, elle passe à l’insurrection. Des jeunes gens sont mobilisés et incités à casser, à brûler, à piller. Quatre jours durant, c’est l’affrontement. Le Mouvement démocratique ne peut taire sa satisfaction : « Le sang a coulé », jubile-t-il ; « nous avons obtenu ce que nous voulions ».

Le 25 mars, aux environs de 20 heures, un groupe de neuf militaires conduits par le chef de la sécurité rapprochée du Président et le chef des services de sécurité, monte à Koulouba et met Moussa Traoré aux arrêts. La II<sup>è </sup>République a vécu. Le néocolonialisme français triomphe et triomphera trois décennies durant avant que, le 18 mai 2020, une révolution populaire ne mette fin a la profonde déliquescence de l’Etat qui a suivi la chute de Moussa Traoré.

<strong>Diaoulen Karamoko Diarra</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Général Moussa Traoré :  Que peut&#45;on retenir de ce grand homme d’Etat ? (4ème partie)</title>
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<pubDate>Mon, 29 Jan 2024 13:15:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Qui est, réellement, Moussa Traoré ? Comment est-il arrivé au pouvoir ? Comment a-t-il exercé le pouvoir ? Comment a-t-il quitté le pouvoir ? Quel héritage a-t-il laissé aux Maliens ? Dans le but de répondre à ces cinq questions, Dr Choguel Kokalla Maïga et Pr Issiaka Ahmadou Singaré dans leur énième coproduction ont mis sur le marché un livre de trois cent pages, intitulé ‘’Hommage au Général d’armée Moussa Traoré, Secrétaire général de l’Union Démocratique du Peuple Malien ’’, dont le lancement a eu à la Maison de la Presse. Après la publication du résumé des trois premières parties de cet ouvrage dans nos précédentes livraisons, nous vous livrons ci-dessous la quatrième et dernière partie de nos morceaux choisis qui porte sur la manière donc le processus de la chute du Général Moussa Traoré a été concocté. </em></strong>

<strong><em> </em></strong>

<strong>Les vraies raisons du coup d’Etat du 26 mars 1991</strong>

Moussa Traoré est tombé parce qu’il était devenu une menace pour le « néocolonialisme négrier et impénitent » français. Il gênait pour trois raisons : son prestige personnel sur la scène politique, tant africaine et qu’internationale, sa dignité face à un Mitterrand infantilisant les chefs d’Etat africains, ses projets pour le futur.

<strong> Le prestige personnel sur la scène politique, tant africaine et qu’internationale</strong>

En septembre 1987, Bamako a accueilli la 37<sup>è</sup> session du Comité régional de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le Mali y présente une réforme du secteur de la santé. Elle est adoptée par les participants à la rencontre. Ainsi est née l’Initiative de Bamako dont la mise en œuvre a valu au Mali les félicitations du Directeur de l’UNICEF, James Grant, qui en recommande l’adoption aux autres pays participants. Avec l’Initiative de Bamako, le mali procède à la décentralisation dans le secteur de la santé avec la création des centres communautaires de santé au niveau des communes et des villages, des centres de santé de référence.

Les 28 et 29 mai 1988, se tiennent, à Addis-Abeba, le 24<sup>è </sup>sommet de l’OUA. Moussa Traoré y est élu, à l’unanimité, Président en Exercice de l’organisation panafricaine. L’élection reste au travers de la gorge des gouvernants français, telle arête de poisson. Ils ne peuvent pas manquer de se rappeler ce jour de l’année 1983 lorsqu’à la suite de leurs manœuvres, ils ont réussi à empêcher l’élection du ministre des Affaires étrangères du Mali, Alioune Blondin Bèye, au poste de Secrétaire général, en suscitant la candidature d’un obscur Paul Okumba d’Okwatsegue du Gabon. Président en Exercice de l’OUA, Moussa Traoré porte la voix du Mali aux quatre coins de l’humanité, des Etats-Unis au Japon en passant par l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), la République Fédérale d’Allemagne, la République Populaire de Chine, les Etats-Unis d’Amérique.

Du 29 au 30 septembre 1990, malgré les manœuvres du gouvernement français, il est, grâce au soutien de l’Afrique tout entière à travers ses chefs d’Etat, avec le Premier ministre Briand Mulroney élu co-président du premier Sommet mondial pour les enfants, organisé par les Nations-Unies. L’événement est d’importance : 159 gouvernements y participent dont 71 chefs d’Etat ou de gouvernement.

<strong> La dignité face à un Mitterrand infantilisant les chefs d’Etat africains</strong>

Les 19, 20 21 juin 1990, François Mitterrand accueille le traditionnel sommet France-Afrique à la Baule. Les participants sont des chefs d’Etat ou de gouvernement. Ils sont : arabophones, anglophones, francophones, hispanophones, lusophones. Le locataire de l’Elysée se sent fier d’être le plus grand parmi les Petits. Son  discours est, à la fois, long et  filandreux :une laborieuse dissertation sur la coopération certes, mais également sur la nécessité pour les Africains d’ opérer des changements dans leur mode de gouvernement.

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Subitement, c’est la surprise. Après force recommandations, il assène, péremptoire, à l’attention des chefs des trente-sept délégations présentes : « Lorsque je dis démocratie, lorsque je trace un chemin, lorsque je dis que c'est la seule façon de parvenir à un état d'équilibre au moment où apparaît la nécessité d'une plus grande liberté, j'ai naturellement un schéma tout prêt : système représentatif, élections libres, multipartisme, liberté de la presse, indépendance de la magistrature, refus de la censure : voilà le schéma dont nous disposons. Nous en avons discuté plusieurs fois et hier soir encore en particulier. »

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Puis, conditionnant l’aide au développement à la pratique de la démocratie, il enchaîne : « La France liera, dans sa démarche, tout son effort de contribution aux efforts accomplis pour aller vers plus de démocratie. » Elle sera « plus tiède face aux régimes qui se comporteront de façon arbitraire » Elle sera « enthousiaste envers ceux qui franchiront avec courage ce pas vers la démocratie ». Selon lui, suprême ignorance de l’évolution des sociétés humaines : « Il n’y a pas de développement sans démocratie et vice-versa » L’on est tenté de poser la question : quels sont les pays où la démocratie a précédé le développement ? Quoi qu’il en soit, le passage est inadmissible pour Moussa Traoré. Le président malien choisit de lui répondre point par point. Contre l’injonction « démocratisez vos régimes », il réplique : « La démocratie n’est pas une camisole de force que l’on fait porter aux peuples ». Contre le chantage de l’aide liée, il ajoute : « La France pourra donner plus au Sénégal et au Benin, ce n’est pas ce qui remplira les caisses ».

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Moussa Traoré n’a pas pu concevoir que l’on infantilise les Africains au point de de leur donner des leçons. François Mitterrand ne peut pas concevoir qu’un chef d’Etat africain lui donne la réplique de manière si cinglante. A partir du Sommet de La baule, les ponts sont définitivement rompus entre les deux hommes. Vindicatif, rancunier, Mitterrand cherchera par tous les moyens à mettre fin à la présence de Moussa Traoré à la tête de l’Etat malien. Il y réussira en s’appuyant sur des Maliens qui n’hésiteront pas à s’aboucher avec l’étranger contre leur propre pays.

<strong> </strong>

<strong> Les projets pour le futur</strong>

De 1974 à 1985, le Mali a connu une série de sécheresse qui ont conduit le gouvernement à concevoir un programme de développement comportant quatre volets : l’autosuffisance alimentaire, la maîtrise de l’eau, la protection de l’écosystème, le désenclavement intérieur et extérieur. Pour l’exécution d’un tel programme, Moussa Traoré a sollicité que soit privilégiée « l’aide qui vient de nous-mêmes », étant donné qu’elle est « la plus utile ».

Il n’empêche, certains investissements sont tels que l’appui de l’étranger est indispensable. Sept projets-phares sont conçus. Ainsi, au terme de négociations avec les partenaires :

- l’URSS s’est engagée à aménager <strong>200 000 ha de terres irriguées</strong> dans le Méma-Farimaké ;

- la République populaire de Chine à exploiter <strong>le pétrole</strong> et à construire<strong> le barrage de Taoussa</strong>,

-le Japon, à créer<strong> la ceinture verte</strong> de Diéma à Ménaka sur une largeur de 20 kilomètres,

- la République Fédérale d’Allemagne à procéder au<strong> dé-caillassage du seuil de Sotuba</strong>,

- les Etats-Unis d’Amérique, la RFA et la Chine à contribuer à la réalisation de l’<strong>université</strong>,

&nbsp;

L’université conçue est : nationale, décentralisée et professionnalisée afin qu’elle ne devienne une fabrique de chômeurs.  Ces six projets sont complétés par un septième. Il est relatif au volet « sécurité » : 1 200 soldats, toutes armes et tous grades confondus sont envoyés dans les meilleures académies militaires pour se former et revenir faire face à d’éventuelles guerres du futur ; dans le même temps, une usine de fabrication de pièces et de munitions serait construite à Markala afin de fabriquer, pour tous les pays africains utilisant du matériel militaire soviétique, des pièces de rechange et des munitions qui leur seraient nécessaires.

&nbsp;

<strong> Le coup d’Etat et la fin du régime de l’UDPM</strong>

Des prétextes devaient être trouvés pour justifier l’opposition au régime. Ils le seront. Les élèves et les étudiants, organisés au sein de l’AEEM, ont formulé des exigences : extension du bénéfice de la bourse à certaines catégories de lycéens et son augmentation, ouverture des internats, entre autres. Au nom des travailleurs, l’UNTM monte aux créneaux et exige une augmentation des salaires. Des négociations sont ouvertes. L’AEEM obtient satisfaction sur toute la ligne, l’UNTM, à l’intention de ses syndiqués, une augmentation équivalente à 30% des rémunérations mensuelles.

Les négociations sont entamées le lundi 18 mars 1991. Elles se sont prolongées le mardi 19 mars. Mais, le mercredi 20 mars, tous les efforts pour aboutir aux accords sont réduits à néant. En effet, une réunion très restreinte a lieu ce jour dans une villa du quartier de l’Hippodrome. En compagnie du maître de céans, l’ambassadeur de France, des responsables de l’AEEM, un avocat, professeur à l’ENA… Le compte rendu des négociations avec le gouvernement crée un dilemme : que faire, toutes les revendications ayant été satisfaites ? L’ambassadeur de France permet d’en sortir : vous avez tout obtenu, mais si vous ne faites pas attention, vous allez tout perdre ; si Moussa Traoré arrive à tenir son congrès, les assises décideront de l’ouverture et il restera au pouvoir ; ce qu’il faut, c’est un sacrifice, vous êtes des Africains, vous savez ce que cela signifie : il faut que le sang coule.

Au sortir de cette réunion, les responsables de l’AEEM se rendent au ministère de l’Education nationale le jeudi 21 mars. Ils y étaient attendus depuis la mi-journée. A leur arrivée, ils refusent de signer les accords, prétextant qu’ils ne sont qu’un moyen pour permettre au parti et au gouvernement de gagner du temps pour tenir leur congrès avant de se retourner ensuite contre elle pour la mâter. En réalité, il leur avait été promis, au cas où le pouvoir serait renversé, la satisfaction de toutes leurs doléances avec une augmentation de 100% des bourses et l’ouverture des internats. L’UNTM, de son côté, adopte un position similaire : le volteface.  Par la voix de son secrétaire général adjoint, elle fait clairement comprendre, en bamanankan, au président de la commission de conciliation, malgré les concessions consenties : Monseigneur, ce n’est plus une question d’argent, mais du renversement de Moussa.

Le vendredi 22 mars, <em>les Echos</em> annonce le bain de sang prévu la matinée de ce jour. A quatre du matin, des barricades sont dressées en différents points de Bamako. A huit heures, les échauffourées commencent : des affrontements avec les forces de l’ordre, des « marches violentes avec casses techniques », des actes de vandalisme sur fond d’incendies de domiciles privés et d’édifices publics. Des malfrats profitent du désordre pour casser et piller. Cela dure jusqu’au lundi 25 mars.

Ce jour, Moussa Traoré tient une réunion de crise à Koulouba avec des membres du BEC et du gouvernement dont : Monzon Keïta, le général Mamadou Coulibaly, le général Sékou Ly, Cheick Oumar Doumbia, le Secrétaire général de la Présidence, Django Keïta, le Directeur de cabinet du Président de la République, Moustapha Dème, le chef d’état-major général des armées, le colonel Ousmane Coulibaly, le chef u PC opérationnel mis en place pour contenir les débordements, le colonel Bakary Coulibaly.

A 18 heures, ils sont rejoints par le ministre Dème venu aux nouvelles : un ami lui aurait appris, depuis Dakar, qu’un coup d’Etat a eu lieu au Mali. A peine a-t-il fini de parler que le ministre Moulaye Haïdara fait irruption dans la salle leur demandant de tout arrêter pour démentir RFI qui, dans son journal de 18 heures a annoncé qu’un coup d’Etat a eu lieu à Bamako. Le coup d’Etat n’aura lieu que le mardi 26 mars pratiquement à 0 heure. C’est dire que les opposants étaient en contact permanent avec leurs commanditaires, les autorités françaises et avec certains officiers de l’armée.

Quelques instants après l’arrestation de Moussa Traoré, des officiers s’organisent au sein d’un Comité de Réconciliation Nationale (CRN). Le général Abdoulaye Ouologuem et le colonel Oumar Diallo en briguent la présidence. Ils seront écartés au profit du colonel Amadou Toumani Touré avec l’appui du colonel Kafougouna Koné. Par la suite, ils se retrouvent avec des acteurs du « Mouvement démocratique » et, ensemble, créent le Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP). La constitution est suspendue, les institutions de la II<sup>è </sup>République sont dissoutes, un gouvernement de transition est nommé avec, à sa tête, Soumana Sacko. Le régime de l’UDPM a vécu. Une ère nouvelle s’ouvre. Elle débute avec l’illusion lyrique le 26 mars 1991, pour s’achever avec la tragédie le 12 avril 2012 et la fin de la III<sup>è </sup>République le 18 août 2020.

<strong>Diaoulén Karamoko Diarra</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Général Moussa Traoré :  Que peut&#45;on retenir de ce grand homme d’Etat ? (3ème partie)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/general-moussa-traore-que-peut-on-retenir-de-ce-grand-homme-detat-3eme-partie-3050595.html</link>
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<pubDate>Mon, 22 Jan 2024 02:12:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Qui est, réellement, Moussa Traoré ? Comment est-il arrivé au pouvoir ? Comment a-t-il exercé le pouvoir ? Comment a-t-il quitté le pouvoir ? Quel héritage a-t-il laissé aux Maliens ? Dans le but de répondre à ces cinq questions, Dr Choguel Kokalla Maïga et Pr Issiaka Ahmadou Singaré dans leur énième coproduction ont mis sur le marché un livre de trois cent pages, intitulé ‘’Hommage au Général d’armée Moussa Traoré, Secrétaire général de l’Union Démocratique du Peuple Malien ’’, dont le lancement a eu à la Maison de la Presse. Après la publication du résumé des deux premières parties de cet ouvrage dans nos précédentes, nous vous livrons dans la présente parution celui de la troisième partie consacré à  certains grands chantiers du Général Moussa Traoré, de même que l’héritage laissé par lui. Lisez plutôt !</em></strong>

Durant les vingt-trois ans qu’il a passé au pouvoir, Moussa Traoré a fortement marqué de son empreinte tous les secteurs du développement économique, social et culturel.

Considérant qu’il ne saurait y avoir de développement sans sécurité, il accorde une grande importance aux questions de défense. Modibo Keïta a créé <strong>l’armée malienne</strong>. Il en a confié la gestion au général Abdoulaye Soumaré qui la structure en commandos autonomes de combats et en bataillons autonomes de combats. Puis, il s’en détourne après le décès d’Abdoulaye Soumaré et privilégie le renforcement de la milice.

<strong>L’armée privilégiée au détriment de la milice</strong>

En accédant au pouvoir, Moussa Traoré estime que cela ne saurait perdurer. La milice est dissoute. L’armée est restructurée. Les quatre bataillons de combat autonomes qui la constituaient disparaissent. Les états-majors sont créés, de même que l’armée de l’air. Le recrutement fait l’objet de soins attentifs. L’équipement et la formation deviennent priorités. Les citoyens en uniforme devenus, à la suite de la création de l’UDPM, les militants en uniforme, sont sur tous les fronts, au coude-à-coude avec les civils pour promouvoir le développement. Comme conséquence d’un tel engagement en faveur des forces de défense, Moussa Traoré a doté le Mali d’une armée qui n’avait pas sa pareille dans l’espace francophone subsaharien.

La sécurité assurée, <strong>le travail de réorganisation administrative et de décentralisation</strong> est entamé. En la matière, la I<sup>ère </sup>République a divisé le territoire en six régions économiques : Kayes, Bamako, Sikasso, Ségou, Mopti et Gao. Le CMLN crée deux nouvelles régions : Koulikoro et Tombouctou. En fait, la région de Koulikoro se substitue à celle de Bamako érigée en district avec six communes. De nouveaux cercles, Bla, Niono, Diéma, sont créés.

En matière de décentralisation, la I<sup>ère</sup> République s’est limitée à placer toutes les communes héritées de la période coloniale sur le même pied d’égalité : les communes mixtes et les communes de moyen exercice sont érigées en communes de plein exercice. Sous la II<sup>è </sup>République, la décentralisation devient une réalité sur le terrain avant de faire l’objet de législation.

Elle est manifeste dans le domaine de la santé avec l’Initiative de Bamako, de l’encadrement du monde rural, avec les initiatives de base. Le succès remporté par les initiatives de base incite à généraliser l’expérience en permettant aux populations à gérer leurs affaires domestiques à tous les échelons, de la région au village en passant par les communes urbaines et les communes rurales. <sup> </sup>

Afin de réussir la décentralisation, rien n’est laissé au hasard. Un remaniement ministériel est opéré, une commission technique, sous la supervision du BEC, créée, des opérations d’écoute des populations effectuées, des séminaires organisés. La décentralisation telle que conçue par l’UDPM était une action progressive : commencer par une région, procéder à un évaluation pour corriger les insuffisances et renforcer les acquis avant de poursuivre avec une autre région. Décision avait été prise de commencer avec Kidal érigée en région. Le coup d’Etat de mars 1991 a brutalement interrompu le processus.

La décentralisation a des rapports avec <strong>l’encadrement du monde rural</strong>. Dans ce domaine, le CMLN a hérité. Il a trouvé, sous forme de projet, la création des Opérations de Développement Rural (ODR). Le projet est mis en œuvre. Les résultats sont diversement appréciés : échec pour certains, réussite pour d’autres. Cependant, à ce jour, beaucoup de ces ODR subsistent. Avec la création de l’UDPM, l’encadrement du monde rural connaît un franc succès avec la création des associations villageoises et des « tons » villageois : progressivement, les communautés rurales se prennent en mains pour s’affranchir de la dépendance de l’Etat dans le cadre de la satisfaction de leurs besoins immédiats.

L’intérêt porté à la paysannerie ne fait pas oublier que le développement du pays passe également par son <strong>industrialisation</strong>. Le CMLN a hérité de l’US-RDA des Sociétés et Entreprises d’Etat (SEE) dont des usines et des fabriques. Beaucoup d’entre elles peu performantes en 1968. Cependant, elles ne seront pas supprimées. En matière d’industrialisation, la politique de l’US-RDA est peu incitative : aucun privé malien ne peut investir dans le secteur, l’étranger qui veut investir doit se soumettre aux exigences du parti.

Avec la création de l’UDPM, le Mali adopte une nouvelle option en matière de développement économique. Elle se fonde sur la collaboration entre trois secteurs : le secteur d’Etat, le secteur privé et le secteur mixte. De nouvelles SEE sont créées. A côté d’elles apparaissent les premières sociétés privées. Avec l’adoption du Programme d’Ajustement Structurel (PAS), les institutions de Bretton Woods poussent à la liquidation ou à la privatisations des SEE. De toutes ses forces, Moussa Traoré leur résiste. Finalement, une solution est trouvée : les SEE sont classées en trois catégories : celles qui, quoi qu’il arrive restent propriétés de l’Etat, celles dont le capital sera ouvert au privé et celles qui seront liquidées. Jusqu’en mars 1991, l’on ne peut parler, objectivement, de bradage de SEE.

<strong>L’enseignement</strong>, comme la défense et la sécurité, a été considéré comme priorité aussi bien par le CMLN que par l’UDPM. Modibo Keïta a conçu une réforme de l’enseignement au Mali qui commençait à porter fruits. Moussa Traoré y aurait mis fin. Telle est une opinion largement répandue. Elle ne résiste pas à l’analyse. L’enseignement est le domaine où le bilan de Moussa Traoré est des plus remarquables. L’on ne saurait ignorer que <strong>des </strong>enseignants ont eu maille à partir avec le CMLN. Mais, c’est le lieu de recourir à la métaphore : « L’arbre ne doit pas cacher la forêt. » Derrière les démêlés avec les enseignants syndicalistes se dressent des acquis qui ont fait de l’école malienne l’une des plus performantes d’Afrique subsaharienne.

Moussa Traoré a hérité de la réforme de 1962. Il en a corrigé les insuffisances tout  en renforçant les aspects positifs. Ensuite, il a diversifié l’offre de formation, créé l’enseignement supérieur et l’enseignement post-universitaire. C’est bien sous le CMLN que les premiers doctorats de spécialiste ont été soutenus au Mali, bien qu’il n’existât pas à l’époque de structures universitaires. C’est sous l’UDPM que des Maliens ont soutenu, des thèses de doctorat d’Etat grâce à l’appui du gouvernement.

<strong> </strong><strong> La perte du pouvoir et l’héritage / de la manipulation et de ses conséquences</strong>

Moussa Traoré a perdu le pouvoir, pas parce qu’il s’est opposé à l’ouverture au multipartisme, mais parce qu’il était devenu gênant pour François Mitterrand. Il a convié ses opposants au dialogue pour définir avec eux la marche à suivre, non seulement pour évoluer ce qui est nommé « démocratie », mais pour préciser le contenu à donner à cette démocratie afin de l’adapter à nos réalités socio-culturelles. La réponse qui lui a été donnée est connue de l’ensemble du peuple malien : « Nous ne voulons pas d’une démocratie offerte sur un plateau d’argent. »

Le mentor français leur avait demandé de procéder à un sacrifice. Pour accéder au pouvoir et en jouir, ils n’ont pas hésité et ils l’ont écrit, le 26 mars 1991 : ce matin, le sang de nos enfants inondera les rues de nos villes. L’affreux spectacle s’est produit et ils s’en sont ouvertement réjouis : « <strong>Le sang a coulé, nous avons eu ce que nous voulions, Moussa est f. </strong>» Ils ont eu ce qu’ils voulaient, mais ignoraient une réalité : <strong>ils étaient manipulés.</strong>

En effet, François Mitterrand, politique des plus retors, s’est servi d’eux pour renverser un pouvoir qui, comme celui de l’actuelle Transition, était une menace pour les intérêts de la France. Il est de notoriété publique que la France n’a pas décoloniser. Elle continue de se croire au lendemain de la conférence de Berlin lorsque celle-ci lui a reconnu le droit de s’étendre vers l’intérieur des terres à  partir du cours supérieur du Sénégal ; ou, en 1960 lorsque, sommée de décoloniser, elle a pris soin d’éliminer, parfois physiquement, tous les nationalistes de ses Territoires d’Outre-Mer pour les remplacer par des satrapes lui  obéissant au doigt et à l’œil, le petit  doigt sur la couture du pantalon.

Le 26 mars 1991 marque la fin de la souveraineté du Mali. Il se retrouve à la situation qui a été la sienne avec la loi-cadre Gaston Defferre et ses décrets d’application. Les Français s’installent à demeure, comme au vieux temps de la colonisation. Leur ambassadeur a un accès direct, non au ministre des Affaires étrangères, mais au « président démocratiquement élu ». Sur leurs injonctions, l’armée nationale est émasculée. L’école est transformée en champ de ruines avec l’adoption et la mise en œuvre des réformes qu’ils ont inspirées.

Allant plus loin, ils ont travaillé à créer les conditions rendant possibles la résurrection de l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) en imposant, au Mali, le Pacte National, l’Accord d’Alger, l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Ils ont détourné l’opération Serval de son objectif initial pour en faire un instrument de vassalisation du Mali en le transformant en Barkane et en l’appuyant par Takouba.

Au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, ils se sont arrogés le droit de parler au nom des Maliens, de rédiger et de faire adopter des résolutions au nom des Maliens. Finalement, ils ont réussi à rendre effective la partition, <em>de facto</em>, du Mali. Pendant plus d’une décennie, ils ont sanctuarisé Kidal, en en interdisant l’accès aux autorités compétentes maliennes. Comme si tout cela ne suffisait pas, ils ont provoqué des querelles ethniques au centre du pays, plongeant cette partie du territoire national dans le terrorisme de leur fabrication.

En définitive, du 26 mars 1968, date de la chute de Moussa Traoré au 24 mai 2021, date de l’accession au pouvoir d’Assimi Goïta qui nommera Choguel Kokalla Maïga, Premier ministre le 7 juin 2021, le Mali est devenu un Etat failli. Et, cela, par la faute d’hommes et de femmes regroupés au sein d’un nébuleux Mouvement démocratique. Le Mali est devenu, non seulement un Etat failli, mais, pire,  un Etat failli, transformé en néo-colonie, le vieil homme malade de l’Afrique occidentale. Au chevet duquel se sont pressées les armées de 61 Etats qui se sont révélés incapables de le sortir du bourbier, la France l’y enfonçant chaque jour davantage, avec la complicité de dirigeants ayant trahi leur peuple.

A suivre

<strong>Diaoulén Karamoko Diarra</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Général Moussa Traoré :  Que peut&#45;on retenir de ce grand homme d’Etat ?</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 26 Dec 2023 15:04:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Qui est, réellement, Moussa Traoré ? Comment est-il arrivé au pouvoir ? Comment a-t-il exercé le pouvoir ? Comment a-t-il quitté le pouvoir ? Quel héritage a-t-il laissé aux Maliens ? Dans le but de répondre à ces cinq questions, Dr Choguel Kokalla Maïga et Pr Issiaka Ahmadou Singaré dans leur énième coproduction ont mis sur le marché un livre de trois cent pages, intitulé ‘’Hommage au Général d’armée Moussa Traoré’’, dont le lancement a eu lieu samedi à la Maison de la Presse. Nous vous livrons dans la présente parution la partie consacrée au parcours de Moussa Traoré de sa naissance à son accession au pouvoir.  </em></strong>

Les coauteurs de ce nouveau livre dans les librairies ont indiqué que l’objectif de sa rédaction constitue pour eux en tant qu’anciens militants de l’UDPM d’inviter à jeter un autre regard sur un homme et sur son œuvre. Avec l’intention d’apporter leur contribution au débat d’idées sur l’histoire contemporaine du Mali, ils ont choisi d’écrire, de témoigner, afin que les mensonges d’aujourd’hui ne deviennent les vérités de demain. « La sagesse bamanan enseigne : le mensonge qui s’exprime finit par l’emporter sur la vérité qui se tait » soutiennent-ils, avant de s’interroger si réellement tous les faits relatés sur GMT et son régime sont-ils des vérités. Focus sur le parcours du Général d’armée Moussa Traoré (1<sup>ère</sup> partie).
<ol>
 	<li><strong> Le parcours, du 25 septembre 1936 au 19 novembre 1968</strong></li>
</ol>
Moussa Traoré est natif de Sébétou, village situé à une quinzaine de kilomètres de Kayes. Il a vu le jour le 25 septembre 1936. Son père, Kaba, est un ancien combattant des deux guerres mondiales. En octobre 1944, il est inscrit à l’école régionale de Kayes où il obtient, en 1950, le certificat d’études primaires élémentaires. Son père l’a destiné au métier des armes. Aussi, plutôt que de s’engager pour des études secondaires, il se présente, avec succès, major du Soudan Français, au concours d’entrée à l’Ecole des enfants de troupes de Kati. Il en sort, major de sa promotion.

Avec le grade de sergent-chef, il connaît différentes affectations en Guinée, au Sénégal, en Mauritanie et à Fréjus, souvent comme instructeur. A Fréjus, il se présente au concours d’entrée à l’Ecole de Formation des Officiers Ressortissants des Territoires d’Outre-Mer (EFORTOM). L’établissement recrute à partir des colonies françaises d’Afrique. Moussa Traoré se classe major, aussi bien au concours d’entrée qu’à l’examen de fin d’études.

Survient le 22 septembre 1960, l’indépendance de la République du Mali. Il est mandaté par ses sept compatriotes fréquentant l’établisse pour rédiger la motion de félicitation et de soutien adressée aux congressistes. Das la foulée, ayant à choisir entre continuer à servir sous le drapeau français et l’intégration dans la jeune armée malienne, il choisit la seconde option et retourne au pays natal en même temps que neuf camarades ayant suivi une formation d’officiers en France, sept à Fréjus, deux, à Strasbourg. A leur intention, le général de brigade Abdoulaye Soumaré, Chef d’état-major général (CEMG) de l’armée ouvre un camp d’application à Kati où ils s’exercent sur toutes les armes. L’application terminée, les jeunes sous-officiers, à l’exception de Moussa Traoré, sont répartis entre des commandos autonomes de combat et déployés sur différents camps militaires. Le CEMG aynt pris connaissance des états de service de Moussa Traoré l’affecte à l’Ecole Militaire Interarmes (EMIA) de Kati comme instructeur.

Juin 1962 : en compagnie du capitaine Amara Danfagha, il reçoit l’instruction de se rendre à Conakry y réceptionner des caisses censées contenir des explosifs. Il s’acquitte de la mission et, à sa grande surprise comme à la surprise du capitaine Danfagha, il découvre, à la suite de l’ouverture malencontreuse de quelques caisses, qu’il est, à son insu, convoyeur de billets de banque. En effet, le Mali, ayant décidé de créer sa propre monnaie, venait de faire imprimer des billets de banque en Tchécoslovaquie et le gouvernement s’est proposé de les introduire sur le territoire national dans le plus grand secret en attendant de les mettre en circulation le 1<sup>er</sup> juillet 1962.

Mai 1963 : l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) est créée à Addis Abeba. A l’époque, les Etats africains sont partagés entre deux blocs : celui de Monrovia, favorable à un rapprochement avec l’Occident et celui de Casablanca favorable à un rapprochement avec les pays de l’Est. En marge d’une session de l’assemblée générale de l’organisation, les chefs d’Etat du second groupe se retrouvent en conclave et décident d’apporter un appui en armes et en formation aux combattants d’Afrique centrale et d’Afrique australe.

Le lieutenant Moussa Traoré est désigné pour la mise en œuvre de la décision. En compagnie du lieutenant Ousmane Coulibaly, bravant les dangers inhérents aux incessants bombardements des camps des nationalistes du Congo-Léopoldville, il réussit à rencontrer les forces lumumbistes pour leur remettre des armes et des munitions. Par la suite, un camp d’entraînement est ouvert au Tanganyika. De nouveau, le lieutenant Moussa Traoré est désigné comme instructeur pour initier au maniement des armes les nationales angolais, mozambicains, namibiens et sud-africains.

De retour de mission, il rejoint l’EMIA, à Kati, d’où le mardi 19 novembre 1968, il descendra sur Bamako pour prendre le pouvoir.
<ol>
 	<li><strong> L’accession au pouvoir</strong></li>
</ol>
Donc, l’accession au pouvoir s’est effectuée à la suite d’un coup d’Etat. Cet événement possède des causes, connaît une préparation suivie d’une exécution.
<ol>
 	<li><strong> Les causes du coup d’Etat</strong></li>
</ol>
Dans le second semestre de l’année 1968, Moussa Traoré est frappé par un fait et ne manque pas de se poser la question : comment se fait-il, alors qu’aucune sécheresse n’ait été déplorée, qu’aucune famine n’ait été déclarée, les Maliens soient soumis au rationnement des céréales ? Ce constat, ajouté à d’autres dysfonctionnements le décide à renverser le pouvoir pour opérer le changement.

Les causes du coup d’Etat sont au nombre de cinq : les dissensions au sein de l’US-RDA, le culte de la personnalité, les difficultés économiques, les restrictions apportées aux libertés individuelles, les frustrations dans l’armée.

De sa création en octobre 1946 à août 1967, l’US-RDA a été constamment été secouée par des <strong>dissensions.</strong> Celles-ci sont dues aux divergences entre responsables favorables au Président Mamadou Konaté et responsables favorables au Secrétaire général Modibo Keïta. La seconde tendance finit par l’emporter. Modibo Keïta dissout le Bureau Politique National (BPN). Les députés sont sommés de se démettre. Des structures non prévues par les textes fondamentaux sont créées. Ce sont : le Comité National de Défense de la Révolution (CNDR), la Délégation Législative. S’appuyant sur des jeunes, la plupart dans base, Modibo Keïta déclenche la Révolution active. A l’exception des élus du Nord, tous les responsables de la première heure sont écartés de la gestion politique du pays.

Une telle situation favorise le développement du <strong>culte de la personnalité</strong>. Pionniers et écoliers doivent chanter : « La voix de Modibo a sonné le salut. » Modibo Keïta est surnommé le Président Jigisémé. Il est sacré Guide unique.

Cette situation est née du coup de barre à gauche vigoureusement imprimée à la gestion des affaires publiques. En effet, si la proclamation de l’indépendance de la République du Mali s’est faite dans l’euphorie, celle-ci est vite tombée.

Dès 1962, les <strong>difficultés</strong> <strong>économiques </strong>commencent à se manifester. Des Sociétés et Entreprises d’Etat sont créées. Elles font la fierté du peuple. Mais elles sont loin d’être rentables à l’exception de quelques-unes. Dès mars 1963, Modibo Keïta conclut à leur faillite et à la nécessité d’en supprimer certaines pour restructurer d’autres.

Une monnaie nationale est mise en circulation le 1<sup>er</sup> juillet 1962. Cinq années plus tard, il faut se résoudre à l’abandonner. Des négociations sont entreprises avec la France. Elles aboutissent à la signature des accords monétaires franco-maliens en février 1967. La France garantit le franc malien, le Mali s’engage à prendre les dispositions pour réintégrer l’UEMOA et la zone franc. Modibo Keîta vient de donner satisfaction à l’aile modérée de son parti. Les radicaux ruent dans les brancards. Pour leur donner satisfaction, il déclenche la Révolution active.

Le malaise créé par les difficultés économiques est aggravé par les <strong>restrictions i</strong>mposées aux libertés publiques : obligation de participer aux réunions du parti, obligation de prendre la carte du parti, obligation d’obtenir l’autorisation de sa section pour se rendre à l’étranger, obligation d’être détenteur d’un avis de mouvement pour faire circuler les céréales quelle que soit la distance à parcourir, obligation pout tous les Bamakois de s’acquitter de la prière du vendredi à la Grande Mosquée de Bagadadji, obligation pour certains musulmans de se cacher pour pratiquer leur culte…

Enfin, les <strong>frustrations au sein de l’armée </strong>constituent la dernière cause du coup d’Etat. Modibo Keïta, avec l’assistance du colonel Pinana Drabo et du général Abdoulaye Soumaré a créé l’armée nationale pour s’en écarter à parti de 1964. Pour quelles raisons ? On ne le sait pas exactement. Ce que l’on sait est que le désamour avec l’armée nationale s’accompagne d’un intérêt manifeste pour la Milice du parti, dite Milice populaire, mieux entretenue, mieux équipée que l’armée. Cette situation sera déterminante pour expliquer le ralliement du camp des commandos parachutistes de Djikoroni à la cause du coup d’Etat.
<ol start="2">
 	<li><strong> La préparation du coup d’Etat</strong></li>
</ol>
Le coup d’Etat du 19 novembre est l’œuvre de huit lieutenants avec l’appui d’un adjudant-chef. L’idée de renverser le régime a d’abord germé dans l’esprit de trois lieutenants : Moussa Traoré, Youssouf Traoré, Kissima Doukara. Ils s’en ouvrent à quelques capitaines : Charles samba Sissoko, Yoro Diakité, Abdourahmane Diallo… Les capitaines commencent par hésiter pour finir par se déclarer non partants.

C’est alors que, sur recommandation de Moussa Traoré qui, déjà, fait figure de chef, les trois lieutenants se tournent du côté des sous-officiers. Kissima Doukara prend contact avec l’adjudant-chef Soungalo Samaké, adjoint du commandant du camp des parachutistes de Djikoroni, le capitaine Amara Danfagha. L’adjudant-chef exige la présence du chef pour traiter avec lui. Moussa Traoré fait le déplacement. Soungalo Samaké pose ses conditions, elles sont acceptées. Il se déclare prêt à agir dès qu’instruction lui sera donnée.

Cette étape franchie, Moussa Traoré constitue l’équipe qui sera à la manœuvre le jour J qui n’est pas encore fixé. Ses choix se portent sur certains officiers de la première promotion qu’il a eu à forer à l’EMIA. Ils sont : Filifing Sissoko, Amadou Baba Diarra, Tiékoro Bagayogo, Joseph Mara, Missa Koné.
<ol start="3">
 	<li><strong> L’exécution du coup d’Etat</strong></li>
</ol>
Le lieutenant Moussa Traoré a gardé secret le jour du coup d’Etat. Dans la soirée du lundi 18 mars, aux environs de 18 heures, assis dans son salon, à Kati, il convoque, un à un, les membres de l’équipe qu’il a constituée, les reçoit avec la même phrase : « C’est ce soir, va te préparer : »A minuit, il fait sonner l’alerte. La troupe accourt au lieu de rassemblement. Il lui tient l’allocution suivante : « Ce soir, nous allons prendre le pouvoir, pas pour nous-mêmes, mais pour le bonheur de notre peuple. Etes-vous prêt à me suivre ? » « Mon lieutenant », lui fut-il répondu, « si c’est vous qui êtes à la tête de l’action, nous vous suivront jusqu’au bout. » De joie, un soldat vide son chargeur sur un tronc d’arbre. Les magasins sont ouverts, la troupe s’équipe, s’ébranle vers Bamako pour en occuper les points stratégiques.

Aux membres de l’équipe, il présice ce que chacun doit faire. Les lieutenants Youssouf Traoré et Kissima Doukara sont chargés de mettre hors d’usage les centraux téléphoniques du Dibida et du Point G. Tiékoro Bagayogo et Soungalo Samaké sont chargés de neutraliser les membres de l’état-major de la Milice. Ensuite, Samaké procédera à l’arrestation du ministre délégue chargé de la Défense, Mamadou Diakité, et Filifing Sissoko, à celle du chef d’état-major, le colonel Sékou Traoré. Amadou Baba Diarra est chargé de la supervision du déploiement des blindés dans Bamako.

Tout est exécuté à la lettre, en dépit de quelques anicroches. Les opérations ont débuté à minuit à Kiti, à 2 heures, à Bamako. A 4 heures, tout était terminé sans que la moindre résistance soit observée. A 8 heures, Moussa Traoré donne instruction à Soungalo Samaké de se faire accompagner par Amadou Baba Diarra et Tiékoro Bagayogorendre pour se rendre à Koulikoro où Modibo Keïta, de retour de Mopti, doit débarquer dans le courant de la matinée et l’arrêter avant qu’il ne descende de bateau.

Sur le trajet Koulikoro-Bamako, Soungalo Samaké modifie l’instruction donnée. Arrêter Modibo Keïta à Koulikoro comporte des risques. Aussi, est-ce à Kayo que l’arrestation aura lieu. De cet instant à l’arrivée à la Permanence du Part (aujourd’hui siège du Haut Conseil des Collectivités Territoriales), Modibo Keïta est resté silencieux, tête baissée, dans le BTR où il avait pris place. Une fois arrivé à destination, il s’est trouvé en face de Moussa Traoré. Contrairement à une idée répandue, il n’y a eu nulle négociation entre les deux hommes.

Moussa Traoré s’est limité à donner à Modibo Keïta les raisons du coup d’Etat et à l’informer que des élections seront organisées auxquelles il pourrait, s’il le voulait, participer. Modibo Keïta s’est dit non intéressé par des élections ; ayant vu le jour dans une case, il est prêt à y retourner passer le reste de ses jours. Là prirent fin la rencontre et la la I<sup>ère</sup> République. Aux environs de 13 heures, Moussa Traoré annonce sur les antennes de Radio Mali : « L’heure de la liberté a sonné. L’Armée a pris le pouvoir de l’Etat. » L’annonce provoque dans un premier temps, le scepticisme, tant l’US-RDA était fortement implantée dans le pays. Mais, vite, le scepticisme est dissipé pour céder la place à une formidable explosion de joie que relate, dans les moindres détails, l’historienne Bintou Sanankoua dans son livre <strong>La Chute de Modibo Keïta</strong>. Toutefois, des tentatives de résistance, du fait très isolées, sont notées à Kidal, Koro, Ségou, Bamako, Kayes. Elles sont vite circonscrites avec le concours des populations et des forces de défense et de sécurité ; toutes, sauf celle de Kidal qui aura un dénouement tragique plus que déplorable.

A suivre

<strong>Karamoko Diaoulen Diarra</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>ATT, l’absent le plus présent :   Un héritage à fructifier et à consolider…</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/att-labsent-le-plus-present-un-heritage-a-fructifier-et-a-consolider-3042944.html</link>
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<pubDate>Mon, 13 Nov 2023 01:33:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[10 Novembre 2020-10 novembre 2023 ! Il était une fois ATT, le soldat de la démocratie et le temps de l’héritage politique à porter, 3 ans après.

Le 17 juin 2000, en lançant l’« Appel pour la candidature de ATT » à l’élection présidentielle de 2002 depuis le Sénégal, le Groupe de Dakar avait accompagné cette déclaration d’un texte publié alors sur le site <a href="https://l.facebook.com/l.php?u=http%3A%2F%2Fwww.att2002.net%2F%3Ffbclid%3DIwAR2T6rpwmtu71laQ7Vzzw1r4Ho0Hj9HOtQXPBfHA3_a7kRjk-d4f8babpfo&amp;h=AT33fBVnSsjY4LeCjTc-NegyV5GHEkLL7Fgxa9OJ05XVmBsUaEpoOcpaWf_9JX_IMvTtZMwnOwnZpYSgdWcydDz-8iC2nHjq-PqR-c2f76gliB4xg8mFFkzScYXpi0xVitLM&amp;__tn__=-UK-R&amp;c%5b0%5d=AT2wZuDQjXiOuSqCWwcr8UQovBR47sP-oasoShu7T87M54sK3g9y3E7huIU93eRyEf3xGQ7-TWu81O0VzjU4Q0F2oXOir9Pd2OTSUmMQsZL8wNRbn_lCSikI2IDPwka_mOvXv8AF-tBjjkhSM1eH8g4KccQv_a4WxRHYTlq2BDRKXVpWx63w">www.att2002.net</a> et intitulé « Le Soldat de la démocratie ».

Ce document a fait recette dans tous les sens du terme, au propre comme au figuré, parce qu’il correspondait en réalité aux dimensions politiques et sociales de l’homme.

Le Mouvement Citoyen a porté ladite candidature en 2002. ATT fût dix ans plus tôt de l’avis unanime des observateurs, celui qui aura dirigé la transition démocratique la moins conflictuelle et la plus réussie en Afrique en particulier au Mali.

Dans ses confidences à un journal panafricain le Général ATT expliquait déjà en 1992, les raisons de son départ du pouvoir après la Transition en ces termes : « … si j'étais resté, j'aurais triché. Si je m'étais présenté aux premières élections, j'aurais faussé le jeu. » Cette prise de position sur l'arbitre d'une transition révèle chez lui, selon la presse internationale qui le comparait à Nelson Mandela, une profonde conviction démocratique.

Candidat à un second mandat en 2007, sa candidature était portée par l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) et le Mouvement Citoyen. Celle-ci était composée au départ de 14 partis politiques : l’Adéma-Pasj; le Bdia ; le CNID ; le Miria ; le MPR ; le PCR ; le PDR ; le PIDS ; le PDP ; le RND ; l’UDD ; l'UMP ; l’URD et l’Us-Rda.

Plus tard, 19 partis autres ont rejoint l’Alliance : ADES, AMAT, ANC, CNDR, FAMA, PDP, PUDP, RAMAT,UDF, PDJ, LJS, PLM,TDS, FSP, PDCI, MDD, PMPS, PARISA et PECSAM.

Ce qui pourrait faire sourire certains aujourd’hui, au cours de cette campagne, le candidat ATT avait comme porte-parole : Dr Choguel Kokala Maiga (MPR), Me Mountaga Tall (CNID), M. Souleymane KONE (Mouvement Citoyen et Président de la Commission Maliens de l’Extérieur), Prof. Tièmoko Sangaré (ADEMA-PASJ).

On s'attendait à ce que l'élection de ATT, sonne le retour du peuple malien dans la politique tellement le champ électorale avait été boudé par les citoyens depuis la naissance de la démocratie.

Les associations et le mouvement social que d’aucuns avaient voulu en exclurent étaient largement présentes, aux côtés du Mouvement Citoyen, dans cette campagne et y ont largement contribué à la victoire du candidat ATT.

Le Combat de Amadou Toumani Touré pour la démocratie a une histoire. Au temps fort de la dictature du parti unique, ATT fût, en raison de ses convictions patriotiques et démocratiques, parmi les rares officiers de l'armée à <em>« se tenir sur le pas de la porte alors que nombre de ses compagnons d'armes goûtaient aux délices d'un pouvoir corrompu »</em>.

Responsable du camp para, il a vu passer presque tous les grands détenus politiques de l’époque dans ses services mais avec cette note significative, qu'il a personnellement tout fait pour faire respecter leur dignité d'homme.

Il a été incontestablement à la base de la naissance dans les années 80, de ce qu'on peut appeler un mouvement démocratique au sein de l'armée. Un mouvement qui cherchait alors une adhésion populaire à tout projet de changement politique dans le pays.

C'est le Mouvement démocratique de 1990 à 1991 qui a favorisé les conditions de maturation de cette adhésion populaire au changement intervenu le 26 Mars 1991.

Pour un témoignage à titre indicatif, lorsqu’en 1986, je fus invité par le capitaine Thomas Sankara à l’occasion des festivités du 4 Aout, date anniversaire de la révolution du Burkina Faso, j’étais porteur d’un message du Professeur Ibrahima Ly demandant au capitaine d’aider la révolution malienne à s’organiser.

Après une longue discussion, le Président du Faso me fit comprendre sans détour, qu’il ne pouvait pas nous aider, parce que nous étions faibles et très divisés.

Mais, il me confia qu’il y a deux officiers qui portent le destin révolutionnaire du Mali. Il me donna les noms de Lamine Diabira et de Amadou Toumani Touré en précisant que ce dernier était un béret rouge comme lui-même.

Aujourd’hui, il convient non seulement de restituer à ATT son statut historique de rassembleur et d’homme de paix, mais également de fructifier et surtout de consolider son héritage fait de patriotisme.

En effet, ce titre lui revient de droit dans l’histoire politique de notre pays. On doit aussi lui attribuer l’esprit du 26 mars qu’il incarne plus que tout autre acteur dans la classe politique.

Certes, le combat pour l'instauration de la démocratie a été l'œuvre de la convergence de tous les efforts de 23 ans, qui ont abouti au changement intervenu le 26 mars 1991, mais il y a pris une place déterminante.

La classe politique dans ses différentes composantes lui reconnaissait d’ailleurs ce rôle. C’est pourquoi elle avait, de façon unanime, proposé ATT comme médiateur lors de la crise grave politique née des élections générales de 1997.

Dès son retour au pouvoir en juin 2002, il instaura le consensus politique comme modèle de gestion partagée du pouvoir. Il s’agissait là de promouvoir la gestion solidaire des grands problèmes de la Nation.

En fait, s’il y a un trait spécifique dans la démarche politique de ATT c’est bien la recherche du consensus. Celle-ci apparaît comme ce qu’il y a de plus constant dans sa gestion du pouvoir, depuis la transition démocratique de 1991.

Le concentré de cette démarche se trouvait dans son slogan de campagne de 2002: « Retrouvons ce qui nous unit ». C’est un fait que ce modèle de la démocratie consensuelle avait pris les contours de la touche ATT, mais le consensus est l’essence même de la culture traditionnelle politique dans la société de notre pays.

Ce trait de notre vie politique mérite d’être valorisé à présent par tous ceux qui ont à cœur la stabilité du pays. Ce qui impose de notre part la volonté d’entreprendre des démarches appropriées en vue de la Construction d’une convergence citoyenne autour des questions majeures de la Nation.

En effet, investis dans des partis politiques, des associations, des collectifs, des organisations politiques ou syndicales, nos itinéraires et nos combats sont certes divers, mais ils ont été et devront rester davantage convergents par les valeurs empreintes de solidarité et les espoirs que portent la vision et les ambitions pour un Mali rassemblé et mobilisé pour la paix et la solidarité.

Car notre adversaire commun aujourd’hui, ce sont les velléités de domination de l’extérieur, c’est aussi et surtout le laxisme, la corruption, le chômage des jeunes, l’instabilité politique et sociale, les agressions contre les droits des femmes et des enfants, contre notre environnement malsain et nos cultures d’indiscipline etc. En somme, ce sont toutes les formes d’exclusion dont sont victimes les femmes et les hommes de notre pays.

Par les œuvres sociales de la Fondation pour l’Enfance qui porte admirablement son nom aujourd’hui, ATT a cherché à toutes les étapes de sa vie politique à lutter contre l’exclusion.

Depuis plusieurs années dans notre pays, des femmes et des hommes de plus en plus nombreux, portent avec force l’espoir, l’urgence et la possibilité d’un autre Mali. Ensemble, à travers les combats individuels et/ou collectifs et les réflexions, à travers les solidarités que nous tissons, que nous dessinons dans la diversité des pratiques citoyennes, nous devrons travailler pour libérer notre société de ses tares.

Mais, la force sociale et politique en mesure de mener au bout les initiatives populaires et d’arracher de nouvelles conquêtes et de nouveaux droits reste à construire. Elle est celle qui doit refuser l’enfermement des citoyens dans des clichés. Il nous faut véritablement reconstruire et transformer notre classe politique pour changer notre société.

C’est à cette construction qui tenait à cœur ATT, que nous voulons travailler ensemble. Pour cela, il nous faut rassembler des forces, des engagements, des expériences aujourd’hui dispersés. Cela est possible autour des projets partagés qui auront pour objectif d’assurer à chacun le droit à une existence digne, l’exercice démocratique du pouvoir, l’égalité des droits et des chances.

Pour ce faire, il nous faut surmonter la coupure paralysante entre ce qu’il est convenu d’appeler le mouvement social et la politique et renouveler les formes et les objectifs des forces de transformation sociales et politiques.

C’est de cette mobilisation démocratique permanente, du partage des expériences les plus diverses que dépendent la force et la pertinence du projet d’alternative que constituait le message du consensus politique de ATT.]]> </content:encoded>
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<title>10 novembre 2020 : Le jour où nous quittait le soldat de la démocratie malienne :  Ce qu&amp;apos;Amadou Toumani Touré a légué à la postérité</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/10-novembre-2020-le-jour-ou-nous-quittait-le-soldat-de-la-democratie-malienne-ce-quamadou-toumani-toure-a-legue-a-la-posterite-3042827.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 11 Nov 2023 01:48:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Si la date du 19 novembre est marquée d'une pierre noire dans l'histoire politique du Mali avec le premier coup d'Etat qui a renversé le père de la Nation et premier président du Mali indépendant, Modibo Kéita, en 1968, celle du 10 novembre restera aussi à jamais un repère sombre de la vie politique du pays de Soundiata Kéita avec le décès, en 2010, d'Amadou Toumani Touré, quatrième président de la République du Mali, père, chantre et soldat de la démocratie malienne. En ce vendredi saint 10 novembre 2023, jour anniversaire de sa disparition, rendre un hommage à ATT est un devoir citoyen ; rappeler son vécu d'homme d'Etat est un acte républicain auquel nous sacrifions.</em></strong>

<strong>Mardi 10 novembre 2020</strong>, peu après la prière du Fajr <strong>(5 h 30-6 h)</strong>, la nation malienne se réveillait avec la triste nouvelle du décès, à Istanbul, en Turquie, de son ancien président, Amadou Toumani Touré dit ATT, six jours après son 72e anniversaire de naissance. Terrible scénario pour un pays qui avait perdu, moins de deux mois plus tôt, le 15 septembre, cet autre ancien président, en la personne du général Moussa Traoré.

<strong>10 novembre 2023 : Journée </strong><strong>du souvenir</strong>

<img class="aligncenter size-full wp-image-3042800" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/11/ATT-Alpha.jpg" alt="" width="650" height="457" />Deuil, tristesse, compassion et signature du livre de condoléances au plan national, messages de condoléances à l'échelle mondiale. Le ballet au domicile du défunt aura duré une semaine au bout de laquelle le Mali tout entier dit adieu à ATT à travers des obsèques nationales organisées le mardi 17 novembre 2020 au Génie militaire Base A. Y ont pris part le président de la Transition de l'époque, Bah N'Daw et le vice-président, le colonel Assimi Goïta. Plusieurs autres autorités nationales, dont le Premier ministre Moctar Ouane, étaient présentes aux obsèques nationales. L'on notait aussi la présence de la famille de l'illustre disparu, dont son épouse Mme Touré Lobbo Traoré, ancienne première Dame du Mali, ainsi que deux anciens chefs d'Etat du Mali : Alpha Oumar Konaré et Dioncounda Traoré.

La cérémonie a été marquée, entre autres, par la lecture de l'oraison funèbre, la présentation des condoléances du chef de l'Etat, Bah N'Daw, présentées par le Grand chancelier des ordres nationaux, le général Amadou Sagafourou Guèye, les défilés des troupes terrestres, le témoignage de la famille et des proches du défunt et la prière funéraire. Amadou Toumani Touré repose pour l'éternité au cimetière de Hamdallaye.

<img class="aligncenter size-full wp-image-3042803" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/11/funerailles-ATT.jpg" alt="" width="650" height="799" />Pour ce vendredi 10 novembre 2023, 3e anniversaire de la disparition d'ATT, sa famille a voulu juste sacrifier au rituel par une séance de lecture de Coran au domicile du défunt en milieu d'après-midi. Dans la journée, il est prévu l'inauguration du lycée Public Amadou Toumani Touré de Mopti, en présence du représentant de Mme Touré Lobbo Traoré, en la personne de Mangal Traoré, ancien secrétaire particulier du président ATT. Mais déjà, ces deux activités ont été précédées, avant-hier mercredi 8 novembre à 10 h, par une cérémonie de remise de dons à la Fondation Amadou Toumani Touré pour l'Enfance (lire notre article).

<strong>Les traits d'un homme d'Etat  </strong><strong>qui a marqué son temps</strong>

Après avoir passé 11 ans à la tête du Mali, soit 132 mois ou encore 528 semaines, en qualité de  chef d'Etat (26 mars 1991-8 juin 1992), puis de président de la République du Mali (8 juin 2002-8 avril 2012), Amadou Toumani Touré fut ce grand homme d'Etat inoubliable et qui restera à jamais gravé dans la mémoire et le cœur de ses compatriotes. Les raisons ? La gestion imprimée au pouvoir, le modèle de gestion politique conçu et imposé, les actes posés qui ont impacté la vie des populations, les acquis de tous genres légués à la postérité. Autres atouts favorables : son sens du patriotisme, sa gestion concertée du pouvoir et sa gestion pacifique des conflits, mais aussi et surtout, la recherche perpétuelle de la paix par le dialogue, le compromis, les concessions et tous moyens pacifiques.

La transition démocratique malienne est indissociable de la vie d'ATT, mais l'enfant de Mopti fut aussi un vaillant soldat, un humaniste, un médiateur et un politique qui a fait ses preuves dans la gestion des affaires de l'Etat. Son premier contact avec le pouvoir suprême date du 26 mars 1991 avec la déposition du général Moussa Traoré, acte qui parachevait une révolution déclenchée par les associations du Mouvement démocratique. Désigné président du Comité de réconciliation nationale (CRN, 26 mars) et du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP, 29 mars), Amadou Toumani Touré conduit la Transition malienne jusqu'au 8 juin 1992.

Cette période a été d'abord marquée par la tenue, du 29 juillet au 12 août 1991, de la Conférence nationale qui produira la Constitution du 25 février 1992, le code électoral, la charte des partis, l'Etat de la nation.

Ensuite, le calendrier des échéances électorales pour la mise en place des institutions de la IIIe République a été respecté comme arrêté : le 12 janvier 1992, référendum constitutionnel ; le 19 janvier 1992, élections municipales ; le 23 février 1992 et le 8 mars 1992, 1er et 2è tours des élections législatives, et les 12 et 26 avril 1992, 1er et 2e tours de l'élection présidentielle.

Enfin, la signature, le 11 avril 1992 à Bamako, du Pacte national, consacrant le règlement du conflit du Nord du Mali (déclenché en juin 1990), occupe une place de choix parmi les acquis de la Transition de 1991, au terme de laquelle le chef de l'Etat, Amadou Toumani Touré, remet le pouvoir aux civils, plus précisément à Alpha Oumar Konaré, conformément à ses engagements pris le 26 mars 1991.

<strong>Retour aux affaires…par les urnes</strong>

Après une dizaine d'années (1992-2001) passées à lutter contre la dracunculose (ver de Guinée) au Mali et à sillonner l'Afrique à la recherche de la paix, Amadou Toumani Touré se lance dans la politique pour briguer la magistrature suprême.

Le 1er septembre 2001, il demande et obtient sa mise à la retraite anticipée de l'Armée pour se lancer dans la politique. Candidat indépendant, il déclare sa candidature le 10 mars 2002 à Sikasso et est élu président de la République le 24 mai 2002, avec 64,35 % des voix au second tour, pour un premier mandat de cinq ans. Il est investi le 8 juin. Et réélu dès le premier tour le 29 avril 2007 avec 71,20 %.

C'est dans sa vie d'homme politique que le président Amadou Toumani Touré a le plus étonné, avec ses idées, ses concepts, ses méthodes et, bien sûr, ses réalisations.

Enumérer les initiatives et réalisations du président Touré relève de la gageure, mais durant ses mandats, le quatrième président du Mali a posé des actes forts dont certains méritent une attention de nos fidèles lecteurs.

Le consensus politique, la consolidation de la démocratie avec l'engagement des réformes institutionnelles, le respect des libertés individuelles, la gestion pacifique de la crise du Nord, etc. sont autant d'actes politiques qui ont été extrêmement déterminants dans la vie de la nation, la paix et la quiétude sociales au Mali.

Le plus grand acquis des mandats du président de la République Amadou Toumani Touré, c'est, sans doute, sa méthode atypique de gestion politique du pouvoir ; une méthode qui a permis au peuple malien de retrouver son unité et sa cohésion interne indispensables pour pouvoir faire face aux défis du développement.

Arrivé au pouvoir en 2002 sous aucune couverture de parti, Amadou Toumani Touré a été d'emblée inspiré de <strong>"partager le pouvoir"</strong> dans un cadre de gestion concertée et consensuelle, c'est-à-dire impliquer toutes les sensibilités aux affaires. Son slogan de campagne de 2002 : <strong>"Retrouvons ce qui nous unit" </strong>a profondément touché le peuple malien, qui l'a élu sur la base de ce message. Une fois élu, le président de la République a mis en pratique cette vision qui lui a permis de réunir, autour de sa personne et de son projet, toutes les composantes et forces politiques et sociales que compte le Mali.

Il a fait en sorte que chaque Malien se sente citoyen à part entière, avec les mêmes droits et obligations. Il a mis autour d'une même table, autour de sa personne, des hommes et des formations politiques qui, quelques mois seulement avant son élection, ne parlaient pas le même langage, ni ne regardaient dans la même direction.

Par rapport à la crise du Nord, le président ATT a toujours mis en avant le dialogue, parce qu'étant un général d'armée, rompu au métier de la guerre, il connaissait plus que quiconque les conséquences (sociales, militaires, économiques…) de la gestion d'un conflit déjà enclenché. Il fallait donc, coûte que coûte, éviter d'entraîner le Mali dans un engrenage.

<strong>Kyrielle d'acquis solides</strong>

Durant ses dix ans de règne démocratique, ATT a posé d'autres actes et actions qui marquent encore la vie nationale. La création, le 25 août 2003, du Bureau du Vérificateur général, modèle canadien, est l'un de ceux-ci. Aussitôt intronisé, ATT a initié le Programme des logements sociaux afin de permettre aux Maliens aux revenus faibles d'avoir leur propre toit.

Le 4 décembre 2005, la Loi d'orientation agricole (Loa) est lancée par ATT. Le 6 février 2010, Amadou Toumani Touré procède au lancement des travaux du barrage de Taoussa d'un coût global de 130 milliards de F CFA. 139 000 hectares de périmètres agricoles devaient être aménagés en vue d'augmenter les revenus des populations, et d'assurer l'autosuffisance et la sécurité alimentaires.

Le 25 octobre 2010, ATT lance les travaux de construction de l'autoroute Bamako-Ségou d'un coût global de 182 milliards de F CFA. Ces deux projets constituent les plus importants jamais réalisés dans les secteurs agricole et routier au Mali.

Citons également l'Echangeur multiple de Bamako, le Pont de l'Amitié Mali-Chine ou 3e pont de Bamako et la réalisation de plusieurs routes, ponts et chaussées à l'intérieur du pays.

Aussi, nous retenons d'Amadou Toumani Touré qu'il est le père de l'Assurance maladie obligatoire (Amo), régime dont lui-même confiait à qui veut l'entendre qu'il est sa plus grande satisfaction.

Enfin, au lendemain du coup d'Etat de mars 2012, sa démission de ses fonctions de président de la République pour permettre le retour à l'ordre constitutionnel exigé par la Cédéao. Un acte fort !

<strong><em>"Mon devoir, comme je l'ai dit lorsque je m'impliquais il y a vingt-deux ans, jeune officier, c'est le Mali que je voulais aider. En me présentant en 2002, comme candidat à l'élection présidentielle, c'est encore le Mali qui a inspiré ma décision. Je pensais que la petite expérience que j'ai vécue pouvait aider à soutenir ce pays. </em></strong>

<strong><em>Dans le cadre de la recherche de solution, je pense que la décision prise par la Cédéao et la communauté internationale est la meilleure. J'ai décidé de vous remettre ma lettre de démission, que vous allez remettre aux autorités compétentes pour permettre l'exercice plein et entier des dispositions de notre article 36. Il faut que le Mali reste dans les dispositions de sa Constitution de février 1992. Je pense que c'est tout à fait normal, je le fais sans pression, (…) de bonne foi (…), surtout pour l'amour que j'ai pour ce pays",</em></strong> avait écrit ATT, le démocrate, pour marquer la fin de son ère et faire ses adieux aux Maliens.

<strong>De Mopti à l'EN Sec, de l'Emia à Riazan, de Paris à Koulouba</strong>

Amadou Toumani Touré est né le 4 novembre 1948 à Mopti où il grandit dans le quartier Wayinkoré. Il confie aux biographes qu'il garde de la Venise malienne le souvenir de tous ces petits métiers auxquels il s'adonnait : couture, élevage, pêche (au filet et à la ligne), labour, négoce. Et football. Il fit son cycle fondamental à Mopti, Tombouctou, Bandiagara ; avant de poursuivre ses études à l'Ecole normale secondaire de Badalabougou (EN Sec), à Bamako, d'où il décroche, en 1969, son diplôme en lettres histoire-géographie qui le destine tout droit à la profession d'enseignant à l'instar de beaucoup de ses camarades de promotion qui sont aujourd'hui des professeurs d'enseignement supérieur. Mais, la même année, sa carrière professionnelle va connaître un virage à 90° vers le métier des armes. En effet, quand un jour, il apprend qu'on recrute pour l'Ecole militaire interarmes (Emia) de Kati, il se présente et fut admis.

Le nouvel élève officier de l'Emia de Kati commence sa formation en 1969. Il sort en 1972 avec le grade de sous-lieutenant. Avide de connaissances, il suivra toute une série d'études et de formations durant sa carrière. Notamment à l'Ecole supérieure des troupes aéroportées à Riazan en URSS (1974-1975), au Centre national d'entraînement commando (CNEC) à Mont Louis en France (1978), à l'Ecole supérieure de guerre interarmes (17e promotion) à Paris en France (1989-1990) et au Cours supérieur interarmes (42e promotion) à Paris en France (1990).

De toutes ces étapes, Amadou Toumani Touré aimait laisser entendre qu'il garde des souvenirs mémorables de son séjour à Riazan qui fut une étape importante dans sa formation militaire. Car, c'est une des plus grandes écoles de parachutisme au monde, d'où sont sortis le général Lebed et la plupart des généraux soviétiques sont des produits de Riazan. ATT y a fait un cours supérieur de commandant de compagnie, de chef de bataillon et de saut en parachute.

Au titre des promotions en grades, après celui de sous-lieutenant, Amadou Toumani Touré est successivement promu lieutenant le 1er octobre 1974, capitaine le 1er octobre 1978, chef de bataillon le 1er janvier 1984, lieutenant-colonel le 1er octobre 1988, général de brigade le 8 juin 1992, et général d'armée le 1er octobre 1996.

Il est nommé commandant de la garde présidentielle, du 28 avril 1981 au 30 mars 1984. Le commandement du bataillon des paras commandos lui est confié par deux fois, en janvier 1984, puis le 14 mars 1991. Le 26 mars 1991…, vous connaissez la suite !

<strong>                     El Hadj A.B. HAIDARA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mali: Chronologie du conflit dans le nord du pays (suite et fin)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mali-chronologie-du-conflit-dans-le-nord-du-pays-suite-et-fin-3039609.html</link>
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<pubDate>Mon, 16 Oct 2023 07:09:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Peut-on définir le terrorisme comme une «Tactique d’emploi de la violence (sabotages, attentats, assassinats, enlèvements, prise d’otages ...) à des fins politiques, pour déstabiliser et frapper massivement l’opinion publique et les États concernés. Le terrorisme peut être le fait d’individus ou de groupes non-étatiques en lutte contre un régime politique, mais également constituer un mode de gouvernement par la terreur; il s’agit alors de terrorisme d’État».</strong>

<strong>La France accusée à tort ou à raison</strong>

<strong>En 1968</strong>: Le régime de Modibo Keïta est renversé par le Lieutenant Moussa Traoré. Le franc malien est amarré au Franc français, le taux était 1 franc français contre 100 francs maliens, 1 franc CFA contre 2 FM  le courant passe bien entre Paris et Bamako.

<strong>En 1984</strong>: Contraint de retourner au franc CFA.

Le <strong>franc malien</strong> a été la monnaie du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mali">Mali</a> entre le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1er_juillet">1<sup>er</sup> juillet</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1962">1962</a> et le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1er_juillet">1<sup>er</sup> juillet</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1984">1984</a>, remplaçant le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Franc_CFA">franc CFA</a> pendant cette période.

Monnaie non convertible, de valeur initiale égale à celle d'un franc CFA, le <em>franc malien</em> a été dévalué dès <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1963">1963</a>. Une nouvelle dévaluation a eu lieu le 6 mai 1967.

Bien que seule monnaie officielle du pays, le Mali affirmait ne pas quitter la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_franc">zone franche</a> lorsqu'il créa cette monnaie, et <em>de facto</em> ce fût le cas.

Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_des_prix_%C3%A0_la_consommation">taux d'inflation</a> au Mali atteignant les 25% en 1984, le pays ré-adopte le franc CFA. Selon nos informations, de vrais faux billets avaient été massivement introduits dans le circuit financier malien, dans le but de saboter l’économie.

En effet, Moussa Traoré avait déclaré son désir d’aller à l’école japonaise, toute chose que Paris n’avait pas appréciée. Les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pi%C3%A8ce_de_monnaie">pièces</a> et les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Billet_de_banque">billets</a> du franc malien étaient produits en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tch%C3%A9coslovaquie">Tchécoslovaquie</a>.

<strong>1984-85</strong>: La pire sécheresse qu’ait connue le pays en dix (10) ans a de très importantes conséquences pour les communautés pastorales et l’économie rurale du Nord. De nouvelles troubles ont éclaté et exode des populations nomades vers la Lybie.

<strong>1990</strong>: Discours de la Baule; il a été prononcé par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9sident_de_la_R%C3%A9publique_fran%C3%A7aise">président de la République française</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Mitterrand">François Mitterrand</a>, le 20 juin 1990, dans le cadre de la 16<sup>ème</sup> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sommets_France-Afrique">Conférence des chefs d’État d’Afrique et de France</a> à laquelle étaient invités trente-sept (37) pays africains et qui s'est déroulée dans la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Commune_(France)">commune française</a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Baule-Escoublac">La Baule.</a>

Alors que les relations de l'Afrique avec le bloc de l'Ouest étaient fondées, dans le contexte de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_froide">guerre froide</a>, sur la préservation des régimes anti-communistes et la sécurisation des approvisionnements, en général sans réelle considération pour le respect des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_de_l%27homme">droits Humains</a> et de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mocratie">démocratie</a> par ces derniers, le discours de La Baule invite les pays d'Afrique à lancer un processus de démocratisation sous peine, dans le cas contraire, d'être privés du soutien du Nord. Refus de Moussa Traoré et de nouvelles troubles éclatent à Bamako (politique) et à Kidal  (séparatistes armés).

Le coup d'État de 1991 au Mali a lieu le 26 mars 1991 au Mali et aboutit au renversement de Moussa Traoré, au pouvoir depuis vingt-trois (23) ans, et à la mise en place du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP), présidé par Amadou Toumani Touré, jusqu'au 8 juin 1992.

<strong>1992</strong>: Alpha Oumar Konaré est élu avec les bénédictions de la Fondation Fondée en 1986 par M<sup>me</sup> Danielle Mitterrand, France Libertés est une Fondation reconnue d’utilité publique, à but non lucratif, et dotée du statut consultatif auprès du Conseil Économique et Social des Nations Unies depuis 1991.

La Fondation Danielle Mitterrand est un acteur du mouvement de solidarité internationale. La Fondation a pour objet de construire un monde plus juste et plus solidaire dans lequel chacun puisse exercer sa liberté dans le respect de l’autre. Les principaux domaines d’action de France Libertés sont la défense du droit des peuples à disposer de leurs richesses et le droit d’accès à l’eau en tant que bien commun de l’humanité.

Alpha Oumar Konaré est le seul Président à avoir terminé ses deux (02) mandats depuis 1992 au Mali.

Son successeur Amadou Toumani Touré  est renversé à seulement deux (02) mois de la fin de son deuxième et dernier mandat. (1992-2012).

L'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Forces_arm%C3%A9es_et_de_s%C3%A9curit%C3%A9_du_Mali">armée malienne</a> est engagée depuis le 17 janvier 2012 dans une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Mali">guerre</a> dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Azawad">Nord du pays</a> déclenchée par la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_touar%C3%A8gue_de_2012">rébellion touarègue de 2012</a>, menée par les insurgés <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Touaregs">touaregs</a> du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_national_pour_la_lib%C3%A9ration_de_l%27Azawad">Mouvement national pour la libération de l'Azawad</a> et les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Djihadisme">djihadistes</a> d'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ansar_Dine">Ansar Dine</a>. L'armée subit plusieurs revers, elle souffre d'un manque de moyens par rapport aux <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Touareg">Touaregs</a> qui bénéficient d'un important matériel et d'armes lourdes récupérées à la suite de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_libyenne_de_2011">chute de Kadhafi</a> en 2011. Le moral des troupes est au plus bas, les officiers supérieurs sont soupçonnés de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9potisme">népotisme</a>, de favoritisme et de corruption, de détourner l'argent destiné à l'équipement militaire alors que le salaire d'un soldat de base est de 40 000 francs CFA par mois.

<strong>Fin janvier et début février</strong>, des manifestations de femmes de militaires réclament des «<strong>munitions pour leurs hommes</strong>». À un mois d'échéance des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_malienne_de_2013">élections présidentielles</a>, l'autorité du président de la République <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amadou_Toumani_Tour%C3%A9">Amadou Toumani Touré</a>, qui a annoncé qu'il ne se représenterait pas, est remise en cause.

Ibrahim Boubacar Keïta Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat"><strong>coup d'État</strong></a><strong> de 2020 au Mali</strong> est perpétré par les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Forces_arm%C3%A9es_maliennes">forces armées maliennes</a> le 18 août 2020. Il démarre au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_militaire_Soundiata-Ke%C3%AFta_(Mali)">camp militaire Soundiata-Keïta</a> situé à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kati_(ville)">Kati</a>, une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ville">ville</a> située à 15 kilomètres au nord de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bamako">Bamako</a>, la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Capitale">capitale</a> du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mali">Mali</a>. Il aboutit au renversement du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pr%C3%A9sidents_du_Mali">président de la République</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahim_Boubacar_Ke%C3%AFta">Ibrahim Boubacar Keïta</a>, au pouvoir depuis <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2013">2013</a>.

Le coup d’État a lieu alors que le Mali est embourbé dans une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Mali">guerre</a>, avec de très nombreuses violences terroristes et interethniques, depuis 2012. La base de Kati est le lieu de départ du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_2012_au_Mali">coup d'État de 2012</a> et de celui de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_1968_au_Mali">1968</a>. Des tensions entre le président <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahim_Boubacar_Ke%C3%AFta">Ibrahim Boubacar Keïta</a> et l'armée étaient apparues fin 2019, après une série de combats et d'attaques contre l'armée faisant de très nombreuses victimes militaires, notamment l'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Attaque_d%27Indelimane">attaque d'Indelimane</a>, où quarante-neuf (49) soldats maliens sont morts. La réaction du président Keïta, qui s'était contenté de quelques déclarations, avait alors été jugée insuffisante par les militaires.

<strong> </strong><strong>La MINUSMA était déjà dans le plan français</strong>

<strong>Une délégation de rebelles touareg reçue au Quai d'Orsay</strong>

Une délégation de rebelles touareg du MNLA est reçue le jeudi, 22 novembre 2012 à Paris au ministère des Affaires étrangères. Les parties évoquent la résolution du conflit dans le nord du Mali, occupé par des groupes islamistes armés qui avaient notamment chassé les Touareg.

Cette rencontre officielle avec des «<strong>hauts fonctionnaires</strong>» du ministère aura lieu à la demande du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) dont une délégation est arrivée mercredi 21/11/2012 dans la capitale française.
Elle survient alors que Paris est en pointe dans les préparatifs d'une force armée internationale, composée de soldats africains et soutenue par les Occidentaux, devant intervenir avec l'aval de l'Organisation des Nations unies (ONU) dans le nord du Mali pour en chasser les groupes armés islamistes. Ces groupes, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Ansar Dine et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) contrôlent totalement la partie nord du Mali depuis la fin juin, après en avoir chassé les touaregs du MNLA. Le MNLA s'est jusqu'ici opposé au déploiement d'une force internationale, assurant être en mesure de «<strong>faire le travail</strong>» lui-même, avec l'appui logistique des occidentaux.

<strong>«Feu vert début décembre» pour une intervention militaire</strong>

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a indiqué jeudi (22/11/2012) matin que l'ONU allait «<strong>donner son feu vert début décembre</strong>» à une intervention armée dans le nord du Mali. Mais, a-t-il rappelé, «<strong>il faut d'abord reconstituer les forces maliennes et que les pays voisins fournissent des éléments. C'est une affaire qui relève d'abord des Africains</strong>».
Selon Philippe Lalliot, «<strong>le dialogue que soutient la communauté internationale ne peut être envisagé qu'avec les groupes qui renoncent à la violence et acceptent l'intégrité territoriale du Mali</strong>». «<strong>L'établissement d'un dialogue entre les autorités de Bamako et les groupes non-terroristes du Nord Mali est urgent, au moment où le Conseil de Sécurité des Nations unies, à la demande de l'Union africaine, s'apprête à autoriser le déploiement d'une force africaine</strong>», a déclaré le porte-parole français. «<strong>Cette rencontre sera pour nous l'occasion de rappeler au MNLA la part d'effort qu'il doit effectuer, en renonçant à sa revendication d'indépendance, pour que la paix soit durablement rétablie au Mali</strong>», a-t-il ajouté.

<strong>Naissance du MNLA le 16 octobre 2011</strong>

Le Mouvement national de l'Azawad (MNA), créé en novembre 2010 et qui se définit comme «<strong>une organisation politique de l’Azawad qui défend et valorise la politique pacifique pour atteindre les objectifs légitimes pour recouvrer tous les droits historiques spoliés du peuple de l’Azawad</strong>», et le Mouvement touareg du Nord-Mali (MTNM), mouvement responsable de rébellions de 2006 à 2009, fusionnent le 16 octobre 2011 pour créer le MNLA. Plusieurs groupes d'ex-rebelles <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Touaregs">touaregs</a> ayant fui le Mali dans les années 1990 pour s'engager dans l'armée libyenne de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouammar_Kadhafi">Mouammar Kadhafi</a> se sont joints au mouvement à la suite de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_guerre_civile_libyenne">chute du régime libyen en 2011</a>. Ils ont apporté avec eux un grand nombre d'armes, réactivant le conflit pour l’autodétermination de l'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Azawad">Azawad</a>.

Malgré sa volonté de rassembler l'ensemble des communautés de l'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Azawad">Azawad</a>, le MNLA ne fédère véritablement que quelques tribus <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Touaregs">touarègues</a>, surtout dans l'Est et au nord-est du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mali">Mali</a>; principalement les <a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Idnanes&amp;action=edit&amp;redlink=1">Idnanes</a>, les <a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Imididaghanes&amp;action=edit&amp;redlink=1">Imididaghanes</a>, les <a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Chamanamasses&amp;action=edit&amp;redlink=1">Chamanamasses</a>, les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Daoussahak">Daoussahaks</a>, et une partie des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ifoghas">Ifoghas</a>. Très peu d'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arabes">Arabes</a>, de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Peuls">Peuls</a> et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Songha%C3%AF_(peuple)">Songhaï</a> rejoignent le mouvement.

<strong>Compilé par: </strong><strong>A.K. DRAMÉ, journaliste freelance</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mali: Chronologie du conflit dans le nord du pays</title>
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<pubDate>Mon, 09 Oct 2023 07:09:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Peut-on définir le terrorisme comme une «<strong><em>Tactique d’emploi de la violence (sabotages, attentats, assassinats, enlèvements, prise d’otages ...) à des fins politiques, pour déstabiliser et frapper massivement l’opinion publique et les États concernés. Le terrorisme peut être le fait d’individus ou de groupes non-étatiques en lutte contre un régime politique, mais également constituer un mode de gouvernement par la terreur; il s’agit alors de terrorisme d’État».</em></strong>

Toute tentative de définition du terrorisme soulève invariablement des débats car elle pose la question de la violence légitime et du droit à la résistance d’une part, et de l’illégitimité de la violence étatique de l’autre. L’appellation «<strong>terroriste</strong>» utilisée par les États, les institutions ou les partis politiques est hautement péjorative, et toujours contestée par ceux qu’elle désigne ainsi comme (individus ou) groupes ennemis.

Après l’échec des rébellions sécessionnistes menées par les Touaregs pendant des décennies, un groupe séparatiste, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), a déclaré la fin des opérations militaires dans le nord du Mali après avoir atteint ses objectifs : prendre le contrôle militaire des trois régions de Gao, Kidal et Tombouctou, qui formeront un nouvel état. Un groupe islamiste séparatiste, Ansar Dine, qui n’a pas les mêmes objectifs que le MNLA et qui tente d’instaurer la charia au Mali, a également pris part aux combats et prétend avoir pris la ville de Tombouctou au MNLA, des rapports font état de fortes tensions entre les deux (02) groupes.

<strong>Voici une chronologie des principaux évènements
</strong>L’occupation coloniale française du nord du Mali
<strong>Juillet 1891</strong>: La colonie du Soudan français est érigée en grande partie sur le territoire de l’actuel Mali.
<strong>Décembre 1893</strong>: Les troupes françaises occupent Tombouctou, mais se heurtent à une forte résistance dans la ville et ses environs.
<strong>1911</strong>: Les troupes françaises écrasent la révolte des Kel Ataram à Ménaka.
<strong>1913-14</strong>: Une grave sécheresse frappe le nord du pays, aggrave la pauvreté dans les régions peuplées par les Touaregs et provoque un mécontentement croissant.
<strong>1914-17</strong>: Firhounn chef suprême élu ou Aménokal des Kel Ataram à Ménakan et Kawsanag Kedda, responsable du siège d’Agadez sur le territoire actuel du nord du Niger, mènent des révoltes contre les Français. Ces deux révoltes sont réprimées par les Français qui ont obtenu le soutien des confédérations touarègues rivales et des Arabes. Les rebelles font l’objet de lourdes représailles.

<strong>La rébellion des «<em>Fellaghas</em>»</strong>
<strong>Septembre 1960</strong>: Le Sénégal se retire de la Fédération du Mali. L’ancienne république du Soudan devient la république du Mali et l’indépendance est proclamée à Bamako, la capitale. Modibo Keïta, enseignant et syndicaliste, est nommé président de la République. La constitution est adoptée.
<strong>1962-64</strong>: Dans le Nord, la première rébellion touareg, ou rébellion des Fellaghas, est lancée depuis la région de Kidal et est violemment réprimée. Les troupes gouvernementales ciblent les communautés touaregs, éliminent le bétail et empoisonnent les puits. La guerre provoque un exode massif des Touaregs vers l’Algérie et d’autres pays voisins. Le renforcement des restrictions militaires par le gouvernement se poursuit dans le Nord.
<strong>Décembre 1968</strong>: Un coup d’État militaire renverse Modibo Keïta, qui est emprisonné. Moussa Traoré, officier qui dirige le Comité Militaire de Libération Nationale (CMLN), prend la présidence du pays.
<strong>1972-73</strong>: Le Mali est frappé par une forte sécheresse qui a un impact dévastateur sur le Nord et entraîne une nouvelle vague de migrations vers les centres urbains et les pays voisins du Mali. Des rapports font par la suite état d’importants détournements de nourriture par les autorités.
<strong>1976</strong>: M. Traoré crée un parti politique, l’Union démocratique du peuple malien (UDPM). Le Mali adopte un système à parti unique.
<strong>1984-85</strong>: La pire sécheresse qu’ait connue le pays en dix ans a de très importantes conséquences pour les communautés pastorales et l’économie rurale du Nord.
<strong>Juin 1985</strong>: Moussa Traoré est réélu sans opposition avec 89 pour cent des suffrages. Le Mali et le Niger sont le théâtre de rébellions.
<strong>1988</strong>: Création du Mouvement populaire de l’Azawad (MPA) en Lybie qui est dirigé par Iyad Ag Ghali.
<strong>Mai 1990</strong>: Les Touaregs du nord du Niger attaquent Tchintabaradene. De lourdes représailles militaires s’ensuivent qui provoqueront la mort de centaines de Touaregs.
<strong>Juin 1990</strong>: La rébellion touareg débute par l’attaque de la prison et de la garnison de Ménaka. Les violences généralisées provoquent un nouvel exode des populations civiles.
<strong>Juillet-août 1990</strong>: Des opérations militaires sont lancées dans le Nord, tout particulièrement autour de Gao. Le commandant d’un escadron de parachutistes aurait dit: «<strong>L’extermination des Touaregs est la solution. Je suis venu ici pour m’en occuper, et je ne gâcherai pas mes munitions</strong>».

<strong>Démocratie et la route vers Tombouctou</strong>
<strong>6 janvier 1991</strong>: L’accord de paix négocié par l’Algérie à Tamanrasset dans le sud du pays prévoit la décentralisation du Nord et la réintégration des troupes touarègues, mais les violences se poursuivent dans certaines régions du Nord.
<strong>Janvier-mars 1991</strong>: Les autorités répriment avec violence les manifestations d’étudiants et de syndicats à Bamako et font de nombreuses victimes.
<strong>26 mars 1991</strong>: M. Traoré est renversé et un gouvernement de transition est établi: le Comité Transitoire pour le Salut du Peuple (CTSP), dirigé par l’officier Amadou Toumani Touré (ATT).
<strong>Juillet-août 1991</strong>: La conférence nationale organisée à Bamako rassemble un grand nombre de délégués alors que le Mali tente d’établir une démocratie fonctionnelle.
<strong>12 janvier 1992</strong>: La nouvelle Constitution est adoptée par référendum à une écrasante majorité.
<strong>11 avril 1992</strong>: Le Pacte National est signé par le gouvernement et un groupe de coordination des rebelles Touaregs est créé. Le Pacte prévoit la régénération économique du Nord, des initiatives de réconciliation nationale, la décentralisation et l’intégration des Touaregs au sein de structures militaires et civiles.
<strong>Avril 1992</strong>: Alpha Oumar Konaré, ancien ministre, consultant des Nations Unies, propriétaire d’un journal et d’une radio, remporte les premières élections multipartites. Son parti, l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA), remporte les élections parlementaires.
<strong>Décembre 1993</strong>: Le Lieutenant-Colonel Oumar Diallo mène une tentative de coup d’État.
<strong>Janvier 1994</strong>: La dévaluation de 50 pour cent du franc CFA entraîne une hausse importante du coût de la vie et provoque des manifestations.
<strong>Mai 1994</strong>: Malgré une série d’initiatives de paix au niveau local et national, les tensions s’aggravent dans le Nord, en particulier entre les communautés sédentaires Songhai, les Touaregs et les Arabes. Elles ont pour résultat la formation du Mouvement patriotique Ganda Koi (MPGK) malien des miliciens Songhaï. (Ganda Koi, «<strong>maîtres de la terre</strong>» en songhaï).
<strong>Janvier 1995</strong>: Les accords de Bourem sont signés par le Mouvement patriotique Ganda Koi (MPGK) et le Front populaire pour la libération de l'Azawad (FPLA), principalement composé de Touaregs. Ils marquent une percée significative en désamorçant les tensions ethniques.
<strong>27 mars 1996</strong>: La cérémonie de la Flamme de la paix est organisée à Tombouctou, alors que des centaines d’armes à feu sont détruites et que les mouvements touaregs armés et le MPGK sont officiellement dissous.
<strong>Mai 1997: M. Konaré est réélu.</strong>
<strong>Juin 2002</strong>: Amadou Toumani Touré est élu président après avoir exclu un retour en politique.
<strong>2005</strong>: Le Mali est frappé par une grave sécheresse. Les communautés pastorales sont à nouveau sévèrement touchées.
<strong>Avril 2005</strong>: Le décret introduisant l’Agence de Développement du Nord Mali (ADN) est promulgué : il donne la priorité à l’investissement et au développement dans les régions de Gao, Tombouctou et Kidal.
<strong>Avril 2006:</strong> Le colonel Mouammar Kadhafi, le leader libyen, fait partie des invités d’honneur du festival du Maouloud de Tombouctou, qui commémore la naissance du prophète Mahommed. Cette visite fait l’objet de critiques des Maliens qui accusent M. Kadhafi d’avoir soutenu les révoltes touarègues.
<strong>Mai 2006</strong>: Les garnisons de Kidal et Ménaka sont attaquées par le nouveau mouvement rebelle, l’Alliance démocratique pour le changement du 23 mai (ADC).
<strong>4 juillet 2006</strong>: Les accords d’Alger sont signés par le gouvernement et l’ADC, l’accord de paix porte principalement sur la sécurité et la croissance économique à Kidal, la huitième région du Mali et la plus éloignée de la capitale.
<strong>Avril 2007</strong>: M. Touré est réélu, mais la victoire est contestée par les autres candidats.
<strong>Mai 2007</strong>: Les violences continuent après le rejet par l’Alliance Touareg Niger-Mali (ATNM) des accords d’Alger. L’ATNM poursuit ses opérations dans le Nord, attaquant des garnisons et enlevant des soldats placés sous le commandement d’Ibrahim Ag Bahanga.
<strong>Novembre 2007</strong>: L’ancien chef touareg Iyad Ag Ghali rejoint le consulat malien de Djedda, en Arabie saoudite.
<strong>Février 2009:</strong> Le gouvernement mène avec succès une contre-insurrection dans le Nord. Celle-ci se traduit notamment par le démantèlement des bases militaires rebelles, mais elle engendre une forte hostilité de certaines communautés touarègues, qui se plaignent d’être maltraités par les troupes gouvernementales.
<strong>Février 2009</strong>: La cérémonie de paix de Kidal inclut la remise de centaines d’armes par les rebelles touaregs et de nouveaux aménagements pour leur intégration au sein des forces armées, mais les combattants de M. Bahanga ne participent pas au processus de paix.

<strong>La rébellion suivante
Novembre 2010</strong>: Une rencontre est organisée à Tombouctou : elle accueille principalement des Touaregs du Nord et se conclut par la création du Mouvement national de l’Azawad (MNA) qui rejette les violences, mais appelle à un élan de solidarité des Azawadis installés au Mali et à l’étranger.
<strong>Février 2011</strong>: M. Touré prend la parole lors d’une cérémonie organisée non loin de Kidal et annonce un nouveau grand programme pour le Nord qui «<strong>proposera des solutions urgentes pour le rétablissement de la paix et de la sécurité</strong>», et aidera les jeunes «<strong>à trouver du travail et à échapper aux activités illicites et dangereuses</strong>». Peu impressionné, le porte-parole des Touaregs Hama Ag Sid Ahmed prévient, «<strong>Pendant de longues années, nous avons essayé de rouvrir le dialogue avec les autorités centrales. Nous constatons que rien ne change sur le terrain</strong>».
<strong>Août 2011</strong>: Six (06) mois après la cérémonie de Kidal, M. Touré lance le Programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement au Nord-Mali (PSPDN) doté d’un budget de 32 milliards de francs CFA (environ 65 millions de dollars), qui met l’accent sur les projets liés à la sécurité, au développement, aux femmes, aux jeunes et à la génération de revenus. Le programme a reçu le soutien de l’Union européenne (UE), de la Banque mondiale, du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et d’autres bailleurs de fonds. Le programme est dirigé par Mohamed Ag Erlaf, un Touareg originaire de Kidal.
<strong>Août 2011</strong>: L’arrivée sur le territoire malien de Touaregs lourdement armés est signalée. Ils arrivent de Lybie via l’Algérie et le Niger.
<strong>26 août 2011</strong>: Ibrahim Ag Bahanga, chef de l’ANTM, trouve la mort dans un accident de voiture. M. Bahanga était soupçonné d’avoir été fortement impliqué dans le recrutement de combattants touaregs en Lybie.
<strong>16 octobre 2011</strong>: Le Mouvement National pour la libération de l'Azawad (MNLA) est créé. Le Mouvement national de l’Azawad (MNA) fusionne avec l’ATNM, un mouvement plus intransigeant. Le principal objectif de ce nouveau mouvement est de «<strong>sortir le peule de l’Azawad de l’occupation illégale du territoire azawadien par le Mali».</strong>
<strong>Novembre 2011</strong>: Une organisation de la société civile de Gao met en garde contre l’aggravation des problèmes de sécurité dans la région.
<strong>Janvier 2012</strong>: Le MNLA accuse le gouvernement de provocation militaire et de ne pas avoir satisfait une série de promesses, et lance des attaques rebelles sur Ménaka plus au nord. Le mouvement indique que son objectif est «<strong>d’obtenir la paix et la justice pour la communauté de l’Azawad</strong>» et «<strong>la stabilité pour notre région</strong>».
<strong>17-31 janvier 2012</strong>: Après des attaques menées initialement par les rebelles sur Ménaka, de nouveaux combats sont signalés dans d’autres régions du Nord, y compris Aguelhok, Tessalit, Léré, Andéramboukane et Nianfunké. Des rapports contradictoires évoquent les succès et pertes militaires de l’armée malienne et du MNLA, mais l’armée gouvernementale a indiqué avoir perdu du terrain.
Des Organisations des droits de l’Homme, y compris Amnesty International, condamnent la gestion de la guerre par le gouvernement et l’utilisation d’hélicoptères de l’armée contre des cibles civiles. Des rapports font état de massacres par les troupes gouvernementales à Aguelhok après la prise de la ville par le MNLA, alimentant les rumeurs d’une alliance entre le MNLA et des musulmans salafistes extrémistes. Les rebelles réfutent catégoriquement ces allégations.
<strong>1-2 février 2012</strong>: Des manifestations ont lieu dans la ville de garnison de Kati, à 15 km à l’extérieur de Bamako. Elles sont dirigées contre le gouvernement de M. Touré pour sa conduite de la guerre et contre la communauté touarègue locale. Les dirigeants politiques et les acteurs de la société civile mettent en garde contre les extrémistes qui utilisent la situation dans le Nord pour alimenter les tensions inter-ethniques. Amnesty International accuse les forces de sécurité de ne rien faire pour prévenir les attaques sur les maisons et propriétés des Touaregs, des Arabes et des Mauritaniens.
Le président Touré lance un appel au calme et à l’unité à la télévision nationale.
<strong>2 février 2012</strong>: Des discussions s’ouvrent à Alger entre le gouvernement malien et les représentants de l’ancien mouvement rebelle touareg, l’ADC. Elles se concluent deux jours plus tard par un appel à la paix qui n’est pas jugé pertinent par le MNLA.
<strong>3-4 février 2012</strong>: Des rapports font état d’une offensive des rebelles sur la ville de Kidal.
<strong>7 février 2012</strong>: La population abandonne Tessalit plus au nord, alors que des rapports indiquent que les rebelles assiègent la ville.

<strong>8 février 2012</strong>: Les rebelles prennent Tinzawaten plus au nord.
<strong>17 février 2012</strong>: Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime qu’environ 44 000 réfugiés ont fui vers le Niger, le Burkina Faso et la Mauritanie.
Les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se rencontrent à Abuja, la capitale du Nigéria, et expriment leurs inquiétudes à propos de la détérioration de la situation humanitaire et sécuritaire au Mali. Ils condamnent la rébellion du MNLA et apporte un soutien sans réserve aux efforts déployés par le Mali pour défendre l’intégrité de son territoire.
<strong>18 février 2012</strong>: Le MNLA attaque Hombori, une ville située sur la route principale entre Mopti et Gao. Les rebelles réfutent les accusations du gouvernement qui les accuse du meurtre d’un chef militaire de la région.
<strong>21 février 2012</strong>: Une commission gouvernementale établit un rapport sur Aguelhok et confirme les meurtres de soldats de l’armée gouvernementale par des combattants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) qui collaborent avec le MNLA. Le MNLA a catégoriquement contesté le rapport.
<strong>24 février 2012</strong>: Dans une interview accordée à Radio France Internationale (RFI), M. Touré maintient que les élections auront lieu et que le Mali aura un nouveau président le 10 juin.
<strong>26 février 2012</strong>: Le Collectif des ressortissants du nord Mali (COREN) se réunit à Bamako et adopte un plan d’action visant à restaurer le contrôle de l’État dans le Nord, insistant sur la nécessité de protéger les populations menacées.
<strong>10 mars 2012</strong>: Les chefs spirituels du Mali publient un appel commun à la paix et au dialogue.
<strong>10-11 mars 2012</strong>: Le MNLA prend le contrôle de Tessalit, à proximité de la frontière algérienne, alors que les militaires maliens évoquent un «<strong>retrait stratégique</strong>».
<strong>13 mars 2012</strong>: L’ancien chef touareg Iyad Ag Ghali envoie une vidéo proclamant que le mouvement Ansar Dine, mentionné pour la première fois en décembre 2011, a joué un rôle clé dans le conflit, mais qu’il se bat pour l’imposition de la charia et contre l’indépendance de l’Azawad.
<strong>15 mars 2012</strong>: Dans une interview accordé au quotidien français Le Figaro, M. Touré indique que la rébellion est une conséquence de la fin du conflit libyen et accuse AQMI de soutenir la rébellion. Selon M. Touré, le gouvernement est ouvert au dialogue, mais refuse toute partition du Mali.
<strong>21 mars 2012</strong>: Les soldats se mutinent à Gao et à Bamako pour protester contre la mauvaise conduite de la guerre et leur manque de ressources. Les troupes mutinées convergent vers le palais présidentiel et les bureaux de la chaîne de télévision ORTM-TV station. Des tirs sporadiques sont rapportés à Bamako.
<strong>22 mars 2012</strong>: Dans un programme diffusé à l’aube, un groupe de soldats indiquant appartenir au Comité national pour le redressement de l'État et la restauration de la démocratie (CNRDRE) annonce un coup d’État, accusant M. Touré d’avoir mal conduit la guerre. Le CNRDRE annonce la suspension de la constitution, la mise en place d’un couvre-feu et la fermeture des frontières. Nombre de magasins et de commerces restent fermés à Bamako. La localisation du président Touré est inconnue, mais il serait en sécurité. Plusieurs ministres et dirigeants politiques sont emprisonnés.
Le coup d’État est immédiatement condamné par les États-Unis et l’Union africaine (UA). Le MNLA réaffirme son objectif d’obtenir l’indépendance de l’Azawad.
<strong>26 mars 2012</strong>: Le Conseil de sécurité des Nations Unies condamne la prise du pouvoir par le CNRDRE, et «<strong>exige la fin des violences et le retour dans les casernes</strong>». Le Conseil de sécurité appelle à la «<strong>restauration de l’ordre constitutionnel</strong>», et à la tenue des élections à la date préalablement choisie.
<strong>29 mars 2012</strong>: La mission des dirigeants de la CEDEAO au Mali est annulée pour des raisons de sécurité. Les dirigeants se réunissent à Abidjan, en Côte d'Ivoire: le CNRDRE devra quitter le pouvoir dans les 72 heures ou faire face à de lourdes sanctions. Le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, est confirmé au poste de médiateur de la CEDEAO.
<strong>30 mars 2012</strong>: Les rebelles prennent le contrôle de Kidal, la capitale de la région la plus au nord du Mali, après des affrontements dans les bases militaires à l’extérieur de la ville. Des témoins confirment la présence de combattants du MNLA et d’Ansar Dine.
<strong>31 mars 2012: Le MNLA confirme la prise de Gao.</strong>
Le MNLA rapporte la défection du Colonel-major Elhadj Ag Gamou, un ancien chef rebelle qui a dirigé les opérations de l’armée gouvernementale dans le Nord. Dans un communiqué du MNLA publié à Kidal, M. Gamou appelle «<strong>tous les Azawadis à rejoindre et à renforcer le MNLA dans sa lutte pour l’indépendance</strong>».
Les leaders musulmans et chrétiens ont lancé un appel à la paix lors d’un grand rassemblement qui a réuni 25 000 personnes dans un stade de Bamako, exhortant les dirigeants maliens et les chefs d’État régionaux à travailler pour établir le dialogue.
<strong>1 avril</strong>: Des rapports de Tombouctou signalent la prise de contrôle d’Ansar Dine sur le MNLA et la traque des combattants du MNLA. D’autres rapports font état de pillages généralisés à Gao alors que les rebelles prennent la ville.
<strong>2 avril</strong>: Les dirigeants de la CEDEAO établissent un embargo total contre la junte militaire. Le président de la CEDEAO, le président Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire, confirme que «<strong>toutes mesures diplomatiques, économiques, financières et autres sont applicables à partir d’aujourd’hui et ne seront levées que quand l’ordre constitutionnel sera effectivement rétabli</strong>». L’Algérie et la Mauritanie, qui ne sont pas membres de la CEDEAO, soutiennent ces mesures.
La plupart des opérations d’aide humanitaire sont suspendues dans le nord du pays.
<strong>3 avril 2012</strong>: Les leaders de la junte militaire ignorent les demandes de la CEDEAO et refusent de quitter le pouvoir, réitérant leurs demandes de transition ouverte vers un régime civil et le rétablissement du droit constitutionnel.
<strong>4 avril 2012</strong>: Les Organisations de la société civile (OSC) et quelque cinquante (50) partis politiques refusent de participer aux discussions sur l’avenir du Mali avec les leaders de la junte militaire.
<strong>5 avril 2012</strong>: Le Conseil de sécurité des Nations Unies lance un appel au cessez-le-feu dans le nord du pays et au retour de la démocratie. Le MNLA, qui atteint son objectif, annonce la fin des opérations militaires dans le nord du Mali.
<strong>6 avril 2012</strong>: Le MNLA déclare l’indépendance de l’Azawad dans le nord du Mali et appelle à un cessez-le-feu unilatéral.

<strong>1<sup>er</sup> janvier 2013</strong>: Dans le document que Blaise Compaoré reçoit des représentants d’Ansar Eddine, figurent deux points principaux. Tout d’abord, l’organisation radicale demande que "<strong>le caractère islamique de l’État du Mali soit proclamé solennellement dans la Constitution</strong>". Ensuite, si l’idée de l’indépendance du nord n’est plus envisagée à court terme, est mentionnée celle d’une autonomie de l’Azawad. Bien entendu Bamako refuse; Iyad Ag Ghaly annonce alors que son offre de cessation des hostilités est désormais caduque.

<strong><em>La suite dans nos prochaines parutions</em></strong>

<strong>Compilé par: A.K. DRAMÉ, journaliste freelance</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le discours du 22 septembre de Modibo Kéita qui fonda le Mali :</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-discours-du-22-septembre-de-modibo-keita-qui-fonda-le-mali-2-3037266.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 25 Sep 2023 13:12:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Voici en intégralité le discours prononcé par le premier Président de la République du Mali, précisément le 22 septembre 1960, au Congrès extraordinaire de l’Union Soudanaise-Rda. Un document qui conserve toute sa valeur historique.</em>

<strong>Chers Camarades, </strong>

A la Conférence territoriale du Parti, il y a trois semaines, nous nous sommes contentés d'un exposé objectif du déroulement des événements de Dakar, sans en tirer les conséquences. Nous avons par la suite pris un certain nombre de contacts qui ont projeté plus de lumière sur les origines plus ou moins lointaines desdits événements. C'est ainsi que j'ai répondu à l'appel du président de la République française, aux invitations du Roi du Maroc et du président de la République du Ghana. D'autre part, des missions ont été envoyées à l'extérieur: U.S.A, O.N.U, Allemagne fédérale, pays de l'Est,  Afrique occidentale.

Pour mieux suivre le sens de notre action politique pendant ces derniers mois, il est indispensable que nous examinions la situation créée en Afrique depuis le Référendum du 28 septembre 1958.

Le 28 septembre, les conditions politiques intérieures nous imposèrent un vote favorable à l'entrée dans la Communauté.

En outre, nous avons pensé et pensons encore que les chances de réalisation de l'unité sont très aléatoires pour des Etats accédant à l'indépendance car, devenus souverains, ils affirment leur personnalité aussi bien sur le plan intérieur que sur le plan extérieur.

Aussi avions-nous espéré que l'autonomie était pour les Etats africains la période la plus favorable de leur évolution pour la réalisation de leur unité. Evidemment cela supposait, de la part des dirigeants de ces Etats, une indépendance totale à l'égard des puissances d'argent et des autorités des anciennes métropoles.

&nbsp;

<strong>Eclatement de la Fédération du Mali…</strong>

Par ailleurs, nous avons estimé et estimons encore que c'est dans l'unité que l'Afrique pourra résister à l'emprise des forces impérialistes et renforcer le camp de la paix.

A l'exclusion de la République Arabe Unie, dont on ne peut pas encore tirer toutes les conclusions sur le plan africain mais qu'il faut néanmoins saluer comme une volonté de l'Afrique de réaliser son unité, et de la Fédération du Mali, dont l'existence fut précaire par la trahison des dirigeants sénégalais, les Etats indépendants d'Afrique en sont encore à la recherche des bases de coopération sur le plan économique et culturel.

Mais nous pensons qu'il faut aller au-delà de ces formules pour que l'Afrique puisse résister à l'action destructrice des anciennes puissances coloniales qui, ayant perdu la domination politique, veulent asseoir une domination économique et culturelle. Certes, il faudra du temps et des efforts. Dans ce domaine, aucun pays ne peut nous donner des leçons de patience et de courage.

D'aucuns peuvent penser que notre association avec le Sénégal a été un échec. C'est voir subjectivement le problème, ce qui empêche d'en saisir toutes les conséquences. Tout d'abord, la Fédération du Mali a permis au Sénégal d'aller à l'indépendance, parce que tout le monde sait que les dirigeants sénégalais, empêtrés dans leurs difficultés intérieures, isolés du reste de l'Afrique, et pour cause, ne pouvaient pas, seuls, y conduire leur pays.

D'autre part, <strong>l'accession à la souveraineté internationale de la Fédération du Mali a conduit certains Etats africains, jusqu'alors hostiles à toute idée d'indépendance, </strong>à faire usage de leur droit à l'indépendance. Faudrait-il rappeler que la création du Mali et son accession à l'indépendance ont considérablement contribué à la réalisation de l'unité politique au Soudan. Nous avons pu, ainsi, nous assurer du contrôle politique et administratif de la République soudanaise.

J'estime également que la sécession du Sénégal a été le ferment de la mobilisation générale des populations soudanaises. Elle permettra à la République soudanaise de réaliser pleinement ses objectifs politiques, économiques, sociaux et culturels sur la base d'un véritable socialisme, et uniquement en fonction des intérêts des couches les plus défavorisées. La démonstration sera également faite aux dirigeants sénégalais que la République soudanaise était le principal marché des industries et entreprises sénégalaises, que notre République n'était pas pauvre et que le Sénégal était riche de notre richesse. Nous entendons garder nos richesses, mêmes humaines, pour accélérer le développement économique de notre République.

&nbsp;

<strong>Prévoir l’isolement du Soudan, par la force des choses et par l'évolution des événements politiques !</strong>

Les mesures prises, tant à l'intérieur de la République soudanaise qu'à l'extérieur, nous imposeront pour une certaine période des sacrifices qui sont, je le sais, déjà acceptés. Il faut prévoir un isolement possible du Soudan, par la force des choses et par l'évolution des événements politiques. Il s'agit donc, dès maintenant, face à cette éventualité, d'envisager les voies et moyens pour une économie socialiste planifiée.

Nous ne nous arrêterons pas aux slogans, aux formules toutes faites, nous innoverons, partant des réalités maliennes greffées sur les expériences réussies ailleurs. Est-il besoin de préciser que la modification de nos structures économiques n'entravera en rien les activités normales du secteur privé ?

&nbsp;

<strong>L’opposition de la France à l'admission de la Fédération du Mali à l’Onu !</strong>

Vis-à-vis de la République française, nous avons fait preuve de loyauté. Je ne veux pas ici reprendre les arguments développés dans certains journaux qui précisent les origines, les causes réelles de la sécession du Sénégal. Notre position sur le problème algérien, notre détermination à construire un véritable socialisme, notre volonté de réaliser, avant toute autre association, une véritable communauté africaine, ont déterminé certains responsables français à conduire les dirigeants sénégalais à la sécession. Je n'en veux pour preuves que quelques faits :

1 ° Le refus systématique de la France, en application des accords franco-maliens, d'apporter son appui pour que soit assurée la sécurité intérieure de la Fédération du Mali 2° L'attentisme du Gouvernement français dans l'application des accords franco-maliens, en particulier dans le domaine économique 3° L'intervention de la République française auprès des organismes directeurs du Marché commun pour que ceux-ci attendent la conclusion des événements avant d'honorer leurs engagements vis-à-vis de la Fédération du Mali ;

4° Les termes mêmes du message de félicitation du Général de Gaulle à M. Senghor, nommé président de la République du Sénégal ;

5° L'aveu du Premier Ministre de la République française de son action, en décembre dernier, auprès de MM. Senghor et Dia, pour qu'ils transforment la Fédération du Mali en confédération ;

6° La reconnaissance par le Gouvernement français de l'indépendance du Sénégal. Cela se conçoit aisément puisque ce sont les dirigeants français qui ont inspiré, préparé, déclenché, soutenu la sécession de la République du Sénégal ;

7° Enfin, la demande d'ajournement par la France à l'O.N.U de l'admission de la Fédération du Mali. Nous ne voulons pas abuser de votre patience en faisant un long développement que j'estime en la circonstance inutile. Il s'agit donc pour nous de prendre des décisions en fonction des seuls intérêts de la République soudanaise.

Dans un monde de plus en plus tourmenté, où la légalité n'apparaît qu'à travers les intérêts stricts des pays, la lutte pour nous devra s'engager sur le plan politique.

&nbsp;

<strong>Conséquence logique de la caducité des accords franco-maliens </strong>

Nous demeurons certes fidèles à l'idée de la Fédération africaine, nous nous considérons toujours liés par le serment du 17 janvier 1959. Mais pour le succès de notre action en faveur de la Fédération, il est indispensable et urgent que la République soudanaise s'affirme sur le plan africain et sur le plan international. C'est la raison pour laquelle nous vous invitons à autoriser l'Assemblée législative:

1 À appréhender les compétences transférées par la République soudanaise à la Fédération du Mali ;

2° À proclamer comme Etat indépendant et souverain la République soudanaise ;

3° À proclamer que la République soudanaise s'appelle République du Mali, libre de tous engagements et liens politiques vis-à-vis de la France, comme la Haute-Volta, la Côte d'Ivoire, le Niger, le Dahomey. C'est la conséquence logique de la caducité des accords franco-maliens que la France a délibérément violés en reconnaissant la République du Sénégal comme Etat indépendant.

Notification de ces décisions sera faite au Gouvernement français, à l'Organisation des Nations Unies et à tous les pays indépendants.

Fidèles à notre idéal d'union et de paix, j'insiste sur ce mot, nous sommes décidés à établir des relations amicales avec tous les Etats du monde, sans exclusive aucune, singulièrement avec ceux d'Afrique qui seront désireux de promouvoir une politique d'union et de progrès, de s'engager résolument dans la lutte pour la libération totale du continent africain et l'établissement d'une paix durable entre tous les peuples.

&nbsp;

<strong>Tous mobilisés pour la construction de la République du Mali !</strong>

La République du Mali est née. Le Mali continue. Le mot Mali continuera à résonner comme un gong sur la conscience de tous ceux qui ont œuvré à l'éclatement de la Fédération du Mali ou qui s'en sont réjouis. Nous restons mobilisés pour l'idée de la Fédération qui, malgré tout, demeure une semence virile de l'unité africaine. Nous avons perdu une partie, mais nous gagnerons la manche, inch’allah. Les puissances d'argent, les forces rétrogrades et impérialistes n'y pourront rien. Camarades, la Fédération du Mali en tant qu'entité territoriale n'existe plus. Son support politique était le Parti de la Fédération Africaine, dont le Président est M. Senghor. La rupture entre la République soudanaise et la République du Sénégal, provoquée par des contradictions politiques fondamentales, met en cause l'existence et le fonctionnement du P.F.A. D'autre part, celui-ci était l'expression politique d'une idée à laquelle nous demeurons attachés mais qui fut trahie dans des circonstances peu honorables par son Président et l'Union Progressiste Sénégalaise. Le P.F.A. ne peut donc pas survivre à l'éclatement de la Fédération du Mali. L'Union Soudanaise - R.D.A doit se libérer de toute attache avec cette formation politique, garder son autonomie jusqu'à ce que puissent s'affirmer des positions claires et nettes sur les problèmes politiques et économiques que les Etats africains ont à affronter au lendemain de leur indépendance.

Plus de construction politique dans l'équivoque. Clarté dans nos positions, clarté dans celles de nos partenaires éventuels, voilà les conditions indispensables d'une dépendance quelconque de l'Union Soudanaise - R.D.A vis-à-vis de formations politiques africaines. L'Union Soudanaise - R.D.A, fidèle à son option fondamentale en faveur de la paix et l'unité africaine, est décidée dès maintenant à établir des relations de bonne volonté, d'amitié et de solidarité avec tous les partis politiques mobilisés pour la paix, pour la libération du continent africain de toute domination étrangère et pour l'unité des peuples africains.

Camarades, vous pouvez faire confiance au Bureau politique, au Comité directeur. Nous voulons ce que vous voulez. Il n'y a pas de temps à perdre. Toutes les Maliennes et tous les Maliens doivent se considérer comme mobilisés pour la construction de la République du Mali, patrie de tous ceux qui sont fermement attachés à la réalisation de l'Indépendance et de l'Unité africaine, toutes les Maliennes et tous les Maliens doivent accepter tous les sacrifices pour que notre pays puisse sortir grandi, rayonnant, de l'épreuve qu'il traverse pour que les Africains libres, réellement libres, puissent, sans possibilité d'ingérence, s'unir pour que s'affirme une grande nation africaine qui marquera de son sceau la politique internationale, pour que la paix, espoir des peuples en voie de développement, s'établisse entre tous les pays du monde.

<strong>Source : Modibo Kéita : ''Discours et Interventions'', Archives nationales du Mali.</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Un jour, un événement :  22 septembre 1960</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/un-jour-un-evenement-22-septembre-1960-3036636.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 20 Sep 2023 01:35:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Informateur</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Après avoir été membre de la <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1500">fédération</a> de l'Afrique-occidentale française (A-OF) jusqu'en 1958 et fait partie de l'éphémère <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1501">Fédération</a> du <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/MLI">Mali</a> depuis quelques mois, le <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/MLI">Mali</a>, jadis connu sous le nom de <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/SDN">Soudan</a> français, proclame son indépendance le 22 septembre 1960.</em></strong>

Le <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/SDN">Soudan</a> français connaît une évolution semblable à plusieurs autres pays d'Afrique. Il obtient une autonomie administrative relative en 1956 et se prononce en faveur de l'adhésion à la Communauté française en 1958. Le <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/SDN">Soudan</a> français et le <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/SEN">Sénégal</a> s'unissent en 1960 au sein de la <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1501">Fédération</a> du <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/MLI">Mali</a>. Lors de la proclamation d'indépendance, le 20 juin 1960, Léopold Sédar Senghor assure la présidence de l'Assemblée <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1502">fédéral</a>e et Modibo Keita exerce la fonction de <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1544">premier ministre</a>. Des différends politiques entraînent le retrait rapide du <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/SEN">Sénégal</a> de la <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1500">fédération</a>, laissant seul le <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/MLI">Mali</a> qui proclame son indépendance le 22 septembre 1960. Modibo Keita est à la tête du nouveau pays qui rompt avec la <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/FRA">France</a> et s'oriente vers le <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1633">socialisme</a>. Deux autres pays qui vont dans cette direction, la <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/GIN">Guinée</a> et le <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/GHA">Ghana</a>, formeront quelques mois plus tard avec le <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/MLI">Mali</a> l'Union des États africains. Keita sera renversé par un coup d'État en novembre 1968.
<h1>Discours d'indépendance du Mali</h1>
<em>Le <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/SDN">Soudan</a> français connaît une évolution semblable à plusieurs autres pays d'Afrique. Il obtient une autonomie administrative relative en 1956 et se prononce en faveur de l'adhésion à la Communauté française en 1958. Le <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/SDN">Soudan</a> français et le <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/SEN">Sénégal</a> s'unissent en 1960 au sein de la <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1501">Fédération</a> du <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/MLI">Mali</a>. Lors de la proclamation d'indépendance, le 20 juin 1960, Léopold Sédar <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMBiographie?codeAnalyse=3">Senghor</a> assure la présidence de l'Assemblée <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1502">fédéral</a>e et Modibo Keita exerce la fonction de <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1544">premier ministre</a> . Des différends politiques entraînent le retrait rapide du <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/SEN">Sénégal</a> de la <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1500">fédération</a>, laissant seul le <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/MLI">Mali</a> qui proclame son indépendance le 22 septembre 1960. Modibo Keita est à la tête du nouveau pays qui rompt avec la <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/FRA">France</a> et s'oriente vers le <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1633">socialisme</a>. </em>

Chers Camarades,
A la Conférence territoriale du Parti, il y a trois semaines, nous nous sommes contentés d'un exposé objectif du déroulement des événements de Dakar, sans en tirer les conséquences. Nous avons par la suite pris un certain nombre de contacts qui ont projeté plus de lumière sur les origines plus ou moins lointaines desdits événements. C'est ainsi que j'ai répondu à l'appel du Président de la République Française aux invitations du Roi du Maroc et du Président de la République du Ghana.
D'autre part, des missions ont été envoyées à l'extérieur : U.S.A., O.N.U., Allemagne Fédérale, pays de l'Est, Afrique occidentale.

Pour mieux suivre le sens de notre action politique pendant ces derniers mois, il est indispensable que nous examinions la situation créée en Afrique depuis le Référendum du 28 septembre 1958.
Le 28 septembre, les conditions politiques intérieures nous imposèrent un vote favorable à l'entrée dans la Communauté.
En outre, nous avons pensé et pensons encore que les chances de réalisation de l'unité sont très aléatoires pour des État accédant à l'indépendance car, devenus souverains, ils affirment leur personnalité aussi bien sur le plan intérieur que sur le plan extérieur.
Aussi avions-nous espéré que l'autonomie était pour les État africains la période la plus favorable de leur évolution pour la réalisation de leur unité. Évidemment, cela supposait de la part des dirigeants de ces État, une indépendance totale à l'égard des puissances d'argent et des autorités des anciennes métropoles.
Par ailleurs, nous avons estimé et estimons encore que c'est dans l'unité que l'Afrique pourra résister à l'emprise des forces impérialistes et renforcer le camp de la paix.
A l'exclusion de la République Arabe Unie dont on ne peut pas encore tirer toutes les conclusions sur le plan africain, mais qu'il faut néanmoins saluer comme une volonté de l'Afrique de réaliser son unité, et de la Fédération du Mali dont l'existence fut précaire par la trahison des dirigeants sénégalais, les État indépendants d'Afrique en sont encore à la recherche des bases de coopération sur le plan économique et culturel. Mais nous pensons qu'il faut aller au-delà de ces formules pour que l'Afrique puisse résister à l'action destructrice des anciennes puissances coloniales qui, ayant perdu la domination politique, veulent asseoir une domination économique et culturelle.
Certes, il faudra du temps et des efforts. Dans ce domaine, aucun pays ne peut nous donner des leçons de patience et de courage.
D'aucuns peuvent penser que notre association avec le Sénégal a été un échec. C'est voir subjectivement le problème, ce qui empêche d'en saisir toutes les conséquences.
Tout d'abord, la Fédération du Mali a permis au Sénégal d'aller à l'indépendance parce que tout le monde sait que les dirigeants sénégalais, empêtrés dans leurs difficultés intérieures, isolés du reste de l'Afrique, et pour cause, ne pouvaient pas, seuls, y conduire leur pays.
D'autre part, l'accession à la souveraineté internationale de la Fédération du Mali a conduit certains États africains, jusqu'alors hostiles à toute idée d'indépendance, à faire usage de leur droit à l'indépendance. Faudrait-il rappeler que la création du Mali et son accession à l'indépendance ont considérablement contribué à la réalisation de l'unité politique au Soudan. Nous avons pu ainsi nous assurer du contrôle politique et administratif de la République Soudanaise. J'estime également que la sécession du Sénégal a été le ferment de la mobilisation générale des populations soudanaises. Elle permettra à la République Soudanaise de réaliser pleinement ses objectifs politiques, économiques, sociaux et culturels sur la base d'un véritable socialisme, et uniquement en fonction des intérêts des couches les plus défavorisées. La démonstration sera également faite aux dirigeants sénégalais que la République Soudanaise était le principal marché des industries et entreprises sénégalaises, que notre République n'était pas pauvre et que le Sénégal était riche de notre richesse. Nous entendons garder nos richesses, mêmes humaines, pour accélérer le développement économique de notre république.
Les mesures prises, tant à l'intérieur de la République Soudanaise qu'à l'extérieur, nous imposeront pour une certaine période des sacrifices qui sont, je le sais, déjà acceptés. Il faut prévoir un isolement possible du Soudan, par la force des choses et par l'évolution des événements politiques. Il s'agit donc dès maintenant, face à cette éventualité, d'envisager les voies et moyens pour une économie socialiste planifiée. Nous ne nous arrêterons pas aux slogans, aux formules toutes faites, nous innoverons, partant des réalités maliennes greffées sur les expériences réussies ailleurs. Est-il besoin de préciser que la modification de nos structures économiques n'entravera en rien les activités normales du secteur privé ?
Vis-à-vis de la République Française, nous avons fait preuve de loyauté. Je ne veux pas ici reprendre les arguments développés dans certains journaux qui précisent les origines, les causes réelles de la sécession du Sénégal. Notre position sur le problème algérien, notre détermination à construire un véritable socialisme, notre volonté de réaliser, avant toute autre association, une véritable communauté africaine, ont déterminé certains responsables français à conduire les dirigeants sénégalais à la sécession. Je n'en veux pour preuves que quelques faits :
1° Le refus systématique de la France, en application des accords franco-maliens, d'apporter son appui pour que soit assurée la sécurité intérieure de la Fédération du Mali ;
2° L'attentisme du Gouvernement Français dans l'application des accords franco-maliens, en particulier dans le domaine économique ;
3° L'intervention de la République Française auprès des organismes directeurs du Marché Commun pour que ceux-ci attendent la conclusion des événements avant d'honorer leurs engagements vis-à-vis de la Fédération du Mali ;
4° Les termes mêmes du message de félicitations du Général de Gaulle à M. Senghor, nommé Président de la République du Sénégal ;
5° L'aveu du Premier Ministre de la République Française de son action, en décembre dernier, auprès de M. Senghor et Dia, pour qu'ils transforment la Fédération du Mali en confédération ;
6° La reconnaissance par le Gouvernement Français de l'indépendance du Sénégal. Cela se conçoit aisément puisque ce sont les dirigeants français qui ont inspiré, préparé, déclenché, soutenu la sécession de la République du Sénégal ;
7° Enfin, la demande d'ajournement par la France à l'O.N.U. de l'admission de la Fédération du Mali.
Nous ne voulons pas abuser de votre patience en faisant un long développement que j'estime en la circonstance inutile. Il s'agit donc pour nous de prendre des décisions en fonction des seuls intérêts de la République Soudanaise.
Dans un monde de plus en plus tourmenté où la légalité n'apparaît qu'à travers les intérêts stricts des pays, la lutte pour nous devra s'engager sur le plan politique.
Nous demeurons certes fidèles à l'idée de la Fédération africaine, nous nous considérons toujours liés par le serment du 17 janvier 1959. Mais pour le succès de notre action en faveur de la Fédération, il est indispensable et urgent que la République Soudanaise s'affirme sur le plan africain et sur le plan international. C'est la raison pour laquelle nous vous invitons à autoriser l'Assemblée législative :
1° A appréhender les compétences transférées par la République Soudanaise à la Fédération du Mali ;
2° A proclamer comme État indépendant et souverain la République Soudanaise ;
3° A proclamer que la République Soudanaise s'appelle République du Mali, libre de tous engagements et liens politiques vis-à-vis de la France, comme la Haute-Volta, la Côte d'Ivoire, le Niger, le Dahomey. C'est la conséquence logique de la caducité des accords franco-maliens que la France a délibérément violés en reconnaissant la République du Sénégal comme État indépendant.
Notification de ces décisions sera faite au Gouvernement Français, à l'Organisation des Nations Unies et à tous les pays indépendants.
Fidèles à notre idéal d'union et de paix, j'insiste sur ce mot, nous sommes décidés à établir des relations amicales avec tous les États du monde, sans exclusive aucune, singulièrement avec ceux d'Afrique qui seront désireux de promouvoir une politique d'union et de progrès, de s'engager résolument dans la lutte pour la libération totale du Continent africain et l'établissement d'une paix durable entre tous les peuples.
La République du Mali est née. Le Mali continue. Le mot Mali continuera à résonner comme un gong sur la conscience de tous ceux qui ont œuvré à l'éclatement de la Fédération du Mali ou qui s'en sont réjouis. Nous restons mobilisés pour l'idée de la Fédération qui, malgré tout, demeure une semence virile de l'unité africaine. Nous avons perdu une partie, mais nous gagnerons la manche, in Challah. Les puissances d'argent, les forces rétrogrades et impérialistes n'y pourront rien.
Camarades, la Fédération du Mali en tant qu'entité territoriale n'existe plus. Son support politique était le Parti de la Fédération Africaine dont le Président est M. Senghor. La rupture entre la République Soudanaise et la République du Sénégal provoquée par des contradictions politiques fondamentales, met en cause l'existence et le fonctionnement du P.F.A. D'autre part, celui-ci était l'expression politique d'une idée à laquelle nous demeurons attachés mais qui fut trahie dans des circonstances peu honorables par son Président et l'Union Progressiste Sénégalaise. Le P.F.A. ne peut donc pas survivre à l'éclatement de la Fédération du Mali. L'Union Soudanaise-R.D. A. doit se libérer de toute attache avec cette formation politique, garder son autonomie jusqu'à ce que puissent s'affirmer des positions claires et nettes sur les problèmes politiques et économiques que les États africains ont à affronter au lendemain de leur indépendance. Plus de construction politique dans l'équivoque. Clarté dans nos positions, clarté dans celles de nos partenaires éventuels, voilà les conditions indispensables d'une dépendance quelconque de l'Union Soudanaise-R.D. A. vis-à-vis de formations politiques africaines. L'Union Soudanaise-R.D. A., fidèle à son option fondamentale en faveur de la paix et l'unité africaine, est décidée dès maintenant à établir des relations de bonne volonté, d'amitié et de solidarité avec tous les partis politiques mobilisés pour la paix, pour la libération du Continent africain de toute domination étrangère et pour l'unité des peuples africains.
Camarades, vous pouvez faire confiance au Bureau politique, au Comité directeur. Nous voulons ce que vous voulez. Il n'y a pas de temps à perdre. Toutes les Maliennes et tous les Maliens doivent se considérer comme mobilisés pour la construction de la République du Mali, patrie de tous ceux qui sont fermement attachés à la réalisation de l'Indépendance et de l'Unité africaine, toutes les Maliennes et tous les Maliens doivent accepter tous les sacrifices pour que notre pays puisse sortir grandi, rayonnant, de l'épreuve qu'il traverse pour que les Africains libres, réellement libres, puissent, sans possibilité d'ingérence, s'unir pour que s'affirme une grande nation africaine qui marquera de son sceau la politique internationale, pour que la paix, espoir des peuples en voie de développement, s'établisse entre tous les pays du Monde.

<strong>Perspective monde</strong>

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<title>Naissance des crises au Mali :  Affaire Fily Dabo Sissoko, Hamadoun Dicko et autres…</title>
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<pubDate>Mon, 18 Sep 2023 07:41:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Lorsqu’on remonte le cours de l’histoire, on se rend compte que les premières crises politique et armée ont commencé en 1962, à l’annonce de la création du Franc malien. Très rapidement, on arrêta comme étant les instigateurs des troubles deux personnalités politiques importantes, MM. Fily Dabo Sissoko et Hamadoun Dicko. Tous deux avaient été députés à l’Assemblée nationale française à l’époque où le Mali était encore le territoire colonial du Soudan; tous deux avaient détenu des portefeuilles ministériels dans le gouvernement français; le premier, membre du parti socialiste français, avait été secrétaire d ’Etat au Commerce et à l ’Industrie en 1948; le second avait été sous-secrétaire d’Etat à l’Education nationale, puis au Commerce et à l’Industrie, en 1956 et 1957. Autres remarques de taille, tous deux membres de la Grande Loge de Paris (donc francs-maçons). Leur objectif aurait été de renverser le gouvernement au pouvoir et de le remplacer par un autre gouvernement «plus docile aux directives reçues de l’extérieur».

L’ancien territoire du Soudan français, devenu en novembre 1958 la République soudanaise et en août 1960 la République du Mali, a bénéficié jusqu’à ce jour d’une très grande stabilité gouvernementale.

L’équipe qui s’était constituée autour du président Modibo Keïta, dans le cadre du parti dénommé <em>Union soudanaise </em>(section territoriale du <em>Rassemblement démocratique africain </em>ou R.D.A.), plusieurs années avant l’accession du pays à l’indépendance, est au pouvoir sans discontinuer depuis l’installation à Bamako du premier «conseil de gouvernement» en 1956. Les dernières élections au Parlement, dit «Assemblée nationale», en mars 1959, ont montré que l’équipe gouvernementale avait la confiance de la très grande majorité du pays.

Le gouvernement de M. Modibo Keïta s’est très courageusement engagé dans une politique d’austérité en donnant une priorité absolue au problème du développement économique et social: problème difficile dans un pays dont les ressources naturelles sont rares et à peu près exclusivement agricoles.

Les objectifs de cette politique sont exprimés dans un plan quinquennal, établi sur la base d’études très sérieuses faites par un groupe d’experts français, et approuvé par l ’Assemblée nationale en septembre 1961 et août 1962. Les objectifs du plan sont ambitieux, et leur réalisation, dont dépendra le «décollage économique » du pays, dépend elle-même de la discipline avec laquelle la population saura fournir l’effort qui lui est demandé. C’est dire que la politique du gouvernement n’ira pas sans de sérieuses contraintes. Or, au cours de l’année 1962, quelques remous se sont produits qui ont provoqué une riposte énergique du gouvernement: quatre-vingt-quinze inculpés ont été déférés devant une juridiction d’exception dite « Tribunal populaire».

Il est intéressant d’étudier, à l’occasion de cette affaire, les moyens par lesquels un gouvernement autoritaire a étouffé un mouvement considéré comme subversif, et aussi de rechercher à quelles limites doit raisonnablement s’arrêter le pouvoir d’autodéfense d’un tel gouvernement.

Pour prendre l’affaire à ses débuts, nous devons remonter au 1er juillet 1962, date à laquelle le président Modibo Keïta fit connaître la décision prise par le gouvernement du Mali d’effectuer une réforme monétaire: le Mali quittait l’Union monétaire de l’Afrique de l ’Ouest à l’intérieur de laquelle avait cours le franc dit «CFA», et se donnait une monnaie propre dite «franc malien»; une Banque d’État, dotée d’un capital initial d’un million de francs CFA, serait chargée de l’émission de la monnaie nationale en même temps que du contrôle des autres banques ayant des activités dans le pays; dès la mise en circulation de la monnaie nationale, le franc CFA n’aurait plus cours; il était enfin précisé que cette réforme n’affectait nullement l’appartenance du Mali à la zone franc. Il semble que la réforme monétaire ait porté ombrage à certains commerçants, dont le mécontentement fut habilement exploité par les adversaires du gouvernement.

Le 21 juillet, plusieurs centaines de manifestants se rassemblèrent sur la place du marché de Bamako, se formèrent en cortège, défilèrent devant l’ambassade de France en criant «vive la France» et «vive de Gaulle», et se dirigèrent vers le commissariat central de police en poussant des clameurs hostiles au gouvernement et au parti au pouvoir. Ils furent dispersés après un violent accrochage avec la police, au cours duquel il y eut plusieurs blessés mais aucun mort, et deux- cent- cinquante-deux d’entre eux furent arrêtés. Les militants de <em>l’Union soudanaise</em>, parti gouvernemental, organisèrent immédiatement une contre-manifestation pour assurer le président Modibo Keïta de leur loyalisme et de leur entier appui à la réforme monétaire. Le président adressa de son côté un appel à la nation, l’assurant qu’il saurait sévir contre les trafiquants de la nouvelle monnaie.

Le 22 juillet, l’ordre était rétabli, et des sanctions rigoureuses étaient annoncées contre les commerçants qui garderaient leurs magasins fermés. L<em>'Union soudanaise </em>désigna une commission nationale avec mission de faire une enquête complète sur les origines de l’émeute et les responsabilités qu’elle engageait. Très rapidement, on arrêta comme étant les instigateurs des troubles, deux (02) personnalités politiques importantes, MM. Fily Dabo Sissoko et Hamadoun Dicko. Tous deux avaient été députés à l’Assemblée nationale française à l’époque où le Mali était encore le territoire colonial du Soudan; tous deux avaient détenu des portefeuilles ministériels dans le gouvernement français; le premier, membre du parti socialiste français, avait été secrétaire d’État au Commerce et à l’Industrie en 1948; le second avait été sous-secrétaire d’État à l’Éducation nationale, puis au Commerce et à l ’Industrie, en 1956 et 1957.

Lors des élections à l’Assemblée nationale de Bamako le 8 mars 1959, MM. Sissoko et Dicko étaient les leaders du <em>parti du regroupement</em> <em>africain, </em>qui s’opposait à <em>l’Union soudanaise. </em>Celle-ci avait d’ailleurs remporté une victoire écrasante, en enlevant la totalité des quatre-vingt sièges à l’Assemblée. Les deux (02) chefs de l’opposition semblaient s’être ensuite ralliés au gouvernement de M. Modibo Keïta, qui les avait casés dans l’administration. L’enquête conduisit d’autre part à l’arrestation d’un important commerçant de la place, El Hadj Kassoum Touré. Celui-ci aurait été détenteur d’importants avoirs en francs CFA; lésé dans ses intérêts par la réforme monétaire, il aurait pris la tête de la rébellion dans le milieu des commerçants. Prenant la parole, dans une réunion publique au début d’août, le président Modibo Keïta désignait nommément MM. Sissoko, Dicko et Touré comme étant les meneurs d’un complot préparé de longue date en liaison avec certains gouvernements étrangers. Leurs objectif aurait été de renverser le gouvernement au pouvoir et de le remplacer par un autre gouvernement «plus docile aux directives reçues de l’extérieur». Leur tactique aurait été de miser sur le mécontentement des commerçants, boutiquiers, marchands ambulants, transporteurs, etc., qui représentent une classe numériquement importante et dont la politique sociale du gouvernement pouvait compromettre les intérêts.

L’ouverture des débats devant le Tribunal populaire fut fixée au lundi 24 septembre. Il n’est peut-être pas sans intérêt de mentionner que quelques jours avant cette date, exactement le 18 septembre, à la faveur d’un remaniement ministériel, le portefeuille de la Justice avait été transféré à M. Madeira Keïta, précédemment ministre de l’Intérieur et notoirement connu comme étant l’«homme fort» du gouvernement.

Les audiences ont occupé quatre journées complètes, du lundi 24 au jeudi 27 septembre.

Le Tribunal ne siégeait pas dans les locaux du Palais de justice, mais dans la salle de réunions de la Maison des anciens combattants. Sur les manifestants arrêtés le 21 juillet, quatre-vingt-douze étaient déférés devant le Tribunal en plus des trois principaux accusés, MM. Sissoko, Dicko et Touré. Il était reproché aux inculpés «d’avoir organisé un complot et commis un attentat contre la sûreté intérieure de l’État en vue de changer et de détruire le gouvernement du Mali».

Le Tribunal, dont on a dit plus haut la composition, était présidé par M. Mamadou Diawara, Point important, aucun avocat ni même aucun défenseur officieux n’assistait les prévenus. Les débats étaient publics, et se sont pratiquement limités à l’interrogatoire des inculpés et à l’audition de leurs déclarations. Il semble d’ailleurs que les inculpés aient eu la faculté de s’expliquer avec la plus entière liberté. La plupart d’entre eux s’appliquèrent à minimiser la portée des manifestations du 21 juillet, et affirmèrent qu’ils n’avaient fait que suivre la foule sans être animés d’aucune intention hostile vis-à-vis du gouvernement.

Kassoum Touré reconnut qu’il avait contribué à organiser la manifestation des commerçants, mais affirma qu’il l’avait fait sans aucune arrière-pensée politique. Hamadoun Dicko nia entièrement les faits qui lui étaient reprochés. Fily Dabo Sissoko plaida au contraire coupable et déclara: «<em>je reconnais tous les faits; j’ai commis une très grosse faute</em>». H. avoua notamment avoir encouragé les commerçants et les anciens combattants à organiser une démonstration anti-gouvernementale, à défiler devant l’ambassade de France en poussant des cris hostiles au Mali, et à tenter de prendre d’assaut le poste central de police. Il conclut en sollicitant l’indulgence des juges populaires.

La mesure d’humanité prise par le président Modibo Keïta moins d’une semaine après le verdict en commuant les trois peines de mort en peines de détention à vie ne peut nous faire oublier les graves irrégularités de la procédure au terme de laquelle les sentences ont été prononcées. Le fait reste que les inculpés ont été déférés devant une juridiction constituée en violation des dispositions de la Constitution de la République du Mali, et qu’ils n’ont pas bénéficié pour assurer leur défense des garanties que doit normalement comporter toute procédure pénale.

<strong>Que conclure de tout cela?</strong>

La loyauté la plus élémentaire commande de rendre hommage au courage avec lequel le gouvernement de la République du Mali s’est attaqué depuis quatre ans au problème du développement économique et social. On ne peut lui reprocher d’avoir donné aux impératifs du développement une priorité absolue, et il est certain qu’une telle politique exige une très grande discipline de la part de la population.

Le gouvernement a parfaitement le droit de se défendre contre les pêcheurs en eau trouble: mais il doit (et peut) le faire en usant de moyens légaux.

Armer une autorité de fait de pouvoirs répressifs, c’est un expédient inutile et dangereux, dangereux en premier lieu pour le gouvernement lui-même. La Constitution a opéré une distribution rationnelle des compétences entre les pouvoirs publics.

Le gouvernement, appuyé par le Parlement dont il a la confiance, a toute latitude pour faire la politique économique et sociale qu’attend de lui l’immense majorité de la population.

«Si le cadre juridique de cette politique est clairement et judicieusement tracé, et cela ne tient qu’au gouvernement et au Parlement, les tribunaux n ’auront pas besoin d’être «au service du régime»: il suffira qu’ils soient au service de la légalité; les magistrats n’auront pas besoin d ’être des «militants du parti»: il suffira qu’ils soient de bons magistrats; il n ’y aura pas besoin de faire appel à des juridictions d ’exception: les juridictions de droit commun suffiront.

En s’appliquant à rester un «État de droit», la République du Mali assurera la stabilité de ses institutions sans compromettre aucunement les chances de son développement économique...», avait conclu <strong><em>la Commission Internationale de Juristes dans son rapport en juillet 1963.</em></strong>

<strong>A.K. DRAMÉ, Journaliste freelance</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Intervention militaire contre la bande à Amadou Haya Sanogo : Quand ATT disait NON à la CEDEAO !</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 28 Aug 2023 02:14:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> « <i>N’est pas ATT qui le veut !</i> » Ce qui n’était qu’une lapalissade est plus que d’actualité dans l’histoire politique en cours dans la sous-région ouest-africaine, notamment avec le récent coup d’Etat au Niger voisin. Patriote dans l’âme, humble jusqu’au-boutiste et fataliste, le président Amadou Toumani Touré (les 7 milliards d’êtres humains sur la terre le reconnaîtront sous les initiales d’ATT), renversé en 2012 dans ce qu’il est convenu d’appeler « le coup d’Etat militaire le plus stupide de l’histoire », disait Niet aux Chefs d’Etat de la CEDEAO qui n’excluaient pas une intervention militaire pour chasser les putschistes et le rétablir dans ses fonctions. Aujourd’hui, dans les mêmes circonstances intervenues au Niger, le président Bazoum « encourage » ses anciens pairs à user de tous les moyens pour rétablir l’ordre constitutionnel. Comme le Jour et la Nuit ! Pour le premier (ATT), aucun compatriote ne doit perdre la vie, même pas une goutte de sang, pour son pouvoir à lui, tandis que pour le second (Bazoum), le slogan semble être : « <i>je veux mon fauteuil, à n’importe quel prix </i>!».</span></b></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Rappel d’étapes de ce qui s’est passé entre le 22 mars et le 8 avril 2012 et qui a épargné au Mali et à ses fils un bain de sang et des pertes en vies humaines. « <i>N’est pas ATT qui le veut !</i> ». </span></b></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> Tôt le matin du mercredi 21 mars 2012, à la ville garnison de Kati  une saute d’humeur au cours d’une rencontre entre le ministre de la Défense et les militaires, s’est vite transformée en mutinerie puis conclue, tard dans la soirée, par un renversement du pouvoir du président Amadou Toumani Touré. Les auteurs du putsch, réunis au sein du CNRDRE (Comité national pour le Redressement de la Démocratie et de Restauration de l’Etat) dirigé par le capitaine Amadou Haya Sanogo, annoncent officiellement la prise du pouvoir au petit matin du jeudi 22 mars 2012.</span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> <b>Des sanctions aux relents fatals ?</b></span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Comme on pouvait s’y attendre, les choses se précipitent au niveau de la CEDEAO. Le mardi 27 mars 2012, Sommet Extraordinaire de la CEDEAO se tient à Abidjan, en Côte d’Ivoire, sur la situation politique au Mali, notamment, les modalités d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel.</span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Entre autres principales décisions prises par la Conférence Extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, on peut retenir: Dénier toute forme de légitimité au CNRDRE et exiger le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel au Mali ; Rappeler au CNRDRE sa responsabilité en ce qui concerne la sécurité et la sûreté du président Amadou Toumani Touré ; Exiger que le CNRDRE libère tous les détenus politiques ; Suspendre le Mali de tous les organes de prise de décision de la CEDEAO, avec effet immédiat ; Informer le CNRDRE que la CEDEAO prendra d’autres mesures nécessaires à la restauration de l’ordre constitutionnel ; <b>Autoriser la montée en puissance de la Force en attente de la CEDEAO pour parer à toutes éventualités</b>;</span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Ce n’est pas tout. En cas de non-respect de ces décisions par le CNRDRE, des sanctions de tous ordres ont été adoptées. Les plus pertinentes : la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO ; la fermeture des frontières des Etats membres de la CEDEAO avec le Mali; le gel des avoirs des différents responsables du CNRDRE et de leurs associés dans les pays membres de la CEDEAO ; la fermeture au Mali de l’accès des ports des pays côtiers de la CEDEAO ; le gel des comptes du Mali à la BCEAO ; le non approvisionnement des comptes de l’Etat malien dans les Banques privées à partir de la BCEAO ; le gel des concours financiers à partir de la BOAD et de la BIDC.</span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">En cas de non-respect par le CNRDRE de ces décisions, le communiqué final mentionne que ces sanctions mentionnées devraient être appliquées dans un délai maximum de 72 heures, au plus tard le lundi, 2 avril 2012.</span></b></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></b></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">L’adresse d’ATT à ses compatriotes</span></b></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Quand le président ATT eut connaissance de ces décisions depuis sa retraite secrète, il en mesura toutes les conséquences au double plan économique et financier sur le quotidien des Maliens, mais aussi sur le bain de sang que pourrait engendrer une éventuelle intervention militaire avec « <i>la montée en puissance de la force en attente de la CEDEAO pour parer à toute éventualité</i> ».</span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Alors, ATT prit son stylo pour s’adresser à ses concitoyens :</span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">« <i>Le mercredi 27 mars 2012, j’ai suivi avec un grand intérêt le sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, tenu à Abidjan sous la présidence de son président en exercice, son excellence le Président Alassane Dramane Ouattara, Président de la République de Côte d’ivoire.</i></span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Personnellement, j’adhère aux propositions de sortie de crise, qui seront soumises au Mali, par une délégation des chefs d’Etat ; crise dont les conséquences multiformes seront désastreuses pour notre cher pays, déjà très éprouvé.</span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Aussi, le retour rapide à une vie constitutionnelle (l’ordre institutionnel, la remise en place des institutions de la République et le respect des libertés publiques) s’impose comme une nécessité absolue.</span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Le cas ATT, ne pose aucun problème.</span></i></b><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> Je me soumettrai aux décisions retenues pour l’intérêt et la sauvegarde de la démocratie ; démocratie à laquelle j’ai pris une part importante dans l’édification et la consolidation, avec et parmi tant de démocrates.</span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">C’est en Homme, sans haine aucune, mais plutôt en patriote sincère</span></i></b><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> :</span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">- Que j’exhorte toutes les Maliennes et tous les Maliens de l’intérieur comme de l’extérieur, aux amis du Mali à adhérer, soutenir les propositions de sortie de crise, pour notre patrie, et pour mes chers amis, les enfants, que je ne peux oublier, surtout dans les grandes épreuves. </span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">-Aux forces armées et de sécurité et para militaires, j’en appelle à leur sens du patriotisme et de la mesure, pour dépasser  vos incompréhensions et vous consacrez rapidement à notre mission cardinale : «Sauver le Mali ». Ainsi que :</span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">- A mes chers compatriotes</span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">- Aux institutions de la République</span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">- Aux Démocrates des partis politiques</span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">- Aux communautés religieuses</span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">- A tous les réseaux de la société civile</span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">- Aux légitimités locales, et communicateurs traditionnels</span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">- Aux vaillantes femmes maliennes des villes et des campagnes</span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">-Aux Maliens de l’extérieur, partout dans le monde.</span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">-A la jeunesse malienne, dans toutes ses composantes et catégories</span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">-A nos braves travailleurs du Mali </span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Qui ont toujours répondu à l’appel de l’histoire de notre pays.</span></i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> »</span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Sans commentaire ! Les Maliens ont capté, mémorisé et suivi ces sages conseils donnés par celui qu’ils ont aimé, adulé et porté au sommet de l’Etat ; celui qui leur avait bien rendu la monnaie. </span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> <b>Sauver le Mali une deuxième fois</b></span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Certes, ce « message écrit à la Nation » apaisait les éventuelles tensions socio-économiques et politiques mais n’éteignait pas totalement une intervention militaire de la CEDEAO parce que l’ordre constitutionnel demeurait toujours rompu. La solution ? Consentir à une démission volontaire. Ce que fit le démocrate ATT en adressant sa lettre de démission, « sans pression », à la CEDEAO, tout en sachant que c’est une mutinerie qui  l’a mis dans l’impossibilité d’exercer mes fonctions de président de la République. Texte intégral : </span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv9713821719ydp595c92dedefault" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">« <i>En ce moment critique de l’histoire de notre pays, qu’il me soit permis d’avoir une pensée profondément douloureuse pour les populations des régions de Tombouctou, Gao et Kidal, en particulier mes amis les enfants qui souffrent du fait de l’occupation inacceptable de cette partie de notre territoire. </i></span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv9713821719ydp595c92dedefault" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">A la suite de l’élection du président... de la République en Avril 2007, les Maliennes et les Maliens m’ont renouvelé leur confiance. En application des dispositions de l’article 37 de la Constitution du 25 février 1992, j’ai pris fonction le 08 juin 2007 pour un mandat de cinq (05) ans. </span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv9713821719ydp595c92dedefault" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Dans le prolongement des acquis de mon mandat précédent, j’ai consacré toute mon énergie et toute mon imagination à la satisfaction exclusive des besoins essentiels de mes compatriotes et à la réalisation d’un Mali émergent. Aujourd’hui, il ne me revient pas de dresser le bilan de mes deux quinquennats. Les historiens s’en chargeront. Toutefois, depuis quelques mois, notre pays est en proie à des convulsions sur le triple plan sécuritaire, politique et social. Cette situation a atteint son paroxysme les 21 et 22 mars 2012, lorsqu’une violente mutinerie de la garnison militaire de Kati <b>m’a mis dans l’impossibilité d’exercer mes fonctions</b> de président de la République. </span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv9713821719ydp595c92dedefault" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">C’est pourquoi, dans l’intérêt supérieur de mon pays, j’ai l’honneur de demander qu’il vous plaise de recevoir ma démission et, subséquemment, de constater la vacance de la présidence de la République conformément à l’article 36, alinéa 2 de la Constitution susvisée. </span></i></b></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv9713821719ydp595c92dedefault" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Ce faisant, j’adresse mes sincères remerciements à toutes les Maliennes et à tous les Maliens qui m’ont fait confiance, m’ont accompagné durant le temps que j’ai passé à la tête de l’Etat et qui continuent d’œuvrer pour le rayonnement d’un Mali éternel. </span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv9713821719ydp595c92dedefault" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Enfin, je demande pardon à toutes celles et à tous ceux qui ont pu souffrir du fait des actes que j’ai posés, sans intention de nuire, durant mes deux mandats. </span></i></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération très distinguée.</span></i><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> »</span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">C’est ça l’Homme ATT, l’ami des enfants ! Aujourd’hui, le cours des événements politiques dans la sous-région nous offre un tout autre tableau avec le refus de démissionner du président nigérien, Mohamed Bazoum, renversé le mercredi 26 juillet par des putschistes. Au contraire, le président déchu s’accroche à un mince espoir de revenir au pouvoir, au prix de tous les sacrifices y compris le sang de ses concitoyens. <b>« <i>N’est pas ATT qui le veut !</i> ». </b></span></p>
<p class="yiv2629850589ydp1bfdcb83yiv6355447488ydp311a779amsonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">Hamady</span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Regard sur le passé :  Août 1969&#45;août 2023 : 54 ans après l&amp;apos;histoire retient que  le CMLN a exterminé le groupe de Diby Silas Diarra</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/regard-sur-le-passe-aout-1969-aout-2023-54-ans-apres-lhistoire-retient-que-le-cmln-a-extermine-le-groupe-de-diby-silas-diarra-3033822.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 26 Aug 2023 01:47:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le 19 novembre 1968 quatorze officiers de l'armée malienne, sous la houlette du Comité militaire de libération nationale (CMLN) renverse le régime du président Modibo Kéita. Les nouveaux maîtres du pays, par la voix de leur leader le lieutenant Moussa Traoré, promettent de redresser l'économie pour ensuite rendre le pouvoir aux civils au terme des élections démocratiques  et transparentes. Ils n'ont pas respecté leurs promesses. L'un des instigateurs de ce coup d'Etat, feu le colonel Youssouf Traoré nous a dit que la volonté du CMLN de se maintenir au pouvoir était consécutive à l'agitation de certains cadres de l'US-RDA. Autrement dit les militaires ne pouvaient laisser le pays entre les mains d'opposants, qui pouvaient se retourner contre eux. Ajoutée à cela une dissidence de certains compagnons d'armes. Neufs officiers et sous-officiers : Diby Silas Diarra, Alassane Diarra, Bakary Camara, Tiécoura Sogodogo, des lieutenants Mamy Ouattara, Jean Bolon Samaké, de l'adjudant Guédiouma Samaké, des sergents chefs Samba Sangaré et Boubacar Traoré désapprouvent la confiscation du pouvoir par le CMLN. Comment ils entendaient exprimer leur désaccord ? Quelle fût la suite des événements ? Dans un regard sur le passé, votre journal préféré revient sur les circonstances qui ont conduit à l'extermination de ces officiers et sous-officiers. Cela à travers le témoignage de certains acteurs de l'une des pages noires de l'Histoire de notre pays, du reportage de notre confrère et doyen de l'ORTM, Sory Ibrahim Kéïta dans son émission "Droit de mémoire".</em></strong>

ors du procès "Crimes de sang" de feu Général Moussa Traoré, l'éminent avocat des parties civiles Me Binkè Kamité, a salué la bravoure du groupe de Diby Silas Diarra. Parce que d'une part l'histoire lui a donné raison. Ces officiers et sous-officiers ont dit que l'armée malienne n'est pas faite pour le pouvoir. Par des argumentations, ils ont démontré qu'un pouvoir militaire n'hésitera pas à tirer face à une contestation du peuple. Me Kamité soutiendra que le pire craint par Diby Silas s'est produit pendant les journées sanglantes de mars 1991. D'autre part conscients du sort qui les attendait, ces militaires accusés avaient tout avoué.

Pendant que le CMLN s'affichait pour expliquer le bien-fondé de son action, en mettant en exergue les défaillances du régime socialiste de Modibo Kéita, Diby Silas et ses compagnons n'appréciaient pas le coup d'Etat. Ils estimaient qu'une démarche auprès des autorités pouvait l'éviter. Surtout que des représentants de l'armée siégeaient dans le Conseil national pour la défense de la révolution. En plus de leurs convictions républicaines, ils décriaient également le comportement de certains officiers. Lesquels ? Guédiouma se rappelait : <em>"Notre groupe a finalement compris que le CMLN n'avait aucune orientation pour la conduite des affaires de l'Etat. C'est pourquoi nous avons demandé une conférence des cadres supérieurs de l'armée, d'organiser une période de transition au bout de laquelle des élections démocratiques seront organisées pour rendre le pouvoir aux civils. </em>

<em><img class="aligncenter size-full wp-image-3033732" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/08/Diby-Sylla.jpg" alt="" width="680" height="456" />Mieux quand des officiers, lors de leurs missions à l'intérieur, demandaient au gouverneur des voitures sans chauffeur uniquement pour vaquer la nuit à leurs affaires privées en clandestinité, cela n'honorait pas l'armée et qu'il fallait trouver un moyen pour leur rappeler le serment d'officier. C'est ainsi que nous avons  demandé d'élargir le CMLN aux commandants d'arme de Gao, de Ségou et de Tombouctou. Cela avait pour but d'inculquer ou cultiver leur idéologie pour un retour de l'armée dans les casernes. A cette demande, le lieutenant Amadou Baba Diarra n'a pas hésité de déclarer que les quatorze héros du CMLN ont risqué leur vie pour faire le coup d'Etat. Donc, ils n'accepteront aucune intrusion de dernière minute".</em>

Dès cet instant la rupture était consommée entre les frères d'armes. Diby Silas et ses camarades décidèrent de rentrer en dissidence : perpétrer un coup d'Etat pour remettre le pouvoir aux civils. Lors de son passage dans la rubrique <strong>"Que sont-ils devenus ?"</strong>, l'un des dissidents Guédiouma Samaké, a rejeté du revers de la main notre question relative au caractère matinal de leurs intentions. Surtout que le CMLN venait juste de s'emparer du pouvoir. Il n'avait pas encore fini d'asseoir son autorité. Donc n'était-il pas très tôt de douter de la sincérité du CMLN ?

<strong>Parjure</strong>

Il a soutenu mordicus que Moussa Traoré et ses acolytes ont avancé des arguments fallacieux pour justifier le putsch. Les premières heures ont suffi pour comprendre que ceux-ci s'éterniseront au pouvoir. Notre interlocuteur est encore plus surpris par cette question, se demandant comment un militaire peut oser préparer un coup d'Etat sans en mesurer la portée. Leur groupe était composé d'officiers valables et convaincus de leur idéologie.

Donc, en aucune manière, ils ne pouvaient douter de l'issue de leur action. La phase de préparation du coup d'Etat consistait à contacter de jeunes officiers qu'ils ont formés au Prytanée militaire, qui avaient aussi la même conviction et surtout faire un lavage de cerveau des jeunes soldats. C'est dans cette phase que Diby Silas et ses compagnons seront dénoncés et arrêtés. Comment leur tentative de coup d'Etat a échoué ?

Le capitaine Alassane Diarra a eu le malheur de contacter un officier qui, est de surcroît son parent. Ce dernier lui devait une grosse somme d'argent. Il s'est dit qu'en dénonçant cette action, Alassane sera arrêté et jugé, donc il n'aura plus à lui payer son argent. Accompagné d'un autre officier, ledit parent du capitaine Alassane Diarra est allé informer Joseph Mara de ce qui se tramait. Avec une telle information, le pouvoir ne pouvait rester inactif.

Le 12 août 1969, Tiécoro Bagayoko, directeur des services de sécurité a demandé à Sounkalo Samaké, commandant de la Compagnie para, de le rejoindre à la direction nationale de la  sûreté où étaient présents le président Moussa Traoré et d'autres membres  du CMLN. Il lui a instruit l'arrestation des conspirateurs. En deux jours, tous les officiers et de sous-officiers impliqués dans cette tentative de coup d'Etat furent mis aux arrêts et gardés en lieux sûrs.

<strong>Climat délétère</strong>

Cette situation mettait en évidence le climat délétère au sein de l'armée. Aussi le CMLN s'est rendu compte qu'il n'était pas en bonne posture. Qu'est-ce qu'il fallait pour affermir ce nouveau pouvoir ? Cette consolidation passait par plusieurs actions fortes : neutralisation totale et sans état d'âme des mécontents de l'armée, censés tenter un mouvement de rébellion, entreprendre des campagnes de sensibilisation dans les différentes casernes, et juger le groupe de Diby Silas tout en infligeant une sentence exemplaire qui servira de leçon. Une Cour spéciale de sûreté de l'Etat fut créée par ordonnance, pour sceller le sort des présumés conspirateurs. Le dossier est vite instruit et les détenus sont repartis en trois catégories :

- Première catégorie : attentat contre la sûreté intérieure de l'Etat ;

- Deuxième catégorie : tentative d'attentat contre la sûreté intérieure de l'Etat ;

- Troisième catégorie : tentative d'attentat avec complicité passive.

Et le jugement est programmé pour le 30 décembre 1969. Mais une information mal interprétée fera anticiper les choses. Comment ? Me Demba Diallo, l'un des avocats des détenus d'expliquer : <em>"Comme Guédiouma Samaké le raconte dans son livre, les détenus avaient leur code secret. Ils ont décidé de m'appeler 44. Pourquoi ? D est la quatrième lettre de l'alphabet. Deux fois DD, cela fait 44. Entre eux ils disent que Diby a rencontré 44, et celui-ci a dit qu'il attend le renfort de Bruxelles. Donc qu'ils peuvent être confiants, et que les choses vont se passer bien. La sentinelle qui était de faction rapporta au sous-officier chef de garde. Ils disent que le 4 janvier Victor attaquera la Belgique. Le chef de garde à son tour rendit compte au lieutenant. De fil à aiguille, le Comité fut informé que les détenus vont déclencher une attaque dès l'arrivée d'un renfort de Belgique. Il fallait donc faire vite, car le mot Belgique peut avoir un autre sens. Il faut les juger et se débarrasser d'eux. Vergès est empêché de venir. Me Cécile Draps, le renfort de Bruxelles, est venu de la Belgique".</em>

Le jour du jugement, des dispositions sécuritaires impressionnantes étaient prises pour parer à toute éventualité. Me Demba Diallo s'est imposé et a soulevé des exceptions. Il dénoncera même la présence de militaires armés dans la salle, et s'adressera au président du tribunal en ces termes : <em>"Montesquieu, le père de l'esprit des lois, a dit que quand les armes entrent dans le prétoire, la justice en sort. Or il y a des armes dans la salle. Vous n'êtes pas libres et sous la pression des armes vous allez juger". </em>

Cette intervention a créé une panique dans la salle, parce que le tribunal sait très bien que la déclaration de Me Demba était une réalité. Il a suspendu les débats pour mettre de l'ordre et faire disparaitre les militaires habillés en boubous qui cachaient les armes. Le jugement pouvait commencer.

<strong>"Mission accomplie"</strong>

Premier à être appelé à la barre, le charismatique capitaine Alassane Diarra (dont Me Binkè Kamité s'est dit fier) a recadré les choses. Pendant que Diby Silas Diarra défiait le président du tribunal en lui demandant de prononcer le verdict pour ensuite rendre compte avec la mention <strong>"mission accomplie".</strong>

Les autres accusés ont suivi. Me Demba Diallo et ses confrères prirent la parole pour démonter le réquisitoire du ministère public. Cela n'a pas suffi.  Le verdict est tombé : Le chef du groupe, Diby Silas et Alassane Diarra sont condamnés à perpétuité ;  Bakary Camara prendra 20 ans de travaux forcés, même peine de 15 ans pour Mamy Ouattara. Guédiouma et Samba Sangaré écoperont de 10 ans de travaux forcés.

Quelques jours après la sentence, ils sont transférés à Taoudéni pour purger leur peine. En réalité, ce transfert dans le désert profond du Nord avait pour but de les liquider. Parce qu'il fallait faire de ces premiers dissidents un exemple pour tous ceux qui pouvaient avoir la même intention. A Taoudéni, le lieutenant Almamy Nientao appliquera à la lettre les consignes du CMLN. Les autres ne survivront pas, seuls Guédiouma et Samba ont eu la chance de retourner à Bamako après 10 ans de traitements inhumains et dégradants.

Quand nous rencontrions Guédiouma Samaké quelques années avant sa mort (il est décédé le  samedi 25 avril 2020, à l'âge de 80 ans), il avait encore un moral d'acier. Nous étions étonnés par sa santé malgré tous les sévices corporels qu'il a subis pendant dix ans. L'homme face à notre insistance sur son secret, avouera qu'un Samaké est toujours plus brave qu'un petit Sissoko, pacte de cousinage oblige. Pendant que nous sommes plongés dans un cyclone d'émotions, Guédiouma se disait fier de l'action de son groupe. C'est surtout Diby Silas Diarra qui l'a marqué durant sa vie. Il retiendra de cet officier un militaire modèle dont l'avenir fut sacrifié inutilement.

Certes ces officiers et sous-officiers ont échoué dans leur plan. Mais comme l'a dit Me Binkè Kamité, l'Histoire a fini par leur donner raison à plusieurs niveaux. Parce que d'autres tentatives de coup d'Etat suivront. Les Yoro Diakité, Malick Diallo, Tiécoro Bagayoko, Kissima Doukara, Sounkalo Samaké, tous membres influents de la junte militaire, finiront par rejoindre dans le bagne de Taoudéni ceux qu'ils avaient qualifié de salopards, de traitres.

<strong>O. Roger (00223 63882423)</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Arrêtez de souiller la mémoire du président ! : Modibo Kéita n&amp;apos;a jamais courbé l&amp;apos;échine</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/arretez-de-souiller-la-memoire-du-president-modibo-keita-na-jamais-courbe-lechine-3032572.html</link>
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<pubDate>Tue, 15 Aug 2023 01:51:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Le grand Modibo Kéita a dû se retourner plusieurs fois dans sa tombe à la seule évocation de son nom par des acteurs politiques à la solde de descendants de ceux qui l’ont farouchement combattu pour avoir défendu les intérêts de son peuple. Car ces pitres, rien que pour un semblant de pouvoir et ses privilèges, agissent contre le même peuple, dont ils tirent pourtant leur légitimité, en signant le pacte avec le diable pour continuer de piller nos richesses.</em>

Quand on sait d’où l’on vient, on sait en principe où l’on va. La vie est une question de choix. Comme celui de préférer la pauvreté dans la dignité que l’opulence dans l’esclavage. Pour avoir fait cette option Modibo Kéita et ses camarades, du Mali et d’ailleurs, en ont fait les frais. A en juger par les conditions drastiques dans lesquelles le colonisateur, furieux, s’est résigné à accorder l’indépendance à leur pays. A en juger aussi par le nombre de bâtons qu’il leur a mis dans les roues, poussant le cynisme jusqu’à instrumentaliser leurs propres frères pour la sale besogne.

Préoccupés cependant par le seul bien-être de leurs concitoyens, ils ont enduré le sacerdoce. Pour leur choix de l’indépendance véritable pour son peuple, du droit de disposer du choix libre et souverain de déterminer la forme de son régime politique indépendamment de toute influence étrangère !

Modibo a sacrifié sa vie pour que cesse la domination coloniale et qu’il puisse tracer et suivre les voies menant au bonheur véritable des descendants des martyrs de l’ex-Soudan français. Ses camarades et lui avaient hautement conscience de leur responsabilité historique. Leur devise était de mobiliser les populations en leur faisant comprendre qu'elles constituent un seul peuple visant un seul but avec la même foi. Tous pour un et un pour tous ! Pour la dignité et le bonheur de tous !

Conscients  de la justesse et de la noblesse d’une telle cause, ils ont accepté de souffrir dans leur chair et dans leur âme, contrairement à d’autres qui ont accepté ‘’l'indépendance’’ aux conditions imposées par ‘’Baba koumandan’’.

Mais, hélas, la relève est loin d’être assurée : les générations actuelles aiment bien le prendre pour référence dans leurs logomachies mais n’arrivent pas à la cheville du grand Modibo Kéita. Qui ne racontait de boniments car il avait des scrupules. Modibo Kéita n’était ni perfide, ni nombriliste, ni clientéliste, ni prédateur.

En revanche, de par leurs comportements, «les toubabou djon» souillent la mémoire du président, trahissent leur peuple en l’exploitant au profit de leurs mentors qui leur confère onction et protection. Leur gouvernance est aux antipodes de la vertu. Dans les années 70, les Maliens se sont indignés des ‘’châteaux de la sécheresse’’ construits  par des compagnons de Moussa Traoré avec une partie de l’aide internationale mobilisée lors de la famine qui a frappé le sahel occidental. Les Maliens ont dénoncé les libertés que s’accordait la FMI (Famille Moussa et Intimes) avec les ressources publiques. Que pensent-ils à présent ‘’des Milliardaires de la Démocratie’’ qui adorent trinquer en se croyant importants et regarder trimer ceux dont ils sucent le sang ?

&nbsp;

<strong>Dèdè Tall</strong>

&nbsp;

<strong>Courage, combativité, pugnacité, ténacité, persévérance, intransigeance, dignité, sincérité, grandeur, magnétisme...</strong>

La notoriété du premier président du Mali, considéré comme «l’un des plus grands leaders du tiers-monde», a franchi les frontières de son pays et du continent africain. Modibo est «l’un des leaders les plus prestigieux de l’Afrique indépendante» selon le journaliste Français André Blanchet dans un reportage de la télévision. Jean Lacouture, journaliste, historien et biographe, voyait en lui «Une statue vivante de l’Afrique». Car déjà  en 1961, Modibo Kéita était devenu une personnalité impossible à ignorer sur la scène politique internationale. L’écrivain américain, Frank Herbert, qui a tenu ces propos, est auteur du roman de science-fiction le plus vendu au monde au moment de sa publication en 1965. Inspirée L’œuvre s’inspire de la vie de Modibo Kéita qui, pour l’auteur, avait tout d’un héros. Même le colonisateur, devant qui il n’a jamais fait la courbette, le respectait. Il n'a jamais couru prendre des instructions à l'Elysée, naguère résidence d’un….esclavagiste qui l’a construite. Il y aurait eu moins  de bêtises ‘’si l'on sait de manière forte ce qu'est l'humain et que nous prenons conscience que nous le sommes tous’’ écrit Frantz Fanon.

Pour le célèbre historien, Pr Bakary Kamian: «Il n’était autoritaire qu’en apparence, il était autoritaire quand il s’agissait d’appliquer et de faire respecter les règles, mais il aimait écouter les autres et, éventuellement, changer de position.»  Son camarade de lutte Idrissa Diarra  rapporte que malgré sa forte personnalité lui permettant d’imposer aisément son opinion lors des réunions, Modibo Kéita s’efforçait de susciter la discussion afin que tous les avis soient exposés.

Le personnage de Modibo dégageait un magnétisme et une sincérité qui ne laissaient pas indifférents ses interlocuteurs les plus hostiles. L’homme avait du caractère. Sa combativité, son intransigeance (même vis-à-vis de lui-même) et sa ténacité trouvaient leurs justifications dans un idéal profond. Mais il savait faire preuve, de réalisme, de pragmatisme et d’imagination créatrice pour faire triompher ses idéaux d’indépendance, de justice, de liberté et de paix.

Son combat politique et syndical était caractérisé par sa pugnacité, persévérance, son courage, ses sacrifices et sa dignité. Modibo Kéita, leader charismatique, écouté sur la scène internationale, a acquis, grâce à son action et à ses idées, prestige et respect. Il avait le verbe haut, le nationalisme à fleur de peau, de la dignité et de la distinction dans le comportement, le non-alignement comme principe et le panafricanisme dans la tête.]]> </content:encoded>
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<item>
<title>25 mai : journée de l’Afrique :  Que commémore&#45;t&#45;on en réalité ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/25-mai-journee-de-lafrique-que-commemore-t-on-en-realite-3022968.html</link>
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<pubDate>Wed, 24 May 2023 10:26:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Ce 25 mai 2023, le continent africain va célébrer la Journée de l'Afrique communément appelée Journée de la liberté en référence à la création de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), devenue depuis l'Union africaine. Que commémore-t-on concrètement ?</em></strong>

<strong><em> </em></strong>

Juste après les indépendances de certains pays africains dans les années 1957 jusqu’à 1960, l’Afrique est confrontée à une série de crises. La première, c’est la guerre d’Algérie qui va semer la discorde en divisant les pays africains en deux groupes.

Ceux qui se sont réunis sous le Groupe dit de Brazzaville, qui correspond aux anciennes colonies de la Métropole (France), soutiennent la position de la France. L'autre groupe, sous la conduite de Modibo Kéita et ses compagnons, soutiennent l'indépendance totale de l'Algérie.

La deuxième, c'est la crise de la délimitation des frontières. Au moment où la Mauritanie a accédé à son l'indépendance, le Maroc a manifesté son mécontentement en ne reconnaissant son indépendance par rapport aux frontières issues de la décolonisation et réclamant un grand Maroc.

La troisième crise qui est d'ailleurs la plus importante, ce sont les coups d'Etat. A peine indépendant, le Congo-Kinshasa, ex-Zaïre va connaître un coup d'Etat avec le renversement puis l'assassinat de Patrice Lumumba.

Ces trois crises majeures parmi tant d'autres vont faire que l'Afrique sur la voie de la décolonisation a besoin d'une unité plus que jamais. Après plusieurs rencontres de haut niveau entre leaders africains, en 1963 l'empereur d'Ethiopie Hailé Sélassié va convoquer une conférence de tous les Africains à Addis-Abeba.

Après deux jours de rencontre, l'Organisation de l'unité africaine voit le jour. Lors de son premier sommet au Caire en Egypte en 1964, la conférence des chefs d’Etat a validé l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation et la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat.

Mais très vite, cette organisation va montrer ses faiblesses, car les coups d’Etat vont se multiplier partout sur le continent, au Ghana (en février 1966), au Mali (novembre 1968), Haute-Volta, actuel Burkina (1966). Afin de corriger les erreurs de cette organisation, une structure nouvelle a été pensée.

Les chefs ont adopté le 9 septembre 1999 la Déclaration de Syrte en Libye qui prévoit la création de l’Union africaine, l’ancêtre de l’OUA. Lors du sommet de Lomé, le 11 juillet 2000, les dirigeants africains ont adopté l'acte constitutif de l'Union africaine qui entre en vigueur en mai 2001. Mais, c'est lors du 38e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'OUA, tenu le 9 juillet 2002 à Durban en Afrique du Sud, qu'a été proclamée la naissance officielle de l'Union africaine (UA).

60 ans après la création de l'OUA (aujourd'hui Union africaine) que commémore-t-on concrètement ? De l'OUA à l'UA, les problèmes des années de l'indépendance demeurent. Les objectifs de cette organisation qui sont de défendre la souveraineté, l'intégralité territoriale, l'indépendance de ses Etats membres et promouvoir la paix, la stabilité et la sécurité sur le continent ne sont pas atteints.

Avec l'UA, les problèmes de l'Afrique se sont aggravés puisque qu'on a un déficit de dirigeants visionnaires. Il se trouve que personne ne semble avoir sur ce jeune continent considéré comme l'avenir le pouvoir nécessaire pour attirer l'attention des dirigeants sur ce qui n'est pas juste et sur ce qui est inacceptable dans la façon dont ils gèrent leur pays. Le hic aussi, personne ne veut vexer son homologue par des observations sur les risques qu'il peut faire courir à son pays, voire ses voisins.

Et à force de se taire là où il aurait fallu parler, on assiste à des roitelets. Chacun dans son coin soumettant son peuple par des méthodes inacceptables soi-disant au nom de la souveraineté. Ainsi nous avons assisté aux dix ans de guerre qui ont ravagé la Sierra Leone entre 1991 et 2002, tuant, selon les estimations, entre 50 000 et 200 000 personnes. Des viols, des mutilations et des milliers d'enfants enlevés et forcés à combattre.

Le génocide du Rwanda ou encore la crise post-électorale en Côte d’Ivoire en 2011 plongeant le pays dans une guerre civile, la guerre des généraux au Soudan pour le pouvoir. Après tout le monde se mêle de tout et l’on perd des années à tenter en vain de ramener la paix là où l’on n’aurait pas dû l’avoir perdue.

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

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</item>

<item>
<title>Modibo Keita : Les raisons d’une chute</title>
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<pubDate>Wed, 17 May 2023 08:06:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Ce 16 mai 2023, les Maliens commémorèrent la disparition de Modibo Kéita, premier président du Mali indépendant. 46 après sa mort, quelles sont les circonstances de son arrestation ? Comment est-il mort ? Quel héritage a-t-il laissé et que retiennent les Maliens de lui ? Eléments de réponse dans ce dossier que nous lui consacrons.</em></strong>

&nbsp;

Pour certains historiens maliens, les circonstances de l’arrestation de Modibo Kéita restent toujours floues jusque-là. <em>"Il y a toute une série d'histoires qui circulent autour des raisons profondes de l'arrestation de Modibo Kéita. Mais les militaires qui ont pris le pouvoir ont justifié leur action par la volonté de mettre fin à la dévalorisation de l'armée et aux restrictions des libertés symbolisées par les actions excessives de la milice populaire"</em>, laisse entendre Boubacar Traoré, historien à la retraite.

Sous Modibo Kéita, l’US-RDA est devenu le seul parti politique au Mali se trouvant momentanément hissé sur la scène politique ouest-africaine. Modibo Kéita interdit toute opposition à son régime alors que Fily Dabo Sissoko est à la tête du Parti progressiste soudanais (PSP). Ce dernier s’oppose dès le départ à l’option socialiste prônée par Modibo Kéita. Il est emprisonné en 1962 pour s’être opposé à la création du franc malien.

Condamné à mort pour tentative de déstabilisation de l’Etat, il voit sa peine commuée en prison à perpétuité. Il purge sa peine dans un pénitencier près de Kidal où il meurt dans des conditions mystérieuses en 1964. Plus la situation politique sous Modibo devient tendue, plus il enchaîne les erreurs, selon Boubacar Traoré. <em>"Le président Kéita a dissous unilatéralement l’Assemblée nationale un an avant la date normale de son renouvellement et décide de gouverner désormais par ordonnance et cette situation crée des tensions au sein de son propre parti"</em>, ajoute notre historien à la retraite.

Mais ce sont les événements du 19-20 juin 1968 qui vont tout basculer. De graves incidents surviennent à Ouéléssébougou. Des paysans mécontents refusent de verser les "contributions volontaires", de participer aux "travaux d'investissement humain" et de livrer du mil à l'Opam, l'organisation qui a le monopole de la commercialisation des produits agricoles.

Certains sont arrêtés, mais l’émeute se déclenche et on les libère. Les heurts font deux morts et de nombreux blessés. L’épisode rend compte du mécontentement général de la population et du développement d’une forte opposition populaire au régime de Modibo. Cette situation combinée à la grave crise économique et sociale attise les tensions et pousse l'armée à franchir le Rubicon.

Un groupe de militaires formé de quatorze officiers renverse Modibo Kéita. Le 19 novembre 1968 alors que le président revient d’une tournée à l’intérieur du pays, des militaires stoppent son convoi à Kayo, à quelques kilomètres de la rentrée de Bamako. Il est amené dans la capitale. Les auteurs du changement de régime sont au nombre de quatorze (14) officieux subalternes, s’organisent au sein d’une instance appelée Comité militaire de libération nationale présidé par le lieutenant Moussa Traoré.

"Au début, les 14 officieux subalternes demandent à Modibo de mettre un terme à sa politique socialiste et de remplacer ses collaborateurs, mais il refuse, arguant qu'il était démocratiquement élu sur un programme socialiste". Devant son refus, la nouvelle équipe dirigée par le lieutenant Moussa Traoré annonce la chute du régime de Modibo Kéita.

Modibo Keita est arrêté et déporté entre Kidal, Taoudénni et Gao avant d’être ramené à Bamako dans la caserne de commandos parachutes où il meurt en détention le 16 mai 1977.

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

&nbsp;

<strong>MORT DE MODIBO KEITA</strong>

<strong>Le mystère reste entier</strong>

<strong> </strong><strong><em>De son arrestation le 19 novembre 1968 jusqu'au 16 mai 1977, Modibo Kéita a connu presque toutes les geôles du Nord. De quoi est-il mort concrètement ? On ignore les causes réelles de sa mort. Certains ont la ferme conviction qu'il a été assassiné. D'autres disent qu'il est mort d'un malaise, d'œdème pulmonaire aigu.</em></strong>

Après son arrestation, Modibo a été conduit sous une bonne escorte militaire dans la plus grande caserne militaire près de Bamako. La nouvelle équipe dirigeante avec à sa tête le lieutenant Moussa Traoré annonce sur les ondes de la radio nationale la fin du régime de Modibo Kéita.

Cette annonce entraîne des scènes de liesse au sein de la population dont une partie est mécontente de la gestion socialiste. Malgré son arrestation et sa mise en détention, Modibo Kéita hantait cette nouvelle équipe dirigeante. Pour cela, il fut déporté hors de Bamako à Kidal, l'extrême nord du pays où les conditions de vie sont extrêmement difficiles.

Dans son livre "Transfert définitif", Assimi Souleymane Dembélé, qui a vécu sous l'ère Modibo Kéita jusqu'au long règne de Moussa Traoré, explique les conditions dans lesquelles l'ancien premier président du Mali vivait jusqu' à sa mort à Bamako sans jamais été jugé.

<em>"Les conditions étaient insupportables, la chaleur, le vent avec la poussière. Les premiers instants des dures épreuves faisaient que Modibo s'apitoyait sur son sort de l'homme de sa trempe qu'il était"</em>, écrit Assimi. Mais au fil du temps et eu égard de son rang, un ordre vient de Bamako pour lui assurer des conditions de détention.

Alors il fut transféré à Gao au bord du fleuve Niger où le climat était plus doux qu'à Kidal. Selon Assimi Souleymane Dembélé, une villa lui fut réservée près du grand château d'eau et un cahier de communication entre lui et le commandant d'armes de Gao avait été mis à sa disposition afin de lui permettre d'exprimer ses besoins quotidiens. Un budget a été dégagé et placé au niveau du commandant d'armes. <em>"Toutes les fois que sa santé l'exigeait, un spécialiste était amené de Bamako par vol spécial"</em>, précise l’auteur du livre.

Plus sa détention dure, plus sa santé se détériore et devint inquiétante. Il fut précipitamment transféré à Bamako, pas dans un centre hospitalier, mais dans la redoutable caserne des commandos parachutistes de Djicoroni-Para. A en croire les écrits du colonel Dembélé, dès son arrivée à Bamako, Modibo Kéita a reçu la visite d'un médecin psychiatre (dont le nom n’est pas évoqué) à la solde de l'instance militaire suprême.

<em>"Bonjour, Monsieur le Président. Je suis votre nouveau médecin, vous pouvez donc vous tranquilliser parce que vous êtes entre des bonnes mains"</em>, note notre auteur en rapportant les propos du médecin traitant de Modibo. Déporté de Gao à Bamako pour des raisons médicales, Modibo Kéita meurt le 16 mai 1977 sans connaître les causes de son décès.

Il y a toujours un mystère autour de son décès. Pour certains, il serait mort d’un malaise (œdème pulmonaire aigu). Le colonel Assimi Souleymane Dembélé relève dans ce livre "Transfert définitif" qu'avant qu'il ne meurt, Modibo Kéita aurait demandé avec insistance qu'on lui procure du citron, du vinaigre ou du lait caillé, mais il n'aurait obtenu aucune satisfaction.

Pour les autres, il a été assassiné en détention. Tout porte à croire qu'il a été assassiné. Modibo aimait trop la bouillie la nuit et le petit matin. C'est dans la bouillie qu'ils ont injecté du poison pour l'assassiner. Parce que juste après avoir bu la bouillie, il suffoquait, il avait la bave qui sortait de sa bouche", témoigné un ancien cadre de son tombeur, qui préfère garder l’anonymat.

Après sa mort, une enquête a été ouverte pour élucider les circonstances de sa mort, mais à la grande surprise son médecin traitant s'est suicidé.

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

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<strong>46 ANS APRÈS </strong>

<strong>L’héritage de Modibo en question</strong>

Seulement en 8 ans de règne, l’héritage de Modibo Kéita est évocateur sur le plan national et international. Mais l’héritage qu’on retient de cet homme est le patriotisme dont Modibo Keïta a fait montrer lors de son passage à la tête du pays.

Le journaliste Daouda Tékété, qui a écrit un livre sur l'homme, loue le parcours de Modibo Kéita qui, d'après lui, était sa bravoure exceptionnelle. <em>"L’acquisition de l’indépendance de notre pays grâce à la lutte du peuple malien guidé et ses compagnons a été aboutissement d’un long processus historique"</em>, énonce M. Tekété.

Aux dires de M. Tékété, Modibo Kéita était une figure emblématique du continent africain, car il était le seul en Afrique et même dans le monde entier qui a osé envoyer en 1961 son ministre des Affaires étrangères, Baréma Bocoum, aux Nations unies pour dire qu'il n'y aurait pas de paix sur la planète aussi longtemps qu'il y aura deux Corées, deux Allemagnes et deux Vietnam.

Pour Dr. Sidi Ould Barra, chercheur à l'Université de Bamako, l'héritage le plus emblématique de Modibo Kéita après l'acquisition de l'indépendance, c'est la création de l'Armée malienne qui, par la suite, a aidé beaucoup de pays à l'accession de leur indépendance dont l'Algérie.

Dr. Barra explique que si aujourd'hui le Mali occupe une place importante dans le concert des nations, c'est grâce à Modibo Kéita et sa politique extérieure qui était très souple basée sur l'intérêt bien compris, l'amitié et les relations diplomatiques avec la plupart des pays du monde, sauf ceux qui ont été mis sur le ban des nations par l'OUA à cause de leur attitude colonialiste (Portugal, Afrique du Sud).

<em>"Une semaine après son indépendance, le Mali a été admis à l'ONU, où il a siégé en 1966-1968 au Conseil de sécurité avec une position est proche de celle de l'Organisation de l'unité africaine dont il est membre depuis sa création. La position malienne se définit par le non-alignement, le respect mutuel de la souveraineté nationale, la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, le soutien aux peuples opprimés"</em>, éclaire notre chercheur.

Il ajoute que grâce à cette politique, le Mali est représenté à l'extérieur par des nombreuses ambassades, 17 représentations du Mali fonctionnaient sans compter les représentations diplomatiques auprès des organismes internationaux. Et inversement 49 pays étaient représentés à Bamako.

L'héritage de Modibo est aussi économique avec la réintégration du Mali dans la Zone franc en 1967.  La Création de la Somiex, l'une des premières sociétés et entreprises de l'Etat, chargée de régulariser et orienter le marché aussi bien qu'à l'approvisionnement et à la production sur la base des prix justes.

En ce qui concerne la Banque populaire nouvellement créée, elle veillait à ce que le crédit octroyé facilite la construction et l'amélioration des conditions de vie

Selon Abdoulaye Ballo, sociologue, l'héritage de Modibo Kéita c'est aussi le socialisme dont beaucoup de nos dirigeants maliens et africains se réclament.

<em>"Rares étaient les Etats où les dirigeants ne se proclament pas socialistes depuis 1960 jusqu'à nos jours. Car, pour Modibo Kéita et ses compagnons, le socialisme est une arme politique et idéologique qui se définit par la fermeté du refus, le refus de tout ce qui pouvait ressusciter la situation coloniale, antérieure de la dépendance traditionnelle de la métropole"</em>, souligne notre sociologue.

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

<strong> </strong>

<strong>MICRO-TROTTOIR </strong>

<strong>Ce que des Maliens retiennent de Modibo Kéita</strong>

&nbsp;

<strong>Issa Maïga</strong> <em>(médecin)</em><strong> :</strong>

"Je retiens de Modibo Kéita sa vision et son ambition politique pour ce pays, son degré de patriotisme et son panafricanisme hors pair. 46 ans après sa mort, je crois qu'on doit ouvrir une enquête sur les circonstances de sa mort. Les Maliens et sa famille doivent connaître la vérité".

<strong>Hamma Ouologuem</strong> <em>(enseignant à la retraite)</em> <strong>:</strong>

"Je retiens de feu Modibo Kéita, son combat pour l'émancipation des peuples africains à concrétiser la solidarité avec tous les peuples africains et œuvrer à créer un marché commun et une zone monétaire commune en transcendant les barrières douanières, linguistiques héritées de la colonisation. 46 ans après sa disparition, ses idées sont toujours d'actualité. L'exemple frappant, c'est la création tout récemment par l'Union africaine de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf)".

<strong>Mahamane Traoré</strong> <em>(ancien cadre de l’Opam)</em> <strong>:</strong>

"Durant les 8 ans années de sa présidence, c'est sa politique d'ouverture qui avait porté ses fruits et a amené le Mali vers un certain financement qui a permis un début d'industrialisation et surtout des infrastructures routières. L'aménagement des fleuves a franchi un pas important, la réforme de l'enseignant a débouché sur la création des établissements de niveau universitaire, l’Ecole nationale d'administration (ENA), l’Ecole normale supérieure (EN Sup). Mais la chute Modibo Kéita est due d'une part à ses compagnons de lutte parce que l’US-RDA va connaître un certain désaccord au sommet de l'Etat très vite elle sera minée par des dissensions internes avec les clivages entre catégories des responsables de l'Etat d'une part ceux qui ont remué les idéaux du parti sont partisans de plus de réalisme et de pragmatisme et d'autres part ceux qui sont fortement influencés par les régimes d’obédience marxiste-léniniste".

<strong>Moussa Konaté</strong> <em>(activiste et panafricaniste</em>) <strong>:</strong>

"Je ne connais pas bien Modibo. Mais, je retiens de cet homme charismatique son caractère patriotique à fleur de peau, son sens élevé de l’Etat. 46 ans après sa mort, ses idées continuent toujours de nourrir toute une génération malienne et africaine".

<strong>Ibrahim Tangara</strong> <em>(ancien du Somiex)</em> <strong>:</strong>

"Je retiens de Modibo son engagement, son dévouement et sa foi en un Mali rayonnant. Ce qui m'a beaucoup marqué durant les 8 ans de son règne, c'est le discours qu'il a tenu où il disait qu'il nous faut réussir, nous réussirons In shaa Allah. Parce que le Mali ne périra pas, parce que nous voulons être les dignes héritiers de nos ancêtres, les artisans d'un Mali resplendissant, de prospérité intérieure et rayonnement international".

<em>Dossier réalisé par </em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>6 avril 1890&#45;6 avril 2023 : Il y a 133 ans, Archinard prenait Ségou</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/6-avril-1890-6-avril-2023-il-y-a-133-ans-archinard-prenait-segou-3018366.html</link>
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<pubDate>Sun, 09 Apr 2023 01:46:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Il y a 133 ans, Ségou tombait sous les boulets des canons de Louis Archinard qui conduisait la colonne chargée d’investir la ville et Ségou Sikoro, la résidence des rois. Que reste-t-il de l’héritage ? Quel impact l’occupation coloniale française qui va durer 70 ans (1890-1960) a eu sur ce Royaume ?</em></strong>

<strong> </strong>Ségou était un Royaume qui s’était construit autour du génie d’un chef d’association, Biton Mamary Coulibaly, un Bamanan. Sachant bien qu’avant les Bamanans, le terroir était occupé par des Soninkés même si à l’époque ils n’avaient pas gardé leur langue soninké parmi eux, nous retenons Soro Toumou et Siramanba Koïta.

Selon Zoumana Kané, historien et chercheur, les dynasties bamanan se sont succédé avant la pénétration française. Biton Coulibaly et ses successeurs, ses enfants ont su mettre en place une armée de métier, les "Tondjons", constituée d’alliés ou souvent même avec les vaincus.

<em>"Il y a eu des successions comme Tônmassa Yoro Barry dit Kanoubagnouman à Pélengana, qui vient d’être immortalisé à travers un monument inauguré à Ségou le 6 février 2023. L’ordre d’accession au pouvoir était lié à l’ordre d’arrivée des alliés ou des Tondjons auprès de Biton. A un moment donné, cela a été âprement discuté et N’Golo Diarra parvient à avoir le dessus. La dynastie de N’Golo Diarra s’installe dans la durée, mais cela n’a pas été sans rixes, avec des coups bas, des révolutions de palais"</em>, explique M. Kané.

La première colonisation de Ségou a été Toucouleur, avec El hadj Omar Tall, le porte-étendard de l’islam. Son arrivée à Ségou, en 1861, a bouleversé la situation, car même rivales, les dynasties Coulibaly et Diarra étaient dans les mêmes dispositions sociologiques, cultuelles et confessionnelles.

<em>"Cette division a été le terreau favorable à la pénétration coloniale qui va commencer à l’ouest de notre pays Kayes qui continue progressivement, qui on peut même dire suivait la ligne d’invasion de tous ces explorateurs qui ont marché aussi sur les traces de la pénétration d’El hadj Omar qui aussi part de cette partie ouest du pays depuis le Fouta Djallon Dinguiraye et vient dans le Logo, dans la Khasso et continue dans le Kaarta à Nioro traverse le Bélédougou pour prendre pied sur la partie centrale du Royaume bambara de Ségou à partir de Niamina. Tout cela doit suivre le bief navigable du fleuve Niger parce que c’est ce fleuve-là qui a été l’élément fédérateur et qui a porté tous ces mouvements dans sa partie navigable"</em>, l’historien-chercheur.

L’histoire note que l’itinéraire d’El hadj Omar est le même qui a été suivi par d’autres éclaireurs pour le colonisateur comme les missions Mage et Quintin, les missions Gallieni et autres. Après avoir emboité le pas aux représentants d’El hadj Omar en train de construire son Empire toucouleur, les colons français arrivèrent à Ségou par Niamina à 100 km en amont. La population du Royaume de Ségou n’était pas soudée. Ce qui a facilité la tâche aux colons français. Les alliés de Ségou, les Peuls de Ségou et toutes les populations ayant comme activité principale la pêche, les Somonos et les Bozos et même ceux qui étaient plus proches des Toucouleurs de façon cultuelle ou confessionnelle, ont aidé les impérialistes français.

<strong>Les effets des désunions locales</strong>

<em>"Dans cette situation confuse, incertaine souvent qui cache certaines duplicités, il n’a pas été très difficile pour Louis Archinard de s’installer sur Ségou ce 6 avril 1890"</em>, explique notre historien.

Toujours aux dires de M. Kané, le Royaume toucouleur avait déjà affaibli les NGolossi. Archinard a rusé en évacuant les Toucouleurs. El hadj continua sur le Macina avec son fils Lambdo Djoulbé. Le commandeur des croyants, Amadou Sékou, lui aussi, étant parti pour Nioro, la population était au désarroi et facilement, ils se sont emparés de la capitale, Ségou, et toute la région a ressenti la chute de Ségou d’autant que les Bamanans étaient mal organisés et se dispersèrent tantôt sur la rive gauche du fleuve Niger, tantôt sur la rive droite tantôt vers le Baní.

<em>"Ils étaient même à Tona, alliés avec les Peuls de Guégné-Kalahari. La pénétration coloniale n’a pas été sûrement seulement un fait d’armes, d’exploit militaire, du moment que les Français avaient pu infiltrer les populations locales, mettre dos à dos les communautés qui, déjà ne s’aimaient pas beaucoup à cause de tout ce qui a précédé"</em>.

<strong>L’apport de la colonisation sur Ségou</strong>

Selon notre interlocuteur, la conquête de Ségou par le colon français avait à la fois un objectif administratif, culturel et économique.

<em>"La France avait besoin de colonies pour son expansion, pour exporter ses valeurs et pour s’assurer des ressources, des matières premières indispensables à son économie"</em>.

<em>"L’héritage de la colonisation, ce sont d’abord les voies de la pénétration. Les routes ont d’abord été la forêt et les cours d’eau. Ça n’a pas été facile de construire des ponts, des lignes télégraphiques en même temps minimiser les risques de santé. Dans leurs équipes, il y avait des ingénieurs, des topographes, des télégraphistes, des médecins, des instituteurs... C’était un grand mouvement d’ensemble qui prévoit tout chaque fois qu’on gagne le terrain à un endroit donné. Il faut s’attendre à des épidémies, des maladies souvent violentes, à des résistances et à des situations que la nature même impose. Ils ont construit alors des lignes, des sentiers sommaires, ils ont construit par endroits des ponts. Le colon français va également installer une compagnie de transport fluviale, Les Messageries africaines. A l’indépendance, on va hériter de tout cela"</em>.

Notre interlocuteur cite également un changement de mode de vie des populations locales. La population de Ségou, majoritairement bambara, avec des survivances de la religion importée par les Soninkés, l’islam voit s’installer une nouvelle religion, le christianisme qui va aussi cohabiter avec l’animisme. La mission catholique s’installe, va beaucoup contribuer au développement social avec les Sœurs qui ont ouvert des centres de tissages, de menuiserie. La mission a initié des métiers qu’on dit aujourd’hui modernes même s’il y avait une pratique traditionnelle de tissage de coton et de la laine. Il faut reconnaitre que vers les années 20 des tapis de Ségou confectionnés à Ségou ont remporté la médaille d’or à l’Exposition coloniale de Vincennes en France.

L’Office du Niger, un legs du colon est unique en son genre en Afrique au sud du Sahara. La France a mis en place l’Office du Niger pour la culture du coton. Comme c’était une culture de rente, et pour éviter la famine, on a mis à côté les cultures vivrières telle que le riz. Il fallait construire un ouvrage qui pouvait permettre la maitrise totale de l’eau du fleuve Niger. Ainsi, le barrage de Sansanding, verra le jour à… Markala.

Pour ses multiples réalisations le colonisateur a procédé à une véritable saignée. Cela est commun à toute la colonie : Sikasso, Mopti, Kayes, plateau Dogon… Partout, il y a eu des levées de troupes, des mobilisations soit pour aller au front, les deux guerres mondiales, soit pour les constructions d’ouvrages. La population a payé un lourd tribut en termes de pertes en vies humaines.

Les déportations des populations pour des travaux, même d’utilité publique ont été des drames. Ces chantiers et ouvrages continuent à servir aujourd’hui. L’Office du Niger est une fierté aujourd’hui pour Ségou et pour le Mali et les Maliens tirent le maximum de leur consommation en riz et au-delà la canne à sucre, les produits du maraichage et d’autres activités rurales, ceci a favorisé l’élevage sans compter la navigation.

<strong>La grande saignée</strong>

Avant la colonisation française, l’éducation traditionnelle était assurée par les sociétés initiatiques, comme le N’Domo ou le Korê. A côté, il y avait quelques écoles coraniques. La colonisation française a introduit une forme d’éducation formelle française selon des programmes conçus outre-Atlantique. Des écoles ont été ouvertes même si les enrôlements n’étaient pas libres. En effet, l’école était l’école des "fils d’otages". Le choix n’était pas laissé aux autochtones.

En tout état de cause, la colonisation française a apporté l’instruction, l’accès à une autre forme d’éducation. Des génies sont sortis de ces écoles-là. Le génie a cessé d’être exclusif. Grâce à la colonisation française, nous avons des médecins, des ingénieurs, des journalistes, des professeurs, de bons artisans…

Sans compter qu’on connaissait de grandes épidémies telles que la variole qui ont été éradiquées. De même l’habitat s’est modernisé avec des matériaux beaucoup plus consistants extraits des carrières. Les techniques de construction, même si elles ont été inspirées du style soudano-sahélien, ont été améliorées.

Nous avions un commerce traditionnel pas loin du troc. La monnaie fiduciaire a remplacé les cauris. L’argent a facilité les échanges entre vendeurs et acheteurs. Tout cela fait que la colonisation a changé la physionomie de l’ensemble des activités, non seulement anciennement menées par nos populations, mais introduit de nouvelles activités qui ont facilité le quotidien des populations.

Pour Yamoussa Coulibaly, professeur d’histoire et traditionnaliste, <em>"le général De Gaulle lui-même a dit que si la colonisation a été un mal, c’était un mal nécessaire. Sans la colonisation, le développement de l’Europe n’allait jamais se faire. Mais, elle a été négative pour les pays colonisés"</em>.

Yamoussa Coulibaly justifie ces propos par le fait que la colonisation a entrainé la liquidation de notre société traditionnelle au profit de celle occidentale. <em>"La civilisation occidentale qui remplace les civilisations traditionnelles, c’est là l’un des retards de l’Afrique"</em>. Sur le plan matériel, quelques dégâts ont été causés par la colonisation, tous les gros travaux réalisés sous la colonisation, l’ont été par la contrainte. A Ségou, la place des Martyrs, face à la mairie de la Commune urbaine, est une illustration des séquelles visibles de la colonisation. Archinard a réussi grâce à la collaboration des Bamanans, qui étaient dans la résistance avec la conquête d’El hadj Omar.

<strong>Ce 6 avril…</strong>

Le 6 avril, trois colonnes ont convergé sur Ségou. La colonne d’Archinard par Niamina, la colonne de Marakabougou N’dôn venue du côté de Sansanding et celle venue dans le sens de Tounan dirigée par Mary Diarra II. En guise de récompense, Archinard a intronisé Mary Diarra II, roi de Ségou.

Pour mieux se fixer, Archinard a convoqué tous les notables et tous ceux qui se sont présentés sont passés par le fil de l’épée et mis dans une tombe commune à la place des Martyrs à Ségou. Les chiffres varient entre 13 et 23. Il y a aussi la fosse latéritique de Pélengana qui est aussi le fruit du travail forcé. Avec la fin de la conquête, la mise en valeur a commencé. Le barrage de Markala est aussi un témoin du travail forcé bien que ce soit actuellement rentable pour le Mali.

<strong>La pire des colonisations, la colonisation des esprits continue</strong>

La colonisation n’a pas accepté les résistances. Tous nos héros ont été assassinés. Ce que les gens ignorent, c’est qu’à la signature de l’indépendance, un pacte a lié la France aux anciens pays colonisés. Aux termes de ce pacte, on continue à payer l’effort que la France a consenti pour notre développement. Partant de là, nous ne pouvons pas affirmer que la colonisation a été positive pour les pays colonisés. Le retard de l’Afrique aujourd’hui, s’explique en grande partie par trois siècles de traite et un siècle de colonisation, d’exploitation de tous nos biens.

<strong><em>Dossier réalisé par</em></strong>

<strong>Diéni Albert Kalambry</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Victor Sy :    L’homme qui se promenait avec son linceul !</title>
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<pubDate>Thu, 30 Mar 2023 01:44:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>A lui seul, il incarnait la soif de liberté, de justice sociale et de bonne gouvernance des Maliens. Et presqu'à lui seul, il a tenu tète au régime militaire du Comité militaire de libération nationale (CMLN) car martelant ouvertement les critiques que peu de citoyens osaient même murmurer. Victor Sy fut un homme, un vrai dans tous les sens du terme. Un homme de conviction qui s'est battu pour la société et non pas pour des postes. Malheureusement. Celui qui a résisté aux pires châtiments corporels, moraux et psychologiques n'était pas immortel. Le «<em>Combattant suprême</em>» a tiré sa révérence le mardi 21 mars 2023 à l'âge de 87 ans. A seulement 5  jours du 26 mars, la Journée des Martyrs de la démocratie dont il était l’illustre icône. Tout un symbole !</strong>

<em>Grand révolutionnaire ! Patriote convaincu. Le Combattant Suprême que les brimades et les incarcérations n'ont jamais fait fléchir</em> ! Voilà, entre autres, ce que les uns et les autres retiennent et que l’éternité retiendra aussi de Victor Sy arraché à l’affection de la nation le mardi 21 mars 2023. Ses faits d’arme font de lui un homme téméraire, hors du commun. En témoigne ce passage dans le livre du Capitaine Soungalo Samaké, «<em>Ma vie de soldat</em>».

«<em>Je suis diplômé des écoles supérieures. Vous les militaires vous n’êtes que des illettrés. Vous savez à peine lire votre nom. Je ne suis pas contre le coup d’état en principe; mais si on avait mis quelqu’un de plus valable que Modibo, j’aurais été d’accord mais le remplacer par des ignorants, des incapables! Je ne suis pas d’accord. Et on me demande de me soumettre; je préfère plutôt mourir que de le faire</em>», répondait-il à ses geôliers du «<em>Camp Para</em>», après deux jours de torture et de châtiments, qui n’en revenaient pas sans doute. Quel culot !

[caption id="attachment_3017173" align="aligncenter" width="650"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/03/Mamoutou-Thiam-d-Victor-Sy.jpg"><img class="size-full wp-image-3017173" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/03/Mamoutou-Thiam-d-Victor-Sy.jpg" alt="" width="650" height="413" /></a> Mamoutou Thiam (à droite) et feu Victor Sy, deux figures emblématiques du Mouvement démocratique Malien[/caption]

Mais ce passage caractérise à lui seul toute la personnalité de feu Victor Sy qui n’a jamais tu ses critiques à l’égard du Comité militaire de libération nationale (CMLN). Cela lui a coûté de connaître tous les prisons et bagnes célèbres du pays. Mais, jamais il n’a renoncé même une seconde à ses convictions. Et on comprend aujourd’hui les éloges qui lui sont rendus comme hommage de la part des intellectuels, des camarades de lutte et du Malien lambda. «<em>Victor Sy a été un grand combattant de la liberté et de la démocratie. Un grand guerrier qui a dédié sa vie à la lutte contre le régime soldatesque de Moussa Traoré</em>», rappelle Abdourhamane Dicko, un acteur influent de la société civile malienne.

«<em>Au-delà de ce que tout le monde sait de lui comme un infatigable combattant de la liberté, ce qui me marquait chez lui, c’était sa maîtrise de soi. Il me donnait toujours l’impression d’un homme d’une très grande profondeur humaine marquée au fond de lui par une certaine cruauté humaine. Et il semblait assumer cela comme une nature humaine avec beaucoup de foi intérieure</em>»,  souligne le doyen Sidi Coulibaly, communicateur et chroniqueur politique indépendant à Ouagadougou, au Burkina Faso. «<em>Je ne sais pas ce qu’il a pu dire récemment, mais j’aurais bien voulu savoir ce qu’il pensait de la transition actuelle</em>», a-t-il ajouté.

<strong>Un leader courageux et un homme humble, aimable et courtois qui ne connaissait pas la peur…</strong>

Pour Fousseyni Camara,  syndicaliste et intellectuel malien de la diaspora,  «<em>Victor Sy avait le Mali chevillé au corps. Un grand patriote désintéressé des lambris dorés</em>». Et de poursuivre, «<em>je retiens surtout de lui son courage et son abnégation quand il s'agissait de défendre une cause juste et noble face à une dictature sanglante. Cet homme aurait pu avoir tout de ce pays, mais il a tout refusé pour ses idéaux. Son combat est toujours d'actualité. Pour le doyen Victor Sy, la liberté n'a pas de prix. Moi président, j'aurais décrété un deuil national d'au moins 3 jours pour honorer sa mémoire</em>».

Des nombreux autres témoignages, on retient que l’illustre défunt fut «<em>un homme courageux, humble, aimable, courtois, qui ne connaissait pas la peur…</em>» ! Un grand patriote a tiré sa révérence après avoir été de tous les combats qui l’ont conduit dans presque toutes les prisons du pays pour la défense de ses idées et de ses convictions. Il est un vrai homme de conviction reconnu comme tel même par ceux qui ne l’ont pas assez côtoyé. «Je ne le connais pas assez, mais l’opinion retient que Victor est un combattant de la démocratie qui a beaucoup lutté contre la dictature. Il fut un homme courageux pour défendre ses convictions...», avoue Drissa Guindo, Inspecteur de la Jeunesse et Secrétaire général du ministère de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle. «<em>C'est une grande perte pour le peuple. Par sa constance et son courage, Victor a été un combattant hors série… Heureusement qu’un homme de son envergure ne meurt pas</em>», salue Diatrou Diakité, consultant indépendant et membre fondateur du mouvement Ensemble pour le Mali (EPM)

«<em>Victor Sy a tout simplement été un homme de conviction prêt à mourir pour ses idées</em>», a déclaré Mme Diallo Salimata Ouattara, journaliste/communicatrice. Syndicaliste chevronné, il est une icône africaine en matière de syndicalisme. Contre le CMLN et le parti unique (Union démocratique du peuple malien/UDPM), «<em>Vik</em>» (pour les intimes) a mené une implacable et farouche lutte syndicale pour la défense des intérêts des enseignants. D’après de nombreux témoignages, il fut le premier enseignant à vouloir enseigner la physique-chimie en bambara.

La perte est si énorme que des hommes de conviction de sa trempe ne courent plus les rues où la cupidité et la mégalomanie ont eu raison de toutes les valeurs d’un vrai leadership. Et cela au moment où la jeunesse malienne a besoin d’une référence pour se frayer un chemin de l’espoir et une lanterne pour la guider sur les chantiers de construction du Mali Kura !

Comme l’a souligné M. Houssouba dans son témoignage si, par miracle, «<em>le nom de Victor Sy résonne davantage dans les années à venir que ce jour-ci, ce serait une indication que le pays et la société pour lesquels il a lutté et souffert ont commencé à retrouver l'entrée du sentier qui les sortira peut-être de la longue promenade dans le brouillard</em>» !

<strong>Moussa Bolly</strong>

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<strong> </strong><strong>CHEICK OUMAR SISSOKO : «Merci Victor pour cette voie de dignité, d'amour pour la patrie et de courage qui ont donné un sens à la vie de tant de tant de Maliens»</strong>

[caption id="attachment_830962" align="alignleft" width="310"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2015/02/Cheick-O-Sissoko.jpg"><img class="size-full wp-image-830962" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2015/02/Cheick-O-Sissoko.jpg" alt="" width="310" height="207" /></a> Cheick Oumar Sissoko[/caption]

<strong> </strong>Le 26 Mars a couronné le long combat de cet homme contre Moussa Traoré et son régime qu'il abhorrait. Il les a combattu ; lui et ses compagnons du CMLN, dès les premières heures de leur pouvoir dictatorial. Il les a bravés à découvert, fustigeant en tout lieu et toute heure, leur politique, leurs actes. La peur s'installait dans tout le pays. Victor lui n'avait pas peur.

Professeur de sciences physiques au lycée de Badalabougou, il aimait disserter avec ses élèves, sur la situation politique nationale et internationale, les enjeux en cours, les raisons du coup d'état contre  Modibo Kéita dont il était un ardent défenseur. Membre de la JUS-RDA, il n'a jamais accepté cet acte de forfaiture qu'il dénonçait violemment partout, à telle enseigne qu'il était appréhendé par la police à  chaque mouvement de contestation.

Un tract était-il lancé, une marche était-elle faite, des propos ou des critiques étaient ils tenus contre le CMLN, Victor était le premier à en faire les frais. Il était aussitôt recherché,  arrêté,  battu, torturé et envoyé au Camp des parachutistes de Djicoroni ou loin dans les prisons du désert saharien. Rien n'y fait. L'homme ne s'est jamais tu. Il ne s'est jamais caché, il n'a jamais tenté de s'enfuir. Une fois libéré,  il récidivait dans des dénonciations d'actes posés par ses tortionnaires.

Cet homme avait accepté le sacrifice de lui-même pour l'éveil  de la conscience du peuple qu'il voulait voir s'assumer, prendre son destin en main et se battre. Son combat était pour l'US-RDA, la démocratie et la souveraineté du peuple. Dommage qu'il n'ait pas accepté de prendre le leadership d'un mouvement. Il a choisi d'être un électron libre depuis ce coup d'Etat du 19 novembre 1968…

C'est Victor qui méritait le qualificatif d'imperturbable, de patriote sincère et convaincu, de guide, de guerrier... C'est une légende qui nous quitte. Mais comme toute légende, elle demeurera éternelle nous rappelant à son souvenir dans les moments troubles de pouvoir ou de domination inacceptable.

Je l'ai rencontré pour la première fois le  vendredi 9 janvier 1988 à Dakar (Sénégal). C'était au cours d’un dîner que j'avais fait organiser dans un restaurant par mon ami Malick Bathily. Je me rappelle de tous les détails de cette soirée à cause des enseignements politiques, organisationnels livrés par l'homme à qui j'apportais le travail de la société civile au pays et bien sûr de l'organisation clandestine à laquelle j'appartenais au pays. Dans son exil forcé au Sénégal, il ne vivait, ne pensait que pour le Mali. Ce soir, il nous ​ a ​​prévenu contre certaines dérives, certaines alliances pour éviter des échecs douloureux à la lutte de notre peuple. Ces craintes​,​ hélas​,​ se sont avérées justes. Elles expliquent le dérapage que nous connaissons depuis 30 ans.

Merci Victor pour cette voie de dignité, d'amour pour la patrie, de courage qui ont marqué ​et ​façonné ta vie, tes relations et qui ont donné un sens à la vie de tant de jeunes, de tant de Maliens.

Que la terre te soit légère !

<strong>MOHAMED MAGASSOUBA, EXPERT CAF/FIFA : «Victor Sy fut un intrépide soldat de la révolution démocratique»</strong>

[caption id="attachment_31660" align="alignright" width="310"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2011/10/Mohamed_Magassouba.jpg"><img class="size-full wp-image-31660" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2011/10/Mohamed_Magassouba.jpg" alt="" width="310" height="321" /></a> Mohamed Magassouba[/caption]

Sur cette terre des hommes, il y en a eu  certains qui ont incarné une certaine éternité dans leur vision du monde et dans leurs faits et gestes. Des hommes qui ont incarné une vie de résilience dans leur combat de tous les jours au prix d’emprisonnements à coups de matraque, de baïonnette pour protester contre l’injustice, la perversion, les forces négatives et réactionnaires qui élurent droit de cité par le canal de ceux qui ont renversé le régime du père fondateur de la République. Et du coup, ils ont rasé le socle d’un Mali toujours plus fort, toujours plus haut et toujours plus uni, déterrant in-extrémis, dans les profondeurs de la terre,  nos racines ancestrales.

Parmi eux,​ ​figure Victor Sy. Intrépide Combattant suprême, Professeur émérite !

Tu m’as enseigné la Physique sur la colline du savoir.

En plus, durant chaque intermède de quinze minutes réservé aux divers, que tu affectionnais​​ tant,

Tu m’as évangélisé,

Tu m’as endoctriné,

Tu m’as éveillé,

Tu m’as éduqué,

Tu m’as enseigné la sagesse dans la droiture et dans la fidélité.

Tu as insufflé en moi l’amour du travail,

La culture de l’excellence,

Le sens du civisme,

L’élan du patriotisme.

Tu as vécu, tu as été,

Tu as agi, tu as été un modèle modificateur de comportement,

Tu es et tu resteras éternel pour moi comme pour tant d’autres qui ont dû bénéficier de ta moisson sur cette terre.

Dors en paix Maître.

Que le Tout Puissant t’accueille en t’accordant sa grâce, sa miséricorde et sa clémence infinies.

<strong>DR OUMAR MARIKO, PRESIDENT EN EXIL DE SADI : «Incarnant la perfection humaine, Victor était en avance sur son temps» !</strong>

<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2021/12/Oumar-mariko-dr.jpeg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2956009" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2021/12/Oumar-mariko-dr-300x225.jpeg" alt="" width="300" height="225" /></a>Nous avons perdu un grand homme, l’animateur principal, qui inculquait par toutes les méthodes possibles, la parole, le comportement, le geste, le sens de la vie, de la justice sociale. Un combat pour lequel il a tout donné. Et certains diront jusqu’à oublier sa famille et lui-même. Victor n’a pas oublié sa famille, il ne s’est pas oublié. Il était investi d’une mission, qui a donné à chacun de nous ce qu’il devait et ce qu’il pouvait donner. Mais ce qu’il a laissé comme traces en chacun d’entre nous, seront des traces indélébiles et vont se propager de génération en génération. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, ça se propagera, et l’on se rendra compte que même les défauts de Victor étaient un dépassement dont on comprendra le sens dans les années à venir… Victor était en avance et était l’homme qui incarnait la perfection humaine. Je ne le dis pas seulement par émotion, mais j’y crois et je suis convaincu que c’est ainsi. On le découvrira…

L’adversité l’a toujours fait sourire et interpeller sur son devoir de rééduquer même ceux là qui ne comprenaient pas le sens de son combat et qui le traînaient, qui le mésestimaient et qui le traitaient de façon méchante. Victor n’a jamais connu ce que c’est que la méchanceté. Un homme droit, transparent, un homme honnête pour tout dire…

Combattant suprême de la Révolution, une Révolution que nous attendons toujours, que nous avons eu à faire et qui a été récupérée, cassée à chaque tournant de notre vie. Nous avons pensé que le Combattant suprême de cette révolution allait nous conduire à bon port, mais il nous a laissé une tâche ardue que nous promettons de continuer !]]> </content:encoded>
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<title>Mars 1991 – mars 2023 : « Tout n’est pas rose » dixit Dr Kassim Barry</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mars-1991-mars-2023-tout-nest-pas-rose-dixit-dr-kassim-barry-3017006.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 29 Mar 2023 01:55:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Informateur</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>L’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM) a été l’un des acteurs dans l’avènement de la démocratie. Elle a réussi à mettre fin au régime dictatorial du feu Général Moussa Traoré. 32ans après, les éléments de l’AEEM de cette époque penchent sur le bilan. C’était le dimanche dernier à la Pyramide du souvenir à travers une conférence-débat. Le thème était : « Quel bilan et perspectives pour l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM) ? » » </strong>

Les anciens de l’AEEM toujours sur la ligne de la démocratie pour le bonheur du peuple malien. C’est dans cette optique que cette conférence-débat ait lieu. Pour le principal conférencier, Dr Kassim Barry, le rêve de l’AEEM était l’amélioration des conditions de vie et d’études des étudiants. ‘’ Avant la démocratie, il y avait peu d’écoles au Mali. Les élèves et étudiants souffraient pour étudier’’, a-t-il rappelé. Il a signalé qu’à cette époque qu’il y avait le seul lycée Prospère Kamara  en commune IV du district de Bamako. ‘’ Quand j’ai eu mon DEF, on m’a orienté au lycée Prospère Kamara. Pourtant j’habitais à Sébénicoro. De là-bas à Hamdallaye où le lycée se trouve, est un long trajet. J’étais obligé de déménager à Sabalibougou pour faire le transfert au lycée Badala de Balabougou.

Toujours selon Dr Barry, tout n’est pas rose mais il y a eu du progrès. La commune IV du district de Bamako a plusieurs lycées publics et privés maintenant. ‘’ Les nouvelles écoles, nouveaux lycées et amphis ont été construits en cette période de démocratie’’, a-t-il apprécié. Il rappelle qu’à l’époque tous les nouveaux universitaires étaient obligés de venir à Bamako pour poursuivre leur cursus scolaire mais aujourd’hui cela est un mauvais souvenir.

Nonobstant  ce progrès, le conférencier ajoute que l’AEEM étant la cause de la démocratie, est interpellé qu’elle fait partie aujourd’hui des décideurs de ce pays. ‘’ Le côté négatif de l’AEEM est la violence dans l’espace universitaire. Cela fait partie aussi du bilan de cette association estudiantine’’, a-t-il déploré.

Quant à Moussa Guindo, ancien de l’AEEM, le 26 mars est une journée historique au Mali donc il faut agir trouver les voies et moyens pour rehausser le niveau du Mali à l’échelle internationale. ‘’ Le bilan n’est pas lourd’’, a affirmé M. Guindo.

Etant dans le domaine de la justice, Moussa Guindo a  profité de l’occasion pour signaler qu’il n’y a pas de justice au Mali. ‘’ Les anciens de l’AEEM doivent se réunir pour se donner la main parce que le pays a tout donné aux anciens de l’AEEM pour assurer la relève’’, a-t-il évoqué.

<strong>Diakaridia Sanogo      </strong>]]> </content:encoded>
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<title>26 mars 1991&#45;26 mars 2023 :   Devoir de mémoire et reconnaissance</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2023-devoir-de-memoire-et-reconnaissance-3016992.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 29 Mar 2023 01:17:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Informateur</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Les martyrs ont sacrifié leur vie ou portent encore les stigmates des balles afin que d’autres goûtent aux délices de la démocratie au Mali</strong>

Dimanche dernier, le peuple malien a célébré le 30<sup>e</sup> anniversaire de la lutte pour l’avènement de la démocratie au Mali. Nous sommes le 26 mars 1991, après 30 ans de règne sans partage, le Général Président Moussa Traoré est renversé par un coup d’état militaire qui verra la mise en place d’un Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) dirigé par le Lieutenant-Colonel Amadou Toumani Touré, allias ATT.

Au début de l’année 1991 « un vent nouveau » a soufflé au Mali. En effet rien ne marchait dans le pays gangréné par la corruption, le népotisme, le clientélisme, la gabegie, l’arbitraire, le détournement des biens publics, etc. Fatigué de la cherté de la vie, assoiffé de liberté, aspirant au multipartisme, le peuple malien tous les âges confondus, s’est levé comme un seul homme pour faire des revendications. En  première ligne nous avons  le mouvement démocratique composé des associations ADEMA, CNID, UNTM, AEEM, AJDP, AMDH, le Barreau, etc.  Partout au Mali, et en particulier à Bamako, ce sont des manifestations de rues, des casses accompagnées d’incendies parfois. Les élèves, à la demande de l’AEEM dirigée à l’époque par Oumar Mariko, ne fréquentaient plus. Malgré tout, le régime en place du Général Moussa Traoré reste sourd aux aspirations légitimes de son peuple. Au contraire il durcit le ton en tirant à balles réelles sur les manifestants. Que de jeunes fauchés à la fleur de l’âge par les balles sur le pont de badalabougou baptisé « pont des martyrs, d’autres se sont noyés en se jetant  dans le fleuve espérant échapper aux balles. Dans les rues, dans les maisons, dans les lieux de culte, dans les marchés, partout c’est la chasse aux manifestants. Et que dire de ce que l’on a appelé « le vendredi noir ». Ce jour-là un commando équipé de lance flamme a brulé vif des manifestants et de simples passants venus se réfugier dans les locaux de l’immeuble « sahel vert ». Le Président avait promis de « faire descendre l’enfer » sur la tête des manifestants, alors c’est chose faite ce « vendredi noir ». Et que dire des élèves et étudiants et autres manifestants fauchés sur la route du palais présidentiel au niveau de l’ENA. Face à l’entêtement du pouvoir et face à tous ces massacres, les femmes sont sorties soutenir leurs enfants et se sont mises nues pour maudire le Général Président Moussa Traoré et son régime. A son tour l’UNTM appelle à une grève générale illimitée jusqu’à la démission du régime en place. Le mouvement démocratique, à sa tête feu Me Demba Diallo, est allé jusqu’à remettre une lettre au Président lui demandant sa démission. A cette démarche il répond « niet » car selon lui seul le peuple pourrait le faire partir démocratiquement. Comme si son régime était démocratique. Le peuple malien n’a dû son salut qu’à un groupe d’officiers rassemblés sous la bannière du Conseil de Réconciliation Nationale (CRN) dirigé par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré qui arrêtât le Général Président Moussa Traoré dans la nuit du 25 au 26 mars 1991. Après 23 ans de pouvoir sans partage, le règne du Général Président vient de prendre fin. Lui-même ayant pris le pouvoir après son coup d’état contre le tout premier Président du Mali indépendant Modibo Keïta mort en détention en 1977. Nous étions le 19 novembre 1968. Le cours de l’histoire vient à jamais d’être modifié. Les acteurs de cette révolution de palais se regroupèrent et mettent en lieu et place du CRN le Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) donnant ainsi naissance à la III<sup>ème</sup> République. Une nouvelle Constitution verra le jour. Dans une interview accordée au journal « jeune Afrique » ATT disait : « C'est le vendredi 22 mars que nous avons compris que Moussa avait atteint le point de non-retour et que nous devions intervenir ». En souvenir de ce jour mémorable, des monuments sont construits à la mémoire de nos martyrs : le Carré des Martyrs dans le cimetière de Niaréla sert de mausolée aux victimes de la répression des événements de 1991, sur des tablettes sont inscrits les noms des martyrs qui y reposent ; <strong>la Pyramide du Souvenir située en face du « pont des martyrs »</strong> a été érigée également en hommage aux martyrs. Tous les maliens épris de justice, de paix et animés de la flamme de démocratie doivent s’incliner devant la mémoire des martyrs qui ont sacrifié leur vie pour les uns et leur intégrité physique pour d’autres. Saluons la mémoire des pionniers de la lutte pour un mieux-être de la population en général et des élèves et étudiants en particulier comme Abdoul Karim Camara le Secrétaire général de l'Union Nationale des Élèves et Étudiants du Mali (UNEM), arrêté, torturé puis assassiné le 17 mars 1980. Son seul tort a été de réclamer de meilleures conditions d’étude pour les élèves et étudiants de son pays. Trente ans après ces évènements tragiques, fondamentalement rien n’a changé dans le quotidien des maliens. Nous assistons à une généralisation de la corruption, du clientélisme, la baisse du pouvoir d’achat, et surtout l’impunité des hommes  au pouvoir. A ce jour on a l’impression que les acteurs de 26 mars 91 ont baissé les bras. IBK a été déposé par un coup de force ainsi que ATT par une soldatesque qui  disait bien sûr parachever la lutte du peuple. Une charte adoptée dont le contenu est en déphasage de son application. Les acteurs de 26 mars 91 sont là et boule de gomme. Ont-ils baissé les bras ou ont-ils échoué ?. D’ici là, les maliens n’ont que leurs yeux pour pleurer, la cause, la cherté de la vie, les prix des denrées alimentaires ont pris de l’ascenseur. Rien n’est plus accessible. L’électricité est devenue un luxe et rare sont les maliens qui mangent les 3 repas par jour. La dette intérieure s’écroule, les opérateurs économiques maliens se savent plus à quel saint se vouer. Tous les indicateurs sont au rouge.

En attendant le peuple malien se morfond dans sa résilience et personne ne sait quand ce peuple se réveillera.

Aujourd’hui, à la lumière des faits, des actes posés et des résultats enregistrés depuis 30 ans, l’événement du 26 mars était-il en réalité une révolution? Pour certains, le 26 mars a été une révolution mal conduite, pour d’autres une révolution récupérée. A mon humble avis, ce n’est ni l’un, ni l’autre. En effet, l’absence d’Avant-garde, d’unité politique entre les cercles clandestins, dénommés mouvement démocratique après mars 1991, de projet (commun) de société et d’homogénéité idéologique surtout entre les acteurs du 26 mars, la mission assignée au gouvernement de Transition pendant quatorze (14) mois (1991-1992) laissent perplexe pour qualifier de révolutionnaire l’événement de Mars 1991. En se référant à l’histoire, on sait qu’une révolution réussit ou échoue. Dans le premier cas, elle procède à des transformations qualitatives jusqu’alors inconnues. Dans le second, ses auteurs dans la plupart des cas sont arrêtés, fusillés ou embastillés.

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<strong>Yattara Ibrahim</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Regard sur le passé : 17 mars 1980&#45;17 mars 2023 : Il y a 43 ans disparaissait Cabral</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 18 Mar 2023 01:22:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le 17 mars 1980 Abdoul Karim Camara dit Cabral, secrétaire général de l'Union nationale des élèves et étudiants du Mali (Uneem) était atrocement assassiné par le régime dictatorial du général Moussa Traoré.  Cela fait juste aujourd'hui 43 ans. Le devoir de mémoire nous impose cet article, pour rappeler les circonstances dans lesquelles il a été arrêté, torturé et assassiné par le régime militaro-civil de GMT. </em></strong>

Il serait très difficile, voire impossible pour la famille Camara (sise à Bolibana) d'oublier la mort d'un de ses fils, Abdoul Karim Camara. Sa vieille mère Coumba Camara a porté cette blessure indélébile dans son cur jusqu'à son décès. Elle s'est quand même rappelée  par la suite, qu'un vieux lui a dit dans un véhicule de transport en commun que son enfant serait dans l'avenir au centre d'une grave émeute aux conséquences incalculable.

A l'époque, Cabral avait moins de 2 ans. La mère a imaginé une querelle passagère de quartier entre jeunes adolescents. Faux calcul ou mauvaise interprétation ? La vieille Coumba a souffert dans sa chair. Les compagnons de lutte de Cabral, Rokia Kouyaté, Tiébilé Dramé, Mamoutou Thiam et autres se souviendront de lui jusqu'à leur dernier souffle. Parce qu'il a eu le courage, l'audace de diriger le mouvement estudiantin, au prix de sa vie.

<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/03/CABRAL-3.jpg"><img class="alignleft wp-image-3015610 size-full" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/03/CABRAL-3.jpg" alt="" width="480" height="464" /></a>L'année scolaire 1979-1980 est une autre page noire de l'histoire du Mali. Les élèves et étudiants du Mali (Uneem) pour avoir réclamé de meilleures conditions de vie sont traqués jusque dans leurs derniers retranchements (domiciles familiaux). Conséquence : des assassinats, des arrestations et la clandestinité pour beaucoup. A l'issue du congrès de l'Union nationale des jeunes du Mali en janvier 1980, le secrétaire politique de l'UDPM annonce la dissolution de l'Uneem.

C'était une façon de museler les étudiants dont la porte-voix serait les comités UNJM dans les différents établissements scolaires. Les élèves et étudiants ne pouvaient accepter une telle décision politique, dont le dessein est connu. Face à cette tentative de déstabilisation de son mouvement, le bureau de coordination de l'Uneem instruit la résistance à ses différents comités.

En février 1980, les élèves de Banankoro se font entendre pour imposer leur comité Uneem. Ce qui conduit à des arrestations des membres du bureau de coordination dont Tiébilé  Dramé. La situation s'embrase principalement à Ségou. Un congrès clandestin se tient dans cette atmosphère de confusion, et porte le charismatique Abdoul Karim Camara dit Cabral aux destinées de l'association estudiantine. Son bureau présente un lot de revendications : la libération immédiate et inconditionnelle des élèves de Ségou, la reconnaissance du nouveau bureau de coordination, la suppression de la 10e commune, l'abrogation du décret instituant le concours d'entrée à la fonction publique, la régularisation des bourses, la construction d'universités et de lycées dans toutes les régions du pays. Parce que les élèves qui venaient de l'intérieur avaient de sérieux problèmes de logement et de nourriture. Certains n'avaient aucun parent dans la capitale et les bourses ne tombaient pas à temps. Voici le seul tort des jeunes.

Face à la détermination des élèves, l'Etat durcit le ton avec des arrestations. Surtout que ceux-ci envisageaient de saboter la Conférence des chefs d'Etat des pays sahariens. Cabral qui dirige le mouvement dans la clandestinité est recherché partout, mais en vain. Le pouvoir monte la pression sur ses parents avec l'arrestation de sa mère et de son frère. Le commissariat du 2e arrondissement apprend que sa sœur ainée, Fanta Camara, est complice de sa fuite, sur la Guinée Conakry. Elle est arrêtée à son tour pour confirmer que son frère est en route pour le pays voisin. Alors le jeune Cabral est arrêté dans sa tentative de fuite l. Destination ? Le commissariat du 2e A où son calvaire commence avec des tortures morales et physiques.

Qu'est ce qui s'est passé en ces lieux ? Le témoin oculaire Rokia Kouyaté, ancienne secrétaire générale du lycée de jeunes filles et membre du bureau de coordination de l'UNEEM se souvient : <em>"C'est ce jour 16 mars que Cabral a été conduit au 2e arrondissement où étaient détenus sa mère, deux de ses frères. A la vue de son fils entre les mains des policiers, la mère a poussé un cri qui résonne à présent dans mes oreilles. Une mère impuissante devant les bourreaux de son enfant. Cabral et moi sommes conduits dans le bureau du commissaire. C'est là où les tortures ont commencé. Je gardais mes habits, Cabral était en slip. Sous les coups de cravaches, il n'a poussé qu'un petit cri Hé Allah. Le commandant Mohamed Kéita l'a giflé à deux reprises, avec des insultes grossières adressées à ses parents. C'est le même jour qu'on l'a obligé à lire un communiqué invitant nos camarades à reprendre les cours. Il était affaibli, agonisant. Le 17 mars, nous avons été transférés à la Compagnie Para. Là aussi les tortures ont continué. Avec un sac rempli de sable au dos, Cabral faisait le tour du terrain sous une pluie de cravaches. </em>

<em>Dans ma cellule, je voyais tout par la petite fenêtre. Un moment, Abdoul Karim est tombé et il était vraiment atteint. C'est ainsi qu'on l'a transporté sous la véranda. Il demandait à ses bourreaux de lui verser de l'eau sur le corps. C'est mon tour de torture qui était arrivé. On m'a extraite de force du violon, j'étais en train de résister en criant très fort. Cabral couché à terre a levé sa tête pour me répondre par un regard qui en disait long sur notre sort. Il s'est recouché, c'était son dernier geste. Il venait dêtre assassiné par le régime dictatorial de Moussa Traoré". </em>

Une semaine après le décès de Cabral, tous ses camarades détenus à Bamako et à l'intérieur du pays sont libérés, les écoles sont fermées, des étudiants sont persécutés.

Le pouvoir na pas voulu remettre le corps du jeune leader estudiantin à ses parents. Sa mise en terre est organisée dans la clandestinité, et un flou demeure sur son lieu d'enterrement.

A la suite de ce mouvement de l'Uneem, le président Moussa a mesuré l'ampleur des événements produits. Il fallait tirer tous les enseignements nécessaires. C'est ainsi qu'il a mis en place une commission pour analyser les tenants et les aboutissants de cette situation,  des  propositions de  des solutions. Ladite commission dirigée par le colonel Youssouf Traoré a fourni un rapport dont les grandes lignes sont ainsi publiées :

- Les effectifs et le personnel occasionnent des charges budgétaires de plus en plus lourdes. L'organisation des élèves et étudiants pose des problèmes politiques dont la solution n'est point aisée ;

- Le dialogue avec les autorités administratives et politiques n'a pu satisfaire ni les élèves et les étudiants d'une part, ni les professeurs d'autre part. L'une des conséquences fut le boycottage en 1980 des examens scolaires qui se sont déroulés dans une atmosphère de tension ;

- La rentrée de l'année scolaire 1980-1981 a été marquée par de sévères mesures dont la fermeture de trois établissements. La réorganisation hâtive des lycées et la révision du mode d'attribution des bourses et allocations scolaires ne semblent pas être des mesures propres à résoudre, du moins dans l'immédiat, la crise qui pourrait au contraire se répercuter dans les régions sous l'action de ceux qui y ont été transférés ;

- Les conséquences qui découlent de ces mesures seront développées plus loin du point de vue social, politique et économique ;

- Des propositions concrètes portant sur la situation de l'école malienne en général, l'éventualité de la reconsidération de certaines mesures prises à l'encontre des scolaires et étudiants, la mise ne application de la circulaire réhabilitant l'enseignement ainsi que sur la condition de l'enseignant, le problème des bourses et allocations scolaires et le cadre social des lycées régionaux ont été faites objectivement dans cette étude, dans le but exclusif de souligner après coup, la portée politique et social des dispositions qui ont été prises.

Ce fut le top départ du clash Moussa Traoré-Youssouf Traoré.

<strong>O. Roger Tél : ( 00223) 63 88 24 23</strong>]]> </content:encoded>
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<title>28 Février 1978&#45;28 Février 2023 :  Il y a 45 ans le CMLN volait en éclats</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/28-fevrier-1978-28-fevrier-2023-il-y-a-45-ans-le-cmln-volait-en-eclats-3013582.html</link>
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<pubDate>Sat, 04 Mar 2023 02:26:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Cela fait 45 ans que Bamako vibrait sous l’orage qui a secoué le Comité militaire de libération nationale (CMLN, la junte au pouvoir depuis la chute du père de l’indépendance le 19 novembre 1968), avec l'arrestation de la bande des quatre : les lieutenants colonels Kissima Doukara, puissant ministre de la Défense, de l'Intérieur et de la Sécurité, Tiécoro Bagayoko, directeur général des services de sécurité, Karim Dembélé, ministre des Transports et des Travaux publics, le colonel Charles Samba Sissoko, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

En 2020 nous nous sommes remémoré ces événements, tout en parlant des grandes lignes du procès qui a scellé leur sort, avec comme ministère public Alassane Bèye. L'article avait suscité beaucoup de réactions. A l´instar du directeur de publication, nous avons reçu de nombreux coups de fil de félicitations. Tous les enfants de l'avocat général ont appelé pour saluer le travail qu'ils ont jugé professionnel et impartial.

[caption id="attachment_3013521" align="alignleft" width="480"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/03/Karim-Dembele.jpg"><img class="size-full wp-image-3013521" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/03/Karim-Dembele.jpg" alt="" width="480" height="447" /></a> Karim Dembele[/caption]

Très jeune en son temps votre serviteur a vécu ces événements pour avoir accompagné ses aînés au siège du CMLN où une motion de soutien de la population confortait le président Moussa Traoré dans sa nouvelle posture de chef incontesté. Aujourd'hui nous revenons sur ce 28 février 1978, sous une autre forme, c'est à dire : le coup d'Etat de 1968, les raisons avancées par le CMLN, ses promesses non tenues, les motifs du non-retour des militaires dans les casernes, la bande des trois, la réunion du 6 janvier 1978, la promptitude du président Moussa Traoré.  A travers les différents témoignages, de certains acteurs des différents évènements,  dans le cadre de «  Regard sur le Passé ».

Le 19 novembre 1968, le peuple malien apprend sur les ondes de Radio Mali que les militaires ont renversé le régime socialiste du président Modibo Kéita. De retour d'un périple au nord, son convoi est stoppé sur la route de Koulikoro. Le père de l´indépendance est mis aux arrêts par des officiers et sous-officiers de son armée.

Tôt le matin, les militaires prirent le soin d´anéantir simultanément le chef d’Etat-major de l´armée, le ministre de la Défense et l´état-major de la milice. Qu’est-ce qui pouvait expliquer cette intrusion de la Grande muette ? Certes, la population était exacerbée par les agissements de certains miliciens, mieux le parti PSP digérait mal l´incarcération, la déportation et la disparition de ses ténors : Fily Dabo Sissoko, Hamadoun Dicko et Kassoum dit Marabaka Kassoum. Ces griefs suffisaient-ils pour motiver le coup d’Etat ?

[caption id="attachment_3013527" align="alignright" width="480"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/03/Kissima-Sylla.jpg"><img class="size-full wp-image-3013527" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/03/Kissima-Sylla.jpg" alt="" width="480" height="603" /></a> Kissima Doucoura[/caption]

Les militaires justifient leur acte par l´échec du régime de l´US-RDA. L´un des instigateurs des événements du 19 novembre 1968, le colonel Youssouf Traoré lors de son passage dans la rubrique « Que sont -ils devenus ? » a fourni un document intitulé "<em>Pourquoi le régime de l´US-RDA a lamentablement échoué ?". </em>Lequel pamphlet détaille en sa page 4 les quatre erreurs fatales du pouvoir central. Nous les publions en intégralité<em> : " « La psychose d´un coup d’Etat, comme ce fut le cas au Ghana en 1966, engendra une grande fuite en avant dont les conséquences dramatiques furent :</em>

<em>La création d´une milice dite populaire sous l´autorité de Koulouba, fer de lance de la révolution. Par son comportement indécent, elle fut un catalyseur du développement des contradictions sociales ayant abouti aux événements du 19 Novembre 1968.</em>

<em>2) Le coup d´Etat civil contre les institutions et le parti US-RDA</em>

<em>Ainsi les organes dirigeants de toutes les sections du parti furent illégalement dissouts et remplacés par les comités locaux de défense de la révolution. Au niveau national le bureau politique national de l’US-RDA fut dissout et remplacé sans congrès par un Comité national de défense de la révolution. A l´Assemblée nationale, le bureau fut illégalement dissout et remplacé par une Commission législative présidée par Mamadou Diarrah de Koulikoro. Mahamane Alassane Haïdara, président de l´institution fut destitué.</em>

<strong><em>L´Opération Taxi.</em></strong>

[caption id="attachment_3013539" align="alignleft" width="480"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/03/Tiecoro-Bagayoko.jpg"><img class="size-full wp-image-3013539" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/03/Tiecoro-Bagayoko.jpg" alt="" width="480" height="477" /></a> Tiecoro Bagayoko[/caption]

<em>Conçue et réalisée en vue de moraliser la vie politico-économique, elle ne put paradoxalement résister à la cupidité et au banditisme des miliciens gardiens de la révolution. En moins d´un an, tous les véhicules saisis en parfait état de marche (plus d’un millier) appartenant aux cadres politiques et administratifs, furent totalement dépouillés de tous leurs organes essentiels démontables (roues, batteries, moteurs, phares, etc.) par les miliciens et vendus au marché noir. </em>

<em>Le 19 novembre 1968, mis devant les faits accomplis, le CMLN hérita, dans la capitale et toutes les régions, non pas de parcs de véhicules, mais de vulgaires carcasses sans aucune valeur marchande. En conclusion, l´on peut donc affirmer sans aucun risque de se tromper que l´opération taxi échoua lamentablement, aucun de ses objectifs n´ayant été atteint. La milice et ses dirigeants furent les seuls à profiter de l´opération au détriment du Trésor public et des cadres honnêtes. </em>

<em>Les obsèques du Franc malien : proclamé, attribut de souveraineté nationale, par le président Modibo Kéita pour motiver sa création, la courte histoire du Franc malien fut écrite dès le départ par des arrestations, un tribunal populaire illégal, des condamnations arbitraires avant de se terminer dans les dunes de sable au nord du Mali par la liquidation physique des opposants par un peloton d´exécution. Conçue et créé pour le bonheur du peuple malien, a-t-on dit, il contribua dès sa naissance à le diviser et à assassiner</em> .

<em>Aujourd’hui avec le recul du temps, l´on est en droit de se demander au moment de la signature des accords franco-maliens de février et décembre 1967, quels sentiments animaient les dirigeants du Mali face à une situation économique sans aucun ressort et une monnaie agonisante ? Sans nul doute, ils avaient face à la pression du gouvernement français, le dos au mur (Bolibana).</em>

<em>En vérité, les bâtisseurs du socialisme scientifique de l´US-RDA avaient lamentablement échoué dans tous les domaines. En tirant courageusement toutes les leçons des groupes d´études communistes affiliés à Moscou, auraient dû simplement démissionner et accepter le retour à une vie constitutionnelle normale. Parce que le régime était anticonstitutionnel ».</em>

Pour manifester leur bonne foi et rejeter d´un revers de la main toute prétention à s’éterniser au pouvoir, les membres du CMLN promettent au bout de six mois leur retour dans les casernes après des élections libres et transparentes. Une telle promesse ne pouvait que rassurer la population et la communauté internationale. Mais ils sont restés au pouvoir pour de bon. Les raisons ?

Selon feu le colonel Youssouf Traoré, les nouveaux maîtres du pays se sont rendu compte de beaucoup de choses par rapport à la situation du pays, notamment l´agitation des cadres de l´US-RDA. Le CMLN ne pouvait pas réaliser un tel projet et laisser le pays entre les mains des opposants qui pouvaient se retourner contre eux.  Autre équation à résoudre, la dissidence de certains compagnons d´arme. Il fallait aussi se méfier et prendre très au sérieux les réunions clandestines, des tracts des cadres de l´US-RDA.

Paradoxalement, d´autres militaires ont conclu que le coup d´Etat n’avait pas son sens. Ils ont manifesté leur désapprobation sous forme de revendications, avant de planifier une action similaire. Le CMLN frappe fort pour se faire entendre non seulement dans l´armée, mais aussi en son sein. Une situation qui renforce leurs liens avec des ténors comme Tiécoro Bagayoko, Kissima Doukara et Karim Dembélé. Un quatrième Charles Samba Sissoko, semblait être proche du président Moussa Traoré qui se confiait à lui. Les deux hommes sont pratiquement de vrais amis. Moussa Traoré sachant bien que Charles Samba est le chef de la garde présidentielle, lui a dévoilé le projet de coup d´Etat. Celui-ci plongé dans une situation inconfortable n´a pas dénoncé Moussa, il ne peut non plus lâcher le président Modibo Kéita. Il a donc demandé une mutation pour Tessalit. En un mot les deux officiers avaient des liens forts.

Maintenant que le retour dans les casernes n´est plus à l´ordre du jour, des partisans de cette promesse non tenue, les dissidents dans l´armée sont neutralisés, la junte se renforce. Le pouvoir rend fort certains membres du CMLN, à telle enseigne qu´un bloc se forme autour du puissant ministre de la Défense Kissima Doukara. Lequel en plus de son cercle restreint parmi les officiers supérieurs, avait comme acolytes Tiécoro Bagayoko et Karim Dembélé. Pour ne rien arranger, il se trouve aussi que le chef d’Etat-major adjoint de la gendarmerie et le commandant de la Compagnie Para étaient des amis de Tiécoro.

De tels clans par ci par là influent logiquement sur la gestion du pouvoir. Pour la simple raison que chacun de son côté cherche toujours à rester au sommet. Et comment se maintenir demeure la problématique quotidienne, avec des dispositions théoriques qui finissent par se transformer en acte concret. Alors face à un tel scenario, c´est bonjour les conséquences. Bref des petits incidents de parcours, devenus par la force des choses de vrais problèmes, polluent l’atmosphère au sein du CMLN.

<strong>Le tour de force du 6 janvier 1978</strong>

L´affaire de construction d´une usine dont les responsables de la Firme ont directement contacté Kissima Doukara, les tracts contre le président Moussa et apportés par le chef d´Etat-major adjoint de la gendarmerie, détériorent les relations entre les membres de la junte. Le chef de l´Etat qui s’est senti affaibli projette un remaniement de gouvernement avec la ferme intention de débarquer Kissima Doukara pour le placer au département des Transports, et dont le titulaire Karim Dembélé irait aux Affaires étrangères.

Cela est tout à fait logique. Sauf que toutes les décisions du CMLN étaient toujours discutées en amont avant la réunion proprement dite. Cela n´a pas été le cas pour celle de ce 6 janvier 1978. Parce que le président avait sa méthode, et il a commis l´erreur d´informer Charles Samba Sissoko. Celui-ci rapporte la nouvelle à Tiécoro et Kissima. Face à cette nouvelle donne ces deux sont sur la défensive, et ils instruisent au commandant de la Compagnie Para de prendre des dispositions pour parer à toute éventualité. Alors problème !

Le président Moussa Traoré échoue au cours de la réunion à imposer son diktat pour le remaniement mûri, il se rend compte du dispositif sécuritaire improvisé par le directeur général des services de sécurité, et apprend aussi que Charles Samba Sissoko a rapporté ses propos aux deux amis inséparables. Dès lors, un climat délétère règne au sein du CMLN, où le rapport de force pouvait avoir son pesant d'or d´un côté comme de l´autre. C´est dans cette atmosphère de méfiance que le président Moussa Traoré passe à la vitesse supérieure, au motif que ses compagnons envisagent un coup d´Etat le 3 mars 1978.

Après un échange téléphonique avec son complice du jour le colonel Youssouf Traoré, le lundi 27 février aux environs de 22 h, il a été décidé de neutraliser la bande des trois. Ainsi le mardi 28 février une stratégie est mise en place : le président Moussa Traoré convoque au siège du CMLN les têtes pensantes, pour des besoins d´urgence. A tour de rôle Tiécoro, Kissima, Soungalo Samaké de la compagnie Para, sont arrêtés et ligotés par des jeunes soldats dirigés par le colonel Youssouf Traoré. Ce fut la purge au sein de l´armée. Le président Moussa Traoré a analysé les tenants et les aboutissants de sa promptitude. C´est pourquoi il a agi sans état d´âme, en arrêtant tous les présumés complices avant la fin de la journée. Au terme de la neutralisation des ténors le colonel Youssouf passe le reste de la journée au Camp Para de Djicoroni pour installer le capitaine Amadou Toumani Touré comme commandant de Compagnie des bérets rouges.

Le lendemain le chauffeur de Karim Dembélé apporte une valisette à ATT, qui contenait beaucoup d'argent. Le jeune capitaine s'en va directement remettre le colis au président Moussa Traoré. Très surpris et content de l'attitude du tout nouveau commandant de Compagnie, il lui serre la main et dit ceci "tu iras loin". Effectivement ATT a marqué l'histoire.

C'est cette valisette qui sera publiée dans le quotidien national L'Essor comme argent détourné par Karim. En réalité l'ex ministre des Transports en déplacement en Côte d’Ivoire a reçu la somme d'argent pour la remettre à un grand commerçant de la place, de la part de ses frères installés à Abidjan. Avec le week-end il n'a pas pu entrer en contact avec ledit opérateur économique. Entre temps la situation a basculé dans le mauvais sens.

Charles Samba Sissoko en mission était le seul rescapé le 28 février. A son retour, il est cueilli à froid au bureau par le colonel Youssouf le 8 mars 1978.  Que de tôlé dans la capitale ! L'arrestation des Tiécoro Bagayoko, Kissima Doukara, Karim Dembélé, Soungalo Samaké, les différents commissaires de police, et autres officiers a fait l'objet de beaucoup de commentaires à Bamako. En plus des images du journal L'Essor, tout le monde est resté collé au transistor pour écouter le discours mémorable du président Moussa Traoré sur l'action qu'il venait de mettre en œuvre.

Il fallait aller très vite pour achever ses adversaires, et immédiatement les interrogatoires musclés d´une Commission d'enquête commencèrent.  Accusés de haute trahison, de divulgation de secret d'Etat, de mensonges et spéculations Tiécoro, Kissima, et Karim Dembélé sont jugés par la Cour spéciale de sureté de l'Etat du 18 au 22 octobre 1978. Les deux premiers écopent de la peine de mort, et le troisième prend vingt ans de travaux forcés.

Leurs complices sont condamnés à des peines de 15 ans à 6 mois selon le degré de complicité. La rupture est consommée entre des frères d'armes, qui ont été pourtant en un moment des compagnons, voire des complices. Hélas ! La passion, la soif du pouvoir ont dépassé la raison.

Les différentes victimes que nous avons rencontrées dans le cadre de la rubrique "Que sont-ils devenus ?" ont tous nié les faits. Ils avouent avoir pardonné au président Moussa Traoré, qui, selon eux, s'est trompé et s'est laissé tromper par son entourage et les rumeurs. Ce qui est évident cette journée sombre du 28 février 1978 a déglingué des familles, gâché l'avenir des enfants de certains officiers arrêtés. Ces événements constituent une page sombre de l'histoire de notre pays. Ils sont regrettables pour avoir provoqué des cicatrices indélébiles.

De son vivant, nous avions tout fait pour rencontrer le président Moussa Traoré, afin d'avoir sa version des événements qui ont marqués ses vingt-trois ans de règne. Pour la circonstance un courrier fut déposé à son domicile pour une interview. En vain.

Sur les ténors du CMLN déportés à Taoudéni, seul Karim Dembélé et Charles Samba Sissoko sont revenus. Tiécoro Bagayoko et Kissima Doukara sont morts sur le sable, sous le poids de la torture, de la malnutrition, et des mauvaises conditions de vie.

<strong>O. Roger</strong>

<strong>Tél (00223) 63 88 24 23</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Archives de grand père : Devoir de mémoire</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/archives-de-grand-pere-devoir-de-memoire-2993649.html</link>
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<pubDate>Mon, 03 Oct 2022 11:20:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Delta Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Né en 1934 à Mayarasso dans l’actuelle commune rurale de  Baramandougou( Pêh) le  Capitaine Diby Sylas Diarra rendit âme le 22 juin 1972 sous la cravache du soldat El Mehdi, un jeune soldat  tamasheq qui visiblement avait été poussé contre Diby, au motif que ce dernier avait sévi contre des tamasheq pendant la première rébellion au Nord du Mali confie un témoin Celui qu’on venait de livrer après avoir combattu pour le Mali était déjà lieutenant en 1958 avant de devenir capitaine en 1963..Son seul tort est d’avoir aimé son pays le Mali, notre Mali. Nous lui rendons hommage par nos modestes moyens en rappelant son discours mémorable le 22 septembre 1964 alors commandant de cercle de KIDAL .Un  discours qui en dit long sur la personnalité du soldat visionnaire et qui nous invite à mieux comprendre son élimination  </em>

Messieurs les Ministres,

Messieurs les députés,

Camarades délégués Camarades,

La population de Kidal, nos militantes et militants de Tinza- Watène, de Tinkar à Tirikine, par ma voix, expriment leurs remerciements fraternels à notre parti et à son gouvernement pour la sollicitude et I ’honneur particuliers dont nous sommes aujourd’hui les bénéficiaires en ce grand jour anniversaire de la libération du peuple malien.

Aux camarades délégués, tant à I’ échelon national que régional, à nos voisins qui ont voulu relever l’éclat de notre fête par leur présence, nous souhaitons la cordiale bienvenue et un meilleur séjour à Kidal. Camarades, nous n’allons pas vous affubler, en ce jour de fête, d’un sévère réquisitoire que mériterait bien le néocolonialisme et sa manifestation pratique que fut la rébellion de certains de nos compatriotes nomades qui se sont laissés prendre au piège de l’impérialisme international.

Nous nous efforcerons plutôt de vous faire le point de notre bilan, un an après l’explosion de la bombe à retardement que la France a léguée à la jeune République du Mali au lendemain du 22 septembre 1960.Camarades, la première cause de la rébellion, cause que la France connaissait, est son propre échec dans l’administration des populations et plus particulièrement celles de l’Adrar des Ifoghas.

En effet, la France est partie de l’Adrar sans l’avoir jamais soumis après plus de soixante ans pendant lesquels elle s’est maintenue grâce à la structure féodale qu’elle y a développée et entretenue. La politique de division de la France dans cette région ne sera, d’ailleurs, pas seulement géographique, car les coloniaux développeront aussi dans les populations nomades, d’une part, les divisions de classes propres à la société féodale et, d’autre part, avec le plus grand esprit de méchanceté, ils sèmeront la haine raciale et les complexes religieux.

En un mot, c’est une société féodale, convaincue de la raison du plus fort, une société anarchique sans attaches et sans esprit de sédentarisation, une société de haine et de complexes que l’administration française a léguée à la République du Mali.

Alors que de I’ extérieur les nostalgiques du régime colonial, la clique des Clauzel, des apatrides maliens, des haineux, tiraient sur la goupille de la bombe de la sécession, de l’intérieur, des féodaux, des ambitieux jouaient aux marionnettes, violant la conscience des simples en esprit, les révoltant contre l’ordre légal souverainement établi par le peuple malien.

Ainsi, toute une population trompée, soumise au viol, au pillage, voire à la mort, à défaut d’information, d’éducation profonde, a fait sienne la cause de ceux-là mêmes qui la saignaient à blanc, suivant les conseils contre toute logique, des colonialistes, eux qui ont fait leurs valises du Mali en plein jour malgré leurs canons et leurs réacteurs, ont réussi à faire croire au nomade qu’avec son fusil de traite, il pouvait venir à bout de l’Etat malien et de son peuple que les mêmes prophètes connaissaient pourtant.

Notre victoire est une victoire logique, la victoire d’une cause juste sur une cause injuste, la victoire d’un peuple uni sur des agitateurs soldés et téléguidés de l’étranger. Sur le plan tactique, parce que notre cause était juste, nous avons réussi rapidement à désintoxiquer, d’une part, les masses et d’ autre part, à extirper de leur sein la gangrène semée dans l’Adrar par les ALLARD et les CLAUZEL, à la veille de notre indépendance. Gagnant ainsi la confiance des masses, nous coupions le poisson de l’eau, le rebelle de sa base de vie.

Dès lors, un combat inégal et fatal s’engage entre notre détachement, fraction d’une armée nationale, populaire et révolutionnaire, défendant la juste cause d’un peuple irréversiblement engagé et des bandes sans foi et sans vertus, obéissant aux ordres d’aventuriers sans patrie. Dès lors, nous avons compris qu’il fallait combiner l’action politico-civique et l’action choc ; il nous fallait détruire si nécessaire, beaucoup construire et toujours éduquer.

Vous comprendrez, camarades, pourquoi nous n’avons eu recours qu’à la valeur de 2 commandos maliens pour mater les rebelles et tout le reste de notre effectif employé à garder le contact des masses nomades. Comme nous l’avons toujours dit, l’explosion de la bombe héritée du régime colonial était plutôt salutaire pour l’application correcte de notre politique socialiste dans cette partie de notre pays. Le malheur qu’aurait pu être la rébellion a plutôt accéléré I’ édification de la nation malienne dans le grand Nord de notre patrie.

Notre plan le plus positif, à cet égard, est sans doute la lourde défaite du néocolonialisme aux abois qui pensait remettre en cause l’option de notre peuple sinon retarder son application et la marche impétueuse en avant de la révolution malienne.

A l’issue de cette rébellion et fort de I’ éducation politique reçue, nous sommes convaincus que le Tamachèque ne sera plus jamais le jouet d’apatrides de I’ espèce de (….)’ Nous sommes persuadés, comme l’a dit notre Secrétaire Général le Président Modibo KEITA, que là comme ailleurs en République du Mali, le néocolonialisme se cassera les dents contre la volonté du peuple malien.

Le Tamachèque d’hier, ignorant tout de l’Union Soudanaise RDA est aujourd’hui militant à part entière, après que l’occasion lui eut été donnée d’apprécier, à sa juste valeur, la politique fraternelle et de justice de notre parti. Nous donnons l’assurance que le parti est désormais aussi fort à Kidal qu’à Bamako ou à Sikasso.

Par ailleurs, notre administration a réussi ici ce que la France n’avait jamais pu réussir. Aujourd’hui, les impôts sont collectés, non par des goumiers ou des soldats en armes, mais par les responsables administratifs des fractions et tribus, ce qui traduit I’ adhésion sans restriction à la politique nationale de l’US RDA.

Voilà à peine trois mois, que l’année fiscale est ouverte en République du Mali et nous disons qu’à la fin de ce premier trimestre, la presque totalité des impôts de notre circonscription seront recouvrés sans armes et sans menace. Sur le plan social, notre parti a fait plus de réalisations en quatre ans d’indépendance que la France après 60 ans de colonisation.

Kidal, dont le nom signifiait pénitencier et enfer, devient chaque jour davantage un pôle d’attraction et nous profitons de l’occasion pour rendre hommage à nos camarades responsables politiques, à nos travailleurs, nos femmes et nos jeunes, un vibrant hommage pour I’ effort énorme que chacun à son poste déploie pour que notre circonscription et surtout notre chef-lieu ne soit plus le dépôt d’indésirables sociaux, mais le chantier d’honneur des bâtisseurs conscients et confiants dans les destinées de notre peuple.

Les opérations militaires ne nous ont jamais détournés ou distraits de l’action sociale.

C’est ainsi que deux importants magasins de la SMDR ont été édifiés à Kidal et Tessalit, une succursale de la SOMIEX fonctionne à Kidal dont l’ancienne infirmerie présente aujourd’hui l’aspect d’un grand dispensaire moderne avec sa dépendance chirurgicale.

L’action médicale intensive démarrée par notre ami le Docteur Djigui DIABATE sur lequel nos militants n’ont jamais tari d’éloges est inlassablement poursuivie par le chirurgien Mohamed SOUMARE de réputation nationale. Grâce à leur compréhension du problème, leur sens de l’organisation, nos multiples postes sanitaires, tant fixes qu’ambulants, ont marqué notre victoire de leur sceau indélébile.

Le Tamachèque, jadis hostile à la médecine moderne, vient facilement se confier au médecin de Kidal et se fait traiter en toute confiance. Tous nos postes sont aujourd’hui à la fois de petits dispensaires de brousse et des points de ravitaillement des populations en produits de première nécessité. Dans le cadre syndical, nos travailleurs sont parfaitement bien organisés et notre union, dirigée par une équipe jeune et dynamique n’a pas manqué d’apporter dans le plateau de la balance sa large contribution à notre réussite.

Nos chefs traditionnels, se comportant jadis en féodaux, se sont rapidement transformés en guides conscients, en chefs jaloux des intérêts de leurs administrés et à cet égard, nous nous devons de leur rendre un hommage particulier pour ne s’être jamais laissés embobiner dans une aventure dont l’une des causes est l’ignorance, I’ obscurantisme.

Pour en venir au parti, le fossé comblé est immense si l’on se souvient que le Tamachèque moyen, il y a un an seulement, ignorait jusqu’au nom de notre pays qui se confondait très facilement avec celui du Secrétaire Général du Parti.

Aujourd’hui, nul n’ignore plus l’US RDA et ses principes fondamentaux, nul n’ignore plus que l’option socialiste signifie l’abolition de la féodalité et de l’exploitation d’un frère par un autre frère.

La milice féminine, la brigade de vigilance, les pionniers, que vous aurez I’ occasion de voir tout à I ‘heure, ne sont pas formés ici par conformisme, mais sont les authentiques gardiens des conquêtes de notre peuple. Vous retrouvez les mêmes institutions du parti aussi bien organisées à Aguel-Hoc qu’à Tessalit.

Leur formation a été des plus sérieuses et ce soir même vous aurez l’occasion d’assister au concours de tir qui opposera hommes et femmes.

Si le fonctionnement de nos comités de fraction avait été ralenti par la situation particulière, leur mise en activité n’est plus qu’une question d’organisation à laquelle nous nous attellerons sans délai.

Quant à l’expérience faite par notre détachement de I’Armée nationale, populaire et révolutionnaire, elle est plus que concluante. Le soldat malien a cassé par nécessité mais n’a jamais cessé de construire et surtout de conquérir le cœur et la raison de nos compatriotes hier dressés contre I’ ordre national par les agents du néocolonialisme. L’action du doigt sur la détente du fusil ne peut plus être la seule mission du soldat nationaliste d’autant plus que cette action a été rendue nécessaire conformément aux objectifs d’une politique qu’il a le devoir de connaitre, d’appliquer pour mieux la défendre.

Maintenant que la raison a triomphé de la folie et de I’ aventure, I’ action du doigt sur la détente va céder sa place à l’action du soldat bâtisseur double d’éducateur, sans pour autant jamais atténuer notre extrême vigilance. Désormais, tout en veillant jalousement sur la paix et la tranquillité de nos masses, c’est à leur éducation profonde, à leur organisation que nous allons nous attaquer. Notre soldat, combattant d’hier, pourra dorénavant se doubler d’agriculteur pour enseigner, par exemple, aux nomades, la culture du dattier, du tabac et surtout le jardinage dont les résultats sont si éclatants.

En un mot, la mise en valeur et la sédentarisation du nomade est notre objectif numéro 2 et notre succès est d’avance assuré par notre foi inébranlable.

A la place de la haine et des complexes néfastes, nous avons cultivé la fraternité et le pardon.

C’est cette générosité exceptionnelle de notre parti et de son gouvernement, qui justifie aujourd’hui la présence sur cette place, de plus de quarante rebelles pris les armes à la main et autant de leurs complices.

Nous sommes persuadés que le message du Président Modibo KEITA qui leur est destiné ne sera jamais chargé de rigueur et encore moins de haine. Au contraire, tous les espoirs sont permis pour eux, de retrouver très bientôt leur place dans la société dans laquelle nous sommes persuadés qu’ils retrouveront des frères et des sœurs, à condition de se dépouiller de toutes les séquelles de banditisme, pour se souvenir constamment que la première loi de notre société est que seul le travail paie. Sur cette même place, vous voyez également plus de 50 enfants d’anciens rebelles que nous avons recueillis au cours des opérations militaires et qui ont été scolarisés et entretenus par la cantine scolaire.

Nous sommes persuadés d’avance que demain, forts de l’ouverture d’esprit que nos enseignants sauront leur donner, ils désapprouveront Ie suivisme qui a conduit leurs pères dans une rébellion fratricide.

Camarades, nous ne retiendrons pas plus longtemps votre attention et nous souhaitons à tous de passer, pour deux raisons, une bonne fête; d’une part en souvenir du bris des chaînes coloniales par le peuple malien, le 22 septembre 1960 et, d’autre part, pour la défaite des néocolonialistes, la prise de conscience et la reconversion de nos frères hier poussés dans une aventure dont l’issue ne pouvait être que la victoire de notre peuple.]]> </content:encoded>
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<title>Signes prémonitoires, divergences de vue... l’ancien ministre Dadié Dagnoko livre sa part de vérité sur l&amp;apos;Éclatement de la Fédération du Mali</title>
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<pubDate>Mon, 19 Sep 2022 01:37:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Ce samedi 17 septembre, au Mémorial Modibo Keita, l’ancien ministre de la Culture Dadié Dagnoko a animé une conférence-débat. La conférence a lieu dans le cadre de la célébration du 22 septembre 2022. Elle a porté sur le thème <em>: « l'Éclatement de la Fédération du Mali, vécu et raconté par un témoin ».</em></strong>

<strong><em> </em></strong><em>« L’éclatement de la fédération du Mali a été un événement douloureux »</em>, se souvient Dadié Dagnoko. Jeune à l’époque de cette fédération qui a réuni le Mali actuel et le Sénégal, avec Modibo Keita comme président du conseil fédéral. Aux dires du conférencier, ce sont quelque 20 000 familles qui ont été jetées dans le train, direction Bamako. <em>« Des couples brisés et des gens qui ont tout abandonné…», </em>a regretté Dadié Dagnoko revenant sur les signes qui prédisaient l’échec de la Fédération du Mali.

A la montée officielle du drapeau de la fédération avec l’emblème du masque Kanaga, raconte Dadié Dagnoko, on s’est rendu compte que le drapeau était renversé. Aussi, le jour de l’indépendance de la fédération, le 20 juin 1960, la clé du Palais est tombée des mains du président Modibo Keita. Autre fait, le président Keita, s’est trouvé bloqué dans l’ascenseur au Palais. Mais ce qui a le plus marqué, Dadié Dagnoko malgré sa jeunesse, c’était l’apparition d’un chat noir au milieu de la foule qui célébrait l’indépendance à Dakar.

<strong>Choix difficile du chef d’état-major…</strong>

<strong> </strong>Pour Dadié Dagnoko, le choix du chef d’état-major de l’armée fédérale a été un point important dans l’éclatement de la Fédération du Mali.  Le président du Conseil fédéral Modibo Keita avait proposé le colonel Abdoulaye Soumaré tandis que le vice-président Mamadou Dia préférait le colonel Amadou Fall. <em>« Pour Modibo, le colonel Soumaré était le plus âgé, et aussi le plus ancien dans le grade »,</em> a rapporté le conférencier. Lorsque le président Modibo a confirmé le colonel Soumaré au poste de Chef d’état-major, Mamadou Dia refuse de contresigner l’acte de nomination et évite les conseils des ministres.

En plus des signes prémonitoires et des divergences, la Fédération du Mali a dû faire face aux ennemis. Des personnalités comme l'ivoirien Félix Houphouët Boigny qui ont pesé de leur poids pour l’échec de la Fédération. Finalement, le 20 août 1960, Modibo Keïta et ses compagnons ont été arrêtés et mis dans un train pour Bamako.

<strong>Mamadou TOGOLA /Maliweb.net</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Le lien entre le Mali de Modibo Keita, la Côte d’Ivoire de Houphouët à aujourd’hui</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-lien-entre-le-mali-de-modibo-keita-la-cote-divoire-de-houphouet-a-aujourdhui-2963688.html</link>
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<pubDate>Mon, 07 Feb 2022 07:55:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alternance</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Au premier abord, quoi de plus éloigné que le Mali de Modibo Keita et la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny, au début des années 1960 ?

D’un côté, un État résolument lancé dans la voie de l’édification du socialisme, partisan militant de l’unité africaine et du panafricanisme, solidaire des gouvernements socialistes et anti-impérialistes de l’Afrique nouvelle. De l’autre, un pays vitrine du capitalisme excellant et du libéralisme économique, étroitement attaché à l’ancienne puissance coloniale, hostile à toute construction fédérale interafricaine, et artisan d’une diplomatie de résistance avec la formation du « groupe de Monrovia » face aux initiatives du groupe de Casablanca.

Pourtant, à y regarder de plus près, on est frappé, au-delà des différences liées aux orientations idéologiques divergentes des deux régimes par d’étonnantes similitudes dans la pratique politique comme dans la volonté de construction d’une société nouvelle. Celles-ci sont trop grandes pour être fortuites et apporteront un aliment à notre réflexion sur l’évolution des pouvoirs en Afrique après les indépendances.

Malgré leurs idéologies différentes, à travers ces deux hommes leaders, le Mali et la cote d’ivoire ont pu créer un lien d’amitié.

En 2012, Selon un communiqué signé du ministre de l’Économie et des Finances de Côte d’Ivoire, Adama Coulibaly, la Côte d’Ivoire a décidé de « suspendre toute relation économique et financière et tout flux financier en direction du territoire malien jusqu’à nouvel ordre ».

Le gouvernement ivoirien instruit précisément les administrations financières publiques, les banques et établissements financiers de suspendre toute relation et tout flux financier vers le Mali. La décision fait suite à la résolution de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) après le coup d’Etat militaire intervenu au Mali.La CEDEAO a décidé de la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes de ses pays membres avec le Mali et l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciaux et financiers avec le Mali.  Ainsi commença une déchirure relationnelle entre le Mali et la cote d’ivoire.

Abidjan le 15 janvier 2013, alors que le président ivoirien et de la CEDEAO, Alassane Ouattara séjourne en Allemagne, l'Etat-major de Côte d'Ivoire ne s'est pas encore prononcé officiellement s'il participera ou non à l'envoi de soldats ivoiriens pour la libération du nord mali occupé par les islamistes.
Au moment où les autres pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) s'activent au déploiement de leurs hommes au Mali.
<strong><em>COTE D’IVOIRE-MALI : Les relations diplomatiques sont-elles immobiles ?</em></strong>

La question a une grande valeur, car lors de la célébration de la fête des 59 ans de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, aucun ministre malien n’a daigné répondre à l’invitation de l’Ambassade de Côte d’Ivoire au Mali. Est-ce parce que les relations entre les deux Etats sont tendues ou parce que l’Ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Mali, Samuel Ouattara est  persona non grata ?

Qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que les autorités maliennes n’acceptent pas de répondre à l’invitation des autorités ivoiriennes via son ambassade pour la commémoration de son accession à la souveraineté nationale. Si l’on sait que le président IBK est l’ami de l’ex président Gbagbo, toute chose qu’Abidjan sous Ouattara n’a pas vite gommé, avant de se résigner et enterrer la hache de guerre. Pour que les relations diplomatiques entre les deux pays soient immobiles, surtout que la concurrence entre les Etats est très rude, et que le pays de Félix Houphouët Boigny a perdu une quantité importante du trafic routier malien, lors du déclenchement de la crise de 2002.
Ces deux pays entretiennent des relations paradoxales; ils passent leur temps à se disputer et pourtant ne peuvent pas vivre l’un sans l’autre.
Si aucune information officielle ne confirme la tension, l’absence des autorités maliennes à la résidence de l’Ambassadeur ivoirien fait planer un doute et un scepticisme, sur la bonne coopération diplomatique entre nos deux pays.
Car lors de cette soirée on sentait une certaine gêne, dans le discours de l’ambassadeur Samuel Ouattara qui avait de la peine à lire son discours, car l’absence de personnalité malienne a été constatée par tous les invités surtout les ambassadeurs présents à cette soirée. Tellement la gêne était grande que l’ex ministre Tiéna Coulibaly était obligé de jouer les pompiers en prenant la parole à son nom propre pour remercier le travail d’Hercule abattu par Alassane Ouattara dans son pays.
<strong><em>Le Mali et la Cote D’ivoire sont sur le point de rompre définitivement leurs liens diplomatiques ? ou bien le management diplomatique de Samuel Ouattara n’est pas à hauteur de souhait ?</em></strong>

Difficile de répondre à ces questions, mais une chose demeure, les autorités maliennes ont boudé la fête de la célébration des 59 ans de l’indépendance de la Côte d’Ivoire au Mali.

Après toutes ces déchirures, le Mali et la Côte D’ivoire ont pu renouer leur lien d’amitié  et de coopération en 2019 ;

Abidjan, le 25 juin 2019 - A l’issue d’une audience avec le Premier Ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, la ministre malienne de la Culture, Ndiaye Ramatoulaye Diallo, a dit être venue à Abidjan dans le cadre de la relance de la coopération bilatérale entre la Côte d’Ivoire et le Mali dans le domaine culturel.

« Nous sommes venus rendre compte au Premier Ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly de notre séance de travail avec mon homologue Maurice Kouakou Bandaman. Elle a porté essentiellement sur la relance de la coopération bilatérale entre la Côte d’Ivoire et le Mali dans le domaine de la culture », a dit N’Diaye Ramatoulaye Diallo.

Elle a aussi vivement encouragé la Côte d’Ivoire à ratifier la Charte de la Renaissance culturelle. « Le Président malien Ibrahim Boubacar Kéita a été désigné par ses pairs de l’Union africaine (UA) comme coordinateur-champion de la culture, des arts et du patrimoine pour l’UA. Et dans le cadre de son mandat, le premier objectif est l’entrée en vigueur de la Charte de la Renaissance culturelle », a-t-elle expliqué, tout en se félicitant de la promesse faite par le Premier Ministre de tenir l’engagement de la Côte d’Ivoire de ratifier ladite Charte.
Et d’ajouter que « 14 pays ont déjà ratifié cette Charte. Et si le 15è pays, la Côte d’Ivoire, nous fait l’honneur de la ratifier, la Charte de la Renaissance culturelle entrera en vigueur ».
Enfin, elle a annoncé la tenue à Korhogo du prochain festival « Triangle du Balafon », qui réunit la Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina Faso. Ledit festival se tient habituellement à Sikasso au Mali.  Dès lors les deux Etats ont relancé leur lien de coopération jusqu’aujourd’hui.

<strong>                                                                                                       ASSITAN DIAKITE</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Bilan 2021/perspectives de 2022 :   Entre l’espoir et l’incertitude d’un pays toujours en zone de turbulence</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/bilan-2021-perspectives-de-2022-entre-lespoir-et-lincertitude-dun-pays-toujours-en-zone-de-turbulence-2960372.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 15 Jan 2022 01:13:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>L’an 2021 a vécu et nous laisse des souvenirs plus ou moins agréables. Ce fut une année comme toutes les autres, avec ses bonheurs et aussi ses malheurs, ses satisfactions et ses peines… Nous voilà en 2022. Une nouvelle année avec ses espoirs et aussi ses inquiétudes. Que retenir de 2021 ? Qu’attendre de 2022 ? La rédaction a préféré donner la parole aux Maliens de différents secteurs sociaux professionnels. Nous proposons ici les réflexions de ceux et celles qui ont accepté de se livrer à cet exercice.</strong>

<strong> </strong><strong>TIEGOUM BOUBEYE MAÏGA, CHRONIQUEUR INDEPENDANT : «Le temps des épreuves»</strong>

[caption id="attachment_2846823" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2019/11/Tiegoum-Boubeye-Maiga.jpg"><img class="size-medium wp-image-2846823" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2019/11/Tiegoum-Boubeye-Maiga-300x206.jpg" alt="Tiègoum Boubèye Maïga" width="300" height="206" /></a> Tiègoum Boubèye Maïga[/caption]

L’année 2021 a été une année très éprouvante pour le Mali et les Maliens, un peu dans le prolongement de 2020.  Le fait marquant est sans doute la rupture intervenue dans le déroulement de la Transition avec le coup d’Etat contre le président Bah N’Daw le 24 mai. «<em>La rectification</em>» ainsi opérée allait procéder à une redistribution des cartes avec l’ascension de Assimi Goïta au sommet de l’Etat, mais surtout l’arrivée du M5-RFP au centre du jeu institutionnel. L’une des conséquences est incontestablement le clivage intervenu de manière persistante sur la scène politique.

Parmi les faits marquants, il y a les arrestations intervenues dans le cadre de la lutte contre la corruption. Ces arrestations ont été dénoncées par des praticiens du droit pour le non respect des procédures. Et surtout pour l’incapacité constitutionnelle pour la Cour suprême d’envoyer des anciens ministres en prison. Par-delà la lutte contre la corruption, on a constaté une dérive dans les arrestations de personnes pour des opinions ou des propos jugés injurieux.

2021 est aussi l’année des «<em>rumeurs</em>». A chaque fois que le gouvernement s’est retrouvé en face de faits plus ou moins gênants, il trouve le moyen de les qualifier de «<em>rumeurs</em>». Rumeurs concernant le feu-vert donné au Haut Conseil Islamique du Mali (HCI-Mali) pour trouver un cadre de négociation avec les jihadistes, notamment Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa. Rumeurs concernant les relations avec le groupe Wagner.

Comment ne pas mentionner la recrudescence de l’insécurité avec des zones complètement sous le contrôle des djihadistes et surtout une surenchère dans la cruauté (le cas des 31 personnes brûlées vives à Songho). Je n’oublie pas le fait que notre pays est complètement isolé sur le plan diplomatique. Le Mali est seul contre la CEDEAO, contre l’Union Africaine, contre l’Union Européenne et contre l’ONU.

2021 fut une année d'épreuves. Le pays ressemble presque à un champ de mines au regard de toutes les difficultés qui l'assaillent. Ce point a culminé avec les sanctions prises contre les autorités du pays. Je ne terminerai pas 2021 sans évoquer nos confrères disparus, notamment Oumar Maïga dit Gilbert, Amadou Tall, Makan Koné, Hawa Séméga, Birama Fall, Sacko Maguiraga...

Pour 2022, mon souhait est de voir notre pays revenir à une vie constitutionnelle normale. Cela passe par le respect des engagements pris entre maliens et vis-à-vis de la communauté internationale. Ce retour devrait permettre de desserrer l'étau autour du pays. Et surtout de renouer avec la communauté des Nations. Je souhaite qu’il y ait une vraie réconciliation nationale tant sur le plan politique que sécuritaire. Ceux qui jouent à diviser les Maliens sur la base de vieilles rancœurs devraient mettre de l’eau dans leur vin ou avoir moins voix au chapitre.

Je voudrais une meilleure prise en charge du Covid-19. On constate une véritable flambée des chiffres officiels qui sont très éloignés de la réalité. Or on ne sent ni les autorités sanitaires ni les autorités politiques. Mais tel que c'est parti, l’an 2022 risque d'être au moins l’égal de 2021.

<strong> </strong><strong>MME CISSE FATIMATA KOUYATE, PRESIDENTE DE L’ASSOCIATION MALIENNE DES AGENCES DE VOYAGES ET DE TOURISME (AMAVT) : «Nous attendons de 2022, la fin de la pandémie du Covid-19 pour la reprise du pèlerinage aux lieux saints de l’islam»</strong>

Ce que je retiens de l’année 2021, c'est la turbulence politique occasionnée par le deuxième coup de force qui a vu la montée en première ligne du duo Colonel Assimi Goïta/Choguel Kokalla Maïga. Nous avons également connu la persistance du Covid-19 et le ralentissement de plusieurs activités

[caption id="attachment_2072812" align="alignright" width="250"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/02/cissse-Fatoumata-Kouyate.jpg"><img class="size-medium wp-image-2072812" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/02/cissse-Fatoumata-Kouyate-250x300.jpg" alt="Mme Cisse Fatimata Kouyaté, présidente de l’AMAVT : «Le Ministre du Culte a délibérément exclu la filière privée de la mission préparatoire du pèlerinage»" width="250" height="300" /></a> Cissé Fatoumata Kouyaté, présidente de l’AMAVT[/caption]

lucratives, notamment le tourisme ainsi que d'autres activités génératrices de revenus.

Nous retenons, avec force, l'organisation des Assises nationales pour la refondation (ANR) qui devraient aboutir à des recommandations et à des résolutions en prélude au Mali Kura dans toute sa plénitude. L’année 2021 a été l’année de la chute vertigineuse des activités de notre secteur (tourisme), notamment de la billetterie, à cause des mesures barrières qui ont sonné le glas des voyages, de l'événementiel et d’autres regroupements.

Nous attendons de l’année 2022, la fin de la pandémie du Covid-19 pour la reprise certaine avec assurance du pèlerinage aux lieux saints de l’islam, l’amorce de la résilience de l’activité tourisme avec la mise en œuvre d’un Plan d’action et d’une stratégie de communication efficiente. Enfin, nous ambitionnons une convergence de vue et d’actions afin que tous les Maliens puissent être à l'unisson pour un Mali uni, fort, prospère et débarrassé de toutes ses tares et contraintes, notamment l’insécurité, la pauvreté, les maladies, etc.

<strong>ROKIA TRAORE, ARTISTE/INTELLECTUELLE ENGAGEE : «Que 2022 balise la place du Mali dans un nouvel équilibre du monde»</strong>

<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/03/rokia-traore.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-1490262" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/03/rokia-traore-300x130.png" alt="Rokia Traore" width="300" height="130" /></a>Pour moi 2021, dans la suite de 2020, fut une année qui continua à marquer la fin d’un monde et le début d’un autre. Ce fut une année chargée d’enseignements sur l’humanité entière et son évolution (pour ceux qui suivent l’actualité en dehors de notre pays). Au Mali, «nous avons la tête sous l’eau». Cela nous empêche de voir par moment que ce que nous vivons et que nous appelons à tort «<em>une guerre</em>» n’est qu’une partie des conséquences de l’écroulement de ce que les pays grands conquérants d’Europe ont commencé à établir depuis l’époque du commerce triangulaire et qu’ils ont achevé avec la fin de la deuxième guerre dite mondiale en annonçant au reste du monde des règles établies pour tous par eux ...

Des troubles du Vietnam à ceux de l’Afghanistan pour en arriver au Sahel aujourd’hui en passant par la Syrie et les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis qui marquèrent le début des troubles sécuritaires dans le monde.... tout est lié. 2021 pour moi est l’année où il commence à être impossible de nier les failles dans les règles établies pour tous. Le monde entier, d’une manière ou d’une autre, manifeste son besoin d’équilibre dans le respect et la souveraineté des États, dans le respect des êtres humains et leurs droits, dans le respect de l’environnement.

En 2021, j’ai réalisé que nous avons besoin d’autres équilibres sur le plan géopolitique et économique dans le monde. Mais les maîtres dans l’ancien équilibre, les grands pays colonisateurs, ont tant à perdre qu’il est très difficile d’imaginer ce qui va réellement changer. La politique du diviser pour garder le pouvoir, sur tous les plans, demeure une valeur sûre. L’Afrique et ses habitants, les Maliens au Mali, sont devenus plus audacieux, moins craintifs. Mais, peut-on rêver pour autant d’être en mesure de nous construire, nous mêmes, sans l’aide qui nous conditionne psychologiquement, d’accéder à une vraie indépendance sur la base de nos ressources...?

J’attends de 2022 que nous sachions enfin où tout cela va mener. Nous avons suffisamment espéré. J’aimerais que 2022 soit une année où nous commencerons à voir qu’elle sera notre place dans un nouvel équilibre du monde sur le plan géopolitique, écologique et économique. J’attends de voir si la sagesse et l’humanité pourraient l’emporter sur le culte de l’économie.

<strong>MAMADOU BABA TRAORE, JURISTE/CVJR-TOMBOUCTOU : «L'insécurité a gagné presque l'ensemble du pays»</strong>

L'année 2021 a été très difficile sur les plans sécuritaire et sanitaire. En effet l'insécurité a gagné presque l'ensemble du pays. Aussi, la pandémie de Coronavirus s'est aggravée avec plus de personnes contaminées. En plus le front social a été bouillant surtout avec la grève des enseignants. Pour la nouvelle année nous espérons que les autorités vont renforcer la sécurité, durcir les mesures barrières pour protéger les populations contre le Covid-19. Nous espérons aussi un calme sur le plan social. Espérons surtout que notre pays trouve un terrain d'entente avec nos voisins de la CEDEAO et nos Partenaires techniques et financiers !

<strong>MAÏMOUNA TRAORE, DIRECTRICE FONDATRICE DU MAGAZINE NYELENI : «La meilleure des choses en 2022, c’est de voir le Malien changé de mentalité»</strong>

Nous avons mal pris soin de notre patrie, depuis des décennies. L’année 2021 a trouvé le pays dans une crise multidimensionnelle. Cette année a été des plus difficiles pour tout le monde. Que ce soit sur les plans

[caption id="attachment_2960374" align="alignright" width="150"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/01/Maimouna-Traore-Nyeleni-Magazine.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-2960374" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/01/Maimouna-Traore-Nyeleni-Magazine-150x137.jpg" alt="" width="150" height="137" /></a> Maïmouna Traoré, Nyeleni Magazine[/caption]

sécuritaire, sanitaire ou économique. Nous avons perdu beaucoup de nos frères et sœurs au nord et dans le centre du pays, surtout beaucoup de femmes et d’enfants. Des villages ont été dévastés, des familles dispersées... L’arrivée de la pandémie a donné un autre coup. Heureusement que des appuis multiformes ont été reçus de ce côté. Les avoirs ont considérablement diminués chez tout le monde et les pauvres sont devenus plus pauvres encore. Ce n’est pas à vous que je vais apprendre les difficultés financières que vit la presse depuis quelques années.

En 2021, pour imager ce qui se passait, c’est comme si tout le monde parlait à la fois et on ne s’écoutait pas du tout. Tellement, tout le monde était remonté contre l’insécurité et les pratiques malsaines qui se passaient dans le pays. En fait, nous sommes tous coupables. D’un côté, il y a ceux qui ont fait subir aux autres, ce qui continue encore à certains niveaux. Et de l’autre côté, ceux qui pouvaient faire quelque chose, mais qui se sont tuent.

Pour 2022, je veux la paix pour mon pays. Que l’on puisse vivre ensemble comme avant ; célébrer nos joies dans le bonheur et compatir ensemble quand il y a un malheur dans une famille. Que l’éveil de conscience continue à tous les niveaux et que chaque citoyen comprenne que pour accéder au pouvoir on a besoin d’hommes et de femmes avec des programmes de société et non de ceux qui distribuent de l’argent. Que chaque citoyen puisse jouer le rôle  pour lequel il s’est engagé envers la communauté.

Par exemple, un religieux doit nous aider à mieux comprendre la religion et comment par nos bons comportements assurer le mieux vivre ensemble dans un pays laïc. La meilleure des choses en 2022, c’est de voir le Malien changé de comportements pour ne pas dire de mentalité. La communauté internationale, c’est nous aussi ; qu’on nous respecte donc et qu’on comprenne que désormais le Mali ne se fera pas sans nous.

<strong>DICKO AMINA DICKO, PRESIDENTE DE SOLIDARIS223 : «Notre association va devenir une ONG afin de mieux contribuer à l'assistance humanitaire»</strong>

Mon bilan 2021 s'inscrit dans la poursuite des objectifs généraux de Solidaris223 et de notre Plan d'actions autour des programmes «<em>kits scolaires</em>» (prise en charge des frais de scolarité d’enfants, distribution de fournitures scolaires), «<em>ramadan solidaire</em>» (assistance des familles démunies en denrées de première nécessité pour le ramadan, distribution de repas dans les centres de santé et hôpitaux), «<em>sourire de Mariam</em>» (lutte contre les violences basées sur le genre: écoute conseil et orientation des femmes victimes de VBG) et «<em>sensibilisation contre le cancer du sein et du col de l'utérus</em>» (conférence de sensibilisation, journées de dépistage gratuit au CSCOM de Daoudabougou et chez les déplacés du Centre Mabilé, marche sportive et de plaidoyer) et «<em>un enfant, un sourire</em>» (collecte d’habits, de chaussures et de moustiquaires pour les enfants d'Essakane, dans la région de Tombouctou).

Mais plus spécifiquement, nous avons assisté des femmes avec des activités génératrices de revenus et donné le sourire aux administratrices et enfants des pouponnières de Bamako. Plusieurs de nos actions ont ciblé les déplacés de la «<em>crise du centre</em>». Nous les avons assistés avec des kits alimentaires et vestimentaires.

En termes de perspectives 2022, nous allons poursuivre nos activités classiques, renforcer notre partenariat (recherche de nouveaux partenaires) et transformer notre association en ONG afin de pouvoir mieux aider l'État dans l'assistance humanitaire. Nous comptons institutionnaliser l'engagement de notre camarade Fatoumata Chabane contre le cancer du sein en lançant un programme portant son nom.

<strong>MOUSSA SEY DIALLO, ELU URD EN COMMUNE I : «2022 doit marquer la matérialisation du Mali Kura»</strong>

[caption id="attachment_2860306" align="alignright" width="247"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2020/02/URD-Seyni.jpg"><img class="size-medium wp-image-2860306" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2020/02/URD-Seyni-247x300.jpg" alt="" width="247" height="300" /></a> Moussa Sey Diallo[/caption]

Pour moi l'année 2021 a été une période de gestion des conséquences des actes posés en 2020 ; des élections législatives catastrophiques qui ont abouti aux contestations virulentes ; le kidnapping d'une figure majeure de la scène politique nationale (peut être même d'un stabilisateur), suivi de son décès brutal ; la chute d'un régime qui n'a pas su mesurer tous les enjeux. Alors, en 2021, la junte qui a pris le pouvoir sans être réellement outillée s'est laissée avoir et a été rattrapée par son impréparation. Elle a mal amorcé sa prise des affaires. Ce qui nous a basculé dans un changement de chef d'État une nouvelle fois, donc un manque de confiance des partenaires, un doute au niveau du peuple et surtout un nouvel attelage qui a ralenti forcément les choses.

Par ailleurs il faut voir la division des Maliens et cela à tous les niveaux. Et un manque criard d'orientation précise concernant la nation. Après les Assises nationales de la refondation, qui ont  permis aux gens de se décharger, les autorités de la transition vont devoir maintenant reprendre rapidement les choses en main, avec cette fois une confiance renouvelée. Les autorités devront alors profiter de cet intervalle d'accalmie pour acter, au moins, les bases du Mali Kura. Donc l'année 2021 a été l'année de recherche du Mali Kura.

Quant à 2022, elle doit être la matérialisation du Mali Kura et servir à  chercher et désigner ceux qui doivent le conduire, c'est-à-dire ceux qui viendront le consolider. Elle doit être une année de véritable prise de conscience et d'engagement. Ceux qui auront l'honneur de l'organiser doivent savoir mesurer l'ampleur de la tâche. Le peuple malien doit aussi comprendre tous les enjeux et, en fonction de cela, il doit s'organiser pour mieux choisir et mieux veiller sur la gestion du pays. L'année 2022 doit être une année de relance !

<strong>ABDOUL MAJID THIAM, DIRECTEUR DE PUBICATION DE L’HEBDO «FOCUS» : «Une nouvelle désillusion pour un pays qui s’enfonce dans la crise»</strong>

<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/01/Abdoul-Majid-Thiam-Directeur-de-publication-de-Le-Focus.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2960375" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/01/Abdoul-Majid-Thiam-Directeur-de-publication-de-Le-Focus-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a>L’année 2021 constitue une nouvelle désillusion pour notre pays qui s’enfonce dans la crise. A la crise sécuritaire, alimentaire, sanitaire, scolaire, s’est greffée la crise diplomatique. Et sans peut-être le savoir, les Maliens semblent opter pour la stratégie du «<em>ça passe ou ça casse</em>». Mais, il n’est pas évident, en cas de pépin, que beaucoup de ceux qui tiennent présentement ce discours va-t’en-guerre acceptent de boire le calice jusqu’à la lie.

Certes, il est nécessaire de s’affirmer, mais à notre humble avis, il est bon de savoir raison garder, de ne pas mettre le cœur devant la raison. En découdre avec tout le monde ? Aucun être humain n’accepterait de vivre sous le joug de qui que ce soit, mais encore faudrait-il qu’il sache le démêler. Et comme l’a dit Cheikh Hamidou Kane dans «<em>L’Aventure ambiguë</em>», j’aurais tendance à croire qu’il faut aller apprendre chez eux l’art de vaincre sans avoir raison. Militairement, économiquement et diplomatiquement parlant, l’Afrique, à plus forte raison le Mali, pèse quantité négligeable pour aller à l’affrontement direct avec l’Occident, impérialiste impénitent, capable de toutes les atrocités et ignominies pour sauvegarder ses intérêts et ses suppôts.

La vie chère, la maladie à Coronavirus et d’autres pathologies, l’insécurité, l’accès difficile aux services sociaux de base ont continué à régenter la vie des Maliens. Les pauvres se sont appauvris un peu plus et ceux qui tiraient leur épingle du jeu ont continué à crier à la rareté de l’argent. Nous ne croyons pas trop aux textes, car les plus belles lois édictées de par le monde ont été justement transgressées par les personnes les plus insoupçonnées. Nous croyons beaucoup plus au distinguo entre le bien et le mal, à la règle de l’examen de conscience, la sanction de la faute, la peur du qu’en-dira-t-on et du Jugement dernier comme régulateurs de la société. Autrement dit, aucune réforme ne serait parfaite pour empêcher des humains de commettre des délits et crimes.

L’Etat, en l’occurrence, devrait être égalitaire, tenir à la règle de «<em>nul n’est au-dessus de la loi</em>» comme à la prunelle de ses yeux. Il devrait enrayer l’impunité : le fils du président de la République devant être traité sur le même pied que celui du citoyen le plus humble devant la justice. Notre société est tellement imbriquée, tellement complaisante qu’il serait illusoire de croire que les textes (fondés ou refondés) sauveraient le pays comme sur un coup de baguette magique.

Néanmoins, et puisqu’il ne faut pas désespérer de la nature humaine et surtout croire en la bonté divine, l’espoir est permis.

Bonne et heureuse année 2022 à tous !

<strong>ILS ONT DIT AUSSI…</strong>

2021 a été une année d'épreuves, de doutes et d'incompréhensions aux plans politique, institutionnel, sécuritaire et socioprofessionnel. Vivement que 2022 soit une année de retrouvailles et d'union des Maliennes et des Maliens autour de notre patrimoine commun: le MALI !

<strong>Dramane Bouaré, entrepreneur social</strong>

Je retiens surtout que 2021, comme l’année précédente, a été marquée par l'instabilité institutionnelle en lien avec la crise sécuritaire. C’est pourquoi en 2022, je souhaite davantage de prise de conscience des Maliennes et Maliens de la situation gravissime du pays afin de réaliser un sursaut national pour reconquérir et reconstruire le pays. Mes meilleurs voeux pour la nouvelle année. Puisse-t-elle vous combler et conférer beaucoup de réussite sociale et professionnelle»

<strong>Diarra Diakité, ambassade du Mali à Bruxelles (Belgique)</strong>

<strong> </strong>«L’an 2021 nous a appris à nous attendre à l'inattendu. En 2022, je souhaite un monde pacifié, réconcilié avec lui-même et prêt à relever les défis futurs»

<strong>Bakary Sanogo, professeur d’université au USA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mali: «Des régimes Tagninibougou»</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mali-des-regimes-tagninibougou-2959694.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 10 Jan 2022 00:38:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Les  Maliens, dans leur majorité, souffrent des affres des régimes successifs, de 1968 à nos jours. De mémoire, j’ai vécu le régime du lieutenant Moussa Traoré qui a plongé notre pays dans un désastre sans précédent. Les militaires du Comité militaire de libération nationale (CMLN), après leur forfait du 19 novembre 1968, ont mis le pays sous leurs fonctions régaliennes, etc. Certains chefs militaires ministres du gouvernement confondaient la chose publique et leur propriété privée. En si peu de temps, les membres du CMLN ont changé de look et de statut.</strong>

De statut de militaire, ils se sont mués  en grands hommes d’affaires.  Du coup, certains ministres invitaient des belles femmes à passer le week-end à Bamako à bord d’Air Mali. Un ministre influent du CMLN commandait du Tiep bu diène de Dakar à Bamako par Air-Mali.

Un autre ministre organisait tous les samedis à Kita dans sa villa une soirée de gala avec l’orchestre Tji Wara Band de Kati. Avec le régime CMLN, c’était la bamboula. Le CMLN a transformé le Mali en tagninibougou à travers certains opérateurs économiques et par le népotisme en nommant à la tête de nos sociétés et entreprises d’État des cadres véreux qui les ont mis toutes à genoux.

La suite on la connaît: la cité des usines et entreprises à la Zone industrielle est silencieuse, depuis 1984-1987, première phase du Programme d’ajustement structurel (PAS). Ainsi, Moussa Traoré son CMLN (Comité militaire de libération nationale), plus UDPM (Union démocratique du peuple malien) annonçait une mort programmée du Mali par suicide des usines.

Lorsque les démocrates sincères et convaincus arrivent au pouvoir en 1992 ce fut le déluge. Ils tous pillé ou volé ce qui restait encore au Mali. Avec le manque de patriotisme, les démocrates ont  dépouillé le pays. Ils ont bazardé le patrimoine, détourné les fonds publics. Sous Moussa Traoré, il y eu les villas de la sécheresse au quartier Hippodrome (construit à partir des aides des partenaires pour juguler la sécheresse des 1972-1973). Ces fonds auraient servi à construire des villas pour certains membres du CMLN. Mais avec les démocrates, il y eu des milliardaires de la démocratie. Vingt et un (21 milliardaires), en 1999 et plusieurs, entre 2002 et 2020. Avec la junte, c’est le même système de prédation et de gestion du pays qui continue. On nomme qui on veut à tel poste.

Au lieu d’appliquer la loi ou de rendre une justice équitable pour tous, on laisse fuir les grands délinquants financiers et on met au grappin les menus fretins. Aujourd’hui, le pays va mal parce qu’on a transformé le Mali en un État-marmite. Les gouvernements deviennent des  «<strong>taginiyoro</strong>». Koulouba serait transformé en «<strong>tagninibougou</strong>». Ceux qui y travaillent n’ont plus peur. Ils sont les chefs du moment. Dans le Mali d’aujourd’hui, chacun cherche à s’enrichir et à se servir à travers l’appareil d’État. On se soucie peu de l’avenir de la nation. N’oublions le peuple malien est souverain.

<strong>Safounè KOUMBA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>« Pour sauver le bateau Mali du naufrage » : La Plateforme « UNIS POUR LE MALI » invite le Président de la Transition à reprendre en main la situation</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/pour-sauver-le-bateau-mali-du-naufrage-la-plateforme-unis-pour-le-mali-invite-le-president-de-la-transition-a-reprendre-en-main-la-situation-2954688.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 30 Nov 2021 06:30:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans un communiqué conjoint rendu public, le 27 novembre 2021, la Plateforme « UNIS POUR LE MALI », composée de plusieurs partis politiques et associations, dénonce la détérioration de la situation sécuritaire, la cherté de la vie, la crise des enseignants et l’injustice sociale au Mali. Face à la gravité de la situation actuelle, cette nouvelle Plateforme invite le Président de la Transition, Colonel Assimi GOÏTA, garant de l'unité nationale, à reprendre en main la situation en prenant les mesures qui s'imposent.</strong>

« Nous, Plateforme UNIS POUR LE MALI, Cadre d’échange des regroupements et partis politiques pour une Transition Réussie, Forces Patriotiques et Progressistes - Faso Koumabo Ton, Plateforme Cœur pour la Nation, PARENA (Parti pour la renaissance nationale), nous sommes réunis ce Samedi 27 Novembre 2021 à l'initiative de la Plateforme Unis pour le Mali pour passer en revue la situation sociopolitique du pays », révèle en substance le communiqué conjoint de la Plateforme « UNIS POUR LE MALI ».

A l'issue des échanges ouverts, la Plateforme « UNIS POUR LE MALI » dit avoir dégagé une convergence de vue sur l'ensemble des sujets discutés. En outre, la Plateforme « UNIS POUR LE MALI » dit avoir constaté : la détérioration de la situation sécuritaire; l'obstination du Gouvernement à organiser des Assises Nationales avant d'établir un chronogramme ; la cherté de la vie, la crise des enseignants et l’injustice sociale; l'impasse dans laquelle, par conséquent, le pays se retrouve. « Face à la gravité de la situation actuelle, nous décidons de nous unir pour sauver le Mali. Nous appelons l'ensemble des Forces Vives et des patriotes convaincus à nous rejoindre pour sauver le bateau "Mali" du naufrage. Enfin, nous invitons le Président de la Transition, garant de l'unité nationale, à reprendre en main la situation en prenant les mesures qui s'imposent », précise le communiqué conjoint de la Plateforme « UNIS POUR LE MALI ».

Selon ses initiateurs, la Plateforme « UNIS POUR LE MALI » est composée de plusieurs associations et partis politiques dont la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l'Imam Mahmoud Dicko (CMAS), Faso-Kanu de Ibrahima Kébé, Kurukanfugan (des dissidents de la jeunesse du M5-RFP), Nouvel Horizon de Cheick Oumar Diallo (COD) (une dissidence de ADP-Maliba), le Cadre d’échange des Partis et Regroupements de partis politiques pour une Transition réussie au Mali comprenant plus de 70 partis politiques, le PARENA (Parti pour la renaissance nationale) de Tiébilé Dramé, ancien ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale et d’autres groupes. En quelque sorte, c’est une nouvelle Plateforme « An tè, a Banna » qui vient de naître avec des objectifs plus larges.

<strong>Aguibou Sogodogo</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
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<title>Parcours politique du Mali de 1960 à nos jours :  Quand l’histoire n’est point qu’une simple répétition</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/parcours-politique-du-mali-de-1960-a-nos-jours-quand-lhistoire-nest-point-quune-simple-repetition-2952820.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/parcours-politique-du-mali-de-1960-a-nos-jours-quand-lhistoire-nest-point-quune-simple-repetition-2952820.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 17 Nov 2021 01:30:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Ne dit-on pas que « celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre» ? Nous allons ici chercher à nous rappeler la première phase de la douloureuse naissance du Mali et jeter un regard critique sur ce qui apparait encore aujourd’hui comme une répétition de l’histoire à travers cette nécessaire volonté pour le Mali de naître à nouveau. </em></strong>

Nous allons voir, entre cette naissance et cette renaissance, que les acteurs autour du Mali sont restés exactement les mêmes qu’en 1960, sans aucun changement dans leurs objectifs initiaux de 1960, qui se trouvent aujourd’hui encore plus réaffirmés, soit avec plus de sincérité, soit avec plus de cruauté et de cynisme.

<strong>Au départ, la naissance du Mali dans la douleur</strong>

Le 22 septembre 1960, à partir du fait déclencheur de l’éclatement de la Fédération du Mali qui aura été ressenti par le peuple malien avec force émotion et perçu comme le fait d’une grande trahison, l’Union soudanaise déclare l’indépendance du Mali. Une forte adhésion populaire en soutien aux personnalités de l’US-RDA fit de celles-ci les artisans naturels de l’indépendance nationale.

Les dissensions partisanes qui avaient naturellement cours entre les différents partis politiques de l’époque et en leur sein ont cédé la place à un sentiment nationaliste aigu et éprouvé dans le contexte de la patrie en danger. Dans l’euphorie et un nationalisme retrouvé, Modibo Keita est nommé Président de la République du Mali. Ainsi, comme Assimi Goïta, aujourd’hui, il n’avait pas été élu, mais cela n’aura en rien affecté sa légitimité.

Dans ce contexte international de 1960, Modibo Kéita avait-il le choix de son option politique, lorsqu’on le sait isolé de ses voisins Sénégalais, Ivoiriens, et Voltaïques, et isolé de la France, son ancienne puissance coloniale ?

Bien évidemment, le gouvernement entrepris, avec courage et détermination la mise en place d’une structure pour l’instauration d’une économie de type socialiste dans le style des pays de l’Europe de l’Est et de la Chine.

<strong>En 2021, l’exigence de la résistance, pour un refus de disparaitre </strong>

Contrairement en 1960 où la classe politique était sollicitée comme la seule solution naturelle pour relever le défi de l’accession à l’indépendance nationale à partir du fait déclencheur qui aura été l’éclatement de la Fédération du Mali, en 2021, le fait déclencheur aura été la dérive dictatoriale d’un pouvoir mal élu, pressenti en service pour une puissance étrangère, corrompu de la pire évidence, incapable de répondre aux aspirations du peuple sur lequel il va tirer à balles réelles en faisant des dizaines de morts dans un lieu de culte et parmi des manifestants à mains nues refusant tout simplement le fait accompli de la dislocation de leur pays, le Mali.

Ainsi, pour avoir enfanté d’un monstre, le processus démocratique, tant décrié au Mali, aura donc invité des militaires patriotes à imprimer une rectification à un pouvoir, qui trainait dans la rue depuis plusieurs semaines, afin qu’il puisse continuer à traduire l’expression populaire et son accomplissement dans tous les actes posés au quotidien.

Cette rectification sera intervenue dans le contexte d’un Mali extrêmement divisé, avec des politiques frustrés de la confiscation d’un pouvoir des suites d’un tripatouillage institutionnel des résultats d’un vote, que certains autres croyaient légitimement avoir gagné par les urnes.

Vous comprenez donc, dans ce climat de frustrations généralisées, que même les perdants, quand bien mêmes ne seraient pas mécontents de la nouvelle tournure imposée aux affaires du pays, n’auront pas été prêts à apporter une quelconque caution à une quelconque fraction en charge d’exercer autrement le pouvoir sans eux.

Par ailleurs, pour la grande majorité des citoyens, malgré la multiplicité de ces groupes de partis politiques, ceux-ci restent très minoritaires, car ne dépassant guère les 5 % de la population en comptant leurs achats de votes, tout en assumant pour plus de 95 % la responsabilité de la  déliquescence du pays.

Ainsi, pendant une bonne période, ces partis ne sauront point par où faire entendre de la voix, quand des voix citoyennes s’étaient retrouvées pour s’élever progressivement, suscitant une adhésion populaire de plus en plus partagée, en soutien aux jeunes militaires patriotes, qui auront sacrifié leur vie pour arrêter l’effusion de sang, malgré la pléthore de l’effectif des généraux dans un pays piteusement en guerre.

Globalement la situation semble se décanter aujourd’hui, avec d’un côté, ces groupes de partis politiques qui veulent d’un retour rapide des militaires en caserne après des élections à organiser au plus vite, et de l’autre côté, les partisans nationalistes qui estiment qu’il appartient aux Maliens et à eux seuls de fixer un calendrier en rapport avec les défis du moment, qu’il s’agira de relever pour assurer l’avenir du Mali, selon un programme de travail gouvernemental consensuel, qui puisse être de nature à ramener la paix et la stabilité sur l’ensemble du territoire national, une condition de quiétude minimale pour espérer organiser des élections qui tiennent la route.

Plus difficilement qu’en 1960, l’euphorie et le nationalisme retrouvés se dessinent progressivement en 2021 derrière le Colonel Assimi Goïta, qui, comme Modibo Keita, fait face à un contexte international qui ne lui laisse pas beaucoup de choix, en matière d’option politique, lorsqu’on sait que le Mali, encore plus qu’hier, reste isolé, pour les mêmes causes, de ses voisins Sénégalais et Ivoiriens, et isolé de la France, travaillant aujourd’hui de surcroît en soutien aux séparatistes, alimentant et entretenant ainsi une rébellion interne, tout en monopolisant l’espace aérien du Mali avec interdiction aux avions militaires maliens, et cela, avec le consentement des autorités dites démocratiquement mises en place.

La France officielle expliquera dans sa guerre de communication, qu’elle se veut être amie du Mali et des séparatistes afin de gagner sur deux tableaux selon ses calculs :
<ul>
 	<li>une première fois avec le Mali, car selon elle, sans elle, les djihadistes allaient envahir le Mali et par conséquent, elle mériterait un traitement de faveur, étant donné que son rôle n’est pas d’assurer le travail des autorités nationales, qui est d’assurer la sécurité de ses citoyens.</li>
 	<li>une seconde fois, avec les séparatistes rebelles, car selon elle, sans elle, ces séparatistes rebelles avaient été chassés de leur pays et c’est elle qui est allée les chercher pour les ramener autour des zones riches en hydrocarbures et autres métaux précieux pour faire de la zone symbolique de l’Aza-machin qu’ils envisageaient d’occuper, un bouclier que la France se proposerait de protéger.</li>
</ul>
N’étant pas sahélien qui le veut, nous savons que la hyène, a trop vouloir chasser deux lièvres à la fois, finit par se trouver seule à la croisée des chemins, en train de lécher ses pattes comme étant son gibier.

Bien évidemment, comme en 1960, le gouvernement entrepris avec les mêmes partenaires qu’en 1960, et avec les mêmes déterminations et un courage soudanais la mise en place d’une structure pour le rétablissement de la paix et de la sécurité, un préalable pour assurer l’unité du Mali, en annonçant sa volonté de réveiller l’ancienne amitié avec la Russie, devant le double jeu inefficace, perfide et solitaire de la France.

En réalité, la France, en enrayant l’invasion djihadiste, qu’elle va régulièrement proclamer comme une victoire personnelle, sans laquelle le Mali serait aux mains de djihadistes obscurantistes et analphabètes, aura plutôt profité de cette invasion hypothétique pour procéder à une réorganisation de l’occupation du territoire national, en ayant choisi de jeter son dévolu sur une bonne partie des riches zones en hydrocarbures et métaux rares, avec installation tout autour des terroristes indépendantistes qu’elle utilise comme bouclier en les soutenant militairement.

Ce faisant, le gâteau ainsi conçu dans l’imaginaire français et partagé à son goût, la France allait encourager l’extension de l’instabilité partout sur le territoire, tout en rappelant à satiété l’incapacité des autorités de la transition à assurer la sécurité afin de se donner bonne conscience, tout en insistant sur le fait qu’il ne lui revient pas de se substituer aux autorités nationales, comme si cela avait été une demande qui lui aurait été adressée.

Donc, la France pouvait continuer à faire ses affaires avec ses amis séparatistes rebelles, qui devraient lui rester reconnaissants pour les avoir aider à trouver un territoire, tout en ignorant qu’ils continuent de jouer pour la France un rôle bouclier. Par conséquent, ils devraient naturellement laisser la France faire tranquillement ses affaires dans les hydrocarbures et autres métaux précieux, qui ne faisaient pas partie des revendications territoriales.

Tout laisse penser que la France était toute poche de réaliser son rêve sahélien, si l’on en juge par sa tentative d’amorcer une ouverture sur l’internationale, destinée à donner un verni de crédibilité et de légitimité pour les futures autorités de l’état fantoche, qu’elle croyait avoir créé au Nord du territoire d’un Mali, dont elle est sûre de l’incapacité des autorités de se relever du piège dans lequel elles sont désormais embourbées.

&nbsp;
<h3><strong>Le partage prématuré d’un gâteau qui sera resté coincé à la gorge </strong></h3>
Ce n’est donc certainement pas par hasard, que l’Italie, qui se plaint de la France pour lui avoir fait perdre son audience et ses avantages en Lybie du fait de l’intervention française ayant conduit à l’assassinat du Colonel Kadhafi et qui n’hésite plus à s’attaquer ouvertement à la France en dénonçant sa politique génocidaire en Afrique et notamment à travers le F CFA, est tout naturellement appelée au secours, pour accueillir une délégation partie du Nord du Mali, pour constituer la première étape d’un début reconnaissance pour leur entité fantoche, non viable économiquement et historiquement sans histoire notable, à part celle d’avoir été un petit lieu de passage de quelques animaux pendant une petite période très limitée de l’année, bref un point oublié de l’histoire, ne retraçant aucun fait social notable.

C’est alors que les autorités de la transition, plus qu’une annonce, amorcent une vraie reprise du Mali par les Maliens en déclenchant un vrai réveil de la coopération avec la Russie, annonçant la relecture de l’accord militaire avec la France sans en définir le contour, dénonçant le double jeu de l’amie devenue l’amie voilée qui n’hésite même plus à vous abandonner en plein vol et cela devant la tribune des Nations-Unies, le lieu même où la France avait pris la fâcheuse habitude de parler au nom de l’Afrique.

La panique aura montré la preuve que la peur a changé ce camp, quand des insultes proférées à tour de bras et toujours du même côté ont fini par étaler au grand jour un défaut évident d’éducation, dont se sont chargé de relever pour y répondre certains citoyens maliens nettement plus doués dans ce jeu.

Le rappel à l’ordre lancé par les autorités de la transition aux autorités locales du Nord du Mali fixe le contour de ce qui relève de leur compétence, pour signifier le caractère nul et non avenu de toute initiative prise avec l’extérieur, le Mali retrouve la maitrise de son espace aérien et des initiatives  d’un Etat qui existe. Les preuves du sérieux de la reprise de la coopération avec la Russie ne font plus l’objet d’un doute et se sont fait savoir au-delà des actes de désinformation et de dénigrement orchestrés dans les média dans l’indifférence des autorités de la transition, visiblement très au-dessus de la mêlée.

Les enfants sortis de deux coups d’Etat confirmaient ainsi, chaque jour davantage, leur légitimité auprès de la population, tout en ayant une approche fraternelle avec tous les Maliens ainsi que l’enfant sorti de la double amitié d’infidélité Franco Mali et Franco Aza-machin.

&nbsp;
<h3><strong>Une transition de plus en plus portée par sa population</strong></h3>
Les succès sur le terrain de la lutte contre le terrorisme, la débandade et l’escalade verbale provoquées chez l’amie voilée à la recherche d’expressions toujours plus acerbes que la ville pour traduire son état d’âme confrontée à une déstabilisation totale, ont fini par renforcer la légitimité de ces enfants issus de la double rectification du désordre institutionnel provoqué des pouvoirs mal élus et corrompus, des enfants aujourd’hui très sollicités comme aucun pouvoir, auparavant, n’aura jamais été au Mali depuis l’indépendance.

&nbsp;
<h3><strong>Le Mali et le sursaut providentiel</strong></h3>
C’est ainsi, que, dans un sursaut digne d’un don providentiel, dont seule l’histoire de ce pays détient le secret, les Maliens prennent leur courage, et devant l’organisation mondiale des Nations-Unies, ils décrivent, sans haine, sans crainte, avec humilité, tranquillité, simplicité et en toute amitié sincère qui caractérisent ces grandes âmes véridiques du Sahel, la situation de leur pays, tout en restituant au nom de leur peuple les reconnaissances méritées à tous les ayant droits à travers le monde, et en faisant valoir, clairement et sans ambiguïté, leur droit de pouvoir faire appel à tout partenaire, pour consolider les acquis et recouvrer la souveraineté pleine et entière de leur pays, une souveraineté qui ne saurait être une marchandise, dont les mérites seraient vantés par tierces personnes, qui ne sauraient être ni mieux placées ni plus crédibles dans ce rôle que les maliens eux-mêmes.
<h3>En 2021, les partenaires dans la confirmation de leur rôle traditionnel, comme en 1960</h3>
Ainsi, la Russie, comme à l’indépendance du pays en 1960, retrouve sa place originelle de partenaire loyal, avec le même objectif, celui d’assister le Mali, selon les intérêts bien compris des parties en présence.

Par ailleurs, comme en 1960, le Mali fait face, comme naturellement, au silence assourdissant des pays africains de la zone franc, avec en plus en 2021, un alignement aveugle et provocateur de certains responsables nigériens sur la position de la France, une France qui revendique, contrairement en 1960 quand les plaies de la deuxième guerre mondiale étaient encore ouvertes, l’alignement sur ses positions de certains pays européens, et cela selon une annonce, que les responsables de ces pays apprendront par voie de presse comme nous autres.

&nbsp;
<h1><strong>Conclusion</strong></h1>
En conclusion, les défis à relever en 2021 se trouvent nettement accrus pour le Mali et encore plus rigides qu’en 1960.

Il est à espérer que l’opinion publique dans ces pays européens, dont la France revendique l’alignement, ne soit pas automatiquement acquise aux thèses des autorités françaises, qui auront engagé leur pays depuis plus de huit ans dans une guerre de plus en plus couteuse financièrement et en vies humaines, qu’il s’agisse de civils, qu’on ne compte plus, y compris par suite de bavures formellement établies contre l’armée française, et de militaires, sans jamais avoir sollicité ni obtenu de la représentation nationale de leur pays une quelconque autorisation.

De quelle démocratie ces autorités voudraient-elles parler, surtout, lorsqu’elles se livrent en spectacle pour définir les règles de la démocratie dans les pays africains, qu’elles maintiennent dans l’esclavage le plus abject, comme le relèvent à juste titre les autorités italiennes.

C’est pourquoi, il est de la plus haute importance, de comprendre, qu’aujourd’hui, tout le monde compte, pour montrer, face à l’opinion internationale que le Mali aussi le droit d’exister dignement dans le concert des nations, c’est-à-dire tel que les Maliens voudraient décider de la manière qu’il leur convient de le faire.

Ainsi, unis, rien ne pourra venir s’ingérer dans nos affaires pour vouloir nous empêcher d’exercer ce devoir de réécrire une nouvelle page victorieuse de notre histoire. Ce faisant, comme hier, le Mali fait face à un défi pour le choix de partenaires stratégiques, qui soient respectueux des intérêts des parties prenantes, quand il ne devra point se tromper cette fois-ci sur la férocité de la lutte pour la survie des peuples, une lutte qu’il faudrait avoir en permanence à l’esprit, et qu’il ne faudrait surtout jamais oublier de réaffirmer avec constante détermination, car les habitudes sont ainsi faites, qu’un ami reste un ami, et un ennemi, un ennemi, même s’il se fait voilé en ami.

<strong>Dr. Lamine Kéita</strong>

<strong><em>(économiste)</em></strong>

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</item>

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<title>Modibo Keïta&#45;Moussa Traoré&#45;Alpha O Konare&#45;Amadou T Touré : Les hommes du refus !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/modibo-keita-moussa-traore-alpha-o-konare-amadou-t-toure-les-hommes-du-refus-3-2950261.html</link>
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<pubDate>Mon, 01 Nov 2021 01:31:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le Mali a toujours eu des dirigeants qui ont su placer l’intérêt du pays au-dessus de tout. Contre vents et marrées, ces mêmes dirigeants ont eu le courage de défendre partout le Mali. Courageux, dignes et patriotes, ils ont été au service du pays et en toutes circonstances. Qui ne se souvient pas de cette décision courageuse du président Modibo Keïta intimant l’ordre aux troupes français d’évacuer toutes leurs bases implantées au Mali, un certain 20 janvier 1960 ? Et ce refus retentissant du général Moussa Traoré de se soumettre aux décisions du Sommet de La Baule qu’il considérait comme une ingérence française dans les affaires africaines ? Qui ne se rappelle pas de l’historique « Non » d’Alpha Oumar Konaré au président français, Jacques Chirac, qui invitait certains chefs d’Etat africains à le rejoindre à Dakar pour la tenue d’une simple audience ? Que dire du triple « Non » d’ATT à Sarkozy à propos de la signature d’un Accord sur l’immigration, de l’ouverture d’une base militaire française à Sévaré et de Libye ? Modibo Keïta, Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré, ce sont là quatre chefs d’Etat maliens qui ont en commun de n’avoir pas été installé au pouvoir par l’ex puissance coloniale. Ils ont aussi en commun de n’avoir jamais accepté de se mettre au service et aux ordres de l’Elysée. C’est pourquoi, ils ont toujours su, en toute dignité et en toute responsabilité, dire Non à la France et aux dirigeants français. Retour sur certains faits marquants des relations entre la France et le Mali.    </strong>

20 janvier 1960 vers 11 heures : Le président Modibo Keïta, qui était entouré d’Idrissa Diarra, secrétaire politique de l’Union soudanaise RDA, Mahamane Alassane Haïdara, président de l’Assemblée nationale, Madeïra Keïta, ministre de l’Intérieur, de la défense et de la sécurité etc., a  reçu en audience l’ensemble des représentants diplomatiques accrédités au Mali pour leurs annoncer ceci : <em>« L’ambassade de France au Mali, est informée par mes soins de la décision de mon gouvernement et de mon parti, de voir la France évacuer les bases de Bamako, Kati, Gao et Tessalit par les militaires français suite à l’accord signé le 22 juin 1960 cela suite aux évènements du 20 août 1960 et l’acte de reconnaissance de la France, du gouvernement du Sénégal, acte qui consacre la dislocation de la Fédération du Mali.</em>

<em>La République du Mali a consacré avec la France sur la base de la non-ingérence dans nos affaires intérieures et du respect de notre souveraineté. La décision de mon gouvernement et de mon parti, ne met nullement en cause, cette volonté. Elle est l’expression de notre conviction, qu’en moins d’abandon volontaire de souveraineté de la part d’un Etat jeune, ou d’accord particulier de la défense, les troupes de l’ex puissance coloniale ne peuvent stationner sur le territoire de l’ex colonie, aux côtés des troupes du jeune Etat. D’autre part, le peuple du Mali, l’US-RDA et le gouvernement, ont toujours affirmé leur option en faveur de la politique de non alignement sur l’un ou l’autre bloc.</em>

<em>Cette attitude est en contradiction sur son territoire des troupes d’une puissance étrangère à laquelle ne le lie aucun accord et qui , d’autre part, est engagé dans le pacte militaire d’un bloc. Je prie vos excellences d’informer vos gouvernements et d’attirer leur attention sur notre ferme décision de l’évacuation rapide de vos troupes du Mali. Je vous remercie»</em>.

Aussi, les dirigeants de l’US-RDA ont toujours associé la souveraineté nationale à la monnaie. Lors du séminaire de l’US-RDA en septembre 1962, Seydou Badian Kouyaté, alors ministre, expose les conceptions du gouvernement en ces termes : <em>« Le droit de battre une monnaie est l’un des attributs de la souveraineté nationale. Sans indépendance monétaire, il n’y a pas d’indépendance économique, et partant politique pleine et entière »</em>.

Pour Modibo Keïta, président de la République à l’époque, il est impossible de promouvoir un développement économique harmonieux du Mali s’il ne disposait pas de sa propre monnaie. Ainsi, il annonce le 1<sup>er</sup> juillet 1962 à zéro heure que « la République du Mali dispose de sa propre monnaie ».

Dans la création du franc malien, M. J. Bénard, un français, fut l’un des plus grands conseillers de la République du Mali qui analysa sans complexe la situation économique de la nouvelle République en vue de la création de la monnaie et le premier à travailler sur l’opportunité de la création d’une monnaie malienne.

La décision de créer le franc malien a été prise le 30 juin 1962 par le président Modibo Keïta. Les billets qui étaient en circulation ont fait l’objet d’échange à la Banque centrale avant le 15 août 1962. Le franc malien est mis en circulation dès le 1<sup>er</sup> juillet 1962. Le 27 juillet de la même année, les autorités d’alors procèdent au transfert à la Banque de la République du Mali (BRM) des services d’émission de la Banque centrale des Etats de l’Afrique occidentale. Le 2 août 1962, la France ouvre au Mali, à sa demande, un compte courant non débiteur.

Au début de l’année 1964, le gouvernement malien sollicite et obtient la garantie du franc malien par la Banque de France. Toutefois, il refuse tout droit de regard de l’Hexagone sur l’émission de sa monnaie. Le franc malien sera remplacé par le franc CFA le 1er juillet 1984.

<strong>Désaccord entre Moussa Traoré et Mitterrand</strong>

La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, témoigne du vent de changement qui souffle sur l'Europe de l'Est. Plusieurs pays entreprennent des réformes démocratiques d'envergure, marquant une rupture historique avec l'ère communiste. Profitant de la 16<sup>è</sup> Conférence des chefs d'État d'Afrique et de France qui se déroule à La Baule du 19 au 21 juin 1990, le président François Mitterrand prononce un discours dans lequel il invite les pays africains à suivre ce mouvement. Établissant un lien direct entre démocratie et développement, ce discours marque un changement d'approche pour la France qui « liera tout son effort de contribution aux efforts qui seront accomplis pour aller vers plus de liberté ». M. Mitterrand parle à cet égard de l'aide <em>« enthousiaste »</em> que son gouvernement accordera à ceux qui franchiront avec courage le pas du multipartisme, plusieurs pays d'Afrique fonctionnant à ce moment avec un système de parti unique. Le président français se défend toutefois de faire de l'ingérence dans les affaires intérieures des participants à la Conférence, rappelant que « cette forme de colonialisme qui consisterait à faire la leçon en permanence aux États africains et à ceux qui les dirigent, c'est une forme de colonisation aussi perverse que toute autre ».  Selon, le ministre français des Affaires étrangères (1988-1993), Roland Dumas, ce discours se résume ainsi : <em>« Le vent de liberté qui a soufflé à l'Est devra inévitablement souffler un jour en direction du Sud (...) Il n'y a pas de développement sans démocratie et il n'y a pas de démocratie sans développement »… </em>

Mais, face à cette décision, Moussa Traoré a eu le courage de dire à François Mitterrand, à ce sommet, que la démocratie ne saurait être une camisole de force qu’on impose à des Etats souverains. Alors que plusieurs pays poursuivent ou entreprennent un virage vers le multipartisme qui se précisera au cours des années à venir (Côte d'Ivoire, Gabon, Bénin, République populaire du Congo, etc.). À un autre niveau, plusieurs voient dans cette diversité de partis politiques un facteur contribuant au réveil des rivalités et des tensions régionales qui vont diviser plusieurs pays au cours des années 1990.

<strong>Le niet de Alpha Oumar Konaré à Chirac !</strong>

Trois mois après son élection à la présidence de la République face à Lionel Jospin, Jacques Chirac, 62 ans, effectue une première tournée en Afrique. Après le Maroc du roi Hassan II, la Côte d’Ivoire de Henri Konan Bédié (Houphouët est mort vingt mois plutôt) et le Gabon d’Oumar Bongo, il fait une dernière halte au Sénégal, chez Abdou Diouf. Là, il demande aux présidents des pays voisins de venir le rejoindre. Mais, le président Alpha Oumar Konaré refuse de se rendre à ce qui ressemble, aux yeux de beaucoup de Maliens, à une « convocation. Et pour AOK, cette « convocation » relevait d’un pernicieux rapport de vassalité, instauré par l’ancien colonisateur…

Ce refus de Alpha O Konaré a été vivement salué au Mali et très apprécié à travers tout le continent africain.

En toute dignité, le président Konaré venait de démontrer à la face du monde qu’ « être malien, c’est être digne et responsable ». Au-delà, le fils de Dougou Kolo Konaré venait de démontrer qu’il était sur la trace de grands hommes qui ont fait la fierté de notre continent : Modibo Keïta, N’Kruma, Thomas Sankara et autres. C’est en revisitant le parcours de Konaré que l’on comprend mieux sa décision courageuse  de ne pas se plier aux ordres du président Chirac.

Fils d’enseignant, né le 2 février 1946 à Kayes (région occidentale du Mali) dans les années d’effervescence politique qui précèdent l’indépendance, Alpha Oumar Konaré choisit lui aussi la carrière de l’enseignement, tout en s’initiant très tôt au militantisme syndical. M. Konaré commence à militer politiquement dès sa jeunesse. En 1967, il est élu secrétaire général de la Jeunesse US-RDA (Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain, le parti du président Modibo Keïta) de l’École normale supérieure de Bamako.

Après des études d’histoire à l’Ecole normale supérieure de Bamako, et s’étant marié à une condisciple qui deviendra elle aussi une historienne réputée, il part en 1971 pour la Pologne où il reçoit une formation d’archéologue. Rentré dans son pays en 1976, Alpha O Konaré travaille dans l’administration tout en militant comme de nombreux cadres maliens dans un parti clandestin d’obédience marxiste (Parti malien du Travail). Au pouvoir depuis 1968, le général Moussa Traoré manifeste une volonté d’ouverture politique et l’appelle au gouvernement en 1978, comme ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. En désaccord avec l’évolution du régime, il demande toutefois à partir en 1980. Il retourne à l’enseignement et à la recherche, membre de plusieurs organisations d’historiens africains, effectue des missions de consultant et acquiert en peu d’années une notoriété internationale, notamment dans le domaine de la muséographie (il deviendra en 1986 président du Conseil international des musées). Outre le syndicalisme, où il est actif, il se consacre au Mali à l’animation de la coopérative Jamana, créée en 1980, qui publie une revue culturelle puis diversifie ses activités dans l’édition et l’éducation, notamment en direction des jeunes. En 1989, la coopérative lance le journal Les Echos qui devient l’un des relais principaux du mouvement démocratique qui émerge alors.

<strong>Au cœur du Panafricanisme ! </strong>Chantre et infatigable militant du panafricanisme, cet historien avait hérité, lors de sa nomination, d’une ambitieuse feuille de route : réaliser l’intégration politique, économique et culturelle du continent. Il a présidé pendant dix ans, de 1992 à 2002, aux destinées du Mali, démocrate reconnu, il a cédé le pouvoir au terme de son second mandat, comme le prévoyait la Constitution. Konaré avait l’envergure et le charisme pour faire de la Commission un embryon d’exécutif supranational. Et sa désignation à la tête du nouvel organe avait été interprétée comme un signe d’une volonté claire de rupture avec la défunte Organisation de l’unité africaine (OUA) devenue, au fil des compromis passés entre ses membres, un « super-machin » bureaucratique et sclérosé.

Projet ambitieux, l’UA avait justement besoin d’une ambition à la hauteur des défis de l’Afrique et des attentes de ses peuples. Konaré l’a incarnée et a été, pendant cinq ans, la voix et le visage du continent. Il a donné une visibilité diplomatique à la jeune organisation. Sous sa présidence, l’UA s’est imposée comme l’interlocuteur naturel et légitime de l’ONU et de l’Union européenne (UE), qui lui a apporté un soutien financier constant. En se dotant d’un Conseil Paix et Sécurité, et en décidant du déploiement de 8 000 hommes au Darfour, elle a envoyé un message fort à la communauté des nations : l’Afrique est résolue à prendre en main son destin. Beaucoup moins docile que les secrétaires généraux successifs de l’OUA, beaucoup plus enclin, aussi, à dire leur fait aux chefs d’État peu respectueux des droits de l’homme, très à cheval, enfin, sur la méthodologie démocratique, Konaré, par ses déclarations, ses prises de position et son intransigeance sur les grands principes, a grandement contribué à donner à l’UA la crédibilité morale qui faisait tant défaut à sa devancière. L’enfant de Kayes avait compris que, pour être prise au sérieux par ses partenaires étrangers (et par la rue africaine), l’organisation continentale ne pouvait en effet plus cautionner, même silencieusement, les tripatouillages électoraux et faire passer les droits de l’homme par pertes et profits. Une attitude à l’origine de quelques passes d’armes mémorables, notamment celle avec le Nigérian Olusegun Obasanjo, en février 2005, au plus fort de la crise togolaise, mais qui s’est au final révélée payante.

<strong> </strong>

<strong>Triple Non d’ATT à Sarkozy !</strong>

Entre les présidents ATT et Nicolas Sarkozy, le courant n’a jamais passé, les deux hommes ayant entretenu des relations juste courtoises sans aucune cordialité. Le premier contact entre les deux hommes avait déjà eu lieu dans des conditions mouvementées. Ministre d’Etat de Jacques Chirac en charge de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, pour parfaire sa stature présidentielle, avait choisi de faire une tournée africaine au Mali et au Bénin, disait-il pour célébrer deux expériences démocratiques réussies. Après l’accord des deux pays à le recevoir, Sarkozy sort de son chapeau son fameux projet de loi sur « l’immigration choisie » et poussera la provocation jusqu’à la faire voter le jour de son arrivée au Mali.

Entre colère et dignité, le président ATT répondra à cette manipulation politique par la fameuse formule : « chez nous, il n’y a pas d’hospitalité choisie. Nous accueillons tous ceux qui décident de nous rendre visite », en réponse à une bonne frange de l’opinion qui plaidait l’annulation de la visite après cet affront. Le ministre d’Etat Sarkozy tâtera le courroux des Maliens qui sont sortis le houspiller sur tous les sites qu’il a visités. Le ministre d’Etat aurait semble-t-il dit au président ATT son étonnement que la police n’aie pas réprimé la foule pour s’entendre répondre : « vous avez choisi de visiter un pays démocratique et en démocratie, les manifestations pacifiques sont tolérées. Je n’ai pas eu connaissance qu’un membre de votre délégation a subi une atteinte à son intégrité ». Rideau !

Devenu président de la République française, Nicolas Sarkozy foulera le sol malien pour la seule et unique fois, en février 2010. En visite au Rwanda, il avait été informé de la libération de l’otage français, Pierre Camatte, après trois ans de captivité dans le désert malien…

En fait, depuis l’arrivée de Sarkozy au pouvoir le 16 mai 2007 (soit deux semaines après le plébiscite d’ATT dès le premier tour pour son dernier mandat), les relations entre le Mali et la France ont dégringolé. Fondamentalement, trois gros dossiers constituaient des obstacles sur l’axe Bamako-Paris : l’ouverture d’une base française à Sévaré (Mopti), l’accord de réadmission sur l’immigration, et la lutte contre Aqmi et les cellules terroristes au nord du Mali.

La rupture définitive entre ATT et Sarkozy est intervenue après l’éclatement du conflit libyen quand l’Elysée pressait les chefs d’Etat africains pour qu’ils se démarquent de Mouammar Kadhafi. Or, ATT était parmi les dirigeants africains qui avaient décidé de soutenir le Guide libyen jusqu’au bout. Cela malgré les pressions de Paris.

Pour en revenir aux griefs de Sarko à ATT, l’implantation d’une base militaire française à Mopti figure en bonne place dans la pomme de discorde entre les deux chefs d’Etat.

<strong>Base française ? </strong>C’était là une forte volonté de Nicolas Sarkozy. Le président français multiplia les démarches en direction des autorités maliennes. La dernière en date aura été l’envoi auprès d’ATT d’un officier, conseiller à la sécurité à l’Elysée. Celui-ci effectua une visite discrète à Bamako en fin 2010. Selon une bonne source, l’officier français serait arrivé à bord d’un avion privé. De l’aéroport, il serait allé directement à Koulouba (nuitamment) pour rencontrer le président Touré. Les deux hommes s’étaient connus en Centrafrique, au moment où ATT était médiateur. Après un long entretien, ils n’ont pu s’entendre. ATT aurait indiqué à son interlocuteur que l’accord de coopération militaire signé entre le Mali et la France permettait de prêter un concours limité dans le temps à la France pour traiter une situation ou une menace, mais qu’à l’année de célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Mali, il ne sera pas le chef d’Etat qui autorisera l’installation définitive d’une base française sur le territoire malien. Le président ATT a suggéré à nos amis français de s’inspirer de l’exemple de notre partenariat avec les USA, dans le respect de notre souveraineté.

En effet, au même moment, les Américains renforçaient leur coopération militaire avec le Mali, notamment dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Des manœuvres militaires entre les forces des deux pays se succédaient à un rythme soutenu, soit à Bamako et/ou dans les localités du nord. Ce n’était guère un secret, les Américains s’étaient confortablement installés à Gao. Cette présence américaine agaçait l’Elysée. Et ATT, à cause de cette présence américaine au nord, s’est retrouvé dans le collimateur de la France de Sarko et du voisin algérien (qui considérait le nord du Mali comme une arrière-cour).

<strong>Désaccord sur l’accord de réadmission : </strong>Le fossé entre Bamako et Paris avait commencé à s’élargir, lorsqu’en 2008, Sarkozy a soumis aux pays africains un projet d’accord de réadmission sur l’immigration.

Les accords de réadmission sont une convention entre deux États, visant à contraindre l’un d’entre eux d’accepter de recevoir des personnes qui peuvent être, ou non, ses ressortissants, et qui viennent d’être expulsées par l’autre État.

L’accord avec le Mali était axé sur trois points : la lutte contre l’émigration clandestine, l’accès des émigrés au marché du travail et l’immigration choisie.

Mais très vite, des divergences sont apparues entre Paris et Bamako. Finalement, les autorités maliennes refusent de signer cet accord qui était une des promesses de Sarkozy dans le cadre de sa politique d’immigration. Le président ATT a dit niet à un accord qui permettait sur la base du simple soupçon d’appartenance, d’expulser tout clandestin vers le pays supposé être le sien, avec la bénédiction de ses autorités consulaires basées à Paris. Le délit de faciès, en somme !

Les Maliens gardent encore à l’esprit le sort réservé à la délégation française conduite par Patrick Stefanini, arrivée à Bamako le 7 janvier 2009, dans le but de signer sous pression, les accords de réadmission avec les autorités maliennes. Sous la pression des associations de la société civile et des milliers de Maliens vivant en France, ainsi que sur la conviction personnelle du président ATT, le gouvernement malien, pour la 4<sup>ème</sup>fois consécutive, avait refusé d’apposer sa signature sur un document qui autoriserait la France à chasser nos compatriotes résidant sur son territoire.

Face à ce refus malien, la délégation française conduite par le secrétaire général du ministère de l’immigration et de l’identité nationale, venue en précurseur, était repartie sur la pointe des pieds rejoindre à Ouagadougou le ministre Brice Hortefeux en tournée ouest africaine.

Ce dernier niet de Bamako a été (très) mal digéré à Paris. Il fallait faire payer cher cet affront au président malien, qui a été le seul à rejeter le document de Sarkozy. Tous les Maliens se souviennent encore là de la formule de ATT disant qu’il ne relevait pas de son devoir de collaborer à l’expulsion de ses compatriotes immigrés quel que soit leur statut.

<strong>Lutte contre Aqmi : </strong>A son arrivée au pouvoir en 2002, le président Touré était conscient que la question du nord allait occuper une grande partie de son mandat… L’insurrection déclenchée à Kidal le 23 mai 2006 a été un coup de semonce pour le pouvoir. Dès lors, Kidal est rentrée dans un cycle infernal de violences, avec des attaques, des prises d’otages et des tensions interethniques…

Au-delà, le nord du Mali était devenu une zone d’insécurité par excellence où se côtoyaient différents groupes terroristes, djihadistes et mafieux. Une zone où les enlèvements d’Occidentaux se multipliaient. Au centre de ces actes criminels, se trouvait Aqmi. Et l’Elysée avait décidé de mener une guerre par procuration contre cette organisation criminelle. Une guerre que devrait mener le Mali et la Mauritanie. Si la Mauritanie a accepté de jouer le jeu français par l’entremise du président Abdel Aziz, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat et qui cherchait à plaire aux Français, le Mali à l’injonction, en inscrivant son action dans le cadre d’un plaidoyer pour une initiative régionale de lutte contre le terrorisme.

Et la conviction du président malien était : c’est une menace transfrontalière qui nécessite que tous les pays de la bande sahélo-saharienne conjuguent leurs efforts… Cette réflexion de bon sens va aboutir, avec 11 ans de retard, à la création du G5-Sahel ! Face à un Sarkozy qui ne veut que des interlocuteurs couchés, cette attitude de dignité va faire de ATT la seconde cible après Kadhafi. La France mobilise ses espions pour encadrer la rébellion de janvier 2012, met ses médias au service de la propagande du MNLA qui va même proclamer « l’indépendance de l’AZAWAD » sur le plateau de France 24. Elle met aussi à contribution ses alliés du voisinage, le président mauritanien pour le soutien logistique aux rebelles et Blaise Compaoré pour leur parrainage politique. Et pourtant cette rébellion était surtout militairement animée par Ansar Dine de IYAD AGHALI et le MUJAO qui ont été le bras armé d’une lutte prêtée au MNLA sous le bienveillant regard de la France.

Ces forces du mal, utiles à la cause un temps, se révèlent aujourd’hui le cauchemar de la France et la tragédie du Mali et de la sous-région.

<strong>Mohamed Sylla </strong>

<strong>  L’Aube  1070 du 27 mai 2019</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Ce que je retiens de Modibo Keita dans le  film documentaire ‘’ Modibo, Un homme, Un destin’’</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/ce-que-je-retiens-de-modibo-keita-dans-le-film-documentaire-modibo-un-homme-un-destin-2945489.html</link>
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<pubDate>Sat, 25 Sep 2021 12:53:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>C’était un jeudi 22 septembre 1960 , qu’un certain Modibo Keita </em></strong><strong><em>proclamait que la République soudanaise s’appelle République du Mali, libre de tous engagements et liens politiques vis-à-vis de la France, comme la Haute-Volta, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Dahomey. Ajout ’il que la République du Mali est née. Le Mali continue. Le mot Mali continuera à résonner comme un gong sur la conscience de tous ceux qui ont œuvré à l’éclatement de la Fédération du Mali ou qui s’en sont réjouis. Depuis lors chaque 22 septembre au Mali est célébré en magnifiant ‘’ le Père de l’Indépendance du Mali Moderne, Modibo Keita’’ </em></strong>

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En cette fête de célébration de son 61 <sup>a</sup>nniversaire  de son accession à sa souveraineté nationale et internationale , l’ORTM , la télévision nationale a diffusé un film  documentaire de 52 minutes intitulé ‘’ Modibo, Un homme, Un destin’’ réalisé par Sidi Bekaye à travers le Centre National de la Cinématographie du Mali.

Dans le film documentaire l’on retient que Modibo Keita était un Politique intraitable, Un homme de valeurs

Le président Alpha Omar Konaré dira que Modibo Keita était un homme de bataille, " bataille contre l'impôt colonial, bataille de loi cadre, bataille pour l'Union soudanaise, bataille pour l'indépendance du Mali aboutit le 22 septembre 1960. "

Robert Mugabe dira " c'est un digne fils d'Afrique, c'est la figure mythique de la lutte pour la construction d'une Afrique digne et libre ".

Nelson Mandela dira " C'est un ami de l'Afrique et l'Afrique a bénéficié de son engagement Panafricain "

<strong>Beaucoup d'autres diront c'est un homme d'une rigueur morale qui avait le sens élevé du devoir..</strong>

A mon avis je dirai que : Modibo était un panafricain, un grand défenseur de l'Afrique et le seul pays qui a dédié le territoire national du Mali à l'unité africaine. article 48 de la constitution malienne. L'article 48 de la constitution malienne permet à la nation malienne de céder une partie ou tout le territoire pour réaliser l'unité africaine et Modibo l'a déclaré en 1963 déjà à Addis-Abeba. Celui qui a proclamé l'indépendance pour laquelle il s'est battu le 22 septembre 1960 avec ce mot plein de sens " Proclame que la République soudanaise s'appelle RÉPUBLIQUE DU MALI. "

<strong>MODIBO KEITA ce ne sont pas les mots : En 1962 Il lance le franc malien </strong>

il a crée Air Mali quelques années plus tard. Modibo Keita a inauguré la place de l'indépendance à Tombouctou.  C'est celui que Messmer appelait " Un homme très intelligent qui est attaché à ses idées ", a fait évacuer l'armée française du Mali et doter l'armée malienne d'avions de chasse pour être plus aguerrie et faire face à la défense et la sécurité de son territoire.

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Le président Modibo Keita c'était un homme de sursaut économique. Il crée des entreprises dans chaque partie du Mali dont  COMATEX, usine de textile de Ségou ; SOCOMA ; usine de conserves de Baguinda ; les huileries de Koulikoro ; Sonatam, société nationale de tabacs ; Socoram société de réparation des radios ; l' Usine  céramique

La construction de l'hôtel l'amitié de Bamako. L'installation de la Centrale thermique de Tombouctou et j'en passe.

<strong>La construction et l'Inauguration d'aérogare après avoir lancé AIR MALI dès 1962. </strong>

Il était attaché au logement décent des maliens. La SEMA a été créé pour. Chaque jeune malien choisissait sa maison et payait sur 20 ans. L’intégrait et payait au fur et à mesure jusqu’à acquisition totale.

<strong>Comment construire un pays sans construire les hommes. </strong>

Modibo a lancé l'éducation pour tous avec les félicitations de l'UNESCO. Enfants, adultes tout le monde devait être éduqué. Aussi sous Modibo il y avait la journée de l'affirmation de la personnalité parceque le président malien estimait que la culture est le ciment de l'affirmation de soi.  Pour raffermir le civisme et construire des patriotes il procède à l'installation des pionniers dans les écoles pour former la jeunesse au civisme

Le pays de Modibo est un pays de tous les combats, sous Modibo, les accords sont signés avec la Chine, la Russie, et tous les partenaires possibles. C'est aussi le pays de toutes les luttes. Marche des femmes contre la guerre au Vietnam c'était à Bamako. L'école interarmes de Koulikoro créé par Modibo Keita va former des combattants panafricains de la SWAPO, de la ZANU PF, de l'ANC, du FRELIMO et j'en passe. D'où la reconnaissance plus haut de Robert Mugabe et Nelson Mandela.

Malheureusement tout va s'arrêter net en 1968 avec le coup d'État de Moussa Traoré pistonné par ses détracteurs. Il venait d'assassiner l'avenir du Mali. Déchu, emprisonné 9 ans durant, il moura en 1977. Le communiqué qui annonce sa mort dira " Modibo Keita est un instituteur décédé". Une vraie honte.

Tous les présidents après lui vont le réhabiliter de Alpha Omar Konaré jusqu'à IBK et que les jeunes colonels tentent de faire les mêmes actes.

Modibo Keita disait que " La révolution est un moyen encore plus mobilisateur pour resserrer les rangs des militants " c'est sûrement cette inspiration qui sera reprise par son jeune frère Thomas Sankara pour la révolution burkinabè.

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<strong>Bokoum Abdoul Momini :maliweb.net</strong>

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<title>Que sont&#45;ils devenus… Me Mamadou Gakou : Auteur du Code de procédure pénale, émule de Mes Demba Diallo et Jacques Vergès</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/que-sont-ils-devenus-me-mamadou-gakou-auteur-du-code-de-procedure-penale-emule-de-mes-demba-diallo-et-jacques-verges-2945335.html</link>
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<pubDate>Sat, 25 Sep 2021 01:37:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>En octobre 1978, au procès de la Bande des trois, Me Demba Diallo alias "Ça Goloba" a martelé que l'avocat n'est pas un marchand de parole. Il est plutôt chargé avec des maillons fragiles humains, de défendre la dignité, l'honneur, la liberté et la vie d'êtres humains. Parce qu'en chaque personne, il n'y a que du mal. C'est en cela que se justifie la profession d'avocat, parfois très ingrate. L'histoire retient que Me Demba Diallo fut un brillant avocat, au point que son éloquence a inspiré beaucoup de jeunes à l'époque, dont un certain Mamadou Gakou. "Ça Goloba" était sa référence, il devint lui aussi un ténor du barreau malien, avec à son  actif de gros dossiers comme celui du général Moussa Traoré, le richissime Babany Sissoko, Mohamed Diawara, Adama Sangaré. Ancien député de l'Assemblée nationale, il est l'auteur du Code de procédure pénale, du Code de la minorité, Mamadou Gakou a été également membre de la Commission lois du Parlement malien pendant cinq ans. Il s'essaya également à la politique en créant même un parti politique, la COPP. Pour lui un bon avocat, c'est la culture générale, l'assiduité, le respect des magistrats, la connaissance de la législation et le suivi des dossiers. Ce qui lui fait dire que tous les clients sont bons, et l'avocat s'attache à les défendre pour la confiance placée en lui. Quel peut être le degré de complicité entre un avocat et son client ? Selon Me Gakou, la force d'un avocat dépend du bon comportement de son client, c'est-à-dire qu'il doit dire la vérité. Parce que si l'autre partie, ou les magistrats connaissent le dossier, le travail de son avocat peut s'avérer difficile. Dans son parcours en tant qu'avocat il retient trois grands dossiers : le procès du général Moussa Traoré, de Babany Sissoko et de Choguel Maïga, quand celui-ci s'entêtait à prendre le sigle de l'UDPM. Depuis quelques temps il se fait discret. La rubrique "Que sont-ils devenus ?" l'a rencontré pour ses fidèles lecteurs.</em></strong>

Nous arrivâmes chez Me Gakou le dimanche matin quand sa famille n'était pas encore réveillée. L'amabilité de la <strong>"bonne"</strong> (l'aide-ménagère) en partance au marché ne nous convainc pas à faire irruption dans la concession. Le silence qui y régnait, nous faisait penser à la présence de bergers allemands, prêts à bondir sur l'intrus.

Nous signalions donc notre présence à la porte à Maître par un coup de fil. Il nous assura que les chiens sont dans leurs niches ; que nous pouvions entrer. L'avocat, correctement habillé dans un costume bleu, nous accueille au bas de la terrasse, pour une interview dans un salon VIP.

Le début d'un tel entretien placé dans son contexte ne pouvait commencer que par une boutade, sous la forme d'une question banale. Pourquoi Me Gakou a-t-il choisi l'avocature au lieu de la magistrature. Son saut dans le Barreau s'est dessiné en 1966 quand il faisait la cinquième année fondamentale. Et de quelle manière donc ?

C'est à Banamba où le jeune Gakou a passé une bonne partie de son adolescence, a su que Me Demba Diallo est son frère. La présence d'un étranger dans une famille, constitue une source d'inspiration pour tout jeune enfant, à poser de multiples questions aux parents. Qu'est-ce qui explique le séjour de <strong>"Ça Goloba" </strong>dans la famille Gakou ? s'interrogea le jeunot. Sa mère l'informera des liens d'amitié très forts entre les vieux Moussa Diallo et Gakou. Elle ajoutera que Demba est un grand avocat, et sa présence  à Banamba est consécutive à un procès qui implique le chef de village et certains de ses conseillers pour une affaire de mœurs. Il y était pour assurer leur défense.

[caption id="attachment_2945330" align="aligncenter" width="650"]<a href="http://www.maliweb.net/attachment/me-gakou" rel="attachment wp-att-2945330"><img class="wp-image-2945330 size-full" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2021/09/Me-Gakou.jpg" alt="" width="650" height="416" /></a> Me Vergès, Me Gakou et Me Demba Diallo[/caption]

A la fin de la récréation, le jeune Gakou ne rentre pas en classe. Il file au tribunal suivre l'intervention de Me Demba Diallo, dont la démonstration juridique l'émerveille et lui inocule le virus de cette profession libérale. De retour à la maison, Mamadou dit à son père qu'il décide d'être avocat. Me Demba se félicite de cette prétention de son jeune frère, et balance son expression fétiche <strong>"on s'en fout la mort"</strong> et l'invite à Bamako. Ils ne se revoient que pendant les vacances pour un bref échange.

Le jeune Gakou continue son cursus scolaire, décroche le bac en 1973 en série philo-lettres classiques. La même année, il bénéficie d'une bourse pour des études de droit, d'économie, finances et marketing dans les universités de Toulouse, Besançon et Sciences Pô.

Après deux ans de stage au cabinet de Me Jacques Vergès (1982-1984), Gakou retourne au Mali. Il enseigne le droit civil à l'Ecole nationale d'administration (Ena) et ambitionne d'exercer la profession qui lui tient à cœur : avocat. Il prend le soin de rendre visite à son aîné Me Demba Diallo. Comment cette visite de courtoisie s'est passée ?

<em>"Je lui ai présenté mon cursus universitaire, mon passage chez Me Vergès et mon projet d'ouverture d'un cabinet d'avocat. En réponse, il me parle de son séjour à Banamba et du jeune qui a projeté d'être avocat, sans savoir que je suis cette anecdote. Quand il a fini de parler, je lui ai parlé de mon père et il a immédiatement compris que je suis le jeune dont il parlait. Encore il dit, on s'en fout la mort. Nous avons longuement échangé, et finalement Me Demba me propose une collaboration dans son  cabinet".</em>

<strong>Des conseils pour les autorités de la Transition</strong>

Se souvient-il de deux anecdotes ? Oui répond-il. La condamnation à mort d'un chef d'arrondissement pour détournement de 11 millions de FCFA. Il a été choqué par cette sentence parce qu'il a compris que le client ne lui a pas la vérité, le fond du problème. L'autre anecdote concerne un jeune accusé du meurtre d'une greffière. Les faits se sont déroulés à Bouaké, en Côte d'ivoire. Arrivé sur les lieux le vendredi, Me Gakou se présente à la procureure.

Telle ne fût sa surprise quand celle-ci lui signifie la sensibilité du dossier, et surtout sa volonté de requérir la peine de mort contre l'accusé. Il dit être habitué à de telle pression, et demande à rencontrer son client. Le jour du procès, il crée un incident et met en doute la compétence de la procureure. Le président de la Cour suspend les débats pour raccorder les violons. Par la suite, le procès s'est poursuivi et son client a été acquitté en compagnie de tous ses compagnons.

Me Mamadou Gakou tel que nous l'avons connu fait des déclarations fracassantes sans langue de bois. Aujourd'hui, il estime que le Mali vit un moment d'incertitudes, De ce fait il est farouchement opposé à la venue de Wagner, des mercenaires qui vont nous opposer à l'action de nos amis et partenaires français, de leur expérience pratique, de leur culture qui se sédimente sur tous les plans.

Par rapport à la prolongation de la Transition, il dit n'avoir rien contre le président Assimi Goïta et son frère Choguel Maïga, qui assurent une continuité de propreté et d'efficacité avec intégrité au sein d'une société qui en a besoin. Pour lui, la surcharge éthique de la Cédéao ou ce qu'il en apparaît est compatible avec la paix, par le dialogue. Il n'y a point de traité qui décale historiquement l'intégration. Si réellement la prolongation de la Transition est nécessaire, Me Gakou conseille aux autorités de convaincre la Cédéao. Les actuels tenants du pouvoir n'étaient pas au pouvoir en 2020.

Me Gakou a également fait un saut dans le marigot politique. D'abord avec la Convention Parti du Peuple, une association qu'il pilotait avec l'ancien premier ministre Soumana Sako. Suite à des incompréhensions, il prend son indépendance et crée la COPP, parti politique. Une expérience qui lui a permis de faire le tour du pays, d'être candidat aux élections présidentielles de 2002, d'être député à l'Assemblée nationale.

Ces derniers temps le parti est latent parce que les charges financières débordent : les missions, l'entretien des cadres les frais de location, et autres dépenses diverses sont supportées par le seul président du parti. Malgré tout, il n'a jamais quitté la scène politique, et donne toujours son avis sur les actualités du pays. En 2013 Me Gakou est nommé conseiller spécial du président IBK, avec rang de ministre.

En tant qu'avocat son avis est d'ordre juridique par rapport aux vagues d'arrestations. En homme prudent dans un contexte politique particulier,  il demande aux accusés d'apporter la preuve de leur innocence. Autre sujet important ? Les élections tant exigées par la communauté Internationale,  Me Gakou soutient que tout dépendra de  la période. Mais aujourd'hui il est formel que l'incertitude plane.
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 	<li><strong> Roger Tél (00223) 63 88 24 23</strong></li>
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<title>Le Magistrat Hamèye Founè Mahalmadane, membre du CNT, à propos de la situation des enseignants : «Comment l’article 39 de la loi n° 2018&#45;007 du 16 janvier 2018 peut survivre à l’Ordonnance du 16 juillet 2021 telle qu’actuellement conçue ? »</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-magistrat-hameye-foune-mahalmadane-membre-du-cnt-a-propos-de-la-situation-des-enseignants-comment-larticle-39-de-la-loi-n-2018-007-du-16-janvier-2018-peut-survivre-a-l-2938029.html</link>
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<pubDate>Wed, 04 Aug 2021 06:32:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[L’article 39 de la loi n° 2018-007 du 16 janvier 2018 portant statut du personnel enseignant a-t-il été abrogé ou pas ? Cette question divise les acteurs. Selon le Magistrat Hamèye Founè Mahalmadane, membre du Conseil national de Transition (CNT), l’article 39 de la loi n° 2018-007 du 16 janvier 2018 ne peut pas survivre à l’Ordonnance du 16 juillet 2021 telle qu’actuellement conçue. « Il est un principe général en droit qu’une loi nouvelle fait cesser toute loi précédente, ou toute disposition de loi précédente contraire à son texte », a souligné le Magistrat chevronné, le lundi 02 août 2021, lors du débat autour du Plan d’action du gouvernement de la transition au CNT. Or, devant le CNT, le vendredi 30 juillet 2021, le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga soutient que l’article 39 n’a pas été abrogé.

« Sur la non abrogation de l’article 39 de la loi n° 2018-007 du 16 janvier 2018, vous avez soutenu que l’article 39 de la loi n° 2018-007 du 16 janvier 2018 portant statut du personnel enseignant de l’enseignement secondaire, de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale n’est pas abrogé. Je suis désolé de ne pas être de votre point de vue », a lancé Hamèye Founè Mahalmadane du CNT à l’endroit du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, lors des débats autour du Plan d’action du gouvernement de la transition au CNT, le lundi 02 août 2021. L’article 39 dispose : «Toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du Statut général s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et spéciale ». En exécution de ces dispositions, indique Hamèye Founè Mahalmadane, l’Ordonnance n° 2020-002/P.CNSP du 11 septembre 2020 a modifié la grille applicable aux enseignants du secondaire, du fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale. Selon lui, l’Ordonnance n° 2021-003/PT-RM du 16 juillet 2021 fixant la grille indiciaire unifiée des personnels relevant des statuts des fonctionnaires de l’État, des Collectivités territoriales, des statuts autonomes et des militaires a, pour compter du 1er juillet 2021, institué une grille indiciaire unique pour tous les agents de l’État. Aux dires du Magistrat Hamèye Founè Mahalmadane, à la lecture de l’article 3 de l’Ordonnance, le seul corps, expressément exclu du champ d’application du texte, est celui des Enseignants-chercheurs. « Il est un principe général en droit qu’une loi nouvelle fait cesser toute loi précédente, ou toute disposition de loi précédente contraire à son texte. D’ailleurs le principe a été repris par l’article 4 de l’Ordonnance. Alors, Monsieur le Premier ministre, honnêtement, je demande à comprendre comment l’article 39 de la loi n° 2018-007 du 16 janvier 2018 peut survivre à l’Ordonnance du 16 juillet 2021 telle qu’actuellement conçue ? Je souhaite, également, Monsieur le Premier ministre, être édifié sur la nécessité qu’il y a pour le Gouvernement de Transition de troubler l’ordre public social en remettant en cause des droits acquis à ce moment précis d’une année scolaire qui a peiné à se dérouler ? », a souligné Hamèye Founè Mahalmadane. Or, devant le CNT, le vendredi 30 juillet 2021, le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga soutient que l’article 39 n’a pas été abrogé. 24 heures avant, c’est-à-dire, le jeudi 29 juillet 2021, les syndicats d’enseignants réunis au Pavillon des sports du Stade Modibo Keïta de Bamako exigeaient l’application pure et simple de l’article 39. Outre la prise en otage des notes et le boycott des examens de fin d’année, les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 prévoient une grève de 12 jours à partir du 09 août 2021.

Aguibou Sogodogo

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<title>Crise  économique et politique de juillet 1962 :  Comment Fily Dabo Sissoko a été arrêté et sauvagement assassiné en 1964 ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/crise-economique-et-politique-de-juillet-1962-comment-fily-dabo-sissoko-a-ete-arrete-et-2936222.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/crise-economique-et-politique-de-juillet-1962-comment-fily-dabo-sissoko-a-ete-arrete-et-2936222.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 15 Jul 2021 09:09:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mutation</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Premier Député du Soudan-Niger à la première assemblée constituante en octobre 1945, fondateur du premier parti politique en octobre 1946 à savoir le Parti Progressiste Soudanais devenu en 1991 Parti pour la Solidarité et le Progrès, Fily Dabo Sissoko fut arrêté le 20 juillet 1962 à la faveur de la manifestation des commerçants qui protestaient contre la politique économique drastique du régime de Modibo Keita. Accusé à tort d’être le commanditaire de cette révolte des commerçants, il sera jugé et condamné puis assassiné en 1964 dans le désert malien en compagnie de ses compagnons d’infortune. En réalité son seul tort c’est son combat pour la liberté d’expression, d’opinion et pour le pluralisme politique.</strong>

Tout est parti de la crise économique qui avait touché le pays après deux ans seulement de la création du franc malien. Ce qui avait affecté durement les marchands ambulants et toute la population flottante vivant de petits travaux dont la situation devenait de plus en plus précaire avec la rareté de produits vivriers. Comme le régime de Modibo Keita était basé sur le communisme où tout était géré par les autorités du pays. Face à cette misère grandissante des populations, dont la principale activité était le commerce, les commerçants et les petits détaillants organisent les 18 et 19 juillet 1962 une marche de protestation et marchent sur le Commissariat central (actuel 1<sup>er</sup> arrondissement) scandant des slogans hostiles au régime. Rappelons que l’époque tous les commerçants et petits détaillants étaient regroupés au sein d’une association dirigée par El Hadj Kassoum Touré dit Maraba Kassoum, membre influent de l’US-RDA et non moins principal bailleur de fonds du parti crée en octobre 1946.Comme il fallait s’attendre les forces de l’ordre tirent à balles réelles provoquant deux morts, plusieurs blessés par balles et l’arrestation de 196 suspects à Bamako dont Maraba Kassoum et d’anciens militants du RDA qui n’étaient plus d’accord avec la politique de leur parti. A l’intérieur du pays, les arrestations ont eu lieu. A la surprise générale et au grand étonnement des responsables et militants du PSP, leur leader charismatique sera accusé d’avoir poussé les commerçants à la révolte contre le régime. Une belle occasion pour se défaire de cet homme politique gênant à travers ses œuvres littéraires, pour son combat pour la liberté, la justice et la vérité pour les citoyens du pays et surtout pour avoir refusé d’adhérer à l’US-RDA malgré la dissolution injuste du PSP en 1959. Et du coup l’occasion fut idéale en le mêlant d’une affaire qui ne concerne pas Fily Dabo. Aussitôt il fut arrêté et jeté en prison en compagnie de son compagnon d’infortune. Selon un document du Ministère de l’intérieur du 26 juillet 1962, 335 personnes avaient été interpellées ; certaines seront relâchées, d’autres graciées ou acquittées. Quant à Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko, El Hadj Kassoum Touré, ils seront désignés comme responsables des troubles par la commission nationale désignée par l’US –RDA pour faire la lumière sur ces évènements. En contradiction flagrante de l’organisation judiciaire de la République du Mali, un tribunal populaire présidé par le commissaire politique Mamadou Diarrah, comprenant 39 jurés, n’ayant aucune existence légale fut mise en place pour juger les accusés. N’ayant en son sein qu’un seul juriste professionnel et pas d’avocats, le tribunal va siéger pendant quatre jours (du 24 au 27 septembre 1962) dans la salle des anciens combattants, place de la République. Les accusés au nombre de 94 tenaient difficilement dans la salle. Dans son réquisitoire, le président du tribunal retiendra que Fily et ses compagnons (dont certains ne savaient même pas pourquoi ils sont dans le box des accusés) étaient à la tête d’un complot visant à renverser le gouvernement légal du Mali. A la barre des témoins appelés furent impliqués et considérés comme membres du brain-trust. Ce fut le cas de Mamadou Faganda Traoré, de Lahaou Touré, de Gaoussou Coulibaly etc. Et le verdict fut impitoyable à l’égard de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et El Hadj Kassoum Touré qui furent condamnés à mort. Il y eut 15 acquittements au bénéfice du doute ; 21 condamnations à 1 an d’emprisonnement ; 26 condamnations à 5 ans de travaux forcés et 5 ans d’interdiction de séjour ; 6 condamnations à la peine de 15 ans de travaux forcés ; 14 condamnations à la peine de 20 ans de travaux forcés ; 9 condamnations à perpétuité par contumace. Les condamnations à mort, après une lettre de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et El Hadj Kassoum Touré, adressée au Président de la République, furent commuées en détention à perpétuité. Mais deux ans après soit le 30 juin 1964, on apprenait ce qui devrait arriver la mort de Fily Dabo Sissoko et de ses principaux compagnons dans le désert malien. Avant cette date, beaucoup de détenus des évènements du 20 juillet, comme on les appelait, étaient décédées des suites de mauvais traitements, de malnutritions. Rappelons que les évènements du 20 juillet 1962 ont marqué une rupture dans l’histoire du Mali. Ils ont creusé le fossé entre le peuple et le gouvernement en témoigne l’utilisation des armes de guerre contre les manifestants, les arrestations massives qui ont touché presque toutes les familles, vont complètement traumatiser les maliens qui refusent de jurer par le seul nom du prince du jour. La multiplicité des services de renseignement, la délation et les dissensions au sein du parti-Etat ont vite fait d’asseoir un régime policier dans lequel toutes les dérives autorisées avec les milices populaires. Certes il est bon de reconnaitre le mérite du premier président du Mali indépendant, mais il est impérieux aussi de reconnaitre que des hommes dignes et honnêtes à savoir Fily Dabo Sissoko et Hammadoun Dicko ont œuvré pour le pays dans la quête de son indépendance en 1960 et qui ont été sauvagement assassinés à cause de leurs ambitions politiques. Si les autorités actuelles de la transition du pays veulent une réconciliation réelle digne de ce nom et cicatriser la plaie noire de l’histoire du pays, Fily Dabo Sissoko et Hammadoun Dicko méritent eux aussi les honneurs et la reconnaissance de la nation malienne pour avoir œuvré au bonheur du Mali.

<strong>Sadou Bocoum</strong>]]> </content:encoded>
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<title>65ème anniversaire du décès de Mamadou Konaté : L’honneur de la Nation rendu à l’illustre disparu</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/65eme-anniversaire-du-deces-de-mamadou-konate-lhonneur-de-la-nation-rendu-a-lillustre-disparu-2929684.html</link>
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<pubDate>Thu, 27 May 2021 08:09:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Pour la première fois, les plus hautes autorités du pays, à travers le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, ont apporté un cachet particulier à l’anniversaire du décès de Mamadou Konaté</strong>

Le mardi 11 mai 2021 restera une date inoubliable dans la célébration des anniversaires du décès de Mamadou Konaté. Pour cause, en dehors de sa famille et sa formation politique, la nation entière a rendu un hommage mérité à l'illustre disparu. Cette célébration s’est déroulée en trois étapes : le dépôt de gerbe de fleurs sur la tombe de l'illustre disparu au cimetière de Niaréla ; la visite des officiels à l’Avenue Mamadou Konaté et l’exposition photos de l’homme au Groupe scolaire Mamadou Konaté.

Cette célébration était placée sous le haut parrainage du Premier ministre sortant, Moctar Ouane, qui a effectué le déplacement à chacune de ces étapes. Pour la circonstance, il était accompagné par le ministre sortant de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Mme Dramé Kadiatou Konaré et ses collègues sortants de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, respectivement professeurs  Doulaye Konaté et Amadou Keita et celui sortant de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Bernadette Keita.  Etaient aussi présents les héritiers de feu Mamadou Konaté.

S’adressant au public, Moctar Ouane dira qu'un tel disparu ne se pleure pas, il s’honore. Et cette commémoration s’inscrit dans cette dynamique. S’agissant de Mamadou Konaté, Moctar Ouane a laissé entendre en ces termes : « il est naturel donc que nous pensions ici, à un fils illustre du Mali, ce qu'il nous donna par son intelligence, sa volonté, sa détermination et son leadership. Nous devons à Mamadou Konaté notre dignité d'hommes libres et notre place dans le concert des nations. Il fait partie de ceux qui sont morts pour que nous restions debout et fiers ».

Et Moctar Ouane d’ajouter qu’au-delà du président Mamadou Konaté que nos écoles, nos avenues, nos stèles et nos stades ont immortalisé, nous commémorons ce qui fit la grandeur de notre ancienne nation et  nous ne sommes pas orphelins car le legs est plus vivant que jamais. De même, pour le Premier ministre, il s’agit d'immortaliser une référence que nos descendants vont  perpétuer pour éveiller les  consciences et tenir le serment de notre jeunesse.

Parlant au nom famille de l’illustre disparu, son fils benjamin Moussa Konaté  dira  que l’hommage qui est rendu aujourd’hui à son père est la reconnaissance de l'immense œuvre d'un bâtisseur de la nation malienne, accompagné d'autres illustres leaders comme Fily Dabo Sissoko, le président Modibo Keita etc.

L’initiatrice de la présente commémoration Mme Dramé Kadiatou Konaré dans une interview accordée à la presse, après l’étape de la visite des photos immortalisant l’homme déclaré que par cette  célébration, il s’agit de préserver en mémoire cet grand humaniste hors pair que tous ceux qui l'ont côtoyé, l'admiraient. Aussi, en commémorant cet anniversaire de la disparition de Mamadou, le département de la Culture a voulu faire un clin d’œil à la jeunesse dans toute sa dimension. Il l'invite à s’imprégner des valeurs de l’illustre disparu qui se résumaient par la droiture, la piété, l’honnêteté etc.

<strong>Diakalia M Dembélé</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Commémoration de la disparition de Modibo Keita : Le Président Bah N’Daw rend hommage à l’illustre disparu !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/commemoration-de-la-disparition-de-modibo-keita-le-president-bah-ndaw-rend-hommage-a-lillustre-disparu-2928652.html</link>
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<pubDate>Tue, 18 May 2021 00:53:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Observatoire</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="yiv0166122641ydp7883e071msonormal" style="text-align: justify;background: white"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Cela fait déjà 44 ans que le président Modibo Keita, le père de l’indépendance du Mali, est allé se reposer dans la paix de Dieu le 16 mai</span></b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> <b>1977. Le président de la transition s’est recueilli sur la tombe du père de l’indépendance.</b></span></p>
<p class="yiv0166122641ydp7883e071msonormal" style="text-align: justify;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> Le président de la transition a déposé le dimanche matin 16 mai 2021 au cimetière d’Hamdallaye une gerbe de fleurs sur la tombe de l’ancien président du Mali le père de l’indépendance à l’occasion de la commémoration de son 44<sup>ème</sup> anniversaire. A son arrivée, le chef de l’état a été accueilli par le vice-président de la transition, le  colonel Assimi Goita, en présence du Premier ministre et d’autres grandes personnalités. Les membres de sa grande famille politique l’UMRDA et de sa famille biologique y étaient également de la cérémonie de commémoration. Après l’hymne national au son de fanfare, le président de la transition Bah N’Daw a passé en revue le détachement de la garde nationale venu lui rendre l’honneur militaire. Le président de la transition s’est recueilli sur la tombe de l’illustre disparu, après le dépôt de gerbe de fleurs. La cérémonie a pris fin par une brève allocution du président de la transition, dans laquelle il a salué avec l’émotion, la mémoire du premier président de la république qui a eu à poser des actes de haute portée pour la génération future. Il rappelle également le devoir de mémoire et la reconnaissance de toute la nation malienne envers l’illustre disparu. </span></p>
<p class="yiv0166122641ydp7883e071msonormal" style="text-align: justify;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">« En ce jour de commémoration de l’anniversaire de la disparition de Modibo Keita, une journée pleine d’émotions, je voudrais rendre hommage au disparu de toute la nation malienne. Le Mali est fièr de ces hommes qui ont lutté pour fonder un Etat de souveraineté et indépendant qu’est le Mali. Nous serons toujours reconnaissant envers ces grands hommes dont le président  Modibo Keita», a déclaré le président  de la transition Bah N’Daw.           </span></p>
<p class="yiv0166122641ydp7883e071msonormal" style="text-align: justify;background: white"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Karamoko Diallo</span></b></p>]]> </content:encoded>
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<title>Histoire politique :  Qui était KOUYATE Tiemoko Garan, un natif de Ségou ? Pourquoi a&#45;t&#45;il été fusillé ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/histoire-politique-qui-etait-kouyate-tiemoko-garan-un-natif-de-segou-pourquoi-a-t-il-ete-fusille-2923990.html</link>
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<pubDate>Thu, 08 Apr 2021 01:18:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans le débat politique, le nom de TiémogoGaran Kouyaté, un natif de Ségou, revient régulièrement sur les lèvres.</strong>

Il est peu connu des maliens, et même dans le milieu intellectuel. Nous avons cherché à en savoir davantage. Ainsi, nous avons lu des articles et sa biographie sur Google.

Dr Oumar Mariko du SADI nous a même fait parvenir par watsap un article rédigé par un universitaire malgache sur TiémogoGaran Kouyaté, un anticolonialiste, membre du Parti communiste français.

Formé à William-Ponty, il poursuivra ses études à Paris, et il défendra la cause des étudiants noirs et de la race noire. Il mourra en Allemagne, disons en Autriche sous occupation allemande en 1942 où il fût fusillé.

Vers les années 1980 des intellectuels maliens pour lui rendre hommage créé le" groupe des mouvements de lutte TiemogoGaran Kouyaté ". Les responsables d'alors sont le Pr Yoro Diakité, le cinéaste Cheick Oumar Cissoko, l'historien Drissa Diakité, le magistrat Hamidou Diabaté, l'étudiant Oumar Mariko.

Plusieurs cadres et responsables se réclament de ce courant politique : Tiébilé Dramé, PPR... Sanfin et les dirigeants d'alors qu'on appelait sur ‘’la voix du bolchevisme’’.

Avec la démocratie, tous les grands hommes qui ont combattu pour l'avènement de la liberté, de la légalité et de l'indépendance ont été réhabilités. Sauf TiémogoGaran Kouyaté.

La faute à qui ? A ceux qui se réclament de lui ? Aux dirigeants de la 3<sup>ème</sup>République ?

Mariko nous a confié qu'il avait demandé cette réhabilitation durant la transition. Sans succès.

En tout cas, Tiémogo Garan Kouyaté mérite une réhabilitation, une immortalisation.

Les ségoviens sont vivement interpellés pour qu'un de leurs dignes fils soit reconnu sur le plan national.

L'État du Mali doit même demander à l'Allemagne de rapatrier les restes du corps de TiémogoGaran Kouyaté pour une inhumation à Ségou, sa ville natale.

C'est pourquoi, nous publions ci-dessous ce texte de l'universitaire malgache, afin que la génération actuelle sache qui était ce grand homme ?

Aux grands hommes la patrie reconnaissante, disait un homme politique français.

<strong>Elhadj  ChahanaTakiou</strong>

&nbsp;

Né le 27 avril 1902 à Ségou (Mali), mort le 4 juillet 1944 dans le camp de Mauthausen (Autriche) ; instituteur en Côte-d’Ivoire ; militant anticolonialiste, communiste, secrétaire général de la Ligue de Défense de la Race Nègre puis de l’Union des Travailleurs Nègres.

Tiemoko Garan Kouyaté, fils de fonctionnaire « indigène », fréquenta l’école William-Ponty, à Gorée au Sénégal, et fut, de 1921 à 1923, instituteur en Côte-d’Ivoire. En 1923, il fut envoyé en France pour parfaire sa formation et s’inscrit dans une école d’Aix-en-Provence d’où il fut exclu, en 1926, pour « propagande communiste ». Il vint alors à Paris, suivit des cours à la Sorbonne et fit la connaissance de Lamine Senghor. La même année, il adhéra au Parti communiste français (PCF) et au Comité de Défense de la Race Nègre de Senghor, organisation financée par le PCF. En parallèle, Kouyaté se fit engager chez Hachette au service comptable. Il mena diverses activités professionnelles, dont celle de figurant dans des spectacles au Casino de Paris (Edwards, 2003 : 262). Il y rencontra Joséphine Baker, qu’il essaya de mobiliser pour sa cause, sans succès. Après un premier schisme, le Comité fut renommé, en 1927, Ligue de Défense de la Race Nègre (LDRN).

À la mort de Senghor en 1927, Kouyaté devint secrétaire général de la Ligue et établit un programme qui réclamait l’indépendance des colonies d’Afrique et l’instauration du socialisme. Il développa une analyse relativement inédite à cette époque, sur les classes sociales en Afrique, dressant la liste des différentes couches sociales, y compris des propriétaires blancs sur lesquelles la Ligue devait s’appuyer. Kouyaté imaginait un vaste État continental africain. Il fit partie, en 1929, avec Jomo Kenyata, James W. Ford et George Padmore, de la délégation noire au congrès anti-impérialiste de Francfort. Cette même année, il fut aussi candidat titulaire à l’élection aux conseils de discipline de la Faculté des Lettres de Paris, sur la liste de l’Union française des étudiants (UFÉ), avec Guillon de l’École normale de Saint-Cloud.

À partir de 1930, il se prononça pour une « radicalisation » encore plus profonde et proposa la création de partis communistes dans les colonies africaines. Cette année-là, un bureau « nègre », présidé par Ford et Padmore, fut créé au sein de l’Internationale communiste à Moscou, de même qu’un comité intersyndical des ouvriers noirs, l’International Trade Union Committee of Negro Workers (ITUC-NW) où Kouyaté représentait l’Afrique occidentale française et l’Afrique équatoriale française.

Au début des années 30, Kouyaté tenta d’appuyer l’organisation des dockers africains dans les ports français, en lien avec l’ITUC-NW. Il appelait les dockers à s’organiser en syndicat sur une base raciale, ce que la CGTU dénonçait au nom du danger que cette initiative représentait pour « l’unité de la classe ouvrière ». Kouyaté finit par se rétracter (Edwards, 2003 : 255-256). À l’été 1931, il fut emprisonné quelques semaines pour son implication dans une manifestation de marins africains à Marseille. Fort de cette implication dans l’organisation des travailleurs africains, il fut envoyé à Moscou par le PCF au Ve congrès mondial des syndicats. Là, il entra en contact direct avec le bureau de l’Internationale qui le chargea de faire venir à Moscou des militants noirs qui furent formés et ensuite renvoyés dans leur pays d’origine. Kouyaté était par ailleurs régulièrement pris à partie par l’extrême-droite, notamment dans le journal du riche industriel François Coty, L’Ami du peuple. Celui-ci lui consacra même une large partie de son ouvrage Contre le communisme, sauvons nos colonies ! Le péril rouge en pays noir.

En janvier 1931, la Ligue de Défense de la Race Nègre connut un schisme et son aile radicale, rassemblée autour de Kouyaté, se transforma en Union des Travailleurs Nègres. Son organe, le mensuel Le Cri des Nègres, bénéficia du soutien de Padmore, alors à Moscou. En septembre, l’Union participa à l’organisation d’une exposition anti-impérialiste pour contrebalancer l’Exposition coloniale de Vincennes dont le but était de promouvoir « la mise en valeur des colonies » selon la formule d’Albert Sarraut, ministre des Colonies. À cette époque, Ramananjato , un Malgache, seconda Kouyaté qui tenta sans succès de constituer, en juillet 1933, une Fédération des organisations des coloniaux en France. En juin 1933, il organisa une réunion en vue de créer un foyer d’étudiants ouest-africains à Paris. Parmi les personnes présentes, Léopold Sédar Senghor, leader de l’association des étudiants ouest-africains. Ce projet n’aboutit pas (Edwards, 2003 : 265).

Alors que l’Internationale communiste voyait en Kouyaté un dirigeant susceptible d’être envoyé en Afrique, le Parti communiste français l’exclut, en octobre 1933, du parti et de l’Union des Travailleurs Nègres. Un délégué de l’Internationale vint arbitrer le conflit : la stratégie frontiste envisagée par Kouyaté aux dépens de la stratégie « classe contre classe » fut, semble-t-il, pour beaucoup dans cette exclusion, mais il fut également accusé d’avoir détourné des fonds. Ramananjato lui succéda. Son exclusion fut rendue publique dans l’Humanité. On l’y accusait de ne pas avoir rendu compte de sa gestion, d’être en contact avec des ennemis du mouvement syndicaliste révolutionnaire et de ne pas avoir répondu aux demandes de justifications. Son nom et sa photographie furent publiés dans la « liste noire » n° 2 du Parti communiste de décembre 1933, expliquant qu’il fut « Chassé du parti pour attitude désagrégatrice anticommuniste et indélicatesse ».

Kouyaté fonda une nouvelle organisation en 1934, Solidarité coloniale. Dans le cadre des mobilisations contre la guerre et de l’occupation de l’Éthiopie par l’Italie fasciste, Kouyaté participa également à la fondation du « Comité de Défense d’Éthiopie », avec notamment l’Étoile Nord Africaine de Messali Hadj. Il écrivait des articles sur l’Éthiopie dans le journal de l’organisation, El Ouma, et participa avec Marcel Griaule à une tournée de conférences en région parisienne sur le même sujet (Edwards, 2003 : 298). Kouyaté continua à militer en faveur de l’indépendance des colonies et, en juillet 1936, créa le journal Africa. Celui-ci fit également de la propagande en faveur du Front populaire, qui aurait financé ses activités.
<ol start="30">
 	<li>Durand (1986 : 186) avance que Kouyaté aurait émargé un temps au ministère des Colonies, avant la Seconde Guerre mondiale. On perd ensuite la trace de ses activités à la fin des années 30. Dewitte (1985 : 382) rapporte qu’en 1941 Kouyaté aurait été financé par les Allemands pour initier un mouvement noir collaborationniste, mais qu’il aurait utilisé cet argent pour ses propres visées politiques. Dewitte précise tout de même que la vérité sur ces allégations est difficile à établir. Plusieurs auteurs (Dewitte, 1985 ; Edwards, 2003) avancent que Kouyaté fut arrêté par les Allemands en 1942, et fusillé au Fort de Montluçon. Selon Boittin (2010 : 216), qui se base sur un rapport de la Croix Rouge, il aurait en fait été arrêté par la Gestapo en 1943 et déporté au camp de Mauthausen en Autriche le 18 septembre. Il y décéda le 4 juillet 1944 « d’insuffisance cardiaque ».</li>
</ol>
Dans les années 1980, une organisation politique clandestine malienne lui rendit hommage en se baptisant « L’Union des Luttes TiemokoGaran Kouyaté ».

Par SolofoRandrianja et Alexis Roy]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Troisième  Audience publique CVJR &#45;  Disparitions forcées : plus jamais ça au Mali, montrez&#45;leur les tombes de leurs parents pour qu’ils fassent leur deuil</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/troisieme-audience-publique-cvjr-disparitions-forcees-plus-jamais-ca-au-mali-montrez-leurs-les-tombes-de-leurs-parents-pour-quils-fassent-leur-deuil-2923857.html</link>
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<pubDate>Wed, 07 Apr 2021 07:52:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Si à chaque audience publique non judiciaire de la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR), nous n’avons que des larmes aux yeux et beaucoup d’émotions avec des remords en écoutant attentivement les pages sombres de l’histoire de notre pays Mali qui s’est construit dans la violence et le sang par les témoignages de certaines familles des victimes, l’on pouvait se poser autant de questions à savoir pourquoi l’homme est loup pour homme et pourquoi être plus cruel envers son semblable lors de la troisième audience publique tenue toute la journée de samedi 3 avril à Bamako sur le thème "les crimes de disparitions forcées".  Ces audiences publiques de la Commission visent notamment à rendre aux victimes leur dignité et faciliter un début de guérison, en reconnaissant publiquement ce qui leur est arrivé, promouvoir la reconnaissance nationale des victimes et l’intégration de leurs récits à la mémoire et à l’histoire nationales.</em></strong>

Pendant cette troisième audience, 14 victimes ont  partagé leurs récits dont 9 témoignages individuels et 2 collectifs. Pour cela, il faut  apprécier le  courage et la générosité de ces familles qui ont surmonté une douleur immense pour partager avec nous leur vérité, et rêver avec l’ensemble de la communauté nationale d'un pays réconcilié. Que la force spirituelle de ces familles soit une inspiration pour nous tous, afin que nous puissions bâtir ensemble un pays différent, un pays réconcilié, un pays de paix.

<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2021/04/CVJR-audience.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2923859" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2021/04/CVJR-audience.jpg" alt="" width="650" height="433" /></a>De la cartographie des violations graves des droits de l’Homme de 1960 à 2020 au Mali et des enquêtes de terrain réalisées sur les cas emblématiques, que les disparitions forcées ne sont ni l’apanage d’un régime politique ni d’un acteur institutionnel en particulier. Les rébellions, coups d’État, tentatives de coups d’état et autres crises politiques se sont hélas accompagnés bien souvent de disparitions forcées.

« <em>Si des cas historiques qui feront l’objet de témoignages aujourd’hui, comme celui de Fily Dabo SISSOKO, Hamadoun DICKO et Kassoum Marabaga TOURE et celui du leader estudiantin Abdoul Karim CAMARA dit Cabral sont restés dans la mémoire collective, notre pays a également enregistré d’autres cas de disparition forcée moins connus de l’opinion publique nationale</em> », nous fulmine le Président de la CVJR M. Sidibé.

A travers les différents récits d’un pan de l’histoire du Mali, les parents ou ayant droit des victimes ont été  motivés à partager leur souffrance avec le peuple Malien. Car, ils contenaient  beaucoup de forces pédagogiques pour la jeune génération Malienne. Tel qu’en 1962, la jeune République du Mali voulait socialiser tout le système en procédant à la création d'un Franc Malien. Cette politique de réforme monétaire a rencontré de farouches oppositions tant du côté des commerçants que du côté des leaders du parti de l'opposition PSP. C'est dans cette tension qu'une marche a eu lieu le 20 juillet 1962, au cours de laquelle plusieurs personnes ont été arrêtées par les autorités de l’Etat dont leurs parents (Fily Dabo SISSOKO, Hamadoun DICKO et Kassoum TOURE). Ils ont été jugés par un tribunal populaire qui les a condamnés à mort et envoyés au Bagne de Kidal. Deux ans après, ils sont tous morts mais dans une situation confuse. C’est la raison pour laquelle leurs ayants droits ont décidé de participer à cette audience publique afin de partager leur souffrance avec le public, 60 ans après. Ils veulent savoir où se trouvent la tombe de leurs pères. Pour  M Oumar Hammadoun Dicko, c’est une page sombre et retour de l’histoire du Mali. Il remercie la CVJR pour ces temps de vérité pour les victimes de la méchanceté, de l'ignorance, de la bêtise humaine. Au cours de leur récit, les ayants droits de Fily Dabo SISSOKO, Hamadoun DICKO et Kassoum TOURE  expliqueront aux maliens « <em>Jean-Marie Koné, ayant appris la nouvelle des tortures qu’ils subissaient à la prison Centrale de Bamako, a pris sa voiture, est monté à Koulouba pour demander l’arrêt des tortures à  feu Président Modibo Keita. Mais ce dernier est resté inflexible. Même la pression de différents Présidents africains à l’époque, Houphouët Boigny de la Côte d’Ivoire, Léopold Sédar Senghor du Sénégal et bien d’autres, n’a pas fléchi la position du président Modibo Keita, qui avait préféré les tortues inhumaines et dégradantes de ces trois personnalités, de Bamako à Kidal. Le sort de ces trois disparus était décidé par un comité restreint, composé du Président Modibo Keita et d’autres personnes. En février 1964, ce comité restreint a envoyé un rag au gouverneur de Kidal, dans lequel était écrit : ‘’Faites voler définitivement les trois oiseaux comme pour dire: exécutez les prisonniers  Fily Dabo, Hammadoun Dicko et Marba Kassoum Touré’’. C’est ainsi que le 12 février 1964, les militaires et gardiens de prison de Kidal les ont conduits manu-militari, dans une destination inconnue, vers Tessalit pour les fusiller. Avant de les fusiller, Fily Dabo Sissoko, a demandé aux gardes de ne pas les fusiller dans leurs dos et de ne pas jeter leurs corps à l’air libre, à la merci des vautours. Ce que les fusilleurs ont accepté. Ainsi, Hamadoun Dicko qui était le plus jeune (presque 40 ans), a creusé une fosse commune pour les trois. A la fin, il a enlevé sa bague, il a donné à l’un des gardes pour remettre à sa fille .Et de lui dire qu’il meurt avec dignité et honneur car toute sa vie il a servi le Mali.  Quant à Kassoum  Touré, il a dit ceci : ‘’Si Dieu voit tout et entend tout. Allez-y dire au Président Modibo Keita, qu’il viendra me trouver ici. Fily concluant que le Mali va manger ses enfants comme l’hippopotame mange ses enfants…’’. C’est après ces paroles malédictives que les coups de canon ont retenti. </em>», Témoignent-ils.

Ajout-il, Oumar Hammadoun Dicko qu’on ne peut pas construire le pays sur du mensonge, on a besoin de la vérité. <em>« Nous avons pardonnés mais nous n’avons pas oubliés. Nous pardonnons. Chaque régime a ses zones d'ombre et de lumière. Nous voulons faire la reconnaissance du lieu du crime. Nous voulons des funérailles nationales pour Fily Dabo, Hammadoun et Kassoum. Fily Dabo est le seul homme politique à avoir écrit sa philosophie politique pour les générations futures. Elle est enseignée dans les universités américaines et européennes, mais ignorée dans son pays le Mali</em>» Explique Oumar Dicko.

Quant aux deux des frères aînés de Cabral Mamadou Bassirou  et Farouk CAMARA, étaient tous en France dans le cadre des études, lorsque les autorités de l’Etat Malien arrêtèrent leur frère Abdoul Karim CAMARA dit CABRAL en mars 1980. Il était un des responsables de l’union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM). Ils ont appris son arrestation à travers un manuscrit qui détaille tout l’évènement. Les deux ont préféré lire intégralement ce document à cette audience. Ils pourront ensuite le compléter avec les autres démarches entreprises par la famille qui cherche toujours à savoir où se trouve le corps de leur frère. Ils regrettent l'absence des Présidents Moussa TRAORE et d'Amadou Toumani TOURE à ce témoignage. Dans la salle d’audience, leur récit a suscité pleins d'émotions. « <em>Tout a commencé le 10 mars 1980. Les policiers du 1er arrondissement sont venus chercher notre frère Mamadou Camara et notre maman. Ces arrestations ainsi que celle des autres membres de la famille avaient pour but d’avoir des informations sur Cabral mais aussi de faire en sorte que ce dernier se rende. C’est ainsi que l’un des cousins du jeune étudiant d’alors a conduit les agents chargés de l’enquête à Massala, à l’ouest de Bamako, où Cabral sera arrêté. Il sera conduit au 2è arrondissement avant d’être plus tard exécuté par le régime de Moussa Traoré, selon ses parents. Et depuis 40 ans nous voulons savoir où est enterré notre frère. Et pourtant il y a des autorités dans le pays" Depuis 40 ans, nous sommes à la recherche de la tombe  de notre Frère Cabral Frère de Cabral "un envoyé du régime est venu nous dire le 17 mars 1980 pour nous dire que Cabral est mort dans leurs mains et qu'ils l'ont enterré. Enterré où ? Depuis ce temps nous cherchons l'endroit" Cette tribune est exceptionnelle pour le rétablissement de la vérité. Nous pardonnons  les faits. Mais nous insistons pour savoir où est enterré notre frère</em>. » Dixit les frères de Cabral.

Aujourd’hui tous les parents des victimes passés à la barre de la troisième audience publique de la CVJR tel que Fatoumata Traoré, Ousmane Massinankè et tant d’autres veulent savoir si les proches vivent ou sont morts qu’on les informe pour qu’ils puissent faire leur deuil.  «<em>Nous voulons que les rapports de la CVJR ne tombent pas dans les oubliettes. Nous ne voulons pas savoir qui a fait quoi à notre frère CABRAL. Mais que les autorités nous montrent seulement sa tombe pour nous permettre de faire notre deuil… </em>» Dira Farouk CAMARA

El-Hadj Boua Kanté Sissoko et Mamadou Touré recommandent également : «<em>Nous avons déjà pardonné à leurs bourreaux. Mais que cela ne se reproduise plus. Que les autorités nous montrent les lieux du crime pour nous permettre de faire notre deuil. La restitution du prix littéraire de Fily Dabo Sissoko, qui lui a été décerné à Dakar à la famille. Que l’État organise une grande cérémonie nationale de prière et de réconciliation pour un pardon collectif aux victimes pour que les dirigeants maliens cessent d’être humiliés par la population et pour que le Mali cesse de manger ses enfants comme l’hippopotame mange ses enfants. »</em>

Aujourd’hui plus que jamais, l’ensemble de nos concitoyens doivent comprendre la nécessité de protéger la liberté de la personne et de sa sécurité, qui demeurent des biens précieux, essentiels pour tous les êtres humains. Les parents et ayant droit des victimes ont eu le courage de parler et de pardonner à ces bêtises humaines maintenant il faudra que la CVJR réagit rapidement à leur requête.

<strong>Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Commémoration du 26 mars :   La Cnas&#45;Faso hèrè appelle les forces patriotiques à redoubler de vigilance face aux tentatives de restauration</title>
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<pubDate>Wed, 31 Mar 2021 15:35:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>A l’occasion de la célébration du 30 anniversaire de l’avènement de la démocratie au Mali, le Bureau politique national (BPN) de la Convention nationale pour une Afrique solidaire (CNAS-Faso Hèrè) a publié une déclaration dans laquelle elle salue la mémoire des Martyrs de la Révolution de mars et appelle les forces «patriotiques, progressistes, républicaines et démocratiques» à rester mobilisées.</strong>

«<em>L’histoire de l’humanité enseigne que la Révolution est toujours sous la menace de la restauration et de la contre révolution</em>» ! Le rappel est du Bureau politique national (BPN) de la Convention nationale pour une Afrique solidaire (CNAS-Faso Hèrè) qui a publié une déclaration à l’occasion de la célébration des 30 ans de la démocratie malienne.

Pour la chapelle du Premier ministre de Transition entre mars 1991 et juin 1992, Soumana Sacko, «<em>les coups de force militaires du 22 mars 2012 et du 18 août 2020, l’émergence d’une oligarchie politico-militaro-religieuse à forts relents mafieux aux ordres et aux crochets de l’étranger ainsi que des tentatives et velléités démocraticides de tripatouillage de la Constitution du 12 janvier 1992  en sont l’illustration</em>». Une situation qui doit inciter les forces acquises à la démocratie et au changement dans la justice sociale à «<em>resserrer les rangs et à privilégier l’intérêt supérieur du peuple et de la nation face aux ambitions personnelles et aux querelles de clochers</em>».

«<em>En dépit des difficultés lancinantes à redresser l’Ecole, juguler le chômage des jeunes et la corruption, trouver une solution efficace et durable à la récurrente rébellion armée dans le Septentrion, concevoir et mettre en œuvre des politiques économiques axées sur la justice sociale et le développement durable au profit de toutes les couches laborieuses, de toutes les régions et des générations présentes et futures, le peuple malien a enregistré des progrès indéniables par rapport à l’impasse totale dans laquelle l’ancien régime avait conduit notre pays</em>», a toutefois reconnu le BPN de la Cnas-Faso Hèrè.

Ainsi, a rappelé l’instance dans sa déclaration, «<em>la démocratie est loin d’avoir  échoué, même si des hommes et des femmes à différents niveaux du pouvoir d’Etat ont échoué précisément pour avoir trahi les valeurs, idéaux et principes du 26 mars 1991…</em>». Elle a rappelé que l’un de ses présidents d’honneur a été le premier à avoir attiré l’attention sur «<em>l’incontournable nécessité d’une refondation démocratique globale de l’Etat malien</em>». Et ce, dès le 20 février 2002 déjà, après avoir plaidé pour une rectification démocratique à la suite de l’imbroglio politico-électoral de 1997.

Dans sa déclaration, la Convention a réaffirmé sa détermination à contribuer à la correction des «<em>dérives de la gouvernance politique, administrative économique, sociale et sécuritaire…</em>». La chapelle de «<em>Zou</em>», qui se dit parti de l’avant-garde militante et révolutionnaire du Peuple malien, a salué la mémoire des martyrs et a engagé «<em>l’ensemble des forces patriotiques, progressistes, républicaines et démocratiques à rester mobilisées et à redoubler de vigilance face à la campagne insidieuse des forces de la restauration anti-démocratique et de leurs alliés obscurantistes et nostalgiques de l’ordre sociopolitique colonial</em>».

Sa déclaration a rendu un vibrant hommage à feu Général Amadou Toumani Touré dit «<em>ATT</em>» (arraché à notre affection le 10 novembre 2020 à Istanbul, Turquie, à 72 ans) qui a  «<em>bien mérité le titre de Soldat de la Démocratie que le peuple malien lui a spontanément attribué</em>» !

<strong>Hamady Tamba</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Après 30 de démocratie au Mali : Quel bilan ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/apres-30-de-democratie-au-mali-quel-bilan-2922806.html</link>
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<pubDate>Tue, 30 Mar 2021 01:26:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le 26 mars 1991, le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré renversait, par un coup d'Etat militaire, le Général Moussa Traoré au pouvoir depuis 23 ans. Cette rupture consacre l'avènement de la démocratie, et tout ce qui va avec, après l'adoption d'une nouvelle Constitution. Depuis, la date du 26 mars est commémorée pour rendre hommage aux martyrs. C’est devenu un rituel et les martyrs de 1991 ont eu droit, de la part du président de la transition, Bah N’daw, au traditionnel dépôt de gerbe de fleurs au monument qui leur est dédié. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs chefs d’institutions de la République, de membres du gouvernement et d'acteurs du mouvement démocratique. S’adressant à ses compatriotes depuis le monument symbolique des martyrs, le chef de l’Etat a expliqué qu’au-delà de ce rituel, la célébration du 26 mars est l’occasion pour «faire le bilan, une rétrospection de soi et une projection pour un Mali meilleur».

Pour l’ancienne garde rapprochée de Moussa Traoré, il était important d’aller s’incliner devant la mémoire de tous ceux qui ont payé de leur vie pour qu’aujourd’hui soit. Et selon lui, chaque Malien doit commémorer à sa juste valeur et se montrer digne du sacrifice ultime de tous ceux et de toutes celles qui nous ont quittés en mars 1991 en martyr.

<strong> Que faut-il retenir de ses 30 années de démocratie ?</strong>

<strong> </strong>Cité comme un exemple de démocratie, le Mali a perdu 11 places pour tomber au 111ᵉ rang des pays démocratique du monde. C’est du moins le contenu du dernier rapport annuel de Freedom House, qui mesure l’évolution des libertés publiques et de la démocratie dans le monde. Selon ledit rapport, le Mali passe de la catégorie des « régimes hybrides» à celle des «régimes autoritaires», tombant aussi dans la liste des pays «non libres» de Freedom House. Explication : « Le Mali n’a pas le plein contrôle de son territoire et l’insécurité rampante a provoqué un coup d’État en août 2020, par des officiers lésés par le manque de progrès contre les insurgés jihadistes».

Et ce n’est pas tout. Naguère citée et enviée comme étant parmi les bons exemples de démocratie en Afrique, après une décennie réussie, la démocratie malienne est loin d'être honorable. Tenez-vous bien : deux des trois présidents démocratiques élus ont été déposés par un coup d’Etat militaire avec la complicité ou l’indifférence du peuple qui les a tour à tour plébiscités. C’est également cette démocratie malienne, qui a la mauvaise réputation d’avoir tabassé son chef d’Etat jusqu’à l’intérieur de son palais, par la population avec la complicité des militaires.

<strong>Quid du mouvement démocratique ?</strong>

<strong> </strong>Après 30 années d’expérimentation, la démocratie malienne a peut-être plus brisé d’espoirs qu’elle n’a ouvert des voies et opportunités d’accès à la prospérité collective tant rêvée et promise pour les générations suivantes et futures. Sur cette question, les Maliens sont divisés. En effet, contrairement aux acteurs du mouvement démocratique, qui soutiennent dans leur majorité que leur lutte n’a pas failli à ses missions, la jeunesse malienne estime pour la plupart que le mouvement démocratique a tout simplement failli à ses missions et impératifs historiques, tant ses acteurs sont passés à côté de leur devoir de façonner une autre nature de Maliens en cultivant les vertus et valeurs dévoyées par 30 années de gabegie sur fond d’aristocratisation du pouvoir.

Il faut dire que beaucoup d’eau a passé sous le pont depuis trois décennies et l’épreuve et pratique aura démontré que les droits et libertés fondamentaux ne constituent des acquis viables qu’en étant confortés par des équilibres et équités sociales durement éprouvées par une gouvernance calamiteuse ayant affecté la crédibilité et l’autorité de l’Etat. Aussi, la dynamique et à l’élan collectifs de départ ont peu à peu cédé la place au combat à d’épanouissement individuel ou clanique dont ne saurait s’accommoder d’édification d’une nation encore embryonnaire. De quoi réduire en lambeaux tous les leviers de l’Etat dont la refondation pourrait se faire sur les ruines de la teneur symbolique du 26 Mars.

&nbsp;

<strong>Amidou Keita</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Célébration du 26 mars 1991 :   Les  acteurs font le bilan</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/celebration-du-26-mars-1991-les-acteurs-font-le-bilan-2922839.html</link>
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<pubDate>Tue, 30 Mar 2021 01:24:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[En trente années de démocratie, le Mali a connu plus de coups d'état que d'alternance. Le pays est, depuis près de <strong>10 ans</strong> confronté dans une des plus graves crises de son histoire. Pour <strong>Ibrahima Kébé,</strong> membre de l’<strong>Association Faso Kanu</strong>, une organisation de la société civile, les vraies aspirations profondes des Maliens ne sont pas prises en compte après <strong>30 ans de démocratie.</strong> « <em>Jusqu'à preuve du contraire, les Maliens ont soif de la vraie démocratie et du développement</em> ». Même s'il reconnaît que des acquis ont été enregistrés, <strong>M. Kébé</strong>, pense que « <em>la gestion politique a été gangrénée par la corruption, le népotisme et la gabegie</em> ». Des maux qui ont pourtant été les éléments déclencheurs de la <strong>révolution de mars 1991</strong>, martèle-t-il.
<strong>Maître Mountaga Tall</strong><strong>,</strong> président du parti <strong>CNID-Faso-Yiriwaton</strong> est un des acteurs majeurs de la lutte démocratique Mali. Il estime que les principales dérives de l'ère démocratique découlent de la mauvaise gouvernance. « <em>Les élections n'ont jamais été bonnes au Mali, la corruption que nous avons combattue de toutes nos forces n'a pas permis d'atteindre les objectifs</em> », souligne l'avocat qui affirme que les responsabilités sont partagées entre la classe politique, la société civile et les militaires. Selon lui, il est urgent de refonder le Mali à travers des assises nationales de la refondation.

L'homme politique et l'acteur de la société civile conviennent que tout n'a pas été négatif. Selon eux, des acquis sont à préserver. Et les défis actuels du pays ne doivent pas faire perdre cela de vue.

Pour des observateurs, après trente ans de démocratie, le bilan reste « <em>mitigé</em> ». Certes, la démocratie est en marche au Mali, toutefois, d'énormes défis restent à lever. Il s'agit notamment des insuffisances liées au système éducatif et judiciaire.]]> </content:encoded>
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<title>26 mars 1991&#45; 26 mars 2021 : Notre peuple se souvient !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2021-notre-peuple-se-souvient-2922710.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 29 Mar 2021 08:15:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le 26 mars 1991, le peuple malien dans un sursaut collectif a mis fin à la dictature monopartite de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) dirigée par le Général Moussa Traoré en vue d’instaurer le pluralisme politique et l’état de droit, de moraliser la vie publique (assainissement de l’administration civile et militaire ou des finances publiques ou «<em>kokadjé</em>», d’assurer la participation et le contrôle populaires sur la gestion des affaires publiques, d’améliorer les conditions matérielles et sociales des populations.</strong>

Malheureusement depuis trois décennies, les régimes successifs qui ont pris le pouvoir ont tourné le dos aux idéaux de Mars 91. Ils ont renforcé l’orientation libérale et extravertie de notre société.

Les Politiques d’ajustement structurel se sont poursuivies, se sont diversifiées et se sont systématisées. Elles se sont étendues jusqu’aux secteurs stratégiques et de souveraineté (éducation, santé, énergie, mines, banques, communications). L’État du Mali a été dépossédé de son statut de maître d’œuvre des politiques économiques et sociales.

Notre économie se trouve désormais régulée par les forces du marché. Les privatisations et les liquidations de nos Sociétés et Entreprises d’État se sont intensifiées avec leur cortège de licenciements abusifs, de souffrances et d’humiliations au nom du libéralisme et de la mondialisation. La corruption est érigée en mode de gestion politique et économique. Les cartels mafieux s’installent, transforment notre pays en une plaque tournante du trafic de la drogue, de l’or, des armes et une base arrière des mouvements islamiques terroristes.

La connexion de plus en plus ouverte entre certains agents de l’État avec la criminalité transfrontalière et la grande délinquance, l’institutionnalisation de l’impunité, la remise en cause des acquis du 26- Mars (libertés individuelles et collectives, droit de manifestation), la répression sauvage des luttes sociales ont fini d’achever le processus de délitement et de décomposition avancée de l’État national. Cette gestion catastrophique a entraîné une crise politique, institutionnelle sans précédent entraînant l’effondrement de l’État et sa mise sous tutelle complète de la communauté internationale qui l’encadre sur le plan institutionnel et même dans sa gestion administrative.

Dans ce nouveau contexte, les sociétés minières étrangères trouvent l’occasion rêvée pour s’enrichir davantage face à un État dont l’existence est devenue fantomatique. En effet, agissant sans aucun contrôle sur le terrain, elles intensifient le pillage des ressources naturelles par des opérations d’extraction tous azimuts des ressources naturelles au mépris des normes techniques et démocratiques internationales.

<strong>Les conséquences sont</strong>: la destruction de la santé des populations résidentes, de l’environnement, de la biodiversité, des ressources vitales et des patrimoines culturels des communautés locales, l’accaparement de leurs terres ancestrales, les violations de leurs droits humains, leur exclusion et l’impossibilité pour elles de construire leur avenir.

Le Cercle de Kéniéba en offre l’exemple le plus emblématique. Le fleuve Falémé et les nombreux cours d’eau qui l’alimentent ressemblent désormais à de gigantesques mines à ciel ouvert. Le dragage les a transformés en montagnes de boue qui s’étendent le long du cours d’eau sur plus d’une centaine de kilomètres.

Grâce à leurs outils ultra- modernes d’exploitation et l’impressionnante logistique qui l’accompagnent (camion-citerne, motos, tricycles, bulldozers, dépôts de carburants, appareils de détection, etc.), adossés à une parfaite connaissance des zones qu’ils ont investies, détenant des moyens financiers énormes, les exploitants chinois ont sérieusement bouleversé l’organisation sociale et le système de fonctionnement de l’orpaillage artisanal dans la région.

Avec l’argent, ils ont mis en place un système de corruption qui fonctionne à merveille: de nombreux Tombolomas, chefs de village ou Conseillers des Communes de Faléa, Dabia, Faraba et Dialafara sont entre leurs mains. Ils ont réussi également à corrompre des cadres administratifs, des élus et acteurs citoyens du Cercle. Leur déploiement sur le terrain, surtout dans les zones minières, s’accompagne de l’achat massif des terres situées le long des cours d’eau ou du fleuve qui leurs sont illégalement cédées par des maires, Chefs de village ou leurs conseillers.

En quelques années d’exploitation forestière dans le Cercle de Kéniéba, les exploitants chinois de bois auraient réalisé plus de 800 milliards de F CFA de bénéfice ! Quant à l’exploitation de l’or (étendue à d’autres minerais comme le diamant), les entreprises estimées à plus de 70, gagneraient en moyenne par jour, plus de 38 milliards de F CFA !!! Plusieurs noms d’anciens ministres ou de ministres du Gouvernement de Transition sont cités par les populations du Cercle de Kéniéba comme les complices et alliés de première main des Chinois. Des investigations plus poussées permettront sûrement d’en savoir davantage.

Aujourd’hui, il est nécessaire de dissiper les illusions sur la capacité de l’État à faire face à la crise scolaire, à la poussée des revendications catégorielles, à la cherté de la vie, à la lutte contre la corruption et la délinquance financière, et surtout à la partition programmée du Mali avec les Accords d’Alger. Le Gouvernement de Transition ne fait pas mieux. Aucune approche de rupture pouvant espérer une sortie de crise de notre pays !

Aujourd’hui, la lutte de notre peuple est:

- de faire réviser l’Accord de paix afin de l’adapter aux dispositions de notre Constitution, conformément à la décision prise par le Dialogue national inclusif (DNI) dans le cadre d’un accord politique consensuel;

- d’accroître le soutien populaire à nos dignes soldats qui se sacrifient tous les jours à la sauvegarde de la Nation malienne et de son État unitaire;

- d’exercer un contrôle citoyen, populaire et démocratique sur l’utilisation par le Gouvernement, des ressources publiques allouées aux efforts de guerre et au renforcement des Forces armées maliennes (FAMA);

- d’exiger que la chaîne de commandement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) soit transférée aux hiérarchies militaires des pays membres du G5 Sahel pour plus de responsabilité africaine et de sécurité dans la région;

- de mettre en place un régime responsable et capable de défendre et promouvoir les intérêts du Mali et de tous les Maliens qui seront traités sur le même pied;

- de faire respecter la souveraineté du Peuple Malien;

- de Restaurer la souveraineté de l’État malien sur l’ensemble du territoire national et dans la gestion des affaires publiques au Mali.

Gloire éternelle à nos martyrs !!!

La lutte continue, nous vaincrons !

<strong>Nouhoum KEITA, Journaliste</strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>30 ans de démocratie au Mali :  L’envers du décor</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/30-ans-de-democratie-au-mali-lenvers-du-decor-2922705.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 29 Mar 2021 07:53:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le peuple malien a célébré, vendredi, 26 mars, les trente ans de pratique démocratique, sur fond de déception, de désespoir, de division. Annoncée comme une panacée en mars 1991 après la chute du général Moussa Traoré, la démocratie malienne a été l’ombre d’elle-même. Elle n’a profité qu’aux démocrates prédateurs qui en ont fait un instrument d’enrichissement personnel en réduisant les Maliens en mendiants et en cassant tout espoir de changement souhaité il y a trente ans. Quel gâchis !
La démocratie malienne, acquise dans le sang (plus de 200 morts), le 26 mars 1991, à la suite d’un soulèvement populaire contre l’un des régimes les plus sanguinaires du continent noir incarné par le général Moussa Traoré, un lieutenant du groupe des quatorze membres de la soldatesque qui est entrée par effraction dans l’histoire politique du Mali, un 19 novembre 1968, en mettant fin au régime nationaliste et progressiste du président Modibo Keïta, le fondateur du Mali moderne, a été enterrée le 8 juin 1992. Ce jour, le président élu, Alpha Oumar Konaré, un homme qui a pleinement participé à l’élaboration des textes fondateurs de l’Union nationale des jeunes du Mali (UNJM), une instance de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM, ex- parti unique), prêtait serment. Il s’était engagé à préserver la mémoire des martyrs des événements de mars 1991 en promettant de rompre avec les mauvaises pratiques du parti unique pour l’avènement d’un Mali nouveau où la justice sociale sera le moteur du changement de comportement des Maliens. A beau chasser le naturel, il revient au galop. Pour être au mangeoire de Moussa Traoré et comptable de sa gestion, Alpha s’est refugié derrière la politique de l’entrisme qui consistait à entrer dans le gouvernement de Moussa Traoré pour le changer de l’intérieur. Que dire de ce choix si ce n’est pur opportunisme pour des intérêts privés ! Personne ne dira qu’il a vu la lettre de démission d’Alpha Oumar Konaré qu’on dit qu’il a présentée au président Traoré. Alpha avait promis au peuple le changement.
Mais, hélas ! C’était sans compter sur sa volonté celle de sa bande d’arrivistes, regroupés au sein d’une formation politique dénommée Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA- PASJ) de détourner les acquis du peuple martyr en leur faveur. En un laps de temps, ces anciens cadres de l’UDPM, retournant leur veste et reconvertis en démocrates bon teint, ont mis le Mali sous la coupe réglée en se gavant du sang du peuple malien par la corruption et la délinquance financière, la surfacturation, l’affairisme, le détournement de deniers publics, la ponction, le trafic de tous genres, le délitement de l’État, la destruction de tous les contre pouvoirs, l’accaparement des terres des paysans, etc. Et pour couronner le tout, afin que l’enrichissement illicite soit complet et sans concurrence, ils ont acheté des actions dans les sociétés et entreprises d’État qu’ils ont privatisées (EDM-SA, BMS-SA) pour les besoins de la cause et créé des sociétés au nom de l’État dans lesquelles ils sont les gros actionnaires (PMU- Mali, sociétés minières), des agences de communications qui raflent tous les marchés de l’État et des entreprises de la place. Il y a aussi les contrats de bail de leurs villas et immeubles, construits avec l’argent volé au pauvre contribuable malien, négociés avec l’État à coût de millions. Comme l’appétit vient en mangeant, le président Alpha Oumar Konaré, dans sa boulimie d’être le plus riche du Mali, à un moment de sa présidence, s’était lancé dans les affaires, malgré l’interdiction qui lui est faite par la Constitution d’exercer d’autres activités. Il avait acheté la maison d’Adama Traoré dit Adama BIAO (paix à son âme) à 300 millions de F CFA, avant de la céder à 600 millions à l’État sous la pression de la presse et des défenseurs des principes de l’État. Par la suite, cette maison au bord du fleuve Niger, à Djicoroni Para, a été affectée par l’État malien au général Moussa comme résidence d’un ancien président de la République du Mali. Bref, partout où on l’argent sent, ils ont leur nez.
Par les pratiques malhonnêtes et illicites, la bande de Alpha Oumar Konaré est parvenue à mettre en place une oligarchie insolente et arrogante qui menace la stabilité du Mali chaque fois que les Maliens décident de prendre leur destinée en main pour tourner la page des prédateurs des richesses nationales et avec elle celle des femmes et des hommes qui sont à l’origine de la décadence de notre pays. Avec l’argent sale, ils ont constitué un trésor de guerre qui leur a permis et leur permet toujours de placer leurs pions dans l’appareil d’État dans le but de bloquer toute modification de textes qui les contraindrait à rendre compte de leur gestion désastreuse des affaires du pays. Ainsi, par l’argent et le soutien de leurs amis français, ils ont pris en otage la transition de 2012 qui avait l’intention d’organiser des concertations pour faire l’audit de la nation afin de poursuivre ceux qui avaient jeté les bases de la désagrégation de notre pays pour leurs intérêts privés sordides et égoïstes. Et pour la transition de 2021, ils sont en train de tirer les ficelles dans l’ombre pour qu’il n’y ait pas de débats sur la gestion des trente ans de démocratie. Aujourd’hui, ils n’ont que l’organisation des élections à leur bouche pour éviter une conférence nationale devant déboucher aussi sur l’audit de la nation. Ils veulent à tout prix qu’on fasse table rase de leur gestion en foulant au pied les reformes qui assureront des lendemains meilleurs au peuple malien.
Pourtant, l’avènement de la démocratie avait suscité un immense espoir en notre peuple. Il était question d’assainir la vie publique pour que désormais la justice, base de l’équilibre social, soit pour tous, une école de qualité dont les produits pourraient être des denrées rares, des soins et des logements décents pour les populations maliennes. Après trente ans de démocratie, le peuple malien n’a pas encore vu le bout du tunnel. Et pour qu’elle ne soit pas l’envers du décor pour les Maliens qui continuent de subir les affres d’élite corrompue et malhonnête, il est temps qu’ils prennent leur destin en main pour mettre fin au règne des démocrates prédateurs qui gèrent encore le pays par l’entremise de leur progéniture.
<strong>Yoro SOW</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Le mea&#45;culpa de la France :  Une poudre nocive aux yeux des aveugles !</title>
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<pubDate>Mon, 29 Mar 2021 07:52:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>«<em>Le problème avec le monde c’est que les gens intelligents sont pleins de doute, alors que les imbéciles sont pleins de certitudes.»</em> (Charles Bukowski).</strong>

Sans en avoir la grandeur et l’importance requises, la sortie médiatico- politique du président français Emmanuel Macron défraie aujourd’hui la chronique dans pratiquement tous les coins et recoins de Bamako. En fait, Macron a pris sur lui la mesure de reconnaître à la face de l’Afrique et du reste du monde la responsabilité majeure de la République française dans les drames survenus au Rwanda, en 1994 et en Libye, en 2011. C’était jeudi le 25 mars 2021.

Si pour une bonne partie des populations africaines la reconnaissance du président français du rôle de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda et dans la furie meurtrière en Libye, est l’expression parlante du regret de la France quant à son rôle dans ces événements tragiques sur le sol africain, pour l’infime minorité d’hommes critiques du continent africain, la France, loin de regretter tant soit peu le rôle qu’elle a joué dans ces conflits en Afrique, ne fait que changer le fusil d’épaule.

Le moins que l’on puisse redire du jeu que la France n’a cesse de mener en Afrique, c’est que de la traite négrière à nos jours, en passant par les années sombres de la colonisation française chez nous, elle n’a été mue que par un seul gage: celui de spolier, de tuer et de galvauder en Afrique nos paisibles populations pour des intérêts sordides inavouables.

Pour assouvir ses sales besognes en Afrique, la France, par ses gouvernements successifs, ne fait que chanter la rhétorique chanson de la démocratie supposée par eux comme le moyen de construire les paradis terrestres sur notre continent. Cette chanson qui abuse du caractère pacifique de nos populations trompées par une race d’intellectuels et de dirigeants en mal de confiance et de crédibilité, a tout le mérite (si c’est là un mérite !) de réussir ses saloperies déconcertantes sur la terre libre de nos ancêtres. Se camouflant derrière son chapelet de règles de «<strong>démocratie</strong>», la France coloniale a su  endormir bien de consciences africaines aux dépens de leurs intérêts fondamentaux. Ainsi, croient- elles aux fausses leçons de démocratie, de bonne gouvernance véhiculées chez nous par le colonisateur français d’hier et le néocolonialiste d’aujourd’hui !

Pendant ce temps, que Macron se détrompe: il y a des gens intelligents avertis en Afrique qui n’ont jamais cru un seul instant aux gesticulations des gouvernants français sur le devenir africain. L’on peut tout au moins dire qu’il y a énormément de doutes sur la volonté de la France de bien faire chez nous, quand bien même les aveugles y croient. Lisons attentivement ces lignes mémorables d’un grand de la plume soviétique : «<strong>Le problème avec le monde c’est que les gens intelligents sont pleins de doute, alors que les imbéciles sont pleins de certitudes.» (Charles Bukowski).</strong>

Que la France soit complice, en 1994 du génocide de la minorité tutsi, sous la barbe de «<strong>l’Opération turquoise</strong>» des troupes françaises, cela se passe de tout commentaire. Pour quel intérêt, seul le pouvoir colonial français le sait ! Le peuple rwandais a perdu des centaines d’hommes et de femmes lors de cette sale guerre qu’on lui a imposée.

En 2011, le président français Nicolas Sarkozy a fait appel à ses collabos de l’Europe capitaliste et des USA pour tuer des milliers de Libyens dont le charismatique et intraitable guide de la Révolution Mouammar Kadhafi. La suite n’échappe à personne: les quarante (40) tonnes d’armements larguées dans le désert libyen par la France ont servi de moyens matériels pour ensanglanter le Sahel. C’était pour (entre autres) tuer l’initiateur de l’Union africaine (UA) parce que l’OUA a montré toutes ses limites objectives dans la construction d’une Afrique respectable et prospère.

Pour Kadhafi et donc pour tous ceux des Africains qui se battent pour le bien-être des peuples d’Afrique, il faut absolument l’indépendance monétaire et donc économique du continent africain. Pour arrêter le cours de l’histoire, à la demande de la France Sarkozy a demandé l’intervention directe des troupes de l’OTAN en Libye. Tenez-vous bien !

Selon des sources dignes de foi, en sept mois de guerre contre ce pays d’Afrique l’OTAN a effectué sur le territoire libyen 30 000 missions dont 10 000 d’attaques. Plus de 40 000 bombes et missiles ont été largués sur le peuple travailleur de Libye. À l’poque, la France de Sarkozy s’est enfermée dans les bluffs sans queue ni tête parce que faisant croire que le guide libyen tuait son peuple. Mais les intelligents avaient déjà compris qu’autant l’épervier ne saurait protéger les poussins de la basse-cour, autant la France ne peut œuvrer pour le bonheur du peuple travailleur de Libye. Au-delà des atrocités commises en Libye, la France et l’OTAN ont balisé la route pour les trafiquants d’êtres humains vers l’Europe. Il s’en est suivi que le Sahel a été transformé en poudrière, en no man’s land. Les victimes de ce chaos orchestré par la France et ses suppôts occidentaux et afro-arabes se comptent désormais par centaines de milliers.

Quand le président français reconnaît aujourd’hui la responsabilité de la France dans le désordre au Sahel, ce n’est là que bluff et mépris vis-à-vis de nos peuples. Comme l’avait fait d’ailleurs son prédécesseur François Hollande, en 2012 ! Pour justifier l’envoi de troupes françaises au Mali, Hollande a dit et répété que c’est pour payer une dette de la France à l’égard du Mali. Son complice malien n’était autre que l’illégitime président de transition Dioncounda Traoré. Le peuple malien saura bien faire la part des choses au moment venu ! Aujourd’hui, il n’est plus besoin de dire que la France fait bel et bien partie de la problématique de la rébellion et donc du terrorisme chez nous ; cela ne souffre d’aucun doute possible ! Et si des Maliens continuent à croire en la bonne foi de cette  même France, c’est bien là le comble du ridicule.

Le physicien et écrivain allemand Albert Einstein disait: <strong>«Si vous avez un problème et que vous comptez sur la classe politique pour le résoudre à votre place, vous avez deux problèmes: on ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés.»</strong>

Après les atrocités commises en Libye et au regard de la présence de mercenaires étrangers sur le terrain comme ceux de Turquie, la France ne peut plus y faire la pluie et le beau temps notamment dans l’exploitation des multiples gisements de pétrole. Du coup, les Libyens ont réalisé que leur premier ennemi est sans doute le pouvoir colonial français. L’arroseur arrosé, la France, par la voix de son président, tente de redonner son blason en Libye et donc dans le Sahel. C’est bien là une grosse illusion qui n’a d’intérêt que pour les marchands d’illusions !

Il est aujourd’hui évident que partout où la France est ou était présente, il ne peut y avoir que du sang et non de la paix comme en témoigne d’ailleurs le cas de la Centrafrique. Sauf que les gouvernants français oublient ou feignent d’oublier qu’une nation qui en opprime une autre ne saurait être libre. La France cherche à s’accrocher parce que sentant que les Africains la comprennent bien mieux aujourd’hui.

<strong>La Libye ne sera jamais une propriété coloniale française, encore moins le Mali</strong>. Cette petite vérité, les Libyens l’ont comprise à bon escient. Tout comme le peuple malien réalise de plus en plus que tant que la France restera chez nous, il n’y aura pas la paix dans notre pays.

Aujourd’hui, nous pouvons dire avec juste raison qu’il n’y pas d’école de vérité dans le monde. La vérité du chat ne sera jamais la vérité de la souris et vice versa. Il en ressort que la France se nourrissant de nous, notre malheur est son bonheur et son malheur est l’expression de notre bonheur, tout comme la bourgeoisie et le prolétariat ne peuvent s’accommoder d’un intérêt commun.

De toute évidence, le mea-culpa de la France est une poudre toxique aux yeux des aveugles. La victoire finale sera celle conquise par nos masses laborieuses. N’en déplaise à tous ces bourreaux du Mali qui ont trahi leur propre peuple pour des intérêts sordides. L’audit de la nation est en marche !

Elle se fera malgré la mauvaise foi des déprédateurs du tissu socioéconomique national.

<strong>Fodé KEITA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>26 Mars 1991 : Le jour où ATT a balisé la démocratie au Mali, il y a 30 ans !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-le-jour-ou-att-a-balise-la-democratie-au-mali-il-y-a-30-ans-2922415.html</link>
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<pubDate>Fri, 26 Mar 2021 01:44:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Décédé brutalement le 10 novembre 2020 à Istanbul en Turquie, Amadou Toumani Touré, chef de l'Etat entre 1991 et 1992, puis président de la République du 8 juin 2002 au 22 mars 2012, est celui qui a mis fin au bain de sang que le général Moussa Traoré réservait à ses adversaires politiques en particulier et au peuple en général résolument engagés pour l'instauration de la démocratie et du multipartisme au Mali. Dans la nuit du 25 au 26 mars 1991, un fringant lieutenant-colonel âgé de 43 ans, chef du corps des commandos-parachutistes de Djicoroni-Para, à la tête d'un groupe restreint de combattants aguerris, dont un certain commandant Siaka Koné, procédait à l'arrestation de celui qui dirigeait le Mali d'une baguette de fer depuis 23 ans. Certes, le Mouvement démocratique avait déjà balisé le terrain du renversement du parti-Etat Udpm avec les marches tous azimuts, les contestations et la grève générale illimitée, mais cela ne saurait en aucun cas diminuer la portée de l'acte patriotique posé par l'enfant de Soudbaba car il fallait avoir un cran au-dessus de la moyenne pour affronter GMT prêt à tout pour conserver son fauteuil.  Depuis lors, le peuple s'est attaché à cet homme au destin exceptionnel. Pour eux, la pire nouvelle du siècle est tombée à l'aube d'Istanbul, en Turquie, où le général a perdu son dernier combat le 10 novembre 2020, et le seul, des suites d'une maladie cardiaque. Nous disions qu'Amadou aura passé avec les humains 72 longues années. Mais, que d'années remplies ! De preuves et d'épreuves ! De hauts et de bas ! De réussite et d'échecs !</em></strong>

<strong><em>Comme lors de ses funérailles nationales, nous rendons ici, à l'occasion des 30 ans de la démocratie au Mali, un vibrant hommage au soldat, à l'humanitaire, au médiateur, à l'homme politique, au chef d'Etat, bref à l'homme aux 72 vies.</em></strong>

&nbsp;

26 mars 1991-8 juin 1992, puis 8 juin 2002-8 avril 2012 : Amadou Toumani Touré aura passé 11 ans en tout à la tête de l'Etat malien. Un temps au cours duquel le visage du Mali a radicalement changé et la vie du Malien s'est fondamentalement améliorée. Personne ne saurait nier, aussi bien au plan national qu'international, la mue subie par le Mali sous l'ère ATT. Si l'homme a réussi, c'est grâce à son sens du patriotisme, son cœur tendre, sa gestion concertée du pouvoir et sa gestion pacifique des conflits. Son crédo : la recherche perpétuelle de la paix par le dialogue, le compromis, les concessions et tous moyens pacifiques.

<strong>"Professeur d'histoire-géo" destiné soldat !</strong>

[caption id="attachment_2922388" align="aligncenter" width="680"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2021/03/ATT-transition.jpg"><img class="size-full wp-image-2922388" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2021/03/ATT-transition.jpg" alt="" width="680" height="465" /></a> Le premier gouvernement[/caption]

La transition démocratique malienne est indissociable de la vie d'ATT, mais l'enfant de Mopti est aussi un vaillant soldat, un humaniste, un médiateur et un politique qui a fait ses preuves dans la gestion des affaires de  l'Etat.

De son Mopti natal au palais de Koulouba, en passant par le camp des commandos parachutistes de Djicoroni, la vie du fils prodige du <strong>"Soudbaba"</strong> aura connu moult virages.

Amadou Toumani Touré est né le 4 novembre 1948 à Mopti où il grandit dans le quartier Wayinkoré. Il confie aux biographes qu'il garde de la Venise malienne le souvenir de tous ces petits métiers auxquels il s'adonnait : couture, élevage, pêche (au filet et à la ligne), labour, négoce. Et football.  Il fit son cycle fondamental à Mopti, Tombouctou, Bandiagara ; avant de poursuivre ses études à l'Ecole normale secondaire de Badalabougou (EN Sec), à Bamako, d'où il décroche, en 1969, son diplôme en lettres histoire-géographie qui le destine tout droit à la profession d'enseignant à l'instar de beaucoup de ses camarades de promotion qui sont aujourd'hui des professeurs d'enseignement supérieur.

Mais, la même année, sa carrière professionnelle va connaître un virage à 90° vers le métier des armes. En effet, quand un jour, il apprend qu'on recrute pour l'Ecole militaire interarmes (Emia) de Kati, il se présente et fut admis.

Le nouvel élève officier de l'Emia de Kati commence sa formation en 1969. Il sort en 1972 avec le grade de sous-lieutenant. Avide de connaissances, il suivra toute une série d'études et de formations durant sa carrière. Notamment à l'Ecole supérieure des troupes aéroportées à Riazan en URSS (1974-1975), au Centre national d'entraînement commando (Cnec) à Mont Louis en France (1978), à l'Ecole supérieure de guerre interarmes (17e Promotion) à Paris en France (1989-1990) et au Cours supérieur interarmes (42e promotion) à Paris en France (1990).

De toutes ces étapes, Amadou Toumani Touré aimait laisser entendre qu'il garde des souvenirs mémorables de son séjour à Riazan qui fut une étape importante dans sa formation militaire. Car, c'est une des plus grandes écoles de parachutisme au monde, d'où sont sortis le général Lebed et la plupart des généraux soviétiques sont des produits de Riazan. ATT y a fait un cours supérieur de commandant de compagnie, de chef de bataillon et de saut en parachute.

Au titre des promotions en grades, après celui de sous-lieutenant, Amadou Toumani Touré est successivement promu lieutenant le 1er octobre 1974, capitaine le 1er octobre 1978, chef de bataillon le 1er janvier 1984, lieutenant-colonel le 1er octobre 1988, général de brigade le 8 juin 1992, et général d'armée le 1er octobre 1996.

Il est nommé commandant de la Garde présidentielle, du 28 avril 1981 au 30 mars 1984. Le commandement du bataillon des paras commandos lui est confié par deux fois, en janvier 1984, puis le 14 mars 1991.

<strong>Le jour le plus…</strong>

Le 26 mars 1991, ATT conduit l'opération militaire qui renverse le régime du général Moussa Traoré, parachevant une révolution déclenchée par les associations du Mouvement démocratique. Amadou Toumani Touré venait de faire son entrée dans l'Histoire du Mali, au-delà, celle du continent. En effet, président du Comité de réconciliation nationale - CRN - (26 mars) et du Comité de transition pour le salut du peuple - Ctsp - (29 mars), il conduit la Transition malienne jusqu'au 8 juin 1992.

Cette Transition a été essentiellement marquée par certains actes forts. Tout d'abord, la tenue, du 29 juillet au 12 août 1991, de la Conférence nationale (que ATT lui-même a présidée, une première en Afrique), qui produira les textes fondamentaux comme le projet de Constitution, le code électoral, la charte des partis, l'Etat de la nation.

Ensuite, le calendrier des échéances électorales pour la mise en place des institutions de la IIIe République a été respecté ainsi qu'il suit : le 12 janvier 1992, référendum constitutionnel ; le 19 janvier 1992, élections municipales ; le 23 février 1992 et le 8 mars 1992, 1er et 2e tours des élections législatives ; et les 12 et 26 avril 1992, 1er et 2e tours de l'élection présidentielle.

Enfin, la signature, le 11 avril 1992 à Bamako, du Pacte national, consacrant le règlement du conflit du Nord du Mali (déclenché en juin 1990), occupe une place de choix parmi les acquis de la Transition de 1991, au terme de laquelle le chef de l'Etat, Amadou Toumani Touré, remet le pouvoir aux civils, plus précisément à Alpha Oumar Konaré, conformément à ses engagements pris le 26 mars 1991.

<strong>Le bâton de pèlerin</strong>

Après la Transition, le général Amadou Toumani Touré retourne dans les casernes, pour un repos bien mérité. Mais convaincu qu'il peut être utile à l'humanité, il prend son bâton de pèlerin pour se consacrer à la réalisation d'actions sociales en faveur des plus démunis et de la médiation, là où il y a problème. Et les sollicitations pour bénéficier de son expertise émanent de partout. Commence la vie d'un véritable globe-trotter.

Première action forte : la lutte contre le ver de Guinée. Dès septembre 1992, Amadou Toumani Touré accepte, sur la demande du président Jimmy Carter, le parrainage du Programme d'éradication de la dracunculose au Mali, qui devient protocole d'accord relatif à l'éradication du ver de Guinée et à la lutte contre la cécité entre le gouvernement de la République du Mali et Global 2000 Inc.

Depuis lors, ATT s'engage à fond pour l'éradication de cette maladie. Cet engagement personnel dans la lutte contre le ver de Guinée a été récompensé par le Centre Carter qui lui a décerné un prix. Celui-ci lui a été remis à la faveur de la 8e conférence régionale sur l'éradication du ver de Guinée en avril 2008 à Abuja (Nigeria) en présence de l'ancien président des Etats-Unis et de son épouse, Rosaline Carter.

En août 1993, ATT crée la Fondation pour l'Enfance, pour manifester sa reconnaissance à l'endroit des enfants, des jeunes, qui l'ont constamment soutenu durant sa mission à la tête de l'Etat au cours de la transition démocratique de 1991. Au-delà, la Fondation se veut un organe dynamique, engagé dans l'amélioration des conditions de vie des femmes, des enfants et des jeunes.

Les actions de la Fondation portent sur l'amélioration des conditions de vie des enfants, en intervenant dans leur protection, leur éducation et leur insertion, mais elle se consacre tout aussi largement à la promotion d'actions d'ordre social, économique et culturel. Le but est d'œuvrer au développement économique et social des populations maliennes, en luttant contre la pauvreté et l'exclusion, surtout au profit des couches sociales en circonstances difficiles, à savoir les mères, les enfants et les jeunes.

Bref, faire reculer la famine, l'analphabétisme, la maladie et favoriser la culture de la démocratie, de la paix et de la solidarité au profit des plus déshérités, telle est l'ambition de la Fondation pour l'Enfance, gérée de juillet 2002 à 2019 par la Première dame, Mme Touré Lobbo Traoré.

Après la dracunculose, ATT s'est attaqué à la poliomyélite. En juillet 1996, l'Organisation mondiale de la santé (Oms) le désigne membre du Comité international pour une Afrique libérée de la poliomyélite. Il est nommé président du Comité de pilotage des Journées nationales de vaccination (Jnv) contre la poliomyélite en octobre 1997.

En 1998, il fonde l'hôpital Mère-Enfant <strong>«Le Luxembourg»</strong>. La même année, il est nommé président du Comité de lutte contre le trachome. Parallèlement aux œuvres de bienfaisance et à sa traque contre diverses maladies, Amadou Toumani Touré était régulièrement investi par les organismes internationaux de missions de médiation et d'observateur à travers l'Afrique.

En novembre 1995, le sommet des chefs d'Etat de la région des Grands lacs, réuni au Caire (Egypte), l'a choisi comme facilitateur dans le règlement du conflit dans cette zone. En 1996, il dirige la mission d'observation de l'Organisation de l'unité africaine (Oua) lors des élections algériennes. Le 12 juillet de la même année, à Lomé, au Togo, il est lauréat du <strong>"Diplôme de promoteur de la culture démocratique en Afrique"</strong> remis par l'Observatoire panafricain de la démocratie (Opad).

En 1999, ATT est nommé membre du Panel, Groupe international d'éminentes personnalités pour enquêter sur le génocide de 1994 au Rwanda et ses conséquences.

En 2000, le général Amadou Toumani Touré est mandaté par l'Organisation internationale de la Francophonie (Oif) en qualité d'Envoyé spécial du secrétaire général de l'Oif, Boutros Boutros-Ghali, auprès des chefs d'Etat membres de l'Oif, n'ayant pas encore adhéré à la convention d'Ottawa.

En juin 2001, ATT est mandaté en République centrafricaine en tant qu'Envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, pour la République centrafricaine.

En avril 2011, le président Amadou Toumani Touré est membre, avec ses homologues d'Afrique du sud, du Congo, de la Mauritanie et de l'Ouganda, du panel de médiateurs sur la crise libyenne.

Au chapitre des médiations, il convient de revenir sur celle de la République centrafricaine (RCA) qui a été l'une des plus riches en enseignements et des plus réussies.

Le médiateur Amadou Toumani Touré était parti pour deux semaines, mais il est resté deux années.

Au milieu des années 1990, la RCA a été plongée dans une grave crise militaire. Rien qu'en 1996, la Centrafrique a connu trois mutineries en trois mois. Il y avait un blocage institutionnel sans précédent. ATT est parti en Centrafrique sous l'égide de l'ancien président gabonais Oumar Bongo.

Plus tard, il a été rejoint par des troupes mises à disposition par les armées gabonaise, malienne, sénégalaise, tchadienne et togolaise.

Avec ces forces, ils ont constitué la Mission inter africaine de surveillance des accords de Bangui (Misab).

A Bangui, ATT a réussi une prouesse, celle de se rendre régulièrement dans les deux parties de la ville, coupée en deux : une partie sous contrôle des mutins notamment autour du camp Kassaï et l'autre partie aux mains des soldats loyalistes.

Bangui a occupé une place importante dans la vie d'homme et de soldat d'ATT. La Misab a fait du bon travail. Au moment où ATT et son équipe remettaient le commandement aux forces des Nations Unies, la capitale, Bangui, était calme. Un gouvernement d'unité nationale avait été mis en place et la vie avait repris son cours normal.

Les Centrafricains ont adopté le général " sauveur " comme un des leurs, de telle sorte qu'en 2002, quand il a décidé de se présenter à la Présidentielle, les populations de Bangui ont cotisé pour lui envoyer leurs contributions. Mieux, ATT avait un passeport diplomatique centrafricain et de nombreuses décorations. Encore mieux : une forte délégation de Centrafricains était à Bamako pour ses obsèques.

Un modèle atypique

C'est de retour de Centrafrique qu'Amadou Toumani Touré s'est lancé dans la politique pour briguer la magistrature suprême.

Le 1er septembre 2001, il demande et obtient sa mise en retraite anticipée de l'armée pour se lancer dans la politique. Candidat indépendant, il déclare sa candidature le 10 mars 2002 à Sikasso et est élu président de la République le 24 mai 2002, avec 64,35 % des voix au second tour, pour un premier mandat de cinq ans. Il est investi le 8 juin. Et réélu dès le premier tour le 29 avril 2007 avec 71,20 %.

C'est dans sa vie d'homme politique que le président Amadou Toumani Touré a le plus étonné, avec ses idées, ses concepts, ses méthodes et, bien sûr, ses réalisations.

Enumérer les initiatives et réalisations du président Touré relève de la gageure, mais durant ses mandats, le quatrième président du Mali a posé des actes forts dont certains méritent une attention de nos fidèles lecteurs.

Le consensus politique, la consolidation de la démocratie avec l'engagement des réformes institutionnelles, le respect des libertés individuelles, la gestion pacifique de la crise du nord, etc. sont autant d'actes politiques qui ont été extrêmement déterminants dans la vie de la nation, la paix et la quiétude sociales au Mali.

Le plus grand acquis des mandats du président de la République Amadou Toumani Touré, c'est, sans doute, sa méthode atypique de gestion politique du pouvoir ; une méthode qui a permis au peuple malien de retrouver son unité et sa cohésion interne indispensables pour pouvoir faire face aux défis du développement.

Arrivé au pouvoir en 2002 sous aucune couverture de parti, Amadou Toumani Touré a été d'emblée inspiré de <strong>"partager le pouvoir"</strong> dans un cadre de gestion concertée et consensuelle. Neuf ans durant, il n'a pas rompu avec ce mode de gestion <strong>"qui gagne"</strong>.

Son slogan de campagne de 2002 : <strong>"Retrouvons ce qui nous unit"</strong> a profondément touché le peuple malien, qui l'a élu sur la base de ce message. Une fois élu, le président de la République a mis en pratique cette vision qui lui a permis de réunir, autour de sa personne et de son projet, toutes les composantes et forces politiques et sociales que compte le Mali. Il a fait en sorte que chaque Malien se sente citoyen à part entière, avec les mêmes droits et obligations. Il a mis autour d'une même table, autour de sa personne, des hommes et des formations politiques qui, quelques mois seulement avant son élection, se regardaient en chiens de faïence.

La méthode ATT, c'est son respect pour la personne et la personnalité de ses interlocuteurs et partenaires politiques, et pour tous les acteurs de la vie sociale du pays. Mais aussi la recherche et la mise en œuvre de l'approche consensuelle dans la résolution de tous les grands dossiers de la nation. Ce qui lui a permis d'instaurer l'apaisement sur les fronts politique et social pendant 9 bonnes années afin de pouvoir se consacrer aux actions de développement.

Tous les aspects positifs de la méthode <strong>"consensuelle"</strong> ATT concourent à l'apaisement que les Maliens ont vécu sous son ère et à créer les conditions d'une amélioration de la vie au quotidien des Maliens par le développement en termes de services vitaux de base : nourriture, santé, éducation, infrastructures, sécurité, emploi, image et rayonnement extérieur du Mali, etc., toutes choses qui ont constitué l'épine dorsale de sa politique de 2002 à mars 2012.

<strong>Crise du Nord : le dialogue d'abord…</strong>

Quand le 23 mai 2006, des éléments incontrôlés ont attaqué la garnison de Kidal, réveillant le conflit du Nord-Mali, beaucoup de Maliens s'attendaient à ce que le président de la République lance les forces armées maliennes aux trousses des bandits armés et des populations touarègues. Mais ils ont vite été désorientés par l'appel du chef de l'Etat depuis Diéma (localité située dans la région de Kayes) où il était en visite. Un appel à la mesure et au discernement.

<em>"C'est ici, à Diéma, dans le Kaarta, dans le Mali profond, que j'ai une pensée particulièrement douloureuse pour les événements que notre pays a connus malheureusement ce matin. Cela fait mal ! Certes, mais nous devons, une fois encore, face à des épreuves, nous unir, renforcer notre solidarité, œuvrer pour l'unité et la cohésion nationales… Je demande à chaque Malienne, chaque Malien, d'abord de garder le calme… Je voudrais convier toutes les Maliennes et tous les Maliens à savoir faire la part des choses. Ceux qui ont attaqué des postes militaires à Kidal ne doivent pas être confondus avec nos autres compatriotes Tamasheq et proches qui vivent avec nous, nos difficultés, qui ont choisi le Mali, qui ont choisi la loyauté et qui ont les mêmes droits que nous. Ne les confondez pas avec ceux qui ont tiré à Kidal (…) Il faut les aider, les assister, les encourager.</em>

<em>Que personne ne fasse cette confusion dans les camps militaires, dans les camps de la Garde nationale, dans les services de la douane et tous les autres services de l'Etat, administration publique comme privée. Ne faites pas un amalgame entre celui qui a tiré là-bas, sur un poste militaire, et l'autre Malien qui, ici, travaille et s'occupe de sa famille… Où que je me trouve en République du Mali, je suivrai la situation avec responsabilité, mais aussi avec mesure…</em>

<em>Au Mali, on n'a plus besoin de prendre des armes pour se faire entendre. La décentralisation est un statut particulier par lequel vos élus peuvent, par différentes voies, - administratives et politiques - transmettre vos doléances, vos suggestions et critiques aux autorités… Ce n'est pas une tragédie… C'est une situation que nous allons gérer en toute responsabilité",</em> avait laissé entendre ATT aussitôt après les événements de Kidal et Ménaka.

Éviter d'entraîner le Mali dans un engrenage ; tel fut, de bout en bout, le souci de Amadou Toumani Touré, un général d'armée, rompu au métier de la guerre, donc qui connaît plus que quiconque les conséquences (sociales, militaires, économiques…) de la gestion d'un conflit déjà enclenché.

Dans cette crise de 2006, ATT gérait en fait non seulement le Nord du pays (théâtre des opérations), mais aussi le Sud. Dans ce dernier cas, face à une pression sans cesse croissante, il lui fallait canaliser les ardeurs des va-t-en guerre, qui se trouvaient dans toutes les sphères, y compris dans son entourage et dans l'armée. Mais le chef de l'Etat a privilégié le dialogue, tout en continuant à sensibiliser ses concitoyens.

Cette méthode a réussi à 100 % car, jusqu'à fin de la crise (en 2009), on n'a décelé aucune <strong>"chasse aux sorcières"</strong> contre des populations touarègues, ni de la part des populations noires, ni de la part des Forces armées et de sécurité. Il n'y a pas eu non plus d'exode ou d'exil massif des Tamasheq, encore moins de désertion à outrance des éléments intégrés dans l'armée et les autres forces para militaires.

Cet effort d'ATT à l'intérieur, était parallèlement accompagné par un intense travail diplomatique à l'étranger. Il faut souligner à ce niveau l'implication du facilitateur algérien et le rôle humanitaire de la Libye, ainsi que les concertations régulières entre les différents chefs de la diplomatie malienne et les ambassadeurs accrédités au Mali.

La méthode ATT (sociale et diplomatique) a été renforcée, tout au long du processus, par les initiatives traditionnelles entreprises par les notabilités locales, les chefs de fractions et de tribus et les associations, et la Ligue populaire et sociale des tribus du Grand Sahara. Objectif commun : donner la chance à la paix, par le dialogue, la médiation. Sans faire la guerre, véritablement.

Quand la rébellion a éclaté à nouveau le 17 janvier 2012, tous les Maliens ont été témoins de la gestion faite par ATT de la situation, rendue plus salée par les effets de la crise libyenne, l'implication d'Aqmi et des jihadistes d'Ançar Eddine. Les rebelles ont certes annexé certains camps et villes, mais jamais il n'étaient parvenus à s'aventurer dans les capitales régionales. Mais après son départ du pouvoir, Kidal, Gao et Tombouctou ont été occupées en l'espace de 72 h et la République de l'Azawad proclamée le 6 avril, soit deux semaines seulement après l'arrivée de la junte d'Amadou Haya Sanogo.

<strong>La mue</strong>

Durant ces dix dernières années, ATT a posé d'autres actes et actions qui marquent encore la vie nationale. La création, le 25 août 2003, du Bureau du Vérificateur général, modèle canadien, est l'un de ceux-ci. Instrument de vérification de la gestion des ressources publiques, le BVG est là pour instaurer une culture de bonne gestion des finances publiques. Les vérificateurs ont rendu des rapports accablants et plusieurs milliards de F CFA ont été recouvrés et des dossiers remis à la justice.

Aussitôt intronisé, ATT a initié le programme des logements sociaux afin de permettre aux Maliens aux revenus faibles d'avoir leur propre toit. A l'horizon 2012, plus de 50 000 Maliens devaient vivre sous leur propre toit.

Le 4 décembre 2005, la Loi d'orientation agricole (Loa) est lancée par ATT. La Loa vise à garantir la souveraineté alimentaire et à faire du secteur agricole le moteur de l'économie nationale en vue d'assurer le bien-être des populations. Elle couvre l'ensemble des activités économiques du secteur agricole et péri-agricole, notamment l'agriculture, l'élevage, la pêche et la pisciculture, l'aquaculture, l'apiculture, la chasse, la foresterie, la cueillette, la transformation, le transport, le commerce, la distribution et d'autres services agricoles, ainsi que leurs fonctions sociales et environnementales.

Le 6 février 2010, Amadou Toumani Touré procède au lancement des travaux du barrage de Taoussa d'un coût global de 130 milliards de Fcfa. 139 000 hectares de périmètres agricoles devaient être aménagés en vue d'augmenter les revenus des populations, et d'assurer l'autosuffisance et la sécurité alimentaires.

Le 25 octobre 2010, ATT lance les travaux de construction de l'autoroute Bamako-Ségou d'un coût global de 182 milliards de fcfa. Ces deux projets constituent les plus importants jamais réalisés dans les secteurs agricole et routier au Mali.

Enfin, nous retenons d'Amadou Toumani Touré qu'il est le " père " de l'Assurance maladie obligatoire (Amo), régime dont lui-même confiait à qui veut l'entendre qu'il est sa plus grande satisfaction.

Nous ne saurons terminer sans cet acte de haute volée d'Amadou Toumani Touré qui a sauvé le Mali d'une crise institutionnelle dont nul ne pouvait prévoir l'issue. C'était à la faveur du coup d'Etat de mars 2012. En effet, pour le retour à l'ordre constitutionnel exigé par la Cédéao, Amadou Toumani Touré a accepté, de son plein gré, de remettre sa démission au représentant du médiateur de la Cedeao. En ces termes : <em>"Mon devoir, comme je l'ai dit lorsque je m'impliquais il y a vingt deux ans, jeune officier, c'est le Mali que je voulais aider. En me présentant en 2002, comme candidat à l'élection présidentielle, c'est encore le Mali qui a inspiré ma décision. Je pensais que la petite expérience que j'ai vécue pouvait aider à soutenir ce pays. Dans le cadre de la recherche de solution, je pense que la décision prise par la Cédéao et la communauté internationale est la meilleure. </em>

<em>J'ai décidé de vous remettre ma lettre de démission, que vous allez remettre aux autorités compétentes pour permettre l'exercice plein et entier des dispositions de notre article 36. Il faut que le Mali reste dans les dispositions de sa Constitution de février 1992. Je pense que c'est tout à fait normal, je le fais sans pression, (…) de bonne foi (…), surtout pour l'amour que j'ai pour ce pays".</em> <strong>                                                        </strong>

<strong>   La Rédaction</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Exposition photos sur le 30eme anniversaire du 26 mars 1991 :  Un regard sur le passé</title>
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<pubDate>Fri, 26 Mar 2021 01:32:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le 26 Mars est la date qui marqué d'une pierre blanche un pan important de l'histoire de notre pays. A ce titre, elle mérite d'être célébrée en faisant abstraction des vicissitudes de la vie politique. C'est dans cet esprit que l'Agence malienne de presse et de publicité (Amap) se propose d'organiser une exposition photos sous le thème : <em>"Un regard sur le passé"</em> . Le vernissage est prévu le jeudi 25 mars 2021 au Musée national du Mali.

L'activité vise un devoir de mémoire et veut contribuer à une prise de conscience de l'importance de cette étape historique de la vie de notre pays.

Les résultats attendus de ce projet d'exposition sont, entre autres, la connaissance de l'esprit du 26 Mars 1991 par les Maliens; la connaissance des différentes étapes de la lutte pour la démocratie et la liberté; la connaissance de la culture de la paix et la cohésion sociale comme facteurs de développement durable et aussi une meilleure connaissance de l'Amap et ses photos.

Les activités au programme sont : Le vernissage au Musée national de l'exposition photos sous la présidence du Premier ministre, chef du gouvernement; l'organisation de l'itinérance de l'exposition photos sur les places publiques et dans les établissements scolaires et universitaire et enfin la réalisation d'un catalogue.

L'exposition photo durera un mois, précisément du 25 mars au 26 Avril 2021. Après une semaine au Musée national du Mali, les photos seront exposées sur des places publiques et dans des établissements scolaires et universitaires.

<strong>Marie DEMBELE</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mars 91&#45;Juin 92 :  Une transition citée en exemple !</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 25 Mar 2021 01:25:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dès son arrivée au pouvoir, Amadou Toumani Touré surnommé « ATT » installe un comité transitoire pour le salut du peuple et dissout l'UDPM. Un civil, Soumana Sacko, est nommé Chef du Gouvernement. En 1992, conformément aux engagements les autorités de la transition, des élections législatives sont organisées, suivies un peu plus tard d’un scrutin présidentiel. A l’issue du second tour de ce vote, le 26 avril 1992, Alpha Oumar Konaré est élu Président de la République face à Tiéoulé Mamadou Konaté : c’est fut le début du renouveau démocratique au Mali.</strong>

En effet, la transition de 1991 peut être présentée comme un modèle de réussite. Tant le consensus a été la norme entre les différents acteurs dans la gestion des affaires de l’Etat.

Ainsi, le CTSP, organe qui  regroupait militaires et acteurs du  mouvement démocratique  (vingt-cinq membres dont 15 civils et 10 militaires) a été mis en place, le dimanche 31 mars 1991, à la Maison du peuple de Bamako, à l’issue d’une réunion entre la coordination des Associations et mouvements démocratiques et le Conseil de Réconciliation Nationale qui avait déposé, le 26 Mars, le Général Moussa Traoré. Ce même dimanche, en début d’après-midi, fut prononcé la dissolution du CRN.

A l’issue de la cérémonie de mise en place du CTSP, le Lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, Président de la nouvelle structure, s’exprimait ainsi sur  la naissance du Comité qui consacre la légitimité née du 26 mars 1991: «<strong><em>L’acte Fondamental portant organisation des pouvoirs publics fait une large place aux Droits fondamentaux de l’Homme et du Citoyen. C’est dire la volonté du Comité de Transition pour le Salut du Peuple d’œuvrer à l’émergence d’un ordre reposant sur les valeurs démocratiques dans lequel l’Etat et ses services sont d’abord au service du Peuple. C’est dans cette éthique que nous inscrivons l’action du 26 mars 1991, qui venait parachever le combat du mouvement démocratique et syndical dont l’objectif est de rendre à notre Peuple et à son Armée leur dignité afin que, dans la paix, soit bâtie une société de Démocratie pluraliste, débarrassée de toute injustice sociale</em></strong><em> ».</em>

<strong> Le CTSP avait pour mission de préparer les conditions du passage à une vie constitutionnelle démocratique et pluraliste.</strong> Le travail s’est d’abord focalisé sur l’organisation d’une Conférence nationale, une Assemblée souveraine convoquée, conformément à l’Acte fondamental du 31 mars, par le CTSP en vue d’examiner l’état de la Nation, d’élaborer un projet de Constitution et d’adopter un code électoral et une charte des partis. Un oui massif remporte le référendum constitutionnel le 12 janvier 1992.

Le Comité de transition convoque et organise une Conférence Nationale; elle est présidée par le Président du Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP), Chef de l’État, Amadou Toumani Touré, le 8 juin 1992. Ce Comité a quatorze jours pour mettre en place : un projet de Constitution ; un projet de Code électoral ; un projet de charte des partis et faire l’état de la Nation.  A la Conférence Nationale, nombreux Délégués venus du monde rural et de la diaspora malienne ont également été conviés à participer.

La nouvelle Constitution est promulguée par le Décret n°92-073/P-CTSP du 25 février 1992. Cette Constitution est l’Institution cardinale de la III<sup>e</sup> République qui s’est inscrite résolument dans une dynamique, celle de la Démocratie et du multipartisme intégral. Une part importante est aussi réservée aux Droits de l’Homme.

En effet, les vingt-quatre premiers Articles de la Constitution sont consacrés aux « Droits et Devoirs de la personne humaine » et aux libertés (liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d’opinions, d’expression et de création).

<strong>Le 8 juin 1992, l’investiture du Président élu, Alpha Oumar Konaré, consacre la fin de la (première) transition démocratique au Mali.</strong> Elle commence suite à une Révolution sociale et politique très douloureuse, elle gère une rébellion au Nord du Mali, négocie et signe un Pacte de réconciliation nationale avec la rébellion.

Aussi, le CTSP, sous la houlette de feu Général Amadou Toumani Touré, a su mener les réformes institutionnelles et organiser les élections générales dans un climat apaisé et accepté de tous.

Cette transition a permis d’enraciner la Démocratie dans notre pays et de poser les fondements d’un vrai élan de Développement économique social. Avant que ce cycle vertueux ne soit brutalement interrompu, le 22 mars 2012, par la faute à un homme, le Capitaine Amadou Aya Sanogo, qui, à la suite d’un coup d’Etat stupide, a précipité le pays dans l’abîme et l’a plongé depuis lors (2012) dans une crise sans fin.

<strong>Mémé Sanogo</strong>

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<title>26 Mars 1991&#45; 26 Mars 2021 :  30 ans de démocratie affairiste pour 30 ans de calvaire du peuple !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2021-30-ans-de-democratie-affairiste-pour-30-ans-de-calvaire-du-peuple-2921756.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 22 Mar 2021 10:28:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[«<strong>Le silence d’un peuple n’est qu’un effet de contrainte et non pas une adhésion volontaire à la servitude, c’est le plus souvent, le couvre-feu d’une révolte à venir.» (Louis Auguste Martin).</strong>

Il n’est plus besoin de rappeler que la misère populaire avait atteint un niveau  si humiliant sous Moussa Traoré qu’il était devenu impossible pour celui- ci de continuer à régner sur le Mali et que notre peuple ne pouvait plus se soumettre à l’autorité du régime sanguinaire et dictatorial du général Bazin.

Débout comme un seul homme au sein de ce que l’on appelait mouvement ‘‘<strong>démocratique</strong>’’, notre peuple est venu à bout de l’apache régime de Moussa Traoré. Le sacrifice en vies humaines enduré par ce peuple reste gravé dans les mémoires: 224 morts dont la jeunesse a payé le plus lourd tribut. L’espoir était grand de voir un Mali nouveau naître des cendres d’un pays dont les populations n’avaient que trop souffert.

Moussa est dégagé du pouvoir par des soldats au-dessus de tout soupçon négatif. <strong>C’était le 26 Mars 1991</strong>. Mais vite, les esprits les plus avertis avaient compris que le lieutenant- colonel Amadou Toumani Touré (ATT), qui se sentait sûrement redevable de Moussa Traoré, a dirigé le coup de force contre le président pour mieux le protéger des tribunaux populaires qui allaient se mettre en place. Un procès hypocrite a été intenté contre Moussa Traoré et compagnons: le procès ‘‘<strong>crimes de sang</strong>’’ avec une question dont la réponse ne pouvait que noyer la vérité.

Pour tenter de noyer le poisson, la Cour dirigée par Mallé Diakité se disait toujours «<strong>suffisamment informée</strong>». Elle avait posé une question sans queue ni tête: ‘‘<strong>qui a tiré et</strong> <strong>qui a donné l’ordre de tire</strong>r ?’’. La conséquence fâcheuse de ce simulacre de procès est que les politiciens apatrides ont transformé l’espoir de tout un peuple en désespoir et en déshonneur. C’est pourquoi il convient de dire que la montagne de la ‘‘<strong>démocratie</strong>’’ a accouché d’une souris ridicule, comme le dit cette locution latine: <strong>«Parturiunt montes; nascetur ridiculus mus » (Les montagnes sont en travail: il en naîtra une souris ridicule).</strong>

Trente (30) ans de «<strong>démocratie</strong>» affairiste pour trente (30) ans de calvaire populaire: voilà le tableau sombre de la récompense du sang de nos enfants et de nos femmes qui ont accepté le sacrifice ultime pour que rien ne soit plus comme avant dans notre pays. Mais lâchement, ce sont ces traitres de la démocratie qui ont vendu le Mali aux ennemis de notre peuple tapis dans le grappillage d’une bourgeoisie arrogante en complot avec les régimes coloniaux français contre la nation malienne.

Trente (30) ans après la chute de Moussa Traoré, il n’y a que péril en la demeure, comme si les Maliens ont donné leur vie pour qu’ils accomplissent cette sombre forfaiture. Alpha Oumar Konaré a hautement trahi la mémoire de tous les enfants maliens qui sont tombés sur le champ de l’honneur. Mais que tous ces politiciens se soient associés pour se partager les biens et services nationaux, il ya là de <strong>l’indicible indécence.</strong>

En tout cas, leurs fortunes acquises aux dépens de nos masses travailleuses reviendront un jour au peuple malien. Ils ont trompé ce peuple travailleur en chantant leur ignoble chanson de la «<strong>démocratie</strong>» après avoir sucé le sang de ces millions de Maliennes et de Maliens qui croupissent dans la misère la plus humiliante. Ils doivent jalousement garder à l’esprit cette réflexion du sieur Abraham LINCOLN selon laquelle <strong>«On peut tromper tout le Peuple une partie du temps,  une partie du Peuple tout le temps, mais pas tout le Peuple tout le temps.»</strong>

Les autorités de la transition constituent le seul espoir du peuple malien quant à voir les déprédateurs du tissu socioéconomique national répondre de leurs actes. Que les Maliens se rappellent des cyniques campagnes électorales que les bourreaux du peuple malien ont menées avec l’argent des contribuables maliens; ils se rendront à l’évidence que ces démocrates affairistes n’ont pas combattu le régime de Moussa Traoré pour le bien être de ce peuple, mais bien plutôt pour des intérêts illicites égoïstes. Que ces politiciens gardent à l’esprit que notre peuple les a bien compris et que leurs forfaitures ne sauraient rester impunies.

Louis Auguste Martin avait déjà avertit: «<strong>Le silence d’un peuple n’est qu’un effet de contrainte et non pas une adhésion volontaire à la servitude, c’est le plus souvent, le couvre-feu d’une révolte à venir</strong>.»

Les trente ans d’exercice démocratique ont été un long moment de détresse nationale, de mensonges politiques, de détournements, d’enrichissement illicite, de combines politiciennes et de cocufication aux dépens des masses laborieuses dont ils sont les ignobles sangsues. Une fois encore, les autorités de la transition doivent organiser l’audit de la nation parce que tous les coins et recoins du territoire national ont fait l’objet d’appropriations illicites tordant le cou aux textes du législateur malien.

À notre peuple travailleur, nous souhaitons bonne journée de réflexion et de recueillement à la mémoire de nos femmes et de nos enfants qui ont versé leur sang pour l’avènement de la démocratie au Mali.

Dieu est clairvoyant, juste et miséricordieux, omnipotent, omniscient et omniprésent.

Il ne laissera pas impunies les forfaitures dont se sont rendus coupables les politiciens affairistes maliens tapis dans ce qu’ils appellent ‘‘<strong>partis politiques</strong>’’ aux dépens de notre peuple travailleur. <strong>En toute chose, il faut considérer la fin</strong>. Dieu est avec ce peuple. N’en déplaise aux traitres de la nation et à leur conscience d’occident capitaliste et en particulier de la France coloniale !

<strong>Fodé KEITA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Avec l’argent volé au peuple malien : Les milliardaires des régimes AOK&#45; ATT&#45; IBK constituent une menace pour la démocratie malienne</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/avec-largent-vole-au-peuple-malien-les-milliardaires-des-regimes-aok-att-ibk-constituent-une-menace-pour-la-democratie-malienne-2921754.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 22 Mar 2021 09:30:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Arrivés au pouvoir en 1992 sans caisse, ni sous, les pseudo- démocrates, qui se sont succédé au pouvoir, ont mis en place des mécanismes d’enrichissement illicite et rapide en faisant fortune sur les richesses nationales. Et pour échapper à la justice, ils ont élaboré des textes qui leur permettent de vivre dans l’impunité la plus totale. Aujourd’hui, plus qu’hier, ils manœuvrent dans les eaux troubles pour faire échec au changement souhaité par le peuple malien. Il serait bon de faire l’état de la nation pour mettre hors d’état de nuire cette race de voleurs, sinon, elle va toujours constituer une menace pour la démocratie malienne.</strong>

La démocratie a fabriqué des cadres ou intellectuels du parti de la ruche des milliardaires venus au pouvoir sans sous ni caisse. Quand on prend la liste des ministres des gouvernements successifs et les présidents successifs des institutions du pays, on sait qui sont les voleurs du patrimoine national et qui sont ceux qui ont détourné les fonds publics. C’est patent après le passage de tel ou tel cadre à la tête d’une telle structure étatique, d’un département ministériel ou d’une institution. Concernant les maisons, immeubles, il suffit de consulter les archives aux Domaines (section cadastres et plans) pour connaître le propriétaire du titre foncier ou de la maison. Ainsi, deux (02) personnalités, tous anciens ministres de notre pays, défraient la chronique dans la possession de bâtiments et immeubles à Bamako. Elles sont toutes deux (02) multimilliardaires.

<strong>Comment les démocrates ont bafoué la démocratie pour s’enrichir</strong>

Le tableau de la situation politique actuelle est ambigu. Sa compréhension n’est pas aisée par l’homme de la rue. 80% de la population malienne ne sait ni lire, ni écrire, ni calculer, un bon indice  pour manipuler le peuple. Le pouvoir de l’ADEMA (présidence d’Alpha Oumar Konaré 1992-2002) a permis la mutation de bon nombre de cadres en gros bourgeois et dont la fortune a été bâtie à travers l’appareil d’État. Les traits caractéristiques de cette mutation sont, outre que la gestion des affaires sous le régime Konaré a ouvert et rendu le pouvoir accessible à un éventail large et diversifié des différents secteurs maliens, mais il faut ajouter que les principales reformes économiques initiées et réalisées sous Alpha Oumar Konaré ont bénéficié principalement à des acteurs politiques, intellectuels, cadres et non à des opérateurs économiques.

Une mutation sociale s’est opérée. Les politiciens qui sont censés arbitrer les conflits entre les opérateurs économiques sont devenus eux-mêmes les opérateurs économiques dans certaines  entreprises et sociétés reformées. À partir de 1998, vingt et un (21) milliardaires étaient   épinglés par un rapport de la Banque mondiale dont seize (16) cadres de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ). Au contraire de son prédécesseur, le général Amadou Toumani Touré (ATT), qui avait une conception restrictive de la gestion, n’a pas manqué de suivre Alpha dans sa ‘‘<strong>production de milliardaires</strong>’’ (cession de la SOTELMA 180 milliards de F CFA).

La gestion d’ATT, à partir de 2002, menaçait  l’opulence de certains secteurs de la bourgeoisie adémiste et autres partis politiques ayant géré le pays avec Alpha Oumar Konaré (Cf. Partis signataires du pacte républicain (PSPR) et autres). La gestion d’ATT était clanique. D’où le titre d’un ouvrage intitulé «<strong>ATTcratie, la promotion d’un homme et son clan</strong>». Son effet essentiel a été de provoquer le dégraissement économique et social des secteurs de la bourgeoisie, du régime Konaréen.

En revanche, on a vu des nouveaux riches, très repus et gavés qui ont fait leur apparition. Se référent aux rapports du Bureau du Vérificateur général (12), on dénombre 100 personnalités milliardaires au Mali, qui aujourd’hui sont une menace pour la bonne gouvernance et le respect des textes fondamentaux.

À titre d’exemple, le régime ADEMA avait comme opérateur économique Bakoré Sylla (paix à son âme), patron du Grand Grenier du Bonheur (GGB). Pour le régime d’ATT, candidat indépendant élu, en 2002, il a créé l’opérateur Modibo Keïta et porté son choix sur certains Diawambé.

Quant au régime d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), il a mis les membres de sa famille au devant des affaires. Ils se sont mués en affairistes pour mettre sur le marché le patrimoine national. Peuple souverain du Mali, l’heure est grave ! Notre pays a été dépouillé de tous ses biens par des dirigeants prédateurs.

<strong> </strong>

<strong>Comment les nouveaux princes se sont enrichis ?</strong>

S’il y a eu plus de bourgeois parasitaires sous Alpha Oumar Konaré par rapport à l’époque du général Moussa Traoré (paix à son âme), l’explication se trouve dans l’évolution du régime économique du pays. Le président Konaré a bénéficié de subventions et d’aides plus importantes que son prédécesseur, le Général Moussa Traoré (GMT).  Non pas qu’il  démocrate, mais parce que c’est sous Alpha Oumar Konaré que les bases politico- juridiques de toutes les privatisations ont été posées.

À titre de rappel, la privatisation a commencé au Mali avec la mise en œuvre du Programme de reforme des entreprises publiques (PASEP). Ce programme qui a couvert trente-cinq (35) entreprises est arrivé à terme, en 1992. Une loi, N°41 du 22 février 1994, fixant les principes fondamentaux de la privatisation des entreprises du secteur public a été votée. Puis l’Ordonnance, N°00-67 du 29 février 2000, a crée la Direction générale de l’administration des biens de l’État (DGAB). En 2001, le décret, N°026 du 02 janvier, fut pris et fixe les modalités de liquidation des EPIC et sociétés d’État.

Si on prend la loi N°41 du 22 février 1994, outre qu’elle ne s’applique pas à la délégation globale de gestion (la technique de la concession et de l’affermage que l’ADEMA a inventée sans taxe), mais pire les offres et leurs conditions étaient faites n’importe comment ! Pire encore, la possibilité était donnée à une autorité d’attribuer un marché sur la base de gré à gré alors même que cette autorité n’est pas précisée ?

Mais il y a plus grave. Le compte Ad hoc que cette loi impose comme préalable aux privatisations n’a jamais existé. Pourquoi ? Plus grave encore, le décret d’application de la même loi n’a jamais vu le jour. Pourquoi ? Et pour quelle raison ? Il s’est constitué sur cette base des bourgeois rentiers. Des gens qui au départ n’avaient  ni caisse ni sous. Des gens qui n’avaient que pantalon et chemise.

Aujourd’hui, on en voit  dont les moustaches et les cheveux sont blanchis par la délinquance financière. C’était une partie de ces secteurs de la bourgeoisie qui était menacée par la gestion d’Amadou Toumani Touré (ATT) qui avait promis pendant sa campagne de nettoyer les écuries d’Augias<strong> «Si tu bouffes, tu payes». </strong>Mais h<strong>élas ! </strong>Les propos de Dioncounda Traoré sont assez révélateurs<strong> ‘‘Si l’ADEMA ne soutient pas ATT, nous aurons à faire avec la gendarmerie’’</strong>. À la fois, ils expriment les dix années de gabegie de l’ADEMA-PASJ (1992-2002) à l’époque, mais aussi la crainte d’être poursuivis.  Ce n’est pas en chantant l’hymne national du Mali que les problèmes seront réglés. L’enjeu des problèmes posés va au-delà.

L’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ) qui a remporté les premières élections générales de 1992 sans difficulté, n’avait nullement besoin de gouverner avec Samba ou Demba. Cependant, si Alpha Oumar Konaré a géré le pays avec les autres, c’est parce qu’il savait que ces élections n’étaient pas fiables et pour ne pas être renversé, en 1993, tout comme en 1997, il ouvre son régime aux intellectuels affairistes. Ces faits sont là, Alpha a pris le pouvoir dans des conditions très ambigües. La gauche de l’ADEMA-PASJ a été vaincue par les affairistes sans foi ni loi. Et finalement, tous ceux qui n’avaient aucune conviction de gauche établie se sont bien enrichis (surfacturation, décombres des privatisations, trafic d’influence, etc.). C’est exactement aujourd’hui ce que nous voyons aujourd’hui.

<strong>Safounè KOUMBA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Assassinat de Cabral : 41 ans après !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/assassinat-de-cabral-41-ans-apres-2921830.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 22 Mar 2021 02:43:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Dans le cadre de la commémoration de l’assassinat d’Abdoul Karim Camara, l’Amicale des militants et sympathisants de l’Union Nationale des Elèves et Etudiants du Mali et le Gouvernement du Mali ont procédé à la traditionnelle cérémonie du dépôt de gerbes de fleurs au Monument Cabral à Lafiabougou.</em>

«Le pays va mal, la transition doit être accompagnée pourvue qu’elle soit inclusive et apaisée ». Ces propos sont de Patrice Seydou Dembélé, Secrétaire Général de l’Amicale des militants et sympathisants de l’Union Nationale des Elèves et Etudiants du Mali (Ams-Uneem) lors de la cérémonie du dépôt de gerbes de fleurs au monument Cabral, le mercredi 17 mars 2021.  Etudiant modèle et leader estudiantin lâchement assassiné, Cabral est une référence et une fierté pour sa génération.

Ainsi en accord avec le Bureau de coordination de l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (Aeem), le port du bonnet Cabral sera institué dans les écoles pour cultiver l’esprit Cabral empreint de tolérance cela contribuerait à   bannir la violence devenue légion dans nos écoles. Le partenariat Ams-Uneem-Aeem a permis la supervision de la mise en place des comités Aeem dans les établissements d’enseignement et la  tenue du congrès de l’Aeem les 13 et 14 mars 2021 avec l’élection de Siriman Niaré au poste de secrétaire général ‘’sans coups de feu ni de machettes’’.

<strong>La vérité toujours attendue </strong>

Au nom de  l’Ams-Uneem-Aeem, Patrice Seydou Dembélé a demandé au gouvernement la vérité sur la disparition de Cabral et invité gouvernants et enseignants à accorder le violon pour une école apaisée et performante.

<strong>Tout pour un climat apaisé à l’école </strong>

Représentant le Premier ministre, Chef du gouvernement de Transition, le ministre de l’Administration territoriale, Abdoulaye Maïga a salué le sens de responsabilité des membres de l’Ams-Uneem pour l’observation de mesures- barrières contre la Covid-19. Il a réaffirmé la détermination des plus hautes autorités à créer un climat apaisé au sein de l’espace scolaire et universitaire.

<strong>Alpha Sidiki Sangaré</strong>]]> </content:encoded>
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<title>IN Memoriam : Confessions inédites d’ATT (4ème et dernière partie)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/in-memoriam-confessions-inedites-datt-4eme-et-derniere-partie-2920605.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 15 Mar 2021 01:33:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans une interview accordée au journal le Contrat (son organe de campagne lors de la présidentielle de 2007), Amadou Toumani TOURE, décédé le 10 novembre 2020, s’était prêté à un exercice inédit de parler de lui-même : De son enfance à Mopti (son Soudou Bâbâ natal) à la présidence de la République, en passant par son parcours scolaire, sa vie de famille, de soldat... Bref, ATT avait tout dit d’ATT. Pour la postérité L’Aube revient sur cette interview inédite. (4<sup>ème</sup> et dernière partie) </strong>

<strong> </strong>

&nbsp;

<strong>… Le fait d’avoir été témoin de tant d’évènements et d’avoir été à la croisée des chemins</strong>

<strong>explique-t-il votre grande humilité ?</strong>

Mon passage à l’Ecole de Guerre a renforcé ma conviction qu’en toute chose, il faut rester humble. Là, nous avons visité les bases atomiques, les avions porteurs de bombes atomiques. Nous simulions les plus grandes guerres du monde avec comme protagonistes les puissances du Pacte de Varsovie et celles de l’OTAN. Dans cette ambiance surréaliste, le directeur de cette institution, un Amiral, nous a donné quelques conseils. «Travaillez très sérieusement, nous a-t-il dit, vous êtes préparés à faire la guerre. Mais je vous prie d’être attentif à ce que je vais vous dire. Ne vous prenez jamais au sérieux !».

Je pense que dans mon comportement de tous les jours, je suis un faux naïf. La considération et le respect que je porte à l’autre sont très souvent mal interprétés ; ils ne sont jamais feints. Quel que soit l’acte posé par l’autre, je m’interdis un certain type de discours à son endroit. En outrepassant cette réserve, moi-même ainsi que ceux qui me connaissent bien ne me reconnaîtront plus.

Quand on a eu le privilège de présider aux destinées d’un pays comme le nôtre, il faut avoir une bonne dose d’humilité et de bon sens. Chaque jour, vous devez dire que vous n’êtes pas forcément le meilleur qui serait arrivé aux affaires par voie de concours académique. C’est la voie du destin, certes, mais vous restez quand même un homme avec ses qualités et ses défauts.

<strong> </strong>

<strong>Est-ce là l’explication de votre grande capacité d’écoute ?</strong>

C’est curieux, tout le monde dit que j’écoute beaucoup. Honnêtement, moi je crois plutôt que je parle beaucoup. Je ne sais pas trop à quoi cette impression tient. Mais au-delà, il faut dire que, un jour, un pays et un homme se sont rencontrés.

En 2002, je me présente aux élections en me disant que je pourrai apporter une petite pierre à l’édification de notre pays. Je suis élu.

Je m’entoure d’une équipe avec pour mot d’ordre de réaliser ce pour quoi nous sommes là. Au bout de cinq ans, on a relevé le défi. Je me dis encore que nous pouvons faire plus car les conditions ne sont pas plus défavorables qu’en 2002. Il y a des choses à finir. Je me suis à nouveau présenté devant les électeurs qui m’ont renouvelé leur confiance.

Etre Chef d’Etat une fois et Président de la République deux fois, ce n’est pas donné à tout le monde. Lorsqu’on vous témoigne tant de confiance, il faut savoir être modeste et laisser l’humilité vous habiter. Car sur les dix millions de maliens, au moins un million pourrait prétendre à votre place. Si c’est vous qui êtes choisi, il faut rendre grâce à Dieu.

C’est pour cela que je me dis : « au fond, je resterai toujours redevable au Mali et aux Maliens. Et même le moment de la retraite venu, dans ma chaise longue, je me demanderais encore comment je vais pouvoir payer toute la dette morale que je dois à ce pays ». Aux enfants et aux femmes de ce pays, je resterai éternellement redevable.

<strong> </strong>

<strong>Monsieur le Président, en bon fils de Mopti, il paraît que vous aimez la sauce au poisson séché, le fameux « Tièkouroulé ». Pouvez-vous nous parler de vos préférences culinaires ?</strong>

Ce n’est pas spécialement le tiékouroulé. Nous, à Mopti, nous le préparons pour l’envoyer aux

Coulibaly à Bla et bien au-delà. Pourtant, je me suis fait une promesse, c’est de laisser les Coulibaly respirer un peu au cours de ce second mandat. Mais jusqu’au 8 juin, j’ai encore un peu de temps pour les chahuter. Et après, on verra !

Pour tout vous dire, j’aime les plats maliens, qu’il s’agisse du bassi ou du bassi niougou (variantes de couscous), du to, du tiordi (met à base de riz, de poisson et d’huile) de Mopti, du fakohoye ou du haricot.

<strong> </strong>

<strong>Au fond, les Coulibaly n’ont pas si tort que ça ?</strong>

Non ! Si je suis invité quelque part, le meilleur service que vous pouvez me rendre, c’est d’amener le grand plat commun avec la tête de poisson, on se lave les mains et on mange. Si vous m’amenez des mets compliqués comme le steak, les frites…, vous risquez de m’affamer.

Laissez-moi vous dire que depuis que je suis chef d’Etat, je passe une partie de mes vacances à Mopti. Lors de ces séjours, ma mère se donne un mal fou pour me faire à manger. Elle va chercher des cuisinières et on me propose frites, steak, poulets, rien que des plats servis dans les hôtels. Un jour, je lui dis « Maman, si tu ne veux pas que je reviennes ou si tu veux m’affamer, il faut continuer ce que tu fais ». Elle est très étonnée. Je luis dis : « D’abord, c’est mal fait. Puis, ça ne m’intéresse pas. Et les plats que tu cuisinais dans mon enfance ? La tête de poisson le matin avec les galettes de mil, le bassi niougou dans lequel on versait du lait à un moment, le tionmantion (met à base de riz, de poisson et de beurre de karité chauffé à haute température), le poisson mopticien grillé, le Fana (espèce de carpe à la peau épaisse)… ? C’est ça que je veux manger et c’est pour cela que je reviens à Mopti.

Avec mon épouse, c’est la même chose. Elle me reproche d’être très avare en compliments à propos de sa cuisine. Je lui rétorque : « Pourtant je n’ai jamais dit que ce que tu prépares n’est pas bon. J’avoue cependant que ma cousine Lobbo est un vrai cordon bleu ».

Au fond, je mange tout ce qu’on me propose. Mais mes préférences sont largement les plats maliens.

<strong> </strong>

<strong>Monsieur le Président, lors de la grande sécheresse de 1972, vous auriez participé, aux côtés de militaires de l’US Air Force, à un pont aérien en vue de ravitailler les populations du Nord. Cette expérience a-t-elle été déterminante dans votre engagement dans l’humanitaire ?</strong>

On aura un jour l’occasion de parler de la Fondation Pour l’Enfance qui a été reprise par mon épouse. Elle et son équipe ont fait du bon travail. Je me demande si elles n’ont pas fait mieux que moi. Je voudrais dire tout de suite que j’ai été toujours solidaire ; je partage ce que j’ai avec les autres. Certains Coulibaly disent que je suis avare. Je leur rétorque que je ne peux pas leur donner ce que je n’ai pas. Ce que je vous donne, c’est ce qui m’appartient. En toute franchise, je partage. Je suis très attentif à ce qui arrive aux autres s’ils me le disent. Parfois je ne le sais. Chaque fois que je suis au courant d’évènements heureux ou moins heureux survenus autour de moi, j’apporte ma modeste contribution.

Chez moi, l’humanitaire est un trait de caractère. J’aime la vie en société, je n’aime pas rester seul, je voudrais toujours causer avec quelqu’un, je voudrais prendre mon temps pour écouter ou pour parler.

Pour revenir à la première mission humanitaire à laquelle j’ai participé, c’était lors de la grande sécheresse de 1972. C’était une mission militaire.

Les régions du Sahel et le grand Nord ont été particulièrement touchés. Nous y avons enregistré beaucoup de pertes en vies humaines, le bétail a été décimé ainsi que le pâturage. La communauté internationale a volé au secours du Mali.

Pendant trois à quatre mois, nous avons organisé un pont aérien. On chargeait des vivres à Bamako pour rallier des points de desserte tels Gao, Goundam, Nara, Tombouctou.

Dès fois, en un jour, on pouvait faire deux rotations sur Gao et

Tombouctou. C’est à l’issue de cette mission que les américains m’ont décerné ma première médaille, la médaille de sauvetage des Etats-Unis.

Un jour, on était dans un C-130 US avec vingt tonnes de semoule à décharger à Sévaré. Au moment où nous nous apprêtions à amorcer l’atterrissage à Sévaré, j’ai observé une anomalie sur une pièce essentielle de l’avion. Une grosse boite contenant un liquide rouge avait éclaté. Par la suite, on m’a dit que c’est le dépôt hydraulique, une pièce qui commande les freins et tout ce qui est mouvement dans l’avion. A ce moment précis, j’étais seul dans l’avion, les membres de l’équipage étant préoccupés à chercher l’axe de Sévaré pour atterrir. Je me suis précipité dans le cockpit pour signaler cette défaillance.

Comme mon anglais était approximatif, j’ai dû tirer le navigateur par le bras pour qu’il vienne voir. On était pratiquement au niveau de la piste d’atterrissage. Dès que le navigateur a réalisé ce qui venait d’arriver à l’avion et qu’il l’a rapporté au pilote, celui-ci a automatiquement mis les gaz et a lancé : « Aéroport de Bamako ». Nous avons pris de l’altitude et nous sommes revenus à Bamako. Sans y être, vous pouvez imaginer la frayeur que cela a provoquée à l’aéroport de Sévaré. Le lendemain de cette mésaventure, les Américains me disent qu’on va demain matin à 6h à Goundam. Je leur demande comment ? Dans le même avion, me répondent-ils. Les Américains m’expliquent qu’ils ont un planning qu’ils  doivent respecter scrupuleusement au motif que l’avion qui doit remplacer celui actuellement en service ne sera pas à Bamako avant deux à trois jours. Ils se proposent donc de réparer le C-130 et de voyager le train d’atterrissage dehors. Très bien, dis-je. Je vais au Camp Para, je cherche le gardien du magasin des parachutes et je prépare mon parachute et un autre de secours.

Le lendemain, j’arrive et les Américains me voient débarquer avec mon sac. Je monte à bord, je dépose mon sac que j’ouvre. Ils me demandent ce qui se passe. Je leur explique : « Si ça se passe bien, tant mieux ! Dans le cas échéant, ouvrez moi la porte pour que je saute. A l’aller comme au retour, tout s’est très bien passé et je n’ai pas eu à utiliser mon parachute.

Je crois que cet épisode a dû laisser le meilleur souvenir à l’équipage américain qui en a ri aux larmes chaque fois que l’incident était évoqué.

<strong> </strong>

<strong>Monsieur le Président, vous avez passé toute votre carrière professionnelle au Camp Para. Vous avez commandé et formé des milliers de soldats. Mais il se dit que vous n’avez jamais eu à sanctionner un de vos éléments. Alors, quel chef militaire avez-vous été ?</strong>

Je suis arrivé à la Compagnie Para Sous-lieutenant ; j’y suis resté Commandant, Lieutenant-colonel jusqu’à atteindre le grade de Général de brigade. Le Camp Para, c’est toute ma vie. C’est là que mes filles sont nées. Chaque fois qu’une de mes filles se mariait, l’office religieux s’y est déroulé. Nous y avons une petite mosquée à laquelle nous sommes très attachés. Dans les Paras, il y a des habitudes.

D’ailleurs, à ce propos, les autres corps de l’armée nous chahutent. Ils disent que les autres ont un cerveau, les Paras ont deux jambes. Veulent-ils dire que nous ne sommes pas très intelligents ? Ce dont nous sommes sûrs, c’est que les Paras sont courageux.

J’ai eu un type de commandement qui ressemblait à ma personne. J’avais un contact direct avec mes hommes. Dans les unités paras, tu vis la vie des hommes. Si vous rentrez dans l’avion, vous prenez le même risque. Si vous sautez en parachute, ce sont les mêmes risques. S’il y a manipulation d’explosifs ou exercices commando, vous prenez les mêmes risques.

Chez les paras, on ne dit pas « allez-y ! On dit « suivez-moi ». Vos hommes vous regardent directement droit dans les yeux. Ils savent ce que vous éprouvez. Vous partagez leur peur, leurs peines, leur fatigue durant les exercices de marche de nuit. Vous êtes très collés à vos hommes. Ce qui fut mon cas. Dans le feu de l’action, il faut peut-être voir mes galons pour savoir que je suis Capitaine,

Commandant ou Lieutenant-colonel. Mais surtout, j’étais à l’écoute de mes hommes. Pour moi, rien n’était futile. Je considérais mes hommes non pas comme des subordonnés, mais comme des collaborateurs. Le reste, ça été facile.

Dans ma vie d’officier, je ne me rappelle pas avoir puni quelqu’un, et

Dieu seul sait que certains le méritaient.

J’avais un contact direct avec mes hommes, ce qui me permettait de leur parler, d’être au courant de leurs soucis, de savoir s’ils ont des écarts avec la discipline, etc. J’ai vécu une vie de soldat. Au-delà des unités parachutistes que j’ai commandées, j’ai beaucoup d’élèves qui sont capitaine, commandant et même colonel. J’ai été très souvent sollicité comme instructeur militaire notamment pour le compte de l’Armée de l’air. A défaut d’être un instituteur, je suis devenu un instructeur.

<strong>Propos recueillis</strong>

<strong>par Diarra Diakité</strong>

<strong>(Le Contrat N<sup>o</sup> 20 du jeudi 07 juin 2007)</strong>]]> </content:encoded>
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<title>In memoriam :  Confessions inédites d’ATT (3ème partie)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/in-memoriam-confessions-inedites-datt-3eme-partie-2919493.html</link>
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<pubDate>Mon, 08 Mar 2021 01:51:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans une interview accordée au journal le Contrat (son organe de campagne lors de la présidentielle de 2007), Amadou Toumani TOURE, décédé le 10 novembre 2020, s’était prêté à un exercice inédit de parler de lui-même : De son enfance à Mopti (son Soudou Bâbâ natal) à la présidence de la République, en passant par son parcours scolaire, sa vie de famille, de soldat... Bref, ATT avait tout dit d’ATT. Pour la postérité L’Aube revient sur cette interview inédite. (3<sup>ème</sup> partie).</strong>

<strong> </strong>

<strong>… Bangui, en Centrafrique, vous a aussi laissé des souvenirs forts ?</strong>

Tout a fait ! J’étais parti pour deux semaines, mais je suis resté deux années. Au milieu des années 90, la RCA a été plongée dans une grave crise militaire. Rien qu’en 1996, la

Centrafrique a connu trois mutineries en trois mois. Il y a avait un blocage institutionnel sans précédent. Suite à un Sommet des Chefs d’Etat de France et d’Afrique, il a été décidé de dépêcher quatre chefs d’état en Centrafrique. Il s’agit des

Présidents Bongo, Compaoré, Déby et Konaré. Il convient de saluer leur courage car ils sont arrivés à Bangui sous protection des véhicules blindés.

La ville était à feu et à sang. La ville était coupée en deux : une partie sous contrôle des mutins notamment autour du Camp Kassaï et l’autre partie aux mains des soldats loyalistes.

Comment je me suis retrouvé en Centrafrique ? Un dimanche matin, le Président Konaré m’a appelé pour me dire ceci : « Prépare-toi, il se peut que tu ailles à Bangui. Entre chefs d’Etat, nous avons discuté. Mais nous avons aussi discuté avec les mutins. Tout le monde est d’accord pour que tu viennes aider à sortir du bourbier dans lequel la RCA est enlisée». Donc je suis parti en Centrafrique sous l’égide du Président Bongo.

Plus tard, j’ai été rejoint par des troupes mises à disposition par les armées malienne, gabonaise, sénégalaise, tchadienne et togolaise. Avec ces forces, nous avons constitué la MISSAB (Mission Inter africaine de Surveillance des Accords de Bangui).

A Bangui, j’ai réussi une prouesse, celle de me rendre régulièrement dans les deux parties de la ville. Même quand il y avait du feu, il suffisait que j’appelle les protagonistes pour leur dire que j’arrive, et automatiquement, ils arrêtaient les tirs.

Parfois, les mutins passaient la nuit à tirer. Le matin, je venais les voir pour discuter avec eux. Quand je leur demande pourquoi ils n’arrêtent pas de tirer au mortier de 120mm, ils répondent : « Mon général, c’est pour vous empêcher de dormir et vous rappeler que nous sommes là ». Quelle drôle de façon ! Bangui a occupé une place importante dans ma vie d’homme et de soldat. On y a fait du bon travail. Au moment où nous remettions le commandement aux forces des Nations-Unies, la ville était calme. Un gouvernement d’unité nationale venait d’être mis en place et la vie avait repris son cours normal. Même si, par la suite, après le départ des casques bleus, les choses se sont quelques fois dégradées. Ce qui arrivait très souvent.

Une fois, j’étais au Mali pour quelques jours quand j’ai appris sur une radio internationale que des combats opposaient les forces de la MISSAB aux mutins. Tout de suite, je prends la décision de retourner sur place et le Président Bongo m’envoie un avion. Je transite par

Libreville où je rencontre le Président Bongo pour évoquer la situation.

Mon arrivée à Bangui s’opère dans des conditions extrêmement difficiles car la ville était en état de guerre. Aussitôt, j’ai une séance de travail avec les autorités centrafricaines qui me présentent un feuillet tiré du dernier bulletin des renseignements. Là-dedans, il est écrit que les mutins projettent de m’assassiner à mon retour à Bangui.

Nullement inquiété, je leur explique le sens que j’ai de mon devoir. Si je dois y laisser la vie, c’est tant pis. Mais comme je vous l’ai dit plus haut, j’étais le seul à pouvoir me mouvoir d’un camp comme dans l’autre. Je me rends chez les mutins pour les entretenir de la teneur du document des renseignements. Ils tombent des nues. « Mon Général, c’est eux, au contraire, qui veulent vous tuer pour nous faire porter le chapeau ».

Les populations civiles centrafricaines ne voulaient pas que je sois absent de Bangui car, à chacun de mes déplacements hors du pays, la mutinerie reprenait de plus belle.

Mais il suffisait que je revienne pour que le calme soit restauré. Savez-vous que les Centrafricains m’ont adopté comme un des leurs ?

En 2002, quand j’ai décidé de me présenter à la présidentielle, les populations de Bangui ont cotisé pour m’envoyer leurs contributions.

Cela m’a beaucoup touché. J’ai un passeport diplomatique centrafricain tout comme de nombreuses décorations. Je pouvais dîner ce soir avec les plus hautes autorités du pays. Le lendemain, je me retrouvais de l’autre côté, en territoire mutin, pour discuter avec les jeunes. Sans réveiller le moindre doute.

Bangui, tout comme Tombouctou, m’a beaucoup marqué à cause des relations privilégiées que j’avais avec les populations. C’est à cette époque que j’ai connu le Président

Bozizé ; il était Chef d’État-major de l’Armée.

Lorsque je rencontre un centrafricain, je sens beaucoup de reconnaissance.

C’est d’ailleurs pour cette raison que, lorsque des étudiants centrafricains ont des problèmes au Mali, je me sens si concerné que je suis obligé de m’impliquer. Et lorsqu’on m’a montré le Consul Honoraire de Centrafrique au Mali, j’ai eu le sentiment qu’il a pris ma place.

<strong> </strong>

<strong>Monsieur le Président, vous vous destiniez à enseigner. Pour ceux qui ne le savent pas, vous êtes initialement diplômé de l’Ecole Normale Secondaire de Badalabougou,</strong>

<strong>Spécialité Histoire -Géographie. Qu’est-ce qui s’est passé entre temps pour que vous optiez finalement pour le métier des armes ?</strong>

La vocation pour le métier des armes remonte à mon adolescence à Tombouctou. J’ai décidé d’être soldat. J’ai été orienté à l’Ecole Normale Secondaire de Badalabougou, Section Lettres Hist-Géo. Beaucoup de mes camarades de promotion sont des professeurs d’enseignement supérieur. Marimanthia Diarra fut mon camarade de promo. Il fut un très bon élève.

Pendant la Transition, j’ai visité l’EN de Badalabougou. Les élèves d’alors n’ont pas attendu mon arrivée pour aller fouiller dans les dossiers et en ressortir mes notes. Quand je leur ai demandé ce qu’ils avaient trouvé, ils m’ont dit avoir été convaincus par mes résultats scolaires. Je pense que j’ai été un bon élève à l’EN. La preuve, c’est que je figurais très souvent sur le tableau d’honneur. Un jour, j’apprends qu’on recrute pour l’EMIA (Ecole Militaire Inter Armes) de Kati. Beaucoup de jeunes de ma génération étaient intéressés. Mais, plusieurs ont fait défection, notamment les étudiants de l’ENA, lorsqu’ils ont appris que, pendant un an, le salaire serait de 1170 Francs Maliens/mois et que, de surcroît, on serait considéré comme simple soldat abonné à l’ordinaire. A tout hasard, je suis venu et je crois que c’est mon oncle qui m’a accompagné. Si ma mémoire est bonne, c’est Kissima Doukara qui nous a reçus. Il était chef du Bureau Militaire. La hiérarchie était très déçue par les défections. Lorsque je me suis présenté, il était si content qu’il a appelé sur le champ et une jeep militaire est venue nous chercher. Il m’a dit : « Tu commences les visites immédiatement ». Ce qui fut fait. Et en deux jours, la visite était terminée.

Cela me donne d’ailleurs l’occasion de dire à certaines personnes que j’étais apte : apte pour faire l’armée ; apte pour faire le para; apte pour faire le commando ; apte pour faire l’instructeur commando para. Il y avait beaucoup d’aptitudes à avoir pour être là où je suis. J’ai donc fait ma formation et je suis sorti en 1972 avec le grade de Sous-lieutenant

<strong> </strong>

<strong>Monsieur le Président, vous êtes devenu commando para, semble-t-il, pour relever un défi ?</strong>

Effectivement, je suis parti dans les para-commando par défi. A la fin de notre formation, le Chef d’État-major de l’Armée est venu nous annoncer la création prochaine d’un Bataillon de commando Para. Il cherchait des volontaires pour cette unité d’élite. Or, nous revenions du

Brevet Para et cela avait été tellement dur d’avoir été manœuvré par des soldats et des sous-officiers que personne ne voulait y retourner. Et compte tenu de mon profil littéraire, j’avais choisi la Gendarmerie. Mais, face à cette situation, j’ai dû me porter volontaire, histoire qu’on ne dise pas que dans notre promotion, il n’y a pas eu un seul élément pour le para. Un autre camarade m’a emboîté le pas, mais il n’y restera pas longtemps. Pour ma part, je suis resté dans cette unité depuis Sous–lieutenant jusqu’à Général.

<strong> </strong>

<strong>Lors d’un colloque tenu au Centre International de Conférences de Bamako, il y a de cela environ trois mois, vous avez fait un témoignage très émouvant. L’auditoire a particulièrement retenu que vous étiez le neveu d’un homme politique en vue d’alors, en l’occurrence le Sénateur Mamadou M’BODGE qui a été assassiné. Voudriez-vous nous parler un tout petit peu plus de cette filiation ?</strong>

Beaucoup de personnes se posent des questions sur l’origine du consensus que j’ai mis en œuvre depuis 2002. Moi je suis né dans une communauté qui considère que le groupe prime sur l’individu. Dans la langue fulfulbè, cela se dit « Soudou Baba », c’est-à-dire la maison du père. A Mopti, les grandes familles fonctionnent de cette façon, surtout dans le quartier où je suis né. Les mariages, les baptêmes, les circoncisions…bref, tous les grands évènements de la vie se vivent ensemble. Et les jeunes vivent en groupe depuis leur classe d’âge. Il y a même des enfants qui déménagent dans d’autres grandes familles et qui passent deux à trois ans de leur vie dans ces familles. Et puis, il y avait l’école coranique obligatoire pendant les vacances. A l’origine, il y a donc cette formation sociale. Il y a aussi mon tempérament.

Par la suite, au Camp Para, en tant que jeune officier, j’ai été témoin d’événements marquants. J’y ai vu des opposants tels Victor Sy, le Pr. Mohamed Lamine Traoré, Bourama Dembélé, Bourama Diakité pour ne citer que ceux-ci. Il y en a eu tellement ! Je n’étais pas concerné ; ils étaient là pour d’autres raisons et d’autres personnes s’occupaient d’eux. Mais le fait est que je vivais là, dans cette cour. Je voyais comment les choses se passaient.

A la mort du Président Modibo Kéïta le 16 mai 1977, beaucoup de ses compagnons ont séjourné au Camp Para. Je cite, entre autres, Me Demba Diallo, mon beau-père Ténéman Traoré et mon oncle Ataher Maïga. Pour la petite histoire, Ataher Maïga, le beau-père du Président de l’Assemblée Nationale, est un ami de jeunesse de mon père ; lui et mon père se connaissent si bien qu’ils ont évolué dans les mêmes groupes de jeunesse. D’ailleurs, Tanti Jeannette, son épouse, m’a toujours considéré comme son fils.

Pour l’histoire, et contrairement à ce que prétendent certaines personnes mal informées, je n’ai pas vécu une seule seconde avec le Président Modibo Kéïta au Camp Para. Je n’étais même pas au Mali, j’étais à Riazan. Je suis rentré au pays 48 heures après le décès du Président Modibo Kéïta.

Ensuite, ce sont les évènements de février 1978. J’ai vu des officiers qui étaient considérés comme étant les hommes forts du régime d’alors. Parmi eux, Kissima Doukara, Tiékoro Bagayoko, Karim Dembélé. J’ai vu tous ceux-ci venir rester près de 8 mois au Camp Para avant de partir pour le Nord. Et vous connaissez certainement la suite de l’histoire.

La chute est à la fois vertigineuse et brutale. Enfin, après le 26 mars 1991, c’est au tour du Président Moussa Traoré, lui aussi, d’être le pensionnaire du Camp Para. Voyez-vous, cette succession d’évènements majeurs dans la vie de notre pays, donne à réfléchir. Pour moi, il fallait arrêter ce cycle infernal et éviter à notre pays de répéter éternellement les mêmes erreurs. Et comme par la volonté de Dieu je suis arrivé aux affaires, j’ai eu à cœur de gouverner autrement.

Pour revenir à votre question, l’une des victimes des règlements de comptes politiques au Mali a été le Sénateur Mamadou M’BODGE. Il a été assassiné à Bagadadji par quelqu’un à l’aide d’un marteau. Une mort violente et atroce ! La mère de Mamadou M’BODGE et le père de ma mère sont même père même mère. Mamadou MBODGE est mon oncle direct. Lorsque j’étais élève, j’ai passé une bonne partie de ma scolarité chez lui. Voyez-vous, j’ai été témoin de tellement de drames notamment au plan politique que je ne pouvais que prôner le rassemblement. Cette disposition a déjà trouvé en moi un terreau fertile de par mon milieu social et culturel…

<strong>A Suivre !</strong>

<strong> </strong><strong>Propos recueillis</strong>

<strong>par Diarra Diakité</strong>

<strong>(Le Contrat N<sup>o</sup> 20 du jeudi 07 juin 2007)</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>À propos des événements du 28 février 1978 : CQFD !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/a-propos-des-evenements-du-28-fevrier-1978-cqfd-2919328.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 06 Mar 2021 01:03:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[L'article sur la Bande des trois, paru dans le numéro du vendredi 26 février 2021 de votre hebdo préféré, a suscité un grand intérêt sur les réseaux sociaux. S'y ajoutent les nombreux coups de fil et messages que nous avons reçus. Si certains estiment que le travail était bien fait, d'autres soutiennent qu'il a manqué de détails plus marquants. Nous y répondrons.

En attendant faut-il par reconnaissance remercier infiniment la famille de l'avocat général lors de ce procès, Me Alassane Bèye. La réaction de ses enfants nous a émus. Karim (directeur de l'école maternelle  Méli Mélo), Alioune Blondin Bèye, directeur des administrations à la Bcéao de Dakar (il est l'homonyme de l'ex-ministre des Affaires étrangères et ancien représentant de l'ONU en Angola, jeune frère de l'avocat général Alassane Bèye), la benjamine de la famille, Mme Hacko Awa Bèye, ont tenu à nous appeler pour manifester leur satisfaction de la qualité de l'article.

Pour eux, nous avons recadré l'Histoire dans une impartialité admirable, c'est-à-dire sans parti pris. Cela nous est allé droit au cœur. Que la famille Bèye, trouve à travers ces lignes, l'expression de notre gratitude !

Pour ce qui concerne les observations formulées par nos fidèles et aimables lecteurs, nous en prenons acte tout en précisant que le journaliste a aussi pour rôle de préserver l'ordre public, de protéger les mœurs. Certes, nous avons vécu le 28 février 1978, nous avons aussi la documentation nécessaire sur ces événements. Ils ont fait tellement de victimes qu'il faudrait éviter de remuer le couteau dans la plaie. Pour nous, le respect de la déontologie ne permet pas de publier les photos des chefs de famille enchaînés ou attachés, ardoise au cou. Cela n'est ni éthique ni esthétique.

Leurs familles et proches risqueraient d'être une fois de plus traumatisés, la haine pourrait s'exacerber, ce qui est loin de notre intention. Le directeur de publication du journal, Alou Badara Haïdara, en nous demandant de réaliser un dossier sur les événements du 28 février 1978, a insisté sur le respect des principes journalistiques. De n'écrire rien qui pourrait heurter la sensibilité des victimes. Voilà le contexte dans lequel nous avons commencé cet article, au mois de septembre 2020.

Ce qu'il fallait démontrer (CQFD) !

Une fois de plus nous remercions nos fidèles lecteurs, pour leur attachement à la rubrique <strong>"Que sont-ils devenus ?"</strong>

<strong>O. Roger Tél (00223) 63 88 24 23</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>In Memoriam :  Confessions inédites d’ATT (2ème partie)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/in-memoriam-confessions-inedites-datt-2eme-partie-2918373.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 01 Mar 2021 01:23:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans une interview accordée au journal le Contrat (son organe de campagne lors de la présidentielle de 2007), Amadou Toumani TOURE, décédé le 10 novembre 2020, s’était prêté à un exercice inédit de parler de lui-même : De son enfance à Mopti (son Soudou Bâbâ natal) à la présidence de la République, en passant par son parcours scolaire, sa vie de famille, de soldat... Bref, ATT avait tout dit d’ATT. Pour la postérité L’Aube revient sur cette interview inédite.</strong>

<strong> </strong>

<strong>… Monsieur le Président, dans votre parcours, il y a des lieux, des endroits, des places qui sont si chargés de signification pour vous. Si vous le permettez, nous allons évoquer quelques-uns de ces lieux, en commençant par Mopti. Qu’est-ce que Mopti pour vous?</strong>

Mopti, c’est d’abord la ville de mon enfance. C’est là qu’il y a la majeure partie de mes souvenirs d’enfance. Mopti, c’est aussi la ville du Pagai (la rivière) et du Mayo (le grand fleuve). Mopti, pour moi, c’est aussi la ville des petits métiers. Savez-vous que j’ai été apprenti tailleur ? Pendant les vacances, les enfants pouvaient s’inscrire dans le corps de métier de leur choix, et moi, j’avais choisi la couture. Mon patron vit toujours à Mopti et chaque fois que je m’y rends, je vais le voir. Mais ne me demandez pas de vous coudre une chemise car je suis convaincu que vous ne pourrez pas la porter. Mopti, également, c’est là où je suis né et c’est aussi là que j’ai grandi, que je suis allé à l’école, c’est là qu’il y a mes parents, mes amis… Mopti me rappelle les travaux champêtres.

Enfant, on partait au champ ; on a labouré, planté du riz, désherbé, transporté du riz dans le grenier familial. A Mopti, j’ai fait la pêche collective et la pêche individuelle à la ligne. Dans mon quartier, le Premier Quartier, il y avait beaucoup de bozos et de somonos.

Certains sont même mes parents… Quand j’évoque Mopti, je trouve les racines profondes de mon attachement à la terre et aux autres activités du secteur primaire. Sofara, à moins de 100km de Mopti, complète mon histoire avec Mopti. J’y ai de nombreux amis, beaucoup de souvenirs des lieux de jeux… A Sofara, j’étais plutôt éleveur. J’avais des amis des villages environnants qui étaient bergers d’occasion, je les accompagnais au pâturage, on se promenait dans la brousse. En outre, chaque jour, je devais aller au parc pour chercher l’abonnement familial de lait qui était de 2 litres. J’avais plaisir à regarder le berger traire les vaches et à boire le lait tout chaud recueilli dans la petite calebasse. Pour tout dire, l’élevage m’a beaucoup marqué. D’autre part, je suis petit fils et fils d’opérateur économique.

Moi-même, j’en connais un bout des ficelles du négoce. De Sofara, nous allions très souvent, à pied, au bord de la route bitumée. C’est un parcours de 4km, sur une route latéritique. Naturellement, nous nous cachions. A notre retour de cette randonnée pédestre, on devait aller directement à la rivière pour nous laver proprement les pieds. Il fallait éviter, à tout prix, que mon oncle sache que j’étais allé au bord de la grande route pour regarder les gros camions en partance pour San.

Vous ne pouvez pas imaginer combien j’étais heureux le jour où je suis retourné à Sofara pour donner le premier coup de pioche pour le bitumage de cette bretelle de 4 km. Si quelque chose préoccupait les populations de Sofara, c’était bien le bitumage de cette bretelle. Lorsque je me retrouve Président de la République, en train de réaliser ce vœu vieux de 30, 40 ans, cela fait particulièrement chaud au cœur. Et je me suis dit : « Tiens, j’ai relevé un défi de mon enfance».

<strong> </strong>

<strong>Bandiagara ?</strong>

Mon grand-père est de Bandiagara ; il s’appelle Boubou Sissoko. Son père s’appelait Famory dont nous reparlerons plus tard. Ma mère est de Bandiagara. Il y a une très grande famille de mes oncles et de mes tantes à Bandiagara. Je n’ai pas connu ma maman ; j’e l’ai perdue très tôt tout comme mes deux sœurs. D’elles, je n’ai que des images floues. Maman a été inhumée à Bandiagara. Plus tard, on m’a raconté que lorsque sa maladie a atteint un certain stade, on l’a amenée à Doucombo, près de Bandiagara, pour essayer des thérapies locales. Vous savez, mon père et moi, nous étions très proches et il me racontait beaucoup de choses.

Mais, il s’est toujours refusé de me parler de ma mère et de mes deux sœurs. Quand il a perdu ma mère et mes deux sœurs, ça dû être une épreuve dont il ne s’est jamais remis. Je n’ai jamais voulu lui faire de la peine en lui exigeant de me parler de ces trois personnes.

Surtout que j’ai eu, entre-temps, une autre maman qui a été particulièrement à la hauteur. C’est au courant de la première semaine d’avril 1991, alors que je venais d’arriver aux affaires, que j’ai décidé d’aller à Bandiagara voir la tombe de ma mère. Sur le chemin, j’ai averti mon père de mon projet. Je me suis rendu chez mes oncles qui m’ont accompagné sur la tombe de ma mère.

Mes oncles et mes tantes m’ont souvent rappelé que lorsque mon père a senti la disparition prochaine de sa femme, il a fait un voyage à Bandiagara au cours duquel je l’ai accompagné. De ce voyage, je n’ai aucun souvenir. Il parait que pendant ce voyage j’ai commis un acte terrible. Le chauffeur qui nous a embarqué, Mamadou Coulibaly, conduisait un gros camion de marque T45. J’étais installé entre mon père et le conducteur. Celui-ci effectuait des arrêts fréquents pour tirer sur des pintades. Il y en avait tellement à cette époque. A un moment du trajet, semble-t-il, le fusil chargé était resté coincé entre le conducteur et moi, et tout occupé à conduire, celui-ci ne s’est pas aperçu que j’avais pressé sur la détente. Et le coup est parti ! Il parait que ce bon monsieur Coulibaly a crié : « Mais Toumani, prends ton enfant sinon il va nous tuer ». De cet incident aussi, je n’ai aucun souvenir. Mais le plus important, c’est que nous sommes partis à Bandiagara. Ma mère m’a vu, m’a touché et on s’est séparés. Ce fut la dernière fois que je l’ai vue. Depuis, chaque fois que je suis dans les environs, je fais un pèlerinage sur sa tombe que certains de mes amis sur place ont aménagée. J’y vais maintenant une fois par an. Souvent, j’y vais en famille.

Pour être complet sur Bandiagara, il faut rappeler l’épopée de Famory Sissoko, le grand père de ma mère. C’était un résistant enrôlé très jeune dans l’armée d’El hadj Omar Tall.

Aux dires de ceux qui l’ont connu, c’était une personne très impétueuse, de l’âge de certains enfants d’El hadj Omar. Il venait de Logo Sabouciré, dans la région de Kayes. Logo Sabouciré, il faut le rappeler, est très célèbre dans l’histoire de la conquête coloniale du Soudan pour être la porte d’entrée des troupes françaises vers 1878. Le père de Famory a été tué lors des tout premiers affrontements entre les troupes coloniales et celles de la résistance. Par reconnaissance ou par amitié pour El Hadj Omar Tall, le jeune Famory a été confié au grand résistant. Il a gravi tous les échelons de l’armée toucouleur jusqu’à atteindre le grade de général. Famory est le fondateur de la lignée de mes oncles à Bandiagara.

Un jour, je vais à Bandiagara. J’étais ancien chef d’Etat engagé dans la lutte contre la dracunculose. Une équipe japonaise arrive pour faire des forages dans la zone de

Bandiagara. Un village est choisi au hasard pour accueillir le premier forage. J’arrive et embarque mon oncle pour aller sur les chantiers. On est dans un petit village à environ 5- 6 km de Bandiagara. Moi-même, j’inaugure le forage. A un moment, mon oncle me prend de côté et me dit : « Sais-tu où nous sommes ? ». Non ! « Ici, c’est Saré Famory, me dit-il, le village de Famory. C’est là qu’il y avait le poste avancé de l’Etat-major de Famory, en charge de l’une des quatre grandes portes qui assuraient la sécurité de

Bandiagara ». Mon oncle me demande aussi comment

se fait-il que j’ai choisi ce village. Je lui réponds que c‘est pur hasard et que dans cette affaire, je n’avais strictement rien décidé. On a chahuté ensuite et on est repartis. C’est dire que parfois, tout ne peut être pur hasard, il y a souvent la main du destin.

<strong> </strong>

<strong>Tombouctou ?</strong>

A un certain moment de mon enfance, il semble que mon père me choyait un peu trop. On peut le comprendre, c’est humain qu’il porte beaucoup d’affection sur moi suite à la disparition de ma mère et de mes deux sœurs. Mes oncles et mes tantes en ont pris conscience et se sont dit : « Si nous ne séparons pas Amadou et Toumani, celui-ci ne sera rien dans la vie». C’est ainsi que mon oncle Amadou Sissoko, instituteur de son état est venu me chercher pour Tombouctou.

Aujourd’hui, j’ai beaucoup d’amis à Tombouctou tels l’imam de la mosquée de Djingareber, Tidiane Ascofaré et bien d’autres. Pour tout vous dire, la plupart des notables de cette ville sont mes amis d’enfance.

Pour la petite histoire, lors d’un de mes voyages à Tombouctou, en tant que Président de la République, j’ai retrouvé ma classe et la place que j’occupais à l’Ecole Régionale. Par contre, je ne suis pas sûr que le table-banc était le même. Ce jour-là, par coïncidence, il y avait une opération de restauration de l’école et vous imaginez bien que j’étais heureux de participer à l’opération en apportant ma modeste contribution.

Tombouctou, c’était l’adolescence. On était à la fin des années cinquante.

Le commandant de cercle était français. Il y avait un camp militaire et des unités coloniales françaises sur place. La mosquée de Djingareber séparait notre maison du camp. L’une de mes attractions, c’était d’aller au camp. Pour ce faire, je me suis même débrouillé pour avoir des amis parmi les enfants de militaires. J’y allais donc régulièrement.

L’allure du camp exerçait sur moi une grande fascination. Les soldats étaient des gens biens habillés, costauds et aimant l’ordre. Chaque fois que je le pouvais, j’assistais à la relève de la garde. A partir de là s’est forgée une vocation, celle du métier des armes. Tombouctou, dans ma vie d’adolescence, m’a laissé une grande marque d’amitié. En plus, c’est là aussi que j’ai appris à parler la langue sonrhaï.

<strong> </strong>

<strong>Riazan ?</strong>

Riazan est une étape importante dans ma formation militaire. J’étais au Bataillon de Commando Para à Djicorono et il a été décidé que j’aille faire un cours supérieur à Riazan.

C’est une des plus grandes écoles de parachutisme au monde. Le Général Lebed et la plupart des généraux soviétiques sont des produits de Riazan. Là, j’ai fait un cours supérieur de Commandant de Compagnie, de Chef de Bataillon et aussi, tout naturellement, de saut en parachute. Je suis resté deux années. L’hiver y est particulièrement rude et nous pratiquions le ski. Je reste très lié à cette école. D’ailleurs, chaque fois qu’une délégation russe arrive au Mali, l’école de Riazan s’arrange toujours pour m’envoyer un petit souvenir. Une fois, une télévision russe est même venue à Bamako pour s’entretenir avec moi sur mon passage à Riazan.

&nbsp;

<strong>Pratiquez que vous le russe ?</strong>

Pas bien, j’avoue ! Je n’ai pas l’occasion de pratiquer très souvent et forcément j’oublie. Mais quand on parle russe à côté, je comprends.

Les jours où je suis inspiré, je peux même aligner quelques mots. Pour la petite histoire, lorsque j’ai rencontré la Secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, nous avons échangé quelques mots en anglais, mais ça n’a pas franchement marché.

Mais dès qu’on a essayé le russe, alors là, on s’est compris tout de suite. Je parle mieux le russe que l’anglais.

A Riazan, j’ai rencontré beaucoup d’officiers venant d’Iran, d’Irak, du Viet-Nam, de la Chine, du Congo, de l’Angola, de l’Ouganda… L’Union Soviétique, il faut le dire, a joué un rôle de premier plan dans la formation des cadres militaires et civils de nos pays. Chaque fois que je rencontre une délégation russe, je ne manque pas de lui dire combien ce beau pays nous a rendu service.

Prenons le Conseil des Ministres du Mali et voyons autour de la table le nombre d’anciens de l’Union Soviétique. Et même dans mon propre cabinet. C’est impressionnant !

A suivre…

<strong>Propos recueillis</strong>

<strong>par Diarra Diakité</strong>

<strong>(Le Contrat N<sup>o</sup> 20 du jeudi 07 juin 2007)</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Un jour une  histoire :  28 février 1978 &#45; 28 février 2021, il y a 43 ans : La &amp;quot;Bande des trois&amp;quot; sous l&amp;apos;éteignoir</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/un-jour-une-histoire-28-fevrier-1978-28-fevrier-2021-il-y-a-43-ans-la-bande-des-trois-sous-leteignoir-2918225.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 27 Feb 2021 02:13:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le Comité militaire de libération nationale (CMLN) sous l'orage</strong>

<strong><em>Le 28 février 1978, la cohésion et la complicité au sein du Comité militaire de libération nationale (la junte qui a renversé le régime socialiste du président Modibo Kéita) volent en éclats à la suite de l'arrestation de ses hommes forts, surnommés la "Bande des trois" (Tiécoro Bagayoko, Kissima Doukara, Karim Dembélé). Cela a occasionné un véritable orage dans la capitale avec son lot d'interrogations parce que personne ne s'y attendait. La réalité était que le président Moussa Traoré venait de se débarrasser de ses camarades qui, à son analyse, entravaient sa conduite des affaires de l'Etat. Q</em></strong><strong><em>u'est-ce qui a réellement provoqué cette rupture entre ces compagnons d'arme qu'on croyait inséparables ? Comment les arrestations ont été opérées ? Les procès ? Les propos contradictoires des bourreaux et des complices ? Quarante-trois ans après et dans le souci de nous remémorer l'Histoire du Mali, nous revenons sur ces événements qui ont constitué  un tournant décisif et déterminant pour la suite du régime de Moussa Traoré.</em></strong>

Le point de départ de la discorde entre les membres du CMLN, fut la réunion du 6 janvier 1978. Pourquoi et comment ? D'habitude le président Moussa Traoré discutait avec Tiécoro Bakayoko dit Django et Kissima Doukara avant chaque remaniement ministériel. Mais personne n'était au courant d'un mouvement gouvernemental ce 6 janvier. Kissima devait quitter le ministère de la Défense, de l'Intérieur et de la Sécurité pour celui des Transports et des Télécommunications, Karim Dembélé irait aux Affaires Etrangères, ainsi de suite.

Le président Moussa Traoré, juste avant la réunion s'est confié à Charles Samba Sissoko. Celui-ci rendra compte au duo de choc Tiécoro-Kissima. Le ministre de la Défense, de l'Intérieur et de la Sécurité, très furieux, décida aussitôt de retourner à Kati pour se préparer. Django, lui fera alors savoir que son absence à la réunion serait mal interprétée. Par prudence, ils demanderont au commandant de la Compagnie para, le capitaine Sounkalo Samaké (ami inséparable de Tiécoro Bagayoko) de prendre des dispositions de sécurité.

Cette intention du président Moussa Traoré a fait l'objet d'une bombe dans le cœur de la <strong>"Bande des trois"</strong> et venait confirmer le malaise qui couvait au sein de l'organe dirigeant militaire. Lors de la réunion, le président après avoir planté le décor, fit une proposition rejetée par une contre-proposition de Tiécoro Bagayoko. Les débats se sont poursuivis et à un moment donné, Kissima a attiré l'attention du président sur l'heure de la prière. Une pause est intervenue. Elle a permis aux frondeurs de se construire une majorité.

A la reprise, les débats n'ont pas permis de s'entendre et finalement un vote s'en suivra. Un exercice qui mit le président en minorité, avec comme conséquence le maintien de Kissima Doukara à son poste de ministre de la Défense, de l'Intérieur et de la Sécurité. Les rancunes ont pris forme surtout qu'à la pause Moussa Traoré a été surpris de voir un dispositif de la Compagnie para pour cerner la réunion. Pour s'assurer de la position et de la loyauté de Sounkalo Samaké, le président lui a demandé si sa présence à la réunion avec un tel dispositif était spontanée ?

Le capitaine Sounkalo Samaké répondra oui. Mais après recoupement Moussa Traoré s'est rendu compte qu'il était là sur ordre de son ami Tiécoro Bagayoko. Cette attitude du commandant de la Compagnie para confortera le président dans ses analyses, avec un détail très important : la complicité entre Tiécoro et Sounkalo par rapport à ce qu'il soupçonnait, la déstabilisation de son pouvoir.

De plus, des tracts sur le couple présidentiel avaient circulé avant la réunion du 6 janvier 1978. Le président Moussa Traoré savait que Charles Samba Sissoko était au courant des intentions de ses camarades. Il savait également que Kissima Doukara avait chargé Tiécoro d'informer Charles Samba qu'il dirigerait la junte à l'issue du coup d'Etat (le capitaine Sounkalo Samaké dans son livre <strong>"Ma vie de soldat"</strong> a confirmé cette hypothèse, mais sous une autre forme).

Mieux Moussa savait aussi que ses adversaires ont été informés par Charles de son intention lors de la réunion du 6 janvier. Ce qui a fait échouer son plan. Enfin durant tout ce temps, Charles Samba n'a pas pris son courage à deux mains pour informer le président Moussa Traoré.

A la lumière de toutes ces analyses et preuves réfutables, le président Moussa Traoré s'est fait  une idée sur la conduite à tenir pour neutraliser les frondeurs. Il s'est montré patient jusqu'à ce mardi 28 février 1978. Entre-temps, les relations entre les héros du 19 novembre 1968 s'étaient tellement détériorées que l'enfant de Séfétou dut passer à la vitesse supérieure, appuyé par un certain Youssouf Traoré.

<strong>Les arrestations</strong>

Dans cette même rubrique, le colonel Youssouf Traoré nous a dit que c'est le lundi 27 février 1978 au soir qu'ils ont eu l'information que la <strong>"Bande"</strong> de Tiécoro envisageait de renverser le pouvoir, le 3 mars. Après un entretien téléphonique avec le président Moussa, il a été décidé de tirer toutes les conséquences de cette information. Youssouf a envoyé le gardien du Comité au marché pour acheter pour 2000 francs maliens (1000 F CFA) les cordes qui allaient servir à ligoter leurs adversaires.

Le mardi 28 février 1978, Moussa Traoré appela un à un ses compagnons. Le colonel Youssouf avait préparé de jeunes militaires, ceux-ci surgissaient pour surprendre celui dont le tour était arrivé. Avant midi, les ténors avaient été arrêtés et mis aux frais. Charles Samba Sissoko qui était en mission, sera cueilli de retour à son bureau par Youssouf Traoré et de jeunes soldats. Ensuite ce fut la purge à plusieurs niveaux, notamment les commissaires de police.

Et sans surprise Kissima Doukara et ses compagnons cassés de leurs grades sont renvoyés devant la Cour spéciale de sureté de l'Etat (CSSE), pour un procès qui a duré du 18 au 21 octobre 1978  avec comme ministère public Alassane Bèye. Face à lui une pléiade d'éminents avocats menée par Me Demba Diallo.

<strong>A quoi pouvait ressembler ce procès ?</strong>

L'éminent avocat français Jacques Vergès, militant politique et écrivain franco-algérien dans son roman "De la stratégie judiciaire" a dit que les procès quels qu'ils soient au pénal peuvent être rangés en deux grandes catégories : le procès de connivence et le procès de rupture. Le procès de connivence est le procès courant où les magistrats et les avocats sont décidés à jouer le jeu, avec comme verdict une sanction légère afin de permettre à l'inculpé de se ressaisir pour retrouver sa société. Le procès de rupture est celui de la cassure irréparable, où on ne cherche pas d'arguments, mais éliminer l'adversaire, comme le procès de Louis XVI en France.

Ce procès de la <strong>"Bande des trois"</strong> appartenait à quelle catégorie ? L'introduction du réquisitoire du ministère public a suffi pour comprendre qu'il s'agissait plutôt d'un procès de cassure. Parce qu'il ressort du dossier d'enquêtes que  la bataille juridico-judiciaire avec les avocats de la défense ne serait pas facile. Et cela pour trois raisons : la gravité singulière des faits (attentat contre le gouvernement légal de la République, complicité d'attentat, non dénonciation calomnieuse, provocation d'attroupement), les fonctions particulières importantes des accusés, la dégradation de l'image d'un officier digne de ce nom.

Il est évident que si la défense estime que les faits accablent ses clients, elle peut plaider coupable et demander des circonstances atténuantes. Dans le cas contraire, elle se met dans la peau des accusés, c'est-à-dire entrer en collusion avec eux pour démonter les éventuelles élucubrations de l'accusation.

Mieux le ministère public aussi peut requérir à décharge, en concluant que ses services ont mal travaillé. A défaut de s'entendre sur l'essentiel, c'est-à-dire la manifestation de la vérité, chaque partie dans ce procès sort la grosse artillerie pour gagner cette bataille juridique.

Après trois jours de débats contradictoires, émaillés de passages à la barre des accusés, de confrontations, le ministère public Alassane Bèye prit la parole pour ses réquisitions, introduites par des observations liées à la qualité de sa voix. L'extinction de voix qui l'a frappé à vingt-quatre heures de sa prise de parole, a selon lui été mal interprétée, par la défense. Laquelle estimait qu'il n'est pas très sûr de pouvoir bien enfoncer ses clients.

Certes, il ne criera pas pour porter sa voix, mais il va la trainer jusqu'au bout. Cependant, vu l'importance, l'affluence et l'intérêt suscité par ce procès, il a souhaité qu'un tel procès ne puisse pas se tenir dans une telle salle à l'avenir. Raison pour laquelle il a exhorté les autorités à doter la justice malienne d'infrastructures dignes de ce nom.

A peine a-t-il terminé ses propos que l'un des avocats lui répliquera, en dénonçant sa position assise et l'obligera à solliciter l'autorisation de la Cour. Le ministère public qui a compris que les hostilités venaient de commencer, s'en référa au président pour qu'il soit dispensé de la station débout. Ce qui lui permettra d'avoir une différence entre la clarté de son esprit, et la faiblesse de son corps, malheureusement appréciée par la défense, dont il rappelle les propos discourtois tout en assurant qu'il tiendra bon pour asseoir son accusation.

D'emblée il a soutenu que le Mali de par son passé historique n'a pas besoin de se refermer sur lui-même, pour organiser un procès à huis clos, un jugement escamoté, des exécutions sommaires, contrairement à d'autres pays dont les pratiques dans des genres de situations sont connues. Toutes les presses ont été admises dans la salle, parce que le Mali ne veut rien cacher, malgré la gravité des faits.

L'avocat général a ensuite martelé que la loi permet aux accusés de mentir pour se défendre, mais regrettera qu'ils ont eux-mêmes compromis leur honneur, leur liberté et leur tête, à travers leurs actions subversives. De façon péremptoire, il mit en garde tout avocat du Barreau malien, qui, par son silence, sa duplicité renouvelée, se tairait ou ne viendrait pas au secours de la Cour pour faire avouer à son client que tout s'est passé conformément à la loi depuis la phase de l'instruction. C'est-à-dire qu'il n'y a pas eu de torture, ni de pression pour extorquer les aveux.

<strong>DE QUOI S'AGIT-IL ? </strong>

S'interrogera-t-il. Des infractions et d'événements prévus et punis par la loi. Alors commença pour le ministère public le fond de ses réquisitions qui consistèrent à démontrer le degré d'implication de tous les accusés. Il n'a épargné personne dans ce procès. En s'appuyant sur les procès-verbaux, l'aveu des inculpés, les recoupements faits par-ci par-là, qui collent aux faits, en analysant en amont la tension qui a régné au sein du CMLN.

Le représentant de la société a détaillé les faits. Il ressort de son réquisitoire que Kissima Doukara a contacté des officiers. D'abord Boureima Maïga à qui il rappela le nombre d'engins lourds de l'armée malienne en fonction, et lui dit qu'il envisage une action. Donc, il lui a instruit d'augmenter la quantité des BRDM confiés à un autre officier Lamine Kéita. Le fait d'avoir exécuter les ordres du ministre de la Défense est suffisant pour le ministère public pour conclure que Boureima Maïga est complice et coupable.

Quarante-huit heures après, toujours selon Alassane Bèye, Kissima Doukara a vérifié au niveau de Lamine Kéïta l'état d'exécution de ses instructions. Une fois de plus, il a dévoilé ses intentions. Ce denier au lieu de prendre son courage à deux mains pour informer le président Moussa Traoré de ce qui se tramait, a préféré envoyer des émissaires au président pour une médiation entre les protagonistes, ce qui n'a pas permis de concilier les positions tranchées des deux clans.

Pis, Lamine Kéita a rencontré le capitaine Sounkalo Samaké à l'Etat-major et apprendra par ce dernier que Kissima dit toujours d'attendre, malgré la disponibilité de sa compagnie. Face aux différents chefs d'Etat-major (Mamadou Mariko, Abdoulaye Diallo dit Dax, Alou Traoré), le ministre public a soutenu mordicus que Kissima leur a dit que le président ne l'aime plus, qu'il ne bénéficie plus de sa confiance, ajoutant que c'est fini entre eux mais que la guerre n'est pas finie. Et de marteler : <strong><em>"Si un jour le malheur fait que je parte de ce département, vous serez tous relevés".</em></strong>

Cette déclaration était un alibi pour le ministre de la Défense pour embarquer ses acolytes. Bref, le ministère public s'est battu pour asseoir son accusation. Il a démontré comment Kissima a tissé sa toile avec les moyens de l'Etat, auprès des officiers et sous-officiers pour les préparer à son intention, c'est-à-dire la déstabilisation des institutions de la République. Raison pour laquelle, il l'a accusé d'avoir entraîné ses compagnons d'armes qui lui faisaient confiance dans cette galère de désespoir et de misère. Il le qualifiera de tonneau vide, d'officier qui cache son incompétence par l'arrogance.

L'angle d'attaque du ministère public pour asseoir ses accusations contre Tiécoro Bagayoko, (ancien directeur des services de sécurité) fut cette réunion du 22 février 1978 qui a réuni tous les commissaires de police du district de Bamako et le directeur de l'aéroport, également un policier. Selon l'accusation, cette rencontre qui a eu lieu à l'Ecole nationale de police a servi de cadre pour Tiécoro, pour informer d'une part ses lieutenants de la situation délétère qui existait désormais au sein du Comité militaire de libération nationale. D'autre part, de préparer la riposte sous la forme d'un coup d'Etat.

Sur ce point précis, le commissaire du 2e arrondissement, Yacouba Coulibaly nous a dit dans cette même rubrique qu'il n'a pas participé à cette réunion. Et le fait d'avoir été accusé par Moussa Traoré d'être le chef du peloton d'exécution est une contre vérité. Il s'est dit victime de ses relations d'amitié avec le directeur des services de sécurité.

Selon le ministère public, le tort des commissaires ne réside pas dans la participation à une telle réunion, mais leur silence coupable par rapport aux intentions de leur patron relative à la déstabilisation des institutions de la République.

De façon individuelle, Alassane Bèye a étalé le rôle de tous ceux-ci qui ont participé à la fameuse réunion du 22 février 1978.

Pourtant, l'ancien directeur des services de sécurité s'est comporté en responsable, en disculpant ses subalternes, comme pour dire qu'il est seul responsable des accusations formulées par le ministère public. Mais celui-ci n'a pas porté de gants pour étayer son accusation, et a même demandé au président de la Cour, de contraindre Tiécoro Bagayoko à présenter ses excuses pour des propos discourtois lors de son passage à la barre à l'endroit d'un ministre de la République. La réplique de l'ancien directeur des services de sécurité ne s'est pas fait attendre, face à ce qu'il considérait comme une attaque à son endroit. Il a fallu l'intervention du président de la Cour pour mettre fin à cette altercation entre Tiécoro et le ministère public.

Au bout de quatre heures d'horloge le procureur Alassane Bèye conclut que s'il pouvait exister dix peines de mort, il les aurait requises. Du coup, il requit la peine capitale contre l'ancien ministre de la Défense, Kissima Doukara. Pour les autres accusés il ne s'est pas prononcé sur leur peine. Mais demandera plutôt à la Cour de leur appliquer une sentence, à la mesure de leurs forfaits conformément à la loi.

Après ce réquisitoire de l'avocat général, la défense est montée au créneau pour les différentes plaidoiries et apportera une réplique aux accusations de son adversaire sur le prétoire. Premier intervenant, Me Demba Diallo, qui pour la première fois et en vingt-cinq ans d'expérience s'est présenté à la barre avec des notes d'audience parce qu'il mesurerait l'ampleur et toute la gravité de la situation. Autrement dit ce procès était loin d'être une affaire banale. Il soutiendra que le réquisitoire du ministère public n'entamera en rien la détermination de la défense qui ira jusqu'au bout pour tirer ses clients d'affaire.

D'entrée de jeu, il a souligné qu'il n'est un secret pour personne, que quelle que soit la gravité d'une affaire, et plus particulièrement en des circonstances qu'il vit, les rumeurs et les clameurs de la cité doivent être éteintes à l'entrée du prétoire. Pour la défense, elles se sont tues, elle les ignore et les ignorerons délibérément pour ne faire que son devoir, pas trop aisé. Il sollicita avec émotion la plus grande indulgence de la Cour.

Parce qu'il devait avec des maillons fragiles, humains défendre la dignité, l'honneur, la liberté et la vie d'êtres humains comme lui. Me Demba promit de ne pas faire quatre heures, mais se battra de son mieux pour défendre ses clients, en apportant le maximum d'eau au moulin de la Cour. Afin qu'au secret de sa délibération elle sache qu'en chaque être humain, il n'y a que du mal. Plutôt des traits de lumière et d'ombre. Et c'est en cela que se justifie la profession d'avocat, qui est parfois très ingrate.

Selon Me Demba, en tant qu'avocat il n'est pas là pour abuser des hommes qui ont les mêmes expériences et les mêmes connaissances que lui, et qui ont des cœurs d'hommes derrière les uniformes et les robes. Mais pour aider la Cour dans sa difficile mission de juger ses semblables. C'est ainsi qu'il renouvela sa confiance au juges, tout en regrettant que l'avocat général n'a pu rien démontre pour justifier ses poursuites. Il a défendu vaillamment individuellement ses clients avec des argumentations juridiques solides, et des démonstrations pour conclure que Kissima Doukara est à la barre pour sa mauvaise réputation et non pour un complot. Et cela est regrettable.

Me Demba finit sa plaidoirie par un cri de cœur, par rapport à la peine de mort requise contre son client Kissima Doukara. Il martèlera que la peine de mort est en train de disparaître dans le monde. Qu'en conséquence, le Mali un pays de vieille tradition, connu pour sa courtoisie, son hospitalité, ne devrait pas aussi tomber bas. Pour lui la peine de mort est indigne de notre pays. Sera-t-il entendu par la cour?

A sa suite d'autres avocats à l'image de Me Assane Sèye ont également joué leur partition pour convaincre les jurés à ne pas suivre l'avocat général dans sa logique de faire condamner leurs clients, dont il n'a pu démontrer au sens réel du terme leur culpabilité.

En un mot, tous se sont battus pour sauver la tête de leurs clients. Mais hélas ! Le verdict tel un couperet est tombé au bout de quatre jours de procès. Les peines sont lourdes  : peine de mort pour Kissima Doukara et Tiecoro Bagayoko, vingt ans de travaux forcés pour Karim Dembélé, le Compol Yacouba Coulibaly, quinze ans de  travaux forcés,  le capitaine SoungaloSamaké  dix ans de travaux forcés, les chefs d'Etat-major de l'armée de Terre et de la Gendarmerie écopent respectivement de cinq et dix ans d'emprisonnement, Charles Samba Sissoko prend cinq ans de travaux forcés……….

Ils comparaitront une deuxième fois devant la même CSSE, pour crimes économiques. Le jugement s'est tenu à Tombouctou les 8 et 9 mars 1979, avec une nouvelle peine de mort pour Kissima Doukara, 20 ans de travaux forcés pour Joseph Mara (il était le président de la Commission de lutte d'enrichissement illicite, mise en place pour traquer ses anciens compagnons. Malheureusement il se fera prendre banalement et les accompagnera d'ailleurs durant leur séjour à Taoudénit), 10 ans de travaux forcés pour Karim Dembélé, 5 ans pour Tiécoro Bagayoko. Tous les biens des condamnés seront confisqués.

Après ces deux procès tous les détenus à l'exception des femmes ont été transférés à Taoudénit sous une haute sécurité commandée par le lieutenant Lamine Diabira. En ces lieux régnait un homme du nom de lieutenant Almamy Niantao.

Les livres <strong>"Le Chemin de l'honneur"</strong> de Guédiouma Samaké, <strong>"Dix ans au bagne de Taoudénit"</strong> de Samba Sangaré, "Ma vie de soldat" du capitaine Sounkalo Samaké et le reportage de notre confrère de l'ORTM Sory Ibrahim Kéita sur le bagne Taoudénit suffisent pour comprendre que le Comité militaire de libération nationale avait créé ce centre de détention pour uniquement éliminer ses adversaires. Beaucoup de détenus y ont péri en effet. Ceux qui ont eu la chance de retourner, ont trainé les séquelles de cette détention  jusqu'à leur mort.

Quoi qu'il en soit, ce divorce entre les membres du Comité militaire de libération nationale fut regrettable. Aucun commentaire, aucune motivation ne pouvaient justifier cette guerre fratricide entre des gens qui sympathisaient dans le bonheur et dans le malheur. Ils sont devenus des ennemis mortels. La justice ne pourrait pas du tout les unir, mais elle a contribué à creuser le fossé entre eux. Raison pour laquelle nous avons posé dès le début la question de savoir à quoi ce procès pouvait ressembler.

Il a été celui de la cassure, comme écrit dans le livre de l'éminent avocat français feu Jacques Vergès. Même les enfants sont entrés dans la danse. Bref, c'est le désamour, la haine entre les parents des protagonistes. Au décès du président Moussa Traoré, des enfants de certaines victimes de son régime ont animé les réseaux sociaux avec des messages <strong><em>"On peut être le premier à aller à Ségou mais tout le monde ira à Ségou".</em></strong>

Une mise en évidence du degré de haine qui frémit toujours dans les cœurs. Hélas !

<strong>O. Roger Tél (00223) 63 88 24 23</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Tiéoule Mamadou Konaté, Mandé Sidibé, Amadou Toumani Touré (ATT), Soumaïla Cissé : L&amp;apos;étoffe des héros</title>
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<pubDate>Sat, 16 Jan 2021 01:53:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le Dr. Hamed Sow est reconnu comme un des meilleurs économistes du Mali et un de nos grands intellectuels qui fait l'unanimité sur sa compétence. Ancien Directeur général du CDE (UE-ACP à Bruxelles), Conseiller technique principal de la Banque Mondiale, Expert détaché auprès de la Commission européenne à Bruxelles,  il est le principal auteur du PDES, le programme du président/candidat ATT à la présidentielle de 2007. Ancien ministre et conseiller spécial de ATT, son témoignage sur son mentor et ami, disparu le 10 novembre 2020, était attendu. Votre hebdo vous le livre, avec en plus le témoignage sur 3 autres personnalités qui ont marqué l'auteur. Lisez "l'Etoffe des Héros" : c'est palpitant.  </em></strong>

Quand les historiens écriront la récente histoire politique du Mali et qu'ils voudront bien me consacrer une infinitésimale partie, dites-leur que j'ai eu la chance de marcher à côté de géants leaders du Mali. Comme disait Ulysse dans l'Odyssée grecque, après la destruction de Troie grâce à sa ruse (Cheval de Troie) : <strong><em>"Les hommes se lèvent et tombent comme des blés d'hiver. Mais leurs noms ne disparaissent jamais…"</em></strong> Si lui, Ulysse a marché auprès d'Hector, d'Achille, d'Agamemnon... des Dieux des Âmes et des Hommes, moi aussi, dans un autre temps, dans un autre monde, toute proportion gardée, j'ai eu la chance de faire un petit chemin avec des Grands Fils du Mali, quatre Grands Hommes que la future génération devrait apprendre à connaître.

[caption id="attachment_2912245" align="alignleft" width="235"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2021/01/Tieoule-Konate.jpg"><img class="size-medium wp-image-2912245" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2021/01/Tieoule-Konate-235x300.jpg" alt="" width="235" height="300" /></a> Tieoule Mamadou Konate[/caption]

Tiéoulé Mamadou Konaté : fils de Mamadou Konaté, (un des pères fondateurs du futur Mali, cofondateur du RDA, avec son ami Félix Houphoutët-Boigny) fut un des 1ers Gouverneurs de la Banque Centrale du Mali, PDG de la BDM, ministre de l’Economie et des Finances. Ensuite, il entama une carrière internationale : Secrétaire Général du Groupe des ACP à Bruxelles et Directeur de la CNUCED à Genève. Il a contraint Alpha Oumar Konaté (AOK) ....

1-TMK c'était du "ADO" d'un temps avant. Orthodoxie budgétaire, investissement dans les infrastructures et transformation des productions locales étaient les piliers de son programme de relance de l'économie malienne. En tant qu'un des principaux auteurs de son projet de société 1992, nous préparions la présidentielle de 1997 avec beaucoup d'espoirs, AOK, étant entre-temps miné par les crises scolaires et politiques. Beaucoup des jeunes leaders, et non des moindres, étaient prêts à constituer un front uni contre le pouvoir Adéma et Tiéoulé aurait pu gagner la présidentielle et la destinée du Mali aurait pu prendre une autre direction. Fauché à 62 ans, un 27 octobre 1995, par un accident sur la route Markala-Chouala, Dieu en a décidé autrement. Et nous l'acceptâmes.

<strong>Mandé Sidibé :</strong> fils du fameux Capitaine Mamadou Sidibé, vrai galonné de l'Armée française, qui a donné au Mali deux fils, Premiers ministres : Mandé et Modibo. Mandé, le grand frère, fut l'économiste, le haut cadre du FMI et de la Bcéao, le plus proche collaborateur d'Alassane Dramane Ouattara (ADO) dans les institutions citées, mais aussi son grand ami. La fin de son mandat de directeur national de la Bcéao mis fin à la première partie de sa carrière : l'internationale.

[caption id="attachment_2816350" align="alignleft" width="480"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2019/04/MANDE-SIDIBE.jpg"><img class="size-full wp-image-2816350" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2019/04/MANDE-SIDIBE.jpg" alt="" width="480" height="510" /></a> Mandé Sidibe[/caption]

Après sa retraite, Mandé accepta de mettre son expérience au service de son pays en acceptant  d'être conseiller spécial d'Alpha Omar Konaré, ensuite son Premier ministre. Il redressa l'économie nationale après la boulimie dépensière de son prédécesseur, qui quelques années plus tard confirmera ses frasques avec le triste palmarès de<strong> "Président le plus dépensier"</strong> que le Mali n'a jamais connu et n'en connaitrait pas de sitôt.  Reconnaissant les mérites de son Premier ministre et voulant introduire une dose de technocratie dans le tout politique du Mali d'alors, AOK chercha à passer le flambeau à son second de l'exécutif. C'était sous-estimer la pugnacité des barons de l'Adéma, qui éjectèrent la candidature de Mandé.  Candidat indépendant, méconnu des Maliens, refusant les compromissions politiques, Mandé fut lourdement battu lors de la présidentielle de 2002, ironie de l'histoire par ATT et Soumaïla Cissé. Lorsque je vins voir Koro après l'élection, il me tint les propos suivants : <strong><em>"Hamed, moi j'ai fini avec la politique active. Je compte contribuer au développement d'Ecobank (dont il finira par être PCA) et créer une fondation pour aider les jeunes entrepreneurs (du Tony Elumelu avant la lettre). Par contre, poursuivit Mandé, toi Hamed, tu as encore beaucoup à apporter à ton pays. Tu devrais rencontrer le nouveau président".</em></strong> A ma réplique sur le fait que je ne connaissais pas bien le nouveau locataire de Koulouba, il appela aussitôt son jeune frère Modibo Sidibé, fraîchement nommé secrétaire général de la présidence, pour obtenir pour moi une audience auprès d'ATT. Ainsi naissait un vendredi de septembre 2002, dans le petit salon Tombouctou de la présidence, une profonde amitié que seule la mort allait y mettre fin en cette horrible année 2020. De ma petite carrière politique, je pourrais dire que Mandé Sidibé en fut l'initiateur et ATT le développeur.

Au moment où je travaillais sur la Fondation des jeunes talents de Mandé et commençais en engranger quelques succès en termes de mobilisation des ressources, Dieu, toujours à la commande, avait arrêté une issue tragique pour nous. Nous sommes le 25 août 2009 au <strong>"The Mira Hong Kong Hotel"</strong>, celui-là même où séjourna Edward Snoden, le lanceur d'alertes qui releva que la NSA américaine mettait sur écoute tous les décisions-markers et même de simples citoyens du monde entier. Il est 13 heures locales - 6 heures à Paris. Je déjeune avec des hommes d'affaires chinois, lorsque mon téléphone sonne : au bout du fil mon jeune ami, Issa Zan Traoré, celui-ci même qui m'avait présenté à Mandé en 2006, et qui me dit : <strong>"Hamed, Koro est parti"</strong>. Pas besoin d'en dire plus. Je savais que Mandé suivait des interventions lourdes à l'hôpital Américain de Neuilly-Paris, à cause de ses yeux. Un accident cardio-vasculaire s'était produit lors de la dernière opération chirurgicale. Je pris congé de mes partenaires chinois, appela Modibo et Nana son épouse pour les premières condoléances, sauta dans le 1er avion Hong Kong-Dubai, ensuite Dubai-Paris - et me retrouva dans l'avion qui ramena le corps de Paris à Bamako, avec Modibo, Nana, les filles, ainsi que l'ami de toujours le Togolais Gervais Koffi Djondo, fondateur d'Ecobank, avec le Nigérian Ayedemi Lawson. Le 27 août 2009 nous enterrâmes le grand frère Mandé au cimetière d'Hamdallaye. Dieu en avait décidé ainsi. Nous l'acceptâmes.

<strong>Amadou Toumani Touré dit ATT.</strong> Pendant longtemps ATT fut un mystère pour moi. J'étais surpris par le nombre de mes amis qui se disaient proches de lui. Comment cet officier général pouvait susciter autant d'empathie et d'admiration auprès de bon nombres d'amis et de connaissances intellectuels.

[caption id="attachment_2727816" align="alignright" width="480"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/12/Att-dakar.jpg"><img class="wp-image-2727816 size-full" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/12/Att-dakar.jpg" alt="L’ancien président malien Amadou Toumani Touré dit ATT" width="480" height="268" /></a> L’ancien président malien Amadou Toumani Touré dit ATT (Photo capture d'écran RTS)[/caption]

Dès notre premier entretien, j'ai trouvé la clé du mystère : cet homme était un communicateur hors pair. A peine rentré dans la salle Tombouctou de la présidence, il s'est mis à parler avec un vif enthousiasme : <strong><em>"Hé Hamed, enfin j'ai le plaisir de te rencontrer. Je voulais que nous puissions déjeuner ensemble demain à midi. Modibo me dit que tu dois rentrer ce soir à Bruxelles à cause de la grève d'Air France qui commence à minuit. Du coup, j'ai chamboulé mon agenda pour te rencontrer, même si c'est pour une demi-heure. Nous aurons d'autres occasions. J'ai appris tout ce que tu apportes comme appuis à nos entrepreneurs. C'est par la multiplication de nos actes positifs, chacun à son niveau et à sa façon que nous pourrions bâtir le Mali et laisser un bon pays à nos fils et petits-fils. Hamed, c'est ma seule ambition. Et pour la réaliser, je compte énormément sur toi". Un langage simple, sincère et profond. A la fin de la courte audience, j'avais l'impression d'avoir connu ATT de tout temps. Humble, jamais avare de compliments, ATT avait le génie de mettre ses interlocuteurs à l'aise et de leur donner le sentiment qu'ils étaient importants pour lui. Après cette première rencontre, nos relations se sont un peu distendues. Jusqu'au moment de ma candidature au poste de directeur du CDE à Bruxelles. Naturellement, il m'apportait tout l'appui politique nécessaire, même si le poste était octroyé sur une base de compétition technique. Après ma nomination, il vint à Bruxelles et fut le premier chef d'Etat à visiter la modeste institution qu'était le CDE. C'est au cours de ce voyage qu'ATT dira à Abdoullah Coulibaly : "Mon frère, je croyais que j'aimais le Mali plus que tout le monde. Mais en Hamed aussi j'ai trouvé quelqu'un qui a un très grand amour pour notre pays".</em></strong> La révélation du futur fondateur du Forum de Bamako me scella à jamais à la cause du Général. Le soir, ATT et son inséparable conseiller à la communication, Seydou Sissouma, dinèrent avec moi au Chalet de la Forêt, une des meilleures tables de Bruxelles. Vers la fin du diner, ATT m'interpella en ces termes : <strong><em>"Hamed, tu es arrivé au sommet de tes possibilités ici en Europe. Il est temps de penser à ton retour pour apporter ta contribution à l'édification de ton pays".</em></strong> Pour faire court : en décembre 2006, j'étais l'invité du président au palais de Koulouba où j'ai passé environ un mois, j'y ai travaillé sur le PDES (Programme de développement économique et social) que j'ai bouclé ensuite à Bruxelles, avec l'appui de Sissouma pour mettre le document à la portée du plus grand nombre ; j'ai ensuite été nommé dans le premier gouvernement du second mandat et j'ai fini conseiller spécial du président jusqu'au coup d'Etat de mars 2012. J'ai énormément appris auprès d'ATT. J'en ai retenu trois (3) principales leçons.

1ère leçon : se poser toujours la question de l'intérêt du Mali et des Maliens. En mai 2002, ATT est élu président de la République, avec environ 65 % des suffrages, devant Soumaïla Cissé. Quelques mois plus tard, le président élu trouvait un poste de commissaire à la Commission de l'Uémoa pour son adversaire malheureux. Vous en connaissez beaucoup de présidents qui feront ça ? Mieux, l'objectif était de faire de Soumaïla le président de la Commission de l'Uémoa, tandis que le président Wade entendait prolonger le mandat d'un Sénégalais à la tête de l'institution. 28 janvier 2003 à Dakar : tous les ingrédients sont réunis pour une confrontation Mali-Sénégal pour la présidence de la Commission de l'Uémoa. ATT se savait gagnant. C'était au temps des présidents Kérékou et Eyadema (père), des militaires exacerbés par les sorties du président Wade sur la démocratie. En outre, Tandja du Niger, Blaise du Burkina, Gbagbo de la RCI penchaient nettement en faveur du Mali ; seul Koumba Yala de la Guinée-Bissau pourrait soutenir son grand voisin sénégalais. <strong><em>"Si j'écoutais mon ego, demain 29 janvier 2003, je pourrais laisser les autres chefs d'Etat placer mon candidat à la tête de l'Uémoa. Mais dans tout ça qu'est-ce que le Mali y gagnerait ? Plus de 90 % des Maliens ne connaissent même pas l'Uémoa. Nous sommes en pleine crise ivoirienne et plus de 50 % de nos marchandises transitent par le Port de Dakar. Dans ces conditions, ai-je le droit de 'blesser' mon grand frère Wade, en le battant sur ces propres terres ? Non ! J'aime beaucoup Soumaïla, mais le Mali d'Abord".</em></strong> Un vrai Mali d'Abord.  ATT chercha alors à voir le président Wade la veille du sommet et parvint à un accord avec lui : Moussa Touré du Sénégal reste président de la Commission de l'Uémoa pendant un an, ensuite Soumaïla prendra les commandes de l'institution régionale. C'est ainsi qu'ATT fit de son challenger malheureux de la présidentielle de 2002, le président de la Commission de l'Uémoa en 2004. Et tout le monde était gagnant, mais surtout le Mali : nos marchandises continuaient à transiter par le Port de Dakar (qui fit même un effort particulier pour notre pays, sur instruction du président Wade) et nous gagnâmes finalement la présidence de l'Uémoa.

<strong>2e leçon :</strong> être à l'écoute du peuple profond. Octobre 2010. Je suis pressenti pour remplacer Modibo Sidibé à la Primature, après les cérémonies du Cinquantenaire (22 septembre 2010). Je rentre d'une tournée en Chine et en Inde pour relancer certains projets majeurs du président. Je suis aussitôt assailli par de nombreux visiteurs du soir. Tous m'exhortent à demander au président d'accélérer le changement de gouvernement, car disent-ils : ça ne va pas. Naturellement, il n'était pas question pour moi d'aller mettre une quelconque pression sur le président. Néanmoins, je lui ai posé la question sur la situation du pays, un matin frais sur les hauteurs de Koulouba : Koro, depuis mon retour de mission, les amis ne cessent de me dire que ça ne va pas. "Hamed, répliqua-t-il, je ne te demanderai pas qui sont ces amis. Je crois les connaître. Pour eux, ça ne va pas tant qu'ils ne sont pas dans le gouvernement. Vérifions quand même ce qu'ils disent. Et aussitôt d'appeler un certain Amadou Togo à Mopti. N'togoman (homo) : quelle est la situation avec les pêcheurs. Eh ! Président ! Ils sont très contents avec les nouveaux filets de pêche que vous leur avez envoyés. Ils disent que ça faisait longtemps qu'ils n'avaient pas réalisé d'aussi bonnes captures de poissons. Non ça va vraiment Président.  Ah bon répondit ATT. Quels sont les autres problèmes ?  C'est toujours le problème de transport vers Bamako, nous avons vraiment besoin d'un camion frigorifique. S'ensuivirent des échanges sur les éleveurs, sur les réparations suite aux dégâts causés par les pluies du mois d'août passé, sur le déroulement de la Coupe ATT… De Mopti, ATT atterrit à Sikasso auprès d'un certain Bandiougou (dans mes notes, je n'ai pas retrouvé son nom de famille). Ils parlèrent de la campagne cotonnière, des questions de transport avec la Côte d'Ivoire, des travaux de l'interconnexion entre Ferkessédougou (Côte d'Ivoire) et Sikasso et de bien d'autres sujets. ATT revint ensuite vers moi et dit : "Hamed, je pourrais ainsi faire le tour du Mali avec toi. C'est cela le Mali réel. Vous avez l'opinion du microcosme politique bamakois. Vous faites et défaites le pays à partir de vos salons feutrés. Moi, j'ai un échantillon d'une centaine de braves Maliens (hommes et femmes de tous âges, repartis sur tous les coins et recoins de notre immense territoire) et ce sont eux qui m'informent sur l'état réel du pays. Ce sont eux le peuple profond et ce sont eux qu'il faut toujours écouter et apporter des solutions à leurs problèmes. Hamed, je n'ai pas de parti politique. Mais, je n'ai jamais laissé d'intermédiaires s'interposer entre le peuple et moi. Je suis en contact et à l'écoute du peuple profond.

<strong>3e leçon :</strong> savoir gérer le temps. ATT m'avait informé de sa volonté de nommer un des amis au poste de PDG d'une grande banque. Je lui avais demandé l'autorisation d'informer l'intéressé afin qu'il puisse se préparer pour réussir sa mission. Avec le feu vert du Président, j'ai vendu la mèche à mon ami. Plus d'un an après : rien. Un peu déçu, je me suis permis d'interpeller le président un matin dans son bureau. Koro, dis-je : vos intentions tardent vraiment à se réaliser. A tel point que lorsqu'elles sont effectives, certaines deviennent des non-événements. La phrase était un peu lourde, parce que je cherchais mes mots pour faire passer le message, tout en évitant de heurter le Président. Ce dernier a tout de suite compris là où je voulais en venir. Alors, il me dit ceci : Hamed, mes intentions sont lentes à se réaliser, lorsqu'elles sont enfin réalisées, est-ce qu'elles engendrent des problèmes ? Non Monsieur le Président. Tu sais pourquoi, mes décisions sont généralement acceptées ? Parce que je prends le temps de bien les préparer. Les meilleures décisions sont celles qui sont acceptées par le plus grand nombre. Et pour avoir une large adhésion, il faut du temps.

A l'économiste que tu es, laisse-moi, moi aussi te donner le conseil d'un vieux Général d'armée. En stratégie militaire, nous disons que le moment de l'attaque est aussi important que l'attaque elle-même. C'est la même chose en politique : le moment de la décision est aussi important que la décision elle-même. Et je te donne un dernier conseil : il ne faut pas avoir peur de la non-décision. Il vaut mieux ne pas décider, que de mal décider. La non-décision est en soi est une décision.

J'ai été à l'école du Grand Homme d'Etat ATT, qui plaçait l'intérêt de son pays avant tout, qui savait écouter son peuple et qui savait prendre son temps pour prendre et mettre en œuvre les bonnes décisions. J'étais tellement subjugué par le personnage, que subconsciemment, j'avais fini par le confondre à un Dieu grecque, Zeus, Jupiter, Apollon ou… les Dieux sont immortels. Dans la mythologie grecque, Achille disait à Pénélope, cousine d'Hector, que <strong><em>"les Dieux envient les humains parce que ceux-ci sont mortels"</em></strong>. Mais le vrai Dieu, l'Unique me ramena à la réalité ce mardi 10 novembre 2020 en rappelant à lui Amadou Toumani Touré. Le Tout-Puissant décida ainsi et nous ne pouvons que l'accepter.

[caption id="attachment_2904728" align="alignleft" width="249"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2020/11/Soumaila-Cisse.jpeg"><img class="size-medium wp-image-2904728" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2020/11/Soumaila-Cisse-249x300.jpeg" alt="" width="249" height="300" /></a> Soumaila Cissé[/caption]

<strong>Soumaïla Cissé.</strong> Je ne me souviens pas de la date exacte de ma première rencontre avec Soumaïla. Par contre, je me rappelle que c'était dans les toilettes d'un grand hôtel de Genève, dans lequel se tenait une Conférence des bailleurs de fonds pour le financement du programme du développement du Mali. Soumaïla en était l'artisan, en tant que ministre des Finances dans le gouvernement du Premier ministre IBK. J'y avais participé en tant que responsable régional pour l'Afrique de l'Ouest du CDE (ACP-UE Bruxelles).

Après les présentations, à la sortie des toilettes, avec son éternel sourire et son air un peu moqueur Soumaïla me dit <strong><em>"nous-nous souviendrons toujours l'un de l'autre pour avoir fait connaissance en pissant ensemble"</em></strong>. Effectivement, il nous est parfois arrivé d'évoquer à la rigolade cette rencontre insolite. Au-delà de l'anecdote, je crois que tous ceux ont qui approché Soumaïla Cissé ont reconnu sa brillance intellectuelle et son pragmatisme. J'étais bluffé par l'aisance avec laquelle le jeune ministre des Finances du Mali répondait aux ténors du FMI, de la Banque mondiale, de l'UE, du Pnud, de l'AFD… et autres "faiseurs du développement". Il avait réponse à tout. Un Macron des temps avant. Après cet événement, j'ai perdu le contact de Soumaïla pendant plus d'une décennie. C'est sur le plan international que nous allons nous retrouver. Il était président de la Commission de l'Uémoa et j'étais devenu directeur du CDE à Bruxelles. Au-delà des forums, conférences, symposiums et autres grandes messes de la coopération au développement, c'est sur le terrain de la réalisation concrète que Soumi m'invita à nous unir pour travailler ensemble. Une des matérialisations fût la mise en place du Projet régional de l'Uémoa en faveur du secteur privé, cofinancé avec le CDE. Soumaïla accordait beaucoup d'importance au rôle des PME dans le développement de nos pays. Il méritait amplement son sésame de <strong>"Meilleur ministre des Finances"</strong> octroyé par une association des entreprises privées (le Réseau des entrepreneurs de l'Afrique de l'Ouest, je crois).

Sur le plan politique, c'est l'élection présidentielle de 2007 qui m'a beaucoup rapproché de Soumaïla. ATT craignait une candidature de Soumaïla qui aurait pu le contraindre à un second tour. ATT m'a interpellé deux ou trois fois sur la question en ces termes : <strong><em>"Hamed, j'espère que ton ami ne va pas nous poser des problèmes"</em></strong>, sans pour autant jamais me demander d'intervenir auprès du président de l'URD. Connaissant la sempiternelle gêne du président de la République de demander service, j'ai compris qu'il fallait que je parle avec mon ami. J'ai effectué deux voyages à Ouaga pour discuter avec Soumi. Aux termes du second voyage, Soumaïla me donna une preuve de confiance absolue. Il me dit : <strong><em>"Hamed, je ne vais pas me présenter. D'abord, il est presqu'impossible de battre un président sortant, qui a un bon bilan et qui, de surcroît, contrôle l'administration électorale. Ensuite, je ne pourrais pas lever les fonds nécessaires à la campagne, le second mandat d'ATT étant déjà acté dans la tête de la plupart des bailleurs. Enfin, c'est l'occasion pour moi d'accorder une dette à ATT, qu'il paiera en 2012, j'espère bien. Par contre, je  te prie de ne rien dire à Amadou, avant que je le ne fasse moi-même".</em></strong> Ce que je fis.

En 2013, après avoir obtenu de faibles résultats, j'ai décidé de soutenir IBK. Au préalable, j'ai fait part de ma décision à Soumaïla. Il me posa une seule question : <strong><em>"Hamed, est-ce que tu connais bien Ibrahim ? … En tout cas, je respecte ta décision".</em></strong> Ce fût le plus mauvais choix politique de ma vie. J'ai pu me consoler, en me disant que mon apport était pinette sur les 77 % qu'IBK a obtenus au second tour de la présidentielle de en 2013.

Retrouvailles en 2018. J'ai décidé de ne pas me représenter et de revenir vers mon ami dès le 1er tour. Bien que discret, je suis fier de mon apport en termes de mobilisation de financement, de lobbying auprès de certains décideurs en Europe et en Afrique, d'idées pour le projet de société et de participation à la campagne électorale. Ces actions ont consolidé mes rapports avec Soumi Champion. Nous étions devenus de véritables amis.

L'histoire s'accélère. D'abord avec une petite divergence de vue : j'ai beaucoup insisté, en vain, auprès de Soumaïla pour boycotter le second tour de l'élection scandaleuse de juillet 2018, enlevant ainsi toute crédibilité à la réélection d'IBK. Après les manifestations géantes contre la mascarade électorale, je faisais partie des personnes qui ont conseillé Soumaïla de calmer le jeu, pour éviter d'aggraver la situation du pays. Mieux, j'ai même cherché, à mon modeste niveau, de rapprocher les deux hommes. J'en ai parlé à ATT, qui a en parlé à Macky Sall, à Mahamadou Issoufou, à ADO et peut-être à d'autres. J'ai publié des articles dans la presse pour prôner un gouvernement d'union nationale. Un dialogue direct s'est instauré entre les deux leaders, se traduisant par plusieurs longues réunions et sanctionné par des accords sur beaucoup de points. Et puis, tout d'un coup, un virage incompréhensible de 360° d'IBK. Au finish, la réponse du pouvoir a été le débauchage de quelques leaders de l'opposition. Cette expérience a amené Soumaïla à définitivement perdre toute confiance à IBK. Les deux hommes ne se parlaient plus.

Et puis nous rentrons dans la terrible année 2020. Février de l'année dernière, je participe au Forum de Bamako. J'en profite pour voir Soumaïla. Nous échangions pendant plus de 2 heures. Nous avons naturellement parlé des législatives et de sa tournée électorale. Je lui ai demandé si les conditions séculaires étaient réunies. Il m'a fait comprendre qu'il était obligé de s'en remettre au gouvernement et à la Minusma.

La suite est connue : il est enlevé le 25 mars 2020, vers 15 h, entre Saraféré et Koumaïra. Par ailleurs, la falsification par la Cour constitutionnelle des résultats des législatives va mettre le feu aux poudres à Bamako et dans bon nombre de villes du pays. Le M5, dont le FSP (la coalition de l'opposition dirigée par Soumaïla Cissé) est une composante majeure, mène la charge. Après 5 mois de contestation, au prix de lourds sacrifices, dont 14 assassinats et des centaines de blessés, le régime d'IBK est renversé par une junte militaire, grâce au soutien des populations.

Quant à Soumi, après 6 mois de captivité,  il est libéré le 8 octobre 2020. De passage à Dakar, quelque temps après sa libération, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec lui. Nous avons parlé de son enlèvement, de ses conditions de captivité, mais aussi de l'avenir. Je le reverrai une dernière fois, lors des obsèques de ATT et il aura cette terrible phrase qui retentit encore dans mes oreilles : <strong>"Hamed, c'est ce qui nous attend tous"</strong>.

Ah Bon Dieu, il ne savait pas si bien dire. Après Lomé, il séjourne à Niamey. Avant de quitter la capitale du Niger pour Abidjan, il effectue comme tout le monde son test Covid. Il est déclaré positif. Il est soigné à Niamey, avec tout le dispositif présidentiel. Mais son état se détériore. Evacué en France, le mal l'emporte le 25 décembre. La mort de Soumaïla Cissé fait très mal. C'est la terrible issue d'un destin inachevé. C'est la décision du Bon Dieu et devons l'accepter.

Ainsi, je voulais porter un témoignage sur ces 4 Grands Fils du Mali. Le dénominateur commun entre ces grands hommes tient à leur engagement pour leur pays. Ils voulaient, à leur façon, bâtir le Mali. Dieu en a donné la possibilité qu'à ATT, pas aux autres. Ils sont tous méritants et leur exemplarité, dans ces périodes troubles, sans repère, ni conviction, doit être portée à la connaissance de nos jeunes frères et enfants.

<strong>Dr Ahmed Sow</strong>

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<title>Propos mémorable : Alpha O Konaré président de la République (7 juin 2002)</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 23 Nov 2020 03:35:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>‘’Nous voici au terme de la mission que, par la grâce de Dieu, vous avez bien voulu me confier il y a de cela dix ans.</em></strong>

<em>Ce soir, je voudrais exprimer à chacun de vous, à chacune de vous, toute ma gratitude. Je voulais présenter mes excuses et mes regrets à tous ceux, à toutes celles à qui j’ai pu causer quelque tort. D’autre part, à tous nos concitoyens qui sont aujourd’hui en peine, je voudrais exprimer notre solidarité agissante ; à tous ceux qui ne sont pas en bonne santé, nos meilleurs vœux de prompt rétablissement.</em>

<em>Mes chers compatriotes,</em>

<em>Vous avez accepté de confier les plus hautes responsabilités nationales à moi, « le fils d’un maître d’école et d’une ménagère », venu à vous les mains vides. Toutes ces années, vous m’avez accompagné ; vous m’avez tant donné. Toutes ces années, vous avez fait de moi tantôt un esclave, un cordonnier, un forgeron, un griot, un noble. J’ai accepté d’être tout cela parce que tout cela est en vous, en nous. Vous avez fait de moi un catholique, un protestant, un musulman, voire un athée. Je suis devenu tout cela parce que tout cela est de vous.</em>

<em>Vous avez fait de moi tantôt un Songhaï, un Bamanan, un Foulbé, un Dogon, un Tamasheq, un Soninké, un Sénoufo, un Maure, un Minianka, un Bobo, un Bozo, etc. Je suis tout cela en effet. Vous m’avez fait naître à Diéma, à Tombouctou, à Bamako, à Kayes, à Djenné…J’ai accepté tout cela parce que c’est de tous ces lieux, de toutes ces différences qu’est fait notre pays, ce pays de toutes les couleurs, le Mali si uni, si divers, si pluriel.</em>

<em>Quel bonheur, Quel honneur, de l’incarner, mes chers compatriotes !</em>

<em>Vous m’avez dit, vous m’avez avppris que pour être au-devant chez nous, on doit pouvoir accepter d’être traité de tout, d’entendre tout. C’est pourquoi j’ai fait miennes, depuis le début, ces phrases du poète :</em>

<em>Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre</em>

<em>Et, te sentant haï, sans baïr à ton tour,</em>

<em>Pourtant lutter et te défendre ;</em>

<em>Si tu peux supporter d’entendre tes paroles</em>

<em>Travesties par des gueux pour exciter des sots,</em>

<em>Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,</em>

<em>Sans mentir toi-même d’un mot…</em>

<em>Avec raison ! Plus qu’avec raison !</em>

<em>Ce soir, sont très présents à mes côtés mon épouse, qui aura tout partagé avec moi durant ces dix années, mes enfants, mes parents, mes amis, mes collaborateurs et, je sais, beaucoup d’entre vous.</em>

<em>Ce soir, j’ai une pensée très forte-vous ne m’en voudrez pas, comme le 8 juin 1992, pour un père parti depuis maintenant vingt-sept ans, mon Dieu ! Mais qui ne m’a jamais quitté ! Pour une mère, qui m’a accompagné dans mon itinéraire les cinq premières années. Pour un chauffeur, pour des collaborateurs : chauffeurs, plantons, cadres, prématurément arrachés à l’affection des leurs…</em>

<em>Ce soir, je pense à tous nos compatriotes de l’extérieur ; d’Afrique comme nous tous ; de tous les Africains du Mali, à tous nos autres frères qui ont choisi le Mali, dont la confiance ne nous a jamais fait défaut et dont l’amour pour le Mali est permanent. Ce soir, je ressens une profonde gratitude à l’endroit de tous les chefs d’Etat, de mes nombreux aînés d’Afrique qui m’ont tenu par la main, accompagné, qui ont poussé le Mali. Nous serons toujours avec eux pour le Nouveau Partenariat.’’</em>

<em> </em>]]> </content:encoded>
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<title>Propos mémorable: Feu Modibo Keïta, Président de la République (19 Novembre 1968)</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 16 Nov 2020 01:16:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>"Le Mali, ce n’est pas nous, ce n’est pas non plus ceux qui viennent de prendre le pouvoir. Le Mali, c’est vous !" [NDLR : s’adressant à la jeunesse]</em>

<strong><em>Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :</em></strong>

<em>« Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées, le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la difficulté de les attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer ».</em>

<strong><em>Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</em></strong>

<em>« Nous avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement ». </em>

<strong>Feu Tiéoulé Mamadou Konaté Président du BDIA novembre 1994 </strong>

« <em>Je dis qu’il faut rapatrier le dossier des régions du nord-Mali, entreprendre des démarches pour ouvrir le débat au Mali, entre Maliens concernés. </em>

<em>C’est ça l’approche du BDIA. </em>

<em>Mais avant cela, il ne faudrait rien négliger sur le plan de la sécurité, pour que les populations puissent être à l’abri d’attaques, d’assassinats. </em>

<em>Notre gouvernement doit redoubler l’effort pour convaincre les rebelles que la paix est possible dans l’honneur et la négociation. </em>

<em>Mais, il doit être clair que cela n’est compatible, ni avec la surenchère, ni avec les pressions internationales, encore moins, avec les attentats terroristes ».</em>

<strong>Professeur Yoro Diakité (2002)</strong>

<em>« Les objectifs essentiels immédiats du 26 mars étaient l’instauration du multipartisme intégral et de la liberté pour les gouvernés de choisir leurs gouvernants. Ceux-ci ont été atteints. Mais, l’espoir populaire attendait un mieux vivre et surtout devenir maître de sa propre histoire. De cela, nous en sommes loin ».</em>

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République</strong> <strong>1994</strong>

<em>‘’ Il est de la responsabilité de l’Etat, de donner la preuve qu’il entend et qu’il est en mesure d’assurer la sécurité de toutes les personnes, à quelque groupe socio-ethnique qu’elles appartiennent, ainsi que la sécurité de leurs biens. </em>

<em>Il appartient aux Mouvements  de confirmer leurs engagements en faveur de la paix et de la sécurité. </em>

<em>Il leur appartient sans plus aucun retard, de contribuer à la lutte contre les actes de banditisme.’’  </em>

<strong><em>Rassemblés par</em></strong>

<strong><em>Boubacar Sankaré</em></strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Mahamane Alassane Haidara  1er Président de la Première Assemblée Nationale du Mali : Une figure emblématique</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mahamane-alassane-haidara-1er-president-de-la-premiere-assemblee-nationale-du-mali-une-figure-emblematique-2-2900319.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 19 Oct 2020 01:20:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Visage souriant, homme aimable au cœur plein de tendresse, Mahamane Alassane Haidara est l’une des figures emblématique du Mali. </em></strong>

<strong><em>L’histoire retiendra de lui qu’il fut un don de la nature, un des grands pionniers de l’indépendance du Mali, un sage qui a comblé l’espoir de toute une génération. </em></strong>

<strong><em>Le premier Président de l’Assemblée nationale du Mali, de part sa sagesse, sa valeur intellectuelle et sa constante disponibilité à rendre service, forçait l’administration de tous.</em></strong>

Il fut un grand pionnier par son combat pour la suppression des travaux forcés, du régime de l’indigénat et de toutes les humiliations  dont nos populations étaient victimes.

Grande figure politique du Mali, il s’était fait remarquer positivement au cours des rencontres nationales et internationales où il était considéré comme un homme de contact et de consensus.

Un sage, il le fut aussi par sa détermination dans la conservation des valeurs africaines qu’il a toujours qualifiées de ‘’Capital le plus précieux du monde’’.

De même, de par sa maîtrise du droit musulman, des éléments de théologie ainsi que le panégyrique qu’il possédait à merveille dans une société profondément croyante, Mahamane A. Haidara était un, homme simple, humble respecté et respectueux.

Né à Tombouctou, en 1910, il entre à l’école régionale de la même ville à l’âge de 7 ans. Il obtient au bout de 5 ans, le certificat d’études primaires élémentaires et rentra en 1923 à l’école primaire supérieure de Bamako.

Trois ans plus tard, il passa brillamment le concours d’entrée à l’école normale William Ponti de Gorée d’où il sortit avec le diplôme d’instituteur avec  rang de 1<sup>er</sup> du Soudan et 3<sup>e</sup> de l’AOF (Afrique Occidentale Française).

Fidèle aux traditions Tombouctiennes, Mahamane Alassane Haidara poursuivit, parallèlement avec l’enseignement du Français, ses études coraniques à l’école privée d’AllimaneBobbo à Sankoré.

Issu d’une famille chérif, il avait 19 ans quand il terminait en 1928 ses études. Son premier poste d’enseignant fut Gao. C’est en 1946 que Mahamane Alassane fit ses premiers pas dans la politique sur insistance de ses amis et des habitants de Tombouctou.

Son choix se porta sur l’Union Soudanaise RDA. Militant de ce parti, il mena une action de grande envergure dans les milieux Sorhaï à Bamako d’abord, et  dans la boucle du Niger ensuite.

Très vite, Haïdara prend rang  de chef  dans la région. La clarté de ses interventions au cours des assemblées générales, des réunions du parti et des réunions publiques, sa capacité de persuasion et son courage politique forcèrent l’admiration de ses amis et  aussi celle de ses adversaires.

Ainsi, quand il s’est agi de présenter un candidat au conseil de la République, le Sénat français, à l’unanimité l’approuve. Proclamé sénateur du Soudan en 1948, il siégera au palais Luxembourg jusqu’en 1960.  Lorsque le Mali accéda à la souveraineté internationale le 22 septembre 1960, il devient le 1<sup>er</sup> président de l’Assemblée nationale, fonction qu’il conservera jusqu’à la rupture de la légalité constitutionnelle à la suite des évènements du 19 novembre 1968.

Depuis, il fut emprisonné par le dictateur Moussa Traoré qui ne le libérera qu’en 1980. Sans jugement.

Un an après, le 17 octobre 1981, le grand Haidara meurt à Tombouctou, sa ville natale.

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<title>Soixantième anniversaire de la libération de l’Afrique :  Les puissances coloniales sont parties pour mieux rester</title>
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<pubDate>Mon, 12 Oct 2020 01:02:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Triomphe</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Il y’a soixante ans jour pour jour qu’une bonne partie du continent sous domination européenne a fait le choix de l’indépendance souvent dans la douleur. C’est surtout les pays francophones et anglophones qui sont à l’honneur pendant cette période. En revanche, il faudra attendre les années 1970 pour voir les pays lusophones et hispanophones accéder à la souveraineté internationale. Pour une bonne partie de l’intelligentsia du  continent,  célébrer  soixante ans  d’indépendance dans la situation actuelle à la limite n’est que pure utopie. </strong>

D’ailleurs pour les générations successives nées après  1960, il n’ya pas grand-chose à célébrer. Ils n’ont pas totalement tort  parce que les puissances européennes ont évacué le continent pour faire économie de leurs troupes qui sont de véritables parasites. En contrepartie, elles ont instauré un système de dépendance savamment fabriqué pour mieux exploiter le continent noir avec à la clé un   puissant  réseau chargé   de traquer ceux   qui tentent de faire connaitre la réalité aux masses africaines. Dans les ex-possessions françaises, c’est Jacques Foccart qui était chargé du sale boulot. Pour qualifier ce personnage cynique qui ne badine pas quand il s’agit des intérêts de l’hexagone, l’ancien président de la Guinée Conakry le regretté Ahmed Sekou Touré   n’a pas hésité à dire de lui que : « quand  Jacques  Foccart passe, la tempête le suit. Il est allé plus loin en disant que : «  Jacques Foccart   n’est pas faux au quart, mais, il est faux entier ».

L’homme de main de l’Élysée n’hésitait pas à fomenter des assassinats  ou des coups d’État pour préserver les intérêts de la métropole. La terreur instaurée par cet homme a poussé certains hommes d’États africains à réfléchir à deux fois avant de prononcer le mot indépendance. C’est bien Jacques Foccart avec l’aval de l’Élysée qui a rétabli dans ses fonctions de président de la République gabonaise  Léon M’ba   renversé par des militaires    en février 1964. Tous les nationalistes qui ont souhaité une indépendance totale  et simple ont été systématiquement éliminés, c’est fut le cas de Ruben Um Nyobe surnommé Mpodol  qui à la tête de l’Union des Populations du Cameroun  a fini par être abattu en pleine forêt  par les troupes coloniales françaises. 9 mois après l’indépendance du Cameroun son compagnon  Félix Moumié sera empoisonné au thallium à Genève. Abel Kingué et Ernest Ouandié ont juste eu le temps de sauver leurs peaux. Le cas le plus flagrant a été l’assassinat de Patrice Emery Lumumba éliminé par la CIA en complicité avec l’ancienne puissance coloniale, la Belgique.   Le grand panafricaniste le président Ghanéen l’OssaguefoKwame N’krumah n’a pas échappé à la furie de l’occident. Après avoir lutté contre l’occupant britannique qui occupait son pays la Gold Coast, N’krumah finit par obtenir gain de cause, il obtient l’indépendance du pays en 1958 qui prendra le nom Ghana en souvenir de l’empire du Ghana qui a rayonné dans une bonne partie de l’Afrique Occidentale. Pour ironiser le jeune Etat le président américain de l’époque Lindon Ben Johnson  s’adresse à son secrétaire d’Etat Harriman en ces termes : « quel est le nom de ce foutu pays qui a pris son indépendance en Afrique de l’ouest »   . Il est renversé en 1966 alors qu’il effectuait une visite officielle  en ex-URSS. Il décide alors de venir  se réfugier au Mali. Mais en bon visionnaire le président malien Modibo Keita  lui conseillera  d’aller chez son frère Ahmed Sekou Toure président de la République Populaire et Révolutionnaire de Guinée. Il meurt en 1972 à Bucarest. Sa vie durant, il a défendu les idéaux du panafricanisme. Après la chute du président N’krumah, le président Modibo Keita  connaissant ses rapports incendiaires avec la France décide de créer le Comité National  de Défense de la Révolution CNDR. Le 1er mai  1968, à l’Ecole du parti actuel Ecole Normale Supérieure, le président Modibo n’a pas hésité à affirmer que dans la salle, il voit le visage hideux de l’impérialisme. Il n’a pas tord le 19 novembre 1968, il est déposé par une junte militaire le Comité Militaire de Libération National à la botte de la France. Ladite junte était dirigée par le lieutenant Moussa Traore qui est décédé il y’a quelques jours à l’âge de 83 ans. Peu après le coup, le bouillant lieutenant TiekoroBagayoko est allé dire aux Russes qui logeaient à l’hôtel de l’amitié qu’ils peuvent retourner avec leurs 11 milliards de roubles que les communistes n’ont pas leur place au Mali.  Après la chute du président Modibo Keita, s’adressant à la junte, le général De Gaulle dira : «  est-ce que vous connaissez l’homme que vous avez renversé, si vous le connaissiez vraiment vous n’allez jamais le renverser ». Ce jugement du général De Gaulle par rapport à l’homme  n’était pas forcement partagé par certains dirigeants français. La preuve pour dénoncer le soutien du Mali à l’Algérie le Ministre André Malraux s’est adressé au Ministre Seydou Badian Kouyaté en ces termes  « Vous savez monsieur le ministre ce que je vous reproche, c’est que vous semblez avoir préféré l’Algérie à votre amitié avec la France. Avec la France, c’est un destin, nous aurons l’occasion d’en parler, gardez cela à l’esprit.  Lors de la dernière rencontre entre Modibo KEITA et le Général De gaulle tout juste avant la proclamation de l’indépendance du Mali les propos ont été  aigres-doux entre les deux responsables ». De Gaulle a demandé à Modibo KEITA s’il continuait dans la voie du socialisme ? Modibo a répondu qu’il a opté pour le non-alignement et le  Général De Gaulle de dire ceci : « Regardez bien, c’est le vide entre nos deux fauteuils. Si vous choisissez le vide, vous risquez de vous retrouver les fesses par terre ».

Les présidents qui avaient fait le choix de continuer a caressé la France par le sens du poil ont soit démissionné d’eux mêmes c’est le cas du président Léopold de Sedar Senghor de Ahmadou Ahidio ou ont passé le restant de leurs vies au pouvoir c’est le cas de Félix Houphouët Boigny. Excepté le président Ahmed Sekou Toure, tous les pères de l’indépendance  avaient accepté le principe de la communauté. Pour éviter des dépenses  inutiles qui permettront la mise à niveau des colonies, De Gaulle préférera  la coopération, un système franco-africain où chacun jouera son rôle. Une manière pour l’homme du 18 juin 1940 de faire le dos rond aux indigènes dont le coût des progrès sociaux sera très élevé.

La France restera  sur le continent pendant longtemps en utilisant plusieurs subterfuges. Pour revenir au nord du Mali, elle a déclenché une tempête en Libye, pour revenir récolter le vent  d’une présence militaire qui risque de durer le temps nécessaire qu’il faudra sous le prétexte fallacieux de lutte contre le terrorisme.

<strong>Abdoulaye Kounta</strong>

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<title>Que sont&#45;ils devenus : Daouda Tékété : Journaliste émérite, administrateur chevronné, écrivain respecté</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/que-sont-ils-devenus-daouda-tekete-journaliste-emerite-administrateur-chevronne-ecrivain-respecte-2899063.html</link>
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<pubDate>Sat, 10 Oct 2020 01:45:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Journaliste, administrateur, écrivain, Daouda Tékété est tout cela à la fois. Modeste jusque dans son habillement, il a tissé sa toile dans la discrétion, mais avec efficacité partout où il est passé : l'ORTM, le ministère de l'Education nationale. Au terme de 32 ans de service, il a fait valoir ses droits à la retraite en 2018. De l'Ecole normale supérieure en 1976, il s'est retrouvé en ex-URSS, après 2 ans passés à l'Ecole supérieure de journalisme de Paris. L'on comprend qu'il était plutôt prédestiné à donner des cours, et lui-même s'était inculqué l'amour du métier noble pour enseigner la sociologie. Mais les choses prendront une autre tournure. Son avis sur le pluralisme médiatique est univoque parce qu'il estime que la multiplicité des voix d'expression pour une meilleure résonnance a un côté positif, c'est-à-dire que la population a la possibilité d'être informée par d'autres canaux autre que les canaux officiels. Si, cela est évident, l'arbre ne doit pas cacher la forêt. En ce sens, il conseille la formation continue pour d'éviter les écueils liés à l'exercice de la profession de journaliste. Pourquoi et comment Daouda Tékété a préféré la plume à la craie ? Sa migration dans l'édition des livres ? Le journaliste confirmé, l'administrateur chevronné et l'écrivain attitré est notre héros de la semaine dans le cadre de la rubrique "Que sont-ils devenus ?"</em></strong>

L'habitude pour animer la rubrique <strong>"Que sont-ils devenus ?"</strong>, nous nous défaisions de tout complexe. Mais face à Daouda Tékété, nous avons dû revoir notre copie au vu de l'accueil et de la discipline de l'homme. Cet éminent journaliste nous a reçus à son domicile à Lafiabougou et nous profitions dès l'entame pour lui demander pourquoi il accorde une importance particulière à l'ex-président Modibo Kéïta (paix à son âme) ?

<em>"Toute sa vie, le président Modibo a œuvré pour les autres, essentiellement les déshérités, pas seulement au Mali, mais l'homme en général. Il a fait de la dignité humaine son combat, toute sa vie. Il ne s'est pas arrêté au verbiage. </em>

<em>La lutte pour la souveraineté nationale et contre la balkanisation de l'Afrique a été le fondement du combat qu'il a mené toute sa vie, toute sa carrière. Au-delà du Mali et de l'Afrique, le président Modibo s'est engagé résolument pour la paix dans le monde. Il a été de tous les combats de son époque, pour la paix et l'amitié entre les peuples. Ce sont des éléments essentiels qui ont fait que je me suis intéressé à la vie du président Modibo Kéïta"</em>, nous a-t-il répondu.

Que pense-t-il d'une éventuelle réhabilitation de l'ancien président ? Daouda Tékété affirme sans ambages qu'il doit être réhabilité à travers des funérailles nationales, pour honorer sa mémoire par rapport à tout ce qu'il a fait pour le Mali, l'Afrique et le monde entier. Il est réconforté dans cette conviction par la proposition de Béchir Ben Yahmed, fondateur et directeur de publication de Jeune Afrique. Le chroniqueur dans le n°2233 de J.A demandait en 2003, à  l'Union africaine de créer un Prix africain pour la paix, et que ce prix soit donné pour la première fois à l'ex-président Modibo Kéïta pour son engagement pour la paix en Afrique et dans le monde et son œuvre au Mali.

Après l'école fondamentale de Yélimané, les lycées Askia Mohamed et de Badalabougou, Daouda Tékété est orienté à l'Ecole normale supérieure (EN Sup) en 1974, pour être professeur de philosophie. Mais son professeur de lettres, l'ancien ministre de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture, N'tji Idriss Mariko sous Moussa Traoré lui conseille la série lettres. Et en deuxième année, il usera de toute son influence pour que Daouda Tékété soit dans cette filière.

Contrarier son professeur qui lui vouait une grande estime n'était pas un comportement bien indiqué. Daouda Tékété montera alors dans sa tête un plan B, qui a consisté à  économiser sur ses bourses (la somme de 15 000 francs maliens soit 7500 F CFA). Chaque fois, il remettait 10 000 francs maliens à son ami Moussa Bagaga qui partageait le même local que lui. En deux ans, il a pu économiser de quoi acheter le billet Bamako-Paris. L'heure de quitter le Mali sur la pointe des pieds avait sonné. Daouda Tékété s'est envolé pour la France.

Dans l'avion, il croise Cheick Pléa, un étudiant malien en URSS, également un ami de son grand frère. Celui-ci se rassure qu'il veut bien étudier en Union soviétique. Oui, répond-il. Mais comment ? Son bienfaiteur fixe un rendez-vous à Paris, où Tékété devait se munir des documents de demande de bourse.

Et en attendant d'avoir la suite du côté de la Russie, il s'inscrit à l'Ecole supérieure de journalisme de Paris.

<strong>Au service de huit ministres de l'Education</strong>

Au moment d'entamer la deuxième année, la bonne nouvelle vient de la ville de Leningrad où il va entreprendre des études de journalisme à l'Université. En 1979, Daouda Tékété débarque en URSS. Il y reste huit ans, avant de rentrer au pays pour passer le concours d'entrée à la fonction publique. Admis avec brio, il est affecté à la Radiodiffusion télévision du Mali (RTM), après sa formation militaire au Service national des jeunes (SNJ). Alors débute pour lui une longue carrière de 32 ans de service, entrecoupés de passages au ministère de l'Education nationale.

Certes, il n'est pas resté dans le giron éducatif de façon discontinue, mais il faut retenir qu'il a servi huit ministres de l'Education nationale. A son tableau de chasse 113 reportages sur l'éducation, 97 magazines et débats sur le système éducatif et 1018 conseils de cabinet.

Il a couvert 700 audiences que les différents ministres ont accordées aux personnalités, associations, corporations nationales et étrangères. Il a participé à 57 séminaires et fora nationaux et internationaux. Sur différentes problématiques du système éducatif africain,  Daouda Tékété a animé 587 débats à l'ORTM.

En plus de ce travail d'Hercule entre la télé et l'administration de l'éducation, il décide de partager ses expériences, en signant des billets sur l'éducation et les médias, notamment à l'ORTM dans un journal de la place.

Au-delà de l'appréciation de sa plume, l'homme politique et l'écrivain Seydou Badian Kouyaté relève dans ses écrits, les mêmes idéaux que l'US-RDA envisageait de développer avant d'être fauchée par un coup d'Etat en 1968. Il l'invita et le rassura de son soutien à tout moment et en tout lieu.

Au fil du temps, il conseillera à Daouda Tékété de faire une compilation de ses billets sous la forme d'un livre, en février 2016. Seydou Badian lui a fait l'honneur de préfacer cette première œuvre. Le vieux politicien n'a pas baissé les bras pour encourager Daouda Tékété, dans sa nouvelle option : l'édition des livres.

Convaincu que les problèmes de l'école sont fondamentaux pour toutes les sociétés. Certes le régime de Modibo Kéïta n'a pas eu le temps pour matérialiser ses projets, mais ils collent à la démarche de Daouda Tékété.

Alors ce fut le déclic pour une série de livres, dont l'un des éléments déclencheurs aura été ce discours que Tékété a rédigé pour Seydou Badian, à l'occasion du centenaire de la naissance du président Modibo Kéïta.  Systèmes éducatifs en Afrique : forces et faiblesses (novembre 2016), Modibo Kéïta : Portrait inédit (mai 2018), Recueil de proverbes africains (avril 2019), Recueil de devinettes africaines (juin 2020), le sixième livre est déjà à l'imprimerie et le septième est à la phase rédactionnelle.

<strong>Pilier central d'un foyer uni</strong>

Il est admis que la vie de retraite doit être consacrée à sa famille, et comment Daouda Tékété parvient à concilier sa vie d'écrivain et la gestion de sa famille ? Quand est-ce qu'il écrit ? <em>"C'est l'occasion pour moi de rendre hommage à mon épouse, Oulemata Bathily, ophtalmologiste à l'Iota, pour sa volonté sans faille de créer des conditions autour de moi. Et cela pour faciliter ma concentration sur les recherches. J'écris pendant que les enfants sont à l'école ou dorment. Je travaille de 21 h à 5 h du matin. </em>

<em>A ce niveau aussi ma femme m'assiste dans l'organisation des documents, pendant que mes neveux professeur Bréhima Tékété, Boubacar Tékété, Abdoul Moumouni Bocoum, Mohamed Dembélé et mes fils Abdoul Kadri et Abdramane Tékété font la saisie. Qu'ils trouvent tous ici, l'expression de ma profonde gratitude et de mes sincères remerciements".</em>

S'il devait faire l'état des lieux de sa carrière, qu'est-ce qu'il retiendrait ? La connaissance des hommes, du président de la République à l'homme de la rue, répond-t-il. Bref, c'est le plus grand avantage qu'il a tiré de toute sa carrière professionnelle tant à l'ORTM que dans l'administration générale.

De sa carrière, il retient un mauvais souvenir, lié au saccage de sa maison et la clinique de son épouse par des manifestants lors d'un mouvement de casse orchestré par l'Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). Parce que tout simplement il était le conseiller à la communication du ministre de l'Education nationale à l'époque, Adama Samassékou.

Dans la vie Daouda Tékété en plus de la lecture, aime le sport. Il n'apprécie pas les hommes faux.
<ol>
 	<li><strong> Roger Tél : 00223 63882423</strong></li>
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<title>Bilan politique de 60 ans d’indépendance  de la République du Mali :  22 septembre 1960 – 22 septembre 2020 5 Présidents, 4 Coups d’Etat, 04 Rébellions Touareg, 30 ans de démocratie ; pour quels résultats ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/bilan-politique-de-60-ans-dindependance-de-la-republique-du-mali-22-septembre-1960-22-septembre-2020-5-presidents-4-coups-detat-04-rebellions-touareg-30-ans-de-democ-2897860.html</link>
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<pubDate>Thu, 01 Oct 2020 10:18:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Carréfour</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Faire le bilan de 60 ans d’indépendance de la République du Mali n’est pas chose aisée, surtout lorsque l’auteur est né trois ans avant cette indépendance. Cela voudrait dire que le régime du premier président Modibo KEITA n’est pas assez connu de lui ; cependant la documentation aidant, je peux écrire quelque chose/ C’est un exercice fort intéressant pour moi-même. Cet exercice me recommande de parler du bilan politique de chacun des cinq présidents qui ont gouverné le Mali indépendant.
<ul>
 	<li><strong>Période de 1960 à 1968</strong></li>
</ul>
La volonté ferme de deux présidents a abouti à l’obtention de l’indépendance de la Fédération du Mali le 04 avril 1960. Malheureusement elle n’a duré que 4 mois par la faute du pays colonisateur, hostile à toute idée de regroupement pouvant sortir les états indépendants de la domination française.

A la suite de l’éclatement de la Fédération du Mali, alors les dirigeants (soudanais) maliens au Sénégal ont été accueillis à Bamako, après leur brève  séquestration par les  dirigeants sénégalais  à Dakar. Une fois arrivée, Modibo et sa suite ont proclamé les jours suivants l’indépendance du Mali le 22 septembre 1960 avec toutes les conséquences de droit à savoir un nouveau drapeau, un nouvel hymne, une nouvelle armée, une nouvelle assemblée etc…

L’option socialiste a été adoptée par le peuple malien, l’accord annulé et le départ des soldats sur le territoire malien exigé.

Pendant huit ans, le président Modibo a mis en place une armée forte, équipée, disciplinée. Plusieurs unités industrielles  ont été créées afin de procurer aux populations leurs besoins élémentaires.

Sur le plan politique, le parti unique n’a produit  qu’un   bonheur relatif. Il a créé un mécontentement généralisé à cause de la monopolisation du commerce par l’Etat, le rôle de la police politique a été confié à la milice populaire, plus considérée que l’armée elle-même. Elle a totalement réduit les libertés et droits fondamentaux tout en voulant faire le bonheur du peuple sans le peuple. Malgré cela, le Mali avait une audience internationale sous le Président Modibo KEITA qui a reçu plusieurs présidents d’Afrique, d’Asie, e Chine etc… sur le sol malien.

La confiscation des libertés fondamentales du peuple aboutit toujours à un changement brusque de régime, c’est ce qui est arrivé à Modibo KEITA, bien qu’il soit un vrai patriote convaincu c’est dans ce climat de mécontentement qu’est intervenu le coup d’état du 19 novembre 1968, soit huit ans après avoir pris la tête de l’Etat malien. C’est une junte de 14 militaires dirigée par le Lieutenant Moussa TRAORE. Modibo est mort en détention en  1977 après avoir passé  8 ans en prison de  1968 à 1977.

Sous son régime, il a mené une guerre contre les rebelles de Kidal. C qui a pacifié les régions du nord du Mali. Cependant, il faut saluer le patriotisme des dirigeants de la 1<sup>ère</sup> république, car ils ont mis le Mali sur les rails du patriotisme en s’oubliant eux-mêmes.
<ul>
 	<li><strong>Période de 1968 à 1991</strong></li>
</ul>
La junte à savoir le CMLN qui a pris le pouvoir le 19 novembre 1968 avait projeté de rétablir les libertés économiques et les droits fondamentaux des personnes. Elle s’est donnée une période de 10 ans, de 1968 à 1977 pour amener le pays à un régime constitutionnel normal avant de créer un parti unique à savoir l’Union Démocratique du Peuple Malien UDPM dans lequel le parti prime sur l’administration. Ce parti unique a vu le jour en 1978 après que plusieurs tentatives de coup d’état aient échouées à partir de 1969.

Le régime de l’UDPM a en 1978 fondé  la deuxième république. Avec l’avènement  de la démocratie souhaitée  par la France dans ses anciennes  colonies, elle a lié l’aide publique à cet avènement.

Pour les responsables français, ce nouveau vent devrait souffler maintenant et tout de suite sur l’ensemble de ses anciennes colonies.

Le secrétaire général de l’UDPM, président de la république n’a pas voulu ouvrir le pays au multipartisme intégral  selon le  rythme dicté par François MITTERAND président de la république de la France ; alors qu’au même moment les populations maliennes ne voulaient plus attendre pour accéder au pluralisme politique. Egalement, il était en même temps confronté à une autre rébellion au nord. Ce refus du président Moussa TRAORE d’accéder à la volonté du peuple malien et la guerre contre les rebellions touareg abouti à une révolution populaire ayant entraîné sa chute un 26 mars 1991.

Pendant son règne, il a réalisé plusieurs infrastructures et su maintenir l’intégrité du territoire malien, l’armée a été bien équipée avec des militaires bien formés.

Après une transition de 16 mois, le colonel ATT a pris les rênes du pays accompagné par un Comité (le Comité de Transition pour le Salut du Peuple – CTSP),tout en instaurant une transition chargée de mettre en place les organes de transition. Ces organes ont élaboré une nouvelle constitution qui a été soumise au référendum populaire.

Ce référendum, une fois validé par le peuple a amené le Mali à la troisième république et à la démocratie plurielle. Le tout nouveau président de la troisième république a été Alpha Oumar KONARE, Ministre de la jeunesse du Général Moussa TRAORE entre 1976 -1978 sous l’UDPM. La corruption était moindre, les cadres avaient peur à cause du code élaboré y relatif et il y avait encore dans le comportement une certaine conscience, malgré que les salaires mensuels pour les fonctionnaires ne venaient que presque trimestriellement.
<ul>
 	<li><strong>Période de 1992 – 2002</strong></li>
</ul>
La démocratie voulue par le peuple malien venait de prendre forme.à la suite de journées folles ensanglantées avec la prestation de serment du premier président démocratiquement élu.

L’espoir était là déjà pour le peuple malgré que tout était à refaire dans un contexte où tout devenait urgent à savoir l’école et ses infrastructures, l’apprentissage politique dans un contexte de pluralisme, la résolution des difficultés sociales, l’impatience des travailleurs de l’Etat pour améliorer leurs conditions. Avec ce début de la démocratie, même les aveugles voulaient voir clair. C’est pourquoi, les débuts ont été très agités sur le plan social, scolaire et celui des partants volontaires à la retraite suite à l’ajustement du programme d’ajustement structurel qui ne concernait pas le Mali uniquement. Une bonne partie des pays africains a été concernée. Cependant, il faut reconnaître que la démocratie malienne a eu assez de sympathie de la part des pays développés, des partenaires au développement. Toute chose qui a permis aux différents gouvernements de bénéficier de l’accompagnement de ces partenaires.

Cet accompagnement a permis de baisser le climat de tension sur le plan politique et social. Cependant le budget destiné à l’équipement de l’armée a diminué  d’année en année pendant ces deux mandats, en donnant la priorité à un certain développement socio-économique. Il a oublié que c’est la sécurité qui garantit ce développement dont il espérait. Sans armée, pas de nation, pas de territoire, pas de justice. Avec la signature du pacte National de  1992, le président ALPHA avait pensé que la rébellion était terminée à jamais. C’est pourquoi, il fallait moins équiper l’armée.

Le régime s’est même permis de tenir plusieurs grandes réunions à Bamako, voire même la tenue de la coupe d’Afrique des Nations (CAN) de 2002 à Bamako et dans les quelques régions du Mali, dotant ainsi ces régions d’infrastructure adéquates.

Alpha a été un autre grand bâtisseur du  Mali démocratique. Seulement à la fin de ses deux mandats, il a voulu corriger certaines incongruités dans la constitution du 25 février 1992 ; Le peuple a refusé cette correction du fait qu’elle venait tard, si ce n’est la volonté de prolonger son bail avec le palais de Koulouba. Finalement il est parti en renonçant à son projet. Au moment de passer la main à son successeur le huit juin 2002, le peuple a compris qu’il a procédé à un renvoi de l’ascenseur à son mentor qui n’est autre que le président de la transition ATT. Ce n’est pas qu’Alpha n’avait pas trouvé de successeur dans le parti qui l’a amené au pouvoir, car les candidats valables ne finissaient pas dans les rangs. Seulement il a eu un deal avec le président de la transition ? Qu’après ses deux mandats, il fera revenir à la tête de l’Etat son mentor. Ce dernier venait sous le vocal de soldat de la démocratie. Les maliens n’avaient rien compris dans ce retour, du moment où ATT lui-même disait qu’il fallait être fou pour être président du Mali.

Ce retour a été expliqué par ses partisans par le fait que la classe politique était très divisée pour pouvoir  gérer  le pays. Cet argument ne tenait pas car la démocratie n’a jamais été un fleuve tranquille. C’est cette agitation qui fait vivre le concept de la démocratie. Son premier mandat à la tête de l’Etat a été une cogestion où tous les partis politiques ont été appelés à table. Des grands chantiers d’infrastructures ont vu le jour et le climat politique s’est apaisé donc le fleuve est devenu tranquille. Ce qui n’était pas bon pour la démocratie malienne. Cela signifiait que tous les partis politiques signifiants embouchaient dans la même trompette. ATT, pendant son deuxième mandat, a continué à affaiblir l’armée dans son système de commandement. En effet, les rebelles intégrés en 1993 et 2007 mutés au sud du pays sous Alpha Oumar KONARE ont tous été remutés dans les garnisons du nord au prétexte qu’il faille les rapprocher de leurs familles.

Arrivés dans les différentes garnisons du nord, ils refusaient d’obéir aux chefs hiérarchiques du sud, sans aucune conséquence pour eux. La chaîne de commandement étant rompu,les officiers venant du sud ont tous demandé à revenir vers le sud, laissant du coup,le commandement aux officier touareg du nord. Voici tout le mal qu’ATT n’a ps su gérer avec efficacité. Le laxisme a été le remède utilisé par ATT croyant venir à bout d’une rébellion répétitive. Même si ATT est parvenu en 2006 à solutionner la rébellion, du 23 mars 2006, sa politique de défense et de sécurisation du pays a fini par se retourner contre lui et son régime entre le  17  janvier et le  22 mars 2012.

C’est ainsi qu’il a perdu le pouvoir en 2012 laissant les 2/3 du territoire dans les mains des djihadistes, des terroristes et des rebelles Touaregs.

La solution d’ATT a fait que les régions du nord se sont encore rebellées avec le renfort  de déserteurs touareg venus de la Libye et la rébellion touareg animée par le MUJAO. La suite est connue, les 2/3 du territoire ne sont plus sous le contrôle de l’Etat malien. La conséquence de l’humiliation de l’armée a été le coup d’Etat du 22 mars contre le président ATT, le soldat de la démocratie au motif que l’armée n’est ni équipée, ni formée en conséquence, y compris le flou artistique entretenu par ATT afin de pouvoir organiser une hypothétique élection le mois de mai.

ATT a oublié qu’une république c’est un territoire, un peuple, une seule justice, une force de coercition. Et que c’est l’armée qui garantittous ceux-ci. Finalement ATT et son régime ont failli malheureusement à cause du consensus d’intérêts particuliers, pratiqués par ATT et accepté par les partis politiques.

ATT a continué sur le même schéma que le président ALPHA, de tant la portion congrue du budget d’Etat à l’armée.Les recrutements dans les corps, la formation des troupes et la gestion du personnel de commandement  n’ont jamais respecté les règles et principes.

ATT a nommé une trentaine de  généraux alors qu’ALPHA eu a nommé huit en 10 ans. Nous avons constaté que plus le nombre de généraux augmentaient plus l’armée devenait faible et manquait d’équipement.
<ul>
 	<li><strong>Période d’exception de 2012 – 2013</strong></li>
</ul>
ATT chassé du pouvoir par des officiers subalternes, s’est réfugié à Dakar avec la bénédiction du président Macky SALL.

Pendant 2 semaines, le pays a été gouverné par une junte militaire qui a eu comme objectif fondamental la reprise des régions du nord. Elle n’aura pas ce temps car la CEDEAO et l’Union Africaine ont tout de suite mis en application l’interdiction d’accéder au pouvoir par le principal relatif à un coup d’état comme solution imposée. Le président de cette transition a été le Président de l’Assemblée Nationale en la personne du professeur Dioncounda TRAORE pour une période de 18 mois. Ce dernier a fait appel à la France au moment où les djihadistes étaient à la porte de Konnaafin d’éviter que le Mali ne tombe sous le régime des djihadistes. La France a accepté d’aider le gouvernement à recouvrer son territoire, mais à la fin de l’intervention, la France a changé d’objectif en traitant les Touaregs d’amis de la France. A la grande surprise des maliens, la France après avoir neutralisé les terroristes et les djihadistes est allée récupérer le MNLA pour l’installer à Kidal en interdisant à l’armée malienne d’y mettre pied sous peine de se voir bombarder. Malheureusement le président de la transition et le peuple n’ont aucunement réagi par rapport à cette situation de fait voulue depuis de longues années par les régimes successifs français.

Cette attitude de Dioncounda est une complicité tacite de la France contre la république du Mali. Elle a consisté à chasser les djihadistes du nord pour venir installer le MNLA et autres groupes islamo-politiques.

Comme solution, des négociateurs ont été engagées à Ouagadougou afin de permettre la tenue des élections sur l’ensemble du territoire. Les négociations devraient se tenir 60 jours après l’installation du nouveau président. C’est à lasuite des élections de juillet et août 2013 qu’IBK est venu au pouvoir avec un score de 77% avec l’appui de la junte, de la population musulmane et surtout de la France. En effet, IBK est allé promettre à la France l’autonomie totale de Kidal. C’est la raison qui a fait que le régime de Macron à travers son ministre des Affaires étrangères l’a soutenu jusqu’à le féliciter avant que la Cour Constitutionnelle du Mali ne se prononce sur les résultats des élections.
<ul>
 	<li><strong>Période 2013-2020</strong></li>
</ul>
IBK est venu dans ces conditions c’est-à-dire un pays amputé de son nord, devrait avoir pour mission la réunification du pays sans contredire la constitution du 25 février 1992, mettre l’armée sur ses jambes et ses ailes, instaurer l’autorité de l’Etat, défendre le bonheur et l’honneur des maliens etc… En fait il avait des slogans qui ont capté l’esprit et la motivation du peuple, de la junte.

En réalité à part ces slogans creux IBK n’avait aucun programme concret aussi bien pendant son premier mandat que son deuxième mandat ses réalisations ont été très maigres et le peuple à force d’être déçu s’est demandé si c’était le même homme plébiscité par tout un pays. Le peuple a eu l’impression qu’il était là pour s’enrichir lui et son clan familial tellement la portée des scandales financier dans les quels, lui-même est impliqué en premier lieu. Pendant 7 ans, la gestion du pays s’est limitée à cette corruption endémique.

C’est vrai que le nord avait été abandonné par l’armée malienne suite à la crise dans cette zone, mais les administrateurs y étaient qu’à même.

Par sa mauvaise appréhension de la situation sécuritaire au nord du Mali, l’armée malienne envoyée en contre-attaque contre les troupes rebelles à Kidal s’est soldée par une défaite sanglante entraînant du coup l’interdiction de Kidal à l’armée malienne.

La solution trouvée par IBK a été de signer un accord dit d’Alger pour la paix et la réconciliation en Mai 2015 sans consulter ni le peuple par référendum, ni la représentation nationale.

En réalité face au dilemme de  la double nationalité à savoir celle malienne et celle française le Président IBK a accepté de trahir le Mali et de défendre les intérêts de la France : c’est sous son magistère que le pronostic vital sera prononcé si j’aimais l’Accord d’Alger de 2015 n’est pas rélu.

Cet accord en l’Etat créera à l’application deux républiques.Ce manque de fermeté d’IBK est certainement la cause de la partition presque consommée du Mali en deux entités : la Nouvelle République du Mali avec une population de 14 Millions d’habitants, couvrant six régions à savoir Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et le District de Bamako pour une superficie de 500 000 Km2, la République d’AZAWAD avec une population de 1 500 000 habitants couvrant six régions à savoir Douentza, GAO, Ménaka, Tombouctou, Kidal et Taoudéni pour une superficie de 750 000 km2. Elle compte deux régions Touaregs (Ménaka et Kidal) deux régions arabes (Taoudéni et Tombouctou) une région sonrhaï (Gao) et une région Peulh (Douentza). Cette partition programmée et presque consommée par l’accord d’Alger de 2015 et son Arrangement Sécuritaire, me rappelle la fin de l’Empire Romain d’Occident suite à l’abdication de l’empereur Romulus Augustule le 4 septembre 476.

En ce qui concerne le Mali, voici ce que l’Histoire contemporaine retiendra désormais, que c’est sous le règne du Président Ibrahima Boubacar KEITA, cinquième Président de la République du Mali et troisième Président depuis l’avènement de la démocratie que le Mali s’est scindé en deux Républiques suite à une rébellion Touareg datée de 2012.

Malheureusement le 60<sup>eme</sup> anniversaire de l’indépendance du Mali coïncide avec un autre coup d’Etat réparateur contre le président IBK, celui-là même qui voulait passer la main à son premier fils contre la volonté du peuple. A vouloir trop forcer cette option, un coup d’Etat lui a balayé le 18 Août 2020, après plusieurs mois de manifestations organisées par le Mouvement du 5 juin 2020 M5-RFP.

Un groupe de jeunes militaires dénommésConseil National pour le Salut du Peuple (CNSP) a mis fin à son régime après 7 ans de gestion catastrophique dans tous les domaines.Le Nouveau homme fort est le colonel Assimi GOÏTA. En soixante ans d’indépendance le Mali a connu 5 présidents légitimes, quatre coups d’état, quatre présidents intérimaires, quatre rébellions. Peut-on affirmer que notre démocratie n’a pas marché ! Un nouveau malien doit être inventé, une nouvelle société civile doit être inventée également. Le patriotisme a manqué à nos dirigeants et au peuple de l’ère démocratique.  Tous été affecté à des Fonctions civiles, pour éviter toute tentative de coup d’Etat.

Il était évidant que l’application de l’accord va continuer à poser problème malgré la pression de la Mauritanie et de l’Algérie qui se trouvent dans un jeu contre le Mali. La preuve c’est que certains journaux du lundi 28 septembre 2020 signale que l’Algérie vient d’annexer une partie de notre territoire. Cette occupation a pour but de faire plier le Mali dès à présent afin de voir appliquer l’accord d’Alger. A part le régime d’IBK aucun autre pays de la sous-région n’acceptera un tel accord. C’est parce que IBK défendait la France. Du fait qu’il a la nationalité française, qu’il se permet de vendre le Mali ainsi.

Son règne a été celui de la corruption à ciel ouvert et du népotisme total. Comment pouvez-vous comprendre qu’avant sa chute, c’est sa femme, son enfant Karim qui signaient les documents en lieu et place d’IBK ? Sa gouvernance a été l’une des proies en Afrique, cela se comprend, car il est venu par la fraude en 2013, et il s’est maintenu par la fraude électorale en 2018. Le régime d’IBK a brillé par son incompétence et par manque de patriotisme.

<strong><u>Conclusion</u></strong> : Pour finir notre démocratie a été un échec, ni les dirigeants de l’ère démocratique, ni les peuples demandeurs de démocratie, ni les partis politiques n’ont joué réellement leurs rôles afin de conforter les principes démocratiques. Le peuple a été persuadé que la démocratie va avec la corruption, tellement elle a été finalement la première industrie du Mali.

Parmi les cinq présidents élus de 1960 à 2018, IBK a sûrement été le moins patriote sur toute ligne malheureusement. En conclusion que faut-il retenir de notre souveraineté de 60 ans ?

Modibo a été bon, il a su défendre l’intégrité territoriale du Mali à laquelle il était très attaché. Cela a été une chose importante pour confirmer l’état malien. Il a créé les conditions pour implanter une quarantaine d’unités industrielles ; même si après le régime socialiste n’était pas du goût du peuple en majorité. Sous le régime de Modibo KEITA, les gens avaient honte de voler, cela est très important. Il peut se contenter avec la note 12/20.

Quant à Moussa TRAORE, également il a su garder l’intégrité territoriale pendant son règne en ouvrant un peu la fenêtre sur la liberté individuelle et collective sans oublier le fusil à côté. Il a combattu un régime de parti unique pour revenir encore à un régime de parti unique ; quelle contradiction ? Il a réalisé quelques infrastructures importantes qui ont contribué au développement du pays. Cela est une réalité, mais la conscience morale n’était plus une exigence dans la gouvernance, même si les gens avaient peur d’aller à la prévarication et à la conclusion sous son règne.

On peut lui attribuer une note de 13/20 Alpha Oumar KONARE a été le premier président de l’aire démocratique à partir de 1992. Il a réalisé beaucoup d’infrastructures scolaires, routières, sportives. Son rayonnement en Afrique était certain. Mais il n’a pas pu mettre fin aux antagonismes entre les partis politiques, bien que l’espace politiques avaient été libéré. C’est sous son régime qu’il y a eu 21 milliardaires au Mali « appelés les milliardaires de la démocratie ».

On peut lui attribuer la note 14/20. Ensuite vient ATT, qui est parvenu à mettre tous les partis politiques autour de la même table. En faisant cela, il a appelé tous les partis à la soupe donc plus de discorde dans ce cas.

Nous avons surnommé ce type de gestion, la gestion collégiale ou de consensus. Elle a permis d’apaiser la tension politique et sociale ; mais elle a détruit en même temps la démocratie qui évoluait sans contrepouvoir.

Cette expérience a fait queles 2/3 du territoire nous a échappé faute de critique, de soulèvements pour dénoncer les tares de sa gestion.

ATT n’a pas su garder intact, l’intégrité territoriale du territoire du fait qu’il a eu à faire une rébellion qu’il a vu venir, mais sans prendre de dispositions pour ce faire. Un coup d’état lui a fait partir à deux mois de la fin de son mandat. On peut lui attribuer la note 7/20. La corruption, bien que démasqué dans la gestion de l’Etat, n’a pas été réprimée à hauteur de souhait.

IBK venu dans ces conditions pour rétablir l’honneur et le bonheur des maliens, n’a pas su évaluer la lourdeur de la tâche qui lui incombait. Le népotisme, l’enrichissement illicite, le laxisme, le manque de patriotisme ont été ses tares. En lieu et place, c’est sa famille qui a pris en main ses prérogatives, comme si ce sont les membres de sa famille qui avaient été élus par le peuple.

Même l’armée malienne n’a pas échappé à cette malversation orchestrée par IBK lui-même. C’est sous son régime qu’aucun malien ne peut plus aller à Kidal y compris lui-même, les premiers ministres sans payer le ticket d’entrée. A cause de la mal gouvernance, le Mali se retrouve dans sa 3<sup>ème</sup> transition. On lui attribue la note de 9/20. Désormais, toutes ces leçons doivent nous permettre de nous ressaisir et de ne penser que le Mali.

<strong>Badou  S  KOBA</strong>

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<title>Les pères des indépendances :  Leurs parcours et leurs œuvres ont la valeur d’exemple</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/les-peres-des-independances-leurs-parcours-et-leurs-oeuvres-ont-la-valeur-dexemple-2897564.html</link>
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<pubDate>Tue, 29 Sep 2020 14:58:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Les pères des indépendances ont joué un rôle singulier dans l’histoire du Mali, des Etats africains et du continent. Leurs parcours et leurs œuvres ont valeur d’exemple</em></strong>.

&nbsp;

Le ton des indépendances est donné lorsqu’en 1958, la France organise un referendum à l’issue duquel les colonies devraient affirmer leur appartenance à la communauté qui devait être instituée entre la France et ses territoires et départements d’outre-mer ou accéder à l’indépendance. La Guinée-Conakry choisit l’indépendance. Le Sénégal, le Soudan (actuel Mali), la Haute Volta (actuel Burkina Faso) et le Dahomey (actuel Bénin), optent, en janvier 1959, pour l’indépendance d’un vaste ensemble : la Fédération du Mali. Cette fédération est dissoute un an plus tard suite à des difficultés d’ordre politique et géostratégique, d’abord avec le retrait de la Haute Volta et du Dahomey de l’union, puis du Sénégal qui proclame son indépendance le 20 juin 1960. A son tour, la République soudanaise, entendez le Mali, proclame son indépendance le 22 septembre 1960 sous la conduite de Modibo en conservant le nom de Mali en référence à l’Empire du même nom que fonda Soundiata Keita en 1235.

Les grandes figures des indépendances ont gardé à l’esprit de regroupement au sein d’ensembles viables au plan politique, socioculturel et économique, au mieux l’unité du continent. Fidèle à cet idéal, le Mali, sous tous les régimes qui se sont succédé, note régulièrement dans sa Constitution ce qui suit : <em>"La République du Mali peut conclure avec tout Etat africain des accords d’association ou de communauté comprenant abandon partiel ou total de sa souveraineté en vue de réaliser l’unité africaine". </em>Cette volonté du panafricanisme qui s’est manifesté à des degrés divers chez les leaders des indépendances a eu ses héros comme Kwamé Nkrumah et Patrice Lumumba.

Cependant on peut noter au Mali que le modèle de Modibo Keita continue à inspirer les nouvelles générations. Pour le directeur du Mémorial portant son nom, le Président Modibo Keita était un modèle de l’excellence sur toute la ligne. Il dit avoir retenu de lui, sa probité morale, l’amour de la patrie. <em>"Toutefois, Modibo Keita comme tout humain a rencontré des difficultés, à l’époque, il n’était pas facile de prendre la gestion d’un Etat qui venait juste de prendre son indépendance",</em> a souligné notre interlocuteur. Le concept était de préparer la mentalité, l’ordre et discipline, chose qui n’était pas facile à l’époque. C’était comme un saut dans l’inconnu. Cependant, le nouveau président Modibo Keita a pu prendre les choses en main. Il était un leader non seulement nationaliste, mais panafricaniste. C’est par lui que le Soudan a désormais été appelé la République du Mali quand il proclamé l’indépendance, a laissé entendre le DG. Le drapeau avec les couleurs : vert, jaune, rouge, était celui de la fédération, après l’éclatement de la fédération, le président Modibo décida d’enlever le logo et garda les couleurs. Nos frères du Sénégal ont mis à la place du logo une étoile. La devise un peuple-un but-une foi, on le doit aussi à Modibo Keita. Nos frères du Sénégal malgré la proclamation de leur indépendance ont gardé cette devise. Il a trouvé l’hymne national pour le Mali en mettant, Seydou Badian Kouyaté à la tête d’une commission de rédaction de l’hymne national.

Pour le directeur, le modèle de Modibo Keita continue à inspirer les nouvelles générations. Il affirmera que l’homme a fait son devoir de génération. A l’entendre, <em>"quand on conduit son pays à l’Indépendance, choisi un nom pour son pays, trouve un drapeau, une devise et un hymne national pour son pays, cela est suffisant pour dire que l’homme est une référence".</em>

<strong>Ibrahima Ndiaye</strong>

<strong>Dr. YAYA TRAORÉ, POLITOLOGUE, COMMUNICANT, CONSULTANT, ÉCRIVAIN, ÉDITEUR</strong>

<strong> </strong>

<strong>"Je retiens le projet d'unification du continent"</strong>

<strong><em> </em></strong>

Selon Dr. Traoré, les pères des indépendances se sont battus pour un idéal, celui d'une Afrique unie, respectée, paisible et stable, maîtresse de son destin. Ce combat, dit-il, est à placer et à lire dans le double contexte mondial des luttes de décolonisation et africain pour prendre justement en compte la particularité de l'Afrique. Si ces luttes pour les indépendances ne se limitaient pas à l'Afrique et concernaient d'autres parties du monde comme l'Asie et l'Arabie, il faut ajouter que la situation africaine était la poursuite d'une tragédie commencée par la traite des noirs, vers l'Arabie d'abord, ensuite vers l'Europe, explique-t-il. A ses yeux, la colonisation poursuit ces crimes par d'autres moyens et sous d'autres formes. La balkanisation du continent obéissait donc aux stratégies de domination et d'exploration par les puissances coloniales. <em>"Si je dois donc retenir quelque chose d'important, en plus de la lutte contre la colonisation et pour l'indépendance, c'est le projet d'unification du continent</em>. <em>Ce qu'on a appelé en d'autres termes le projet panafricain"</em>, dit-il. Dr Traoré estime cependant que, c'est important de préciser la fracture entre les leaders africains de l'époque en matière de vision, d'un côté ceux qui voulaient l'unité sans attendre dont Nkrumah, Haïlé Sélassié, Modibo Keita et d'autres et de l'autre côté les gradualistes tirés par Félix Houphouët Boigny qui estimaient que l'unité devait se construire progressivement. <em>"C'est dommage que le premier groupe n'ait pas pu triompher, or de mon point de vue, ils avaient raison",</em> a-t-il déploré. On peut tout de même dire que les pères des indépendances visionnaires qui voulaient l'unité immédiate ont fait de leur mieux. Leur échec est donc à relativiser. D’après lui, les indépendances et les marches solitaires ont montré leurs limites au regard du bilan après 60 ans. Et pourtant, des intellectuels lucides comme Cheick Anta Diop et d'autres n'avaient pas manqué de prôner l'urgence vitale de l'unité. Après 60 ans, quel est le pays africain parvenu seul à s'arracher des chaînes de la domination, à mettre en place des systèmes sanitaires, éducatifs dignes de ce nom ? S’interroge-t-il.

Le secteur agricole suffit pour souligner l’échec des marches solitaires. Des pays comme le nôtre, importe du riz et d'autres denrées alimentaires. Nous n'avons pas un secteur sanitaire performant et efficace. Plus grave, beaucoup de pays, à l'instar du Mali, se retrouvent en proie à des guerres, or sans sécurité et stabilité, des préalables essentiels, aucun développement digne de ce nom n'est possible. Pour lui, nous devons donc tirer les leçons de ce que j'ai appelé tantôt les marches solitaires, c'est-à-dire chaque pays croyant inventer seul son destin et revenir à l'idéal et au projet panafricain. Il a aussi souligné que si après 60 ans, l'Afrique n'est pas unie, l'idéal panafricain n'est pas mort. C'est pourquoi il a jugé important de souligner qu'après les pères des indépendances, des dirigeants audacieux comme Thomas Sankara, Jerry Rawlings, Mandela et d'autres ont tenté, en leurs manières, d'incarner les idéaux des pères des indépendances car en plus de l'unité, l'enjeu est aussi de se battre pour se prendre en charge, compter d'abord sur nous.

Il existe aussi de nombreux mouvements panafricains sur le continent et dans la nombreuse diaspora africaine à travers le monde. Il estime qu’il ne faut donc pas désespérer même s'il fallait cette analyse généalogique et mettre le doigt sur l'étiologie (causes) du mal. Il croit fort que le mal africain, en dépit du néocolonialisme et des visées de l'Occident sur le continent, qui ne sont pas à nier, se nomme la désunion. Toutefois, dit-il, il revient à nous, malgré les contraintes, de nous battre pour la liberté, la dignité du continent. Cela n'empêche, avant l'unité globale, d'œuvrer dans nos pays pour plus de bonne gouvernance. Il rappellera également que la situation actuelle du Mali ne peut s'expliquer par les seuls facteurs géopolitiques et géostratégiques (terrorisme...). Elle s'explique en grande partie par notre propre faillite dont l'échec des élites dirigeantes et la faiblesse de la société civile. <em>"Il faut donc œuvrer pour plus de citoyenneté active et de bonne gouvernance mais l'essentiel doit être le combat pour l'unification du continent",</em> a conclu, Dr. Traoré.

<strong>Ibrahima Ndiaye</strong>

<strong> </strong>

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<title>[Tribune] Mali – Tiébilé Dramé : Moussa Traoré, Modibo Keïta et l’État de droit</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/tribune-mali-tiebile-drame-moussa-traore-modibo-keita-et-letat-de-droit-2896386.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 21 Sep 2020 01:14:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pays</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>L’ancien ministre malien des Affaires étrangères, emprisonné plusieurs fois comme leader estudiantin et syndicaliste sous Moussa Traoré, évoque la mort du premier militaire à avoir fait un coup d’État au Mali et celle, dramatique, de Modibo Keïta, le président chassé du pouvoir en 1968. Un plaidoyer en faveur de la démocratie et de l’État de droit qui est aussi la première prise de parole publique de l’ancien ministre depuis le putsch du 18 août.</strong><strong> </strong>

Réagissant au décès du président Moussa Traoré, mon ami, l’ancien leader estudiantin Djiguiba Keïta, exilé politique de 1983 à 1991, a confié à RFI : « Pour moi, la mort de Moussa Traoré est un non-événement. » Auteur du premier putsch de l’histoire du Mali contemporain, le président Moussa Traoré a gouverné pendant 22 ans, quatre mois et une semaine. Ayant fait basculer l’évolution politique, économique, sociale et culturelle du pays <a href="https://www.jeuneafrique.com/375154/politique/jour-19-novembre-1968-coup-detat-renverse-president-malien-modibo-keita/">dans la matinée du 19 novembre 1968</a>, il laissera des traces indélébiles dans l’histoire de la nation malienne. Pour ces raisons, et pour d’autres, <a href="https://www.jeuneafrique.com/1044940/politique/mali-lancien-president-moussa-traore-est-decede/">sa disparition ne saurait être un non-événement</a>.

Je me réjouis du fait que le président ait eu la chance et le bonheur de mourir dans sa résidence, entouré de son épouse, de ses enfants et petits-enfants. Grâce aux libertés démocratiques conquises dans le sang des martyrs de janvier et mars 1991. Grâce aux acquis de la révolution, grâce à l’esprit de mars et à l’État de droit instauré à la faveur du changement de régime, le président a été traité, après son arrestation dans la nuit du 25 au 26 mars 1991, avec le respect inhérent à la dignité humaine et la considération due à son rang passé.

<strong>Démocratie et humanisme</strong>

Dix années durant, le général Moussa Traoré a été détenu dans des conditions acceptables, respectueuses des règles. Ni tortures, ni traitements cruels, inhumains ou dégradants. Ni injures, ni manque de respect de la part de ses geôliers.

Au cours de deux procédures judiciaires engagées contre lui, l’une sur les crimes de sang, l’autre sur les crimes économiques, Moussa Traoré a eu droit à des procès équitables au cours desquels le principe du contradictoire et les droits de la défense ont été largement respectés.

C’est au nom de l’idéal cher au Mouvement démocratique tant vilipendé en ces temps, que la peine capitale prononcée contre lui a été commuée en détention à perpétuité.

C’est au nom du même idéal de démocratie et de réconciliation nationale que le président Alpha Oumar Konaré a gracié, en 2001, le général Moussa Traoré et pris des dispositions pour l’installer dans des conditions respectueuses de son statut d’ancien président de la République.

C’est, donc, grâce aux convictions démocratiques et à l’humanisme des responsables de la troisième République que le président Moussa Traoré a pu vivre pendant 19 ans en liberté, au milieu des siens, et mourir tranquillement dans sa famille. Il a, ainsi, eu amplement le temps de raconter à ses petits-enfants ses hauts faits de stratège, de tacticien et d’officier habile.

<strong>Le calvaire de Modibo Keïta</strong>

Malheureusement, son prédécesseur, le premier président du Mali indépendant, père de l’Indépendance, n’a pas eu cette chance. Modibo Keïta est mort le 16 mai 1977 dans des circonstances qui n’ont toujours pas été élucidées. Il est mort dans une cellule exiguë du camp de parachutistes de Djikoroni, huit ans et six mois après son arrestation le 19 novembre 1968, après  avoir connu les geôles des camps militaires de Kati, Sikasso et Kidal. Il est mort, ce jour-là, sans aucune considération pour son rang, sans aucun respect de la dignité humaine.

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Comme lui, le président de l’Assemblée nationale, les membres du gouvernement, des parlementaires et de nombreux hauts cadres du pays ont été maintenus en détention des années durant, sans jugement et, très souvent, ont été soumis à des traitements cruels, inhumains ou dégradants.

<strong>À TAOUDENIT, LA CRUAUTÉ DES GEÔLIERS ÉTAIT SANS LIMITE</strong>

Plusieurs dirigeants civils et militaires, y compris les propres compagnons d’armes et de putsch du général Moussa Traoré, ont péri dans des conditions infra-humaines, dans l’une des pires prisons du monde : le camp pénal de Taoudenit. Dans ce véritable enfer sur terre, situé à 750 kilomètres au nord de Tombouctou, dans le Tanezrouft malien, l’une des régions les plus inhospitalières de la planète, les prisonniers étaient soumis aux travaux forcés dans les mines de sel jusqu’à épuisement, sous une chaleur accablante.

Ils dormaient à même le sol, dans la poussière et le sable, sans aucune protection contre les morsures des froides nuits dans le désert. Sous alimentés, pour beaucoup atteints du béri-béri, les détenus s’y nourrissaient des rats, lézards ou margouillats  qu’ils parvenaient à attraper parfois. Et pour boisson, ils n’avaient accès qu’à de l’eau saturée de sel.

<strong>Une trop longue liste</strong>

À Taoudenit, la cruauté des geôliers était sans limite. Les prisonniers étaient battus jusqu’au sang, parfois jusqu’à ce que mort s’ensuive. Déshumanisés, les morts étaient chargés sur des brouettes pour être enterrés sommairement, sans sépulture décente. Et Taoudenit n’était qu’une des nombreuses prisons du régime : Kidal, Tessalit, Aguel-hock, Bouressa, Ménaka, Inakounder… La liste est trop longue pour les citer toutes.

Trop longue, aussi, la liste des victimes. Citons Cheikh Oumar Tangara, leader étudiant à Dakar, expulsé par les autorités sénégalaises en 1971, et Abdoul Karim Camara, secrétaire général de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM) morts sous la torture au camp des parachutistes de Djikoroni, cet autre haut lieu de détention pendant ces années sombres.

Tel était le Mali sous le président Moussa Traoré. Son décès, dans son lit, confirme la supériorité du projet humaniste porté par le Mouvement démocratique dont les combats ont conduit, en 1991, à l’instauration du multipartisme et de l’ État de droit. Nous devons tous, ensemble, tout faire pour préserver le cadre démocratique et républicain, les valeurs de mars et l’État de droit.

Que le président Traoré repose en paix.

<strong>Source : jeune Afrique  </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mali : il était une fois Aoua Keïta, sage&#45;femme, militante anticoloniale et féministe</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mali-il-etait-une-fois-aoua-keita-sage-femme-militante-anticoloniale-et-feministe-2896377.html</link>
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<pubDate>Sat, 19 Sep 2020 23:35:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<div class="article__heading">
<p class="article__desc"><strong>A l’heure où le pays fête le 60e anniversaire de son indépendance, la trajectoire de cette femme rappelle le rôle des Africaines dans les luttes d’émancipation du joug colonial.</strong></p>
<p class="article__paragraph ">Qui se souvient, dans le <a href="https://www.lemonde.fr/mali/">Mali</a> d’aujourd’hui, des combats menés par la sage-femme Aoua Keïta (1912-1980), militante politique et syndicale au temps des décolonisations ? A l’heure où le pays fête le 60<sup>e</sup> anniversaire de son accession à l’indépendance et traverse une crise politique profonde, la trajectoire de cette femme exceptionnelle nous rappelle le rôle des Africaines dans l’effervescence des luttes politiques de ces décennies d’émancipation du joug colonial.</p>

<h2 class="article__sub-title">Devenir une « sage-femme communiste » en contexte colonial</h2>
<p class="article__paragraph ">Née en 1912 à Bamako, la capitale du Soudan français (actuel Mali), qui fait alors partie de l’Afrique occidentale française (AOF), Aoua Keïta grandit dans une famille polygame. C’est à l’initiative de son père, un ancien tirailleur, qu’elle est scolarisée en 1923 au Foyer des métisses, qui accueille des élèves noires et métisses que l’administration française veut éduquer. Elle appartient alors à la petite minorité de femmes de l’AOF qui sont scolarisées, au grand désarroi de sa mère, qui considère qu’une fille qui est allée à l’école est perdue pour le mariage et lui déclare amèrement : <em>« Va-t-en t’occuper de tes papiers et de tes crayons, c’est ce que tu donneras à manger à l’homme malheureux qui acceptera de te prendre. »</em></p>

<div id="inread-3" class="dfp-slot dfp__slot dfp__inread dfp-unloaded" data-format="inread" aria-hidden="true"></div>
<p class="article__paragraph ">Mais Aoua Keïta est brillante. Elle réussit en 1928 le concours de l’Ecole de médecine de l’AOF (qui a ouvert à Dakar en 1918) et obtient son diplôme de sage-femme trois ans plus tard, en 1931. Elle est alors affectée à Gao, une ville située dans l’extrême nord du Mali, dans une région dont elle ne connaît pas la langue (le songhai, alors qu’elle parle le bambara). Du fait de son métier, elle devient pourtant rapidement populaire et tisse avec les femmes locales des liens de confiance qui vont servir de terreau à son activité politique.</p>
<p class="article__paragraph ">Celle-ci commence aux côtés de son mari médecin, Daouda Diawara, qu’elle a épousé en 1935. L’invasion de l’Ethiopie par Mussolini attise sa révolte contre le colonialisme. Elle s’inscrit au Syndicat des médecins, vétérinaires, pharmaciens et sages-femmes, puis à l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA), la section soudanaise du parti anticolonial fédéral créé en octobre 1946 à Bamako et affilié dans un premier temps au Parti communiste français. Aoua Keïta en devient rapidement une militante très active. Elle prend en charge la propagande dans les localités où elle est affectée, est une des rares Africaines à pouvoir voter aux élections de 1946 en tant que citoyenne « indigène » et organise clandestinement des réunions de femmes dans sa maternité… pour éviter tant les foudres des maris que de l’administration coloniale.</p>
<p class="article__paragraph ">En 1949, Aoua Keïta, ne parvenant pas à avoir d’enfant et rejetant l’idée d’avoir une coépouse, divorce. Elle se consacre alors pleinement à ses activités professionnelles et politiques. Identifiée par l’administration coloniale comme une militante « communiste » au lendemain de la victoire de l’US-RDA à Gao aux élections de 1951, elle est mutée au Sénégal. Malgré la répression, elle devient une figure d’envergure de son parti. Elle est nommée commissaire à l’organisation des femmes en 1958 et, à ce titre, devient la seule femme membre du bureau politique de l’US-RDA. L’année suivante, elle est élue députée de la Fédération du Mali à Sikasso, devenant la première Africaine de l’ex-AOF à accéder à un tel poste.</p>

<h2 class="article__sub-title">Bamako, épicentre du panafricanisme au féminin</h2>
<p class="article__paragraph ">Pour Aoua Keïta, le combat contre les injustices coloniales est indissociable de l’organisation des femmes et de la défense de leurs droits. En collaboration avec l’institutrice Aïssata Sow Coulibaly, elle fonde un syndicat des femmes travailleuses à Bamako en 1956. Deux ans plus tard, elle participe à la création de l’Union des femmes du Soudan (UFS), qui a pour objectif de défendre les droits des femmes et de servir de base à la création d’une organisation panafricaine : l’Union des femmes de l’ouest africain (UFOA). Celle-ci est fondée à Bamako en juillet 1959, par des femmes du Soudan français, de Guinée, du Sénégal et du Dahomey.</p>
<p class="article__paragraph ">L’organisation affiche un programme ambitieux : elle condamne les abandons de domicile conjugal et les répudiations, réclame l’abolition de certaines coutumes jugées néfastes, l’institution du mariage civil et le consentement obligatoire des époux, la suppression du mariage précoce et de la polygamie. Sa création obéit à plusieurs préoccupations : consolider les liens entre les pays de l’AOF au moment où l’autonomie de chaque territoire s’affirme de plus en plus ; constituer une organisation susceptible de rendre plus visibles les Africaines à l’échelle internationale, notamment par rapport à leurs « sœurs » des colonies britanniques ; promouvoir des réformes tant dans le domaine familial qu’en matière de reconnaissance de la place des femmes dans l’espace public.</p>

<section class="catcher catcher--inline"><span class="catcher__title">Lire aussi </span><span class="catcher__desc"> <a class="js-article-read-also" href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/09/15/mali-l-ancien-autocrate-moussa-traore-est-decede_6052296_3212.html" data-premium="">Mali : l’ancien autocrate Moussa Traoré est mort</a></span></section>
<p class="article__paragraph ">L’UFOA disparaît en 1960, mais les réseaux qu’elle a permis de tisser servent de base à une structure continentale quelques années plus tard : la Conférence des femmes africaines (future Panafricaine), créée à Dar es-Salaam (Tanzanie) en 1962 et dont le siège se situe à Bamako. La capitale malienne est un espace central du panafricanisme au temps des décolonisations. Elle accueille également, la même année, la première réunion sur le sol africain de la Fédération démocratique internationale des femmes.</p>
<p class="article__paragraph ">Peu de temps après est voté le Code du mariage dans le Mali socialiste nouvellement indépendant. Si Aoua Keïta, seule femme à siéger à l’Assemblée nationale lors du vote, ne parvient pas à empêcher un amendement restreignant la monogamie, ce texte est considéré comme révolutionnaire en son temps. L’exclusivité du mariage civil sera abrogée en 2011, contre l’avis d’organisations féminines maliennes qui y voient une atteinte aux droits acquis au lendemain de l’indépendance.</p>

<h2 class="article__sub-title">Une Africaine dans le monde de la guerre froide</h2>
<p class="article__paragraph ">Ardente combattante de la cause anticoloniale, de l’unité africaine et des droits des femmes, Aoua Keïta contribue au renforcement des liens entre les militantes africaines et les organisations internationales. A ce titre, et à l’image de l’Ivoirienne Célestine Ouezzin Coulibaly, elle parcourt le monde et articule les luttes menées localement sur le continent aux combats internationaux anti-impérialistes. Elle effectue pour la première fois un voyage hors d’Afrique en 1957, comme déléguée au congrès de la Fédération syndicale mondiale (FSM) à Leipzig, en RDA. Alors âgée de 45 ans, elle y fait forte impression.</p>
<p class="article__paragraph ">Au lendemain de l’accession du Mali à l’indépendance, le 22 septembre 1960, elle se rapproche des pays socialistes, voyage en Union soviétique et en Asie (Chine, Corée, Vietnam) et noue avec les organisations féminines de ces pays des liens de coopération tournés vers l’éducation des filles, la santé des mères et des enfants. La solidarité tissée avec les femmes du tiers-monde et les militantes communistes ne signifie pas pour autant qu’elle rompe les relations avec les femmes du « bloc de l’Ouest ». Dans le contexte de la guerre froide, le Mali socialiste a fait le choix du non-alignement et maintient une collaboration effective avec la France comme avec les Etats-Unis.</p>

<section class="catcher catcher--inline"><span class="catcher__title">Lire aussi </span><span class="catcher__desc"> <a class="js-article-read-also" href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/06/17/voix-du-mali-la-selection-musicale-du-monde-afrique-6_6043195_3212.html" data-premium="">Voix du Mali : la sélection musicale du « Monde Afrique » #6</a></span></section>
<p class="article__paragraph ">La carrière politique d’Aoua Keïta s’arrête brutalement en 1967. Alors que le pays est traversé par une « révolution culturelle », elle est écartée du pouvoir, de même que les autres rares femmes à avoir obtenu des responsabilités politiques. Le coup d’Etat militaire qui renverse la I<sup>re</sup> République de Modibo Keïta, l’année suivante, la pousse sur la route de l’exil. Vivant entre le Congo-Brazzaville et la France, elle se consacre à l’écriture de ses mémoires.</p>
<p class="article__paragraph ">Ce témoignage exceptionnel publié en 1975 n’est sans doute pas pour rien dans le fait qu’elle incarne aujourd’hui la participation des femmes à la lutte pour l’indépendance du Mali et un modèle pour les associations féminines et féministes maliennes. Son effigie a été reproduite en 2006 sur des pagnes à l’occasion de la Journée de la femme africaine, fixée au 31 juillet. Son portrait orne également la vaste fresque murale située sur les hauteurs de Koulouba, la « colline du pouvoir » à Bamako, qui retrace cent cinquante ans d’histoire malienne.</p>

<section class="catcher catcher--reference js-catcher">
<p class="catcher__desc"><span class="catcher__label"><strong>Ophélie Rillon</strong> est chargée de recherche au CNRS, membre du laboratoire Les Afriques dans le monde (LAM) de l’université Bordeaux-Montaigne.</span></p>

</section><section class="catcher catcher--reference js-catcher">
<p class="catcher__desc"><span class="catcher__label"><strong>Pascale Barthélémy</strong> est maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’ENS Lyon.</span></p>

</section><section class="catcher catcher--reference js-catcher">
<p class="catcher__desc"><span class="catcher__label">Cet article a d’abord été publié sur le site <a href="https://theconversation.com/le-destin-daoua-keita-femme-dexception-et-figure-de-lindependance-du-mali-146163">The Conversation.</a></span></p>

</section>&nbsp;

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</item>

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<title>L’homme du 19 novembre 1968 : Le Général Moussa TRAORE s’en est allé en nous laissant sous le bras la gestion du Nord !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/lhomme-du-19-novembre-1968-le-general-moussa-traore-sen-est-alle-en-nous-laissant-sous-le-bras-la-gestion-du-nord-2896324.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 19 Sep 2020 08:14:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Carréfour</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Faut-il le rappeler  Choguel Maïga dans son livre intitulé « Les rebellions au nord du Mali » les officiers subalternes qui ont pris le pouvoir le 19 novembre 1968 n’étaient pas aussi inexpérimentés comme certains l’ont soutenu. C’est avec discernement qu’ils évaluaient l’héritage légué par le régime de l’US-RDA pour en retenir ce qui est positif et rejeter ce qui a nui au peuple et rendu le régime impopulaire.

Concernant le nord du Mali, ils agissaient avec prudence. La région était maintenue sous administration militaire. Le capitaine Charles Samba Sissiko, chef de la subdivision de Kidal a été rappelé à Bamako à cet effet pour y être coopté au sein du CMLN. Il a été remplacé par l’un des dix officiers subalternes avec lesquels le général Abdoulaye Soumaré avait créé l’armée malienne : feu le lieutenant Ousmane Coulibaly.

Après leur reddition, les responsables de la rébellion de 1963, sur intervention d’Intalla Ag Attaher, n’ont pas été exécutés. Elladi Ag Alla et Zyed Ag Attaher, faits prisonniers, ont été transférés à la prison centrale de Bamako où ils ont retrouvé  Mohamed Aly Ag Attaher Insar qui s’était réfugié au Maroc auparavant. Elladi Ag Alla parviendra à s’évader pour rejoindre l’Algérie via le Niger. Zyed Ag Attaher et Mohamed Aly Ag Attaher Insar ont attendu 1974 pour être libérés.

Donc, de la part des nouvelles autorités du pays, la fermeté affichée par Modibo Keïta a été maintenue. Ce qui a changé, ce sont les rapports avec la chefferie traditionnelle. Celle-ci avait été supprimée par Modibo Keïta comme il avait supprimé au sud, la chefferie de canton. Mais, à l’instar de la chefferie de village qu’il avait maintenu au sud, au nord, il avait également maintenu la chefferie de fraction. A l’égard des deux types de chefferie, la démarche du CMLN s’apparentait plutôt à celle des Français qu’à celle des responsables de l’US-RDA, particulièrement à cette politique définie par le chef de bataillon Bétrix, commandant de la région de Gao, sous la dénomination « principe de responsabilité ». Elle consistait à « donner aux nomades l’idée de discipline » pour les amener à se plier à l’autorité de l’État à travers la soumission à leur hiérarchie, à l’amrar en premier lieu, à l’Aménokal en second lieu, ce dernier étant placé sous les ordres du représentant de l’autorité centrale.

Ainsi, la féodalité que Modibo Kéïta voulait supprimer se trouve restaurée par Moussa Traoré. Les chefs de tribu ont conservé leurs privilèges. Pour agir sur le milieu nomade, l’État passait par leur intermédiaire. Ce sont eux qui recevaient les dons pour les répartir ensuite à travers un réseau de clientélisme. En contrepartie, ils agissaient sur leurs « sujets » pour les contraindre à la discipline. Si l’un d’eux s’écartait, l’Aménokal le mettait aux arrêts pour le remettre au représentant de l’autorité centrale avant d’intervenir, quelques jours après, afin de négocier et d’obtenir sa libération.

En 1979, l’UDPM a été créée. Parti unique et constitutionnel, il se voulait un creuset de la Nation. Les nomades ont évité l’erreur commise de 1945 à 1955 en s’abstenant de faire de la politique. Tous les chefs de tribus, rassurés par le maintien de leurs privilèges, adhéraient au nouveau parti politique. Ainsi, se sont retrouvés secrétaires généraux de section UDPM : Intalla Ag Attaher (Kidal), Bajan Ag Hamadou (Ménaka), Nok Ag Athia (Diré), Mohamed El Mehdi Ag Attaher Insar (Goundam), Mohamedoun Ag Hamani (Tombouctou), Boudama El Kounti (Gourma-Rharouss). Trois grandes confédérations touaregues occupaient le devant de la scène : celles des Kel Adagh, des Oulliminden et des KelAntessar.

Cette configuration politique ne s’est pas faite sans créer un certain déséquilibre avec les populations noires. Dans la plupart des sections, celles-ci, par leur nombre, sont majoritaires. Mais, compte tenu du fait que l’on compte un comité UDPM par fraction nomade et un comité UDPM par village sédentaire, le nombre de fractions nomades l’emporte de loin sur le nombre de villages. De ce fait, la représentation des populations au sein des instances et organes politiques de base du Parti n’a pas reflété la réalité sur le terrain : minoritaire sociologiquement, les Touaregs et les Arabes, en termes de représentativité, devenaient par ce jeu, politiquement plus nombreux que les populations noires.

Au vu de ce qui précède, la thèse selon laquelle les Touaregs se trouvent marginalisés par rapport aux Négro-Africains se trouve dépourvue de fondement. Cependant, elle a été l’un des prétextes avancés par les rebelles pour reprendre les armes contre l’État central en 1990, après une phase de maturation.

Nous allons retenir du Général Moussa Traoré ce grand homme qui  a pendant 23 ans fait de l’armée malienne des lions (waraba). Il a équipé l’armée pour être l’une des meilleures en Afrique. C’est lui qui a doté le Mali de deux grands barrages hydroélectriques à savoir celui de Sélingué et celui de Manantali. C’est lui qui a fait revenir le Mali en juin 1984 dans l’Union Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) faisant disparaitre les signes du franc malien. C’est en 1983, qu’il a créé la télévision nationale. C’est lui qui a bitumé la route de Sévaré-Gao. De cette date à maintenant aucun régime fut-il démocratique, n’a pu réhabiliter cette route dont se plaignent les citoyens de nos jours.

Un règne, quel qu’il soit n’a pas la même longueur de vie qu’une barre d’or. Le Match final du 19 novembre 1968 vient de se jouer entre les deux Moussa (Traoré et Koné) des cousins à plaisanterie. C’est Moussa Koné qui aura gagné le pari. Qui mieux que lui doit lire l’oraison funèbre de son homonyme ?

Le seul regret qu’il a éprouvé en quittant cette terre, c’est le fait que les Touaregs ont détaché la région de Kidal du Mali, alors qu’il a juré que tant qu’il est en vie, Kidal sera toujours malien, tel n’est pas le cas aujourd’hui.

Son regret est également le fait que le parti unique à doter et doper l’armée malienne en formation et en équipements russes, la démocratie, une fois installée a démantelé nos outils de défense. Mais à la fin de la conversation, il a dit que l’armée malienne et les hommes politiques ont refusé de mener la bataille de Kidal bien qu’il y a plus de 60 généraux actifs dans les rangs.

Pour lui, tant que cette bataille n’est pas menée à son terme, le Mali ne récupéra jamais Kidal. Dans son dernier souffle, il a reconfié cette mission aux généraux maliens afin de redorer leur blason en récupérant Kidal. Ce combat vaut la peine d’être mené doit se faire.  Il fut l’homme d’État le plus glorieux après l’empereur Kankou Moussa. Sous son régime le Mali était pauvre, mais prospère

Dors en paix mon Général d’Armée, tu as mérité de la Patrie!

<strong>Badou  S  KOBA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Décès du général Moussa Traoré :  La mort surprend le dernier « Mansa » du Mali à son domicile à Djicoroni Para</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/deces-du-general-moussa-traore-la-mort-surprend-le-dernier-mansa-du-mali-a-son-domicile-a-djicoroni-para-2896076.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 17 Sep 2020 17:06:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Sadio</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Le Général Moussa Traoré est décédé à son domicile le mardi 15 septembre dernier à 12H05 mn a-t-on appris de sources qui citent des membres de sa famille, sans préciser de causes. Un deuil national de trois jours est décrété par la junte depuis  d’hier 17 septembre en sa mémoire.</em>

Nous avons posé la question au Dr Fodé Moussa Sidibé, diplômé de la Sorbonne en sociologie littéraire, professeur à la faculté des Lettres à l’Université de Bamako, disciple de chasseur, de savoir si l’illustre défunt pouvait être qualifié de « Mansa ». « Non », nous a-t-il répondu. Un Mansa, enseigne-t-il, est comme le représentant de Dieu sur terre. Ses pouvoirs d’incarnation et d’inspiration divine sont sans limites et n’ont rien à voir avec le détenteur d’un pouvoir arraché à la force des armes ou acquis dans les urnes. Celui-ci est un chef d’Etat, Président de la République ou même chef de parti, mais pas un Mansa comme c’est le cas du Roi du Maroc ou le Moro Naba du Burkina Faso.

Tantôt qualifié de dictateur par ses détracteurs, de sauveur ou de sage par ses partisans, le personnage controversé de feu Moussa Traoré est en vérité une combinaison d’un peu de tout cela. Il serait tout de même bien réducteur de le loger à la même enseigne que certains hommes à peine visibles dans une foule et qu’on croirait absents une fois qu’ils s’asseyent. Feu Mouammar Kadhafi (paix à son âme) ne refusait-il pas d’être qualifié de simple Président de la République ? Le Général en imposait par sa taille, sa démarche majestueuse et son charisme. Rares furent ses collaborateurs ou interlocuteurs qui pouvaient souffrir de croiser son regard, obligés qu’ils étaient de baisser les yeux et le ton quand ils lui adressaient la parole. Quant à la tête de ses compagnons d’armes, ils renversaient le pouvoir du premier Président de la République Modibo Keita et délivraient leurs compatriotes, nous apprennent les anciens, ils furent acclamés comme des sauveurs et reçurent beaucoup de bénédictions. Au fil des ans, la pratique du pouvoir forgea un autre Moussa Traoré et il serait amnésique de passer sous silence entre autres le carnage de 1991 qui lui coûta son fauteuil. Au crépuscule de sa longue vie, 84 ans, le héros des mardis, au propre comme au figuré, se transforma en sage ou en « walidju », c’est-à-dire un érudit en sciences coraniques et un passage obligé pour les hommes politiques, qui pour avoir des bénédictions, qui pour prendre conseils.

Moussa Traoré naquit  le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/25_septembre">25</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Septembre_1936">septembre</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1936">1936</a> à Sébétou dans la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kayes_(Mali)">Kayes</a>. Il meurt le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/15_septembre">15</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Septembre_2020">septembre</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2020">2020</a> à son domicile à Djicoroni Para, en commune IV du District de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bamako">Bamako</a>. C’est un soldat de formation qui devint homme d’Etat, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pr%C3%A9sidents_du_Mali">PHYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pr%C3%A9sidents_du_Mali"résident de la République</a> à partir du 19 novembre 1968 jusqu’au 26 mars 1991 soit exactement  22 ans, 4 mois et 7 jours  de pouvoir.<strong>
</strong>Moussa Traoré est le fils d'un ancien soldat de l'armée française. Il s'engage sous le drapeau en 1954 et fait ses études à l’École des enfants de troupe de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kati_(ville)">Kati</a> (aujourd’hui  <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Prytan%C3%A9e_militaire_de_Kati">Prytanée militaire de Kati</a>) puis rejoint l'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_formation_des_officiers_du_r%C3%A9gime_transitoire_des_troupes_de_marine">école d'officiers</a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9jus">Fréjus</a> en France en 1960. Il en sort major de sa promotion.

<strong>Grandeur et décadence du soldat</strong>

<strong>Parcours militaire                                    </strong>

Moussa Traoré est nommé <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sous-lieutenant">sous-lieutenant</a> en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1961">1961</a>, puis <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lieutenant_(grade_militaire)">lieutenant</a> en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1963">1963</a>. Il part au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tanganyika_(pays)">Tanganyika</a> (l’actuelle <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tanzanie">Tanzanie</a>) en qualité d’instructeur auprès des combattants de mouvements de libération. Il est ensuite nommé instructeur à l’École militaire interarmes de Kati.

<strong>Présidence de 1968 à 1991</strong>

Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/19_novembre">19</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Novembre_1968">novembre</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1968">1968</a>, Moussa Traoré participe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_du_19_novembre_1968_au_Mali">au coup d’État</a> qui renverse le président socialiste <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Modibo_Ke%C3%AFta_(1915-1977)">Modibo Keïta</a>. Il devient président du Comité militaire de libération nationale, puis président de la République le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/19_septembre">19</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Septembre_1969">septembre</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1969">1969</a>.

Toutes les activités politiques sont alors interdites. Un régime policier est mis en place sous la direction du colonel <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ti%C3%A9coro_Bagayoko">TiécoroHYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Ti%C3%A9coro_Bagayoko" HYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Ti%C3%A9coro_Bagayoko"Bagayoko</a>. Des agents de renseignements vont dans les écoles pour écouter les cours des professeurs (le milieu scolaire et universitaire est en majorité hostile au régime militaire). Le socialisme économique de l’ancien président Modibo Keïta est abandonné.

En <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1971">1971</a>, il accuse son Premier ministre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yoro_Diakit%C3%A9">Yoro Diakité</a> de tentative de coup d'état et le fait incarcérer à la prison de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taoudeni">Taoudeni</a> où il meurt deux ans plus tard de mauvais traitement.

Entre 1972 et 1973, une sécheresse dévastatrice s’abat sur le Mali. L’aide internationale arrive mais l’argent est détourné.

Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2_juin">2</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Juin_1974">juin</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1974">1974</a>, il fait adopter par référendum (99 % des voix) une constitution qui fonde la seconde République, imposant un parti unique, une assemblée nationale et un Président de la République élu tous les 5 ans au suffrage universel. En <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1976">1976</a>, il fonde l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_d%C3%A9mocratique_du_peuple_malien">Union démocratique du peuple malien</a> (UDPM), parti unique, ainsi que l’<a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Union_nationale_des_femmes_du_Mali&amp;action=edit&amp;redlink=1">Union nationale des femmes du Mali</a>(UNFM) et l’<a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Union_nationale_des_jeunes_du_Mali&amp;action=edit&amp;redlink=1">Union nationale des jeunes du Mali</a>(UNJM), organisations auxquelles respectivement toutes les femmes et tous les jeunes sont membres de droit.

Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/16_mai">16</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mai_1977">mai</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1977">1977</a>, l’ancien président <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Modibo_Ke%C3%AFta_(1915-1977)">Modibo Keïta</a> meurt de façon suspecte en détention à l’âge de 62 ans, entraînant une forte mobilisation populaire. Des milliers de personnes se rendent à ses obsèques, auxquelles participent également des délégations officielles de pays voisins, notamment de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guin%C3%A9e">Guinée</a> et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%B4te_d%E2%80%99Ivoire">Côte d’Ivoire</a>. Le régime militaire réagit violemment en procédant à de nombreuses arrestations et Moussa Traoré sera obligé d’expliquer sur la radio nationale, les raisons de la mort de Modibo Keita, due selon lui à « un œdème aigu des poumons », mais ses explications ne convainquent personne.

Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/28_f%C3%A9vrier">28</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9vrier_1978">février</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1978">1978</a>, Moussa Traoré fait arrêter <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ti%C3%A9coro_Bagayoko">TiécoroHYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Ti%C3%A9coro_Bagayoko" HYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Ti%C3%A9coro_Bagayoko"Bagayoko</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kissima_Doukara">KissimaHYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Kissima_Doukara" HYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Kissima_Doukara"Doukara</a>, respectivement directeur de la Sûreté nationale et ministre de la Défense, qu’il accuse de préparer un complot.

Lors des premières élections de la seconde République en 1979, Moussa Traoré est l'unique candidat à la présidentielle.  Il propose d’aller vers une ouverture politique ce qui lui permet d’acquérir le soutien de certains intellectuels comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alpha_Oumar_Konar%C3%A9">Alpha Oumar Konaré</a> qui acceptera le poste de ministre des Arts et de la Culture pendant quelques années.

En <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1980">1980</a>, des manifestations d’étudiants sont réprimées. Leur chef <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abdoul_Karim_Camara">Abdoul Karim Camara</a> dit « Cabral », décède sous la torture, le 17 mars 1980. En <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1982">1982</a>, il est promu général d’armée. En <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1990">1990</a> sont fondés le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Congr%C3%A8s_national_d%E2%80%99initiative_d%C3%A9mocratique">Congrès national d’initiative démocratique</a> (CNID) par l’avocat Me <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mountaga_Tall">MountagaHYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Mountaga_Tall" HYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Mountaga_Tall"Tall</a> et l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alliance_pour_la_d%C3%A9mocratie_au_Mali-Parti_africain_pour_la_solidarit%C3%A9_et_la_justice">Alliance pour la démocratie au Mali</a> (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/ADEMA">ADEMA</a>) par feu <a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Abdramane_Baba&amp;action=edit&amp;redlink=1">AbdramaneHYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Abdramane_Baba&amp;action=edit&amp;redlink=1" Baba</a> Touré. Ces deux associations vont avec l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_des_%C3%A9l%C3%A8ves_et_%C3%A9tudiants_du_Mali">Association des élèves et étudiants du Mali</a> (AEEM) et l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_malienne_des_droits_de_l%27homme">Association malienne des droits de l'homme</a> (AMDH) combattre le régime de Moussa Traoré et exiger le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Multipartisme">multipartisme</a>.

<strong>Le coup d’État de 1991</strong>

Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/22_mars">22</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mars_1991">mars</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1991">1991</a>, une manifestation à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bamako">Bamako</a> composée de milliers d'étudiants est réprimée par les armes, faisant plus de 200 morts. Le soulèvement se poursuit jusqu'au 24 mars. Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/26_mars">26</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mars_1991">mars</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1991">1991</a>, un coup d’état militaire conduit par le lieutenant- colonel <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amadou_Toumani_Tour%C3%A9">Amadou HYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Amadou_Toumani_Tour%C3%A9"ToumaniHYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Amadou_Toumani_Tour%C3%A9" Touré</a> le renverse. Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Comit%C3%A9_de_transition_pour_le_salut_du_peuple">Comité de transition pour le salut du peuple</a> est mis en place avec le colonel ATT à sa tête.

<strong>Après la présidence</strong>

Moussa Traoré est emprisonné à Markala. En février 1993, lors d'un procès, il est condamné par la cour d’assises à la peine de mort pour crimes de sang commis entre janvier et mars 1991. Il est incarcéré ainsi que tous les membres de sa famille, dont son petit-fils de 6 ans qui a purgé une peine de 14 mois. Il est le premier chef d'État africain à devoir répondre de ses actes devant la justice de son pays. Ayant été condamné à mort, ainsi que son épouse Mariam Sissoko, Moussa Traoré est déchu de ses droits civiques, et ne peut donc plus être électeur ou éligible. Il considère cependant avoir été condamné pour des crimes qu'il n'a pas commis et avoir été la victime d'un complot politique. Pour lui, le massacre du 26 mars 1991 a été orchestré par l'opposition politique et les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_socialiste_(France)">socialistes français</a>, notamment la Fondation France Liberté de Danielle Mitterrand, épouse du Président français d’alors  qui auraient fait venir des mercenaires au Mali afin de le déstabiliser. Il est gracié en 1997.

Le président <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alpha_Oumar_Konar%C3%A9">Alpha Oumar Konaré</a> commue sa peine pour « crimes économiques » en prison à vie le 21 septembre 1999 puis, en mai 2002, le gracie. Il est accusé d'avoir détourné pendant son règne, plus de 2 milliards de dollars d'argent public.

Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_patriotique_pour_le_renouveau">Mouvement patriotique pour le renouveau</a> (MPR), relique de son défunt parti(UDPM) politique se réclame de lui.  Le Dr <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cheick_Modibo_Diarra">Cheick Modibo Diarra</a>, ancien Premier ministre du Mali sous Amadou Aya Sanago, est marié avec sa fille. Moussa Traoré vit depuis sa libération dans une grande villa, une résidence d’Etat au quartier Djicoroni-Para en commune IV.

Il est jusqu'à sa mort considéré comme un « sage ». Il reçoit le Président IBK et ses adversaires venus prendre conseil puis quelques jours avant sa mort, les colonels qui allaient déposer  le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_2020_au_Mali"> 18 aoûtHYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_2020_au_Mali" 2020HYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_2020_au_Mali", HYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_2020_au_Mali"le même HYPERLINK "https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_2020_au_Mali"IBK</a>.

Denis T Théra]]> </content:encoded>
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<title>Moussa Traoré, dictateur et «sage» de Bamako</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/moussa-traore-dictateur-et-sage-de-bamako-2895981.html</link>
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<pubDate>Thu, 17 Sep 2020 01:17:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[L’ancien président malien, le général Moussa Traoré est décédé ce mardi 15 septembre. Né le 25 septembre 1936, il avait pris le pouvoir en 1968 avant d’être renversé en mars 1991.

Au soir de sa vie, il est devenu « le sage » de Bamako. À son domicile dans la capitale du Mali, c’était un ballet incessant de véhicules, pour le saluer ou pour prendre des conseils. L’un des derniers visiteurs avant sa mort le mardi 15 septembre ? Une délégation de la junte qui a pris le pouvoir le 18 août à Bamako, conduite par le colonel Assémi Goïta, le chef des militaires putschistes lui-même. Moussa Traoré a chaleureusement reçu ses jeunes compagnons d’armes, et s’est empressé de les adouber devant la presse. Après leur entretien, « ce sont mes fils. J’ai donné les conseils utiles pour qu’ils ne commettent pas les mêmes erreurs que par le passé », a-t-il déclaré. Et comme s’il prenait un peu sa revanche sur l’histoire, il ajoute malicieux : « Je n’ai jamais désespéré de mon pays ».

L’homme a la mémoire longue… En 2002, déjà condamné à mort à deux reprises, alors qu’il purgeait une peine commuée en détention à perpétuité avec son épouse Mariam, Moussa Traoré recevait RFI dans sa prison de la localité de Markala, située à près de 300 kilomètres au nord de Bamako. Emmitouflé dans un boubou traditionnel, assis dans la cour d’une vieille bâtisse, un exemplaire du Coran à portée de main, son épouse non loin, il a glissé lors de l’entretien : « Vous allez voir, l’histoire me donnera raison. J’ai été victime d’un coup d’État orchestré à partir de l’extérieur. Et les prétendus démocrates qui ont pris le pouvoir sont tout sauf des patriotes. Ils n’ont rien de démocrates. Ils ne sont pas venus servir le peuple. Mais ils sont venus pour autre chose. Vous verrez. Que Dieu nous prête longue vie, on verra. »

Depuis, ses deux successeurs démocratiquement élus à la tête de l’État malien –le général Amadou Toumani Touré en 2012 et Ibrahim Boubacar Kéita en août 2020 – ont été renversés par un coup d’État militaire. Ce dernier lui a même jeté des fleurs lors de sa prestation de serment en 2013 devant un parterre de chefs d’État et de personnalités en le qualifiant de « grand démocrate » pour saluer sa présence à la cérémonie. Un parti politique, le Mouvement Patriotique pour le Renouveau (MPR) a même été créé entre-temps pour se réclamer de lui.

Celui qu’on appelait GMT (Général Moussa Traoré), avait donc la mémoire longue, mais le peuple malien aussi…. Lorsqu’il est renversé le 26 mars 1991, pour bon nombre de Maliens, c’est la fin d’une dictature. « Oui, en mars 1991, c’est une dictature qui a été renversée. Pour moi, la mort de Moussa Traoré est un non-événement. […] Condamné deux fois à la peine de mort, il n’a jamais eu l’humilité de présenter ses excuses au peuple malien martyr de ses 23 ans de dictature » , a confié à RFI, Djiguiba Kéita dit PPR, membre du Parti pour la renaissance nationale (Parena). Comme d’autres Maliens, sous le règne de Moussa Traoré, il s’est exilé pour échapper aux fourches caudines du parti unique.

D’autres qui ont eu à faire à GMT, continuent de témoigner comme Sory Ibrahima Traoré, fils de Ibrahima Traoré, détenu politique entre 1974 et 1978. Peu après la mort de l'ancien président, il a publié sur sa page Facebook un message : « Mon général [Moussa Traoré], je te pardonne et je demande à toute ma famille de faire la même chose. À cause de toi, mon père a fait quatre ans de prison du camp-para [à Bamako] à Ansogo [Nord] en passant par [le bagne] de Taoudéni [Nord]. Mon général, étant bébé, j’ai fait mes premiers mois dans la cour de la prison de Ansogo, parce que ma mère y avait rejoint son mari détenu politique. Mais je te pardonne. »

<strong>Dur avec ses opposants</strong>

Fils d’un ancien soldat de l’armée française, Moussa Traoré suivra la même voie en 1954, à l’école de troupe de Kati près de Bamako, puis regagnera l’école d’officiers de Fréjus six ans plus tard.

Le 19 novembre 1968, à 32 ans, il participe à un coup d’État militaire qui renverse le père de l’indépendance du Mali, le président Modibo Kéita. Il prend ainsi la tête du comité militaire de libération nationale (CMLN) puis devient chef de l’État. Alors que certains espéraient voir les civils revenir au pouvoir, il fait adopter en 1974, une nouvelle constitution qui installe la seconde République.

Sentant une vague de contestation naissante, il drague quelques intellectuels et crée, en 1979, l’Union démocratique du peuple malien (l’UDPM), le parti unique. Dans les années 80, une répression s’abat notamment sur les étudiants. Un leader estudiantin Abdoul Karim Camara dit « Cabral » meurt le 17 mars 1980 sous la torture, selon plusieurs sources. Jusqu’à ce jour, il est encore célébré chaque année au Mali et une place porte son nom à Bamako.

Les adversaires politiques les moins chanceux de Moussa Traoré terminent leur vie en travaillant dans la mine de sel de Taoudeni, un bagne perdu au milieu du Sahara, à environ 900 kilomètres au nord de Tombouctou. Cette redoutable prison à ciel ouvert sera définitivement fermée par le président Alpha Oumar Konaré qui dirigea le Mali entre 1992 et 2002.

Moussa Traoré a senti le vent tourner, mais n’a pas pris toutes les précautions. Le discours de la Baule de François Mitterrand est notamment passé par là. L’opinion nationale lui demande d’ouvrir les vannes du multipartisme. Moussa Traoré demande à ses interlocuteurs d’attendre un peu. Il sera emporté par un coup d’État le 26 mars 1991, après 23 ans passés au pouvoir. Des manifestants ont trouvé la mort lors de l’insurrection populaire. Il sera condamné à mort à deux reprises. Pour « crimes de sang » et six ans plus tard pour « crimes économiques ». Ses avocats ont dénoncé « une parodie de justice ».

<strong>Mariam Traoré, « l’impératrice »</strong>

On ne peut pas parler de Moussa Traoré sans évoquer son épouse Mariam. Au fait de sa gloire, elle est surnommée « l’impératrice ». Femme de caractère, elle a toujours été proche de son époux. Condamnée à mort pour « crimes économiques » en 1999, (sa peine et celle de son époux seront commuées en détention à perpétuité), elle est connue pour ne pas avoir sa langue dans la poche.

Lors de son procès en 1999, invitée à justifier une partie des bien familiaux, elle a déclaré devant le public médusé : « C’est feu président Felix Houphouët Boigny [ancien président de la Côte d’Ivoire] qui nous a fait un don qui a permis la réalisation de notre champ. » Ce procès a un peu laissé un goût d’inachevé. Le couple que la vox populi disait avoir détourné « des milliards de dollars », a finalement été condamné pour détournement de « quelques centaines de millions de francs CFA », montant que la défense a contesté avec véhémence.

Lors d’une autre visite au couple dans sa prison de la localité de Markala, RFI avait été invité par Mariam à visiter la chambre qu’elle partage avec son époux pour « démentir » les informations selon lesquelles, ils dormaient dans « un luxe insolent ». L’endroit était tout sauf luxueux. Un drap de couleur bleu, un lit à deux places, le climatiseur en panne et à même le sol, jonchaient des affaires.

Revenue auprès de son époux après cette visite rapide de la chambre présidentielle, elle engage la conversation sur une véranda où l’homme de sa vie est assis sur une chaise en fer. Pour montrer qu’elle a toujours de l’autorité, mais aussi de l’humour, elle arrache la parole à son époux. « Laisse-moi parler …. Quand je constate aujourd’hui ce qu’on appelle démocratie au Mali, je me pose des questions. Je crois qu’à notre époque, il y avait plus de démocratie qu'aujourd’hui. Mon Mari nommait aux postes de responsabilité des hommes compétents », déclare-t-elle.

<strong>« Moussa Traoré ne badinait pas avec l’outil de défense »</strong>

La révolution de mars 1991 n’a pas résolu tous les problèmes du pays. Après deux mandats autorisés par la Constitution, le président Alpha Oumar Konaré passe le flambeau au général Amadou Toumani Touré. Pour la première fois dans l’histoire du Mali, un président démocratiquement élu succède à un autre démocratiquement élu aussi.

Mais la jeunesse est impatiente et la corruption a pris l’ascenseur. « Sous Modibo Kéita, on ne volait pas… Sous Moussa Traoré, on avait peur de voler, ce n’est pas le cas aujourd’hui », a déclaré avant sa mort l’écrivain malien Seydou Badian Kouyaté.

Dans l’imaginaire des Maliens, si la cote du général défunt remonte au sein de l’opinion, c’est à cause de la situation sécuritaire actuelle du Mali. « Moussa Traoré ne badinait pas avec l’outil de défense. Il a toujours veillé à équiper l’armée malienne qui était l’une des plus puissantes de la sous-région. Or, aujourd’hui, notre pays est divisé. C’est quelque chose qui fait très mal. Si Moussa Traoré était aux affaires, jamais cela ne serait arrivé. C’est un patriote, un nationaliste. Si Moussa Traoré était au pouvoir, on n’allait pas assister à ces détournements de fonds au sein de l’armée. Sous Moussa Traoré, quand vous volez 20 millions de francs CFA, c’était la peine de mort. Aujourd’hui, on vole des milliards, on est plutôt décoré. Voilà pourquoi Moussa Traoré est devenu populaire. C’est vrai, il a été dur avec ses opposants, mais il avait le sens de l’autorité, de l’honneur et de la patrie », explique Moussa Condé, jeune sociologue malien, diplômé d’une université sénégalaise.

Il ajoute : « La roue de l’histoire tourne. Moussa Traoré a su se trouver une place après sa sortie de prison. Il est devenu un sage, ayant pour premier compagnon, le Coran. Mais il est resté militaire dans le comportement. Et les Maliens ont apprécié parce qu’on a besoin aujourd’hui de certaines de ses qualités pour sortir le Mali de certaines difficultés ».

Gracié en 2002 tout comme son épouse, « au nom de la réconciliation nationale » par le président Alpha Oumar Konaré, après onze ans de détention, le couple recouvre la liberté, avant d’être logé dans une maison de l’État. L’homme qui a dirigé pendant 23 ans le Mali est même quasiment réhabilité puisqu’il retrouve le statut d’ancien chef d’État. En tout cas, il bénéficie des avantages d’un ancien président du Mali. Outre la maison, le gouvernement met à sa disposition des véhicules, du personnel de maison et une garde.

Avec son épouse, il avait une passion : aller au champ. RFI lui a rendu une dernière visite l’an dernier, à son domicile de Bamako. Le téléphone a sonné. Comme d’habitude, c’est son épouse Mariam qui décroche. L’appel était plutôt lointain. Le Général Moussa Traoré prend le combiné, murmure et promet de rappeler. Il se retourne vers moi, et affirme : « Je vais rappeler, parce qu’il faut se méfier des bruits d’atmosphère »… Sa manière à lui de dire « le téléphone est peut-être sur table d’écoute, je vais rappeler d’une ligne plus sûre ». L’homme qui a rendu l’âme à 84 ans, avait aussi des formules chocs.

<strong>RFI</strong>

<strong>Serge Daniel</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Après soixante ans d’indépendance :  Que reste t&#45;il de la fierté du Mali ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/apres-soixante-ans-dindependance-que-reste-t-il-de-la-fierte-du-mali-2883566.html</link>
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<pubDate>Fri, 03 Jul 2020 16:49:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Triomphe</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Jeudi 22 septembre 1960. Le dortoir du lycée technique, transformé pour la circonstance en salle de conférence, a refusé du monde. Tout comme la cour de l’établissement. Les Bamakois, toutes tendances politiques confondues, s’étaient mobilisés pour le congrès extraordinaire de l’US-RDA qui devrait se prononcer sur la proclamation de l’indépendance de notre pays.</strong>

<strong>Ce 22 septembre 1960, jour du destin, c’était l’union sacrée des fils et des filles du pays pour un seul et unique objectif. A la tribune du congrès extraordinaire, Idrissa Diarra a poursuivi son discours en martelant : « le Mali continuera quoiqu’il arrive et nous allons prouver que les maliens du XXe siècle sont les dignes héritiers de ceux qui ont su, dans le passé, exposer au monde leur culture, leur civilisation, leur sens de l’organisation ».</strong>

A sa suite, Modibo Keïta, a brossé la situation politique du moment et invité le congrès « à autoriser l’Assemblée législative à appréhender les compétences transférées par la République soudanaise à la Fédération du Mali, à proclamer comme Etat indépendant et souverain la République soudanaise, à proclamer que la République soudanaise s’appelait République du Mali, libre de tous engagements et liens politiques avec la France… ». Le secrétaire général de l’US-RDA a proclamé ensuite l’indépendance de notre pays. « La République du Mali est née. Le Mali continue ».

Après les discours, des commissions de travail ont été constituées. Les travaux se sont poursuis durant toute la journée. C’est en début de soirée qu’ils ont pris fin par les différentes interventions. Le congrès extraordinaire « a approuvé la proclamation de la République du Mali, Etat indépendant, indivisible et souverain ».

A la fin des travaux, la foule a tenu à accompagner les dirigeants qui devraient se rendre à l’Assemblée législative pour la proclamation officielle de l’indépendance de la République du Mali. Tout le monde, y compris les leaders, ont effectué le trajet à pied. « Les gens étaient portés par l’enthousiasme et la flamme patriotique », se souvenait Amadou Seydou Traoré, un des témoins de l’événement.

Sous la présidence de Mahamane Alassane Haïdara, l’Assemblée législative a proclamé l’indépendance du Mali. « Il s’agissait de poser des actes juridiques pour reprendre les compétences dévolues à la Fédération du Mali par la République soudanaise, a expliqué le defunt Gabou Diawara. Nous avons proclamé l’indépendance de la République du Mali, laïque, socialiste et démocratique ». Sans surprise, les Soudanais ont tenu à préciser que leur jeune République est libre de tout lien avec la France.

« L’instant était émouvant », a témoigné l’historien Bakary Kamian qui a été un témoin  auriculaire et oculaire   des faits. Les gens étaient partagés entre la joie et l’inquiétude. On ne pouvait pas ne pas se poser la question : de quoi demain sera fait ?

A ce congrès extraordinaire, deux faits majeurs ont été retenus : la présence massive des organisations de jeunes et des syndicats des travailleurs. Ce sont ces deux forces sociales à la pointe de la lutte anticolonialiste, qui engagèrent, à l’époque, le destin du pays. L’indépendance immédiate fût l’expression de leur volonté farouche et de leur désir de souveraineté nationale. Pour y parvenir, jeunesse et syndicats engagèrent le pays dans le choix d’une voie de développement socialiste que l’US-RDA ne pouvait que prendre en charge. Les orientations prises et les mesures décidées portèrent leur marque que Modibo Keïta sut traduire dans les faits :
<ul>
 	<li>Nationalisation des secteurs clés de l’économie nationale et création des sociétés et entreprises d’Etat.</li>
 	<li>Fermeture et évacuation des bases militaires françaises du territoire national en janvier 1961.</li>
 	<li>Création du franc malien en juillet 1962.</li>
 	<li>Réforme de l’éducation en 1962…</li>
</ul>
Toutes ces mesures marquèrent le visage du Mali nouveau et contribuèrent à asseoir son prestige et sa renommée au plan africain et international et à en faire un exemple de décolonisation à travers le monde.

Le nouveau Mali indépendant contribua largement à la libération des peuples colonisés et opprimés à travers des soutiens multiformes au plan politique, diplomatique, militaire et financier. Le Mali de Modibo Keïta fut la base arrière du Front de Libération Nationale de l’Algérie dont il parraina l’admission à l’ONU, une fois l’indépendance acquise. Des instructeurs maliens contribuèrent à la formation militaire des combattants des mouvements de libération nationale dans les colonies portugaises, en ex Rhodésie, au Sud-Ouest Africain et en Afrique du Sud. Des passeports diplomatiques maliens furent mis à la disposition des responsables des mouvements de libération avec des moyens financiers conséquents. La voix du Mali résonna  sur la scène internationale en soutien à tous les opprimés de la terre. Le Mali fut un acteur essentiel de la Conférence de Bandung tenue en Avril 1955 en Indonésie  et du Mouvement des pays  non-alignés fondé en 1961 à Belgrade. Le Mali de Modibo Keïta apporta une pierre décisive à la création l’Organisation de l’Unité Africaine le 25 mai 1963.

Cette épopée largement travestie durant la longue dictature militaire de 1968 à 1991, commence, aujourd’hui, à s’imposer à la conscience collective de réhabilitation de Modibo Keïta et des réalisations de la Première République.

Mais de nos jours, que reste-il de tout cet héritage ?

N’est-il pas parti en fumée ?

Quiconque mieux  que le Professeur Issa N’Diaye pouvait-il décrire mieux notre parcours depuis l’indépendance du Mali le 22 septembre 1960 ?

Où est aujourd’hui cette jeunesse consciente et patriote ?

Que sont devenus les syndicats de travailleurs ?

Le désastre est évident. Les discours actuels des hommes politiques sur la grandeur et la fierté du Mali sonnent creux dans l’esprit des citoyens, faute d’exemplarité. Le sentiment national et l’esprit patriotique semblent désormais se conjuguer au passé. Plus de projet national commun. Le gain individuel et le profit immédiat semblent être devenus le caractère distinctif du malien. Les valeurs de citoyenneté et de civilisation qui furent longtemps la marque du pays semblent s’être évaporées. Partout où on risque le regard, un sentiment de désolation se fait constater.

Aujourd’hui, le pays a perdu toute souveraineté. Hier craint et respecté, il est devenu un pays occupé par des armées étrangères au prétexte de la lutte contre le terrorisme. Les bases françaises évacuées  sous Modibo Keïta sont aujourd’hui des casernes tricolores. Des militaires européens et américains circulent comme en territoire conquis. Des troupes africaines, surtout de pays voisins aident à maintenir la présence étrangère et à dicter la volonté des puissances occidentales.

Mais, tout cela est arrivé à cause  de la trahison et de la cupidité des maliens eux-mêmes. Certains, devenus mercenaires au fil du temps sur des champs de bataille lointains, sont venus semer la désolation au nom d’une théorie indépendantiste fumeuse, fabriquée dans des laboratoires de propagande des services secrets étrangers. Des idéologies religieuses importées à coups de pétrodallars des monarchies du golfe s’y sont ajoutées, semant la confusion dans les esprits au nom d’un islam contrefait. L’appât du gain facile face aux incertitudes du lendemain, les trafics en tous genres, notamment de drogue, d’otages et de migrants, le bradage des ressources nationales avec la complicité des élites locales, le pillage et détournement des deniers publics, achevèrent la ruine matérielle et morale d’un pays désormais sans perspective. La corruption généralisée est devenue la philosophie de la débrouillardise au quotidien de la société malienne. Dans un tel contexte, à quoi bon  de continuer à célébrer le 22 septembre 1960 ?

Malgré le désarroi, il faut y persévérer pour que les générations actuelles, et surtout celles à venir, puissent garder dans leur conscience collective qu’il y eût un autre Mali, différent du leur et que ce qui nous est arrivé et ce qui nous arrive aujourd’hui n’est point une fatalité. Les défis à relever sont, certes, immenses mais ils sont à notre portée, à condition de nous réarmer moralement et politiquement.

Construire un nouveau Mali, sera le fait d’un nouveau citoyen malien, résolument patriote et tourné vers l’intérêt collectif. C’est dans la discipline collective et dans la solidarité effective que nous seront à même de nous en sortir. Ce ne sera pas chose facile. Mais cela est de l’ordre du possible. Mais, comme le disait Modibo Keïta, « quand le propriétaire devient un spectateur, c’est le festival des brigands ! »

C’est pourquoi, notre pays a  été envahi par des étrangers venus de Libye  lourdement  armés à cause d’un manque de fermeté et de patriotisme. La conséquence de ces maux a été le partage du pays avec deux armées dont une malienne et l’autre azawadienne c’est-à-dire une armée reconstituée qu’on a vu nulle part au monde. Cette situation est due au fait que la France nous a triché en ne faisant pas grande chose contre les attaques répétitives des djihadistes une fois chassée en avril 2013. Notre relation avec la France est devenue une équation à plusieurs inconnues. La faiblesse de notre armée voulue volontairement par les présidents démocrates qui disaient avoir besoin de développement et non de guerre a été la faiblesse de notre République.

La France a mis pieds et mains pour faire revenir ses bases au Mali et créer deux états dans le même pays avec la complicité d’IBK, cet autre dirigeant actuel de nationalité française. La corruption est devenue la première industrie du Mali. Aucune action d’envergure n’a été menée contre ce fléau, car la politique tient la justice en l’Etat.

Le pays dogon brûle alors que notre président-roi rêve sur son trône malheureusement. Afin de concrétiser tout cela, les Nations-Unies parrains du partage du Mali est prête à déclarer la large autonomie de Kidal bientôt. Tout est fin prêt pour cela. Nous avons quitté longtemps la démocratie, car nos élections ne répondent plus aux normes internationales tellement la fraude est devenue la règle d’or.

Le Président a cumulé les trois pouvoirs à la fois à savoir : les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire contrairement aux principes démocratiques. La Cour Constitutionnelle en charge de réguler les relations entre nos institutions pour ce qui en reste encore, est inféodée à la volonté du Président pour service rendu.

Actuellement la rue s’apprête à chasser l’actuel président pour raison d’incapacité à gérer efficacement le pays.

Voici donc le sort réservé à cette grande république bien respectée sur la scène internationale à la naissance avec ses 1,241 238 millions de km2, qui aujourd’hui a baissé la tête peut-être pour toujours. Aussi nous aurions tous fait honte aux pionniers de l’indépendance.

<strong>Abdoulaye Kounta</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos Mémorable : Alpha Oumar Konaré Président de la République (7 juin 2002)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorable-alpha-oumar-konare-president-de-la-republique-7-juin-2002-2878070.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 08 Jun 2020 00:33:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>‘’Nous voici au terme de la mission que, par la grâce de Dieu, vous avez bien voulu me confier il y a de cela dix ans. Ce soir, je voudrais exprimer à chacun de vous, à chacune de vous, toute ma gratitude.</strong>

Je voulais présenter mes excuses et mes regrets à tous ceux, à toutes celles à qui j’ai pu causer quelque tort. D’autre part, à tous nos concitoyens qui sont aujourd’hui en peine, je voudrais exprimer notre solidarité agissante ; à tous ceux qui ne sont pas en bonne santé, nos meilleurs vœux de prompt rétablissement.

<em>Mes chers compatriotes,</em>

Vous avez accepté de confier les plus hautes responsabilités nationales à moi, « le fils d’un maître d’école et d’une ménagère », venu à vous les mains vides. Toutes ces années, vous m’avez accompagné ; vous m’avez tant donné.

Toutes ces années, vous avez fait de moi tantôt un esclave, un cordonnier, un forgeron, un griot, un noble. J’ai accepté d’être tout cela parce que tout cela est en vous, en nous.

Vous avez fait de moi un catholique, un protestant, un musulman, voire un athée. Je suis devenu tout cela parce que tout cela est de vous.

Vous avez fait de moi tantôt un Songhaï, un Bamanan, un Foulbé, un Dogon, un Tamasheq, un Soninké, un Sénoufo, un Maure, un Minianka, un Bobo, un Bozo, etc. Je suis tout cela en effet.

Vous m’avez fait naître à Diéma, à Tombouctou, à Bamako, à Kayes, à Djenné…J’ai accepté tout cela parce que c’est de tous ces lieux, de toutes ces différences qu’est fait notre pays, ce pays de toutes les couleurs, le Mali si uni, si divers, si pluriel.

Quel bonheur, Quel honneur, de l’incarner, mes chers compatriotes !

Vous m’avez dit, vous m’avez appris que pour être au-devant chez nous, on doit pouvoir accepter d’être traité de tout, d’entendre tout. C’est pourquoi j’ai fait miennes, depuis le début, ces phrases du poète :

<strong><em>Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre</em></strong>

<strong><em>Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,</em></strong>

<strong><em>Pourtant lutter et te défendre ;</em></strong>

<strong><em>Si tu peux supporter d’entendre tes paroles</em></strong>

<strong><em>Travesties par des gueux pour exciter des sots,</em></strong>

<strong><em>Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles, </em></strong>

<strong><em>Sans mentir toi-même d’un mot…</em></strong>

Avec raison ! Plus qu’avec raison !

<em>Mes chers compatriotes,</em>

Ce soir, sont très présents à mes côtés mon épouse, qui aura tout partagé avec moi durant ces dix années, mes enfants, mes parents, mes amis, mes collaborateurs et, je sais, beaucoup d’entre vous.

Ce soir, j’ai une pensée très forte-vous ne m’en voudrez pas, comme le 8 juin 1992, pour un père parti depuis maintenant vingt-sept ans, mon Dieu ! Mais qui ne m’a jamais quitté ! Pour une mère, qui m’a accompagné dans mon itinéraire les cinq premières années. Pour un chauffeur, pour des collaborateurs : chauffeurs, plantons, cadres, prématurément arrachés à l’affection des leurs…

Ce soir, je pense à tous nos compatriotes de l’extérieur ; d’Afrique comme nous tous ; de tous les Africains du Mali, à tous nos autres frères qui ont choisi le Mali, dont la confiance ne nous a jamais fait défaut et dont l’amour pour le Mali est permanent.

Ce soir, je ressens une profonde gratitude à l’endroit de tous les chefs d’Etat, de mes nombreux aînés d’Afrique qui m’ont tenu par la main, accompagné, qui ont poussé le Mali. Nous serons toujours avec eux pour le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) au service de l’Union africaine.

Ce soir, je pense bien sûr-veuillez l’accepter aujourd’hui, aux militants du parti ADEMA qui savent que je n’ai jamais été sans eux et qu’ils n’ont jamais été sans moi. Je pense aussi à tous les militants de tous les partis qui m’ont toujours soutenu avec fidélité et constance.

<em>Mes chers compatriotes,</em>

Aujourd’hui n’est pas jour de bilan pour nous ; d’autres le feront en d’autres moments. Je me dois cependant de dire que depuis le 26 mars 1991, notre pays a opéré beaucoup de changements et, je le pense, en bien, même si je sais que les attentes sont nombreuses.

Nous aurions souhaité faire plus, nous aurions pu faire plus si la compréhension avait été plus grande, plus solidaire, de la part de certains de nos frères.

Nos tâches essentielles étaient de rétablir progressivement, de façon pédagogique, l’autorité de l’Etat, l’unité nationale, la sécurité, la stabilité du pays, la paix sociale.

De grandes réformes économiques ont été opérées, de grands programmes engagés. Relativisons les difficultés scolaires : nous avons mieux fait que beaucoup. Nos résultats sur les dix ans sont mieux que sur des dizaines d’années antérieures. Nous aurions pu mieux faire, nous aurions dû mieux faire. L’école a beaucoup pesé sur la vie nationale parce qu’elle a été simplement, vous le savez, instrumentalisée à des fins politiciennes. Réalisons le consensus autour de l’école et les grands progrès seront là, car toutes les solutions sont connues.

<em>Mes chers compatriotes,</em>

Que les difficultés conjoncturelles, dues fondamentalement à la crise du coton et de la CMDT et à la mauvaise pluviométrie, ne nous arrêtent pas ! Le Mali n’est pas ce Mali que certains dépeignent, voudraient qu’il soit. Le Mali a bien changé : il est ce pays ouvert, rasséréné, confiant, en mouvement.

Soyez fiers du Mali et de ses avancées qui sont le fait de tout notre peuple. Quand nos amis et partenaires témoignent, c’est à la gloire de notre peuple, et c’est justice rendue !

<em>Mes chers compatriotes,</em>

Ce 8 juin est un grand jour, un bien heureux jour ! Il est jour d’accomplissement démocratique.

Le témoin sera remis de nos mains, par la grâce de Dieu et par votre volonté, à notre frère Amadou Toumani Touré. Une main d’honneur ! Sa réussite sera celle de tout notre peuple, notre réussite à nous, personnellement. Nous devons tous être à ses côtés, avec lui.

Demain, l’aîné sans être le plus âgé s’effacera pour le chef de famille.

Il occupera sa place dans le rang, toute sa place, rien que sa place, au service du Mali, au nom des valeurs profondes de respect, de tolérance, de solidarité, de partage, de justice et de travail, dans la fidélité aux idéaux du 26 mars 1991. Tout ce qu’il entreprendra le sera parce que vous lui aurez fait confiance.

Rien ne vaudra le Mali et votre confiance !

Tout sera pour le Mali et l’Afrique, notre pays !

<em>Mes chers compatriotes,</em>

Bon hivernage et encore beaucoup de satisfaction.

Alpha vous dit merci, mille fois merci. Et ensemble avec vous, pour toujours !

Que Dieu nous assiste, assiste particulièrement notre président, le président Amadou Toumani Touré !

Que Dieu veille sur notre grand peuple !

Que Dieu préserve notre pays !

<strong>Je vous remercie.</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>De la loi cadre à l’indépendance du Mali : 24 mai 1957&#45;24 mai 2020 : Il y a 63 ans, était formé  le tout 1er gouvernement du Soudan&#45;Français</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/de-la-loi-cadre-a-lindependance-du-mali-24-mai-1957-24-mai-2020-il-y-a-63-ans-etait-forme-le-tout-1er-gouvernement-du-soudan-francais-2876208.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2018/08/Palais-Koulouba.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Sat, 30 May 2020 01:07:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[L'histoire de notre pays retient que le premier gouvernement a été formé le 24 mai 1957 dans le cadre de la Loi Gaston Defferre qui accordait l'autonomie aux Territoires (ex-colonies) de la Communauté française. En effet, cette Loi communément appelée Loi-cadre ou Loi n°56-619 du 23 juin 1956 autorisait le gouvernement à mettre en œuvre les réformes et à prendre les mesures propres à assurer l'évolution des Territoires relevant du ministère de la France d'Outre-mer. Pour son application, deux textes réglementaires sont pris le 4 avril 1957 : il s'agit du décret n°57-458 portant réorganisation de l'Afrique occidentale française (AOF) et de l'Afrique équatoriale française (AEF) ainsi que du décret n°57-459 fixant les conditions de formation et de fonctionnement des Conseils de gouvernement dans les Territoires de l'AOF et de l'AEF. Conformément aux dispositions de ces décrets d'application, est formé le premier Conseil de gouvernement du Soudan-Français. Ainsi, le 20 mai 1957, l'Assemblée territoriale (issue des élections du 31 mars précédent) du Soudan-Français vote la liste proposée par l'US-RDA désignant les 12 membres du Conseil du gouvernement (CG) institué par La Loi-cadre. Le 21 mai, les ministres désignés sont investis devant les députés. La liste de la composition du CG est rendue publique le 22 mai. Le lendemain, un arrêté territorial fixe à douze (12) le nombre de membres du CG. Et le 24 mai, sont formellement signés les actes individuels de nomination : soit 12 arrêtés concernant le vice-président et les 11 ministres sectoriels.

<strong><em>Dans notre pays, cette première équipe gouvernementale, présidée symboliquement par le représentant de l'autorité coloniale, était ainsi composée de douze (12) membres dont un vice-président (jouant le rôle de Premier ministre) et 11 titulaires ministériels. De nos jours, aucun des 12 pionniers ministériels, ne vit. Le médecin Seydou Badian est décédé le 28 décembre 2018. Dans les colonnes qui suivent, nous passons en revue le parcours des ministres du tout premier gouvernement du Soudan-Français, devenu la République soudanaise (le 24 novembre 1958), elle-même proclamée "République du Mali" à son accession à l'indépendance le 22 septembre 1960.   </em></strong><em>Dossier réalisé par la Rédaction.  </em>

Après près de sept (7) décennies de domination coloniale en Afrique de l'Ouest, la France commence à fléchir sous le poids des résistances africaines farouchement opposées par divers mouvements : pressions des anciens combattants des deux Guerres mondiales de 1914-1918 et de 1939-1945 ; actions d'éveil des consciences menées par les jeunes élites intellectuelles, syndicales et politiques dont les opinions étaient relayées par une presse militante plurielle et diversifiée.

Libérée de l'occupation de l'Allemagne nazie dirigée par Adolph Hitler, la France est sauvée grâce à la contribution des soldats noirs. Affaiblie, la puissance colonisatrice malmenée se voit quelque peu contrainte et forcée de reconsidérer la nature de ses relations avec ses colonies. La Conférence de Brazzaville (30 janvier-février 1944) organisée sous l'égide du Général sauveur Charles de Gaulle, chef du Comité français de libération nationale, fut alors un tournant majeur sur le chemin de la décolonisation.

A l'ouverture des travaux de Brazza, le Général de Gaulle met l'accent sur la nécessité d'engager les colonies <em>"sur la route des temps nouveaux […] En Afrique française, comme dans tous les autres territoires où des hommes vivent sous notre drapeau, il n'y aurait aucun progrès qui soit un progrès, si les hommes, sur leur terre natale, n'en profitaient pas moralement et matériellement, s'ils ne pouvaient s'élever peu à peu jusqu'au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires. C'est le devoir de la France de faire en sorte qu'il en soit ainsi".</em>

Pour nombre d'historiens, cette affirmation gaullienne semble poser les fondements de l'Union française composée de la Métropole, des Départements et Territoires d'Outre-mer (colonies) et d'autres Etats associés. Cette Union est créée par la Constitution du 27 octobre 1946 qui instaure la Quatrième République française.

A la suite de l'adoption de cette Constitution de 1946, la loi du 17 août 1948 autorise l'extension du pouvoir réglementaire à des domaines précis et définis, où le décret peut abroger, modifier ou remplacer des dispositions en vigueur. C'est dans ce sens qu'intervient la méthode de la Loi-cadre qui <em>"consiste pour le Parlement à poser les principes généraux d'une réforme tout en renvoyant aux décrets d'application pour leur application effective. Si le Parlement ne s'oppose pas à ces décrets, ils deviennent définitifs".</em>

L'illustration éloquente de ladite méthode est la fameuse Loi-cadre ou Loi Gaston Defferre (du nom du ministre chargé de la France d'Outre-mer).

Défendue par Gaston Defferre lui-même fortement soutenu par l'Ivoirien Félix Houphouët-Boigny (ministre délégué à la présidence du Conseil de gouvernement français, mais surtout leader continental du RDA), cette loi est votée le 19 juin 1956 par l'Assemblée nationale française et promulguée le 23 juin suivant.

Selon des constitutionnalistes, la Loi-cadre constitue une <em>"technique [qui] a l'avantage d'obliger le Parlement à se concentrer sur les principes, abandonnant leur application, qui est complexe et nécessite des réflexions qui prendraient un temps précieux aux chambres, au gouvernement. Autre avantage : le Parlement et le gouvernement sont obligés de collaborer étroitement"</em>. Une décennie avant l'adoption de cette Loi-cadre, les partis politiques (notamment le Parti progressiste soudanais - PSP - et l'Union soudanaise - US-RDA) étaient déjà créés au Soudan, essentiellement par des élites intellectuelles et syndicales.

C'est dans un contexte de fortes rivalités politiciennes entre ces deux formations politiques qu'arrive la Loi-cadre qui "fut un événement clé en vue d'une décolonisation pacifique vers l'indépendance", note Mme Andrée Dore-Audibert, assistante sociale en service à l'époque à Bamako. Intitulée "<em>Loi n°56-619 autorisant le gouvernement à mettre en œuvre les réformes et à prendre les mesures propres à assurer l'évolution des Territoires relevant du ministère de la France d'Outre-mer"</em>, elle accorde une autonomie aux colonies françaises en posant les jalons de l'africanisation des cadres et de la Fonction publique. Elle institue, notamment dans tous les Territoires, des Conseils de gouvernement chargés essentiellement de l'administration des services territoriaux.

L'application de la Loi-cadre opère la réorganisation administrative de l'empire colonial français en Afrique où se trouvaient deux groupements de Territoires organisés en Afrique occidentale française (AOF, créée le 16 juin 1895) et en Afrique équatoriale française (AEF, instaurée en 1910). Plus de six décennies après, l'AOF constituée de 9 territoires (la Mauritanie, le Sénégal, le Soudan-Français - devenu le Mali -, la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Niger, la Haute-Volta - devenue le Burkina Faso -, le Togo et le Dahomey - devenu le Bénin) est réorganisée administrativement, tout comme l'AEF,  par le décret n°57-458  du 4 avril 1957. Les colonies deviennent des <em>"Territoires d'Outre-mer dotés de la personnalité civile et de l'autonomie financière".</em>

Dans chaque Territoire, existent trois institutions : le chef de Territoire (représentant le gouvernement français), le Conseil de gouvernement (formé de cadres locaux) et l'Assemblée territoriale (composée d'élus locaux). Le même 4 avril 1957, le décret n°57-459 fixe les conditions de formation et de fonctionnement des Conseils de gouvernement dans les Territoires. Il détermine que les membres desdits Conseils sont élus par les Assemblées territoriales sur proposition des partis majoritaires.

C'est ainsi qu'au Soudan-Français, l'Assemblée territoriale (ATS) est mise en place à l'issue des élections cantonales du 31 mars 1957, largement remportées par l'US-RDA (64 élus) face à son grand rival le PSP qui n'a eu que 6 conseillers. Aussitôt installée, l'ATS, sous la présidence de Mahamane Alassane Haïdara, adopte la liste des membres du Conseil de gouvernement proposés par l'US-RDA. C'était le 21 mai. Dès le lendemain, toujours au Parlement à Bagadadji, la tête de liste Jean-Marie Koné et les 11 autres ministres sont solennellement investis et présentés au gouverneur Henri Victor Gipoulon.

<em>"La composition du gouvernement fut rendue publique lors d'une réunion mémorable à l'Assemblée territoriale dont la salle et les alentours étaient envahis à ras-bord bien avant l'heure de la cérémonie. Tout avait été mis en œuvre pour donner un caractère spectaculaire à cette investiture, depuis la musique jusqu'à la garde à cheval qui entourait la voiture découverte du chef de Territoire Gipoulon (…)"</em>, rappelle un témoin de l'événement : l'historien et journaliste français Pierre Campmas, militant anticolonialiste, secrétaire permanent de l'US-RDA, rédacteur à L'Essor et auteur en 1978 d'une thèse de doctorat sur l'histoire de l'US-RDA.

Pour la mise en place de ce Conseil de gouvernement soudanais, H. V. Gipoulon signe, le 23 mai 1957, un arrêté territorial (n°1956) qui fixe le nombre des ministres à douze (12).  Le lendemain, Jean-Marie Koné est nommé vice-président du Conseil par un autre arrêté  (n°2007) signé le 24 mai. Le même jour, onze (11) autres arrêtés (du n°2008 au n°2019) nomment individuellement les 11 ministres dont 3 non-Africains (Guidicello Cortinchi, Me Joseph Philippe et Henry Corentin). Suivant l'ordre des nominations, on peut établir la liste des membres du gouvernement (voir l'article ci-dessous). A la lecture de cette liste, l'on se rend compte de l'absence de Modibo Kéita (le futur père de l'indépendance et premier chef de l'Etat du Mali) et surtout charismatique secrétaire général de l'US-RDA. La raison est toute simple : à cette époque, le grand leader soudanais cumulait les fonctions électives de maire de la Ville de Bamako et celles de député à l'Assemblée nationale française dont il deviendra d'ailleurs vice-président.  Pierre Campmas explique la situation : "La nature des liens entre la France et les Territoires d'Outre-mer étant déterminante, les grandes décisions venant toujours de Paris, et le gouvernement soudanais ne disposait que des pouvoirs réduits. Dans ces conditions, on estima que les députés à l'Assemblée nationale française devraient se consacrer uniquement à leur tâche de député. Par ailleurs, on était décidé à donner à Jean-Marie Koné une responsabilité correspondant au rôle déterminant qu'il avait eu dans l'implantation de l'Union Soudanaise dont Sikasso fut incontestablement le pôle d'attraction initial (…)".

En plus, mi-mai 1957, Modibo Kéita est élu Grand conseiller de l'AOF siégeant à Dakar. Par la suite, à Paris, il devient secrétaire d'Etat à la France d'Outre-mer du gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury (du 17 juin au 6 novembre 1957) puis secrétaire d'Etat (sans attributions précises) à la présidence du Conseil de gouvernement Félix Gaillard (18 novembre 1957-14 mai 1958).

Le 24 novembre 1958, le <strong><em>"Territoire du Soudan-Français"</em></strong> s'efface à travers la proclamation de la <strong><em>"République soudanaise"</em></strong> présidée par Modibo Kéïta. Qui devient également le président du Gouvernement fédéral formé le 4 avril 1959 dans le cadre de la Fédération du Mali regroupant le Sénégal et la République soudanaise. Quelques jours après (16 avril) Modibo Kéïta dirige le Conseil de gouvernement du Soudan en cumulant les fonctions de ministre de l'Information, de la Jeunesse et des Anciens combattants. Auparavant, quand il était encore à Paris (député à l'Assemblée nationale française), il avait laissé, à Bamako, ses camarades de l'US-RDA choisis par le Parti de composer la toute première équipe ministérielle du pays, à partir du 21 mai 1957.

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Composition du 1er gouvernement du Soudan français : Parcours des membres du 1er gouvernement du Soudan&#45;Français</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/composition-du-1er-gouvernement-du-soudan-francais-parcours-des-membres-du-1er-gouvernement-du-soudan-francais-2876218.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/composition-du-1er-gouvernement-du-soudan-francais-parcours-des-membres-du-1er-gouvernement-du-soudan-francais-2876218.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 30 May 2020 01:05:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Le début de la dernière décade de mai 1957 a été déterminant dans l'évolution institutionnelle au Soudan-Français (l'actuel Mali) engagé, comme tant d'autres colonies françaises d'Afrique, dans la voie de la décolonisation. Du 21 au 24 mai de cette année-là, le premier Conseil de gouvernement du Soudan a été mis en place à travers un processus tout particulier, conformément aux dispositions de la Loi-cadre du 23 juin 1956 qui accordait une certaine autonomie aux territoires colonisés sous domination française. Ce gouvernement est investi par l'Assemblée territoriale le 21 mai. Le lendemain, la liste de sa composition est rendue publique et le 24 mai, sont signés les actes individuels de nomination : soit 12 arrêtés concernant nommément le vice-président et les 11 ministres sectoriels.</strong>

<strong>Président du Conseil de gouvernement, chef du Territoire : Henri Victor Gipoulon</strong>
<ol>
 	<li><strong> Vice-président du Conseil : Jean-Marie Koné</strong></li>
 	<li><strong> Ministre de l'Intérieur et de l'Information : Mamadou Madeira Kéïta</strong></li>
 	<li><strong> Ministre des Finances : Guidicello Cortinchi</strong></li>
 	<li><strong> Ministre de l'Economie rurale : Seydou Badian Kouyaté</strong></li>
 	<li><strong> Ministre de l'Enseignement, de la Jeunesse et des Sports : Me Philippe Joseph</strong></li>
 	<li><strong> Ministre de la Santé : Sominé Dolo</strong></li>
 	<li><strong> Ministre de la Fonction publique : Abdoulaye Singaré</strong></li>
 	<li><strong> Ministre du Travail et des Affaires sociales : Abdoulaye Diallo</strong></li>
 	<li><strong> Ministre des Travaux publics et des Télécommunications : Mamadou Aw</strong></li>
 	<li><strong> Ministre de l'Elevage : Henry Corentin</strong></li>
 	<li><strong> Ministre de l'Agriculture : Salah Niaré</strong></li>
 	<li><strong> Ministre du Commerce et de l'Industrie : Hamaciré N'Douré</strong></li>
</ol>
<strong>Il est bon à rappeler que ces premiers membres du premier gouvernement du Territoire du Soudan-Français étaient tous de l'Union soudanaise RDA, le parti politique qui a gagné les élections du 31 mars 1957, en remportant 57 sièges de conseillers territoriaux auxquels s'allient les sept (7) élus de l'Union Dogon. Ainsi, l'US-RDA devient ultra-majoritaire face à son rival PSP ne disposant que de six (6) conseillers. </strong>

<strong>Henry Victor Gipoulon (1913-1989) président du Conseil, chef du Territoire (Représentant de l'autorité coloniale) : </strong>

Administrateur civil formé à l'Ecole nationale de la France d'Outre-mer (Enfom, Promotion 1935), il a servi dans l'administration coloniale française en Afrique. Notamment à Dakar (au début des années 1940) auprès du Haut-commissaire de l'AOF puis à Bamako comme Gouverneur, chef du Territoire du Soudan-Français, du 3 novembre 1956 au 24 novembre 1958). A cette qualité, il est président du Conseil de gouvernement (20 mai 1957-24 juillet 1958) basé à Koulouba. Pierre Campmas le décrit ainsi : <em>"Le fringant Gipoulon : teint bronzé, cheveux argentés, physique avantageux et un peu voyant de quadragénaire séduisant, assorti d'une épouse au charme mûrissant et à la distinction plus discrète, le chef du Territoire est de toutes les manifestations et de toutes les festivités, où il promène cette aisance désinvolte de haut fonctionnaire colonial, lustrée par vingt ans de réceptions et fignolée à Montparnasse. Par ailleurs, chef du gouvernement, il laisse pratiquement les rênes du commandement à son vice-président Jean-Marie Koné […]"</em>. Rentré en France 1959, Henry V. Gipoulon fut, entre autres, chargé de mission au cabinet du secrétariat d'Etat à l'Equipement et Logement (1968-1969).

<strong>2 - Jean-Marie Koné, vice-président du Conseil :</strong>

[caption id="attachment_2876220" align="alignleft" width="450"]<img class="size-full wp-image-2876220" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2020/05/Jean-Marie-Kone.jpeg" alt="" width="450" height="597" /> Jean Marie Koné[/caption]

Au Soudan-Français, selon Pierre Campmas, <em>"on respectait Mamadou Konaté, on admirait Modibo Kéïta, on craignait Idrissa Diarra, on aimait Jean-Marie Koné"</em>. Doyen d'âge des premiers gouvernements soudanais et malien, il est né le 5 octobre 1913 à Sikasso. Il est diplômé de l'Ecole normale William Ponty de Gorée (1935) et instituteur comme Modibo Kéita, son camarade dans les luttes syndicales et politiques.

Même s'il n'a jamais porté le titre de Premier ministre, Jean-Marie Koné est le 1er Soudanais à diriger une équipe gouvernementale dans son pays. Il assure une présence continue au-devant de la scène politique et dans les rouages de l'Etat entre mai 1957 et septembre 1969. Ainsi, on retient qu'il fut successivement sous la 1re République : vice-président du Conseil de gouvernement (22 mai 1957-24 juillet 1958) ; président dudit Conseil (24 juillet 1958-16 avril 1959) ; encore vice-président chargé de la Justice et de la Fonction Publique (16 avril 1959-22 septembre 1960).

Avec la proclamation de l'indépendance du Mali sous la direction de Modibo Kéita, JMK devient vice-président du Conseil de gouvernement chargé de la Fonction publique puis de la Justice (22 septembre 1960-25 janvier 1961) ; ensuite ministre d'Etat, chargé de la Justice (25 janvier 1961-17 septembre 1962) ; puis ministre d'Etat chargé du Plan et de la Coordination des affaires économiques et financières (17 septembre 1962-15 septembre 1965) ; par la suite ministre d'Etat chargé des Affaires étrangères et de la Coopération (22 novembre 1965-7 février 1968) et enfin ministre du Plan (7 février 1968-19 novembre 1968). Tombé en disgrâce à cause de la <strong><em>"Révolution Active"</em></strong>, Jean-Marie Koné survit à la chute du président Modibo Kéita. Les militaires tombeurs de celui-là vont le reconduire dans leurs premiers attelages gouvernementaux. M. Koné devient alors ministre d'Etat chargé des Affaires étrangères et de la Coopération, du 22 novembre 1968 au 13 septembre 1969.

Cette longue expérience ministérielle confirme l'engagement politique de cet ancien directeur d'école de Sikasso. Cette ville était son véritable fief. Il y fut secrétaire général de la sous-section de l'Union soudanaise RDA, conseiller municipal et 3e adjoint au maire, conseiller territorial (député). Après ses fonctions ministérielles, Jean-Marie séjourne longtemps en Côte d'Ivoire auprès de son camarade et ami, le président Félix Houphouët-Boigny. C'est à Abidjan qu'est décédé, le 15 mai 1988 à Abidjan, le premier chef du gouvernement de notre pays.

Nonobstant les hautes fonctions politiques et administratives que JMK a occupées, nulle part au Mali, aucun édifice public ne porte son nom depuis sa disparition en mai 1988. Pour mettre fin à cet "oubli", reconnaitre davantage son mérite et rendre à ce cadre l'hommage dû à son rang, la section UM-RDA de Sikasso a organisé, en juillet 2017, une série d'activités sportives et culturelles qui lui ont été dédiées.

<strong>Mamadou Madeira Kéïta, ministre de l'Intérieur et de l'Information :</strong>

[caption id="attachment_2876221" align="alignleft" width="450"]<img class="size-full wp-image-2876221" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2020/05/MAMADOU-MADERRA-KEITA.jpeg" alt="" width="450" height="597" /> Mamadou Madeira Keita[/caption]

Né le 11 janvier 1917 à Kourounikoto (cercle de Kita), il est commis d'administration titulaire du diplôme de William Ponty (1937). Dans le cadre de la gestion des cadres en AOF, Mamadou Madeira Kéita sert d'abord au Cadre spécial du Gouvernement général de l'AOF comme archiviste-bibliothécaire (1937-1940). Les dix années suivantes, il est fonctionnaire en Guinée où il est mis notamment au service de l'Institut fondamental d'Afrique noire (Ifan). C'est à Conakry que débute sa carrière politique et il devient, bien avant Sékou Touré, le 1er secrétaire général du PDG-RDA (1946-1951). A cause de son activisme politique débordant dans un pays qui n'est le sien, il est suspendu par l'Administration coloniale. Réintégré en 1952, il est muté en Dahomey (actuel Bénin) où il prend part activement à la création de l'UDD-RDA.

En 1955, Mamadou Madeira Kéita regagne son pays natal, le Soudan-Français, où il réaffecté au service de l'Ifan à Koulouba. Il est immédiatement coopté au bureau politique de l'US-RDA et devient membre du 1er gouvernement du Soudan-Français formé en mai 1957. De cette période jusqu'à la fin de la 1re République, Madeira Kéita fut successivement : ministre de l'Intérieur chargé de la Justice, de la Police et de la Radio (22 mai 1957-16 avril 1959) ; ministre de l'Intérieur (16 avril 1959-26 septembre 1960) ; ministre de l'Intérieur, de la Défense et de la Sécurité (26 septembre 1960-25 janvier 1961) ; ministre de l'Intérieur, de l'Information et du Tourisme (25 janvier 1961-14 mai 1964) ; ministre de la Justice (14 mai 1964-13 juillet 1967) et ministre de la Justice et du Travail (13 juillet 1967-19 novembre 1968).
<ul>
 	<li>Après le coup d'Etat militaire, Mamadou Madeira Kéita est détenu politique entre 1968 et 1976. Après avoir contribué à la création du Mouvement démocratique en 1990, Madeira Kéita conduit le processus de renaissance de l'US-RDA en 1991 après la chute du régime de l'UDPM. Il est ainsi resté président d'honneur de l'US-RDA, de juillet 1991 jusqu'à son décès le 21 décembre 1997 à Bamako.</li>
</ul>
La 33e Promotion (2011) de l'Ecole militaire interarmes (Emia) de Koulikoro porte son nom.

<strong>4- Guidicelo Cortinchi, ministre des Finances : </strong>

[caption id="attachment_2876222" align="alignleft" width="400"]<img class="size-full wp-image-2876222" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2020/05/CORENTINCHI.jpg" alt="" width="400" height="497" /> Guidicelo Cortinchi[/caption]

Corse et administrateur français des colonies, il a servi en Guinée comme secrétaire général du gouvernement. De 1947 à 1955, il fut ensuite un membre influent de la section soudanaise RPF (parti du Général de Gaulle) et élu conseiller de l'Union française sur la liste PSP-RPF. Suite à des brouilles avec Fily Dabo Sissoko, il s'était présenté contre cette liste et fut battu en 1952. Entre-temps, en janvier 1949, il créa avec des Soudanais dont Amadou Hampaté Bâ et Makane Macoumba Diabaté, le Mouvement d'Union française pour le progrès économique et social du Soudan (le parti Muf) dont il était président. Il adhéra ensuite à l'US-RDA en 1955 et devint ministre des Finances dans gouvernement soudanais (mai 1957-avril 1959). Par la suite, il fut élu député US-RDA et, avec 12 autres 13 élus de l'Assemblée territoriale Soudanaise, désigné Sénateur de la Communauté française présidée par le Général de Gaulle.

&nbsp;

<strong>5-Seydou Badian Kouyaté (devenu en 2009 Nomboïna, son patronyme originel) :  </strong>

Né le 20 avril 1928 à Bamako, il est titulaire d'un doctorat obtenu à la Faculté de médecine de Montpellier (1955), Seydou Badian Kouyaté regagne sa patrie en 1956 et sert à Bougouni comme médecin-chef. Très engagé, il est celui qui fut l'auteur du <strong><em>"Chant du Pionnier"</em></strong> dédié à Mamadou Konaté (1er président de l'US-RDA) disparu en mai 1956 et surtout le président de la Commission de rédaction de l'Hymne national du Mali, adopté en août 1962. Il a aussi, à son actif, le <strong><em>"Chant du 22 août"</em></strong>, composé pour magnifier la <strong><em>"Révolution active"</em></strong> enclenchée par le président Modibo Kéïta en 1966-1967. Auteur de plusieurs œuvres littéraires (devenues des classiques encore enseignés dans les écoles d'Afrique francophone) dont le célèbre roman <strong><em>"Sous l'orage"</em></strong> (1963), <strong><em>"La mort de Chaka"</em></strong> (lutte émancipatrice du peuple zoulou) et l'essai politique <strong><em>"Les dirigeants</em></strong> <strong><em>africains face à leurs peuples"</em></strong> (1965), Seydou Badian est donc plus connu par les générations actuelles comme un grand écrivain plus qu'un homme politique.

Pour autant, il siégea dans les gouvernements soudanais et maliens de mai 1957 à novembre 1968. Il fut successivement ministre de l'Economie rurale et du Plan (22 mai 1957-17 septembre 1962) ; ministre du Développement (17 septembre 1962-23 août 1968) et ministre délégué à la Présidence (23 août-19 novembre 1968). Considéré comme l'un des idéologues du régime de Modibo Kéita, Seydou Badian fait partie des concepteurs du Plan quinquennal 1961-1966 qui a permis notamment la création des premières sociétés et entreprises d'Etat.

Parallèlement à ses fonctions ministérielles, il a assumé les charges de secrétaire aux affaires économiques du bureau politique national de l'US-RDA. Suite au renversement du régime socialiste, Seydou Badian est détenu politique à Taoudéni avant d'être relaxé sans jugement (comme tous ses camarades ministres) en juin 1975. Il s'installe à Dakar et séjourne régulièrement à Paris. Il rentre au bercail en juin 1991 après la chute du président Moussa Traoré. Il mène des consultations à l'international, raffermit ses relations avec la Chine, un pays dont l'expérience communiste l'a beaucoup inspiré et qu'il a pu visiter près d'une quarantaine de fois. D'où, depuis août 2010, sa distinction honorifique de l'<em>"Ambassadeur d'Amitié entre le Peuple chinois et le reste du monde".</em>

Auparavant, dans les années 1990, il fut conseiller spécial du Roi Hassan II du Maroc puis du président congolais Denis Sassou Nguesso. Au Mali, il s'implique dans la vie de son parti, l'US-RDA dont il devient l'un des présidents d'honneur. Quand le parti de l'indépendance connut une division consécutive au choix du candidat à la présidentielle d'avril 1992, Dr. Seydou Badian fut l'un des mentors de feu Tiéoulé Mamadou Konaté. Ensemble, ils créent le parti Bdia/Faso Jigui en 1993, au terme d'un long feuilleton judiciaire. Il le rejoint en 1995 et en fut même désigné candidat à l'élection présidentielle d'avril 1997.

Une élection reportée au mois de mai suivant, mais à laquelle Dr. Seydou Badian ne participera, devenu qu'il est membre du Coppo (opposition radicale) qui exigeait l'annulation de tout le processus électoral, suite à la très mauvaise organisation des législatives du 13 avril 1997. Une année plus tard (début mai 1998), il jette un pavé dans la marre en <strong><em>"reconnaissant les Institutions du pays"</em></strong> issues des élections générales de 1997. Il se démarque ainsi de la position radicale du Coppo en lui lançant un appel à inscrire son action dans le cadre républicain. Quelques années après, le doyen Seydou Badian s'éloigne un peu de l'US-RDA au profit du PIDS, un autre parti créé en 2001 par des cadres de l'US-RDA qui ont aussi perdu une bataille judiciaire pour le contrôle du parti de Mamadou Konaté et de Modibo Kéita. Ces dernières années, Dr. Seydou Badian s'exprime occasionnellement sur les questions de préoccupations nationales, notamment celles relatives aux crises sociétales, aux errements de la classe politique et à la mauvaise gouvernance du pays.

Le doyen Seydou Badian est décédé le 28 septembre 2018.

<strong>6 - Me Philippe Joseph, ministre de l'Enseignement, de la Jeunesse et des Sports :  </strong>

Celui-ci est décrit par Pierre Campmas en ces termes : <em>"Maître Joseph était un avocat très connu à Bamako où, à plusieurs reprises, il avait défendu des militants et des responsables [US-RDA] poursuivis ou emprisonnés par l'administration coloniale. Guyanais, très noir de peau, il était profondément imprégné de culture française. D'une courtoisie un peu précieuse, et très vieille France, le visage anguleux, un éternel nœud papillon perché sur un long corps osseux et cassé, toujours impeccablement habillé, libéral style IIIe République, il était apprécié dans de très nombreux milieux et fut nommé ministre de l'Enseignement, de la Jeunesse et des Sports. Cortinchi [aux Finances] et Joseph ne furent pas repris lors du remaniement en 1959 […]".</em>

<strong>7 - Sominé Dolo, ministre de la Santé </strong>

Né en 1922 à Sangha (cercle de Bandiagara), il fréquente l'Ecole William Ponty de Gorée (1939-1942) puis l'Ecole de médecine de Dakar (1942-1946) avant d'obtenir un doctorat à la Faculté de médecine de Paris (1956). L'année suivante (31 mars), le docteur en Médecine est élu conseiller territorial (député, Bandiagara) sur la liste de l'Union Dogon lors des premières élections territoriales au Soudan-Français dans le cadre la Loi-cadre. Les 7 députés de cette Union s'ajoutent aux 57 de l'US-RDA qui devient ultra majoritaire face aux 6 élus du PSP. Cette majorité dominante permet au parti de Modibo Kéita de proposer 12 cadres pour constituer le tout premier Conseil de gouvernement de notre pays.

Le Dr. Sominé Dolo fut ainsi nommé ministre de la Santé. On retient qu'il fut le seul ministre soudanais qui est resté sans discontinuer au même poste pendant 11 onze années (mai 1957-novembre 1968). Sans pourtant exercer effectivement un mandat parlementaire, Sominé Dolo a été toujours réélu dans la circonscription de Bandiagara en novembre 1958 pour l'Assemblée législative provisoire de la République soudanaise puis en mars 1959 pour l'Assemblée législative de la République soudanaise qui deviendra l'Assemblée nationale de la République du Mali, le 22 septembre 1960. Après le coup d'Etat militaire du 19 novembre 1968, le Dr. Sominé Dolo est nommé directeur régional de la santé de Bamako, à l'époque 2e région administrative du Pays. Il y est décédé le 15 mars 1972 des suites d'une crise cardiaque. Pour l'immortaliser, les autorités du pays baptisent en son nom un Pavillon de l'Hôpital Gabriel Touré. Il en est de même pour l'Hôpital régional de Sévaré-Mopti. La 11e Promotion de l'Ecole militaire interarmes (Emia) de Koulikoro, sortie en octobre 1983, porte également le nom de Sominé Dolo.

<strong>8 - Abdoulaye Singaré, ministre </strong><strong>de la Fonction publique</strong>

Il est considéré dans le monde de l'école malienne comme le <strong><em>"père de la Réforme de 1962" </em></strong>qui visait <strong><em>"une décolonisation des esprits"</em></strong> se basant sur <strong><em>"une éducation de masse et de qualité"</em></strong>. Cette réforme (l'un des principaux acquis majeurs du Mali indépendant), il l'a menée au ministère de l'Education nationale qu'il a dirigé pendant 7 ans  (16 avril 1959-15 septembre 1966). Auparavant, il siège dans le tout premier gouvernement du Soudan-Français au poste de ministre de la Fonction publique (22 mai 1957-16 avril 1959) en se voyant confier, le 30 septembre 1958) le secteur Travail suite au départ d'Abdoulaye Diallo (lire ci-dessous) dans son pays natal, la Guinée, qui venait de voter "Non" au référendum constitutionnel instaurant la Communauté franco-africaine initiée par le Général de Gaulle.

Né le 20 mars 1918 à Koulikoro, Abdoulaye Singaré a fréquenté l'EPS Terrasson de Fougères de Bamako (section administrative) de 1932 à 1936. Il devient ainsi commis expéditionnaire du cadre local de Soudan pendant dix ans (1936-1946). Il passera ensuite huit années (1946-1954) au poste de commis expéditionnaire du cadre secondaire des services administratifs, financiers et comptables. Secrétaire d'administration du cadre supérieur de l'AOF (1954-1958), il est promu administrateur civil (1958-1970) quand il avait déjà entamé sa carrière ministérielle. Au plan politique, il figure parmi les membres fondateurs du RDA en octobre 1946, à Bamako. Dissident du PSP de Fily Dabo Sissoko, il participe à la formation de l'US-RDA dont il est membre du bureau politique national, de 1947 à 1955. Pendant cette période, il exerce des mandats électifs : Conseiller général du Soudan (1952), Conseiller municipal de Bamako (1956), Député à l'Assemblée législative du Soudan (1956) et Conseiller de la ville de Koulikoro (1958).

Au plan syndical, dès la fin des années 1930, il fut le secrétaire général adjoint puis secrétaire général du Syndicat des commis expéditionnaires et des interprètes du Soudan (1945-1950). Par la suite, il fut secrétaire général du Syndicat unique du personnel de l'administration générale (1950-1952), membre du Comité directeur de l'Union des syndicats du Soudan (1946-1952) et membre du Conseil général de la Fédération syndicale mondiale (1952-1956). Auparavant, dès octobre 1949, il fut le 1er Rédacteur en chef de L'Essor, l'organe de l'US-RDA. Après la chute du président Modibo Kéita, Abdoulaye Singaré se retire de la scène politique et cela ne lui épargnera pas d'être arrêté deux fois par les militaires au pouvoir : une première fois, ils l'ont suspecté d'être l'inspirateur d'un article paru dans Jeune Afrique et une seconde fois quand ils ont retrouvé sur lui un tract critiquant le parti unique UDPM en gestation. Resté très lié au chef de l'Etat ivoirien, l'ancien ministre Singaré fut membre du Comité de coordination de la Fondation Président Félix Houphouët-Boigny. De la fin des années 1970 à la fin des années 1980, il devient assureur et représentant commercial de Jeune Afrique à Bamako. Il est décédé le 19 octobre 2004 à Bamako.

<strong>9 -  Mamadou Aw, Ministre des Travaux publics et des Télécommunications  </strong>

De la formation du tout premier gouvernement du pays en mai 1957 à septembre 1969, il fut ministre dans différentes équipes gouvernementales en occupant quasiment le même poste en charge des Travaux publics (TP). Né le 15 décembre 1924 à Ségou, il fréquente l'Ecole William Ponty avant de décrocher un diplôme d'ingénieur des TP en France. Au sein de l'AOF, il fonda en 1945 le Syndicat des cadres secondaires des TP. Chef de plusieurs services techniques des TP à Dakar et à Bamako, il fut associé à la réalisation de nombreux ouvrages (ponts et chaussées) au Soudan et au Mali indépendant. Il fut pendant longtemps le ministre des TP du Soudan (20 mai 1957-4 avril 1959). Il occupe le même poste dans le gouvernement de la Fédération du Mali dont le Conseil était présidé par Modibo Kéïta (4 avril 1959-20 août 1960). Une semaine après la proclamation de la République du Mali le 22 septembre 1960, le ministre Mamadou Aw conduit la délégation malienne à l'Assemblée générale des Nations unies qui admet, le 28 septembre, le dossier d'adhésion du Mali à l'ONU. Le 25 janvier 1961, il retrouve le fauteuil de ministre des TP jusqu'au coup d'Etat du 19 novembre 1968. Mais il est maintenu à son poste par les militaires qui ont renversé le président Modibo Kéita en mettant fin à la 1re République du Mali. Mamadou Aw va quitter enfin le gouvernement le 19 septembre 1969. Après ses charges ministérielles, Mamadou Aw a été le premier Haut-commissaire de l'Organisation pour la mise en valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) de 1975 à 1979. Par la suite, il crée un cabinet d'ingénierie qui a été notamment chargé des travaux de réhabilitation du Palais de Koulouba dans la seconde moitié des années 1980. Mamadou Aw est ensuite associé au processus de restructuration de la Compagnie nationale Air-Mali, devenue, au début des années 1990, Mali Transports Air Services (Malitas) dont M. Aw sera désigné PCA.

Auparavant, quand il était déjà ministre, Mamadou Aw avait été président de la Fédération malienne de football (1968-1971), le 2e de l'histoire de cette association après la présidence de Tiécoura Konaté (1960-1968). La décennie écoulée, M. Aw s'installe dans le privé, définitivement basé à Paris où il s'éteint le 20 juillet 2012.

<strong>10 - Abdoulaye Diallo : ministre du Travail et des Affaires sociales</strong>

Abdoulaye Diallo fut ministre du Travail et des Affaires sociales, du 24 mai 1957 au 30 septembre 1958. Il quitte son poste et le pays suite au vote favorable du Soudan-Français au référendum constitutionnel du 28 septembre 1958. Le <strong>"Oui"</strong> massif des Soudanais oblige le Guinéen Abdoulaye Diallo qui prônait le <strong>"Non"</strong> à rejoindre son pays d'origine. Là, sous la férule du leader Sékou Touré, la Guinée a spectaculairement voté contre le texte proposé par le Général De Gaulle afin de constituer la Communauté française regroupant la France et ses ex-colonies africaines. Diallo rejoint Sékou Touré pour faire marcher la Guinée indépendante. Il y occupe dans le 1er gouvernement le poste de ministre secrétaire d'Etat chargé des Postes et Télécommunications. Il devient ensuite ministre du Développement rural et de l'Artisanat ; puis ministre du Travail. Par la suite, il est promu Délégué à la Présidence de la République de Guinée, chargé de la Coopération technique internationale, ambassadeur Itinérant de la République de Guinée.

Né en novembre 1916 à Konsondougou (Dabola, Guinée), il fut un très grand syndicaliste et une figure de proue de la lutte de libération nationale. Durant la période allant de la moitié des années 1940 à la fin de celles 1950, il avait fait ses preuves comme le premier secrétaire général de l'Union régionale des syndicats du Soudan (URSS) où il était commis de la Poste de Bamako. Il est ainsi présenté par Pierre Campmas dans son ouvrage sur l'US-RDA : <em>"Abdoulaye Diallo, Guinéen, mais travaillant depuis longtemps au Soudan, fut désigné comme ministre du Travail [à l'instar d'Abdoulaye Singaré et de Hamaciré N'Douré…] en raison de leurs activités politiques passées. Ses activités syndicales au Soudan (où il était secrétaire général de la section locale de l'Union Syndicale de la Confédération générale du travail, URSS-CGT), en Afrique (où il était secrétaire général de l'Union générale des travailleurs d'Afrique noire - UGTAN depuis janvier 1957 à Cotonou) et dans le monde où il était vice-président de la Fédération syndicale mondiale (FSM) dont le siège était à Prague, lui avaient conféré une dimension africaine et internationale. D'apparence froide, Abdoulaye Diallo pouvait s'enflammer à l'occasion et devenir un remarquable orateur […]".</em>

Selon le doyen Sory Macalou (des BTP) cité par le syndicaliste écrivain Hamed Sidibé dans un ouvrage sur l'histoire du syndicalisme de notre pays, le leader Abdoulaye Diallo <em>"grand par la taille [était] éloquent, syndicaliste hors pair. Il a dirigé la plus grande centrale du pays dans un anticolonialisme inflexible. Cela lui a valu des procès et finalement le licenciement. Devenu ministre du Travail en 1957, il est resté fidèle aux mots d'ordre de l'UGTAN qui a prôné le <strong>«Non»</strong> au Référendum gaulliste. Adversaire acharné de Sékou Touré dans le mouvement syndical africain, il n'hésita pas cependant à retourner en Guinée avec l'indépendance de ce pays […]"</em>, proclamée le 2 octobre 1958. Auparavant, fin août 1957, quelques mois après l'entrée en application de la Loi-cadre, la centrale URSS change d'appellation et le ministre Abdoulaye Diallo est, cumulativement, élu secrétaire général de la nouvelle Union territoriale des travailleurs du Soudan (UTS). En février 1958, l'UTS devient l'Union territoriale des syndicats du Soudan (UTSS, ancêtre de l'actuelle UNTM). Le 28 septembre suivant, le <strong>"Oui"</strong> est voté par les Soudanais au référendum constitutionnel. Deux jours plus tard, Abdoulaye Diallo (favorable au <strong>"Non"</strong>) démissionne du gouvernement et retourne dans son pays natal où il se voit nommer, le 2 octobre, dans le 1er gouvernement de la Guinée de Sékou Touré auréolé de la victoire de son <strong>"Non"</strong>.

En Guinée, on l'avait surnommé Abdoulaye Ghana Diallo en raison du rôle qu'il a joué dans les relations entre les leaders guinéen Sékou Touré et ghanéen Kwame Nkrumah. Il fut notamment ministre-résident de Guinée au Ghana. Il fut ensuite ambassadeur de République de Guinée auprès des gouvernements algérien, tunisien, chérifien du Maroc, égyptien et libyen. Puis ambassadeur itinérant de son pays.

De ce parcours, il est distingué <strong>"Citoyen d'honneur"</strong> de plusieurs pays d'Afrique, d'Asie et d'Europe. Outre ces fonctions ministérielles et diplomatiques, Abdoulaye Diallo fut membre fondateur de plusieurs mouvements et organisations à vocation internationale, notamment les Non-Alignés (Conférence de Bandoeng) ; l'Union Guinée-Ghana ; l'Union Guinée-Ghana-Mali ainsi que l'Organisation de l'unité africaine (OUA, ancêtre de l'actuelle l'UA).

Après des décennies de pleines activités syndicales, politiques et diplomatiques, il se retire de la scène au début des années 1980 après le décès du président Sékou Touré le 26 mars 1984. A l'avènement du pluralisme politique en 1990, il décline l'offre de ses compatriotes qui l'avaient sollicité pour lui proposer de jouer un rôle dirigeant de leurs partis. Il a préféré rester sympathisant de l'UFD (Union des forces démocratiques de la Guinée).

Depuis le 10 septembre 1998, il repose au cimetière du quartier Cameroun dans la Commune de Dixinn à Conakry.

<strong>11 - Dr Henri Corenthin, </strong><strong>ministre de l'Elevage :  </strong>

Né le 24 janvier 1924 à Port-Louis (Guadeloupe), il fut un docteur en médecine diplômé de la Faculté de Montpellier (France), fait partie de ces Caribéens qui se sont investis auprès des nouveaux Etats indépendants en Afrique dans les années 1960-1970. Henri Corenthin arrive en 1955 au Soudan-Français (actuel Mali) dans le cadre de la coopération française. Il est nommé médecin-chef du cercle de Kita (Région de Kayes). Henri Corenthin s'engage aussi dans le syndicalisme et devient secrétaire général de l'Union des travailleurs de santé (UTS). Sur la scène politique, il adhère à l'US-RDA dont il fut l'un des commissaires à la jeunesse du bureau politique national mis en place lors du 5e congrès d'août 1958. Il est ensuite désigné, en décembre 1959 à Bamako, secrétaire politique (n°2) de l'Union de la jeunesse RDA, section de l'Union nationale de la jeunesse du Mali au sein du Parti de la fédération africaine (PFA).

Auparavant, en mai 1957, Henri Corenthin entre dans le premier gouvernement de la Loi-cadre comme ministre chargé de l'Elevage et des Industries animales. Poste qu'il occupe jusqu'en avril 1959 à la création de la Fédération du Mali. Dans le gouvernement de ce regroupement, le Soudanais Mamadou Aw est promu ministre des Travaux publics (TP). Son poste de ministre des TP, des Transports et des Télécommunications dans le gouvernement soudanais est désormais confié à Henri Corentin. Celui-ci conserve ce poste (certes délesté des TP revenus à Mamadou Aw, le 25 janvier 1961) jusqu'au 17 septembre 1962. Quelques mois auparavant, il fait partie de la délégation malienne dépêchée à Paris dans le cadre des négociations sur la coopération franco-malienne. La même année 1962, le congrès de l'US-RDA dissout le bureau de la Jeunesse dont était membre le médecin guadeloupéen qui avait pourtant acquis la reconnaissance de <strong><em>"la nationalité malienne pleine et entière"</em></strong> à lui accordée par un décret présidentiel (n°94/PG-RM) du 11 mars 1961. Par la suite, son engagement et à sa conviction pour la cause du Mali irritent l'Etat français et particulièrement (le tout-puissant conseiller aux affaires africaines de l'Elysée). Paris qualifie le Guadeloupéen de <strong><em>"révolutionnaire excité"</em></strong> et décide ainsi de lui retirer sa nationalité française.

Tombé en disgrâce politique, le Dr. Henri Corenthin est nommé directeur de l'Ecole des sages-femmes jusqu'au coup d'Etat militaire du 19 novembre 1968. Il apprend le renversement du président Modibo Kéita à partir du Mexique où il était en mission. De retour au Mali, le nouveau pouvoir lui propose de faire partie du gouvernement. Après moult négociations, le Dr. Corenthin finit par accepter et redevient, du 22 novembre 1968 au 19 septembre 1969, ministre des TP, des Transports et des Télécommunications (perdues à moins d'une semaine au profit du Tourisme dès fin novembre 68). Il quitte le Mali en 1972 après s'être aussi illustré sur le terrain sportif. Il fut ainsi président fondateur de l'US Kita (1951) et du Club olympique de Bamako (COB en 1960) issu de la fusion de l'Union des sportifs d'indigènes et de l'Aigle noir de Bamako-Coura. Président de la Ligue de football de Bamako et membre du bureau de la Fédération malienne de football, Henri Corenthin fut aussi président de la Fédération d'athlétisme du Mali (1960-1969). Et il contribua à la création du Comité olympique du Mali (l'ancêtre de l'actuel Cnosm) qu'il dirige de 1962 à 1967.

Cinq années plus tard, il quitte donc le Mali et retourne à Paris pour des études de spécialisation en néphrologie. Ayant recouvré entre-temps la nationalité française, le Dr. Henri Corenthin retourne définitivement dans sa Guadeloupe natale. Il y participe à la création des premières cliniques privées de l'île. Au plan politique local, il est un membre fondateur de l'Union populaire pour la libération de la Guadeloupe (UPLG), un parti politique qui milite pour l'indépendance de la Guadeloupe. En 1992, il se présente aux élections régionales sur la liste Alternative Gran Koudmen, un mouvement indépendantiste qui participe pour la première fois aux élections et obtient 5,49 % de suffrages et deux sièges au Conseil régional. A la fin de son mandat, il se retire de la vie politique.

En 2009, Henri Corenthin soutient activement le LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon), le collectif à l'origine du mouvement social qui avait mobilisé les Guadeloupéens durant 44 jours contre la cherté de la vie. Ces dernières années, Henri Corenthin suivait assidûment l'actualité africaine et particulièrement la crise malienne. Dans son pays natal, Henri Corenthin est décédé le 17 avril 2016.

<strong>12 - Hamaciré N'Douré, ministre du Commerce et de l'Industrie</strong>

Au cours des événements du 19-20 août qui ont abouti à l'éclatement de la Fédération du Mali après la séquestration temporaire à Dakar de Modibo Kéïta et d'autres dirigeants soudanais, le ministre de Commerce Hamaciré N'Douré joue le rôle de porte-parole de gouvernement : sur les ondes de Radio-Soudan, il ne se lasse d'appeler au calme au moment où la tension était très vive dans le pays.

Les populations soudanaises s'étaient révoltées contre le sort réservé à leurs dirigeants sur la terre sénégalaise. Le tribun N'Douré était dans ses rôles, avocat qu'il était après avoir obtenu une licence en droit dans une Faculté parisienne en 1947, auparavant, nanti d'un parchemin acquis à l'Ecole primaire supérieure Terrasson de Fougères (EPS) de Bamako (l'actuel lycée Askia Mohamed) qu'il a fréquenté (1933-1936).

Il commence sa carrière professionnelle comme commis expéditionnaire auxiliaire et sert au Tribunal puis au secrétariat de la Mairie de Bamako entre 1936 et 1945. Les deux années suivantes, il intègre par la suite le corps des commis secondaires des services financiers AOF mis au service de Koulouba où se trouvent les bureaux du Gouverneur colonial. De là, Hamaciré N'Douré part à Paris pour ses études de droit au terme desquelles il s'installe à Daloa (en Côte d'Ivoire) comme avocat-défenseur.

Entre-temps, en janvier 1947, l'US-RDA est formée pour rejoindre le Bloc Soudanais et le Parti démocratique soudanais et la tendance minoritaire et dissidente du PS¨P dont faisait partie Hamaciré N'Douré, natif de Youwarou en 1918. En raison de ses connaissances juridiques et de son expérience politique, il devient membre du premier gouvernement soudanais. Il occupe ainsi le ministère de l'Industrie, du Commerce et des Transports (du 22 mai 1957 au 16 avril 1959).

A cette date, son département est délesté des Transports. Hamaciré N'Douré reste à son poste jusqu'au remaniement ministériel du 14 mai 1964 où il devient ministre délégué à la Présidence chargé des missions. Trois mois après, il est chargé de la coopération et de l'assistance technique. C'est le début d'une disgrâce qui le verra occuper symboliquement à partir d'octobre 1966 un ministère délégué à la Présidence pour représenter le Mali auprès de la Communauté économique européenne, du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays-Bas, du Grand-Duché de Luxembourg et de la République fédérale d'Allemagne.

Après le renversement du régime socialiste en novembre 1968, Hamaciré N'Douré compose avec les militaires en occupant le ministère de la Justice, Garde des Sceaux et chargé de mission auprès du président du gouvernement, le capitaine Yoro Diakité (du 7 février 1969 au 10 septembre 1970). Il reprend alors ses activités d'avocat-défenseur et deviendra au milieu des années 1970, le 2e Bâtonnier du Mali.

Hamaciré N'Douré revient sur la scène politique après la chute du président Moussa Traoré en mars 1991. Il participe à la reconstitution de l'US-RDA et se retrouve parmi les soutiens forts de la candidature de Tiéoulé Mamadou Konaté à la présidentielle d'avril 1992. Une candidature qui a provoqué une grave crise interne culminant avec la scission du Parti de l'indépendance. La tendance Konaté ayant perdu la bataille judiciaire est amenée à créer le Bdia dont Me Hamaciré N'Douré est l'une des têtes pensantes. Suite au décès accidentel de Tiéoula M. Konaté en octobre 1995, la direction du Parti est confiée à Me N'Douré jusqu'à la disparition de celui-ci au début des années 2000.

<strong>13 - Salah Niaré, ministre de l'Agriculture</strong>

Benjamin des premiers gouvernements soudanais et maliens, il est né en 1930 à dans la Grande famille fondatrice de Bamako. Il jouit présentement de ses droits à la retraite en consacrant le plus clair de son temps dans ses champs dans la banlieue bamakoise. Ingénieur agronome issu de l'Ecole nationale supérieure de Montpellier, il fut successivement ministre de l'Agriculture (22 mai 1957-16 avril 1959) ; secrétaire d'Etat à l'Agriculture, à l'Elevage et aux Eaux &amp; Forêts (16 avril 1959-17 septembre 1962) ; secrétaire d'Etat à la Présidence de la République chargé de l'Economie rurale (15 septembre 1966-7 février 1968) et secrétaire d'Etat à la Présidence de la République chargé de l'Economie rurale, de l'Energie et des Industries (7 février- 19 novembre 1968).

Entre-temps, il fut ambassadeur du Mali en Haute-Volta (1962-1966). C'est justement dans ce pays mossi que Salah Niaré débute sa carrière professionnelle au début des années 1950, avant de retourner au bercail en 1957 à la faveur de l'application de la Loi-cadre qui accorda l'autonomie aux colonies françaises d'Afrique. Il se retrouve ainsi dans le premier gouvernement du Soudan en mai 1957. Il y restera pendant une décennie avec un intermède de fonction d'ambassadeur.

Après la chute de Modibo Kéita, il devient, en 1969, directeur général de l'Institut d'économie rurale avant d'entamer une carrière à l'international au sein des Nations unies : il sert à la Commission économique de l'Afrique (CEA) puis dirige la Représentation de la FAO au Congo-Kinshasa puis au Niger.

En 1991, il participe à la renaissance de l'US-RDA avant de se retirer de la scène politique après les élections générales de 1992.

&nbsp;

<strong>- Andrée Dore Audibert : <em>"Une décolonisation pacifique. Chroniques pour l'histoire"</em>, Karthala, Paris, 1999.</strong>

<strong>- Archives du Quotidien national L'ESSOR (Mars-Mai 1957).</strong>

<strong>- Mohamadoun Bare?ma Bocoum: "<em>Les hommes politiques maliens et africains",</em> L'Harmattan (Paris) Tropiques Editions (Abidjan), 2010.</strong>

<strong>- Pierre Campmas : <em>"L'Union Soudanaise R.D.A : l'histoire d'un grand parti politique africain. Tome premier (1946 - 1960)"</em>, ACCT-UNICONTI), Paris, 1988.</strong>

<strong>- Abdoulaye Charles  Danioko : "Contribution à l'étude des partis politiques au Mali de 1945 à 1960", Thèse de doctorat de 3ème  cycle en Histoire, Université de Paris VII, Avril 1984. </strong>

<strong>- Joseph Roger De Benoist : <em>"L'Afrique Occidentale Française de 1944 à 1960"</em>, NEA, Dakar, 1982.</strong>

<strong>- Modibo Diagouraga : <em>"Modibo Kéïta. Un destin"</em>, L'Harmattan, Paris, 2005.</strong>

<strong>- Boubacar Doumba Diallo : "A la mémoire d'El Hadj Abdoulaye '<em>'Ghana''</em> Diallo ", article en ligne de guinéelibre.com, 12 août 2011.</strong>

<strong>- Cheick Oumar Diarrah: <em>"Le Mali de Modibo Kéïta"</em>, L'Harmattan, Paris, 1986.</strong>

<strong>- Daba Diawara : <em>"La conquête de l'indépendance et l'édification du nouvel Etat du Mali.  Etude documentaire. Tome I"</em>,  Editions Tropics, Collection Repères, Bamako, 2010.</strong>

<strong>- Journal Officiel de la République française du 24 juin 1956.</strong>

<strong>- Journal Officiel du Soudan Français N°1353 du 29 mai 1957.</strong>

<strong>- Journal Officiel de la République du Mali : N°65 du 29 septembre 1960 et N°67 du 15 octobre 1960.</strong>

<strong>- Alpha Oumar Konaré : "Histoire des partis politiques au Mali. Du pluralisme politique au parti unique. 1946-1968 ", Cauris Livres, Bamako, 2016.</strong>

<strong>- Alpha Oumar et Adam Bâ Konaré : "Grandes dates du Mali ", EDIM, Bamako, 1983.</strong>

<strong>- Mémorial Modibo Kéïta : "Les Têtes de la République : Chefs d'Etats et Ministres du Mali de 1957 à 2007 ", Afrikibaru, Bamako, 2007. </strong>

<strong>- Bernard Nantet: <em>"Mali, Vies et portraits"</em>,  Encyclopédie Universalis, 1978. </strong>

<strong>- Ouvrage collectif : "Le Mali en marche", Secrétariat d'Etat à l'Information, Bamako, 1962.</strong>

<strong>- Sébastien Philippe : <em>"Une histoire de Bamako "</em>, Grandvaux, Paris, 2009.</strong>

<strong>- Bintou Sanankoua : <em>"La Chute de Modibo Kéïta"</em>, Editions Chaka, Paris, 1990.</strong>

<strong>- Hamed Sidibé : <em>"Histoires politiques du syndicalisme  malien"</em>, Tropiques Editions et L'Harmattan, Paris, 2012./.</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mamadou Konaté (1956&#45;2020) :  Un grand homme oublié !</title>
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<pubDate>Tue, 19 May 2020 10:16:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mutation</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>11 Mai 1956- 11 Mai 2020, cela fait 64 ans et 7 jours que disparaissait Mamadou Konaté, fondateur de l’US-RDA et qui fut le logeur de Feu Fily Dabo Sissoko fondateur du PSP assassiné en 1964 dans le désert malien. Un homme complètement oublié par la nation malienne à travers les plus hautes autorités du pays. </strong>

Né vers 1897 à Kati, Mamadou Konaté fréquente l’école normale de Gorée, au Sénégal, où il remporte de brillants succès. Nommé instituteur, il enseigne dans différents établissements du Soudan (Bafoulabé, Mahina, Kolokani). La renommée qu’il acquit dans ses fonctions et l’aptitude pédagogique dont il fit preuve lui valut d’être appelé à la direction de la grande école régionale de Bamako, charge qu’il occupa pendant treize années consécutives. Mais son caractère généreux et avide de justice sociale dans une Afrique française en première phase d’éveil national après le retour des tirailleurs sénégalais de la première guerre mondiale, le pousse vers d’autres horizons. Ainsi il crée le syndicat des instituteurs de Bamako, dont il est longtemps le secrétaire général. Du coup le cercle de sa renommée s’élargit, et ses compatriotes le poussent bientôt à accepter d’autres responsabilités au conseil général de Bamako et au grand conseil de l’Afrique occidentale française (AOF). La seconde guerre mondiale ébranle une nouvelle fois les fondations du pouvoir colonial français. Le Soudan fournit vivres, soldats, argent en quantité et la montée du mouvement nationaliste se poursuit. Brillante élite occidentalisée, Mamadou Konaté est le prototype des nouveaux leaders de ce mouvement, à l’instar d’un autre enseignant plus jeune, Modibo Keita, qui sera Président de la République du Mali de 1960 jusqu’en 1968, date à laquelle il sera renversé par Moussa Traoré. En 1945, Mamadou Konaté et Modibo Keita fondent le Bloc soudanais. L’année suivante, ce mouvement devient, sous le nom de d’Union soudanaise, une section d’un grand mouvement fédéral, le Rassemblement démocratique africain(RDA). Le congrès constitutif de ce mouvement, animé principalement par le leader ivoirien Houphouët Boigny, se tient à Bamako le 18 octobre 1946 et rassemble 800 délégués venus de l’AOF et de l’AEF. Le mois suivant (après deux campagnes électorales infructueuses pour la constituante en 1945 et 1946), Mamadou Konaté se présente aux élections législatives comme tête de la liste d’Union soudanaise(RDA), qui remporte 27 653 des 94 803 suffrages exprimés, soit un siège sur les trois à pourvoir par le collège unique du Soudan, contre 60 759 pour la liste progressiste (proche des socialistes) qui remporte deux sièges. Les grandes lignes de son programme sont, et resteront pour les élections suivantes, celles du RDA : union de tous les Africains et de tous les Français sans distinction de conceptions philosophiques ou religieuses, et lutte pour l’émancipation politique, économique et sociale de l’Afrique dans le cadre de l’Union française fondée sur l’égalité des droits et des devoirs. A l’Assembl2e nationale, où Mamadou Konaté siège à l’UDSR, il est nommé membre de plusieurs commissions : celle de la marine marchande et des pèches  et celle des moyens de communication, mais aussi à deux autres qui lui tiennent particulièrement à cœur : la commission des territoires d’outre-mer et celle de l’éducation nationale.  En effet, la plus grande partie de son activité et de ses interventions est consacrée à l’organisation du travail et de l’enseignement dans les territoires d’outre-mer. Il invite  par exemple le gouvernement, en aout 1947, à mettre fin à la constitution obligatoire de greniers de réserves en AOF ; le 23 février 1950, il dépose une proposition de loi tendant à instituer un code du travail dans les territoires d’outre-mer, proposition de loi qu’il défendra à la tribune à plusieurs reprises, y compris dans la seconde législature ; quelques jours plus tard, il dépose une autre proposition de loi tendant à la création d’un cadre unique du personnel des chemins de fer d’AOF. Il prend souvent la parole sur ses sujets de prédilection, de coordination de l’enseignement en AOF, budget destiné à l’outre-mer mais aussi sur la politique de la France dans ses colonies. Ainsi lors des discussions relatives aux événements de Madagascar en mai 1947, ou lorsqu’il interpelle le gouvernement sur l’attitude de l’administration des élections au Soudan et au Niger et des événements sanglants de Boromo (26 juin 1948). Il s’inquiète également de l’organisation politique qui convient à l’Union Française. Pour l’élection des conseillers de la république outre-mer, il soutient par exemple l’unicité du collège et le scrutin proportionnel (18 aout 1948) ; il soutient la création d’une assemblée représentative en Cochinchine (mars 1949) ainsi qu’en Cote française des Somalis (24 juillet 1950). Mamadou Konaté ne vote pas la confiance au gouvernement le 4 mai 1947, vote à la suite duquel Paul Ramadier se sépare de ses ministres communistes ; il s’oppose aussi au projet de loi sur le statut de l’Algérie (27 août 1947). Il ne prend pas part au vote sur la loi instituant la possibilité d’apparentements, le 7 mai 1951, loi modifiant les règles électorales en faveur de la troisième force. Le 17 juin 1951, de même qu’en 1946, le parti progressiste soudanais l’emporte sur le RDA avec cette fois trois sièges contre un (201 866 suffrage contre 115 490) mais dans un collège qui a plus que triplé en volume : 337 989 suffrages exprimés pour 916 944 électeurs inscrits. Mamadou Konaté seul élu de la liste RDA, retrouve la commission des territoires d’outre-mer et devient membres de la commission de la justice et de la législation, ainsi que de celle du travail et de la sécurité sociale dont il devient secrétaire. Mais ces centres d’intérêt restent les mêmes : promotion de la culture du coton dans l’Union française (proposition de loi du 23 juin 1953), promotion des élites (reculer de deux ans pour les étudiants d’outre-mer, la limite d’âge pour les concours des grandes écoles), la consolidation des contrôles administratifs en AOF et AEF(5 août 1955) et avancement des droits politiques des autochtones(création des ‘’communes de pleins exercice’’ outre-mer en 1954. Comme il l’avait fait au cours de la première législature, il essaie d’imposer le respect par les militaires et les fonctionnaires de leurs obligations lorsqu’ils servent outre-mer, et ne laisse passer aucun manquement au droit en dehors de la métropole en particulier en matière électorale et juridique. Mamadou Konaté, logeur de Feu Fily Dabo Sissoko à Bamako, ne prend pas part au vote sur la loi Barangé- Marie sur l’enseignement privé le 21 septembre 1951. Il soutient le projet de communauté européenne du charbon et de l’acier (13 décembre 1951), accorde son investiture à Antoine Pinay (6 mars 1952), à Joseph Laniel (26 juin 1953) et à Pierre Mendes France (17 juin 1954). Il se prononce pour la question préalable opposée à la discussion de la ratification de la CED (Communauté européenne de défense) le 30 aout 1954, vote équivalent ai rejet du traité. Il accorde sa confiance à Edgar Faure le 23 Février 1955, mais s’abstient volontairement lors de la chute de son cabinet le 29 novembre 1955. Le 2 janvier 1956, sur un collège unique qui a continué à croire (plus d’un million d’inscrits), la liste d’Union soudanaise de Mamadou Konaté forte de 215 419 des 433 029 suffrages exprimés, remporte cette fois deux sièges sur les quatre à pourvoir, et Modibo Keita est élu aux côtés de Mamadou Konaté. Retrouvant le Palais-Bourbon, ce dernier connait un moment de gloire, puisqu’il est nommé vice-président de l’Assemblée nationale. Malheureusement il n’aura pas le loisir d’exercer son troisième mandat très longtemps : nommé membre de plusieurs commissions, il a le temps de déposer le 20 mars 1956 une proposition de la loi portant suppression des sociétés indigènes de prévoyance dans les territoires relevant du ministère de la France d’outre-mer. Mais son état de santé décline soudainement et il est soigné sans grand espoir à l’hôpital Saint-Antoine, puis rapatrié à Bamako où il décède le 11 Mai 1956. Le président de l’Assemblée nationale aura ces mots lors de l’annonce de cette triste nouvelle en séance, quatre jours plus tard. « Mamadou Konaté appartenait à ces élites que la France a su former partout où flotte son drapeau et sur les quelles elle est en droit de compter pour réaliser une véritable Union française. Sa présence au fauteuil présidentiel comme l’avait souligné si justement notre collègue M le chanoine Kir, était plus qu’un symbole ». Aujourd’hui il est temps pour les plus hautes autorités du pays de penser à cet illustre disparu en lui organisant des funérailles nationales comme tant d’autres qui ont beaucoup œuvré à l’avènement de l’indépendance du Mali

<strong>Sadou Bocoum</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Anniversaire de la mort du président Modibo Keita : IBK respecte la tradition</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/anniversaire-de-la-mort-du-president-modibo-keita-ibk-respecte-la-tradition-2874851.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 18 May 2020 12:49:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Arc en Ciel</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le Chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keita, n’a pas dérogé à la tradition qui consiste au dépôt de gerbe de fleurs sur la tombe du premier président du Mali : Modibo Keita. C’était au cimetière d’Hamdallaye. </em></strong>

&nbsp;

16 mai 1977- 16 mai 2020 voila 43 ans que disparaissait le premier Président du Mali, Modibo Keita. Mort en détention dans les conditions non encore élucidées, Modibo a tout donné au Mali, à l’Afrique. Panafricaniste convaincu, il l’a été.

En ce jour mémorable,  le Président de la République a respecté la tradition. IBK a déposé une gerbe de fleurs sur la tombe du Président Modibo Keïta au cimetière d’Hamdallaye. En ce 43ème anniversaire du décès du premier Président du Mali, lui a rendu un vibrant hommage au nom du peuple malien.

Renversé par le président général Moussa Traoré, le 19 novembre 1968, Modibo Keita a été par la suite incarcéré avant de mourir un 16 mai 1977. A Bamako.

43 ans après, les Maliens continuent à se poser la question : De quoi est mort Modibo Kéita ? Depuis le 16 mai 1977, date de son décès, nul n’a pu dire avec exactitude s’il est réellement mort de maladie naturelle. Ni son médecin traitant, le Dr. Faran Samaké, encore moins son geôlier, le capitaine Soungalo Samaké    (tous deux mort) à l’époque commandant du Camp para de Djicoroni n’a rien dit ce que l’histoire peut retenir comme circonstances de sa disparition. La famille du défunt président ayant refusé l’autopsie qui serait une injure à la mémoire de Modibo, l’opinion nationale croit plus en la thèse de son assassinat par empoisonnement.

<strong>Amadou Sidibé</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>16 mai 1977&#45;16 mai 2020 :  Que faut&#45;il retenir de l’après Modibo Keïta ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/16-mai-1977-16-mai-2020-que-faut-il-retenir-de-lapres-modibo-keita-2874813.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 18 May 2020 09:32:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>«Lorsque les propriétaires deviennent des observateurs, c’est le festival des brigands.» (Modibo Keïta).</strong>

Nous  ferons l’économie de la grande œuvre du président Modibo Keïta, lâchement assassiné par des soldats brutaux qui se sont emparés du pouvoir, le 19 novembre 1968, car elle a marqué l’histoire de notre peuple.

Disons simplement qu’en huit ans de gestion des affaires, le président nationaliste Modibo Keïta a montré que la construction d’un Mali libre et prospère est possible sans le colonisateur français. De l’industrie à l’école en passant par l’agriculture, l’élevage et la santé, le Mali avait amorcé un tournant décisif dans la réalisation de son devenir. Le premier président du Mali avait pris le chemin de la structuration de la personne humaine au moyen d’une œuvre politique et patriotique sans égale.

Le président Modibo Keïta, pouvait-il vivre longtemps avec cet engagement sans réserve pour la construction d’un Mali radicalement nouveau épris de paix et de justice sociale véritable ? Les hommes avertis pouvaient répondre par la négative sachant que le gage de la France coloniale n’était autre de tout mettre en œuvre pour que l’œuvre de Modibo Keïta ne donne pas de fruit car cette œuvre nationaliste de Modibo Keïta était la voie ouverte à l’émancipation réelle de notre peuple travailleur.

La France n’est pas passée par mille chemins : elle s’est appuyée sur des officiers et sous officiers maliens pour donner un coup d’arrêt à cet élan patriotique sans précédent engrangé par le régime nationaliste de Modibo Keïta. Ces soldats apatrides trouvaient par ce coup d’État perpétré, le 19 novembre 1968, contre la première République, le moyen de se partager les acquis déjà inestimables de la première République.

L’ancien prisonnier de Taoudenit, Guédiouma Samaké, a écrit dans son ouvrage historique intitulé ‘<em>‘</em><strong>Le chemin de l’honneur’’</strong>: «<strong>Le salaire d’un lieutenant  était de l’ordre de 80 000  Francs maliens.  Pour les autres, cela est admissible, mais pour un lieutenant responsable national, c’est peu, très peu pour faire face aux petites réceptions souvent organisées à l’intention des amis dont le nombre allait croissant journellement. C’est que lorsqu’on accède à une échelle sociale aussi élevée, les courtisans ne manquent pas. Des primes spéciales seront donc instituées pour satisfaire ces besoins nouveaux même si on a clamé partout que les caisses de l’État sont vides. Le logement du lieutenant aussi ne convient pas car trop exigu pour contenir tout ce monde</strong>.»

Ce passage sur les putschistes de 1968 est on ne plus, clair. Il explique, si besoin en est, que le gage fondamental et essentiel du coup d’État perpétré en 1968 par les quatorze membres putschistes du Comité militaire de libération nationale (CMNL) contre Modibo Keïta était de se servir à la mangeoire. C’est pourquoi donc,  le procès de ses anciens compagnons Tiékoro Bagakoyo et Kissima Doukara a été tenu très loin de Bamako à l’abri des regards indiscrets, là-bas, à Tombouctou. C’était en 1978.

De ce procès pour le moins obscur et contre le droit, on peut simplement retenir que c’était une grosse farce juridique n’ayant pas permis au peuple malien de savoir comment les putschistes sont entrés en guerre les uns contre les autres. Certainement pour le partage du gâteau, en tout cas pas pour servir le peuple malien ! Sous prétexte que Tiékoro Bagayoko, Kissima Doukara et Karim Dembélé (que Moussa appelait la bande des trois) ont voulu attenter à la sureté de l’État, Moussa Traoré a simplement empêché la manifestation de la vérité en envoyant le procès à des milliers de kilomètres de Bamako.

Pire, l’avocat des accusés en la personne de Me Chevrier (cet avocat chevronné franco- malien) est retrouvé mort à son domicile à la veille dudit procès à Tombouctou. L’argument fallacieux qu’on a fait courir était que maître Chevrier est mort par excès de bière.

Le président Modibo Keïta, réclamé par la jeunesse scolaire et estudiantine pour reprendre le pouvoir, en 1977, a été assassiné  dans sa cellule au camp des commandos parachutistes de Djicoroni-Para. C’était le 16 mai 1977. Dors en paix président !

En tout cas était-ce pour éviter de répondre aux questions qui pourraient lui être posées sur les conditions de la mort de Modibo Keïta et sur la tentative de coup d’État de la bande des trois que l’excellent neurologue de l’hôpital du Point G, le Pr Frank Samaké, est mort sans que l’on sache de quoi. C’est dire que Moussa a taché ses mains du sang de tous ceux qui pouvaient lui faire ombrage dans sa dictature sanguinaire.

Pire, il a massacré 224 fils du pays pour lui avoir demandé d’ouvrir le pays au multipartisme et à la démocratie. Le général Moussa Traoré est tombé, le 26 mars 1991, avec ses mains trempées dans le sang de notre peuple.

Vingt- neuf (29) ans après, le Mali vit les affres de la gestion calamiteuse des affaires par les démocrates véreux qui n’ont que faire des intérêts fondamentaux de notre peuple travailleur.

En effet, quarante-trois ans après l’assassinat crapuleux du président Modibo Keïta, il convient de retenir que les différents régimes de la deuxième et de la troisième Républiques ont tout simplement trahi le peuple malien.

Dors en paix président Modibo Keïta ! Le peuple malien vous remercie et est reconnaissant pour votre œuvre accomplie.

<strong>Fodé KEITA</strong>

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<title>Un hommage au premier président de l&amp;apos;Assemblée nationale du Mali : Mahamane Alassane Haïdara</title>
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<pubDate>Sat, 16 May 2020 02:18:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Mahamane Alassane Haïdara, né le 1er janvier 1910 à Tombouctou (à l'époque Haut-Sénégal-Niger) et mort le 17 octobre 1981 à Tombouctou (République du Mali), est un homme politique et un ancien sénateur du Soudan français de 1948 à 1958. Particularité : il fut le premier président de l'Assemblée nationale du Mali indépendant sur la législature 1961-1967. Clin d'œil !</em></strong>

Au terme de ses études à l'École nationale de Gorée au Sénégal, Mahamane Alassane Haïdara exerce pendant plus de deux décennies les fonctions d'instituteur, puis de directeur d'école dans la région de Tombouctou, dans l'ancien Soudan français, devenu le 22 septembre 1960 la République du Mali. Il est membre du syndicat mixte des instituteurs de l'Afrique occidentale française.

En 1945, il devient secrétaire général de la section du Parti progressiste soudanais du cercle de Niafunké, à l'ouest de Tombouctou. Il adhère, l'année suivante, soit en 1946, au Rassemblement démocratique africain (RDA), qui affiche son alliance avec le Parti communiste français et une sympathie ouverte pour l'Union soviétique et qui comptera, en Afrique-Occidentale française, plus d'un million d'adhérents.

Lors du congrès constitutif de ce mouvement animé principalement par le leader ivoirien Félix Houphouët-Boigny et le Soudanais Modibo Keïta, à Bamako le 18 octobre 1946, Mahamane Alassane Haïdara joue un rôle actif comme représentant qualifié des populations originaires de la Boucle du Niger.

Il est élu sénateur au Conseil de la République le 14 novembre 1948 et réélu le 19 juin 1955.

Après deux tentatives infructueuses, lors d'élections partielles, au Conseil général du Soudan, à Mopti en 1947 et à Tombouctou-Gao en 1948, Mahamane Alassane Haïdara est élu conseiller territorial en mars 1952 et réélu en mars 1957.

Au Conseil de la République, il rejoint le groupe du Rassemblement démocratique africain (RDA), puis siège de 1950 à 1955 parmi les non-inscrits, avant de s'inscrire à partir de 1956 au groupe des Indépendants d'Outre-mer et du Rassemblement démocratique africain (IOM-RDA).

L'essentiel de ses interventions portent, bien sûr, sur l'Union française et les territoires d'Outre-mer. En 1949, il prend une part active à la discussion des projets de loi portant organisation et composition du Haut Conseil de l'Union française et portant création d'une assemblée représentative territoriale élue en Cochinchine.

Très attaché aux questions relatives à l'évolution du statut des populations outre-mer, Mahamane Alassane Haïdara exprime l'inquiétude et l'attente de celles-ci lors des discussions du projet de loi relatif à la répression de certaines atteintes à la sûreté extérieure de l'État, en mars 1950, et de la proposition de loi portant amnistie, en juillet 1950 dont il préconise d'étendre l'application à l'Outre-mer.

Membre de la Commission des pensions, en janvier 1949, il est nommé membre de la Commission de la France d'Outre-mer, douze mois plus tard, et membre de la Commission de l'Éducation nationale, en février 1956.

En décembre 1956, il est nommé membre titulaire de la Commission de coordination temporaire, chargée d'examiner le projet de loi créant une organisation commune des régions sahariennes.

En 1959, dernière année de son second mandat, il est nommé membre de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées et de la Commission des affaires sociales.

Son mandat prend fin en juillet 1959 à l'aube de la Ve République, quelques mois avant la création de la République du Mali, née de l'éclatement de l'éphémère Fédération du Mali qui associait, depuis 1958, la République soudanaise et le Sénégal.

Mahamane Alassane Haïdara, député à l'Assemblée législative provisoire du Soudan de novembre 1958 à mars 1959, membre de l'Assemblée fédérale du Mali de janvier à mars 1959, a été, en qualité de délégué de l'Assemblée législative de la République soudanaise, membre du Sénat de la Communauté.

Lors de la 1ère législature du Mali en 1961, il fut élu député de Tombouctou et président de l'Assemblée nationale du nouvel Etat indépendant.

Le lycée Mahamane Alassane Haïdara (Lmaht) de Tombouctou porte, depuis 1995, son nom en son souvenir.

<strong>La Rédaction</strong>

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<title>Propos mémorables: Zoumana Sacko, ex&#45;premier ministre (Juin 1993)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-zoumana-sacko-ex-premier-ministre-juin-1993-3-2872109.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 05 May 2020 02:55:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</em>

<strong>Feu Pr. Mohamed Lamine Traoré, Vice-Président de l’ADEMA-PASJ (sept 1994)</strong>

« A ceux qui souhaitent dans la jubilation secrète que l’ADEMA éclate et ceux qui, dans un tremblement inquiet, craignent qu’il n’éclate pas, je dirai, l’ADEMA n’éclatera pas. A moins que les frelons n’envahissent la ruche, en chassant les abeilles ».

<strong>Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</strong>

<em>« Nous avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement ». </em>

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (8 Juin 1992) </strong>

<em>« Le gouvernement de la République n’a pas le droit de tricher avec notre peuple en s’engageant sur la voie des promesses faciles qu’il ne pourra tenir. Il devra cependant jouer les règles de la rigueur, de la bonne gestion, de la transparence, de la solidarité et de la justice ».</em>

<strong>Sambi Touré, journaliste (Avril 2001)</strong>

<em>"Le Mali est l’un des pays qui a le plus grand nombre d’organes dans la sous-région. Mais, le problème de cette presse, c’est la qualité, pour parler de professionnalisme".</em>

<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </strong>

<em>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</em>

<strong>Me Wahab Berthé, secrétaire général du RDP, novembre 1994</strong>

<em>« Le constat que l’on peut faire, c’est que, ces attaques, sont des actes de terrorisme et il faut les combattre en tant que tels. Ce sont des actes de terrorisme qu’on ne peut pas tolérer dans un Etat de droit, parce qu’il s’agit de prendre la Nation en otage…</em>

<em>Il est évident que la politique, c’est faire la guerre et faire la guerre, c’est faire la politique. Les deux vont ensemble ».</em>

<strong>Professeur Yoro Diakité (2002)</strong>

« Les objectifs essentiels immédiats du 26 mars étaient l’instauration du multipartisme intégral et de la liberté pour les gouvernés de choisir leurs gouvernants. Ceux-ci ont été atteints. Mais, l’espoir populaire attendait un mieux vivre et surtout devenir maître de sa propre histoire. De cela, nous en sommes loin ».

<strong>Amadou Toumani Touré, Président du CTSP (1991)</strong>

<em>« Depuis que Moussa Traoré est tombé, nous assistons à une prolifération d’hommes braves ».</em>

<strong>Rassemblées</strong>

<strong> Par Boubacar Sankaré</strong>

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</item>

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<title>Que sont&#45;ils devenus… Guédiouma Samaké : &amp;quot;Sur le chemin…&amp;quot; de l&amp;apos;autre  &amp;quot;rescapé du bagne de Taoudénit</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/que-sont-ils-devenus-guediouma-samake-sur-le-chemin-de-lautre-rescape-du-bagne-de-taoudenit-2-2871500.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 01 May 2020 01:05:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Seul rescapé de la " Bande des dix " qui ont connu les affres du bagne de Taoudénit, Guédiouma Samaké s'est éteint dans la nuit du samedi 25 avril 2020 à Bamako, à l'âge de 80 ans. Il y a moins de deux ans, nous avions eu le rare privilège d'être reçus par lui pour recueillir ses confidences et témoignages, dans le cadre de notre rubrique " Que sont-ils devenus ?". Pour lui rendre hommage et en même temps permettre à nos lecteurs de mieux se rappeler le personnage, nous proposons ci-dessous la rediffusion intégrale de notre article précité, paru dans Aujourd'hui-Mali n° 137 du 28 septembre 2018.

<em>Le 19 novembre 1968 le peuple malien a appris sur radio Mali que le régime de Modibo Kéïta a chuté. L'homme qui lisait ce communiqué n'a pas été du tout tendre avec l'ancien régime en qualifiant les tenants de valets. Regroupés au sein du Comité Militaire de Libération Nationale (Cmln), les quatorze (14) officiers ont donné un délai de six mois pour redresser l'économie nationale, organiser des élections libres et démocratiques pour ensuite rentrer dans les casernes. Hélas ! Ils resteront vingt-trois ans. Mais avant, des jeunes officiers et sous-officiers semblaient avoir compris très tôt que les propos de leurs camarades n'étaient que de vaines promesses. Malheureusement, dans leur tentative de renversement du pouvoir ils seront arrêtés, jugés, condamnés et déportés à Taoudénit, où un certain Lieutenant Almamy Nientao appliquera sur eux les notions du livre de torture intitulé "La Gestapo Allemande". Sur les dix bagnards, seuls deux retourneront en famille après dix ans de travaux forcés. Ils seront rejoints dans le bagne, dix ans après, en 1978, par certains de leurs tombeurs désignés sous le nom de la "Bande des trois" amenée par le charismatique Tiécoro Bagayoko. La rubrique "Que sont-ils devenus ?", dans le souci de faire revivre l'histoire du Mali, à travers des anciennes gloires, est allée à Ouélessebougou, à la découverte de Guédiouma Samaké, seul rescapé vivant de la bande des dix (son compagnon, le sergent-chef Samba Sangaré, est décédé il y a quelques années). Le coup d'Etat contre le président Modibo Kéïta était-il opportun ? N'était-il pas tôt de porter un jugement sur le Cmln pour tenter de le déstabiliser ? Comment leur projet de coup d'Etat a-t-il échoué ? Quelle était l'atmosphère entre bourreaux et victimes à Taoudénit ? Est-il prêt à pardonner aujourd'hui au Cmln et à tous ceux-ci qui lui ont causé du tort ? Guédiouma Samaké donne des réponses à couper le souffle. </em>

Tel qu'écrit dans son livre "le chemin de l'honneur", <em>"Guédiouma Samaké est né en 1937 à Ouélessebougou. Après ses études fondamentales, il entre à l'Ecole militaire préparatoire technique africaine de Bingerville, puis à l'Ecole militaire préparatoire africaine de Kati d'où il sort sous-officier. A l'indépendance du Mali, Guédiouma Samaké, comme beaucoup de ses camarades, regagne la mère patrie pour la formation de la nouvelle armée. Il sera affecté à la première compagnie du Génie à Ségou, le 1er octobre 1960. En 1963, éclate la première rébellion Tamachèque. La jeune armée malienne aura la lourde tâche d'éteindre le feu ".</em>

<strong>Acteur de la rébellion de 1963</strong>

Cette mission, c'est-à-dire éteindre le feu, à laquelle Guédiouma Samaké a pris part avait une autre signification. Elle ne consistait pas à mater la rébellion, mais surtout à l'inviter à rendre les armes. Pour cela, le président Modibo Kéïta avait dit d'observer un mois de trêve. Pour clarifier les choses et cadrer les militaires, le général Abdoulaye Soumaré leur avait demandé de ne pas attaquer, mais de se défendre en cas d'assaut.  Au bout de la trêve, il changea de stratégie, parce que les rebelles n'avaient pas obtempéré. Il demandera aux soldats maliens d'occuper les puits pour les asphyxier. Face à cette nouvelle mesure, les rebelles ont décampé en tirant des rafales en l'air pour exprimer leur exacerbation, tout en se réfugiant en Algérie et en Mauritanie.

C'est là où le président Modibo Kéïta a entrepris une tournée dans ces deux pays voisins pour marquer sa désapprobation par rapport à leur attitude, proche de la complicité. Il a rappelé à son homologue algérien, Ben Bella, la dette morale qu'il doit payer au Mali. Parce que notre pays a cédé une partie de son territoire, pour l'entrainement des militaires algériens lors de la guerre d'Algérie. Avec cette leçon de morale du président Modibo, Ben Bella a ordonné la traque des rebelles sur toute l'étendue de son territoire. Cette décision du président algérien sema une panique générale chez les rebelles. Ils ont rendu les armes et la rébellion était finie.

Une fois le feu éteint, Guédiouma Samaké reste dans l'Adrar des Iforas durant trois ans. En 1966, il est affecté à l'état-major des armées avec le grade d'adjudant.

Des rumeurs de coup d'Etat enflaient. Au cours d'une réunion à Kati, des officiers ont dénoncé les agissements de la milice. Certains, surtout Tiécoro Bagayoko (d'après Guédiouma) ont tenu des propos virulents et finalement le chef d'Etat-major des Armées, le colonel  Sékou Traoré, s'est retiré et a dit que s'ils veulent faire un coup d'Etat, ils n'ont qu'à s'exécuter. Mais lui, Sékou, n'est pas partant.

L'erreur fatale et le traître

[caption id="attachment_2778875" align="alignleft" width="380"]<img class="wp-image-2778875 size-full" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2018/09/GUEDIOUMA.jpg" alt="rescapé du bagne de Taoudénit" width="380" height="507" /> Guediouma Samake[/caption]

Le pouvoir n'a pris aucune disposition, il continue de dispenser les cours idéologiques dans les différentes garnisons. Finalement, l'irréparable s'est produit, le 19 novembre 1968 : Modibo Kéïta, de retour d'un voyage à l'intérieur du pays, est arrêté, au nom du Comité Militaire de Libération Nationale (Cmln), dirigé par le lieutenant Moussa Traoré. Pour convaincre l'opinion et justifier leur acte, les militaires putschistes formulent des griefs contre le régime : comportement désastreux de la milice, situation économique catastrophique, etc. Ils promettent de redresser le pays, d'organiser des élections transparentes et démocratiques pour ensuite retourner dans les casernes, au bout de six mois.

Au même moment, d'autres militaires en coulisses n'ont pas apprécié l'acte de leurs camarades. Entre eux, ils se sont dit qu'une démarche auprès des autorités pouvait éviter le coup d'Etat. Surtout que des représentants de l'armée siégeaient dans le Comité National pour la Défense de la Révolution.

Mais le coup de force a été tellement facile que les délices du pouvoir sont montés par la tête des militaires du Cmln. Ils sont restés pour de bon.

Le groupe composé des capitaines Diby Silas Diarra, Alassane Diarra, Bakary Camara, Tiécoura Sogodogo, des lieutenants Mamy Ouattara, Jean Bolon Samaké, de l'adjudant Guédiouma Samaké, des sergents-chefs Samba Sangaré et Boubacar Traoré et du sergent Abdoulaye Traoré finira par conclure que leurs camarades n'avaient pas d'orientation et ils se sont emparés du pouvoir, uniquement pour s'amuser. Surtout quand des officiers, lors de leurs missions à l'intérieur, demandaient au gouverneur des voitures sans chauffeur. Uniquement pour vaquer la nuit à leurs affaires privées en clandestinité. Le groupe de Diby Silas s'est dit que cela n'honorait pas l'armée et qu'il fallait trouver un moyen pour leur rappeler le serment d'officier.

C'est ainsi que le groupe a demandé d'élargir le Cmln aux commandants d'arme de Gao, de Ségou et de Tombouctou. Cela avait pour but d'inculquer ou cultiver leur idéologie pour un retour de l'armée dans les casernes. A cette demande, le lieutenant Amadou Baba Diarra n'a pas hésité de déclarer que les quatorze héros du Cmln ont risqué leur vie pour faire le coup d'Etat. Donc, ils n'accepteront aucune intrusion de dernière minute. Avec de tels propos, la rupture est consommée entre les frères d'armes. Diby Silas et ses camarades décidèrent de rentrer en dissidence : perpétrer un coup d'Etat pour remettre le pouvoir aux civils.

<strong>N'était-il pas très tôt de douter de la sincérité du Cmln ? </strong>

D'un revers de la main, Guédiouma rejette l'aspect prématuré de leur action et soutient mordicus que Moussa Traoré et ses acolytes ont avancé des argumentions fallacieuses pour justifier le putsch. Les premières heures ont suffi pour comprendre que ceux-ci s'éterniseront au pouvoir.

<strong>Les futurs putschistes ont-ils mesuré la portée de leur décision ? </strong>

Notre interlocuteur est encore plus surpris de cette question, se demandant comment un militaire peut oser préparer un coup d'Etat sans en mesurer la portée. Leur groupe était composé d'officiers valables et convaincus de leur idéologie. Donc, en aucune manière, ils ne pouvaient douter de l'issue de leur action. La phase de préparation du coup d'Etat consistait à contacter des jeunes officiers qu'ils ont formés au Prytanée Militaire, qui avaient aussi la même conviction et surtout faire un lavage de cerveau des jeunes soldats. C'est dans cette phase que Diby Silas et ses compagnons seront dénoncés et arrêtés.

<strong>Comment la tentative de coup d'Etat </strong>

<strong>a-t-elle échoué ? </strong>

Guédiouma Samaké se souvient : <em>"Le capitaine Alassane Diarra a eu le malheur de contacter un officier, qui est de surcroît son parent. Ce dernier devait à Alassane une grosse somme d'argent. Il s'est dit qu'en dénonçant cette action, Alassane sera arrêté et jugé, donc il n'aura plus à lui payer son argent. Accompagné d'un autre officier, ledit parent du capitaine Alassane Diarra est allé informer Joseph Mara de ce qui se tramait. Avec une telle information, le pouvoir ne pouvait pas rester inactif. Nous fûmes arrêtés un à un. Nous étions toujours à la phase de préparation et nous n'avions aucune possibilité de répliquer. Personnellement, j'ai été arrêté le 13 août 1969. </em>

<em>Le matin, j'étais à la maison quand le commandant de Brigade de la gendarmerie et ses éléments sont venus me dire que je suis convoqué à l'état-major. Je savais de quoi il s'agissait parce que, la veille, des camarades dont Samba Sangaré avaient déjà été mis aux arrêts. En partant, j'ai dit à ma femme que je suis convoqué à l'état-major. Si par hasard je retournais, cela est une chance pour la famille, et dans le cas contraire, qu'elle sache que je suis parti pour de bon. De l'état-major, les gendarmes m'ont conduit à la Sûreté nationale, chez Tiécoro Bagayoko, qui me notifia mon arrestation au nom du Cmln. Pourquoi ? Vous le saurez plus tard, a-t-il répondu."</em>

Cette vague de mise aux arrêts ne s'arrêtera pas aux présumés cerveaux de la tentative de coup d'Etat. Le Cmln profita pour régler ses comptes avec tous ceux qu'on sentait capables de le contredire ou qui avaient une coloration rouge. Il ne s'agissait pas seulement de neutraliser le groupe de Diby Silas, mais un étouffement s'imposait, parce que le Cmln ne maitrisait pas toutes les garnisons. Très rapidement, au bout d'une semaine, les dossiers ont été remis à un juge d'instruction. Celui-ci ne pouvait pas trainer avec cette patate chaude entre ses mains.

Accusés d'attentat contre la sûreté intérieure de l'Etat, de tentative d'attentat contre la sûreté intérieure de l'Etat et de tentative d'attentat avec complicité passive, le sort de Diby Silas et de ses compagnons sera confié à une juridiction d'exception, la Cour Spéciale de Sûreté de l'Etat. Les plaidoiries de Me Demba Diallo et du Belge, Me Chevrier, ne suffiront pas. Le ministère public, après un réquisitoire corsé, conclut en ces termes : dossiers propres, jamais condamnés, délinquants primaires, sanction sévère avec circonstances aggravantes.

Le chef du groupe, Diby Silas et Alassane Diarra sont condamnés à perpétuité ;  Bakary Camara prend 20 ans de travaux forcés, même peine de 15 ans pour Mamy Ouattara. Guédiouma et Samba Sangaré écopent de 10 ans de travaux forcés.

Quelques jours après la sentence, ils sont transférés à Taoudénit pour purger leur peine. En réalité, ce transfert dans le désert profond du nord avait pour but de les liquider. Parce qu'il fallait faire de ces premiers dissidents un exemple pour tous ceux qui pouvaient avoir la même intention.

<strong>Bienvenue aux bourreaux !</strong>

A Taoudénit, le lieutenant Almamy Nientao appliquera à la lettre les consignes du Cmln. Les autres ne survivront pas, seuls Guédiouma et Samba ont eu la chance de retourner à Bamako après 10 ans de traitements inhumains et dégradants.

Cependant, avant la fin de leur peine, ils seront rejoints par ceux-là même qui ont contribué à les envoyer dans cet enfer de Taoudénit. Il s'agit, entre autres, du capitaine Yoro Diakité, de Tiécoro Bagayoko, Kissima Doukara, Karim Dembélé, Charles Samba Sissoko, Joseph Mara.  Pour divers motifs, ils goûteront également à l'eau salée du bagne de Taoudénit.

<strong>Quelle était l'atmosphère entre bourreaux et victimes à Taoudénit ? </strong>

Guédiouma Samaké explique : <em>"Quand notre groupe partait à Taoudénit, Yoro Diakité nous a dit que nous ne dépasserons pas deux ans pour mourir. Tiécoro Bagayoko a retourné à ma femme le survêtement qui était dans mes colis. Il a soutenu que je n'aurai pas besoin de ça. Or, à Taoudénit, il fait chaud et froid à l'extrême, selon la période. Mais le jour où j'ai vu d'abord le capitaine Yoro Diakité, et plus tard, Tiécoro enchainés des mains aux pieds, j'ai demandé au Bon Dieu de me dispenser de tout sentiment de vengeance vis-à-vis de ces gens. Parce que l'histoire a tranché. Yoro, à sa venue, nous a dit que notre groupe avait raison. Un jour, il a eu le mauvais sens de dire qu'il n'y a pas d'humanisme à Taoudénit. Ces propos ont été rapportés par un soldat. Et c'est à cause de ça qu'il a été tué. Parce que c'est lui qui a signé le décret d'ouverture du centre de détention de Taoudénit, où nulle part on ne parle d'humanisme. Et son livre "une main amie"</em> <em>ne comporte pas non plus de mot relatif à l'humanisme. Donc, les soldats lui ont demandé de montrer dans ces deux documents, en sa qualité d'écrivain, le mot humanisme. A défaut, il sera exécuté. Comme Yoro n'a pas pu répondre à leurs questions, ils n'ont pas hésité à l'envoyer dans l'autre monde. Pour répondre à votre question, j'ai œuvré à rendre l'atmosphère détendue entre nous. Je n'ai jamais cherché à me venger, bien vrai que j'en avais les moyens. Je dirigeais un groupe de travail où figurait Tiécoro. Il me suffisait seulement de mentir sur lui pour que les soldats le battent à mort. Joseph Mara ne me quittait point, il craignait les représailles de Tiécoro et consorts qui en voulaient beaucoup pour ses agissements à leur égard quand il était le président de la Commission de lutte contre l'enrichissement illicite. Donc, je le protégeais.  </em>

<em>Le jour de ma libération, Tiécoro, en sanglots, m'a chargé de dire à sa femme de lui envoyer un poste radio. J'ai fait la commission, malgré le fait que sa femme ne croyait pas qu'il vivait encore. Je l'ai rassurée en disant qu'un bambara ne ment pas. Bref, je n'ai plus à chercher à terrasser des hommes qui sont déjà à terre".</em>

<strong>8 août : Jour de liberté !</strong>

Le 8 août 1979, Guédiouma Samaké et Samba Sangaré ont recouvré leur liberté, après dix ans dans l'enfer de Taoudénit. Après cette difficile épreuve, Guédiouma, par le canal de ses amis, sillonne le Sénégal et la Mauritanie, une façon d'oublier le désastre.

En 1980, il est recruté à la Société des Ciments du Mali (Socima), jusqu'en 1991, date à laquelle la structure a été liquidée. Par la suite, il retourne dans son village natal, Ouélessebougou, où des jeunes le solliciteront pour diriger la mairie. Au bout de deux mandats, Guédiouma décide de se retirer pour laisser la place aux jeunes.

<strong>Qu'est ce qui l'a poussé à écrire un livre sur sa détention ? </strong>

Guédiouma soutient que son bouquin est une réplique aux propos du lieutenant Nientao, selon lesquels, les détenus n'auront pas l'occasion de raconter leur vie de Taoudénit.  Selon l'ancien bagnard, son bourreau Nientao a sûrement oublié qu'au-dessus de la détresse humaine, il y a des anges qui surveillent. Quinze ans après sa libération, il se rendra sur les lieux de sa détention, pour expliquer à l'opinion nationale ce qui s'est réellement passé et comment des officiers valables de l'armée malienne ont péri, à cause de la rancune et la haine humaines. C'est le président Alpha Oumar Konaré qui, après avoir lu son livre, le convoqua à Koulouba pour lui demander, si toutefois, il pouvait reconstituer les faits sur le terrain. Guédiouma donna son accord. Immédiatement, une équipe de l'Ortm, dirigée par Sory Ibrahim Keïta, effectua sur Taoudénit un reportage en compagnie de Guédiouma. Ce qui a permis à beaucoup de veuves, d'orphelins, de savoir comment leurs époux et pères ont été maltraités ou même exécutés.  Dans le bagne de Taoudénit, le nom d'un homme revient toujours, lieutenant Almamy Nientao. L'homme a marqué l'histoire par ses techniques de torture.

<strong>Guédiouma l'a-t-il rencontré après sa libération ? </strong>

Oui, répond-il. C'était au cours d'un baptême à Sévaré où Nientao s'est levé pour le serrer dans ses bras. Les compagnons et amis de Guédiouma qui étaient là n'ont pas apprécié cette attitude du lieutenant qu'ils ont qualifiée de démagogie. Finalement, il a quitté les lieux. Dès lors, il l'évite. Parce qu'après la diffusion du reportage sur Taoudénit, des enfants d'anciens militaires et civils assassinés dans le bagne ont promis de régler le compte au lieutenant Nientao.

<strong>Guédiouma est-il prêt à pardonner aujourd'hui ses bourreaux ?</strong>

C'est la même réponse qu'il dit avoir donné à notre confrère Sory Ibrahim Keïta. C'est-à-dire pour qu'il pardonne, faudrait-il que ceux qui lui ont causé du tort se repentissent et demandent pardon.

<strong>Qu'en est-il de ses relations avec Moussa Traoré ?</strong>

Guédiouma répond : <em>"Je n'ai jamais cherché à voir Moussa, parce que je n'ai pas besoin de lui. Et je ne comprends pas comment et pourquoi IBK peut traiter Moussa de républicain. En acceptant cette qualification, la question est de savoir si Moussa Traoré connait le sens du mot républicain. </em>

<em>Aujourd'hui, mon seul combat est relatif à nos droits. Dans le décret d'ouverture du centre de détention de Taoudénit, il est clairement dit que 20% du sel extrait reviennent aux détenus, et les 80% serviront à rembourser les sous détournés. Notre groupe n'a pas commis de crimes économiques. L'Etat nous doit aujourd'hui 102 millions de Fcfa. "</em>

Agé de 81 ans, Guédiouma vit à Ouélessebougou, avec des séjours à Bamako pour voir sa famille et ses parents.

<strong>O. Roger Sissoko</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Le ‘’26 mars’’ a 29 ans ! : Des acquis certes, mais d’énormes défis non relevés !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-26-mars-a-29-ans-des-acquis-certes-mais-denormes-defis-non-releves-2865329.html</link>
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<pubDate>Tue, 31 Mar 2020 00:31:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Le Mali a commémoré, le jeudi 26 mars, les 29 ans de la révolution de mars 1991 qui a permis l’avènement de la démocratie et jeté les bases de la troisième République. Cet anniversaire est l’occasion pour jeter un regard rétroactif sur les années passées et envisager les rectifications à faire.</em>

Cette année, la commémoration du 26 mars a eu lieu dans un contexte particulier. Les mesures de protection imposées par la situation épidémiologique  dans notre pays n’ont pas permis la tenue des causeries-débats et du panel de haut niveau. Des occasions pour croiser les regards sur les acquis et les  perspectives. Même le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, n’a fait la moindre allusion aux Martyrs de mars 1991 dans son discours à la nation prononcé le mercredi 25 mars 2020 ! Pourtant, le 26 mars 1991 marque une étape importante de notre histoire politique contemporaine. Comme acquis incontestables de cette révolution, l’avènement d’une société démocratique fondée sur les valeurs de liberté, de justice, et la fin du parti unique constitutionnel à travers l’instauration du multipartisme intégral. Plus d’une centaine de partis politiques légalement constitués animent la vie démocratique et participent, tant bien que mal, à la formation d’une conscience citoyenne. La liberté d’expression avec une floraison d’organes de presse écrite et audiovisuelle et le droit de manifestation (marche, sit-in,etc.) constituent une réalité indéniable en dépit des velléités et des menaces  sur ces acquis démocratiques. Cependant, ces avancées ne doivent pas dissimuler les multiples défis. Au centre des préoccupations du 26 mars 1991se trouvait la question de l’école, à l’origine de la participation de l’Association des Élèves et Étudiants du Mali-AEEM - dans les activités du mouvement démocratique,celle de l’amélioration de la gouvernance par l’assainissement de l’administration civile et militaire, et l’épineux problème de l’emploi des jeunes soulevé par l’Association des Demandeurs et Initiateurs d’Emploi -ADIDE. En effet, la situation actuelle de l’école, dominée par les mouvements de grèves des enseignants et apprenants et, plus grave, la qualité du système éducatif comparée à celle des années dites ‘’sombres’’du Général Moussa Traoré, démontre que ce défi majeur demeure plein et entier. En outre, la bonne gouvernance par l’assainissement de l’administration civile et militaire –Kokajè - reste chantier non entamé. Ce sont plutôt  les scandales de corruption et de détournement de fonds à profusion qui meublent le décor démocratique malien depuis des décennies. Ce n’est donc pas demain la veille du développement économique, social et culturel tant espéré. Des efforts sont à faire pour relever les défis liés aux droits sociaux et économiques (droit à l’emploi, au logement, à l’épanouissement individuel et collectif, etc…), car, la question de l’emploi des jeunes est une véritable bombes ociale à retardement qui pourrait exploser à tout moment.

<strong>Alpha Sidiki Sangaré</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Commémoration du 26 mars : Les martyrs célébrés en catimini</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/commemoration-du-26-mars-les-martyrs-celebres-en-catimini-2865285.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 30 Mar 2020 13:54:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>26 mars 1991-26 mars 2020, cela fait 29 ans que le Mali vit dans la démocratie. Pour y arrivé, des hommes et femmes ont laissé leur vie en s’apposant à un dictateur obscurantiste, sanguinaire et assoiffé du pouvoir, le général Moussa Traoré. Commémoré le 26 de chaque année, la journée s’est presque passée en catimini.</strong>

Covid-19 et ses mesures préventives obligent, la traditionnelle retrouvaille des acteurs de ce combat démocratique n’a pas eu lieu. Cependant, les martyrs ont eu droit à un dépôt de gerbe de fleurs au monument qui leur est dédié. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs chefs d’institutions de la République, des membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatique, et plusieurs acteurs du mouvement démocratique.

Le Premier ministre, Boubou Cissé s’est dit  très honoré et ému de déposer la gerbe de fleurs au pied du Monument des martyrs au nom du chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta. Selon lui, au-delà du rituel, ce geste signifie simplement qu’ils n’oublient pas les martyrs de la révolution malienne, ces scolaires, compressés, femmes, leaders politiques et syndicaux qui se sont battus pour la démocratie malienne en mars 1991.

Aux yeux de Boubou Cissé, il était important de venir s’incliner devant la mémoire de ceux qui sont tombés dans le combat pour le triomphe de la démocratie au Mali.  Il ajoutera que le sacrifice dont ils ont fait preuve à l’époque ne doit pas être oublié et le gouvernement fera en sorte qu’il ne soit pas vain.

Le chef du gouvernement n’a pas omis de rappeler certaines grandes revendications de la révolution de  1991. Sur ce chapitre, il s’est réjoui du pluralisme qui donne la latitude pour chaque maliens et maliennes de choisir son dirigeant à travers les urnes. Il a, par ailleurs, invité la génération actuelle de faire en sorte que les fruits de cette révolution soient consolidés et de continuer à aller de l’avant.

<strong>Amidou KEITA</strong>

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<title>Journée anniversaire de la mort de Cabral : Un leader charismatique de l’Uneem mort en détention</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/journee-anniversaire-de-la-mort-de-cabral-un-leader-charismatique-de-luneem-mort-en-detention-2863959.html</link>
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<pubDate>Tue, 17 Mar 2020 13:31:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Abdoul Karim Camara, dit Cabral est mort des suites de tortures lors de sa détention au camp Para de Djicoro, le 17 mars 1980. Après 40 ans jour pour jour, le peuple se souvient du Secrétaire général de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (Uneem) dont le nom, le combat pour une école performante, un Mali équitable, restent intimement associés à la lutte du mouvement démocratique pour l’avènement de la démocratie dans notre pays.

A la suite d’une série de grèves en 1979 pour l’amélioration des conditions de vies des élèves et étudiants du Mali, le régime du général Moussa Traoré, à travers le parti état UDPM, décide de la dissolution de l’Uneem. Une décision politique considérée à l’époque par les leaders estudiantins comme une déclaration de guerre à leur faîtière. L’ensemble des établissements scolaires du supérieur au fondamental sont paralysés sur l’ensemble du territoire national. La solution trouvée par le régime militaro civil était de décapiter l’Uneem en arrêtant ses principaux responsables dont son secrétaire général Cabral. Ce dernier rentré dans la clandestinité a fini par s’exiler vers la Guinée chez un parent. Ses parents, (sa mère et deux de ses frères aînés) ont été arrêtés et enfermés pour qu’ils donnent des informations sur le lieu de cachette de Cabral.  Suite à ces incarcérations, le secrétaire général de l’Uneem a été arrêté sur la route de la Guinée, dans un véhicule, et ramené à Bamako par des agents de sécurité en mission.

Conduit au commissariat du 2e arrondissement (ex-Poudrière), Cabral est torturé et forcé à lire une déclaration de reprise des cours dans les écoles avant d’être transféré au Camp Para de Djicoro où il subira d’autres violences corporelles. Abattu physiquement et moralement, Cabral rend l’âme le 17 mars 1980 non sans susciter un nouvel embrasement de l’école malienne. Il a été enterré par ses geôliers en catimini, semble-t-il, au cimetière d’Hamdallaye. Sa tombe n’est à présent pas identifiée, malgré les nombreuses doléances de ses parents et camarades de lutte.

Pour perpétuer sa mémoire, le président de la République, Alpha Oumar Konaré a érigé un Monument en son nom à Hamdallaye en Commune IV. Un lycée de Ségou où sont parties les premières grèves qui ont eu raison de sa vie est aussi baptisé en son nom.

Pour perpétuer sa mémoire, une marche silencieuse suivie de dépôt de gerbe de fleurs est organisée chaque 17 mars en direction du Monument Cabral d’Hamdallaye. A cette occasion, parents, camarades de lutte, membres du mouvement démocratique lui rendent hommage.

<strong>A. Dicko</strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Propos  mémorables : Ibrahim  Boubacar  Keita, président de la république (mardi 16 avril 2019)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-ibrahim-boubacar-keita-president-de-la-republique-mardi-16-avril-2019-4-2861526.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 02 Mar 2020 02:19:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Je vous parle de nos angoisses, de nos projets, de nos aspirations, de nos problèmes mais aussi et surtout de nos solutions. </em></strong>

<em>Je commence par dire que j’ai entendu toutes les colères, décodé tous les signaux, compris tous les messages remontant d’un pays dont je ne saurai jamais mésestimer les préoccupations.

Oui. La situation sécuritaire, malgré nos efforts, reste un défi majeur qu’il faut relever, j’en suis conscient, au plus vite, par des réponses durables, pas par des artifices, puisqu’il en va de la continuité de notre pays, d’un pays dont les fondements ont été ébranlés par la crise multiforme de 2012. </em>

<em>C’est le cas au Nord du pays où des flambées de violence viennent hélas rappeler avec récurrence l’impératif de faire en sorte que les acquis fragiles enregistrés depuis 2015 ne soient pas remis en cause. </em>

<em>Que tout le monde prenne sa part dans cette œuvre : l’Etat malien, ses partenaires ainsi que les groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation ! Mais que tout le monde prenne sa part sincèrement, rapidement et effectivement car chaque seconde perdue pour la paix est gagnée par la guerre ! </em>

<em>S’agissant du Centre de notre pays, qu’il me soit permis de rappeler la tragédie d’Ogossagou qui le 23 mars dernier a endeuillé la nation et horrifié le monde civilisé.

Les faits révélés ont produit une véritable onde de choc psychologique à travers le pays, et même très rapidement au-delà. </em>

<em>Des images insupportables ont circulé, montrant l’horreur d’une barbarie qui a dévasté ce qui fut une communauté humaine. </em>

<em>Ces images nous renvoient au passé tant de symboles obscurs et accablants que nos âmes affligées s’inquiètent d’un effondrement moral et spirituel. </em>

<em>Jour de grande tristesse que ce jour là, qui vit tant de valeurs humaines, jusque là magnifiées et partagées, se consumer dans les fumées de la haine et du fanatisme ; vie, sens du sacré, famille, sagesse, tolérance, empathie, cousinage à plaisanterie, fraternité religieuse, tout cela rendu méconnaissable, dans les cendres des tisons humains, d’habitations calcinées, d’une terre devenue inhospitalière. </em>

<em>Ce n’est pas seulement notre drapeau national qui fut en berne, c’est tout le brillant humanisme dont nous étions si fiers ! </em>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Candidatures provisoirement retenues pour les législatives : 15 listes sur 560 invalidées pour diverses raisons</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/candidatures-provisoirement-retenues-pour-les-legislatives-15-listes-sur-560-invalidees-pour-diverses-raisons-2861296.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 29 Feb 2020 01:08:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans son audience du mardi 25 février 2020, la Cour Constitutionnelle a procédé à la proclamation de la liste provisoire des candidatures pour l'élection des députés à l'Assemblée nationale pour le scrutin du 29 mars prochain. Il ressort de l'arrêt rendu public, que 560 dossiers ont été déposés sur l'ensemble du territoire national dont 15 ont été invalidées pour différentes raisons. Aussi, la Cour a rejeté les différentes requêtes déposées auprès d'elle au motif que celles-ci devraient être introduites après l'audience de proclamation de la liste provisoire des candidatures pour l'élection des députés.</em></strong>

Selon l'arrêt, la Cour constitutionnelle a reçu plusieurs requêtes relatives à des demandes de validation et d'invalidation de listes de candidature, notamment la requête en date du 14 février 2020 de Ousmane Sidibé candidat à l'élection des députés (scrutin du 29 mars 2020) dans la circonscription électorale de Niono qui soutient que ses colistiers ont été débauchés par des grands partis et que le non-paiement de ses frais de participation à ladite élection résulte non d'une défaillance personnelle, mais de l'indisponibilité du percepteur de Niono à percevoir le montant desdits frais avant la clôture du délai de dépôt de candidature fixée au jeudi 13 février 2020 à 00h 00mn.

Pour la requête en date du 17 février 2020 de Boubacar Mamadou Kanouté, le requérant demandait l'annulation de la liste de candidatures du parti Union pour la République et la démocratie (Urd) à l'élection des députés à l'Assemblée nationale (Scrutin du 29 mars 2020) dans la circonscription électorale de la commune III du district de Bamako, au motif qu'un de ses candidats, notamment Bakary Diarra dit Abel a, en violation du décret portant ouverture et clôture de la campagne électorale à l'occasion dudit scrutin, publié sur sa page Facebook sa photo de campagne et les couleurs de son parti avec la mention : <strong><em>"Votez Bakary Diarra dit Abel".</em></strong>

S'agissant de la requête en date du 17 février 2020 de Yamadou Diallo, enseignant et secrétaire général de la Section Adp-Maliba de Mahina, il demandait l'annulation de la deuxième liste de candidatures du parti Adp-Maliba au nom des candidats Yéra Coulibaly, Madame Taméga Aoua Camara et Alpha Soumano, à l'élection des députés à l'Assemblée nationale dans la circonscription électorale de Bafoulabé, au motif que cette liste a été enregistrée après le dépôt à la Préfecture de Bafoulabé de la liste de candidatures entérinée suivant procès-verbal de l'Assemblée générale tenue le 10 février 2020 à l'issue de laquelle, Mahamadou Diallo a été investi candidat du parti Adp-Maliba au sein du regroupement de partis politiques composé des partis Jamaa et Codem, représentés respectivement par Amara Mahamadou Diaby et Mariam Niamoto Sakiliba.

En ce qui concerne la requête en date du 17 février 2020 de Famoussa Samaké, mandataire de la section du parti Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (Rdp) de Bougouni, le requérant demandait le retrait, pour des raisons sociales, de la liste de candidatures de son parti à l'élection des députés dans la circonscription électorale de Bougouni.

La requête en date du 15 février 2020 de Adoum Ag Ahmoudou, secrétaire à l'Organisation du parti Rassemblement pour le Mali (Rpm) de Ménaka demandait l'invalidation de la candidature de Bajan Ag Hamatou au motif qu'il n'a pas été investi par ledit parti.

La requête en date du 18 février 2020 de Bissy Sangaré, président du parti Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (Rdp) avait pour motif de confirmer le retrait de la liste de candidatures de son parti à l'élection des députés dans la circonscription électorale de Bougouni (scrutin du 29 mars 2020).

<strong>Un conseiller communal de l'Urd sur la liste Parena</strong>

Selon l'arrêt de la Cour constitutionnelle, la requête en date du 19 février 2020 de Bissy Sangaré, président du parti Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (Rdp) tentait d'invalider la liste de candidatures de son parti à l'élection des députés dans la circonscription électorale de Bougouni (Scrutin du 29 mars 2020) conformément aux dispositions de l'article 69, alinéa 3 de la Loi électorale.

Et la requête en date du 20 février 2020 de Maître Hamidou Maïga, Avocat à la Cour, agissant au nom et pour le compte de Soumaïla Cissé, président du parti Union pour la République et la Démocratie (Urd), demandait l'invalidation de la liste de candidatures du parti Parena dans la circonscription électorale de la commune IV du district de Bamako au motif que le candidat Cheick Oumar Koné figure sur la liste de ses élus communaux dans la commune IV du district de Bamako et qu'il n'a pas démissionné de ses fonctions de conseiller communal élu sous la bannière de l'Urd en 2016, au moment de sa déclaration de candidature.

Pour la Cour, les requêtes en date du 21 et du 24 février 2020 respectivement de Mamadou Traoré, candidat du parti Union An Kan Bolo Di Gnogon Ma à l'élection des députés dans la circonscription électorale de Kati et de Cyr Mathieu Guillavogui, candidat du parti RamataPlus aux élections législatives dans la circonscription électorale de la Commune V du district de Bamako, demandant toutes les deux textuellement l'invalidation de la liste de candidatures de l'Alliance : Rassemblement pour le Mali (Rpm), Union pour la République et la Démocratie (Urd) et l'Alliance pour la Démocratie au Mali-Parti Africain pour la Solidarité et la Justice (Adema-Pasj). Ils soutiennent leurs requêtes en expliquant que cette coalition viole les dispositions des articles : 80, 83 et 89 de la Loi électorale en ce qu'elle favorise la fraude et compromet l'égalité des chances entre les candidats dans les circonscriptions électorales précitées.

La requête en date du 18 février 2020 de Maître Mountaga Tall, Avocat à la Cour, agissant au nom et pour le compte du Congrès national d'initiative démocratique Faso Yiriwa Ton (Cnid-Fyt), dont il est le président, tendait à l'annulation de l'élection législative sur toute l'étendue du territoire national et du Décret n°2020-0010/PRM du 22 janvier 2020 portant convocation du collège électoral, ouverture et clôture de la campagne électorale à l'occasion du scrutin du 29 mars 2020. A l'appui de ses prétentions, il soutient que le décret sus-référencé portant convocation du collège électoral étant un acte préparatoire pour l'élection des députés, l'examen de son irrégularité est non détachable de l'ensemble du contentieux afférent à la régularité dudit scrutin, que comme tel, relève de la compétence exclusive de la Cour constitutionnelle aux termes des dispositions des articles 86 de la Constitution et 31 alinéa 1 de la loi organique sur la Cour constitutionnelle.

<strong>La situation socio-sécuritaire évoquée par certaines requêtes  </strong>

En outre le requérant précise que le décret incriminé viole les dispositions des articles 86 et 158 (nouveau) de la Loi électorale en ce qu'il n'assure pas l'organisation de l'élection des députés dans l'ensemble des circonscriptions électorales du territoire national, y compris, celles nouvellement créées dans le délai de soixante (60) jours requis entre sa publication au Journal officiel et le jour de la tenue du scrutin.

Pour la requête en date du 24 février 2020 de Boubacar Plea, candidat indépendant aux élections législatives en commune IV du district de Bamako, sollicitant le report desdites élections. A l'appui de ladite requête, il soutient que le contexte socio-sécuritaire, marqué par une insécurité grandissante avec pour conséquences l'assassinat de nombreux civils et militaires d'une part et l'exil de milliers de concitoyens dans des pays limitrophes d'autre part, ne garantit pas un scrutin libre, transparent, apaisé et accepté de tous.

Considérant qu'aux termes de l'article 31 de la Loi n°02-011 du 5 mars 2002 portant Loi organique déterminant les règles d'organisation et de fonctionnement de la Cour constitutionnelle, ainsi que la procédure suivie devant elle : <em>" … En cas de contestations au sujet de l'enregistrement des candidatures aux élections présidentielles et législatives, le Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante, les partis politiques ou les candidats saisissent dans les vingt-quatre heures la Cour constitutionnelle qui statue sans délai …"</em>.

Aussi, précise l'arrêt, par une lettre en date du 21 février 2020, Maître Hamidou Maïga, Avocat à la Cour, agissant au nom et pour le compte de Soumaïla Cissé, président du parti Union pour la République et la Démocratie (Urd) se désiste de son recours.

Ainsi, considérant que les requêtes ont été introduites auprès de la Cour constitutionnelle avant que celle-ci ne procède à la proclamation provisoire des candidatures qui détermine le délai en invalidation des listes de candidatures. Par conséquent, la Cour a déclaré que celles-ci sont prématurées et doivent être déclarées irrecevables.

Considérant que de l'article 69 de la Loi électorale, il ressort qu'" <em>… aucun retrait de candidature n'est admis après le dépôt des candidatures … ".</em> Que dès lors, les requêtes relatives au retrait de candidature ont été déclarées irrecevables. Considérant qu'aux termes des dispositions des articles 68 (nouveau) et 161 de la Loi électorale : <em>" …les déclarations de candidature doivent indiquer la couleur choisie pour l'impression des bulletins de vote… et être accompagnées du bulletin n°3 du casier judiciaire datant de trois mois au plus … "</em>. Ainsi, les listes de candidatures ci- après ont été invalidées : Yelema de la circonscription électorale de Goundam, Adp-Maliba de la circonscription électorale de Tombouctou, Pmds et deux indépendants de la circonscription électorale de Niono parce qu'elles ne comportaient pas l'indication de la couleur choisie pour l'impression de leurs bulletins de vote, qu'en plus la dernière la liste ne justifie pas le paiement des frais de participation à l'élection des députés à l'Assemblée nationale.

<strong>Bulletin n°3 du casier judiciaire non conforme </strong>

La liste de candidatures indépendantes Baguine de la circonscription électorale de Bandiagara a été invalidée parce qu'elle comportait des bulletins n°3 du casier judiciaire qui ne correspondent pas aux identités des candidats. Quant à la liste de candidatures du parti Upd de la circonscription électorale de Kolokani, elle a été rejetée car elle accompagnée d'un bulletin n°3 du casier judiciaire au nom du candidat Abdoulaye Konaré, né le 13 mars 1991 à San Pedro, République de Côte d'Ivoire (RCI) et établi par le Greffe du Tribunal de Grande Instance de la Commune III du district de Bamako et non par le casier spécial de la Cour d'Appel de Bamako, juridiction compétente.

Considérant qu'aux termes de l'article 69 de la Loi électorale : <em>"Plusieurs listes ne peuvent avoir, dans la même circonscription électorale, le même titre, ni se réclamer du même parti"</em>. A cet effet, les deux listes de candidatures respectivement au nom de Mohamed Ag Egleze et Manayete Ag Mohamed, se réclament toutes du parti Union pour la République et la Démocratie (Urd) dans la circonscription électorale de Kidal ont été invalidées.

Considérant que du procès-verbal de la conférence élective des candidats du parti Adp-Maliba tenu le 10 février 2020 au Centre de Lecture d'Animation de Bafoulabé, le candidat investi par le parti dans la circonscription électorale de Bafoulabé est Mahamadou Diallo du regroupement de partis Adp-Maliba, Jamaa et Codem, en conséquence, la deuxième liste de candidatures composée de Yéra Coulibaly, Madame Tamega Awa Camara, Alpha Soumano au nom du parti Adp-Maliba dans la même circonscription électorale ne saurait être validée.

Considérant qu'aux termes de l'article 160 (nouveau) de la Loi électorale : <em>"La déclaration de candidature sous peine d'invalidation, doit comporter un nombre de candidats titulaires égal au nombre de sièges à pourvoir"</em>, la Cour a noté que la liste de candidature du parti Démocratique pour l'alternance et le renouveau (Pdar-Mjcd) dans la circonscription électorale de la Commune V du district de Bamako ne comporte qu'un seul candidat au lieu de trois, ainsi que la liste de candidature <em>"Repensons la politique"</em> dans la circonscription électorale de la commune IV du district de Bamako ne porte qu'un seul candidat au lieu de deux. En effet, la Cour constitutionnelle a décidé d'invalider ces deux listes de candidatures.

Considérant que l'article 160 (nouveau) de la Loi électorale dispose : <em>"… Les listes de candidature d'au moins trois personnes présentées par les partis politiques, groupement de partis politiques ou regroupement de candidats indépendants, ne sont recevables si elles présentent plus de soixante-dix pourcent de femmes ou d'hommes "</em>, les listes de candidatures : Adema-Pasj, Urd et Rpm dans la circonscription électorale de Mopti, liste indépendante regroupement des jeunes et sympathisants autour des idéaux patriotiques (Rjsip) de la circonscription électorale de la Commune II du district de Bamako ne permettaient pas de vérifier la satisfaction des exigences prévues par la Loi n°2015-052 du 18 décembre 2015 donc celles-ci ont été rejetées.

Considérant qu'aux termes de l'article 79 (nouveau) de la Loi électorale et du décret n°07-151/P-RM du 9 mai 2017 : <em>"Dans les quarante-huit heures qui suivent la déclaration de candidature, le mandataire de chaque candidat ou liste de candidats doit verser entre les mains du receveur du Trésor la somme de cinquante mille francs/CFA par candidat non remboursable au titre des frais électoraux"</em>, les listes de candidatures des partis dans la circonscription électorale de Niafunké, notamment la liste Fare An Ka Wuli, la liste Asma-Cfp n'ayant pas acquitté les frais de participation à l'élection des députés à l'Assemblée nationale, la Cour a invalidé lesdites listes.

Considérant qu'à cette étape du processus électoral devant aboutir à l'élection des députés à l'Assemblée nationale, la Cour, aux termes de l'article 163 de la Loi électorale connait exclusivement de l'examen de la validité des listes de candidatures et non de l'opportunité de la tenue de ladite élection dont l'intérêt, au demeurant, a été reconnu par Boubacar Plea, à travers sa candidature dans la circonscription électorale de la Commune IV du district de Bamako, le parti du requérant et le Cnid-Fyt, qui a présenté des listes de candidatures dans onze circonscriptions électorales, à savoir Koulikoro, Nara, Kolokani, Koutiala, Sikasso, Barouéli, Ségou, Ténenkou, les Communes II, V et VI du district de Bamako. De tout ce qui précède, la Cour a déclaré que ces requêtes sont irrecevables.

<strong>15 listes de candidatures invalidées </strong>

Il ressort de l'arrêt de la Cour constitutionnelle que 15 listes ont été invalidées provisoirement. Elles sont réparties ainsi qu'il suit:

Circonscription électorale de Bafoulabé : Liste Adp-Maliba : Yéra Coulibaly, Madame Tamega Awa Camara et Alpha Soumano.

Circonscription électorale de Goundam : Liste Yelema : Ibrahima Abdoukader Cissé, Mahamadou dit Alpha Maïga. Circonscription électorale de Tombouctou : Liste Adp-Maliba: Mohamed Hamata Dicko.

<strong>Liste Asma-Cfp :</strong> Mouhamadou Dramé. Circonscription électorale de Niono : Liste Pmds et deux indépendants : Ousmane Sidibé, Mariam Camara et Cheick Boukadel Sidibé. Circonscription électorale de Bandiagara : Liste de candidatures indépendantes Baguine : Mamoudou Kanambaye, Boureima Naparé et Tandou dite Fatoumata Tapily. Circonscription électorale de Kolokani : Liste du parti Upd : Kassim Niaré, Abdoulaye Konaré et Niènè Traoré. Circonscription électorale de Kidal : Liste Urd : Mohamed Ag Egleze. Liste Urd : Manayete Ag Mohamed. Circonscription électorale de la commune V du district de Bamako : Liste Parti démocratique pour l'alternance et le renouveau (Pdar-Mjcd) : Mamadou Djigué. Circonscription électorale de la commune IV du district de Bamako : Liste " Repensons la politique " : Boubacar Plea. Circonscription électorale de Mopti : Liste alliance Adema-Pasj, Urd et Rpm : Moussa Allaye Cissé, Garba Samassékou et Belco Samassékou. Circonscription électorale de Niafunké : Liste Fare An Ka Wuli : Aïssata Sankaré et Soumaïla Diallo. Liste Asma-Cfp : Fadimata Guindo et Aly Kanta. Circonscription électorale de la commune II du district de Bamako : Liste indépendante : Demba Lah, Fousseyni Diarra et Sadio Diarra.

<strong>     Synthèse de Boubacar PAÏTAO</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mot de la semaine : Proclamation</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mot-de-la-semaine-proclamation-2-2861249.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 28 Feb 2020 07:44:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Manassa Dagnoko et les sept conseillers de la Cour Constitutionnelle ont donné leur Ok aux 545 listes sur 560 en accordant un délai de  grâce de 72 heures  aux 15 listes recalées, pour rectifier le maladroit tir. Donc, la tenue, le 29 mars 2020, du premier tour des législatives n’est plus un rêve, mais une réalité. Si l’on en croit à l’autorité suprême en la matière qui est la Cour Constitutionnelle, il n’y aura  ni report encore moins annulation du décret de convocation du collège électoral tel que souhaité par certains. Le suspense n’a  duré que le temps pour Mme le Président de la Cour Constitutionnelle, de lire les requêtes en annulation du décret ou invalidation de certaines listes   formulées par certains leaders politiques. Après ce fut la délivrance totale pour la grande majorité des postulants et certainement de l’angoisse pour d’autres qui ont vu leurs listes invalidées. Les recalés, conformément à la loi, avaient  encore 72 heures pour corriger les erreurs.

Pour rappel, la Cour Constitutionnelle avait reçu  560 listes, après analyse des dossiers,  la Cour a validé 545 et rejetés  15 pour non-conformité à la loi en vigueur, mais en accordant aux fautifs un délai de 72 heures, pour se mettre en règle. Parmi les listes invalidées figure celle de l’alliance ADEMA, RPM, URD de la Circonscription électorale de Mopti. Cette liste selon la Cour n’a pas répondu à l’exigence de genre. Mais après enquête, Manassa et ses sept conseillers se seraient trompés en prenant pour homme Belco Samassekou, qui en réalité serait  du genre féminin.Tout porte à croire qu’elle réparera le préjudice causé à cette liste d’alliance, tout comme les auteurs des  listes invalidées, corrigeront leurs errements avant la deuxième reprise solennelle de  séance de la Cour Constitutionnelle pour la proclamation définitive.  C’est seulement après cette ultime séance que les candidats seront autorisés à prendre part à la deuxième plus importante  compétition électorale après celle de la Présidentielle. Cent quarante-sept sièges sont à pourvoir. En attendant la deuxième proclamation des candidatures par la Cour Constitutionnelle, il y a plus de 1600 candidats prêts à se battre afin d’avoir  une place à l’Assemblée Nationale. Parmi les listes en compétitions, il y en a qui sont très sérieuses, par contre d’autres ne sont tout simplement que farfelues, voir fantaisistes. Le doute s’est totalement dissipéles élections législatives auront bel et bien  lieu le 29 mars 2020, car  toutes les tentatives de diversion ont voué à l’échec.

Le hic est que les requêtes en annulation du décret de convocation ont été  formulées par des leaders politiques dont les partis sont en compétition. Ils semblent tous en perte de vitesse sur le terrain. C’est pourquoi ils ont voulu jouer au superfétatoire. Ils ont peur de perdre ou d’être humiliés. Il y a tout simplement un manque de cohérence, sinon ils auraient dû s’abstenir pour ne pas cautionner une mascarade électorale.

En somme, le vin est tiré, maintenant il faut le boire.Cette électionlégislative est jusqu’à preuve de contraire le moindre mal dans un pays en guerre et où les mandats des députés ayant expiré depuis 2018, ont été prolongés à deux reprises.

<strong>Youssouf Sissoko</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Que sont&#45;ils devenus… Capitaine de Police Yacouba Coulibaly : Les confessions d&amp;apos;un ami de Tiécoro Bagayoko</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/que-sont-ils-devenus-capitaine-de-police-yacouba-coulibaly-les-confessions-dun-ami-de-tiecoro-bagayoko-2859415.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 15 Feb 2020 01:53:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le 28 février 1978, les patrons des cinq commissariats de police du district de Bamako sont emportés par l'orage qui secoue le Comité Militaire de Libération Nationale (CMLN). Ils sont arrêtés, jugés et condamnés pour avoir assisté à une réunion au cours de laquelle le lieutenant-colonel Tiécoro Bagayoko, directeur général des services de sécurité, les aurait informés de sa volonté de renverser le régime de Général Moussa Traoré (GMT). La rubrique "Que sont-ils devenus ?" est allée à la rencontre d'un rescapé parmi ceux qui ont été envoyés au bagne de Taoudéni. Il s'appelle Yacouba Coulibaly, capitaine de police et tout-puissant commissaire du 2e arrondissement au moment des faits. Il a été présenté comme le commandant du peloton d'exécution du président Moussa Traoré et ses acolytes en cas de succès de la conjuration. Ce qui lui a valu une condamnation à 15 ans de travaux forcés, pendant que les chefs d'état-major de l'armée de terre et de de la gendarmerie écopaient respectivement de 5 et 10 ans d'emprisonnement. Le compol Yacouba Coulibaly est formel : il est la victime de ses relations d'amitié avec Tiécoro Bagayoko. Qui est le commissaire de police Yacouba Coulibaly ? Sa part de vérité sur les événements du 28 février 1978 ? Est-il prêt à pardonner ses bourreaux ? C'est un homme visiblement affaibli par dix ans de détention à Taoudéni, qui nous a donc reçu à son domicile, à Bolibana, pour évoquer l'une des pages sombres du régime de Moussa Traoré, à qui il a tenu à donner un conseil. Lequel ? Les détails.</em></strong>

Les relations entre Yacouba Coulibaly et Tiécoro Bagayoko dit Diango ont été d'une pureté presque parfaite. Camarade d'enfance et de classe, c'est seulement après le certificat d'études primaires (CEP) que chacun va choisir son avenir : Yacouba opta pour l'administration générale et Tiécoro intégra l'Ecole des enfants de troupe de Kati pour une carrière militaire. Jusqu'au dernier souffle de l'ancien directeur général des services de sécurité, ils n'ont pas rompu.

Aujourd'hui, Yacouba Coulibaly retient encore de Diango l'image d'un homme respectable qui, s'il paraissait sévère de loin, était fondamentalement très bon.

La carrière de Yacouba Coulibaly s'est faite en deux temps. Il a tout d'abord servi comme commis d'administration, successivement à Mopti et à Kayes entre 1962 et 1965. C'est après squ'il deviendra policier suite à la décision du pouvoir central de surveiller étroitement tous les secteurs de l'Etat par un service de renseignements officieux. Cela a consisté à recruter des jeunes du parti au sein des différentes composantes de l'armée.

C'est dans ce cadre que Yacouba Coulibaly et certains de ses camarades de la jeunesse de l'US-RDA ont intégré la police nationale pour servir à la Sécurité d'Etat. A sa sortie de l'Ecole nationale de la police, il est affecté à Gao. Tiécoro Bagayoko continuait de lui rendre visite dans la Cité des Askia chaque fois qu'il avait une mission sur Tessalit jusqu'au coup d'Etat du CMLN en 1968. Mais justement en tant que militant de la jeunesse de l'US-RDA, quelle a été sa compréhension de ce coup de force des militaires ?

Yacouba Coulibaly répond qu'après sa formation militaire, il a tourné le dos à la politique, se rappelant qu'il a vécu les événements comme tout autre citoyen à cette différence qu'il était policier, c'est-à-dire que l'allégeance d'office était obligatoire au risque d'être catalogué comme ennemi et traité comme tel.

Il a appris le coup d'Etat par l'intermédiaire de son commissaire, qui a d'ailleurs insisté sur le nom de son ami, Tiécoro Bagayoko, parmi les membres de la junte militaire qui a renversé le père de l'indépendance nationale. La nomination de Diango au poste de directeur général des services de sécurité va donc précipiter l'ascension de Yacouba Coulibaly. Ce qui était tout à fait logique, surtout qu'il n'a pas été propulsé au-devant de la scène, mais nommé d'abord comme commissaire adjoint du 2e arrondissement. Quelques années plus tard, il est confirmé premier responsable du service avec le grade de capitaine.

Hélas ! Son destin va basculer le 28 février 1978. Emporté par le vent qui a détérioré les relations entre les membres du CMLN. Il a payé cash son amitié avec Tiécoro Bagayoko. Le président Moussa Traoré, face à l'orage qui profilait à l'horizon, a conclu qu'il fallait neutraliser Tiécoro en même temps que ses acolytes. C'est pourquoi il a fait arrêter tous ceux qui étaient proches de Diango afin d'éviter une réplique sous la forme d'une révolution de palais.

Ces événements du 28 février 1978 ont suscité beaucoup de commentaires. Chaque camp a donné sa version des faits. Ce qui est sûr : l'Histoire retiendra que des frères d'armes se sont entretués. Alors quelle est la part de vérité d'une des victimes collatérales de ces événements ? Pourquoi et comment il a été arrêté ? Est-ce vrai que la bande de Tiécoro, Kissima Doukara, Karim Dembélé, Charles Samba Sissoko préparait un coup d'Etat ? Quelle analyse fait-il du régime de Moussa Traoré ?

<strong>Mensonge, ruse, roublardise</strong>

Voici la réponse du capitaine Yacouba Coulibaly : <em>"Je suis prêt à poser ma main sur le Coran pour jurer que je n'étais au courant d'aucune préparation de coup d'Etat. Je n'ai assisté à aucune réunion où Tiécoro aurait manifesté sa volonté de perpétrer un coup d'Etat. J'ai été arrêté à mon domicile près du marché Dibida. On m'a accusé d'être le chef du peloton d'exécution du président Moussa Traoré et ses compagnons, Allah Akbar ! Tout cela est consécutif à mes relations avec l'ancien directeur général des services de sécurité. J'ai été brutalisé, torturé, jugé, condamné à 15 ans de travaux forcés et envoyé au bagne de Taoudéni. </em>

<em>A mon avis, il y avait un réel froid entre le président Moussa Traoré et le lieutenant-colonel Kissima Doukara, ministre de la Défense, de l'Intérieur et de la Sécurité. Le président a sûrement compris que Tiécoro a pris position du côté de Kissima. C'est ainsi qu'il a mal agi, en ne ménageant personne dans leurs entourages respectifs. Il avait aussi ce défaut de croire à tout bout de champ aux rumeurs. C'est l'une des raisons principales qui font que Moussa Traoré a fait trop de victimes innocentes et c'est regrettable.</em>

<em>En analysant les déclarations de Moussa sur la chaine de télévision Africable, il donne l'impression de n'être au courant de rien. Pourtant, il aurait pu dire pourquoi il a fait tuer les Diby Silas Diarra, Yoro Diakité, Tiécoro Bagayoko et Kissima. Il soutient ignorer les causes de la mort de l'ex-président Modibo Kéita, mais qu'est-ce qu'il a entrepris pour situer les responsabilités de ce décès, dont les tenants et les aboutissants demeurent obscurs, eu égard à la tournure des événements ? Aujourd'hui, je tiens à lui rappeler que quand la main faute, c'est la tête qu'on coupe".</em>

Envoyé à Taoudéni pour purger une peine de 15 ans de travaux forcés, Yacouba Coulibaly y aura passé 10 ans. Parce que le centre de détention a été fermé par les autorités du pays. Pour le reste des détenus, la question était de savoir s'ils seront transférés ou libérés ? Le régime opta pour la libération. Mais le mal était déjà fait selon Yacouba Coulibaly. Il a passé dix ans de traumatisme, avec comme corollaire la psychose de la mort causée par un traitement inhumain.

Cependant, nous avons été surpris quand le policier nous a fait savoir que son ami Tiécoro n'acceptait pas que les autres prisonniers politiques critiquent le président Moussa Traoré en sa présence. Chaque fois que le débat allait dans ce sens entre détenus, Diango s'effaçait. Quelle explication à cette <strong>"loyauté"</strong> de l'ancien directeur général des services de sécurité vis-à-vis de quelqu'un qui caressait déjà le désir de l'éliminer physiquement ? Parce qu'il considérait toujours Moussa Traoré comme son ami, mais il se trompait à ce niveau et refusait sûrement de comprendre que la rupture était consommée entre eux.

D'anciens bagnards de Taoudéni que nous avons approchés dans le cadre de la rubrique <strong>"Que sont-ils devenus ?"</strong> assurent qu'en plus de l'enfer qu'ils vivaient dans cette partie du pays à l'époque, ils ne cessaient de penser à leurs familles respectives. Aujourd'hui, le capitaine Yacouba Coulibaly a encore en mémoire la manière dont il a perdu en même temps ses deux femmes par le biais du divorce . Comment cela a pu arriver ? L'intéressé soutient qu'il fallait vivre leur cas pour ne pas leur en vouloir. Ce n'était pas facile au moment des faits. Seulement il fallait se résigner. Et il tient encore à rendre hommage à son frère aîné qui s'est occupé de ses enfants durant son calvaire à Taoudéni.

<strong>La main sur le cœur</strong>

A sa libération, est-ce que les femmes sont revenues à de bons sentiments ? La réponse est on ne peut claire : <em>"Fiston, nous ne voyons pas les choses de la même manière. Au moment des faits, elles étaient très jeunes. Attendre un mari pendant 15 ans n'était pas une chose facile. C'est pour vous dire que je ne leur en tiens pas rigueur. D'ailleurs, il y a une qui vit en France. Il arrive qu'elle téléphone pour prendre mes nouvelles. En partant à Taoudéni, notre retour n'était pas évident, donc il faut voir les choses sous cet angle".</em>

Deux faits malheureux le rongent encore. Lesquels ? D'abord la mort de son fidèle ami Tiécoro Bagayoko. Il se rappelle encore de ce matin quand ils partaient à la mine pour piocher, puisque Diango devait rester pour d'autres travaux, le capitaine Sounkalo Samaké lui a demandé de penser à sa pitance.

Et Tiécoro de répondre qu'il n'était pas évident qu'ils le retrouvent en vie, parce que sa mort a été annoncée pour ce jour. Effectivement, à leur retour de la mine, Charles Samba Sissoko les informera que Diango a été exécuté et enterré. Yacouba passera plus d'une semaine à le pleurer. Ensuite, il y a le décès de sa sœur, survenu au Gabon des suites d'une brûlure.

Jusqu'aujourd'hui, le compol Yacouba Coulibaly traine les séquelles de sa détention. Est-il prêt à pardonner ses bourreaux ? En musulman convaincu, l'ancien commissaire du 2e arrondissement  soutient qu'il lie sa vie au destin, c'est-à-dire prêt à pardonner. A sa libération, il avait même tenté de rencontrer le président Moussa Traoré pour un pardon mutuel, et surtout lui dire qu'il s'est trompé sur sa personne, en l'accusant à tort.

Malheureusement, il n'a pu voir l'ancien président. Entre-temps il est confiné dans sa douleur morale, causée par tout ce qu'il a vécu comme torture pendant sa détention. Il revient sur un de ses calvaires. "Un soir, en puisant de l'eau, je suis tombé dans le puits. Après trois jours, le chef du centre l'adjudant Moussa Camara m'a promis l'enfer si je ne me présentais pas le lendemain. Pour éviter d'être exécuté, je me suis fait transporter au chantier par un policier. Il a fallu l'intervention de l'adjoint du chef de centre pour que je sois exempté de tout effort physique jusqu'à ma guérison, sinon Moussa Camara était venu avec la cravache pour régler mes comptes".

Faudrait-il rappeler que le capitaine Yacouba Coulibaly n'est toujours pas réhabilité. Il se contente seulement de sa pension. Au moment de prendre congé du vieux commissaire, il a tenu à donner un conseil à Moussa Traoré. Il lui demande de beaucoup prier et d'implorer la clémence du Bon Dieu pour alléger ses péchés parce qu'il est  convaincu que le président Moussa Traoré a fait des dizaines de victimes innocentes. Pour rien.

<strong>O. Roger</strong>

<strong>Tél : (00223) 63 88 24 23</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Propos  mémorables :  Ibrahim  Boubacar  Keita, président de la république (mardi 16 avril 2019)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-ibrahim-boubacar-keita-president-de-la-republique-mardi-16-avril-2019-3-2858061.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 05 Feb 2020 01:31:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Je vous parle de nos angoisses, de nos projets, de nos aspirations, de nos problèmes mais aussi et surtout de nos solutions. </em>

<em>Je commence par dire que j’ai entendu toutes les colères, décodé tous les signaux, compris tous les messages remontant d’un pays dont je ne saurai jamais mésestimer les préoccupations.

Oui. La situation sécuritaire, malgré nos efforts, reste un défi majeur qu’il faut relever, j’en suis conscient, au plus vite, par des réponses durables, pas par des artifices, puisqu’il en va de la continuité de notre pays, d’un pays dont les fondements ont été ébranlés par la crise multiforme de 2012. </em>

<em>C’est le cas au Nord du pays où des flambées de violence viennent hélas rappeler avec récurrence l’impératif de faire en sorte que les acquis fragiles enregistrés depuis 2015 ne soient pas remis en cause. </em>

<em>Que tout le monde prenne sa part dans cette œuvre : l’Etat malien, ses partenaires ainsi que les groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation ! Mais que tout le monde prenne sa part sincèrement, rapidement et effectivement car chaque seconde perdue pour la paix est gagnée par la guerre ! </em>

<em>S’agissant du Centre de notre pays, qu’il me soit permis de rappeler la tragédie d’Ogossagou qui le 23 mars dernier a endeuillé la nation et horrifié le monde civilisé.


Les faits révélés ont produit une véritable onde de choc psychologique à travers le pays, et même très rapidement au-delà. </em>

<em>Des images insupportables ont circulé, montrant l’horreur d’une barbarie qui a dévasté ce qui fut une communauté humaine. </em>

<em>Ces images nous renvoient au passé tant de symboles obscurs et accablants que nos âmes affligées s’inquiètent d’un effondrement moral et spirituel. </em>

<em>Jour de grande tristesse que ce jour là, qui vit tant de valeurs humaines, jusque là magnifiées et partagées, se consumer dans les fumées de la haine et du fanatisme ; vie, sens du sacré, famille, sagesse, tolérance, empathie, cousinage à plaisanterie, fraternité religieuse, tout cela rendu méconnaissable, dans les cendres des tisons humains, d’habitations calcinées, d’une terre devenue inhospitalière. </em>

<em>Ce n’est pas seulement notre drapeau national qui fut en berne, c’est tout le brillant humanisme dont nous étions si fiers ! </em>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Soudan français : Les pratiques de la conquête coloniale</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/soudan-francais-les-pratiques-de-la-conquete-coloniale-2848936.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/soudan-francais-les-pratiques-de-la-conquete-coloniale-2848936.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 22 Nov 2019 10:07:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Les officiers coloniaux qui ont conquis l’Afrique n’avaient pas que le canon et le fusil. Jeunes, pour bon nombre d’entre eux, ils sont tombés sous le charme des Africaines qu’ils ont prises comme concubines. Ils parlaient de « mariages à la mode du pays ».</strong>

Faidherbe a débarqué sur les côtes sénégalaises en tant que célibataire. Il n’a pas mis du temps à se retrouver avec Dioncounda Sidibé, une jeune Khassonké, la mère de son premier fils né en 1857. Léon sera ensuite confié à la « vraie » épouse de Faidherbe. Après une scolarisation normale, il est devenu officier. Mais même étant fils de Faidherbe, il ne pouvait être qu’un subalterne. Il ne put intégrer l’armée que dans le corps des tirailleurs sénégalais. à 24 ans seulement, il est mort, victime de la fièvre jaune en 1881. Certains historiens disent qu’il s’est suicidé n’ayant jamais pu accepter son statut social, car il était l’objet d’un double rejet. Pour les marchands et militaires français, il n’était qu’un « nègre ». Pour les métisses de la côte, qu’on appelait « mulâtres », il n’était que l’héritier de son père qui a toute sa vie n’a œuvré qu’à consolider la suprématie économique des Français.
<div id="attachment_119346" class="wp-caption alignright">

<img class="size-medium wp-image-119346" src="https://www.lessor.site/file/Dr-Ibrahim-Ma%C3%AFga-250x300.jpg" alt="" width="250" height="300" aria-describedby="caption-attachment-119346" />
<p id="caption-attachment-119346" class="wp-caption-text"><em>Dr Ibrahim MAÏGA</em></p>

</div>
Quant à Archinard, il partait en campagne quasiment avec un harem. Il avait une addiction pour les jeunes filles, entre 15 et 17 ans. Le lieutenant Thiriet qui l’accompagnait lors de la conquête de Ségou, est formel dans son témoignage sur les pratiques fines de son chef. à Ségou, Archinard était devenu le beau-frère et le gendre de tous les peuls parce que sa compagne la plus célèbre s’appelait Bintou Kanté.
Les conquérants colonisateurs étaient de véritables prédateurs, des polygames qui n’ont pas pu tous effacer les traces de leur séjour africain. Le régime tout trouvé était celui des « mariages à la mode du pays », des unions temporaires. Le Docteur Louis Joseph Barot, médecin au service des troupes coloniales, a même élaboré en ce sens un manuel intitulé : « Guide pratique de l’Européen dans l’Afrique occidentale : à l’usage des militaires, fonctionnaires, commerçants, colons et touristes » (Edition Flamarion 1902).

<a href="https://www.lessor.site/soudan-francais-les-pratiques-de-la-conquete-coloniale.html"><strong>...........lire la suite sur essor.ml</strong></a>]]> </content:encoded>
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<title>Discours de la proclamation de l&amp;apos;indépendance du Mali, prononcé par le président Modibo kéita, le jeudi 22 septembre 1960, au lycée technique de Bamako.</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/discours-de-la-proclamation-de-lindependance-du-mali-prononce-par-le-president-modibo-keita-le-jeudi-22-septembre-1960-au-lycee-technique-de-bamako-2840081.html</link>
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<pubDate>Sun, 22 Sep 2019 10:16:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[« Chers Camarades,

A la conférence territoriale du parti, il y a trois semaines, nous nous sommes contentés d’un exposé objectif du déroulement des évènements de Dakar, sans en tirer les conséquences. Nous avons par la suite fait un certain nombre de contacts qui ont projeté plus de lumière sur les origines plus ou moins lointaines des dits évènements. C’est ainsi que j’ai répondu à l’appel du président de la république française, aux invitations du roi du Maroc et du président de la république du Ghana. D’autres parts des missions ont été envoyées à l’extérieur : U.S.A, O.N .U, Allemagne fédérale, pays de l’est, l’Afrique occidentale.

Pour mieux suivre le sens de notre action politique pendant ces derniers mois, il est indispensable que nous examinions la situation créée en Afrique depuis le référendum du 22 septembre 1958.

Le 22 septembre, les conditions politiques intérieures nous imposèrent un vote favorable à l’entrée dans la communauté.

En outre nous avons pensé et pensons que Les chances de résolutions de l’unité sont aléatoires pour les États accédant à l’indépendance, car devenus souverains, ils affirment leur personnalité aussi bien sur le plan intérieur que sur le plan extérieur.

Aussi avions-nous espéré que l’autonomie était pour les États africains la période la plus favorable de leur évolution pour la réalisation de leur unité. Évidemment, cela supposait de la part des dirigeants de ces États, une indépendance totale à l’égard des puissances d’argent et des autorités des anciennes métropoles

Par ailleurs, nous avons estimé et estimons encore que c’est dans l’unité que l’Afrique pourra résister à l’emprise des forces impérialistes et renforcer le camp de la paix…

Dans un monde de plus en plus tourmenté où la légalité n’apparait qu’à travers les intérêts stricts des pays, la lutte pour nous devra s’engager sur le plan politique.

Nous demeurons certes fidèles à l’idée de la fédération africaine, nous nous considérons toujours liés par le serment du 17 janvier 1959. Mais pour le succès de notre action en faveur de la fédération, il est indispensable et urgent que la république soudanaise s’affirme sur le plan africain et sur le plan international. C’est la raison pour laquelle nous avons invité à autoriser l’Assemblée législative :

1- A appréhender les compétences transférées par la république soudanaise à la fédération du Mali ;

2- A proclamer comme État indépendant et souverain la république soudanaise,

3- A proclamer que la république soudanaise s’appelle république du Mali, libre de tous engagements et liens politiques vis-à-vis de la France, comme la Haute volta, la Côte d’ivoire, le Niger, le Dahomey…

Notification de ces décisions sera faite au gouvernement français, à l’organisation des Nations-Unies et à tous les pays indépendants.

Fidèles à notre idéal d’union et de paix, j’insiste sur ce mot, nous sommes décidés à établir des relations amicales avec tous les États du monde, sans exclusive aucune, singulièrement avec ceux d’Afrique qui seront désireux de promouvoir une politique d’union et de progrès, de s’engager résolument dans la lutte pour la libération totale du continent africain et l’établissement d’une paix durable entre les peuples.

La République du Mali est née. Le Mali continue. Le mot Mali continuera à résonner comme un gong sur la conscience de tous ceux qui ont œuvré à l’éclatement de la fédération du Mali ou qui s’en sont réjouis. Nous restons mobilisés pour l’idée de la fédération qui, malgré tout, demeure une demande virile de l’unité africaine. Nous avons perdu une partie, mais nous gagnerons la manche IN CHALLAH. Les puissances d’argent, les forces rétrogrades et impérialistes n'y pourront rien.

Toutes les Maliennes et tous les Maliens doivent se considérer comme mobilisés pour la construction de la république du Mali, Patrie de tous ceux qui sont fermement attachés à la réalisation de l’indépendance et de l’union africaine ;

Toutes les Maliennes, tous les Maliens doivent accepter tous les sacrifices pour que notre pays, puisse sortir grandi, rayonnant, de l’épreuve qu’il traverse pour que les africains libres, réellement libres puissent sans possibilité d’ingérence, s’unir pour que s’affirme une grande nation africaine qui marquera de son seau la politique internationale, pour que la paix, espoir des peuples en voie de développement, s’établisse entre tous les pays du monde »

&nbsp;

=====================================

<strong>Message du Chef de file de l'opposition, l'honorable Soumaïla Cissé, à l'occasion du 22 septembre 2019</strong>

Maliennes, Maliens,

Le Dimanche 22 septembre 2019, nous célébrons dans la communion d’esprit, le 59ème anniversaire de l’indépendance de notre pays. C’est une heureuse occasion et un moment privilégié pour adresser à chacune et à chacun d’entre vous, mes vœux les plus chaleureux de bonne fête de l’indépendance.

Célébrer notre indépendance, c’est surtout honorer le courage de toutes les filles et de tous les fils de notre pays qui, de par leur sacrifice, ont héroïquement combattu pour notre liberté. Par leur résistance armée ou pacifique ils ont mis fin à l’asservissement de notre peuple, certains au péril de leur vie.

En ce jour de fierté nationale et d’engagement patriotique, j’ai une pensée heureuse pour tous les Maliens : ceux de l’intérieur comme ceux de la diaspora qui, tous, œuvrent au quotidien pour assurer leur bonheur et celui du pays.

Chers compatriotes,

Cette année, et comme depuis plusieurs années déjà, notre fête d’indépendance se déroule dans un contexte grave particulièrement marqué par la violence et l’insécurité. Je m’incline devant la mémoire de toutes les victimes, civiles comme militaires, maliennes et étrangères de cette situation absurde et inacceptable.

Le nord et le centre de notre pays vivent des moments de tristesse et de désolation du fait de l'insécurité. La liberté de circuler est entravée par des attaques poussant les populations à vivre dans l’inquiétude et la méfiance.

La cohésion entre les populations et le vivre ensemble dans l’harmonie et dans la paix sont dangereusement menacés.

Les déplacés de l'intérieur et les réfugiés méritent une attention particulière.

Maliennes, Maliens,

Notre pays doit retrouver la paix!

Notre pays doit recouvrer son intégrité territoriale et assurer le retour des populations déplacées tant celles de l’intérieur que de l’extérieur.

Pour cela, je ne cesserai jamais de le rappeler, nos forces de défense et de sécurité doivent être mises en condition pour assurer leur noble et régalienne mission de défense de l’intégrité territoriale et de protection des populations. C’est pourquoi aucune indiscipline ni malversation ne doivent être tolérées dans la gestion des ressources destinées à leur équipement et à leur formation. Je salue les efforts de la communauté internationale qui appuie notre pays en vue du règlement pacifique de cette crise qui hypothèque l’avenir de notre pays.

Je tiens, pour ma part, à assumer toute ma responsabilité en tant que Chef de file de l’opposition en alertant vigoureusement l’opinion publique nationale et internationale et les autorités, en dénonçant les pratiques malsaines et en proposant sereinement des solutions adaptées.

C’est pourquoi j’ai toujours cru et je continue de croire qu’une sortie de crise passe forcément par un dialogue sincère, global, inclusif, interactif, dynamique et transparent avec l’ensemble des forces vives de la Nation.

Je milite pour un élan national de bonne volonté qui, au-delà de toutes les obédiences politiques partisanes doit aboutir à sauver notre pays. Oui, notre pays est plus que jamais menacé dans sa survie même. C’est donc un mouvement de communion, une dynamique de dépassement et de convergence de toutes les initiatives afin de réussir le plus important : retrouver notre honneur, notre fierté et notre dignité, en tant que pays réunifié, en tant qu’Etat fort et harmonieux et en tant que Nation unie et solidaire.

Je salue et encourage la combat engagé par la justice contre la corruption et la délinquance financière et l’invite à s’intéresser à tous les scandales qui ont non seulement terni l’image de notre pays au-dedans et au dehors mais aussi et surtout ont spolié le contribuable malien des milliards de nos francs. Aucune personnalité impliquée dans ces scandales ne doit être épargnée.

En effet, notre combat commun et légitime doit être celui en faveur de notre pays, celui de son développement durable afin de léguer à nos enfants un Mali viable, crédible et respecté. Nous pouvons et nous devons le mener !

Je renouvelle ici, ma constante foi en l’avenir du Mali et ma grande confiance en chacune et en chacun d’entre vous !

Bonne et Heureuse fête du 22 septembre !

Que Dieu bénisse le Mali !

Je vous remercie]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>59e anniversaire de l’indépendance du Mali (1960&#45;2019) : Voici ce que disait déjà Fily Dabo Sissoko en 1958</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/59e-anniversaire-de-lindependance-du-mali-1960-2019-voici-ce-que-disait-deja-fily-dabo-sissoko-en-1958-2839259.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 17 Sep 2019 08:56:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mutation</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le Mali célébrera le dimanche 22 septembre prochain le 59<sup>e</sup> <em>anniversaire de son accession à l’indépendance.  Face aux falsificateurs de l’histoire politique toujours en activité, nous vous proposons la déclaration de Fily Dabo Sissoko à l’heure du choix à propos du referendum de 1958 en faveur de l’indépendance du Mali. Mais hélas son rêve n’a pu se réaliser par la faute de ses adversaires politiques qui deviendront son bourreau six ans après soit le 12 février 1964.</em></strong>

Depuis l’avènement de la démocratie dans le pays en 1991, tout a été mis en œuvre par les falsificateurs de l’histoire contemporaine  du Mali pour faire comprendre à la nouvelle génération que Fily Dabo Sissoko a été toujours contre l’indépendance du Mali. Mais nos fouilles dans les archives nous ont permis de retrouver les propos du premier Député du Soudan-Niger portant sur l’heure du choix à propos du referendum sur l’indépendance du Mali, parus un journal « la Vérité » du lundi 25 Août 1958. Il nous revient suite à des témoignages recueillis le RDA dirigé par Feu Félix Houphouet Boigny était le chef d’orchestre de la campagne contre l’indépendance des Etats de l’AOF. Du coup l’US RDA a bénéficié du soutien matériel et financier. Et c’était pour la première fois les habitants de Bamako voyaient des véhicules transporter des baffles.  Ce qui explique la brouille entre  Feu Sékou Touré et Feu  Félix Houphouet Boigny. On comprend maintenant pourquoi le PSP a été dissout par Modibo Keita et la campagne de harcèlement qui en est suivie. C’est dire donc le Mali devrait fêter ses 60 ans ‘indépendance si le Mali avait accédé à l’indépendance en 1958 comme en compagnie de la Guinée.

Voici pour vous les propos de Fily Dabo Sissoko à l’heure du choix à propos du referendum publié dans le journal « La Vérité » du lundi 25 Août  1958.

‘’ Pour les territoires d’outre-mer, a dit le Général De Gaulle, le choix est entre la fédération et la sécession ’’ paru dans le Monde No 4214 des 10 et 11 Août 1958. Cette déclaration a  été largement commentée par la Presse. Elle a le mérite de la clarté et nous place « à nos risques et périls » en face de nos responsabilités. Elle ne saurait nous laisser indifférents. C’est presque un dictat imposé dans un domaine où le libre choix est  de rigueur et où le pragmatisme aborne la volonté du souverain. Épictète, esclave de son état, connut cette alternative et la résolut par un non acquiescement serin, au milieu de terribles souffrances. Comme Epictète, advienne que pourra, nous refusons d’acquiescer à l’injonction du Général De Gaulle. Voici pourquoi : Certes, nous savons comme d’autres, de science certaine

1) que dix ans après la promulgation de la déclaration universelle des droits de l’homme dans le salon des horloges, au Quai d’Orsay ;

2) à l’heure où le monde entier collabore à l’édification du Palais de l’UNESCO sur la place au nom hautement évocateur de Fontenoy ;

3)qu’à l’heure où le N.A.T.O, provisoirement installé à Chaillot, œuvre à la protection du monde occidental et à la préservation de la paix, nous savons, dis-je, qu’en ce milieu du XXe siècle, l’indépendance(en termes absolus), à deux ou trois exceptions près, est un leurre.

Cela acquis, le mot sécession, à moins qu’on ne veuille rappeler ce qui s’est passé aux USA de 1860 à 1865, crise aigue au cours de laquelle A. Lincoln donna dans sa plénitude, l’image d’un homme d’Etat qui se vide de contenu. La Hongrie l’a Hongrie l’a éprouvée, et les jérémiades venues de tous les azimuts du monde, n’ont pu empêcher l’assassinant d’Imre Nagy. Le Général De Gaulle a donc introduit dans la controverse un facteur qui ne saurait, en toute bonne logique, y trouver place.

<strong>Comment en est-il venu là ?</strong>

Nous pensons découvrir les prémisses dans la révolution du 13 Mai dernier. En effet, sous la plume de Paul Leriche, dans un compte rendu littéraire, nous lisons ceci : « Voici le premier témoignage et il d’importance, étant donné la personnalité de son auteur, et le rôle qu’il joua sur cette révolution du 13 Mai à Alger qui a marqué la fin de la IVe République. Le Directeur de ‘’l’Echo d’Alger’’ situe le ‘’glas du système’’ le 8 Février 1958, jour où quelques unités des forces aériennes françaises détruisent des positions tunisiennes occupées par les forces du F.L.N dans la bourgade de SAKIET (CF. la révolution du 13 Mai par Alain de Sérigny Plon, éditeur) » paru dans Jours de France No 194 du 2 août 1958, page 28. Paul Leriche poursuit : « Survirent les ‘’Bons Offices’’ de MM. MURPHY et BEELEY et les patriotes d’Alger redoutèrent alors à juste titre une intervention de l’ONU. Dès lors, leur seul objectif fut de faciliter par tous les moyens l’accession au pouvoir du Général De Gaulle, le seul homme capable de sauver une seconde fois le pays’’. Ainsi nous sommes bien fixés. Les ‘’patriotes d’Alger’’ justifient SAKIET. Ils récusent  les ‘’Bons Offices’’ par crainte de l’ONU. Ils profitent du discrédit où est tombé le Parlement pour abattre le ‘’Système’’. Ils en tirent fierté pour une fois avoir réussi leur dessein. Car les historiens nous enseignent que dans un passé tout récent, il y a eu de leur part trois tentatives malheureuses animées du même esprit : Risque de Coup d’Etat pour sauver des privilèges. De ce faisceau de considération, toutes choses étant égales, le peuple algérien n’est-il pas en droit de réclamer son indépendance ‘’par tous les moyens ?’’ Malgré tout, si le Général De Gaulle n’a pu ou voulu mettre un terme à l’activité des ‘’Comités de Salut Public’’, il a tout de même manifesté l’intention de faire les choses dans la légalité. Ce souci de légalité ou d’apparence de légalité a conduit directement le Général De Gaulle au Référendum veut le plébiscite. Nous n’y sommes pour rien. En toute bonne logique, on devrait donc nous demander de répondre par oui ou par non comme c’est la règle en pareil cas.

<strong>Alors d’où et comment  est venue cette idée de  sécession ? </strong>

Là- dessus, le Général De Gaulle a sans doute des intentions en nous présentant le dilemme : Fédération ou sécession. Car on nous avertit qu’il a longuement insisté sur le mot de sécession qui, selon lui, comporte de graves conséquences pour ceux qui le préféreraient et d’abord la perte de l’aide de la Métropole paru dans le Monde No 4214. Ce conditionnel rappelle Catherine de Médicis : Diviser pour régner. Pour ce qui nous concerne, notre choix est fait. Ce choix comporte implicitement des considérations d’ordre politique, social et économique, d’ordre même international car nous tenons à faire entendre désormais des voix authentiquement africaines partout où cela s’avère nécessaire à l’heure atomique.

De ces considérations ici, nous ne retenons que la défense de la paix et non  des considérations économiques. ‘’L’agression, écrit le Général Pierre Gallois n’est manifestement stupide que si le parti attaqué possède les moyens nécessaires à la riposte paru dans Réalités No 151, p.14. L’un de ses moyens sans nul doute, est la disposition d’espaces propres à l’évolution de bombardiers à long rayon d’action ; un autre, la mise hors de portée de l’agresseur, de points de départ d’engins téléguidés. De tels espaces existent. Nous en sommes pourvus sous ou tout autour de l’une des pinces du ‘’homard stratégique’’. Nous en sommes conscients. Nous savons que le SHAPE ne pourrait rayer notre semi- continent sur ses diagrammes.

<strong>Que viendrait faire la sécession là- dedans ?</strong>

Toutefois ce sont les considérations d’ordre économique qui paraissent avoir été retenues par le Général De Gaulle, les seules en tout cas mentionnées par la Presse. Nous estimons comme le Général De Gaulle, qu’elles méritent d’être prises en considération. En vertu de ce principe, nous sommes nombreux à penser que le Marché commun pourrait fort bien être une résurgence du ‘’Pacte de Berlin(1885). Ce qui requiert de nous l’attention la plus vigilante. Le trafic linéaire s’opposant à l’industrialisation qui a fait son temps. Ses séquelles qui subsistent encore ne peuvent que disparaitre. Nous sommes nombreux à penser que le problème du Sahara nonobstant l’O.C.R.S, ne sont résolus que provisoirement (et en partie) et que qu’ils nécessiteront impérativement des accords multi- partitifs desquels on ne pourrait nous exclure. D’autant plus que le pacte de SAN-Francisco (l’ONU), par son existence même, exclut désormais toute formation de ‘’parcs nationaux’’ tels que c’était l’usage naguère en certains pays. Nous avons notre mot à dire sur le FIDES, œuvre admirable déviée de son cours normal. Ces considérations ont leur importance que nous ne méconnaissons pas. Mais à les mettre en pointe pour créer des défaillances dans nos rangs ou pour tout autre motif, c’est nous ravaler au niveau végétatif des peuples dont l’idéal se situe à l’échelon des jouissances matérielles sans ouverture sur ce autre idéal qui vibre sur le monde du XXe siècle et qui en constitue vraiment le pari : la soif d’indépendance qui anime tous les peuples. Nul ne saurait donc ni ne pourrait nous détourner de notre destin. Et quand on nous brandit des menaces de privations sous les yeux, nous avons la réplique immédiate, puisée dans nos proverbes de la terre, héritage d’antiques des générations. La voici : Mieux vaut succomber de privations que d’être sustente par celui qui vous le rappelle à tout propos. Nous ne serons pas surpris. Mais tout au contraire nous dirons que ce sera là le moindre mal. La misère ne nous effraie point. Nous savons par ailleurs que les juristes ont introduit le génocide dans le droit international. Au sujet de la fédération et de fédéralisme, depuis dix ans, nous n’avons cessé de rompre des lances. Le fédéralisme n’étant, à nos yeux dans sa forme classique et dans l’ensemble français, qu’une vue de l’esprit. A l’issue de nos discussions à Cotonou, nous avons retenu finalement à l’unanimité le terme de Confédération. Ce terme est l’ultime poussée de nos aspirations, une fois l’indépendance obtenue sans équivoque ni faux fuyant. ‘’ Auto-détermination, Fédération, Confédération, tout ça des mots a-t-on dit’’. Tout comme le peintre BUFFET lequel déclare qu’il n’est de peintre de femme que de REMBRANDT. Or l’exemple tout récent du Togo sans chercher ailleurs prouve que le mot Indépendance a un sens. Si les mots n’avaient pas un sens, un contenu lesquelles d’ailleurs qui évoluent, ils n’existeraient  pas. L’essentiel c’est de s’entendre sur les définitions en vue. De toutes les définitions applicables à l’Union Française, retenons celle du Professeur Paul MUS, nous citons pour la mémoire « L’union française est comparable à un organisme vivant et doit être conçue en vertu des lois même de la vie, comme devant être en état permanent de désagrégation possible » paru dans  Destin de l’Union Française. Sa validité réside dans l’agencement des organes, tout aussi essentielles les uns que les autres qui le constituent. L’harmonie de ces impacts fonctionnels est la solution à rechercher. A notre avis la confédération ouvre la porte à de telles perspectives. Ce n’est même pas une innovation car la constitution du 27 octobre 1946 l’admet sous la rubrique ‘’d’Etats Associés’’. Si cela est compris, le reste n’est qu’affaire de bon sens. Croire que nous manquons, c’est nous faire injure. Comme ce ‘’journaliste d’Outre- Rhin’’, nous ressentons vivement que la mort d’une démocratie est un fait douloureux et que sa fin atteint tous les hommes qui gardent au fond d’eux- mêmes la haine des régimes d’absolutisme (CF : Robert d’ARCOURT : Opinions allemands- Revue de Paris Août 1958, p.4). C’est en partie sous ce angle que nous voyons la suite des évènements issus du coup de force du 13 mai. Si nous disons Oui à la France, nous disons Non avec la rigueur à tout régime d’absolutisme. Or tout semble nous acheminer vers un tel régime. Le fait même d’interpréter par avance notre non possible comme une sécession en donne la preuve irrécusable. S’il en était ainsi, quel critère appliquerait-on aux Métropolitains décidés à dire Non ? Nous ne faisons pas mystère de notre NON car il est positif et murement réfléchi. Il rejoindra le NON d’autres démocrates soucieux autant que quiconque de la survie de la nation. Et nous ne serons pas seuls. Comment le peuple algérien pourra-t-il voter OUI sans contrainte alors que MESSALI HADJ et Ben Bella subissent le martyr et que les hommes tombent tous les jours ? Comment peut-on accepter des ‘’conditions particulières à Madagascar alors que l’amnistie totale a été refusée à quelques-uns des enfants de la Grande Ile. Ceux-là mêmes qui se trouvent précisément à la pointe du combat ? Nous de dirons rien de la départementalisation car les départements d’Outre- Mer en savent quelque chose au point de vue fiscal, économique et social. Le Général De Gaulle veut restaurer l’autorité de l’Etat. Il veut que cette autorité soit permanente sans fissure surtout en période de crise mettant le régime en danger. Le Général De Gaulle rappelle que G. Clemenceau s’était trouvé au bon moment en 1917. Lui c’était en 1940. Le Général De Gaulle rappelle avec émotion certaines confidences du Président A. Lebrun. De tels souvenirs émergent au ‘’fil de l’épée’’, hantent le Général De Gaulle. Il veut à tout jamais en abolir le retour. Mais la dictature républicaine, à la Camille limitée dans le temps et dans ses buts, ne lui suffit point. Il veut le plébiscite autour de son nom.

Sommes-nous en droit de dire Non sans pour cela être voués aux gémonies ?

Nous irons donc au Référendum. Mais notre oui ou notre non sera fonction de l’acceptation ou du rejet de ce chant spontanément sorti des gorges de tout un peuple : ‘’L’Indépendance, Nous voulons, l’Indépendance, Nous l’aurons !’’ Qui en douterait, n’aurait eu que des échos affadis des journées historiques de Cotonou.

<strong> Exergue </strong>

La France a accompli en Afrique une œuvre admirable. A quoi bon nier l’évidence ? Mais aujourd’hui elle affronte le pari du siècle, le vrai : la soif d’indépendance de tous les peuples. La loi-cadre de conception si aberrante dans son essence et si nocive dans ses résultats, postule néanmoins cet impératif. LA révolution des ‘’patriotes d’Alger du 13 Mai’’, un treize mai fatidique a achevé de le rendre immédiat. Si l’on veut tenir compte des ‘’réalités africaines’’, ce critère devient nécessaire et inéluctable. La France en vertu des principes mêmes de 1789 se doit de s’y engager.

<strong>Fily Dabo Sissoko, Député du Soudan, Ancien Ministre  </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Droit de réponse : Les Confidences de la mort de Fily Dabo Sissoko et de ses deux compagnons : Comment ils ont creusé leurs propres tombes ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/droit-de-reponse-les-confidences-de-la-mort-de-fily-dabo-sissoko-et-de-ses-deux-compagnons-comment-ils-ont-creuse-leurs-propres-tombes-2839253.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 17 Sep 2019 08:27:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mutation</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>DROIT DE REPONSE </strong>

<strong>Suite à notre parution du 22 juillet 2019, intitulé « les Confidences de la mort de Fily Dabo Sissoko et de ses deux compagnons : Comment ils ont creusé leurs propres tombes ? », nous avons reçu un droit de réponse de Ibrahima Kebe Tamaguidé, Commissaire principal de l’association Faso Kanu dont nous livrons le texte reçu dans son intégralité.</strong>

<strong>A monsieur le Directeur de publication du Journal « la Mutation »</strong>

Vous avez publiez un article sur Fily Dabo Sissoko et compagnons dans votre parution du 22 juillet 2019.Je souhaiterais exercer mon droit de réponse et vous prie de bien vouloir diffuser le texte dans son intégralité avec les mêmes mise en page et illustration.

Mes remerciements anticipés à vous.

<strong>Ibrahima KEBE Tamaguidé</strong>

<strong>Commissaire principal de l’association Faso Kanu</strong>

<strong>   </strong><strong>Le titre de votre article :</strong>

<strong>  Les Confidences de la mort de Fily Dabo Sissoko et de ses deux compagnons : Comment ils ont creusé leurs propres tombes ? </strong>

<strong>Ma réponse s’intitule :</strong>

<strong>FILY DABO SISSOKO ET SES DEUX COMPAGNONS N’ONT PAS ETE EXECUTES SUR DECISION DE JUSTICE, NI SUR CELLE DU GOUVERNEMENT D’ALORS, NI CELLE DE L’US RDA, ENCORE MOINS SUR CELLE DU PRESIDENT MODIBO</strong>

Dans sa publication du 22 juillet 2019, monsieur Sadou Bocoum, rédacteur en chef du journal la Mutation, a relaté de façon inexacte la mort de Fily Dabo Sissoko et de ses alliés, il est donc de mon devoir aujourd’hui d’apporter un démenti officiel à certaines de ses allégations. Loin de moi l’idée d’offenser les vivants et d’insulter les morts, l’affaire Fily Dabo Sissoko et alliés, sous la première République, est une page sombre. Il est nécessaire d’accepter la vérité historique. Juste après le fameux coup d’état du 19 novembre 1968, les officiers félons ont ouvert le dossier sur la mort de Fily Dabo et compagnons pour l refermer aussitôt. Et c’est par manque de preuves que le président Modibo Keita n’a pu être jugé jusqu’à son lâche assassinat en 1977 après 9 ans de détention arbitraire.(Pour mieux comprendre lire : Capitaine Samaké, S,(2007), Ma vie de soldat(p.79), Bamako, Mali : Ed, la Ruche à livres). Par ailleurs, Capitaine Yoro Diakité, alors numéro 2 du clan des officiers félons du coup d’état de 1968, a déclaré dans une interview que les Modibo seront jugés conformément à la loi. Ce  sujet sensible de notre histoire contemporaine aurait nécessité une recherche approfondie et impartiale de votre journaliste. Sadou écrit : « Après le verdict prononcé par le tribunal populaire, les trois dignes hommes seront conduits à Kidal où ils sont censés purger leur peine commuée en détention à perpétuité ». Monsieur Sadou Bocoum a délibérément refusé d’écrire ce que ces trois hommes ont fait exactement, quelle a été leur peine ? Qui l’a commuée en détention perpétuelle ?

<strong>Rappel historique :</strong>

<strong>LES EVENEMENTS DU 20 JUILLET 1962</strong>

« Dès la création de la monnaie nationale, le franc Malien, le 1<sup>er</sup> juillet 1962, certaines catégories sociales ont entrepris des activités tendant à nuire à son implantation et à sa consolidation pour des raisons diverses : des étrangers-notamment Libano Syriens- voulant poursuivre le système de pillage économique du pays selon les circuits commerciaux coloniaux, des nationaux gagnés par la propagande ennemie, des complices à la solde des trafiquants. Le 20 juillet 1962, une foule de manifestants se mit en mouvement à partir du marché de Dabanani et du marché Rose. Elle agressa le commissariat central de Bamako (actuel 1<sup>er</sup> ARRONDISSEMENT) dont elle détruisit les ouvertures, le mobilier et les vitres. La provocation était manifeste. Il n’est en effet pas normal que des manifestants se donnent pour cible l’attaque d’un commissariat, surtout le commissariat central de la capitale. Cette attaque frontale contre la police est suffisamment éloquente pour indiquer l’orientation des agresseurs. De là, les manifestants se rendirent à l’ambassade de France en passant devant la cathédrale et en scandant des mots d’ordre hostiles à la monnaie et au régime. Dans la cour de l’ambassade de France ; il y eut des scènes hystériques. On exhibait le drapeau français qu’on applaudissait ; on piétinait le drapeau du Mali ; on criait « Vive la France ! A bas le Mali ! Vive le franc CFA ! A bas le franc Malien ! ». Et Fily Dabo Sissoko était le concepteur et l’organisateur de cette manifestation. Les manifestants ont défilé à trois reprises durant la journée contre le commissariat du 1<sup>er</sup> arrondissement et l’ambassade de France visiblement à la recherche d’affrontements. C’est alors seulement que les forces de sécurité sont intervenues, arrêtant quelques-uns des meneurs et dispersant les autres au canon à eau, après les  avoir photographiés, il n’y eut à notre connaissance, aucune victime, même pas de blessés. On procéda à l’arrestation de tous les manifestants repérés, avec à leur tête les présumés instigateurs : Fily DABO Sissoko ? Kassoum Touré, Hammadoun Dicko. Une commission d’enquête fut constituée, comprenant outre les personnels de sécurité, les personnes suivantes :

<strong>Président</strong> : Alhousseyni Touré

<strong>Rapporteur </strong>: Oumar Boré

<strong>Magistrats : </strong>Ibrahima Tambadou et Mady Moussa Konaté

<strong>Représentants de l’UNTM : Lazare</strong> Coulibaly et Nama Keita

<strong>Représentants de la Jeunesse US-RDA : Souleymane</strong> Kondé et Assane Guindo

(Traoré A S(2010), la mort de Fily Dabo Sissoko et ses compagnons (p, 44-45), Bamako, Mali : Ed, la Ruche à livres). « Les audiences étaient publiques et en direct. Le procès se déroulera en septembre et octobre 1962. Fily Dabo Sissoko reconnut tous les faits qui lui étaient reprochés : préparation et participation aux manifestations avec piétinement du drapeau national aux cris de « Abas le Mali ! A bas le franc Malien ! Vive le franc CFA ! ». Il reconnut sa tentative de soulever l’armée malienne pour perpétrer un coup d’état qui lui permettant de revenir au pouvoir. Le verdict de mort prononcé contre les trois principaux… (Traoré A S (2010). La mort de Fily Dabo Sissoko et ses compagnons (p, 66), Bamako, Mali : Ed, la Ruche à livres).  Cette peine des membres du groupe de Fily Dabo Sissoko était la peine de mort. La peine de mort prononcée contre les accusés fut commuée en détention perpétuelle par le président Modibo. Pour preuve après cette décision si humaine, les trois ont adressé en date du 10 octobre 1962 la lettre suivante au président Modibo en guise de reconnaissance :

« Monsieur le président,

Nous avons été informés, lundi 8 octobre par Monsieur le régisseur, de la décision que vous avez prise en commuant notre peine de mort en détention perpétuelle. A cette occasion, nous vous prions, vous, les membres du gouvernement et les responsables du parti, d’accepter l’expression profonde et sincère de votre éternelle gratitude. Au moment où, dans d’autres pays, et, parfois même à côté de nous, des révolutions se font dans le sang et le déchirement entre frères, au Mali, vous vous êtes constamment efforcé de trouver la solution juste et humaine des difficultés inhérentes à la vie d’une jeune nation, Nous en portons témoignage. Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre grande déférence et de votre dévouement.  Signé : Sissoko, Dicko, Touré (1962, 23 octobre), Lettre de Fily Dabo Sissoko-Hammadoun Dicko-El Hadj Kassoum Touré au Président Modibo Keita, Essor Quotidien, A la Une. Monsieur Sadou Bocoum : «  le 12 février 1964 soit deux ans et trois mois après, Fily Dabo Sissoko et ses deux compagnons furent fusillés  dans le désert » plus loin il affirme : «  A noter que le peloton d’exécution était sous les ordres de Diby Sillas Diarra qui recevait discrètement les messages venant de Koulouba ». On se pose la question pour quel intérêt ? Ill est utile de rappeler que : « Fily Dabo Sissoko et le PSP ne représentaient aucun danger et ne posaient aucun problème à l’USRDA et au gouvernement légal du Mali ; avant même l’indépendance, les différents verdicts populaires nous avaient  partagé. Fily Dabo Sissoko et Hammadoun Dicko étaient devenus pour nous des citoyens auxquelles le gouvernement avait accordé une considération particulière en raison des fonctions électives qu’ils avaient assumées. C’est la raison de leur nomination comme conseillers techniques. Pour ce qui concerne, par exemple, Fily Dabo Sissoko, ses ouvrages continuaient à être vendus, sur instruction expresse du président Modibo Keita, dans l’ensemble des surfaces commerciales de la Librairie populaire et les droits d’auteur lui ont été régulièrement versés. L’USRDA considère comme un échec le non aboutissement de ses tentatives d’union avec le PSP, la fin tragique de Fily Dabo Sissoko et ses compagnons a été ressentie par chaque militant de notre parti comme le résultat de non mérité de nos tentatives d’unité. (Traoré A S(2010), la Mort de Fily Dabo Sissoko et ses compagnons (pp 69-70), Bamako-Mali : Ed, la Ruche à livres).  Ensuite : « … Ils étaient devenus membres de l’USRDA comme le prouvent les photocopies insérées ci-dessus et ils n’ont jamais démissionné même après leur condamnation. Ils sont morts USRDA. La tragique histoire de la mort de Fily Dabo Sissoko et de ses compagnons est une page des pages sombres de notre histoire nationale. Et tout en regrettant les pages sombres de notre HISTOIRE NATIONALE ? il faut en tirer les leçons. » (Traoré A S(2010), la Mort de Fily Dabo Sissoko et ses compagnons (pp 69-70), Bamako-Mali : Ed, la Ruche à livres). Monsieur Sadou Bocoulm : « le 30 juin 1964, le bureau politique national de l’Union Soudanaise RDA publie une mise au point officielle concernant le décès de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et El Hadj Kassoum Touré ainsi que d’autres détenus au camp pénal de Kidal. Le communiqué publiait notamment le rapport du Commandant militaire du cercle de Kidal relatant les circonstances de décès. D’après ce rapport, le convoi des trois prisonniers était tombé dans une embuscade rebelle ». Alors retenons que «Le 1<sup>er</sup> Août 1964, un communiqué du bureau politique national était diffusé : « concernant les circonstances dans lesquelles les 3 détenus : Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et Kassoum Touré ont trouvé la mort, une lettre du Gouverneur de la région de Gao, transmettant une correspondance du commandement militaire du cercle de Kidal, fait la relation suivante(nous citons) : « alors que le camion d’escorte des détenus du 20 juillet se portait de TADJOUMET à BOUREM, il tomba dans une embuscade rebelle du genre de celle que je vous avais signalées quelques jours auparavant sur la même route. Dès l’ouverture du feu rebelle sur les véhicules roulant à une vive allure Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et Kassoum Touré se sont projetés d’un même élan du véhicule sur signal du sieur HammadounDicko. Aussitôt après les manœuvres de dégagement du convoi sous le feu ennemi, des recherches devaient aboutir à la découverte du corps des trois détenus tués sur le coup. En raison de la distance et du délai écoulé quand la nouvelle fut portée à ma connaissance, j’ai ordonné l’inhumation sur les lieux de l’embuscade tout comme pour l’officier et les soldats tués dans le même secteur ». Signalons que l’officier en question était le lieutenant Koniba Kourouma dont le stade de Kidal porte le nom, encore aujourd’hui. (Traoré A S(2010), la Mort de Fily Dabo Sissoko et ses compagnons (pp 69-70), Bamako-Mali : Ed, la Ruche à livres). Ainsi les sieurs : Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko, Kassoum Touré (Maraba Kassoum) n’ont pas été exécutés sur décision de justice, ni sur celle du gouvernement, ni sur celle de l’US RDA ou son bureau politique encore moins sur celle du président Modibo Keita, père de la Patrie Malienne. Enfin, concernant l’affaire de Ouéléssebougou, elle est l’œuvre de certains ressortissants de cette localité résidents à Bamako qui ont poussé la population à une désobéissance contre l’autorité et le Député qu’ils considéraient comme étrangers, tout simplement parce qu’il n’est pas natifs de cette localité. (Affaire à suivre). Un journaliste éclairé ou cultivé soucieux de la vérité historique aurait fait un travail d’investigation sérieux et honnête avant de mettre en cause indument celui qui a fait du Mali un pays de femmes et d’hommes libres et dignes, au grand dam des traitres nationaux alliés à l’ancienne puissance coloniale. La fin de la diffusion malhonnête des calomnies monstrueuses contre le Président Modibo ; l’US RDA ou la 1ere République du Mali, dont se servent certains acteurs non courageux.

<strong>Bamako le 6 septembre 2019                </strong>

<strong> NOTRE COMMENTAIRE</strong>

Nous constatons dans ce fameux droit de réponse le mépris, la haine et le refus manifeste du sieur Ibrahima Kébé de reconnaitre l’assassinat pardon l’exécution lâche de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et Kassoum Touré. Une exécution planifiée de tous les leaders influents du PSP qui ont refusé la dissolution de leur parti en 1959 par Madeira Keita, ministre de l’intérieur d’alors. Monsieur Ibrahima Kébé, n’en déplaise à toi, ces trois dignes hommes ont été bel et bien exécutés par Modibo Keita soutenu par son parti, US RDA, son gouvernement. Et c’est le président Modibo Keita qui a avoué lors de son procès tenu à Kayes le 15  septembre 1969 dont le procès verbal se trouve dans les archives de la section des services de sécurité. Et tu veux nous faire dormir débout que Modibo Keita n’a jamais été jugé jusqu’à sa mort dans une prison bien dorée à Bamako contrairement à Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et Kassoum Touré qui n’ont pas eu ce privilège mais plutôt à Kidal avant d’être exécutés en plein désert malien le 12 février 1964. Le comble de votre haine viscérale contre le peuple PSP, c’est lorsque tu soutiens monsieur Kébé, que Fily Dabo Sissoko était le concepteur et l’organisateur de la manifestation du 20 juillet 1962 sans apporter la moindre preuve de tes allégations mensongères et fallacieuses. On allait te croire si Fily Dabo était un commerçant et membre du bureau du groupement des commerçants au moment des faits. Pour la gouverne des lecteurs, ce sont les commerçants regroupés au sein du groupement des commerçants avec à leur tête, leur président El Hadj Koné entouré de ses membres à savoir El Hadj Daouda Sacko, Mamadou Koné, Boubacar Bocoum, Lafia Diawara, Sékou Danté et Maraba Kassoum Touré( un des bailleurs de fonds du parti US RDA), tous militants du parti-Etat, qui se sont réunis le 13 juillet 1962 pour protester contre la mesure monétaire prise par le président Modibo, un président qui n’a jamais été élu au suffrage du vote pendant huit ans en violation flagrante de la constitution. Le comble de ton ironie inouïe d’offenser les vivants du Peuple PSP et d’insulter la mémoire de Fily Dabo Sissoko et de ses deux compagnons dont toi seul possède le secret, tu ne t’es pas gêné à dire que les trois dignes hommes exécutés par Modibo soutenu par son parti et son gouvernement ont avoué les faits lors du procès que je qualifie de simulacre. Mais ce que tu ne dits pas dans ton fameux droit de réponse c’est que ces braves et dignes fils du Soudan Français puis du Mali n’ont pas été jugés devant les juridictions compétentes conformément à l’organisation judicaire de la République du Mali qui a fait l’objet d’une loi No 61-55 du 15 Mai 1961. Pire ils étaient détenus et séquestrés et privés du monde extérieur depuis deux mois et quatre jours (20 juillet 1962 - 24 septembre 1964). Mieux  je te renvoie mon cher éclairé et cultivé Ibrahima Kébé à l’article 1<sup>er</sup> de cette loi qui dit que la justice est rendue par une Cour suprême, une cour d’appel, une cour d’assisses, des tribunaux de première instance, des justices de paix à compétence étendue et des tribunaux du travail. A noter que la haute cour de justice prévue par les articles 46 et 47 de la constitution est compétente pour juger les membres du gouvernement sur mise en accusation par l’assemblée nationale. Mais le président Modibo, son gouvernement et le parti US RDA voulaient faire taire à jamais ces trois dignes hommes politiques devenus gênants voire trop gênants et considérés comme étant l’obstacle à l’ascension d’un président dictateur et assoiffé de pouvoir. Nous persistons et nous continuons à signer jusqu’à notre dernier souffle que Fily Dabo Sissoko et ses deux compagnons ont été exécutés sur ordre de Modibo Keita en les livrant au Tribunal populaire et qui a été dénoncé par une commission internationale composée de juristes en juillet 1963. Et pour cause le 28 septembre 1964 Modibo Keita organise un meeting de masse au stade Mamadou Konaté, à Bamako, au cours duquel il livre ses victimes aux bourreaux de son parti, en déclarant ceci : « Voyez-vous, camarades, la direction du parti a donc confié à des militants l’instruction du procès des accusés, et c’est le peuple, c’est vous,  ce sont ceux que vous élirez, comme magistrats, qui auront à se prononcer sur la sentence qui devra frapper les traitres et les apatrides. Alors camarades, c'est-à-dire que la parole sera à vous pour déterminer le sort qui devra être réservé à Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko, à Kassoum Touré et à leurs complices(…) ». Ce qui nous conforte davantage c’est la composition même du tribunal populaire composée uniquement des responsables du parti et des magistrats- militants. Le comble de ton insulte à la mémoire de Fily et de ses deux compagnons, c’est quand tu veux faire croire que la couleur du lait est noire en disant qu’ils ont eu à remercier le président Modibo d’avoir commué leur peine de mort à une peine de détention perpétuelle. On allait vous croire si ces trois dignes et valeureux hommes étaient restés à Bamako pour purger leur peine ne serait-ce qu’en guise de compensation au vu des fonctions qu’ils avaient occupé dans le pays. Mais la vérité historique est qu’il fallait finir définitivement avec Fily Dabo et ses deux compagnons surtout quand ils ont refusé de militer à l’US RDA. Et l’endroit idéal à l’époque était le Nord du Mali qui fait face à une rébellion touarègue pour faire croire à l’opinion nationale et internationale que leur convoi est tombé par une embuscade tendue par les rebelles. S’il y a une diffusion malhonnête de calomnies monstrueuses contre quelqu’un dans ce pays, c’est bel et bien les partisans et les héritiers du président Modibo, à commencer par toi mon cher Kébé, qui se sont avérés comme étant des spécialistes  en falsification de l’histoire politique sombre du Mali de 1958 à 1968. Et les lâches exécutions de Fily Dabo Sissoko et de ses deux compagnons continueront à hanter ta conscience durant toute votre existence et à tous ceux qui se réclament du président Modibo Keita. Et nous comprenons ta panique et ta gêne une fois qu’on parle de l’assassinat de Fily Dabo Sissoko et de ses deux compagnons. Ton seul salut en réalité c’est de vouloir noyer le poisson dans l’eau en nous renvoyant lire les livres édités en 2010 par Amadou Seydou Traoré plus connu sous le sobriquet de Amadou Djicoroni, un des défenseurs les plus virulents du régime de Modibo Keita. La question que nous te posons c’est de savoir depuis quand un bourreau parle bien de sa victime.]]> </content:encoded>
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<title>Zoom sur Hammadoun Dicko (1924&#45;1964) : Le destin brisé d’un homme politique aux dents longues</title>
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<pubDate>Tue, 17 Sep 2019 08:21:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mutation</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Homme politique malien né en 1924 à Diona, Hammadoun Dicko sera lâchement assassiné à Kidal sous le régime de Modibo Keita. Fils d’un chef de village, il étudie à l’école de Douentza puis à Mopti et au lycée Terrassons de Fougères à Bamako, Hammadoun Dicko poursuit ensuite à l’Ecole normale William Ponty de Dakar. En 1947, Monsieur Dicko est nommé instituteur où il exerce d’abord à Bafoulabé puis à Kolokani. En 1951, il est élu député sur la liste du parti soudanais progressiste(PSP) conduite par Fily Dabo Sissoko. Du coup il devient le plus jeune député  et devient membre de la commission des pensions et de la commission des immunités parlementaires, puis, en 1954, de la commission des territoires d’outre-mer dont il devient secrétaire le 19 janvier 1955. Ainsi il propose  que Ségou devienne une commune de plein exercice. En 1956, Hammadoun Dicko, en deuxième position sur la liste du PSP, est réélu député et devient membre de la commission des territoires d’outre-mer même si leur parti est devancé par l’US RDA. Il est nommé secrétaire d’état à l’industrie et au commerce dans le gouvernement de Guy Mollet le 1<sup>er</sup> février 1956. Le 17 mars 1956, le natif de Diona est nommé secrétaire d’état à la présidence du conseil d’état dans le gouvernement- Guy Mollet, fonction qu’il occupe jusqu’au 13 juin 1957. Du 17 juin au 6 novembre 1957, il devient ensuite secrétaire d’état à la France d’outre-mer dans le gouvernement Maurice Bourges Maunoury et secrétaire d’état à l’Education nationale du 18 novembre 1957 au 14 mai 1958 dans le gouvernement Félix Gaillard. Après l’indépendance du Mali en 1960, le fidèle compagnon de Fily Dabo Sissoko devient un opposant au président Modibo Keita. Il sera accusé d’être l’un des instigateurs des émeutes de commerçants survenus à Bamako le 20 juillet 1962 qui avaient marché sur le commissariat central de Bamako pour exiger la libération de leur leader. Arrêté quelques heures plutôt parce qu’il s’opposait à la politique de Modibo Keita, notamment la création du franc malien, il est inculpé pour avoir organisé un complot et commis un attentat  contre la sûreté de l’Etat et déféré avec d’autres opposants devant un tribunal populaire du 24 au 27 septembre 1962. Ainsi le tribunal délibère le 1<sup>er</sup> octobre et lui condamne à la peine de mort. Face à la pression internationale, sa peine sera commuée en à une peine de travaux forcés à perpétuité. Il meurt en détention à Kidal le 12 Février 1964, certainement exécuté  par le régime de Modibo Keita. Jusque là personne n’en parle jusqu’en 1991 car les héritiers du premier président ont voulu lui donné une bonne image pour salir le président Moussa Traoré qui a pourtant sauvé les maliens de la pure barbarie.

<strong>Sadou Bocoum</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Macron veut des rues aux noms de soldats africains pour leur rendre hommage</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/macron-veut-des-rues-aux-noms-de-soldats-africains-pour-leur-rendre-hommage-2833395.html</link>
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<pubDate>Thu, 15 Aug 2019 14:04:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[COMMÉMORATION - Un devoir de mémoire. Emmanuel Macron a participé ce jeudi 15 août à la cérémonie du 75ème anniversaire du débarquement de Provence, à Saint-Raphaël (Var). À cette occasion il a rendu hommage aux soldats africains qui ont donné leur vie pour la France et a appelé les maires de l’Hexagone à renommer des rues en leur mémoire.

“La très grande majorité des soldats de la plus grande force de l’armée française de la libération venaient d’Afrique: Français d’Afrique du Nord, pieds noirs, tirailleurs algériens, marocains, tunisiens, zouaves, spahis, goumiers, tirailleurs que l’on appelait sénégalais mais qui venaient en fait de toute l’Afrique subsaharienne, et parmi eux des Guinéens, des Ivoiriens. Et pourtant qui d’entre nous se souvient aujourd’hui de leur nom, de leur visage?”, a commencé, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus, Emmanuel Macron face à son auditoire.

Étaient notamment invités les présidents guinéen Alpha Condé et ivoirien Alassane Ouattara ainsi que de l’ancien président Nicolas Sarkozy.

“Qu’ils fassent vivre leur mémoire”

“Tous se sont unis contre l’ennemi nazi. Ils ont payé un lourd tribu. Ils sont des milliers à s’être sacrifiés pour défendre une terre lointaine et inconnue, une terre jusqu’alors jamais foulée, une terre à laquelle ils ont à jamais mêlé leur sang”, a-t-il poursuivi avant d’appeler les maires de France à renommer leurs rues et ériger des monuments en l’honneur de ces combattants africains morts au combat.

“Je lance aujourd’hui un appel aux maires de France pour qu’ils fassent vivre, par le nom de nos rues et de nos places, par nos monuments et nos cérémonies, la mémoire de ces hommes qui rendent fiers toute l’Afrique et disent de la France ce qu’elle est profondément: un engagement, un attachement à la liberté et à la grandeur, un esprit de résistance qui unit dans le courage”

“Ces combattants africains, pendant nombre de décennies, n’ont pas eu la gloire et l’estime que leur bravoure justifiait. La France a une part d’Afrique en elle. Et sur ce sol de Provence, cette part fut celle du (...)

<strong>Le HuffPost  Claire Tervé</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Débarquement de Provence : l&amp;apos;Armée d&amp;apos;Afrique y a été déterminante</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/debarquement-de-provence-larmee-dafrique-y-a-ete-determinante-2833379.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 15 Aug 2019 10:09:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Plus de la moitié des combattants qui ont débarqué ce 15 août 1944 venait d'Afrique noire et d'Afrique du Nord. Cette commémoration est l'occasion de se souvenir de ces tirailleurs, spahis et autres goumiers qui y ont participé.

C'est un tournant de la Seconde Guerre mondiale en France que le président Emmanuel Macron célèbre ce jeudi 15 août à la nécropole de Boulouris, près de Saint-Raphaël, dans le Var. Là reposent 464 combattants de l'armée B française devenue ensuite la 1re armée de l'Hexagone. Aux côtés du président français, l'ancien chef de l'État français Nicolas Sarkozy, mais aussi le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, et celui de la Guinée-Conakry, Alpha Condé. Objectif : rendre hommage aux 450 000 soldats qui participèrent au débarquement allié en Provence le 15 août 1944. L'opération a été menée par les forces américaines et françaises sous les ordres du général de Lattre de Tassigny, des troupes parties d'Afrique du Nord, de Corse et d'Italie du Sud. Cela dit, traditionnellement, la commémoration du débarquement en Provence est l'occasion de saluer la contribution des soldats des anciennes colonies françaises à la Libération. « Jeunes de l'Algérie, du Maroc et de la Tunisie, fils de l'Afrique occidentale ou de l'Afrique équatoriale, de Madagascar ou de l'Océan indien, de l'Asie, de l'Amérique ou des territoires du Pacifique, tous se sont magnifiquement illustrés dans les combats de notre Libération. Ils paieront un très lourd tribut à la victoire », avait déclaré le président Jacques Chirac lors du 60e anniversaire du débarquement en 2004 à Toulon.

<strong>Le rôle déterminant des combattants africains</strong>

En effet, l'armée française, éclatée après la débâcle de 1940, se reconstitue sur le continent africain dans les mois qui suivent le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (Maroc et Algérie) de novembre 1942. Les Forces françaises libres (FFL), qui comptent dans leur rang un fort pourcentage de ressortissants des colonies, essentiellement d'Afrique noire, fusionnent avec l'armée d'Afrique (en Algérie, en Tunisie et au Maroc) restée jusque-là fidèle à Vichy. S'y ajoutent des évadés de France.

Dirigée par le général de Lattre de Tassigny sous le nom d'armée B (avant de devenir la 1re armée), elle est composée de cinq divisions d'infanterie et de deux divisions blindées, équipées par les Américains à partir de printemps 1943. C'est « une armée profondément originale comme la France n'en a jamais connu, une armée qui compte moitié d'Européens et moitié de musulmans et de coloniaux », a ainsi écrit Philippe Masson dans son Histoire de l'armée française de 1914 à nos jours. Fin 1944, elle compte près de 600 000 hommes, dont les deux tiers sont venus d'Afrique du Nord. On y compte quelque 176 000 « Européens » et 233 000 « musulmans », selon la terminologie utilisée à l'époque.

Après que certaines de ses unités se sont illustrées pendant la campagne d'Italie, l'armée B a joué un rôle essentiel lors du débarquement en Provence. Alors que seuls quelque 77 hommes du commando Kieffer ont été engagés aux côtés des troupes américaines, britanniques et canadiennes lors du débarquement de Normandie le 6 juin 1944, elle est la première à participer, sous les couleurs françaises, à une opération d'envergure menée par les Alliés.

Le 15 août, peu après minuit, les premiers soldats français des commandos d'Afrique escaladent la falaise du cap Nègre, tandis que le groupe naval d'assaut français est décimé à la pointe de l'Esquillon (ouest de Cannes), minée. Le lendemain, l'armée B débarque à Cavalaire. « Sur les navires, éclate la Marseillaise la plus poignante qu'on ait jamais entendue », écrira de Lattre.

<strong>Une véritable armée française reconstituée pour libérer son sol</strong>

La majorité des plus de 250 000 hommes qui participent à la libération de la Provence sous les couleurs de la France foulent la terre de la métropole pour la première fois. Avec plusieurs jours d'avance sur le calendrier prévu, ils libèrent Toulon, le 27 août, et Marseille le lendemain, avant de remonter la vallée du Rhône et de faire la jonction le 12 septembre en Bourgogne avec la 2e Division blindée de Leclerc venue de Normandie. « Sans son empire, la France ne serait qu'un pays libéré. Grâce à son empire, la France est un pays vainqueur », lance celui qui est alors député de Guyane, Gaston Monnerville, au lendemain de la victoire contre l'Allemagne. Et il n'a pas tort car les troupes coloniales de l'Empire français ont payé un lourd tribut pour la libération de la France. De 1940 à 1945, 55 000 combattants tunisiens, marocains, algériens et subsahariens d'Afrique-Occidentale française (AOF) et de l'Afrique-Équatoriale française (AEF) ont perdu la vie.

<strong>Une histoire longtemps occultée qui se réveille...</strong>

Leur histoire a pourtant longtemps été occultée, les troupes africaines ayant été retirées du terrain dès l'hiver 1944-45 avec en prime un moins bon traitement que leurs frères d'armes originaires de métropole. De fait, au début du mois d'août 2019, un collectif de 22 personnalités, dont l'historien Pascal Blanchard, l'ancien footballeur Lilian Thuram, le réalisateur Rachid Bouchareb ou l'écrivain Alain Mabanckou, s'est inquiété dans une tribune publiée dans Le Monde du peu d'intérêt montré par les autorités françaises pour le 75e anniversaire du débarquement de Provence. Pour les historiens, cela s'explique d'abord par la concurrence du Jour J, le débarquement de Normandie le 6 juin 1944 avec le soft power américain, et toute la communication qui l'accompagne. Une propagande qu'il faut replacer dans le contexte américain de la ségrégation raciale. Et ensuite par l'idée que certains avancent d'une volonté du général de Gaulle de mettre en avant une France résistante surtout métropolitaine. De plus, l'idée du blanchiment des troupes s'est accentuée sous l'influence américaine qui refusait qu'on montrât des hommes de couleur au combat.

En 1959, à la veille du grand mouvement de décolonisation, un décret gèle le montant des pensions des ressortissants des anciennes colonies ayant servi dans l'administration ou l'armée française. En 2002, le gouvernement français débloque partiellement la revalorisation de la pension de ces soldats « oubliés ». Mais celle-ci, calculée en fonction du niveau de vie du pays de résidence, reste inférieure à celle des combattants français. Il faudra encore huit ans pour que le président Nicolas Sarkozy annonce l'alignement des pensions de tous les anciens combattants, quels que soient leur nationalité et leur lieu de résidence. Lors du 50e anniversaire, 18 pays africains avaient été représentés et pour le 60e, une quinzaine de chefs d'État d'Afrique et du Maghreb étaient présents.

<strong>... autant en France qu'en Afrique</strong>

De l'autre côté, à partir des années 2000, les Africains commencent à se réapproprier cette histoire et surtout à regarder les tirailleurs différemment de leurs aînés qui ont pu les considérer, aux indépendances, comme des collaborateurs de l'État colonial. C'est ainsi que le Sénégal a notamment mis en avant cet héritage militaire. Au musée des Forces armées à Dakar, plusieurs sections leur sont consacrées. Par ailleurs, l'ancien président Abdoulaye Wade (2000-2012), dont le père était tirailleur, a initié en 2004 une « Journée du tirailleur ».

En tout cas, cette célébration de 2019 « est une façon pour le président de revenir sur les liens majeurs qui existent entre la France et le continent africain », explique-t-on dans l'entourage du chef de l'État français, Emmanuel Macron. Outre le traditionnel salut pour honorer le drapeau, la cérémonie prévoit la lecture d'un texte par l'écrivain franco-sénégalais David Diop lauréat en 2018 du Goncourt des lycéens et du prix Ahmadou Kourouma, et le témoignage de vétéran lu par une lycéenne. À l'automne dernier, pour les cérémonies de la fin de la Première Guerre mondiale, Emmanuel Macron et son homologue malien Ibrahim Boubakar Keïta avaient, eux aussi, rendu hommage aux quelque 200 000 Africains qui avaient combattu dans l'armée française durant la Première Guerre mondiale. De quoi remettre le parcours des combattants originaires des colonies au cœur de l'Histoire de France.

Une photo prise le 14 juillet 1939 de troupes coloniales, massivement constituées de tirailleurs sénégalais, défilant sur les Champs-Élysées à Paris.

<strong>Par Le Point Afrique</strong>]]> </content:encoded>
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<title>57 ans et deux jours après l’arrestation et la condamnation à mort de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et d’El Hadj Kassoum Touré dit Marba Kassoum : Le Peuple PSP se souvient…</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/57-ans-et-deux-jours-apres-larrestation-et-la-condamnation-a-mort-de-fily-dabo-sissoko-hammadoun-dicko-et-del-hadj-kassoum-toure-dit-marba-kassoum-le-peuple-psp-se-souvient-2829729.html</link>
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<pubDate>Mon, 22 Jul 2019 10:15:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mutation</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>20 juillet 1962-20 juillet 2019, cela fait aujourd’hui 57 ans et 2 jours que furent arbitrairement arrêtés et condamnés à mort trois mois après Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et El Hadj Kassoum Touré dit Marba Kassoum. Et les militants et sympathisants du Parti Progressiste soudanais et qui a pris le nom de Parti pour la solidarité et le progrès en 1991, se souviennent toujours de cette date qui sera fatale à la vie à ces dignes hommes deux ans plus tard soit le 12 Février 1964. De ce jour à maintenant le peuple PSP ne veut qu’une seule chose à savoir la réhabilitation de ces illustres disparus. </strong>

S’il est incontestable que Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko, Tidiani Faganda Traoré, Moussa Sissoko, Yalla Sidibé, Ya Doumbia sont les membres fondateurs du Parti Progressiste Soudanais en février 1946 et qui a pris le nom de Parti pour la solidarité et le progrès en 1991, ce n’est pas le cas de El Hadj Kassoum Touré que transformé beaucoup de jeunes intellectuels et cadres politico- administratifs pensent de l’homme comme étant membre fondateur dudit parti. Membre fondateur de l’US-RDA, Marba Kassoum n’a jamais pu supporter en fait la défaite de son fidèle compagnon en la personne de Tiémoko Diarra lors des législatives de 1953 face à Modibo Keita qu’il qualifie de traite. Avec  la création du Bloc Démocratique Soudanais par Tidiani Faganda Traoré, un dissident du PSP en 1951 Tiémoko Diarra et El Hadj Kassoum quittèrent le parti de la charrue pour ce nouveau parti en 1954. Et depuis  les relations entre ces deux hommes vont en s’amenuisant et une haine politique implacable régna entre ces deux hommes jusqu’aux évènements du 20 juillet 1962. En effet cette haine entre ces deux hommes a tiré sa source de la haine politique entre Tiémoko Diarra, conseiller de l’Union française en 1953 et bénéficiant de l’appui inconditionnel des notables de Bamako, à Modibo Keita lui aussi bénéficiant de l’appui sans relâche  de la jeunesse ; cette jeunesse qui avait violemment protesté en 1951 quand il eût le désapparentement avec le parti communiste français. En cette année législative d’octobre 1953, il fallait se débarrasser de Tiémoko Diarra, un des grands acteurs de ce désapparentement et faire triompher Modibo Keita.

<strong>Les causes profondes de l’arrestation de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et El Hadj Kassoum Touré</strong>

Tout est parti le 1<sup>er</sup> juillet 1962, lorsque le président Modibo Keita fit connaitre aux camarades et aux militants de l’US- RDA la décision prise par le Gouvernement d’effectuer une réforme monétaire. C’est ainsi que le Mali quitta l’union monétaire de l’Afrique de l’Ouest et crée sa propre monnaie à savoir le franc malien. C’est ainsi que le 13 juillet 1962, le bureau du groupement des commerçants de Bamako avec à leur tête, son président El Hadji Koné ; son vice-président, El Hadj Daouda Sacko ; son secrétaire à l’organisation, Mamadou Koné ; son secrétaire général, Boubacar Bocoum et les autres membres à savoir  Lafia Diawara, Sékou Danté et Marba Kassoum Touré rencontrèrent le président Modibo Keita qui avait à ses côtés le directeur de la SOMIEX d’alors comme secrétaire de séance à la grande mairie de Bamako. L’ordre du jour était d’inviter les commerçants à soutenir et la monnaie et la SOMIEX. Ce qui fut accepté par les commerçants pour la monnaie. Quant au soutien à la SOMIEX des observations furent émises par certains commerçants parmi eux Marba Kassoum à savoir si la société est en mesure de ravitailler tout le pays à l’instar des grandes compagnies étrangères. Et Marba Kassoum d’estimer que chacun peut rester aussi dans son champ d’action sans obligatoirement passer par la SOMIEX. Après cette rencontre les membres du groupement des commerçants se sont concertés pour la tenue d’une assemblée générale dans la salle des Anciens Combattants le 18 juillet 1962. Cette assemblée eût lieu à 16h 30 sous les auspices de deux orateurs à savoir  El Hadj Daouda Sacko et Lafia Diawara. Mais à la surprise  générale étaient présents les représentants des départements ministériels et les services de sécurité dans la salle. Outre cette grande surprise, une autre grande du bureau du groupement quand Kassoum Touré a voulu prendre la parole mais il s’est heurté à un refus catégorique du bureau. Malgré tout il se leva et s’adressa au public en ces termes. ‘’ Le 20 juillet 1962 à la même heure et au même lieu, sera tenue une grande assemblée générale. Ne manquez pas à ce grand rendez-vous’’. D’où des vivats bien nourris de la foule aux cris de ‘’Waraba Koumana’’, le lion a parlé. Mais hélas ce digne homme était face à la réalité implacable de l’adage qui dit « Qui peut prévoir ce que réserve l’avenir, un malheur vient rarement seul’’ car le 19 juillet 1962 restera longtemps dans la mémoire de ceux qui ont décidé un sort. En effet une réunion restreinte s’est tenue à la présidence de la république à Koulouba pour sceller le sort de deux leaders du PSP à savoir Fily Dabo Sissoko et Hammadoun Dicko et de Kassoum Touré. Le régime soupçonne les deux responsables du PSP d’être derrière les agissements de Marba Kassoum et certains commerçants mécontents de cette décision du président Modibo Keita.

<strong>La date fatidique du 20 juillet 1962</strong>

Quand la force brutale s’impose au delà du droit et de la raison, l’infortuné devient victime de l’exécrable ironie du sort. Ce qui s’est passé le 20 juillet 1962 tôt le matin quand un Inspecteur de Police a eu la redoutable mission de confisquer la liberté de Fily Dabo Sissoko. Quant à l’arrestation de Kassoum Touré, les instructions fermes données à l’Inspecteur de Police sont les suivantes: ‘’  Ne le ratez surtout pas même si vous trouvez 10 FCFA avec lui, arrêtez-le’’. Tous les trois furent embastillés à la prison civile de Bamako. Dès l’annonce de l’arrestation de celui qui est appelé le lion, plusieurs manifestants se rassemblèrent sur la place  du marché, formèrent des cortèges, défilèrent devant l’Ambassade de France en criant ‘’Vive la France, Vive De Gaulle’’ se dirigèrent vers le commissariat central en poussant des clameurs dérangeantes pour le gouvernement et hostiles au Bureau politique national de l’US-RDA. Notons que Kassoum Touré est membre fondateur de l’US-RDA au même titre que Mamadou Konaté, Daouda Sacko, Tidiani Sidibé, Mar Diagne, Tiémoko Traoré (Bamako-Coura), Bani Diallo, Ousmane Bagayogo, Gaoussou Bléni, Bakoroba Touré, Idrissa Diarra pour ne citer que ceux-ci. Du coup l’occasion fut très favorable pour Modibo Keita de traquer aussi Moussa Guindo domicilié à Bagadadji et ami inséparable de Kassoum Touré. Ainsi que les meilleurs lieutenants de Fily Dabo Sissoko tels que Marka Baba Traoré et plusieurs autres fidèles.

<strong>Le jugement et le verdict du 1<sup>er</sup> Octobre 1962</strong>

Composé de certains membres du bureau politique élargi, le tribunal populaire n’était qu’en réalité une institution de fait et n’avait aucune existence légale. C’est devant ce tribunal que Fily Dabo Sissoko et ses infortunés ont été présentés sans motifs à l’appui. Après quatre jours d’audience les pseudo- juges se sont réunis pour délibérer le lundi 1<sup>er</sup> octobre 1962 en rendant le jugement le même jour. Et l’opinion nationale et internationale a connu la substance que par un communiqué de la présidence de la république publié dans l’organe officiel du parti le 2 octobre 1962 indiquant les peines prononcées. Ainsi Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et Kassoum Touré ont été condamnés à mort ; 14 ont été condamnés à 20 ans de travaux forcés parmi eux Moussa Guindo, fidèle compagnon de Fily Dabo. Des peines de 8 à 15 ans de travaux forcés ; 7 à 10 ans de travaux forcés ; et 2 à 5 ans de travaux forcés ; une peine d’emprisonnement, et 15 acquittements au bénéfice du doute ont été prononcés.

<strong>Sadou Bocoum </strong>

<strong> </strong>

<strong>LISTE NOMINATIVE DES CONDAMNES DU TRIBUNAL POPULAIRE DE L’UNION SOUDAISE RDA</strong>

Diarra Gaoussou, né vers 1906 à Bamako

Diakité Mamadou né vers 1892 à Bamako

Konaté Diara, né vers 1926 à Siguiri (République de Guinée)

Coulibaly Alkayirou dit Bassidikin, né vers 1929 à Nema(Mauritanie)

Sidibé Mamadou, né vers 1922 à Koulikoro

Diawara Siratigui, né vers 1933 à Bamako

Touré Moussa, né vers 1925 à Gao

Camara Soumana, né vers 1932 à Touba

Traoré Daouda, né vers 1912 à Niamina(Koulikoro)

Sylla Salbou, né vers 1912 à Touba(Koulikoro)

Kanté Lassana, né vers 1906 à Bamako

Diop Samba, né en 1910 à Saint-Louis(Sénégal)

Touré Amadou, né vers 1902 à Djenné

Coulibaly Bakary, né vers 1908 à Bamako

Coulibaly Sékou, né vers 1937 à San

Bagayoko Lassana, né vers 1914 à Dioila

Sangaré Yacouba, né vers 1924 à Benena(Haute-Volta)

Coulibaly Fily, né vers 1895 à Kayes

Coulibaly Bouyagui, né vers 1936 à Banamba

Koita Boubacar, né vers 1925 à Djenné

Diallo Seydou, né vers 1931 à Sikasso

Traoré Lassana, Cultivateur à Madina-Coura

Touré Lahaou, né vers 1914 à Bamako

Traoré Moriba, né vers 1909 à Bamako

Kanté Moussa, né vers 1933 à Bamako

Fofana Seydou, né à Dougou(Ségou)

Kanté Mamadou, né vers 1921 à Siguiri (Guinée Conakry)

Kanté Bouroulaye, né vers 1921 à Banamba

Kallé Mamadou, né vers 1939 à Bamako

Touré Cheickna, né vers 1941 à Bamalo

Guindo Moussa El Hadj, né vers 1897 à Bandiagara

Traoré Youssouf, né vers 1938 à Ségou

Kamissoko Namory ,né vers 1911 à Kéniéba

Doucouré Ladji, né vers 1925 à Touba(Koulikoro)

Diawara Daman, né vers 1905 à Bougouni

Touré Gaoussou, né vers 1910 à Bamako

Kanté Mamadou, né vers 1924 à Bamako

Seck Boubou, né vers 1940 à Bamako

Touré Dramane, né vers 1928 à Conakry

Traoré Baba, né vers 1923 à Bamako

Sangaré Sory, né vers 1929 à Bamako

Tounkara Baba, né vers 1936 à Touba

Koita Moriba, né vers 1917 à Nioro

Fofana Abdramane, né vers 1928 à Kayes

Traoré Tidiane, né vers 1932 à Bamako

Kouyaté Massaman, né vers 1904 à Bamako

Sanogo Négué, né vers 1932 à Kérouané

Touré Abdoulaye, né vers 1920 à Bamako

Théra Sékou, né vers 1920 à Touba(Koulikoro)

Diakité Baba, né vers 1920 à Nafadji

Touré Idrissa , né vers 1906 à Bamako

Doumbia Amadou, né vers 1917 à Bamako

Touré Nafadji, né vers 1922 à Bamako

Soumaoro Noumouké, né vers 1908 à Madina(Bougouni)

Traoré Famoudou, né vers 1907 à Toroko(Guinée)

Simpara Bakoroba, né vers 1895 à Banamba

Soumaré Seydou, né vers 1924 à Bamako

Sangaré Gaoussou, né vers 1918 à Koulikoro

Kanta Issiaka, né vers 1922 à Bamako

Diallo Bakary, né vers 1910 à Bamako

Cissé Mamadou, né vers 1930 à Bamako

Doumbia Sinè, né vers 1927 à Bouna(Yanfolila)

Traoré Sinaly, né vers 1902 à Bamako

Konaté Mamadou, né vers 1910 à Kolé(Siby)

Niaré Souleymane, né vers 1936 à Niamina

Koita Bakoroba, né vers 1895 à Séguéla

Diawara Amadou, né vers 1908 à Bamako

Touré El Hadj Kassoum, né vers 1902 à Banamba

Sissoko Fily Dabo, né le 15/5/1900 à Hotokoto(Bafoulabé)

Dicko Hammadoun Dicko, né vers 1924 à Diona(Douentza)

Tall Madani, né vers 1898 à Dinguitaye(Guinée)

Traoré Mamadouré, né vers 1920 à Bamako

Coulibaly Gaoussou, né vers 1922 à Bamako

Kandéga El Hadj Lamine, né vers 1918 à Karangasso

Haidara Sidiki, né vers 1930 à Bamako

Makadji Sigaba, né vers 1935 à Banamba.

<strong>LES CONFIDENCES DE LA MORT DE FILY DABO SISSOKO ET DE SES DEUX COMPAGNONS</strong>

<strong>Comment ils ont creusé leurs propres tombes?</strong>

<strong>Après le verdict prononcé par le tribunal populaire, les trois dignes hommes seront conduits à Kidal où ils sont censés purger leur peine commuée en détention à perpétuité. Mais le 12 février 1964 soit deux ans et trois mois après, Fily Dabo Sissoko et ses deux compagnons furent fusillés dans le désert malien près d’une Oued entre Bouressa et Tazidjoumet.</strong>

En effet au petit matin du 12 février 1964, trois prisonniers vêtus de leur tenue carcérale, têtes et pieds nus, sont rassemblés dans la cour d’un poste militaire dans le désert malien. Quelques heures après deux véhicules, une Jeep Willys et un power Wagon font leur entrée dans le poste où règne un bras bas de combat. Ils s’immobilisent, moteurs en marche, devant le poste de commandement, leur ronronnement se mêle aux males accents des voix que le vent transporte en écho dans la nature. Les trois prisonniers montent à bord de la Jeep Willys où ils sont aussitôt cernés par des gardes armés de fusils. Un détachement militaire avec un lieutenant en tête, sans doute le peloton d’exécution, prend position dans le power Wagon. Sur un geste, le convoi se met en route et se dirige vers la frontière Algéro- malienne. Pendant ce temps, la rébellion touareg qui sévissait depuis des mois faisait régner une insécurité totale dans cette région. Les deux véhicules du convoi avancent sans hâte, sans lenteur exagérée. Les soldats doigts sur la détente de leurs fusils, scrutent l’horizon tandis que, de temps en temps, les prisonniers jettent un regard sur ce qu’ils considèrent depuis leur débarquement comme un peloton d’exécution. Après un long voyage, le convoi arrive à un endroit situé entre Bouressa et Tazidjoumet à plusieurs kilomètres de la frontière algéro-malienne. C’est à partir de là qu’on ne verra jamais les trois prisonniers à savoir Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et El Hadj Kassoum Touré dit Marba Kassoum. Et ce qui s’est passé le 12 février  fut horrible pour ces trois dignes hommes car ils furent fusillés et enterrés dans une fosse commune.  Quelques semaines après, la nouvelle de la disparition de ces trois prisonniers politiques célèbres parvient à Bamako, se propage comme une trainée de poudre dans tout le pays. Le 30 juin 1964, le bureau politique national de l’Union Soudanaise RDA publie une mise au point officielle concernant le décès de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et El Hadj Kassoum Touré ainsi que d’autres détenus au camp pénal de Kidal. Le communiqué publiait notamment le rapport du Commandant militaire du cercle de Kidal relatant les circonstances des décès. D’après ce rapport, le convoi des trois prisonniers était tombé dans une embuscade rebelle. Mais la réponse de l’histoire ne tarda pas à réfuter cette thèse dès l’année 1966. En effet en cette date, un décret présidentiel, à l’occasion de la fête du Maouloud, accorde grâces, remises ou commutations de peines à 28 condamnés, en détention dans les diverses prisons du Mali. Parmi eux se trouvent 12 émeutiers du 20 juillet 1962 et compagnons de détention de Fily Dabo, Hammadoun Dicko et Kassoum Touré au bagne de Kidal. Cela a permis de mieux comprendre suite aux déclarations de ces détenus graciés, le déroulé des événements de Bouressa qui ont conduit à la mort de ces trois prisonniers politiques et d’autres assassinats perpétrés à Keibane, Sakoiba, Kidal, Tinzouatene, N’Tadeni, Bouressa, Tondimina pour ne citer que ceux-ci.

<strong>Enfin sonna La fin tragique de Fily et ses deux compagnons</strong>

Ainsi lorsque l’officier commandant le peloton d’exécution fait stopper les véhicules,  saute à terre, regarde autour de lui et sonde les lieux avec beaucoup de précautions. Sur son ordre les soldats du peloton débarquent à leur tour et se rassemblent en colonne par un, en attendant le moment d’accomplir leur mission, la mission d’assassins par commission. A cet instant, le lieutenant Jean Bolon Samaké s’adresse aux trois prisonniers en ces termes : ‘’ C’est ici que vous serez fusillés’’ en indiquant du doigt l’endroit précis où les exécutions allaient se dérouler. En ce moment, Hammadoun Dicko, le peulh, le visage plein de noblesse, s’adresse le premier à l’officier en ces termes : Et les  derniers mots des condamnés avant leur exécution continuent de faire froid à présent dans les esprits humains. ‘<em>’Lieutenant, quelque soit le mode d’exécution que vous aurez choisi, je vous demande, de grâce, de ne pas laisser nos corps en pâture aux charognards et aux fauves’’</em>  tel était le propos de Hammadoun Dicko qui avait creusé la fosse commune s’adressait peu avant à sa mort à l’officier commandant le peloton  d’exécution, le lieutenant Jean Bolon Samaké. Ensuite joignant le geste à la parole, il retire une bague de son doigt, la remit au lieutenant Samaké avec ce message :’’ Remettez cette bague à ma fille et dites-lui que je suis mort pour un idéal. Je souhaite que cet idéal triomphe un jour pour le plus grand bien de mon pays’’.  Ce fut le tour de Fily Dabo Sissoko de s’adresser toujours à Jean Bolon Samaké avant de se diriger vers la fosse commune : ‘’ Mon lieutenant, ne me tirez pas derrière sans quoi l’histoire retiendra que j’ai voulu prendre la fuite et tous ceux qui ont contribué à mon exécution auront des sorts tragiques’’. Pendant ce temps des hordes de charognards volaient au dessus de leurs têtes. Moment psychologique pour l’officier qui visiblement ému, détourne la tête et répond d’une voix étouffée : ‘’Dans ce cas, creusez vous-même vos tombes’’. Du coup ces trois devraient creuser leurs propres tombes. Mais l’état physique de Fily et de Kassoum ne pouvait leur permettre une telle entreprise car leur âge et santé avaient rendu impotents. Ce qui explique seul Hammadoun Dicko a pu creuser cette fosse commune. En voulant rejoindre la fosse commune, le peloton d’exécution commandé par du lieutenant Jean Bolon Samaké et composé de lieutenant Mamy Ouattara, l’adjudant –Chef Gaoussou Coulibaly et des goumiers, tira sur les trois et furent enterrés. A noter que le peloton d’exécution était sous les ordres de Diby Sillas Diarra qui recevait discrètement les messages venant de Koulouba. Pourtant rien ne présageait qu’un jour Jean Bolon Samaké allait mettre fin aux jours de son maitre Fily Dabo qui l’a enseigné à Ouélessébougou dans les années 1930. Mais hélas pour lui, il subisse le même sort lorsqu’il fut arrêté par Moussa Traoré. Jugé et condamné aux travaux forcés à perpétuité pour tentative de coup d’état en 1970, le lieutenant Samaké fut transféré au camp pénal de Taoudéni où il n’a pas survécu aux horreurs du sinistre camp. Lui aussi repose dans une tombe ensevelis sous les sables du désert. Bien avant c’est son chef hiérarchique, Dibi Sillas Diarra qui avait subi le même sort en 1965 que Fily Dabo qui les avait pourtant prévenus avant d’être fusillé le 12 février 1964.

<strong>Liste de quelques victimes suite aux événements du 20 juillet 1962</strong>

<strong> A Ouélessébougou et environs</strong>

Mamadou Doumbia, cultivateur à Dialakoro

Moussa Samaké dit Korona Moussa, secrétaire général du Comité No 2 à Ouéléssébougou

Fassoko Samaké, cultivateur à Kafara

Sassa Samaké, à Ouéléssébougou

Daman Doumbia, secrétaire général du comité de Simidji

Fa Bagayogo, cultivateur à Tamala

Diogoba Camara, cultivateur à Séguéssona

Moussa Coulibaly, cultivateur à Ouéléssébougou

Sidy Samaké, jardinier à Ouéléssébougou

Fadiala Samaké, cultivateur à Sémana

Bougoussé Doumbia, cultivateur à Mana

Fousseyni Fadaga Diawara, à Tintoubougou

Débélé Traoré, cultivateur à Ouéléssébougou

N’Tongo Samaké, cultivateur, chef de village de Ouéléssébougou

Monzo Samaké, cultivateur à Tintoubougou

Issiaka Bagayogo, Secrétaire à Bamako

Djan Bagayogo, cultivateur à Ouélessébougou

N’Tongo Samaké No2, cultvateur à Ouéléssébougou

<strong>A Yanfolila et environs</strong>

Sayon Diakité, à Yorobougoula

Toumani Diallo, à Bounoko

Lamine Sidibé, né vers 1950 à Koflatiè(Yanfolila)

Famoro Sidibé, né vers 1949 à  Guélinkoro

Ibrahima Mory Diakité, né vers 1950 à Dienkoro(Yanfolila)

Noumouké Diallo, né vers 1929 à Morola

Abou Sidibé, né vers 1943, Commis à Yanfolila

Mamadou Sidibé, né vers 1929 à Yanfolila

El Hadj Issa Diakité, né vers 1927 à Gouna(Yanfolila)

Siaka Diakité, né vers 1946 à Yotobougoula

Nanfodé Sidibé, né vers 1926 à Guélinkoro

Fodé Diakité, né vers 1921 à Tabaco(Yanfolila)

Namaory Sangaré, né vers 1902 à 1940 à Gouna(Yanfolila)

Sita Diallo, cultivateur à Yorobougoula

Famoro Diallo, né vers 1948 à Faboula-Yanfolila)

Lancina Diakité, né vers 1951 à Yorobougoula

Richard dit Daouda Sidibé, né vers 1950 à Siékorolé

Séga Doumbia, né vers 1947 à Koulikoro

André Moctar Sangaré, né vers 1940 à Magadala

Mansa Sidibé, né vers en 1936 à Tiéoulena

Raphan Sidibé, né vers en 1922 à Bandiala-Yanfolila)

Sory Sidibé, né en 1944 à Djelinfing(Yanfolila)

Toumani Sidibé, né vers 1936 à Bounoko

Sotigui Sidibé, né vers 1940 à Téguélindougou

Tiémoko Sqoumano, né vers 1917 à Diélimala(Guinéé)

Bougou Diallo, né vers 1941 à Yorobougoula

S<strong>adou Bocoum</strong>

<strong>Zoom sur Fily Dabo Sissoko:</strong>

<strong>Un homme à la classification catégorielle </strong>

<strong> </strong>Fily Dabo Sissoko est né en 1900 à Horokoto dans l’actuel cercle de Bafoulabé, en pays Malinké au sein d’une vieille famille de chef traditionnel. Son père avait décidé de faire de lui un marabout mais au moment où il commença  ses premières études coraniques, survînt la mort de son frère ainé qui était à l’école primaire de Bafoulabé. Le hasard du destin a donc voulu que le jeune Fily Dabo prenne la place que son frère laissait vide. Ses études primaires terminées, il poursuit sa scolarité à l’Ecole Normale Fédérale d’Instituteurs de Saint-Louis du Sénégal, puis à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Gorée en 1913. Elève de cet établissement, Fily Dabo ose écrire un jour « <em>Aucun Etat, si puissant soit-il, n’a le droit d’en subjuguer un autre, quelles que soient ses intentions, il en résulte que la colonisation n’a pas de fondement moral, que tout peuple asservi a le devoir de secouer  le joug</em> ». C’était en 1914 et sa vie en sera bouleversée à jamais. Instituteur hors-cadre, Fily Dabo Sissoko voyage à travers le Soudan, la Haute- Volta, le Sénégal et la Guinée. Il s’efforce à connaitre à travers ses différents périples les hommes et leurs cultures. Partout il se confond aux populations locales, partage leur vie quotidienne, afin de pénétrer le milieu, le connaitre mieux, le comprendre mieux. Il milite dans toutes les associations, même les plus secrètes. Partout écrivait-il à propos de ces incessants déplacements « nous avons promené notre curiosité insatisfaite et avons essayé de voir et de comprendre ».  En 1939, après dix années de carrières administratives, Fily Dabo retourne volontairement dans son pays natal, le Niambia où il va occuper la place qui lui était réservée de Chef de Canton. Sa simplicité, son humilité, son érudition et son respect scrupuleux pour le droit à la différence feront très tôt de lui un homme politique.  Auréolé de son mandat contre l’injustice, les discriminations de toutes sortes, l’assimilation, et pour l’authenticité africaine, Fily Dabo embrasse la politique, soutenu par son ami Mamadou Konaté, les élites soudanaises et Nigériennes et ses confrères Chefs de Canton. Du coup il est élu Député du Soudan-Niger en octobre 1945 à la majorité absolue par le 2<sup>e</sup> Collège électoral du Soudan et du Niger qui formaient à l’époque la même circonscription électorale. En février 1946, il crée le Parti Progressiste Soudanais(PSP), Parti local qui tire ses racines du terroir, des traditions et de la civilisation africaine. En juin de la même année 1946, il est réélu à la seconde assemblée constituante française. « Pour orienter l’évolution culturelle d’un peuple dans le sens qui convient, il faut tout d’abord avoir l’intelligence de ce peuple » écrivait-il. Son combat avait un crédo « Le Noir doit rester Noir de vie et d’évolution ». Se connaitre soi-même pour ensuite  s’enrichir  des autres de la civilisation de l’Universel, tel  était le but de son combat politique. Réélu en 1951, puis en 1956 comme Député du Soudan, il siège sans désemparer à l’Assemblée Nationale Française jusqu’en 1958, date de l’accession à l(autonomie interne des territoires d’Afrique Francophone. Fily cumule les mandats de Député (1945-1958), Président du Conseil territorial (1952-1957) et Grand conseiller de l’AOF (1947-1957). A Paris, il est appelé à participer en septembre 1948 comme secrétaire d’Etat au Commerce et à l’Industrie dans le second ministère de Robert Schuman. Il appartiendra par la suite pendant plusieurs années à la Délégation française à l’ONU (1948-1951). Ses interventions à l’Assemblée nationale Française étaient loin de passer inaperçues en raison de leur haute tenue, de leur enseignement et de leur pittoresque vigueur. On retiendra entre autres, qu’il a été un défenseur passionné du Collège unique, des droits des anciens combattants, de la promotion et de la valorisation de l’enseignement pour tous, de la révision du code de travail d’Outre-mer, de la motion d’une union  française égalitaire. En janvier 1957, à Conakry, Fily Dabo est élu vice- président  du Mouvement Socialiste Africain ((MSA), nouvelle formation présidée par Lamine Gueye du Sénégal et dont le but premier « <em>est d’œuvrer pour une politique démocratique assurant à la personne africaine la libération de toutes les servitudes et le libre exercice de ses droits d’homme et de citoyen</em> ». L’année suivante, en juillet 1958, il participe à la création du parti du Rassemblement Africain(PRA) à Cotonou, qui prône le multipartisme intégral et l’indépendance totale et immédiate  pour l’Afrique. Mais Fily Dabo Sissoko ne fut pas qu’un homme politique car il n’a jamais arrêté d’écrire. Ses écrits publiés dans diverses revues et ses nombreux ouvrages témoignent, pour la postérité, de l’étendue de ses connaissances et de la finesse de sa pensée. Il laisse une œuvre littéraire extrêmement importante  et diversifiée  faite d’articles scientifiques de notes politiques, de romans, de portraits et de poèmes. Parmi ses œuvres, l’on peut retenir : Les Noires et la Culture(1950), Crayon et Portraits(1953), Sagesse Noire(1955), La Passion de Djimé(1955), Une Page est tournée(1959), La Savane Rouge(1962),  Poème de l’Afrique Noire(1963), et à titre posthume, les jeux du Destin(1970), Par-dessus les nuages(1970).Par tous ces écrits qu’on ne saurait citer ici, tant ils sont nombreux, Fily Dabo entendait démontrer l’apport de l’âme nègre et de la civilisation africaine dans le courant évolutif de l’humanité. Brosser une biographie d’une personnalité hors série comme celle de Fily Dabo Sissoko, n’est pas tâche aisée. L’homme se prête à la classification catégorielle car il embrassait tous les genres : Poète, Philosophe, Ecrivain, Sociologue, Historien, Anthologique, , Géomancien, , bref, Fily Dabo était tout simplement un érudit      . Sa disparition laisse dans les lettres africaines un vide immense. Témoin vigilant et probe d’une extraordinaire période de l’histoire du monde. Il demeure incontestablement un précurseur de l’émancipation puis de l’indépendance africaine et en particulier pour le Mali contrairement à ce que les falsificateurs de l’histoire du pays. Pour ceux qui ne le savent pas Fily Dabo Sissoko était l’Officier d’Académie et Médaillé de la Résistance.

<strong>Sadou Bocoum </strong>]]> </content:encoded>
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<title>« Les rébellions au nord du Mali » : Le livre de Choguel Maïga et Issiaka Singaré déchaine les passions</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/les-rebellions-au-nord-du-mali-le-livre-de-choguel-maiga-et-issiaka-singare-dechaine-les-passions-2826893.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 04 Jul 2019 01:16:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Les auteurs de l’ouvrage ont </strong><strong>surtout souligné en quoi les différents régimes ont réussi ou échoué face aux rébellions récurrentes dans le Septentrion malien et pensent avoir déconstruit les mensonges qui ont servi la cause d’une tribu de Touareg maliens</strong>

Choguel Kokala Maïga et le professeur Issiaka Singaré ont présenté le livre qu’ils ont écrit sur leur perception des différentes rébellions qui ont secoué le Nord du Mali de 1963 à nos jours. Ils ont surtout souligné en quoi les différents régimes ont réussi ou échoué face aux rébellions récurrentes dans le Septentrion malien et pensent avoir déconstruit les mensonges qui ont servi la cause d’une tribu de Touareg maliens. C’était le Samedi dernier maison de la presse

C’est une foule enthousiaste qui a pris part à la dédicace du livre coécrit par Dr. Choguel Kokala Maïga et le professeur Issiaka Singaré à la Maison de la presse dont  des hommes politiques. le parti-pris de la France pour une minorité de la population du Nord, la genèse des rébellions cycliques, l’enlisement du processus de l’Accord d’Alger de 2015 ont été, entre autres sujets discutés au cours de la rencontre.

L’assistance a suivi avec intérêt les deux auteurs qui estiment que la vérité n’a pas été dite sur les rébellions au Nord du pays. Vendu au prix de 10 000F CFA, le livre doit être consulté par tous ceux qui s’intéressent à l’histoire du Mali, selon Mohamed Ali Batilly, ancien ministre qui a pris part à la dédicace de l’ouvrage.

Les auteurs estiment que le 26 Mars 1991 aurait dû être l’amorce d’une ère nouvelle pour le Mali. « Mais, une fois passée l’illusion lyrique, la réalité s’est imposée. Les dirigeants de la IIIème  République vont se révéler  incapables de capitaliser trois décennies d’acquis dans différents domaines de l’édification nationale », indiquent les auteurs.

Le livre composé de 453 pages, rapporte qu’avec dilettantisme sur fond de gabegie et de corruption, la gestion hasardeuse des rébellions aura pour conséquence, l’effondrement, dans le courant du mois de mars  2012, de l’État, aboutissement de velléités séparatistes au départ contenues par les présidents des Ière et IIème Républiques.

Et les auteurs de s’interroger : « Comment se fait il que les autorités de la IIIe République aient échoué à préserver l’unité et l’intégrité du territoire national ? A assurer la sécurité des Maliens et de leurs biens ? Des accords et  ententes, quand ce ne sont pas des pactes, ont été signés avec une infime minorité des composantes du peuple malien. Pourquoi sont-ils tous restés lettre morte ? Pourquoi la récurrence des rébellions au nord du Mali ? Comment un Etat si farouchement attaché à son indépendance et à sa souveraineté s’est-il trouvé de fait placé sous tutelle de la communauté internationale ?»

La plupart des intervenants ont dit partager ces questions que les auteurs de la l’étude se sont posées. Ces auteurs, remontant au VIIème siècle, sans avoir la prétention de faire œuvre d’historiens, ont examiné un ensemble d’éléments susceptibles de répondre aux questions. Beaucoup de participants n’ont pas pu intervenir lors du débat qui a suivi les interventions des auteurs qui invitent plutôt les gens à lire l’ouvrage. « Nous invitons ceux qui ne sont pas d’accord d’écrire aussi », recommande Choguel Kokala Maïga.

Le moins qu’on puisse dire est que le livre de Choguel et Issiaka déchaine les passions. Tout le gotha du monde politique et intellectuel du Nord du Mali était présent à la cérémonie de lancement. De nombreuses personnalité sont restées sur leur faim, n’ayant pas eu le temps d’intervenir sur le contenu du livre, lors du débat.

<strong>Seydou Diamoutene</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Des brûlures de l’histoire</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/des-brulures-de-lhistoire-2824634.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2018/05/Modibo-Keita.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Thu, 20 Jun 2019 01:13:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>Delta Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Ils ont payé de leur appartenance à un parti politique, à une conviction idéologique .Ils sont de toutes les catégories sociales.  Certains ont eu droit a des procès , d’autres non !le coup d’état âpres avoir mis sous éteignoir la crème de l’ancien régime s’est  retourné contre ses propres acteurs .Ironie de l’histoire ,des anciens bourreaux du régime ont fini pour en devenir des victimes . Avec le recul on se demande à qui a profité tout ça ? C’est pourquoi il faut se pardonner, mais ayant toujours ces pages sombres en mémoire pour que ca ne se répète plus. (Sources Rumeurs du Mali)   </em>

<strong>A /les premiers prisonniers politique après le coup d’état de 19 novembre 68</strong>

Modibo Et Ses Compagnons :
1- Mahamane Alassane Haidara (Pdt De L’assemblée Nationale)
2- Yacouba Maiga Vice-Pdt De L’assemblée Nationale ?
3- Mamadou Diarrah (Commissaire Politique)
4- Attahier Maiga (Ministre Du Commerce)
5- Ousmane Ba (Ministre Des Affaires Etrangères)
6- Mamadou Diabate (Ministre De La Justice)
7- Mamadou Madéira Keita (Ministre De La Justice)
8- Seydou Badian Kouyate (Ministre Du Dévelop. Et Du Plan)
9- Colonel Sékou Traore (Chef D’etat Major De L’armée)
10- Mamadou Famady Sissoko (Secrétaire Général De L’union Nationale Des Travailleurs Du Mali)
11- Gabou Diawara (Responsable De La Jeunesse)
12- Koniba Pleah (Conseiller Présidence République)
13- Amadou Traore (Directeur De La Librairie Populaire Du Mali)
14- Harouna Sow (Inspecteur De La Jeunesse)
15- Kounandy Traore (Député)
16- Jules Travele (Commissaire Aux Arts Et A La Culture)
17- Mamadou Bari Diallo (Directeur Du Stade Omnisport)
18- Mamadou Dia (Secrétaire Permanent De L’us Rda)
19- Alioune Diakite (Conseiller A La Présidence)
20- Moussa Dire (Employé A La Société Malienne D’import-Export)
21- Samba Lamine Traore (Directeur De L’office Du Niger)
22- Koloko Sidibe (Directeur Des Transports Urbains De Bamako)
23- Albassa Toure (Inspecteur A La Jeunesse)
24- Aliou Diallo (Responsable A La Jeunesse)
25- Soungalo Dembele (Employé A L’office Du Niger)
26- Abdoulaye Dicko (Gouverneur De Ségou)
27- Madame Keita Mariam Travele (Epouse Du Chef De L’etat)
28- Mamadou Camara (Responsable A La Jeunesse)
29- Kansoro Sogoba (Chef De Cabinet Du Ministre De La Défense)
30- Hamidou Ba (Directeur Du Service Civique)
31- Mamadou Talla (Conseiller A La Presse)
32- Lamine Sow (Ministre De Tutelle Des Sociétés Et Entreprise D’etat)
33- Mamadou Sarr (Député)
34- Mamadou Gologo (Ministre De L’information)
35- David Coulibaly (Responsable A La Jeunesse)
36- Birama Cissoko (Inspecteur De La Jeunesse)
37- Bongoro Coulibaly (Haut Commissaire Adjoint A La Jeunesse)
38- Moussa Drame (Attaché De Cabinet Du Ministre De La Justice)
39- Nama Keita (Membre Du Bureau De L’union Des Travailleurs Du Mali) Sont Détenus Dans Les Bagnes De Kidal Et Taoudénit Pour La Plupart, Sans Jugement Jusqu’en 1977.

40- Modibo Keita: Est Mort Le 16 Mai 1977 Sans Procès Au Camp De Parachutistes De Djikoroni Dans Des Circonstances Encore Non Eclairées.

Des Codétenus Dont Jules Travele, David Coulibaly, Mamadou Diarrah, Lamine Sow Meurent Des Suites De Mauvais Traitements.
Le 17 Avril 1969, Suite A La Grève Par L’ensemble Des Etudiants Et Elèves De Bamako, Le Comité Militaire Accuse Quelques Civils D’être Les Instigateurs De Ces Evénements Dont Des Enseignants De Haute Facture. Cmln  Les Accuse De :Constitution D’association Illégale D’ Offense Au Chef De L’etat De  Diffamation Des Membres Du Gouvernement Et D’ Appel Au Peuple A Le Révolte
Sont Arrêtes  Entre Le 16 Et 20 Avril 1969 :
42- Abderhaman Baba Toure (Directeur De L’ecole Normale Supérieure)
43- Bernard Sissoko (Professeur A L’ecole Normale Supérieure)
44- Bamba Kadari (Directeur De L’usine D’allumette)
45- Oumar Yattara (Contrôleur Des Ptt)
46- Mamadou Doucoure (Professeur A L’école Nationale D’ingénieur)
47- Santigui Mangara (Etudiant A L’ecole Nationale Supérieure)
48- Monobem Ogognangaly (Ingénieur A La Sonarem)
Apres Cinq Mois De Tortures, Ils  Sont Condamnés A Dix Huit Mois D’emprisonnement.

Les Civils Ne Sont Les Seuls Des Militaire Qui Voulaient Le Retour A L’ordre Constitutionnel

En  1969, Le Capitaine Diby Silas Diarra Et Autres Militaires Sont Accusés De Tentative De Coup D’etat ;
Une Bonne Partie Des Membres De Ce Groupe Ont Succombé Dans Les Mines De Taoudenit.

En Septembre 1970 Le Cmln Militaire Tente  Sans Succes De Controler La Direction De  L’untm. Ceux Qui Soupconnes D’avoir Fait Echec A La Caporalisation  Devrait Payer Le Prix Fort . Des Membres Du Bureau Sont Arrêtés Et Torturés A La Compagnie Des Parachutes Et Certains Déportés A Kidal :
52- Bougouri Diarra ( Secrétaire Générale)
53- Zoumana Maiga ( Secrétaire Générale Adjoint)
54- Boïssé Traoré
55- Gouro Traoré
56- Eugène Dembélé
57- Birama Traoré
58- Germaine Diarra
59- Garan Konaré
60- El Moctar Mama Cissé
61- Niantigui Samaké
62- Yiriba Coulibaly
63- Séga Diallo
64- Ibrahima Coulibaly
65- Lassana Traoré
66- Ibrahima Cissé
67- Idrissa Traoré
Le Syndicat National De L’education Et De La Culture (Snec) Déclencha Une Grève Pour Revendiquer La Libération De Leurs Camarades De L’untm. Elle Fut Suivie D’une Répression Barbare, D’arrestations Et De Tortures Inhumaines D’un Groupe D’enseignants Détenu Plus D’un Mois Dans Différents Camps Militaires
68- Mamadou Sarr
69- Abdoulaye Barry
70- Mamadou Dabo
71- Moussa Fayinké
72- Mamadou Niambélé
73- Amara Cissé
74- Abdoulaye Maïga
75- Bilal Kéïta
76- Sidi Diarra
77- Cheick Traoré
78- Mamadou Bathily
79- Salif Kanté
80- Moussa Coumaré
81- Sory Ibrahima Diakité
82- Diamoussa Kané
83- Amadou Tall
Rentrant Le 16 Mai 1971 A Bamako En Compagnie D’un Contingent D’étudiants Maliens Expulsés De Dakar A La Suite De Mouvements De Revendications, Cheick Oumar Tangara Et Ses Camarades Sont Arrêté Et Incarcérés A La Prison Militaire De Djikoroni. Ils Sont Soumis A Un Régime D’exception.
Malgré Les Protestations Et La Production D’un Certificat Médical Attestant Son Etat Cardiaque, L’officier Attestant Son Etat Cardiaque, L’officier Chargé De La Répression, Le Lieutenant Soungalo Samaké Soumet Cheick Oumar Tangaré Aux Mêmes Conditions Rigoureuses Que Ses Camarades ; Ce Qui Lui Coûtera La Vie.
En Mars 1971, Le Capitaine Yoro Diakité, Premier Chef Du Gouvernement Et Le Capitaine Malick Diallo Sont Arrêtés, Dégradés Et Condamnés Aux Travaux Forcés Pour Tentative De Coupe D’etat. Yoro Diakité Meurt Dans Des Conditions Atroces, Tandis Que Malick Diallo Est Libéré En 1978 A L’expression De Sa Peine.
1974 : Le 25 Avril 1974, Le C Mln Appelle Les Maliens A Se Prononcer Le 2 Juin Par Référendum Pour Son Projet De  Constitution

Un Tract Signé Par Le  « Regroupement Des Patriotes Maliens » Appelant A Voter Non Est Largement Diffusé Sur Le Territoire. Entre Le 2 Juin Et Le 20 Octobre 1974, 18 Personnes Sont Arrêtées Et Torturées.Elles Sont Jugées Le 2 Avril 1975 .
Il S’agit De :
84- Ibrahim Ly, Professeur A L’ensup
85- Adama Samassékou, Linguiste
86- Mouhamédou Dicko, Professeur Au Lycée Askia Mohamed
87- Samba Sidibé, Ingénieur Tp
88- Cheick Sadibou Cissé, Architecte
90- Seydou Thiero, Directeur Du Club Sportif
91- Bourama Traoré, Urbaniste
92- Oumar Ly, Ex-Directeur De La Somiex
93- Cyr Mathieu Samaké, Directeur Général Du Liptako-Gourma
94- Bakari Koniba Traoré, Economiste
95- Jean-Etienne Djendéré, Financier
96- Mamadou Lamine Kouyaté, Directeur Du Stade Omnisport
97- Mani Djénépo, Inspecteur Général De La Jeunesse Et Des Sports
On Ajoute A Ce Groupe Trois Jeunes De Dravela, Arrêtés Pour « Avoir Perturbé Le Déroulement Des Elections » :
98- Moussa Cissé, Infirmier D’etat
99- Mamadou Kanté, Maître Du 1er Cycle
100- Fodé Kéïta (Libéré Avant Le Jugement)
A L’occasion Du 2 Juin, D’autres Arrestations Eûrent Lieu Notamment Celles De Kari Dembélé Professeur A L’ensup Et De Victor Sy, Professeur Au Lycée Badala Qui Ont Subi Comme Les Autres Des Tortures Aux Séquelles Souvent Irréversibles.
Tous Ont Connu Les Dures Conditions Des Bagnes De Kidal Ou Taoudénit Ou La Prison Militaire Du Camp De Djikoroni.
1976 : Bamako Début Février 1977, Un Décret Gouvernemental Modifie Profondément Les Conditions D’accès Aux Etudiants Supérieurs En Instituant Le Concours Direct Pour Tous Les Etudiants.
Les Elèves Et Etudiants Demandent L’abrogation De Ce Décret.
Le Lundi 7 Février, La Guère Des Scolaires Est Déclenchée A L’échelon National.
De Nombreux Etudiants Et Elèves Sont Arrêtés Dont Boniface Diarra, Responsable A L’ecole Nationale D’administration.
Le 13 Mars 1977, Les Elèves Et Etudiants Profitant D’une Relative Accalmie Mettent En Place L’union Nationale Des Elèves Et Etudiants Du Mali, Une Organisation Indépendante Du Pouvoir.
Le 21 Avril, Les Grèves Reprennent Avec Comme Mots D’ordre La Libération De Boniface Diarra Et L’abrogation Du Décret Instituant Les Concours.
Le Gouvernement Par Décret Présidentiel Ferme Tous Les Etablissements Secondaires Et Supérieurs.
Le Lundi 25 Avril, Les Etablissements Scolaires Sont Occupés Par La Police, L’armée Et La Gendarmerie.
A Partir Du 9 Mai, La Répression Monte D’un Cran Suite A Des Manifestations De Rue. Les Manifestants Réclament La Libération De Boniface Diarra Et Scandent Les Slogans Favorables A L’ancien Président Modibo Kéïta, A Sa Libération Et A Son Retour Au Pouvoir.
Le Comité Militaire En Réponse Aux Exigences Et Aux Mouvements De La Jeunesse Réprime Sauvagement, Procède A Des Arrestations Et Des Limogeages.
Le 16 Mai 1977, A 12 Heures, Modibo Kéïta Est Mort Au Camp Militaire De Djikoroni. Le 18 Mai, Des Dizaines De Milliers De Personnes Assistent A Son Enterrement.
Dans Les Jours Qui Suivent, 35 Personnes Sont Interpellées Et Torturées Au Camp De Djikoroni Pendant 6 Mois Sans Le Moindre Jugement :
– Ténéman Traore Instituteur En Retraite
105- Ataher Maïga : Rédacteur D’administration
106- Bourama Sidibe Adjoint Administratif En Retraite
107- Samba Soumare Sous-Directeur Inps
108- Mavillani Diallo Car Bamako
109- Abdoulaye Macalou, Transporteur Badialan Iii Bamako,
110- Yamadou Diallo, Officier En Retraite Ouolofobougou Bamako
111- Mamadou Diarra, Ingénieur Chimiste A La Sepom
112- Sidi Toure Commis De Ptt A La Retraite Ouolofobougou-Boliblma
113- Djigui Diarra Médecin Chef Pmi Central
114- Bougari Sacko Contrôleur Des Ptt Bamacko
115- Mahamane Toure Officier De Police En Retraite
116- Chieck Keita Huissier A La Présidence De La République
117- Maître Demba Diallo Avocat Défenseur Demda Diop Technicien D’aviation Air Mali
118- Moussa Konate Rédacteur D’administrateur Gouvernorat Bamako
119- Amara Cisse Directeur D’école N’tomikorobougou
120- Abdoulaye Barry Professeur D’anglais Dar-Salam
121- Garan Kouyate Rédacteur D’administration
122- Ibrahima Diakite, Inspecteur Des Finances
123- Mamadou Macalou, Rédacteur D’administration Dar-Salam
124- Seyba Lamine Traore, Cadre Edm En Retraite
125- Tiéblé Dame, Etudiant Ensup
126- Modibo Kouyate, Lycée Askia
127- Lamine M’bodje, Ouvrier Grande Confiserie Du Mali
128- Fousséni Dibate, Contrôleur Inps
129- Mamari Diarra, Déclarant En Douane
130- Mamadou Diollo, Déclarant En Douane
131- Jean-Marie, Me Au Pair, Lycée Askia
132- Isac Diallo, Ministère De L’information
133- Joseph Coulibaly, Employé A L’itema
134- Moctar Gakou, Contrôleur Des Prix
135- Moussa Drame, Agent D’exploitation
136- Abdoulaye Sow, Directeur Ena, Bamako
137- Adama Sissoko, Directeur Ensup, Bamako
1978 : Le Février 1978, Les Rivalités Internes Au Comité Militaire Aboutissent A L’élimination De La Fraction De Tiécoro Bagayoko Et Kissima Doukara.
Sont Arrêtés, Dégradés Et Déportés En Même Temps Que Tiécoro Et Kissima :
138- Ténimba Bagayoko
139- Karim Dembele
140- Charles Samba Sissoko
141- Abdoulaye Diallo Dit Dax
142- Mamadou Mariko
143- Alou Traore
144- Sougalo Samake
145- Bacoroba Djire
147- Isac Ballo
148- Check Toure
149- Mamadou Belko N’diaye
150- Youssouf Balla Sylla
151- Yacouba Coulibaly
152- Amadou Toure
153- Ousmane Doumbia
154- Ifra N’diaye
155- Gaoussou Keita
156- Bassirou Doumbia

157- Moussa Kante

158- Noumoulé Sidibe

159- Gassiré Keita

160- Mahamadou Diarra

161- Moussa Dembele

162- Nafi N’diaye

163- Souleymane Diabate

164- Aboubacar Diarra

165- Nouhoum Diawara

166- Attman Diallo

167- Bouréima Maïga

168- Cheick Coulibaldy

169- Lamine Keita

170- Toumani Sidibe

171- Ben Chamoud

172- Mamadou Bobo Sow

173- Namory Traore

174- Simbo Keita

175- Abdoulaye Yousouf Maïga

Des Civils Sont Egalement Emprisonnés De Longs Mois Sans Jugement :

176- Fambougouri Diane, Directeur Général De La Comatex

177- Seydou Kone, Directeur Général De La Sonatam

178- Amadou Diatigui Diarra, Directeur Général De La Somiex

1979 : Au Mois De Mars, Lors Du Congrès Constitutif Du Parti Unique Udpm, Un Tract Dénonce Ce Parti Politique « De Type Fasciste » Et Réclame De Larges Libertés Démocratiques.

Ces Auteurs Présumés :

179- Mamadou Gologo

180- Idrissa Diante

181- Abdou Gataba

182- Papa Sékou Sidibe

183- Mamadou Toure

184- Modibo Keita, Trésor Bamalco Sont Arrêtés Et Mis En Prison.

185- Mamadou Gologo Et Idrissa Diakite Sont Condamnés A 4 Ans De Prison Pour « Offense Au Chef De L’etat ». Les Autres Seront Relâchés Après De Longs Mois Sans Jugement.

1980 : Au Mois De Janvier 1980, L’union Démocratique Du Peuple Malien, Interdit L’union Nationale Des Etudiants Et Elèves Du Mali (Uneem).

En Réponse A Cette Mesure Antidémocratique, Les Etudiants Et Elèves Organisent Des Manifestations Dans Toutes Les Villes Du Pays.

Amadou Kan2 Est Condamné A 6 Mois De Prison. Au Mois De Mars, Lors D’une Conférence-Débats, Les Professeurs Victor Sy, Mamadou Doucoure Mamadou Lamine Traore, Tiébilé Drame Et Les Etudiants Qui Assistent A La Conférence Sont Interpellés A L’ecole Nationale Supérieure.

Le 17 Mars, Le Secrétaire Général De L’union Des Etudiants Et Elèves Du Mali, Abdoul Karim Camara Dit Cabral, Meurt La Compagnie Para De Djikoroni. Peu Avant La Fin De L’année Scolaire, Au Mois De Juillet, Sory Ibrahim Thiocary A Succombé A La Suite Des Coups Reçus.

Des Membres De Commission Des Enseignants Sont Arrêtés A Cette Même Période. Douze D’entre Eux Sont Jugés Le 2 Septembre Pour « Opposition A Autorité Légitime ».

Onze Sont Condamnés A Trois Mois De Prison Et L’autre A Quatre Mois De Prison. Ils Sont Tous Conduits A Ménaka Dans Le Nord Pour Effectuer Des Peines De Travaux.

Après Avoir Purgé Leurs Peines, Ils Sont A Nouveau Jugés, Assignés A Résidence Surveillée Et Rayés De La Fonction Publique :

186- Modibo Diakite

187- Dioncounda Traore Fiysseyni Camara

188- Abdoulaye Traore

189- Abdramane Diallo

190- Kaourou Doukoure

191- Harouna Konate

192- Adama Diarra

193- Yamoussa Coulibaly

194- Tiéblé Drame

195- Victor Sy

196- Aliou Diarra

Au Même Moment, Vingt Autre Membres De La Commission Sont Arrêtés Et Envoyés A Gao. Il S’agit De :

197- Isac Konate

198- Oumar Djiguiba

199- Dolo

200- Moussa Diaby

201- Idrissa Diallo

202- Sylla Cheick Hamala

203- Sympara Daouda

204- Ongoiba

205- Hamalla Ba Etc.

206- La Même Année, Un Ancien Secrétaire Général Du Comité De Défense Des Libertés Démocratiques Du Mali, Ibrahim Samba Traoré Dit Arhi Est Arrêté Et Détenu Pendant Un An Sans Inculpation. Il Lui Est Reproché D’être En Possession Des Documents Du Comité De Défense Des Libertés Démocratiques Du Mali.

1981 : En Octobre 1982, Le Syndicat Interdit Des Etudiants Et Elèves, L’uneem Publie Un Tract Pour Réclamer Le Paiement Des Bourses Et Des Trousseaux De Rentrée.

Des Membres Du Bureau De Coordinations Sont Arrêtés Et Gardés A La Gendarmerie De Bamako Pendant Un Mois, Puis Exclus Des Etablissements Scolaires.

Les Victimes Sont :

207- Moussa Mary Keita

208- Harouna Bary

209- Kalifa Diamoutene

210- Ossiaka Coulibaly

1984 : En Septembre 1984, A La Veille De L’anniversaire De L’indépendance, Un Tract Dénonçât Les Mesures D’austérité Imposées Par Le Fmi Et La Banque Mondiale Est Diffusé A Bamako. Ses Auteurs Présumés :

211- Yoro Diakite

212- Many Camara

213- Issa N’diaye

214- Mohamed Tounkara Sont Arrêtés Puis Libérés Après 46 Jours De Détention Préventive En L’absence De Toute Epreuve.

215- 1986 : A La Suite De La Guerre Contre Le Burkina Faso, Le Général Moussa Traore Accuse Les Enseignants D’être Soutenus Et Financés Par Le Burkina Pour Mener Des Activités Subversives.

Au Même Moment La Police Fouille, A L’aéroport De Bamako, Un Etudiant Burkinabé, Géoffroy Koulediaty, Porteur D’une Lettre Pour Un Militant De L’union Nationale Des Etudiants Et Elèves Du Mali, Pérignama Sylla.

Geoffroy Est Arrêté, Mais Pérignama, Informé Du Danger, A Eu Le Temps D’entrer En Clandestinité. La Police Possède Alors A L’arrestation Des Amis Et Parents De Pérignama Pour Complicité Et Non Dénonciation. Ainsi :

216- Oumar Mariko

217- Madi Traore

218- Bakary Dian Diarra

219- Dahirou Dia

220- Bakary Keita

221- Soumaïla Keita

Sont Détenus Pendant 10 Mois A La Prison Centrale De Bamako Et Relâchés Après Un Simulacre De Procès.

1988 : A La Suite Des Grèves De Janvier Et Février 1988, Organisés Par Le Syndicat National De L’education Et De La Culture Pour Le Paiement Des Salaire En Retard De 3 Mois, 71 Enseignants Sont Arbitrairement Mutés.

Des Mesures De Suspension Sont Prises Contre Le Professeur Issa N’diaye.

En Signe De Protestation, Les Etudiants Organisent Une Marche Silencieuse Sur Le Ministère De L’education Nationale. La Police Charge Brutalement Les Marcheurs Et Plusieurs D’entre Eux Sont Gravement Blessées.

Deux Professeurs De L’ecole Normale Supérieure :

222- Charles Abdoulaye Danioko

223- Komakan Keita Et Cinq Etudiants, Sont Arrêtés Et Détenus A La Police.

Les Syndicalistes Issa N’diaye, Modibo Ganaba Traore, Sont Radiés De La Fonction Publique, Tandis Que Vingt Etudiants Sont Exclus De L’ecole Normale Supérieure.

En 1988 : Samba Diallo Professeur A L’ensup Est Arrêté Sur Dénonciation Et Gardé Pendant Une Semaine A Tombouctou.

A Suivre ……]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorable &#45;  Mr Alpha Oumar Konaré Président de la République du Mali : (Lomé 11 Juillet 2000 36ème Sommet de l’OUA)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorable-mr-alpha-oumar-konare-president-de-la-republique-du-mali-lome-11-juillet-2000-36eme-sommet-de-loua-2821366.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 27 May 2019 01:51:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>‘’Incontestablement, mesdames et messieurs, le temps qui s’annonce pourrait être le tour de l’Afrique.</strong>

Le temps qui s’annonce pourrait être l’heure de l’Afrique.

Cependant, le tour de l’Afrique n’arrivera jamais, tant que nous nous présenterons au monde désunis.

En outre, serons-nous incapables de nous mettre d’accords sur les principes de désignation de nos représentants permanents au Conseil de sécurité des Nations unies ?

Allons-nous remettre, toujours, cette question à une autre session ?

Laisserons-nous à d’autres le soin d’arbitrer entre nous ?

Le tour de l’Afrique n’arrivera jamais, tant que nos sommets resteront des temps de pause artificiels, des trêves artificielles, que nous nous rencontrerons ici avec le sourire, alors que nos soldats se font face et qu’une fois le sommet terminé nos pays replongeront dans la guerre.

Le tour de l’Afrique n’arrivera jamais si, aujourd’hui, les putschistes peuvent tranquillement venir à nos rencontres, assurés de toujours bénéficier de compréhension, de circonstances atténuantes.

Le tour de l’Afrique   n’arrivera jamais si nous ne nous faisons pas confiance.

Faisons-nous confiance pour obliger les autres à nous faire confiance !

Seule une Afrique responsable, non corruptible, solidaire, peut relever un tel défi.

Ce défi, c’est celui que l’Union Africaine entend relever.’’]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Modibo Keïta&#45;Moussa Traoré&#45;Alpha O Konare&#45;Amadou T Touré :  Les hommes du refus !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/modibo-keita-moussa-traore-alpha-o-konare-amadou-t-toure-les-hommes-du-refus-2821305.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 27 May 2019 01:19:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Le Mali a toujours eu des dirigeants qui ont su placer l’intérêt du pays au-dessus de tout. Contre vents et marrées, ces mêmes dirigeants ont eu le courage de défendre partout le Mali. Courageux, dignes et patriotes, ils ont été au service du pays et en toutes circonstances. Qui ne se souvient pas de cette décision courageuse du président Modibo Keïta intimant l’ordre aux troupes français d’évacuer toutes leurs bases implantées au Mali, un certain 20 janvier 1960 ? Et ce refus retentissant du général Moussa Traoré de se soumettre aux décisions du Sommet de La Baule qu’il considérait comme une ingérence française dans les affaires africaines ? Qui ne se rappelle pas de l’historique « Non » d’Alpha Oumar Konaré au président français, Jacques Chirac, qui invitait certains chefs d’Etat africains à le rejoindre à Dakar pour la tenue d’une simple audience ? Que dire du triple « Non » d’ATT à Sarkozy à propos de la signature d’un Accord sur l’immigration, de l’ouverture d’une base militaire française à Sévaré et de Libye ? Modibo Keïta, Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré, ce sont là quatre chefs d’Etat maliens qui ont en commun de n’avoir pas été installé au pouvoir par l’ex puissance coloniale. Ils ont aussi en commun de n’avoir jamais accepté de se mettre au service et aux ordres de l’Elysée. C’est pourquoi, ils ont toujours su, en toute dignité et en toute responsabilité, dire Non à la France et aux dirigeants français. Retour sur certains faits marquants des relations entre la France et le Mali.    </strong>

20 janvier 1960 vers 11 heures : Le président Modibo Keïta, qui était entouré d’Idrissa Diarra, secrétaire politique de l’Union soudanaise RDA, Mahamane Alassane Haïdara, président de l’Assemblée nationale, Madeïra Keïta, ministre de l’Intérieur, de la défense et de la sécurité etc., a  reçu en audience l’ensemble des représentants diplomatiques accrédités au Mali pour leurs annoncer ceci : <em>« L’ambassade de France au Mali, est informée par mes soins de la décision de mon gouvernement et de mon parti, de voir la France évacuer les bases de Bamako, Kati, Gao et Tessalit par les militaires français suite à l’accord signé le 22 juin 1960 cela suite aux évènements du 20 août 1960 et l’acte de reconnaissance de la France, du gouvernement du Sénégal, acte qui consacre la dislocation de la Fédération du Mali.</em>

<em>La République du Mali a consacré avec la France sur la base de la non-ingérence dans nos affaires intérieures et du respect de notre souveraineté. La décision de mon gouvernement et de mon parti, ne met nullement en cause, cette volonté. Elle est l’expression de notre conviction, qu’en moins d’abandon volontaire de souveraineté de la part d’un Etat jeune, ou d’accord particulier de la défense, les troupes de l’ex puissance coloniale ne peuvent stationner sur le territoire de l’ex colonie, aux côtés des troupes du jeune Etat. D’autre part, le peuple du Mali, l’US-RDA et le gouvernement, ont toujours affirmé leur option en faveur de la politique de non alignement sur l’un ou l’autre bloc.</em>

<em>Cette attitude est en contradiction sur son territoire des troupes d’une puissance étrangère à laquelle ne le lie aucun accord et qui , d’autre part, est engagé dans le pacte militaire d’un bloc. Je prie vos excellences d’informer vos gouvernements et d’attirer leur attention sur notre ferme décision de l’évacuation rapide de vos troupes du Mali. Je vous remercie»</em>.

Aussi, les dirigeants de l’US-RDA ont toujours associé la souveraineté nationale à la monnaie. Lors du séminaire de l’US-RDA en septembre 1962, Seydou Badian Kouyaté, alors ministre, expose les conceptions du gouvernement en ces termes : <em>« Le droit de battre une monnaie est l’un des attributs de la souveraineté nationale. Sans indépendance monétaire, il n’y a pas d’indépendance économique, et partant politique pleine et entière »</em>.

Pour Modibo Keïta, président de la République à l’époque, il est impossible de promouvoir un développement économique harmonieux du Mali s’il ne disposait pas de sa propre monnaie. Ainsi, il annonce le 1<sup>er</sup> juillet 1962 à zéro heure que « la République du Mali dispose de sa propre monnaie ».

Dans la création du franc malien, M. J. Bénard, un français, fut l’un des plus grands conseillers de la République du Mali qui analysa sans complexe la situation économique de la nouvelle République en vue de la création de la monnaie et le premier à travailler sur l’opportunité de la création d’une monnaie malienne.

La décision de créer le franc malien a été prise le 30 juin 1962 par le président Modibo Keïta. Les billets qui étaient en circulation ont fait l’objet d’échange à la Banque centrale avant le 15 août 1962. Le franc malien est mis en circulation dès le 1<sup>er</sup> juillet 1962. Le 27 juillet de la même année, les autorités d’alors procèdent au transfert à la Banque de la République du Mali (BRM) des services d’émission de la Banque centrale des Etats de l’Afrique occidentale. Le 2 août 1962, la France ouvre au Mali, à sa demande, un compte courant non débiteur.

Au début de l’année 1964, le gouvernement malien sollicite et obtient la garantie du franc malien par la Banque de France. Toutefois, il refuse tout droit de regard de l’Hexagone sur l’émission de sa monnaie. Le franc malien sera remplacé par le franc CFA le 1er juillet 1984.

&nbsp;

<strong>Désaccord entre Moussa Traoré et Mitterrand</strong>

La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, témoigne du vent de changement qui souffle sur l'Europe de l'Est. Plusieurs pays entreprennent des réformes démocratiques d'envergure, marquant une rupture historique avec l'ère communiste. Profitant de la 16<sup>è</sup> Conférence des chefs d'État d'Afrique et de France qui se déroule à La Baule du 19 au 21 juin 1990, le président François Mitterrand prononce un discours dans lequel il invite les pays africains à suivre ce mouvement. Établissant un lien direct entre démocratie et développement, ce discours marque un changement d'approche pour la France qui « liera tout son effort de contribution aux efforts qui seront accomplis pour aller vers plus de liberté ». M. Mitterrand parle à cet égard de l'aide <em>« enthousiaste »</em> que son gouvernement accordera à ceux qui franchiront avec courage le pas du multipartisme, plusieurs pays d'Afrique fonctionnant à ce moment avec un système de parti unique. Le président français se défend toutefois de faire de l'ingérence dans les affaires intérieures des participants à la Conférence, rappelant que « cette forme de colonialisme qui consisterait à faire la leçon en permanence aux États africains et à ceux qui les dirigent, c'est une forme de colonisation aussi perverse que toute autre ».  Selon, le ministre français des Affaires étrangères (1988-1993), Roland Dumas, ce discours se résume ainsi : <em>« Le vent de liberté qui a soufflé à l'Est devra inévitablement souffler un jour en direction du Sud (...) Il n'y a pas de développement sans démocratie et il n'y a pas de démocratie sans développement »… </em>

Mais, face à cette décision, Moussa Traoré a eu le courage de dire à François Mitterrand, à ce sommet, que la démocratie ne saurait être une camisole de force qu’on impose à des Etats souverains. Alors que plusieurs pays poursuivent ou entreprennent un virage vers le multipartisme qui se précisera au cours des années à venir (Côte d'Ivoire, Gabon, Bénin, République populaire du Congo, etc.). À un autre niveau, plusieurs voient dans cette diversité de partis politiques un facteur contribuant au réveil des rivalités et des tensions régionales qui vont diviser plusieurs pays au cours des années 1990.

&nbsp;

<strong>Le niet de Alpha Oumar Konaré à Chirac !</strong>

Trois mois après son élection à la présidence de la République face à Lionel Jospin, Jacques Chirac, 62 ans, effectue une première tournée en Afrique. Après le Maroc du roi Hassan II, la Côte d’Ivoire de Henri Konan Bédié (Houphouët est mort vingt mois plutôt) et le Gabon d’Oumar Bongo, il fait une dernière halte au Sénégal, chez Abdou Diouf. Là, il demande aux présidents des pays voisins de venir le rejoindre. Mais, le président Alpha Oumar Konaré refuse de se rendre à ce qui ressemble, aux yeux de beaucoup de Maliens, à une « convocation. Et pour AOK, cette « convocation » relevait d’un pernicieux rapport de vassalité, instauré par l’ancien colonisateur…

Ce refus de Alpha O Konaré a été vivement salué au Mali et très apprécié à travers tout le continent africain.

En toute dignité, le président Konaré venait de démontrer à la face du monde qu’ « être malien, c’est être digne et responsable ». Au-delà, le fils de Dougou Kolo Konaré venait de démontrer qu’il était sur la trace de grands hommes qui ont fait la fierté de notre continent : Modibo Keïta, N’Kruma, Thomas Sankara et autres. C’est en revisitant le parcours de Konaré que l’on comprend mieux sa décision courageuse  de ne pas se plier aux ordres du président Chirac.

Fils d’enseignant, né le 2 février 1946 à Kayes (région occidentale du Mali) dans les années d’effervescence politique qui précèdent l’indépendance, Alpha Oumar Konaré choisit lui aussi la carrière de l’enseignement, tout en s’initiant très tôt au militantisme syndical. M. Konaré commence à militer politiquement dès sa jeunesse. En 1967, il est élu secrétaire général de la Jeunesse US-RDA (Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain, le parti du président Modibo Keïta) de l’École normale supérieure de Bamako.

Après des études d’histoire à l’Ecole normale supérieure de Bamako, et s’étant marié à une condisciple qui deviendra elle aussi une historienne réputée, il part en 1971 pour la Pologne où il reçoit une formation d’archéologue. Rentré dans son pays en 1976, Alpha O Konaré travaille dans l’administration tout en militant comme de nombreux cadres maliens dans un parti clandestin d’obédience marxiste (Parti malien du Travail). Au pouvoir depuis 1968, le général Moussa Traoré manifeste une volonté d’ouverture politique et l’appelle au gouvernement en 1978, comme ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. En désaccord avec l’évolution du régime, il demande toutefois à partir en 1980. Il retourne à l’enseignement et à la recherche, membre de plusieurs organisations d’historiens africains, effectue des missions de consultant et acquiert en peu d’années une notoriété internationale, notamment dans le domaine de la muséographie (il deviendra en 1986 président du Conseil international des musées). Outre le syndicalisme, où il est actif, il se consacre au Mali à l’animation de la coopérative Jamana, créée en 1980, qui publie une revue culturelle puis diversifie ses activités dans l’édition et l’éducation, notamment en direction des jeunes. En 1989, la coopérative lance le journal Les Echos qui devient l’un des relais principaux du mouvement démocratique qui émerge alors.

<strong>Au cœur du Panafricanisme ! </strong>Chantre et infatigable militant du panafricanisme, cet historien avait hérité, lors de sa nomination, d’une ambitieuse feuille de route : réaliser l’intégration politique, économique et culturelle du continent. Il a présidé pendant dix ans, de 1992 à 2002, aux destinées du Mali, démocrate reconnu, il a cédé le pouvoir au terme de son second mandat, comme le prévoyait la Constitution. Konaré avait l’envergure et le charisme pour faire de la Commission un embryon d’exécutif supranational. Et sa désignation à la tête du nouvel organe avait été interprétée comme un signe d’une volonté claire de rupture avec la défunte Organisation de l’unité africaine (OUA) devenue, au fil des compromis passés entre ses membres, un « super-machin » bureaucratique et sclérosé.

Projet ambitieux, l’UA avait justement besoin d’une ambition à la hauteur des défis de l’Afrique et des attentes de ses peuples. Konaré l’a incarnée et a été, pendant cinq ans, la voix et le visage du continent. Il a donné une visibilité diplomatique à la jeune organisation. Sous sa présidence, l’UA s’est imposée comme l’interlocuteur naturel et légitime de l’ONU et de l’Union européenne (UE), qui lui a apporté un soutien financier constant. En se dotant d’un Conseil Paix et Sécurité, et en décidant du déploiement de 8 000 hommes au Darfour, elle a envoyé un message fort à la communauté des nations : l’Afrique est résolue à prendre en main son destin. Beaucoup moins docile que les secrétaires généraux successifs de l’OUA, beaucoup plus enclin, aussi, à dire leur fait aux chefs d’État peu respectueux des droits de l’homme, très à cheval, enfin, sur la méthodologie démocratique, Konaré, par ses déclarations, ses prises de position et son intransigeance sur les grands principes, a grandement contribué à donner à l’UA la crédibilité morale qui faisait tant défaut à sa devancière. L’enfant de Kayes avait compris que, pour être prise au sérieux par ses partenaires étrangers (et par la rue africaine), l’organisation continentale ne pouvait en effet plus cautionner, même silencieusement, les tripatouillages électoraux et faire passer les droits de l’homme par pertes et profits. Une attitude à l’origine de quelques passes d’armes mémorables, notamment celle avec le Nigérian Olusegun Obasanjo, en février 2005, au plus fort de la crise togolaise, mais qui s’est au final révélée payante.

<strong> </strong>

<strong>Triple Non d’ATT à Sarkozy !</strong>

Entre les présidents ATT et Nicolas Sarkozy, le courant n’a jamais passé, les deux hommes ayant entretenu des relations juste courtoises sans aucune cordialité. Le premier contact entre les deux hommes avait déjà eu lieu dans des conditions mouvementées. Ministre d’Etat de Jacques Chirac en charge de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, pour parfaire sa stature présidentielle, avait choisi de faire une tournée africaine au Mali et au Bénin, disait-il pour célébrer deux expériences démocratiques réussies. Après l’accord des deux pays à le recevoir, Sarkozy sort de son chapeau son fameux projet de loi sur « l’immigration choisie » et poussera la provocation jusqu’à la faire voter le jour de son arrivée au Mali.

Entre colère et dignité, le président ATT répondra à cette manipulation politique par la fameuse formule : « chez nous, il n’y a pas d’hospitalité choisie. Nous accueillons tous ceux qui décident de nous rendre visite », en réponse à une bonne frange de l’opinion qui plaidait l’annulation de la visite après cet affront. Le ministre d’Etat Sarkozy tâtera le courroux des Maliens qui sont sortis le houspiller sur tous les sites qu’il a visités. Le ministre d’Etat aurait semble-t-il dit au président ATT son étonnement que la police n’aie pas réprimé la foule pour s’entendre répondre : « vous avez choisi de visiter un pays démocratique et en démocratie, les manifestations pacifiques sont tolérées. Je n’ai pas eu connaissance qu’un membre de votre délégation a subi une atteinte à son intégrité ». Rideau !

Devenu président de la République française, Nicolas Sarkozy foulera le sol malien pour la seule et unique fois, en février 2010. En visite au Rwanda, il avait été informé de la libération de l’otage français, Pierre Camatte, après trois ans de captivité dans le désert malien…

En fait, depuis l’arrivée de Sarkozy au pouvoir le 16 mai 2007 (soit deux semaines après le plébiscite d’ATT dès le premier tour pour son dernier mandat), les relations entre le Mali et la France ont dégringolé. Fondamentalement, trois gros dossiers constituaient des obstacles sur l’axe Bamako-Paris : l’ouverture d’une base française à Sévaré (Mopti), l’accord de réadmission sur l’immigration, et la lutte contre Aqmi et les cellules terroristes au nord du Mali.

La rupture définitive entre ATT et Sarkozy est intervenue après l’éclatement du conflit libyen quand l’Elysée pressait les chefs d’Etat africains pour qu’ils se démarquent de Mouammar Kadhafi. Or, ATT était parmi les dirigeants africains qui avaient décidé de soutenir le Guide libyen jusqu’au bout. Cela malgré les pressions de Paris.

Pour en revenir aux griefs de Sarko à ATT, l’implantation d’une base militaire française à Mopti figure en bonne place dans la pomme de discorde entre les deux chefs d’Etat.

<strong>Base française ? </strong>C’était là une forte volonté de Nicolas Sarkozy. Le président français multiplia les démarches en direction des autorités maliennes. La dernière en date aura été l’envoi auprès d’ATT d’un officier, conseiller à la sécurité à l’Elysée. Celui-ci effectua une visite discrète à Bamako en fin 2010. Selon une bonne source, l’officier français serait arrivé à bord d’un avion privé. De l’aéroport, il serait allé directement à Koulouba (nuitamment) pour rencontrer le président Touré. Les deux hommes s’étaient connus en Centrafrique, au moment où ATT était médiateur. Après un long entretien, ils n’ont pu s’entendre. ATT aurait indiqué à son interlocuteur que l’accord de coopération militaire signé entre le Mali et la France permettait de prêter un concours limité dans le temps à la France pour traiter une situation ou une menace, mais qu’à l’année de célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Mali, il ne sera pas le chef d’Etat qui autorisera l’installation définitive d’une base française sur le territoire malien. Le président ATT a suggéré à nos amis français de s’inspirer de l’exemple de notre partenariat avec les USA, dans le respect de notre souveraineté.

En effet, au même moment, les Américains renforçaient leur coopération militaire avec le Mali, notamment dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Des manœuvres militaires entre les forces des deux pays se succédaient à un rythme soutenu, soit à Bamako et/ou dans les localités du nord. Ce n’était guère un secret, les Américains s’étaient confortablement installés à Gao. Cette présence américaine agaçait l’Elysée. Et ATT, à cause de cette présence américaine au nord, s’est retrouvé dans le collimateur de la France de Sarko et du voisin algérien (qui considérait le nord du Mali comme une arrière-cour).

<strong>Désaccord sur l’accord de réadmission : </strong>Le fossé entre Bamako et Paris avait commencé à s’élargir, lorsqu’en 2008, Sarkozy a soumis aux pays africains un projet d’accord de réadmission sur l’immigration.

Les accords de réadmission sont une convention entre deux États, visant à contraindre l’un d’entre eux d’accepter de recevoir des personnes qui peuvent être, ou non, ses ressortissants, et qui viennent d’être expulsées par l’autre État.

L’accord avec le Mali était axé sur trois points : la lutte contre l’émigration clandestine, l’accès des émigrés au marché du travail et l’immigration choisie.

Mais très vite, des divergences sont apparues entre Paris et Bamako. Finalement, les autorités maliennes refusent de signer cet accord qui était une des promesses de Sarkozy dans le cadre de sa politique d’immigration. Le président ATT a dit niet à un accord qui permettait sur la base du simple soupçon d’appartenance, d’expulser tout clandestin vers le pays supposé être le sien, avec la bénédiction de ses autorités consulaires basées à Paris. Le délit de faciès, en somme !

Les Maliens gardent encore à l’esprit le sort réservé à la délégation française conduite par Patrick Stefanini, arrivée à Bamako le 7 janvier 2009, dans le but de signer sous pression, les accords de réadmission avec les autorités maliennes. Sous la pression des associations de la société civile et des milliers de Maliens vivant en France, ainsi que sur la conviction personnelle du président ATT, le gouvernement malien, pour la 4<sup>ème</sup>fois consécutive, avait refusé d’apposer sa signature sur un document qui autoriserait la France à chasser nos compatriotes résidant sur son territoire.

Face à ce refus malien, la délégation française conduite par le secrétaire général du ministère de l’immigration et de l’identité nationale, venue en précurseur, était repartie sur la pointe des pieds rejoindre à Ouagadougou le ministre Brice Hortefeux en tournée ouest africaine.

Ce dernier niet de Bamako a été (très) mal digéré à Paris. Il fallait faire payer cher cet affront au président malien, qui a été le seul à rejeter le document de Sarkozy. Tous les Maliens se souviennent encore là de la formule de ATT disant qu’il ne relevait pas de son devoir de collaborer à l’expulsion de ses compatriotes immigrés quel que soit leur statut.

<strong>Lutte contre Aqmi : </strong>A son arrivée au pouvoir en 2002, le président Touré était conscient que la question du nord allait occuper une grande partie de son mandat… L’insurrection déclenchée à Kidal le 23 mai 2006 a été un coup de semonce pour le pouvoir. Dès lors, Kidal est rentrée dans un cycle infernal de violences, avec des attaques, des prises d’otages et des tensions interethniques…

Au-delà, le nord du Mali était devenu une zone d’insécurité par excellence où se côtoyaient différents groupes terroristes, djihadistes et mafieux. Une zone où les enlèvements d’Occidentaux se multipliaient. Au centre de ces actes criminels, se trouvait Aqmi. Et l’Elysée avait décidé de mener une guerre par procuration contre cette organisation criminelle. Une guerre que devrait mener le Mali et la Mauritanie. Si la Mauritanie a accepté de jouer le jeu français par l’entremise du président Abdel Aziz, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat et qui cherchait à plaire aux Français, le Mali à l’injonction, en inscrivant son action dans le cadre d’un plaidoyer pour une initiative régionale de lutte contre le terrorisme.

Et la conviction du président malien était : c’est une menace transfrontalière qui nécessite que tous les pays de la bande sahélo-saharienne conjuguent leurs efforts… Cette réflexion de bon sens va aboutir, avec 11 ans de retard, à la création du G5-Sahel ! Face à un Sarkozy qui ne veut que des interlocuteurs couchés, cette attitude de dignité va faire de ATT la seconde cible après Kadhafi. La France mobilise ses espions pour encadrer la rébellion de janvier 2012, met ses médias au service de la propagande du MNLA qui va même proclamer « l’indépendance de l’AZAWAD » sur le plateau de France 24. Elle met aussi à contribution ses alliés du voisinage, le président mauritanien pour le soutien logistique aux rebelles et Blaise Compaoré pour leur parrainage politique. Et pourtant cette rébellion était surtout militairement animée par Ansar Dine de IYAD AGHALI et le MUJAO qui ont été le bras armé d’une lutte prêtée au MNLA sous le bienveillant regard de la France.

Ces forces du mal, utiles à la cause un temps, se révèlent aujourd’hui le cauchemar de la France et la tragédie du Mali et de la sous-région.

<strong>Mohamed Sylla </strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Assassinat du président Modibo Keita : L’ex&#45;dictateur, Moussa Traoré, doit enfin dire toute la vérité</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/assassinat-du-president-modibo-keita-lex-dictateur-moussa-traore-doit-enfin-dire-toute-la-verite-2820426.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 22 May 2019 01:12:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>La Sirène</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Depuis l’instauration de la première République à nos jours, s’il y a un personnage dont l’essentiel des Maliens regrette la disparition, c’est bien l’ex-Président et père de l’indépendance du Mali, Modibo Kéita. La nation entière lui voue un culte. Même les générations n’ayant existé à l’époque de son règne, voient en ce personnage pluridimensionnel, un incommensurable repère politique et moral. Qui a donc ordonné son assassinat, une décennie après son renversement ? L’ex-dictateur fasciste, le Général Moussa Traoré, doit enfin s’imposer le devoir de révéler toute la vérité aux maliens !</strong>

Le 19 novembre 1968, le Président Modibo Kéita se faisait renverser par un de ses puissants chefs de milice gouvernementale, le Lieutenant Moussa Traoré. A son arrestation, le jour du premier putsch de notre histoire et que le mythique père de la nation a voulu sans aucune effusion de sang, Modibo Kéita a été conduit par les hommes du nouvel homme fort du pays, dans les locaux d’une base militaire où, durant environ 3 heures d’horloge, Moussa Traoré et ses complices lui feront violemment pression afin qu’il abandonne définitivement l’option socialiste comme mode de gouvernance au Mali sous peine de renverser son régime et le garder indéfiniment en détention.

Comme réponse, le Président Modibo Kéita leur signifia très nettement qu’il ne pouvait pas, à lui seul, décider de l’abandon de l’option socialiste sans, au préalable, passer par l’adhésion légitime et souveraine du peuple malien. Après des heures d’insistance parfois brutale, la réponse de Modibo Kéita, resta inchangée. C’est alors que, n’ayant autre choix, le Lieutenant Moussa Traoré se rendit instantanément à la radio pour annoncer à l’opinion nationale et internationale, le renversement du régime Modibo Kéita avec la promesse d’organiser des élections libres et transparentes aboutissant à l’instauration d’une nouvelle République.

Ces six mois de Moussa Traoré dureront malheureusement jusqu’à 23 ans de règne sans partage, mettant ainsi à l’eau, tous les acquis politiques et sociaux forgés par un Président extraordinairement visionnaire dont la nation malienne continue de pleurer la mémoire. Qui étaient donc ceux-là dont l’option socialiste tant prônée par Modibo Kéita, menaçait les intérêts ? Qui étaient les vrais commanditaires de l’œuvre subversive du Général Moussa Traoré contre le régime socialiste de Modibo Kéita quand on sait également qu’il était farouchement opposé à l’adoption du franc CFA ? 10 ans après le renversement de la première République et que le Président déchu, Modibo Kéita, a passée dans d’affreuses conditions de détention, par qui et pourquoi son assassinat a été ordonné ?

Voici une panoplie de questions pertinentes dont seul le vieux dictateur peut et doit s’imposer le devoir de répondre, en vue de soulager la brûlante aspiration de millions de maliens à la vérité. En clair, avant l’appel de la tombe, le Général Moussa Traoré doit s’imposer l’ultime responsabilité historique de révéler toute la vérité au peuple malien sur le renversement ainsi que l’assassinat prémédité de l’ex-Président, Modibo Kéita. Ce devoir de vérité du Général Moussa Traoré, pourrait aussi s’apparenter à une volonté d’apaiser d’insoutenables amertumes infligées au peuple malien par sa longue et fascisante dictature, causant des décennies de retard. Moussa doit enfin dire la vérité !

<strong>Modibo Kane DIALLO                            </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables: Amadou Toumani Touré, Président du CTSP</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-amadou-toumani-toure-president-du-ctsp-2809611.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 19 Mar 2019 01:25:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[« Depuis que Moussa Traoré est tombé, nous assistons à une prolifération d’hommes braves ».

<strong>Feu Me Demba Diallo </strong>

« Aujourd’hui, Moussa Traoré peut se targuer d’avoir été trop bien traité par rapport à ce qu’il a réservé à ses adversaires et même à ses amis, morts dans les conditions que l’on sait à Taoudénit ».

<strong>Professeur Yoro Diakité</strong>

« Les objectifs essentiels immédiats du 26 mars étaient l’instauration du multipartisme intégral et de la liberté pour les gouvernés de choisir leurs gouvernants. Ceux-ci ont été atteints. Mais, l’espoir populaire attendait un mieux vivre et surtout devenir maître de sa propre histoire. De cela, nous en sommes loin ».

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (8 Juin 1992) </strong>

<em>« Le gouvernement de la République n’a pas le droit de tricher avec notre peuple en s’engageant sur la voie des promesses faciles qu’il ne pourra tenir. Il devra cependant jouer les règles de la rigueur, de la bonne gestion, de la transparence, de la solidarité et de la justice ».</em>

<strong><em> </em>Oumar Mariko, Secrétaire général SADI (1998)</strong>

« J’entends des gens dire, si Moussa Traoré avait, c’est-à-dire accepté l’ouverture démocratique, le 26 Mars n’aurait pas eu lieu. Une chose est sûre. Ceux qui le disent, n’ont pas compris qui soutenait le mouvement estudiantin ».

&nbsp;
<h2>Adam Thiam, chroniqueur journal Le Républicain 1999</h2>
« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et que, quelle que grande que soit la distance jusqu’au Paradis, la descente aux Enfers du pays est bien finie ».
<h1>Général Moussa Traoré, (ex-chef de l’Etat) 1999</h1>
« Au procès crimes politiques, on n’a pas pu démontrer que j’ai donné l’ordre de tirer sur la foule et au procès pour crimes économiques, on n’a trouvé nulle part la trace des prétendus milliards de dollars que j’aurais détournés ».
<h2>Ibrahim Traoré, Directeur de Publication Le Républicain (Mai 1999)</h2>
<em>« Qu’on l’aime, qu’on le haïsse, importe peu. Le Président Alpha Oumar Konaré, au cours de son mandat, a fait preuve d’une humilité déconcertante et d’un sens de l’Etat dont on trouverait difficilement la réplique ailleurs sur le continent ».</em>
<h1>Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999</h1>
« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu.

Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </strong>

<em>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</em>

<strong>Bakary Karembé, ancien Secrétaire général de l’UNTM (Mai 2000)</strong>

« Moussa Traoré avait presque accepté de démettre le gouvernement, proposant en sourdine des portefeuilles aux plus affamés d’entre nous. Histoire d’aiguiser l’appétit ! Nous avons dit « non » sachant bien que certains étaient bien tentés ».

<strong>Rassemblés par </strong>

<strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables : hierno Hady Thiam (prêcheur) 1999</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-hierno-hady-thiam-precheur-1999-2807709.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2018/01/Thierno-Hady-Thiam-1.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Mon, 11 Mar 2019 11:21:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu. Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

<strong>Tiébilé Dramé, Secrétaire Général du Parena (Mars 1996)</strong>

<em>"Quand on a été torturé ensemble, quand on a partagé les mêmes cellules de détention, qu’on ait fait partie des mêmes convois de déportation, d’exil intérieur, il est normal qu’on soit du même côté."</em>

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Mars 1996)</strong>

<em>"La grosse erreur a été de faire croire que la démocratie peut tout régler comme par un coup de baguette magique. Une démocratie se bâtit lentement avec des hommes et des femmes qui y adhèrent et auxquels, il faut donner toutes les explications qui s’imposent."</em>

<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </strong>

<em>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</em>

<strong>Adame Bâ Konaré, première Dame du Mali (Mars 2001)</strong>

<em>"Moi-même, je sais que les dossiers de justice, malheureusement, ne sont toujours pas rendus à la satisfaction des femmes. J’enrage, moi-même, de voir que les femmes sont les souffre-douleurs dans les foyers par rapport aux lois."</em>

<strong>Issé Doucouré, (avril 2001)</strong>

<em>"Les nouvelles générations sont venues au syndicalisme, parce qu’il y a des grands parleurs. Et le peuple ne croit qu’à celui qui crie haut. </em>

<em>Ils n’ont aucune formation, aucune expérience. Ils sont uniquement guidés par le profit. C’est pourquoi aujourd’hui, l’UNTM n’est que l’ombre d’elle-même".</em>

&nbsp;

Me Demba Diallo

« Aujourd’hui, Moussa Traoré peut se targuer d’avoir été trop bien traité par rapport à ce qu’il a réservé à ses adversaires et même à ses amis, morts dans les conditions que l’on sait à Taoudénit ».

&nbsp;

Professeur Yoro Diakité

« Les objectifs essentiels immédiats du 26 mars étaient l’instauration du multipartisme intégral et de la liberté pour les gouvernés de choisir leurs gouvernants. Ceux-ci ont été atteints. Mais, l’espoir populaire attendait un mieux vivre et surtout devenir maître de sa propre histoire. De cela, nous en sommes loin ».

&nbsp;

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (8 Juin 1992) </strong>

<em>« Le gouvernement de la République n’a pas le droit de tricher avec notre peuple en s’engageant sur la voie des promesses faciles qu’il ne pourra tenir. Il devra cependant jouer les règles de la rigueur, de la bonne gestion, de la transparence, de la solidarité et de la justice ».</em>

&nbsp;

Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :

<em>« Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées, le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se</em> <em>plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la difficulté de les attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer ».</em>

<strong><em>Rassemblés par</em></strong>

<strong><em>Boubacar Sankaré</em></strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables : Ibrahim Boubacar Kéïta, Président de la République</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-ibrahim-boubacar-keita-president-de-la-republique-2-2806502.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 04 Mar 2019 17:27:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[‘’Nous nous battons contre le terrorisme, en espérant chaque jour ne pas être poignardés dans le dos, y compris jusque dans les terres les plus insoupçonnées de notre vaste et beau territoire national. Et, chaque fois que tombe un soldat de notre armée nationale ou ceux des nations étrangères venus à notre secours, je me torture la mémoire, des jours durant, à imaginer tout ce que nous aurions pu faire, à cet endroit précis, pour prévenir le fléau, jusqu’à ce qu’il nous tombe dessus, ailleurs.

Mais nous avons, aussi, la lucidité de ne jamais oublier que le fléau auquel nous sommes confrontés est une armée invisible, dont les membres se cachent parfois parmi nous, dans nos propres ruelles, dans la maison d’à côté. D’où la nécessité d’être vigilants, pour ne pas avoir à regretter d’avoir oublié de signaler des allées et venues suspectes, sous nos yeux.

Vous ne pouvez imaginer à quel point sont tenaces, les remords, lorsque, après un attentat terroriste, l’on se rend compte que l’on aurait pu aider à épargner cinq, vingt, cinquante vies !

Je ne vous invite pas à trahir vos familles, non ! Je vous invite à protéger la nation, tout le peuple de ce pays.

Nos enfants égarés doivent – peuvent – être sauvés de cette perdition qui met leurs propres vies en danger. Aidez-les ! Aidez-nous ! Aidez la nation, je vous en conjure !

Est-on, après tout, moins coupable que les poseurs de bombes, lorsque l’on sait, et que l’on n’a rien fait ?

Dans certains pays affectés par le terrorisme, justement, l’on a coutume de dire que les personnes qui savent et ont laissé faire feraient tout aussi bien d’aller elles-mêmes poser les bombes. Car dénoncer un acte de terrorisme qui se prépare, attirer l’attention des autorités sur les agissements d’une personne qui se laisse entraîner vers des aventures criminelles n’est tout juste qu’un devoir citoyen. Si vous n’êtes pas touché personnellement, si aucun membre de votre famille n’a encore jamais été victime d’un acte de terrorisme, c’est que vous êtes tout simplement chanceux. Car, au regard de l’aveuglement de ces tueurs froids, chaque citoyen de ce pays, chaque personne vivant dans ce pays peut, un jour ou l’autre, se retrouver sous leurs bombes ou près de leurs engins explosifs.’’]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Décès du  professeur écrivain Ibrahima Ly : L’ancien président Alpha Oumar Konaré lui rend un hommage mérité</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/deces-du-professeur-ecrivain-ibrahima-ly-lancien-president-alpha-oumar-konare-lui-rend-un-hommage-merite-2805492.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/deces-du-professeur-ecrivain-ibrahima-ly-lancien-president-alpha-oumar-konare-lui-rend-un-hommage-merite-2805492.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 28 Feb 2019 01:08:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Nous vous proposons l’hommage que lui avait rendu en 1989 celui qu’il ‘’tenait dans les bras tout petit’’ : Alpha Oumar Konaré.

(Enseignant, militant et leader progressiste, Ibrahima Ly a été emprisonné pendant plusieurs années pour des raisons politiques. Il est décédé après sa libération à la suite de mauvaises conditions de détention.) J’ai revu Ibrahima pour la dernière fois en octobre dernier, dans la banlieue parisienne, à Saint-Denis un dimanche après-midi. Je devais le rencontrer la veille, mais à l’heure du contact pour confirmation, le téléphone sonna à plusieurs reprises puis, au bout, un murmure, presque un râle. Je raccrochai, inquiet. Quand je le vis le lendemain, on en rit bien, tout cela était trop compliqué pour le Bamanan que je suis ; Ibrahima faisait tout simplement son «wirde1 ». J’avais été très inquiet car depuis plus d’un an je n’avais pas revu Ibrahima ; je le savais malade. J’appréhendais donc avec anxiété le moment de notre rencontre.

Je revis le même visage empreint de douceur, traversé parfois d’une dureté douce que je lui connaissais depuis plus de quarante ans. Il aimait à me rappeler qu’il m’avait tenu dans les bras tout petit, dans ma famille qu’il avait adoptée et qui l’avait adopté. En fait, il n’a jamais cessé de voir en moi ce bébé, me témoignant la même affection, la même tendresse. Yaya… C’est à travers nos silhouettes grandissantes qu’Ibrahima devait mesurer l’avancée du temps, tant lui-même paraissait rester le même.

Je n’avais pas vu Ibrahima depuis des mois, de longs mois pendant lesquels mes passages à Dakar perdaient de leur signification. Grimper l’escalier de la fac de sciences, arpenter les couloirs et frapper à la porte de ce bureau de l’exil, de ce coin de liberté, étaient pour moi un nécessaire rituel, un baume indispensable. Je me situais ainsi toujours dans le Mali éternel, ce qu’il a de pérenne dans le travail, dans la conscience, dans la peine, le sacrifice, dans la raison d’être.

Ce dimanche d’octobre, Ibrahima lui-même m’ouvrit la porte. Nous nous étreignîmes fortement, lui avec le même sourire, la même discrète timidité. Son physique trichait avec lui: la même fraîcheur de corps, un corps poli, de belle taille, qui accentuait la séduction de l’homme. Ibrahima avait cependant le pas lourd ; la nuque était un peu raide ; il se laissa aller dans le divan. Il se tourna vers moi, rayonnant, mais davantage du bonheur de me voir que du fait d’un réconfort physique. Depuis des semaines, à paris, il était cloué au lit. La veille, il n’aurait pas pu me recevoir ainsi tant il se sentait mal. (Merci, mon Dieu! Mille fois merci ! Qu’Ibrahima, pendant plus d’une heure, une heure inoubliable, une heure étalon, ait conversé avec moi, oubliant son mal, et moi lui parlant hors du temps comme à Dakar deux ans auparavant, comme à Bamako presque vingt-cinq ans avant, quand il était un de nos directeurs à l’École normale supérieure, comme à Kayes trente ans plus tôt, quand il était l’étudiant distingué, racé !…) En ces instants de conversation, nous étions sans âge. Nous avions le même âge. Nous étions de la même génération, la génération du sacrifice, de la semence qui portera, après que les premiers labours auront été retournés.

&nbsp;

Cependant la souffrance était en lui. Il l’avait domptée ; elle lui était familière. Je l’ai su parce qu’Ibrahima me l’a dit: «Alpha, tu ne peux savoir comme j’ai souffert ; je n’aurais jamais cru qu’un homme pouvait souffrir autant… » – Pour qu’Ibrahima me parle ainsi… le revenant des bagnes, le torodo… – « Mon Dieu, seule la foi en toi, la volonté d’être ton image, la volonté d’être avec les autres “esclaves”, comme eux, pour eux, aide à transcender les souffrances », m’a-t-il murmuré. Nous parlions ainsi pour mieux percer les mystères de la vie, l’homme en quête de l’homme, l’homme en quête de Dieu. Durs moments où il ne fallait pas se fixer sur la mort, où il fallait tout noyer dans la vie, où Ibrahima, bien que percé par le doute, finissait par se projeter au loin : ce livre à terminer, cette visite à faire aux parents au Mali, à Kayes…

&nbsp;

La souffrance du pays, l’amour du pays faisaient marcher Ibrahima. En  temps, les maux qui le ruinaient, c’étaient les séquelles des tortures physiques et morales, c’était l’éloignement du Mali, c’étaient toutes ces «victimes» qui lui paraissaient consentantes, complices… C’étaient les hommes et les femmes qui lui paraissaient damnés tant il ne comprenait pas, n’admettait pas que se courbent ou rampent les « marcheurs ». Il fallait rompre, d’où l’idée de la nécessaire rupture pour avancer. Jusque dans les tripes il ressentait le besoin pour une nouvelle Afrique de nouveaux hommes. Au cours de la marche, il nous est parfois arrivé de ne pas être sur la même ligne. J’ai pu apprécier son sens du respect des autres, sa grande politesse, le raffinement de sa pensée, sa tolérance. Et jamais sa confiance ne nous a fait défaut. Il entendait laisser à chacun sa part de liberté et de responsabilité. Il avait cessé de croire aux détenteurs de vérité absolue. Il paraissait plus que jamais disposé à occuper tout rang à lui désigné dans l’action.

&nbsp;

Avec quelle nostalgie ce dimanche avons-nous déroulé ensemble le passé! Les vieux maîtres, dont mon père, ses amis, mes frères comme lui que nous admirions, à cause de leur fougue, de leur virtuosité, de leur intelligence. Mathématicien, cet Ibrahima! «Secré. gé.», cet Ibrahima! Le verbe sec! La vérité non enturbannée qui ne cherche pas à plaire, qui défie même.

&nbsp;

Kayes la ville, Kayes N’Di, le village dans la ville ! En ces instants, il en avait un besoin physique. Il humait, voulait respirer Kayes comme de l’air pur.

&nbsp;

18 h 20 mn. Déjà une heure que j’étais là. Le temps passait ; Ibrahima se mouvait sur le canapé, bougeait difficilement. Nous ne fûmes dérangés que deux fois. Le départ d’une nièce, Dolo, à mon arrivée ; l’entrée de Hassimi, un fils d’Ibrahima – avec lui, les enfants d’Ibrahima firent irruption dans la conversation : les « fruits » tels que les voulait le jardinier, « prometteurs », « juteux », « doux ». On parla de la « jardinière », l’épouse attendue dans les jours à venir en provenance de Dakar pour aller ensemble en Italie, grâce surtout à Niang Souleymane dont il me dit beaucoup de bien, avec reconnaissance. Vivre Ibrahima, vivre avec Ibrahima, une chance pour Madina ! Conduire Ibrahima au terme de sa vie, le savoir, l’accepter pour lui, se savoir héritière, vivre le deuil quotidiennement, se savoir incapable de l’éloigner, le transformer en une vie sans fin, c’est ce qu’a fait Madina. Ibrahima avait accepté de l’en investir et le vivait. Dans cette maison de Saint-Denis respirait la camaraderie, l’amitié ; l’hôtesse était très attentive. Elle était heureuse de voir Ibrahima sourire, bavarder et rire. Ceci n’était un privilège que pour ceux qui se donnaient « la peine » et la patience d’écouter Ibrahima, de percer sa simplicité. Cette simplicité pouvait prendre des allures de fierté, qui ne pouvait s’expliquer que par l’intransigeance de l’homme.

&nbsp;

J’ai dû me lever brusquement, « à la manière maure », pour laisser Ibrahima se reposer. Il prit mon adresse avec la promesse de m’écrire une fois en Italie. Il me raccompagna à la porte, l’ouvrit, sortit dans le couloir, resta avec moi jusqu’à l’arrivée de l’ascenseur. Il me serra dans ses longs bras ; je me crus encore jeune comme plus de quarante ans auparavant. Nous nous sommes promis de ne plus jamais rester si longtemps sans nous donner de nouvelles. Nous nous comprenions parfaitement : nous n’étions plus sûrs de nous revoir, nous gardions chacun l’espoir de nous revoir.

&nbsp;

Nous nous donnâmes « au revoir », et Ibrahima de me dire avec confiance et certitude sa foi dans l’avenir du pays : « je regrette, me dit-il, de ne pouvoir faire plus, de n’avoir pas pu faire certaines choses ! » J’ai compris Ibrahima. Je lui rappelai sa grande contribution à travers ses témoignages, dans ses livres, et plus que toute sa vie de militant et l’exemple de rigueur qu’il incarnait. J’ai fermé l’ascenseur, amorcé la descente. Ibrahima me regardait d’en haut ; je le cherchais d’en bas. Il ne cessait de me regarder, je ne cessais de le voir. Saint-Denis, paris, Bamako… Ibrahima ne me quittait plus. Le 1er février 1989 à 11 heures, j’apprenais le décès d’Ibrahima. Un calme profond me mit en mouvement. Nous étions en pleine réunion sur le développement endogène. Nous avons décidé de continuer nos travaux.

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Aucune larme n’était bonne à verser pour étancher notre soif d’Ibrahima. Ce qui nous unissait à Ibrahima, la lutte, était plus fort que la mort.

Je fus soulagé d’apprendre que son corps devait reposer à Kayes. Son besoin de Kayes allait être satisfait pour l’éternité. Ce voyage du grand retour par un train du Dakar-Niger, il l’a fait sans moi. Je suis resté à mon poste comme d’autres, comme le lui aurait fait. Nous avons vécu dans notre chair chaque instant du retour d’Ibrahima, un homme de fidélité. Diarama, Ly. Tu resteras toujours. Nous préparerons l’émergence de solidarités nouvelles pour provoquer les indispensables ruptures. Le devoir de génération sera accompli.

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<strong>Alpha Omar Konaré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Hommage à Ibrahima Ly (1936&#45;1989) : Il y a 30 ans s’en allait une étoile</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/hommage-a-ibrahima-ly-1936-1989-il-y-a-30-ans-sen-allait-une-etoile-2-2804054.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 21 Feb 2019 00:29:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em><strong>Révolutionnaire de première heure, Ibrahima Ly aura vécu l’enfer des geôles du Camp Para, et de Niono (1974- 1978) pour la simple diffusion d’un tract en faveur de la démocratie.</strong></em>

<em><strong>Avant sa mort le 1<sup>er</sup> février 1989, l’homme avait dans son roman « Toiles D’araignée », témoigné de l’horreur des prisons de la dictature militaire de GMT.</strong></em>

<em><strong>Nous vous proposons l’hommage que lui avait rendu en 1989 celui   qu’il ‘’tenait dans les bras tout petit’’ : Alpha Oumar Konaré.</strong></em>

<strong>Ces instants de vie avec Ibrahima.</strong>

<strong>Bamako (Mali), 1989</strong>

<strong> </strong>(Enseignant, militant et leader progressiste, Ibrahima Ly a été emprisonné pendant plusieurs années pour des raisons politiques. Il est décédé après sa libération à la suite de mauvaises conditions de détention.) J’ai revu Ibrahima pour la dernière fois en octobre dernier, dans la banlieue parisienne, à Saint-Denis un dimanche après-midi. Je devais le rencontrer la veille, mais à l’heure du contact pour confirmation, le téléphone sonna à plusieurs reprises puis, au bout, un murmure, presque un râle. Je raccrochai, inquiet. Quand je le vis le lendemain, on en rit bien, tout cela était trop compliqué pour le Bamanan que je suis ; Ibrahima faisait tout simplement son «wirde1 ». J’avais été très inquiet car depuis plus d’un an je n’avais pas revu Ibrahima ; je le savais malade. J’appréhendais donc avec anxiété le moment de notre rencontre.

Je revis le même visage empreint de douceur, traversé parfois d’une dureté douce que je lui connaissais depuis plus de quarante ans. Il aimait à me rappeler qu’il m’avait tenu dans les bras tout petit, dans ma famille qu’il avait adoptée et qui l’avait adopté. En fait, il n’a jamais cessé de voir en moi ce bébé, me témoignant la même affection, la même tendresse. Yaya… C’est à travers nos silhouettes grandissantes qu’Ibrahima devait mesurer l’avancée du temps, tant lui-même paraissait rester le même.

Je n’avais pas vu Ibrahima depuis des mois, de longs mois pendant lesquels mes passages à Dakar perdaient de leur signification. Grimper l’escalier de la fac de sciences, arpenter les couloirs et frapper à la porte de ce bureau de l’exil, de ce coin de liberté, étaient pour moi un nécessaire rituel, un baume indispensable. Je me situais ainsi toujours dans le Mali éternel, ce qu’il a de pérenne dans le travail, dans la conscience, dans la peine, le sacrifice, dans la raison d’être.

Ce dimanche d’octobre, Ibrahima lui-même m’ouvrit la porte. Nous nous étreignîmes fortement, lui avec le même sourire, la même discrète timidité. Son physique trichait avec lui: la même fraîcheur de corps, un corps poli, de belle taille, qui accentuait la séduction de l’homme. Ibrahima avait cependant le pas lourd ; la nuque était un peu raide ; il se laissa aller dans le divan. Il se tourna vers moi, rayonnant, mais davantage du bonheur de me voir que du fait d’un réconfort physique. Depuis des semaines, à paris, il était cloué au lit. La veille, il n’aurait pas pu me recevoir ainsi tant il se sentait mal. (Merci, mon Dieu! Mille fois merci ! Qu’Ibrahima, pendant plus d’une heure, une heure inoubliable, une heure étalon, ait conversé avec moi, oubliant son mal, et moi lui parlant hors du temps comme à Dakar deux ans auparavant, comme à Bamako presque vingt-cinq ans avant, quand il était un de nos directeurs à l’École normale supérieure, comme à Kayes trente ans plus tôt, quand il était l’étudiant distingué, racé !…) En ces instants de conversation, nous étions sans âge. Nous avions le même âge. Nous étions de la même génération, la génération du sacrifice, de la semence qui portera, après que les premiers labours auront été retournés.

Cependant la souffrance était en lui. Il l’avait domptée ; elle lui était familière. Je l’ai su parce qu’Ibrahima me l’a dit: «Alpha, tu ne peux savoir comme j’ai souffert ; je n’aurais jamais cru qu’un homme pouvait souffrir autant… » – Pour qu’Ibrahima me parle ainsi… le revenant des bagnes, le torodo… – « Mon Dieu, seule la foi en toi, la volonté d’être ton image, la volonté d’être avec les autres “esclaves”, comme eux, pour eux, aide à transcender les souffrances », m’a-t-il murmuré. Nous parlions ainsi pour mieux percer les mystères de la vie, l’homme en quête de l’homme, l’homme en quête de Dieu. Durs moments où il ne fallait pas se fixer sur la mort, où il fallait tout noyer dans la vie, où Ibrahima, bien que percé par le doute, finissait par se projeter au loin : ce livre à terminer, cette visite à faire aux parents au Mali, à Kayes…

La souffrance du pays, l’amour du pays faisaient marcher Ibrahima. En  temps, les maux qui le ruinaient, c’étaient les séquelles des tortures physiques et morales, c’était l’éloignement du Mali, c’étaient toutes ces «victimes» qui lui paraissaient consentantes, complices… C’étaient les hommes et les femmes qui lui paraissaient damnés tant il ne comprenait pas, n’admettait pas que se courbent ou rampent les « marcheurs ». Il fallait rompre, d’où l’idée de la nécessaire rupture pour avancer. Jusque dans les tripes il ressentait le besoin pour une nouvelle Afrique de nouveaux hommes. Au cours de la marche, il nous est parfois arrivé de ne pas être sur la même ligne. J’ai pu apprécier son sens du respect des autres, sa grande politesse, le raffinement de sa pensée, sa tolérance. Et jamais sa confiance ne nous a fait défaut. Il entendait laisser à chacun sa part de liberté et de responsabilité. Il avait cessé de croire aux détenteurs de vérité absolue. Il paraissait plus que jamais disposé à occuper tout rang à lui désigné dans l’action.

Avec quelle nostalgie ce dimanche avons-nous déroulé ensemble le passé! Les vieux maîtres, dont mon père, ses amis, mes frères comme lui que nous admirions, à cause de leur fougue, de leur virtuosité, de leur intelligence. Mathématicien, cet Ibrahima! «Secré. gé.», cet Ibrahima! Le verbe sec! La vérité non enturbannée qui ne cherche pas à plaire, qui défie même.

Kayes la ville, Kayes N’Di, le village dans la ville ! En ces instants, il en avait un besoin physique. Il humait, voulait respirer Kayes comme de l’air pur.

18 h 20 mn. Déjà une heure que j’étais là. Le temps passait ; Ibrahima se mouvait sur le canapé, bougeait difficilement. Nous ne fûmes dérangés que deux fois. Le départ d’une nièce, Dolo, à mon arrivée ; l’entrée de Hassimi, un fils d’Ibrahima – avec lui, les enfants d’Ibrahima firent irruption dans la conversation : les « fruits » tels que les voulait le jardinier, « prometteurs », « juteux », « doux ». On parla de la « jardinière », l’épouse attendue dans les jours à venir en provenance de Dakar pour aller ensemble en Italie, grâce surtout à Niang Souleymane dont il me dit beaucoup de bien, avec reconnaissance. Vivre Ibrahima, vivre avec Ibrahima, une chance pour Madina ! Conduire Ibrahima au terme de sa vie, le savoir, l’accepter pour lui, se savoir héritière, vivre le deuil quotidiennement, se savoir incapable de l’éloigner, le transformer en une vie sans fin, c’est ce qu’a fait Madina. Ibrahima avait accepté de l’en investir et le vivait. Dans cette maison de Saint-Denis respirait la camaraderie, l’amitié ; l’hôtesse était très attentive. Elle était heureuse de voir Ibrahima sourire, bavarder et rire. Ceci n’était un privilège que pour ceux qui se donnaient « la peine » et la patience d’écouter Ibrahima, de percer sa simplicité. Cette simplicité pouvait prendre des allures de fierté, qui ne pouvait s’expliquer que par l’intransigeance de l’homme.

J’ai dû me lever brusquement, « à la manière maure », pour laisser Ibrahima se reposer. Il prit mon adresse avec la promesse de m’écrire une fois en Italie. Il me raccompagna à la porte, l’ouvrit, sortit dans le couloir, resta avec moi jusqu’à l’arrivée de l’ascenseur. Il me serra dans ses longs bras ; je me crus encore jeune comme plus de quarante ans auparavant. Nous nous sommes promis de ne plus jamais rester si longtemps sans nous donner de nouvelles. Nous nous comprenions parfaitement : nous n’étions plus sûrs de nous revoir, nous gardions chacun l’espoir de nous revoir.

Nous nous donnâmes « au revoir », et Ibrahima de me dire avec confiance et certitude sa foi dans l’avenir du pays : « je regrette, me dit-il, de ne pouvoir faire plus, de n’avoir pas pu faire certaines choses ! » J’ai compris Ibrahima. Je lui rappelai sa grande contribution à travers ses témoignages, dans ses livres, et plus que toute sa vie de militant et l’exemple de rigueur qu’il incarnait. J’ai fermé l’ascenseur, amorcé la descente. Ibrahima me regardait d’en haut ; je le cherchais d’en bas. Il ne cessait de me regarder, je ne cessais de le voir. Saint-Denis, paris, Bamako… Ibrahima ne me quittait plus. Le 1<sup>er</sup> février 1989 à 11 heures, j’apprenais le décès d’Ibrahima. Un calme profond me mit en mouvement. Nous étions en pleine réunion sur le développement endogène. Nous avons décidé de continuer nos travaux.

Aucune larme n’était bonne à verser pour étancher notre soif d’Ibrahima. Ce qui nous unissait à Ibrahima, la lutte, était plus fort que la mort.

Je fus soulagé d’apprendre que son corps devait reposer à Kayes. Son besoin de Kayes allait être satisfait pour l’éternité. Ce voyage du grand retour par un train du Dakar-Niger, il l’a fait sans moi. Je suis resté à mon poste comme d’autres, comme le lui aurait fait. Nous avons vécu dans notre chair chaque instant du retour d’Ibrahima, un homme de fidélité. Diarama, Ly. Tu resteras toujours. Nous préparerons l’émergence de solidarités nouvelles pour provoquer les indispensables ruptures. Le devoir de génération sera accompli.

<strong>Alpha Omar Konaré</strong>

<strong>« La bataille du Souvenir »  Cauris livres.</strong>

<strong>Site internet : http : //www.caurislivres.com/</strong>

<strong>La Bataille du Souvenir.</strong>

<strong>Le 26 Mars</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Cheikh Anta Diop dans l&amp;apos;oubliette au Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/cheikh-anta-diop-dans-loubliette-au-mali-2802333.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 13 Feb 2019 00:45:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reporter</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Que le 7 février ne soit pas férié peut être compris mais que nul part au Mali, aucune conférence publique n'est organisée (même pas au lycée portant son nom) est la preuve tangible que nos consciences souffrent de soif de vérité sur notre passé. Un adage Africain ne dit il pas que celui qui ne sait pas d'où il vient ne saura où  il va ! L'année dernière avec les membres de l'Association que je dirigeais la Voie Panafricaine ( V.P ) nous avons distribué des centaines de tracts aux étudiants des sciences humaines et sociales pour les  orienter vers la pensée du plus grand savant noir de tous les temps. En ce jour commémoratif de sa disparition, il est important de rappeler à tous que CAD est celui qui a défendu que l'Afrique est le berceau de l'humanité (40 ans avant les découvertes qui l'ont confirmé). C'EST aussi lui qui a démontré à plus b que c'est l'Afrique à travers l'Égypte antique qui a civilisé le monde,que c'est nous aujourd'hui maltraiter et insulter qui avons par le passé dirigé le monde et inventé les sciences,la philosophie et les mathématiques. C'est aussi grâce à ce brillant intellectuel qu'on doit l'étude claire et limpide des systèmes de gouvernance purement Africain développés par des grandes figures historiques du Mali : Soundjata, Kankou, Soni et Askia Mohamed, pour ne citer que ceux-là. C'est aussi lui qui a défendu que l'enseignement de tout  dans nos langues est possible en traduisant en wolof la théorie de la relativité (théorie de la bombe Atomique). CAD est un modèle et une source d'inspiration car il est très différent de nos pseudos intellectuels actuels. Après sa mention honorable en doctorat,il est rentré directement en Afrique où il n'a cessé de partager sa connaissance malgré les énormes difficultés auxquelles il était confronté.CAD est aussi un homme politique exemplaire, il a défendu sa position de panafricain,de démocrate et de républicain en restant droit dans ses choix politiques. Malgré la violence dont il était victime, la prison , les nombreuses interdictions,la dissolution à trois reprises de ses partis politiques. En 1984,il a refusé de siéger à l'Assemblée nationale pour contester les résultats frauduleux. Dort en paix mon maître , je reviendrai sur ta tombe comme promis avec ma femme.

<strong>Issou Bengaly </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Coup d’état du 19 novembre 1968 contre Modibo Keita :  Voilà 50 ans que le Mali est tombé !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/coup-detat-du-19-novembre-1968-contre-modibo-keita-voila-50-ans-que-le-mali-est-tombe-2788431.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 19 Nov 2018 11:18:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Frantz Fanon avait coutume de dire: «<em>Chaque génération, dans une relative opacité, doit découvrir sa mission et la remplir ou la trahir.»</em> Il importe de rappeler que mardi le 19 novembre 1968, un groupe de sous-officiers de l’armée malienne dirigé par le lieutenant Moussa Traoré, alors instructeur de la milice populaire du Mali, a donné un coup d’arrêt au régime nationaliste du président Modibo Keïta.</strong>

La junte militaire a pris le nom de Comité militaire de libération nationale (CMLN). Elle s’était donnée pour tâcher de ‘’<strong>libérer</strong>’’ la nation malienne. Mais de quoi ? Elle n’en dit mot. Cette tâche, comme le peuple sait aujourd’hui, était de la calomnie, du mensonge assourdissant à l’encontre du régime populaire de Modibo Keïta et donc contre le peuple travailleur du Mali.

Dans son illustre ouvrage de première main intitulé<strong> ‘</strong>’Le chemin de l’honneur’’, le célèbre prisonnier du bagne de Taoudéni, le sieur Guédiouma Samaké a écrit: «Libération nationale: libérer une nation, un peuple, c’est délivrer cette nation, ce peuple de la servitude, de l’esclavage. Mais au Mali, qui avait asservi le peuple pour qu’on parle de libération nationale ?

Nous savons toutefois que le Soudan français a subi toutes sortes d’humiliations, que nos grands-parents et nos parents ont supporté une longue période de souffrance morale et physique depuis les paniers de latérite en passant par les fournitures d’œufs de poulets, de mil, de caoutchouc et même de jeunes filles au commandant blanc et à son garde. C’était à cette époque que le mot libération se justifiait; mais pas au moment où les hommes qui, grâce à leur opiniâtreté, au prix de toutes sortes de sacrifices, ont rendu au peuple sa dignité.

<em>De 1960 au 19 novembre 1968,</em> on peut noter des erreurs politiques, mais dire que le peuple a été asservi relève de la pure calomnie, de la pure ignominie.»

Les putschistes de 68 ont justifié leur forfait d’apatride par le besoin de «<strong>redresser</strong>» l’économie nationale du Mali. Mais ce n’était là qu’une poudre aux yeux des aveugles. Leur gage était unique: se servir du pays au lieu de le servir comme en témoignent ces propos d’un sbire du CMLN, tortionnaire et bourreau du prisonnier Guédiouma Samaké (rapporté par celui-ci sorti du bagne).

Ce sbire disait contre le régime nationaliste de Modibo Keïta: «Le système politique en place n’est pas bon. Plus de socialisme, plus de cours d’idéologie:

<strong>- Il faut libéraliser le commerce car il n’y a plus de pièces de rechange pour les voitures.</strong>

- Le salaire d’un lieutenant était de l’ordre de 80 000 francs maliens. Pour les autres, cela est admissible, mais pour un lieutenant, responsable national, c’est peu, très peu pour faire face aux petites réceptions souvent organisées à l’intention des amis dont le nombre allait croissant journellement. C’est que lorsqu’on accède à une échelle sociale aussi élevée, les courtisans ne manquent pas. Des primes spéciales seront donc instituées pour satisfaire ses besoins nouveaux même si on a clamé partout que les caisses de l’Etat sont vides.

<em>- Le logement du lieutenant aussi ne convient plus car trop exigu pour contenir tout ce monde.»</em>

A partir de ces propos pour le moins dérobant, il est aisé de rendre à l’évidence que le Comité militaire de libération nationale n’avait que faire du mieux-être du peuple au nom duquel il a prétendu faire le coup de force contre le régime nationaliste de Modibo Keïta.

En disant qu’il faut libéraliser le commerce, le CMLN entendait ainsi instaurer dans notre pays le pouvoir de l’argent aux dépens de la qualité des ressources humaines car cette libéralisation a été l’occasion pour les hommes du sérail de la junte de se faire fortunes illicites en se constituant en bourgeoisie compradore qui ne jure que par l’enrichissement illicite sur le dos des masses travailleuses.

En rappelant que le salaire d’un lieutenant était de <strong>80 000 francs maliens</strong> sous Modibo Keïta, cette sangsue du CMLN a fini de dévoiler que leur ambition, en décidant de faire leur coup d’Etat, n’était ni plus ni moins que de profiter de l’occasion pour se faire les poches au détriment des autres maliens et donc aussi des militaires subalternes.

Aussi, ce coup d’Etat apatride et assassin de tout un peuple était l’occasion rêvée pour ses sous-officiers maliens de se tailler un standing de vie comme des cow-boys foulant au pied les sacrifices consentis par le peuple travailleur du Mali en quête de dignité et de liberté fondées sur une prospérité économique. Dès lors, ce n’était plus étonnant d’entendre dire que le CMLN a trouvé les ‘<strong>’caisses de l’Etat vides’’</strong>.

Mais aucun des quatorze (14) membres du CMLN n’osait prendre sur lui la responsabilité de dire à la face de notre peuple où sont partis <strong>les 300 millions de franc</strong> malien que Modibo Keïta a laissés dans lesdites caisses. Où sont partis les bijoux de l’épouse du président Modibo Keïta ? Que les survivants du CMLN aient le courage et la décence d’esprit d’éclairer la lanterne des Maliens sur ces crimes économiques abominables !

Lorsque le sbire du CMLN estime qu’il faut aux lieutenants des primes spéciales pour que les courtisans de plus en plus mangent à satiété dans les salons meublés de leurs hôtes, il ne pouvait penser à la condition d’un peuple au nom duquel les putschistes ont commis leur forfaiture.

Au lieu de s’occuper d’un toit décent pour chaque Malien, l’ambition non avouable du CMLN était de se partager le gâteau Mali.

On peut simplement retenir du Comité militaire de libération nationale (CMLN) que c’était une mafia organisée pour spolier le peuple travailleur du Mali.

La suite n’a échappé à personne: en lieu et place de la défense des intérêts matériels et moraux des masses laborieuses de notre pays, le CMLN a semé les graines de l’affairisme, de la gabegie, de la surfacturation, de la corruption, du népotisme, de la concussion, des détournements de deniers publics.

Le constat est amer. Pendant les dix (10) premières années de pouvoir du CMLN, ces acteurs tapis dans l’ombre de Moussa Traoré ont travaillé à imposer un vide politique pour que les Maliens cessent de réfléchir politiquement.

Pendant ce temps, sur un fond de répression militaire, le Mali devenait un no man’s land politique laissant la place à la pratique du chacun pour soi et le diable pour tous.

Pour instituer une farce politicienne, Moussa Traoré a mis au point son parti unique dénommé Union démocratique du peuple malien (UDPM). C’était à l’issue de son fameux congrès constitutif des 29, 30 et 31 mars 1979. Un parti politique mort-né a vu le jour dans le pays de Modibo Keïta avec à son actif la deuxième République. Celle-ci a pendant vingt-deux (22) longues années de dictature sanguinaire, Moussa Traoré avait réussi à réduire au silence le peuple malien. Mais, c’était sans compter avec le sens élevé de celui-ci.

Le président qui a passé vingt-trois ans à réduire les intellectuels au silence ne pouvait saisir à bon escient cette réflexion de Louis Auguste Martin qui disait: «<strong>Le silence d’un peuple n’est qu’un effet de contrainte et non une adhésion volontaire à la servitude; c’est, le plus souvent, le couvre-feu d’une révolte à venir.»</strong>

Dans une farce démocratiste, Moussa Traoré ne manquait pas de dire deux choses: <em>Quand on refuse la parole au peuple, il finit par la prendre. Lorsque la tête pourrie le corps s’étiole (s’adressant aux cadres de son parti et aux responsables de l’administration).</em>

<strong>Le 26 mars 1991</strong>, son peuple, uni au sein du Mouvement ‘’<strong>démocratie</strong>’’ a eu raison de lui. La troisième République est née des cendres de la deuxième. Mais le constat reste accablant: Moussa est parti pour mieux rester. Les hommes et les femmes qui ont grandi à son nombre et sous sa protection se sont emparés des affaires de l’Etat à l’issue d’élections démocratistes bourgeoises.

Les graines de la gabegie, de la corruption, du népotisme, pour ne citer que ces forfaitures, ont germé, grandi et mûri sous la troisième République. Nul doute que la tête qui gouverne le Mali depuis la chute de Moussa Traoré, en 1991, s’est illustrée par la grande pourriture.

La conséquence sur le peuple est connue: il s’étiole aujourd’hui à telle enseigne que le Malien lambda croît de plus en plus que la démocratie signifie la course aux intérêts sordides aux dépens de l’honneur et de la dignité nationale avec comme fondement la probité morale et le sens élevé du devoir bien accompli.

Aujourd’hui donc, il apparait clairement que l’apache régime de Moussa Traoré a fait germer et entretenir toutes les conditions de la déconfiture socioéconomique, politique et culturelle de notre pays.

Que dire donc si ce n’est que le Mali est tombé, depuis le 19 novembre 1968. Cinquante (50) ans après, le Mali souffre d’une grave crise de ressources humaines viables et de la faillite de l’Etat. Comme le dira donc Sony Labou «<strong>Il faut des hommes pour sauver l’avenir.»</strong>

<strong>Fodé KEITA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>19 novembre1968&#45;19 novembre 2018 :  Il y a 50 ans que la soldatesque mettait un coup d’arrêt brutal à la marche progressiste du Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/19-novembre1968-19-novembre-2018-il-y-a-50-ans-que-la-soldatesque-mettait-un-coup-darret-brutal-a-la-marche-progressiste-du-mali-2788433.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 19 Nov 2018 08:31:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Rentrée par effraction dans l’histoire politique de notre pays, la soldatesque du 19 novembre 1968 a sauvagement mis fin à l’ambition des pères de l’indépendance de construire un Mali émergent. Cette malédiction poursuit toujours notre pays dont la destinée est entre les mains des élèves du général Moussa Traoré dont l’un l’a relevé au statut de ‘<em>’grand républicain’’</em>.</strong>

Réalisé au nom du redressement de la situation économique du pays pour, disait-on, donner une bouffée d’oxygène au peuple malien, le coup d’Etat n’a pas tardé à montrer le vrai visage des putschistes qui ne voulaient pas, en réalité, supporter les sacrifices consentis par leurs compatriotes pour l’édification d’un Mali de demain dont le socle était la justice sociale. Quelques heures seulement après la chute du président Modibo Keïta, bonjour les dégâts !

Quand ils ont investi le palais de Koulouba, où se trouvait encore la famille du président Modibo Keïta, ils ont volé l’or de M<sup>me</sup> Keïta Mariam Travélé, épouse du chef de l’Etat. Jusqu’à présent aucune lumière n’a été faite sur cette affaire. Comme si cela ne suffisait pas, ils ont dérobé les biens de l’Etat pour se faire une place de choix auprès de la gent féminine bamakoise.

La tragédie ne s’arrête pas là. Quand ils se sont trahis, en février 1978, des révélations fracassantes ont été faites. Lors du procès crimes économiques, organisé pour juger les auteurs de la tentative du coup d’Etat du 28 février 1978, un élément clé du 19 novembre 1968, le plus en vue d’ailleurs, n’a pas su se contenir.

Il a lâché le morceau: «<strong>Les membres du Comité militaire de libération nationale (CMLN) se sont partagés les 300 millions de Franc malien (FM) qu’ils ont trouvé dans les caisses de l’Etat</strong>». Et pour boucler la boucle, ils ont systématiquement démoli les grandes réalisations faites par la première République pour assurer le bien être de la population malienne.

Cinquante (50) ans après le coup d’Etat du 19 novembre 1968, le Mali ne s’est jamais relevé de cette descente aux enfers. Il a plongé notre pays dans l’obscurantisme, comme si une malédiction qui venait de frapper le peuple malien. Il a mis un arrêt brutal à la marche patriotique et progressiste que Modibo Keïta et ses compagnons avaient initiée pour doter le Mali d’infrastructures adaptées à nos besoins, des réformes dont la finalité était la construction du citoyen de demain. Ils (les putschistes) n’ont épargné aucun secteur de développement dans leur destruction du tissu socioéconomique. A commencer par les ressources humaines.

Arrivés au trône au bout du fusil, les auteurs de la dépravation de nos mœurs se sont acharnés contre l’élite malienne, notamment les enseignants considérés par les putschistes comme ceux qui pouvaient prendre le flambeau de la lutte de Modibo Keïta pour débarrasser le pays de ces hommes aux ambitions démesurées. C’est pourquoi une véritable chasse à l’homme a été organisée contre les opposants au régime militaire qui n’avait aucune assise populaire, sauf la force. Ils (Bakary Pionnier, Modibo Diakité, Adama Samassekou, Ibrahim Ly, Victor Sy, Kary Dembélé, V. Zéro, Yoro Diakité, Komakan Keïta, Nanpaga Otian Koné, Many camara, Mamadou Lamine Traoré, Tiébilé Dramé, Oumar Mariko, etc.) n’ont connu que bastonnade, torture, humiliation, déportation, prison, exil ou assassinat (Abdoul Karim Camara dit Cabral) durant les vingt-trois longues années du règne des officiers subalternes qui avaient pris le pouvoir au nom de la liberté et du redressement économique.

Autre cible de la junte du 19 novembre 1968, l’école. Arrivés au pouvoir sans formation politique et idéologique, les quatorze membres du CMLN ont enterré la Réforme de 1962 qui avait été élaborée par le régime de l’Union Soudanaise-République démocratique africain (US-RDA) pour décoloniser notre école et préparer le citoyen malien à relever les défis du développement et à faire de ce dernier un acteur de son propre développement.

Cette réforme est à l’origine de toutes les grandes écoles du Mali (ENA, ENI, IPR, ENSUP), les écoles de formation des enseignants (IPEG, ENSEC), les écoles professionnelles. Le Mali était bien parti pour la formation de ses ressources humaines de bonne qualité sans lesquelles tout  projet de développement est voué à l’échec. Mais hélas !

Les princes du jour n’entendaient pas de cette oreille. Car un cadre bien formé était un danger permanent contre les intérêts de l’ordre kaki. Ils comptaient sur une formation au rabais pour maintenir les Maliens dans les ténèbres afin de mieux se servir des richesses destinées à tout le peuple malien. C’est ainsi qu’ils ont fait appel au Programme d’ajustement structurel (PAS) du FMI et de la Banque pour saborder le système éducatif national.

Conséquences: la fermeture des écoles de formation des enseignants (ENESEC de Badalabougou, de San, IPEG de Bamako, de Niono, etc.), et le départ à la retraite anticipée d’un grand nombre d’enseignants.

<em>Sur le plan économique,</em> des sociétés et entreprises d’Etat avaient été créées pour la transformation de nos produits locaux. Elles avaient l’avantage de donner du travail aux Maliens mais aussi de créer de la valeur ajoutée. Parmi elles, on citera entre autres la SOMIEX, SOCOMA,  SONAREM, OCINAM, COMATEX, SONATAM, MALIGAZ, SOCORAM, OPAM, EDM, Librairie populaire du Mali, Air Mali.

Au moment du coup d’Etat de 1968, la compagnie aérienne disposait dans son parc dix-huit (18) avions. Mais durant les vingt-trois (23) ans, le régime militaro-fasciste a enterré un à un ces avions qui faisaient la fierté du Mali, car tout l’équipage était Malien (pilotes, mécaniciens, hôtesses…).

Quant à l’armée, son essoufflement avait été constaté lors de la guerre de la zone de l’Agacher, en décembre 1985. Lors de ce conflit frontalier entre le Mali et le Burkina Faso, deux (02) chars de l’armée malienne, tombés en panne et abandonnés sur le champ de bataille par nos soldats ont été remorqués par les soldats du Faso et garés à portée de vue à l’aéroport international de Ouagadougou.

Notre armée ne reflétait plus la vision que le président Modibo Keïta se faisait d’elle à savoir une armée de métier au service du développement. Elle était minée par la corruption, le recrutement par népotisme, l’affairisme, mise à l’écart des meilleurs officiers, promotion liée aux humeurs du maître des céans.

La liste de l’incroyable gâchis du coup d’Etat du 19 novembre 1968 contre l’intérêt général des Maliens est longue. On ne pourra pas tout aborder ici. Mais une lueur d’espoir était née en notre peuple avec la chute du régime totalitaire du régime de Moussa Traoré qui a mis le Mali sens dessus dessous, en mars 1991.

Malheureusement encore pour le peuple malien. Ceux qui sont arrivés à la tête de l’Etat n’étaient autres les élèves de Moussa Traoré. Il s’agit d’Amadou Toumani Touré (ATT) et d’Alpha Oumar Konaré. Ces deux (02) hommes ont pris en otage les aspirations du peuple malien en continuant la même politique que leur mentor.

Ils ont industrialisé toutes les pratiques artisanales du général Moussa Traoré à savoir: la déliquescence de l’Etat, la corruption, la délinquance financière, etc. Et celui qui est présentement le chef de l’Etat, IBK n’a d’autre modèle que le sanguinaire Moussa Traoré.

Il a qualifié ce dernier de grand républicain lors de sa prestation de serment du 4 septembre 2013 au Centre international de Conférence de Bamako (CICB) pour choquer davantage les Maliens. A sa façon de blanchir Moussa Traoré des crimes qu’on lui attribuait durant son long règne à la tête du Mali.

Ces gens là ont le même dénominateur commun: destruction du Mali.

Leur bilan est édifiant pour les juger. Les Maliens ont intérêt à choisir des gens capables de réflexion, d’imagination et d’anticipation sur les événements pour redonner à notre pays le rayonnement qui s’est assombri aux premières heures du coup d’Etat du 19 novembre 1968.

<strong>Yoro SOW</strong>

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<title>19 Novembre 1968&#45;19 Novembre 2018 :  50 ans après le coup d’Etat, qui pour succéder à Modibo Keita ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/19-novembre-1968-19-novembre-2018-50-ans-apres-le-coup-detat-qui-pour-succeder-a-modibo-keita-2788392.html</link>
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<pubDate>Mon, 19 Nov 2018 01:20:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Ils sont quatre à avoir  porté le chapeau de Président de la République après Modibo Keita. De Moussa Traoré à Ibrahim Boubacar Keita, en passant par Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré, tous ont géré le Mali à des moments différents et chacun a un bilan qu’on pourrait interpréter, selon qu’on soit partisan ou opposant. Qui, parmi ces quatre, aura incarné l’idéologie et les valeurs défendues par Modibo Keita ?</em></strong>

<strong>Moussa Traoré : </strong>Cet anniversaire est d’autant plus triste qu’il nous rappelle les années sombres du régime militaire, caractérisées par une aliénation de l’intelligentsia, la corruption, la gabegie et la culture de la médiocrité. En 23 ans, Moussa Traoré et sa junte ont instauré un climat de terreur pour faire disparaitre l’idéologie socialiste de Modibo Keita.  Donc, le lieutenant, bombardé Général Moussa Traoré, ne saurait succéder à Modibo Keita, parce qu’il n’a incarné aucune des valeurs et en plus il a été évincé par le peuple à la suite d’une révolution sanglante le 26 Mars 1991.

<strong><em>Alpha Oumar Konaré</em></strong> s’installa au pouvoir en 1992. On dit qu’il serait un  adepte de Modibo Keita, car faisant partie de la jeunesse qui s’est rebellée contre le coup d’Etat qui le renversa. Il aurait même fait la prison, pour avoir distribué des tracts avec des slogans hostiles au Comité Militaire de Libération Nationale, CMLN. Une fois au pouvoir, AOK aura lui aussi posé certains jalons. Les réalisations et surtout l’aura et l’audience qu’Alpha Oumar Konaré  avait pendant les dix ans, semblent faire de lui le plus proche de Modibo Keita idéologiquement parlant. Il serait sans nul doute le digne  successeur de Modibo Keita, car  sous son règne, le Mali a retrouvé sa grandeur et sa voix était audible dans les foras. Alpha Oumar Konaré comme Modibo Keita partageaient les mêmes valeurs, celles du  patriotisme et  de  la fierté.

<strong><em>Amadou Toumani Touré, ATT :</em></strong> On pourrait douter de sa capacité intellectuelle, de sa vison pour le Mali, mais nul ne peut douter de son amour pour la patrie. ATT est aussi une référence à travers le monde pour son coup de grâce en débarrassant le pays du Général Moussa Traoré, devenu très féroce en 1991. Il a rendu également  le pouvoir aux civils au terme de 14 mois de transition réussie. S’il avait  fait  l’économie d’un come-back sur la scène politique, il serait aujourd’hui une icône. Mais, son retour après une exemplaire transition, a étalé au grand jour sa personnalité, ses failles, ses limites. Certes, il a été un bâtisseur, mais loin d’incarner les valeurs défendues par le premier Président du Mali indépendant. C’est pourquoi, il est sorti par la petite porte de l’histoire.

<strong><em>Ibrahim Boubacar Keita, IBK :</em></strong> En 2013, pour la première fois au Mali, l’élection d’un Président de la République a suscité un grand engouement et mobilisé les Maliens de toutes les confessions, de toutes les obédiences politiques, parce qu’il avait bonne presse. Il a été le seul Premier ministre à avoir battu le record de longévité à ce poste. C’était sous Alpha Oumar Konaré. Ainsi, jouissant d’un préjugé favorable et d’un fort charisme, IBK a accédé au pouvoir dans l’espoir d’indiquer aux Maliens la voie à suivre et  pour ranimer en les citoyens le sentiment de patriotisme qui s’est presqu’éteint. Cinq ans au pouvoir, son bilan est loin d’être à la hauteur de l’estime et de la confiance que les Maliens ont placé en lui. Il a battu tous les records, mais dans le sens négatif. Record en instabilité gouvernementale, avec cinq Premiers ministres en cinq ans ; record en termes d’argent volatilisé dans le cadre de la corruption et enfin record en décompte macabre dû à l’insécurité et à l’instabilité sociale. Son bilan du premier quinquennat fait froid dans le dos. Il ne ressemble à Modibo Keita que par le nom de famille, sinon tout les oppose. Il n’a fait qu’un mandat, il lui reste  encore cinq ans pour se ressaisir et écrire une nouvelle page de l’histoire du Mali.

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<strong><a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com">youssouf@journalinfosept.com</a></strong>]]> </content:encoded>
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<title>Point d’histoire : 1964: Modibo Keïta parle de la rébellion de Kidal</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/point-dhistoire-1964-modibo-keita-parle-de-la-rebellion-de-kidal-2787542.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 15 Nov 2018 03:01:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Voici le texte intégral de la Conférence de presse donnée par le Président Modibo Keita à propos du mouvement de rébellion au Nord Mali (Kidal) dans le grand Salon du Peuple à Alger le 21 Août 1964.</strong>

Je répondrai tout d’abord à <strong>la première question</strong> ayant trait à la situation du Mali au sujet du mouvement de rébellion dans l’extrême Nord de notre pays, ou plus singulièrement dans le cercle de Kidal.

Vous savez que de tout temps cette région a été le théâtre d’opérations militaires des troupes Françaises, en raison des difficultés que la France avait rencontrées – alors que la République du Mali était le Soudan Français – pour intégrer ces populations accrochées à leurs montagnes dans le cycle normal de la vie du territoire. Et les derniers événements entre ces rebelles et les troupes françaises datent de 1958. C’est vous dire donc que pendant les 78 ans de domination coloniale, cette région n’a jamais été totalement pacifiée.

<strong>Le deuxième élément</strong>, c’est que pendant longtemps, ce secteur a été sous une administration militaire, et que certains officiers français, devant la poussée du nationalisme en Afrique et la perspective du rêve de constituer un État Saharien autonome comprenant le Sud Algérien et le Nord des pays situés au Sud de l’Algérie, avaient tenté de créer un sentiment anti-Noir dans cette région. En effet, on faisait croire à ces Touareg qu’ils étaient des « Blancs » et qu’il était impensable qu’ils puissent accepter une domination noire.

<strong>Le troisième facteur</strong> qui a surgi après notre indépendance, c’est qu’en raison de notre option, nous avons tenu à éliminer tous les vestiges de la féodalité dont l’aspect le plus inacceptable comme système était une forme déguisée de l’esclavage et de l’exploitation des populations par les féodaux.

<strong>Enfin le quatrième point</strong>, c’est que ces populations nomades, précisément celles de l’Adrar des Ifoghas, vivaient en marge de la Société Malienne et n’étaient pas accessibles à notre option d’une Nation Malienne s’étendant du Sud Algérien aux limites avec la Haute-Volta, la Côte d’Ivoire et la Guinée au Sud.

D’autre part, l’exercice et l’édification économique d’un jeune pays devenu indépendant imposent à chaque citoyen des charges qui sont en proportion avec ses moyens. Or, les nomades de cette région avaient été habitués à vivre en dehors de toute réglementation. C’est vous dire en d’autres termes qu’ils ne payaient pas d’impôts. Donc, lorsque la République du Mali a été proclamée et que notre Parti, l’Union Soudanaise – RDA. , au cours de son Congrès du 22 Septembre 1960 a opté pour l’édification socialiste de notre économie, nous avons en priorité mis un terme au système du servage, liquidé la féodalité dans les régions du Sud où les populations sont concentrées, et soumis au contrôle du Conseil de Fraction et de Tribu, les Chefs de Fractions et de Tribus. Les membres des Conseils de la Fraction et la Tribu, étant élus par l’ensemble de la population de la Fraction ou de la Tribu, le Chef de la Fraction ou de la Tribu ne peut rien décider sans qu’au préalable, Il y ait l’accord d’une majorité du Conseil de la Fraction ou du Conseil de la Tribu.

Par ailleurs, nous avons estimé qu’il était tout à fait normal de connaître les biens que possédait chaque Malien, qu’il soit commerçant, fonctionnaire ou éleveur, d’où un recensement rigoureux du cheptel concernant les milieux nomades. Nous avons également exigé que chaque citoyen, contribue à l’édification économique du pays selon ses ressources. Et, partant pour les populations de l’Adrar des Ifoghas qui avaient vécu en marge de toute société, une telle discipline leur était difficilement supportable. En outre, comme à l’extérieur il y’a des éléments français qui vivaient eux aussi en marge de la Société Française parce qu’ils ne sont pas d’accord avec l’indépendance algérienne comme ils ne sont pas d’accord avec la politique du Général de Gaulle, éléments qui, par conséquent, sont restés fixés sur leurs anciennes positions. Pour eux, il fallait désormais et nécessairement créer dans les parties du Nord de notre pays et dans le Sud de l’Algérie, et plus tard des autres États riverains du Sahara, une instabilité permanente, en suscitant des mouvements de rébellion, et parfois même en apportant à ces mouvements, un appui en équipements et matériels militaires. C’est ainsi donc dis-je que vers la fin de l’année 1963 a été déclenché un mouvement de rébellion dont le principal instigateur était le fils de celui qui, en 1958, avait déclenché la même sorte de mouvement de rébellion contre l’administration coloniale française. Ayant pu rassembler autour de lui des repris de justice qui étaient poursuivis pour meurtres, brigandages etc., etc., ils se sont réfugiés dans les montagnes de l’Adrar des Ifoghas.

D’autre part, pour avoir un certain appui logistique tant au point de vue population qu’au point de vue approvisionnement, par la menace et par la terreur, ils ont rançonné certaines populations et obligé certaines fractions à les suivre dans leur repli en Algérie devant la poussée de nos forces de sécurité. Fort heureusement, grâce à la compréhension du Peuple et du gouvernement algériens, ces rebelles, traqués par nos forces de sécurité qui les poursuivaient jusque dans les grottes, n’ont pas pu trouver sur le territoire Algérien, l’appui et la complicité sur lesquels ils comptaient pour maintenir le foyer de leur rébellion. Cela n’a pas été possible grâce à la bonne compréhension du Peuple Algérien dont le Gouvernement a été informé par moi-même par diverses missions, de ce que nous attendions de lui.

Nous pouvons donc maintenant, puisque le dernier Chef rebelle a été abattu en juillet dernier, que pratiquement le mouvement a été liquidé, et les autres comparses se sont rendus soit aux unités de sécurité algériennes, soit aux unités de sécurité maliennes.

Nous devons dire également que notre action a été appuyée par les populations qui ont refusé de céder au chantage de ces rebelles. Certains jeunes et certains vieux de ces populations ont même aidé nos unités de sécurité à poursuivre les rebelles et n’ont pas hésité à voisiner avec ces mêmes unités contre des rebelles.

Il est évident que si ces résultats ont été obtenus, alors que comme je vous le disais tout à l’heure, un état permanent de troubles et d’insécurité régnait dans cette région, ce fut certes grâce à la qualité de nos troupes, mais aussi à notre organisation politique, parce que pendant que les forces de sécurité œuvraient contre les rebelles, le Parti, par les tournées des responsables politiques et administratifs, poussait les contacts jusque dans les moindres centres où il éclairait les populations sur la réalité de notre conception socialiste, et c’est ainsi que, très rapidement, le mouvement a été liquidé.

Par conséquent, si nous parlons d’interventions étrangères, il s’agit bien d’éléments français agissant selon leurs instructions personnelles, En dehors de toutes directives de leur chef hiérarchique ou du Gouvernement français. D’ailleurs, lorsque j’ai eu à discuter de cette question avec la Représentation française à Paris, la réplique a été : « Ce sont des aventuriers qui n’ont rien de commun avec le Gouvernement français ».

Vous avez maintenant la réponse à la question posée au sujet des mouvements de dissidence fomentés par une minorité de nomades dans l’extrême Nord de la République du Mali.

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Texte intégral de la Conférence de presse donnée par le Président Modibo Keita à propos du mouvement de rébellion au Nord Mali (Kidal) dans le grand Salon du Peuple à Alger le 21 Août 1964.</title>
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<pubDate>Tue, 13 Nov 2018 14:22:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Je répondrai tout d’abord à la première question ayant trait à la situation du Mali au sujet du mouvement de rébellion dans l’extrême Nord de notre pays, ou plus singulièrement dans le cercle de Kidal.

Vous savez que de tout temps cette région a été le théâtre d’opérations militaires des troupes Françaises, en raison des difficultés que la France avait rencontrées – alors que la République du Mali était le Soudan Français – pour intégrer ces populations accrochées à leurs montagnes dans le cycle normal de la vie du territoire. Et les derniers événements entre ces rebelles et les troupes françaises datent de 1958. C’est vous dire donc que pendant les 78 ans de domination coloniale, cette région n’a jamais été totalement pacifiée.

Le deuxième élément, c’est que pendant longtemps, ce secteur a été sous une administration militaire, et que certains officiers français, devant la poussée du nationalisme en Afrique et la perspective du rêve de constituer un État Saharien autonome comprenant le Sud Algérien et le Nord des pays situés au Sud de l’Algérie, avaient tenté de créer un sentiment anti-Noir dans cette région. En effet, on faisait croire à ces Touareg qu’ils étaient des « Blancs » et qu’il était impensable qu’ils puissent accepter une domination noire.

Le troisième facteur qui a surgi après notre indépendance, c’est qu’en raison de notre option, nous avons tenu à éliminer tous les vestiges de la féodalité dont l’aspect le plus inacceptable comme système était une forme déguisée de l’esclavage et de l’exploitation des populations par les féodaux.

Enfin le quatrième point, c’est que ces populations nomades, précisément celles de l’Adrar des Ifoghas, vivaient en marge de la Société Malienne et n’étaient pas accessibles à notre option d’une Nation Malienne s’étendant du Sud Algérien aux limites avec la Haute-Volta, la Côte d’Ivoire et la Guinée au Sud.

D’autre part, l’exercice et l’édification économique d’un jeune pays devenu indépendant imposent à chaque citoyen des charges qui sont en proportion avec ses moyens. Or, les nomades de cette région avaient été habitués à vivre en dehors de toute réglementation. C’est vous dire en d’autres termes qu’ils ne payaient pas d’impôts. Donc, lorsque la République du Mali a été proclamée et que notre Parti, l’Union Soudanaise – RDA. , au cours de son Congrès du 22 Septembre 1960 a opté pour l’édification socialiste de notre économie, nous avons en priorité mis un terme au système du servage, liquidé la féodalité dans les régions du Sud où les populations sont concentrées, et soumis au contrôle du Conseil de Fraction et de Tribu, les Chefs de Fractions et de Tribus. Les membres des Conseils de la Fraction et la Tribu, étant élus par l’ensemble de la population de la Fraction ou de la Tribu, le Chef de la Fraction ou de la Tribu ne peut rien décider sans qu’au préalable, Il y ait l’accord d’une majorité du Conseil de la Fraction ou du Conseil de la Tribu.

Par ailleurs, nous avons estimé qu’il était tout à fait normal de connaître les biens que possédait chaque Malien, qu’il soit commerçant, fonctionnaire ou éleveur, d’où un recensement rigoureux du cheptel concernant les milieux nomades. Nous avons également exigé que chaque citoyen, contribue à l’édification économique du pays selon ses ressources. Et, partant pour les populations de l’Adrar des Ifoghas qui avaient vécu en marge de toute société, une telle discipline leur était difficilement supportable. En outre, comme à l’extérieur il y’a des éléments français qui vivaient eux aussi en marge de la Société Française parce qu’ils ne sont pas d’accord avec l’indépendance algérienne comme ils ne sont pas d’accord avec la politique du Général de Gaulle, éléments qui, par conséquent, sont restés fixés sur leurs anciennes positions. Pour eux, il fallait désormais et nécessairement créer dans les parties du Nord de notre pays et dans le Sud de l’Algérie, et plus tard des autres États riverains du Sahara, une instabilité permanente, en suscitant des mouvements de rébellion, et parfois même en apportant à ces mouvements, un appui en équipements et matériels militaires. C’est ainsi donc dis-je que vers la fin de l’année 1963 a été déclenché un mouvement de rébellion dont le principal instigateur était le fils de celui qui, en 1958, avait déclenché la même sorte de mouvement de rébellion contre l’administration coloniale française. Ayant pu rassembler autour de lui des repris de justice qui étaient poursuivis pour meurtres, brigandages etc., etc., ils se sont réfugiés dans les montagnes de l’Adrar des Ifoghas.

D’autre part, pour avoir un certain appui logistique tant au point de vue population qu’au point de vue approvisionnement, par la menace et par la terreur, ils ont rançonné certaines populations et obligé certaines fractions à les suivre dans leur repli en Algérie devant la poussée de nos forces de sécurité. Fort heureusement, grâce à la compréhension du Peuple et du gouvernement algériens, ces rebelles, traqués par nos forces de sécurité qui les poursuivaient jusque dans les grottes, n’ont pas pu trouver sur le territoire Algérien, l’appui et la complicité sur lesquels ils comptaient pour maintenir le foyer de leur rébellion. Cela n’a pas été possible grâce à la bonne compréhension du Peuple Algérien dont le Gouvernement a été informé par moi-même par diverses missions, de ce que nous attendions de lui.

Nous pouvons donc maintenant, puisque le dernier Chef rebelle a été abattu en juillet dernier, que pratiquement le mouvement a été liquidé, et les autres comparses se sont rendus soit aux unités de sécurité algériennes, soit aux unités de sécurité maliennes.

Nous devons dire également que notre action a été appuyée par les populations qui ont refusé de céder au chantage de ces rebelles. Certains jeunes et certains vieux de ces populations ont même aidé nos unités de sécurité à poursuivre les rebelles et n’ont pas hésité à voisiner avec ces mêmes unités contre des rebelles.

Il est évident que si ces résultats ont été obtenus, alors que comme je vous le disais tout à l’heure, un état permanent de troubles et d’insécurité régnait dans cette région, ce fut certes grâce à la qualité de nos troupes, mais aussi à notre organisation politique, parce que pendant que les forces de sécurité œuvraient contre les rebelles, le Parti, par les tournées des responsables politiques et administratifs, poussait les contacts jusque dans les moindres centres où il éclairait les populations sur la réalité de notre conception socialiste, et c’est ainsi que, très rapidement, le mouvement a été liquidé.

Par conséquent, si nous parlons d’interventions étrangères, il s’agit bien d’éléments français agissant selon leurs instructions personnelles, En dehors de toutes directives de leur chef hiérarchique ou du Gouvernement français. D’ailleurs, lorsque j’ai eu à discuter de cette question avec la Représentation française à Paris, la réplique a été : « Ce sont des aventuriers qui n’ont rien de commun avec le Gouvernement français ».

Vous avez maintenant la réponse à la question posée au sujet des mouvements de dissidence fomentés par une minorité de nomades dans l’extrême Nord de la République du Mali]]> </content:encoded>
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<title>Mba fô piyan :  IBK a Reims : j’apprécie !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mba-fo-piyan-ibk-a-reims-japprecie-2787264.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 13 Nov 2018 07:36:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>Zénith Balé</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[L’absence d’IBK à la réhabilitation de cette stèle de Reims allait être une insulte pour l’Afrique mais surtout pour le Mali. Bien qu’à la recherche d’une légitimité nationale à l’issue d’élection contestée et non reconnu par la majorité des candidats, le président légal n’avait d’autre choix que d’être à Reims pour l’honneur du Mali et de l’Afrique. Calquée de «Samory ka kélèkèdénw» (les sofas de Samory mais en réalité ce n’est pas cela) de la capitale malienne appellation locale, cette stèle de Reims qui avait été enlevée lors de la 2<sup>ème</sup> guerre mondiale pour mettre en cause la bravoure des africains, se devait d’être réhabilitée. Surtout pour l’histoire de la France avec ses sauveurs d’Afrique lors de la 1<sup>ère</sup> guerre mondiale (1914-1918). C’est pourquoi en y participant avec un contingent malien pour la célébration de l’armistice, IBK réécrit l’histoire pour le Mali et l’Afrique. Avec le centenaire de l’armistice de 1918 (fin des combats de la 1<sup>ère</sup> guerre mondiale, 11 Novembre 1918), ce fut l’occasion de dénoncer une paix en danger. Sous le coup de nombreuses menaces sécuritaires, le Mali n’avait aucune raison de manquer à l’appel de la France qui demeure son bourreau dans la crise de son septentrion. Même si elle fait semblant de soutenir le Mali dans la préservation de son unité. Alors, j’apprécie à sa juste valeur, cette visite du mandé massa à cette rencontre qui lui a permis de poser d’autres jalons pour la sortie de la crise sécuritaire de notre pays. Merci pour ce voyage qui en valait vraiment la peine<strong> !</strong>

<strong>Boubacar DABO   </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables : Mme Adame Ba Konaré (Ancienne Première Dame du Mali 8 mars 2010)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-mme-adame-ba-konare-ancienne-premiere-dame-du-mali-8-mars-2010-2787066.html</link>
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<pubDate>Tue, 13 Nov 2018 01:15:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[‘’L’idéal féminin de la femme-épouse fait d’elle un être fort psychologiquement, nantie, à cause de cet état de fait, d’une capacité de protection de son époux, l’homme, fort dans le corps, mais faible dans la tête. Un proverbe tamasheq enseigne par exemple que « la femme est le pantalon de l’homme » c’est à dire qu’elle le protège et cache ses forces et ses faiblesses. Les Bamanans disent : <em>ka soutra</em>. <strong><em>Soutoura</em></strong>, voilà une autre valeur cardinale !

Partout, la socialisation de son époux lui est dévolue. Elle gère ses relations sociales, est sensée faire son bonheur et sa réussite, rien que par son intelligence, sa conduite et son savoir-faire, au point que l’adage populaire considère que lorsqu’un homme a la chance d’avoir une épouse cadrant avec les normes mentionnées, il surpassera en grandeur ses frères rivaux et tous ses semblables hommes. Cette responsabilité super protectrice est telle, qu’on va jusqu’à imputer à la femme les déviances de son mari, y compris les déviances extra conjugales. Si un homme, en effet, en arrive à tromper sa femme, croit-on, c’est parce qu’elle ne sait pas user de savoir-faire ou d’artifices pour le retenir à la maison. Allez savoir !

Sur l’échiquier du pouvoir, l’image de la femme-épouse, reflétée à travers les Premières dames, a recouvert celle de la reine-mère.

Nonobstant ce rôle essentiel, primordial, ce rôle de la vie, la femme s’est laissée doublée sur sa gauche par l’homme qui l’a assujettie grâce à sa force brutale.

Dans ce contexte de domination des hommes et de partage des responsabilités, la femme, pour se défendre, a imaginé des scénarios de <strong>résistance pacifique,</strong> d’auto-protection, pour plaire non seulement à son époux, mais également à ses parents et amis. Cette tactique, globalement, est taxée de <strong>soumission. </strong>La femme africaine a vite été qualifiée de femme soumise, surtout par la littérature occidentale, qui n’a retenu que la façade, l’aspect qui saute à l’œil. Le fait de soumission est devenu un acte répréhensible, la femme sujet de compassion.

En passant au peigne fin cette « soumission », on se rend compte qu’elle est une <strong>posture d’humilité</strong>, <em>majigin </em>; elle est aussi une « ruse de guerre » et au bout du compte, elle tend à consolider la réputation et la position centrale de la femme. La femme dite soumise devient la personne incontournable auprès de laquelle il faut se référer pour avoir à manger, être blanchi. D’une disponibilité à toute épreuve, aucun étranger ni aucun parent venu du village ou d’ailleurs, ne peuvent se passer de ses services.

Quant à sa relation avec son propre mari, elle est faite de soumission apparente. Dans ce registre, elle aiguise sa féminité pour lui plaire : petits plats, artifices de beauté, techniques de séduction, attentions particulières etc. Elle affine cette arme au point de la transformer en comédie : la comédie de l’effacement.

<strong>L’effacement</strong> de la femme africaine, en voilà une autre image d’Epinal ! En réalité, il participe, le plus souvent du même jeu de recherche de l’équilibre dans le foyer. Je ne puis m’empêcher d’évoquer ce proverbe sud africain, qu’il me plaît de citer chaque fois que j’en ai l’occasion. Ecoutez-le bien, parce que l’image est forte et suffisamment symbolique : <em>« la poule sait que le jour s’est levé, mais elle laisse le coq chanter. »</em>

N’est ce pas qu’elle fait pâlir cette expression, désormais usée, qui dit que derrière tout grand homme se cache une grande dame ?’’]]> </content:encoded>
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<title>Centenaire de l’armistice de la première guerre mondiale :  L’Association « Le Souvenir Français » remplit son devoir</title>
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<pubDate>Mon, 12 Nov 2018 04:01:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pays</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L’Institut Français du Mali a abrité, ce samedi 10 novembre 2018, une grande cérémonie d’exposition et de vernissage à l’occasion du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale appelée la « Grande Guerre ». Cette soirée était placée sous le haut patronage de Soumeylou Boubeye Maiga, Premier ministre malien, et de Joël Meyer, Ambassadeur de France au Mali. </em></strong>

À l’occasion de la commémoration du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, le 11 novembre 1918, l’association « <em>Le Souvenir Français</em> » initiée par Sébastien Philippe a organisé une grande soirée d’exposition et de vernissage à l’Institut Français du Mali (IFM). Notons que cette association vise à rendre le Flambeau du souvenir aux jeunes générations afin de pérenniser la contribution africaine à la Première Guerre ainsi qu’à la Seconde Guerre mondiale.

Cette soirée a été l’occasion pour les élèves de la première L du lycée Liberté de Bamako de procéder à une représentation théâtrale faisant état de la contribution africaine à la Première Guerre et notamment les difficultés qu’ont endurées les tirailleurs sénégalais.

Après cette merveilleuse prestation qui a tenu toute l’assistance en haleine durant quelques minutes, Soumaïla Sanoko, professeur d’Histoire à l’École Normale Supérieure (EN.Sup) de Bamako, a tenu une conférence sur <em> « la Contribution de la force noire dans le conflit. »</em>  Aux dires du conférencier, plus de 70 nations ont participé à cette guerre.  S’agissant de la contribution africaine, il a tenu à préciser que plus de 400 000 tirailleurs sénégalais ont participé à cette guerre aux côtés des Français.

Cette conférence a été l’occasion certes pour l’assistance de comprendre toutes les polémiques qui ont eu lieu entre l’administration coloniale et la métropole en ce qui concerne la participation africaine à la guerre. Ces polémiques, explique-t-il, se justifiaient par une crainte, celle de la destruction des préjugés ou des mythes qui entouraient le Blanc. À côté de cet état de fait, M. Sanoko n’a pas manqué d’évoquer les révoltes ayant eu lieu dans certaines contrées du Mali pour s’opposer à la participation des Africains à cette guerre.

Le conférencier n’oubliera pas également de noter toutes les conséquences désastreuses de cette guerre ainsi que les reconnaissances faites à la mémoire de ces hommes, dévoués pour la cause de l’humanité à travers l’érection des monuments en leur nom au Mali ainsi qu’à Reims.

Cette grande soirée n’allait pas être très bien assaisonnée sans la lecture de quelques extraits tirés du roman d’Amadou Hampaté, <em>Amkoullel, l’enfant peulh,</em> par l’écrivain Ousmane Diarra.

Rappelons que le 6 novembre dernier, le président malien, Ibrahim Boubacar Kéïta, s’est rendu en France où en compagnie du locataire de l’Élysée, Emmanuel Macron, il a inauguré un monument jumeau de celui existant à la place de la liberté à Bamako à Reims. Ce monument s’adresse à la mémoire des soldats tombés pour la France.

<strong>Fousseni TOGOLA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Tirailleurs dits sénégalais : Si la France veut honorer le Mali…</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/tirailleurs-dits-senegalais-si-la-france-veut-honorer-le-mali-2786711.html</link>
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<pubDate>Mon, 12 Nov 2018 02:40:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Si la France veut honorer le Mali, elle ne va pas honorer un homme, elle va plutôt aider le Mali à avoir une armée qui n’aura plus besoin de personne. Elle va doter le Mali d’un service de renseignement qui n’aura plus rien à envier. Elle va donner des conseils aux autorités maliennes qui leur permettront de rehausser notre démocratie</em></strong><strong>.</strong>

La France a voulu, le 06 Novembre 2018 avec l’inauguration du monument aux héros de l’armée noire à Reims, reconnaître symboliquement la valeur et la bravoure de ces 200.000 soldats qui ont bravé la rudesse du temps et les bombes pour libérer une nation, qui ne reconnaissait pas leur liberté.

Pourtant les 30.000 tirailleurs dits sénégalais qui ont perdu la vie pour défendre la nation, qui réduisait leur peuple à la servitude, n’ont pas versé leur sang noble pour rien. L’Afrique asservie, martyrisée, bâillonnée a compris qu’elle était valeureuse et que ses fils étaient des hommes, de vrais hommes, ils étaient même des héros, des humanistes prêts à donner leurs vies pour une cause qui rehaussait l’homme en général.

Ces guerres ont été une prise de conscience pour les africains, ce qui a permis les rassemblements pour les luttes d’émancipation. Les colonisés ont compris qu’ils n’étaient pas des sous hommes, que les colons n’étaient pas invincibles. Dans les tranchées ils ont vu les peurs des colons et leurs faiblesses devant l’ennemi. Ils se sont soutenus, se sont encouragés sans distinction aucune. Ils ont pensé trouver des frères, mais dès la fin des hostilités, ils ont vu, ceux qui ont partagé ces tranchées brûlantes avec eux vouloir les recoloniser. Ils avaient vu de leurs yeux, ils avaient senti dans leur chair et, ils avaient analysé, ce n’était plus possible de les considérés comme s’il n’y avait eu rien. L’’Afrique n’allait plus accepter, les colons l’avait compris, et avaient déjà changé de tactique. Les indépendances ont été proclamées, du moins les indépendances politiques.

Les officiels maliens disent que le Mali a été honoré par la France lors de cette inauguration à travers l’invitation du président malien. Ont-ils oublié que les maliens étaient les plus nombreux  dans les bataillons des tirailleurs dits sénégalais?

Malgré les sacrifices de leurs vies, malgré les traumatismes, le pays qui a donné le plus grand contingent de tirailleurs, n’a bénéficié d’aucun privilège, d’aucun traitement spécial. En France, les maliens sont dans le lot des africains les plus mal lotis. Pourtant pour sauver la nation française devant l’humiliation, nous avons fourni plus, nous devrions le sentir dans nos rapports. Tous les maliens ne peuvent résider en France, mais ceux qui y sont, devraient être chouchoutés. Les hôpitaux, les universités et même l’agriculture du Mali devraient sentir ces sacrifices des maliens. Mais la diplomatie malienne n’a pas fait ce travail patriotique, amener la France à comprendre à travers des témoignages, à travers des supports visuels et audio qu’elle devait au Mali. Faire comprendre au peuple français, qui est un peuple reconnaissant, que la politique de la France ne reconnait pas un bienfait quel que part. Ce qui frappe dans les rues, les boulevards et les stations de métros en France, c’est les noms des héros français tombés pour la patrie, portés fièrement par eux. Cela démontre que les français ont de la mémoire.
Vous allez me dire que la France a bouté les djihadistes du Mali, lors de l’invasion de 2012. C’est bien vrai que la France a fait une intervention de sauvetage du Mali. Mais on peut se poser des questions, si c’était réellement pour le Mali, en nous référant sur la situation d'aujourd’hui.
Si la France veut honorer le Mali, elle ne va pas honorer un homme, elle va plutôt aider le Mali à avoir une armée qui n’aura plus besoin de personne. Elle va doter le Mali d’un service de renseignement qui n’aura plus rien à envier. Elle va donner des conseils aux autorités maliennes qui leur permettront de rehausser notre démocratie. Elle devait voter un plan Marshall pour le Mali. Stabiliser le Mali, c'est stabiliser l'Afrique Occidentale.

La France a honoré le président malien, pas encore ce peuple des descendants, de ceux qui ont quitté leurs contrées paisibles et abondantes, pour aller mourir sous le froid, afin que la France continue de se dire

LIBERTÉ-ÉGALITÉ-FRATERNITÉ

<a href="https://www.facebook.com/macke.diallo?__tn__=%2CdK-R-R&amp;eid=ARDnoRVU7KPnQwywLbEmvmmcMw6Jhbl3-rMC5T8a7niWhT5bvPOv6u2plaDQb8iO0cxtY7yrtQn6DRUz&amp;fref=mentions"><strong>Macké Diallo</strong></a>]]> </content:encoded>
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<title>Hommage à la « force noire » de la première guerre mondiale : Une dette de sang qui peine à tarir</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/hommage-a-la-force-noire-de-la-premiere-guerre-mondiale-une-dette-de-sang-qui-peine-a-tarir-2786798.html</link>
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<pubDate>Mon, 12 Nov 2018 01:02:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Manipulation médiatique, oubli politique ou total mépris envers le fait historique, la vérité sur l’enrôlement des soldats subsahariens dans la grande guerre fait encore l’objet d’embellissement honteux de la part de l’ex puissance colonisatrice. Aujourd’hui encore, beaucoup en France osent parler de retombées positives de la colonisation sur les populations autochtones africaines, presqu’en occultant l’oppression et l’humiliation qu’elles ont subies. Des populations qui donnèrent, la mort dans l’âme, beaucoup de ses fils pour aller faire la guerre.  </em></strong>

Le centenaire de la première guerre mondiale (1914-1918), célébré tout au long de la semaine dernière, fut l’occasion de se remémorer une barbarie humaine, la première de l’époque moderne. L’Afrique a particulièrement été mise à l’honneur à cet effet par l’inauguration d’un monument dédié “aux héros de l’armée noire” qui combattirent auprès de l’armée française contre son ennemi d’alors, l’Allemagne. Le monument inauguré par les présidents Macron et IBK est une réplique car l’original fut démonté et emporté en 1940 par l’armée allemande.

Le hic, c’est que l’on a du mal à comprendre tous les contours de cet hommage. Car tel que présenté par les médias français et surtout par les deux chefs d’Etat présents pour l’occasion, les soldats africains étaient bien heureux de quitter le foyer chaleureux et convivial de leur pays pour mourir dans le froid glacial de l’Europe qu’ils ne connaissaient point. Avis aux historiens pour nous édifier sur ce fait précis. Car un tel fait est inconcevable pour tout esprit logique.

Quand le président IBK dit dans son discours que <strong><em>« près de 200.000 combattants africains ont accouru à la rescousse pendant la Première Guerre mondiale, ils se sont battus, de jour et de nuit, pour la France mais pour eux-mêmes aussi”</em>, </strong>beaucoup d’entre nous, empreints d’humanisme, se sentent choqués. Ont-ils réellement accouru à la rescousse de la France, pour se battre « de jour comme de nuit », comme s’ils se rendaient à une cueillette de fruits d’or ? D’autant que le président Macron lui-même précisa, sur son compte twitter, qu’ils ont combattu « dans des villages dont ils ne connaissaient pas le nom ».

Ces combattants africains étaient issus de l’empire colonial français. Pour la seule guerre de 14-18, 400 000 soldats ont été recrutés sur le continent noir. Mais le fait d’occulter que ce recrutement s’est effectué par la force, est beaucoup plus un oubli politique qu’historique. Un fichage ethnique était même mis en œuvre présentant les africains de l’ouest comme plus résistant et guerrier, de ce fait envoyer en première ligne, et les indochinois comme plus petits et frêles, donc alloués grandement à des tâches de seconde ligne.

Comment en pouvait-il être autrement pour la France de l’époque pour qui la colonisation était un instrument d’oppression des populations dites indigènes et de pillage de leurs richesses ? Mais alors, pourquoi ce silence autour de ce recrutement forcé ?

Rétablir la vérité historique sur cet épineux sujet et surtout demander pardon devant Dieu et les hommes pour cette exploitation humaine, sauvage et barbare de combattants africains,  grandiraient la France. Pour rappel, aucun monument aux morts ne recense leurs noms. Le continent a fourni, malgré lui, 165.000 combattants de l’Afrique ­Occidentale française (AOF) et 18.000 de l’Afrique Equatoriale française (AEF). Pour ce qui concerne les « tirailleurs sénégalais », en réalité issus de l’AOF, au moins 30.000 d’entre eux ne sont pas rentrés et 36.000 ont été blessés.

<strong>Ahmed M. Thiam</strong>

<a href="mailto:thiam@journalinfosept.com">thiam@journalinfosept.com</a>]]> </content:encoded>
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<title>Centenaire de la fin de la 1ère guerre mondiale : Les Présidents IBK et Emmanuel Macron inaugurent à Reims un monument en hommage aux soldats noirs tombés</title>
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<pubDate>Sat, 10 Nov 2018 00:51:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>A l'invitation du Président français, Emmanuel Macron, le Président de la République, IBK, séjourne en France du 5 au 11 novembre 2018 où il a participé aux commémorations du centenaire de l'armistice de 1918, le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale. Lors de ces commémorations du centenaire, un monument en hommage aux soldats noirs tombés au Champ d'Honneur durant la Première Guerre Mondiale a été inauguré officiellement à Reims, le mardi 6 novembre dernier, en présence des présidents Emmanuel Macron et Ibrahim Boubacar Kéïta. Précisons que le monument de Reims est un duplicata de celui de Bamako, en face du Ministère de l'Education nationale. </em></strong>

L'idée d'ériger un monument en hommage aux soldats noirs tombés au Champ d'Honneur a vu le jour dès la fin de la Première Guerre Mondiale. Ainsi, le Comité aux Héros de l'Armée Noire, créé en 1921, avait comme mission de faire ériger en France et en Afrique un monument à la mémoire des soldats africains morts pour la France au cours du conflit. Aussi, le financement a été assuré grâce aux souscriptions des communes de France et des Amis des Troupes noires françaises. Ce Comité a été placé sous la présidence du Général Louis Archinard, ancien commandant supérieur du Soudan Français, assisté du Général Marchand et de Blaise Diagne, député du Sénégal et ouvrier du recrutement en AOF.

<strong>Monuments jumeaux</strong>

Notons que l'idée de monuments jumeaux a été proposée dès la création du Comité en 1921. En Afrique, la ville de Bamako a été retenue pour rendre hommage aux soldats originaires de la colonie du Soudan français, et qui composaient la majorité du 1er corps d'Armée Coloniale. Ainsi, en métropole, la ville de Reims a été choisie car les soldats africains restaient dans les mémoires pour avoir défendu la ville pendant la guerre, et surtout en avril 1918, où pas moins de six bataillons de <em>"Tirailleurs sénégalais"</em> ont renforcé les troupes métropolitaines pour défendre la ville jusqu'au repli des forces germaniques.  Le 29 octobre 1922, le ministre de la Guerre, André Maginot, pose la première pierre du Monument aux Héros de l'Armée Noire à Reims. Quant au monument de Bamako, il a été inauguré le 3 janvier 1924 et celui de Reims le 13 juillet 1924, par Edouard Daladier, ministre des Colonies.

<strong>Les Nazis détruisent </strong><strong>le monument de Reims </strong>

Pendant la seconde Guerre Mondiale, l'occupant allemand a fait descendre de son socle, le 10 septembre 1940, le monument de Reims et l'a fait disparaître. Il aurait été envoyé vers une destination inconnue, puis fondu. Il n'a jamais été retrouvé.

Au milieu des années 50, l'amicale des anciens coloniaux et marins de Reims sollicite l'appui du gouverneur général de l'AOF pour lancer une souscription visant à reconstruire le monument. Mais la municipalité renonce au projet de reconstruction à l'identique parce qu'elle craignait de rallumer les tensions entre anciens combattants des troupes coloniales et anciens combattants des régiments métropolitains, qui se disputent la gloire d'avoir sauvé Reims en 1918.

En pleine période de décolonisation, le monument est en effet jugé trop colonialiste et un nouveau Comité est constitué en 1961. A l'issue d'un concours ouvert aux élèves de l'Ecole régionale des Beaux-arts et des arts appliqués, le projet de Jean-Marie Maya-Perez est retenu. Le nouveau monument a été inauguré le 6 octobre 1963. Il est constitué de deux obélisques de 7 mètres de haut qui symbolisent l'union des combattants métropolitains et africains, érigés sur un bloc symbolisant la résistance de Reims et de ses défenseurs.

En 1994, lors de la commémoration du 50ème anniversaire du débarquement et de la libération de la Provence, l'association des amis du musée des troupes de marine finance la construction, à Fréjus, d'un nouveau monument à la gloire de l'Armée noire. Le monument, œuvre du sculpteur Léon Guidez, a été inauguré par François Léotard, alors ministre de la Défense et maire de Fréjus. Il s'agissait d'une réinterprétation contemporaine des monuments jumeaux de 1924.

<strong>Le monument de Bamako dupliqué </strong>

L'idée de faire renaître le Monument aux Héros de l'Armée Noire à Reims a été portée pendant de longues années par Cheikh Sakho, fondateur de l'Association pour la Réhabilitation du Monument aux Tirailleurs d'Afrique Noire (Armatan) en 2007, devenue en 2008 l'Association à la Mémoire de l'Armée Noire (Aman). Celle-ci rassemblait l'Etat, les collectivités territoriales et plusieurs mécènes, désireux de voir le monument reconstruit.

En 2006, une première mission de Reims est arrivée à Bamako pour étudier la faisabilité du projet. D'abord prévu pour 2007, en vue de la commémoration des 150 ans de la création du premier régiment de tirailleurs sénégalais par le Général Faidherbe en 1857, puis pour 2008 pour le 90ème anniversaire de la fin de la Grande Guerre, ce n'est qu'en 2012 que le projet porté par la Mairie de Reims et l'association Aman a été finalement lancé.

Et le concours artistique a été remporté par le sculpteur Jean-François Gavoty. En janvier 2013, une nouvelle mission est arrivée à Bamako pour prendre les mesures nécessaires sur le monument rescapé, en collaboration avec le Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté de Bamako. Le monument a été finalement réinstallé à Reims, le 8 novembre 2013, sur un nouveau socle différent de celui de Bamako, plus contemporain et intégré à son nouvel environnement, dans le parc de Champagne. A ce titre, des objets sur le thème du monument, issus de travaux communs aux étudiants de Reims et de Bamako ont été incrustés dans le socle.

<strong>Un premier dépôt de gerbe fut organisé le 11 novembre 2013. </strong>

Pour le Général Jean-Marie Lemoine, ancien président de l'Aman : <em>"Les monuments jumeaux sont le symbole de l'amitié franco-africaine, née des souffrances partagées dans les tranchées". </em>

<strong>Au Mali, les monuments des capitales militaires </strong>

Au Mali, le monument érigé sur la <em>"Place des Ecoles"</em>, devenue <em>"Place André Maginot",</em> puis <em>"Place de la Liberté"</em> de nos jours, a longtemps servi de monument commémoratif pour les soldats morts au cours des deux guerres mondiales et des guerres de décolonisation. Des gerbes y étaient fréquemment déposées lors des cérémonies militaires.  Au cours des années 2000, la statue servait de modèle pour l'érection de monuments dans chaque capitale militaire du pays. Un bas-relief, reprenant l'effigie du monument, a été apposé en partie basse de chaque monument, haut de plusieurs mètres.

<strong>Le monument </strong>

Le monument est constitué de deux éléments à savoir le bronze, œuvre du sculpteur Paul Moreau-Vauthier, représente un groupe composé d'un poilu tenant le drapeau français, entouré de quatre soldats africains, symbolisant la fraternité dans l'effort de guerre. Quant au socle, œuvre de l'architecte Auguste Bluysen, il représente un petit fortin, surnommé <strong>"Tata"</strong> sur lequel sont gravés les noms des grandes batailles de 14-18 au cours desquelles se sont illustrés les tirailleurs.

Ce socle est taillé dans un granit africain. Plus tard, probablement après sa disparition survenue en 1932, un médaillon en hommage au Général Archinard est apposé sur la plaque commémorative scellée sur le socle. Ces médaillons ont disparu, mais un moulage est conservé au musée des troupes de marine à Fréjus. On y voit le profil du Général, entouré de l'inscription <em>"un grand honneur dans ma vie est d'avoir commandé ces braves soldats".</em>

<strong>     Synthèse de Boubacar PAÏTAO</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Inauguration du Monument aux héros de l’Armée noire : Le Mali honoré à travers son président IBK</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/inauguration-du-monument-aux-heros-de-larmee-noire-le-mali-honore-a-travers-son-president-ibk-2786341.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/inauguration-du-monument-aux-heros-de-larmee-noire-le-mali-honore-a-travers-son-president-ibk-2786341.html</guid>
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<pubDate>Fri, 09 Nov 2018 01:03:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le président IBK à côté de son homologue français Emmanuel  Macron  a été le seul chef d’Etat africain invité pour rendre hommage aux troupes africaines à REIMS </em></strong>

Le Président de la République, SEM. Ibrahim Boubacar Keïta et son homologue français SEM Emmanuel MACRON ont procédé à l’inauguration officielle du Monument aux héros de l’Armée noire récemment reconstruit.

La cérémonie solennelle qui a vu le Mali à l’honneur avec la présence du Chef d’Etat malien aux côtés du Président Macron comme seul Chef d’Etat invité spécial à cette symbolique, a eu lieu en début de soirée de ce 6 novembre 2018 à Reims dans le Parc de Champagne.

A son arrivée à Reims, IBK a été accueilli avec tous les honneurs.

Honneurs militaires, lecture historique, éclairage du Monument, chœur, dépôt commun de gerbes de fleurs par les deux Présidents, sonnerie aux morts , minute de silence , la Marseillaise chantée par le Cœur de l’Armée françaises, salutations des invités ont marqué la solennité de l’après-midi d’inauguration qui a durée 45 minutes.

Le Monument inauguré, d’origine, œuvre du sculpteur Paul Morceau-Vauthier, avait été construit en deux exemplaires, à Reims et à Bamako au Mali, pour rappeler le sacrifice des tirailleurs sénégalais pour la défense de Reims en 1918. Il s’agit du seul monument érigé en France après la guerre 1914-1918 en hommage aux troupes africaines des anciennes colonies.

Alors que le Monument jumeau de Bamako, inauguré le 3 janvier 1924, est toujours en place, celui de Reims fut démonté et détruit pendant la seconde guerre mondiale par l’occupant allemand.

L’inauguration du Monument aux héros de l’Armée noire par les deux présidents est sans doute un hommage solennel aux troupes africaines qui payèrent un lourd tribut pour la défense de la France. Terre de combat, réservoir de ravitaillement multiforme, vivier de recrutement en soldats, l’Afrique a payé un lourd tribut à la Grande Guerre. Plus de 500.000 soldats des colonies françaises (africains) ont participé entre 1914 et 1918 à la Première Guerre Mondiale, s’illustrant lors des batailles les plus emblématiques ( Verdun et Somme en 1916 ; Chemin des dames en 1917).

Après le cérémonial inaugural, IBK et MACRON en cortège automobile commun ont regagné l’Hôtel de Ville Reims où ils ont été accueillis par M. Arnaud ROBINET Maire de Reims. Sur place au niveau du Salon Colbert IBK a salué les adjoints au Maire avant de se diriger avec Macron vers bureau du Maire pour un entretien en tête-à-tête . A l’issue du tête-à-tête IBK a signé le livre d’or de la Mairie de Reims .

Sur place, à Reims, la présence d’un détachement Forces Armées Maliennes et de Sécurité, composé de 15 personnels, venu directement de la région militaire de Gao sans passer par Bamako, le dimanche 4 Novembre 2018 . Le détachement a composé le piquet d’honneur avec les troupes françaises lors des honneurs militaires aux deux chefs d’Etats. Il était commandé par le lieutenant Seydou Diarra de l’unité BA, âgé seulement de 28 ans .

L’inauguration a mobilisé aux côtés du Chef de l’Etat, le Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, le Ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Ministre des Maliens de extérieure et de l’intégration Africaine, le Ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République, le Général de Division Chef d’Etat Major Particulier du Chef de l’Etat , l’Ambassadeur du Mali en France, l’Ambassadeur du Mali à l’UNESCO, le Consul du Mali à Paris , Mme le Maire de Montreuil et le personnel de l’Ambassade du Mali en France.

<strong>Avec Madous Camara</strong>

<strong>Source : Le Renard</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Centenaire de l&amp;apos;Armistice à Reims: IBK rend hommage aux soldats de l&amp;apos;Armée noire</title>
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<pubDate>Thu, 08 Nov 2018 00:30:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le président Ibrahim Boubacar Keita séjourne depuis le lundi 5 novembre à Paris, à l'invitation de son homologue français, Emmanuel Macron. Il est l'invité d'honneur de ce dernier pour l'inauguration du monument dédié à l'armée noire, dans la ville de Reims, précisément au Parc de Champagne (voir en page 5 l'historique de ce monument).

Dans l'après-midi de ce mardi 6 novembre, le cortège présidentiel quitte Paris à 14h à destination de Reims par route. Outre le président, la délégation comprenait les ministres Kamissa Camara des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale, Tiemoko Sangaré des Forces armées et desAnciens Combattants et Yaya Sangaré des Maliens de l'extérieur et de l'Intégration africaine. Sans oublier l'ambassadeur Toumani Djimé Diallo et ses collaborateurs. Après 1h45 minutes, le président IBK arrive devant la mairie de la ville, accueilli par le maire et ses collaborateurs. Il est rapidement installé dans une salle, les autres membres de la délégation dans une autre. Le cocktail est au rendez-vous avec la présence de plusieurs ambassadeurs africains. Les échanges et contacts se multiplient entre les uns et les autres. Les cartes de visite se partagent.

C'est dans cette atmosphère festive, que le protocole demande aux invités de regagner les cars pour le Parc de Champagne, lieu de la commémoration.

Sur place, la délégation malienne trouve un beau monde, composé des autorités locales, des étudiants en sciences politiques, des militaires français et maliens. Ces derniers ont quitté par vol direct Gao, sous le commandement du Colonel Diallo.

Dans un froid inhabituel pour les Maliens, installés sous un chapiteau, l'arrivée d'IBK et de Macron prend du retard. Les invités arrêtés sur pied supportent mal le froid. Il n'y a point de siège pour s'asseoir. On tue, donc, le temps avec les échanges.

IBK attend toujours son homologue français à la mairie de la ville. Celui-ci était en tournée dans la région, dans le cadre de son "itinérance mémorielle", à l'occasion du centenaire de l'Armistice.

A 19h 15, branle-bas des services protocolaires. Ils annoncent l'arrivée du duo présidentiel. Côte-à côte, ils marchent d'un pas lent, avec élégance, au rythme de la musique militaire: lever de drapeaux, garde-à-vous, hymnes de deux pays, passage en revue des troupes, présentation des troupes... La cérémonie de commémoration est réglée au millimètre.

Les deux présidents affichent la mine grave des instants solennels.

Dans cette ville, Reims, pleine d'histoire, il s'agit de rendre hommage à 200 000 combattants africains, accourus à la rescousse, pendant la première Guerre Mondiale.

Le premier intervenant est un écrivain congolais, Alain Mabanckou. Avec éloquence et brio, il retrace le parcours des hommes noirs morts pour la France, avec des références bibliographiques, comme Senghor, René Maran avec Batouala et bien d'autres. Il explique aussi le bien fondé de ce monument érigé pour les héros noirs depuis 1924, puis détruit par l'Allemagne nazie. Ce monument a son jumeau à Bamako, au rond point situé en face de la mairie du District, appelé place de la Liberté. Il renaît aujourd'hui à Reims grâce à la volonté politique d'Emmanuel Macron.

Le second intervenant est IBK, invité d'honneur de ce dernier.

Dès l'entame de ses propos, IBK rend un hommage à la France, à son peuple, et son président actuel en ces termes:" Je commencerai,  si vous le permettez, par exprimer la gratitude du Peuple malien, de tout le Peuple malien pour  l’honneur que vous nous faites, en associant mon  pays à cette commémoration,  déjà empreinte de l’indélébile marque de l’Histoire. Merci à la France et à son Peuple, pour ce sens si aigu de l’Histoire ! Un merci sincère et profound à vous, Monsieur le Président, pour     l’élégance      et la    tranquille sérénité avec laquelle vous incarnez et assumez cette Histoire. Un merci sincère, profound et tout simplement chaleureux à la population de cette grande et belle ville de  Reims, solidement construite, qui porte si fièrement le sceau de l’Histoire, de la Grande Histoire.

La considération, la delicate attention et toute cette solicitude dont   ma délégation et moi-même sommes entourés, depuis nos premiers pas    dans cette      cité radieuse, nous va droit au cœur. Et si vous voulez une confidence, sachez que nous ne  sommes pas surpris par tant de marques   d’attention, car cette ville a toujours su rester à la hauteur de sa grande histoire.

Cité        des sacres, cité          des rois, Reims,         lieu      de brassage et Carrefour de

tant        de marqueurs de        l’histoire de l’humanité, porte l’empreinte de bien grandes civilisations. Dans             cette    ville,     déjà     capital de        Rome, au deuxième siècle avant notre ère, l’on innova dans l’enseignement           du        Dessin,  des Mathématiques, de  l’Anatomie,          de la   Chimie  et      je pourrais poursuivre       l’interminable liste".

Ensuite, IBK, citant Senghor, lui-même, fait prisonnier à Reims, dans son ouvrage "poème liminaire", revendique la parole, en demandant pardon à Senghor. Car ce poète de la négritude écrivait dans ce texte: "...Je ne laisserai pas la parole aux ministres, et pas aux généraux, non!

Je ne laisserai pas les louanges de mépris vous enterrer furtivement.

Aux ministres, comme aux généraux, point de parole".

C'est pourquoi le president IBK sollicite le pardon de ce dernier, donc, pour prendre la parole, lui, le politique- et d'ailleurs n'a t- il pas le privilège d'être petit- fils d'un poilu?

En tout cas, IBK revendique la parole pour évoquer, invoquer les soldats de l'ex- Soudan (français), l'actuel Mali.

"Je la revendique pour parler de toute la force noire venue des territoires qui correspondent aujourd'hui au Sénégal, au Tchad, à la Guinée, à la côte d'ivoire, au Burkina Faso, au Congo, au Cameroun, à la Centrafrique, au Gabon, à Madagascar, aux Comores, au Niger, au Togo, au Bénin, à l'Algérie, au Maroc, à la Tunisie". Il revendique la parole pour rendre hommage à tous ceux qui furent du combat pour la dignité, la liberté, la justice: poilus ou tirailleurs, " christ de douleur, comme ils furent à juste titre qualifiés, ou héros anonymes, ils ont saigné pour la paix du monde; ils sont tombés, afin que d'autres puissent avoir le droit, légitime et la possibilité non entravée, de fêter Noël.

IBK de marteler ensuite: " Le souvenir, justement, est toute la raison de la présence du Mali ici, et cette présence ne doit rien au hasard. Le Mali est ici pour son passé et pour son présent.

La dernière étape de la cérémonie : sonnerie aux morts, minute de silence, la Marseillaise chantée par le coeur de l'armée française.

Enfin, les deux présidents retournent à la mairie de Reims pour un long tête-à tête, suivi de la signature du livre d'or de la mairie de Reims.

La délégation présidentielle reprend la route pour Paris. Il était zéro heure 20 lorsque le cortège s'immobilisa devant l'hôtel d'IBK, à Mandarin oriental 251, rue Saint-Honoré 75001 Paris.

<strong>El Hadj ChahanaTakiou depuis Paris</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Macron assume l’histoire de la France à Reims :  L’historique du monument dédié aux héros noirs</title>
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<pubDate>Thu, 08 Nov 2018 00:25:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[A l’invitation du Président français Emmanuel Macron, le Président de la République, SEM Ibrahim Boubacar Kéita, séjournera en France du 5 au 11 novembre 2018 où il participera aux commémorations du centenaire de l’armistice de 1918. Lors de ces commémorations du centenaire, un monument en hommage aux soldats noirs tombés au Champ d’Honneur durant la Première Guerre Mondiale sera inauguré officiellement à Reims le mardi 6 novembre 2018 en présence des présidents Emmanuel Macron et Ibrahim Boubacar Keïta. Le monument de Reims est un duplicata de celui de Bamako, en face du ministère de l’Education nationale.

L’idée d’ériger un monument en hommage aux soldats noirs tombés au Champ d’Honneur vit le jour dès la fin de la Première Guerre Mondiale. Le « Comité aux Héros de l’Armée Noire » créé en 1921, avait comme mission de faire ériger en France et en Afrique un monument à la mémoire des soldats africains morts pour la France au cours du conflit. Le financement a été assuré grâce aux souscriptions des communes de France et des Amis des Troupes noires françaises.

Ce Comité fut placé sous la présidence du Général Louis Archinard, ancien commandant supérieur du Soudan Français, assisté du Général Marchand et de Blaise Diagne, député du Sénégal et ouvrier du recrutement en A.O.F.
<ol>
 	<li><strong><em>Monuments jumeaux : </em></strong></li>
</ol>
L’idée de monuments jumeaux fut proposée dès la création du Comité en 1921.  En Afrique, la ville de Bamako fut retenue pour rendre hommage aux soldats originaires de la colonie du Soudan français, et qui composaient la majorité du 1er corps d’Armée Coloniale.

En métropole, la ville de Reims fut choisie car les soldats africains restaient dans les mémoires pour avoir défendu la ville pendant la guerre, et surtout en avril 1918, où pas moins de six bataillons de « Tirailleurs sénégalais » renforcèrent les troupes métropolitaines pour défendre la ville jusqu’au repli des forces germaniques.

Le 29 octobre 1922, le ministre de la Guerre André Maginot pose la première pierre du Monument aux Héros de l’Armée Noire à Reims.

Le monument de Bamako est inauguré le 3 janvier 1924 et celui de Reims le 13 juillet 1924, par Edouard Daladier, ministre des Colonies.
<ol start="2">
 	<li><strong><em>Les Nazis détruisent le monument de Reims :</em></strong>Pendant la seconde Guerre Mondiale, l’occupant allemand descend de son socle le 10 septembre 1940 le monument de Reims et le fait disparaître. Il aurait été envoyé vers une destination inconnue puis fondu. Il n’a jamais été retrouvé.</li>
</ol>
Au milieu des années 50, l’amicale des anciens coloniaux et marins de Reims sollicite l’appui du gouverneur général de l’A.O.F. pour lancer une souscription visant à reconstruire le monument. Mais la municipalité, craignant de rallumer les tensions entre anciens combattants des troupes coloniales et anciens combattants des régiments métropolitains, qui se disputent la gloire d’avoir sauvé Reims en 1918, renonce au projet de reconstruction à l’identique.

En pleine période de décolonisation, le monument est en effet jugé trop colonialiste, et un nouveau Comité est constitué en 1961. A l’issue d’un concours ouvert aux élèves de l’Ecole régionale des Beaux-arts et des arts appliqués, le projet de Jean-Marie Maya-Perez est retenu. Le nouveau monument est inauguré le 6 octobre 1963. Il est constitué de deux obélisques de 7 mètres de haut qui symbolisent l’union des combattants métropolitains et africains, érigés sur un bloc symbolisant la résistance de Reims et de ses défenseurs.

En 1994, lors de la commémoration du 50ème anniversaire du débarquement et de la libération de la Provence, l’association des amis du musée des troupes de marine finance la construction, à Fréjus, d’un nouveau monument à la gloire de l’Armée noire. Le monument, œuvre du sculpteur Léon Guidez, est inauguré par François Léotard, ministre de la Défense et maire de Fréjus. Il s’agit d’une réinterprétation contemporaine des monuments jumeaux de 1924.
<ol start="3">
 	<li><strong><em>Le monument de Bamako dupliqué : </em></strong></li>
</ol>
L’idée de faire renaître le Monument aux Héros de l’Armée Noire à Reims fut portée pendant de longues années par Cheikh Sakho, qui fonda en 2007 l’Association pour la Réhabilitation du Monument aux Tirailleurs d’Afrique Noire (ARMATAN), devenue en 2008 l’Association à la Mémoire de l’Armée Noire (AMAN). L’association rassembla l’Etat, les collectivités territoriales et plusieurs mécènes, désireux de voir reconstruit le monument.

Une première mission de Reims vint à Bamako en 2006 pour étudier la faisabilité du projet

D’abord prévu pour 2007, en vue de la commémoration des 150 ans de la création du premier régiment de tirailleurs sénégalais par le Général Faidherbe en 1857, puis pour 2008 pour le 90ème anniversaire de la fin de la Grande Guerre, ce n’est qu’en 2012 que le projet porté par la Mairie de Reims et l’association AMAN fut finalement lancé.

Le concours artistique fut remporté par le sculpteur Jean-François Gavoty. Une nouvelle mission vint à Bamako en janvier 2013 pour prendre les mesures nécessaires sur le monument rescapé, en collaboration avec le Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté de Bamako.

Le monument fut finalement réinstallé à Reims le 8 novembre 2013, sur un nouveau socle différent de celui de Bamako, plus contemporain et intégré à son nouvel environnement, dans le parc de Champagne. Des objets sur le thème du monument, issus de travaux communs aux étudiants de Reims et de Bamako furent incrustés dans le socle.

<strong>Un premier dépôt de gerbe fut organisé le 11 novembre 2013. </strong>

Pour le Général Jean-Marie Lemoine, ancien président de l’AMAN, « les monuments jumeaux sont le symbole de l’amitié franco-africaine, née des souffrances partagées dans les tranchées ».
<ol start="4">
 	<li><strong><em>Au Mali, les monuments des capitales militaires : </em></strong></li>
</ol>
Au Mali, le monument érigé sur la « place des Ecoles », devenue « place André Maginot », puis « Place de la Liberté » de nos jours, a longtemps servi de monument commémoratif pour les soldats morts au cours des deux guerres mondiales et des guerres de décolonisation. Des gerbes y étaient fréquemment déposées lors des cérémonies militaires.

Au cours des années 2000, la statue servit de modèle pour l’érection de monuments dans chaque capitale militaire du pays. Un bas relief, reprenant l’effigie du monument, fut apposé en partie basse de chaque monument, haut de plusieurs mètres.

&nbsp;
<ol start="5">
 	<li><strong><em> Le monument : </em></strong></li>
</ol>
Le monument est constitué de deux éléments :

-  Le bronze, œuvre du sculpteur Paul Moreau-Vauthier, représente un groupe composé d’un poilu tenant le drapeau français, entouré de quatre soldats africains, symbolisant la fraternité dans l’effort de guerre.

-  Le socle, œuvre de l’architecte Auguste Bluysen, représente un petit fortin, surnommé « Tata » sur lequel sont gravés les noms des grandes batailles de 14-18 au cours desquelles se sont illustrés les tirailleurs. Ce socle est taillé dans un granit africain.  Plus tard, probablement après sa disparition survenue en 1932, un médaillon en hommage au Général Archinard est apposé sur la plaque commémorative scellée sur le socle. Ces médaillons ont disparu, mais un moulage est conservé au musée des troupes de marine à Fréjus. On y voit le profil du Général, entouré de l’inscription « un grand honneur dans ma vie est d’avoir commandé à ces braves soldats ».]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables : Alpha Oumar Konaré Président de la République (24 mai 1999)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-oumar-konare-president-de-la-republique-24-mai-1999-2785864.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 06 Nov 2018 13:08:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<em>‘’Le qualificatif de « quatrième pouvoir » donné au poids des médias dans la sphère d’influence des Etats et des sociétés a crû, de façon significative, au fil des évènements de l’histoire mondiale. Il s’agit là d’une influence qui s’est imposée envers et contre toutes les  tentatives d’intimidation et de rétorsion, tout simplement parce que la presse, à la différence de la plupart des disciplines et des pratiques, peut être perçue comme véhiculant la totalité des valeurs de la culture. </em>

<em>Elle est philosophie quand elle procède à l’examen des destins des peuples et des hommes politiques. </em>

<em>Elle est idéologie quand elle prend l’option d’un lecteur particulier et partisan de la théorie et de l’action politique. </em>

<em>Elle est littérature quand elle attache à la forme du message la même considération qu’au  fond. Elle  véhicule une forme d’art achevée à travers ses illustrations, ses bandes dessinées, ses croquis. </em>

<em>La presse enfin est une éthique au sens fort, lorsqu’elle considère que son exercice doit s’accompagner de l’observance stricte d’un corps de valeurs qui lui seraient spécifiques.</em>

<em>Aussi, est-ce aujourd’hui une certitude qu’en cette fin de siècle, et demain de  plus en plus, la suprématie des Etats se construit autour de la maîtrise et de la diffusion de l’information, au double titre de la quantité et de la qualité. L’Afrique, d’une façon générale, et singulièrement le Mali, mon pays, sont donc forcément sensibles à cet état de fait, en même temps qu’ils sont attentifs à l’émergence des nouvelles technologies de l’information, pour la raison bien simple que parmi les défis majeurs que le continent doit affronter pour le siècle prochain, l’accès à ces technologies conditionne pour beaucoup les possibilités de développement. </em>
<div style="overflow:hidden;height:1px">
    <p><a href="http://www.examtestview.com/best-cissp-exam-dumps/">cissp questions</a> cissp questions He stood there for a long time. Tami Joan and John desperately retreated 300-070 pdf until they reached 300-070 questions the other side of the door, holding cissp questions two 300-070 questions sweaty bodies cissp questions tightly together. <a href="http://www.examdumpsview.com/how-to-get-cissp-exam-questions/">cissp exam</a> The drivers hand bent into cissp exam the shape of a cup, blocking the lights shone on the street light, looked at them more carefully. cissp exam Suddenly, a loud noise echoed in the air. Tameron could not help but constricted a while, 300-070 pdf and cissp questions John <a href="http://www.bestexamview.com/the-best-way-to-get-the-cissp-exam-dump/">cissp pdf</a> made a short, screaming scream. 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<em>Pour autant, on ne peut, concernant l’Afrique, disserter de façon univoque sur les différents types de médias, dont chacun répond à un contexte particulier, lié à l’histoire de son émergence et aux conditions politiques, sociales et matérielles qui le spécifient. </em>

<em>La presse écrite, le presse audiovisuelle et Internet, loin d’avoir des positions semblables, sont en quelque sorte le reflet même du continent, dans ce qu’il véhicule de succès et de difficultés, que ceux-ci soient politiques, sociaux ou économiques. </em>

<em>D’une façon générale, la presse africaine a connu son printemps au début des années 1990, dans le sillage des revendications pour la liberté et la démocratie. </em>

<em>NB : Alpha Oumar Konaré    est fondateur et premier Directeur du publication du journal les Echos lancé le vendredi 17 mars 1989 en à feu Abdoul Karim Camara dit Cabral assassiné le 17 mars 1980.</em>

<em> </em>

<strong><em>Rassemblés par</em></strong>

<strong><em> Boubacar Sankaré</em></strong>]]> </content:encoded>
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<title>Que sont&#45;ils devenus…   Colonel Youssouf Traoré : Mémoires d&amp;apos;un rescapé du CMLN</title>
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<pubDate>Sat, 27 Oct 2018 01:20:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Fidèle compagnon et complice du général Moussa Traoré, aussi bien à l'école militaire qu'au Comité militaire de libération nationale (Cmln), le colonel Youssouf Traoré est l'un des instigateurs du coup d'Etat de 1968 qui a fait chuter le régime du président Modibo Keïta. Maillon très important du fonctionnement du Cmln, il a contribué à assoir le régime de Moussa Traoré en neutralisant la redoutable bande des trois, composée de Tiécoro Bagayoko, Kissima Doukara et Karim Dembélé. Malheureusement, un clash éclata entre Youssouf et son complice. Ce qui contraint le colonel Traoré à dix ans d'exil forcé. Traqué jusque dans son dernier retranchement à l'étranger, il résiste et démontre à Moussa qu'il demeure cet officier valable de l'ère coloniale. En acceptant de nous recevoir dans le cadre de la rubrique " Que sont-ils devenus ? " à son domicile à Djicoroni Para, à quelques mètres de celui de son ancien ami et compagnon d'arme, le Général Moussa Traoré, le colonel Youssouf Traoré nous donne l'occasion de reparler de l'histoire récente du Mali, mais aussi d'un passé émaillé par le premier coup d'Etat au Mali et qui aboutira à des dissidences entre les acteurs de ce coup de force. Comment le putsch de 1968 a-t-il été organisé ? Quelles en étaient les raisons ? Qui en étaient les instigateurs ? L'arrestation de la bande des trois était-elle consécutive à un règlement de compte ? Les réponses !</em></strong>

<em>Une fois n'est pas coutume"</em> ; nous commençons cet article en nous acquittant d'une dette morale. Dans l'animation de cette rubrique <strong>"Que sont-ils devenus ?"</strong>, l'attitude de certains de nos fidèles lecteurs ou anciens héros nous impose sinon une reconnaissance de notre part au moins un témoignage. Inconditionnels de ladite rubrique, ils ne cessent de nous appeler pour nous encourager, nous conseiller, faire des remarques, des propositions, pour donner de nouvelles orientations et améliorer ainsi notre travail. Ils ont pour noms, entre autres, le vieux Mamadou Nomoko, policier à la retraite ; Maître Ousmane Thierno Diallo, ancien secrétaire général de la Femafoot ; Mamadou Doumbia dit l'Homme de Radio Kledu ; Aïssata Guinto, ancienne internationale de basketball ; le doyen Amara Diombera, Ousmane Abou Samba Ouleye dit Boubou Diallo de Kayes ; les frères Drabo (Gaoussou et Solo), le doyen Mamadou Diarra de L'Essor, le jeune Ibrahim Dembélé de l'agence voyage Continent Tours. Conscients que nous sommes le fruit de l'école malienne de l'après 26 Mars 1991, donc avec logiquement des insuffisances, l'accompagnement de ces ainés sortis de la vieille école nous aide beaucoup à parfaire notre modeste plume. Nous leur signifions ici toute notre reconnaissance. Revenons à présent à notre sujet du jour !

<strong>L'instigateur du coup d'Etat </strong><strong>du 19 novembre 1968</strong>

Véritable conservateur, le colonel Youssouf Traoré ne s'est pas gêné de nous faire des remontrances pour notre retard sur l'heure du rendez-vous. Il voulait comprendre tous les contours de la rubrique <strong>"Que sont-ils devenus ?"</strong>. Pour cela, notre premier contact consistait seulement à déblayer le terrain : lui soumettre un questionnaire et fixer un rendez-vous d'entretien. <strong>"Chat échaudé craint eau froide"</strong>, nous nous pointons à l'heure indiquée pour la grande interview. Le colonel nous conseilla un dictaphone, au risque d'occulter l'essentiel. Mais d'emblée, nous le rassurâmes que nos prises de notes feront l'affaire et permettront de faire l'économie d'une transcription pour gagner du temps.

Né le 2 octobre 1935 à San, marié et père de neuf (9) enfants, le colonel Youssouf Traoré fait partie des élèves officiers actifs, formés à l'école des officiers ressortissants des territoires d'Outre-Mer à Fréjus (France), qui ont formé l'armée malienne au départ du dernier soldat français en 1961. Ces différents officiers et sous-officiers se sont mis à la disposition de leur pays après les indépendances. Ils ont la particularité d'être de vaillants soldats. Parmi ce noyau de l'armée, certains, dont le colonel Youssouf Traoré, murirent à un moment donné l'idée d'un coup d'Etat.

<strong>Pourquoi un coup d'Etat ? </strong>

C'est la principale question que nous avons posée à notre héros du jour. Il ressort de ses explications que le lieutenant Moussa Traoré n'est pas l'instigateur du coup d'Etat du 19 novembre 1968. L'idée est de trois jeunes officiers : le capitaine Sory Ibrahim Sylla, les lieutenants Youssouf Traoré et Mamadou Sanogo. Chaque fois qu'ils avaient le temps, ils discutaient de la vie de la nation. A l'époque, le lieutenant Moussa Traoré servait à Kayes. Après les pelotons 1 et 2 à Ségou et Gao, ils décident de passer à l'offensive. Ils ont touché des camarades à qui ils ont confiance, dont Moussa Traoré. A cette phase, le risque était patent, surtout que certains, notamment le chef d'Etat Major (CEM) le colonel Sékou Traoré, les lieutenants Ousmane Coulibaly et Alou Traoré ont désapprouvé l'action. Le CEM informera même le ministre de la Défense, et une réunion d'urgence est convoquée à Kati. Le colonel Sékou dénonce l'action des jeunes et leur demande de patienter. Après cette rencontre entre officiers, les conspirateurs ont compris que la menace est réelle et ils donnent des consignes : abattre à domicile tout suspect au-delà de minuit. Le slogan était clair <em>"mieux vaut mourir que de se laisser prendre comme un mouton".</em>

Malgré la confirmation d'un coup d'Etat en gestation, le pouvoir, au lieu d'être en état d'alerte maximal, n'entreprendra rien pour traquer les auteurs. Il paiera cash son laxisme et sa négligence le 19 novembre 1968. Le président Modibo Keïta, au retour d'un voyage à l'intérieur du pays, est arrêté sur la route de Koulikoro.

<strong>Les erreurs fatales </strong><strong>de Modibo Kéïta</strong>

Conduit au siège du Cmln, le lieutenant Moussa Traoré lui notifia la prise du pouvoir par l'Armée. Selon le colonel Youssouf Traoré, le président Modibo Keïta n'a pas bronché, il n'a rien manifesté pour exprimer son désaccord par rapport à l'action des militaires.

Qu'est-ce qui a poussé les jeunes officiers à s'emparer du pouvoir ? Pourquoi le choix s'est porté sur Moussa Traoré pour diriger le pays alors qu'il n'était pas l'instigateur principal du coup de force, à plus forte raison le plus gradé du groupe ?

Le colonel Youssouf Traoré rafraichit la mémoire du peuple malien pour justifier l'intervention du Cmln : <em>"Le régime de Modibo Keïta a eu la maladresse de commettre certaines erreurs qui l'ont décrédibilisé. Primo, la création d'une milice sous l'autorité de Koulouba fut plutôt un catalyseur du développement des contradictions sociales.</em>

<em>Secundo, le coup d'Etat civil contre les institutions et le parti US-RDA qui a consisté à dissoudre illégalement les organes dirigeants de toutes les sections du parti, remplacés par les comités locaux de défense de la révolution. Au niveau national, le Bureau politique de l'US-RDA fut dissout et remplacé sans congrès par un Comité National de Défense de la Révolution. </em>

<em>A l'Assemblée nationale, le bureau fut illégalement dissout et remplacé par une commission législative présidée Mamadou Diarrah de Koulikoro. Mahamane Haïdara, le président fut desti</em>tué.

Tertio, l'opération Taxi, conçue et réalisée pour moraliser la vie politico- économique, ne put paradoxalement résister à la cupidité et au banditisme des miliciens. En moins d'un an, tous les véhicules saisis en parfait état de marche (plus d'un millier) appartenant aux cadres politiques et administratifs, furent totalement dépouillés de toutes leurs pièces essentielles démontables (roues, batteries, moteurs, phares) par les miliciens et vendus sur le marché noir.

Enfin, les obsèques du franc malien. Proclamé attribut de souveraineté nationale par le président Modibo Kéïta pour motiver sa création, la courte histoire du Franc Malien fut écrite dès le départ par des arrestations, un tribunal populaire illégal, des condamnations arbitraires avant de se terminer dans les dunes de sable au nord par la liquidation physique des opposants par un peloton d'exécution.

Quant au choix porté sur Moussa Traoré après le coup d'Etat, il résulte de la disqualification des gradés. D'abord, le CEM Sékou Traoré, dès le départ, a décliné l'offre quand nous lui avons fait la proposition. Nous nous sommes rabattus sur le capitaine Sory Ibrahim Sylla. Celui-ci a tenu des propos décevants qui ne nous permettaient pas de lui faire confiance. Nous nous connaissons entre nous depuis l'école militaire, et on s'est dit que dans le groupe le lieutenant Moussa Traoré a les atouts requis pour prendre la tête du mouvement."

Après la déstabilisation des institutions de la République, il n'était pas exclu que le peuple se soulevât pour manifester dans les rues et faire échouer le coup d'Etat. Pourtant, dans le livre intitulé <em>"La chute de Modibo Keïta"</em> de Bintou Sanankoua, il est écrit que deux responsables de l'US-RDA ont tenté cette stratégie au niveau du cinéma Babemba. Mais, ils n'y parviendront pas. Pour le colonel Youssouf Traoré, le Cmln n'a pas pensé à un tel scénario, parce qu'il était convaincu du ras de bol de la population à cause des excès de la milice. Donc, la grande liesse qui a suivi l'annonce du coup d'Etat a suffi pour conclure que les militaires ont agi au bon moment. Une fois la chute du régime consommée, Youssouf Traoré occupe le poste de Commissaire aux Conflits et devient de facto la quatrième personnalité après Moussa, Yoro Diakité et Amadou Baba Diarra.

<strong>Nous y sommes, nous y restons !</strong>

Si le peuple a applaudi le coup d'Etat, il parait cependant évident qu'il a cru à la liberté, à la vraie démocratie que les militaires ont promises dans un délai de six mois. Il comprendra par la suite que le Cmln a changé de fusil d'épaule.

Le colonel Youssouf Traoré soutient qu'ils étaient très sincères en promettant de remettre le pouvoir aux civils au bout de six mois. Mais ils se sont rendu compte de beaucoup de choses par rapport à la situation du pays, notamment l'agitation des cadres de l'US-RDA. Le Cmln ne pouvait pas réaliser un tel projet et laisser le pays entre les mains des opposants qui pouvaient se retourner contre eux.  Au sein même de l'armée, le Cmln faisait face à une dissidence de certains compagnons d'arme. Il fallait se méfier des réunions clandestines, des tracts des cadres de l'US-RDA.

Ce revirement du Cmln a effectivement conduit à une tentative de coup d'Etat, orchestré par un certain capitaine Diby Sylas Diarra et certains de ses camarades, qui n'étaient pas d'accord avec le CMLN pour la conduite des affaires du pays. Dommage, le groupe sera dénoncé et ses membres arrêtés, <strong>"jugés"</strong> et expédiés à Taoudénit où plusieurs d'entre eux mourront en détention de travaux forcés.

Quelle explication à la rapidité des choses à l'égard de ces putschistes ? Notre héros dit qu'après leur arrestation, il n'a plus suivi le dossier de près. Il n'était pas membre de la cellule de surveillance, composée de Moussa Traoré, Tiécoro Bagayoko, Kissima Doukara, Faran Samaké. Donc, Youssouf dit ignorer les raisons et les conditions dans lesquelles Diby Sylas et sa bande ont été transférés de façon rapide.

Les tempêtes n'empêcheront pas le Colonel Youssouf Traoré de demeurer sous le toit du pouvoir, à côté de son ami Moussa Traoré.

Au lendemain du coup d'Etat, il est nommé ministre de l'information jusqu'en septembre 1975.

En janvier 1978, il a la lourde responsabilité de diriger le ministère de l'Education Nationale et de la Recherche Scientifique. Membre du Conseil national et du Bureau exécutif central de l'Udpm, dont il est membre fondateur, membre du conseil supérieur du Plan de Développement National, membre du Conseil Supérieur de la défense, président de la Commission nationale d'organisation des fêtes et visites officielles.

<strong>Tiécoro, Kissima et Karim arrêtés</strong>

Compagnon inséparable du président Moussa Traoré et fin stratège, le colonel Youssouf Traoré a contribué à assoir le régime de son ami, à un moment où la bande des trois constituait une épine dans les pieds. Et c'est à juste titre que de façon discrète la bande sera démantelée. Comment ? S'agissait-il d'un règlement de compte ou d'une révolution de palais ? Le colonel à la retraite dit que tout est parti d'un éventuel remaniement où Kissima Doukara devrait changer de portefeuille. Cela n'était pas l'avis de la bande des trois qui voyait déjà une dislocation de son groupe. Parce que Tiécoro ne devait plus relever de Kissima.  La réunion du 6 janvier 1978, où Moussa a été mis en minorité quand il a annoncé les changements dans le prochain gouvernement, a été le détonateur de la crise. Parce que le trio Moussa, Tiécoro et Kissima se concertait régulièrement pour la gestion du pays. Mais la volonté du président de vouloir opérer un remaniement à l'insu des autres n'a pas bien sonné dans leur tête. Selon le colonel Youssouf Traoré, depuis ce jour, Tiécoro, Kissima, Charles Samba Sissoko, Karim Dembélé tenaient des réunions secrètes. Et Moussa Traoré était informé à la minute de tous leurs mouvements.

A la question de savoir si ce n'est pas le tract de Tiécoro sur la Première dame, Mariam Traoré, qui est la raison principale de leur arrestation, le colonel Youssouf Traoré confirme que cet épisode en est pour beaucoup. Mais la dernière réunion du groupe a précipité les choses.

<strong><em>Comment ? </em></strong>

Le colonel en retraite donne les explications et dévoile comment les uns et les autres ont été arrêtés et ligotés au siège du Cmln : <em>"Le groupe a tenu une réunion pour passer à la vitesse supérieure. Il décide de faire un coup d'Etat le mercredi 29 février 1978, pour porter Charles Samba Sissoko au pouvoir. Donc, je devais être exécuté en même temps que Moussa. Dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 février 1978, le président m'a informé. Avec une telle information, l'anticipation sur leurs intentions paraissait la seule solution. Nous n'avons pas paniqué et immédiatement nous avons décidé de les neutraliser rapidement. Le matin du mardi 28 février, j'ai briefé mes hommes de ce qui devrait se passer comme action. Moussa et moi avons élaboré une stratégie pour les arrêter. Le président les invita un à un pour une réunion d'urgence. Une fois dans le bureau de Moussa, et en pleine discussion, les soldats surgissaient et appliquaient les consignes. Ils ont tous été arrêtés et ligotés dans les mêmes conditions. Charles Samba Sissoko n'était pas au Mali au moment des faits. A son retour, je suis parti l'arrêter avec un commando. Le capitaine Soungalo Samaké qui soutient qu'il n'a jamais eu l'intention de fomenter un coup d'Etat contre Moussa, était le bras armé de Tiécoro. Donc, il ne pouvait pas demeurer sans être au courant ou ne pas aider Tiécoro. Sa présence dans les réunions secrètes en dit long sur sa complicité. " </em>

Une fois cette bande décapitée, jugée, condamnée et envoyée dans le bagne de Taoudénit, le colonel Youssouf Traoré est devenu par la force des choses le deuxième homme fort du pays. Le président Moussa Traoré ne jurait que par lui, parce qu'ils se sont connus depuis l'école militaire, perpétré ensemble le coup d'Etat de 1968, et orchestré la neutralisation des dissidents dans l'armée, et au sein du CMLN.

Dommage que cette amitié a volé en éclats, quand le régime dictatorial de Moussa Traoré a été secoué par la grève de l'Union nationale des élèves et étudiants du Mali (Uneem) dirigée d'abord par Tiébilé Dramé, puis par Abdoul Karim Camara dit Cabral. Le colonel Youssouf Traoré, par sa position au centre de pilotage et en sa qualité de ministre de l'Education nationale, ne sera pas compris par Moussa. Un clash éclata entre les deux hommes. Selon lui, Moussa l'a qualifié d'ennemi du parti, de complice du mouvement estudiantin.

<strong>Qu'est ce qui s'est réellement passé pour que les deux amis deviennent des ennemis ?  </strong>

Le colonel Youssouf explique : <em>"A la suite de la grève de l'Uneem, il a été confié à la sous-commission culturelle de la Commission de l'information et de la culture du Bureau exécutif central de l'Udpm, l'élaboration d'un rapport après une étude approfondie de la situation scolaire. Ladite sous-commission dont j'étais le président devrait faire des propositions concrètes pour trouver une solution définitive au mouvement. Avant l'adoption du rapport, le président Moussa Traoré a envoyé quelqu'un pour récupérer le rapport provisoire. J'ignore à présent les motivations de cette décision. La réunion du BEC qui a suivi fut celui de mon procès. Moussa m'a accusé de tous les maux concernant la crise scolaire. J'ai répliqué pour dire qu'il peut avoir ses arguments, mais les cadres qui ont rédigé ce rapport sont loin d'être des ennemis du parti." </em>

<strong>La lettre et l'exil</strong>

Le rapport dont nous avons copie est tellement bien rédigé, avec des propositions concrètes que Moussa Traoré ne saurait accepter qu'il soit produit par une sous-commission dirigée par son intime ami le colonel Youssouf Traoré. Celui-ci a fait le travail en mettant l'intérêt supérieur de la nation au-dessus de ses relations avec le président. Mais ce qu'il a oublié, c'est que Moussa Traoré a toujours filé son entourage. Il avait un service de renseignement officieux très efficace. Raison pour laquelle, il n'a pas pu être surpris durant 22 ans sur les 23 de son règne. La preuve est qu'il a révélé, lors de son procès, avoir dit au général Mamadou Coulibaly que le colonel Bakary Coulibaly du PC Opérationnel n'est pas un officier sur lequel on peut compter. Parce qu'envoyé à Kita pour superviser les élections, il a produit un rapport qui est en déphasage avec tout ce qui s'y est passé.

<strong>Comment Moussa a-t-il su cela ?  </strong>

La raison est simple. Il avait envoyé un gendarme déguisé en civil, pour les mêmes missions confiées au colonel Bakary Coulibaly. Alors, il n'était pas exclu que la sous-commission dirigée par Youssouf Traoré ait été infiltrée par un de ses membres, à la solde du président. Sinon, il est incompréhensible que Moussa soit au parfum d'un rapport provisoire.

Entre les deux hommes, la rupture est consommée. Pendant que Youssouf pense être sincère et tranquille avec sa conscience, Moussa Traoré est convaincu qu'il a trahi le serment de l'amitié basé sur la loyauté. Les rumeurs de l'existence d'un front de dissidents ayant pour objectif premier de déstabiliser le régime, avec le concours des membres de la Commission de l'information et de la culture dont le colonel Youssouf Traoré est le président, sont véhiculés çà et là. A titre de rappel, lors du procès Crimes économiques en 1992, Moussa Traoré a cité un adage de chez nous qui dit approximativement que <em>"lorsque des amis ont l'habitude de se cacher ensemble dans un coin, si par hasard l'un d'eux perd de vue les autres, le mieux pour lui c'est d'aller à l'endroit où ils ont effectivement l'habitude de se cacher"</em>.

[caption id="attachment_2783922" align="aligncenter" width="680"]<img class="size-full wp-image-2783922" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2018/10/YOUSSOUF-TRAORE-ET-ATT.jpg" alt="" width="680" height="493" /> Colonel Youssouf Traoré avec ATT en 2006 au palais de Koulouba[/caption]

C'est pour démontrer que le colonel Youssouf Traoré s'est rappelé des coups qu'ils ont joués aux anciens camarades depuis 1968. Autrement dit, il sait très bien de quoi Moussa Traoré est capable, quand il sent un adversaire ou un ennemi.

Dans une lettre en date du 1ér mai 1981, en annonçant sa démission, il tient à dire à Moussa Traoré que le 30 avril 1980 marque la fin d'une longue et pénible étape dans sa vie de soldat, dans sa vie politique au service d'une amitié et du peuple malien. Il ne regrette rien au double plan amical et politique. Il se dit extrêmement heureux d'avoir la conscience tranquille face à tous les événements qu'ils ont connus, et tous les problèmes qu'ils ont eu à résoudre depuis plus de vingt ans dans le cadre du développement économique du pays, de la création et de la vie de l'Udpm. Il dit qu'il n'a point été surpris de voir les membres du BEC s'acharner comme des fauves contre la commission et son président, allant jusqu'à traiter ce dernier de dissident, d'anti parti. Cependant, il a rappelé un proverbe de Moussa Traoré selon lequel lorsqu'on trouve un arbre tombé, on doit le relever car un jour on pourra s'asseoir sous son ombre. Mais lorsqu'il s'agit d'un homme, si vous le faites, vous ne récolterez que des ennuis. Il conclut que tous les déboires qu'il a connus depuis vingt-cinq mois sont le fruit d'une grossière mise en scène, et soutient que les hommes passent, les peuples demeurent. Il affirme avec conviction qu'un monarque, si puissant soit-il, ne peut rien contre le destin des hommes et des peuples. Par conséquent, lui Youssouf, suit et suivra irréversiblement le sien.

Une telle correspondance ne pouvait qu'envenimer une situation déjà tendue. Le président Moussa Traoré insiste et charge certains membres du B.E.C pour se rassurer que ce soit Youssouf Traoré qui a signé le rapport. Ils ont demandé à celui-ci de revenir sur sa décision avant le prochain congrès. Le colonel n'a pas hésité à leur dire que sa décision est irrévocable. Sur le coup, il rend la clef de son véhicule de service et s'en va tout droit chez lui. Comme on pouvait s'y attendre, Moussa Traoré n'a pas tardé à réagir. Il met le colonel Youssouf Traoré en retraite anticipée, dix ans avant son âge réel et contrôle ses mouvements. Ce dernier profita d'une visite chez ses parents à San pour traverser les frontières maliennes. Le pouvoir a tout tenté pour le traquer. Il déjoue tous les coups.

<strong>Comment a-t-il pu sortir sans </strong><strong>être arrêté ? Qu'est-ce que </strong><strong>le régime a entrepris pour lui rendre la vie difficile ? </strong>

Le colonel Youssouf se souvient : <em>"Avec la décision de ma mise en retraite, je ne pouvais plus travailler au Mali. Mes parents m'ont conseillé de quitter le pays pour avoir la vie sauve. Parce que tout pouvait m'arriver une semaine plutôt. On m'a refusé un passeport au motif que tous les imprimés ont été utilisés pour le pèlerinage. A San, pour me délivrer une carte d'identité le commissaire s'est rendu à Bamako pour avis. Son adjoint qui n'était au courant de rien a pris les dispositions pour me donner le sésame. Dès le lendemain, j'ai quitté le territoire malien très tôt, et c'était la débandade. Le pouvoir a mis des agents à mes trousses, mais je ne me reprochais rien. A l'extérieur, on m'a filé avec des policiers qui se relayaient. Au Burkina, j'étais logé chez un fonctionnaire de la Cedeao, qui finira par me renvoyer à cause de la pression. Je rejoins le Bénin, puis le Ghana où on a relevé l'ambassadeur Kibili Demba Diallo pour la simple raison qu'il m'a délivré un passeport". </em>

Youssouf Traoré passera ainsi dix ans d'exil forcé et n'aura son salut qu'à l'avènement de la démocratie au Mali en 1991.

De retour au Mali, il crée l'Union des forces démocratiques pour le progrès (Ufdp) et devient député à San pendant la première législature (1992-1997).

<strong>Comment l'officier a-t-il migré dans la politique ? </strong>

Depuis l'armée, colonel Youssouf Traoré faisait la politique à sa façon, donc sa migration n'est que la suite logique de cette conviction des années 1960. Lui qui a eu la chance de vivre deux régimes : la dictature et la démocratie.

<strong>Existe-t-il une comparaison possible entre les deux systèmes ? </strong>

Le colonel Youssouf Traoré dit qu'il n'y a pas de comparaison possible entre les deux pouvoirs. Il est d'accord que les militaires ont commis des bêtises, mais est convaincu aussi que leur coup d'Etat a sauvé des vies humaines. Partage-t-il le même avis que Moussa Traoré qui disait en 1990 lors du sommet de la Baule que l'Afrique n'est pas encore mûre pour une démocratie imposée ? Pas du tout, répond Youssouf, si cela vient de Moussa Traoré ; mais il serait d'accord si c'était un autre chef d'Etat qui l'avait dit. Bref, il ne partage pas son avis. Parce qu'une démocratie ne s'impose jamais, c'est la volonté du peuple qui parle.

Actuellement, Youssouf Traoré vit tranquillement chez lui à Djicoroni Para (à quelques foulées de chez le Général Moussa Traoré), tout en suivant l'actualité du pays sur tous les plans.

Le colonel Youssouf Traoré a été réhabilité par l'ancien président Amadou Toumani Touré en 2006. L'histoire entre les deux hommes date du 28 février 1978, quand le commandant de compagnie du camp para, Soungalo Samaké, a été arrêté. ATT, qui était son adjoint, fut installé le même jour par le colonel Youssouf Traoré. Ils sont restés ensemble du matin au soir et le colonel a dopé le cœur de son cadet par rapport aux défis qu'il doit relever. Nous parlerons de cette face cachée de l'histoire du Mali, plus tard dans un autre contexte.

Aujourd'hui, il est regrettable, même surprenant que Moussa Traoré et Youssouf Traoré ne se fréquentent pas. Ces deux hommes ont été des complices durant des décennies. Pourtant, leurs portes ne sont séparées que de 50 mètres environ. Ils ne se voient que chaque vendredi à l'occasion de la grande prière à la mosquée. Quand nous avons demandé au colonel Youssouf Traoré comment cela a pu arriver, il répond que chacun sait ce qu'il a fait et sait ce qui s'est passé. No comment !

<strong>O. Roger Sissoko </strong>]]> </content:encoded>
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<title>31ème anniversaire de l’assassinat du Capitaine Noel Isidore Thomas Sankara :  L’association ‘’Ciné Droit Libre’’ fait revivre l’homme dans les mémoires !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/31eme-anniversaire-de-lassassinat-du-capitaine-noel-isidore-thomas-sankara-lassociation-cine-droit-libre-fait-revivre-lhomme-dans-les-2782964.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 22 Oct 2018 00:30:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Pour commémorer les 31 ans de l’assassinat du Capitaine Isidore Thomas Sankara  ancien chef d’Etat Burkinabé, l’association Ciné Droit Libre  avec l’appui du club Ciné Droit Libre  de la Faculté des Sciences Humaines de l’Education a organisé le lundi 15 au campus de la FAST, une  soirée de projection du film « Sankara, l’homme intègre » suivi d’un débat. Le thème retenu était  « Thomas Sankara, Modibo Keïta : tel père, tel fils ».</em></strong>

Cette soirée  projection de l’association ‘’Ciné Droit Libre’’ a enregistré la  présence du représentant  spécial du Secrétaire Général  de l’ONU chef de la MINUSMA  Mahamet Saleh  Annadif, Sidibé MahawaHaïdara représentante du ministère des Maliens de l’Extérieur, l’attaché culturel de l’Ambassade du Burkina Faso au Mali, M.Segda, et de Dr Oumar Mariko ancien Secrétaire Général de l’AEEM et non moins président du parti SADI. Pour animer le débat, était invité le Pr Lassine Sidibé ancien camarade et ami de Sankara et Daouda Téketé auteur du livre ‘’Modibo Keïta, portrait inédit  du président’’.Pour le Pr Lassina Sidibé, le président Sankara a été un ami inséparable  de tous les temps depuis qu’ils se sont connus au Madagascar étant tous étudiants à l’époque. Le Pr Sidibé dira que  pour son ami  l’Afrique est male gouvernée,  en plus de cette mal gouvernance la politique de la  France qui a des vassaux  qui l’entourent, qui répondent  à ses dictats et font ce que elle leur demander de faire. Ce qui fait que, selon lui que le continent noir n’a pas d’issue de s’en sortir. Il affirma que Thomas savait sa mort car l’étau se serrait  autour de lui et la volteface de son ami Blaise. « Il savait mais  il était comme dans un engrange, il ne pouvait  pas s’en sortir » a dit le Pr Sidibé. Le Pr croit aujourd’hui à  la jeunesse Africaine de  relever le défi lancé par Thomas Sankara.

Quant à Daouda Tékété, il a fait un rapprochement entre Thomas Sankara et Modibo Keïta, selon lui ces deux personnalités ont en commun le fait d’être des personnes intègres, franches et honnêtes. Qu’en plus ils avaient en commun une même vision, car soucieux du devenir au-delà de leurs pays, du continent Africain. « Ils avaient en commun la conviction qu’aucun pays Africain plus isolement ne pourra jamais s’en sortir seul, c’est pourquoi ils ont fait de  combat pour l’union du continent Africain leur crédo »a déclaré M.Téketé.

En plus des panélistes l’assistance a eu droit à quelques témoignages, particulièrement ceux du Chef de la MINUSMA qui était présent à Ouagadougou le jour de l’assassinat de Thomas Sankara le 15 octobre 1987. Cette journée est pour lui une journée sombre noire car étant l’un des rares camarades de Sankara présent ce jour-là.  Il dira que l’assassinat de Sankara est tout  un rêve, tout un espoir qui a été brisé pour le continent Africain. «  C’est une partie de moi-même quand je parle de Sankara » affirma le chef de la MINUSMA pour  montrer son attachement aux idéaux de l’homme. C’est pourquoi, il a invité la jeunesse à relever le défi.

Pour sa part, Dr  Oumar Mariko a félicité les  initiateurs de l’événement et invité  les uns et les autres à plus de réflexion pour qu’ils n’aillent pas  tous au cimetière des martyrs, mais de les avoir avec eux pour qu’ils  les montrent davantage le chemin.

<strong>Par Jean Joseph Konaté             </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Que sont&#45;ils devenus …  Guédiouma Samaké : &amp;quot;Sur le chemin…&amp;quot; de l&amp;apos;autre &amp;quot;rescapé du bagne de Taoudénit&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/que-sont-ils-devenus-guediouma-samake-sur-le-chemin-de-lautre-rescape-du-bagne-de-taoudenit-2778928.html</link>
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<pubDate>Sat, 29 Sep 2018 01:20:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le 19 novembre 1968 le peuple malien a appris sur radio Mali que le régime de Modibo Kéïta a chuté. L'homme qui lisait ce communiqué n'a pas été du tout tendre avec l'ancien régime en qualifiant les tenants de valets. Regroupés au sein du Comité Militaire de Libération Nationale (Cmln), les quatorze (14) officiers ont donné un délai de six mois pour redresser l'économie nationale, organiser des élections libres et démocratiques pour ensuite rentrer dans les casernes. Hélas ! Ils resteront vingt-trois ans. Mais avant, des jeunes officiers et sous-officiers semblaient avoir compris très tôt que les propos de leurs camarades n'étaient que de vaines promesses. Malheureusement, dans leur tentative de renversement du pouvoir ils seront arrêtés, jugés, condamnés et déportés à Taoudénit, où un certain Lieutenant Almamy Nientao appliquera sur eux les notions du livre de torture intitulé "La Gestapo Allemande". Sur les dix bagnards, seuls deux retourneront en famille après dix ans de travaux forcés. Ils seront rejoints dans le bagne, dix ans après, en 1978, par certains de leurs tombeurs désignés sous le nom de la "Bande des trois" amenée par le charismatique Tiécoro Bagayoko. La rubrique "Que sont-ils devenus ?", dans le souci de faire revivre l'histoire du Mali, à travers des anciennes gloires, est allée à Ouélessebougou, à la découverte de Guédiouma Samaké, seul rescapé vivant de la bande des dix (son compagnon, le sergent-chef Samba Sangaré, est décédé il y a quelques années). Le coup d'Etat contre le président Modibo Kéïta était-il opportun ? N'était-il pas tôt de porter un jugement sur le Cmln pour tenter de le déstabiliser ? Comment leur projet de coup d'Etat a-t-il échoué ? Quelle était l'atmosphère entre bourreaux et victimes à Taoudénit ? Est-il prêt à pardonner aujourd'hui au Cmln et à tous ceux-ci qui lui ont causé du tort ? Guédiouma Samaké donne des réponses à couper le souffle. </em></strong>

Tel qu'écrit dans son livre <strong>"le chemin de l'honneur</strong>", <strong><em>"Guédiouma Samaké est né en 1937 à Ouélessebougou. Après ses études fondamentales, il entre à l'Ecole militaire préparatoire technique africaine de Bingerville, puis à l'Ecole militaire préparatoire africaine de Kati d'où il sort sous-officier. A l'indépendance du Mali, Guédiouma Samaké, comme beaucoup de ses camarades, regagne la mère patrie pour la formation de la nouvelle armée. Il sera affecté à la première compagnie du Génie à Ségou, le 1er octobre 1960. En 1963, éclate la première rébellion Tamachèque. La jeune armée malienne aura la lourde tâche d'éteindre le feu ".</em></strong>

<strong>Acteur de la rébellion</strong><strong> de 1963</strong>

[caption id="attachment_2778875" align="alignleft" width="380"]<img class="size-full wp-image-2778875" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2018/09/GUEDIOUMA.jpg" alt="rescapé du bagne de Taoudénit" width="380" height="507" /> Guediouma Samake[/caption]

Cette mission, c'est-à-dire éteindre le feu, à laquelle Guédiouma Samaké a pris part avait une autre signification. Elle ne consistait pas à mater la rébellion, mais surtout à l'inviter à rendre les armes. Pour cela, le président Modibo Kéïta avait dit d'observer un mois de trêve. Pour clarifier les choses et cadrer les militaires, le général Abdoulaye Soumaré leur avait demandé de ne pas attaquer, mais de se défendre en cas d'assaut.  Au bout de la trêve, il changea de stratégie, parce que les rebelles n'avaient pas obtempéré. Il demandera aux soldats maliens d'occuper les puits pour les asphyxier. Face à cette nouvelle mesure, les rebelles ont décampé en tirant des rafales en l'air pour exprimer leur exacerbation, tout en se réfugiant en Algérie et en Mauritanie.

C'est là où le président Modibo Kéïta a entrepris une tournée dans ces deux pays voisins pour marquer sa désapprobation par rapport à leur attitude, proche de la complicité. Il a rappelé à son homologue algérien, Ben Bella, la dette morale qu'il doit payer au Mali. Parce que notre pays a cédé une partie de son territoire, pour l'entrainement des militaires algériens lors de la guerre d'Algérie. Avec cette leçon de morale du président Modibo, Ben Bella a ordonné la traque des rebelles sur toute l'étendue de son territoire. Cette décision du président algérien sema une panique générale chez les rebelles. Ils ont rendu les armes et la rébellion était finie.

Une fois le feu éteint, Guédiouma Samaké reste dans l'Adrar des Iforas durant trois ans. En 1966, il est affecté à l'état-major des armées avec le grade d'adjudant.

Des rumeurs de coup d'Etat enflaient. Au cours d'une réunion à Kati, des officiers ont dénoncé les agissements de la milice. Certains, surtout Tiécoro Bagayoko (d'après Guédiouma) ont tenu des propos virulents et finalement le chef d'Etat-major des Armées, le colonel  Sékou Traoré, s'est retiré et a dit que s'ils veulent faire un coup d'Etat, ils n'ont qu'à s'exécuter. Mais lui, Sékou, n'est pas partant.

L'erreur fatale et le traître

Le pouvoir n'a pris aucune disposition, il continue de dispenser les cours idéologiques dans les différentes garnisons. Finalement, l'irréparable s'est produit, le 19 novembre 1968 : Modibo Kéïta, de retour d'un voyage à l'intérieur du pays, est arrêté, au nom du Comité Militaire de Libération Nationale (Cmln), dirigé par le lieutenant Moussa Traoré. Pour convaincre l'opinion et justifier leur acte, les militaires putschistes formulent des griefs contre le régime : comportement désastreux de la milice, situation économique catastrophique, etc. Ils promettent de redresser le pays, d'organiser des élections transparentes et démocratiques pour ensuite retourner dans les casernes, au bout de six mois.

Au même moment, d'autres militaires en coulisses n'ont pas apprécié l'acte de leurs camarades. Entre eux, ils se sont dit qu'une démarche auprès des autorités pouvait éviter le coup d'Etat. Surtout que des représentants de l'armée siégeaient dans le Comité National pour la Défense de la Révolution.

Mais le coup de force a été tellement facile que les délices du pouvoir sont montés par la tête des militaires du Cmln. Ils sont restés pour de bon.

Le groupe composé des capitaines Diby Silas Diarra, Alassane Diarra, Bakary Camara, Tiécoura Sogodogo, des lieutenants Mamy Ouattara, Jean Bolon Samaké, de l'adjudant Guédiouma Samaké, des sergents-chefs Samba Sangaré et Boubacar Traoré et du sergent Abdoulaye Traoré finira par conclure que leurs camarades n'avaient pas d'orientation et ils se sont emparés du pouvoir, uniquement pour s'amuser. Surtout quand des officiers, lors de leurs missions à l'intérieur, demandaient au gouverneur des voitures sans chauffeur. Uniquement pour vaquer la nuit à leurs affaires privées en clandestinité. Le groupe de Diby Silas s'est dit que cela n'honorait pas l'armée et qu'il fallait trouver un moyen pour leur rappeler le serment d'officier.

C'est ainsi que le groupe a demandé d'élargir le Cmln aux commandants d'arme de Gao, de Ségou et de Tombouctou. Cela avait pour but d'inculquer ou cultiver leur idéologie pour un retour de l'armée dans les casernes. A cette demande, le lieutenant Amadou Baba Diarra n'a pas hésité de déclarer que les quatorze héros du Cmln ont risqué leur vie pour faire le coup d'Etat. Donc, ils n'accepteront aucune intrusion de dernière minute. Avec de tels propos, la rupture est consommée entre les frères d'armes. Diby Silas et ses camarades décidèrent de rentrer en dissidence : perpétrer un coup d'Etat pour remettre le pouvoir aux civils.

<strong>N'était-il pas très tôt de douter de la sincérité du Cmln ? </strong>

D'un revers de la main, Guédiouma rejette l'aspect prématuré de leur action et soutient mordicus que Moussa Traoré et ses acolytes ont avancé des argumentions fallacieuses pour justifier le putsch. Les premières heures ont suffi pour comprendre que ceux-ci s'éterniseront au pouvoir.

<strong>Les futurs putschistes ont-ils mesuré la portée de leur décision ? </strong>

Notre interlocuteur est encore plus surpris de cette question, se demandant comment un militaire peut oser préparer un coup d'Etat sans en mesurer la portée. Leur groupe était composé d'officiers valables et convaincus de leur idéologie. Donc, en aucune manière, ils ne pouvaient douter de l'issue de leur action. La phase de préparation du coup d'Etat consistait à contacter des jeunes officiers qu'ils ont formés au Prytanée Militaire, qui avaient aussi la même conviction et surtout faire un lavage de cerveau des jeunes soldats. C'est dans cette phase que Diby Silas et ses compagnons seront dénoncés et arrêtés.

<strong>Comment la tentative de coup d'Etat a-t-elle échoué ? </strong>

Guédiouma Samaké se souvient : <strong><em>"Le capitaine Alassane Diarra a eu le malheur de contacter un officier, qui est de surcroît son parent. Ce dernier devait à Alassane une grosse somme d'argent. Il s'est dit qu'en dénonçant cette action, Alassane sera arrêté et jugé, donc il n'aura plus à lui payer son argent. Accompagné d'un autre officier, ledit parent du capitaine Alassane Diarra est allé informer Joseph Mara de ce qui se tramait. Avec une telle information, le pouvoir ne pouvait pas rester inactif. Nous fûmes arrêtés un à un. Nous étions toujours à la phase de préparation et nous n'avions aucune possibilité de répliquer. Personnellement, j'ai été arrêté le 13 août 1969. </em></strong>

<strong><em>Le matin, j'étais à la maison quand le commandant de Brigade de la gendarmerie et ses éléments sont venus me dire que je suis convoqué à l'état-major. Je savais de quoi il s'agissait parce que, la veille, des camarades dont Samba Sangaré avaient déjà été mis aux arrêts. En partant, j'ai dit à ma femme que je suis convoqué à l'état-major. Si par hasard je retournais, cela est une chance pour la famille, et dans le cas contraire, qu'elle sache que je suis parti pour de bon. De l'état-major, les gendarmes m'ont conduit à la Sûreté nationale, chez Tiécoro Bagayoko, qui me notifia mon arrestation au nom du Cmln. Pourquoi ? Vous le saurez plus tard, a-t-il répondu. "</em></strong>

Cette vague de mise aux arrêts ne s'arrêtera pas aux présumés cerveaux de la tentative de coup d'Etat. Le Cmln profita pour régler ses comptes avec tous ceux qu'on sentait capables de le contredire ou qui avaient une coloration rouge. Il ne s'agissait pas seulement de neutraliser le groupe de Diby Silas, mais un étouffement s'imposait, parce que le Cmln ne maitrisait pas toutes les garnisons. Très rapidement, au bout d'une semaine, les dossiers ont été remis à un juge d'instruction. Celui-ci ne pouvait pas trainer avec cette patate chaude entre ses mains.

Accusés d'attentat contre la sûreté intérieure de l'Etat, de tentative d'attentat contre la sûreté intérieure de l'Etat et de tentative d'attentat avec complicité passive, le sort de Diby Silas et de ses compagnons sera confié à une juridiction d'exception, la Cour Spéciale de Sûreté de l'Etat. Les plaidoiries de Me Demba Diallo et du Belge, Me Chevrier, ne suffiront pas. Le ministère public, après un réquisitoire corsé, conclut en ces termes : dossiers propres, jamais condamnés, délinquants primaires, sanction sévère avec circonstances aggravantes.

Le chef du groupe, Diby Silas et Alassane Diarra sont condamnés à perpétuité ;  Bakary Camara prend 20 ans de travaux forcés, même peine de 15 ans pour Mamy Ouattara. Guédiouma et Samba Sangaré écopent de 10 ans de travaux forcés.

Quelques jours après la sentence, ils sont transférés à Taoudénit pour purger leur peine. En réalité, ce transfert dans le désert profond du nord avait pour but de les liquider. Parce qu'il fallait faire de ces premiers dissidents un exemple pour tous ceux qui pouvaient avoir la même intention.

<strong>Bienvenue aux </strong>

<strong>bourreaux !</strong>

A Taoudénit, le lieutenant Almamy Nientao appliquera à la lettre les consignes du Cmln. Les autres ne survivront pas, seuls Guédiouma et Samba ont eu la chance de retourner à Bamako après 10 ans de traitements inhumains et dégradants.

Cependant, avant la fin de leur peine, ils seront rejoints par ceux-là même qui ont contribué à les envoyer dans cet enfer de Taoudénit. Il s'agit, entre autres, du capitaine Yoro Diakité, de Tiécoro Bagayoko, Kissima Doukara, Karim Dembélé, Charles Samba Sissoko, Joseph Mara.  Pour divers motifs, ils goûteront également à l'eau salée du bagne de Taoudénit.

<strong>Quelle était l'atmosphère entre bourreaux et victimes à Taoudénit ? </strong>

Guédiouma Samaké explique : <em>"Quand notre groupe partait à Taoudénit, Yoro Diakité nous a dit que nous ne dépasserons pas deux ans pour mourir. Tiécoro Bagayoko a retourné à ma femme le survêtement qui était dans mes colis. Il a soutenu que je n'aurai pas besoin de ça. Or, à Taoudénit, il fait chaud et froid à l'extrême, selon la période. Mais le jour où j'ai vu d'abord le capitaine Yoro Diakité, et plus tard, Tiécoro enchainés des mains aux pieds, j'ai demandé au Bon Dieu de me dispenser de tout sentiment de vengeance vis-à-vis de ces gens. Parce que l'histoire a tranché. Yoro, à sa venue, nous a dit que notre groupe avait raison. Un jour, il a eu le mauvais sens de dire qu'il n'y a pas d'humanisme à Taoudénit. Ces propos ont été rapportés par un soldat. Et c'est à cause de ça qu'il a été tué. Parce que c'est lui qui a signé le décret d'ouverture du centre de détention de Taoudénit, où nulle part on ne parle d'humanisme. Et son livre <strong>"une main amie"</strong> ne comporte pas non plus de mot relatif à l'humanisme. Donc, les soldats lui ont demandé de montrer dans ces deux documents, en sa qualité d'écrivain, le mot humanisme. A défaut, il sera exécuté. Comme Yoro n'a pas pu répondre à leurs questions, ils n'ont pas hésité à l'envoyer dans l'autre monde. Pour répondre à votre question, j'ai œuvré à rendre l'atmosphère détendue entre nous. Je n'ai jamais cherché à me venger, bien vrai que j'en avais les moyens. Je dirigeais un groupe de travail où figurait Tiécoro. Il me suffisait seulement de mentir sur lui pour que les soldats le battent à mort. Joseph Mara ne me quittait point, il craignait les représailles de Tiécoro et consorts qui en voulaient beaucoup pour ses agissements à leur égard quand il était le président de la Commission de lutte contre l'enrichissement illicite. Donc, je le protégeais.  Le jour de ma libération, Tiécoro, en sanglots, m'a chargé de dire à sa femme de lui envoyer un poste radio. J'ai fait la commission, malgré le fait que sa femme ne croyait pas qu'il vivait encore. Je l'ai rassurée en disant qu'un bambara ne ment pas. Bref, je n'ai plus à chercher à terrasser des hommes qui sont déjà à terre".</em>

<strong>8 août : Jour de liberté !</strong>

Le 8 août 1979, Guédiouma Samaké et Samba Sangaré ont recouvré leur liberté, après dix ans dans l'enfer de Taoudénit. Après cette difficile épreuve, Guédiouma, par le canal de ses amis, sillonne le Sénégal et la Mauritanie, une façon d'oublier le désastre.

En 1980, il est recruté à la Société des Ciments du Mali (Socima), jusqu'en 1991, date à laquelle la structure a été liquidée. Par la suite, il retourne dans son village natal, Ouélessebougou, où des jeunes le solliciteront pour diriger la mairie. Au bout de deux mandats, Guédiouma décide de se retirer pour laisser la place aux jeunes.

<strong>Qu'est ce qui l'a poussé à écrire un livre sur sa détention ? </strong>

Guédiouma soutient que son bouquin est une réplique aux propos du lieutenant Nientao, selon lesquels, les détenus n'auront pas l'occasion de raconter leur vie de Taoudénit.  Selon l'ancien bagnard, son bourreau Nientao a sûrement oublié qu'au-dessus de la détresse humaine, il y a des anges qui surveillent. Quinze ans après sa libération, il se rendra sur les lieux de sa détention, pour expliquer à l'opinion nationale ce qui s'est réellement passé et comment des officiers valables de l'armée malienne ont péri, à cause de la rancune et la haine humaines. C'est le président Alpha Oumar Konaré qui, après avoir lu son livre, le convoqua à Koulouba pour lui demander, si toutefois, il pouvait reconstituer les faits sur le terrain. Guédiouma donna son accord. Immédiatement, une équipe de l'Ortm, dirigée par Sory Ibrahim Keïta, effectua sur Taoudénit un reportage en compagnie de Guédiouma. Ce qui a permis à beaucoup de veuves, d'orphelins, de savoir comment leurs époux et pères ont été maltraités ou même exécutés.  Dans le bagne de Taoudénit, le nom d'un homme revient toujours, lieutenant Almamy Nientao. L'homme a marqué l'histoire par ses techniques de torture.

<strong>Guédiouma l'a-t-il rencontré après sa libération ? </strong>

Oui, répond-il. C'était au cours d'un baptême à Sévaré où Nientao s'est levé pour le serrer dans ses bras. Les compagnons et amis de Guédiouma qui étaient là n'ont pas apprécié cette attitude du lieutenant qu'ils ont qualifiée de démagogie. Finalement, il a quitté les lieux. Dès lors, il l'évite. Parce qu'après la diffusion du reportage sur Taoudénit, des enfants d'anciens militaires et civils assassinés dans le bagne ont promis de régler le compte au lieutenant Nientao.

<strong>Guédiouma est-il prêt à pardonner aujourd'hui ses bourreaux ? </strong>

C'est la même réponse qu'il dit avoir donné à notre confrère Sory Ibrahim Keïta. C'est-à-dire pour qu'il pardonne, faudrait-il que ceux qui lui ont causé du tort se repentissent et demandent pardon.

<strong>Qu'en est-il de ses relations avec Moussa Traoré ?</strong>

Guédiouma répond : <em>"Je n'ai jamais cherché à voir Moussa, parce que je n'ai pas besoin de lui. Et je ne comprends pas comment et pourquoi IBK peut traiter Moussa de républicain. En acceptant cette qualification, la question est de savoir si Moussa Traoré connait le sens du mot républicain. </em>

<em>Aujourd'hui, mon seul combat est relatif à nos droits. Dans le décret d'ouverture du centre de détention de Taoudénit, il est clairement dit que 20% du sel extrait reviennent aux détenus, et les 80% serviront à rembourser les sous détournés. Notre groupe n'a pas commis de crimes économiques. L'Etat nous doit aujourd'hui 102 millions de Fcfa. "</em>

Agé de 81 ans, Guédiouma vit à Ouélessebougou, avec des séjours à Bamako pour voir sa famille et ses parents.

<strong>  O. Roger Sissoko</strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Bilan économique d’un régime 1960&#45;1968 :  Le président Modibo Keita pose les bases d’une économie indépendante</title>
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<pubDate>Wed, 19 Sep 2018 00:42:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Au moment de l’indépendance, l’économie malienne était inexistante. L’industrialisation du pays n’était manifestement pas la grande priorité du colonisateur. Alors, Modibo Keita et son équipe vont s’atteler à la création de plusieurs industries. Il s’agit de sucrerie, rizerie, cimenterie, usine de céramique, manufacture de tabacs et d’allumettes, tannerie, usine de textile, abattoir frigorifique, huilerie conserverie etc. Afin de favoriser l’indépendance économique, une quarantaine de sociétés et entreprises d’Etats verront le jour entre 1960 et 1967.</strong>

Dès les premières années de l’indépendance du Mali, plusieurs entreprises ont vu le jour. Il s’agit de la Société des Conserves du Mali (SOCOMA), de la Société d’Exploitation des Produits oléagineux du Mali (SEPOM), du l’Abattoir frigorifique. Il y a aussi la Société malienne d’Importation et d’Exportation (SOMIEX), la Banque de Développement du Mali (B.D.M.). A cette liste on peut ajouter également la Librairie Populaire du Mali (LPM), la Société des Ciments du Mali (SOCIMA), la Société nationale d’Entreprise de Travaux publics (SONETRA), Air Mali, l’Office des Produits agricoles du Mali (OPAM), la Banque malienne de Crédits et de Dépôts (B.M.C.D.), Énergie du Mali.  Parallèlement, il y a eu la création de l’Office cinématographique national du Mali (OCINAM), de l’Office du Niger (O.N.), de la Pharmacie Populaire du Mali (P.P.M.), de la Société de construction radioélectrique du Mali (SOCORAM), la Régie des Transports du Mali (R.T.M.). En outre, la Société malienne du Bétail, des Peaux et Cuir (SOMBEPEC), la Société nationale de Recherche et d’Exploitation minières (SONAREM), la Compagnie malienne des Textiles, Société Équipement du Mali (S.E.M.A.) ont été créées.

En effet, après près d’un demi-siècle de colonisation, en 1960, on ne comptait que quinze cadres dans tout le Soudan. Autant dire que pour la construction du Mali, Modibo Keita et son équipe, partaient de rien. Plusieurs réalisations témoignent du travail effectué en six ans. On notera la création de plusieurs structures qui répondaient aux besoins essentiels de la population : 10 hôpitaux, 300 dispensaires, 45 centres médicaux, 60 maternités, une pharmacie populaire avec des succursales dans toutes les grandes villes et chefs de lieux de cercles et des dépôts dans les arrondissements et les villages.  5 écoles de formation de personnel de la santé, 4 écoles d’enseignement supérieur (ENA, ENSUP, ENI, INA) furent créées.

Pour mieux affirmer la souveraineté nationale, le franc malien fut créé le premier juillet 1962.  Le 16 décembre 1966, il y a eu l’inauguration du barrage de Sotuba sur le Niger. Ce qui fera figure de réalisation de prestige, témoignant de la mise en œuvre du projet socialiste malien. Avec l’africanisation des cadres et la création des sociétés et entreprises d’État, l’équipe de Modibo Keita entendait rendre aux Maliens la maîtrise de leur destin.

<strong>Difficultés économiques, problèmes politiques et désaffection populaire</strong>

L’œuvre d’édification nationale de Modibo Keita et son action pour la paix, furent récompensées par le Prix Lénine international en 1963. Pourtant le pari était loin d’être gagné. Il importe de souligner que le Président Modibo Keïta ne signait que des accords qui préservaient la souveraineté et les intérêts du Mali. La création du Mali dans le contexte de l’époque représentait un véritable défi. L’environnement était indéniablement hostile. Le premier handicap était géographique : le Mali est un pays continental menacé par le désert.
D’autre part, vouloir édifier un pays à option socialiste et anticolonialiste dans un contexte néocolonial relevait de la gageure.

Dans ces conditions, les erreurs ne pardonnent pas. Modibo Keita et son équipe voulaient améliorer le niveau de vie des maliens. Ils voulaient affirmer la souveraineté totale du pays et “débarrasser le peuple des séquelles du colonialisme.” Tout le monde était conscient des difficultés de la tâche et Modibo Keita le premier. En 1966 dans une interview accordée à “Jeune Afrique” il disait : « On peut classer les difficultés rencontrées par les Etats Africains en deux grandes catégories. Il y a des difficultés structurelles qui tiennent à l’organisation de certains Etats, à leur administration, à leur vie économique. Il y a ensuite les difficultés conjoncturelles liées aux séquelles de la colonisation. Ce n’est pas du jour au lendemain qu’on est en mesure de résoudre de telles difficultés… ».

<strong>Des problèmes économiques graves vont très vite apparaître</strong>

La primauté de la politique sur la compétence administrative et technique va entraîner un certain attentisme et une démoralisation des fonctionnaires. L’absence de conviction, voire l’opposition de certains cadres chargés d’appliquer les décisions prises, aboutira souvent à l’échec des réalisations.
Rappelons qu’au moment de l’indépendance, le pays ne comptait, en tout et pour tout, que 15 cadres dont 1 pharmacien, 2 professeurs, 1 ingénieur agronome, 4 docteurs … Pour palier cela, beaucoup de cadres seront formés à la hâte et n’avaient pas toujours les compétences requises.
Le paysan malien ayant une conception de la solidarité différente de celle qu’on lui proposait, n’adhérera pas au système coopératif. Les champs collectifs seront délaissés et un marché noir va se développer pour la commercialisation des produits agricoles. Ainsi, certaines usines qui devaient utiliser ces produits comme matière première vont avoir des problèmes d’approvisionnement.
D’une manière générale, les “acquis du peuple”, les sociétés et entreprises d’État, vont devenir de véritables fardeaux économiques. Il y a eu les problèmes d’approvisionnement, l’incompétence technique de certains cadres, le manque de rigueur et de conviction des gestionnaires, les sabotages par certains opposants qui avaient trouvé là un moyen d’affaiblir le régime. Ces difficultés économiques vont entraîner une résurrection de l’opposition politique.
Ainsi, le 20 juillet 1962, les dirigeants du P.S.P appellent les commerçants à manifester leur hostilité à la réforme monétaire. Des manifestants accompagnés de badauds se dirigèrent vers le commissariat du premier arrondissement et l’ambassade de France en scandant : « A bas le franc malien, à bas Modibo, vive le Général de Gaulle ». La belle unité nationale proclamée en septembre 1960 semblait bien loin.
A la suite de ces manifestations, des responsables de l’opposition, Fily Dabo Sissoko, Hamadoun Dicko et Kassoum Touré, seront arrêtés, jugés et condamnés par un tribunal populaire. Ils mourront en 1964 dans des circonstances controversées.

<strong>Les abus et les exactions de la milice populaire  ont largement contribué à la désaffection  d’une partie de la population</strong>

Toutes les oppositions politiques n’étaient pas aussi affichées que celle du P.S.P. Les tendances à l’intérieur du parti au pouvoir (l’U.S.R.D.A.) vont se manifester. L’aile droite du parti partisan d’une économie libérale va mener une campagne subversive qui va favoriser la destruction de la confiance populaire. L’aile gauche était animée essentiellement par le syndicat unique (U.N.T.M.) et le mouvement de la jeunesse organisé au sein de la J.U.S.-R.D.A.
Modibo Keita qui jouait le rôle d’arbitre, exprimait clairement ses préférences pour l’aile gauche.

La défaillance économique, la “guerre des clans”, la dégradation du militantisme et la chute du Docteur Kwamé N’krumah vont entraîner la radicalisation du régime. Le 1er mars 1966 est créé le Comité National de Défense de la Révolution (C.N.D.R.) doté des pleins pouvoirs.

En 1967 les jeunes de la J.U.S.R.D.A et les syndicalistes de l’U.N.T.M. vont organiser de gigantesques manifestations réclamant un assainissement des structures économiques et une épuration politique. Les municipalités dont la gestion était contestée seront dissoutes. Le conseil national des jeunes va déclencher “l’opération taxi” et “l’opération villa” : il s’agissait d’une campagne de saisie de véhicules et de lutte contre la spéculation foncière visant les agents de l’Etat qui présentaient des signes extérieurs de richesse.
Le 22 août 1967 commencera “l’an un de la révolution” et la prise en main du pouvoir par le C.N.D.R avec la dissolution du Bureau Politique National, puis de l’Assemblée Nationale.

Quels furent les motivations et le rôle de Modibo Keita dans la création d’un C.N.D.R. doté du plein pouvoir ? En était-il “l’inspirateur”, comme le supposent ceux qui l’accusent d’avoir voulu “exercer un pouvoir personnel”, Ou, a-t-il -“parce qu’il voulait respecter la volonté populaire”, accédé à la demande des jeunes et des syndicats, comme l’affirment des témoins de l’époque ?

La non-satisfaction immédiate des aspirations matérielles des masses populaires, les abus et les exactions des structures d’encadrement comme la milice populaire ont entraîné la désaffection d’une partie du peuple. Le revirement monétaire de 1967 pour mettre fin à la dégradation du franc malien ne permettra pas de redresser la situation. Bien au contraire, les accords monétaires de 1967 entre le Mali et la France, (négociés par l’aile droite de l’US-RDA), étaient incontestablement un frein à l’expérience menée au Mali depuis 1960. En novembre 1968, le président Modibo Keita déclarait : « les Accords de 1967 sont un piège. Il nous faut nous préparer à les rompre ». Mais certaines ’’forces ” n’étaient pas disposées à le laisser faire. Ainsi, le 19 novembre 1968 un coup d’Etat militaire mettra fin au régime.

Comme l’a constaté B. Nantet, «même si l’image de Modibo Keita a toujours été prestigieuse à l’extérieur du Mali, les difficultés économiques, la bureaucratisation grandissante et la mauvaise gestion administrative furent un obstacle à la participation de la majeure partie des couches populaires paysannes. La création d’une milice toute-puissante honnie du peuple et le départ de certains de ses compagnons en avaient fait un homme seul quand les militaires prirent le pouvoir».

On peut dire que l’expérience menée au Mali de 1960 à 1968 est enrichissante. Le pays en a connu d’autres depuis. On peut raisonnablement penser que les Maliens sauront tirer toutes les leçons de leur histoire récente. Le président Modibo Keita, premier président du Mali était un patriote émérite. Il avait une foi inébranlable au destin de son pays. Ses idéaux d’indépendance nationale, de justice sociale, de liberté et de paix constituent un message fort pour la jeunesse africaine. En 1966 Modibo Keïta disait : « Si les idées pour lesquelles un leader a combattu se renforcent et se développent, je considère que c’est la plus grande récompense que puissent recevoir un militant, un leader ».

<strong>Dieudonné Tembely</strong>

<strong>Source : legriot.com</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Propos mémorables :  Alpha Oumar Konaré, Président de la République (1997)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-oumar-konare-president-de-la-republique-1997-2761830.html</link>
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<pubDate>Tue, 12 Jun 2018 12:31:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le  pouvoir ne reviendra qu’à celui que Dieu et le peuple auront choisi ».

<strong>Feu Me Demba Diallo (1998) </strong>

<em>« Aujourd’hui, Moussa Traoré peut se targuer d’avoir été trop bien traité par rapport à ce qu’il a réservé à ses adversaires et même à ses amis, morts dans les conditions que l’on sait à Taoudénit ».</em>

<strong>Amadou Toumani Touré, Président du CTSP </strong>

<em>« Depuis que Moussa Traoré est tombé, nous assistons à une prolifération d’hommes braves ».</em>

<strong>Me Mountaga Tall (CNID, 1996)</strong>

« Nous œuvrons pour la réconciliation nationale. Nous ne jouerons pas à l’exclusion. Cependant, nous l’avons toujours dit : nous ne serons jamais les alliés de ceux qui ont les mains souillées de sang ou qui ont pillé les biens du pays ».

<strong>Professeur Yoro Diakité (2002)</strong>

« Les objectifs essentiels immédiats du 26 mars étaient l’instauration du multipartisme intégral et de la liberté pour les gouvernés de choisir leurs gouvernants. Ceux-ci ont été atteints. Mais, l’espoir populaire attendait un mieux vivre et surtout devenir maître de sa propre histoire. De cela, nous en sommes loin ».

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (8 Juin 1992) </strong>

<em>« Le gouvernement de la République n’a pas le droit de tricher avec notre peuple en s’engageant sur la voie des promesses faciles qu’il ne pourra tenir. Il devra cependant jouer les règles de la rigueur, de la bonne gestion, de la transparence, de la solidarité et de la justice ».</em>
<h2>Feu Mohamed Lamine Traoré, Vice-Président de l’ADEMA-PASJ sept 1994</h2>
« A ceux qui souhaitent dans la jubilation secrète que l’ADEMA éclate et ceux qui, dans un tremblement inquiet, craignent qu’il n’éclate pas, je dirai, l’ADEMA n’éclatera pas. A moins que les frelons n’envahissent la ruche, en chassant les abeilles ».

<strong><em>Général ATT Président de la République (Juin 2003)</em></strong>

<em>Quelque soit votre volonté de lutter contre la corruption, si vous avez une justice qui ne soit suit pas, vous perdez votre temps. »</em>

<strong><em>Me Adame Bâ Konaré, épouse de l’ancien Président Alpha (Mars 2000)</em></strong>

<em>« Les femmes sont encore confrontées à des problèmes de droit. Moi-même, je suis particulièrement sensible à cela. Je sais que les décisions de justice malheureusement ne sont pas toujours rendues à la satisfaction des femmes. J’enrage souvent de voir que les femmes sont les souffre-douleus dans les foyers par rapport aux lois. </em>

<strong>Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :</strong>

<em>« Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées</em>,<em> le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la </em>difficulté de le<em>s attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer ».</em>]]> </content:encoded>
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<title>Il y a 18 ans : Les prophéties de Moussa Traoré</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/il-y-a-18-ans-les-propheties-de-moussa-traore-2759927.html</link>
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<pubDate>Thu, 31 May 2018 09:56:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>La Sentinelle</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[«Si l’expérience démocratique et de développement socio-économique échouait, le plus grand perdant serait la jeunesse… Il n’y a pas de crise scolaire. Il y a manque d’autorité de l’Etat et des parents. Ce sont les Mouvements dits démocratiques qui ont appris aux élèves et étudiants à casser, saccager et poser des barricades… C’est un retour de manivelle... Les NTIC doivent être utilisées à bon escient, c’est-à-dire dans le respect de notre valeur culturelle… L’avenir des Maliens ne dépend que d’eux-mêmes. Il suffit qu’ils aient leur leader pour… ».
Les propos sont de l’ancien Président Moussa Traoré depuis Markala, son lieu de détention où l’interview a été réalisée et publiée le 06 mars 2000 à l’occasion du 10ème anniversaire du journal « Aurore » que votre humble serviteur B.S. Diarra a eu l’honneur de représenter en qualité de Rédacteur en chef au moment des faits. Dans l’entretien, il fut question de ATT, d’Alpha Oumar Konaré, de la presse malienne, de l’avenir… Jamais adage du terroir ne fut autant édifiant que celui-ci : « les paroles du vieux sage ressemblent aux fèces de l’hyène. Plus elles vieillissent, plus elles deviennent clairs symbolisant la vérité absolue. La preuve ici ! Pour des motivations historiques, nous publions à nouveau l’article dans les colonnes de « La Sentinelle » que votre Serviteur a aujourd’hui l’honneur de représenter.
Moussa Traoré :
<strong>1991 : «la presse privée a été d’une malhonnêteté inacceptable…» </strong>
<strong>2000 : «j’avoue qu’elle a été lucide et objective»*</strong>

Il existe aujourd’hui au Mali [nous sommes en 2000] deux hommes célèbres : le premier se trouve u sommet de la colline de Koulouba, rayonnant dans toute sa gloire, Alpha Oumar Konaré. Le second est à environ 300 km de Bamako, dans un grand bâtiment à l’abri de tout regard indiscret. Il s’agit de l’ex-président Moussa Traoré.

Nous l’avons rencontré après mille péripéties. Pour la première fois, il a accepté parler de tout : politique, économie, sport, sciences, société… L’homme s’est dévoilé.
Le couple [Traoré] ne s’est aucunement gêné en notre présence. Nous avions vu une vie de foyer presque «normal». Le seul détail anormal pour une société comme la nôtre, est que la grande bâtisse qu’il (le couple) occupe n’a pas d’autres occupants et qu’à quelques mètres à l’extérieur, une unité de gendarmes monte constamment la garde. C’est tout.
A l’intérieur, Madame Traoré s’occupe de sa cuisine pendant que Monsieur, un vieux retraité, s’adonne tranquillement à la lecture de traités dut la théologie.
Dans la cour, point de marmots piailleurs ou de tout autre membre de la famille comme il est de coutume dans nos sociétés. Le calme est ici oppressant.
Le bâtiment qui n’est pas en vérité une villa, est cependant spacieux et entouré de grands murs. De longs fils barbelés montrent que c’est en vérité une prison peu ordinaire.
C’est un couple décontracté et même quelques fois optimiste que nous avions rencontré. Nous demandâmes par simple curiosité les raisons de cette joie de vivre malgré « tout ». Pour toute réponse, Moussa Traoré lançât : « vous ne croyez pas en Dieu ?».
Naturellement, il était inutile d’insister. Cet homme n’a pas changé depuis le dernier procès [Crimes économiques]. Il nous aurait bien entrainés sur le terrain religieux sur lequel il excelle profondément et Dieu sait quand est-ce que nous en finirons. Nous avions besoins temps. Lui en a tellement ! Il comprit cependant notre attitude réservée sur la question.
La première question que nous lui adressâmes fut la même envoyée à tous ceux qui ont bien voulu nous livrer leur témoignage…

<strong>Aurore :<em> C’est curieusement sous votre régime qu’est apparue la liberté de la presse au Mali, une presse qui serait cependant à l’origine profonde des événements de Mars 1991. Accepteriez-vous apporter votre témoignage sur le rôle joué par l’un de ses organes de presse, à savoir «Aurore» ?</em></strong>

Moussa Traoré : Je le ferai ! La liberté de la presse était règlementée dans notre pays par un arrêté du Gouverneur Général de Dakar, avant l’indépendance. Cette règlementation, favorisait naturellement le régime colonial. Elle fut maintenue sous la première République sous le régime de l’US-RDA. A notre arrivé, nous avions modifié cet arrêté par un décret portant création de la presse privée dans notre pays. C’est ainsi que sont nés les premiers journaux, «les Echos», «Aurore», «La Roue». Cela a facilité la mise en place des radios communautaires… Un responsable de l’audiovisuel en France, Hervé Bourges qui était venu plusieurs fois au Mali et qui avait visité plusieurs pays africains disait ceci : « l’usage que font les presses privées en Afrique est un usage dangereux. Ce ne se passe pas comme çà en Occident où il existe depuis fort longtemps la liberté de la presse».
En 1991, la presse privée a été d’une malhonnêteté inacceptable, surtout «Les Echos», «Aurore» et «La Roue»… La presse malienne n’a pas été honnête. Elle n’a pas été à la hauteur de l’information. Je me souviens qu’un matin, un de mes conseillers à la communication, après avoir fini la revue de la presse, a voulu interpeller les responsables de «La Roue», «les Echos» et «Aurore». Naturellement, je n’ai pas accepté.
La presse a incité les populations en disant que les responsables de l’Union Démocratique du Peuple Malien se sont enrichis. La presse privée était visiblement manipulée.
J’avais cru, avec la naissance de cette presse, que le peuple serait informé, qu’elle distillera de la bonne information avec toute la vérité. C’est dommage pour la liberté de la presse.
Après la guerre du Golfe en 1991, les Journalistes de l’Occident ont avoué eux-mêmes qu’ils étaient manipulés. J’ai alors fait un rapprochement avec ce qu’ils ont dit et ce qui s’est passé dans notre pays. J’ai compris que la presse malienne n’a fait que singer l’Occident. J’ai une idée de notre pays et de notre peuple. C’est un peuple de culture, de courage de franchise et d’honnêteté. J’ai le regret de dire aujourd’hui que la presse privée malienne n’a pas été à la hauteur. Elle n’a pas respecté les valeurs de notre culture. Elle n’a fait que suivre l’Occident.

<em><strong>M. Traoré, avec le recul du temps en l’occurrence, votre jugement est-il toujours d’actualité ?</strong></em>

C’est à moi que posez cette question ? C’est vous-même qui devriez le savoir !

Au-delà de la presse privée, quelle appréciation faites-vous des rapports nouvelles technologies de l’Information et de la Communication – Démocratie et Développement ?

Je pense ne pas me tromper sur les vertus des medias sur le Développement et la démocratie, la vraie. Les NTIC utilisées à bon escient, c’est-à-dire dans le respect de notre valeur culturelle permettront bien de choses.

<strong>(La partie de l’interview qui suit se fera en présence de l’épouse Mariam Traoré)</strong>

<strong>Aurore : <em>Êtes-vous satisfaits de votre condition de détention ?</em></strong>

J’ai désormais décidé de ne plus jamais adresser de demande ou de requête à un mortel pour améliorer mes conditions. Alpha Oumar Konaré a envoyé une délégation pour demander si nous voulions que notre condition de détention soit améliorée. Je leur ai dit ce verset du Saint Coran. Les propos sont de Youssouf quand ses frères l’ont jeté dans un puit pour se débarrasser de lui : « je ne me plains qu’Allah sur mon chagrin et mon échec… ».

Madame Traoré : Pardon ! Ce n’est pas Youssouf. Tu te trompes, c’est Yacouba, le père de Youssouf…

Moussa Traoré : Ah Oui, très juste ! C’est bien Yacouba qui a parlé ainsi. Moi aussi, je ne plains qu’Allah, pas à un mortel !

<strong>Aurore :<em> Lors des deux procès, il semble que vous aviez un message à faire passer. Etes-vous sûrs aujourd’hui d’être entendus ?</em></strong>

Si le régime ADEMA avait le procès dans les mêmes conditions que le premier, après ma dépositions, l’Adema allait disparaître de notre pays… J’avoue ici que la presse privée a été lucide et objective. Je me souviens avoir lu les commentaires de la presse privée à l’époque.

C’est alors que l’idée que vous vous faites de cette presse est désormais à revoir ?
Il faut reconnaître que nos valeurs de civilisations ont commencé à ré-émerger parce qu’il y a eu une prise de conscience.

<em><strong>Dans le même ordre d’idées, qu’avez-vous à dire à la jeunesse de notre pays pour ce faire ?</strong></em>

En 1987, avant l’élaboration de la Charte nationale d’orientation de conduite de la vie publique, j’ai rencontré toutes les forces vives de la nation. Je leur ai dit ceci : si l’expérience démocratique et de développement socio-économique échouait, le plus grand perdant serait la jeunesse. Qu’elle médite sur cela.

(Mariam s’était excusée en ces termes : « j’ai une soupe sur le feu ». De ce pas ; elle se rendit à la cuisine, située à quelques mètre de là).

<strong>Aurore :<em> On parle, beaucoup aujourd’hui de la décentralisation. Quelle appréciation faites-vous du processus ainsi engagé ?</em></strong>

Moussa Traoré : La décentralisation est aspect de la reforme administrative comme conçue par l’UDPM et qui visait à rendre responsables les populations de leur développement en leur donnant les moyens et d’en acquérir suffisamment. Nous avions commencé cette décentralisation dans les villages et le processus devrait continuer jusqu’au niveau des régions. Nous avions pris deux villages-tests : KANIKO dans le cercle de Koutiala et DOUMANABA dans le cercle de Sikasso. Les preuves sont aujourd’hui là-bas que attestant que la décentralisation était acceptée par les populations.
Après l’étape des villages, nous serions passés à celle des communes rurales, ensuite des arrondissements, les cercles et les régions qui auraient des gouverneurs élus. Il fallait, pour cela, donner les moyens aux populations. Les responsables d’aujourd’hui n’ont donc fait que prendre le train en marche. Ils vont trop vite.

<strong>(La question suivante est abordée en présence de Mariam)</strong>

<strong>Aurore : <em>avez-vous quelque chose à dire à propos de la crise scolaire en cours ?</em></strong>

Moussa Traoré : Il n’y a pas de crise scolaire. Il y a manque d’autorité de l’Etat et des parents. Ce sont les Mouvements dits démocratiques qui ont appris aux élèves et étudiants à casser, saccager et poser des barricades… C’est un retour de manivelle.

Mariam Traoré : A notre époque, nous ne faisons pas de la politique à l’école. Notre mouvement de grève se limitait à apporter un grand désordre dans l’établissement (chaises cassées, lits retournés, etc.) et à rentrer sagement à la maison.
Aurore : Que pensez-vous de la politique actuelle du gouvernement (…) : lutte contre la corruption, la pauvreté, etc.

Moussa Traoré : Ils ont dit qu’ils feront mieux que moi. Alors, je les observe ! Je sais en tout cas qu’en 1969, 71% des Maliens étaient en dessous du seuil de la pauvreté et qu’en 1989, ce chiffre était de 30%, alors j’observe seulement !

<em><strong>L’un des projets qui tient à cœur l’actuel président de la République est l’intégration sous-régionale. Croyez-vous en l’unité africaine ?</strong></em>

L’intégration africaine ne date pas d’aujourd’hui. Le Mali a toujours opté pour cela et de tout temps. C’est en 1969 que les différents regroupements ont été effectifs dans la sous-région. Parmi ces regroupements, on peut citer entre autres, l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (l’OMVS), l’Autorité du Fleuve Niger, l’Autorité du Liptago-Gourma, le Comité International de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEAO), la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CDEAO)… Le plus difficile avait déjà été fait. Ne restait donc plus que l’application. Pour répondre à votre question, je dirais oui, je crois en l’Union Africaine.

<strong><em>Dans deux ans [2002], commencera un nouveau processus électoral au Mali. Quelle appréciation faites-vous de cette perspective ?</em></strong>

Là aussi, j’observe. Selon les informations que j’ai reçues, il est dit que les partis politiques de l’opposition ne se laisseraient pas faire. Dieu seul sait comment ça va se passer ! Moi j’observe !

<strong>Et la CAN 2002 ?</strong>

J’avoue que j’ai du mal à me retrouver avec tout ce qui est en train d’être entrepris dans ce domaine. Le Mali en a-t-il les moyens matériels, et humains ? Je ne sais pas !
Malgré tout, vous avez bien reçu le soutien du peuple pour accomplir bien de choses en certains moments. Vous appeliez cela «le sursaut national » et avec la prise de conscience dont vous avez fait allusion, le miracle n’est-il pas possible ?
J’en conviens ! Les Maliens peuvent faire de grandes choses !

<em><strong>Comment percevez-vous l’avenir ?</strong></em>

L’avenir des Maliens ne dépend que d’eux-mêmes. Moi en tout cas, je me méfierais de la démocratie maliano-socialiste.

<em><strong>Avez des griefs à l’endroit de certaines personnes ?</strong></em>
Tout ce qui est arrivé à notre pays, je l’assume pleinement ! A la date du 26 Mars 1991, quand «ils» sont venus me dire de les suivre, j’étais surpris, mais j’ai compris. Il fallait éviter d’autres effusions de sang. C’est pour cette raison que j’ai accepté de les suivre. A partir de cet instant, je n’ai plus à me plaindre. Je n’en veux à personne !
(Mariam est présente)
<em><strong>Quel message avez-vous à, adresser à ce peuple ?</strong></em>
Je n’ai pas grand-chose à dire pour l’instant. Je ne désespère pas du Mali et du peuple malien. J’ai toujours affirmé que les descendants des Bâtisseurs de grands empires sont capables de grandes choses. Il suffit qu’ils aient leur leader pour réussir leur développement.
<strong><em>Avez-vous une idée de ce leader ? Comment est-il ?</em></strong>
Je ne parle pas forcement d’un chef ou d’un homme ! Ca peut-être une personne ou un groupe de personnes capables de servir de locomotive, de canaliser cette gigantesque énergie. Je souhaiterai seulement bonne chance à cette personne ou ces personnes !
Mariam : Moi, je me contente de faire la cuisine
Aurore : avez-vous peur ?
Moussa Traoré : (Rires) Je n’ai jamais eu peur d’un mortel !
Mariam : j’avoue que moi j’ai peur qu’on nous sèvre de la visite de nos proches et parents. Déjà, quand ils doivent se rendre ici, et même les personnes âgées, ils sont soumis à des fouilles systématiques. Les femmes sont fouillées nues par d’autres femmes, mais c’est très humiliant ! C’est pour cette raison que beaucoup de personnes refusent de venir. J’ai peur uniquement pour les visites.

<strong>Interview réalisée par B.S. Diarra</strong>

<strong>Titre original : « Moussa Traoré se confie à «Aurore» Publiée dans «Aurore» N° 626 du 06/03/2000</strong>

<strong>Moussa Traoré : « mon cher barman» !</strong>

Nous vous disions que le couple Traoré, malgré l’état de détention, n’a rien perdu de son humour. Jugez-en vous-mêmes !
La scène se déroule en présence de Mariam. Moussa Traoré a insisté pour nous servir à boire. Il se leva et amena lui-même une bouteille et moins de verres qu’il y avait de personnes présentes.

<strong>Mariam : Il manque un verre ! Et moi alors ? Je ne bois pas ?</strong>

<strong>Moussa Traoré :</strong> Pourquoi ? J’en ai amené suffisamment [de verres] pour tout le monde non ?

Mais non, il en manque un ! Regarde !

<strong>Moussa Traoré</strong> : Ah oui, je vois ! Ne vous en faîtes pas pour moi ! Je me débrouillerai bien avec la bouteille !

<strong>Mariam</strong> : Dans ce cas, mille fois merci, chef-barman

<strong>Ce que Moussa Traoré pense de ATT</strong>
Au cours de nos entretiens, il a été question des relations que Moussa Traoré entretient avec le Général Amadou Toumani Touré.

<em><strong>Avez-vous des griefs personnels à l’endroit de quelqu’un ?</strong></em>
<strong>Je n’en veux à personne et je ne me plains pas !</strong>

<strong>Même de votre tombeur Amadou Toumani Touré ?</strong>
(Rires) Regardez juste derrière vous ! (il nous indiqua un arbre du doigt). C’est là qu’était attaché le bélier qu’il m’a envoyé. Pensez-vous que j’aurais accepté ce cadeau si je lui en voulais ? Non, je n’en veux pas à un mortel !

<strong>Ce que nous avons vu et entendu</strong>
Nous avons pu ramener des souvenirs qui se résument en des anecdotes anodines qui s’avèrent en vérité très instructives sur la nouvelle personnalité de l’homme.
Le Coran, encore le Coran, toujours le Coran !
C’est dévoiler un secret de Polichinelle que d’affirmer que Moussa Traoré a trouvé un refuge sûr dans la, religion musulmane. Nous avons pu apercevoir de nombreux documents du genre (Coran, Hadiths et autres traités sur les récits coraniques

<strong>Nostalgique</strong>
Moussa Traoré n’a rien perdu de sa fierté militaire. Il adore faire référence à la vie militaire et ne se lasse pas de citer de petites anecdotes de cette partie de sa vie. En voilà une !
- Savez-vous qu’il existe une différence fondamentale entre un pilote de ligne et un pilote de chasse ?
- Non, je l’ignorais. Nous autres civiles pensons qu’un pilote en vaut toujours un autre. Non ?
- Ha ha ha ! Vous vous trompez ! Une fois, nous avons tenté d’adapter un pilote de ligne au pilotage des avions de chasse. Savez-vous ce qui est advenu ?
- Pas un malheur, j’espère !
- Non, fort heureusement, parce qu’il y avait à bord un instructeur ! Notre pilote de chasse s’est évanoui lorsque l’appareil a dépassé le mur du son et…
- Le mur du son ? Quel mur du son ? Qu’est-ce que c’est ?
- Le mur du son, c’est la barrière invisible que constitue le son quand l’appareil dépasse la vitesse d’un peu plus de 1400 mètres par seconde, vitesse initiale du son. Vous avez entendu parler des appareils supersoniques ? Il s’agit de ces appareils qui franchissent cette barrière. Cela provoque de profondes vibrations et les pilotes moins entrainés en subissent les conséquences. Voilà pourquoi les nôtre s’est évanoui. Heureusement que l’Instructeur avait prévu une telle réaction. Il ramena l’appareil à terre sans autres dommages.
- Dites-donc, c’est vrai que les choses peuvent être différentes !
- Oui, c’est cela ! L’apparence trompe toujours !

<strong>Des conditions extrêmes et… Un devoir de mémoire</strong>
C’est à la fin du mois de Février 2000 que l’interview a été réalisée dans l’enceinte de l’ACMB (Atelier centraux militaires de Markala – Barrage) où était détenu le couple Traoré. Elle a été publiée le 03 mars 2000 à l’occasion du 10ème anniversaire du journal «Aurore».
La prison dorée de Moussa Traoré était étroitement surveillée et son accès révélait des 12 travaux d’Hercule. Le seul permis de visite pris à Bamako ne suffisait pas à un journaliste pour accéder au célèbre détenu surtout qu’une presse étrangère avait fait polémique au sortir de sa visite en annonçant que Moussa Traoré avait traité ATT «d’officier félon». Interrogé par nos soins sur la question, Moussa Traoré assura avoir plutôt dit ceci : «la démocratie malienne doit se méfier des officiers félons». Nulle intention pour nous de polémiquer.
L’incident eu, en tout cas, pour effet de durcir les conditions d’accès des journalistes au détenu. L’idéal était donc de se passer du statut de journaliste afin de parvenir à ses fins. La carte de presse ouvre certes des portes, mais ici, dans ce contexte, elle était susceptible d’en fermer. Bref, le parcours fut rude. Mais le jeu en valait la chandelle. Après tout, seule la fin comptait ! Nous parvînmes ainsi à accéder au couple non sans mal. D’où l’interview qui, avec le recul, prend aujourd’hui toute sa valeur, du moins, le pensons-nous, 18 ans plus tard ! A vous de juger !
<strong>B.S. Diarra</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Propos mémorables: Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 29 May 2018 01:33:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>« Nous avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement ».</em>

<strong>Pr. Mohamed Lamine Traoré, Vice-Président de l’ADEMA-PASJ (sept 1994)</strong>

« A ceux qui souhaitent dans la jubilation secrète que l’ADEMA éclate et ceux qui, dans un tremblement inquiet, craignent qu’il n’éclate pas, je dirai, l’ADEMA n’éclatera pas. A moins que les frelons n’envahissent la ruche, en chassant les abeilles ».

<strong>Feu Tiéoulé Mamadou Konaté Président du BDIA novembre 1994 </strong>

« <em>Je dis qu’il faut rapatrier le dossier des régions du nord-Mali, entreprendre des démarches pour ouvrir le débat au Mali, entre Maliens concernés. </em>

<em>C’est ça l’approche du BDIA. </em>

<em>Mais avant cela, il ne faudrait rien négliger sur le plan de la sécurité, pour que les populations puissent être à l’abri d’attaques, d’assassinats. </em>

<em>Notre gouvernement doit redoubler l’effort pour convaincre les rebelles que la paix est possible dans l’honneur et la négociation. </em>

<em>Mais, il doit être clair que cela n’est compatible, ni avec la surenchère, ni avec les pressions internationales, encore moins, avec les attentats terroristes ».</em>

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (8 Juin 1992) </strong>

<em>« Le gouvernement de la République n’a pas le droit de tricher avec notre peuple en s’engageant sur la voie des promesses faciles qu’il ne pourra tenir. Il devra cependant jouer les règles de la rigueur, de la bonne gestion, de la transparence, de la solidarité et de la justice ».</em>

<strong>Sambi Touré, journaliste (Avril 2001)</strong>

<em>"Le Mali est l’un des pays qui a le plus grand nombre d’organes dans la sous-région. Mais, le problème de cette presse, c’est la qualité, pour parler de professionnalisme".</em>

<strong>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</strong>

<em>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert, mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</em>

<em> </em><strong>Me Wahab Berthé, secrétaire général du RDP, novembre 1994</strong>

<em>« Le constat que l’on peut faire, c’est que, ces attaques, sont des actes de terrorisme et il faut les combattre en tant que tels. </em>

<em>Ce sont des actes de terrorisme qu’on ne peut pas tolérer dans un Etat de droit, parce qu’il s’agit de prendre la Nation en otage…</em>

<em>Il est évident que la politique, c’est faire la guerre et faire la guerre, c’est faire la politique. Les deux vont ensemble ».</em>

<strong>Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :</strong>

<em>« Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées, le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la difficulté de les attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer ».</em>

<strong>Tiébilé Dramé, Secrétaire Général du Parena (Mars 1996)</strong>

"Quand on a été torturé ensemble, quand on a partagé les mêmes cellules de <em>détention, qu’on ait fait partie des mêmes convois de déportation, d’exil intérieur, il est normal qu’on soit du même côté."</em>

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Mars 1996)</strong>

"<em>La grosse erreur a été de faire croire que la démocratie peut tout régler comme par un coup de baguette magique. Une démocratie se bâtit lentement avec des hommes et des femmes qui y adhèrent et auxquels, il faut donner toutes les explications qui s’imposent."</em>

<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </strong>

<em>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</em><em> </em>

<strong>Issé Doucouré, (avril 2001)</strong>

<em>"Les nouvelles générations sont venues au syndicalisme, parce qu’il y a des grands parleurs. Et le peuple ne croit qu’à celui qui crie haut. </em>

<em>Ils n’ont aucune formation, aucune expérience. Ils sont uniquement guidés par le profit. C’est pourquoi aujourd’hui, l’UNTM n’est que l’ombre d’elle-même".</em>

<strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>De la loi&#45;cadre à l&amp;apos;indépendance du Mali : 24 mai 1957 &#45; 24 Mai 2018 : Il y a 61 ans, était formé le tout 1er Gouvernement du Soudan&#45;Français</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/de-la-loi-cadre-a-lindependance-du-mali-24-mai-1957-24-mai-2018-il-y-a-61-ans-etait-forme-le-tout-1er-gouvernement-du-soudan-francais-2758939.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 26 May 2018 01:08:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[L'histoire de notre pays retient que le premier gouvernement a été formé le 24 mai 1957 dans le cadre de la Loi Gaston Defferre qui accordait l'autonomie aux Territoires (ex-colonies) de la Communauté française. En effet, celle Loi communément appelée Loi-cadre ou Loi N°56-619 du 23 juin 1956 autorisait le gouvernement à mettre en œuvre les réformes et à prendre les mesures propres à assurer l'évolution des Territoires relevant du Ministère de la France d'Outre-mer. Pour son application, deux textes réglementaires sont pris le 4 avril 1957 : il s'agit du Décret N°57-458 portant réorganisation de l'Afrique Occidentale française (Aof) et de l'Afrique Equatoriale française (Aef) ainsi que du Décret N°57-459 fixant les conditions de formation et de fonctionnement des Conseils de Gouvernement dans les Territoires de l'Aof et de l'Aef. Conformément aux dispositions de ces décrets d'application, est formé le premier Conseil de Gouvernement du Soudan-Français. Ainsi, le 20 mai 1957, l'Assemblée Territoriale (issue des élections du 31 mars précédent) du Soudan Français vote la liste proposée par l'Us-Rda désignant les 12 membres du Conseil du Gouvernement (CG) institué par La Loi-cadre. Le 21 mai, les ministres désignés sont investis devant les députés. La liste de la composition du CG est rendue publique le 22 mai. Le lendemain, un Arrêté territorial fixe à douze (12) le nombre de membres du CG. Et le 24 mai, sont formellement signés les actes individuels de nomination : soit 12 Arrêtés concernant le vice-président et les 11 ministres sectoriels.
Dans notre pays, cette première équipe gouvernementale, présidée symboliquement par le représentant de l'autorité coloniale, était ainsi composée de douze (12) membres dont un vice-président (jouant le rôle de Premier ministre) et 11 titulaires ministériels. De nos jours, sur ces 12 pionniers ministériels, seuls deux cadres vivent encore : le Médecin Seydou Badian et l'Agronome Salah Niaré. Dans les colonnes qui suivent, nous passons en revue le parcours des ministres du tout premier gouvernement du Soudan-Français, devenu la République Soudanaise (le 24 novembre 1958), elle-même proclamée " République du Mali " à son accession à l'indépendance le 22 septembre 1960. Dossier réalisé par la Rédaction
près près de sept (7) décennies de domination coloniale en Afrique de l'Ouest, la France commence à fléchir sous le poids des résistances africaines farouchement opposées par divers mouvements : pressions des anciens combattants des deux Guerres mondiales de 1914-1918 et de 1939-1945 ; actions d'éveil des consciences menées par les jeunes élites intellectuelles, syndicales et politiques dont les opinions étaient relayées par une presse militante plurielle et diversifiée. Libérée de l'occupation de l'Allemagne nazie dirigée par Adolphe Hitler, la France est sauvée grâce à la contribution des soldats noirs. Affaiblie, la puissance colonisatrice malmenée se voit quelque peu contrainte et forcée de reconsidérer la nature de ses relations avec ses colonies. La Conférence de Brazzaville (30 janvier - février 1944) organisée sous l'égide du Général sauveur Charles de Gaulle, chef du Comité français de Libération nationale, fut alors un tournant majeur sur le chemin de la décolonisation.
A l'ouverture des travaux de Brazza, le Général de Gaulle met l'accent sur la nécessité d'engager les colonies " sur la route des temps nouveaux […] En Afrique française, comme dans tous les autres territoires où des hommes vivent sous notre drapeau, il n'y aurait aucun progrès qui soit un progrès, si les hommes, sur leur terre natale, n'en profitaient pas moralement et matériellement, s'ils ne pouvaient s'élever peu à peu jusqu'au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires. C'est le devoir de la France de faire en sorte qu'il en soit ainsi". Pour nombre d'historiens, cette affirmation gaullienne semble poser les fondements de l'Union Française composée de la Métropole, des Départements et Territoires d'Outre-mer (colonies) et d'autres Etats associés. Cette Union est créée par la Constitution du 27 octobre 1946 qui instaure la 4ème République française.
A la suite de l'adoption de cette Constitution de 1946, la loi du 17 août 1948 autorise l'extension du pouvoir réglementaire à des domaines précis et définis, où le décret peut abroger, modifier ou remplacer des dispositions en vigueur. C'est dans ce sens qu'intervient la méthode de la Loi-cadre qui "consiste pour le Parlement à poser les principes généraux d'une réforme tout en renvoyant aux décrets d'application pour leur application effective. Si le Parlement ne s'oppose pas à ces décrets ils deviennent définitifs. " L'illustration éloquente de ladite méthode est la fameuse Loi-cadre ou Loi Gaston Defferre (du nom du ministre chargé de la France d'Outre-mer). Défendue par Gaston Defferre lui-même fortement soutenu par l'Ivoirien Félix Houphouët-Boigny (ministre délégué à la présidence du Conseil de gouvernement français, mais surtout leader continental du Rda), cette loi est votée le 19 juin 1956 par l'Assemblée nationale française et promulguée le 23 juin suivant.
Selon des constitutionnalistes, la Loi-cadre constitue une "technique [qui] a l'avantage d'obliger le Parlement à se concentrer sur les principes, abandonnant leur application, qui est complexe et nécessite des réflexions qui prendraient un temps précieux aux chambres, au Gouvernement. Autre avantage : le Parlement et le Gouvernement sont obligés de collaborer étroitement." Une décennie avant l'adoption de cette Loi-cadre, les partis politiques (notamment le Parti progressiste soudanais - Psp - et l'Union soudanaise -Us-Rda) étaient déjà créés au Soudan, essentiellement par des élites intellectuelles et syndicales.
C'est dans un contexte de fortes rivalités politiciennes entre ces deux formations politiques qu'arrive la Loi-cadre qui "fut un événement clé en vue d'une décolonisation pacifique vers l'indépendance", note Mme Andrée Dore-Audibert, Assistante sociale en service à l'époque à Bamako. Intitulée "Loi N°56-619 autorisant le gouvernement à mettre en œuvre les réformes et à prendre les mesures propres à assurer l'évolution des Territoires relevant du Ministère de la France d'Outre-mer", elle accorde une autonomie aux colonies françaises en posant les jalons de l'africanisation des cadres et de la Fonction publique. Elle institue, notamment dans tous les Territoires, des Conseils de gouvernement chargés essentiellement de l'administration des services territoriaux. L'application de la Loi-cadre opère la réorganisation administrative de l'empire colonial français en Afrique où se trouvaient deux groupements de territoires organisés en Afrique occidentale française (Aof, créée le 16 juin 1895) et en Afrique équatoriale française (Aef, instaurée en 1910). Plus de six décennies après, l'Aof constituée de 9 territoires (la Mauritanie, le Sénégal, le Soudan Français -devenu le Mali-, la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Niger, la Haute-Volta -devenue le Burkina Faso-, le Togo et le Dahomey -devenu le Bénin) est réorganisée administrativement, tout comme l'Aef, par le décret N°57-458 du 4 avril 1957. Les colonies deviennent des "Territoires d'Outre-mer dotés de la personnalité civile et de l'autonomie financière". Dans chaque Territoire, existent trois institutions : le Chef de Territoire (représentant le gouvernement français), le Conseil de Gouvernement (formé de cadres locaux) et l'Assemblée Territoriale (composée d'élus locaux). Le même 4 avril 1957, le décret N°57-459 fixe les conditions de formation et de fonctionnement des Conseils de Gouvernement dans les Territoires. Il détermine que les membres desdits Conseils sont élus par les Assemblées territoriales sur proposition des partis majoritaires.
C'est ainsi qu'au Soudan Français, l'Assemblée territoriale (Ats) est mise en place à l'issue des élections cantonales du 31 mars 1957, largement remportées par l'Us-Rda (64 élus) face à son grand rival le Psp qui n'a eu que 6 conseillers. Aussitôt installée, l'Ats, sous la présidence de Mahamane Alassane Haïdara, adopte la liste des membres du Conseil de gouvernement proposés par l'Us-Rda. C'était le 21 mai. Dès le lendemain, toujours au parlement à Bagadadji, la tête de liste Jean-Marie Koné et les 11 autres ministres sont solennellement investis et présentés au Gouverneur Henri Victor Gipoulon. "La composition du gouvernement fut rendue publique lors d'une réunion mémorable à l'Assemblée territoriale dont la salle et les alentours étaient envahis à ras bord bien avant l'heure de la cérémonie. Tout avait été mis en œuvre pour donner un caractère spectaculaire à cette investiture, depuis la musique jusqu'à la garde à cheval qui entourait la voiture découverte du Chef de Territoire Gipoulon (…)", rappelle un témoin de l'événement : l'historien et journaliste français Pierre Campmas, militant anticolonialiste, secrétaire permanent de l'Us-Rda, Rédacteur à L'Essor et auteur en 1978 d'une thèse de doctorat sur l'histoire de l'Us-Rda.
Pour la mise en place de ce Conseil de Gouvernement soudanais, H.V.Gipoulon signe, le 23 mai 1957, un Arrêté territorial (N°1956) qui fixe le nombre des ministres à douze (12). Le lendemain, Jean-Marie Koné est nommé vice-président du Conseil par un autre Arrêté (N°2007) signé le 24 mai. Le même jour, onze (11) autres Arrêtés (du N°2008 au N°2019) nomment individuellement les 11 ministres dont 3 non-africains (Guidicello Cortinchi, Me Joseph Philippe et Henry Corentin). Suivant l'ordre des nominations, on peut établir la liste des membres du gouvernement (voir l'article ci-dessous). A la lecture de cette liste, l'on se rend compte de l'absence de Modibo Kéïta (le futur père de l'indépendance et premier chef de l'Etat du Mali) et surtout charismatique secrétaire général de l'Us-Rda. La raison est toute simple : à cette époque, le grand leader soudanais cumulait les fonctions électives de maire de la Ville de Bamako et celles de député à l'Assemblée nationale française dont il deviendra d'ailleurs vice-président. Pierre Campmas explique la situation : "La nature des liens entre la France et les Territoires d'Outre-mer étant déterminante, les grandes décisions venant toujours de Paris, et le gouvernement soudanais ne disposait que des pouvoirs réduits. Dans ces conditions, on estima que les députés à l'Assemblée nationale française devraient se consacrer uniquement à leur tâche de député. Par ailleurs, on était décidé à donner à Jean-Marie Koné une responsabilité correspondant au rôle déterminant qu'il avait eu dans l'implantation de l'Union Soudanaise dont Sikasso fut incontestablement le pôle d'attraction initial (…)".
En plus, mi-mai 1957, Modibo Kéïta est élu Grand Conseiller de l'Aof siégeant à Dakar. Par la suite, à Paris, il devient secrétaire d'État à la France d'Outre-mer du gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury (du 17 juin au 6 novembre 1957) puis secrétaire d'État (sans attributions précises) à la Présidence du Conseil de gouvernement Félix Gaillard (18 novembre 1957-14 mai 1958).
Le 24 novembre 1958, le "Territoire du Soudan-Français" s'efface à travers la proclamation de la "République Soudanaise" présidée par Modibo Kéïta. Qui devient également le président du Gouvernement Fédéral formé le 4 avril 1959 dans le cadre de la Fédération du Mali regroupant le Sénégal et la République Soudanaise. Quelques jours après (16 avril) Modibo Kéïta dirige le Conseil de Gouvernement du Soudan en cumulant les fonctions de ministre de l'Information, de la Jeunesse et des Anciens combattants. Auparavant, quand il était encore à Paris (Député à l'Assemblée nationale française), il avait laissé, à Bamako, ses camarades de l'Us-Rda choisis par le Parti de composer la toute première équipe ministérielle du pays, à partir du 21 mai 1957.

<strong>Composition du 1er Gouvernement du Soudan-Français</strong>
Le début de la dernière décade de mai 1957 a été déterminant dans l'évolution institutionnelle au Soudan Français (l'actuel Mali) engagé, comme tant d'autres colonies françaises d'Afrique, dans la voie de la décolonisation. Du 21 au 24 mai de cette année-là, le premier Conseil de gouvernement du Soudan a été mis en place à travers un processus tout particulier, conformément aux dispositions de la Loi-cadre du 23 juin 1956 qui accordait une certaine autonomie aux territoires colonisés sous domination française. Ce gouvernement est investi par l'Assemblée Territoriale le 21 mai. Le lendemain, la liste de sa composition est rendue publique et le 24 mai, sont signés les actes individuels de nomination : soit 12 Arrêtés concernant nommément le vice-président et les 11 ministres sectoriels.
Président du Conseil de Gouvernement, chef du Territoire : Henri Victor Gipoulon
1 - vice-président du Conseil : Jean-Marie Koné
2 - ministre de l'Intérieur et de l'Information : Mamadou Madeira Kéïta
3 - ministre des Finances : Guidicelo Cortinchi
4 - ministre de l'Economie rurale : Seydou Badian Kouyaté
5 - ministre de l'Enseignement, de la Jeunesse et des Sports : Me Philippe Joseph
6 - ministre de la Santé : Sominé Dolo
7 - ministre de la Fonction publique : Abdoulaye Singaré
8 - ministre du Travail et des Affaires sociales : Abdoulaye Diallo
9 - ministre des Travaux publics et des Télécommunications : Mamadou Aw
10 - ministre de l'Elevage : Henry Corentin
11 - ministre de l'Agriculture : Salah Niaré
12 - ministre du Commerce et de l'Industrie : Hammaciré N'Douré
Il est bon à rappeler que ces premiers membres du premier gouvernement du Territoire du Soudan-Français étaient tous de l'Union soudanaise Rda, le parti politique qui a gagné les élections du 31 mars 1957, en remportant 57 sièges de conseillers territoriaux auxquels s'allient les sept (7) élus de l'Union Dogon. Ainsi, l'Us-Rda devient ultra-majoritaire face à son rival Psp ne disposant que de six (6) conseillers. Il est aussi bon à signaler que seuls deux de ces ministres pionniers vivent encore : le Dr Seydou Badian et Salah Niaré.

<strong>Parcours des membres du 1<sup>er</sup> Gouvernement du Soudan-Français</strong>

<strong> </strong><strong>1-Henry Victor Gipoulon (1913-1989) président du Conseil, chef du Territoire (Représentant de l’autorité coloniale) : </strong>

Administrateur civil formé à l’Ecole nationale de la France d’Outre-mer (Enfom, Promotion 1935), il a servi dans l’administration coloniale française en Afrique. Notamment à Dakar (au début des années 1940) auprès du Haut-commissaire de l’Aof puis à Bamako comme Gouverneur, chef du Territoire du Soudan Français, du 03 novembre 1956 au 24 novembre 1958). A cette qualité, il est président du Conseil de Gouvernement (20 mai 1957 – 24 juillet 1958) basé à Koulouba. Pierre Campmas le décrit ainsi « <em>le fringant Gipoulon : teint bronzé, cheveux argentés, physique avantageux et un peu voyant de quadragénaire séduisant, assorti d’une épouse au charme mûrissant et à la distinction plus discrète, le chef du Territoire est de toutes les manifestations et de toutes les festivités, où il promène cette aisance désinvolte de haut fonctionnaire colonial, lustrée par vingt ans de réceptions et fignolée à Montparnasse. Par ailleurs, chef du gouvernement, il laisse pratiquement les rênes du commandement à son vice-président Jean-Marie Koné […]. </em>» Rentré en France 1959, Henry V. Gipoulon fut, entre autres, Chargé de mission au Cabinet du Secrétariat d’Etat à l’Equipement et Logement (1968-1969).

<strong> </strong><strong>2-Jean-Marie Koné :</strong>

Au Soudan-Français, selon Pierre Campmas, « <em>on respectait Mamadou Konaté, on admirait Modibo Kéïta, on craignait Idrissa Diarra, on aimait Jean-Marie Koné</em> ». Doyen d’âge des premiers gouvernements soudanais et malien, il est né le 05 Octobre 1913 à Sikasso. Il est Diplômé de l’Ecole normale William Ponty de Gorée (1935) et Instituteur comme Modibo Kéïta, son camarade dans les luttes syndicales et politiques. Même s’il n’a jamais porté le titre de Premier ministre, Jean-Marie Koné est le 1<sup>er</sup> Soudanais à diriger une équipe gouvernementale dans son pays. Il assure une présence continue au-devant de la scène politique et dans les rouages de l’Etat entre mai 1957 et septembre 1969. Ainsi, on retient qu’il fut successivement sous la 1<sup>ère</sup> République : vice – président du Conseil de Gouvernement (22 Mai 1957 – 24 Juillet 1958) ; président dudit Conseil (24 Juillet 1958 – 16 Avril 1959) ; encore vice-président chargé de la Justice et de la Fonction Publique (16 Avril 1959- 22 Septembre 1960).

Avec la proclamation de l’indépendance du Mali sous la direction de Modibo Kéïta, JMK devient vice-président du Conseil de gouvernement chargé de la Fonction Publique puis de la Justice (22 Septembre 1960 – 25 Janvier 1961) ; ensuite ministre d'Etat, chargé de la Justice (25 Janvier 1961 – 17 Septembre 1962) ; puis ministre d'Etat chargé du Plan et de la Coordination des Affaires économiques et financières (17 Septembre 1962 – 15 Septembre 1965) ;  par la suite ministre d'Etat chargé des Affaires étrangères et de la Coopération (22 Novembre 1968-7 Février 1968) et enfin ministre du Plan (7 Février 1968- 19 novembre1968). Tombé en disgrâce à cause de la « Révolution Active »,  Jean-Marie Koné survit à la chute du président Modibo Kéïta. Les militaires tombeurs de celui-là vont le reconduire dans leurs premiers attelages gouvernementaux. M. Koné devient alors ministre d’Etat chargé des Affaires étrangères et de la Coopération, du 22 novembre 1968 au 13 septembre 1969.

Cette longue expérience ministérielle confirme l’engagement politique de cet ancien directeur d'école de Sikasso. Cette ville était son véritable fief. Il y fut secrétaire général de la sous-section de l'Union soudanaise Rda, conseiller municipal et 3<sup>ème</sup> adjoint au maire, conseiller territorial (député). Après ses fonctions ministérielles, Jean-Marie séjourne longtemps en Côte d’Ivoire auprès de son camarade et ami, le président Félix Houphouët-Boigny. C’est à Abidjan qu’est décédé, le 15 mai 1988 à Abidjan, le premier chef du Gouvernement de notre pays. Nonobstant les hautes fonctions politiques et administratives que JMK a occupées, nulle part au Mali, aucun édifice public ne porte son nom depuis sa disparition en mai 1988. Pour mettre fin à cet « oubli », reconnaitre davantage son mérite et rendre à ce cadre l’hommage dû à son rang, la Section Um-Rda de Sikasso a organisé, en juillet 2017, une série d’activités sportives et culturelles qui lui ont été dédiées.

<strong>3- Mamadou Madeira Kéïta :</strong>

Né le 11 janvier 1917 à Kourounikoto (Cercle de Kita), il est Commis d’Administration titulaire du diplôme de Willliam Ponty (1937). Dans le cadre de la gestion des cadres en Aof, Mamadou Madeira Kéïta sert d’abord au Cadre spécial du Gouvernement Général de l’Aof comme archiviste -  bibliothécaire (1937-1940). Les dix années suivantes, il est fonctionnaire en Guinée où il est mis notamment au service de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan). C’est à Conakry que débute sa carrière politique et il devient, bien avant Sékou Touré, le 1<sup>er</sup> secrétaire général du Pdg-Rda (1946-1951). A cause de son activisme politique débordant dans un pays qui n’est le sien, il est suspendu par l’Administration coloniale. Réintégré en 1952, il est muté en Dahomey (l’actuel Bénin) où il prend part activement à la création de l’Udd-Rda. En 1955, Mamadou Madeira Kéïta regagne son pays natal, le Soudan français, où il réaffecté au service de l’Ifan à Koulouba. Il est immédiatement coopté au Bureau politique de l’Us-Rda et devient membre du 1<sup>er</sup> Gouvernement du Soudan français formé en mai 1957. De cette période jusqu’à la fin de la 1<sup>ère</sup> République, Madeira Kéïta fut successivement : ministre de l’Intérieur chargé de la Justice, de la Police et de la Radio (22 mai 1957 – 16 avril 1959) ; ministre de l’Intérieur (16 avril 159 – 26 septembre 1960) ; ministre de l’Intérieur, de la défense et de la sécurité (26 septembre 1960 – 25 janvier 1961) ; ministre de l’Intérieur, de l’information et du tourisme (25 janvier 1961 – 14 mai 1964) ; ministre de la Justice (14 mai 1964 – 13 juillet 1967) ; et ministre de la Justice et du travail (13 juillet 1967 – 19 novembre 1968).

Après le coup d’Etat militaire, Mamadou Madeira Kéïta est détenu politique entre 1968 et 1976. Après avoir contribué à la création du Mouvement démocratique en 1990, Madeira Kéïta conduit le processus de renaissance de l’Us-Rda en 1991 suite à la chute du régime de l’Udpm. Il est ainsi resté président d’honneur de l’Us-Rda, de juillet 1991 jusqu’à son décès le 21 décembre 1997 à Bamako. La 33<sup>ème</sup> Promotion (2011) de l’Ecole Militaire Interarmes (Emia) de Koulikoro porte son nom.

<strong>4- Guidicelo Cortinchi, ministre des Finances : </strong>

Corse et administrateur français des colonies, il a servi en Guinée comme secrétaire général du Gouvernement. De 1947 à 1955, il fut ensuite un membre influent de la section soudanaise Rpf (parti du Général de Gaulle) et élu conseiller de l’Union française sur la liste Psp-Rpf. Suite à des brouilles avec Fily Dabo Sissoko, il s’était présenté contre cette liste et fut battu en 1952. Entre temps, en janvier 1949, il créa avec des Soudanais dont Amadou Hamphaté Bâ et Makane Macoumba Diabaté, le Mouvement d’Union française pour le progrès économique et social du Soudan (le parti Muf) dont il était président. Il adhéra ensuite à l’Us-Rda en 1955 et devint ministre des Finances dans gouvernement soudanais (mai 1957- avril 1959). Par la suite, il fut élu député Us-Rda et, avec 12 autres 13 élus de l’Assemblée territoriale Soudanaise, désigné Sénateur de la Communauté française présidée par le Général de Gaulle.

<strong> </strong><strong>5-Seydou Badian Kouyaté</strong> <strong>(devenu en 2009 Nomboïna, son patronyme originel)</strong> :

Né le 20 avril 1928 à Bamako, il est avec Salah Niaré, les deux anciens ministres du Soudan et du Mali encore en vie. Titulaire d’un Doctorat obtenu à la Faculté de Médecine de Montpellier (1955), Seydou Badian Kouyaté regagne sa patrie en 1956 et sert à Bougouni comme Médecin-chef. Très engagé, il est celui qui fut l’auteur du « <em>Chant du Pionnier</em> » dédié à Mamadou Konaté (1<sup>er</sup> président de l’Us-Rda) disparu en mai 1956 et surtout le président de la Commission de rédaction de l’Hymne national du Mali, adopté en août 1962. Il a aussi, à son actif, le « <em>Chant du 22 août</em> » composé pour magnifier la « Révolution active » enclenchée par le Président Modibo Kéïta en 1966-1967. Auteur de plusieurs œuvres littéraires (devenues des classiques encore enseignés dans les écoles d’Afrique francophone) dont le célèbre roman « Sous l’orage » (1963), « La mort de Chaka » (lutte émancipatrice du peuple zoulou) et l’essai politique « Les dirigeants africains face à leurs peuples » (1965), Seydou Badian est donc plus connu par les générations actuelles comme un grand écrivain plus qu’un homme politique.

Pour autant, il siégea dans les gouvernements soudanais et maliens de mai 1957 à novembre 1968. Il fut successivement : ministre de l’Economie rurale et du Plan (22 mai 1957 - 17 septembre 1962) ; ministre du Développement (17 septembre 1962 – 23 août 1968) et ministre Délégué à la Présidence (23 août – 19 novembre 1968). Considéré comme l’un des idéologues du régime de Modibo Kéïta, Seydou Badian fait partie des concepteurs du Plan Quinquennal 1961-1966 qui a permis notamment la création des premières sociétés et entreprises d’Etat.

Parallèlement à ses fonctions ministérielles, il assume les charges de secrétaire aux Affaires économiques du Bureau politique national de l’Us-Rda.  Suite au renversement de régime socialiste, Seydou Badian est détenu politique à Taoudénit avant d’être relaxé sans jugement (comme tous ses camarades ministres) en juin 1975. Il s’installe à Dakar et séjourne régulièrement à Paris. Il rentre au bercail en juin 1991 après la chute du président Moussa Traoré. Il mène des consultations à l’international, raffermit ses relations avec la Chine, un pays dont l’expérience communiste l’a beaucoup inspiré et qu’il a pu visiter près d’une quarantaine de fois. D’où, depuis août 2010, sa distinction honorifique de l’« <em>Ambassadeur d’Amitié entre le Peuple chinois et le reste du monde</em> ».

Auparavant, dans les années 1990, il fut Conseiller spécial du Roi Hassan II du Maroc puis du président congolais Denis Sassou N’Guesso. Au Mali, il s’implique dans la vie de son Parti, l’Us-Rda dont il devient l’un des présidents d’honneur. Quand le Parti de l’indépendance connut une division consécutive au choix du candidat à la présidentielle d’avril 1992, Dr Seydou Badian fut l’un des mentors de Feu Tiéoulé Mamadou Konaté. Ensemble, ils créent le Parti Bdia Faso Djigui en 1993, au terme d’un long feuilleton judiciaire. Il le rejoint en 1995 et en fut même désigné candidat à l’élection présidentielle d’avril 1997.

Une élection reportée au mois de mai suivant, mais à laquelle le Dr Seydou Badian ne participera, devenu qu’il est membre du Coppo (Opposition radicale) qui exigeait l’annulation de tout le processus électoral, suite à la très mauvaise organisation des législatives du 13 avril 1997.  Une année plus tard (début mai 1998), il jette un pavé dans la marre en « reconnaissant les Institutions du pays » issues des élections générales de 1997. Il se démarque ainsi de la position radicale du Coppo en lui lançant un appel à inscrire son action dans le cadre républicain. Quelques années après, le Doyen Seydou Badian s’éloigne un peu de l’Us-Rda au profit du Pids, un autre parti créé en 2001 par des cadres de l’Us-Rda qui ont aussi perdu une bataille judiciaire pour le contrôle du Parti de Mamadou Konaté et de Modibo Kéïta. Ces dernières années, le Dr Seydou Badian s’exprime occasionnellement sur les questions de préoccupations nationales, notamment celles relatives aux crises sociétales, aux errements de la classe politique et à la mauvaise gouvernance du pays.

<strong>6- Me Philippe Joseph : ministre de l’Enseignement, de la Jeunesse et des Sports :  </strong>

Celui-ci est décrit par Pierre Campmas en ces termes : « <em>Maître Joseph était un avocat très connu à Bamako où, à plusieurs reprises, il avait défendu des militants et des responsables </em>[Us-Rda]<em> poursuivis ou emprisonnés par l’administration coloniale. Guyanais, toit noir de peau, il était profondément imprégné de culture française. D’une courtoisie un peu précieuse, et très vieille France, le visage anguleux, un éternel nœud papillon perché sur un long corps osseux et cassé, toujours impeccablement habillé, libéral style 3<sup>ème</sup> République, il était apprécié dans de très nombreux milieux et fut nommé ministre de l’Enseignement, de la Jeunesse et des Sports. Cortinchi </em>[aux Finances]<em> et Joseph ne furent pas repris lors du remaniement en 1959 […]</em> ».

<strong> </strong><strong>7-Sominé Dolo :</strong> Né en 1922 à Sangha (Cercle de Bandiagara), il fréquente l’Ecole William Ponty de Gorée (1939-1942) puis l’Ecole de Médecine de Dakar (1942-1946) avant d’obtenir un Doctorat à la Faculté de Médecine de Paris (1956). L’année suivante (31 mars), le Docteur en Médecine est élu Conseiller territorial (Député, Bandiagara) sur la liste de l’Union Dogon lors des premières élections territoriales au Soudan Français dans le cadre la Loi-cadre. Les 7 députés de cette Union s’ajoutent aux 57 de l’Us-Rda qui devient ultra majoritaire face aux 6 élus du Psp. Cette majorité dominante permet au parti de Modibo Kéïta de proposer 12 cadres pour constituer le tout premier Conseil de Gouvernement de notre pays. Le Dr Sominé Dolo fut ainsi nommé ministre de la Santé. On retient qu’il fut le seul ministre soudanais qui est resté sans discontinuer au même poste pendant 11 onze années (Mai 1957 – novembre 1968). Sans pourtant exercer effectivement un mandat parlementaire, Sominé Dolo a été toujours réélu dans la circonscription de Bandiagara en novembre1958 pour l’Assemblée Législative provisoire de la République soudanaise puis en mars 1959 pour l’Assemblée législative de la République Soudanaise qui deviendra l’Assemblée nationale de la République du Mali, le 22 septembre 1960.

Après le coup d’Etat militaire du 19 novembre 1968, le Dr Sominé Dolo est nommé Directeur régional de la Santé de Bamako, à l’époque 2<sup>ème</sup> Région administrative du Pays. Il y est décédé le 15 mars 1972 suite à une crise cardiaque. Pour l’immortaliser, les autorités du pays baptisent en son nom un Pavillon de l’Hôpital Gabriel Touré. Il en est de même pour l’Hôpital régional de Sévaré-Mopti.  La 11<sup>ème</sup> Promotion de l’Ecole militaire Interarmes (Emia) de Koulikoro, sortie en octobre 1983, porte également le nom de Sominé Dolo.

<strong>8- Abdoulaye Singaré : </strong>Il est considéré dans le monde de l’école malienne comme le « <em>Père de la réforme 1962 »</em> qui visait « <em>une décolonisation des esprits</em> » se basant sur « <em>une éducation de masse et de qualité</em> ». Cette réforme (l’un des principaux acquis majeurs du Mali indépendant), il l’a menée au ministère de l’Education nationale qu’il a dirigé pendant 7 ans  (16 avril 1959 – 15 septembre 1966). Auparavant, il siège dans le tout premier gouvernement du Soudan Français au poste de ministre de la Fonction publique (22 mai 1957 – 16 avril 1959) en se voyant confier, le 30 septembre 1958) le secteur Travail suite au départ de Abdoulaye Diallo (<em>lire ci-dessous</em>) dans son pays natal, la Guinée, qui venait de voter « NON » au référendum constitutionnel instaurant la Communauté franco-africaine initiée par le Général de Gaulle.

Né le 20 mars 1918 à Koulikoro, Abdoulaye Singaré a fréquenté l’Eps Terrasson de Fougères de Bamako (section administrative) de 1932 à 1936. Il devient ainsi Commis expéditionnaire du cadre local de Soudan pendant dix ans (1936-1946). Il passera ensuite huit années (1946-1954) au poste de commis expéditionnaire du cadre secondaire des services administratifs, financiers et comptables. Secrétaire d’administration du cadre supérieur de l’Aof (1954-1958), il est promu Administrateur civil (1958-1970) quand il avait déjà entamé sa carrière ministérielle. Au plan politique, il figure parmi les membres fondateurs du Rda en octobre 1946, à Bamako. Dissident du Psp de Fily Dabo Sissoko, il participe à la formation de l’Us-Rda dont il est membre du Bureau politique national, de 1947 à 1955. Pendant cette période, il exerce des mandats électifs : Conseiller général du Soudan (1952), Conseiller municipal de Bamako (1956), Député à l’Assemblée législative du Soudan (1956) et Conseiller de la ville de Koulikoro (1958). Au plan syndical, dès la fin des années 1930, il fut le secrétaire général adjoint puis secrétaire général du syndicat des commis expéditionnaires et des interprètes du Soudan (1945-1950). Par la suite, il fut secrétaire général du syndicat unique du personnel de l’Administration générale (1950-1952), membre du Comité directeur de l’Union des syndicats du Soudan (1946-1952) et membre du Conseil général de la Fédération syndicale mondiale (1952-1956).

Auparavant, dès octobre 1949, il fut le 1<sup>er</sup> Rédacteur en chef de L’Essor, l’organe de l’Us-Rda. Après la chute du président Modibo Kéïta, Abdoulaye Singaré se retire de la scène politique et cela ne lui épargnera d’être arrêté deux fois par les militaires au pouvoir : une première fois, ils l’ont suspecté d’être l’inspirateur d’un article paru dans Jeune Afrique et une seconde fois quand ils ont retrouvé sur lui un tract critiquant le parti unique Udpm en gestation.  Resté très lié au chef de l’Etat ivoirien, l’ancien ministre Singaré fut membre du Comité de coordination de la Fondation Président Félix Houphouët-Boigny. De la fin des années 1970 à la fin des années 1980, il devient Assureur et Représentant commercial de Jeune Afrique à Bamako. Il est décédé le 19 octobre 2004 à Bamako.<strong> </strong>

<strong>9- Abdoulaye Diallo : ministre du Travail et des Affaires sociales</strong>

Abdoulaye Diallo fut ministre du Travail et des Affaires sociales, du 24 mai 1957 au 30 septembre 1958. Il quitte son poste et le pays suite au vote favorable du Soudan-Français au référendum constitutionnel du 28 septembre 1958. Le « OUI » massif des Soudanais oblige le Guinéen Abdoulaye Diallo qui prônait le « NON » à rejoindre son pays d’origine. Là, sous la férule du leader Sékou Touré, la Guinée a spectaculairement voté contre le texte proposé par le Général De Gaulle afin de constituer la Communauté française regroupant la France et ses ex-colonies africaines. Diallo rejoint Sékou Touré pour faire marcher la Guinée indépendante. Il y occupe dans le 1<sup>er</sup> gouvernement le poste de ministre secrétaire d’État chargé des Postes et Télécommunications. Il devient ensuite ministre du Développement Rural et de l’Artisanat ; puis ministre du Travail. Par la suite, il est promu Délégué à la Présidence de la République de Guinée, chargé de la Coopération technique internationale, Ambassadeur Itinérant de la République de Guinée.

Né en novembre 1916 à Konsondougou (Dabola, Guinée), il fut un très grand syndicaliste et une figure de proue de la lutte de libération nationale. Durant la période allant de la moitié des années 1940 à la fin de celles 1950, il avait fait ses preuves comme le premier Secrétaire général de l’Union régionale des syndicats du Soudan (Urss) où il était Commis de la Poste de Bamako. Il est ainsi présenté par Pierre Campmas dans son ouvrage sur l’Us-Rda : « Abdoulaye Diallo, Guinéen, mais travaillant depuis longtemps au Soudan, fut désigné comme ministre du Travail [à l’instar de Abdoulaye Singaré et de Hamaciré N’Douré…] en raison de leurs activités politiques passées. Ses activités syndicales au Soudan (où il était secrétaire général de la Section locale de l’Union Syndicale de la Confédération générale du Travail, Urss-Cgt), en Afrique (où il était secrétaire général de l’Union Générale des Travailleurs d’Afrique noire –Ugtan depuis janvier 1957 à Cotonou) et dans le monde où il était vice-président de la Fédération syndicale mondiale (Fsm) dont le siège était à Prague, lui avaient conféré une dimension africaine et internationale. D’apparence froide, Abdoulaye Diallo pouvait s’enflammer à l’occasion et devenir un remarquable orateur […] ».

Selon le doyen Sory Macalou (des Btp) cité par le syndicaliste écrivain Hamed Sidibé dans un ouvrage sur l’histoire du syndicalisme de notre pays, le leader Abdoulaye Diallo « grand par la taille [était] éloquent, syndicaliste hors pair. Il a dirigé la plus grande centrale du pays dans un anticolonialisme inflexible. Cela lui a valu des procès et finalement le licenciement. Devenu ministre du Travail en 1957, il est resté fidèle aux mots d’ordre de l’Ugtan qui a prôné le « NON » au Référendum gaulliste. Adversaire acharné de Sékou Touré dans le mouvement syndical africain, il n’hésita pas cependant à retourner en Guinée avec l’indépendance de ce pays […]», proclamée le 2 octobre 1958. Auparavant, fin août 1957, quelques mois après l’entrée en application de la Loi-cadre, la centrale Urss change d’appellation et le ministre Abdoulaye Diallo est, cumulativement, élu secrétaire général de la nouvelle Union territoriale des travailleurs du Soudan (Uts). En février 1958, l’Uts devient l’Union territoriale des syndicats du Soudan (Utss, ancêtre de l’actuelle Untm). Le 28 septembre suivant, le « OUI » est voté par les Soudanais au référendum constitutionnel. Deux jours plus tard, Abdoulaye Diallo (favorable au « NON ») démissionne du Gouvernement et retourne dans son pays natal où il se voit nommer, le 2 octobre, dans le 1er gouvernement de la Guinée de Sékou Touré auréolé de la victoire de son « NON ».

En Guinée, on l’avait surnommé Abdoulaye « Ghana » Diallo en raison du rôle qu’il a joué dans les relations entre les leaders guinéen Sékou Touré et ghanéen Kwamé N’Krumah. Il fut notamment Ministre-Résident de Guinée au Ghana. Il fut ensuite Ambassadeur de République de Guinée auprès des Gouvernements algérien, tunisien, chérifien du Maroc, égyptien et libyen. Puis Ambassadeur Itinérant de son pays. De ce parcours, il est distingué « Citoyen d’honneur » de plusieurs pays d’Afrique, d’Asie et d’Europe. Outre ces fonctions ministérielles et diplomatiques, Abdoulaye Diallo fut membre fondateur de plusieurs mouvements et organisations à vocation internationale, notamment : les Non-Alignés (Conférence de Bandoeng) ; l’Union Guinée – Ghana ; l’Union Guinée-Ghana-Mali ainsi que l’Organisation de l’unité africaine (Oua, ancêtre de l’actuelle l’Ua).

Après des décennies de pleines activités syndicales, politiques et diplomatiques, il se retire de la scène au début des années 1980 après le décès du président Sékou Touré le 26 mars 1984. A l’avènement du pluralisme politique en 1990, il décline l’offre de ses compatriotes qui l’avaient sollicité pour lui proposer de jouer un rôle dirigeant de leurs partis. Il a préféré rester sympathisant de l’Ufd (Union des forces démocratiques de la Guinée).  Depuis le 10 septembre 1998, il repose au cimetière du quartier Cameroun dans la Commune de Dixinn à Conakry.

<strong> </strong><strong>10-Ministre des Travaux publics et des Télécommunications : Mamadou Aw</strong>

De la formation du tout premier gouvernement du pays en mai 1957 à septembre 1969, il fut ministre dans différentes équipes gouvernementales en occupant quasiment le même poste en charge des Travaux publics (TP). Né le 15 décembre 1924 à Ségou, il fréquente l’Ecole William Ponty avant de décrocher un diplôme d’Ingénieur des TP en France. Au sein de l’Aof, il fonda en 1945 le syndicat des cadres secondaires des TP. Chef de plusieurs services techniques des TP à Dakar et à Bamako, il fut associé à la réalisation de nombreux ouvrages (ponts et chaussées) au Soudan et au Mali indépendant. Il fut pendant longtemps le ministre des TP du Soudan (20 mai 1957 – 4 avril 1959). Il occupe le même poste dans le gouvernement de la Fédération du Mali dont le Conseil était présidé par Modibo Kéïta (4 avril 1959 – 20 août 1960). Une semaine après la proclamation de la République du Mali le 22 septembre 1960, le ministre Mamadou Aw conduit la délégation malienne à l’Assemblée générale des Nations-Unies qui admet, le 28 septembre, le dossier du d’adhésion du Mali à l’Onu. Le 25 janvier 1961, il retrouve le fauteuil de ministre des TP jusqu’au coup d’Etat du 19 novembre 1968. Mais il est maintenu à son poste par les militaires qui ont renversé le président Modibo Kéïta en mettant fin à la 1<sup>ère</sup> République du Mali. Mamadou Aw va quitter enfin le gouvernement le 19 septembre 1969. Après ses charges ministérielles, Mamadou Aw a été le premier Haut-commissaire de l’Organisation pour la mise en valeur du Fleuve Sénégal (Omvs) de 1975 à 1979. Par la suite, il crée un cabinet d’ingénierie qui a été notamment chargé des travaux de réhabilitation du Palais de Koulouba dans la seconde moitié des années 1980. Mamadou Aw est ensuite associé au processus de restructuration de la Compagnie nationale Air-Mali, devenue, au début des années 1990, Mali Transports Air Services (Malitas) dont M. Aw sera désigné Pca. Auparavant, quand il était déjà ministre, Mamadou Aw avait été  président de la Fédération malienne de football (1968-1971), le 2<sup>ème</sup> de l’histoire de cette association après la présidence de Tiécoura Konaté (1960-1968). La décennie écoulée, M. Aw s’installe dans le privé, définitivement basé à Paris où il s’éteint le 20 juillet 2012.

<strong>11-Dr Henri Corenthin :</strong>

Né le 24 janvier 1924 à Port-Louis (Guadeloupe), il fut un Docteur en Médecine diplômé de la faculté de Montpellier (France), fait partie de ces Caribéens qui se sont investis auprès des nouveaux Etats indépendants en Afrique dans les années 1960-1970. Henri Corenthin arrive en 1955 au Soudan français (actuel Mali) dans le cadre de la coopération française. Il est nommé Médecin-chef du Cercle de Kita (Région de Kayes). Henri Corenthin s’engage aussi dans le syndicalisme et devient secrétaire général de l’Union des travailleurs de santé (Uts). Sur la scène politique, il adhère à l’Us-Rda dont il fut l’un des commissaires à la Jeunesse du Bureau politique national mis en place lors du 5<sup>ème</sup> congrès d’août 1958. Il est ensuite désigné, en décembre 1959 à Bamako, secrétaire politique (N°2) de l’Union de la Jeunesse Rda, section de l’Union nationale de la Jeunesse du Mali au sein du Parti de la fédération africaine (Pfa).

Auparavant, en mai 1957, Henri Corenthin entre dans le premier gouvernement de la Loi-cadre comme ministre chargé de l'Elevage et des Industries animales. Poste qu'il occupe jusqu'en avril 1959 à la création de <a href="http://www.rfi.fr/tag/mali/">la Fédération du Mali</a>. Dans le gouvernement de ce regroupement, le Soudanais Mamadou Aw est promu ministre des Travaux publics (TP). Son poste de ministre des TP, des Transports et des Télécommunications dans le gouvernement soudanais est désormais confié à Henri Corentin. Celui-ci conserve ce poste (certes délesté des TP revenus à Mamadou Aw, le 25 janvier 1961) jusqu’au 17 septembre 1962. Quelques mois auparavant, il fait partie de la délégation malienne dépêchée à Paris dans le cadre des négociations sur la coopération franco-malienne. La même année 1962, le congrès de l’Us-Rda dissout le Bureau de la Jeunesse dont était membre le médecin guadeloupéen qui avait pourtant acquis la reconnaissance de « la nationalité malienne pleine et entière » à lui accordée par un décret présidentiel (N°94/PG-RM) du 11 mars 1961. Par la suite, son engagement et à sa conviction pour la cause du Mali irritent l’Etat français et particulièrement (le tout-puissant conseiller aux Affaires africaines de l’Elysée). Paris qualifie le Guadeloupéen de « <em>révolutionnaire excité »</em> et décide ainsi de lui retirer sa nationalité française.

Tombé en disgrâce politique, le Dr Henri Corenthin est nommé directeur de l’Ecole des sages-femmes jusqu’au coup d’Etat militaire du 19 novembre 1968. Il apprend le renversement du président Modibo Kéïta à partir du Mexique où il était en mission. De retour au Mali, le nouveau pouvoir lui propose de faire partie du gouvernement. Après moult négociations, le Dr Corenthin finit par accepter et redevient, du 22 novembre 1968 au 19 septembre 1969, ministre des TP, des Transports et des Télécommunications (perdues à moins d’une semaine au profit du Tourisme dès fin novembre 68). Il quitte le Mali en 1972 après s’être aussi illustré sur le terrain sportif. Il fut ainsi président fondateur de l’Us Kita (1951) et du Club olympique de Bamako (COB en 1960) issu de la fusion de l’Union des sportifs d’indigènes et de l’Aigle noir de Bamako-Coura. Président de la Ligue de football de Bamako et membre du Bureau de la Fédération malienne de football, Henri Corenthin fut aussi président de la Fédération d’athlétisme du Mali (1960-1969). Et il contribua à la création du Comité olympique du Mali (l’ancêtre de l’actuel Cnosm) qu’il dirige de 1962 à 1967.

Cinq années plus tard, il quitte donc le Mali et retourne à Paris pour des études de spécialisation en néphrologie. Ayant recouvré entretemps la nationalité française, le Dr Henri Corenthin retourne définitivement dans sa Guadeloupe natale. Il y participe à la création des premières cliniques privées de l'île. Au plan politique local, il est un membre fondateur de l'Union populaire pour la libération de la Guadeloupe (Uplg), un parti politique qui milite pour l'indépendance de la Guadeloupe. En 1992, il se présente aux élections régionales sur la liste Alternative Gran Koudmen, un mouvement indépendantiste qui participe pour la première fois aux élections et obtient 5,49% de suffrages et deux sièges au Conseil régional. A la fin de son mandat, il se retire de la vie politique. En 2009, Henri Corenthin soutient activement le Lkp (Liyannaj Kont Pwofitasyon), le collectif à l'origine du mouvement social qui avait mobilisé les Guadeloupéens durant 44 jours contre la cherté de la vie. Ces dernières années, Henri Corenthin suivait assidûment l'actualité africaine et particulièrement la crise malienne. Dans son pays natal, Henri Corenthin est décédé le 17 avril 2016.

<strong>12-Salah Niaré :</strong> Benjamin des premiers Gouvernements soudanais et maliens, il est né en 1930 à dans la Grande famille fondatrice de Bamako. Il est avec le Dr Seydou Badian les deux ministres pionniers en vie à Bamako. Il jouit présentement de ses droits à la retraite en consacrant le plus clair de son temps dans ses champs dans la banlieue bamakoise. Ingénieur agronome issu de l’Ecole nationale supérieure de Montpellier, il fut successivement : ministre de l’Agriculture (22 mai 1957 – 16 avril 1959) ; secrétaire d’Etat à l’Agriculture, à l’Elevage et aux Eaux &amp; Forêts (16 avril 1959 – 17 septembre 1962) ; secrétaire d’Etat à la Présidence de la République chargé de l’Economie rurale (15 septembre 1966 – 07 février 1968) et secrétaire d’Etat à la Présidence de la République chargé de l’Economie rurale, de l’Energie et des Industries (07 février- 19 novembre 1968). Entretemps, il fut Ambassadeur du Mali en Haute-Volta (1962-1966). C’est justement dans ce pays mossi que Salah Niaré débute sa carrière professionnelle au début des années 1950, avant de retourner au bercail en 1957 à la faveur de l’application de la Loi-cadre qui accorda l’autonomie aux colonies françaises d’Afrique. Il se retrouve ainsi dans le premier gouvernement du Soudan en mai 1957. Il y restera pendant une décennie avec un intermède de fonction d’ambassadeur. Après la chute de Modibo Kéïta, il devient, en 1969, directeur général de l’Institut d’Economie rurale avant d’entamer une carrière à l’international au sein des Nations Unies : il sert à la Commission économique de l’Afrique (Cea) puis dirige la Représentation de la Fao au Congo Kinshasa puis au Niger. En 1991, il participe à la renaissance de l’Us-Rda avant de se retirer de la scène politique après les élections générales de 1992.

<strong>13-Hamaciré N’Douré : </strong>Au cours des événements du 19-20 août qui ont abouti à l’éclatement de la Fédération du Mali après la séquestration temporaire à Dakar de Modibo Kéïta et d’autres dirigeants soudanais, le ministre de Commerce Hamaciré N’Douré joue le rôle de porte-parole de gouvernement : sur les ondes de Radio-Soudan, il ne se lasse d’appeler au calme au moment où la tension était très vive dans le pays. Les populations soudanaises s’étaient révoltées contre le sort réservé à leurs dirigeants sur la terre sénégalaise. Le tribun N’Douré était dans ses rôles, avocat qu’il était après avoir obtenu une Licence en droit dans une Faculté parisienne en 1947. Auparavant, nanti d’un parchemin acquis à l’Ecole primaire supérieure Terrasson de Fougères (Eps) de Bamako (l’actuel Lycée Askia Mohamed) qu’il a fréquenté (1933-1936). Il commence sa carrière professionnelle comme Commis expéditionnaire auxiliaire et sert au Tribunal puis au Secrétariat de la Mairie de Bamako entre 1936 et 1945. Les deux années suivantes, il intègre par la suite le corps des Commis secondaires des services financiers Aof mis au service de Koulouba où se trouvent les bureaux du Gouverneur colonial. De là, Hamaciré N’Douré part à Paris pour ses études de droit au terme desquelles il s’installe à Daloa (en Côte d’Ivoire) comme avocat-défenseur.

Entretemps, en janvier 1947, l’Us-Rda est formée pour rejoindre le Bloc Soudanais et le Parti démocratique Soudanais et la tendance minoritaire et dissidente du Psp dont faisait partie Hamaciré N’Douré, natif de Youwarou en 1918. En raison de ses connaissances juridiques et de son expérience politique, il devient membre du premier gouvernement soudanais. Il occupe ainsi le ministère de l’Industrie, du Commerce et des Transports (22 mai 1957 au 16 avril 1959. A cette date, son département est délesté des Transports. Hamaciré N’Douré reste à son poste jusqu’au remaniement ministériel du 14 mai 1964 où il devient ministre délégué à la Présidence Chargé des missions. Trois mois après, il est chargé d la coopération et de l’Assistance technique. C’est le début d’une disgrâce qui le verra occuper symboliquement à partir d’octobre 1966 un ministère délégué à la Présidence pour représenter le Mali auprès de la Communauté économique européenne, du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays-Bas, du Grand-Duché de Luxembourg et de la République Fédérale d’Allemagne.

Après le renversement du régime socialiste en novembre 1968, Hamaciré N’Douré compose avec les militaires en occupant le ministère de la Justice, Garde des Sceaux et Chargé de Mission auprès du Président du Gouvernement le capitaine Yoro Diakité (du 7 février 1969 au 10 septembre 1970). Il reprend alors ses activités d’avocat-défenseur et deviendra au milieu des années 1970, le 2<sup>ème</sup> Bâtonnier du Mali. Hamaciré N’Douré revient sur la scène politique après la chute du président Moussa Traoré en mars 1991. Il participe à la reconstitution de l’Us-Rda et se retrouve parmi les soutiens forts de la candidature de Tiéoulé Mamadou Konaté à la présidentielle d’avril 1992. Une candidature qui a provoqué une grave crise interne culminant avec la scission du Parti de l’Indépendance. La tendance Konaté ayant perdu la bataille judiciaire est amenée à créer le Bdia dont Me Hamaciré N’Douré est l’une des têtes pensantes. Suite au décès accidentel de Tiéoula M. Konaté en octobre 1995, la direction du Parti est confiée à Me N’Douré jusqu’à la disparition de celui-ci au début des années 2000.

<strong>Dossier réalisé par La Rédaction.</strong>

<strong> </strong>

<strong>Nos sources :</strong>

<strong>-Andrée Dore Audibert : «<em>Une décolonisation pacifique. Chroniques pour l’histoire »</em>, Karthala, Paris, 1999.</strong>

<strong>-Archives du Quotidien national L’ESSOR (Mars-Mai 1957).</strong>

<strong>-</strong><strong>Mohamadoun Baréma Bocoum: « <em>Les hommes politiques maliens et africains</em> », L’Harmattan (Paris) Tropiques Editions (Abidjan), 2010.</strong>

<strong>-Pierre Campmas : « <em>L'Union Soudanaise R.D.A : l'histoire d'un grand parti politique africain. Tome premier (1946 - 1960)</em> », ACCT-UNICONTI), Paris, 1988.</strong>

<strong>-Abdoulaye Charles  Danioko : «<em>Contribution à l’étude des partis politiques au Mali de 1945 à 1960</em> », Thèse de doctorat de 3<sup>ème</sup>  cycle en Histoire, Université de Paris VII, Avril 1984. </strong>

<strong>-Joseph Roger De Benoist : « <em>L’Afrique Occidentale Française de 1944 à 1960</em> », NEA, Dakar, 1982.</strong>

<strong>-Modibo Diagouraga : « <em>Modibo Kéïta. Un destin</em> », L’Harmattan, Paris, 2005.</strong>

<strong>-Boubacar Doumba Diallo : «<em>A la mémoire d’El Hadj Abdoulaye ‘’Ghana’’ Diallo</em> », article en ligne de guinéelibre.com, 12 août 2011.</strong>

<strong>-Cheick Oumar Diarrah: « <em>Le Mali de Modibo Kéïta</em> », L’Harmattan, Paris, 1986.</strong>

<strong>-Daba Diawara : « <em>La conquête de l’indépendance et l’édification du nouvel Etat du Mali.  Etude documentaire. Tome I</em> »,  Editions Tropics, Collection Repères, Bamako, 2010.</strong>

<strong>-Journal Officiel de la République française du 24 juin 1956.</strong>

<strong>-Journal Officiel du Soudan Français N°1353 du 29 mai 1957.</strong>

<strong>- Journal Officiel de la République du Mali : N°65 du 29 septembre 1960 et N°67 du 15 octobre 1960.</strong>

<strong>-Alpha Oumar Konaré : «<em>Histoire des partis politiques au Mali. Du pluralisme politique au parti unique. 1946-1968 », </em>Cauris Livres, Bamako, 2016.</strong>

<strong>-Alpha Oumar et Adam Bâ Konaré : «Grandes dates du Mali », EDIM, Bamako, 1983.</strong>

<strong>-Mémorial Modibo Kéïta : «<em>Les Têtes</em> <em>de la République : Chefs d’Etats et Ministres du Mali de 1957 à 2007</em> », Afrikibaru, Bamako, 2007. </strong>

<strong>-</strong><strong>Bernard Nantet: « <em>Mali, Vies et portraits »</em>,  Encyclopédie Universalis, 1978. </strong>

<strong><sup> </sup></strong><strong>-Ouvrage collectif : « <em>Le Mali en marche</em> », Secrétariat d’Etat à l’Information, Bamako, 1962.</strong>

<strong>-Sébastien Philippe : «Une histoire de Bamako », Grandvaux, Paris, 2009.</strong>

<strong>-Bintou Sanankoua : « <em>La Chute de Modibo Kéïta</em> », Editions Chaka, Paris, 1990.</strong>

<strong>-Hamed Sidibé : « <em>Histoires politiques du syndicalisme  malien</em>», Tropiques Editions et L’Harmattan, Paris, 2012./.</strong>

<strong> </strong>

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<title>Propos mémorables : Zoumana Sacko, ex&#45;premier ministre (Juin 1993)</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 22 May 2018 01:19:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</em>

<em> </em><strong><em>Feu Tiéoulé Mamadou Konaté Président du BDIA novembre 1994 </em></strong>

<em>« Je dis qu’il faut rapatrier le dossier des régions du nord-Mali, entreprendre des démarches pour ouvrir le débat au Mali, entre Maliens concernés. </em>

<em>C’est ça l’approche du BDIA. </em>

<em>Mais avant cela, il ne faudrait rien négliger sur le plan de la sécurité, pour que les populations puissent être à l’abri d’attaques, d’assassinats. </em>

<em>Notre gouvernement doit redoubler l’effort pour convaincre les rebelles que la paix est possible dans l’honneur et la négociation. </em>

<em>Mais, il doit être clair que cela n’est compatible, ni avec la surenchère, ni avec les pressions internationales, encore moins, avec les attentats terroristes ».</em>
<h3><em> </em><strong><em>Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</em></strong></h3>
<em>« Nous avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement ». </em>

<strong><em>Alpha O. Konaré Président de la République : (2 mars 1996)</em></strong>

<em>« La terre est l’héritage commun de tous. Nul ne se sauvera sans les autres ! Nul ne se sauvera sans l’Afrique ».</em>

<strong>Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :</strong>

<em>« Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées, le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la difficulté de les attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer ».</em>

<strong>Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999</strong>

« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu. Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

<em> </em><strong><em>Pr Adame Bâ Konaré, épouse de l’ancien Président Alpha (Mars 2000)</em></strong>

<em>« Les femmes sont encore confrontées à des problèmes de droit. Moi-même, je suis particulièrement sensible à cela. Je sais que les décisions de justice malheureusement ne sont pas toujours rendues à la satisfaction des femmes. J’enrage souvent de voir que les femmes sont les souffre-douleurs dans les foyers par rapport aux lois. </em>

<strong><em>Rassemblés par</em></strong>

<strong><em>Boubacar Sankaré</em></strong>]]> </content:encoded>
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<title>La question culturelle au Mali : Ce qu’en pensait le Président feu Modibo Kéïta</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/la-question-culturelle-au-mali-ce-quen-pensait-le-president-feu-modibo-keita-2756848.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 15 May 2018 01:24:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>« La culture d’un peuple est l’expression la plus intrinsèque de sa faculté d’adaptation à son milieu, à sa condition propre, aux réalités philosophiques et sociales qui la conditionnent, dans son être comme dans son devenir.</em></strong>

<strong><em>Notre folklore et nos traditions orales et écrites, notre musique qui est en même temps pensée et action, constituent les manifestations les plus éclatantes et les plus vivantes de notre culture.</em></strong>

Toute culture recèle deux sortes d’éléments : des éléments positifs qui l’impulsent et contribuent à son enrichissement et des éléments négatifs qui freinent son évolution et la sclérosent pour ensuite la détruire.

Un double effort de recherche et de réflexion est donc nécessaire pour revaloriser notre culture nationale : il nous faut, en premier lieu, la débarrasser des apports étrangers inadaptés à son essence et impropres à son développement et analyser, en second lieu, les données culturelles de notre pays pour en tirer les composantes les plus dynamiques et donc les plus susceptibles d’être intégrées dans le processus d’évolution moderne.

Pour ce faire, il n’est pas besoin de souligner toute l’importance que revêt, pour nous Africains, la connaissance approfondie de la philosophie, des arts, de la musique et des religions de nos pays respectifs. Dans les domaines les plus divers de la pensée et des activités africaines, des chercheurs et des penseurs doivent exercer leur esprit de curiosité et dresser un inventaire complet de notre acquis, de nos forces et de nos faiblesses, dans un souci d’objectivité scientifique.

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</div>

La tâche leur sera d’autant plus aisée qu’ils s’y donneront avec amour, avec cette communion de pensée qui doit lier le savant à l’objet de sa recherche. Toutes les facilités leur seront offertes par le Gouvernement qui les appuiera de tout son mieux dans cette œuvre d’intérêt national et même mondial ; il pourra être envisagé dans un bref avenir la création d’écoles en vue de la formation de spécialistes dans toutes les branches de la science humaine, tout en intensifiant les stages à l’étranger.

Nos ethnologues s’intéresseront à l’étude des individus et des races qui peuplent nos régions, nos géologues à l’étude de notre sol et de notre sous-sol, nos physiciens à l’étude de notre pharmacopée, nos docteurs à la lutte contre les maladies les plus diverses qui sont encore, hélas, le lourd tribut de nos contrées, nos philosophes et nos sociologues se livreront à d’utiles travaux sur notre philosophie et la morale de nos sociétés pour en dégager la valeur universelle.

<strong>Rôle des langues vernaculaires</strong>

Chacun, dans sa sphère propre, apportera ainsi sa contribution à la résurrection  de notre héritage national, à la restauration de notre personnalité et, donc, à l’affirmation de notre Nation.

Aussi, n’est-il pas inutile d’insister sur le rôle que devront jouer dans une telle optique les langues vernaculaires : elles constituent, sans nul doute, les instruments les plus sûrs et les plus populaires qui permettront à nos masses rurales de donner toute la preuve de leur capacité. Cela n’exclut pas, bien sûr, la nécessité pour elles d’apprendre la langue française qui facilitera leur adaptation aux courants d’idées modernes.

Grâce à un enseignement de base étendu, à une scolarisation intensive, à une démocratisation toujours plus poussée de l’enseignement rendant effectif pour chaque individu, à quelque couche sociale qu’il appartienne, le droit à l’instruction, nous réussirons à détruire de manière décisive tous les déséquilibres culturels issus du régime colonial.

<strong>Source (Discours du Président Modibo Kéïta)</strong>

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Nous parviendrons également à mettre fin au malaise social qui peut résulter de la qualité de notre société, dualité qui se traduit par une infime minorité d’intellectuels en présence d’une imposante majorité d’analphabètes.

Pour faciliter la compréhension entre tous les peuples de la  terre, nous ne jetterons d’exclusive sur aucune langue même si, pour des raisons pratiques évidentes, nous choisissons la langue française comme langue officielle.

En effet, une langue est instrument de travail dont aucune nation au monde ne peut revendiquer le monopole.

Notre rôle à nous  est de faire de ces langues des outils propres à traduire notre pensée dans les domaines les plus variés. Nous en ferons les vecteurs les plus fidèles de l’esprit africain.

Ouvert à tous les vents du monde, notre pays saura tirer profit des données positives  des autres civilisations, qu’elles soient de l’Est ou de l’Ouest.

Du reste, le Mali qui fut le creuset où vinrent se fondre, en une seule, les cultures africaines, berbère, arabe, continuera à jouer ce rôle de trait d’union sans perdre ses caractéristiques propres. Nous constituerons ainsi le noyau le plus solide à partir duquel s’édifiera la civilisation de l’universel.

<strong>Une lourde mission pour la jeunesse</strong>

Mais la décolonisation culturelle ne peut être acquise qu’au prix d’une volonté inébranlable de s’affirmer en tant qu’Africain, de n’observer et de ne juger les hommes et les institutions de l’Afrique que par des yeux et des cerveaux d’Africains.

A cet égard, il n’est pas superflu de rappeler à nos jeunes qu’ils ont une lourde mission à remplir au sein de la société malienne, et qu’ils ne pourront s’en acquitter qu’en se mettant à l’abri de tout déracinement intellectuel, bref qu’en étant partout les messagers des valeurs culturelles de leur pays.

Pour exister au plan international, une nation a besoin d’affirmer sa personnalité, en un mot de défendre sa culture car, la culture est le préalable et la fin de toute politique.

Au Mali, nous avons le privilège d’être l’un des pays de l’Ouest africain qui a un potentiel culturel considérable : nos philosophes dogons, bambaras, peulhs, sarakolés, khassonkés, etc., ont beaucoup fait parler d’eux à travers le monde ; les morales de nos sociétés maliennes sont de celles qui ont le plus résisté à la pénétration coloniale, notre musique s’est bel et bien conservée au travers des vicissitudes historiques(nos griots nous en donnent un témoignage éclatant) : nos arts plastiques, cyniquement exploités à des fins commerciales par des étrangers, peuvent encore faire renaître de leurs cendres sous le pinceau de nos sculpteurs, de nos peintres et de nos graveurs modernes ; notre folklore constitue pour nos artistes de la scène et du cinéma une source importante d’inspiration ; nos langues vernaculaires, parlées pour la plupart, par de grandes ethnies offrent de larges possibilités d’études à nos linguistes, enfin, notre histoire, avec toutes les falsifications dont elle a été l’objet, donne à nos historiens l’occasion d’y consacrer de passionnants travaux.

Il y a vraiment là matière à occuper tout le monde : le travail est immense et ne doit plus souffrir d’aucun délai.

Le Gouvernement, sans tarder, grâce à notre institut (ex-I.F.A.N.) passera très activement à l’exploration des richesses de notre pays, débarrassé de tout complexe, armé d’une foi inflexible en notre vocation africaine et mondiale, pour faire du Mali nouveau un digne héritier du Mali ancien et, par conséquent une symbiose réussie de civilisations complémentaires. »

<strong>Extrait du discours prononcé par le président feu Kéïta à l’Assemblée Nationale du 20 janvier 1961.   </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Les travailleurs contre les brimades coloniales au soudan&#45;français :  Tiémoko Garan Kouyaté, meneur de la 1re révolte collective de 1921</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/les-travailleurs-contre-les-brimades-coloniales-au-soudan-francais-tiemoko-garan-kouyate-meneur-de-la-1re-revolte-collective-de-1921-2753710.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 28 Apr 2018 00:41:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>S’il vivait encore dans le Mali de nos jours, on l’étiquetterait symboliquement d’</em></strong><em>"<strong>activiste professionnel</strong>"<strong>. On aurait pu lui décerner la Palme de l’</strong>"<strong>Agit-Prop</strong>"<strong> : l’agitation-propagande. Agitation perpétuelle d’un communiste incompris ou activisme débordant d’un révolutionnaire en action permanente contre le colonialisme, le fascisme et l’impérialisme. Tiémoko Garan Kouyaté mériterait amplement cette </strong>"<strong>juste récompense</strong>"<strong> tant il avait su s’activer sans répit sur plusieurs fronts. Il fut d’abord syndicaliste en lutte farouche contre l’administration coloniale. Il fut ensuite panafricaniste en combat acharné pour l’émancipation de la race noire. Il fut alors journaliste militant pour la défense implacable de la cause de la même race nègre. Il fut un résistant intrépide à l’ordre colonial malgré son statut de fonctionnaire. Il fut aussi un combattant de la France occupée par les forces allemandes nazies qui finiront par le fusiller en décembre 1942. Dans tous ses engagements au service de ses contemporains africains et noirs, ce natif de Ségou fut parmi les pionniers. Comme l’atteste son action d’éclat de janvier 1921 à Kayes en déclenchant la première révolte collective des travailleurs de plusieurs secteurs. </strong></em>

&nbsp;

<em>"En janvier 1921 </em>[…]<em> à Kayes, sous la direction de Tiémoko Garan Kouyaté, les fonctionnaires, les employés de commerce et les cheminots déclenchèrent une action commune pour protester contre les brimades de l’administration </em>[coloniale]<em> et des patrons. Une grève largement suivie qui a failli se transformer en émeutes. Les forces de police intervinrent. Des mutations s’abattirent sur les fonctionnaires qui furent éparpillés dans les quatre coins de la colonie : certains en Haute-Volta </em>[tel]<em> Tiémoko Garan Kouyaté et l’ouvrier Faganda Kéita en France"</em>.

Ainsi, se remémorait le secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM, de 1978 à 1992), Bakary Karembé dans une allocution prononcée, début juillet 1983, à l’occasion de la célébration du 20e anniversaire de l’UNTM dont le congrès constitutif s’est déroulé à Bamako du 24 au 28 juillet 1963.

Ce rappel du charismatique leader syndicaliste mettait en exergue le rôle particulier joué par Tiémoko Garan Kouyaté (TGK) dans l’organisation de la lutte ouvrière à l’époque. Cette lutte était surtout  caractérisée par des révoltes plutôt individuelles que collectives sur les chantiers où le système colonial dominait par le travail forcé. Il n’y avait pas encore des organisations syndicales qui ne verront le jour au Soudan-Français (actuel Mali) qu’à partir des années 1945-1946.

Des décennies durant, le joug colonial brimait les ouvriers soumis au travail forcé. A cause de cette inexistence d’un mouvement syndical formel, des travailleurs réagissaient ponctuellement et se faisaient entendre par des actes isolés. Pour fédérer leurs énergies résistantes  face à l’oppression coloniale, il a fallu l’action collective de janvier 1921 à Kayes sous la houlette de TGK.

Né le 27 avril 1902  à Ségou, il fait ses études à l'<u><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ãcole_normale_William_Ponty">Ecole normale William Ponty</a></u> sur l'<u><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ãle_de_GorÃ©e">île de Gorée</a></u> au <u><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/SÃ©nÃ©gal">Sénégal</a></u>. Instituteur, il dirige en 1921, à Kayes, les mouvements de revendications ouvrières en protestation contre les brimades de l’administration coloniale. Ces mouvements sont brutalement réprimés par la police. L’administration fait éparpiller les meneurs aux quatre coins des colonies. Tiémoko Garan Kouyaté s’exile en <u><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/CÃ´te_d'Ivoire">Côte d'Ivoire</a></u> où il est enseigne (1921-1923).

Par la suite, TGK arrive, en octobre 1923, en France pour reprendre ses études préparatoires au Brevet élémentaire à l’Ecole normale d’<u><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aix-en-Provence">Aix-en-Provence</a></u>. Là, selon Sandro Capo Chichi, <em>"il fait partie des six premiers Africains à intégrer en tant qu’allocataire, l’Ecole normale d’Aix-en-Provence. L’expérience tournera toutefois court. Kouyaté, déjà imbibé d’une conscience politique, est renvoyé de l’institution pour son comportement hostile à l’administration française et pour y avoir fait circuler de la propagande communiste"</em>.

Il se trouve expulsé de cette école le 5 octobre 1925, pour <em>"indiscipline et menaces envers un professeur…"</em> On l’accuse également de <em>"propagande communiste"</em> à cause de son engagement dans plusieurs organisations anticolonialistes liées au Parti communiste français (PCF). Tiémoko Garan Kouyaté fut le <em>"premier Malien connu d’orientation politique communiste"</em>, selon le couple d’historiens les professeurs Alpha Oumar et Adame Bâ Konaré.

Après son expulsion de l’Ecole normale, rappelle la chercheuse Sandro Capo Chichi, <em>"plutôt que de retourner en Afrique, Tiémoko Garan Kouyaté s’installe à Paris où il travaille provisoirement comme comptable et où il suit des cours à l’Université de la Sorbonne. Bientôt, il rencontre de nombreux intellectuels africains et antillais et rejoint la Ligue de défense de la race nègre (LDRN). Après la mort de Lamine Senghor, il en devient le nouveau secrétaire général. Très vite, les activités de la LDRN sont l’objet de surveillance accrue de la part des autorités françaises. Kouyaté se félicitera de ce harcèlement qu’il jugera être un témoignage de l’importance de son combat"</em>. TGK, employé chez Hachette à Paris, fait montre de résistance à l’ordre colonial à travers un <em>"militantisme </em>[mené]<em> en Métropole du fonctionnaire"</em> qu’il était.

En 1926, il est nommé secrétaire adjoint du Comité de défense de la race nègre (CDRN), créé par le Sénégalais Lamine Ibrahima Arafang Senghor et dont l’organe mensuel est <strong><em>La Voix des Nègres</em></strong> avec en sous-titre <em>"<strong>L’action au sein du Parti communiste français</strong>"</em>. Mis en minorité au comité éditorial de ce journal, L. I. A. Senghor et TGK en démissionnent pour fonder le 22 mai 1927, la <u><a href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Ligue_de_dÃ©fense_de_la_race_nÃ¨gre&amp;action=edit&amp;redlink=1">Ligue de défense de la race nègre</a></u> (LDRN) ayant pour mensuel <strong><em>La Race Nègre</em></strong> dont le premier numéro parait en juin 1927<strong>.</strong>

A la mort de Lamine Senghor en novembre 1927, la LDRN est dirigée par TGK. Puis par un autre Sénégalais Emile Faure, élu le 30 mai 1930. Ce dernier se brouille avec TGK. Conséquences : la Ligue possède deux journaux au même titre <strong><em>La Race Nègre.</em></strong> Après des tirs à boulets rouges entre les deux organes, intervient une bataille judiciaire gagnée par Faure. TGK crée en mai 1931 son journal<strong> <em><a href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Le_Cri_des_NÃ¨gres&amp;action=edit&amp;redlink=1">Le Cri des Nègres</a></em></strong>. Le 3 septembre suivant, il participe à la naissance de l'<u><a href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Union_des_travailleurs_nÃ¨gres&amp;action=edit&amp;redlink=1">Union des travailleurs nègres</a></u> (UTN).
<ol start="1933">
 	<li>G. Kouyaté préside une année durant la frange communiste de ce mouvement. Accusé de déviationnisme, il est exclu du Parti communiste et se voit chassé par la tendance radicale de l’UTN, en octobre 1933.</li>
</ol>
On raconte que son excommunication est intervenue <em>"sur </em>[une]<em> démarche agissante de son rival Emile Faure à la suite de </em>‘problèmes’<em> de gestion financière et administrative"</em>. Mais, le regretté Abdoulaye Charles Danioko rapporte, dans sa thèse de doctorat en histoire (1984), que, le 21 octobre 1933, TGK écrivait en se plaignant : <em>"On a assez saboté notre mouvement. Je ne veux pas que ma responsabilité soit engagée à mon insu par certains camarades de Paris toujours prêts à sacrifier des militants indigènes dès que l’occasion se présente, tout en dupant l’opinion métropolitaine sur la prétendue aide qu’on devrait être en droit d’attendre d’eux…"</em>

Après son départ de l’Union des travailleurs nègres, TGK collabore avec <strong><em>L'<u><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ãtoile_nord-africaine">Etoile nord-africaine</a></u></em></strong> de <u><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Messali_Hadj">Messali Hadj</a></u>. Il côtoie également des activistes noirs non communistes comme <u><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcus_Garvey">Marcus Garvey</a></u>, <u><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/W._E._B._Du_Bois">William E. B. Du Bois</a></u>, et <u><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Padmore">George Padmore</a></u>. On retient que de 1925 à 1932, TGK est devenu un <strong><em>"</em></strong><em>révolutionnaire professionnel<strong>"</strong></em> à travers un activisme débordant : membre du Conseil général de la Ligue anti-impérialiste (1929), il séjourne à Berlin (capitale de la RDA d’alors) et en ex-URSS ; secrétaire de la Section Afrique du Syndicat international des ouvriers nègres, affiliée à l’Internationale syndicale révolutionnaire (août 1930) ; secrétaire de la Fédération CGTU des gens de mers.

Sandro Capo Chichi rapporte aussi : <em>"En 1932, après que l’association LDRN eût été officiellement démantelée, Kouyaté et ses autres membres importants créent une nouvelle association, l’Union des travailleurs nègres (UTN). L’idéologie de ces mouvements varie entre le panafricanisme, cherchant à unir tous les Noirs de Métropole et le communisme. Par ce biais, Kouyaté noue des relations avec des célèbres panafricains du monde entier comme le Trinidadien George Padmore. Son engagement politique le voit aussi entrer en conflit avec des personnalités noires de Paris comme <a href="http://nofi.fr/2015/03/blaise-diagne-2/14065">Blaise Diagne</a>, qu’il dénonce comme un <a href="http://nofi.fr/2016/11/lenrolement-force-tirailleurs-senegalais-trahison-de-blaise-diagne/32488">traître</a> à la cause noire et un agent du colonialisme et Joséphine Baker qu’il accuse d’être une </em>‘Noire négrophobe’ ‘comme il existe des Juifs antisémites’<em>. Refusant une carrière politique comme celle de B. Diagne, il invite les Noirs à rentrer dans leur pays pour y mener une propagande anticoloniale".</em>

En octobre 1933, TGK quitte donc l’Internationale communiste et le PCF et <em>"évolue progressivement vers la gauche française</em> […] <em>En 1934, Kouyaté crée un autre mouvement appelé Solidarité coloniale et dont l’objectif avoué est de se battre pour la libération des peuples colonisés par l’impérialisme français"</em>, note Capo Chichi. S’engageant dans le mouvement antifasciste pour le soutien à l’Ethiopie, il fonde en décembre 1935, le journal <strong><em>Africa</em> </strong>qui parait jusqu’en septembre 1938. Deux années auparavant, il soutient, en France, <em>"avec enthousiasme</em> [le] <em>gouvernement du Front populaire et fait alors l’éloge de la politique coloniale de Marius Moutet"</em>. Au début de 1939, TGK crée la Fédération française des jeunesses africaines dont le but est de <em>"grouper les jeunesses autochtones de l’Afrique occidentale française en vue de sauvegarder leurs intérêts de toute nature dans le cadre de la légalité"</em>.

Après la Guerre de 1914-1918, Tiémoko Garan Kouyaté s’est fait un devoir de dénoncer la perspective d’une Seconde Guerre mondiale et le rôle d’Etats racistes comme les Etats-Unis et l’Allemagne d’Hitler.  Pendant ce conflit, TGK, se montre loyal à la France occupée en fondant, en 1939, l’Association nationale d’assistance aux soldats indigènes. Après avoir été déporté au camp de concentration de Mauthausen en Autriche, il devient ajusteur-soudeur à Fort <u><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/MontluÃ§on">Montluçon</a></u>. Il  y est exécuté par les Allemands, le 20 décembre 1942 pour n'avoir pas dénoncé les auteurs d'un acte de sabotage commis par des résistants français.

Sandro Capo Chichi regrette que <em>"le souvenir de cet intellectuel et activiste travaillant pour l’unité et l’indépendance des victimes de l’impérialisme allait pourtant disparaître au fil des décennies, laissant l’impression au grand public de l’inexistence, dans la France métropolitaine qui l’avait précédé, d’Africains ayant combattu pour leur émancipation"</em>.

Pour autant, en Afrique, appréciant les longues péripéties de sa lutte inlassable à la cause des Noirs, ceux qui l’ont connu, surtout en Afrique, le considèrent comme un <em>"journaliste militant au service du panafricanisme"</em>. Pour amplifier le combat de Tiémoko Garan Kouyaté et de Lamine Senghor, des sections de la LDRN sont créées au Sénégal et au Soudan. Elles vont subir des représailles des administrations coloniales locales.

En souvenir de son engagement multiforme, le pionnier des luttes sociales est immortalisé par des jeunes intellectuels maliens (pour la plupart des étudiants en France) qui ont tenu à honorer sa mémoire en créant vers 1978 un mouvement politique : le Groupe Tiémoko Garan Kouyaté issu des flancs du Parti malien du travail (PMT, une formation évoluant dans la clandestinité). Les initiateurs du Groupe TGK ont quitté le PMT suite à des <em>"divergences tactiques"</em> relativement au retour du Mali à la normalité constitutionnelle formalisée par la création du parti unique  de droit, l’UDPM.

Quelques années plus tard, le Groupe TGK deviendra l’Union des luttes Tiémoko Garan Kouyaté (ULTGK). Au nombre des adeptes de ces mouvements TGK, figurent plusieurs célébrités politiques dont le Pr. Yoro Diakité, le Pr. Drissa Diakité, le Pr. Many Camara, le Pr. Kaourou Doucouré, le cinéaste Cheick Oumar Sissoko, Me Amidou Diabaté, Tiébilé Dramé, Djiguiba Kéita <em>alias</em> PPR, Mohamed Tabouré du journal <strong><em>Sanfin</em></strong>, Me Mountaga Tall, Dr. Oumar Mariko, etc.

La plupart de ces acteurs politiques ont été les premiers dirigeants du Cnid-Association qui fut l’une des composantes du Mouvement démocratique, artisan de la Révolution du 26 mars 1991.

&nbsp;

<strong>Sources : </strong>

<strong>- Harouna Barry : <em>"Tiémoko Garan Kouyaté : Pionnier du Mouvement démocratique et révolutionnaire malien"</em>, série de dix (10) articles publiés dans Le Malien Magazine paru entre avril et septembre 1999. </strong>

<strong>- Sandro Capo Chichi : <em>"Tiémoko Garan Kouyaté, militant anti-impérialiste mort dans un camp nazi"</em> Article en ligne du 26 février 2017 in  <a href="http://nofi.fr/2017/02/.../36436">http://nofi.fr/2017/02/.../36436</a>.</strong>

&nbsp;

<strong>- Robert Cornevin : <em>"Tiémoko  Garan Kouyaté. Un Malien pionnier du panafricanisme et de la négritude"</em>, in L’Essor quotidien  n°6896 du 12 juillet 1974, P.3.</strong>

<strong>- Bakary Coulibaly : <em>"<u><a href="http://www.primature.gov.ml/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=4228:mouvement-syndical-dhier-a-aujourdhui--au-cur-des-luttes-sociales&amp;catid=34&amp;Itemid=100122">Mouvement syndical d’hier à aujourd’hui : au cœur des luttes socialeHYPERLINK "http://www.primature.gov.ml/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=4228:mouvement-syndical-dhier-a-aujourdhui--au-cur-des-luttes-sociales&amp;catid=34&amp;Itemid=100122"sHYPERLINK "http://www.primature.gov.ml/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=4228:mouvement-syndical-dhier-a-aujourdhui--au-cur-des-luttes-sociales&amp;catid=34&amp;Itemid=100122""HYPERLINK "http://www.primature.gov.ml/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=4228:mouvement-syndical-dhier-a-aujourdhui--au-cur-des-luttes-sociales&amp;catid=34&amp;Itemid=100122", in L’Essor quotidien n° 16 682 du 30 avril 2010, P.16.</a> </u></em></strong>

<strong><em>- Brin Coulibaly : "Tiémoko Garan Kouyaté, Le tout premier panafricaniste"</em></strong><strong> in L’Inter de Bamako, hebdomadaire N°50 du 16 janvier 2006, P.3 </strong>

<strong>- Abdoulaye Charles  Danioko : <em>"Contribution à l’étude des partis politiques au Mali de 1945 à 1960"</em>, thèse de doctorat de 3e  cycle en Histoire, Université de Paris VII, Avril 1984, Pages 211, 292, 318-319, 530 et 544.</strong>

<strong>- Pr. Yoro Diakité : <em>"Témoignage d’un militant du Groupe Tiémoko Garan Kouyaté sur la Révolution du 26 mars 1991"</em>, contribution in <em>"26 mars 1991-26 mars 2001, Xe anniversaire. Bâtissons la mémoire du Mali démocratique"</em>, ouvrage collectif, Centre Djoliba-Mémorial Modibo Kéita, Bamako, 2002, PP.235-237.</strong>

<strong>- Madior Diouf : <em>"Sur la littérature africaine de langue française"</em> in Ethiopiques<em>, </em>numéros 40-41, Revue trimestrielle de culture négro-africaine, Nouvelle série, 1er  trimestre 1985, Volume III, n°1-2. </strong>

<strong>- Garougando (WP) : <em>"Kouyaté Tiémoko Garan : instituteur, journaliste, syndicaliste et militant anticolonialiste malien (1902-1942)…"</em> in Afrique Fédérale, (Bamako) hebdomadaire n°19 du 03 janvier 2013, P.4.</strong>

<strong>- Bakary Karembé : <em>"L’UNTM fête ses 20 ans : Défendre les intérêts des travailleurs, lutter pour la construction d’une société de paix et de justice"</em>, Allocution du secrétaire général de l’UNTM, in L’Essor Hebdo n°1231 des 9-10 juillet 1983, P.5.</strong>

<strong>- Alpha Oumar et Adame Bâ  Konaré: <em>"Grandes Dates du Mali"</em>, Edim, Bamako, 1983 ;  Pages 115 et 121</strong>

<strong>- Alpha Oumar Konaré : <em>"Histoire des partis politiques au Mali. Du pluralisme politique au parti unique. 1946-1968", </em>Cauris Livres, Bamako, 2016, Pages 16-30, 594.</strong>

<strong>- Organisation internationale de la Francophonie (OIF) : <em>"Le mouvement panafricaniste au vingtième siècle. Textes de références"</em>, Actes de la Conférence des intellectuels d’Afrique et de la diaspora, organisée par l’Union africaine à Dakar, 7-9 octobre 2004 ; 387p. </strong>

<strong>- Hamed Sidibé : <em>"Histoires politiques du syndicalisme  malien"</em>, Tropiques Editions et L’Harmattan, Paris, 2012,  PP.24-30 et 32.</strong>

<strong>- Marc Tardieu : <em>"Les Africains en France, de 1914 à nos jours"</em>, Editions Du Rocher, Collection <em>"</em>Gens d’ici et d’ailleurs<em>"</em>, Monaco, 2006, P.53.</strong>

<strong>- Daouda Gary-Tounkara : <em>"Histoire du Mali"</em> in <em>"Le Mali des talents"</em>, Cauris Editions, Bamako, 2e  édition, 2004, PP. 25-32.</strong>

<strong>- Abass Fambougouri Traoré : <em>"Rapports culture politique et information au Mali"</em>, mémoire de maîtrise en droit public, ENA, Bamako, 1989, P.18.</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorable : Ibrahim Boubacar Kéïta, Président de la République (Discours de nouvel an)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorable-ibrahim-boubacar-keita-president-de-la-republique-discours-de-nouvel-an-2752667.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 24 Apr 2018 00:41:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<em> ‘’Nous nous battons contre le terrorisme, en espérant chaque jour ne pas être poignardés dans le dos, y compris jusque dans les terres les plus insoupçonnées de notre vaste et beau territoire national. Et, chaque fois que tombe un soldat de notre armée nationale ou ceux des nations étrangères venus à notre secours, je me torture la mémoire, des jours durant, à imaginer tout ce que nous aurions pu faire, à cet endroit précis, pour prévenir le fléau, jusqu’à ce qu’il nous tombe dessus, ailleurs.</em>

<em>Mais nous avons, aussi, la lucidité de ne jamais oublier que le fléau auquel nous sommes confrontés est une armée invisible, dont les membres se cachent parfois parmi nous, dans nos propres ruelles, dans la maison d’à côté. D’où la nécessité d’être vigilants, pour ne pas avoir à regretter d’avoir oublié de signaler des allées et venues suspectes, sous nos yeux. </em>

<em>Vous ne pouvez imaginer à quel point sont tenaces, les remords, lorsque, après un attentat terroriste, l’on se rend compte que l’on aurait pu aider à épargner cinq, vingt, cinquante vies !</em>

<em>Je ne vous invite pas à trahir vos familles, non ! Je vous invite à protéger la nation, tout le peuple de ce pays. </em>

<em>Nos enfants égarés doivent – peuvent – être sauvés de cette perdition qui met leurs propres vies en danger. Aidez-les ! Aidez-nous ! Aidez la nation, je vous en conjure !</em>

<em>Est-on, après tout, moins coupable que les poseurs de bombes, lorsque l’on sait, et que l’on n’a rien fait ? </em>

<em>Dans certains pays affectés par le terrorisme, justement, l’on a coutume de dire que les personnes qui savent et ont laissé faire feraient tout aussi bien d’aller elles-mêmes poser les bombes. Car dénoncer un acte de terrorisme qui se prépare, attirer l’attention des autorités sur les agissements d’une personne qui se laisse entraîner vers des aventures criminelles n’est tout juste qu’un devoir citoyen. Si vous n’êtes pas touché personnellement, si aucun membre de votre famille n’a encore jamais été victime d’un acte de terrorisme, c’est que vous êtes tout simplement chanceux. Car, au regard de l’aveuglement de ces tueurs froids, chaque citoyen de ce pays, chaque personne vivant dans ce pays peut, un jour ou l’autre, se retrouver sous leurs bombes ou près de leurs engins explosifs.’’</em>

<em>
</em><strong>(Extrait du discours de nouvel an 2018 </strong><strong>du Président de la République).

</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorable : Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorable-thierno-hady-thiam-precheur-1999-2749651.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 10 Apr 2018 00:53:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu.</strong>

Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

<strong>Feu Tiéoulé Mamadou Konaté Président du BDIA novembre 1994 </strong>

<em>« Je dis qu’il faut rapatrier le dossier des régions du nord-Mali, entreprendre des démarches pour ouvrir le débat au Mali, entre Maliens concernés. </em>

<em>C’est ça l’approche du BDIA. </em>

<em>Mais avant cela, il ne faudrait rien négliger sur le plan de la sécurité, pour que les populations puissent être à l’abri d’attaques, d’assassinats. </em>

<em>Notre gouvernement doit redoubler l’effort pour convaincre les rebelles que la paix est possible dans l’honneur et la négociation. </em>

<em>Mais, il doit être clair que cela n’est compatible, ni avec la surenchère, ni avec les pressions internationales, encore moins, avec les attentats terroristes ».</em>

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (8 Juin 1992) </strong>

<em>« Le gouvernement de la République n’a pas le droit de tricher avec notre peuple en s’engageant sur la voie des promesses faciles qu’il ne pourra tenir. Il devra cependant jouer les règles de la rigueur, de la bonne gestion, de la transparence, de la solidarité et de la justice ».</em>

<strong>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</strong>

<em>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</em>
<h3>Me Wahab Berthé, secrétaire général du RDP, novembre 1994</h3>
<em>« Le constat que l’on peut faire, c’est que, ces attaques, sont des actes de terrorisme et il faut les combattre en tant que tels. </em>

<em>Ce sont des actes de terrorisme qu’on ne peut pas tolérer dans un Etat de droit, parce qu’il s’agit de prendre la Nation en otage…</em>

<em>Il est évident que la politique, c’est faire la guerre et faire la guerre, c’est faire la politique. Les deux vont ensemble ».</em>
<h3>Younouss Hameye Dicko secrétaire général de l’UDD novembre 1994</h3>
« <em>Nous ne pouvons pas comprendre que, parce que, on est rebelle, parce que, on est gouvernement, dans le dossier du nord, seuls ces deux parlent au nom des populations, gèrent la situation dans le nord, alors que les véritables populations dans le nord n’ont jamais participé à la gestion du dossier ».</em>

<strong>Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :</strong>

<em>« Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées, le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la difficulté de les attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer ».</em>

<strong><em>Me Adame Bâ Konaré, épouse de l’ancien Président Alpha (Mars 2000)</em></strong>

<em>« Les femmes sont encore confrontées à des problèmes de droit. Moi-même, je suis particulièrement sensible à cela. Je sais que les décisions de justice malheureusement ne sont pas toujours rendues à la satisfaction des femmes. J’enrage souvent de voir que les femmes sont les souffre-douleurs dans les foyers par rapport aux lois. </em>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mali : 26 mars 1991&#45;26 mars 2018 :  27 ans après, des tyrans déguisés en démocrates</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mali-26-mars-1991-26-mars-2018-27-ans-apres-des-tyrans-deguises-en-democrates-2747294.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mali-26-mars-1991-26-mars-2018-27-ans-apres-des-tyrans-deguises-en-democrates-2747294.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/03/26-Mars.png" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Wed, 28 Mar 2018 09:06:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pays</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<em><strong>La date du 26 mars constitue une date symbolique au Mali et craintive du côté des dirigeants. Elle devrait recevoir l’appellation « la date des coups d’État ». Prononcer le 26 mars 1991 fait vibrer certains cœurs qui se rappellent tout de suite des atrocités auxquelles ils ont été victimes ou témoins.  Après les 23 ans de dictature, où en est le Mali en matière de liberté ?</strong></em>

<em>« L’histoire est la source dans laquelle s’abreuvent les esprits bien faits »,</em> aime-t-on dire. Si cela est confirmée, il n’y a nul doute qu’il serait nécessaire pour nous de faire recours à cette histoire si racontée, si décriée, parfois si embellie pour montrer à combien le 26 mars 1991 correspond à une date noire dans l’histoire du Mali, une date que certains ne souhaiteraient pas se remémorer, c’est celle de la chute de la dictature sanglante du régime de Moussa Traoré.  On pourrait se demander pourquoi commémorer une telle date.  C’est nécessaire puisqu’elle correspond à la libération du peuple et à la naissance de la démocratie malienne.

Torturé, massacré, humilié, quelle est la souffrance que le peuple malien n’a pas vécu sous le règne de ce tyran. Un tyran sous le règne duquel, les fonctionnaires pouvaient passer des mois et des mois sans percevoir une quelconque somme comme salaire. Ce régime a été le principal coupable de la prostitution à haute envergure, de l’aventure de beaucoup de chefs de famille, de la détérioration de la fonction enseignante, du massacre de maints étudiants dont Abdoul Karim Camara dit Cabral,  etc.

Par ailleurs, les Maliens commençaient à en avoir marre de cette tyrannie. C’est dans ce contexte qu’un mouvement militaire s’est rapidement mis en place après 23 ans de règne pour  tenter de renverser ledit régime. Cette bataille a été plus farouche que les luttes indépendantistes. Le conseil de Réconciliation nationale (CRN) présidé par le Lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré réussit cette mission noble au cours de laquelle le sang des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes a été renversé. Dès lors, le CTSP (Comité de transition pour le salut du peuple de la République du Mali) a été mis en place pour assurer la transition.

Le tyran est alors enfermé pour une prison à vie par le régime de transition mis en place dont le putschiste Amadou Toumani Touré occupe la présidence. Ce mandat sera levé plus tard par Alpha Oumar Konaré. C’est pourquoi ce « bourreau » de beaucoup de Maliens bénéficie de nos jours de toutes les faveurs de la démocratie. Une démocratie a été instituée lors de la transition de 1991, une nouvelle constitution voit le jour ; bref, une nouvelle ère devrait s’ouvrir au Mali et aux Maliens.

Cette date est commémorée tous les 26 mars afin de faire ressouvenir les Maliens de cette date à laquelle beaucoup de nos parents ont laissé la vie, mais aussi c’est le lieu de faire le bilan des acquis de la démocratie mise en place 1992. Elle vise au-delà de tout à rendre hommage aux hommes et femmes ayant laissé leur vie pour la lutte à la démocratie.

Dans le cadre de cette analyse, les hommes de la presse malienne se sont réunis le dimanche dernier à la Maison de la presse autour d’un débat sur le thème « Le mouvement démocratique : 27 ans après, défis et perspectives ».

27 ans après, il convient de rappeler la présence quasi omniprésente de cette Tyrannie à laquelle les Maliens ont voulu fuir. La Tyrannie de Moussa était plus ouverte, mais celle de nos jours constitue des tyrannies déguisées en démocratie. Nous pensons être libres alors qu’en réalité nous sommes <em>« dans les fers</em> ».

La liberté d’expression, de manifestation, de religion devient un simulacre. Nous faisons tous les jours face aux matraques, aux gaz lacrymogènes, à la disparition inattendue d’hommes de médias à cause de leur propos, etc.  Cette démocratie qui était censée faire participer les citoyens aux affaires de la nation se retourne contre eux. Les mêmes qui ont détruit le Mali, ces mêmes sont acclamés à la tête de l’État. Que Dieu sauve le Mali ! Cela est un propos discordant, disons plutôt que Dieu ouvre les yeux des Maliens pour qu’ils agissent.

<strong>Fousseni TOGOLA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mali : Quand des voix insensées tentent de piétiner les acquis de la Démocratie</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mali-quand-des-voix-insensees-tentent-de-pietiner-les-acquis-de-la-democratie-2747213.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 28 Mar 2018 01:02:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Démocrate</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em> Au seuil de l'anniversaire de la 27<sup>ème</sup>année de Démocratie au Mali, plusieurs voix sont montées au créneau pour faire le bilan. Les avis sont divers. Nul ne doit blâmer la démocratie. </em></strong>

L'incapacité de notre pays à atteindre l'émergence ne peut être liée à l'avènement de la démocratie. Plusieurs voix insensées tentent pèle et mêle d'imputer notre retour à cela. Certaines de celles-ci sont même des grands commis d'Etat et Hommes politiques. La vérité est que s’ils arrivent à tirer une telle conclusion c'est grâce à cette même démocratie qu'ils veulent piétiner. Certes il y'a une leçon à retenir de ces 27 dernières années : Celle de ce parti Adema-Pasj qui est au pouvoir depuis 1992 mais peine à jouer son rôle. Dix ans il a  jalousement gardé le pouvoir et depuis 15 ans s'accroche aux pattes de celui qui est au miel. Au-delà de ce cas isolé, Il est inconcevable que quelqu'un puisse douter de la démocratie Malienne. Malgré ses faiblesses normales à cause de la pratique du pouvoir. Chaque malien a vu sa force et sa réalité lorsque IBK fut arrêté net dans son élan machiavélique de réviser la Constitution. Aujourd’hui, ces voix qui veulent discréditer notre démocratie, sont les mêmes qui sont sur les ondes des radios et qui profitent de cette même démocratie en exprimant leurs opinions. La démocratie Malienne est née de la volonté réelle des Maliens à mettre fin à la dictature d'un régime impitoyable et sanguinaire. C'est grâce à  une révolution populaire qu'ils l'ont arraché donc ils ont le devoir de le préserver. Ils doivent sans cesse penser à tous ces martyrs tués pour avoir demandé un État de droit. La démocratie n'a jamais échoué, au Mali c'est juste que les politiciens qui se sont succédés au pouvoir ont agi en égocentrique. Et leur pratique du pouvoir a créé des frustrés en grand nombre. Au-delà de tout cela, aucuns Maliens ne souhaitent retourner dans une dictature. Leurs propos, leurs actes, de tous les jours le prouvent suffisamment.

<strong>I B 124 le panaf</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Le 26 Mars 27 ans après...   Le Groupement patronal de la Presse confronte les acteurs</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/le-26-mars-27-ans-apres-le-groupement-patronal-de-la-presse-confronte-les-acteurs-2747141.html</link>
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<pubDate>Wed, 28 Mar 2018 00:41:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le Groupement patronal de la presse a marqué les 27 ans de l’avènement démocratique au Mali par une conférence-débat, dimanche matin, autour du thème «Mouvement démocratique : défis et perspectives 27 ans après». Ont été conviés pour la circonstance des acteurs historiques de l’époque  comme Ali Nouhoum Diallo pour le compte du Mouvement ou encore Choguel Maiga, proche du régime emporté par les événements de 1991.</strong>

C’est au président du Groupement patronal en personne, Chahana Takiou du journal 22 Septembre, qu’il est revenu d’assurer la modération du débat à l’entame duquel il a déploré l’absence d’un représentant du RPM et de Me Mountaga Tall. Suivront ensuite les interventions des invités, à commencer par Ali Nouhou Diallo  qui s’est insurgé de prime abord contre l’absence de Choguel Maiga pourtant annoncé dans décor, avant de déplorer l’absence de l’ancien Président Alpha Oumar Konaré et de son PM d’alors Ibrahim Boubacar Keita. L’ancien député de Douentza, qui s’est montré très évasif sur le bilan des 27 années écoulées, estime que chacun de ses deux camarades avait sa place dans le débat pour donner des explications aux Maliens. Et de mettre en garde par la même occasion sur les risques d’effritement d’un pays qui échappe à toute gouvernance, à l’exception de l’Ouest et d’une partie du Sud.

Le Dr Choguel Kokala Maiga s’est dit pour sa part heureux d’être invité pour la première fois au genre de rendez-vous où seuls les acteurs démocratiques se retrouvent souvent pour se contredire. À ses yeux, le mensonge d’Etat a pris une ampleur qui a eu raison du Mali et c’est parce que les acquis du régime défunt de Moussa Traoré que les pouvoirs successifs ont patiné dans la gestion de l’Etat pendant que le Mali ne se résume pas à la seule période démocratique.

Mais Choguel Maiga aura jeté un grand pavé dans la mare en soutenant que la presse malienne doit une fière chandelle au régime défunt pour le vote de la loi de 1988. Et de taxer de «plus répressif» le texte  de 1993 sur la corporation. Quant au système éducatif, il est plus tourné vers la quantité que la qualité, estime l’ancien ministre de la Communication en magnifiant l’ordre ancien de son mentor Moussa Traoré et en suggérant comme alternatif à la dérive actuelle de mettre l’accent sur les écoles professionnelles.

Les prises de position biaisées du président du MPR ont inspiré une réaction sèche au confrère Belco Tamboura, lequel lui a rappelé que la fameuse loi sur la presse de 1988 ne contenait qu’un seul aspect : la reconnaissance de la liberté d’imprimer. Pour le Directeur de la Publication du journal l’Observateur,  le Dr Maiga évoque les acquis du régime Moussa Traoré en éludant le fait qu’ils sont rendus caducs par certaines revendications sociales et populaires : justice sociale, la liberté d’expression et de réunion, etc.
<ol>
 	<li>Tamboura saluera néanmoins les organisateurs pour avoir invité Choguel Maiga, d’autant qu’aucun adepte des idéaux de Moussa Traoré n’avait eu l’occasion par le passé de prendre part aux débats commémoratifs du 26 Mars. Quant aux 27 ans, il estime que l’heure n’est plus au bilan, plutôt les acquis et faiblesses de l’ère démocratique.</li>
</ol>
En tirant les rideaux sur la confrontation de trois heures d’horloge, le modérateur Chahana Takiou a annoncé que d’autres débats de portée similaire sont inscrits au programme d’activités du Groupement patronal de la presse et donneront l’occasion à d'autres acteurs de se prononcer sur les péripéties de la démocratie malienne.

&nbsp;

<strong>Idrissa Keita</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>26 Mars 1991&#45; 26 Mars 2018 : 27 ans de démocratie sans alternance, à qui la faute ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2018-27-ans-de-democratie-sans-alternance-a-qui-la-faute-2747211.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 28 Mar 2018 00:35:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Démocrate</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Avant-hier, lundi 26 mars 2018, cela fait exactement 27 ans que le Mali a accédé au multipartisme et à la démocratie au prix du sang. De mars 1991 à nos jours, il n’y a pas eu une alternance tant souhaitée. Alors à qui la faute ?  </em></strong>

Dans nos démocraties calquées sur le modèle occidental, dites représentatives, l’accent est mis sur la présence de partis politiques et sur des élections qui permettent à la population de choisir ses élus pour les représenter dans la gestion de l’État au profit du bien commun du peuple. Exprimée ainsi, la démocratie garde tout son sens. Cependant, l’histoire nous enseigne que des pouvoirs dominants et bien argentés (opérateurs économiques et industriels) ont su prendre le contrôle de partis politiques ainsi que du choix de leurs principaux candidats. Ils ont également su s’assurer d’une bonne emprise sur les mécanismes électoraux de manière à ce que leurs choix initiaux soient confirmés par l’élection de ceux qui leur permettront de maintenir le régime de leur choix, leur accès aux richesses et leur participation aux décisions fondamentales. Ces groupes puissants peuvent s’identifier aux hommes d'affaires nationaux et étrangers et être, ce que certains auteurs appellent « l’État profond ». Ce sont finalement eux qui prennent le contrôle des pouvoirs de l’État et ce sont eux qui décident des grandes orientations politiques et économiques, tout comme des guerres et des alliances avec d’autres pays. Sur ces questions, le peuple n’a rien à dire et ne peut rien dire, l’information étant elle-même sous leur contrôle. Cette démocratie que défendent la France et tous ses Alliés au Mali et ailleurs à travers le monde prend les allures d’une véritable dictature qui impose les régimes politiques et économiques qu’elle veut bien et que les peuples n’ont qu’à accepter et suivre. Nous pourrions l’appeler la dictature des hommes d'affaires mise au service prioritaire de leurs propres intérêts. Les intérêts du peuple devront s’ajuster à ces derniers.

En tout cas, la vraie alternance viendra par le peuple. 27 ans après l’ascension de la démocratie, il est temps que le peuple prenne conscience de faire la vraie alternance. Et l’année 2018 semble être la mieux indiquée pour le faire.

<strong>La Rédaction</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>26 Mars 1991&#45; 26 Mars 2018 :  27 ans d’attente pour 27 ans de déception !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2018-27-ans-dattente-pour-27-ans-de-deception-2747048.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 27 Mar 2018 12:30:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le 26 mars 1991 fut l’aboutissement de la lutte héroïque de notre peuple travailleur contre l’apache régime du général Moussa Traoré. Pendant vingt trois années de dictature militaro-udmpiste, notre peuple a vécu dans sa chair et dans sa conscience les affres d’une gestion calamiteuse d’un régime sans souci et sans lisibilité aucune quant à l’avenir de notre patrie commune.</strong>

Le Mali a connu pendant vingt trois longues années de règne autocratique d’un homme les pires moments de son histoire. Pendant vingt trois longues années, notre peuple a souffert du pâturage politique d’un homme et de son clan: la gabegie, le vol, l’escroquerie, le clientélisme, l’achat des consciences, la concussion, l’affairisme, bref la corruption et la délinquance financière ont eu raison des vertus cardinales de notre peuple laborieux.

La privatisation des sociétés et entreprises d’Etat a été l’achèvement d’un travail de sape entrepris par les putschistes de 1968 contre les réalisations nationalistes et patriotiques du président feu Modibo Keïta. De là, l’histoire nous enseigne qu’en dépit de leurs statures et de  leur hargne, les hommes passent, mais les peuples demeurent. Moussa Traoré, le sanguinaire, l’a appris, le 26 mars 1991.

Le cri de cœur du peuple malien qui a conduit à la chute du dictateur Moussa Traoré était : «<strong>An tè korolé fê, fô coura</strong>». Comme pour dire que le changement révolutionnaire était le gage historique de l’engagement sans faille de notre peuple pour l’avènement de la démocratie pluraliste de notre pays.

A la date de ce mardi 26 mars 1991, notre peuple a dénombré 224 victimes de la fureur de sbires du régime de Moussa Traoré. Frères, fils, filles et épouses, dormez en paix, notre peuple laborieux avec l’aide de Dieu, vengera immanquablement votre mort.

Un premier coup raté s’est produit avec le procès ‘<strong>’crimes de sang’’</strong> contre Moussa Traoré et ses hommes. Le régime n’a subi aucune sanction véritable. Le chef d file des criminels du régime a été condamné à mort pour vivre une retraite dorée à Djikoroni Para non loin de la berge gauche  du fleuve Djoliba.

Dieu ne laissera pas impunis ces crimes horribles contre nos femmes et nos enfants dont la seule faute était d’avoir revendiqué en chœur la liberté, la démocratie, le multipartisme.

<strong>Le 26 mars 1991 restera à jamais gravé dans les annales de la lutte héroïque de notre peuple</strong>

Moussa est chassé de Koulouba ce jour célèbre de notre histoire commune au Mali. Notre peuple voyait ainsi s’ouvrir devant lui les portes d’un avenir meilleur. Rien ne devrait plus être comme avant dans notre pays. Le changement était l’espoir de toutes les masses laborieuses du Mali.

&nbsp;

<strong>Mais 27 ans plus tard, que reste-t-il de cet immense espoir de tout un peuple ?</strong>

Max Weber avait coutume de dire: «<em>Celui qui veut le salut de son âme ou sauver celle des autres doit donc éviter les chemins de la politique qui, par vocation, cherche à accomplir d’autres tâches très différentes, dont on ne peut venir à bout que par la violence.»</em>

L’auteur de cette pathétique question posée, en 1980, lors de la Biennale à savoir: ‘’<strong>Si tout est moi, moi, où va le Mali ?’’</strong>, c’était le «<strong>démocrate</strong>» Alpha Oumar Konaré. Mais pour tous ceux qui le connaissent bien, Alpha n’avait rien de plus à proposer à notre peuple. Il poursuivait des ambitions personnelles, inavouables, bien loin des aspirations profondes de notre peuple travailleur.

Ses dix (10) ans passés à la tête de l’Etat malien ont prouvé à suffisance que la rhétorique démocratique de Alpha Oumar Konaré était un mot de passe pour bander les yeux de nos masses laborieuses. En dix (10) ans de règne, vingt et un (21) milliardaires maliens dont quinze (15) fonctionnaires ont gravi les marches de l’escalier de la bourgeoisie spoliatrice et nauséabonde de notre pays.

La gabegie, le vol, la concussion, le clientélisme, l’affairisme, le parentalisme et tout cela sans vergogne se sont construits, érigés au Mali en mode de gouvernance. Le changement tant revendiqué par notre peuple lors des événements douloureux de 1990-1991 a été classé dans les tiroirs du régime de Alpha pour entreprendre la bamboula économique de l’infime minorité de notre population, la spoliation sans honte de notre peuple laborieux.

Avec Alpha déjà, les idéaux de mars 1991 ont été jetés à la poubelle de l’histoire comme si des femmes et des enfants du Mali sont morts pour Alpha et ses serviteurs. Comme pour ajouter un plus à ses actes  de trahison de notre peuple, Alpha a dit sans hésitation que le «Mali n’a pas besoin des armes mais des matériels agricoles. Une façon de fonder les bases d’un no man’s land au Mali. La flamme de la paix a jeté les bases de la phagocytose de notre système  de défense et de sécurité.

Le général Amadou Toumani Touré (ATT), au lieu de relever le défi et venger l’humiliation, a passé neuf ans à abreuver notre peuple de contes et de devinettes en rupture complète avec notre identité nationale. Comme pour dire qu’il poursuivait soigneusement la politique de phagocytose de notre défense. ATT a renforcé la politique de no man’s land de Alpha Oumar Konaré.

Le Nord est occupé par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) avec ses alliés de Ansar Edine. Les atrocités de Aguel Hock sont toujours gravées dans les mémoires des Maliennes et des Maliens. Pendant ce temps, la crise économique et sécuritaire frappait déjà de plein fouet notre peuple travailleur.

Face à la désagrégation de notre tissu socioéconomique, politique et sécuritaire, la génération consciente du Mali débout aux côtés de notre peuple combattant s’en est pris au régime conteur du général ATT à qui les enfants maliens avaient promis: ‘<strong>’ATT  an bè sa i nofè’’</strong>.

Amadou Toumani Touré a été délogé de Koulouba, le 22 mars 2012, à la satisfaction générale par un groupe de jeunes militaires patriotes dirigé par le capitaine Amadou Haya Sanogo (bombardé général par Dioncounda Traoré mais à quelle fin ?). Une période de douze (12) mois semée d’embûches et d’entorses a conduit à l’élection de l’actuel président de la République Ibrahim Boubacar Keïta (IBK).

<strong>Est-il besoin de répéter ici que les quatre ans de règne d’IBK qui viennent de se clore ont été un échec cuisant pour ne pas dire humiliant pour le locataire de Koulouba (pardon de Sébénikoro) ?</strong>

Le 26 mars 2018 est célébré au Mali dans ce tumulte gravissime des événements. Aujourd’hui, à moins de vouloir se moquer de notre peuple, sinon, le devoir commande à chacun de se dire que le presque plébiscite dont a bénéficié IBK aux échéances de 2013 s’est soldé par un regret généralisé de tout notre peuple.

De plus en plus, les Maliens s’accordent à dire en chœur: <strong>’’En 2018, tout sauf l’élection d’IBK à la magistrature suprême de notre pays</strong>.’’ Au soir de son règne, il tente le tout pour le tout. C’est dans ce contexte qu’il faut placer la visite de Soumeylou Boubèye Maïga à Kidal. Là- bas, il fut accueilli par et sécurisé par des soldats étrangers. Il y a bien là une grosse poudre aux yeux de ceux qui ne veulent rien voir. Le vingt (20) septième anniversaire de la chute de Moussa Traoré a lieu avec un tableau de déception gravissime pour notre peuple laborieux.

Il est temps pour notre peuple de dire aux politiciens maliens que trop c’est trop ! Il faut enfin des hommes crédibles pour sauver l’avenir !

<strong>Fodé KEITA</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mouvement démocratique 27 ans après : Le Groupement patronal de la presse ouvre le débat</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mouvement-democratique-27-ans-apres-le-groupement-patronal-de-la-presse-ouvre-le-debat-2746992.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 27 Mar 2018 02:39:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[A la veille de la commémoration de l’anniversaire de la révolution démocratique dans notre pays, le Groupement patronal de la presse a donné la parole aux acteurs du Mouvement démocratique, afin de faire savoir au peuple malien ce qui a marché ou pas dans cette révolution, 27 ans après.

En conférence débat le dimanche 25 mars 2018 à la Maison de la presse, le Groupement patronal de la presse, en partenariat avec la Maison de la presse, a ouvert les débats sur le thème : « Le mouvement démocratique : 27 ans après, défis et perspectives ». La conférence débat était animée par Pr Aly Nouhoum Diallo, Dr ChoguelKokallaMaiga, Souleymane Koné, Hamidou Konaté, président de la coordination Jamana, BelcoTamboura, journaliste de l’Observateur et ChahanaTakiou, président du Groupement patronal de la presse.

Selon le Pr Aly Nouhoum Diallo, le Mouvement démocratique a fait du succès en termes de bilan matériel, avant de dire qu’il faut arrêter de cloisonner les démocrates.

Abordant dans le même sens, M. Koné dira qu’après 27 ans, tout le bilan ne peut pas être collé au Mouvement démocratique pour la simple raison que les partis ou personnes qui ont géré le pays ne représentent pas tous le Mouvement démocratique, avant de souligner que le Mouvement démocratique a atteint ses objectifs qui étaient, entre autres, la démocratie, la liberté d’expression, le multipartisme, la liberté de presse, la liberté d’association. « Les régimes qui ont eu à gérer le pays durant ces 27 ans sont comptables de leur bilan », a-t-il ajouté.

Selon lui, le Mouvement démocratique est un idéal, une vision et non un homme au pouvoir. Donc la réussite ou l’échec du Mouvement démocratique n’est plus à l’ordre du jour.

BelcoTamboura a remercié les organisateurs de cette conférence débat, avant de rappeler la nécessité de cette révolution et le rôle que la presse a joué dans l’avènement de cette démocratie.

Pour Dr ChoguelKokallaMaiga, le Mouvement démocratique n’avait pas sa raison d’exister pour la raison que les objectifs qu’il s’assignait étaient en projet par le régime d’alors. Dr Maiga a indiqué que pour renverser le régime en 1991, les principaux piliers sur lesquels l’opération a été conduite étaient les élèves et étudiants et l’armée. 27 ans après, l’école malienne est la dernière de la sous-région, l’armée malienne a été trahie, le pays est divisé dans sa partie nord. En faisant une analyse de ces deux éléments, Dr Maiga dira que le mouvement a été un échec.

La conclusion à tirer de cette conférence débat est que tous les débateurs, vu la menace de l’existence même du Mali, étaient convaincus de l’unité du peuple malien pour faire sortir du pays de l’ornière.]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Commémoration des évènements du 26 mars 1991 :  La presse malienne joue sa partition</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/commemoration-des-evenements-du-26-mars-1991-la-presse-malienne-joue-sa-partition-2746880.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/commemoration-des-evenements-du-26-mars-1991-la-presse-malienne-joue-sa-partition-2746880.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 27 Mar 2018 00:34:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>Tjikan</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le Groupement Patronal de la Presse en collaboration avec la Maison de la Presse a organisé le dimanche 25 mars dernier, à la Maison de la Presse, une série de conférences débats pour informer les Maliens sur les acquis et faiblesses de la démocratie 27 ans après. Un moyen pour la presse malienne de jouer sa partition dans le cadre de la commémoration de l’avènement de la démocratie au Mali. Le thème portait sur: «le mouvement démocratique: 27 ans après, défis et perspectives».</em></strong>

Il s’agissait d’une série de débats animés par les acteurs du mouvement démocratique dont Pr Aliou Nouhoum Diallo, Dr Choguel K Maïga, Belco Tamboura, Souleymane Koné, Hamidou Diabaté, N’diaye Ba, Dr Chérif Cissé et avec comme modérateur Chahana Takiyou du journal 22 septembre.

Durant près de 3 heures, les participants ont échangé sur le mouvement démocratique 27 ans après notamment ses acquis, faiblesses, défis et perspectives.

Les débats ont été ouverts par le doyen Pr Aliou Nouhoum Diallo qui a invité ses camarades du mouvement démocratique à sortir des tranchés et des postures. Pour lui, il vaut mieux arrêter de cloisonner les démocrates, les patriotes et les républicains maliens. Car ceux qui ont fait une longue lutte dans ce pays savent qui est qui. Il a rendu un vibrant hommage à Tiènan Coulibaly, actuel ministre de la Défense et des Anciens combattants.

« <em>Quand Tiènan Coulibaly a été nommé ministre des Finances sous la transition Dioncounda Traoré, j’ai entendu des commentaires même au sein de mon parti, j’ai dit arrêtez ça! Tiènan a été jugé et blanchi par le tribunal des vainqueurs</em> », a-t-il témoigné.

Souleymane Koné s’est d’abord interrogé si le mouvement démocratique est la somme de toutes les luttes pour la démocratie ou s’il commence au moment des réclamations en public de la démocratie au Mali?

Selon lui, pour mieux se situer, il faut définir l’objectif du mouvement démocratique perçu comme mouvement de manifestation pour le départ de la dictature. Car pour lui, pour parler de bilan, il faut savoir ce qu’on voulait.

La liberté d’expression, d’association, la démocratie, le respect des droits de l’Homme sont ce pourquoi, ils se sont battus à l’époque. Partant de cela, il dira que le mouvement démocratique a fait ce qu’il devait faire.

Parlant du rôle de la presse, Belco Tamboura, dira que la presse était sur le terrain avant le 26 mars 1991. Selon lui, elle est même née avant les associations du mouvement démocratique car elle a été témoin de la constitution du parti Adema et des autres associations telles que le CNID. D’après lui, il ne s’agit plus aujourd’hui de mesurer les acquis de la démocratie mais de se demander ce qui a été fait de ses acquis 27 ans après.

Me Hamidou Diabaté ajoutera que le mouvement démocratique a atteint son objectif parce que la démocratie est une réalité de nos jours. Selon lui, chaque régime doit être jugé en fonction de ses propres réalisations. Et le mouvement démocratique devrait continuer d’être une sentinelle en sonnant l’alerte à chaque fois qu’il y a une crise.

Choguel Kokala Maïga pour sa part a remercié les organisateurs car pour lui, c’est une première puisque généralement pour les débats sur le 26 mars, ce sont les acteurs du même courant qui sont invités.

« <em>On ne s’est jamais retrouvé pour dire qu’est-ce que nous demandons,  où est-ce que nous en sommes? Qu’est-ce qu’on avait au moment où on changeait le régime? La construction d’une nation ne se fait jamais sur la base d’une table rase. Les dirigeants qui réussissent ne viennent pas déchirer tout ce qui a été fait avant eux et dire que rien de bon n’a été fait, que tout a commencé avec eux </em>», a-t-il expliqué.

Selon lui, malgré l’adversité qui existe, les dirigeants doivent être capables de déceler ce qui a été fait avant eux. Il a révélé que lorsque le régime a été renversé, les anciens directeurs, administrateurs,  députés, autres pour diverses raisons se sont retrouvés de l’autre côté pour dire qu’ils veulent le changement.

«<em>Vous pouvez en être sûrs. Il n’y aura pas de changement parce que c’est bâti sur du faux. On a manqué d’honnêteté intellectuelle vis-à-vis du peuple malien</em> », a-t-il laissé entendre. Avant de rappeler quelques acquis sous la 2<sup>ème</sup>  République notamment: la route Bamako-Sévaré, la création du Centre de Santé Communautaire (CSCOM) au Mali qui a servi aux Nation Unies comme référence pour les autres pays, la stratégie de développement de l’agriculture à Diré et dans les zones qui se trouvaient à la porte du désert sans oublier les usines, la bonne formation des élèves et étudiants faisant des Maliens, les meilleurs dans les écoles de la sous-région contrairement à nos jours où les diplômes maliens ne sont pas admis dans nombreuses écoles de la sous-région.

<strong>Moussa Sékou Diaby</strong>

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<title>Hommage aux martyrs du 26 mars 1991 : L’Association pour la défense des victimes de la répression de 1991 a marché</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/hommage-aux-martyrs-du-26-mars-1991-lassociation-pour-la-defense-des-victimes-de-la-repression-de-1991-a-marche-2746430.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 23 Mar 2018 09:36:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pays</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans le cadre de la commémoration du 27 ème anniversaire des mouvements de protestation contre le régime dictatorial de Moussa Traoré, l’association pour la défense des victimes de la répression de 1991(ADVR) a marché hier,  jeudi 22 mars 2018 de l’hôpital Gabriel Touré au carré des martyrs. L’occasion pour les manifestants de rendre hommage aux victimes des répressions de 1991.</strong>

Ont participé à cette cérémonie, les acteurs du mouvement démocratique comme  Mme Sy Kadiatou Sow ; l’ancien ministre Djiguiba Keita ; Nouhoum Togo ; le professeur Ali Nouhoum Diallo…

Joint par téléphone, Nouhoum Togo, membre de l’ADVR  a évoqué toute sa satisfaction quant au déroulement de l’évènement. Pour lui, le but de la marche, c’est de rendre hommage à ceux qui ont été lâchement abattus pendant les mouvements de mars 1991.  « Nous avons, à travers cette marche, rendu hommage aux victimes de la répression de 1991 », explique-t-il. Pour lui, c’est grâce  au combat de ces victimes que tout le monde a droit à la parole aujourd’hui. « Cette marche est, pour nous, une reconnaissance des efforts du mouvement démocratique », a-t-il justifié.

Le conseiller à la communication du chef de file de l’opposition affirme qu’ils sont contre la position de  ceux qui passent le clair de leurs temps à discréditer ce mouvement démocratique. « Il est regrettable de constater  que certains passent le clair de leur temps à vilipender ce mouvement démocratique. Nous pensons que le mouvement démocratique a beaucoup fait pour le Mali. Il n’a donc pas échoué », a-t-il avancé. Pour Nouhoum Togo, il faut respecter ces valeurs démocratiques pour que le pays sorte du trou.

A la fin de la marche, ils sont allés au cimetière de Niarélé  où se trouvent des victimes de la répression du régime dictatorial de Moussa Traoré.

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<strong>Boureima Guindo</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Propos mémorable : Alpha Oumar Konaré Président de la République (1er novembre 2000).</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorable-alpha-oumar-konare-president-de-la-republique-1er-novembre-2000-2745567.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 20 Mar 2018 01:33:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>‘’Si l’exercice démocratique s’arrêtait à la seule évaluation de l’exécutif, le débat démocratique ne bénéficierait d’aucune base populaire et serait marqué par l’expression de beaucoup d’opportunismes.</strong>

Il importe de renforcer, le rôle des partis politiques, parce qu’il n’y a pas de démocratie sans partis politiques. Mais aussi celui de la société civile comme  élément de régulation du jeu politique partisan, comme élément de régulation de la presse, comme garant de la paix civile, de la négociation sociale, comme animatrice de contre-pouvoir.

L’action des sociétés civiles  devrait pouvoir s’exercer par-delà les frontières. La défense du droit et le droit de communiquer ne devraient pas connaître de frontières. Un handicap, et pas des moindres, est la faiblesse de la démocratie sociale.

Si l’expression du pluralisme s’est opérée dans le champ  politique, elle devient plus difficile dans le champ social et dans le champ syndical.

Beaucoup d’associations ne sont pas sous-tendues par un réel contrôle populaire.

Tous les pouvoirs se trouvent confisqués par un bureau, ou un seul individu, les tutelles administratives ne jouant pas bien leur rôle.

Le champ syndical est quant à lui marqué par la faiblesse du dialogue social. Ce déficit de dialogue social conduit dans bien des cas à de fortes crispations, au développement du corporatisme.

N’’a-t-on pas vu dans nombre de nos pays de fortes crispations entraîner le rejet même de la notion de service minimum, voire la remise en cause des serments professionnels, la violation des codes déontologiques ?

Ces logiques peuvent conduire à des épreuves de force fatales à la démocratie. Le développement du corporatisme conduit à une relégation de la solidarité nationale.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie sans solidarité, nationale.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie sans esprit de sacrifice et de justice sociale, sans les valeurs fortes du travail et du travail bien fait.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie dans une logique forte, dominante, de dépendance extérieure.

<strong>Source (Ensemble debout) </strong>

<strong>Edition Cauris Livres</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Cabral, 38 ans après :  Dira&#45; t – on un jour  la vérité aux maliens ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/cabral-38-ans-apres-dira-t-on-un-jour-la-verite-aux-maliens-2745649.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 20 Mar 2018 01:17:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>La Nouvelle Patrie</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L’âme d’Abdoul Karim Camara dit Cabral fauché dans sa tendre jeune vie, ne se reposera jamais tant que les tenants de l’histoire curieusement tous en vie, auprès de leurs enfants et petits enfants ne diront pas la vérité singulièrement,  le lieu de sa sépulture. </em></strong>

A Gao contrairement à Lafiabougou comme l’avait indiqué le chef de la transition politico –militaire de l’après 26 mars. Samedi dernier encore, la procession funèbre n’a pas dérogé, elle s’est ébranlée avec ce que cela a comme dérangement sur la voie publique alors que la seule révélation des faits dans leur stricte réalité aurait suffit. Or, 37 ou 38 ans après son assassinat, les maliens restent toujours sur leur faim de la vérité, sans nouvelles sur les circonstances de sa mort aussi bien que, sur le lieu exact de sa sépulture. Une vérité que, nous traquons depuis le tout début du premier mandat du président ATT. Et pour cause. Dans la fournaise des mois ayant succédés aux événements  du  26 mars, le président du CTSP, le Colonel Amadou Toumani Touré, tout puissant patron des commando- parachutistes de Djicoroni, un des acteurs clé de la répression estudiantine de ces années, avait fait montrer aux maliens sous les cameras de l’ORTM, une tombe banale comme étant celui de Cabral. Faux ! Mais en attendant, la révélation -découverte avait ému et soulagé fortement l’opinion nationale en raison de l’inestimable capitale de confiance dont jouissait l’officier supérieur auteur du coup d’état de la nuit du 25 au 26 mars de cette année. Fort donc de cette révélation, les maliens notamment, la famille de l’illustre disparu entamèrent leur deuil, jusqu’au moment où votre serviteur au journal le Challenger, après de longues investigations a fini par faire la révélation selon laquelle, la dépouille de Cabral n’avait jamais été enterré à Lafiabougou mais beaucoup plus loin, à des centaines de kilomètres de là, à Gao, à l’aéroport, en bordure de piste ou quelque part de ces environs. L’équipage de l’aéronef militaire après coup, rebroussa chemin aussitôt pour dormir à l’aéroport Hambodedjo de Sevaré parce que, ne disposant pas d’autorisation de vol nocturne. Le lendemain il regagna tranquillement sa base à Bamako.

<strong>Les faits sont têtus qu’importe la dimension des personnalités ayant trempé dans la conception et la diffusion d’un mensonge d’Etat. </strong>

Vivement préoccupés par notre révélation, les proches de Cabral vérifieront et trouveront juste le fruit de notre investigation, mais jamais, ils ne sont venus à nous, histoire de nous dire au moins merci. Un adage bamanan bien de chez nous, ne dit-il pas qu’à la hauteur d’un cultivateur  à la tâche dans son champ, qu’à défaut de ne pouvoir lui offrir le moindre pot d’eau, se satisferait volontiers du petit mot’’ Ini Tchié’’ ? Pire,  comme pour ne jamais donner raison à votre serviteur et au journal, ‘’Le Challenger’’, les personnalités au nombre desquelles, les présidents Moussa Traoré, Amadou Toumani Touré, les ministres Modibo Sidibé et Tiébilé Dramé, tous plus ou moins acteurs au moment des faits, et ironie du sort disponibles ici à Bamako, ne prendront leur courage pour dire enfin la vérité aux maliens et partant saluer l’ardeur journalistique d’une équipe déterminée et acharnée. Cabral était notre Segal au moment de son assassinat, raison de plus de notre attachement à la manifestation de la vérité. Mais, malheureusement, ce sont ces mêmes personnalités aujourd’hui encore qui continuent de croire en ce qu’ils ont fait de propre pour ce pays. Alors devrions-nous conclure que, la vérité sur la mort et le lieu de la sépulture de Cabral ne relèveraient que d’un simple et banal fait divers de société ? Dramatique que cela puisse l’être, les camarades de Cabral qui auraient pu mettre la pression sur les tenants démocratiques du pouvoir a l’effet de les amener à dire la vérité aux maliens, feront de son existence et de l’obscur flou qui entoure sa sépulture, un pitoyable fond de commerce. A chaque anniversaire, ils mobilisent des badauds pour amuser la galerie en compagnie de quelques membres de la famille. Pauvre Cabral, mais puisque la présidentielle approche, nous ne nous fatiguerons pas.

<strong>A suivre</strong>

<strong>Sory de Motti</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>30 ans après l’assassinat de  Cabral :  Que devient le Mali ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/30-ans-apres-lassassinat-de-cabral-que-devient-le-mali-2745406.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 19 Mar 2018 01:08:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>C’est avec effroi et amertume que le peuple malien a appris avec stupeur l’assassinat crapuleux du leader estudiantin Abdoul Karim Camara dit Cabral par les sbires de l’apache régime de Moussa Traoré. C’était le mercredi noir du 17 mars 1980.</strong>

<strong> </strong>

<strong>Que voulait au juste Cabral ?</strong>

A travers les mouvements des élèves et étudiants du Mali regroupés alors dans l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM), Abdoul Karim Camara, cet brillant et sobre étudiant de philosophie à l’Ecole normale supérieure (Ensup) de Bamako, a voulu redonner au peuple malien la confiance requise pour la fondation d’un Mali nouveau débarrassé à jamais des serres des bourreaux de nos masses laborieuses.

Il a voulu imprimer en lettres d’or la marque patriotique de la jeunesse combattante du Mali. A travers l’UNEM, Cabral a voulu combattre sans réserve la gabegie, l’escroquerie, la dilapidation par les apatrides bourreaux du peuple, des richesses nationales.

Cabral voulait démontrer à la face du monde que le Mali est une terre de combat contre les ennemis de la nation d’où qu’ils viennent. Il fut un combattant intrépide pour la cause légitime de notre peuple travailleur.

Abdoul Karim Camara dit Cabral a montré aux générations montantes que la lutte des classes est et reste le moteur de l’histoire universelle. Hélas ! Sa vie fut écourtée, étranglée à la fleur de l’âge par Moussa Traoré et ses serviteurs.

Cabral succomba aux tortures de ses tortionnaires au Camp des commandos parachutistes de Djicoroni-Para. Peu avant sa mort atroce, Cabral a été contrait de lire une déclaration fatidique appelant à la fin définitive de la grève des élèves et étudiants du Mali. C’est avec sueur froide que nous avons écouté ces derniers mots du Camarade Abdoul Karim Camara dit Cabral.

Il a dit: «<strong>Camarades, la lutte est terminée… Les cours reprennent demain matin à 7h 30 mn</strong>».

Trente (30) ans, que devient le Mali pour la cause duquel Cabral a sacrifié sa vie ?

Le premier constat que nous faisons aujourd’hui c’est que Moussa Traoré qui a trempé sa main dans le sang de notre peuple vit une retraite dorée trente ans après l’assassinat crapuleux de Cabral. Tout se passe aujourd’hui comme si Moussa est un saint. Ici, le temps rendra justice à notre peuple travailleur.

Le cimetière de Hamdallaye est devenu un lieu de pèlerinage pour les sbires du régime rétrograde et sanguinaire de Moussa Traoré. Quelle force et quelle insulte à l’adresse de ce peuple qui a sacrifié un de ses valeureux fils pour l’édification d’un Mali nouveau débarrassé et vengé des affres de ce général «<strong>saint</strong>». Dieu ne dort pourtant pas !

Abdoul Karim Camara dit Cabral est mort, <strong>le mercredi le 17 mars 1980,</strong> les armes à la main. Les bourreaux d’hier de Cabral se font passer aujourd’hui pour des gentils hommes chaque fois qu’il est question de financer des activités à la mémoire de l’illustre disparu. Que cela est tout simplement ridicule et vraiment indécent !

&nbsp;

<strong>Si Cabral pouvait ressusciter, ce 17 mars 2018 !</strong>

Il constatera avec amertume que ceux qui se disaient «<strong>amis</strong>» de Cabral sont aujourd’hui les fidèles compagnons de ses assassins. Ces «<strong>amis</strong>» n’ont rien à envier aujourd’hui aux ennemis d’hier de notre peuple travailleur.

Ils sont honteusement devenus les consciences dormantes de nos gouvernants, prêts à remuer la cloche de la «<strong>démocratie</strong>» à la malienne pour spolier notre peuple digne et fier de son identité millénaire.

Aujourd’hui, il apparait plus que jamais incertain que le secrétaire général de l’Union des élèves et étudiants du Mali, en la personne de Abdoul Karim Camara ait été enterré au cimetière d’Hamdallaye.

Selon certaines indiscrétions, son corps a été transporté à Gao pour être enterré à quelques centaines de mètres de l’aéroport  de cette ville qui a une très longue et riche histoire. Un jour, les Maliens sauront la vraie version de la vérité sur le lieu d’enterrement de Cabral.

En attendant, les marchands d’illusions peuvent continuer à célébrer dans le coaltar sans nom de la journée mémorable de la mort de ce valeureux fils de notre peuple.

Aujourd’hui, il faut dire que les «<strong>démocrates</strong>» ont trahi la mémoire  sans vergogne la cause supérieure de notre peuple. La troisième République a trahi la mémoire de ceux de nos enfants et de nos femmes tombés sur le champ de l’honneur pour l’émergence d’un Mali radicalement nouveau. Ce Mali nouveau, il naîtra !

Aucun devin de la politique ne peut arrêter ce cours de l’histoire de notre peuple. Ceux qui ont versé le sang de nos femmes et de nos enfants répondront immanquablement de leurs actes. Cela est d’autant évident qu’à beau refuser la parole au peuple, il finit toujours par la pendre.

Le 17 mars restera à jamais gravé dans les annales de l’histoire de notre patrie. Abdoul Karim Camara dit Cabral n’est pas mort pour rien.

Les générations montantes exigeront que justice soit rendue.

<strong><em>Dors en paix Cabral. La lutte continue !</em></strong>

<strong>Fodé KEITA</strong>

<strong> </strong>

&nbsp;
<h1>Assassinat de Cabral (17 MARS 1980) :</h1>
<h1>Le film du crime</h1>
&nbsp;

<strong><em>Abdoul Karim Camara dit Cabral</em></strong>

<em><strong> </strong></em>

<em><strong>Le 17 mars 1980, Abdoul Karim Camara dit Cabral, secrétaire général de l’Union Nationale des Elèves et Etudiants du Mali (UNEEM) est mort, assassiné entre les mains des Services de Sécurité du Général Moussa Traoré. A l’occasion du 38<sup>ème</sup> anniversaire du crime, nous vous proposons les circonstances de la mort atroce de cette figure emblématique.</strong></em>

Tout a commencé par l’affaire de Ségou, après l’accalmie observée dans la grève des élèves et étudiants, à la mi-novembre 1979. Grève pendant laquelle l’Union Nationale des Elèves et Etudiants du Mali (UNEEM) avait montré qu’elle était la force dirigeante du mouvement scolaire.

<strong>Le 15 janvier 1980</strong>, à l’ouverture du congrès de l’Union nationale des jeunes du Mali (UNJM) à Bamako, le Secrétaire politique de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) annonce la dissolution de l’UNEEM. Dès cette annonce, la fièvre s’empara de nouveau du monde des élèves et étudiants surtout qu’auparavant, les rencontres entre l’UDPM et l’UNEEM n’avaient pas abouti à des résultats satisfaisants.

Le Bureau de coordination de l’UNEEM devant cette décision, invite les Comités à s’imposer davantage au sein de leurs établissements. On assiste alors à des grèves tournantes dans les lycées à travers le pays tout entier.

<strong>Le 13 février 1980</strong>, les élèves de Banankoro (Région de Ségou) déclenchent une grève pour exiger la reconnaissance du bureau UNEEM. A. Kané, membre du bureau de coordination de l’Union Nationale des Elèves et Etudiants du Mali (UNEEM), soupçonné d’avoir lancé ce mouvement, est arrêté en plein cours, <strong>le Jeudi 14 février</strong>. Le même jour à Bamako, Tiéblé Dramé, Secrétaire général de l’UNEEM, est arrêté à son tour.

<strong>Le 15 février</strong>, les élèves du Lycée de Ségou, de l’Ecole nationale technique des filles (ENTF) et des écoles fondamentales décident de marcher sur la brigade de gendarmerie pour libérer leur camarade.

Les forces de l’ordre ouvrent le feu et deux garçons de l’école du Groupe Central sont grièvement atteints. L’un des garçons, Sidi Moctar Sacko, quatorze (14) ans, est amputé d’un bras et l’autre Moulaye Diarra, seize  (16) ans, a reçu une balle dans le crâne. Le lycéen Macky Touré est arrêté.

Une semaine plus tard, l’UNEEM tient un congrès dans la clandestinité. A l’unanimité, Cabral est porté à la tête de l’organisation.

Les premières revendications, en tant que conséquences de la crise sont: libération immédiate et inconditionnelle des élèves de Ségou ; reconnaissance du nouveau bureau de coordination. Entre temps, la grève a gagné tout le pays.

<strong>Le 8 mars 1980</strong>, le Palais de Justice de Ségou est en effervescence: A. Kané et l’élève M. Touré doivent passer en jugement.

En ville, une manifestation grandiose est organisée par les scolaires. Néanmoins Kané est condamné à huit mois de prison ferme et l’élève à trois (03) mois.

Dans ce climat de tension et d’indignation, les élèves et étudiants de la capitale, sous la direction de Cabral, décident de faire capoter la conférence des chefs d’Etats des pays sahariens qui se tient à l’Hôtel de l’Amitié.

Ils passent aussitôt à l’action. La répression s’abat : des arrestations sont opérées partout mais les pouvoirs publics restent fébriles et inquiets. Cabral demeure introuvable !

Alors on se saisit de sa mère (pendant qu’elle revenait de la mosquée) et de son frère aîné. Ceux-ci, malgré un interrogatoire poussé, restent muets.

Le lendemain vers 13 heures, on arrête un autre frère qui ne résiste pas aux épreuves et avoue que Cabral se trouve dans un village situé non loin de la frontière guinéenne, chez leur sœur aînée.

Les policiers C.O.B. et Boré sont envoyés à sa recherche. <em><strong>Abdoul Karim Camara dit </strong></em><strong>Cabral </strong>est arrêté, (alors qu’il se trouvait dans un camion à une dizaine de km de la frontière guinéenne) et ramené à Bamako, <strong>le 14 mars 1980, vers 22 heures.</strong>

A son arrivée au commissariat du 2<sup>ème</sup> Arrondissement, la “<strong>Poudrière</strong>” (où se trouve en garde à vue Rokya Kouyaté, secrétaire générale du Lycée de filles) ses parents sont libérés.

On présente Cabral à sa mère qui sanglote et s’écrie “<strong>nfa, nfa, on t’a eu ? Tuez-le d’un seul coup au lieu de lui faire subir une mort lente et douloureuse !</strong>”.

Après cette action psychologique destinée à le briser, Cabral est mis au “<strong>violon</strong>”. On avertit alors le Directeur de la Police et le Chef de l’Etat-major de la gendarmerie qui arrivent sur les lieux.

On déshabille Cabral, (il ne lui reste qu’un slip de couleur verte) et on l’attache. Puis, pleuvent les coups. Cabral tombe et reste immobile au sol.

On appelle la Radio-Mali pour que l’on vienne enregistrer les déclarations du prisonnier. On oblige Cabral à lire un texte déjà mis au point. Mais, la qualité de l’enregistrement est altérée par l’épuisement physique et moral de la victime.

On recommence une fois, deux fois, trois fois. Ce n’est qu’à la quatrième tentative que les tortionnaires se déclarent satisfaits de l’enregistrement qui sera diffusé le dimanche soir, demandant la reprise des cours pour le lundi matin.

Aussitôt après, Cabral est transférée au Camp-Para de Djikoroni, où se trouve déjà réunie une brochette de responsables politiques au plus haut niveau. Et les tortures reprennent. Cette fois là, définitivement à bout de forces, Cabral tombe pour ne plus jamais se relever. Faiblement, il réclame de l’eau. Il meurt avant d’en recevoir.

Un héros était mort ; une étoile est née, au firmament de la lutte pour la liberté et la démocratie.

<em><strong>Abdoul Karim Camara dit </strong></em>“<strong>Cabral</strong>”, nous nous souvenons.
<ol>
 	<li><strong> Sankaré (26 Mars)</strong></li>
</ol>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Spéculation foncière : les déguerpis de Niamakoro&#45;Diallobougou pointent du doigt Adama Sangaré et Ousmane Ben Fana Traoré !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/speculation-fonciere-les-deguerpis-de-niamakoro-diallobougou-pointent-du-doigt-adama-sangare-et-ousmane-ben-fana-traore-2744245.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/speculation-fonciere-les-deguerpis-de-niamakoro-diallobougou-pointent-du-doigt-adama-sangare-et-ousmane-ben-fana-traore-2744245.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 13 Mar 2018 12:11:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pays</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Les membres de l’Association de la coordination des déguerpis de Niamakoro-Diallobougou (Acdn) étaient face à la presse le dimanche 11 mars devant l’esplanade de leur siège. C’était sous la direction d’Amadou Cissé, président par intérim.

Les déguerpis de Niamakoro-Diallobougou sont sur le qui-vive. Déterminés à en découdre, ils protestent contre les combines orchestrées par l’expert géomètre Abdoulaye Coulibaly, le maire du district de Bamako et le conseil spécial du président de la République  Ousmane Ben Fana Traoré. Selon le  président par intérim Amadou Cissé,  ce sont les déguerpis qui ont engagé un géomètre, en occurrence Abdoulaye Coulibaly pour procéder au morcellement de leur site. Celui-ci a voulu « escroquer » les bénéficiaires. C’est pourquoi, il a été dessaisi du dossier. Pour terminer, le président a demandé  aux enfants de « ne jamais lâcher la question jusqu’à son règlement définitif, c'est-à-dire la réinstallation des anciens occupants ».

Pour Massa Koné, le président du bureau des jeunes, « rien ne pourra  se faire sur le site sans les déguerpis ». Que cela soit dit une fois pour toute, « personne ne s’installera dans la zone avant les déguerpis », a-t-il martelé. Pour cela, « nous sommes prêts à donner notre sang », a-t-il enfoncé. Le secrétaire chargé des relations extérieures, Nankon Boubacar Samaké estime pour sa part qu’Adama Sangaré ne se bat pas pour les victimes mais pour masquer ses malversations. Suivant ces propos, Ousmane Ben Fana, Allaye Pléa, Adama Sangaré et Abdoulaye Coulibaly ont voulu « faire main basse sur le site des déguerpis ». « Le géomètre avait promis de remettre six cent lots au maire du district,  cent à Allaye Pléa et presque autant au président du Parti citoyen pour le renouveau (Pcr) Ousmane Ben Fana Traoré », a-t-il révélé. Pour terminer, l’orateur prévient « ni le conseil spécial du président de la République ni le maire du district de Bamako n’a un mètre carré dans la zone de déguerpissement de Niamakoro-Diallobougou». Ainsi, les déguerpis s’opposeront par tous les moyens y compris par la force,  à toutes tentatives de morcellement de la zone par Adama Sangaré et ses acolytes.

Par ailleurs, dans une correspondance adressée au ministre des Collectivités territoriales, les déguerpis s’opposent à tout document dont peut se prévaloir Taoulé Kéita, concernant le site des déguerpis de Niamakoro-Diallobougou et que tout acte de sa part n’engage aucunement la coordination.  « Seule une équipe munie d’un mandat signé par le Président par intérim du nom d’Amadou Cissé ou sa personne est habilitée  d’agir au non du regroupement pour les travaux de morcellement », conclut le document.

<strong>Abdrahamane Sissoko</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Propos mémorable : Mr Alpha Oumar Konaré Président de la République du Mali (Lomé 11 Juillet 2000 36ème Sommet de l’OUA)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorable-mr-alpha-oumar-konare-president-de-republique-mali-lome-11-juillet-2000-36eme-sommet-de-loua-2736851.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 06 Feb 2018 01:17:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>‘’Incontestablement, mesdames et messieurs, le temps qui s’annonce pourrait être le tour de l’Afrique.</strong>

Le temps qui s’annonce pourrait être l’heure de l’Afrique.

Cependant, le tour de l’Afrique n’arrivera jamais, tant que nous nous présenterons au monde désunis.

En outre, serons-nous incapables de nous mettre d’accords sur les principes de désignation de nos représentants permanents au Conseil de sécurité des Nations unies ?

Allons-nous remettre, toujours, cette question à une autre session ?

Laisserons-nous à d’autres le soin d’arbitrer entre nous ?

Le tour de l’Afrique n’arrivera jamais, tant que nos sommets resteront des temps de pause artificiels, des trêves artificielles, que nous nous rencontrerons ici avec le sourire, alors que nos soldats se font face et qu’une fois le sommet terminé nos pays replongeront dans la guerre.

Le tour de l’Afrique n’arrivera jamais si, aujourd’hui, les putschistes peuvent tranquillement venir à nos rencontres, assurés de toujours bénéficier de compréhension, de circonstances atténuantes.

Le tour de l’Afrique   n’arrivera jamais si nous ne nous faisons pas confiance.

Faisons-nous confiance pour obliger les autres à nous faire confiance !

Seule une Afrique responsable, non corruptible, solidaire, peut relever un tel défi.

Ce défi, c’est celui que l’Union Africaine entend relever.’’]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables : Alpha Oumar Konaré Président de la République (1994)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-oumar-konare-president-de-republique-1994-2733834.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 23 Jan 2018 01:47:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em><strong>‘’  La situation dans les régions du nord du Mali et la menace que sa perpétuation fait peser sur l’ensemble de notre pays sont au centre des préoccupations de toute la Nation.</strong> </em>

<em>Les mesures de mise en œuvre du Pacte national sont diversement appréciées. Les jugements portés se fondent souvent sur une connaissance, dans le meilleur des cas, approximative des éléments d’appréciation, mais aussi et surtout sur la persistance pour les personnes et leurs biens, d’une insécurité que l’Etat malien ne saurait tolérer et qu’il appartient à chacun de nous de combattre dans le respect des normes de l’Etat de droit… </em>

<em>De toutes les remises en cause que nous vivons, celle concernant le fait National, le rejet de ses expressions autoritaires et oppressives et le besoin de lui conférer de nouvelles significations, libératrices de l’homme, constitue l’interpellation principale…  </em>

<em>La signature du Pacte national scelle une réconciliation que nous voulons définitive. </em>

<em>Le silence des armes ouvrait alors la voie à la réconciliation des cœurs. Nous voulons vous dire, qu’il n’y a pas d’alternative au Pacte national, hors l’aventure et la nation déchirée.                                                                                                                                      </em>

<em>Il est de la responsabilité de l’Etat, de donner la preuve qu’il entend et qu’il est en mesure d’assurer la sécurité de toutes les personnes à quelque groupe socio-ethnique qu’elles appartiennent, ainsi que la sécurité de leurs biens. </em>

<em>Il appartient aux Mouvements, (NDLR : Mouvement et Fronts unifies de l’Azawad) de confirmer leurs engagements en faveur de la paix et de la sécurité. Il leur appartient, sans plus aucun retard, de contribuer à la lutte contre les actes de banditisme.</em>

<em>Le Pacte national, son nom le dit assez, est le pacte de toute la Nation, de toutes ses composantes… nous devons nous élever contre la tentation facile de la division, contre les errements qui conduiraient à faire du Pacte national ou de ses piétinements, le bouc émissaire des angoisses d’un peuple.</em>

<em>Il en va également de l’indispensable fermeture des bases, mesure acceptée par les Mouvements et fronts unifiés de l’Azawad…</em>

<em>Il faut renforcer les capacités des forces armées et de sécurité nationales au service de toutes les populations sans exclusive, sur toute l’étendue du territoire national. C’est la garantie la plus sûre pour éviter les règlements de compte, la désagrégation de notre pays.</em>

<em> Je lance un appel aux médias pour contribuer à l’apaisement, à la concorde, pour éviter toute incitation à la concorde, pour éviter toute incitation à la haine raciale ou ethnique, ou aux règlements de compte. Je souhaite aussi, que tous les paris politiques, toutes les associations qui veulent prendre en charge les préoccupations et les aspirations légitimes des populations aillent dans le même sens. </em>

<em>J’invite tous à dénoncer les excès d’où qu’ils viennent. </em>

<em>Si l’émergence de regroupements, d’associations prenant en charge les préoccupations des populations est normale dans une démocratie, leur expression sous des formes armées, de violence ou de haine, ne saurait être que condamnable. Prenons-y garde !’’ </em>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables :  Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-thierno-hady-thiam-precheur-1999-2730787.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 10 Jan 2018 01:31:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu.

Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

<strong><em>Général ATT Président de la République (Juin 2003)</em></strong>

<em>Quelque soit votre volonté de lutter contre la corruption, si vous avez une justice qui ne soit suit pas, vous perdez votre temps. »</em>

<strong>Feu Tiéoulé Mamadou Konaté Président du BDIA novembre 1994 </strong>

« <em>Je dis qu’il faut rapatrier le dossier des régions du nord-Mali, entreprendre des démarches pour ouvrir le débat au Mali, entre Maliens concernés. </em>

<em>C’est ça l’approche du BDIA. </em>

<em>Mais avant cela, il ne faudrait rien négliger sur le plan de la sécurité, pour que les populations puissent être à l’abri d’attaques, d’assassinats. </em>

<em>Notre gouvernement doit redoubler l’effort pour convaincre les rebelles que la paix est possible dans l’honneur et la négociation. </em>

<em>Mais, il doit être clair que cela n’est compatible, ni avec la surenchère, ni avec les pressions internationales, encore moins, avec les attentats terroristes ».</em>

<strong> </strong><strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (8 Juin 1992) </strong>

<em>« Le gouvernement de la République n’a pas le droit de tricher avec notre peuple en s’engageant sur la voie des promesses faciles qu’il ne pourra tenir. Il devra cependant jouer les règles de la rigueur, de la bonne gestion, de la transparence, de la solidarité et de la justice ».</em>

<strong>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</strong>

<em>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</em>

<em> </em><strong>Feu Modibo Keïta, Président de la République (19 Novembre 1968)</strong>

<em>"Le Mali, </em>ce n’est pas nous, <em>ce n’est pas non plus ceux qui viennent de prendre le pouvoir. Le Mali, c’est vous !"</em> [NDLR : s’adressant à la jeunesse]

<strong>Tiébilé Dramé, Secrétaire Général du Parena (Mars 1996)</strong>

<em>"Quand on a été torturé ensemble, quand on </em>a partagé les mêmes cellules de <em>détention, qu’on a</em>it<em> fait partie des mêmes convois de déportation, d’exil intérieur, il est normal qu’on soit du même côté."</em>

<em> </em><strong>Adame Bâ Konaré, première Dame du Mali (Mars 2001)</strong>

<em>"Moi-même, je sais que les dossiers de justice, malheureusement, ne sont toujours pas rendus à la satisfaction des femmes. J’enrage, moi-même, de voir que les femmes sont les souffre-douleurs dans les foyers par rapport aux loi</em>s<em>."</em>

<em> </em><strong>Issé Doucouré, (avril 2001)</strong>

<em>"Les nouvelles générations sont venues au syndicalisme, parce qu’il y a des grands parleurs. Et le peuple ne croit qu’à celui qui crie haut. </em>

<em>Ils n’ont aucune formation, aucune expérience. Ils sont uniquement guidés par le profit. C’est pourquoi aujourd’hui, l’UNTM n’est que l’ombre d’elle-même".</em>

<em> </em><em>                                                                                                                         </em><strong>Rassemblés par </strong><strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Comment, en Angola, Cuba contribua à la défaite du régime de l’apartheid</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/angola-cuba-contribua-a-defaite-regime-de-lapartheid-2730732.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 10 Jan 2018 00:25:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reporter</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Les sentiments de fraternité profonde entre le peuple cubain et la patrie de Nelson Mandela sont nés d’un fait que personne n’a mentionné et dont nous n’avons dit mot durant de longues années : Mandela, parce qu’il était un apôtre de la paix et ne souhaitait blesser personne ; Cuba, parce qu’elle n’agit jamais en quête de gloire ou de prestige.</em></strong>

Quand elle a triomphé, la Révolution cubaine a été solidaire, et cela dès les premières années, des mouvements de libération qui, dans les colonies portugaises en Afrique, tenaient en échec le colonialisme et l’impérialisme après la Deuxième Guerre mondiale. Mais pourquoi occulter le fait que le régime de l’apartheid, qui fit tant souffrir l’Afrique et indigna l’immense majorité des nations du monde, était un fruit de l’Europe coloniale ? Et que les Etats-Unis et Israël lui assurèrent le statut de puissance nucléaire, ce que Cuba, qui appuyait la lutte d’indépendance des colonies portugaises africaines, condamna publiquement ?

Notre peuple, que l’Espagne avait cédé aux Etats-Unis en 1898, alors qu’il venait de mener une lutte héroïque de plus de trente ans, ne s’était jamais résigné au régime esclavagiste qu’on lui avait imposé pendant près de quatre cents ans.

C’est de Namibie, colonie occupée par l’Afrique du Sud, que partirent en 1975 les troupes racistes qui, accompagnées de chars légers équipés de canons de 90 mm, s’enfoncèrent en Angola sur plus de 1 000 kilomètres, et cela jusqu’aux abords de Luanda où elles furent freinées par un bataillon, aéroporté depuis Cuba, de troupes spéciales cubaines, et par les personnels, eux aussi cubains, de plusieurs chars soviétiques qui se trouvaient sur place, mais sans personne pour les utiliser. C’était en novembre 1975, treize ans avant la bataille de Cuito Cuanavale.

J’ai dit que Cuba n’agit jamais en quête de prestige ou de bénéfices. C’est un fait que Mandela était quelqu’un d’intègre, de profondément révolutionnaire et de radicalement socialiste, qui endura vingt-sept ans de régime cellulaire avec un grand stoïcisme. J’ai toujours admiré sa dignité, sa modestie et ses énormes mérites.

En Angola, Cuba remplissait rigoureusement ses devoirs internationalistes. Elle défendait des points clés et entraînait chaque année des milliers de combattants angolais au maniement des armes fournies par l’URSS. Mais nous ne partagions pas les vues du principal conseiller soviétique. C’était loin d’être un Joukov, un Rokossovsky, un Malinovsky ou l’un de ces si nombreux militaires qui firent briller la stratégie militaire soviétique de tout son éclat. Il était obsédé par une idée : dépêcher des brigades angolaises équipées des meilleures armes là où était censé se trouver le gouvernement tribal de Savimbi, mercenaire au service des Etats-Unis et de l’Afrique du Sud. Un peu comme si on avait expédié les forces qui défendaient Stalingrad à la frontière de l’Espagne !

L’ennemi était en train de pourchasser plusieurs brigades angolaises qui avaient été frappées à proximité de l’objectif où on les avait envoyées, à environ 1 500 kilomètres de Luanda, et qui se repliaient en direction de Cuito Cuanavale. Il s’agissait d’une ancienne base militaire de l’OTAN, à quelque 100 kilomètres de la 1<sup>ère</sup> brigade blindée cubaine.

C’est à ce moment critique que le président angolais réclama le concours des troupes cubaines. Le chef de nos forces dans le Sud, le général Leopoldo Cintra Frías, nous transmit cette demande. Nous répondîmes que nous prêterions seulement cet appui si toutes les forces et tous les équipements angolais sur ce front étaient placés sous commandement cubain dans le Sud angolais. Tout le monde comprenait que notre exigence était une condition indispensable pour transformer l’ancienne base en endroit idéal pour frapper les forces racistes sud-africaines.

Notre «oui» arriva en Angola en moins de vingt-quatre heures. Décision fut alors prise d’y expédier sur le champ une brigade blindée. Plusieurs autres étaient cantonnées sur cette même ligne en direction de l’ouest. Le principal obstacle était la boue et le sol gorgé d’eau par les pluies saisonnières, ce qui obligeait à vérifier chaque mètre pour détecter les mines antipersonnel. On envoya aussi à Cuito les hommes nécessaires pour manœuvrer les chars et servir les batteries de canons dont le personnel avait disparu. La base était coupée du territoire situé à l’est par le Cuito, un fleuve au débit rapide que franchissait un pont solide que l’armée raciste attaquait désespérément. Jusqu’au jour où un avion téléguidé bourré d’explosifs parvint à s’y écraser et à le rendre inutilisable. Il fallut faire passer plus au nord les chars angolais à la retraite, qui pouvaient encore rouler, tandis que ceux qui ne pouvaient plus le faire furent enterrés, leurs armes braquées vers l’est.

Par ailleurs, un dense alignement de mines antipersonnel et antichars transformait l’autre rive du fleuve en un piège mortel. Quand les forces racistes reprirent leur avancée, elles se heurtèrent à cette muraille, toutes les pièces d’artillerie et tous les chars des brigades cubaines les prenant pour cibles depuis la zone de Cuito. Les chasseurs Mig-23 jouèrent un rôle spécial, ne cessant d’attaquer l’ennemi : même à près de 1 000 kilomètres à l’heure, leurs pilotes étaient capables de distinguer, en volant en rase-mottes, si les servants des pièces d’artillerie étaient des Noirs ou des Blancs. Quand l’ennemi, épuisé et bloqué, entreprit de se retirer, les forces révolutionnaires se préparèrent aux derniers combats. De nombreuses brigades angolaises et cubaines, se tenant à bonne distance les unes des autres, se déplacèrent à vive allure vers l’ouest où se trouvaient les seules routes larges par lesquelles les Sud-Africains entreprenaient toujours leurs actions contre l’Angola. L’aéroport, en revanche, se trouvait à environ 300 kilomètres de la frontière avec la Namibie encore totalement occupée par l’armée de l’apartheid. Tandis que les troupes se réorganisaient et se rééquipaient, il fut décidé de construire de toute urgence une piste d’atterrissage destinée aux Mig-23.

Nos pilotes utilisaient les avions livrés par l’URSS à l’Angola, et dont le personnel n’avait pas eu le temps de recevoir la formation nécessaire. Plusieurs avions étaient inutilisables après avoir été parfois victimes de nos propres artilleurs. Les Sud-Africains occupaient encore une partie de la route nationale qui conduit en Namibie depuis le bord du plateau angolais. Pendant ce temps, ils bombardaient les ponts traversant le puissant fleuve Cunene, entre le sud angolais et le nord namibien, au moyen de canons de 140 mm d’une portée de près de quarante kilomètres. Le problème principal était que les racistes sud-africains possédaient, selon nos calculs, de dix à douze armes nucléaires et qu’ils avaient fait des essais, y compris dans les mers ou les régions glaciales du sud.

Le président Ronald Reagan leur avait donné l’autorisation, et Israël leur avait livré, entre autres équipements, le dispositif nécessaire pour faire détonner la charge nucléaire. Aussi avions-nous organisé notre personnel en groupes de combat ne dépassant pas mille hommes qui devaient marcher la nuit sur une grande étendue de terrain, accompagnés de chars de combat équipés de DCA.

Selon des informations de bonne source, les Mirages de l’armée sud-africaine ne pouvaient pas transporter ces armes atomiques ; il leur aurait fallu des bombardiers lourds, du type Canberra. De toute façon, notre DCA disposait de nombreux types de missiles capables d’atteindre et de détruire des objectifs aériens à plusieurs dizaines de kilomètres de nos troupes. Qui plus est, les combattants cubains et angolais avaient occupé et miné un barrage de quatre-vingt millions de mètres cubes d’eau situé en Angola. La rupture de ce barrage aurait équivalu à plusieurs armes nucléaires. De son côté, un détachement de l’armée sud-africaine occupait une centrale hydraulique fonctionnant à partir des violents courants du fleuve Cunene, juste avant la frontière namibienne. Quand, sur ce nouveau théâtre d’opérations, les racistes se mirent à utiliser leurs canons de 140 mm, les Mig-23 les attaquèrent vigoureusement. Les survivants abandonnèrent l’endroit, y laissant même des affiches critiquant leurs chefs. Telle était la situation au moment où les forces cubaines et angolaises progressaient vers les lignes ennemies. C’est dans ces conditions que nous apprîmes que l’ennemi était prêt à négocier. Fin de l’équipée impérialiste et raciste sur un continent dont la population sera supérieure, dans trente ans, à celle de la Chine et de l’Inde réunies.

<strong> Commandant Fidel Castro Ruz (Extraits d’un texte publié par l’auteur le 18 décembre 2013)</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le pouvoir est dangereux, quand même quelques exemples....</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/pouvoir-dangereux-meme-quelques-exemples-2729706.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 05 Jan 2018 01:10:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reporter</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Mali : Les Présidents Modibo Keita (arrestation, prison, mort en prison), Moussa Traoré, (arrestation, 10 ans de prison), Alpha est une exception, ATT (coup d'Etat, chassé, exil), Dioncounda (Lynché au palais, a failli y laissé sa vie), Sanogo (je ne sais pas s'il a été président, en tout cas, il a été chef d'Etat même anticonstitutionnellement, l'Etat ici au sens socio-politique et non juridique), donc arrêté et en prison...Souhaitons meilleur sort à IBK, comme fut le cas d'Alpha...

Sénégal : Rien à signaler concernant les présidents en matière de coup d'Etat réussi ou de prison, surtout pas d'assassinat, même si l'on a parlé de jeune ayant tenté d'assassiner Senghor...;

Burkina : Sankaré tué, Blaise chassé, s'enfuit, sans oublier les autres coups d'Etat dans ce pays,

Togo : Le Président Sylvanius Olympio tué, premier coup d'Etat, ensuite, le pouvoir entre les mains d'une seule famille ;

Côte D'Ivoire: Bédié chassé, s'enfuit, Guéi, ancien président, assassiné et jeté en pleine rue, Gbagbo arrêté, en prison...

Gabon : LEON BA, victime d'un coup d'Etat et rétabli par la France ;

Ghana: Nkrumah chassé du pouvoir, puis coup d'Etat de Rwalings...

Libéria : Tolbert arrêté et assassiné comme son fils, puis son tombeur, Samuel Doe, arrêté, torturé, découpé...

Guinée Equatoriale : Mathais Ngema, arrêté, emprisonné, mort pitoyablement...

Guinée Conakry : pas d'assassinat ou de président en prison même si Dadis a failli mourir de la tentative d'assassinat ;

Algérie: Boudiaf assassiné sans oublier les autres coups d'Etat dans ce même pays ;

Libye : un jeune militaire, Khadafi, de moins de 30 ans, chasse le roi Idris... avant que lui-même Khadafi soit combattu, arrêté, assassiné, des décennies plus tard.

Yémen : L'homme qui a régné durant des décennies, vient d'être assassiné en tant qu'ancien chef d'Etat, chef de guerre...

USA: Kennedy assassiné...  Ailleurs dans le monde, Amérique latine et même ailleurs, et même en Europe...avant que la démocratie se consolide...il y eut des coups d'Etat...

<strong>Yaya TRAORE</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables : Alpha Oumar Konaré président de la République (4 décembre 2000)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/alpha-oumar-konare-president-de-la-republique-2718732.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/alpha-oumar-konare-president-de-la-republique-2718732.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 12 Dec 2017 01:34:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<em>‘’Nous devons condamner sans ambigüité les prises de pouvoir par la force. </em>

<em>On ne saurait condamner un coup d’Etat en Afrique et applaudir un autre au Pakistan. Tout coup d’Etat est le fruit d’un échec. </em>

<em>Que les candidats putschistes sachent à l’avance que  notre cercle de famille ne leur sera jamais ouvert, qu’il ne leur sera jamais permis d’organiser des élections pour se faire élire !.</em>

<em>Les auteurs des coups de force comptent sur la lassitude- « laissez-les faire », après les condamnations, les sanctions seront levées pour ne pas pénaliser les peuples. Ils jouent les partenaires les uns contre les autres. Ils prennent les peuples en otage. Ils croient aussi pouvoir profiter des valeurs d’écoute et de tolérance des démocraties.  Cela devient possible chaque fois que les démocraties sont vidées de leur dimension de solidarité et de justice sociale. Elles deviennent alors des proies innocentes exploitées par les dictateurs. </em>

<em>La seule légalité, prenant prétexte que c’est conforme à la Constitution, ne suffit pas à justifier des coups de force. </em>

<em>Les Constitutions ne sont pas inodores et incolores. Une Constitution fondée sur l’exclusion, la xénophobie, le rejet du pluralisme ne saurait être, ce nous semble, une Constitution démocratique, surtout en ces temps de démocratie ouverte.</em>

<em>« La Cour l’a dit ! » Cour constitutionnelle ou Cour  suprême, tout dépend de la façon dont cette Cour est établie,  de sa représentativité, de la qualité des hommes qui l’animent. Sans oser remettre en cause leurs prérogatives en ces temps de souveraineté concertée, ne peut-on pas imaginer d’autres recours, régionaux ou internationaux, pour d’éventuelles contestations ? </em>

<em>Dans tous les cas, finie à jamais, l’ère des « jojos » et des commandants suprêmes !</em>

<em>Nos partis politiques doivent développer une culture de la majorité et une culture de l’opposition. Ainsi, pour être démocratique, la majorité doit-elle agir  dans le respect de la Constitution et de l’opposition, dont le statut et les droits doivent être sauvegardés. L’opposition pour sa part doit accepter de jouer pleinement et loyalement le jeu démocratique car la réussite de tout processus démocratique est une responsabilité  partagée. Sortons des visions manichéennes de la démocratie, où toute majorité est suspecte, toute opposition est louable.  C’est oublier que toute opposition n’est pas démocratique. L’opposition doit participer à l’exercice du pouvoir, mais dans l’opposition, pas nécessairement dans le partage des poste.</em>

<em>L’expérience des dix dernières années atteste la fragilité des institutions républicaines. C’est en leur sein que s’anime la vie démocratique. Il  ne saurait y avoir d’état de droit sans un Etat for et démocratique, éduqué au respect des droits humains et à la culture de la paix, et soumis à l’autorité civile. </em>

<em>La question des partis politiques est aussi fondamentale car il n’y a pas de démocratie sans partis politiques. </em>

<em>Nombre de partis existant aujourd’hui sont le plus souvent des appareils électoraux, alors qu’il revient à leurs chefs d’accroître leur rôle de formation des consciences politiques, de formation civique, de faire  respecter l’intérêt public. Tâche prioritaire de la diffusion d’une culture démocratique. L’expérience des dix dernières années nous conduit à souhaiter également le financement publique et de la presse, et à souhaiter la moralisation de ce financement public comme privé pour réduire l’action de puissances d’argent, pour éviter tout enrichissement personnel et abus de bien social. </em>

<em>L’un de défis actuels est l’organisation des élections. Les élections sont aujourd’hui en Afrique l’Object de toutes les crispations (autour des listes électorales, de la transparence des scrutins…). Les  périodes électorales deviennent de plus en plus des périodes conflictuelles. Aussi est-il impératif pour nous de rester attachés à la tenue d’élections équitables faisant plus de place aux femmes, d’élections libres, transparentes et régulières, garantissant l’alternance.  Nous ne pouvons que manifester beaucoup d’inquiétude aujourd’hui face au coût de plus en plus élevé des élections, financées essentiellement par l’extérieur ( ce qui est peu compatible avec nos souverainetés), et face au risque de corruption que l’organisation des élections sécrète, avec très peu d’actes civiques, beaucoup d’actes marchands, d’actes monnayés ! Réfléchissons bien ! Peu de place est laissée au bénévolat. </em>

<em>Les partis politiques paient pour avoir des militants ; les citoyens sont payés pour être des électeurs. Des recours, des médiations doivent être crées sur le plan local, national, régional et international (multiplions les expériences de conférences  nationales, de concertations régionales, de rencontres intercommunautaires, de forums politiques, etc.) pour renforcer l’écoute mutuelle, le dialogue l’échange, pour sortir des logiques de blocage, d’affrontement, des logiques de ceux qui ne peuvent imaginer perdre que si leurs adversaires ont triché !</em>

<em>Hélas ! La culture de la violence et de la tricherie se développe.</em>

<em>Nous devons veiller à la transparence et à la fiabilité des élections parce qu’elles sont indispensables à l’alternance démocratique, la nécessaire alternance qui devrait, pour sa survie, aller au-delà d’un « jeu de ping-pong » ou de tennis pour conduire à un renouvellement des acteurs du politique. </em>

<em>La réussite d’un homme politique, singulièrement d’un chef d’Etat, doit se mesurer aussi à sa capacité à passer le relais ; c’est pourquoi, il est important de définir les statuts des anciens responsables, singulièrement des chefs d’Etat. Pour un chef d’Etat en exercice, être ancien chef d’Etat doit être l’objectif de plus recherché.’’</em>

<strong><em>(Source : Ensemble Debout. Edition Cauri livres).</em></strong>]]> </content:encoded>
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<title>Régime d’IBK : Ces Hommes d’ATT aux affaires</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 12 Dec 2017 01:05:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>Infos Soir</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Indexé (à tort ou à raison ?) de ruminer la haine contre son prédécesseur, Amadou Toumani Touré suite à sa mise en accusation pour haute trahison devant la Haute cour de justice, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta n’a, pourtant, pas boudé son plaisir à faire recours à certaines compétences humaines de l’ancien régime qui se battent, aujourd’hui, à ses côtés ou au-delà des frontières. La preuve de sa conviction que chaque Malienne et chaque Malien, quelle que soit son appartenance politique, comptent dans le combat qu’il mène depuis 2013 pour « le bonheur des Maliens et l’honneur du Mali ». Ainsi, moult « amis » d’ATT opèrent dans tous les rouages de l’administration publique et dans les organismes et institutions internationaux. A César, ce qui est à César pour que le Mali gagne ! Qui sont-ils ? Où sont-ils? </em></strong>

<strong> </strong>Au Mali, la fin d’un régime annonce la galère pour les hommes et les femmes qui l’ont animé durant des années. Ils meurent, le plus souvent, avec le régime quel que soit leur compétence à cause de leur appartenance politique ou idéologique. C’est cette injustice sociale que le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta donne l’impression de corriger depuis son investiture à Koulouba en septembre 2013. Contrairement à ses devanciers, il aide  les proches et collaborateurs de son prédécesseur Amadou Toumani Touré à émerger dans la haute administration malienne ou les organismes internationaux dans l’unique but de faire gagner le Mali. Ce constat a été fait depuis les premières heures de son accession à Koulouba.

<strong> </strong><strong>Hamane Niang, président de FIBA-Afrique </strong>

Le ton a été donné par l’élection de l’ancien ministre en charge des Sports, puis de la Culture (2007-2012) du président ATT. Il a été élu à la présidence de la Fédération internationale de basketball-Afrique (FIBA-Afrique) en 2014. Sa candidature malienne avait été portée, à l’époque, par le Gouvernement malien conformément à la politique de la promotion des cadres maliens décrétée par le président IBK. Au nom du gouvernement du Mali, le ministre Housseini Amion Guindo avait adressé une lettre de félicitation à celui qui est resté ministre pendant 5 ans sous le président ATT. <em>« Cette élection de Hamane Niang au sein du bureau de l’instance suprême du basket-ball dans le monde est non seulement une fierté pour le mouvement sportif national mais aussi un honneur pour le Mali. A cette occasion, au nom du président de la République et du Gouvernement, je vous adresse mes chaleureuses félicitations et vous souhaite plein succès »</em>, s’en réjouissait le ministre des Sports à l’annonce de l’élection d’Hamane Niang.

Comme pour dire qu’il n’attendait que ce coup de pousse  du Gouvernement d’IBK pour renouer avec les gloires, la même année (2014), Hamane Niang a été élu premier vice-président de la Fédération internationale de Basket-ball (FIBA-Monde) lors du 18ème congrès de l’instance de football  tenu à Madagascar, le 1<sup>er</sup> août 2014.

<strong> </strong><strong>Ahmed Diane Séméga, Haut-Commissaire de l’OMVS</strong>

Après Hamane Niang, ce fut le tour d’Ahmed Diane Séméga, ancien ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau puis de l’Equipement et des Transports sous le président ATT. Il a été dans tous les Gouvernements de l’ère ATT et le président du parti PDES, une formation politique qui réclame l’héritage du président ATT. Il fait aussi partie de l’un des nombreux hommes de confiance du président ATT qu’il considère comme étant son père adoptif en politique. Cet ancien collaborateur d’ATT est élu Haut-Commissaire de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) le 17 mai 2017. Ce choix porté sur lui à Conakry, lors de la conférence des chefs d’Etats de l’OMVS pour prendre les rênes de cette organisation sous régionale, avait été pistonné par le Gouvernement malien à travers le ministère en charge des Affaires étrangères. Ses anciens camarades du PDES lui reprochent, d’ailleurs, à tort ou à raison d’avoir accepté les faveurs d’un régime qui a combattu son mentor  ATT, toujours en exil à Dakar.

<strong> </strong><strong>Mme Thiam Aya Diallo, Ambassadeur du Mali au Japon </strong>

Mme Thiam Aya Diallo était la Directrice générale de l’aéroport internationale Modibo Kéïta sous ATT. L’épouse d’Ahmadou Abdoulaye Diallo, ancien ministre de la Promotion des investissements et des Petites et Moyennes entreprises, porte-parole du gouvernement que certains qualifiaient de griot du régime d’ATT est à son tour propulsée Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Mali au Japon, en Australie, en Nouvelle Zélande, en République de Corée et en République des Philippines avec résidence à Tokyo, le mercredi 26 juillet 2017. Economiste de formation, Mme Thiam a fait ses premiers pas dans le monde diplomatique pendant la transition dirigée par le Professeur Dioncounda Traoré en 2013 en devenant Ambassadrice du Mali en Suisse et auprès des Nations Unies. C’est donc dire que la femme de l’ancien collaborateur du président ATT est d’une expérience avérée dans le monde de la diplomatie que le président IBK a reconnu sans arrière-pensée.

<strong> </strong><strong>Ahmadou Abdoulaye Diallo, Directeur du Fonds de Solidarité africain (FSA)</strong>

L’ancien ministre malien de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce sous ATT, Ahmadou Abdoulaye Diallo dirige, actuellement, le Fonds de Solidarité Africain (FSA). Il est à ce poste depuis la 3ème session extraordinaire de l’institution tenue les 30 et 31 octobre 2015à Niamey (Niger).

Pour rappel, Ahmadou Abdoulaye Thiam était dans le staff de campagne du candidat, Amadou Toumani Touré en 2002. Deux mois après l’investiture du président ATT, le 8 juin 2002, il a été nommé Conseiller économique du président de la République du Mali. Il fait, aujourd’hui, la fierté de tout le Mali au FSA.

<strong> </strong><strong>Pr. Tiémoko Sangaré, ministre des Mines</strong>

Le président de l’Adema-PASJ, Pr. Tiémoko Sangaré n’échappe pas lui aussi au radar d’IBK bien qu’il fût deux fois ministre sous le président ATT, d’abord en tant que ministre en charge de l’Agriculture, puis de l’Environnement (2007-2012). Sans être un proche du président ATT, le professeur de l’Enseignement supérieur avait fortement contribué à sa réélection en 2007. Il était l’un des principaux meneurs de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) créée pour soutenir la candidature du président ATT en 2007. Il revient aux affaires lors de la constitution du gouvernement d’Abdoulaye Idrissa Maïga en qualité de ministre des Mines.

<strong> </strong><strong>Housseini A. Guindo, ministre des Sports</strong>

Né le 21 avril 1970 à Bandiagara dans la région de Mopti, président de la Convergence pour le développement du Mali (Codem), Housseini Amion Guindo occupe le poste de ministre des Sports dans le Gouvernement d’Abdoulaye Idrissa Maïga. Entre ATT et lui, c’était le grand amour bien qu’il n’a pas été ministre sous le règne de celui-ci. Les deux hommes s’estimaient beaucoup certainement pour des raisons qu’ils venaient de la même zone.

Diplômé de l’ENSUP, il devient professeur d’histoire et géographie au lycée Mgr Montclos de Sikasso puis consultant au compte d’un ONG dénommée « Fonds d’investissement local ». Il se met alors à son compte et ouvre le lycée Amion de Sikasso. En 2005, l’actuel ministre des Sports du président IBK est élu député à l’Assemblée nationale comme candidat indépendant. Il rejoint ensuite le Rassemblement pour le Mali (RPM) avant de claquer la porte deux ans plus tard. Il est depuis 2008 le président de la Convergence pour le développement du Mali, un parti qui se veut une organisation politique à vocation africaine qui vise la construction au Mali, d’un Etat républicain et démocratique doté d’une économie de marché, à visage humain, dont il sera le porte-drapeau à la dernière présidentielle où il se classe 5<sup>ème</sup> au premier tour. Il doit, aujourd’hui, son titre de ministre de la République grâce au président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta. Il est à ce poste depuis le 11 avril 2014.

<strong> </strong><strong>Amadou Koïta, ministre de la Jeunesse et de la Construction citoyenne </strong>

Né le 03 mars 1970 à Bamako, l’actuel détenteur du portefeuille de la Jeunesse et de la Construction citoyenne est l’un des élèves du président ATT en politique.  Ancien Secrétaire général du comité AEEM de l’Ecole nationale d’Administration et aujourd’hui président du parti socialiste. A 44 ans, Amadou Koïta fut le président de la Jeunesse du Mouvement citoyen  entre 2005 et 2010, puis du Parti pour le développement économique et social (PDES) entre 2009 et 2010. Après son baccalauréat en Sciences biologiques au lycée de Markala, Amadou Koïta arrive à l’ENA pour étudier la gestion. Il entame une carrière dans l’administration publique comme chargé de mission au ministère de l’Artisanat et du Tourisme (2006-2011), puis Chef de Cabinet Adjoint à la Primature pendant neuf mois. De Décembre 2015 à son entrée au Gouvernement d’Abdoulaye Idrissa Maïga, Amadou Koïta occupait le poste de Chef de Cellule d’Appui à la Décentralisation et à la Déconcentration du ministère de l’Economie et des Finances. Il s’est fait remarquer sur la scène politique sous ATT en mouillant le maillot pour lui de 2005 jusqu’à sa junte en 2012. Mais, il n’a, malheureusement, vu ses efforts politiques récompensés à souhait que sous le président IBK.

<strong> </strong><strong>Mohamed Ali Bathily, ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et des affaires foncières</strong>

Haut magistrat et professeur de droit, le détenteur actuel du portefeuille de l’Urbanisme, de l’Habitat et des affaires foncières dans le gouvernement d’Abdoulaye Idrissa Maïga a été  le Directeur de cabinet du président ATT sous la Transition de 1991-1992. Depuis, ce fut une longue histoire d’amitié entre les deux hommes. En guise de témoignage à cette amitié, ATT avait fait embaucher sa femme à l’Hôpital Mère-Enfant Le Luxemburg.

Après le baccalauréat obtenu en 1971, Mohamed Ali Bathily, suit des études supérieures en France, à l’Ecole de la magistrature puis à l’Université de Californie du Sud à Los Angeles, (Etats-Unis). Docteur en droit, le ministre Bathily est aussi détenteur d’un diplôme en Administration de la justice. Il a accumulé une riche expérience professionnelle puisqu’il a été magistrat, Directeur de l’Institut de formation judiciaire, Directeur de la Législation au ministère de la Justice, Directeur de cabinet au même département, Ambassadeur du Mali au Sénégal, puis fonctionnaire international.

Mohamed Aly Bathily était avocat à la Cour au moment de son entrée au gouvernement d’Oumar Tatam Ly en qualité de ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

<strong> </strong><strong>Moctar Ouane, Conseiller diplomatique à l’UEMOA</strong>

<strong>L’actuel </strong>Conseiller diplomatique <strong>l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA)</strong>, Moctar Ouane a conduit avec succès la diplomatie malienne sous <strong>ATT</strong>  en tant que <strong>ministre des Affaires étrangères et</strong> de la Coopération internationale<strong>. Un poste qu’il a occupé durant des années. Il a commencé sa longue carrière de ministre </strong>le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2_mai">2</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mai_2004">mai</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2004">2004</a> dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_d%27Ousmane_Issoufi_Ma%C3%AFga_du_2_mai_2004">Gouvernement d’Ousmane Issoufi Maïga</a>. Il est reconduit à ce poste par le président <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amadou_Toumani_Tour%C3%A9">Amadou Toumani Touré</a> dans les Gouvernements de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Modibo_Sidib%C3%A9">Modibo Sidibé</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_de_Modibo_Sidib%C3%A9_du_3_octobre_2007">du 3 octobre 2007</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_de_Modibo_Sidib%C3%A9_du_9_avril_2009">du 9 avril 2009</a>.

<strong> </strong><strong>Maharafa Traoré, Directeur général de l’Assurance Volontaire </strong>

Administrateur du Travail et de la Sécurité sociale, Maharafa Traoré a été ministre de la Justice, Garde des Sceaux, du 6 avril 2011 jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. Il doit son entrée dans la haute administration malienne grâce au président ATT.

Sa traversée du désert n’a duré que cinq années après ATT. Car en octobre 2017, il revient aux affaires en occupant le poste de Directeur général du Projet Assurance Volontaire (AV+) chargé de la promotion de l’assurance destinée aux travailleurs (non-salariés) non couverts par les prestations sociales. AV+ est le fruit du partenariat public privé entre l’INPS et la SAER-Emploi.

Le Secrétaire général du Parti pour le Développement économique et la Solidarité (PDES) est resté fidèle au président ATT jusqu’au bout.

<strong> </strong>

<strong>Tiéfing Konaté, Ambassadeur du Mali en Russie </strong>

Le Général Tiéfing Konaté est un militaire né le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/30_septembre">30</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Septembre_1954">septembre</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1954">1954</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bamako">Bamako</a>.

Tiéfing Konaté est diplômé de l’École militaire interarmées de Kati, du cours Supérieur de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_des_officiers_de_la_gendarmerie_nationale">École des officiers de gendarmerie de Melun</a> et de l'École d’État-major de la gendarmerie de Maisons-Alfort.

Il occupe les fonctions de Conseiller technique au ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile entre 2000 et 2008, avant d'être nommé Directeur de la Gendarmerie nationale par le président ATT, poste qu'il occupe entre 2008 et 2011. Chef de cabinet au ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, il est nommé ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/25_avril">25</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Avril_2012">avril</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2012">2012</a> dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Cheick_Modibo_Diarra_1">Gouvernement de Cheick Modibo Diarra</a> pendant la transition. Il est reconduit dans ce poste dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Cheick_Modibo_Diarra_2">Gouvernement d'union nationale de Cheick Modibo Diarra</a> le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/20_ao%C3%BBt">20</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ao%C3%BBt_2012">août</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2012">2012</a>.

Il a été nommé ambassadeur du Mali en Russie lors du Conseil des Ministres du 24 février 2016.

<strong> </strong>

<strong>Gal. Sadio Gassama, Ambassadeur du Mali au Tchad </strong>

Après avoir commandé, entre autres, les Etats-majors de la Garde nationale et de l’Armée de Terre puis l’Etat-major général des Armées, il fait son entrée dans le Gouvernement sous ATT le 2 mai 2004 en tant que ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile. Il quitte ce département le 2 février 2012 pour celui de la Défense et des Anciens combattants où le coup d’Etat du 22 mars 2012 met fin à ses fonctions ministérielles. Il était l’un des rares militaires à qui ATT faisait confiance.

En janvier-mars 2013, pendant la phase opérationnelle de reconquête des villes maliennes sous l’occupation des groupes armés séparatistes et narcoterroristes, l’ex-ministre de la Défense sous ATT et d’autres officiers généraux ont, dans la plus grande discrétion militaire, fourni leurs appuis-conseils à l’Etat-major général des Armées maliennes.

A quelques jours de son départ à la retraite en fin décembre 2016, le Général Sadio Gassama est nommé Ambassadeur (le tout premier) du Mali au Tchad par le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta.

<strong> </strong>

<strong>Benson Diakité, Conseiller à la communication du président de l’Assemblée nationale</strong>

Abdoulaye Benson Diakité est l’actuel Conseiller à la Communication du président de l’Assemblée nationale, Issiaka Sidibé. Il remplace Sidiki N’Fa Konaté à ce poste.

Ancien animateur à RFI pendant de longues années, Benson a aussi occupé le poste de Conseiller spécial à la présidence de la République sous ATT. Il est aussi membre fondateur du parti PDES au sein duquel il a occupé le poste de Secrétaire à la Communication.

<strong> </strong>

<strong>Diarra Diakité, Conseiller à l’Ambassade du Mali à Bruxelles</strong>
<h2>Diarra Diakité, a été nommé lors du Conseil des ministres du mercredi 12 octobre 2016, comme chargé à la Communication auprès de l’Ambassade du Mali en Belgique. Le désormais diplomate en mission en Belgique a servi à la présidence de la République durant des années au sein de la cellule de communication sous le président ATT. Il fait aussi parti des premières recrutées au sein de cette cellule par  le président IBK dès les premières heures de sa brillante élection en 2013.</h2>
<strong> </strong>

<strong>Ahmed Mohamed Ag Hamani, PCA de la BDM SA </strong>

Ahmed Mohamed ag Hamani  est nommé, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/9_juin">9</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Juin_2002">juin</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2002">2002</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Premiers_ministres_du_Mali">Premier ministre</a> par le président Amadou Toumani Touré. Il est celui à qui, le président ATT, a fait confiance dès sa brillante élection en 2002 pour conduire les actions gouvernementales.

Depuis le 11 avril 2015, il occupe le poste de Président du Conseil d’Administration (PCA) de la Banque de développement du Mali (BDM Sa).

Ahmed Mohamed ag Hamani est ingénieur statisticien de formation.

Il a commencé sa carrière politique sous le régime de Moussa Traoré. Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/7_janvier">7</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Janvier_1978">janvier</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1978">1978</a>, il est nommé ministre de tutelle des Sociétés et Entreprises d'État. Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/28_juin">28</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Juin_1979">juin</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1979">1979</a>, il devient ministre de l'Information et des Télécommunications. Puis, il est nommé successivement ministre du Plan le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2_ao%C3%BBt">2</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ao%C3%BBt_1980">août</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1980">1980</a>, ministre des Sports, des Arts et de la Culture le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/31_d%C3%A9cembre">31</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9cembre_1984">décembre</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1984">1984</a>, ministre des Transports et des Travaux publics le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/6_juin">6</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Juin_1986">juin</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1986">1986</a>, poste qu’il occupe jusqu’au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/20_janvier">20</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Janvier_1987">janvier</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1987">1987</a>.

Il devient ensuite Haut-commissaire de l'Organisation de mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) avant d’entamer dans les années 1990 une carrière de diplomate. Il est ambassadeur du Mali successivement auprès du Maroc, de la Belgique, du Grand Duché du Luxembourg et de l'Union européenne<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_Mohamed_ag_Hamani#cite_note-essor-1"><sup>.</sup></a>

<strong>Bakary Togola, président de l’APCAM</strong>

Bakary TOGOLA est né en 1960 à Niamala dans la commune rurale de Koumantou, cercle de Bougouni. En dehors au PDES, il entretenait des relations très amicales avec le président ATT pour qui, il a battu campagne notamment dans le monde des paysans. S’il avait craint pour son poste de premier responsable à l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture du Mali (Apcam) suite de l’élection du président IBK en 2013, il a été réélu pour succéder à lui-même, en 2015 pour un autre mandat de 5 ans.

<strong> </strong><strong>Dr Sidiki N’Fa Konate</strong> :

Actuellement Directeur général de l’Office Radio-Télévision du Mali (ORTM), Sidiki N’Fa Konaté fut ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement sous ATT entre avril 2011 et mars 2012.  Il faisait aussi partie du cercle restreint des amis du président ATT. Il doit d’ailleurs sa nomination dans le Gouvernement du 6 avril 2011  à cette amitié avec l’ancien président de la République. Il revenu à son poste de Directeur général de l’ORTM en avril 2016 5ans après l’avoir quitté  et à la suite d’un appel à candidature lancé par le département en charge de la Communication.

<strong> </strong><strong>Inspecteur général, Mahamadou Diagouraga, Haut représentant du président de la République pour la mise en œuvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation</strong>

Le rapprochement entre ATT et l’Inspecteur général, Mahamadou Diagouraga, n’a pas impacté sur son estime auprès du président IBK. Car, l’ancien Directeur général de la Police nationale (2002-2005 puis 2011–2012) sous ATT est nommé Haut représentant du président de la République IBK pour la mise en œuvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali à la faveur du Conseil des Ministres du 15 juin 2016.

Avant sa nomination à ce poste stratégique, Mahamadou Diagouraga était Ambassadeur du Mali en Mauritanie entre 2015  et 2016.

Agé de 64 ans, Mahamadou Diagouraga est détenteur du diplôme de fin de cycle en Relations internationales approfondies du Centre d’études diplomatiques et stratégiques de Paris (CEDS) depuis 2002. Ce grand commis de l’Etat est l’un des Officiers de la Police nationale à qui ATT pouvait faire confiance les yeux fermés.

<strong>Youssouf Z Kéïta</strong>

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<title>sources de l&amp;apos;instabilité dans le Sahel (suite et fin) : Comment l’Algérie a résolu l’équation touareg à l’inverse du Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/sources-de-linstabilite-sahel-suite-fin-lalgerie-a-resolu-lequation-touareg-a-linverse-mali-2715302.html</link>
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<pubDate>Mon, 11 Dec 2017 00:30:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Abdelkrim Touhami, ancien vice-consul algérien au Niger, a déclaré que les efforts de stabilisation de la région par l'Algérie étaient en cours depuis 1962. Selon lui, la clé du problème de la violence récurrente dans le nord du Mali et du Niger est le développement. Il a fait valoir que le processus de développement doit être consultatif pour réussir. « Les gouvernements doivent demander aux habitants de ces régions ce dont ils ont besoin pour améliorer leur vie et ensuite développer une stratégie de croissance autour de ces objectifs », a-t-il expliqué. Touhami a estimé que l'expérience algérienne à cet égard est pertinente et pourrait être une opportunité pour un dialogue, mais que l'Algérie « ne pouvait pas le faire toute seule ».

Le maire de Tamanrasset, Ahmed Benmalek, a ajouté que le côté algérien de la frontière est « bien contrôlé », avec des hélicoptères, des avions et des patrouilles 4X4, ainsi que des technologies de surveillance. Il n'a pas été possible de dire la même chose du côté malien et nigérien. Contrairement à la situation dans les régions voisines de l'autre côté de la frontière, il existe une grande présence des institutions étatiques dans le sud algérien. En 2009, Tamanrasset semblait être submergée par des projets d'infrastructures, employant des équipes de travailleurs chinois 24 heures sur 24 pour construire des routes ; et un projet de 2 milliards de dollars pour construire un oléoduc de 750 kilomètres d'In Salah à Tamanrasset.

Le ministère de l'Education acheva la construction d'un campus universitaire à Tamanrasset. La construction d'une bibliothèque culturelle avait commencé pour honorer les traditions touarègues de la région. Mohamed Zounga, guide touristique touareg, a déclaré que le soutien des habitants de Tamanrasset pour le gouvernement d'Alger était presque absolu. « Pourquoi devrions-nous nous plaindre ? », a-t-il demandé, citant l'université, l'oléoduc et le projet de bibliothèque touareg, « quand à chaque fois que nous demandons quelque chose, nous l’obtenons. »  Selon Nicolas Loisillon, expatrié français et résident de longue date de Tamanrasset, la sécurité du côté algérien de la frontière était due à la gestion efficace des relations tribales par l'Algérie.

Ahmed Edaber, leader des Touaregs de Kel Ahaggarnous a déclaré que bien que l'unité touareg fut fracturée par plusieurs décennies de frontières modernes découpant le Sahara, il utilise toujours ses contacts pour assister les services de sécurité algériens. Avec un téléphone satellite, il peut diffuser un message demandant des informations sur des véhicules volés, des caravanes de passeurs ou des ravisseurs, et recevoir des réponses presque instantanément, ainsi que des informations sur des incidents de sécurité dans des régions isolées du désert algérien. Le leader local touareg, Mokhtar Zounga, a déclaré que les communications par satellite avaient simplement accéléré le mode traditionnel de communication à travers le vaste désert. « Si un enfant est né au Niger aujourd'hui », a déclaré Zounga, « je le saurai demain ». Selon Edaber, les autorités algériennes comptent sur ce réseau d'information touareg traditionnel pour atteindre les communautés et sécuriser les régions frontalières. Il a dit que bien que les frontières modernes rendent difficile l'accès aux dirigeants touareg au Mali et au Niger, il a « leurs numéros de téléphone » et essaie de communiquer plus souvent avec eux, avec l'encouragement des services de sécurité algériens.

La bataille pour le contrôle du Sahara s'est intensifiée ces dernières années, avec des mouvements de personnes, d'armes et de contrebande accélérés par les Toyota Land Cruisers et les avancées dans les technologies et l'infrastructure. Plusieurs décennies de frontières postcoloniales ont brisé l'unité des Touaregs, créant une tension entre les efforts de sécurité des Etats et ceux qui, comme Kadhafi, font appel à un passé nomade glorieux. Les routes commerciales traditionnellement contrôlées par les tribus touarègues sont maintenant à la disposition d'une constellation de groupes touareg, arabes, africains et autres. Des millions d'euros de paiements de rançon, d'armements et de nouveaux projets d'infrastructures ont créé un marché dans lequel les membres des tribus du désert sont encouragés à prendre des otages et à participer au trafic de drogue et autres. Les petites cellules d’AQMI qui vivent dans le désert ne survivraient pas si les passeurs qui agissent comme leur cordon ombilical voyaient plus de possibilités ailleurs.

Parmi les groupes qui parcourent le Sahara, l'Algérie a mis son pari pour la sécurité sur les Touaregs, en s'appuyant sur une combinaison de développement économique et de relations soigneusement gérées avec des figures tribales clés. Bien que difficile à traduire dans les pays voisins ayant des situations ethniques, sécuritaires et économiques différentes, cette approche semble avoir apporté une stabilité relative au Sahara algérien.

&nbsp;

<strong> Amadou O. Wane</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Propos mémorables : Alpha Oumar Konaré Président de la République (1er novembre 2000)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-oumar-konare-president-de-republique-1er-novembre-2000-2-2704832.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 05 Dec 2017 01:51:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>‘’Si l’exercice démocratique s’arrêtait à la seule évaluation de l’exécutif, le débat démocratique ne bénéficierait d’aucune base populaire et serait marqué par l’expression de beaucoup d’opportunismes.</strong>

Il importe de renforcer le rôle des partis politiques, parce qu’il n’y a pas de démocratie sans partis politiques. Mais aussi celui de la société civile comme  élément de régulation du jeu politique partisan, comme élément de régulation de la presse, comme garant de la paix civile, de la négociation sociale, comme animatrice de contre-pouvoir.

L’action des sociétés civiles  devrait pouvoir s’exercer par-delà les frontières.

La défense du droit et le droit de communiquer ne devraient pas connaître de frontières. Un handicap, et pas des moindres, est la faiblesse de la démocratie sociale.

Si l’expression du pluralisme s’est opérée dans le champ  politique, elle devient plus difficile dans le champ social et dans le champ syndical.

Beaucoup d’associations ne sont pas sous-tendues par un réel contrôle populaire.

Tous les pouvoirs se trouvent confisqués par un bureau, ou un seul individu, les tutelles administratives ne jouant pas bien leur rôle.

Le champ syndical est quant à lui marqué par la faiblesse du dialogue social. Ce déficit de dialogue social conduit dans bien des cas à de fortes crispations, au développement du corporatisme.

N’a-t-on pas vu dans nombre de nos pays de fortes crispations entraîner le rejet même de la notion de service minimum, voire la remise en cause des serments professionnels, la violation des codes déontologiques ?

Ces logiques peuvent conduire à des épreuves de force fatales à la démocratie. Le développement du corporatisme conduit à une relégation de la solidarité nationale.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie sans solidarité, nationale.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie sans esprit de sacrifice et de justice sociale, sans les valeurs fortes du travail et du travail bien fait.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie dans une logique forte, dominante, de dépendance extérieure.

Une autre exigence démocratique nous paraît être la lutte contre l’analphabétisme.

Apprendre à lire, à écrite et à compter est un acte premier de libération, de responsabilité, de dignité.

Aujourd’hui, être connecté, (même si pour beaucoup d’entre nous et pendant longtemps ce sera de façon collective), grâce aux nouvelles technologies de l’information,  renforcera les conditions de transparence, de contrôle, d’accessibilité, d’échanges, tous principes fondateurs d’une vraie démocratie. Les révolutions scientifiques et technologiques devraient d’abord bénéficier aux pays en développement.’’

<strong>Source (Ensemble debout) </strong>

<strong>Edition Cauris </strong>

<strong>Livres</strong>]]> </content:encoded>
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<title>19 Novembre 1968 – 19 Novembre 2017 : Gravé dans nos mémoires !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/19-novembre-1968-19-novembre-2017-grave-nos-memoires-2670512.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 21 Nov 2017 01:46:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Sans vouloir réveiller des chagrins ou retourner le couteau dans des plaies, il est nécessaire de rappeler le sens dramatique du 19 Novembre 1968, l’une des dates les plus sombres de notre histoire contemporaine.</em></strong>

19 Novembre 1968, triste symbole de la prise du pouvoir par une junte militaire poussée par la soif de régner et animée par la haine pour le peuple malien.

Pour tous ceux qui ont subi les foudres du régime militaire de 1968 à 1991, l’évocation de cette date donne encore le frisson.

Entrée par escalade dans l’histoire de notre pays, la junte militaire avait promis, dès le lendemain du coup d’Etat, plus de libertés démocratiques et son retour immédiat et imminent dans les casernes, dans les six mois qui suivraient.

La suite est connue de tous. Moussa Traoré et ses sbires vont tomber dans l’ivresse du pouvoir.

Aucune propagande, aucune distraction ne feront oublier au peuple les atrocités commises par Moussa Traoré, « Famille et Intimes ».

Après avoir envoyé dans les bagnes mouroirs, le Président Modibo Kéïta et ses compagnons, Moussa Traoré et sa junte organisent, dès 1969, une véritable descente aux enfers pour les Maliens.

Le 17 Avril 1969, une importante grève est déclenchée par les étudiants et élèves à Bamako. Le Comité Militaire répond par une répression sauvage.

Plus tard, Aberhamane Baba Touré, Bernard Sissoko, Kadari Bamba, Oumar Yattara, Mamadou Doucouré, Santigui Mangara et Monobem Ogognangaly sont accusés de : « constitution d’association illégale, offense au chef de l’Etat, .diffamation des membres du gouvernement, appel au peuple à la révolte ».

Sans jugement, ils sont maintenus cinq mois dans les geôles, humiliés et torturés.

C’est seulement le 11 Mars 1970 que les 7 militants du PMT sont condamnés à 18 mois d’emprisonnement.

Toujours en 1969, le capitaine Diby Silas Diarra et d’autres militaires sont accusés de tentative de coup d’Etat. Beaucoup d’ente eux ont péri dans les salines de Taoudénit.

C’est le 16 Mai 1977, à 12 heures que le Président Modibo Kéïta est mort, manifestement assassiné au camp militaire de Djikoroni.

Le père de l’Indépendance et Premier Président de la République du Mali, réduit au statut de simple « instituteur à la retraite » !

Autant d’autorités et d’humiliations inscrites, à l’encre indélébile, dans nos cœurs et dans l’histoire de notre pays.

C’est le 26 Mars 1991 que le peuple du Mali a recouvré sa souveraineté et sa dignité après les 23 ans de règne du FMI (Famille Moussa et Intimes).

Souvenons-nous, aussi, du 19 Novembre 1968. Même, 49 ans après…

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<h2>Malick Camara</h2>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>19 novembre 1968: un groupe de jeunes officiers renverse Modibo Kéita, Président du Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/19-novembre-1968-groupe-de-jeunes-officiers-renverse-modibo-keita-president-mali-2673772.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 20 Nov 2017 13:09:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[Le <strong>19 novembre 1968</strong>, le régime de Modibo Keïta succombe au coup d’Etat fomenté par des officiers de l’armée nationale malienne. Les évènements se déroulent si rapidement que le monde entier est surpris, d’autant que le régime malien paraît bien être l’un des plus solides d’Afrique. Rien<strong>, en 1968</strong>, ne laisse prévoir qu’il se prépare au Mali un complot visant à renverser le régime. Rien, sauf la situation économique assez précaire et le régime policier institué dans le pays.

La cohésion du parti et la bonne organisation des services de sécurité semblent si parfaites qu’un quelconque complot parait impossible. On comprend donc le secret qui a entouré la préparation du putsch. Le coup d’Etat éclate brutalement, à l’aube du <strong>19 novembre 1968</strong>. Mais déjà, le <strong>18 novembre,</strong> le chef d’Etat-major général des forces armées, le colonel Sékou Traoré était arrêté à son retour du Maroc.

Dans l’ombre, une activité intense se déploie et, en quelques heures, les principaux axes de Bamako sont bloqués, les édifices publics les plus importants investis, la capitale coupée du reste du monde. Pourtant, des agents de la sécurité parviennent tout de même à alerter Modibo Keïta qui se trouve à bord du bateau le «<strong>Général Soumaré</strong>», voguant de Mopti à Koulikoro. Le chef de l’Etat devait rentrer à Bamako, ce matin du <strong>19 novembre</strong>, de retour de Mopti où il était allé présider la conférence économique annuelle de la région. Les miliciens sont mis hors d’état de nuire. Une colonne, sous le commandement du lieutenant Tiécoro Bagayogo, est ensuite envoyée à Koulikoro.

Pendant ce temps, on procède aux arrestations des dirigeants politiques. Tous ceux qui sont susceptibles de pouvoir déjouer l’opération sont arrêtés sauf Seydou Badian Kouyaté et Ousmane Bah, respectivement président de la Commission de développement et ministre des Affaires étrangères. Le bruit court qu’ils se sont réfugiés à l’ambassade de Chine populaire. En fait, ils se trouvent dans les quartiers populaires de Bamako. Ils seront arrêtés à leur domicile, <strong>le 21 novembre 1968</strong>.

Au matin du <strong>19 novembre</strong>, tout est prêt pour arrêter Modibo Keïta. La population de Bamako vaque comme d’habitude à ses occupations. Elle est surprise de constater dans les rues une animation peu habituelle. Des militaires en tenue de combat sont en faction dans la rue, les quelques tanks de l’armée malienne patrouillent dans les rues.]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>22 mars 1991 au Mali : Les étudiants affrontent les forces de l’ordre: cent cinquante manifestants sont tués à Bamako</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/22-mars-1991-mali-etudiants-affrontent-forces-de-lordre-cent-cinquante-manifestants-tues-a-bamako-2673702.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 20 Nov 2017 11:58:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>A Bamako, les étudiants sont dans la rue. Ils ont organisé une marche de protestation. Ils réclament le multipartisme et davantage de démocratie. Durant trois (03) jours, ils vont affronter les forces armées du président  Moussa Traoré. Ce sera un véritable massacre. On parlera de «boucherie». Le refus de démissionner du président aboutira à son départ trois (03) jours plus tard.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Militaires «<em>Enivrés</em>»</strong>

Dans la nuit, les premiers incidents sont signalés dans la ville. L’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) mobilise ses membres et barre les routes. Vers dix-sept (17) heures, des groupes d’étudiants atteignent le centre de la ville. C’est là que les forces de l’ordre commencent à tirer à balles réelles. On dénombre des blessés et les premiers morts. Les militaires comme enivrés tirent et lancent des grenades lacrymogènes sur les manifestants.

&nbsp;

<strong>Pression de l’opinion</strong>

Ces deux (02) journées de révoltes, plus de deux cents morts. Après cette hécatombe, une partie de l’armée, sous la pression de l’opinion nationale et internationale- décide de procéder à l’arrestation de Moussa Traoré.

&nbsp;

<strong>26 mars 1991: Moussa Traoré est arrêté par l’armée</strong>

Pendant trois (03) jours, la capitale du Mali a connu le drame: les militaires ont tué plus de deux cents jeunes manifestants. Pour les Maliens, c’est la honte. Le président a refusé de reconnaître sa responsabilité dans le massacre. Il a déclaré en hurlant: «<strong>Je ne suis pas un assassin !</strong>» Les dirigeants de l’opposition ont pris acte.

Dans la nuit du 25 au 26 mars, des officiers viennent chercher le président: «<strong>Pour votre propre sécurité, veuillez nous suivre</strong>». L’arrestation de Moussa Traoré fait l’effet d’un coup de tonnerre sur le continent et fait trembler les présidents en place. Tous ceux qui refusent une évolution démocratique se sentent menacés.

<strong>La Rédaction</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Que sont devenus les ministres du dernier gouvernement ATT ?  Revenants, recyclés, retraités et portés disparus</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/devenus-ministres-dernier-gouvernement-att-revenants-recycles-retraites-portes-disparus-2653492.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 11 Nov 2017 01:15:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Il y a deux semaines, les médias bamakois ont largement couvert la cérémonie de lancement du Projet Inps-Saer-Emploi Assurance Volontaire (AV+). Des observateurs  ont constaté que ledit projet AV+ est dirigé par Maharafa Traoré, un ancien ministre du dernier gouvernement du président ATT. Le retour aux affaires de cet ex-Garde des Sceaux fait suite à ceux d’autres de ses collègues d’infortune de mars 2012, notamment des ministres qui ont accompagné Att dans la gestion des affaires publiques durant les derniers mois de sa gouvernance. Durant son double mandat quinquennal inachevé (8 juin 2002 – 22 mars 2012), le président ATT a véritablement constitué six (6) équipes gouvernementales qui ont subi parfois de légers réaménagements techniques. Le dernier gouvernement formé par lui date du 6 avril 2011 (voir liste en encadré). Le fait marquant alors réside dans le choix porté sur l’ancienne ministre Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé pour diriger l’attelage gouvernemental. C’est une première au Mali de voir la Primature confiée à une femme. Elle et ses ministres restent aux affaires jusqu’aux événements qui ont abouti le 22 mars 2012 à l’interruption du processus démocratique au Mali. A moins de quelques semaines desdits événements, l’équipe Kaïdama avait connu, en février, deux modifications relatives à la permutation entre deux ministres (Défense et Sécurité) et un remplacement (Promotion de la Femme). Cinq années et demie après le départ du président ATT, il nous est apparu nécessaire de chercher à savoir ce que sont devenus les membres de son dernier gouvernement.  A quelques exceptions près, la plupart d’entre eux reviennent discrètement sur la scène publique dans différents domaines.   </em></strong>

&nbsp;

Il convient de signaler que cette liste est extraite du Décret N°2011-0176 du 6 avril 2011 qui a dû être modifié à deux reprises à cause des événements relatifs à l’insécurité grandissante dans la partie septentrionale du pays. Ainsi, le 2 février 2012, le Décret N°2012-063/P-RM consacre la permutation entre le ministre de la Défense et des Anciens combattants Natié Plea et son collègue de la Sécurité et de la Protection civile, le Général Sadio Gassama. Deux semaines après, le Décret N°2012-063/P-RM du 16 février N°2012-063/P-RM nomme Mme Dandara Touré au poste de ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille en remplacement de Dr Konaré Mariam Kalapo.

<strong>1-  Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé :</strong> 69 ans. Administrateur civil à la retraite. Elle a dirigé le gouvernement du 3 avril 2011 jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. Après ces hautes charges confiées pour la première fois jusque-là à une femme au Mali, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé est retournée à la Société nationale des Tabacs et Allumettes du Mali (Sonatam) pour réoccuper son poste de Pca dont elle assumait les responsabilités bien avant sa promotion à la Primature. Elle est relevée en mars 2017. Auparavant, en novembre 2015, elle est désignée Ambassadrice honoraire de l’Autorité du Bassin du Fleuve Niger (Abn) pour le Sommet mondial de changement climatique (Cop 21, décembre 2015) ainsi que le pilotage de la mobilisation des fonds (3,11 milliards de dollars) pour le financement du Plan d’investissement Climat Pic-Abn (2015-2025).  Parallèlement à ses missions internationales, elle assure la présidence de la Section malienne du Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires (Refamp) depuis avril 2011.

<strong>2- Pr Tiémoko Sangaré</strong> : 60 ans. Professeur d’enseignement supérieur en sciences géographiques. Secrétaire général adjoint de l’Adema-Pasj, il fait son entrée au gouvernement le 3 octobre 2007 en qualité de ministre de l’Agriculture.  Le 9 avril 2009, Tiémoko Sangaré permute avec son collègue Aghatam Ag Alassane au ministère l’Environnement et de l’Assainissement. Il restera à la tête de ce département jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012.  A la suite de cet événement, le Pr Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale devient président de la République par intérim. De ce fait, il se décharge de ses tâches de président de l’Adema-Pasj dont la présidence par intérim est confiée à Tiémoko Sangaré. Celui-ci sera confirmé à la présidence du Parti de l’Abeille lors de son congrès de 2015. Entretemps, il est redevenu membre du gouvernement, sous IBK, au poste de ministre des Mines, depuis le 7 juillet 2016.

<strong>3- Maitre Abdoul Wahab Berthé</strong> : 64 ans. Avocat et Professeur de Droit. Premier vice-président du parti Urd, il fait son entrée dans le gouvernement au poste de ministre du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat. Il y est resté du 3 octobre 2007 jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. Après ce changement de régime, Me Abdoul Wahab Berthé est retourné gérer les affaires de son cabinet d’avocats.

<strong> 4-Hamed Diane Séméga</strong>. 55 ans. Juriste spécialisé en administration des projets miniers. Avec le Général Kafougouna Koné, il est resté ministre tout au long des deux mandats du président ATT. Il a ainsi occupé successivement deux postes ministériels : Mines, Energie et Eau (15 juin 2002 – 3 octobre 2007) puis Equipement et Transports (3 octobre 2007 – 22 mars 2012). Après les événements de mars 2012, il s’était établi à Dakar en gérant les affaires d’une société minière privée. Depuis le 17 mars 2017, sur décision des chefs d’Etat réunis en Sommet à Conakry (Guinée), Hamed Diane Séméga est nommé Haut-commissaire de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs, basée à Dakar).

<strong>5-Général Kafougouna Koné</strong>. Décédé à 73 ans. Général de Division à la retraite. Il fut le seul ministre à conserver son poste durant toute la période de l’exercice présidentiel d’ATT (juin 2002-mars 2012). Après les événements de Mars 2012, il s’est retiré chez lui, loin de toutes activités politiques. Déjà Général de Division à la retraite, cet ancien Officier parachutiste se consacrait notamment aux activités de développement communautaire de son village natal, Fourou (cercle de Kadiolo) et de sa région, Sikasso.  Sa dernière apparition publique fut, en 2015, lors de son aller-retour au pèlerinage musulman à la Mecque. Il n’avait pu s’acquitter de ce devoir religieux malgré qu’il soit le ministre chargé de l’organisation dudit pèlerinage. Alité pendant des mois, il est décédé le 10 mars 2017.

<strong>6-Dr Bokary Treta :</strong> 63 ans. Docteur vétérinaire. Au titre du Rpm dont il était le secrétaire général depuis juin 2001, il fut ministre de l’Elevage et de la Pêche du 6 avril 2011 jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. Après cet événement, il se consacre entièrement aux activités du Parti du Tisserand. Le président de son parti, IBK, est élu président de la République au terme des scrutins présidentiels de juillet-août 2013. Dr Tréta fait son entrée dans le premier gouvernement sous le président IBK, le 8 septembre 2013, au poste de ministre du Développement rural. Il y reste jusqu’à son limogeage lors du remaniement ministériel du 15 janvier 2016. Quatre mois après, il est désigné Pca de la Banque malienne de Solidarité (Bms-sa). Depuis fin octobre de la même année 2016, le Dr Bokary Tréta préside aux destinées du parti présidentiel, le Rpm en remplacement du président IBK, devenu Président-fondateur par une résolution du dernier congrès du Parti.

<strong>7- Soumeylou Boubeye Maïga</strong> : 63 ans. Journaliste fonctionnaire à la retraite. Après avoir été ministre des Forces armées et des Anciens combattants (février 2000 – juin 2002) sous le président Alpha Oumar Konaré, il devient ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale sous le président ATT, du 6 avril 2011 jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. Une année après, Soumeylou Boubeye Maïga crée son propre parti politique, l’Asma-Cfp (Alliance pour la solidarité au Mali – Convergence des forces patriotiques). Il soutient la candidature d’IBK à l’élection présidentielle de juillet -  août 2013. Après avoir joué le rôle de conseiller stratégique dans le staff de campagne du porte-drapeau du Rpm, l’ancien patron de la Sécurité d’Etat redevient ministre de la Défense et des Anciens combattants du 08 septembre 2013 au 27 mai 2014. Il en fut remercié suite à la débâcle des troupes maliennes à Kidal. Tombé en disgrâce auprès du président IBK, Soumeylou Boubeye Maïga revient au-devant la scène avec sa promotion au poste de Ministre-Secrétaire Général de la Présidence de la République où il officie depuis fin août 2016.

<strong>8- Madame Diallo Madeleine Bâ :</strong> 66 ans. Inspecteur des Services économiques. Après avoir été ministre de l’Elevage et de la Pêche (à partir du 3 octobre 2007), elle change de poste, le 6 avril 2011, avec sa nomination à la tête du ministère de la Santé. Elle y reste jusqu’au 22 mars 2012. Depuis, elle jouit de ses droits à la retraite de la Fonction publique.

<strong>9-Modibo Kadjoké</strong> : 55 ans. Juriste spécialisé en Droit privé. Dirigeant du parti Cnid-Fyt, il devient ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, du 6 avril 2011 jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. En xx, avec d’autres cadres démissionnaires du Cnid, il crée le parti Alliance Pour le Mali (Apm-Maliko) dont il assure encore la présidence. De 2013 à 2015, il dirige l’Office malien de l’Habitat (Omh). Nommé en mai 2015 à la tête de la Commission nationale d’organisation du Sommet Afrique-France de Bamako 2017, il a dû démissionner trois mois après, en vue de se défendre devant la justice où il était mis en cause dans une affaire relative à sa gestion de l’Apej dont il fut Dg entre juillet 2007 et avril 2011. Il fut innocenté après vérification des dossiers en juillet 2017 par le Pôle économique et financier du Tribunal de Grande Instance de la Commune III. Depuis fin juin 2017, Modibo Kadjoké est le chef de la Mission d’appui à la réconciliation nationale. Dotée des équipes régionales, cette structure (rattachée au ministère du même nom) est chargée de la prévention, de la gestion et du règlement des conflits.

<strong>10-Mohamed EL Moctar</strong> : 69 ans. Juriste spécialisé en Droit public. Il fait son entrée dans le gouvernement le 3 octobre 2007 en occupant le poste de ministre de la Culture. Il devient ensuite ministre de l’Artisanat et du Tourisme, du 5 avril 2011 jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. Pour le retour de la paix dans les régions septentrionales du pays, Mohamed El Moctar s’est beaucoup impliqué dans les activités des ressortissants de la communauté arabe. Avec cette expérience, il dirige depuis le 7 juillet 2016 le ministère de la Réconciliation nationale.

<strong> 11- Natié Pléah :</strong> 64 ans. Administrateur civil à la retraite. Après avoir occupé le poste de ministre de la Jeunesse et des Sports (à partir du 20 juin 2005), il devient ministre de la Défense et des Anciens Combattants du 6 avril 2011 au 2 février 2012.  Il permute alors avec son collègue, le Général Sadio Gassama en charge de la Sécurité intérieure et de la Protection civile. C’est à la tête de ce département que Natié Pleah vécut le coup d’Etat du 22 mars 2012, Depuis, il s’est retiré de la scène publique.

<strong>12- Général Sadio Gassama</strong> : 63 ans. Général de Division à la retraite. Après avoir commandé, entre autres, les Etats-majors de la Garde nationale et de l’Armée de Terre puis l’Etat-major général des Armées, il fait son entrée au Gouvernement le 2 mai 2004 au poste de ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile. Il quitte ce département le 2 février 2012 pour celui de la Défense et des Anciens combattants où le coup d’Etat du 22 mars 2012 met fin à ses fonctions ministérielles. En janvier-mars 2013, pendant la phase opérationnelle de reconquête des villes maliennes sous l’occupation des groupes armés séparatistes et narco-terroristes, l’ex-ministre de la Défense et d’autres officiers généraux et supérieurs ont, dans la plus grande discrétion militaire, fourni leurs appuis-conseils à l’Etat-major général des Armées maliennes en alliance avec les soldats français de l’Opération Serval. A quelques jours de son départ à la retraite en fin décembre 2016, le Général Sadio Gassama est nommé Ambassadeur (le tout premier) du Mali au Tchad où il réside présentement.

<strong>13-Aghatam Ag Alhassane</strong> : 59 ans. Ingénieur d’Agriculture et du Génie rural. Il fait son entrée au gouvernement le 3 octobre 2007 en qualité de ministre de l’Environnement et de l’Assainissement. Le 9 avril 2009, Aghatam Ag Alassane permute avec son collègue Tiémoko Sangaré au ministère de l’Agriculture. Il restera à la tête de ce département jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. Présentement, il est le Coordinateur du Projet Mali-Nord, une structure de la coopération allemande intervenant dans les domaines de la paix, de la sécurité et du développement durable dans les régions septentrionales du Mali.

<strong>14-Pr Salikou Sanogo :</strong> 73 ans. Professeur d’enseignement supérieur (Physique atomique et nucléaire).  Après avoir enseigné et occupé plusieurs fonctions dans l’administration scolaire et universitaire, le Pr Sanogo (alors secrétaire général de l’Urd), devient ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales lors du remaniement ministériel du 9 avril 2009.  Il est reconduit le 6 avril 2011 et reste en poste jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. Vice-président de l’Urd, le Pr Sanogo est présentement directeur général de l’Estm (Ecole supérieure de technologie et de management), un institut universitaire privé.

<strong>15-Maharafa Traoré</strong> : 64 ans. Administrateur du Travail et de la Sécurité sociale. Il fut ministre de la Justice, Garde des Sceaux, du 6 avril 2011 jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. Après près de cinq années d’effacement, Maharafa Traoré revient aux affaires en occupant le poste de directeur général du Projet Assurance Volontaire (AV+) chargé d’assurer la promotion de l’assurance destinée aux travailleurs (non-salariés) non couverts par les prestations sociales. AV+ est le fruit du partenariat public privé entre l’Inps et la Saer-Emploi. Les deux entités viennent de signer (26 octobre dernier) la Convention de leur partenariat. L’ex-ministre Maharafa Traoré est chargé de faire assurer près de 15 000 travailleurs maliens résidents ou de la diaspora avant fin décembre 2017.

<strong>16- Lassine Bouaré</strong> : 58 ans. Inspecteur des Services économiques.  Après avoir été conseiller technique chargé de la Cellule politique et gouvernance à la Présidence de la République (2002-2003) puis directeur général de l’Inps (2003-2009), il entre au gouvernement le 9 avril 2009, au poste de ministre Délégué chargé du Budget. Par la suite, il est confirmé ministre de l’Economie et des Finances, du 6 avril 2011 au coup d’Etat du 22 mars 2012.  Quatre mois après, il est promu Commissaire au développement institutionnel (Cdi) et quitte ce poste en 2015.  Depuis janvier 2016, il est, au titre de l’administration publique, membre du Conseil de régulation de l’Autorité de régulation des marchés publics et des Délégations de service public (Armds).

<strong>17- Madame Sangaré Niamoto Bâ</strong> : 62 ans. Inspecteur des Services économiques. Elle fut ministre de l’Industrie, des Investissements et du Commerce du 6 avril 2011 jusqu’au coup d'État militaire qui renverse le président ATT le 21 mars 2012.  Un peu plus d’une année après, Mme Sangaré Niamoto Bâ devient chef de Cabinet du ministre Bocary Tréta au Développement rural (2013-2015). Elle est admise à faire valoir ses droits à la retraite le 1er janvier prochain.

<strong>18- Djiguiba Keïta</strong> « Ppr »: 59 ans. Professeur de Droit constitutionnel.  Plus connu sous le surnom Ppr (Prêt pour la révolution) depuis les chaudes années de luttes scolaires et estudiantines sous la conduite de l’Uneem (1978-1980), il est une figure emblématique de la jeunesse contestataire du régime Udpm qui l’a contraint à l’exil (1981-1991).  A son retour au bercail, il s’engage avec d’autres camarades de lutte dans le parti Cnid qu’ils quitteront pour créer le Parena en septembre 1995.  C’est en qualité de secrétaire général du Parti du Bélier que « Ppr » devient ministre de la Jeunesse et des Sports, du 6 avril 2011 jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. Après une courte période de semi-clandestinité, il a renoué avec l’activisme politique à travers les activités de son parti et de l’Opposition républicaine. Récemment (juin-août 2017), Ppr était parmi les leaders de la « Plateforme Antè A Bana Touche pas à ma Constitution » qui ont combattu le projet de révision constitutionnelle du président IBK. Celui-ci s’est vu contraint de surseoir à l’organisation du référendum prévu à cet effet. De son côté, depuis sa courte expérience ministérielle, Diguiba Kéïta Ppr est retourné au Fonds de solidarité nationale (Fsn) où il sert depuis 1998 quand cette structure s’appelait Agence de développement social (Ads).

<strong>19- Pr Siby Ginette Bellegarde :</strong> 68 ans. Professeur d’université (Chimie). Elle fait son entrée au gouvernement le 9 avril 2009 au poste de ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique. Le 6 avril 2011, elle est nommée ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. A la retraite de la Fonction publique, elle est actuellement directrice générale de l’Institut africain de technologies et de management (Itma), une université privée lancée en août 2016 par le Groupe « Les Castors » en partenariat avec Swiss-Umef University.

<strong>20-Yacouba Diallo</strong> : 61 ans. Ingénieur de constructions civiles. Après avoir été, entre autres, Pdg de la Compagnie malienne de navigation (Comanav, 1997-2001) et Pdg de l’Agence de cessions immobilières (ACI, 2001-2007), Yacouba Diallo devient, le 6 avril 2011, ministre du Logement, des Affaires Foncières et de l’Urbanisme. A l’époque, il était parmi les dirigeants influents de l’Adema-Pasj. Après les événements de Mars 2012, les observateurs ont perdu toute trace de lui autant sur l’échiquier partisan que dans les rouages de l’administration d’Etat.

<strong>21-Hamane Niang</strong> : 65 ans. Administrateur de société. Principal artisan de la modernisation de la gestion de la Fédération malienne de basket-ball dont il fut président (1999- 2007), il fait son entrée au gouvernement, le 3 octobre 2007, moins d’une semaine après le sacre historique de l’Equipe nationale féminine sénior du Mali au tournoi de l’Afrobasket à Dakar. Du ministère de la Jeunesse et des Sports, il s’en va au ministère de la Culture qu’il dirige du 6 avril 2011 jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. Après cet événement, il retourne dans le privé pour redevenir Pdg de la « Holding Niang » dont l’une des entreprises emblématiques est « La Malienne de l’Automobile » qu’il a dirigée avant sa promotion ministérielle. Au plan sportif, le 1er août 2014 à Madagascar, il est élu à l’unanimité président de la Section africaine de la Fédération internationale de basket-ball (Fiba-Afrique) puis le 13 septembre suivant, à Madrid (Espagne) il est désigné 1er vice-président de Fiba-Monde. Depuis, <strong>Hamane Niang</strong> s’occupe des activités de ces instances internationales de basket-ball.

22-Dr Daba Diawara : 66 ans. Administrateur civil à la retraite. Il fut deux fois secrétaire général du Gouvernement (1989-1991 puis 1992-1993 avec rang de ministre). Il a occupé également deux postes ministériels : Fonction publique et Travail (avril 1991 – juin 1992) ensuite Réforme de l’Etat, du 6 avril 2011 au coup d’Etat du 22 mars 2011. Sa nomination à ce ministère résulte de son action à la tête du Comité d’experts qu’il a dirigé (2008-2011) dans le cadre du processus de réformes politiques en vue de consolider la démocratie au Mali. Après les événements de mars 2012, Daba Diawara se consacre jusqu’à nos jours aux activités du Parti pour l’indépendance la démocratie et la solidarité (Pids, Opposition) dont il est le président depuis 2001. Après avoir fait valoir ses droits à la retraite en 2014, il a créé un Cabinet de conseil juridique où il mène des consultations, notamment sur les questions institutionnelles et de gouvernance.

<strong>23- Amadou Cisse « Djadjiri</strong> » : 57 ans. Ingénieur des Travaux publics. Dirigeant très actif de l’Urd, le président d’honneur de l’Ordre des ingénieurs conseils du Mali est nommé ministre des Mines dans le dernier gouvernement du président ATT. Après les événements de 2012, il se consacre aux activités de son Bureau d’études « Groupe d’ingénieurs consultants » (Gic-Mali) intervenant dans le secteur du Btp.  Au plan politique, celui qui est communément appelé « Djadjiri » est élu député en 2013 à Ténenkou.  Il y a deux semaines, il a cédé son fauteuil de 3ème vice-président de l’Assemblée nationale à son camarde Seydou Diawara.

<strong>24-Dr Habib Ouane</strong> : 67 ans. Economiste. Il passe quasiment toute sa carrière professionnelle à l’international : Ocde, Acp, Omvs, Cnuced : Conférence des Nations unies pour le commerce et le Développement (Cnuced, basée à Genève). Au sein de ce mécanisme intergouvernemental permanent qu’il a intégré à la fin des années 1970, Dr Habib Ouane occupe plusieurs postes dont celui de directeur de la Division Afrique et Pays moins avancés (Pma) et plus tard secrétaire exécutif adjoint du Comité chargé des politiques de développement. C’est de là qu’il a été nommé dans son pays ministre de l’Energie et de l’Eau (6 avril 2011- 22 mars 2012).  Après cette courte expérience gouvernementale, le Dr Habib Ouane est redevenu un habitué des grands débats internationaux (sur les chaines internationales de Radio ou de Télévision) concernant le développement de l’Afrique.

<strong>25- Modibo Ibrahim Touré</strong> : 58 ans. Inspecteur des Finances. Après avoir servi aux Usa au sein de l’« United Parcel Service », il entame en septembre 1990 une longue carrière à l’international, notamment dans les rouages du Pnud. Au compte de cette agence onusienne, Modibo Ibrahim Touré a été Représentant-Résident en Ethiopie et au Tchad. Au siège de New York, il a géré les dossiers d’autres pays africains (les Grands Lacs, le Ghana, le Libéria, la Mauritanie, le Togo et le Mali). Il devient ensuite conseiller spécial du directeur Afrique du Pnud en charge du Burkina, de Djibouti, du Rwanda, du Tchad et d’Ethiopie. Après son passage au siège de la Banque africaine de développement (Bad) à Tunis où il a occupé les postes de secrétaire général puis du directeur de Cabinet et directeur du Bureau du président de cette banque (2006-2011), Modibo Ibrahim Touré est nommé ministre des Postes et des Nouvelles technologies dans le dernier gouvernement du président ATT. Après cette courte expérience ministérielle, il reprend sa carrière de fonctionnaire international en devenant successivement : Représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations unies en Centrafrique (juillet 2012 – janvier 2013), ensuite Représentant résident du Pnud par intérim et coordinateur des activités humanitaires au Kenya (janvier-avril 2013) puis sous-secrétaire général adjoint et conseiller spécial pour la région des Grands Lacs ((avril 2013- avril 2016) et enfin Représentant spécial du secrétaire général des Nations-unies en Guinée-Bissau où il dirige le Bureau des Nations-unies pour la consolidation de la paix (Binugbis) depuis avril 2016.

<strong>26-Dr Abdoulaye Sall :</strong> 69 ans. Socio-économiste. Très engagé dans la société civile à travers le « Cercle de réflexion et d’information pour la consolidation de la Démocratie au Mali » (Cri 2002), il est promu ministre des Relations avec les Institutions du 6 avril 2011 au coup d’Etat du 22 mars 2012. Au plus fort de la crise multidimensionnelle de 2012 – 2013, le Dr Abdoulaye Sall a multiplié les initiatives de sortie de crise en animant des activités à Bamako et à l’intérieur du pays. Début 2017, il a réédité son ouvrage « Le pari de la décentralisation » qu’il avait publié en 2 tomes (1993). Auteur de plusieurs ouvrages, notamment sur le monde rural et l’Ecole malienne, le Dr Sall est de nos jours consultant. Il se consacre aussi aux activités de « Cri 2002 » dédiées essentiellement à la formation, à l’information et à la sensibilisation sur la citoyenneté. Depuis juillet dernier, le Dr Abdoulaye Sall fait partie des dirigeants de la Coalition citoyenne des associations de la société civile pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale (Ccasc-Purn) présidée par l’ex-Premier ministre Ahmed Mohamed Ag Hamani.

<strong>27-Dr Badara Aliou Macalou :</strong> 69 ans. Médecin gynéco-obstétricien. En qualité de secrétaire général du Parti Us-Rda, il fait son entrée au gouvernement le 3 octobre 2007 au poste de ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaine. Cumulativement à ses fonctions, il est nommé, le 5 décembre 2010, ministre de la Santé suite à la démission du titulaire Oumar Ibrahim Touré.  Lors de la formation du dernier gouvernement, le 6 avril 2011, Badara Aliou Macalou garde son ancien poste de ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaine qu’il dirige jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. Entretemps, il avait perdu la bataille de contrôle de l’appareil de son parti à la tête duquel il est remplacé par Bocar Moussa Diarra, en mai 2010. Depuis, Dr Badara Aliou Macalou s’est retiré de l’activisme politique pour se consacrer à ses activités de praticien dans sa propre clinique privée.

<strong>28-Dr Sidiki N’Fa Konate</strong> : 61 ans. Journaliste-fonctionnaire. Il fut ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, du 6 avril 2011 jusqu’au renversement du régime ATT, le 22 mars 2012.  A la faveur de l’élection présidentielle de 2013, le Docteur en communication descend dans l’arène politique en battant campagne pour le candidat IBK dans la région de Sikasso. Par la suite, il devient militant actif du Rpm (le parti présidentiel) dont il est le secrétaire à la Communication de la Section de Kolondiéba et fait partie des cadres influents de la Coordination régionale de Sikasso. Entre 2014 et 2016, il assume les fonctions de conseiller à la Communication du président de l’Assemblée nationale. Depuis avril 2016, il est directeur général du nouvel (Ortm) Office Radio-Télévision du Mali qui a remplacé l’Office de Radiodiffusion-Télévision du Mali dont Sidiki N’Fa Konaté fut Dg, de 1997 jusqu’à son entrée au gouvernement en avril 2011. En mars 2015, il a présidé les travaux de l’Atelier national sur la stratégie gouvernementale au Mali. Depuis Juin 2007, Sidiki N’Fah Konaté est le président du Réseau de l’audiovisuel de l’Afrique francophone (Rapaf).

<strong>29-Harouna Cissé</strong> : 60 ans. Gestionnaire. Dirigeant influent de l’Adema-Pasj dont il est le secrétaire général de la Section VI de Bamako, il fut le coordinateur de la campagne présidentielle du candidat ATT en 2007. Réélu, celui-ci le nomme conseiller technique à la Présidence de la République où il dirige la Cellule infrastructures et filières agricoles (février – août 20008) puis la Cellule promotion du secteur privé, de septembre 2008 jusqu’à son entrée au gouvernement le 6 avril 2011. Harouna Cissé occupe le poste de ministre du Développement social, de la solidarité et des personnes âgées jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. Depuis mai dernier, il assume les fonctions de Pca de l’Agence des énergies renouvelables (Aer).

<strong>30- Dr Konaré Mariam Kalapo</strong> : 64 ans. Gestionnaire des structures hospitalières et médico-sociales.  Elle fut ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, du 06 avril 2011 au 16 février 2012. Elle en fut limogée (officieusement) suite aux manifestations de rue des femmes et enfants des militaires de Kati relativement à la gestion de la crise sécuritaire dans les régions septentrionales. Depuis sa sortie du gouvernement, nous n’avons eu aucune information sur un point de chute (politique ou administratif) du Dr Konaré Mariam Kalapo. Celle-ci est quand bien même régulièrement présente aux activités des femmes leaders et celles réunissant les anciennes ministres en charge de la Promotion de la Femme. Il en est ainsi aussi lors des festivités de célébration de la Journée internationale de la Femme (8 mars) et de la Journée panafricaine des femmes (31 juillet).

<strong>31- Abou Sow</strong> : 64 ans. Administrateur civil à la retraite. Après avoir gravi tous les échelons du commandement territorial, il est devenu Gouverneur de la Région de Ségou, de janvier 2005 à son entrée au gouvernement le 9 avril 2009.  Il assume les fonctions de secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargé du Développement intégré de la Zone Office du Niger. Il devient, le 6 avril 2011, le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé du Développement intégré de la Zone Office du Niger en poste jusqu’au coup d’Etat du 26 mars 2012. Depuis, Abou Sow s’est retiré de l’action publique.

<strong>32- Sambou Wagué</strong> : 62 ans. Inspecteur des Finances. Après avoir dirigé la Direction nationale du Trésor et de la Comptabilité publique, il se retrouve (au sein des Affaires étrangères) aux commandes de Direction de la Coopération internationale. C’est de ce poste qu’il est nommé, le 6 avril 20111, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé du Budget. Après les événements du 22 mars 2012 qui ont écourté sa carrière ministérielle, Sambou Wagué devient, le 2 février 2015, directeur général du Budget. Il quitte cette fonction le 3 février 2016. Suite au scandale créé par la suspension du droit de vote du Mali à l’Onu (à cause du non-paiement de cotisation), le directeur général du Budget Sambou Wagué fait partie des cadres diplomatiques et financiers qui en ont fait les frais.

<strong>33- David Sagara</strong> : 50 ans. Ingénieur agronome. Au titre du parti Codem, il devient ministre délégué chargé de la Décentralisation (6 avril 2011–22 mars 2012). Pendant la Transition présidée par le Pr Dioncounda Traoré dans le gouvernement du Premier ministre Cheick Modibo Diarra qui est contraint à la démission, le 11 décembre 2012.  Le nouveau gouvernement sous Diango Cissoko regorge de représentants des principales forces politiques du pays. C’est ainsi que David Sagara, N°2 de la Codem, redevient ministre, cette fois-ci chargé du département du Logement, de l’Urbanisme et des Affaires foncières (15 décembre 2012 - 8 septembre 2013).  Sa gestion durant cette période lui a valu d’être inculpé en 2015 dans une affaire de spéculation foncière dans la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou. Cette affaire, sans être éteinte, ne défraie plus la chronique, mais a suscité des remous au sein de la classe politique, notamment à l’intérieur de la Convention de la majorité présidentielle (Cmp) et de l’alliance des Partis unis pour la République (Pur) qui ont exprimé leur soutien à l’ex-ministre David Sagara un des principaux animateurs du parti Codem dont le président est le ministre des Sports, Housseyni Amion Guindo.

<strong>34-Mme Dandara Touré</strong> : 66 ans. Professeur d’enseignement supérieur et chercheur en sciences sociales à la retraite. Elle a été, à cause du coup d’Etat du 22 mars 2012, une très éphémère (34 jours) ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille (16 février – 22 mars 2002). Membre fondatrice et dirigeante du Pdes (défendant l’héritage politique du président ATT), Mme Dandara Touré s’active beaucoup ces derniers temps dans le cadre des activités de l’Opposition républicaine et démocratique. En juillet-août 2017, elle a présidé la Plateforme des femmes de l’Opposition engagées contre le projet de loi de révision constitutionnelle. Un texte dont l’adoption par voie référendaire est ajournée sine die sur décision du président IBK face à une déferlante contestation populaire.

<strong>Dossier réalisé par LA REDACTION</strong>

<strong> </strong>

<strong>Liste des membres du Gouvernement (06 avril 2011 - 22 mars 2012)   </strong>

<strong>Premier ministre : Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé</strong>

1- Ministre de l’Environnement et de l’Assainissement : Pr Tiémoko Sangaré ;

2- Ministre du Travail et de la Fonction publique ; Maitre Abdoul Wahab Berthé ;

3- Ministre de l’Equipement et des Transports : M. Hamed Diane Sémega ;

4- Ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales : Général Kafougouna Koné ;

5- Ministre de l’Elevage et de la Pêche : Dr Bokary Tréta

6- Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale : M. Soumeylou Boubeye Maïga ;

7- Ministre de la Santé : Mme Diallo Madeleine Ba ;

8- Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle : M. Modibo Kadjoké ;

9- Ministre de l’Artisanat et du Tourisme :M. Mohamed El Moctar

10- Ministre de la Défense et des Anciens Combattants : M. Natié Plea ;

11- Ministre de la Sécurité Intérieure et de la Protection civile : Général Sadio Gassama ;

12- Ministre de l’Agriculture : M. Aghatam Ag Alhassane;

13- Ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales : Pr. Salikou Sanogo

14- Ministre de la Justice, Garde des sceaux : M. Maharafa Traoré ;

15- Ministre de l’Economie et des Finances : M. Lassine Bouaré ;

16- Ministre de l’Industrie, des Investissements et du Commerce : Madame Sangaré Niamoto Ba

17- Ministre de la Jeunesse et des Sports : M. Djiguiba Kéïta ;

18- Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : Mme Siby Ginette Bellegarde

19- Ministre du Logement des Affaires Foncières et de l’Urbanisme : M. Yacouba Diallo ;

20- Ministre de la Culture : M. Hamane Niang ;

21- Ministre de la Réforme de l’Etat : M. Daba Diawara ;

22- Ministre des Mines : M. Amadou Cissé ;

23- Ministre de l’Energie et de l’Eau : Dr. Habib Ouane ;

24- Ministre des Postes et des Nouvelles Technologies : M. Modibo Ibrahim Touré ;

25- Ministre des Relations avec les Institutions : Dr. Abdoulaye Sall ;

26- Ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine : Dr. Badara Aliou Macalou ;

27- Ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement : Dr Sidiki N’Fa Konaté

28- Ministre du Développement Social, de la Solidarité et des Personnes Agées : M. Harouna Cissé ;

29- Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille :Dr Konaré Mariam Kalapo ;

30- Ministre délégué auprès du Premier ministre chargé du Développement Intégré de la Zone Office du Niger :
<ol>
 	<li>Abou Sow</li>
</ol>
31- Ministère délégué auprès du Ministre de l’Economie et des Finances, chargé du Budget : M Sambou Wagué;

32- Ministre délégué auprès du Ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, chargé de la Décentralisation : M. David Sagara.

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Littérature : Che Guevara marque toujours les esprits 50 ans après sa mort</title>
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<pubDate>Tue, 31 Oct 2017 00:10:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Pour rendre hommage à Ernesto Rafael Guevara dit Che Guevara, 50 ans après sa mort, le Train littéraire et Binthily Communication ont organisé, le jeudi 26 octobre 2017 au Restaurant la Gare, une conférence débat suivie d’une projection sur le révolutionnaire qui continu de marquer les esprits. Cette conférence débat qui avait comme modérateur, Robert Dissa était animée par Mme Dramé Kadiatou Konaré dite Atou, éditrice, Seydou Diakité dit Soudanais, activiste sur les réseaux sociaux et de Yacouba Dogoni, sociologue. Dans leurs exposés, les conférenciers ont mis l’accent sur la révolution menée par Che Guevara durant son époque.</strong>

Première à prendre la parole, l’éditrice, Dramé Kadiatou Konaré s’est appesanti sur le parcours littéraire de Che Guevara. Selon elle, Che Guevara était un gros lecteur, un écrivain. Puis, l’éditrice a lu une lettre rédigée par « Le Che ». <em>« Le Che est mort mais il est ressuscité… Parmi les auteurs qui lui ont marqué, c’est le philosophe Jean Paul Sartre. Et le philosophe Sartre disait que le Che est l’être le plus complet de notre époque </em>», révèle l’éditrice Atou. A sa suite, Seydou Diakité alias Soudanais, activiste sur les réseaux sociaux et porte-parole du « Mouvement Bèki Dioyorofa »  a fait savoir que « Le Che » est le plus gentil et le plus bon. <em>« 50 ans après sa mort, le Che est toujours une source d’inspiration pour les jeunes. Le Che n’aimait pas l’injustice. Il faisait le combat des démunis. Le Che était un révolutionnaire… Toutes les conditions sont réunies pour une révolution au Mali parce que ça ne va pas. Il est l’heure de se lever </em>», a martelé Seydou Diakité. Quant au chercheur-sociologue, Yacouba Dogoni, il a souhaité une rééducation de la jeunesse malienne. Et d’ajouter que le Mali a besoin de paix. <em>« Le combat doit se faire avec les idées »,</em> a-t-il conclu. En réponse aux questions des uns et des autres, la conférencière Atou a précisé que Che Guevara a été influencé par le Marxisme. Après la conférence débat, il eut une projection de film sur Che Guevara.

Ernesto Rafael Guevara (nait le  14 juin1928 à Rosario, Argentine et meurt le 9 octobre 1967 à la Higuera, Bolivie). Plus connu comme « Che Guevara » ou « le Che » ; il est un révolutionnaire marxiste et internationaliste Argentin  ainsi qu'un homme politique d'Amérique latine. Il a notamment été un dirigeant de la révolution cubaine, qu'il a théorisé et tenter d'exporter vers d'autres pays. Alors qu'il est jeune étudiant en médecine, Guevara voyage à travers l'Amérique latine, ce qui le met en contact direct avec la pauvreté dans laquelle vit une grande partie de la population. Son expérience et ses observations l'amènent à la conclusion que les inégalités socioéconomiques ne peuvent être abolies que par la révolution. Il décide alors d'intensifier son étude du marxisme et de voyager au Guatemala afin d'apprendre des réformes entreprises par le président JacoboArbenz Guzmàn, renversé quelques mois plus tard par un coup d'État appuyé par la CIA. Peu après, Guevara rejoint le mouvement du 26 juillet, un groupe révolutionnaire dirigé par Fidel Castro. Après plus de deux ans de guérilla durant laquelle Guevara devient commandant, ce groupe prend le pouvoir à Cuba en renversant le dictateur Fulgencio Batista en 1959. Dans les mois qui suivent, Guevara s'installe dans la prison de La Cabdia. Il est désigné procureur d'un tribunal révolutionnaire qui exécute plus d'une centaine de policiers et militaires du régime précédent jugés coupables de crimes de guerre. Puis il crée des camps de <em>« travail et de rééducation</em> ». Il occupe ensuite plusieurs postes importants dans le gouvernement cubain qui écarte les démocrates, réussissant à influencer le passage de Cuba à une économie du même type que celle de l'URSS, et à un rapprochement politique avec le Bloc de l'Est, mais échouant dans l'industrialisation du pays en tant que ministre. Guevara écrit pendant ce temps plusieurs ouvrages théoriques sur la révolution et la guérilla. En 1965, après avoir dénoncé l'exploitation du tiers monde par les deux blocs de la guerre froide, il disparaît de la vie politique et quitte Cuba avec l'intention d'étendre la révolution. Il se rend d'abord au Congo-Léopoldville, sans succès, puis en Bolivie où il est capturé et exécuté sommairement par l'armée bolivienne.

<strong>Aguibou Sogodogo</strong>

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<title>Propos mémorables : Alpha Oumar Konaré Président de la République (1er novembre 2000)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-oumar-konare-president-de-republique-1er-novembre-2000-2597562.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 17 Oct 2017 00:43:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>’Si l’exercice démocratique s’arrêtait à la seule évaluation de l’exécutif, le débat démocratique ne bénéficierait d’aucune base populaire et serait marqué par l’expression de beaucoup d’opportunismes.</strong>

Il importe de renforcer le rôle des partis politiques, parce qu’il n’y a pas de démocratie sans partis politiques. Mais aussi celui de la société civile comme  élément de régulation du jeu politique partisan, comme élément de régulation de la presse, comme garant de la paix civile, de la négociation sociale, comme animatrice de contre-pouvoir.

L’action des sociétés civiles  devrait pouvoir s’exercer par-delà les frontières.

La défense du droit et le droit de communiquer ne devraient pas connaître de frontières. Un handicap, et pas des moindres, est la faiblesse de la démocratie sociale.

Si l’expression du pluralisme s’est opérée dans le champ  politique, elle devient plus difficile dans le champ social et dans le champ syndical.

Beaucoup d’associations ne sont pas sous-tendues par un réel contrôle populaire.

Tous les pouvoirs se trouvent confisqués par un bureau, ou un seul individu, les tutelles administratives ne jouant pas bien leur rôle.

Le champ syndical est quant à lui marqué par la faiblesse du dialogue social. Ce déficit de dialogue social conduit dans bien des cas à de fortes crispations, au développement du corporatisme.

N’’a-t-on pas vu dans nombre de nos pays de fortes crispations entraîner le rejet même de la notion de service minimum, voire la remise en cause des serments professionnels, la violation des codes déontologiques ?

Ces logiques peuvent conduire à des épreuves de force fatales à la démocratie. Le développement du corporatisme conduit à une relégation de la solidarité nationale.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie sans solidarité, nationale.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie sans esprit de sacrifice et de justice sociale, sans les valeurs fortes du travail et du travail bien fait.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie dans une logique forte, dominante, de dépendance extérieure.

Une autre exigence démocratique nous paraît être la lutte contre l’analphabétisme.

Apprendre à lire, à écrite et à compter est un acte premier de libération, de responsabilité, de dignité.

Aujourd’hui, être connecté, (même si pour beaucoup d’entre nous et pendant longtemps ce sera de façon collective), grâce aux nouvelles technologies de l’information,  renforcera les conditions de transparence, de contrôle, d’accessibilité, d’échanges, tous principes fondateurs d’une vraie démocratie. Les révolutions scientifiques et technologiques devraient d’abord bénéficier aux pays en développement.’’

<strong>Source (Ensemble debout) </strong>

<strong>Edition Cauris </strong>

<strong>Livres</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Anniversaire du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) : Qui veut falsifier l’histoire ?</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 16 Oct 2017 03:50:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Ignorance ou tentative de falsification de l’histoire ? Dans tous les cas, le directoire actuel du parti UM-RDA, après une confusion terrible sur la date de création du Rassemblement démocratique africain (RDA), est désavoué par les cadres et militants restés fidèles aux idéaux des pères fondateurs de l’USRDA.  En effet, dans une correspondance, dont nous avons obtenu copie par l’entremise d’un militant, le président de l’UM-RDA informe que le parti va célébrer le 71<sup>è </sup>anniversaire du RDA, le 22 octobre 2017. Alors que cette date marque plutôt l’anniversaire de l’USRDA, mais pas celui du RDA dont le congrès constitutif s’est déroulé du 18 au 21 octobre 1946 à Bamako.

Rappel des faits. L’USRDA a été créé le 22 octobre 1946 par le président Mamadou Konaté et beaucoup de jeunes cadres de l’époque. La veille, précisément du 18 octobre au 21 octobre 1946, des leaders politiques (de la Cote d’Ivoire, Guinée, Sénégal, Niger, Dahomey, entre autres) étaient à Bamako pour créer un grand mouvement panafricain : Rassemblement démocratique africain (RDA). Et il avait été décidé, à l’issue de cette rencontre, que chaque pays créé sa section territoriale. Ainsi, les Soudanais ont, dès le 22 octobre, porté l’USRDA sur les fonts baptismaux.

Pour immortaliser la création du parti, la rue qui passe derrière l’ENSUP (en commune III) a été baptisée « Rue du 22 octobre ». Et une autre rue, en Commune II, a pris le nom «RDA ». Voilà qui devrait orienter les cadres de l’UM-RDA qui tentent de réécrire l’histoire de l’USRDA. Ce, dans le seul but de liquider cet héritage politique légué par les pères de l’indépendance.

En réalité, cette stratégie de liquidation est savamment orchestrée par des cadres véreux qui se sont, au fil des années, accaparés du parti. Ils ont, il y a sept ans et sous le couvert de retrouvailles entre les héritiers des pères de l’indépendance, fait perdre à l’USRDA son identité. Le sigle a, en effet, été remplacé par l’UM-RDA. Alors que les géniteurs de l’Union soudanaise RDA, même après l’indépendance, n’ont pas osé toucher à ce sigle qui représente tout un symbole.

Aussi, dans la dynamique de la liquidation, ces mêmes cadres piétinent le code d’éthique qui faisait la force de l’Union soudanaise, à savoir la morale en politique. « Si la politique n’est pas la morale, il n’y a pas de politique sans morale », répétaient Mamadou Konaté et ses compagnons qui avaient aussi foi au parti et au pays. Aujourd’hui, c’est une véritable OPA (offre publique d’achat) qui s’est effectuée au niveau du parti, dont la direction a été accaparée par des gens qui ne connaissaient ni son parcours et encore moins ses valeurs.

Heureusement que des gardiens, dont Mamadou Bamou Touré, ancien secrétaire général de l’USRDA et ancien ministre, veillent encore sur le temple. Approché par nos soins, le doyen a refusé tout commentaire sur la correspondance (ci-dessous) du président de l’UM-RDA, Ibrahim Boacar Ba. Voici l’intégralité des deux correspondances que nous obtenu par l’entremise d’un militant.

<strong>La Rédaction</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>22 Septembre 1991 &#45; 22 Septembre 2017 : Il y a 26 ans, s&amp;apos;en allait le Grand</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/22-septembre-1991-22-septembre-2017-y-a-26-ans-sen-allait-grand-2550342.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 26 Sep 2017 00:40:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Ni la torture, ni l'humiliation auxquelles il a été soumis par les lâches et les sbires  ne l'auront dévié toute sa vie durant  de son combat pour la liberté et la justice. Et, comme pour lui faire honneur, le destin lui avait ravi son dernier soupir ce 22 Septembre, 1991.</em></strong>

Destin singulier et singulière performance que d'être un des hommes politiques maliens les plus importants et parvenir à préserver un quasi-anonymat.

Certes, le combat clandestin a des exigences de discrétion et de dissimulation rigoureuses, mais l'on peut penser que Abdoulaye Barry a choisi, tout au long des années de plomb, de s'effacer, de former sa personnalité, très forte par ailleurs, pour mieux se fondre dans l'ensemble de ses militants et des militants des autres organisations du mouvement démocratique.

Les professeurs, médecins, avocats, architectes… mais aussi les commis, les ouvriers et les paysans qu'il a conduits sur les chemins de l'honneur et de la dignité lui vouaient un respect et une amitié sans limite. Mais, il a su ne jamais se laisser aller à l'adulation béate et vaine.

Il ne se distinguait point des autres ; il se voulait le plus humble d'entre eux. Quoique reconnu "Karamoko" par tous.

Abdoulaye Barry a été toujours et partout un militant.

Toutes ses actions en tant qu'éducateur, syndicaliste, toutes les activités d'homme de culture ; d'homme de presse ont été soutendues par une volonté politique farouche et marquées du sceau de ses convictions. Mais, il s'est aussi toujours défendu avec bonheur d'être subjectif ou sectaire.

Cette ouverture d'esprit et sa propension à écouter et comprendre les autres a fortement contribué à rapprocher d'abord, et souder ensuite, les différentes composantes du mouvement démocratique pour affronter victorieusement le bastion de Moussa Traoré.

Pendant les journées sanglantes de Janvier et Mars 1991, on a pu voir Abdoulaye Barry au cœur de la mêlée.

Lui, le premier responsable d'un Parti clandestin qui aurait dû être sous protection. On  l'a vu faire rempart de son corps pour protéger un manifestant. Comme s'il savait que celui-ci devait, quelques mois après, présider aux destinées de notre grand Mali. Ce manifestant, c'était, Alpha Oumar Konaré.

Autant Abdoulaye Barry pouvait être grand, autant il s'est voulu humble.

Il faut espérer que nos gouvernements actuels et nos dirigeants futurs puissent lire le livre de la vie de ce militant exemplaire qui s'en est allé.

En effet, Abdoulaye Barry est décédé le 22 Septembre 1991 à Katibougou (Koulikoro) à la suite d'une longue maladie.

Enseignant de profession, syndicaliste exemplaire, Abdoulaye Barry était un spécialiste des langues nationales du Mali. Il a traduit l'hymne national du Mali en Bambara) et aussi un journaliste de talent qui a assuré (après Alpha Oumar Konaré) la direction du journal les Echos et de la Coopérative Culturelle Jamana.  Responsabilités qu'il cumulait avec la Direction de la DNAFLA depuis la chute de GMT.

Abdoulaye Barry, c'était aussi, l'homme de combat qui avait été plusieurs fois, admis pour ses convictions dans les geôles du tyran GMT.

Mais, comme le disait Ernesto Che Guevara : "La mort n'est pas réelle, quand on a bien accompli l'œuvre de la vie".

Une œuvre, qu'Abdoulaye Barry aura pleinement accomplie.

<strong> B. </strong><strong>M</strong>

<strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>22 septembre 1960&#45;22 septembre 2017 : Entre grandeur et décadence !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/22-septembre-1960-22-septembre-2017-entre-grandeur-decadence-2543822.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 21 Sep 2017 01:53:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>En 1960, le Mali accédait à la souveraineté internationale. Plus d’un demi-siècle après, cette souveraineté et l’intégrité du territoire sont plus que jamais menacés. L’Etat, depuis quatre ans, est à la conquête d’une paix qui devient de plus en plus exotique. Aujourd’hui, plutôt que d’indépendance, on voit la dépendance : plus de la moitié du territoire malien échappe à l’Etat, les forces étrangères occupent le territoire, la dépendance économique est plus que jamais réelle…. Les pères de l’indépendance doivent se retourner dans leurs tombes.</strong>

22 Septembre 1960, le début de l’histoire d’un Mali libre. Le premier président et son équipe, partis de rien, réussissent à jeter les bases d’une vraie indépendance économique. Plusieurs réalisations témoignent du travail effectué en six (6) ans. On notera la création de plusieurs structures qui répondaient aux besoins essentiels de la population : 10 hôpitaux, 300 dispensaires, 45 centres médicaux, 60 maternités, une pharmacie populaire avec des succursales dans toutes les grandes villes et chefs de lieux de cercles et des dépôts dans les arrondissements et les villages.  5 écoles de formation de personnel de la santé, 4 écoles d’enseignement supérieur (ENA, ENSUP, ENI, INA) furent créées. Le 16 décembre 1966 l’inauguration du barrage de Sotuba sur le Niger fera figure de réalisation de prestige.

Pour mieux affirmer la souveraineté nationale, le franc malien fut créé le premier juillet 1962.  L’équipe de Modibo Keita entendait rendre aux Maliens la maîtrise de leur destin.

Il importe de souligner que le Président Modibo Keïta ne signait que des accords qui préservaient la souveraineté et les intérêts du Mali.  L’œuvre d’édification nationale de Modibo Keita et son action pour la paix, furent récompensées par le Prix Lénine international en 1963.

Sous les présidences successives d’Alpha Oumar Konaré (1992-2002) et d’Amadou Toumani Touré (2002-2012), le Mali s’impose comme une démocratie modèle et sert d’exemple aux autres pays du continent. Mais la démocratie malienne est mise à mal dès le début des années 2010 par des rébellions dans le nord-est du pays où la population touarègue revendique l’autodétermination. La lutte armée des rebelles touaregs se radicalise, à la faveur du déversement dans le pays des armes provenant de la guerre libyenne de 2011. La rébellion bénéficie aussi du soutien des islamistes qui ont infiltré le nord du pays à la faveur du chaos qui y régnait depuis l’affaiblissement du pouvoir central malien.

Le pays vogue aujourd’hui dans une situation sécuritaire généralisée très précaire, une crise économique et financière sans précédent engendrée par une mal gouvernance endémique, un front social qui couve, et une forte demande sociale sans la moindre piste d’offre. Toutes choses qui placent le Mali sous tutelle internationale de la Minusma, du Fmi, de la Banque mondiale…sans espoir d’envisager l’« indépendance » à moyen terme. Un tour d’horizon de la situation d’ensemble du pays donne tout simplement le tournis, car le Mali semble avoir tout perdu ou presque : son intégrité territoriale (sérieusement menacée par un risque élevé de partition avec le cas de Kidal sous protection française), son indépendance économique et financière (compromise par plusieurs signaux sociaux et la dépendance à Bretton Woods); son indépendance politique (mise par l’absence par l’absence d’un Etat fort).

Ce saut dans l’abime est de la responsabilité de Amadou Haya Sanogo, l’ex-putschiste de Kati, qui a accéléré la décadence de l'armée ; mais aussi et surtout de l’actuel de la République, Ibrahim Boubacar Keïta.

<strong>Le Mali sous tutelle…</strong>

Depuis 2012, la souveraineté et l’intégrité territoriale sont mises à mal. Profitant des bouleversements politiques successifs à Bamako, les événements s'accélèrent dans le nord du pays et dans le Sahel, au centre du pays. De mars à septembre 2012, les villes de Kidal, Gao, Tombouctou et Mopti tombent aux mains des islamistes qui se rapprochent des régions du sud. Peu défendue, Mopti, la capitale du centre du pays, ne tenait qu'à un fil. Le 23 septembre 2012, le Mali et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) s'accordent sur le déploiement d'une force africaine. Le 21 décembre 2012, le Conseil de sécurité des Nations unies autorise par une résolution le déploiement d'une force africaine au Mali. Le 11 janvier 2013, les troupes françaises interviennent en appui de cette force africaine, c'est le début de l'opération Serval.

Un an et demi plus tard, cette opération Serval apparait comme un succès militaire : les villes ont été reprises ainsi que le territoire du nord du pays, un dialogue est rétabli avec les différentes composantes Touareg et l’État malien est stabilisé. Mais Al-Qaida au Maghreb islamique procède par des incursions ponctuelles et par des attentats, et des troupes françaises et africaines sont maintenues sur place. Il est décédé de substituer l’opération Barkhane à l'opération Serval, pour sécuriser la bande sahélo-saharienne, avec la mission de lutter contre les groupes djihadistes et d’empêcher la constitution de sanctuaires terroristes.

Ainsi, l’objectif ultime de l’hexagone, qui n'a jamais perdu l’espoir d'occuper le Mali, était atteint. Et un traité de coopération militaire en matière de défense entre le Mali et la France a été ratifié. Modibo Keïta doit se retourner dans sa tombe ! EN plus des troupes françaises, des milliers de soldats étrangers (Casques bleus) ont envahi le Mali. L’aide  indispensable  de la Mission  des Nations Unies  au Mali (Minusma) semble destinée à s’installer durablement au Mali. Son départ n’est pas à l’ordre du jour.

Le pire est qu’aujourd’hui encore, rien n’est réglé au nord du Mali. L’accord pour la paix et la réconciliation, issu d’un marathon de négociations à Alger, qui porte l’espoir d’un retour rapide de la paix est dans l’impasse. Plombé par le conflit intercommunautaire opposant Ifoghas et Imghads à Kidal, le processus de mise en œuvre de l’accord est complètement aux arrêts.

Sur une bonne partie du territoire national, la souveraineté de l’Etat est totalement absente. La partition du pays est consommée. Le cas Kidal suffit pour preuve. Certains le disent haut et fort : le Mali a perdu le nord du Mali. En effet, le président Ibrahim Boubacar Kéïta a offert Kidal (une ville remise dans le giron malien par Dioncounda Traoré sous la Transition, avec un gouverneur et une administration complète, plus le drapeau malien qui flotte partout) aux rebelles sur un plateau d’or, en cautionnant la visite de l’ancien Premier ministre Mara du 17 mai 2014, un épisode douloureux qui a couté tant de vies civiles et militaires.

Au-delà de Kidal, c’est la quasi-totalité des régions du nord qui sont sous le contrôle ou la menace des rebelles, terroristes et djihadistes. Ceux-ci étendent leurs tentacules jusqu’au centre et au sud du pays en instaurant une insécurité chronique dans les régions de Ségou, Mopti, Sikasso, Koulikoro, Kayes et dans le District de Bamako. Attaques, attentats et attentats-suicides, pose de mines antichar et antipersonnel, braquages, enlèvements d’animaux, assassinats et autres formes de violences constituent le lot quotidien du vécu des populations.

Le recouvrement de la souveraineté du Mali dépendra de sa capacité à apporter  une solution définitive aux problèmes du Nord, à prévenir d’éventuelles nouvelles sources d’instabilité. Ce qui passe incontestablement par la rigueur dans la gestion des affaires publiques et la bonne gouvernance. Or, ce sont encore les plus grands péchés d’Ibrahim Boubacar Kéita qui a fini de plonger le Mali dans l’abîme. Il est le seul responsable de ce qui arrive à son pays aujourd’hui : la CHUTE.

En effet, aussitôt intronisé en septembre 2013, le président de la République installe la famille, les amis, les alliés, les affidés et quelques rares compétences dans les hautes sphères de l’Administration malienne. Les principes de l’Etat unitaire sont foulés au pied. Les ressources humaines de qualité sont mises à l’écart. Avec comme corollaire les détournements des deniers publics, les surfacturations, les malversations à ciel ouvert. La conséquence, c’est la déliquescence de l’appareil d’Etat.

Et à la place du redressement économique attendu pour soulager la souffrance des Maliens (qui se réjouissaient d’être extirpés d’une crise engendrée par le coup d’Etat du 22 mars 2012), le président ouvre une vanne de dépenses qui absorbe les ressources financières qui auraient dû être injectées dans le développement et la gestion du quotidien des Maliens. Cet argent a été alloué à l’achat d’un avion présidentiel (entre 16 et 21 milliards de FCFA selon les sources) et à un contrat d’équipements militaires (entre 69 et 108 milliards de FCFA).

Ces fonds détournés de leur vraie destination ont installé une crise financière et économique sans précédent. Les Maliens triment. Et paradoxalement, ils semblent accepter leur sort. Personne ne joue sa partition pour sortir le pays de cette mauvaise passe.

En effet, les Maliens de tous les bords donnent l’impression de croiser les bras et de laisser le destin suivre son cours. C’est le cas notamment de la société civile, considérée comme complice majeure dans la gestion catastrophique du président Ibrahim Boubacar Kéita. Cette société civile courtise le pouvoir, le caresse dans le sens du poil même quand il ne le faut pas. Quand ça va, elle est toujours au chevet de l’Etat ; mais quand ça chauffe, elle devient muette comme carpe. Elle a poussé le bouchon jusqu’à effectuer des missions à l’extérieur (faire des promenades de santé ?) pour le compte de l’Etat, des missions vides de tout contenu. Le pays est laissé à son sort. D’ailleurs, peut-il en être autrement si l’on sait qu’avant la présidentielle de juillet 2013, des leaders des organisations de la société civile ont affiché ouvertement leur soutien au candidat du Rassemblement pour le Mali.

C’est dans ce contexte d’impasse que le Mali célèbre ce vendredi 22 septembre 2017, le 57<sup>è</sup> anniversaire de son accession à l’indépendance. Cependant, le cœur n’est pas à la fête en ces temps d’incertitudes pour le pays de Modibo Keïta !

<strong>I B D</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Et… Modibo Keïta proclame l’indépendance du Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/modibo-keita-proclame-lindependance-mali-2543732.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 21 Sep 2017 00:57:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[« Dans un monde de plus en plus tourmenté où la légalité n’apparait qu’à travers les intérêts stricts des pays, la lutte pour nous devra s’engager sur le plan politique.

Nous demeurons certes fidèles à l’idée de la fédération africaine, nous nous considérons toujours liés par le serment du 17 janvier 1959. Mais pour le succès de notre action en faveur de la fédération, il est indispensable et urgent que la république soudanaise s’affirme sur le plan africain et sur le plan international. C’est la raison pour laquelle nous avons invité à autoriser l’Assemblée législative :

1-     A appréhender les compétences transférées par la république soudanaise à la fédération du Mali ;

2-     A proclamer comme Etat indépendant et souverain la république soudanaise,

3-     A proclamer que la république soudanaise s’appelle République du Mali, libre de tous engagements et liens politiques vis-à-vis de la France, comme la Haute volta, la Côte d’ivoire, le Niger, le Dahomey…

C’est la conséquence logique de la caducité des accords franco-maliens que la France a délibérément violés, en reconnaissant la République du Sénégal comme Etat indépendant. Notification de ces décisions sera faite au gouvernement français, à l’organisation des Nations-Unies et à tous les pays indépendants.

Fidèles à notre idéal d’union et de paix, j’insiste sur ce mot, nous sommes décidés à établir des relations amicales avec tous les Etats du monde, sans exclusive aucune, singulièrement avec ceux d’Afrique qui seront désireux de promouvoir une politique d’union et de progrès, de s’engager résolument dans la lutte pour la libération totale du continent africain et l’établissement d’une paix durable entre les peuples. <strong>La République du Mali est née</strong>.

Le Mali continue. Le mot Mali continuera à résonner  comme un gong sur la conscience de tous ceux qui ont œuvré à l’éclatement de la fédération du Mali ou qui s’en sont réjouis. Nous restons mobilisés pour l’idée de la fédération qui, malgré tout, demeure une demande  virile de l’unité africaine. Nous avons perdu une partie, mais nous gagnerons la manche, in challah. Les puissances d’argent, les forces rétrogrades et impérialistes n’y pourront rien.

Camarades, la Fédération du Mali en tant qu’entité territoriale n’existe plus. Son support politique était le Parti de la Fédération Africain.

«L’Union Soudanaise RDA doit se libérer de toute attache avec cette formation politique, garder son autonomie jusqu’à ce que puissent s’affirmer des positions claires et nettes sur les problèmes politiques et économiques que les Etats africains que les Etats africains ont à affronter au lendemain de leur indépendance. Plus de construction politique dans l’équivoque Clarté dans nos positions, clarté dans celles de nos partenariats éventuels, voilà les conditions indispensables d’une dépendance quelconque de l’Union Soudanaise RDA vis-à-vis de formations politiques africaines. L’Union Soudanaise RDA, fidèle à son option fondamentale en faveur de la paix et l’unité africaine, est décidée dès maintenant à établir des relations de bonne volonté, d’amitié et de solidarité avec tous les partis politiques mobilisés pour la paix, pour la libération du Continent africain de toute domination étrangère et pour l’unité des peuples africains ».

« Camarades, vous pouvez faire confiance au Bureau Politique, au Comité Directeur. Nous voulons ce que les doivent se considérer comme mobilisés pour la construction de la République du Mali, Patrie de tous ceux qui sont fermement  attachés à la réalisation de l’indépendance et de l’union africaine, toutes les Maliennes, tous les Maliens doivent accepter tous les sacrifices pour que notre pays puisse sortir grandi, rayonnant, de l’épreuve qu’il traverse pour que les africains libres, réellement libres puissent sans possibilité d’ingérence, s’unir pour que s’affirme une grande nation africaine qui marquera de son seau la politique internationale, pour que la paix, espoir des peuples en voie de développement, s’établisse entre tous les pays du monde ».

<strong>La Rédaction </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>22 Septembre 1960 : Le film d’un événement historique</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/22-septembre-1960-film-dun-evenement-historique-2543642.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 21 Sep 2017 00:30:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans 24 heures, le Mali va célébrer le 57<sup>è</sup> anniversaire de son accession à l’indépendance.</strong>

<strong>En effet, c’est le 22 septembre 1960 que le président Modibo Keïta lors du congrès extraordinaire de l’US RDA, proclama comme Etat indépendant et souverain la République Soudanaise, devenue République du Mali, libre de tous engagements et liens politiques vis-à-vis de la France.</strong>

<strong>En plus de la symbolique qu’elle renferme, la journée du 22 septembre 1960 a été mouvementée et le processus qui y abouti long. Pour marquer l’événement, L’Aube revient sur le discours historique du président Modibo Keïta, des extraits de discours de certains responsables (politique, de la jeunesse, des femmes, du syndicat) ainsi que l’admission du Mali à l’organisation des Nations-Unies. </strong>

L’accession de notre pays à l’indépendance le 22 septembre 1960 a été le couronnement d’une longue lutte menée par des hommes et des femmes. Ceux-ci, au prix d’énormes sacrifices, ont en effet brisé tous les obstacles menant à la souveraineté nationale et internationale.

En effet, sous la bannière de l’Union soudanaise RDA (le parti de l’Indépendance) diverses sensibilités politiques ont conjugué leurs efforts de 1946 à 1959. Ce qui a permis, au bout du compte, la mise en place du premier gouvernement du Soudan sous le régime de la semi-autonomie.

Auparavant, le référendum constitutionnel gaulliste de 1958 venait de poser avec acuité les problèmes de l’Indépendance et de l’unité africaine.

Ainsi, après de nombreuses péripéties, le RDA réalisa avec les dirigeants du Sénégal (Senghor - Lamine Guèye – Mamadou Dia) la Fédération du Mali (regroupant le Sénégal et Soudan). Un parti fédéral dénommé Parti de la Fédération Africaine (PFA) est créé. Dans la foulée, un gouvernement fédéral est également mis en place. Il est présidé par Modibo Keïta.

L’Assemblée fédérale est installée à Dakar. Cependant, chacun des Etats composant la fédération se proclama République autonome ayant à sa tête un gouvernement et une assemblée.

C’est ainsi que la Fédération du Mali négocia avec le gouvernement français présidé par le Général De Gaulle son accession à l’Indépendance. La délégation de la Fédération dépêchée à Paris était conduite par Mamadou Madéïra Keïta. A l’issue d’âpres discutions, les deux parties aboutirent à la conclusion d’accords de « transferts de compétences » de la France aux autorités de la Fédération du Mali.

<strong>En avril 1960, la signature de ces accords eut lieu</strong>. C’est pourquoi, le Sénégal conserve cette date comme date d’anniversaire de son accession à l’Indépendance. Toutefois, les accords signés (le 4 avril 1960) prévoyaient la proclamation de l’indépendance de la Fédération du Mali le 20 juin. Ce qui fut fait. Mais la fédération du Mali fit long feu. En effet, dans la nuit du 19 au 20 août 1960, Modibo Keïta et tous les responsables d’origine soudanaise furent arrêtés à Dakar puis expulsés vers Bamako.

Certains membres du Gouvernement fédéral notamment Ousmane Bâ, Tidiani Faganda Traoré, Mamadou Aw et ceux de l’Assemblée fédérale, dont Ténéman Traoré, Tiécoura Konaté, Mamadou Sidibé, Mahamane Alassane Haïdara, accompagnaient le Président Modibo.

C’est dans une atmosphère tendue entre les deux voisins que l’Us-Rda a décidé l’organisation d’un congrès extraordinaire à Bamako le 22 septembre 1960. Un congrès qui été ouvert à l’ensemble des composantes du pays et qui consacra de façon officielle la proclamation dela République du Mali, par le Président Modibo Keïta (voir discours). Lors de ces assises, les associations de jeunesse, de femmes, d’anciens combattants, de syndicats, se sont succédés à la tribune pour affirmer leur adhésion à l’option choisie. Le congrès s’est achevé avec l’adoption de deux résolutions – une politique et une d’ordre social – qui ont jeté les bases de la nouvelle République.

<strong>La Rédaction </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Discours du 20 novembre 2001 où Alpha Oumar Konaré renonçait au référendum constitutionnel</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/discours-20-novembre-2001-alpha-oumar-konare-renoncait-referendum-constitutionnel-2523012.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 11 Sep 2017 01:09:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>"Mes chers compatriotes, </strong>

Le gouvernement a décidé d'organiser le 23 décembre prochain le référendum sur le projet de révision de la loi constitutionnelle.

...Mais voilà que des voix se font entendre pour exprimer leur désaccord avec le projet. Ces voix discordantes, que je respecte même s'il n'est pas établi qu'elles reflètent le jugement de la majorité du peuple, émanent de certaines de ses composantes. C'est le signe que toutes les forces vives de la nation ne regardent pas dans la même direction, s'agissant de la loi fondamentale dont la vocation est d'unir les filles et les fils de ce vieux pays pour le présent et l'avenir.

<strong>Mes chers compatriotes,</strong>

Il est portant nécessaire que les Maliennes et les Maliens s'accordent sur l'essentiel au-delà de leurs différences, différences qui, du reste, constituent une richesse dont notre démocratie est en droit de se féliciter. Je ne désespère pas que notre peuple, dans sa sagesse, puisant dans ses ressources intellectuelles, morales et spirituelles, atteigne cet objectif dans les délais les meilleurs.

Une révision constitutionnelle ne vaut que par une adhésion populaire et consciente. Pour permettre que les conditions optimales de concrétisation de ce rêve s'établissent, en ma qualité de président de la République, garant de la cohésion et de l'unité nationales, investi de la mission de régulation du corps social, au nom de la concorde, de la paix et de la stabilité, au nom de la démocratie, j'ai décidé de demander au gouvernement de surseoir à l'organisation du référendum prévu pour le 23 décembre prochain...

<strong>Extrait choisi par Ahmed M. Thiam </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorable : Alpha Oumar Konaré Président de la République (1er novembre 2000)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorable-alpha-oumar-konare-president-de-republique-1er-novembre-2000-3-2469372.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 15 Aug 2017 00:59:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>‘’Si l’exercice démocratique s’arrêtait à la seule évaluation de l’exécutif, le débat démocratique ne bénéficierait d’aucune base populaire et serait marqué par l’expression de beaucoup d’opportunismes.</strong>

Il importe de renforcer le rôle des partis politiques, parce qu’il n’y a pas de démocratie sans partis politiques. Mais aussi celui de la société civile comme  élément de régulation du jeu politique partisan, comme élément de régulation de la presse, comme garant de la paix civile, de la négociation sociale, comme animatrice de contre-pouvoir.

L’action des sociétés civiles  devrait pouvoir s’exercer par-delà les frontières.

La défense du droit et le droit de communiquer ne devraient pas connaître de frontières. Un handicap, et pas des moindres, est la faiblesse de la démocratie sociale.

Si l’expression du pluralisme s’est opérée dans le champ  politique, elle devient plus difficile dans le champ social et dans le champ syndical.

Beaucoup d’associations ne sont pas sous-tendues par un réel contrôle populaire.

Tous les pouvoirs se trouvent confisqués par un bureau, ou un seul individu, les tutelles administratives ne jouant pas bien leur rôle.

Le champ syndical est quant à lui marqué par la faiblesse du dialogue social. Ce déficit de dialogue social conduit dans bien des cas à de fortes crispations, au développement du corporatisme.

N’’a-t-on pas vu dans nombre de nos pays de fortes crispations entraîner le rejet même de la notion de service minimum, voire la remise en cause des serments professionnels, la violation des codes déontologiques ?

Ces logiques peuvent conduire à des épreuves de force fatales à la démocratie. Le développement du corporatisme conduit à une relégation de la solidarité nationale.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie sans solidarité, nationale.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie sans esprit de sacrifice et de justice sociale, sans les valeurs fortes du travail et du travail bien fait.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie dans une logique forte, dominante, de dépendance extérieure.

Une autre exigence démocratique nous paraît être la lutte contre l’analphabétisme.

Apprendre à lire, à écrite et à compter est un acte premier de libération, de responsabilité, de dignité.

Aujourd’hui, être connecté, (même si pour beaucoup d’entre nous et pendant longtemps ce sera de façon collective), grâce aux nouvelles technologies de l’information,  renforcera les conditions de transparence, de contrôle, d’accessibilité, d’échanges, tous principes fondateurs d’une vraie démocratie. Les révolutions scientifiques et technologiques devraient d’abord bénéficier aux pays en développement.’’

<strong>Source (Ensemble debout) </strong>

<strong>Edition Cauris </strong>

<strong>Livres</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Président Alpha Oumar Konaré : Adresse solennelle ajournant le référendum sur le projet de révision de la loi constitutionnelle (Bamako, le 20 NOVEMBRE 2001)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/president-alpha-oumar-konare-adresse-solennelle-ajournant-referendum-projet-de-revision-de-loi-constitutionnelle-bamako-20-novembre-2001-2456892.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/president-alpha-oumar-konare-adresse-solennelle-ajournant-referendum-projet-de-revision-de-loi-constitutionnelle-bamako-20-novembre-2001-2456892.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 09 Aug 2017 08:45:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reporter</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Mes chers compatriotes,</strong>

Le gouvernement a décidé d'organiser le 23 décembre prochain le référendum sur le projet de révision de la loi constitutionnelle.

On se souvient qu'il y a près de trois ans ce projet a fait l'objet de concertations sur toute l'étendue du territoire national par des partis politiques, des représentants des pouvoirs publics, des organisations et associations de la société civile, des experts nationaux et des personnes-ressources étrangères. On se souvient qu'il y a presse dix-huit mois l'Assemblée nationale du Mali a approuvé ledit projet et que cette décision a été sanctionnée par la loi n°00-54/AN-RM du 21 juillet 2000. Le projet de révision de la Constitution ne résulte donc pas d'une volonté unilatérale et arbitraire d'amender notre loi fondamentale.

Le gouvernement, poursuivant la démarche de légitimation de la révision constitutionnelle, a décidé de recourir à la sanction du peuple, et cela à travers le référendum. Nous étions fondés à croire, mes chers compatriotes, au terme de l'approche participative, qu'un large consensus était réalisé autour des modifications proposées et que celles-là s'inscrivaient toutes dans la logique du renforcement des acquis démocratiques et de recherche d'un meilleur fonctionnement des institutions. Ces propositions de modification étaient fondées sur les enseignements tirés de la riche expérience politique et institutionnelle que le peuple malien a connue ; elles devraient contribuer à la consolidation du cadre politique.

Mais voilà que des voix se font entendre pour exprimer leur désaccord avec le projet. Ces voix discordantes, que je respecte même s'il n'est pas établi qu'elles reflètent le jugement de la majorité du peuple, émanant de certaines de ses composantes. C'est le signe que toutes les forces vives de la nation ne regardent pas dans la même direction, s'agissant de la loi fondamentale dont la vocation est d'unir les filles et les fils de ce vieux pays pour le présent et l'avenir.

<strong>Mes chers compatriotes,</strong>

Il est pourtant nécessaire que les Maliennes et les Maliens s'accordent sur l'essentiel au-delà de leurs différences, différences qui, du reste, constituent une richesse dont notre démocratie est en droit de se féliciter. Je ne désespère pas que notre peuple, dans sa sagesse, puisant dans ses ressources intellectuelles, morales et spirituelles, atteigne cet objectif dans les délais les meilleurs.

Une révision constitutionnelle ne vaut que par une adhésion populaire et consciente. Pour permettre que les conditions optimales de concrétisation de ce rêve s'établissent, à ma qualité de président de la République, garant de la cohésion et de l'unité nationale, investi de la mission de régulation du corps social, au nom de la concorde, de la paix et de la stabilité, au nom de la démocratie, j'ai décidé de demander au gouvernement de surseoir à l'organisation du référendum prévu pour le 23 décembre prochain.

<strong>Mes chers compatriotes,</strong>

Encore une fois, c'est dans un élan solidaire que nous bâtirons le Mali de nos rêves, le Mali que nous voulons grand, prospère, démocratique. En ce saint mois de carême, mois de concorde et de pitié par excellence, puisse Dieu veiller sur nous et préserver notre grand pays, le Mali et L'Afrique !]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables : Alpha Oumar Konaré Président de la République (24 mai 1999)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-oumar-konare-president-de-republique-24-mai-1999-2-2448662.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-oumar-konare-president-de-republique-24-mai-1999-2-2448662.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 08 Aug 2017 00:58:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[‘’Le qualificatif de « quatrième pouvoir » donné au poids des médias dans la sphère d’influence des Etats et des sociétés a crû, de façon significative, au fil des évènements de l’histoire mondiale. Il s’agit là d’une influence qui s’est imposée envers et contre toutes les  tentatives d’intimidation et de rétorsion, tout simplement parce que la presse, à la différence de la plupart des disciplines et des pratiques, peut être perçue comme véhiculant la totalité des valeurs de la culture.

Elle est philosophie quand elle procède à l’examen des destins des peuples et des hommes politiques.

Elle est idéologie quand elle prend l’option d’un lecteur particulier et partisan de la théorie et de l’action politique.

Elle est littérature quand elle attache à la forme du message la même considération qu’au  fond. Elle  véhicule une forme d’art achevée à travers ses illustrations, ses bandes dessinées, ses croquis.

La presse enfin est une éthique au sens fort, lorsqu’elle considère que son exercice doit s’accompagner de l’observance stricte d’un corps de valeurs qui lui seraient spécifiques.

Aussi, est-ce aujourd’hui une certitude qu’en cette fin de siècle, et demain de  plus en plus, la suprématie des Etats se construit autour de la maîtrise et de la diffusion de l’information, au double titre de la quantité et de la qualité. L’Afrique, d’une façon générale, et singulièrement le Mali, mon pays, sont donc forcément sensibles à cet état de fait, en même temps qu’ils sont attentifs à l’émergence des nouvelles technologies de l’information, pour la raison bien simple que parmi les défis majeurs que le continent doit affronter pour le siècle prochain, l’accès à ces technologies conditionne pour beaucoup les possibilités de développement.

Pour autant, on ne peut, concernant l’Afrique, disserter de façon univoque sur les différents types de médias, dont chacun répond à un contexte particulier, lié à l’histoire de son émergence et aux conditions politiques, sociales et matérielles qui le spécifient.

La presse écrite, le presse audiovisuelle et Internet, loin d’avoir des positions semblables, sont en quelque sorte le reflet même du continent, dans ce qu’il véhicule de succès et de difficultés, que ceux-ci soient politiques, sociaux ou économiques.

D’une façon générale, la presse africaine a connu son printemps au début des années 1990, dans le sillage des revendications pour la liberté et la démocratie. Mais au Mali, si la presse écrite fut la première à porter ces revendications, elle fut rapidement supplantée par le radio pour des afférentes à son mode de communication avec le public.’’

<strong>Rassemblés par</strong>

<strong> Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Histoire de l’hôpital du Point G</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/histoire-de-lhopital-point-g-2436502.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/histoire-de-lhopital-point-g-2436502.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/10/POINT-G-.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Wed, 02 Aug 2017 00:22:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reporter</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[En 1903 est construit le premier dispensaire de Bamako destiné aux autochtones. Il était situé en face de la Poste Centrale actuelle. L’augmentation de la population européenne nécessitera la création de l’hôpital militaire colonial de Bamako dit Hôpital du Point G. En 1920, pour des raisons de salubrité publique, le dispensaire indigène sera transféré hors de la ville européenne, sur un terrain non défriché en face de la Gare de chemins de fer. Ce dispensaire est l’actuel Hôpital Gabriel Touré, élève en médecine, décédé le 12 juin 1935 d’une infection pulmonaire attrapée au cours de sa formation.

Gabriel Touré, né en 1910 à Ouagadougou, était entré à l’école fédérale de médecine de Dakar en 1932. L’Hôpital du Point G est créé en 1906 sur une superficie de 25 hectares et était administré par des médecins-militaires français jusqu’en 1958. Il est situé à 403 mètres au-dessus du niveau de la mer, 83 mètres au-dessus du niveau du fleuve Niger. Trois pavillons étaient réservés aux Européens dont un aux femmes et un pavillon aux indigènes. L’hôpital en ces temps-là pouvait recevoir 40 Européens et 60 indigènes.  Aujourd’hui, l’Hôpital du Point G est la plus ancienne et la plus grande formation sanitaire du Mali et est la dernière référence.

<strong>Une œuvre de l’armée d’occupation</strong>

Lors de son intervention au premier centenaire de l’hôpital du Point G, le Pr. Kaminian, paix à son âme, a rappelé qu’au Soudan, les premières structures médicales modernes sont l’œuvre de l’armée d’occupation qui en avait besoin pour soigner ses blessés des opérations militaires menées contre les résistants africains et pour assurer la couverture sanitaire des populations européennes de toutes catégories impliquées dans la colonisation et des auxiliaires de l’entreprise coloniale. C’est pour ces raisons que l’armée coloniale créa le premier hôpital avec 10 lots et un personnel de 5 membres (1 médecin, 3 infirmiers et un manœuvre) à Kayes, capitale du Soudan Français de 1881 à 1908, puis celui de Kati après l’installation en février 1896 des premières huttes du camp militaire par le Général De Trentinian, lieutenant-gouverneur du Soudan de 1895 à 1899. C’est en 1906, dans le cadre de l’installation de l’autorité coloniale à Bamako, que les sites de Kati, Koulouba et Diamadia Koulou ont été retenus pour servir de garnison, résidence du Gouverneur Général et d’hôpital.

<strong>L’hôpital du Point G ou de Diamadia Koulou </strong>

L’hôpital du Point G a été réalisé de 1906 à 1913 dans le cadre du transfert de la capitale de la colonie du Haut-Sénégal-Niger de Kayes à Bamako sur le Niger. C’est le 15 juin 1906 que le Gouverneur Général de l’OAF prescrivait l’établissement par le service des Travaux Publics des Colonies du projet définitif à l’Hôpital de Bamako appelé depuis Hôpital du Point G ou Hôpital du Diamadia Koulou. C’est ainsi que l’Hôpital du Point G fut bâti selon un plan conçu par des spécialistes à l’image des hôpitaux du Tonkin, de Cochinchine, de Paris. Et très rapidement, il devint le principal établissement sanitaire des territoires allant de Kayes au Lac Tchad sur 3.000.000 Km2 et s’imposa comme tel depuis sa mise en fonction en 1913. C’est le Général De Trentinian, lieutenant-gouverneur du Soudan Français de 1895 à 1899, qui a choisi :

1) le plateau de Kati pour installer le camp militaire en février 1896 ;

2) le point F, portant l’indication de Koulouba sur la carte du Lieutenant Calisti, pour implanter la future cité administrative et le Palais du Gouverneur de la colonie ;

3) le Point G ou Diamadia Koulou comme emplacement sur lequel devra être édifiée la formation sanitaire la plus importante du Haut-Sénégal-Niger. À cette époque, la construction de l’hôpital prévue pour abriter 120 lits a coûté 1.500.000 Francs de l’époque, et il était destiné aux besoins d’une population de 4000 personnes environ. Aujourd’hui, Établissement public hospitalier, l’Hôpital du Point G assure trois missions : une mission de soins, une mission de formation et une mission de recherche avec un personnel composé de 542 éléments. Il est géré par trois organes, à savoir le Conseil d’Administration, la Direction Générale et le Comité de Direction.

<strong>Source : Bamako des origines à 1940 du Dr. Amadou Malick GUISSE.</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>En 57 ans d’indépendance :  Le Mali a connu 57 femmes  ministres</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/57-ans-dindependance-mali-a-connu-57-femmes-ministres-2427272.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/57-ans-dindependance-mali-a-connu-57-femmes-ministres-2427272.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 29 Jul 2017 10:33:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le lundi prochain, 31 juillet, c’est la célébration de la 43<sup>ème</sup> édition annuelle de la Journée panafricaine de la femme</em></strong><em>. En effet, «l</em><strong><em>e 31 juillet» a été institué à l’occasion du premier congrès de l’Organisation panafricaine des femmes (Opf ou Pawo en anglais), tenu à Dakar le 31 juillet 1974. Consacrant ainsi la «Journée de la femme africaine» en commémoration de la date historique du 31 juillet 1962. Ce jour-là, à Dar es Salaam (Tanzanie), des femmes de tout le continent africain s'étaient réunies pour la première fois et avaient créé la première organisation de femmes dénommée la «Conférence des femmes africaines» (Cfa) devenue donc Opf, il y a 43 ans.</em></strong>

<strong><em>A l’occasion de cette fête continentale dite «la Panafricaine des femmes», votre hebdo préféré consacre aujourd’hui son «Dossier Fémina» au parcours de toutes les femmes ministres que le Mali a connues. De la mise place du 1<sup>er</sup> Conseil de Gouvernement au Soudan Français (20 mai 1957) à la formation de l’actuelle équipe ministérielle (11 avril 2017), notre pays a enregistré 57 femmes ministres en 60 ans de pratique gouvernementale. On dénombre parmi elles : 1 Premier ministre ; 1 ministre déléguée ; 3 secrétaires d’Etat, 1 commissaire à la Promotion de la femme et 1 commissaire à la Sécurité alimentaire. Si le Mali a également connu 2 femmes secrétaires générales du Gouvernement et 1 directrice de Cabinet du président de la République, il n’y a pas eu encore de femmes secrétaire générale de la Présidence de la République ou directrice de Cabinet du Premier ministre. Trois de ces femmes ministres sont décédées (Paix à leur âme !)</em></strong>

<em> </em>

Sous les trois Républiques et dans différentes équipes ministérielles, des Dames ont occupé plusieurs départements sectoriels à l’exception remarquable : de la Défense, de la Sécurité, de l’Intérieur ou Administration territoriale, de la Jeunesse, des Sports.  Autre fait notable : les gouvernements nommés sous la Loi-cadre (Mai 1957 – Novembre 1958), sous la République Soudanaise (Novembre 1958 -  Septembre 1960), sous la Fédération du Mali (Avril 1959 – Septembre 1960) et sous 1<sup>ère</sup>  République du Mali (Septembre 1960 – Novembre 1968)  ne comptaient aucune femme. L’histoire retient que la 1<sup>ère</sup> femme membre du Gouvernement fut nommée dans la 1<sup>ère</sup> équipe ministérielle de la Junte Cmln qui a mis fin à la 1<sup>ère</sup> République le 19 novembre 1968. Elle s’appelait Mme Cissé Inna Sissoko, promue secrétaire d’Etat aux Affaires sociales.

Il est important de signaler qu’en termes de nominations individuelles, certaines femmes ministres ont appartenu à des gouvernements sous différents régimes. Il  faut aussi noter que la palme de la promotion ministérielle au féminin revient au président ATT qui, en deux passages à la tête de l’Etat, a nommé 28 femmes (5 entre avril 1991 et juin 1992 puis 23 entre juin 2002 et mars 2012). Parmi elles, la seule, l’unique et la toute 1<sup>ère</sup> femme Premier ministre au Mali.

En 2<sup>ème</sup> position, vient le président IBK : en moins de quatre années de premier responsable de la gestion des Affaires publiques (de septembre 2013 à nos jours), il a  promu 14 femmes ministres. Quant au président Alpha Oumar Konaré, dix années durant au sommet de l’Etat (juin 1992 – juin 2002), il en a nommée 12 dont le 1<sup>er</sup> ministère chargé de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille qui a remplacé en 1997 la  seule et l’unique commissaire à la Promotion de la Femme et 11 ministres, différentes catégories. De son côté, le président Dioncounda Traoré a nommé 5 femmes ministres en 17 mois d’exercice intérimaire de la Magistrature suprême (avril 2012 -septembre 2013). Qui peut le plus peut le moins, dit-on : le président Moussa Traoré qui a historiquement promu la toute 1<sup>ère</sup> femme ministre du Pays, n’a pour autant, en 23 années d’exercice du pouvoir (novembre 1968 – Mars 1991), nommé que 4 femmes ministres.

Voici le parcours des 57 femmes ministres au Mali.

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<strong>1-Feue Mme  Cissé  Inna  Sissoko : </strong>

Elle est la 1<sup>ère</sup> femme membre de Gouvernement (22 novembre 1968 - 04 juillet 1972. Elle fut secrétaire d’Etat aux Affaires sociales dans les 5 premières équipes ministérielles du Comité militaire de libération nationale (Cmln), la junte qui a mis fin, le 19 novembre 1968, à la 1<sup>ère</sup> République dirigée par le président Modibo Kéïta. Née le 11 décembre 1933 à Ké-Macina, Moussoumakan dite Inna Sissoko était d’abord institutrice adjointe (1953-1957) avant de devenir infirmière d’Etat, formée à l’Ecole des infirmiers d’Etat de l’Aof à Dakar (1957-1959). Elle était aussi détentrice du Diplôme d’Assistance sociale décroché à l’Ecole des surintendants d’usine et des services sociaux à Paris (1959-1962) puis, bien après, du Diplôme de sciences sociales du Travail obtenu à l’Institut des sciences sociales de Paris (1967). Secrétaire d’Etat, elle avait en charge de l’organisation des femmes du Mali.

<strong>2-Mme Gakou Fatou Niang : 1<sup>ère</sup> femme titrée «Ministre»</strong>

Née le 19 mai 1938 à Koulikoro, elle est détentrice de plusieurs diplômes : Propédeutiques Lettres (Université de Dakar, 1961), Licence ès Lettres/Anglais (Sorbonne Paris, 1965), Diplôme en Littérature anglo-irlandaise (Dublin, 1966), Diploma for Teaching English (Welsh Institute, Grande Bretagne, 1967). Elle  fut ministre de l’Information et des Télécommunications (02 août 1980 – 06 juin 1988).  Après ses fonctions ministérielles, elle a été Conseiller technique en charge de l’Education à la Présidence de la République, de 1988 à 1991. Durant la même période, elle était vice-présidente du Conseil économique et social où elle présidait aussi la Commission Industrie, Mines et Energie. Après le changement de régime en mars 1991, Mme Gakou Fatou Niang est affectée à la Direction nationale de l’Enseignement secondaire général chargée des statistiques scolaires, de 1991 jusqu’en 1997, année à laquelle  elle fait valoir ses droits à la retraite.

<strong>3-Mme Sidibé Aïssata Cissé </strong>

Née le 29 avril 1945 à Niono, elle est diplômée de l’Institut de Droit des Affaires en France puis à l’ENA de Bamako (1973). Elle fut ministre de la Santé publique  et des Affaires sociales (6 juin1986 – 8 juin 1988) puis ministre de l’Information (8 Juin 1988 – 8Juin 1989). Après ses fonctions ministérielles, elle devient Conseiller technique au ministère de la Justice, de novembre 1989 jusqu’à sa nomination comme Conseiller à la Cour constitutionnelle. Désignée par le Conseil supérieur de la magistrature, elle exerce deux mandats de sept ans (1994-2001 puis 2001-2008). Depuis, elle est à la retraite.

<strong>4-Mme Diallo Lalla  Sy </strong>

Née le 2 mars 1946 à Koulikoro, elle est diplômée de l’Université Catholique de Louvain en Belgique : Licence en criminologie (1974), Licence en Psychologie clinique et en Sciences de l’Education puis Agrégation d’Enseignement en Psychologie (1975) et Doctorat d’Etat en Sciences de l’Education (1980). Professeur à l’Ensup de Bamako (1976-1987), elle est promue Inspectrice générale de Psychopédagogie, de 1980 à 1987. Elle devient ministre de l’Emploi et de la Fonction publique (06 juin 1988 – 26 mars 1991). Elle est la promotrice du Complexe scolaire Ecovie (enseignements préscolaire, fondamental et secondaire) qu’elle a créé. Sa fille, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, est l’actuelle ministre de la Culture.

<strong>5-Feue Mme Sy Maïmouna Ba </strong>

Née à Macina en mars 1948, elle est diplômée de l’ENA de Bamako (Maitrise en Economie), du Centre international de Hautes études agronomiques méditerranéennes (Master of Sciences en développement rural) et de la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Montpellier (Doctorat de 3<sup>ème</sup> cycle en Economie rurale). A la faveur de la chute du régime de Moussa Traoré, Mme Sy Maïmouna Ba siégea dans le gouvernement de la Transition démocratique: ministre du Développement rural et de l’Environnement (5 avril – 16 juillet 1991),  ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de l’Environnement, du 16 juillet 1991 au 14 mai 1992, date à laquelle elle démissionne en respect de son engagement de prise de disponibilité contractée avec le système des Nations Unies. Elle retourne ainsi au Bureau Pnud de Bamako où elle servit d’Assistante du Représentant-résident au Mali et elle était aussi chargée du programme FENU. Elle y resta jusqu’à son décès, survenu le 9 juin 2002.

<strong>6-Mme Sy Oumou Louise Sidibé : </strong>

Née à Kita en 1947, elle est la sœur de Feu Mandé Sidibé (Premier ministre, de février 2000 à mars 2002) et de Modibo Sidibé (ministre (1992-2002 puis Premier ministre de septembre 2007 à avril 2011). Ex-épouse du Pr Victor Sy, grand militant des causes démocratiques, Oumou Louise Sidibé est diplômée de l’Ensup de Bamako (Spécialité Lettres, 1970). Elle quitte en 1987 la Fonction publique dans le cadre du Programme de départ volontaire à la retraite.  Grâce à un prêt FED à travers Cesiri-so, elle fonde le Groupe scolaire privé Les Castors (Ecole maternelle et fondamentale) créé le 28 février 1988. Elle devient ministre de la Santé publique, de l’Action sociale et de la Promotion féminine pendant 5 mois (du 5 avril au 16 juillet 1991) dans le 1<sup>er</sup> gouvernement de la Transition démocratique. Elle retourne après à ses activités de promotrice d’écoles privées. Sous sa direction, en 2009, le complexe Les Castors se dote un Lycée dont Oumou Louise Sidibé en est elle-même le Proviseur. Le Groupe Les Castors s’élargit en août 2016 à travers le début des activités du Master in Business Administration (MBA) de l’Institut africain de technologies et de management (Itma), une université privée créée en partenariat avec Swiss-Umef University.

<strong>7-Mme Cissé Mariam Khaïdama Youba Sidibé: </strong><strong>seule femme Premier ministre au Mali</strong>

Née le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/4_janvier">4</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Janvier_1948">janvier</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1948">1948</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tombouctou">Tombouctou</a>. Elle obtient son diplôme d'Administrateur civil à l’ENA  de Bamako (1974). Entre avril <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1974">1974</a> et mars <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1989">1989</a>, Mariam Khaïdama Sidibé a occupé plusieurs postes dans différents services du ministère de Tutelle des sociétés et entreprises d’État du Mali. De mars 1989 en août <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1991">1991</a>, Mariam Khaïdama Sidibé est Chargée de mission puis Conseillère technique auprès des présidents Moussa Traoré et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amadou_Toumani_Tour%C3%A9">Amadou Toumani Touré</a>. Du 29 août 1991 au 5 juin <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1992">1992</a>, elle devient  ministre du Plan et de la Coopération internationale et cumulativement à partir du 15 mai 92 ministre de l'Agriculture et de l'Environnement du gouvernement de Transition démocratique. Elle  est, entre août <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1993">1993</a> et novembre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2000">2000</a>, secrétaire exécutive du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/CILSS">Cilss</a> (Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sahel">Sahel</a>) basé à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouagadougou">Ouagadougou</a>. En août <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2001">2001</a>, Mariam Kaïdama Sidibé retourne à la Présidence de la République comme Conseillère Spéciale du président Alpha Oumar Konaré. Celui-ci la promeut après ministre du Développement rural (ministre de l'Agriculture et de l'Environnement).  En <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2003">2003</a>, elle est nommée présidente du Conseil d'administration de la Sonatam (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_nationale_de_tabac_et_allumettes_du_Mali">Société nationale de tabacs et allumettes du Mali</a>). Elle y reste jusqu’en mars 2017 avec une interruption temporaire (avril 2011 – avril 2012) en raison de son passage à la tête de la Primature. Après avoir occupé plusieurs postes ministériels, elle est donc devenue la première et l’unique femme à occuper le poste de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Premiers_ministres_du_Mali">Premier ministre</a> du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/3_avril">3</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Avril_2011">avril</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2011">2011</a> jusqu'au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_militaire_de_2012_au_Mali">coup d'État</a> militaire du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/22_mars">22</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mars_2012">mars</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2012">2012</a> qui a mis fin à la présidence de ATT. Depuis lors, elle est présidente de la Section malienne du Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires (Refamp). Depuis novembre 2015, elle est désignée Ambassadrice honoraire de l’Autorité du Bassin du Fleuve Niger (ABN) pour le Sommet mondial de changement climatique (COP21, décembre 2015) ainsi que le pilotage de la mobilisation des fonds (3,11 milliards de dollars) pour le financement du Plan d’investissement Climat PIC-ABN (2015-2025).

<strong>8-Mme Diakité Fatoumata N’Diaye : </strong>Elle est née à Bamako en avril 1954. Elle est diplômée de l’Université des sciences sociales de Toulouse où elle obtient en 1976 une Maîtrise en Droit civil. Elle poursuivra ses études à Paris où elle obtient en 1978 un DEA de Droit civil à l’Université de Paris I, Panthéon Sorbonne. Elle fut ministre plusieurs fois. Du 16 juillet au 27 décembre 1991, elle est  ministre de la Santé publique, de l’Action sociale et de la Promotion féminine dans le Gouvernement de Transition. Elle y revient six ans après comme ministre de la Santé, des Personnes âgées et de la Solidarité (16 septembre 1997-. Puis, ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées (21 février 2000 et avril 2002). Auparavant, elle avait dirigé le Commissariat au Tourisme (février-août 1992) avant d’être secrétaire générale adjointe du Gouvernement jusqu’en mai 1993. De là, elle devient commissaire à la Promotion des femmes avec rang de ministre. A ce titre, elle a été, de 1995 à 2011, la 1<sup>ère</sup> présidente de la Section malienne du Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires (Refamp). Elle est restée commissaire jusqu’à son retour au Gouvernement en septembre 1997. Cinq ans après, d’avril 2002 à avril 2009, elle est nommée Médiateur de la République du Mali. Elle devient secrétaire générale du Gouvernement (avec rang de ministre), du 29 avril 2009 au 1<sup>er</sup> janvier 2017, date à laquelle elle fait valoir ses droits à la retraite. Quelques semaines après, elle est promue Ambassadeur du Mali en Tunisie où elle réside actuellement.

<strong>9-Dr Mariama Suzanne Maïga</strong>

Néé en 1956 à Ségou, elle est fille de Attaher Maïga qui fut, sous le président Modibo Kéïta, ministre des Finances (1959-1966) puis du Commerce (1966-1968), elle est la sœur cadette de Mme Kéïta Aminata Maïga, l’actuelle Première Dame de la République. Mme Bocoum Mariama Suzanne Maïga obtient en novembre 1979 le Doctorat d’Etat en Médecine (Enmp de Bamako). Elle est aussi détentrice d’un DEA en Santé publique (Université Pierre – Marie de Paris)  et d’un Certificat d’Epidémiologie et de lutte contre la Maladie (Oms-Bamako). Elle débute sa carrière professionnelle comme Médecin-Chef  du Centre de santé familiale du district de Bamako (1980-1984). En sa qualité de chef de section Epidémiologie de la Division santé communautaire à la Direction nationale de la Santé publique, Dnsp (1985-1987), elle dirige ensuite l’Equipe nationale de lutte contre l’épidémie choléra dans la région de Mopti. Puis, elle est coordinatrice du Programme national de lutte contre la bilharziose et des soins de santé primaires. Par la suite, elle est chef du Projet Evaluation des populations déplacées par la construction du Barrage de Sélingué (1986). L’année suivante, elle devient chef de la Division Santé familiale à la Dnsp. De 1988 à 1990, elle est chef de mission de la Banque mondiale au Burkina et au Togo. Elle devient ministre dans le dernier gouvernement de la Transition, nommée au poste de secrétaire d’Etat à l’Action sociale et à la Promotion féminine, du 27 décembre 1991 au 14 mai 1992, qui l’a vue quitter ses fonctions lors d’un réaménagement technique. Elle est la 2<sup>ème</sup> femme promue secrétaire d’Etat. Celle qui était Mme Bocoum au moment de ses fonctions ministérielles est devenue bien après l’épouse de l’actuel ministre de la Solidarité et de l’Action humanitaire, Hamidou Konaté.

<strong>10-Mme Fatou Haïdara, la benjamine des ministres maliens </strong>

<strong> </strong>A son entrée au 1<sup>er</sup> gouvernement du président Alpha Oumar Konaré, début juin 1992, elle avait 30 ans (le plus jeune ministre au Mali indépendant) et était célibataire sans enfants. Elle est titulaire d’une Maitrise en sciences économiques, spécialité Gestion d’entreprise. Après avoir servi notamment au Cepi (Centre d’études et de la promotion industrielle) et dirigé le Projet «Appui aux femmes entrepreneurs» du BIT, Fatou Haïdara devient ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle (9 juin 1992-16 avril 1993). Ce département récupère pendant 7 mois «la Promotion du secteur privé» (16 avril-7 novembre 1993. La benjamine du Gouvernement est ensuite nommée ministre de l’Artisanat et du tourisme, du 7 novembre 1993 au 25 octobre 1994, qui verra le département renforcé par «l’Industrie».  Ensuite, Fatou Haïdara est promue ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, du 16 septembre 1997 jusqu’à son départ du gouvernement lors du remaniement ministériel du 21 février 2000.

<strong>11-Mme Diallo Fatoumata Camara </strong>

Née le 22 novembre 1949, elle est détentrice d’un Doctorat de 3<sup>ème</sup> cycle en sciences de l’Education (Université de Bordeaux II). Après avoir notamment dirigé le Bureau Projets Education, elle est promue secrétaire d’Etat  chargée de l’Education de Base, du 9 juin 1992 au 16 avril 1993. Elle est la 3<sup>ème</sup> femme nommée secrétaire d’Etat. Ensuite, elle devient ministre de l’Education de Base, du 16 avril au 7 novembre 93. En décembre 1996, elle est devenue la présidente de l’Association malienne pour l’appui à la scolarisation des filles (Amasef) affiliée au réseau du Forum africain pour l’éducation des femmes (FAWE en anglais). Fatoumata Camara a ensuite dirigé le complexe multifonctionnel des femmes, le Centre Aoua Kéïta à la fin des années 90. L’ancienne ministre de l’Education de Base est l’épouse de Ahmed El Madani Diallo qui fut ministre, de septembre 1997 à mars 2002.

<strong>12-Mme Sy Kadiatou Sow, 1<sup>ère</sup>  Femme Gouverneur et unique femme ministre des Affaires étrangères</strong>

Née le 7 mars 1955 à Nioro du Sahel, Salama (pour les intimes) est titulaire de diplômes obtenus dans deux universités françaises: Licence en Lettres Modernes (Nice, 1977), Maitrise en Lettres Modernes et Licence en Droit Public (Paris X Nanterre, 1978). Après avoir occupé notamment différents postes de responsabilité au sein de la Cmdt, elle est nommée en avril 1991 Gouverneur du district de Bamako. Une première au Mali. Cette promotion de celle qu’on a surnommée «<em>Dame de fer</em>» est une sorte de récompense de l’engagement politique de celle qui fut membre fondatrice de l’Adema-Association qui prit une part très active dans le Mouvement démocratique qui a eu raison du régime de Moussa Traoré, tombé le 26 mars 1991. Elle fut vice-présidente chargée des Finances, d’octobre 1990 à sa nomination à la tête de l’administration de la capitale malienne. Mme Sy y reste jusqu’au 6 février 1994, date à laquelle elle devient (une première également) ministre des Affaires étrangères, des Maliens de l’Extérieur et de l'Intégration africaine. Au remaniement ministériel du 25 octobre 1994, elle change de département en se voyant confier le poste de ministre de l'Urbanisme et de l'Habitat. Elle y reste pendant six ans (du 25 octobre 1994 à 21 février 2000 où elle quitte le gouvernement. Au même moment, son mari Ousmane Sy devient ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales. Après son départ du Gouvernement, Mme Sy Kadatou Sow est nommée en mai 2001 directrice de l'Unité de gestion de fonds de développement social du Projet de réduction de la pauvreté (Prp). En 2007, démarre la seconde phase du Prp devenu Padec (Projet d’appui au développement communautaire).  Depuis la fin  de ce projet en 2016, Mme Sy Kadiatou est redescendue dans l’arène politique. Elle préside l’Adema-Association et s’exprime régulièrement sur la vie de son Parti Adema-Pasj et sur les questions d’intérêt national. C’est dans ce cadre qu’elle est devenue présidente de la Plateforme «An tè, A banna. Touche pas à ma Constitution». C’est un conglomérat d’associations de la société civile, partis politiques, organisations syndicales et personnalités indépendantes, toutes engagées contre la révision constitutionnelle en cours.

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<strong>13-Mme Aminata Dramane Traoré : Une grande Altermondialiste</strong>

Née le 26 juillet1947 à Bamako,  elle est titulaire d’un Doctorat de 3<sup>ème</sup>  cycle en Psychologie sociale (Paris VII, 1974) et d’un diplôme de Psychopathologie (Paris V, 1975). Elle a d’abord été mariée à un Ivoirien. Elle débute sa carrière professionnelle comme chercheur et professeur d’université à Abidjan, chef des études et programmes du ministre de la Condition féminine en Côte d’Ivoire (1974-1986) avant de diriger le Prowwess, un projet du Pnud sur la promotion de l’eau et de l’assainissement dans les communautés de la Base et de mener des travaux de consultation pour de nombreux organismes internationaux. Rentrée au bercail, elle s’installe dans le privé pour la défense et la promotion du patrimoine culturel africain. Au Mali, elle a vécu l’expérience gouvernementale comme ministre de la Culture et du Tourisme (16 septembre 1997 – 21 février 2000). Après ses fonctions ministérielles, elle retourne dans le privé pour gérer ses affaires.  A Bamako, elle a créé  plusieurs structures dédiées au savoir-faire malien et africain: Le restaurant «Le Djenné» (1989), le Centre artisanal San Toro (1993) et le Centre de recherche et de formation Amadou Hampathé Ba (1994). Parallèlement à ses activités économiques, elle mène une vie intellectuelle très active, à travers l’écriture et la consultation internationale. Engagée dans le mouvement de l’altermondialisme, elle est auteure ou co-auteure de plusieurs ouvrages sur les questions de développement.

<strong>14-Mme Diarra Afoussatou Thiero, Une magistrate pour le mouvement féministe </strong>

Née le 10 avril 1949 à Kita, elle est diplômé de l’ENA de Bamako (Maitrise en sciences juridiques, 1973). Magistrate, Afoussatou Thiéro a servi dans plusieurs tribunaux à travers le pays et à la Direction nationale des Affaires pénales et du Sceau. C’est de son poste de Procureur du Tribunal de la 1<sup>ère</sup> Instance de la  Commune III de Bamako qu’elle occupe depuis 1994  qu’elle entre au gouvernement. Ainsi du 16 septembre 1997 au14 juin 2002, elle est ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. A sa nomination, elle était la 1<sup>ère</sup> secrétaire exécutive de la Cafo (Coordination des organisations et associations féminines du Mali, créée en octobre 1991), En mars 2006, elle fait partie des 25 Africaines nommées membres du Comité des femmes de l’Union africaine. Ensuite, elle devient membre à la Cour constitutionnelle du Mali (2008-2015). La magistrate à la retraite, Afoussatou Thiéro, est l’épouse de l’actuel Ambassadeur du Mali au Canada, Mahamadou Diarra qui fut par ailleurs ministre, entre avril et novembre 1993, puis de septembre 2013 à septembre 2015.

<strong>15-Mme Ascofaré Ouleymatou Tamboura </strong>

Née le 27 août 1955 à Bamako, elle est diplômée en Psychopédagogie (Ensup de Bamako, 1982). De 1984 à 1988, elle a surtout servi dans l’administration scolaire au sein des directions régionales à Mopti et à Bamako. De 1988 à 1994, elle prend une disponibilité pour être le chef d’antenne adjointe du Projet FED Pme-Pmi Césiri-so intervenant dans la création des d’entreprises et de l’insertion des jeunes diplômés. Elle démissionne de ce poste  et quitte volontairement la Fonction publique.  Devenue Administratrice de société, elle s’oriente vers le négoce et les transports et est gérante de la Société Itg–Inter Trade Group, opérateur minier). En 1996, elle adhère au parti Copp de Me Mamadou Gakou qui la propulse au gouvernement. Elle y siège du 16 septembre 1997 au 22 juin 2001, date à laquelle elle démissionne suite à une affaire concernant la gestion de la Sotelma. De la Copp, elle intègre le Mouvement Citoyen, regroupement d’associations qui ont soutenu le candidat indépendant ATT élu en mai 2002. Par la suite,  Mme Ascofaré Ouleymatou Tamboura  exerce deux mandats de député (2002-2013) élue  à Téninkou. Entretemps, elle est membre fondatrice du Pdes (2010) qu’elle quittera en mai 2017 pour être membre fondatrice et vice-présidente d’un autre parti, le MC-ATT.

<strong>16-Mme Touré Alimata Traoré</strong>

Née le 14 novembre 1948 à San, elle est l’épouse de  Younoussi Touré, le 1<sup>er</sup> Premier ministre du président Alpha Oumar Konaré (juin 1993 – avril 1993). Elle a occupé le poste de ministre de l’Industrie, du Commerce et des Transports, du 21 février 2000 au 14 juin 2002.  A son entrée gouvernementale, elle était Pdg de la Sonatam après avoir exercé les mêmes charges à la tête de Huicoma (Huileries cotonnières du Mali). Après sa sortie du gouvernement, elle est devenue la présidente du Conseil d’administration de l’Agence nationale de l’aviation civile (Anac-Mali, 2009-2016). Mme Touré Alima Traoré est détentrice d’une Maitrise en Economie (ENA de Bamako) et d’un Diplôme d’études supérieures spécialisées en Banque.

<strong>17-Dr Traoré Fatoumata Nafo, une femme Médecin cotée à l’international</strong>

Née le 10 novembre 1958 à Dia (Cercle de Téninkou), elle est titulaire d’un  Doctorat d’Etat en Médecine (Enmp de Bamako). Elle devient ensuite spécialiste en Santé publique après des études à l’Université Libre de Bruxelles (Belgique) où elle décroche également une spécialisation en épidémiologie. Elle fut ministre de la Santé, du 21 février 2000 au 16 octobre 2002 et cumulativement ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées (avril-juin 2002). Membre du Conseil d’administration de l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (Gavi), Docteur Nafo-Traoré a également été la secrétaire exécutive du Secrétariat du Partenariat Faire Reculer le paludisme de 2003 à 2004 et la directrice du Département en charge de la lutte contre le paludisme (2004-2005). Dr Fatoumata Nafo-Traoré fut  représentante de l’Oms au Congo Brazzaville (février 2006 - décembre 2007)  puis en Éthiopie (2007-2012). <em>Depuis juin 2012, elle est la directrice exécutive du Programme mondial de lutte contre le paludisme, autrement appelé </em>Roll Back Malaria (Partenariat Faire Reculer le Paludisme), une plate-forme de coordination internationale contre le paludisme (depuis juin 2012). <em>En novembre 2014, Dr Traoré Fatoumata Nafo fut la candidate officielle du Mali au poste de directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) pour l’Afrique. Election malheureusement perdue.</em>

<strong>18-Mme Zakyatou Oualett Halantine</strong>

Née le 15 septembre 956 à Goundam, elle est titulaire d’un Master of sciences en technologie industrielle, obtenu en 1982 à l’Institut polytechnique de Kiev en ex-Urss. Entre 1982 et 1984, elle sert à la direction nationale de l’Hydraulique et de l’Energie puis dirige Programme foresterie-environnement. Parallèlement, elle est experte consultante du Pnud. Elle est fonctionnaire (1992-1996) à Vienne (Autriche) au service de l’Onudi, le Programme des Nations – unies pour le Développement industriel. A son retour au pays, elle exerce ses activités de consultante jusqu’à sa nomination au poste de ministre de l’Artisanat et du Tourisme, le 21 février 2000. Elle le quitte le 14 juin 2002 et se réinstalle dans le privé, à travers une entreprise de fabrication de produits d’artisanat. En janvier 2012, elle rallie le Groupe indépendantiste Mnla : Mouvement national pour la libération de l’Azawad. Elle vit depuis entre les capitales africaines et européennes en s’activant dans la défense de la cause touarègue.

<strong>19-Mme Bouaré Fily Sissoko</strong>

Née le 22 août 1955 à Dakar, Elle est titulaire d’une Licence en Economie (ENA de Bamako, 1979) puis d’un DEA en droit du développement (Université de Nice, 1983), un Certificat en techniques douanières (Institut allemand pour développement de Berlin, 1990) et un Certificat en planification stratégique et en budgétisation des programmes publics. Elle a siégé deux fois au Gouvernement. D’abord, ministre de des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières (à partir du 21 février 2000) avant de se voir adjoindre aussi celui de la Communication (23 juin 2001-14 juin 2002). Ensuite, ministre de l’Economie et des Finances, du 8 septembre 2013 au 10 janvier 2015. Après cette seconde expérience ministérielle, Mme Bouaré Fily Sissoko est depuis, en mai 2017, la Représentante du Mali à la Commission de l’Uemoa. Elle en est la commissaire chargée du Département du Développement de l'Energie, de l'Entreprise des Télécommunications, de l'Artisanat et du Tourisme. Avant cette promotion à l’international, elle a servi à la Mission résidente de la Banque mondiale au Mali (2004-2013). Auparavant, elle a occupé plusieurs postes dans l’administration malienne : adjointe au chef de la Cellule chargée de l’Intégration régionale africaine (1984-1989), des postes au sein de la Direction nationale des Douanes (1989-1992), chargée de mission au ministère de l’Economie, des Finances et du Plan (1992-1993), Dga des Douanes (1993-1994), contrôleur d’Etat (1995-1999), Contrôleur général d’Etat, de décembre 1999 à son entrée au gouvernement en février 2000.

<strong>20-Feue Mme N’Diaye Fatoumata Coulibaly</strong>

Née le 17 avril 1954, elle est titulaire d’une Maitrise en Psychologie (Ensup de Bamako). Elle commence sa carrière à l’Ipn de Bamako en qualité de chercheuse – évaluatrice dans le domaine pédagogique. Elle a par la suite servi dans plusieurs projets  sur l’Education,  notamment avec les organismes internationaux tels l’Usaid, Save The Children, Care International au Mali, Amasef/Fawe et Alliance Afrique au Mali. Elle a été Coordinatrice de xx jusqu’à sa nomination au poste de ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnages âgées (14 juin2002 –2 mai2004). Elle y a siégé en tant que membre de la Direction du Bdia-Faso Jigui, un des partis qui soutenaient le président ATT en 2002. Mme N’Diaye Fatoumata Coulibaly est décédée le 18 juillet 2010 à Bamako.

<strong>21-Mme Bâ Odette Yattara</strong>

Née en 1944 à Gao, elle est diplômée de l’Université de Ouagadougou avec une Licence en Lettres Modernes (1979) et une Maitrise en Psychopédagogie (1980). Ensuite, elle obtient un DEA en sciences de l’Education à l’Isfra de Bamako en 1985. Au plan professionnel, elle a été notamment Conseillère technique au ministère de l’Education, chargée de la scolarisation des filles et de la formation des femmes (1999). Elle a aussi été membre du Comité consultatif pour le pluralisme linguistique et l’éducation multilingue de l’Unesco. Elle a été ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Femme pendant quatre mois dans le gouvernement de Mission du président ATT (14 juin - 16 octobre 2002).

<strong>22-Mme Kéïta Rokiatou N’Diaye: une géographe multidimensionnelle</strong>

Née le 26 février 1938 à Bamako, elle la sœur aînée du Professeur de philosophie Issa N’Diaye qui fut ministre de l’Education nationale (1991-1992) puis ministre de la Culture et de la Recherche scientifique (1992-1993). Rokiatou N’Diaye  est surtout  la première Malienne Professeur d’enseignement supérieur. Elle est la 1<sup>ère</sup> femme détentrice d’un Doctorat de 3<sup>ème</sup> cycle en Géographie dont la Thèse porte sur le thème «<em>Kayes et le Haut-Sénégal</em>», soutenue en juin 1971 à l’Université de Strasbourg. Elle est également la 1<sup>ère</sup> et l’unique femme directrice de Cabinet du président de la République (de 1992 à 1994 sous Alpha O. Konaré) dont elle a été aussi Conseillère spéciale (1994-1996).

Trois décennies auparavant, elle avait été Conseillère du président Modibo Kéïta qui président la Commission nationale de Recherche scientifique et technique dont elle fut membre (1966-1968). Elle a contribué à de nombreux travaux d’études et de recherche sur  le Sahel et sur l’aménagement et la gestion du Bassin du Fleuve Sénégal, parallèlement à ses activités d’enseignante. Professeur de Géographie à l’ENA de Bamako (1966-1969), elle enseigne la même matière à l’Ensup de Bamako de 1968 à 1978. Dans cet établissement, Rokiatou N’Diaye a cumulé l’enseignement et les tâches administratives: chef du DER Histoire-Géographie (1971-1977), directrice adjointe (1972-1977) puis directrice générale (1977-1978). Les quatre années suivantes, elle les passe à Accra au Ghana (rapprochement de conjoint) où elle devient experte consultante de la Fao. De retour au pays en 1992, elle intègre le Cabinet présidentiel. Cette promotion est le fruit de son long engagement politique commencé en 1958 sur les bancs de l’Université de Dakar. Elle continue à militer en France dans les mouvements Aesmef et Feanf. Militante de l’Adema-Pasj, elle quitte ce parti en juin 2001 pour fonder avec d’autres cadres le Rpm présidé par IBK. C’est au compte de ce parti que Mme Kéïta Rokiatou N’Diaye devient ministre de la Santé (16 octobre 2002 – 02 mai 2004). Professeur retraitée, elle participe aux activités du Rpm dont elle est l’une des Présidents d’honneur.

<strong>23-Mme Berthé Aïssata Bengaly </strong>

Née le 20 mars 1957 à Koutiala, elle est diplômée de l’Ensup de Bamako (Maitrise en Chimie, 1985) et de Tulane University en Louisiane aux Usa (Master  en Nutrition, 1993-1995).  Elle siège deux fois au Gouvernement. D’abord, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la famille (16 octobre 2002 – 20 juin 2005). Puis, ministre de l’Artisanat et du Tourisme (8 septembre 2013 – 10 janvier 2015). Avant ces expériences ministérielles, Mme Berthé Aïssata Bengaly a servi notamment comme Professeur de Chimie au Lycée Notre Dame du Niger à Bamako (1985-1986); chercheure à l’Institut d’économie rurale (IER de Bamako sur les technologies céréalières (1990-1995) ; chercheure à Texas University et à M. University (1996-2001). Après son 2<sup>ème</sup> passage au gouvernement, elle poursuit ses activités de recherche en nutrition pour l’amélioration des recettes culinaires.

<strong>24-Mme Diallo M’Bodji Sène </strong>

Née en juillet 1952 à Bamako, elle est ingénieur de la Statistique diplômée du  CESD de France (1974) et du CEDOR de Roumanie (1978). Elle a passé l’essentiel de sa carrière professionnelle à la Direction nationale de la Statistique et de l’Informatique de 1975 à 1991. Entretemps, elle a obtenu deux diplômes de spécialisation en Programmation informatique au Cepia de Versailles en 1986, puis à l’IAI de Libreville en 1989. Dans la haute administration, elle est nommée Conseillère technique au ministère du Plan et de la Coopération internationale (1991-1992 puis 1997-2000) ensuite chargée de mission au ministère de l’Economie, des Finances et du Plan (1992-1993). Elle devient, de 1993 à 1997, Economiste nationale du Projet Natcap du Pnud.

Après, elle se retrouve au ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille comme Conseiller technique (2000-2001) puis chef de Cabinet en 2002. Le 11 novembre de la même année, elle est promue ministre Déléguée chargée de l’Emploi et de la Promotion professionnelle jusqu’au 2 mai 2004 date à laquelle elle est confirmée ministre titulaire du même département. Elle y reste jusqu’au 20 juin 2005 et est promue ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Elle quitte le gouvernement le 03 octobre 2007 pour devenir deux années plus tard (le 30 mars 2009) présidente du Conseil de gestion du Conseil de régulation des Télécommunications (Crt) devenue en 2011 Amrtp dont elle assure la présidence du Conseil d’administration jusqu’au 1<sup>er</sup> août 2013. Elle est l’unique femme nommée ministre déléguée au Mali et jouit actuellement de ses droits à la retraite.

<strong>25-Me Fanta Sylla </strong>

Née le 11 décembre 1954 à Ségou, elle est la 1<sup>ère</sup> femme Avocat et l’unique Bâtonnière de l’Ordre des Avocats au Mali, de 1998 à 2004). Le 2 mai de cette année-là, elle est promue ministre de la Justice, Garde des Sceaux jusqu’au 03 octobre 2007. Après ses charges ministérielles, elle est retournée à l’avocature où elle dirige un cabinet. De son vrai prénom Fatoumata, elle est dans ce métier depuis 1980 avec sa prestation de serment à la Cour d’Appel de Paris. Dans la capitale française, Fanta Sylla a décroché son Certificat d’aptitude de la profession d’avocat à l’Université de Paris X Nanterre. Elle y avait obtenu un DEA en relations internationales publiques et privées (1979-1980). Auparavant, elle avait décroché, en 1976, à l’Université des sciences sociales de Toulouse une Licence en Droit et un Certificat de Droit privé. Elle passe son stage de titularisation de 1980 à 1982 au Centre de formation professionnelle des Barreaux de ressort de la même Cour d’Appel de Paris. Rentrée au bercail au milieu des années 1980, elle s’installe à son compte et devient membre du Conseil national de l’Ordre des Avocats du pays, de 1987 à 1992. Me Fanta Sylla se révèle au grand public par ses plaidoiries sans fioritures pour le président Moussa Traoré et d’autres dignitaires du Régime Udpm) accusés au Procès dit «<em>crimes de sang</em>» (novembre 1992 - février 1993) puis au Procès dit «<em>crimes économiques</em>», courant 1998.

<strong>26-Mme Maïga Zeïnab Mint Youba</strong>

Née le 30 novembre 1955 à Bamba (Cercle de Bourem, Gao), elle est titulaire du Doctorat en Médecine (Enmp de Bamako, 1978). De 1979 à 1990, elle a servi dans plusieurs structures sanitaires en devenant notamment Médecin-chef du dispensaire de Quinzambougou, puis du Centre  de santé de la Commune I de Bamako. De 1990 à 1993, elle est nommée Directrice régionale de la santé et des Affaires sociales de Koulikoro. De 1993 à 2000, elle sert au Programme national de lutte contre le Vih-Sida où elle est successivement chargée du Volet contrôle des IST puis coordinatrice nationale adjointe. Elle est ensuite affectée à la Cellule de planification et de statistique du ministère de la Santé avant d’être chef de Division Santé de la reproduction à la Direction nationale de la Santé. Militante et responsable du Mouvement des femmes Rpm, elle entre au gouvernement le 2 mai 2004, comme ministre de la Santé jusqu’au 03 octobre 2007. Quelques mois après, elle se retrouve à la présidence de la République comme Chargée de Mission (2008-2011) puis conseillère spéciale à la présidence de la République jusqu’à nos jours.

<strong>27-Mme Soumaré Aminata Sidibé </strong>

Née en 1954, elle est titulaire d’une Maitrise en Economie appliquée (Paris IX Dauphine, 1978) et du Diplôme de l’IIAP de Paris (1979). Sa carrière d’Inspectrice des Impôts débute en 1981 à la Direction nationale des Impôts où elle a servi notamment à la Brigade des investigations des Impôts puis au Centre de fiscalité des entreprises et à la Division recherche et vérification. En 1991, elle est désignée Personne ressource au Contrôle Général d’Etat avant d’être inspectrice des différents services fiscaux, de 1992 à 1995. Année à laquelle elle est nommée chef de la DAF de la Présidence de la République jusqu’en 2000. Elle est ensuite promue Ambassadeur du Mali en RFA avec sous sa juridiction l’Autriche, la Suisse, la Suède, la Norvège, le Danemark et la Finlande (octobre 2000 - mai 2004). Après cette carrière diplomatique, elle devient ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires Foncières du Mali, du 2 mai 2004 au 3 octobre 2007. Quelques années après, elle est en charge de la Coordination en chef de la Cellule d’appui à la réforme des finances publiques (2011-2014). Devenue épouse de Cheick Mouctary Diarra, Ambassadeur du mali en France, l’ancienne ministre Aminata Soumaré assume actuellement les charges de PCA de l’Agence nationale de l’aviation civile (Anac-Mali).

<strong>28-Mme Lansry Nana Yaya Haïdara </strong>

Née le 4 septembre 1952 à Tombouctou, elle est titulaire du Diplôme d’Ingénieur en sciences appliquées (spécialité Elevage) obtenu à l’Ipr de Katibougou en 1980. L’année suivante, elle décroche un DEA en Aménagement pastoral intégré au Sahel. En 1988, elle obtient un Master of Science en Reproduction animale (Southern Illinois University à Carbonale aux USA) lui permettant d’être une praticienne de la Zootechnie rurale. Au plan professionnel, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara  a notamment servi à l’Office malien du Bétail et de la Viande (Ombevi), 1984-1988 puis de 1989 à 1991. Elle devient ensuite  conseillère technique chargée des Questions du développement et de la communication au Secrétariat d’Etat à la Promotion féminine et à l’action sociale (1991-1992). Par la suite, elle est affectée au ministère de Développement où elle occupe plusieurs postes, notamment  au sein de la Cellule de planification et de la statistique, de 1992 à 2002. Après avoir été coordinatrice adjointe de la campagne présidentielle du candidat ATT, elle est devenue (2002-2004) conseillère technique et chef de la Cellule Infrastructures et Filières agricoles (Cifa) à la Présidence de la République.

A ce titre, le président ATT l’a désignée présidente du Comité de pilotage chargé de produire les avant-projets de textes dans la perspective de l’élaboration de la Loi d’orientation agricole (LOA) adoptée le 05 septembre 2006 Loi N°06-045). En mai 2004, à la création du Commissariat à la Sécurité alimentaire (rattaché à la Présidence de la République), Mme Lansry Nana Yaya Haïdara est nommée pour la diriger. Lui sont rattachés plusieurs services, programmes et projets dont l’Opam (Office des produits agricoles du Mali), le PAM (Programme alimentaire mondial), ainsi que le Système d’alerte précoce (SAP). Depuis juillet 2008, le commissaire à la Sécurité alimentaire a rang de ministre. Mme Lansry Nana Yaya Haïdara quitte ce poste le 03 juin 2011.

<strong>29-Mme Ba Hawa Kéïta </strong>

<strong> </strong>

Née le 20 octobre 1952 à Kayes, elle a été Professeur d’allemand reconverti en administratrice de Tourisme. Titulaire d’une Maitrise en Allemand (Ensup de Bamako, 1974), elle commence sa carrière professionnelle en Côte d’Ivoire où elle enseigne, de 1977 à 1982, aux Lycées Moderne  d’Adzopé  puis de Cocody. De retour au Mali, elle donne des cours au Lycée des Jeunes de Bamako en 1982. L’année suivante, elle entame une carrière dans le secteur du tourisme. Elle intègre le Commissariat au Tourisme où elle fut notamment chef de Division promotion et relations publiques. De 1995 à 1997, elle prend une disponibilité au terme de laquelle elle est nommée au ministère de la Communication comme chargée de mission (1997-2002) puis conseillère technique en 2002. La même année, elle occupe les mêmes fonctions au ministère de l’Artisanat et du Tourisme avant sa promotion au poste de directrice générale de l’Office malien du Tourisme et de l’Hôtellerie (Omatho), de 2003 jusqu’à sa nomination au poste de ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle le 20 juin 2005. Elle quitte le gouvernement le 03 octobre 2007 pour devenir, quelques mois après, Ambassadeur du Mali au Sénégal  (2008-2011) puis en RFA (2011-2015).

<strong>30-Mme Diallo Madeleine Bâ </strong>

Née le 16 octobre 1951 à Mopti, elle est titulaire d’une Maîtrise en sciences économiques (ENA de Bamako, 1976).  Fonctionnaire intégrée dans le corps des Inspecteur des services économiques la même année, elle a exercé plusieurs responsabilités administratives notamment : Direction régionale des Affaires économiques du district de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bamako">Bamako</a> (1988-1992), Cadre à la Direction générale des Douanes puis à la Direction nationale des Affaires économiques (1992-1994), Cadre à la Direction nationale du Commerce et de la Concurrence, de 1993 à 2003, année à laquelle est nommée conseillère technique chargée du Commerce extérieur au ministère de l’Industrie et du Commerce. C’est de ce poste qu’elle est promue, le 3 octobre 2007, ministre de l’Elevage et de la Pêche. Le 6 avril 2011, Mme Diallo Madeleine Bâ change de poste avec sa nomination à la tête du ministère de la Santé. Elle y reste jusqu’au 22 mars 2012. Elle est l’épouse de Ousmane Mohamed  Diallo qui fut ministre du Plan, de juin 1986 à juin 1988.

<strong>31-Mme Ba Fatoumata Nènè Sy</strong>

Née le 3 juillet 1959 à Kayes, l’éphémère ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce (03 octobre 2007 – 04 avril 2008) est titulaire d’une Maîtrise en sciences économiques (Université de Dakar 1985) et d’un MBA en Finances (Université George Washington 1998). L’essentiel de son parcours professionnel s’est déroulé en dehors du Mali. Elle a occupé les postes d’Economiste à la Représentation de l’Union européenne à Abidjan avant d’être consultante internationale à Elf Oil en Mauritanie (1993-1998). Par la suite, Mme Bâ Fatoumata Nènè Sy a surtout servi dans les Institutions financières internationales notamment la Banque mondiale où elle fut : Analyste financier, cadre au Département comptabilité (1998-1999), Spécialiste du développement du secteur privé, responsable au département Infrastructures et Finances pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (1999-2002), conseillère au sein du Conseil d’administration de la Banque mondiale à Washington en 2002.

<strong>32-Mme Sidibé Aminata Diallo </strong>

L’histoire retient que Mme Sidibé Aminata Diallo est la 1<sup>ère</sup> Malienne  à briguer la magistrature suprême de son pays. En récompense de son engagement politique basé sur l’écologie et la promotion féminine, le président ATT la nomme dans le gouvernement formé à la suite de l’élection présidentielle d’avril 2007. Elle devient ainsi ministre de l’Education de base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, du 03 octobre 2007 au 9 avril 2009. Après son départ du gouvernement, elle a été présidente de la Commission préparatoire du Forum africain de l’Environnement et du développement que Bamako a abrité fin 2009. Depuis, l’ancienne ministre se consacre aux activités intellectuelles. Née en novembre 1956 à Bamako,  Mme Sidibé Aminata Diallo est titulaire d’un Doctorat en Aménagement et Urbanisme obtenu en 1984 à l’Université de Toulouse en France. Elle reste dans ce pays où elle mène plusieurs activités professionnelles, notamment comme chargée de mission à la Compagnie générale des Eaux de Paris puis chargée de programme à lUnesco (Division Eau et Assainissement) et est périodiquement consultante pour cet organisme onusien. Mme Sidibé Aminata Diallo a été Assistante à l’Université du Burundi, de 1986 à 1989. Elle poursuit son séjour en France et rentre au pays en 2002. Elle devient Professeur-Chercheur à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de Bamako. Elle s’illustre dans le lobbying en faveur de l’environnement et de l’assainissement, à travers notamment sa participation aux conférences-débats ainsi qu’à «ça se discute», une émission télévisuelle de l’Ortm consacrée à la citoyenneté. Dans la perspective du scrutin présidentiel de 2007, elle transforme son association le Redd (Rassemblement pour l’éducation au développement durable) en parti politique. Actuellement, elle consacre ses activités politiques à l’animation de son Parti, à la participation aux manifestations des femmes leaders.

<strong>33</strong>-<strong>Mme Maïga Sina Damba </strong>

Née le 16 novembre 1957 à Nioro du Sahel, elle est titulaire d’une Maîtrise en sciences juridiques (ENA de Bamako, 1985). Membre de la direction du Cnid-Fyt, elle a été chef de Cabinet du ministre de l’Artisanat et du Tourisme, de 2002 jusqu’à sa nomination, le 3 octobre 2007, au poste de ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Elle le quitte le 06 avril 2011 pour devenir plus tard directrice générale de l’Apej (octobre 2012 - 2014).  Avant d’exercer ses fonctions politico-administratives, la juriste Maïga Sina Damba a consacré l’essentiel de ses activités professionnelles à la formation des femmes des communautés rurales, notamment dans les domaines de l’épargne et le crédit, les techniques modernes de maraîchage ou la gestion des activités génératrices de revenus. Mme Maïga Sina Damba intervient beaucoup dans les initiatives de renforcement de la participation des femmes dans les instances de prise de décision au niveau local et national. Elle a également à son actif la participation à plusieurs commissions d’organisation de manifestations artisanales et touristiques du Mali aux USA, en France et en Afrique. Bien auparavant, de 1990 à 1994, elle fut directrice de l’Afotec-Mali, une organisation internationale basée à Dakar. Elle devient directrice exécutive du Cca-Ong (1995-2002). Elle a aussi été secrétaire générale de  la Cafo (2007). Membre de plusieurs associations professionnelles, Mme Maïga Sina Damba est la présidence fondatrice en 1994 de l’Association d’appui à la formation et au développement (Afad). C’est dans ce cadre qu’elle a en début 2017 pris une part active dans les concertations régionales préparatoires de la Conférence d’entente nationale pour la paix et la réconciliation au Mali. Actuellement, elle est très active dans l’animation de la vie du Cnid dont elle est vice-présidente.

<strong>34-Mme Diarra Mariam Flantié Diallo</strong>

Née le 28 juin 1955 à Mopti, elle est titulaire d’une Licence puis d’une Maîtrise en économie d’entreprise obtenues à l’Université Nationale d’Abidjan. Elle est également détentrice d’un Diplôme d’étude supérieure de banque en gestion financière et techniques bancaires (Institut technique de Banque de Paris).  Mme Diarra Mariam Flantié Diallo  a occupé le poste de ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, du 03 octobre 2007 au 30 mars 2011. Après ses charges gouvernementales, elle est retournée à la Banque Africaine de Développement où elle servait avant sa promotion ministérielle. A la BAD depuis 1986, elle y fut, entre autres, Assistant financier à la division du budget de la BAD, chargée de finances à la Division des décaissements (1990-1992), chargée de la Gestion du portefeuille des prêts de la Section et des garanties de remboursement pour les banques, le suivi des catégories de dépenses et des contrats, l’analyse, contrôle et approbation des demandes et la préparation des prévisions de décaissements (1992 à 1999), chargée de finances à la division comptabilité des prêts pour la gestion de la dette pour 17 pays d’Afrique francophone de la Boad, Fonds Cedeao et Beac. Auparavant, en 1984, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo avait commencé sa carrière professionnelle en occupant pendant une année le poste d’Assistant-Trésorier à la Citibank NA (Côte d’Ivoire). Elle vit encore dans ce pays toujours au service de la BAD.

<strong>35-Mme Gakou Salamata Fofana </strong>

Née en 1956 à Kayes, elle est la 1<sup>ère</sup> femme Ingénieur de Constructions civiles (Bâtiment) au Mali, titulaire d’un diplôme d’ingénieur des sciences appliquées (ENI de Bamako, 1981). C’est en 1984 qu’elle débute sa carrière professionnelle en qualité de Professeur au Lycée technique de Bamako. Mme Gakou Salamata Fofana va servir dans plusieurs postes notamment : Fonctionnaire détachée auprès de l’Office national de la main d’œuvre et de l’emploi (1992-2001) ; coordinatrice nationale et administrative du Fonds auto-renouvelable pour l’emploi (1999-2001) et conseillère technique chargée des logements sociaux au ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, de juin 2004 à sa nomination, le 3 octobre 2007, au poste de ministre de Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme. Elle quitte le gouvernement le 30 mars 2011. Au plan associatif, elle membre fondatrice en juillet 1990 et présidente de l’Afima (Association des femmes ingénieurs du Mali). A ce titre,  Mme Gakou Salamata Fofana a été présidente du Réseau africain des femmes ingénieurs et scientifiques (2000-2003). Actuellement, elle se consacre aux activités de l’Afima et de l’Apep (Agence pour la promotion des entreprises privées) dont elle est également présidente.

<strong>36-Mme Diabaté Fatoumata Guindo </strong>

Née le 28 juin 1973 à Sévaré (Mopti), elle est diplômée de l’ENA de Bamako (Maitrise en gestion d’entreprise, 1996). Secrétaire générale du parti Rnd, elle devient ministre chargée des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement (3 octobre 2007 – 6 avril 2011). Remariée à Babalaye N’Daou (président du Conseil malien des chargeurs), Fatoumata Guindo a débuté en 1998 sa carrière professionnelle à l’Office national de Main d’œuvre (Onmoe, l’actuelle Anpe) où elle a occupé notamment les postes suivants : chef de service chargé de l’auto-emploi ; chef du département Promotion emploi. De là, elle est coordinatrice du Programme national d’action pour l’emploi en vue de réduire la pauvreté, de 2003 jusqu’à son entrée au gouvernement.

<strong>37-Mme Siby Ginette Bellegarde</strong>

Née le 25 janvier 1949 à la Martinique (Département français d’Outre-mer), elle obtient en 1970 d’un diplôme universitaire d'enseignement supérieur dans la ville de Fort de France. Ensuite, elle s’est inscrite à l’Université Paris XI-Orsay où elle a pu décrocher une Maîtrise en chimie (1972), un DEA en Métallurgie physique en 1975 et un Doctorat en Métallurgie (1977). Au plan professionnel, Siby Ginette Bellegarde a été, de 1977 à 1983, Professeur de chimie successivement aux lycées de Rosso (Mauritanie), de Marcory (Côte d'ivoire) et à l’Ensup de Bamako. De 1991 à 2002, elle fut directrice adjointe puis directrice générale de l’Ecole des hautes études pratiques (l’actuel IUG). Par la suite, elle assume les fonctions de vice-recteur de l’Université du Mali (2002-2004).  Elle devient Rectrice de l’Université de Bamako, de 2004 à son entrée au gouvernement le 9 avril 2009 au poste de ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique. Le 6 avril 2011, elle est nommée ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique jusqu’au coup d’Etat du 22 mars 2012. A la retraite de la Fonction publique, elle est actuellement directrice générale de l’Institut africain de technologies et de management (Itma), une université privée lancée en août 2016 par le Groupe «Les Castors», en partenariat avec Swiss-Umef University.

<strong>38-Mme Sangaré Niamoto Ba </strong>

Née le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/22_avril">22</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Avril_1955">avril</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1955">1955</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bamako">Bamako</a>, elle est titulaire d’une Maîtrise en sciences économiques, Option Gestion (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_Cheikh-Anta-Diop">Université </a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dakar">Dakar</a>, 1981). Intégrée dans la Fonction publique (corps des Inspecteurs des services économiques), elle passe, de 1982 à 2004, l’essentiel de sa carrière à la Direction nationale des Affaires économiques (Dnae) devenue en 2000 Dncc: Direction nationale du commerce et de la concurrence. Mme Sangaré Niamoto Bâ débute son parcours en 1982, agent chargé du suivi de l'application des accords commerciaux entre le Mali et certains de ses partenaires, puis chef de Section des échanges extérieurs. Par la suite, elle devient : chef de Section des échanges extérieurs (1982-1988), chargée du suivi de la Comptabilité de la Cellule de mobilisation des aides en marchandises (1989-1990), chef de Division commerce intérieur et concurrence (1991-1992), chef de Division commerce extérieur (1992-2000), directrice nationale adjointe Dncc (février – novembre 2000) et enfin directrice nationale du même service, de novembre 2000 à octobre 2004. Entre 2005 et 2007, elle devient chef de la Cellule technique de suivi des activités des Institutions d’intégration économique africaine, un service rattaché du ministère de l’Economie et des Finances. Dans ce département, Mme Sangaré Niamoto Bâ est promue conseillère technique chargée du suivi du portefeuille de l’Etat (2008-2009) puis secrétaire général du même ministère de juillet 2009 jusqu’à sa nomination, le 6 avril 2011 au poste de ministre de l’Industrie, des Investissements et du Commerce. Elle occupe cette fonction jusqu’au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_militaire_de_2012_au_Mali">coup d'état militaire</a> qui renverse le président ATT le 21 mars 2012.  Un peu plus d’une année après, Mme Sangaré Niamoto Bâ devient chef de Cabinet du ministre Bocary Tréta au Développement rural (2013-2015). Elle est appelée à faire valoir ses droits à la retraite le 1<sup>er</sup> janvier prochain.

<strong>39-Dr Konaré Mariam Kalapo </strong>

Née le 28 juin 1953 à San (Région de Ségou), elle est titulaire de plusieurs parchemins universitaires tous obtenus à la Faculté de Médécine, Pharmacie et santé publique de l’Université Libre de Bruxelles en Belgique: Diplômes de diététique nutrition et de psychologie médicale appliquée en milieu hospitalier (1977) ; Diplôme de gestion hospitalière (1978) ; Diplôme de graduate en sciences du Travail (1978) et Doctorat en sciences hospitalières et médico-sociales (1983). Elle a servi comme chef du Service administratif et financier du Centre national d’Odonto-Stomatologie (1985-1988) puis de celui de l’Hôpital Point-G (1988-1995). Elle a été aussi directrice générale de l’Institut d’études et de recherches en Géronto-Gériatrie (Maison des Aînés, 2005-2010) puis directrice générale de l’Agence nationale d’assistance maladie (Anam) de mars 2010 jusqu’à sa nomination au Gouvernement en avril 2011. Elle est devenue ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Femme, du 06 avril 2011 au 16 février 2012. Quinze années auparavant, Dr Konaré Mariam Kalapo fut fonctionnaire internationale au service de l’Oms (Organisation mondiale de la Santé) qui l’a chargée, de 1996 à 1999, de mener les activités de réhabilitation du système sanitaire du Rwanda après la guerre génocidaire de 1994. Au plan associatif, elle est membre de plusieurs organisations, notamment elle fut présidente de l’ONG Amicale Mali-Belgique (1990-2010) et est devenue adhérente à l’Association internationale des femmes dirigeantes depuis 1993.

<strong>40-Mme Dandara Touré </strong>

Née le 1<sup>er</sup> octobre 1951 à Kita, elle a été, à cause du coup d’Etat du 22 mars 2012, une très éphémère (34 jours) ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille (16 février – 22 mars 2002). Mme Dandara Touré est titulaire d’une Maitrise en Biologie (Ensup de Bamako, 1977) et d’un Master en santé publique, spécialité nutrition (Université de Bloomington à Indiana aux USA, 1989). Au plan professionnel, elle a été Professeur de Biologie au Lycée Bouilagui Fadiga (octobre 1977 – mai 1988), Cadre en service à la Direction nationale de l’Enseignement supérieur (de fin août 1990 à fin septembre 19993) chargée notamment du Projet Scolarisation des filles puis du Projet éducation Mali-Unicef. Elle retourne dans l’enseignement comme chargée de cours de Recherches en sciences sociales à l’Institut supérieur de formation et de recherche appliquée (Isfra de Bamako, octobre 1993 – août 1994). Par la suite, elle devient Responsable de la campagne IEC au Groupe Pivot Santé pour le Programme de planification familiale et de lutte contre le Vih-Sida (septembre 1994-août 1996). Mme Dandara Touré va ensuite (de juillet 1996 à août 1997) assumer auprès de Mission résidente de la Banque mondiale au Mali, les fonctions de conseillère technique chargée de la formation et de la communication dans le Programme de lutte contre la pauvreté et la malnutrition. De septembre 1997 au juin 1999, elle occupe le poste de conseillère technique de Futures Groupe, chargée de l’IEC/marketing social. Mêmes fonctions exercées dans le cadre du Projet PDY du même Groupe (Juillet 1999-avril 2003). Après dix années de service dans les ONGs, Mme Dandara Touré retourne à l’administration comme directrice nationale de la Promotion de la Femme, de fin juin 2004 jusqu’à son entrée dans le gouvernement. Après avoir été Responsable des Questions féminines au sein du Mouvement Citoyen (2001-2010), elle est actuellement parmi les dirigeants engagés du Pdes fidèles de l’ancien Président ATT.

<strong>41-Mme Traoré Rokiatou  Guikiné </strong>

Née le 23 juin 1953 à Toukoto (Cercle de Kita), elle est titulaire d’une Maitrise en Economie (ENA de Bamako, 1977). Avec ce parchemin, elle passe l’essentiel de sa carrière administrative aux Affaires étrangères. Entre 1977 et 1986, elle s’occupe plusieurs fois des dossiers de coopération bilatérale ou multilatérale avant d’être chef de Division de coopération culturelle et sociale. Directrice adjointe de la Coopération internationale (1986-1988 puis 1995-2000), elle est conseillère technique  chargée des questions culturelles et sociales au  ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (1988-1991). Durant la même période 1980-1988, Mme Traoré Rokiatou Guikiné a cumulé ses différentes fonctions avec celle de correspondante nationale de l’Agence de coopération  culturelle et technique de la Francophonie (Acct). Après un bref passage (1990-1991) à la tête du Commissariat au Tourisme, elle retourne aux Affaires étrangères pour réoccuper certains de ses anciens postes. En 2000, elle est promue directrice de la Coopération internationale pendant trois ans. De là, elle est nommée Ambassadeur du Mali au Gabon (2003-2009 avec sous ses juridictions tous les 9 autres pays d’Afrique centrale.  A son retour au bercail, elle redevient conseillère technique des Affaires étrangères avant d’être secrétaire général dudit ministère (de juin 2011 à son entrée au Gouvernement après la fin du Régime ATT). Elle occupe pendant 8 mois le poste de ministre  des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaine (24 avril-15 décembre 2012). La fonctionnaire du corps des conseillers des Affaires étrangères a fait valoir ses droits à la retraite le 1<sup>er</sup> juin 2016.

<strong>42-Mme Alwata Ichata Sahi </strong>

Née le 27 mars 1961 à Gao, elle est titulaire d’une Maitrise en Anglais (Ensup de Bamako, 1987). Professeur d’enseignement secondaire de formation, elle a peu enseigné et, avec d’autres jeunes diplômés sans emploi de la Fonction publique, s’installe dans le privé. Notamment dans le domaine de l’environnement et de questions de population. D’où la création en 1989 de la Coopérative des femmes pour l’éducation, la santé familiale et l’assainissement (Cofesfa), présidée par Mme Alwata Ichata Sahi (1993-1998). Cette Coopérative a fait œuvre  de pionnière dans les œuvres de salubrité par le ramassage des ordures urbaines dans le district de Bamako. Après la Cofesfa, elle est promue secrétaire régionale de l’Organisation panafricaine des Femmes (Opf) en Afrique de l’ouest (1998-2007). Auparavant, Mme Alwata Ichata Sahi s’était engagée dans la politique en devenant  sous les couleurs de l’Adema-Pasj conseillère municipale en Commune II de Bamako (1995-2002). Elle demeure très active dans le mouvement associatif féminin. Dans ce domaine, elle a été membre de la Commission paritaire ONG-Gouvernement pour la promotion de la femme, de 1993 à 1998. Quatorze ans après, elle devient  ministre de la Famille, de la Promotion de la Femme et de l’Enfant ((24 avril 2012 – 08 septembre 2013) pendant toute la durée de la période transitoire dirigée par le Président Dioncounda Traoré. Avant cette promotion, Mme Alwata Ichata Sahi, était chef de Cabinet au ministère du Logement, des Affaires Foncières et de l’Urbanisme.

<strong>43-Mme Diallo Fadima Touré </strong>

Née à Ségou en1952, elle est titulaire d’une Maîtrise en sciences économiques (ENA de Bamako, 1977), d’un Diplôme en gestion des finances municipales  (Université de Montréal, 1985) et d’un Diplôme en management des organisations (Université d’Atlanta en Géorgie aux Etats unis en 1996). Inspectrice des impôts et des domaines, Fadima Touré a occupé des responsabilités dans les services des ministères en charge  des Finances et de l’Administration territoriale. Elle est devenue ministre de l’Artisanat, de la Culture et du Tourisme (24 avril – 15 décembre 2012) dans le Gouvernement du Premier ministre Cheick Modibo Diarra. Après le gouvernement, elle est retournée au Québec, là d’où elle était venue : le poste de  vice-présidente de Snc-Lavalin International Inc., un Groupe canadien d’ingénierie et de construction d’infrastructures, basé à Montréal où elle est établie depuis 1996. Auparavant, entre 1977 et 1995, Mme Diallo Fadima Touré a notamment contribué à l’élaboration du cadastre de la ville de Bamako avant de diriger le service du contentieux et de la statistique de la Direction régionale des Impôts de Bamako, puis le Centre des Domaines de Bamako. Elle a à son actif la publication de nombreux articles dans des revues spécialisées comme «Finances et Développement» du Fonds monétaire international (Fmi). Elle a également élaboré plusieurs thèmes d’études pour l’ENA du Mali, l’Assemblée nationale, l’Université de Bamako (2002) dans les domaines des finances publiques, de la gestion domaniale et du marketing international.

<strong>44-Dr Diallo Déidia Mahamane Kattra</strong>

Née en 1957 à Tombouctou, elle est détentrice d’un Doctorat en Pharmacie (Enmp de Bamako, 1979) et des parchemins sanctionnant des études de perfectionnement au Centre d’énergie atomique de Saclay et à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand en France. Elle a occupé les postes de ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle (20 août – 15 décembre 2012), de ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle (15 décembre 2012 – 08 septembre 2013). Après cette expérience gouvernementale, Dr Diallo Déidia Mahamane Kattra retourne à ses activités de pharmacienne du privé. Elle est propriétaire  de l’Officine «Les Hirondelles» installée en 1990, suite à sa retraite volontaire de la Fonction publique. Fonctionnaire, celle-ci avait d’abord servi à la Pharmacie populaire du Mali (Ppm) et à l’hôpital du Point G, puis décide de voler de ses propres ailes. Dans son domaine professionnel, Dr Diallo Déidia Mahamane Kattra est très active dans la vie associative. Elle a présidé la Fondation de l’Association «Inter ordre pharmacien africain» (1998-2002). Elle a également été membre influent du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens du Mali et de l’Association pour la promotion de la santé (Apsan).
Par ailleurs, elle a dirigé plusieurs autres associations : le «Lion’s club de la zone 152», le «Lion’s club Sigui», l’Association des femmes du Nord du Mali. Suite à l’occupation des régions septentrionales du Mali par des forces séparatistes et terroristes (début 2012) et avant son entrée au gouvernement, Dr Diallo Déidia Mahamane Kattra a activement participé aux actions de solidarité organisées par l’Alliance pour la communauté arabe «Alkarama». Elle s’est engagée dans les activités du Collectif des ressortissants du Nord (Coren).

<strong>45-Mme Diané Mariame Koné </strong>

Née le 26 août 1953 à Ségou,  elle est biologiste - aménagiste de formation. Elle est également diplômée en Management de projets de développement de l'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_de_Pittsburgh">université de Pittsburgh</a> aux <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats-Unis">États-Unis</a>. Elle est devenue ministre de l'Élevage et de la Pêche du (15 décembre 2012-08 septembre 2013). Auparavant, Mme Diané Mariam Koné a occupé plusieurs postes dans l’administration malienne en sa qualité de spécialiste de l’élevage doublée de fin connaisseur des questions de genre. Elle a été notamment directrice du Centre de formation pratique en élevage (1991-1994). De 1996 à 1998, elle est membre du Comité d’élaboration du Projet d’appui pour les initiatives de base (Paib). Elle devient coordinatrice du Projet d’appui à la promotion de la femme (1997-2001) avant d’être la directrice du Centre national de documentation et d’information sur la femme et l’enfant (Cndife) de 2004 à 2010. De 1992 jusqu’à son entrée au gouvernement (décembre 2012), Mme Diané Mariam Koné a cumulé ses responsabilités administratives avec ses tâches de consultante dans certains organismes internationaux (Pnud, Fao, Banque mondiale). Elle a aussi participé à l'élaboration de plusieurs rapports nationaux d’évaluation sur la situation des femmes, ainsi qu’à la rédaction du Répertoire des femmes élues au Mali, du Répertoire des femmes entrepreneurs du Mali. Elle a également contribué à la mise en place du Bulletin d’information sur la femme et l’enfant.

<strong>46-Mme Sangaré Oumou Ba </strong>

Née le 15 février 1947 à Bamako,  elle est titulaire d’une Maitrise en Anglais (Ensup de Bamako, 1971). Mme Sangaré Oumou Ba est également détentrice d’un Diplôme en linguistique et en enseignement de la langue obtenu au Moray House College of Education à Edinburgh en Ecosse, d’un DEA en administration de l’éducation (à Old Dominion University Norfolk en Virginie) et d’un Certificat d’études sur la femme décroché au Centre d’études sur la femme de la même université. Au plan professionnel, elle a enseigné pendant plusieurs années au Lycée de jeunes filles de Bamako. Parallèlement, Mme Sangaré Oumou Ba fut encadreur en langues (français, anglais, bamanan et fulfuldé) des Volontaires américains du Corps de la paix, de 1972 à 1985. Dans le domaine politique, elle a été notamment présidente du Bureau national des femmes du Rpm, de sa création en juin 2001 jusqu’à son entrée au Gouvernement, le 8 septembre 2013, au poste de ministre de la Promotion de la Femme, de la Famille et de l’Enfant. Elle le quitte lors du remaniement ministériel du 11 avril dernier. Auparavant, elle avait été députée à l’Assemblée nationale (2002 – 2007) puis chef de Cabinet au ministère de l’Elevage et de la Pêche, de juillet 2011 à Février 2013.  Elle est depuis 2000 membre de l’Association des femmes pour les actions de développement. Actuellement, elle anime activement la présidence de l’Association Groupe d’action pour l’épanouissement de la femme, de l’enfant et la protection de l’environnement (Gafepe).

<strong>47-Mme Togola  </strong><strong>Marie Jacqueline Nana </strong>

Née le 29 avril 1949 à Sikasso, elle est titulaire d’une Maîtrise en Lettres de l’Ecole normale supérieure de Bamako (Ensup de Bamako, 1975).  Professeur d’enseignement secondaire général, Mme Togola a enseigné entre 1978 et 2002 aux Lycées Askia Mohamed, de Badalabougou, de Sikasso, de Ségou et au Lycée Bouillagui Fadiga de Bamako. De 2002 à 2006, elle devient ensuite directrice des études du Lycée Notre Dame du Niger, Surveillante générale adjointe au Lycée Kankou Moussa. Nommée en mai 2006 membre du Conseil supérieur de la communication (alors l’un des organes de régulation de la presse), elle sera élue présidente de cette structure en 2009, suite au décès du président Moussa Kéïta. Elle assume ses charges jusqu’à sa nomination au poste de ministre de l’Education nationale qu’elle occupe du 8 septembre 2013 au 10 janvier 2015. Quelques mois après, Mme Togola Jacqueline Nana est élue députée Rpm lors d’une élection législative partielle en Commune V de Bamako, consécutivement au décès de sa camarade de parti Feue Oumou Simbo Kéïta. Tout en exerçant actuellement ses activités parlementaires, l’ex-ministre de l’Education mène une intense vie associative, notamment au sein de la Cafo (Coordination des associations et organisations féminines) dont elle est la présidente de la Cellule de Kalaban Coura en Commune V.

<strong>48-Mme Diarra Raky Talla </strong>

Née le 15 Août 1966 à Bamako, elle  est la fille de Feu Mamadou Talla, journaliste sénégalo-soudanais, 2<sup>ème</sup> directeur de Radio-Soudan (1959-1960) et principal conseiller de presse du président Modibo Kéïta. Titulaire d’une Maîtrise en droit privé et d’un Dess en droit des transports, obtenus à l’Université de Dakar, elle est secrétaire générale adjointe du Bureau politique national de l’Um-Rda et secrétaire générale du Mouvement des femmes de ce parti, Mme Diarra Raki Talla est, depuis le 10 janvier 2015, en poste de ministre du travail de la Fonction publique et de la réforme de l’Etat, chargée des Relations avec les Institutions. Elle y est arrivée après avoir été chargée de mission dans les cabinets du Ministère de la Promotion des langues nationales et de l’instruction civique (2012), du ministère de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales (2012-2013) puis au  ministère des Maliens de l’Extérieur (2013-2015). Avant sa promotion ministérielle, elle était Administratrice provisoire à Valimex Industrie après avoir servi au service maritime de SDV-Mali, Tam-Transit, Sera-Mali puis à Africlog Mali. Auparavant, au Sénégal, elle a évolué au sein de l’Asecna, de Haroun Voyage puis au Syndicat des auxiliaires des Transports.

<strong>49-Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo </strong>

Elle est la fille de Mme Diallo Lala Sy, ministre de l’Emploi et de la Fonction publique (Juin 1988 - Mars 1991). Elle est titulaire de plusieurs diplômes: un Bachelor of Arts Communication and Marketing de la Barry (Barry University de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Miami">Miami</a>, 1996),  un Master en Marketing et publicité  (Columbus University, 1998) ainsi qu’un 3<sup>e</sup> cycle professionnel en Management stratégique et intelligence économique (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ecole_de_guerre_%C3%A9conomique">Ecole de Guerre économique, EGE</a> de Paris, 2009). Installée dans le privé, elle a dirigé son agence de conseil en communication Starcom, de 1998 jusqu’à son entrée au gouvernement, le 11 avril 2014. A cette date, elle est devenue ministre de la Culture qui sera renforcée par l’Artisanat et le Tourisme lors du remaniement du 8 janvier 2015. «Rama» (pour les proches) est redevenue ministre de la Culture depuis le 7 juillet 2016. Elle est encore à ce poste. Avant d’exercer ses fonctions ministérielles, elle est apparue  sur la scène politique en 2007 à travers l’opération «<em>Citoyen jusqu’au bout</em>», une campagne de sensibilisation pour une forte mobilisation aux élections générales de 2007. Elle va émerger en 2013 dans le rôle de directrice adjointe du staff de la campagne présidentielle du candidat IBK. Depuis octobre dernier, elle est membre du Bureau politique national du Rpm, le parti présidentiel. En plus de Starcom, Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo a également créé et géré (2009-2011) Phamaflore, une société de vente de produits et équipements médicaux. Elle a aussi dispensé des cours d’intelligence économique dans plusieurs instituts supérieurs privés.

<strong>50-Mme Sanogo Aminata Mallé </strong>

Née en 1957 à M’Pessoba  (Cercle de Koutiala), elle est détentrice d’une  Maîtrise en sciences juridiques, Option judiciaire (Université de Dakar, 1980) et du diplôme de magistrat obtenu en 1983 au Centre national de formation des magistrats de Bamako (l’actuel Infj). Au plan  professionnel, Mme Sanogo Aminata Mallé débute sa carrière à la Section du contentieux du Secrétariat général du Gouvernement (Sgg) avant de servir à différents postes de plusieurs juridictions, notamment à Bamako, de 1983 à 1991 : Juge d’instruction chargé des affaires des mineurs au Tribunal de Première instance de Bamako (TPI) ; Substitut du Procureur de la République près de la même juridiction de 1985 à 1989 ; Juge d’instruction chargé du 2<sup>ème</sup> Cabinet du TPI de Bamako de 1989 à 1991 et Juge d’instruction du 1<sup>er</sup> Cabinet à la Cour spéciale de Sûreté de l’Etat en 1991. Après le changement de régime politique intervenu fin mars 1991, Mme Sanogo Aminata Mallé accède à un niveau supérieur des juridictions : présidente de la Section détachée du TPI de la Commune IV du district de Bamako (1992-1994) ; présidente du Tribunal de Commerce de Bamako (1994 -2000) et présidente du TPI de la Commune III du district de Bamako (octobre 2000 - Janvier 2001).  Hissée au rang de Magistrat de grade exceptionnel, Mme Sanogo Aminata Mallé représente le Mali, à partir de 2001, à la Cour de Justice de la Cedeao où elle est Juge conseiller puis présidente (Janvier 2007-Février 2009). A la fin de son mandat, elle retourne  au bercail et est nommée, en août 2010, conseiller technique à la Primature. Là elle a la charge chef de la Cellule Gouvernance jusqu’à sa nomination, le 24 septembre 2015, au poste de ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux. Elle le quitte 07 juillet 2016 pour devenir, six mois plus tard, secrétaire générale du Gouvernement avec rang de ministre. Elle y est depuis le 9 janvier dernier.

<strong>51-Mme Marie Madeleine Togo </strong>

Née le 1<sup>er</sup> janvier 1954 à Pel Maoudé (Cercle de Koro, Région de Mopti), elle est titulaire d’un Doctorat en Médecine (Enmp de Bamako, 1982). Elle a aussi décroché en France deux diplômes de spécialisation : un DES en anesthésie et réanimation au C.H.U. de Clermont-Ferrand en France ainsi qu’un Diplôme en Médecine de catastrophe au C.H.U. d’Amiens. Elle a aussi obtenu le certificat du cours supérieur d’épidémiologie à Bamako en 2004. Au plan professionnel, Dr. Marie Madeleine Togo a notamment servi  au Service de néphrologie de l’Hôpital du Point G et au CHU Gabriel Touré qu’elle dirigea de 1999 à 2004. L’année suivante, elle offre ses services au Centre de santé de référence de la Commune V de Bamako. Ensuite, elle devient conseillère technique au ministère de la Santé, de novembre 2007 à février 2014. Affectée alors à l’Inspection des services de Santé, elle occupe ensuite le poste de ministre de la Santé (24 septembre 2015- 11 avril 2017). Elle a fait valoir ses droits à la retraite le 1<sup>er</sup> janvier dernier.

<strong>52-Pr Assétou Founé Samaké Migan </strong>

Née en 1960 à San (Ségou), elle est titulaire d’un Doctorat  en Sciences Biologiques, spécialité Génétique des plantes/Amélioration variétale. (Université d’Etat de Kharkov en ex Urss) puis d’un Diplôme de spécialisation en Biotechnologie appliquée à l’agriculture (Ucad -Dakar).  Le parcours professionnel de Mme Assétou Founé Samaké Migan se déroule dans les domaines de l’enseignement et des recherches. Elle commence sa carrière à l’Ensup de Bamako comme Professeur de physiologie végétale (1993-2000). A partir de 1997, elle est Professeur-Chercheure à l’Université des sciences, techniques et technologiques de Bamako (Usttb) jusqu’à sa nomination au poste de conseillère technique au ministère de la Réconciliation nationale et du développement des régions du Nord (novembre 2013 – juin 2014). Ensuite, elle assume les mêmes fonctions de conseillère technique au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (2014-2016). Elle entre au gouvernement le 15 janvier 2016 pour s’occuper du ministère de la Recherche scientifique (une première création spécifique). Sept mois plus tard, elle devient ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique qu’elle dirige depuis le 7 juillet 2016. Avant sa promotion ministérielle, Mme le Pr Assétou Founé Samaké Migan a été notamment : Assistante des programmes à Winrock international (2000 – 2004) ; Responsable de la Méthodologie au Forum social polycentrique de Bamako (2005-2006) ; Cofondatrice et coordinatrice scientifique de Institut de recherche et de promotion des alternatives en développement. (Irpad, 2006- 2009) et fondatrice et responsable des programmes à l’Institut africain de l’alimentation et du développement durable (2009 – 2011) ; Représentante Unitarian Services of Canada (USC Canada) en charge du Mali, du Sénégal et du Burkina Faso (Mai 2011-juillet 2013). Mme le Pr Assétou Founé Samaké Migan est membre de plusieurs associations et ONGs notamment du Forum pour un autre Mali et le Centre d’études et de réflexion au Mali (Cerm) dont elle est la gecrétaire Générale.

<strong>53-Mme Traoré Seynabou Diop </strong>

Née le 16 novembre 1963 à Bamako, elle est titulaire du Diplôme d’ingénieur des constructions civiles, Option hydraulique (ENI de Bamako, 1986), d’un DUTS en Informatique au Lycée Radio électronique de St-Petersburg  (Russie, 1994) et d’un  DUTS en Finances et Comptabilité (IUG) de Bamako, 1997).  Au plan professionnel, cette Ingénieur des constructions civiles a commencé sa carrière à la Direction  nationale du Génie rural où elle a été Chargée d’études (1988-1997). Affectée  après à la Direction générale des Marchés publics et Délégation des services publics (DGMP-DSP), Mme Traoré Seynabou Diop y a occupé successivement les postes de chargée de mission (1998-2008), de sous-directrice de marchés et délégations de services publics (2008-2015). Dans ce cadre, en novembre 2014, l’Université de  Quebec à Montréal lui décerne l’accréditation de manager spécialiste de passation des marchés. Une première pour une Malienne. Elle fut directrice générale adjointe de la même Dgmp-Dsp, de 2015 jusqu’à son entrée au gouvernement le 7 juillet 2016 au poste de ministre de l‘Equipement et des Transports et du Désenclavement. Ce département est scindé lors du remaniement ministériel du 11 avril dernier et Mme Traoré Seynabou Diop a depuis en charge l’Equipement et le Désenclavement. Avant sa promotion ministérielle, elle était membre  de la Mission pour l’examen des mesures à prendre pour la gestion de la phase transitoire, suite à la résiliation de la convention de concession de l’activité ferroviaire sur l’axe Dakar–Bamako, décidée en  janvier 2016.

<strong>54-Mme Kéïta Aïda M’Bo </strong>

Née en 1958 à Villepinte en France, elle est l’épouse de Nancoman Kéïta, ancien ministre de l’Environnement et de l’Assainissement (2004-2007). Mme Kéïta Aïda M’Bo est titulaire d’une Maitrise en Droit (Université de Reims Champagne en France, 1985) puis d’un Master en Gestion du développement (Université Mandé Bukari de Bamako, 2011). Au plan professionnel, elle a une expérience de plusieurs années dans le domaine de l’environnement et du développement durable à travers les différents postes qu’elle a occupés dans Représentation Résidente du Pnud au Mali. Mme Kéïta Aïda M’Bo y a été successivement chargée de programme (2001-2004), conseillère au Programme/environnement puis Assistante au Représentant-résident du Pnud/Mali avant son entrée dans le gouvernement, le 7 juillet 2016.  Elle en assume actuellement les charges tout en militant activement au parti présidentiel Rpm. Côté vie associative, Mme Kéïta Aïda M’Bo est la présidente du Réseau Energia/Mali et est membre de plusieurs organisations dont l’Association malienne d’impact environnement.

<strong>55- Mme Nina Walett Intallou </strong>

Née vers 1964 à Kidal, elle est titulaire en 1986, un diplôme de comptabilité générale au Cours Loko d’Abidjan (1986) et d’une Maîtrise de Droit public (Université e Bamako, 2005). Seule femme membre du Bureau du Mnla (Mouvement national de libération de l’Azawad qui a déclenché les hostilités armées contre l’Etat du Mali, début 2012). Elle entre au gouvernement un an après la signature en mai-juin 2015 de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali. Ainsi, elle dirige le ministère de l’Artisanat et du Tourisme depuis le 7 juillet 2016. Auparavant, elle était la 1<sup>ère</sup> vice-présidente de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (octobre 2015- juillet 2016). Actrice politique dans la Région de Kidal, elle est élue municipale (1999) et siège au Haut Conseil des Collectivités (1999-2001) dont elle occupe le poste de 4<sup>ème</sup> Vice-président. De 2004 à 2012, elle en devient 5<sup>ème</sup> Vice-présidente après son élection au poste de 1<sup>ère</sup> adjointe de Maire dans d’Essouk. Dans cette commune, elle est la présidente de l’organisation du Festival culturel ‘’Nuit saharienne’’. De 1985 à 2000, elle a dirigé «Etrane» (une entreprise de nettoyage à Abidjan).

<strong>56-Mme Ly Taher Dravé </strong>

Née en 1972, elle est titulaire d’un Diplôme universitaire d’études comptables puis une Maîtrise en option gestion comptable en 1996 (Institut des Hautes études commerciales de Carthage-Présidence de Tunisie) et d’un Diplôme d’études comptables et financières (Intec de Paris, 2004). Au plan professionnel, cette <strong>Experte comptable, e</strong>lle a acquis une expérience de plus de 20 années en audit en Tunisie, en  France, en Guinée, au Mali et dans d’autres pays de l’UEMOA<strong>. Mme Ly Taher Dravé est aussi </strong>Experte judiciaire auprès des cours et tribunaux du Mali, commissaire aux comptes agréée par la commission bancaire de l’Uemoa et la Commission régionale de contrôle des assurances (Crca/Cima). Elle <strong>a été gérante de la Société d’expertise comptable Mali Consulting Group (Mcg-Audit). Depuis 2006, elle est membre du Conseil de l’Ordre national des experts comptables et comptables agréés du Mali (Onecca-Mali). Auprès du Contrôle Général des Services publics, elle a été la représentante de cet Ordre à la Commission de mise en œuvre de la stratégie nationale de contrôle interne dans le secteur public.</strong> Elle est également formatrice en Système comptable de l’Afrique de l’Ouest et des pays de l’Ohada (Syscoa/Syscohada) et en comptabilité analytique de gestion. Avant son entrée au gouvernement. Mme Ly Taher Dravé<strong> occupe le poste de ministre de l’Elevage et de la Pêche depuis le 11 avril dernier. Par ailleurs, d</strong>epuis novembre 2006, elle<strong> est la </strong>Présidente du Club Soroptimist International ‘’Club Lumière de Bamako’’.

<strong>57-Mme Oumou Touré </strong>

Elle est titulaire de plusieurs diplômes : Maitrise en philo-psycho-pédagogie (Ensup de Bamako, 1984) ; une Licence en sociologie et anthropologie sociale puis une Licence en Langue et littérature anglaise (Université des Sciences sociales d’Alger Centre) ainsi qu’une Maîtrise d’enseignement de la langue et son approche interculturelle et sociologique à University of East Anglia (Norwich, Angleterre). Dès son retour au bercail en 1986, Mme Traoré Oumou Touré s’est engagée dans les luttes pour la promotion de la femme. Elle crée, en 1995, une ONG de développement communautaire dénommée « Woïyo Kondeye » qui signifie en langue nationale songhaï «Espace de réflexion et d’entraide avec les femmes». Mme Oumou Touré est une militante et figure emblématique des organisations féminines dans notre pays. En 1998, elle  fut élue Secrétaire exécutive de la Coordination des associations et ONGs féminines du Mali (Cafo). Elle en devient présidente. En 2008, elle est réélue présidente de l’organisation composée de 2 295 associations et ONGs de femmes couvrant le territoire national. On l’a ainsi surnommée ‘’Oumou Cafo’’. Détentrice d’un Certificat de Marquette University (Etats-Unis) sur la bonne gouvernance, les résolutions de conflits, l’éthique et la redevabilité en 2006, la présidente de la Cafo a également servi à Dakar au Bureau sous-régional du Haut-Commissariat de l’Onu aux Droits de l’Homme en qualité de Experte chargée du Genre (2010-2011).  Au plan politique, Mme Oumou Touré a, au compte de la société civile, siégé au sein de la CENI qui a supervisé les élections générales de 2007 et les consultations communales de 2009. Dans le cadre de la sortie de crise multidimensionnelle que le Mali a connue, début 2012, les autorités du pays ont institué une Commission Dialogue et Réconciliation, la présidente de la CAFO en était la 1<sup>ère</sup> vice-présidente (avril 2013- janvier 2014). Comme une sorte de couronnement de son long combat pour la cause féminine, Mme Oumou Touré est devenues ministre de la Promotion de la Femme, de  l’Enfant et de la Famille depuis le 11 avril dernier.

<strong> Rassemblés par La Rédaction</strong>

<strong>Nos sources :</strong>

<strong>-Archives du Journal Officiel de la République du Mali et du Quotidien national  L’ESSOR</strong>

<strong>-Alpha Oumar  et Adam Ba Konaré : «Grandes dates du Mali », EDIM, Bamako, 1983.</strong>

<strong>-Ouvrage collectif : « Les Associations féminines au Mali », Fondation Afrique Culture –Mouvement Rufisque- Comité national du Mali, Editions Jamana, 1999</strong>

<strong>-Adam BA KONARE : «Dictionnaire des femmes célèbres du Mali », Jamana, Bamako, 1993.</strong>

<strong>-Mémorial Modibo Kéïta : «Les têtes de la République : Chefs d’Etats et Ministres du Mali de 1957 à 2007 », AFRIKIBARU, Bamako, 2007.</strong>

<strong>-www.primature.gov.ml</strong>

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<title>Propos mémorable : Alpha Oumar Konaré Président de la République (1er novembre 2000).</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorable-alpha-oumar-konare-president-de-republique-1er-novembre-2000-2-2381662.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 11 Jul 2017 01:12:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>‘’Si l’exercice démocratique s’arrêtait à la seule évaluation de l’exécutif, le débat démocratique ne bénéficierait d’aucune base populaire et serait marqué par l’expression de beaucoup d’opportunismes.</strong>

Il importe de renforcer, le rôle des partis politiques, parce qu’il n’y a pas de démocratie sans partis politiques. Mais aussi celui de la société civile comme  élément de régulation du jeu politique partisan, comme élément de régulation de la presse, comme garant de la paix civile, de la négociation sociale, comme animatrice de contre-pouvoir.

L’action des sociétés civiles  devrait pouvoir s’exercer par-delà les frontières. La défense du droit et le droit de communiquer ne devraient pas connaître de frontières. Un handicap, et pas des moindres, est la faiblesse de la démocratie sociale.

Si l’expression du pluralisme s’est opérée dans le champ  politique, elle devient plus difficile dans le champ social et dans le champ syndical.

Beaucoup d’associations ne sont pas sous-tendues par un réel contrôle populaire.

Tous les pouvoirs se trouvent confisqués par un bureau, ou un seul individu, les tutelles administratives ne jouant pas bien leur rôle.

Le champ syndical est quant à lui marqué par la faiblesse du dialogue social. Ce déficit de dialogue social conduit dans bien des cas à de fortes crispations, au développement du corporatisme.

N’’a-t-on pas vu dans nombre de nos pays de fortes crispations entraîner le rejet même de la notion de service minimum, voire la remise en cause des serments professionnels, la violation des codes déontologiques ?

Ces logiques peuvent conduire à des épreuves de force fatales à la démocratie. Le développement du corporatisme conduit à une relégation de la solidarité nationale.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie sans solidarité, nationale. Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie sans esprit de sacrifice et de justice sociale, sans les valeurs fortes du travail et du travail bien fait.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie dans une logique forte, dominante, de dépendance extérieure.

Une autre exigence démocratique nous paraît être la lutte contre l’analphabétisme.

Apprendre à lire, à écrite et à compter est un acte premier de libération, de responsabilité, de digité.

Aujourd’hui, être connecté, (même si pour beaucoup d’entre nous et pendant longtemps ce sera de façon collective), grâce aux nouvelles technologies de l’information,  renforcera les conditions de transparence, de contrôle, d’accessibilité, d’échanges, tous principes fondateurs d’une vraie démocratie. Les révolutions scientifiques et technologiques devraient d’abord bénéficier aux pays en développement.’’

<strong>Source (Ensemble debout) </strong>

<strong>Edition Cauris </strong>

<strong>Livres</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Restitution des parcelles aux déguerpis de Niamakoro Diallobougou : Le Niet du maire de la Commune VI</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/restitution-parcelles-aux-deguerpis-de-niamakoro-diallobougou-niet-maire-de-commune-vi-2369932.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 06 Jul 2017 00:40:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Non content de n’avoir pas été </em></strong><strong><em>associé à la décision de remettre des notifications aux déguerpis pour permettre de rentrer dans leurs droits, Abdoulaye Coulibaly a demandé l'arrêt immédiat de l’opération </em></strong>

C’est par  un décret présidentiel no 95-068/P-RM, pris en 1995 que les 4712 familles de Niamakoro Diallobougou ont été déguerpies pour motif que leurs  parcelles feront partie de la zone aéroportuaire. Ces familles victimes se sont regroupées en collectif dénommé Coordination des associations des déguerpies de Niamakoro pour réclamer au gouvernement le droit de leur restituer leurs parcelles.

Depuis sa création, les responsables de cette Coordination n'ont cessé de multiplier des rencontres avec les autorités compétentes pour avoir une issue favorable à leur situation qui dure depuis plus de 20 ans. C'est en 2006, après 23 ans de lutte et de souffrance que le gouvernement, à travers le ministère de l'Administration territoriale a décidé de leur restituer leurs parcelles.  Mais la mauvaise volonté de l’actuel maire de la commune VI rend les déguerpis inquiets. Face à cette situation, les responsables de la coordination, ont animé une conférence de presse le dimanche 2 juillet 2017, à Yirimadio, en vue d’informer l’opinion nationale et internationale, plus précisément les plus hautes autorités du pays  de leur inquiétude face à la volonté du maire de s’opposer à la décision du gouvernement.

La conférence de presse était animée par les responsables de la Coordination des associations des déguerpies de Niamakoro dont son président Sounkalo Keita, son secrétaire général Ibrahim Samaké, Oumar Konta et Abdoulaye Coulibaly, mandateurs du Groupe.

D’entrée de jeu, le président de la Coordination, a rappelé que suite à un décret présidentiel n°95-068/ P-RM, les 4712 familles ont été déguerpis pour raison que ces parcelles feront partie de la zone aéroportuaire. Du coup, toute ces familles déguerpies se sont regroupéés en coordination pour exiger du gouvernement de leur restituer leurs parcelles. Des luttes ont été menées par ci par là jusqu’en 2016, quand le ministre de l’Administration Territoriale de l’époque, Mohamed Ag Erlaf, a décidé de les mettre dans leurs droits en leur restituant leurs parcelles. A cet effet, la coordination par la voix de son président, a salué la bonne volonté du gouvernement, et celle du maire du district de Bamako, Adama Sangaré dans la gestion de leurs difficultés. Mais selon eux, c’est le maire de la commune VI qui veut les maintenir dans leurs souffrances.

Ces résultats sont le fruit des efforts de plusieurs années de combat et de lutte sous la houlette de leur mandateur, Abdoulaye Coulibaly. « Après l’avis favorable du ministre Ag Erlaf, de restituer les parcelles, nous avons contacté le maire du district, Adama Sangaré, pour faire des notifications qui permettront aux déguerpis de retrouver leur parcelle », a précisé le mandateur du groupe.

Sur la base de cette autorisation, le maire du District Adama Sangaré a signé 720 notifications dont 480 ont déjà été remises à leurs propriétaires. Chose qui ne semble être du goût du maire de la commune VI, Alou Coulibaly qui n'a pas  été associé dans cette démarche de distribution des notifications. D’où sa colère et sa détermination à s'opposer à cette décision du gouvernement en demandant l'arrêt immédiat de la distribution des notifications. Il a même menacé les membres de la commission d’attribution de ces notifications de les mettre en prison s’ils continuent à distribuer ces documents. Ces derniers ont tout simplement qualifié le  comportement du maire, Alou Coulibaly est inacceptable.

Pour d’apaiser cette affaire, les responsables de la Coordination des associations des déguerpis de Niamakoro, invitent les  autorités compétentes à s'impliquer davantage à résoudre définitivement ce problème au risque de le voir dégénérer dans les jours qui viennent.

Ils ont également informé que le maire de la  commune VI serait dans cette aventure en complicité avec Daouda Diarra, ancien président de la coordination qui fait partie de ceux qui ont mandaté Abdoulaye Coulibaly.

Rappelons que la distribution de ces notifications va se fer  désormais sous la supervision de l'IGM, de la mairie du district de Bamako, du domaine de l'Etat, de l'Urbanisme et le mandateur des déguerpies pour la transparence.

<strong>AMTouré</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Propos mémorables : Oumar Mariko, Secrétaire général SADI : 1998</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-oumar-mariko-secretaire-general-sadi-1998-2361492.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 04 Jul 2017 01:03:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[« J’entends des gens dire, si Moussa Traové avait, c’est-à-dire accepté l’ouverture démocratique, le 26 Mars n’aurait pas eu lieu. Une chose est sûre : ceux qui le disent, n’ont pas compris qui soutenait le mouvement estudiantin ».
<h3> Feu Modibo Keïta, Président de la République (19 Novembre 1968)</h3>
<em>"Le Mali, </em>ce n’est pas nous, <em>ce n’est pas non plus ceux qui viennent de prendre le pouvoir. Le Mali, c’est vous !"</em> [NDLR : s’adressant à la jeunesse]

<em> </em>
<h3>Général Moussa Traoré, Président de la République (1978)</h3>
<em>"Cette fois-ci, (NDLR : s’adressant aux élèves et étudiants en grève)  le parti ne cèdera pas ! Il ira jusqu’au bout ! Autant de jours chômés, autant de 1000 F en l’air !"</em>
<h3><em> </em></h3>
<h3>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Mars 1996)</h3>
"L<em>a grosse erreur a été de faire croire que la démocratie peut tout régler comme par un coup de baguette magique. Une démocratie se bâtit lentement avec des hommes et des femmes qui y adhèrent et auxquels, il faut donner toutes les explications qui s’imposent."</em>

&nbsp;

<strong>Moussa Kolon Coulibaly, Procureur (Novembre 1999)</strong>

"Que le phénomène de la corruption touche toute la société, cela est réel, d’autant plus que la nature humaine est ainsi faite. Que dans toutes les couches socio-professionnelles, il peut exister des brebis galeuses.

<em>Mais je peux vous affirmer que c’est dans une moindre mesure que le phénomène se constate en réalité au niveau de la justice."</em>

<em> </em>
<h3>Adame Bâ Konaré, première Dame du Mali (Mars 2001)</h3>
<em>"Moi-même, je sais que les dossiers de justice, malheureusement, ne sont toujours pas rendus à la satisfaction des femmes. J’enrage, moi-même, de voir que les femmes sont les souffre-douleurs dans les foyers par rapport aux loi</em>s<em>."</em>
<h3></h3>
<h3>Issé Doucouré, (avril 2001)</h3>
<em>"Les nouvelles générations sont venues au syndicalisme, parce qu’il y a des grands parleurs. Et le peuple ne croit qu’à celui qui crie haut. </em>

<em>Ils n’ont aucune formation, aucune expérience. Ils sont uniquement guidés par le profit. C’est pourquoi aujourd’hui, l’UNTM n’est que l’ombre d’elle-même".</em>

<em> </em>

<strong><em>Bakary Karembé, ancien Secrétaire général de l’UNTM (Mai 2000)</em></strong>

<em>« Moussa Traoré avait presque accepté de démettre le gouvernement, proposant en sourdine des portefeuilles aux plus affamés d’entre nous. Histoire d’aiguiser l’appétit ! Nous avons dit « non » sachant bien que certains étaient bien tentés ».</em>

<em> </em>

<strong><em>Me Demba Diallo</em></strong>

<em>« Les partis qui ont émergé après le renversement de la dictature ont eu des portefeuilles, les ont acceptées et ont assumé leurs responsabilités jusqu’à un moment où ils ont commencé à se dire « au fond, ceux qui dirigent nous ont donné des strapontins, des miettes. Nous voulons plus. Ote-moi que je m’y mette ».</em>

<em> </em>

<strong><em>Me Demba Diallo, Avril 1997</em></strong>

<em>« S’il y a quelqu’un pour sauver le processus démocratique que nous avons instauré en 1991 au Mali, c’est bien nous et non ceux qui se réclament de l’héritage de Moussa Traoré et leurs alliés ».</em>

<em> </em><strong><em>Rassemblés par</em></strong>

<strong><em>Boubacar Sankaré</em></strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Le rapport annuel du médiateur de la République 2016 présenté à la presse : Affaires domaniales et foncières, décisions de justice, gestion des carrières, contrats et marchés publics au centre des réclamations</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/rapport-annuel-mediateur-de-republique-2016-presente-a-presse-affaires-domaniales-foncieres-decisions-de-justice-gestion-carrieres-contrats-marches-publics-centre-rec-2357962.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 01 Jul 2017 01:18:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Après avoir remis son rapport annuel 2016 au président de la République et à celui de l'Assemblée nationale, le Médiateur de la République, Baba Akhib Haïdara, était devant la presse le mercredi 28 juin 2017 pour échanger sur ledit rapport qui retrace les activités principales du Médiateur de la République, c'est-à-dire des réclamations et des interpellations au cours de l'année 2016 et d'autres activités comme les visites, les audiences et les missions à l'intérieur et à l'extérieur du pays, le renforcement des capacités institutionnelles et les recommandations.</em></strong>

Dans le rapport 2016, au 31 décembre 2016, le Médiateur de la République a enregistré et traité 171 dossiers de réclamation. Et sur les 171 dossiers, 106 ont été entièrement traités et clôturés et les 65 autres sont en cours de traitement. Les domaines concernés par ces réclamations sont les affaires domaniales et foncières (56) ; les décisions de justice (32) ; la gestion des carrières (26) ; la protection sociale (25) ; les contrats et marchés publics (6) ; l'éducation (5), les affaires privées (1) et autres (10).

<strong>Les affaires domaniales et </strong><strong>foncières : peloton de tête des préoccupations des citoyens</strong>

Peloton de tête des réclamations, les réclamations domaniales et foncières portent essentiellement sur la contestation de droit de propriété, la demande de restitution de parcelle, la démolition des édifices, l'attribution de titre de propriété sans parcelle, l'utilisation illégale du domaine immobilier de l'Etat, l'expropriation pour cause d'utilité publique, la demande de purge de droit coutumier.

Les réclamations relatives à la justice constituent la deuxième préoccupation des usagers des services publics. Elles concernent l'inexécution des condamnations pécuniaires prononcées contre l'Etat ; les difficultés d'exécution de certaines décisions de justice ; la dénonciation de la lenteur dans les procédures judiciaires ; les difficultés d'obtention de grosses de jugement ; la contestation du bien-fondé de décisions de justice rendues.

Les réclamations se rapportant à la gestion des carrières sont formulées par des agents qui ont été admis à faire valoir leurs droits à la retraite ou des agents publics en activité. Certaines réclamations proviennent aussi des candidats admis au concours d'entrée dans la Fonction publique de l'Etat dont les décisions d'admission ont été rapportées à la suie de la découverte de faux documents et de pièces inappropriées fournies lors de la constitution des dossiers de candidature pour lesdits concours. Ce qui fait que ces réclamations concernent les demandes de reclassement, les demandes de paiement de rappel de primes et d'indemnités, le rappel de salaires dus à la suite de la levée de mesures de suspension, la contestation de décisions d'admission rapportées.

Sur la protection sociale, les réclamations sont exclusivement formulées par les agents à la retraite ou leurs ayants droit.  Elles concernent la jouissance et l'exercice effectif du droit à une pension de retraite, d'invalidité ou de réversion ; la contestation de la date d'effet de la pension ; la déchéance du droit à la pension pour forclusion ; la valorisation des pensions déjà liquidées ; l'affiliation au régime de sécurité sociale ; la prise en compte de services effectués sous d'autres régimes de retraite ; le paiement de cotisations afférentes auxdits services.

Selon le rapport, les réclamations  par rapport aux contrats et marchés publics sont dues au fait que l'Administration de l'Etat et les Collectivités territoriales concluent avec des opérateurs économiques des contrats de prestations de services, de fournitures, de matériels ou de produits dont le respect des clauses contractuelles se heurte à des difficultés.  Malgré la reconnaissance de la livraison définitive, l'Administration ou les Collectivités territoriales accusent des retards ou refusent le paiement des montants contractuels. Les contrats et les marchés publics constituent 3,51 % de l'ensemble des réclamations en 2016.

Les réclamations relatives à l'éducation ont connu une légère baisse en 2016. Ces réclamations portent sur la reconnaissance de diplôme après la formation ; les difficultés d'inscription dans les facultés des universités ; les questions relatives à la bourse ; les problèmes relatifs à la scolarité ; la délivrance des diplômes nationaux.

Les réclamations sur les litiges privés sont de 0,58 % de l'ensemble des réclamations. Les litiges privés sont ceux qui ne mettent pas en cause une Administration publique. Il s'agit des litiges des relations entre les personnes physiques ou morales ou avec des structures n'accomplissant aucune mission de service public. Cette catégorie échappe au domaine de compétence du Médiateur de la République.

Les autres réclamations portent, entre autres, sur des demandes de distinction honorifique ; la gestion des conflits communautaires ; la mauvaise gestion des sociétés de micro finance ; la prise en charge des frais de transport ou de perte de bagages à la suite d'une mutation administrative.

<strong>Le district de Bamako en tête des réclamations</strong>

Selon le rapport, le district de Bamako demeure toujours en tête depuis 2000 en termes de répartition des réclamations par zone de provenance du réclamant. En 2016, la capitale a enregistré 119 réclamations, elle est suivie de Koulikoro (19) et de Kayes avec 12 réclamations. Selon la répartition des réclamations suivant le genre, les hommes représentent 109 et les femmes 12. A cause de l'insécurité, la saisine du Médiateur de la République dans les régions du nord reste toujours faible.

<strong>Les litiges domaniaux et fonciers  en tête des interpellations à l'Eid</strong>

Par rapport à l'Espace d'interpellation démocratique (Eid), le Médiateur de la République a enregistré en 2016 234 dossiers contre 206 en 2015. Sur les 234 interpellations, 22 ont été retenues pour la lecture le jour de l'Eid; 121classées pour suite à donner ; 91 rejetées pour non-conformité avec les critères de recevabilité fixés par le règlement intérieur de l'Eid. Les interpellations reçues à l'Eid concernent essentiellement les litiges domaniaux et fonciers ; les difficultés liées à la justice ; la gestion des carrières et la protection sociale.

Les autres activités menées par le Médiateur tournent autour de la mise en place des délégations territoriales dans les régions ; des missions d'information, de sensibilisation et de restitution du rapport annuel 2015 dans les régions ; la mission d'échanges et d'information dans le district de Bamako ; la présentation et la diffusion du rapport annuel 2015 ; des visites de courtoisie aux institutions de la République ; des audiences accordées ; la présentation du manuel de procédure de gestion opérationnelle, administrative, financière et comptable ; la réception d'un fonds documentaire ; la participation aux rencontres statutaires de l'Amp-Uémoa et de l'Aomf qui ont toutes les deux réélu le Médiateur de la République du Mali au poste de Trésorier ; la participation à la conférence mondiale de l'IIO ; des missions au titre de la coopération bilatérale ; le renforcement de capacités institutionnelles.

Les recommandations

Pour la gestion domaniale et foncière, le Médiateur recommande la mise en place du cadastre afin de réduire significativement le nombre des litiges fonciers ; la mise en œuvre du projet relatif à la réforme du système foncier ; l'indemnisation juste et préalable avant toute expropriation pour cause d'utilité publique ; la mise en œuvre de la procédure de sanction des fautes administratives et professionnelles des agents de l'Etat conformément aux textes en vigueur ; l'application effective du Code domanial et foncier et de la loi n° 2012-007 du 07 février 2012 portant Code des Collectivités territoriales.

Sur la justice, le Médiateur de la République suggère au Premier ministre de rappeler à l'Administration, le caractère impératif de l'exécution dans des délais raisonnables des décisions de justice ayant acquis l'autorité de la chose jugée. Car, a-t-il soutenu,  <em>"l'inexécution d'une décision de justice ne saurait favoriser l'émergence d'un Etat de droit ".</em>Par rapport à la protection sociale, le Médiateur recommande au gouvernement de prendre les mesures idoines pour vulgariser les textes relatifs aux Pupilles de la Nation et prendre les dispositions pour leur mise en application dans le dessein d'encourager et de motiver les agents de l'Etat à se sacrifier pour la Patrie.

Dans le souci de donner une satisfaction aux citoyens victimes des mauvaises pratiques administratives, le Médiateur suggère que des mesures réglementaires soient prises pour instruire le gouvernement, à travers ses services publics, de donner une suite à toutes les correspondances et aux recommandations du Médiateur de la République dans des délais raisonnables.  Aux dires de Baba Akhib Haïdara, l'institution Médiateur présente de bonnes perspectives dans le domaine de la promotion des droits et des libertés.

<em>"C'est pourquoi, les hautes autorités et le Médiateur de la République doivent entretenir l'élan de satisfaction des citoyens, de l'institution en constante évolution depuis 2000 "</em>,a-t-il préconisé.

<strong>                              Siaka Doumbia</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Des indépendances sans décolonisation !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/des-independances-sans-decolonisation-2339682.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 21 Jun 2017 01:08:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Démocrate</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em><strong>La politique ininterrompue de répression menée par l’armée française dans les colonies sous la IVème République visait à empêcher l’ouverture de plusieurs fronts simultanés de la même ampleur que ceux de l’Indochine et de l’Algérie. Pourtant une partie des élites politiques et administratives se rend progressivement compte que cette stratégie ne pourra suffire à empêcher un embrasement généralisé si l’on s’en tient au statu quo colonial d’avant-guerre. Pour éviter de tout perdre, on imagine de renouveler les formes de la domination sous un habillage plus libéral, afin de préserver l'essentiel des intérêts français en Afrique, et de pouvoir également y maintenir une présence militaire. </strong></em>

Pour la Tunisie et le Maroc, le dénouement est plus rapide : pour sauver l’Algérie française, on leur accorde l’indépendance dès 1956. La même année est mise en place la loi-cadre du ministre Defferre, préparée par Messmer, qui est alors son directeur de cabinet, et soutenue par Houphouët Boigny. Elle institue notamment le collège électoral unique et instaure des gouvernements autonomes en AEF et en AOF, dans le cadre d'un pouvoir impérial maintenu. Il n’est pour l’instant aucunement question d’indépendance. Mais en 1957, une première colonie britannique, le Ghana, obtient sa liberté. Une nouvelle architecture est donc proposée l’année suivante, et adoptée par référendum en même temps que la Vème République : la Communauté franco-africaine, définie au titre XII de la Constitution, dont l’article 77 stipule notamment : « Le domaine de la compétence de la Communauté comprend la politique étrangère, la défense, la monnaie, la politique économique et financière commune ainsi que la politique des matières premières stratégiques », et l’article 86 : « (…)un Etat membre de la Communauté peut devenir indépendant. Il cesse de ce fait d'appartenir à la Communauté. » Seule la Guinée fait « sécession » selon le mot de De Gaulle. Les autres pays africains sont invités plus ou moins fermement à voter « oui », fraudes électorales, intimidations et corruption à l'appui quand c'est nécessaire. La Communauté repose sur une architecture administrative exceptionnelle qui a été élaborée de la manière la plus antidémocratique qui soit. Son président « formule et notifie », selon les termes choisis par De Gaulle lui-même, des décisions qui ne sont pas mineures. Ainsi, en matière militaire, on prolonge les dispositions de l’Union française : « L'armée chargée de la défense et de la Communauté est une. Elle est placée sous une organisation unique de commandement » et « à la demande d'un chef de gouvernement, des éléments de l'armée peuvent être appelés à concourir au maintien de l'ordre public. » Autrement dit le « maintien de l'ordre » colonial reste contrôlé par la métropole... Même en 1958, la transition vers l’émancipation formelle des colonies est loin de faire consensus parmi les autorités françaises, si l’on en croit Alain Plantey, l’un des principaux architectes de la Communauté. Les indépendances sont pourtant accordées deux ans plus tard par De Gaulle, moyennant certaines dispositions qui les videront de leur contenu. Des accords de défense et de coopération signés en contrepartie des indépendances verrouillent le maintien d’une domination militaire française au sein de la Communauté, à laquelle les Etats nouvellement indépendants peuvent continuer d’appartenir en vertu d’une modification constitutionnelle opérée en 1960. Malgré de multiples révisions constitutionnelles depuis, la Communauté et ses dispositions relatives à la défense commune ne seront abrogés qu’en 1995. Enfin, pour plus de précautions, les indépendances sont confiées à des hommes de confiance, respectueux du maintien des intérêts français. La répression des mouvements de masse vise à briser les organisations opposées au colonialisme, et à les priver de leurs cadres militants. La politique de terreur et la corruption permettent aussi de retourner certains leaders influents, comme Houphouët-Boigny en Côte d'Ivoire, et de s'assurer de leur fidélité. Quant à ceux qui s’obstinent, ils font l’objet d’une élimination pure et simple par les services secrets français, qui multiplient les opérations dites « homo », pour « homicide ». Ainsi, pendant la guerre d'Algérie, l'organisation « La Main rouge » sert de couverture au Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) pour éliminer, entre autres, les soutiens du FLN. Rien qu'en 1960, Constantin Melnik, alors coordinateur du renseignement auprès de Messmer, ministre des Armées, confessera 135 opérations. Les agents sont puisés dans le 11e Choc, le bras armé des services secrets, composé de militaires de la Coloniale. Sont ainsi éliminés des leaders de premier plan, juste avant ou juste après les indépendances, comme le Tunisien Ferhat Hached, assassiné en 1952, les Camerounais Daniel Um Nyobé, tombé au maquis en 1958 ou Félix Moumié, empoisonné en 1960 à Genève, le Marocain Ben Barka, enlevé à Paris en 1965, le Tchadien Outel Bono, éliminé en 1973 à Paris… « La décolonisation du Cameroun sera aussi atypique que sa colonisation : la France accordera l'indépendance à ceux qui la réclamaient le moins, après avoir éliminé politiquement et militairement ceux qui la réclamaient avec le plus d'intransigeance », relate P. Messmer, qui fut l’un des principaux artisans de cette politique. Le cas du Cameroun n’est malheureusement pas une exception. En Côte d’Ivoire, Houphouët ne réclamait pas non plus l’indépendance. Au Gabon, Léon M’Ba militait en faveur de la départementalisation de son pays. Au Mali, de Gaulle affirme au sujet du transfert de souveraineté : « Comme cette transformation est de droit, qu'elle ne comporte pour nous aucun dommage, qu'elle ne fait que modifier la forme et nullement changer le fond de la solidarité franco-africaine, nous l'acceptons volontiers ». Pour accorder l’indépendance à l'Algérie, de Gaulle attendra encore jusqu'en 1962, le temps de reprendre en main une armée coloniale qui y est viscéralement hostile. Si les accords d'Evian définissent des conditions néocoloniales encore plus sévères que pour les pays d'Afrique noire, celles-ci ne seront toutefois pas appliquées intégralement. Afin que les dirigeants choisis puissent continuer à lutter contre la « subversion », les Constitutions africaines sont rédigées par des juristes français sur le modèle de la Ve République. La Constitution française est en effet pourvue d’un fameux article 16, voulu par De Gaulle, qui permet au Président d’exercer des « pouvoirs exceptionnels » si les institutions ou le territoire sont menacés « d’une manière grave et immédiate ». Si l’éventualité d’une dictature est ainsi prévue par la Constitution française, son exercice est néanmoins subordonné, dans le texte, au respect de quelques minces garde-fou. Les copies africaines, en revanche, ne s’embarrassent pas de tels détails : les hommes placés par la France à la tête des nouveaux Etats se voient dotés d’une caution juridique pour l’exercice ordinaire des pouvoirs exceptionnels et du recours aux forces armées pour la répression. Quoi de plus naturel pour des chefs d'Etat qui restent encadrés par l’armée française, quand ils ne sont pas tout simplement issus de ses rangs ?

<strong>La Rédaction</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Requête aux fins de contrôle de constitutionnalité de la loi n°2017&#45;31/AN&#45;RM portant révision de la constitution du 25 février 1992.</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/requete-aux-fins-de-controle-de-constitutionnalite-de-loi-n2017-31an-rm-portant-revision-de-constitution-25-fevrier-1992-2340012.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 21 Jun 2017 00:55:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reporter</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>A</strong>

Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les Conseillers composant la Cour Constitutionnelle du Mali,

Les sieurs Seydou DIAWARA, Mody N’DIAYE , Moussa CISSE, Bakary MACALOU, Alkaïdi Mamoudou TOURE, Soumaila Cissé, Boubacar Maïga,  Ange Marie Dakouo, Brehima Beridogo, Dedeou Traoré, Bakary Fomba,  Amadou Maïga, Bakary Diarra, Mamadou Doumbia, Nanko Amadou Mariko, Baferemé Sangaré, Soïba Coulibaly, Amadou Araba Doumbia, Sekou Abdoul Quadri Cissé, tous députés à l’Assemblée Nationale du Mali,  soussignés,  ont l’honneur de déférer à la Cour Constitutionnelle, en application de l’article 88, alinéa 2 de la Constitution, la loi n°2017-31/AN-RM du 02 juin 2017 portant révision de la Constitution du 25 février 1992 aux fins de la déclarer contraire à la Constitution.

<strong><em> </em></strong>Attendu que par lettre en date du 13 mars 2017, le Président de la République a saisi l’Assemblée nationale, convoquée en session extraordinaire, du projet de la loi portant révision de la constitution du 25 février 1992, qu’il a initié en application des dispositions de ladite Constitution;

<strong><em>I- SUR LA VIOLATION DE L'ARTICLE 118 DE LA CONSTITUTION: </em></strong>

<strong><em>1ère Branche: </em></strong>

<strong><em>Attendu qu'en premier lieu</em></strong>, la loi querellée viole manifestement l’article 118 de la Constitution qui dispose : «Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire» ; Or, le Mali fait face et ce, depuis plusieurs années, à la présence sur son territoire de groupes armés de plusieurs obédiences, les uns réclamant l’indépendance et les autres prônant le Jihad, tous semant la terreur sur leur passage et dictant leur loi aux populations sur plus des deux tiers du territoire national ;

Que la présence de ces groupes armés ne peut nullement être contestée dans la partie septentrionale du pays où la ville de Kidal reste sous la coupe de tout sauf de l'Administration malienne ; Que les maîtres des lieux interdisent tout accès de la localité à l’administration malienne et à ses agents et fait arborer sur les édifices publics le drapeau de l’Azawad pendant que le Gouverneur de la région est contraint de déplacer ses bureaux à Gao ; Que la présence de forces irrégulières est également indéniable dans d’autres parties du territoire national, notamment au Centre du pays, où de nombreuses localités vivent sous la coupe de groupes armés islamistes qui y interdisent notamment la consommation du tabac et y imposent le port du voile aux femmes ;

Que dans toutes les zones précitées, l’emprise du territoire au moyen d’une présence administrative et celle de la force publique échappe à l’Etat du Mali, qui ne peut y exercer sa souveraineté de manière effective ; Que contrairement à l'avis n°2017-01 en date du 06 juin 2017 de la cour constitutionnelle, qui fort heureusement n'a aucun caractère contraignant, la définition de l'atteinte à l'intégrité du territoire ne doit nullement être recherchée dans des théories développées sur le droit international par des internautes sur des réseaux sociaux ;

Que de manière claire et précise l'atteinte à l'intégrité territoriale, considérée comme une infraction criminelle contre la sûreté intérieure du Mali, est définie dans la loi n°01-079 en date du 20 août 2001 portant code pénal du Mali en ses articles  47 et suivants;

<strong>Que c'est pourquoi la section II du chapitre II du Titre II du code pénal est ainsi libellé : « SECTION Il: DES CRIMES PORTANT ATTEINTE A LA SECURITE INTERIEURE DE L' ETAT OU A L' INTEGRITE DU TERRITOIRE PAR LA GUERRE CIVILE, L' EMPLOI ILLEGAL DE LA FORCE ARMEE, LA DEVASTATION ET LE PILLAGE PUBLIC »</strong>

Que l'article 47 dudit code renchérit : «L'attentat dont le but est soit de provoquer la sécession d'une partie du territoire de la République, soit d'inciter à la guerre civile, en armant ou en poussant les citoyens ou habitants à s'armer les uns contre les autres, soit de porter la dévastation, le massacre et le pillage dans une ou plusieurs régions, villes, communes et villages de la République, est puni de la peine de mort ou de la réclusion à perpétuité. Le complot ayant pour but l'un des crimes prévus au présent article et la proposition de former ce complot, seront punis des peines portées à l'article 41 suivant les distinctions qui y sont établies.»

Le Code pénal, dans ses articles 47 et suivants, fait de l’emploi illégal de la force armée, de la dévastation et du pillage public des crimes constitutifs notamment de l’atteinte à l’intégrité du territoire national ;  Qu'il est indéniable qu’aujourd’hui, existent et se maintiennent sur une très grande partie du territoire du Mali, des groupes qui, sans ordre ou autorisation du pouvoir légal, ont levé des troupes armées, engagé ou enrôlé des soldats et leur ont fourni des armes et munitions aux fins de conduire à la sécession d’une partie du territoire de la République, continuent à inciter à la guerre civile en poussant les citoyens à s’armer les uns contre les autres, portent la dévastation, le massacre et le pillage dans plusieurs régions, villes, communes et villages du Mali;

Qu'il est intellectuellement incompréhensible et humainement inadmissible d'assimiler une telle catastrophe et un tel crime à une simple insécurité à un moment où on n'a pas fini de faire le deuil des 332 personnes dont 207 civiles qui ont perdu la vie en 2016 et des deux cent personnes qui ont été tuées depuis le début de l'année 2017 dans le centre et le nord du Mali ; Donc, loin de connaître une insécurité résiduelle, le Mali est bien victime d’une atteinte à l’intégrité de son territoire;

Que décider, comme l'a fait le Président de la République, de réviser la Constitution, dans les conditions ainsi décrites constitue précisément une violation flagrante de l’interdiction posée par l’alinéa 3 de l’article 118 précité, sans qu’il y ait à rechercher si l’atteinte constatée relève du droit international ou du droit interne ;

Qu’à cet égard, il importe de souligner que rattacher l’atteinte visée par l’article 118 de la Constitution au droit international à l’exclusion des situations de droit interne, procède d’une mauvaise lecture des règles d’interprétation qui interdisent précisément d’en ajouter à la loi ;

Qu’en effet, l’article 118 invoqué ne faisant référence à aucune forme d’atteinte en particulier, il doit être lu comme englobant toutes les formes d’atteinte à l’intégrité du territoire, pourvu qu’il s’agisse d’une situation où l’effectivité de l’exercice par l’Etat de sa souveraineté  sur son territoire est sérieusement compromise;

<strong><em>2ème Branche:  </em></strong>

Attendu qu'il est important de rappeler que <strong>par </strong>lettre en date du 13 mars 2017, le Président de la République a saisi l’Assemblée nationale, convoquée en session extraordinaire, du projet de la loi portant révision de la constitution du 25 février 1992, qu’il a initié en application des dispositions de ladite Constitution;

Que n'ayant pas pu être délibéré au cours de ladite session extraordinaire, le projet de loi renvoyé à la session ordinaire qui s’en ait suivi a été adopté le samedi 03 juin 2017 au petit matin au cours d'une séance plénière ouverte le jeudi 1er juin 2017;

Que c'est pourquoi, la date du 02 juin 2017, retenue dans le projet de loi comme étant celle à laquelle l'Assemblée Nationale a délibéré, n'est pas conforme à la réalité;

Qu'il est clairement établi que la loi est votée par l'Assemblée Nationale conformément aux dispositions de la Constitution et du Règlement intérieur de l'Assemblée Nationale;

Qu'il est également évident que les séances plénières sont ouvertes aux date et heures précises et peuvent se prolonger aux jours suivants s'il y a lieu;

Que dans le cas de l'espèce la séance plénière ouverte le 1er juin 2017  a été prolongée, après de nombreuses suspensions, au 03 juin 2017 date à laquelle l'Assemblée Nationale a effectivement délibéré ;

Qu'or le projet de loi signé  du Président de l'Assemblée Nationale et publié au journal Officiel date du 02 juin 2017 alors qu'aucun projet du genre n'a été adopté à cette date; les procès verbaux des débats qui doivent d'ailleurs être publiés en application de l'article 69 de la constitution en vigueur en font foi;

Qu'il ressort de la lecture de l'article 118 de la Constitution que c'est le projet ou la proposition de révision votée à la majorité des deux tiers qui doit être soumis au référendum pour approbation;

Que dès lors, inviter les populations à se prononcer sur un projet non adopté à la date indiquée est un exercice contraire à l'esprit et à la lettre de l'article 118 de la constitution du 25 février 1992;

<strong>II-SUR LES INSUFFISANCES LIÉES À LA MOUTURE PRÉSENTÉE : </strong>

<strong>A-</strong> Attendu que  le texte publié est inapproprié en la forme pour servir de cadre à une révision de la constitution ;

Qu'en réalité c'est le texte des amendements portés au projet gouvernemental par la Commission des lois de l’Assemblée nationale qui est soumis au référendum, alors même qu’il fallait, avant, en expurger toutes les dispositions qui ne sont pas modifiées ainsi que toutes les mentions superfétatoires comme, par exemple « les articles 6 à 29 du projet de loi portant révision de la constitution deviennent respectivement les articles 30 à 53 » pour lui donner la forme qui sied à une loi de révision constitutionnelle;

Que seul ce texte « nettoyé » aurait dû être annexé au décret de convocation du collège électoral parce que le texte annexé audit décret est celui sur lequel le Peuple est appelé à se prononcer et c’est lui seul qui, adopté, peut être promulgué par le Président de la République;

Cela va tellement sans dire que même la Cour constitutionnelle a été obligée de le signaler dans son avis n°2017-01/CCM/REF du 06 juin 2017 relatif à la loi n°2017-31/AN-RM du 02 juin 2017 portant révision de la constitution du 25 février 1992 en ces termes: « la présente loi portant révision de la constitution devrait renvoyer plutôt aux articles révisés de la constitution du 25 février 1992 qu’aux amendements portés par la Commission des lois constitutionnelles, de la législation, de la Justice, des Droits de l’Homme et des Institutions de l’Assemblée nationale ».

Cet avis renvoyait ainsi le Premier ministre à faire demander par le Président de la République une seconde lecture du Projet de loi pour qu’il lui soit donné la forme convenable avant sa publication comme annexe du décret de convocation du collège électoral;

Cela n’ayant pas été fait, c’est le texte inapproprié qui est soumis au référendum alors même que la Cour constitutionnelle a dit qu’il ne pouvait l’être;

Que dès lors, la procédure de publication est appelée à être reprise, à défaut le référendum prévu le 09 Juillet 2017 devient juridiquement incorrect, le texte sur lequel il porte étant inapproprié;

B- attendu qu'aux termes de l'article 61 de la loi querellée « les sénateurs sont élus, pour deux tiers au suffrage universel indirect. Un tiers des sénateurs est désigné par le Président de la République.

Les sénateurs sont élus pour un mandat de cinq ans renouvelable dans les conditions définies par une loi organique... »

Attendu que le deuxième alinéa de l'article 61 susvisé parle de la durée du mandat des sénateurs élus mais ledit article ainsi que la loi elle-même restent muets sur la durée du mandat des sénateurs désignés; est ce à dire que le Président de la République peut en désigner tous les jours où tous les trois mois etc.?

Cette insuffisance dénote la précipitation blâmable avec laquelle le projet a été élaboré toute chose qui le rend impertinent et impropre à la consommation;

C- <strong><em>Qu’en dernier lieu,</em></strong> la loi portant révision de la Constitution introduit une nouvelle procédure de révision constitutionnelle, en habilitant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès à procéder à la révision de la loi fondamentale;

Qu’elle exclut explicitement du champ de cette nouvelle procédure, outre les modifications relatives à la forme républicaine et à la laïcité de l’Etat, la révision de la Constitution en période d’application de l’article 50 du texte en vigueur, ce qui laisse penser que pourraient être révisées des dispositions constitutionnelles tout aussi importantes telles que le multipartisme ;

Qu’elle consacre ainsi un grave recul par rapport aux acquis démocratiques du peuple malien tout en n’étant incompatible avec les dispositions du préambule de la Constitution qui proclame d’importants principes et valeurs républicains dont en particulier le multipartisme ;

Que de tout ce qui précède il est évident que la loi constitutionnelle querellée a été prise au mépris total et en méconnaissance flagrante tant de la lettre que de l’esprit de la Constitution du 25 février 1992 actuellement en vigueur ;

<strong><u>PAR CES MOTIFS</u></strong>

<strong><u>Article 1</u></strong><strong><u><sup>er</sup></u></strong><sup> </sup>: Déclarer la requête des députés requérants  recevable ;

<strong><u>Article 2 :</u></strong> Déclarer <strong>en la forme  la</strong> LOI N°2017-31/AN-RM  PORTANT RÉVISION DE LA CONSTITUTION DU 25 FÉVRIER 1992 datée du 02 juin 2017  inconstitutionnelle.

<strong>SOUS TOUTES RESERVES</strong>

<strong>Bamako, le 14 juin 2017</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorable : Alpha Oumar Konaré Président de la République (1er novembre 2000).</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorable-alpha-oumar-konare-president-de-republique-1er-novembre-2000-2300692.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 06 Jun 2017 00:55:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[‘’Si l’exercice démocratique s’arrêtait à la seule évaluation de l’exécutif, le débat démocratique ne bénéficierait d’aucune base populaire et serait marqué par l’expression de beaucoup d’opportunismes.

Il importe de renforcer, le rôle des partis politiques, parce qu’il n’y a pas de démocratie sans partis politiques. Mais aussi celui de la société civile comme  élément de régulation du jeu politique partisan, comme élément de régulation de la presse, comme garant de la paix civile, de la négociation sociale, comme animatrice de contre-pouvoir.

L’action des sociétés civiles  devrait pouvoir s’exercer par-delà les frontières. La défense du droit et le droit de communiquer ne devraient pas connaître de frontières. Un handicap, et pas des moindres, est la faiblesse de la démocratie sociale.

Si l’expression du pluralisme s’est opérée dans le champ  politique, elle devient plus difficile dans le champ social et dans le champ syndical.

Beaucoup d’associations ne sont pas sous-tendues par un réel contrôle populaire.

Tous les pouvoirs se trouvent confisqués par un bureau, ou un seul individu, les tutelles administratives ne jouant pas bien leur rôle.

Le champ syndical est quant à lui marqué par la faiblesse du dialogue social. Ce déficit de dialogue social conduit dans bien des cas à de fortes crispations, au développement du corporatisme.

N’’a-t-on pas vu dans nombre de nos pays de fortes crispations entraîner le rejet même de la notion de service minimum, voire la remise en cause des serments professionnels, la violation des codes déontologiques ?

Ces logiques peuvent conduire à des épreuves de force fatales à la démocratie. Le développement du corporatisme conduit à une relégation de la solidarité nationale.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie sans solidarité, nationale. Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie sans esprit de sacrifice et de justice sociale, sans les valeurs fortes du travail et du travail bien fait.

Il ne saurait y avoir consolidation de la démocratie dans une logique forte, dominante, de dépendance extérieure.

Une autre exigence démocratique nous paraît être la lutte contre l’analphabétisme.

Apprendre à lire, à écrite et à compter est un acte premier de libération, de responsabilité, de digité.

Aujourd’hui, être connecté, (même si pour beaucoup d’entre nous et pendant longtemps ce sera de façon collective), grâce aux nouvelles technologies de l’information,  renforcera les conditions de transparence, de contrôle, d’accessibilité, d’échanges, tous principes fondateurs d’une vraie démocratie. Les révolutions scientifiques et technologiques devraient d’abord bénéficier aux pays en développement.’’

<strong>Source (Ensemble debout) </strong>

<strong>Edition Cauris </strong>

<strong>Livres</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Chronique des temps anciens :  Révélations sur la mort de Diby Silas Diarra</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/chronique-temps-anciens-revelations-mort-de-diby-silas-diarra-2285692.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/chronique-temps-anciens-revelations-mort-de-diby-silas-diarra-2285692.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/05/Diby-Silla-Diarra-.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Wed, 31 May 2017 01:02:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Infos Soir</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<em><strong>« Chronique des temps anciens » est une rubrique périodique que nous créons à l’attention de nos lecteurs. Il s’agit de rappel de faits, histoires, contes et légendes du Mali, d’Afrique et du monde déjà publiés par des historiens, écrivains, hommes de culture et journalistes. Souvenirs pour les anciens ! Récits studieux pour la jeune génération ! Culture générale pour tous !
Nous inaugurons cette rubrique par un repère de l’histoire contemporaine du Mali : « Dix ans au bagne de Taoudénit » de feu le sergent-chef Samba Sangaré, publié le 12 août 2009 par notre confrère l’Aube.</strong></em>

<strong> </strong>Samba Sangaré a vécu l’enfer avec 32 autres camarades militaires à Taoudénit où les avait déportés le lieutenant Moussa Traoré, auteur d’un putsch qui avait renversé, en 1968, le président Modibo Kéïta.
Relaxé en 1979, après 10 ans de captivité, il traîne aujourd’hui les séquelles des travaux forcés, à son domicile à Lafiabougou, à la rue 375, porte 71, où il vit avec sa brave épouse, Maïmouna Kéïta.

C’est là que nous l’avons rencontré pour un récit sur l’Armée malienne aux premières heures de l’indépendance et sur l’affaire Diby Sylas Diarra qui a engendré l’odyssée taoudénite.

Le plan de renversement du CMLN avait été bien mûri et coché sur papier par la bande à Diby Silas. Il ne restait plus que les réglages de dernière minute pour passer à l’action. Le coup était imparable au vu de la qualité des membres du groupe par rapport au 14 du CMLN, toujours plongés dans l’euphorie de l’après 19 novembre.

<strong>
La trahison de Moriba Diakité</strong>

C’est au plus fort de ces préparatifs que les futurs putschistes ont été trahis et "vendus" par le lieutenant Moriba Diakité du groupe de Kati. A-t-il agi par lâcheté ou par froid calcul ? Mystère. Toujours est-il qu’avant le jour J les membres du groupe, 33 au total, ont été arrêtés à partir du 12 août 1969. Après un bref séjour dans les différents commissariats, ils furent internés à la compagnie du génie.

Leur procès a eu lieu à huis clos le 14 décembre 1969. Le verdict a été prononcé tard dans la nuit du 17 décembre 1969. Dix-neuf (19) ont été condamnés à des peines allant de 5 ans à la perpétuité, en passant par 10, 15 et 20 ans de travaux forcés. « <em> Aussitôt après, nous avons été conduits à la prison centrale de Bamako où nous sommes entrés en chantant l’Internationale socialiste</em> », se rappelle Samba Sangaré. A partir de ce jour, les choses vont aller très vite. Moins de 36 heures après leur arrivée à la prison centrale, les condamnés ont été répartis en deux groupes.

Ceux ayant 10 ans et plus ont eu Taoudénit pour destination et les autres ont été envoyés à Kidal. Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est Eladi Ag Alah, un ancien chef de la première rébellion en détention à la prison centrale, celui-là même qui avait été capturé par Diby Sylas Diarra, qui les a fait prévenir de l’imminence de leur départ vers l’inconnu, en même temps qu’il leur faisait parvenir du thé et du sucre en signe de sympathie.

Quant au traitre, il n’a pas eu la récompense escompté, ayant été arrêté en même temps que les autres. Le lieutenant Moussa Traoré l’accuse d’avoir eu un moment de doute au vu temps, très long, qui s’est écoulé entre le jour où il a été saisi par les putschistes et le jour où il les a dénoncés, sans oublier qu’il a participé à tous les préparatifs du coup. Ce n’est donc pas un homme de conviction en qui il faut faire confiance. Pire, il a été rayé de l’Armée après son acquittement au procès. Le reste de sa courte vie se serait passé dans la tourmente. Vomi par tous, civils et militaires, il s’est exilé vers la Côte d’Ivoire pour un séjour, raté. Revenu au Mali, Moriba Diakité aurait perdu la raison avant de mourir.

<strong>Dix ans au bagne-mouroir de Taoudénit </strong>

Le 20 décembre à l’aube, les 9 membres du groupe destinés pour Taoudénit furent embarqués à bord d’un avion militaire et débarqués à la prison civile de Tombouctou. C’est là qu’ils recevront la visite du lieutenant Almamy Niantao, affecté à Tombouctou pour s’occuper spécialement de leur cas. Dans le récit de notre interlocuteur, le Lt Niantao sera leur bourreau à Taoudénit, site où ils ont posé leurs bagages le 28 décembre 1969 pour un séjour qui va s’avérer fatal pour beaucoup d’entre eux. Nous épargnons à nos chers lecteurs le gros de l’enfer et de toutes les affres subies par Samba Sangaré et ses camarades.

On rappellera seulement qu’ils ont travaillé dans les mines de sel, construit le Fort Niantao, rempli et roulé des fûts d’eau et de banco dans le sable, dégagé du sable en plein Sahara, ramassé des crottes de chameau ; sans oublier le manœuvrage, le supplice du piquet, la consommation de la chair d’animaux morts, le matraquage, les brûlures….

Le tout dans un contexte inhumain et sous les ordres du Lt Niantao : canicule et extrême fraîcheur selon les périodes (même en temps normal, un militaire libre ne doit pas y servir plus de 3 mois), menottes aux mains et chaînes aux pieds, haillons, logements exécrables etc… Tous les travaux se déroulaient sous les coups de cravache ou de crosse de fusil. Pendant 10 ou 20 ans dans ces conditions de travaux forcés, beaucoup n’ont pas pu tenir et y ont laissé leur vie.

Sur les 9 de Taoudénit, seuls deux sont réellement revenus : Samba Sangaré et Guédiouma Samaké qui ont épuisé 10 ans de travaux forcés. Le troisième, capitaine Alassane Diarra est mort peu après sa libération, après plus de 10 ans de travaux forcés.

A Taoudénit, Samba Sangaré retient une satisfaction morale et divine, celle de voir les rejoindre un à un, menottes aux mains, ceux qui les avaient arrêtés et envoyés là. Il s’agit du capitaine Yoro Diakité, chef du gouvernement provisoire, le principal signataire du décret d’ouverture du bagne de Taoudénit, Tiécoro Bagayoko, Kissima Doukara, Karim Dembélé, Joseph Mara et Soungalo Samaké. « <em>Nous avions vu les choses venir. S’ils nous avaient écoutés, on n’en serait pas là. Car, tous ont été arrêtés pour avoir tenté de renverser le régime en place qui n’était pas bon à leurs yeux</em> », regrette notre interlocuteur.

Néanmoins nous jugeons nécessaire de revenir sur la mort des membres de la bande, notamment celle de Diby Silas Diarra, telle que racontée par Samba Sangaré. Notre homme s’en souvient comme si c’était hier.

<strong>
La mort de Diby Silas Diarra et autres</strong>

Les séjours du lieutenant Niantao (les chefs geôliers étaient remplacés tous les 3 ou 4 mois) ont été fatals à Diby et ses camarades, transformés en de véritables loques humaines. L’état physique de certains, que le béribéri avait consumés, défigurés et affaiblis à l’extrême, ne cessa de décliner et de susciter de réelles inquiétudes. Aussitôt après son deuxième passage à Taoudénit, des détenus de droit commun, les plus atteints commencèrent à mourir au rythme de un par semaine, pour finalement atteindre les 3 décès hebdomadaires.

Ce fut dans cette expectative dramatique, que la première victime du groupe des détenus politiques s’éteignit, en la personne du capitaine Sogodogo, le 14 février 1972. Le capitaine Tiékoura Sogodogo mourut dans une grande misère, de mauvais traitement, de maladie, d’inanition et de manque absolu de soins et d’assistance.
Sogodogo ne mourut pas sur le chantier, pour la, le simple raison que sa mort était survenue en cours nuit.

Le lieutenant Jean Bolon Samaké mourut 45 jours après, le 29 mars 1972, au matin. Comme la plupart des détenus, Jean Selon était atteint de béribéri en état avancé. En plus de ce mal terrible, il souffrait de diarrhée profuse qui ne lui laissait aucun répit.

Il avait tant maigri, que ses côtes et vertèbres se pouvaient compter comme les grains d’un chapelet. Ne pouvant plus assurer aucune corvée, il était laissé à lui-même, se débattant avec la maladie et la mort. Plaignait point, ne criait point, ne gémissait point.

Il regardait la mort en face, la toisant avec lucidité, et l’attendant en officier pour qui, la vie sans honneur ne mérite pas d’être vécue.

Comme Sogodogo, Jean Belon eut droit à une toilette funèbre. Lui aussi ne laissa qu’une paire de pataugas usés et couverts de boue séchée, que les militaires renvoyèrent à sa famille.

De 9, le groupe fut réduit à 7 membres. Puis à 6 avec la mort du doyen d’âge, le capitaine Bakary Camara, affectueusement appelé El Bekry. C’était le 1er mai 1972, jour anniversaire de la fête du travail.

Bakary est mort de malnutrition entretenue, de sévices corporels répétés, de sous-alimentation imposée, de manque de soins et d’assistance voulus, toutes choses qui entraînent inévitablement le béribéri, le mal fatal. Il avait connu, comme tous ceux qui étaient tombés avant lui, les déformations physiques, la douleur aux articulations, la faiblesse et la lourdeur des jambes ainsi que le relâchement du sphincter anal. Malgré cette déchéance physique sans nom, Bakary resta digne et serein et mourut le sourire aux lèvres, en parfait état de lucidité.

<strong>Après le capitaine Bakary, d’autres membres du groupe tombèrent successivement, à des intervalles très rapprochés.</strong>

Capitaine Diby Sylas Diarra rendit âme le 22 juin 1972 sous la cravache du soldat El Mehdi, ressortissant du cercle de Kidal. Ce jeune tamasheq avait été poussé contre Diby, au motif que ce dernier avait sévi contre des tamasheq pendant la première rébellion au Nord du Mali. Diby poussait un fût vide vers le puits, pendant que ce soldat le cravachait sauvagement, lui commandant d’aller plus vite que ne lui permettait ce qui lui restait de force. Finalement, à bout de souffle, il s’affala en travers du fût et mourut à la tâche, sous la cravache.

L’infirmier militaire, dépêché sur le lieu, lui administra pour la forme, ce qu’il appela un toni cardiaque, mais que les détenus appelaient le coup de grâce. Cette piqûre de dernière minute, selon Samba Sangaré, n’a jamais été d’aucune utilité pour personne, depuis que le Bagne-mouroir a été créé. « <em> Voilà comment est mort le plus vaillant des capitaines, l’officier le plus célèbre de son temps</em> », nous confie Samba, le regard lointain.

Diby fut lavé et enterré par les soins de ses camarades, sans plus de cérémonial que les autres. « <em> Il mourut convaincu du bien-fondé de son action qu’il ne renia jamais, même au plus fort de la détresse. Comme tous ceux qui avaient disparu avant lui, il avait vu la mort venir, et l’attendait dignement, sans affolement, et sans attendrissement sur sa personne. Lui aussi mourut en officier dont le courage, la fierté et le sang-froid n’avaient d’égal que son patriotisme connu de tous</em> », ajoute notre interlocuteur.

Qui poursuit : « <em>Le seul tort du capitaine Diby et de ses compagnons était d’avoir compris 23 ans plus tôt, ce que les autres ne comprendront que 23 ans plus tard. Diby laissa en mourant une montre bracelet de marque MIDO, une paire de chaussures maculées et une bague qui ne le quittait jamais. En recevant ces pauvres reliques, sa famille a pu se faire une idée du drame et de la misère dans lesquels il avait fini sa vie</em> ».

<strong>
Deux semaines après</strong><strong> le décès de Diby Sylas Diarra</strong>, ce fut le tour du sergent-chef Boubacar Traoré de finir sa vie dans le pénitencier de triste réputation de Taoudénit. C’était le 7 juillet 1972. Boubacar Traoré était un jeune sous-officier d’une espèce rare. « <em> Intelligent, responsable et patriote, il n’avait pas apprécié l’intrusion de l’Armée dans la vie publique de la nation. Pour lui, la qualité des protagonistes était pour le moins sujette à caution. Il avait superbement ignoré tout ce que son amitié avec Tiécoro Bagayoko, un membre influent du C.M.L.N., pouvait lui apporter, pour ne considérer que l’intérêt supérieur du Mali</em> », témoigne Samba Sangaré.

Qui nous apprend qu’au moment de sa mort, Boubacar était si malade et si affaibli que son cou, ne pouvait plus supporter sa tête qui, obstinément retombait à droite ou à gauche, en avant ou en arrière. Il ne pouvait pas non plus marcher. Ce fut pourtant dans cet état que le chef geôlier, l’adjudant Nouha ordonna de le faire sortir pour la corvée, et de le fouetter. Le soldat désigné à cet effet leva la cravache, en assena deux coups à celui qui n’était déjà qu’un cadavre. Boubacar mourut quelques instants après, portant le nombre de décès à 5 parmi la bande à Diby.

<strong>
Trois semaines plus tard,</strong> le 31 juillet 1972, s’éteignit à son tour, le lieutenant Mami Ouattara au cours d’une corvée de transport de briques. Samba s’en rappelle : <em>« Ce 31 juillet 1972, l’adjudant Nouha ordonna de nous envoyer transporter des briques. Nous avions beaucoup de peine à marcher, même sans fardeau. Nous arrivâmes cahincaha sur le chantier. Les soldats nous montrèrent les briques qu’il fallait déplacer et entasser 50 mètres plus loin. Cette opération n’avait d’autre but que de précipiter notre mort. En effet, après quelques va et vient, Mami Ouattara commença à vaciller, pour finalement tomber sous le poids de la brique qu’il portait.</em>

<em>Il ne se relèvera plus. Transporté dans notre cellule, il reçut l’ultime piqûre, comme le condamné à mort reçoit le coup de grâce. Ce que j’ai retenu d’émouvant de cette corvée et de la disparition de Mami, c’est que 10 minutes avant sa mort, il m’incitait à me dépêcher pour ne pas attirer sur nous la colère des militaires.</em>

<em>Quel ne fut mon étonnement en découvrant qu’il me trouvait lent, lui qui pouvait à peine mettre un pied devant l’autre. Mais cela montrait seulement combien nous avions été traumatisés par la cruauté des soldats que nous redoutions plus que la mort. En effet, Mami ne se souciait pas de la mort qu’il sentait pourtant venir, mais plutôt de la réaction que pouvaient avoir nos geôliers. C’est tout dire.</em>

<em>Tout comme Diby, Mami avait subi la rigueur des travaux forcés jusqu’au terme de sa vie, malgré la maladie et la faiblesse du corps. Il repose à Taoudénit pour toujours, victime du devoir</em> ».

<strong>Du groupe de 9 officiers et sous-officiers, il ne restait plus que 3 :</strong> le capitaine Alassane Diarra, le sergent-chef Samba Gaïné Sangaré et l’adjudant Guédiouma Samaké. Grâce à Dieu, ceux-ci pourront tenir jusqu’au bout. Pourtant, Samba Sangaré est passé à un fil de la mort.

<strong> (Paru dans L’Aube du 12 février 2009)</strong>

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<title>Mamadou Konaté, leader politique : L’immortel &amp;quot;père&amp;quot; des pionniers</title>
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<pubDate>Mon, 29 May 2017 11:17:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reporter</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>"Notre père Konaté/Dans la Dignité/Nous suivrons ta voie/Nous voulons ta foi" ! Ainsi débute le second couplet de l’hymne des pionniers du Mali. Il s’agit naturellement du regretté Mamadou Konaté, "père" des pionniers, le "Saint Père" et figure emblématique de la classe politique malienne, du mouvement de libération des peuples africains.</em></strong>

Un grand leader arraché à notre affection le 11 mai 1956 et à qui les patriotes continuent de rendre hommage 61 ans après sa disparition. Et symboliquement, le vernissage de l’expo-photos sur le Mouvement pionnier s’inscrit aussi dans l’esprit de cette commémoration. <em>«Notre père Konaté est le digne précurseur de la création de l’Etat du Mali. Il est le précurseur de la lutte de libération nationale… Un héros national et une référence exceptionnelle»</em>, a rappelé Ibrahima Kébé, commissaire principal de l'organisation Faso Kanu (Amour de la patrie), à l’occasion du 61e anniversaire de son décès.

Né en 1897 à Kati et député actif, Mamadou Konaté fut le 1<sup>er</sup> vice-président africain noir de l'Assemblée nationale française. Il fut également parmi les pionniers des leaders politiques partisans d'un Mali indépendant. Mamadou Konaté après des études à l’Ecole normale William Ponty de Gorée (Sénégal), devint instituteur-formateur-enseignant entre 1919 et 1946 dans différentes localités du Soudan français (actuel Mali), notamment Bafoulabé, Macina, Kolokani.

Il prendra ensuite la direction de l’Ecole régionale de Bamako. Il est l’un des fondateurs du Syndicat des instituteurs de l’Afrique occidentale française (AOF) en 1937. En 1945, Mamadou Konaté fonda le Bloc soudanais avec Modibo Kéita qui conduira le Mali à l’indépendance en 1960. Mais, auparavant, le Bloc était devenu l’Union soudanaise, une section du Rassemblement démocratique africain (US-RDA). Elu député en 1946, Mamadou Konaté siégea à l’Assemblée nationale française au sein du groupe de l’Union démocratique et socialiste de la résistance (UDSR). Il sera membre notamment des commissions de l’éducation nationale et des territoires d’outre-mer.

En 1951 et 1956, Mamadou Konaté fut réélu au Parlement français. Pour ce dernier mandat, il est élu avec Modibo Kéita et devient l'un des vice-présidents avec André Le Troquer, Roger Garaudy et Marie-Claude Vaillant-Couturier. Peu de temps après, atteint d’une hépatite, il meurt le 11 mai 1956. En plus de son héritage politique, les Maliens se rappellent aussi son combat patriotique à travers l’école et le stade qui portent son nom. Et ils retiendront aussi des déclarations d’engagement comme lorsqu’il rappelait, «<em>lorsque la cause est juste, la foi, le courage, la détermination ne peuvent pas échouer»</em>. Une détermination qui manque cruellement aux Maliens d’aujourd’hui. Il est vrai que Mamadou Konaté était de ces Soudanais au caractère et au mental trempés dans l’acier.

<strong>Moussa BOLLY</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Rétrospective : Discours du Docteur Asagyesfo Kwame Nkrumah président de la république du Ghana au sommet de l’OUA le 24 mai 1963 (10ème partie)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-discours-docteur-asagyesfo-kwame-nkrumah-president-de-republique-ghana-sommet-de-loua-24-mai-1963-10eme-partie-2280052.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 29 May 2017 00:29:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>« .. Du fait que nous n’avons pas de barrières douanières et monétaires pour avoir été soumis aux différents systèmes monétaires des puissances étrangères, la fissure qui nous sépare en Afrique s’est automatiquement élargie. Comment, par exemple, des communautés apparentées et des familles liées par des liens commerciaux peuvent-elles s’aider l’une l’autre avec succès si elles sont divisées par des frontières nationales et des restrictions monétaires ? Le seul moyen qui leur est offert dans ces conditions est d’employer des devises de contrebandes et d’enrichir des rackets et des escrocs internationaux qui prospèrent sur nos difficultés financières et économiques. </em>

<em>Aucun Etat africain indépendant n’a aujourd’hui par lui-même la possibilité de suivre une voie indépendante de développement économique, et plusieurs d’entre nous qui s’y sont efforcés ont été presque ruinés ou ont dû se laisser ramener au bercail de leurs anciens maîtres coloniaux. Cette situation ne changera pas tant que nous n’aurons pas une politique unifiée opérant sur le plan continental. Une première démarche vers une économie cohérente devrait consister en la création d’une zone monétaire unifiée, débutant par un accord sur la parité de nos monnaies. Pour faciliter cet arrangement, le Ghana accepterait d’adopter le système décimal. Lorsque nous constaterons que notre accord sur une parité fixe commune fonctionnera avec succès, il semble qu’il n’y aura aucune raison pour ne pas créer une monnaie commune et une seule banque d’émission. Lorsque nous disposerons d’une monnaie commune émise par une seule banque d’émission, nous devrions être capables de tenir par nos propres forces, car un tel arrangement serait pleinement appuyé par le produit national combiné des Etats qui composent notre union. Après tout, le pouvoir d’achat de la monnaie dépend de la productivité et de l’exploitation productive des ressources naturelles, humaines et physiques de la nation.</em>

<em>Tandis que nous assurerons notre stabilité par un système de défense commune et que notre économie sera orientée en dehors de toute domination étrangère au moyen d’une devise commune, d’une zone monétaire et d’une banque centrale d’émission, nous pourrons déterminer si nous possédons le plus vaste potentiel d’énergie hydro-électrique et si nous pouvons l’exploiter, ainsi que les autres sources d’énergie, au bénéfice de nos propres industries. </em>

<em>Nous pourrons commencer à dresser le plan de notre industrialisation à l’échelle du continent et à construire un marché commun pour près de trois cent millions d’êtres humains. Cette planification continentale commune, au service du développement agricole et industriel de l’Afrique, est une nécessité vitale. Tant de bénédictions doivent provenir de notre Unité, tant de désastres doivent découler du maintien de notre désunion, que si nous ne parvenons pas aujourd’hui à nous unir, cet échec ne sera pas imputé par la postérité uniquement à un défaut de raisonnement lié à un manque de courage, mais au fait que nous avons capitulé ayant les forces conjuguées du néo-colonialisme et de l’impérialisme.  L’heure de l’histoire qui nous a amenés dans cette assemblée est une heure révolutionnaire. </em>

<em>C’est l’heure de la décision. Pour la première fois, l’impérialisme économique qui nous menace se voit lui-même jeter  un défi par l’irrésistible volonté de notre peuple. Les masses des peuples d’Afrique crient vers l’Unité. Les peuples d’Afrique exigent que l’on abrite les frontières qui les divisent. Ils exigent entre des Etats africains frères, la cessation des litiges de frontières qui proviennent des barrières artificielles dressées par un colonialisme qui avait l’intention formelle de nous diviser. C’est sa volonté</em>

<em>qui nous a laissé en proie à cet irrédentisme de frontière et qui a repoussé notre fusion ethnique et culturelle. » </em>

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:Youssouf@journalinfosept.com">Youssouf@journalinfosept.com</a>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>De la période des empires à nos jours :  Ces braves femmes qui rappellent le Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/de-periode-empires-a-nos-jours-braves-femmes-rappellent-mali-2277292.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/de-periode-empires-a-nos-jours-braves-femmes-rappellent-mali-2277292.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/05/Aoua-Keita-1.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Sat, 27 May 2017 01:22:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong> </strong>

<strong><em>Femmes des empires, femmes de la colonisation, femmes contemporaines ; dans l'une ou l'autre catégorie, nos ancêtres, nos aïeules, nos grands-mères, nos mères, nos sœurs et nos filles sont légion qui ont fait et fondé ce que le pays a de plus noble dans ses valeurs sociales, sociétales, politiques et culturelles. L'histoire du Mali regorge de figures féminines emblématiques dont le rappel des origines et des œuvres nous incombe s'il ne s'impose à nous dans le cadre de la Journée dédiée aux femmes, célébrée le 8 mars dernier. De Sassouma Bérété à Ramatoulaye Dembélé, en passant par Tapama Jenepo, Ba Faro, Fanta Damba n°1 et 2, Sira Mori Diabaté, Tata Bambo Kouyaté, Aoua Kéita, Mme Gakou Fatou Niang, Kéita Rokiatou Ndiaye, le général Kani Diabaté, Mme Sy Kadiatou Sow, Tita Koné, Wandé Kouyaté, Lalla Sy, etc., elles sont des centaines, voire des milliers qui méritent que leurs noms figurent dans l'hommage que nous rendons aux femmes maliennes dans le présent dossier.</em></strong>

<strong>Aoua Kéïta : L'éternelle première de la classe</strong>

Née le 12 juillet 1912 à Bamako. Décédée le 7 mai 1980 à Bamako d'hypertension artérielle. Aoua Kéita est la fille de l'adjudant Karamoko Kéita, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, originaire de Kouroussa (République de Guinée) et de Mariam Coulibaly, ménagère guinéenne. Aoua a connu deux mariages : elle épouse en premières noces Daouda Diawara, médecin africain, et en secondes noces Djimé Diallo, enseignant. La sage-femme de profession qui a effectué le pèlerinage à La Mecque en 1978 n'a malheureusement pas eu d'enfant.

Distinction particulière : figure politique la plus brillante des années d'indépendance. Première femme syndicaliste du Mali. Médaillée d'or de l'indépendance. Auteur du célèbre ouvrage, <em>"Femme d'Afrique"</em>, Grand prix littéraire d'Afrique noire, sa formation est impressionnante.

1923-1928 : Etudes primaires à l'Ecole de filles et au Foyer des métisses de Bamako avec admission au concours d'entrée à l'Ecole de médecine de Dakar. Place occupée à ce concours : 4e de l'Afrique occidentale française et 1re du Soudan. 1928-1931 : Formation de sage-femme à l'Ecole africaine de médecine et de pharmacie de Dakar avec obtention du diplôme en 1931. Janvier à avril 1943 : stage de ré-imprégnation en vue de l'examen éliminatoire au principalat : Aoua est reçue première sur six candidates. Elle suivit un stage de perfectionnement à Dakar. La vie professionnelle d'Aoua Kéita est inséparable de sa vie militante.  En effet, 1931-1943 à Gao. Elle y ouvre, en 1934, la maternité de cette ville. En 1935 déjà, après son mariage et sous l'impulsion de son mari, elle fait sa prise de conscience politique.

1943-1945 ; elle effectue un séjour professionnel à Tougan (actuel Burkina Faso).

Janvier 1946-juillet 1946 : Kayes. Pour la petite histoire, elle assistera à la naissance du président Alpha Oumar Konaré, le 2 février 1946. Pour la première fois, Aoua Kéita vote le 2 juin 1946. Elle renoncera à la citoyenneté française pour voter.

Juillet 1946 : Aoua Kéita reçoit un télégramme de la direction générale de la santé de Dakar la détachant de la fonction publique et faisant d'elle et de son mari des fonctionnaires hors cadre mis à la disposition du directeur de l'Office du Niger. Elle est donc affectée à Niono. Dès 1946, elle adhère à l'US-RDA et se lance, avec son mari, dans la bataille électorale.

1946-1949 : Niono. 1949, Aoua Kéita divorce d'avec son mari. 1949-1950 : elle exerce seule à Kokry. Janvier 1950-mai 1950 : Markala.

Mai 1950-1951 : Gao. Aoua Kéita est réaffectée dans cette ville disciplinaire où étaient envoyés les enfants turbulents de la colonie, car elle était déjà taxée de <em>"grande communiste".</em> Elle était "<em>un fonctionnaire indésirable"</em>. Elle contribuera à faire de Gao une section pilote de l'US-RDA œuvrant dans ce sens avec Mahamane Alassane Haïdara, son ami, victime lui aussi de l'arbitraire colonial.

1951-1953 : Bignona, cercle de Ziguinchor (Casamance) où elle fut affectée une fois de plus par mesure de représailles.

1953 : Nara, où elle mena une activité syndicale intense. Elle y regroupa notamment les femmes dans une mutuelle dont l'objectif majeur était <em>"l'assistance morale et matérielle à tous les membres et en toutes circonstances".</em>

Aoua Kéita ne s'est du reste pas attaquée tôt aux problèmes des femmes car il lui paraissait inopportun et prématuré pour une responsable politique opposée au pouvoir colonial de mener le combat contre une tradition multiséculaire, combat qui l'aurait à coup sûr rendue impopulaire.

1957 : Elle participe, à la tête de l'Inter syndicat des femmes travailleuses, au congrès constitutif de l'Union générale des travailleurs d'Afrique noire et au 2e congrès des travailleurs du Soudan à l'issue duquel elle est élue au bureau des Syndicats des travailleurs du Soudan.

Elle participe au 2e Congrès de l'US-RDA à Bamako, au 4e Congrès de la Fédération syndicale mondiale à Leipzig, en Autriche. Elle est invitée au 2e Congrès du Parti démocratique de Guinée et au 2e Congrès de l'Union démocratique de Haute-Volta.

1958 : A l'issue du 5e Congrès de l'US-RDA, elle est la seule femme élue au bureau politique de ce parti.

Après le référendum du 28 septembre 1958, elle est nommée membre du Comité constitutionnel de la République soudanaise, attachée de cabinet au ministère du Travail et des Affaires sociales. Portée sur la liste du parti, elle est élue aux élections législatives de 1959.

1960 : Elle représentera la Commission sociale des femmes, créée en 1960, au bureau politique. C'est donc après cette élection comme responsable nationale des femmes qu'Aoua Kéita va pouvoir exprimer son souci concernant la libération des femmes par rapport aux charges et coutumes ancestrales rétrogrades.

Juin 1960 : Elle fait sa première intervention sur la situation des femmes.

Février 1962 : Son combat amorce un tournant décisif après la codification de la loi sur le mariage et la tutelle.

1966 : Aoua Kéita part à la retraite, mais elle continuera à siéger au Bureau politique au compte de la Commission sociale des femmes jusqu'au 22 août 1967, date de la "Révolution active" de l'US-RDA qui la balaie, avec tant d'autres cadres du Parti. Elle restera Député jusqu'en 1968, date de la dissolution de l'Assemblée après le coup d'Etat militaire du 19 novembre 1968.

Mars 1970 : Aoua Kéita suit son deuxième mari, Djimé Diallo, à Brazzaville où ce dernier exerçait comme expert de l'Unesco à l'Ecole normale supérieure. A Brazzaville, Aoua Kéita fut sollicitée par Marien Ngouabi pour organiser les femmes congolaises, mais dans un cadre informel. Elle est rentrée de Brazzaville en 1979.

Le nom de Aoua Kéita est attaché aussi à l'ouvrage qu'elle a écrit sur elle-même, "Femme d'Afrique : La vie d'Aoua Kéita racontée par elle-même", Présence Africaine en 1975 et qui lui conféra le Grand prix littéraire d'Afrique noire.

<strong>Distinction honorifique : Médaille d'or de l'indépendance : </strong>

<strong>21 septembre 1966.</strong>

<strong> </strong>

<strong>Ba Faro : La déesse du Niger chez les Bamanan de Ségou</strong>

Baro, représentée sous les traits d'une belle femme aux cheveux longs, est le Dieu magistral des Bamanan de Ségou. Son règne succède à celui de Penba, le Dieu du désordre, perturbateur de l'ordre de Ngala, le Créateur des choses. Ngala ou Daaba la sacrifia pour réparer les dégâts causés par l'action de Penba, essentiellement ouvrière. Faro est l'ordonnateur des choses ; elle a un pouvoir de classement. Elle est le maître du verbe. C'est elle qui enseigna aux premiers hommes, avec lesquels elle descendit sur la terre, les principales activités créatrices (agriculture, pêche, forge, etc.) Le tracé du Niger épouse ses formes, mais certains endroits, appelés Faronti, logés dans les profondeurs fluviales, passent pour être ses lieux de résidence. Faro assure la prospérité du pays compris entre le Mandé et Ségou et on lui voue un culte.

Ce pays est arrosé par le fleuve Niger, qu'on appelle volontiers la mère nourricière (Ba Jeliba) ; c'est pourquoi on appelle aussi Faro denba nyuma (la bonne mère).

<strong>Sassouma Bérété : La mère du frère rival de Soundiata</strong>

Femme soninké, épouse préférée de Fataku Magan Kenyi Konaté, roi d'un royaume du Mali (fin XIIe siècle début XIIIe siècle). Coépouse de Sogolon Kondé ; mère de Dankaran Toumani, frère rival de  Sunjata et prince héritier du royaume. L'imaginaire collectif fait de Sassouma Bérété l'incarnation même de la méchante marâtre. Par sa méchanceté, elle contraignit Soundiata et sa mère à l'exil. Après le départ de ces derniers, Soumangourou Kanté, le roi du Sosso, instaura un régime de terreur au Manden, alors dirigé par Dankara Toumani. Pour sauver sa tête, le prince malinké offrit en mariage à Soumangourou Kanté sa sœur Nana Triban. Mais rien n'y fit. Soumangourou dévasta le Manden et Dankara Toumani ne dut son salut qu'à la fuite.  Il ne s'arrêta que loin, très loin de sa capitale Dakadyalan (dans le Kri, Haut Niger), dans une localité dont le nom est lié à sa mésaventure, Kissidougou (village du salut) en actuelle République de Guinée.

<strong>Rokiatou Ndiaye : Première Malienne professeur d'enseignement supérieur</strong>

Née le 26 février 1938 à Bamako, de Baba Ndiaye, Commis des PTT, et de Sané Diallo, ménagère, elle est l'épouse de Jean Djigui Kéita, métis, malinké de Kita, ingénieur agronome, qui fut directeur des eaux et forêts et cumulativement directeur de l'agriculture, conseiller technique du ministre de la Production. Celui dont le Centre forestier de Tabacoro porte le nom fut officier forestier principal pour l'Afrique à la FAO, avec résidence à Accra (République de Ghana).

Rokiatou Ndiaye est Professeur de géographie. Elle a l'honneur d'avoir trois distinctions particulières : première femme docteur en géographie ; première femme malienne à avoir enseigné dans un établissement d'enseignement supérieur (Ecole normale supérieure) et première femme malienne à avoir publié un ouvrage important, et la première femme malienne directeur de cabinet d'un président de la République (Alpha Oumar Konaré).

[caption id="attachment_2277542" align="alignleft" width="325"]<img class="size-full wp-image-2277542" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/05/ROKIATOU-NDIAYE.jpg" alt="" width="325" height="398" /> Rokiatou N'Diaye[/caption]

1945-1950 : études primaires à l'Ecole de filles de Kayes (on notera qu'elle a sauté une classe à l'école primaire en raison de ses performances intellectuelles). Môme : Bourse et certificat d'études primaires.

1950-1958 : études secondaires. 1950-1954 : Collège de jeunes filles-Bamako avec obtention du diplôme de Brevet élémentaire. 1954-1956 : Ecole normale de filles de Rufisque (Sénégal) avec obtention en 1956 de la première partie du baccalauréat, série lettres modernes. 1956-1957 : Lycée Terrasson de Fougères de Bamako avec obtention du baccalauréat 2e partie, série sciences expérimentales.

1957-1958 : Université de Dakar : tronc commun de lettres avec obtention du Certificat d'études littéraires générales. 1958-1960 : Géographie générale régionale, Histoire moderne contemporaine. 1960-1962 : Centre de géographie appliquée de l'Université de Strasbourg, où elle obtient la licence ainsi que d'autres certificats de spécialisation qui permettaient de préparer le doctorat de 3e cycle.

En 1962, le gouvernement malien fait appel à Rokiatou Ndiaye pour venir participer à Bamako, en tant qu'experte, à la première mission des Nations unies pour l'exploitation du bassin du fleuve Sénégal, dans le cadre d'une équipe pluridisciplinaire.

1963, elle commence à préparer son doctorat de géographie (3e cycle) mais sa bourse terminée, elle rentre au Mali en 1964. La même année, elle assure, pendant quelques semaines, des cours sur la géographie des Iles Britanniques.

1964-1966 : Elle travaille comme chargée de mission à la direction de l'hydraulique et de l'énergie pour l'aménagement des bassins fluviaux du Sénégal et du Niger, ce qui lui permet de continuer à accumuler la documentation sur son sujet de thèse.

1966 : Face à la pénurie des cadres, on lui fait appel comme chargée de cours de géographie à l'Ecole nationale d'administration (ENA), à l'Ecole normale supérieure, en même temps qu'elle continue à travailler à l'hydraulique. Elle garde cette position jusqu'en 1970.

Début 1970 : Pour contrebalancer l'influence des professeurs français soupçonnés de saboter l'enseignement malien, elle est nommée au poste de directeur adjoint de l'EN Sup. Mais elle garde les contacts à l'hydraulique : elle est membre de la Commission nationale pour l'aménagement du bassin du Sénégal, ce qui lui permet de compléter sa thèse.

Juin 1971 : Elle soutient à Strasbourg sa thèse (doctorat de 3e cycle) sur Kayes et sa région. Elle est restée directrice adjointe de l'EN Sup jusqu'en 1977. Cumulativement, elle était chef du DER d'histoire et de géographie.

1977-1978 : Elle est directrice générale de l'EN Sup. La participation de Rokiatou Ndiaye à l'aménagement du bassin du fleuve Sénégal n'a pas été interrompue. Elle faisait des missions ponctuelles à l'OERS (Organisation des Etats riverains du fleuve Sénégal) transformée en OMVS (Organisation de mise en valeur du fleuve Sénégal). Elle a fait partie de la délégation malienne à de nombreuses réunions de cet organisme, et a participé de ce fait à l'initiation des grandes orientations de l'aménagement futur du bassin du fleuve Sénégal. Elle a été la responsable de l'étude géoéconomique de l'ensemble du bassin du fleuve Sénégal (de St Louis au Mali). 1977 : Elle s'occupe de l'étude socio-économique pour la réinstallation des populations déplacées par la retenue du barrage de Manantali.

1978 : Elle est nommée membre du conseil d'administration de l'Institut du Sahel au titre de la République du Mali (seule femme membre du conseil de cette organisation où étaient représentés neuf pays africains).

Septembre 1978 : Rokiatou Ndiaye suit son mari à Accra où ce dernier a un poste au Bureau régional de la FAO pour l'Afrique. Sa carrière prend un autre tournant. Elle devient experte consultante. En cette qualité, elle travaille sur un projet du Pnud pour l'étude socio-économique et sur la réinstallation des populations déplacées à cause des travaux du barrage de Sélingué (1978-1979).

Elle a fait aussi une étude pour la CEAO (les indicateurs socio-économiques de l'intégration des femmes au développement : le cas du Mali).

Elle a également travaillé avec l'Opération de développement intégré du Kaarta qui était financée par l'agence canadienne, Acdi, autour des systèmes de production.

En 1979, Rokiatou Ndiaye a bénéficié d'une bourse du CRDI (Canada) pour une étude des communautés humaines dans le Sahel occidental.

En 1989, elle effectua un voyage d'études à l'Université Laval à Québec où elle visita le Centre Sahel.

<strong>Activités associatives</strong>

Rokia Ndiaye a mené une vie associative assez riche. Elle a été membre de l'Association des élèves de Kayes qui menait des activités culturelles : sorties, loisirs, réflexions sur les problèmes de l'époque comme la loi cadre. Son engagement politique lui valut quelques difficultés avec la police au moment du référendum de 1958. A l'Université de Dakar, elle a été : membre du Parti africain de l'indépendance (PAI) ; secrétaire à l'organisation du bureau de l'Union générale des étudiants d'Afrique occidentale (Ugeao).

Pour la petite histoire, quand la France a fait des essais nucléaires dans le Sahara, elle a prononcé un discours pour condamner ce geste, ce qui lui a valu quelques ennuis avec ses professeurs. En France, elle a été militante de la Féanf et membre du bureau de la section de Strasbourg. Elle a participé au Festival de la jeunesse et des étudiants organisé par l'Union internationale des étudiants en Autriche (Vienne) en 1958.

Rokia Ndiaye est aussi auteur d'un important ouvrage de trois tomes (sa thèse de doctorat) intitulé <em>"Kayes et le Haut Sénégal</em>", Editions imprimeries du Mali - 1972. Elle a occupé, en juin 1992, le poste de directeur de cabinet du président de la République (Alpha Oumar Konaré), poste détenu, pour la première fois, par une femme.

<strong>Wandé Kouyaté : La vedette de l'Ensemble Instrumental</strong>

La fille de Bandiougou Kouyaté, virtuose du ngoni et de Ba Tounkara, cantatrice célèbre, est née vers 1951 à Koulikoro. Epouse en premières noces de Gesseré Mama et en secondes noces de Mamaye Kouyaté, griot bamanan, beau-fils du célèbre conteur-généalogiste Jeli Baba Cissoko. La distinction particulière de cette mère de cinq enfants, c'est qu'elle est une cantatrice précoce. Elle a intégré l'Ensemble instrumental national dès l'âge de 12 ans. Wandé a le plus grand répertoire et le plus grand nombre d'enregistrements à la radio. Elle peut interpréter aussi dans maintes langues nationales du Mali (bozo, peul, soninké, bamanan, etc.).

[caption id="attachment_2277552" align="alignright" width="350"]<img class="size-full wp-image-2277552" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/05/WANDE-KOUYATE.jpg" alt="" width="350" height="513" /> Wandé Kouyate[/caption]

Formation et carrière professionnelle : Wandé Kouyaté a fait carrière dans l'Ensemble instrumental (de 1963 à 1980). Dans le cadre de cette formation, elle a notamment chanté au Festival des arts nègres à Dakar en 1966, au Festival panafricain en Alger en 1969, au Festival de Lagos en 1977. Wandé a participé à toutes les tournées de l'Ensemble. Mais sa première grande sortie fut celle qui la conduisit au Festival de Royan à Paris en 1976, toujours au sein de l'Ensemble, et où elle chanta son morceau fétiche Nagana. C'est cette chanson qui l'a lancée. Comme autres titres de Wandé on peut citer "Bara Muso" (la femme favorite), "Ne fa lu ko ko ne to den wolo" (mes pères ont dit que je n'engendrerai pas d'enfants).

Wandé a réalisé plusieurs cassettes. On notera comme grande caractéristique de l'artiste ses longs séjours à l'extérieur auprès de ses clients, séjours pouvant prendre souvent près de cinq ans. Les bienfaiteurs de Wandé au Mali sont Fama Bathily,  feu Béïdi Traoré.

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<strong>Fanta Damba n°2 : Maracas d'or</strong>

[caption id="attachment_2277562" align="alignleft" width="350"]<img class="size-full wp-image-2277562" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/05/FANTA-DAMBA-N°2.jpg" alt="" width="350" height="363" /> Fanta Damba[/caption]

Née vers 1937 à Ségou, elle est la fille de Diéliko Sissoko, griot joueur de ngoni attaché à une lignée Diarra de Ségou, et d'Astan Dembélé, griotte appartenant à une famille lettrée en arabe d'ethnie Dafing, mais elle ne chantait pas. Epouse de Baïdi Diabaté, originaire de Sinzanni, dont la famille était liée à Amadou Sékou Tall, fils et successeur d'El hadji Omar Tall, prophète foutaka. Mère de cinq enfants, cette croyante bamanan, a fait cinq fois le pèlerinage à La Mecque.

L'artiste cantatrice est, avec Koni Coumaré, la première malienne à avoir produit un disque (en duo avec Dionkouta Kouyaté, fille de Kiatou diéli) ; disque produit par la Fiesta (1953) ; 2e disque produit par le ministère de l'Information en 1972 ; 3e disque en 1974, par Jules Salah (avec "Flani", "la Misère", "Youssouf Sylla", "El hadji Oumar", entre autres titres) ; et 4e disque : 1982, par Sidi Mohamed Sacko (avec "Jajiri", entre autres titres).

A produit ensuite deux cassettes en 1989-1990, avec entre autres titres, "Mamadou Simaga", "Nafi Simaga", "Malamine Tounkara", "El Hadji Sékou Séméga").

Fanta Damba n°2 a commencé à chanter à l'âge de dix ans. Elle est l'une des plus grandes cantatrices du Mali, elle est connue pour sa très grande dignité. Elle chante les preux mandingues, les airs bamanan, foutanké, mais aussi ceux appelant à la sagesse et à la modestie. Elle chante volontiers aussi ses Jatigi, ses hôtes nobles. On peut retenir, parmi ses titres célèbres, "Douga", "Tara". Fanta Damba est membre fondateur de l'Ensemble instrumental national, dont elle ne fait plus partie. Elle effectuait, en compagnie de Mogontafé Sacko et d'autres artistes, des tournées africaines pour chanter les grandes épopées (Soundiata, Da Monzon etc.). Chanter lui a procuré la gloire, l'argent. Elle a eu une grande popularité et une maison. Distinction honorifique : Maracas d'or (Ste Bernod 1980).

<strong>Tapama Jenepo : Le sacrifice suprême  pour la prospérité des siens</strong>

Née Kayantao, héroïne de Djenné, son histoire est liée à la fondation de cette ville. Nous sommes au XIIIe siècle. Les habitants de Djenné-Djenno quittent leur ville pour un site nouveau, celui de Djenné, mais lorsqu'on commence à bâtir la nouvelle ville, les constructions s'effondrent à plusieurs reprises. On se tourne alors vers les devins et les génies de la place qui font connaitre qu'une vierge Bozo doit être incorporée au mur d'enceinte pour obtenir la prospérité de la nouvelle installation. L'élue est Tapama, fille du bozo Madi Kayantao.

Elle est emmurée vivante. Ce serait près de la porte de Kanafa que se trouverait, dans le rempart, le corps de Tapama. Ce lieu est aujourd'hui un endroit de culte. Les Djennéens veillent à ce que rien de fâcheux ne survienne à cet endroit, dans la crainte que cette négligence n'entraine quelque calamité sur la ville. Tapama Kayantao prit le nom de Jenepo après son sacrifice.

<strong>Tita Koné : La perle des Soninkés de l'extérieur</strong>

Née vers 1933 à Mourdiah. Fille de Tiémoko Koné, griot de clan Bouramanishiw, généalogiste et joueur de Ngoni et de Danté Diabaté, cantatrice. Son ancêtre Samba Dian Diabaté était avec l'ancêtre de Faliké quand ce dernier fondait Mourdiah. Il venait de Ségou. Epouse, en secondes noces, de Badjedi Dramé, Surakajeli, griot des Maures. En fait, les Surakajeli servaient les princes Cissé de Wagadou, les Diawara du Kingui, auxquels les Maures les ont ravis, parce que, disent-ils, ces derniers les choyaient. Ils  jouent plusieurs airs : soninké,  bamanan, peul, maure. L'artiste cantatrice est mère de quatre enfants. Distinction particulière : Tita Koné fait partie des cantatrices célèbres de la fin des années 1970. Elle a un impact considérable auprès des Soninkés de la diaspora. Tita Koné a hérité son talent. Elle chantait dès son jeune âge. Elle a été révélée au président Modibo Kéita, quand ce dernier a rendu une visite à Nara au début de son règne. Tita a alors chanté le morceau désormais célèbre, "Abidjan Jula", dédié aux commerçants maliens de Côte d'Ivoire. "Abidjan Jula", chantée en soninké, a piqué au vif l'orgueil des jeunes Soninké rapatriés. La chanson les exhortait au courage, à l'esprit d'entreprise.

Autres titres célèbres de Tita : <em>"Njaro", "Tara", "Tita Koné", "Faliké Diarra"</em>. La chanson a rapporté à Tita. Elle s'est construit une maison à Kati. Elle est la perle recherchée des Soninké expatriés.

<strong>Fanta Damba n°1 : La cantatrice des épopées mandingue et bamanan</strong>

Née vers 1923 à Ségala (Niamina). Décédée à Bamako en 1987. Fille de Boi Sissoko et de Kankou Damba, tous deux griots bamanans talentueux. Elle est l'épouse de Diéli Mori Diabaté, joueur de ngoni, avec qui elle a eu trois enfants.

[caption id="attachment_2277572" align="alignright" width="350"]<img class="wp-image-2277572 size-full" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/05/FANTA-DAMBA-N°1.jpg" alt="" width="350" height="263" /> FANTA DAMBA N°1[/caption]

Cette illettrée fait partie des griottes cantatrices les plus célèbres du Mali. Son étoile, née dans les années 1940, n'a pas pâli jusqu'à sa mort aux yeux d'un certain public. Fanta Damba n°1 est membre fondateur de l'ensemble instrumental national du Mali en 1959, dont elle restera membre jusqu'à sa retraite. Fanta Damba n°1 a fait sa formation sous la direction de Bazoumana Sissoko, le vieux <em>"Lion du Mali".</em>

Elle est spécialisée dans les chansons épiques du royaume bamanan de Ségou. Elle a été chanteuse du RDA. Par ses chants, elle a contribué à la réhabilitation de l'identité culturelle malienne. Parmi ses morceaux les plus célèbres, on retiendra<em> "Douga", "Tara", "Da Monzon", "Bakaridjan", "Sarafa", "M'Baoudi", "Njaro", "Débé", "Armée Mali"</em>. Elle chante dans "L'Epopée mandingue" et "L'Epopée bamanan", disques produits par le ministère de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture en 1976. Fanta Damba n°1 a tiré grand profit de son métier. Elle a construit trois maisons ; a eu de l'or, de l'argent et beaucoup de notoriété. Parmi ses admirateurs nobles réputés, on retiendra les noms de Sitafa Mariko (Koulikoro), qui est à l'origine de son installation à Bamako, Sidi Diabi, Diété Traoré, Madou Fadiala, etc. Etoile d'argent du Mérite national avec effigie abeille en 1972, on notera que Fanta Damba a été, paradoxalement, décorée de la même médaille le 20 septembre 1991.

<strong>Tara Bouaré : L'autodidacte de la chanson</strong>

<img class="alignleft size-full wp-image-2277582" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/05/TARA-BOUARE.jpg" alt="" width="350" height="365" />Artiste née vers 1935 à Molodo Bamanan (Niono), décédée le 3 juin 1974 à Niono. Fille de Zama Bouaré, cultivateur, et de Safi Tangara, ménagère. Ethnie : Bamanan. Epouse d'Ousmane Kéita, cultivateur, ex-planton à l'Information. Mère de deux enfants. Distinction particulière : Tara a surtout chanté des airs appelant au travail et à la modestie. L'artiste doit sa célébrité à une chanson intitulée <em>"Sanu Negeni" </em> qui disait qu'un seul roi ne pouvait pas régner éternellement. Le morceau avait été interdit par le régime de Moussa Traoré. Après le coup d'Etat de 1968, il revint en crevant les antennes de la Radio. Pour les Maliens, cette vérité pourtant banale, chantée par Tara Bouaré, se justifiait par la chute de Modibo Kéita. Et depuis, Tara Bouaré est devenue une vedette de référence. Autres chansons s'inscrivant dans la même mouvance : <em>"Kèlè cew bana"</em> (il n'y a plus de braves), <em>"Maasi kunko tan tè"</em> (toute personne a des problèmes). Tara Bouaré n'a pas de maître. Elle a débuté dans le groupe des jeunes de son village et se produisait dans l'ensemble folklorique de ce village. Elle participait à de nombreuses rencontres officielles (réceptions, anniversaires). Une salle de cinéma porte le nom de Tara Bouaré à Niono.

<strong>Sira Mori Diébagaté (Diabaté) : L'Etoile du Mandé</strong>

Née vers 1933 à Keyla. Décédée brutalement le 14 octobre 1989 de crise d'hypertension artérielle à Kangaba. Fille de Fama Diébagaté, griot généalogiste, joueur de ngoni, descendant des griots rattachés à la cour des Masa Kandasi (descendants de Sunjata établis à Kangaba à partir du XVIIe siècle). Et de Binta Diébagaté griotte, coiffeuse.

[caption id="attachment_2277592" align="alignright" width="350"]<img class="size-full wp-image-2277592" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/05/SIRAMORY-DIABATE.jpg" alt="" width="350" height="389" /> SIRAMORY DIABATE[/caption]

Epouse de Nankoma Kouyaté, griot et joueur de balafon, mère de onze enfants, cette cantatrice généalogiste fait partie des griottes cantatrices les plus célèbres du Mali. Elle était l'étoile du Mandé, une étoile qui n'a jamais pâli.

Formation et carrière :  Sira Mori appartient à une lignée de grands traditionalistes parmi lesquels on peut citer Keyla Balaba, grand maître des traditions mandingues, ayant notamment initié Kèlè Monzon Diabaté de Kita.

A sept ans déjà, Sira Mori chantait. Elle a parcouru tout le pays manding (Guinée et Mali), et toutes les régions du Mali. Ses chansons portent sur l'histoire des grandes familles du Mandé et sur la morale. Ses chansons tubes sont : "Sanugwé ginba", éloge à un chef de canton de Kangaba qui a régné durant 28 ans, "Sara", chanson dédiée aux femmes qui ont travaillé et qui honorent la parole donnée, "Kaninba, qui appelle l'homme à ne jamais oublier ses origines quel que soit l'état de grandeur dans lequel il se trouve, "<em>Wula bara janyan"</em>, chanson de détresse, relatant l'histoire d'un enfant unique recruté par l'armée coloniale et dont la mère n'avait jamais accepté la mobilisation. Le jour même de son retour au pays natal, cet enfant, devenu sergent, décéda. Sira Mori chanta la tragédie en empruntant les paroles de la mère en détresse "Na nyuman", chanson satirique en vogue au moment du décès de Sira Mori. C'est l'histoire d'une femme qui trahit son mari pour un marchand de colas, hôte de la famille. Le marchand fut ruiné plus tard et Nanyuman, appelée pour assister aux cérémonies de circoncision de son fils, demanda qu'on lui tapât sur les fesses avec une chaussure pour laver sa honte et lui permettre de réintégrer le domicile conjugal.

On notera que Sira Mori était bon parent, distribuant tout ce qu'elle acquérait. Elle cultivait son champ de mil et d'arachide, était très versée dans la pharmacopée, ce qui fit d'elle une vraie pédiatre. Sa voix était naturellement enrôlée, mais c'était là un des secrets de son succès. Distinctions honorifiques - Première en tête des vedettes de la chanson dans le journal L'Essor en 1993. - Diplôme d'honneur au 26e Festival de la musique traditionnelle. - Etoile d'argent du Mérite national avec effigie abeille : (20 septembre 1991).

<strong>Penda Ndiaye dite Pinpin : La plus grande basketteuse du Mali</strong>

Née le 10 Septembre 1953 à Bamako, elle est la fille d'Amadou Ndiaye, un ouvrier d'art et de Marguerite Bertrand Torson, une infirmière. Sa particularité ? Penda Ndiaye dite Pinpin est considérée comme la plus grande basketteuse de tous les temps au Mali. Cependant, médecin de profession, elle a très tôt divorcé sans avoir eu d'enfant.

<strong>Carrière professionnelle</strong>

1980-1981 : Médecin chargé des consultations pédiatriques puis des consultations de planification familiale à la PMI centrale de Bamako.

Septembre 1984-juillet 1986 : Médecin à la Division santé familiale à Bamako, chargé de l'administration et des activités suivantes : supervision des activités de SMI/PF ; formation des agents socio-sanitaires en santé familiale et statistiques sanitaires ; analyse des données statistiques des centres de SMI/PF.

Août 1986-février 1987 : Médecin-chef de la Division santé familiale. Chef du Projet MLI/85/P03 : Développement d'un programme de SMI/PF Bamako.

Mars 1987-mars 1988 : Consultante chargée des formations cliniques au Bureau régional d'Intrah à Abidjan, Côte d'Ivoire.

Mars 1988-septembre 1989 : Coordonnatrice de projets régionaux au Bureau régional d'Intrah à Abidjan, Côte d'Ivoire. Chargée des activités suivantes : développement de curriculum et d'instruments d'évaluation pour les formations en planification familiale ; développement de projets de formation du personnel socio-sanitaire ; formation clinique des agents socio-sanitaires (médecins, assistants médicaux, sages-femmes, infirmières, personnel social) ; séminaire de sensibilisation des décideurs et formation des formateurs ; développement de politiques et standards des services de SMI/PF.

1989 : Consultante pour le compte d'Intrah.

Avril-mai 1990 : Consultation pour l'USAID/Dakar. Evaluation du Projet santé familiale et population-Sénégal.

Juin 1990 : Consultation pour le Fnuap : Evaluation du projet <em>"Bien-être familial"</em> - Sénégal.

Juillet 1990 : Programmation à court terme des activités des projets USAID-Fnuap-Banque mondiale.

Août 1990 : Consultant USAID/Fnuap pour le développement d'un Projet planification familiale (PF) de 5 ans.

Septembre-novembre 1991 : Recyclage en planification familiale des formateurs cliniques et développement de curriculum de formation.

Octobre 1991 : Consultante pour Jhpiego : Formation des enseignants de l'école de santé publique et du service social - Tchad.

Avril 1992 : Consultante Jhpiego : Formation en PF pour les étudiants en médecine - ESSS - Université de Ouagadougou du Burkina Faso.

Mai 1992 à ce jour : Chargé de Programme au Population Council/Dakar. Programme : "Introduction de méthodes contraceptives - Norplant - Dispositif intra-utérin Copper T380 A".

<strong>Carrière sportive :</strong> la rencontre de Pinpin avec le basket est le fruit d'un hasard. En fait, rien ne la destinait à embrasser une carrière sportive. C'est à l'âge de 15 ans, alors qu'elle était à sa neuvième année à l'Ecole fondamentale de Missira, qu'avec d'autres camarades et sur les insistances de leur professeur de mathématiques qu'elles ont formé la première équipe féminine de basket de l'école pour participer aux compétitions interscolaires. Mais elle dût user de mille et une ruses, avec la complicité de son grand frère, pour assister régulièrement aux entraînements car son père avait des conceptions très traditionnelles quant à l'éducation de ses enfants et n'aurait jamais accepté de la laisser sortir. Le pot aux roses ne fut découvert que bien plus tard quand, sélectionnée en équipe nationale, il a fallu requérir sa permission pour aller en regroupement. Plus connue sous le sobriquet de Pinpin, sa carrière sportive s'est déroulée ainsi qu'il suit : Du fait de sa grande taille, elle a toujours occupé le poste de pivot d'abord au sein de l'équipe scolaire de Missira, la première fois en 1969. Par la suite, elle a signé une licence avec le Djoliba AC de 1970 à 1977. Durant les deux premières années de cette période, elle a continué à jouer dans l'équipe scolaire du lycée Notre Dame du Niger où elle était capitaine. Elle pense avoir vécu les plus beaux moments de sa vie sportive pendant cette période. A chaque victoire remportée par l'équipe, les cadettes leur offraient leur dessert ou leur épargnaient la vaisselle : en les remplaçant.

1971 : Première sélection en équipe nationale pour le championnat de zone qui mettait en lice la Guinée, la Gambie, la Mauritanie, le Sénégal et le Mali. Les Maliennes ont remporté le tournoi à Dakar sur l'équipe du Sénégal.

1974 : Consacrée 3e meilleure marqueuse du Championnat d'Afrique à Tunis.

1975 : Consacrée meilleure joueuse du Championnat d'Afrique à Dakar.

1976-1977 : Capitaine de l'équipe nationale du Mali.

1978 : Mariage et fin de sa carrière sportive car son mari (qui ne voulait pas qu'elle joue) et les études de médecine l'avaient éloignée du terrain de basket.

Au plan des activités en dehors du basket, Penda Ndiaye dite Pinpin a été directrice technique de la Fédération Malienne  de basket  en 1986.

Elle a également fait partie de l'Association des anciennes internationales avant de quitter le Mali pour un poste dans une organisation internationale.

<strong>Distinction honorifique :</strong> Chevalier de l'Ordre national du Mali (20 septembre 1991).

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<strong>Fatou Niang : Première Malienne professeur d'anglais à l'EN Sup</strong>

Née le 19 mai 1938 à Koulikoro. Fille d'Ibrahima Niang, agent de commerce, originaire de Saint-Louis (Sénégal) et de Nana Fofana, ménagère, fille de Labass Fofana, chef des Somono de Koulikoro. Celle qui est de l'ethnie Wolof est divorcée d'avec Bambi Gakou, inspecteur de l'enseignement fondamental à la retraite. Mère de six enfants, la professeur d'anglais a fait le pèlerinage à La Mecque. Distinction particulière : Mme Gakou Fatou Niang fut ministre de l'Information, des Postes et Télécommunications sous Moussa Traoré. Son parcours scolaire l'a menée un peu partout à travers le monde.

1946-1951 : Etudes primaires à l'Ecole primaire de Koulikoro.

1951-1959 : Etudes secondaires au Collège de filles de Bamako (actuel lycée Bah Aminata Diallo) et au lycée Terrasson de Fougères (actuel lycée Askia Mohamed). Elle y obtient respectivement le Brevet d'études du 1er cycle (BEPC) et le baccalauréat sciences expérimentales.

1960-1967 : Etudes supérieures à l'Université de Dakar (Sénégal) ; l'Université de la Sorbonne Paris (France). Elle décroche une licence-es-lettres (spécialité anglais).

Ensuite, elle va au Volsh Institute of Advance Technology-Cardiff (Grande-Bretagne) où elle enlève le <em>"Diploma for teaching English as a second language".</em>

Date d'entrée à la fonction publique malienne : septembre 1967.

Ministre de l'Information et des Télécommunications du Mali d'août 1980 à juin 1988. On notera que l'introduction de la télévision au Mali date de son mandat (le 22 septembre 1983).

Conseiller technique à la présidence de la République, vice-présidente du Conseil économique et social, présidente de la commission industrie mine et énergie du bureau du Conseil économique et social (jusqu'au 26 mars 1991).

Elle a été aussi professeur d'anglais à l'Ecole normale supérieure (1967-1969), première femme malienne à avoir enseigné cette discipline dans cet établissement. Inspectrice générale d'anglais (1973-1980), elle a aussi produit des manuels scolaires en anglais pour l'enseignement fondamental (en coproduction).

Distinction honorifique : Chevalier de l'Ordre national du Mali (1981).

<strong>Aminata Dramane Traoré : L'alter-mondialisme dans les veines</strong>

[caption id="attachment_1899062" align="alignright" width="380"]<img class="size-full wp-image-1899062" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/11/Aminata-Dramane-Traore.jpg" alt="Aminata Dramane Traoré" width="380" height="428" /> Aminata Dramane Traoré[/caption]

Née en 1947 à Bamako (Mali), Aminata Dramane Traoré est titulaire d'un doctorat de 3e cycle en psychologie sociale et d'un diplôme de psychopathologie. Elle est une véritable référence pour l'élite  africaine qui aspire à un modèle  de développement autre que ceux dictés par les pays occidentaux. La femme politique et écrivaine malienne est célèbre pour son franc-parler et sa lutte contre le néocolonialisme. Co-auteure de l'essai <em>"La Gloire des imposteurs-Lettres sur le Mali et l'Afrique"</em> avec Boubacar Diop,  sorti en  2014, elle dénonce l'intervention française au Mali. Ministre du Tourisme de 1997 à 2000, Aminata Dramane Traoré a démissionné de ses fonctions pour ne plus être tenue par un devoir de réserve. Militante altermondialiste (en 2006 elle a été responsable de l'organisation du troisième Forum social mondial, volet Bamako), elle fustige les mesures drastiques et inadaptées que les institutions de Bretton Woods imposent aux Etats africains. Elle est convaincue de l'inefficacité des plans et programmes des banquiers internationaux et des grandes puissances du Nord car, selon elle,  ces mesures accentuent la pauvreté de l'Afrique et le déplacement massif des jeunes vers l'Occident. Elle appelle l'élite africaine à une prise de conscience pour sortir le continent des jougs du libéralisme.

<strong>Mme Diakité Fatoumata Ndiaye : La mémoire vivante des gouvernements depuis 1991</strong>

[caption id="attachment_1898932" align="alignleft" width="310"]<img class="size-full wp-image-1898932" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/11/FATOUMATA-NDIAYE.jpg" alt="" width="310" height="416" /> Fatoumata N'diaye[/caption]

[caption id="attachment_1898932" align="alignleft" width="310"]<img class="size-full wp-image-1898932" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/11/FATOUMATA-NDIAYE.jpg" alt="" width="310" height="416" /> Fatoumata N'diaye[/caption]

Née à Bamako en avril 1954, Fatoumata Ndiaye est la mémoire vivante des différents gouvernements du Mali depuis plus d'une décennie. Après l'Université des sciences sociales de Toulouse, où elle obtint en 1976 une maîtrise en droit civil, Mme Diakité décroche un DEA dans la même spécialité, obtenu à l'Université de Paris I, Panthéon Sorbonne. L'administrateur civil intègre la fonction publique en 1983. Elle en gravit tous les échelons et occupa plusieurs portefeuilles ministériels pendant une décennie, entre 1991 et 2000. En avril 2002, elle est nommée Médiateur de la République.

D'octobre 2003 à novembre 2005, elle est vice-présidente de l'Association des ombudsmans et médiateurs de la Francophonie, avant d'en prendre les rênes de novembre 2005 à décembre 2007. Après une mission bien remplie, elle est renvoyée au poste stratégique de secrétaire générale du gouvernement, où elle restera jusqu'à sa retraite le 31 décembre 2016. Pour orienter les mémoires, c'est elle qui rédigeait et signait les communiqués du conseil des ministres jusqu'à sa retraite le 31 janvier 2016. Mais, elle n'aura point de repos ou de répit, parce que depuis, elle a été nommée ambassadeur du Mali en Tunisie.

Diakité Fatoumata Ndiaye est membre très active et coordinatrice de plusieurs associations de femmes au Mali et en Afrique. Elle est officier de l'Ordre national du Mali.

<strong>Lalla Sy : Ministre et mère de ministre</strong>

Née le 2 mars 1946 à Koulikoro, elle est la fille d'Ousmane Sy, rédacteur d'administration, commandant de cercle, un petit fils d'Amadou Coumba, interprète d'Archinard, et de Ramatoulaye Dia, ménagère peule du Macina. Lalla est l'épouse de l'honorable Mahamadou Habib Diallo, député élu dans la circonscription électorale de Sikasso, un architecte-urbaniste, ancien directeur de l'urbanisme et de la construction. Elle est mère de six enfants dont l'actuel ministre de la Culture, Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo dite Rama. Tout comme celle-ci, Lalla Sy aussi fut ministre de l'Emploi et de la Fonction publique sous Moussa Traoré (la 4e femme malienne à occuper ce portefeuille).

<strong>Sa formation scolaire</strong>

1952-1958 : Etudes primaires à l'Ecole régionale de Koulikoro.

1958-1965 : Etudes secondaires au Collège/lycée de Jeunes filles de Bamako et au lycée Askia Mohamed, avec à la clé, les baccalauréats 1re et 2e parties, série sciences biologiques.

Lalla Sy commence après l'obtention du bac, des études de médecine en Belgique, qu'elle abandonne ensuite pour la psychopédagogie à l'Université catholique de Louvain (Belgique). 1970-1975 : Etudes en psycho-clinique et en sciences de l'éducation, sanctionnées par les diplômes suivants : licence (1974). Agrégation d'enseignement en psychologie (1975). Licence spéciale en criminologie (1975).

Mme Diallo Lalla Sy rentre au Mali en 1976 où elle commence à enseigner aussitôt la psychopédagogie à l'Ecole normale supérieure de Bamako.

1980 : elle retourne en Belgique soutenir sa thèse de doctorat d'Etat (1980) sur le thème : "Sciences de l'éducation : les causes d'inadaptation scolaire en République du Mali".

Carrière professionnelle

1976-1987 : Professeur de psychopédagogie à l'Ecole normale supérieure de Bamako. Elle a encadré une série de mémoires sur la psychopathologie et la pédagogie ainsi que les stagiaires de cette école dans les établissements d'enseignement normal (Ipeg et écoles normales).

1981-1987 : Inspectrice générale de psychopédagogie. Cette fonction l'a amenée à faire des tournées dans toutes les localités du Mali dotées d'établissements d'enseignement normal (sauf Gao qui n'en avait pas).

1987-juin 1988 : directrice des enseignements supérieurs et de la recherche scientifique.

Juin 1988, Mme Diallo Lalla Sy est ministre de l'Emploi et de la Fonction publique. Après la chute de Moussa Traoré, le 26 mars 1991, Lalla Sy, comme tous les autres dignitaires du régime, a été incarcérée pour complicité d'assassinat, de coups et blessures volontaires. Elle a toutefois été reconnue non coupable de ces griefs et acquittée à l'issue du procès crimes de sang (12 février 1993). Mise en liberté provisoire sous caution (7 millions de F CFA) le 25 juin 1993, elle a répondu encore du grief <em>"crimes économiques"</em>. Et acquittée. Elle est la promotrice du célèbre groupe scolaire Ecovie.

<strong>Manassa Danioko : Fermeté et sens de la droiture</strong>

Magistrat de classe exceptionnelle et doyen de corps, Mme Manassa Danioko est une icône de l'histoire de la justice malienne, née le 19 janvier 1945 à Kadiolo. Après son baccalauréat au lycée Terrasson de Fougères en 1966, elle décrocha une maîtrise en droit. Mme Manassa Danioko, pendant ses 27 ans de carrière dans la magistrature, a occupé divers postes. Elle fut ainsi tour à tour juge d'instruction du Tribunal de 1re instance de Ségou (1970-1971), substitut du procureur de la République près le Tribunal de 1re instance de Ségou, Kayes et Sikasso entre 1972 et 1978, avocat général près la Cour d'appel de Bamako (1979-1981).

[caption id="attachment_1844612" align="alignleft" width="380"]<img class="size-full wp-image-1844612" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/10/ManassaDanioko.jpg" alt="" width="380" height="410" /> Manassa Danioko[/caption]

Mme Manassa Danioko devient conseiller à la Cour spéciale de sûreté de l'État (1983-1988), président du Tribunal de 1re instance de Bamako (1985-1988). Elle a été suspendue, puis radiée du corps suite à une ordonnance de référé en 1988 du général Moussa Traoré pour sa fermeté et son sens de la droiture.

Trois ans plus tard, elle reprend fonction à la Dnaj (direction nationale de l'administration judiciaire) suite à un arrêt de la Cour suprême annulant le décret de radiation.

De 1991 à 1995, Mme Manassa Danioko a été procureur général près la Cour d'appel de Bamako, mais le public retiendra certainement une dame tenace lors du procès des dignitaires du régime dictatorial de GMT (Général Moussa Traoré), le retentissant procès dit de crimes de sang. Ironie du sort, ce fut le procès de l'homme qui l'avait radié de la magistrature.

Procureur général près la Cour suprême du Mali en 1995, elle a effectué deux mandats au Conseil supérieur de la magistrature (1979-1988).

Elle est l'auteure de la "<em>Note technique sur le statut de la magistrature"</em> à la demande du président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature.

Mme Manassa Danioko était, de 1995 et 2002, ambassadrice du Mali auprès du Canada, Cuba, le Mexique, le Nicaragua et le Venezuela, avec résidence à Ottawa (Canada). Elle est initiatrice du Programme décennal de développement de la justice.

Elle siège aujourd'hui à la Cour constitutionnelle en tant que présidente de l'institution après en avoir été conseillère.

<strong> </strong>

<strong>Kani Diabaté : Elle ouvre la gendarmerie et  la garde nationale aux femmes</strong>

Née le 1er août 1952 à Kayes, Kani Diabaté est la première femme malienne promue générale (de brigade) dans l'armée. Avec feue Fanta Konipo (également promue général de brigade), Mme Coulibaly Kani Diabaté fait partie de la première promotion des femmes militaires.

[caption id="attachment_711482" align="alignleft" width="310"]<img class="size-full wp-image-711482" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/12/gl-kani1.jpg" alt="" width="310" height="206" /> Mme Coulibaly, Général Kani Diabaté[/caption]

Aucunement prédestinée à l'uniforme, elle opte pourtant pour l'armée sur un conseil avisé du mari de l'une de ses amies. Pour son bonheur, puisqu'elle y gravit allègrement les échelons de son intégration en 1974 à nos jours.

Après son bac obtenu au lycée des Jeunes filles de Bamako en en série sciences biologiques, elle est admise au concours d`entrée en médecine militaire en 1973. Parallèlement à ses cours à l`Ecole nationale de médecine et de pharmacie, elle suit, pendant les vacances, la formation militaire au camp. De 1978 à 1980, elle a été médecin-chef adjoint à la garnison de Bamako, l`actuel bataillon Para. C'est là où elle a travaillé avec un certain Amadou Toumani Touré. Entre 1980 et 1983, elle suit une spécialisation en stomatologie à l`Université Pierre et Marie Curie à Paris VI. A son retour, elle est, deux ans durant, chef de clinique au Centre dentaire infantile de Bamako avant d'être chef de clinique au Centre national d`odontostomatologie de Bamako.En 1985, Kani entame une année spéciale à l'Ecole militaire interarmes de Koulikoro : elle en sort major de la promotion.

De 1989 à 1993, elle est au département de chirurgie maxillo-faciale de l'hôpital militaire d'Ain Naja et Mustapha d'Alger. En juin 1993, elle obtient son diplôme de chirurgie maxillo-dentaire. De 1995 à 1998, elle est déléguée ministérielle du Commissariat à la promotion des femmes auprès du ministère des Forces armées et des Anciens combattants avant d'assumer les fonctions de chargée de mission au même département. En 2000, elle est nommée Haut fonctionnaire de défense auprès du ministère de la Promotion de la femme, de l'Enfant et de la Famille. Elle a sensibilisé le personnel féminin de l'armée et les femmes des camps sur les questions relatives au VIH/Sida et à la santé de la reproduction.

De 2001 à 2003, elle pilote le projet intitulé <em>"Sensibilisation des forces armées et de sécurité à la thématique du genre dans les opérations de maintien de la paix".</em>

En 2004, elle réalise une étude sur la "Prise en compte du genre dans les opérations de maintien de la paix dans l'espace Cédéao", en collaboration avec Mme Aïché Diarra et Mme Traoré Adiza, consultantes internationales expertes en genre.

Pour une plus grande ouverture des forces armées aux femmes, Kani Diabaté a été d'un apport inestimable. C'est elle qui a défendu le dossier de l'entrée des jeunes filles au Prytanée militaire de Kati. Aussi, son expertise a été déterminante dans l'intégration des femmes au niveau des corps de la gendarmerie et de la garde nationale.

Selon elle, les générations actuelles de femmes doivent jouer leur rôle dans le développement sécuritaire de l'Afrique, plus particulièrement du Mali en cultivant un esprit de paix et de dialogue, de la famille jusqu'au niveau de prise des grandes décisions. Général Kani est polyglotte : elle parle couramment Bambara, Khassonké, Français et Anglais.

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<strong>Ramatoulaye Dembélé : Tuée à la fleur de l'âge par les sbires de GMT</strong>

Née le 4 octobre 1969 à Bamako, elle est décédée le 30 mars 1991 à Paris après avoir été fauchée par une grenade offensive lors des folles journées de mars 1991, plus précisément le vendredi noir, 22 mars. A titre de rappel, Ramatoulaye est la fille de notre ancienne consœur de l'ORTM Aïssata Cissé et  de Karim Dembélé, cet officier de l'armée - ancien membre du CMLN - arrêté (le 28 février 1978) et emprisonné par Moussa Traoré, avec Tiécoro Bagayogo et Kissima Doukara. Ramatoulaye Dembélé était encore étudiante au moment de son décès.

<strong>Formation scolaire</strong>

1975-1981 : Etudes fondamentales à l'Ecole Sainte Thérèse de Bamako.

1981-1984 : Collège Notre Dame du Niger avec obtention du DEF.

1984-1989 : Etudes secondaires au lycée Askia Mohamed avec obtention du baccalauréat 1ère et 2e parties, série SBT.

1989-1991 : Etudes supérieures tragiquement interrompues à l'Ecole des hautes études pratiques (EHEP). Elle était à sa dernière année.

Voici le film de la tragédie Ramatoulaye, comme beaucoup de ses camarades qui étaient militantes de l'AEEM. Le vendredi 22 mars, le quartier Sema de Badalabougou était transformé en mouroir. Les sbires de Moussa Traoré tiraient sur les gens jusqu'à l'intérieur des concessions. Spontanément, un mouvement de femmes s'organisa, pour partir au secours des enfants. Quelques figures jouèrent le rôle de mobilisatrices en vue d'une marche, orientée vers la RTM. Aïssata Cissé, la mère de Ramatoulaye, faisait partie des marcheuses. Elle était accompagnée de tous ses enfants, filles adoptives et bonnes comprises. La marche des femmes et des enfants de Badalabougou fut une véritable odyssée, dans un contexte particulièrement répressif entre les balles, les grenades offensives, les lance-flammes. Le service de l'hydraulique était un point particulièrement chaud. C'est là que Ramatoulaye reçut des grenades offensives. Tout le corps de Ramatoulaye fut atteint. On la transporta avec peine sur une moto à l'hôpital Gabriel Touré. Une semaine après, soit le vendredi 29, elle fut évacuée sur la France, à l'hôpital Cochin à Paris où elle devait décéder le lendemain même, samedi 30 mars 1991. Elle est enterrée au cimetière de Niaréla/Carré des martyrs.

<strong>Oumou Touré : La cause de la  femme dans les veines</strong>

Elle est la présidente de la Coordination des associations et ONG féminines du Mali (Cafo). Cela veut tout dire. Et pour se faire une idée de son rôle et de sa place dans la lutte pour la défense de la cause de femme malienne, il suffit de revisiter l'histoire de cette organisation.

[caption id="attachment_72640" align="alignleft" width="315"]<img class="size-full wp-image-72640" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/06/Oumou-traore-cafo.jpg" alt="Oumou Traoré" width="315" height="236" /> Oumou Traoré[/caption]

La Cafo est une organisation non gouvernementale. Elle a été créée le 20 octobre 1991 par 4 associations féminines maliennes (Cofem, APDF, Cadef et la branche féminine de l'UNTM). Et le récépissé obtenu le 24 mars 1992 sous le n°0244/MAT-DNAT. En 2002, son premier congrès a ouvert la structure aux associations féminines sur toute l'étendue du territoire national. Les assises de ce congrès ont été ouvertes au Palais des congrès de Bamako par la première Dame d'alors, Mme Touré Lobbo Traoré.

Ce congrès a réuni les représentantes des organisations féminines de tous les cercles. Les femmes à tous les niveaux se font entendre à travers cette Coordination respectée et très sollicitée. Elle est effectivement représentée dans toutes les régions et tous les cercles du Mali et comptait, dès 2004, deux mille cent soixante-deux (2162) associations et ONG membres dont 440 à Bamako, 455 dans les huit capitales régionales et 1267 au niveau des cercles. Le dernier répertoire élaboré lors du congrès extraordinaire de juin 2007 a recensé 2297 organisations féminines membres.

La Cafo a obtenu le statut d'observateur au niveau du Conseil économique et social (Ecosoc) des Nations unies en 2007 et de l'Union africaine en 2008. Ce qui veut dire que cette organisation est dynamique non seulement au niveau national, continental, mais aussi au niveau international. La Cafo est reconnue parmi les organisations de la société civile africaine recensées au niveau du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme à Genève. La Cafo rêve d'une société de paix et d'équité favorable à la participation effective des femmes au processus de développement durable. Sa mission consiste à valoriser le statut de la femme par le regroupement, la coordination des actions des membres et l'influence des politiques. Depuis le 11 avril 2017,  elle est ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille.

<strong>La Rédaction</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Anniversaire du premier Président du Mali : Devoir de mémoire ou d’amnésie ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/anniversaire-premier-president-mali-devoir-de-memoire-damnesie-2273992.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 25 May 2017 00:39:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Point</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Comme chaque année, un hommage mérité a été rendu par les plus hautes autorités au premier président du Mali, Modibo Keïta. Le président de la République, IBK, a respecté la tradition et a rappelé les valeurs d’un Homme. Un Homme qui avait le « sens de la patrie ».

Hélas ! Depuis, l’amnésie est passée par là. Et cet anniversaire ne pouvait être célébré que sous les plus mauvais auspices : un pays livré aux bandits armés venus de toutes parts ; un pays pour lequel rares sont ceux qui sont encore « résolus de mourir..si l’ennemi découvre son front ».

A commencer par les décideurs, soucieux uniquement de sauver leur mandat. Quand un ministre Diop fait tout pour faire avaler au peuple l’Accord d’Alger, ce n’est sûrement pas en respectant la mémoire d’un Modibo Keïta. Quand le même ministre va signer des accords avec les Blancs pour les aider à expulser des Maliens de leurs territoires, ce n’est pas dans le respect de la mémoire de Modibo Keïta.

Et quand le président IBK accepte toutes ces choses horribles, qui se passent sous son mandat et qui ne font pas la fierté du Malien (et Dieu sait si elles sont nombreuses), ce n’est pas, alors pas du tout, dans le respect de la mémoire de Modibo Keïta.

La question est donc aujourd’hui : Dans un pays livré à l’ennemi que l’on fuit, aux bandits, à la France et aux autres impérialistes, avons-nous la légitimité morale de parler encore en son nom ?

<strong>La Rédaction</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables :  Alpha O. Konaré Président de la République : 8 Juin 1992</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-o-konare-president-de-la-republique-8-juin-1992-2267122.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-o-konare-president-de-la-republique-8-juin-1992-2267122.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/03/alpha-oumar-K.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Tue, 23 May 2017 01:00:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<em>« Nos frontières ne devraient plus être comme ces postes frontières, livrées aux seules forces de l’ordre, devenant à l’occasion, des forces de suspicion et de contrôle, ces zones où, l’on cherche à se faire peur, où l’on veut marquer les différences. Ces espaces ont le plus besoin de gestion commune, concertée, de gestion à la base, où, place devrait se faire à une participation et un contrôle populaire plus grand, à une mise en commun plus prononcée de nos potentialités, de nos capacités, à une revitalisation de notre fraternité ».</em>

&nbsp;

<strong>Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :</strong>
Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées,<em> le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la </em>difficulté de le<em>s attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer ».</em>

<strong> </strong>

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Juin 1997)</strong>

"Nous ne pouvons considérer comme une fatalité le fait que soit concentré aux mains d’une minorité le fruit de l’effort commun, pendant que la grande majorité du peuple est condamnée à la misère et au désespoir."

&nbsp;

<strong>Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</strong>

<em>« Nous avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement ». </em>

&nbsp;

<strong>Adam Thiam, chroniquer  journal Le Républicain 1999 </strong>

« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et que, quelque grande que soit la distance jusqu’au paradis, la descente aux enfers du pays est bien finie ».

&nbsp;

<strong>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</strong>

<em>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</em>

<em> </em>
<h2>Feu Tiéoulé Mamadou Konaté Président du BDIA novembre 1994</h2>
« <em>Je dis qu’il faut rapatrier le dossier des régions du nord-Mali, entreprendre des démarches pour ouvrir le débat au Mali, entre Maliens concernés. </em>

<em>C’est ça l’approche du BDIA. </em>

<em>Mais avant cela, il ne faudrait rien négliger sur le plan de la sécurité, pour que les populations puissent être à l’abri d’attaques, d’assassinats. </em>

<em>Notre gouvernement doit redoubler l’effort pour convaincre les rebelles que la paix est possible dans l’honneur et la négociation. </em>

<em>Mais, il doit être clair que cela n’est compatible, ni avec la surenchère, ni avec les pressions internationales, encore moins, avec les attentats terroristes ».</em>

&nbsp;

<strong><em>Tiébilé Dramé, Secrétaire Général du Parena (Mars 1996)</em></strong>

"Quand on a été torturé ensemble, quand on a partagé les mêmes cellules de détention, qu’on ait fait partie des mêmes convois de déportation, d’exil intérieur, il est normal qu’on soit du même côté."

&nbsp;

<strong>Mme Adame Bâ Konaré, Première Dame du Mali (Mars 2000)</strong>

<em>« L’aventure humaine est une perpétuelle correction, une perpétuelle remise en cause. On n’atteindra jamais le stade du parfait. Moi, c’est ma philosophie des faits. Il faut rester humble ».</em>

<strong><em>Rassemblés</em></strong>

<strong>Par Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
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<title>61ème anniversaire de feu Mamadou Konaté     AMK immortalise Mamadou Konaté</title>
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<pubDate>Sat, 20 May 2017 00:28:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>La Sentinelle</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L’association Mamadou Konaté (AMK) a célébré le 61<sup>ème</sup> anniversaire de la disparition de Mamadou Konaté. C’était  jeudi,  11 mai 2017  à Bamako-koura  en présence de Diarra Racky Talla, ministre de la fonction publique, de M.  Hamadoun Konaté, ministre de la solidarité et de l’action humanitaire, de M. Mamadou Bamou Touré, ancien ministre, du Pr. Doulaye Konaté, historien, du maire de la commune III, des représentants des familles fondatrices de Bamako, de M. Diomanssi Bomboté, de M. Moussa Konaté, président de l’association Mamadou Konaté. L’évènement était placé sous le haut parrainage du ministre de la solidarité et de l’action humanitaire, M. Hamadoun Konaté</em></strong>.

Il s’agit bien du grand humaniste malien apprécié en Afrique, en France et dans le monde, feu Mamadou Konaté, décédé le vendredi 11 mai 1956 à savoir, le 29<sup>ème</sup> jour du mois de Ramadan à l’âge de 59 ans.

Cette association a été créée depuis 2012 et se fixe pour mission de mettre en exergue les actions et les idéaux d’amour de la patrie et de solidarisé avec ses concitoyens. Cette 61<sup>ème</sup> célébration du décès du parrain, feu Mamadou Konaté a été une occasion d’inaugurer leur nouveau siège non loin de la maison familiale à Bamako-Coura dans la commune III.

Mamadou Konaté fut avec Modibo Keita en 1945, le fondateur du «Bloc soudanais» qui deviendra une section de la toute nouvelle formation politique panafricaine, «le Rassemblement démocratique africain» (RDA). Il fut créé à la faveur du congrès de Bamako du 18 au 21 octobre 1946.
<ol start="1956">
 	<li>Doulaye Konaté, Professeur d’histoire a fait un exposé sur la vie de feu Mamadou Konaté. Aussi, l’ancien ministre, Mamadou Bamou Touré a témoigné à propos de l’héritage politique de FEU Mamadou Konaté, élu trois fois député à l’Assemblée nationale française dont il fut vice-président avant son décès, en janvier 1956.</li>
</ol>
Dans son discours, M. Moussa Konaté, président de l’association Mamadou Konaté a dit ceci : « <strong><em>Si les pierres et les arbres de Bamako-Coura pouvaient parler, ils n’auraient certainement pas manqué de nous faire des confidences sur les moments de retrouvailles, toujours entre Mamadou Konaté et son entourage de quartier, des retrouvailles empreintes de joie et d’affection constantes. Un bonheur palpable dont le souvenir impérissable nous a été maintes fois rapporté par de nombreux survivants</em></strong>».

<strong>Saba Ballo </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mamadou Konaté, leader politique : L’immortel &amp;quot;père&amp;quot; des pionniers</title>
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<pubDate>Fri, 19 May 2017 11:45:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reflet</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>"Notre père Konaté/Dans la Dignité/Nous suivrons ta voie/Nous voulons ta foi" ! Ainsi débute le second couplet de l’hymne des pionniers du Mali. Il s’agit naturellement du regretté Mamadou Konaté, "père" des pionniers, le "Saint Père" et figure emblématique de classe politique malienne, du mouvement de libération des peuples africains.</em></strong>

Un grand leader arraché à notre affection le 11 mai 1956 et à qui les patriotes continuent de rendre hommage 61 ans après sa disparition. Et symboliquement, le vernissage de l’expo-photos sur le Mouvement pionnier s’inscrit aussi dans l’esprit de cette commémoration.

<em>"Notre père Konaté est le digne précurseur de la création de l’Etat du Mali. Il est le précurseur de la lutte de libération nationale… Un héros national et une référence exceptionnelle"</em>, a rappelé Ibrahima Kébé, commissaire principal de l'organisation Faso Kanu (Amour de la patrie), à l’occasion du 61e anniversaire de son décès.

Né en 1897 à Kati et député actif, Mamadou Konaté fut le 1er vice-président africain-noir de l'Assemblée nationale française. Il fut également parmi les pionniers des leaders politiques partisans d'un Mali indépendant.

Mamadou Konaté après des études à l’Ecole normale William Ponty de Gorée (Sénégal), devint instituteur-formateur-enseignant entre 1919 et 1946 dans différentes localités du Soudan français (actuel Mali), notamment Bafoulabé, Macina, Kolokani. Il prendra ensuite la direction de l’Ecole régionale de Bamako. Il est l’un des fondateurs du Syndicat des instituteurs de l’Afrique occidentale française (AOF) en 1937.

En 1945, Mamadou Konaté fonda le Bloc soudanais avec Modibo Kéita qui conduira le Mali à l’indépendance en 1960. Mais, auparavant, le Bloc était devenu l’Union soudanaise, une section du Rassemblement démocratique africain (US RDA)

Elu député en 1946, Mamadou Konaté siégea à l’Assemblée nationale française au sein du groupe de l’Union démocratique et socialiste de la résistance (UDSR). Il sera membre notamment des commissions de l’éducation nationale et des territoires d’outre-mer. En 1951 et 1956, Mamadou Konaté fut réélu au Parlement français.

Pour ce dernier mandat, il est élu avec Modibo Kéita et devient l'un des vice-présidents avec André Le Troquer, Roger Garaudy et Marie-Claude Vaillant-Couturier. Peu de temps après, atteint d’une hépatite, il meurt le 11 mai 1956. En plus de son héritage politique, les Maliens se rappellent aussi de son combat patriotique à travers l’école et le stade qui portent son nom. Et retiendra aussi des déclarations d’engagement comme lorsqu’il rappelait, <em>"lorsque la cause est juste, la foi, le courage, la détermination ne peuvent pas échouer"</em>.

Une détermination qui manque cruellement aux Maliens d’aujourd’hui. Il est vrai que Mamadou Konaté était de ces Soudanais au caractère et au mental trempé dans l’acier.

<strong>Moussa Bolly</strong>

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<title>Cinquante&#45;trois ans après son assassinat sauvage dans le désert malien : Les héritiers de Fily Dabo Sissoko réclament toujours sa réhabilitation</title>
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<pubDate>Thu, 18 May 2017 09:15:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mutation</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em><strong>Premier Député du Soudan-Niger à la première assemblée constituante en octobre 1945, fondateur du premier parti politique en octobre 1946 à savoir le Parti Progressiste Soudanais devenu en 1991 Parti pour la Solidarité et le Progrès, Fily Dabo Sissoko fut victime de ses ambitions nobles pour son pays.  Son seul tort c’est son combat pour la liberté d’expression, d’opinion et pour le pluralisme politique. En 1962, il sera accusé à tort, arrêté puis assassiné en 1964 dans le désert malien en compagnie de ses compagnons d’infortune.  </strong></em>

Tout est parti de la crise économique qui avait touché le pays après seulement deux ans de la création du franc malien. Ce qui avait affecté durement les marchands ambulants et toute la population flottante vivant de petits travaux dont la situation devenait de plus en plus précaire avec la rareté de produits vivriers. Comme le régime de Modibo Keita était basé sur le communisme où tout était géré par les autorités du pays. Face à cette misère grandissante des populations, dont la principale activité était le commerce, les commerçants et les petits détaillants organisent les 18 et 19 juillet 1962 une marche de protestation et marchent sur le Commissariat central (actuel 1<sup>er</sup> arrondissement) scandant des slogans hostiles au régime. Pour ceux qui ne le savent pas à l’époque tous les commerçants et petits détaillants étaient regroupés au sein d’une association dirigée par El Hadj Kassoum Touré dit Maraba Kassoum, membre influent de l’US-RDA et non moins principal bailleur de fonds du parti crée en octobre 1946.Comme il fallait s’attendre les forces de l’ordre tirent à balles réelles provoquant deux morts, plusieurs blessés par balles et l’arrestation de 196 suspects à Bamako dont Maraba Kassoum et d’anciens militants du RDA qui n’étaient plus d’accord avec la politique de leur parti. A l’intérieur du pays, les arrestations ont eu lieu. A la surprise générale et au grand étonnement des responsables et militants du PSP, leur leader charismatique sera accusé d’avoir poussé les commerçants à la révolte contre le régime. Une belle occasion pour se défaire de cet homme politique gênant à travers ses œuvres littéraires, pour son combat pour la liberté, la justice et la vérité pour les citoyens du pays et surtout pour avoir refusé d’adhérer à l’US-RDA malgré la dissolution injuste du PSP en 1959. Et du coup l’occasion fut idéale en le mêlant d’une affaire qui ne concerne pas Fily Dabo. Aussitôt il fut arrêté et jeté en prison en compagnie de son compagnon d’infortune. Selon un document du Ministère de l’intérieur du 26 juillet 1962, 335 personnes avaient été interpellées ; certaines seront relâchées, d’autres graciées ou acquittées. Quant à Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko, El Hadj Kassoum Touré, ils seront désignés comme responsables des troubles par la commission nationale désignée par l’US –RDA pour faire la lumière sur ces évènements. En contradiction flagrante de l’organisation judiciaire de la République du Mali, un tribunal populaire présidé par le commissaire politique Mamadou Diarrah, comprenant 39 jurés, n’ayant aucune existence légale fut mise en place pour juger les accusés. N’ayant en son sein qu’un seul juriste professionnel et pas d’avocats, le tribunal va siéger pendant quatre jours (du 24 au 27 septembre 1962) dans la salle des anciens combattants, place de la République. Les accusés au nombre de 94 tenaient difficilement dans la salle. Dans son réquisitoire, le président du tribunal retiendra que Fily et ses compagnons (dont certains ne savaient même pas pourquoi ils sont dans le box des accusés) étaient à la tête d’un complot visant à renverser le gouvernement légal du Mali. A la barre des témoins appelés furent impliqués et considérés comme membres du brain-trust. Ce fut le cas de Mamadou Faganda Traoré, de Lahaou Touré, de Gaoussou Coulibaly etc. Et le verdict fut impitoyable à l’égard de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et El Hadj Kassoum Touré qui furent condamnés à mort. Il y eut 15 acquittements au bénéfice du doute ; 21 condamnations à 1 an d’emprisonnement ; 26 condamnations à 5 ans de travaux forcés et 5 ans d’interdiction de séjour ; 6 condamnations à la peine de 15 ans de travaux forcés ; 14 condamnations à la peine de 20 ans de travaux forcés ; 9 condamnations à perpétuité par contumace. Les condamnations à mort, après une lettre de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et El Hadj Kassoum Touré, adressée au Président de la République, furent commuées en détention à perpétuité. Mais deux ans après soit le 30 juin 1964, on apprenait ce qui devrait arriver la mort de Fily Dabo Sissoko et de ses principaux compagnons dans le désert malien. Avant cette date, beaucoup de détenus des évènements du 20 juillet, comme on les appelait, étaient décédées des suites de mauvais traitements, de malnutritions. Rappelons que les évènements du 20 juillet 1962 ont marqué une rupture dans l’histoire du Mali. Ils ont creusé le fossé entre le peuple et le gouvernement en témoigne l’utilisation des armes de guerre contre les manifestants, les arrestations massives qui ont touché presque toutes les familles, vont complètement traumatiser les maliens qui refusent de jurer par le seul nom du prince du jour. La multiplicité des services de renseignement, la délation et les dissensions au sein du parti-Etat ont vite fait d’asseoir un régime policier dans lequel toutes les dérives autorisées avec les milices populaires. Certes il est bon de reconnaitre le mérite du premier président du Mali indépendant, mais il est impérieux aussi de reconnaitre que des hommes dignes et honnêtes à savoir Fily Dabo Sissioko et Hammadoun Dicko ont œuvré pour le pays dans la quête de son indépendance en 1960 et qui ont été sauvagement assassinés à cause de leurs ambitions politiques. Si les autorités actuelles du pays veulent une réconciliation réelle digne de ce nom et cicatriser la plaie noire de l’histoire du pays, Fily Dabo Sissoko et Hammadoun Dicko méritent eux aussi les honneurs et la reconnaissance de la nation malienne pour avoir œuvré au bonheur du Mali. A lire dans notre prochaine parution, la liste nominative des condamnés du tribunal populaire de l’Union Soudanaise RDA.

<strong>Sadou Bocoum</strong>

<strong>Encadré</strong>

<strong>Qui est Fily Dabo Sissoko ? </strong>

<strong> </strong>Né vers 1900 à Horokoto (cercle de Bafoulabé, premier cercle du Mali), Fily Dabo Sissoko fréquenta l’école des fils de Chefs de Kayes de 1907 à 1911. De 1911 à 1913, il se retrouve à l’école William Ponty de Gorée au Sénégal. En Mai 1914, Fily Dabo fut affecté à l’école régionale d’Ouagadougou comme moniteur où il obtint son certificat d’aptitude à l’enseignement (C.A. E). C’est sans surprise qu’il devient Instituteur à Dori(actuel Burkina-Faso).  Doué et décidé à apporter sa petite pierre angulaire pour son continent et plus précisément son pays, Fily Dabo est affecté à Nara comme Directeur d’école en 1919 après avoir obtenu son Diplôme Supérieur d’Etudes Primaires en 1918. Devenu un modèle et une référence, M. Sissoko fut nommé Chef de canton de Nambia (cercle de Bafoulabé) en 1933. Cet enseignant dont le patriotisme ne souffre aucune contestation, n’avait pas hésité à s’engager dans la politique fort de ces capacités intellectuelles. C’est sans surprise qu’il devient le premier Député du Soudan- Niger à la première assemblée constituante en octobre 1945 où il est réélu en novembre 1946 à la seconde assemblée constituante.  Décidé à porter son pays, Fily Dabo Sissoko crée un parti politique à savoir le Parti Progressiste Soudanais devenu en 1991 Parti Socialiste et le Progrès en Février 1946. C’est sans surprise qu’il est nomme Secrétaire d’Etat au Commerce et à l’Industrie au second ministère de Robert Schumann en septembre 1948. Membre du Grand Conseil de l’A.O.F basé à Dakar lors de son renouvellement en 1948, Fily Dabo est élu Député du Soudan-Français le 17 juin 1951. Ce qui lui ouvre les portes du Conseil Général du Soudan où il devient le président en 1953 et membre de la délégation française à l’ONU. Le 2 janvier 1956, le président du PSP est réélu Député du Soudan-Français et une année plus tard soit en janvier 1957, il est élu vice-président du Mouvement socialiste africain(M.S.A) à Conakry. Symbole du courage politique et conscient que seule l’union fait la force, Fily Dabo fait appel à tous les africains sincères et convaincus en créant le Parti du Regroupement Africain(P.R.A) à Cotonou. Mais hélas pour l’Afrique à l’image de Patrice Lumumba, Kwamé Krumah et Thomas Sankara, le natif de Horokoto sera victime de son patriotisme et de ses ambitions. Battu aux élections législatives du Soudan-Français le 8 mars 1958. En 1959,  l’homme assistera impuissant à la dissolution arbitraire du PSP et du P.R.A (arrêté No 188/D.I du 31 juillet) par le ministre de l’intérieur. Pour mieux le contrôler et de l’écraser définitivement, il sera nommé conseiller technique au ministère de l’éducation nationale du Mali. Et en juillet 1962, il sera accusé à tort d’être derrière la manifestation des commerçants et arrêté à Bamako en compagnie de Maraba Kassoum. Et les maliens ne le verront à jamais car deux ans après soit en 1964, il sera sauvagement assassiné dans le désert malien en compagnie de ses Co- détenus d’infortune. Ceux qui ont connu Fily Dabo Sissoko disent que l’homme était en avance sur son temps. On retiendra de Fily Dabo Sissoko ses nombreuses œuvres dont certaines sont d’actualité.  On peut citer entre autres ‘’Enquête sur l’enfant Noir de l’A.O.F : l’Enfant Bambara’’ paru dans le Bulletin de l’enseignement A.O.F 1931, No 76 pp 3-24 ; ‘’La politesse et les Civilités des Noirs’’ paru dans le Bulletin de recherche Soudanaise, octobre 1936, pp 178-192 ; ‘’Essai sur le Totémisme Soudanais’’ paru dans la revue d’histoire des religions, 1937, 116, pp 34-53. Aujourd’hui les célèbres citations de cet enseignant modèle restent à présent gravées dans l’histoire. On peut citer entre autres : ‘’Souvenez-vous qu’être instruit et intellectuel font deux. Si vous faites un pas du côté de l’instruction, faites en deux de côté de la vertu, car il existe des agrégés qui sont de parfaits imbéciles’’ ; ’’ Il ne sert à rien de changer le système sans changer le Citoyen’’<strong> ; </strong>‘’Le Progrès ne vaut que s’il est partagé par tous’’<strong> ; </strong>‘’Connais-Toi, Toi-même’’<strong> ; </strong> ‘’ La vérité  finit toujours par triompher’’]]> </content:encoded>
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<title>61ème  anniversaire de la disparition de Mamadou Konaté :   Hommage au grand humaniste</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/61eme-anniversaire-de-disparition-de-mamadou-konate-hommage-grand-humaniste-2253742.html</link>
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<pubDate>Wed, 17 May 2017 00:50:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reporter</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em><strong>Dans le cadre du 61<sup>ème</sup> anniversaire de la disparition de Mamadou Konaté, l’association éponyme a organisé le jeudi 11 mai une conférence-débat sur la vie et l’héritage politique de ce grand humaniste. Cette cérémonie de  commémoration, présidée par le ministre de la Solidarité et de l’Action humanitaire, Hamadoun Konaté, a été marquée par l’inauguration du nouveau siège de l’association Mamadou Konaté. </strong></em>

<em><strong> </strong></em><em>Une des figures emblématiques de la lutte pour l’indépendance du Mali, Mamadou Konaté a été arraché à l’affection des siens et de l’ensemble des peuples malien et africain le 11 mai 1956 à Bamako à l’âge de 59 ans. Tous les ans, l’association Mamadou Konaté, créée en 2012 pour perpétuer le souvenir de ce grand humaniste, magnifier son action et ses idéaux d’amour de la patrie et de solidarité avec ses concitoyens, s’est mobilisée pour saluer la mémoire de l’illustre disparu. La commémoration de cet anniversaire a été marquée par une conférence-débat animée par l’historien Doulaye Konaté et l’inauguration du nouveau siège de l’association d’une superficie de 300 m2, non loin de la famille de l’illustre disparu. </em>

<em> </em><em>Élu trois fois député à l’Assemblée nationale française, Mamadou Konaté est une icône, une figure emblématique qui symbolise l’idée même de la nation malienne. Né en 1897 à Kati, Mamadou Konaté est d’abord connu pour sa dédicace à la formation des jeunes et de ceux qui ont travaillé à ses côtés et cela tout au long de sa riche carrière professionnelle. Très brillant élève, il poursuivit ses études à l’école normale William Ponty de Gorée d’où il sortit major de sa promotion en septembre 1919. Il y exerça la fonction de surveillant général. C’est là que son chemin croisa pour la première fois celui de Houphouët Boigny qui fut son élève comme beaucoup d’autres futurs dirigeants de l’Afrique indépendante. </em>

<em><strong> </strong></em><em><strong>Éducateur et enseignant</strong></em>

<em> </em><em>Mamadou Konaté entama une carrière d’enseignant en 1919 à l’école professionnelle de Bamako, qui se poursuivra à Diafarabé, dans le Macina, à l’école de Kologani, à l’école primaire supérieure de Bamako et à l’école rurale de Bamako-Coura où il officia jusqu’à son élection à l’Assemblée nationale française en 1946. </em>

<em> </em><em>Au plan social, tous les témoignages s’accordent pour présenter Mamadou Konaté comme un homme très imprégné de sa culture et des valeurs cardinales de sa société. C’est un homme très soucieux du respect des normes et codes culturels qui régissent sa société et très impliqué dans la dynamique d’émancipation enclenchée dans cette période d’après guerre marquée par les turbulences d’un monde en pleine mutation. Au plan professionnel, il se distingua par sa totale abnégation, une conscience professionnelle aiguë, une probité morale et intellectuelle et un sens élevé de la dignité. </em>

<em><strong> </strong></em><em><strong>Un leadership avéré </strong></em>

<em> </em><em>Mamadou Konaté se révéla très tôt comme un véritable leader au sens plein de ce terme. Il incarnait la modernité, l’espérance de changement, tout en étant profondément attaché à la tradition. Son leadership s’exerça tôt et dans les différentes sphères d’influence de la société soudanaise qui étaient autant d’incubateurs pour l’Afrique à venir. Ainsi, Mamadou Konaté fut un des principaux animateurs du foyer du Soudan avec Makane Makoumba Diabaté, Fodé Touré, etc. Il jouissait d’un énorme prestige au sein de cette association culturelle qui regroupait les intellectuels du Soudan au sein de laquelle se dessinait déjà à travers les débats, le futur de l’Afrique qui devrait advenir avec l’accession à l’indépendance. Dans cette foulée, Mamadou Konaté fut désigné à la tête du premier syndicat des enseignants du Soudan. Son entrée en politique se fit sur la sollicitation pressante de ses concitoyens, en raison de ses nombreuses qualités et notamment de la confiance qu’il inspirait.</em>

<em> </em><em>En 1945, Mamadou Konaté, Modibo Keïta et d’autres militants politiques fondèrent le bloc soudanais appelé aussi parti Sfio du Soudan qui en 1946 cèdera la place à l’Union soudanaise, section du rassemblement démocratique africain (RDA) appelé couramment à l’époque le parti de Konaté. </em>

<em> </em><em>Dans son intervention, le président de l’association Mamadou Konaté, Moussa Konaté, a rappelé que la première action de son association a été l’équipement en 2012 d’une maternité à Kirina, mais aussi l’équipement en ordinateur de la salle informatique de l’école Mamadou Konaté. Il a aussi indiqué qu’à Kayes, précisément à Goupou, village d’origine de Mamadou Konaté, son association a construit un complexe scolaire, un centre de santé, et a réhabilité le puits construit il y a 70 ans, par l’illustre disparu lui-même. </em>

<em><strong> </strong></em>

<em><strong>Diango COULIBALY</strong></em>

<em><strong> </strong></em>

<em><strong> </strong></em>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Propos mémorables : Alpha Oumar Konaré Président de la République (24 mai 1999)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-oumar-konare-president-de-republique-24-mai-1999-2250382.html</link>
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<pubDate>Tue, 16 May 2017 01:19:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>‘’Le qualificatif de « quatrième pouvoir » donné au poids des médias dans la sphère d’influence des Etats et des sociétés a crû, de façon significative, au fil des événements de l’histoire mondiale. Il s’agit là d’une influence qui s’est imposée envers et contre toutes les  tentatives d’intimidation et de rétorsion, tout simplement parce que la presse, à la différence de la plupart des disciplines et des pratiques, peut être perçue comme véhiculant la totalité des valeurs de la culture.</strong>

Elle est philosophie quand elle procède à l’examen des destins des peuples et des hommes politiques.

Elle est idéologie quand elle prend l’option d’un lecteur particulier et partisan de la théorie et de l’action politique.

Elle est littérature quand elle attache à la forme du message la même considération qu’au  fond. Elle  véhicule une forme d’art achevée à travers ses illustrations, ses bandes dessinées, ses croquis.

La presse enfin est une éthique au sens fort, lorsqu’elle considère que son exercice doit s’accompagner de l’observance stricte d’un corps de valeurs qui lui seraient spécifiques.

Aussi, est-ce aujourd’hui une certitude qu’en cette fin de siècle, et demain de  plus en plus, la suprématie des Etats se construit autour de la maîtrise et de la diffusion de l’information, au double titre de la quantité et de la qualité. L’Afrique, d’une façon générale, et singulièrement le Mali, mon pays, sont donc forcément sensibles à cet état de fait, en même temps qu’ils sont attentifs à l’émergence des nouvelles technologies de l’information, pour la raison bien simple que parmi les défis majeurs que le continent doit affronter pour le siècle prochain, l’accès à ces technologies conditionne pour beaucoup les possibilités de développement.

Pour autant, on ne peut, concernant l’Afrique, disserter de façon univoque sur les différents types de médias, dont chacun répond à un contexte particulier, lié à l’histoire de son émergence et aux conditions politiques, sociales et matérielles qui le spécifient.

La presse écrite, le presse audiovisuelle et Internet, loin d’avoir des positions semblables, sont en quelque sorte le reflet même du continent, dans ce qu’il véhicule de succès et de difficultés, que ceux-ci soient politiques, sociaux ou économiques.

D’une façon générale, la presse africaine a connu son printemps au début des années 1990, dans le sillage des revendications pour la liberté et la démocratie. Mais au Mali, si la presse écrite fut la première à porter ces revendications, elle fut rapidement supplantée par le radio pour des afférentes à son mode de communication avec le public.

On peut, sans se tromper, affirmer que la nouvelle technologie de communication et d’information qui a pour ainsi dire explosé avec l’avènement de la démocratie en Afrique se trouve être la radio. Qu’elle soit privée, associativité ou rurale, l’appropriation par la société civile et les partis politiques d’un moyen aussi puissant d’expression a fait faire à l’Afrique un saut qualitatif de même dimension, pourrait-on dire, qu’Internet dans les pays du Nord. C’est que la radio, en plus de ce côté magique attaché à toute nouvelle technologie, a été, pour les pays africains, l’instrument privilégié de la formation d’une conscience nationale, et, éventuellement, un outil d’endoctrinement puissant.

On ne peut imaginer, autrement que par ce média, la possibilité d’émergence d’une pensée sur des centaines de milliers de kilomètres carrés, voire des millions, où les populations étaient étrangères les unes aux autres, en l’absence totale de la moindre voie de communication.’’]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Propos mémorables :  Général ATT Président de la République (Juin 2003)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-general-att-president-de-republique-juin-2003-2232062.html</link>
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<pubDate>Tue, 09 May 2017 01:14:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Quelque soit votre volonté de lutter contre la corruption, si vous avez une justice qui ne soit suit pas, vous perdez votre temps. »</em>

<strong>Pr. Mohamed Lamine Traoré, Vice-Président de l’ADEMA-PASJ (sept 1994)</strong>

« A ceux qui souhaitent dans la jubilation secrète que l’ADEMA éclate et ceux qui, dans un tremblement inquiet, craignent qu’il n’éclate pas, je dirai, l’ADEMA n’éclatera pas. A moins que les frelons n’envahissent la ruche, en chassant les abeilles ».

<em> </em><strong>Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999</strong>

« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu.

Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

&nbsp;

<strong>Feu Tiéoulé Mamadou Konaté Président du BDIA novembre 1994 </strong>

« <em>Je dis qu’il faut rapatrier le dossier des régions du nord-Mali, entreprendre des démarches pour ouvrir le débat au Mali, entre Maliens concernés. </em>

<em>C’est ça l’approche du BDIA. </em>

<em>Mais avant cela, il ne faudrait rien négliger sur le plan de la sécurité, pour que les populations puissent être à l’abri d’attaques, d’assassinats. </em>

<em>Notre gouvernement doit redoubler l’effort pour convaincre les rebelles que la paix est possible dans l’honneur et la négociation. </em>

<em>Mais, il doit être clair que cela n’est compatible, ni avec la surenchère, ni avec les pressions internationales, encore moins, avec les attentats terroristes ».</em>
<h3></h3>
<strong>Younouss Hameye Dicko secrétaire général de l’UDD novembre 1994</strong>

« <em>Nous ne pouvons pas comprendre que, parce que, on est rebelle, parce que, on est gouvernement, dans le dossier du nord, seuls ces deux parlent au nom des populations, gèrent la situation dans le nord, alors que les véritables populations dans le nord n’ont jamais participé à la gestion du dossier ».</em>

<strong> </strong>

<strong>Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</strong>

<em>« Nous avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement ». </em>

Soumeylou Boubèye Maïga (2001)

« Au moment de la lutte contre le régime de Moussa, les associations, les organisations, les syndicats, les simples citoyens ont estimé devoir rassembler leurs énergies, leurs efforts pour vaincre le régime... une fois que cet objectif a été atteint, chacun va dans son camp ».

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (8 Juin 1992) </strong>

<em>« Le gouvernement de la République n’a pas le droit de tricher avec notre peuple en s’engageant sur la voie des promesses faciles qu’il ne pourra tenir. Il devra cependant jouer les règles de la rigueur, de la bonne gestion, de la transparence, de la solidarité et de la justice ».</em>

<em> </em>

Feu Me Demba Diallo (1998)

<em>« Aujourd’hui, Moussa Traoré peut se targuer d’avoir été trop bien traité par rapport à ce qu’il a réservé à ses adversaires et même à ses amis, morts dans les conditions que l’on sait à Taoudénit ».</em>

&nbsp;

<strong>Sambi Touré, journaliste (Avril 2001)</strong>

<em>"Le Mali est l’un des pays qui a le plus grand nombre d’organes dans la sous-région. Mais, le problème de cette presse, c’est la qualité, pour parler de professionnalisme".</em>

<strong> </strong>

<strong>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</strong>

<em>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</em>

<em> </em>

<strong>Boubacar Sankaré</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables : Alpha Oumar Konaré Président de la République (14 septembre 1993)</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 03 May 2017 01:49:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>« Combattants pour la liberté d’expression, vous êtes les vrais combattants pour la démocratie. »</em></strong>

<em>N’oublions pas cependant que toute liberté est fruit d’une réglementation précise à respecter. En somme, pour mieux s’assumer en conscience, il faut un code déontologique que tous et chacun s’imposent, et qui s’impose à tous. </em>

La liberté de presse nourrit la démocratie, sans la démocratie il n’y a pas de liberté de presse. En l’occurrence, la liberté de presse ne vise pas uniquement la liberté des professionnels des médias, mais également celle des citoyens pour qui elle s’exerce et se revendique.

Vous comprendrez aisément l’exigence conséquente de protection de la personne humaine contre les abus et les tentations faciles de surenchère de groupes malveillants, défendant des intérêts égoïstes, privatifs, l’exaltation de la violence.

Le gros risque aujourd’hui, c’est que devant les difficultés de la vie politique partisane, devant la perception du pouvoir comme instrument de jouissance et du paraître, devant le refus d’attendre démocratiquement les échéances, le débat politique, voire le jeu, ne prenne en otage la société civile, ne tente de faire jouer le rôle de parti politique aux associations, aux syndicats, aux instruments de la presse.

Le risque dès lors est grand de vouloir faire jouer aux médias le rôle de toutes les institutions.

Au Mali, nous luttons chaque jour davantage pour consolider nos conquêtes démocratiques malgré les adversités et les tentatives malsaines de récupération des mérites de la presse et de tous les éveilleurs de conscience.

La radio est une interface privilégiée de dialogue social, nécessaire et même indispensable à la cohésion nationale et  à l’adhésion des populations aux décisions qui les concernent, sinon les engagent. La radio est ainsi l’instrument approprié de la participation démocratique.

La participation des populations à la gestion des affaires publiques est un objectif essentiel de notre jeune démocratie. C’est pourquoi, en réponse aux interrogations introductives, je dis qu’il ne suffit pas d’une pluralité de programmes ou de contenus pour parler de pluralisme à la radio. Nous devons résolument nous investir dans la pluralité des cibles afin de consacrer l’égal droit et accès de tous à l’information.

Nous devons bannir de la radio la forge d’acculturation, le studio de monologue, l’antenne de subversion, le modulateur de prestige. J’exhorte les promoteurs à se soucier davantage de nos campagnes pour faire œuvre utile dans l’Afrique des profondeurs. C’est de l’éveil des campagnes que dépendra l’avenir de notre démocratie.

La radio qui parle bamanan, fulfulde, wolof, haoussa, soninké, tamasheq, arabe, français, anglais, portugais, et j’en passe…La radio qui apprend à  se soigner, à se connaître, à se prendre en charge, à connaître, à échanger avec les autres… La radio qui fait danser, chanter,  jouer… La radio qui devient voisine, cohabitante, familiale, à laquelle on s’identifie, on s’apparente… La radio qui ancre la démocratie locale, mais qui tisse les réseaux d’espaces plus grands, de toutes formes, sans besoin de laissez-passer, de passeport… La radio qui crée une nouvelle citoyenneté, moderne, ouverte… La radio locale qui libère, qui sécurise, qui permet un accueil convivial, qui vient de loin et se rend  fréquentable… Cette radio-là a des ressources inépuisables : elle devra être pour nous le complément de nouvelles écoles de l’éducation de base ; elle parlera par exemple fulfulde pour soutenir des classes en fulfulde. Alors à chaque zone culturelle sa radio pour ses écoles de base. La radio, voix, souffle, inspiration, de l’apprendre à lire à écrire !’’]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>La politique de décentralisation de l’UDPM :  La parole à Moussa Traoré</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/politique-de-decentralisation-de-ludpm-parole-a-moussa-traore-2215952.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 02 May 2017 00:59:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[Dans un collectif intitulé  ‘’<strong><em>Le Processus démocratique malien</em></strong><em> <strong>de 1960 à nos jours’’</strong></em>, publié par les Éditions Donniya, sous les auspices du CERDES (Centre d’Études et de Recherche pour la Démocratie Économique et Social) on peut lire : «  En fait, à Tamanrasset, le régime aux abois du général Moussa Traoré ne disposait pas d’un projet structuré et viable de démocratisation des collectivités locales ». (Op. cit. page 110). Le texte ci-dessous est celui du discours de clôture du Séminaire sur la Planification décentralisée qui s’est tenu à Gao en février 1987. Il permet de se faire une idée sur les grandes lignes du projet de décentralisation tel que conçu par l’UDPM. Les mots introductifs sont de <em>L’Essor</em>. Quotidien du 4 mars 1987. Nous vous en livrons la première partie.

&nbsp;

<em>Le Chef de l’État, le Général Moussa Traoré a présidé,  samedi 28 février, à l’Assemblée régionale de Gao, la clôture du séminaire sur la planification décentralisée. Ce séminaire qui a regroupé les Gouverneurs de région ainsi que certains responsables administratifs et politiques et des techniciens nationaux et régionaux, s’est déroulé dans la cité des Askia.</em>

<em>Selon le ministre du Plan, Ousmane Diallo, la rencontre constitue une étape décisive dans le processus de la décentralisation planifiée. Parce que ces résultats définissent la constitution, l’affectation et la gestion d’un fonds de développement régional et local destiné à financer des projets et programmes d’initiative de base.</em>

<em>Dans son discours de clôture, le Président de la République, le Général Moussa Traoré s’est d’abord réjoui de l’opportunité ainsi offerte de discuter directement avec les cadres de terrain avant de souligner que la  technique de participation responsable des populations à leur propre développement mise au point par les séminaristes constituera la principale innovation de notre prochain plan de développement économique et social . Le Chef de l’Etat a poursuivi :</em>

« C’est assurément du cœur des deux Régions les plus éloignées de la Capitale de notre vaste pays qu’il était le plus indiqué de parler de la nécessité de confier à nos laborieuses et disponibles populations la gestion directe de leurs préoccupations les plus immédiates et un pouvoir réel de décision dans les domaines d’intérêt local qui déterminent leurs conditions de vie.

Le moment paraît également le plus approprié.

En effet, le Peuple malien, vient, de façon magnifique, de prendre part au débat national consacré aux avant-projets de documents dont principalement la Charte d’Orientation Nationale et de Conduite de la Vie publique.

Vous le savez a présent, dans le diagnostic exhaustif et sans complaisance de l’état de la Nation, l’une des rubriques essentielles est consacrée à la défiance des populations vis-à-vis de notre administration qui n’a pas encore pu devenir une véritable administration de développement comme nous le commande cependant l’option de notre Parti.

Lors de sa dernière session, le Conseil Supérieur du Plan, en examinant les orientations du prochain plan, a confirmé cette préoccupation qui vise la prise en compte effective dans le processus de planification de tous les aspects devant permettre une pleine et entière participation des populations à l’amélioration de leurs conditions de vie.

C’était là précisément l’objet de vos présentes journées de réflexion ici à Gao. Comme en 1973, encore précisément à Gao, comme en 1982 et en 1984 à Dougabougou, je suis persuadé que vous allez de nouveau aider à franchir une nouvelle étape. Cette étape qui nous interpelle sera décisive. Elle l’est parce qu’elle est l’étape ultime.

Enfin, elle l’est parce qu’il va s’agir de briser définitivement le mythe de « l’État providence » chargé de tout prévoir, de tout décider, et de tout contrôler du sommet à la base.

Les recommandations que vous avez retenues, et qui vont être examinées sans délai par le Parti et le gouvernement, aboutiront à n’en pas douter à des décisions destinées à assurer le succès de notre expérience de planification et de  participation décentralisées.

En aucun cas, cette décentralisation ne doit être perçue dans son acceptation physique, c’es-à-dire un pouvoir entre les mains de l’État, mais en dehors de la Capitale.

Par décentralisation, nous comprenons le transfert d’un pouvoir de décision de l’État vers les populations c’est-à-dire vers les conseils communaux, les conseils d’arrondissement, les conseils de cercle et les conseils régionaux qui constituent la réponse institutionnelle à la participation responsable des populations.

Ce transfert, cette véritable dévolution de pouvoir, demeure la composante essentielle de notre administration régionale et locale. Il s’agit là de l’élément essentiel de notre politique de participation au développement.

Ce faisant, vous avez insisté sur certaines préoccupations lors de l’examen  des mécanismes  financiers institutionnels et  de planification qui doivent assurer, dans le cadre des initiatives de base, le transfert de certaines fonctions de l’État vers la base.

Mais, Mesdames et Messieurs, vous l’avez relevé, et vous avez raison, un élément fondamental de ce succès se trouve  inévitablement dans le système et les mécanismes institutionnels qui permettront aux populations de percevoir le lien effectif et concret entre leurs contributions et la réalisation de leurs projets et programmes.

Il est indispensable que chaque programme régional de développement soit reconnu par la population comme son programme à elle, répondant à ses soucis locaux et à ses aspirations. La collectivité doit percevoir le lien direct, dans le court terme, entre le payement de sa contribution et les actions de développement qu’elle a décidées.

Il est de la plus haute importance que l’élan de développement déclenché et les légitimes espoirs suscités ne soient pas déçus : il faut maintenir la dynamique de développement.

Pour cela, et je n’insisterai jamais assez sur ce sujet, il importe que le niveau administratif de perception et le niveau administratif de redistribution sous la forme d’actions soient identiques.

Dans ce même ordre de préoccupations, la contribution des populations doit être exclusivement affectée au financement des réalisations à l’exclusion des dépenses de fonctionnement.

Ces dernières feront l’objet de mesures financières appropriées prises dans le cadre du transfert de certaines fonctions de l’État vers les organes instituant la participation des populations.

Cet impératif de transparence a fort opportunément retenu toute votre attention lorsque vous avez défini la nature juridique, le régime de gestion et d’administration du Fonds de Développement Régional et Local destiné au financement des programmes de développement local.

Vous avez insisté sur la nécessité de mettre fin au développement anarchique des prélèvements sur les revenus des imposables. Avec pertinence, vous avez mis l’accent sur l’impératif d’un développement global, harmonieux,  et intégré qui implique le regroupement de toutes les recettes dans un seul et unique état budgétaire ».

A suivre

<strong>Diawlén Karamoko Diarra</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables : Mr Alpha Oumar Konaré Président de la République  (9avril 1993).</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-mr-alpha-oumar-konare-president-de-republique-9avril-1993-2201252.html</link>
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<pubDate>Tue, 25 Apr 2017 01:02:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[‘’Par Dieu, nous n’avons rien de mieux, ni de plus cher  à notre cœur, que le Mali.  J’en appelle donc au civisme et à la solidarité de tous les Maliens pour se dresser contre la montée du terrorisme, voire du fascisme, aux vrais démocrates et aux patriotes pour barrer la route aux fauteurs de trouble, afin de nous permettre de nous atteler à l’œuvre de développement qui nous attend.

Dieu m’a donné la chance de diriger ce pays avec votre aide, mais je répète aujourd’hui  ce que j’ai dit le 8 juin 1992 : aucun homme seul, aucun parti seul ne peut construire la Mali.

Seules la solidarité, la tolérance, la concorde de toute la Nation, pourront venir à bout de nos misères criantes que sont l’analphabétisme, la maladie, la soif et la faim.

Il y a donc urgence à unir l’effort  des Maliens et à  opérer la jonction de toutes les forces de paix et de progrès. Nous devons, en ces heures tant graves, nous remémorer le passé récent et nous convaincre que plus jamais nous ne devons retomber dans le gouffre d’où le courage héroïque de notre peuple nous a tirés le 26 mars 1991.

Nous devons ici saluer les forces armées et de sécurité pour les sacrifices qu’elles ont consentis et qu’elles consentent pour la consolidation de la démocratie et la restauration de la paix sociale.

Nous devons saluer aussi les mouvements et le front unifié de l’Azawad, engagés avec nous dans le combat pour la démocratie.

L’héritage légué au mouvement démocratique était catastrophique à bien des égards. L’avènement de la IIIè République a coïncidé avec une période de forte dépression sur le plan économique et financier, aboutissant à une tension sociale extrême.

Je voudrais dire à tous que l’Etat ne peut faire que la politique de ses moyens. Je veillerai cependant à faire partager par tous cette réalité sans louvoiement, avec vérité, pour éviter les crises de confiance qui  affaiblissent aussi l’autorité de l’Etat.

Ce n’est un secret pour personne qu’aujourd’hui l’Etat malien est fragilisé. Il l’a été par ceux qui avaient toutes les raisons de combattre un état de démocratie véritable. Ceux-là ont déployé une série d’obstacles de toute nature à la marche du progrès. Il l’a été aussi par certains qui, se réclamant de la démocratie, ne veulent pas en assumer les contraintes politiques et morales, même s’ils en réclament tous les avantages. Il l’a été enfin par ceux qui, atteints de nombrilisme, pensent que le soleil doit tourner autour de leur personne. Ils n’acceptent pas l’alternance comme une donnée politique incontournable dans le nouveau paysage politique de notre pays, même s’ils déclarent que c’est l’objectif de leur combat.

Je souhaite que chacun se départisse de l’esprit de vengeance.’’]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>De 1960 à nos jours le Mali a eu 18 premiers ministres !  Qui sont&#45;ils et où sont&#45;ils à présent?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/de-1960-a-nos-jours-mali-a-18-premiers-ministres-a-present-2181752.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 15 Apr 2017 01:13:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Du premier président du Mali indépendant, Modibo Kéïta (de 1960 à 1965) à Alassane Idrissa Maïga, le Mali aura vu défiler 18 Premiers ministres nommés (le poste de Premier ministre s'entendant dans son acception de chef de gouvernement). Le poste de Premier ministre a connu des fortunes diverses en fonction des différents régimes qu'a connus notre pays. Les présidents Modibo Kéïta (sous la 1ère République) et Moussa Traoré (sous la 2è République) ont expérimenté la fonction, qui n'a cependant pas pu prospérer. Ce qui fait qu'en 31 ans (1960-1991), seules 3 personnalités ont occupé le poste, contre 15 ces 26 dernières années. C'est parce que depuis la Transition de 1991 et l'avènement de la démocratie pluraliste en 1992, tous les gouvernements successifs sont dirigés par un Premier ministre. Ces personnalités de l'Etat ont servi la nation malienne autant qu'elles peuvent et plusieurs d'entre elles ne sont plus de ce monde. Notre rédaction a enquêté !</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Modibo Keïta, premier président de la République  et en même temps chef du Gouvernement</strong>

[caption id="attachment_2008752" align="alignleft" width="310"]<img class="size-full wp-image-2008752" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/01/Modibo-KEITA-1-1.jpg" alt="20 janvier 1061: une date, une histoire" width="310" height="464" /> L'ancien Président Modibo Keita[/caption]

Modibo Keïta fut le premier président de la République du Mali entre 1960 et 1968, mais aussi cumulativement chef du gouvernement (donc le premier Premier ministre) jusqu'en 1965. Né le 4 juin 1915 à Bamako-Coura, de Daba et Hatouma (Fatoumata) Camara, Modibo a fait un brillant parcours scolaire, tout comme furent impressionnants sa carrière professionnelle, sa lutte et son idéologie politiques ainsi que son leadership d'homme d'Etat.  Après avoir fréquenté de 1925 à 1931 l'école primaire de Bamako, il entre en 1931 à l'école primaire supérieure Terrasson de Fougères (actuel lycée Askia Mohamed). En 1934, il poursuit ses études à l'école normale d'instituteurs, plus précisément l'École William Ponty de Gorée à Dakar. Ses professeurs le signalèrent déjà comme un bon élément, mais comme un agitateur anti-français, à surveiller. Il sort major de sa promotion et en 1936 et devient instituteur. Il enseignera d'abord en brousse puis à Bamako, Sikasso et Tombouctou. Rapidement, il se signale aux plans associatif et politique. Il fonde avec Mamadou Konaté, l'"Association des lettrés du Soudan" qui deviend par la suite le <em>"Foyer du Soudan".</em>

En 1937, il fonde avec le Voltaïque Ouezzin Coulibaly le <em>"Syndicat des enseignants d'Afrique occidentale française"</em>. Il devient membre du "Bloc soudanais" créé par Mamadou Konaté. En 1943, il fonde avec son ami, Jean Marie Koné, la revue "L'Œil de Kénédougou" dans laquelle il critique le pouvoir colonial.

Cette même année, est créé à Bamako le Rassemblement démocratique africain (Rda), présidé par Félix Houphouët-Boigny. Modibo Keïta prend le poste de secrétaire général de l'Union soudanaise Rda. En 1948, il est élu conseiller général du Soudan français au titre de la circonscription de Bamako-Kita. En 1953, il est élu conseiller de l'Union française. Le 26 novembre 1956, il devient maire de Bamako et est élu député à l'Assemblée nationale française dont il devient vice-président. Il siègera deux fois comme secrétaire d'État dans les gouvernements français de la Quatrième République.

En 1958, il est élu président de l'Assemblée constituante de la Fédération du Mali qui regroupe le Soudan français, le Sénégal, la Haute-Volta et le Dahomey (ces deux derniers pays quitteront rapidement la Fédération).Le 20 juillet 1960, Modibo Keïta est nommé chef du gouvernement de la Fédération du Mali (qui regroupe le Soudan français et le Sénégal). Après l'éclatement de cette fédération, le 22 septembre 1960, il proclame l'indépendance du Soudan français qui devient la République du Mali. Il en prend la présidence et met en place un gouvernement que lui-même dirige.

L'histoire ne nous enseigne pas pourquoi la fonction de Premier ministre a été abandonnée, mais toujours est-il qu'en 1965, Modibo Kéïta a purement et simplement aboli le poste. Il dirige le pays sous l'idéologie socialiste jusqu'au 19 novembre 1968, date du renversement de son régime par un coup d'Etat perpétré par le groupe du lieutenant Moussa Traoré. Modibo Keïta est mort en détention au camp des commandos parachutistes de Djicoroni Para à Bamako le 16 mai 1977, à l'âge de 61 ans, dans des circonstances suspectes car jusqu'à présent les causes de sa mort font débat. Modibo Keïta est réhabilité en 1992 à la chute du régime de Moussa Traoré (1968-1991) par le président Alpha Oumar Konaré. Le mémorial Modibo Keïta est inauguré à Bamako le 6 juin 1999. Alpha avait tout d'abord baptisé le stade omnisports de son nom. Son épouse, Mariam Travélé, est décédée en 2014 à 94 ans. En janvier 2016, l'aéroport international de Bamako-Sénou est rebaptisé "<em>Aéroport international Modibo Keita-Sénou".</em>

<em> </em><strong>Dr Soumana Sako : après la chute du général Moussa Traoré, il redresse les finances publiques du Mali.</strong>

[caption id="attachment_141814" align="alignleft" width="315"]<img class="wp-image-141814 size-full" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2013/04/Soumana-Sacko1.jpg" alt="Soumana Sacko" width="315" height="347" /> Dr. Soumana Sacko[/caption]

Né à Niamina, région de Koulikoro, en 1950, Soumana Sako est celui par qui le poste de Premier ministre fut définitivement réinstauré au Mali. Il a été nommé Premier ministre par Amadou Toumani Touré le 2 avril 1991 après la chute du général Moussa Traoré et dirige le gouvernement de transition entre le 4 avril 1991 et l'investiture d'Alpha Oumar Konaré en juin 1992.

En son temps, cette nomination de Soumana Sako avait été accueillie très favorablement par les Maliens qui avaient encore à l'esprit son passage comme ministre des Finances sous le régime de Moussa Traoré entre 1986 et 1987.  En un temps record, il avait rétabli les arriérés de salaires des fonctionnaires (six mois) et redressé les finances du pays. Aussi, il fut le premier membre du gouvernement au Mali à démissionner de ses fonctions de sa propre volonté, suite à une affaire de trafic d'or impliquant la Première dame de l'époque. Le Dr Sako a obtenu le DEF en juin 1967 (Centre d'examen de Mopti) et le Baccalauréat en juin 1970 (Lycée Askia Mohamed), se classant dans les deux cas, premier au Mali. Il est titulaire d'une licence de l'École nationale d'administration du Mali ainsi que d'un Master's en planification de gestion de projets et d'un Ph.D. en économie du développement (avec mention H, la plus haute distinction académique) décernés par l'Université de Pittsburgh, Pennsylvannie (États-Unis). Il a, en outre, suivi des stages et séminaires de formation à la Fondation ouest-allemande pour le développement international, au Gosplan de l'ex-Union Soviétique, à l'Institut de développement économique de la Banque mondiale et au General Accounting Office du Congrès des États-Unis d'Amérique.   Après son passage à la Primature sous la première Transition, il retrouve l'Acbf (Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique), une fondation créée par les gouvernements africains et leurs partenaires au développement en vue de contribuer à renforcer durablement les capacités humaines et institutionnelles pour la bonne gouvernance et la gestion du développement. Il dirige de main de maître cette noble fondation avant de rentrer au bercail.

Candidat à l'élection présidentielle de 1997, il retire sa candidature comme d'autres responsables de l'opposition pour protester contre les fraudes. Pour les élections présidentielles de 2002 et 2007, il soutient la candidature d'Amadou Toumani Touré.

Plus tard, Soumana Sako pousse son implication politique plus loin et crée la Convention nationale pour une Afrique solidaire (Cnas Faso-Hèrè). Le 18 décembre 2011, il est investi par ce nouveau parti candidat à l'élection présidentielle malienne de 2012, avortée. Il remet ça à l'élection présidentielle malienne de 2013 qui aboutit à l'élection d'IBK.

Aujourd'hui, il n'est pas avec le pouvoir et ne s'affiche pas non plus avec l'opposition républicaine et démocratique dont le chef de file est Soumaïla Cissé.

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<strong>Capitaine Yoro Diakité : finalement condamné à </strong><strong>la prison, il meurt en détention à Taoudenit</strong>

[caption id="attachment_2181532" align="alignright" width="350"]<img class="wp-image-2181532 size-full" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/04/YORO-DIAKITE.jpg" alt="" width="350" height="294" /> Yoro Diakite[/caption]

Le capitaine Yoro Diakité fut le deuxième Premier ministre de l'histoire du Mali. Né le 17 octobre 1932, il fut membre du Comité militaire de libération nationale, ce groupe de militaires qui fit tomber Modibo Kéïta. Il est nommé Premier ministre, chef du gouvernement provisoire, par le président Moussa Traoré et exerce sa fonction entre le 19 novembre 1968 et le 18 septembre 1969. C'est lui qui a envoyé la bande à Diby Silas Diarra à Taoudénit où lui-même devait les retrouver plus tard. En effet, après avoir été accusé d'avoir organisé une tentative de coup d'État en 1971, il est condamné à la prison à vie et envoyé au nord. Le chef du gouvernement provisoire meurt dans le camp de prisonniers de Taoudénit, le 13 juin 1973.

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<strong>Le Physicien Mamadou Dembélé : un des principaux artisans de la répression contre les mouvements estudiantins de 1979-1980</strong>

[caption id="attachment_1968042" align="alignleft" width="340"]<img class="wp-image-1968042 size-full" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/12/MAMADOU-DEMBELE.jpg" alt="Décès de nombreuses personnalités : 2016, une année noire" width="340" height="446" /> Pr. Mamadou Dembélé[/caption]

Le président Moussa Traoré abolit le poste de Premier ministre le 18 septembre 1969 quand le capitaine Yoro Diakité quitta la tête du gouvernement provisoire. Le poste resta donc inexistant sept longues années durant et pendant lesquelles le président de la République était à la fois chef de l'Etat et chef du gouvernement. Le 30 mai 1986, à la faveur d'un remaniement gouvernemental, Moussa réhabilite le poste de Premier ministre et le confie (le 6 juin) au Professeur Mamadou Dembélé. Ce physicien, né en 1936, avait été l'un des principaux artisans de la répression contre les mouvements estudiantins de 1979-1980. Mais pas pour longtemps. Le 6 juin 1988, le président Moussa Traoré supprime, à nouveau, le poste. Depuis, Moussa n'a plus nommé de Premier ministre et est resté lui-même l'éternel chef du gouvernement.

Il est décédé le 9 octobre 2016 à l’âgé de 82 ans.

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<strong>L'Economiste Younoussi Touré : premier chef du Gouvernement de l'ère du multipartisme au Mali</strong>

[caption id="attachment_2182692" align="alignleft" width="315"]<img class="size-full wp-image-2182692" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/04/Younoussi-Toure.jpg" alt="Younoussi TOURE, Premier ministre d’Alpha Oumar Konaré" width="315" height="236" /> Younoussi TOURE, Premier ministre d’Alpha Oumar Konaré[/caption]

Il est le premier Premier ministre de l'ère de la démocratie pluraliste au Mali. Il a été nommé Premier ministre le 9 juin 1992 par le président Alpha Oumar Konaré, mais démissionne moins d'un an plus tard, le 12 avril 1993, suite à des mouvements socio-estudiantins.

Né le 1er janvier 1941 à Niodougou (cercle de Niafunké, Mali), Younoussi Touré a suivi ses études primaires et secondaires à Niafunké, à l'École des artisans soudanais, à l'École normale de Sévaré, à l'École normale de Katibougou et au lycée Askia Mohamed, avant d'aller à l'Université de Dakar et à l'École de formation technique de la Banque de France. Il est titulaire d'un diplôme d'études supérieures spécialisées en sciences économiques. Younoussi Touré a travaillé à la Banque centrale du Mali où il a été directeur général avant de devenir conseiller spécial du gouverneur de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'ouest (Bceao).  Il fut Commissaire de l'Uemoa quand le Sénégalais Moussa Touré en était le président de la Commission. Membre fondateur de l'Union pour la République et la démocratie (Urd), il en fut pendant longtemps le président avant de passer le témoin au parrain du parti, Soumaïla Cissé, dont le mandat prenait fin à la Commission de l'Uemoa.

En septembre 2007, il est élu député dans la circonscription de Niafunké et premier vice-président de l'Assemblée nationale, puis président de l'institution quand Dioncounda Traoré devient président de la République par intérim sous la Transition de 2012. Aujourd'hui, il fait la navette entre Niafunké et Bamako.

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<strong>L'ex-Chercheur Ibrahim Boubacar Keïta: le sauveur du régime  du Président Alpha Oumar Konaré</strong>

[caption id="attachment_2182712" align="alignleft" width="400"]<img class="size-full wp-image-2182712" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/04/ibrahim_boubacar_keita.jpg" alt=" Ibrahim Boubacar Keïta (IBK)" width="400" height="208" /> Ibrahim Boubacar Keïta (IBK)[/caption]

Ibrahim Boubacar Keïta fut le  sauveur du régime du président Alpha Oumar Konaré. Après avoir <em>"bousillé</em>" deux Premiers ministres, Alpha nomme l'actuel président de la République à ce poste qu'il occupe de 1994 à 2000. Il fut ensuite président de l'Assemblée nationale de 2002 à 2007, puis simplement député de 2007 à 2013, toujours élu dans la circonscription de la commune IV du district de Bamako.

En août 2013, il est plébiscité président de la République du Mali avec 77,6% ; il prête serment le 4 septembre de la même année et est investi le 19 septembre au cours d'une cérémonie grandiose qui a enregistré la présence d'une vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement dont le président français, François Hollande, et Sa Majesté le Roi Mohamed VI du Maroc.

Ibrahim Boubacar Keïta est né le 29 janvier 1945 à Koutiala. Il a fait ses études secondaires au lycée Janson-de-Sailly à Paris et au lycée Askia Mohamed de Bamako. Il a étudié à la Faculté des lettres de l'université de Dakar puis à l'université Panthéon-Sorbonne et à l'Institut d'histoire des relations internationales contemporaines (Ihric), rattaché auprès de la même université. Il est titulaire d'une maîtrise d'histoire et d'un Diplôme d'études approfondies en politique et relations internationales. Après ses études, il est chargé de recherche au Cnrs et enseigne les systèmes politiques du Tiers-Monde à l'Université de Paris Tolbiac. De retour au Mali, il devient conseiller technique principal du Fonds européen de développement (Fed), chargé de la mise en œuvre du premier programme de microréalisations par la Communauté économique européenne au Mali. Il est ensuite directeur-représentant de Terre des Hommes France (Tdhf), Ong française et internationale pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Militant de l'Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema-Pasj), il est le directeur adjoint de la campagne d'Alpha Oumar Konaré pour l'élection présidentielle en avril et mai 1992. Après son élection, Alpha le nomme en juin 1992 conseiller diplomatique, porte-parole du président de la République du Mali. En novembre 1992, il est nommé ambassadeur du Mali auprès de la Côte d'Ivoire, du Gabon, du Burkina Faso et du Niger. En novembre 1993, il devient ministre des Affaires étrangères, des Maliens de l'extérieur et de l'Intégration africaine. Le 4 février 1994, le président Alpha Oumar Konaré le nomme Premier ministre. Il occupe cette fonction jusqu'en février 2000. Il préside l'Adema-Pasj. En 1999, il devient vice-président de l'Internationale socialiste. À l'approche de l'élection présidentielle de 2002, alors qu'il souhaite poser sa candidature pour succéder à Alpha Oumar Konaré, des dissensions au sein du parti présidentiel l'entraînent à donner sa démission de Premier ministre le 14 février 2000, puis de la présidence du parti en octobre 2000. Il quitte alors l'Adema-Pasj avec ses partisans pour fonder le Rassemblement pour le Mali (Rpm), formation qu'il préside depuis juin 2001. Il vient d'être d'ailleurs consacré président-fondateur du Rpm. Ibrahim Boubacar Keïta a été président du Comité exécutif de l'Union parlementaire africaine.Candidat à l'élection présidentielle, IBK tombe au 1er tour, conteste les résultats, mais apporte cependant son soutien à Amadou Toumani Touré, qui sera élu lors du second tour, le 12 mai, avec 65,01 % des suffrages exprimés. A l'élection présidentielle de 2007, IBK obtient 19,15 % des voix, se plaçant ainsi en deuxième position derrière le président sortant Amadou Toumani Touré, réélu dès le premier tour. Le 26 juillet 2011, il est désigné candidat du Rassemblement pour le Mali à l'élection présidentielle de 2012 (finalement avortée pour raison de coup d'Etat le 22 mars 2012). Enfin, le 15 août 2013, il est proclamé élu président du Mali. Donc, depuis trois ans, c'est lui qui préside aux destinées du Mali, après avoir gravi tous les échelons au terme d'un impressionnant cursus scolaire et d'un long combat politique.

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<strong>L'Economiste et Banquier Mandé Sidibé : frère aîné  du Premier ministre Modibo Sidibé</strong>

[caption id="attachment_2182722" align="alignleft" width="300"]<img class="size-full wp-image-2182722" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/04/mande-sidibe.jpg" alt="L’ancien Premier ministre Mandé Sidibé (2000-2002) est décédé à Paris le 25 aout 2009" width="300" height="319" /> L’ancien Premier ministre Mandé Sidibé (2000-2002) est décédé à Paris le 25 aout 2009[/caption]

et économiste hors pair, né à Bafoulabé le 20 janvier 1940, a été Premier ministre du Mali entre 2000 et 2002, en remplacement justement d'IBK. Une lourde responsabilité qu'il a remplie avec bonheur et honneur, avant d'avoir des ambitions présidentielles. Après un séjour au Lycée Terrasson de Fougères de Bamako (actuel lycée Askia), Mandé Sidibé poursuit des études en France, d'abord à Bordeaux où il obtient son baccalauréat, et à Paris où il obtient une licence en sciences économiques en 1965. Il décroche en 1974 un Master of Business Administration (Mba) de l'Université George Washington aux États-Unis. Puis, il entame une longue carrière dans les institutions financières.

Après un court passage à la Banque de la République du Mali (Brm), Mandé Sidibé a travaillé au Fonds monétaire international (Fmi) de 1967 à 1985, essentiellement au département Afrique, où il a occupé les fonctions d'économiste entre 1967 et 1975, d'économiste principal entre 1977 et 1981 et chef de division entre 1981 et 1985. Il a également été représentant résident du Fmi à Ndjamena (Tchad) entre 1975 et 1972.

En 1985, il commence une carrière à la Banque centrale des États de l'Afrique de l'ouest (Bceao) où il est successivement conseiller du gouverneur en 1985 et 1986, directeur central des relations internationales entre 1986 et 1990, secrétaire général chargé de la politique monétaire de 1990 à 1992 et conseiller spécial du gouverneur de la Bceao pour le Mali de 1992 à 1952. Mandé a également travaillé dans le secteur privé. Il est ainsi membre des conseils d'administration de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (Acbf) basée à Hararé, au Zimbabwe, de la Société malienne de financement (Somafi, actuel Alios-Mali) et de Ecobank transnational incorporated (Eti). Au plan politique, il n'est pas novice. Ainsi, après avoir pris sa retraite de la Bceao, il est nommé en 1996 conseiller spécial auprès du président de la République Alpha Oumar Konaré avant d'être nommé Premier ministre le 20 février 2000. Il est reconduit à ce poste le 23 juin 2001. Le 18 mars 2002, il présente sa démission afin de se consacrer à la campagne pour l'élection présidentielle du 28 avril 2002 à laquelle il est candidat. Bien que membre de l'Adema-Pasj (qui a investi Soumaïla Cissé), il se présente comme candidat indépendant et arrive en 9e position. Pour le second tour, il appelle à voter pour Amadou Toumani Touré et non pour Soumaïla Cissé. Après son échec à cette élection, Mandé Sidibé retrouve en 2003 son siège au Conseil d'administration d'Ecobank International. Le 23 juin 2006, il est nommé président du Conseil d'administration. Le frère ainé de Modibo Sidibé est mort le 25 août 2009 à l'Hôpital américain de Paris à Neuilly-sur-Seine dans la banlieue de Paris, à la suite d'une attaque cardiovasculaire.

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<strong>L'Economiste Ousmane Issoufi Maïga : sa rigueur lui vaut le sobriquet de Pinochet</strong>

[caption id="attachment_2182742" align="alignleft" width="287"]<img class="size-full wp-image-2182742" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/04/youssoufi-maiga-pinochet.jpg" alt="Ousmane Issoufi Maïga" width="287" height="315" /> Ousmane Issoufi Maïga dit PINOCHET[/caption]

ll incarne le prototype même de grand commis de l'Etat. Réputé, connu et adulé, mais souvent critiqué, pour sa rigueur. D'où son sobriquet de Pinochet. C'est lui qui a remplacé Ahmed Mohamed Ag Hamani au poste de Premier ministre en avril 2004. Le président Amadou Toumani Touré sait de lui qu'il a organisé avec brio la CAN 2002 et a suivi ses œuvres dans les différents postes ministériels qu'il a occupés sous Ag Hamani. C'est pourquoi, il n'a point hésité à jeter son dévolu sur Ousmane Issoufi Maïga qu'il nomme Premier ministre le 29 avril 2004. Le natif de la région de Gao (en 1945) a fait des études supérieures en économie à l'Université de Kiev (Ukraine, anciennement URSS), puis à l'American University à Washington D.C. (États-Unis) où il obtient un diplôme en économie de développement bancaire et financière. Il a travaillé à la Banque mondiale, au ministère des Finances français avant de rentrer au Mali pour travailler au ministère des Finances où il a été notamment directeur général adjoint de la Caisse autonome d'amortissement. En 2002, il devient ministre de la Jeunesse et des Sports et doit organiser la Coupe d'Afrique des nations qui se déroule au Mali. Après l'élection d'Amadou Toumani Touré à la Présidence de la République, il entre au gouvernement d'Ahmed Mohamed ag Hamani le 14 juin 2002 en tant que ministre de l'Économie et des Finances. Après le remaniement ministériel du 16 octobre 2002, il devient ministre des Transports et de l'Équipement. Le 29 avril 2004, il est nommé Premier ministre et constitue son gouvernement le 2 mai 2004. Ousmane Issoufi Maïga a présenté sa démission et celle de son gouvernement le 27 septembre 2007. Il a été remplacé par Modibo Sidibé.

Nommé président du Conseil d'Administration d'Edm-sa depuis, il est relevé sous IBK et observe une douce retraite dans sa résidence à Niaréla.

<strong>Le Notaire Me Abdoulaye Sékou Sow : auteur d'un livre polémique sur la  démocratie malienne</strong>

[caption id="attachment_2182782" align="alignright" width="300"]<img class="size-medium wp-image-2182782" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/04/Abdoulaye-Sekou-Sow-300x273.jpg" alt="L’ancien premier ministre Me Abdoulaye Sékou Sow" width="300" height="273" /> L’ancien premier ministre Me Abdoulaye Sékou Sow[/caption]

Le 13 avril 1993, c'est lui qui remplacé Younoussi Touré à la tête du gouvernement. Mais son séjour fut encore plus éphémère que celui de son prédécesseur, puisqu'en février 1994, Abdoulaye Sékou Sow abandonne le navire, pour quasiment la même raison que Younoussi : les mouvements estudiantins. Né en 1931, Abdoulaye Sékou Sow était un notaire après avoir suivi une très bonne formation juridique. Il a été directeur de l'École nationale d'administration (Ena).

Il est l'un des membres fondateurs de l'Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema-Pasj). Le président Alpha Oumar Konaré le nomme ministre de la Défense en 1992, puis Premier ministre en 1993, comme nous le soulignons plus haut, avec la fortune que l'on sait. En 2008, Abdoulaye Sékou Sow publie "L'État démocratique républicain: la problématique de sa construction au Mali ", un ouvrage qui suscite des polémiques au Mali quant à la gestion des révoltes de 1993 (qui ont fait tomber deux Premiers ministres dont lui et son prédécesseur).

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<strong>L'Inspecteur Général de Police Modibo Sidibé : un parcours Impressionnant</strong>

[caption id="attachment_2123582" align="alignleft" width="300"]<img class="size-medium wp-image-2123582" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/03/Modibo-Sidibe-FARE--300x199.jpg" alt="Modibo Sidibé sur les réformes en cours : «Le gâchis et la désillusion, voire l’impasse, peuvent-ils être encore évités à notre peuple à quelques encablures de la fin du mandat ?»" width="300" height="199" /> Modibo Sidibé (FARE)[/caption]

C'est le 28 septembre 2007 que le président Amadou Toumani Touré nomme Modibo Sidibé, alors secrétaire général de la Présidence, comme Premier ministre, soit le lendemain de la démission de son prédécesseur Ousmane Issoufi Maïga. Il joue franc jeu avec ATT, conduit les affaires de la nation, mais se fait discrètement une assise politique, avant de dévoiler ses ambitions présidentielles en 2011 et se voit éjecter de son fauteuil par le Président. Le parcours de l'homme est impressionnant. Né le 7 novembre 1952 à Bamako, il fait ses études primaires dans la capitale, à l'École de Bolibana de 1958 à 1969. Ses études secondaires le conduisent au lycée Prosper Kamara de 1970 à 1972. Après avoir décroché son bac, Modibo entreprend des études supérieures (1972-1976 et 1978- 1983).

Il est bardé de diplômes. Il est ainsi titulaire d'un brevet de parachutiste (1977), d'un brevet d'arme (1978), d'une maîtrise en droit public (1976, Perpignan France). Il est détenteur d'un Diplôme d'études approfondies (DEA) en sciences pénales et criminologie (1979 à Aix en Provence en France), d'un DEA en théorie politique (1983 Reims, France), d'un doctorat en sciences pénales et criminologie (1983 Aix-en- Provence, France), d'un diplôme de l'École nationale de police du Mali (1977), d'un certificat de droit des conflits armés (1985, San Remo, Italie). Modibo Sidibé a été successivement commissaire de police adjoint à la brigade de police du 1er Arrondissement de Bamako (1978), commissaire de police intérimaire de l'aéroport de Bamako-Sénou. Il a occupé des fonctions à la division exploitation à la Direction nationale de la police, et a été chef de bureau au Cabinet militaire du ministre de la Défense nationale (1984). Deux ans plus tard, on le retrouve conseiller technique au ministère délégué à la Défense nationale (1986-1989). Quand il quitte cette responsabilité, il est nommé chef de Cabinet du ministre délégué à la Défense nationale (1989-1991). En 1991, Modibo Sidibé est directeur de Cabinet du ministre délégué à la Sécurité intérieure. La même année, il hérite du poste de directeur de Cabinet de Amadou Toumani Touré, alors président du Comité de transition pour le salut du peuple (Ctsp). A ce poste, il a rang de ministre. Modibo Sidibé entame ensuite une longue carrière ministérielle. C'est ainsi qu'en avril 1993, il est nommé ministre de la Santé, de la Solidarité et des Personnes âgées. Il est reconduit à ce poste dans trois gouvernements successifs (7 novembre 1993, 7 février 1994, 22 juillet 1996). Quand il quitte ce département, c'est pour devenir ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale le 16 septembre 1997 sous la deuxième législature de la 3è République. Il conserve le même poste dans différents gouvernements successifs (21 février 2000, 23 juin 2001, 19 mars 2002) jusqu'en juin 2002. Après l'élection du président Amadou Toumani Touré à la magistrature suprême, Modibo Sidibé est nommé secrétaire général de la Présidence de la République avec rang de ministre au lendemain de l'investiture du président Touré. Précisément le 9 juin 2002. Il occupe cette fonction jusqu'à sa nomination comme Premier ministre.

De cette position de collaborateur direct du président de la République, Modibo Sidibé, déjà familier du fonctionnement gouvernemental, a acquis une excellente connaissance des grands dossiers nationaux. Cette expérience alliée à sa grosse capacité de travail, à son exigence de qualité et à son goût pour les approches systémiques, sont d'un grand apport à cet homme courtois et discret dans ses fonctions de Premier ministre. Quand il fut relevé en cette approche d'élection, il crée un parti : les Forces alternatives pour le renouveau et l'émergence (Fare An ka Wuli) et se présente à l'élection présidentielle de juillet 2013. Il cale au 1er tour et reprend la vie du bon côté. Aujourd'hui, il est membre de l'Opposition où il a créé le nouveau Pôle de gauche qui regroupe plusieurs formations politiques se réclamant de l'opposition politique.

<strong>L'Astrophysicien Cheick Modibo Diarra : Le Premier ministre aux pleins pouvoirs</strong>

[caption id="attachment_1372932" align="alignleft" width="300"]<img class="size-medium wp-image-1372932" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/01/cheick-Modibo-300x200.png" alt="Dr Cheick Modibo Diarra" width="300" height="200" /> Dr Cheick Modibo Diarra[/caption]

L'histoire de Premier ministre de l'astrophysicien de la NASA et non moins homme politique est rocambolesque. Suivez ! Le 17 avril 2012, Cheick Modibo Diarra est nommé Premier ministre du Mali. Un<em> "Premier ministre aux pleins pouvoirs"</em> afin de mener un gouvernement d'union nationale de transition, rétablir l'intégrité du territoire malien, sortir le Mali des troubles insurrectionnels dans le Nord du pays et organiser des élections transparentes. Il est donc le premier chef du gouvernement nommé après la chute d'ATT en mars 2012. Le 25 avril, il forme son gouvernement, loin de faire l'unanimité. En août 2012, il forme un nouveau gouvernement d'union nationale. Ce nouvel attelage a l'assentiment de ses concitoyens.

Malheureusement, moins de quatre mois plus tard, soit le 11 décembre 2012, il est arrêté par les putschistes du capitaine Amadou Haya Sanogo qui l'oblige à présenter sa démission, sous les projecteurs d'une équipe de la télévision nationale. Il est placé en résidence surveillée, pour sa propre sécurité, dit-on. Les putschistes l'accusent de manque de respect au président de a République par intérim et de mettre ses ambitions politiques au détriment des tâches qui lui incombent en tant que chef du gouvernement. Libre de ses mouvements plus tard, il se présente à l'élection présidentielle de 2013 sous les couleurs du Rpdm (Rassemblement pour le développement du Mali), parti qu'il a créé le 6 mars 2011. Il appelle à voter IBK au second tour. Mais depuis, Cheick Modibo Diarra semble s'éclipser de la scène politique où on ne le voit que lors de visites de terrain et déclarations sporadiques. Qui est-il ? Cheick Modibo Diarra est né en 1952 à Nioro du Sahel ; il est citoyen américain. Il est aujourd'hui président de Microsoft Afrique.

Après avoir obtenu son baccalauréat au Mali au lycée technique de Bamako, Modibo Diarra étudie les mathématiques, la physique et la mécanique analytique à Paris à l'université Pierre-et-Marie-Curie (grâce à une bourse), à l'École centrale, puis l'ingénierie aérospatiale aux États-Unis à l'université Howard (Washington D.C.). Débarqué en 1979, c'est par hasard qu'il intègre cette dernière université où il sera ensuite professeur.

Modibo Diarra est recruté en 1984 par la Nasa où il participe à différents programmes : Magellan vers Vénus, Ulysses vers les pôles du Soleil, Galileo vers Jupiter et Mars Observer et Mars Pathfinder vers la planète Mars. En 1996, il développe avec son équipe le site Internet de la Nasa. En 1999, il obtient de la Nasa de travailler à mi-temps, ce qui lui permet de se consacrer au développement de l'éducation en Afrique en créant notamment une fondation, la Fondation Pathfinder pour l'éducation et le développement. En 2002, il prend un congé sabbatique afin de développer au Mali à Bamako un laboratoire de recherche sur l'énergie solaire. Il est <em>"ambassadeur de bonne volonté " </em>pour l'Unesco. Il a été le premier président de l'université virtuelle africaine basée au Kenya, qu'il a quitté en 2005 pour cofonder l'Université numérique francophone mondiale. Le 20 février 2006, Microsoft annonce la nomination de Cheick Modibo Diarra au poste de président de Microsoft Afrique ; ses bureaux sont à Bamako et Johannesburg (Afrique du Sud). Le 6 mars 2011, Cheick Modibo Diarra présente à Bamako la formation politique qu'il vient de créer en vue de l'élection présidentielle de 2012, le Rassemblement pour le développement du Mali (Rpdm). Les observateurs politiques lui donnent alors peu de chance de remporter le scrutin. Mais le putsch mené par le capitaine Amadou Haya Sanogo peu avant l'élection change la donne politique. Vous savez le reste. Mais aussi bon à savoir : Cheick Modibo est le gendre du président Moussa Traoré.

<strong>Mariam Kaïdama Sidibé : première femme à occuper le poste de chef du Gouvernement au Mali</strong>

Elle est le dernier Premier ministre du régime d'Amadou Toumani Touré et la première

[caption id="attachment_2182762" align="alignright" width="300"]<img class="size-medium wp-image-2182762" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/04/Mariam-Kaidama-Sidibe-300x227.jpg" alt="Mme CISSE Mariam Kaïdama Sidibé" width="300" height="227" /> Mme CISSE Mariam Kaïdama Sidibé[/caption]

femme chef du gouvernement de l'histoire institutionnelle du Mali.

Mais, celle qui est née le 4 janvier 1948 à Tombouctou est arrivée au plus mauvais moment du régime. Les défis étaient nombreux et énormes. Entre autres, la maîtrise de la rébellion et du terrorisme qui gagnait du terrain, l'organisation de l'élection présidentielle, la gestion des fronts social, politique et militaire. Ces défis étaient-ils au-dessus des compétences de l'ancienne ministre sous la Transition de 1992 ? Toujours est-il que Mariam Kaïdama n'a pas pu prévenir ni suffisamment, ni à temps les dangers, pour éviter le coup d'Etat et l'occupation du pays. L'histoire retiendra qu'elle le seul Premier ministre qui a enregistré un coup d'Etat.

Pourtant, Mme Cissé Mariam Kaïdama n'est pas dénuée de compétences. En témoigne sa carrière professionnelle précédée de brillantes études.

Elle a fait ses études primaires à Goundam (Région de Tombouctou) avant d'obtenir son diplôme d'études fondamentales dans la même ville en 1966. Elle entre ensuite au Lycée des jeunes filles pour décrocher son baccalauréat en 1970. Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé achève ensuite ses études supérieures à l'Ecole nationale d'administration (ENA) avec un diplôme d'Administrateur civil. Elle justifie d'une riche carrière professionnelle : ministre du Plan et de la Coopération internationale (d'août 1991 à juin 1992 pendant la Transition) ; ministre de l'Agriculture et de l'Environnement, cumulativement avec le portefeuille du Plan et de la Coopération internationale (mai 1992-juin 1992) et ministre du Développement rural (mars 2002-juin 2002).

Mariam  a ensuite connu une longue carrière internationale (août 1993-novembre 2000) comme secrétaire exécutif du Cilss (Comité Inter-états de lutte contre la sécheresse au Sahel) basé à Ouagadougou. Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé était depuis 2003 jusqu'à présent, la présidente du Conseil d'administration de la Sonatam (Société nationale des tabacs et allumettes du Mali).

Elle a suivi plusieurs formations spécialisées, notamment en gestion des entreprises à l'Ecole internationale de Bordeaux en France (1976), en contrôle interne à l'Institut international d'administration publique de Paris (1979), en relations professionnelles au Centre de perfectionnement professionnel de Turin (Italie) en 1983. Toujours au niveau des formations spécialisées, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé a été formée en restructuration des entreprises publiques à l'Institut belge de formation de Bruxelles (1986), en ménagement à l'Ecole nationale d'administration publique (Enap) du Québec au Canada (1988), une formation sanctionnée par le 1er prix d'excellence.

En 1993, elle était au Centre de formation de la Bceao en programmation financière et ajustement. Comme expérience professionnelle, on peut retenir son passage au service du Contentieux du ministère de tutelle des sociétés et entreprises d'Etat (1974-1975). Elle a également été inspecteur des sociétés et entreprises d'Etat chargé du contrôle de la gestion des sociétés et entreprises publiques (mars 1980-juin 1987), conseiller technique au ministère de tutelle des sociétés et entreprises d'Etat (juin 1987-juillet 1998). De juin 1989 à mars 1991, elle était affectée au Bureau des entreprises au ministère du Plan. Elle a été également chargée de missions à la Présidence de la République (mars 1989-mars 1991) et conseiller technique (mai 1991- août 1991). Entre août 2001 et mars 2002, elle est à nouveau conseiller technique à la Présidence de la République.

Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé est membre de plusieurs associations dont le Réseau des femmes ministres et parlementaires du Mali (Refemp), l'Alliance contre la faim (Acf-Mali), l'Association pour la sauvegarde de Tombouctou (Assaut).

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<strong>Dr Diango Cissoko : le grand artisan de la présidentielle post-crise de 2013</strong>

[caption id="attachment_136840" align="alignleft" width="300"]<img class="size-medium wp-image-136840" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2013/04/Diango_Cissoko_PM2-300x184.jpg" alt="Diango Cissoko (PM sous le gouvernement de Transition 2013)" width="300" height="184" /> Diango Cissoko (PM sous le gouvernement de Transition 2013)[/caption]

Diango Cissoko a été nommé Premier ministre de transition par le Président Dioncounda Traoré le 11 décembre 2012, après l'arrestation suivie de la démission de Cheick Modibo Diarra. Il s'est acquitté dignement de sa mission, notamment en réussissant à rétablir l'intégrité du territoire national (y compris Kidal qui revient dans le giron du Mali avec un gouverneur dûment installé) et à organiser des élections propres qui aboutissent l'avènement d'IBK. Aujourd'hui, il jouit de sa retraite à son domicile, sis à Djélibougou.

Agé de 67 ans dont 40 ans passés au service de la Nation, Diango Cissoko est entré dans la fonction publique en 1971 en qualité d'administrateur civil. Après son baccalauréat obtenu au Lycée Askia Mohamed de Bamako en 1967 et le diplôme de l'ENA (Section administration générale) en juin 1971 (il est major de sa promotion), il poursuivra ses études en France où il obtiendra successivement un DEA en droit international et relations internationales à la Faculté de droit et de sciences politiques de l'Université de Caen en juin 1980, le diplôme de l'Institut international d'administration publique de Paris en juillet 1981, un doctorat de 3ème cycle de Droit public, à la faculté des Sciences économiques de l'Université de Rouen en décembre 1981. En octobre 1985, toujours à l'université de Rouen, il obtient un doctorat d'Etat en droit avec la mention <em>" très honorable </em>", et les félicitations du jury. Sa thèse sur <em>"La fonction publique en Afrique Noire - Le cas du Mali"</em> a été publiée en novembre 2006, dans la collection des Publications de l'Université de Rouen.  Diango Cissoko n'a pas mis de temps à se frayer un chemin dans l'Administration malienne qu'il avait intégrée dès août 1971. Il a été directeur des services pénitentiaires et directeur de la prison centrale de Bamako, directeur national de la Fonction publique et du personnel, directeur de cabinet du ministre du Travail et de la Fonction publique et membre de la Commission nationale de réforme administrative. En décembre 1984, il fait son entrée au gouvernement au poste de ministre de la Justice, Garde des Sceaux. Un poste qu'il quitta pour devenir secrétaire général de la Présidence de la République avec rang et prérogatives de ministre (février 1988-juin 1989) et ministre secrétaire général de la Présidence de la République (juin 1989-mars 1991). Entre septembre 1988 et mai 1990, il a assuré simultanément pour le compte du Mali, les postes de Gouverneur suppléant du Fmi, de la Banque mondiale, de la Banque islamique de développement (Bid), de la Banque africaine de développement (Bad), du Fonds africain de développement (Fad), et Gouverneur de la Banque mondiale.  Après mars 1991 et l'avènement de la Troisième République, il exercera ses fonctions d'administrateur civil au Ministère de l'Administration territoriale et des collectivités locales et accomplira ainsi de nombreuses missions d'expert-consultant à l'intérieur et à l'extérieur du Mali. Il opère son grand retour dans les deux premières institutions de la République, le 13 novembre 2002, comme directeur de Cabinet du Premier ministre avec rang de ministre, avant de retourner en janvier 2008 à la Présidence de la République comme secrétaire général, toujours avec rang de ministre. Administrateur chevronné et grand serviteur de l'Etat, il devint 4ème Médiateur de la République après Me Demba Diallo (1999 -2001), Mme Diakité Fatoumata N'Diaye (2002- 2009) et Me M'Bam Diatigui Diarra (2009- 2011). C'est de là qu'il va pour la Primature, avec les résultats énumérés plus haut.

<strong>L'Agrégé d'Histoire et Banquier, Oumar Tatam Ly: Démission pour "divergences de vues"</strong>

[caption id="attachment_233752" align="alignleft" width="300"]<img class="size-medium wp-image-233752" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/04/Tatam-LY-300x201.jpg" alt="Haine - Incompétence" width="300" height="201" /> Le premier ministre sortant, Oumar Tatam Ly[/caption]

C'est par le décret n° 2013/720/PR du 5 septembre 2013 que le président Ibrahim Boubacar Kéïta a nommé au poste de Premier ministre, chef du gouvernement, l'économiste Oumar Tatam Ly. Soit le lendemain de la prestation de serment d'IBK. Il forme un gouvernement que lui impose IBK, en attendant les élections législatives de novembre de la même année. Mais, à l'issue de celles-ci, <em>"une divergence de vues "</em> oppose les deux hommes. Oumar Tatam Ly rend le tablier le 4 avril 2014 ; une démission acceptée par IBK qui nomme dans la soirée Moussa Mara. Aujourd'hui, l'ancien Premier ministre serait retourné à sa dernière <em>" maison "</em> avant sa nomination : la Bceao. Mais, que de travail accompli ! Que d'humilité !

Né le 28 septembre 1963 à Paris, l'ancien directeur de la Bceao est titulaire d'une agrégation en histoire (1986), d'un DEA en histoire économique de la Sorbonne et du diplôme de l'Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec) de Cergy-Pontoise (1990). Oumar Tatam Ly a acquis sa première expérience professionnelle à la Banque mondiale (1990), puis au Secrétariat général de la Présidence de la République où il a été successivement chargé de mission (1992-1993), puis conseiller technique (1993-1994). Il a intégré la Banque centrale en 1994 en qualité de fondé de pouvoirs à la Direction centrale des études et de la prévision (1994-1996). Il est nommé en 1996, adjoint au directeur des études, avant de devenir directeur des opérations financières de 2000 à 2006.

Une année après, Oumar Tatam Ly est promu directeur du département de l'émission, de la comptabilité et des finances, fonction qu'il assumera jusqu'à sa nomination le 1er janvier 2009 au poste de directeur national de la Bceao pour le Mali. Après 4 ans à la tête de la Banque centrale au Mali, il est nommé conseiller spécial du gouverneur de la Bceao et directeur des opérations, responsabilités qu'il assumera jusqu'en août 2013.

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<strong>L'Expert-comptable Moussa Mara: une lourde responsabilité au sujet de la situation délicate à Kidal</strong>

[caption id="attachment_1384852" align="alignleft" width="300"]<img class="size-medium wp-image-1384852" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/02/Moussa-Mara-300x169.png" alt="Moussa Mara, président Parti Yelema" width="300" height="169" /> Moussa Mara[/caption]

Le nom de Moussa Mara renvoie inexorablement à une page noire de l'histoire du Mali : la reprise de Kidal par les rebelles.En effet, le 17 mai 2014, sa venue à Kidal provoque une reprise des combats entre l'armée malienne et les rebelles du Mnla, du Hcua et du MAA. Le bilan est très lourd : des administrateurs civils égorgés, des dizaines de militaires tués et Kidal soutiré du contrôle de l'Etat malien.De retour à Bamako le soir du 18 mai 2014, Mara est acclamé à l'aéroport par plusieurs centaines de manifestants. Le 21 mai, les militaires maliens lancent une offensive avec près de 2 000 soldats pour reprendre Kidal, mais ils sont mis en déroute par les rebelles qui reprennent le contrôle total de la ville et s'emparent de plusieurs autres villes du nord.Le 8 janvier 2015, Moussa Mara est remercié par le président IBK, et présente sa démission. Depuis, il est fondamentalement actif sur le terrain politique, pour l'implantation de son parti, Yelema " Le changement ", avec notamment des visites de terrain à la base, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.  Son parti est dans la majorité présidentielle. Au-delà, on ne retient rien de potable de son passage à la Primature, contrairement à son (jeune) passé politique très brillant.Né le 2 mars 1975 à Bamako, Moussa Mara est un expert-comptable. Président du parti Yéléma, créé en juillet 2010, il est candidat à l´élection présidentielle 28 juillet 2013 et appelle à voter pour IBK au second tour. Le 5 avril 2014, à 39 ans, il est nommé Premier ministre par le président IBK, devenant ainsi l'un des plus jeunes Premiers ministres de l'histoire du Mali.En 2004, il présente une liste indépendante de jeunes aux élections communales dans la commune IV de Bamako, liste invalidée.

En 2007, Moussa Mara se présente avec une liste indépendante aux législatives et met en ballottage la liste d'Ibrahim Boubacar Keïta, président du Rassemblement pour le Mali. Il est battu au second tour en obtenant 48,5 % des voix.Lors des élections communales du 26 avril 2009, Moussa Mara présente une liste indépendante dans la commune IV de Bamako qui arrive en tête avec 14 sièges sur 41.Le 30 juillet 2009, le tribunal administratif annule les élections dans la commune IV. L'annulation du scrutin est confirmée le 26 novembre 2009 par la Cour suprême.Lors de l'élection partielle du 6 février 2011, la liste du parti Yéléma conduite par Moussa Mara arrive largement en tête et obtient 19 des 41 sièges à pourvoir.Le 7 mars 2011, il est réélu maire de la commune IV par le conseil municipal.Du 5 septembre 2013 au 5 avril 2014, il est ministre de l'Urbanisme et des Politiques de la ville. Puis est nommé Premier ministre.En juillet 2010, Moussa Mara créé son parti politique, dénommé Yelema et qui occupe tout son agenda aujourd'hui.

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<strong>L'Enseignant Modibo Keïta : un come-back après 13 ans d'hibernation</strong>

<img class="alignleft size-medium wp-image-1910192" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/11/sddefault-22-300x225.jpg" alt="ORTM / Journal TV 20h du 24 novembre 2016" width="300" height="225" />Ce n'est autre que le désormais ex Premier ministre qui avait déjà fait une première expérience entre le 18 mars et le 9 juin 2002 devenant le cinquième chef de gouvernement sous le président Alpha Oumar Konaré. Il remplaçait en son temps Mandé Sidibé, alors candidat à l'élection présidentielle de 2002.

D'ailleurs, c'est lui, Modibo Kéïta, qui a organisé ce double scrutin qui a abouti à l'avènement de Amadou Toumani Touré à la magistrature suprême.

Treize ans plus tard, Ibrahim Boubacar Kéïta le rappelle pour conduire son gouvernement après de bons et loyaux services rendus comme Haut Représentant du président de la République pour le dialogue inclusif inter-malien. C'était le 9 janvier 2015, suite à la démission de Moussa Mara.

Tout laisse à croire que le Président IBK est entièrement satisfait de sa collaboration avec Modibo et de l'action de celui-ci à la tête du gouvernement car son départ de la Primature a été plusieurs fois annoncé (souvent avec imminence, notamment depuis la signature de l'Accord de paix en mai-juin 2015), mais autant de fois reporté. Parmi les hauts faits d'arme du natif de Koulikoro (où il vit le jour le 31 juillet 1942), figure en bonne place la conduite du processus de dialogue et négociations ayant abouti à la signature de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Bien d'autres actes positifs sont à mettre à l'actif de son bilan.

Modibo Keïta a fait ses études primaires à Koulikoro entre 1950 et 1957. Ses études secondaires l'amèneront à l'école normale secondaire de Katibougou. En 1965, Modibo Keïta entame les études supérieures à l'Ecole normale supérieure qui furent sanctionnées par une maîtrise en lettres modernes en 1969.

Au titre des stages pédagogiques, le grand commis de l'Etat a fréquenté Montrouge-Montpellier, Marly-Le Roi et Saint-Cloud en France. Au titre de sa carrière professionnelle, l'ancien Premier ministre a occupé de nombreuses fonctions dans l'administration.

De 1963 à 1979, Modibo Keïta est instituteur à Kéniéba, professeur à l'Ecole normale secondaire de Bamako, directeur du Centre de recherche pédagogique et de production audiovisuelle, directeur général de l'Institut pédagogique et directeur de cabinet du ministre de l'Education nationale. Sa carrière ministérielle débute en 1982 quand il fait son entrée au gouvernement en qualité de ministre de l'Emploi et de la Fonction publique. De 1986 à 1989, il est ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

Durant sa carrière diplomatique, Modibo Keïta a été ambassadeur du Mali en RFA, de la Suisse, de la Suède, du Danemark, de l'Autriche, de la Norvège et auprès des organisations du système des Nations unies à Genève et à Vienne. Rentré au bercail en 1992, il occupe successivement les postes de conseiller pédagogique à l'Institut pédagogique national, conseiller à l'éducation au Secrétariat général de la Présidence de la République, secrétaire général de la Présidence de la République.

En 2002, il est nommé Premier ministre. Il est revenu au poste le 9 janvier 2015 et il vient tout juste de quitter pour être remplacé par Abdoulaye Idrissa Maïga, le 8 avril 2017.

<strong> </strong>

<strong>Abdoulaye Idrissa Maïga: une mission commando pour affronter les multiples problèmes qui secouent le pays</strong>

Père de 5 enfants, passionné de lecture et de scrabble, Abdoulaye Idrissa Maïga était le

[caption id="attachment_2174772" align="alignright" width="300"]<img class="size-medium wp-image-2174772" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2017/04/Abdoulaye-Idrissa-300x300.jpg" alt="Abdoulaye Idrissa Maïga" width="300" height="300" /> Abdoulaye Idrissa Maïga[/caption]

directeur de campagne du candidat Ibrahim Boubacar Keïta, lors de la présidentielle 2013. Ingénieur des sciences appliquées, il est né le 11 mars 1958 à Gao où il a occupé son premier poste en 1982, en qualité de chef de l'antenne pastorale du ministère de l'Elevage et de la Pêche, directement après sa sortie de l'IPR de Katibougou. Son professionnalisme lui vaut la confiance de ses supérieurs qui lui confient en 1998 la charge de directeur général du projet "<em>Elevage Mali nord-est Gao</em>". Un an après, il prend du galon et devient coordinateur des projets d'élevage de la région de Mopti puis chef département <em>" Étude et suivi des milieux "</em> à l'Agence pour bassin du fleuve Niger (Abfn) de 2003 à 2008. Depuis cette date, il officie comme consultant auprès d'organismes internationaux après un bref séjour en qualité de conseiller technique au ministère de l'Elevage et de la Pêche.

Nommé ministre de l'Environnement, de l'Eau et de l'Assainissement dès le premier gouvernement sous IBK, Abdoulaye Idrissa Maïga se retrouve ensuite à la tête du ministère de l'Administration territoriale, puis se voit confier le département très stratégique de la Défense et des anciens combattants, avant d'être nommé Premier ministre en remplacement de Modibo Keïta.  Depuis quelque temps on l'annonçait à ce poste de chef du gouvernement et certainement que les analystes se fondaient sur la grande confiance que lui accorde le chef de l'Etat et en témoigne la promotion dont il ne cesse de bénéficier avec la bénédiction du président IBK. Le nouveau Premier ministre maitrise l'outil informatique. Un atout important dans la gestion des affaires publiques.

Mais il ne se prévaut pas que d'une expérience professionnelle et administrative car sur le plan associatif, il est très connu pour avoir été rapporteur de la coordination régionale des organisations et associations démocratiques de Gao entre 1991 et 1992 et secrétaire général adjoint de l'Association malienne des Droits de l'Homme (Amdh) de1990 à 1999. Plus récemment, il a accepté d'être le président d'honneur du Centre d'études, de formation et de recherches en développement participatif <em>" Sony Ali Ber ".</em>

Engagé depuis 1983 dans  un processus de formation continue, il s'en tire avec des diplômes de maitrise, DEA et DESS en ingénierie, notamment dans la pratique du management, l'analyse des projets et les approches participatives. Il est l'auteur d'une trentaine publications techniques et a collaboré à la rédaction de l'ouvrage collectif récent "<em>Mali: entre doutes et espoirs</em>" (Editions Tombouctou) sous la direction de l'historien Doulaye Konaté.

Abdoulaye Idrissa Maïga arrive à la Primature à un moment très important du mandat du président IBK qui voit son régime faiblir avec le front social en ébullition, la crise du football qui perdure, l'insécurité toujours ambiante au centre et au nord du pays. A quelques encablures de la fin du mandat et aussi de l'échéance de la Présidentielle de 2018 à l'occasion de laquelle le président IBK cherchera à renouveler son bail avec Koulouba, l'on mesure l'ampleur de la tâche qui attend le nouveau Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga. Mais même si la tâche est immense, sa réalisation n'est pas impossible. Attendons donc de le juger aux actes.

<strong>La liste des Premiers Ministres du Mali</strong>

- Modibo Keïta (1960-1965)

- Yoro Diakité (1968-1969)

- Mamadou Dembélé (1986-1988)

- Soumana Sako (1991-1992)

- Younoussi Touré (1992-1993)

- Abdoulaye Sékou Sow (1993-1994)

- Ibrahim Boubacar Kéïta (1994-2000)

- Mandé Sidibé (2000-2002)

- Modibo Keïta (2002)

- Ahmed Mohamed ag Hamani (2002-2004)

- Ousmane Issoufi Maïga (2004-2007)

- Modibo Sidibé (2007-2011)

- Cissé Mariam Kaïdama Sidibé (2011-2012)

- Cheick Modibo Diarra (2012)

- Diango Cissoko (2012-2013)

- Oumar Tatam Ly (2013-2014)

- Moussa Mara  (2014-2015)

- Modibo Kéïta (2015 - 2017)

La Rédaction]]> </content:encoded>
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<title>26 ans après la chute de Moussa Traoré : Que reste&#45;t&#45;il du 26&#45;Mars ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-ans-apres-chute-de-moussa-traore-reste-t-26-mars-2152212.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 31 Mar 2017 00:28:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>L’effondrement du régime inique,  en 1991, incarné par le chef de la soldatesque du 19 novembre 1968, avait suscité un immense espoir chez les Maliens qui avaient enduré vingt-trois ans durant les dérives dictatoriales d’un pouvoir contesté à tous les échelons de la société malienne. Mais l’euphorie n’a duré que le temps d’une bulle de savon tant les démocrates sincères et patriotes convaincus se sont montrés pires dans la gestion des deniers publics que celui qu’ils avaient combattu.</strong>

Le 26- Mars restera une date inscrite en lettres d’or dans les annales de l’histoire contemporaine du Mali, malgré les nombreuses tentatives de la souiller, falsifier pour plaire à celui qui avait promis de tresser une couronne d’enfer sur la tête des Maliens. Ce jour, l’armée, conduite par le lieutenant colonel Amadou Toumani Touré (ATT), parachève l’œuvre patriote du peuple malien en mettant fin au règne d’un dictateur de la pire espèce, le général Moussa Traoré, entré par effraction dans l’histoire politique du Mali un 19 novembre 1968. Elle est intervenue après que le président eut tué des centaines de ses compatriotes qui manifestaient dans les rues pour réclamer un mieux être.

Avant, pendant et après les événements qui ont balayé l’un des régimes les plus cruels de l’Afrique post indépendance, les Maliens ne demandaient qu’une seule chose : <strong>le kokadjè</strong> (le changement). Ils étaient las de supporter les brimades qui ont jalonné les vingt- trois longues années de la gestion désastreuse du CMLN (dix ans) et de l’UDPM (treize ans), d’assassinat, de la misère, de la pauvreté,  d’inégalités sociales et de retard de salaires. Quoi de plus normal pour aspirer au bonheur à la fin d’un tel régime qui avait basculé dans la tyrannie la plus totale !

Mais, très vite, l’espoir a cédé la place au déchantement. Les autorités issues des premières élections dites démocratiques et pluralistes organisées, en 1992, ont sérieusement plombé la marche patriotique  du Mali enclenchée, le 22 septembre 1960, sous la houlette du président Modibo Keïta.

Les autorités de la III<sup>ème</sup> République ont ainsi mis sous les boisseaux les idéaux du 26-Mars pour leur propre enrichissement en sophistiquant les pratiques mafieuses de l’ancien régime. Malheureusement pour le peuple malien, la grande majorité des dirigeants qui venaient de prendre les rênes du pouvoir, le 8 juin 1992, étaient presque  tous des produits du général Moussa Traoré.

A commencer par le président Alpha Oumar Konaré. Il fut, entre 1978 et 1980, le ministre des Sports, des Arts, de la Jeunesse et de la Culture du dictateur Moussa. A ce titre, il a participé aux côtés du tyran à la destruction du Mali et est l’un des témoins clés des circonstances de la mort de Abdoul Karim Camara dit Cabral, leader estudiantin des années 1980.

La mort du secrétaire général de l’UNEEM est toujours frappée du sceau du mystère. Ce qui est sûr, on ne pouvait rien attendre de l’ancien ministre du président Moussa Traoré.

Le président Alpha Oumar Konaré n’était pas l’homme indiqué pour conduire le Mali au changement  dont les Maliens n’ont cessé de réclamer tout au long des événements qui ont abouti à la chute du secrétaire général de l’ex-parti unique (UDPM). S’il était parvenu à se défaire des anciennes pratiques malhonnêtes du régime de Moussa dont il est comptable de la mauvaise gestion, on pouvait aisément dire qu’il a réussi à se mettre sur la même ligne  que les Maliens qui demandaient le changement, en mars 1991.

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<strong>L’ADEMA au pouvoir, bonjour les dégâts</strong>

Durant les dix (10) ans de règne du président Konaré, c’était la course effrénée à l’enrichissement illicite. Il ne se passait de jour sans qu’un scandale politico- financier n’éclate au Mali impliquant les gros bonnets de la République.

Les idéaux du 26-Mars ont été mis au placard du détournement des deniers publics, de la dilapidation des maigres ressources de l’Etat, de l’accaparement des terres des paysans, de la liquidation de l’école publique, de la dépravation de nos mœurs, du népotisme, du clientélisme, de la corruption, de la poursuite du processus de privatisation des sociétés et entreprises d’Etat, de la surfacturation. La liste est loin d’être exhaustive.

En un laps de temps, les responsables de l’ADEMA et leurs alliés politiques  se sont enrichis de façon ostentatoire, arrogante et méprisante sur le dos du peuple qui attendait beaucoup de leur arrivée au pouvoir. Ils ont mis leurs intérêts égoïstes et sordides au dessus de l’intérêt supérieur de la nation.

Dans leur tentative de faire  mains basses sur les ressources de l’Etat, ils ont cassé tous les soubassements de l’Etat au nom de la privatisation et de la libéralisation des secteurs de souveraineté qui à leurs yeux sont les seuls moyens pour que le pays puisse amorcer un développement durable. Mais c’était de la poudre aux yeux des Maliens. S’ils n’ont pas racheté les anciennes sociétés et entreprises d’Etat, ils en sont tous devenus actionnaires majoritaires.

Les EDIM, les banques, les salles de l’ex-OCINAM, HUICOMA sont passées par là. Idem pour les bâtiments de l’Etat. L’école n’a pas échappé à leur enrichissement illicite. Les ministres nommés à la tête du département de l’Education ont introduit dans notre système éducatif des programmes sans lendemain.

On est passé de la Nouvelle école fondamentale (NEF), à la Nouvelle école malienne (NEM), de la pédagogie convergente au curriculum. Ces programmes ont dangereusement contribué à la baisse du niveau des élèves et étudiants du Mali, mais par contre, ils ont enrichis les responsables de l’ADEMA. Ils étaient financés à coût de milliards. C’est avec cet argent sale  qu’ils ont financé les études de leurs enfants en Occident.

La gestion de l’armée est la plus choquante. Alpha et ses hommes ont démantelé notre système de défense et de sécurité. Ils ont mis le feu à la poudrière de Kati en 1996. Au nom de la Flamme de la paix organisée, le 27 avril 1996, une paix qui n’est jamais revenue dans notre pays, ils ont mis le feu à nos armes à Tombouctou. La destruction ne s’est pas arrêtée à ce niveau. Les ressources humaines les plus valeureuses de notre armée ont été décimées.

La mort du commandant  Siaka Koné et de ses compagnons, en septembre 1993, demeure un mystère. Un crash d’avion à Salonique  (en Grèce) a coûté la vie à quatorze officiers d’une très grande valeur. Derrière ce crash, se cache un sabotage de l’avion qui était parti en réparation en Russie. Ensuite, ils ont fait de notre armée un dépotoir.

Les recrutements ne répondaient  plus à aucun critère de sélection. Conséquence : une armée dépourvue de moyens adéquats  et d’hommes capables de défendre la patrie. Comme si cela ne suffisait pas, ils ont bouffé les budgets votés chaque année par l’Assemblée nationale pour assurer notre sécurité. Dieu faisant bien les choses, leur gestion chaotique du pays a été mise à nu par la perte de notre souveraineté sur les deux-tiers de notre territoire, en 2012.

Ces pratiques mafieuses et déloyales font qu’aujourd’hui, ils ont pris le pays en otage. Ils sont présents dans tous les secteurs économiques du pays à travers des sociétés- écrans dirigées par leurs enfants. Elles raflent tous les marchés des départements ministériels dans lesquels ils ont mis en place un système de corruption huilé.

Ces gens qui se cachaient derrière la démocratie ont fait pire que les anciens dirigeants du parti unique dans le gaspillage des ressources de l’Etat. Ils ont presque hypothéqué l’avenir du Mali en faisant croire aux femmes et aux hommes qu’on peut réussir sans travailler. Ils ont laissé ruines et désolation. Ce qui reste des idéaux galvaudés du 26-Mars n’est autre que le mensonge, un citoyen dépouillé des forces nécessaires pour défendre sa patrie et qui ne croit qu’à l’argent roi.

Du président Alpha à IBK, en passant par ATT, ils ont tous, chacun à sa façon réhabilité Moussa Traoré, le bourreau du peuple malien. Cela se comprend aisément dans la mesure où ils sont tous le produit du système du général dictateur. A quelques mois de la fin de son dernier mandat (2002) à la tête du Mali, Alpha le gracie et lui accorde tous les avantages dus à un ancien président de la République. Le général ATT pour se réconcilier avec son mentor a garanti celui-ci  tout. Enfin, le président IBK le qualifie de «<strong>grand républicain</strong>» lors de sa cérémonie de prestation de serment, le 4 septembre 2013.

Avec tout ce crime contre le peuple malien, s’ils pensent qu’ils sont à l’abri d’une poursuite, ils se trompent énormément. Ils vont répondre un jour devant le tribunal de l’histoire. Et ce jour n’est pas loin.

<strong>Yoro SOW</strong>]]> </content:encoded>
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<title>26 mars 1991&#45; 26 mars 2017   : Les «Démocrates» ont trahi le peuple malien</title>
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<pubDate>Fri, 31 Mar 2017 00:27:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Durant vingt-trois longues années de détresse et de privation, notre peuple a enduré dans sa chair et dans sa conscience les affres du régime sanguinaire et insouciant de Moussa Traoré. Durant vingt-trois longues années de dictature militaro-udpmiste, le peuple malien a su tenir la tête haute contre vents et marées.</strong>

Nous nous inclinons ici pieusement devant la mémoire de toutes celles et tous ceux qui sont tombés sur le champ de l’honneur pour l’avènement d’un Mali nouveau, démocratique et prospère.

Vingt-trois ans de lutte de notre peuple se sont soldés par la chute de Moussa Traoré. Un procès fallacieux a été organisé pour noyer le poisson : Moussa a été arrêté par ses soldats pour le sauver du tribunal du peuple. Mais la roue de l’histoire tourne !

Nos femmes et nos enfants sont morts (pourrait-on dire aujourd’hui) pour que les délinquants économiques et financiers se positionnent mieux. Peut- on ne pas le dire quand son sait que ces gens qui se faisaient appeler démocrates ont envoyé nos enfants et nos femmes à la boucherie pour occuper les postes juteux du Mali, loin d’eux le moindre souci du mieux être de ce peuple qui a sacrifié tant de ses fils pour le changement.

Faut-il ne pas dire et répéter à la face du monde que ces démocrates sont aussi criminels que le régime Moussa parce que tuant à petit feu ce peuple travailleur et cela dans l’insolence la plus totale et pour cause :

De 1991 à 2017, le constat est cuisant :

<strong>- Sur le plan économique</strong>, notre peuple a été humilié parce qu’affamer par la gestion calamiteuse de Alpha Oumar Konaré et de Amadou Toumani Touré (ATT). Celui-ci ayant conduit notre pays dans l’impasse totale n’avait  plus d’autre échappatoire que d’être débarqué du pouvoir, parce que s’étant engouffré dans le verbiage creux tel que construit par Alpha.

Pour sauver les arrières d’ATT et donc sauver les meubles, Dioncounda Traoré s’est illégitimement installé aux affaires par le soutien inconditionnel de la France et d’une CEDEAO qui n’est qu’un club de chefs d’Etat aux dépens de leurs peuples travailleurs.

Pour faire échouer les jeunes militaires dans leur tentative de redressement du pays et de la démocratie, les partis politiques regroupés  dans le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR) n’ont eu leur salut qu’à l’intrusion étrangère dans nos affaires : ceux qui sont allés demandés à la CEDEAO d’entreprendre un embargo contre notre peuple rendront un jour compte de leur forfaiture car le Mali n’appartient qu’aux Maliens.

Comme si le chat pouvait œuvrer pour le bonheur  de la souris,  jeunes militaires se sont laissés tromper  par les balivernes et les billevesées d’hommes sans foi ni loi animant la scène politique ou camouflés derrière le manteau de la religion.

La suite, on la connaît : Amadou Haya Sanogo a été berné ensuite trahi par ceux qui se sont livrés aux valses politiciennes entre Bamako et Kati et enfin mis en prison parce qu’il a voulu se mettre au service de son peuple. Dieu est grand et le temps galant. Il faut simplement se rendre à l’évidence que la vérité finira par triompher quelque soit ce qui pourrait arriver au général Sanogo, n’en déplaise aux fossoyeurs de nos masses laborieuses.

Après une transition colmatée, IBK est arrivé aux affaires avec une première fausse note : le 4 septembre 2013, lors de la cérémonie de son investiture, il a taxé le général Moussa Traoré de «<strong>grand républicain</strong>», celui là même qui a fait couler le sang de notre peuple avant d’être chassé des affaires par le même peuple.

<strong>Est-il besoin de rappeler ici que IBK a hérité d’une situation chaotique ! Mais cela ne saurait être une excuse pour lui parce qu’au moment de demander le suffrage du peuple, il le savait pertinemment. Savait-il que le Mali ne se portera pas mieux avec lui ?</strong> En tous cas, tout porte à croire qu’il avait l’ambition d’enrichir son palmarès après qu’il ait dirigé successivement la primature et l’Assemblée nationale.

Aujourd’hui, rien ne va sauf pour les déprédateurs du tissu socioéconomique, politique et culturel national.

<strong>- Dans le domaine de la sécurité</strong>, nos soldats continuent à payer le prix fort de la gestion politicienne et calamiteuse de la question du Nord. De plus en plus la paix s’éloigne de notre peuple.

<strong>- Sur le plan social</strong>, tous les fronts ou presque sont en ébullition.  Quand on constate que les grèves se succèdent et s’imbriquent les unes dans les autres, nul doute que c’est un aveu d’échec du président IBK sur toute la ligne.

- Ces grèves successives sont la preuve que sur le plan économique les Maliens  sont de plus en plus humiliés.

C’est face à ce tableau peu recommandable que le président IBK tient à la tenue incessante de ce qu’il appelle conférence d’entente nationale. Ici, certains concluent déjà à la catastrophe nationale si cette conférence venait à ne pas se tenir. Mais force est de dire qu’il est illusoire de soigner la plaie sur du pus. Notre pays n’a aujourd’hui que faire d’une telle rencontre si ce n’est que plaire aux démons de la division de notre territoire.

Pour éviter d’assumer encore la galerie, il faut plutôt une conférence nationale qui va faire le diagnostic complet sans complaise du mal malien en vue des solutions de choc qui seront prises librement et en toute responsabilité par notre peuple et seulement par lui sans intrusion étrangère. Cela est d’autant indispensable qu’aux grands maux il faut les grands remèdes. C’est dans le même cadre qu’il convient de situer le remaniement ministériel qui fait déjà couler beaucoup d’encre et de salive dans les causeries de grin, dans les coulisses des coins et recoins du pouvoir et même dans les familles.

Le problème aujourd’hui n’est plus l’incompétence de tel ou tel ministre mais c’est plutôt le système totalement défaillant qui est en cause. Une conférence nationale pour un nouveau départ de notre pays, cette fois sur un fond de kokadjè véritable tel que réclamé à cor et à cri, en 1991, par notre peuple travailleur.

Ce jour mémorable du 26-Mars est l’occasion pour nous de dire à haute et intelligible voix que les «<strong>démocrates</strong>» ont trompé et trahi le peuple travailleur du Mali.

<strong>Fodé KEITA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>26 mars 1991&#45;26 mars 2017 :  Après 26 ans de démocratie le chemin reste long</title>
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<pubDate>Thu, 30 Mar 2017 00:30:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>La Lettre du Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: black">Le Mali vient de célébrer le 26<sup>e</sup>  anniversaire  de la révolution de mars 1991 qui a ouvert la voie de la démocratie. Pour la circonstance, le président de la République Ibrahim Boubacar Keita a déposé une gerbe de fleur devant le monument de la paix afin de rendre hommage aux hommes et aux femmes qui se sont sacrifiés pour la justice sociale. Mais après 26 ans où en est la démocratie au Mali ?</span></i></b></p>
<p id="yui_3_16_0_1_1490791523120_16508" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white;text-align: start"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: black">Faut-il  le rappeler, le Mali a perdu plus de 300 hommes dans les mouvements de 1991. Raison pour laquelle chaque 26 mars,  date de la chute du régime dictatorial  du général Moussa Traoré est décrété jour férié pour rendre hommage aux martyrs de la liberté. Aujourd’hui après 26 ans, les Maliens essaient  jusque là de comprendre où est donc cette démocratie tant espérée, un Mali libre et égal pour tous.</span></p>
<p id="yui_3_16_0_1_1490791523120_16509" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white;text-align: start"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: black">Le président IBK lors du dépôt  de gerbe de fleur disait ceci : <i id="yui_3_16_0_1_1490791523120_16510">« Pour notre peuple, c’est un jour mémorable à tous égards, un jour fondateur. Chaque fois l’an révolu le souvenir  de ceux par qui aujourd’hui est, grâce auxquels aujourd’hui est, ce sacrifice pour lequel nous nous battons au quotidien pour qu’il  ne soit pas vain. Ils ont espéré un Mali fraternel, un Mali pacifique, un Mali retrouvé  en ses limites historiques, un Mali en paix et en amitié, en solidarité avec les peuples du monde. Ce Mali là, nous nous efforçons au quotidien de le bâtir quoi qu’on en dise. En un jour comme aujourd’hui à quoi servent les polémiques ? Que chacun pensent à ceux là qui ne sont pas là aujourd’hui, mais qui nous voient ».</i></span></p>
<p id="yui_3_16_0_1_1490791523120_16511" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white;text-align: start"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: black">Il y a de cela 26 ans que tout le Mali s’est levé comme un seul homme pour renverser les 23 ans de dictature du régime du général Moussa Traoré, une révolution qui a donné naissance à la troisième République. Mais le peuple malien reste toujours assoiffé de la liberté, de la justice et de l’égalité entre les personnes. L’an passé, lors de 25 e anniversaire, l’Association des victimes du 26 mars   regrettait qu’après 25 ans, justice n’est pas encore rendue aux familles des victimes de 91 même si l’association se réjouissait de la liberté acquise.</span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white;text-align: start"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: black">Un pas en avant un pas en arrière</span></b></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white;text-align: start"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: black">20 ans après les événements de Mars 91  autrement dit jusqu’en 2012, le pays a connu des avancés ça et là. Avec l’ouverture démocratique et le pluralisme syndicalisme, les votes ont eu lieu en 1992 et Alpha Oumar Konaré fit élu démocratiquement. Certes, beaucoup d’efforts et le pays était plus ou moins en difficulté sur le plan économique mais le Mali avait pu largement se repositionner dans le concert des grandes nations notamment en termes de liberté  d’expression. En janvier 2012, le Mali occupait la 25<sup>e</sup>rang mondial selon le rapport de Reporters sans frontières.</span></p>
<p id="yui_3_16_0_1_1490791523120_16512" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white;text-align: start"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: black">En Mars 2012, le Mali connaitra une autre date historique, cette fois-ci à dimension beaucoup plus internationale. Le coup d’Etat du 22 mars 2012 dirigé par le capitaine Amadou Aya Sanogo à l’époque enfonce le Mali dans une crise sans précédent et remet en cause les règles de la Constitution. Cette crise va impacter le quotidien des Maliens. Aujourd’hui, le peuple du Mali pleure les pertes subies par le coup de force de mars 2012. Malgré l’élection de 2013, le pays peine à retrouver son élan d’antan. Aujourd’hui, selon les rapports 2017  d’Amnisty international, le Mali est considéré comme le 8<sup>e</sup><span class="apple-converted-space"> </span>pays le plus dangereux du monde. Ce pays autre fois paisible est devenu de nos jours la proie des attaques perpétrées. Rien qu’en 2016, le Mali a subi plus 380 attaques à travers le pays, soit plus d’une attaque par jour est-ce un pays de liberté ?  Les Maliens ont besoin d’une nouvelle forme de démocratie avec un Etat fort capable de protéger tous les Maliens pour répondre à sa dévise : un Peuple-un But-une Foi.  </span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white;text-align: start"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: black">A.K</span></p>]]> </content:encoded>
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<title>François Hollande veut&#45;il la vérité sur l’assassinat de Thomas Sankara ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/francois-hollande-veut-verite-lassassinat-de-thomas-sankara-2148652.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 29 Mar 2017 13:13:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le député des français de l’étranger Afrique de l’Ouest-Maghreb, Pouria Amirshahi, a  transmis, dimanche 19 mars, une demande officielle au président de la République François Hollande de levée des archives pour aider à « l’établissement de la vérité » sur l’assassinat de l’ancien chef d’Etat burkinabé. François Hollande veut-il la vérité sur l’assassinat de Thomas Sankara ?</em></strong>

Le 15 octobre 1987, le capitaine Sankara, alors chef de l’Etat, était tué par ses frères d’armes devant la villa du Conseil de l’entente, siège du Conseil national de la révolution (CNR).

Circulez, il n’y a rien à voir

Trente ans après, son meurtrier n’était toujours pas identifié. Le régime burkinabé a en effet toujours refusé d’ouvrir une enquête sur les conditions tragiques de l’assassinat d’une des grandes figures révolutionnaires des Indépendances africaines.

La donne a radicalement changé depuis le renversement du président Blaise Comparé et l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement de transition. Son corps a été exhumé par la justice militaire burkinabè qui a ouvert une enquête à la demande des autorités de transition. Le jour de sa mort, Thomas Sankara portait un survêtement rouge avec des rayures noires. Telles sont les découvertes faites par l’équipe chargée de procéder à l’exhumation du corps de l’ancien président. « Les opérations sont aussi minutieuses qu’une fouille archéologique, explique Me Bénéwendé Sankara, avocat de la famille de l’ex-chef de l’Etat. Son corps avait été posé à même le sol dans la tombe. Il n’y a plus que des morceaux de tissus et des ossements ».

Depuis, un juge d’instruction, François Yaméogo, a été chargé de l’enquête sur les conditions de cet assassinat. Le magistrat a lancé une commission rogatoire en France pour demander la levée des documents classés secret défense par les services français et qui concernent cet événement dramatique. La France en effet a traditionnellement maintenu une présence militaire forte au Burkina, y compris par la présence d’une antenne de la DGSE (services extérieurs français). De forts soupçons existent sur sa participation directe ou indirecte dans cet assassinat d’un Président qui affichait son indépendance face à la Françafrique.

<strong>Lettre de Pouria Amirshahi à Hollande</strong>

Après une nouvelle rencontre avec les avocats et la famille de Thomas Sankara  à Ouagadougou, le député des français de l’étranger Afrique de l’Ouest-Maghreb, Pouria Amirshahi, a  transmis, dimanche 19 mars, une demande officielle au président de la République François Hollande de levée des archives pour aider à « l’établissement de la vérité » sur l’assassinat de l’ancien chef d’Etat burkinabé. De tels documents bénéficient d’une absence totale de publicité s’ils concernent « les intérêts fondamentaux de l’Etat », touchant à la politique extérieure, la sûreté de l’Etat et la sécurité publique.  » L’articulation entre la sûreté de l’Etat, le droit au respect de la vie privée et la possibilité pour la société de se saisir des enjeux historiques, écrit le député à François Hollande, est une question majeure dans un pays démocratique ». Et d’insister sur la nécessité de trouver « un équilibre » qui permette aux historiens de faire leur travail: « L’écriture de l’histoire ne doit pas être instrumentalisée par les enjeux politiciens »

Le président Hollande qui aura montré, durant son quinquennat, une indulgence coupable pour les chefs d’Etat du « pré carré français » – les Bongo, Sassou ou Issoufou – saura-t-il saisir l’opportunité de cette levée du secret défense pour se refaire une image plus favorable aux droits humains?

<strong>Nicolas Bau, mondafrique</strong>

<strong>La vie de Thomas Sankara</strong>

Thomas Sankara, né le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/21_d%C3%A9cembre">21</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9cembre_1949">décembre</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1949">1949</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yako">Yako</a> en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haute-Volta">Haute-Volta</a> et mort assassiné le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/15_octobre">15</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Octobre_1987">octobre</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1987">1987</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouagadougou">Ouagadougou</a> au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Burkina_Faso">Burkina Faso</a>, est un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Homme_politique">homme politique</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Anti-imp%C3%A9rialisme">anti-impérialiste</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Panafricanisme">panafricaniste</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tiers-mondisme">tiers-mondiste</a>, chef de l’État de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_de_Haute-Volta">voltaïque</a> rebaptisée <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Burkina_Faso">burkinabè</a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1983">1983</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1987">1987</a>.

Il est le maître du pays durant la période de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_r%C3%A9volution_burkinab%C3%A8">première révolution burkinabè</a> du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/4_ao%C3%BBt">4</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ao%C3%BBt_1983">août</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1983">1983</a> au 15 octobre 1987, qu'il finit par totalement incarner. Durant ces quatre années, il mène à marche forcée une politique d'émancipation nationale (qui passe par exemple par le changement du nom de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haute-Volta">Haute-Volta</a> issu de la colonisation en un nom issu de la tradition africaine : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Burkina_Faso">Burkina Faso</a>, qui est un mélange de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mor%C3%A9">moré</a> et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dioula_(langue)">dioula</a> et signifie pays des hommes intègres), de développement du pays, de lutte contre la corruption ou encore de libération des femmes. Le Conseil national de la révolution de Thomas Sankara exerçait cependant une véritable dictature qui donnèrent lieu à de multiples exactions contre les populations

Il est abattu lors d'un coup d'État qui amène au pouvoir son frère d'arme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Blaise_Compaor%C3%A9">Blaise Compaoré</a>, le 15 octobre 1987. Son souvenir reste vivace dans la jeunesse burkinabé mais aussi plus généralement en Afrique, qui en a fait une icône, un "<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Che_Guevara">Che Guevara</a>" africain, notamment au côté de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrice_Lumumba">Patrice Lumumba</a>.

La formation

Thomas Isidore Noël Sankara est un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Peuls">Peul</a>-<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mossis">Mossi</a> issu d'une famille catholique. Son père est un ancien combattant et prisonnier de guerre de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_Guerre_mondiale">Seconde Guerre mondiale</a>. Il fait ses études secondaires d'abord au lycée <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouezzin_Coulibaly">Ouezzin Coulibaly</a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bobo-Dioulasso">Bobo-Dioulasso</a>, deuxième ville et capitale économique du pays puis, de la seconde au baccalauréat, à Ouagadougou (capitale politique du Burkina), au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Prytan%C3%A9e_militaire_de_Kadiogo">Prytanée militaire de Kadiogo</a>. Il suit, tout comme Blaise Compaoré, une formation d'officier à l'École militaire inter-armée (EMIA) de Yaoundé au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cameroun">Cameroun</a>, puis à l'Académie militaire d'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Antsirabe">Antsirabe</a>, à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Madagascar">Madagascar</a>, et devient en 1976 commandant du CNEC, le Centre national d'entraînement commando, situé à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%B4_(Burkina_Faso)">Pô</a>, dans la province du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nahouri">Nahouri</a>, à 150 km au sud de la capitale. La même année, ils prennent part à un stage d'aguerrissement au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc">Maroc</a>. Ensemble, ils fondent le Regroupement des officiers communistes (ROC) dont les autres membres les plus connus sont <a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Henri_Zongo&amp;action=edit&amp;redlink=1">Henri Zongo</a>, Boukary Kabore et <a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Jean-Baptiste_Lingani&amp;action=edit&amp;redlink=1">Jean-Baptiste Lingani</a>.

<strong>L'entrée en politique</strong>

En septembre 1981, il devient secrétaire d'État à l'Information dans le gouvernement du colonel <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Saye_Zerbo">Saye Zerbo</a> avant de démissionner le 21 avril 1982.

Le 7 novembre 1982, un nouveau coup d'État porte au pouvoir le médecin militaire <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Ou%C3%A9draogo">Jean-Baptiste Ouédraogo</a>. Sankara devient Premier ministre en janvier 1983, position acquise grâce au rapport de forces favorable au camp progressiste au sein de l’armée, mais il est limogé et mis en résidence surveillée le 17 mai, probablement sous la pression de la France.

La Révolution démocratique et populaire

Un nouveau coup d'État, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/4_ao%C3%BBt">4</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ao%C3%BBt_1983">août</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1983">1983</a>, place Thomas Sankara à la présidence du Conseil national révolutionnaire.

Sur le plan intérieur, il définit son programme comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Anti-imp%C3%A9rialiste">anti-impérialiste</a>, en particulier dans son « Discours d'orientation politique », écrit en septembre-octobre 1983 par <a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Val%C3%A8re_Som%C3%A9&amp;action=edit&amp;redlink=1">Valère Somé</a> et enregistré dans la salle du Conseil de l'Entente puis diffusé à la radio le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2_octobre">2</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Octobre_1983">octobre</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1983">1983</a>. Ainsi, en novembre 1986, Thomas Sankara avait attaqué la France de la cohabitation en présence de François Mitterrand et devant les caméras pour avoir accueilli <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pieter_Botha">Pieter Botha</a>, le premier ministre d'Afrique-du-Sud, et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jonas_Savimbi">Jonas Savimbi</a> chef de l'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_nationale_pour_l%27ind%C3%A9pendance_totale_de_l%27Angola">UNITA</a>, l'un et l'autre « couverts de sang des pieds jusqu'à la tête ». De ce fait, aux yeux de Thomas Sankara, ces gouvernants « en portent aujourd'hui et toujours la responsabilité ».

Sur le plan intérieur, son gouvernement retire aux chefs traditionnels les pouvoirs féodaux qu'ils continuaient d'exercer. Il crée les CDR (Comités de défense de la révolution), qui auront toutefois tendance à se comporter en milice révolutionnaire faisant régner la terreur.

<strong>L'assassinat</strong>

Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassiné lors d'un coup d'État organisé par un de ses camarades les plus proches, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Blaise_Compaor%C3%A9">Blaise Compaoré</a>. Plusieurs jours plus tard, il est déclaré « décédé de mort naturelle » par un médecin militaire.

Les responsables et les circonstances de sa mort restent assez mystérieux. Le gouvernement français de l'époque - un gouvernement de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cohabitation_(politique)">cohabitation</a> avec <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Chirac">Jacques Chirac</a> Premier ministre et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Mitterrand">François Mitterrand</a> président de la République - ainsi que plusieurs autres gouvernements africains proches de la France sont ainsi soupçonnés d'avoir soutenu cet assassinat, voire <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kadhafi">Kadhafi</a>.

Son frère d'armes, Blaise Compaoré, qui lui succède à la tête du Burkina Faso, est naturellement soupçonné d'être le principal responsable de son assassinat.

Thomas Sankara et certains de ses camarades tués lors du coup d'État seraient enterrés sans tombe au cimetière de Dagnoën à Ouagadougou (<a href="http://tools.wmflabs.org/geohack/geohack.php?language=fr&amp;pagename=Thomas_Sankara&amp;params=12.3654389_N_1.483625_W_region:BF">12° 21′ 55,58″ N, 1° 29′ 01,05″ O</a>). Plus tard, de simples tombes en ciment sont construites.

Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/14_mai">14</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mai_2015">mai</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2015">2015</a>, pour la première fois depuis 2007, Mariam Sankara revient à Ouagadougou après le renversement de Blaise Compaoré pour être entendue par le juge chargé d'enquêter sur la mort de son mari et est accueillie par plusieurs milliers de personnes. Des doutes subsistent sur le lieu réel de la sépulture de Sankara et en mai 2015, un juge burkinabè ordonne l'exhumation de corps du cimetière de Dagnoën pour déterminer s'il s'agit de Sankara et quelles sont les conditions de sa mort. Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/6_d%C3%A9cembre">6</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9cembre_2015">décembre</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2015">2015</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilbert_Diend%C3%A9r%C3%A9">Gilbert Diendéré</a>, auteur du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_2015_au_Burkina_Faso">putsch raté de 2015 au Burkina Faso</a>, est inculpé pour complicité dans l’assassinat de Thomas Sankara, le 15 octobre 1987.

Idées et actions politiques

La lutte anti-impérialiste

Thomas Sankara est un des chefs du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_des_non-align%C3%A9s">Mouvement des non-alignés</a>. Il côtoie beaucoup de militants d'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Extr%C3%AAme_gauche">extrême gauche</a> dans les années 1970 et se lie d'amitié avec certains d'entre eux. Il met en place un groupe d'officiers clandestins d'influence marxiste : le Regroupement des officiers communistes (ROC).

Dans ses discours, il dénonce le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Colonialisme">colonialisme</a> et le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9o-colonialisme">néo-colonialisme</a>, dont celui de la France, en Afrique (notamment les régimes clients de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%B4te_d%27Ivoire">Côte d'Ivoire</a> et du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mali">Mali</a>, lequel lance plusieurs fois des actions militaires contre le Burkina Faso, soutenues par la France).

Il se rapproche ainsi de plusieurs pays du bloc socialiste. En octobre 1986, peu avant le sommet <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gorbatchev">Gorbatchev</a>-<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Reagan">Reagan</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Reykjavik">Reykjavik</a>, il se rend une semaine en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_des_r%C3%A9publiques_socialistes_sovi%C3%A9tiques">URSS</a>, mais aussi à Cuba du 25 septembre au 1er octobre 1984, puis une deuxième fois au mois de novembre 1986.

Parallèlement, il rejette le fardeau de la dette qui pèse sur les pays en voie de développement. Son discours contre la dette <a href="http://thomassankara.net/il-faut-annuler-la-dette-29-juillet-1987-sommet-de-loua-addis-abeba/">[1]</a> [<a href="http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fthomassankara.net%2Fil-faut-annuler-la-dette-29-juillet-1987-sommet-de-loua-addis-abeba%2F">archive</a>], prononcé le 29 juillet 1987 lors d'un sommet de l'OUA, est sans doute le plus connu des discours de Thomas Sankara.

Devant l'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_des_Nations_unies">ONU</a>, il défend le droit des peuples à pouvoir manger à leur faim, boire à leur soif, et à être éduqués. Pendant ces quatre années le Burkina Faso est ainsi, selon les critères géopolitiques nés au milieu des années 1970, la dernière révolution de l'« Afrique progressiste », opposée à l'« Afrique modérée ».

La démocratie participative

Souhaitant redonner le pouvoir au peuple, dans une logique de démocratie participative, il crée les CDR (<a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Comit%C3%A9s_de_d%C3%A9fense_de_la_r%C3%A9volution_(Burkina_Faso)&amp;action=edit&amp;redlink=1">Comités de défense de la révolution</a>) auxquels tout le monde peut participer, et qui assurent la gestion des questions locales et organisent les grandes actions. Les CDR sont coordonnés dans le CNR (<a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Conseil_national_de_la_r%C3%A9volution&amp;action=edit&amp;redlink=1">Conseil national de la révolution</a>). Cette politique visait à réduire la malnutrition, la soif (avec la construction massive par les CDR de puits et retenues d'eau), la diffusion des maladies (grâce aux politiques de « vaccinations commandos », notamment des enfants, burkinabè ou non) et l'analphabétisme (l'analphabétisme serait passé pour les hommes de 95 % à 80 %, et pour les femmes de 99 % à 98 %, grâce aux « opérations alpha »).

Sankara tente également de rompre avec la société traditionnelle inégalitaire burkinabè, en affaiblissant le pouvoir des chefs de tribus, et en cherchant à intégrer les femmes dans la société à l'égal des hommes.

Il institue la coutume de planter un arbre à chaque grande occasion pour lutter contre la désertification.

Il est le seul président d'Afrique à avoir vendu les luxueuses voitures de fonctions de l'État pour les remplacer par des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Renault_5">Renault 5</a>. Il faisait tous ses voyages en classe touriste, ses collaborateurs étant tenus de faire de même. Il est célèbre aussi pour son habitude de toujours visiter <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Harlem">Harlem</a> (et d'y faire un discours) avant d'arriver à l'ONU<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aide:R%C3%A9f%C3%A9rence_n%C3%A9cessaire">[réf. nécessaire]</a>.

Postérité

Thomas Sankara est considéré aujourd'hui par une grande partie de la jeunesse burkinabè voire continentale comme une sorte de "Che Guevara" africain (malgré leurs différences importantes). Au Burkina Faso, une multitude de partis et de mouvements de la société civile se revendiquent de lui.

En 2006, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Comit%C3%A9_des_droits_de_l%27Homme">Comité des droits de l'Homme</a> des Nations unies condamne l'absence de tout procès ou de toute enquête de la part du gouvernement burkinabè. Cette décision symbolique constitue une première mondiale dans la lutte contre l'impunité.

Thomas Sankara a été proclamé modèle par la jeunesse africaine au <a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Forum_social_africain&amp;action=edit&amp;redlink=1">forum social africain</a> de Bamako 2006 et au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Forum_social_mondial">forum social mondial</a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nairobi">Nairobi</a> en 2007.

Depuis le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/28_d%C3%A9cembre">28</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9cembre_2005">décembre</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2005">2005</a>, une avenue de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouagadougou">Ouagadougou</a> porte son nom, dans le cadre plus général d'un processus de réhabilitation décrété en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2000">2000</a> mais bloqué depuis lors. Diverses initiatives visent à rassembler les sankaristes et leurs sympathisants, notamment par le biais d'un comité national d'organisation du vingtième anniversaire de son décès, de célébrer sa mémoire, notamment par des manifestations culturelles, tant au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Burkina_Faso">Burkina Faso</a> qu'en divers pays d'implantation de l'émigration burkinabè. En 2007, pour la première fois depuis 19 ans, la veuve de Thomas Sankara, Mariam Serme Sankara, a pu aller se recueillir sur sa tombe présumée lors des 20e commémoration à Ouagadougou.

Les différents réseaux internationaux, notamment le CADTM (Comité pour l'annulation des dette illégitimes), ont fait du discours de Sanakara contre la dette en quelque sorte un étendard et une référence de son combat.

<strong>Source : Wilkipedia </strong>]]> </content:encoded>
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<title>26 MARS 1991 &#45;26 MARS 2017 : 26 ans de pratique démocratique, quelles leçons ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2017-26-ans-de-pratique-democratique-lecons-2147352.html</link>
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<pubDate>Wed, 29 Mar 2017 01:25:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pouce</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Qu’ont fait les Maliens de leur démocratie durant 26 ans ? C’est la question qu’il revient de se poser aujourd’hui, à l’heure où l’on rend hommage à la mémoire des victimes de la révolution de mars 1991.</strong>

Chaque année, depuis 1991, les Maliens célèbrent les journées de mars 1991 en mémoire de l’insurrection qui a abouti à la chute du régime démocratique et rendent ainsi hommage aux victimes tombées lors de ces journées sanglantes. Le clou de ces journées anniversaires, c’est surtout le dépôt de gerbes de fleurs à la place des martyrs et les discours politiques des différents acteurs politiques qui, chacun, essaie de remonter l’histoire pour rappeler la signification de la révolution de mars 1991. Mais la vraie question, est : qu’avons-nous fait pour préserver l’idéal de la révolution ? Ou qu’avez-nous fait pour préserver les acquis pour ainsi honorer la mémoire des victimes de la révolution ? On pourrait également se poser la question par ces termes : Nous sommes-nous montrer dignes pour honorer la mémoire des victimes de la révolution ?

Après 26 ans de pratique démocratique, le sentiment général est que le peuple reste déçu et du coup, on parle d’une seconde révolution pour changer les choses. Cela veut dire, que les idéaux de la révolution de mars 1991, n’ont pas été respectés ou peut-être respectés partiellement. Le sentiment d’un goût d’inachevé est là et amène certaines populations à penser et même à croire que le changement de régime (démocratique en démocratie) n’a pas servi à grande chose. Ou du moins n’a servi que les intérêts d’une certaine classe de la société. Une autre question est : le peuple malien a cru aux valeurs démocratiques, a-t-il été trahi ? Si oui, et par qui ?

A la fin du mandat du parti ADEMA PASJ, premier parti à exercer le pouvoir démocratique, l’avis des Maliens était partagé. Vu le nombre de rapports mettant en lumière le degré de la corruption et de la mal gouvernance, certains sont restés convaincus que ceux qui se font appeler « acteurs politiques de la révolution », se sont plutôt servis de la démocratie pour s’enrichir personnellement en puisant dans les caisses publiques aux dépens d’un enrichissement collectif de la nation qui aurait respecté l’idéal de la révolution de mars 1991. La seconde révolution dont parlent certains Maliens déçus, a déjà eu lieu en 2002, soit seulement 10 ans après la première.

En suscitant puis en élisant à la tête du pays, un candidat indépendant en la personne de Amadou Toumani Touré, un militaire à la retraite, celui-même qui avait parachevé la révolution de mars 1991 et considéré comme un « héros national », les Maliens avaient manifesté leur déception de la première expérience démocratique partie de 1992 à 2002 et qui correspond aux deux ans de mandat du parti ADEMA-PASJ.

Le « héros national » s’est-il montré à la hauteur des attentes ? Avant son départ du pouvoir, les avis s’exprimant sur son bilan, sont mitigés. Pour certains, sa pratique du « consensus politique » est à la base de l’effritement des valeurs politiques puisque chacun ou chaque parti politique a voulu se servir ou être servi par le pouvoir. Du coup, pas de débat contradictoire. D’autres lui reprochent le laisser-aller instauré dans la gestion des affaires publiques qui a contribué davantage à l’effritement de l’autorité de l’Etat et par conséquence à la détérioration de notre système de défense qui provoqua l’entrée de forces hostiles sur le territoire national. C’est par un coup d’Etat militaire qu’il partira. Le soutien populaire de ce coup de force, a amené certains analystes à évoquer la troisième révolution. Le président ATT est parti au moment où sa côte de popularité était au plus bas. C’est dire le niveau de déception après son retour aux affaires.

De 2013 à aujourd’hui, des progrès sont certes enregistrés. Mais peut-on parler de satisfaction générale qui soutiendrait la politique du régime actuel ? Là également, les avis sont partagés. Certes, la situation sécuritaire due aux évènements de 2012, nous amène à une analyse relative. Mais la mauvaise gestion due aux qualités des hommes et des femmes qui gouvernent, met sous éteignoir les efforts consentis. Sommes-nous tous devenus des « voleurs », des « malfaiteurs », des « ennemis de la nations » ? Auquel cas, il reste peu de valeurs à défendre et la démocratie n’aura servi qu’à faire émerger ces vices cachés en chacun de nous. On dira que les martyrs de la révolution de mars 1991, sont morts pour rien et qu’il n’était même pas nécessaire de changer de régime si c’est pour faire pire.

Gardons cependant espoir car on dit que les plus grandes nations ont été construites dans les contradictions, les incertitudes, les réussites comme les échecs ; dans la douleur comme dans le bonheur… à condition, toutefois qu’il faut savoir tirer les leçons de ses actes. Après 26 ans, les Maliens se posent toujours des questions et restent dans le doute et l’espoir que les choses vont s’améliorer. En attendant, rendons hommages à nos martyrs !

<strong>Tièmoko Traoré  </strong>]]> </content:encoded>
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<title>22 Mars 2012 :  Une journée noire, une année abyssale</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/22-mars-2012-journee-noire-annee-abyssale-2144312.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 28 Mar 2017 01:12:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em><strong>Si le signe indien du 22 Mars n’avait pas prospéré en 2012, la classe politique malienne serait aujourd’hui entrée de plain-pied dans l’ambiance électorale de renouvellement du mandat présidentiel. Mais, ce jour-là, fort malheureusement, le destin du pays a basculé dans les ténébreux abysses, suite au coup de force de médiocres bidasses  derrière lesquels s'étaient vraisemblablement dissimulés  des officiers couards à la solde de politiciens revanchards tapis dans les casernes. Conséquence : des pans entiers du pays et de la population ont été abandonnés par l'armée aux envahisseurs djihado-indépendantistes, aux horribles supplices d'amputations, de châtiments corporels en tous genres, d'exil forcé, etc. </strong></em>

Les responsables visibles de cette déroute nationale ne sont autres que les éléments de la junte putschiste officiellement menée par Amadou Haya Sanogo, dont la plupart se sont retrouvés dans les mailles de la justice et écroués en attendant le dénouement de la rocambolesque affaire des ‘’charniers de Bérets rouges’’.

Ils auraient pu répondre tout aussi bien de la félonie ayant consisté à  saborder la chaîne de commandement de la Défense nationale au profit d'ennemis. Mais, c’est pour cette flétrissure tout aussi infamante qu’ils comparaissent pour des présomptions d'enlèvement et d'assassinat de frères d'armes.

Le capitaine-général Sanogo et ses comparses tombent ainsi sous le coup du droit commun après être parvenus à déjouer une procédure martiale et bénéficié en son temps d’un puissant bouclier de ramifications putschistes de la classe politique. Certains caciques de cette classe politique-là avaient attribué la forfaiture du 22 Mars 2012 au "désarroi", somme toute compréhensible ayant gagné les troupes.

C'est sans doute cette confusion aux allures de cautionnement  entretenue par les tendances opportunistes de la scène politique malienne qui a imposé à la Communauté internationale cette approche plutôt minimaliste dans le traitement de la question malienne : la transaction et la  souplesse envers les putschistes pour un dossier qui tenait du crime, selon les textes en vigueur au Mali.

La posture a finalement débouché sur un engluement  du dossier dans un Accord-cadre constamment foulé aux pieds par les putschistes durant la transition, à travers notamment des ingérences abruptes dans le politique.

En dépit d'une gratification par une Loi d'amnistie, qui épargne aux acteurs du coup d'Etat (ou de la mutinerie ayant débouché sur la chute d'ATT), toute action judiciaire s'y rapportant, le marché de dupes aura quand même permis à la transition de démarrer -sous l'égide d’un certain Dioncounda Traoré, solennellement installé dans ses fonctions de chef d'Etat –mais en traversant des péripéties à ôter toute fierté d'être Malien.

Cinq années après le putsch, le plus stupide de l'histoire est loin d’avoir livré l’ensemble de ses secrets. D’autant qu’on ne sait que trop de choses sur ses réels commanditaires. On sait toutefois le parti qu’en a tiré l’actuel président de la République, IBK, seul candidat de l’époque ayant été épargné par les exactions humiliantes de la junte contre la crème de la classe politique. Mais, à quelles fins ? Est-on en droit de s’interroger, en observant une amplification exponentielle des mêmes dérives évoquées à l’époque pour justifier le putsch ou pour en atténuer l’inconséquence.

En échange du coup d’arrêt infligé à la marche normale du pays, au nom peut-être d’intérêts politiques, les Maliens n’ont manifestement eu droit qu’à la stagnation socio-économique, à la léthargie administrative ainsi qu’aux incertitudes qui continuent d’affecter un devenir national suspendu à une paix hypothétique. Et pour cause, en dépit des compromissions concédées et déjà si mortelles pour une plénitude de souveraineté, les chances de reconquête de l’intégrité territoriale sont d’autant plus minces qu’elles dépendent de moins en moins d’une armée qui n’a bougé d’un iota depuis que la junte s’est cachée derrière les errements d’ATT pour justifier ses débâcles de 2012. Qui plus est, les occupants djihadistes vaincus, la problématique septentrionale, au nez et à la barbe de tous, a pu effectuer une progressive mutation en équation intercommunautaire pour laquelle la conférence d’entente nationale ne saurait être la panacée.

En définitive, l’horizon est si confus et incertain qu’aucun dénouement ne se dessine pour l’heure quant à la tragédie existentielle du Mali en tant que République unitaire dans le concert des nations. Alors, question : qui va répondre devant l’histoire du sort  maléfique qui s’acharne sur ce pays depuis 2012, après l’amnistie des putschistes et l’échec des tentatives d’en imputer la responsabilité à ATT, leur victime ?

<strong>A. K.</strong>

&nbsp;

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

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<title>La démocratie malienne soufflera sa 26ème bougie le 26 mars 2017 : Que reste&#45;t&#45;il d’une Révolution en passe d’être classée dans les oubliettes ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/democratie-malienne-soufflera-26eme-bougie-26-mars-2017-reste-t-dune-revolution-passe-detre-classee-oubliettes-2136672.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 24 Mar 2017 00:48:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>La tentative de démolition et de falsification de l’histoire récente du Mali est en marche. Elle consisterait non seulement  à diaboliser la Révolution du 26 Mars 1991, mais aussi et surtout, à remettre en scelle les anciens dignitaires du régime barbare et sanguinaire du « grand républicain » du Président IBK, le Général Moussa Traoré. C’est ATT,  le soldat de la démocratie, qui fut le premier à réhabiliter les anciens bourreaux de la République au nom d’une réconciliation factice. Par cet acte, le Président ATT a   envoyé un signal fort aux associations du mouvement démocratique, celui d’avoir commis l’erreur de  parachever la Révolution du peuple. Soufflant le chaud et le froid en même temps, ATT a su jouer sur les deux tableaux, celui de la démocratie et de la réhabilitation des anciens dignitaires du régime dictatorial de GMT. Mais, il fallait attendre l’ignoble coup d’Etat du 22 mars 2012 pour mettre totalement à plat les acquis de la Révolution de Mars 1991 et installer définitivement les bourreaux de la démocratie et de la liberté au-devant de la scène politique. Un bref rappel ne s’impose-t-il pas pour que la nouvelle génération s’approprie les belles pages de notre Histoire ? Que reste-t-il de la révolution de 1991 ?  Et où sont ses acteurs ?</em></strong>

Dans 48 heures, le Mali célébrera le 26<sup>ème</sup> anniversaire de la Révolution de Mars  1991. Cet évènement devrait revêtir pour tout démocrate une double signification. Elle sonna non seulement la fin de 23 ans de dictature du général Moussa Traoré mais aussi et surtout l’avènement de la Démocratie multi partisane au Mali. Pour rappel c’est le 26 Mars 1991 que le Lieutenant-Colonel Amadou Toumani Touré  et ses compagnons d’armes ont parachevé la Révolution populaire des masses laborieuses, en arrêtant le général Moussa Traoré et ses sbires. Par leur acte hautement patriotique, ils ont non seulement allégé la souffrance du Peuple après 23 ans de dictature, mais aussi et surtout permis aux Maliens de retrouver la liberté. Comment peut-on sacrifier cette date sur l’autel de nos égos revanchards ? Pourquoi certains remettent-ils en cause notre Démocratie ? Le régime dictatorial du Général Moussa Traoré valait-il mieux que la démocratie ?

Selon beaucoup d’analystes politiques, Jamais au paravent en Afrique, une révolution populaire n’a été unanimement saluée par la communauté internationale que celle du Mali. Jamais une entrée en démocratie, n’a été aussi sanglante et foudroyante que celle du Mali. Mais aujourd’hui, les antirévolutionnaires sont à pieds d’œuvre pour mettre le Blanco sur les pages glorieuses de notre histoire récente. Le soldat de la démocratie, ATT, en est pour beaucoup, lui qui a réhabilité l’ancien président Moussa Traoré et tous les cadres en vie dont les plus connus étaient Tiénan Coulibaly, Django Sissoko, Oumar Kanouté, Choguel K Maiga, Abdoulaye Amadou Sy, Doua Abraham Sissoko dit Ramos. Pour ne citer que ces quelques-uns. Se voulant être le chantre de la réconciliation le Président ATT, organisa le cinquantenaire de l’Indépendance du Mali en invitant tous les anciens Présidents en vie. Cette autre retrouvaille « assassine » de la démocratie malienne a échoué, car le premier président du Mali démocratique, Alpha Oumar Konaré, n’a pas daigné effectuer le déplacement et à juste raison. C’est après toutes ses tentatives mi figue-mi-raisin que le putsch du 22 mars 2012 est survenu. Ce coup d’Etat, le plus stupide au monde, a mis à la traine les acquis de  notre démocratie. Et cela au su et au vu de tous les acteurs du Mouvement démocratique qui auront  assisté  à la démolition de la Révolution du 26 Mars sans broncher. Que dire alors du Président IBK qui a élevé le Général Moussa Traoré au grade de <strong>« GRAND REPUBLICAIN »</strong> devant d’éminentes figures du Mouvement démocratique comme le Pr. Aly Nouhoum Diallo, Mme Sy Kadiatou Sow, Me Mountaga Tall, Pr. Dioncounda Traoré, Soumana Sacko ou encore Oumar Mariko ? Comme si cela ne suffisait pas, les partisans de l’ancien dictateur vont pousser l’audace jusqu’à la publication d’un livre qui peint en rose le bilan des 23 ans de gestion de GMT. Ce livre a été accueilli comme une douche froide par certains acteurs du Mouvement démocratique et pour d’autres, une insulte à l’Histoire.

Aujourd’hui face à la démission collective des acteurs du Mouvement démocratique, la seule question qui taraude les esprits est celle de savoir que reste-t-il réellement de notre REVOLUTION ?

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a>]]> </content:encoded>
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<title>22 Mars 1991&#45; 22 mars 2017 : Devoir de mémoire</title>
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<pubDate>Thu, 23 Mar 2017 00:20:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>La traditionnelle marche funèbre commémorant la journée sanglante du 22 Mars 1991, a eu lieu, hier, sanctionnée par le dépôt d’une gerbe de fleurs au Carré des martyrs, par le ministre de la Solidarité et de l’Action humanitaire, Hamadou Konaté en présence de plusieurs acteurs du Mouvement démocratique</strong>

26 ans après, le Mali se souvient encore du vendredi noir (vendredi 22 mars 1991), journée sanglante, date de la lutte héroïque, pour que démocratie, multipartisme et liberté d’expression soient. Le 22 mars 2017, l’Association pour la défense des victimes de la répression de janvier à Mars 1991 (ADVR) et tout le Mouvement démocratique n’ont pas dérogé à la tradition. Ils ont organisé hier mercredi 22 mars, la marche funèbre de reconnaissance aux martyrs de mars 1991. Partie de la devanture de l’hôpital Gabriel Touré, comme à l’accoutumée, cette marche a pris fin au Carré des martyrs au cimetière de Niaréla, où les marcheurs ont été accueillis par le ministre de la Solidarité et de l’Action Humanitaire. Hamadou Konaté y  a déposé une gerbe de fleurs au Carré dédié aux martyrs au cimetière de Niarela.
Plusieurs acteurs du mouvement démocratique ont pris part à cette marche funèbre. On peut citer, entre autres, l’ancien président de l’Assemblée nationale du Mali, le Pr Ali Nouhoum Diallo, des anciens ministres et acteurs du Mouvement démocratique, dont Mme Sy Kadiatou Sow, Djiguiba Keïta (PPR), Adama Samassekou, des anciens de l’AEEM et de l’AM-SUNEM.

Dans sa déclaration, le président de l’AVDR, Abdoulaye Dembélé a tout d’abord remercié le président de la République et tout le gouvernement à travers le ministre en charge de la Solidarité, pour le sacrifice toujours consenti pour l’AVDR. Selon lui, l’association, grâce aux efforts inlassables et constants de tous les gouvernements de 1992 à nos jours, se maintient et voudrait se projeter dans l’avenir avec moins complaintes, de récriminations pour se prendre en charge à travers la nouvelle fondation : la fondation du 26 mars.

Pour sa part, le ministre de la Solidarité et de l’Action humanitaire a tout d’abord salué la constance de l’engagement des acteurs du Mouvement démocratique de notre pays pour rappeler et sauvegarder les idéaux et acquis du Mars 1991. Hamadou Konaté dira que pour certains d’entre veux, l’âge n’a pas eu raison de la jeunesse. Il a souligné que notre pays a besoin de cet engagement pour la mise en œuvre de la concrétisation des idéaux des évènements du Mars 1991, aussi pour se rappeler de la mémoire de ceux qui sont morts pour la démocratie et la liberté. « Aujourd’hui, ne pas sauvegarder et renforcer notre démocratie née dans le sang, c’est faillir à la mémoire de ceux qui sont morts », a indiqué le ministre Konaté, pour qui les grands chantiers de vivre ensemble que le Mali a amorcés est une chance à saisir. Il en a appelé aux acteurs du Mouvement démocratique de se mobiliser en tant que gardiens de la démocratie malienne.

<strong>Daniel KOURIBA</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Mars 1991  &#45; Mars 2012, Le Mali a vibré    Zoom sur ces grandes de notre histoire</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 22 Mar 2017 07:33:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>Delta News</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le mois de mars reste un mois particulier au Mali. Les plus grands événements de notre pays se sont déroulés en mars. Les plus célèbres sont, entre autres, la chute de Moussa Traoré le 26 mars 1991, le coup d’Etat contre Amadou Toumani Touré le 22 mars 2012.  </em></strong>

<strong><em>Dans le cadre du 26 mars, date anniversaire de l’avènement de la démocratie, nous avons recensé pour vous quelques événements de ce mois symbolique de  l’histoire de notre pays. La bibliothèque de la coopérative Djamana nous a beaucoup aidés à mener à bien cette recherche. </em></strong>

<em>Lisez !</em>

<strong>En 1991</strong>

Rébellion touareg. Le 07 mars, la libération de 24 prisonniers survint. Ils sont remis au comité de suivi des accords de Tamanrasset à Gao.

Le 17 mars fut marqué par le procès en appel du journal Aurore. SadouYattara et Chaidou Traore, respectivement directeur de publication et rédacteur en chef sont condamnés à payer une amande de 25 000F chacun et 100 000 F comme dommage intérêt. Le Mali connu alors le premier procès intenté contre la presse privée.

21 Mars une grève de 72 h est décrétée par les boulangeries de la place. Le même jour, une répression sanglante endeuille  la 3<sup>e</sup>région, soldée par la mort d’un élève de 20 ans suite à une manifestation scolaire.

Du 22 au 26 mars, l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) entreprend des marches avec barricade à Bamako. Ce fut le vendredi noir où le sang coulera pendant 3 jours (22, 23,24).

Le mouvement se radicalise donc avec l’entrée en grève illimité de l’union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). L’unique mot d’ordre était la démission pure et simple du président et du gouvernement.

En récapitulant tous ces faits, il était non seulement visible et indéniable que le pays était à son comble et que l’étau se resserrait autour des autorités d’alors. La chose prédite survint alors cette nuit du 25 au 26 mars 1991, où une frange de l’armée, dirigé par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Toure, renverse le général Moussa TRAORE, après 23 ans de dictature.

Au lendemain de cette nuit fatidique, ATT qui dirige le Comité de réconciliation nationale (CRN), annonce dans une interview à la presse que: <em>« l’armée n’est pas là pour rester au pouvoir »</em>.

Le Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) composé de 10 militaires et de 15 civils est  mis en place, entrainant de facto la disparition du CRN. Le CTSP est dirigé par Amadou Toumani Touré.

Le tout nouveau comité se réuni en urgence le 29 Mars 1991 pour l’élaboration d’un programme pour la période transitoire et de la loi fondamentale.

Le mois de mars 1991 connu ainsi de durs moments pour non seulement les politiciens mais aussi des citoyens anonymes.

<strong>En 1992</strong>

En début mars, le gouvernement du Mali et les mouvements rebelles au Nord du pays se sont retrouvés à Alger pour élaborer un document d’accord de paix baptisé « Pacte national ».

<strong>17 Mars 1992</strong>, les anciens de l’Union Nationale des Elèves et Etudiants du Mali, à travers une marche funèbre commémore le 12<sup>e</sup> anniversaire de l’assassinat de Abdoul Karim Camara dit Cabral (leader de l’organisation estudiantine).

<em>La date historique du 26 Mars 1991, </em> fut marquée en  1992 par l’inauguration du carré des Martyrs au cimetière de Niaréla par le président du CTSP.

<strong>En 1993</strong>

La radio France internationale et Africa N° 1 commence à émettre en FM  sur la capitale Bamako et environs un matin de 26 mars 1993.

<strong>En 1994  </strong>

<strong>26 Mars,</strong>  l’opposition décrète une opération <em>« ville morte »</em>.

L’équipe nationale du Mali, les AIGLES, crée une effervescence suite à sa victoire (2-0) sur la Tunisie à l’ouverture de la phase finale de la CAN.

<strong>En 1995 </strong>

Le 4 Mars, Cheick Oumar Cissoko remporte l’Etalon du Yennenga à Ouagadougoupour son film «Guimba » ; la plus haute distinction du festival panafricain du cinéma (Fespaco).

<strong>21 Mars 1995</strong>, les 5<sup>ème</sup>, 6<sup>ème</sup>, et 7<sup>ème</sup>régions du Mali reçoivent la visite du grand Imam de la sainte mosquée de la Mecque Mohamed Abdallah Al Subail.

<strong>25 et 26 Mars,</strong> Le 1<sup>er</sup>congrès du CNID se tient avec la déchirure du parti en deux  clans. MountagaTAll et Yoro Diakité se separent entre CNID et BARA.

<strong>En 1996 </strong>

Le 27 Mars, en présence du président Ghanéen John Jerry Rawlings, Alpha Oumar Konaré allume la flamme de la paix. Les armes de plus de 3000 ex combattants sont brulées.

<strong>En 1997</strong>

Le 3 Mars l’assemblée nationale est dissoute par le chef de l’état.

Le 4 Mars,DjelimadyCissoko décède.

<strong>En 2001 </strong>

En début mars La cour constitutionnelle prête serment et 4 jours plus tard Abderrahmane Baba Toure sera porté à la présidence de la haute juridiction.

18 mars 2002, Modibo Keita est nommé premier ministre en remplacement de Mandé Sidibé.

<strong>En 2003  </strong>

La participation du président ATT à la 1ere  conférence extraordinaire des chefs d’état des pays membres de l’autorité de développement intégré de la région du Liptako Gourma (ALG).

<strong>En 2004</strong>

L’équipe nationale du Mali se qualifie pour les Jeux olympiques d’Athènes (Grèce) suite à sa victoire (1-0) sur le Cameroun lors du dernier match de poule<em>. </em>

<strong>En 2011 </strong>

Le 2 Mars, un  Tunisien de 24 ans  nommant SenounBechir, se revendiquant membre d’AQMI, auteur en janvier d’un attentat contre l’ambassade de France à Bamako, s’évade de la  prison malienne où il était détenu. Après une course poursuite, il a été arrêté à Gao où il cherchait à   passer en Algérie. Suite à cette évasion. Le directeur de la sécurité d’Etat, Mami Coulibaly est limogé.

6 Mars, Cheick Modibo Diarra, l’astrophysicien Malien ayant travaillé à la Nasa et président de Microsoft Afrique, présente à Bamako la formation politique  qu’il vient de créer en vue des élections présidentielles de 2012. C’est le Rassemblement pour le développement du Mali (RPDM).

<strong>En  2012</strong>

Le 21 Mars, après des  mois d’insécurité dans le nord du Mali, aggravés par le retour des centaines de touareg de la Libye, l’histoire du Mali va enregistrer un autre événement quand SadioGassama ministre de la défense et des anciens combattants et le général  Gabriel Poudiougou, chef d’état-major général des armées, se rendent au camp militaire Soundiata Keita à Kati pour évoquer l’évolution de la situation au Nord du Mali. Ils sont pris à parti par des militaires mécontents, essuient des jets de pierre, leurs garde du corps tirent en l’air pour pouvoir s’enfuir. La colère des militaires s’étend ainsi au palais avec des tirs réels. La tête du président est sauvée par sa garde car, il sera exfiltré à temps. En soirée une mutinerie éclate également à Gao. Les mutins à Bamako multiplient les arrestations dans la nuit.

Le 22 mars 2012, les mutins, constitués en Comité National pour le redressement de la Démocratie et la restauration de l’état (CNRDR ou CNRDRE) annonce par la voie du lieutenant Amadou Konaré, la suspension de la constitution et la dissolution des institutions de la république. Il justifie le coup d’état par « l’incapacité du gouvernement à donner aux forces armées les moyens nécessaires à leur mission de défense  de l’intégrité de notre territoire national ».

24 Mars 2012 alors que personne ne sait où se trouve le président ATT, dix partis politiques(ADEMA, URD, PDES, UFDA, MPR, PSP, PDJ, PDP, MDM) signent une déclaration commune condamnant le  coup d’Etat et exigent le retour à la normale.

28 Mars, le président ATT dont on était sans nouvel depuis le coup d’état, a accordé une interview à RFI dans laquelle il déclare qu’il en bonne santé et se trouve au Mali. Ainsi, après 21 ans, le Mali vient de connaître son deuxième coup d’état militaire : coïncidence un Amadou renverse un autre Amadou.

<strong>Rassemblé par Abdoulaye KENE</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Propos mémorables: Alpha Oumar Konaré président de la République (4 décembre 2000)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-oumar-konare-president-de-republique-4-decembre-2000-2125992.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 21 Mar 2017 01:09:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Nous devons condamner sans ambigüité les prises de pouvoir par la force.

On ne saurait condamner un coup d’Etat en Afrique et applaudir un autre au Pakistan. Tout coup d’Etat est le fruit d’un échec.
Que les candidats putschistes sachent à l’avance que notre cercle de famille ne leur sera jamais ouvert, qu’il ne leur sera jamais permis d’organiser des élections pour se faire élire !.

Les auteurs des coups de force comptent sur la lassitude- « laissez-les faire », après les condamnations, les sanctions seront levées pour ne pas pénaliser les peuples. Ils jouent les partenaires les uns contre les autres. Ils prennent les peuples en otage. Ils croient aussi pouvoir profiter des valeurs d’écoute et de tolérance des démocraties. Cela devient possible chaque fois que les démocraties sont vidées de leur dimension de solidarité et de justice sociale. Elles deviennent alors des proies innocentes exploitées par les dictateurs.
La seule légalité, prenant prétexte que c’est conforme à la Constitution, ne suffit pas à justifier des coups de force.
Les Constitutions ne sont pas inodores et incolores. Une Constitution fondée sur l’exclusion, la xénophobie, le rejet du pluralisme ne saurait être, ce nous semble, une Constitution démocratique, surtout en ces temps de démocratie ouverte.

« La Cour l’a dit ! » Cour constitutionnelle ou Cour suprême, tout dépend de la façon dont cette Cour est établie, de sa représentativité, de la qualité des hommes qui l’animent. Sans oser remettre en cause leurs prérogatives en ces temps de souveraineté concertée, ne peut-on pas imaginer d’autres recours, régionaux ou internationaux, pour d’éventuelles contestations ?
Dans tous les cas, finie à jamais, l’ère des « jojos » et des commandants suprêmes !
Nos partis politiques doivent développer une culture de la majorité et une culture de l’opposition. Ainsi, pour être démocratique, la majorité doit-elle agir dans le respect de la Constitution et de l’opposition, dont le statut et les droits doivent être sauvegardés. L’opposition pour sa part doit accepter de jouer pleinement et loyalement le jeu démocratique car la réussite de tout processus démocratique est une responsabilité partagée. Sortons des visions manichéennes de la démocratie, où toute majorité est suspecte, toute opposition est louable. C’est oublier que toute opposition n’est pas démocratique. L’opposition doit participer à l’exercice du pouvoir, mais dans l’opposition, pas nécessairement dans le partage des poste.

L’expérience des dix dernières années atteste la fragilité des institutions républicaines. C’est en leur sein que s’anime la vie démocratique. Il ne saurait y avoir d’état de droit sans un Etat for et démocratique, éduqué au respect des droits humains et à la culture de la paix, et soumis à l’autorité civile.

La question des partis politiques est aussi fondamentale car il n’y a pas de démocratie sans partis politiques.
Nombre de partis existant aujourd’hui sont le plus souvent des appareils électoraux, alors qu’il revient à leurs chefs d’accroître leur rôle de formation des consciences politiques, de formation civique, de faire respecter l’intérêt public. Tâche prioritaire de la diffusion d’une culture démocratique. L’expérience des dix dernières années nous conduit à souhaiter également le financement publique et de la presse, et à souhaiter la moralisation de ce financement public comme privé pour réduire l’action de puissances d’argent, pour éviter tout enrichissement personnel et abus de bien social.

L’un de défis actuels est l’organisation des élections. Les élections sont aujourd’hui en Afrique l’Object de toutes les crispations (autour des listes électorales, de la transparence des scrutins…). Les périodes électorales deviennent de plus en plus des périodes conflictuelles. Aussi est-il impératif pour nous de rester attachés à la tenue d’élections équitables faisant plus de place aux femmes, d’élections libres, transparentes et régulières, garantissant l’alternance. Nous ne pouvons que manifester beaucoup d’inquiétude aujourd’hui face au coût de plus en plus élevé des élections, financées essentiellement par l’extérieur ( ce qui est peu compatible avec nos souverainetés), et face au risque de corruption que l’organisation des élections sécrète, avec très peu d’actes civiques, beaucoup d’actes marchands, d’actes monnayés ! Réfléchissons bien ! Peu de place est laissée au bénévolat.
Les partis politiques paient pour avoir des militants ; les citoyens sont payés pour être des électeurs. Des recours, des médiations doivent être crées sur le plan local, national, régional et international (multiplions les expériences de conférences nationales, de concertations régionales, de rencontres intercommunautaires, de forums politiques, etc.) pour renforcer l’écoute mutuelle, le dialogue l’échange, pour sortir des logiques de blocage, d’affrontement, des logiques de ceux qui ne peuvent imaginer perdre que si leurs adversaires ont triché !

Hélas ! La culture de la violence et de la tricherie se développe.
Nous devons veiller à la transparence et à la fiabilité des élections parce qu’elles sont indispensables à l’alternance démocratique, la nécessaire alternance qui devrait, pour sa survie, aller au-delà d’un « jeu de ping-pong » ou de tennis pour conduire à un renouvellement des acteurs du politique.

La réussite d’un homme politique, singulièrement d’un chef d’Etat, doit se mesurer aussi à sa capacité à passer le relais ; c’est pourquoi, il est important de définir les statuts des anciens responsables, singulièrement des chefs d’Etat. Pour un chef d’Etat en exercice, être ancien chef d’Etat doit être l’objectif de plus recherché.’’
(Source : Ensemble Debout. Edition Cauri livres).]]> </content:encoded>
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<title>37ème anniversaire de l’assassinat d’Abdoul Karim Camara alias ‘’Cabral’’ : L’AMS UNEEM récompense le patriotisme d’IBK</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/37eme-anniversaire-de-lassassinat-dabdoul-karim-camara-alias-cabral-lams-uneem-recompense-patriotisme-dibk-2127492.html</link>
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<pubDate>Mon, 20 Mar 2017 00:48:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Placée sous la présidence du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, la cérémonie commémorative du 37<sup>ème</sup> anniversaire de l’assassinat  du leader estudiantin, Abdoul Karim Camara dit Cabral a été lancée, le jeudi 16 mars  dans l’Amphithéâtre Kary Dembélé à l’ENSUP de Bamako. Une occasion mise à profit par l’Amicale des Anciens Militants et Sympathisant de l’Union Nationale des Elèves et Etudiants du Mali (AMS-UNEEM), pour remettre le diplôme d’honneur ‘’Cabral’’ au président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. Et cela en reconnaissance de ses efforts pour l’école malienne et pour sa patrie.  </em></strong>

« Problématique de l’illettrisme dans l’école malienne : que faire ? » tel est le thème retenu cette année, à l’occasion de la  commémoration du  37<sup>ème</sup> anniversaire de l’assassinat du leader estudiantin, Abdoul Karim Camara dit ‘’Cabral’’. La cérémonie de commémoration a été lancée le jeudi 16 mars, par le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, à l’Ecole Normale Supérieure de Bamako (ENSup).

Au cours de son intervention, le directeur général de l’ENSUP, Ibrahim Camara,  a rappelé qu’Abdoul Karim Camara dit  ‘’Cabral’’ a été arraché à l’affection des siens, à seulement deux mois de la date prévue pour sa soutenance de mémoire de fin de cycle en option philosophie  à l’ENSUP.  Pour lui, honorer la mémoire de cet homme dans les locaux de l’ENSUP, 37 ans après sa disparition, atteste l’attachement de l’Amicale des Anciens Militants et Sympathisant de l’Union Nationale des Etudiants et Elève  du Mali (AMSU-NEEM),  au défunt mais aussi à l’ENSUP.

A son tour, le secrétaire général de l’AMS-UNEEM, Oumar Arboncana Maïga a déclaré, que cette année,  l’événement  a été mis à profit pour décerner une distinction au président IBK, en reconnaissance de ses efforts pour l’école et pour la patrie.

« IBK est ce patriote  pour qui l’école demeure une des priorités de ses actions d’homme d’Etat. Il a été ce  Premier ministre à une certaine époque, en 1995 qui avait fait décaisser  une somme  importante pour la rénover l’ENSUP » a-t-il déclaré ; d’’où, selon lui, le choix de l’AMS-UNEEM de lui décerner, le diplôme d’honneur ‘’Cabral’’.

Une distinction qui, dit-il en outre, se justifie par le militantisme estudiantin d’IBK (honnête et sincère) dans la Fédération des Etudiants  d’Afrique Noire en France, l’instauration du tutorat et des pupilles  de la République, la réinstauration et la généralisation des cantines scolaires sur toute l’étendue du territoire national.

« Toutes ces actions sont de nature à rendre à l’Ecole malienne ses lettres de noblesse d’antan » a-t-il déclaré.

Pour sa part, le président IBK, a déclaré se souvenir qu’Abdoul Karim Camara est un patriote convaincu, dont le nom a incarné la galvanisation du combat populaire au Mali. « Souvenez-vous, il fut chanté,  il fut porté par ces milliers  de Maliens assoiffés de démocratie. Ne l’oublions jamais », a-t-il déclaré.

Avant d’ajouter qu’Abdoul Karim Camara a préféré se sacrifier,  plutôt que de vivre dans la honte et  dans le déni du droit. « Cette vie n’avait aucun sens pour lui, Abdoul Kader Camara a choisi celle des hommes d’honneur. C’est-à-dire, celles ou ceux qui pensent que la patrie mérite qu’on se batte pour elle,  et qu’elle est au-dessus de tout » a déclaré le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta qui a remercié l’AMS-UNEEM, pour l’avoir distingué.

« J’avoue, que je m’en étais estimé indigne de cette distinction » a-t-il déclaré. Avant de poursuivre plus loin, en ajoutant qu’il a compris également le clin d’œil, que lui  faisait l’AMS-UNEEM : l’inviter à venir à l’ENSup pour constater de lui-même les conditions dans lesquelles travaillent les étudiants.

En réponse à cette invite, le président IBK a promis que le visage de l’ENSup changera très bientôt.

<strong>Par Moïse Keïta</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>‘’Diplôme d’honneur Abdoul Karim Camara dit Cabral’’: IBK honoré par les anciens de l’UNEEM</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/diplome-dhonneur-abdoul-karim-camara-dit-cabral-ibk-honore-anciens-de-luneem-2125232.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sun, 19 Mar 2017 00:37:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>Info-Matin</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[Dans le cadre de la commémoration du 37e anniversaire d’Abdoul Karim CAMARA dit Cabral (17 mars 1980-17 mars 2017), l’Association des anciens militants et sympathisants de l’UNEEM a organisé, hier jeudi une conférence-débat dans l’Amphithéâtre Kary Dembelé de l’ENSUP. Elle a profité de cette occasion pour remettre au président de la République Ibrahim Boubacar Keita le ‘’Diplôme d’honneur Abdoul Karim Camara di Cabral’’ pour son mérite patriotique.

Les jours se succèdent, mais ne se rassemblement guère. Hier jeudi, l’École normale supérieure (ENSUP) recevait un hôte de marque, le président Ibrahim Boubacar Keita, à l’occasion solennelle des activités commémoratives de l’assassinat du charismatique leader estudiantin qui a donné sa vie pour la démocratie dans notre pays, Abdoul Karim Camara dit Cabral, dont le lycée de Ségou porte d’ailleurs le nom. IBK répondait à l’appel de l’Association des anciens militants et sympathisants de l’UNEEM qui lui reconnait digne de mériter le « Diplôme d’honneur Abdoul Karim CAMARA ‘’CABRAL ‘’ », en cette veille d’anniversaire de l’assassinat lâche d’un héros par un régime dictatorial.

Ont pris part à cette matinée de cérémonie, M. le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Modibo Keita ; le président de l’Assemblée nationale, Issiaka Sidibé ; plusieurs membres du gouvernement ; les proches collaborateurs du président de la république ; Mme le gouverneur du District de Bamako, Ami Kane ; M. le maire du District de Bamako, Adama Sangaré ; Mme le maire de la Commune III du District de Bamako ; M. le Directeur général de L’ENSUP ; M. le Secrétaire général de L’AMS UNEEM ; M. le Secrétaire général de L’AEEM, de nombreux invités de marques.

L’Association des anciens militants et sympathisants de l’UNEEM, reconnait digne Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA Président de la République du Mali, Chef de l’État, du Diplôme d’honneur Abdoul Karim CAMARA ‘’ CABRAL ‘’pour son mérite patriotique et sa vision. Et pour la même circonstance, elle élève, le Président de la République au grade de Citoyen d’honneur de la Nation à la mémoire de ‘’ Abdoul Karim CAMARA dit Cabral’’, pour le bonheur du peuple, prêt pour le sacrifice, a indiqué son président.

SE M. Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République du Mali, chef de l’État s’en souvient avec le peuple malien et il a accepté de venir répondre à l’invitation de L’AMS UNEEM. Du coup, il a rehaussé de sa présence, l’éclat de la tenue de la conférence- débats organisés par l’Amical des Anciens Sympathisants et Militants de L’UNION Nationale des Élèves et Étudiants du Mali, l’aînée de l’AEEM.

Après avoir reçu son diplôme d’honneur’’ Cabral’’ des mains du Secrétaire général de L’AMS UNEEM, M. Oumar Arboncana MAIGA, le président de la république a déclaré solennellement au pupitre : ‘’C’est avec une vive émotion et très vive émotion que j’accepte ce diplôme que beaucoup d’hommes auraient mérité plus que moi‘’. Le Président de la République, grand habitué de grandes ambiances estudiantines, militant et responsable syndicaliste, a ensuite remercié les organisateurs avant de rendre de vibrants hommages à Abdoul Karim CAMARA dit Cabral , au Professeur Feu Kary DEMBELE dont l’amphithéâtre de L’ENSUP porte le nom ; pour leur patriotisme et leur combat pour l’avènement de la démocratie dans notre pays.

« L’ENSUP de Bamako aura un nouveau visage Inchal’lah’’. Cabral a choisi la vie des Hommes d’honneur qui ont compris que la patrie est tout et au-dessus de tout », a indiqué le président de la République.
Ces journées commémoratives prendront fin le dimanche 26 mars 2017 à 8 heures par un dépôt de gerbe de fleurs par le Président de la République au monument des Martyrs.

Par Sidi Dao]]> </content:encoded>
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<title>37e anniversaire de l’assassinat de Cabral : IBK répond à l’appel de l’Amsuneem</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/37e-anniversaire-de-lassassinat-de-cabral-ibk-repond-a-lappel-de-lamsuneem-2121502.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 17 Mar 2017 00:31:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Indicateur du Renouveau</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>L’Association des anciens militants  et sympathisants (AMS) de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM) a rencontré le président de la République hier jeudi dans la salle amphithéâtre du Pr. Kary Dembélé à l’Ecole normale supérieure (EN Sup). </strong>

<strong> </strong>Présidée par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita. Il avait à ses côtés, plusieurs membres du gouvernement et le président de l’Assemblée nationale. Cette commémoration du 37è anniversaire de l’assassinat d’Abdoul Karim Camara dit Cabral marquera à jamais dans la mémoire des étudiants et des anciens camardes. L’objectif de cette journée est de rappeler à la population malienne ce qu’a fait ce héros pour la lutte de la démocratie au Mali.

Selon le président de la République, l'En Sup de Bamako, aura un nouveau visage In challah'. Invitants les étudiants et l’AEEM dans une école apaisée et prospère. Et de signaler que les violences faites dans le campus universitaire. Et que l’AEEM doit faire faire preuve model comme l’a fait les Cabral et autres. Il a expliqué que Cabral avait choisi la vie des Hommes d'honneur et qui l’avaient compris que la patrie est tout et au-dessus de tout.

L'Association des Anciens Militants et Sympathisants de l'Uneem a remercié le président de la République du Mali pour son patriotisme et sa vision. L’Uneem a invité le président IBK au grade de Citoyen d'honneur de la Nation à la mémoire de '' Abdoul Karim Camara dit Cabral, pour le bonheur du peuple, prêt pour le sacrifice.

''IBK s'en souvient avec le peuple malien, car il a accepté de venir répondre à l'invitation de l'Amsuneem. Du coup, il rehausse de sa présence, l'éclat de la tenue de la conférence- débats organisés par l'Amicale des anciens sympathisants et militants de l'Union nationale des élèves et étudiants du Mali, l'aînée de l'AEEM'' a affirmé un des militants.

Après avoir reçu son diplôme d'honneur ''Cabral'' des mains du Secrétaire général de l'Amsuneem, Oumar Arboncana Maïga, a déclaré solennellement au pupitre : ''C'est avec une vive émotion et très vive émotion que j'accepte ce diplôme que beaucoup d'hommes auraient mérité plus que mois. Le président de la République, grand habitué de grandes ambiances estudiantines, militant et responsable syndicaliste, a ensuite remercié les organisateurs, il a rendu de vibrants hommages à Abdoul Karim Camara dit Cabral, au Pr. Kary Dembélé (paix à son âme) dont l'amphithéâtre de L'EN Sup porte le nom pour leur patriotisme et leur combat pour l'avènement de la démocratie dans notre pays.

Pour les organisateurs, l’objectif fondamental de l'Amsuneem, est de renforcer la solidarité entre les membres et tout ce qui concerne l'éducation et le développement, au service de l'école malienne.

Ces journées commémoratives prendront fin le dimanche 26 mars 2017 à 8 heures par un dépôt de gerbe de fleurs par le Président de la République au monument des Martyrs.

<strong>Adama Diabaté</strong>

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<title>Propos mémorables : Alpha Oumar Konaré Président de la République (8 Juin 1992)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-oumar-konare-president-de-republique-8-juin-1992-2059722.html</link>
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<pubDate>Mon, 20 Feb 2017 01:24:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>‘’…Pour ma part, président élu d’un peuple qui a souffert, qui est depuis plusieurs décennies dans l’attente d’un mieux-être, je veux être celui qui apporte l’espérance, pas un marchand d’illusions, mais celui avec qui on commence  à croire que les  choses peuvent changer, que les actes vont enfin suivre les paroles. Je ne suis pas un Père de la nation. Hommage aux Pères de notre nation qui ont contribué à l’éveil de la conscience politique, et qui nous ont conduits à l’indépendance. Je ne suis qu’un fils parmi les fils, appelé à jouer aujourd’hui un rôle d’ainé sans être le plus âgé. J’ai besoin de l’aide de tous, pères, mères,  frères et sœurs, fils et filles, puisque rien ne pourra réduire tous ces liens sociaux qui devront fonctionner à côté des responsabilités nouvelles. Je sais notre peuple capable de grandes choses, pour autant qu’il vive réconcilié avec le tissu de valeurs qui a fait sa trace dans l’histoire. Ce sont le travail et la solidarité, une certaine créativité sociale qui nous permettaient de produire des équilibres actifs entre les perspectives individuelles et les destinées collectives. Ce sont la dignité, le sens des engagements passés et de la responsabilité. </em>

<em>Je veux être l’opérateur de cette réconciliation. </em>

<em> Elle a besoin pour ce faire et je m’y emploierai, résolument que se renforcent les institutions démocratiques qui garantiront la participation de tous à l’élaboration de la loi, qu’un Etat de droit assure ; que cette loi vienne à s’appliquer à tous, et que se forme une active politique d’intégration sociale et nationale.  </em>

<em>Une de nos priorités sera d’assurer la paix sociale et de garantir la stabilité. </em>

<em>Il est indispensable que l’autorité de l’Etat soit affirmée, contrôlée et acceptée par tous. Nous veillerons à ce que les lois soient connues de tous et que nul ne soit au-dessus des lois.</em>

<em> Je veillerai scrupuleusement au respect de la Constitution, à la séparation des pouvoirs, à la liberté indispensable des moyens de communication.’’</em>

<strong>Alpha Oumar Konaré Président de la République (8 Juin 2002)</strong>

<em>Mes chers compatriotes,</em>

<em>‘’Vous avez accepté de confier les plus hautes responsabilités nationales à moi, «  le fils d’un maître d’école et d’une ménagère », venu à vous les mains vides. Toutes ces années, vous m’avez accompagné, vous m’avez tant donné. </em>

<em>Toutes ces années, vous avez fait de moi tantôt un esclave, un cordonnier, un forgeron, un griot, un noble. J’ai accepté d’être tout cela parce que tout cela est en vous, en nous.</em>

<em> Vous avez fait de moi un catholique, un protestant, un musulman, voire un athée. Je suis devenu tout cela parce que tout cela est de vous. Vous avec fait de moi tantôt un Songhaï, un Bamanan, un Foulbé, un Dogon, un Tamasheq, un Soninké, un Sénoufo, un Maure, un Minianka, un Bobo, un Bozo, etc. Je suis tout cela en effet. </em>

<em>Vous m’avez fait naître à Diéma, à Tombouctou, à Bamako, à Kayes, à  Djenné…J’ai accepté tout cela parce que c’est de tous ces lieux, de toutes ces différences qu’est fait notre pays, ce pays de toutes les couleurs, le Mali si uni, si divers, si pluriel. </em>

<em>Quel bonheur, quel honneur, de l’incarner, mes chers compatriotes ! Vous m’avez dit, vous m’avez appris que pour être au-devant chez nous, on doit pouvoir accepter d’être traité de tout, d’entendre tout. C’est pourquoi j’ai fait miennes, depuis le début, ces phrases du poète :</em>

<em>Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre</em>

<em>Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,</em>

<em>Pourtant lutter et te défendre ;</em>

<em>Si tu peux supporter d’entendre tes paroles</em>

<em>Travesties par des gueux pour exciter des sots,</em>

<em>Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,</em>

<em>Sans mentir toi-même d’un mot…’’</em>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Propos mémorable : Alpha Oumar Konaré Président de la République (1994)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorable-alpha-oumar-konare-president-de-republique-1994-2031762.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 06 Feb 2017 02:53:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[« La situation dans les régions du nord du Mali et la menace que sa perpétuation fait peser sur l’ensemble de notre pays sont au centre des préoccupations de toute la Nation. Les mesures de mise en œuvre du Pacte national sont diversement appréciées. Les jugements portés se fondent souvent sur une connaissance, dans le meilleur des cas, approximative des éléments d’appréciation, mais aussi et surtout sur la persistance pour les personnes et leurs biens, d’une insécurité que l’Etat malien ne saurait tolérer et qu’il appartient à chacun de nous de combattre dans le respect des normes de l’Etat de droit… De toutes les remises en cause que nous vivons, celle concernant le fait National, le rejet de ses expressions autoritaires et oppressives et le besoin de lui conférer de nouvelles significations, libératrices de l’homme, constitue l’interpellation principale…

La signature du Pacte national scelle une  réconciliation que nous voulons définitive. Le silence des armes ouvrait alors la voie à la réconciliation des cœurs. Nous voulons vous dire, qu’il n’y a pas d’alternative au Pacte national, hors l’aventure et la nation déchirée…

Il est de la responsabilité de l’Etat, de donner la preuve qu’il entend et qu’il est en mesure d’assurer la sécurité de toutes les personnes à quelques à quelque groupe socio-éthique  qu’elles appartiennent, ainsi que la sécurité de leurs biens.

Il appartient aux Mouvements, (NDLR : Mouvement et Fronts unifies de l’Azawad) de confirmer leurs engagements en faveur de la paix et de la sécurité. Il leur appartient, sans plus aucun retard, de contribuer à la lutte contre les actes de banditisme. Le Pacte national, son nom le dit assez, est le pacte de toute la Nation,  de toutes ses composantes…

Nous devons nous élever contre la tentation facile de la division, contre les errements qui conduiraient à faire du Pacte national ou de ses piétinements le bouc émissaire des angoisses d’un peuple… Il en va également de l’indispensable fermeture des bases, mesure acceptée par les Mouvement et fronts unifiés de l’Azawad… Il faut renforcer les capacités des forces Armées et de sécurité nationales au service de toutes les populations sans exclusive, sur toute l’étendue du territoire national. C’est la garantie la plus sûre pour éviter les règlements de compte, la désagrégation de notre pays…

Je  lance un appel aux  médias pour contribuer à l’apaisement, à la concorde, pour éviter toute incitation à la haine raciale ou ethnique, ou aux règlements de compte.

Je souhaite aussi, que tous les partis politiques, toutes les associations qui veulent prendre en charge les préoccupations et les aspirations légitimes des populations aillent dans le même sens.

J’’invite tous à dénoncer les excès d’où qu’ils viennent… Si l’émergence de regroupements, d’associations prenant en charge les préoccupations des populations est normale dans une démocratie, leur expression sous des formes armées, de violence ou de haine, ne saurait être que condamnable. Prenons-y garde’’ !

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables : Choguel Maïga, Président du MPR (Mai 1999)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-choguel-maiga-president-mpr-mai-1999-2020462.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 31 Jan 2017 01:21:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[« Les chefs d’Etat et les hommes politiques qui sont contre les coups d’Etat, doivent travailler de manière à ce que les conditions du coup d’Etat ne soient pas réunies ».

<em> </em><strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2001) </strong>

<em>« Au moment de la lutte contre le régime de Moussa, les associations, les organisations, les syndicats, les simples citoyens ont estimé devoir rassembler leurs énergies, leurs efforts pour vaincre le régime... une fois que cet objectif a été atteint, chacun va dans son camp ».</em>

<strong><em>Général ATT Président de la République (Juin 2003)</em></strong>

<em>Quelque soit votre volonté de lutter contre la corruption, si vous avez une justice qui ne soit suit pas, vous perdez votre temps. »</em>

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (8 Juin 1992) </strong>

<em>« Le gouvernement de la République n’a pas le droit de tricher avec notre peuple en s’engageant sur la voie des promesses faciles qu’il ne pourra tenir. Il devra cependant jouer les règles de la rigueur, de la bonne gestion, de la transparence, de la solidarité et de la justice ».</em>

<strong>Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999</strong>

« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu. Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Juin 1997)

<em>"Nous ne pouvons considérer comme une fatalité le fait que soit concentré aux mains d’une minorité le fruit de l’effort commun, pendant que la grande majorité du peuple est condamnée à la misère et au désespoir." </em>
<h2> <strong>Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</strong></h2>
<em>« Nous avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement ». </em>

<strong>Adam Thiam, chroniquer  journal Le Républicain 1999 </strong>

« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et que, quelque grande que soit la distance jusqu’au paradis, la descente aux enfers du pays est bien finie ».

Feu Me Demba Diallo (1998)

<em>« Aujourd’hui, Moussa Traoré peut se targuer d’avoir été trop bien traité par rapport à ce qu’il a réservé à ses adversaires et même à ses amis, morts dans les conditions que l’on sait à Taoudénit ».</em>
<h1> <strong>Sambi Touré, journaliste (Avril 2001)</strong></h1>
<em>"Le Mali est l’un des pays qui a le plus grand nombre d’organes dans la sous-région. Mais, le problème de cette presse, c’est la qualité, pour parler de professionnalisme".</em>

<strong> </strong><strong>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</strong>

<em>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</em>

<em> </em><strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mardi 19 novembre 1968 :  Modibo Keita institue « un impérialisme noir plus odieux »</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mardi-19-novembre-1968-modibo-keita-institue-imperialisme-noir-plus-odieux-2018812.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 30 Jan 2017 00:56:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>A partir de 1956 commence le déclin du Parti Progressiste Soudanais (PSP). L’US-RDA étend son hégémonie sur l’ensemble du territoire et ne se prive pas de le manifester. Une des toutes premières mesures adoptées par l’Assemblée Territoire où, désormais, elle détient la majorité, est le vote supprimant la chefferie de canton. D’autres mesures suivront ; d’où la réaction du PSP lors de son congrès des 27-29 décembre 1957, lui reprochant d’avoir remplacé « un impérialisme blanc par un impérialisme noir plus odieux. » (Benoist Joseph-Roger.- L’Afrique Occidentale</em></strong><strong> Française de 1944 à 1960. Les Nouvelles Éditions Africaines, Dakar, 1982, page 346. ) </strong>

&nbsp;

C’est après 1960 que cet impérialisme va réellement se manifester : l’US-RDA va supprimer, et de manière très coercitive, toute opposition à sa politique et cela, en violation de la Constitution du 22 septembre 1960.

&nbsp;

En effet, la Constitution du 22 septembre 1960 est d’inspiration libérale. Elle dispose, dans son préambule, alinéa 4 :

&nbsp;

« Elle (la République du Mali) reconnaît à tous les hommes le droit au travail et au repos, le droit de grève, la liberté de se regrouper au sein d’organisation de coopération ou d’organisations syndicales de leur choix pour la défense de leurs intérêts professionnels. »

&nbsp;

En son article 3, elle reconnaît aux citoyens le droit de se regrouper au sein du parti politique de leur choix :

&nbsp;

« Les partis et regroupements de partis concourent normalement à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans le respect des principes démocratiques, des intérêts, des lois et règlements de l’État. »

&nbsp;

Ce sont ces dispositions qui se trouvent violées et cela, du fait d’une contradiction entre ces dispositions et l’option du Parti. En effet, concomitamment à sa déclaration d’indépendance, la République du Mali  opte pour une voie de développement non capitaliste : le socialisme. Très tôt, la faille se décèle entre la mise en œuvre de l’option et certaines dispositions de la constitution : si la constitution, inspirée de la constitution française de la IV<sup>è </sup>République, est dans ses dispositions, libérale, la mise en œuvre de l’option oblige à recourir à des pratiques jurant avec le libéralisme.

&nbsp;

Certes, peut-être avec le souci d’éviter le dogmatisme, les responsables politiques refusent de caractériser ce socialisme : aucune des épithètes, « africain » ou « scientifique » ne lui est accolée. Mais, l’US-RDA ne peut faire table rase, ni des circonstances dans lesquelles elle est née, ni de la fascination qu’exerce l’ex URSS sur les nations du Tiers-Monde dans ces années d’immédiat après-guerre. Les fondateurs du parti, en particulier Idrissa Diarra, ont été fortement influencés par les idées communistes à l’époque propagées par deux cadres français expatriées à travers leurs enseignements dispensés dans le GEC (Groupe d’Études Communiste) de la colonie.

&nbsp;

Ainsi, sans pour autant être marxiste-léniniste, le socialisme, au Mali, va-t-il emprunter aux régimes du bloc de l’Est, bon nombre de ses méthodes d’administration et de gestion. Toutes les libertés individuelles, à l’exception de la liberté de pratiquer la religion de son choix, sont supprimées : plus de partis d’opposition, plus de syndicats ni d’associations libres, plus de presse indépendante

Après l’accession à l’indépendance, la relecture des textes fondateurs de l’US-RDA présente celle-ci comme « le parti du peuple malien », « le guide de son action ». Autrement dit, hors du Parti, point de salut. Quiconque n’est pas militant est apatride avec tout ce que connote de péjoratif ce terme. Les déclarations à la nation du Secrétaire Général du Parti débutaient, non pas par « Peuple du Mali », « Maliennes et Maliens » ou « Mes chers compatriotes », mais, par : « Militantes, Militants de l’Union Soudanaise RDA ».

Ainsi se trouve instauré un parti unique de fait et, avec cette instauration, une chape de plomb s’abat sur le peuple.

La négation des libertés individuelles atteint son paroxysme avec une résolution du VI<sup>è </sup>congrès du Parti instituant les Commissaires politiques. Ils sont au nombre de six : Mamadou Diarrah, Tiécoura Konaté, Birama Sidibé, Mamadou Sidibé, Alhousseïni Touré, Ténéma Traoré. Le 1<sup>er</sup> juin 1961, Modibo Kéïta procède à leur installation solennelle en présence des membres du BPN. Des pouvoirs exceptionnels leur sont reconnus dans le discours prononcé à l’occasion. En effet leur fait-il comprendre : « Il n’y aura, pour vous, aucune porte fermée en République du Mali » ; et cela, toujours d’après l’orateur du jour,  compte tenu du fait qu’il leur appartiendra « de tout mettre en œuvre pour que toute tentative de subversion ou d’opposition d’où qu’elle vienne soit mise en échec ».

Pour lever toute équivoque sur la nature des pouvoirs reconnus aux commissaires politiques, le Secrétaire Général du parti termine son intervention en ces termes : « Votre tâche sera très lourde, ingrate et difficile. Vous devez, dans vos missions, oublier que vous avez des amis, en ayant comme objectif majeur la victoire de notre lutte. vous ne devez jamais oublier, par contre, que vous allez avoir une lourde responsabilité dans l’avenir de notre parti, de notre République, dans la réussite ou l’échec de notre politique et aussi dans les perspectives politiques de l’Afrique entière (…) au nom du Bureau Politique national, au nom de l’Union Soudanaise RDA, je place entre vos mains, la santé politique, la santé économique, bref, la santé tout court de la République du Mali. »

Ceux qui venaient d’être investis de tels pouvoirs sauront l’exercer avec modération, tenant compte de nos valeurs socio-culturelles. Cependant, des abus ont commis comme en témoigne l’auteur du texte <strong><em>Mes cinquante ans de Mali</em></strong> : « Il y a aussi eu au Mali de très, trop, nombreux abus de pouvoir. Des cadres du parti souvent de rang inférieur ont fabriqué de toute pièce des complots et des accusations contre certains citoyens dont la loyauté à la République du Mali était connue de tous. Voici un exemple personnel pour illustrer cela. Mon père (…) a été arrêté à plusieurs reprises entre juillet 1962 et août 1963. Il a été gravement et discrètement accusé en août 1963 d’attentat à la sureté de l’État après « qu’on » ait trouvé chez lui son fusil et une copie de « Savane Rouge » de Fily Dabo Sissoko.

« L’ordre, verbal je crois, de l’arrêter a été donné par le Commissaire Politique Mamadou Diarrah sur plainte verbale conjointe du Député Séga Sissoko et du Commandant Baradji. Cet ordre avait été transmis à Lassana Sacko, Commandant du Cercle de Bafoulabé (…) D’autres chefs d’accusations farfelues ont été, selon le jour, ajoutés ou enlevés à la plainte contre lui. Par exemple il lui fut reproché de « comploter » pour faire venir au Mali une infirmière française de la ville de Cernay qu’il avait épousée en France, dans une noce de jeunesse. »     (KONATE (Dialla).- <strong><em>Mes cinquante ans de Mali</em></strong>. Blacksburg, septembre 2010. Texte disponible sur la toile (djaladjomathematiques.blogpot.com./2010/09).

La conclusion du témoignage édifie suffisamment sur les pratiques de l’époque quand il était question de garantie des libertés individuelles. Elle est la suivante : « Il est comique aujourd’hui de se rappeler que dans le rapport de police, mention avait été faite que mon père avait été « détenu en compagnie de son fusil et de son cheval préféré qui sont les preuves de sa volonté d’attenter à la sécurité de l’État du Mali » !!! » (Idem).

A suivre

<strong>La Rédaction</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Rétrospective : 20 janvier 1961: une date, une histoire</title>
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<pubDate>Mon, 23 Jan 2017 11:22:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[« <strong>Le 20 janvier 1961</strong> : Le président Modibo Keïta rappela par « décision politique » le Colonel Pianana Drabo pour jeter, sous le commandement du général Soumaré, les bases de la nouvelle armée du Mali. Ce jour-là, le tout nouveau Commandant s’attela avec d’autres officiers, dont son frère Kélétigui Drabo, à structurer l’armée du Mali avant que le président ne demande l’évacuation des troupes coloniales, vingt jours plus tard.

<strong>Le 20 janvier 1961</strong> : quatre mois après la proclamation solennelle de l’indépendance de la République du Mali le <strong>22 septembre 1960</strong>, les députés, réunis en séance plénière de l’Assemblée nationale, adoptent la loi n° 61-26 qui crée le drapeau national du Mali. Celui-ci sera composé de trois bandes verticales et égales de couleur verte, or et rouge.

À l’origine, le drapeau du Mali tel qu’il est décrit à l’alinéa 5 de l’article 1er de la Constitution de la République du Mali, du <strong>22 septembre 1960</strong>, est composé de trois bandes verticales et égales de couleurs vert, or et rouge ; il porte en noir sur la bande or, l’idéogramme de l’Homme les bras levés vers le ciel. Cette première version du drapeau national, portée par l’émotion de la proclamation de l’indépendance nationale, fut immédiatement adoptée par la population.

<strong>Présentation du drapeau
</strong>La loi du 20 janvier 1961 consacre la version définitive du drapeau national du Mali. Il est composé de trois bandes de couleurs vert, or et rouge.

La couleur verte de la première bande signifie l’espérance, la verdure des prairies et des champs du Mali, de son sol et de tout ce que celui-ci peut produire pour le bien-être des populations maliennes. Le vert rappelle aussi la vocation essentiellement agropastorale du pays pour le développement, la modernisation contenue et l’intégration duquel aucun effort ne sera ménagé.

En ce qui concerne la couleur or donnée à la deuxième bande verticale, elle indique l’or dont recèle le sous-sol du Mali, en plus d’autres ressources minières potentielles.

Qui ne se rappelle l’histoire du fabuleux voyage de Kankou Moussa à la Mecque ? La couleur or témoigne donc de la conscience qu’ont les Maliens de ce patrimoine qui est le leur et qu’ils entendent défendre à tout prix.

La couleur rouge de la troisième bande verticale constitue, pour les Maliens, à la fois un souvenir, une méditation et une exhortation.

Les Maliens doivent se souvenir du sang versé par les leurs pour la défense de leur Patrie contre l’occupation étrangère et la libération de celle-ci du joug colonial.

Le rouge du drapeau national est une exhortation pour les Maliens à lutter jusqu’à la dernière goutte de leur sang pour préserver l’intégrité de leur sol, leur sous-sol et leur patrimoine artistique et culturel afin qu’ils les exploitent dans leurs seuls et uniques intérêts.
Aussi, l’histoire retiendra-t-elle que c’est l’épouse du Président Modibo KEITA, Mariam TRAORE, qui a cousu à la main les trois bandes du drapeau national.

<strong>20 Janvier 1961 :</strong> le président Modibo Keita est réinvesti dans sa charge par l’Assemblée nationale unanime.

<strong>20 Janvier 1961 :</strong> le président Modibo Keita exige le départ du pays des troupes françaises, ce qu’il entend comme une manifestation de solidarité avec le FLN algérien. La base de Kati est évacuée en juin. En septembre, les dernières troupes françaises quittent le Mali.
<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Mardi 19 novembre 1968 :  Modibo keita congedie les elus du peuple</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mardi-19-novembre-1968-modibo-keita-congedie-elus-peuple-2004352.html</link>
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<pubDate>Mon, 23 Jan 2017 01:47:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Après l’enthousiasme qui a accompagné la proclamation de l’indépendance, les difficultés économiques font leur apparition. L’US-RDA est traversée par deux courants antagonistes, celle des « modérés » et celle des « radicaux ». Avec la signature des Accords monétaires franco-maliens, Modibo Keïta donne satisfaction aux premiers. Les seconds lui en veulent, font circuler contre lui, sous forme de tract, un violent réquisitoire. Il réplique, en les traitant de « perroquets du marxisme ». Cependant, il perçoit le parti qu’il peut tirer de leur existence : s’appuyer sur eux pour se débarrasser de la vieille garde du parti. A cette fin, il adopte une série de mesures dont la dernière est  la dissolution de l’Assemblée Nationale.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>LA DISSOLUTION DE L’ASSEMBLEE NATIONALE</strong>

<strong><em> </em></strong>La quatrième et dernière mesure contre les modérés est prise le 17 janvier 1968. Ce jour, l’Assemblée Nationale est convoquée pour sa première session ordinaire de l’année. Elle est cernée par les éléments de la milice du parti comme pour parer à toute éventualité ou intimider les parlementaires.

A peine a-t-elle fini d’élire son bureau que le député de Koulikoro, Mamadou Diarrah, demande la parole. Il entraîne ses collègues dans un discours-fleuve (une « motion préjudicielle déposée au nom des organisations populaires- travailleurs et Commission Nationale de la Jeunesse de l’Union Soudanaise RDA ») émaillé de citations de Lénine avant de déclarer : « Il nous faut donc dire aujourd’hui, solennellement, que nous ne pouvons plus de manière irréfutable, nous considérer comme les authentiques représentants du peuple et délibérer en ses lieu et place. Nous ne le pouvons pas et nous ne devons pas le faire. Une seule attitude nous reste : partir et rendre l’initiative aux masses » (<em>L’Essor</em>, organe central de l’union soudanaise RDA, hebdomadaire du lundi 22 janvier 1968.)

Le discours du député de Koulikoro est suivi du dépôt d’un projet de loi par Gabou Diawara, « intervenant au nom de la Jeunesse du Parti, de la vaillante Jeunesse du Parti, conduite par la valeureuse Commission Nationale de la Jeunesse ‘(C.N.J.). Le contenu de la déclaration est sans équivoque. Elle stipule :

« Les Députés de l’Assemblée Nationale de la République du Mali  […]

« Convaincus du fait que la véritable souveraineté appartient au peuple et au peuple seul,

« Sûrs que la maturité et de la sagesse séculaires de notre peuple l’ont toujours conduit sur le chemin de la grandeur et de la dignité,

« Entendent rendre l’initiative au peuple et retourner aux masses. » (<em>Idem</em>)

&nbsp;

Ainsi se trouve imposée la démission collective de l’Assemblée Nationale, décision appuyée par les interventions des députés Samba Soumaré, Mamadou Sarr et par Mamadou Famady Cissoko, Secrétaire général de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali, « au nom de l’ensemble du prolétariat  malien et de son avant-garde organisé, la classe ouvrière, »

&nbsp;

Et les élus du peuple d’obtempérer. Dans une intervention qui dure moins d’une minute, le président de l’Assemblée Nationale, Mahamane Allassane Haïdara déclare : « Mes chers camarades, à partir de demain, vous cessez d’être des députés, nous cessons d’être des députés. » <em>(Ibidem)</em> Intervenant le dernier, Modibo Keïta prend acte de la démission collective des députés en ces termes : « Je prends acte de la loi qu’à l’unanimité, l’Assemblée vient de voter. Le C.N.D.R. sera incessamment saisi. Et comme toujours, la direction nationale du parti (qui, du point de vue juridique, avec la dissolution du BPN, n’existait plus) fera au chef de l’État les propositions pour que puisse être assurée d’une manière permanente la représentation populaire » <em>(Ibidem)</em>

&nbsp;

Ainsi, les Députés ont « voté », à l’unanimité, la loi qui dispose :

&nbsp;

« Vu la décision historique du 22 Août 1967 du C.N.D.R. portant dissolution de l’ex-bureau politique national et tous les actes ultérieurs de rénovation des organes du Parti et de l’État ;

« Décident solennellement de se démettre de leur mandat de députés à l’Assemblée Nationale et de donner tous pouvoirs à M. Modibo Keïta, Président du C.N.D.R. et Chef de l’État ;

&nbsp;

« 1. d’instituer par ordonnance la permanence du pouvoir législatif en attendant la mise en place de nouvelles institutions parlementaires ;

« 2. de procéder à la rénovation de toutes les institutions de l’État.

&nbsp;

<strong>L’INSTITUTION DE LA DELEGATION LEGISLATIVE</strong>

&nbsp;

La dissolution de l’Assemblée Nationale peut être prévue par la Constitution. Mais, quand elle se produit, la démocratie recommande de consulter, à nouveau le peuple, à travers de nouvelles élections, et ce, dans les meilleurs délais. Ce ne sera pas le cas sous l’US-RDA. S’en remettre au peuple pour de nouvelles élections comporte un risque : celui de se voir obligé de composer avec une chambre que l’on ne contrôlerait pas, de donner l’occasion à tous ces responsables éliminés progressivement de se réorganiser pour reconquérir les positions perdues. Voilà pourquoi la dissolution de l’Assemblée Nationale n’est pas suivie de nouvelles élections. Ainsi, à terme, l’objectif est atteint. Désormais, Modibo Keïta concentre entre ses mains la totalité du pouvoir.

&nbsp;

Comme pour la constitution du CNDR, il va, par voie de cooptation, nommer les membres d’une Délégation Législative qui lui sera fidèlement soumise et qui, du reste, restera purement nominative, ne se manifestera par aucun acte concret allant dans le sens de résolution des problèmes internes. Tout se passe comme si cette sa création n’était que l’expression d’une fuite en avant, d’une volonté déguisée de se dédouaner d’une accusation d’enfreinte à la démocratie.

&nbsp;

L’Ordonnance n°1 PG-RM du 22 Janvier 1968 créant en République du Mali une délégation législative qui assume les attributions dévolues à l’Assemblée Nationale par la Constitution, en son article 2,  en donne la composition. Sont  membres de la délégation législative : Mahamne Alassane Haïdara, Yacouba Maïga, Alioune Sissoko, Ibrahima Sangho, Kounady Traoré,  Amadou Thioye, Mohamed Sylla, Youssouf Dembélé, Tjiécoura Coulibaly, Dossolo Traoré, Gabou Diawara, Alassane Touré,  Mamadou Famady Sissoko, Mamadou Sarr, Tiécoura Konaté, Mamadou Doucouré, Séga Sissoko, Facourou Coulibaly, Mamadou Diarrah, Samba Soumaré, Théfing Koné, Daouda Traoré, Kassim Dissa, Farabé Kamaté, Pathé Touré, Amadou Maïga, Alhousseïni Touré, Mohamed Aly Ag Assaleh.

&nbsp;

<strong>LE CULTE DE LA PERSONNALITE</strong>

&nbsp;

La concentration des pouvoirs entre les mains d’un seul homme s’accompagne du culte de la personnalité comme dans les démocraties populaires de l’époque. Par l’intermédiaire d’organes et d’instance à sa dévotion, il s’instaure, avec le slogan : « une seule option, le socialisme ; un seul parti, l’Union Soudanaise RDA ; un seul guide, Modibo ».

&nbsp;

La Révolution active en donne le ton qui sera amplifié par Mamadou Diarrah lors de la présentation de sa motion préjudicielle devant l’Assemblée Nationale le 17 janvier 1968. Modibo Keïta y est présenté comme « notre seul guide », « le seul guide incontesté et incontestable de notre peuple », « l’incarnation la plus achevée de notre option socialiste ».

La formation idéologique est inscrite aux programmes d’études des établissements d’enseignements secondaire et supérieur. Elle porte essentiellement sur le marxisme-léninisme enseigné comme paroles d’Évangile à des catéchumènes, affecté du coefficient le plus élevé. Ainsi, en classe terminale, option sciences exactes, la mathématique et la formation idéologique avaient le même coefficient : 8. A l’École Normale Supérieure, Mamadou Sarr, « professeur » chargé de la formation idéologique,  présente le secrétaire général du parti comme « le meilleur des Maliens. »

&nbsp;

Lors de la Semaine de la Jeunesse de juillet 1968, la troupe théâtrale de la région Sikasso le sacre « Président-Jigiseme » (Président-Espoir). Le quotidien national <em>l’Essor</em> ouvre ses colonnes aux poètes en herbe pour chanter ses louanges tandis que le <em>Chant de la Révolution</em> proclame : « La voix de Modibo a sonné le salut ».

&nbsp;

En définitive, l’US-RDA a engagé le Mali dans la voie de la construction du socialisme. C’était en 1960. Deux ans après, les difficultés commencent à se faire jour à cause de la manière dont l’option du parti est appliquée. Le coup d’État intervenu au Ghana en 1966, sonne comme une alarme : bien qu’en 1962, le régime, avec l’arrestation de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et Maraba Kassoum Touré ait jugulé toute forme d’opposition, ouverte ou latente, la preuve est faite qu’il n’est pas à l’abri de soubresauts pouvant lui être fatal.

&nbsp;

Se sentant pris dans l’étau des difficultés économiques et des contradictions politiques, il amorce ce qui s’assimile à une fuite en avant. Il lâche du lest en renouant avec la France et en acceptant de passer sous les fourches caudines des Accords monétaires franco-maliens. Mais, ce qui est lâché sur le plan économique est récupéré sur le plan politique.

&nbsp;

Progressivement, de mars 1966 à janvier 1968, Modibo Keïta exploite un ensemble de dispositions pour faire le vide autour de lui aidé en cela par une jeunesse enthousiaste mais dépourvue d’expérience. A partir de cette seconde date, rien ne s’oppose plus à son omnipuissance. Ceux qui ont fait l’US-RDA se trouvent éliminés de l’US-RDA. Voilà qui permet au Pr Makan Moussa Sissoko de tirer la conclusion suivante : « Le parti était devenu l’instrument des thuriféraires et des troubadours incapables de se faire élire dans leur village. » (Sur le site de afribone.com, le 15 avril 2012)

&nbsp;

Des décennies après le déclanchement de la Révolution active, Aoua Keïta, dans son autobiographie, est revenue, très brièvement, sur ses méfaits, en particulier, sur ce qui s’assimile à une forme d’ingratitude envers les militants de la première heure, à travers le cas particulier du secrétaire général de la section de Nara, Fabou Keîta.

&nbsp;

Voici en quels termes elle relate la manière dont un militant authentique fut éliminé de la scène politique après avoir tout sacrifié au parti : « Toutes nos réunions se tenaient chez notre vénérable président, l’adjudant-chef Fabou Keïta, ce courageux combattant de la Seconde Guerre mondiale, titulaire de la médaille militaire et d’autres décorations, ce premier militant de notre parti à Nara, ce responsable engagé dont aucune promesse, aucune tractation n’ébranla la conscience, est resté égal à lui-même jusqu’à la libération politique du pays. Vers les années 1967, il fut écarté par de jeunes démagogues dont l’action n’a fait que nuire au parti et au pays. (<strong>Femme d’Afrique</strong>, page 251).

&nbsp;

Telle était la situation politique dans notre pays à la veille des événements de novembre 1968.

&nbsp;

A suivre

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Rétrospective : Discours de Léopold Sedar Senghor à l’OUA le 23 mai 1963</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-discours-de-leopold-sedar-senghor-a-loua-23-mai-1963-1992992.html</link>
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<pubDate>Mon, 16 Jan 2017 13:37:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[« Excellences, Chers Frères, « Voici enfin vécu ce rêve longtemps rêvé : celui d’une Conférence qui réunirait, fraternellement, tous les Chefs des Etats indépendants d’Afrique. C’est un grand pas en avant. Vous êtes d’accord, nous n’avons pas le droit d’échouer. Ce rêve vécu, nous devons maintenant le réaliser sous peine de trahir et nos peuples respectifs, et l’Afrique-Mère. « Il est temps de bâtir sur notre terre : sur nos réalités. « Ce qui suppose que nous commencions par rejeter tout fanatisme racial, linguistique, religieux. Alors, mais alors seulement, nous pourrons définir notre but, lucidement. « Le but que nous devons assigner (…) ne peut être que (…) le développement par la croissance économique. Je dis le développement. J’entends par-là la valorisation de chaque Africain et de tous les Africains ensemble. Il s’agit de l’Homme. « Dans le passé, le colonisateur a pensé que nous étions des sous-hommes et il nous a traités comme tels. « Si la guerre froide a amené les Grands à nous courtiser, (…) c’est surtout que le Tiers Monde a uni ses faiblesses pour en faire une force.

Mais ne nous faisons pas d’illusions, la peur n’est pas le respect, et on n’a même pas peur de l’Afrique. « C’est dire qu’il nous faut faire plus. Il ne suffit pas que l’union de nos faiblesses apparaisse comme une force. Il n’importe pas de faire peur. L’important, c’est que nous transformions chacune de nos faiblesses en force, que nous fassions, de chaque Africain, un homme qui mange et s’instruise à sa faim : un Homme développé parce qu’il aura consciemment cultivé, en lui, corps et âme, toutes les vertus de l’Africanité.

Il s’agit, par et par-delà la croissance économique, par et par-delà le mieux-être, de porter chaque Africain à la limite de ses possibilités : à son plus-être.

Alors, au dire des économistes, l’Afrique pourra nourrir 3 milliards d’hommes.

Je dis qu’alors, ressuscitant les vertus de Saint Augustin et d’Ibn Khaldoun, ressuscitant les vertus de nos bâtisseurs, de nos sculpteurs, de nos peintres, de nos poètes, au Nord et au Sud du Sahara, l’Afrique contribuera puissamment à l’édification de la Civilisation de l’Universel. Par son unité, elle aura été, auparavant, un facteur de paix : de cette Paix sans laquelle, il n’est pas de civilisation. « Il y a, au premier abord, des obstacles à franchir.

Encore qu’ils soient bien visibles, nous devons leur prêter attention. Je rappelle les Fanatismes -racial, linguistique, religieux- dont nous nous débarrasserons pour commencer.

Il y a ensuite les micro-nationalismes. Songeons-y, des nations européennes de 30, 50, 60 millions d’habitants en sont venus à découvrir que leur territoire était trop étroit, leur population trop peu nombreuse pour organiser une économie, voire créer une civilisation qui ne soit pas mutilée. Que dirons-nous des nôtres dont la plus nombreuse ne dépasse pas 40 millions d’âmes ? « Si nous pouvons, assez facilement, surmonter nos diversités religieuses, en nous souvenant que nous sommes tous des croyants, des fidèles de religions révélées, osons encore le dire, les diversités ethniques, linguistiques culturelles ne sont pas je ne dis pas effacées (ce qui serait un appauvrissement), mais harmonisées demain.

« Dans un premier temps, nous reconnaîtrons ces diversités complémentaires.

Nous aiderons même à les organiser en Unions régionales.

J’en vois trois : l’Afrique du Nord, l’Afrique Occidentale, l’Afrique Orientale – en attendant que soit libérée l’Afrique du Sud. Chacune de ces unions pourrait, à son tour, se diviser en unions plus petites. « Notre lutte pour l’indépendance des territoires africains est loin d’être terminée, je le sais.

J’irai même plus loin, contre les colonialismes portugais et sud-africain, nous avons, jusqu’ici plus parlé que nous n’avons agi. Il est temps que le blocus diplomatique et économique préconisé soit méthodiquement organisé, encore plus appliqué. « J’ai insisté sur les obstacles qui se dressent, devant nous, sur la voie de l’Unité Africaine. Vous me le pardonnerez. J’ai pensé que c’était la meilleure méthode. Ces obstacles, il va falloir, maintenant, les circonscrire, puis les écarter, au moins les réduire pour progresser. Nous le ferons en donnant, à nos institutions, des structures rationnelles et réalistes.

Vive l’Afrique éternelle. »

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Afrique&#45; France : Le sommet de l’occupation du Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/afrique-france-sommet-de-loccupation-mali-1992892.html</link>
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<pubDate>Mon, 16 Jan 2017 10:23:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>De la mission Afrique centrale dite «Mission Voulet-Chanoine» de 1898-1899, au sommet France-Afrique, du 13 au 14 janvier 2017, il ya 119 ans. Le gouvernement du Mali organise un sommet pour recevoir le président français et met la supériorité de la France en sellette.</strong>

En organisant un sommet Afrique- France à Bamako, au troisième millénaire, c’est un retour au colonialisme français. C’est la France qui a un intérêt à organiser ce sommet pour la nostalgie de son ancien empire colonial qui date  du XVIème siècle. La France rêve toujours de ses anciennes colonies et elle n’est rien sans ces colonies et son arsenal militaire en est la parfaite illustration face  au peuple d’Afrique. C’est ce que Louis-Gustave Binger exprime par cette citation : «<strong><em>Une France désarmée et sans colonie ne pèsera pas plus dans les convoitises universelles que ne pèse devant une section d’artilleurs une tribu du bas Niger.</em></strong>»

Au lieu d’organiser un sommet France-Afrique qui en toute vérité ne réveille que le souvenir sanglant de l’occupation du Soudan (actuel Mali), depuis 1878 jusqu’au 22 septembre 1960, il faut demander à la France de compenser les pays africains colonisés par elle pour ses crimes de sang, ses crimes économiques. Les africains  ont toujours  à l’esprit  d’être «<strong>colonisé</strong>» et ceux qui nous dirigent  sont des gouverneurs nègres, au service du monde occidental. Quand la France coloniale rentrait au Mali, c’est 89 ans après la révolution française, le Soudanais  avait déjà des droits à la liberté, à la vie.

A présent, chez les Français, il y’a  deux justices une  pour les français et l’autre  pour les nègres. Quels que soient les crimes commis par les soldats français sur le sol malien, la justice malienne n’a aucun droit de regard. Il faut poser cette question aux organisations des droits de l’homme comme l’AMDH (Association Malienne Des Droits de l’Homme), la RADDHO (Rencontre Africaine pour La Défense des Droits de l’Homme), FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme), les altermondialistes, etc.

L’intervention militaire française au Mali aurait importé plusieurs mauvais comportements des mœurs dans notre pays. Un exemple, quand la mission Afrique centrale (mission Voulet- Chanoine) arrivait le 03 octobre 1898 : «<em>A Ségou, aucun nouveau commandant de région n’aurait cru bon de déroger aux coutumes de ses prédécesseurs. L’un d’eux eut six (06) femmes attirées, dont cinq (05) avaient de dix à quinze ans. Fait remarquable, avant l’arrivée des Blancs «<strong>civilisateurs</strong>», les excès de cette sorte étaient punis de fortes amendes et même de cinquante coups de corde. Les Blancs avaient aboli cette loi bambara, sans doute pour éviter de subir eux-mêmes la peine infligée aux coupables…»</em> .

Quand le président malien, son excellence Ibrahim Boubacar Keita, disait l’autre jour, «<strong>Merci le président Hollande pour la confiance renouvelée»,</strong> cela fait pitié car le président Hollande n’est pas indispensable pour le Mali. La première des choses, il faut que les maliens aient confiance en eux-mêmes d’abord, que les maliens sachent qu’ils existent et qu’ils doivent exister.

Pour les crimes commis  de la France dans le monde, le président Hollande a dit ceci : «<strong>reconnaissance : oui mais repentance : non. </strong>. Le président Hollande avait déclaré sur la situation en Syrie, «<strong>Notre devoir, est un devoir humanitaire».</strong>

Il faut lui poser la question, pourquoi  cette mission en Afrique centrale confiée aux officiers français <strong>Voulet et Chanoine n’avait pas un droit humanitaire ?</strong> Et pourtant, dans la tête des officiers français et de leur pays, il n’y a plus de signature de protectorat, il n’y a plus de douceur  envers des populations africaines ; le capitaine avait adressé une lettre officielle dont voici la teneur : «<strong>Il serait présomptueux de ma part de prendre quant aux régions à l’Est de Say d’autres engagements que celui d’assurer le succès</strong>».

Voulet, comme son second Chanoine, «<em>tiennent des raisonnements sur les avantages de la terreur, prétextant que la guerre la plus «<strong>humanitaire</strong>», est la plus courte, donc la plus impitoyable. Ils avaient tous deux la prétention de gagner le cœur de leurs soldats en laissant libre cours à leurs plus bas instincts</em>».

Le sommet France-Afrique, du 13 au 14 janvier 2017, est une «prévision budgétaire globale de plus 35 milliards de Fcfa et l’organisateur principal de ce sommet n’est rien d’autre que M. Abdallah Coulibaly qui vient de recevoir une médaille de la France. Nous lui rappelons que cette médaille ne lui permettra pas de rentrer sur le territoire français sans visa.

Nous rappelons cette anecdote raconté dans le livre de M. Jean-Claude Simoën ; <em>«Le nommé Diaguiri, fils de l’ancien roi du Kaarta, engagé par le capitaine Voulet, a déjà fait colonne avec le colonel Archinard et le commandant Bonnier. Il a trois blessures de guerre et est titulaire d’une médaille d’honneur. La mission l’a renvoyé pour inaptitude et mauvaise volonté. «<strong>J’ai marché, me dit-il, avec le colonel Archinard et le commandant Bonnier, jamais ils ne faisaient de mal ; mais le capitaine Voulet et le capitaine Chanoine, il n’y a pas bon, partout où ils passent, ils font du mal.</strong>» Cet homme est resté cinq mois au service de la mission et a été mis à la porte sans un sou. En arrivant à Say, il a dû vendre son boubou pour manger.»</em>

Quand la mission Afrique centrale prenait son départ au port de Bordeaux, comme provision en nourriture, elle n’avait que huit cent quarante kilos de farine. Cette mission a traversé le Sénégal, le Soudan français (actuel Mali) la Haute-Volta (actuel Burkina Faso) et le Niger.

A M. Abdallah Coulibaly, ce sont des milliers de tonnes de mil qui ont été expropriés des populations par la force pour nourrir cette colonne barbare sans compter le bétail (bovins, caprins, ovins, camélidés et des milliers de têtes  de bovins et ovins. Voici un exemple : «<em>Les razzias opérées dans les villages pour se procurer des porteurs se multiplièrent. A ses tirailleurs, Voulet avait appris à mettre un point d’honneur à rapporter le plus gros butin possible, le plus grand nombre de femmes, et surtout de réserve de mil ou de riz... Quatre-vingt prisonniers furent attachés au moyen de lanières qui les étranglaient presque. Ceux qui faiblissaient ou refusaient d’avancer étaient abattus</em>.» (Cet événement a eu lieu à Sansanné Haoussa (actuel République du Niger, mais au moment de cette mission,  le village  faisait partie du Soudan).

Que les peuples colonisés par la France sachent que leur ancien maître n’a rien à leur donner. Pour avoir la paix, il faut prendre conscience de leur propre existence.

Les peuples africains doivent seulement prendre la France comme un affairiste.  Si elle a besoin de construire des routes, des barrages ou autres infrastructures économiques, ou la formation académique et technique de leurs cadres, il faut négocier la facture et la payer. Il faut que les peuples africains se libèrent politiquement et militairement de la France.

La colonne Bonnier dans le cercle de Goundam avait volé 4.400 moutons aux Touaregs et une centaine de bœufs.

Voici ce que la mission Voulet- Chanoine avait noté : <em>«Sur le Niger, on prenait tout ce qu’on pouvait, hommes, femmes, enfants, chevaux. On tirait sur tout ce qui faisait mine de s’échapper ou de s’enfuir…, écrirait Joalland»</em>. «<em>La traversée du pays Djerma, hostile et ne se contenant qu’en raison de l’hostilité de la troupe, fut encore l’occasion de prendre de force grains de mil dans les villages.»</em>

A l’intention de M. Abdallah Coulibaly, organisateur du sommet France-Afrique de janvier 2017 ; voici quelques illustrations des crimes de la France coloniale sur les paisibles populations africaines.

Une douloureuse illustration tirée de l’ouvrage <em>La Gloire du Sabre</em> de Vigné d’Octon (Flammarion, Paris, 1900), avec sa légende :

Ces faits d’armes leur confèrent le gallon nécessaire pour être nommés à la tête de la mission de conquête du Tchad.

&nbsp;

A l’aube de l’année 1899, la mission Voulet-Chanoine quitte les rives du fleuve Niger et s’enfonce dans les plaines désertiques. Forts d’une troupe de 250 tirailleurs, 20 spahis (cavaliers du Maghreb) et de plusieurs centaines de porteurs, les huit officiers français, par manque de moyens, projettent de se servir dans les villages qu’ils rencontreront. En gros, avant même de partir les deux capitaines s’étaient déjà prévus un chemin de ripaille et de pillage.

En quelques semaines, les atrocités commencent, des dizaines de villages sont rasés. On viole, on pille, on brûle, on coupe des têtes, bref on civilise les indigènes. Le Lieutenant Peteau, écœuré, s’insurge et se fait renvoyer par Voulet selon une formule qui devait ressembler à «<strong>Pas de place pour des fillettes dans ma colonne</strong>.» ou encore «<strong>Casse-toi pauvre con !».</strong>

En 2015, «<em>le village de Diéna dans le Cercle de Bla a célébré, le 24 février, la 9<sup>ème</sup> édition de la commémoration de l’anniversaire de la résistance héroïque de la localité à la pénétration coloniale française. C’était le 24 février 1891. Il y a donc 124 ans</em>».

Le bilan de la bataille de Diéna (cercle de Bla, région de Ségou a fait «<em>1.000 morts sur 1600 hommes et femmes engagés du côté de la résistance</em>» <strong>(Source Amap 2015).</strong>

A côté des 35 milliards de FCFA reçus par M. Abdallah Coulibaly, nous allons dresser une petite facture que la France doit au peuple du Mali pour ses crimes de sang, ses crimes économiques sans compter les multiples crimes contre notre personnalité et notre dignité dont les multiples viols des femmes. Cette facture, c’est comme une goutte d’eau dans un océan ou un grain de sable dans le désert

Dans le livre du Professeur Bakary Kamian, «<strong>Des tranchées de Verdun à l’église Saint-bernard</strong>», ce sont 17.000 maliens qui sont pour la France dans ses guerres (1914-1918 et 1939-1945) contre l’Allemagne

En conclusion, nous sommes toujours dans les mains de la France. Le président français François Hollande vient de tenir un discours de mensonge devant les forces françaises stationnées à Gao. En déclarant que c’est la France qui avait empêché l’avancée des djihadistes vers le sud du Mali et que le Mali a retrouvé toute son intégrité, voici le discours du mensonge.

Depuis fin mars 2012, le Mali n’est pas à Kidal. Même le petit détachement des forces armées et de sécurité avec un petit staff du gouvernorat, tout a basculé, en mai 2014, où la France a comploté pour décimer l’armée malienne et humilier le gouvernement malien et son peuple.

<strong>A Suivre !</strong>

<strong>Yacouba Aliou</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Propos mémorables :    Zeïdane Ag Sidalamin Conseiller technique Commissariat au Nord 1993</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 16 Jan 2017 01:16:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[« <em>Le pacte National, conclu le 11 avril 1992 à Bamako, est un acte de réconciliation nationale au service de la sécurité, du développement et de la démocratie. Il constitue un symbole et une expérience. Expérience, car ce pacte constitue un bel héritage à léguer aux générations futures</em> ».
<h2></h2>
<h2>Feu Tiéoulé Mamadou Konaté Président du BDIA novembre 1994</h2>
« <em>Je dis qu’il faut rapatrier le dossier des régions du nord-Mali, entreprendre des démarches pour ouvrir le débat au Mali, entre Maliens concernés. </em>

<em>C’est ça l’approche du BDIA. </em>

<em>Mais avant cela, il ne faudrait rien négliger sur le plan de la sécurité, pour que les populations puissent être à l’abri d’attaques, d’assassinats. </em>

<em>Notre gouvernement doit redoubler l’effort pour convaincre les rebelles que la paix est possible dans l’honneur et la négociation. </em>

<em>Mais, il doit être clair que cela n’est compatible, ni avec la surenchère, ni avec les pressions internationales, encore moins, avec les attentats terroristes ».</em>
<h3></h3>
<h3>Younouss Hameye Dicko secrétaire général de l’UDD novembre 1994</h3>
« <em>Nous ne pouvons pas comprendre que, parce que, on est rebelle, parce que, on est gouvernement, dans le dossier du nord, seuls ces deux parlent au nom des populations, gèrent la situation dans le nord, alors que les véritables populations dans le nord n’ont jamais participé à la gestion du dossier ».</em>
<h3></h3>
<h3>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Mars 1996)</h3>
"L<em>a grosse erreur a été de faire croire que la démocratie peut tout régler comme par un coup de baguette magique. Une démocratie se bâtit lentement avec des hommes et des femmes qui y adhèrent et auxquels, il faut donner toutes les explications qui s’imposent."</em>

<strong> </strong>

<strong>Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</strong>

<em>« Nous avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement ». </em>

<em> </em>
<h2>Djiguiba Kéïta dit PPR, PARENA : 2001</h2>
<em>« Le Mali nouveau, ce n’est pas le MPR qui peut le bâtir, c’est nous, c’est-à-dire les autres, ceux qui ont combattu le système dont le MPR se réclame ».</em>

Feu Me Demba Diallo

« Aujourd’hui, Moussa Traoré peut se targuer d’avoir été trop bien traité par rapport à ce qu’il a réservé à ses adversaires et même à ses amis, morts dans les conditions que l’on sait à Taoudénit ».

<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </strong>

<em>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</em>

<strong><em> </em>Ibrahim Traoré, Directeur de Publication Le Républicain Mai 1999</strong>

<em>« Qu’on l’aime, qu’on le haïsse, importe peu. Le Président Alpha Oumar Konaré, au cours de son mandat, a fait preuve d’une humilité déconcertante et d’un sens de l’Etat dont on trouverait difficilement la réplique ailleurs sur le continent ».</em>

<strong>Tiébilé Dramé, Secrétaire Général du Parena (Mars 1996)</strong>

<em>"Quand on a été torturé ensemble, quand on </em>a partagé les mêmes cellules de <em>détention, qu’on a</em>it<em> fait partie des mêmes convois de déportation, d’exil intérieur, il est normal qu’on soit du même côté."</em>

<strong> </strong>

<strong>Rassemblées par B</strong><strong>oubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
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<title>19 novembre 1968: Modibo Keita, l’élimination de la vieille garde (suite)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/19-novembre-1968-modibo-keita-lelimination-de-vieille-garde-suite-1991512.html</link>
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<pubDate>Mon, 16 Jan 2017 01:14:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>La disparition de Mamadou Konaté et de Tiémoko Diarra affaiblit l’aile modérée de l’US-RDA. Celle-ci contenue cependant d’exister, incarnée par des responsables de la première heure. Ces derniers ne sont pas contre l’option socialiste, mais recommandent plus de modération dans sa mise en œuvre. Avec les difficultés économiques que connaît le pays, Modibo Keïta signe, avec la France, des accords monétaires à des conditions très humiliantes. Cela est perçu comme un étau qui se desserre de la part des modérés, comme une capitulation de la part des radicaux. Modibo Keïta va donner à ces derniers des gages de son engagement « révolutionnaire » : avec leur appui, il va éliminer « la vieille garde » du parti et se retrouver, à la veille du 19 novembre 1968, seul maître à bord.</em></strong>

Le Secrétaire Général du Parti, avec leur appui des radicaux du parti, évite de convoquer le VII<sup>è</sup> Congrès ordinaire, empêchant ainsi les sections de l’intérieur de venir exposer les difficultés vécues par les militants à la base aussi bien dans les villes que dans les campagnes. En revanche, il prend une série de mesures qui vont éliminer, totalement, de la scène politique, les modérés.

La première de ces mesures est la création, le 1<sup>er</sup>  mars 1966, du Comité National de Défense de la Révolution (CNDR). Elle est décidée par la Conférence des cadres du Parti convoquée à la suite du coup d’État survenu au Ghana. Cette création rend le Bureau Politique National inopérant dans la mesure où le nouvel organe, non prévu par les statuts du parti, est doté des pleins pouvoirs. Aucun modéré n’en fait partie.

En effet, le Comité National de Défense de la Révolution est constitué par le Secrétaire Général du Parti et ceux qu’il lui a plu de coopter ; à savoir : Mahamane Alassana Haïdara, président de l’Assemblée Nationale, Gabou Diawara, Commissaire à la Jeunesse, Mamadou Madéira Keïta, ministre de la Justice et du Travail, le colonel Sékou Traoré, chef d’État Major des armées, Mamadou Diakité, ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense et de la Sécurité, Mamadou Famady Sissoko, Secrétaire Général de l’UNTM, Yacouba Maïga, vice-président de l’Assemblée Nationale, Seydou Badian Kouyaté, président de la Commission Économique et Financière du parti, Ousmane Bâ, ministre des Affaires Étrangères, Mama Keïta, du bureau de l’UNTM,  David Coulibaly, Responsable du mouvement des Jeunes (J-RDA).

&nbsp;

La deuxième mesure est constituée par deux remaniements du gouvernement dont le premier survient le 15 septembre 1966.

Baréma Bocoum, ministre de l’Intérieur et Abdoulaye Singaré, ministre de l’Éducation Nationale ne font plus partie de l’équipe. Hamaciré N’Douré, ministre de la Coopération et de l’Assistance technique conserve le titre de ministre, mais est éloigné du territoire national : il est nommé ministre délégué à la Présidence pour représenter le Mali auprès de la CEE, des royaumes de Belgique et des Pays-Bas, du Grand-duché du Luxembourg, de la République Fédérale d’Allemagne.  Oumar Baba Diarra dont le frère Idrissa Diarra, numéro deux du BPN avait perdu toute prérogative au sein du parti avec la création du CNDR, reste au gouvernement avec le titre de ministre du Travail, mais pour dix mois : au réaménagement technique de juillet 1967, il est remplacé par Madéira Keïta qui, du coup, cumule les fonctions de ministre d’État chargé de la Justice avec celui du Travail.

Le second remaniement de l’équipe gouvernementale survient le 7 février 1968. Cible principale de ce remaniement, Jean Marie Koné, celui-là qui, dès la naissance du RDA, a milité avec ardeur pour réussir son implantation dans le Kénédougou.

Le doyen des modérés, très attaché à la terre et aux valeurs ancestrales, continue de siéger au gouvernement dont il n’a cessé d’être membre depuis la période de l’autonomie interne consacrée par l’entrée en vigueur de la Loi-Cadre 1957.

En effet, le très populaire Jean-Marie Koné a été, de 1957 à 1968 : Vice-président du Conseil du gouvernement issu de la mise en œuvre de la loi-cadre, Président du gouvernement de la République Soudanaise, membre de la Fédération du Mali (décembre 1958-avril 1959), Vice-président du conseil, chargé de la Justice et de la Fonction publique (16 avril 1959-25 janvier 1965), ministre d’État chargé de la Justice (25 janvier 1965-166 septembre 1964), ministre d’État sans attribution particulière (16 septembre 1964-15 septembre 1966), ministre d’État , ministre du Plan, de la coordination des Affaires économiques (15 septembre 1966-7 février 1968), ministre du Plan (7 février 1968-18 novembre 1968). Ainsi, il perd son titre de ministre d’État et son rang au gouvernement selon l’ordre de préséance. Il est rétrogradé du rang de numéro deux a à celui de numéro cinq, après Modibo Keïta, Madéira Keïta, Ousmane Ba et Mamadou Diakité. Il reste ministre du Plan mais perd la Coordination des Affaires Économiques et Financières attribuée à Bacara Diallo nommé au poste de Secrétaire Général auprès de la Présidence.

Le 23 juillet, à la faveur d’un aménagement technique, trois ministres délégués à la Présidence sont nommés : Yacouba Maïga, Gabou Diawara et Seydou Badian Kouyaté. Yacouba Maïga est récompensé pour sa fidélité : lors du duel entre Modibo Keïta et Tiémoko Diarra, celui-ci avait obtenu le ralliement des responsables du Nord. L’ascension de Bacara Diallo, de Gabou Diarra et de Seydou Badian consacre l’émergence des jeunes plus idéologues que pragmatiques.

Par conséquent, au terme de deux remaniements du gouvernement et de deux réaménagements techniques, le Président du Conseil, Modibo Keïta, a renforcé son audience sur l’institution en se débarrassant des membres de l’aile modérée du parti.

La troisième mesure qu’il prend, toujours pour renforcer son pouvoir, est le déclanchement de la « Révolution active » le 22 août 1967. Le CNDR, mis jusque -là en veilleuse, va être activé pour assumer la plénitude du pouvoir. Les BPN est dissous. Les sections de l’intérieur sont dissoutes. De nouveaux responsables sont, non pas nommés, mais désignés pour animer les Comités Locaux de Défense de la Révolution (CLDR) qui se sont substitués aux sections et les Comités Révolutionnaires de Base (CRB) créés pour remplacer les comités.

Conséquence de bouleversement anti statutaire : la plupart des anciens responsables se trouvent pratiquement exclus des nouveaux organes dirigeants, obligés de céder la place à ceux qui donnent, à coup de prises de position souvent démagogiques, la preuve de leur radicalisme, de leur attachement à la révolution. Ce renversement d’hommes provoque, à la base, l’émergence et la toute puissance d’individus sans niveau intellectuel, sans formation politique, sans respect pour la tradition. De ces individus font partie les très tristement célèbres miliciens du parti.

Les CLDR, avec l’appui des membres du CNDR en tournée dans les différentes sections, soumettent les caciques du Parti à d’humiliantes séances d’autocritiques au terme desquelles ils doivent se soumettre et supporter les questions peu amères des « militants » avant de présenter leur démission. Ils avaient au préalable, chacun en ce qui le concerne, reçu du CNDR l’instruction de présenter leur bilan en répondant à la question  suivante : qu’ai-je fait de mon mandat ?

A l’exception de Mamadou Diarrah, Mahamane Alassane Haïdara et Yacouba Maïga, cooptés au CNDR, et d’Alhousseïni Touré, tous furent éliminés de la scène politique et publiquement humiliés sur commande.

Ainsi, des années 1940 aux années 1960, des hommes et des femmes qui, deux décennies durant, ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour assurer l’implantation et le triomphe de l’US-RDA se retrouvent écartés de la gestion des affaires publiques. Ils sont présentés aux populations comme « des essoufflés », « des camouflés » « ceux chez qui la flamme révolutionnaire a pâli ».

Pour rappel, ils ont, pour noms et pour ne citer que les plus illustres : Mamadou Sidibé (Kayes), Soungalo Coulibaly et Idrissa Diarra (Bamako), Birama Sidibé (Kati), Abdoulaye Singaré (Koulikoro), Dramane Coulibaly (Ségou),  Baréma Bocoum (Mopti). Se trouve également éliminée de la scène politique celle qui fit reculer le PSP et implanter le RDA à Niono, Gao et à Nara : Aoua Keïta, Présidente de la Commission sociale des Femmes, membre du BPN et député à l’Assemblée Nationale avant le déclanchement de la Révolution active.

La quatrième et dernière mesure est prise le 17 janvier 1968. Il en sera question dans notre prochaine livraison si telle est la volonté du Souverain-Maître-des-Mondes.

&nbsp;

A suivre

<strong>La Rédaction</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mouvement démocratique malien :  Mountaga Tall, Amidou Diabaté, Oumar Mariko et PPR ; les quatre qui devaient être sacrifiés pour sauver GMT</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mouvement-democratique-malien-mountaga-tall-amidou-diabate-oumar-mariko-ppr-quatre-devaient-etre-sacrifies-sauver-gmt-1985962.html</link>
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<pubDate>Thu, 12 Jan 2017 01:22:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Trop de choses se sont passées et se passent encore en République du Mali ! Et cela depuis le début de la fin du régime du Général Moussa Traoré alias GMT. Si bien que les évènements se suivent (sans se ressembler) et se poussent les uns les autres dans les oubliettes de l’histoire.

La démocratisation a apporté des changements qui passent pour des banalités... de nos jours. Seulement, certains ont risqué leur vie afin que ces banalités soient comme la liberté de se réunir, de marcher, de manifester, de créer un parti, de publier un communiqué...Même conjoint !

En effet, l’instinct de survie est naturellement inhérent à toute entité qui vi-biologiquement ou socio politiquement. GMT ne voulait donc pas que son régime finit de cette façon qui se profilait à l’horizon.

Et pour éviter la démocratie au Mali, il avait décidé qu’un certain nombre de Maliens qui contestent son pouvoir à visage découvert devaient être sacrifiés sur l’autel de la «<em>realpolitik</em>». Une page de l’histoire du Mali que l’on a tendance à oublier aujourd’hui. Un oubli facile maintenant que toutes les libertés sont acquises et que les opportunistes tentent bien que mal de réécrire notre histoire démocratique en fonction de leurs intérêts.

Mais le vieil acteur et témoin qu’est Issaka Traoré, président en titre du CNID-Association, a été poussé par l’évocation de l’histoire pour faire une allusion claire à cette page qui allait être dramatique. Si toute fois, elle se réalisait bien sûr.

Le successeur de Me Tall à la tête du CNID-Association avait eu droit au micro à l’occasion de la présentation des vœux au parti du Soleil levant à son siège, en Zone Industrielle.

Acteur de premier rang et témoin privilégié, le Doyen Traoré s’est à un moment donné tourné vers Me Tall avec ce passage : «<em>Tu faisais partie des quatre à éliminer pour  éviter la démocratisation au Mali</em>» !

Qui sont donc les membres de cette bande des quatre que GMT avait programmé de faire assassiner pour sauver son régime ?

Issaka, comme on vient de le voir en a dévoilé un : la tête du serpent, le président du CNID-Association d’alors et avocat activiste, Me Mountaga Tall.

Ironie du sort, il était suivi sur la liste par le même Issaka Traoré. Bien entendu, l’inévitable leader estudiantin (AEEM) et aussi membre du CNID-Association Oumar Mariko, était du lot ! Exactement comme Djiguiba Kéita dit PPR (Prêt pour la Révolution) ou encore Hamidou Diabaté.

En somme il fallait décapiter le CNID-Association pour sauver le régime militaro-politique.

Mais la bande des quatre est vivant à 100 %. GMT aussi. Si le Général est devenu un sage très croyant et réputé être aujourd’hui un grand «Républicain», les ambitions ont eu raison de l’unité de la «bande à quatre» qui sont aujourd’hui dans de chapelles politiques différentes. Seuls Issaka Traoré et Me Mountaga sont restés fidèles au parti né du CNID-Association !

<strong>Tientiguiba Danté</strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>19 novembre 1968 (suite) :  Modibo Keita : l’irrésistible ascension</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/19-novembre-1968-suite-modibo-keita-lirresistible-ascension-1981112.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 10 Jan 2017 01:03:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Nous poursuivons, dans ces lignes, notre réflexion sur la situation qui a prévalu dans notre pays de 1960 à 1968 et qui, en partie, aident à cerner les raisons pour lesquelles, le 18 novembre 1968, l’armée a renversé le régime de l’US-RDA et s’est emparé du pouvoir. Dans notre précédente livraison, nous nous sommes intéressés aux débuts en politique de Modibo Keïta. Dans la présente livraison, il sera question de son ascension.</em></strong>

Depuis le 22 septembre 1960, l’US-RDA s’est assigné de nouveaux objectifs avec le mandat impératif donné au Gouvernement par le Congrès extraordinaire. Désormais, Modibo Keïta cumule les fonctions de Président du Conseil et de Secrétaire Général du Parti. Mais la configuration au sein du Parti a changé.

Sous la colonisation, il a su présenter un front uni, d’abord, sous la houlette de Mamadou Konaté et, depuis le décès de ce dernier, sous la direction de Modibo Keïta. « A cette époque critique de la lutte de libération », note Aoua Keïta, une militante de première heure, « tous les camarades étaient solidement unis par des sentiments sincères et loyaux. Le Parti ne connaissait ni tractation, ni démagogie, ni opportunisme, et c’est ce qui faisait notre force. Les camarades tombés sous le coup répressif des adversaires, soutenus par l’administration coloniale, faisaient l’objet de soins attentifs de la part de tous les militants et responsables. Le linge sale se lavait en famille. » (<strong>Femme d’Afrique</strong>, page 160)

Modibo Keïta était considéré comme « le premier d’entre les pairs » : Secrétaire général du Bureau Politique National, il devait composer avec les caciques du regroupement, des hommes engagés contre les exactions du colonialisme, ne se prévalant pas outre-mesure de coloration idéologique.

Dans son dynamisme d’implantation territoriale, l’US-RDA dut sa force aux « barons » qu’étaient : Mamadou Sidibé (Kayes), Birama Sidibé (Kati), Drissa Diarra et Soungalo Coulibaly (Bamako), Abdoulaye Singaré (Koulikoro), Jean-Marie Koné (Sikasso), Dramane Coulibaly (Ségou), Baréma Bocoum (Mopti), Mahamane Alassane Haïdara (Tombouctou), Yacouba Maïga (Ansongo) et Alhousseïni Touré (Gao), tous unis derrière Modibo Kéita.

Avec l’accession à l’indépendance, la situation change. De nouveaux responsables émergent, différents des premiers aussi bien par l’âge que par la formation. Un clivage va se créer entre deux tendances : celle des partisans d’une modération dans l’application du programme socialiste et celle des partisans d’une marche forcée dans la mise en application des résolutions du Congrès extraordinaire.

En réalité, comme déjà souligné dans notre précédente livraison, cette opposition est latente depuis 1950, date de la fin de l’apparentement du RDA avec le Parti Communiste Français (PCF). La fin de la collaboration entre ce parti métropolitain et le RDA, voulue et imposée par Houphouët-Boigny, est différemment vécue par les sections territoriales. Celles du Sénégal et du Cameroun, à l’instar du Secrétaire général Gabriel d’Arboussier, désavouent ouvertement le geste, s’en désolidarisent et se trouvent exclues du rassemblement) Il en est de même, parfois, à l’intérieur d’une même section territoriale.

Au Soudan, au nom de la discipline du parti, Modibo Kéita l’accepte à contrecœur. Mais Tiémoko  Diarra s’en réjouit ouvertement. L’opposition entre les deux hommes ne tarde pas à se manifester au grand jour comme déjà dit dans notre précédente livraison. Ce sera à l’occasion du congrès de 1952, lorsque, pour contrer l’influence grandissante de Modibo Keïta, Secrétaire Général du parti, Tiémoko Diarra proposera la création du poste de président du parti et Mamadou Konaté pour l’occuper.

A partir de ce moment est né le clivage entre le groupe de Modibo Keïta et le groupe de Mamadou Diarra. L’antagonisme se manifeste avec acuité en 1953, lors de l’élection des conseillers de l’Union Française par l’Assemblée Territoriale où le PSP détient la majorité des sièges. Ne pouvant s’entendre, chacune des tendances dépose une liste.

Celle de Modibo Keïta est constituée comme il suit : Modibo Keïta, Ibrahima Sall,  Mamadou Fadiala Keïta, Baréma Bocoum, Cantara Sissoko ; et celle de son rival : Tiémoko  Diarra, Mamby Sidibé, Robert Cissé, Dossolo Traoré, Paul Leroux.

La seconde liste a le soutien de Mamadou Konaté, Abdoulaye Singaré, Maraba Kassoum Touré. Modibo Keïta se le rappellera ultérieurement, lorsqu’il eut affermi son emprise sur le parti : Abdoulaye Singaré sera écarté du Bureau Politique National en 1955, cessera d’être secrétaire général de la section de Koulikoro en 1961, sera écarté du gouvernement en 1966 ; Marba Kassoum Touré sera arrêté en juillet 1962, jugé et condamné à mort ; bien que gracié, trouvera la mort ; en 1964, dans des conditions non encore élucidées pour certains, plus que claires pour d’autres qui parlent d’assassinat.

Finalement, au nom de l’unité d’action au sein du parti, Tiémoko Diarra retire sa liste, autorisant ainsi l’élection de Modibo Keïta. Ce sera, pour lui, le début de la chute. Il disparaîtra progressivement de la direction du parti avant de s’éteindre en 1960.

La mort de Tiémoko Diarra ne met pas fin aux dissensions. Après l’indépendance, celles-ci vont se manifester à la lumière de la mise en œuvre du programme économique préconisé par le congrès de septembre 1960.

Entre les deux tendances, le Secrétaire Général arbitre. Mais, vite, il perçoit le parti qu’il peut tirer du clivage : s’appuyer sur les jeunes pour réduire l’influence des caciques et, partant, affirmer sa totale emprise sur le Parti. Il y parvient après le coup d’Etat survenu au Ghana le 24 février 1966.

L’événement est vécu à Bamako avec une grande appréhension. Mamadou Gologo, ministre de l’Information, a beau affirmer : « Au Mali, la contre-révolution ne passera pas », la preuve est faite que les régimes dits progressistes ne sont pas à l’abri des coups d’Etat. Désormais, ceux-ci sont présentés, non plus comme des réactions populaires contre des régimes soumis au néo-colonialisme, mais comme  des actes commandités par le néo-colonialisme et l’impérialisme international.

Empêtré dans d’énormes difficultés économiques, Modibo Keïta va saisir l’occasion qu’offre le coup de force survenu au Ghana pour atteindre son objectif : rester seul maître à bord en se débarrassant des compagnons de la première heure. Entre février 1966 et septembre 1968, une série de mesures sont prises souvent en violation de la Constitution, des textes législatifs et réglementaires.

D’abord, il faut remédier à la dégradation de la situation économique. Le Mali se tourne vers l’ancienne puissance de tutelle jusque là, vouée aux gémonies, à cause de son rôle dans l’éclatement de la Fédération du Mali et, avec elle, signe, en février 1967, les <strong><em>Accords monétaires franco-maliens</em></strong>, accords aux conditions si humiliantes pour le Mali que le document n’est publié qu’en diffusion plus que restreinte ( il est reproduit en 50 exemplaires, 25 pour chacune des deux parties. Même certains membres du gouvernement malien n’en auront connaissance) avec toute une série de clauses secrètes. Signant ces accords, le Mali abdique, renonce à son indépendance financière acquise en juillet 1962 avec la création du franc malien, accepte de le dévaluer de 50% par rapport au franc CFA, de restructurer ses sociétés et entreprises d’État, de libéraliser le commerce et de réintégrer, à terme, l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA). A terme, les <strong><em>Accords monétaires franco-maliens </em></strong>signifient, tout simplement, sinon, le renoncement à l’option socialiste, du moins, la reconnaissance de l’échec d’une certaine politique.

Ces décisions donnent satisfaction aux modérés, pas aux radicaux. A ces derniers, Modibo Keïta va donner les gages d’une politique révolutionnaire.

Le Secrétaire Général du Parti, avec leur appui, évite de convoquer le VII<sup>è</sup> Congrès ordinaire, empêchant ainsi les sections de l’intérieur de venir exposer les difficultés vécues par les militants de base aussi bien dans les villes que dans les campagnes. En revanche, il prend une série de mesures qui vont éliminer, totalement, de la scène politique, les modérés.

<strong>A suivre</strong>

<strong>Sous le régime du comité militaire de libération nationale :</strong>

<strong>Le Pr Yaya Bagayogo  crée l’enseignement supérieur malien</strong>

Il est une idée bien répandue : la Réforme de l’Enseignement, effectuée en 1962, aurait fait engranger d’énormes progrès que le régime militaire aurait détruits. Pourtant, à y regarder de près, il semble que la réalité soit tout autre : durant les dix ans que le CMLN a exercé la pouvoir, il est vrai que les syndicats d’enseignants, tout comme les élèves et les étudiants, ont eu maille à partir avec le régime. Cependant, c’est bien durant cette période que le système éducatif malien a pris la configuration qui sera la sienne deux décennies durant avec la formation de ses meilleurs produits.

L’on ne saurait méconnaître les mérites de la Réforme de 1962. Mais, un fait demeure incontestable : si le régime de l’US-RDA a eu l’idée de la Réforme et en a commencé la mise en œuvre, le CMLN, fort de l’idée selon laquelle l’Etat est une continuité, a poursuivi cette mise en œuvre avec plus d’une initiative dont la création de l’enseignement supérieur.

Avant novembre 1968, notre pays ne comptait que deux établissements d’enseignement supérieur : l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), avatar de l’Ecole d’Administration du Soudan créée sous le régime de la l’autonomie interne (1956-1958) et l’Ecole Normale Supérieure, la doyenne des Grandes Ecoles de création authentiquement malienne.

L’ENA comportait deux cycles : un cycle A et cycle B. Le premier recevait las bacheliers pour une formation durant trois ans dans deux filières : Administration publique et Economie. Le second recevait les titulaires du DEF. A l’EN. SUP, les filières de formation étaient : Anglais, Lettres modernes, Philosophie, Mathématiques-Physiques-Chimie, Biologie. L’établissement recrutait à partir du baccalauréat et la formation durait trois ans.

L’Ecole des Travaux Publics (ETP), une école fédérale de la période coloniale, a été rebaptisée Ecole Nationale d’Ingénieurs. Elle recrutait à partir du DEF pour former des ingénieurs de premier degré. En juin 1968, l’Ecole Nationale de Médecine (ENM) fut créée, recrutait des bacheliers pour en faire, non des médecins, mais des assistants médicaux ; en d’autres termes, des intermédiaires entre les infirmiers d’Etat et les médecins titulaires d’un doctorat.

Telle était la situation de l’Enseignement « supérieur » lorsque, à la suite des événements de novembre 1968, le Pr Yaya Bagayogo fut nommé ministre de l’Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports. Il entreprit, avec les quelques rares cadres de l’époque qui avaient fréquenté les universités françaises, de lui donner un visage nouveau, celui d’un ordre d’enseignement formant des cadres supérieurs dans les domaines de l’Enseignement, de l’Administration Publique, du Génie Civil-Electromécanique, de l’Agriculture-Elevage, de la Santé.

Ainsi furent, successivement, créés, sous leur configuration actuelle : l’Ecole Normale Supérieure, l’Ecole Nationale d’Administration, l’Ecole Nationale d’Ingénieurs, l’’Institut Polytechnique rural de Katibougou, l’Ecole Nationale de Médecine, de Pharmacie et d’Ondoto-Stomatologie.

L’œuvre de création du Pr Yaya Bagayogo ne se limita pas à cela. Estimant que la structure du système éducatif malien fait songer à un monstre avec une tête gigantesque directement posée sur des membres grêles, en l’absence d’un tronc, il conçoit et crée trois structures intermédiaires dont deux dans l’Enseignement supérieur : l’Ecole Nationale des Postes et  Télécommunications(ENPT) ainsi que l’Ecole des Hautes Etudes Pratiques (EHEP). Par la suite, pour des motifs inavouables, l’ENPT, rénovée, fut fermée et, avec la création de l’Université du Mali en 1992, l’EHEP est rebaptisée IUG (Institut Universitaire de Gestion).

Puis, le Pr Bagayogo mit sur pied deux structures d’enseignement supérieur post-universitaire : le Centre Pédagogique Supérieur (CPS), rattaché à l’EN.SUP et l’Institut de Productivité et de Gestion Prévisionnelle (IPGP), rattaché à l’ENA. L’IPGP a disparu, le CPS continue de fonctionner sous la dénomination Institut Supérieur pour la Formation et la Recherche Appliquée (ISFRA). Ultérieurement, la gamme de ses établissements d’enseignement post-universitaire se diversifiera avec la création de l’Institut de Formation et la Recherche Appliquée (IFRA), rattaché à l’IPR de Katibougou qui, du coup, prend la dénomination IPR-IFRA.

Enfin, pour couronner le tout, le Pr Bagayogo a conçu et réalisé, grâce à l’appui du gouvernement, une formule permettant aux sortants du CPS de poursuivre leur formation pour l’obtention du Doctorat d’Etat (cinq ans d’études après l’obtention du doctorat de spécialité encore appelé doctorat du 3<sup>è</sup> cycle). Il leur était demandé de se trouver une inscription dans une université française et de bénéficier, par ce biais, d’une aide de l’Etat. L’aide consistait à allouer à ceux qui remplissaient les conditions, le bénéfice d’un mois de séjour en France pour une « consultation » auprès de leurs directeurs de recherches et la documentation. Grâce à ce procédé, trois Maliens purent obtenir le rade de docteur d’Etat : deux, en lettres modernes un, en physique.

Il est constamment dit que les militaires, en renversant le régime de l’Union Soudanaise-RDA ont plongé le Mali dans vingt-trois d’obscurantisme. Ils ont leurs raisons car chacun possède ses schèmes d’appréciation. Cependant, au terme d’une analyse objective, il serait difficile de minimiser ou de nier, en matière d’innovations pédagogiques au Mali, la contribution du Pr Yaya Bagayoko, dix ans ministre de l’Education Nationale sous le régime  du Comité Militaire de Libération Nationale. Conséquence de son œuvre : bien qu’en son temps le Mali ne disposât pas de structures universitaires, il a été donné aux jeunes Maliens d’effectuer toutes leurs études au Mali, du premier cycle de l’école fondamentale au doctorat sans quitter le territoire national.

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<strong>Diaoulèn Karamoko Diarra</strong>]]> </content:encoded>
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<title>2016 : chronique d’une année mouvementée</title>
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<pubDate>Tue, 10 Jan 2017 00:50:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L’année 2016 n’a certainement pas comblé les attentes. Le bateau-Mali a continué à tanguer, dangereusement, au gré d’évènements politiques, sociaux et sécuritaires tragiques pour la plupart. Les marches de protestations, les attaques meurtrières contre les forces armées maliennes, onusiennes et françaises ; les multiples réaménagements du gouvernement; l’opération de déguerpissement des kiosques à Bamako; l’état de santé du président IBK…sont autant d’évènements qui ont marqué l’année 2016.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>1<sup>er</sup> janvier 2016: </strong><strong>Aéroport international Modibo Keïta de Bamako</strong>

Depuis le 1er janvier 2016, l'aéroport international de Bamako a été baptisé au nom du père de l'indépendance du Mali, Modibo Keïta. Le Mali a voulu ainsi honorer la mémoire d'une des grandes figures de son histoire. Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a assisté à la cérémonie officielle du baptême. IBK a déclaré : « <em>C’est une reconnaissance de la nation à l’homme qui fut un grand panafricaniste.</em><em> </em>»

Pour les héritiers politiques de Modibo Keïta, si aujourd’hui l’aéroport de Bamako (qui reçoit plus d’un demi-million de passagers par an) porte son nom, c’est également une forme de réhabilitation de son œuvre.

<strong>15 janvier 2016 : Deux poids lourds du gouvernement débarqués </strong>

Le ministre de l’Economie et des Finances, Mamadou Igor Diarra, et le ministre du développement rural, Bokary Treta, ont été débarqués suite à un réaménagement de l’équipe gouvernementale. La sortie de ces deux ministres a été largement commentée à Bamako. Mamadou Igor Diarra, remplacé par Boubou Cissé, entretenait des relations plutôt difficiles avec une partie du gouvernement. Et Treta, non moins numéro deux du RPM, le parti au pouvoir, était accusé par certains de défier l’autorité du Premier ministre reconduit. De plus, des scandales se succédaient dans des structures qui dépendent de son département, comme l’affaire de l’engrais frelaté, étalée sur les places publiques par des députés de l’Assemblée nationale.

<strong>18 janvier 2016 : Mali suspendu de droit de vote à l’ONU</strong>

Le Mali est suspendu de son droit de vote à l’ONU pour non-paiement de cotisation depuis deux ans. L’opposition, qui a révélé l’affaire, ne se prive pas de faire un parallèle entre ce dossier et la gestion du pays tout entier. « Il n’a pas été géré, comme de nombreuses autres questions souvent vitales pour le Mali. Ainsi est la gouvernance actuelle du pays », déplore Djiguiba Keïta, secrétaire général du Parti pour la renaissance nationale (Parena), à l’origine de la fuite.

Dès l’annonce de cette suspension, le Premier ministre est monté au créneau pour expliquer qu’il s’agissait d’une erreur administrative dans le transfert de fonds. Il n’est pas arrivé à convaincre tout le monde.

Les Maliens ont finalement effectué les versements nécessaires et le pays a retrouvé donc son droit de vote. Environ 200 millions de francs CFA ont été versés dans les caisses de l’ONU.

Cependant, l’ambassadeur malien auprès des Nations unies a été relevé.

<strong>19 janvier 2016 : Ménaka et Taoudenit deviennent des régions</strong>

Le conseil de ministre a acté pour la création de deux nouvelles régions (Ménaka et Taoudenit) administratives au nord du Mali. Lors de ce conseil de ministre, les gouverneurs de ces deux entités ont également été désignés. Il s’agit de Abdoulaye, Alkadi Inspecteur des impôts (Taoudéni un ancien arrondissement du cercle de Tombouctou) et Daouda Maiga Professeur de l’Enseignement Secondaire (Ménaka, ancien cercle de la région Gao).

<strong>27 janvier 2016 : Bozola débraye !</strong>

Le Comité syndical de l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM) a déclenché une grève de 72 heures. Parmi les revendications, il y avait l’abrogation des lois portant sur la restructuration de l’ORTM ; la ratification d’une loi portant sur la redevance audiovisuelle; le retour de la régie publicitaire à l’ORTM ; l’harmonisation du statut des entités à créer dans le cadre de la restructuration de l’ORTM; la relecture de la loi 87-102 et son adoption; le démarrage des travaux des grands projets : la tour de l’ORTM; l’indemnisation des agents de l’ORTM pour le préjudice subi lors du coup d’Etat du 22 mars 2012. Cette grève fait suite à celle effectuée par l’Ortm les 22 au 23 décembre 2015.

<strong>3 février 2016 : Carte Nina suffira lors d’un contrôle</strong>

Lors du conseil des ministres du 3 février 2016, le gouvernement a décidé de conférer les valeurs de cartes d’identité nationale et consulaire à la Carte Nina.  Celle-ci est entrée en vigueur le 15 février. Cette décision visait à soulager nos compatriotes qui subissent beaucoup de tracasseries.

<strong>5 février 2016 : La mission de l’Onu attaquée à Tombouctou </strong>

Une attaque à la voiture piégée a visé une base de la police des Nations Unies à Tombouctou. Bilan : 1 mort (un commandant) et trois autres soldats et deux civils, dont un agent de sécurité au service de la MINUSMA ont été blessés.

<strong>1<sup>er</sup> mars 2016: plainte contre IBK pour haute trahison</strong>

Pour la première fois au Mali, un président en exercice, Ibrahim Boubacar Keita, a été visé par une plainte. Elle a été déposée le 1<sup>er</sup> mars par l'association Biprem (bloc d'intervention populaire et pacifique pour la réunification entière du Mali) auprès de la Haute Cour de justice du Mali. Le Biprem accuse le président malien de haute trahison et gestion scandaleuse de l'argent public.

<strong>2 mars 2016: Soumaïla Cissé s’installe, mais… </strong>

Ça aura été la croix et la bannière, mais le dernier obstacle pour la prise de fonction effective du chef de file de l’opposition a été levé le 2 mars. Le Conseil des ministres a adopté un projet de décret fixant la composition de son cabinet et les avantages accordés aux membres de ce cabinet. Cet acte met fin à une longue et même très longue attente pour une initiative qui remonte à la campagne électorale de la Présidentielle 2013. C’est le 13 août 2014, que le conseil des ministres adopte le projet de loi sur le Statut de l’opposition. Celui-ci est adopté par l’Assemblée nationale le 19 février 2015.

<strong>21 mars 2016 : attaque contre l'hôtel Nord Sud à Bamako</strong>

Vers 19h30, dans la capitale, des hommes armés ont forcé le barrage de l'hôtel Nord Sud situé dans le quartier d'ACI 2000. Ce bâtiment abrite les formateurs militaires des forces européennes stationnées au Mali. Quatre assaillants ont mené l'attaque, l'un d'entre eux a été «neutralisé». L'attaque, qui n'a pas duré très longtemps, a cependant été très violente. Trois autres individus ont réussi à s’enfuir.

<strong>21 mars 2016: Cstm en grève </strong>

Après l’échec des négociations avec le gouvernement et le patronat, la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), a observé 48 heures de grève, les 21 et 22 mars. Le secrétaire général de la CSTM, Hamadoun Amion Guindo, avait estimé que sa centrale a déposé le 27 juillet sur la table du gouvernement et du patronat un cahier de doléances. Parmi les revendications de la centrale, figuraient la finalisation immédiate de la relecture du statut des fonctionnaires de la police nationale et l’instauration d’un plan de carrière ; l’application des différents décrets portant statut des fonctionnaires de la Protection civile ;  l’instauration d’un plan de carrière et cadre organique ; la réintégration par le gouvernement des vingt-sept (27) syndicalistes et trente (30) militants de L.T.A licenciés pour fait de grève; l’intégration de tous les enseignants dans la fonction publique de l’Etat...

<strong>31 mars 2016: adoption du texte sur les autorités intérimaires</strong>

L’assemblée Nationale a adopté le Projet de loi N°16-06/5L portant modification de la loi N°2012-007 du 07 février 2012, modifiée, portant Code des collectivités territoriales. Au grand dam de l’opposition qui, 24 heures avant avait rejeté ladite loi au motif qu’elle viole la Constitution malienne et constitue un pas de plus vers la partition du pays. Ledit texte mettait en place des autorités intérimaires dans le Nord, au niveau des collectivités territoriales, à savoir les régions, les cercles et les communes. Cela faisait six mois que les autorités intérimaires prévues par l'accord de paix auraient dû être mises en place dans les régions du Nord.

<strong>12 avril 2016 : IBK est opéré</strong>

Le Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, a été opéré, dans un hôpital à Paris, de l'adénome de la parathyroïde. L'adénome de la parathyroïde est une tumeur bénigne des glandes parathyroïdes dont le traitement fait l’objet d’une routine médicale bien maîtrisée.

<strong>18 avril 2016 : manif contre l’opération Barkhane</strong>

Dans la matinée de lundi, à Kidal, des femmes en colère rejointes par des jeunes, ont pris d’assaut la piste de l’aéroport de la ville pour dénoncer des arrestations « arbitraires » de civils et de combattants par les forces étrangères présentes sur le terrain, à savoir les militaires français de l’opération Barkhane. Rapidement, les manifestants ont mis le feu aux installations sécuritaires de la mission de l’ONU sur place. Ensuite, des jeunes ont violemment apostrophé des casques bleus et des coups de feu ont été entendus. Il y a eu au moins un mort.

Quelques jours avant, l’opération française Barkhane a interpellé au moins trois personnes à Kidal et dans les environs.

<strong>21 Avril 2016 : Ibrahim 10 arrêté à Bamako !</strong>

La direction générale de la sécurité d’État a arrêté à Bako- Djicoroni Golf, le terroriste Mauritanien, Fawaz Ould Almeida alias Ibrahim 10, chef des opérations de Almourabitoune, avec un important lot d’explosifs et d’armes de guerre. Fawaz, qui serait l’auteur de l’attentat du restaurant la Terasse et planificateur principal des attentats de l’hôtel Radisson et du Nord-sud, se préparait à mener des actions du même genre le 22 avril 2016 contre des ressortissants occidentaux à Bamako.

<strong>5 mai 2016 :</strong> <strong>Yacouba Touré passe à la trappe</strong>

Les forces spéciales des services de renseignement ont arrêté jeudi à Bamako,  Yacouba Touré, le numéro deux du groupe terroriste d’Ansar Dine du Sud. L’homme âgé d’environ 40 ans était aussi soupçonné de fournir des armes à des groupes terroristes  au Burkina Faso.

<strong>21 mai 2016 : marche contre la mauvaise gouvernance</strong>

Des milliers de personnes ont participé à « la marche pour le Mali » à l'appel d'une dizaine de partis de l'opposition, manifestation qui a été encadrée par les forces de l'ordre. Les manifestants ont pacifiquement marché contre la « mauvaise gouvernance », « la corruption dans le pays », et pour le retour au Mali de l'ancien président malien Amadou Toumani Touré exilé au Sénégal. La marche a pris fin avec un rassemblement marqué par l'intervention de plusieurs responsables de l'opposition, dont leur chef de file, Soumaïla Cissé, président de l'Union pour la République et la démocratie (URD), et Tiébilé Dramé, chef du Parti pour la Renaissance nationale (Parena).

Dans l'après-midi, un imposant meeting a été organisé par plusieurs partis politiques et associations en faveur de la réconciliation nationale.

<strong>1<sup>er</sup> juin 2016: 4 morts lors d'une double attaque au camion piégé à Gao</strong>

Une double attaque a visé, dans la nuit, les forces internationales à Gao. C'est notamment la Minusma qui était la cible de cette action. Dans un premier temps, c'est le camp, le quartier général de la Minusma dans la principale ville qui a été visé. Et comme si l'action était parfaitement coordonnée, pendant l'attaque, une bonne partie de la ville était subitement plongée dans le noir privée d’électricité. Les assaillants ont infiltré une partie de la ville par petits groupes. Les armes lourdes utilisées par les assaillants ont tué un casque bleu. Trois autres soldats onusiens ont été grièvement blessés, et au moins 12 travailleurs civils de la Minusma ont été légèrement blessés.

<strong>23 juin 2016 : Mahamadou Diagouraga devient haut représentant du président IBK</strong>

L’inspecteur général de police Mahamadou Diagouraga, ambassadeur du Mali en Mauritanie, a été nommé haut représentant du président de la République du Mali pour l’application de l’accord d'Alger. Diagouraga n’est pas un inconnu, il avait occupé différents postes au sein de la police malienne, et dirigé plusieurs missions dans le cadre du conflit au nord.

<strong>7 juillet 2016 : 300 combattants peulh rendent les armes</strong>

Hama Founé Diallo, chef du Mouvement pour la défense de la patrie (un groupe armé du centre) a annoncé que 300 de ses combattants vont rendre les armes dans la région de Mopti. Parmi eux, de jeunes Peuls dont certains avaient même intégré des groupes jihadistes. Cette opération démobilisation de combattants au centre du Mali s’est déroulé avec la bénédiction de l’Etat et l’appui d’élus et de ressortissants de la région de Mopti.

<strong>7 juillet 2016 : un nouveau gouvernement </strong>

L’équipe gouvernementale a été réaménagée. Si les principaux portefeuilles restent inchangés, 9 nouveaux ministres ont fait leur entrée. La plus remarquée a été celle de Nina Wallet Intalou, grande militante au sein de la rébellion touareg et membre de la CMA (Coordination des mouvements de l'Azawad). Elle occupe désormais le ministère du tourisme.

<strong>12 juillet2016 : mobilisation de jeunes à Gao contre les autorités intérimaires</strong>

Malgré l’interdiction de la mairie, des jeunes, à l'appel de plusieurs organisations de la société civile, ont manifesté contre l'installation des autorités intérimaires issues des accords d'Alger. Ils demandaient aussi leur intégration dans l'armée. Le rassemblement a dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre. Bilan : 3 morts et 30 blessés.

<strong>16 juillet 2016 : marche pacifique à Bamako</strong>

Les ressortissants du nord résidant à Bamako ont exprimé leur solidarité lors d’une marche pacifique avec la population de Gao, éprouvée par la mort de quatre civils tués par balle lors d'un rassemblement.

<strong>19 juillet 2016 : 17 soldats maliens tués à Nampala </strong>

Vers 5 heures, le camp militaire de Nampala, localité située dans la région de Ségou, a été attaqué par des individus armés. Bilan : 17 soldats maliens tués à la fleur de l’âge, plusieurs autres blessés, et des dégâts matériels. Deux des 17 corps ont été inhumés à Nampala avant la cérémonie funèbre en raison d’un cas de force majeur et les 15 autres se reposent au cimetière de Ségou. Le plus jeune des victimes avait 22 ans.

<strong>20 juillet 2016 : deuil national de trois jours et réinstauration de l'état d'urgence</strong>

Un deuil de trois jours a été décrété sur tout le territoire national et les drapeaux ont été mis en berne après l'attaque meurtrière d'un camp de l'armée à Nampala. Le président Ibrahim Boubacar Keïta a également pris la décision d’instituer à nouveau l’état d’urgence pour dix jours.

<strong>22 juillet 2016: début du déguerpissement à Bamako</strong>

Mme Sacko Ami Kane, gouverneur du district de Bamako, a entamé l’opération de libération des voies publiques. Une opération qui a fait une vague de contestations à travers la capitale.

<strong>9 août2016 : reprise des hostilités entre la CMA et le Gatia</strong>

Après une accalmie, les combats avaient repris dans la zone de Kidal. Ces affrontements se déroulaient à quelque 60 km au sud-est de Kidal, dans le secteur de l'oued d'Adjlal et opposent des forces de la CMA à celles du Gatia qui se sont déjà affrontées à deux reprises dans cette même zone à la fin du mois de juillet.

<strong>11 août 2016 : marche pour Kidal</strong>

Environ 2000 personnes issues des communautés de Tombouctou et Taoudéni, ont marché pour soutenir la mise en place des autorités intérimaires et appelé à l’arrêt des hostilités à Kidal. Les organisateurs ont dans leur déclaration, souhaité entre autres, l’érection des circonscriptions administratives de Taoudéni et Ménaka en collectivités territoriales, la mise en œuvre des patrouilles mixtes, la cessation des hostilités entre frères maliens à Kidal et exigé le respect de tous les engagements à travers le dialogue et la concertation.

<strong>17 août 2016 : manif de soutien à Ras Bath</strong>

Plusieurs centaines de personnes étaient venues protester contre la comparution du chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily, alias « Ras Bath », devant le tribunal de la commune 4. Le porte-parole du Collectif pour la défense de la République (CDR) et chroniqueur radio a été arrêté le 16 août. Plusieurs feux ont été allumés sur l'avenue Cheikh Zayed. Les manifestants ont jeté des pierres sur les policiers qui, en réponse, ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Selon le bilan, il y a au moins un mort et plusieurs blessés dont certains très gravement.

<strong>1<sup>er</sup> octobre 2016: marche contre la loi électorale</strong>

A l'appel de treize partis de l'opposition malienne, des milliers de personnes se sont mobilisées pour manifester contre le gouvernement et notamment dénoncer la nouvelle loi électorale ; mais aussi pour également demander un accès équitable aux médias publics et réclamer le retour au pays de l'ancien président malien Amadou Toumani Touré.

<strong>20 novembre 2016: Elections communales</strong>

<em>« Le  collège électoral est convoqué le dimanche 20 novembre 2016 sur toute l’étendue du territoire national à l’effet de procéder à l’élection des conseillers communaux.</em>

<em>La campagne électorale à l’occasion de l’élection des conseillers communaux est ouverte le vendredi 04 novembre 2016 à zéro heure. Elle est close le vendredi 18 novembre 2016 à minuit ».</em> Ainsi, fut annoncée, par le Conseil des ministres du mercredi 10 août 2016 sur le rapport du ministre de l’Administration territoriale, la convocation du collège électoral à l’occasion de l’élection des conseillers communaux.

Après moult reports depuis 2014, l’élection des conseillers communaux a finalement eu lieu le 20 novembre sur toute l’étendue du territoire national, de Kayes à Kidal, avec des fortunes diverses. Cependant, le scrutin n’a pas pu se tenir dans plusieurs circonscriptions du pays pour des raisons de sécurité.

Même si tout le contentieux électoral n’est pas encore vidé, les conseils municipaux ont été installés partout ou presque.

Les élections du 20 novembre ont consacré le départ de maires de grande renommée comme Abdel Kader Sidibé de la commune III, Mme Konté Fatoumata Doumbia de la commune IV, Mamadou Tangara « le cobra noir » de Sikasso, Youssouf Coulibaly de la commune II, Boubacar Bah dit Bill de la commune V, Souleymane Dagnon de la commune VI, Papa Oumar Bathily de Mopti et Ousmane Karamoko Simaga de Ségou.

Par contre, certaines figures ont été reconduites, comme Oumou Sall Seck à Goundam.

<strong>30 novembre 2016 : Amadou Haya Sanogo à la barre</strong>

La Cour d’assises en transport à Sikasso a débuté le procès du général Amadou Haya Sanogo, auteur du coup d’État de 2012 et plusieurs autres accusés. Ils sont poursuivis « d’enlèvement de personnes, assassinat et complicité d’assassinat ».

Au bout d’une semaine de tiraillements, de guerre de procédure émaillée de renvois, la Cour a renvoyé, le jeudi 8 décembre, le procès à la première session 2017.

<strong>10 décembre 2016 : Espace d’interpellation démocratique (EID)</strong>

Depuis 1994, le Mali organise le 10 décembre de chaque année, un forum dénommé Espace d’Interpellation Démocratique (Eid). L’Eid offre un cadre d’échange dynamique, au cours duquel les ministres sont interpellés par des citoyens sur des questions qui relèvent de la bonne gouvernance en matière de droits, et libertés publiques. Des associations de défense et de protection des droits de l’homme, d’autres organisations de la société civile et les médias privés et publics participent à l’exercice…

<strong>Le palais des sports Salamata Maïga dite Bébé a abrité la 21<sup>ème</sup></strong><strong> </strong><strong>édition de l’Espace d’Interpellation démocratique (Eid),  le 10 décembre dernier. Un événement solennel placé sous la présidence du Premier ministre, Modibo Kéita, en présence du</strong> Médiateur de la République, Baba Akhib Haïdara, et président du jury d’honneur, le Guinéen Kalifa Diaby Gassama<strong>.</strong>

<strong>11 décembre 2016 : Accord de réadmission : signé ou non ?</strong>
Abdoulaye DIOP, Ministre des Affaires Étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Bert KOENDERS, Ministre des Affaires Étrangères du Royaume des Pays-Bas ont signé un communiqué conjoint qui a ébranlé la République pendant près d’un mois. Le document est assimilé, à tort ou à raison, à un accord de réadmission signé, par les Maliens de l’intérieur et de la diaspora. Toutes les procédures d’explications (démentis officiels, interpellation à l’Assemblée nationale, missions ministérielles à l’extérieur…) ont échoué. Le Consulat du Mali à Paris a été occupé par le collectif « Mains propres ».

<strong>16 décembre 2016 : Abandon des poursuites contre Amadou Toumani Touré</strong>

L'ancien président malien Amadou Toumani Touré est désormais lavé de tout soupçon.

En exil au Sénégal depuis 2012, les députés maliens ont adopté le vendredi 16 décembre par 104 voix pour, 5 contre et 6 abstentions une résolution qui met fin aux charges retenues contre lui.

ATT était accusé de :

- avoir facilité la pénétration et l’installation des forces étrangères sur le territoire national, notamment en ne leur opposant aucune résistance

- avoir détruit ou détérioré volontairement un outil de défense nationale

- avoir participé à une entreprise de démoralisation de l’armée caractérisée par les nominations de complaisance d’officiers et de soldats incompétents et au patriotisme douteux à des postes de responsabilité au détriment des plus méritants entraînant une frustration qui nuit à la défense nationale,

- s’être opposé à la circulation du matériel de guerre

- avoir participé à une entreprise de démoralisation de l’armée, malgré la grogne de la troupe et des officiers rapportée et décriée par la presse nationale

- avoir laissé détruire, soustraire ou enlever, en tout ou partie, des objets, matériels, documents ou renseignements qui lui étaient confiés, et dont la connaissance pourrait conduire à la découverte d’un secret de la défense nationale.

Selon la Commission ad hoc en charge du dossier, les faits reprochés à l'ex chef de l'Etat sont infondés et elle a requis l’abandon des poursuites contre lui. Les députés ont entériné la proposition par un vote massif « Pour ».

<strong>16 décembre 2016 : Vote des poursuites contre Moussa Mara</strong>

Contrairement au cas d’ATT, les députés ont voté à une écrasante majorité pour l’engagement des poursuites judiciaires contre l’ancien Premier ministre, Moussa Mara, pour sa visite controversée en mai 2014 à Kidal. Il s’agit de déterminer les responsabilités dans les évènements survenus à Kidal entre le 17 et le 21 mai 2014.

Le vote a donné le résultat suivant : 90 voix pour, 3 contre, et 9 abstentions. Pour rappel, cette visite avait été suivie d’affrontements meurtriers entre l’armée malienne et les groupes armés, soldés par la perte de la ville de Kidal par le gouvernement central et la mort de dizaines de soldats, d’administrateurs civils et de personnel du gouvernorat.

Depuis, une commission d’enquête parlementaire a été mise en place. Ce sont les résultats de cette enquête qui ont déterminé le vote susmentionnés.

<strong>21 décembre 2016 : Motion de censure contre le gouvernement Modibo Kéïta</strong>

L’Assemblée nationale a renouvelé ce jour-là sa confiance au gouvernement de Modibo Kéita. Seulement 33 voix  sur les 96 requises se sont prononcées en faveur de la démission du  gouvernement lors du vote de la motion de censure introduite par les députés de l’opposition.

<strong>IBD</strong>

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<title>Rétrospective : Discours  emblématique et historique   d’Alpha Oumar au  forum de réconciliation nationale à Abidjan en Côte d’Ivoire (Suite et fin)</title>
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<pubDate>Mon, 09 Jan 2017 11:24:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[«  …Adossées à l’État de droit à la quête de nouvelle citoyenneté plus large fruit de nos choix d’intégration. Camarade, nos peuples n’ont d’autres choix…nos peuples n’ont d’autres choix que de bâtir le présent et l’avenir qui leurs sont communs sur des fondements inaltérables qui ont su respecter la patine du temps et l’usure de l’histoire.
Monsieur le président de la Côte d’Ivoire, président de tous les Ivoiriens et de toutes les Ivoiriennes, de tous les Africains et de tous les étrangers qui vous sont confiés à Monsieur le président. Nous sommes convaincus que le peuple de Côte d’Ivoire saura cicatriser cette blessure, surmonter toute ces dissensions et poursuivre sa marche entière celle d’un grand peuple, d’une grande nation vers le progrès social, économique et culturel.

Cette perspective nous réjouit profondément. Elle fera honneur à la Côte d’Ivoire à tous les fils, à toutes les filles de ce pays, à la sous région, à l’Afrique si bien représentée aujourd’hui par notre frère ici et elle nous fera donc digne de Félix Houphouët Boigny, de Mamadou Konaté, d’Ouezzin Coulibaly, de Modibo Kéita, de Kaboré Zinda, de Biaka Boda et j’en passe. Et cette Côte d’Ivoire, notre Côte d’Ivoire, demeurera pour l’éternité au rythme, du salut à la terre d’espérance, au pays de l’hospitalité dont les légions remplies de vaillance ont relevé la culpabilité.

Bien sûr, à la suite du grand chanteur au rythme de l’Abidjanaise si vous me le permettrez les fils de chère Côte d’Ivoire, fiers artisans ta grandeur tous rassemblé et pour ta gloire te bâtirons dans le bonheur. Chers Ivoiriens le pays nous appelle et si nous avons dans la paix ramenée la liberté, notre devoir sera d’être un modèle de l’espérance promise à l’humanité en forgeant unis dans la foi nouvelle la patrie de la vraie fraternité et je note la patrie de la vraie fraternité dans la vérité, dans la tolérance, nous souhaitons plein succès aux travaux du forum de réconciliation nationale.
Que, que Dieu préserve la Côte d’Ivoire et ses voisins dans une Afrique responsable et prospère, que Dieu nous assiste. Je vous remercie »

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a>]]> </content:encoded>
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<title>Rétrospective de l&amp;apos;année 2016 : Les faits marquants de la vie nationale</title>
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<pubDate>Sat, 07 Jan 2017 01:14:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>La page de 2016 est tournée depuis une semaine. Pour le Mali, l'année fut, naturellement, éprouvante à l'instar des quatre précédentes du  fait des effets de la crise multidimensionnelle qui frappe le pays depuis 2012. Elle laisse derrière elle son lot d'acquis et d'épreuves, mais aussi d'actes politiques échelonnés tout au long des douze mois. Ainsi, du 1er janvier au 31 décembre, plusieurs faits ont marqué la vie de la nation aux plans politique, social, sécuritaire, économique et diplomatique. La fin d'année a été fondamentalement mouvementée pour le régime, notamment pour l'Assemblée nationale, le gouvernement et le président de la République.  Chronologie !</em></strong>

<strong>1er janvier : le discours de tous les motifs d'espoir</strong>

A l'occasion du nouvel an 2016, le Président Ibrahim Boubacar Kéïta a livré un message d'espoir et d'avenir. IBK a montré sa volonté d'aller de l'avant et d'écrire les plus belles pages de l'histoire du Mali. Cette volonté de transcender des difficultés structurelles et conjoncturelles a été, de tout temps, le trait de caractère des grandes nations et des grands peuples, selon le chef de l'Etat. "Personne, ni rien ne réussira à nous faire dévier de cette trajectoire historique", promet-il. Pour Ibrahim Boubacar Kéïta,  le meilleur est à venir. Et il a appelé le peuple malien à y travailler avec lui, avec méthode, constance, abnégation et avec foi.

Plus concrètement, IBK entendait remettre le Mali sur le chemin de la renaissance. <em>"Grâce au sacrifice de ses filles et de ses fils, le Mali est de nouveau débout; il reprend, avec détermination, sa marche historique pour une quête de prospérité partagée qui profitera à chaque membre de la communauté nationale"</em>, a-t-il rappelé. Il en veut pour repère, la robustesse des investissements structurants consentis ainsi que la belle tendance régulière à la croissance de l'économie malienne qui sont de réels motifs d'espoir pour les laborieuses populations de notre pays qui ont payé un lourd tribut à la crise. Pour IBK, l'économie malienne a été structurée autour du secteur agricole pour en constituer le moteur. Des progrès importants y ont été réalisés. Toutefois, les performances de ce secteur restent nettement en deçà de notre espoir collectif, tant les potentialités dont il regorge restent insuffisamment exploitées. C'est pourquoi, le chef de d'Etat dit avoir à cœur de transformer qualitativement l'Agriculture à l'effet de hisser le Mali au rang, toujours envié mais jamais atteint, de "<em>Grenier de l'Afrique de l'Ouest</em>".

Dans cette perspective, d'ambitieuses réformes sont en cours qui devraient, à terme, transformer  l'agriculture malienne et en faire un secteur pourvoyeur intensif d'emplois et de revenus conséquents, par l'exportation de produits du cru et de produits transformés. Le taux de croissance a été d'au moins 5% en 2015, et, selon lui, tout amenait à penser que cette tendance se consolidera en 2016.

En matière de finances publiques, les Partenaires techniques et financiers ont consenti, en octobre 2015, à Paris, pour la relance économique et le développement du Mali, un engagement financier de l'ordre de 2 120 milliards de Fcfa pour la période 2015-2017, dont 397 milliards de Fcfa seront alloués exclusivement au développement des Régions du Nord. Cet argent contribuera fortement à l'amélioration des conditions de vie des Maliens dès cette année.

Au chapitre de l'industrie et du commerce, le Gouvernement a signé des contrats de performance avec des unités industrielles du secteur textile et conclu des protocoles d'accord avec la Société chinoise pour l'industrie légère (Cletc) en vue de la réalisation de quatre unités industrielles pour un investissement de 100 milliards de Fcfa. Il faut s'attendre alors à la création de milliers d'emplois surtout si ces usines peuvent transformer nos produits sur place.

Par ailleurs, afin d'améliorer l'accès au financement des Pme-Pmi, le Gouvernement a-t-il entrepris de donner un nouveau souffle au secteur de la microfinance. A cet effet, un projet de Politique nationale de développement de la microfinance et son Plan d'actions 2016-2020 ont été élaborés.

Aussi en 2016, le secteur minier devrait connaitre une aube nouvelle supportée par : d'une part, les multiples initiatives de réformes institutionnelles, et d'autre part, le renforcement des capacités, grâce à la construction de l'Ecole africaine des mines.

Pour ce qui est de la mise en œuvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation, IBK dit constater que le Comité de suivi de l'Accord, le Csa et le Comité transitoire de sécurité, le Cts, principales structures préconisées par l'Accord, ont été effectivement mis en place. Le processus de démobilisation, désarmement et réinsertion, Ddr a également démarré. L'œuvre de réconciliation nationale a pris son envol décisif, avec la mise en place consensuelle et inclusive de la nouvelle Commission vérité, justice et réconciliation (Cvjr).

Donc, l'espoir d'une paix définitive est né. Pour le bonheur des Maliens, pour qui IBK formule des vœux ardents pour la paix, la réconciliation et la stabilité.

<strong>1er janvier : Aéroport international Modibo Keïta de Bamako</strong>

Depuis le 1er janvier 2016, l'aéroport international de Bamako porte désormais le nom du père de l'indépendance du Mali, Modibo Keïta. Le Mali a voulu ainsi honorer la mémoire d'une des grandes figures de son histoire. Le Président malien Ibrahim Boubacar Keïta a assisté à la cérémonie officielle au cours de laquelle l'aéroport international de la capitale a changé de nom. IBK a déclaré : <em>"C'est une reconnaissance de la Nation à l'homme qui fut un grand panafricaniste."</em> Pour les héritiers politiques de Modibo Keïta, si aujourd'hui l'aéroport de Bamako (qui reçoit plus d'un demi-million de passagers par an) porte son nom, c'est également une forme de réhabilitation de son œuvre.

<strong>15 janvier : nouveau gouvernement pour restaurer la discipline</strong>

Par ce remaniement, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, a fait montre de rigueur, de respect de la discipline institutionnelle et de restauration de l'autorité de l'Etat en enlevant les chevaux boiteux de l'attelage, à savoir les ministres du développement rural, Bokary Treta (deuxième personnalité du gouvernement sortant et tout puissant secrétaire général du RPM, parti présidentiel); et de l'économie et des finances, Mamadou Igor Diarra (qui avait commencé à s'imposer, de force, comme un homme incontournable du régime).

<strong>18 janvier : le Mali perd son </strong><strong>droit de vote à l'Onu</strong>

Le Mali humilié ! Le 22 janvier dernier, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, informait l'Assemblée générale sur la privation de douze pays membres du droit de vote pour non-paiement de leurs cotisations. La décision date du 18 janvier. Coup de théâtre : parmi ces mauvais payeurs figure le Mali. Une première depuis que le pays de Soundiata Kéïta et de Modibo Daba Kéïta est membre du Conseil de sécurité de l'Onu. Les couleuvres sont d'autant plus difficiles à avaler que la manœuvre de retard de paiement dure depuis deux ans, pour un (modique) montant de  400 000 dollars US, soit environ 200 millions de Fcfa. Honte nationale ! Affront de dernier degré ! Humiliation suprême ! Les exclamations ont fusé de toutes parts et l'indignation était à son comble au Mali à l'annonce de la mauvaise nouvelle. Jamais, dans l'histoire, la nation malienne n'a autant été rabaissée et le peuple malien mis au ban de la société. Ayant pris la mesure de la situation, le Premier ministre Modibo Kéïta a été inspiré de s'adresser à la Nation, non pas pour justifier la lourde faute, mais pour expliquer, mais surtout présenter les excuses du gouvernement au peuple malien, et annoncer des sanctions. Effectivement, l'Ambassadeur Sékou Kassé en a récolté les frais.

<strong>27-28-29 janvier : l'Ortm </strong>

<strong>ferme les ondes</strong>

Après une première grève de 48 heures, les 22 et 23 décembre 2015 et une deuxième de 72 heures, les 27, 28 et 29 janvier 2016, l'Ortm a observé deux mouvements de grève suite à la non satisfaction de ses revendications. Quelles sont ces revendications ? L'abrogation des lois portant sur la restructuration de l'Ortm, l'adoption d'une loi portant sur la redevance audiovisuelle, le retour de la régie publicitaire à l'Ortm, l'harmonisation du statut des entités à créer dans le cadre de la restructuration, la relecture de la loi 87-102 et son adoption, le démarrage des travaux des grands projets tel que la construction de la tour de l'Ortm, et l'indemnisation des agents de l'Office pour les préjudices subis lors du coup d'État de mars 2012. Le secrétaire général du comité syndical, Abderrahmane Hinfa Touré, a assuré que si des réponses idoines n'étaient pas trouvées aux revendications, le syndicat allait observer une grève illimitée avec "écrans noirs", donc sans service minimum.

<strong>21-22 mars : Grève de la Cstm</strong>

La Confédération syndicale des travailleurs du Mali (Cstm) a, elle aussi, débrayé les 21 et 22 mars 2016. La Cstm exigeait, entre autres, le respect des conventions n°87 et 98 de l'Organisation internationale des travailleurs ratifiés par le Mali; la finalisation immédiate de la relecture du statut des fonctionnaires de la police nationale; la réintégration par le gouvernement des 27 syndicalistes et 30 militants de la société minière L.T.A licenciés pour fait de grève en 2012; l'intégration de tous les enseignants dans la Fonction publique ; l'uniformisation du taux d'augmentation de 20% à tous les pensionnaires des deux caisses de sécurité sociale (Cmss et Inps) et son extension aux travailleurs salariés des secteurs privé et parapublic ; l'amélioration du plateau technique des structures sanitaires comme les CHU Gabriel Touré et du Point G et des centres de santé de référence et communautaire; le respect des textes réglementaires des aéroports  du Mali; l'application des accords signés avec la Fédération nationale des transports ; la finalisation et la relecture de la convention collective des chauffeur; la signature de l'accord d'établissement de la BOA ainsi l'application de l'article 31 de la convention collective des banques et établissements financiers ; et la baisse des prix des carburants, de l'eau et de l'électricité. La Cstm a remis le couvert les 3 et 4 mai.

<strong>29 avril: L'affaire des 27 milliards de Soumaïla Cissé</strong>

Vérité ou cabale contre le chef de file de l'opposition malienne ? Le vendredi 29 avril, le quotidien sénégalais, "L'Observateur" a fait la révélation de l'affaire dite des forages fictifs et qui porte sur un détournement de 2,5 milliards de Fcfa par le chef de file de l'opposition malienne, Soumaïla Cissé (à l'époque président de la Commission de l'Uemoa). Le sujet a occupé les discussions de grins et fait l'objet d'analyses diverses et variées entre ceux y voient une part de réalité et ceux qui pensent que c'est une cabale contre le président de l'Urd qui prenait de plus en plus du galon. L'affaire a pris les allures de règlements de compte politiques avec le parti majoritaire, le Rpm, qui a demandé à Soumaïla Cissé de s'expliquer devant le peuple malien et l'opinion publique internationale. L'intéressé est resté imperturbable depuis Johannesburg où il participait à une session du Parlement panafricain. De quoi s'agit-il ? D'une enquête sur le financement de 300 forages de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) par l'Agence française de développement (Afd) d'un coût de 2,5 milliards de Fcfa pour le compte du Sénégal. Selon le confrère, l'enquête conduite par la Cour des comptes de l'Union révèle que plusieurs puits n'ont pas vu le jour et d'autres ont été jugés fictifs.  Par conséquent, l'Afd bloque un transfert, de la Bceao vers Ecobank, de 27 milliards de Fcfa de Soumaïla Cissé. Ça, ce sont les faits tels que relatés par le journal.

Pour mettre fin aux supputations qui enflaient, Soumaïla Cissé s'est vu obligé de se livrer à une véritable opération de communication, notamment en essayant de convaincre les Maliens de son innocence, lors d'une grande conférence de presse tenue à la Maison de la presse de Bamako. Et d'ailleurs, quelques semaines après, le journal sénégalais s'est fendu en excuses, reconnaissant son tort. Sur te tard quand même !

<strong>31 mars : Adoption de la loi sur les autorités intérimaires</strong>

Le jeudi 31 mars 2016, l'Assemblée nationale du Mali a adopté le Projet de loi N°16-06/5L portant modification de la loi N°2012-007 du 07 février 2012, modifiée, portant Code des collectivités territoriales. Le texte a été approuvé par 103 voix pour, zéro contre et zéro abstention, à l'absence de l'opposition. Les divergences d'interprétation des textes ont toujours constitué une source de paralysie des travaux de l'Assemblée nationale. Surtout si celles-ci présentent un enjeu majeur. C'était le cas, à l'occasion de  l'adoption du  projet de loi portant modification de la loi n° 2012-007 du 07 février 2012 modifiée portant Code des collectivités territoriales. La plénière qui s'annonçait houleuse, aura tenu toutes ses promesses. D'ailleurs, les députés de l'opposition ont quitté la salle lorsque le président de l'Assemblée nationale Issaka Sidibé a décidé de procéder directement au vote, après avoir échoué à ramener le calme. Les opposants ont accusé la majorité d'avoir entravé leur droit à la parole.

Ce projet de loi qui vise à généraliser la mise en place des autorités intérimaires chaque fois que les circonstances l'exigent, permet en fait au Gouvernement de mettre en place des autorités intérimaires au niveau des collectivités territoriales dont les organes ne sont plus fonctionnels du fait de la crise, en lieu et place de délégations spéciales désormais indésirables.

L'opposition parlementaire a attaqué la loi devant la Cour suprême qui l'a déboutée.

<strong>29 juin : Renouvellement du mandat de la Minusma</strong>

Cette date marque l'adoption, à l'unanimité, de la résolution 2295 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui renouvelle pour un an le mandat de la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali, la Minusma.

Dans cette résolution, présentée par la France, le conseil de sécurité souligne les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l'accord de paix, tout en appelant les parties à intensifier leurs efforts dans ce sens, sur les pans politique, sécuritaire et de développement. Afin de soutenir cette dynamique positive, le Conseil de sécurité a accepté de renforcer la Minusma, avec les autorités maliennes et les partenaires africains: son rôle d'appui au processus de paix est conforté, ses effectifs armés seront augmentés d'environ 2 500 personnes, pour atteindre 15 200 soldats et policiers déployés, ses règles d'engagement sont renforcées. Elle dispose ainsi de moyens accrus pour pleinement remplir son mandat.

<strong>7 juillet : Remaniement ministériel</strong>

Le gouvernement malien est passé, le 7 juillet, de 33 à 34 membres à la suite d'un remaniement marqué par l'entrée de représentants des ex-mouvements armés du Nord.Parmi les neufs nouveaux ministres, Nina Wallet Intalou, figure du Mouvement national de libération de l'Azawad (Mnla). Elle est la principale attraction du nouveau gouvernement. À ses côtés, huit autres nouveaux ministres, qui remplacent notamment quelques têtes d'affiche de la précédente équipe gouvernementale, tels Zahabi Ould Sidi Mohamed (Réconciliation nationale), Choguel Maïga (Communication), ou encore Dramane Dembélé (Urbanisme).

L'autre attraction, c'est l'entrée dans le gouvernement du très bouillant opposant, Amadou Koïta, qui avait rejoint la Majorité un mois plus tôt.

<strong>21 juillet : Coup d'envoi de</strong><strong> l'opération Ami Kane</strong>

C'est le 21 juillet 2016 que l'opération de déguerpissement a été lancée par Ami Kane, elle-même en personne. Comme un commandant de troupes au front, elle donne ordres et consignes à l'équipe d'engins lourds mobilisés pour détruire les équipements encombrants. Beaucoup de Bamakois ne croyaient pas à l'aboutissement de cette énième opération en raison de l'échec cuisant de précédentes opérations similaires qui ne sont pas allées à leur terme. Mais avec Ami Kane, partout où ont pu passer les bulldozers, la casse a été totale.Après une diligente campagne d'information et de sensibilisation menée auprès des notabilités coutumières et religieuses, des associations de jeunesse et de femmes, des opérateurs économiques concernés, la Gouverneur est vite passée aux actes.

<strong>17 août : Affaire Ras Bath</strong>

Youssouf Mohamed Bathily alias "Ras Bath", a été inculpé pour attentat à la pudeur, outrage à l'autorité et pour tentative de démoraliser l'armée. Le 17 août, des centaines de manifestants s'étaient retrouvés devant le tribunal de la commune IV de Bamako pour protester contre la comparution du chroniqueur. Une manifestation violemment réprimée par les forces de l'ordre. Le bilan fait état d'un mort et d'une dizaine de blessées. Ras Bath a été libéré le 18 août à l'issue de sa garde à vue avec des mesures extrêmement contraignantes, notamment l'interdiction de reprendre son activité de chroniqueur radio. Il ne peut pas non plus quitter la commune IV où il réside. En septembre, ce contrôle judiciaire, auquel il était astreint, a été partiellement  levé.

<strong>9 septembre : Adoption de </strong><strong>la nouvelle loi électorale</strong>

Le vendredi 9 septembre, tard dans la nuit, les députés ont adopté le projet de loi portant loi électorale. Le texte a été approuvé par 78 voix pour, 28 contre, et 0 abstention. La séance plénière de la session extraordinaire de l'Assemblée nationale était présidée par le 1er vice-président de l'institution, Mamadou Tounkara. Le projet de loi était défendu par le ministre de l'Administration territoriale sortant, Abdoulaye Idrissa Maïga qui avait à ses côtés le ministre du Travail, de la Fonction publique, chargé  des Relations avec les Institutions, Mme Diarra Racky Talla.

<strong>22 septembre : fête de </strong><strong>l'indépendance</strong>

A l'occasion du 56ème anniversaire de la fête d'indépendance du Mali, le président de la République, chef de l'Etat, Ibrahim Boubacar Kéïta, s'est adressé à ses compatriotes dans un discours radiotélévisé. Cet anniversaire arrive au moment où le Mali fait face à trois défis majeurs: à savoir le rétablissement de la paix et de la sécurité, la préservation de la cohésion nationale et enfin la prise en charge de la demande sociale. Pour le Chef de l'Etat, cette commémoration arrive au moment où le Mali continuait à affronter les conséquences de la terrible crise de 2012 qui avait amené le Mali au bord de l'abîme. Il le célèbre aussi et surtout avec la ferme volonté de conserver l'entière maîtrise de son destin en s'appuyant, pour cela, sur les valeurs qui depuis toujours font sa force et constituent son orgueil. Ces valeurs de solidarité dont notre pays, le Mali, a su faire preuve dans l'adversité, le souci du pays qui fait transcender nos différences et même nos divergences, la détermination à préserver notre vivre ensemble, socle de notre unité nationale. Ces valeurs sont inévitablement mises à l'épreuve dans la conjoncture actuelle et demeurent intangibles.

Aux dires du Président Ibrahim Boubacar Kéïta, la commémoration du 22 Septembre constitue un moment privilégié de réflexion sur les défis qui se présentent au Mali. Cette année, trois d'entre eux revêtent une importance particulière. Le défi du rétablissement de la paix et de la sécurité. Le défi de la préservation de la cohésion nationale et enfin le défi de la prise en charge de la demande sociale. Devant l'impatience des Maliens de voir l'Accord produire ses effets plus rapidement et de manière plus évidente, le Président IBK leur rappellent ce dicton qui dit que : "<em>le chemin vers la paix et la sécurité est sinueux. L'emprunter exige de la persévérance, de la constance et l'absolue conviction qu'il n'existe pas d'autre alternative à la sortie de crise".</em>

<strong>1er octobre : La "Marche </strong><strong>pour le Mali"</strong>

Le samedi 1er octobre 2016,  l'opposition politique malienne, se réclamant démocratique et républicaine, était dans la rue pour dénoncer les dérives du régime IBK.  Entre autres: la nouvelle Loi électorale, la tenue des concertations nationales, le retour d'ATT et la censure de la chaîne de télévision nationale, l'Ortm. Etaient présents à cette marche qui a mobilisé des milliers de personnes, plusieurs leaders de l'opposition, dont le chef de File de l'opposition, l'Honorable Soumaïla Cissé, président de l'Urd, l'ancien Premier ministre Modibo Sidibé, président des Fare, Djibril Tangara, président du parti Fcd, Alassane Dembélé, président  national du parti Ancd-Mali, Djiguiba Keïta, secrétaire général du Parena, ainsi que  des responsables d'associations de la société civile ne partageant pas les mêmes idées du pouvoir. Les marcheurs sont partis de la place de la liberté à la place de l'indépendance en passant par l'avenue Mamadou Konaté et la place Omvs.

<strong>13 octobre : Dramane Niaré intronisé nouveau chef des Familles Fondatrices de Bamako</strong>

Le 13 octobre, Dramane Niare s'installe comme nouveau chef des Familles Fondatrices de Bamako, 128 ans après Titi Niaré, Dionké Niaré, Maridjé Niaré, Amadou Coumba Niaré, Bomboli Niaré, Fabilé Niaré, Badugune Niaré, Baba Titi Niaré et Modibo Niaré. C'est depuis l'époque de Titi Niaré (1882 à 1888) que l'évènement se célèbre. C'est Titi Niaré qui avait reçu les colons français.

La cérémonie s'est déroulée en présence du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, du Premier ministre chef du Gouvernement, en plus des présidents des Institutions de la République et des membres du gouvernement ainsi que du corps diplomatique en poste à Bamako, les membres du Cabinet présidentiel, Mme le Gouverneur du district de Bamako, le Maire du district de Bamako, les anciens Premiers ministres, les délégations des pays invités (Burkina Faso, Niger, Bénin, Nigeria, Côte d'ivoire), les Représentants des grandes notabilités du Mali de Kayes à Taoudénit. Les membres des familles notables fondatrices de Bamako, fils, petits-fils arrières-petits-fils, les chefs religieux, traditionnels et coutumiers, de nombreuses grandes personnalités, étaient également présents à cette cérémonie.

<strong>17 Octobre : Inauguration de la Station compacte de Kalaban Coro</strong>

Ce jour-là, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, a inauguré la Station compacte de production d'eau potable de Kalabancoro, qui permettra de desservir en eau potable 3 500 familles de Kalabancoro, Tièbani et Kalabancoura, soit 18 millions de litres d'eau potable fournis par jour.

<strong>22-23 octobre: Congrès du Rpm</strong>

Les 22 et 23 octobre, le Rpm était face à son destin à l'occasion du 4è congrès ordinaire du parti du tisserand. Et pour cause, le parti présidentiel arrivait à cette importante instance statutaire sans avoir dégagé un candidat consensuel après moult reports. La faute à un problème de leadership, le parti ayant du mal à trouver le tisserand capable de filer du bon coton pour mériter d'être un digne successeur d'IBK. Sans oublier qu'il était miné par un clanisme faisant craindre un congrès sous haute tension qui pouvait évoluer de l'implosion à l'explosion.

Dans ce brouillard, trois noms revenaient dans les couloirs du parti, les coulisses et les médias. Il s'agit du secrétaire général Bocary Tréta et des ministres Abdoulaye Idrissa Maïga et Mahamane Baby. Au vu de sa sagesse, le vice-président et porte-parole du Parti, Dr Boulkassoum Haïdara, n'était également pas hors course

Au finish, c'est Bokary Tréta qui a été élu président du Rpm, le deuxième de l'histoire après IBK qui a été consacré Président-Fondateur du Rpm.

<strong>13 novembre : IBK a lancé à </strong>

<strong>Kolondiéba les travaux de construction et de bitumage de la route Zantieboubou-Frontière Côté d'ivoire</strong>

Le président de la République a lancé officiellement le 13 novembre les travaux de construction et de bitumage de la route Zantiébougou-Kolondieba- Frontière de Côte d'Ivoire à Kolondieba (plus de 250 km de Bamako) dans la région de Sikasso. Cette nouvelle route bitumée comportant des remblais, des déblais, des caniveaux en béton, entres autres, est longue de 140 km. La nouvelle route bitumée est le maillon manquant du corridor Bamako- Bougouni-Zantiébougou-Kolondiéba--Boundiali-Kani- San Pedro long de 1046 km. Ce nouveau eau corridor dont la fin des travaux est prévu dans 24 mois facilitera le développement socio-économique, les échanges commerciaux, l'accès facile aux centres de soins, centres médicaux, pour les populations bénéficiaires. Le coût total du Projet est estimé à 70 milliards de Fcfa.

<strong>20 novembre : Elections </strong><strong>communales</strong>

Après moult reports depuis 2014, l'élection des conseillers communaux a finalement eu lieu le 20 novembre sur toute l'étendue du territoire national, de Kayes à Kidal, avec des fortunes diverses. Cependant, le scrutin n'a pas pu se tenir dans plusieurs circonscriptions du pays pour des raisons de sécurité. Même si tout le contentieux électoral n'est pas encore vidé, les conseils municipaux ont été installés partout ou presque.Les élections du 20 novembre ont consacré le départ de maires de grande renommée comme Abdel Kader Sidibé de la commune III, Mme Konté Fatoumata Doumbia de la commune I, Mamadou Tangara "le cobra noir" de Sikasso, Youssouf Coulibaly de la commune II, Boubacar Bah dit Bill de la commune V, Souleymane Dagnon de la commune VI, Papa Oumar Bathily de Mopti et Ousmane Karamoko Simaga de Ségou. Par contre, certaines figures ont été reconduites, comme Oumou Sall Seck à Goundam.

<strong>30 novembre : Ouverture du procès Amadou Haya Sanogo</strong>

Le 30 novembre 2016 restera comme une date historique au Mali. Elle marque l'ouverture du procès d'Amadou Haya Sanogo à Sikasso où s'est transportée la Cour d'assises de Bamako pour l'une des plus grandes messes judiciaires de l'histoire du Mali. Le chef de l'ex junte militaire de 2012 a comparu avec 16 de ses anciens camarades dans l'affaire dite des Bérets rouges. Amadou Haya Sanogo ; l'ancien ministre de la Défense, Général Yamoussa Camara ; l'ancien chef d'état-major général des armées, Général Dahirou Dembélé ; le porte-parole de l'ex junte, lieutenant Amadou Konaré et autres, notamment Blonkoro Samaké, Siméon Kéïta, Christophe Dembélé, Fousseyni Diarra, Mamadou Koné, Tiémoko Adama Diarra, Lassana Singaré, Cheicknè Siby, Issa Tangara, Oumar Sanafo, Mohamed Issa Ouédraogo, Ibrahim Boua Koné répondaient des accusations d'enlèvement et assassinat, complicité d'enlèvement et d'assassinat. Tous encourent la peine de mort. Au bout d'une semaine de tiraillements, de guerre de procédure émaillée de renvois, la Cour a renvoyé, le jeudi 8 décembre, le procès à la première session 2017.

De ce premier round, deux certitudes se dégagent. La première : les accusés, tous des militaires, sont bel et bien des justiciables d'un tribunal de droit commun, contrairement à la thèse défendue par les avocats de la défense. Et la seconde : les accusés ne peuvent bénéficier de liberté provisoire. Seule exception soulevée de la défense qui vaille, c'est la reprise de l'expertise des 21 corps retrouvés dans la fosse commune à Diago. A cet effet, la Cour a ordonnée une nouvelle expertise au niveau du laboratoire Charles Mérieux de Bamako. Le conseiller Taïcha Maïga est chargé de suivre cette expertise qui doit être effectuée dans un délai de 45 jours à compter de la date de saisine dudit laboratoire.

<strong>10 décembre : Espace d'interpellation démocratique (EID)</strong>

Depuis 1994, le Mali organise le 10 décembre de chaque année, un forum dénommé Espace d'interpellation démocratique (Eid). L'Eid offre un cadre d'échange dynamique, au cours duquel les ministres sont interpellés par des citoyens sur des questions qui relèvent de la bonne gouvernance en matière de droits et libertés publiques. Des associations de défense et de protection des droits de l'homme, d'autres organisations de la société civile et les médias privés et publics participent à l'exercice…

Le Palais des sports Salamata Maïga dite Bébé a abrité la 21ème édition de l'Espace d'interpellation démocratique (Eid),  le 10 décembre dernier. Un événement solennel placé sous la présidence du Premier ministre, Modibo Kéita, en présence du Médiateur de la République, Baba Akhib Haïdara, et le président du jury d'honneur, le ministre guinéen des droits de l'Homme, Kalifa Diaby Gassama. Au terme des interpellations, le jury a vivement interpellé les autorités sur la lenteur des dossiers, le retour de certains dossiers sur la table de l'Eid depuis des années, l'inexécution des décisions de justice, les recommandations restées sans suite...Le jury a constaté les défaillances de l'administration avec les usagers et invité à la culture du professionnalisme et de recevabilité. Il a conseillé la poursuite de la lutte contre l'impunité. Des autorités, il a sollicité l'adoption de la loi de la commission nationale de droit de l'homme conformément aux exigences internationales; de la loi concernant l'accès des femmes aux postes électifs.  Sur le foncier, il a réclamé l'application stricte  des dispositions domaniales, la mise en œuvre du Cadastre, l'exécution des décisions de justice. Concernant la justice, le jury d'honneur  a déploré les difficultés pour les justiciables à obtenir des décisions de justice; recommande que tous les agents de l'administration soient formés aux principes de droits de l'Homme et de la démocratie.  Dans le domaine du travail et de l'emploi, il a appuyé le paiement des d'arriérés ou de litiges financiers en souffrance. Sur l'environnement, le jury a supplié d'accorder une importance particulière  aux questions environnementales. Sur les droits des enfants, il a requis de porter assistance aux familles victimes de la crise du Nord notamment les veuves et les orphelins.

<strong>11 décembre : Accord de réadmission : signé ou non ?</strong>

À l'invitation de Abdoulaye DIOP, ministre des Affaires étrangères, de l'Intégration africaine et de la Coopération internationale, Bert Koenders, ministre des Affaires étrangères du Royaume des Pays-Bas, a visité le Mali au nom de Mme Federica Mogherini, Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, dans le cadre du dialogue de Haut niveau sur les questions migratoires. Cette visite s'inscrit dans le cadre du dialogue de Haut Niveau sur les questions migratoires initié entre le Mali et l'Union européenne depuis le Sommet de La Valette (11 et 12 novembre 2015) sur la migration. Cette visite intervient deux mois après celle du Commissaire européen pour la coopération internationale et le développement, Neven Mimica au Mali. Le Ministre Koenders a été reçu par les ministres Diop et Mamadou Konaté (de la Justice et des droits de l'Homme et Garde des Sceaux), ainsi que par des représentants des ministres des Maliens de l'Extérieur et de la Sécurité et de la Protection Civile. La teneur du texte signé par les deux parties a ébranlé la République pendant près d'un mois. Le document est assimilé, à tort ou à raison, à un accord de réadmission signé, par les Maliens de l'intérieur et ceux de la Diaspora. Toutes les procédures d'explications (démentis officiels, interpellation à l'Assemblée nationale, missions ministérielles à l'extérieur…) ont échoué. Le Consulat du Mali à Paris a été occupé par le collectif "Mains propres". Finalement, les bons offices du Ministre Mohamed Ali Bathily ont porté fruit. Et l'adresse à la Nation du nouvel An du Président IBK semble avoir définitivement éteint le feu.

<strong>16 décembre : Abandon </strong><strong>des poursuites ATT</strong>

L'ancien président de la République, Amadou Toumani Touré, en exil au Sénégal depuis 2012, n'a plus l'épée de Damoclès par-dessus la tête car les députés maliens ont adopté, le vendredi 16 décembre, par 104 voix pour, 5 contre et 6 abstentions, une résolution qui met fin aux charges retenues contre lui. Selon la Commission ad hoc en charge du dossier, les faits reprochés à l'ex chef de l'Etat sont infondés et elle a requis l'abandon des poursuites contre lui. Les députés ont entériné la proposition par un vote massif "Pour".

<strong>16 décembre : Vote des </strong><strong>poursuites contre Moussa Mara</strong>

Contrairement au cas d'ATT, les députés ont voté à l'écrasante majorité pour l'engagement des poursuites judiciaires contre l'ancien Premier ministre, Moussa Mara, pour sa visite controversée en mai 2014 à Kidal. Il s'agit de déterminer les responsabilités dans les évènements survenus à Kidal entre le 17 et le 21 mai 2014.

Le vote a donné le résultat suivant: 90 voix pour, 3 contre, et 9 abstentions. Pour rappel, cette visite avait été suivie d'affrontements meurtriers entre l'armée malienne et les groupes armés, soldés par la perte de la ville de Kidal par le gouvernement central et la mort de dizaines de soldats, d'administrateurs civils et de personnel du gouvernorat.  Depuis, une commission d'enquête parlementaire a été mise en place. Ce sont les résultats de cette enquête qui ont déterminé le vote susmentionné.

<strong>21 décembre : Motion de censure contre le gouvernement Modibo Kéïta</strong>

L'Assemblée nationale a renouvelé ce jour-là sa confiance au Gouvernement de Modibo Kéita. Seulement 33 voix  sur les 96 requises se sont prononcées en faveur de la démission du  gouvernement lors du vote de la motion de censure introduite par les députés de l'opposition. Avant le vote proprement dit, le Premier ministre et les députés ont eu des échanges engagés, quelques fois piquants, autour des trois points sur lesquels portait cette motion de censure.

L'opposition accusait le gouvernement d'avoir eu un accord avec l'Union européenne pour expulser les Maliens en situation irrégulière dans les pays de l'Union européenne. Elle le taxe aussi d'incapacité à assurer la sécurité des Maliens et à organiser des élections communales crédibles sur toute l'étendue du territoire national. Dans les détails, c'est encore le fameux communiqué conjoint signé entre le Mali et l'UE qui est mis en cause. En ce qui concerne l'insécurité, l'opposition accuse le gouvernement de ne pas être à mesure d'adopter la Loi de programmation sécuritaire pourtant annoncé dans la Déclaration de politique générale du gouvernement. L'absence de l'Etat sur certaines parties du territoire, l'assassinat d'élus locaux et de chefs coutumiers, et la montée du communautarisme ont été également soulevés par l'opposition.  Celle-ci justifie le point sur les élections par les nombreuses irrégularités qui ont émaillé, selon elle, le scrutin communal, " avec, à la clé, des fraudes massives " et sa non tenue sur certaines parties du territoire. Sur toutes ces questions, elle dénonce ce qu'elle appelle, "le silence coupable du gouvernement, l'humiliation du Mali et l'incurie  du Gouvernement". Dans ses réponses, le Premier ministre Modibo Kéita a, avec beaucoup de pédagogie, recadré les propos de l'opposition qui accuse le gouvernement d'humilier notre pays et de s'envelopper dans l'incurie.

En dépit de toutes ces explications du Premier ministre, les députés de l'opposition disent ne pas croire en la capacité du gouvernement à rectifier le tir. D'où  cette motion de censure.]]> </content:encoded>
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<title>Mardi le 19 novembre 1960 (Suite) :  Modibo Keïta, les débuts en politique</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 20 Dec 2016 01:18:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong> </strong><strong><em>Le coup d’Etat du mardi 19 novembre 1960 s’est conclu par le renversement de Modibo Keïta, Secrétaire général de l’Union Soudanaise RDA, président du Conseil de gouvernement de la République du Mali, Chef de l’Etat. Dans nos précédentes livraisons, nous vous avons indiqué comment le lieutenant Moussa Traoré s’y était pris pour réussir un coup si audacieux et l’accueil qui a été réservé à l’annonce du coup d’Etat par les Bamakois. Mais, qui est celui que les militaires ont renversé après qu’il eut géré le Mali de 1960 à 1968 ? Notre livraison de ce jour apporte à la question quelques éléments de réponse.</em></strong>

De Modibo Keïta ne sont généralement retenus que des aspects positifs d’une présidence de huit années. Cependant, il existe bien des aspérités que l’on tente de gommer mais qui sont difficiles à gommer.

Ce qui, en premier lieu, n’est pas suffisamment connu est que, de 1946 à 1956, par conséquent, dès le départ, l’Union Soudanaise, section territoriale du Rassemblement Démocratique Africain (US-RDA) est traversée par deux courants dont l’opposition se prolongera jusqu’à nos jours : un courant dit « modéré » et un courant considéré comme radical ; le premier, représenté par des militants regroupés autour  de Mamadou Konaté et, le second, par Modibo Keïta et ses partisans.

Cette opposition se manifeste, la première fois en 1952, à l’issue du congrès ordinaire du parti : Tiémoko Diarra, conseiller de l’Union française de qui il sera davantage question dans notre prochaine livraison, pour contrer les prémisses d’une mainmise de Modibo Keïta sur le regroupement, préconise la création du poste de président à attribuer à Mamadou Konaté. Tiémoko Diarra remporte une manche, le poste sera créé, attribué à Mamadou Konaté. Mais Modibo Keïta a la rancune tenace : il  prend sa revanche en 1953 en empêchant celui qui s’est posé en rival contre sa personne de se faire réélire conseiller territorial à l’Assemblée de l’Union Française malgré le soutien de l’un des principaux bailleurs de fonds du parti, Maraba Kassoum Touré. Cela eut, comme conséquence, l’éviction de Tiémoko Diarra  du Bureau Politique de l’US-RDA. Il entraîne, dans sa disgrâce, bon nombre de militants de la première heure dont Abdoulaye Singaré et Ibrahim Sall.

L’opposition entre les deux tendances sera exacerbée entre 1966 et 1968 : progressivement, Modibo Keïta élimine tous les responsables de la tendance modérée.

Il a commencé par être un brillant second  évoluant sous la tutelle de Mamadou Konaté dont l’œuvre reste à découvrir. Il émerge à partir de 1956, à la suite du décès de son mentor, suivi, quelque temps après,  de celui de son principal rival, Tiémoko Diarra. Ces deux décès ont contribué à fragiliser l’aile modérée de l’US-RDA et facilitera l’ascension de Modibo Keïta qui, de conférences territoriales en congrès, éliminera, progressivement, tous les tenants du courant représenté par Mamadou Konaté.

Avec des hommes comme Jean Marie Koné, Mamadou Madéra Kéita, Idrissa Diarra, Mahamane Alassane Haïdara, et une femme, Aoua Keïta, il constitue le noyau d’une équipe dynamique qui, progressivement, va imposer l’US-RDA comme premier parti politique du Soudan Français. A ce titre, avec l’application de la Loi- Cadre, plus connue sous la dénomination Loi Defferre, il sera appelé, par les autorités coloniales, à constituer le premier et unique gouvernement territorial du Soudan (1956-1958). Pris par ses fonctions de vice-président de l’Assemblée nationale et de sous-secrétaire d’État à la France d’Outre-mer, dans le gouvernement de Maurice Bourgès-Maunoury, il laisse son second, Jean Marie Koné occuper les fonctions de vice-président du conseil du territoire soudanais, le président du conseil étant le représentant de l’autorité de tutelle, le gouverneur du Soudan Français.

En septembre 1958, lors du référendum proposé  par Charles de Gaule, il opte pour le « oui », devient membre de la Communauté Franco-Africaine et, avec la Sénégal, va créer l’éphémère Fédération du Mali. Le 20  août 1960, le Sénégal se retire de la Fédération et proclame son indépendance. Modibo Keïta fait appel à la France et à l’ONU pour empêcher la sécession. Il échoue, se résout à l’échec et, le 22 septembre 1960, à l’issue d’un congrès extraordinaire devenu historique, l’US-RDA va proclamer l’indépendance de la République du Mali et engage le pays dans une « voie de développement non capitaliste ».

Cependant, une fois l’indépendance conquise, des dissensions internes dont les origines remontent aux premières années de sa création vont miner ce parti avec l’opposition entre les deux tendances dont il a été question plus haut, toutes deux aussi nationalistes l’une que l’autre.

Dans un premier temps, s’inspirant de l’exemple de Mamadou Konaté, Modibo Keïta arbitre entre les deux tendances. Par la suite, il met à profit ces dissensions pour se débarrasser de la vieille garde. Ce sera, sinon une faute politique, du moins une erreur dont les conséquences seront la perte du pouvoir par le parti et par son premier responsable.

Mais, avant sa chute, Modibo Kéita s’impose par une série de réalisations que ses héritiers, à juste titre,  ne cessent de magnifier.

En effet, entre le 22 septembre 1960 et le 19 novembre 1968, Modibo Kéita transforme l’ancienne colonie du Soudan Français devenue République du Mali en un vaste pays en construction dans tous les domaines. Ayant reçu, de la part des participants au congrès extraordinaire du 22 septembre 1962 un mandat impératif pour transformer la colonie en un État moderne, il ouvre plus d’un chantier.

Des lois sont adoptées et promulguées pour servir d’assises à cet État et consolider les fondements de l’unité nationale. Une armée nationale, une milice populaire et une brigade de vigilance sont créées pour assurer la défense du territoire nationale et rendre effective la sécurité des citoyens et de leurs biens. Le monde rural est organisé pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et permettre, par les ressources générées grâce à la commercialisation étatisée, l’industrialisation du pays. Le commerce devient monopole d’État pour ravitailler l’ensemble du territoire national en denrées de première nécessité à des coûts abordables. Le système éducatif est réformé afin de créer une école adaptée aux réalités nationales et ouverte sur le monde extérieur. Une diplomatie fondée sur la politique du bon voisinage, la coexistence pacifique et le neutralisme positif assure au Mali le rayonnement sur la scène internationale.

Et pourtant, Modibo Keïta et l’US-RDA, le 19 novembre 1968, perdent le pouvoir au profit de l’armée qui s’en empare, sans coup férir, à la suite d’un coup d’État accueilli dans l’allégresse populaire. Le coup de force a, pour investigateurs, des officiers subalternes, des lieutenants qui, une fois l’acte consommé, ont coopté des capitaines. Ils ont, à leur tête, Moussa Traoré qui a, chaque fois que l’occasion lui en a été donnée, rappelé les raisons pour lesquelles l’armée a pris le pouvoir le 19 novembre 1968 : au plan politique, la violation des textes fondateurs de l’US-RDA et de l’État malien, au plan économique, le marasme ; au plan social, la suppression des libertés individuelles et les abus.

<strong> </strong>L’on pourrait contester ces raisons. Mais l’on éprouverait des difficultés pour prouver le contraire. En effet, plutôt que de prendre partie, l’on peut se référer à certaines lectures susceptibles d’édifier sur l’état dans lequel se trouvait le Mali à la veille du coup d’Etat  et sur le sentiment de libération qu’il a suscité chez les populations.

Parmi ces lectures, celles de livres rédigés par quatre historiens : Bintou Sanankoua, Modibo Diagouraga, Pierre Campmas et Joseph Roger de Benoist ; lectures que l’on compléterait avantageusement par celles d’essais rédigés par deux économistes : Amadou Tiégoué Ouattara, Samir Amin et par un politologue : Cheick Oumar Diarrah ainsi que par des jugements formulés par des collaborateurs de Modibo Keïta : Jean-Marie Koné, quelques jours après la chute du régime, Aoua Keïta, dans son autobiographie, <strong>Femme d’Afrique</strong>, Salah Niaré, à l’occasion de la célébration du centenaire de la naissance de Modibo Keïta.

Historiens, économistes, essayistes comme compagnons de route autorisent à conclure qu’après avoir suscité l’enthousiasme populaire avec les choix effectués à la suite de l’historique congrès du 22 septembre 1960, l’US-RDA n’a pas su répondre aux aspirations du peuple malien, que cela soit dans le domaine politique, comme dans le domaine économique ou social, même si, au plan de la politique extérieure, elle a fait connaître au Mali un rayonnement international. Donc, des insatisfactions aux plans politique, économique et social<strong>.</strong>

Sous la colonisation, au Soudan Français, de parti minoritaire a largement devancé son rival, le Parti Progressiste Soudanais (PSP) de Fily Dabo Sissoko, l’US-RDA  devient, à partir de 1956, parti majoritaire grâce au concours de trois couches sociales : celles des paysans, des commerçants et celle des petits fonctionnaires évoluant dans l’administration coloniale.

Au lendemain de l’indépendance, pour chacune de ces couches, c’est la désillusion. Dans le même temps, l’organe dirigeant, le Bureau Politique National (BPN), est handicapé dans son fonctionnement et ses actions par une opposition entre tendances rivales, avivée par l’aspiration au renforcement de son pouvoir nourrie par le Secrétaire général, Modibo Keïta.

Avant 1960, pouce par pouce, l’US-RDA a conquis le terrain précédemment occupé par le PSP en allant vers les populations des villes et des campagnes. Après 1960, celles-ci auront le sentiment d’être embrigadées, privées de libertés fondamentales, soumises à des privations difficiles à comprendre, aucune calamité naturelle ne s’étant abattue sur le pays.

La division du parti entre aile modérée et aile radicale, le triomphe de l’aile radicale qui ouvre la voie à l’exercice solitaire du pouvoir par Modibo Keïta, différents abus sont à la base de la désaffection des populations vis-à-vis du pouvoir.

&nbsp;

(A suivre)

<strong>La Rédaction</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>2016 :  Une année riche en évènement</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/2016-annee-riche-evenement-1946682.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 20 Dec 2016 00:54:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L’année qui agonise a été très riche en événement, souvent des plus dramatiques. Nous avons choisi pour vous quelques-uns. </em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Janvier 2016</strong>

<strong>Remaniement ministériel</strong>

<strong>3 sortants et 4 entrants</strong>

<strong> </strong>Le 15 janvier 2016 Mamadou Igor Diarra quitte le ministère de l’économie et des finances au profit de Boubou Cissé. Cheickna Seydi H. Diawara devient ministre des mines. Nango Dembélé et Kassoum Denon occupent les ministères de l’élevage et de l’agriculture. Konimba Sidibé remplace Mamadou Gaoussou Diarra aux investissements et Aissata Founè occupe le ministère de la recherche scientifique. Le ministère des affaires étrangères retrouve la coopération internationale.

<strong>Ménaka et Taoudéni</strong>

<strong>Deux Nouvelles régions créées au Mali</strong>

Le conseil de ministre a acté le 19 janvier pour la création de deux nouvelles régions (Ménaka et Taoudenit) administratives au nord du Mali. Lors de ce conseil de ministre, les gouverneurs de ces deux entités ont également été désignés. Il s’agit de Abdoulaye, Alkadi Inspecteur des impôts (Taoudéni un ancien arrondissement du cercle de Tombouctou) et Daouda Maiga Professeur de l’Enseignement Secondaire (Ménaka, ancien cercle de la région Gao).

<strong>Février 2016</strong>

<strong>Aéroport Modibo Kéita de Sénou </strong>

<strong>Saisie de fausses vignettes estimées à 623 million fcfa</strong>

Le mercredi 9 février, les douaniers de l’aéroport international Modibo Kéita de Sénou ont mis le grappin sur un fraudeur de grand chemin, le sieur Moctar Diallo. Celui-ci, avait dissimulé dans un colis en provenance de la Chine des fausses vignettes évaluées à plus de 623 millions FCFA.

&nbsp;

<strong>Identifications des maliens</strong>

<strong>La carte Nina suffira lors d’un contrôle</strong>

Lors du conseil des ministres du 3 février 2016, le gouvernement a décidé de conférer les valeurs de cartes d’identité nationale et consulaire à la Carte Nina.  Celle-ci est entrée en vigueur le 15 février.

Selon le ministre de la sécurité et de la protection, les raisons de cette décision sont liées au contexte d’insécurité dans notre pays en vue de soulager nos compatriotes qui subissent beaucoup de tracasseries.

<strong> </strong><strong>Mars 2016</strong>

<strong>Lutte contre le terrorisme</strong>

<strong>Fin de cavale pour l’Emir d’Ançardine du Sud</strong>

Une unité des Forces spéciales Maliennes a mis a arrêté mardi sur Souleymane Keïta, l’Emir de la Katibat  Halid Ibn Walid (filiale du sud malien de l’Ançar-Eddine d’Iyad Ag Ghaly).

L’homme en question âgé de 47 ans a été arrêté dans la forêt du Wagadou (vers la frontière mauritanienne), alors qu’il tentait de rejoindre son mentor Iyad Ag Ghaly au nord du Mali.

<strong>Adoption de la loi sur les autorités intérimaires par l’Assemblée Nationale</strong>

<strong>Colère et Indignation de l’Opposition</strong>

L’assemblée Nationale a adopté jeudi 31 mars, le Projet de loi N°16-06/5L portant modification de la loi N°2012-007 du 07 février 2012, modifiée, portant Code des collectivités territoriales. Au grand dam de l’opposition qui, 24 heures avant avait rejeté ladite loi au motif qu’elle viole la Constitution malienne et constitue un pas de plus vers la partition du pays.

<strong>Avril 2016</strong>

<strong>Lutte contre le terrorisme</strong>

<strong>Ibrahim 10 arrêté à Bamako !</strong>

La direction générale de la sécurité d’État a arrêté jeudi 21 avril à Bako- Djicoroni Golf (Bamako), le terroriste Mauritanien, Fawaz Ould Almeida alias Ibrahim 10, chef des opérations de Almourabitoune, avec un important lot d’explosifs et d’armes de guerre.

Selon les informations, Fawaz qui serait l’auteur de l’attentat du restaurant la Terasse en mars 2015 et planificateur principal des attentats de Sévaré, de l’hôtel Radisson et du Nord-sud, se préparait à mener des actions du genre le 22 avril 2016 contre des ressortissants occidentaux à Bamako.

<strong> </strong><strong>Mai 2016</strong>

<strong>Bamako</strong>

<strong>Saisie record de 2,7 tonnes de Cannabis</strong>

L’Office central des stupéfiants du Mali a procédé le 13 mai à une saisie record de 2,7 tonnes de chanvre indien sur un véhicule de type remorque en provenance du Ghana.

Les produits étaient dissimulés sous forme de balles de friperie et cachés dans un compartiment entre la cabine et le porteur aménagé à cet effet.

Les enquêtes ont permis d’interpeller des suspects qui seraient impliqués dans ce réseau de trafic international.

<strong>Lutte contre le terroriste</strong>

<strong>Un responsable d’ANSAR dine arrêté !</strong>
Les forces spéciales des services de renseignement ont arrêté jeudi 5 mai à Bamako,  un certain Yacouba Touré  qui serait le numéro deux du groupe terroriste d’Ansar Dine du Sud.

L’homme âgé d’environ 40 ans est aussi soupçonné de fournir des armes à des groupes terroristes  au Burkina Faso.

<strong>Juin 2016</strong>

<strong>La CMA et le GATIA s’affrontent à Kidal</strong>

<strong>Plusieurs morts et des blessés</strong>

De violents affrontements ont opposé jeudi dernier à Kidal des combattants de la CMA et du groupe GATIA.  Bilan : une vingtaine de morts et plusieurs blessés.

Certains habitants sont restés cloîtrés chez eux, d’autres au contraire se sont réfugiés dans le camp de la <a href="http://www.rfi.fr/afrique/20160629-mali-vers-renforcement-action-antiterroriste-minusma">Minusma</a>.

A noter aussi que les combattants du Gatia ont abandonné la ville de Kidal pour se replier sur Anéfis localité située à une centaine de Kilomètres.

Une occasion pour la CMA à Kidal, de procéder à des fouilles des habitations des personnes supposées être des complices du Gatia, et à des arrestations.

Une situation que dénonce le Gatia qui promet de retourner à… Kidal.

<strong> </strong><strong>Juillet 2016</strong>

<strong>Attaque du Camp de Nampala</strong>

<strong>17 soldats maliens tués</strong>

Mardi 19 juillet, vers 5 heures, le camp militaire de Nampala, localité située dans la région de Ségou, a été attaqué par des bandits armés.

Bilan : 17 soldats maliens tués à la fleur de l’âge, plusieurs autres blessés, et des dégâts matériels.

Deux des 17 corps ont été inhumés à Nampala avant la cérémonie funèbre en raison d’un cas de force majeur et les 15 autres se reposent au cimetière de Ségou. Le plus jeune des victimes avait 22 ans.

<strong>Lutte contre terrorisme</strong>

<strong>L’émir de la Katibat Ancar-dine du Macina arrêté</strong>

Les agents de la Direction générale de la Sécurité d’Etat ont mis  aux arrêts mardi 26 entre Nampala  et Dogofri l’Emir Mohmoud Barry Alias Abou Yehiya, leader de la Katibat Ancar-dine du Macina.

L’homme considéré comme l’auteur de l’attaque de Nara en juin 2015, a été transféré à Bamako quelques heures après son arrestation.

<strong>Août 2016</strong>

<strong>Tombouctou</strong>

<strong>Une marche pour Kidal</strong>

Environ 2000 personnes issues des communautés de Tombouctou et Taoudéni, ont marché jeudi 11 pour soutenir la mise en place des autorités intérimaires et appelé à l’arrêt des hostilités à Kidal.

Les organisateurs ont dans leur déclaration, souhaité entre autres, l’érection des circonscriptions administratives de Taoudéni et Ménaka en collectivités territoriales, la mise en œuvre des patrouilles mixtes, la cessation des hostilités entre frères maliens à Kidal et exigé le respect de tous les engagements à travers le dialogue et la concertation.

<strong>Septembre 2016</strong>

<strong>Nouveau projet de loi électorale</strong>

<strong>L’opposition exige son retrait</strong>

<strong> </strong>Les partis politiques de l’opposition ont organisé samedi 4 à la maison de la presse une conférence pour recommander au président de la République le retrait pur et simple du projet de  loi électorale déposé à l’assemblée nationale.

Parce que, selon eux, ce projet constitue un recul par rapport à l’ancienne loi électorale et fait planer le risque de partition du Mali.

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<strong>Nord du Mali</strong>

<strong>Le Mouvement Arabe de l’Azawad réjoint la Plate-forme</strong>

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Des chefs de fraction, responsables, leaders et notabilités ressortissants de Ber, (Région de Tombouctou), du mouvement Arabe de l’Azawad (MAA) ont officialisé mardi 27 septembre leur adhésion à la Plate-forme.

C’était lors d’une conférence (à la Maison de la presse) au cours de laquelle ils ont aussi réaffirmé leur attachement à l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale en vue de préserver l’unité nationale, la laïcité et l’intégrité du Mali.

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<strong>Octobre 2016</strong>

<strong>Kalaban-Coro</strong>

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<strong>Saisie  de 2,7 tonnes de cannabis</strong>

<strong>Le propriétaire de la cargaison arrêté !</strong>

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Le jeudi 27, l’Office Central des stupéfiants du Mali a annoncé la mise en arrêt de Moustaphe Doucouré, un trafiquant de drogue. Cela, 6 mois après avoir procédé à une saisie record de 2,7 tonnes de chanvre indien, dont Doucouré était désigné propriétaire de la cargaison.

Le Cannabis emballé sous forme de balles de friperies avait été saisi dans un camion semi-remorque en plein déchargement à Yirimandio et le sieur Doucouré était dans une mosquée.

<em><strong>Novembre 2016</strong></em>

<strong>Attaque d’un convoi de la Minusma à Douentza</strong>

<strong>3 morts et 7 blessés</strong>

Le 6 novembre, vers 10h30, un convoi logistique de la MINUSMA a été la cible d'une attaque complexe à 45km au nord de Douentza, dans la région de Mopti. Un engin explosif improvisé ou une mine a explosé au passage du convoi suivi de tirs directs par les assaillants.

Un Casque bleu togolais et deux civils maliens ont péri lors de l'attaque. Le Casque bleu a succombé suite à ses blessures. Sept autres casques bleus togolais ont été blessés, dont 3 grièvement.

<strong>Cour d’assises</strong>

<strong>Amadou Haya Sanogo à la barre</strong>

Le procureur près la cour d’appel de Bamako, Mamadou Coulibaly a informé, vendredi 11 l’opinion publique du jugement du général Amadou Haya Sanogo, auteur du coup d’État de 2012 et plusieurs autres accusés d’enlèvement de personnes, assassinant et complicité d’assassinant lors la session d’assises du 30 novembre prochain.

Le procès a été reporté pour les assises de 2017.

<strong>Décembre 2016</strong>

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<title>Rétrospective : Discours  emblématique et historique   d’Alpha Oumar au  forum de réconciliation nationale à Abidjan en Côte d’Ivoire (2ième partie)</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 20 Dec 2016 00:04:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[« …Combien vous avez eu raison d’enclencher une telle dynamique, d’engager un tel processus jusqu’à cette étape il ne pourrait s’agir que d’un processus fragile avec au début des avancées incertaines quelquefois de reculs qui finiront à force de foi de détermination par être bons et décisifs. Partout vous le savez mieux que moi Monsieur le président en tant qu’historien partout où l’on s’est montré méprisant dans ses relations ou on a substitué aux règles de l’humilité et de la tolérance celle de l’arrogance et du rejet de l’autre frère, on est allé à l’affrontement sans issue. Les propres enfants du pays ont conduit leur pays à la catastrophe. C’est l’Ouganda, le génocide, le bras coupé de Sierra Leone cela n’arrive pas qu’aux autres que Dieu nous en préserve, mais cela peut exister derrière des buissons de l’intolérance. La catastrophe arrive vite quand on n’a pas le courage de se parler, d’échanger, de regarder l’autre, de faire confiance à l’autre si diffèrent et si proche aux voisins si sacrés, aux amis si chers, aux partenaires si nécessaires quand tout se réduit au pouvoir à la quête du pouvoir.
Aux problèmes politiques, il faut de vraies solutions politiques; pas de faux fuyant. Elles peuvent être difficiles à trouver mais nous devons les trouver ensemble à coup de concessions, de compromis conformes à l’État de droit, de compromis démocratique. Les problèmes politiques mal résolus finissent par prendre de dimensions régionalistes puis ethniques, puis religieuses et conduisent à l’anarchie. Il nous faut aujourd’hui dans tout nos pays un fond politique apaisé pour pouvoir bien aborder et résoudre les difficiles situations économiques et sociales.
Chers frères et sœurs de Côte d’Ivoire nous demeurons convaincus que l’ensemble de la société Ivoirienne et singulièrement la classe politique Ivoirienne saura relever le défi. Nous tenons à vous en féliciter vivement et de vous apporter le témoignage de notre soutien, de notre solidarité sans faille, de notre disponibilité pleine et entière. Jamais le Mali, encore moins par Dieu le Mali démocratique n’a été et ne sera un terrain d’hostilité. La sécurité de chacun de nos voisins est notre sécurité, la stabilité de chacun de nos voisins est notre stabilité; voyez-vous mes frères et sœurs le Mali c’est un peu de chacun de nos voisins. le Mali c’est un peu d’Algérie, c’est un peu du Niger, un peu du Burkina Faso, un peu de Côte d’Ivoire, un peu de Guinée, un peu du Sénégal, un peu de Mauritanie et un peu d’autres encore. Le Mali se lie aussi à chacun de nos voisins et il n’est pas nécessaire de rappeler ici que le peuple de la Côte d’Ivoire et du Mali et d’autres peuples ont entretenu des relations séculaires d’amitié et de fraternité.

En souvenir des structures étatiques passées, de migrations multiples que vous ayez su bien décrire Monsieur le président à travers ces contrées pluriethniques, de cette contrée si riche de leur pluralisme et de leur différence en souvenir d’engagement commun, de lutte commune, de sacrifice commun au sein du Rassemblement Démocratique Africain (RDA). Souvenir inaltérable, souvenir inaltérable du lieu de notre Houphouët malgré tout si présent aujourd’hui dans cette salle et présent auprès de nous aujourd’hui. Plus de choses nous unissent et ne nous séparent, nous avons bâti là-bas et ici ensemble. Nous devons tenir encore ensemble aujourd’hui nourri du passé fort des rencontres intercommunautaires ».

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Rétrospective : Discours  emblématique et historique  d’Alpha Oumar Konaré au  forum de réconciliation nationale à Abidjan en Côte d’Ivoire  (1ère   partie)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-discours-emblematique-historique-dalpha-oumar-konare-forum-de-reconciliation-nationale-a-abidjan-cote-divoire-1ere-partie-1937782.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 13 Dec 2016 00:11:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[« La parole est bien difficile, ou en ces circonstances et aujourd’hui me doit de la prendre, je veux la prendre avec humilité sans prétention. Vraiment sans prétention aucune avec l’autorisation de nos anciens ici présents, de nos aînés qui sont ici, de nos chefs religieux et bien sûr avec la grande compréhension et la grande indulgence de notre frère, de notre ami Gbagbo, et de tous nos autres amis ici présents. Monsieur le président de la République de la Côte d’Ivoire, Monsieur le président de la république du Ghana, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le président de l’Assemblée Nationale, Mesdames et Messieurs les ministres, Monsieur le président du forum, excellence Mesdames et Messieurs, chers frères et sœurs de Côte d’Ivoire nous éprouvons un réel plaisir à nous trouver aujourd’hui à Abidjan à l’invitation de notre frère Laurent Gbagbo président de la République de la Côte d’Ivoire. Nous tenons à lui exprimer nos vifs remerciements pour nous avoir conviés à un évènement de portée historique inspirée par des valeurs culturelles majeures sur lesquelles reposent les sociétés africaines.
En effet, nos peuples dans leur cheminement à différentes époques aussi bien à leur propre sein que dans leurs relations de voisinage ont toujours su opposer le bouclier du dialogue, de l’échange et de la concertation aux interpellations de la passion et de l’incompréhension. Et cela pour que les poutres qui soutiennent l’édifice commun résistent à l’érosion.

Monsieur le président chers frères et sœurs de Côte d’Ivoire en venant ici sur cette terre d’Afrique chargée d’histoire, sur cette terre qui pendant longtemps a renvoyé au monde entier l’image d’un pays en marche vers le progrès confiant en lui-même, l’image du refuge des valeurs d’hospitalité légendaire, de fraternité vraie et de chaude solidarité, en venant ici disons nous, nous vous apportons le salut fraternel non seulement du peuple Malien mais aussi celui de tous les peuples de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest et de l’Union Économique Monétaire Ouest Africaine.
Aujourd’hui le peuple frère de Côte d’Ivoire égal à lui-même a choisi de s’arrêter un moment pour se regarder en face en se souvenant de ce qu’il a été et en ayant en vue le rôle qu’il est appelé à jouer dans la sous-région et en Afrique.

Chers frères et sœurs de Côte d’Ivoire en acceptant de vous retrouver dans le cadre d’un forum de réconciliation nationale, vous exprimez fortement votre volonté d’arracher votre pays, notre chère Côte d’Ivoire à l’emprise de la fatalité et de l’ouvrir à la pérennité à un avenir digne de son histoire et de sa culture, vous exprimez aussi votre volonté de secouer les démons de la violence et de la haine et de vous tourner vers un avenir de paix et de concorde dédit normal de la Côte d’Ivoire.
Il s’agira moins de déchirer les pages de l’histoire que de les tourner que d’avancer. Il ne peut pas s’agir d’oublier mais de pardonner d’assumer ensemble les erreurs voir les fautes ».

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>De Taoudenit à Diago: le long calvaire de l&amp;apos;homme malien</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/de-taoudenit-a-diago-long-calvaire-de-lhomme-malien-2-1934492.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/10/Tiebile-Drame.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Fri, 09 Dec 2016 01:10:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[En avril 1980, à son retour du camp de Boureïssa ( 197 kms de Kidal), où il avait été interné, le grand résistant à la dictature militaire qui a consacré toute sa vie à la promotion des langues nationales, Karamogo Mamadu Dukuré dit Vzéro a composé un beau poème en bamanankan "Jo ni Nyangata". Dans ce bel hymne à la résistance et à l'espoir, Karamogo évoque plusieurs lieux de détention maliens: "Tawdeni, Buresa, Inakunder, "Janèmè" (l'enfer)!

Pour Karamogo-Vzéro, même l'enfer n'aurait pas pu briser le moral des patriotes des années noires.  De tous ces lieux, le camp de la mort de Taoudenit (750 kms au nord de Tombouctou), <strong>créé en 1969 par les lieutenants qui s'étaient emparés du pouvoir, le 19 novembre 1968, était de loin le plus horrible.</strong>

Les militaires au pouvoir à Bamako envoyaient leurs adversaires mourir à Taoudenit dans des conditions infra-humaines : atteints de maladies, ils ne recevaient aucun soin. Sous-alimentés, ne buvant que l'eau salée, ils n'avaient qu'un seul repas par jour consistant en une  bouillie de mil mal cuite à... l'eau salée. Obligés de travailler dix heures par jour quel que soit leur état physique, les forçats étaient en outre battus jusqu'au sang par des geôliers qui n'avaient rien à envier aux SS nazis.

Haut lieu du crime d'État au Mali, documenté par les récits de rescapés comme <strong>Guédiouma Samaké, Samba Sangaré ou Belco N’diaye</strong>, Taoudenit symbolisera pour toujours l'horreur, le calvaire et la déshumanisation de l'homme malien.

Outre Taoudenit, il faudra désormais ajouter un autre haut lieu de la barbarie: Diago. Dans ce petit village près de Kati, des militaires maliens ont extrait de leurs cellules, dans la nuit du 2 au 3 mai 2012, d'autres militaires maliens. Certains d'entre eux, blessés, avaient été tirés de leurs lits dans les hôpitaux. Soumis à la diète (sans eau, ni nourriture), torturés, ils ont été ligotés, jetés dans une fosse préalablement creusée, mitraillés et ensevelis. Les cris de douleur des suppliciés, les gémissements de ceux qui agonisaient avaient été entendus dans le village.

<strong>A cette époque, régnait à Bamako, Kati et alentours une terreur exercée par les nouveaux maîtres de Bamako</strong>.

Ces derniers avaient pris le pouvoir dans la nuit du 21 au 22 mars 2012 à la suite d'une mutinerie de soldats du rang et de sous-officiers de la garnison de Kati. Le Mali était en guerre depuis deux mois. Les soldats de Kati s'étaient rebellés contre les mauvaises nouvelles du front, conséquences de la mauvaise gestion de la guerre et d’une gouvernance défectueuse de la question du Nord.

Dès l'après-midi du 21 mars, alors que les combats s'approchaient de Koulouba (le palais présidentiel), pressentant ce qui allait en résulter, j'ai personnellement pris contact avec tous les principaux responsables politiques et syndicaux du pays aux fins de concertations pour conjurer la catastrophe qui s'annonçait.

Malheureusement, la rencontre projetée à la Bourse du Travail n'aura pas lieu...Si elle avait pu se tenir, cette réunion n'aurait peut-être pas arrêté le coup de force en marche, mais l'histoire aurait enregistré que les forces vives du pays n'ont pas assisté en spectateurs au putsch le plus stupide de l'Histoire.

<strong>Le coup d'État du 22 mars a entraîné le Mali dans le précipice en provoquant l'effondrement de l'armée, de l'État et l'occupation des 2/3 du pays</strong>.

Les informations recueillies sur les auteurs du coup de force étaient loin d'être rassurantes. Certains d'entre eux étaient bien connus des habitants de Koulikoro et de Kati. Ils n'étaient pas tous des exemples.

Leurs pratiques de prédation et de rapine des biens et deniers publics et privés dans les jours, semaines et mois qui ont suivi le putsch, les graves violations des droits de l'homme, la chasse aux hommes politiques et aux journalistes donnaient raison à ceux qui avaient fait les prévisions les plus sombres.

La brutalité et la cruauté quasi bestiales avec lesquelles les chefs de la junte de 2012 ont traité leurs adversaires civils et militaires, en disaient long sur leur projet pour le Mali.

C'est bien au Mali, sur notre terre de vieilles civilisations qu'il y a eu Diago. Depuis la découverte du charnier de Diago, d'autres fosses communes ont été découvertes à Bamako et dans les environs de Kati.

<strong>Le voile s'est, peu à peu, levé sur les horreurs du régime de terreur instauré au Mali à partir du putsch du 22 mars 2012.</strong>

Et pourtant, c'est bien ce coup d'État et ses auteurs que des hommes et des femmes politiques, des parlementaires, des juristes de ce pays ont soutenus.

Croyant que leur heure était enfin arrivée, des hommes politiques, des " <strong>sociétés civiles</strong>", des avocats et autres pseudos experts ont accouru à Kati dès les premières heures du putsch pour offrir leurs services aux nouveaux maîtres du pays, pour les aider à asseoir les bases du nouveau régime, pour les mettre en relation avec des chefs d'État de la sous-région, pour les conseiller ou préparer les textes qui devraient servir de base à la constitution putschiste.

Même quand, fait sans précédent dans notre histoire millénaire, le Chef de l'État par intérim a été frappé et laissé pour mort au Palais par des manifestants manipulés, ces hommes politiques, ces juristes n'ont pas cru bon de prendre leurs distances avec les apprentis SS de Kati. Ils ont continué à fréquenter la ville-garnison. Certains y allaient, entre autres, pour "moucharder" les opposants au coup d'État en incitant les militaires à les arrêter, à les torturer voire à les liquider physiquement.

Le régime renversé n'était pas exempt de reproches et de critiques. De là à soutenir un coup de force qui a précipité le pays dans l'abîme, il n'y avait qu'un pas que beaucoup ont franchi allègrement en piétinant la morale, les valeurs et les principes de la République.

Maintenant que sont apparues au grand jour les méthodes dignes de la Gestapo, et qu'un premier procès va s'ouvrir, il serait intéressant de savoir si les soutiens politiques, juridiques et civils de la junte ont entamé leur examen de conscience et s'ils vont faire leur autocritique et présenter des excuses au peuple.

Pour notre part, mes camarades et moi, chaque fois qu'une fosse commune a été découverte, chaque fois que des corps ont été repêchés du fond d'un puits, chaque fois qu'un corps sans tête a été retrouvé quelque part entre Kati et Kambila, nous avons rendu grâce à Allah SW de nous avoir faits opposants au coup d'État, de nous avoir tenus loin de Kati, de nous voir éloignés de toute forme d'ambiguïtés et de compromissions avec ceux qui ont commis ces crimes.

Nous continuons de remercier le Seigneur de nous avoir préservés de la tentation de chercher à accéder au pouvoir à partir des épaules du capitaine Sanogo.

Outre le jugement des auteurs et complices de ces crimes imprescriptibles, la République s'honorerait d'engager le procès d'un autre crime imprescriptible: celui du putsch du 22 mars 2012. Car la Constitution de 1992 est claire et sans ambiguïtés : " Tout coup d'État ou putsch est un crime imprescriptible contre le peuple malien" (article 121, dernier alinéa).

C'est un procès du coup d'État qui permettra au Mali de tourner les pages sombres de "l'Annus Horribilis" 2012 qui a vu notre Nation sombrer. Le procès du coup d'État aura à la fois valeur d'exorcisme et de pédagogie pour prévenir d'autres crimes de ce genre afin que plus jamais, nul ne s'amuse ou ne s'autorise à jouer avec la Constitution et avec les valeurs de la République.

À défaut d'un procès en bonne et due forme du coup d'État, la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) pourrait se pencher sur ce triste épisode de notre Histoire et organiser des audiences publiques sur la question.

<strong>Bamako, le 28 novembre 2016</strong>

<strong>Tiébilé Dramé</strong> <strong>Ancien prisonnier politique</strong>

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<title>Mardi 19 novembre 1968 :  Ce que Modibo et Moussa se sont dit !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mardi-19-novembre-1968-modibo-moussa-se-dit-1913972.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 28 Nov 2016 02:21:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans notre précédente livraison, nous vous avons relaté comment, au terme d’une série d’actions, sept officiers subalternes, avec le soutien de quelques sous-officiers, ont renversé le régime de l’Union Soudanaise section territoriale du Rassemblement Démocratique Africain (US-RDA). Nous vous livrons, dans cette parution, la suite de ces événements.</em></strong>

Le chef des conjurés, Moussa Traoré aurait souhaité que Modibo Keïta soit arrêté à bord du <em>Général Abdoulaye Soumaré</em>, donc, avant qu’il ne débarque à Koulikoro. Mais, le bateau fut en avance sur son horaire et le cérémonial d’accueil écourté. Aussi, est-ce à Kayo, à quelque cinq kilomètres de la ville que l’arrestation eut lieu. Sur invitation du lieutenant Tiékoro Bagayogo, le président Modibo Keïta est prié de se « mettre à la disposition de l’armée malienne. » Il s’exécute sans mot dire, descend de la DS présidentielle et, suivi de son aide de camp, le capitaine Abdoulaye Ouologuem, prend place dans véhicule de transport de l’armée, un BTR 152. Le cortège s’ébranle en direction de Bamako. Au cours du trajet, Ouologuem apprend, par Tiékoro Bagayogo à qui il l’avait demandé, les raisons du coup d’Etat. Réponse du lieutenant : redresser l’économie, organiser des élections démocratiques auxquelles Modibo pourrait se présenter et retourner dans les casernes. Ces propos sont rapportés au chef de l’Etat. Mais ce dernier demeure sans réaction.

L’arrivée du cortège à la Permanence du Parti devenue, par la suite, la Maison du Peuple, actuel siège du Haut Conseil des Collectivités, a lieu peu avant midi. Moussa Traoré reçoit Modibo Keïta dans le petit bureau qui, au rez-de-chaussée, servait de cabinet de travail au Secrétaire Général de l’US-RDA quand il se rendait à la Permanence du Parti. L’entretien dure le temps d’une information suivie d’une réplique. Bon nombre d’historiens, se fondant sur leur imagination, ont rapporté les propos censés être échangés entre les deux hommes. D’après eux, la scène ne se situe pas entre Modibo Keïta et Moussa Traoré, mais entre celui-là et « la junte militaire ».

Celle-ci aurait proposé de laisser Modibo Keïta au pouvoir à condition qu’il renonce au socialisme, se débarrasse de certains de ses ministres et de la Milice populaire. Modibo Keïta aurait rétorqué qu’il ne peut renoncer  au socialisme parce qu’il est un choix du peuple, pas son choix ; qu’il fait confiance à ses ministres et que, par conséquent, il ne peut se débarrasser d’eux. La junte aurait voulu continuer à négocier. Mais, craignant de succomber à son charme et à son charisme, lui aurait demandé de démissionner ; ce qu’il refusa, une fois de plus.

Cependant, la réalité est toute autre, rapportée par le capitaine Ouologuem, témoin oculaire de la scène.  Au cours d’une interview accordée à Toumani Djimé Diallo du journal <em>la Nation,</em> il confie : « Modibo s’est assis en face de Moussa, et moi, j’ai pris une place à gauche. Moussa a répété ce que Tiékoro nous avait dit en cours de  route. Modibo a répondu qu’il n’était pas question pour lui de se représenter à des élections, qu’il préfère retourner dans sa case et aller cultiver. Voilà les seuls mots qui ont été échangés entre les putschistes et  Modibo. »

C’est également le capitaine Ouologuem qui nous informe sur la manière dont tout cela a pris fin : « Séance terminée. Ça a été les seuls mots prononcés. Immédiatement, la séance a été suspendue. Tiékoro a fait signe. Modibo l’a suivi. Moi, je suis sorti.  Et le BTR était arrêté près de l’escalier. Le même BTR. Modibo s’est embarqué. Tiékoro l’a suivi. Moi-même je voulais m’embarquer. Tiékoro m’a dit : « Mon capitaine, mission terminée ! » Voilà où je me suis séparé du président Modibo. Il devait être aux environs de midi. »

La présidence de Modibo Keïta à la tête du Mali venait de prendre fin. Avec une facilité déconcertante. Sa chute est accueillie par une explosion de joie ; ce qui inspire à Bintou Sanankoua la remarque suivante : « C’est tout simplement ahurissant. Qui peut imaginer que le régime de Modibo Keïta était aussi honni ? Qui peut imaginer que la mainmise de l’US-RDA sur tout le pays était aussi superficielle, n’était qu’apparente ? »

Cependant, tout le monde n’est pas de cet avis. Certains soutiennent que Modibo Keïta a été évincé du pouvoir sur instruction de la France et de la Côte d’Ivoire. Le coup d’Etat n’est pas le fait de l’armée malienne, mais, d’après les tenants de cette thèse, celle de jeunes officiers assoiffés de pouvoir et agissant pour compte du « néocolonialisme et de l’impérialisme. » Mais, et Houphouët-Boigny, et Jacques Foccart, et Charles de Gaulle n’était au courant de quoi que ce soit, ne connaissaient nullement les conjurés et leurs premières appréciations des événements du 19 novembre 1968 à Bamako ne se fondent que sur des conjectures. L’encadré ci-contre prouve à suffisance que les autorités françaises ont été prises de court par les événements survenus à Bamako le 19 novembre 1968. Elles n’avaient de précisions, ni sur l’identité des auteurs du coup d’Etat, ni sur le déroulement des actions. Houphouët-Boigny à qui elles s’en remettaient n’était pas plus informé qu’eux.

A suivre
<table>
<tbody>
<tr>
<td width="619"><strong> </strong>

<strong>Extrait du tome II des Mémoires de Jacques Foccart, page 446</strong>

<strong> </strong><strong>Mardi 19-11-68</strong>

… il ya un coup d’Etat à Bamako. Le soir le Général me demande :

- Mais comment cela se fait-il ? Je n’ai vu aucun télégramme, je n’ai rien !

- Mon Général, ils viennent d’arriver, les voici ?

Je lui fais lire les télégrammes qui expliquent que l’armée a pris le pouvoir. « Modibo se trouvait à Mopti. Est-il rentré ou pas ? Je n’en sais rien. D’après Houphouët –Boigny que j’ai eu au téléphone, il est arrêté, ainsi que Ousmane Bâ, ce qui fait que ce dernier ne viendra pas à votre rendez-vous. L’armée est intervenue le matin et a échangé des coups de feu avec la milice.

-Ils se sont battus ?

- Oui, ils ont même fait intervenir les blindés. Madeira Keïta et le Directeur de la sécurité sont arrêtés. Ce qui, à mes yeux, signifie que le coup est fait par des modérés en réaction contre les positions contre la position de plus en plus prochinoise et prosoviétique, tantôt l’une tantôt l’autre de Madeira Keïta.  Les militaires semblent avoir gagné la partie. L’affaire est menée par des lieutenants et des capitaines. D’après les premières indications que j’ai, ce sont des gens formés à l’école militaire de Fréjus. (Page 446)

&nbsp;

<strong>Mercredi 20-11-68</strong>

Je rends compte au Général de la situation au Mali et il écoute avec beaucoup d’intérêt. Je confirme que Modibo a été arrêté, ainsi qu’Ousmane Bâ et Madeira Keïta. Je lui fait lire les proclamations des militaires, qui vont tous dans un sens favorable au monde occidental. Je donne la composition du comité militaire et j’indique que, parmi tous ces officiers subalternes qui constituent en quelque sorte le nouveau gouvernement, aucun n’a été formé à l’Est. Je dis qu’il risque quand même d’y avoir des suites sanglantes en ce qui concerne les gens qui ont été arrêtés car je vois beaucoup de Sissoko dans le comité militaire : Je pense qu’il doit y avoir des membres de la famille de Fily Dabo Sissoko, l’ancien Ministre français qui avait été, vous vous en souvenez, arrêté puis exécuté comme Hamadoun Dicko. Et sa famille avait toujours juré de venger Fily Dabo Sissoko. Modibo court donc des risques sérieux d’être jugé sommairement un jour ou l’autre. (Page  450)

<strong> </strong></td>
</tr>
</tbody>
</table>
&nbsp;

<strong>La Rédaction</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Coup d’état du 19 novembre 1968 : Triste souvenir pour le peuple malien !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/coup-detat-19-novembre-1968-triste-souvenir-peuple-malien-1902722.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 21 Nov 2016 11:08:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<h4><strong>En effet, c’est le 19 novembre 1968 que notre pays, le Mali, est tombé au grand souhait de l’impérialisme français et de ses valets afro-maliens. Modibo Keïta et compagnons sont morts pour la patrie malienne. Le Comité militaire de libération nationale (CMLN), dirigé par l’ennemi numéro 1 de notre peuple en la personne de Moussa Traoré, a imposé aux Maliens le mutisme complet : pas de marche, pas de revendication, encore moins des activités politiques pour l’éveil des consciences nationales.</strong></h4>
<strong>Pendant dix (10) longues années de vide politique</strong>, Moussa Traoré et ses compagnons ont imposé aux travailleurs du Mali la gestion clanique et apatride des affaires de la nation, ouvrant ainsi la voie à la gabegie, l’affairisme, le népotisme, le clientélisme, l’achat des âmes et des consciences, la concussion, la cocufication, la délinquance économique et le sens du partage du gâteau.

<strong>En 1979, </strong>comme pour se moquer de notre peuple travailleur, le CMLN, pour ce qu’il en restait, a imposé à notre pays ‘<strong><em>’le centralisme démocratique’’</em></strong> par la naissance regrettable de ce qu’il convenait d’appeler l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), un parti mort-né, avec à sa tête le chef inamovible Moussa Traoré.

Les hommes passent mais les peuples demeurent. <strong>Le 19 novembre 1968</strong>, pendant que notre peuple poursuivait sa marche difficile mais courageuse pour la construction d’un avenir radieux, un groupe de soldats, à la solde du néocolonialisme français et dirigé par le lieutenant Moussa Traoré a fait irruption et effraction sur la scène politico- économique et culturelle du Mali. Ce jour là, Moussa qui était l’instructeur en chef de la milice populaire du Mali a osé donner un coup d’arrêt au combat de notre peuple pour son meilleur avenir.

La suite, rappelons-le, était horrible et indigne : le président Modibo Keïta a été lâchement et injustement écarté du pouvoir. En lieu et place, la clique des putschistes a érigé le mur de la mégalomanie et de la démagogie.

Le Comité militaire de libération nationale (CMLN), dirigé par l’ennemi numéro 1 de notre peuple en la personne de Moussa Traoré, a imposé aux Maliens le mutisme complet : pas de marche, pas de revendication, encore moins des activités politiques pour l’éveil des consciences nationales.

<strong>Pendant dix (10) longues années de vide politique</strong>, Moussa Traoré et ses compagnons ont imposé aux travailleurs du Mali la gestion clanique et apatride des affaires de la nation, ouvrant ainsi la voie à la gabegie, l’affairisme, le népotisme, le clientélisme, l’achat des âmes et des consciences, la concussion, la cocufication, la délinquance économique et le sens du partage du gâteau.

<strong>Pendant dix ans</strong>, le pilotage à vue a connu ses jours de prospérité et dans l’insouciance la plus totale et la plus nauséabonde.

<strong>Pendant dix longues années d’affairisme</strong>, notre pays a souffert de l’absence totale d’idées et de débats constructeurs.

<strong>Pendant dix ans de vide politique</strong>, notre peuple a souffert de la cynique politique de: «chacun pour soi et le diable pour tous ».

<strong>Pendant dix ans</strong>, les lions ont dévoré les lionceaux de la tanière parce que le CMLN était une jungle où tous les sales coups étaient permis et se produisaient, le seul mal étant de toucher au pouvoir du chef des putschistes : progressivement, les 14 membres du CMLN se sont bouffés crus. La déportation et la mort dans des conditions effroyables de ce qu’il convenait d’appeler «<strong>la bande</strong> <strong>des trois (03)»</strong> sont des enseignements horribles.

<strong>En 1979</strong>, comme pour se moquer de notre peuple travailleur, le CMLN, pour ce qu’il en restait, a imposé à notre pays ‘’<strong>le centralisme démocratique’’ </strong>par la naissance regrettable de ce qu’il convenait d’appeler l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), un parti mort-né, avec à sa tête le chef inamovible Moussa Traoré.

Pire, pour insulter l’honneur et la dignité de notre peuple et de ses dirigeants nationalistes, tout partait de Moussa et tout revenait à celui qui s’est autopropulsé général sans avoir combattu vraiment. Le parti unique ainsi forgé de toute pièce était une caisse de résonance de l’homme à tel point que la République est devenue «<strong>moi, et seulement moi</strong>».

<strong>Douze (12) longues</strong> années ont concentré les affaires du Mali entre les mains de la famille politique et génétique du général bazin comme il convenait de l’appeler : il s’agit de Moussa Traoré.

Des femmes ont été contraintes au veuvage et à la vente de leur corps pour nourrir les enfants orphelins  de tous les pères de famille conduits dans les bagnes du régime sanguinaire sans retour pour avoir dit au Dieu du CMNL et de l’UDPM : «<strong>Je ne pense pas comme vous</strong>», «<strong>Je ne vois pas le Mali dans la même direction que vous», </strong>«<strong>Je ne me reconnais ni dans l’UDPM ou l’UNJM, ni dans votre gestion calamiteuse des affaires du Mali</strong>».

Pour réduire les intellectuels au silence, on leur imposait des traitements dégradants allant jusqu’à les transformer en clowns, en clochards et en alcooliques, sans référence aucune.

<strong>Pendant vingt trois (23) longues années</strong> de dictature militaro-udepmiste, notre peuple a enduré les souffrances les plus horribles : des familles entières ont été disloquées faute de revenus, les salaires de misère ne tombant qu’à compte gouttes et par semestre pour un mois.

Des fois, les travailleurs ne recevaient un mois de salaire qu’après huit (08) mois de pénible labeur, développant ainsi en ce paisible peuple le sens du vol, de l’affairisme, de la malveillance, de la corruption et des vendettas politico- militaro policières.

Ne pouvant régner indéfiniment, notre peuple organisé en mouvement démocratique a accepté le sacrifice ultime de ses enfants pour que l’apache régime de Moussa Traoré soit aux arrêts : plus de deux cents morts, des dizaines, voire des centaines de blessés et de disparus.

En effet, c’est <strong>le 19 novembre 1968</strong> que notre pays, le Mali, est tombé au grand souhait de l’impérialisme français et de ses valets afro-maliens. Modibo Keïta et compagnons sont morts pour la patrie malienne. Et depuis la chute de Moussa Traoré, le Mali se cherche sans se retrouver.

En musulman pieux qu’il veut paraître, Moussa doit solennellement demander pardon à notre peuple avant que Dieu ne le rappelle à lui parce que trop de crimes ont été commis par son régime et pendant ses longues années de gestion des affaires du Mali. Dieu ne dort pas !

<strong>Fodé KEITA</strong>

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</item>

<item>
<title>Rétrospective : Le discours pour la Côte d’Ivoire que n’a pas prononcé Laurent Gbagbo (première partie)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-discours-cote-divoire-na-prononce-laurent-gbagbo-premiere-partie-1900522.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 21 Nov 2016 00:18:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>En rejetant sa défaite, Gbagbo a-t-il perdu une occasion historique d'affirmer sa grandeur ?  Il était une fois la fiction politique... L’auteur Jean-Louis Sagot-Duvauroux réagit à l’actualité de la crise ivoirienne et écrit pour J.A. un texte dans lequel il imagine ce que le président sortant Laurent Gbagbo aurait pu dire à l’annonce des résultats de l’élection présidentielle du 28 novembre dernier. Bonne lecture ! </em></strong>

<em>« Abidjan, le 1er décembre 2010</em>

<em>Mes chers compatriotes,</em>

<em>La Commission électorale indépendante vient de me remettre </em><em><a href="http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20101202175744/">son décompte des résultats de l’élection présidentielle</a></em><em>. M. Alassane Dramane Ouattara y est crédité de 54,1 % des suffrages. Avant de vous indiquer quelle est la conduite que je me fixe dans cette circonstance, permettez-moi de vous rappeler les conditions très particulières dans lesquelles j’ai été amené à exercer le pouvoir suprême.</em>

<em>Élu en 2000, j’ai tenté de mettre en pratique les idéaux qui depuis l’origine ont guidé mon engagement politique : souveraineté effective de la Côte d’Ivoire, avancée vers une plus grande autonomie économique, souci des besoins sociaux, respect d’institutions démocratiques essentielles comme le multipartisme ou la liberté de la presse… Ma politique s’est heurtée à l’hostilité des grandes puissances, qui, avec le Premier ministre Alassane Ouattara ou le président Henri Konan Bédié, s’étaient habituées à une </em><em><a href="http://www.jeuneafrique.com/pays/cote_ivoire/cote_ivoire.asp">Côte d’Ivoire</a></em><em> docilement soumise à leurs intérêts. La rébellion militaire de 2002 aurait dû être réduite avec le concours de la France, si ce pays avait respecté l’accord de défense qui le liait à nous. Mais cet accord avait été signé avec d’autres et pour d’autres buts que la souveraineté de l’État ivoirien. Ces forces étrangères furent au contraire utilisées pour entériner la division du pays. Par nécessité et pour ne pas aggraver les tensions, j’ai tenté de faire avec. J’y ai mis, c’est vrai, cette adresse que vous me reconnaissez quand vous me donnez le sobriquet de « boulanger ». Je ne me repens pas d’avoir, comme vous dites, « roulé mes adversaires dans la farine ». J’ai au contraire le sentiment d’avoir répondu, avec les moyens qui me restaient, au mandat du peuple.</em>

<em>Je me suis également attaché à rétablir des conditions à peu près acceptables pour une élection libre et démocratique. M. Alassane Ouattara avait été écarté des scrutins précédents sous l’effet d’une loi électorale rédigée sur mesure par son nouvel ami Henri Konan Bédié. Il a pu cette fois se présenter et faire campagne sans entraves. Je connaissais pourtant sa vertu démocratique à géométrie variable : Premier ministre, il m’avait fait emprisonner pour délit d’opinion ! Confiant dans les vertus démocratiques de la controverse, je me suis soumis à l’exercice d’un débat télévisé en direct. Et vous êtes allés voter.</em>

<strong><em>Maintenant, que faire ?</em></strong><em> Beaucoup, dans mon entourage, me suggèrent de refuser un résultat dont tout indique qu’il force la réalité. Le président du Conseil constitutionnel me propose d’annuler le vote de plusieurs départements soumis à l’intimidation des Forces nouvelles. La pression frénétique de la France, des USA et du panier de crabes nommé « communauté internationale » me donne à penser que l’étranger tient beaucoup à l’investiture de l’accommodant M. Ouattara. Ces interventions m’inciteraient plutôt à ne pas m’incliner…. »</em>

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables : Feu Modibo Keïta, Président de la République (19 Novembre 1968)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-feu-modibo-keita-president-de-republique-19-novembre-1968-3-1888552.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 14 Nov 2016 01:36:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA["Le Mali, ce n’est pas nous, ce n’est pas non plus ceux qui viennent de prendre le pouvoir. Le Mali, c’est vous !" [NDLR : s’adressant à la jeunesse]

<strong>Général Moussa Traoré, Président de la République : 1979</strong>

« Ce qui m’a énervé et vexé, c’est quand, Karim Dembélé est venu me présenter dans une mallette 24 millions que j’ai refusés, mais que ma femme prendra à mon insu ».

&nbsp;

<strong>Oumar Mariko, Secrétaire général SADI (1998)</strong>

« J’entends des gens dire, si Moussa Traoré avait, c’est-à-dire, accepté l’ouverture démocratique, le 26 Mars n’aurait pas eu lieu. Une chose est sûre : ceux qui le disent, n’ont pas compris qui soutenait le mouvement estudiantin ».

&nbsp;

<strong>Me Mountaga Tall (CNID, 1996)</strong>

« Nous œuvrons pour la réconciliation nationale. Nous ne jouerons pas à l’exclusion. Cependant, nous l’avons toujours dit : nous ne serons jamais les alliés de ceux qui ont les mains souillées de sang ou qui ont pillé les biens du pays ».

&nbsp;

<strong>Feu Me Demba Diallo (CNDP, 1997)</strong>

« <em>Nous avons affronté Moussa Traoré et ses armes, ce n’est pas devant une poignée de personnes que nous allons nous incliner ».</em>

&nbsp;
<h2>Adam Thiam, chroniqueur journal Le Républicain 1999</h2>
« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et que, quelle que grande que soit la distance jusqu’au Paradis, la descente aux Enfers du pays est bien finie ».

&nbsp;
<h2>Djiguiba Kéïta dit PPR, PARENA (2001)</h2>
<em>« Le Mali nouveau, ce n’est pas le MPR qui peut le bâtir, c’est nous, c’est-à-dire les autres, ceux qui ont combattu le système dont le MPR se réclame ».</em>

&nbsp;
<h3>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Mars 1996)</h3>
"La grosse erreur a été de faire croire que la démocratie peut tout régler comme par un coup de baguette magique. Une démocratie se bâtit lentement avec des hommes et des femmes qui y adhèrent et auxquels, il faut donner toutes les explications qui s’imposent."

<strong> </strong>
<h1>Ibrahima N’Diaye dit Iba, Maire du District : 2001</h1>
« Hier comme aujourd’hui, et sans doute demain, il n’y a pas eu de millionnaires, milliardaires ; il n’y en a pas ; il n’y aura pas parmi nous, sur le dos du peuple, en tout cas aussi longtemps que Bamako, les capitales régionales, le pays profond regorgeront de mendiants, d’injustement appauvris et misérabilisés qui tendront la main aux passants, toute honte bue ».

<strong> </strong>

<strong>Professeur Yoro Diakité (2002)</strong>

« Les objectifs essentiels immédiats du 26 mars étaient l’instauration du multipartisme intégral et de la liberté pour les gouvernés de choisir leurs gouvernants. Ceux-ci ont été atteints. Mais, l’espoir populaire attendait un mieux vivre et surtout devenir maître de sa propre histoire. De cela, nous en sommes loin ».

<strong>Rassemblés par </strong>

<strong> </strong><strong>Boubacar Sankaré</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Rétrospective : Le discours d&amp;apos;investiture de Nelson Mandela, le 10 mai 1994 (suite et fin)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-discours-dinvestiture-de-nelson-mandela-10-mai-1994-suite-fin-1888172.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 14 Nov 2016 00:11:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<em>« Nous apprécions infiniment le rôle qu'ont joué les masses de nos concitoyens et leurs dirigeants politiques, démocratiques, religieux, féminins, jeunes, économiques, traditionnels et autres pour parvenir à cette conclusion. Et parmi eux se trouve notamment mon second vice-président, l'honorable Frederik Willem De Klerk. Nous aimerions également rendre hommage à nos forces de sécurité, tous grades confondus, pour le rôle distingué qu'elles ont joué en protégeant nos premières élections démocratiques et la transition vers la démocratie des forces sanguinaires qui refusent toujours de voir la Lumière.</em>

<em>Le temps est venu de panser nos blessures. Le moment est venu de réduire les abîmes qui nous séparent. Le temps de la construction approche. Nous avons enfin accompli notre émancipation politique. Nous nous engageons à libérer tout notre peuple de l'état permanent d'esclavage à la pauvreté, à la privation, à la souffrance, à la discrimination liée au sexe ou à toute autre discrimination. Nous avons réussi à franchir le dernier pas vers la liberté dans des conditions de paix relative. Nous nous engageons à construire une paix durable, juste et totale.</em>

<em>Nous avons triomphé dans notre effort pour insuffler l'espoir dans le cœur de millions de nos concitoyens. Nous prenons l'engagement de bâtir une société dans laquelle tous les Sud-Africains, blancs ou noirs, pourront marcher la tête haute sans aucune crainte au fond de leur cœur, assurés de leur droit inaliénable à la dignité humaine - une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde. Comme gage de son engagement dans le renouveau de notre pays, le nouveau gouvernement transitoire d'unité nationale examinera, comme cas d'urgence, la question de l'amnistie pour plusieurs catégories de concitoyens qui purgent actuellement des peines d'emprisonnement. Nous dédions ce jour à tous les héros, hommes et femmes, de ce pays et du reste du monde qui ont sacrifié, de diverses manières, et mis en jeu leur vie afin que nous puissions être libres. Leurs rêves sont devenus réalité. La liberté est leur récompense.</em>

<em>Nous sommes à la fois rendus modestes et exaltés par l'honneur et le privilège que vous, citoyens d'Afrique du Sud nous avez conféré, en tant que premier président d'un gouvernement uni, démocratique, non-racial et non-sexiste, de conduire notre pays hors de la vallée des ténèbres. Nous comprenons bien qu'il n'y a pas de voie facile vers la liberté. Nous savons bien que nul d'entre nous agissant seul ne peut obtenir la réussite. Nous devons donc agir ensemble en tant que peuple uni, pour la réconciliation nationale, pour la construction de la nation, pour la naissance d'un nouveau monde. Que la justice soit présente pour tous ! Que la paix soit là pour tous !  Que le travail, le pain, l'eau et le sel soient à la disposition de tous! Que chacun sache cela, car tant le corps que l'esprit et l'âme ont été libérés pour leur plein épanouissement! Que jamais, au grand jamais ce beau pays ne subisse l'oppression de l'un par l'autre et ne souffre l'indignité d'être le pestiféré du monde.</em>

<em>Que règne la liberté ! Le soleil ne se couchera jamais sur une réussite humaine si glorieuse.</em>

<em>Dieu bénisse l'Afrique ».</em>

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables :  Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003&#45;2004 :</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-boya-dembele-president-tribunal-de-premiere-instance-de-koutiala-a-loccasion-de-rentree-judiciaire-2003-2004-1876912.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-boya-dembele-president-tribunal-de-premiere-instance-de-koutiala-a-loccasion-de-rentree-judiciaire-2003-2004-1876912.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 08 Nov 2016 01:00:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<h1></h1>
« Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées, le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la difficulté de les attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer ».

<strong><em>Alpha O. Konaré Président de la République 2000</em></strong>

‘’Il s’agit pour nous de gouverner l’avenir plutôt que d’en être le jouet. L’intégration seule, il faut le dire, nous permettra de gérer les conditions créées par le déclin des deux principaux champs de force qui ont organisé depuis 40 ans les relations internationales. Il n’y aura désormais de solutions que collectives aux menaces, aux tentatives de déstabilisation dont nous pourrions être l’objet.’’

&nbsp;
<h1>Amadou Toumani Touré, Président du CTSP</h1>
<em>« Depuis que Moussa Traoré est tombé, nous assistons à une prolifération d’hommes braves ».</em>

&nbsp;

<strong>Bakary Karembé, ancien Secrétaire général de l’UNTM (Mai 2000)</strong>

« Moussa Traoré avait presque accepté de démettre le gouvernement, proposant en sourdine des portefeuilles aux plus affamés d’entre nous. Histoire d’aiguiser l’appétit ! Nous avons dit « non » sachant bien que certains étaient bien tentés ».
<h1></h1>
<h1>Feu Me Demba Diallo, ex-médiateur de la République</h1>
<em>« Vieil avocat militant, écrivain et journaliste, je m’honore d’avoir été aux côtés de la quasi-totalité des journalistes maliens poursuivis en justice en raison de leurs activités professionnelles. S’il est vrai que l’un d’eux m’a payé en monnaie de singe par des écrits diffamatoires et même calomnieux, tous mes autres jeunes clients sont devenus des amis sincères et enthousiastes ».</em>

<strong>Pr. Mohamed Lamine Traoré, Secrétaire national du MIRIA (1999)</strong>

<em>« Il est impossible de faire du neuf avec du vieux »</em>

<em> </em>

<strong>Pr. Mohamed Lamine Traoré, Secrétaire général du MIRIA (1999) </strong>

<em>« Au MIRIA, nous restons convaincus que le changement ne saurait jamais être un simple slogan de circonstance et la lutte contre la corruption, un effet de mode ou de marketing politique ».</em>

<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2001) </strong>

<em>« Au moment de la lutte contre le régime de Moussa, les associations, les organisations, les syndicats, les simples citoyens ont estimé devoir rassembler leurs énergies, leurs efforts pour vaincre le régime... une fois que cet objectif a été atteint, chacun va dans son camp ».</em>
<h1>Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999</h1>
« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu. Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

<strong> </strong>

<strong><em>Yacouba Diakité, militant AJDP (2001)</em></strong>

« Nous, jeunes, avons aujourd’hui, le sentiment d’être les laissés pour compter de la démocratie. D’autres, qui, en réalité n’ont rien fait en 1991, se retrouvent aujourd’hui en train de savourer les délices de la démocratie ».

&nbsp;

<strong>Boubacar Sankaré</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Revue d&amp;apos;histoire : hommage à Tiéoulé Mamadou Konaté</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/revue-dhistoire-hommage-a-tieoule-mamadou-konate-1852262.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/revue-dhistoire-hommage-a-tieoule-mamadou-konate-1852262.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 26 Oct 2016 00:27:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reporter</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Parce que l'homme politique de nos jours cultive volontiers  l'opportunisme, parce que sa parole ne se distingue guère de celle du quidam du quartier, tant elle sonne creux, parce que le discours officiel n’emprunte plus les vecteurs sublimes de l'engagement et du patriotisme, parce qu’il s'identifie davantage aux clashs des rappeurs, qui leur dament cependant le pion en matière de conscientisation, parce qu'enfin la chose politique se doit d'avoir une source d'inspiration, votre Journal, Le Reporter, fidèle à sa mission de mandat public et d'éveil de conscience, revisite pour vous, l'histoire des discours et interventions de nos hommes politiques, des propos à valeur pédagogique, qui, au premier degré, peuvent inspirer la jeune génération et au second, maintenir éveillé chez les acteurs de la scène politique, le sens de l’honneur et de la vertu. Comme vous, chers lecteurs, nous avons de la peine à comprendre que le Mali n'est pas seulement en insécurité, qu'il est aussi en quête de culture  politique capable de façonner l'avenir en tant que repère et élément de prise de conscience collective. Bienvenue alors dans «Revue de l'histoire» qui sera alimentée par vous, selon vos témoignages.</em></strong>

La première édition de cette nouvelle rubrique du journal "Le Reporter" concerne justement un grand homme : Tiéoulé Mamadou Konaté, challenger d’Alpha Oumar Konaré à l’élection présidentielle de 1992, mort brutalement dans un accident de la route en 1995. Lors de la cérémonie commémorative du premier anniversaire de sa disparition, le MPR, par la voix de son secrétaire politique, le Pr. Oumar Kanouté, rend hommage à l'illustre disparu. On apprend que Tiéoulé Mamadou Konaté est mort pour se rendre compte enfin qu'il n’est pas mort. Lisez plutôt.

<strong> D</strong><strong><em>iscours hommage à feu Tiéoulé Mamadou Konaté</em></strong>

<strong> </strong>«Monsieur le Président du BDIA Faso jigi,

Mesdames, Messieurs les membres du Comité Directeur National,

Militantes, Militants du BDIA, chers frères,

Mesdames et messieurs représentant les partis amis,

Au nom de notre Secrétaire Général, Choguel MAIGA en mission, j’ai l’insigne honneur, en ce jour de souvenir et de recueillement, de porter aux vaillants militants du BDIA-FJ, le message de leurs frères du Mouvement Patriotique pour le Renouveau, MPR.

La disparition d’un grand homme ne détruit pas la cité, dit-on, mais elle peut en perturber l’équilibre. Grand, TIEOULE l’a été, assurément. Il était de ces hommes dont un peuple, dont tout peuple se glorifie d’avoir donné naissance. Il a aimé son peuple, jusqu’à la passion. Il le voulait le plus uni, le plus fort, le plus prospère. Il le voulait le plus fier, le plus digne, le plus respecté dans le concert des nations. C’est cette ambition pour son peuple qui l'a décidé à briguer la magistrature suprême, rien d’autre.

Je me rappelle encore ce fameux face à face. Ce jour-là,  «le vacancier», dominant son sujet et son rival, a montré qu’il était plus enraciné dans le limon de son pays que celui qui affirmait y avoir longtemps trimé avec les pauvres. Ce jour-là, le politique, l’homme d’Etat, avait séduit par sa prestance et sa parfaite connaissance des dossiers. Au lieu d’user et d'abuser du discours politicien lénifiant et démagogique, il avait préféré le parler juste et vrai. Son adversaire triomphal avait promis d’honorer tous les engagements : Pacte national, Pacte social, Mémorandum de l’AEEM. Il n’avait fait qu’une seule réserve : les accords avec les Institutions de Bretton Words seraient révisés.

Ironie du soit ! Seuls ces accords ont été appliqués parfois renforcés avec zèle. Tant et si bien qu’aujourd’hui, on est fier d’être le meilleur élève du FMI et de la Banque Mondiale, pendant que le peuple, chaque jour qui passe, voit s’effriter son pouvoir d’achat, et dégrader ses conditions d’existence, que les élèves et les étudiants ne savent plus à quel  Saint se  vouer. Plus d’un qui avait voté hier contre Tiéoulé, a fini par reconnaître n’avoir pas fait le bon choix et attendait impatiemment les prochaines échéances pour corriger l’erreur, pour se racheter.

Hélas, <strong>ce vendredi 27 Octobre 1995,</strong> sur la route de Markala à Niono, la mort a fauché Tiéoulé. Avec lui, trois de ses illustres compagnons : Oumar BORE, Souleymane Mory COULIBALY,  Isaac DEMBELE. Tiéoulé ne sera jamais Président de la République. Allah hou Akbar ! Dieu Clément et Miséricordieux en a ainsi décidé. Nous Lui rendons grâce. Tout ce qu’il fait est bon. C’est Lui qui donne. C’est Lui qui reprend !

Jeunes du BDIA, m’adressant plus particulièrement à vous, je dis : Le temps des pleurs est révolu. Le grand arbre est tombé. Ceignez-vous les reins pour ressemer le champ, pour rebâtir la case. Malheur à ceux d’entre vous qui baisseront les bras parce que Tiéoulé Mamadou KONATE n’est plus. Si vous vous laissez aller à la résignation et au découragement, si vous laissez le bateau BDIA prendre eau de toutes parts, ce  serait alors la deuxième mort de Tiéoulé. Etes-vous prêts à endosser cette terrible responsabilité, jeunes du BDIA ? Assurément Non ! Etes-vous prêts à relever plutôt le défi ? Oui, bien sûr !

Jeunes du BDIA, rappelez-vous, votre parti, c’est le Faso-Jigi. Le <strong><em>Jigi, </em></strong>c’est l’appui, l’espérance. Rappelez-vous surtout que la mort mange l’os, la mort mange la chair, la mort ne peut digérer le nom illustre. Car le nom ne s’emprunte pas. Le nom s’achète. Il s’achète au moyen de l’action, le <strong><em>Wale</em></strong>. Par son <strong><em>kè-wale</em></strong>, le nom de Tiéoulé brillera dans nos cœurs et dans nos esprits.

Vivant, Tiéoulé a été le liant et l’aiguille pour recoller, pour recoudre, pour réconcilier, pour rassembler. Tiéoulé le rassembleur, par-delà le mur des idéologies, par-delà les querelles mesquines de personnes. Et voilà qu’aujourd’hui ceux qui, hier, avaient donné comme consigne, de voter contre l’enfant de Mamadou KONATE, leur fils et frère, ceux qui avaient préféré le Pacte républicain et la mouvance présidentielle, viennent solennellement de déclarer l’US.RDA, parti d’opposition, donnant ainsi raison à Tiéoulé Mamadou KONATE.

Il avait en effet prévenu : Ceux qui veulent développer le Mali par les tontines et l’argent facile, hypothèquent notre devenir, ceux qui, pour se maintenir au pouvoir, plongent dans le cœur de notre peuple le couteau de la division et de l’exclusion exposent notre pays à l’instabilité et à la stagnation.

Alors, Mort, où est ta victoire ? Où est ta victoire si Tiéoulé vit en chacun de nous, s’il est dans nos pensées et dans nos actes, s’il continue à guider nos pas sur le chemin de l’honneur et de la grandeur, sur le chemin de la dignité et de la prospérité ! Mort où est ta victoire ? Tiéoulé, tu es vivant ! De tes veines éclatées, la fleur de ton sang féconde notre sol. Tu appartiens désormais à tous ceux qui luttent pour le renforcement du processus démocratique. À tous ceux qui s’opposent à quelque dérive totalitariste que ce soit. À tous ceux qui veulent pour le Mali, une façon autre de gérer la cité.

Tiéoulé n’est pas mort. Tiéoulé est parmi nous. Il battra le rappel chaque fois qu’il s’agira de se dresser pour l’Unité et la Défense de la Patrie Malienne. Tiéoulé, l’immortel, Tiéoulé l’éternel. Tiéoulé ! Tiéoulé ! Tiéoulé !

<strong>Oumar KANOUTE, Secrétaire Politique du MPR".</strong>

<strong>Bekhaye Dembélé</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Un administrateur colonial au Pays des Dogons en 1920</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/administrateur-colonial-pays-dogons-1920-1852282.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 26 Oct 2016 00:12:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reporter</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Robert Arnaud ne faisait de cadeau à personne. Il posait un œil cassant sur tous, les dominants et les dominés. Il écrivait ce qu’il pensait, sans langue de bois. Né en Algérie en 1873, Robert Arnaud fait l’Ecole coloniale, et participe, au début du XXème siècle, à la mission COPPOLANI, «mission française de découverte» du territoire qui allait devenir la Mauritanie. Il fait toute sa carrière d’administrateur colonial en AOF (Afrique de l’Ouest française). </em></strong>

En 1920, il est inspecteur des affaires administratives, c’est-à-dire l’un des principaux adjoints du Gouverneur de la colonie. À la fin des années 20, il prend sa retraite. De retour dans son pays de naissance, il vit de sa plume au sein de «l’Algérianisme», le courant littéraire des écrivains français nés en Algérie, qui s’y est développé pendant la période coloniale.  Robert Arnaud, alias Robert Randau, en fut l’un des grands maîtres. Francis Simonis est maître de conférences de l’Histoire de l’Afrique, à Aix-Marseille Université, dans le sud de la France, et Président de l’Association des Amis des archives d’outre-mer (AMAROM).  Il y a dix ans, en dépouillant le «fonds» des Archives Privées des Colonies,  il découvre une trentaine de cartons, donnés par la famille de Robert Arnaud, un administrateur colonial pas comme les autres. Francis Simonis et André Brochet, conservateur en chef du patrimoine à la retraite, qui anime l’AMAROM avec lui, ont été particulièrement intéressés par la richesse et la variété des documents découverts dans ces cartons. Robert Arnaud écrivait beaucoup.

Des lettres à son épouse, à sa famille. Il tenait quotidiennement un «journal» qui foisonne de détails et de remarques personnelles. Ils en ont trouvé deux versions qu’ils publient aujourd’hui. La première est celle que Robert Arnaud tenait au jour le jour, sans réellement rédiger les phrases. La deuxième, pratiquement identique quant aux faits relatés, et à ses réflexions, est une version plus élaborée littérairement, probablement celle qu’il souhaitait publier. Ils ont décidé d’y travailler afin d’en tirer un ouvrage fidèle à la forme, à l’esprit et au style de Robert Arnaud. Ils l’ont intitulé Le Roman vrai de Tabi. Ce livre vient d’être édité par l’AMAROM.

En 1920, au Soudan français (l’actuel Mali), un village résiste à l’administration coloniale, refuse de payer les impôts et ne veut plus donner de tirailleurs. C’est le village de Tabi, situé à l’extrémité Sud-Est du pays Dogon, au Sud de Hombori, dans l’actuel cercle de Douentza. Tabi dépend alors de la Région de Tombouctou. Accessible par une unique cheminée creusée dans la roche escarpée, Tabi, le village dogon, ne craint rien. Les habitants ont de l’eau, des vivres, ils résistent.

Dans son journal, Robert Arnaud décrit l’expédition militaire qu’il accompagne. Le commandant militaire de Tombouctou, avec 150 hommes, deux canons, et une mitrailleuse, mate le village de Tabi après bien des difficultés, ce qui marque la fin de la conquête de l’Afrique de l’Ouest.  Les détails donnés sur une expédition militaire par un civil sont précieux, car extrêmement rares. C’est la première partie de Le Roman vrai de Tabi. Mandaté par le Gouverneur du Soudan français pour aller vérifier la situation en pays Dogon, Robert Arnaud, toujours accompagné et guidé par le même ancien tirailleur dogon originaire de Tabi, se rend ensuite jusqu’à Sangha, sur la falaise de Bandiagara.

Tout le long du chemin, il prend des notes, dessine, apprend des mots dogons, souligne les différences linguistiques d’un village à l’autre, décrit les danses, les masques. De Tabi à la grande falaise, il est impressionné par leur culture, leur système de défense, leur courage. À chaque ligne de son journal, il manifeste une grande admiration pour eux. C’est cette étude ethnographique approfondie du peuple Dogon qui constitue la deuxième partie de Le Roman vrai de Tabi.

Ce qui fait la différence entre les écrits des autres administrateurs coloniaux et ceux de Robert Arnaud, c’est le ton qu’il utilise. Il est «rabelaisien». Il décrit tout avec humour et ironie. Sa langue de vipère écorche les Européens, et les défauts du système colonial. Il n’épargne ni ses pairs, ni sa hiérarchie. Sa verve très caustique jauge les Africains dont il décrit les stratégies pour s’adapter au système colonial. Il ne fait de cadeau à personne. Il pose un œil cassant sur tous, les dominants et les dominés. Amadou Hampâté Ba a eu l’occasion de le remarquer lors de sa rencontre avec Robert Arnaud en 1925 en Haute Volta (l’actuel Burkina Faso). Dans ses mémoires, Oui, mon commandant (1933), Hampâté Ba rappelle que si l’administrateur était sévère avec les Africains, il l’était tout autant avec les Européens. Francis Simonis et André Brocher ont décidé de publier les écrits de Robert Arnaud, cet administrateur colonial qui n’avait pas de sang sur les mains, car ce sont des sources exceptionnelles, puisque très critiques à l’égard de la colonisation.

Robert Arnaud était un homme libre qui décrivait ce qu’il voyait, disait ce qu’il pensait, sans se préoccuper des répercussions néfastes que cela allait avoir sur la progression de sa carrière administrative. Francis Simonis et André Brocher sont des passionnés. Travailler sur des archives «vivantes» originales, comme celles de Robert Arnaud, les toucher, les décrypter, leur a procuré l’émotion du texte manuscrit. Ils reconnaissent sa calligraphie, son style, ses dessins, ils ont l’impression extraordinaire d’être intimes avec quelqu’un qui a vécu un siècle avant eux. Très sensibles à la véritable passion de Robert Arnaud pour les cultures africaines, ils ont mesuré la qualité littéraire des documents laissés par cet administrateur, qui n’est autre que celle de l’écrivain qu’il était.

Les lecteurs de Le Roman vrai de Tabi apprécieront la description acérée que Robert Arnaud fait des coloniaux, et découvriront une fresque étonnamment précise de la vie des Dogons en 1920, dix ans avant celle de Marcel Griaule, illustrée des nombreux dessins et croquis de Robert Arnaud, et d’une rare photo de masques, qu’il a prise lors de cette expédition. L’AMAROM qui vient d’éditer cet ouvrage en France souhaite qu’il soit lu au Mali aussi. Conscients que le prix de vente est beaucoup trop élevé pour qu’il y soit accessible, Francis et André cherchent actuellement un éditeur malien à qui ils donneront l’ensemble de leurs fichiers. Il n’aura plus qu’à imprimer l’ouvrage rapidement, et le vendre à un prix réduit, afin qu’il puisse être acheté par le plus grand nombre.

<strong>Françoise WASSERVOGEL</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Cablegates ou les murmures de l’oncle sam de Amadou Wane : Le Referendum constitutionnel de 1974 : Un rendez&#45;vous manqué avec la Démocratie</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/cablegates-murmures-de-loncle-sam-de-amadou-wane-referendum-constitutionnel-de-1974-rendez-manque-democratie-1821732.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 10 Oct 2016 00:45:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le 22 Septembre 1973, le Mali fêta son Indépendance. Comme chaque année, le Président fit un discours à la nation. Mais cette année, le contenu du discours présidentiel dévia des discours passés. Moussa Traoré surprit les Maliens en annonçant le retour prochain d’un gouvernement constitutionnel. Le discours fut bien reçu par la population. C’était une bouffée d’air frais pour les maliens. Mais c’était aussi un moyen pour le régime d’apaiser la population. Le public était mécontent de la flambée des prix des denrées de première nécessité. Le taux de chômage grimpait. </em></strong>

Finalement, le 23 avril 1974, Moussa Traoré annonça à la radio que le referendum sur la nouvelle Constitution aura lieu le 2 juin 1974. Il demanda à tous les maliens quelque soit leur origine sociale ou régionale de faire entendre leur voix sur l’avenir de la Nation. En comparant la nouvelle Constitution à l’ancienne qui fut créée en 1960, il indiqua que la nouvelle Constitution amènera une vraie démocratie et sera la base d’un gouvernement du Peuple, par le Peuple, pour le Peuple. Toutefois, selon le Président, la Constitution exclut les individus qui ont prouvé leur incapacité de gérer les affaires publiques. C’était un avertissement à peine voilé aux leaders de l’ancien régime, qui pourraient avoir des aspirations politiques. Il n’y aura qu’un seul parti politique qui représentera toutes les opinions politiques. A la fin de son discours radiodiffusé, il dit aux maliens qu’en votant «<strong>OUI</strong> », ils voteront pour la démocratie et l’autorité suprême du Peuple. Conformément à la nouvelle Constitution, le Président sera élu pour un maximum de 2 mandats de 5 ans. Les membres de l’Assemblée Nationale seront élus pour 4 ans. Traoré finit par conclure qu’un vote pour la nouvelle Constitution démontrera la confiance du peuple au Comité Militaire de Libération Nationale (CMLN).

Pendant 2 à 3 semaines, tous les membres du CMLN, à part le Président, furent envoyés dans les différentes régions du Mali pour encourager les citoyens à voter « <strong>OUI</strong> » et répondre aux questions sur la nouvelle Constitution. Le 23 mai 1974, le gouvernement organisa un rassemblement au stade omnisports et déclara une demi-journée de congé officiel pour permettre à plus de personne de participer à l’évènement. Moins de 5000 personnes étaient assises dans un stade de 20 000 places. Le CMLN voyait ce referendum comme un vote de confiance. Il était donc primordial que le nombre de « <strong>OUI</strong> » l’emporte d’une façon décisive.

La nouvelle Constitution prévoyait une période de transition de 5 ans durant laquelle, le CMLN restera au pouvoir. Les membres du régime de Modibo Keita furent exclus de tous les postes gouvernementaux pour une période de 10 ans. En dépit de la promesse que le nouveau gouvernement sera un gouvernement du Peuple, par le Peuple, et pour le Peuple, les Maliens vécurent une autre réalité loin des valeurs démocratiques. Selon l’analyse de l’ambassadeur des États-Unis au Mali durant cette période, les raisons pour tenir le referendum n’étaient pas immédiatement claires. Il n’y avait pas de fortes pressions sur le CMLN. Néanmoins, les membres du groupe avaient promis après leur coup d ’Etat, le retour d’un gouvernement constitutionnel. Puis, le CMLN était conscient du fait que sa légitimité en tant que gouvernement, était contestée. Il voulait alors se légitimer et montrer à ses critiques que le Peuple le soutenait.

Pendant la dictature, les maliens avaient peur d’entretenir des discutions concernant leur gouvernement. Il fut extrêmement difficile d’évaluer les courants politiques durant cette période. Néanmoins, certains indices montrèrent que la population était insatisfaite du régime militaire et qu’il y avait une nostalgie pour la période sous Modibo Keita. Ceux qui critiquaient ouvertement le referendum étaient emprisonnés. Les patrouilles et surveillances policières étaient de plus en plus fréquentes.

Bien que la nouvelle Constitution fut adoptée, les maliens continuèrent à vivre sous une dictature qui respectait peu leurs droits fondamentaux.

<strong>Le gouvernement d’Ibrahim Boubacar Keita a aussi décidé de réviser la constitution actuelle du Mali. Une commission mise en place est chargée de diriger cette révision constitutionnelle. Les maliens, jusqu’ à présent n’ont pas été consultés. Cette future Constitution apportera-t-elle la promesse d’un gouvernement du Peuple, par le Peuple, pour le Peuple tant promis ? A en croire l’Histoire du Mali et les penchants autocratiques du président IBK, le changement risque de ne pas être au rendez-vous.</strong>

<strong>Amadou O. Wane</strong>

<strong>Collaborateur externe, Floride, Etats-Unis</strong>

<strong>amadou@amadouwane.com</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Rétrospective : Histoire de la fédération du Mali (Suite et fin)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-histoire-de-federation-mali-suite-fin-1809642.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 03 Oct 2016 13:50:47 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le 15 mai 1959, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Gaulle">de Gaulle</a> reçoit Keïta à l'Élysée et reconnaît la Fédération du Mali au sein de la Communauté. Puis, le président français répond favorablement le 13 décembre devant l’Assemblée fédérale siégeant à Dakar, à la requête de transfert des pouvoirs de la communauté à la Fédération formulée le 29 septembre précédent. Les négociations ouvertes à l'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4tel_Matignon">hôtel Matignon</a> le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/18_janvier">18</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Janvier_1960">janvier</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1960">1960</a> aboutissent à la signature le 4 avril des accords sur l'indépendance de la Fédération, proclamée officiellement le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/20_juin">20</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Juin_1960">juin</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1960">1960</a> à minuit à l'Assemblée fédérale, par son président Léopold Sédar Senghor.

<strong>L'éclatement de la Fédération </strong>

Durant l’été, les dissensions entre Sénégalais et Soudanais se font jour sur leurs conceptions politiques et les nominations. Puis, le 18 août 1960, sur ordre de Keïta qui n'en n'informe pas Dia, le colonel Soumaré, chef des forces armées, mobilise les unités de l’armée malienne stationnées à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Podor">Podor</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bignona">Bignona</a> pour sécuriser le prochain scrutin présidentiel, les Soudanais craignant une sécession des Sénégalais, qui eux, redoutent un coup de force soudanais. Le conseil des ministres extraordinaire du lendemain, en présence d'un seul ministre sénégalais, décharge Dia de ses fonctions et décrète l’état d’urgence

En réponse, Senghor et Dia, soutenus par la gendarmerie dirigée par les Sénégalais, font arrêter le colonel Soumaré le 20 août par le commandant de la Garde républicaine sénégalaise. Le soir même, les députés sénégalais votent l'indépendance du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9n%C3%A9gal">Sénégal</a> et l'état d’urgence, faisant reconduire le lendemain à la frontière, Modibo Keïta et les représentants soudanais présents à Dakar.

Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/22_septembre">22 septembre</a>, Modibo Keïta proclame l’indépendance de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_soudanaise">République soudanaise</a> qui garde néanmoins le nom de l'ancienne fédération et devient la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mali">République du Mali</a><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_du_Mali#cite_note-correau-3"><sup>[3]</sup></a>.

<strong>Drapeau</strong>

Son drapeau est composé de trois bandes verte, or, rouge verticales et égales. Il porte un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Masque_Kanaga">kanaga</a> noir (masque <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dogons">Dogon</a>) en son centre. À noter qu'il est quasi identique au drapeau du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Soudan_fran%C3%A7ais">Soudan français</a> et de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_soudanaise">République soudanaise</a>, mis à part le choix des trois couleurs

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables :   Feu Modibo Keïta, Président de la République (19 Novembre 1968)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-feu-modibo-keita-president-de-republique-19-novembre-1968-1797662.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 27 Sep 2016 01:13:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA["Le Mali, ce n’est pas nous, ce n’est pas non plus ceux qui viennent de prendre le pouvoir. Le Mali, c’est vous !" [NDLR : s’adressant à la jeunesse]

<strong>Général Moussa Traoré, Président de la République : 1979</strong>

« Ce qui m’a énervé et vexé, c’est quand, Karim Dembélé est venu me présenter dans une mallette 24 millions que j’ai refusés, mais que ma femme prendra à mon insu ».

<strong>Oumar Mariko, Secrétaire général SADI (1998)</strong>

« J’entends des gens dire, si Moussa Traoré avait, c’est-à-dire, accepté l’ouverture démocratique, le 26 Mars n’aurait pas eu lieu. Une chose est sûre : ceux qui le disent, n’ont pas compris qui soutenait le mouvement estudiantin ».

<strong>Me Mountaga Tall (CNID, 1996)</strong>

« Nous œuvrons pour la réconciliation nationale. Nous ne jouerons pas à l’exclusion. Cependant, nous l’avons toujours dit : nous ne serons jamais les alliés de ceux qui ont les mains souillées de sang ou qui ont pillé les biens du pays ».

<strong>Feu Me Demba Diallo (CNDP, 1997)</strong>

« <em>Nous avons affronté Moussa Traoré et ses armes, ce n’est pas devant une poignée de personnes que nous allons nous incliner ».</em>

<strong>Adam Thiam, chroniqueur journal Le Républicain 1999</strong>

« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et que, quelle que grande que soit la distance jusqu’au Paradis, la descente aux Enfers du pays est bien finie ».

<strong>Djiguiba Kéïta dit PPR, PARENA (2001)</strong>

<em>« Le Mali nouveau, ce n’est pas le MPR qui peut le bâtir, c’est nous, c’est-à-dire les autres, ceux qui ont combattu le système dont le MPR se réclame ».</em>

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Mars 1996)</strong>

"La grosse erreur a été de faire croire que la démocratie peut tout régler comme par un coup de baguette magique. Une démocratie se bâtit lentement avec des hommes et des femmes qui y adhèrent et auxquels, il faut donner toutes les explications qui s’imposent."

<strong> Ibrahima N’Diaye dit Iba, Maire du District : 2001</strong>

« Hier comme aujourd’hui, et sans doute demain, il n’y a pas eu de millionnaires, milliardaires ; il n’y en a pas ; il n’y aura pas parmi nous, sur le dos du peuple, en tout cas aussi longtemps que Bamako, les capitales régionales, le pays profond regorgeront de mendiants, d’injustement appauvris et misérabilisés qui tendront la main aux passants, toute honte bue ».

<strong> </strong><strong>Professeur Yoro Diakité (2002)</strong>

« Les objectifs essentiels immédiats du 26 mars étaient l’instauration du multipartisme intégral et de la liberté pour les gouvernés de choisir leurs gouvernants. Ceux-ci ont été atteints. Mais, l’espoir populaire attendait un mieux vivre et surtout devenir maître de sa propre histoire. De cela, nous en sommes loin ».

&nbsp;

<strong>Rassemblés par </strong>

<strong> </strong><strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Rétrospective : Histoire de la fédération du Mali (1ère Partie)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-histoire-de-la-federation-du-mali-1ere-partie-1795542.html</link>
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<pubDate>Mon, 26 Sep 2016 00:20:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><u>L'aspiration fédéraliste des pays africains</u></strong>

Après l'adoption de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi-cadre_Defferre">loi-cadre Defferre</a> du 23 juin <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1956">1956</a> et la disparition de l'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique-Occidentale_fran%C3%A7aise">Afrique-Occidentale française</a> (AOF) et l'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique-%C3%89quatoriale_fran%C3%A7aise">Afrique-Équatoriale française</a> (AEF), le débat sur le fédéralisme divise la classe politique africaine. Ainsi, lors du congrès du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rassemblement_d%C3%A9mocratique_africain">Rassemblement démocratique africain</a> (RDA) au collège technique de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bamako">Bamako</a> entre le 25 et le 30 septembre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1957">1957</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_Houphou%C3%ABt-Boigny">Félix Houphouët-Boigny</a> et la section ivoirienne du parti défend contre le reste des cadres, une indépendance de chaque pays africains vis-à-vis des autres.

Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/15_f%C3%A9vrier">15</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9vrier_1958">février</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1958">1958</a>, les partis africains réunis au palais Bourbon à Paris refusent de s'unir sous la bannière du RDA et fondent à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dakar">Dakar</a> le 28 mars, face au RDA, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_du_regroupement_africain">Parti du regroupement africain</a> (PRA), partisan d'une unité fédérale africaine. Le 5 avril suivant, les élus du RDA au Grand conseil votent en faveur de la création d'un exécutif fédéral, suscitant la colère de la Côte d'Ivoire, mais obtenant le soutien du guinéen <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_S%C3%A9kou_Tour%C3%A9">Sékou Touré</a>

Arrivée au pouvoir en mai <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1958">1958</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Gaulle">Charles de Gaulle</a> met sur pied avec Félix Houphouët-Boigny la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_selon_la_Constitution_de_1958">Communauté française</a>, unissant la France et ses anciennes colonies sans satisfaire pleinement les nationalistes africains, qui réclament l'indépendance totale et immédiate lors du congrès du PRA des 25, 26 et 27 juillet 1958 au centre international Unafrica de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cotonou">Cotonou</a>.

<strong><u>Naissance de la Fédération du Mali</u></strong>

À la Conférence de Bamako des 29 et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/30_d%C3%A9cembre">30</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9cembre_1958">décembre</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1958">1958</a> initiée par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_d%27Arboussier">Gabriel d'Arboussier</a>, les représentants du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9n%C3%A9gal">Sénégal</a>, de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_soudanaise">République soudanaise</a>, de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haute-Volta">Haute-Volta</a> (futur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Burkina_Faso">Burkina Faso</a>) et du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_du_Dahomey">Dahomey</a> (futur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9nin">Bénin</a>) écrivent l'acte de naissance de la Fédération du Mali, suivi le 14 janvier 1959 au palais du Grand Conseil de l’AOF, par la tenue de l'Assemblée constituante de la nouvelle fédération. Celle-ci est ouverte par le discours du sénateur-maire de Dakar, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lamine_Gu%C3%A8ye">Lamine Guèye</a> : « Notre réunion, dans cette salle des délibérations du Grand Conseil, est un acte de foi dans le destin d'une Afrique forte de l'union de tous ses membres sans discrimination d'aucune sorte. ». <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahamane_Alassane_Ha%C3%AFdara">Mahamane Alassane Haïdara</a> prend ensuite la parole au nom de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_soudanaise">République soudanaise</a>, suivi de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Yam%C3%A9ogo">Maurice Yaméogo</a>, président de l'Assemblée constituante de Haute-Volta, et du Sénégalais <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9opold_S%C3%A9dar_Senghor">Léopold Sédar Senghor</a>, qui évoque un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Commonwealth">Commonwealth</a> à la française. Le président de l'Assemblée constituante fédérale est le Soudanais Modibo Keita, ses vice-présidents <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Yam%C3%A9ogo">Maurice Yaméogo</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Louis_Guillabert&amp;action=edit&amp;redlink=1">Louis Guillabert</a>.

Présentée par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Doudou_Thiam">Doudou Thiam</a>, la constitution est approuvée à l'unanimité par les 44 délégués des 4 États le 17 janvier <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1959">1959</a>, puis adoptée par les Soudanais et les Sénégalais les 21 et 22 janvier, alors que la Haute-Volta et le Dahomey se retirent, dissuadés par la France et par la Côte d'Ivoire qui crée avec eux le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_de_l%27Entente">Conseil de l'Entente</a>.

Le 4 avril suivant, Senghor préside l’Assemblée fédérale du Mali qui modifie la constitution fédérale et désigne le président, le soudanais <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Modibo_Ke%C3%AFta">Modibo Keïta</a>, et le vice-président, le sénégalais <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mamadou_Dia">Mamadou Dia</a>, du gouvernement fédéral, formé le 15 avril, avec 4 ministres de chacun des deux pays membres<sup>.</sup>

Le 15 mai 1959, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Gaulle">de Gaulle</a> reçoit Keïta à l'Élysée et reconnaît la Fédération du Mali au sein de la Communauté. Puis, le président français répond favorablement le 13 décembre devant l’Assemblée fédérale siégeant à Dakar, à la requête de transfert des pouvoirs de la communauté à la Fédération formulée le 29 septembre précédent. Les négociations ouvertes à l'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4tel_Matignon">hôtel Matignon</a> le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/18_janvier">18</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Janvier_1960">janvier</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1960">1960</a> aboutissent à la signature le 4 avril des accords sur l'indépendance de la Fédération, proclamée officiellement le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/20_juin">20</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Juin_1960">juin</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1960">1960</a> à minuit à l'Assemblée fédérale, par son président Léopold Sédar Senghor.

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com">youssouf@journalinfosept.com</a>]]> </content:encoded>
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<title>Souvenirs de l’indépendance :  Extraits choisis de discours de présidents : Modibo Keita, Alpha Oumar Konaré et ATT qui magnifient notre souveraineté retrouvée</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/souvenirs-de-lindependance-extraits-choisis-de-discours-de-presidents-modibo-keita-alpha-oumar-konare-att-magnifient-souverainete-retrouvee-1790732.html</link>
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<pubDate>Fri, 23 Sep 2016 00:20:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Modibo Keita : « </strong><em>Fidèles à notre idéal d’union et de paix, j’insiste sur ce mot, nous sommes décidés à établir des relations amicales avec tous les Etats du monde, sans exclusive aucune, singulièrement avec ceux d’Afrique qui seront désireux de promouvoir une politique d’union et de progrès, de s’engager résolument dans la lutte pour la libération totale du continent africain et l’établissement d’une paix durable entre tous les peuples.</em>

<em>L’idée de la Fédération, une semence virile de l’unité africaine</em>

<strong><em>La République du Mali est née. Le Mali continue. Le mot Mali continuera à résonner comme un gong sur la conscience de tous ceux qui ont œuvré à l’éclatement de la Fédération du Mali ou qui s’en sont réjouis.</em></strong><em> Nous restons mobilisés pour l’idée de la Fédération qui, malgré tout, demeure une semence virile de l’unité africaine. Nous avons perdu une partie, mais nous gagnerons la manche, inch Allah. Les puissances d’argent, les forces rétrogrades et impérialistes n’y pourront rien.</em>

<em>Camarades, la Fédération du Mali en tant qu’entité territoriale n’existe plus. Son support politique était le Parti de la fédération africaine dont le président est M. Senghor. La rupture entre la République soudanaise et la République du Sénégal, provoquée par des contradictions politiques fondamentales, met en cause l’existence et le fonctionnement du PFA.</em>

<strong><em><u>Un extrait du discours d’ATT à l’occasion du cinquantenaire</u></em></strong> : <em>« II y a cinquante ans, que ce double événement historique s’est produit et cela nous offre l’heureuse occasion, de jeter un regard sur le cheminement du peuple du Mali, sur ses constructions successives à différentes époques, sur les défis auxquels il faut faire face.
Chers compatriotes,
La période coloniale a enserré dans ses mailles, des peuples qui avaient bâti de brillantes civilisations, fondées sur une organisation politique et sociale, forte de son équilibre et des valeurs qui la sous-tendaient et dont certaines parmi les plus importantes ont résisté à l’usure du temps et ont continué à nous inspirer :
<strong>Le sens de l’honneur, de la dignité, de la tolérance et de la solidarité constitue des valeurs sur lesquelles repose notre société et c’est là, un héritage plusieurs fois séculaire.</strong>
Quand nous évoquons les empires et les royaumes, qui se sont succédé sur notre terre natale, ce n’est pas pour nous refugier dans une auto satisfaction stérile, sans liens avec les réalités du présent, mais pour nous convaincre que si la République du Mali a cinquante années d’existence, le Mali est vieux de plusieurs siècles, il a abrité des Etats organisés et dont Ie dynamisme surtout économique, à travers les échanges commerciaux transsahariens, ont été de puissants facteurs de prospérité, des Etats qui ont su créer des réseaux de relations et de brassage humain… »</em>

<strong>Discours d’Alpha Oumar Konaré à l’inauguration du monument de l’Indépendance : </strong><em>« Ce jour, en ce lieu, en ce moment, s’accomplit un acte de destin, celui d’une République née un 22 Septembre, il y a trente-cinq ans, fièrement baptisée par ses pères « République du Mali » L’œuvre que nous allons inaugurer dans un instant symbolise notre souveraineté reconquise et porte pour la postérité l’idée de l’indépendance qui lui donne aujourd’hui naissance. Ce monument, œuvre architecturale inspirée de notre civilisation séculaire et débout comme la fierté servira de repère aux enfants du Mali. Au-delà de l’indépendance qu’il magnifie, ce monument est aussi le symbole de luttes qui l’ont précédée : Les glorieuses  de la résistance à la pénétration coloniale, les actes de refus de la domination étrangère. L’arcade de l’indépendance est la première d’une série d’ouvrages qui ambitionne d’élever dans les mémoires le souvenir des moments singuliers qui ont pu signifier le fonds de vertu de cette terre d’accueil et la qualité  de ces hommes. <strong>Entre autres valeurs humaines fondamentales pour les maliens, je soulignerai celles de l’honneur, de la dignité, mais aussi le sentiment de solidarité qui devrait unir les habitants d’une même cité, d’un même pays, d’un même continent et d’une même planète. Un Peuple, Un But, Une Foi, notre devise.</strong></em>

<em>Au bout de ce pinacle qui fixe l’azur comme un indexe, vous pouviez voir s’étendre le temps du Mali. Le Temps du Mali c’était avant-hier avec Ouagadou, Sosso, Tekrour, Mali Kingui, Songhaï, les Royaumes Khassonkés, les Royaumes Bamana de Ségou et du Kaarta, l’Empire Peul du Macina, l’Empire d’El Hadj Oumar, le royaume du Kénédougou. Le temps du Mali c’était hier avec toutes les cités martyres du temps colonial versant leur sang pour être : Sabouciré le 22 Septembre 1878, Goumbako le 11 Février 1881, Daba le 15 Janvier 1883, Woyowayanko le 12 Avril 1883, Toubakouta le 8 Février 1887, Koundian en 1889, Ségou le 6 Avril 1890, Ouessébougou le 25 Avril 1890, Nioro le 1<sup>e</sup>  Janvier 1891, Diéma le 24 Février 1891, Dougboko en Décembre 1892, Sikasso le 1<sup>e</sup> Mai 1898, Achourat en Novembre 1909, Nonkon en 1912, Belema, Yangasso, Touton, Tomian, Bana, Koro en 1913, Tenekarté en 1914, Koumi le 18 Mars 1915, Filingué, Anderaboucane en 1916, Tabi en 1920 et j’en passe…. »          </em>

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a>]]> </content:encoded>
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<title>Leçon de géopolitique : Le défunt guide de la Révolution libyenne Mouammar Kadhafi, panafricain ou panarabe, ange ou démon ? (1ère partie)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/lecon-de-geopolitique-defunt-guide-de-revolution-libyenne-mouammar-kadhafi-panafricain-panarabe-ange-demon-1ere-partie-1777292.html</link>
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<pubDate>Fri, 09 Sep 2016 00:08:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le 08 septembre 1969, le fringuant colonel Mouammar Kadhafi apparait à la face du monde comme étant le principal instigateur du putsch commis le 1<sup>er</sup> septembre de la même année contre le Roi Idriss 1<sup>er</sup> Al Senoussi. S’en est suivi plus de quatre décennies de règne sans partage. Le personnage est complexe et décrire l’ex Guide de la Jamahiriya sous le seul prisme du panafricanisme serait ignorer tout un pan de sa personnalité. </em></strong>

Sur le continent africain, il jouissait et jouit encore après sa mort d’une grande popularité. Aujourd’hui que la Libye est en proie à des luttes tribales incessantes sous fond d’expansion du groupe terroriste Etat Islamique, la question du pourquoi de sa chute se pose de plus en plus. Avec le recul nécessaire, l’on se rendrait compte que la question pertinente est de savoir si la fibre panafricaine de l’ex Guide était réelle et légitime. Peut-on être panafricain et panarabe en même temps ? Etait-il plus panafricain que feux  Ahmed ben Bella ou encore que Boutros Boutros Gali qui affirma tout haut que l’Egypte avant d’être une Nation arabe est d’abord et avant tout, une Nation africaine ?

Le mérite qu’il faut reconnaitre à Mouammar Khadafi est la dignité. Il n’avait point besoin de baisser la tête devant l’impérialisme occidentale car plein aux as. Il pouvait « cracher la vérité » des relations entre pays occidentaux riches et pays du tiers-monde notamment africains dénonçant une sorte d’oppression déguisée et sournoise. L’ex Guide de la Révolution libyenne aura combattu jusqu’au bout l’interventionnisme de l’Otan. Il n’aura pas fui comme ses compères de la Tunisie ou du Yémen. Il n’aura point subi l’humiliation d’un procès publique sur tous les écrans de la planète comme Moubarak ou Saddam. Oui, de la dignité il en avait. Une dignité folle, extravagante souvent, qui causa sa perte.

<strong>Qui gouverne par l’épée, périra par l’épée</strong>

Durant son règne que l’on pourrait qualifier de pharaonique vue la durée, Kadhafi aura été dans le secrets des Diables. En Afrique subsaharienne, l’on ignore souvent qu’il vint au pouvoir par un coup d’Etat durant une période faste de la Libye. Un putsch contre un monarque qui jouissait d’une grande légitimité auprès des tribus locales. Impair contre l’esprit de la Démocratie et de la Liberté. Kadhafi aura œuvré à la déstabilisation de quelques pays africains. Le Tchad qu’il tenta d’annexer pensant de manière hautaine que ce pays était la prolongation naturelle de la Libye arabe tout comme le sud Soudan était celle du Soudan, arabe également. Le Sénégal aussi, en soutenant financièrement la création d’un parti politique islamiste avec comme chef de file Ahmed Khalifa Niasse en 1980, et ce, en total mépris de la loi sénégalaise qui interdisait toute interférence du religieux dans le politique. Le Sénégal avait alors rompu ses relations diplomatiques avec la Grande Jamahiriya.

Quant à sa fibre panafricaine, elle survint après son échec de fédérer les pays arabes autour de sa couronne d’abord dans les années 1970 avec l’Union Libye-Egypte-Syrie et ensuite, en vain, avec les monarchies du Golfe au début des années 1990.  Il faut souligner que le Guide avait une soif de pouvoir absolu. Il voulait à chaque fois être au centre de l’Attention. Il s’auto proclama roi des rois traditionnelles d’Afrique et se présentait comme l’incarnation de la renaissance africaine. Son projet très louable de créer une monnaie africaine totalement affranchie de l’Occident, il le voulait d’abord sous son égide et surtout libyen. Les autres Etats africains n’avaient que le suivre sans dire mot.

Somme toute faite, nous africains subsahariens devront nous défaire de cette naïveté affligeante au niveau de la géopolitique internationale. Toute action entreprise sur ce plan, quelque soit sa nature humaine et généreuse, est motivée en réalité par des désirs de puissance, d’hégémonie et de pouvoir. Nous ne devons plus compter sur les autres pour atteindre l’émergence économique et sociale. L’ex Guide de la Grande Jamahiriya, n’étant pas un subsaharien, il ne pouvait de manière désintéressée être le porte étendard d’une quelconque renaissance africaine.  Dans la deuxième partie, nous reviendrons davantage sur les désirs africains d’hégémonie et d’expansion de l’ex Guide Kadhafi notamment à travers le financement des régimes et sa lutte contre l’immigration clandestine.

<em>A suivre…</em>

<strong>Ahmed M. Thiam</strong>

<strong>thiam@journalinfosept.com</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>CableGates ou les murmures de l’Oncle SAM : Les Révélations américaines sur  la Mort du président  Modibo Keita</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/cablegates-murmures-de-loncle-sam-revelations-americaines-mort-president-modibo-keita-1770362.html</link>
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<pubDate>Mon, 05 Sep 2016 01:18:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Modibo Keita, fut le premier président malien après l’indépendance en 1960. Son gouvernement fut renversé le 19 novembre 1968 par un coup d’Etat militaire par le lieutenant Moussa Traoré. Modibo Keita passa quelques temps en prison à Kidal avant d’être transféré à Bamako. L’ancien président mourra  en prison le soir du 16 mai 1977 à Bamako, après une longue maladie. Mais la presse officielle n’annonça sa mort que le 17 mai. Le communiqué ne laissa paraître aucun signe d’émotion.  Son statut d’ancien chef d’Etat fut complètement omis de tout communiqué. Le défunt a été présenté comme un simple ancien instituteur à la retraite. Contrairement à leur gouvernement, les maliens étaient visiblement bouleversés par la disparition de leur premier chef d’Etat. Le service funéraire public s’est tenu le 18 mai où une grande foule, y compris de nombreux jeunes et fonctionnaires, était présente.</em></strong>

Dans la journée du 18 mai, plusieurs manifestations d’environ 3000 jeunes ont eu lieu à travers Bamako. Plus de 30 chars et blindés, venus d’une base militaire de Kati étaient déployés autour de la capitale. Pour éviter tout débordement, les troupes encerclèrent les manifestants. Pendant la procession funéraire, les étudiants et la police s’engagèrent dans un bras de fer pour le contrôle du coffin. Finalement, les étudiants ont réussi à prendre le coffin et marchèrent au cimetière criant « Vive Modibo » et « Abas Moussa », se référant au chef de la junte Moussa Traoré. Des manifestations se sont aussi déroulées au centre-ville. Par précaution, les commerçants fermèrent leurs boutiques. Selon des témoins, il y a eu des affrontements entre les étudiants et la police durant la matinée.

La cause officielle de la mort de Modibo Keita n’était pas nécessairement acceptée par certains maliens. La rumeur selon laquelle Modibo aurait été empoisonné se propagea dans le pays. La théorie était qu’en février 1977, le président français Valéry Giscard d’Estaing aurait reçu une promesse de Moussa Traoré de libérer Modibo Keita  sans le gracier. Selon Traoré, il ne pouvait pas gracier quelqu’un qui n’était coupable d’aucun crime. Mais le comité militaire aurait refusé la demande de libération inconditionnelle. Selon une source proche de la famille, la mère de Modibo Keita lui aurait rendu visite le 15 mai et son épouse le 16 mai. Mais ni la mère, ni l’épouse ne remarquèrent une quelconque dégradation de l’état de santé de l’ancien président. Bien que rien ne puisse être exclu, la théorie de l’empoisonnement de Modibo Keita paraît illogique. Pourquoi le pouvoir l’aurait emprisonné pendant plus de huit ans avant de l’éliminer ? La mort de Modibo Keita est survenue à la fin d’une longue grève des étudiants. Cette disparition rappela aux maliens que l’ancien président était venu au pouvoir légalement, contrairement à Moussa Traoré, qui a pris le pouvoir après un coup d’Etat en 1968.

Modibo Keita  était un leader charismatique. De son vivant, il était une menace politique aux yeux du comité militaire, un groupe qui devenait de plus en plus impopulaire. La mort de Modibo Keita bien que douloureux pour les maliens, a encouragé les étudiants et l’opposition à s’unir contre le pouvoir militaire de Moussa Traoré. Quelques années plus tard, c’est cette même force qui scellera le sort du dictateur.

<strong>Amadou O. Wane </strong>

<strong>Collaborateur externe, </strong>

<strong>Floride, Etats-Unis </strong>

<strong>Email : <a href="mailto:amadou@amadouwane.com">amadou@amadouwane.com</a>  </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Démocratie malienne : Des hommes crédibles pour sauver l’avenir</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/democratie-malienne-hommes-credibles-sauver-lavenir-1760112.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 30 Aug 2016 11:07:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Il serait assez pénible et prétentieux de vouloir ouvrir ici une page d’histoire de notre pays. Il sera juste question ici de rappeler en passant quelques événements ayant marqué l’histoire tout au moins récente de notre peuple. Ainsi :</strong>

- Après des centaines d’années de souffrance et de privations de notre peuple travailleur du fait de la traite négrière et de la colonisation, voilà enfin le Mali fac à son destin : le 22 septembre 1960, notre pays a accédé à la souveraineté nationale et internationale. Ce jour là, nos masses laborieuses, avec à leur tête le président feu Modibo Keïta, ont compris que le Mali ne deviendra que ce que les Maliens en feront.

- Un régime nationaliste s’est érigé sur les ruines du système colonial de gestion de nos affaires avec comme première priorité l’indépendance économique du Mali. L’on comprend donc le bien fondé de l’option «s<strong>ocialiste</strong>» de la première République. Il fallait, pour tourner la page du colonialisme français, se rapprocher de l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS), de la Chine populaire et de Cuba.

En huit (08) ans de coopération avec ces pays, le Mali s’est inscrit en lettres d’or dans les annales de l’histoire africaine et mondiale. Cette volonté ferme du régime nationaliste de libérer le Mali du joug colonial ne pouvait pas susciter chez l’ancienne puissance coloniale le désarroi.

Pour y remédier, elle est passée par des officiers et sous-officiers qui n’avaient que faire de l’honneur et de la dignité de notre peuple laborieux pour donner un coup d’arrêt à notre marche vers l’indépendance nationale vraie. C’était un sombre mardi 19 novembre 1968.

Dix (10) ans durant, notre pays a vécu un vide politique imposé par l’ordre kaki. Ce choix a été l’occasion pour ces militaires (avec à leur tête le lieutenant Moussa Traoré) de transformer notre pays en un no man’s land véritable. La suite n’a échappé à personne ; la gabegie, l’affairisme, l’appât du gain facile, le népotisme, le clientélisme, la cocufication des femmes, entre autres, se sont érigés en mode de gestion de la vie nationale.

Un parti mort-né, qui ne pouvait servir notre peuple travailleur, s’est érigé sur les ruines et dans la cendre du Comité militaire de libération nationale (CMLN). Moussa a imposé pendant treize longues années sa dictature militaire sous le manteau de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM). Du coup, a-t-il fait taire le peuple aux prix du fusil et de la cravache militaro-policière. Mais il n’avait pas lui-même compris le slogan qu’il aimait lâcher à tout bout de champ : ’’<strong>A force de retirer la parole au peuple, il finit par la prendre’’</strong>.

Après avoir marché sur les corps de 224 enfants et femmes du Mali, un groupe de militaires dirigés par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré (ATT) a mis fin au régime sanguinaire et apatride de Moussa Traoré.

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<strong>L’ère démocratique au Mali</strong>

Comme le dirait un philosophe grec : «<strong>la nature a honneur du vide comme madame la Baronne a honneur du thé</strong>». C’est ainsi donc que le Conseil de réconciliation nationale (CRN) a été mis en place juste le lendemain du coup d’Etat de force contre Moussa Traoré ; ce CRN était dirigé par le chef des putschistes en la personne de Amadou Toumani Touré et cela jusqu’au 5 avril 1991 date de la mise en place du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP).

Il faut faire remarquer que c’est ATT qui fut maintenu à la  tête de ce comité jusqu’au jour où Alpha Oumar Konaré (AOK) a prêté serment en sa qualité de premier démocratique élu. C’était le8 juin 1992. Tout s’est passé comme s’il existait une clause entre ATT et Alpha.

Des visionnaires avaient prévenu que tout se passait comme si ATT avait passé la main à Alpha pour qu’à son tour celui-ci restitue à celui là le même trône. Une faute grave commise par la transition c’était d’abord le mutisme complet de la conférence nationale sur l’impérieux besoin de kokadjè du peuple malien.

Le procès crimes de sang a lui été aussi organisé sur un fond de farce politique ou de bluff politicien. La question phare de ce procès était : «<strong>qui a tiré et qui a donné l’ordre de tirer ?</strong>».

Une méprise sans conteste des révolutionnaires présents dans le Mouvement démocratique (MD) était de taire, une fois Moussa déguerpis du pouvoir, le cri de cœur du peuple malien : le changement du tout au tout (antè korolen fè fo kura).

Désormais la volte-face était en marche : soigner la plaie sur du pus.

La conséquence à laquelle il fallait s’attendre, c’est l’abandon par le Mouvement démocratique du besoin de changement véritable au Mali. Il n’ya eu que retournement de veste : les mêmes maux qui ont entraîné la chute de Moussa Traoré ce sont maintenus et ont connus leur période de floraison.

Au bout des dix longues années de Alpha, notre peuple a constaté qu’il a été hautement trahi dans tous les domaines. En lieu et place des hommes crédibles, ce sont  des délinquants financiers et économiques qui se sont construit des paradis terrestres. Par exemple en dix ans selon nos sources 21 milliardaires se sont formés dont 15 hauts fonctionnaires.

Pendant ce temps, les mairies se sont livrées à cœur joie à la vente illicite des parcelles de terrain jusqu’au terrain de foot pour la jeunesse. L’on comprend donc que si les gens s’arrachaient les cheveux pour être élus à la mairie, c’était pour prendre part à ces contrefaçons qui n’honorent pas notre peuple.

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<strong>Amadou Toumani Touré comme Alpha Oumar Konaré</strong>

Une bourgeoisie arrogante a été construite sur le sang de nos femmes et de nos enfants, jetant ainsi à la poubelle les préoccupations fondamentales de notre peuple. ATT est revenu après Alpha, mais pas pour mieux.

A l’image de la gestion chaotique de AOK, ATT a passé ses deux mandants à la tête de notre pays a vilipendé l’honneur et la dignité de ceux qui ont donné leur vie pour qu’émerge le multipartisme intégral au Mali. Connaissant le caractère opportuniste des politiciens maliens, ATT a embarqué la quasi-totalité de la classe politique malienne dans son aventure.

Sur le plan sécuritaire notamment, si Alpha a brûlé nos armes, intégrer dans notre armée nationale des frères qui ont pris les armes contre leur propre pays et qui ont taché leurs mains du sang de leur peuple, ATT a fait du septentrion malien un véritable no man’s land où n’importe qui peut entreprendre n’importe quoi sans s’inquiéter outre mesure, comme en témoigne l’affaire de l’avion incendié loin des regards dans le désert malien. Jusqu’à demain les enquêtes se poursuivent à propos. Il faudrait qu’il s’explique sure ce qui s’est passé dans le processus d’occupation progressif des trois régions du Nord-Mali.

&nbsp;

<strong>La mutinerie du 22 mars 2012</strong>

Aussi il faut le dire, il est indispensable de situer toutes les responsabilités dans les crimes commis à Aguelhok contre les soldats de notre peuple. La situation avait atteint un niveau où ATT ne pouvait plus continuer à gouverner le Mali et ou notre peuple ne pouvait plus continuer à se soumettre aux affres d’un régime conteur.

Le 22 mars 2012, un groupe de jeunes militaires dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo a déposé le général ATT. L’espoir de voir la justice s’installer enfin chez nous en lieu et place de l’injustice et de la gestion calamiteuse de nos affaires était né en notre peuple travailleur.

Pendant que l’on s’attendait à un nettoyage patriotique, voilà  les jeunes militaires à l’écoute de ces mêmes politiciens qui ont souillé l’honneur et la dignité de ce peuple pour lequel ils ont décidé de s’assumer. Ils se sont hélas enfouis dans la gueule du loup pour se retrouver eux-mêmes lâchement trahis par ces politiciens criquets et les chefs religieux qui n’avaient cesse d’effectuer des valses religio-morales entre Bamako et Kati.

Mais ils n’avaient pas compris que la souris n’a nulle raison de se confier à la force tranquille du chat tout comme ils n’avaient pas compris que lorsqu’on chasse des hommes du pouvoir, leur place ne peut plus être encore au devant de la politique au risque de payer tôt au tard les frais de ce manque de clairvoyance notoire.

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<strong>IBK, pire que ses prédécesseurs ?</strong>

Bien de gens croyant à IBK n’ont pas hésité à le porter au sommet de l’Etat. Parmi ces gens de bonne foi, il y avait Amadou Haya Sanogo. Mais l’espoir en IBK n’a duré pour les hommes avertis que le temps des préparatifs de son investiture à la tête des affaires. Mais dès lors que le président élu avait sans se gêner taxer Moussa Traoré de ‘<strong>’grand républicain’’</strong>, cet homme qui a tué bien de nos femmes et enfants, il ne fallait plus rien attendre de lui que la situation de marasme total et désespérant dans lequel se trouve aujourd’hui notre peuple.

Son premier gouvernement avait déjà désillusionné ceux qui étaient encore myopes. On ne peut changer les conditions réelles de vie du peuple avec des hommes et des femmes qui ont participé de près et de loin à la décadence de ce peuple.

Les deux autres gouvernements sont à l’image du premier, la suite logique sinon la preuve sans conteste que celui qui a été élu avec 77,66% des suffrages exprimés œuvrait pour la restauration de l’ordre ancien. Nul besoin de dire encore que ceux qui ont élu IBK à la magistrature suprême se sont trompés certes sans le vouloir.

Des hommes de bonne foi ont demandé en vain la tenue des concertations nationales avant les élections de 2013. Ceux qui la revendiquent aujourd’hui à cor et à cri étaient les premiers à s’opposer à ces dites concertations pendant la transition. Comme le dirait l’autre, il y a de la décence même en politique. Oui, il faut ces concertations mais pas pour que les traites de notre peuple se remettent en selle.

Concertations oui mais pour que les hommes crédibles viennent enfin aux affaires pour servir dignement notre peuple qui n’a que trop souffert. Ce sont seulement ces hommes qu’il faut pour sauver le Mali.

Pour ce faire, les vraies préoccupations de notre peuple doivent être exposées au grand jour et soumises à l’appréciation du peuple lui-même à l’occasion de ces concertations, tant qu’il est vrai que nul savant ne peut mieux connaître ses problèmes à sa place.

<strong>Fodé KEITA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Propos mémorables</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propose-memorables-4-1755682.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 29 Aug 2016 02:15:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<h4>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</h4>
"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."
<h4>Issé Doucouré, (avril 2001)</h4>
<em>"Les nouvelles générations sont venues au syndicalisme, parce qu’il y a des grands parleurs. Et le peuple ne croit qu’à celui qui crie haut. </em>

<em>Ils n’ont aucune formation, aucune expérience. Ils sont uniquement guidés par le profit. C’est pourquoi aujourd’hui, l’UNTM n’est que l’ombre d’elle-même".</em>
<h4><strong>Sambi Touré, journaliste (Avril 2001)</strong></h4>
<em>"Le Mali est l’un des pays qui a le plus grand nombre d’organes dans la sous-région. Mais, le problème de cette presse, c’est la qualité, pour parler de professionnalisme".</em>
<h4>Adame Bâ Konaré, première Dame du Mali (Mars 2001)</h4>
"Moi-même, je sais que les dossiers de justice, malheureusement, ne sont toujours pas rendus à la satisfaction des femmes. J’enrage, moi-même, de voir que les femmes sont les souffre-douleurs dans les foyers par rapport aux lois."
<h4>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Juin 1997)</h4>
"Nous ne pouvons considérer comme une fatalité le fait que soit concentré aux mains d’une minorité le fruit de l’effort commun, pendant que la grande majorité du peuple est condamnée à la misère et au désespoir."
<h4>Amadou Toumani Touré, Président de la République (Mars 2003)</h4>
"Le 26 Mars, c’est un peu moi ; on ne peut pas tout le temps parler de soi-même. Ma fille est née un 26 Mars."
<h4>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Mars 1996)</h4>
"La grosse erreur a été de faire croire que la démocratie peut tout régler comme par un coup de baguette magique. Une démocratie se bâtit lentement avec des hommes et des femmes qui y adhèrent et auxquels, il faut donner toutes les explications qui s’imposent."
<h4>Tiébilé Dramé, Secrétaire Général du Parena (Mars 1996)</h4>
"Quand on a été torturé ensemble, quand on a partagé les mêmes cellules de détention, qu’on ait fait partie des mêmes convois de déportation, d’exil intérieur, il est normal qu’on soit du même côté."
<h4>Younouss Hameye Dicko (UDD), (Mai 1994)</h4>
"Si vous vous concentrez pour réfléchir, vous serez surpris de ce que vous trouverez : aucun ancien ministre, aucun ancien ambassadeur ou chef de cabinet du régime de GMT, ne figure dans les rangs de l’UDD."
<h4>Aminata Dramane Traoré, ministre de la culture (1999)</h4>
"Mon foulard est l’expression de ma liberté. Je lui donne le volume et la forme qui me plait".
<h4>Feu Modibo Keïta, Président de la République (19 Novembre 1968)</h4>
"Le Mali, ce n’est pas nous, ce n’est pas non plus ceux qui viennent de prendre le pouvoir. Le Mali, c’est vous !" [NDLR : s’adressant à la jeunesse]
<h4><strong>Feu Maribatrou Diaby, candidat aux présidentielles 1992</strong></h4>
"Moi, j’arrive à gérer même des crocodiles. C’est donc facile pour moi, de gérer les hommes."

<strong>Rassemblés par </strong><strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Discours prononcé par Modibo Keita au Stade Mamadou Konaté après l’arrestation de Fily Dabo Sissoko, Kassoum Touré et Hamadoun Dicko le 28 juillet 1962 (2ème partie)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/discours-prononce-modibo-keita-stade-mamadou-konate-apres-larrestation-de-fily-dabo-sissoko-kassoum-toure-hamadoun-dicko-28-juillet-1962-2eme-partie-1744722.html</link>
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<pubDate>Mon, 22 Aug 2016 06:10:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>« </em><em>Camarades, l’objet de cette réunion, c’est pour dérouler devant vous le film des évènements que notre capitale a connus. Et bien, je dois vous dire que sans la vigilance de la Direction du Parti et de nos forces de sécurité, ce film ne serait seulement le film de Bamako, mais il serait, hélas, le film de toute la République du Mali.</em>

<em>En effet, ce n’est pas seulement vendredi dernier, vendredi  20 juillet, que les incidents devaient éclater à Bamako. Nous les avons devancés par l’arrestation d’un de leurs instruments, Kassoum Touré, et cela a suffi pour en déjouer tout le plan.</em>

<em> <strong>De quoi s’agissait-il effectivement ?</strong></em>

<em>Des hommes, des citoyens d’autres pays ne peuvent pas se consoler de la politique d’indépendance politique et économique de l’Union Soudanaise US-Rda, de son peuple et de son Gouvernement. Ils savent que le peuple du Mali est un peuple qui, malgré son sous-développement est un peuple majeur, parce qu’il a derrière lui plusieurs siècles de vie nationale en certaines périodes a été perturbée par l’existence d’empires ou de royaumes plus ou moins rivaux. Ce qu’ils doivent savoir cependant, c’est que notre peuple a courageusement, pendant des dizaines d’années, opposé la poitrine des meilleurs de ses enfants à la domination étrangère. Donc le peuple qui a son passé qu’il ne renie pas et dont il est fier, un tel peuple ne peut pas accepter d’être téléguidé. C’est justement parce que nous avons refusé d’être téléguidés qu’on a essayé de se servir de quelques apatrides, de quelques pauvres maliens qui n’ont pas pu encore s’apercevoir de la réalité politique du Mali en 1962.</em>

<em>En effet, comme nous, ces éléments hostiles à notre pays s’étaient aperçus de l’action possible des idées partant de la République du Mali vers d’autres états africains. Or cela est la conséquence d’un accident géographique. En effet, nous sommes un pays central, nous sommes en plein cœur de l’Afrique. Partant, nous avons été sans le vouloir les instruments de l’application d’une loi historique qui veut que toute idée partant d’un point central se diffuse dans toutes les directions comme du soleil. L’Afrique était restée le dernier rempart de la lutte  des idéologies qui se divisent  le monde. Elle était restée à l’abri de cette lutte parce qu’elle n’avait pas encore sa personnalité. » </em>

<em>A suivre...</em><strong>                                                                              </strong>

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<strong>  </strong><a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a><strong>. </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Rétrospective : Discours du candidat Ibrahim Boubacar Kéita dit IBK au stade du 26 Mars le 07 Juillet 2013 (1ère partie)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-discours-candidat-ibrahim-boubacar-keita-dit-ibk-stade-26-mars-07-juillet-2013-1ere-partie-1687352.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 20 Jul 2016 13:51:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[« <strong><em>Mes Chers Compatriotes</em></strong><em>,</em>

<em>Nous sommes réunis aujourd’hui à l’occasion de l’ouverture de la campagne présidentielle. Cette campagne qui s’ouvre sera l’une des plus importantes de toute l’histoire contemporaine de notre République. Votre présence massive, aujourd’hui, dans l’enceinte de ce grand stade, prouve que vous avez compris l’enjeu. Maliennes, Maliens, vous êtes venus de toutes les régions du Mali, de Bamako, Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal, et aussi de la diaspora ! Peuple du Mali, je vous salue !</em>

<strong><em>Mes Chers Compatriotes,</em></strong>

<em>Notre pays a connu en 2012 un cataclysme majeur, une crise multidimensionnelle effroyable, un coup d’Etat militaire, qui ont ébranlé les fondements mêmes de notre République. A partir de janvier 2012, notre pays a été attaqué par des bandes terroristes et criminelles coalisées qui ont, coup sur coup, commis des crimes contre l’Humanité, en massacrant sauvagement, une centaine de soldats de l’Armée nationale, en occupant les trois régions du Nord et y commettant de graves violations des droits de l’Homme, en détruisant des monuments appartenant au Patrimoine mondial de l’humanité ; Monuments qui étaient le témoignage vivant de la beauté et de la profondeur de notre riche civilisation, dont les piliers fondamentaux sont la Paix, la tolérance, l’Ouverture, l’Acceptation de l’Autre…Notre Peuple a subi un traumatisme profond. Notre Peuple s’est senti humilié devant l’effondrement de l’État, le délitement de notre système démocratique, la débâcle militaire, l’absence de perspectives robustes de solution de sortie de crise…</em>

<em>Les institutions du Mali se sont effondrées. Notre nation a subi l’humiliation la plus grave de son histoire. Nous avons connu par le passé des chocs existentiels importants, mais jamais notre socle national, notre vivre-ensemble, n’ont été autant ébranlés. Le 11 janvier 2013, la France a pris l’initiative de déployer l’Opération SERVAL qui a permis de libérer les régions du Nord. Saluons vigoureusement l’initiative courageuse du Président François Hollande qui n’a pas hésité à mobiliser d’importants moyens humains, militaires, diplomatiques pour permettre à notre pays de sortir de cette tragique situation. Je remercie le Président Idriss Deby Itno pour son engagement aux côtés de notre pays. Je salue le courage exceptionnel des Forces Armées Tchadiennes en Mission au Mali qui ont payé un lourd tribut pour traquer et chasser les bandes terroristes et criminelles.</em>

<em>Je remercie également les chefs d’Etat de la CEDEAO : les présidents Alassane Ouattara, Goodlock Eblé Jonathan, Mahamadou Issoufou, Blaise Compaoré, Macky Sall, Alpha Condé, Faure Gnassingbé, Yayi Bonny, qui ont dépêché, dans le cadre de la MISMA, de valeureux soldats afin de contribuer à stabiliser le Nord de notre pays. Il s’agit-là d’une marque éclatante de la solidarité profonde unissant nos peuples et nos pays. Je rends hommage à tous les soldats africains et français qui ont perdu la vie sur notre territoire. Le Peuple du Mali sera éternellement reconnaissant. »</em>

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Arrestation de Fily Dabo Sissoko et compagnons : Le Peuple PSP se souvient…!</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/arrestation-de-fily-dabo-sissoko-compagnons-peuple-psp-se-souvient-1684652.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2015/12/Fily-Dabo.png" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Tue, 19 Jul 2016 07:53:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mutation</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong> 19 juillet 1962-19 juillet 2016, cela fait  cinquante quatre ans jour pout jour que Fily Dabo Sissoko et compagnons furent arrêtés suite à la marche de protestation des commerçants pour dénoncer la crise économique. Premier Député du Soudan-Niger à la première assemblée constituante en octobre 1945, fondateur du premier parti politique en octobre 1946 à savoir le Parti Progressiste Soudanais devenu en 1991 Parti pour la Solidarité et le Progrès, l’homme fut victime de ses ambitions nobles pour son pays.  Son seul tort c’est son combat pour la liberté d’expression, d’opinion et pour le pluralisme politique. </strong>

Tout est parti de la crise économique qui avait touché le pays après deux ans seulement de la création du franc malien. Ce qui avait affecté durement les marchands ambulants et toute la population flottante vivant de petits travaux dont la situation devenait de plus en plus précaire avec la rareté de produits vivriers. Comme le régime de Modibo Keita était basé sur le communisme où tout était géré par les autorités du pays. Face à cette misère grandissante des populations, dont la principale activité était le commerce, les commerçants et les petits détaillants organisent les 18 et 19 juillet 1962 une marche de protestation et marchent sur le Commissariat central (actuel 1<sup>er</sup> arrondissement) scandant des slogans hostiles au régime. Rappelons que l’époque tous les commerçants et petits détaillants étaient regroupés au sein d’une association dirigée par El Hadj Kassoum Touré dit Maraba Kassoum, membre influent de l’US-RDA et non moins principal bailleur de fonds du parti crée en octobre 1946.Comme il fallait s’attendre les forces de l’ordre tirent à balles réelles provoquant deux morts, plusieurs blessés par balles et l’arrestation de 196 suspects à Bamako dont Maraba Kassoum et d’anciens militants du RDA qui n’étaient plus d’accord avec la politique de leur parti. A l’intérieur du pays, les arrestations ont eu lieu. A la surprise générale et au grand étonnement des responsables et militants du PSP, leur leader charismatique sera accusé d’avoir poussé les commerçants à la révolte contre le régime. Une belle occasion pour se défaire de cet homme politique gênant à travers ses œuvres littéraires, pour son combat pour la liberté, la justice et la vérité pour les citoyens du pays et surtout pour avoir refusé d’adhérer à l’US-RDA malgré la dissolution injuste du PSP en 1959. Et du coup l’occasion fut idéale en le mêlant d’une affaire qui ne concerne pas Fily Dabo. Aussitôt il fut arrêté et jeté en prison en compagnie de son compagnon d’infortune. Selon un document du Ministère de l’intérieur du 26 juillet 1962, 335 personnes avaient été interpellées ; certaines seront relâchées, d’autres graciées ou acquittées. Quant à Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko, El Hadj Kassoum Touré, ils seront désignés comme responsables des troubles par la commission nationale désignée par l’US –RDA pour faire la lumière sur ces évènements. En contradiction flagrante de l’organisation judiciaire de la République du Mali, un tribunal populaire présidé par le commissaire politique Mamadou Diarrah, comprenant 39 jurés, n’ayant aucune existence légale fut mise en place pour juger les accusés. N’ayant en son sein qu’un seul juriste professionnel et pas d’avocats, le tribunal va siéger pendant quatre jours (du 24 au 27 septembre 1962) dans la salle des anciens combattants, place de la République. Les accusés au nombre de 94 tenaient difficilement dans la salle. Dans son réquisitoire, le président du tribunal retiendra que Fily et ses compagnons (dont certains ne savaient même pas pourquoi ils sont dans le box des accusés) étaient à la tête d’un complot visant à renverser le gouvernement légal du Mali. A la barre des témoins appelés furent impliqués et considérés comme membres du brain-trust. Ce fut le cas de Mamadou Faganda Traoré, de Lahaou Touré, de Gaoussou Coulibaly etc. Et le verdict fut impitoyable à l’égard de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et El Hadj Kassoum Touré qui furent condamnés à mort. Il y eut 15 acquittements au bénéfice du doute ; 21 condamnations à 1 an d’emprisonnement ; 26 condamnations à 5 ans de travaux forcés et 5 ans d’interdiction de séjour ; 6 condamnations à la peine de 15 ans de travaux forcés ; 14 condamnations à la peine de 20 ans de travaux forcés ; 9 condamnations à perpétuité par contumace. Les condamnations à mort, après une lettre de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et El Hadj Kassoum Touré, adressée au Président de la République, furent commuées en détention à perpétuité. Cinquante Quatre ans après le peuple PSP se souvient de cette arrestation arbitraire de son leader charismatique et compagnons et qui mourront deux ans après soit le 30 juin 1964 dans le désert malien dans des conditions affligeantes, horribles et atroces.

<strong>Sadou Bocoum</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Bilan de l’Adema&#45;pasj de 1992 à 2002 : Les abeilles et le chantier de la réhabilitation des forces armées de défense et de sécurité</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/bilan-de-ladema-pasj-de-1992-a-2002-abeilles-chantier-de-rehabilitation-forces-armees-de-defense-de-securite-1664962.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/bilan-de-ladema-pasj-de-1992-a-2002-abeilles-chantier-de-rehabilitation-forces-armees-de-defense-de-securite-1664962.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 04 Jul 2016 07:52:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le lendemain du 26 mars 1991, la situation de l'armée était caractérisée par l'état de délabrement, voire de ruine, de toutes les casernes militaires, par le très bas niveau de rémunération du personnel, par l'état vétuste du matériel et enfin, par l'effritement de la discipline, facteurs ayant entraîné la révolte de la troupe. Face à cette situation, les autorités de la Transition ont apporté des solutions, ne serait-ce que partielles, par la réhabilitation de certains camps militaires et une revalorisation de la solde. A ce titre, le 26 mars 1991 constitue une date charnière dans l'histoire des forces armées. Elle inaugure le début d'une profonde mutation. Celle-ci se traduit par l'édification d'une armée républicaine à travers l'élaboration de textes législatifs régissant les droits civils et politiques des militaires et qui concernent la mission de l'armée à la défense de l'intégrité territoriale et des acquis démocratiques. </em></strong>

<strong><em> </em></strong>

<strong><em>Les grandes orientations</em></strong>

Deux axes fondamentaux caractérisent les actions entreprises par la 3eRépublique en faveur des forces armées et de la sécurité. Il s'agit de l'amélioration de l'outil de défense, garant de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale et également de la réhabilitation de l'armée et des forces de sécurité. Cette synthèse retrace les efforts consentis par les gouvernements successifs de la 3e République dans les domaines ci-dessus cités.

Au-delà des actions entreprises par la Transition en direction de certains camps militaires et aussi pour améliorer quelque peu la solde des militaires, il revenait à la 3<sup>ème</sup> République d'engager une véritable réhabilitation de nos Forces Armées et de Sécurité qui ont apporté une contribution de qualité à l'avènement de la démocratie au Mali, et ce malgré leur état de délabrement matériel et moral. Des journées de réflexions furent organisées à partir du 2 avril 1994, sous la direction du Ministre des Forces Armées, feu Boubacar Sada SY. Elles ont abouti à l'élaboration et à l'adoption d'une série de textes fixant l'organisation, la protection et l'intégration dans le cadre démocratique de l'Armée et des Forces de Sécurité.

Il s'agit de : la loi portant statut général des militaires,  la loi portant création du cadre du personnel de la justice militaire, la loi portant création de la Direction de la Sécurité Militaire,  la loi portant création de l'Inspection Générale des Armées et services, la loi portant modification du Régime Général des pensions militaires et le projet de loi de programmation militaire pour moderniser et équiper l'Armée.

Ces textes garantissaient aux Forces Armées et de Sécurité les moyens politiques, juridiques et matériels en vue de l'exercice de leurs droits et obligations dans le respect de la cohésion entre toutes les hiérarchies, en harmonie avec le nouveau cadre démocratique et républicain. La création d'un Conseil Supérieur de la Fonction Militaire, organe consultatif, a permis de faire participer tous les militaires, quelque soit leur grade et leur niveau hiérarchique, à l'élaboration des règles générales définissant leur situation juridique et leurs conditions de vie et de travail. Toutes ces mesures ont permis de créer les conditions pour ramener la paix et la discipline dans les casernes, garantir l'efficacité des activités militaires et de sécurité. Ces résultats ont été obtenus au prix de la dissolution de la Coordination des sous-officiers et la radiation de 800 élèves gendarmes qui s'étaient révoltés.

&nbsp;

<strong><em> Le domaine des ressources humaines</em></strong>

Concomitamment aux actions entreprises pour améliorer le cadre de vie et de travail du personnel des forces années, le Département s'est attelé au renforcement quantitatif et qualitatif du potentiel humain.

Sur le plan quantitatif, la décennie écoulée a vu le recrutement de six mille huit cent quarante-huit (6848) soldats dans l'Armée de terre et de six cent soixante-trois (663) aviateurs. Avec les différentes opérations de recrutement direct, de transfert et d'intégration de combattants issus des Mouvements et Fronts unifiés de l'Azaouad, la garde nationale a bénéficié d'un effectif de mille quatre cent dix-huit (1.418) éléments

auxquels s'ajoutent trois cents (300) autres, encore en formation de base en juin 2002 Malgré la radiation en 1993 de huit cents (800) élèves gendarmes, la gendarmerie nationale a vu pendant cette décennie son effectif s'accroître de mille quatre cent quatre-vingt-sept (1.487) éléments. Les services centraux ont également bénéficié d'opérations de recrutement. Ainsi, La Direction du Génie militaire a recruté six cent quatre-vingt-quinze (695) éléments, celle du Service de Santé des Armées cent soixante-seize (176) éléments et les Ateliers militaires centraux trente-six (36).

En résumé, l'effectif des forces armées s'est accru, en dix (10) ans, d'un total de onze mille six cent vingt-trois (11.623) jeunes Maliens des deux sexes. Par l'envoi en stage des personnels aussi bien dans les structures nationales qu'étrangères, les autorités du Département ont largement contribué à rehausser qualitativement leur niveau professionnel et à le diversifier. Ainsi, plusieurs spécialistes ont été formés à l'extérieur ou y ont suivi des cours de perfectionnement. Il s'agit entre autres de :
<ul>
 	<li>quatre-vingt-dix-huit (98) ingénieurs et techniciens d'aviation;</li>
 	<li>quatre-vingt-neuf (89) stagiaires du Génie militaire;</li>
 	<li>cent un (101) infirmiers médecins ou administrateurs de santé;</li>
 	<li>quatorze (14) journalistes, cinq (05) photographes, quatre (04) cameramen et cinq (05) imprimeurs.</li>
</ul>
Pour rehausser leur niveau d'instruction et leur degré de préparation, les diverses catégories de personnel ont bénéficié de formations militaires appropriées.

En outre, nos troupes ont participé à plusieurs manœuvres dont les exercices

"FLINTLOCK" et "ACRI" avec l'année américaine ainsi que "GUIDIMAKHAN" avec d'autres forces étrangères dans le cadre du concept "ERCAMP".

L'Armée de l'air a exécuté trois (03) exercices de tir de missiles« Sol- Air ». L'Armée de terre a également amélioré, par des manœuvres interarmes, le niveau opérationnel de ses cadres.

La participation de militaires maliens aux différentes missions de maintien de la paix en Afrique leur a permis d'acquérir plus de professionnalisme et d'expérience par le contact avec des armées étrangères.

Les journées de réflexion et séminaires organisés à l'intention du personnel militaire ont permis aux hommes de se familiariser avec des thèmes d'actualité comme la justice militaire, le Droit humanitaire international, etc. La création d'une école des sous-officiers permettra aux forces armées de recevoir des cadres très compétents. La création à Markala du Centre de formation professionnelle des partants à la retraite répond à la volontaire politique des hautes autorités de ne laisser aucun militaire quitter les forces armées sans être formé à un métier lui permettant de s'insérer dans la vie active. Ce programme de reconversion est devenu un impératif du fait de l'abaissement de la limite d'âge de la retraite tel que prévu par la loi N° 92-010 du 17 septembre 1992 portant Statut général des militaires. En plus de l'accroissement des effectifs et du relèvement de leur niveau opérationnel, les actes les plus significatifs posés en faveur des ressources humaines s'inscrivent dans le cadre de la dotation du personnel d'un statut juridique approprié et de la revalorisation significative de la fonction militaire par l'adoption d'une nouvelle grille indiciaire. En effet, dans le souci de codifier les conditions juridiques des militaires conformément à l'esprit républicain, a été adoptée la Loi N° 92-010 du 17 septembre 1992 modifiée par la Loi N° 95-041 du 16 février 1995. Ces textes législatifs définissent, pour la première fois, les conditions d'exercice par les militaires de leurs droits civils et politiques. Aussi, pour compenser les sujétions liées au métier des armes, il a été élaboré une nouvelle grille indiciaire se traduisant par une augmentation de 20 à 40% des soldes.

En conséquence, cette augmentation s'est de façon substantielle répercutée sur les pensions de retraite des militaires Enfin, la création du grade de Major a beaucoup rehaussé le moral des sous-officiers les plus méritants.

&nbsp;

<strong><em> Le domaine des infrastructures</em></strong>

L'état de délabrement des casernes militaires a été largement médiatisé par les reportages de la Télévision nationale réalisés lors des journées « Portes ouvertes ». A partir de 1993, fut amorcé un véritable programme de réalisations d'infrastructures au profit des forces armées, (travaux auxquels le Génie militaire a participé à hauteur de plus de sept cent soixante millions (760.00.000) de F.CFA. Ce programme a essentiellement porté sur la réalisation de :

- un bureau et un logement pour le commandant de zone de Tombouctou

- 45 logements de sous-officiers

- 135 logements pour hommes de rang mariés

- l'adduction d'eau et l'électrification de la base de Sénou

- l'adduction d'eau du camp de Kati

- l'électrification de la base de Sévaré

- l'adduction d'eau du camp de Sikasso.

- vingt-neuf (29) logements pour le personnel;

- vingt-huit (28) bureaux;

- quatre (04) brigades territoriales de gendarmerie;

- trois (03) camps militaires;

- trois (03) écoles de formation;

- deux (02) postes de sécurité;

- un (01) laboratoire d'analyses, une (01) maternité et une (01) infirmerie.
<ul>
 	<li>La rénovation et l'aménagement de vingt-trois bâtiments et locaux; sept (07) brigades territoriales; six (06) bureaux; un (01) bloc opératoire et une (01) infirmerie et les Cercles Mess des officiers de Bamako.</li>
</ul>
&nbsp;

<strong><em> Réalisation dans le domaine des équipements</em></strong>

L'un des handicaps majeurs de nos forces armées réside dans leur faible capacité de mobilité et de projection dans l'espace due à l'état du parc roulant qui est composé de véhicules et d'engins d'origines variées, vétustes ou en mauvais état. Les efforts consentis dans ce domaine se traduisent par la réalisation de plus de deux cent cinquante-sept (257) véhicules utilitaires, cent dix-huit (118) véhicules de transport, treize (13) véhicules de fonction, cinq (05) engins de reconnaissance et plus soixante-treize (73) motos pour les forces terrestres. Quant à l'Armées de l'air, sa flotte s'est enrichie de deux (02) avions de transport, de deux (02) avions de liaison et de deux (02) hélicoptères polyvalents. Elle utilise également deux (02) autres avions mis à sa disposition par le Ministère du développement rural. Ces acquisitions ont permis de maintenir à un niveau raisonnable, bien qui insuffisant, la mobilité de nos forces armées.

&nbsp;

<strong><em>Autres activités des forces armées</em></strong>

A la veille du 26 mars 1991, l'intégrité territoriale et la stabilité sociale du pays étaient gravement menacées par une rébellion d'éléments des communautés nomades dans le Nord du Mali. Si les autorités de la Transition ont signé le Pacte national de paix avec les Mouvements et Fronts Unifiés de l'Azaouad, sa mise en œuvre est cependant à inscrire à l'actif de la 3eme République. Le Département des forces armées a piloté le volet militaire dudit Pacte. Ce volet consistait au désarmement, au cantonnement et à l'intégration des combattants issus des ex mouvements armés: Ainsi, mille deux cents (1200) ex-combattants du M.F.U.A ont été intégrés dans les forces armées et de sécurité tandis que deux cent cinquante (250) éléments de l'ex «Mouvement Patriotique Ganda Koy » y étaient recrutés.

La résolution pacifique de ce conflit douloureux a fait du Mali un exemple dans le monde entier. Les forces armées, à travers certaines de leurs structures, ont également participé au développement économique et social du pays notamment:

- l'armée de l'air en transportant quatre mille cinq cents (4500) passagers et cent vingt-cinq mille (125000) tonnes de <em>fret </em>à bord des avions militaires;

- le Génie militaire par sa participation à des travaux d'aménagement de plaines, de mares, de routes, de pistes d'envol et d'ouvrages d'art ;

- les structures de santé par leurs prestations au profit des populations.

&nbsp;

<strong><em>La participation aux missions de la paix</em></strong>

Les idéaux de paix sociale, de stabilité politique et la promotion de l'intégration africaine ont constitué les axes principaux de la politique étrangère de son Excellence Alpha Oumar Konaré, Président en exercice de la Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest (C.E.D.E.A.O.) pendant deux mandats. Cette volonté s'est concrétisée par la présence de contingents maliens dans plusieurs pays africains où des conflits armés opposaient différents groupes sociaux. Sollicité par l'Organisation des Nations Unies ou par l'Organisation de l'Unité Africaine, notre pays a fourni deux mille cinquante-trois (2053) militaires dont cinquante-sept (57) observateurs, pour différentes missions de maintien de la paix sur notre continent. Il convient également de rappeler que les qualités de médiateur et d'homme d’Etat du Général Amadou Toumani Touré, actuel Chef d'Etat du Mali, ont été à maintes reprises sollicitées pour régler des conflits armés.

&nbsp;

<strong><em> Restructuration</em></strong>

De décembre 1997 à janvier 1998, a été organisé un séminaire regroupant toutes les catégories de personne 1(officiers, sous-officiers et militaires du rang). Après avoir dressé un état des forces armés et relevé les insuffisances dans les différents domaines, ce séminaire a fait des recommandations pertinentes dans le sens de la restructuration des armées. Approuvées par la session de décembre 1998 du Conseil supérieur de la défense, ces recommandations se sont traduites par u<strong>ne réorganisation de la défense nationale par la Loi N°99-50 du 28</strong> <strong>décembre </strong>1999. Dans le cadre de la mise en œuvre de la défense, les changements intervenus ont essentiellement consisté en une plus grande déconcentration de celle-ci par la création des zones de défense, structures régionales placées chacune en temps de paix sous l'autorité du représentant de l'Etat à travers un Comité de défense. Cette organisation a été renforcée par la mise en place de supports territoriaux adaptés à chaque force (régions militaires et aériennes, légions de Gendarmerie, Groupements de la garde Nationale).

Un mouvement de restructuration des armées et services se traduisant par l'érection de l'Etat-major général des Armées en Etat-major des Armées et la suppression des services pourvoyeurs centraux (DCA ,DMHTA,DTTA) et leur remplacement par des structures de soutien intégrés aux forces armées respectives pour donner la priorité à l'aspect opérationnel.

Il y a eu une plus grande responsabilisation de la Gendarmerie et de la Garde Nationale en matière de sécurité des personnes et des biens pour permettre aux forces de manœuvre de s'occuper de leur préparation «tactique et opérationnelle» et la décentralisation de certains chapitres budgétaires. Aujourd'hui, l'Armée Nationale et les Forces de Sécurité ont été totalement réhabilitées. Elles ont retrouvé le chemin de l'honneur et leurs missions traditionnelles leur ont été rendues.

<strong>Source : Commission politique de l’ADEMA-PASJ </strong>]]> </content:encoded>
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<title>8 juin 2002 : Une date mémorable au Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/8-juin-2002-date-memorable-mali-1631532.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 13 Jun 2016 14:10:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Alpha Oumar Konaré est le seul président malien à avoir prononcé un discours de fin de mandat après 10 ans durant lesquels il était à la tête du pays. </em></strong>

<strong><em>En ce 14 ème anniversaire de l’événement, nous vous proposons ce discours plein d’émotion, de patriotisme et d’humilité.</em></strong>

Nous voici au terme de la mission que, par la grâce de Dieu, vous avez bien voulu me confier il y a de cela dix ans. Ce soir, je voudrais exprimer à chacun de vous, à chacune de vous, toute ma gratitude. Je voulais présenter mes excuses et mes regrets à tous ceux, à toutes celles à qui j’ai pu causer quelque tort. D’autre part, à tous nos concitoyens qui sont aujourd’hui en peine, je voudrais exprimer notre solidarité agissante ; à tous ceux qui ne sont pas en bonne santé, nos meilleurs vœux de prompt rétablissement.

<em>Mes chers compatriotes,</em>

Vous avez accepté de confier les plus hautes responsabilités nationales à moi, « le fils d’un maître d’école et d’une ménagère », venu à vous les mains vides. Toutes ces années, vous m’avez accompagné ; vous m’avez tant donné. Toutes ces années, vous avez fait de moi tantôt un esclave, un cordonnier, un forgeron, un griot, un noble. J’ai accepté d’être tout cela parce que tout cela est en vous, en nous. Vous avez fait de moi un catholique, un protestant, un musulman,  voire un athée. Je suis devenu tout cela parce que tout cela est de vous.

Vous avez fait de moi tantôt un Songhaï, un Bamanan, un Foulbé, un Dogon,  un Tamasheq, un Soninké, un Sénoufo, un Maure, un Minianka, un Bobo, un Bozo, etc. Je suis tout cela en effet. Vous m’avez fait naître à Diéma, à Tombouctou, à Bamako, à Kayes, à Djenné…J’ai accepté tout cela parce que c’est de tous ces lieux, de toutes ces différences qu’est  fait notre pays, ce pays de toutes les couleurs, le Mali si uni, si divers, si pluriel.

Quel bonheur, Quel honneur, de l’incarner, mes chers compatriotes !

Vous m’avez dit, vous  m’avez avppris que pour être au-devant chez nous, on doit pouvoir accepter d’être traité de tout, d’entendre tout. C’est pourquoi j’ai fait miennes, depuis le début, ces phrases du poète :

<strong><em>Si tu  peux être fort sans cesser d’être tendre</em></strong>

<strong><em>Et, te sentant haï, sans baïr à ton tour,</em></strong>

<strong><em>Pourtant lutter et te défendre ;</em></strong>

<strong><em>Si tu peux supporter d’entendre tes paroles</em></strong>

<strong><em>Travesties par des gueux pour exciter des sots,</em></strong>

<strong><em>Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles, </em></strong>

<strong><em>Sans mentir toi-même d’un mot…</em></strong>

Avec raison ! Plus qu’avec raison !

<em>Mes  chers compatriotes,</em>

Ce soir, sont très présents à mes côtés mon épouse, qui aura tout partagé avec moi durant ces dix années, mes enfants, mes parents, mes amis, mes collaborateurs et, je sais, beaucoup d’entre vous.

Ce soir, j’ai une pensée très forte-vous ne m’en voudrez pas, comme le 8 juin 1992, pour un père parti depuis maintenant vingt-sept ans, mon Dieu ! Mais qui ne m’a jamais quitté ! Pour une mère, qui m’a accompagné dans mon itinéraire les cinq premières années. Pour un chauffeur, pour des collaborateurs : chauffeurs, plantons, cadres, prématurément arrachés à l’affection des leurs…

Ce soir, je pense à tous nos compatriotes de l’extérieur ; d’Afrique comme nous tous ; de tous les Africains du Mali, à tous nos autres frères qui ont choisi le Mali, dont la confiance ne nous a jamais fait défaut et dont l’amour pour le Mali est permanent.  Ce soir, je ressens une profonde gratitude à l’endroit de tous les chefs d’Etat, de mes nombreux aînés d’Afrique qui m’ont tenu par la main, accompagné, qui ont poussé le Mali. Nous serons toujours avec eux pour le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) au service de l’Union africaine. Ce soir,  je pense bien sûr-veuillez l’accepter aujourd’hui,, aux militants du parti ADEMA qui savent que je n’ai jamais été sans eux et qu’ils n’ont jamais été sans moi. Je pense aussi à tous les militants de tous les partis qui m’ont toujours soutenu avec fidélité et constance.

<em>Mes  chers compatriotes,</em>

Aujourd’hui  n’est pas jour de bilan pour nous ; d’autres le feront en d’autres moments. Je me dois cependant de dire que depuis le 26 mars 1991, notre pays a  opéré beaucoup de changements et, je le pense, en bien, même si je sais que les attentes sont nombreuses.

Nous aurions souhaité faire plus, nous aurions pu faire plus si la compréhension avait été plus grande, plus solidaire, de la part de certains de nos frères. Nos tâches  essentielles étaient de rétablir progressivement, de façon pédagogique, l’autorité de l’Etat, l’unité nationale, la sécurité, la stabilité du pays, la paix sociale. De grandes réformes économiques ont été opérées, de grands programmes engagés. Relativisons les difficultés scolaires : nous avons mieux fait que beaucoup. Nos résultats sur les dix ans sont mieux que sur des dizaines d’années antérieures. Nous aurions pu mieux faire, nous aurions dû mieux faire. L’école a beaucoup pesé sur la vie nationale parce qu’elle a été simplement, vous le savez, instrumentalisée à des fins politiciennes. Réalisons le consensus autour de l’école et les grands progrès seront là, car toutes les solutions sont connues.

<em>Mes  chers compatriotes,</em>

Que les difficultés conjoncturelles, dues fondamentalement à la crise du coton et de la CMDT et à la mauvaise pluviométrie, ne nous arrêtent pas ! Le Mali n’est pas ce Mali que certains dépeignent, voudraient qu’il soit. Le Mali a bien changé : il est ce pays ouvert, rasséréné, confiant, en mouvement. Soyez fiers du Mali et de ses avancées qui sont le fait de tout notre peuple. Quand nos amis et partenaires témoignent, c’est à la gloire de notre peuple, et c’est justice rendue !

<em>Mes  chers compatriotes,</em>

Ce 8 juin est un grand jour, un bien heureux jour ! Il est jour d’accomplissement démocratique. Le témoin sera remis de nos mains, par la grâce de Dieu et par votre volonté, à notre frère Amadou Toumani Touré. Une main d’honneur ! Sa réussite sera celle de tout notre peuple, notre réussite à nous, personnellement. Nous devons tous être à ses côtés, avec lui.

Demain, l’aîné sans être le plus âgé s’effacera pour le chef de famille. Il occupera sa place dans le rang, toute sa place, rien que sa place, au service du Mali, au nom des valeurs profondes de respect, de tolérance, de solidarité, de partage, de justice et de travail, dans la fidélité aux idéaux du 26 mars 1991. Tout ce qu’il entreprendra le sera parce que vous lui aurez fait confiance. Rien ne vaudra le Mali et votre confiance ! Tout sera pour le Mali et l’Afrique, notre pays.

<em>Mes  chers compatriotes,</em>

Bon hivernage et encore beaucoup de satisfaction. Alpha vous dit merci, mille fois merci. Et ensemble avec vous, pour toujours ! Que Dieu nous assiste, assiste particulièrement notre président, le président Amadou Toumani Touré ! Que Dieu veille sur notre grand peuple ! Que Dieu préserve notre pays !

Je vous remercie.]]> </content:encoded>
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<title>Le 8 juin est mort, vive le 8 juin :  Retour sur un discours historique qui continue de marquer les esprits 24 ans après</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/8-juin-mort-vive-8-juin-retour-discours-historique-continue-de-marquer-esprits-24-ans-apres-1621142.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 06 Jun 2016 00:21:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Après la glorieuse date du 22 Septembre 1960,  la fatidique du 19 Novembre 1968 et de la mémorable du 26 Mars 1991, le Mouvement Démocratique avait réussi à faire entrer dans les grandes dates du Mali, le 08 juin comme date d’investiture du premier président démocratiquement élu du Mali. Ainsi depuis 1992, cette date fut inscrite en lettres d’or dans les annales de l’histoire de notre pays jusqu’au stupide coup d’Etat du 22 mars 2012 où une junte militaire perpétrait un retour en arrière mettant ainsi définitivement entre parenthèses cette date symbolique à laquelle les Maliens s’étaient si habitués. Mais ni les falsificateurs de l’histoire contemporaine, ni les ennemis de la Démocratie ne réussiront à nous faire oublier cette date qui marqua la fin de la dictature et annonça l’aube de la longue et exaltante marche vers un Etat démocratique dans lequel les droits et libertés publiques seront garantis. Les démocrates accepteront-ils que cette date soit classée, à jamais, dans les oubliettes ? Le peuple malien à l’unisson doit se rappeler ce que fut auparavant le 08 juin. Voyage au cœur d’une date que le Mouvement Démocratique ne saurait passer sous silence. Extraits choisis du Discours d’investiture du Président Alpha Oumar Konaré le 08 Juin 1992 : </em></strong>

« <em>Aujourd’hui, grâce à Dieu, au sacrifice de nos martyrs, aux bénédictions de nos anciens dont celles d’un vieux maître d’école et d’une ménagère, le peuple souverain du Mali m’a investi de la lourde mais exaltante mission de conduire les destinées de notre pays.</em><em>
Je suis prêt à assumer ce redoutable honneur. En ces instants où s’ouvre pour notre peuple une page d’espoir dans son histoire glorieuse, je voudrais saluer et remercier les peuples frères et amis qui nous ont apporté leur aide et leur solidarité et qui ont permis que ce jour se lève. Je voudrais m’acquitter de l’agréable devoir de remercier leurs Excellences les chefs d’Etat, les ministres, les envoyés spéciaux, les personnalités étrangères qui nous font l’insigne honneur de venir en ce jour nous témoigner de leur fraternité, de leur estime et de leur solidarité. Le peuple malien saura se souvenir. Ce jour est pour nous une étape dans la longue lutte que, depuis plus d’un siècle, notre peuple mène pour une plus grande maîtrise de son propre devenir, pour plus de bonheur et de prospérité, pour échapper à la sombre spirale de la misère, du désespoir, de l’exclusion, de la fatalité. Ce jour s’est construit en échos des journées sanglantes des mois de janvier et mars 1991, des grandes journées de meetings et de marches qui les ont précédées, où le Mouvement démocratique uni déroulait son humaine revendication dans les rues de nos villes. Il s’est construit en échos du combat de l’ombre que beaucoup ont mené pendant 23 ans durant lesquels certains sont morts.
Ce jour est le fruit de douleurs transfigurées. Cela nous crée une obligation de mémoire, mais également une ardente obligation de changement pour que s’améliorer la vie du plus grand nombre …. Le Mali est une grande pirogue. Aucun de ses occupants ne devrait souhaiter qu’elle chavire. "Le Mali peut tanguer mais le Mali ne chavirera pas", dit le légendaire dicton. De grandes difficultés nous assaillent aujourd’hui. Des épreuves plus grandes pourront surgir. Je suis persuadé que nous avons les moyens de les transcender. C’est un immense honneur pour nous que d’être appelés à les affronter. Nous y ferons face avec tout notre peuple mobilisé de façon sereine et déterminée. Personne ne le fera le Mali à la place des Maliens. L’avenir, mes chers compatriotes, est aujourd’hui relancé de plus belle pour le Mali, pour le Mali et l’Afrique</em>».

En définitive, le 8 juin doit être gravé en lettres de diamant dans la mémoire de tous les démocrates pour empêcher aux  falsificateurs de l’histoire et autres ennemis de la démocratie de venir à bout de notre bébé enfanté dans la douleur et dans le sang « la DEMOCRATIE ». Qui oubliera la profondeur de cette pensée quand le président Konaré disait : « je ne suis pas un père de la Nation. Je ne suis qu’un fils parmi les fils appelé à jouer le rôle d’ainé sans être le plus âgé ».

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com">youssouf@journalinfosept.com</a>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Rétrospective : Discours prononcé par le président Modibo Keita au meeting du  1er anniversaire de la proclamation de l’indépendance (suite et fin)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-discours-prononce-president-modibo-keita-meeting-1er-anniversaire-de-proclamation-de-lindependance-suite-fin-1621022.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 06 Jun 2016 00:08:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[« …<em>Quelle cruelle déception pour ceux qui rêvaient d'un isolement du Mali, que le spectacle de toutes les missions étrangères qui nous ont visité ou se sont installées ici !
Qui, mieux que nous, peut se vanter, après un an d'exercice de sa souveraineté, d'avoir fait entendre notre voix dans le concert des nations, sans trahir une seule fois les intérêts et les espoirs des peuples africains ?
Nous pouvons relever avec fierté la confirmation à Belgrade par les pèlerins de la paix de la justesse de notre ligne politique définie avec précision un an auparavant.
Nous avions dit - et nous l'avons prouvé - notre opposition à l'impérialisme. Pour nous, l'impérialisme, c'est cette volonté de domination qui fait qu'on ne croit valable d'autre civilisation que la sienne, d'autre régime politique et économique que le sien, c'est la mise en marche du processus de leur imposition à d'autres pays par la corruption, la subversion et la guerre ; c'est encore ce mépris voilé par un paternalisme outrageant pour les jeunes pays, qui n'admet pas que ceux-ci, sans tuteur, soient capables de se gouverner ; c'est, en résumé, cette volonté de placer d'autres pays sous son hégémonie. Ce n'est pas non plus du bout des lèvres que nous proclamons notre opposition au colonialisme. Le Portugal sait que nous sommes avec les combattants de d'Angola, où des frères sont massacrés par milliers, contre toute morale et uniquement parce qu'ils veulent être des hommes libres.
Les Algériens, au combat depuis sept ans, avancent chaque jour sur le chemin de la victoire. Cette guerre à nos frontières ne peut continuer de durer, car l'Afrique et les peuples du monde entier épris de justice et de paix sont avec le peuple algérien.
D'autre part, certaines leçons doivent être tirées des débats récemment survenus à l'O.N.U. au sujet de Bizerte, qui ont conclu à l'abandon et à la condamnation de la France par ses propres amis.
Il n est que temps de renoncer aux rancœurs et aux utopiques solutions de rechange, qui ne peuvent que précipiter la défaite. Il ne faut pas que la France sacrifie à la défense d'intérêts colonialistes, le capital de confiance et d'amitié dont elle a bénéficié dans le monde et même auprès de ses anciennes colonies. La partition de l'Algérie, la mise en place d'un gouvernement algérien fantoche lui feront perdre à jamais l'amitié du peuple algérien et de bien des peuples africains. Bao Daï n’a pas empêché Dien Bien Phu ni le Glaoui la restauration de Mohamed V.
A cet égard, je ne puis ne pas songer à l'esprit d'à propos britannique qui a toujours su ménager partiellement le capital de confiance acquis dans ses anciennes colonies.</em>

<em>Toutes ces prises de positions réaffirmées par la rencontre de Belgrade n'ouvrent-elles pas des perspectives nouvelles au seuil de l'an II de la République du Mali ?
C'est avec une fermeté toujours accrue que nous resterons fidèles à notre politique de non-alignement. Notre attitude sur ce point est d'autant plus juste qu'elle constitue la seule base susceptible de sauver l'Afrique de la guerre froide, de mettre un terme au processus de sa division qui dessert les Africains au profit des colonialistes et des forces impérialistes</em>. »

&nbsp;

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com">youssouf@journalinfosept.com</a>.]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Hommage du Bureau Politique de l’US&#45;RDA au Camarade Président Modibo KEITA à l’occasion du centenaire</title>
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<pubDate>Wed, 25 May 2016 00:18:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reporter</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le peuple de l’US-RDA s’incline pieusement devant la mémoire du grand patriote Modibo KEITA, premier président de la République du Mali et Secrétaire Général du Bureau Politique de l’US-RDA  à l’occasion de son centenaire.</strong>

Nous ne comprenons pas les autorités de notre pays pour avoir organisé les cérémonies commémorant le centenaire du président sans sa famille politique US-RDA. Pour rappel, les images du film UN HOMME UN DESTIN, diffusées sur les antennes de l’ORTM, retracent son parcours en tant que président et homme politique. Merci au réalisateur d’avoir montré à la jeunesse la réalité des faits de ce grand homme qui a consacré toute sa vie pour que le Mali naisse, pour le bonheur pas à lui, mais des maliens. Merci au réalisateur pour avoir montré à la jeunesse le témoignage des anciens présidents Sangoulé LAMIZANA de la Haute Volta, actuel Burkina FASO, et Emile ZINZOU du Bénin,  les qualités et les valeurs de ce digne fils qui ont dépassé les frontières du Mali. Merci au président Robert MUNGABE du Zimbawe pour avoir donné une leçon  à la manière qui lui est sied et sans ambiguïté sur le président Modibo KEITA, le jour de la signature de l’Accord de Paix, en face de ceux-là qui ont tendance à couvrir les sillons tracés par le fondateur de la République du Mali.

Cependant, il est à retenir que tout ce qu’il a fait l’a été avec l’US-RDA, son unique parti, c’est grâce à ce parti que le président Modibo KEITA est connu, c’est pourquoi nous US-RDA sommes fiers d’être son héritier politique. Monsieur le Président de la République du Mali, le gouvernement vient de finir les cérémonies du centenaire du président Modibo KEITA sur votre instruction, sans sa famille politique US-RDA. Les militantes et militants de l’US-RDA veulent savoir quel mal abominable ce parti  a-t-il fait à ton régime ? Pourquoi choisir l’UM-RDA FASO JIGI en lieu et place de l’US-RDA ? Surtout que le Bureau Politique vous a adressé une correspondance avec toutes les explications.

Monsieur le président, l’histoire de la République du Mali indépendant commence par l’US-RDA ; cela est indéniable, nous le disons pas parce que nous valons mieux que les autres ; mais que les autres acceptent que nous sommes les vrais héritiers. Monsieur le président, le mot héritage a un sens, on ne devient pas héritier, on naît héritier. Le président Modibo KEITA n’a pas deux familles politiques, sa seule famille politique est et demeure l’US-RDA. À preuve la distinction que l’Afrique du Sud a faite au président Modibo KEITA, a été reçue des mains de l’ambassadeur de ce pays à l’époque par le Secrétaire Général de son parti le Dr. Badra Alou MACALOU. Monsieur le président, vous étiez présent ce jour-là. Monsieur le président, pour l’honneur et le respect qu’on doit au président Modibo KEITA, n’acceptez pas qu’on dise que sa famille politique est l’UM-RDA FASO JIGI. Par ailleurs, nous avons entendu l’appel du président de l’UM-RDA FASO JIGI à la cérémonie de clôture même si on y était pas, consistant à tous ceux qui se réclament du président Modibo KEITA de se retrouver. À l’US-RDA nous sommes disposés à consentir des sacrifices pour la défense des valeurs qu’incarne cet illustre Homme. Tout comme le camarade président l’a dit : «pour l’unité africaine nous sommes prêts de céder tout une partie de notre territoire pour sa réalisation». Nous aussi à l’US-RDA, nous somme prêts à tout sacrifice pour que l’US-RDA ne disparaisse pas.

<strong>Bamako le 20 mai 2016</strong>

<strong>Le Secrétaire Général du BPN US-RDA</strong>

<strong>Gaoussou COULIBALY</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Hommages au président Modibo Keita : la «mort» du général Moussa Traoré !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/hommages-president-modibo-keita-mort-general-moussa-traore-1601852.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 25 May 2016 00:08:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reporter</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Il y a des existences très longues qui, au bout du compte, n'en valent pas la peine d’être vécues. La vie du général Moussa Traoré, ancien chef de l’État, est une de celles-ci. Des esprits tirés vers le vil, nous diront, il a été président et en réponse, disons et après ? Quel que soit l'honneur que nous aurons sur cette terre, nous retournerons à la terre. Modibo Keita est resté pour la postériorité un homme qui a foncièrement aimé son peuple. N’est-ce pas l’essentiel ? Modibo Keita éternel ?</em></strong>

&nbsp;

Certes le président Modibo Keita et plusieurs de ses compagnons ont été arrêtés et assassinés par Moussa Traoré et sa bande. Sans procès. On peut tuer des hommes mais nul ne peut assassiner des œuvres. Oui, Modibo Keita n'était pas un saint, le cas des Fily Dabo et compagnie ont à jamais marqué à l'encre indélébile son œuvre. Cependant, le président Modibo a profondément aimé le Mali. Le système de distribution de la SOMIEX en lui seul marque toute la grandeur de l'homme. Sous Modibo, le lait ou le sucre coûtait sur toute l'étendue du territoire national le  même prix. La déification du président Modibo aujourd'hui est juste la récompense de son honnêteté. Tout se paie cash.

&nbsp;

<strong><em>Moussa Traoré vit dans la honte</em></strong>

&nbsp;

Dieu faisant bien les choses, Moussa Traoré a pu assister aux hommages rendus au président Modibo Keita par le président Robert Mugabé. Ce jour-là, si Moussa aurait dû mourir dans la salle. Hélas. Mugabé n'est pas Malien et nul lui ne fera le procès du parti pris. Moussa Traoré a de son vivant vu le fils de feu Ibrahim Ly devenir digne Premier ministre. Allahou Akbar (Dieu est Grand). Ah oui, l’enfant d’Ibrahima Ly a dit non aux vols et autres compromissions.

<strong><em>Enfin</em></strong>

Moussa Traoré répétait à suffisance deux choses :

1- Les vaincus ont un prix à payer. C'est vrai, Moussa Traoré a massacré sinon détruit toutes les personnes qu'il a vaincues. Mais, lui, a été vaincu par la démocratie. Il n'a été ni assassiné ni torturé. Après son emprisonnement, il bénéficie des largesses de la République. Merci à nos hommes de Mars 1991 pour n'avoir pas fait de Moussa Traoré un martyr. Il n'en vaut pas la peine.

&nbsp;

2- Moussa Traoré a dit : «Rien ne fait mal aux maliens». Sur ce plan, il a entièrement raison. Si quelque chose faisait mal aux Maliens, IBK, élu dans les conditions que l'on sait, dans les espoirs que l'on sait, n'allait pas devenir le président de la surfacturation. Si quelque chose faisait mal aux Maliens, ce ne sont pas des individus comme Kassoum Tapo, Cheick Mouctary Diarra, le sous-ambassadeur Oumar Keita, Ag Hamani, qui allaient avoir droit de cité. Si quelque chose faisait mal aux Maliens, IBK aurait déclaré publiquement ses biens depuis.

&nbsp;

IBK, il est temps d’arrêter de vouloir vous comparer au président Modibo Daba Keita. Le président Modibo n'a jamais construit au détour d'un héritage sa concession parentale. La famille de notre père Modibo est restée telle, car pour lui, c'est le Mali entier qui est sa concession paternelle et qu'il a tentée de construire.

&nbsp;

Modibo Keita n'a jamais été attiré par le luxe et le vil. L'enfant de l'intègre  facteur Daba Keita n'aurait jamais été l'ami du parrain Tomi Michel. Il y a Keita, mais, il y a aussi Keita. Le diable se trouve dans les nuances. Il ne suffit pas juste d'avoir été président, mais d’être digne de la mission.

&nbsp;

IBK, le maître de l’équivoque, essaie de plaire à Moussa Traoré tout en voulant défendre la mémoire du président Modibo Keita. Ce n’est plus de la politesse… Beaucoup de gens deviennent présidents. Comment l'histoire finit par retenir positivement ? «Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères.» Charles  Baudelaire.

&nbsp;

<strong>Boubacar  SOW</strong>
<p style="text-align: left"><strong>                                                                                                         boubacarsow@hotmail.fr</strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Rétrospective : Discours prononcé au meeting consacré au premier anniversaire de la proclamation de l&amp;apos;indépendance de la République du Mali (22/09/1961)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-discours-prononce-meeting-consacre-premier-anniversaire-de-proclamation-de-lindependance-de-republique-mali-22091961-1599152.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 23 May 2016 12:52:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Maliennes et Maliens
Chers camarades,
II y a un an, jour pour jour, vous avez, dans l'enthousiasme, proclamé votre volonté de vivre dignes et libres ; le Congrès de notre Parti, appelé à statuer, honorant la mémoire de tous ceux qui ont versé leur sang pour que vive indépendant notre pays, a traduit une fois de plus dans les faits, les principes qui depuis leur naissance ont fait de l'Union Soudanaise-R.D.A. et de vous, Maliens, les ennemis implacables du colonialisme et les défenseurs acharnés de l'Afrique ; vous avez puisé vos forces dans la glorieuse tradition de courage indomptable, d'engagement sans recul, de dévouement sans réserve propres à notre peuple, pour réaliser, dans la totale abnégation, l'amour de votre frère, pour imposer à un monde où nous ne comptions pas que des amis, l'existence, l'audience, l'autorité morale de votre nation. Mais vous avez surtout appliqué scrupuleusement les décisions de notre Congrès historique du 22 septembre 1960. A l'heure des bilans et des espoirs projetés dans l'avenir, il est bon, il est réconfortant de constater la fidélité et la célérité avec lesquelles les Résolutions du 22 septembre ont été exécutées. La tâche était difficile à un pays comme le nôtre, de mener la seule politique internationale valable, celle du neutralisme positif, sans calcul ni marchandage, celle de neutralisme jamais équilibriste, du neutralisme vrai qui n'abdique jamais, et qui s'exprime sur chaque problème, avec la conscience aiguë de ses responsabilités et le respect de la morale internationale ; bref, celle de l'engagement sans alignement sur un bloc, contre les colonialistes, contre toute forme de domination étrangère. Nous avons été le premier pays africain à être représenté auprès du Gouvernement légitime du Congo, vice présidé par M. Antoine Gizenga.
Nous sommes solidaires de tous les peuples écrasés par le colonialisme et qui luttent pour se libérer du joug étranger. Cette solidarité africaine a été un des points essentiels des résolutions de notre Congrès. Tirant les leçons du passé, nous avons œuvré inlassablement à la réalisation de l'union de nos Etats et à détruire les divisions artificielles. C'est ainsi que, fidèle à notre Parti, le Mali a envoyé des missions en Haute-Volta, en Côte d'Ivoire, en Guinée, au Niger, au Togo, au Dahomey, au Ghana, au Maroc, en Tunisie, en République Arabe Unie, en Libye, au Libéria, etc. . . En retour, l'honneur nous a été donné de recevoir sur notre sol des missions gouvernementales africaines diplomatiques, économiques, culturelles, sociales.
Soucieux de ne rien négliger pour développer avec les Etats voisins indépendants les liens de fraternité qui doivent être les nôtres, nous avons renforcé les relations diplomatiques déjà existantes. Camarades, la coopération que vous avez recommandée a été instituée avec nos voisins et avec les pays frères d'Afrique. Chaque fois que cela était possible, le Mali n'a pas hésité à pousser à l'harmonisation et même à la coordination des efforts de nos pays dans le sens de la conquête ou de la consolidation de l'indépendance des jeunes États africains.
L'Union Ghana-Guinée-Mali est une réalité en Afrique occidentale, et la charte de Casablanca brise les barrières entre l'Afrique dite blanche et l'Afrique dite noire.
Nous pouvons donc affirmer que nous avons appliqué sans défaillance la politique de main tendue à tous les États frères désireux de se libérer totalement du colonialisme sous toutes les formes, et convaincus de la nécessité de réaliser l'union de tous pour l'avènement d'une Afrique telle que nous la voulons. Sur la scène internationale, notre jeune République a fait son entrée et non des moins brillantes. Dès son admission à l'Organisation des Nations Unies, elle a joué le rôle que vous savez, honoré ainsi nos martyrs et fait la fierté de nos militants. A la pratique tortueuse dans les relations internationales qui fait taire ce que l'on pense et fait affirmer ce que l'on ne pense pas, que l'on appelle la diplomatie, nous avons préféré la définition claire et brutale de nos pensées et de nos positions…..

<strong>A suivre</strong>

<strong>Youssouf Sissoko</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Modibo Keïta, 39 ans après sa mort : la nation lui rend un hommage digne de son rang</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/modibo-keita-39-ans-apres-mort-nation-lui-rend-hommage-digne-de-rang-1598062.html</link>
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<pubDate>Mon, 23 May 2016 10:16:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Flambeau</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Né le 15 juin 1915 à Bamako et mort en prison le 16 mai 1977, après 9 ans en détention suite au renversement de son pouvoir en 1968 par un coup d’Etat dirigé par le général Moussa Traoré, Modibo Keita est le père fondateur et premier Président de la République du Mali. C’est donc en tout état de cause qu’un hommage officiel national lui a été rendu, le lundi 16 mai 2016, au Centre international de conférence de Bamako (CICB). </strong>

Le ministre de la Culture, de l’artisanat et du tourisme fera savoir que <em>« ce que l’histoire n’aura pas permis de voir en une époque, l’histoire l’aura enregistré pour une autre époque. Ce qui n’a pas été fait hier, comme devoir d’honneur de la Nation, a été fait aujourd’hui comme devoir de mémoire et exigence du poids de l’histoire. Le Mali vient de passer une étape dans ses retrouvailles avec lui-même et avec son histoire ».</em> Avant d’ajouter que <em>« l’ordre des choses aurait été que cet hommage soit rendu par la nation, il y a 39 ans, lors du décès du premier président du Mali indépendant, en détention. L’ordre des choses laisse place à la clairvoyance et au besoin de renaissance. On ne bâtit pas demain sur le sable argileux d’un passé trouble. On bâtit demain sur le socle des valeurs qui ont fait hier ».</em>

« <em>Quand l’honneur nous était fait par le Président de la République, de faire de l’opportunité du centenaire du Président Modibo KEITA, un évènement de portée internationale, il nous est paru primordial, sous l'impulsion bienveillante de Monsieur le premier Ministre, d’en faire le rendez-vous de la jeunesse malienne avec son histoire et avec les valeurs de sa culture séculaire. Cette culture qui dans ses préceptes nous fait dire que les cérémonies de ce jour ont été bénies par les fortes pluies d’hier</em> », dira Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo tout en rappelant qu’il n’est pas mal aisé de retenir le profond attachement du Président Modibo KEITA aux valeurs culturelles de paix, de solidarité, de fraternité et surtout d’abnégation, car l’homme portait des messages claires et explicites à ces questions à travers ses déplacements tant à l’intérieur du pays, de l’Afrique et du monde. « <em>Ce message nous fait prendre conscience de la hauteur de l’Homme et de sa mission au service du Mali</em> » a dit Mme le ministre. Pour Mme le ministre, près de 40 ans après sa mort, Modibo Keïta reste une source d’inspiration par son itinéraire politique, sa rigueur morale, son amour ardent de la patrie et son sens élevé du devoir.

Le Président de la République Ibrahim Boubacar Keïta n’est pas passé par quatre chemins pour livrer son message à l’égard de la jeunesse malienne. Une jeunesse qu’il invite à s’inspirer du père fondateur de la République du Mali. Tant à travers ses activités politiques que sa vision et ses engagements pour sa patrie.

Quant aux représentants des héritiers politiques et de la famille Daba Keïta, ils ont tous exprimé leur allégresse face à l’immense honneur fait à leur idole et fils par la nation et le président IBK.

<strong>Seydou Karamoko KONÉ  </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Cérémonie d’hommage national à Modibo Keïta : 	 Le Mali reconnaissant envers le père de la nation malienne</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/ceremonie-dhommage-national-a-modibo-keita-mali-reconnaissant-envers-pere-de-nation-malienne-1591622.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 19 May 2016 00:07:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Mieux vaut tard que jamais, a-t-on coutume de dire. L’ensemble du peuple malien a rendu un hommage mérité à son premier Président de la République. C’était le lundi 16 mai dernier, au cours d’une cérémonie officielle, présidée par le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, en présence des Présidents de la République, du Premier ministre, des membres du Gouvernement et des membres de la famille de l’illustre disparu. </strong>

<strong> </strong>Cette marque le rétablissement définitif du père de l’indépendance de notre pays qui, depuis sa mort, n’avait pas encore bénéficié de la reconnaissance de la nation. Cette injustice vient d’être réparée par le régime d’IBK qui avait mis en place une commission d’organisation pour marquer son centenaire depuis juin 2016. Tout le long de l’année, des activités commémoratives ont été organisées pour honorer sa mémoire. Cette cérémonie d’hommage national marque la fin de la célébration du centenaire de sa naissance.

Au cours de cette cérémonie d’hommage national, le Président IBK s’est livré à un véritable cours d’histoire sur la vie et le parcours du premier Président de la République, en mettant en exergue son patriotisme, son intégrité et son sens de l’Etat. Il a indiqué que ces valeurs doivent être portées à la connaissance de la jeunesse, laquelle il a invitée à s’inspirer du père de l’indépendance. Selon IBK, le temps du président Modibo Keïta  a été bref mais combien dense pour le Mali. Le Président IBK a laissé entendre que Modibo Keïta a porté le Mali au firmament des nations. «Il n’a pas tout fait. Il ne pouvait pas tout faire, il a bâti le socle du Mali sur lequel nous marchons», a-t-il déclaré.

De son côté, le ministre de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, N’Diaye Ramatoulaye Diallo, a rappelé que, depuis juin 2015, la commission nationale d’organisation du centenaire de Modibo Kéita s’est donné comme tâche de lui rendre hommage et de faire connaître l’homme dans sa vie, son itinéraire et ses œuvres pour les générations qui ne l’ont pas connu. «Il s’agit, à travers plusieurs activités, d’honorer et de saluer sa mémoire, de réfléchir sur sa  vision, ses engagements et ses choix politiques, tant au niveau national, africain qu’international et, partant, d’inspirer les jeunes», a-t-elle déclaré. Rama a relevé le profond attachement du Président Modibo Keïta aux valeurs culturelles de paix, de solidarité, de fraternité et surtout d’abnégation. Comme le prouve cet extrait de son message au soir de l’indépendance de notre pays: «Toutes les Maliennes et tous les Maliens doivent accepter tous les sacrifices pour que notre pays puisse sortir grandi, rayonnant, de l’épreuve qu’il traverse pour que les Africains libres puissent, sans possibilité d’ingérence, s’unir pour que s’affirme une grande nation africaine qui marquera de son sceau la politique internationale, pour que la paix, espoir des peuples en voie de développement, s’établisse entre les tous les pays du monde». Selon elle, ce message nous fait prendre conscience de la hauteur de l’homme et de sa mission au service du Mali.

<strong>Youssouf Diallo  </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>60eme anniversaire du décès de Mamadou Konaté : Les festivités prennent fin avec une lecture de coran</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/60eme-anniversaire-deces-de-mamadou-konate-festivites-prennent-fin-lecture-de-coran-1591832.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 19 May 2016 00:06:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Les activités commémoratives du décès de Mamadou Konaté se sont poursuivies le samedi  7 mai 2016 à la  gallérie Médina et le 11 du même mois devant sa famille à Bamako Coura. A la Galerie Médina, ce fut un vernissage de l’exposition sur  Mamadou Konaté par l’Association Mamadou Konaté (AMK), intitulé: «le Saint père».  La Ministre de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, a présidé l’évènement. Outre, une  pléiade de photos retraçant la  carrière politique, syndicaliste,  du «saint père», l’on pouvait voir aussi ses photos avec sa famille, ses bulletins de notes scolaires, ses voyages, sa costume, etc. La  visité a été  dirigée par le président de l’AMK, Moussa Konaté. Emue, la ministre de la culture a souligné que ledit vernissage a un double sens: permettre aux maliens de connaitre leur histoire et  leurs valeurs. A l’occasion, le grand chancelier des ordres nationaux, le colonel Djingarey Touré, a remis à la famille Mamadou Konaté, la médaille d’or de l’indépendance de ce dernier qui lui a été décerné par le président Modibo Kéita. La clôture des cérémonies commémorative du 11 mai, date de décès de Mamadou Konaté, a été faite dans sa concession familiale à Bamako Coura par une prière collective à la mosquée, suivie de la lecture du coran. Plusieurs personnalités dont l’archevêque de Bamako, Mr Jean Zerbo, d’anciens premiers ministres (Moussa Mara, Ousmane Issoufi Maiga, Younoussi Touré, Mohamed Ag Hamani), le Pr Aly Nouhoum Diallo, ont pris part à la prière à l’endroit de l’homme d’Etat. Au nom de la famille Konaté, le prêcheur a remercié les uns et les autres d’avoir effectué le déplacement pour rendre hommage à Mamadou Konaté. Avant d’inviter les personnalités qui occupent des hautes fonctions ou ayant occupé des hautes fonctions au Mali, à s’inspirer de l’exemple de Mamadou Konaté.

<strong>H B. Fofana</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ki a di Koi ???:  Lancéni Balla Kéita, ancien député, à ATT</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/ki-a-di-koi-lanceni-balla-keita-ancien-depute-a-att-1590692.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 18 May 2016 12:27:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Canard Déchainé</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Mon cher cousin, depuis ton départ sur Dakar en Avril 2012, c’est la première fois que je t’écrive.  Les circonstances de ton départ m’ont surpris et il me fallait un temps assez long pour connaître la réalité des choses au Mali à travers mon travail parlementaire qui avait été annulé par un communiqué du CNRDRE dont j’ai oublié le numéro actuellement.

Un coup d’Etat explique les circonstances d’un  départ surprenant.

<strong>Moussa Mara, ancien Premier ministre</strong>

Je suis proche de tous les leaders religieux et de tous les courants religieux du Mali, y compris des chrétiens. Je suis l’un des seuls responsables politiques du pays, si ce n’est le seul, à avoir des contacts réguliers avec tous les évêques du Mali !

Si vous étiez si proches des religieux, vous devriez aussi vous montrer très modeste, comme Jésus qui baisait les pieds des pauvres.

<strong>Housseini Amion Guindo, président de la CODEM</strong>

Dans la parution du journal le combat du 12 mai 2016 N°1318, l’ancien premier ministre Monsieur Moussa Mara aurait déclaré, je cite : « Je suis prêt à me lancer dans la bataille présidentielle de 2018… » Si cette déclaration est vraie, elle ressemble à une véritable fuite en avant de sa part, car les maliens de l’intérieur comme de l’extérieur attendent les conclusions de l’enquête parlementaire déclenchée suite aux événements malheureux de Kidal dont les responsabilités doivent être situées dans la justice et la réconciliation.

Et la liberté d’expression, qu’en faites-vous ?

<strong>Modibo Kéita Directeur national du commerce</strong>

Pour que les prix puissent être respectés pendant le mois de carême, les missions régaliennes de la direction nationale du commerce consistent à surveiller le prix sur le marché, à voir l’évolution des prix. Lorsque les prix augmentent, dans le cadre de notre mission, on informe les autorités pour que des dispositions rapides soient prises.

Difficile de lutter contre la rétention de stocks, ce qui, du coup, fait grimper les prix, à moins de se rendre dans les caves et les magasins aux portes cadenassées.

<strong>B.D.</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mamadou Konaté, un homme hors du commun :   Les hommages de l’Assemblée nationale</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mamadou-konate-homme-commun-hommages-de-lassemblee-nationale-1589622.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 18 May 2016 00:15:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reporter</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans la mouvance de la commémoration du 60<sup>ème</sup> anniversaire du décès de Mamadou Konaté, qui fut trois fois  député à l’Assemblée nationale française, par l’Association Mamadou Konaté (Amk),  l’Assemblée nationale du Mali  lui a rendu un vibrant hommage. C’était dans la salle Mahamane Alassane Haïdara de l’hémicycle, devant une foule venue nombreuse pour la circonstance. Cette cérémonie d’hommage était présidée par le président de l’Assemblée nationale, l’honorable Issiaka Sidibé. C’était le mardi 10 mai 2016.</strong>

&nbsp;

Cette cérémonie d’hommage a débuté par un aperçu historique sur la vie du brillant enseignant, Mamadou Konaté.

<strong> </strong>

Mamadou Konaté est né en 1897 à Kati. Il est d’abord connu pour sa dédicace à la formation des jeunes et de ceux qui ont travaillé à ses côtés et cela, tout au long de sa riche carrière professionnelle et politique. Cette vocation d’éducateur et de pédagogue lui venait de son éducation familiale. Très brillant élève, Mamadou Konaté poursuivit ses études à l’Ecole normale William Ponty de Gorée, d’où il sortit major de sa promotion en septembre 1919. Il y exerça les fonctions de Surveillant général. C’est là que son chemin croisa, pour la première fois, celui d’Houphouët Boigny qui fut son élève, comme beaucoup d’autres futurs dirigeants de l’Afrique indépendante.

&nbsp;

Mamadou Konaté entama une carrière d’enseignant en 1919 à l’Ecole professionnelle de Bamako, carrière qui se poursuivra à Diafarabé, dans le Macina, à l’Ecole de Kolokani, à l’Ecole supérieure de Bamako, et enfin à l’Ecole rurale de Bamako-Coura où il officia jusqu’à son élection à l’Assemblée nationale française en 1946.

&nbsp;

Par ailleurs, la projection de film sur la vie de l’illustre homme d’Etat a marqué tout un monde, qui a d’ailleurs permis à ceux qui ont connu l’homme de faire des témoignages émouvants sur lui. Selon Dr. Doulaye Konaté, historien et professeur d’histoire à l’Université de Bamako, «l’œuvre de ce grand bâtisseur est inestimable. Mamadou Konaté est une icône, c'est-à-dire une figure emblématique qui symbolise l’idée même de la Nation malienne, sa réalité et le combat de tous les temps de notre peuple pour sa dignité».

&nbsp;

Après une kyrielle de témoignages sur la vie de notre illustre homme d’Etat par l’assistance, le président de l’hémicycle, Issiaka Sidibé, a aussitôt pris la parole pour égrener un certain nombre de qualités : un homme hors du commun qui avait un leadership avéré, qui a fait un combat pour l’institution d’un Code du travail pour les territoires d’Outre-mer, un combat contre les discriminations raciales en Afrique.

Il est à rappeler que, les membres  de l’Amk entendent pérenniser ses actions pour immortaliser notre Père de la nation.

&nbsp;

<strong>Ousmane DIAKITE/ Stagiaire</strong>

<strong> </strong>

<strong>Une grande lecture de Coran en mémoire de Mamadou Konaté </strong>

<strong> </strong>

<strong>L’Association Mamadou Konaté (Amk) a organisé, le mercredi 11 mai 2016, une grande lecture de Coran en mémoire de l’illustre disparu, feu Mamadou Konaté, il y a 60 ans. C’était à Bamako-Coura, dans sa maison familiale. En présence de plusieurs hôtes de marque.</strong>

&nbsp;

Cette lecture de Coran était guidée par le prêcheur Abdallah Thiam, qui a fait des prières sur tous nos morts, notamment sur feu Mamadou Konaté. Après cette lecture de coran, il y a eu une prière collective.

Il  faut noter que cette cérémonie a enregistré la présence de plusieurs anciens Premiers ministres dont Moussa Mara, Mohamed Ag Hamani, Ousmane Issouffi Maïga…Certains leaders spirituels ont pris part à cette prière collective. Parmi eux, on peut citer l’Archevêque de Bamako, Monseigneur Jean Ki Zerbo, Baissa Koné et plusieurs autres Imans du pays.

&nbsp;

Selon Jean Ki Zerbo, les jeunes générations doivent suivre l’exemple de Mamadou Konaté pour ne pas aller à la dérive. Pour Moussa Konaté, président de l’Amk, chaque 11 mai de l’année, cette lecture de Coran et de bénédiction est initiée en mémoire de leur père, mais cette année, ils ont médiatisé l’événement pour montrer aux générations présentes et futures qu’elles peuvent mieux  faire que Mamadou Konaté en servant notre pays.

&nbsp;

Notons que cette lecture de Coran a clôturé les festivités du 60<sup>ème</sup> anniversaire de la disparition de Mamadou Konaté.

<strong>Ousmane DIAKITE/ Stagiaire</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>39 ans après la disparition du président Modibo Keïta : Le peuple malien rend  un hommage national au père de l’indépendance du Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/39-ans-apres-disparition-president-modibo-keita-peuple-malien-rend-hommage-national-pere-de-lindependance-mali-1588932.html</link>
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<pubDate>Tue, 17 May 2016 14:04:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Tjikan</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>A travers une cérémonie solennelle tenue, hier lundi 16 mai au CICB, sous la présidence  du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, la nation malienne a rendu  un hommage officiel au tout premier président du Mali indépendant, Modibo Keïta. </em></strong>

16 mai 1977-16 mai 2016, il y a de cela 39 ans que disparaissait, le président Modibo Keïta, père de l’indépendance du Mali. Né le 4 juin 1915 et décédé en 1977, « le passage de l’homme qui a conduit les destinées du Mali de son accession à l’indépendance en 1960 à 1968, a été très bref certes, mais très glorieux », a déclaré le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta.

C’est pour magnifier ce passé glorieux que le président IBK a pris l’initiative en juin 2015 de célébrer le centième anniversaire de la naissance du premier président du Mali indépendant, Modibo Keïta, pour mieux édifier la jeune génération sur son histoire. C’est dans cette dynamique que sous la houlette du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, la Commission Nationale d’Organisation du Centenaire mise en place pour l’occasion a, depuis le 11 juin 2015 (lancement officiel des activités de célébration du centenaire du président Modibo Keita ndlr), mené toute une série d’activités pour explorer les multiples dimensions de l’homme. Au nombre desquelles, le symposium sur la vie et l’œuvre du président Modibo Keïta, la rebaptisassions de l’Aéroport International de Bamako Sénou en son nom, l’enseignement d’une leçon modèle inspirée de sa vie et de son parcours dans les écoles à travers tout le pays, entre autres.

Une célébration qui a été couronnée par une cérémonie d’hommage officiel qui lui a été rendu hier lundi au CICB par les autorités au nom de l’ensemble du peuple malien. Dans la matinée, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, s’est rendu au cimetière de Hamdallaye où l’illustre disparu repose, pour déposer une gerbe de fleurs sur sa tombe. Un évènement qui, sans nul doute, est d’une portée historique pour la jeune génération qui connait peu l’histoire de celui qui, dira IBK a posé les premiers jalons de la nation malienne.

Pour rappel, renversé par un coup d’Etat militaire conduit par  le jeune  lieutenant d’alors, Moussa Traoré, en 1968, le père de l’indépendance du Mali passera neuf longues années dans les geôles avant de rendre son dernier souffle un certain 16 mai 1977. Cependant, l’objectif recherché par les autorités à travers cette commémoration consiste à corriger une erreur commise dans le passé, sans aucune prétendre remuer le couteau dans la plaie.

« Ce que l’histoire n’aura pas permis de voir en une époque, l’histoire l’aura enregistré pour une autre époque. Ce qui n’a pas été fait hier, comme devoir d’honneur de la Nation, a été fait aujourd’hui comme devoir de mémoire et exigence du poids de l’histoire » a déclaré la ministre de la Culture, de l’Artisanat et di Tourisme, N’Diaye Ramatoulaye Diallo.

Selon elle, l’ordre des choses aurait voulu que cet hommage soit rendu par la nation il y’a 39 ans lors du décès du premier président du Mali indépendant en détention.

Mais dit-elle, « on ne bâtit pas demain sur le sable argileux d’un passé trouble. On bâtit demain sur le socle des valeurs qui ont fait hier ».

Selon la ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, N’diaye Ramatoulaye Diallo, l’hommage national qui a été rendu au président Modibo Keïta lève l’équivoque et parfois le quiproquo du peuple malien face à celui qui, près de 40 ans après sa mort, reste une source d’inspiration par son itinéraire politique, sa rigueur morale, son amour ardent pour la patrie et son sens élevé du devoir.

Le président de l’UM-RDA, Bocar Moussa Diarra et le représentant de la famille de Daba Keïta, père de Modibo Keïta, ont tous exprimé leur reconnaissance au chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, pour avoir initié la célébration de son centenaire.

L’évènement a été marqué par la projection d’un film documentaire de près d’une heure sur le parcours politique de Modibo Keïta.

<strong>Lassina NIANGALY</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Hommage national au président Modibo Kéïta : au grand homme, la patrie reconnaissante</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/hommage-national-president-modibo-keita-grand-homme-patrie-reconnaissante-1588392.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 17 May 2016 09:51:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Après le dépôt de gerbe de fleurs sur la tombe du président Modibo Keïta, hier matin, par le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta (voir article en page 4), le Centre international des conférences de Bamako a abrité dans l’après-midi, une cérémonie d’hommage national au premier président du Mali indépendant. C’était dans la salle Djéli Baba Sissoko du CICB.</p>
<p class="p1">La cérémonie était présidée par le<span class="Apple-converted-space">  </span>président de la République en présence de plusieurs personnalités : l’ancien président de la Transition Dioncounda Traoré, également président d’honneur de la Commission d’organisation du Centenaire, le Premier ministre Modibo Kéïta, les présidents des institutions de la République, les membres du gouvernement, les ambassadeurs accrédités dans notre pays. L’assistance était également constituée des membres de la famille Daba Kéïta, d’anciens compagnons de Modibo Kéïta, des médaillées d’or de l’Indépendance et d’une foule nombreuse composée surtout de jeunes scolaires.</p>
<p class="p1">La cérémonie d’hommage a été marquée par quatre interventions et la projection du film documentaire intitulé « Modibo Kéïta, un homme, un destin » de Sidi Békaye Traoré, du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM).</p>
<p class="p1">Le chef de l’Etat a tenu à rappeler aux jeunes que le temps du président Modibo Kéïta fut bref, mais dense car cela ne l’a pas empêché de bâtir les bases d’un pays stable, noble et souverain. « Il était beau et bien né. Il est de la lignée princière et guerrière. Imbu des valeurs de noblesse, il était discipliné, travailleur et courageux. Ce qui lui a permis d’être major de sa promotion au lycée Terrasson de Fougère (NDLR : actuel Lycée Askia Mohamed) de Bamako et major de sa promotion à l’Ecole William Ponty de Dakar. A la tête du pays, Modibo Kéïta est sans doute l’un des plus grands hommes de ce pays, si non le plus grand », a dit en substance le président Ibrahim Boubacar Keïta.</p>
<p class="p1">Et le chef de l’Etat de poursuivre : « Souviens-toi jeunesse du Mali que<span class="Apple-converted-space">  </span>pendant la période où nous n’étions pas des citoyens à part entière, Modibo Kéïta et d’autres comme Mamadou Konaté, Félix Houphouët Boigny, ont lutté à travers le RDA. Ils ont certes bénéficié des retombées de la participation des Africains aux deux guerres mondiales pour nous affranchir. C’est à travers toutes ces luttes que Modibo Kéïta nous a amenés à l’Indépendance. Aux grands hommes, la patrie reconnaissante ».</p>
<p class="p1">Pour le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, les messages de Modibo Kéïta font prendre conscience de la hauteur de l’homme et de sa mission au service du Mali. C’est pourquoi la célébration de son Centenaire visait non seulement à lui exprimer la reconnaissance de la Nation, mais aussi à dire à toutes celles et tous ceux qui accomplissent leur devoir de génération pour le Mali, que leur sacrifice ne sera pas vain et que le Mali leur sera reconnaissant, a poursuivi le ministre, rappelant qu’en juin 2015, la Commission nationale, avec le concours de la famille Daba Keïta et des camarades politiques, s’est donnée comme tâche de rendre hommage et de faire connaitre l’homme dans sa vie, son itinéraire et ses œuvres. « S’il fallait en retenir une seule, ce serait le symposium sur la vie et l’œuvre du premier président du Mali », a encore dit Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo.</p>
<p class="p1">Quant à Bocar Moussa Diarra, le président de la Commission d’organisation et président du parti l’UM-RDA, après avoir remercié le président de la République pour tout ce qu’il a fait pour ce Centenaire, il lui a rappelé sa promesse d’ériger un Panthéon pour Modibo Keïta lors du lancement des activités<span class="Apple-converted-space">  </span>du Centenaire.</p>
<p class="p1">Enfin Komakan Kéïta, représentant de la famille Kéïta et alliés a vivement remercié le chef de l’Etat pour ce travail de réhabilitation de Modibo Kéïta.</p>
<p class="p2"><strong>Y. DOUMBIA</strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le Président Alpha dans ‘’La Bataille du Souvenir’’ : « Le martyre du fils de Daba Keîta et de Fatoumata Camara (Modibo Keïta) est celui de tout notre peuple »</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/president-alpha-bataille-souvenir-martyre-fils-de-daba-keita-de-fatoumata-camara-modibo-keita-celui-de-peuple-1588352.html</link>
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<pubDate>Tue, 17 May 2016 07:29:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dimanche, le recueil de 63 pages rassemblant l’essentiel des discours de l’ancien Président Alpha a été lancé par Cauris livres, sous la direction de Dramé Kadiatou Konaré, à la pyramide du souvenir. </strong>

<strong>Bamako-17/05/2016- </strong>D’aucuns ont eu le soin, vu le temps du lancement du recueil, de titrer : ‘’le choc des livres’’, faisant certainement allusion à un autre livre qui, à peine sur le marché, réveille la colère de ceux qui avaient bravé pour mettre fin  à toutes ces péripéties qu’il raconte de façon tronquée et fausse, selon l’avis des démocrates. Or, à scruter les quelques 63 pages du recueil intitulé ‘’LA BATAILLE DU SOUVENIR’’ dont l’auteur n’est autre que l’ancien Président Alpha Oumar Konaré, on est bien dans un monde beaucoup plus civilisé, dégouté de l’arbitraire et respectueux du sacerdoce, voire de la vie humaine. Un monde où les souvenirs des grands hommes ayant combattu pour que de la démocratie les libertés tendent à voir le jour dans un pays qui, après avoir été lancé sur la voie d’une économie socialiste, connaitra, mais vaincra aussi la seule dictature sanguinaire de son existence en tant que République du Mali.

Toutefois, il faut rappeler que ‘’La Bataille du Souvenir’’, est une œuvre de 63 pages, de l’ancien Président Konaré, qui dans un souci de transmission d’une génération à une autre, a souhaité rassembler l’essentiel de ses discours, afin qu’ils servent de repères et de guide aux actions menées aujourd’hui. Il a fini d’être édité depuis le 2<sup>ième</sup> trimestre 2014 par <strong>Cauris livres</strong>.

[caption id="attachment_1588452" align="alignright" width="480"]<img class="size-full wp-image-1588452" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/05/Mme-Drame-Kadiatou-KONARE.png" alt="Mme-Drame-Kadiatou-KONARE,  CAURIS " width="480" height="391" /> Mme-Drame-Kadiatou-KONARE, CAURIS LIVRES[/caption]

En effet, peut-on lire sur la préface du livre, ‘’de la fin des années 1960 à la veille de la décennie 2010, ces paroles sont l’écho d’un demi-siècle de construction du Mali et de l’Afrique moderne, avec ses espoirs et ses difficultés, ses ombres mais aussi ses lumières’’.

Et si encore, ces ombres et lumières du continent sont d’une stupéfiante actualité, laisse entendre l’auteur, il ajoutera qu’elles le sont parfois plus encore dans le contexte où elles ont été prononcées.

En clair, ce recueil dont les discours débordent d’énergie positive, n’est pas pour nier les problèmes, il les prend à bras-le-corps en s’appuyant sur les atouts du pays et de l’Afrique, et en premier lieu les hommes. Ce qui fera dire à Dramé Kadiatou Konaré, que ce recueil est surtout un cri, non pas de désespoir, mais d’espérance et d’amour inconditionnel d’un homme pour sa terre et son peuple. Il se singularise comme un hommage rendu à tous ceux qui ont voué leur vie à bâtir un monde meilleur en Afrique.

Dans ses souvenirs, le premier président du Mali démocratique, historien, et chef d’Etat, rend d’abord hommage à Père Etienne Balenghien, un prêtre français qui a choisi vers la fin de sa mission au Mali de travailler bénévolement pour la coopérative Jaman. Des souvenirs qui remontent en juin 1988.

A l’instar du père, Etienne, Alpha rendu également hommage à ses amis et compagnie comme Abdoulaye Barry et Charles Danioko…Et bien d’autres à découvrir.

Dans la même œuvre, il évoquera avec émotion, ses instants de vie avec Ibrahima Ly, cet enseignant militant et leader progressif, emprisonné pendant plusieurs années pour des raisons politiques, décédé à Paris après sa libération à la suite de mauvaises conditions de détention. <strong>Voilà comment le Président Alpha évoque ses souvenirs avec Ly :</strong>

‘’J’ai revu Ibrahima pour la dernière fois en octobre dernier (nous sommes en 1989), dans la banlieue parisienne, à Saint-Denis un dimanche après-midi. Ce dimanche d’octobre, Ibrahima lui-même m’ouvrit la porte. Nous nous étreignîmes fortement, lui avec le même sourire, la même discrète timidité. Son physique trichait avec lui : la même fraîcheur de corps, un corps poli, de belle taille, qui accentuait la séduction de l’homme. Ibrahima avait cependant le pas lourd,  la nuque était un peu raide, il se laissa aller dans le divan. Il se tourna vers mois, rayonnant, mais davantage du bonheur de me voir que du fait d’un réconfort physique. Depuis des semaines, à Paris, il était cloué au lit. La veille, il n’aurait pas pu me recevoir ainsi tant il se sentait mal… En ces instants de conversation, nous étions sans âge. Nous avions le même âge. Nous étions de la même génération, la génération du sacrifice, de la semence qui portera, après que les premiers labours auront été retournés. Cependant la souffrance était en lui. Il l’avait domptée ; elle lui était familière. Je l’ai su parce qu’Ibrahima me l’a dit : « Alpha, tu ne peux savoir comme j’ai souffert ; je n’aurais jamais cru qu’un homme pouvait souffrir autant… »- Pour qu’Ibrahima me parle ainsi… le revenant des bagnes, le torodo… « Mon Dieu, seule la foi en toi, la volonté d’être ton image, la volonté d’être avec les autres ‘’esclaves’’, comme eux, pour eux aider à transcender les souffrances » m’a-t-il murmuré. Nous parlions pour mieux percer le mystère de la vie, l’homme en quête de l’homme, l’homme en quête de Dieu. Durs moments où il ne fallait se fixer sur la mort, où il fallait tout noyer dans la vie,…’’ [ndlr].

Dans un autre discours de ce même recueil, prononcé le 16 mai 1995, AOK salue la mémoire du Premier président du Mali, mort en détention en 196 sous le régime de Moussa Traoré.

« Le martyre du fils de Daba Keîta et de Fatoumata Camara (Modibo Keïta) est celui de tout notre peuple », tranche l’auteur, selon lequel, dix-huit ans (nous sommes en 1995) après sa mort, l’itinéraire politique de Modibo Keïta reste une source d’inspiration. Sans hésiter, <strong>« La bataille du souvenir », </strong>si riche, est vraiment à lire.

<strong>Issiaka M Tamboura (maliweb.net)</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables :  Tiébilé Dramé, Secrétaire Général du Parena (Mars 1996)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-tiebile-drame-secretaire-general-parena-mars-1996-2-1587692.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 17 May 2016 02:33:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>"Quand on a été torturé ensemble, quand on </em>a partagé les mêmes cellules de <em>détention, qu’on a</em>it<em> fait partie des mêmes convois de déportation, d’exil intérieur, il est normal qu’on soit du même côté."</em>

<strong>Djiguiba Kéïta dit PPR, PARENA : 2001</strong>

<em>« Le Mali nouveau, ce n’est pas le MPR qui peut le bâtir, c’est nous, c’est à dire les autres, ceux qui ont combattu le système dont le MPR se réclame ».</em>

<strong> Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Mars 1996)</strong>

"L<em>a grosse erreur a été de faire croire que la démocratie peut tout régler comme par un coup de baguette magique. Une démocratie se bâtit lentement avec des hommes et des femmes qui y adhèrent et auxquels, il faut donner toutes les explications qui s’imposent."</em>

<strong>Issé Doucouré, (avril 2001)</strong>

<em>"Les nouvelles générations sont venues au syndicalisme, parce qu’il y a des grands parleurs. Et le peuple ne croit qu’à celui qui crie haut. </em>

<em>Ils n’ont aucune formation, aucune expérience. Ils sont uniquement guidés par le profit. C’est pourquoi aujourd’hui, l’UNTM n’est que l’ombre d’elle-même".</em>

<strong>Sambi Touré, journaliste (Avril 2001)</strong>

"Le Mali est l’un des pays qui a le plus grand nombre d’organes dans la sous-région. Mais, le problème de cette presse, c’est la qualité, pour parler de professionnalisme".

<strong>Choguel Maïga, Secrétaire général du MPR (Avril 2000)</strong>

« Les témoignages et les contributions lors des débats le 9 Avril 2000 ont présenté ATT comme un militant de longue date du Mouvement Démocratique. Dans un pays où la loyauté est élevée au rang de culte, est-ce rendre service à l’officier ATT que de le présenter systématiquement comme un opposant qui a su gagner l’admiration, la sympathie et la confiance du Président Moussa Traoré en attendant de l’abattre, le moment venu ? ».

<strong>Fatoumata Siré Diakité, Présidente de l’APDF (Février 2003)</strong>

« Je me sentirais frustrée d’envoyer mon enfant à l’école (NDLR : avec la pédagogie convergente) et qu’il vienne me dire, le matin, « Maman, ni sôkoma » (bonjour, Maman).

<strong>Alpha O. Konaré Président de la République 2000</strong>

Il s’agit pour nous de gouverner l’avenir plutôt que d’en être le jouet. L’intégration seule, il faut le dire, nous permettra de gérer les conditions créées par le déclin des deux principaux champs de force qui ont organisé depuis 40 ans les relations internationales. Il n’y aura désormais de solutions que collectives aux menaces, aux tentatives de déstabilisation dont nous pourrions être l’objet.

<strong>Bakary Karembé, ancien Secrétaire général de l’UNTM (Mai 2000)</strong>

<em>« Moussa Traoré avait presque accepté de démettre le gouvernement, proposant en sourdine des portefeuilles aux plus affamés d’entre nous. Histoire d’aiguiser l’appétit ! Nous avons dit « non » sachant bien que certains étaient bien tentés ».</em>

<strong>Feu Me Demba Diallo </strong>

« Aujourd’hui, Moussa Traoré peut se targuer d’avoir été trop bien traité par rapport à ce qu’il a réservé à ses adversaires et même à ses amis, morts dans les conditions que l’on sait à Taoudénit ».

<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </strong>

<em>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</em>

<strong> </strong><strong>Rassemblés par</strong>
<h4>Boubacar Sankaré</h4>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Assassinat du Président MODIBO KEÏTA : Rétrospective sur un crime</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/assassinat-president-modibo-keita-retrospective-crime-2-1587282.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 17 May 2016 01:44:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Modibo Kéïta, même en prison, était devenu encombrant et sa vie, une menace pour le régime militaire. </em></strong>

<strong><em>Par son l'assassinat, le 16 mai 1977 Moussa Traoré et ses valets ont liquidé un espoir, celui qui a consacré sa vie à l'indépendance de sa patrie, à la grandeur et à la dignité de son peuple, sans jamais se renier.</em></strong>

"Je proclame ma foi en l'avenir de notre République. Cette foi, nous la partagerons tous, j'en suis convaincu, car il ne peut en être autrement quand il s'agit d'un peuple qui a su garder son calme et sa dignité en des heures où d'autres les auraient perdus, qui a donné des preuves éclatantes de la fermeté de son caractère, qui a affirmé avec force sa patrie et qui, s'il le fallait, n'hésiterait pas à offrir ce à quoi les hommes tiennent le plus, leur vie, pour que vive et prospère un Mali libre dans une Afrique unie…".

L'homme qui s'exprimait ainsi en 1961 devant le peuple malien, s'appelait Modibo Kéïta.

Grand patriote, il venait de bénéficier de la confiance de son peuple pour relever le pays des décombres d'une colonisation rapace qui aura mis à genoux l'économie Nationale, sapé les fondements de la Nation.

Hélas ! Seulement sept ans après, le 19 Novembre 1968, Modibo Kéïta, a été renversé par un coup d'Etat militaire dirigé par un lieutenant anonyme : Moussa Traoré.

Depuis, emprisonné dans des conditions les plus inhumaines, sans jugement et en contradiction flagrante avec les déclarations des nouveaux dirigeants, il n'en sortira que le 16 Mai 1977, mort, assassiné de la manière la plus atroce.

Ce jour en effet, le président Kéïta pris de violents malaises, était transporté à l'hôpital du Point G.

Le soldat qui le gardait, se précipitant pour demander de l'aide, s’était vu interdire tout déplacement.

Quelque temps après, un communiqué de Radio Mali, annonçait la mort de "l'instituteur à la retraite, Modibo Kéîta".

Quelle autre interprétation, donner à l'absence de toute annonce officielle de la disparition subite du premier Président de la République du Mali ?.

"Espérait-on que son décès aurait pu passer inaperçu ?" s'interrogeait le journaliste français Pierre Morlet. Ce qui est plausible poursuivait-il, "c'est que, cette tentative peu reluisante, traduit pour l'essentiel, le désarroi d'une équipe déconsidérée".

En effet, la première tentative d'explication de la mort de Modibo, donnée pour cause d'intoxication alimentaire", était remplacée peu après, par un œdème pulmonaire".

Il fallait nier l'évidence : l'assassinat.

Et l'autopsie demandée par la famille, a été refusée. Chacun savait cependant que Modibo Kéïta avait été empoisonné.

Le Jeudi 19 Mai, date des obsèques, les écoles et les lycées étaient gardés, les élèves dans la rue. Tous voulaient emmener le corps de Modibo pour le rendre au Comité Militaire : "<strong>leur rendre leur mort</strong>".

Les élèves et étudiants sont venus dans la famille de Modibo. Ils ont cassé le cercueil et déchiré le linceuil pour voir son corps. Les élèves ont ensuite transporté le corps du Président assassiné jusqu'au cimetière de Hamdallaye et effectué l'enterrement.

<strong>Pourquoi avoir mis Modibo Kéïta à mort ? </strong>

Pour sauvegarder un pouvoir menacé, car le 9 Mai 1977, s'était déroulé à Bamako, une manifestation des élèves et étudiants faisant suite à la grève au cours de laquelle, les manifestants réclamaient le retour au pouvoir de Modibo Kéïta, dont ils clamaient le nom.

Modibo Kéïta, même en prison, était devenu encombrant, et sa vie, une menace pour le régime militaire.

Par l'assassinat de Modibo Kéïta, Moussa Traoré et ses valets ont liquidé un espoir, celui qui a consacré sa vie à l'indépendance de sa patrie, à la grandeur et à la dignité de son peuple, sans jamais se renier.

Moussa Traoré a aussi mis fin par le meurtre de Modibo Kéïta, à une histoire d'une grande foi et d'un profond attachement réciproque, nourris comme dans un pacte de sang, par une fidélité émouvante des Jeunes, à celui qui reste à jamais le père de la jeunesse malienne.

<strong>                             </strong><strong>                                                                                                    Boubacar Sankaré
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<title>16 mai 1977&#45;16 mai 2016, Modibo Keïta disparaissait : Le peuple malien se souvient encore du père de l’indépendance du Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/16-mai-1977-16-mai-2016-modibo-keita-disparaissait-peuple-malien-se-souvient-pere-de-lindependance-mali-1587952.html</link>
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<pubDate>Tue, 17 May 2016 00:01:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Il y a 39 ans, jour pour jour, que le Général Moussa Traoré, qualifié de « Grand républicain » par certains, séparait éternellement le peuple malien de celui qui le conduisit à l’indépendance le 22 septembre 1960. Forcé au silence éternel par les mains assassines du Général, le président de la République, Modibo Kéïta faisait ses adieux au peuple du Mali et à son pays qu’il aimait tant. Pour exprimer la reconnaissance de la nation pour le sacrifice consenti par l’homme, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, à la tête des membres du gouvernement et des chefs des institutions, lui a rendu un hommage officiel au cours d’une cérémonie solennelle tenue, hier lundi 16 mai 2016, au Centre international de conférence de Bamako. </strong>

En plus de l’ancien président de la République, le Pr Diouncounda Traoré, la cérémonie d’hommage de la nation au père de l’indépendance a aussi enregistré la présence des membres du corps diplomatique accrédité au Mali et des représentants des communautés religieuses.

Selon le représentant de la famille de l’illustre disparu, le président de la République, à travers son initiative, a donné une leçon sur l’importance de la connaissance de la vérité historique.  <em>« La famille Daba Kéïta lui remercie pour la réhabilitation du feu Modibo Kéïta »</em>, a dit le représentant de la famille Daba Kéïta. Même approche pour Moussa Bocar Diarra, représentant de la famille politique du père de la nation. <em>« En organisant une telle cérémonie, vous avez redressé, Mr le président, les torts en réhabilitant le président Modibo Kéïta et ses dignes compagnons », </em>a salué le président de l’UMRDA.

Pour le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, cette cérémonie intervient comme une volonté de redressement de l’histoire du Mali. <em>« Ce qui n’a pas été fait hier, comme devoir d’honneur de la Nation, a été fait aujourd’hui comme devoir de mémoire et exigence du poids de l’histoire »</em>, a indiqué le ministre. Selon elle, l’enjeu est de faire de cette cérémonie d’hommage,  un rendez vous de la jeunesse malienne avec son histoire et avec les valeurs de sa culture séculaire. « La célébration de son Centenaire vise non seulement à lui exprimer la reconnaissance de la Nation, mais aussi à dire à toutes celles et tous ceux qui accomplissent leur devoir de génération pour le Mali, que leur sacrifice ne sera pas vain, que le Mali leur sera reconnaissant », a dit Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo.

Selon le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, Modibo Kéïta n’a pas tout fait pour le Mali et il ne pouvait pas tout faire. Mais pour lui,  il a posé les socles du fondement d’Etat indépendant et respecté.

<strong>Youssouf Z.   </strong>

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<title>Aux auteurs du livre &amp;quot;Le Mali sous Moussa Traoré&amp;quot; :  Ce sont des aveugles obscurantistes qui ont dirigé ce pays  durant 23 ans</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/aux-auteurs-livre-mali-moussa-traore-aveugles-obscurantistes-ont-dirige-pays-durant-23-ans-1586432.html</link>
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<pubDate>Mon, 16 May 2016 08:30:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>‘<em>’L'intérim du Camp Para par Kissima Doukara’’</em>.</strong> <strong>Le capitaine Sounkalo disait que c'était le lieutenant Karim Dembélé qui commandait le camp. C'est Sounkalo qui le dit dans son livre; "<em>Ma vie de soldat’’</em>. Et il a continué: "<em>Donc, avant de faire sonner le clairon, et puisque c'était le lieutenant Karim Dembélé qui commandait la compagnie par intérim, j'ai envoyé Karamogo Koné et un soldat l'enfermer à son domicile pour le neutraliser</em>...." D'après le colonel Joseph Mara, "<em>Kissima était spécialiste de la transmission mais qu'on avait versé dans l'infanterie</em>». C'est bien confirmé par Sounkalo Samaké. Et le colonel Mara avait dit dans son interview au <em>Le Républicain</em> que 24 heures avant le coup d'Etat, Kissima avait isolé Kati sur le plan communication.</strong>

<strong>"La persistance des difficultés économiques":</strong> Les difficultés économiques n'étaient pas aussi exagérées. Et pourtant, le journal <em>Marchés Tropicaux </em>qui est très proche du monde occidental reconnaît que le pays ne traversait aucune difficulté majeure et le journal <em>Jeune Afrique</em> a trouvé la non nécessité du coup d'Etat. Et pourtant, le CMLN a justifié le coup d'Etat par "<strong>le marasme économique</strong>".

Personne parmi les membres du CMLN ne connaît le sens de ce mot. Les vraies raisons du coup sont parties du fait que les soldats et sous officiers partaient à la retraite sans pension et cela a été révélé avant le livre de Sounkalo. Il y avait la milice que les militaires soupçonnaient de prendre leur place et ils trouvaient qu'ils  étaient mieux habillés. Mais les membres du CMLN qui ont renversé le régime de l'US-RDA pour des problèmes économiques et de tenue, les mêmes problèmes sont revenus dix ans après leur coup d'Etat.

<strong>En 1978</strong>, après l'arrestation de Kissima Doukara, puissant ministre de la Défense, de l'Intérieur et de la Sécurité, des soldats voulaient s'en prendre à lui, il leur avait dit ceci: "<em>Moi, je suis parti; à la fin du mois, que chacun de vous amène une minette pour prendre son salaire. Incha Allah, après moi vous allez avoir les fesses trouées</em>". Treize ans après, c'est-à-dire <strong>en mars 1991</strong>, l'armée était dans la misère totale. Tout le monde se rappelle de la visite des camps par le Premier ministre de transition, Dr Soumana Sako. Beaucoup de militaires payaient leur tenue.

<strong> </strong>

<strong>Si Moussa Traoré était patriote, il devait choisir Soumana Sako qui défendait le Mali</strong>

Quelle volonté patriotique Moussa Traoré avait pour relever le défi? Rien! Entre le Mali et les intérêts de Moussa Traoré, Moussa Traoré avait choisi ses intérêts. <strong>En 1987</strong>, il nomme Soumana Sako  ministre de l’Economie et des Finances et au bout de quelques mois, il régularise  les salaires dans presque toutes les régions du Mali. Quand des hommes  écrivent récemment à Bamako pour dire que ce sont les salaires de Bamako qui ont été régularisés, cela est faux. Tous les salaires ont été régularisés. Nous étions à l'époque à Diré. Nous avions eu nos salaires du mois de <strong>juillet 1987 en août 1987</strong>. Et docteur Soumana Sako avait fait un bon planning de gestion pour régulariser les salaires. Si Moussa Traoré était patriote, il devait choisir Soumana Sako qui défendait le Mali. En fait, il était là pour ses intérêts et non pour ceux du Mali. Quelle moralité le CMLN avait? Rien!

<strong>En 1968</strong>, c'est un membre du CMLN qui s'était emparé de toutes les caisses du parti US-RDA de Kayes à Kidal sans huissier, sans notaire. "<em>C'est comme ça qu'après l'arrestation de Tiécoro Bakayoko, Youssouf Traoré et Sylla  ont obligé le secrétaire de Tiécoro, Kiabou Mady, à ouvrir le coffre- fort de Tiécoro parce que après Tiécoro, c'est lui seul qui connaissait la combinaison. Le coffre, une fois ouvert, Youssouf et Sylla lui avaient dit de se retirer. C'est eux qui se sont emparés de ce qui se trouvait dans le coffre..." </em>(Colonel Joseph Mara dans le journal <strong><em>Le Républicain</em> n° 21 du 3 février</strong> 1993. Ces deux hommes ont dit qu'il y avait 3 millions dedans alors que Tiécoro disait que c'était beaucoup d'argent qui s'y trouvait au moment de son arrestation. Vous voyez comment Moussa Traoré protégeait son ami Youssouf Traoré. Moussa Traoré préférait ses intérêts à ceux de son pays.

D'après les auteurs du livre, "<strong>Le Mali sous Moussa Traoré</strong>", "<em>L'US-RDA doit son triomphe sur le PSP grâce au soutien des dioulas".</em> Il faut leur demander et le triomphe du PSP pendant plusieurs années sur l'US- RDA? C'est grâce au soutien du colonialisme français que le PSP triomphait sur l'US-RDA. Le PSP était le parti des chefs de canton qui sont les représentants directs du colon français au près des populations indigènes. Les chefs de cantons sont les yeux, les pieds et les mains du commandant blanc qui est le représentant de la France en Afrique coloniale française.

Certains chefs de canton avaient droit de vie et de mort sur les gens comme leurs maîtres blancs. Quand le colon blanc avait abandonné M. Fily Dabo Sissoko, il est tombé car il est devenu une charge  pour eux. Allez-y poser la question au président Alpha Oumar Konaré, professeur, historien qui avait séjourné à Koulouba pendant dix ans ou bien au professeur Issa N'Diaye.

Nous avons eu l'occasion de le dire que toutes les victoires de Fily Dabo Sissoko ont été l'œuvre du colonialisme français d'après Pierre Viguier dans son livre intitulé: "<strong>Souvenirs d'un agronome en Afrique- éditions Quae 2010</strong>". Tout chef de canton qui n'est pas dans l'optique du blanc est destitué d'avance. Le colonialisme français s'était appuyé sur certains marabouts pour gouverner. Beaucoup de chefs traditionnels ont été déportés et certains  ne sont jamais revenus. N'importe qui ne peut pas être Samory Touré ou Babemba Traoré ou Koumbi Diossé Traoré. Quand Borgnis Débordes était en difficulté devant l'almamy Samory Touré dans la bataille de Woyowoyanko <strong>le 02 avril 1882</strong>, ce sont des traitres qui avaient montré la position du général Kemè Bourèma. Et pourtant, le même officier colonial français a fait exécuter les deux frères Niaré en plein cœur de Bamako.

Les Soudanais connaissent la suite. Nous  l'avions dit dès au départ que derrière ce livre, il y a le PSP. Mais dès la proclamation de l'indépendance, le PSP n'existe plus. Ils ont rejoint l'US-RDA  comme certains du PSP l'avaient fait avant 1958. C'est le cas de Abdoulaye Singaré ministre de l'Education nationale et c'est chez lui que M. Fily Dabo Sissoko était conseiller technique jusqu'aux événements de juillet 1962. Il y a des passages qui sont cachés aux Maliens.

&nbsp;

<strong>Les événements de juillet 1962</strong>

<strong>En juillet 1962</strong>, il y a eu le passage d'un des organisateurs chez le chef d'état-major de l'armée à qui il avait tenu ces propos: "<strong>Modibo KEITA est un sale communiste, il faut faire un coup d'Etat</strong>". Le général Soumaré l'avait dit ceci: moi; je suis sénégalais, tous mes camarades de promotion ont passé généraux sauf moi. J'ai opté à suivre Modibo et c'est lui qui m'a donné mon grade de général.

Au sortir de mon bureau, j'informerai le président Modibo Keita. Les auteurs du livre ne font pas cas aussi du livre du colonel  Hassimi S. Dembélé <strong>«Transferts définitifs</strong>» et de l'interview de feu maître Demba Diallo dans le journal <em>L'indépendant</em> en septembre 1995 dirigé par les journalistes Saouti Haïdara et Amadou Beidi Haïdara, sur un fait majeur. Me Demba Diallo a été très clair sur la rencontre entre Fily Dabo Sissoko et ses deux compagnons avec le prestidigitateur Sidiki Konaté, pour chercher le pouvoir.

Les auteurs du livre doivent savoir qu'il y a au sein de l'US-RDA, deux groupes; les vrais progressistes que les gens du BDIA-Faso Djigui appellent les "<strong>staliniens</strong>" et les conservateurs dont beaucoup avaient rejoint l'US-RDA tardivement. Vous n'avez jamais vu un médaillé d'or de l'indépendance dans le BDIA de M Tiéoulé Mamadou Konaté. Ce sont ces conservateurs que la révolution active avait balayé <strong>en 1966.</strong>

Vous pouvez consulter une interview du colonel Moussa Traoré au journaliste <strong>Sennen Andriamirado</strong> de <em>Jeune Afrique</em> <strong>en 1976</strong>, si nous avons bonne mémoire. Dans cette interview, il y a déjà la question de son parti pour lequel il a fait arrêter ses amis <strong>de 1968</strong>. Il avait bien dit à Sennen que <em> le président Modibo Keita était bon jusqu'en 1966, mais dès qu'il a dissous l'Assemblée nationale, c'est là que ça tourner mal</em>". Mais nous disons que l'un des actes le plus patriotique était la dissolution de l'Assemblée nationale qu'il a vue qu'elle ne représente plus les intérêts du peuple malien. Rappelez-vous, l'Assemblée nationale sous ATT jusqu'à son renversement le 22 mars 2012. Une caisse de résonnance.

Aux auteurs du livre "<strong>Le Mali sous Moussa Traoré</strong>", le franc malien a été crée <strong>en 1961 </strong>et il a été mis en circulation en juillet 1962; et non <strong>en 1963</strong> où il a été noté quelque part dans votre livre.

Concernant, le rôle de Moussa Traoré <strong>au coup d'Etat de 1968,</strong> la meilleure version est donnée par le colonel Joseph Mara, ancien compagnon de Moussa Traoré et ancien ministre de la Justice de 1970 à 1975. Quelque soit ce qu'on lui reprochait, en tant qu’intellectuel, en lisant son interview accordée à la rédaction du journal, <em>Le Républicain</em> du 27 <strong>janvier 1993 et du 03 février 1993</strong>, on voit la vérité sur plusieurs points.

Aux auteurs du livre, "<strong>Le Mali sous Moussa Traoré</strong>", passez chez M. Tiébilé Dramé (fondateur du journal, <em>Le Républicain</em>)  ou chez les journalistes Saouti Haïdara et Amadou Beidy Haïdara pour avoir des copies de ce grand document. Vraiment, il faut reconnaître la valeur des autres! Ces deux journalistes avaient vraiment apporté beaucoup au peuple malien qui veut la manifestation de la vérité.

La mort de Kissima Doukara, de Tiécoro Bakayoko, rien n'a varié de la version de Mara à celle du capitaine Sounkalo Samaké dont le livre est <strong>sorti en 2007.</strong> Concernant le coup d'état, le colonel Mara avait dit que l'idéologue du coup d'état est bel et bien le capitaine Yoro et ce dernier a été éliminé par Moussa Traoré pour supprimer le bicéphalisme. Le coup d'Etat, les ténors sont le groupe de Sanankoroba  composé de Moussa Traoré, Youssouf Traoré, Amadou Baba Diarra, Kissima Doukara et Joseph Mara. Le choix a été porté sur Moussa Traoré lors de la réunion de Sanankoroba, <strong>le 17 novembre 1968</strong>. C'est lui qui a dirigé les opérations. C'est Kissima qui est le premier à le choisir et Mara avait abondé dans le même sens. Le choix a été porté sur lui car il a été leur instructeur à l'EMIA.

Il y a certains qui ne participaient pas aux réunions, ils recevaient seulement les informations car tout le monde ne pouvait pas participer aux réunions et l'objectif était d'échapper à la sécurité d'Etat. Tiécoro, Filifing recevaient les comptes rendus de réunions. Missa Koné, Karim Dembélé ont été  ajoutés à la liste par Joseph Mara pour contrecarrer le nombre de capitaines. Tout ça, se trouve dans l'interview de Mara.

Aux  auteurs du livre, "<strong>Le Mali sous Moussa Traoré</strong>", votre mentor n'a jamais été un homme de vérité. C'est un homme arbitraire et qui a toujours joué à l'arbitraire. Dans l'interview de Joseph Mara, vous pouvez voir comment il avait protégé ses amis sur du faux: Youssouf Traoré et Sékou Ly qui avait occupé le poste de maire de Bamako. Voici ce que disait dans son interview: "<em>Quand Sékou Ly était à la mairie, il y a eu beaucoup de calamités au Mali (sécheresse, inondation, drame ferroviaire, etc.). Beaucoup de malversations aussi. Le Mali avait reçu énormément d'aides, venant surtout de l'extérieur. Sékou Ly a été accusé d'en avoir usé et abusé pour son compte personnel. Président de la commission,  il a reçu plusieurs lettres anonymes le dénonçant dans le cadre des biens reçus pour faire face à l'inondation à Bamako. Si j'étais resté à mon poste, je les aurais arrêtés. Ils m'auraient dit la vérité..."</em>

Aux auteurs du livre "<strong>Le Mali sous Moussa Traoré",</strong> le CMLN avait critiqué l'US-RDA d'avoir crée le lycée de Markala et il n’y avait pas de tables bancs. Mais ce que les auteurs du coup d'état oublient, <strong>le 22 septembre 1960</strong>, où étaient-ils? C'est ce qu'un cadre de l'US-RDA avait dit au lieutenant Moussa Traoré en novembre 1968 lors de son passage à Gao après son coup d'état. Il avait lancé plusieurs diatribes contre l'US-RDA  et ce cadre l'avait dit ceci: "<em>au moment où l'US-RDA préparait la décolonisation du Soudan et au moment où il préparait l'indépendance, l'armée était où?»</em> La réponse de l'homme du <strong>19 novembre</strong> c'est d'arrêter l'homme de l'US-RDA en question.

Aux auteurs du livre, "<strong>Le Mali sous  Moussa Traoré",</strong> le CMLN-UDPM, c'est 23 ans; une période plus longue que les deux mandats des présidents Konaré et ATT et la transition du Comité national de transition dirigé par le lieutenant - colonel ATT.

Pendant toute cette longue période, aucune modification de qualité apportée à l’enseignement par le régime militaire si ce n'est ramener le second cycle à partir de la 7ème année. Ils ont ensuite déclaré la guerre aux enseignants qui avaient refusé leur pronunciamiento.

Pendant cette longue période, aucune école supérieure, aucune université n'ont été créées. C'est ce que l'US-RDA a construit au bout de huit ans de pouvoir qui a servi aux scolaires et étudiants pendant 23 ans et quelques années sous l'ère de la démocratie. Comme vous ne voulez pas voir le ciel, personne ne peut vous empêcher de le voir.

<strong>Déjà en 1990</strong>, la classe réservée à 35 élèves contenait 70 élèves c'est- à- dire deux classes dans une seule salle. Et le ministre de l'Education nationale du CMLN-UDPM avait déclaré à Niono <strong>en 1990</strong> en conférence de cadres: "<em>Si un directeur d'école recrute plus de 70 élèves par classe, je vais boxer ce directeur d'école, je vais boxer l'inspecteur de l'enseignement le directeur régional de l'éducation</em>". Ces gens là sont des aveugles criminels au service du mal.

Vous fermez les quatre écoles de formations des maîtres pour les remplacer  par deux, vous envoyez les enseignants à la retraite anticipée sans tenir compte de ceux qui iront à la retraite normale et le recrutement qui prendra en compte les besoins  par le biais du concours d'entrée à la fonction publique et de l'autre côté l'évolution démographique. Ce sont ces aveugles obscurantistes qui ont eu à diriger ce pays pendant 23 ans qui ont amené les plus grands problèmes au système scolaire malien. Dès le premier mandat du président Konaré, la double vacation avait commencé dans les classes. Nous avons rencontré à Niono <strong>en 1995,</strong> une classe de première année avec 1<strong>82 élèves</strong>. C’est ça la conséquence de la  mauvaise gestion de l'école sous l'ère CMLN-UDPM.

Moussa Traoré, l'arbitraire et l'homologue du roi Christophe du poète martiniquais Aimé Césaire: "<strong>L'Etat c'est qui? C'est moi</strong>". Regardez son système judiciaire. Il a radié un magistrat dans une localité du Mali sur simple dénonciation de la section UDPM de cette localité. C'est le président IBK qui vient de le remettre dans ses droits malheureusement c'est sa famille qui bénéficiera  des avantages quand il a reçu son décret de réhabilitation dans ses mains et il a rendu l'âme.

<strong> </strong>

<strong>Les comploteurs de l’US-RDA</strong>

Les ministres du président Modibo Keita qui avaient participé aux différents gouvernements du CMLN ne sont rien que des comploteurs contre lui. Ils n'ont jamais été de vrais militants de l'US-RDA. Même au fond de leur prison, les gens du RDA se connaissent. Les gens connaissent les trois personnes qui avaient refusé de signer la lettre d'Intadenit en 1973.

A l'interrogatoire au commissariat de police de Bamako des membres de l'US-RDA par l'inspecteur de police Antoumane Diallo devenu capitaine et mort à Taoudéni, un haut cadre de l'US-RDA l'avait dit qu'il n’a jamais été avec le président Modibo et qu'il y a longtemps qu'il travaillait contre lui. L'inspecteur Diallo a craché sur lui en lui disant qu'il est un simple inspecteur de police chargé de l'interroger. Comment hier seulement tu étais avec Modibo et aujourd'hui tu dis que tu n'es pas avec lui.

Docteur Mamadou el Béchir Gologo est venu à la fenêtre pour donner bonjour à son ami et l'informer qu'il a entendu sa déclaration à l'inspecteur de police. Ce haut cadre de l'US-RDA avait préparé en détention un document de 60 pages remis au CMLN pour leur dire qu'il y a plusieurs années qu'il travaillait contre Modibo. C'est un ancien ambassadeur de Modibo Keita qui a été ministre délégué chargé du travail au près du CMLN. C'est lui qui le concepteur des textes de l'UDPM et il a été son premier secrétaire politique.

<strong>En 1968</strong>, Moussa Traoré voulait seulement être à la place de Modibo Keita, une place qu'il convoitait de longue date et c'est la raison pour laquelle il a éliminé tous ses amis du 19 novembre 1968 pour rester seul à bord. Voici ce que le colonel Mara dit à ce sujet: "<em>Je pensais effectivement qu'il y avait un coup d'état. Mais je me suis rendu compte après que Moussa nous a amenés en bateau. Il faut le dire..."</em>

A l'avènement du CMLN au pouvoir <strong>en novembre 1968</strong>, si les membres du CMLN indexaient la milice populaire à demander aux hommes qui se trouvaient au cinéma avec leurs femmes d'exhiber des actes de mariage et si cela n'y est pas, la femme reste avec eux avec toute forme d'humiliation, eux avaient retiré les femmes d'autrui, ils avaient muté des gens à cause de leurs femmes. C'est avec eux qu'a débuté la spéculation foncière.

CMLN = méningite, choléra, <strong>sécheresse 1972-73, 1984-95.</strong> Et dans un discours du président du CMLN à la nation, il avait dit ceci: "<em>Il ne faut pas qu'on dise qu'ils sont les porte-malheurs</em>".

A suivre, Incha Allah !

<strong>Yacouba ALIOU</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Journées commémoratives du décès de Mamadou Konaté : «L’Assemblée nationale se souviendra de Mamadou Konaté pour l’éternité», dixit Issiaka Sidibé</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/journees-commemoratives-deces-de-mamadou-konate-lassemblee-nationale-se-souviendra-de-mamadou-konate-leternite-dixit-issiaka-sidibe-1581322.html</link>
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<pubDate>Thu, 12 May 2016 09:24:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Les activités des journées commémoratives  consacrées à Mamadou Konaté, se sont poursuivies le 10 mai 2016, dans la salle Mahamane Alassane Haidara de  l’Assemblée nationale du Mali. Trois temps forts ont marqué l’évènement. Les hommages du président de l’hémicycle, Issiaka Sidibé, le témoignage de El Hadji Baba Haidara, ancien député, fils de Mahamane Alassane Haidara, ami de Mamadou Konaté, l’exposé de professeur  Doulaye Konaté, historien sur le thème: «Mamadou Konaté: une force tranquille au service de l’émancipation des peuples africains et de l’émergence de la nation malienne». C’était en présence de l’ancien président de l’AN, Pr Aly Nouhoum Diallo, du Ministre du Travail et de la Fonction Publique chargé des Relations avec les Institutions, Madame Diarra Raky Talla, des dépités, parents, etc. </strong>

Je témoigne aujourd’hui sur Mamadou Konaté (MK), a souligné El Hadji Baba Haidara, pour trois raisons fondamentales. «<em>Parce que je suis le fils de son ami, parce qu’héritier politique du parti politique</em> <em>qu’ils ont créés ensemble (USRDA), parce qu’ancien député aussi  comme MK</em>», déclare El Hadji Baba Haidara. « Je témoigne sur MK encore, parce qu’il est le seul homme politique malien, sans être président de la République, dont le nom est donné à cinq édifices publiques dans la capitale; seul homme politique à avoir un hymne dédié à sa personne. Un devoir de mémoire s’impose à la jeune génération », a conclu l’ancien député, appelé à prendre la relève de MK qui fut le père spirituel des principaux leaders de l’Afrique noir.

Dans son exposé liminaire sur «<em>Saint père</em>», le Pr Doulaye Konaté, s’est appesanti sur MK éducateur et enseignant, sur son leadership avéré, son rôle de député, son combat pour l’instauration d’un code de travail pour les territoires d’Outre Mer, son combat contre la discrimination  raciale. <em>«Carrière d’enseignant bien rempli jusqu’à son élection à l’Assemblée nationale française en 1946, Homme très imprégné de sa culture et des valeurs cardinales de sa société, Homme de bien, il incarnait la modernité, l’espérance de changement»</em> Sont entre autres des qualificatifs attribués à MK par Doulaye. Et d’ajouter : «<em>Elu député en 1956, il rempila en 1951 et 1956. Mandat qu’il ne mènera pas à terme pour cause de maladie. Il mènera de nombreux combats en faveur de l’amélioration des conditions de vie des populations africaines qui ployaient sous le joug colonial dont celui de </em> <em>l’institution d’un code du travail pour les territoires d’Outre Mer</em>», explique Doulaye Konaté. Concernant sa lutte contre les discriminations raciales, appuie l’orateur, Mk était très sensible à la question du respect de l’égalité de droits et à celle de l’égalité de traitement des citoyens à tous les niveaux. Le président de l’Assemblée nationale, Issiaka Sidibé, a rappelé le rôle important que MK a joué dans la lutte d’indépendance des pays d’Outre Mer. L’illustration, une salle dédiée à son nom à l’AN pour se souvenir de lui pour l’éternité. «<em>Notre devoir est de s’inspirer de ses  idéaux</em>», a-t-il lancé à ses collègues députés. Le président de l’AMK, Moussa Konaté, a rappelé que c’est pour garder vivante la stature de ce grand homme toujours au front du combat, qui a dédié sa vie pour sauver celle des autres, que nous avons décidé de mettre sur pied cette association ouverte à tous ceux convaincus de sa justesse de vue sur les grandes préoccupations de sa société, de tous les hommes sans distinction d’aucune sorte.

<strong>Hadama B. Fofana</strong>]]> </content:encoded>
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<title>60e anniversaire de la disparition de Mamadou Konaté : L’hommage de la représentation nationale au «Saint&#45;Père»</title>
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<pubDate>Thu, 12 May 2016 00:21:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans le cadre de la commémoration des 60 ans de la disparition de Mamadou Konaté, premier noir Vice-président de l’Assemblée nationale française, encore appelé le Saint-Père, l’Assemblée nationale du Mali, dont une salle porte son nom, lui a  rendu un vibrant hommage, le mardi 10 mai dernier, Place de la République.</strong>

<strong> </strong>

Moments d’intenses émotions, empreints de cordialité que ce 60<sup>ème</sup> anniversaire, marqué par des témoignages de personnalités comme l’historien Doulaye Konaté et l’ancien député de Tombouctou, El Hadj Baba Haïdara dit Sandy, non moins fils de l’ami et compagnon de l’illustre disparu. La cérémonie a également vu la projection d’un film sur le parcours et la vie de l’homme. C’était sous la présidence du Président de l’Assemblée nationale, Issaka Sidibé, en présence du président de l’Association Mamadou Konaté, initiateur de la commémoration de ce 60<sup>ème</sup> anniversaire, Moussa Konaté et plusieurs membres de la famille et amis du disparu.

Après les témoignages riches en révélations sur la vie et le parcours de l’homme, le Président de l’Assemblée nationale a salué son action politique et humanitaire. Selon lui, «Mamadou Konaté est resté une référence à la fois pour les générations passées et les générations présentes et le restera, j’en suis sûr, pour les générations futures. Oui, il le restera car il a su marquer de son empreinte plusieurs pages de l’histoire de notre pays». Issaka Sidibé a confié que l’Honorable Mamadou Konaté avait une connaissance pointue de la société malienne et des problèmes auxquels elle était confrontée. «Il a consacré toute sa vie à la recherche de solutions aux problèmes existentiels de ses concitoyens. De lui, Félix Houphouët Boigny disait qu’il était «un homme d’union et un leader incomparable. L’union était le but de sa vie, l’union dans la famille, l’union fraternelle, l’union dans l’Afrique. Il nous a appris à éloigner de nos cœurs la haine, la vengeance, la méfiance paralysante et destructrice et à cultiver en nous la tolérance, la confiance, l’amour, la fraternité, assise inébranlable de la communauté des Peuples que nous voulons bâtir», a rappelé Issaka sidibé.

A en croire l’orateur, «ce témoignage de son compagnon ivoirien ne peut aucunement nous étonner, nous Maliens, au regard du patriotisme, de la sociabilité et de l’humilité dont l’Honorable Mamadou Konaté a fait preuve durant toute sa vie, forçant le respect et l’admiration de tous». Le Président de l’Assemblée nationale a également rappelé ses qualités et son parcours. Toutes choses qui lui ont valu d’être considéré par la jeunesse malienne comme un modèle.

En effet, dans leur Hymne, les Pionniers du Mali, fer de lance de cette jeunesse, «n’ont pas manqué de montrer leur détermination à suivre son exemple, je cite : « Notre Père Konaté, dans sa dignité, nous suivrons ta voie, nous voulons ta foi… ». Autre révélation faite par le titulaire du perchoir, c’est que pendant près de trois décennies au service de l’enseignement, il a su insuffler à ses compatriotes le goût des études et du travail bien fait. Il a rappelé sa carrière politique depuis la création de l’US-RDA en octobre 1946. «De cette date jusqu’à 1956, soit une dizaine d’années, il effectua une carrière politique élogieuse couronnée par son accession à la vice-présidence de l’Assemblée nationale française. Toujours à l’avant-garde de l’émancipation des Africains, il fut à l’origine de l’aboutissement de nombreuses revendications syndicales et politiques, notamment dans les domaines de l’organisation du travail et de l’enseignement dans les Territoires d’Outre-Mer», a-t-il a déclaré.

Auparavant, le Pr Doulaye Konaté avait témoigné que Mamadou Konaté fut un icône et une figure emblématique qui inspirait la nation soudanaise. Autre témoignage rapporté par l’historien, c’est que le Saint-Père donnait tout son salaire à son père, lequel en disposait comme il l’entendait. Il a aussi fait savoir que l’illustre disparu avait le sens du pays. Selon lui, Mamadou Konaté disait «qu’aucun sacrifice n’est de trop lors qu’il s’agit du pays». Il disait encore: «nous sommes tous appelés à mourir, ce qui ne meurt pas c’est le pays».

Pour sa part, l’ancien député de Tombouctou a beaucoup insisté sur les relations de son père, Mahamane Alassane Haïdara, avec  Mamadou Konaté. Il a déclaré qu’il a vu son père pleurer, pour la première fois, quand on lui a annoncé la mort de Mamadou Konaté.

<strong>Youssouf Diallo  </strong>]]> </content:encoded>
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<title>«Le Mali sous Moussa Traoré» : Critique de &amp;quot;la contribution du CMLN à l&amp;apos;édification nationale&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mali-moussa-traore-critique-de-contribution-cmln-a-ledification-nationale-1576912.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 10 May 2016 09:39:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>A la page 57 du livre intitulé "<em>Le Mali sous Moussa Traoré</em>", il y a le chapitre IV consacrée "<em>A la contribution du comité militaire de libération nationale à l'édification nationale</em>". Les auteurs du livre ont écrit à la page 58 ceci: De  "<em>la suppression des champs collectifs afin de libérer les énergies dans les campagnes</em>": c’est  une campagne d'intoxication qui était à l'œuvre par les ennemis de ce parti qui avaient infiltré son camp après leur défaite aux élections législatives de 1958. Nulle part au Mali, les champs collectifs ont emprisonné les énergies. La production des champs collectifs: l'idée des champs est une idée de la culture au sein de certaines ethnies du Mali en milieu rural.</strong>

Jusqu'a présent au Mali, en pays dogon, senoufo, bambara, il y a le champ de la grande famille et le champ qui appartient individuel. Là où il faut critiquer l'idée des champs collectifs, c'est la préparation psychologique des paysans à cette idée qui n'avait pas réussi.

Ailleurs, au Mali et surtout dans le nord, le problème fondamental des champs collectifs a été que ce sont des champs qui appartenaient à des individus et qui ont été retirés à leurs propriétaires pour en faire des champs collectifs. Cela a fait des mécontentements. Il y a eu un grand problème contre l'US-RDA que le parti n'a pas pu juguler: c'est la campagne d'intoxication contre les actions du parti.

Les éléments du PSP avaient participé à intoxiquer les populations. Par exemple on a fait savoir aux gens qu'avec le socialisme, personne ne peut disposer de sa femme, les gens mangeront  dans une tasse commune. Les personnes âgées seront tuées. Et le président Modibo Keita avait fait même référence à l'exécution de ses vieux dans un de ses discours (voir Modibo Keita: discours et intervention).

Par exemple à Gao où le  parti US-RDA et son gouvernement avaient construit par l'aide de la république socialiste de Yougoslavie,  l'un des abattoirs les  plus modernes de l'Afrique de l'ouest, mais on avait fait croire aux populations de Gao, c'est ici qu'on viendra tuer tous les vieux et toutes les vieilles personnes. A cela s'ajoute la campagne française contre le Mali car à l'époque le cheptel bovin du Mali a été atteint par la peste bovine et la péripneumonie. C'est cet abattoir qui avait servi de camp aux sinistrés en 1973. Les décombres sont encore à Gao.

Les champs collectifs dont vous critiquez, font partie d'un grand projet de développement du Mali sous l'US-RDA mais certaines populations manipulées de l'intérieur et de l'extérieur par les forces du mal n'avaient pas compris.

En Afrique des années 1960, 1970 aux années 1980, l'Afrique comptait deux grands économistes. le marocain Mahdi Elmandjra (futurologue) et le franco égyptien Samir Amine. C'est ce dernier qui était le conseiller économique du président Modibo Keita dans les années1961 - 63. C'est lui qui avait conseillé au président Modibo Keita la politique de "<strong>l'investissement humain</strong>". C'est avec cette politique que les paysans avaient construit des écoles partout au Mali où le besoin s'avère nécessaire.

Les paysans ont confectionné les  briques, fait les maçons, à apporter le matériel de toiture et en retour le gouvernement du Mali c'est- à-dire l'état devait apporter les grands moyens: les ipens, le bureau du maître, les fournitures scolaires, l’instituteur et les médicaments. C'est avec ce grand projet que plusieurs milliers d'enfants maliens qui n'avaient vu venir l'école dans leurs villages depuis plus de 60 ans de colonisation, avaient vu le chemin de l'école.

Certaines classes étaient construites en paille et chaque maman, chaque père avait eu à apporter un matériel pour la construction des classes. Les élèves étaient assis à même le sol. Et pourtant, aujourd'hui, plusieurs cadres de notre pays sont sortis de ces écoles, produits de "<strong>l'investissement humain</strong>".

L'enseignement catholique dont les auteurs font référence, l'US-RDA ne l'a jamais supprimé et  l'US-RDA était le premier parti politique à demander à introduire les medersas dans l'enseignement  au Soudan depuis les années 1950 donc bien avant son avènement au pouvoir en 1960. C'est la politique du CMLN qui a mis l'enseignement à terre. C'est la politique du CMLN qui avait enterré toutes les énergies au niveau de l'enseignement.

A son avènement sur la scène politique par "<strong>effraction</strong>" en 1968, les auteurs du coup d'état de 1968 avaient vu aux enseignants, leurs premiers ennemis à abattre car celui qu'ils viennent de renverser est un enseignant. Et les premiers contestataires et opposants à leur putsch étaient les enseignants. Pour avoir de l'énergie, il faut manger. Pour détruire les esprits, il faut affamer les ventres des grands penseurs, qui sont les enseignants.

L'humiliation a commencé  par les tortures au camp para et dans les prisons les plus dures du territoire national : Niono, Kidal et Tombouctou. La guerre contre les enseignants avait commencé depuis 1970 avec la décapitation des syndicalistes enseignants qui étaient les meilleurs syndicalistes du milieu enseignant. Ce sont eux que le chef de la sécurité de Moussa Traoré, le lieutenant Tiécoro Bagayoko avait fait chanter à la radio Mali. Il y avait un parmi eux qui avait refusé de chanter et il avait dit à Tiécoro Bagayoko ceci: "<strong>la raison du plus fort est toujours la meilleure</strong>".

A près ce mouvement du SNEC de 1970, ce syndicat est devenu une marionnette de la politique CMLN-UDPM et son congrès de 1988 avait aussi vu  l'avènement des valets du CMLN-UDPM en tête dont un est membre du comité national des parents d'élèves. Ce SNEC CMLN-UDPM est à la base de la déportation des enseignants de la division III SNEC de Bamako en 1980 à Gao, dont parmi les déportés  il y avait Isaac I Konaté, un certain Ongoïba et monieur Simbara qui a été même directeur national de l'enseignement technique et de l'enseignement secondaire général.

Nous revenons sur la situation des enseignants sous le Mali de Moussa Traoré. Ils avaient faim et pour travailler, il faut de l'énergie. L'un des auteurs du livre, "<strong>Le Mali sous Moussa Traoré</strong>" est monsieur Oumar Issiaka Ba qui a été ministre de Moussa Traoré. Lors d'une visite à l'intérieur du Mali et particulièrement dans la région de Mopti, il a été interpellé par un enseignant du nom de M.D. qui l'avait dit ceci face à la situation dramatique des retards chroniques des salaires: "<em>Même si on est perché dans la cour du ministère de l'éducation nationale, on doit être au courant de la situation des enseignants</em>".

La réponse que M. Oumar Issiaka Ba donne à ce professeur d'histoire et de géographie, c'est de prendre son véhicule de fonction pour venir à Bamako et faire une décision de mutation à ce professeur muté à Kayes. Ce sont de tels gens qui viennent écrire un livre intitulé, "<strong>Le Mali de Moussa Traoré</strong>".

Imaginez, un enseignant qui fait trois à quatre mois sans percevoir son salaire et qui enseigne et la déontologie du métier ne lui permet pas d'abandonner les enfants qui cherchent le savoir et qui sont l'avenir du pays. Vraiment ce régime avait déshumanisé l'homme enseignant. Ce régime a hypothéqué l'avenir de ce pays. C'est le même Oumar Issiaka Ba que Moussa Traoré avait nommé ministre de la Justice et c'est lui qui voulait protéger son cousin qui avait escroqué les agents de la CMDT à Bougouni pour une histoire de vente de bœufs à Abidjan, une somme de plus de 80 millions de francs maliens.

Pour cela, il fait muter le juge qui avait refusé de cautionner s cette action. Son cas me rappelle celui de monsieur Victor Sy que Tiécoro Bagayoko avait décidé d'envoyer à Taoudéni pour un an sans jugement uniquement parce qu'il a manqué du respect au CMLN et Tiécoro Bagayoko fait venir le professeur Yaya Bagayogo, ministre de l'Education nationale pour lui annoncer la nouvelle.

Un ministre enseignant, qui connait parfaitement beaucoup de membres du CMLN après avoir eu à les enseigner à l'EMIA. Le ministre Bagayoko a dit ceci: "<strong>d'accord</strong>". Et c'est le capitaine Sounkalo Samaké du camp para de Bamako qui avait intervenu en faveur de Victor Sy pour ramener la détention d’un an à trois mois. Voici le comportement des civils qui avaient servi sous le CMLN. Ce n'est rien qu'un comportement de servitude à une dictature contre la liberté du peuple malien.

Aux auteurs du livre "<strong>Le Mali sous Moussa Traoré</strong>", nous avons en image encore à Gao, la situation des enseignants au nord du Mali et particulièrement dans la région de Gao. Une année à Gao et particulièrement à Ansongo, les enseignants avaient plus de six (6) mois sans salaire. Un jour, la rumeur avait couru dans la ville d'Ansongo que le percepteur avait reçu les salaires. Le matin, c'était la ruée sur le cercle d'Ansongo où se trouvait le bureau du percepteur. C'était la consternation quand le percepteur, un sonrhaï, avait eu à leur dire ceci: "<strong>Eh! Wallahi (par Dieu), haya kour chaykonè</strong>" (je n'ai rien avec moi).Wakoy, goy wiri (allez-y chercher du travail).

A Gao ville, c'était la file indienne devant le trésor de Gao dans les années 1980 jusqu'au 25 mars 1991 où ce régime sinistre dirigé par un homme sinistre et sadique est tombé par la Volonté du Seigneur Qui donne le pouvoir à qui  il veut. Tellement que les enseignants étaient nombreux à occuper les lieux, l'ombre des arbres ne pouvait pas les tenir.

En 1984, les enseignants du premier cycle à Gao, s'habillaient dans leur majorité avec une popeline rayée qui ressemble de vue au Bazin et les gens l'avaient surnommé "<strong>le Bazin des enseignants</strong>". Pour vivre, les enseignants  de Gao étaient obligés de faire une sorte de troque chez un commerçant du nom de S.B.

L'enseignant était obligé de faire un bon pour acheter des vivres chez le commerçant avoir de l'argent en espèce, il vend le même grain chez le commerçant en cassant le prix. Certains enseignants prenaient leurs salaires contre des pourcentages chez les billeteurs et les percepteurs.

Aux auteurs du livre, "<strong>Le Mali sous Moussa Traoré</strong>", par Allah, cela s'était passé sous le régime que vous avez servi et que vous défendez. Les enseignants étaient menacés par certains de leurs supérieurs hiérarchiques dont les directeurs régionaux de l'éducation (structure créée en 1981 après la crise scolaire de 1980), les inspecteurs. Nous avions été menacés par un directeur régional à l'IPEG (Institut pédagogique d'enseignement général) de Diré en 1988.

Il avait dit ceci lors d’une rencontre avec le personnel enseignant: "<em>Nous ne reconnaissons pas quelqu'un qui s'oppose à un chef de service. Dès qu'on rapporte quelque chose sur vous, vous serez sanctionné</em>". Un inspecteur de l'enseignement à Bamako, n'avait rien trouvé que de muter injustement un maître de second cycle qu'il avait taxé de meneur dans une grève des enseignants.

Cet enseignant avait fait le concours professionnel d'entrée à l'Ecole Normale Supérieure de Bamako et il avait passé. C'est le même enseignant qui avait rencontré le même inspecteur dans la cour du ministère de l'Education Nationale et il avait refusé de lui tendre la main devant une foule. C'est le même inspecteur qui a été nommé directeur régional de l'éducation dans une région du Mali, directeur national de l’IPN (Institut pédagogique national) sous le général Sékou Ly et un jour il a été dans la ferme de son ministre   accompagné du technicien de l'élevage du ministre.

Les moutons du ministre étaient sortis de l'enclos et il  a couru  en vitesse pour rattraper les moutons de son ministre. Le vétérinaire  n'avait pas bougé. Voici l'état CMLN-UDPM et ses serviteurs civils. Après le coup d'Etat de 1968, devant le capitaine Diby Syllas Diarra, nommé gouverneur de Gao, le juge de Diré de l'époque  a dit ceci: "<strong>nous voulons que les militaires restent éternellement au pouvoir</strong>". Diby l'avait dit ceci; "<strong>vous ne connaissez pas les militaires!".</strong>

Aux auteurs du livre "<strong>Le Mali sous Moussa Traoré</strong>", même le président Alpha Oumar Konaré qui a été ministre sous ce dictateur avait reconnu en 1984 lors d'une visite en France en 1984 que "<em>le coup d'Etat du lieutenant Moussa Traoré, le 19 novembre 1968, n'avait pas sa raison</em>" (voir le journal "<em>Le Nouvel Observateur</em>" de l'année 1984).

L'histoire a donné raison au docteur Mamadou El Béchir Gologo, Abdoul Gata Ba, Kounandi Traoré, Samba Lamine Traoré (paix à leurs âmes) quand ils nous avaient dit ceci lors d'une rencontre à Niono en 1992: "<em>le capitaine Sounkalo Samaké nous avait dit quand nous étions internés  au camp para de Bamako qu'il commandait, qu'il avait joué un rôle déterminant dans le coup d'Etat du 19 novembre 1968 mais si c'était à refaire, il ne le fera plus."</em> Le capitaine Sounkalo Samaké a repris les mêmes mots dans son livre "<strong>Ma vie de soldat</strong>" en  2007.

Le 19 novembre 1968, Moussa Traoré qui aime très bien le pouvoir a voulu avoir "<strong>son 18 juin 1940</strong>" si nous reprenons les termes de l'ancien président du Niger, M. Diori Hamani que le général De Gaulle, Pierre Messmer et Jean Colombani avaient installé au pouvoir le 28 septembre 1958 au Niger.

Le président Diori avait dit que tous les putschistes militaires des années 60 en Afrique, chacun voulait avoir "<strong>son 18 juin 1940</strong>" comme le général De Gaulle sur Radio Londres qui avait exhorté les Français à poursuivre le combat pour la libération de la France. Pour le président Diori, aucun des putschistes militaires des années 60 en Afrique, n'avait eu à commander un camp militaire dans l'armée française car ils étaient tous atteints par le "<strong>numerus clausus</strong>".

Incha Allah, nous apporterons la contre vérité point par point, chapitre par chapitre au livre du grand mensonge. Comment quelqu'un qui avait démissionné d'un système politique 24 h avant sa chute  peut-il  diriger  un collectif de rédacteurs d'un livre pour nous raconter des baratins ?

Moussa Traoré n'est pas de l'histoire pour nous. Nous avons vu son avènement et nous avons vu sa chute. Le sergent chef Samba Sangaré (paix à son âme) dit dans son livre: "<strong>Dix ans au camp mouroir de Taoudeni</strong>", qu'après leur libération, lui et son ami l'adjudant chef Guediouma Samaké avaient fait le trajet de la base aérienne de Bamako à la place de l'indépendance au centre de Bamako. C'est de là qu'ils avaient pris un taxi pour rejoindre leurs familles respectives. C'était en 1980. Rien n'avait changé de Bamako et c'est pour cette raison qu'ils avaient été torturés pendant dix ans dans le bagne de Taoudéni?

En écrivant ce livre, cela nous rappelle la phrase célèbre du président IBK après les événements du 23 mai 2006 à Kidal: "<strong>Tous les regards seront braqués sur le peuple touareg</strong>".

<strong>Vive la vérité.</strong>

<strong>Yacouba Aliou, Bamako</strong>

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<title>Soloni se souvient de Mamadou Konaté</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/soloni-se-souvient-de-mamadou-konate-1571942.html</link>
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<pubDate>Mon, 09 May 2016 00:18:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>SOLONI</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Il aimait l’Afrique  et son pays, le Mali de toute son âme, il s’est  battu, acceptant des sacrifices pour que l’Afrique et le Mali puissent lever un jour la tête et vivre dignement. Il s’est battu pour fonder une base politique solide et visionnaire. Il a été grand par la taille mais aussi en esprit.  Cet  homme qui est  désormais un héros pour le peuple malien, cet homme que l’Afrique mais surtout sa chère patrie le Mali  n’oubliera jamais a voulu nous laisser un héritage : une Afrique et surtout un Mali libre, unie et prospère. A l’occasion de son 60<sup>ème</sup> anniversaire, soloni se souvient de ce grand  Africain.   Qu’est-il devenu ce qu’il nous  a légué ?

<strong>Qui est Mamadou Konaté ?</strong>

Mamadou Konaté est né en 1897 à Kati en république du Mali de Tieblemba Konaté, un homme reconnu pour sa droiture morale et son engagement pour les nobles causes et  de Fatoumata Mama SYune dame réputée  pour une  généreuse particulière.  Ce sont donc d’abord  ces deux personnalités, au caractère trempé, d’une grande piété, qui imprimeront au jeune Mamadou  une éducation rigoureuse, remarquablement reflétée tout au long de son existence. A l’Ecole normale William ponty son parcours est exemplaire. Il Sort major de sa promotion de William Ponty en 1919 comme instituteur.

<strong>Un instituteur, syndicaliste et politicien  chevronné</strong>

Mamadou Konaté après des études à l’École normale William Ponty (Gorée, Sénégal) devient instituteur-formateur-enseignant entre 1919 et 1946 dans différentes localités comme Bafoulabe, Macina, Kolokani avant de prendre la direction de l’École régionale de Bamako.En 1937, il crée le Syndicat des instituteurs de l’Afrique occidentale française.

En 1945, il fonde le Bloc soudanais avec le 1er président Malien son excellence Modibo Keïta, leur parti devient l’Union Soudanaise en octobre 1946, une section du Rassemblement démocratique africain qui donna (US-RDA).

Élu député en 1946, il siège à l’Assemblée nationale française au sein du groupe de l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) et est membre notamment des commissions de l’Éducation nationale et des Territoires d’Outre-mer. La liste du RDA est arrivée en deuxième position après celle du Parti progressiste soudanais (PSP) de FilyDabo Sissoko. En 1951, la liste du RDA arrive de nouveau en deuxième position et Mamadou Konaté siège de nouveau à l’Assemblée nationale.

<strong>Une vie sociale bien remplie</strong>

Socialement, M. Mamadou Konaté était irréprochable comme le témoigne Mahamane Alassane Haïdara, Président de l'Assemblée Nationale pendant la 1<sup>ère</sup> République du Mali : « <em>Konaté logeait à la Cité des instituteurs. Il menait une vie simple et bien ordonnée. Bon musulman, il ne buvait pas d’alcool, ne fréquentait pas les lieux de plaisir. Respectueux des nobles traditions familiales, il prenait, quoique marié, ses repas dans la grande famille avec son père et ses jeunes frères. A la fin de chaque mois, il remettait la totalité de sa solde à son père qui en disposait comme il voulait</em> ».

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Grâce à sa conduite exemplaire il acquit une grande notoriété fondée sur sa réputation de grand serviteur du peuple. Il avait le don de remettre sur le droit chemin certains jeunes collègues auteurs de fautes professionnelles graves et leur inculquait une conscience professionnelle dont ils ne se départissaient plus.

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Infatigable, il s’est toujours mobilisé avec une lucidité et une détermination jamais démenties pour défendre les opprimés, pour faire triompher la justice. Dans un discours célèbre sur l’institution en Afrique du code de travail qui n’était en vigueur que dans la Métropole, il déclarait : «  <em>Il est si commode de recourir à la main d’œuvre à bon marché, surtout quand son utilisation n’exige de l’employeur aucune garantie sérieuse, en l’absence de toute réglementation du travail</em> ».

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Dénonçant les conditions d’exploitation particulièrement dures des travailleurs africains par les colons français peu enclins à protéger les droits de leurs employés, Mamadou Konaté justifiera sa mobilisation aux côtés des Africains maltraités sur leurs lieux de travail par une boutade pleine d’ironie assassine : « <em>Comme le dit le bon sens, ce n’est pas au loup que l’agneau confie le soin de le défendre</em> ».

<strong>Combattant jusqu’à la mort</strong>

Peu de temps après son élection lors des élections de janvier 1956 où la liste du RDA dépasse celle du PSP,  Mamadou Konaté meurt atteint d’une hépatite le 11 mai 1956. Un leader venait de s’éteindre après une vie bien remplie tant sur le plan professionnel que social. AS

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<strong>60<sup>ème</sup> anniversaire du décès de Mamadou Konaté : L’AMK se souvient d’un grand homme !</strong>

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Le vendredi 5 mai 2016 marquait le 60 ème anniversaire du décès de Mamadou Konaté, précurseur de la création de l’Etat du Mali. L’association Mamadou Konaté(AMK), née de la volonté de  réhabiliter les idéaux et les valeurs de ce grand homme à tenue à commémorer la mémoire de ce grand homme.  Les activités se sont  déroulées  à l’école Mamadou Konaté, à la Galerie d’Art Medina face à l’ECICA et à l’Assemblée Nationale. Une journée qui était placée sous  la présidence du président  de la république son excellence M. Ibrahim Boubacar Keïta et plusieurs  membres de son gouvernement.  Le ministre de l’éducation M. Barthélemy Togo dans son allocution à salué la mémoire d’un précurseur de la création de l’Etat du Mali. Le président de la république M. Ibrahim Boubacar Keïta  a lui aussi salué la mémoire d’un grand homme qui a  fait honneur au Mali et salué la famille de feu Mamadou Konaté pour cette de commémoration.  Oui, ainsi va la vie. Les grands hommes ne meurent jamais.

<strong>Pierre Poudiougo</strong>

<strong>ALLOCUTION DU MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE DU MALI A L'OCCASION DU 60<sup>EME</sup> ANNIVERSAIRE DU DECES DE MAMADOU KONATE, PRECURSEUR DE LA CREATION DE L'ETAT DU</strong><strong> MALI</strong>

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<strong>Excellence, Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat,</strong>

<strong> </strong><strong>Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions de la République,</strong>

<strong> </strong><strong>Mesdames et messieurs les membres du Gouvernement,</strong>

<strong> </strong><strong>Mesdames et messieurs les membres de la famille de Mamadou KONATE,</strong><strong> </strong>

<strong>Mesdames et messieurs les membres de la famille politique de Mamadou KONATE,</strong>

<strong> </strong>

<strong>Mesdames et messieurs les administrateurs scolaires, </strong>

<strong> </strong>

<strong>Mesdames et messieurs les membres de l’Association Mamadou KONATE,</strong>

<strong> </strong>

<strong>Chers  enseignants et élèves  de l’école Mamadou KONATE,</strong>

<strong> </strong>

<strong>Distingués invités, </strong>

<strong> </strong>

<strong>Mesdames et messieurs,   </strong>

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Je voudrais à l’entame de mes propos, m’acquitter d’un agréable devoir ; celui d’adresser mes très sincères remerciements aux membres de l’Association Mamadou KONATE d’avoir bien voulu m’ associer à une cérémonie qui célèbre un très Grand Malien, un si Grand Africain, un Grand Homme.

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En effet, il est des hommes auxquels le Destin attribue une dimension hors du commun. Je serais tenté de dire qu’il s’agit d'êtres humains exceptionnels tant leur œuvre, surpasse ce qui est communément perçu comme « ordinaire »!

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Ces hommes sont rares, très rares même ! Pourtant, notre patrie, qui, émergeant de la nuit des temps, a repris son nom d’antan, « Mali », symbole de grandeur et de gloire,  a abrité quelques-uns de ces hommes rarissimes. Monsieur  Mamadou Konaté, que nous célébrons aujourd’hui, est de ceux-là.

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<strong>Monsieur le Président de la République,</strong>

<strong>Mesdames et messieurs,</strong>

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A voir cependant de près la sa grandeur est loin de relever de quelque hasard. Qu’il suffise à l’origine de rappeler que sa vénérable maman, <strong>Fatoumata Mama SY </strong>avait la réputation d’une femme particulièrement  généreuse et son père, <strong>Tieblemba Konaté</strong>, était reconnu pour sa droiture morale et son engagement pour les nobles causes. Ce sont donc d’abord  ces deux personnalités, au caractère trempé, d’une grande piété, qui imprimeront au jeune Mamadou  une éducation rigoureuse, remarquablement reflétée tout au long de son existence.

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<strong>Mesdames et messieurs</strong>

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Rares sont les hommes, au Soudan français devenu république du Mali, à son indépendance en 1960, et au- delà dans le monde à avoir été autant adulés, glorifiés que Mamadou Konaté à toutes les étapes de sa vie ; une vie prodigieusement riche et bien remplie.

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Dès ses premiers pas à l’école coloniale, il se révéla doué dans les études, tant et si bien que premier de sa classe, il eut le mérite d’être choisi pour intégrer la célèbre École Normale William Ponty, à l’Île de Gorée, au large de Dakar, prestigieuse école fédérale de l’Afrique-Occidentale française (AOF) d’où sont issus plus de 2000 élèves parmi lesquels des noms célèbres comme Félix Houphouët-Boigny, 1<sup>er</sup> Président de la République de Côte d’Ivoire, ami intime et compagnon de lutte de Mamadou Konaté, Modibo Kéita, 1<sup>er</sup> Président du Mali, qui fut son élève. Tous les trois furent, en 1946, les cofondateurs du Rassemblement Démocratique Africain (R D A).

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<strong>Monsieur le Président de la République,</strong>

<strong>Mesdames et messieurs,</strong>

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Sorti major de sa promotion de William Ponty en 1919 comme instituteur, il propagera à travers le Soudan français le savoir, le savoir-faire, le savoir-être à des centaines de jeunes pendant 27 ans jusqu’en 1946, année de sa première élection à l’Assemblée nationale française dont il deviendra, à sa troisième élection en 1956, Vice-président.

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Tous les supérieurs de Mamadou Konaté reconnaissent ses grandes qualités d’éducateur à l’école comme dans la vie civile où, inlassablement il donnait toujours l’exemple de la bonne conduite à tenir.

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Cet homme, de l’avis général, discret, simple, humble, n’était pas initialement  porté sur la politique. Pourtant, il finira en effet par se laisser convaincre sous la pression de son entourage, admiratif de ses talents de syndicaliste, de défenseur opiniâtre des membres de sa corporation.

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Désormais engagé en politique, avec la même détermination, il sera un militant acharné de l’émancipation des populations autochtones de l’Afrique de l’ouest à l’Océan indien. C’est ainsi, entre autres, qu’il  défendit avec une admirable ténacité les victimes malgaches de la répression sanglante du pouvoir colonial français en mai 1947.

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Mesdames et messieurs

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Homme de conviction, Mamadou Konaté avait fait sien l’adage selon lequel « <em>rien de grand ne peut se faire sans passion</em> ». Ainsi,  se donnait –il  toujours sans compter dans tout ce qu’il entreprenait.

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Les témoignages à son sujet sont légion et le décrivent comme un homme hors du commun par son engagement courageux pour les causes qui lui tenaient à cœur.

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Il faudrait certainement des heures et des heures pour témoigner des éloges qui ont jalonné sa vie.

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Permettez-moi de partager avec vous les appréciations du Directeur de l’École William Ponty à son examen de fin de cycle de trois ans, le 15 septembre 1919, à 22 ans : « <em>Excellent caractère, posé, sérieux, ferme, dévoué, affectueux, travailleur acharné, et méthodique. A su acquérir beaucoup d’autorité sur ses condisciples et a fait un bon surveillant général. Sorti 1<sup>e</sup>sur 30 élèves au certificat de fin d’études normales avec la mention très bien. Conduite : très bien. Travail : très bien</em> ! ».

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Voici encore une autre appréciation, prise au hasard, six ans après celle que je viens de lire : « <em>Mamadou Konaté est un de nos meilleurs instituteurs. Son travail est excellent et il obtient des résultats remarquables. Mérite compliments et promotion au choix</em> ». 15 novembre 1925. Signé : Inspecteur des écoles avec l’approbation du Gouverneur du territoire (Soudan) ».

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<strong>Monsieur le Président de la République,</strong>

<strong>Mesdames et messieurs,</strong>

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Dans d’autres domaines, c’est la même tonalité dans l’appréciation comme le témoigne Mahamane Alassane Haïdara, Président de l'Assemblée Nationale pendant la 1<sup>ère</sup> République du Mali : « <em>Konaté logeait à la Cité des instituteurs. Il menait une vie simple et bien ordonnée. Bon musulman, il ne buvait pas d’alcool, ne fréquentait pas les lieux de plaisir. Respectueux des nobles traditions familiales, il prenait, quoique marié, ses repas dans la grande famille avec son père et ses jeunes frères. A la fin de chaque mois, il remettait la totalité de sa solde à son père qui en disposait comme il voulait</em> ».

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Grâce à sa conduite exemplaire il acquit une grande notoriété fondée sur sa réputation de grand serviteur du peuple. Il avait le don de remettre sur le droit chemin certains jeunes collègues auteurs de fautes professionnelles graves et leur inculquait une conscience professionnelle dont ils ne se départissaient plus. A Bamako Coura où la famille Konaté avait élu domicile après avoir quitté Kati où Mamadou Konaté vit le jour vers 1897, il jouissait de la confiance de tous ses voisins dont il réglait souvent les litiges, en tout genre, y compris conjugaux.

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Il était le conseiller juridique de bon nombre d’illettrés auxquels il prêtait assistance jusque devant les tribunaux, essayait autant qu’il le pouvait d’apporter assistance morale et matérielle à des nombreux solliciteurs et toujours dans la bonne humeur, le sourire permanent.

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Mesdames et Messieurs,

Il ne s’agit là que d’un aperçu sommaire de l’action d’un homme qui a aimé son pays et l’Afrique de façon obsessionnelle. Son exemple pour l’amour du travail bien fait, pour l’amour de la nation méritent encore aujourd’hui d’être médités et méritent surtout que les actuelles et futures générations s’en imprègnent pour une gestion saine et efficace de notre société.

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Infatigable, il s’est toujours mobilisé avec une lucidité et une détermination jamais démenties pour défendre les opprimés, pour faire triompher la justice. Dans un discours célèbre sur l’institution en Afrique du code de travail qui n’était en vigueur que dans la Métropole, il déclarait : «  <em>Il est si commode de recourir à la main d’œuvre à bon marché, surtout quand son utilisation n’exige de l’employeur aucune garantie sérieuse, en l’absence de toute réglementation du travail</em> ».

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Dénonçant les conditions d’exploitation particulièrement dures des travailleurs africains par les colons français peu enclins à protéger les droits de leurs employés, Mamadou Konaté justifiera sa mobilisation aux côtés des Africains maltraités sur leurs lieux de travail par une boutade pleine d’ironie assassine : « <em>Comme le dit le bon sens, ce n’est pas au loup que l’agneau confie le soin de le défendre</em> ».

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<strong>Monsieur le Président de la République,</strong>

<strong>Mesdames et messieurs,</strong>

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Il n’est que justice que de rendre hommage à ce défenseur infatigable de la justice pour tous les hommes, ce grand combattant pour la dignité et  l’honneur de l’homme asservi et humilié dans ses droits. Ses messages légués à la postérité doivent continuer à nous inspirer.

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Une dernière réflexion de Mamadou Konaté. Je cite : « <em>Il est essentiel de pas se complaire égoïstement dans la seule satisfaction de ses besoins matériels. L’aspect civique et moral, la dignité, l’honneur doivent nécessairement avoir le pas sur la vile satisfaction des besoins matériels. Se battre, lutter, se sacrifier au bénéfice du groupe. Lorsque la cause est juste, la foi, le courage, la détermination ne peuvent pas échouer ».</em>

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Ainsi avait coutume de s’exprimer Mamadou Konaté qui a laissé orphelins les siens, son pays, l’Afrique, il y a 60 ans, le 11 mai 1956. Puissent son sacrifice et son exemple demeurer immortels afin de nous rendre meilleurs !

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MERCI POUR VOTRE AIMABLE ATTENTION !

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Bamako, le 6 mai 2016

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<title>60ème anniversaire  du décès de Mamadou Konaté : Les hommages de la nation à «Saint Père»</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/60eme-anniversaire-deces-de-mamadou-konate-hommages-de-nation-a-saint-pere-1571722.html</link>
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<pubDate>Mon, 09 May 2016 00:10:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>C’est sous un temps clément et doux que le Président de la République Ibrahim Boubacar Kéita, les membres de son gouvernement, les personnalités politiques, diplomatiques, ont répondu massivement à l’invitation de l’Association Mamadou Konaté (AMK), le 6 mai 2016, à l’école Mamadou Konaté (MK) pour l’ouverture des cérémonies commémoratives du 60<sup>ème</sup> anniversaire de feu Mamadou Konaté, l’ illustre homme d’Etat qui a marqué l’histoire du Mali et</strong> <strong>affectueusement appelé «Saint père» par ses proches. </strong>

Hommage d’IBK à l’endroit de Mamadou Konaté ; profession de foi des élèves de l’école Mamadou Konaté (qui a été créée par Mamadou Konaté en 1933 avant de porter son nom) ;  jeux concours par des jeunes sur la vie et le parcours politique de l’instituteur de profession ;  remise de prix, inauguration de l’exposition photos sur l’homme qui a fait comme engagement prioritaire, l’union de tous les Africains, sans distinction, chants  des pionniers du Mali ;  Etaient entre autres, les différentes activités qui ont meublées cette première journée consacrée aux festivités du 60<sup>ème</sup> anniversaire  du décès de Mamadou Konaté. Pour Néné Konaté (porte parole de l’AMK et  petite fille de Mamadou Konaté), il s’agit de célébrer un homme dont la dimension défie tous les qualificatifs positifs inimaginables, avec une unanimité rarement égalée, qui soulignent sa rigueur morale, sa conscience professionnelle, son sens aigu de la justice, sa générosité spontanée, la justesse de ses analyses, amour du prochain, sa simplicité, son humilité et par dessus tout son engagement obsessionnel pour l’émancipation des populations africaines. La célébration des 60 ans du décès de MK, ajoute-t-elle, peut servir la jeunesse en perte repère. Selon Néné Konaté, l’Association Mamadou Konaté a été lancée en 2009. «<em>L’AMK, née de ce devoir de mémoire, a pour vocation primordiale, la réhabilitation des idéaux et des valeurs de MK, socles de toute refondation véritable de notre devenir</em>», a-telle dit.

Les éloges du ministre de l’éducation nationale, Kénékouo dit Barthélémy Togo,  n’ont pas manqué à l’endroit de Mamadou Konaté,  premier africain noir vice président de l’Assemblée nationale française, membre du RDA, major de sa promotion  à l’école William Pointy, qui aimait son pays et l’Afrique tout court.

Le chef de l’Etat a salué feu Mamadou Konaté dont la mort a ébranlé tout le soudan, toute l’Afrique, toute l’union française. Il a par ailleurs, invité la jeunesse malienne et africaine de s’inspirer de ses idéaux, ses valeurs principes. «<em>Mamadou Konaté était un de ses rares hommes qui se sont tenus  droit, débout, digne contre l’injustice coloniale, pour mener le soudan à l’indépendance. Tu as mérité la nation malienne, africaine, simplement la nation humaine</em>», conclue IBK.

<strong>Hadama B. Fofana</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Ki a di koi ??: Moussa Ag Assarid du MNLA</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/ki-a-di-koi-moussa-ag-assarid-mnla-1565652.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 04 May 2016 11:00:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Canard Déchainé</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Il ne m’est plus possible d’assumer aucune responsabilité au sien d’un mouvement dont la direction politique méprise les militants, viole les textes fondateurs et ne m’apporte aucun appui, ne serait-ce que la lecture des compte rendus de mes missions sans évoquer les autres types d’appuis indispensables à une exécution diligente de ma mission. Concrètement, par cette lettre, je démissionne de ma fonction de représentant du MNLA en Europe conformément au décret de nomination du 14 janvier 2015.

Quand on n’a rien à dire, on se tait ! Pourquoi ta sœur aujourd’hui, sergent de police, n’a jamais parlé d’AZAWAD ?

<strong>Mamadou Tyéni Konaté</strong>

Le saint coran dit : quand on meurt pour sa patrie, on meurt en martyr.

Dites-nous, s’il vous plait, où se trouve exactement ce verset dans le coran.

<strong>Confidence d’un Ministre, selon le Républicain</strong>

Le conseil des ministres est un calvaire pour les ministres du gouvernement. Il y a des jours où je m’attends à deux ou trois démissions, tant le président humilie ses ministres. Mais les victimes préfèrent avaler les couleuvres et leurs dignités.

Alors, qu’attendez-vous pour démissionner, si vous ne vous sentez pas à la hauteur ?

<strong>David Sagara, ancien ministre</strong>

Depuis un certain temps, certains responsables politiques travestissent la vérité dans ce pays pour des raisons ou des agendas qui leur sont propres.

Hey, petit dogon, quand exactement ?

<strong>B.D.</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>RETROSPECTIVE : Quelques grandes dates du Mali contemporain (2ème partie) : La démocratie</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-quelques-grandes-dates-mali-contemporain-2eme-partie-democratie-1562092.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 02 May 2016 11:51:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[1991 (29 juillet au 12 août) : Conférence nationale chargée de préparer le retour à la démocratie. 1992 (14 février) : Référendum qui approuve une nouvelle constitution instaurant la troisième république. 1992 (9 mars) : Elections législatives remportées par l’ADEMA/PASJ. 1992 (11 avril) : Signature d’un pacte pour la paix et la réconciliation entre les Touaregs et le gouvernement. 1992 (26 avril) : Alpha Oumar Konaré est élu président de la république. 1992 (8 juin) : Younoussi Touré est nommé Premier ministre. 1993 (avril) : Manifestations étudiantes. Abdoulaye Sékou Sow remplace Younoussi Touré au poste de premier ministre. 1993 (9 décembre) : Une tentative de coup d’État échoue. 1994 (4 février) : Ibrahim Boubacar Keïta est nommé premier ministre. 1994-1995 : Nouveaux Affrontements avec les Touaregs. 1997 (17 mai) : Alpha Oumar Konaré est réélu président de la République. 1997 (20 juillet et 3 août) : Nouvelles élections législatives boycottées par l’opposition et remporté par l’ADEMA/PASJ.  2001 (Juin) : Création du Rassemblement pour le Mali (RPM). 2002 (12 Mai) : Second tour de l’élection présidentielle. Amadou Toumani Touré est élu président de la République. 2002 (29 mai) : Alpha Oumar Konaré gracie l’ancien dictateur Moussa Traoré et sa femme qui avaient été condamnés à mort en 1992 et 1999 pour crimes politiques et économiques. Leur peine avait été commuée en prison à vie à perpétuité. 2002 (8 juin) : Investiture de Amadou Toumani Touré. 2002 (9 juin) : Ahmed Mohamed ag Hamani est nommé premier ministre par Amadou Toumani Touré. 2002 : Le Mali organise la Coupe d’Afrique des nations de football.

2006 (23 mai) : Deux casernes militaires à Kidal et une à Ménaka sont attaquées par des rebelles touaregs. 2006 (4 juillet) : Signature à Alger d’un accord entre le gouvernement malien et les rebelles touaregs. 2007 (29 mai) : Réélection d’Amadou Toumani Touré au premier tour de l’élection présidentielle.

2010 : Année du Cinquantenaire du Mali Indépendant. 2010(17 juillet) : Création du PDES, nouveau parti politique des fans d’ATT. 2011(30 mars) : Démission de Modibo Sidibé et de son gouvernement. 2011 (3 avril) : Le président de la république Amadou Toumani Touré nomme Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé Premier ministre, une première dans l’histoire politique du Mali.

2012(17 janvier) : Des rebelles du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) attaquent les troupes de l’armée malienne à Ménaka dans le nord du Mali. 2012(24 janvier) : À 6h du matin, selon le ministère malien de la Défense, des membres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et des rebelles du MNLA attaquent conjointement la localité d’Aguel’hoc. 2012(31 Janvier) : une marche de femmes et de jeunes du camp militaire de Kati est organisée. Les manifestants qui se sont rendus à Koulouba, à la présidence de la République, ont été reçu par Natié Pleah, ministre de la Défense et des anciens combattants. 2012 Février(29) : des violents affrontements ont lieu entre l’armée malienne et les rebelles du MNLA autour de Tessalit. 2012 (22 mars) : un coup d’État militaire renverse Amadou Toumani Touré. 2012(27 mars) : Les chefs d’États de la Cédéao réunis à Abidjan décident de suspendre le Mali de l’organisation afin de sanctionner les putschistes et d’envoyer une délégation composée des présidents ivoirien, béninois, burkinabé, nigérien et libérien.

2012 : (8 avril) : Le président Amadou Toumani Touré présente officiellement sa démission dans une lettre remis à Djibrill Bassolé, ministre des affaires étrangères burkinabè. La Cédéao décide de lever toutes les sanctions prises contre le Mali.

2012 (10 avril ) : la Cour constitutionnelle du Mali constate officiellement la vacance de la présidence, annonce que Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale, assure l’intérim du président de la République et précise que « le scrutin en vue de l’élection du nouveau président de la République doit être organisé 21 jours au moins et 40 jours au plus à compter de la notification du présent arrêt ».

2012 (12 avril) : Investiture de Dioncounda Traoré comme président de la République par intérim

2012 (25 avril), Cheick Modibo Diarra forme un gouvernement de transition, réduit à 24 membres, composé surtout de techniciens et de militaires, avec notamment pour mission difficile de ramener la paix dans le nord du pays occupé par des groupes armés.

2012 (20 mai) : un accord est conclu à Bamako entre les putschistes, les autorités intérimaires et la Cédéao qui fixe la durée la période de transition à 12 mois. 2012 Décembre : le chef de la junte le capitaine Sanogo exige la démission de Cheick Modibo Diarra. Suite à cette « démission », Dioncounda Traoré nomme Diango Cissoko au poste de Premier ministre.

<strong>A suivre… </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>«Le Mali sous Moussa Traoré» : Le général a foulé au pied son serment d&amp;apos;officier en se maintenant au pouvoir durant 23 ans</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mali-moussa-traore-general-a-foule-pied-serment-dofficier-se-pouvoir-durant-23-ans-1560382.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mali-moussa-traore-general-a-foule-pied-serment-dofficier-se-pouvoir-durant-23-ans-1560382.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 02 May 2016 00:10:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Les auteurs du livre: «<em>Le Mali sous Moussa Traoré</em>» ne nous apprennent sur leur mentor Moussa Traoré. En 1968, quand Moussa Traoré et ses amis du Comité militaire de libération nationale (CMLN) ont perpétré leur coup d'Etat, ils n'avaient consulté personne.</strong>

Retournons en arrière pour voir l'éditorial consacré par le journal «<strong>L'Essor», N°5509 du vendredi 22 novembre 1968</strong>: le mardi 19 novembre 1968, le communiqué officiel du Comité militaire de libération nationale, présidé par le lieutenant Moussa Traoré, annonçait que "<strong>l'heure de la liberté a sonné au Mali".</strong>

Cet éditorial parlait de "<em>misère exécrable que nous avons héritée de l'ancien régime, la preuve manifeste de la défaillance de l'équipe de Modibo Keïta, qui s'est tout simplement contentée de se hisser au pouvoir en menant la "<strong>dolce vita</strong>" en marge d'une société qui attendait des sauveurs</em>".

Le même éditorial disait que : "... <strong>le niveau de vie du peuple avait considérablement baissé par le fait d'une mauvaise gestion de l'économie nationale qui a donné naissance au déséquilibre de la balance de paiement</strong>".

Les auteurs du coup d'Etat de novembre 1968 reprochaient à l'équipe du président Modibo Keïta de ne rien réaliser. C'est le président Modibo Keïta et son équipe qui avaient créé l'armée malienne. Moussa Traoré était où? Les auteurs du livre oublient la création du bagne de Taoudeni en 1969, la suite  donnée à la lettre des détenus politiques d'Intadenit au Comité militaire (1<sup>er</sup> janvier 1973). La mort de Monsieur David Coulibaly, mort sans soins véritables. La détention illégale des membres de l'US-RDA et des membres de son gouvernement. Moussa Traoré et son CMLN avaient taxé le régime du président Modibo Keïta de corrompu. Et pourtant, ils n'ont jamais présenté personne parmi eux devant une juridiction pour répondre de leurs actes.

Les auteurs du livre «<strong>Le Mali sous Moussa Traoré</strong>», que pour comprendre Moussa Traoré, il faut lire sa déclaration de 1979: "<strong>Si je me sens soutenu par la jeunesse, il ne resterait que Moussa seul à la barre" </strong><em>(</em>déclaration faite devant la délégation conduite par le ministre de la Jeunesse et des Sports, le professeur Alpha Oumar Konaré et de l'Union nationale des jeunes du Mali). Cette déclaration de Moussa Traoré explique toutes les liquidations de ses amis du CMLN à savoir le capitaine Yoro Diakité, Tiécoro Bagayoko, Kissima Doukara, Karim Dembélé et autres.

En fait, l'explication de cette déclaration se trouve dans la déclaration du général Moussa Traoré faite devant les militaires dans les camps après les événements du 28 février 1978. Ce jour, Moussa Traoré avait dit devant les militaires<strong>: "un proverbe a dit que si tu ne veux pas avoir un enfant, tu ne peux pas empêcher  ta coépouse qui désire d'en avoir</strong>". Il voulait rester au pouvoir après 1978 et pour cela, il a créé son parti l'UDPM. Quand ses amis du CMLN dont Kissima et Tiécoro l'avaient rappelé, il a créé l'amalgame. Il avait son complice Youssouf Traoré. C'est lui qui s'était occupé de la région de Gao dont Tombouctou faisait partie. C'est lui qui était chargé de l'explication du programme du CMLN après juin 1979. C'est lui qui avait présenté le bilan du CMLN. Bilan de la médiocrité. La montagne a accouché d'une souris : le retard des salaires, la liquidation des sociétés et entreprises d'Etat. Personne n'a ni enfant ni femme.

Lisez l'interview de son ami Joseph Mara dans <strong>«Le Républicain</strong>» en 1993. Un homme qui n'a rien à donner à sa famille, n'a pas de leçons à donner à cette famille. Les mêmes officiers qui avaient dit qu'ils vont retourner dans les casernes, ce sont eux- mêmes qui sont à l'œuvre de la création d'un parti politique. Le colonel Joseph Mara l'avait dit dans le journal «<strong>Le Républicain »: "Moussa nous a tous trompés</strong>...".

Youssouf Traoré avait annoncé à la place de l'Indépendance de Tombouctou à l'été 1977 ceci: "<strong>le 30 juin 1979, le Comité militaire de libération nationale disparaitra complètement sous sa forme actuelle et que militaires et civils feront de la politique</strong>". Demandez au professeur Ali  Nouhou Diallo sur le passage de Youssouf Traoré à Gao à cette époque. Il en sait quelque chose car il était le directeur de l'hôpital de Gao à l'époque.

Quand Moussa Traoré a piétiné son serment d'officier qui disait ceci: "<strong>le Comité militaire de libération nationale a donné le serment solennel du retour de l'armée dans les casernes dès que les conditions d'une véritables démocratie seront remplies</strong>". Il avait dit au journal "<strong>Demain l'Afrique</strong>" crée par l'ancien journaliste de «<strong>Jeune Afrique</strong>» Claude Bernetelle en 1978 qu'"<strong>il n'a jamais dit qu'ils iront dans les casernes car les militaires sont des citoyens en uniforme".</strong> C'est ce grand mensonge qui lui a été fatal en mars 1991. Il ne s'était pas créé une situation de sortie du pouvoir car il l'aimait beaucoup.

Les membres du CMLN ont donné le serment de ne pas monter en grades pendant toute leur période de transition. Ce serment a été violé en 1971 en portant au grade de colonel, le lieutenant Moussa Traoré. Ce jour, seul le capitaine Yoro Diakité avait dit pourquoi et les explications ont été apportées par l'ami de Moussa Traoré qu'il avait envoyé à Taoudéni, le lieutenant Joseph, devenu colonel.

Les auteurs du livre avaient oublié le transfert du procès économique contre Kissima et son groupe en 1979 à Tombouctou. Pourquoi Moussa Traoré avait transféré ce procès à Tombouctou? La question est posée aux auteurs du livre: <strong>«Le Mali sous Moussa Traoré».</strong> Sur l'arrestation du capitaine Yoro Diakité, le colonel Mara a été très clair: "<strong>Pour les Yoro, je pense que c'était une machination parce qu'il y avait un problème de bicéphalisme à l'époque au niveau du Comité. On avait relevé Yoro de la présidence du gouvernement. On a essayé de faire comprendre qu'il voulait intenter un coup d'Etat. Mais je pense qu'en réalité, il commençait à être gênant</strong>". (<em>Le Républicain, N°21 du 3 février 1993).</em>

Aux auteurs du livre, <strong>«Le Mali sous Moussa Traoré</strong>», votre mentor ne peut être démocrate car en 1968, il avait braqué les armes sur le peuple pour prendre le pouvoir. C'est le même Moussa Traoré qui s'était identifié à Allah qui est le seul détenteur du Paradis et de l'Enfer. Il avait promis une couronne d'enfer sur la tête des  Bamakois. La plupart des auteurs du livre sont des enseignants et Moussa Traoré avait dit en 1985-86 lors de sa guerre contre Thomas Sankara du Burkina Faso<strong>, "qu'il va mettre les enseignants dans un mortier et les piler".</strong>

Les premiers ennemis du CMLN étaient les enseignants. Quand il disait qu'il n'accepte pas qu'un élève touche un seul cheveu d'un enseignant, c'est du bluff. La première des choses à donner aux enseignants, c'est leur droit légitime: leurs salaires à échéance. Les enseignants étaient chassés des maisons en location à Koutiala et ailleurs car ils n'avaient pas à tirer "<strong>la queue du diab</strong>le". Ils ne faisaient pas partie des agents de la répression.

L'école sous Moussa Traoré n'était rien que l'élan que le président Modibo Keïta et son équipe lui avaient donné en 1962 avec la reforme. Cet élan est comparable au soldat qui voulait sauver son capitaine en danger de mort pendant la guerre du Vietnam. Ce soldat courait pour défendre son capitaine. En courant vers son capitaine, il a été fauché par une balle et il avait perdu sa tête. Il avait couru sans tête et il avait dépassé son capitaine de 100 m pour tomber et mourir.

Pendant tout le règne du CMLN-UDPM, aucune école supérieure n'a été créée à plus forte raison une université. C'est sous Moussa Traoré que son syndicat qui roulait sous sa botte, nous avons nommé le SNEC avait comploté pour arrêter et déporter dans le nord (Gao) des militants de la division III du SNEC qui discutaient avec Youssouf Traoré sur la situation des primes de correction des examens. Le seul enseignant de Gao qui avait refusé de surveiller et corriger le bac 1980, M. Y. O. a été arbitrairement muté à Kayes. Le SNEC a été vidé de son essence après l'arrestation de sa crème en 1971.

Bandjougou Bidja Doucouré dont les auteurs parlent et qui a été ministre des Sociétés et Entreprises d'Etat, avant lui, Moussa Traoré avait nommé des ministres à la tête de ses sociétés. C'est la gestion du CMLN qui avait fait tomber ces sociétés d'Etat. Nous voyons bien à l'époque le festin des membres du CMLN et Moussa Traoré ne disait rien. Il était bien informé.

Mais, c'est son pouvoir personnel qui l'intéressait et il attend. C'était là les événements du 28 février 1978. Quand il parlait de ce que ses amis avaient réalisé à Koutiala et des exactions de Tiécoro Bagayoko et des biens de Kissima Doukara, il en sait bien quelque chose. Bandjougou B. Doucouré est vivant même s'il est vieux maintenant. C'était un enseignant de formation qui a passé par le journalisme. Il était syndicaliste et il avait ironisé les enseignants. Il a été suspendu à vie du syndicat.

Aux auteurs du livre, <strong>«Le Mali sous Moussa Traoré</strong>» est une période sombre de l'histoire du Mali. Moussa Traoré, même son ami personnel Youssouf Traoré, son camarade de promotion, en tant que sous-officier et à l'école militaire de Fréjus (France), avait un moment de sa vie <strong>"honte de son amitié avec Moussa Traoré</strong>" (voir le journal «<strong>Le Miroir</strong>», 18/08/1993).

Après les événements du 19 novembre 1968, c'est la citation du président Modibo Keïta qui était d'actualité: "<strong>Quand le propriétaire regarde en spectateur, c'est le festival des brigands</strong>".

Les sociétés et entreprises d'Etat sont tombées car elles sont devenues les tanières des lions du CMLN -UDPM. Aux auteurs du livre, «<strong>Le Mali sous Moussa Traoré</strong>», un lion ne peut jamais être un démocrate. Le lion, le tigre, la panthère appartiennent au même genre: le genre <em>Panthera</em>. Le logo de l'UDPM est le lion débout et Moussa Traoré même est surnommé wara (le lion) par son griot. Quand il avait voulu s'en prendre à un politicien de l'UDPM de Gao qui était devenu son député après, son griot lui disait <strong>"le lion ne mange pas le mouton, mais la vache</strong>". C'est comme ça que le griot avait pu tirer ce politicien des griffes du lion.

En 1990, il avait dit aux Bamakois que si quelqu'un touche à un seul membre de sa belle famille, il va porter sa tenue de général pour descendre. Ah! Messieurs les auteurs du livre, «<strong>Le Mali sous Moussa Traoré</strong>», vous avez oublié que votre mentor a tué même ceux qu'il avait consultés pour perpétrer le coup d'Etat du 19 novembre 1968. Ils sont les premiers à accrocher une ardoise au cou de ceux qu'ils voulaient humilier. Malheureusement, ils ont eu l'ardoise au cou avant de mourir. Pouvez-vous nous dire ce que le président Modibo Keïta et son équipe avait détourné des biens du peuple malien?

Nous verrons la suite, incha Allah !

<strong>Yacouba ALIOU</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Histoire du Mali sous la 2e république :  Les amis du général Moussa Traoré se contredisent</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 29 Apr 2016 00:08:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Indicateur du Renouveau</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<div></div>
<h4>Dans un droit de réponse déposé à notre rédaction, l’ex-ministre Mahamar Oumar Maiga apporte « sa part de vérité » dans la polémique née de la publication du livre sur le règne du général Moussa Traoré.  Il conteste le récit des anciens animateurs <strong>des partisans de l’ancien président Moussa Traoré (1968-1991), en l’occurrence les auteurs de l’ouvrage « Le Mali sous Moussa Traoré »</strong>  en s’inscrivant «  en faux » contre certaines affirmations dans  une tribune publiée par ceux-ci dans notre journal sous le titre « Petite contribution à la Non falsification de l’histoire » en réponse au Collectif des démocrates <strong>« Non à la falsification de l’histoire ». Une sortie de M Maiga qui porte un sérieux coup aux amis de GMT. Lisez-plutôt !</strong></h4>
<strong> </strong>

Monsieur le Directeur de l’Indicateur du Renouveau, Présentement hors du Mali, j'ai pris connaissance , à travers Maliweb , de votre livraison du 26 avril 2016.L'article " Tribune . Les amis de GMT répliquent: Petite Contribution à la Non falsification de l'histoire " a retenu mon attention.

Dans cet article les auteurs disent au paragraphe18 (hors sous- titres) : "Le ministre des Finances, de juin 1992 à février 1994, a affirmé à la télévision malienne en 1993 qu'il fallait attendre3 à 4 ans pour que l'économie retrouve son état de fin 1990".

La période visée a connu deux  ministres, Mahamar Oumar Maiga, votre serviteur, de juin 1992 à novembre 1993 et Soumeila Cissé à partir de novembre 1993, le remaniement du gouvernement ayant eu lieu le 11 novembre.

Lequel de ces ministres a dit ce que les auteurs de l'article rapportent?
Pour ma part je m'inscris en faux contre l'affirmation de l'article, affirmation dont la confusion  volontairement entretenue  au sujet du ministre qui en serait l'auteur, montre toute la fragilité  voire la pure et simple invention.

Par  ailleurs vivant hors du Mali en 1990, je n'ai pas souvenance que la situation économique pendant ait été rapportée comme une référence, ni par les médias auxquelles j'avais accès ni par les papiers économiques produits par les institutions de développement. Enfin au cours de la préparation du document relatif à l'aide du FMI en juin 1992 aucune mention n'a été faite de cette " faste" période à laquelle l'économie malienne devrait revenir.

Voilà, Monsieur le Directeur, ma part de vérité concernant cette partie de la " petite Contribution à la  Non falsification" des amis de GMT.

Je vous serai gré de porter cette clarification à la connaissance de qui de droit et d'accepter mes  meilleures salutations.
<strong>Mahamar Oumar Maiga.</strong><strong> </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Constitution du 25 février 1992 : Le réquisitoire de Manassa Danioko</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/constitution-25-fevrier-1992-requisitoire-de-manassa-danioko-1554572.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 28 Apr 2016 00:25:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<div></div>
<strong>Les 26 et 27 avril derniers, le Centre international de conférence de Bamako a abrité le colloque international sur le thème : « Rôle des juridictions constitutionnelles dans la consolidation de l’Etat de droit ». Organisé par la Cour constitutionnelle du Mali en rapport avec l’Université des Sciences juridiques et politiques de Bamako, le colloque revêt une importance capitale dans la vie démocratique des pays africains dans la mesure où il a permis de débattre des problèmes fondamentaux des Cours ou Conseils qui ont pour mission essentielle de veiller au respect de la loi fondamentale dans chaque pays tout en garantissant la suprématie de celle-ci. L’ouverture était présidée par le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéïta.</strong>

&nbsp;

Le Professeur Gérard Niyungeko, ancien président de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, a certes séduit plus d’un dans sa présentation de la « Leçon inaugurale ». Mais, c’est surtout l’intervention de Madame Manassa Danioko qui a fondamentalement retenu l’attention des participants et invités à la cérémonie d’ouverture. Dans un véritable réquisitoire, la présidente de la Cour constitutionnelle du Mali a égrené moult insuffisances de la Constitution du 25 février 1992, avant de proposer sa relecture. Extrait :

« Ce colloque intervient dans une perspective de relecture de la constitution de la République du Mali adoptée en 1992 dans un contexte de crise politique. En effet, eu égard aux conditions périlleuses du 26 mars 1991, le Mali a dans sa constitution opté pour la démocratie et le respect des droits de l’homme pour que le multipartisme soit non seulement un principe à valeur constitutionnelle mais aussi qu’il soit non révisable comme forme républicaine de l’Etat. Par la suite, cette constitution n’a pas manqué de révéler certaines insuffisances durant ces vingt dernières années d’où la nécessité de la relire. A l’évidence, un tel exercice devrait affecter toutes les institutions de la République y compris la cour constitutionnelle qui, du reste, est l’innovation majeure de la 3<sup>ème</sup> République justifiée par la volonté du constituant de 1992 de mettre notre pays à l’abri des dérives totalitaires.

Créée depuis 1961 par la loi n<sup>o</sup> 61-56 / AN-RM du 15 mai 1961 portant organisation de la Cour d’Etat qui assurait les fonctions de cour suprême, la section constitutionnelle de cette cour disposait en son article 34 « La section constitutionnelle se saisit d’office de toute violation constitutionnelle, dont elle ne serait pas saisie  dans les délais réglementaires, soit par le Président du gouvernement, soit par le Président de l’Assemblée Nationale ».

La constitution du 2 juin 1974 a maintenu la section constitutionnelle de la cour suprême sans faire allusion à l’article 34 de la loi n<sup>o</sup> 61-56 précitée.

L’acte fondamental n<sup>o</sup> 01 du CTSP tout en affirmant dans son préambule la volonté de bâtir un Etat de droit et de démocratie avec le respect des droits fondamentaux de l’Homme n’a parlé que du pouvoir judiciaire sans définir les institutions de l’Etat.

Enfin, la constitution de 1992 a créé la cour constitutionnelle en lui attribuant certaines compétences. Elle n’a pas le pouvoir de s’autosaisir, pourtant, elle est « juge de la constitutionnalité des lois », garante des « droits fondamentaux de la personne humaine » et « organe régulateur du fonctionnement des institutions  et activité des pouvoirs publics ».

En plus, la constitution malienne du 25 février 1992 ne fait allusion à aucune possibilité pour le citoyen d’en référer à  la cour constitutionnelle dans le cas où ses droits  fondamentaux seraient violés ou tout simplement ignorés soit par des lois déjà promulguées, soit à l’occasion de l’exercice de la puissance publique.

La sauvegarde des dits droits et libertés publiques, affirmées par le constituant malien et dont la cour  constitutionnelle a pour mission de garantir, ne peut être effective en l’état des dispositions organisant la saisine de celle-ci.

L’évolution actuelle des constitutions dans les différents pays africains en rapport avec les exigences du temps notamment la prochaine relecture de la constitution de 1992 d’une part et l’application de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger d’autre part motivent cette rencontre.

Gardienne de la légalité républicaine, à travers la mise en œuvre du contrôle de constitutionnalité des lois avant leur promulgation et garante de la régularité de l’élection du président de la République, de celle des députés et des consultations référendaires dont elle proclame les résultats, des libertés fondamentales, ainsi que du fonctionnement régulier des institutions et de l’activité des pouvoirs publics ; à ce effet, la cour constitutionnelle se trouve investie d’une véritable mission de protection, de sauvegarde et de consolidation de la démocratie et de l’autorité de l’Etat. Ses décisions sont sans recours et s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles et à toutes les personnes physiques et morales. Un texte déclaré non conforme à la constitution ne peut être promulgué. Ces missions qui doivent être préservées et renforcées au besoin dans le cadre de la relecture envisagée de la constitution, seront développées tout au long  de ce colloque à travers le thème central et le sous-thème y afférents par des professeurs émérites que j’ai déjà cités.

Nous attendons de ce colloque une analyse objective, scientifique, du rôle de la juridiction constitutionnelle et à la suite le renforcement de son rôle dans le fonctionnement de la démocratie dès l’instant que nous voulons une démocratie par le droit et la légalité comme règle de fonctionnement.

Les crises internationales bouleverse les valeurs et repère, il appartient aux cours et conseils constitutionnels de faire émerger le respect pour tous des règles droits, en traitant au mieux les besoins juridiques de nos peuples et de nos Etat. Nos cours et conseils constitutionnels, accompagnés par l’organisation des Nations-Unies et les institutions internationales qui lui sont rattachées, peuvent j’en suis sûr contribuer à des évolutions qui sont déterminantes pour la paix dans le monde, pour la coopération et le développement, pour le progrès du mieux-être et du mieux vivre de tous.

La cour constitutionnelle du Mali n’a que 22 ans. Elle s’impose de contribuer efficacement au renforcement de système institutionnel et démocratique, à reproduire l’effectivité de l’état de droit qui était dans la charte de Kurukanfuga depuis l’an 1236.

Elle souhaite qu’à la faveur de la révision constitutionnelle envisagée par le gouvernement, récupérer toutes ses compétences à l’instar des autres cours et conseils de la sous-région ».

<strong>Sékou Tamboura</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables :    Feu Tiéoulé Mamadou Konaté Président du BDIA novembre 1994</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-feu-tieoule-mamadou-konate-president-bdia-novembre-1994-2-1551672.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 26 Apr 2016 11:51:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[« <em>Je dis qu’il faut rapatrier le dossier des régions du nord-Mali, entreprendre des démarches pour ouvrir le débat au Mali, entre Maliens concernés. </em>

<em>C’est ça l’approche du BDIA. </em>

<em>Mais avant cela, il ne faudrait rien négliger sur le plan de la sécurité, pour que les populations puissent être à l’abri d’attaques, d’assassinats. </em>

<em>Notre gouvernement doit redoubler l’effort pour convaincre les rebelles que la paix est possible dans l’honneur et la négociation. </em>

<em>Mais, il doit être clair que cela n’est compatible, ni avec la surenchère, ni avec les pressions internationales, encore moins, avec les attentats terroristes ».</em>

&nbsp;
<h2>Zeïdane Ag Sidalamin Conseiller technique Commissariat au Nord 1993</h2>
« <em>Le pacte National, conclu le 11 avril 1992 à Bamako, est un acte de réconciliation nationale au service de la sécurité, du développement et de la démocratie. Il constitue un symbole et une expérience. Expérience, car ce pacte constitue un bel héritage à léguer aux générations futures</em> ».
<h3></h3>
<h3>Younouss Hameye Dicko secrétaire général de l’UDD novembre 1994</h3>
« <em>Nous ne pouvons pas comprendre que, parce que, on est rebelle, parce que, on est gouvernement, dans le dossier du nord, seuls ces deux parlent au nom des populations, gèrent la situation dans le nord, alors que les véritables populations dans le nord n’ont jamais participé à la gestion du dossier ».</em>
<h3></h3>
<h3>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Mars 1996)</h3>
"L<em>a grosse erreur a été de faire croire que la démocratie peut tout régler comme par un coup de baguette magique. Une démocratie se bâtit lentement avec des hommes et des femmes qui y adhèrent et auxquels, il faut donner toutes les explications qui s’imposent."</em>

<strong> </strong>

<strong>Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</strong>

<em>« Nous avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement ». </em>

<em> </em>
<h2>Djiguiba Kéïta dit PPR, PARENA : 2001</h2>
<em>« Le Mali nouveau, ce n’est pas le MPR qui peut le bâtir, c’est nous, c’est-à-dire les autres, ceux qui ont combattu le système dont le MPR se réclame ».</em>

Feu Me Demba Diallo

« Aujourd’hui, Moussa Traoré peut se targuer d’avoir été trop bien traité par rapport à ce qu’il a réservé à ses adversaires et même à ses amis, morts dans les conditions que l’on sait à Taoudénit ».

<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </strong>

<em>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</em>

<em> </em>
<h2>Ibrahim Traoré, Directeur de Publication Le Républicain Mai 1999</h2>
<em>« Qu’on l’aime, qu’on le haïsse, importe peu. Le Président Alpha Oumar Konaré, au cours de son mandat, a fait preuve d’une humilité déconcertante et d’un sens de l’Etat dont on trouverait difficilement la réplique ailleurs sur le continent ».</em>

&nbsp;
<h3>Tiébilé Dramé, Secrétaire Général du Parena (Mars 1996)</h3>
<em>"Quand on a été torturé ensemble, quand on </em>a partagé les mêmes cellules de <em>détention, qu’on a</em>it<em> fait partie des mêmes convois de déportation, d’exil intérieur, il est normal qu’on soit du même côté."</em>

<strong> </strong>

<strong>Rassemblées par</strong>

<strong>boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Rétrospective : Quelques grandes dates du Mali contemporain (1ère partie) République soudanaise, 24 novembre 1958 au 21 septembre 1960</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-quelques-grandes-dates-mali-contemporain-1ere-partie-republique-soudanaise-24-novembre-1958-21-septembre-1960-1549922.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-quelques-grandes-dates-mali-contemporain-1ere-partie-republique-soudanaise-24-novembre-1958-21-septembre-1960-1549922.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/01/drapeau-malien.png" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Mon, 25 Apr 2016 12:48:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[En 1958, Modibo Keïta fut élu président de l'Assemblée constituante de la Fédération du Mali qui regroupait le Soudan français, le Sénégal, la Haute-Volta et le Dahomey. Le 20 juin 1960,  l’indépendance de la Fédération du Mali qui regroupait le Sénégal et le Soudan Français fut proclamée. Le 20 juillet 1960, Modibo Keïta a été nommé chef du gouvernement de la Fédération du Mali. Le 20 août 1960, le Sénégal se retira de la Fédération. Le 22 septembre 1960, l’indépendance du Soudan français qui devient la république du Mali fut  proclamée. Modibo Keïta devint son président

<strong>La première République </strong>

Le 20 janvier 1961,  Modibo Keïta, rencontrant l’ensemble du corps diplomatique, annonça sa décision de demander à la France d’évacuer ses bases militaires à Bamako, Kati, Gao et Tessalit. L’occupation de ces bases militaires par l’armée française résultait d’un accord passé entre la France et la Fédération du Mali. Le nouveau président malien avait alors  considéré que ces accords étaient caducs après la dislocation de la Fédération. Le 30 juin 1962, le franc malien a été  créé. Plusieurs opposants, dont Fily Dabo Sissoko ont été  emprisonnés après la manifestation d’hostilité contre la nouvelle monnaie.  De  1962 à 1964, c’est l’éclatement de la première rébellion touarègue. Le 13 mai 1964, Modibo Keïta est réélu président de la République. Le 2 mars 1966, une loi fixant le code municipal en République du Mali accorda à toutes les communes un statut commun. En 1967,  Modibo Keïta suspend  la Constitution et créa  le Comité national de défense de la Révolution (CNDR).

<strong>La dictature de Moussa Traoré  </strong>

Le 19 novembre 1968, le Lieutenant  Moussa Traoré organisa un coup d’État et renversa Modibo Keïta. Le 22 novembre 1968, le capitaine Yoro Diakité fut  nommé à la tête d’un gouvernement provisoire. Le 6 décembre 1968, la Constitution fut abrogée et remplacée par une loi fondamentale. Le 19 septembre 1969, Moussa Traoré remplaça Yoro Diakité à la présidence du gouvernement. Dans les années 1972-1973 une sécheresse importante s’abattit  sur le Mali. Le 2 juin 1974, Moussa Traoré fit adopter une Constitution qui créa la seconde République. En 1974-1975,  ce fut le  premier conflit frontalier avec la Haute-Volta appelé  guerre de la Bande d'Agacher. Le 19 novembre 1976, le parti unique « Union démocratique du peuple malien » (UDPM) fut créé. Le 16 mai 1977, mort suspecte en détention de l’ancien président Modibo Keïta. Le 12 juillet 1977, Bamako fut érigé en  district, une  collectivité décentralisée régie par un statut particulier et composé de six communes. En  Mars 1980 des manifestations étudiantes sont réprimées et  le 17 mars de la même année, leur chef Abdoul Karim Camara dit « Cabral » décéda sous la torture. Le 9 juin 1985, Moussa Traoré fut réélu président. En décembre 1985, reprise du  conflit frontalier avec le Burkina Faso. Du 28 au 31 mars 1987, Moussa Traoré a été  reconduit dans ses fonctions de secrétaire général de l’UDPM au cours du deuxième congrès. Le 27 juin  1990, le Mouvement populaire de l'Azawad de Iyad Ag Ghali attaque un poste de gendarmerie à Ménaka. Le 18 octobre 1990 création du Congrès national d’initiative démocratique (CNID). Le 25 octobre 1990,  de l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA) fut crée qui deviendra, par la suite, l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA/PASJ) le 25 mai 1991. En octobre 1990, l'Association des élèves et étudiants du Mali a été créée. Le 6 janvier 1991, les accords de Tamanrasset ont été signés  entre le gouvernement malien et les mouvements de la rébellion touareg. Le 22 mars 1991, première grande  manifestation des opposants à Moussa Traoré réprimées dans le sang. Le 26 mars 1991, un coup d’État militaire renversa le général  Moussa Traoré. Un Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) fut mis en place avec à sa tête le Lieutenant  colonel Amadou Toumani Touré.

A suivre…

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<strong> youssouf@journalinfosept.com</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>26 mars : histoire d’une révolution piégée</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 20 Apr 2016 22:22:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>Canard Déchainé</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Si la date du 26 mars 1991 est entrée dans l’histoire politique du Mali comme celle de la fin du système de parti unique et de l’avènement d’une démocratie pluraliste, à l’exception notoire d’ATT qui a su tirer les marrons du feu, très peu d’acteurs figureront sur les tablettes. Pourtant, il s’agit bien de l’aboutissement d’une très longue lutte estudiantine et syndicale qui est allée crescendo depuis la chute de Modibo Kéita.

Aujourd’hui, les prétentions sont nombreuses mais un diagnostic sans complaisance suffirait pour établir que loin d’avoir été le point de départ de la renaissance souhaitée, mars 1991 n’aura finalement été que l’amorce des difficultés actuelles du pays. Retour sur une saga sanglante.

&nbsp;

<strong>LES PRETENTIONS ET LES FAITS</strong>

&nbsp;

Dans le Mali du mouvement démocratique, il y avait deux catégories d’acteurs : les uns avaient choisi la clandestinité et attisaient le feu à leur manière pendant que les autres, au cœur de la bourrasque offraient leur poitrine. S’il est vrai que le héros se caractérise par le courage, la prise de risque et l’esprit de sacrifice, tout le monde ne sera pas logé à la même enseigne, certains « braves » n’ayant été aperçus qu’une fois l’orage passé. En réalité, les évènements de mars 1991 ont souffert d’une tare devenue le péché originel du mouvement démocratique : l’absence d’un leader charismatique porteur d’un projet ayant inspiré le mouvement. Mettre fin au régime en place était le seul point de ralliement de tous, si bien qu’à l’arrivée chacun a revendiqué la paternité de la chute, sans pouvoir dire en quoi son rôle a été plus déterminant que celui des autres. Le peuple qui a commencé la lutte a été pris de court sur la ligne d’arrivée par des militaires sortis des rangs d’une armée pourtant jusque-là dévouée au Général-Président. Ils constitueront l’aile militaire du mouvement démocratique et finiront par en prendre le contrôle. Pour le peuple en lutte qui comptait et pleurait ses morts, ce fut une symphonie d’autant plus inachevée que les putschistes étaient des proches et des protégés du président déchu. La crise avait mis face à face deux camps dont chacun prétendait agir au nom du peuple malien. D’un côté le Général Moussa Traoré, président de la république et de l’UDPM. De l’autre, une fronde persistante conduite par les étudiants de l’AEEM, mais aussi par l’UNTM, l’AMDH et le Barreau malien qui constituaient le noyau dur de la résistance. La trame de l’histoire est simple : des frustrations accumulées sur fond de corruption, une révolte populaire qui débouche sur un désir de changement. Le vent de la Baule qui souffle sur l’Afrique politique de 1990 sera fatal à l’UDPM et à son président qui est finalement écarté par un justicier sorti de l’ombre. Lorsque les acteurs du mouvement démocratique se montrent incapables de désigner une personnalité civile consensuelle pour conduire la transition politique, celle-ci échoira tout naturellement à ATT. C’est à ce moment qu’apparaît la première faille qui va hypothéquer l’avenir de la lutte politique car, ATT ne boude pas son plaisir et transforme l’essai à son profit. Il réussira tour à tour la réhabilitation et la remise en selle de l’armée culpabilisée par les tueries, l’organisation de la Conférence nationale, l’élaboration de la constitution de février 1992, l’élection présidentielle de juin 1992 et le passage du témoin au président élu, avant de recevoir l’hommage de la nation et les félicitations de la communauté internationale. Grâce à son  flair et son habileté, ATT qui n’aurait pu être qu’un figurant de charme va devenir l’acteur principal d’un mouvement qu’il n’avait pas inspiré. Devenu « l’homme du 26 mars », son ombre imposante planera sur la scène politique vingt et un ans durant.

&nbsp;

BILAN ET PERSPECTIVES

&nbsp;

La lutte du mouvement démocratique a longtemps porté la promesse de l’ouverture politique, de l’ancrage démocratique, de la bonne gouvernance économique et d’une vie sociale épanouie pour les Maliens. « Kokadjè », disait-on. Vingt ans après, on s’est rendu compte que les fruits avaient trahi la promesse des fleurs. Ce qui est arrivé le 22 mars 2012 mettra à nu l’incurie et la faiblesse d’un système fondé sur le clientélisme et la corruption à grande échelle. En cause, la faiblesse du leadership parce que pendant les 23 ans de règne du CMLN puis de l’UDPM, le Mali a connu des contestataires célèbres dans le milieu scolaire et celui de l’intelligentsia dont beaucoup visiteront les geôles de Kidal et Taoudéni, mais aucun d’eux n’était apparu comme une alternative possible au régime en place. En vérité, l’acceptation de l’ouverture politique représentait moins de menace pour Moussa Traoré que son intransigeance à la refuser. L’organisation d’une élection ouverte en 1990 lui aurait permis avec l’UDPM qui était la seule force politique organisée, de garder la main.

En dépit des échecs, il reste tout de même l’esprit du 26 mars. Un esprit qui, malheureusement n’a pu être honoré entre 1992 et 2012, période au cours de laquelle les mouvements rebelles ont pris du poil de la bête face à une armée politisée et déconnectée des questions sécuritaires. La déclaration d’Oumar Mariko résume assez bien la situation lorsqu’il dit : « le mouvement  démocratique est mort au pouvoir ». Celle du Pr Kanouté est tout aussi saignante « Le 26 mars a accouché d’un monstre ». Et le monstre a été si fertile que ses enfants sont parvenus à mettre sous scellé une bonne partie du nord du pays, avant d’inspirer la soldatesque le 22 mars 2012. Ceux qui ont galvaudé et tué le mouvement démocratique, à défaut d’assumer publiquement leur faute, se reconnaîtront très facilement. Ils ont berné le peuple en ne cherchant qu’à devenir Calife à la place du Calife et ils ont fini par être pires que le mal qu’ils prétendaient combattre. Entre 1992 et 2012, combien de cadres maliens de valeur ont été brimés et mis à la touche pour défaut de militantisme ou refus de couvrir une entreprise criminelle? Combien d’incompétents et d’intrigants ont été promus pour militantisme avéré pendant la même période? Qui peut évaluer l’impact de cette politique pire que l’apartheid sur l’économie et la société ? Les responsables du mouvement démocratique qui auront un jour le courage d’ouvrir ce débat, mériteront  peut-être le pardon du peuple malien. Les autres pourront continuer à claironner sans réveiller un chat qui dort dans ce Mali qui les a vus à l’œuvre, avant de plébisciter IBK.

L’histoire dira un jour si le peuple a eu raison de faire confiance à IBK dont le choix a été dicté par la reconnaissance du mérite au regard de son parcours politique. C’est le sens des attentes et de tout le poids qui pèse sur ses épaules.

&nbsp;

Mahamadou CAMARA Email : <a href="mailto:camara.mc.camara@gmail.com">camara.mc.camara@gmail.com</a>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Propos mémorables :  Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 19 Apr 2016 01:35:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>« Nous avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement ». </em>

&nbsp;

<strong>Adam Thiam, chroniquer  journal Le Républicain 1999 </strong>

<em>« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et que, quelque grande que soit la distance jusqu’au paradis, la descente aux enfers du pays est bien finie ».</em>

&nbsp;

<strong>Bakary Karembé, ancien Secrétaire général de l’UNTM (Mai 2000)</strong>

<em>« Moussa Traoré avait presque accepté de démettre le gouvernement, proposant en sourdine des portefeuilles aux plus affamés d’entre nous. Histoire d’aiguiser l’appétit ! Nous avons dit « non » sachant bien que certains étaient bien tentés ».</em>
<h2>Djiguiba Kéïta dit PPR, PARENA : 2001</h2>
<em>« Le Mali nouveau, ce n’est pas le MPR qui peut le bâtir, c’est nous, c’est-à-dire les autres, ceux qui ont combattu le système dont le MPR se réclame ».</em>

Feu Me Demba Diallo (1998)

<em>« Aujourd’hui, Moussa Traoré peut se targuer d’avoir été trop bien traité par rapport à ce qu’il a réservé à ses adversaires et même à ses amis, morts dans les conditions que l’on sait à Taoudénit ».</em>
<h1><strong> </strong></h1>
<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </strong>

<em>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</em>

<em> </em>

<strong>Choguel Maïga, Secrétaire général du MPR (Avril 2000)</strong>

« Les témoignages et les contributions lors des débats le 9 Avril 2000 ont présenté ATT comme un militant de longue date du Mouvement Démocratique. Dans un pays où la loyauté est élevée au rang de culte, est-ce rendre service à l’officier ATT que de le présenter systématiquement comme un opposant qui a su gagner l’admiration, la sympathie et la confiance du Président Moussa Traoré en attendant de l’abattre, le moment venu ? ».

&nbsp;

<strong><em>Général ATT Président de la République (Juin 2003)</em></strong>

<em>Quelque soit votre volonté de lutter contre la corruption, si vous avez une justice qui ne soit suit pas, vous perdez votre temps. »</em>

<strong>Sambi Touré, journaliste (Avril 2001)</strong>

<em>"Le Mali est l’un des pays qui a le plus grand nombre d’organes dans la sous-région. Mais, le problème de cette presse, c’est la qualité, pour parler de professionnalisme".</em>

<strong>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</strong>

<em>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</em>

<em> </em>

<strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Déclaration du Collectif  : «Non à la falsification de l’histoire du Mali»</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/declaration-collectif-non-a-falsification-de-lhistoire-mali-3-1538412.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 19 Apr 2016 01:11:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[En cette année du jubilé de la Grande Insurrection Populaire du 26 Mars 1991, au moment où notre pays, le Mali, est plongé dans une crise sans précédent, au moment où notre Peuple pleure encore le sacrifice de ses meilleurs fils dont les tombes toujours fraîches se referment difficilement, voilà qu’un groupe d'anciens responsables de l'UDPM sélectionnés jadis selon eux-mêmes sur la base de leurs compétence, loyauté et patriotisme, publie un livre sacrilège «Le Mali sous Moussa Traoré», à la gloire de leur mentor, le bourreau de notre Peuple.

Les auteurs de l’ouvrage contre la démocratie malienne ont la prétention d’établir la « vérité » sur la période de  l’histoire du Mali, de 1968 à 1991,  période du règne de Moussa Traoré et de ses compagnons. Mais l’amnésie collective des falsificateurs, dont le peuple malien est en droit d'attendre davantage de rigueur intellectuelle d'autant qu'ils font partie des maîtres de nos écoles et facultés, eux qui ont oublié que le même Moussa Traoré, parlant d'eux, disait, en mars 1987, dans une interview accordée à Jeune Afrique : " le parti n'existe pas. Seuls des malhonnêtes m'entourent, tous mes compagnons sont corrompus".

Non ! La provocation et la récupération de ces non repentis du régime UDPM ne passeront pas car l’Histoire et le Peuple ont déjà rendu leur verdict sans appel qui retient de Moussa Traoré :

➢ Un dictateur obscurantiste, sanguinaire et assoiffé de pouvoir, connu pour sa « couronne d’enfer » sur la tête des Maliens , ses propos obscènes concernant les dessous de pagnes des Maliennes servant de linceuls de leurs enfants qu’il jurait de tant massacrer qu’il ne se trouverait pas suffisamment de cretonne et de percale au marché pour les ensevelir ;

➢ Le Carré des Martyrs, aménagé par les combattants de la liberté dans le feu de l'action, où dorment des centaines d'innocents victimes de son courroux et pour lesquels les forces armées et de sécurité du Mali ont présenté leurs excuses et demandé Pardon au peuple malien, lors de la Conférence Nationale tenue du 29 juillet au 12 août 1991;

Sa  condamnation à mort par deux fois par la justice de son pays pour crimes de sang et crimes économiques.

Tenter, dans le contexte actuel, de délégitimer la lutte sacrée du 26 mars 1991, est tout simplement indécent et incongru.

L'exercice auquel se livre l’équipe de M. Djibril Diallo, celui-là même qui avait démissionné de son parti unique constitutionnel en 1991 au motif qu’il avait atteint son seuil d’incompétence, aussi légitime qu’il soit, devrait être empreint d’honnêteté intellectuelle, parce que la vérité historique ne doit pas être une vérité partielle et subjective. Une lecture de leur ouvrage fait croire à certains adultes et jeunes qui n'ont pas vécu cette période d'enfer, que Moussa Traoré fut un bâtisseur, un homme bon et qui n'a fait que du bien. Le livre occulte à dessein les bagnes mouroirs, les purges permanentes entre putschistes eux-mêmes. Certains des rescapés civils comme militaires se sont confiés dans des livres mémoires encore disponibles sur le marché dont ceux de :
<ul>
 	<li>Ibrahima LY : TOILE D’ARAIGNEE ;</li>
 	<li>Guédjouma SAMAKE : SUR LE CHEMIN DE L’HONNEUR ;</li>
 	<li>Samba SANGARE : DIX ANS DANS LE BAGNE MOUROIR DE TAOUDENIT</li>
 	<li>Assimi DEMBELE : TRANSFERTS DEFINITIFS;</li>
 	<li>Soungalo SAMAKE: MA VIE DE SOLDAT;</li>
 	<li>Amadou Seydou TRAORE: DU CMLN A L'UDPM, 23 ANS DE         MENSONGES</li>
</ul>
Quid des violences déshumanisantes qui ont enlevé toute dignité aux prisonniers politiques du régime militaro-fasciste de Moussa Traoré ? Comment,  parlant de Moussa Traoré, les auteurs peuvent-ils ignorer les périodes aussi sombres comme 1968, 1969, 1970, 1971, 1974, 1977, 1979, 1980 et 1991 ?

En attendant la réaction de témoins et d’acteurs des 23 ans de règne de celui qui, depuis le vendredi noir 22 mars 1991 a été surnommé «le boucher de Bamako », qui répondront aussi  par des livres, rappelons que le peuple malien n’est pas amnésique.

Quelques repères pour rappeler ce long règne sans gloire, ces 23 ans de mensonges, de vols, de crimes crapuleux:

19 Novembre 1968 : irruption sur la scène politique nationale d’un quarteron d’officiers subalternes félons avec à sa tête un certain lieutenant Moussa Traoré, pour perpétrer un coup d’État contre notre Armée et notre Peuple : arrestations, séquestrations et déportation dans le grand Nord des pionniers de l’indépendance nationale, assassinat de nombre d’entre eux dans des circonstances qui ont choqué toute conscience civilisée. Puisque les auteurs parlent de vérité, qu’ont-ils fait des « Cahiers,  Mémoires et Manuscrits » du Président Modibo Keita ?

1969 : arrestation et  condamnation de Diby Syllas Diarra et de ses 32 compagnons qui ont voulu restaurer l'honneur de l'Armée.

1971: arrestation de certains enseignants militants du SNEC et d’autres patriotes à l'issue du congrès de l'UNTM ;

1971: des étudiants arrivés de Dakar étaient arrêtés et l'étudiant Cheick Oumar Tangara bien que disposant d'un certificat médical signalant sa maladie cardiaque mourra assassiné sous la torture;

1974 : des patriotes étaient arrêtés, détenus pendant 4 ans après avoir été torturés et déportés à Taoudenit pour avoir rédige et diffusé un tract contestant le référendum du 2 juin sur la nouvelle constitution ;

1977: 16 mai assassinat du président Modibo Keita, père de l'Indépendance;

1979: une vague d'arrestations qui s'abat sur les patriotes responsables de la diffusion du tract " l'autopsie d'un congrès " ;

Le 5 janvier 1980 : dissolution de l’UNEEM par le bureau politique de l’UDPM ;

Le 8 mars 1980 : vague d'arrestations au sein de l’UNEEM ;

Le 17 mars 1980 : le comble de l’horreur avec l’assassinat d’Abdoul Karim Camara dit Cabral. Sa vieille mère et ses frères furent martyrisés jusqu'à son arrestation le 16 mars. Et le Peuple malien attend toujours de savoir exactement où se trouve la tombe du leader Cabral, torturé à mort au Camp para ;

1979-80 et 1980-81 : deux années perdues pour l’école malienne avec  la suspension des élèves et étudiants et la fermeture des établissements secondaires et supérieurs ;

26 Mars 1991 : l'insurrection populaire a bouté dehors le bourreau et ses complices : près de 300 morts et 700 blessés.

Que retenir fondamentalement du règne de 23 ans de dictature ?

<strong> Sur le plan politique</strong>

La police militaire, sans foi, ni loi, arrogante, brutale et assassine,  semait la terreur dans les milieux politiques, syndicaux, scolaires et universitaires, sportifs et économiques au service du régime de Moussa Traoré. En fait, il y avait suppression systématique de toutes les libertés démocratiques et tentative de liquidation  de la crème des cadres civils, militaires, estudiantins et syndicaux.

<strong>Sur le plan économique</strong>

Le régime de l’UDPM et de Moussa Traoré bafouait au quotidien les droits les plus élémentaires des Maliens, y compris le droit des fonctionnaires à leur salaire. Ici, qu’il suffise de rappeler les 3 à 6 mois de retard dans le paiement des salaires. C’est dans « Le Mali sous Moussa Traoré »  que furent liquidées toutes les sociétés et entreprises d’Etat par une technique de soumission au Capital en quatre (4) temps : crise, plan de redressement, privatisation, liquidation.

<strong>Sur le plan des forces armées et de sécurité</strong>

Des officiers et soldats de valeur sont liquidés, les tout premiers pour avoir résisté aux putschistes du 19 novembre. L’armée va faire les frais du bouleversement dans la chaîne de commandement, l’affairisme et le népotisme seront désormais monnaie courante dans l’armée, voire la chasse gardée de certains ténors du régime militaire.

<strong>Sur le plan de la justice</strong>

Les auteurs du livre n'en disent pas un mot. En réalité, la justice était instrumentalisée,  servant de caution légale aux emprisonnements arbitraires, aux tortures et aux assassinats.

<strong>Sur le plan de l'éducation</strong>

Les auteurs du « Le Mali sous Moussa Traoré »  ne disent pas non plus la vérité. Ils ne disent surtout pas qu’ils ont vidé la Réforme de 1962 de sa substance, après le démantèlement de ce qui constituait son soubassement idéologique et la substitution d’expériences hasardeuses, faisant du Mali un laboratoire permanent d’expérimentations de tous genres. En outre, il faut rappeler que durant tout le règne de Moussa Traoré, l’école et les enseignants sont restés l’ennemi N°1 du dictateur. Celui-ci considérait les enseignants comme des opposants à abattre. Dans ces conditions, le régime de l’UDPM n’eut d’autre politique pour l’école que de détruire, d’humilier et de clochardiser les enseignants.

<strong>Un peuple magnanimemais qui n'a pas la mémoire courte</strong>

C’est donc pour toutes les raisons ci-dessus évoquées et pour le repos paisible de nos martyrs que ce Collectif  interpelle tous les acteurs de Mars 1991 à une rétrospection profonde et rappelle à notre vaillant Peuple que Moussa Traoré est un condamné à mort par deux fois par la justice malienne. Mais qu’en dépit de ses forfaitures, il a été gracié par le président Alpha Oumar Konaré du Mouvement Démocratique. Ce dictateur est le premier et le plus grand bénéficiaire de tous les droits qu’il avait refusés au peuple à qui il doit humblement présenter des excuses pour tous les crimes commis pendant les 23 années de dictature et demander PARDON, au lieu de continuer à narguer les vivants et à souiller la mémoire des martyrs.

Cette demande de PARDON serait un grand pas décisif vers la vraie réconciliation nationale.

« Le Mali sous Moussa Traoré », ce livre provocateur est la manifestation de l’arrogance et de l’agressivité de complices non repentis d’une dictature féroce, mérite une réponse aussi  cinglante que robuste comme fut celle du peuple le 26 mars 1991 face aux forces militaires qui voulaient faire perdurer au-delà de 23 ans la dictature sanguinaire de Moussa Traoré.

Les victimes, témoins et rescapés du régime CMLN-UDPM publieront leur réponse, individuellement et/ou collectivement, sous la forme de livre(s) écrit(s) sur la base de la vérité scientifique, étayée par des preuves irréfutables.

Tout Malien, où qu’il soit, et tout ami véritable du Mali peut s’associer à cette entreprise de haute portée patriotique, morale, historique, d’utilité sociale et politique incontestable. Il sera accueilli avec joie au sein de l’équipe rédactionnelle.

Ce Collectif  répondra coup pour coup à toute falsification de notre histoire commune et est tout aussi sûr de sa victoire finale sur les forces de l’ancien régime dictatorial comme en Mars 1991.

<strong>Bamako, le 13 avril 2016</strong>

<strong>Pour le Collectif NON A LA FALSIFICATION DE L'HISTOIRE DU MALI, la signature est ouverte</strong>
<ol>
 	<li>Pr Mohamedoun Dicko</li>
 	<li>Adama Samassékou</li>
 	<li>Pr Ali Nouhoum Diallo</li>
</ol>
4 Me Amidou Diabaté
<ol start="5">
 	<li>Mme Sy Kadiatou Sow</li>
 	<li>Djiguiba Kéita dit PPR</li>
 	<li>Cheick Mamoutou Thiam</li>
 	<li>Ibrahima Kébé</li>
 	<li>Mamadou Sidibé</li>
 	<li>Ousmane Bamba</li>
 	<li>Mme Séinabou Traoré</li>
 	<li>Issaka Coulibaly</li>
 	<li>Mahamane Arbidjé</li>
 	<li>Oumar Sow</li>
 	<li>Ousmane Aly Touré</li>
 	<li>El Hadj Seydou Patrice Dembele</li>
 	<li>Mahamane Arbidjè</li>
 	<li>Nouhoum Sarr</li>
 	<li>Pérignama Sylla</li>
 	<li>Oumar Malet Diako</li>
 	<li>Maimouna Diakité</li>
 	<li>Oumar Arboncana Maiga</li>
 	<li>Nouhoum Togo</li>
 	<li>Ousmane Salia Traoré dit Parent</li>
 	<li>Nouhoum Keita</li>
 	<li>Sory Traoré</li>
</ol>
&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Déclaration du Collectif «Non à la falsification de l’histoire du Mali»</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/declaration-collectif-non-a-falsification-de-lhistoire-mali-2-1534472.html</link>
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<pubDate>Mon, 18 Apr 2016 00:05:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Un collectif de personnalités membres du mouvement démocratique s’insurge contre la sortie du livre «Le Mali sous Moussa Traoré». Dans une déclaration ouverte à la signature, le collectif, «Non à la falsification de l’histoire du Mali», accuse les auteurs de ce livre de vouloir réécrire l’histoire de notre. Leur déclaration est signée entre autres par Pr Ali Nouhoum Diallo, Mme Sy Kadiatou Sow, PPP, Mohamedoun Dicko. «Nous vous proposons un extrait de la déclaration.

Les auteurs de l’ouvrage contre la démocratie malienne ont la prétention d’établir la «vérité» sur la période de l’histoire du Mali, de 1968 à 1991, période du règne de Moussa Traoré et de ses compagnons. Mais l’amnésie collective des falsificateurs, dont le peuple malien est en droit d'attendre davantage de rigueur intellectuelle d'autant qu'ils font partie des maîtres de nos écoles et facultés, eux qui ont oublié que le même Moussa Traoré, parlant d'eux, disait, en mars 1987, dans une interview accordée à Jeune Afrique: "le parti n'existe pas. Seuls des malhonnêtes m'entourent, tous mes compagnons sont corrompus".

Non! La provocation et la récupération de ces non repentis du régime UDPM ne passeront pas car l’Histoire et le Peuple ont déjà rendu leur verdict sans appel qui retient de Moussa Traoré :

-Un dictateur obscurantiste, sanguinaire et assoiffé de pouvoir, connu pour sa « couronne d’enfer » sur la tête des Maliens , ses propos obscènes concernant les dessous de pagnes des Maliennes servant de linceuls de leurs enfants qu’il jurait de tant massacrer qu’il ne se trouverait pas suffisamment de cretonne et de percale au marché pour les ensevelir ;

-Le Carré des Martyrs, aménagé par les combattants de la liberté dans le feu de l'action, où dorment des centaines d'innocents victimes de son courroux et pour lesquels les forces armées et de sécurité du Mali ont présenté leurs excuses et demandé Pardon au peuple malien, lors de la Conférence Nationale tenue du 29 juillet au 12 août 1991;

-Sa condamnation à mort par deux fois par la justice de son pays pour crimes de sang et crimes économiques.

Tenter, dans le contexte actuel, de délégitimer la lutte sacrée du 26 mars 1991, est tout simplement indécent et incongru.

L'exercice auquel se livre l’équipe de M. Djibril Diallo, celui-là même qui avait démissionné de son parti unique constitutionnel en 1991 au motif qu’il avait atteint son seuil d’incompétence, aussi légitime qu’il soit, devrait être empreint d’honnêteté intellectuelle, parce que la vérité historique ne doit pas être une vérité partielle et subjective. Une lecture de leur ouvrage fait croire à certains adultes et jeunes qui n'ont pas vécu cette période d'enfer, que Moussa Traoré fut un bâtisseur, un homme bon et qui n'a fait que du bien. Le livre occulte à dessein les bagnes mouroirs, les purges permanentes entre putschistes eux-mêmes».

&nbsp;]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Le Mali sous Moussa Traoré : La reconnaissance du ventre</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mali-moussa-traore-reconnaissance-ventre-1529152.html</link>
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<pubDate>Thu, 14 Apr 2016 02:18:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>La publication en Mars du livre intitulé  le Mali sous Moussa Traoré au moment où le Mali célèbre ses martyrs est une insulte au peuple Malien en général et au Mouvement démocratique dont le combat a abouti à la chute du régime militaro fasciste  un certain 26 Mars 1991, une insulte à la mémoire de ceux qui sont morts sous les balles d’un  régime aux abois dont les crimes ont fait dire au secrétaire politique du moment que le parti UDPM « a atteint son seuil d’incompétence ».</strong>

<strong> A la lecture dudit livre se dégage une volonté manifeste de travestir, falsifier et réécrire l’histoire contemporaine du Mali.</strong>

<strong> C’est inquiétant et même très inquiétant  quand des cadres supérieurs voire des Professeurs d’enseignement supérieur « émérites » d’histoire et de lettres chargés de cours, pour raison de reconnaissance du ventre, travestissent, falsifient royalement l’histoire contemporaine du Mali. Bonjour les dégâts à l’école et dans la société.</strong>

<strong>L’histoire de la révolution de Mars 1991 est  récente, elle a enregistré beaucoup de morts et puisque ses acteurs sont encore en vie, ils sont interpellés pour laver l’affront au risque de voir leur lutte salie et insultée. Analyse.</strong>

Faisons un peu d’histoire.

Les premiers Soudanais formés à l’école coloniale ne sont assurément pas Fily Dabo Sissoko et Amadou Hampathé Bâ. Avant eux il y a eu des fonctionnaires soudanais entre autres Daba Keita le père de Modibo Keita (Commis), Moussa Traoré le père de Madame Modibo (Interprète), Mamadou Konaté,(Instituteur) Balobo Maïga(Interprète) etc.

Ceci dit Fily Dabo Sissoko et  Amadou Hampathé Bâ  qui seraient  probablement nés vers 1900 ne peuvent nullement pas  être les premiers Soudanais formés à l’école coloniale.

Pour mémoire l’école des otages, instrument d’aliénation coloniale  au Soudan à Kayes est créée en 1902, selon certains historiens. (La première école des otages étant créée par le gouverneur Faidherbe à Saint-Louis du Sénégal en 1855).

Modibo Keita, à l’École William Ponty de Gorée à Dakar, était  déjà étiqueté comme un bon élément mais un agitateur anti-français, à surveiller de près. Il n’a pour autant pas échoué à l’examen, mieux,il sort major de sa promotion 1er sur 33 avec une moyenne générale de 14/15 en 1936 et devient Instituteur.

Modibo Keita a fait la prison pour avoir dénoncé les agissements du Commandant du Cercle de Sikasso.

Modibo Keita adhère à plusieurs associations. Il fonda avec Mamadou Konaté, «l’Association des lettrés du Soudan » qui deviendra par la suite le « Foyer du Soudan ». Il s’investit dans les activités culturelles et anime le groupe « Art et Travail ».

En 1937, il fonde avec le Voltaïque Ouezzin Coulibaly et Mamadou Konaté le « syndicat des enseignants d’Afrique occidentale française ».

Il devient membre du « Bloc soudanais » créé par Mamadou Konaté.

En 1943, il publie dans les journaux progressistes français, des  articles rédigés avec la collaboration de son ami Jean Marie Koné sous le pseudonyme« L’Œil de Kénédougou » dans laquelle il critique le pouvoir colonial.

<strong>De la création du RDA à Bamako</strong>

Signataire du manifeste, Fily Dabo Sissoko a demandé et obtenu que  la réunion se tienne à Bamako. Mais malheureusement il changera d’avis avant la date sous l’instigation du Ministre des colonies Marius Moutet et demandera  aux Bamakois au cours d’un meeting organisé à l’actuelle place de la République de refuser que la réunion se  tienne à Bamako. Malgré son opposition  plus de 800 délégués se retrouverons à Bamako et le congrès sera tenu.

Après le grand congrès du RDA, il a été demandé à chaque Pays membre de créer une section territoriale  c’est ainsi que les différents partis à savoir le PSP, le parti socialiste et le parti démocratique du soudan   ont chacun  désigné 5 délégués pour former le bureau provisoire de l’U S RDA. Si dissidence il y a, c’est bien du côté de FilyDabo Sissoko qui a continué son œuvre de sabotage  en se désolidarisant de ses camarades. Si au Soudan l’unité n’a pu être réalisée c’est là aussi la faute de FilyDabo Sissoko.

Concernant les manifestations contre le Franc Malien. Contrairement  à certaines allégations  tendancieuses véhiculées, il y a certes eues des arrestations mais aucun coup de fusil n’a jamais été tiré sur les manifestants qui ont brulé le drapeau emblème du Mali et déchiré le franc malien, attribut de souveraineté qui plus tard aura servir à construire plus 30 Sociétés et entreprises d’état, en scandant devant l’Ambassade de la France : vive la France abat le Mali, abas le Franc malien. Ils ont été tout simplement dispersés par la cavalerie.

S’il n’y a pas eu  effusion de sang au coup d’état du 19 Novembre 1968 c’est bien grâce à la sagesse et au patriotisme de Modibo Keita qui a dit qu’il ne faut pas qu’une  seule goute du sang malien coule pour lui  Modibo reste au pouvoir.

Contrairement à Modibo Keita, Moussa Traoré au fort de la crise a promis de descendre la couronne d’enfer  sur la tête des manifestants ce qu’il n’a pas manqué de faire et  il y a eu des centaines morts tombés sous les balles de la soldatesque du régime militaro fasciste.

En 08 ans Modibo Keita et son régime ont à leur actif plus de 30 Sociétés et entreprises et des unités de transformation dans le but de combattre le chômage et assuré le développement du Mali par une économie nationale indépendante.

Moussa Traoré et son régime ont mis 23 ans pour détruire tout cet important patrimoine et clochardiser l’homme malien. Les Sociétés, liquidées des pères de famille se trouvent  dans la rue sans aucune ressource. Ceux qui sont en activité dans l’administration puisque toutes les Sociétés d’Etat liquidées, sont à 3 mois sans salaire. C’est de cette situation qu’est née au Mali la dépravation des mœurs, la perversion et la délinquance.

La réaction du Président Moussa Traoré face à cette dégradante et humiliante situation  fut que : « le travailleur qui fait 3 mois sans salaire et ne va pas en grève, il n’arrête pas travailler, il est toujours présent à son poste, c’est qu’il vole ailleurs ».

Il dira même lors de sa visite à la Direction de la Douane : « les douaniers sont riches l’état Malien est pauvre ».

Et le colonel Youssouf Traoré membre du CMLN de le dire sans ambages.

« Que dire des 23 ans de mensonge, de pillage économique et de dictature sanguinaire du régime militaire symbolisé par le pouvoir personnel. En vérité, le 26 Mars, dans le cœur du peuple martyr, l’armée n’avait plus aucun crédit.

- les conséquences désastreuses de l’entrée de notre pays dans l’UMOA en juin 1974, de la fermeture de certaines sociétés et entreprises d’état, le licenciement abusif de milliers de travailleurs et de l’intervention du FMI et de la Banque mondiale résultent essentiellement de la gabegie organisée et du pillage des caisses de l’état de 1973 à 1980 sous la responsabilité personnelle du général Moussa Traoré ».

A comprendre bien le Colonel Youssouf Traoré la déliquescence de l’Armée sort de cette situation créée et entretenue par Moussa Traoré.

Il est bon que les Maliens lisent aussi des ouvrages tels que: « le chemin de l’honneur » écrit par l’adjudant-chef Guédjouma Samaké, 10 ans au bagne mouroir de Taoudénit de Samba Sangaré et Ma vie de soldat du capitaine Soungalo Samaké pour comprendre comment le régime militaro fasciste CMLN/UDPM a été sanguinaire et inhumain.

Concernant la dévaluation du Franc Malien, il faut retenir qu’à la faveur de la conférence des cadres  de 1969, Louis Nègre a dit en substance : La dévaluation du Franc Malien n’est économique, c’est purement politique qu’il y avait un géant à mettre à genou et c’est fait.

Pour votre gouverne, après la signature des accords auxquels vous faites allusion, les membres de la délégation ont été interpellés à l’Assemblée Nationale du Mali pour s’expliquer sur le bien-fondé de la dévaluation.]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Le Mali sous Modibo Kéita vu par Jeune Afrique et des observateurs hors Afrique</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mali-modibo-keita-jeune-afrique-observateurs-afrique-1529122.html</link>
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<pubDate>Thu, 14 Apr 2016 02:13:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>BECHIR BEN YAHMED Jeune Afrique</strong>

Quoi qu’il advienne, la date du 30 octobre 1963 restera pour nous, Africains, celle d’une grande victoire sur nous-mêmes et sur l’idée que l’on se fait de nous. Ce qui s’est passé à Bamako le 30 octobre 1963 confirme avec bonheur ce qui a été signé à Addis-Abeba le 25 mai 1963 : l’Afrique, entité rigoureusement solidaire avec elle-même, vit et se développe.

À Bamako est morte la distinction traditionnelle entre l’Afrique noire et l’Afrique.

Blanche: pour la première fois dans l’Histoire, un  « conflit entre Arabes » [Algérie- Maroc] a trouvé son règlement dans un cadre strictement africain, en plein cœur de l’Afrique noire, sous l’égide de deux leaders africains.

À Bamako, l’Afrique a prévenu de justesse l’internationalisation de sa plus grave querelle. Elle a résolu ses problèmes, seule et en quelques heures. Les grandes puissances qui se gaussaient ou s’inquiétaient, qui se préparaient en tout cas à intervenir pour mettre de l’ordre chez nous, se ressaisissent et, aujourd’hui, se disent : ces Africains, il ne faut pas les juger trop vite

À Bamako, la charte de l’Unité africaine a été mise à l’épreuve et a tenu le coup. Étaient là, il est vrai, doux et obstinés, donc irrésistibles, les deux grands artisans de la charte, ceux qui y croyaient le plus : Hailé Sélassié et Modibo Keïta.

À cela nous pouvons ajouter aujourd’hui ceci : nous demandons que l’Organisation de l’unité africaine crée un Prix de l’Afrique pour la paix et que ce prix soit donné, la première fois, à Modibo Keïta, aussi bien pour son action militante en faveur de l’unité, de la paix et la coexistence africaines que pour son œuvre à l’intérieur du Mali. Prenant en charge un pays pauvre, sans infrastructures ni débouché sur la mer, Modibo Keïta et ses camarades se sont mis au travail en silence. Depuis trois ans, ils donnent à tous les Africains un exemple d’austérité, vraie parce que générale, de discipline acceptée à l’échelle de la nation, de socialisme adapté, authentique. Modibo Keïta et le Mali sont modestes. En politique et en Afrique c’est méritoire. Cela devrait être reconnu.
<ol>
	<li>JULIS syndicaliste français. Il a passé cinq ans au Mali dans les années soixante :</li>
</ol>
" Il (Modibo Keita) avait le souci de l'homme, de l'homme responsable, du militant engagé... Je considère que le président Modibo Keita, homme intègre, dévoué, tolérant, militant valeureux et désintéressé représente toujours l'exemple des possibilités de lutte, de combat pour des changements réels dans des pays comme le Mali "
<ol>
	<li>BAUX ancien ambassadeur de France, ministre français plénipotentiaire:</li>
</ol>
" De haute taille, Modibo Keita avait cette distinction des seigneurs de la savane, cette façon de mesurer ses gestes et sa parole. Il y avait de la grandeur dans son comportement : jamais je ne l'ai vu s'attarder sur quoi que ce soit d'insignifiant ou mesquin... Sa vision politique était inspirée d'un idéal profond. "

<strong> </strong>

<strong>De l’exclusion :</strong>

Après le coup d’état  du 19 Novembre 1968, la Constitution du 02 Juin 1974 à son  à son TITRE XIV dispose :

Article :76 – Ne peuvent être membres ni du Parti, ni de l’Assemblée, ni du Gouvernement ni des bureaux syndicaux pendant un délai de 10 ans à compter de la date promulgation de la présente Constitution les personnes ayant , avant le 19 Novembre 1968 assumer les responsabilités suivantes :

- Membres du Bureau Politique National et du Comité National de Défense de la Révolution :

- Membres de la Délégation Législative instituée par l’Ordonnance n°1PG-RM du 22 Janvier 1968 :

- Secrétaires Généraux de Sections et Sous Sections de l’US RDA :

- Secrétaires Politiques de Sections et Sous Sections de l’US RDA :

- Présidents des Comités Locaux de Défense de la Révolution :

- Responsables nationaux et locaux de la Milice

- Chefs et Chefs Adjoints de Zone

- Membres du Bureau de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM)

Article : 77- Les dispositions de l’article 76 sont applicables à toute personne ayant fait l’objet d’une détention de six mois à l’occasion des évènements du 19 Novembre 1968

L’Ordonnance N° 53/  CMLN portant application de l’article 76 de la Constitution du 2 Juin 1974 en date du 25 Septembre 1975 vient concrétiser l’acte  d’ostracisme prit à l’encontre des militants et responsables de l’US RDA, de l’UNTM et de la Jeunesse.

Le mouvement démocratique n’a pas pris une telle décision contre les responsables de CMLN/UDPM.

Des patriotes dont certains sont encore en vie se sont élevés à l’époque et ont appelé à voter NON à une Constitution discriminatoire et scélérate, pour ce fait ils ont été arrêté maltraités et jetés en prison pendant 05 ans. Certains d’entre eux  mourront suite aux sévices subis.

Du  05 au 08 juin 2005, 17 anciens chefs d’État et de gouvernement. Venant de 14 pays africains et de deux pays d’Europe et  d’Amérique  du  Nord, se sont réunis à Bamako, au Mali, pour participer à un symposium historique  sur la problématique de la bonne gouvernance et de l'alternative du pouvoir en Afrique.(Leadership et la Démocratisation)

Malgré les sollicitations pressentes de ATT, les chefs d’état ici réunis ont refusé la participation de Moussa Traoré, aussi ancien chef d’état, car  ne répondant pas aux critères démocratiques définis pour être membre du collectif.

L’absence  Moussa Traoré au défilé marquant le cinquantenaire de l’indépendance du Mali et la non diffusion de son entretien avec l’ORTM sont non seulement la volonté de tous les patriotes  Maliens mais aussi la conséquence du refus de ces anciens qui l’ont connu et côtoyé de lui accorder cet honneur de le recevoir parmi eux.

Monsieur Hamadoun  Dicko n’est  pas un membre fondateur du PSP. Il est venu à ce parti parce que certains barrons ressortissants de la boucle du Niger sous la conduite de  Messieurs Aly Niangado, Kolado Boulia Maiga et Mamadou MBadjiry Dia, qui deviendra par la suite son logeur à Mopti, ont tenu à avoir un des leurs(ressortissant de la boucle) secondé Fily Dabo  Sissoko .C’est ainsi que le choix s’est porté par un heureux hasard sur Hamadoun Dicko et on a  été le chercher à Kolokani où il servait comme Instituteur pour le présenter aux élections législatives du 17 juin 1951 sur la liste  PSP, alors qu’auparavent il n’a jamais fait de politique.

Pour votre information l’octroi de crédits destinés à faciliter la construction ou l’amélioration des maisons d’habitat  relevait de la SEMA (une société d’économie mixte)

Messieurs les historiens vous devez savoir qu’avant l’indépendance, il n’y avait pas un seul soudanais commerçant à proprement parler. Ils étaient soit acheteurs pour le compte des comptoirs français soit  revendeurs, les patentes de commerçant import-export étaient réservées aux Français blancs et aux libano-syriens.

Inhumain et amorale, malgré les souffrances les privations de toutes sortes subies pendant 09 ans de  détention, le régime militaro fasciste CMNL/UDPM  sous Moussa Traoré a non seulement refusé à ce que Madame Modibo Mariam Traoré porte la tenue de veuvage comme il est de coutume chez nous. Mieux  il a poussé le cynisme jusqu’à l’interner dans la cellule où son mari a rendu l’âme par suite d’empoisonnement.

<strong>                                                                          I.G.MAIGA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le Mali sous Moussa Traoré : Déclaration du Collectif «Non à la falsification de l’histoire du Mali»</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mali-moussa-traore-declaration-collectif-non-a-falsification-de-lhistoire-mali-1528982.html</link>
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<pubDate>Thu, 14 Apr 2016 01:41:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>« Le Mali sous Moussa Traoré »</em></strong><strong> est un ouvrage collectif, consacré à l’UDPM et écrit 25 ans après la chute de la 2<sup>ème</sup> République, sous la direction de Djibril Diallo, ancien secrétaire politique de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM). Le parti unique constitutionnel est tombé le 26 mars 1991, sous la pression de la rue, qui exigeait l’ouverture démocratique. L’UDPM qui voulait marquer une rupture d’avec le pouvoir militaire du Comité militaire de libération nationale (CMLN), et un retour à la vie constitutionnelle normale, a régné de 1979 à 1991. Le livre de plus de 200 pages évoque tente de peindre en rose cette période marquée au Mali par un régime aux antipodes du droit. En réaction, un </strong><strong>Collectif</strong> <strong>«Non à la falsification de l’histoire du Mali» a vu le jour et dont nous publions la déclaration.</strong>

En cette année du jubilé de la Grande Insurrection Populaire du 26 Mars 1991, au moment où notre pays, le Mali, est plongé dans une crise sans précédent, au moment où notre Peuple pleure encore le sacrifice de ses meilleurs fils dont les tombes toujours fraiches se referment difficilement, voilà qu’un groupe d'anciens responsables de l'UDPM sélectionnés jadis selon eux-mêmes sur la base de leurs compétence, loyauté et patriotisme, publie un livre sacrilège <strong>« Le Mali sous Moussa Traoré »</strong>, à la gloire de leur mentor, le bourreau de notre Peuple.

Les auteurs de l’ouvrage contre la démocratie malienne ont la prétention d’établir la « vérité » sur la période de  l’histoire du Mali, de 1968 à 1991,  période du règne de Moussa Traoré et de ses compagnons. Mais l’amnésie collective des falsificateurs, dont le peuple malien est en droit d'attendre davantage de rigueur intellectuelle d'autant qu'ils font partie des maîtres de nos écoles et facultés, eux qui ont oublié que le même Moussa Traoré, parlant d'eux, disait, en mars 1987, dans une interview accordée à Jeune Afrique : " le parti n'existe pas. Seuls des malhonnêtes m'entourent, tous mes compagnons sont corrompus".

Non ! La provocation et la récupération de ces non repentis du régime UDPM ne passeront pas car l’Histoire et le Peuple ont déjà rendu leur verdict sans appel qui retient de Moussa Traoré :

➢ Un dictateur obscurantiste, sanguinaire et assoiffé de pouvoir, connu pour sa « couronne d’enfer » sur la tête des Maliens , ses propos obscènes concernant les dessous de pagnes des Maliennes servant de linceuls de leurs enfants qu’il jurait de tant massacrer qu’il ne se trouverait pas suffisamment de cretonne et de percale au marché pour les ensevelir ;

➢ Le Carré des Martyrs, aménagé par les combattants de la liberté dans le feu de l'action, où dorment des centaines d'innocents victimes de son courroux et pour lesquels les forces armées et de sécurité du Mali ont présenté leurs excuses et demandé Pardon au peuple malien, lors de la Conférence Nationale tenue du 29 juillet au 12 août 1991;

➢ Sa  condamnation à mort par deux fois par la justice de son pays pour crimes de sang et crimes économiques.

Tenter, dans le contexte actuel, de délégitimer la lutte sacrée du 26 mars 1991, est tout simplement indécent et incongru.

L'exercice auquel se livre l’équipe de M. Djibril Diallo, celui-là même qui avait démissionné de son parti unique constitutionnel en 1991 au motif qu’il avait atteint son seuil d’incompétence, aussi légitime qu’il soit, devrait être empreint d’honnêteté intellectuelle, parce que la vérité historique ne doit pas être une vérité partielle et subjective. Une lecture de leur ouvrage fait croire à certains adultes et jeunes qui n'ont pas vécu cette période d'enfer, que Moussa Traoré fut un bâtisseur, un homme bon et qui n'a fait que du bien. Le livre occulte à dessein les bagnes mouroirs, les purges permanentes entre putschistes eux-mêmes. Certains des rescapés civils comme militaires se sont confiés dans des livres mémoires encore disponibles sur le marché dont ceux de :
<ul>
	<li>Ibrahima LY : <strong>TOILE D’ARAIGNEE ;</strong></li>
	<li>Guédjouma SAMAKE : <strong>SUR LE CHEMIN DE L’HONNEUR</strong>;</li>
	<li>Samba SANGARE : <strong>DIX ANS DANS LE BAGNE MOUROIR DE TAOUDENIT</strong></li>
	<li><strong>Assimi DEMBELE : TRANSFERTS DEFINITIFS;</strong></li>
	<li>Soungalo SAMAKE: <strong>MA VIE DE SOLDAT;</strong></li>
	<li>Amadou Seydou TRAORE<strong>: DU</strong><strong>CMLN A L'UDPM, 23 ANS DE         MENSONGES</strong></li>
</ul>
Quid des violences déshumanisantes qui ont enlevé toute dignité aux prisonniers politiques du régime militaro-fasciste de Moussa Traoré ? Comment,  parlant de Moussa Traoré, les auteurs peuvent-ils ignorer les périodes aussi sombres comme 1968, 1969, 1970, 1971, 1974, 1977, 1979, 1980 et 1991 ?

En attendant la réaction de témoins et d’acteurs des 23 ans de règne de celui qui, depuis le vendredi noir 22 mars 1991 a été surnommé «le boucher de Bamako », qui répondront aussi  par des livres, rappelons que le peuple malien n’est pas amnésique.

Quelques repères pour rappeler ce long règne sans gloire, ces 23 ans de mensonges, de vols, de crimes crapuleux :

&nbsp;

<strong>19 Novembre 1968</strong> : irruption sur la scène politique nationale d’un quarteron d’officiers

subalternes félons avec à sa tête un certain lieutenant Moussa Traoré, pour perpétrer un coup d’État contre notre Armée et notre Peuple : arrestations, séquestrations et déportation dans le grand Nord des pionniers de l’indépendance nationale, assassinat de nombre d’entre eux dans des circonstances qui ont choqué toute conscience civilisée. Puisque les auteurs parlent de vérité, qu’ont-ils fait des « Cahiers,  Mémoires et Manuscrits » du Président Modibo Keita ?

<strong>1969 </strong>: arrestation et  condamnation de Diby Syllas Diarra et de ses 32 compagnons qui ont voulu restaurer l'honneur de l'Armée.

<strong>1971: </strong>arrestation de certains enseignants militants du SNEC et d’autres patriotes à l'issue du congrès de l'UNTM ;

<strong>1971</strong>: des étudiants arrivés de Dakar étaient arrêtés et l'étudiant Cheick Oumar Tangara bien que disposant d'un certificat médical signalant sa maladie cardiaque mourra assassiné sous la torture;

<strong>1974 :</strong> des patriotes étaient arrêtés, détenus pendant 4 ans après avoir été torturés et déportés à Taoudenit pour avoir rédige et diffusé un tract contestant le référendum du 2 juin sur la nouvelle constitution ;

<strong>1977: </strong>16 mai assassinat du président Modibo Keita, père de l'Indépendance;

<strong>1979</strong>: une vague d'arrestations qui s'abat sur les patriotes responsables de la diffusion du tract <strong>" l'autopsie d'un congrès " ;</strong>

<strong>Le 5 janvier 1980 : </strong>dissolution de l’UNEEM par le bureau politique de l’UDPM ;

<strong>Le 8 mars 1980 :</strong> vague d'arrestations au sein de l’UNEEM ;

<strong>Le 17 mars 1980 :</strong> le comble de l’horreur avec l’assassinat d’Abdoul Karim Camara dit Cabral. Sa vieille mère et ses frères furent martyrisés jusqu'à son arrestation le 16 mars. Et le Peuple malien attend toujours de savoir exactement où se trouve la tombe du leader Cabral, torturé à mort au Camp para ;

<strong>1979-80 et 1980-81 :</strong> deux années perdues pour l’école malienne avec  la suspension des élèves et étudiants et la fermeture des établissements secondaires et supérieurs ;

<strong>26 Mars 1991 :</strong> l'insurrection populaire a bouté dehors le bourreau et ses complices : près de 300 morts et 700 blessés.

<strong> Que retenir fondamentalement du règne de 23 ans de dictature?</strong>

<strong>Sur le plan politique </strong>

La police militaire, sans foi, ni loi, arrogante, brutale et assassine,  semait la terreur dans les milieux politiques, syndicaux, scolaires et universitaires, sportifs et économiques au service du régime de Moussa Traoré. En fait, il y avait suppression systématique de toutes les libertés démocratiques et tentative de liquidation  de la crème des cadres civils, militaires, estudiantins et syndicaux.

<strong>Sur le plan économique </strong>

Le régime de l’UDPM et de Moussa Traoré bafouait au quotidien les droits les plus élémentaires des Maliens, y compris le droit des fonctionnaires à leur salaire. Ici, qu’il suffise de rappeler les 3 à 6 mois de retard dans le paiement des salaires. C’est dans « Le Mali sous Moussa Traoré »  que furent liquidées toutes les sociétés et entreprises d’Etat par une technique de soumission au Capital en quatre (4) temps : crise, plan de redressement, privatisation, liquidation.

<strong>Sur le plan des forces armées et de sécurité</strong>

Des officiers et soldats de valeur sont liquidés, les tout premiers pour avoir résisté aux putschistes du 19 novembre. L’armée va faire les frais du bouleversement dans la chaine de commandement, l’affairisme et le népotisme seront désormais monnaie courante dans l’armée, voire la chasse gardée de certains ténors du régime militaire.

<strong>Sur le plan de la justice</strong>

Les auteurs du livre n'en disent pas un mot. En réalité, la justice était instrumentalisée,  servant de caution légale aux emprisonnements arbitraires, aux tortures et aux assassinats.

<strong>Sur le plan de l'éducation</strong>

Les auteurs du « Le Mali sous Moussa Traoré »  ne disent pas non plus la vérité. Ils ne disent surtout pas qu’ils ont vidé la Réforme de 1962 de sa substance, après le démantèlement de ce qui constituait son soubassement idéologique et la substitution d’expériences hasardeuses, faisant du Mali un laboratoire permanent d’expérimentations de tous genres. En outre, il faut rappeler que durant tout le règne de Moussa Traoré, l’école et les enseignants sont restés l’ennemi N°1 du dictateur. Celui-ci considérait les enseignants comme des opposants à abattre. Dans ces conditions, le régime de l’UDPM n’eut d’autre politique pour l’école que de détruire, d’humilier et de clochardiser les enseignants.

<strong>Un peuple magnanime mais qui n'a pas la mémoire courte</strong>

C’est donc pour toutes les raisons ci-dessus évoquées et pour le repos paisible de nos martyrs que ce Collectif  interpelle tous les acteurs de Mars 1991 à une rétrospection profonde et rappelle à notre vaillant Peuple que Moussa Traoré est un condamné à mort par deux fois par la justice malienne. Mais qu’en dépit de ses forfaitures, il a été gracié par le président Alpha Oumar Konaré du Mouvement Démocratique. Ce dictateur est le premier et le plus grand bénéficiaire de tous les droits qu’il avait refusés au peuple à qui il doit humblement présenter des excuses pour tous les crimes commis pendant les 23 années de dictature et demander PARDON, au lieu de continuer à narguer les vivants et à souiller la mémoire des martyrs.

Cette demande de PARDON serait un grand pas décisif vers la vraie réconciliation nationale.

<strong>« Le Mali sous Moussa Traoré »</strong>, ce livre provocateur est la manifestation de l’arrogance et de l’agressivité de complices non repentis d’une dictature féroce, mérite une réponse aussi  cinglante que robuste comme fut celle du peuple le 26 mars 1991 face aux forces militaires qui voulaient faire perdurer au-delà de 23 ans la dictature sanguinaire de Moussa Traoré.

Les victimes, témoins et rescapés du régime CMLN-UDPM publieront leur réponse, individuellement et/ou collectivement, sous la forme de livre(s) écrit(s) sur la base de la vérité scientifique, étayée par des preuves irréfutables.

Tout Malien, où qu’il soit, et tout ami véritable du Mali peut s’associer à cette entreprise de haute portée patriotique, morale, historique, d’utilité sociale et politique incontestable. Il sera accueilli avec joie au sein de l’équipe rédactionnelle.

Ce Collectif  répondra coup pour coup à toute falsification de notre histoire commune et est tout aussi sûr de sa victoire finale sur les forces de l’ancien régime dictatorial comme en Mars 1991.

Bamako, le 13 avril 2016

Pour le Collectif NON A LA FALSIFICATION DE L'HISTOIRE DU MALI, la signature est ouverte
<ol>
	<li>Pr <strong>Mohamedoun Dicko</strong></li>
	<li><strong>Adama Samassékou</strong></li>
	<li><strong> Pr Ali Nouhoum Diallo</strong></li>
</ol>
4 <strong>Me Amidou Diabaté</strong>
<ol start="5">
	<li><strong>Mme Sy Kadiatou Sow</strong></li>
	<li><strong>   Djiguiba Kéita dit PPR</strong></li>
	<li><strong>Cheick Mamoutou Thiam</strong></li>
	<li><strong>Ibrahima Kébé</strong></li>
	<li><strong>Mamadou Sidibé</strong></li>
	<li> <strong>Ousmane Bamba </strong></li>
	<li> <strong>Mme Séinabou Traoré</strong></li>
	<li><strong>Issaka Coulibaly</strong></li>
	<li>Mahamane Arbidjé</li>
	<li><strong>Oumar Sow</strong></li>
	<li><strong>Ousmane Aly Touré</strong></li>
	<li>El Hadj Seydou Patrice Dembele</li>
	<li><strong>Mahamane Arbidjè</strong></li>
	<li><strong>Nouhoum Sarr</strong></li>
	<li><strong>Pérignama Sylla</strong></li>
	<li>Oumar<strong>Malet Diako</strong></li>
	<li><strong>Maimouna Diakité</strong></li>
	<li><strong>Oumar Arboncana Maiga</strong></li>
	<li><strong>Nouhoum Togo</strong></li>
	<li><strong>Ousmane Salia Traoré dit Parent</strong></li>
	<li><strong>Nouhoum Keita</strong></li>
	<li><strong>Sory Traoré</strong></li>
</ol>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Sur les évènements de mars 91 :  C&amp;apos;est bon à savoir !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/evenements-de-mars-91-cest-a-savoir-1522302.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 11 Apr 2016 01:05:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Malien</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le peuple malien a récemment célébré le vingt-cinquième anniversaire de la chute du Général Moussa Traoré. Plusieurs activités étaient au menu. Des témoignages ont été livrés sur les folles journées de mars 1991. Avec le temps, l'on a remarqué que chaque acteur voudrait magnifier son rôle. Ces journées qui ont coûté cher à notre peuple, avec des pertes en vies humaines et des destructions des outils de travail, continuent de faire couler de la salive.

Les élèves et étudiants qui ont été sacrifiés sur l'autel de la recherche du pouvoir se sont faits quasiment silencieux. Pouvait-il en être autrement ? Le Mouvement Démocratique, regroupement des différentes forces de l'époque, étant mort de sa belle mort, l'on assiste de nos jours à une falsification de l'histoire. Pour preuve, aucun des témoignages livrés n'a fait mention du rôle éminemment historique de l'Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM). Et pourtant, les actes posés par le centrale syndicale sont têtus.

Faut-il rappeler que l'UNTM avait tenu son Conseil central extraordinaire les 8 et 9 mai 1990. Les principales résolutions étaient, entre autres :

''-La fin de monolithisme politique ;

- Le pluralisme démocratique ;

- Le respect des libertés individuelles et collectives ;

- L'augmentation générale des salaires de 50% ;

- Le maintien de l'article 44 du Code du travail ;

- La présidence des Conseils d'Administration de l'INPS, de l'ONMOE pour les syndicats …''

L'UNTM reçut du coup le soutien du bureau de l'Association Malienne des Droits de l'Homme (AMDH), de l'AEEM (syndicat des élèves et étudiants).

Il a fallu attendre les 8 et 9 janvier 1991 pour assister à la 1ère grève nationale de l'UNTM dans notre pays. Les raisons étaient ainsi libellées : '' -Proclamation du pluralisme démocratique ;

-Augmentation générale des salaires de 50% ;

-Maintien de l'article 44 du Code du travail''.

En mars 1991, un nouveau préavis de grève est déposé sur la table du Gouvernement. Une grève de 48 heures était prévue pour les 21 et 22 mars, puis 72 heures en cas de non-satisfaction. Mais le 22 mars, ce fut le vendredi noir avec son cortège de morts et de blessés. Le Syndicat National de l'Education et de la Culture (SNEC), vu l'ampleur de la situation, fit une déclaration pleine de sens. Le syndicat des enseignants exigea la grève qui poursuivit son cours en illimité. Le 23 mars, l'UNTM donna son quitus. La coordination des Associations, créée le même jour, donna à son tour son OK. Dans la foulée, l'UNTM alla remettre ladite déclaration au Général Moussa Traoré. La suite est connue de tout le monde.

<strong>B.Koné</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Retrospective : Hommage aux auteurs des images du monument des Martyrs, Ismaël Diabaté et Mamadou Somé Coulibaly</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-hommage-aux-auteurs-images-monument-martyrs-ismael-diabate-mamadou-some-coulibaly-1509312.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 04 Apr 2016 00:10:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Erigé pour que jamais nul n’oublie ceux qui ont donné leur vie pour l’avènement de la démocratie, le monument est orné du tableau, la « Foule » et de la sculpture, la « Femme et son enfant ». L’auteur de la première œuvre l’a offerte gratuitement à l’Etat lors de la Conférence nationale.</strong>

C’est un artiste toujours résolu et déterminé dans la défense de la liberté et de la démocratie. M. Ismaël Diabaté, puisse que c’est de lui qu’il s’agit, est l’auteur de la « Foule », un tableau célèbre qui est devenu le symbole de la Révolution de Mars 1991. La toile montre un enfant assis en pleurs, torse nu, avec du sang dégoulinant de son front. Sous ce jeune garçon, une foule immense marche avec des pancartes sur lesquelles on peut lire : « Non au parti unique », « Vive la Démocratie ». C’est cette œuvre qui figure sur le monument des Martyrs situé à l’entrée du pont du même nom sur la rive gauche du fleuve Niger à Bamako. Le tableau d’Ismaël Diabaté constitue l’un des deux éléments de ce monument dédié aux victimes de la répression de Mars 1991. Quant à la statue représentant une femme implorant le Créateur devant le corps sans vie de son fils, elle est l’œuvre réalisée en trois dimensions par feu Mamadou Somé Coulibaly, décédé en 1997. Le monument des Martyrs se dresse à l’entrée du premier pont où s’est déroulé l’un des affrontements les plus sanglants entre les forces de l’ordre et les manifestants voilà un quart de siècle. Les manifestants étaient mobilisés par le syndicat estudiantin et les associations et organisations démocratiques réclamant l’instauration du pluralisme démocratique. Pour revenir à Ismaël Diabaté, malgré le poids de l’âge, l’homme reste très vif d’esprit. Il s’anime davantage à l’évocation des années de lutte au sein du PMRD, un parti d’opposition clandestin des années 1980. Ismaël Diabaté est un homme très attaché à la liberté d’expression, d’association et à la démocratie. Il est très critique sur la situation de la culture dans notre pays, estimant que l’Etat ne valorise pas à souhait notre riche patrimoine culturel. Aussi, pour Ismaël Diabaté, les valeurs de liberté et de démocratie acquises de haute lutte, ne sont pas suffisamment valorisées. L’artiste indique que l’histoire du tableau la « Foule » est assez simple. Avant 1991, Ismaël Diabaté était très engagé dans les luttes politiques. Toutes ses œuvres reflétaient la quête de liberté et de démocratie. Certaines dénonçaient les comportements dictatoriaux à travers l’Afrique et le reste du monde. Par exemple, « Les bottes chiliennes », une œuvre qui date des années 1970 et qui montre comment le pouvoir socialiste de Salvador Allende du Chili a été renversé par le général Augusto Pinochet. Certaines critiques lui reprochaient d’ailleurs son engagement politique. Mais lui, n’en avait cure tant il était épris de justice et de liberté. De 1968 à 1991, Ismaël Diabaté faisait partie des Maliens qui pensaient qu’il fallait se battre contre le pouvoir militaire qui n’acceptait aucune forme d’expression de liberté. Ces opposants au régime de Moussa Traoré pensaient que le pays avait besoin de tous ses fils : intellectuels, administrateurs, ouvriers et artistes. M. Diabaté  se souvient que c’était entre le 22 et le 26 mars, durant les journées chaudes qu’il a fait l’esquisse et  le tableau achevé, l’artiste en a fait cadeau à l’Etat pendant la Conférence nationale. En le remettant au président de la Conférence nationale, il a exprimé clairement son souhait de voir affichée cette œuvre à l’Assemblée nationale afin que les élus se souviennent du Martyr du peuple malien au moment où ils voteront les lois. Le lendemain, la presse écrite, notamment Les Echos et L’essor, publiaient son œuvre à leur « Une », expliquant qu’elle méritait d’être érigée en un monument du 26 Mars.

<strong>Extrait du quotidien national. Y. DOUMBIA</strong>

<strong>                                                                                                                 Youssouf Sissoko                                                                                                                 </strong><a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com">youssouf@journalinfosept.com</a>.]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Après 25 ans de la chute du régime dictatorial du président Moussa Traoré, Quelle leçon peut&#45;on tirer sur l’avènement de la démocratie au Mali ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/apres-25-ans-de-chute-regime-dictatorial-president-moussa-traore-lecon-on-tirer-lavenement-de-democratie-mali-1508342.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 02 Apr 2016 09:24:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Pays Emergent</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>26 mars 1991-26 mars 2016, cela fait aujourd’hui 25 ans, que le général Moussa Traoré a été évincé au pouvoir, après 23 ans de règne. Cette funeste journée du 26 mars 1991 gravera à jamais dans la mémoire de tous les maliens. La démocratie, encore appelé le pouvoir du peuple, par le peuple et enfin pour le peuple a également été instaurée par les maliens épris de justice et d’équité espéraient un lendemain meilleur qui verrait une amélioration de leurs conditions de vie et d’apporter un changement nouveau à la gouvernance du pays. </em></strong>

La révolution de 1991 constitue une date importante dans l’histoire politique malienne  car cet évènement a d’abord engendré le pluralisme politique en quittant de l’UDPM, unique parti du président Moussa Traoré, après l’adoption d’une nouvelle constitution. La notion fondamentale de la démocratie était conçue par le maliens notamment la jeunesse comme partager une vision commune de la gestion du pouvoir politique avec tous les citoyens à savoir : la liberté d’expression, le droit de se faire entendre et de se faire écouter, d’apporter sa pierre à l’édifice national. C’est parce qu’on avait faire croire à la jeunesse malienne que la démocratie était la solution idoine pour quitter à la dictature militaire du général Moussa. C’est ainsi dans cette optique, que la jeunesse a prêté le ventre aux tirs de fusils des soldats de Moussa Traoré, car croyant bien un avenir radieux que certains ne cessaient de leur promettre. Combien de jeunes ont péri  dans cette insurrection populaire ? On les appelle aujourd’hui les « martyrs de la révolution du 26 mars 1991 » et reposent dans le cimetière de Niaréla, convaincus que leur lutte pour le changement n’a pas été vaine. Pendant ce temps, et en réalité, ceux qui les poussaient à affronter les balles de fusils, mais qui n’osaient jamais s’exposer, se « sucrent » aujourd’hui, indécemment, sur le dos de la « démocratie » et devant un peuple désabusé et, honteusement, trahi. Les acteurs politiques de la révolution de mars 1991, ont, tout simplement, trahi le peuple malien et la mémoire des martyrs tombés sous le coup de la révolution.

<strong>Une  République où les leaders politiques ne sont pas aux attentes du citoyen lambda !
</strong>De 1991 à nos jours, la démocratie est devenue comme un système qui consiste à gagner son pain sur le dos de l’Etat, car le progrès a été le regret pour le pauvre malien, de voir piller les deniers publics de l’Etat par les dirigeants. Ainsi, les partis politiques, créés dans le sillage de la démocratie, sont loin de combler les attentes populaires. Le faible taux de participation aux différents scrutins électoraux, pourrait attester ce désintérêt qu’ont, de plus en plus, les Maliens vis-à-vis de la chose politique.

Au pouvoir, les têtes changent et se ressemblent toutes. La gestion du pouvoir est devenue une affaire de  famille où les mêmes têtes reviennent toujours. On fait du neuf avec du vieux, comme diraient certains. La majorité au pouvoir, joue des coudes pour des postes au gouvernement parce que la fonction de ministre est devenue un tremplin pour inscrire son nom sur la liste des « gens riches ». Les hommes politiques de l’opposition, utilisent les souffrances et les inquiétudes des populations pour leur propre promotion.

<strong>Où sont passés les idéaux de la révolution de mars 1991 ? Où sont la justice, l’équité, la promotion et la défense des droits du citoyen, le mieux-vivre et le mieux-être… ?
</strong>
Aujourd’hui les mentalités ont changé complètement dans l’esprit du politicien malien, car cupide et ne voit absolument rien si ce n’est pas son propre intérêt et de voir les pauvres populations mourir de faim et de soif. Les dirigeants deviennent les véritables criminels économiques du pays et ceux qui pourraient également crier au voleur ou qui crient au voleur, attendent certainement qu’ils soient mis dans les conditions de vol pour pouvoir à leur tour voler. Les gouvernants ne se soucient plus l’avenir du pays. <strong>Quelle indignation pour les gouvernés ? Quel a été alors l’intérêt du départ du général Moussa Traoré à la magistrature suprême du pays ? Où est qu’on en est aujourd’hui avec la nouvelle voix de développement ?   </strong>

Il est vraiment à noter que le peuple malien, meurtri et divisé aujourd’hui par la situation actuelle n’a pas connu la véritable démocratie, car 25 de trahison ne pourraient jamais prospérer un Etat comme le nôtre. L’esprit malien est accablé et ceux qui ont certainement vécu la révolution du 26 mars 1991 ont l’impression d’être trahi par la gouvernance actuelle et même si certains pouvait faire revenir aujourd’hui sous l’époque de Moussa Traoré, le feraient sans hésiter. Le pouvoir du peuple qui était conçu par l’esprit du peuple malien comme le véritable maillon du développement nuise  aujourd’hui les populations défavorisées. Cela doit amener aux hommes politiques de changer les mentalités politiques et de changer définitivement d’une manière à l’autre afin que le pays puisse vivre la démocratie qu’aspiraient les martyrs de la révolution de 1991.

<strong>Alassane Cissé </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Morceaux choisis : Mali 1968&#45;1991 (suite) : Quelle indépendance pour quelle souveraineté?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/morceaux-choisis-mali-1968-1991-suite-independance-souverainete-1507562.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 01 Apr 2016 14:10:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>‹‹Quand les hommes portent au cœur le même idéal, rien ne peut les disperser; ni les murs d’une prison, ni la terre des cimetières. Ils ont, pour les animer, une même idée, une même conscience››.</em></strong>

En renversant le pouvoir de Moussa Traoré, l<strong>e  26 MARS 1991</strong>, le peuple Malien  entendait mettre fin, définitivement, à la gouvernance catastrophique de son destin, caractérisée par la dictature, l’ostracisme, le clanisme, le népotisme, la boulimie du pouvoir, l’impunité, l’immoralité et l’argent mal acquis. Aussi, à toutes les pratiques malsaines détériorant un corps social comme : la malhonnêteté, l’égocentrisme, l’injustice, le mépris des autres, la concussion, la gabegie, le gaspillage, l’insécurité, le détournement des derniers publics, l’impunité.

Le peuple malien voulait le <em>changement </em>perçu comme : La justice sociale et économique, la construction d’une nation-unie, libre, prospère, le patriotisme de ses nouveaux dirigeants dans la gouvernance transparente, visible et lisible des affaires publiques, l’amélioration des conditions de vie et de travail du peuple, la garantie des libertés démocratiques, la récompense des mérites et la sanction des fautes.

En lançant, courant Mars 1991 :  «  <strong>Anw Té Koro léfè, fo koura », « KoKadiè », « yèlèma »  « Anw ka Koura nanan », </strong>c’est-a-dire : « Nous ne voulons plus de l’ancien mais, du neuf, du nouveau » ; « la grande lessive » ; « le changement » ; « le nouveau pouvoir ; notre pourvoir populaire nouveau est là ».

Les insurgés victorieux, civils et militaires portaient en eux ce Message du peuple malien, qui était à la fois un nouvel Acte. Un Acte courageux, admirable, au contenu dense, clair, profond et polysémique.

En les décryptant et les décodant en profondeur dans toutes les dimensions, ces mots d’ordre, sentences et proverbes appelaient et interpellaient les insurgés victorieux, civils et militaires patriotes, démocrates, républicains et révolutionnaires à :

<strong>Premièrement : </strong>Se rappeler ces deux, <strong>deux enseignements</strong> qui restent des <strong>leçons </strong>d’histoire à ne jamais oublier au cours d’un processus révolutionnaire, à savoir que « quand les vrais acteurs d’une cause, d’une lutte en devienne des spectateurs, c’est le festival des opportunistes-jouisseurs, des filous cupides et rapaces »   d’une part.  Et d’autre part, qu’ « A la phase aiguë de la lutte révolutionnaire, il faut éviter : les déclarations sans effet, l’action sans continuité, la prise de position spectaculaire, sinon, ceux faisant l’objet de nos attaques, une fois leur panique estompée, se recherchent, s’unissent, agissent promptement sans hésiter comme vous »

<strong> </strong>

<strong>Deuxièmement </strong>: En connaissance de cause, établir concrètement et matérialiser <strong>ici et maintenant</strong>, en République du Mali post 26 mars 1991 un nouvel Etat, un nouvel Ordre politique, social, économique et culturel en lieu et place de l’ancien militaro-bureaucratique.

<strong> </strong>

<strong>Troisièmement : </strong>Faire renaitre et émerger un Etat national, démocratique, laïc et républicain. Ce nouvel Etat refondé, modernisé devrait pouvoir pleinement jouer son rôle d’éclaireur des changements à effectuer à partir des cinq missions et fonctions régaliennes suivantes à assumer par lui, à savoir :

<strong>1)</strong> Assumer sans faiblesse ses fonctions régaliennes de Défense, de Justice, de Sécurité sur l’ensemble du territoire national en alliant fermeté et dialogue, une main d’acier dans des gants de velours.

<strong>2)</strong>    Assumer la fonction de réglementation permettant l’épanouissement dans la transparence et en toute efficacité des activités collectives et individuelles.

<strong>3) </strong>Exercer sans complexe sa fonction d’orientation, de régulation de la vie économique.

<strong>4) </strong>Etre le garant de la cohésion sociale sans laquelle il n’y a pas de nation

<strong>5) </strong>La protection de l’environnement.

<strong> </strong>

<strong>Quatrièmement </strong>: Permettre ainsi de bâtir une société malienne moderne, ouverte sur les environnements sous-régionaux et régionaux insérée efficacement dans l’économie mondiale.  Selon les principes de bonne gouvernance politique, économique, sociale culturelle.

<strong> </strong>

<strong>Cinquièmement : </strong>Par devoir de reformes pour plus d’efficacité et de performance, le nouvel Etat refondé et modernisé devrait affirmer sa prééminence. Après les refondations de l’administration,  de la justice, de la gestion, de la gouvernance, de l’économie, de l’Education et de l’armée) suite à un Etat des lieux.

<strong> </strong>

<strong>Sixièmement :</strong> Créer un fond nouveau des forces sociales issues d’un même mouvement et sur des bases nouvelles.

<strong> </strong>

<strong>Septièmement : </strong>Tracer les boulevards de la 3<sup>ème</sup> République du Mali.

<strong> </strong>

<strong>Huitièmement : </strong>En tant qu’événement neuf, opérer des transformations radicales qualitatives dans tous les domaines de la vie nationale et, cela, sous la conduite d’une classe d’avant-garde sur la base d’un projet de société et d’un programme politique avec l’adhésion des masses populaires laborieuses qui en sont sa force motrice. Le tout dans l’unité politique et l’homogénéité idéologique entre les acteurs de la révolution.

<strong> </strong>

<strong>Neuvièmement</strong> : Anéantir les grandes disparités économiques et les inégalités sociales en accomplissant et réalisant la révolution sociale, culturelle, technique, scientifique et industrielle.

&nbsp;

<strong>Dixièmement</strong> : Permettre, dans les phases d’évolution du processus révolutionnaire, la naissance d’un ordre nouveau, d’une Société nouvelle qui remplacent les anciens, de manière irréversible.

Telles étaient les tâches nouvelles, les urgences et priorités nationales à exécuter par les dirigeants, les responsables de la nouvelle cité en termes de changements <strong>« Yèlèma ».</strong>

L’autre Message du Peuple malien, c’était le <strong>« KoKadiè» (la grande lessive)</strong>

Dense, audible, digne d’un Mali nouveau post 26 Mars 1991, il s’agissait en 1992 comme en 2016 du laver propre :

&nbsp;

Renoncer à faire du neuf avec du vieux d’une part et d’autre part, renoncer à l’utilisation de ces « hommes épices » « ces cubes MAGGI » qui savent donner du tonus à toute sauce que l’on appelle les prédateurs/ profiteurs/jouisseurs encore dénommés les ‘’grands commis de l’Etat’’ qui savent aussi nager dans les eaux sales et pourries de la corruption et des délinquances financières, économiques et foncières. Sortis de nulle part que des rangs du mouvement insurrectionnel, à la 25<sup>ème</sup> heure ; ils constituent la classe petite bourgeoise nocive et dangereuse des prédateurs-rentiers-prébendiers d’Etat, d’occasion et de situation qui privatisent, bradent et bazardent l’Etat, l’Ecole, l’Economie, l’Armée, la santé…

&nbsp;

Avoir la volonté et prendre le courage de confier la gouvernance de l’Etat et des affaires publiques à des hommes et des femmes compétents, rigoureux, patriotes sortis des rangs du Mouvement démocratique.

&nbsp;

Faire le grand pari sur l’avenir sans passé, ni c.v. achalandés.

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Le renouvellement sans complaisance, ni compromission de l’appareil d’Etat, de son administration et de sa gestion.

&nbsp;

Abandonner le fétichisme des grands technocrates, commis d’Etat  et autres bedonnant de diplômes, mimant les autres mais, inféconds et incapables de créer, d’inventer, de rénover et d’innover.

&nbsp;

Se consacrer définitivement qu’on saurait bâtir du neuf avec du vieux, des pièces de musée et autres références archéologiques.

&nbsp;

Tenir sans état d’âme les procès crimes : de sangs, économiques, politiques, moraux et éthiques.

&nbsp;

Tenter de réussir à coup sûr de faire d’un diplôme-chômeur un administrateur-gestionnaire –aguerri ; de faire des mécaniciens de moulins des réparateurs- des mécaniciens-inventeurs de génies et de brevets d’inventions (à l’instar de Sony, Honda, Samsung et autres qui, au Japon, en Corée , bien que n,’ayant pas eu de longue années de scolarité, ont quand même pu et su disposer de plus de 400 brevets d’invention) comme en Chine, en Inde, au Brésil, à Cuba et ailleurs dans les pays émergents du tiers-monde.

&nbsp;

Encourager en milieu  rural les analphabètes et les néo-alphabètes à s’impliquer à leurs participations/contributions aux prises de décisions qu’aux campagnes de fixation des prix aux producteurs et, au lancement des campagnes électorales.

<strong> </strong>

<strong>Syndicaliser</strong> totalement <strong>les paysans</strong> agriculteurs, éleveurs, pêcheurs.

Faire émerger une <strong>société civile</strong> forte, engagée, compétente et responsable.

<strong>La décentralisation</strong> (progressive, expérimentale, participative, par étapes) à coupler avec une certaine déconcentration ; dans la logique de la refondation de l’Etat et de la Régionalisation.

<strong>La renaissance</strong> de la société malienne à travers la justice sociale, économique, culturelle et l’équité.

<strong>L’intégration</strong> (locale, régionale, nationale sous-régionale) par le bas et la production. Il s’agira de s’ouvrir au monde en abordant souverainement et sur tous les plans (en particulier social et culturel) la question de l’insertion du national au régional et au mondial.

L’émergence de coalitions et/ou de regroupement politiques alliés.

La refondation de l’Etat, de l’Administration, de l’Economie, de l’Education/formation, de l’Armée.

<strong>La valorisation/promotion des hommes et des femmes du pays </strong>aux moyens de savoirs, de savoir-faire et de savoirs-être citoyens.

<strong>Le dialogue, la consultation, la concertation, l’implication, la participation, la contribution inclusifs </strong>des citoyens/nés, des acteurs sociaux (étatiques et non étatiques), des intervenants au niveau micro, méso et macro du développement national et, à la gestion participative ; à la gouvernance démocratique.

<strong> </strong>

<strong>Le renouveau culturel.</strong>

<strong>Nota bene</strong> : le lendemain du 26 mars 1991, il s’agissait, pour : le mieux-être des populations, du peuple malien, le bonheur et l’honneur du Mali, de traduire dans le concret, matérialiser ces slogans et mots d’ordre populaires. En termes de développement national, global, équilibre et souverain.

Mais hélas suite à l’absence d’une avant-garde homogène, d’unité, de vision stratégique, de projet de société consensuel, de programmes politiques communs, la révolution sanglante du 26 Mars 1991 fut infiltrée, récupérée et trahie par <strong>A.O.K</strong> et le pouvoir de l’Etat-parti-marmite ADEMA qui enterrèrent de 1994 à 2002 tout ce que <strong>G.M.T</strong> avait terrassé entre 1968 et 1991, d’indépendance, d’autonomie, de souveraineté du Mali.

<strong>I.B.K</strong>, faut-il le rappeler, a été plébiscité par une écrasante  majorité des Maliens avec comme principale attente : une rupture totale avec la corruption, les fraudes, la mauvaise gestion qui, après 22 ans de pratique démocratique occidentale, ont causé des plaies d’Egypte au Mali et ont finalement conduit le pays dans le gouffre.

<strong>Mali 1992-2012 : </strong>Les forces sociales et économiques déboutées du pouvoir le 26 Mars 1991 ont eu le temps de se regrouper et de récupérer la direction et le contenu de la révolution populaire du 26 Mars 1991. Après la Transition de 14 mois pour le salut du peuple (<strong>C.T.S.P.),</strong> les dites forces sociales et économiques déboussolées du pouvoir le 26 Mars 1991, une fois leur panique estompée, se sont retrouvées, regroupées et, ensuite, elles ont émergé et ont réussi à aiguiser les contradictions internes du Mouvement démocratique historique pour enfin s’emparer de l’appareil d’Etat et de tous les pouvoirs de décision et d’exercice du pouvoir.

L’agglomérat que constituait le Mouvement démocratique historique n’a pas eu le temps de se coaguler en conglomérat. Tout cela faisait le beurre des Prédateurs-rentiers-prébendiers d’Etat, d’occasion, de situation appelés « opérateurs économiques » et /ou « hommes d’affaires ». Il s’agit des <strong>78</strong> multimilliardaires de la démocratie fabriqués entre <strong>1992 et 2013.</strong> Ce fut le coup d’arrêt brutal de la révolution populaire du 26 Mars 1991.

Le Mouvement démocratique historique avait vécu et est mort de sa belle mort.

Les attentes, aspirations, espérances populaires en tant que défis à relever à travers : le « <strong>KoKadiè</strong> » (la grande lessive, le laver propre), le « <strong>yèlèman</strong> » (le changement), « <strong>anw tè koroléfè fo koura</strong> » <strong>(faire autrement la politique et gérer autrement le pays)</strong>, <strong>ici et maintenant</strong>, étaient trahies.  Mais, elles restent pertinentes, d’intérêt et actuelles en <strong>2016. </strong>Le peuple malien floué, grugé, désillusionné désenchanté se  souvient !

<strong>Qu’est-ce que le Peuple ?</strong>

Dans le cas concret et précis du Mali, lorsque nous parlons du peuple, nous ne nous référons pas aux secteurs aisés et conservateurs de la Nation qui servent n’importe quel régime dictatorial d’exploitation et d’oppression et qui se prosternent à se rompre le front devant les maîtres de services.

Nous ne parlons pas non plus des prédateurs de l’Etat, de l’Economie, de l’Education, de la formation, de l’Armée, des finances, de l’héritage et du patrimoine de la nation et qui, <strong>de 1968 à 2014</strong>, en véritable vampire (cupides et rapaces), en véritable prédateurs-prébendiers-rentiers d’Etat, d’occasion et de situation, se sont emparés de l’appareil d’Etat et de tous les pouvoirs (décisionnel, politique, économique, financier et foncier, transactionnel, communicationnel, éducationnel, diplomatique, etc…) et ont sacrifié l’héritage, le patrimoine national sur l’autel des injustices, des inégalités, des délinquances ( financières, foncières, économiques), de la corruption, des privatisations/bradages/bazardages tous azimut et sans retenues <strong>!!! </strong>

Ces cadres dirigeants et responsables de la gestion et de la gouvernance de l’Etat, de la nation, de la famille, de l’école, des forces de défense et de sécurité, de l’économie nationale qui, d’une part ont sapé les fondements de la famille, de l’Education, de l’Etat, de l’Armée de l’Economie nationale et qui, d’autre part par leurs faits, actes, pratiques et comportement mafieux ont causé la grande et grave crise ample, profonde, multiforme et multidimensionnelle que le pays connaît ; en commençant le développement national par la fin <strong>!!! («Yèrètagninidioucouya » </strong>c’est-à-dire le gain individuel facile ici et tout de suite<strong> !!!). </strong>Ces prédateurs multimilliardaires fabriqués entre <strong>1992 et 2014</strong>, dont les cheveux et les barbes ont vite blanchi suite à l’enrichissement illicite, à la corruption et qui, par décret du peuple souverain du peuple malien débout, sont condamnés par l’histoire <strong>!</strong>

Nous entendons par peuple, lorsque nous parlons de lutter. Cette grande masse indomptable à laquelle on a tout promis et rien donné. Que tout le monde trompe et trahit ; celui qui veut  que sa patrie soit plus digne et plus honnête ; celui, qui, ayant connu l’injustice et la trahison, génération après génération, veut enfin savoir ce qu’est la justice.

Le  peuple est celui qui exige des transformations importantes et sages dans tous les domaines, et est disposé pour les obtenir, lorsqu’il a suffisamment confiance en lui-même, à tout donner jusqu’à la derrière goutte de sang.

La camarilla de démagogues-jouisseurs-arrivistes-opportunistes-flibustiers et de politiciens professionnels-kleptomanes veulent réaliser le miracle d’entretenir les meilleures relations avec tout le monde et d’avoir toujours raison et, ce faisant, ils trompent et trahissent nécessairement tout le monde à propos de tout.

Nous appelons peuple, lorsqu’il s’agit de lutter… Les millions des maliens et maliennes des villes et des campagnes sans travail et qui veulent gagner leur pain honnêtement sans pour cela devoir émigrer de leur patrie, à la recherche d’une subsistance. Les millions des travailleurs agro-sylvo-pastoraux qui habitent des maisons misérables, qui travaillent quatre à cinq mois par an et connaissent ensuite la misère, le dénuement et la pauvreté avec leurs familles et leurs enfants surtout.

Plus ceux d’entre eux qui ont été expropriés de leurs terres et qui n’ont pas un lopin de terre à cultiver et dont l’existence devait susciter davantage de compassion s’il n’y avait pas tant de cours de pierre ou, pire encore. Car, Dieu dans le Coran dit : « ils ont le cœur dur comme de la pierraille ou plus dur encore car, il y a des pierres qui s’effondrent par crainte d’Allah et d’autres qui se fendent pour laisser l’eau ».

Voici le peuple <strong>!</strong> Celui qui souffre de tous les malheurs et qui, dans la lutte est capable de tous les courages, de tous les sacrifices ; cela jusqu’à la dernière goutte de sang. Lorsqu’il a suffisamment confiance.

<strong>Dix ans de corruption et de gabegie </strong>

Où sont partis les 950 milliards de F cfa qui ont atterri dans la cagnotte du budget d’Etat et des autres structures des finances publiques, sous forme de dons en espèce sonnantes et trébuchantes-comme prime à la démocratie ?

A ce peuple dont les chemins d’angoisses sont pavés de trahisons et de fausses promesses non tenues, nous ne disons pas : nous allons te donner, mais voici : prends et lutte maintenant de toutes les forces pour que soient tiennes, la liberté et la félicite !

<strong>L’avenir de la nation et la solution de ses problèmes</strong> ne peuvent plus continuer à dépendre des intérêts égoïstes de <strong>78 prédateurs multimilliardaires fabriqués entre 1992 et 2014 </strong>à partir de pratiques déloyales et politiques.  Ils mangeant, nagent et vivent dans les <strong>« douze  V</strong> » <strong>(V</strong>oitures, <strong>V</strong>illas, <strong>V</strong>erger, <strong>V</strong>irements bancaires<strong>, V</strong>alises remplies d’argent <strong>V</strong>olé, <strong>V</strong>illégiatures dans les paradis fiscaux, <strong>V</strong>endetta<strong>, V</strong>andalisme<strong>, V</strong>ampirisme<strong>, V</strong>ols, <strong>V</strong>iol<strong>)</strong>.

<strong>Le pays</strong> ne peut plus continuer à attendre à genoux les miracles de quelques veaux d’or, pareil à ceux de l’antiquetestement qui furent détruits par la colère du prophète. Les veaux d’or ne peuvent accomplir de miracles.

<strong>Les problèmes de la République</strong> ne seront résolus que si nous entreprenons de lutter avec la même énergie, la même honnêteté et le même patriotisme que mirent nos libérateurs du  22 Septembre <strong>1960 !!!</strong>

<strong>Bakaridian Dantioko de Sebougou à Lafiabougou -Bamako</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Commémoration des journées du 08  et du 26 mars : Le MOFID&#45;CNID remet des attestations de formation à 215 femmes</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/commemoration-journees-08-26-mars-mofid-cnid-remet-attestations-de-formation-a-215-femmes-1506012.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 01 Apr 2016 01:08:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Le Mouvement des Femmes d’Initiative Démocratique du CNID-Faso Yiriwa Ton (MOFID-CNID) a voulu faire d’une pierre deux coups, en jumelant les festivités de la célébration de la Journée du 08 mars à celles du 26 mars, pour organiser une soirée récréative. C’était le 26 mars 2016 sur l’esplanade de la résidence  de Me Yacouba  Oumar  Samaké, parrain de l’évènement et non moins  membre du Comité Directeur du CNID. Les temps forts.</em>

On notait la présence de plusieurs femmes issues d’organisations féminines diverses, en l’occurrence, de l’association Cèsiri Ton de Kalaban Coura qui a failli voler la vedette au MOFID-CNID. Le Chef du quartier de Kalaban Coura et des cadres de la section V du parti ont également répondu à l’invitation. Le point phare de la cérémonie a été la remise d’attestions à 215 femmes laborieuses. Lesquelles ont été formées pendant trois semaines  par le Centre de Formation en Teinture, Savonnerie liquide et Maraîchage des Etablissements Hamdallaye Hama Aïssata, aux métiers de teinturières, fabricantes de savon et de maraîchères, sur  financement de  l’ANPE.

Mme Salimata  Coulibaly, représentante du MOFID-CNID a indiqué que cette cérémonie, la toute première de leurs activités, entre dans le cadre de la commémoration du 08 mars et de celle du 26 mars.  A l’en croire,  les femmes en général et celles  du CNID en particulier,  vont dorénavant s’affirmer pour l’égalité des sexes, notamment la parité totale entre les hommes et femmes dans la vie politique et administrative. « Nous avons obtenu tous les postes administratifs et été presque membres de toutes les institutions. Mais maintenant, nous voulons accéder à la fonction  de président de la République du Mali… ».  Elle n’a pas manqué de remercier vivement le parrain et sa femme, la présidente de Cèsiri Ton de Kalaban  Coura,  pour leur  attention et leur disponibilité qui n’ont jamais fait défaut.

Le parrain, apparemment satisfait d’accompagner les « compléments » des hommes dans leurs œuvres, a remis symboliquement l’attestation de Bintou  Niaré. Cette dernière a parié qu’elle fera bon usage de ses connaissances et les transmettra à d’autres femmes. Mais auparavant, en bon militant de première heure du mouvement démocratique pour l’avènement de la démocratie au Mali en 1991, il a placé cette cérémonie sous le double sceau de l’amélioration de cet acquis et de la promotion de la gent féminine. Me Yacouba Oumar Samaké qui s’est révolté contre « la démagogie de la nouvelle race de politiciens au Mali »,  a indiqué  qu’il œuvrera  inlassablement pour rassembler davantage de femmes et d’hommes autour des  idéaux du CNID-Faso Yiriwa Ton.

<strong>Gaoussou Madani Traoré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Fabou Kanté à propos du 26 mars 1991 et du 22 mars 2012</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/fabou-kante-a-propos-26-mars-1991-22-mars-2012-1506612.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 01 Apr 2016 00:39:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong> </strong>

<strong>En seulement quatre (04) ans, les conséquences du refus volontaire de prendre en compte les enseignements du putsch de 2012 sont concrets…</strong>

<strong> </strong>Nous vous publions l’analyse Fabou Kanté, qui est parvenu à la veille de la date anniversaire de la commémoration du 26 mars. Fabou Kanté ne tranche mais pose plutôt le débat  avec précision sur ce qui aurait être fait pour la démocratie et ce d’ailleurs a précipité la chute du régime du président Amadoui Toumani Touré, lui aussi ancien putschiste. Suivez son regard !

&nbsp;

Bonjour à tous

J’ai suivi avec non sans intérêt les commentaires fait par la presse nationale Malienne publique et privée à l’occasion du 25<sup>ème</sup> anniversaire de l’avènement de la démocratie dans notre pays qui marquait aussi la fin du régime sanguinaire et dictatorial de Moussa TRAORE et de son clan. (Ce sont les termes qu’ATT a utilisé lors de sa première parution sur les antennes de la RTM après son coup d’Etat)

01Les 14 pages d’analyses et de témoignages qui nous ont été servi par le quotidien national d’information L’Essor et la série d’interviews réalisée la nuit dernière sur l’ORTM qui nous a permis d’écouter les points de vues d’universitaires, d’hommes de culture et d’acteurs du mouvement démocratique  nous ont donné matière à réflexion.

&nbsp;

Je me précipite de faire remarquer tout d’abord, que  l’anniversaire du coup d’Etat du 22 Mars 2012  a été traité par la presse gouvernementale comme un non-événement. Rien ne fût évoqué dessus dans le journal télévisé du 22 Mars. Mon humble avis sur  cette attitude que je trouve  antidémocratique, est que la stratégie de communication du pouvoir qui consiste à abroger politiquement un fait ancré dans l’histoire du Mali ne saurait prospérer. Aucune méthode d’annihilation ne saurait effacer un événement aussi chargé de sens et de symboles de la mémoire collective du peuple du Mali.

&nbsp;

La posture intelligente, modeste, humble républicaine et démocratique  serait d’ouvrir des débats de fond sur les raisons objectives qui ont conduit notre pays au coup de force du 22 Mars 2012 afin de tirer toutes les leçons qui s’imposeraient.

&nbsp;

En seulement quatre (04) ans, les conséquences du refus volontaire de prendre en compte les enseignements du putsch de 2012 sont concrets, palpables et tangibles dans toutes les sphères de la société Malienne. Pourtant, ce que peu de gens ignorent ou oublient, est que des individus,  institutions et groupes d’analyses  nationaux, sous régionaux et internationaux avaient donné l’alerte des années avant le 22 Mars 2012, toutes choses qui devraient normalement permettre aux dirigeants d’alors de se ressaisir et de rectifier le tir. Une sagesse Bambara nous enseigne : «  celui qui est en cours  d’épuiser  sa vie n’est point attentif aux conseils qu’on lui prodigue. » ATT et les siens ont fait  la sourde oreille parce qu’ils fonçaient droit au mur.

&nbsp;

Bakary Konimba TRAORE alias pionnier avait par exemple laissé entendre que le pouvoir d’ATT s’estompera par un coup d’Etat même si cela devrait intervenir à 24 heures de la fin de son mandat à cause de la gestion calamiteuse qu’il décida de faire de la gestion du pays…..Les professeurs Issa N’Diaye, Abdoulaye NIANG  feu Dialla KONATE etc  avaient clairement exposé des arguments scientifiques solides prouvant que notre pays était juste à quelques pas d’un soulèvement qui aggraverait notre situation politique. La Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à travers son baromètre d’analyse des paramètres sociopolitiques et économiques de ses pays membres, basé à Abuja,  n’a cessé depuis au moins une (01) année avant le 22 Mars 2012, d’attirer l’attention du gouvernement de l’époque sur les dangers potentiels et imminents qui guettaient notre pays. ATT et les siens ont fait la sourde oreille et d’ailleurs le coup d’Etat du 22 Mars est arrivé pendant que séjournait une mission de cette organisation au Mali.

&nbsp;

Sur le plan international, c’est Fich, qui depuis Décembre 2009 a arrêté de noter l’économie Malienne pour la simple raison qu’elle était criminalisée par les réseaux de trafics de drogue de tout genre. Air Cocaïne est assez révélateur de ces allégations, l’enlisement et la métastase du problème du nord Mali n’en est pas moins.

&nbsp;

Une année plus tard, en juillet 2010, c’est la CIA qui classe le Mali  parmi les 5 pays les plus injustes au monde car 98% de nos richesses étaient accaparée par moins d’1% de notre population qui constituait au même moment les principaux organisateurs et planificateurs du vol et de la corruption.

&nbsp;

Moins d’une année après le 22 Mars 2012, c’est Lynn Pascoe, un sous-secrétaire d’Etat américain qui, dans un rapport de mission sur le sahel présenté devant le congrès, conclu très explicitement que la crise multidimensionnelle dans laquelle le Mali est plongé est plutôt la conséquence de l’échec intégral et radical des politiques de sécurité et humanitaires nationales que des effets collatéraux de la crise libyenne.

&nbsp;

Voilà, chers frères et sœurs, quelques éléments ci-dessus à prendre en compte chaque 22 Mars afin que nous restions éveillés mais surtout conscients des erreurs et fautes mortelles que nous avons commis et qui nous ont conduits à ce que nous savons. Nier, occulter, diaboliser et déformer l’histoire ne nous sera non seulement d’aucune utilité mais surtout nous prédisposera à reproduire les mêmes comportements, les mêmes façons de faire et de penser d’avant  Mars 2012 et ça serait  simplement dommage pour tout le Mali.

Revenons au 26 Mars.

&nbsp;

Mon point de vue sur l’appréciation du mouvement dit démocratique est conforme à celui que l’homme de culture Magma Gabriel a défendu sur l’ORTM la nuit dernière : Ce mouvement a lamentablement échoué.  Il a échoué pour la simple raison que la majorité de ceux qui en ont été les animateurs n’avaient que des objectifs personnels, familiaux, partisans et claniques à rechercher et à atteindre. Les populations n’étaient point leurs priorités et l’histoire nous l’a clairement prouvé aujourd’hui. C’est d’ailleurs pour cette raison, que ceux d’entre eux qui ont toujours dit : « Attention ! Attention ! Attention ! Nous sommes en train de trahir la mémoire des martyrs » ont soit quitté le système volontairement où ont été contraints par toutes les formes de pressions économiques et politiques.

&nbsp;

Ceux sur quoi je voudrais surtout insister à ce niveau, c’est vraiment la qualité des entretiens que nous a proposé et qui n’ont pas démérité à bien des égards. Cependant, nous estimons qu’il fallait impérativement donner aussi la parole à la jeunesse Malienne. 26 Mars 1991-26 Mars 2016 c’est quand même 25 ans. Quelles analyses font les jeunes de la tranche d’âge 25, 30 et 40 ans de cette révolution ? Ceux qui ont occupé les plateaux sont des acteurs qui dans la plupart des cas ont encore des agendas politiques. Ce seul élément met obligatoirement une bonne dose de subjectivité dans leurs discours. S’ils ont réellement fait cette révolution pour ceux qui étaient à l’époque leurs enfants et petits-enfants,  ces derniers sont généralement devenus aujourd’hui des hommes économiquement morts, politiquement désespérés et socialement  traumatisés. C’était à ces jeunes que l’ORTM devait  donner la parole s’il voulait  jauger les conséquences du 26 Mars au lieu de redonner l’occasion à des gens qui ne songent très souvent qu’à embobiner les autres comme s’ils étaient les seuls témoins de notre histoire.

Bien à vous

<strong>Bamako le 27 Mars 2016</strong>

<strong>Fabou KANTE  </strong><strong>CPM</strong>

<strong>Source : Fraternité africaine</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>26 mars 1991 – 26 mars 2016 : Le devoir de mémoire perpétué</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2016-devoir-de-memoire-perpetue-1505492.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 31 Mar 2016 12:53:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matinal</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, a déposé samedi matin une gerbe de fleurs au Monument des Martyrs, sis Square Patrice Lumumba de Bamako. Par cet acte, le Chef de l’Etat entendait accomplir un devoir de mémoire dû aux filles et fils du pays qui ont versé leur sang pour l’avènement de la démocratie dans notre pays.</strong>

&nbsp;

Pour les acteurs du Mouvement démocratique comme pour tous ceux qui inscrivent leur œuvre dans le sillon du combat d’il y a deux décennies, la date du 26 Mars 1991 est un jour mémorable passé à la postérité. C’est aussi, de l’avis du Président IBK, « un jour fondateur, un jour de souvenir pour chaque malien ».

Parlant du sacrifice des martyrs de 1991, le Chef de l’Etat dira : « … nous nous battons au quotidien pour qu’ils ne soient pas partis en vain. Ils ont espéré un Mali fraternel, un Mali pacifié, un Mali retrouvé en ses limites historiques, un Mali en paix, en amitié et en solidarité avec les peuples du monde. Ce Mali, nous nous efforçons au quotidien de le bâtir. Seul ce Mali compte ».

En ce jour anniversaire chargé d’émotion, le Chef de l’Etat engagera la jeunesse malienne en général et la jeunesse estudiantine en particulier à s’inspirer du combat de ceux qui nous ont quittés, et qui voulaient le meilleur pour le Mali. « La jeune génération a l’obligation de se battre pour le meilleur, de se former pour le Mali, et d’assurer la présence de notre pays au Monde », ajoutera-t-il.]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>25 ans après la révolution :  Des idéaux sacrifiés pour conquérir le pouvoir</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/25-ans-apres-revolution-ideaux-sacrifies-conquerir-pouvoir-1503292.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/25-ans-apres-revolution-ideaux-sacrifies-conquerir-pouvoir-1503292.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 31 Mar 2016 00:23:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>26 mars 1991-26 mars 2016 ! Le Mouvement démocratique célèbre le 25ème  anniversaire de sa victoire sur la dictature des militaires puis du parti unique.  Mais, un quart de siècle après le sacrifice suprême consenti par les Martyrs, la déception du peuple est aussi totale qu’est la profondeur du fossé qui sépare les acteurs de ce mouvement démocratique. Divisés dans la conquête du pouvoir, ils ont oublié que la démocratie n’est pas une fin en soi !</strong>

Qu’est-ce que la démocratie malienne a réellement changé pour les Maliens ? Une interrogation légitime en cette année où le Mouvement démocratique célèbre ses 25 ans.

Sans compter l’interruption stupide du processus par le coup d’Etat du 22 mars 2012 contre celui-là même qui avait parachevé la lutte des élèves et étudiants ainsi que du mouvement démocratique. En l’occurrence, le Général Amadou Toumani Touré aujourd’hui contraint à l’exil à Dakar, au Sénégal.

Pour mieux répondre à cette question, il faut rappeler certaines attentes du peuple à l’époque, précisément des résistants à la dictature, au parti unique incarné par l’Union démocratique du peuple malien (UDPM).

Les élèves et étudiants avaient à cœur de reprendre le flambeau de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM) mis en veilleuse après l’implacable répression qui a abouti à l’arrestation et à l’assassinat d’Abdoul Karim Camara dit Cabral ainsi qu’à l’exil pour de nombreux leaders du mouvement.

De meilleures conditions d’études, majoration du taux de bourse et la révision des critères d’attribution ainsi que sa restitution au niveau du secondaire…étaient des préoccupations de l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM). Bref, la jeunesse réclamait des perspectives meilleures et aussi un bien être pour s’assurer un avenir.

Mais, d’une manière générale, on attendait de la Révolution inachevée de mars 91 l’ouverture démocratique par le multipartisme afin de rompre avec l’unicité des structures représentatives (syndicat, jeunes, femmes) ; la liberté d’expression et de presse ; une meilleure gouvernance du pays avec une farouche lutte contre des fléaux comme la corruption, la délinquance financière, le népotisme…

<strong>Du rêve à la désillusion</strong>

25 ans après, les régimes démocratiques ont tué l’Ecole malienne car ils en ont fait une arène politique. Autrefois des références en Afrique francophone, les produits de l’école malienne sont de nos jours à la traîne un peu partout dans le monde car le niveau n’a cessé de dégringoler. La retraite anticipée, la compression, l’ouverture du secteur aux initiatives privées… sont passés par là.

Et comme le disait le Pr. Ali Nouhoum Diallo lors d’une conférence-débats, «les Maliens ont l’impression que la corruption est plus grande, que le népotisme est plus grand, que la gestion patrimoniale est plus importante, ils s’insurgent».

Autrement dit, si le multipartisme, la liberté d’expression ou syndicale… sont des acquis, notre pays a reculé au niveau de sa gouvernance. Des valeurs comme l’honneur, la dignité, l’intégrité professionnelle et la probité morale ne font plus partie de notre environnement.

Vingt-cinq ans après son avènement, comme le dit si pertinemment notre confrère Alassane Souleymane, force est de constater que «les idéaux du mouvement démocratique ont été dévoyés. Et par ses propres animateurs qui ont eu toutes les occasions, tous les moyens de mettre notre pays sur le chemin du progrès et du bien-être».

Et d’ajouter dans une tribune sur les réseaux sociaux, «nous étions dans la rue pour revendiquer un Mali meilleur, un pays démocratique et des libertés. Nous croyions au rêve promis et nous idolâtrions ceux qui nous guidaient».

Oui, ils étaient nos idoles ceux-là qui se partagent le pouvoir depuis 1992 sans jamais réellement se préoccuper des idéaux pour lesquels beaucoup d’entre nous ont perdu la vie et d’autres gardent les séquelles physiques et psychologiques à vie.

Mais, aujourd’hui, nous nous rendons compte que nous n’étions pour eux que des Marionnettes manipulés pour chasser un dictateur qui ne voyait pas la nécessité de l’ouverture démocratique car connaissant sans doute mieux les intentions réelles de ceux qui la revendiquaient au nom du peuple. Son tort aura donc été d’avoir cédé à la provocation pour tomber dans le piège de la répression féroce.

<strong>La prime aux ambitions personnelles</strong>

La révolution a commencé par manger ses enfants, ceux qui n’avaient pas un agenda caché et qui aspiraient réellement à la démocratie pour apporter le bien-être à l’ensemble des Maliens, pour remettre le peuple au travail en faisant de l’excellence la norme de la consécration sociale et politique.

Nous sommes les maudits de la démocratie parce que la conquête du pouvoir était le cadet de  nos soucis. Juste se battre pour que défendre nos convictions et pour que nos opinions soient également prises en compte dans la gouvernance des collectivités et du pays.

La démocratie a été détournée de ces objectifs parce que les leaders du Mouvement démocratique ont privilégié leurs ambitions personnelles aux dépends du parachèvement de la révolution et de la consolidation du processus.

Et aujourd’hui, pour paraphraser Fousseyni Camara (un intellectuel autodidacte engagé de la diaspora), nos démocrates s’illustrent plutôt dans «la gestion malsaine basée sur le mensonge et la destruction massive du tissu économique».

Sans compter, dénonce-t-il, leur incapacité à se départir de «la très grande influence des réseaux de toutes sortes qui gravitent autour du pouvoir et qui ont même la capacité d'intimider ou de déloger un PM (Premier ministre) quand leur intérêt est menacé». Ils nous nourrissent d’illusions en voulant reconstruire cette nation sur «l'affairisme, le mensonge et l'impunité…».

Ceux qui disaient se battre pour le peule sont devenus subitement des mégalomanes prêts à tout et à toutes les alliances pour conquérir pouvoir ou être associés à sa gestion.

Cette course effrénée au pouvoir explique en partie les ‘’césariennes’’ subies par les partis issus des deux associations phares du mouvement, précisément le CNID (Sadi, Parena…) et l’Adema (Miria, RPM, URD…). Ainsi, «les vertus et les valeurs» ont été vite oubliées dans l’exercice du pouvoir devenu un tremplin de l’enrichissement illicite, donc de l’ascension sociale et économique.

Comme sous le régime décrié, les démocrates convoitent le pouvoir et les postes pour se servir, s’enrichir aux dépens des valeurs prônées pour nous appâter et qui sont vite sacrifiées une fois en selle.

<strong>Une divergence plus profonde que les acteurs ne l’admettent</strong>

Nous comprenons l’enthousiasme du Professeur Ali Nouhoum Diallo qui se dit «je suis heureux de dire que des hommes et des femmes ont vite compris qu’il faut réactiver, ressusciter les associations qui ont contribué à l’avènement du 26 Mars 91».

Mais, nous ne sommes pas aussi optimistes que lui d’autant plus que le récent débat organisé à la Pyramide du Souvenir pour les rassembler a démontré que la divergence entre les acteurs est plus profonde qu’on ne le pense. La conquête et l’exercice du pouvoir ont laissé des rancunes et des rancœurs tenaces qui rendent leur réconciliation hypothétique.

Est-ce que les survivants sont prêts au mea culpa et à revenir aux valeurs et aux vertus auxquelles ils n’auraient jamais dû renoncer ?

Le fait que le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR), coalition d’organisations attachées à la démocratie constituée au lendemain du coup d'Etat de mars 2012, ait volé en éclats à la veille des élections 2013 ne suscite pas l’optimisme.

Cela prouve que le Mouvement démocratique n’a pas tiré les enseignements de la rupture (putsch du 22 mars 2012) pour comprendre que leur division est la plus grande menace à laquelle le processus démocratique est exposé.

Sommes- nous encore capables de nous oublier un peu, de mettre à côté nos ambitions personnelles et le confort auquel nous aspirons (fortune, villas, voitures luxueuses, voyages, belles et multiple maîtresses…) pour nous réconcilier avec nos idéaux démocratiques.

Rien n’est moins sûr ! En effet, comme le dit Graham McNeill dans «Les guerriers d'Ultramar», «le confort est une prison pour l'esprit, il affaiblit la chair et prive l'âme de son ardeur guerrière et de sa détermination».

Difficile alors de les ramener dans le rang des disciples de Gandhi pour qui, «celui qui veut servir, ne gaspillera pas une seule pensée pour son confort personnel».

Et comme nous le disons dans un adage populaire, difficile de sevrer un âne du miel une fois qu’il y goûte ! Difficile, mais pas impossible !

<strong>Moussa Bolly</strong>]]> </content:encoded>
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<title>26 mars : Évaporation du symbolisme</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 31 Mar 2016 00:19:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Devant l’impasse politique, compromettant gravement la vie et l’avenir du Mali, provoquée et entretenue par le refus catégorique du pouvoir de Moussa TRAORE, alors Président de la République et Secrétaire Général de l’Union Démocratique du Peuple Malien (UDPM) ; Parti-unique, d’adopter la forme du gouvernement correspondant aux aspirations profondes de l’heure du peuple malien dont la démocratie pluraliste, un groupe de militaires, dirigé par le Lieutenant-colonel Amadou Toumani TOURE, avait décidé, en parachevant ainsi les douloureux sacrifices consentis par le peuple dans la même perspective, de prendre le pouvoir par la force. C’était dans la nuit du 25 au 26 mars 1991. Analyse</strong>

Cette décision grave qui porta à la tête de l’Etat malien en transition le jeune officier supérieur, le Lieutenant-colonel Amadou Toumani TOURE, semblait à l’époque être l’unique solution capable de mettre fin à la crise. Elle avait été murie concomitamment avec le durcissement du régime en place contre la volonté générale.

Si le monde s’évertue à considérer ce coup de force comme étant plutôt une révolution, c'est-à-dire « un retour sur soi », c’est à cause du comportement honorable des militaires qui avaient tenu à leurs engagements envers le peuple.

En effet, après la prise du pouvoir, le lieutenant-colonel Amadou Toumani TOURE et ses compagnons s’étaient d’abord rendus à la Centrale Syndicale (UNTM) pour remettre le pouvoir aux acteurs politiques regroupés au sein du Mouvement Démocratique.

Sur la demande de ces acteurs politiques majeurs, les militaires avaient ensuite accepté de continuer avec eux en vue de s’assurer une transition politique apaisée et sécurisée qui devait permettre la consécration de la démocratie pluraliste notamment par l’adoption d’une nouvelle constitution qui avait été adoptée par le peuple le 25 Février 1992. C’est sous le fondement de celle-ci, que la mise en place des institutions de la République a été effectuée avec satisfaction de tous.

L’élection du Président Alpha O. KONARE le 08 juin 1992, marquait dès lors à la fois,  la fin de la IIème République et consacrait la naissance de la IIIème République du Mal. C’est après ce travail titanesque, sur l’initiative unilatérale du jeune Lieutenant-colonel ATT, que  les militaires avaient décidé de retourner dans les casernes.

Il faut cependant rappeler que la Conférence Nationale, instance suprême à l’époque, avait sollicité, devant certaines difficultés relatives à l’organisation des élections présidentielles, le maintien à la tête de l’Etat du lieutenant-colonel TOURE, très certainement du fait des qualités qu’il avait fait montre jusqu’ici  dans la fonction de Chef de l’Etat via CTSP, mais il déclina catégoriquement l’offre au nom de « son Serment d’Officier ».

Plus tard, il répondra aux journalistes de l’hebdomadaire « Jeune Afrique », au sujet de la proposition relative à son maintien au pouvoir, que dans le même contexte sociopolitique, il pendrait la même décision ; du fait que leur intervention dans la vie politique n’avait pas pour motivation de conserver ou de conquérir le pouvoir, mais de trouver une solution transitoire pour alléger la seule souffrance du peuple et pour restaurer la paix dans le pays.

Le processus démocratique ainsi emprunté et la conduite des militaires notamment celle du Président ATT en particulier avaient constitué essentiellement les critères qui apaisaient les morts et les victimes et qui donnaient également une dimension exceptionnelle à la démocratisation au Mali.

A partir du 26 mars 1991, aucun pouvoir ne pouvait plus régner en roi ; seul le peuple demeurerait toujours souverain. La constitution énonça à cet effet que « le fondement de tout pouvoir réside dans la présente constitution ». Il a été également installé comme principe de gouvernance, le respect obligatoire de  l’Etat de droit, des droits fondamentaux et des libertés publiques. La constitution consacra dès lors le juge constitutionnel comme le juge de la constitutionnalité des lois pour « garantir les droits fondamentaux de la personne humaine ainsi que des libertés publiques ».

Aussi, aucun pouvoir ne pourrait plus s’attaquer à la forme  républicaine de l’Etat au risque de se voir opposé la désobéissance civile, comme il a été indiqué dans la constitution.

Après 25 ans, il est important de se poser la question de savoir si cet esprit du 26 Mars 1991 sus-définit,  demeure toujours et de s’interroger comment le consolider aussi ?

Tout en laissant à chacun le soin et la liberté de méditer sur cette problématique, il est toutefois utile, en cette énième anniversaire, de s’interroger sur la présence au Mali et en toute liberté de celui qui avait menacé gravement la survie de notre nation et violé les libertés et les droits des maliens durant des années pendant que celui qui avait extirpé le peuple de ces nombreuses exactions criminelles se trouve contraint par des stratégies politiques à demeurer en dehors du territoire national ?

Comment peut-on prier le bon Dieu pour qu’il pleuve suffisamment et le supplier à la fois pour qu’il fasse que  les semences pourrissent ?

L’esprit du 26 Mars est en désaccord profond avec une telle situation. C’est la raison qui conduit à penser à l’évaporation du symbolisme du 26 Mars. Le Mali est pays qui a toujours abrité dans l’histoire des leaders africains combattant pour la liberté de leurs peuples, mais difficilement un dirigeant malien avait été contraint, par des manœuvres politiques, à l’exil.

En tout cas, qu’on le veuille ou non, qu’il soit au pays ou pas, le 26 Mars sera toujours cité dans l’histoire du Mali, comme un repère intangible et de dimension Nationale  et le Président Amadou Toumani TOURE  comme un acteur majeur incontestable de la démocratisation au Mali.

Il vaut mieux voir plus loin et plus grand qu’en nombre ; celui-ci est couramment trompeur surtout de nos jours. Que Dieu bénisse le Mali et les maliens ; Amen.

&nbsp;

<strong>Siriman Wangara</strong>.

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<title>Le 26 mars 91, un quart de siècle après : Repentir aux martyrs</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-91-quart-de-siecle-apres-repentir-aux-martyrs-1500702.html</link>
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<pubDate>Wed, 30 Mar 2016 00:47:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[26 Mars 1991 - 26 Mars 2016. Un quart de siècle après la tragique et dramatique insurrection populaire du mouvement démocratique contre le Général Moussa Traoré, c’est chaque année le même rituel ponctué du traditionnel dépôt de gerbe au monument des martyrs, de rappels historiques sommaires des événements, de débats sur le long chemin parcouru, etc.

Cette année encore les hautes autorités n’ont pas dérogé à la tradition ou du moins formalités. D’habitude très peu matinal, le locataire actuel de Koulouba, lui-même produit du mouvement démocratique, s’est mis sur pied de bonne heure pour sacrifier à l’usage qui consiste à conduire l’imposante procession officielle pour rendre hommage aux nombreux martyrs connus ou anonymes, emblèmes du combat de nombreuses générations contre la dictature, l’oppression et autres formes de confiscation des droits et libertés dans leur pays.

Voilà pour les apparences et la symbolique. Pour ce qui est de la substance, le devoir et la dette des acteurs envers les martyrs pour le sacrifice consenti demeurent entiers. Et pour cause, après 25 années d’expérimentation, la démocratie malienne a peut-être plus brisé d’espoirs qu’elle n’a ouvert des voies et opportunités d’accès à la prospérité collective tant rêvée pour les générations suivantes et futurs. Les querelles aux desseins peu sublimes ont hissé l’accessoire au-dessus de l’essentiel, les profits individuels et la course aux prébendes de bas étage l’emportent sur le devoir sacerdotal et l’esprit du sacrifice.

En définitive, c’est un truisme d’affirmer que le mouvement démocratique a tout simplement failli à ses missions et impératifs historiques tant ses acteurs sont passés à côté de leur devoir de façonner une autre nature de Maliens en cultivant les vertus et valeurs dévoyées par 23 années de gabegie sur fond d’aristocratisation du pouvoir.

Et, faute d’avoir tiré les leçons et inspirations nécessaires de cette parenthèse historique avilissante, les bienheureux et miraculeux survivants des événements du 26 Mars – aux mains desquels la gestion de l’Etat a échu – ne se sont singularisés que par peu de choses parmi celles sur lesquelles se reposaient les attentes populaires. La conquête du pouvoir est devenue une fin en soi, tandis que son instrumentalisation pour de honteux conforts a relégué au second plan les promesses d’une société plus juste et équitable, broyant jusqu’à la substantive moelle la conscience patriotique des Maliens. C’est au Mali de l’ère démocratique, par exemple, que l’intérêt pour l’enrichissement peut être aveugle au point de conduire un officier de l’armée à brader son arsenal à l’ennemi, le policier à tolérer contre des broutilles la circulation de dangers ambulants, le professeur à hypothéquer l’avenir de l’école et de la fonction publique par la distribution massive de notes de complaisance.

Bref, la perte progressive d’espoir de prospérer collectivement      a transfiguré la société et l’a ravalée au stade d’une jungle de parvenus où l’insultant confort des plus habiles au gain (sans être forcément les plus méritants) transforment les moins fortunés en aigris sociaux dépourvus de tout jusque du sentiment d’appartenance à la patrie commune. C’est du moins la tendance qui s’est cristallisée dans l’étonnante indolence de la plèbe face à l’invasion et l’asservissement de pans entiers du pays qu’elle n’était pas prête à défendre au nom du confort d’une élite insouciante.

Idem quant à son indifférence vis-à-vis de la mise en lambeaux, par une génération spontanée de militaires, des précieux acquis démocratiques que la populace ne sentait aucun intérêt à préserver en étant les parents pauvres de ses fruits socio-économiques.

Et, sans verser dans une superstition stérile, ce n’est peut-être pas un hasard si un symbole vivant du 26 Mars, ATT en l’occurrence, a mérité le châtiment divin d’être déposé un 22 Mars, date anniversaire du jour où l’insurrection populaire a tourné à la faveur du Mouvement démocratique.

Nonobstant, ces signes prémonitoires n’ont l’air d’ouvrir les yeux à ses successeurs. En lieu et place de l’orthodoxie promise et des comportements exemplaires ayant sous-tendu le sacrifice, les martyrs de Mars 1991 continuent d’être payés en monnaie de singe comme s’il suffisait d’un seul recueillement de circonstance pour honorer leur mémoire.

<strong>La Rédaction</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>26 mars 1991 26 mars 2016 : &amp;quot;Il n&amp;apos;y a pas de véritable démocratie&amp;quot;, dixit Adama SAMASSEKOU, Ancien Ministre de l&amp;apos;Education</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2016-ny-a-de-veritable-democratie-dixit-adama-samassekou-ancien-ministre-de-leducation-1500512.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 29 Mar 2016 09:27:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>Zénith Balé</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Ce samedi 26 mars, le ministère  de la Culture de l'Artisanat et du Tourisme a organisé un colloque scientifique à la pyramide du souvenir pour rendre hommage aux martyrs des événements de mars 1991 et les  évolutions géo-spatiales, politiques, institutionnelles, économiques, sociales et perspectives. C'était sous la présidence de Mme le ministre de la Culture de l'Artisanat et du Tourisme.</em></strong>

L'actuelle République du Mali née de trois grands empires : l'empire du Ghana, l'empire du Mali et l'empire Songhaï et après une période coloniale française (de 1895 à 1960), a accédé à l'indépendance le 22 Septembre 1960.  Le 19 novembre 1968, un coup d'Etat militaire renverse le premier Président, Modibo KEÏTA. De 1968 à 1991, le pays est dirigé par un régime militaire dictatorial.

Après, l'indépendance et la fin du règne du premier Président, la lutte pour le multipartisme et la démocratique a commencé à partir de 1979. Elle a conduit à la création des partis et associations politiques suivants : Parti Malien pour la Démocratie et la Révolution (PMDR), 1979 ; Front démocratique des patriotes maliens, 1984 ; Front National Démocratique Populaire (FNDP), 1986 qui comprend le Parti malien du travail (PMT), le PMDR, le PDPM, rejoint en 1989 par l'US-RDA ; l'Association des Jeunes pour la Démocratie et le Progrès (AJDP), 15 octobre 1990 ; Comité National d'Initiative Démocratique (CNID), 18 octobre 1990 ; Alliance pour la Démocratie au Mali (Adema), 25 octobre 1990.

Le 26 mars1991, une insurrection populaire, soutenue par les militaires, a mis fin au régime militaire et le Mali vient de tourner la 2ème page de son histoire. Un Comité de Transition pour le Salut Public (CTSP) dirige le pays jusqu'à l'élection du premier Président démocratiquement élu en 1992.

Entretemps, d'importantes reformes politiques, économiques, sociales et culturelles sont entreprises.

Afin d'élaborer une nouvelle constitution et définir le processus électoral, le CTSP organise une conférence nationale du 29juillet1992 au 12août1992. Le multipartisme est reconnu et une charte des partis politiques a été établi par une ordonnance CTSP le 10octobre1991[].

De mars 1991 à nos jours, la pratique démocratique a fait des résultats diversement interprétés. Si la pratique démocratique a eu des avancées significatives : instauration du multipartisme intégral ; institutionnalisation des libertés fondamentales ; libéralisme économiqu ; libéralisme syndical ;  décentralisation ; élection libre.

Elle a eu aussi des impacts négatifs : détérioration et dégradation du tissu social, perte de certaines valeurs morales et sociales, accentuation de la précarité de la vie, exacerbation des inégalités sociales, incertitude de l'avenir, insuffisance de débats et de cadre de réflexion et de propositions de sortie de crise récurrente, perte de confiance dans les institutions de la République et insuffisance de véritables plans de développement pour le bien être de la population, etc.

C'est pourquoi, il y a lieu de s'interroger sur la nature des évolutions spatiales, politiques, économiques et sociales que le Mali a connues depuis le 26 mars 1991.

Pour aider à la recherche des solutions à cette interrogation, la Pyramide du Souvenir, organise un Colloque. Ce Colloque regroupe des professeurs d'universités, des professeurs d'enseignement supérieur, des chercheurs, des intellectuels, des acteurs politiques et leaders d'opinion qui réfléchissent et analysent les difficultés et contraintes liées aux transformations géo-spatiales, politiques et institutionnelles, économiques, sociales et perspectives que le Mali a subies depuis mars 1991 et proposer des solutions pour le renforcement de la bonne gouvernance au Mali.

Les objectifs, c'est de contribuer aux réflexions et analyses des évolutions spatiales, politiques, économiques et sociales du Mali depuis mars 1991 à nos jours, voire les perspectives. Aussi, de créer un cadre de rencontres et d'échanges entre les différents acteurs de la vie socioéconomique et culturelle ; analyser les évolutions spatiales, politiques, économiques et sociales du Mali depuis mars 1991 à nos jours ; proposer des solutions inspirées des réalités historiques et socioculturelles du Mali ; proposer un mécanisme de diffusion, de vulgarisation et de pérennisation des bonnes pratiques de la gouvernance.

Mme la ministre de la Culture, N'Diaye Ramatoulaye Diallo, après ses mots de bienvenue a remercié tous les acteurs qui contribuent à la réussite de ce colloque scientifique. Un colloque, à n'en pas douter, qui va contribuer un véritable éveil de conscience de tous les acteurs de la vie sociopolitique et économique de notre pays.

C'est au vu et au su de tout ce qui s'est passé que l'ancien ministre de l'Education Adama SAMASSEKOU indique ceci : "Il n'y a pas de véritable démocratie".

<strong> </strong>

<strong>TIEFING</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta au monument des martyrs le 26 mars 2016 : « Ceux&#45;là qui ne sont pas là aujourd’hui… nous voient chacun à notre vérité et à notre dédicace pour le Mali»</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/president-de-republique-ibrahim-boubacar-keita-monument-martyrs-26-mars-2016-ne-aujourdhui-chacun-a-verite-a-no-1500052.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 29 Mar 2016 06:26:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[26 mars 1991-26 mars 2016, la démocratie malienne a 25 ans.  Pour rendre un hommage vibrant aux hommes et aux femmes qui ont payé de leur sang pour que ce jour de liberté se lève pour le peuple malien, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta s’est rendu, le 26 mars 2016 dans la matinée, au monument des martyrs où il a déposé des gerbes de fleurs. En ce jour de souvenir, le président IBK de rappeler aux Maliens ce que fut l’ambition de ces martyrs pour le Mali. « <em>Ils ont espéré un Mali fraternel, un Mali pacifié, un Mali retrouvé en ses limites historiques, un Mali en paix et en amitié, en solidarité avec les peuples du monde », </em><em>a noté le président de la République avant de déclarer : « </em><em>C’est ce Mali là, nous nous efforçons au quotidien de le bâtir quoi qu’on en dise.</em><em> Et c’est ce souvenir là qui est notre rigueur, le souvenir des martyrs », </em>a <em>dit le président IBK. A cette occasion, le président de la République a appelé aussi les Maliens à taire les polémiques et à faire face à l’essentiel. </em><em>« C’est un jour mémorable à tous les égards, un jour fondateur. C'est chaque fois l'an révolu, le souvenir de ceux par qui aujourd’hui est, grâce auxquels aujourd’hui est. Je voudrais en un jour comme aujourd’hui que les polémiques s’apaisent que chacun pense à ceux-là qui ne sont pas là aujourd’hui. Mais qui nous voient chacun à notre vérité et à notre dédicace pour le Mali. A ce que nous posons au quotidien comme acte fort pour ce pays »</em>, a rappelé le président de la République<em>. </em>

Comme message à l’endroit de la jeunesse malienne en ce jour de souvenir national, le président de la République a demandé aux jeunes à s’inspirer du combat de ceux qui sont partis. <em>« Ils ont espéré le meilleur pour le Mali. Seulement le Mali doit faire obligation à la jeune génération notamment les jeunes de l’AEEM de se battre pour être les meilleurs, se former pour le Mali. Pour que le Mali soit présent au monde. Pas une présence médiocre, pas une présence mendiée, mais la présence avec force, conviction, compétence pour servir le Mali. Ce sera leur devoir. En ce jour de réflexion que chacun ait une pensée très profonde sur l’essentiel par rapport à ce pays. Seul le Mali compte »</em>, a conclu le président de la République.

<strong>Youssouf Z KEITA </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>26 mars 1991 &#45; 26 mars 2016 : 25 ans après, le Mali se souvient de ses martyrs</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2016-25-ans-apres-mali-se-souvient-de-martyrs-1499612.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2016-25-ans-apres-mali-se-souvient-de-martyrs-1499612.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 29 Mar 2016 00:14:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Flambeau</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>La pyramide du souvenir, </strong><strong>en partenariat avec le ministère de l’administration territoriale, a organisé le samedi 26 mars 2016 un colloque scientifique qui avait comme thème « évolutions spatiales, politiques, institutionnelles, économiques et sociales du Mali de mars 1991 à nos jours et perspectives ». La cérémonie d’ouverture dudit colloque s’est déroulée en présence du ministre de la culture, de l’artisanat et du tourisme, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, et de ses collègues de la Recherche scientifique, des Affaires religieuses et de l’Administration territoriale.  </strong>

Ont pris également part à ce colloque des universitaires, des chercheurs et plusieurs hommes politiques. Au terme de l’exécution de l’Hymne national par les pionniers, l’assistance a eu droit à une projection de 25 minutes dans laquelle des hommes et des femmes, issus de toutes les classes confondues de la société, ont donné leur vision sur la démocratie depuis son avènement dans notre pays. Ledit documentaire a été suivi de l’allocution de circonstance de Mme le ministre de la culture, de l’artisanat et du tourisme, N’Diaye Ramatoulaye Diallo. « <em>La construction d’une Nation forte, processus marqué par une succession de volonté de changement, reste le préambule de l’histoire globale de notre pays. C’est dire qu’à chaque époque, à chaque système, à chaque gouvernement son obsession de faire du Mali le Grand Pays de nos fiertés</em> » a-t-elle introduit. En 2016, a indiqué Mme N’Diaye Rama Diallo, nous voici à un quart de siècle de sa pratique effective dans notre pays. Bien que l’histoire ne s’accommode pas des bilans, s’il fallait en faire un de notre exercice de la démocratie, ce ne serait pas sans griefs, sans interrogations, sans remise en question et parfois sans déni des progrès et des avantages liés au système démocratique, a-t-elle ajouté.

« <em>La parenthèse armée de 2012 ainsi que la crise actuelle du terrorisme, qui n’est cependant pas que malien, nous obligent à marquer un temps d’analyse et de réflexion pour penser, au besoin, repenser notre système démocratique</em> », a-t-elle souligné. Avant d’ajouter « <em>je reste consciente que l’exercice ne peut se contenter de la seule journée, tant il y a à dire, mais il s’agissait pour nous de lancer le signal de la nécessaire réflexion sur les adéquations possibles entre système démocratique au 21<sup>ième</sup> siècle et système de gestion de la cité hérité de notre riche histoire. Il s’agissait aussi pour nous de lancer le débat sur la nécessaire confrontation des concepts de démocratie et de culture</em> ».

Rappelons que le ministère de la Culture, de l’artisanat et du tourisme a placé l’année 2016, sous le sceau de la Renaissance culturelle, qui ne sera pas que le retour des activités culturelles et festives, mais sera surtout une année de réflexion utile à la création du réflexe culturelle, à un retour plus que nécessaire à nos valeurs intrinsèques.

<strong>Seydou Karamoko KONÉ </strong>]]> </content:encoded>
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<title>26 Mars 1991&#45;26 Mars 2016 : ‘’Les morts ne sont pas morts !’’</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2016-morts-ne-morts-1497542.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sun, 27 Mar 2016 05:38:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Il y a 25 ans, le général Moussa Traoré, face à la crise profonde qui sévissait dans le pays, promettait de faire porter au peuple malien une couronne d'enfer.  Et la macabre promesse, (hélas) avait été tenue.</em></strong>

De 1981 à 1987, l'UDPM avait organisé 4 Congrès, sans jamais trouver une seule solution aux différentes crises qui secouaient la Nation et faisait fi de la corruption, du népotisme et de l'injustice qui rongeaient le pays.

Le Général président Moussa Traoré en personne, passait aux aveux en Mars 1987 dans une interview accordée à "Jeune Afrique" : "Le parti n'existe pas ! Seuls des malhonnêtes m'entourent, tous mes compagnons sont corrompus".

Et pourtant, de ces « compagnons corrompus », il ne se débarrassera jamais. Et pour cause !

Au cours de la décennie 1980, le Mali, était amené à appliquer le PAS (Programme d'Ajustement Structurel) qui a entraîné l'accroissement des clivages sociaux en favorisant l'émergence d'une grande frange d'exclus du système économique. Pauvres esprits, que ceux-là qui feignent d'oublier (et tentent de faire oublier) que, c'est sous et par Moussa Traoré, que notre pays s'est trouvé sous ajustement structurel !

La paupérisation des couches sociales connut ainsi un véritable coup d'accélérateur : compressions, réduction de l'enveloppe des bourses universitaires, chute du pouvoir d'achat et surtout une accumulation des salaires des travailleurs qui n'étaient payés qu'une ou deux fois par trimestre.

Pendant ce temps, le pouvoir n'a cessé de se fasciser.

C'est le début des provocations, intimidations, et interdictions des manifestations programmées par les associations CNID-ADEMA.

On gaze et on matraque les responsables des associations démocratiques dont le seul crime aura été de vouloir incarner les aspirations du peuple, au changement par voie démocratique. Ensuite, l'on s'attaque aux élèves et étudiants.

Couvre-feu, Etat d'urgence, Etat de siège, étaient vécus quotidiennement par le peuple.

Et pourtant, le peuple malien ne demandait que le dialogue, la confrontation des idées sur l'avenir du pays, la liberté d'expression, d'opinion et la possibilité pour chacun de militer dans le parti politique de son choix.

GMT et ses valets y ont opposé un refus catégorique, car leur pouvoir ne reposait que sur la force, l'intimidation, la terreur et la persécution.

Mais la patience du peuple avait atteint ses limites et les Maliens avaient décidé de prendre en main la conduite de leur destinée, malgré l'exorbitant prix à payer.

Le reste est connu : GMT avait promis d'abattre l'enfer sur le Mali et il l'a fait.

Une étape de notre histoire écrite dans le sang des fils du pays, le sang des martyrs.

Ils ont osé tirer sur les jeunes jusque dans les hôpitaux et cimetières. Ils ont froidement brûlé des manifestants dans l'enceinte du "Sahel Vert », le transformant en four crématoire à l'instar des "nazis".

GMT, alors, a fait ce qu'il avait promis et auquel aucun malien n'aurait jamais osé croire.

Sourd à toutes les sollicitations, le pouvoir de GMT qui pouvait éviter au pays le cycle des violences, des règlements de compte, le risque de guerre civile, a choisi, par orgueil et par mépris, l'affrontement, parce que, sûr de sa force, de ses armes.
<h1>La "couronne d’enfer"</h1>
Ainsi, le Mercredi 20 Mars 1991, à l’instar de Bamako, d’autres villes du Mali subissent l’enfer promis par le Général tyran Moussa Traoré. Après Koulikoro, Kita, Sikasso et Ségou, c’est la petite ville de Dioila qui ramassait ses morts. Quatre blessés graves sont évacués sur l’hôpital Gabriel Touré de Bamako. C’était quatre élèves : Moussa Mariko (14 ans, 4<sup>e</sup> année école Soloura de Dioila) Alamako CAMARA (20 ans, lycée de Dioila) ; Issa Diarra (13 ans 4<sup>è </sup>année) et Tidiani Sissoko (13 ans 4<sup>e</sup> année). Alamako Camara a perdu à jamais l’usage de son œil gauche ; Moussa Mariko a dû subir une opération chirurgicale de l’abdomen afin d’en extraire les plombs qui y étaient logés ; Issa Diarra et Tidiani Sissoko, avaient quant à eux, reçu des plombs sur tout le corps. Pendant ce temps, à Sikasso le jeune Dramane Konaté, élève en 9<sup>e</sup> année, était tué et plusieurs autres grièvement blessés.

A Bamako, c’est surtout le 23 Mars 1991 que devait avoir lieu le grand carnage. Il était ce jour-là 11 h 50 mn, lorsque des manifestants brisèrent les vitres de la boutique ADC-Mali, sise à l’immeuble Sahel Vert. La marée humaine s’y engouffra. Quelques minutes après, un camion militaire chargé d’hommes en uniforme, armés de fusils de guerre et de grenades offensives et du blindé n° 3508, arrivèrent sur les lieux. Les engins se vidèrent de leurs occupants en uniforme qui lancèrent les grenades dans la boutique pleine (de monde) comme un œuf, avant de « canarder » les occupants. Les flammes hautes, de plus de 2 mètres, atteignirent facilement le premier étage. Impuissants, les autres manifestants n’ayant pu trouver refuge dans la boutique infernale, assistèrent à la cuisson de leurs compagnons.

A 12 h 22 mn, il n’ y avait plus aucun espoir de sauver une seule personne.

Tous les manifestants qui étaient à l’intérieur de l’immeuble Sahel Vert ont été calcinés. Et, des fenêtres noircies par les flammes, l’on pouvait observer les ossements humains : crânes, fémurs, etc.

Une équipe de secours de l’hôpital Gabriel Touré et les sapeurs pompiers, arrivèrent une heure plus tard… Mais, c’était seulement pour constater l’horreur.

Au même moment, la folie meurtrière de GMT frappait partout, dans tous les quartiers de Bamako.

La morgue de l’hôpital Gabriel Touré était devenue trop petite pour accueillir les morts.

Les couloirs de l’hôpital devaient alors servir de lieu de réception des cadavres.

Le Général Moussa Traoré, venait de tenir sa promesse macabre : faire descendre « une couronne d’enfer » sur la tête de ses concitoyens.

Cette journée a été singulière en termes de bilan funèbre, mais elle n’avait rien d’unique. Elle avait été, elle devait être saisie comme l’illustration et le condensé répugnants et révoltants des souffrances multiformes imposées à notre peuple par Moussa Traoré et le système qu’il a initié et représenté 23 années durant. Une illustration du calvaire des innombrables Maliens, même anonymes, victimes fauchées par les assassins en Janvier et en Mars 1991.

Ces actes de génocide n’ont épargné aucun groupe social, ni force potentiellement organisée, dans aucun secteur économique ou géographique du pays.

Les « couronnes d’enfer » tressées sur leurs têtes par le dictateur Moussa Traoré ont finalement uni dans la mort, une mort atroce et injustifiable les fils du pays. Et c’était prémédité, programmé et annoncé à l’avance !

Afin que la mémoire ne se meure, que le sacrifice ne soit pas vain et que l’idéal continue de guider nos pas et nos actions, rappelons et célébrons, toujours et à jamais, le 26 Mars 1991, fondation et fondateur de la 3è République.

Pardonner, oui ! Mais, à condition que ce pardon ne requiert l’oblitération et le délaissement de l’idéal du 26 Mars.

<strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Propos mémorables :   Feu Modibo Keïta, Président de la République (19 Novembre 1968)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-feu-modibo-keita-president-de-republique-19-novembre-1968-2-1497612.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sun, 27 Mar 2016 03:54:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA["Le Mali, ce n’est pas nous, ce n’est pas non plus ceux qui viennent de prendre le pouvoir. Le Mali, c’est vous !" [NDLR : s’adressant à la jeunesse]

&nbsp;
<h4>Général Moussa Traoré, Président de la République : 1979</h4>
« Ce qui m’a énervé et vexé, c’est quand, Karim Dembélé est venu me présenter dans une mallette 24 millions que j’ai refusés, mais que ma femme prendra à mon insu ».

&nbsp;

<strong>Oumar Mariko, Secrétaire général SADI (1998)</strong>

« J’entends des gens dire, si Moussa Traoré avait, c’est-à-dire, accepté l’ouverture démocratique, le 26 Mars n’aurait pas eu lieu. Une chose est sûre : ceux qui le disent, n’ont pas compris qui soutenait le mouvement estudiantin ».

&nbsp;

<strong>Me Mountaga Tall (CNID, 1996)</strong>

« Nous œuvrons pour la réconciliation nationale. Nous ne jouerons pas à l’exclusion. Cependant, nous l’avons toujours dit : nous ne serons jamais les alliés de ceux qui ont les mains souillées de sang ou qui ont pillé les biens du pays ».

&nbsp;

<strong>Feu Me Demba Diallo (CNDP, 1997)</strong>

« <em>Nous avons affronté Moussa Traoré et ses armes, ce n’est pas devant une poignée de personnes que nous allons nous incliner ».</em>

&nbsp;
<h2>Adam Thiam, chroniqueur journal Le Républicain 1999</h2>
« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et que, quelle que grande que soit la distance jusqu’au Paradis, la descente aux Enfers du pays est bien finie ».

&nbsp;
<h2>Djiguiba Kéïta dit PPR, PARENA (2001)</h2>
<em>« Le Mali nouveau, ce n’est pas le MPR qui peut le bâtir, c’est nous, c’est-à-dire les autres, ceux qui ont combattu le système dont le MPR se réclame ».</em>

&nbsp;
<h3>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Mars 1996)</h3>
"La grosse erreur a été de faire croire que la démocratie peut tout régler comme par un coup de baguette magique. Une démocratie se bâtit lentement avec des hommes et des femmes qui y adhèrent et auxquels, il faut donner toutes les explications qui s’imposent."

<strong> </strong>
<h1>Ibrahima N’Diaye dit Iba, Maire du District : 2001</h1>
« Hier comme aujourd’hui, et sans doute demain, il n’y a pas eu de millionnaires, milliardaires ; il n’y en a pas ; il n’y aura pas parmi nous, sur le dos du peuple, en tout cas aussi longtemps que Bamako, les capitales régionales, le pays profond regorgeront de mendiants, d’injustement appauvris et misérabilisés qui tendront la main aux passants, toute honte bue ».

<strong> </strong>

<strong>Professeur Yoro Diakité (2002)</strong>

« Les objectifs essentiels immédiats du 26 mars étaient l’instauration du multipartisme intégral et de la liberté pour les gouvernés de choisir leurs gouvernants. Ceux-ci ont été atteints. Mais, l’espoir populaire attendait un mieux vivre et surtout devenir maître de sa propre histoire. De cela, nous en sommes loin ».

&nbsp;

&nbsp;

<strong> </strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>

<strong>Rassemblés par </strong>

<strong> </strong>

<strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Assassinat du Président MODIBO KEÏTA : Rétrospective sur un crime</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/assassinat-president-modibo-keita-retrospective-crime-1497642.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sun, 27 Mar 2016 01:58:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Modibo Kéïta, même en prison, était devenu encombrant, et sa vie, une menace pour le régime militaire. </em></strong>

<strong><em>Par son l'assassinat, Moussa Traoré et ses valets ont liquidé un espoir, celui qui a consacré sa vie à l'indépendance de sa patrie, à la grandeur et à la dignité de son peuple, sans jamais se renier.</em></strong>

"Je proclame ma foi en l'avenir de notre République. Cette foi, nous la partagerons tous, j'en suis convaincu, car il ne peut en être autrement quand il s'agit d'un peuple qui a su garder son calme et sa dignité en des heures où d'autres les auraient perdus, qui a donné des preuves éclatantes de la fermeté de son caractère, qui a affirmé avec force sa patrie et qui, s'il le fallait, n'hésiterait pas à offrir ce à quoi les hommes tiennent le plus, leur vie, pour que vive et prospère un Mali libre dans une Afrique unie…".

L'homme qui s'exprimait ainsi en 1961 devant le peuple malien, s'appelait Modibo Kéïta.

Grand patriote, il venait de bénéficier de la confiance de son peuple pour relever le pays des décombres d'une colonisation rapace qui aura mis à genoux l'économie Nationale, sapé les fondements de la Nation.

Hélas ! Seulement sept ans après, le 19 Novembre 1968, Modibo Kéïta, a été renversé par un coup d'Etat militaire dirigé par un lieutenant anonyme : Moussa Traoré.

Depuis, emprisonné dans des conditions les plus inhumaines, sans jugement et en contradiction flagrante avec les déclarations des nouveaux dirigeants, il n'en sortira que le 16 Mai 1977, mort, assassiné de la manière la plus atroce.

Ce jour en effet, le président Kéïta pris de violents malaises, était transporté à l'hôpital du Point G.

Le soldat qui le gardait, se précipitant pour demander de l'aide, s’était vu interdire tout déplacement.

Quelque temps après, un communiqué de Radio Mali, annonçait la mort de "l'instituteur à la retraite, Modibo Kéîta".

Quelle autre interprétation, donner à l'absence de toute annonce officielle de la disparition subite du premier Président de la République du Mali ?.

"Espérait-on que son décès aurait pu passer inaperçu ?" s'interrogeait le journaliste français Pierre Morlet. Ce qui est plausible poursuivait-il, "c'est que, cette tentative peu reluisante, traduit pour l'essentiel, le désarroi d'une équipe déconsidérée".
<h3>En effet, la première tentative d'explication de la mort de Modibo, donnée pour cause d'intoxication alimentaire", était remplacée peu après, par un œdème pulmonaire".</h3>
Il fallait nier l'évidence : l'assassinat.

Et l'autopsie demandée par la famille, a été refusée. Chacun savait cependant que Modibo Kéïta avait été empoisonné.

Le Jeudi 19 Mai, date des obsèques, les écoles et les lycées étaient gardés, les élèves dans la rue. Tous voulaient emmener le corps de Modibo pour le rendre au Comité Militaire : "<strong>leur rendre leur mort</strong>".

Les élèves et étudiants sont venus dans la famille de Modibo. Ils ont cassé le cercueil et déchiré le linceuil pour voir son corps. Les élèves ont ensuite transporté le corps du Président assassiné jusqu'au cimetière de Hamdallaye et effectué l'enterrement.

<strong>Pourquoi avoir mis Modibo Kéïta à mort ? </strong>

Pour sauvegarder un pouvoir menacé, car le 9 Mai 1977, s'était déroulé à Bamako, une manifestation des élèves et étudiants faisant suite à la grève au cours de laquelle, les manifestants réclamaient le retour au pouvoir de Modibo Kéïta, dont ils clamaient le nom.

Modibo Kéïta, même en prison, était devenu encombrant, et sa vie, une menace pour le régime militaire.

Par l'assassinat de Modibo Kéïta, Moussa Traoré et ses valets ont liquidé un espoir, celui qui a consacré sa vie à l'indépendance de sa patrie, à la grandeur et à la dignité de son peuple, sans jamais se renier.

Moussa Traoré a aussi mis fin par le meurtre de Modibo Kéïta, à une histoire d'une grande foi et d'un profond attachement réciproque, nourris comme dans un pacte de sang, par une fidélité émouvante des Jeunes, à celui qui reste à jamais le père de la jeunesse malienne.

<strong>                                                                                         </strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>

<strong>                                                                                                    Boubacar Sankaré
</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mouvement Démocratique Malien : Les illusions perdues</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mouvement-democratique-malien-illusions-perdues-2-1497512.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 26 Mar 2016 13:37:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Autant Mars 1991 a été une explosion de la colère contenue du peuple, autant l’ère nouvelle engendrée par les douloureux événements a donné naissance à un nouvel état d’esprit. « L’atmosphère » post-Mars 91, difficile à caractériser, s’est illustrée par des comportements et des attitudes mitigés.  Mais, le sentiment le mieux partagé fut l’impatience de tous à voir aboutir, comme par un coup de baguette magique, les différentes quêtes : la fin du malaise, du chômage, de la misère, etc. </em></strong>

La Conférence Nationale tenue sous la Transition avait pour ambition de mettre en place les nouvelles institutions démocratiques. Mais, les débats qui y furent passionnés pour des raisons qu’on devine aisément, et qui s’expliquèrent tout à fait dans le contexte psychologique de l’époque, ne pouvaient pas déboucher sur un projet de société cohérent.

Non pas que les participants n’en eussent pas la volonté, mais tout simplement, parce que les conditions objectives n’étaient pas remplies à cette époque. D’où l’énorme quiproquo qui s’en est suivi. Car la nouvelle ère s’annonçait et s’installait par une transition que l’on a uniquement réduite à la période du CTSP. Or, la vraie Transition a commencé justement, logiquement avec l’avènement de la IIIe République.

Il fallait considérer cette République nouvelle, avec ses Institutions mises en place à la faveur des premières élections libres, comme la phase de l’apprentissage de la démocratie chèrement acquise.

L’élaboration d’un projet d’une nouvelle société devait marquer la vraie rupture avec l’ordre ancien. Cette rupture devait se réaliser dans un cadre de pensée, de débats d’idées, d’éducation et d’édification des Maliens, qui, en se soulevant pour changer les choses, s’étaient du coup engagés à assumer de nouvelles responsabilités, dont la plus essentielle est la prise en main de leur propre destinée.

Tout le monde a proclamé « rien ne sera plus comme avant », mais il est aisé de constater que le peuple malien organisé au sein de divers mouvements et associations, n’a pas su accompagner le mouvement insurrectionnel de libération pour un mouvement de pensée politique élaborée, une démarche intellectuelle instaurée se traduisant par des débats sur le « comment » de la construction de la maison commune.

Le mouvement démocratique dans ses différentes composantes devait poursuivre le combat pour le parachever, le parfaire, progressivement.

Pour cela, il se devait d’élaborer un nouveau système de pensée en direction du citoyen.

Les partis politiques et la société civile devaient s’atteler à l’éducation de leurs militants.

Car, au sortir de Mars 1991, il fallait des"hommes nouveaux" pour faire face aux enjeux et aux défis de la démocratie qui, encore une fois, n’est pas une fin en soi, mais un processus complexe qui implique un changement de mentalité et de comportement.

<strong>Qui a entretenu les illusions ?</strong>

Comment un tel projet, (si tant est que, la vision fût largement partagée) pourrait-il être réalisé par "le pouvoir » tout seul ?

Il y a un paradoxe. Comme si le peuple s’auto-excluait de la suite du combat, de la partie la plus essentielle du combat.

Mais, rien de surprenant à cela, quand on constate par ailleurs que l’encadrement du peuple n’a pas suivi.

Les partis politiques, les différentes associations, n’ont pas su faire acquérir la nouvelle culture aux citoyens.

S'en sont-ils réellement préoccupés ?

La démocratie est d’abord une culture. Nos hommes politiques manquent de culture démocratique, et le peuple lui, manque de culture politique.

<strong>Il est temps de remédier à ces anomalies</strong>

Que le Mali soit aujourd’hui encore dans une phase de transition, cela ne fait aucun doute. Quand on sait que Mars 1991 a révélé des frustrations accumulées depuis des décennies, il ne faut raisonnablement pas imaginer que 25 ans suffisent à atteindre l’idéal.

L’apprentissage de la démocratie se fait à un rythme lent certes, aux yeux de beaucoup, mais il se fait qualitativement.

Du reste, l’expérience entamée depuis 1992, a permis d’engranger des résultats et des succès riches en enseignements.

Des faiblesses aussi ont été révélées dans le fonctionnement de nos nouvelles institutions.

Le mérite de la IIIème République, c’est d’avoir eu le courage de constater et de reconnaître ces faiblesses, et de les corriger en y associant le peuple : ce fut à travers différents forums, conférences nationales. Sans compter le processus engagé pour le référendum constitutionnel mais qui fut bloqué, malheureusement. Cette démarche des autorités est pour rappeler que le Mali démocratique poursuit son petit bonhomme de chemin, étape après étape.

Cela veut dire que nous ne sommes pas encore définitivement installés dans la démocratie.

Mais que chaque étape doit être consolidée grâce à l’effort de tous les fils de la Nation, chacun à sa place, chacun selon son rôle.

Nul n’a le droit de se dérober à ses responsabilités. L’œuvre d’édification de la nouvelle société commune sera, ou ne sera pas.

Il faut ici s’empresser de souligner que la classe politique est fortement interpellée quant à sa responsabilité particulière d’encadrer et d’éduquer le peuple pour en faire des citoyens nouveaux.

Le paysage politique actuel ne reflète pas l’image de dignité acquise par le peuple grâce à son combat de Mars 1991.

Les querelles de clocher, les invectives, les intrigues subjectives, voire systématiquement destructives et déstabilisatrices, sont tout le contraire de l’attitude d’une classe politique dans le cadre d’un Mali nouveau.

Les crises successives que le pays a connues ont dramatiquement révélé le manque de vision de nos responsables politiques, ceux-là mêmes qui prétendent représenter le peuple, et agir en son nom. Au-delà des crises politiques  liées à différentes élections, la crise dans les régions nord du pays perdure et constitue une préoccupation majeure.

Face à ces deux interpellations politiques majeures, société civile et partis politiques n’ont fait preuve d’aucune initiative allant dans le sens d'un débat véritable pour une stratégie nationale dans ces domaines.

<strong>Et la jeunesse ?</strong>

Le rôle de la jeunesse a été déterminant dans la victoire du peuple en Mars 1991.

Les jeunes ont payé le prix fort.

Ils avaient pensé être en droit d’obtenir tout ce pour quoi ils y avaient consenti. Mais très vite, sans s’en rendre compte, ils sont devenus un enjeu. Gagnés par le triomphalisme, la plupart d’entre eux ont continué à jouer aux « Rambo », à faire peur, à brandir les muscles. Véritable force, la jeunesse a « oublié » de se transformer en force de proposition. Elle s’est laissée caresser dans le sens du poil par des politiciens sans scrupule, des démagogues et des populistes, qui la manipulaient.

L’éclatement actuel de la jeunesse, en une multitude d’associations et de mouvements, est une occasion pour certains de pratiquer la politique du « diviser pour régner ».

Ceux qui poursuivent des objectifs qui n’ont rien à voir avec les intérêts véritables des jeunes, leur promettent monts et merveilles.

Une fois leurs objectifs atteints, les politiques sans scrupules abandonnent les jeunes à leur triste sort. Cette attitude politique joue avec le peuple.

Mais, ce jeu a des conséquences plus dramatiques au niveau des jeunes, à qui certains ont fait croire que l’Etat peut tout donner.

Malheureusement, certains jeunes « jouent le jeu », hypothéquant du même coup leur propre avenir.

Les jeunes sont-ils des victimes consentantes, complices de leurs bourreaux ?

Sont-ils seulement conscients de leur « déchéance » programmée par des mercenaires ?

Au niveau de la jeunesse, il y a impérativement une nouvelle prise de conscience à opérer.

Mars 91 a créé les conditions de cette prise de conscience. Car Mars 91, c’était la preuve de la maturité acquise par notre jeunesse.

Dans la phase actuelle de l’évolution de notre pays, les jeunes sont interpellés.

Le processus de démocratisation ne sera approfondi, poursuivi et consolidé que si les jeunes comprennent qu’ils en seront les premiers bénéficiaires.

Ils doivent prouver par leur comportement, qu’ils sont crédibles et que le pays peut leur faire confiance pour les impliquer davantage dans l’élaboration d’un projet national. Contrairement à ce que s’imaginent la plupart des jeunes, ce n’est pas au Gouvernement de tout faire.

Le Gouvernement a le devoir et l’obligation d’assigner une mission à la jeunesse.

A cette jeunesse de prouver qu’elle est en mesure d’assumer la mission.

Aussi, y a-t-il lieu pour les jeunes de méditer en ce 25<sup>ème</sup> anniversaire de Mars 91, non pas pour se lamenter sur leur sort, ou de vouloir culpabiliser qui que ce soit, mais plutôt, pour mieux mesurer l’ampleur de leur mission. Et s’atteler à relever les défis qui les interpellent. Ils gagneraient à se transformer en force de proposition. Car ce sont eux, les véritables bâtisseurs de la Nation.

Ceci n’est pas une vue de l’esprit, ni un slogan. C’est la stricte vérité. Il y va de l’avenir des jeunes, du futur de notre pays.

En ce 25<sup>ème</sup> anniversaire de la victoire du peuple, chacun doit faire  preuve de modestie, d’humilité et de tolérance.

Nous sommes au cœur d’un processus complexe qui, pour s’accomplir de manière harmonieuse, requiert la contribution de tous.

Pour mesurer le reste du chemin à parcourir dans le parachèvement de l’idéal de Mars 91, chacun de nous doit méditer cette interrogation de Julius Nyéréré, ancien chef d’Etat de Tanzanie : « Hier l’Afrique a voulu faire construire le socialisme sans socialistes, aujourd’hui, nous voulons construire la démocratie, mais avons-nous des démocrates ? ».

Une question qui devrait amener la classe politique de notre pays à réfléchir sur son attitude actuelle et son manque évident de vision nationale et de sens élevé de l’intérêt commun.

<strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Marche funèbre de l’ADVR : La Nation malienne rend hommage à ses martyrs</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 26 Mar 2016 13:13:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Pour commémorer le vendredi noir (vendredi 22 mars 1991) d’une part et célébrer l’anniversaire des 25 ans de la démocratie malienne et de leur organisation d’autre part, l’Association pour la défense des victimes de la répression de janvier-Mars 1991 (ADVR) a organisé mardi dernier, une marche funèbre pour rendre un hommage mérité aux martyrs. </em></strong>

&nbsp;

C’était en présence de Hamadou Konaté, ministre de la solidarité, de l’action humanitaire et de la construction du nord, Ablaye Dembélé, président de l’ADVR, Pr Aly Nounhou Diallo, président de coordination des organisations démocratiques (COMOD) et plusieurs autres personnalités.

La marche est partie de l’hôpital Gabriel Touré pour prendre fin au Carré des martyrs près du cimetière de Niarela.

On pouvait lire sur les banderoles : « 1991-2016 : le temps d’un bilan de notre démocratie », « la nation rend hommage à ses martyres de 1991», « L’ADVR plus déterminée à préserver la mémoire des martyrs de 1991», « paix et stabilité : gages de tout développement ». Les marcheurs scandaient « lahi la illala, Dieu est unique ».

Au cimetière de Niaréla, à destination, le ministre de la Solidarité, de l’Action Humanitaire et de la Reconstruction du Nord, Hamadoun Konaté, accompagné de son homologue des affaires religieuses et du culte, Thierno Hass Diallo a déposé une gerbe de fleurs au carré des martyrs.

Selon Ablaye Dembélé, président de l’ADVR, pour faire face à la crise sécuritaire (2012) qui sévit notre pays et aux attaques terroristes, « notre combat doit être la démocratie et la liberté comme ce fut le cas de tous les mouvements qui se sont battus à cet effet pour rester dignes».

Parlant de la journée du 22 mars, Mr Dembélé a invité toute l’assistance à absorber une minute de silence à la mémoire des braves personnes tombées dans la lutte contre d’un régime qui a voulu cacher le soleil de l’être humain.

Pour lui, à travers cette journée commémorative, l’ADVR célèbre non seulement  le 25<sup>ème</sup> anniversaire de sa création, mais aussi le sourvenir de tous ses enfants tués pour la quête du changement. « Nous devrons honorer leurs mémoires et faire en sorte que leur sacrifice ne soit jamais  vain», a conclu Mr Dembélé.

Pour sa part, Hamadou Konaté, ministre de la solidarité, de l’action humanitaire et de la construction du nord a réitéré l’engagement du gouvernement à soutenir tous les fils du pays à être fidèles aux mémoires des maliens tombés pour la Nation.

Le ministre Konaté s’est réjoui du fait que la marche était ouverte par les pionniers qui sont importants dans la société malienne. A l’en croire, le Mali est entrain de sortir de la crise qu’il a connue depuis 2012.

« Permettez-moi de saluer cette marche des compagnons de lutte, celle de la commémoration de la mémoire de ceux qui sont morts pour la nation. Permettez-moi de prier pour que leur sacrifice ne soit pas vain », a conclu le ministre.

<strong>Djibril Kayentao</strong>]]> </content:encoded>
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<title>26 Mars 1991&#45; 26 Mars 2016 : Au secours, GMT revient !</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 26 Mar 2016 12:44:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>‘’Le Mali sous Moussa Traoré’’, c’est le titre de cet ‘’ouvrage’’ provocateur que nous proposent  l’ancien tyran et son clan, avec comme objectif de tenter de distraire les Maliens et  réécrire l’histoire chaotique des 23 ans de dictature pendant lesquelles, ils ont torturé, tué et pillé les ressources économiques du pays.. </em></strong>

Cet ‘’ouvrage collectif’’ a été réalisé sous la direction de Djibril Diallo, ancien secrétaire politique de la défunte Union Démocratique du Peuple Malien (UDPM). Celui là même qui, en 1990, avait osé défier son mentor qu’était le général Moussa Traoré, en démissionnant du parti, parce que disait-il : « l’UDPM a atteint son seuil d’incompétence ».

Cet homme à l’époque, s’était attiré une certaine sympathie du peuple malien décidé à prouver au Grand Manitou d’alors qu’il avait du ‘’cœur’’.

Concernant les autres membres du comité de rédaction de ‘’l’ouvrage ‘’, il ne s’agit ni plus, ni moins que d’un petit  groupe d’hommes usés et désœuvrés.

Dans leur ouvrage qui n’est autre qu’une provocation et une tentative de réécriture de l’histoire du Mali, le Général est tout simplement présenté comme Moussa Traoré. Que les temps changent !

Mais, on peut toujours se demander, quelle mouche a pu bien piquer GMT et ses historiens pour en arriver là ?

A n’en pas douter, le fait que l’ancien dictateur ait été l’année dernière élevé au rang de Républicain par le président IBK en est pour quelque chose.

C’est ainsi que déjà, dans l’avant propos du ‘’livre’’ véhiculé par la haine, la rancœur et le désir de revanche sur l’histoire, ils s’attaquent d’abord à l’ORTM. Pour une histoire d’interview accordée à l’ancien tyran en 2010 à l’occasion du Cinquantenaire de l’indépendance du Mali, et qui n’aura jamais été diffusée. Et pour cause, le général Moussa Traoré avait exigé que ledit entretien soit intégralement diffusé. Comme à l‘époque où il était président de la République, et dictait ses lois partout et n’ importe où.

Ce ‘’livre’’ donc est en réalité une récapitulation intégrale de la dite interview. Mais en plus, l’homme qui a assassiné des centaines de fils du pays, et rendu à  jamais infirmes d’autres, évoque l’important  thème relatif à la liberté de la presse au Mali.

Amnésiques pour la circonstance, ses historiens se sont chargés d’expliquer que déjà en 1988, cette liberté  était effective. Mensonge.

C’est vrai qu’à  l’époque, la revue culturelle Jamana et le magasine des jeunes, Grin-grin avaient été créés par Alpha Oumar Konaré. Mais, ni l’une, ni l’autre n’avaient pour option affichée, de combattre le régime dictatorial du général Moussa Traoré. Pendant ce temps, un vieil homme, feu Boubacar Keita que le régime considérait comme un fou, publiait un petit papier dénommé la ‘’ Roue’’. Mais en réalité, c’est en 1989 (précisément le 17 mars 1989) que Mr Alpha Oumar Konaré a pris tous les risques pour créer un véritable journal dénommé ‘’Les Echos’’. Ce journal avait subi toutes les foudres du pouvoir : expulsion de l’Assemblée nationale de ses reporters, intimidations, chantages et emprisonnement de certains de ses rédacteurs.

‘’Les Echos’’, contrairement aux affirmations des écrivains au service de l’ancien dictateur n’a Jamais été financé par l’Extérieur. C’était un groupe d’hommes et de femmes patriotes connus de tous, (avec à leur tête Alpha Oumar Konaré) qui, sur leurs revenus personnels prélevaient quelques sous afin de défendre à travers les Echos la patrie meurtrie.

Aussi GMT, tout comme ses sbires d’hier et d’aujourd’hui  savent bien que le journal les Echos avait son siège (Oulofobougou, rue Dakar) à Bamako et qu’il était conçu et imprimé au Mali. Tous savaient que son directeur de publication, s’appelait Alpha Oumar Konaré. Les rédacteurs des Echos, les collaborateurs étaient également tous connus.

Moussa Traoré n’avait  cependant pas osé tenter de détruire le journal, parce que cet organe appartenait au Peuple Malien et était devenu plus puissant que le dicyateur et son clan. En plus, avec sa ‘’démocratie au sein de son parti’’ unique et inique,  Moussa Traoré pensait tirer profit de la création de les Echos qui pour lui, devrait prouver qu’au Mali, la liberté de presse était une réalité.

Dans son ‘’livre’’, le Boucher national à travers ses valets, évoque également des questions relatives à la politique nationale, l’éducation, au problème de santé au Mali, à l’équipement militaire de nos Forces Armées et à la politique extérieure du Mali…Des domaines dans lesquels, le dictateur GTM n’aurait brillé que dans la médiocrité.

Quant à son parti UDPM, dont les prouesses sont vantées dans le ‘’ livre’’, Moussa Traoré lui-même dans une interview accordée à Jeune Afrique en 1987 disait  à propos : ‘’le parti n’existe pas ! Seuls des malhonnêtes m’entourent ! Tous mes compagnons sont corrompus !’’.

<strong>Amnésie collective ?</strong>

Cependant, dans leur reliure de tracts, les écrivains au service de l’ancien Grand Manitou ne font point cas  des châteaux qui ont été construits en 1973 à travers le Mali, alors que dans le nord de notre pays, le cheptel était décimé et les populations mourraient de faim et de soif, suite à une terrible sécheresse.

Ils oublient également tous ces intellectuels et opposants    envoyés dans les bagnes de Taoudénit et de Kidal. Ils ont aussi oublié le jeune étudiant Abdoul Karim Camara dit Cabral, l’ancien président de la République, Modibo Keita qu’ils ont été assassinés. Ils ont  même oublié leurs propres camarades comme Tiécoro Bagayogo, Karim Doumbia, Kissima Toungara qui ont humiliés avant d’être liquidés. Ils ont surtout oublié de mentionner dans leur ‘’œuvre’’, les centaines d’élèves et étudiants et même des malades mentaux  froidement assassinés  par GMT dans les rues de Bamako et  d’autres localités du pays.

Ils ont enfin oublié que, c’est grâce à la magnanimité du peuple malien, à son esprit de tolérance, qu’ils sont aujourd’hui encore bien vivants, bénéficiant de tous les privilèges sur le dos du contribuable.

Le général Moussa Traoré, même s’il a été promu Républicain, n’est rien d’autre qu’un assassin. Il devrait, le général Moussa Traoré, ou Moussa Traoré tout court, non seulement se réjouir de compter parmi les vivants (contrairement aux jeunes élèves et étudiants qui sont sous terre au cimetière de Niaréla ou ailleurs) mais aussi, du fait que, grâce aux présidents Alpha et ATT, il est toujours général et, mieux ou pire, il bénéficie du statut d’ancien président de la République avec tous les avantages liés à son ‘’rang’’.

<strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Spécial 26 Mars 2016 : Mars, l’esprit et le souffle</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/special-26-mars-2016-mars-lesprit-souffle-1497742.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 26 Mar 2016 12:14:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>La Révolution de 1991 n’a certainement pas été aussi valorisée qu’elle le méritait. Elle n’a cependant pas perdu sa force de référence</strong>

<strong>La vérité selon laquelle une révolution ne s’accompagne que très rarement de lendemains qui chantent s’est donc tout particulièrement vérifiée pour Mars 1991. L’épopée de ce tournant majeur dans la vie de notre pays n’a jamais été réellement écrite.</strong>

Serait-ce vraiment faire injure à la démocratie africaine que de la considérer aujourd’hui comme une survivante ? Car en deux décennies et demie, presque rien ne lui a été épargné dans la plupart des pays qui au tout début des années 1990 se sont éveillés à l’ouverture politique. Le chemin africain de la démocratisation a d’abord multiplié les méandres à travers l’organisation de conférences nationales dont bon nombre, pâles copies de l’innovation béninoise, ont abouti à des issues soigneusement encadrées et ont, pour l’essentiel, servi d’alibi aux pouvoirs anciens désireux de changer pour mieux rester les mêmes. Ce chemin s’est transformé un peu plus tard en un parcours labyrinthique jalonné par une inflation d’ « innovations » mirifiques prétendument mises au service de la transparence et qui ont transformé notre continent en laboratoire, puis en cimetière de chimères institutionnelles. Ce chemin aborde depuis quelques années le territoire du « ré accommodement » des textes afin, prétendent les inspirateurs, de gérer des situations très particulières. La démocratie en Afrique connaît en fait un destin paradoxal. Aucune autorité en place n’en dénigre ouvertement les exigences, mais nombreuses sont celles qui en plient les règles aux impératifs des « spécificités nationales ». Il est vrai qu’en un quart de siècle, la conjoncture mondiale a bien évolué. La vigilance pointilleuse que démontraient initialement les maîtres penseurs occidentaux s’est transformée au fil du temps en un jugement à la carte : sévère pour les Etats dépourvus de tout intérêt géostratégique, nuancé pour les alliés indispensables à ménager. Rien ne sert, en effet, aux prescripteurs de se montrer intransigeants sur le respect de certains grands principes alors qu’il se constate que ces derniers se trouvent fréquemment battus en brèche par les réalités sociopolitiques. Les résultats plus que mitigés produits par les expéditions militaires de rectification démocratique et par l’encouragement prodigué à des printemps arabes trop vite considérés comme emblématiques incitent désormais les notateurs sinon à l’humilité, au moins à la réserve. Car un cruel paradoxe est là : les actions citées plus haut et qui auraient dû restituer aux citoyens bénéficiaires une véritable maitrise de leur destin, ont en fin de compte rendu le monde globalement plus dangereux et les lendemains généralement plus incertains. Cependant les infortunes passées et récentes de la conquête démocratique en Afrique ne doivent pas inciter à remettre en cause les mérites d’un système que Winston Churchill avait très justement qualifié de « pire système de gouvernement à l’exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l’histoire ». La démocratie possède l’irremplaçable avantage de ne pas taire les problèmes, et donc de se donner une chance sinon de résoudre ceux-ci, du moins de tenter de le faire. C’est sans doute ce trait principal qu’il est intéressant de retenir au moment où se célèbre le 25ème anniversaire du 26 Mars. L’un des premiers et des plus grands regrets que l’on peut d’ailleurs exprimer à propos de cet événement majeur dans l’évolution du Mali moderne est qu’il n’a certainement pas été autant valorisé dans ses conséquences qu’il l’aurait du l’être.

<strong>LE GRAND CONCURRENT</strong>. Pourquoi ? Parce que Mars 1991 aura été tout d’abord, et d’une certaine manière, victime du calendrier serré que s’était imposé la Transition après le coup d’Etat qui avait renversé le président Moussa Traoré. En effet, dans ses premières déclarations, Amadou Toumani Touré, devenu chef de l’Etat, avait souhaité boucler au 20 janvier 1992, c’est-à-dire dans un délai de neuf mois, un programme ambitieux qui prévoyait notamment l’élaboration et l’adoption d’une nouvelle Loi fondamentale, le rétablissement de la paix au Nord du pays et la tenue des élections présidentielles, législatives et communales (l’idée d’une Conférence nationale ne fut pas évoquée dans les premiers jours de la Transition). Ce challenge ne put être tenu, mais ATT resta jusqu’au bout ferme dans sa résolution d’abréger autant qu’il le pourrait son passage à la tête de l’Etat. Le calendrier resserré généra pour les acteurs de Mars deux contraintes auxquelles les observateurs ne prêtèrent certainement pas une grande attention à l’époque. Il imposait tout d’abord aux associations politiques membres du Mouvement démocratique de se mettre rapidement en ordre de bataille pour aborder les élections toutes proches. Le coup d’envoi donné précocement pour la conquête du pouvoir substituait donc chez les compagnons de combat la rivalité à la solidarité et suscitait les premières tensions entre eux. Ces tensions montèrent significativement lorsque furent connus les résultats des communales organisées le 19 janvier 1992. Le très net avantage pris par l’Adema-PASJ en nombre de conseillers municipaux (214) fit l’effet d’une vraie douche froide sur les deux principaux rivaux des Rouges et blancs, l’US RDA (130 conseillers) et le CNID Faso yiriwa ton (96). Aucun de ces deux derniers partis ne s’attendait à être à ce point distancé par leur grand concurrent. Le second avait misé sur son excellente implantation urbaine et sur le dynamisme de ses troupes composées majoritairement de jeunes enthousiastes. La première avait pensé que la réactivation de ses réseaux en sommeil depuis le coup d’Etat de novembre 1968 lui garantirait un avantage non négligeable sur les nouveaux venus de la scène politique. En fait, les deux formations avaient sous-estimé le travail de récupération abattu par le PASJ auprès des anciens responsables de l’ex parti unique (Union démocratique du peuple malien) qui disposaient toujours à l’intérieur du pays d’une réelle assise populaire. La riposte des déçus ne se fit pas attendre. Toute une série d’alliances de circonstance privera le PASJ de mairies auxquelles le poids de ses élus lui permettait pourtant de prétendre. Ce fut la première fissure sérieuse dans l’unité du Mouvement démocratique et elle ira en s’élargissant après que les résultats de la présidentielle et des législatives eurent confirmé la domination outrageuse des Adémistes et fracassé le scénario (attendu) d’un coude à coude serré entre les trois supposés poids lourds. La contrainte de presser la cadence imposée aux politiques s’étendit aussi aux acteurs sociaux. La brièveté de la Transition obligera ces derniers à précipiter l’exécution de leurs calendriers catégoriels et à essayer d’arracher le maximum d’engagements de la part des autorités avant que ne s’établisse la IIIème République. La facture de ce forcing se paiera quelques mois plus tard lorsque le pouvoir nouvellement installé dut faire face à un afflux massif de revendications corporatistes et à une forte agitation dans le milieu scolaire et étudiant.

<strong>INSTILLER LE DOUTE.</strong> L’idéal de Mars a donc été dès 1992 autant ébranlé par les contradictions et les divisions de ceux qui étaient en principe ses premiers défenseurs que par les attaques de ceux désignés comme des « nostalgiques de l’ancien régime » ou comme des « restaurateurs ». Car ces derniers ont, eux aussi, notablement contribué à la mise en doute de la Révolution en récupérant à leur profit la tribune offerte par la retransmission en direct du procès « Crimes de sang » qui s’ouvrit le 4 juin 1992, mais dont les audiences ne débutèrent effectivement que le 26 novembre de la même année. Les accusés, dans la restitution des douloureux événements de l’année précédente, martelèrent à la barre la même thèse préalablement cadenassée par une missive de l’ancien chef de l’Etat. De soulèvement populaire spontané, il n’y en aurait jamais eu. La chute du président Traoré, assurèrent-ils, aurait été préparée par des groupes d’activistes maliens avec l’appui de la France. La tactique des comploteurs, selon les accusés, aurait été simple : maintenir une ligne intransigeante dans leurs revendications, refuser systématiquement les compromis proposés par les autorités, radicaliser les groupes de manifestants pour créer des incidents violents et définitivement discréditer le pouvoir. Assenée avec constance, cette version revue des événements de Mars 1991 ne pouvait certes pas provoquer un basculement total de l’opinion nationale, mais elle réussit à instiller un doute dans l’esprit de nombreux auditeurs quant à la pureté de l’esprit de la Révolution. Le système de contre-attaque choisi par les accusés bénéficia de plusieurs facteurs favorables. Tout d’abord, d’une curieuse démission du Mouvement démocratique. Seules trois figures de celui-ci – le cinéaste Cheick Oumar Cissoko, le leader de l’Association des élèves et étudiants du Mali, Oumar Mariko, et le secrétaire général du comité AEEM de l’Ecole normale supérieure, Baber – vinrent à la barre témoigner de la terrible réalité de la répression telle que celle-ci se déploya surtout le vendredi 22 mars 1991. Aucune autre grande figure ne se présenta pour faire pièce à l’interprétation des événements donnée aussi bien par les anciennes autorités que par des responsables militaires. Ces derniers se montrant logiquement mal à l’aise dans la reconstitution d’une opération de sécurité bien éloignée de leurs missions classiques. La vérité selon laquelle une révolution ne s’accompagne que très rarement de lendemains qui chantent s’est donc tout particulièrement vérifiée pour Mars 1991. L’épopée de ce tournant majeur dans la vie de notre pays n’a jamais été réellement écrite. Parce de nombreux acteurs, qui auraient pu porter un témoignage éclairé, se sont trop vite retrouvés accaparés par la conquête du pouvoir ou par des combats de positionnement dans l’architecture institutionnelle de la IIIème République. Parce qu’aussi la vérité sur les événements s’est progressivement dégradée sous l’effet de pitoyables tentatives de réécriture dans lesquelles se sont lancés des personnages de la vingt-cinquième heure, désireux de s’approprier d’une part indue de lumière. Parce qu’enfin, il a indiscutablement manqué au sein du Mouvement démocratique une grande voix, neutre et éminemment respectable, qui aurait, sur la durée, rempli la fonction de gardien du temple. Du fait de la stature que lui conféraient une vie militante irréprochable et une probité morale reconnue de tous, une personnalité comme Abdrahmane Baba Touré, président de la Cour constitutionnelle, aurait pu jouer ce rôle, mais son naturel réservé ne l’y prédisposait guère. <strong>LA SOUS-ESTIMATION DES ERREURS.</strong> L’effacement des grands acteurs et l’absence d’un vrai héraut ont placé Mars 1991 dans l’obligation d’asseoir sa portée historique sur la qualité de la démocratie dont il avait été porteur et sur la capacité de celle-ci à surmonter aussi bien l’usure du temps que l’effet abrasif de l’exercice du pouvoir. Vingt-cinq ans après, dans quelle mesure ce challenge a-t-il été relevé ? Comme on le sait, c’est dans l’épreuve que se testent la force d’un idéal et la solidité des convictions essentielle qu’il véhicule. Or si l’on se réfère aux récents événements qu’a connus notre pays, on serait tenté par une réponse pessimiste. Les analystes n’ont certainement pas suffisamment insisté sur cette symbolique éminemment négative, mais on ne peut pas négliger le fait que le vingt et unième anniversaire de la IIIème République s’est « commémoré » sous de bien tristes auspices. La gouvernance malienne s’était dégradée au point de rendre possible aussi bien un coup d’Etat (qu’une partie notable de la population s’est bien gardée de désapprouver) que l’occupation des deux tiers du territoire national par les djihadistes et par la rébellion indépendantiste. Sans négliger cette symbolique accablante, notre préférence ira à une appréciation plus nuancée. Certes, la démocratie malienne avait trop perdu de sa qualité pour prévenir un désastre comme celui advenu le 22 mars 2012. Mais elle est restée suffisamment ancrée dans l’esprit des populations pour surmonter la désillusion et amorcer dix-sept mois plus tard le redressement du pays par une présidentielle réussie contre toute attente. C’est dans ce double visage que réside la particularité malienne. Notre démocratie ne mesure pas entièrement les dangers auxquels l’expose la sous-estimation par elle de ses erreurs et de ses faiblesses. Mais, elle a jusqu’ici possédé suffisamment de ressources en son sein pour survivre aux turpitudes qu’avait amenées le manque d’exigence de certains de ses acteurs. Cependant, il lui est impossible de persister plus longtemps dans ses paradoxes. Car ceux-ci accentuent ses faiblesses et réduisent singulièrement ses mérites. Aujourd’hui, la bonne question à se poser est de savoir combien de temps encore notre pratique démocratique peut, au risque d’essuyer d’irrémédiables dommages, esquiver l’exercice d’autocritique qu’elle se doit à elle-même. A cet égard, les épreuves de 2012 ont eu le non négligeable avantage de mettre fin à la sempiternelle référence à « l’exemplarité » malienne et de relancer la nécessité d’un questionnement vrai, aussi bien sur le chemin parcouru que sur la douloureuse bifurcation de 2012. Au moment de se plier à cet exercice, il convient de ne pas tomber dans l’auto dévaluation et de minorer les mérites de notre expérience démocratique. Celle-ci a eu l’avantage de débuter par une totale rupture avec l’ordre ancien. Ce qui la dispensait à l’époque d’adopter des demies mesures, de construire des compromis laborieux et d’accepter des cohabitations non désirées, tous phénomènes qui ont compliqué d’autres situations africaines. Mars 1991 a donné à la IIIème République une inappréciable liberté d’innovation dans la gouvernance. Notre pays en a usé pour créer des cadres inusuels d’expression pour les simples citoyens comme l’Espace d’interpellation démocratique ou encore les fameuses concertations (locales et régionales), recours originaux à la démocratie directe pour débattre des grands problèmes du pays, ainsi que cela fut le cas au milieu des années 1990 pour la question de la paix au Nord du pays et celle de l’agitation scolaire prolongée. LE<strong>PLUS INTÉRESSANT DANS L’HÉRITAGE.</strong> Le choix d’innover s’est aussi retrouvé dans la gestion concertée des institutions et dans le gouvernement à base politique élargie initiés par Alpha Oumar Konaré ou dans le consensus politique proposé par Amadou Toumani Touré. Ces expériences ont, certes, connu des fortunes variables et aucune n’a totalement produit les effets espérés par son initiateur. Mais chacune a, par essence, traduit une volonté méritoire de surmonter les antagonismes politiques classiques. Il est malheureusement à relever que la plupart des innovations ont assez rapidement tourné au rituel et ont perdu ce qui faisait leur mérite premier, c’est-à-dire l’apport d’une qualité supplémentaire à la pratique démocratique. Les concertations ont fini par devenir des exercices formels réunissant un cénacle de responsables administratifs, des élus et des représentants de la société civile « institutionnelle ». L’EID peine à aller au-delà de sa fonction de catharsis et à contribuer à dénouer les injustices qui lui sont soumises. Le consensus politique, qui a favorisé la construction d’un groupe boursouflé d’ « indépendants » à l’Assemblée nationale, a notablement amorti les ressorts internes du jeu institutionnel et amoindri la fonction de sentinelles dévolue aussi bien aux partis politiques qu’aux organisations de la société civile. Le quart de siècle écoulé a donc démontré que le plus intéressant dans l’héritage du 26 Mars ne se limite pas au catalogue des formules novatrices expérimentées en matière de gouvernance et qui ont fait de notre démocratie l’une des plus créatives et l’une des plus réactives du continent. A l’heure de la réflexion, l’essentiel consisterait plutôt à se demander si chacune des innovations apportées a, au-delà de son incontestable originalité, contribué à mieux servir l’esprit même de la Révolution tel que celui-ci avait été exprimé sans ambiguïté par les milliers d’anonymes descendus dans la rue entre le 22 et le 25 mars 1991. Ces manifestants avaient signifié, souvent au risque de leurs vies, un désir de plus grande justice sociale, une exigence de vraie moralisation de la vie publique, une demande de meilleure écoute des attentes du pays profond et un appel à la prise en compte de la détresse des plus fragiles. Le régime du parti unique avait chuté parce qu’il s’était – à la notable exception de certains de ses responsables – ankylosé au point de ne plus savoir déchiffrer les signaux de la contestation qui montait et d’être frappé de mutité face aux revendications présentées. Aujourd’hui, la démocratie a certes permis d’améliorer la veille sociale, mais elle ne fournit pas une protection absolue contre les risques d’endormissement politique. Cela s’était vérifié en 2009 lorsque la contestation du Code des personnes et de la famille avait fait, à l’initiative des organisations religieuses, sortir des dizaines de milliers de citoyens dans la rue. Il convient de rappeler – et les slogans lancés dans les cortèges de mécontents le prouvaient – que l’ire populaire contre certaines dispositions du texte se doublait d’une vraie exaspération devant le renchérissement du coût de la vie, la montée du phénomène de la corruption et la présence de plus en plus évanescente de l’Etat. Autre point sur lequel il n’est pas inutile d’insister : alors que le report possible du forum de Kidal va retarder une fois de plus l’acquis d’une avancée majeure, l’esprit de Mars gagnerait aussi à être souligné dans la résolution du problème du Nord du Mali. Il est indispensable, à notre avis, de rappeler que l’approche de la question a substantiellement changé à l’avènement de la démocratie. Les autorités de la IIème République avaient traité le casse-tête de la rébellion armée en cercle restreint et sous l’angle essentiellement militaire. Le fameux accord de Tamanrasset conclu en janvier 1991 était avant tout la conclusion d’un cessez-le-feu et la signature pour le Mali avait été apposée sur le document par le chef d’état-major des armées. La Révolution eut l’incontestable mérite de transposer l’examen du problème sur le plan politique. Tout d’abord, en incluant dans le Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP), organe dirigeant de la Transition, les représentants de deux groupes armés, le Mouvement populaire pour l’Azawad (MPA) et le Front islamique arabe de l’Azawad (FIAA). Puis en portant l’analyse de la situation au niveau de la Conférence nationale de juillet-août 1991. Enfin en incluant la société civile dans les deux premières étapes (les conférences de Ségou et de Mopti) du cycle de négociations. LE <strong>PLUS ÉLÉMENTAIRE DES GESTES</strong>. Le chemin vers la paix fut, en outre, dans sa phase terminale en 1995, déblayé par l’implication active de la société civile du Septentrion. Aujourd’hui dans un contexte extrêmement plus complexe, face à des périls considérables, le vrai préalable à un début de rétablissement de la normale reste la conviction que doivent partager tous les protagonistes qu’il n’y a de salut que dans la reconstitution de l’unité nationale, cette dernière représentant le premier rempart contre le terrorisme. Cette conviction nous paraît déjà sincèrement portée par les populations. Celles-ci ont en effet – et souvent non sans difficulté – décidé de faire table rase des malentendus et des contentieux qui ont nourri entre 2012 et 2014 de fortes tensions communautaires. Des épreuves qu’elles ont traversées, ces populations ont tiré la certitude que, si la chance leur en était donnée, elles possédaient la capacité de se tracer à elles-mêmes les routes les plus raisonnables vers l’avenir. La régionalisation qui introduit le pari de l’appropriation du développement par les collectivités trouvera peut-être dans ce désir d’ « auto responsabilisation » une vraie chance de réussite. A l’image de ces collectivités, les femmes et les hommes qui descendirent dans la rue en 1991 pour manifester leur volonté d’un autre Mali tout comme ceux qui applaudirent à la chute de la IIème République avaient certainement, quelque part dans l’esprit, le désir d’une plus grande maitrise de leur destin et l’espoir de lendemains plus cléments. Interrogés aujourd’hui, la plupart d’entre eux – à commencer par les plus modestes – se déclareront certainement déçus de l’avenir qui leur a été offert. Beaucoup manifestent leur désappointement en s’abstenant du plus élémentaire des gestes citoyens, le vote. D’autres marquent leur défiance vis-à-vis de l’institutionnel en essayant de se rendre justice ou de se faire réparation eux-mêmes. D’aucuns, en totale perte de repères, se laissent capter par des marchands d’illusions. Acceptons donc de voir notre pays tel qu’il est aujourd’hui. Après avoir subi la plus grave crise de son histoire moderne, se trouvant confronté à une agression terroriste dont les formes le désorientent, le Mali du 26 mars 2016 est avant tout un pays en pleine interrogation. Mais ce n’est pas un pays sans ressorts. Il était remonté de l’abîme en 2013 en se mobilisant pour une présidentielle quasi exemplaire dans l’esprit. Il reconstitue aujourd’hui son vivre ensemble déchiqueté par la succession d’épisodes funestes au Septentrion. Il fait émerger une société civile encore brouillonne, mais beaucoup plus combattive que celle qui jusque là a préféré se rapprocher des pouvoirs successifs plutôt que de se comporter en force d’influence et d’interpellation. Il est encore trop tôt pour dire quel visage définitif prendra le Mali inévitablement différent qui est en train de se forger laborieusement et parfois à tâtons. On ne sait pas encore si ce Mali là récupérera l’esprit de Mars 1991. C’est-à-dire le volontarisme positif des premiers mois de la Révolution qui survolait les obstacles du chemin et qui n’avait pas peur d’imaginer un pays nouveau. On ignore également si ce Mali là aura le souffle plus long que celui de Mars 1991, trop tôt déserté par ceux qui auraient dû en garantir la vitalité, trop tôt desservi par la multiplication des querelles et des affrontements entre ses héritiers, trop tôt devenu inattentif au sort des anonymes qui s’étaient battus pour sa victoire. Il arrive – même si cela est très rare – que l’Histoire accorde une seconde chance à un idéal non abouti. Cela pourrait être le cas pour celui de Mars 1991. Dans une toute autre conjoncture. Mais avec des exigences ressemblantes.

<strong>G. DRABO</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Assassinat de Cabral : Le film de l’horreur</title>
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<pubDate>Sat, 26 Mar 2016 12:14:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le 17 Mars 1980, Abdoul Karim Camara dit Cabral, secrétaire général de l'Union Nationale des Elèves et Etudiants du Mali (UNEEM) est mort, assassiné, entre les mains des services de sécurité du Général Moussa Traoré. A l'occasion du 25<sup>ème</sup> anniversaire de ce crime crapuleux, nous vous proposons les circonstances de la mort atroce de cette figure emblématique.</em></strong>

Tout a commencé par l'affaire de Ségou, après l'accalmie observée dans la grève des élèves et étudiants à la mi-novembre 1979. Grève pendant laquelle l'Union Nationale des Elèves et Etudiants du Mali (UNEEM) avait montré qu'elle était la force dirigeante du mouvement scolaire. Le 15 Janvier 1980, à l'ouverture du congrès de l'UNJM à Bamako, le Secrétaire politique de l'UDPM annonce la dissolution de l'UNEEM. Dès cette annonce, la fièvre s'empara de nouveau du monde des élèves et étudiants surtout qu'auparavant les rencontres entre l'UDPM et l'UNEEM n'avaient pas abouti à des résultats satisfaisants.

Le Bureau de coordination de l'UNEEM, devant cette décision, invite les Comités à s'imposer davantage au sein de leurs établissements. On assiste alors à des grèves tournantes dans les lycées à travers le pays tout entier.

Le 13 Février 1980, les élèves de Banankoro (Région de Ségou) déclenchent une grève pour exiger la reconnaissance du bureau UNEEM. A. Kané, membre du bureau de coordination de l'UNEEM, soupçonné d'avoir lancé ce mouvement, est arrêté en plein cours le Jeudi 14 Février. Le même jour à Bamako, Tiéblé Dramé, Secrétaire général de l'UNEEM, est arrêté à son tour. Le 15 Février les élèves du Lycée de Ségou, de l'ENTF et des écoles fondamentales décident de marcher sur la brigade de gendarmerie pour libérer leur camarade. Les forces de l'ordre ouvrent le feu et deux garçons de l'école du Groupe Central sont grièvement atteints. L'un des garçons, Sidi Moctar Sacko, (14 ans) est amputé d'un bras et l'autre Moulaye Diarra (16 ans) a reçu une balle dans le crâne. Le lycéen Macky Touré est arrêté.

Une semaine plus tard, l'UNEEM tient un congrès dans la clandestinité. A l'unanimité, Cabral est porté à la fête de l'organisation.

Les premières revendications, en tant que conséquences de la crise sont : libération immédiate et inconditionnelle des élèves de Ségou ; reconnaissance du nouveau bureau de coordination. Entre temps, la grève a gagné tout le pays. Le 8 Mars 1980, le Palais de Justice de Ségou est en effervescence : A. Kané et l'élève M. Touré doivent passer en jugement. En ville, une manifestation grandiose est organisée par les scolaires. Néanmoins Kané est condamné à huit mois de prison ferme et l'élève à trois mois.

Dans ce climat de tension et d'indignation, les élèves et étudiants de la capitale, sous la direction de Cabral, décident de faire capoter la conférence des chefs d'Etats des pays sahariens qui se tient à l'Hôtel de l'Amitié. Ils passent aussitôt à l'action. La répression s'abat : des arrestations sont opérées partout mais les pouvoirs publics restent fébriles et inquiets. Cabral demeure introuvable ! Alors on se saisit de sa mère (pendant qu'elle revenait de la mosquée) et de son frère aîné. Ceux-ci, malgré un interrogatoire poussé, restent muets. Le lendemain vers 13h, on arrête un autre frère qui ne résiste pas aux épreuves et avoue que Cabral se trouve dans un village situé non loin de la frontière guinéenne, chez leur sœur aînée. Les policiers C.O.B. et Boré sont envoyés à sa recherche. Cabral est arrêté, (alors qu'il se trouvait dans un camion à une dizaine de km de la frontière guinéenne) et ramené à Bamako le 14 Mars 1980 vers 22 heures.

A son arrivée au commissariat du 2è arrondissement, la "Poudrière"(où se trouve en garde à vue Rokya Kouyaté, secrétaire générale du Lycée de filles) ses parents sont libérés. On présente Cabral à sa mère qui sanglote et s'écrie "nfa, nfa, on t'a eu ? Tuez-le d'un seul coup au lieu de lui faire subir une mort lente et douloureuse !". Après cette action psychologique destinée à le briser, Cabral est mis au "violon". On avertit alors le Directeur de la Police et le Chef de l'Etat-Major de la gendarmerie qui arrivent sur les lieux. On déshabille Cabral, (il ne lui reste qu'un slip de couleur verte) et on l'attache. Puis, pleuvent les coups. Cabral tombe et reste immobile au sol. On appelle la Radio-Mali pour que l'on vienne enregistrer les déclarations du prisonnier. On oblige Cabral à lire un texte déjà mis au point. Mais la qualité de l'enregistrement est altérée par l'épuisement physique et moral de la victime. On recommence une fois, deux fois, trois fois. Ce n'est qu'à la quatrième tentative que les tortionnaires se déclarent satisfaits de l'enregistrement qui sera diffusé le dimanche soir, demandant la reprise des cours pour le lundi matin.

Aussitôt après, Cabral est transféré au Camp Para de Djikoroni où se trouve déjà réunie une brochette de responsables politiques au plus haut niveau. Et les tortures reprennent. Cette fois là, définitivement à bout de forces, Cabral tombe pour ne plus jamais se relever. Faiblement, il réclame de l'eau. Il meurt avant d'en recevoir.

Un héros était mort ; une étoile est née, au firmament de la lutte pour la liberté et la démocratie.

"Cabral", nous nous souvenons.

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<strong>El Hadj M. Camara</strong>

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<title>Spécial 26 Mars : Les journées chaudes de mars 1991</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 26 Mar 2016 11:15:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>2 mars :</strong> Le secrétaire aux relations extérieures du Bureau exécutif central (BEC), Sékou Minandiou Traoré fait le point des préparatifs du 4è congrès ordinaire de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) à la presse nationale. Ces assises programmées pour les 28, 29, 30 et 31 mars 1991 devraient se prononcer sur l’instauration du multipartisme dans le pays, une quête des associations du Mouvement démocratique. Elles n’auront finalement pas lieu.

<strong>7 mars :</strong> Le pays connaît des agitations sociales et estudiantines. Des discussions sont engagées entre le ministre de l’Education Bakary Traoré et la coordination de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). Elles ont permis, selon le ministre, d’aboutir à un terrain d’entente, préparé en réalité par le Comité d’assistance des parents, une structure informelle, formée par des personnes de bonne volonté. Une commission de conciliation est mise en place.

<strong>21 mars :</strong> Grève de 72 heures des boulangers. C’était un autre signe annonciateur des évènements qui allaient faire basculer le destin de notre pays. Les boulangers lassés par des fausses promesses et des manœuvres dilatoires opposées par l’administration à leurs revendications pour une taxation plus juste de la farine, observent cet arrêt de travail de 3 jours en signe de protestation. Mais une démarche précipitée du ministère des Finances et du Commerce d’alors allait désamorcer le mouvement qui s’arrêta au bout de 24 heures.

<strong>21 mars :</strong> Les graves agitations sociales et estudiantines se poursuivent toujours. Le ministre de l’Education nationale, Bakary Traoré invite les élèves et étudiants à la reprise des cours, à renoncer à la violence et à poursuivre les discussions. Il estime que les débrayages de ces dernières semaines sont injustifiables parce que la commission technique de conciliation, mise en place le 7 mars, aurait abouti à des résultats concrets, selon lui.

<strong>22 mars :</strong> Marche de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) à Bamako. Au même moment, des marches pacifiques étaient organisées à Sikasso, Bougouni, Kita, Kayes, Ségou et Dioïla, entre autres. Mais toutes ces marches furent brutalement réprimées dans le sang. 22 mars : Le général Moussa Traoré s’adresse à la nation. Il prononce un discours en porte-à-faux avec la réalité et maintient sa référence au 4è congrès du Parti unique. Il annonce surtout l’instauration de l’état d’urgence avec établissement d’un couvre-feu de 21 à 5 heures du matin.

<strong>23 mars :</strong> Meeting du Comité de coordination des associations et organisations (UNTM, AEEM, AMDH, Adema, CNID, ADIDE, AJD, JLD et le Barreau malien) à la Bourse du travail. La rencontre rassemble des dizaines de milliers de Bamakois, indignés et écœurés qui prennent le chemin du palais de Koulouba. Ils sont violemment repoussés par une pluie de grenades lacrymogènes.

<strong>23 mars :</strong> Des badauds profitent de la présence des élèves et étudiants dans la rue pour s’attaquer à l’IMACY. Ils réussirent à casser le magasin, emportant des engins et des pièces de rechange. L’usine sera de nouveau attaquée le lendemain à la faveur d’une marche pacifique entreprise sur Koulouba. Mais cette fois-ci, l’intervention des forces de sécurité entrainera de nombreux morts et la destruction complète de l’usine.

<strong>24 mars :</strong> Autre meeting du Comité de coordination des associations et organisations. Les initiateurs annoncent, dans un communiqué, le lancement de la grève générale illimitée qui devra se poursuivre jusqu’à la chute du général Moussa Traoré.

<strong>24 mars :</strong> Le secrétaire politique du Bureau exécutif central (BEC), Djibril Diallo, remet sa lettre de démission au président de la République et secrétaire général du Parti unique, le général Moussa Traoré. Rappelant qu’il avait toujours prôné une ouverture politique qui aurait évité à notre pays des violences, il soulignait que son acte le mettait en accord avec sa conscience de militant et citoyen.

<strong>25 mars :</strong> Troisième meeting consécutif à la Bourse du travail. Les travailleurs, les associations du Mouvement démocratique, les élèves et étudiants, refusent tout compromis ou tractation de dernière heure avec le pouvoir en place. Ils ont estimé que le général Moussa Traoré devait simplement quitter le pouvoir.

<strong>26 mars :</strong> 17 officiers de l’Armée malienne, constitués en Conseil de réconciliation nationale (CRN), présidée par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, font chuter le régime du général Moussa Traoré et du parti unique. Selon une expression qui eut du succès à l’époque, les militaires ont « parachevé » le travail de sape des associations du Mouvement démocratique qui réclamaient la démission du président, la dissolution de l’Assemblée nationale et la mise en place d’un comité de salut public, chargé de gérer la transition politique.

<strong>27, 28, 29 mars :</strong> Mise en place du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) à la Maison du peuple à la suite d’une réunion entre la Coordination des associations du Mouvement démocratique et le Conseil de réconciliation nationale (CRN). Cet organe de 25 membres (15 civils et 10 militaires) sera présidé par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré et remplace le CRN. Le CTSP se réunit pour élaborer le programme de la période transitoire et la Loi fondamentale.

<strong>6 avril :</strong> Mise en place de l’équipe gouvernementale de la transition avec à sa tête Soumana Sako comme Premier ministre.]]> </content:encoded>
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<title>26 mars 1991&#45; 26 mars 2016 : Retour sur le parcours exceptionnel de quelques grandes figures du Mouvement démocratique</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2016-retour-parcours-exceptionnel-de-quelques-grandes-figures-mouvement-democratique-1495382.html</link>
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<pubDate>Fri, 25 Mar 2016 12:13:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em><strong>Au Mali, une tentative de démolition de l’histoire du combat démocratique est en cours. Elle est   menée par ceux qui ne se sont jamais avoués vaincus et qui veulent torpiller le coup à l’héroïque histoire cette fois-ci écrite en lettres de sang par des démocrates sincères et des patriotes convaincus qui, pendant plusieurs décennies ont accepté de se sacrifier pour la Liberté et la Démocratie. En guise de reconnaissance, votre journal a tout simplement voulu rendre hommage à certaines figures emblématiques du Mouvement démocratique, Alpha Oumar Konaré, Mountaga Tall, Oumar Mariko et Amadou Toumani Touré.</strong></em>

<strong>     Alpha Oumar Konaré</strong>, fils d’enseignant, né à Kayes   le 2 Février 1946 dans les années d’effervescence politique qui précèdent l’indépendance, Alpha Oumar Konaré choisit lui aussi la carrière d’enseignant, tout en s’initiant très tôt au militantisme syndical. Après des études d’histoire à l’Ecole normale supérieure de Bamako, et s’étant marié à Adama Ba Konaré qui deviendra elle aussi une historienne réputée, il part en 1971 pour la Pologne où il reçoit une formation d’archéologue. Rentré dans son pays en 1976, il travaille dans l’administration tout en militant comme de nombreux cadres maliens dans un parti clandestin d’obédience marxiste, le Parti malien du Travail (PMT).

Au pouvoir depuis 1968, le général Moussa Traoré manifeste une volonté d’ouverture politique et l’appelle au gouvernement en 1978, comme ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Mais, en désaccord avec l’évolution du régime, il demande toutefois à partir en 1980. Il retourne ainsi à l’enseignement et à la recherche. Il est membre de plusieurs organisations d’historiens africains, effectue des missions de consultant et acquiert en peu d’années une notoriété internationale, notamment dans le domaine de la muséographie. Il deviendra en 1986 président du Conseil international des musées. Outre le syndicalisme, où il est actif, il se consacre au Mali à l’animation de la Coopérative Jamana, créée en 1980, qui publie une revue culturelle puis diversifie ses activités dans l’édition et l’éducation, notamment en direction des jeunes.

En 1989, la coopérative lance le journal Les Echos qui devient l’un des relais principaux du mouvement démocratique émergeant. Après le renversement de Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré quitte officiellement la direction de Jamana et prend la tête du parti de l’Adema-PASJ, le Parti Africain pour la Solidarité et la Justice. Il en sera le premier président et le délégué à la conférence nationale de 1991. En avril 1992, à la fin la transition démocratique, il est élu président de la République, avec 69,01 % des suffrages au second tour des premières élections générales et démocratiques, contre Tiéoulé Mamadou Konaté. Il sera réélu pour un second mandat en 1997, à l’occasion d’un scrutin boycotté par l’opposition et entaché par de nombreuses irrégularités.

A la fin de son second mandat, et respectant les dispositions constitutionnelles en la matière, il se retire et ouvre la voie à l’élection en mai 2002 de son successeur, Amadou Toumani Touré, ancien chef de l’Etat sous la transition. Le 10 juillet 2003, il est élu à la présidence de la commission de l’Union africaine lors du sommet de Maputo.

<strong>Mountaga Tall  </strong> est un homme politique malien né à Ségou le 10 décembre 1956. Il est descendant en ligne directe du célèbre bâtisseur d’empire et conquérant de la Foi El Hadj Oumar Tall et d’Ahmadou Cheickou, Roi de Ségou.

[caption id="attachment_240492" align="alignright" width="209"]<img class="size-full wp-image-240492" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/04/MOUNTAGA-TALL.jpg" alt="Me MountagaTall connaissance" width="209" height="245" /> Me MountagaTall[/caption]

Après l’école coranique et le primaire à Ségou, Mountaga Tall fait ses études secondaires au Lycée Askia Mohamed de Bamako. Il poursuit ses études supérieures en Droit à l’Université Cheick Anta Diop où il obtient une maîtrise en Droit Public Interne, un Diplôme d’Études Approfondies Général (DEAG) en Droit International Public et un Diplôme d’Études Approfondies d’Enseignement (DEAE) en Histoire du Droit. Ainsi nanti d’un Doctorat, il prête serment d’Avocat stagiaire et commence une riche carrière au Barreau.

Mountaga Tall est le fondateur du Comité National d'Initiative Démocratique, association à but politique qui a été la première à demander ouvertement l'instauration du pluralisme démocratique au Mali. À ce titre, il a personnellement conduit les premières marches pour la démocratie au Mali. À la chute du parti unique et après l'instauration du pluralisme démocratique au Mali, Mountaga Tall crée le Congrès national d’initiative démocratique dont il est le Président. Il sera candidat de ce parti à l’élection présidentielle de 1992 où, à 35 ans, il est arrivé en troisième position avec 11,41 % des voix derrière Alpha Oumar Konaré (ADEMA-PASJ) et Tiéoulé Mamadou Konaté (US-RDA). Mountaga Tall a été député de 1992 à 1997 et faisait fonction de Chef de l'opposition parlementaire. En 2002, il est de nouveau candidat à l’élection présidentielle où il obtient 3,77 % des voix au premier tour à la suite d'un processus électoral très contesté.

<strong>Oumar Mariko</strong> : Son engagement remonte à l’époque où il était lycéen puis étudiant. Il a exercé des responsabilités au sein de l’Union des élèves et étudiants du Mali (UNEEM) au lycée de Diola de 1976 à 1977 et au lycée de Badalabougou entre 1978 et 1979. Il est membre du bureau de coordination de l’UNEEM de 1979 à 1980.

[caption id="attachment_1394592" align="alignleft" width="499"]<img class="size-full wp-image-1394592" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/02/Oumar-Mariko.png" alt="Oumar Mariko" width="499" height="348" /> Oumar Mariko[/caption]

Membre fondateur de l’Association des élèves et étudiants du Mali dont il en devient le secrétaire général entre 1990 et 1992. Il participe activement aux manifestations contre le régime de Moussa Traoré en 1991 et est membre du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) pour le compte de l’Association des élèves et étudiants du Mali. Dr. Mariko est médecin généraliste de formation. Il est le fondateur et directeur de la clinique médicochirurgicale Mah Doumbia à Bamako. Oumar Mariko est depuis 1995 directeur général du réseau de radios privées Kayira.

<strong>Amadou Toumani Touré</strong> : il est né le 4 novembre 1948 à Mopti, où il fréquente l’école fondamentale. Entre 1966 et 1969, il est inscrit à l’école normale secondaire de Badalabougou à Bamako pour devenir instituteur. Finalement, c’est l’armée qu’il intègre en entrant à l’école interarmes de Kati. Au sein du corps des parachutistes, il grimpe rapidement les échelons. Ainsi, après plusieurs stages en URSS et en France, il devient commandant des commandos parachutistes en 1984.

[caption id="attachment_1495402" align="alignleft" width="450"]<img class="size-full wp-image-1495402" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/03/ATT.png" alt="Amadou Toumani Toure ATT" width="450" height="269" /> Amadou Toumani Toure ATT[/caption]

En mars 1991, après les manifestations populaires réprimées dans le sang par le régime GMT, il participe au coup d'État contre Moussa Traoré et prend la présidence du Comité de transition pour le Salut du peuple où il assure les fonctions de chef de l’État pendant la transition démocratique. Il organise la conférence nationale qui s’est déroulée du 29 juillet au 12 août 1991, puis des élections législatives et présidentielles en 1992. À l’issue de ces scrutins, il remet le pouvoir au nouveau président élu Alpha Oumar Konaré. On le surnomme alors le « soldat de la démocratie ».

A son départ du pouvoir, il fonde et dirige une fondation pour l’enfance. En juin 2001, il est l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, en République centrafricaine avant de revenir sur la scène politique. Candidat il remporte les élections en 2002 au second tour contre Soumaila Cissé. Il rempile pour un second mandat en 2007 dès le 1e tour. Renversé par un coup d’Etat militaire le 22 mars 2012, il prend ses quartiers à Dakar.

A ces figures emblématiques il faut ajouter Bakary Karembé, alors secrétaire général de la puissante UNTM, Abdramane Baba Touré, Kadary Bamba, Pr Ali Nouhoum Diallo, Mamadou Lamine Traoré, Mme Sy Kadiatou Sow, membres de l’ADEMA Association, Me Demba Diallo, président de l’AMDH, Me Drissa Traoré du Barreau et Victor Sy. A toutes ces figures emblématiques, le 26 Mars est leur anniversaire.

En définitive, le Mouvement démocratique survivra aux assauts et autres tentatives de diabolisation et de démolition. Ses valeurs sont celles auxquelles aspirent toutes les maliennes et tous les maliens, à savoir : la paix, la justice, l’éducation et surtout la réduction de l’inégalité.

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<strong>youssouf@journalinfosept.com</strong>

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<title>25 ans après la révolution de mars 1991 : Que reste&#45;t&#45;il encore de l’Idéal du Mouvement démocratique ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/25-ans-apres-revolution-de-mars-1991-reste-t-de-lideal-mouvement-democratique-1495362.html</link>
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<pubDate>Fri, 25 Mar 2016 11:49:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>D’Alpha Oumar Konaré à Ibrahim Boubacar Keita en passant par Amadou Toumani Touré, le Mali démocratique aura connu trois Présidents élus sous une seule république, la 3<sup>e</sup> après celle née de la proclamation de l’indépendance le jeudi 22 Septembre 1960 avec comme président, l’instituteur Modibo Kéita et la 2<sup>e </sup>République issue du référendum du CMLN de   1974 sous Moussa Traoré. Si la première République n’a duré que huit ans, elle aura été suivie de 6 ans d’un régime d’exception de toute sorte avant que naisse la 2<sup>e</sup> République qui aura duré 17 ans. Il aura fallu une Révolution que de mauvaises langues qualifient d’insurrection populaire, pour balayer le régime autocratique et dictatorial de GMT. Mais, à l’analyse, 25 ans après que reste-t-il réellement aujourd’hui de l’idéal démocratique ? Le Mali reste toujours malade des mêmes maux, d’hier à aujourd’hui. Autopsie d’une Révolution au bilan mitigé qui a bouffé tous ses fils. </em></strong>

&nbsp;

Si la tenue régulière des élections était un indicateur important pour juger de la bonne santé d’une démocratie, le Mali serait en peloton de tête en Afrique, car en 25 ans de pratique démocratique, il aura organisé 5 élections Présidentielles et autant d’élections législatives que communales sans coup férir. L’autre constat est que si la liberté d’expression, de presse et d’opinion était après l’organisation d’élections régulières un point essentiel de notation d’une démocratie, le Mali aurait eu la meilleure note. De la Révolution de 1991 à nos jours, excepté quelques bavures constatées ça et là, nul n’a été brimé, ni harcelé pour avoir émis une opinion. Ces deux critères fort opportunément ne suffisent pas à faire d’une démocratie un modèle compte tenu de l’immense espoir que les acteurs du Mouvement démocratique avaient nourri. Ils avaient promis une société idéale où seraient bannies toutes les formes d’injustice et d’exclusion sociale, un Etat où nul ne serait privé de ses droits les plus élémentaires dont, entre autres, le droit à l’éducation, à la santé et à un travail décent. La Révolution du 26 Mars avait suscité un réel espoir chez ces milliers de jeunes désœuvrés et laissés pour compte dont certains n’eurent d’autres alternatives que de choisir l’exil pour échapper à l’humiliation des siens. Aujourd’hui, sans peindre totalement en noir le tableau de bord de notre démocratisation car bien que perfectible aura jeté les jalons dans bien des domaines par des actions concrètes notamment dans le domaine des infrastructures, de la lutte contre l’inégalité sociale avec un accès du plus grand nombre des maliens aux services sociaux de base que dans celui de la légifération des bases d’un Mali démocratique. Mais L’un des plus grands regrets du Mouvement démocratique est le fait de se rendre à l’évidence et de reconnaitre que les maux dénoncés comme la corruption, le Népotisme et le laisser aller incompréhensible entrainant un manque criard de l’autorité de l’Etat ont pris des proportions inquiétantes. Notre démocratie n’aura donné naissance qu’à de très nouveaux milliardaires et fouler aux pieds les valeurs morales qui furent la fierté des maliens de la 1<sup>ère</sup> République.

<strong><em>Vivement donc cette nouvelle élite qui remédiera à jamais à ces maux qui gangrènent tant aujourd’hui notre société. </em></strong>

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Entre nous : Anniversaire du 26 mars, « J’accuse » !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/entre-anniversaire-26-mars-jaccuse-1493762.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 25 Mar 2016 01:03:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Ce samedi 26  mars 2016 consacre le 25ème anniversaire de la fin de 23 ans de règne du général dictateur Moussa Traoré et son clan dans un bain de sang. Après plusieurs semaines d’émeutes à travers le pays, qui ont occasionné de nombreuses victimes, l’aile républicaine de l’armée nationale, sous la conduite du Lieutenant Amadou Toumani Touré-ATT, alors chef de la garde présidentielle, entre en scène dans la nuit du 26 mars 1991. Au petit matin, on apprend l’arrestation du Président Moussa Traoré et de tous les dignitaires de son régime.

La démocratie malienne a un quart de siècle. Cet anniversaire se déroule dans une grande indifférence alors qu’elle devrait être une belle opportunité pour évaluer le chemin parcouru en s’interrogeant sur les échecs et les réussites du processus démocratique.

L’éclosion des libertés publiques est incontestablement l’un des aspects positifs de la chute du général dictateur Moussa Traoré qui profite aujourd’hui des bienfaits de l’ère démocratique. Il y a même lieu d’en déplorer une exploitation abusive dans certains milieux. A l’opposé, la démocratie qui est un processus, n’a pas apporté autant de progrès économique et social.

La conduite des affaires publiques par les démocrates a eu raison sur les espérances du peuple malien. Pendant qu’une infime partie de la population se la coule douce grâce à des pratiques qui n’ont rien à envier à celles qui ont été dénoncées avant le 26 mars, la majorité, elle, lutte au quotidien pour survivre. Au niveau de l’école, c’est le pis-aller. L’emploi, surtout des jeunes, est plus que jamais hypothétique. La justice est décriée par tous les acteurs y compris ceux qui sont chargés de la rendre. Les conditions dans lesquelles les soins de santé sont prodigués dans des hôpitaux publics laissent à désirer. La populace souffre. A cause des phénomènes comme l’achat des consciences, le nomadisme politique, la démocratie chèrement acquise, a perdu son âme.

Les héros du 26 mars se cachent. Leur silence volontaire en dit long sur leur culpabilité. De nombreux acteurs du mouvement démocratique ont sacrifié leur conviction sur l’appât des biens mal acquis avant de vendre leur âme au diable. « La "démocratie" a fini par faire pire que la dictature, surtout au niveau de la qualité des ressources humaines. Elle a injecté sur la scène politique toutes sortes de gens, parfois de véritables voyous. Les éléments les plus sains ont fini par être, presque tous, marginalisés au profit d'une génération spontanée de politiciens sans foi ni loi », écrivait Pr Issa N’Diaye dans une contribution publiée en mai 2014 sur le site Médiapart sous le titre ‘’Faut-il désespérer du Mali d’IBK’’.

Le mensonge a été érigé en système de gouvernance sur fond d’hypocrisie et de démagogie. La corruption, l’affairisme, le népotisme, le clientélisme ont atteint des proportions inquiétantes.

Les échecs des acteurs du mouvement démocratique ne sauraient, en aucun cas, signifier un retour sur scène du dictateur déchu et de son clan qui ont creusé la tombe de la nation avant que la génération des « démocrates convaincus et des patriotes sincères » se disputent sur sa dépouille que les petits rebelles aventuriers veulent enterrer  au nom d’un projet séparatiste. Aujourd’hui, on a vite oublié que ce sont les auteurs du coup de force militaire du 19 novembre 1968, incapables de rectifier les erreurs commises par Modibo Kéïta et ses compagnons dans la marche de la jeune République, qui ont actionné la terrible chute de la nation malienne vers le bas par leur manque de vision et d’ambition.

J’accuse l’élite politique, intellectuelle, les leaders religieux, les chefs militaires, les responsables de la société civile, la presse qui ont failli pour que le pays, menacé de disparition, se retrouve sous la tutelle internationale. On n’a tiré aucune leçon de la « dégénérescence de la démocratie malienne et de la faillite de l’État » en 2012.  Pourquoi et comment un peuple si fier et si orgueilleux, a abandonné le sens du collectif pour devenir une bande de laudateurs, voire de courtisans, prêts à ramasser les miettes jetées par l’élite gouvernante ?

<strong> Chiaka Doumbia</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Histoire du Mali : Évaporation du symbolisme du 26 mars</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/histoire-mali-evaporation-symbolisme-26-mars-1494662.html</link>
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<pubDate>Fri, 25 Mar 2016 00:50:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Indicateur du Renouveau</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Devant l’impasse politique, compromettant gravement la vie et l’avenir du Mali, provoquée et entretenue par le refus catégorique du pouvoir de Moussa TRAORE, alors Président de la République et Secrétaire Général de l’Union Démocratique du Peuple Malien (UDPM) ; Parti-unique, d’adopter la forme du gouvernement correspondant aux aspirations profondes de l’heure du peuple malien dont la démocratie pluraliste, un groupe de militaires, dirigé par le Lieutenant-colonel Amadou Toumani TOURE, avait décidé, en parachevant ainsi les douloureux sacrifices consentis par le peuple dans la même perspective, de prendre le pouvoir par la force. C’était dans la nuit du 25 au 26 mars 1991.

Cette décision grave qui porta à la tête de l’Etat malien en transition le jeune officier supérieur, le Lieutenant-colonel Amadou Toumani TOURE, semblait à l’époque être l’unique solution capable de mettre fin à la crise. Elle avait été murie concomitamment avec le durcissement du régime en place contre la volonté générale.

Si le monde s’évertue à considérer ce coup de force comme étant plutôt une révolution, c'est-à-dire « un retour sur soi », c’est à cause du comportement honorable des militaires qui avaient tenu à leurs engagements envers le peuple.

En effet, après la prise du pouvoir, le lieutenant-colonel Amadou ToumaniTOURE et ses compagnons s’étaient d’abord rendus à la Centrale Syndicale (UNTM) pour remettre le pouvoir aux acteurs politiques regroupés au sein du Mouvement Démocratique.

Sur la demande de ces acteurs politiques majeurs, les militaires avaient ensuite accepté de continuer avec eux en vue de s’assurer une transition politique apaisée et sécurisée qui devait permettre la consécration de la démocratie pluraliste notamment par l’adoption d’une nouvelle constitution qui avait été adoptée par le peuple le 25 Février 1992. C’est sous le fondement de celle-ci, que la mise en place des institutions de la République a été effectuée avec satisfaction de tous.

L’élection du Président Alpha O. KONARE le 08 juin 1992, marquait dès lors à la fois,  la fin de la IIème République etconsacrait la naissance de la IIIème République du Mal. C’est après ce travail titanesque, sur l’initiative unilatérale du jeune Lieutenant-colonel ATT, que  les militaires avaient décidé de retourner dans les casernes.

Il faut cependant rappeler que la Conférence Nationale, instance suprême à l’époque, avait sollicité, devant certaines difficultés relatives à l’organisation des élections présidentielles, le maintien à la tête de l’Etat du lieutenant-colonel TOURE, très certainement du fait des qualités qu’il avait fait montre jusqu’ici  dans la fonction de Chef de l’Etat via CTSP, mais il déclina catégoriquement l’offre au nom de « son Serment d’Officier ».

Plus tard, il répondra aux journalistes de l’hebdomadaire « Jeune Afrique », au sujet de la proposition relative à son maintien au pouvoir, que dans le même contexte sociopolitique, il pendrait la même décision ; du fait que leur intervention dans la vie politique n’avait pas pour motivation de conserver ou de conquérir le pouvoir, maisde trouver une solution transitoire pour alléger la seule souffrance du peuple et pour restaurer la paix dans le pays.

Le processus démocratique ainsi emprunté et la conduite des militaires notamment celle du Président ATTen particulier avaient constitué essentiellement les critères qui apaisaient les morts et les victimes et qui donnaient également une dimension exceptionnelle à la démocratisation au Mali.

A partir du 26 mars 1991, aucun pouvoir ne pouvait plus régner en roi ; seul le peuple demeurerait toujours souverain. La constitution énonça à cet effet que « le fondement de tout pouvoir réside dans la présente constitution ». Il a été également installé comme principe de gouvernance, le respect obligatoire de  l’Etat de droit, des droits fondamentaux et des libertés publiques. La constitution consacra dès lors le juge constitutionnel comme le juge de la constitutionnalité des lois pour « garantir les droits fondamentaux de la personne humaine ainsi que des libertés publiques ».

Aussi, aucun pouvoir ne pourrait plus s’attaquer à la forme  républicaine de l’Etat au risque de se voir opposé la désobéissance civile, comme il a été indiqué dans la constitution.

Après 25 ans, il est important de se poser la question de savoir si cet esprit du 26 Mars 1991 sus-définit,  demeure toujours et de s’interroger comment le consolider aussi ?

Tout en laissant à chacun le soin et la liberté de méditer sur cette problématique, il est toutefois utile, en cette énième anniversaire, de s’interroger sur la présence au Mali et en toute liberté de celui qui avait menacé gravement la survie de notre nation et violé les libertés et les droits des maliens durant des années pendant que celui qui avait extirpé le peuple de ces nombreuses exactions criminelles se trouve contraint par des stratégies politiques à demeurer en dehors du territoire national ?

Comment peut-on prier le bon Dieu pour qu’il pleuve suffisamment et le supplier à la fois pour qu’il fasse que  les semences pourrissent ?

L’esprit du 26 Mars est en désaccord profond avec une telle situation. C’est la raison qui conduit à penser à l’évaporation du symbolisme du 26 Mars. Le Mali est pays qui a toujours abrité dans l’histoire des leaders africains combattant pour la liberté de leurs peuples, mais difficilement un dirigeant malien avait été contraint, par des manœuvres politiques, à l’exil.

En tout cas, qu’on le veuille ou non, qu’il soit au pays ou pas, le 26 Mars sera toujours cité dans l’histoire du Mali, comme un repère intangible et de dimension Nationale  et le Président Amadou Toumani TOURE  comme un acteur majeur incontestable de la démocratisation au Mali.

Il vaut mieux voir plus loin et plus grand qu’en nombre ; celui-ci est couramment trompeur surtout de nos jours. Que Dieu bénisse le Mali et les maliens ; Amen.

<strong>Siriman Wangara</strong>.]]> </content:encoded>
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<title>Mars 1991&#45; mars 2016 : La Révolution hypothéquée par la divergence de ses acteurs</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mars-1991-mars-2016-revolution-hypothequee-divergence-de-acteurs-1491972.html</link>
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<pubDate>Thu, 24 Mar 2016 02:55:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>«Mars 1991-mars 2016, 25 ans après où en est le Mali» ? L’Association pour la défense des victimes de la répression de 1991 (ADVR) a engagé une réflexion sur le bilan de l’avènement de la démocratie au Mali. De l’éducation à l’emploi en passant par la santé et la sécurité, les avis sont partagés sur les acquis et les échecs. Pis encore, les acteurs du Mouvement démocratique sont encore profondément divisés sur le bilan de l’ouverture démocratique au Mali.</strong>

Tiébilé Dramé et Oumar Mariko, deux acteurs du Mouvement démocratique, ont animé une conférence-débats à la Pyramide du souvenir sur les 25 ans de la démocratie malienne.

La Pyramide du souvenir, un symbole de la victoire de la démocratie sur la répression de mars 1991, était bien indiquée pour un tel exercice démocratique. Il s’agissait de faire le bilan de 25 ans de l’instauration du multipartisme, de la liberté d’expression et d’association au Mali…

Mais, l’exercice a révélé des divergences entre les acteurs du Mouvement démocratique. «Les acteurs du mouvement démocratique qui ne parlent pas le même langage où allons-nous les victimes ?», s’est inquiété un ancien leader  estudiantin.

Un point de convergence tout de même : tous les acteurs du combat pour la démocratie s’accordent sur le succès des actions qui ont abouti à la chute du régime dictatorial le 26 Mars 1991. En revanche, l’unanimité est loin de se faire autour du bilan des 25 ans de l’ère démocratique.

De l’avis du président du Parti pour la renaissance nationale(Parena), Tiébilé Dramé, le bilan est en demi-teinte. A l’en croire, il est incontestable que mars 1991 a favorisé l’émergence de la démocratie au Mali. «Et ce n’est pas qu’une démocratie formelle, la liberté d’expression et d’association, l’état de droit sont des réalités dans notre pays», a-t-il défendu.

Pour le président du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’intégration (SADI), Dr Oumar Mariko, le Mouvement démocratique était une étape dans le combat de notre peuple pour plus de justice sociale, pour plus d’équité, pour plus de liberté politique. «Ce combat, le peuple l’a mené et en a tiré le maximum qu’il pouvait tirer… Aujourd’hui, on ne doit pas chercher à reveiller le Mouvement démocratique, parce qu’il est déjà mort», regrette l’Honorable Oumar Mariko.

En tout état de cause, il revient aux acteurs de ce mouvement de mieux s’organiser et surtout de s’entendre sur l’essentiel, comme par exemple l’espoir suscité chez le peuple malien par le vent de la démocratie.

Pour le président du Sadi, Dr Mariko, «seuls les éléments progressistes du mouvement, ceux qui savent compter sur ses acquis et veulent encore pousser plus loin le combat de notre peuple peuvent encore se retrouver et se battre».

Se battre aussi pour recoudre le tissu social, les acteurs du mouvement démocratique ont donc un rôle important à jouer dans le processus de la réconciliation nationale  et la cohésion sociale aujourd’hui indispensables pour surmonter les défis auxquels le pays doit faire face pour définitivement tourner la page de la triste crise qu’il vit depuis janvier 2012.

Les acteurs du mouvement démocratique comprendront-ils un jour qu’ils doivent se donner la main pour donner un meilleur exemple au peuple malien ?

Rien n’est moins sûr car les intérêts personnels et les ambitions politiques sont très divergents !

<strong>Aliou Touré </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>17 mars 1980 &#45; 17 mars 2016 : Où est donc enterré Cabral ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/17-mars-1980-17-mars-2016-enterre-cabral-1481862.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 19 Mar 2016 01:43:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Trente six ans après sa disparition tragique, personne ne sait avec exactitude où est enterré le leader estudiantin, Abdoul Karim Camara dit Cabral.</em>

17 mars 1980-17 mars 2016 ! Il y a trente six ans, jour pour jour, que disparaissait Abdoul Karim Camara dit Cabral, Secrétaire Général de l’Union Nationale des Elèves et Etudiants du Mali (UNEEM) dans des conditions atroces sous le régime dictatorial du Général, Moussa Traoré. Chaque année, cette disparition donne lieu à un dépôt de gerbe de fleurs par le Premier ministre, Chef du gouvernement, au monument érigé en l’honneur de Cabral. Et d’autres activités sont programmées par les compagnons de lutte de l’illustre disparu. Trente six après, il faut reconnaître que de nombreuses zones d’ombres planent encore sur les circonstances de l’assassinat du leader estudiantin par la soldatesque aux ordres du Général Moussa Traoré notamment, le lieu de son enterrement. Officiellement, il est enterré au cimetière de Lafiaboubou selon une information fournie aux acteurs du mouvement démocratique par Amadou Toumani Touré qui était au moment des faits,  l’un des éléments clés  du dispositif du Camp Para où Cabral  a été conduit après des manœuvres de tortures au Commissariat de police du 2ème arrondissement.

Mais cette version est désormais battue en brèche par de nombreuses sources, selon lesquelles Abdoul Karim Camara dit Cabral reposerait à Gao, non loin de la piste d’atterrissage de l’aérodrome. Cette information révélée il y a quelques années par "Le Challenger" n’a jamais été démentie par un officiel.

Et depuis quelques années, les parents et autres camarades de Cabral ont cessé de se rendre au cimetière de Lafiabougou. Le Général Moussa Traoré qui profite bien de sa retraite sur les berges du Djoliba à Djincoroni s’est toujours cloitré dans un silence coupable sur cette page sombre de son règne.

Son poulain qui fut son  tombeur, Amadou Toumani Touré, n’a jamais voulu faire  la lumière  sur les circonstances de l’assassinat de Cabral et s’est discrédité aux yeux des compagnons de lutte du leader estudiantin pour ces contre-vérités distillées ça et là.

Saura-t-on un jour le lieu où est enterré Abdoul Karim Camara dit Cabral ? « Nul n’a le droit d’effacer une page de l’histoire d’un peuple car un peuple sans histoire est un monde sans âme », dit un adage.

<strong>CD</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Oumar Arboncana Maïga, secrétaire général de l’Ams&#45;Uneem : « Nous réclamons que la lumière soit faite définitivement sur le lieu où repose Cabral »</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/oumar-arboncana-maiga-secretaire-general-de-lams-uneem-reclamons-lumiere-soit-faite-definitivement-lieu-repose-cabral-1478672.html</link>
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<pubDate>Fri, 18 Mar 2016 06:13:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans le cadre de la commémoration du 36<sup>ème</sup> anniversaire de l’Assassinat du leader estudiantin, Abdoul Karim Camara dit Cabral, l’Amical des anciens militants et sympathisants de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (AMS-UNEEM) a organisé hier jeudi 17 mars 2016, une marche de reconnaissance à l’endroit de Cabral. La marche est partie de la station Shell pour prendre fin au Monument Cabral sis au quartier Lafiabougou de Bamako. A l’issue de la marche, une gerbe de fleurs fut déposée au pied du monument Cabral par le Premier ministre, Modibo Keïta, en présence du secrétaire général de l’Ams-Uneem, Oumar Arboncana Maïga et bien d’autres personnalités. 36 ans après, les camarades de Cabral réclament que la lumière soit faite définitivement sur le lieu où repose Cabral. </strong>

Devoir de mémoire oblige, ils étaient nombreux hier soir à braver le soleil pour marcher jusqu’au monument Cabral. Parmi eux, des anciens ministres comme Mme Sy Kadiatou Sow, Tiemoko Sangaré, Djiguiba Keïta (PPR), l’ancien président de l’Assemblée nationale, Ali Nouhoum Diallo, bref, des jeunes, des vieux, des hommes et des femmes<em>. «36<sup>ème</sup> anniversaire de l’assassinat de Abdoul Karim Camara dit Cabral (1980-2016), le peuple se souvient</em> », pouvait-on lire sur les banderoles des marcheurs. Le Premier ministre, Modibo Keïta et plusieurs membres de son gouvernement, le gouverneur du district de Bamako, Hady Traoré les attendaient les marcheurs au pied du Monument Cabral. Après le dépôt de gerbe de fleurs effectué par le PM, le secrétaire général de l’Ams-Uneem, Omar Arboncana Maïga a fait savoir qu’Abdoul Karim tel un météore a illuminé, le ciel de son Mali natal, Mali qu'il aimait charnellement. <em>« Oui, Abdoul Karim le météore n'a vécu que 25 ans. Cependant il demeure et doit demeurer un exemple vivant pour les jeunes générations présentes et à venir. Abdoul Karim Cabral est mort pour des idéaux d'un Mali de justice, de paix, et surtout de partage. Il est mort pour l'École Malienne, la nation Malienne. Nous, ses compagnons, nous voulons que le sacrifice de Cabral ne soit pas vain et que le 17 Mars soit consacré journée du Martyr, des héros nationaux à savoir ceux qui ont donné leur vie pour le Mali Eternel </em>», a-t-il dit. Et de poursuivre <em>« Nous, Camarades de Cabral, sa famille, tous les hommes de bonne volonté réclamons avec force que la lumière soit faite définitivement sur le lieu où repose Cabral. Nous en appelons à la conscience des dirigeants d'aujourd'hui mais aussi à celle des dirigeants d'hier de nous permettre de faire enfin notre deuil cela apaisera une famille et toute une génération. Nous voulons savoir où se trouve Cabral depuis 36 ans. Nous en appelons au Président de la République, au Premier Magistrat de la Nation pour qu'il s'investisse personnellement pour qu'enfin que le 37 anniversaire soit celui de la délivrance pour ces camarades d'infortune et de sa famille. C'est une exigence fondamentale pour nous génération Cabral, cette génération qui a connu trois années blanches d'affilée pour avoir simplement revendiqué une école performante et apaisée. Cette génération une des plus brillantes a été des plus brimées à travers le temps</em> », a-t-il martelé. A l’en croire, l'absence de patriotisme est un des maux de notre société. <em>« Nous souhaitons vivement que la conférence d'entente Nationale soit organisée pour que tous ensemble nous puissions définir entre nous un nouveau contrat social, un nouveau pacte d'entente nationale au seul bénéfice de toutes les minorités visibles et non visibles</em> », a conclu Maïga. Puis, le premier ministre, Modibo Keïta a invité la jeunesse à tenir compte de ses droits,  devoirs et obligations vis-à-vis du peuple Malien. <em>« Près d’un quart de siècle que les gouvernement successifs s’associent à l’Ams-Uneem pour commémorer la mémoire de feu Abdoul Karim Camara dit Cabral. Le souvenir des moments douloureux enrichi l’homme. », </em>a dit le Premier ministre. Les anciens ministres Mme Sy Kadiatou Sow tout comme PPR ont souligné que cette commémoration est un devoir de mémoire à l’endroit de Cabral.

<strong>Aguibou Sogodogo</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Il faut le dire sans rancune : des trous de mémoire de l’histoire.</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/faut-dire-rancune-trous-de-memoire-de-lhistoire-1478152.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 18 Mar 2016 00:52:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>Delta News</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Hier matin,  non loin de l’école Cabral de Badalabougou SEMA I, dans une classe de 9e année, un professeur de second cycle d’une quarantaine d’années, s’adressa à ses élèves en ces termes : « Que vous rappelle la date du 17 mars 1980 ? » Silence de cimetière dans la salle. Un enfant téméraire leva le doigt en direction du professeur en criant : moi monsieur, moi monsieur, moi monsieur ! Alors, à toi Moussa lui dit le professeur. Et à Moussa de répondre : il y a 36 ans,  le 17 mars 1980, le Mali a gagné la coupe du monde de football. Toute la salle explosa de rires. Un deuxième parla de la date de naissance d’un footballeur, un troisième élève de la date de naissance d’un grand rappeur !

Lorsque le professeur s’apprêtait à donner la réponse alors, tout au fond de la classe un doigt timide d’une fille se leva : «  moi monsieur ! » Sans grand enthousiasme, le professeur lui dit : « A toi Mariam ! ». La jeune fille se leva et dit : « le 17 mars 1980, le Général Moussa a assassiné Cabral ». Tout la salle est restée pantoise, sidérée. Des murmures se faisaient entendre. D’autres riaient sous cape et se demandaient qui était Cabral et qui était le Général Moussa. Les élèves attendaient la réaction du maître qui ne tarda pas à venir : « C’est bien Mariam, tu as bien répondu ; mais ce n’est pas exactement la réponse. En effet, Cabral a été assassiné sous la présidence du Général Moussa Traoré dans ce sens on peut dire que c’est lui l’assassin. Mais comme ce n’est pas de ses propres mains, on ne peut pas dire  qu’il en est l’auteur. Vous comprenez la nuance ? A la question de savoir qui est Cabral, il n’eut aucune réponse et le professeur même n’a pu donner les nom et prénoms de Cabral. Il a eu un trou de mémoire.

C’est pour signifier aux amis de l’AMS-UNEEM que le temps est en train d’effacer le souvenir de leur camarade et surtout auprès des jeunes. Les amis du président Modibo Keïta ont bien compris ce phénomène de trou de mémoire et ils ont profité du centenaire de sa naissance pour tenter de le réhabiliter. Profitant du passage à vide du pays en ce moment, il semble que les amis de Moussa Traoré, un homme qui a été condamné  par la justice de son pays, veuillent aussi s’adonner à cet exercice de réhabilitation. C’est un peu le sens du livre écrit par un collectif d’intellectuels maliens publié par  une maison d’édition de la place.

Ils veulent réécrire l’histoire mais je ne suis pas sûr que, quelle que soit leur expertise,  ils puissent faire oublier au peuple malien les avatars qu’il a subis sous le long règne CMNLO-UDPMISTE sous la direction du lieutenant puis du Général Moussa Traoré. J’espère que beaucoup de Maliens liront ce livre et apporteront la contradiction. En présentant le livre on note en parlant du Général Moussa Traoré : « Il fit appel aux cadres du pays, exigeant d’eux essentiellement trois qualités : la compétence, le patriotisme, la loyauté ». Après tout, n’était-ce pas aussi cela, qu’exigeait l’auteur de <em>Mein Kampf</em>  aux cadres allemands ?

<strong>Wamseru A. As</strong>

<em> </em>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>35 ans après sa disparition : Djiguiba Kéita dit PPR se souvient de Cabral</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/35-ans-apres-disparition-djiguiba-keita-dit-ppr-se-souvient-de-cabral-1474792.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 17 Mar 2016 01:06:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Indicateur du Renouveau</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Abdoul Karim Camara dit Cabral, le leader estudiantin du début des années 1980, fait partie de ces  morts qui nourrissent la lutte des peuples, les entraînant souvent jusqu'aux révolutions, qui sont "les locomotives de l'histoire". Une conviction politique qui reste dans les cœurs de ses camarades comme Djiguiba Kéita alias PPR. </strong>

<strong> </strong>

"Parmi les abominables crimes du ‘Boucher de Bamako’ (titre mérité par GMT avec  le vendredi noir 22 mars 1991), l'assassinat du leader estudiantin Abdoul Karim Camara dit Cabral reste des plus emblématiques. Il fait partie de ces  morts (comme celle de Norbert Zongo en 1998 au Burkina Faso) qui nourrissent la lutte des peuples, les entraînant souvent jusqu'aux révolutions, qui sont ‘les locomotives de l'histoire’.

Le dimanche 17 février 1980, les élèves et étudiants du Mali élisaient Cabral secrétaire général de l'UNEEM, en remplacement de Tiébilé Dramé qui n'était plus étudiant. L'UNEEM vivait dans la ‘semi clandestinité’ parce que dissoute depuis le 5 janvier 1980 par la soldatesque qui dirigeait le Mali depuis le 19 novembre 1968. Dans ces moments de crise, accepter d'être leader en dit toujours long sur ceux qui acceptent la charge.

Cabral en était, bien entendu. Tout dédié à son pays et à l'idéal qui l'a toujours poussé aux côtés des peuples en lutte pour leur émancipation (d'où le nom Cabral emprunté à Amilcar Cabral combattant de la Liberté en Guinée-Bissau et au Cap-Vert, crapuleusement assassiné, comme son homonyme, le 20 janvier 1973), Abdoul Karim Camara était un leader, un homme d'écoute, un partisan du consensus, chaque fois que de besoin, mais à cheval sur les principes.

Elu dans le feu de l'action, il entame un mandat d'un mois sans répit. A l'échec des négociations avec le pouvoir pour la libération de tous les élèves et étudiants arbitrairement détenus dans les cachots de GMT, il va mettre les troupes en alerte à la veille d'un jugement inique d'élèves incarcérés à Ségou.

La condamnation d’Amadou Kané, Macky Touré et autres le jeudi 7 mars dans la Capitale des Balanzans met le feu aux poudres : une gigantesque marche violente de l'UNEEM est organisée le samedi 8 mars. A bras raccourcis, la police et la gendarmerie du régime aux abois s'abattent sur les ‘insurgés’, la direction du mouvement tombe dans la clandestinité. Le soir même, évaluant la situation, le bureau de coordination se donne la tâche d'imprimer des tracts ou d'en rédiger à la main pour dénoncer la persécution et la sauvage répression dont les élèves et étudiants sont l'objet.

Nous nous souviendrons toujours de Cabral, griffonnant avec vigueur sur les tracts manuscrits, pour les rendre illisibles, les expressions ‘les élèves et étudiants torturés à la chilienne, à l'israélienne’. C'était au suivant contrôle des tâches, le mercredi 12 mars, dernière rencontre avec le secrétaire général de l'UNEEM, dans une ruelle de Bozola,  non loin de l'INA.

En effet, au prochain rendez-vous fixé au dimanche 16 mars, le ponctuel Cabral n'apparut point... Il était tombé entre les griffes de la soldatesque de Moussa Traoré, torturé à la chilienne et à l'israélienne, par des Maliens, chose que lui Cabral estimait impensable.

Le Mali en ce début 1980 était tout caporalisé par l'absolutisme d'un régime militaire qui s'est accaparé du pouvoir d'Etat et régnait depuis par la terreur. C'est cet hydre que l'UNEEM affrontait en posant ses revendications démocratiques et d'amélioration des conditions d'études de ses militants.

Au moment où tout cela est encore si frais dans nos mémoires, les bénéficiaires de ce régime de dictature, profitant du relâchement, voire du renoncement à la cause dont des acteurs du Mouvement démocratique se sont rendus coupables (rappelez-vous l'assassin de Modibo Kéita et de Cabral qualifié de grand républicain !) non seulement lèvent la tête (alors qu'ils devraient raser les murs par respect envers leur peuple) mais, dans une posture de réécriture de l'Histoire, tentent même de dépeindre le règne de 23 ans de dictature comme l'âge d'or de l'épanouissement du peuple malien martyr. Nous y reviendrons.

Ce dimanche 16 mars 1980 donc, Cabral entre les mains de ses assassins va subir ce que subissaient les patriotes et résistants chiliens sous la dictature de Pinochet ou ce que subissent encore aujourd'hui les combattants palestiniens sous l'occupant sioniste, sous les yeux d'une communauté internationale toute de complaisance envers son enfant gâté : Israël !

C'est ainsi qu'après l'avoir torturé à la chilienne et à l'israélienne, le pouvoir fait lire à Cabral drogué, l'impensable communiqué dans lequel celui qui a passé sa vie à se battre pour son idéal d'un Mali de justice et de progrès dit "la lutte est terminée !". C'était son adieu à ses camarades, car le lundi 17 mars 1980, il nous passait le flambeau en continuant, outre-tombe, à nous ‘abreuver’ de José Marti, ce penseur et homme politique cubain, grand inspirateur de Cabral : ‘Lorsque l'on meurt dans les bras de la patrie reconnaissante, la mort n'existe plus, la prison est brisée, et renaît avec la mort, la vie’".

<strong>Bréhima Sogoba </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Assassinat de Cabral torturé à la chilienne et à l&amp;apos;israélienne, par des Maliens :  La réécriture de l&amp;apos;Histoire en marche, 36 ans après</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/assassinat-de-cabral-torture-a-chilienne-a-lisraelienne-maliens-reecriture-de-lhistoire-marche-36-ans-apres-1475342.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 17 Mar 2016 00:13:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Au moment où tout cela est encore si frais dans nos mémoires, les bénéficiaires de ce régime de dictature, profitant du relâchement voire du renoncement à la Cause dont des acteurs du mouvement démocratique se sont rendus coupables (rappelez-vous l'assassin de Modibo Keita et de Cabral qualifié de grand républicain!) non seulement lèvent la tête (alors qu'ils devraient raser les murs par respect envers leur peuple) mais, dans une posture de réécriture de l'Histoire, tentent même de dépeindre le règne de 23 ans de dictature comme l'âge d'or de l'épanouissement du peuple malien martyr… Ce dimanche 16 mars 1980 donc, Cabral entre les mains de ses assassins va subir ce que subissaient les patriotes et résistants chiliens sous la dictature de Pinochet ou ce que subissent encore aujourd'hui les combattants palestiniens sous l'occupant sioniste… C'est ainsi qu'après l'avoir torturé à la chilienne et à l'israélienne, le pouvoir fait lire à Cabral drogué, l'impensable communiqué dans lequel Celui qui a passé sa vie à se battre pour son idéal d'un Mali de justice et de progrès dit "la lutte est terminée!". C'était son adieu à ses camarades, car le lundi 17 Mars 1980, il nous passait le flambeau en continuant, outre-tombe, à nous "abreuver" de José Marti, ce penseur et homme politique Cubain, grand inspirateur de Cabral : "lorsque l'on meurt dans les bras de la Patrie reconnaissante, la mort n'existe plus, la prison est brisée, et renaît avec la mort, la Vie." Un témoignage exclusif de l’intrépide PPR à lire ! </strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>

<strong><em><u> </u></em></strong>

<strong><em><u>L'Assassinat de Cabral</u></em></strong>

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Parmi les abominables crimes du "boucher de Bamako" (titre mérité par GMT à la suite du "vendredi noir" 22 mars 1991), l'assassinat du leader estudiantin Abdoul Karim Camara dit Cabral figure parmi les plus emblématiques. Il fait partie de ces  morts (comme celle de Norbert Zongo en 1998 au Burkina Faso) qui nourrissent la lutte des peuples, les entraînant souvent jusqu'aux Révolutions, qui sont "les locomotives de l'histoire".

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Le dimanche 17 février 1980, les élèves et étudiants du Mali élisaient Cabral Secrétaire Général de l'UNEEM, en remplacement de Tiébilé Dramé qui n'était plus étudiant. L'UNEEM vivait dans la "semi clandestinité" parce que dissoute depuis le 5 janvier 1980 par la soldatesque qui dirigeait le Mali depuis le 19 novembre 1968. Dans ces moments de crise, accepter d'être leader en dit toujours long sur ceux qui acceptent la charge. Cabral en était, bien entendu. Tout dédié à son pays et à l'idéal qui l'a toujours poussé aux côtés des peuples en lutte pour leur émancipation (d'où le nom Cabral emprunté à Amilcal Cabral combattant de la Liberté en Guinée Bissau et au Cap Vert, crapuleusement assassiné, comme son homonyme, le 20 janvier 1973), Abdoul Karim Camara était un leader, un homme d'écoute, un partisan du consensus, chaque fois que de besoin, mais à cheval sur les principes.

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Elu dans le feu de l'action, il entame un mandat d'un mois sans répit. A l'échec des négociations avec le pouvoir pour la libération de tous les élèves et étudiants arbitrairement détenus dans les cachots de GMT, il va mettre les troupes en alerte à la veille d'un jugement inique d'élèves incarcérés à Ségou. La condamnation de Amadou Kané, Macky Touré et autres le jeudi 07 mars dans la capitale des Balanzans met le feu aux poudres: une gigantesque marche violente de l'UNEEM est organisée le samedi 08 mars. A bras raccourcis, la police et la gendarmerie du régime aux abois s'abattent sur les "insurgés", la direction du mouvement tombe dans la clandestinité. Le soir même, évaluant la situation, le Bureau de Coordination se donne la tâche d'imprimer des tracts ou d'en rédiger à la main pour dénoncer la persécution et la sauvage répression dont les élèves et étudiants sont l'objet. Nous nous souviendrons toujours de Cabral, griffonnant avec vigueur sur les tracts manuscrits, pour les rendre illisibles, les expressions "<strong>les élèves et étudiants torturés à la chilienne, à l'israélienne".</strong> C'était au suivant contrôle des tâches, le mercredi 12 mars, dernière rencontre avec le Secrétaire Général de l'UNEEM, dans une ruelle de Bozola,  non loin de l'INA. En effet, au prochain rendez-vous fixé au dimanche 16 mars, le ponctuel Cabral n'apparut point...Il était tombé entre les griffes de la soldatesque de Moussa Traoré, torturé à la chilienne et à l'israélienne, par des Maliens, chose que lui Cabral estimait impensable.

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Le Mali en ce début 1980 était tout caporalisé par l'absolutisme d'un régime militaire qui s'est accaparé du pouvoir d'Etat et régnait depuis par la terreur. C'est cet hydre que l'UNEEM affrontait en posant ses revendications démocratiques et d'amélioration des conditions d'études de ses militants. Au moment où tout cela est encore si frais dans nos mémoires, les bénéficiaires de ce régime de dictature, profitant du relâchement voire du renoncement à la Cause dont des acteurs du mouvement démocratique se sont rendus coupables (rappelez-vous l'assassin de Modibo Keita et de Cabral qualifié de grand républicain!) non seulement lèvent la tête (alors qu'ils devraient raser les murs par respect envers leur peuple) mais, dans une posture de réécriture de l'Histoire, tentent même de dépeindre le règne de 23 ans de dictature comme l'âge d'or de l'épanouissement du peuple malien martyr. Nous y reviendrons.

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Ce dimanche 16 mars 1980 donc, Cabral entre les mains de ses assassins va subir ce que subissaient les patriotes et résistants chiliens sous la dictature de Pinochet ou ce que subissent encore aujourd'hui les combattants palestiniens sous l'occupant sioniste, sous les yeux d'une communauté internationale toute de complaisance envers son enfant gâté : Israël!

C'est ainsi qu'après l'avoir torturé à la chilienne et à l'israélienne, le pouvoir fait lire à Cabral drogué, l'impensable communiqué dans lequel Celui qui a passé sa vie à se battre pour son idéal d'un Mali de justice et de progrès dit "<strong>la lutte est terminée!"</strong>. C'était son adieu à ses camarades, car le lundi 17 Mars 1980, il nous passait le flambeau en continuant, outre-tombe, à nous "abreuver" de José Marti, ce penseur et homme politique Cubain, grand inspirateur de Cabral : "<strong>lorsque l'on meurt dans les bras de la Patrie reconnaissante, la mort n'existe plus, la prison est brisée, et renaît avec la mort, la Vie."</strong>

Bamako, le 16 mars 2016

&nbsp;

<strong>De Djiguiba Keita/ PPR </strong>

<strong>Ancien de l'UNEEM </strong>

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&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>L&amp;apos;Assassinat de Cabral</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/lassassinat-de-cabral-1474372.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 16 Mar 2016 21:18:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Parmi les abominables crimes du "boucher de Bamako" (titre mérité par GMT à la suite du "vendredi noir" 22 mars 1991), l'assassinat du leader estudiantin Abdoul Karim Camara dit Cabral figure parmi les plus emblématiques. Il fait partie de ces  morts (comme celle de Norbert Zongo en 1998 au Burkina Faso) qui nourrissent la lutte des peuples, les entraînant souvent jusqu'aux Révolutions, qui sont "les locomotives de l'histoire".

Le dimanche 17 février 1980, les élèves et étudiants du Mali élisaient Cabral Secrétaire Général de l'UNEEM, en remplacement de Tiébilé Dramé qui n'était plus étudiant. L'UNEEM vivait dans la "semi clandestinité" parce que dissoute depuis le 5 janvier 1980 par la soldatesque qui dirigeait le Mali depuis le 19 novembre 1968. Dans ces moments de crise, accepter d'être leader en dit toujours long sur ceux qui acceptent la charge. Cabral en était, bien entendu. Tout dédié à son pays et à l'idéal qui l'a toujours poussé aux côtés des peuples en lutte pour leur émancipation (d'où le nom Cabral emprunté à Amilcal Cabral combattant de la Liberté en Guinée Bissau et au Cap Vert, crapuleusement assassiné, comme son homonyme, le 20 janvier 1973), Abdoul Karim Camara était un leader, un homme d'écoute, un partisan du consensus, chaque fois que de besoin, mais à cheval sur les principes.

Elu dans le feu de l'action, il entame un mandat d'un mois sans répit. A l'échec des négociations avec le pouvoir pour la libération de tous les élèves et étudiants arbitrairement détenus dans les cachots de GMT, il va mettre les troupes en alerte à la veille d'un jugement inique d'élèves incarcérés à Ségou. La condamnation de Amadou Kané, Macky Touré et autres le jeudi 07 mars dans la capitale des Balanzans met le feu aux poudres: une gigantesque marche violente de l'UNEEM est organisée le samedi 08 mars. A bras raccourcis, la police et la gendarmerie du régime aux abois s'abattent sur les "insurgés", la direction du mouvement tombe dans la clandestinité. Le soir même, évaluant la situation, le Bureau de Coordination se donne la tâche d'imprimer des tracts ou d'en rédiger à la main pour dénoncer la persécution et la sauvage répression dont les élèves et étudiants sont l'objet. Nous nous souviendrons toujours de Cabral, griffonnant avec vigueur sur les tracts manuscrits, pour les rendre illisibles, les expressions "<strong>les élèves et étudiants torturés à la chilienne, à l'israélienne".</strong> C'était au suivant contrôle des tâches, le mercredi 12 mars, dernière rencontre avec le Secrétaire Général de l'UNEEM, dans une ruelle de Bozola,  non loin de l'INA. En effet, au prochain rendez-vous fixé au dimanche 16 mars, le ponctuel Cabral n'apparut point...Il était tombé entre les griffes de la soldatesque de Moussa Traoré, torturé à la chilienne et à l'israélienne, par des Maliens, chose que lui Cabral estimait impensable.

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Le Mali en ce début 1980 était tout caporalisé par l'absolutisme d'un régime militaire qui s'est accaparé du pouvoir d'Etat et régnait depuis par la terreur. C'est cet hydre que l'UNEEM affrontait en posant ses revendications démocratiques et d'amélioration des conditions d'études de ses militants. Au moment où tout cela est encore si frais dans nos mémoires, les bénéficiaires de ce régime de dictature, profitant du relâchement voire du renoncement à la Cause dont des acteurs du mouvement démocratique se sont rendus coupables (rappelez-vous l'assassin de Modibo Keita et de Cabral qualifié de grand républicain!) non seulement lèvent la tête (alors qu'ils devraient raser les murs par respect envers leur peuple) mais, dans une posture de réécriture de l'Histoire, tentent même de dépeindre le règne de 23 ans de dictature comme l'âge d'or de l'épanouissement du peuple malien martyr. Nous y reviendrons.

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Ce dimanche 16 mars 1980 donc, Cabral entre les mains de ses assassins va subir ce que subissaient les patriotes et résistants chiliens sous la dictature de Pinochet ou ce que subissent encore aujourd'hui les combattants palestiniens sous l'occupant sioniste, sous les yeux d'une communauté internationale toute de complaisance envers son enfant gâté : Israël!

C'est ainsi qu'après l'avoir torturé à la chilienne et à l'israélienne, le pouvoir fait lire à Cabral drogué, l'impensable communiqué dans lequel Celui qui a passé sa vie à se battre pour son idéal d'un Mali de justice et de progrès dit "<strong>la lutte est terminée!"</strong>. C'était son adieu à ses camarades, car le lundi 17 Mars 1980, il nous passait le flambeau en continuant, outre-tombe, à nous "abreuver" de José Marti, ce penseur et homme politique Cubain, grand inspirateur de Cabral : "<strong>lorsque l'on meurt dans les bras de la Patrie reconnaissante, la mort n'existe plus, la prison est brisée, et renaît avec la mort, la Vie." </strong>

<strong> Bamako, le 16 mars 2016</strong>

<strong>Djiguiba Kéita alias PPR</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Date anniversaire du 26 mars 1991, jour J &#45;11 : Retour sur le parcours de deux thuriféraires du COPPO sous AOK, Choguel et Maitre Tall</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/date-anniversaire-26-mars-1991-jour-j-11-retour-parcours-de-deux-thuriferaires-coppo-aok-choguel-maitre-tall-1467782.html</link>
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<pubDate>Mon, 14 Mar 2016 00:14:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Quel est le patriote qui n’a pas été séduit une fois par les sorties bien structurées avec des preuves à l’appui, que ça soit à l’hémicycle ou à la télé de Me Mountaga Tall sous le premier mandat du Président Alpha Oumar Konaré ? Qui n’a pas accordé un certain intérêt aux interventions tonitruantes de M. Choguel Kokalla Maiga sur les antennes d’une radio internationale fustigeant le régime d’Alpha Oumar Konaré ? Aujourd’hui, ces deux grands caciques du Collectif des partis politiques de l’Opposition (COPPO) sont passés de l’autre côté, emmurés dans un silence complice au moment où les mêmes causes d’hier produisent les mêmes effets aujourd’hui. Ils reprochaient tant de choses à AOK, dont le présent d’IBK donne un tableau beaucoup plus triste, d’une République à scandales. Ont-ils fait finalement le choix du silence, on mange ? </em></strong>

L’on se rappelle, que c’est en 2002 que l’Espoir-2000, un regroupement de partis politiques autour d’IBK, avait pris fait et cause pour le candidat ATT au second tour des élections présidentielles au détriment du candidat de l’ADEMA Soumaila Cissé. Après la victoire d’ATT, ces partis décidèrent unanimement d’accompagner le «président indépendant» dans sa gestion du pouvoir. Elus députés à l’Assemblée Nationale, IBK et Mountaga Tall devinrent respectivement président et vice président de l’Hémicycle. Quant à Choguel Maiga, il devint ministre en charge du Commerce. Les farouches opposants au président Alpha Oumar Konaré qu’étaient Choguel Maiga et Mountaga Tall deviendront les fervents défenseurs d’ATT en dépit de tous les griefs reprochés à son prédécesseur et qui étaient toujours monnaie courante sous ATT. Depuis lors, les maliens avaient commencé à s’interroger sur la morale des hommes politiques. Comment comprendre que ceux qui faisaient feu de tout bois en tirant à boulets rouges sur une gestion qu’ils jugeaient  catastrophique, pouvaient se retrouver avec un autre et qui n’avait pas fait mieux que le premier ? Aux élections de 2007, les désormais ex opposants à Alpha Oumar Konaré avaient poussé le zèle jusqu’à devenir les portes parole du candidat ATT. A une conférence pour analyser les résultats, ces deux hommes étonnaient leur mentor ATT en annonçant sa victoire par anticipation avec des chiffres qui frôlaient le plébiscite et cela contre leur mentor d’aujourd’hui IBK. Où est l’éthique en politique  quand on peut renoncer à sa conviction au profit des dividendes ou strapontins? Au second tour des élections présidentielles de 2013, comme une ruée vers l’or, nos deux caciques  se dirigèrent  vers Sébénikoro, résidence du candidat en passe de gagner. Aujourd’hui, en faveur de l’avènement d’IBK au pouvoir Choguel Maiga et Me Mountaga Tall ont fait le choix définitif de suivre et de manger sans se soucier du peuple qu’ils se disaient défendre les intérêts contre les prédateurs. Si le comportement de Choguel K. Maiga surprend moins, celui du démocrate, acteur adulé du 26 Mars pour lequel au nom de son combat, la Conférence nationale rabaissait l’âge pour être candidat à la présidentielle à 35 ans. Vivement le retour de «Ba Mountaga» de la législature 1992-1997 de l’Assemblée Nationale.

<strong>Youssouf Sissoko</strong>

<strong>                                                                                               </strong><a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Rétrospective :  Le président Modibo Keita à l’éclatement de la Fédération du Mali</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-le-president-modibo-keita-a-leclatement-de-la-federation-du-mali-1424472.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-le-president-modibo-keita-a-leclatement-de-la-federation-du-mali-1424472.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 22 Feb 2016 00:11:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inf@sept</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>C’est 55 ans après l’évacuation des bases militaires françaises que la France revient avec force au Mali en monopolisant  les secteurs dits de souveraineté. Voici quelques réactions lors du congrès qui a suivi l’éclatement de la Fédération du Mali. </strong>

L'éclatement de la fédération du Mali a eu pour effet de renforcer l'unité nationale. Les militants du parti de Modibo Keita l'U.S.R.D.A., le parti unique de fait, et ceux du PSP  de Fily Dabo Sissoko l’opposant le plus acharné, exprimèrent leur adhésion aux options. Le leader du parti d’opposition monta même  à la tribune du Congrès pour proclamer sa disponibilité pour la construction nationale; affirmant ainsi, que malgré les divergences, il restait un nationaliste. Les premières prises de position de la jeune République, en matière de politique extérieure furent le soutien à l'Algérie en lutte pour son indépendance, l'évacuation des bases militaires françaises qui stationnaient au Mali, la condamnation des essais nucléaires français dans le Sahara.

Ce qui n'améliorait pas les relations franco-maliennes, déjà très affectées par les évènements liés à l'éclatement de la fédération du Mali. De Gaulle dépêcha André Malraux auprès de Modibo Keita et lui adressa une lettre qui laisse transparaître les "incompréhensions" entre les deux pays. Les rapports entre le nouvel État indépendant et l'ancienne puissance coloniale, à qui le leader malien reprochait des arrière-pensées néo-colonialistes, furent souvent "très tendus", mais, n'ont jamais été véritablement rompus. Ceci, grâce aux pragmatismes politiques et aux efforts des uns et des autres.

Le 20 janvier 1961 au moment de l'évacuation des bases militaires françaises, Modibo Keita expliquait :<em>
<strong>« la République du Mali a affirmé sa volonté de coopérer avec la France sur la base de la non-ingérence dans nos affaires intérieures et du respect de notre souveraineté. La décision de mon parti et de mon gouvernement ne met nullement en cause cette volonté »</strong></em><strong>.</strong>  En fait, la diplomatie malienne suivait quelques principes : Souveraineté nationale, Unité africaine et non-alignement, Défense de  l’Émancipation du tiers-monde.

En 1977, le journal "Jeune Afrique" évoquait la disparition du président malien en ces termes : «<strong><em> Il se conduisait sans complexe, avec les dirigeants de l'Est et de l'Ouest qui venaient proposer de l'aide à son pays. Avec Modibo Keita à la tête du pays, aucun compromis n'était possible en ce qui concernait la souveraineté nationale, de cela, nous sommes sûrs. Seul entrait en ligne de compte l'intérêt du Mali ... Socialiste par nécessité, progressiste à cause de la qualité de ses hommes, sa perte cause un grand tord au mouvement d'émancipation de l'Afrique ».</em></strong>

La politique intérieure des dirigeants maliens avait notamment comme objectifs, l’édification d'un socialisme adapté aux réalités maliennes ; la décolonisation des mentalités ; l'affirmation de la personnalité africaine ; la consolidation de l'indépendance nationale dans tous les domaines.

<strong>                                                                                                  Youssouf Sissoko</strong>

<strong>                                                                                     </strong><a href="mailto:youssouf@journalinfosept.com"><strong>youssouf@journalinfosept.com</strong></a>]]> </content:encoded>
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<title>Vient de paraître : «Modibo», hommage au 1er Président du Mali indépendant</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/vient-de-paraitre-modibo-hommage-au-1er-president-du-mali-independant-1423452.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 22 Feb 2016 00:10:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Les éditions Cauris Livres viennent de publier un recueil de témoignages pour rendre hommage à feu le Président Modibo Kéita, à l’occasion de la célébration nationale du centenaire de sa naissance. Ce livre est accompagné d’un CD du discours que Modibo Kéita a prononcé le 22 septembre 1960, jour de l’accession de notre pays à l’indépendance, lors d’un Congrès extraordinaire de son parti, l’US RDA.

Co-signé par Mme Bintou Sanankoua et MM Seydou Badian Kouyaté, Modibo Diallo et Cheick Oumar Diarrah, l’ouvrage de 81 pages comporte, outre des textes des auteurs, une lettre du Président Modibo Kéita à sa nièce Fatoumata Mah Diako,  avec laquelle il eut d’intenses échanges épistolaires de 1968, date du coup d’Etat qui mit fin à la 1<sup>ère</sup> République, à 1977, année de son décès.

Cette lettre nous révèle l’ampleur de l’activité rédactionnelle de Modibo Kéita lorsqu’il était en prison. En effet, ce grand intellectuel y parle de trois manuscrits sur lesquels il travaillait et pour lesquels la documentation dont il avait besoin n’était plus à sa disposition, alors qu’il la rassemblait pour l’un des textes depuis 1954. Pourquoi, parce que «ils étaient au Palais», comme l’écrit le Président Kéita, et ont donc été certainement saccagés ou détruits.

Richement illustré, «Modibo» dresse le portrait et propose une biographie exhaustive de cet «architecte de la nation malienne, visionnaire politique et chef d’Etat humaniste», pour reprendre les titres de certains chapitres, «un nationaliste intransigeant et un socialiste inventif», et s’attelle à définir son héritage, après être revenu sur le film du coup d’Etat perpétré le 19 novembre 1968 par le CMLN.

Dédié «au Président Modibo Kéita, pour son amour du Mali et du peuple malien», le livre se clôt sur une citation de Mamadou Dia, qui fut Vice – Président de la Fédération du Mali et Président du Conseil de gouvernement du Sénégal, dans son ouvrage «Mémoires d’un militant du Tiers-Monde», publié en 1985. Quel meilleur plaidoyer que celle-ci, que nous vous livrons in extenso, pour vous inciter à vous le procurer et à le lire?

«Le souvenir de l’action de Modibo Kéita doit résonner, d’abord et avant tout, comme un puissant appel au sursaut à l’adresse des générations montantes. Un cri du cœur qui exalte les vertus de l’unité, de la dignité, de la grandeur africaines, pour la consécration desquelles il a si ardemment vécu». En ces temps troublés et orphelins de repères pour beaucoup, c’est un constat à méditer.

<strong>Ramata Diaouré </strong>

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<title>Propos mémorables</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propose-memorables-3-1383552.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 02 Feb 2016 03:46:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Tiébilé Dramé, Secrétaire Général du Parena (Mars 1996)</strong>

<em>"Quand on a été torturé ensemble, quand on a partagé les mêmes cellules de détention, qu’on ait fait partie des mêmes convois de déportation, d’exil intérieur, il est normal qu’on soit du même côté."</em>

<strong>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</strong>

<em>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</em>

<strong>Issé Doucouré, (avril 2001)</strong>

<em>"Les nouvelles générations sont venues au syndicalisme, parce qu’il y a des grands parleurs. Et le peuple ne croit qu’à celui qui crie haut. </em>

<em>Ils n’ont aucune formation, aucune expérience. Ils sont uniquement guidés par le profit. C’est pourquoi aujourd’hui, l’UNTM n’est que l’ombre d’elle-même".</em>

<em> </em><strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Mars 1996)</strong>

<em>"La grosse erreur a été de faire croire que la démocratie peut tout régler comme par un coup de baguette magique. Une démocratie se bâtit lentement avec des hommes et des femmes qui y adhèrent et auxquels, il faut donner toutes les explications qui s’imposent."</em>

<strong>Younouss Hameye Dicko (UDD), (Mai 1994)</strong>

<em>"Si vous vous concentrez pour réfléchir, vous serez surpris de ce que vous trouverez : aucun ancien ministre, aucun ancien ambassadeur ou chef de cabinet du régime de GMT, ne figure dans les rangs de l’UDD."</em>

<strong>Aminata Dramane Traoré, ministre de la culture (1999)</strong>

<strong>  </strong><em>"Mon foulard est l’expression de ma liberté. Je lui donne le volume et la forme qui me plait".</em>

<strong>Feu Maribatrou Diaby, candidat aux présidentielles 1992</strong>

"Moi, j’arrive à gérer même des crocodiles. C’est donc facile pour moi, de gérer les hommes."

<strong><em>Me Adame Bâ Konaré, épouse de l’ancien Président Alpha (Mars 2000)</em></strong>

<em>« Les femmes sont encore confrontées à des problèmes de droit. Moi-même, je suis particulièrement sensible à cela. Je sais que les décisions de justice malheureusement ne sont pas toujours rendues à la satisfaction des femmes. J’enrage souvent de voir que les femmes sont les souffre-douleurs dans les foyers par rapport aux lois. </em>

<strong>Choguel Maïga, Président du MPR Mai 1999</strong>

« Les chefs d’Etat et les hommes politiques qui sont contre les coups d’Etat, doivent travailler de manière à ce que les conditions du coup d’Etat ne soient pas réunies ».

<strong>Adam Thiam, chroniquer / journal Le Républicain 1999</strong>

« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les points. Et que, quelque grande que soit la distance jusqu’au paradis, la descente aux enfers du pays est bien finie ».

<strong>Amadou Toumani Touré, Président du CTSP -1991</strong>

« Depuis que Moussa Traoré est tombé, nous assistons à une prolifération d’hommes braves ».

<strong>Feu Me Demba Diallo, ex-médiateur de la République </strong>

<em>« Vieil avocat militant, écrivain et journaliste, je m’honore d’avoir été aux côtés de la quasi-totalité des journalistes maliens poursuivis en justice en raison de leurs activités professionnelles. S’il est vrai que l’un d’eux m’a payé en monnaie de singe par des écrits diffamatoires et même calomnieux, tous mes autres jeunes clients sont devenus des amis sincères et enthousiastes ».</em>

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<title>Devoir de mémoire (suite) : Il Ya trois ans, un valeureux soldat français perdait sa vie pour la cause malienne.</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/devoir-de-memoire-suite-il-ya-trois-ans-un-valeureux-soldat-francais-perdait-sa-vie-pour-la-cause-malienne-1382382.html</link>
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<pubDate>Mon, 01 Feb 2016 13:14:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>SOLONI</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le vendredi 11 janvier 2013,  les troupes maliennes appuyées par les Forces  Françaises attaquent Kona lançant une contre-attaque, le combat fut rage. L’ennemi qui se croyait impénétrable est plissé. Les hélicoptères maliens et français  entrent en action et frappent sur les objectifs des insurgés.

Pendant toute la journée, les combats s’avèrent  intenses. Les forces maliennes appuyées par les hélicoptères français pénètrent à Kona. Les islamistes sont en débandade, c’est le cœur des insurgés qui vient d’être percé. Un des chefs d’Ansardine  du nom d’Abdoul KARIM est tué. Les oppresseurs se confondent aux populations pour ne pas être identifiés. Plus de 60 combattants djihadistes sont tués, des matériels détruits. Malheureusement, les troupes françaises perdent un vaillant soldat : le Lieutenant DAMIEN BOITEUX. Il avait 41 ans et père d’un enfant. Son hélicoptère est frappé par les bandits inqualifiables. Celui-là qui a percé le secret d’attaque des djihadistes vient de mourir. Il restera à jamais dans la mémoire des maliens. Le libérateur et  consolateur vit à jamais dans les mémoires maliennes. A Bamako le président souffle,  il prend le téléphone et appelle son homologue François Hollande, président de la République française pour le féliciter et surtout lui témoigner de sa reconnaissance et celle de son peuple tout entier.  Le président français est sensible face à des larmes de joie du professeur Dioncounda Traoré et lui dit : « je n’ai fait que mon devoir ». Le colonel major Didier Dakouo aujourd’hui général de brigade appelle Bamako : «  ça y est !  Nous avons la situation en main ».  Bamako retient  son souffle. Konna est presque libéré et la prière sous la conduite d’Iyad Ag Agaly à la grande mosquée n’aura plus lieu mais quelques postes de résistance sporadiques existent encore.

Le samedi 12 janvier, les forces aériennes françaises frappent sur les positions des djiahdistes. Les dépôts de carburants et d’armements qu’ils  disposent  à Douentza Gao, Tombouctou  et Kidal sont détruits.  Où sont passé les dihadistes ?  En tout cas, la peur avait changé de camp. La détermination de l’armée malienne et l’appui inconditionnel et surtout l’ultime sacrifice de Damien Boiteux  venait de faire germer une lueur d’espoir pour tout un peuple.

A suivre dans la prochaine parution.

<strong>Pierre Poudiougo </strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Exposition: Modibo Keïta, premier président de la République du Mali, immortalisé</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/exposition-modibo-keita-premier-president-de-la-republique-du-mali-immortalise-1318872.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 25 Dec 2015 09:01:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Flambeau</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Dans le cadre des  festivités du Centenaire de Modibo Keïta, premier président de la République du Mali, la Commission nationale d’organisation a procédé, le vendredi 18 décembre 2015, à un vernissage au mémorial de Modibo Keïta à coté de l’hôtel Salam dédié en mémoire de l’Homme. Cette exposition a pour but de l’immortaliser à travers des arts, notamment, les photos, des objets  (ses lunettes, sa radio, sa voiture présidentielle et des extraits de l’un des discours).

La cérémonie d’ouverture de ce vernissage était présidée par le Secrétaire général du ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Andogoly Guindo. C’était en présence de l’ancien ministre, Moussa Bocar Diarra, président de l’UM-RDA ; de Modibo Keïta, Directeur général du Mémorial de Modibo Keïta et des familles et héritiers de feu Modibo.

Sur le lieu,  plus d’une cinquantaine photos de Modibo Keïta ont été placardées. Ce sont des photos prises durant les différents voyages du président, à l’époque, dans l’intérieur ainsi qu’à l’extérieur du pays. Ce vernissage a été pour les visiteurs de se retrouver dans un moment d’émotion et de souvenir, surtout pour ceux ont connu cette époque : des années 1956 jusqu’aux années 1968.

Le Directeur général du Mémorial de Modibo Keïta dira que ce Centenaire a pour objectif d’immortaliser le père-fondateur de la République du Mali. «Quoi de mieux pour immortaliser un homme, un événement, que les photos. Cette exposition-photos vise à faire un panorama sur la vie de Modibo Keïta, depuis sa vie d’enfance à celle d’écolier jusqu’au moment où il a atteint le firmament en rencontrant les grands hommes de la planète, comme Kennedy, Mao,…. C’est aussi pour faire mieux connaître Modibo Keïta à la jeune génération», a-t-il laissé entendre.

Pour Moussa Bocar Diarra, président du parti UM-RDA, la jeune génération doit savoir ce que Modibo a fait. «On a exposé des photos des événements extrêmement importants de notre premier président de la République du Mali. Des visites à l’intérieur du Mali, la relation avec les autres pays, l’appréciation que l’extérieur fait de lui, les images racontent tout ça. Vraiment, c’est très important. Modibo a été une personnalité importante pour notre pays. La famille est vivante aujourd’hui, via ces photos. C’est avec une grande fierté que nous avons choisi ces photos pour faire voir à la jeune génération qui a été Modibo».

Avant de préciser : «Nous, les héritiers politiques de Modibo Keïta, avons un sentiment de satisfaction. On lui doit une reconnaissance digne de son nom, eu égard à la qualité des services qui a rendus au pays. Nous emboîterons ses pas pour que le Mali soit dans le concert des grandes Nations, comme il avait toujours souhaité».

Ce vernissage a été bouclé par un dîner-gala offert, à l’occasion, à l’Espace Bouna. Diner-gala au cours duquel quelques fils des autres chefs d’Etat de la même époque que Modibo Keïta ont reçu des cadeaux, avant de souhaiter un vivement à un autre Centenaire (2115).

Seydou Karamoko KONÉ]]> </content:encoded>
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<title>Centenaire du président Modibo Keïta : Une exposition pour faire découvrir l’homme aux nouvelles générations</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/centenaire-president-modibo-keita-exposition-faire-decouvrir-lhomme-aux-nouvelles-generations-1314352.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 22 Dec 2015 11:02:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Tjikan</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le Mémorial Modibo Keita abrite depuis le 18 décembre dernier, une exposition sur la vie de Modibo Keïta. La cérémonie d’ouverture a eu lieu sous la présidence du secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Andogoly Guindo. C’était en présence du directeur du Mémorial Modibo Keita, Modibo Diallo ainsi que de nombreuses personnalités. </em></strong>

Cette exposition est organisée à l’occasion du centenaire du premier président du Mali, feu Modibo Keïta. Elle retrace son parcours à travers des documents et des photos d’archives, des extraits de ses discours historiques prononcés notamment celui prononcé à l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) à Addis-Abeba le 24 mai 1963.

Pour Modibo Diallo, c’est un évènement majeur et symbolique dans la mesure où le centenaire c’est pour immortaliser Modibo Keïta. Et cette exposition photo vise à faire revivre les moments les plus palpitants, les plus symboliques de la vie de Modibo Keita, depuis  sa vie de famille, jusqu’à ses premières années en politique au moment où il courtisait les grands. Selon lui, cette exposition est un panorama dans la vie de Modibo Keïta. A ses dires, c’est aussi pour mieux faire connaitre Modibo Keïta à la jeune génération. Il regrette qu’il soit méconnu des Maliens et soit le moins étudié parmi tous ses pairs. Pour lui, ceci est un paradoxe car c’est un homme qui a courtisé les grands, qui a inspiré les grands et qui  a posé de grandes actions.

« <em>Je crois que c’est une interpellation à l’endroit des Maliens et tout ce qui a été dit au cours du symposium passé nous interpelle. Nous avons là un grand monsieur que nous ne connaissons pas et que nous avons intérêt à découvrir et à faire découvrir au reste du monde</em> »,a-t-il  affirmé.

Pour Bocar Moussa Diarra, membre de la commission d’organisation du centenaire de Modibo Keita,  il faut que la jeune génération sache ce que Modibo Keita a fait. Et pour ce faire dit-il, des photos  sont exposées sur des évènements extrêmement importants. Selon lui, ces photos parlent aussi de l’appréciation que l’extérieur faisait de Modibo Keita. Bocar Moussa Diarra rappellera que Modibo Keita a été une personnalité importante du Mali et qui a été accueilli en Union Soviétique par toutes les grosses pointures.

«  <em>Nous sommes dans un processus d’achèvement de la correction d’une situation d’injustice dont Modibo Keita a été victime. Le service qu’il a rendu à ce pays, le don qu’il a fait de ses propres moyens doivent être connus. En dehors de cela, ses qualités personnelles doivent inspirer chaque Malien. Nous qui sommes ses continuateurs, nous souhaitons pouvoir nous-mêmes porter l’héritage avec dignité et le transmettre aux nouvelles générations et que le Mali soit toujours plus grand, toujours au firmament des Nations car c’était son rêve </em>», a-t-il conclu.

<strong>Aoua Traoré </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Symposium sur la vie et l’œuvre de Modibo Keita : «Modibo Keita se doit d’être connu, mieux connu et plus connu» dixit Moussa Bocar Diarra</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/symposium-sur-la-vie-et-loeuvre-de-modibo-keita-modibo-keita-se-doit-detre-connu-mieux-connu-et-plus-connu-dixit-moussa-bocar-diarra-1310062.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 21 Dec 2015 00:09:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Présidé par le Président d’honneur de la Commission d’organisation du Centenaire de l’ex Président Modibo Keita, le Pr Dioncounda Traoré, le Symposium sur la vie et l’oeuvre de Modibo Keita a eu lieu le jeudi 17 décembre au CICB. Le Pr Traoré était accompagné de son 2<sup>ème</sup> Vice-président, Moussa Bocar Diarra et du Secrétaire général du ministère de l’Artisanat, de la Culture et du Tourisme, Andogoly Guindo.

A l’entame des témoignages, Moussa Bocar Diarra a remercié le Président IBK pour avoir pris une telle initiative de reconnaissance à l’égard de son prédécesseur. «Le profond espoir de l’UM-RDA est que le Symposium permette singulièrement à la jeunesse, en ces temps de grandes interrogations, de mieux connaître notre pays, notre histoire, les grands rêves nourris par les hommes de mérites exceptionnels qui ont fondé notre Nation moderne et les valeurs qui ont soutenu leurs actions».

«Le Président Modibo Keita, prototype achevé de notre humanisme, se doit d’être connu, mieux connu et plus connu, afin que notre peuple, notre Etat, se connaissent, que notre plus grande richesse soit en nous, dans notre culture, dans nos valeurs sociétales», a martelé le ministre Diarra.

Andogoly Guindo affirmera que Modibo Keita fut un grand combattant pour l’indépendance et l’unité des peuples africains, fervent défenseur des non-alignés et le Père de l’indépendance du Mali. Il fut arrêté le 19 novembre 1968 à la faveur d’un coup d’Etat militaire et disparut en 1977, sans que la Nation lui rende hommage.

«Il reste l’une des personnalités illustres qui ont le plus marqué l’histoire de l’Afrique dans les premières années des indépendances. Son idéologie, ses œuvres, les lignes tracées par lui et les actions accomplies continuent de marquer les souvenirs des anciens, aussi bien au Mali, en Afrique, que dans le monde.

Mais les jeunes générations n’en savent que trop peu sur cet homme, au courage et au parcours exceptionnels», a conclu Andogoly Guindo.

<strong>Adama Bamba</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Célébration du centenaire du président Modibo Keïta : Un symposium pour édifier la jeune génération sur le parcours et la vision de l’homme</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/celebration-du-centenaire-du-president-modibo-keita-un-symposium-pour-edifier-la-jeune-generation-sur-le-parcours-et-la-vision-de-lhomme-1308042.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/celebration-du-centenaire-du-president-modibo-keita-un-symposium-pour-edifier-la-jeune-generation-sur-le-parcours-et-la-vision-de-lhomme-1308042.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 18 Dec 2015 12:25:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Tjikan</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Présidés par l’ancien président de la transition, Pr. Dioncounda Traoré, les travaux du Symposium sur la vie et l’œuvre du premier président du Mali, Modibo Keïta ont débuté hier jeudi 17 décembre au CICB, pour trois jours. Objectif : faire connaitre davantage à la jeune génération, le parcours et la vision de l’homme pour l’Afrique et pour son pays le Mali, afin qu’elle puisse s’en inspirer.</em></strong>

Ils sont historiens, anciens collaborateurs, membres de la famille politique ou biologique, Maliens et venus d’ailleurs à travers le monde pour se retrouver autour d’une table afin de parler de la vie, de l’œuvre, bref du parcours tout court, de celui qui fut le premier président de la République du Mali. Il s’agit de Modibo Keïta, non moins premier secrétaire général de l’Union Soudanaise du Rassemblement Démocratique Africain (US-RDA).

Organisé par le gouvernement à travers le Ministère de la Culture et la Commission Nationale d’Organisation mise en place pour l’occasion, le Symposium sur la vie et l’œuvre du président Modibo Keïta, s’inscrit dans le cadre de la célébration du centième anniversaire de sa naissance (4 juin 1915-4 juin 2015).

Pour Bocar Moussa Diarra, membre de la commission d’organisation, « Modibo Keita est le prototype achevé de notre humanisme. Toute chose qui doit être connu, mieux connu et plus connu afin que notre peuple, notre Etat se convainquent que notre plus grande richesse est en nous, dans notre culture, dans nos valeurs sociétales, dans notre ‘’maya’’ et notre ‘’Dambé’’… ». Selon lui, l’objectif de ce symposium est de permettre à la jeunesse malienne de mieux connaitre leur pays, le Mali, son histoire et les grands rêves nourris par des grands hommes de mérite comme Modibo Keïta.

« Le président Modibo Keita était et est un symbole, une icône, un grand homme au sens propre comme au sens figuré. Le Mali se relève en dignité et dans la grandeur dans la juste réhabilitation bien méritée du  président Modibo Keïta », soutient-il.

Andogoly Guindo, le représentant du ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, ajoutera pour sa part que mieux qu’une simple cérémonie d’hommage à l’ancien président Modibo Keïta, le symposium vise à ouvrir la réflexion, les échanges sur le souvenir de cet homme aux qualités exceptionnelles.

« <em>Grand combattant pour l’indépendance et l’unité des peuples africains, fervent défenseur des non-alignés, père de l’indépendance du Mali, Modibo Keïta fut arrêté le 19 novembre 1968, à la faveur d’un coup d’un coup d’Etat militaire. Il disparut le 16 mai 1977, sans que la Nation lui eût rendu hommage</em> » a-t-il rappelé. Avant d’ajouter que Modibo Keïta reste sans conteste l’une des personnalités qui ont marqué l’histoire de l’Afrique dans les premières années des indépendances africaines.

Pour lui, en ces temps de mondialisation, la jeunesse malienne a besoin de repères et de ressorts s’appuyant sur des valeurs ancestrales afin de faire face aux défis de l’heure. A cet effet, soutient-il, l’exemple du président Modibo Keïta pourra constituer un modèle et une source d’inspiration pour la jeunesse malienne.

L’ancien président de la Transition, le Pr. Dioncounda Traoré qui est aussi président d’honneur de la Commission Nationale  d’Organisation du Centenaire de Modibo Keïta dira pour sa part qu’outre la jeunesse malienne, c’est l’ensemble de l’opinion nationale et  internationale qui seront édifiées par un groupe de conférenciers constitué de plus d’une dizaine d’éminents historiens sur l’homme  que fut Modibo Keïta. Parmi lesquels figurent entre autres : le Pr. Bakary Kamian, ancien collaborateur du président Modibo Keïta, le Pr. Jean Bosco Konaré, le Pr. Boubacar Séga Diallo, le Pr. Modibo Diakité, le Pr. Kimba Idrissa, le Pr. Doulaye Konaté, le Pr. Abderrhamane N’Gaïdé, …

Ainsi, durant trois jours (du 17 au 19 décembre), les experts et historiens tous d’éminences grises, débattront autour de plusieurs thématiques ayant trait au parcours politique du président Modibo Keïta, son combat pour l’unité africaine, la problématique de l’indépendance, les relations Voltaïco-maliennes jusqu’en 1968, l’Armée malienne sous la 1<sup>ère</sup> République, la réforme de l’Enseignement de 1962, sa politique agricole, culturelle et économique, entre autres.

A noter que les représentants de plusieurs pays étrangers ont été conviés pour l’occasion. La cérémonie d’ouverture a eu lieu en présence de plusieurs personnalités dont l’ancien Premier ministre Moussa Mara.

<strong>Lassina NIANGALY</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Centenaire de Modibo Keita : Le peuple malien se souvient</title>
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<pubDate>Tue, 15 Dec 2015 20:25:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>A l’occasion du centenaire de la naissance de Modibo Keïta, premier président du Mali indépendant, il convient de rendre hommage à l’homme. Rappelons tout d’abord que Modibo Keïta est le 04 juin 1915 à Bamako. Fils de Fatoumata Camara et de Daba Keïta, Modibo Keïta est un ancien élève de l’école de l’école des fils de chef. Après son initiation à la connaissance du Coran à l’école coranique de Bamako, Modibo Keïta obtient son certificat d’études primaires à la session de juin 1930. C’était à l’école primaire urbaine de ladite ville où il fit son entrée en octobre 1925.</strong>

<strong>En août 1930</strong>, Modibo est admis à l’Ecole primaire supérieure (EPS) de Bamako. Intelligence hors pair, Modibo Keïta fut reçu premier de la colonie du Soudan en Afrique occidentale française en 1933 au concours d’entrée à l’école normale William Ponty de Gorée au Sénégal. A cette époque, cette école faisait office d’université pour les indigènes d’Afrique occidentale française. Avec une moyenne honorable de 14,85/20, Modibo Keïta sort de William Ponty en 1936 major de sa promotion. Ses professeurs n’ont pas caché leur pleine satisfaction de la conduite et du travail qu’il accomplit jusque- là. Ils ont laissé ce témoignage élogieux sur Modibo dans son livret scolaire : «<em>Elève modèle sur tous les rapports, belle intelligence, beaucoup d’énergie. Très brave, a sauvé un de ses camarades (Emile Zinzou, ancien président du Dahomey, actuel Bénin) qui se noyait</em>». Ces professeurs ont écrit de façon prémonitoire sur Modibo ce qui suit : «I<em>nstituteur d’élite, très intelligent mais antifrançais, agitateur de haute classe à surveiller de près… Foncièrement honnête et franc, doté d’une mémoire visuelle très développée</em>.»

En vue de s’assurer une formation politique de base, Modibo Keïta s’est inscrit au Groupe d’études communistes (GES). Modibo Keïta eut une carrière professionnelle assez tourmentée. Ainsi, il fut affecté en sa qualité de pédagogue émérite au Soudan français en 1936. Il a servi avec honneur et dévouement à l’école régionale de Bamako sise à Bamako-Coura (actuelle école Mamadou Konaté). C’était de 1936 à 1943. Il fit ses preuves à l’école régionale de Sikasso de 1943 à 1947. Puis, il s’est retrouvé à l’école normale de Kabara à Tombouctou où il servira de 1951 à 1952. Il revient à Bamako où il enseigna à l’école de N’Tomikorobougou (1952-1955).

Pragmatiste par excellence, Modibo a su lier l’école à la vie. C’est ainsi qu’il s’est illustré enseignant exemplaire à l’école normale de Sikasso où non seulement il enseignait la psychologie et la pédagogie mais aussi le jardinage, la forge et la menuiserie. Pour Modibo Keïta, il n’y a pas de sot métier. Aux enseignants et à la face du monde, il disait : «<em>On ne peut pas enseigner sans aimer les enfants, aimer les donc</em>.» Cette leçon reste valable car sans un amour réel pour les apprenants, ceux-ci ne peuvent s’approprier les valeurs cardiales d’éthiques et de morale qui faisaient jadis une marque identitaire essentielle de notre pays. Infatigable pédagogue de première heure, Modibo Keïta disait à ces élèves : «<em>Ce pays est le vôtre. Chacun doit savoir lire et écrire. Surtout soyez fier du métier que vous exercez. Il est noble.»</em>

Combattant de la liberté, Modibo Keïta a averti la jeunesse malienne à ces termes : «<em>Lorsque les vrais propriétaires deviennent des spectateurs, c’est le festival des brigands.»</em> C’est dire que personne ne fera le Mali à la place des Maliens. Militant de première heure pour la cause de son pays, Modibo Keïta en collaboration avec Mamby Sidibé a fondé en 1967 l’ «<strong>Association des lettrés du Soudan</strong>» qui deviendra la même année le «<strong>Foyer des intellectuels du Soudan</strong>». C’est la même année que naîtra sur les fonts baptismaux le syndicat des enseignants du Soudan. Cet exploit, il l’a réalisé avec Mamadou Konaté et Ouezzin Coulibaly. Syndicaliste donc,  Modibo le fut.

Lors de son séjour sikassois, Modibo a lancé un journal intitulé «<strong>L’œil du Kénédougou».</strong> Ce journal fut pour l’enseignant modèle le créneau de dénonciation des exactions de l’administration coloniale. Homme de culture, Modibo aimait la musique du terroir, le théâtre, le basketball et le volleyball.

Sur le plan politique, Modibo n’est pas demeuré en reste et pour cause : il s’est battu corps et âme pour l’unité politique du Soudan autour de partis politiques comme le Bloc soudanais (BS), le Parti progressiste soudanais (PSP), le Parti démocratique soudanais (PDS). C’était en janvier 1946. Mais cette unité n’a pas fait long feu. Elle éclata le 22 octobre de la même année. Cet éclatement fait suite au congrès constitutif du Rassemblement démocratique africain (RDA).

En janvier 1947, Modibo Keïta est élu secrétaire général de l’Union soudanaise RDA (US-RDA). Il servira avec dévouement ce parti pendant 4 ans sans salaire. Le PSP sera détrôné en 1956 par le courage et l’intelligence de Modibo Keïta. C’était en faveur de l’US-RDA, parti qui a conduit le Soudan à l’indépendance le 22 septembre 1960 avec comme artisan principal Modibo Keïta. Son seul gage était l’unité africaine. Mais pour lui, cela n’était possible que lorsqu’on réussira à réaliser au préalable l’unité nationale.

Sur le plan sous- régional, Modibo Keïta fut porté à la tête du Parti de la Fédération Africaine (PFA). C’était en 1959. Mais la Fédération du Mali fondée le 20 juin 1960 fut de courte durée. Elle éclata le 20 août de la même année, juste au bout de trois mois d’existence.

Créée en mai 1958, l’Union Ghana- Guinée sera enrichie par le Mali. Elle devenait ainsi le 1<sup>er</sup> juillet 1961 l’Union Ghana-Guinée-Mali. C’était grâce au combat sans réserve de Modibo Keïta pour l’union régionale et africaine. L’Organisation des Etats riverains du fleuve Sénégal (OERS) verra le jour à l’initiative du Mali de Modibo Keïta.

Sur le plan continental, Modibo s’est illustré par ses efforts surhumains en faveur des ensembles africains plus vastes, telle l’Organisation de l’unité africaine (OUA) créée à Addis-Abeba le 25 mai 1963. Grand conciliateur, Modibo a su réunir autour de lui à Bamako les protagonistes de la guerre des Sables. C’était du 29 au 30 octobre 1963. A cette rencontre de la fraternité, sous l’égide de Modibo Keïta, étaient présents : le roi Hassan II du Maroc, le président algérien Ahmed Ben Bella et l’empereur d’Ethiopie Ailé Sélassié 1<sup>er.</sup>

Ainsi, la sale guerre fratricide prit fin grâce au diplomate président Modibo Keïta.

Sur le plan international, Modibo a marqué de son empreinte indélébile la conférence de Belgrade où  naquit le mouvement des non-alignées. C’était en septembre 1961.

Fin apôtre de la paix, Modibo Keïta a été décerné du prix de la Paix Lénine. C’était à Moscou en 1963. Ce prix, Modibo Keïta l’a dédié aux combattants africains tombés pour l’avènement de la liberté en Afrique. Avec le prix Lénine Modibo a créé le Centre de rééducation pour sauver les enfants maliens souffrant de la poliomyélite et menacés de paralysie.

Aujourd’hui, à la croisée de toutes les politiques machiavéliques dont il est victime depuis la chute de Modibo Keïta, notre peuple pleure son président, ce grand nationaliste, panafricaniste et homme de paix à l’échelle mondiale.

Pour arrêter l’hémorragie de notre peuple, sa jeunesse doit s’approprier le combat du président Modibo Keïta, combat qu’il n’a cessé de mener toute sa vie durant. L’on comprend donc pourquoi Frantz Fanon disait : «<em>Chaque génération, dans une relative opacité, doit accomplir sa mission ou la trahir.»</em>

Les huit (8) ans de gestion responsable et nationaliste de nos affaires par Modibo Keïta (1960-1968) doivent illuminer le chemin de notre pays vers la réalisation d’un Mali radicalement nouveau jusque- là victime de la gestion calamiteuse de ses affaires par ceux-là même qui n’ont cesse de vénérer dans leurs discours politiques pour l’insulter par leurs actes crapuleux et peu recommandables.

<strong>Fodé KEITA</strong>

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<title>Carrière politique de Fily Dabo Sissoko : Pourquoi l’homme s’est démarqué du Communisme Français ?</title>
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<pubDate>Thu, 10 Dec 2015 08:44:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mutation</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>« J’ai vu que le communisme ne s’intéresse aux territoires d’outre-mer qu’avec le dessein prémédité de provoquer un bouleversement complet de l’économie nationale. J’ai vu la lutte des classes acceptée par le communisme qui se nourrit de haine. J’ai vu… J’ai vu…  » Voilà des propos tenus par Fily dans une lettre envoyée à Monsieur Marius Moutet, ministre de la France d’Outre- Mer. Nous vous publierons l’intégralité de la lettre.  C’était le 30 avril 1946. Lisez plutôt !</strong>

Je m’adresse surtout à l’homme plus qu’au Ministre de la France d’Outre- Mer. Ce que j’aurais à vous dire sera l’expression de mes sentiments les plus profondes. C’est aussi le résultat des mûres réflexions que j’ai eu tout le loisir de faire, sous mille angles divers, depuis qu’en décembre 1945, je suis arrivé à Paris. Je me suis toujours occupé de philosophie et par là, et par là j’ai pris contact avec la politique. Je peux vous dire que l’occasion m’a été donnée souvent d’avoir à étudier toutes les doctrines politiques, surtout celles de la France à l’époque contemporaine, et cela en partant des conceptions de Charles Maurras pour aboutir à celles de Henri Barbusse. Ce que la philosophie  a déterminé en moi  avec le plus de précision, c’est surtout une conception spiritualiste du monde que j’ai retrouvée avec étonnement dans les meilleures classiques français, et en dernier lieu, dans le génial Izoulet, trop négligé, et qui est pourtant, à mon avis, une abondante source d’inspiration. Eh bien, mon cher collègue, mon séjour en France a été une véritable révélation. J’ai fait une expérience décisive, elle est une importance telle que je n’ose la conserver pour moi seul et que je vous la communique, comme à l’autorité la plus représentative aujourd’hui de la nationalité française, car elle seule se trouve au point de jonction des nœuds vitaux de la métropole et des territoires d’outre-mer. Désormais, quelque soit le Gouvernement que nous ayons, le Ministère de la France d’outre-mer aura à jouer ce rôle de premier plan. Le citoyen donc, qui a sur la conscience un problème dont il aperçoit la solution, a non seulement le droit mais aussi  le devoir de s’adresser à qui de droit dans l’intérêt même de la Patrie. En conséquence, je voudrais vous donner la quintessence  de l’expérience que j’ai vécue à Paris, et qui est extrêmement décisive. J’ai vu que le communisme ne s’intéresse aux territoires d’outre- mer qu’avec le dessein prémédité de provoquer un bouleversement complet de l’économie nationale. J’ai vu la lutte des classes acceptée par le communisme qui se nourrit de haine. J’ai vu  que le communisme, en s’associant au socialisme et au Mouvement Républicain populaire manque de sincérité, car j’ai suivi avec une extrême  attention plusieurs mouvements en coulisse, plusieurs tractations qui ne tendent à rien d’autre qu’à orienter les parties antagonistes vers des situations sans issue aux fins de les couvrir d’éclaboussures et de les détruire. Je ne médis pas du communisme. Je suis incapable de Médisance et de haine. Ma situation personnelle est communiste, parce que la société indigène, telle qu’elle est organisée, n’est que communiste, mais j’ai la preuve que je m’étais trompé lourdement dans le sens à donner à ce mot communiste. J’avais cru, et je crois encore, que le communisme c’est la reconnaissance de la grande loi de fraternité qui suppose, pour l’ensemble, le bien être de tout le monde, qui s’abstient de spolier les faibles, qui s’abstient de convoitises malhonnêtes et qui partage le peu qu’il a avec le voisin. Dans nos familles, dans nos réunions familiales, dans nos conseils de notables, dans nos sociétés hermétiques même, chacun est libre d’exprimer son opinion, personne n’a l’idée de mettre un bandeau  sur les yeux d’un autre pour l’orienter où sa conscience voudrait qu’il n’allât point. Or, j’ai vu que le communisme aboutit à l’automatisme. Cela, à mon avis, est la négation de la liberté de pensée, la négation de la liberté d’opinion, la négation de l’esprit, qui souffle où il veut. D’ailleurs, avant mon arrivée ici, j’avais des présomptions bien arrêtées que les choses se passaient ainsi, mais j’étais loin de me rendre compte de l’ampleur de la situation telle qu’elle m’apparait aujourd’hui avec une clarté aveuglante. Cette appréhension était cependant assez nette pour m’empecher de m’inscrire au parti communiste, tout en refusant le parti paysan et le parti U.D.S.R et en acceptant de figurer dans le petit groupe des Républicains Résistants. J’ai travaillé pourtant avec des communistes, mais je les ai toujours obligés à respecter ma liberté de pensée, mon indépendance totale et absolue de caractère et mes tendances idéalistes que je ne mets jamais en discussion. Je me suis instruit à leur école. Je sais ce qu’il en est. Je sais où l’on va et comment. Je puis vous dire, vous informer que, comme je l’ai opéré en 1926 au Soudan, je sais décider à barrer la route à l’intrusion d’une doctrine  qui poursuit par divers moyens la subversion totale des éléments essentiels de la société dans le département que j’ai l’honneur de représenter jusqu’ici au Palais Bourbon. Je n’ai pas l’habitude de promettre beaucoup. Jusqu’ici j’ai toujours laissé les hommes me juger sur mes actes et non sur mes paroles, mais aujourd’hui à la veille de mon départ, au dépositaire des secrets d’Etat, je ne puis qu’apporter un témoignage qui n’est pourtant pas une confession, car j’ai toujours proclamé que, au dessus de tous les partis, je suis Français tout d’abord, Soudanais et Malinké par-dessus le marché. Or, j’ai le » sentiment bien net, en tant que Français, que le devoir m’incite à m’opposer à un courant que je sais subversif parce que j’ai des preuves que je sais inadéquates, parce que incompatibles avec les saines traditions de l’évolution humaine ; que je sais inopérante au regard ders nécessités requises pour l’évolution des masses figées au stade des idéaux affectifs, et pour lesquels la seule condition de progrès est le respect des croyances dans la paix sociale. C’est pourquoi je rentre dans l’arène, avec le dessein bien arrêté  de juguler ce mouvement. J’ai lu de BOUGIE, il y a une dizaine d’années, un livre des socialismes français où il apportait la preuve que le communisme ne pourrait triompher en France. J’ai eu, pour ma part, confirmation de ces idées exprimées par l’éminent sociologue dans les trois voyages que je viens d’effectuer dans la province française. J’ai vu à Marvejols des gens de la haute noblesse et des paysans français qui se trouvent très bien dans la République. J’ai vu dans la Drôme, des bourgeois qui n’ont nulle intention de provoquer des bouleversements sociaux. Un paysan de Vouvray, près de Tours, en me faisant visiter sa cave, m’a dévoilé à son insu, une belle âme paysanne française, comme j’en connais tant dans mon pays. J’en ai été tellement frappé que, j’ai pu dire à notre collègue le député-maire de Tours, que le paysan noir, comme celui de la France, n’est pas civilisé pour tromper les gens. Or, pour ma part, j’ai constaté que le communisme est une vaste tromperie à l’échelle mondiale. Ce qui m’étonne encore et ce n’est pas petit, c’est que des gens comme LANGEVIN, comme GOGNIOT comprennent des gens que j’admire beaucoup et que j’admirerais toujours, comme Gabriel PERI, restent ou sont restés communistes jusqu’à l’abnégation suprême. Toutefois en creusant bien aussi cet aspect du problème, je crois pouvoir savoir ce qu’il en est.  Voilà mon cher collègue et cher Ministre ce j’avais à vous dire. J’ai encore quelques petites présomptions intimes, quelques scrupules d’avoir pu peut être induire en erreur beaucoup de personnes sur la tendance de mes opinions politiques les plus intimes, les plus conformes de mon caractère. Cependant il était clair de recevoir que le théosophe que je suis est incapable d’acquiescer  à une doctrine qui condamne l’esprit, c’est pourquoi en toute sérénité que je vous le répète, je vous adresse la présente, parce que vous avez été dès les premiers instants, l’un de ceux qui ont vu qu’il n’est au pouvoir de personne de me bander les yeux et de me faire pirouetter comme une girouette. D’ici peu, vous serez à même de vous rendre compte de la manifestation des réactions qui ne manqueront pas de se produire, soit au Soudan, soit ailleurs. Ce faisant, je crois devoir servir surtout la France, mon pays. Veuillez agréer, Monsieur le Ministre et cher collègue, l’assurance de ma haute considération.

<strong>Said Bocoum</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Propos mémorables :  Mme Adame Bâ Konaré, Première Dame du Mali (2000)</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 25 Nov 2015 11:52:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[« Il faut que nous ayons le courage de reconnaître le positif, de faire la part du positif et du négatif pour pouvoir justement, mieux nous préparer et nous attaquer aux problèmes réels ».

<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </strong>

<em>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</em>

<em> <strong>Général ATT Président de la République (Juin 2003)</strong></em>

<em>Quelque soit votre volonté de lutter contre la corruption, si vous avez une justice qui ne suit pas, vous perdez votre temps. »</em>

&nbsp;

<em> </em>

<strong>Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala</strong>, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :

<em>« Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées, le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la difficulté de les attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer ».</em>

<em> </em>

<strong>Alpha Oumar Konaré (Président de la République, 1994)</strong>

« La situation dans les régions du nord du Mali et la menace que sa perpétuation fait peser sur l’ensemble de notre pays, sont au centre des préoccupations de toute la nation. Les mesures de mise en œuvre du Pacte national sont diversement appréciées ».

<em> </em>

<strong>Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</strong>

«Nous <em>avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement </em>».

&nbsp;

<strong>Choguel Maïga, Président du MPR (Mai 1999)</strong>

<em>« Les chefs d’Etat et les hommes politiques qui sont contre les coups d’Etat, doivent travailler de manière à ce que les conditions du coup d’Etat ne soient pas réunies ».</em>

<em> </em>

<strong>Professeur Yoro Diakité (2002)</strong>

« Les objectifs essentiels immédiats du 26 mars étaient l’instauration du multipartisme intégral et de la liberté pour les gouvernés de choisir leurs gouvernants. Ceux-ci ont été atteints. Mais, l’espoir populaire attendait un mieux vivre et surtout devenir maître de sa propre histoire. De cela, nous en sommes loin ».

<em> </em>

<em> </em>

<strong><em>Rassemblés par</em></strong>

<strong><em>Boubacar Sankaré</em></strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Coup de bec de Soloni : Le Président Modibo Kéita : Un leadership sacrificiel !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/coup-de-bec-de-soloni-le-president-modibo-keita-un-leadership-sacrificiel-1262572.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 23 Nov 2015 13:39:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>SOLONI</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[L’esprit de sacrifice de Modibo frôlerait l’extrême. Pour cause, le 19 novembre 1968, ce jour-là, jour où  la démocratie malienne a pris un sérieux coup d’arrêt, le président Modibo s’est donné, on dirait même qu’il s’est livré à ses bourreaux comme un mouton qu’on conduit à l’abattoir sans dire mot et sans  garder rancune même contre ceux qui lui ont annoncé de visu sa destitution par des militaires instrumentalisés et peu  patriotes. Quelle grandeur d’esprit ! Le besoin de restaurer  l’histoire réside dans ce fait historique que le président Modibo a été trahi pas parce qu’il mettait mal le peuple à l’aise, mais parce que certains leaders de partis d’opposition qui  avaient vendu leur âme à l’ancien colonisateur, se sont ligués avec lui  contre le président MODIBO. Et les militaires incultes ont été mis à contribution pour achever la sale besogne. A la mort de  Modibo  le 16 mai 1977, les militaires ne le  reconnaissent pas  comme  ancien président, mais laconiquement   <strong>un «</strong> <strong><em>Instituteur à  la retraite ». A l’Ecole normale de Gorée, Modibo est considéré par ses professeurs comme « Instituteur d’élite, très intelligent, mais  antifrançais. Agitateur de haute classe, à surveiller de près »</em></strong> (Jeune Afrique, No 856 du 3 juin 1977).Le besoin de  stimuler  la jeune génération tient au fait que l’exemple du président  Modibo devra  l’inspirer quant à la gestion et au goût  du  pouvoir. Son sens élevé de responsabilité et  son humilité  lui  ont valu  d’être mort  en  martyr  pour  son  pays. Il  ne pouvait en être autrement pour qui  sait  le  combat qu’a livré Modibo  pour  l’indépendance  de sa  patrie. La  jeune  génération  devrait apprendre à moins  désirer  le  pouvoir qu’à aimer  leur  patrie. Le témoignage de son rival Sénégalais Mamadou Dia, est une forte  illustration. Le 20  janvier lors de la proclamation de l’indépendance de la fédération du Mali, Mamadou Dia déclare <strong><em>«Modibo fut un élément déterminant non seulement pur l’indépendance de la fédération du Mali, aussi pour celle de l’Afrique de l’Ouest toute entière ». </em></strong>Plus loin Mamadou  continue en ces termes <strong><em>« Qu’on le veuille ou non, la silhouette de Modibo Keita émerge de cette histoire encore trouble des premières années des indépendances africaines » </em></strong>(Jeune Afrique, No 856 du 3 juin 1977).Certains dirigeants  du  Mali  ont  abandonné le pays  pour  se  sauver  et  sauver leur famille. L’important pour  eux, c’était pour leur  propre vie. D’autres,  tombant  sous  le piège  de l’illusion  de leaders politiques  ont pris  le pays  en  otage pendant 23 ans avant de se rendre compte de leur ignorance. Et que dire des dirigeants de nos jours ? Peuvent-ils faire preuve de sacrifice pour la cause de la patrie malienne ? L’histoire nous le dira. Comme disent les anglophones : « wait and see !»

<strong>DJIRE</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Haute Cour de Justice : coquille vide</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/haute-cour-de-justice-coquille-vide-1246142.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 16 Nov 2015 02:23:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pays</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_468812" align="aligncenter" width="610"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/08/abdrahamane-Niang.jpg"><img class="size-full wp-image-468812" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/08/abdrahamane-Niang.jpg" alt="L'honorable Abdramane Niang, président de la commission haute cour de Justice" width="610" height="458" /></a> L'honorable Abdramane Niang, président de la commission haute cour de Justice[/caption]

Une institution, elle l’est bien sûre. La Haute Cour de Justice est officiellement fonctionnelle depuis l’arrivée d’IBK au pouvoir. Premier dossier sur sa table, l’affaire de l’ancien président de la République, ATT, accusé de haute trahison. Ensuite l’ancien ministre David Sagara, dans le dossier de la Zone Aéroportuaire  etc. Depuis un certain temps, cette grande boite est silencieuse. A l’assemblée nationale, certains regrettent l’avoir choisie.

BY]]> </content:encoded>
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<title>Mamadou Sinsy Coulibaly, Président du Patronat :  «Je ne suis parti de rien pour arriver là»</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mamadou-sinsy-coulibaly-president-du-patronat-je-ne-suis-parti-de-rien-pour-arriver-la-1220582.html</link>
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<pubDate>Sat, 31 Oct 2015 00:38:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Reporter</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_1220592" align="aligncenter" width="1700"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2015/10/Sidibe-coulou.jpg"><img class="size-full wp-image-1220592" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2015/10/Sidibe-coulou.jpg" alt="Mamadou Sinsy Coulibaly (costume) avec son prédécesseur M Sidibé" width="1700" height="1207" /></a> Mamadou Sinsy Coulibaly (costume) avec son prédécesseur M Sidibé[/caption]

<strong>«Le secteur privé a de beaux jours devant lui. Sur les 147 députés maliens, il y a au moins 120 élus qui sont issus du secteur privé et près de 70 à 80% des membres des cabinets ministériels sont du secteur privé». C’est le constat fait par Mamadou Sinsy Coulibaly, mécanicien de formation, devenu aujourd’hui président du Conseil national du patronat du Mali. Mamadou Sinsy Coulibaly est une référence dans le secteur de l’entreprenariat au Mali. C’est ce qui lui a valu la confiance de ses pairs pour le mettre à leur tête. Pour lui, la passion, la persévérance et l’abnégation constituent la clé de la réussite. Le PDG du Groupe Klédu Mamadou Sinsy Coulibaly dirige désormais un bureau de 20 membres du  Conseil national du patronat du Mali pour un mandat de 5 ans. Il remplace ainsi Mamadou Sidibé. </strong>

<strong>Enfin vous avez accepté d’être le patron des patrons au Mali, quelles seront vos tâches ?</strong>

L’objectif fondamental du CNPM est le renforcement de la capacité institutionnelle de l’organisation afin de lui permettre d’offrir directement les meilleurs services à ses membres et le développement de sa capacité d’anticipation aux nouveaux défis et enjeux. L’extension du CNPM sur toute l’étendue du territoire national, qui va se poursuivre. Nous allons même faire des tournées dans les régions nord du Mali, voir les structures à la base. Nous allons faire de l’innovation afin d’éviter l’assistanat. Parce que seule l’entreprise peut créer de l’emploi, ce n’est pas le gouvernement, il ne peut, il n’a pas d’argent pour faire cela. Ce n’est pas son boulot, ce sont les entreprises seulement qui peuvent créer de l’emploi. C’est comme ça qu’on fait partout dans le monde. Le travail s’annonce immense mais insurmontable. Je remercie tous  les membres du CNPM pour la confiance placée en moi. Je suis conscient du vaste chantier et des nombreux défis à relever. C’est pourquoi j’inviter chaque membre du bureau à être un exemple dans le milieu de l’entreprise. Le nouveau bureau élu pour 5ans se fixe comme objectifs : la protection et la sécurisation des entreprises ; favoriser une relation harmonieuse entre CNPM, syndicats et le gouvernement à travers la signature d’un accord tripartite, entre autres…

<strong>Si vous devriez vous présenter à nos lecteurs et nous dire comment vous êtes venu dans le monde de l’entreprenariat, que répondriez-vous ?</strong>

Je suis Mamadou Sinsy Coulibaly. Je suis promoteur de plusieurs sociétés privées en République du Mali et actionnaire dans pas mal de structures privées. J’ai débuté ma carrière en France. J’ai travaillé aux USA où j’ai eu à créer des entreprises. Rentré au Mali, j’ai continué à créer des entreprises. Mon père était fonctionnaire de l’Etat colonial français. Moi-même, je suis né à Dakar ; mon père est né à Thiès (Sénégal) et ma grand-mère vient du Bénin. Mon grand-père était policier, de la génération des premiers formés après la première guerre mondiale en 1918. C’est dire que je ne suis pas issu d’une famille d’entrepreneurs. Je me suis lancé dans les affaires par vocation et aussi parce que j’ai un esprit créateur. Je n’ai pas de formation académique dans le sens de la création d’entreprises ou de gestion d’entreprises. Je suis mécanicien de formation. J’ai fait l’école supérieure de l’automobile du Man. Avant j’étais à l’Université Paris 7 Jussieux où j’ai eu un diplôme universitaire en sciences et structure de la matière (SSM) et l’Ecole supérieure aéronautique en URSS (spécialité moteurs Gordini). Je n’ai jamais travaillé dans l’administration sauf que, quand j’étais étudiant, j’étais agent consulaire à l’ambassade du Mali à Paris. Je m’occupais de la délivrance des passeports, cartes consulaires et des pièces d’état-civil.  Quand je suis rentré au pays, j’ai continué avec les affaires. J’ai commencé à vendre des véhicules d’occasion en Guinée, particulièrement les ‘’404’’. À Bamako, j’ai commencé à m’occuper de tout ce qui est audiovisuel à l’époque où j’ai eu la chance de participer à la création de la télévision malienne avec les Libyens à travers le centre du Point G. J’ai eu donc ce premier marché avec l’Etat libyen, et c’est la Balima (Banque Malienne) qui m’a financé. Voilà en gros, comment je suis venu dans l’audiovisuel. Il y a eu la vente de magnétoscopes, ensuite il y a eu Radio Klédu, Télé Klédu, Imprim-Color, Tam voyage, qui s’occupe du tourisme et de la vente de billets, etc.

<strong>Parlez-nous davantage de cette riche expérience !</strong>

Quand on est mécanicien de formation, il y a une logique qu’il faut suivre. C’est cette logique qui m’a permis de créer toutes ces entreprises. Il y a eu la première école informatique au Mali, le CEFIB. À l’époque où personne n’y croyait, mais je l’ai créé avec des micro-ordinateurs alors qu’il y avait que de gros systèmes dans les banques. J’ai été le premier à introduire les micro-ordinateurs en République du Mali pour faire comprendre que l’avenir, c’est les micro-ordinateurs. On avait le plus grand centre avec quelque 50 micro-ordinateurs dans nos salles de formation. Aujourd’hui, l’histoire me donne raison, parce que ce n’est plus les gros systèmes IBM, mais les micro-ordinateurs qu’on a pu relier ensemble. C’est la SITA qui m’a donné cette idée bien qu’elle ne m’ait pas suivi dans mes autres initiatives. La passion est la clé de l’expérience, il faut aimer d’abord ce qu’on fait, dès qu’on aime, on est passionné, forcément on aura de l’expérience. Il faut être passionné dans tout ce qu’on fait. Ça peut prendre du temps, mais on réussit toujours. Il ne faut pas être pressé. Pour les jeunes, quand ils sortent de l’école, diplôme Bac+X, tout de suite ça vaut 500.000F par mois. S’ils n’ont pas ça, ils ne feront rien. Le diplôme est un passeport qui vous ouvre des portes, ça vous donne un emploi, mais le diplôme ne vous donne pas un métier. Il faut que les jeunes comprennent cela. C’est le métier qui vous anoblit et le métier ne s’apprend pas à l’école. Il faut avoir quelqu’un qui vous accompagne dans la vie comme on le faisait dans le temps, le compagnonnage. Les Allemands continuent à le faire ; les Français l’ont abandonné et vous voyez comment les gens sont au chômage en France. L’économie allemande est différente de celle de la France. Quand il entre dans une usine, l’ingénieur allemand fait le compagnonnage. Il commence à zéro. Les gens qu’il doit commander dans cinq ans, c’est eux qui le forment sur les machines, les outils de production. L’ingénieur apprend ainsi son métier avec les anciens qui ont plus de 20 à 25 ans d’expérience. Il faut que les jeunes comprennent cela. Il faut apprendre un métier, il ne faut pas chercher un emploi. Sortir tout de suite de l’école et gagner 500.000F/mois, c’est des emplois précaires, ça n’ira pas loin. Mais, si vous avez un métier, c’est garanti. Ce sont ceux qui ont un emploi qui vont au chômage.

<strong>Nous supposons que tout n’a pas été rose pour vous. Parlons des difficultés. En avez été confronté le long de votre parcours ?</strong>

C’est vrai, il y a des difficultés auxquelles on fait face. Elles sont d’ordre économique, social et culturel. J’en ai personnellement été confronté. Ce n’est pas l’apanage des entrepreneurs maliens, partout il y a des difficultés dans le monde pour entreprendre. Rien n’est facile dans ce monde, il faut se battre pour se faire une place. C’est pourquoi, il faut être motivé. Dire que je ne fais rien, l’économie malienne ne supporte pas, il y a ceci, il y a cela. Au Mali, il y a des avantages comme on a des inconvénients et c’est pareil en Occident aussi. Il faut savoir tirer le maximum de ton profit. Il faut réfléchir, penser et innover pour réussir, mais si on n’a pas un esprit d’innovateur, on ne peut pas avancer. Si on n’innove pas, on disparaît. Les difficultés, elles existent, il faut les transcender et surtout les prendre avec philosophie pour aller de l’avant.

<strong>Si l’on vous demandait de brosser la situation de l’entreprenariat au Mali, que diriez-vous ?</strong>

D’abord, il faudra qu’on fasse confiance aux entrepreneurs. C’est la première des choses. Si l’on ne fait pas confiance aux entrepreneurs, on ne va pas s’en sortir. La confiance, ce n’est pas seulement au niveau des dirigeants, c’est les entrepreneurs entre eux, les entrepreneurs avec la population et les pouvoirs publics. Il faut qu’à tous les niveaux, qu’on leur fasse entièrement confiance, sinon, on ne va pas avancer parce que le capital, c’est quelque chose de très important et qui est chargé très souvent d’affects. Le capital est synonyme de vol dans notre pays, il est synonyme d’un homme sans cœur, qui ne pense qu’à l’argent, d’un homme qui ne croit pas en Dieu. Du côté des dirigeants, le capital est synonyme de quelqu’un qui est anti-économiste vu tout ce qu’on a dépassé depuis l’indépendance (régimes socialiste, militaire et démocratique). L’entrepreneur a toujours été comme le mal de l’économie malienne. Les socialistes à l’époque, dans les années 1960, on ne pouvait faire d’échanges ni de commerce, bref on ne pouvait même pas créer d’entreprise. Quand vous avez des initiatives entrepreneuriales, on faisait tout pour détruire votre personnalité. C’était l’Etat providence ! Dans le système socialiste, on faisait tout pour vous détruire et vous forcer à rentrer dans les rangs. Après, c’était le régime militaire. Là, c’était possible, mais dès qu’il y a une crise, c’était la faute aux entrepreneurs.  Après, c’est la démocratisation du pays. Voyez, vous-même, le niveau de corruption dans notre pays, l’état économique du pays où les entrepreneurs n’ont droit à rien ! Vous pouvez vous faire agresser par n’importe quel agent de l’Etat ! Que ce soit un policier, un agent économique ou même un agent de service sanitaire, vous êtes à la merci de tout le monde, y compris vos propres parents. C’est pourquoi il faut d’abord faire confiance aux entrepreneurs. Au Mali, l’entreprenariat souffre pour plusieurs raisons. Premièrement, l’idée même du capital, dont les gens ne voient pas la nécessité pour la création d’emplois. Le capital que l’on investit est fait pour le travail et non pour l’entrepreneur lui-même. Cela est très important car la plupart de nos décideurs, je parle de nos gouvernants, ne voient pas cela. Les gens n’ont pas toujours assimilé l’idée que le capital est nécessaire au travail. Deuxièmement, les gens ignorent l’importance du capital investi par l’entrepreneur pour financer un emploi. Quand vous créez votre entreprise à hauteur de milliards, on dit que vous êtes riche. Or, ces milliards étaient nécessaires pour créer des emplois. C’est après cet investissement que je fais bosser les ingénieurs, les techniciens, les prestataires de services, les producteurs pour gagner ma vie. Il n’est pas donné à tout le monde d’entreprendre. Aussi, il faudrait que les gens retiennent que dans un monde concurrentiel, aujourd’hui, aucun entrepreneur n’est à l’abri d’une surprise, on peut perdre à tout moment le capital investi. Les gens ne voient pas également ce côté. L’entrepreneur prend trop de risques et c’est ce qui fait le charme dans ce domaine. Il n’est pas donné à tout le monde de prendre des risques. C’est le risque qui anoblit le capital.  Dans une population, si vous n’avez pas des individus qui sont prêts à risquer leur argent, ce pays est voué à ne pas pouvoir garder ses emplois. C’est l’entrepreneur qui crée des emplois. Ce sont des problèmes que nous rencontrons souvent, sinon tout le reste n’est que supputations. Les impôts ont fait ça, les douaniers ont fait ceci. Cela existe dans tous les pays. Si toute la population comprend ce que je viens de dire, l’entrepreneur malien ne peut que créer des emplois à travers le pays.

<strong>En parlant d’entreprenariat, vous avez mis l’accent sur le risque que prennent les entrepreneurs. Qu’en est-il de l’accompagnement des pouvoirs publics ?</strong>

On a tendance toujours à dire que le pouvoir doit accompagner les entrepreneurs. Après, on dit que le pouvoir est régalien. Dès que ça marche, on ne veut plus que l’Etat s’en mêle et dès que ça ne marche pas, on demande à l’Etat de venir à l’aide. Or, nous avons des Etats qui sont pauvres. Le code d’investissement au Mali ne cause aucun problème. Si j’ai ce code en France, je vais investir là-bas, parce qu’on a un code d’investissement meilleur qu’en France ! Mais le problème, c’est l’application.  La corruption est telle que son application est la croix et la bannière. Mais, c’est notre droit, on va se battre contre ces fonctionnaires véreux qui gâtent le nom des autres qui travaillent bien et faire en sorte que cette génération puisse disparaître. Entreprendre n’est pas une chose facile dans ce monde mondialisé. Il y a aussi l’état de dégradation de notre pays au niveau économique et financier. Un pays sous ajustement structurel est un pays qui est appelé à mourir. C’est un système qui n’a jamais marché et qui détruit les initiatives dans nos pays.

<strong>Ne pensez-vous pas que le manque de ressources humaines qualifiées est un peu le talon d’Achille dans le développement du secteur privé ?</strong>

Au Mali, on a toujours dit que dans le système d’éducation, il n’y a pas d’adéquation entre l’emploi et la formation. On met tout ça sur le dos de l’Etat. Vous savez, aux USA, les grandes universités, ce n’est pas l’Etat américain ; ce sont les privés qui financent ces universités de pointe. L’Etat providence n’existe pas, il faudrait que nous-mêmes nous approprions tout cela. À côté de cela, il faut que le compagnonnage se fasse, c’est rapide et c’est moins coûteux.  Aucun pays n’est en adéquation avec sa formation et l’emploi, ça n’existe nulle part. Si quelqu’un veut créer une grande école hôtelière au Mali, il faut que les grands hôtels participent à sa création. L’Etat ne financera pas, il ne peut qu’accompagner ou faciliter. Financer la santé, financer les routes, assurer la sécurité, l’éducation, etc., l’Etat ne peut pas tout financer ! Si en plus de tout ça vous demandez encore plus à l’Etat, son capital va tellement être élevé pour faire face à ces charges qu’il va vous pénaliser et le niveau des impôts ne peut qu’exploser.

<strong>‘’Les gens doivent investir pour entrer dans la postérité’’</strong>

L’école n’a jamais été un métier, mais elle a toujours été une formation de base. Si l’Etat fait tout, on n’aura pas de capital, parce que l’Etat pompe dans les entreprises privées pour financer ce que vous lui demandez. Plus vous demandez à l’Etat, plus vous payez d’impôts et plus vous payez, plus vous vous appauvrissez. Donc, que chacun fasse son travail. Le service universel d’accord, tous les Maliens ont droit à ça. On est prêt à payer des impôts pour le service universel, mais les formations propres à nos différents secteurs d’activités, cela doit nous revenir. Je dis tout cela parce que les gens doivent prendre leurs responsabilités. Il faut que les gens se disent, notamment les entrepreneurs à un certain niveau, qu’ils n’investissent plus pour gagner de l’argent, mais pour entrer dans la postérité. C’est cela qui fait avancer une économie. Les gens qui financent les grandes écoles en France et les grands immeubles, savent par exemple que de leur vivant ils n’auront jamais de retour, mais ils veulent rentrer dans la postérité. Quand je créais la première école informatique au Mali de ma poche, les gens me prenaient pour un fou, surtout avec des micro-ordinateurs ! C’était dans les années 1978, avant même qu’il n’en existe au Sénégal ou en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, combien de personnes vivent de l’informatique au Mali ! Rien que pour cela, je peux dire que je suis entré dans la postérité !

<strong>‘’Question bateau’’, que nous vous posons tout de même : quel rôle joue le secteur privé dans le développement du Mali ?</strong>

Le secteur privé est tout pour le développement. Ce qu’est le Prophète pour les musulmans, le secteur privé l’est aussi pour le développement. Sans secteur privé, il n’y a pas de développement, l’Etat ne va pas exister. Les Etats africains souffrent de cette réalité. Ce sont des Etats qui n’existaient pratiquement pas, des Etats faibles. C’est parce que le secteur privé n’existait pas contrairement en Occident où l’Etat existe réellement et est fort. Quand l’Etat est fort, il peut mettre ses citoyens au pas, les protéger et les soigner. Sans le secteur privé l’Etat ne pourra pas faire tout ça. Si ce n’est pas le cas, on va toujours continuer à végéter avec les nombreuses crises. Alors que nous traversons une période très importante pour l’humanité et les sociétés maliennes qu’est la numérisation. Tout le monde part à pied d’égalité, il faudrait qu’on en profite. On peut prendre ce train à tout moment, mais ça dépend du dynamisme du secteur privé. C’est le secteur privé qui créé l’emploi, la richesse et donc le développement économique d’un pays. Il est au début et à la fin. Les acteurs, qu’ils soient politiques, économiques, doivent comprendre cela. Nous sommes tous liés. Si les Maliens ne sont pas dans de bonnes conditions, ils ne seront pas de bons consommateurs. Donc, il n’y aura pas de production. Or, aujourd’hui, il faut produire nécessairement et la production doit être faite par le secteur privé.  La stabilité du pays dépend de l’émergence du secteur. Quand le secteur privé est développé, le pays est stable, et consomme, notamment une classe moyenne très large qui consomme beaucoup. Au sommet de la pyramide, vous avez les entreprises les plus performantes qui tirent les autres entreprises vers le haut et la base ne va être constituée que de la société qui consomme, c’est-à-dire la classe moyenne. Ce sont donc les entreprises qui créent cette classe moyenne qui, à son tour, tire l’économie en tant que consommateur. Si l’on ne produit pas, on restera un pays sous ajustement structurel.

<strong>La numérisation de la production est donc vitale pour l’émergence du secteur privé ?</strong>

L’état de l’industrie au Mali est très précaire. Aucune industrie n’est numérisée au Mali ou informatisée à 100%. Ce sont des industries qui ne sont pas compétitives. Partout dans le monde, l’outil de production est un concentré d’informations, c’est-à-dire l’utilisation de gros systèmes informatiques. Vous n’avez pas compris cela, vous êtes dépassé ! Il faudrait que les autorités (les ministères, faîtières), qui s’occupent du secteur privé, réfléchissent et conseillent les entrepreneurs à aller vers cette nouvelle donne. Et faire en sorte que les entrepreneurs ne risquent pas leur investissement dans des secteurs où ils vont perdre. L’outil de production aujourd’hui est très coûteux. Par exemple, pour créer un seul emploi dans l’agriculture aujourd’hui, ce n’est pas moins de 150 millions, car les outils de production sont excessivement chers. Si vous prenez des tracteurs avec un moteur en ligne qui ne vous donnent pas les choses correctement, vous ne pouvez pas avoir de rentabilité. Un tracteur doit avoir un système de levage de vérin pneumatique informatisé qui tient compte de la profondeur et de l’hydrométrie du sol pour faire les sillons. Faute de quoi, le sol se retrouve dans deux ou trois ans complètement lessivé.

<strong>Pourquoi le secteur privé, si important pour le développement, peine tant à émerger ?</strong>

Le blocage est dû à plusieurs facteurs. Nous sommes dans un monde hyper concurrentiel et globalisé. C’est un problème réel pour notre économie. Le riz taïwanais est vendu au Mali. Ce n’est pas seulement la faute de nos dirigeants, c’est un peu la faute même de la société dans sa majorité car, les dirigeants sont issus de la société. Je ne dis pas qu’un coup d’Etat est le bienvenu, mais à chaque fois que ça ne va pas, il y a eu un coup d’Etat. En 1968, on a fait un coup d’Etat, il y a eu un petit boom. En 1991, on a fait un coup d’Etat, on a fait un petit boom. Après Sanogo a fait un autre coup d’Etat en 2012. J’espère qu’on va faire un grand boom cette fois-ci. Quand on regarde tout ça, on constate que quand le peuple est fatigué, on va vers une révolution. Il y a un coup d’Etat et après, on a un semblant de développement. Dans un monde globalisé, il faut qu’on soit au diapason de la production. Un pays qui ne produit pas est un pays qui va en dérive, sous tutelle où il ne fera pas bon de vivre, où la corruption sera généralisée. Il faut que l’entrepreneur malien réfléchisse sur comment il peut devenir leader dans son domaine, développer des stratégies pour innover et être compétitif. Il faut qu’on développe les différentes filières, qu’elles soient cotonnière, industrielle, élevage, riz, pour booster le développement dans notre pays.

<strong>Selon vous, quelles politiques pour booster le secteur privé au Mali ?</strong>

Toute prise de risque n’est pas garantie de réussite. On ne peut pas booster le secteur tant qu’on n’a pas cet esprit d’entrepreneur. Aujourd’hui, on a beaucoup plus de chance, sur les 147 députés, il y a au moins 120 élus qui sont issus du secteur privé. Je n’ai jamais vu ça dans un pays africain. Donc, c’est l’occasion et le moment idéal pour que le secteur privé émerge. Les députés aujourd’hui peuvent voter des lois pour faciliter la prise de risque et l’émergence des entrepreneurs parce qu’ils sont eux-mêmes entrepreneurs. C’est pourquoi je lance un cri d’appel pour dire que les gens ne soient pas fatalistes. Deuxième chance, nous avons un gouvernement majoritairement issu du secteur privé et la plupart des membres des cabinets ministériels, soit 70 à 80%, sont aussi issus du secteur privé. Donc, les conditions sont réunies pour que le secteur privé sorte la tête de l’eau. On ne peut plus dire comme naguère que l’on compte sur les politiques, nous-mêmes, on est politiques aujourd’hui, le boulevard est ouvert. J’ai vraiment confiance pour les cinq ans à venir. S’ils ne font rien pour développer l’économie malienne, on ne va pas se laisser faire, ils nous connaissent, on va les combattre pour que le secteur privé émerge. Personne ne viendra le faire à notre place. Il faut aussi sensibiliser la société civile malienne sur l’importance du secteur privé dans l’économie. La société civile malienne doit savoir que le secteur privé doit être le moteur de l’économie.

<strong>Les autorités actuelles ont à cœur l’emploi des jeunes. Elles promettent de créer 200.000 emplois. Selon vous, comment doivent-elles s’y prendre ?</strong>

On ne décrète pas l’emploi, personne n’a de recette miracle pour la création d’emplois. Il n’y a que la production qui peut créer de l’emploi. Si l’on produit, on crée l’emploi, c’est l’outil de production qui est à la base d’un métier. Un emploi, c’est précaire, mais un métier, c’est à vie. L’Etat n’a pas vocation à créer des emplois, même s’il en crée, ce sont des emplois précaires. C’est nous, privés, qui devrions créer les emplois. Aujourd’hui, que l’Etat regarde et mette l’ordre et la discipline dans le secteur privé et lutte contre la corruption qui appauvrit les entreprises. L’idée même de l’Etat qui promet de créer 200.000 emplois est bien, j’applaudis, mais ce n’est pas à l’Etat de créer, c’est nous privés, nous entrepreneurs, qui allons créer les emplois. Je pense donc que les autorités vont prendre des décisions qui vont permettre et faciliter la création d’entreprises, la création de richesses et la création d’emplois.  Le rôle de l’Etat, c’est d’assainir le secteur privé, instaurer les conditions de production (fournir de l’électricité de bonne qualité et à tout moment), empêcher la corruption et instaurer la libre concurrence entre les entreprises. L’Etat doit veiller à cela et que tout le monde paye ses impôts pour permettre à l’Etat de faire ce travail. Nous privés, nous créons les emplois et en créant les emplois, nous créons la richesse et c’est cette richesse qui va permettre le développement du pays.

<strong>Vous êtes, aujourd’hui, une référence dans le domaine de l’entreprenariat. Quels conseils avez-vous à l’endroit des pouvoirs publics et de la jeunesse malienne ?</strong>

Les conseils sont d’abord adressés à la société malienne. Nous sommes dans un système économique libéral où l’économie est tellement avancée par rapport à la société malienne. La société civile, au lieu de faire de la politique, doit faire évoluer les mentalités de la société vers le libéralisme. C’est toujours source de conflit dans les familles parce que l’économie libérale n’est pas rentrée dans la cellule familiale malienne. Ce rôle incombe à la société civile aujourd’hui. Les dirigeants actuels doivent jouer leur rôle, l’administration doit jouer son rôle. IBK a promis de créer des emplois, il faut qu’il le fasse, c’est une obligation morale pour lui. Quant aux entrepreneurs, il faut qu’ils investissent et bien investir. Un capital perdu, c’est une perte pour toute la nation et non pour l’entrepreneur lui seul. S’il perd trois milliards, c’est la société malienne qui a perdu trois milliards, car c’est la société malienne qui a perdu des emplois. Aux jeunes, je leur conseille d’accepter le compagnonnage. Le diplôme vous donne un emploi, mais ne vous donne pas un métier. Avant de penser financier, je coûte tant, il faut d’abord apprendre son métier. Si la jeunesse rate cela, on est encore dans le sous-développement pour les 20 prochaines années.

<strong>Kassim TRAORE/Yaya TOGOLA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Fily Dabo Sissoko (1900&#45;1964) : Les raisons d’un assassinat politique programmé</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/fily-dabo-sissoko-1900-1964-les-raisons-dun-assassinat-politique-programme-1220102.html</link>
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<pubDate>Fri, 30 Oct 2015 14:48:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mutation</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_94192" align="alignleft" width="250"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/09/Fily-Dabo.jpg"><img class="size-full wp-image-94192" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/09/Fily-Dabo.jpg" alt="Fily Dabo Sissoko" width="250" height="187" /></a> Fily Dabo Sissoko[/caption]

<strong>Premier Député du Soudan-Niger à la première assemblée constituante en octobre 1945, fondateur du premier parti politique en octobre 1946 à savoir le Parti Progressiste Soudanais devenu en 1991 Parti pour la Solidarité et le Progrès, Fily Dabo Sissoko fut victime de ses ambitions nobles pour son pays.  Son seul tort c’est son combat pour la liberté d’expression, d’opinion et pour le pluralisme politique. En 1962, il sera accusé à tort, arrêté puis assassiné en 1964 dans le désert malien en compagnie de ses compagnons d’infortune. </strong>Tout est parti de la crise économique qui avait touché le pays après deux ans seulement de la création du franc malien. Ce qui avait affecté durement les marchands ambulants et toute la population flottante vivant de petits travaux dont la situation devenait de plus en plus précaire avec la rareté de produits vivriers. Comme le régime de Modibo Keita était basé sur le communisme où tout était géré par les autorités du pays. Face à cette misère grandissante des populations, dont la principale activité était le commerce, les commerçants et les petits détaillants organisent les 18 et 19 juillet 1962 une marche de protestation et marchent sur le Commissariat central (actuel 1<sup>er</sup> arrondissement) scandant des slogans hostiles au régime. Rappelons que l’époque tous les commerçants et petits détaillants étaient regroupés au sein d’une association dirigée par El Hadj Kassoum Touré dit Maraba Kassoum, membre influent de l’US-RDA et non moins principal bailleur de fonds du parti crée en octobre 1946.Comme il fallait s’attendre les forces de l’ordre tirent à balles réelles provoquant deux morts, plusieurs blessés par balles et l’arrestation de 196 suspects à Bamako dont Maraba Kassoum et d’anciens militants du RDA qui n’étaient plus d’accord avec la politique de leur parti. A l’intérieur du pays, les arrestations ont eu lieu. A la surprise générale et au grand étonnement des responsables et militants du PSP, leur leader charismatique sera accusé d’avoir poussé les commerçants à la révolte contre le régime. Une belle occasion pour se défaire de cet homme politique gênant à travers ses œuvres littéraires, pour son combat pour la liberté, la justice et la vérité pour les citoyens du pays et surtout pour avoir refusé d’adhérer à l’US-RDA malgré la dissolution injuste du PSP en 1959. Et du coup l’occasion fut idéale en le mêlant d’une affaire qui ne concerne pas Fily Dabo. Aussitôt il fut arrêté et jeté en prison en compagnie de son compagnon d’infortune. Selon un document du Ministère de l’intérieur du 26 juillet 1962, 335 personnes avaient été interpellées ; certaines seront relâchées, d’autres graciées ou acquittées. Quant à Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko, El Hadj Kassoum Touré, ils seront désignés comme responsables des troubles par la commission nationale désignée par l’US –RDA pour faire la lumière sur ces évènements. En contradiction flagrante de l’organisation judiciaire de la République du Mali, un tribunal populaire présidé par le commissaire politique Mamadou Diarrah, comprenant 39 jurés, n’ayant aucune existence légale fut mise en place pour juger les accusés. N’ayant en son sein qu’un seul juriste professionnel et pas d’avocats, le tribunal va siéger pendant quatre jours (du 24 au 27 septembre 1962) dans la salle des anciens combattants, place de la République. Les accusés au nombre de 94 tenaient difficilement dans la salle. Dans son réquisitoire, le président du tribunal retiendra que Fily et ses compagnons (dont certains ne savaient même pas pourquoi ils sont dans le box des accusés) étaient à la tête d’un complot visant à renverser le gouvernement légal du Mali. A la barre des témoins appelés furent impliqués et considérés comme membres du brain-trust. Ce fut le cas de Mamadou Faganda Traoré, de Lahaou Touré, de Gaoussou Coulibaly etc. Et le verdict fut impitoyable à l’égard de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et El Hadj Kassoum Touré qui furent condamnés à mort. Il y eut 15 acquittements au bénéfice du doute ; 21 condamnations à 1 an d’emprisonnement ; 26 condamnations à 5 ans de travaux forcés et 5 ans d’interdiction de séjour ; 6 condamnations à la peine de 15 ans de travaux forcés ; 14 condamnations à la peine de 20 ans de travaux forcés ; 9 condamnations à perpétuité par contumace. Les condamnations à mort, après une lettre de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et El Hadj Kassoum Touré, adressée au Président de la République, furent commuées en détention à perpétuité. Mais deux ans après soit le 30 juin 1964, on apprenait ce qui devrait arriver la mort de Fily Dabo Sissoko et de ses principaux compagnons dans le désert malien. Avant cette date, beaucoup de détenus des évènements du 20 juillet, comme on les appelait, étaient décédées des suites de mauvais traitements, de malnutritions. Rappelons que les évènements du 20 juillet 1962 ont marqué une rupture dans l’histoire du Mali. Ils ont creusé le fossé entre le peuple et le gouvernement en témoigne l’utilisation des armes de guerre contre les manifestants, les arrestations massives qui ont touché presque toutes les familles, vont complètement traumatiser les maliens qui refusent de jurer par le seul nom du prince du jour. La multiplicité des services de renseignement, la délation et les dissensions au sein du parti-Etat ont vite fait d’asseoir un régime policier dans lequel toutes les dérives autorisées avec les milices populaires. Certes il est bon de reconnaitre le mérite du premier président du Mali indépendant, mais il est impérieux aussi de reconnaitre que des hommes dignes et honnêtes à savoir Fily Dabo Sissioko et Hammadoun Dicko ont œuvré pour le pays dans la quête de son indépendance en 1960 et qui ont été sauvagement assassinés à cause de leurs ambitions politiques. Si les autorités actuelles du pays veulent une réconciliation réelle digne de ce nom et cicatriser la plaie noire de l’histoire du pays, Fily Dabo Sissoko et Hammadoun Dicko méritent eux aussi les honneurs et la reconnaissance de la nation malienne pour avoir œuvré au bonheur du Mali. A lire dans notre prochaine parution, la liste nominative des condamnés du tribunal populaire de l’Union Soudanaise RDA.

<strong>Sadou Bocoum</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Visite du Vice&#45;Président du CESE de France au CESC du Mali : Le renforcement des relations entre les deux Institutions</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/visite-du-vice-president-du-cese-de-france-au-cesc-du-mali-le-renforcement-des-relations-entre-les-deux-institutions-1219052.html</link>
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<pubDate>Thu, 29 Oct 2015 18:07:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em><strong><a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2015/10/Boulkassoum-CESC.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1219062" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2015/10/Boulkassoum-CESC.jpg" alt="Boulkassoum-CESC" width="650" height="366" /></a>Le président du Conseil Economique, Social et Culturel, a reçu en audience  le mercredi dernier, au siège de l’Institution M. Alain Delmas, l’un des Vices Présidents du Conseil Economique, Social et Environnemental de France.  Au menu de la rencontre : le renforcement des liens de coopération entre les deux Institutions.</strong></em>

C’est dans une amphotère empreinte de  cordialité que le Président du  Conseil Economique, Social et Culturel, Dr Boulkassoum HAÎDARA, accompagné par les membres du  bureau de l’Institution, a reçu M. Alain DELMAS, l’un des vices Présidents du Conseil Economique, Social et Environnemental de France.Selon M. DELMAS, sa visite au Conseil Economique, Social et Culturel du Mali s’inscrit dans le cadre du renforcement des liens d’amitié et coopération entre la France et notre pays en général et particulièrement entre les deux Institutions.

Dans son intervention, M. Alain DELMAS a tenu  à souligner l’importance du rôle de la société civile pour le développement d’un pays   et du renforcement de la démocratie.  Pour lui, le Mali et la France sont liés par une histoire commune entre les deux pays.  Après avoir salué ladite visite à sa juste valeur, le Président  du CESC, Dr Boulkassoum HAÎDARA, a fait un tour d’horizon de l’Accord-cadre de collaboration signé le 22 septembre dernier , à Paris  entre le CESC du Mali et le CESCE de France .Et ce, dans le cadre raffermissement des relations entre les deux Institutions. Il a saisi l’occasion pour saluer les autorités françaises pour l’accueil combien chaleureux réservé  au Président de la République, S.E Ibrim Bubacar Keita  lors de sa récente visite d’Etat en France.

Il est important de rappeler que l’Accord-cadre  signé au mois de septembre dernier, d’une part par le Docteur Boulkassoum HAÎDARA pour le CESC et d’autre part par  M Jean Paul DELEVOYE pour le CESE de France, prévoit entre autres, des échanges d’information, des visites d’études Institutionnelles et des stages pratiques spécialisés.  Ainsi, le séminaire régional organisé à Bamako  par le CESC et l’UCESiF les 29 et 30 septembre 2015 sur :<strong><em> « les techniques d’élaboration des avis en réponse à des saisines gouvernementales sur les projets de loi »</em></strong>  est un fruit de cet accord de coopération.

<strong> </strong>

<strong>Baba B CISSE</strong>

<strong>C/COM-CESC</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Propos mémorables</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propose-memorables-2-1213692.html</link>
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<pubDate>Tue, 27 Oct 2015 04:05:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_645402" align="alignright" width="350"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/11/Zoumana-Sacko.jpg"><img class="size-full wp-image-645402" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/11/Zoumana-Sacko.jpg" alt="La CNAS-Faso Hèrè rejette le document de la médiation issu d’Alger : « C’est un système Confédéral pire que le fédéralisme »" width="350" height="200" /></a> Zoumana Sacko<br />© Emmanuel Daou Bakary[/caption]
<h3>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</h3>
"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."

&nbsp;
<h3>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Juin 1997)</h3>
"Nous ne pouvons considérer comme une fatalité le fait que soit concentré aux mains d’une minorité le fruit de l’effort commun, pendant que la grande majorité du peuple est condamnée à la misère et au désespoir."
<h3>Issé Doucouré, (avril 2001)</h3>
<em>"Les nouvelles générations sont venues au syndicalisme, parce qu’il y a des grands parleurs. Et le peuple ne croit qu’à celui qui crie haut. </em>

<em>Ils n’ont aucune formation, aucune expérience. Ils sont uniquement guidés par le profit. C’est pourquoi aujourd’hui, l’UNTM n’est que l’ombre d’elle-même".</em>

&nbsp;
<h3>Adame Bâ Konaré, première Dame du Mali (Mars 2001)</h3>
"Moi-même, je sais que les dossiers de justice, malheureusement, ne sont toujours pas rendus à la satisfaction des femmes. J’enrage, moi-même, de voir que les femmes sont les souffre-douleurs dans les foyers par rapport aux lois."

&nbsp;
<h3>Aamadou Toumani Touré, Président de la République (Mars 2003)</h3>
"Le 26 Mars, c’est un peu moi ; on ne peut pas tout le temps parler de soi-même. Ma fille est née un 26 Mars."

&nbsp;
<h3>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Mars 1996)</h3>
"La grosse erreur a été de faire croire que la démocratie peut tout régler comme par un coup de baguette magique. Une démocratie se bâtit lentement avec des hommes et des femmes qui y adhèrent et auxquels, il faut donner toutes les explications qui s’imposent."

&nbsp;
<h3>Tiébilé Dramé, Secrétaire Général du Parena (Mars 1996)</h3>
"Quand on a été torturé ensemble, quand on a partagé les mêmes cellules de détention, qu’on ait fait partie des mêmes convois de déportation, d’exil intérieur, il est normal qu’on soit du même côté."

&nbsp;
<h3>Younouss Hameye Dicko (UDD), (Mai 1994)</h3>
"Si vous vous concentrez pour réfléchir, vous serez surpris de ce que vous trouverez : aucun ancien ministre, aucun ancien ambassadeur ou chef de cabinet du régime de GMT, ne figure dans les rangs de l’UDD."

&nbsp;
<h3>Aminata Dramane Traoré, ministre de la culture (1999)</h3>
"Mon foulard est l’expression de ma liberté. Je lui donne le volume et la forme qui me plait".

&nbsp;
<h3>Feu Modibo Keïta, Président de la République (19 Novembre 1968)</h3>
"Le Mali, ce n’est pas nous, ce n’est pas non plus ceux qui viennent de prendre le pouvoir. Le Mali, c’est vous !" [NDLR : s’adressant à la jeunesse]

&nbsp;
<h3>Feu Maribatrou Diaby, candidat aux présidentielles 1992</h3>
"Moi, j’arrive à gérer même des crocodiles. C’est donc facile pour moi, de gérer les hommes."

&nbsp;

<strong>Rassemblés par </strong>

<strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
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<title>In memoriam : 27 octobre 1995 &#45; 27 octobre 2015: Les années passent mais le temps du cœur est immuable.</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/in-memoriam-27-octobre-1995-27-octobre-2015-les-annees-passent-mais-le-temps-du-coeur-est-immuable-1214472.html</link>
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<pubDate>Tue, 27 Oct 2015 01:16:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Indicateur du Renouveau</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_639372" align="alignright" width="185"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/11/tieoule-mamadou-konate-e1421581268588.jpg"><img class="size-full wp-image-639372" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/11/tieoule-mamadou-konate-e1421581268588.jpg" alt="TIÉOULÉ MAMADOU KONATÉ" width="185" height="200" /></a> Feu TIÉOULÉ MAMADOU KONATÉ[/caption]

<strong>TIEOULE MAMADOU KONATE</strong>

Le 27 octobre 1995, en route pour la prière du vendredi à Niono, Tiéoulé Konaté s’endormait dans la paix du Seigneur, entrant ainsi avec confiance et piété dans l’éternité de Dieu.

S’il est vrai que le temps apaise les douleurs et sèche les larmes, il ne saurait effacer son souvenir.

Puisse-t-il, dans le Jardin du Silence où il repose, sentir dans nos prières les marques de notre affection inaltérable.

Il était habité par la passion du Mali ; il ne lui suffisait plus d'être un simple orpailleur en quête d’un Mali meilleur ; il voulait, avec la confiance des siens, en être le modeste orfèvre. Dieu en a décidé autrement.

Un précieux personnage s'est éteint, laissant dans nos rangs un grand vide que seul Dieu peut combler.

En ce jour, 20<sup>ème</sup>  anniversaire de son rappel à Dieu, vous qui l’avez connu et aimé, ayez une pensée pieuse pour le repos de son âme.

&nbsp;

<strong>Son épouse Monique et leurs enfants Diongoye, Mamadou et Dantouma.</strong>

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&nbsp;]]> </content:encoded>
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<title>Fily Dabo Sissoko (1900&#45;1964):  A quand la réhabilitation de l’homme  charismatique?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/fily-dabo-sissoko-1900-1964-a-quand-la-rehabilitation-de-lhomme-charismatique-1207332.html</link>
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<pubDate>Thu, 22 Oct 2015 09:43:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mutation</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_94192" align="alignleft" width="250"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/09/Fily-Dabo.jpg"><img class="size-full wp-image-94192" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/09/Fily-Dabo.jpg" alt="Fily Dabo Sissoko" width="250" height="187" /></a> Fily Dabo Sissoko[/caption]

<strong>Le légendaire Fily Dabo Sissoko (1900-1964), premier Député du Soudan-Niger à la première assemblée constituante en octobre 1945, arrêté en 1962 et assassiné en 1964 dans le désert malien était un homme charismatique et plein de dignité et d’honneur de sa génération. Mais hélas aujourd’hui l’homme semble être oublié alors qu’il incarne toutes les valeurs culturelles. </strong>Né vers 1900 à Horokoto (cercle de Bafoulabé, premier cercle du Mali), Fily Dabo Sissoko fréquenta l’école des fils de Chefs de Kayes de 1907 à 1911. De 1911 à 1913, il se retrouve à l’école William Ponty de Gorée au Sénégal. En Mai 1914, Fily Dabo fut affecté à l’école régionale d’Ouagadougou comme moniteur où il obtint son certificat d’aptitude à l’enseignement (C.A. E). C’est sans surprise qu’il devient Instituteur à Dori(actuel Burkina-Faso).  Doué et décidé à apporter sa petite pierre angulaire pour son continent et plus précisément son pays, Fily Dabo est affecté à Nara comme Directeur d’école en 1919 après avoir obtenu son Diplôme Supérieur d’Etudes Primaires en 1918. Devenu un modèle et une référence, M. Sissoko fut nommé Chef de canton de Nambia (cercle de Bafoulabé) en 1933. Cet enseignant dont le patriotisme ne souffre aucune contestation, n’avait pas hésité à s’engager dans la politique fort de ces capacités intellectuelles. C’est sans surprise qu’il devient le premier Député du Soudan- Niger à la première assemblée constituante en octobre 1945 où il est réélu en novembre 1946 à la seconde assemblée constituante.  Décidé à porter son pays, Fily Dabo Sissoko crée un parti politique à savoir le Parti Progressiste Soudanais devenu en 1991 Parti Socialiste et le Progrès en Février 1946. C’est sans surprise qu’il est nomme Secrétaire d’Etat au Commerce et à l’Industrie au second ministère de Robert Schumann en septembre 1948. Membre du Grand Conseil de l’A.O.F basé à Dakar lors de son renouvellement en 1948, Fily Dabo est élu Député du Soudan-Français le 17 juin 1951. Ce qui lui ouvre les portes du Conseil Général du Soudan où il devient le président en 1953 et membre de la délégation française à l’ONU. Le 2 janvier 1956, le président du PSP est réélu Député du Soudan-Français et une année plus tard soit en janvier 1957, il est élu vice-président du Mouvement socialiste africain(M.S.A) à Conakry. Symbole du courage politique et conscient que seule l’union fait la force, Fily Dabo fait appel à tous les africains sincères et convaincus en créant le Parti du Regroupement Africain(P.R.A) à Cotonou. Mais hélas pour l’Afrique à l’image de Patrice Lumumba, Kwamé Krumah et Thomas Sankara, le natif de Horokoto sera victime de son patriotisme et de ses ambitions. Battu aux élections législatives du Soudan-Français le 8 mars 1958, Fily Dabo sera accusé et vilipendé de tous les péchés d’Israel. En 1959 l’homme assistera impuissant à la dissolution arbitraire du PSP et du P.R.A (arrêté No 188/D.I du 31 juillet) par le ministre de l’intérieur. Pour mieux le contrôler et de l’écraser définitivement, il sera nommé conseiller technique au ministère de l’éducation nationale du Mali. Et en juillet 1962, il sera accusé à tort d’être derrière la manifestation des commerçants et arrêté à Bamako en compagnie de Maraba Kassoum. Et les maliens ne le verront à jamais car deux ans après soit en 1964, il sera sauvagement assassiné dans le désert malien en compagnie de ses Co- détenus d’infortune. Ceux qui ont connu Fily Dabo Sissoko disent que l’homme était en avance sur son temps. On retiendra de Fily Dabo Sissoko ses nombreuses œuvres dont certaines sont d’actualité.  On peut citer entre autres ‘’Enquête sur l’enfant Noir de l’A.O.F : l’Enfant Bambara’’ paru dans le Bulletin de l’enseignement A.O.F 1931, No 76 pp 3-24 ; ‘’La politesse et les Civilités des Noirs’’ paru dans le Bulletin de recherche Soudanaise, octobre 1936, pp 178-192 ; ‘’Essai sur le Totémisme Soudanais’’ paru dans la revue d’histoire des religions, 1937, 116, pp 34-53. Aujourd’hui les célèbres citations de cet enseignant modèle restent à présent gravées dans l’histoire. On peut citer entre autres :

‘’Souvenez-vous qu’être instruit et intellectuel font deux. Si vous faites un pas du côté de l’instruction, faites en deux de côté de la vertu, car il existe des agrégés qui sont de parfaits imbéciles’’.

’’ Il ne sert à rien de changer le système sans changer le Citoyen’’

‘’Le Progrès ne vaut que s’il est partagé par tous’’

‘’Connais-Toi, Toi-même’’

‘’ La vérité  finit toujours par triompher’’

Comme on le voit et contrairement à tout ce qui a été dit par ses bourreaux, Fily Dabo Sissoko était l’incarnation du progrès, de la vérité et de la justice bref un homme de dignité et d’honneur. Il n’avait qu’un seul souci que d’être utile à la patrie et convaincu à ce qu’il faisait. Fily Dabo Sissoko était une fierté de tous les maliens, de tous les africains. Aujourd’hui le passé glorieux de ce natif de Horokoto mérite d’être enseigné dans toutes les écoles maliennes voire africaines. Il n’est pas normal qu’il soit oublié par les autorités du pays comme s’il n’a jamais marqué l’histoire politique du Mali.

<strong>Vivement donc sa réhabilitation  </strong>

<strong>Sadou Bocoum    </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Centenaire de la naissance du Président Modibo Kéita: Le Chef de l’Etat participe à la leçon &#45; modèle</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/centenaire-de-la-naissance-du-president-modibo-keita-le-chef-de-letat-participe-a-la-lecon-modele-1200202.html</link>
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<pubDate>Mon, 19 Oct 2015 00:05:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_171255" align="aligncenter" width="610"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2013/09/Modibo_Keita.jpg"><img class="size-full wp-image-171255" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2013/09/Modibo_Keita.jpg" alt="Aux origines de la crise du Nord-Mali : Comment Modibo Kéïta a endigué la première vague de la rébellion Touareg" width="610" height="449" /></a> Défilé devant les troupes de l'armée le 20 janvier 1961<br />© maliweb.net[/caption]

<strong><em>Le Mali commémore en cette année 2015 le Centenaire de la naissance de son premier Président, Feu Modibo Kéita. Un Comité National d’Organisation est à pied d’œuvre pour exécuter un programme d’activités dans le dessein de perpétuer la mémoire et l’œuvre du grand homme que fut Modibo Kéita.</em></strong>

Ce jeudi 15 octobre 2015, le Chef de l’Etat a pris aux leçons - modèles dédiées au Président - enseignant au Groupe Scolaire Mamadou Konaté et à l’Ecole Fondamentale de Ntomikorobougou.

Au Groupe Scolaire Mamadou Konaté, ce sont les enfants qui ont souhaité la bienvenue au Chef de l’Etat à son arrivée, en entonnant l’Hymne national.

Pendant la cérémonie proprement dite, le Chef de l’Etat a rendu un vibrant hommage au Président Modibo Kéita, avant de suivre la leçon - modèle dispensée aux élèves d’une classe de 6<sup>ème</sup> année par le Professeur Moussa Traoré. Le cours portait sur la naissance, la formation, la carrière d’enseignant et la carrière politique de l’homme.

Pendant une trentaine de minutes, le Président IBK a porté tour à tour le costume d’élève et celui d’enseignant, n’hésitant pas à interrompre le Professeur pour aller au tableau. Il a apporté des enrichissements au cours, sous les applaudissements des invités et des élèves, tout émerveillés et émus de se retrouver face au Chef de l’Etat.

Il faut dire que les élèves, tout comme les invités, ont suivi avec le maximum d’attention le cours sur le Grand Homme que fut le Président Modibo Kéita.

A la fin du cours, le Chef de l’Etat a invité chacun des élèves à mieux connaître l’homme et à suivre la voie tracée par le Premier Président malien, afin de s’approprier les valeurs morales qu’il a léguées à la jeunesse, dont il avait souci. Ces valeurs sont l’amour de la patrie, le courage, le dévouement et le respect.

C’est avec une satisfaction non feinte que le Président IBK a pris congé des élèves et de leurs enseignants du Groupe scolaire Mamadou Konaté pour se rendre immédiatement à l’Ecole Fondamentale de NTomikorobougou. Là, il a eu droit à un véritable bain de foule que lui ont réservé les élèves.

Comme à l’étape précédente, le Chef de l’Etat a suivi un cours modèle sur la vie de Modibo Kéita, avant de donner des conseils aux jeunes, en vue de les préparer à relever les défis de demain.

<strong>Source Koulouba</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Centenaire du président Modibo Keita :   « Le symbole du courage intellectuel et politique »</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/centenaire-du-president-modibo-keita-le-symbole-du-courage-intellectuel-et-politique-1197472.html</link>
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<pubDate>Fri, 16 Oct 2015 01:20:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pouce</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_51327" align="alignleft" width="309"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/02/Modibo_Keita1.jpg"><img class="size-full wp-image-51327" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/02/Modibo_Keita1.jpg" alt="Modibo Keita, le 1er président du Mali" width="309" height="246" /></a> Modibo Keita, le 1er président du Mali[/caption]

<strong>Hier jeudi, le Président de la République, Chef de l’Etat SE Ibrahim Boubacar Keïta a présidé à l’Ecole Mamadou Konaté, la cérémonie de présentation de la « leçon sur le président Modibo Keïta » père de l’indépendance du Mali. C’était dans le cadre des activités commémoratives du centenaire du président Modibo Keïta. La cérémonie s’est déroulée en présence du président d’honneur de la commission d’organisation du centenaire du président Modibo Keita, Professeur Dioncounda Traoré, ancien président par Intérim de la République du Mali sous la transition, des membres du gouvernement dont le Ministre de l’Education Nationale, Kenekouo dit Barthelemy Togo, le Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Maitre Mountaga Tall ,du président de l’UM-RDA,Bocar Moussa Diarra et des proches du défunt président.</strong>

Il s’agissait pour le chef de l’Etat d’assister à la présentation de la leçon : « Modibo Keita, l’enseignant modèle ». Le choix porté sur cet établissement scolaire crée en 1933 n’est pas fortuit. Le président Modibo Keita en tant qu’instituteur de son état a eu à enseigner de 1936 à 1939 dans cette école. Pendant cette période l’établissement scolaire avait pour nom « Ecole Rurale de Bamako » avec comme premier Directeur, Feu Mamadou Konaté, compagnon de lutte du président Modibo Keïta. Le 10 novembre 1958, le ministre de l’Education nationale et l’association des parents d’élèves de Bamako-Coura donnent à l’école le nom de son fondateur « Mamadou Konaté ».

L’objectif recherché à travers cet enseignement qui devrait être présenté dans toutes les classes de l’enseignement fondamental et de l’enseignement secondaire général, est de faire découvrir l’homme, l’enseignant modèle qu’il fut à la jeunesse de notre pays notamment celle scolaire.

Le Maire de la commune III de Bamako , Abdel Kader Sidibé a fait savoir que la présence du président IBK à cette cérémonie est un signe de reconnaissance à l’endroit de celui  qui fut l’un des acteurs principaux pour non seulement de l’indépendance du Mali, mais et surtout pour l’instauration de la dignité de la personne humaine en Afrique.  Selon lui, aujourd’hui les lignes tracées par cette grande figure de la première décennie des indépendances africaines doivent orienter les jeunes sur les plans politique et moral.

Le Directeur du Centre d’Animation Pédagogique de Bamako-Coura, Yaya Sangaré a dit que le groupe scolaire Mamadou Konaté qui n’avait que 6 salles de classe en 1933, compte actuellement 63 salles reparties entre 10 écoles dont 6 premiers cycles et 4 seconds cycles. En marge de ces écoles, le DCAP a précisé qu’il existe un centre Multimédia et un Centre de Développement de la Petite enfance. A ses dires, le groupe scolaire qui a un effectif de 929 garçons et 1007 filles, soit un total de1936 élèves en 2015, a été marqué par le passage de plusieurs directeurs d’écoles parmi lesquels feux Chaka Sangaré et Attaher Jeannette Haïdara. La visite du président de la République a pour suivi Yaya Sangaré, est un réel motif de satisfaction pour l’ensemble du personnel de l’éducation lorsqu’on sait que Modibo Keita, homme d’Etat de grande taille avait de grandes idées. « Intelligent, sérieux, praticien courageux, polyvalent, sportif, homme de culture, Modibo Keita a été un modèle qui doit inspirer les générations montantes a laissé entendre M. Sangaré.

S’adressant à l’assistance, le président de la République Ibrahim Boubacar Keita a dit : « <em>c’est un moment de grande émotion. Tout a été dit sur Modibo. Modibo était le vainqueur de ses bourreaux. Il était l’incarnation du Mali. Ce fut un homme de dignité et d’honneur absolu. Il est toujours difficile de parler sur Modibo Keita. Mamadou Konaté et Modibo Keita ont été des hommes qui n’avaient souci que d’être utiles à la patrie. Ils avaient confiance en ce qu’ils faisaient. Modibo est la fierté de tous les Maliens et l’Honneur du RDA et de toute l’Afrique. Il est le symbole du courage intellectuel et politique</em> ». Apres cette intervention, le président IBK et une dizaines de personnalités dont le président Dioncounda regagnèrent la salle de classe 6<sup>ème</sup> AC par la président Modibo Keita de 1933 à 1939. Ici, le titulaire de la classe Moussa Traoré dispensa à ses 19 élèves le cours sur Modibo Keita en mettant l’accent sur sa formation, sa carrière politique. A la suite de cette partie, la délégation du chef de l’Etat pris la direction de l’école AB de N’Tomikorobougou, un second établissement de Bamako dans lequel le père de l’indépendance a eu à enseignée

<strong>Jean Goïta</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-19-1077932.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 28 Jul 2015 17:27:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><img class="alignright wp-image-722262 size-thumbnail" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2015/01/Moussa-Traore-150x150.jpg" alt="Spéculation foncière à Faladiè IJA : Samba Diarra dans l’œil du cyclone ! Le Général Moussa Traoré et son fils Idy cités." width="150" height="150" />Général Moussa Traoré, Président de la République : 1979</strong>

« Ce qui m’a énervé et vexé, c’est quand, Karim Dembélé est venu me présenter dans une mallette 24 millions que j’ai refusés, mais que ma femme prendra à mon insu ».

&nbsp;

<strong>Amadou Toumani Touré, Président du CTSP (1991) </strong>

« Depuis que Moussa Traoré est tombé, nous assistons à une prolifération d’hommes braves ».

&nbsp;

Oumar Mariko, Secrétaire général AEEM (1992)

<em>« L’AEEM n’avait pas comme objectif de renverser Moussa Traoré »</em>

<em> </em>

<strong>Feu Almamy Sylla, candidat aux élections présidentielles 1992</strong>

« Moi, j’ai mon avenir derrière moi, les autres ont leur avenir devant eux ».

&nbsp;

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (8 Juin 1992) </strong>

<em>« Le gouvernement de la République n’a pas le droit de tricher avec notre peuple en s’engageant sur la voie des promesses faciles qu’il ne pourra tenir. </em>

<em>Il devra cependant jouer les règles de la rigueur, de la bonne gestion, de la transparence, de la solidarité et de la justice ».</em>

<em> </em>

<strong>Alpha O. Konaré Président de la République 1996</strong>

<em>« La terre est l’héritage commun de tous. Nul ne se sauvera sans les autres ! Nul ne se sauvera sans l’Afrique ».</em>

<em> </em>

<strong> </strong>

<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </strong>

<em><strong>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui</strong> </em>

<em>ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</em>

<strong>Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999 </strong>

« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se son préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu.

Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

&nbsp;

<strong><em>Professeur Yoro Diakité, Président du BARA (2003) </em></strong>

« Le Mali a une démocratie éclopée ».

&nbsp;

<strong>Professeur Yoro Diakité</strong>

« Les objectifs essentiels immédiats du 26 mars étaient l’instauration du multipartisme intégral et de la liberté pour les gouvernés de choisir leurs gouvernants. Ceux-ci ont été atteints. Mais, l’espoir populaire attendait un mieux vivre et surtout devenir maître de sa propre histoire. De cela, nous en sommes loin ».]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Sommet ‘’Afrique&#45;France’’2016 : Le président du CESC réaffirme l’accompagnement de son Institution</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/sommet-afrique-france2016-le-president-du-cesc-reaffirme-laccompagnement-de-son-institution-1026332.html</link>
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<description><![CDATA[ Le président du Conseil Economique, Social et Culturel  (Cesc), le Docteur Boulkassoum Haïdara, a reçu en audience le jeudi 18 juin dernier, au siège de l’institution sis à Koulouba, le Comité national d’organisation du ‘’Sommet Afrique-France’’, conduit par son président Modibo Kadjoké. ]]></description>
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<pubDate>Mon, 22 Jun 2015 01:52:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pouce</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_533822" align="alignleft" width="310"]<img class="size-full wp-image-533822" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/09/boulkassoum-h.jpg" alt="-&quot; Aucun cadre du RPM n'est impliqué dans la surfacturation de l'avion présidentiel et des contrats militaires &quot;" width="310" height="296" /> Boulkassoum Haidara, vice président du RPM[/caption]

C’est à 11 heures que le président du Cesc, Dr Boulkassoum Haïdara, entouré de ses proches collaborateurs, a reçu le président du Comité national d’organisation ‘’Sommet Afrique-France’’.

Modibo Kadjoké  était venu prendre conseils auprès du président du Cesc. Et solliciter par la même occasionl’accompagnement de son institution pour la bonne réussite du prochain ‘’Sommet ‘’Sommet Afrique-France’’ que notre pays abritera en 2016. Apres avoir remis une copie des textes portant création du Comité national d’organisation  du ‘’Sommet Afrique-France’’, monsieur Kadjoké a  expliqué que son équipe est investie pour une mission nationale  qui est selon lui, un véritable projet de développement national .Il reconnait tout de même que ladite mission  n’est pas facile. En retour, le président du Cesc s’est dit très honoré pour cette visite de courtoisie. « Vous êtes investie d’une mission de haute portée politique car elle permettra de raffermir d’avantager les relations entre le Mali et la France voire entre le Mali les autres Etats en général » a rappelé le président du Conseil Economique, Social et Culturel. Le  président Haïdara d’ajouter « Je connais votre sérieux, votre capacité de travail  et surtout votre humilité. Toute chose qui vous facilitera le travail »a laissé entendre  le président du Cesc.  Il n’a pas manqué de réaffirmer le soutien indéfectible de son institution.

Il est important de rappeler que le Comité national d’organisation du ‘’Sommet Afrique-France’’ aux dires de son président, fera le tour des Institutions de laRépublique et travaillera en parfaite intelligence avec les départements ministériels.

<strong>Baba Bourahima Cissé</strong>

<strong>C.com -CESC</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Centenaire de Modibo Keita : Anderaboucane dans l’oubliette</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/centenaire-de-modibo-keita-anderaboucane-dans-loubliette-1015412.html</link>
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<description><![CDATA[ Durant ces 8 ans du règne, Anderaboucane était le lieu de vacance du président Modibo Kéita. Les populations exigent de la commission d’organisation du centenaire de sa naissance une reconnaissance à cette ville martyre.
 ]]></description>
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<pubDate>Mon, 15 Jun 2015 15:21:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Indicateur du Renouveau</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Situé à 90 km de l’ouest du chef-lieu du cercle de Ménaka, comme toutes les villes du Nord, Anderaboucane a été occupée par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

Elle a connu des moments sombres durant cette crise. Avant la libération de Ménaka par le Gatia, les populations étaient barbotées par les éléments du MNLA.

Pour un enseignant, Anderaboucane était la ville préférée du 1er président du Mali, Modibo Kéita, qui a y construit une maison de séjour au bord de la mare et qui était avant la crise de 2012 un lieu touristique hautement apprécié et couru.

Les ressortissants regrettent que la commission d’organisation du centenaire de la naissance de Modibo Kéita n’ait rien prévu pour la ville chérie du père de l’indépendance malienne.

Selon un notable de cette localité, on ne peut pas fêter le centenaire de Modibo, sans organiser des festivités dans la Commune d’Anderaboucane que le président Modibo aimait beaucoup. Il témoigne l’affection que le président Modibo avait pour la Cité de Dodiya. "Chaque vacance, le président venait faire son séjour dans notre Commune", confirme-t-il.

Ville frontalière avec le Niger et commune rurale habitée par plusieurs ethnies (Touaregs, Tamasheks noirs, Haoussas, Sonrhaïs, Bambaras), sa vie économique est basée essentiellement sur l’élevage, l’agriculture et la pêche.

Pour plusieurs personnes, elle peut être le berceau de la réconciliation nationale dans la mise en œuvre de l’accord d’Alger. Elle est aussi la capitale du Festival Tamadach. Son défunt maire fut le promoteur de cet espace de culture au cœur du désert.

<strong>Y.M. B.</strong>

<strong>Stagiaire</strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Modibo KEITA, 100 ans après…</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/modibo-keita-100-ans-apres-1013562.html</link>
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<description><![CDATA[ La cérémonie officielle de lancement de la commémoration du centenaire de la naissance du père fondateur de la République du Mali a eu lieu le jeudi dernier au centre international de conférence de Bamako ]]></description>
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<pubDate>Mon, 15 Jun 2015 01:08:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Flambeau</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_51327" align="alignleft" width="309"]<img class="size-full wp-image-51327" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/02/Modibo_Keita1.jpg" alt="Modibo Keita, le 1er président du Mali" width="309" height="246" /> Modibo Keita, le 1er président du Mali[/caption]

Ce grand événement a enregistré la présence de plusieurs personnalités dont le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta ; le Premier ministre, Modibo Keïta, et les membres de son gouvernement ; les présidents des institutions de la République, les corps diplomatiques accrédités au Mali ainsi que la famille du défunt.

Quand le soleil des indépendances se levait et tentait de culminer au zénith, il s’est fait aider de grandes figures, de pionniers et de vrais combattants de la liberté. Quand le soleil des indépendances s’est couché, il a laissé derrière lui une étoile malienne : Modibo KEITA. Né le 4 juin 1915 à Bamako, cela fait 100 ans que l’homme a marqué son passage sur la terre.

Le ministre de la culture, de l’artisanat et du tourisme, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, introduira que lorsque le Chef de l’Etat, le Président Ibrahim Boubacar KEITA, lui avait instruit de conduire l’action gouvernementale pour faire de la commémoration du centenaire du président Modibo KEITA, un évènement de portée internationale, une réflexion l’a taraudé l’esprit : comment rendre hommage à cet homme de conviction qui avait le nationalisme à fleur de peau, dans le contexte de retrouvaille des fils de ce pays autour d’un même idéal. Elle répliquera que ce même contexte apporte une réponse sans appel. Seule la paix retrouvée et les chantiers du développement arpentés avec force et conviction pourront rendre un hommage mérité au président Modibo KEITA. Elle terminera son intervention par cette pensée de Modibo Keïta « On peut mourir sans avoir perdu la vie ».

Le représentant de la famille du feu Modibo Keïta, Komakan Keïta, dira que cette commémoration constitue un moment historique d’intense bonheur et de fierté pour leur famille. Elle attestera, renchérit-t-il, que les grands mérites de feu le Président Modibo Kéita à travers ses nombreuses luttes permanentes pour l’indépendance réelle et le développement rapide et harmonieux non seulement de la République du Mali, mais aussi de toute l’Afrique et pourquoi pas du monde entier.

Au nom des héritiers de l’UM-RDA, Bocar Moussa Diarra n’a pas camouflé ses allégresses face à l’honneur qui vient d’être fait à leur repère et au repère de tous les maliens. Il souhaitera que l’image du géant homme politique que fut Modibo Kéita, père de l’indépendance et premier Président de la République du Mali, restera éternellement gravée dans les cœurs de tous les véritables patriotes maliens et africains.

Quant au Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, il a martelé que : « le Mali fut avec Modibo Keita, faisons aujourd’hui que le Mali soit comme le Mali de Modibo Keita ». Il annoncera que Modibo KEITA était un nationaliste, combatif et tenace. Il était d’une autorité naturelle et souriante. « Il a su lutter pour ses convictions avec patience et méthode. Entré jeune dans l’arène politique, il fut un homme respecté par ses compatriotes et ses pairs. Il fut un leader écouté sur la scène internationale, car dans ces arènes, sa parole a toujours eu un poids important. Bref, le prestige moral qu’il a apporté à notre pays, le Mali, est immense » a laissé entendre le Président IBK. Avant de lancer cette commémoration du centenaire de la naissance du Premier président Modibo Keïta, qui durera jusqu’au 31 décembre 2015. A noter que plusieurs activités sont au menu pendant cette festivité de commémoration.

<strong>Seydou Karamoko KONÉ</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Centenaire du président Modibo Keita : A un grand homme un grand hommage</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/centenaire-du-president-modibo-keita-a-un-grand-homme-un-grand-hommage-1013872.html</link>
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<description><![CDATA[ Les activités marquant la célébration des 100 ans du premier président de la République du Mali, ont été officiellement lancées le jeudi dernier par le président de la République IBK. ]]></description>
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<pubDate>Mon, 15 Jun 2015 00:02:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_55966" align="alignleft" width="250"]<img class="size-full wp-image-55966" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/03/modiboKeita2.png" alt="Le Président Modibo Keita, père de l'indépendance malienne." width="250" height="126" /> Le Président Modibo Keita, père de l'indépendance malienne.[/caption]

Le 4 juin 1915- 4 juin 2015, voilà très exactement  100  ans  que naissait le  premier président de la République du Mali, disparu il y a 47 ans. Pour magnifier cet anniversaire, les autorités du Mali lui ont consacré toute l’année 2015. Le 4 juin dernier a vu le lancement informel de ces activités à travers un débat au Mémorial qui porte son nom. C’est ce jeudi 11 juin sous une fine pluie que ces activités ont été officiellement lancées au CICB par le président Ibrahim Boubacar Keita. Placée sous la présidence d’honneur de Dioncounda Traoré, ancien président du Mali, cette cérémonie a été rehaussée par la présence du Premier Ministre Modibo Keita, du président de l’Assemblée Nationale, Issiaka Sidibé, des membres du gouvernement, des présidents de la majorité, Boulkassoum Haidara et de l’opposition, Soumaila Cissé, des présidents des institutions de la République, des diplomates, des parents,   d’anciens compagnons et camarades de l’US-RDA et une foule nombreuse de sympathisants et plusieurs autres personnalités qui avaient fait le déplacement. Après l’exécution de l’hymne national par les fanfares et le chant des pionniers, le Maire de la Commune III du District de Bamako,  Abdel Kader Sidibé, a souhaité la bienvenue aux participants à cette cérémonie. Avant de rendre un vibrant hommage à ce grand homme que fut Modibo Keita, qui fut aussi un digne habitant de la Commune III.

Ensuite, ce fut une succession de discours, d’hommages et de témoignages émaillés d’intermèdes musicaux de l’Ensemble Instrumental du Mali qui n’a pas raté l’occasion de rappeler sa création par le père de l’indépendance de la République du Mali. Parmi les interventions, c’est surtout celle de Modibo Diakité, président de l’Association des Historiens du Mali, qui a marqué l’attention de l’assistance. Il a fait une brillante présentation de l’homme Modibo Keita, notamment sa stature politique.

L’orateur présenta un palmarès impressionnant de l’homme. En 1947, Modibo Kéïta fut Secrétaire général de l’US-RDA, 1948, Conseiller Général du Soudan Français, 1953, Conseiller de l’Union Française, Grand Conseiller de l’AOF, 1956, Maire de Bamako et député à l’Assemblée Nationale Française dont il a été le Vice-président, 1957, Secrétaire d’Etat à la France d’Outre-mer puis Secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil du Gouvernement Français, 1959-1960 président de la fédération du Mali, Septembre 1960, premier  Président de la plus du Mali.

« <em>Cet homme qui aura eu la carrière politique la plus complète, dont un Soudanais ou un Malien peut se prévaloir, au terme de son long et honorable parcours, ne disposait d’aucun immeuble d’aucune villa, d’aucun titre foncier à Bamako ou ailleurs</em>»  a souligné Modibo Diakité qui a reçu de vives ovations de plusieurs minutes. Il énuméra,   par ailleurs, quelques traits de caractères de l’homme notamment la fidélité à la parole donnée, un attachement indéfectible à l’intérêt collectif, le respect de l’autre, le respect du bien public et le don de soi. Quant au président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, il a surtout a fait cas de plusieurs qualités du président Modibo Keita et cela dans tous secteurs de gestion de l’Etat ainsi que dans la vie sociale.

« <em>Le président Modibo Keita a été un bâtisseur hors-pair du Mali : nous lui devons de nombreux acquis de la Première République. Il s’agit, entre autres, de l’honneur et de la dignité retrouvées après  la décolonisation, les Sociétés et entreprises d’Etat, l’Armée malienne, le Franc Malien</em> » de citer le président IBK. Le représentant de la famille politique du président Modibo Keita, l’UM-RDA, Bocar Moussa Diarra, a mis l’accent sur la vision politique de l’homme. « <em>En cette période de réconciliation que vit notre pays, il est opportun de rappeler la conviction de Modibo Keita pour  la paix, l’union et l’intégration, « l’humanisme sahélien » que l’homme a su développer aussi bien en Afrique que sur la scène internationale</em> » a dit l’orateur.

Le Ministre de l’Artisanat a, pour sa part, souligné l’opportunité que le président IBK donne aux jeunes de se bâtir avec comme modèle le président Modibo Keita. « <em>Toutes les Maliennes et tous les Maliens doivent se considérer comme mobilisés pour la construction de la République du Mali.  Toutes les Maliennes et tous les Maliens doivent accepter tous les sacrifices pour que notre pays puisse sortir grandi, rayonnant, tel que le prônait le président Modibo Kéïta</em> » a rappelé opportunément le ministre de l’Artisanat ces mots si justes du président Modibo.

Prenant la parole au nom de la famille de Modibo, son neveu, le prof Komakan Keita, a remercié les autorités de ce pays et rappelé les valeurs de Modibo. « <em>Les  membres de la famille Modibo Keita expriment leur reconnaissance profonde et durable à Son Excellence le président Ibrahim Boubacar Keita ainsi qu’à tous les dirigeants de l’UM-RDA qui ont travaillé sans répit pour la réalisation de ce grand jour mémorable du 11 juin 2015 qui consacre la commémoration du centenaire du président Modibo Keita, grand bâtisseur d’un pays nouveau qui compte dans le concert des Nations</em> ». Il  sied de rappeler que d’autres activités sont prévues tout au long de ce moi entrant dans le cadre de cette commémoration du centenaire de Modibo Keita, premier président de la République du Mali.

<strong>M Naman Keita.</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Centenaire de la naissance du 1er Président du Mali : Amadou Traoré dit Amadou Djicoroni publie la version complète de ses discours et interventions</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/centenaire-de-la-naissance-du-1er-president-du-mali-1009272.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/centenaire-de-la-naissance-du-1er-president-du-mali-1009272.html</guid>
<description><![CDATA[ En prélude aux activités de commémoration du Centenaire de la naissance du 1er Président du Mali, Modibo Kéita, e Carrefour des jeunes a abrité jeudi dernier, le lancement officiel du livre «Modibo Keita, Discours et Interventions», publié par Amadou Seydou Traoré.  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 11 Jun 2015 02:03:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_69542" align="alignleft" width="350"]<img class="size-full wp-image-69542" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/05/Amadou-Djicoroni.jpg" alt="Amadou Djicoroni" width="350" height="251" /> Amadou Djicoroni[/caption]

Ont pris part à cet événement, en plus des parents, amis et anciens collaborateurs de l’auteur, plusieurs personnalités politiques et religieuses et des responsables de la société civile. Deux temps forts ont marqué ce lancement, les interventions des officiels et les témoignages des participants.

La cérémonie était placée sous la présidence de Demba Diop, un ancien syndicaliste de l’UNTM. Dans son allocution, il a surtout parlé de la fierté qu’avait le Malien d’avoir Air Mali à une époque où il n’y avait en Afrique que 4 Compagnies Aériennes nationales.

Pour la présentation du livre, l’auteur avait choisi un jeune du nom d’Ibrahima Kébé, qui s’est dit honoré de parler de Modibo Kéita, avant d’inviter à observer une minute de silence en mémoire de tous les martyrs tombés tout au long de l’histoire de notre pays, singulièrement le président Modibo Kéita.

«Ce nouveau recueil de discours, interventions, télégrammes et messages du Président Modibo Keita, que j’ai l’honneur de présenter aux lecteurs maliens et étrangers, est le document le plus complet sur les luttes, succès et des difficultés du peuple malien sous la direction de l’Union Soudanaise (RDA), du 22 Septembre 1960 au fameux 19 Novembre 1968.

Il est extrêmement important de signaler que déjà en 1965, quand le Président Modibo avait 50 ans, Amadou Seydou Traoré avait reçu comme mission de rassembler et de présenter le manuscrit de la première édition des «Discours et Interventions du Président Modibo Keita», à l’occasion des préparatifs du voyage de celui-ci en URSS, en 3 langues, le français, l’anglais et le russe» a-t-il dit.

Ce document parle des réalisations les plus concrètes de la 1<sup>ère</sup> République, de 1960 à 1968, soit plus de 132, sans compter les écoles, les ponts et autres travaux. Selon l’orateur du jour, il apparait nettement que les problèmes étaient analysés sur une base scientifique et les conclusions portées à la connaissance du peuple, dans une démarche participative, a-t-il-souligné.

Ibrahima Kébé a ensuite analysé les différents régimes que le Mali a connu, avec la  formule suivante: «De 1960 à nos jours, 8 ans d’indépendance, de souveraineté et de dignité ; 23 ans de crimes économiques, de crimes de sang et de destruction sociale; 1 année de tentative de relance; 10 de confusion, de trahison, d’irresponsabilité et de permissivité; et, depuis 2012, Djigiwaro sur Djigiwaro» a-t-il martelé.

L’orateur a conclu par ces phrases : «Ce recueil peut aider à comprendre les problèmes maliens d’aujourd’hui. Je l’ai lu à plusieurs reprises. En toute honnêteté, nous avons la solution à tous nos problèmes. C’est un guide pour l’action. Notre équipe sera comblée si les chercheurs, les professeurs, les élèves et les étudiants peuvent accéder à ce livre, à ces textes, pour découvrir les réalités fondatrices de notre pays. Nous sommes sûrs que beaucoup d’idées répandues aujourd’hui seraient battues en brèche. La formation patriotique de la jeunesse ne s’en portera que mieux». Les témoignages et hommages au Président Modibo Kéita ont mis fin à la cérémonie.

<strong>Mohamed Naman Kéita  </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Coup de bec de Soloni : Président Modibo Kéita, peux&#45;tu encore nous parler ?</title>
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<description><![CDATA[ Ibrahima Baba Kaké, dans son ouvrage « L’Afrique coloniale », précise ce qui suit : «Afin d’éviter les contestations et les affrontements, les Européens décidèrent d’établir un règlement international sur le partage des territoires africains ; ce qui fut le rôle du Congrès de Berlin.  Les Américains envoyèrent un observateur à la Conférence ; celle-ci se déroula du 15 novembre 1884 au 26 février 1885 ; aucun représentant africain n’y fut invité » (P.26).
 ]]></description>
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<pubDate>Wed, 10 Jun 2015 02:52:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>SOLONI</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_999092" align="aligncenter" width="900"]<img class="size-full wp-image-999092" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2015/06/Modibo-Keïta.jpg" alt="Modibo KEITA" width="900" height="507" /> Modibo Keita, le 1er président du Mali[/caption]

Le Président Modibo Keita, visionnaire et patriote convaincu est et demeure la véritable source d’inspiration pour tous qui ont à cœur le Mali, qui pleurent pour la cause du Mali. Cet  homme d’Etat, qui a engagé le Mali sur la voie du progrès, était comme un envoyé de Dieu aux maliens pour leur dire qu’ils ont une dignité qui leur a été par Dieu, et qu’aucune nation, soit-elle puissante ou autre, ne devrait la leur enlever. Convaincu que « L’eau ne change son état naturel que lorsqu’on y ajoute un corps étranger », Modibo ne pouvait pas voir le malien déchoir de son état naturel, celui d’être un homme digne. C’est va motiver son engagement pour la libération des maliens de la tyrannie des oppresseurs, eux qui piétinent les valeurs divines et humaines. Pour Modibo, de même qu’on ne peut pas se prévaloir du statut d’homme créé par Dieu et exploiter un autre homme, on ne peut pas non plus se dire homme créé par Dieu et se maintenir dans l’indignité. La Maliannité que Modibo a voulu inculquer en chaque Malien, reste le socle solide sur lequel chacun devra construire. La vision du Président Modibo, celle de voir l’homme malien libre de toute forme d’aliénation (intellectuelle, culturelle, économique) devra être la motivation de tous les dirigeants du Mali actuel.

Inviter le président Modibo Kéita  à nous reparler n’est pas une nostalgie passéiste, mais plutôt un rappel des idéaux nobles et patriotes qui ont caractérisé le Père de l’indépendance du Mali. Aujourd’hui comme hier, la méthode  coloniale est en pleine marche dans notre pays. En effet la puissance coloniale procède à l’occupation militaire afin de piller les ressources économiques. Pour réussir cette tâche elle met à contribution des âmes maliennes qui malheureusement partagent les mêmes loges maçonniques que des dirigeants Français.  Et puisque nos dirigeants sont assoiffés de pouvoir, et vue que la France peut garantir leur sécurité pendant un temps, alors ils  n’hésitent pas à nous endormir à travers des discours dont le but est d’aliéner le peuple. J’invite le Président à nous reparler sur deux plans : éducatif et économique. Educatif parce que,  aussi longtemps que le Mali continuerait de garder le Français comme langue nationale, nous n’aurions aucun moyen d’échapper à leur domination. Economique, parce que, aussi longtemps que le Mali n’aurait pas sa propre monnaie, nous serons toujours dépendants des niaiseries françaises. Par cette  invite je voudrais attirer l’attention du président de la République sur l’affirmation de son patriotisme à s’engager résolument à rendre le Mali moins dépendant de la France (le faire sortir de la Francophonie ?) et amorcer la création de la monnaie nationale malienne.]]> </content:encoded>
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<title>Commémoration du centenaire de Modibo Keita :  Les héritiers encore plus divisés que jamais</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/commemoration-du-centenaire-de-modibo-keita-les-heritiers-encore-plus-divises-que-jamais-1007382.html</link>
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<description><![CDATA[ Officiellement c’est le mémorial Modibo Keita qui a été choisi pour la cérémonie de lancement du centenaire du père de la nation, mais officieusement c’est le Carrefour des jeunes qui a abrité la cérémonie. Il s’agit d’une guerre d’ego entre deux regroupements qui se réclament tous héritiers de l’illustre disparu. ]]></description>
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<pubDate>Wed, 10 Jun 2015 02:30:47 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Express de Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_55966" align="alignleft" width="250"]<img class="size-full wp-image-55966" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/03/modiboKeita2.png" alt="Le Président Modibo Keita, père de l'indépendance malienne." width="250" height="126" /> Le Président Modibo Keita, père de l'indépendance malienne.[/caption]

D’un coté Seydou Badian Kouyaté, un ancien Ministre du régime Modibo Kéita et de l’autre coté Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni qui se considère comme le fils spirituel de Modibo, garant légitime de tout ce qui concerne Modibo.

Mais il se trouve que Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni et Seydou Badian ne se sont jamais mis d’accord sur la question Modibo Kéita. Un conflit entre deux hommes qui a donné lieu a une division profonde autour de tout ce qui concerne Modibo Kéita notamment la cérémonie du centenaire qui lui est consacrée cette année.

D’un coté, la tendance Seydou Badian considère Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni et ses amis comme des profanes pour parler de Modibo Kéita et pour Amadou Djikoroni et ses camarades,  l’autre camp veut politiser l’héritage de Modibo Kéita.

Et  depuis des années, ce dialogue de sourd s’est installé entre ces deux tendances.

Seydou Badian qui avait pris en son temps la tête du parti après la chute de Moussa Traoré a décidé de faire chemin avec l’UM-RDA, le nom pris le parti après la grande division. Alors qu’une branche de la famille politique se réclame toujours de US-RDA conduit aujourd’hui par un certain Gaoussou Coulibaly. Même si au niveau de l’administration territoriale l’US-RDA n’est pas reconnu, Gaoussou Coulibaly et ses camarades  tiennent toujours des activités politiques.

Pour revenir à la grande division des héritiers, ces derniers de l’US-RDA (non reconnus par les autorités) font chemin avec Amadou Djikoroni. Ainsi pour la commémoration du centenaire, ils ont fait leur lancement le Jeudi 4 juin date de naissance de Modibo Keita au carrefour des jeunes à travers le lancement d’un livre écrit par Djikoroni lui-même  dénommé «<strong>Modibo Kéita</strong>», un ouvrage qui retrace le parcours du père de l’indépendance.

Quant à Seydou Badian et ses amis, ce sont des activités beaucoup plus formelles avec une commission nationale mise en place. Cette commission a été reçue par le chef de l’Etat qui a même donné sa bénédiction et la commission regroupe en son sein : l’UM-RDA, dirigé par l’ancien ministre du travail de la fonction publique Moussa Bocar Diarra. Et là aussi, le lancement a eu lieu le même jeudi 04 juin au mémorial Modibo Kéita à travers une conférence débat animée par Seydou Badian pour parler de Modibo. Mais en regardant de près cette situation, on se rend compte qu’il ne s’agit pas de Modibo Kéita, mais de guerre de positionnement, car chacune des parties veut utiliser le père de la nation malienne pour autre chose…

Que penserait Modibo Keita aujourd’hui de cette vraie fausse guerre qu’on même en son nom ?

<strong>Issa KABA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Commémoration du centenaire du président Modibo Keïta :	Bientôt les funérailles nationales du Père de la nation</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/commemoration-du-centenaire-du-president-modibo-keita-bientot-les-funerailles-nationales-du-pere-de-la-nation-1005062.html</link>
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<description><![CDATA[ Le Mémorial Modibo Keita a servi de cadre, le jeudi 4 Juin 2015, à la conférence de presse animée par la commission nationale d’organisation du Centenaire du président Modibo Keïta. Cette conférence de presse était animée par le président de la Commission, Seydou Badian Kouyaté, écrivain et ancien ministre et le président de l’Um Rda, Bocar Moussa Diarra. ]]></description>
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<pubDate>Mon, 08 Jun 2015 14:00:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Prétoire</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_51327" align="alignleft" width="309"]<img class="wp-image-51327 size-full" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/02/Modibo_Keita1.jpg" alt="Modibo Keita, le 1er président du Mali" width="309" height="246" /> Modibo Keita, le 1er président du Mali[/caption]

Le vice-président de la commission d’organisation, Bocar Moussa Diarra, a fait savoir que l’objet de la présente conférence est d’informer l’opinion nationale et internationale de la décision du président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, à la sollicitation de I’UM RDA faso jigi avec ses amis, sa famille biologique et tout le peuple malien de la célébration nationale du centenaire du président Modibo Keita, premier président de la République du Mali, premier Secrétaire Général de l’US RDA. Selon le conférencier, il s’agit de rappeler que le 4 juin est l’anniversaire de la naissance de ce digne fils parmi les dignes fils de notre pays et même de toute l’Afrique. Pourquoi ce rappel ? C’est parce que le président Modibo Keïta est entré dans l’histoire de la façon la plus noble. A ce titre, il convient que nous nous souvenions de lui, que nous puissions parler de lui », a souligné Bocar M Diarra. Selon lui, il s’agira, à travers, cet anniversaire, de restaurer les valeurs morales que nous a léguées le président Modibo Keïta, à savoir entre autres : la fidélité à la parole donnée, le dévouement pour la cause générale, la considération pour l’identité et le respect du bien public. A l’en croire, la célébration du centenaire s’étalera sur 6 mois, de juin à décembre 2015. Un chapelet d’activités permettra de rendre hommage à la mémoire du président Modibo Keita. Ces activités souhaitées éducatives et scientifiques seront composées de colloque scientifique sur la vie et le combat de Modibo Kéita pour l’indépendance et l’unité africaines ; Cérémonie officielle d’hommage au Père de l’indépendance sous la présidence du président IBK au Cicb etc. A noter que plusieurs personnalités ont pris part à cette conférence de presse dont l’ancien président de l’Assemblée nationale, Ali Nouhoum Diallo, le médiateur de la République, Baba Hakib Haïdara, l’ancien député Baba Haïdara, l’ancien ministre Tiébilé Dramé et son épouse.

<strong>Paul N’GUESSAN</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Centenaire du président Modibo Keita : La nation reconnaissante</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/centenaire-du-president-modibo-keita-la-nation-reconnaissante-1000872.html</link>
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<description><![CDATA[ Le 1er président du Mali indépendant,  Modibo KEITA, fait partie des grands hommes qui ne mourront  jamais. Ainsi, l’histoire retient qu’il a été à l’origine de l’indépendance du Mali en 1960. En 08 ans, il a jeté les bases d’une nation véritablement  indépendante avec comme piliers l’Agriculture, l’Education et la Santé. Il dota son pays d’une monnaie (le franc malien), des usines et a fait évacuer  toutes les bases militaires françaises du Mali. Selon des sources concordantes, au moment du coup d’Etat de 1968 contre le régime socialiste du président Modibo KEITA, le Mali était le 2ème pays industrialisé en Afrique de l’Ouest après le Nigéria. Où en sommes-nous aujourd’hui ?  Mais le combat de Modibo a dépassé les frontières du Mali, panafricaniste qu’il fut et tête de proue du mouvement des « Non- alignés ».
 ]]></description>
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<pubDate>Fri, 05 Jun 2015 10:15:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>Tjikan</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_51327" align="alignright" width="309"]<img class="size-full wp-image-51327" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/02/Modibo_Keita1.jpg" alt="Modibo Keita, le 1er président du Mali" width="309" height="246" /> Modibo Keita, le 1er président du Mali[/caption]

04 juin 1915 - 04 juin 2015, il ya cent (100) ans qu’est né le premier président du Mali, feu Modibo Keita. Pour commémorer les cents ans de sa naissance, plusieurs activités ont été initiées par ses amis et compagnons, sa  famille et avec le soutien des plus hautes autorités du pays.

Le président Modibo Keita a eu un destin à la fois fabuleux et tragique. 100 ans après, que retient-on de la vie du 1<sup>er</sup> président du Mali indépendant ?

<strong>Modibo, le panafricaniste</strong>

Durant toute  sa vie, le président Modibo Keita s’est battu pour l’unité africaine. Figure de proue du panafricanisme, Modibo a fait écrire dans la constitution que le Mali est prêt à renoncer à tout ou partie de son territoire pour réaliser l’Union Africaine. Ainsi, Modibo Keita, Sékou Touré et Kouamé N’kroumah ont été les initiateurs de «l’Union Guinée-Ghana-Mali ».C’est en souvenir de cette fédération qui a éclaté avant 1958  que N’Kroumah a retenu le nom Ghana au pays dont il fut le 1<sup>er</sup> président.  Modibo Keita a été le président de l’éphémère Fédération du Mali qui regroupa le Sénégal actuel et le Soudan Français d’alors. Le 20 juin 1960, cette fédération éclata aussi à son tour sous la pression du colonisateur pour qui, il faut diviser pour continuer à régner en Afrique. En 1957, Modibo Keita fut  le Secrétaire d’Etat à la France d’Outre Mer puis Secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil du Gouvernement français. Le 19 novembre 1968, il fut arrêté sur la route de Koulikoro par un groupe de militaires commandé par le Lieutenant Moussa Traoré. En 1977,  un communiqué laconique annonça la mort du président Modibo Keita  en détention à Bamako.

Pour ses compagnons de lutte et sa famille, il a été tout simplement assassiné. Son corps repose au cimetière de Hamdallaye. Courant 2008, une certaine opinion avait réclamé le transfèrement de ses restes du cimetière au Mémorial qui porte son nom. Ce débat, n’est toujours  tranché.

Au moment du coup d’Etat de 1968 contre son régime, le Mali était le 2<sup>ème</sup> pays industrialisé en Afrique de l’Ouest après le Nigéria. Mais, où en sommes-nous aujourd’hui ? La réalité est visible à l’œil nu.

<strong>Daba Balla KEITA</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Commémoration du centenaire du président Modibo Keïta : Le peuple Malien se souvient</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/commemoration-du-centenaire-du-president-modibo-keita-le-peuple-malien-se-souvient-1000322.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/commemoration-du-centenaire-du-president-modibo-keita-le-peuple-malien-se-souvient-1000322.html</guid>
<description><![CDATA[ C’est par une conférence de presse tenue hier jeudi 4 Juin 2015 au Mémorial Modibo KEITA, que la commission nationale d&#039;organisation du Centenaire du président Modibo Keïta a lancé les cérémonies d&#039;hommage en l&#039;honneur du Père fondateur de l’indépendance du Mali. Durant six mois, de juin à décembre 2015, un chapelet d’activités sera effectué pour rendre hommage à l’illustre personnalité. A travers ces activités, le peuple Malien entend se souvenir à jamais le père de l’indépendance. Cette conférence de presse était animée par le président de la Commission, Seydou Badian Kouyaté, écrivain et ancien ministre en présence de l’ancien gouverneur, Youssouf Traoré, du président de l’Um Rda, Bocar Moussa Diarra et de nombreuses autres personnalités. Au cours de cette conférence de presse, le conférencier, Seydou Badian Kouyaté a fait savoir que si le président Modibo Keïta avait été là, il n’y aura jamais eu cette situation de crise.
 ]]></description>
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<pubDate>Fri, 05 Jun 2015 00:14:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_999092" align="aligncenter" width="900"]<img class="size-full wp-image-999092" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2015/06/Modibo-Keïta.jpg" alt="Modibo KEITA" width="900" height="507" /> Modibo Keita, le 1er président du Mali[/caption]

Plusieurs personnalités ont pris part à cette conférence de presse dont l’ancien président de l’Assemblée nationale, Ali Nouhoum Diallo, le médiateur de la République, Baba Hakib Haïdara, l’ancien député Baba Haïdara alias Sandy, l’ancien ministre Tiébilé Dramé et son épouse et bien d’autres personnalités. Lors de ses propos introductifs, le vice-président de la commission d’organisation, Bocar Moussa Diarra, a fait savoir que l’objet de la présente conférence est d'informer l'opinion nationale et internationale de la décision du président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, à la sollicitation de I’UM RDA faso jigi avec ses amis, sa famille biologique et tout le peuple malien de la célébration nationale du centenaire du président Modibo Keita, premier président de la République du Mali, premier Secrétaire Général de l'US RDA. <em>« Homme exceptionnel, exceptionnel à tout égard, tant par son humanisme, sa générosité, sa carrure politique que par son don de soi. Père fondateur de la République du Mali. Tour à tour enseignant, syndicaliste et homme politique, il s’imposa comme un meneur d’hommes et un leader hors pair. Mon propos n’est pas de retracer l’œuvre du président Modibo Keïta, car la journée ne suffirait pas. Il s’agit de rappeler qu’aujourd’hui 4 juin est l’anniversaire de la naissance de ce digne fils parmi les dignes fils de notre pays et même de toute l’Afrique. Pourquoi ce rappel ? C’est parce que le président Modibo Keïta est entré dans l’histoire de la façon la plus noble. A ce titre, il convient que nous nous souvenions de lui, que nous puissions parler de lui », </em>a souligné Bocar M Diarra. Selon lui, il s’agira, à travers, cet anniversaire, de restaurer les valeurs morales que nous a léguées le président Modibo Keïta à savoir entre autres : la fidélité à la parole donnée, le dévouement pour la cause générale, la considération pour l’identité en face et le respect du bien public. A l’en croire, la célébration du centenaire s'étalera sur 6 mois à savoir de juin à décembre 2015. Un chapelet d'activités permettra de rendre hommage à la mémoire du président Modibo KEITA. Ces activités souhaitées éducatives et scientifiques seront composées de colloque scientifique sur la vie et le combat de Modibo Kéita pour l'indépendance et l'unité africaines ; Cérémonie officielle d'hommage au Père de l'indépendance le 11 juin 2015 sous la présidence du président IBK au Cicb ;  Expositions photos sur l'homme et son œuvre et son époque ; Edition et/ou réédition d'ouvrages, brochures portant sur lui ; Réalisation de CD Rom et livrets ; Inventaire et restauration des fonds documentaires (écrits, photos, films, sons) sur l'homme ; Conférence-débats sur la vie et l'œuvre de Modibo Kéita ; Projection d'un film documentaire sur Modibo Kéita ; Enregistrement d'émissions télévisées ; Visites guidées des symboles de l'indépendances et autres monuments et sites historique à travers la ville de Bamako ; Réalisation de supports pédagogiques pour une meilleure connaissance de l'histoire contemporaine du Mali ; Concours sur les thèmes de patriotisme et civisme ; Jeux radiophoniques sur la connaissance de l'homme et de l'histoire du Mali ; Concert dédié à la musique du « Temps Modibo » ; Défilé de mode sur style vestimentaire de Modibo et Mariam, a expliqué le vice-président de la commission nationale d’organisation. Quant au conférencier, Seydou Badian Kouyaté, il a souligné les caractères intrinsèques du président Modibo Keïta. Selon lui, Modibo s’est engagé dans la lutte pour l’indépendance.<em> « Modibo a commencé à bâtir l’homme. L’homme que Modibo Keïta a façonné est différent de celui d’aujourd’hui. Pour preuve, il y a eu une malversation à Thies en son temps, Modibo a souhaité qu’il soit arrêté immédiatement. Si le président Modibo Keïta avait été là, il n’y aura jamais eu cette situation de crise. La situation ne serait  pas aussi polluée », </em>a dit Seydou Badian Kouyaté. Avant d’ajouter que l’un des soucis majeurs de Modibo Keïta était le problème de la jeunesse. Selon l’ancien gouverneur Youssouf Traoré, Modibo Keïta est un homme digne qui n’a pas voulu fuir comme les autres. En réponses aux différentes questions, les conférenciers ont précisé que la date de naissance du président Modibo Keïta est le 4 juin 1915. Selon eux, l’hymne nationale du Mali fut élaborée par un collectif présidé par Seydou Badian Kouyaté en 1961. <em>« Au temps de l’union soudanaise, c’était nous, l’individu n’était rien »</em>, a dit le conférencier Seydou Badian. Né le 4 juin 1915, Modibo Keita aurait eu cent ans en 2015. Il dirigea le Mali de 1960 à 1968. Les jeunes générations ont peu de souvenirs de ce grand homme qui fut de tous les fronts pour notre émancipation et qui fut surtout le Père de l'indépendance du Mali, dont il a marqué l'histoire pendant une décennie. Engagé dans une politique de refondation de la nation malienne en initiant de grands chantiers, ce grand Homme fut aussi un pionnier du combat pour l'unité de l'Afrique et pour l'émancipation des peuples opprimés à travers le monde. Aujourd'hui, les lignes tracées par cette grande figure du combat des indépendances africaines, doivent orienter les jeunes générations sur les plans politiques et moraux. Dans le même ordre d'idées, il apparaît aujourd'hui un fort besoin de reconnaissance envers cet homme.

<strong>Aguibou Sogodogo</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Centenaire de la naissance du père de l’indépendance : Lancement des festivités au Mémorial Modibo Keita</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/centenaire-de-la-naissance-du-pere-de-lindependance-lancement-des-festivites-au-memorial-modibo-keita-1000222.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/centenaire-de-la-naissance-du-pere-de-lindependance-lancement-des-festivites-au-memorial-modibo-keita-1000222.html</guid>
<description><![CDATA[ En prélude de la commémoration du centenaire de la naissance du premier président de la République du Mali, Modibo Keita, la commission d’organisation lance les activités de ce grand événement, ce jeudi 4 juin 2015  par une conférence de presse au mémorial portant le nom de l’illustre disparu.
 ]]></description>
<enclosure url="" length="50828" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Thu, 04 Jun 2015 23:05:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Prétoire</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_51327" align="alignright" width="309"]<img class="size-full wp-image-51327" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/02/Modibo_Keita1.jpg" alt="Modibo Keita, le 1er président du Mali" width="309" height="246" /> Modibo Keita, le 1er président du Mali[/caption]

Cette conférence de presse sera animée par le président de la commission, Seydou Badian Kouyaté, qui détaillera le plan d’action de la dite commission ainsi que le programme d’activités entrant en ligne de compte de la commémoration du centenaire. Rappelons que de juin à décembre 2015, un chapelet d’activités permettra au Mali et au monde d’honorer la mémoire de l’illustre homme d’Etat. Placé sous l’égide du Ministère de la culture, de l’Artisanat et du Tourisme, l’organisation du centenaire de la naissance de Modibo Keita a pour objectif de rendre hommage et de faire connaitre l’homme dans sa vie, son histoire et ses œuvres pour les générations qui l’ont peu ou pas connu. Il s’agit, à travers plusieurs activités, d’honorer et de saluer sa mémoire, de réfléchir sur sa vision, ses engagements et ses choix politiques, tant nationaux, africains qu’internationaux et, partant, d’inspirer les jeunes. Née le 4 juin 1915, Modibo Keita aurait eu cent ans en 2015. Il dirigea le Mali de 1960 à 1968. Les jeunes générations ont peu de souvenir de ce grand homme qui fut sur tous les fronts de notre émancipation et qui fut surtout le père de l’indépendance du Mali, dont il a marqué l’histoire pendant une décennie. Engagé dans une politique de la refondation de la nation malienne en initiant de grands chantiers, cet homme fut aussi un pionnier du combat pour l’unité africaine et pour l’émancipation des peuples opprimés à travers le monde. Aujourd’hui, les lignes tracées par cette grande figure du combat des indépendances africaines doivent orienter les jeunes générations sur le plan politique et moral. Dans le même ordre d’idée, il apparait un fort besoin de reconnaissance envers cet homme.

<strong>Harber MAIGA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Centenaire de Modibo Keita : Le peuple malien rend hommage au père de l’indépendance ce matin</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/centenaire-de-modibo-keita-le-peuple-malien-rend-hommage-au-pere-de-lindependance-ce-matin-999002.html</link>
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<description><![CDATA[ 4 juin 1915- 4 juin  2015,  le premier président du Mali indépendant  a 100 ans.  Le peuple malien, conscient  des grandes œuvres du père de la nation,  le rend hommage ce matin à travers l’organisation d’une cérémonie commémorative. Une initiative du président de la République.   
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<pubDate>Thu, 04 Jun 2015 09:42:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Indicateur du Renouveau</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_999092" align="aligncenter" width="900"]<img class="size-full wp-image-999092" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2015/06/Modibo-Keïta.jpg" alt="Modibo Keita, le 1er président du Mali" width="900" height="507" /> Modibo Keita, le 1er président du Mali[/caption]

Selon le président de l’organisation du centenaire, Boubacar Moussa Diarra qui est à la tête de l’UM-RDA Faso Jigi, un parti qui regroupe les héritiers de Modibo Keita UM-RDA, pour la grandeur de l’événement, les autorités nationales ont mis en place  la commission d’organisation qu’il dirige.

Suivant ses explications, ladite commission est composée des partisans de l’UM-RDA, du ministre de la Culture et des membres de la famille du défunt président.

Pour être au parfum des activités du centenaire, le président de la République a reçu la commission d’organisation à Koulouba. Et tout semble être au point, à en croire le président du parti UM-RDA Faso jigi,  Boubacar Moussa Diarra. « Cette fête d’anniversaire sera l’occasion pour les maliens de présenter les  œuvres immense du président Modibo, tous ce que il a fait pour le Mali, et l’Afrique », a-t-il précisé. Avant d’expliquer que Modibo Keita est le mérite de la nation et la nation doit le rendre un vibrant hommage.

Mieux, rappelle M.Diarra, Modibo Keita a marqué les maliens par son charisme et son patriotisme, en plus, il est  un panafricaniste convaincu. Une conviction qu’il a partagé avec ses camarades de lutte, Gamer Abdel Nasser d’Egypte, Kwamé Nkruma  du Ghana, Ahmed Ben Bella de l’Algérie, entre autres figurent emblématiques.

Le premier président du Mali indépendant est aussi considéré par le colonisateur comme un agitateur, un anti français,  à cause de son engagement pour la libération de son peuple du  joug colonial.

Des faits politiques ont marqué la vie de Modibo Kéita. Comme ce fut le cas le 20 juillet 1960 ou il est nommé chef du gouvernement de la Fédération du Mali, regroupant le Soudan français et le Sénégal. Après l’éclatement de la Fédération le 22 septembre 1960, il proclame l’indépendance du Mali et en prend la présidence. Socialiste de souche, il  adopte une politique économique basée sur le socialisme ou il crée la société malienne d’importation et d’exportation (Somiex) qui luttait contre la concurrence déloyale. Dans la foulée, Modibo Kéita travaille ardemment à combattre le libéralisme économique.

Décédé en  1977 après une longue détention sous le régime dictatorial de son tombeur Moussa Traoré,  les circonstances de la disparition restent encore non élucidées.

<strong>Yehia M. Baby Stagiaire </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Il y a 100 ans naissait le Père de l’Indépendance : Les idéaux de Modibo Kéïta trahis par l’élite malienne</title>
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<description><![CDATA[ Modibo Kéïta était un grand homme, aussi bien par la taille qu’à travers les œuvres qu’il aura posées pour la postérité. Sur le plan physique, De Gaulle disait de lui qu’il était le seul chef d’Etat africain pour lequel il n’avait pas besoin de se baisser pour le saluer.  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 04 Jun 2015 00:09:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_51327" align="alignleft" width="309"]<img class="size-full wp-image-51327" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/02/Modibo_Keita1.jpg" alt="Modibo Keita, le 1er président du Mali" width="309" height="246" /> Modibo Keita, le 1er président du Mali[/caption]

Visionnaire, le premier Président du Mali avait fait du panafricanisme son cheval de bataille. Un idéal qu’il partageait avec ses pairs du Ghana, Kwamé N’Krumah, de l’Egypte, Gamal Abdel Nasser et de Guinée, Ahmed Sékou Touré. En un mot, il voyait grand pour l’Afrique. Au demeurant, il fut membre fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine et participera activement à la rédaction de sa Charte. Modibo Kéïta voyait très grand pour l’Afrique.

Les ambitions qu’il nourrissait pour le Mali, son pays, n’étaient pas petites non plus. Il voulait lui conférer une place de choix dans le concert des Nations et bâtir une nation avant-gardiste sur le socle des valeurs du patriotisme, du respect du bien public et de l’amour du travail bien fait.

En 8 petites années, il a réalisé ce que le Généralissime Moussa Traoré, son tombeur, n’a pas pu faire en 23. C’est Modibo Kéïta qui a doté le Mali d’un tissu industriel, à l’image de la COMATEX, de la SONATAM, de TAMALI, de la SOCOMA et de la SOCORAM. Pour la petite histoire, cette société de montage d’appareils électroniques, raconte un ancien, a été créée le même jour que la société sud coréenne Samsung. Si la SOCORAM n’avait pas été démantelée, comme beaucoup dans la foulée du coup d’Etat de 1968, le Mali serait à même de produire aujourd’hui à la chaîne les appareils électroniques les plus sophistiqués.

Sous la 1<sup>ère</sup> République et sous l’impulsion de Modibo Kéïta, le Mali s’était doté, via Air Mali, de la flotte la plus importante d’Afrique de l’ouest avec pas moins de 17 aéronefs, dont des Antonov et des Iliouchine. Cette dynamique s’accompagnait d’un programme de formation du personnel. Résultat: le Mali avait les meilleurs pilotes dans la sous-région, voire à l’échelle africaine. Formés en ex-URSS, ces pilotes étaient capables de décoller et d’atterrir dans les conditions météorologiques extrêmes. Qu’il pleuve ou qu’il neige.

Ceux qui ont pris les commandes du Mali après Modibo Kéïta se sont fait un malin plaisir de brader son précieux héritage en un rien de temps. Le plus grave crime qu’ils auront commis c’est de tuer l’homme malien que le Père de l’Indépendance était en train de modeler sur des valeurs sûres, car il savait, mieux que quiconque, que le développement commence d’abord dans la tête.

La grave crise que nous vivons a débuté avec le coup d’Etat perpétré le 19 novembre 1968 contre Modibo Kéïta, qui a porté au pouvoir Moussa Traoré. C’est à partir de ce moment que les valeurs qui ont fait la grandeur de la nation malienne ont commencé à fondre comme beurre au soleil, laissant place aux tares sociopolitiques comme l’affairisme, le favoritisme, la concussion, le népotisme, l’absentéisme, l’incurie, la délinquance financière… Moussa Traoré, même s’il ne profitait pas personnellement de cette corruption, l’a laissée prospérer, obnubilé qu’il était par son pouvoir personnel.

La «Révolution» de 1991 a balayé ce pouvoir autocratique, par ailleurs caractérisé par l’immobilisme. Le bon peuple a applaudi, croyant entrer dans une nouvelle ère, synonyme de jours meilleurs. C’était compter sans l’élite qui a inspiré la révolution. Elle n’hésitera pas à la trahir, sans état d’âmes. ATT, «l’homme du 26 mars» tirera sa révérence à la fin de la Transition. Bonjour Alpha Oumar Konaré!

Si des progrès ont été effectivement enregistrés dans l’amélioration du cadre de vie - Bamako s’est littéralement métamorphosée – c’était en trompe-l’œil, car c’est sous Alpha que l’affaiblissement de l’armée a commencé. Alors que, dans tout pays qui se respecte l’armée, est censée être la colonne vertébrale de l’Etat. Interrogé récemment par un journaliste occidental, Vladmir Poutine, le Président russe, a martelé: «<em>le seul partenaire stratégique de la Russie, c’est son armée et sa flotte navale</em>».

Pour Alpha Oumar Konaré, dans une démocratie, on n’a pas besoin d’une armée forte. Naïveté ou machiavélisme? Allez savoir… Toujours est-il qu’une armée forte, loin d’être une menace, est plutôt un gage de stabilité pour tout régime. D’autant que, dans cette jungle qu’on appelle monde, où seuls les intérêts géopolitiques comptent, le droit international n’existe que pour les simples d’esprit.

Concomitamment, le Président Konaré, à l’instar de Moussa Traoré et d’ATT sous la Transition, fera semblant de lutter contre la corruption. En réalité, elle connaîtra une véritable explosion sous nos «<em>démocrate sincères et convaincus</em>». Des dossiers «stratégiques» sont mystérieusement classés sans suite, le menu fretin est embastillé «pour donner des leçons», et de gros requins de haute mer continuent de «bouffer» tranquillement la part de milliers, voire des dizaines de milliers, de Maliens ordinaires.

C’est pendant les 10 ans des deux mandats d’ATT que la corruption connaitra son âge d’or. Une corruption qui s’accompagnera d’un incivisme tous azimuts. Jetez plutôt un coup d’œil à la circulation à Bamako… Sous ATT, c’est le laisser-aller, le laisser-faire. La corruption est entrée jusque dans l’armée, comme on le voit à travers le paiement de bakchichs à l’occasion des recrutements. Idem pour l’entrée dans la Fonction publique.

L’homme du 26 mars, tout Général de Brigade qu’il fût, n’en a pas moins continué le même travail de sape de l’armée qu’Alpha Oumar Konaré et la même politique de «la valisette» en faveur de Iyad Ag Ghaly et des supposés rebelles de l’Adrar des Ifoghas. Iyad en a profité pour bâtir sa propre légende, avant de se poser en pire ennemi du Mali.

Depuis le déclenchement de la crise multidimensionnelle dont nous peinons à sortir, Alpha Oumar Konaré s’est emmuré dans un silence assourdissant. Que se reproche-t-il, lui qui, en d’autres temps, avait le verbe haut? Cette attitude peut se révéler contre-productive, car dans ce pays de l’oralité son mutisme peut être interprété comme un aveu, reine des preuves s’agissant des rumeurs folles qui courent sur lui dans les «grins», les chaumières et les salons feutrés.

La corruption a continué à prospérer sous la crise, donc en partie sous le Président Ibrahim Boubacar Kéïta, tel que révélé par le dernier rapport du BVG. En se basant sur ses états de service comme Premier ministre d’Alpha Oumar Konaré, on pensait que le toréador de Sébénicoro avait les reins assez solides pour prendre ce taureau par les cornes. Pour le moment, on voit plutôt des gesticulations.

Au regard de la crise sans précédent que le Mali vit, le Président Modibo Kéïta n’a certainement de cesse de se retourner dans sa tombe devant le triste spectacle de ce que l’élite malienne a fait de son héritage. Lui qui n’avait pas hésité, un seul instant, à montrer avec fermeté la porte de sortie du Mali à l’armée française, en 1961.

Question: ceux qui se proclament héritiers de Modibo Kéïta le sont-ils réellement?

<strong>Yaya Sidibé </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Œuvres d’amadou Hampaté Ba :  Un repère pour la jeunesse malienne d’aujourd’hui</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/oeuvres-damadou-hampate-ba-un-repere-pour-la-jeunesse-malienne-daujourdhui-980452.html</link>
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<description><![CDATA[ La signature de l’accord de paix et l’anniversaire de la mort d’Amadou Hampaté Bâ ont fait doublement du 15 mai une date historique pour l’ensemble des Maliens. 
 ]]></description>
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<pubDate>Sat, 23 May 2015 10:36:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Débat</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Originaire de Bandiagara (chef lieu du pays dogon au Mali), peul et disciple du maître Thierno Bocar, ethnologue et fondateur de l’Institut des Sciences Humaines de Bamako, Amadou Hampaté Bâ est né probablement en janvier 1900 et mort le 15 mai 1991. La traduction orale ouest-africaine lui doit beaucoup, en ce sens que son ouvre multiple est dominée par la volonté de transmettre et de préserver le patrimoine oral traditionnel africain.

L’affirmation selon laquelle «la jeunesse est en manque de repère» défraie aujourd’hui la chronique. Au vu de ce constat, l’association pour le changement de comportement de la jeunesse malienne (ACJM) a décidé, cette année, de construire un pont reliant Amadou Hampaté Bâ à la jeunesse du Mali.

Pour ce faire, elle a tenu samedi 16 mai une conférence au Grand Hôtel dont le thème était : «œuvres d’Amadou Hampaté Bâ : quel repère pour la jeunesse malienne d’aujourd’hui ?». À en croire son président, Youssouf Traoré, cette journée avait pour objectif de revaloriser la culture africaine et particulièrement celle du Mali, à travers les œuvres d’Amadou Hampaté Bâ d’une part, et d’autre part, de permettre à la jeunesse malienne de s’en inspirer pour résoudre les problèmes d’ordre socio-économique et culturel.

<strong>  Arouna Traoré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-17-881632.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 26 Mar 2015 16:32:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_602132" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/10/Me-Kassoum-Tapo.jpg"><img class="wp-image-602132 size-medium" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/10/Me-Kassoum-Tapo-300x226.jpg" alt="Contrat d’armement -surfacturation de 29 milliards de F CFA : Les avocats de la société Guo Star sortent de leur réserve, démentent tout lien avec Sidi Mohamed Kagnassi" width="300" height="226" /></a> Me Kassoum Tapo[/caption]

<strong><em>Le rappel de ces propos n’à point comme objectif d’allumer un quelconque feu. Loin de là notre intention. </em></strong>

<strong><em>Seulement, faut-il rappeler aux uns et aux autres que, si les paroles s’envolent, les écritures quant à elles, restent.</em></strong>

&nbsp;

<strong>Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</strong>

<em>« Nous avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement ». </em>

&nbsp;

<strong>Adam Thiam, chroniquer  journal Le Républicain 1999 </strong>

<em>« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et que, quelque grande que soit la distance jusqu’au paradis, la descente aux enfers du pays est bien finie ».</em>

&nbsp;

<strong>Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :</strong>

<em>« Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées, le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la difficulté de les attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer ».</em>

&nbsp;

<strong>Dr Modibo Soumaré, Président de l’amicale des anciens de l’AEEM : Avril 2002</strong>

<em>« IBK est prêt à vendre son âme au diable pour le pouvoir ».</em>

&nbsp;

<strong>Professeur Yoro Diakité, Président du BARA 2003 </strong>

<em>« L’élection du Président du Parlement le 16 Septembre 2002 a fini de révéler toute la pourriture de la classe politique et sa capitulation devant l’envie gloutonne de partager le gâteau national. Car, des gens qui, hier encore se détestaient royalement comme des pots pourris, ont fini par s’entendre sur le dos du peuple ».</em>

&nbsp;

<strong><em>Alpha O. Konaré Président de la République 2000</em></strong>

<em>Il s’agit pour nous de gouverner l’avenir plutôt que d’en être le jouet. L’intégration seule, il faut le dire, nous permettra de gérer les conditions créées par le déclin des deux principaux champs de force qui ont organisé depuis 40 ans les relations internationales. Il n’y aura désormais de solutions que collectives aux menaces, aux tentatives de déstabilisation dont nous pourrions être l’objet.</em>

&nbsp;
<h3><strong>Amadou Toumani Touré, Président du CTSP </strong></h3>
<em>« Depuis que Moussa Traoré est tombé, nous assistons à une prolifération d’hommes braves ».</em>

<strong>Bakary Karembé, ancien Secrétaire général de l’UNTM (Mai 2000)</strong>

<em>« Moussa Traoré avait presque accepté de démettre le gouvernement, proposant en sourdine des portefeuilles aux plus affamés d’entre nous. Histoire d’aiguiser l’appétit ! Nous avons dit « non » sachant bien que certains étaient bien tentés ».</em>
<h2>Djiguiba Kéïta dit PPR, PARENA : 2001</h2>
<em>« Le Mali nouveau, ce n’est pas le MPR qui peut le bâtir, c’est nous, c’est-à-dire les autres, ceux qui ont combattu le système dont le MPR se réclame ».</em>

Feu Me Demba Diallo

<em>« Aujourd’hui, Moussa Traoré peut se targuer d’avoir été trop bien traité par rapport à ce qu’il a réservé à ses adversaires et même à ses amis, morts dans les conditions que l’on sait à Taoudénit ».</em>
<h1><strong> </strong></h1>
<h3><strong>Général Moussa Traoré, Président de la République : 1979 </strong></h3>
<em>« Ce qui m’a énervé et vexé, la bande des quatre, c’est Karim Dembélé qui vient me présenter dans une mallette 24 millions que j’ai refusée, mais que ma femme prendra à mon insu ».</em>

&nbsp;

Oumar Mariko, Secrétaire général AEEM (1992)

<em>« L’AEEM n’avait pas comme objectif de renverser Moussa Traoré » </em>

<strong>Pr. Mohamed Lamine Traoré, Secrétaire national du MIRIA (1999)</strong>

<em>« Il est impossible de faire du neuf avec du vieux »</em>

&nbsp;

<strong>Professeur Yoro Diakité, Président du BARA (2003) </strong>

<em>« Le Mali a une démocratie éclopée ».</em>
<h2>Sambi Touré, Directeur de Publication Info-Matin 19 Août 1999</h2>
<em>« Toujours est-il que, pour le commun des acteurs du 26 Mars, IBK demeure une recrue de la 25<sup>ème</sup> heure, parachutée à la tête du gouvernement ».</em>

<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </strong>

<em>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</em>

<em> </em>

<strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mars 1991 &#45; Mars 2015 : Devoir de mémoire</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mars-1991-mars-2015-devoir-de-memoire-881042.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 26 Mar 2015 03:00:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_73230" align="alignleft" width="250"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/06/Moussa-Traore.jpg"><img class="size-full wp-image-73230" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/06/Moussa-Traore.jpg" alt="Moussa Traoré GMT" width="250" height="191" /></a> Moussa Traoré GMT[/caption]

<strong><em>Il y a 24 ans, le général Moussa Traoré, face à la crise profonde qui sévissait dans le pays, promettait de faire porter au peuple malien une couronne d'enfer.  Et la macabre promesse, (hélas) avait été tenue.</em></strong>

Des 1981 à 1997, l'UDPM avait organisé 4 Congrès, sans jamais trouver une seule solution aux différentes crises qui secouaient la Nation et faisait fi de la corruption, du népotisme et de l'injustice qui rongeaient le pays.

Moussa Traoré en personne, passait aux aveux en Mars 1987 dans une interview accordée à "Jeune Afrique" : <strong>"Le parti n'existe pas ! Seuls des malhonnêtes m'entourent, tous mes compagnons sont corrompus".</strong>

Et pourtant, de ces « compagnons corrompus », il ne se débarrassera jamais. Et pour cause !

Au cours de la décennie 1980, le Mali, était amené à appliquer le PAS (Programme d'Ajustement Structurel) qui a entraîné l'accroissement des clivages sociaux en favorisant l'émergence d'une grande frange d'exclus du système économique. Pauvres esprits, que ceux-là qui feignent d'oublier (et tentent de faire oublier) que, c'est sous et par Moussa Traoré, que notre pays s'est trouvé sous ajustement structurel !

La paupérisation des couches sociales connut ainsi un véritable coup d'accélérateur : compressions, réduction de l'enveloppe des bourses universitaires, chute du pouvoir d'achat et surtout une accumulation des salaires des travailleurs qui n'étaient payés qu'une ou deux fois par trimestre.

Pendant ce temps, le pouvoir n'a cessé de se fasciser.

C'est le début des provocations, intimidations, et interdictions des manifestations programmées par les associations CNID-ADEMA.

On gaze et on matraque les responsables des associations démocratiques dont le seul crime aura été de vouloir incarner les aspirations du peuple, au changement par voie démocratique. Ensuite, l'on s'attaque aux élèves et étudiants.

Couvre-feu, Etat d'urgence, Etat de siège, étaient vécus quotidiennement par le peuple.

Et pourtant, le peuple malien ne demandait que le dialogue, la confrontation des idées sur l'avenir du pays, la liberté d'expression, d'opinion et la possibilité pour chacun de militer dans le parti politique de son choix.

GMT et ses valets y ont opposé un refus catégorique, car leur pouvoir ne reposait que sur la force, l'intimidation, la terreur et la persécution.

Mais la patience du peuple avait atteint ses limites et les Maliens avaient décidé de prendre en main la conduite de leur destinée, malgré l'exorbitant prix à payer.

Le reste est connu : GMT avait promis d'abattre l'enfer sur le Mali et il l'a fait.

Une étape de notre histoire écrite dans le sang des fils du pays, le sang des martyrs.

Ils ont osé tirer sur les jeunes jusque dans les hôpitaux et cimetières. Ils ont froidement brûlé des manifestants dans l'enceinte du "Sahel Vert », le transformant en four crématoire à l'instar des "nazis".

GMT, alors, a fait ce qu'il avait promis et auquel aucun malien n'aurait jamais osé croire.

Sourd à toutes les sollicitations, le pouvoir de GMT qui pouvait éviter au pays le cycle des violences, des règlements de compte, le risque de guerre civile, a choisi, par orgueil et par mépris, l'affrontement, parce que, sûr de sa force, de ses armes.
<h1>La "couronne d’enfer"</h1>
Ainsi, le Mercredi 20 Mars 1991, à l’instar de Bamako, d’autres villes du Mali subissent l’enfer promis par le Général tyran Moussa Traoré. Après Koulikoro, Kita, Sikasso et Ségou, c’est la petite ville de Dioila qui ramassait ses morts. Quatre blessés graves sont évacués sur l’hôpital Gabriel Touré de Bamako. C’était quatre élèves : Moussa Mariko (14 ans, 4<sup>e</sup> année école Soloura de Dioila) Alamako CAMARA (20 ans, lycée de Dioila) ; Issa Diarra (13 ans 4<sup>è </sup>année) et Tidiani Sissoko (13 ans 4<sup>e</sup> année). Alamako Camara a perdu à jamais l’usage de son œil gauche ; Moussa Mariko a dû subir une opération chirurgicale de l’abdomen afin d’en extraire les plombs qui y étaient logés ; Issa Diarra et Tidiani Sissoko, avaient quant à eux, reçu des plombs sur tout le corps. Pendant ce temps, à Sikasso le jeune Dramane Konaté, élève en 9<sup>e</sup> année, était tué et plusieurs autres grièvement blessés.

A Bamako, c’est surtout le 23 Mars 1991 que devait avoir lieu le grand carnage. Il était ce jour-là 11 h 50 mn, lorsque des manifestants brisèrent les vitres de la boutique ADC-Mali, sise à l’immeuble Sahel Vert. La marée humaine s’y engouffra. Quelques minutes après, un camion militaire chargé d’hommes en uniforme, armés de fusils de guerre et de grenades offensives et du blindé n° 3508, arrivèrent sur les lieux. Les engins se vidèrent de leurs occupants en uniforme qui lancèrent les grenades dans la boutique pleine (de monde) comme un œuf, avant de « canarder » les occupants. Les flammes hautes, de plus de 2 mètres, atteignirent facilement le premier étage. Impuissants, les autres manifestants n’ayant pu trouver refuge dans la boutique infernale, assistèrent à la cuisson de leurs compagnons.

A 12 h 22 mn, il n’ y avait plus aucun espoir de sauver une seule personne.

Tous les manifestants qui étaient à l’intérieur de l’immeuble Sahel Vert ont été calcinés. Et, des fenêtres noircies par les flammes, l’on pouvait observer les ossements humains : crânes, fémurs, etc.

Une équipe de secours de l’hôpital Gabriel Touré et les sapeurs pompiers, arrivèrent une heure plus tard… Mais, c’était seulement pour constater l’horreur.

Au même moment, la folie meurtrière de GMT frappait partout, dans tous les quartiers de Bamako.

La morgue de l’hôpital Gabriel Touré était devenue trop petite pour accueillir les morts.

Les couloirs de l’hôpital devaient alors servir de lieu de réception des cadavres.

Le Général Moussa Traoré, venait de tenir sa promesse macabre : faire descendre « une couronne d’enfer » sur la tête de ses concitoyens.

Cette journée a été singulière en termes de bilan funèbre, mais elle n’avait rien d’unique. Elle avait été, elle devait être saisie comme l’illustration et le condensé répugnants et révoltants des souffrances multiformes imposées à notre peuple par Moussa Traoré et le système qu’il a initié et représenté 23 années durant. Une illustration du calvaire des innombrables Maliens, même anonymes, victimes fauchées par les assassins en Janvier et en Mars 1991.

Ces actes de génocide n’ont épargné aucun groupe social, ni force potentiellement organisée, dans aucun secteur économique ou géographique du pays.

Les « couronnes d’enfer » tressées sur leurs têtes par le dictateur Moussa Traoré ont finalement uni dans la mort, une mort atroce et injustifiable les fils du pays. Et c’était prémédité, programmé et annoncé à l’avance !

Afin que la mémoire ne se meure, que le sacrifice ne soit pas vain et que l’idéal continue de guider nos pas et nos actions, rappelons et célébrons, toujours et à jamais, le 26 Mars 1991, fondation et fondateur de la 3è République.

Pardonner, oui ! Mais à condition que ce pardon ne requiert l’oblitération et le délaissement de l’idéal du 26 Mars.

<strong>Boubacar Sankaré</strong>

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<title>Rétro : 28 février 1978&#45;28 février 2015</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retro-28-fevrier-1978-28-fevrier-2015-852992.html</link>
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<description><![CDATA[ Il y a de cela 37 ans que les lieutenants-colonels Kissima Doukara, Karim Dembélé et Tiécoro Bagayoko, respectivement ministre de la Défense, de l’Intérieur et de la Sécurité, ministre des Transports et des Travaux publics et directeur général des services de sécurité, sont arrêtés pour haute trahison
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<pubDate>Wed, 11 Mar 2015 03:31:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Informateur</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>LE MESSAGE DU COLONEL MOUSSA TRAORE A LA NATION                                                                                    </strong>

<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2015/01/Moussa-Traore.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-722262" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2015/01/Moussa-Traore.jpg" alt="Spéculation foncière à Faladiè IJA : Samba Diarra dans l’œil du cyclone ! Le Général Moussa Traoré et son fils Idy cités." width="234" height="343" /></a>C’est par cette allocution prononcée au journal de 20 h 15 de Radio-Mali le 28 février1978 que le colonel Moussa Traoré, président du Comité militaire de libération nationale (CMLN), a justifié l’arrestation de trois de ses ex-compagnons, pour haute trahison.

&nbsp;

«  Maliennes, Maliens,

Vous savez qu’il est difficile d’honorer un serment surtout lorsque des intérêts particuliers et sordides sont en jeu.

Le serment de servir avec fidélité et honneur un peuple exige, à notre sens, un don de soi à ce peuple ; il exige, ce serment, que l’on place les intérêts supérieurs du peuple au-dessus de tout.

Il ne faut pas, ici, rien voiler ni rien taire. Mais je me contenterai de dire que si, pour certains, la sauvegarde des intérêts de notre peuple passe avant tout, pour d’autres, les intérêts particuliers demeurent fondamentaux. Le reste vous le savez.

Les seconds ne voyaient que la protection ou plus exactement la sauvegarde de leurs intérêts égoïstes et ils étaient pour cela prêts à tout.

Vous vous souviendrez, chers compatriotes, des rumeurs qui ont circulé après le remaniement du 7 janvier dernier. Vous vous souviendrez également du fameux tract intitulé : «  Le Mali, un gouvernement sous l’autorité du CMLN/Une administration dirigée par l’Impératrice » et bien d’autres encore.

Tout ceci visait à saper le moral de notre peuple, à faire paraître le régime comme pourri et à s’emparer du pouvoir d’une manière ou d’une autre.

Pour éviter donc une éventuelle effusion de sang dont notre peuple n’a que faire, le Comité militaire de libération nationale a décidé d’arrêter les ex-lieutenants-colonels Kissima Doukara, Karim Dembélé et Tiécoro Bagayoko, respectivement ministre de la Défense, de l’Intérieur et de la Sécurité, ministre des Transports et des Travaux publics et directeur général des services de sécurité, pour haute trahison, diffusion de secrets d’Etat, mensonges et spéculations.

Nous allons immédiatement approfondir le contrôle de la gestion de leurs départements ministériels et services.

D’ores et déjà, soulignons en ce qui concerne l’ex-lieutenant-colonel Kissima Doukara, qu’il a été le président de la Commission nationale d’aide aux victimes de la sécheresse et qu’il a eu à ce titre, à utiliser de manière frauduleuse, les ressources provenant de la vente des céréales. C’est ainsi qu’au titre des transports, notre gouvernement doit à certains privés la bagatelle somme de plus de 600 millions de francs maliens.

Ajoutons à cela ses réalisations cossues qui dépassent largement le cadre de ses moyens et aussi et surtout la division qu’il a sciemment créée au sein de l’Armée en instituant un véritable îlot de prospérité dans un désert de misère. La discipline était bafouée et la hiérarchie méconnue.

Pour l’ex-lieutenant-colonel Tiécoro Bagayoko, il apparaît inutile d’épiloguer sur son cas tant ses agissements sont connus de tous. Il personnifiait la terreur et la calomnie.

En ce qui concerne enfin l’ex-lieutenant-colonel Karim Dembélé, je laisse le soin à vous, Maliennes et Maliens, de constater ce qu’il a pu réaliser en si peu de temps et à Bamako, et à Koutiala et à l’étranger.

De tels hommes, bien entendu, ne voyaient que leurs intérêts personnels et c’est pourquoi, l’Armée, qui ne pouvait plus laisser ces ivraies ternir son image de marque, a décidé de prendre toutes ses responsabilités face à notre peuple et face à l’Histoire.

C’est l’heure de la justice et de l’assainissement qui vient de sonner en même temps que l’heure de la compréhension, de la fraternité et du travail bien accompli.

Fini le règne des abus et de la terreur ; fini aussi celui de l’accaparement sordide et effréné.

Maliennes, Maliens,

C’est en défendant les intérêts supérieurs de notre peuple que l’Armée est intervenue dans la vie de notre pays le 19 novembre 1968 et c’est en défendant ces mêmes intérêts qu’elle vient encore une fois d’intervenir.

Elle sait qu’elle peut compter à tout moment sur votre détermination, votre disponibilité et votre courage.

Paysans, éleveurs, pêcheurs, artisans, commerçants, ouvriers et fonctionnaires, à quelque niveau que vous soyez, redoublez d’ardeur et d’effort pour la sauvegarde du prestige, de la liberté et de la dignité de notre pays et de notre peuple.

Vive la République ! »

&nbsp;

(Source : L’Essor du 1er mars 1978)

&nbsp;

<strong>Séran SACKO</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables :  Alpha O. Konaré Président de la République 1996</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-o-konare-president-de-la-republique-1996-807772.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 17 Feb 2015 03:29:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>« La terre est l’héritage commun de tous. Nul ne se sauvera sans les autres ! Nul ne se sauvera sans l’Afrique ».</em>

&nbsp;

<strong>Me Demba Diallo (Novembre 1999)</strong>

« Des juristes pour la cause de leur ventre, ça fait frémir ».

&nbsp;

<strong><em>Chebane Coulibaly, Directeur bimensuel Cauris (Octobre 1994)</em></strong>

<em>« Il y a eu plus de morts avec Moussa Traoré (1990 – 1991) que durant toute la rébellion des années 1962 – 1963 ».</em>

<em> </em>

<strong><em>Me Adame Bâ Konaré, épouse de l’ancien Président Alpha (Mars 2000)</em></strong>

<em>« Les femmes sont encore confrontées à des problèmes de droit. Moi-même, je suis particulièrement sensible à cela. Je sais que les décisions de justice malheureusement ne sont pas toujours rendues à la satisfaction des femmes. J’enrage souvent de voir que les femmes sont les souffre-douleurs dans les foyers par rapport aux lois. </em>

<em> </em>

<strong><em>Colonel Youssouf Traoré, Avril 2000 (à propos de IBK) </em></strong>

<em>« Le nouveau Premier Ministre, ex-conseiller à la Présidence est peu connu sur la scène politique. Mais, au fil des mois et des ans, il se révèlera comme un homme sans foi et sans loi, ayant comme seuls moyens de gouverner, l’arrogance, l’injustice et la répression de type stalinien ».</em>

&nbsp;
<h3>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Juin 1997)</h3>
<em>"Nous ne pouvons considérer comme une fatalité le fait que soit concentré aux mains d’une minorité le fruit de l’effort commun, pendant que la grande majorité du peuple est condamnée à la misère et au désespoir." </em>

<strong>Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</strong>

« Nous <em>avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement </em>».

&nbsp;

<strong><em>Professeur Yoro Diakité, Président du BARA 2003 </em></strong>

<em>« L’élection du Président du Parlement le 16 Septembre 2002 a fini de révéler toute la pourriture de la classe politique et sa capitulation devant l’envie gloutonne de partager le gâteau national. Car, des gens qui, hier encore se détestaient royalement comme des pots pourris, ont fini par s’entendre sur le dos du peuple ».</em>

&nbsp;

<strong><em>Général ATT Président de la République (Juin 2003)</em></strong>

<em>Quelque soit votre volonté de lutter contre la corruption, si vous avez une justice qui ne soit suit pas, vous perdez votre temps. »</em>

<strong>Rassemblés par</strong>

<strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Fruits rouges : La Françafrique par mercenaires et traîtres interposés (partie 13)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/fruits-rouges-francafrique-mercenaires-traitres-interposes-partie-13-683842.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 09 Dec 2014 02:00:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>Zénith Balé</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L'opération Serval peut aussi s'expliquer par la nécessité militaire de donner du service à des éléments qui ont fait l'Afghanistan. Un service que les Etats-Unis rendent en faisant avancer le pion français au Mali, d'autant que les marines et autres GI's ont encore quelques affaires à régler en Afghanistan. De plus, cela passe mal pour les Etatsuniens de s'ingérer dans un pays d'Afrique après la Libye, la Syrie et le Yémen où ils n'ont pas laissé une bonne impression au sein de l'opinion musulmane.</em></strong>

Entreront-ils au Mali en 2014, lorsque leur retrait d'Afghanistan sera total, et surtout lorsque les conditions militaires et/ou politiques auront été réunies ? Le pourrissement de la situation au Mali servira probablement de prétexte d'une entrée des Etats-Unis, et l'histoire montre que les Américains apprécient les conflits ouverts par les Français, le Vietnam étant le meilleur exemple. La France s'est donné le mandat de s'immiscer au Mali à coups de mensonges et subterfuges. Hollande a dit qu'il laissait la doctrine néocolonialiste Françafrique derrière lui, mais elle colle à la politique extérieure française, surtout dans le lourd héritage d'un parti socialiste marqué de forts relents mitterrandiens. Sarkozy l'a prouvé en Côte d'Ivoire, en se donnant ainsi un véritable pouvoir politique dans ce pays après avoir dégommé Gbagbo et placé Ouattara, comme Chirac l'a fait en 1999, en fomentant un coup d'Etat militaire contre le président Henri Konan Bédié, ouvrant ainsi pour ce pays plus d'une décennie de guerre, de massacres et de violences ethnico-religieuses. Laurent Gbagbo avait fermé la base française d'Abidjan, alors la France imposera Ouattara qui prétendait avoir gagné les élections face à son prédécesseur : il permettra le maintien de la base française. Au Tchad, la France maintient un millier d'hommes appelés dans le cadre du dispositif Epervier mis en place pour sauver un certain criminel, Hissène Habré, le président tchadien putschiste installé par la France et qui a appelé Paris à l'aide lorsque le président déchu, Goukouni Oudeï, a essayé de reprendre le pouvoir avec l'aide de Kadhafi, en 1986. Responsable de la mort de presque 40 000 personnes et de nombreux assassinats politiques, Habré sera d'ailleurs arrêté, mais, à ce jour, la France ne permet pas son jugement par la cour internationale de justice. La fin de la mission de l'opération Epervier au Tchad est proche et elle risque d'être fermée d'autant, qu'en 2010, le président Idriss Deby avait reproché à la France de ne rien payer pour sa présence militaire. Une opération coup-de- poing au Mali va donner à réfléchir à ces présidents qui osent chasser les troupes françaises et suivre les conseils de l'artiste Alpha Blondy qui chantait : "<em>Armée française allez-vous en ! Allez-vous en de chez nous… Nous ne voulons plus d'indépendance sous haute surveillance</em>." En 1960, l'armée française comptait 30 000 hommes en Afrique ; en 1980, 15 000 ; aujourd'hui, ils sont à peine plus de 5 000, répartis sur trois bases : au Gabon (980), au Cap-Vert (1 200) et le plus gros contingent est à Djibouti (2 900). Rien qu'en 2011, près de 2 500 soldats ont quitté Djibouti (république de Djibouti), Dakar (Sénégal) et Abidjan (Côte d'Ivoire) où la force Licorne n'est plus que de 450 hommes. Avec un budget de 800 millions d'euros par an en 2008, pour la présence française en Afrique (sur un budget militaire français de 31,4 milliards d'euros en 2013), la France ne peut pas avoir les mêmes objectifs géostratégiques que les Etats-Unis qui octroient à la Défense près de 50% du budget étatique alors qu'en France, il n'est que le deuxième après l'éducation. En début d'année, la fermeture de la base française au Sénégal avait confirmé le désir de plusieurs chefs d'Etat africains de voir ces symboles de la Françafrique disparaître. Le président sénégalais Abdoulaye Wade a récemment déclaré que le Sénégal ne sera "<em>pas le dernier pays à maintenir une base (militaire) française en Afrique. Il ne peut pas y avoir d'agressions extérieures, j'ai beau réfléchir, je ne vois pas qui peut agresser le Sénégal</em>".

<strong>L'ingérence au nom du droit de défendre…</strong>

Cette fermeture des bases françaises en Afrique n'explique-t-elle pas l'acharnement de François Hollande à intervenir au Mali pour l'aider à se débarrasser des méchants <em>"islamistes"</em><em> </em>? Le drame n'a-t-il pas été scénarisé depuis le début, avec des armes qui se perdent en Libye, des partis fantoches qui se créent comme des champignons sous la pluie ? Beaucoup de peuples arabes n'ont pas pris conscience de la supercherie de cet hiver appelé <em>"Printemps arabe"</em> qui a amené des wahhabites au pouvoir et dans leur suite, et des crises à la chaîne, dont celle du Mali pourrait ouvrir la boîte de Pandore d'un terrorisme pour des décennies. L'objectif avoué d'une intervention au Mali est la lutte antiterroriste, mais cet alibi a souvent eu bon dos pour l'occupation de régions convoitées, si ce n'est un argument créé de toutes pièces, les cas afghan et irakien étant des classiques des nouvelles ruses de l'impérialisme camouflé en ingérence humanitaire. En effet, le vœu du sioniste français Bernard Kouchner finira par se concrétiser, et l'ONU par adopter une résolution en 2009 autorisant la responsabilité de protéger, la R2P (Responsibility To Protect) qui permet à la <em>"communauté internationale"</em><em> </em>de s'ingérer pour pallier les <em>"défaillances"</em><em> </em>d'Etats incapables de prendre en charge leur propre population. C'est pour sauver des populations civiles de prétendus massacres que l'ONU a adopté la résolution 1973 qui a permis à l'OTAN d'intervenir en Libye. Au nom de cette ingérence humanitaire, la France est pressée d'intervenir pour s'incruster dans un Mali convoité dont le président déchu, Amadou Toumani Touré, lui aurait refusé l'installation d'une base militaire. En forçant la main aux nouvelles autorités, putsch-invasion-libération aidant, Paris finirait par avoir sa base. Les Etats-Unis, eux aussi, cherchent un pays où installer la base de l'Africom, et ils la trouveront probablement dans le pays qui s'avérera le plus faible ou le plus choyé par de futurs libérateurs : le Niger où, selon le New York Times, ils viennent de décider de la création d'une base pour le lancement de drones, ce qui augure de beaux jours pour Al-Qaïda, Ansar Dine, Mujao et autres mercenaires pseudo-djihadistes dans la région. Le fait que les Américains participent à l'intervention française n'annule pas tout ce qui vient d'être dit plus haut sur la différence de point de vue entre la Maison- Blanche et l'Elysée, car il n'y a pas de différend entre puissances amies mais néanmoins rivales. Tout n'a été que mensonges et camouflage pour préparer les conditions d'une intervention au mépris des milliers de réfugiés, des morts et des mains coupées ? L'impérialisme français ou américain n'a jamais fait cas de la vie humaine, et ce qui se passe en Syrie, en Irak et au Pakistan montre l'insensibilité implacable des atlantistes. Le raid israélien contre la Syrie pendant que les pays de l'OTAN y envoient leurs mercenaires atteste que notre analyse est juste. Maintenant, on comprend aussi pourquoi ni la France ni les autres pays, qui ont accouru avec leurs avions au Mali, ont préféré cette option à mettre la main à la poche pour offrir la modique somme de 375 millions de dollars nécessaire aux forces de la Misma. On comprend aussi pourquoi l'ONU n'a pas demandé une aide internationale pour les réunir ni pour l'envoi des troupes africaines : l'intervention française était déjà dans les plans entre Obama, Hollande et Cameron. Les Russes, préoccupés à sauver la Syrie, ne se sont pas ingérés dans la question : ils ont été éjectés de l'Afrique, y compris par cet ancien ami algérien qui a participé aux exercices de l'OTAN en même temps qu'Israël en 2010… Plusieurs auteurs partagent la thèse du complot impérialiste au Mali, la France, l'ancien maître colonial est naturellement choisi <em>"parmi les puissances occidentales pour diriger une aventure néo-impérialiste dans cette région stratégiquement importante"</em>, écrit Finian Cunningham, un journaliste irlandais. Les sommes dépensées par l'armée française dans le cadre de l'opération Serval (pour rendre servile ?) ont dépassé 30 millions d'euros en une semaine sur un budget de 630 millions d'euros destiné aux Opex (opérations extérieures) par le ministère de la Défense français, ce qui signifie d'ailleurs que ce budget ne pourrait pas tenir plus de deux mois. Cela signifie-t-il, par conséquent, que la France va se désengager du conflit malien au-delà de mars-avril, ou bien, va-t-elle s'engager pour une durée imprévisible malgré sa récession économique ? On ignore si les pays du Golfe vont payer la facture comme en Libye et en Syrie, car il n'a rien filtré de la visite de Hollande aux EAU. Le 13 janvier, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a dit que la France n'a <em>"pas vocation à rester éternellement dans ce pays"</em>, ce qui contredit ses propres déclarations quinze jours plus tard et celles d'autres officiels français.

<strong>Les associations <em>"caritatives"</em><em> Q</em>ataries</strong>

Quelle va être la durée du conflit ? Militairement, il aurait été très facile pour l'armée malienne à elle seule de se débarrasser de ces bandes criminelles, à condition que le fonds de commerce de l'Azawad ne soit pas utilisé. Les Maliens ont subi un traumatisme qui les place dans le camp de l'opposition totale aux islamistes qu'ils aideront à éradiquer et à combattre. Sages, les Touaregs ont compris que leur credo a été sali par le MNLA. Ils ont conscience qu'un démembrement du Mali sera dramatique pour eux et pour la région, comme ils le voient dans un Soudan divisé mais instable. La deuxième condition est le départ rapide des forces occidentales, et la non-implantation de bases américaines ou françaises. Or, malheureusement, comme nous l'avons écrit plus haut, une base américaine va bientôt être créée au Niger. Les Français auront-ils la leur au Mali ? Dès lors que le ver sera dans le fruit à cause de ces bases, il sera impossible de prévoir une fin heureuse pour le conflit dans la région. Et tant que les associations <em>"caritatives"</em><em> </em>qataries financent le terrorisme et le soutiennent, y compris sur le plan médical et chirurgical, l'issue n'est pas optimiste, de surcroît si la Maison-Blanche fait toujours semblant d'oublier les accusations graves portées par l'amiral Giampaolo Di Paola, président du Comité militaire qui regroupe les chefs d'état-major des pays de l'OTAN, qui disait que <em>"plus de 10 000 missiles sol-air"</em><em> </em>ont été perdus par l'OTAN en Libye et celles portées par Mahmoud Jibril, le chef du parti au pouvoir dans ce pays, disant que le Qatar refuse de récupérer les armes <em>"oubliées"</em><em> </em>chez les groupes islamistes libyens, entendez par-là, celles du GICL (lire 2e partie). Le pays, qui accepte de servir de tremplin pour les forces atlantiques, permet la propagation du terrorisme. En Irak, dix années durant, Al-Qaïda - dont le but supposé était de nuire aux forces coalisées - a tué des centaines de milliers d'Irakiens à travers des attentats à la bombe dont la plupart n'étaient même pas placés à proximité des unités coalisées. Ce sont les forces révolutionnaires chiites et sunnites et quelques supporters de Saddam qui ont ciblé les 5 000 Américains et les quelques dizaines de Français ou d'Allemands, tués en Irak, et non pas les djihadistes financés, formés et soutenus par l'Arabie Saoudite et d'autres pays du Golfe pour créer le chaos dans ce pays et lui faire le plus de mal possible. Depuis le fameux <em>"Printemps arabe",</em> plusieurs pays servent de bases arrière aux groupes terroristes ou leurs assurent une formation : la Jordanie, la Turquie et le Liban abritent des milliers de terroristes qui sont en train de détruire la Syrie. 100 000 terroristes sont entrés en Syrie, dont 90% par le territoire turc. La Tunisie, la Libye et l'Egypte ont des agences et des agences de voyages servant au recrutement de terroristes destinés à la Syrie. Selon les déclarations d'un jeune Tunisien revenu de Syrie, après son recrutement dans une agence de voyages ayant pignon sur rue à Tunis, il aurait suivi une formation d'une semaine avant d'être transféré en Libye, puis vers la Turquie. Les terroristes d'aujourd'hui sont des mercenaires sans conviction, intéressés par l'argent qatari ou saoudien, les principaux payeurs des nouvelles guerres impérialistes par l'entremise du terrorisme. Le terrorisme <em>"islamiste"</em><em> </em>est transnational, mais il ne frappe que les pays musulmans et africains. Il est international mais les victimes sont musulmanes. Voilà pourquoi il y a dans les paroles de Hollande et de Cameron une indécence et un cynisme qui font honte. Le terrorisme est une création occidentale et il n'a jamais menacé ni touché les intérêts occidentaux : de nombreux ouvrages, les nombreuses preuves, les innombrables zones d'ombre attestent que tous les attentats où il y a eu des victimes occidentales ont un lien (de complicité avérée ou de négligence volontaire) avec la CIA ou les autres services de renseignements occidentaux. Les affaires libyennes, syriennes et maliennes attestent que l'Occident ne cache même pas son alliance avec le terrorisme.

<strong>Par Ali El Hadj Tahar (26 février 2013)</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Fruits rouges : Traîtres et mercenaires au service du néocolonialisme (partie 9)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/fruits-rouges-traitres-mercenaires-au-service-du-neocolonialisme-partie-9-642422.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 18 Nov 2014 01:41:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Zénith Balé</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le 15 janvier, après la demande d'intervention reçue de son homologue malien, François Hollande est parti aux Emirats demander des fonds pour l'intervention au Mali, et par la même occasion, il a visité la base navale française d'Abu Dhabi. Il sait que les musulmans ne se contentent pas d'envoyer leurs fils tuer d'autres musulmans, mais qu'en plus, ils mettent la main à la poche pour financer la liquidation de leur progéniture par les commanditaires.</em></strong>

<strong><em> </em></strong>

Cette visite entre dans le cadre du partenariat dont Obama a parlé dans son discours avant les<em> "printemps arabes"</em>, signifiant qu'il se fixait un but de créer une chaîne de<em> "partenaires" </em>avec un nombre incalculable de traîtres qui feraient de la surenchère pour abattre les derniers Etats qui résistent à l'impérialisme et même pour se détruire les uns les autres, non seulement pour se partitionner en mini-Etats à caractère ethnique, linguistique ou religieux. Auparavant, François Hollande était occupé à soutenir les bandes de mercenaires en Syrie, un autre cas d'école du terrorisme transnational créé et instrumentalisé par l'Occident : 90% des 100 000 terroristes qui activent dans ce pays sont d'origine étrangère. Tandis que Hollande veut <em>"lutter" </em>contre Ansar Dine au Mali, il recevait à l'Elysée le chef de l'Alliance syrienne, Ahmad Moaz Al-Khatib - un ancien imam intégriste de la Grande Mosquée des Omeyyades de Damas dont il a été chassé pour extrémisme - qui disait soutenir le groupe terroriste An-Nousra que les USA venaient de mettre sur la liste de groupes terroristes et qu'ils continuaient à soutenir eux aussi. Fabius se disait soucieux d'empêcher l'installation d'un Etat terroriste au Mali alors qu'il soutenait An-Nousra à installer des fiefs terroristes à Alep, à Hama, Homs, Damas et ailleurs afin de déboulonner le seul président laïc, progressiste et anti-israélien qui reste dans le monde arabe. La logique semble complexe, mais au fond, elle est très simple : il ne s'agit pas du deux poids, deux mesures envers les groupes djihadistes. C'est la même logique. Avant de les combattre, il faut les entretenir, et quand ils grossissent, on se met à les combattre pour les victimiser afin que Morsi, Ghannouchi, Hamad et consorts chauffent le tambour pour rameuter des hordes de mercenaires et de barbus, en brandissant le chéquier et le Coran. Les ventes d'armes seront en augmentation exponentielles, comme nous le verrons plus loin. Tous les groupes de mercenaires impliqués au Mali ont agi de concert avec une affectation de rôles pour chacun, y compris pour le MNLA qui fait semblant de se retirer du jeu lorsque l'intervention a lieu, alors que c'est par lui que tout a commencé. Il ne renoncera pas à ses velléités indépendantistes tant que le commanditaire n'a pas obtenu gain de cause : ses récentes déclarations donnent à penser qu'il sert toujours de moyen de pression pour la France. Comme l'invasion qu'il a guidée le 17 janvier 2012, le retrait qu'il opère s'inscrit dans une même démarche où rien n'est fortuit. Bien au contraire, tout a été programmé. Ce que disent les groupes de mercenaires importe peu, tout comme importe peu les déclarations de leurs soutiens wahhabites-salafistes-Frères-musulmans sur les médias et TV égyptiens, libanais, maghrébins ou des pays du Golfe. Dans leurs discours, ils disent leur <em>"haine" </em>de l'Occident, mais la vérité est tout autre : ils agissent au profit de l'Occident, dans le cadre défini par l'Occident, sous les ordres et avec les instructions express de l'Occident, soit directement via des centrales de renseignement comme la CIA, le SDECE et la DCRI française, le MI6, etc., ou par l'entremise du Qatar et de l'Arabie Saoudite qui peuvent aussi agir pour leurs propres agendas.

<strong>Françafrique et socialisme néocolonialiste</strong>

Après l'intervention française au Mali, il devient clair que les velléités séparatistes du MNLA sont plus dictées par les services secrets occidentaux que par des injustices réelles ou supposées. En Afrique du Nord, la majorité des communautés ont vécu des siècles sinon des millénaires en harmonie. Les conflits et les heurts ne sont apparus qu'avec le divide ut regnescolonial, et c'est le néocolonialisme qui a exacerbé les conflits, stigmatisé les différences, encouragé les divisions. Des faits troublants laissent penser que l'invasion du Nord-Mali par des rebelles et des terroristes financés par un même commanditaire obéit à un plan minutieux préparé avant la chute de Kadhafi. Quant à l'intervention française au Mali, elle risque de déraper et d'ouvrir le champ au dépeçage d'un pays ou même de toute une région, à sa mise à sac, voire sa partition, dans le genre des scénarios initiés par la France au Biafra (1967-1970), au Rwanda ou en Côte-d'Ivoire, et par les USA en République de Serbie, en Tchétchénie, en Irak, au Soudan… Pour montrer que le MNLA est toujours un groupe d'irrédentistes qui disent une chose puis son contraire, Moussa Ag Assarid, l'un des leaders du MNLA disait vouloir participer avec les forces françaises à lutter contre ce qu'il appelle les terroristes : "<em>Nous sommes en mesure d'accomplir le travail au sol. Nous avons des hommes, des armes et, par-dessus tout, le désir de libérer l'Azawad du terrorisme.</em>" En outre, dans un entretien accordé au Soir d'Algérie (22-26 janvier), Hama Ag Sid Ahmed, porte-parole du conseil du MNLA, dit que ses unités se déploient dans les territoires du Nord-Mali : à quoi sert donc une libération si elle ne désarme pas tous les belligérants ? Questionné sur l'éventualité de rejoindre les unités de la Misma, le porte-parole affirme que <em>"Bilal Ag Achérif, le président du Conseil transitoire de l'Azawad, avait fait une déclaration dans laquelle il expliquait très clairement que le MNLA ne s'allierait pas à la Cédéao. Nous estimons que ces forces, pilotées par l'armée malienne, ne connaissent pas la région et elles risquent fort de s'engager dans une guerre contre la "peau blanche". Cela risque de devenir très dangereux. Ces forces armées ne feront aucune distinction entre les populations civiles et les groupes terroristes."</em> Il ajoute : <em>"Voilà pourquoi nous privilégions les frappes aériennes ciblées au déploiement de troupes dans l'Azawad"</em>, entendant par-là les opérations des troupes françaises. Selon lui, les Français sur le terrain savent distinguer entre civils et terroristes ! Il se révèle davantage en disant : <em>"Je pense que nous aurons également à nous concerter avec les autorités françaises"</em>. Au nom de quelle légitimité il se concerterait avec les Français ? Cela signifie donc que les Français prennent langue avec ce groupe de mercenaires : c'est de l'ingérence pure et simple. Finalement, la France semble avoir ressorti un vieux projet gaullien de séparation du Sahara des autres pays - un projet datant de 1957 et appelé <em>"Organisation commune des régions sahariennes"</em> (OCRS) - et semble décidée à nous faire mordre la poussière avec, puisqu'elle trouve des traîtres dans chaque coin de nos pays (lire 7e partie). Si à l'Azawad, le MNLA veut donner une connotation ethnique, pourquoi donc ne pas y inclure Tamanrasset et tout le Sahara algérien, une partie du Niger, du Burkina Faso et du Sahara libyen ? La France a échoué en 1957, et veut gagner aujourd'hui en s'alliant à l'impérialisme franco-qatari. En créant le MNLA et en l'instrumentalisant, le socialiste Hollande commet le crime le plus grave de l'histoire postcoloniale de la France. Les relents de la Françafrique puent dans les discours faussement humanitaristes du plus mitterrandien des néocolonialistes. Aujourd'hui, l'objectif avoué d'une intervention au Mali est la lutte antiterroriste mais encore une fois, il s'avère que cet alibi fabriqué a souvent eu bon dos pour l'occupation de régions convoitées, si ce n'est un argument créé de toutes pièces : le cas malien s'ajoute donc aux cas afghan et irakien. La France garde le MNLA sous la main, car il pourrait encore servir de moyen de pression et énième ruse de l'impérialisme.

<strong>Les groupes de mercenaires fidèles à leurs maîtres</strong>

L'oncle du leader du MNLA, Moussa Ag Assarid, chef d'Ansar Dine, un autre groupe fantoche qui, lui, utilise l'islam comme fonds de commerce, suit le Qatar, dans une distribution des rôles apparemment écrite par l'ex-secrétaire à la Défense, Hillary Clinton, pour mettre plus de piquant à l'histoire et éparpiller les pièces du puzzle. Le Qatar fait mine d'être en colère contre l'intervention française ou bien l'est-il vraiment que son poulain, Ansar Dine, soit sacrifié et non pas le MNLA ? <em>"Nous espérons que ce problème puisse être réglé par le dialogue. Je pense que le dialogue politique est important et nécessaire. Je ne pense pas que la force règlera le problème"</em>, a dit Hamad Ben Jassem Al-Thani, le Premier ministre du Qatar. D'ailleurs, pour montrer sa reconnaissance à ses généreux donateurs du Golfe, Iyad Ag Ghaly a pris pour nom Cheikh Abou Elfadel, ce qui montre son mépris pour la culture touarègue. Ansar Dine était sur le point de proclamer un cessez-le-feu unilatéral, puis voilà qu'Iyad Ag Ghaly accuse ses représentants de trahison et quelques jours après il lance l'assaut contre la ville de Kona pour donner le signal à l'intervention française. Les Hamad du Qatar ont plus d'un tour dans leur sac : la preuve, un parti islamiste vient d'être créé au Mali. Il est issu d'Ansar Dine et se fait appeler : Mouvement islamique de l'Azawad. Maintenant, même les <em>"islamiques"</em> se revendiquent de l'Azawad et non pas du Mali. Si le prétexte indépendantiste ne réussit pas, le prétexte islamiste aura des chances. Finalement, tous les ramassis d'Ansar Dine se ressemblent : des mercenaires qui doublent leurs revendications islamistes de revendications sur le Nord-Mali. Quelle différence alors avec le MNLA ? Aucune, que la duplicité, la lâcheté et la ruse pour satisfaire les desiderata de la France. Mais ni les Touareg ni les autres factions du Nord-Mali ne se laissent duper. Le Mouvement islamique de l'Azawad a été créé pour diviser les Touareg et les peuples avec lesquels ils ont toujours vécu en harmonie. D'ailleurs, les scènes de pillage et de violence entre les différentes ethnies en représailles de celles subies depuis janvier 2012 à cause d'Ansar Dine et du MNLA attestent que le feu de la fitna a commencé, avec son lot de vengeances. Ce parti vise aussi à créer davantage de divisions au sein des Touareg et à politiser cette population dans le mauvais sens du mot, alors que pour eux, la citoyenneté se pratique dans les faits, par le travail et la solidarité traditionnels imposés par l'environnement hostile. Les credo ethniques comme les credo d'une <em>"Dawla islamiyya"</em> sont le camouflage entrant dans un projet global de partition et de destruction des Etats islamiques et de la nation islamique dans sa globalité. Les déclarations du MNLA autant que la création du parti islamiste touareg montrent que les causes et les effets sont intimement liés, pas uniquement au menu fretin des supplétifs et des valets, mais des ordonnateurs et décideurs de l'ombre. Tous les chefs des groupes maliens pseudo-djihadistes et pseudo-rebelles du MNLA et d'Ansar Dine viennent du même mouvement du MPLA et du MPA responsables des anciennes rébellions qu'Alger a eu à régler notamment en 1992 et en 2006. Mais aujourd'hui, ce sont des manipulateurs exogènes qui avancent ces pions sur le terrain. Depuis plus d'un siècle, les Etats-Unis utilisent le terrorisme comme soutien à leur politique étrangère : l'Afghanistan, le Nicaragua (les Contras), la Tchétchénie, la Bosnie… Les Français quant à eux ne sont pas des amateurs dans le domaine et ils viennent de le prouver au Mali, en manipulant plusieurs marionnettes à la fois, le MNLA Aqmi, Ansar Dine, Mujao, et cela s'est sans doute fait en coordination avec le Qatar, ce nouveau membre non déclaré de l'OTAN.
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	<li><strong> E. T. (22 février 2013)</strong></li>
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<title>ABOUBAKARI&#45;II : Le Cumbu célèbre le 8e empereur du Mandé</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/aboubakari-ii-cumbu-celebre-8e-empereur-du-mande-569912.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 10 Oct 2014 03:25:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Exposition de revue des cahiers de Mandé Bukari, colloque sur l’eau, conférences-débats sur la citoyenneté et la gestion des conflits…, la commission d’organisation de la célébration du 700e anniversaire du voyage d’exploration du 8e empereur du Mali Mandé Bukari dit Aboubakari, annonce un programme riche et varié. L’information a été donnée jeudi, à l’Université Mandé Bukari (UMB), lors d’un point de presse.</strong>

<strong> </strong>

A l’initiative du Complexe universitaire Mandé Bukari (Cumbu), en partenariat avec les communicateurs traditionnels et mouvements N’ko au Mali, Bamako abritera du 1er octobre au 31 décembre prochains les cérémonies de commémoratives du 700e anniversaire du voyage d’exploration du 8e empereur du Mali Mandé, Bukari dit Aboubakari II.

Ils seront des milliers de chercheurs, historiens et d’experts spécialistes venus de plusieurs localités du pays à y participer.

Durant trois mois, les discussions seront focalisées sur les crises institutionnelles et challenges de la construction de la démocratie en Afrique, des expositions de revue des cahiers de Mandé Bukari, une quinzaine de lancements de numéros de la revue les cahiers de Mandé Bukari, notamment sur la citoyenneté et le développement pour une démocratie participative.

Pour ce faire, des communications sont prévues par des spécialistes de l’histoire contemporaine du Mandé et des scientifiques. Aussi des témoignages de personnes, qui habitent dans les zones, donneront une idée des hauts faits de l’homme d’Etat et du chercheur. En plus des colloques sur la gestion des conflits, il est prévu des interventions d’autres chercheurs de la sous-région.

Selon les organisateurs, l’édition commémorative de l’empereur Mandé Bukari est un moment de méditation sur les trois maximes que nous commandent le temps ; à savoir : la vie, le travail et la mort (un passage obligé pour tous ceux qui respirent). "Il s’agit pour nous de gratifier la figure emblématique suivant ses œuvres", a expliqué la présidente de la commission d’organisation.

Le promoteur du Cumbu, Dr. Chéibane Coulibaly, a rappelé que le thème générique adopté pour cette commémoration "la gestion des conflits pour une démocratie participative", répond à la volonté politique des plus hautes autorités.

<strong>Bréhima Sogoba</strong>

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<title>Propos mémorables :  Alpha O. Konaré Président de la République : 8 Juin 1992</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-o-konare-president-republique-8-juin-1992-501442.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 02 Sep 2014 05:30:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[« <em>Nos frontières ne devraient plus être comme ces postes frontières, livrées aux seules forces de l’ordre, devenant à l’occasion forces de suspicion et de contrôle, ces zones où l’on cherche à se faire peur, où l’on veut marquer les différences. </em>

<em>Ces espaces ont le plus besoin de gestion commune, concertée, de gestion à la base, où, place devrait se faire à une participation et un contrôle populaire plus grand, à une mise en commun plus prononcée de nos potentialités, de nos capacités, à une revitalisation de notre fraternité »</em>.

&nbsp;
<h2>Alpha Oumar Konaré, Président de la République 1997</h2>
« Nous devons mettre le Mali au-dessus de tout, car le pouvoir ne reviendra qu’à celui que Dieu et le peuple auront choisi ».

&nbsp;
<h2>Choguel Maïga, Président du MPR Mai 1999</h2>
« Les chefs d’Etat et les hommes politiques qui sont contre les coups d’Etat, doivent travailler de manière à ce que les conditions du coup d’Etat ne soient pas réunies ».

&nbsp;
<h2>Adama Thiam, chroniquer journal Le Républicain 1999</h2>
« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les points. Et que, quelque grande que soit la distance jusqu’au paradis, la descente aux enfers du pays est bien finie ».

&nbsp;
<h1>Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999</h1>
« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu.

Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

<em> </em>

<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </strong>

<em>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</em>

<em> </em>

<strong>Me Mountaga Tall, Président du CNID (2000)</strong>

<em>« L’opposition est un exercice périlleux dans la mesure où on y joue sa liberté, sa carrière, sa fortune et parfois, sa vie ».</em>

<em> </em>
<h1>Ibrahim Boubacar Kéïta, candidat aux élections présidentielles 2002</h1>
« Tout est clair ! Ce qui a été annoncé, ce qui est annoncé depuis longtemps est en train de se réaliser. Tout, sauf Ibrahim Boubacar Kéïta. Toute la mascarade à laquelle nous aurons tous participé à notre corps défendant n’avait aucun autre but que la nomination prochaine de celui qui est souhaitable comme successeur ».

&nbsp;

<strong><em>Professeur Yoro Diakité, Président du BARA 2003 </em></strong>

<em>« L’élection du Président du Parlement le 16 Septembre 2002 a fini de révéler toute la pourriture de la classe politique et sa capitulation devant l’envie gloutonne de partager le gâteau national. Car, des gens qui hier encore se détestaient royalement comme des pots pourris, ont fini par s’entendre sur le dos du peuple ».</em>

<em> </em>

<strong><em>Général ATT Président de la République (Juin 2003)</em></strong>

<em>Quelque soit votre volonté de lutter contre la corruption, si vous avez une justice qui ne soit suit pas , vous perdez votre temps. »</em>

&nbsp;

<strong>Rassemblés par </strong>
<h3>Boubacar Sankaré</h3>
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<title> Le Président de l’Union malienne Raoul Follereau sur la démolition des habitations sur le TF N°180 : «A ce jour, aucun occupant actuel du site n’est malade de la lèpre» </title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/president-lunion-malienne-raoul-follereau-demolition-habitations-tf-n180-ce-jour-occupant-actuel-du-site-nest-malade-lepre-463512.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 14 Aug 2014 02:49:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Après l’arrestation d’un huissier de justice suite à la démolition des habitations sur le TF n°180 de Kalabambougou, soit 24 ha appartenant à l’Union malienne Raoul Follereau, les malades de la lèpre montent au créneau. Ils demandent que leurs terrains à usage d’habitation leur soient restitués. </em></strong>

C’était au cours d’une conférence de presse animée par le Président de cette association, Goulou Moussa Traoré, avec à ses côtés les représentants du Syndicat des travailleurs du Centre national de lutte contre la maladie (CNAM). Il s’agit de Yacouba Sidibé, médecin au CNAM et de Sidi Diallo, 1<sup>er</sup> Secrétaire à l’organisation du syndicat du CNAM.

&nbsp;

D’emblée, il a protesté contre la déclaration selon laquelle l’Huissier de justice a démoli les habitations des malades de la lèpre. A ce jour, a-t-il insisté, «aucun occupant actuel n’est malade de la lèpre». Avant de lever les équivoques concernant l’implication du Secrétaire général du bureau syndical du CNAM, Sidiki Djiré, dans la gestion de ce TF.

&nbsp;

&nbsp;

Selon lui, Sidiki Djiré n’a pas demandé à être associé à la gestion du TF n°180. «En 2007, c’est par une lettre écrite que le ministère de la Santé a demandé officiellement l’implication du syndicat dans la gestion des 24 ha», a-t-il soutenu. Avant de faire l’historique de l’attribution du TF n°180 aux malades de la lèpre.

&nbsp;

«Ce TF nous a été attribué par solidarité en 2002, afin de permettre aux malades de la lèpre de se construire des maisons. Quand Moussa Mara est devenu maire de la Commune IV, il a écrit au Directeur du CNAM pour lui demander la preuve que le titre 180 existait et était juridiquement établi, que son transfert avait effectivement eu lieu au nom du CNAM. En outre il demandait la mise à disposition tout document y afférent, la preuve que la Commission interministérielle avait été juridiquement constituée, en mettant également ce document à sa disposition et la qualité en foi de quoi Sidiki Djiré avait agi au nom du CNAM».

&nbsp;

A en croire le Président de l’Union malienne Raoul Follereau, en réponse à ces interrogations de l’ex maire de la commune IV, le Directeur général du CNAM avait fait transmettre une copie du TF n°180, avec le plan de lotissement de Kalabambougou et la lettre du ministère de la Santé demandant l’implication du Secrétaire général du syndicat du CNAM dans la gestion de ce TF.

&nbsp;

Après avoir reçu ces informations, Moussa Mara a pris une décision pour régulariser des parcelles à usage d’habitation sur le plan de recollement sur le TF 180 de Kalabambougou. Par la même décision, selon Goulou Moussa, l’ex maire les a informés qu’ils devaient s’acquitter des frais de régularisation, payables à la mairie de la Commune IV du District de Bamako. D’où son interrogation: «comment des gens peuvent payer leurs frais de régularisation et ne peuvent pas entrer en possession de leurs terrains».

&nbsp;

Avant de s’étonner de voir le siège du parti de Moussa Mara sur leur propriété foncière. Selon Goulou Moussa, en faisant cela, Moussa Mara a conforté ceux qui habitaient illégalement sur leur TF. Et le Président de l’Union malienne Raoul Follereau de s’interroger: «avait-il bénéficié de l’autorisation de construire le siège de son parti sur notre TF, quand on sait qu’il doutait déjà de l’existence du TF 180?». Pour autant, au cours de cette rencontre avec les journalistes, il s’est refusé à faire tout commentaire sur l’arrestation de l’huissier de justice.

&nbsp;

Pour rappel, c’est suite à une plainte de l’Union malienne Raoul Follereau contre Chakaba Kéita et Lassine Camara que la justice malienne avait ordonné la démolition des habitations illégales sur le TF 180 des malades de la lèpre. La justice a donné donc raison aux lépreux. En exécutant cette grosse, l’Huissier de justice Me Alou Kéita a été arrêté en même temps que le Secrétaire général du CNAM, Sidiki Djiré. Deux autres syndicalistes avaient arrêtés par la police et la gendarmerie et ont été finalement libérés, en attendant leur jugement. Le ministre de la Justice, le très célèbre avocat Me Mohamed Aly Bathily, a estimé que l’huissier n’avait pas respecté la procédure qui sied à la matière.

&nbsp;

<strong>Youssouf Diallo</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Propos mémorables :  Alpha Oumar Konaré (Président de la République Mai 1994)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-alpha-oumar-konare-president-republique-mai-1994-446142.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 05 Aug 2014 03:10:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>« … Il est de la responsabilité de l’Etat, de donner la preuve qu’il entend et qu’il est en mesure d’assurer la sécurité de toutes les personnes à quelque groupe socio-ethnique qu’elles appartiennent, ainsi que la sécurité de leurs biens ».</em>

&nbsp;
<h2>Feu Tiéoulé Mamadou Konaté Président du BDIA novembre 1994</h2>
« <em>Je dis qu’il faut rapatrier le dossier des régions du nord-Mali, entreprendre des démarches pour ouvrir le débat au Mali, entre Maliens concernés. C’est ça l’approche du BDIA. </em>

<em>Mais avant cela, il ne faudrait rien négliger sur le plan de la sécurité, pour que les populations puissent être à l’abri d’attaques, d’assassinats. </em>

<em>Notre gouvernement doit redoubler l’effort pour convaincre les rebelles que la paix est possible dans l’honneur et la négociation. </em>

<em>Mais, il doit être clair que cela n’est compatible, ni avec la surenchère, ni avec les pressions internationales, encore moins, avec les attentats terroristes ».</em>
<h2></h2>
<h2>Alpha Oumar Konaré, Président de la République 1997</h2>
« Nous devons mettre le Mali au-dessus de tout, car le pouvoir ne reviendra qu’à celui que Dieu et le peuple auront choisi ».

&nbsp;
<h2>Choguel Maïga, Président du MPR Mai 1999</h2>
« Les chefs d’Etat et les hommes politiques qui sont contre les coups d’Etat, doivent travailler de manière à ce que les conditions du coup d’Etat ne soient pas réunies ».

&nbsp;
<h2>Adama Thiam, chroniquer journal Le Républicain 1999</h2>
« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les points. Et que, quelque grande que soit la distance jusqu’au paradis, la descente aux enfers du pays est bien finie ».

&nbsp;
<h1>Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999</h1>
« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu.

Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

<em> </em>

<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </strong>

<strong><em>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</em></strong>

<strong><em> </em></strong>

<strong>Me Mountaga Tall, Président du CNID (2000)</strong>

<em>« L’opposition est un exercice périlleux dans la mesure où on y joue sa liberté, sa carrière, sa fortune et parfois, sa vie ».</em>
<h2></h2>
<strong>Madame Adame Ba Konaré Première Dame du Mali (Mars 2001)</strong>

« <em>C’est un erreur grave de croire, qu’il y a des acquis définitifs.</em>

<em>Au contraire, il faut rester vigilant par rapport à tous les acquis. </em>

<em>Cela est ma philosophie de la vie. On croit aujourd’hui qu’on a certaines choses et que plus rien ne pourra les remettre en cause. Malheureusement, ça peut très bien basculer. On a des exemples où il y a des bonds négatifs en arrière de plusieurs siècles, comme si l’humanité était emparée de barbarie, de folie soudaine. »</em>

<em> </em>

&nbsp;

<strong>Rassemblés par</strong>

<strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Il y a 23 ans, Toumani Djimé Diallo affirmait dans La Nation: «Le Mali peut encore s’en sortir, à condition que ses intellectuels se ressaisissent»</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/il-y-23-ans-toumani-djime-diallo-affirmait-nation-mali-encore-sen-sortir-condition-ses-intellectuels-se-ressaisissent-432562.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/il-y-23-ans-toumani-djime-diallo-affirmait-nation-mali-encore-sen-sortir-condition-ses-intellectuels-se-ressaisissent-432562.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="" length="50828" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Thu, 24 Jul 2014 02:50:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_169118" align="alignleft" width="350"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2013/09/Toumani-Djimé-Diallo.jpg"><img class="size-full wp-image-169118" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2013/09/Toumani-Djimé-Diallo.jpg" alt="Toumani Djime Diallo" width="350" height="237" /></a> Toumani DjimeDiallo[/caption]

<strong><em>Dans les années 90 déjà, Toumani Djimé Diallo, alors Directeur de publication du journal La Nation, attirait l’attention sur l’un des effets probables de la mondialisation et des programmes d’ajustement structurel alors en cours, à savoir le risque de partition programmée de certains pays africains, de la Centrafrique au Mali, de la Gambie au Bénin. Au regard de ce qui se passe actuellement, en Centrafrique et au Mali notamment, nous republions cet article, intitulé «Sauver les économies africaines», extrait de La Nation, N°8 du 11 janvier 1991</em></strong>

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L'on a tendance à réduire la signification des Programmes d'Ajustement Structurel, aujourd’hui généralisés en Afrique Noire, à de simples choix techniques et apolitiques, destinés à ouvrir l'Afrique au libre jeu des forces du marché, sur la base des avantages comparatifs.

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Ces Programmes, en réalité ces Politiques, constituent de véritables choix de société. Devenus incontournables, il importe de le savoir, ils pèseront de façon décisive sur l'avenir du continent.

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Jusque-là, les économistes du sous-développement s'accordaient à fonder leur théorie du développement sur un certain nombre de facteurs, dont les plus essentiels reposaient sur le postulat suivant: la médiocrité de l'accumulation interne du Capital et la sous productivité des économies africaines résultaient de la détérioration des termes de l'échange, et des déséquilibres causés par l'ordre économique existant.

La transformation du système mondial était ainsi posée comme un préalable à toute croissance continue sur le continent.

<strong><em> </em></strong>

<strong><em>Briser l’économie - ventre, intégrer l’économie - monde</em></strong>

La politique d'ajustement structurel, c'est d'abord un changement de comportement, aboutissant à une inversion de l'angle d'approche du problème. Ce n'est pas tant la «dépendance» qui bloquerait le développement du continent, que la «sous-exploitation» de sa force productive.

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Le mal africain serait donc lié au défaut de surexploitation de leurs subordonnés par les élites dominantes. Ces derniers vivant de rentes captées à l'extérieur, et qui leur ont jusqu'à présent évité cette surexploitation.

Instaurant ainsi une véritable «économie du ventre», caractérisée par la prédation, le faible développement des forces productives, la généralité des prébendes et la dissipation des surplus dans des dépenses somptuaires et ostentatoires.

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Les dispositifs mis en place par le FMI et la Banque Mondiale visent justement à assécher la plupart des circuits extérieurs qui avaient, jusque-là, permis aux classes dirigeantes de vivre des rentes et prélèvements divers que leur assure leur position d'intermédiaires dans le système international, et ainsi de se dispenser de surexploiter leurs dépendants.

Le défi que le Programme d'Ajustement structurel se propose de relever est de briser cette «économie du ventre», afin de lui substituer un régime d'accumulation tourné vers la productivité et l'investissement.

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Non pas par une «déconnexion» à la Samir Amin, pure vue de l’esprit, mais en réinventant une nouvelle structure de croissance, réunissant les conditions internes qui permettraient l'intégration poussée de l'Afrique dans l’Économie-Monde  telle qu'elle existe, avec ses contraintes et ses impératifs.

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La baisse des crédits commerciaux, notamment le refus des banques de relancer leurs concours à l'économie sur la même échelle que dans les années 70, résulte ainsi du fait que les Institutions financières internationales veillent, plus que par le passé, à ce qu'une politique de surendettement ne vienne pas faire avorter leur dessein de contraindre les dominants africains à surexploiter leurs dépendants.

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Le niveau d'endettement généralement atteint est tel qu'il leur a suffi de bloquer cette soupape de sécurité, pour que les élites dirigeantes, «volontairement», acceptent de passer sous leurs fourches caudines, de se soumettre de fait à leurs décisions, qui sont de véritables diktats.

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Les buts affichés des politiques mises en œuvre sont, entre autres, de contraindre les bureaucraties autoritaires à assainir les déficits publics, à libéraliser l'économie dans les domaines du commerce et des importations ….

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Au-delà, il s'agit véritablement de les contraindre à dégager des ressources internes afin de rembourser leurs dettes et financer leurs investissements.

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L'Afrique est ainsi prise dans un cercle infernal, dont on voit mal comment elle pourrait se sortir dans un avenir prévisible, sans recourir à une stratégie mixte qui, sans rompre totalement avec le marché international, comporterait une dose de «self reliance», du moins en ce qui concerne certains secteurs de leur économie.

<em> </em>

<em>Au-delà des proclamations démagogiques ou des rhétoriques populistes, le sérieux des mouvements de contestation qui utilisent la référence à la démocratie et à l’État de droit sera considéré en fonction de leur capacité à formuler des propositions à cet égard.</em>

<strong><em> </em></strong>

<strong><em>Le modèle asiatique, transposable en Afrique?</em></strong>

Le Modèle est, assurément, le modèle asiatique. C'est un fait que, si l'Afrique a été le dindon de la farce dans les rivalités Est – Ouest, l'Asie a, de quelque côté qu'elle se trouvait de la barrière idéologique, su tirer son épingle du jeu.

Le modèle auquel pensent les théoriciens de la politique d'ajustement structurel c'est, bien entendu, celui des Dragons Asiatiques, exemples types de développement depuis la seconde guerre, obtenus par une intégration poussée dans l'économie – monde.

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Mais, est-il réaliste de penser qu'une nouvelle structure de croissance peut être inventée en Afrique Noire par une simple transposition des modèles sud-coréens ou taïwanais?

Les facteurs communément cités et qui ont rendu possibles l'émergence d'économies performantes en Asie sont les suivants :

<strong><em> </em></strong>

<strong><em>1. L'idéologie confucéenne,</em></strong> basée sur une forte cohésion familiale, une propension à la frugalité et à l'épargne, un attachement aux valeurs de l'autorité et de la hiérarchie, une valorisation des métiers du savoir, une tendance à considérer l'élite intellectuelle comme groupe de référence.

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Chaque fois que j'étudie concrètement les traits de caractère de cette idéologie, je ne puis m'empêcher d'être frappé par leur étrange ressemblance à ce qui faisait le Soudanais, que le Malien est en passe de perdre à jamais.

Ce qui faisait que, malgré sa pauvreté, le Soudanais arrivait à vivre, décemment et dignement, du fruit de son travail; et enfin qui faisait que le Soudanais était, partout en Afrique, aimé, respecté, imité.

&nbsp;

Chaque fois que je vois mettre un contenu concret en la nécessaire reconversion des mentalités, sur laquelle tout le monde s'accorde, je note en réalité un appel à un retour à nos valeurs, à une sublimation de nos traditions.

<strong><em> </em></strong>

<strong><em>2. Les retombées du colonialisme japonais</em></strong><em>.</em> Quelle différence entre les retombées économiques du colonialisme japonais en Corée et à Taiwan, et celles des colonialismes européens (surtout français) au sud du Sahara!

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Au terme de l'occupation nippone, la Corée avait, en effet, recueilli un héritage industriel qui atteignait déjà, entre 1910 et 1940, un taux de croissance de 10% l'an. Les infrastructures et la formation du capital humain étaient très appréciables.

En 1940, la Corée disposait de 440 000 personnes engagées à divers niveaux de l'industrie manufacturière, 7 000 managers dignes de ce nom, et plus de 28 000 professionnels et ouvriers qualifiés.

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Si bien que, à la fin de la guerre, lors de la vente, à des prix concessionnaires, des industries ayant appartenu aux Japonais, il existait une couche d'entrepreneurs coréens qualifiés capables de les recueillir.

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Pour ce qui nous concerne, au Mali, les retombées économiques du colonialisme français furent dérisoires. Sa principale retombée fut, au contraire, une bureaucratisation à outrance de son économie qui, aujourd'hui, constitue le principal obstacle à son développement.

<strong><em> </em></strong>

<strong><em>3. La valeur géostratégique </em></strong>que les pays tels la Corée et Taiwan ont revêtue, très tôt, <strong><em>aux yeux des USA,</em></strong> du fait de la guerre froide. A la faveur de la guerre de Corée, en 1950, les Etats-Unis avaient étendu leur «parapluie» sur Taiwan, entrainant dans le même mouvement une satellisation des marchés locaux. Il s'en est suivi un important flux financier.

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On le sait, le problème avec les Américains, c'est de les convaincre. Une fois que l'on y arrive, ils voient tout de suite les choses en grand. Ainsi, entre 1946 et 1978, les flux financiers au titre de l'assistance économique américaine atteignaient, en Corée, 6 milliards de dollars, alors que l'ensemble de l'Afrique Noire recevait à la même époque 6,8 milliards, toutes contributions confondues.

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C'est valable encore aujourd'hui pour Israël, pour lequel l'aide américaine annuelle a longtemps été de 9 milliards de dollars. Ces aides ont été néanmoins, et c'est essentiel, ne l’oublions pas, valorisées dans les économies internes.

A cet égard, la seule question digne d'intérêt est de savoir comment rehausser la valeur géopolitique du continent africain, après la défaite du communisme. Une réflexion bien malienne serait assurément féconde.

<strong><em> </em></strong>

<strong><em>Que les patriotes africains se ressaisissent!</em></strong>

4. <strong><em>L'aptitude des Elites gouvernantes</em></strong> à combiner les stratégies, et à mobiliser, dans un jeu concerté, une diversité d'acteurs aussi bien publics que privés avec, du reste, une forme d’État entrepreneur et interventionniste. Et, par élites gouvernantes il faut entendre civiles comme militaires.

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L'expérience coréenne de modernisation, en particulier, fut effectuée sous la houlette de hauts cadres militaires, alliés à une puissante couche de technocrates et d'entrepreneurs. C'est exactement ce qui se produit, aujourd'hui et sous nos yeux, au Ghana. Et avec bonheur.

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Je n'ai jamais été de ceux qui opposent, de façon mécanique, civils et militaires. Cela m'a d'ailleurs valu l'occasion d'être traité <em>«d'auteur de Mein Kampf»</em> par une certaine presse. Le problème se situe ailleurs et interpelle tous les intellectuels, civils et militaires: le capital intellectuel accumulé par l'armée lui permet-il de rompre avec son dressage, opéré dans le but d'assurer des tâches de répressions internes?

&nbsp;

Les élites civiles ont-elles rompu avec leur excellence à gérer le quotidien, avec leur mentalité villageoise, qui ne les prédispose pas à gérer une ouverture à l'économie – monde (vision longue de l'économie et de la société, rapidité de l'ajustement aux fluctuations internes et externes, capacité d'information sur les marchés, les produits et les techniques, utilisation de réglementations officieuses dans la programmation de l'expansion des marchés …)?

&nbsp;

Si oui, alors Élites civiles et militaires inventeront des formes institutionnelles fondées sur un respect des libertés mais conduisant fermement vers le développement. Si non, alors les afro-pessimistes auront raison. Beaucoup d’États africains disparaîtront en tant qu'entités. Et le Mali est de ceux-là.

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Il s'en suit, selon le Pr Achille Mbembe (Le Monde Diplomatique Novembre 1990), que «<em>les mirages d'une évolution à la Coréenne ou à la Taiwanaise ne sont pas à la portée de tous les pays africains. Les niches que les dragons asiatiques ont occupées au sein du système international ne sont pas illimitées; les facteurs internes qui ont rendu cette occupation possible non plus. </em>

<em> </em>

<em>Il est, dès lors, plus réaliste de penser que, si les contraintes que l'économie – monde imposées à l'Afrique s'aggravent, un certain nombre d'entités étatiques s'évanouiront. Au demeurant, et en l'état actuel des choses, très peu d'entre elles sont viables. Peut-être faudrait-il déjà songer à en organiser la disparition, à des coûts acceptables du point de vue de l'équilibre régional et international. </em>

<em> </em>

<em>Un tel processus pourrait aller de pair avec une stratégie consciente, visant à susciter l'émergence de pôles régionaux de croissance qui formeraient l'ossature d'un marché régional».</em>

&nbsp;

Ces pôles régionaux de croissance seront constitués, soit par les pays à potentiel économique certain (pays du Golfe de Guinée producteurs de pétrole – Nigeria, Gabon, Congo et, plus au sud, l'Angola)? Soit par les pays ayant réussi leur valorisation géopolitique et stratégique.

&nbsp;

Mais encore faudra-t-il que ces pays arrivent à maîtriser les forces centrifuges qui les minent. Les Cité-Etats de la Savane et du Sahel, surtout, de la Centrafrique au Mali, mais certains comptoirs sur l'Atlantique (Gambie, Sierra Leone, Guinée Bissau, Liberia, Benin, Togo, Sénégal) sont, dans la logique actuelle, réputés incapables de briser leur économie-ventre et, par le fait même, condamnés à disparaître.

&nbsp;

Deux phénomènes récents, et de sens inverse, viennent conforter cette analyse, qui prouvent que la disparition d'Etats africains qui ne présenteraient aucun intérêt dans le nouvel ordre international n'est pas qu'une hypothèse d'école. Ils devraient inciter les patriotes africains, maliens en particulier, à la réflexion: la partition de l’Éthiopie et la réunification de l'Angola.

&nbsp;

Au moment même où l'éclatement de l'Ethiopie était organisé après la «fuite» de Mengistu, tout était mis en œuvre pour préserver l'unité de l'Angola. L’Éthiopie abrite le siège de l'OUA.

L'un des fondements de cette organisation, c'est l'intangibilité des frontières héritées du fait colonial. Celle-ci volant en éclats dans la Capitale même de l'OUA prend ainsi une valeur de symbole.

&nbsp;

L’Éthiopie, exemple type de pays contraint à vivre de prébendes extérieures, disparaît en tant qu'entité. Toutefois, sa «partie utile» bordant la Mer Rouge, de grand intérêt stratégique, devient l’Érythrée indépendante et fait l'objet de soins particuliers, pour cause de géopolitique.

&nbsp;

L'Angola, exemple type de pays pouvant évoluer en mégapole de croissance, est reconstitué, alors qu'une guerre civile l'avait coupé en deux (et même en trois si l'on considère le Cabinda).

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Il n'y a plus de temps à perdre. Le monde bouge très vite. Plus vite que nos prévisions. Le temps n'est plus une denrée homogène car l'histoire a changé de rythme. Les événements se succèdent aux événements, et viennent confirmer que la politique américaine a faite sienne la philosophie hégélienne de la «Fin de l’Histoire», telle que reprise et développée par Francis Fukuyama.

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Mais le Mali peut encore s'en sortir. A condition que ses intellectuels (civils et militaires) se ressaisissent. Et très vite. Et, enfin, qu'ils ne perdent jamais de vue que l'on ne change pas une société sur une page blanche.

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<em>(*) Lire avec profits les remarquables analyses sur la question de Mr. Achille Mbembe, Professeur d'Université en Californie.</em>

<em>Nb : Le titre est de la Rédaction.</em>

<strong>Par Toumani Djimé Diallo</strong>

<em> </em>]]> </content:encoded>
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<title>Kidal, ce problème au nord du Mali : « Les problèmes, il faut les régler, car à force d’arrangements, on finit par déranger la République elle&#45;même », a dit le Président Modibo Keita. </title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/kidal-ce-probleme-au-nord-du-mali-les-problemes-il-faut-les-regler-car-a-force-darrangements-on-finit-par-deranger-la-republique-elle-meme-421932.html</link>
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<pubDate>Thu, 17 Jul 2014 08:25:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Option</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/02/Modibo_Keita.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-50507" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/02/Modibo_Keita.jpg" alt="37ème anniversaire de la mort de Modibo Kéïta : Le crime ou mort naturelle ?" width="310" height="411" /></a><strong><em>Pour comprendre la genèse des évènements qui ont agité le Nord de notre pays sous la Première République, il faut savoir qu’il existait deux forces centrifuges : l’une d'origine externe et de nature impérialiste ; la seconde interne et de caractère racial, quoique des alliances puissent les souder provisoirement même si, objectivement, des contradictions les divisent</em></strong>

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Le fait est que, malgré l'hostilité et l'opposition de plusieurs parlementaires d’Afrique du Nord et de l'Afrique Sud Saharienne, l'Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) fut créée par la loi françaisen° 057-7-27 de 10 Janvier 1957 parue dans le Journal Officiel de laRépublique Française du 12 Janvier 1957. Le but officiellement proclaméétait de <strong>«promouvoir toute</strong> <strong>mesure</strong> <strong>propre à améliorer le niveau de vie des populations et</strong> <strong>à assurer leur</strong> <strong>promotion économique et sociale dans le cadre d'une évolution qui devra</strong> <strong>tenir compte de leurs traditions»</strong>

Et Max Lejeune alors Ministre français, inaugurant le pipeline n°1 à Toggourt en Algérie,déclarait :

«Dans quelques années, la France, aidée par des concours extérieurs arrivera à obtenir son ravitaillement en carburant et deviendra directement après les USA et l'URSS la 3è puissance énergétique mondiale». Et c'était bien là le véritable mobile de la création de l'OCRS qui a causé entre 1958 et 1960, une véritable fièvre dans les milieux capitalistes et gouvernementaux français.

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Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni

Le projet OCRS échoua parce que le Gouvernement de la République Soudanaise dirigé par l'USRDA, s'opposa fermement à cette tentative d'atteinte à notre intégrité territoriale, et parce qu'il fut rejeté par la plupart des chefs de tribus et de fractions. Cette folle entreprise a donc étéenterrée à l'installation du premier Conseil de Gouvernement de la République Soudanaise, en présence du Haut Commissaire de la France et de l'Inspecteur des Colonies : la partie soudanaise était représentée par le Vice-Président du gouvernement, Jean-Marie Koné et le Ministre de l'intérieur Mamadou Madeira Keita. Le projet d'amputation du territoire soudanais au profit de l’OCRS, fut retiré devant l'opposition ferme de la partie soudanaise.

&nbsp;

L'année suivante, en 1958, en présence du Gouverneur Général des colonies Messmer en visite chez nous (au Mali), le conseiller territorial de Goundam, Mohamed El Mehdi, chef général des Kel Antassar revendiquait l’indépendance de la zone saharienne qu’il voulait faire ériger en soi-disant <strong>« République des Lithamés<strong>[1]</strong> »</strong> pour <strong>«soustraire les nomades blancs à la domination de leurs anciens esclaves noirs».</strong> Le Gouverneur général Messmer envisageait favorablement la requête.

&nbsp;

&nbsp;

Le chef Kel Antassar persista dans sa volonté de sécession définitive qui aboutit, à la rébellion qui se manifesta dans l'Adrar des Iforhas et fut jugulée en 1964. Un noyau résiduel sécessionniste a persisté longtemps après et a trouvé refuge au Maghreb.

Mais il reste que parmi les tribus touareg, le mouvement de rébellion n’ait touché ni les Ouilliminden de Ménaka, ni les Kel-Bourem, les Irreguenaten et les Iguadarane de Gourma Rharous, ni les Kel Temoulaït et les Tillémédèsde Tombouctou, ni les Tingueréguif de Goundam et de Diré. Il en serait demême des tribus arabes des Kunta, des Tormoz et des Idreylouba et enfinparmi les Kel Tamashek des Deg Hawalane, des Kel Haoussa et des Kel Essouk.

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&nbsp;

La <strong>première rébellion</strong>, celle de <strong>1963-1964</strong> a été réglée par l’emploi simultané de solutions militaires et politiques. Sous la direction de l’USRDA, les notables et patriotes Tamasheq de l’époque ont amené plus de révoltés à rendre leurs armes aux autorités civiles et militaires que ne l’a fait l’armée malienne. C’est ce qui transparait dans l’interview que le Président Modibo a accordée à des journalistes Algériens en aout 1964.

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&nbsp;

Apres avoir précisé que le mouvement de rébellion de 1963 était « circonscrit dans le seul cercle de Kidal », le Président Modibo Keita a déclaré :

&nbsp;

« Vous savez que de tout temps cette région a été le théâtre d’opérations militaires des troupes françaises en raison de difficultés que la France avait rencontrées (alors que la République du Mali était le Soudan français)…pour intégrer ces populations accrochées à leurs montagnes dans le cycle normal de la vie du territoire. Et les derniers événements entre ces rebelles et les troupes françaises datent de 1958. C’est vous dire donc que pendant les 78 ans de domination coloniale, cette région n’a jamais été totalement pacifiée.

<strong> </strong>

<strong> </strong>

<strong>Le deuxième élément</strong>, c’est que pendant longtemps, ce secteur a été soumis à une administration militaire, et que certains officiers Français, devant la poussée du nationalisme en Afrique et la perspective de constituer un état saharien autonome comprenant le Sud Algérien et le nord des pays situés au sud de l’Algérie, avaient tenté de créer un sentiment anti-Noir dans cette région. En effet, on faisait croire à ces Touareg qu’ils étaient des <strong>« Blancs</strong> » et qu’il était impensable qu’ils puissent accepter une domination noire.

<strong> </strong>

<strong> </strong>

<strong>Le troisième facteur</strong> qui a surgi après notre indépendance, c’est qu’en raison de notre option, nous avons tenu à éliminer tous les vestiges de la féodalité dont l’aspect le plus inacceptable comme système était une forme déguisée de l’esclavage et de l’exploitation des populations par les féodaux.

&nbsp;

<strong>Enfin le quatrième point</strong>, c’est que ces populations nomades, précisément celles de l’Adrar des Iforhas, vivaient en marge de la société malienne et n’étaient pas accessibles à notre option d’une Nation malienne s’étendant du Sud Algérien aux limites avec la Haute Volta (actuel Burkina Faso), la Côte d’Ivoire et la Guinée au Sud.

<strong> </strong>

<strong> </strong>

<strong>D’autre part,</strong> l’exercice et l’édification économique du jeune pays devenu indépendant imposent à chaque citoyen des charges qui sont en proportion avec ses moyens. Or les nomades de cette région avaient été habitués à vivre en dehors de toute réglementation ; c’est vous dire en d’autres termes qu’ils ne payaient pas d’impôts. …

&nbsp;

<strong>La République du Mali a mis un terme au système de servage, liquidé la féodalité</strong>… Les membres des conseils de fractions et de tribus étant élus par l’ensemble de la population de la fraction ou de la tribu, le chef de la fraction ou de la tribu ne peut rien décider sans qu’au préalable il y ait l’accord d’une majorité du Conseil de la fraction ou de la tribu…

&nbsp;

Le dernier chef rebelle a été abattu en juillet dernier (1964)… pratiquement le mouvement a été liquidé et les autres comparses se sont rendus soit aux unités de sécurité algériennes, soit aux unités de sécurité maliennes.

&nbsp;

Nous devons dire également que <strong>notre action a été appuyée par les populations qui ont refusé de céder au chantage de ces rebelles. Certains jeunes et certains vieux de ces populations ont même aidé nos unités de sécurité à poursuivre les rebelles et n’ont pas hésité àvoisiner avec ces mêmes unités contre des rebelles</strong>.

&nbsp;

Il est évident que si ces résultats ont été obtenus, alors que comme je vous le disais tout à l’heure, un état permanent de troubles et d’insécurité régnait dans cette région, ce fut certes grâce à la qualité de nos troupes, mais aussi à notre organisation politique, parce que pendant que les forces de sécurité œuvraient contre les rebelles, <strong>le Parti, par les tournées de ses responsables politiques et administratifs, poussait les contacts jusque dans les moindres centres où il éclairait les populations sur la réalité de notre conception socialiste, et c’est ainsi que, très rapidement, le mouvement a été liquidé»</strong>

&nbsp;

Ce n’était pas un arrangement ; c’était un règlement. Comme le disait le Président Modibo Keita,<strong> «les problèmes, il faut les régler, car à force d’arrangements, on finit par déranger la République elle-même». </strong>La solution a été tellement efficace que plus aucun des rebelles de cette époque n’a repris les armes. Ceux qui, 27 ans après se sont manifestés en 1989 n’ont rien à voir avec la première rébellion.

&nbsp;

Aujourd’hui, sous les pressions non désintéressées de l’Occident, <strong>les autorités maliennes persistent à rechercher des arrangements avec des groupuscules qui s’autoproclament représentants de paisibles populations qui ne leur ont donné aucun mandat.</strong>

&nbsp;

On se souvient que le régime CMLN-UDPM de Moussa Traoré, tout en assurant la promotion personnelle de cadres nomades véreux, raviva l'opposition sédentaires et nomades jadis encouragée par le colonialisme, et la cristallisa en procédant à la surreprésentation des populations nomades au détriment de leurs compatriotes sédentaires,

<strong>S’agissant des solutions qui ont été choisies </strong>à<strong> partir de 1989,</strong> n’oublions pas que c’est le régime de Moussa Traoré qui a initié les négociations de Tamanrasset avec l’Algérie comme médiateur. Ce sont les décisions issues de ces négociations qui sont à l’origine de tous les accords qui ont suivi et qui sont autant de dérives ayant nourri les forces qui sèment la désolation aujourd’hui à Kidal, à Gao, à Tombouctou et ailleurs au Mali :

&nbsp;

-          programmes spéciaux de développement pour le Nord exclusivement ;

-

-          intégration sauvage de prétendus combattants rebelles avec des grades fantaisistes, dans l’armée, la sécurité, la douane, l’administration et dans les hautes Institutions de l’état ;

-

-          versement de fonds importants à de soi-disant notabilités nomades chargées de traiter avec les preneurs d’otages ;

-

-          retrait de l’administration et des forces armées maliennes de tout le Nord, etc.)

&nbsp;

Ni Alpha ni ATT n’ont été des initiateurs de cette solution. Ils n’en sont que des continuateurs plus excessifs par démagogie ou par naïveté.

&nbsp;

C’est pourquoi la thèse qui consiste à limiter les dégâts aux seules 20 dernières années est inacceptable. Et dire que si Moussa était là, les choses se passeraient autrement est également faux. Avec 22 ans de destructions ajoutées aux 23 ans qui ont provoqué la révolution de Mars 1991, le Mali serait dans un état de délabrement plus prononcé qu’aujourd’hui. Il faut d’ailleurs souligner que ce sont les <strong>anciens cadres militaires et civils du CMLN et de l’UDPM recyclés dans l’ADEMA, puis dans le Mouvement Citoyen et dans le PDES</strong> après avoir noyauté le mouvement du 26 mars, qui ont poursuivi leur tâche néfaste au détriment des intérêts du peuple y compris par rapport à la rébellion.

&nbsp;

L’acharnement à circonscrire le mal dans les 20 dernières années n’est en réalité, que la manifestation de la volonté de couvrir les crimes des 23 années qui les ont précédées avec en plus le secret désir de blanchir le régime de Moussa afin d’ouvrir un boulevard pour ses continuateurs. C’est une vaine tentative.

&nbsp;

<strong>Aujourd’hui une certaine presse internationale et des organisations étrangères se disant préoccupées de droits de l’Homme parlent d’exactions contre des Tamasheq et des Maures</strong>. Où étaient-elles pendant toutes les rebellions qui ont fait tant de victimes innocentes au Mali depuis plus d’un demi-siècle ? Pourquoi n’ont-elles jamais réagi quand les rebelles commettaient leurs crimes contre les populations civiles et l’administration malienne en 1963, en 1989, en 1996, en 2006, en 2012 et en 2013 ?

&nbsp;

L’initiative de prendre des armes et de déclencher la guerre à plusieurs reprises, causant de nombreuses pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants dans un pays, n’est-t-elle pas en soi un crime contre l’humanité ? Dans quel but cette presse et ces organisations ferment-elles sciemment les yeux sur le calvaire des populations maliennes y compris les nomades du Nord, cependant qu’elles jouent allégrement le rôle de caisse de résonnance de la propagande des rebelles et de leurs suppôts jihadistes et narcotrafiquants ?

&nbsp;

Ce sont les rebelles qui attentent aux droits des hommes, des femmes et des enfants, ainsi qu’au droit du Peuple du Mali de vivre en paix et dans l’unité, sur son territoire hérité de ses ancêtres.

&nbsp;

Au Mali  il y a de nombreuses ethnies : Sonrhaï, Dogon, Toucouleur, Touareg, Dafihng, Bamanan, Minianka, Arabe, Senoufo, Bwa, Maures, Shèmu, Mossi, Diakanke, Soninké, Mandeka, Khasonke, Kakolo, Bellah, Bozo, Somono, Samogo, Gana, Peuhl, etc. Elles ont toujours vécu ensemble dans la paix, l’harmonie la plus totale, l’amitié et la fraternité.

Dans son ouvrage intitulé <strong>« Afrique Noire Occidentale et centrale »</strong> l’historien Français Jean Suret-Canale écrit à la page 130 :

&nbsp;

<strong>«Voilà pourquoi Ibn Batouta pouvait encore écrire au XIV<sup>e</sup> siècle à propos de l’Empire du Mali : «Dans toute l’étendue du pays il règne une sécurité parfaite ; on peut y demeurer et voyager sans craindre le vol ou la rapine.» </strong>

<strong> </strong>

C’est la qualité des rapports entre les populations du Mali et leur unité de volonté qui ont permis la réalisation de la victoire sur le colonialisme en 1960. Interrogés comme toutes les collectivités soudanaises par la direction de l’USRDA à la veille du Congrès du 22 septembre 1960, sur leur avis quant à la perspective de proclamation de l’indépendance, les notables Tamasheq ont répondu : <strong>«Vous comme nous, nous nous sommes toujours battus contre l’occupation coloniale. Nous avons toujours vécu ensemble sur cette terre qui nous est commune ; mais, c’est à vous qu’on doit poser la question car nous au Nord ici, nous n’avons jamais accepté la colonisation ; vous qui vous habillez comme les Toubabs (Européens), vous qui parlez leur langue, qui mangez comme eux, qui habitez des maisons comme les leurs, c’est à vous qu’on doit demander si vraiment vous êtes prêts à aller à l’indépendance ! Retournez donc à Bamako et dites à nos dirigeants, que nous sommes plus pressés qu’eux.» </strong>

<strong> </strong>

Voila ce qui a été dit à la délégation que le Ministre de l’Intérieur Madeira Keita a conduite pendant plusieurs semaines dans les zones nomades du nord du Soudan en 1960.

L’adoption de la devise <strong>« Un peuple, Un But, Une Foi » </strong>vise à traduire la réalité de la densité des liens entre tous les Maliens.   Le « sanankouya » (cousinage) existe entre toutes les ethnies et les classes d’âge, consacrant la bonne humeur et l’interdiction de se nuire les uns les autres.

<strong>Depuis 1960,</strong> <strong>quelle ethnie ou tribu noire a pris les armes contre les autres pour quelque revendication que ce soit ?</strong>

C’est <strong>seulement</strong> parmi les <strong>Touareg</strong> que se sont formés des groupes qui ont osé prendre les armes contre le pays entier. Et pas qu’une fois. Une fois en 1963, une autre fois en 1989, une troisième fois en 1996, encore une fois en 2006 et cette fois-ci en 2012 et 2013.

Chaque fois, tout le reste du Mali ne fait que les subir, alors qu’ils sont minoritaires même au sein de leur communauté qui, elle-même, est entièrement prise en charge par le travail des autres Maliens <strong>(voir les tableaux des financements engloutis au NORD rien que de 2001 à 2007).</strong>

<strong> </strong>

Comment s’étonner alors, que le peuple souverain y compris les Touareg patriotes qui sont la majorité, réagisse fermement ?

&nbsp;

A l’égard de celui qui pointe son arme contre le drapeau, contre le pays et le peuple en formulant des exigences outrancières, quoi faire d’autre que d’appliquer l’injonction de l’Hymne national qui dit :

<strong>« Si l’ennemi découvre son front,</strong>

<strong>Au-dedans ou au dehors,</strong>

<strong>Debout sur les remparts,</strong>

<strong>Nous sommes résolus de mourir ! »</strong>

<strong> </strong>

Il n’y a pas d’autre alternative. Quel pouvoir légitime accepte que des groupuscules terroristes sévissent librement sur son territoire au nom de quel principe de droit de l’homme ? Comment se passent les choses : en France avec les séparatistes Corses, en Espagne avec les Basques, en Colombie avec les FARC ?

&nbsp;

Le Mali se défend et défend les mêmes valeurs que les pays où résident les donneurs de leçons de morale au mépris de la dignité et de la souveraineté de notre peuple.

&nbsp;

<strong>Les problèmes qu’affrontent les régions Nord du Mali ne sauraient être réduits à un simple exercice d’approfondissement d’une démocratie formelle par la voie d’une décentralisation administrative et politique. </strong>

<strong> </strong>

<strong> Il s'agit de donner des réponses cohérentes à des questions aussi graves que la volonté de sécession de quelques groupuscules racistes soumis à des nébuleuses terroristes, de protection d’intérêts économiques et stratégiques vitaux de la Nation, de risques éventuels d'unifications à bases raciales permettant à des puissances Étrangères d'accaparer des portions de notre territoire national. </strong>

<strong> </strong>

<strong> Il s’agit de lutte pour la sauvegarde de l’intégrité territoriale du Mali, de lutte contre des narco-trafiquants, des jihadistes intolérants et des terroristes de tout poil.</strong>

<strong> </strong>

Et cela ne fut compris ni par le régime de Moussa Traoré, ni par Alpha Oumar Konare, ni par ATT, préoccupés qu’ils étaient, d’obéir à la volonté de l’Étranger pour paraître comme de bons élèves, plutôt que de sauvegarder les intérêts vitaux du peuple Malien.

La situation à laquelle nous faisons face, est complexe ; elle est profonde ; elle n’a que trop duré.

Il ne faut pas avoir l’illusion de pouvoir la régler facilement et rapidement. Il est nécessaire donc d’adopter de bonnes solutions, se préparer à une lutte longue, dure, multiforme, agir avec constance et dextérité.

&nbsp;

La victoire est possible. Mais elle exige une bonne organisation du peuple, sous la direction d’une bonne équipe de Patriotes convaincus, bénéficiant de la coopération de nos frères Africains et de nos nombreux amis à travers le Monde.

&nbsp;

&nbsp;

[caption id="attachment_421962" align="alignleft" width="200"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/07/amadou-djicoroni.jpg"><img class="size-full wp-image-421962" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/07/amadou-djicoroni.jpg" alt="Amadou Djicorini" width="200" height="126" /></a> Amadou Djicorini[/caption]

<strong>Par Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni pour Option</strong>

&nbsp;

[1] <strong>Le litham est aussi appelé turban. La République des Lithinés serait la République des populations portant le turban, notamment les Tamachèques.</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables :  Feu Modibo Keïta, Président de la République (19 Novembre 1968)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-feu-modibo-keita-president-republique-19-novembre-1968-2-381652.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 24 Jun 2014 04:51:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_171257" align="aligncenter" width="609"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2013/09/Modibo_Keita.png"><img class="size-full wp-image-171257" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2013/09/Modibo_Keita.png" alt="Défilé devant les troupes de l’armée le 20 janvier 1961 © maliweb.net" width="609" height="373" /></a> Défilé devant les troupes de l’armée le 20 janvier 1961<br />© maliweb.net[/caption]

<em>"Le Mali, ce n’est pas nous, ce n’est pas non plus ceux qui viennent de prendre le pouvoir. Le Mali, c’est vous !" [NDLR : s’adressant à la jeunesse]</em>

&nbsp;

<strong>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</strong>

<em>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</em>

&nbsp;

<strong>Alpha Oumar Konaré (Président de la République, 1996)</strong>

« <em>Je suis hostile à la peine de mort, et durant mon mandat présidentiel, personne ne sera exécuté. Je souhaite que Moussa Traoré et ses amis vivent le plus longtemps possible pour qu’ils voient la démocratie fleurir au Mali. La plus belle leçon que je puisse leur infliger, c’est de voir le Mali démocratique de leur vivant ».</em>

&nbsp;

<strong>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Juin 1997)</strong>

<em>"Nous ne pouvons considérer comme une fatalité le fait que soit concentré aux mains d’une minorité le fruit de l’effort commun, pendant que la grande majorité du peuple est condamnée à la misère et au désespoir."</em>

&nbsp;

<strong>Me Mountaga Tall, Président du CNID 1997</strong>

« Un proverbe bambara tranche : que tout le monde se ligue derrière un seul homme, traduit toute la culpabilité de cet homme ».

&nbsp;

<strong>Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</strong>

« Nous <em>avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement </em>».

&nbsp;

<strong>Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999</strong>

« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu. Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

&nbsp;

<strong>Moussa Kolon Coulibaly, Procureur (Novembre 1999)</strong>

"Que le phénomène de la corruption touche toute la société, cela est réel, d’autant plus que la nature humaine est ainsi faite. Que dans toutes les couches socio-professionnelles, il peut exister des brebis galeuses.

<em>Mais je peux vous affirmer que c’est dans une moindre mesure que le phénomène se constate en réalité au niveau de la justice."</em>

&nbsp;

<strong>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </strong>

<em>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</em>

&nbsp;

<strong>Choguel Maïga, Secrétaire général du MPR (Avril 2000)</strong>

« Les témoignages et les contributions lors des débats le 9 Avril 2000 ont présenté ATT comme un militant de longue date du Mouvement Démocratique. Dans un pays où la loyauté est élevée au rang de culte, est-ce rendre service à l’officier ATT que de le présenter systématiquement comme un opposant qui a su gagner l’admiration, la sympathie et la confiance du Président Moussa Traoré en attendant de l’abattre, le moment venu ? ».

&nbsp;

<strong><em>Professeur Yoro Diakité, Président du BARA 2003</em></strong>

<em>« L’élection du Président du Parlement le 16 Septembre 2002 a fini de révéler toute la pourriture de la classe politique et sa capitulation devant l’envie gloutonne de partager le gâteau national. Car, des gens qui, hier encore se détestaient royalement comme des pots pourris, ont fini par s’entendre sur le dos du peuple ».</em>

&nbsp;

<strong><em>Général ATT Président de la République (Juin 2003)</em></strong>

<em>Quelque soit votre volonté de lutter contre la corruption, si vous avez une justice qui ne soit suit pas, vous perdez votre temps. »</em>

&nbsp;

<strong><em>Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :</em></strong>

<em>« Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées, le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la difficulté de les attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer ».</em>

&nbsp;

<strong>Rassemblées par</strong>

<strong>Boubacar Sankaré</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Hommage au président Modibo Keïta : Une invite aux jeunes</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/hommage-au-president-modibo-keita-invite-aux-jeunes-309072.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 19 May 2014 06:44:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<a href="http://www.maliweb.net/histoire-politique/hommage-au-president-modibo-keita-invite-aux-jeunes-309072.html/attachment/photo-gerbe-de-fleurs-ibk" rel="attachment wp-att-309082"><img class="alignleft size-full wp-image-309082" alt="Hommage au président Modibo Keïta : Une invite aux jeunes" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/05/Photo-Gerbe-de-fleurs-IBK.jpg" width="300" height="200" /></a>Il y a 37 ans, le 16 mai 1977, disparaissait Modibo Keïta, le premier président du Mali indépendant. Depuis plus de deux décennies, ce triste anniversaire est marqué par une cérémonie de dépôt de gerbe de fleurs sur la tombe de l’illustre disparu. Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a sacrifié vendredi à cette tradition en déposant une gerbe de fleurs sur la tombe  au cimetière de Hamdallaye. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, d’hommes politiques, de nombreuses personnalités et membres de la famille de l’ancien président.

&nbsp;

&nbsp;

Il était exactement 10h13 quand le chef de l’Etat est arrivé devant le cimetière où il a été accueilli par le ministre du Travail, de la Fonction publique et des Relations avec les institutions, Bocar Moussa Diarra.  Après une revue du détachement rendant les honneurs, le président de la République s’est dirigé vers la tombe de l’illustre. Il y a déposé une gerbe de fleurs avant de se recueillir au son de la sonnerie aux morts.

&nbsp;

&nbsp;

Après la cérémonie, Ibrahim Boubacar Keïta a placé le geste sous le signe du devoir de souvenir. Souvenir d’un grand patriote, d’un grand Africain qui avait le souci du devenir de son peuple.

&nbsp;

Pour le chef de l’Etat, le pays ne rendra jamais assez hommage à ce digne fils de la Nation, qui  fut le premier à nous mettre dans le concert des nations après avoir mené le combat que l’on sait contre le colonialisme. Son combat, il le menait dans le seul souci d’édifier un pays indépendant économiquement et politiquement. « C’est cette grande lutte qui lui a valu toute l’estime dont il bénéficie aujourd’hui dans le cœur des fils de ce pays. Encore une fois, il est bon de dire tout le bien de cet homme qui mérite d’être honoré et nous le faisons aujourd’hui au nom de la Nation malienne de bien bonne grâce.  C’est un devoir auquel nous nous soumettrons chaque fois l’année révolue pour lui dire combien la nation Malienne lui est reconnaissante », a dit le chef de l’Etat, en soulignant la pertinence de ce genre de cérémonie pour que les générations montantes se souviennent de la beauté du patriotisme comme le symbolise l’œuvre du président Modibo Keïta.

<strong>Lougaye ALMOULOUD</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>37ème anniversaire de la mort de Modibo Kéïta : Le crime ou mort naturelle ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/37eme-anniversaire-mort-modibo-keita-crime-mort-naturelle-306262.html</link>
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<pubDate>Sat, 17 May 2014 03:56:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<b><i><a href="http://www.maliweb.net/non-classe/rebondissement-dans-le-proces-sur-la-mort-de-modibo-keita-une-nouvelle-patate-chaude-entre-les-mains-de-la-justice-50505.html/attachment/modibo_keita" rel="attachment wp-att-50507"><img class="alignleft size-full wp-image-50507" title="Modibo Kéïta" alt="37ème anniversaire de la mort de Modibo Kéïta : Le crime ou mort naturelle ?" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/02/Modibo_Keita.jpg" width="310" height="411" /></a>16 Mai 1977 - 16 Mai 2014, il y a 37 ans que le premier Président de la République du Mali mourait assassiné, de la manière la plus atroce.</i></b>

&nbsp;

&nbsp;

"Je proclame ma foi en l'avenir de notre République. Cette foi, nous la partagerons tous, j'en suis convaincu, car il ne peut en être autrement quand il s'agit d'un peuple qui a su garder son calme et sa dignité en des heures où d'autres les auraient perdus, qui a donné des preuves éclatantes de la fermeté de son caractère, qui a affirmé avec force sa patrie et qui, s'il le fallait, n'hésiterait pas à offrir ce à quoi les hommes tiennent le plus, leur vie, pour que vive et prospère un Mali libre dans une Afrique unie…".

L'homme qui s'exprimait ainsi en 1961 devant le peuple malien, s'appelait Modibo Kéïta.

Grand patriote, il venait de bénéficier de la confiance de son peuple pour relever le pays des décombres d'une colonisation rapace qui aura mis à genoux l'économie Nationale, sapé les fondements de la Nation.

Hélas ! Seulement sept ans après, le 19 Novembre 1968, Modibo Kéïta, a été renversé par un coup d'Etat militaire dirigé par un lieutenant anonyme : Moussa Traoré.

Depuis, emprisonné dans des conditions les plus inhumaines, sans jugement et en contradiction flagrante avec les déclarations des nouveaux dirigeants, il n'en sortira que le 16 Mai 1977, mort, assassiné de la manière la plus atroce.

Ce jour en effet, le président Kéïta pris de violents malaises, était transporté à l'hôpital du Point G.

Le soldat qui le gardait, se précipitant pour demander de l'aide, s’était vu interdire tout déplacement.

Quelque temps après, un communiqué de Radio Mali, annonçait la mort de "l'instituteur à la retraite, Modibo Kéîta".

Quelle autre interprétation, donner à l'absence de toute annonce officielle de la disparition subite du premier Président de la République du Mali ?.

"Espérait-on que son décès aurait pu passer inaperçu ?" s'interrogeait le journaliste français Pierre Morlet. Ce qui est plausible poursuivait-il, "c'est que, cette tentative peu reluisante, traduit pour l'essentiel, le désarroi d'une équipe déconsidérée".

En effet, la première tentative d'explication de la mort de Modibo, donnée pour cause d'intoxication alimentaire", était remplacée peu après, par un œdème pulmonaire".

Il fallait nier l'évidence : l'assassinat.

Et l'autopsie demandée par la famille, a été refusée. Chacun savait cependant que Modibo Kéïta avait été empoisonné.

Le Jeudi 19 Mai, date des obsèques, les écoles et les lycées étaient gardés, les élèves dans la rue. Tous voulaient emmener le corps de Modibo pour le rendre au Comité Militaire : "<b>leur rendre leur mort</b>".

Les élèves et étudiants sont venus dans la famille de Modibo. Ils ont cassé le cercueil et déchiré le linceuil pour voir son corps. Les élèves ont ensuite transporté le corps du Président assassiné jusqu'au cimetière de Hamdallaye et effectué l'enterrement.

<b>Pourquoi avoir mis Modibo Kéïta à mort ?</b>

Pour sauvegarder un pouvoir menacé, car le 9 Mai 1977, s'était déroulé à Bamako, une manifestation des élèves et étudiants faisant suite à la grève au cours de laquelle, les manifestants réclamaient le retour au pouvoir de Modibo Kéïta, dont ils clamaient le nom.

Modibo Kéïta, même en prison, était devenu encombrant, et sa vie, une menace pour le régime militaire.

Par l'assassinat de Modibo Kéïta, Moussa Traoré et ses valets ont liquidé un espoir, celui qui a consacré sa vie à l'indépendance de sa patrie, à la grandeur et à la dignité de son peuple, sans jamais se renier.

Moussa Traoré a aussi mis fin par le meurtre de Modibo Kéïta, à une histoire d'une grande foi et d'un profond attachement réciproque, nourris comme dans un pacte de sang, par une fidélité émouvante des Jeunes, à celui qui reste à jamais le père de la jeunesse malienne.

En effet, un des premiers actes de confiance du Président Modibo Kéïta en la jeunesse dans l'action politique remonte à juillet 1950 à Bamako. Une initiative prise par les jeunes d'organiser un grand meeting populaire en faveur de l'appel de Stockholm contre la bombe A, s'était heurtée à la répression policière déclenchée par l'administration coloniale qui était alors féroce et faisait planer une atmosphère de terreur sur toutes les activités démocratiques, qu'elles soient politiques ou populaires.

Qu'à cela ne tienne, grâce à l'appui ferme du secrétaire général Modibo Kéita, le bureau politique du parti aida à l'organisation matérielle du meeting, lequel fut un très grand succès populaire. Le défi des jeunes face à la terreur coloniale consacra le ridicule du grand déploiement de son appareil policier et relança l'initiative et la hardiesse dans l'action politique de masses militantes du parti.

Cette confiance que le futur Président de la première République du Mali, mettait déjà en la jeunesse, prenait racine dans son expérience d'ancien leader de mouvement socio-culturel de la jeunesse soudanaise.

En effet, Modibo Kéita considérait la jeunesse comme "une période de la vie où l'homme est naturellement capable de grande générosité, naturellement ouvert aux idéaux de justice et d'égalité, bref, réceptif et sensible aux grandes valeurs morales, civiques et humanitaires. C'est plus que jamais l'âge de l'aptitude à les appliquer avec rigueur".

Aussi, considérait-il que la "jeunesse est une source permanente de renouveau de la société qu'il faut protéger de toute pollution et dont il faut soigner l'environnement".

D'ailleurs, pendant ses dernières heures en tant que Président de la République alors qu'il était à bord du bateau général A. Soumaré, et, sachant qu'un groupe de militaires parjures avait pris le pouvoir, Modibo Kéita avait continué son voyage jusqu'au port de Koulikoro. Il avait encore quelque chose à dire au peuple malien et sa jeunesse : "<b><i>Le Mali, ce n'est plus nous, ce n'est plus ceux qui ont pris le pouvoir aujourd'hui. Le Mali, c'est vous !</i></b>".

La suite est connue : Modibo est passé, de la prison au… cimetière.

Aujourd'hui, "l'autre", mieux nanti que quiconque, se la coule douce... dans une superbe villa payée par le contribuable Malien. Il est toujours Général et même… "Président".

&nbsp;

<b>Boubacar Sankaré</b>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables : Feu Modibo Keïta, Président de la République (19 Novembre 1968)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-feu-modibo-keita-president-republique-19-novembre-1968-239272.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-feu-modibo-keita-president-republique-19-novembre-1968-239272.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 15 Apr 2014 02:52:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<i>"Le Mali, ce n’est pas nous, ce n’est pas non plus ceux qui viennent de prendre le pouvoir. Le Mali, c’est vous !" [NDLR : s’adressant à la jeunesse]</i>

&nbsp;

<b>Amadou Toumani Touré, Président du CTSP </b>

« Depuis que Moussa Traoré est tombé, nous assistons à une prolifération d’hommes braves ».

&nbsp;

&nbsp;

Feu Me Demba Diallo

« Aujourd’hui, Moussa Traoré peut se targuer d’avoir été trop bien traité par rapport à ce qu’il a réservé à ses adversaires et même à ses amis, morts dans les conditions que l’on sait à Taoudénit ».

&nbsp;

<b>Alpha O. Konaré Président de la République : 8 Juin 1992</b><b></b>

« <i>Nos frontières ne devraient plus être comme ces postes frontières, livrées aux seules forces de l’ordre, devenant à l’occasion forces de suspicion et de contrôle, ces zones où l’on cherche à se faire peur, où l’on veut marquer les différences. Ces espaces ont le plus besoin de gestion commune, concertée, de gestion à la base, où place devrait se faire à une participation et un contrôle populaire plus grand, à une mise en commun plus prononcée de nos potentialités, de nos capacités, à une revitalisation de notre fraternité ».</i>

&nbsp;

<b>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</b>

"<i>Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</i>

<i> </i>

<b>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Mars 1996)</b>

"L<i>a grosse erreur a été de faire croire que la démocratie peut tout régler comme par un coup de baguette magique. Une démocratie se bâtit lentement avec des hommes et des femmes qui y adhèrent et auxquels, il faut donner toutes les explications qui s’imposent."</i>

<i> </i>

<b>Me Mountaga Tall, Président du CNID 1997</b><b></b>

« Un proverbe bambara tranche : que tout le monde se ligue derrière un seul homme, traduit toute la culpabilité de cet homme ».

<i> </i>

<b>Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999</b>

« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu. Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

&nbsp;

<b><i>Me Adame Bâ Konaré, épouse de l’ancien Président Alpha (Mars 2000)</i></b>

<i>« Les femmes sont encore confrontées à des problèmes de droit. Moi-même, je suis particulièrement sensible à cela. Je sais que les décisions de justice malheureusement ne sont pas toujours rendues à la satisfaction des femmes. J’enrage souvent de voir que les femmes sont les souffre-douleus dans les foyers par rapport aux lois.</i>

<i> </i>

<b>Djiguiba Kéïta dit PPR, PARENA : 2001</b><b></b>

<i>« Le Mali nouveau, ce n’est pas le MPR qui peut le bâtir, c’est nous, c’est à dire les autres, ceux qui ont combattu le système dont le MPR se réclame ».</i>

&nbsp;

<b><i>Professeur Yoro Diakité, Président du BARA 2003</i></b>

<i>« L’élection du Président du Parlement le 16 Septembre 2002 a fini de révéler toute la pourriture de la classe politique et sa capitulation devant l’envie gloutonne de partager le gâteau national. Car, des gens qui hier encore se détestaient royalement comme des pots pourris, ont fini par s’entendre sur le dos du peuple ».</i>

<i> </i>

<b>Soumelylou Boubèye Maïga de convergence 2007 (2001)</b>

« <i>Je crois que souvent il faut que nous ne perdions pas de vue l’objectif visé. Je crois que la démocratie favorise l’expressions de contradictions, des opinions et en même temps donne des clés à notre action dans l’histoire</i>. »

&nbsp;

<b>Boubacar Sankaré</b>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-16-224732.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 08 Apr 2014 04:04:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<h3>Feu Modibo Keïta, Président de la République (19 Novembre 1968)</h3>
<i>"Le Mali, ce n’est pas nous, ce n’est pas non plus ceux qui viennent de prendre le pouvoir. Le Mali, c’est vous !" [NDLR : s’adressant à la jeunesse]</i>

&nbsp;

<b>Amadou Toumani Touré, Président du CTSP <i></i></b>

« Depuis que Moussa Traoré est tombé, nous assistons à une prolifération d’hommes braves ».

&nbsp;

Feu Me Demba Diallo

« Aujourd’hui, Moussa Traoré peut se targuer d’avoir été trop bien traité par rapport à ce qu’il a réservé à ses adversaires et même à ses amis, morts dans les conditions que l’on sait à Taoudénit ».

&nbsp;
<h2>Alpha O. Konaré Président de la République : 8 Juin 1992</h2>
« <i>Nos frontières ne devraient plus être comme ces postes frontières, livrées aux seules forces de l’ordre, devenant à l’occasion forces de suspicion et de contrôle, ces zones où l’on cherche à se faire peur, où l’on veut marquer les différences. Ces espaces ont le plus besoin de gestion commune, concertée, de gestion à la base, où place devrait se faire à une participation et un contrôle populaire plus grand, à une mise en commun plus prononcée de nos potentialités, de nos capacités, à une revitalisation de notre fraternité ».</i>

&nbsp;

<b>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</b>

"<i>Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</i>

<i> </i>

<b>Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Mars 1996)</b>

"L<i>a grosse erreur a été de faire croire que la démocratie peut tout régler comme par un coup de baguette magique. Une démocratie se bâtit lentement avec des hommes et des femmes qui y adhèrent et auxquels, il faut donner toutes les explications qui s’imposent."</i>

<i> </i>
<h2>Me Mountaga Tall, Président du CNID 1997</h2>
« Un proverbe bambara tranche : que tout le monde se ligue derrière un seul homme, traduit toute la culpabilité de cet homme ».

<i> </i>

<b>Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999<i></i></b>

« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu. Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

&nbsp;

<b><i>Me Adame Bâ Konaré, épouse de l’ancien Président Alpha (Mars 2000)</i></b>

<i>« Les femmes sont encore confrontées à des problèmes de droit. Moi-même, je suis particulièrement sensible à cela. Je sais que les décisions de justice malheureusement ne sont pas toujours rendues à la satisfaction des femmes. J’enrage souvent de voir que les femmes sont les souffre-douleus dans les foyers par rapport aux lois. </i>

<i> </i>
<h2>Djiguiba Kéïta dit PPR, PARENA : 2001</h2>
<i>« Le Mali nouveau, ce n’est pas le MPR qui peut le bâtir, c’est nous, c’est à dire les autres, ceux qui ont combattu le système dont le MPR se réclame ».</i>

&nbsp;

<b><i>Professeur Yoro Diakité, Président du BARA 2003 </i></b>

<i>« L’élection du Président du Parlement le 16 Septembre 2002 a fini de révéler toute la pourriture de la classe politique et sa capitulation devant l’envie gloutonne de partager le gâteau national. Car, des gens qui hier encore se détestaient royalement comme des pots pourris, ont fini par s’entendre sur le dos du peuple ».</i>

<i> </i>

<b>Soumelylou Boubèye Maïga de convergence 2007 (2001)</b>

« <i>Je crois que souvent il faut que nous ne perdions pas de vue l’objectif visé. Je crois que la démocratie favorise l’expressions de contradictions, des opinions et en même temps donne des clés à notre action dans l’histoire</i>. »

&nbsp;
<p align="right"><b>Boubacar Sankaré</b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Célébration du 26 mars : De l’espoir au désespoir</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/celebration-du-26-mars-lespoir-au-desespoir-212962.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 02 Apr 2014 03:14:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Demain</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<b>26 Mars 1991,26mars 2014, 23 ans après, le mouvement populaire qui incite les militaires à renverser le régime du Général Moussa TRAORE, un mardi 26 mars 1991, les citoyens se prononcent. </b>

<b> </b>

<b>Issouf Barry : Retraité, acteur du mouvement du 26 mars 1991.</b>

<b>Je suis pessimiste…</b>

« Je suis pessimiste, et cela n’est pas fortuit puisque le regard que j’ai du Mali, n’est pas fameux. Si je fais un peu référence au 26mars 1991, je constate que l’amour qu’un fils du pays doit avoir pour sa patrie, n’existe plus chez les jeunes d’aujourd’hui. Nous, nous avons bravé la peur, les armes, l’eau chaude en un mot la mort, pour remettre ce pays sur la voie démocratique. Cela a été possible parce que nous étions guidé par le patriotisme, l’union, l’amour sans condition au drapeau du Mali ; toute chose que les politiques d’aujourd’hui ignorent. Des personnes ont laissés leurs vie pour que d’autres puissent vivre dignes et libres aujourd’hui, mais qu’est ce qui est fait de cet héritage ? Le Mali est en déroute totale ; de la chute de Moussa TRAORE à nos jours, qu’est ce qui a changé de façon positive ? Rien. Le pays avance à reculons ; les gens ont le souci de tout sauf du devenir de la nation. C’est malheureux parce que tout ce qu’on a de plus cher, c’est la Patrie. Et tant que cela n’est pas compris par tous, ce beau pays jadis exemplaire sur tous les plans dans la sous région, ne se redressera pas malheureusement ».

&nbsp;

Ce jour pour moi est un jour de deuil, mais également d’éveil des consciences surtout pour nous la nouvelle génération.

<b> </b>

<b> </b>

<b>Issa KANTE : Etudiant</b>

<b>Jour d’éveil des consciences…</b>

« Le 26mars 1991, est un jour que tous les maliens doivent prendre pour exemple. Ce jour définit l’amour de nos pères, de nos mères, de nos ainés à ce pays. Ils ont préférés mourir dans la dignité que de vivre dans une contrainte quelle qu’elle soit. Ce jour pour moi, est un jour de deuil, mais également d’éveil des consciences surtout pour nous la nouvelle génération qui devrions savoir respecter ce qui a été fait pour que nous soyons à l’abri aujourd’hui et cela doit nous pousser à faire plus pour porter haut et loin, le drapeau malien ».

&nbsp;

<b>« Comme on le dit on ne peut pas brandir la flamme de la liberté sans brulé quelques barbes par-ci et par là.</b>

<b> </b>

<b>Moussa Sissouma</b> : Retraité

« Le 26mars 1991 est un jour que je revis chaque minute de ma vie. Regrettable oui, mais nécessaire à ce temps pour mettre fin à une situation qui étouffait tous les maliens. Comme on le dit, on ne peut pas brandir la flamme de la liberté, sans bruler quelques barbes par-ci et par là. Si seulement les jeunes, les politiciens, les maliens en général qui sont les acteurs, la locomotive du pays aujourd’hui pouvait s’inspirer des hommes et des femmes qui ont défiés la mort ce jour 26 mars 1991 pour leur liberté, leur développement, pour leur pays et pour les futurs générations. »

<b>« Le Mali est devenu comme une scène de théâtre où chacun vient jouer son petit rôle sans aucune réelle  conviction, sans considération ni pour le pays ni pour son devenir ».</b>

<b> </b>

<b>Oumou SY : </b>

« Un jour mémorable, mais mon inquiétude ce que ce jour, ces morts ne soient dérisoires, car 23 ans après la révolution de 1991, le constat est funeste. Le Mali est devenu comme une scène de théâtre où chacun vient jouer son petit rôle sans aucune réelle  conviction, sans considération ni pour le pays, ni pour son devenir, tout l’intérêt du malien est tourné vers sa petite personne en oubliant totalement les valeurs fondamentales qui font de lui, un être social collé à son pays ».

<b>Propos recueillis par Boubacar HAIDARA</b>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>IBK et le 26 Mars 1991</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/ibk-26-mars-1991-209561.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 31 Mar 2014 16:21:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[Ibrahim Boubacar Keita était face à la nation dans la nuit du 25 Mars. Son discours portait sur le 26 Mars 1991, date de la commémoration des événements ayant bouté son ami Moussa Traoré du pouvoir.

&nbsp;

Appelant les parents des victimes à l’apaisement des cœurs, IBK a insisté sur le vivre ensemble. Il a ensuite lancé un appel aux groupes rebelles du Nord affirmant qu’il est prêt à les recevoir autour de la table.

[caption id="attachment_198719" align="aligncenter" width="610"]<a href="http://www.maliweb.net/gestion-affaires-publiques/gestion-du-pouvoir-ibk-ca-dechante-deja-198716.html/attachment/ibk-33" rel="attachment wp-att-198719"><img class="size-full wp-image-198719 " alt="Ibrahim Boubacar keita - 1991" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/02/ibk1.jpg" width="610" height="343" /></a> Ibrahim Boubacar keita[/caption]

Le lendemain, il s’est rendu à la place des Martyrs pour la traditionnelle dépôt de gerbe de fleurs au. Après le respect de la tradition pour ce 23e anniversaire, face à la presse, le chef de l’Etat a confié que cette journée symbolise «le sacrifice ultime des nôtres». Elle incarne  «la dignité retrouvée» qui «ne doit plus jamais nous quitter».

&nbsp;

&nbsp;

Pour rappel, le 26 Mars 1991, les Maliens étaient descendus dans la rue pour mettre fin au régime dictatorial d’alors dirigé par le général Moussa Traoré. Il a été réhabilité par IBK, lors de la cérémonie d’investiture présidentielle en Septembre dernier. Ce qui provoqua une polémique au sein de l’opinion nationale.

&nbsp;

&nbsp;

En tout cas, Il y’eut des centaines de victimes lors de cette douloureuse page de l’histoire contemporaine du Mali. Les souvenirs restent présents dans l’esprit des Maliens même si Moussa Traoré a été gracié et vit sa liberté dans la plus grande discrétion.

&nbsp;

&nbsp;

Sa proximité avec l’actuel locataire de Koulouba risque de causer du tort à la mouvance présidentielle. D’ailleurs, avec le vote de validation de la Cdvr qui devra aussi revoir les événements du 26 Mars 1991, IBK devra s’attendre à de mauvaises surprises.

<strong>Idrissa Kéïta</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>23 ans avant et après le 26 Mars 1991 : L’âge de la comparaison et de la remise en cause</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/23-ans-apres-26-mars-1991-lage-comparaison-remise-en-cause-209491.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/23-ans-apres-26-mars-1991-lage-comparaison-remise-en-cause-209491.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 31 Mar 2014 15:06:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[Le Mali démocratique arbore, en cette date symbolique, le 26 Mars 2014, le même âge du régime tyrannique de Moussa Traoré, deuxième putschiste contre un Malien après Léopold Sédar Senghor du Sénégal.

&nbsp;

Il y a vingt-trois années le destin du Mali basculait dans le sens souhaité par le peuple. Opprimé et oppressé par plus de deux décennies de joug dictatorial, doublé de privations socio-économiques de tous genres, les Maliens n’avaient sans doute d’autre option que de braver le péril du refus à la servilité à la baïonnette.

&nbsp;

&nbsp;

Sous la houlette du Mouvement démocratique uni et solidaire comme les doigts d’une main, les masses populaires ont eu les ressources nécessaires pour surmonter la peur et déboulonner un régime aux pratiques hors de saison, dans un monde en pleine mutation démocratique.

&nbsp;

&nbsp;

Sonne enfin l’irrésistible glas des droits et libertés, du multipartisme intégral, entre autres, avec ses promesses et lueurs de mieux-être et du changement au nom desquelles tant de martyrs sont tombés sur le champ de la conquête démocratique.

&nbsp;

&nbsp;

Vingt-trois années après, c’est manifestement  l’heure d’une confrontation beaucoup plus juste et plus loyale que les bilans d’étape auxquels l’opinion a eu droit jusqu’ici. Et pour cause : le Mali démocratique vient d’atteindre le même âge que le Mali tyrannique de Moussa Traoré.

&nbsp;

&nbsp;

Et si l’on doit en juger par les acquis chiffrables, il n’y a point de commune mesure entre les résultats engrangés par les deux régimes à égalité d’échéances. Avec un doublement du nombre de bouches à nourrir, à loger, à soigner et à éduquer, depuis  1991, on peut affirmer que les démocrates maliens n’ont aucune raison de rougir, tant leurs efforts ont été couronnés de jalons enviables à tous points. Outre la dévotion aux droits et libertés conquises au prix du sang, la libération des initiatives a ouvert la voie à une forme de filon commercial certes anarchique, mais porteuse  de prospérité pour nombre de citoyens.

&nbsp;

&nbsp;

Parallèlement, les pouvoirs qui se sont succédé se sont employés à créer les conditions d’une  stabilité économique à la dimension des normes sous-régionales, et se sont montrés à la hauteur de la vicieuse  équation de la régularité salariale et de moult de revendications catégorielles.

&nbsp;

&nbsp;

S’il faut en apprécier par les attentes, les défis et insuccès restent tout aussi énormes que sont dantesques les réussites, avec une jeunesse désemparée, en proie au chômage, et qui continue de rêver d’eldorado en dehors de la patrie – par la faute peut-être de la corruption, de la gabegie et de la mauvaise gouvernance ravageuses en termes d’évasions de ressources exploitables pour le compte emploi. Ce drame est en outre exacerbé par les déplorables implications de la tragédie scolaire sur le manque de compétitivité des demandeurs d’emploi qui regardent impuissants leur filer entre les doigts les rares opportunités âprement disputées par leurs semblables des pays voisins.

&nbsp;

&nbsp;

S’y ajoute d’autres phénomènes inadmissibles et même impensables il y a vingt-trois ans comme la distribution de la justice au gré du plus offrant, sans compter l’énormité des disparités occasionnées par une abominable iniquité dans la redistribution des richesses nationales.

&nbsp;

&nbsp;

En définitive, les indices de paupérisation et de pauvreté le disputent manifestement aux lauriers de l’ère démocratique, au point que l’autorité et l’administration de l’Etat, le plus souvent impuissantes devant les phénomènes sociaux, préfèrent en faire des créneaux d’exploitation individuelle plutôt que de les affronter. Toutes choses qui font que le pouvoir est logiquement perçu comme le moyen incontournable pour accéder au confort et échapper à la horde de misérables exposés au danger de l’inexistence.

&nbsp;

&nbsp;

Il n’est dès lors pas étonnant que la course au pouvoir et aux strapontins l’emporte de loin sur les valeurs et principes ayant jadis constitué le creuset du Mouvement démocratique. Comment expliquer autrement que la chaîne de solidarité entre ses composantes soit brisée et entamée jusque dans le réflexe de se réveiller contre la remise en cause des idéaux et fondements démocratiques successivement par les vague confessionnelle et militariste  ?

&nbsp;

&nbsp;

C’était en effet le cas avec le célèbre épisode du Code de la famille, qui a mis à nu non pas seulement la chute drastique d’audience auprès de l’opinion, mais aussi la perte d’âme et de repères jusqu’à la prédisposition audacieuse à pactiser avec le diable pour des ambitions pouvoiristes. Idem pour les événements du 22 Mars qui ont vu certains acteurs pousser le reniement de soi jusqu’à se laisser rire au nez par l’adversaire commun incarnée par le Premier ministre Cheick Modibo Diarra, gendre de Moussa Traoré.

&nbsp;

&nbsp;

La tendance a atteint son paroxysme avec la consécration, une bonne fois pour toujours, du général dictateur comme «un grand républicain». Au nez et à la barbe des défenseurs de centaines de martyrs devant lesquels tous ont un devoir de vérité que de simples reconnaissances factices consistant à s’incliner plus par devoir formel que par conviction profonde.

<strong>Abdrahmane Kéïta</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title> Le Président IBK à la nation à l’occasion du 23ème anniversaire du 26 mars 1991 : ‘’Nous sommes une grande nation parce que notre nation sait surmonter les passions, l’adversité et les rancœurs’’</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/president-ibk-nation-loccasion-du-23eme-anniversaire-du-26-mars-1991-sommes-grande-nation-parce-notre-nation-sait-surmonter-les-passions-l-206261.html</link>
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<pubDate>Sat, 29 Mar 2014 10:26:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_204738" align="aligncenter" width="620"]<a href="http://www.maliweb.net/politique/message-nation-du-president-republiques-chef-letat-sem-ibrahim-boubacar-keita-l-occasion-commemoration-du-23eme-anniversaire-du-26-mars-1991-204736.html/attachment/ibk-26mars" rel="attachment wp-att-204738"><img class="size-full wp-image-204738" alt="23ème anniversaire, le Président de la République, Chef de l'Etat, SEM Ibrahim Boubacar KEITA s'adresse à la Nation" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/03/IBK-26Mars.jpg" width="620" height="416" /></a> 23ème anniversaire, le Président de la République, Chef de l'Etat, SEM Ibrahim Boubacar KEITA s'adresse à la Nation[/caption]

Dans son message à la Nation à l' occasion de la commémoration du 23ème anniversaire du 26 mars 1991, le Président de la République, Chef de l'Etat, Ibrahim Boubacar KEITA, a rappelé les valeurs qui fondent la nation malienne et d’indiquer que le Mali est une grande nation. Nous vous livrons en intégralité, l’adresse à la nation, du Chef de l’Etat à la veille de la commémoration du 23ème anniversaire de la révolution malienne.

Bismillahi, Rahman, RahimChers compatriotes,

Le balancier du temps revient sur une date majeure de notre Histoire immédiate.

Une date capitale.

Avec hélas, son lot de tristesses, sa part de sang et de larmes.

Les grandes nations, vous le savez chers compatriotes, sont celles-là qui assument leur Histoire, dans ses forces comme dans ses faiblesses. Et, par là même, arrivent à en tourner les pages, même les plus sombres, sans rien occulter.

C’est d’ailleurs pour ne rien oublier, et se rappeler les messages de la lutte, qu’a été instituée la semaine des martyrs que nous célébrons en ce moment.

Des jeunes parmi nos garçons et nos filles sont tombés.

Des femmes parmi nos épouses sont tombées en se levant, parce qu’il n’y avait plus de dignité à rester assis.

Permettez-moi d’invoquer de nouveau Ramatoulaye, ma fille, douce enfant de lumière dont la pensée ne m’a jamais quittée le long de ces décennies.

Elle symbolise la dépouille injuste de l’innocence.

En ce soir de recueillement et de résolutions renouvelées, prions pour les dizaines, voire les centaines de nos fils et filles, frères et sœurs, pères et mères, épouses et époux qui, à l’instar de Ramatoulaye, ont laissé la vie lors des tragiques journées de mars 1991.

Parents de martyrs, sachez que le sacrifice des vôtres n’a pas été vain, qu’il ne saurait être vain, et que les grandes nations capitalisent toujours ! Le MALI est une grande nation.

Nous sommes une grande nation, parce que nous sommes une nation productrice de civilisation et d’humanisme brillant.

Nous sommes une grande nation, parce que nous sommes une nation résiliente.

Nous sommes une grande nation, parce que nous sommes une nation capable de dépassement et de compromis.

Nous sommes une grande nation parce que notre nation sait surmonter les passions, l’adversité et les rancœurs.

Tous, toutes, fils, filles de la même nation, certes diverse, nous savons nous mettre d’accord sur l’essentiel, à savoir vivre ensemble.

&nbsp;

Chers compatriotes,

Nous devons alors rendre grâce à Dieu, pour avoir fait de nous ce peuple majeur. Ce peuple brassé qui, privilège exceptionnel, peut réunir pour les mêmes événements sociaux, Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré, Dioncounda Traoré, Ibrahim Boubacar Kéita. Comme il a su réunir héritiers de Fily Dabo Sissoko et de Modibo Kéïta.

Oui, la nation malienne est une réalité tangible, un capital solide qu’il nous faut préserver et fructifier.

C’est cette perspective qui inspire la Commission Vérité, Justice et Réconciliation récemment adoptée par l’Assemblée nationale.

Exigence d’un temps de reconstruction, cet instrument s’appuiera sur les leviers de la vérité et de la justice.

Avec pour objectif d’œuvrer au retour définitif de la paix dans notre septentrion où s’appliquera, comme dans les autres régions de notre pays, un processus revu et corrigé de décentralisation.

Aussi, le gouvernement adoptera-t-il, dans les jours à venir, la stratégie de mise en œuvre de ce processus repensé qui, au-delà de la décentralisation, vise la dévolution.

Donc l’exigence d’un autre Etat, le mouvement pour mieux d’Etat, afin que le citoyen soit centre et finalité du processus de développement national. En cela nous resterons pleinement dans l’esprit du 26 mars.

Tirant les leçons du passé, nous ferons en sorte que toutes les légitimités, traditionnelles comme modernes soient désormais représentées dans les instances de gouvernance locale bénéficiant d’une large capacité de décision.

Car l’Etat centralisateur a vécu.

Il doit faire place à un Etat dispensateur de justice impartiale et souveraine, digne et respectée, avec des citoyens égaux devant les opportunités et une armée véritablement outillée et motivée pour veiller la République et défendre l’intégrité du territoire national.

L’Etat patrimonial aussi a vécu.

La corruption qui plombe notre développement sera impitoyablement combattue tout comme l’impunité.

Nous l’avons compris.

Et nous allons, sans faiblir, dans cette direction.

Elle ne sera pas celle de réformes cosmétiques mais d’une modification profonde de notre rapport à l’Etat et du rapport de l’Etat au citoyen.

En cette veille du 26 mars, occasion solennelle de commémoration de la révolution malienne qui a permis le dialogue avec la rébellion d’alors, puis la signature historique du Pacte National en 1992, je veux renouveler mon appel aux mouvements rebelles du Nord.

Qu’ils viennent autour de la table!

Qu’ils acceptent, sans atermoiements et sans subterfuges, le dialogue qui nous permettra de valider un avenir mieux assuré pour nos régions septentrionales aux vulnérabilités hélas réelles !

Qu’ils fassent en sorte qu’apaisés et remobilisés, nos frères et sœurs des camps de réfugiés puissent envisager sans tarder le retour dans leurs sites respectifs !

Mais qu’ils viennent à ce dialogue tant attendu avec la certitude que l’Etat restera unitaire, un et indivisible !

&nbsp;

Chers compatriotes,

Le 26 mars 1991, la jeunesse était debout, certes pour exiger le pluralisme démocratique devenu, depuis, une réalité dans notre pays, même s’il reste perfectible.

Mais chez nos jeunes, il y avait également en lame de fond, le désir d’avenir, d’un avenir différent, légitime et garanti.

L’école et l’emploi sont les deux principales garanties de cet avenir.

En 1994, un effort volontariste et méritoire avait créé l’université du Mali, bien des décennies après les premières universités coloniales africaines :

- FouraBayCollege, Freetown,créée en 1827

- Makerere University,Kampala créée en 1922

- Legon University, Accra, créée en 1943

- Université de Dakar, créée en 1957.

Notre université nouvellement créée était de bien loin la cadette de l’Université du Niger, créée en 1974, l’Université du Tchad créée en 1971, pour ne citer que l’exemple de deux pays qui partageaient, avec le Mali, les mêmes caractéristiques socioéconomiques.

C’est dire donc que notre Université est une jeune université.

Il fallait donc oser. Et nous avons osé.

Mais nous ne mettons pas, pour autant, la tête sous le sable.

Nous savons que notre enseignement supérieur souffre de tares gravissimes qu’il faut immédiatement éradiquer, tant dans les domaines de la gouvernance, de la pédagogie que de l’articulation formation-emploi.

Les journées nationales de concertation incessamment prévues sur l’avenir de l’enseignement supérieur seront pour nous un moment de refondation du secteur vital de l’éducation.

Aucun ordre d’enseignement, durant notre mandat, ne sera oublié.

Nous ausculterons. Nous échangerons. Nous proposerons les justes remèdes. Et nous nous assurerons que ceux-ci sont correctement administrés, car le Mali peut et doit être au niveau des pays performants.

Nous donnerons à notre jeunesse une chance à l’employabilité avec une formation de qualité, inch’ Allah !

Mais l’éducation ne suffira pas, nous le savons.

Notre économie doit être en mesure de répondre à la demande sociale, en gagnant elle-même le pari de la performance, en faisant en sorte que toutes les niches d’opportunités soient exploitées.

Avec notre formidable potentiel agricole, pastoral, halieutique, l’entreprenariat rural doit être une réalité palpable dans les court et moyen termes et concourir à la masse critique de richesses à la disposition de nos ambitions.

Des PME et PMI maliennes doivent voir le jour et marquer l’apport irremplaçable de nos couches moyennes à l’émergence du Mali.

Cette émergence, nous n’avons de cesse à le dire, est dans l’ordre du réalisable.

Tous les partenariats requis pour cela, seront noués.

Le gouvernement est mobilisé à cette fin.

Premier ministre, ministres, ils sont tous debout pour le projet du Mali émergent.

J’irai partout, je plaiderai partout pour que tous ces partenariats soient une réalité, une réalité entre les mains d’une nation industrieuse qui était à la pointe hier des marchés de sel, d’étoffes et de kola et qui a tous les ressorts pour redevenir une nation-phare.

Pays de foi, de dialogue et de solidarité, qui a donné au monde le sinankuya, ce cousinage à plaisanterie que tant de nations nous envient, le Mali éprouvé renoue avec sa volonté d’aller de l’avant, grâce à Dieu ; grâce au grand peuple que nous sommes. Puisse-t-il rayonner en Afrique et dans le monde comme il le fit hier, pour que…

Puissent nos martyrs dormir en paix !

VIVE LA REPUBLIQUE !

VIVE LE MALI !

<strong></strong>

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<title>Entre Nous : L’Après &#45; 26 mars : Attentes sacrifiées sur l’autel des trahisons ! </title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/lapres-26-mars-attentes-sacrifiees-lautel-trahisons-206241.html</link>
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<pubDate>Sat, 29 Mar 2014 10:03:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le 26 mars 1991, un groupe de militaires conduit par le Lieutenant- colonel Amadou Toumani Touré mettait fin à près de 23 ans de règne sans partage du général Moussa Traoré. La capitale et les principales villes de l’intérieur étaient en proie,  des semaines auparavant, à de violentes manifestations de rues. Le mardi 26 mars, comme l’a dit Sidiki N’Fa Konaté, ‘’un nouveau soleil s’est levé sur le Mali’’.

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L’insurrection populaire qui a été opportunément récupérée par l’aile républicaine de l’armée ouvrait ainsi grande la voie à la démocratie. La population malienne attendait beaucoup de cette nouvelle ère qui devait être synonyme de prospérité, de paix et de cohésion sociale, ainsi que le scandaient les manifestants en 1991.

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Si l’instauration du multipartisme intégral est un acquis indiscutable, les fleurs de mars 1991 n’ont pas toujours donné les fruits attendus. Si en termes de réalisations des infrastructures et de l’exercice de libertés fondamentales, le pays a enregistré de progrès considérables contrairement aux années de plomb du Comité militaire de libération nationale (CMLN) ou de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), les attentes du peuple sont loin d’être comblées.

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La situation de l’école qui déverse chaque année de nombreux détenteurs de parchemins sur le marché de l’emploi est lamentable et interpelle tout le monde, en premier lieu ceux qui sont aux commandes de l’Etat. Le chômage des jeunes est la plus grande menace de la stabilité sociale. Les Maliens ont soif de justice et veulent qu’il y ait équité dans la répartition des ressources nationales.

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&nbsp;

La pauvreté s’est accentuée. L’injustice, l’arbitraire, le favoritisme, le népotisme, l’impunité, la gestion clanique des affaires publiques ont fait de chacun de nous un aigri social, donc un rebelle potentiel. Les jeunes qui dorment dans une fosse commune au Carré des martyrs n’ont pas donné leur vie pour que le pays soit géré de cette façon.

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La démocratie a donné naissance à un nouvel ordre social qui a vu une certaine catégorie de Maliens principalement minoritaires s’accaparer des deniers publics et narguer la populace. Par la puissance de l’argent public, les démocrates sincères’’ et patriotes convaincus’’ sont devenus plus arrogants et insolents que les dignitaires qu’ils ont chassés en Mars 91.

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On était loin d’imaginer que le Mali allait connaître sous l’ère démocratique la plus grave humiliation de son histoire post - coloniale avec l’occupation des 2/3 de son territoire par des forces obscurantistes.

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Toutes les déviances observées, tous les égarements constatés après les évènements de 1991 sont principalement dus au fait que le peuple n’a pas été suffisamment vigilant pour surveiller l’élite installée au pouvoir.

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Pour relever les défis actuels, il faut une remise en cause collective. Il va falloir qu’on se ressaisisse le plus rapidement possible pour éviter le drame de 2012 avec un coup de force militaire qui a révélé au monde entier l’extrême fragilité du processus démocratique à la malienne. Il ne faut nullement se tromper, nul ne se sauvera sans l’autre.

<strong>Par Chiaka Doumbia</strong>

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<title>23ème anniversaire de la révolution de mars 1991 : Les Maliens partagés entre espoir et désespoir !</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/23eme-anniversaire-revolution-mars-1991-les-maliens-partages-espoir-desespoir-206221.html</link>
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<pubDate>Sat, 29 Mar 2014 09:59:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_168166" align="aligncenter" width="610"]<a href="http://www.maliweb.net/video/ortm-journal-tv-20h-du-05-septembre-2013-168163.html/attachment/moussa_traore1" rel="attachment wp-att-168166"><img class="size-full wp-image-168166" alt="Traoré lors de la cérémonie d'investiture de IBK au CICB " src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2013/09/Moussa_Traore1.jpg" width="610" height="369" /></a> Le général Moussa Traoré lors de la cérémonie d'investiture de IBK au CICB (Photo maliweb.net)[/caption]

Hier 26 mars 2014, les Maliens ont célébré le 23ème anniversaire du 26 mars 1991, date marquant la chute du régime dictatorial du général Moussa Traoré et le début du pluralisme politique au Mali. Après plus de deux décennies d’exercice démocratique marqué par des soubresauts, de nombreuses questions restent en suspens et divisent le peuple malien sur les acquis de cette révolution.

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Suivez les avis de quelques citoyens que nous avons interrogés à l’occasion de la célébration de cette date mémorable.

Abdoulaye Bekaye KEITA, Promoteur d’ONG-AJP

‘’Il est temps que la jeunesse malienne prenne son destin en main!’’

« Cet événement a permis à notre pays d’avoir une avancée significative dans la défense et le respect des droits de l’homme. C’est grâce à cet événement que nous avons également eu une nouvelle constitution le 25 février 1992 à travers laquelle le Mali a opté pour la démocratie. C’est une constitution qui garantit le principe du gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple. Cela interpelle tous les citoyens à jouer leur rôle dans la consolidation des acquis de la démocratie.

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Après cet événement du 26 Mars 1991, on comptait énormément sur les nouvelles autorités démocratiques pour un vrai changement dans le cadre d’une véritable éducation de nos citoyens afin d’élever le niveau de conscience civique et patriotique au sein de nos institutions, en vue de mettre en place une démocratie forte et participative au Mali.

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Malheureusement, tel n’a pas été exactement le cas. A la mémoire des martyrs, il faut que nous arrivions à dire non, à un Mali où les personnes naissent, grandissent et meurent en ayant connu que la faim, la misère et la maladie ; non à un Mali où les enfants n’auront jamais accès au savoir ; non à un Mali où les citoyens sont privés de leurs droits et leurs devoirs ; non à un Mali où la santé n’est pas assurée à tous les citoyens, où l’environnement leur est défavorable ; non à un Mali où les jeunes deviennent adultes mais jamais  responsables.

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Aujourd'hui, avec ce nouveau Mali, nous osons espérer que le Président Ibrahim Boubacar KEITA doit être en mesure d'apporter un maximum de projet adapté au contexte réel du développement socio-économique et culturel de notre pays à travers son peuple qui n’aspire qu’à vivre dans la paix et dans la dignité. Enfin je voudrais dire qu’il est temps que la jeunesse malienne prenne son destin en mains. C’est-à-dire que nous devons être une jeunesse ambitieuse, audacieuse, respectueuse et dynamique. Car, il y a un adage qui dit : ‘’ La jeunesse est le fer de lance d’une société’’ ».

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Dr Kassoum Barry, secrétaire à l’information de l’AEEM, bureau d’Oumar Mariko et docteur Soumaré, président de l’URP

‘’Le 26 mars est le couronnement d’un certain nombre de luttes sociopolitiques qu’il faut célébrer’’

Abordant dans le même sens, ces deux hommes, tous acteurs du mouvement démocratique pensent que cette date doit être bien célébrée quelles qu’en soient les conditions.

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« Le 26 mars mérite d’être bien fêté. Elle est et reste le fondement du pluralisme politique. Pour cause, il est le couronnement d’une lutte sociopolitique. Malgré certaines dérives des politiques, l’espoir est encore permis pour le peuple surtout ceux et celles qui ont participé à la lutte pour cette démocratie.

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Le 26 mars 1991, le peuple malien s’est battu pour acquérir certaines choses. Les étudiants avaient un certain nombre de revendication, dont des  conditions meilleures d’études. En cette période, les autorités de l’heure ont mal compris cette démarche et ont riposté par la barbarie, chose qui a fini par embarrasser tout le peuple. Ce sont ces différentes luttes qui ont abouti à la démocratie avec à la clé des revendications légitimes pour un bon développement de la nation. Cette lutte continue même si on assiste à un ralentissement des procédures.  Donc, le 26 mars mérite d’être bien fêté tout en rappelant au peuple malien, les causes de la révolte du 26 mars qui a abouti à cette démocratie. Normalement, les politiques issues de la démocratie devraient continuer dans le sens de cette lutte. Malheureusement, on n’a tendance à croire que ceux-ci  cachent quelque chose au peuple ou qu’il y a des choses que le peuple ne doit pas savoir.  Nous avons étudié dans les conditions meilleures plus que ceux d’aujourd’hui malgré la lutte. Ce qui veut dire que les conditions sont pires au lieu d’assister à une amélioration. Depuis des années, on assiste à des proliférations d’écoles privées qui sont aussi très chères que le public. Comme si c’est fait uniquement pour des enfants de riches. Voilà l’un des exemples de la déroute de la lutte du 26 mars. Malgré les déroutes, on assiste à certaines améliorations. Aujourd’hui, on peut dire qu’il y a le pluralisme politique. Les Maliens ont la liberté de créer leur association, leur parti politique et il y a la liberté d’expression chez nous. Tous ceux-ci sont des fruits de la révolution du 26 mars ».

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&nbsp;

Fily Kéïta, étudiante à Genève : ‘’ Le 26 mars doit être une journée de prise de conscience… !’’

« Du 26 mars 1991 à aujourd’hui, il y a eu des acquis, mais les choses n'ont pas beaucoup changé. Je pense que ça été juste un renversement de situation avec l’arrivée d’une nouvelle stratégie politique. Car malgré cet événement, les mêmes maux persistent toujours aujourd’hui. Il s’agit de la corruption, du favoritisme, de l'injustice etc.

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La commémoration de cette date ne doit pas se limiter à chômer une journée et à aller déposer une gerbe de fleurs au Carré des martyrs. Le 26 mars doit être une journée de prise de conscience pour le peuple malien et une pensée pieuse et d’hommage pour les martyrs qui ont payé de leur sang pour que le Mali soit aujourd’hui. Pour cela, il faut réaliser des actions concrètes afin d’atteindre les objectifs de cette date historique à travers laquelle la démocratie a vu le jour dans notre pays.  Mais aujourd’hui, il ne faut pas avoir peur de dire ou de le reconnaître que notre démocratie est très limitée dans la mesure où il n’y a pas de liberté d'expression et les plus forts écrasent toujours les faibles ».

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Youssouf  Fadiga  Samounou, ancien membre de l’AEEM : ‘’On doit bien fêter le 26 mars avec éclat’’

« Le 26 mars  doit être fêter avec éclat quel qu’en soit les conditions du pays car, cette date a permis au Mali de se hisser dans le mouvement démocratique. Après l’adoption de la démocratie, tout homme politique peut pointer sa tête par tout où il veut. Cette possibilité n’existait pas avant. Par ailleurs, du 26 mars 1991 au 26 mars 2014, je pense qu’il y a eut beaucoup d’améliorations. Tout d’abord, malgré la crise qui a frappé notre pays, les élections ont pu se tenir sans incidents.

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Cela démontre le caractère démocratique du peuple malien où seule la voie des urnes compte. Aussi, le Mali est cité en exemple à l’extérieur sur le plan de la démocratie. Mais  notre démocratie actuelle en comparaison avec les objectifs de la révolte du 26 mars 1991 qui nous a amené la démocratie, je trouve qu’il reste beaucoup à faire. L’école n’est pas à la hauteur des attentes. Aussi, qu’en est-il du dédommagement des martyrs ? ».

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Boubacar THOUREE, informaticien : ‘’ Le 26 mars devrait être une journée de sensibilisation !’’

« Je dirais qu’il n’y a pas eu d’acquis puisque la commémoration de cette date n’a rien à envier à une fête. Le 26 mars devrait être une journée de sensibilisations afin de montrer à tous les Maliens et toutes les Maliennes qu’il y a eu des citoyens qui ont sacrifié leur vie pour qu’on soit là aujourd’hui. Donc, c’est dire que les chants et les danses n’ont pas leurs places dans cette commémoration. Il faut que l’on fasse de cette date, un repère et non tout simplement un jour férié où il faut seulement aller déposer une gerbe de fleurs à la place des martyrs. On doit profiter de cette journée pour dégager le bilan de ce qui a été fait sur le plan de la consolidation de la démocratie et du développement socioéconomique et culturel au Mali ».

<strong>Par D.T &amp; O. B</strong>

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<title>Dépôt de gerbe de fleurs au monument des martyrs : L’AMS&#45;UNEEM déclarée non grata</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/depot-gerbe-fleurs-au-monument-martyrs-lams-uneem-declaree-grata-205197.html</link>
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<pubDate>Fri, 28 Mar 2014 06:40:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Indicateur du Renouveau</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em><b>L’Amicale des militants et sympathisants de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (AMS-UNEEM) a été éconduite lors du dépôt de gerbe de fleurs au Monument des martyrs à l’occasion de la célébration du 26 mars.</b></em>

<b> </b>

<b> <a href="http://www.maliweb.net/histoire-politique/depot-gerbe-fleurs-sacrifice-martyrs-source-dinspiration-permanente-204997.html/attachment/depot-fleure" rel="attachment wp-att-204998"><img class="alignleft size-full wp-image-204998" alt="Dépôt de gerbe de fleurs" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/03/Depot-fleure.jpg" width="300" height="200" /></a></b>Incroyable mais vrai ! Le mercredi dernier, au dépôt d’une gerbe de fleurs au Monument aux martyrs à l’occasion du 26 mars, l’Amicale des militants et sympathisants de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (AMS-UNEEM), les premiers acteurs du mouvement démocratique au Mali, a été repoussée par le protocole. Un traitement jugé inadmissible par le secrétaire général adjoint de l’AMS-UNEEM. "… Ça c’est incroyable ! C’est du jamais vu, les acteurs du Mouvement démocratique se retrouvent éconduits", regrettait-il.

&nbsp;

&nbsp;

La raison de cette opposition du protocole s’expliquait par le fait que l’AMS-UNEEM ne figurait pas sur la liste des invités qui devaient participer à la cérémonie du dépôt de fleurs. Or, à en croire le secrétaire général adjoint, l’AMS-UNEEM a de tout temps participé à cette cérémonie compte tenu du rang qu’elle a occupé dans l’avènement de la démocratie au Mali. Une déception pour les anciens l’UNEEM qui ont dû batailler pour être ajoutés à la liste préétablie.

&nbsp;

"Nous nous sommes battus pour que la semaine des martyrs soit instaurée. Et que nous acteurs soyons éconduits au dépôt de gerbe, pour nous, c’est un cachet à revoir. Nous sommes très déçus. Nous voulons qu’on donne à César ce qui à César. L’AMS-UNEEM est partie intégrante, prenante du Mouvement démocratique, nous avons vécu ça dans notre chair et dans notre âme", rappelait-il.

&nbsp;

L’AMS-UNEEM est composée d’anciens membres de l’UNEEM. Ceux-là qui avaient commencé le combat démocratique depuis les années 1980 avec Cabral et qui l’avaient souvent payé au prix de leur vie ou de leur carrière.

&nbsp;

L’AMS-UNEEM, selon notre interlocuteur, est la mémoire vivante de ce qui s’est passé au Mali. "Nous connaissons les acteurs politiques, qui est qui et qui a fait quoi". Elle promet de tout faire pour rectifier le tire.

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Après les tiraillements des deux côtés, la sagesse avait prévalu et l’AMS-UNEEM avait regagné sa place.

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<b>Youssouf Coulibaly</b>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>26 mars 1991&#45; 26 mars 2014 : Que retenir ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2014-retenir-205154.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2014-retenir-205154.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 28 Mar 2014 03:11:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pouce</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<b><i>Il y a de cela vingt trois ans que le Général président, Moussa Traoré, actuellement à la retraite, promettait d’abattre sur la tête de ses concitoyens et concitoyennes, une couronne d’enfer. Sur l’ensemble du territoire national, les populations aspiraient au changement et voulaient gouter aux délices de la Démocratie. Pour le Général président, le moment n’était pas opportun. Pour les hommes politiques, c’était l’occasion à ne pas rater.</i></b>

<b><i> </i></b>

[caption id="attachment_73230" align="alignleft" width="250"]<a href="http://www.maliweb.net/nation/restauration-bon-teint-moussa-traore-en-russie-pour-trouver-des-armes-73229.html/attachment/moussa-traore-3" rel="attachment wp-att-73230"><img class="size-full wp-image-73230" alt="Moussa Traoré GMT" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/06/Moussa-Traore.jpg" width="250" height="191" /></a> Moussa Traoré GMT[/caption]

La démocratique, est arrivée au Mali, dans le sang. Dans l’espoir d’arrêter le mouvement contestataire naissant des associations et groupements, Moussa Traoré avait décidé de réprimer dans le sang. Les rues seront jonchées de morts et les morgues des hôpitaux, débordés. Mais, tout sacrifice a un prix, dit-on. Dans la nuit du 26 mars 1991, tout bascula. Le destin de la démocratie était en marche. Une action militaire, dirigée par le jeune lieutenant colonel Amadou Toumani Touré, a mis fin à 23 ans de terreur et de pouvoir sans partage du Général Moussa Traoré. La révolution populaire a eu raison de la dictature et de la tyrannie. Ainsi, se sont ouvertes les portes d’une nouvelle vie et d’une nouvelle forme de pouvoir.

&nbsp;

Le changement prôné par les Maliens, a eu lieu. Cependant, il faut noter que 23 ans après ce grand évènement, plusieurs hommes politiques et acteurs de la vie socio professionnelle, pensent, toujours, que la révolution de mars 1991, reste inachevée. Pour la simple raison, disent-ils, que les objectifs visés sont loin d’être atteints.

&nbsp;

La lutte contre la corruption et de la délinquance financière, reste à un très bas niveau. L’école se cherche. L’emploi est devenu problématique. La justice n’inspire plus confiance au citoyen lambda. L’indiscipline caractérisée et le désordre se sont installés au sein de nos forces armées et de sécurité. Le coup d’Etat improvisé du 22 mars 2012 suivi de la crise sécuritaire du nord, témoigne, parfaitement, les défaillances de cette démocratie qui s’exerçait pour tous sauf pour le peuple digne du Mali.

&nbsp;

&nbsp;

Ces dernières années ont été surtout marquées par des tueries d’innocentes personnes. Le Mali, notamment nos forces armées et de sécurité, vivent une situation de dé- configuration à laquelle le président IBK doit chercher une solution rapide et durable. Pour ce faire, les Maliens sont interpellés à se mettre au travail et d’accepter de se soumettre aux exigences du vrai changement prôné.

&nbsp;

En ce 23<sup>ème</sup> anniversaire de la célébration de l’avènement de la démocratie, le peuple malien doit faire confiance en son président démocratiquement élu avec plus de 77% des suffrages exprimés, et à l’accompagner pour le retour de la paix, de la cohésion sociale, de l’unité nationale et de la réconciliation pleine et entière de l’ensemble des populations. En contrepartie, le président IBK ne doit plus tergiverser dans les prises des décisions. L’erreur n’est plus permise.

<b> </b>

<b>Jean GOÏTA </b>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>26 mars: 23 ans après les plaies restent ouvertes</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-23-ans-apres-les-plaies-restent-ouvertes-205047.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-23-ans-apres-les-plaies-restent-ouvertes-205047.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="" length="50828" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Thu, 27 Mar 2014 12:39:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>Canard Déchainé</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[De janvier à mars 1991, des jeunes et des femmes, sortis pour réclamer la fin de la dictature, ont été pris à partie par les soldats.  Ces derniers ont tiré à balles réelles sur les manifestants faisant de nombreuses victimes. Certains sont morts sur le coup, d’autres succomberont plus tard à leurs blessures. D’autres encore vivent toujours avec de graves séquelles.

&nbsp;

L’indemnisation des victimes, un dossier qui n’est toujours pas classé. 23 ans après. Le ministre du Travail, des Affaires Sociales et Humanitaires a annoncé que des indemnités ont été versées aux familles des victimes par les gouvernements précédents. Cela conformément à la loi adoptée à cet effet et son décret d’application. Sans pour autant préciser les montants alloués, ni même indiquer la poursuite du processus d’indemnisation.

&nbsp;

A l’endroit des veuves, des veufs et des orphelins, des efforts ont été consentis par les différents gouvernements, reconnait Abdoulaye Traoré, président de l’ADVR (Association pour la Défense des Victimes de la Répression). Pourtant, a-t-il indiqué, les plaies restent ouvertes. C’est pourquoi Abdoulaye Traoré appelle au pardon : <i>« vingt ans se sont écoulés sans pouvoir panser les plaies. A présent, devrions-nous pardonner à ceux-là qui ont tiré à balles réelles sur de simples marcheurs qui ne réclamaient que liberté, justice, et démocratie? »,</i> s’est-il interrogé dans son discours.

&nbsp;

Les événements récents de 22mars 2012 ont ébranlé 20 ans d’acquis démocratiques. Ils ont permis de jeter un regard rétrospectif sur la démocratie malienne. Des maux qu’on croyait à jamais bannis refont surface. Ce qui fait dire à Victor Sy, que la démocratie malienne est un échec. <i>«La démocratie malienne est mal partie. Je l’ai dit en 1995 dans une tribune parue dans le journal Le Républicain. Deux choses handicapent la démocratie au Mali. La première, c’est qu’elle tire son essence des valeurs occidentales donc capitalistes auxquelles les Maliens ne comprennent rien. La seconde plaie de notre démocratie est la conséquence de la première. Ce sont des tares qui gangrènent notre démocratie qu’il faut éradiquer. Ces tares sont : la corruption, le paternalisme et la croyance à la prédestination »,</i><i> </i>a conclu l’octogénaire proche du MP22.

<strong>Mamadou TOGOLA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title> 23 ans après, l’historique du 26 mars 1991 : Les institutions républicaines ont&#45;elles perpétué l’esprit de la révolte démocratique ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/23-ans-apres-lhistorique-du-26-mars-1991-les-institutions-republicaines-perpetue-lesprit-revolte-democratique-204845.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/23-ans-apres-lhistorique-du-26-mars-1991-les-institutions-republicaines-perpetue-lesprit-revolte-democratique-204845.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="" length="50828" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Thu, 27 Mar 2014 10:05:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Prétoire</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<b><i>C’est au lendemain de l’historique conférence nationale de 1991 que les forces vives de la nation  ont procédé à l’érection des institutions républicaines, de pouvoir et de contre-pouvoir, susceptibles de mener à bien le nouveau  vent de  la démocratie au Mali. Mais hélas, ce renouveau démocratique a pris un plomb dans l’aile suite au coup d’Etat du 22 mars 2012</i></b>.

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[caption id="attachment_56999" align="alignleft" width="344"]<a href="http://www.maliweb.net/armee/au-mali-les-anti-putschistes-manifestent-dans-les-rues-de-bamako-56997.html/attachment/untm" rel="attachment wp-att-56999"><img class="size-full wp-image-56999" alt="siege UNTM" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/03/Untm.jpg" width="344" height="257" /></a> Bourse de travail qui a servi de cadre pour le Mouvement démocratique[/caption]

L’érection des différentes institutions a forgé l’ancrage  de la démocratie malienne à travers  le monde et fait école dans les pays de la sous-région. 23 années après, les Maliens  se demandent si les institutions républicaines sont restées fidèles à cet esprit souverain de la conférence mémorable.

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Comme un nouveau printemps qui s’est ouvert sur la République du Mali, ex-Soudan français, les forces vives de la nation  se sont dotées des institutions républicaines de pouvoir et de contre-pouvoir au lendemain de la conférence nationale  de 1991 pour conduire à bon port le processus démocratique. A cette occasion, le président Ibrahim Boubacar Kéita, dans son adresse à la nation en ce jour commémoratif, rend hommage aux victimes innocentes : « Les grandes nations, vous le savez, chers compatriotes, sont celles-là qui assument leur Histoire, dans ses forces comme dans ses faiblesses. Et, par là même, arrivent à en tourner les pages, même les plus sombres, sans rien occulter. C’est d’ailleurs pour ne rien oublier et se rappeler  les messages de la lutte, qu’a été instituée la semaine des martyrs que nous célébrons en ce moment. Des jeunes parmi nos garçons et nos filles sont tombés. Des femmes parmi nos épouses sont tombées en se levant, parce qu’il n’y avait plus de dignité à rester assis… » Et de conclure par ses mots d’espoir pour le Mali : « Oui, la nation malienne est une réalité tangible, un capital solide qu’il nous faut préserver et fructifier. C’est cette perspective qui inspire la Commission Vérité, Justice et Réconciliation récemment adoptée par l’Assemblée nationale. Exigence d’un temps de reconstruction,  cet instrument  s’appuiera sur les leviers de la vérité et de la justice.

Avec pour objectif d’œuvrer au retour définitif de la paix dans notre septentrion où s’appliquera, comme dans les autres régions de notre pays, un processus revu et corrigé de décentralisation.

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Aussi, le gouvernement adoptera-t-il, dans les jours à venir, la stratégie de mise en œuvre de ce processus repensé qui, au-delà de la décentralisation, vise la dévolution.

Donc l’exigence d’un autre Etat, le mouvement pour mieux d’Etat, afin que le citoyen soit centre et finalité du processus de développement national. En cela nous resterons pleinement dans l’esprit du 26 mars.

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Tirant les leçons du passé, nous ferons en sorte que toutes les légitimités, traditionnelles comme modernes, soient désormais représentées dans les instances de gouvernance locale bénéficiant d’une large capacité de décision… »

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Cette mémorable initiative, comme une trainée de poudre, a fait tache d’huile dans  plusieurs  pays de la sous-région. Et au-delà du continent, la République du Mali rayonne au firmament  des pionniers de la démocratie. Mais au fil des années, cette image s’est effacée telle une légende. L’analyse de l’histoire démocratique du pays,  depuis vingt-trois ans, révèle sans nul doute des  faits, exprime aussi bien  des  avancées  que des régressions.

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Au nombre des avancées, la République du Mali est et demeure l’un des pays de référence du continent  en matière de création d’institutions  démocratiques, de cadres des  intellectuels respectables et respectés partout ailleurs dans le monde ,  des dispositions des lois et autres.

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Malgré cette belle santé de la vie démocratique, après deux décennies les institutions républicaines présentent bien des écueils, toute chose qui a facilité le fameux coup de force des mutins du 22 mars 2012.

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<b>Quelques écueils de la démocratie malienne</b>

Stoppant du coup le processus démocratique des acquis du 26 mars 1991. D’entrée de jeu, le premier écueil s’appellerait : la perte de crédibilité  des institutions républicaines du pouvoir et du contre-pouvoir dans le subconscient des dix millions de Maliens. Car ces Maliens se montrent réticents quant à la saisine des institutions de la République. Pour eux, il n’y aurait plus de réelle satisfaction.  De même, les Maliens  observent de façon croissante une  certaine primauté des  prérogatives  du pouvoir exécutif et de la Cour constitutionnelle sur les autres institutions. Ce qui se remarque dans le respect de certaines décisions des tribunaux  et qui souffre d’un manque d’application incompréhensible.  Aussi, il est facilement remarqué, par les temps qui courent, un vrai problème dans la République, en ce qui concerne  la

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séparation des pouvoirs.  Dans la pratique, l’application de la séparation  du pouvoir et de contre-pouvoir bute de plus en plus  sur la volonté du pouvoir exécutif. L’autre chose qui constitue l’une des faiblesses des institutions républicaines  réside dans le problème  de collaboration entre elles.  Cette  collaboration étroite entre les institutions du pouvoir et de contre-pouvoir dans la gestion de l’Etat se transforme de plus en plus en une guerre froide entre les institutions  de la République.  Toutes choses qui montrent que vingt-trois années après l’historique conférence nationale des forces vives de la nation de 1991, les  institutions républicaines  s’égarent peu à peu de l’esprit souverain. Face à cela, les institutions républicaines  doivent se réinventer, et pour ce faire l’on attend beaucoup des nouvelles autorités du pays.

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<b>Paul N’GUESSAN</b>

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<title>Le dernier discours de Moussa Traoré</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/dernier-discours-moussa-traore-204814.html</link>
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<pubDate>Thu, 27 Mar 2014 08:17:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Informateur</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_73230" align="alignleft" width="250"]<a href="http://www.maliweb.net/nation/restauration-bon-teint-moussa-traore-en-russie-pour-trouver-des-armes-73229.html/attachment/moussa-traore-3" rel="attachment wp-att-73230"><img class="size-full wp-image-73230" alt="Moussa Traoré GMT" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/06/Moussa-Traore.jpg" width="250" height="191" /></a> Moussa Traoré GMT[/caption]

<b><i>Pour la commémoration du renversement de Moussa Traoré, il y a vingt ans jour pour jour, jeuneafrique.com réédite un document exceptionnel, publié dans J.A. n° 1580 du 10 au 16 avril. Il s'agit d'une déclaration en bambara faite par l'ex-dictateur pendant les dernières heures de son règne, mais qui n'a jamais été diffusée.</i></b>

<b><i> </i></b>

Moussa Traoré a bien été chassé du pouvoir, emporté par le torrent de sang qu'il avait lui-même fait verser, en trois jours seulement. Mais le <a href="http://www.jeuneafrique.com/pays/mali/mali.asp" target="_blank">Mali</a> a failli connaître encore pis, encore plus de sang, encore plus de feu, à cause du même <a href="http://www.jeuneafrique.com/Articles/Dossier/ARTJAJA2560p022-031.xml8/president-alpha-oumar-konare-bamako-condamnationmoussa-traore.html" target="_blank">Moussa Traoré</a>.

Le signal devait être donné par une déclaration des plus délirantes que l'ancien président avait absolument tenu à faire le dimanche 24 mars. Il avait tempêté pour obliger les techniciens de la Radio Télévision du Mali et ses propres conseillers à l'enregistrer. Il a parlé en bambara pour mieux sensibiliser, pensait-il, les couches les plus modestes. Et aussi pour se convaincre que, à l'extérieur, on ne comprendrait pas.

Mais cette déclaration de près d'une heure n'a jamais été diffusée. Parce que des officiers et des journalistes vigilants en ont ainsi décidé. Les très rares Maliens qui ont pu voir l'enregistrement dont la majorité des nouveaux dirigeants ignorent encore l'existence - ont été suffoqués d'horreur.

Ce document, nous l'avons obtenu et fait traduire par des personnes dont nous préférons taire les noms. <b><a href="http://www.jeuneafrique.com/Articles/Dossier/ARTJAJA2579p042-045.xml4/mali-president-proces-alpha-oumar-konaremoussa-traore-condamne-a-la-tranquilite.html" target="_blank">Moussa Traoré</a></b> y démontre qu'il n'a jamais rien compris à ce que son peuple espérait, qu'il ne s'est même pas rendu compte du bain de sang qu'il avait organisé. Il avait toujours cru qu'il avait raison. Sans s'apercevoir qu'il l'avait déjà perdue, cette raison. Voici ce document qui devrait servir de leçon d'histoire à ceux qui n'ont pas encore compris que l'Histoire, en marche, est en train de les écraser.

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J'adresse mes condoléances aux familles des disparus. J'en appelle à tous les Maliens, aux jeunes et aux vieux, aux hommes et aux femmes : je pense sincèrement à ceux qui sont tombés, à tous ceux qui ont été victimes de la tragédie. Dieu ait leur âme et que leur âme repose en paix.

Voici un an, notre parti, l'UDPM, a entamé une réflexion [allusion au débat sur le multipartisme qui avait commencé mi-1990, NDLR]. Le parti a décidé une concertation pour trouver un terrain d'entente et permettre ainsi au pays d'aller de l'avant. Les responsables du parti n'ont pas du tout estimé que la perspective du multipartisme était un risque grave à écarter. Mais le parti a décidé qu'il fallait l'expliquer au peuple et à partir de la base parce qu'il s'agit d'une affaire nationale que les seuls dignitaires ne peuvent trancher depuis Bamako. Voilà pourquoi le conseil national du parti s'est réuni en juin 1990. Après ce conseil national ordinaire, on a décidé de poursuivre la réflexion sur le multipartisme et de convoquer un conseil national extraordinaire, qui s'est tenu en août 1990. Tout le monde s'est exprimé pour mieux comprendre, mais aussi pour faire mieux comprendre aux autres. Le bureau exécutif central a donc demandé un examen sérieux de la question en vue de dégager un consensus sur le multipartisme.
Mais pendant que se faisait ce travail de réflexion au sein du parti, qui a convoqué le congrès du 28 au 31 mars, des associations politiques se sont créées. Le ministre de l'Intérieur a dit : « Les associations peuvent se créer, mais la loi n'autorise pas la création d'association à caractère politique. » Nous avons donc dit qu'il fallait respecter la loi. Eux [il s'agit bien sûr des dirigeants du Comité de coordination des organisations démocratiques, NDLR], ils nous font des reproches parce que nous avons dit ça et que ce ne devait pas être dit. Ils refusent de respecter la loi, ils feront ce qu'ils voudront. [Un silence menaçant.] Si tu dépasses les bornes, attends-toi à en subir les conséquences.

[Un nouveau silence.] Le veau ne connaît pas le lion, mais sa mère, elle, le connaît... Les enfants se sont mis à créer plusieurs associations. Ils ont dit qu'ils n'étaient plus membres de l'Union nationale des jeunes du Mali [l'organisation alors unique des jeunes, affiliée au parti unique, NDLR] et qu'ils vont créer leurs propres associations. Depuis plus de trois mois, les enfants n'ont pas fait une seule semaine complète à l'école ! Ils boycottent les cours comme ils veulent, ils manifestent, ils cassent comme ils veulent, ils détruisent ce qu'ils veulent.

Bamako a connu le vandalisme. Nous avons dit qu'il fallait raisonner les enfants. Nous l'avons dit à leurs pères et à leurs mères, nous nous sommes adressés aussi à eux, les enfants. En vain.

J'ai demandé au ministre de l'Éducation : « Qu'est-ce qui se passe ? » Et le ministre a dit : « Rien ne justifie ces casses-là. Ils n'ont pas cherché à me voir et ils ne m'ont rien demandé. » Je lui ai dit : « Cherche à savoir ce qu'ils veulent. »

<b>Rejet de tous les accords</b>

C'est à partir de là qu'ils ont dit qu'il fallait satisfaire coûte que coûte leurs revendications. Quand ils lui ont fait parvenir leurs revendications, le ministre leur a répondu le jour même. Mais ils ont dit que ce n'est plus ça ! Et qu'il fallait que le ministre les reçoive. Le ministre a dit : « D'accord. Je vous reçois, vous, l'AEEM [Association des étudiants et élèves du Mali, NDLR], mais aussi toutes les associations d'élèves, plus les parents d'élèves, l'Union des femmes [affiliée au parti unique, NDLR], celle des jeunes, pour qu'on discute sérieusement du postscolaire et qu'on trouve un terrain d'entente. Ce n'est pas la peine de raconter aux Bamakois ce qui s'est passé les 21 et 22 janvier. Plus tard, ces événements serviront de sources aux conteurs ou aux auteurs de devinettes, tellement il y a eu de la casse. Les élèves ont demandé au ministre de leur dire clairement et immédiatement si leurs revendications seront satisfaites.

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Quand quelqu’un te dit : « Bois vite ton dégué [boules de mil délayées dans le lait caillé, NDLR], qui est un plat froid, et passe-moi vite la louche pour que je boive à mon tour », la situation est vraiment en train de chauffer !
Le ministre les a reçus encore en présence du syndicat des enseignants, de l'Union des femmes, de l'Union des jeunes, des parents d'élèves. Il leur a dit : « Dites-moi ce que vous voulez et je vous réponds tout de suite que je ferai ce que je pourrai ... »

Mais voilà qu'après cette réunion le Syndicat des enseignants annonce qu'il suspend sa participation aux travaux. Le ministre en appelle à l'UNTM [Union nationale des travailleurs du Mali, ancienne confédération unique, qui a rejoint le camp des contestataires, NDLR] ; il a appelé les enseignants à revenir sur leur décision : ils ont refusé.

Un vendredi (15 mars), les élèves eux- mêmes se sont déclarés satisfaits et ont promis de revenir le vendredi suivant pour signer l'accord. Mais, entre-temps, le mardi, ils sont revenus pour rejeter tous les accords conclus avec le ministre. Le ministre m'a rendu compte : « L'affaire se corse », m'a-t-il dit. Je lui ai répondu : « Ce n'est pas grave. Les enfants, nos enfants, ne connaissent rien à la guerre, ils ne peuvent pas vouloir ça. » Moi, je connais la guerre, la guerre est néfaste. J'ai dit au ministre de convoquer de nouveau l'Union des jeunes, l'Union des femmes, les parents d'élèves, le Syndicat des enseignants. Car l'accord nous concerne tous, mais les élèves ont dit « merde» et qu'ils ont le fer aux dents [qu'ils sont prêts à se battre, NDLR].

Le ministre a dit : « Qu'allons-nous faire ? » Ils ont répondu qu'ils étaient dépassés. Le ministre a demandé aux enseignants dans quelles conditions les écoles pourraient rouvrir et s'ils étaient disposés à reprendre les cours. Ils ont dit : « On va réfléchir. »

La réflexion a duré jusqu'au vendredi 22 mars, le jour de la guerre. Ce vendredi-là, Dieu m'est témoin, des pauvres, des riches, tous ceux qui possédaient quelque chose, le contribuable, les employeurs, etc., tous ont vu leurs biens saccagés. Ce sont pourtant des gens qui n'ont rien à voir avec ces histoires ! C'est Dieu qui leur a donné leurs biens, mais on leur a tout détruit. J'ai convoqué les chefs religieux et je leur ai dit ceci : « Dites aux enfants et à ceux qui les manipulent d'arrêter. Ce n'est quand même pas trop leur demander. Depuis décembre 1990, je prêche la modération, car le vandalisme n'est pas une bonne chose. Ce qui a été construit difficilement ne doit pas être détruit en une seconde. »

<b>Les chefs religieux convoqués</b>

Aujourd'hui, j'ai convoqué la coordination des associations qui sont impliquées dans ces événements pour leur dire : « Que pensez-vous de la situation ? » Ils m'ont dit que leur coordination allait me remette leur déclaration. J'ai lu leur déclaration. Le document dit [martelant ses mots] que je suis un dictateur ! Que Moussa est un dictateur qui n'écoute personne, qui refuse tout dialogue, qui est un homme buté ! Et que j'ai mis en œuvre un plan pour tuer les enfants, les femmes et les vieillards ! Par conséquent, Moussa et son gouvernement doivent démissionner pour être remplacés par un Comité de salut public !

Moi, je dis : même quand on n'est pas un croyant, il faut avoir de la dignité ! Et quand on est croyant, il faut avoir peur de Dieu. Même si tu ne crois pas en Dieu, tu dois être digne. La dignité repose sur trois points : tu ne trahis pas la parole donnée, tu ne parjures pas et tu ne mens pas. Dans ce pays, j'ai été le premier à prononcer le mot « liberté », que les enfants ont repris dans leurs chansons, ce jour-là [allusion au coup d'État du 19 novembre 1968 qui l'avait porté au pouvoir, NDLR] et aujourd'hui encore. Même si le lièvre est ton ennemi, reconnais au moins qu'il a de grandes oreilles.

On me dit encore que je suis un assassin. Ah ! On me qualifie de méchant. Mais quand on t'accuse, les gens qui te connaissent ne croient pas les accusateurs ! Ils diront : « c'est faux ». Depuis le 18 novembre 1968 jusqu'à aujourd'hui, demandez aux gens : « Où sont les cadavres des victimes de Moussa ? » Où sont-ils ? Si c'était vrai, j'aurais été critiqué partout. Si la bouche longue ne le dit pas, la bouche courte le dira. [Si c'était vrai, quelqu'un l'aurait déjà dit auparavant, NDLR.] Si j'avais été un assassin, [pointant le doigt vers la caméra] vous ne seriez pas là aujourd'hui ! S'il n'y avait pas eu le 19 novembre 1968, vous ne seriez pas là aujourd'hui pour me dire ce que vous êtes en train de me dire. Vous ne l'auriez pas pu, auparavant.

<b>"Donnons-nous la main" </b>

Avant le 19 novembre 1968, on ne pouvait pas dire la vérité, ni à sa femme ni à son enfant. On parlait en cachette ! [Bégayant de colère.] Ne mentez pas sur moi ! Mentir sur moi, c'est le comble de l'infamie ! Vous avez dit que Moussa et son gouvernement doivent démissionner. N’Tè ! Je refuse ! Et encore : je refuse ! Ce n'est pas vous qui m'avez donné le pouvoir ! Vous ne m'avez pas amené au pouvoir ! Je sais comment j'ai eu le pouvoir et comment je l'ai exercé !

[Il bégaie de plus en plus et vocifère, le doigt menaçant.] Ce sont les Maliens qui m'ont demandé de rester au pouvoir ! Ils demandent aussi la dissolution de l'Assemblée nationale. Je refuse ! Ce sont les élus du peuple malien, ils sont au service du peuple. Ce n'est pas vous qui les avez élus, en tout cas pas vous seuls.

[Il reprend difficilement son souffle.] Je demande aux Maliens : où sont les cadavres de Moussa ? Où sont-ils ?

J'ai dit et répété que ceux qui manipulent les enfants doivent cesser. Et ceux qui manipulent les manipulateurs ne sont pas ici, ils sont à l'extérieur [pointant le doigt vers la caméra], ils ne sont pas d'ici. S'ils laissent nos enfants tranquilles, il n'y aura pas de troubles. Je l'ai dit : nous payons nos impôts pour construire le pays. On ne peut pas ne pas réagir. Lequel des manipulateurs a eu sa maison détruite ? Beaucoup d'entre eux sont au bord de leur tombe [et il montre du doigt une tombe imaginaire ... puis, levant les yeux au ciel :] Allah ! Qu'ont fait les innocents ? Allah ! Toi qui ne dors pas, toi qui n'as pas sommeil, tu vois tout, paie chacun selon ce qu'il mérite ! Parmi les manipulateurs, lequel a des enfants parmi les morts ? Aucun ! Ils n'ont pas d'enfants [bégayant] parmi ... parmi les victimes, leurs biens n'ont pas été détruits, ni ceux de leurs parents. Mais ce sont eux qui poussent les enfants des autres devant les militaires.

Maliens, vous qui savez que mes mains ne sont pas souillées de sang, suivez-moi ! Vous le savez bien, suivez-moi ! Dieu ne laisse pas l'eau et le lait se mélanger. Pas du tout. Suivez-moi pour que nous construisions le Mali, comme nous l'avons toujours fait partout, en forant des puits, en creusant des canaux d'irrigation, en réalisant l'autosuffisance alimentaire, en menant une bonne politique de l'élevage. Donnons-nous la main.

Nous avons dit, moi, Moussa, j'ai dit : « Asseyons-nous et parlons. Et entendons-nous. C'est cela qui est agréable. » [Un long silence.] Trop parler ou parler peu, c'est poursuivre le même but. Je m'arrête là aujourd'hui. Je vous salue. Je vous remercie pour la confiance que vous avez placée en moi, dans la dignité ! Et en bons musulmans que nous sommes, en cette période de carême, je demande à Dieu, à vous qui êtes en carême, à vous qui ne jeûnez pas, à tous les hommes de bonne volonté : joignez-vous à moi et prions pour Dieu fasse que le Mali aille de l'avant...

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<b>Réflexions sur les événements du 26 Mars 1991 : Notre peuple « gémit»</b>

L’histoire du Monde est riche en enseignements dont il est intéressant de se rappeler et surtout d’en tirer profit.

En 1789 en France, le Tiers-Etat constitué essentiellement de paysans pauvres et d’ouvriers réduits à la misère extrême, se révolta et renversa par la violence, la monarchie en arrêtant le Roi ; le passa à la guillotine, puis proclama la République dont la devise fut : "liberté, égalité et fraternité".

En octobre 1917, les "bolhevik", ayant à leur tête Lénine, après une lutte acharnée et sans merci, renversèrent le Tsar, alors empereur, l’éliminèrent, puis proclamèrent la dictature du prolétariat qui donna naissance à l’Union Soviétique devenue une puissance économique et militaire de réputation mondiale, qui s’opposa au colonialisme et à l’impérialisme.

En 1949, Mao Tsé-toung, à la tête de l’Armée de Libération, mit Tchang Kaï-Tchek en déroute et créa la République populaire de Chine dont les succès dans la construction nationale ont été remarquables.

En 1959, Fidel Castro, en compagnie de quelques révolutionnaires, renversa à la suite d’un long combat, le valet de l’impérialisme américain, Batista qui finit par se réfugier chez ses maîtres du Nord. Américains Immédiatement après la victoire de la Révolution, il instaura le régime socialiste dont les résultats sur les plans économique et social sont connus de tous.

Tout près de nous, le 26 mars 1991, le peuple malien, après une âpre lutte sanglante pendant laquelle il perdit des centaines de ses fils, jeunes pour la plupart, mit fin au règne insupportable du dictateur fasciste Moussa Traoré.

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Mais malheureusement, la révolution a été récupérée par une bande d’intellectuels petits bourgeois qui s’allièrent à une clique militaire pour mettre en place un pouvoir anti-populaire dont les premières mesures furent peu de temps après : la libération des criminels et de leur clique, le feu vert donné à la création d’un parti politique qui se réclame ouvertement du dictateur déchu, et un peu plus tard, l’amnistie accordée à l’assassin du peuple qui, aujourd’hui, jouit des privilèges dus à un chef d’Etat en fonction. Quel scandale ! Quelle trahison !

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Notre intelligenstia réactionnaire a mis en place un système économique où, eux et leurs alliés capitalistes nationaux s’enrichissent effrontément.

Pendant ce temps, notre peuple, qui a consenti d’énormes sacrifices pour l’amélioration de son existence, gémit sous le lourd fardeau de la pauvreté et de la misère.

Que Dieu sauve le Mali

<strong>I YATTARA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Dépôt de gerbe de fleurs : Le sacrifice des martyrs, source d’inspiration permanente</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/depot-gerbe-fleurs-sacrifice-martyrs-source-dinspiration-permanente-204997.html</link>
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<pubDate>Thu, 27 Mar 2014 07:11:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><a href="http://www.maliweb.net/histoire-politique/depot-gerbe-fleurs-sacrifice-martyrs-source-dinspiration-permanente-204997.html/attachment/depot-fleure" rel="attachment wp-att-204998"><img class="alignleft size-full wp-image-204998" alt="Dépôt de gerbe de fleurs" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/03/Depot-fleure.jpg" width="300" height="200" /></a>26 mars 1991-26 mars 2014. Il y a 23 ans, le peuple malien, au terme d’un soulèvement populaire réprimé dans le sang renversait le régime du parti unique. Cette révolution permit ainsi d’engager le pays sur la voie de la démocratie pluraliste et du progrès. Mais pour cela, de nombreux Maliens ont dû donner leur vie. La nation ne saurait oublier leur sacrifice. C’est d’ailleurs en leur mémoire que le Monument des Martyrs a été édifié à Bamako à la descente du pont depuis lors baptisé du même nom sur la rive gauche du fleuve.</strong>

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A l’occasion de chaque anniversaire du 26 Mars, la nation leur rend hommage. C’est dans cette tradition que le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta a  déposé hier une gerbe de fleurs au Monument des Martyrs. La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre Oumar Tatam Ly, du président de l’Assemblée nationale Issiaka Sidibé, des membres du gouvernement, des présidents des Institutions de la République, des membres du corps diplomatique, des représentants d’organisations internationales accréditées dans notre pays.

Des figures historiques du Mouvement démocratique, des responsables de l’Association des victimes de la répression de mars 1991 (ADVR) et de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) étaient également présents.

Selon un cérémonial désormais bien rodé, le chef de l’Etat à son arrivée sur place, a fait le salut au drapeau national, avant que retentisse la sonnerie aux morts. Ensuite, c’est avec une grande solennité et dans un moment de grande émotion que le président Ibrahim Boubacar Keïta, l’un des grands artisans du 26 Mars déposera la couronne de fleurs au pied du monument consacré à ceux qui ont donné leur vie pour un Mali meilleur.

Après ce geste, le chef de l’Etat s’adressant à la presse, a expliqué que son geste est un devoir de souvenir du sacrifice ultime consenti par le peuple malien pour la liberté et la dignité. « Ce sacrifice aurait pu nous éviter ce que nous avons connu. Car le message des 22 et 26 mars 1991 était clair. Mais hélas nous avons trébuché », a-t-il déploré, assurant que le sacrifice des martyrs de mars1991 l’inspire à chaque instant de son mandat. « La dignité retrouvée du Mali ne doit plus nous échapper », a indiqué le président de la République qui s’est réjoui des progrès réalisés par le pays pour tourner la page de la crise profonde qu’il a connue.

Signalons qu’en marge de la cérémonie, l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) a effectué une marche funèbre qui est partie du campus universitaire de la colline de Badalabougou pour aboutir au Monument des Martyrs.

<strong>Be COULIBALY</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Message à la Nation du président de la République à l’occasion du 26 Mars : Combats d’hier et challenges d’aujourd’hui</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/message-nation-du-president-republique-loccasion-du-26-mars-combats-dhier-challenges-daujourdhui-204987.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 27 Mar 2014 07:02:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_204738" align="aligncenter" width="620"]<a href="http://www.maliweb.net/politique/message-nation-du-president-republiques-chef-letat-sem-ibrahim-boubacar-keita-l-occasion-commemoration-du-23eme-anniversaire-du-26-mars-1991-204736.html/attachment/ibk-26mars" rel="attachment wp-att-204738"><img class="size-full wp-image-204738" alt="23ème anniversaire, le Président de la République, Chef de l'Etat, SEM Ibrahim Boubacar KEITA s'adresse à la Nation" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2014/03/IBK-26Mars.jpg" width="620" height="416" /></a> 23ème anniversaire, le Président de la République, Chef de l'Etat, SEM Ibrahim Boubacar KEITA s'adresse à la Nation[/caption]

<b>Les grandes nations, sont celles-là qui assument leur Histoire, dans ses forces comme dans ses faiblesses. Et par là même, arrivent à en tourner les pages, même les plus sombres, sans rien occulter, indique en substance dans son adresse, le chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Keïta, en mettant l’accent sur l’exigence d’un autre Etat.<i>Texte intégral du discours</i></b>

<b>  <i>« </i></b>Bismillahi, Rahman, Rahim

<i>Chers compatriotes,</i>

Le balancier du temps revient sur une date majeure de notre Histoire immédiate. Une date capitale. Avec  hélas, son lot de tristesses, sa part de sang et de larmes.<i> </i>Les grandes nations, vous le savez chers compatriotes, sont celles-là qui assument leur Histoire, dans ses forces comme dans ses faiblesses. Et par là même, arrivent à en tourner les pages, même les plus sombres, sans rien occulter.<i> </i>C’est d’ailleurs pour ne rien oublier, et se rappeler  les messages de la lutte, qu’a été instituée la Semaine des martyrs que nous célébrons en ce moment.<i> </i>Des jeunes parmi nos garçons et nos filles sont tombés. Des femmes parmi nos épouses sont tombées en se levant, parce qu’il n’y avait plus de dignité à rester assis.

Permettez-moi d’invoquer de nouveau Ramatoulaye, ma fille, douce enfant de lumière dont la pensée ne m’a jamais quitté le long de ces décennies.<i> </i>Elle symbolise la dépouille injuste de l’innocence.<i> </i>En ce soir de recueillement et de résolutions renouvelées, prions pour les dizaines, voire les centaines de nos fils et filles, frères et sœurs, pères et mères, épouses et époux qui, à l’instar de Ramatoulaye, ont laissé la vie lors des tragiques journées de mars 1991.

Parents de martyrs, sachez que le sacrifice des vôtres n’a pas été vain, qu’il ne saurait être vain, et que les grandes nations capitalisent toujours ! Le MALI est une grande nation. Nous sommes une grande nation, parce que nous sommes une nation productrice de civilisation et d’humanisme brillant. Nous sommes une grande nation, parce que nous sommes une nation résiliente. Nous sommes une grande nation, parce que nous sommes une nation capable de dépassement et de compromis. Nous sommes une grande nation parce que notre nation sait surmonter les passions, l’adversité et les rancœurs. Tous, toutes, fils, filles de la même nation, certes diverse, nous savons nous mettre d’accord sur l’essentiel, à savoir vivre ensemble.

<i>Chers compatriotes,</i>

Nous devons alors rendre grâce à Dieu, pour avoir fait de nous ce peuple majeur. Ce peuple brassé qui, privilège exceptionnel, peut réunir pour les mêmes événements sociaux, Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré, Dioncounda Traoré, Ibrahim Boubacar Keita. Comme il a su réunir héritiers de Fily Dabo Sissoko et de Modibo Keïta. Oui, la nation malienne est une réalité tangible, un capital solide qu’il nous faut préserver et fructifier. C’est cette perspective qui inspire la Commission Vérité, Justice et Réconciliation récemment adoptée par l’Assemblée nationale.

Exigence d’un temps de reconstruction, cet instrument s’appuiera sur les leviers de la vérité et de la justice. Avec pour objectif d’œuvrer au retour définitif de la paix dans notre septentrion où s’appliquera, comme dans les autres régions de notre pays, un processus revu et corrigé de décentralisation. Aussi, le gouvernement adoptera-t-il, dans les jours à venir, la stratégie de mise en œuvre de ce processus repensé qui, au-delà de la décentralisation, vise la dévolution.

Donc l’exigence d’un autre Etat, le mouvement pour mieux d’Etat, afin que le citoyen soit centre et finalité du processus de développement national. En cela nous resterons pleinement dans l’esprit du 26 Mars.

Tirant les leçons du passé, nous ferons en sorte que toutes les légitimités, traditionnelles comme modernes soient désormais représentées dans les instances de gouvernance locale bénéficiant d’une large capacité de décision. Car l’Etat centralisateur a vécu. Il doit faire place à un Etat dispensateur de justice impartiale et souveraine, digne et respectée, avec des citoyens égaux devant les opportunités et une armée véritablement outillée et motivée pour veiller la République et défendre l’intégrité du territoire national.

L’Etat patrimonial aussi a vécu. La corruption qui plombe notre développement sera impitoyablement combattue tout comme l’impunité. Nous l’avons compris. Et nous allons, sans faiblir, dans cette direction. Elle ne sera pas celle de réformes cosmétiques mais d’une modification profonde de notre apport à l’Etat et du rapport de l’Etat au citoyen.

En cette veille du 26 Mars, occasion solennelle de commémoration de la révolution malienne qui a permis le dialogue avec la rébellion d’alors, puis la signature historique du Pacte national en 1992, je veux renouveler mon appel aux mouvements rebelles du Nord. Qu’ils viennent autour de la table ! Qu’ils acceptent, sans atermoiements et sans subterfuges, le dialogue qui nous permettra de valider un avenir mieux assuré pour nos régions septentrionales aux vulnérabilités hélas réelles ! Qu’ils fassent en sorte qu’apaisés et remobilisés, nos frères et sœurs des camps de réfugiés puissent envisager sans tarder le retour dans leurs sites respectifs ! Mais qu’ils viennent à ce dialogue tant attendu avec la certitude que l’Etat restera unitaire, Un et Indivisible!

<i>Chers compatriotes,</i>

Le 26 Mars 1991, la jeunesse était debout, certes pour exiger le pluralisme démocratique devenu, depuis, une réalité dans notre pays, même s’il reste perfectible. Mais chez nos jeunes, il y avait également en lame de fond, le désir d’avenir, d’un avenir différent, légitime et garanti. L’école et l’emploi sont les deux principales garanties de cet avenir.

En 1994, un effort volontariste et méritoire avait créé l’Université du Mali, bien des décennies après les premières universités coloniales africaines :

- Foura Bay College, Freetown, créée en 1827

- Makerere University, Kampala créée en 1922

- Legon University, Accra, créée en 1943

- Université de Dakar, créée en 1957.

Notre Université nouvellement créée était de bien loin la cadette de l’Université du Niger, créée en 1974, l’Université du Tchad créée en 1971, pour ne citer que l’exemple de deux pays qui partageaient, avec le Mali, les mêmes caractéristiques socioéconomiques. C’est dire donc que notre Université est une jeune université. Il fallait donc oser. Et nous avons osé.

Mais nous ne mettons pas, pour autant, la tête sous le sable. Nous savons que notre enseignement supérieur souffre de tares gravissimes qu’il faut immédiatement éradiquer, tant dans les domaines de la gouvernance, de la pédagogie que de l’articulation formation-emploi. Les Journées nationales de concertation incessamment prévues sur l’avenir de l’enseignement supérieur seront pour nous un moment de refondation du secteur vital de l’éducation. Aucun ordre d’enseignement, durant notre mandat, ne sera oublié. Nous ausculterons. Nous échangerons. Nous proposerons les justes remèdes. Et nous nous assurerons que ceux-ci sont correctement administrés, car le Mali peut et doit être au niveau des pays performants.

Nous donnerons à notre jeunesse une chance à l’employabilité avec une formation de qualité, Inch’ Allah ! Mais l’éducation ne suffira pas, nous le savons. Notre économie doit être en mesure de répondre à la demande sociale, en gagnant elle-même le pari de la performance, en faisant en sorte que toutes les niches d’opportunités soient exploitées. Avec notre formidable potentiel agricole, pastoral, halieutique, l’entreprenariat rural doit être une réalité palpable dans les court et moyen termes et concourir à la masse critique de richesses à la disposition de nos ambitions.

Des PME et PMI maliennes doivent voir le jour et marquer l’apport irremplaçable de nos couches moyennes à l’émergence du Mali. Cette émergence, nous n’avons de cesse à le dire est dans l’ordre du réalisable. Tous les partenariats requis pour cela, seront noués. Le gouvernement est mobilisé à cette fin. Premier ministre, ministres, ils sont tous debout pour le projet du Mali émergent.

J’irai partout, je plaiderai partout pour que tous ces partenariats soient une réalité, une réalité entre les mains d’une nation industrieuse qui était à la pointe hier des marchés de sel, d’étoffes et de kola et qui a les tous les ressorts pour redevenir une nation-phare.

Pays de foi, de dialogue et de solidarité, qui a donné au monde le Sinankuya, ce cousinage à plaisanterie que tant de nations nous envient, le Mali éprouvé renoue avec sa volonté d’aller de l’avant, grâce à Dieu ; grâce au grand peuple que nous sommes. Puisse-t-il rayonner en Afrique et dans le monde comme il le fit hier, pour que

<strong>Puissent nos martyrs dormir en paix !</strong>

<strong>Vive la République !</strong>

<strong>Vive le Mali ! »</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Au Mali, le 26 mars 1991, s’est&#45;il oui ou non accompli une révolution ? :  “Les ambitions individuelles ont pris le pas sur l’essentiel”</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/au-mali-26-mars-1991-sest-il-accompli-revolution-les-ambitions-individuelles-pris-pas-lessentiel-204815.html</link>
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<pubDate>Thu, 27 Mar 2014 03:22:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Informateur</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<b><i>Il y a 23 ans, le 26 mars 1991, le Mali tournait une page de son histoire, après des événements sanglants. Depuis 1968, parmi les dates importantes de l’histoire du Mali, le 26 mars 1991 est sans conteste celle qui a suscité beaucoup d’espoir chez les populations, surtout les jeunes. Cela, du fait qu’elle consacrait pour la plupart des Maliens, l’aube d’une ère nouvelle; la fin de la situation figée dans laquelle le pays se trouvait: verrouillage des institutions, fermeture à toutes idées de dialogue avec des structures autres que celles du parti unique, surdité totale à des reformes et au cri d’angoisse du peuple; avec seulement trois cent (300) millions de F Cfa dans les caisses du Trésor Public. C’était aussi l’expression de la profonde volonté de changement pour le renouveau, lon</i></b><strong><i>g</i>temps souhaité par les populations pour plus de justice, d’équité et de mieux-être. </strong>

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[caption id="attachment_135710" align="alignleft" width="280"]<a href="http://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2013-illusions-perdues-135707.html/attachment/martyrs" rel="attachment wp-att-135710"><img class="size-full wp-image-135710" alt="Monument des Martyrs" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2013/03/martyrs.jpg" width="280" height="305" /></a> Monument des Martyrs[/caption]

Durant plus de 20 ans avant Mars 1991, des groupes clandestins, d’agents de l’Etat, du secteur privé, des enseignants surtout, des fonctionnaires à la retraite se sont organisés en menant une lutte opiniâtre pour un ordre meilleur, par l’ouverture politique, seule voie par laquelle, en raison de la manière dont les affaires publiques étaient conduites et du vécu quotidien des populations, il était possible de réaliser les aspirations du peuple.

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Plus de six (6) mois de contestations de toutes sortes, des manifestations d’élèves et d’étudiants hostiles au pouvoir, à Bamako et dans certaines villes du pays, aboutirent par un coup d’Etat le 26 mars 1991 à la chute du régime suranné, sclérosé et léonin de l’époque. L’événement a été accueilli dans tout le pays par des manifestations des populations en liesse. Une page de l’histoire du Mali, venait d’être tournée, le pays prit alors un nouveau départ. L’événement même diversement apprécié a été des années durant qualifié de « révolution” par beaucoup d’hommes politiques et pas des moindres.

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Aujourd’hui, à la lumière des faits, des actes posés et des résultats enregistrés depuis 23 ans, l’événement du 26 mars était-il en réalité une révolution? Pour certains, le 26 mars a été une révolution mal conduite, pour d’autres une révolution récupérée. A mon humble avis, ce n’est ni l’un, ni l’autre. En effet, l’absence d’Avant-garde, d’unité politique entre les cercles clandestins, dénommés Mouvement démocratique après mars 1991, de projet (commun) de société et d’homogénéité idéologique surtout entre les acteurs du 26 mars, la mission assignée au gouvernement de Transition pendant quatorze (14) mois (1991-1992) laissent perplexe pour qualifier de révolutionnaire l’événement de Mars 1991. En se référant à l’histoire, on sait qu’une révolution réussit ou échoue.

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Dans le premier cas, elle procède à des transformations qualitatives jusqu’alors inconnues. Dans le second, ses auteurs dans la plupart des cas sont arrêtés, fusillés ou embastillés. Selon Jean- François Revel dans «Ni Marx, ni Jésus : «Qui dit révolution, dit par définition événement neuf, n’ayant encore jamais eu lieu, survenant selon des voies autres que les canaux historiques connus “.

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Cette définition d’ordre général indique la diversité de la nature de la révolution, qui peut être: scientifique, industrielle, technique, culturelle, sociale (bourgeoise, socialiste) etc. L’histoire a prouvé que parmi ces révolutions, la révolution socialiste (véritablement conduite) est la seule, qui serve de levain à la réalisation des autres et à l’anéantissement des grandes disparités économiques et des inégalités sociales de toutes natures. La révolution est donc un processus, dans les phases d’évolution duquel, naissent un ordre nouveau, une société nouvelle, qui remplacent de manière irréversible l’ordre ancien. Elle est préparée et conduite par une classe d’Avant-garde sur la base d’un programme de société, avec l’adhésion des masses qui en sont sa force motrice.

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La révolution se caractérise par des transformations radicales qualitatives, dans tous les domaines de la vie nationale: politique, économique, sociale et culturelle. Une fois (la révolution) accomplie, il s’en suit avec succès la réalisation de façon harmonieuse de son programme avec le soutien total des masses, dont les profondes aspirations restent les préoccupations essentielles de la classe dirigeante. L’une des tâches prioritaires de la révolution pendant la réalisation de son programme est l’éducation et la formation des hommes pour l’édification de la société nouvelle. Sur ce plan dans les faits, où en sommes-nous près de vingt (23) ans après Mars 1991? L’école malienne est embourbée, l’enseignement et l’éducation bafoués, les enseignants en majorité sont devenus autres que ce qu’ils devraient en réalité être, face à leur mission.

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Les faits vécus au Mali et surtout les actes posés depuis 1992 par la classe politique, en dehors de toute considération partisane, correspondent-ils au concept ci-dessus décrit?
La réponse est sans doute non.

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- Non, parce que les ambitions individuelles ou de groupe ont pris le pas sur l’essentiel, après Mars 1991 ;
- Non, parce que des séances entières de l’Assemblée Nationale de la première législature étaient consacrées par des députés à se lancer des boulets rouges en occultant les vrais problèmes de la Nation;
- Non, parce que les causes profondes de l’éclatement en 1993 du Groupe des Partis (proches par l’idéologie affichée) Signataires du Pacte Républicain (PSPR) et l’émiettement de tous les partis politiques n’ont rien à voir avec les préoccupations des dirigeants issus de la révolution;
- Non, parce que d’année en année, pour le peuple, les raisons déclarées qui ont conduit à Mars 1991 relevaient du sophisme. Hélas!
L’Etat né de la révolution est révolutionnaire, ses institutions aussi. Toute dérogation à cette règle est contraire au principe de la révolution. Le 26 mars 1991, il ne s’est pas produit de révolution au Mali, mais le pouvoir a seulement changé de mains. Acceptons hélas!  en son temps, sans en sous estimer la portée que, l’événement du 26 mars 1991 n’est pas une révolution, malgré ses phases d’évolution et le travail de fourmis ayant précédé et abouti à son accomplissement.
Le 26 mars a donné naissance à des Etats non révolutionnaires qui, pendant plus de quatre quinquennats n’ont pas pu aplanir un nombre important de problèmes qui assaillaient et assaillent encore les Maliens. Des problèmes politique, économique, social et culturel d’avant mars 1991 en grande partie demeurent. La société malienne se stratifie de jour en jour. L’impunité devenue endémique rend toujours plus hardis les travailleurs véreux dans l’accomplissement des forfaits. L’Administration d’Etat, absentéiste, bureaucratique, affairiste, gangrenée par la corruption brille par des pratiques impensables dans la gestion des affaires d’un Etat révolutionnaire. Pour preuves, les exonérations accordées aux commerçants pour l’importation du riz et du sucre et les résultats attendus non enregistrés, la fin chaotique de l’initiative riz de la campagne 2008-2009 financée pour plus de quarante deux (42) milliards en disent long. Le financement des partis politiques, est un gaspillage de sous au détriment du contribuable. Assimilés en 1993-1994 à des services d’utilité publique, parce que devant éduquer politiquement et civiquement leurs militants, la subvention alors accordée aux partis par l’Etat était justifiée. A ce jour, les partis politiques ont-ils accompli cette mission à hauteur de souhait? La réponse est non. Dans ces conditions le financement des partis politiques n’a pas de sens.

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Les budgets de l’Assemblée Nationale, de surcroît, lieu d’expression de la volonté du peuple, de la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI) ont augmenté année après année, pour des raisons inopportunes au regard de l’état de précarité nationale et des problèmes dont souffre la majorité des Maliens. Parmi ces problèmes: le logement, le pain quotidien, le chômage, les difficultés d’accès aux soins de santé, tout cela dans une inégalité sociale criante. Voilà autant de domaines, auxquels en une ou deux décennies se serait attaqué de façon très satisfaisante un Etat né de la révolution.

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En 23 années, les gouvernements qui se sont succédés, auraient pu créer les bases même embryonnaires pour une véritable relance économique et des conditions pour plus de mieux- être pour les populations. Cela est d’autant plus vrai que des Etats issus de la révolution sous d’autres cieux ont en trois quinquennats réalisé sur tous les plans les bases économiques et sociales de la société de leur rêve. Certes, comparaison n’est pas raison. L’Ex-URSS, la Chine, ou Cuba qui est devenu par la révolution le pays le plus alphabétisé au monde, avec un niveau très élevé de la médecine en sont des exemples, même si à l’époque les réalités politiques, économiques, sociales et culturelles de ces pays étaient différentes de celles du Mali.

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La révolution est une merveille, mais qui a un prix: l’abandon des pratiques, des habitudes et des comportements négatifs pour accepter ceux nécessaires et indispensables à la construction de la société nouvelle. C’est pourquoi, elle est exigente. La révolution n’est pas un jeu d’enfants, une fois commencée, il faut la conduire jusqu’au bout (Pensée de bolchevik).

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Hélas ! pour le Mali, le bout du tunnel est encore loin, à cause de l’absence de conscience nationale forte, de politique adéquate d’éducation dans ce sens, des pesanteurs socioculturelles et des mentalités foncièrement égocentriques et profondément ancrées qui prévalent. Seul un sursaut national par la révolution sortira le Mali de l’ornière. Une même génération ne faisant pas, même deux tentatives de révolution, il est nécessaire que soit opérée au Mali, une révolution véritable, gage de développement rapide, de justice sociale, et de réel mieux- être pour tous.

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<b>Yattara Ibrahim</b>

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<title>26 mars 1991 &#45; 26 mars 2014 : que reste t&#45;il de la révolution démocratique ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/26-mars-1991-26-mars-2014-reste-t-il-revolution-democratique-204822.html</link>
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<pubDate>Thu, 27 Mar 2014 02:36:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Informateur</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_54555" align="aligncenter" width="600"]<a href="http://www.maliweb.net/societe/face-a-lampleur-des-injustices-relatives-au-foncier-les-demunis-exigent-larret-immediat-de-laccaparement-des-terres-54554.html/attachment/marcheursxx" rel="attachment wp-att-54555"><img class="size-full wp-image-54555" alt="photo archives" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/03/marcheursxx.jpg" width="600" height="397" /></a> photo archives[/caption]

<b><i>23 ans après l’avènement de la démocratie au Mali, que reste t-il des idéaux de la révolution du 26 mars 1991 ?</i></b><b></b>

Il y a vingt trois  ans, le Mali entrait dans l’ère de la démocratie après 23 ans de dictature sous le règne du Général Moussa Traoré ! Amadou Toumani Touré, l’ancien président du Mali, est apparu, à l’époque, comme un héros de la révolution, après le coup d’état du 26 mars. An té korôlè fè fô koura ! «On veut le renouveau ! » C’était le slogan en bamanan du peuple malien descendu dans la rue pour réclamer plus de liberté, de justice et de droits. Mais que sont devenus les principaux acteurs de ce 26 mars 1991, consacré journée des Martyrs !

<b>Retour sur une date historique </b>

Chronologiquement, le 26 mars est l’aboutissement d’un long processus historique. Comme pour les grandes victoires, il aura fallu le combat acharné de patriotes, de résistants à l’oppresseur et les soubresauts de l’histoire, pour modifier à jamais le cours de l’histoire du Mali. Après la mort de l’ex président Modibo Keita en 1977, le général Moussa Traoré prend le pouvoir et érige l’UDPM, comme parti Unique, établissant un simulacre de démocratie, et bridant les libertés individuelles.

Le régime interdit toute forme de protestation et les mouvements estudiantins comme l’UNEEM, (l’Union Nationale des élèves et étudiants maliens). S’en suit la répression de leaders trop contestataires. Parmi eux, Abdoul Karim Cabral ! Né en 1955, il fut le dernier Secrétaire Général de l’UNEEM, avant d’être torturé, puis assassiné le 17 mars 1980. Cabral était un étudiant sérieux, un homme épris de justice et d’idéaux, qui se battait pour faire instaurer de meilleures conditions d’études pour les jeunes… (Bourses, régionalisation des lycées, Accès aux universités etc…). Mais les grandes victoires s’obtiennent au prix du sang et des sacrifices. Et d’autres résistants prendront le relais, après lui. Les années 90, verront l’émergence de formations tels que l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA), le Comité National d’Initiative Démocratique (CNID) de Mountaga Tall Suivront l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) crée par Oumar Mariko, l’Association des jeunes pour la démocratie et le progrès (AJDP). Et avec l’appui de l’Union National des travailleurs du Mali, (l’UNTM), du Parti Malien pour la révolution et la démocratie (PMRD), les jeunes diplômés sans emploi, déterminés à gagner leur liberté et à jouir de leurs droits, se mobiliseront contre le régime, de même que la presse, lasse d’être bridée. De nombreux journaux publieront des articles incendiaires contre le régime militaire.

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<b>Marches et meetings, le peuple se révolte </b>
Cette même année, après moult revendications, pour l’instauration du multipartisme, les marches, meetings et assemblées se multiplieront entre janvier et Mars, et seront réprimées dans le sang ! Des centaines de maliens verront mourir leurs fils, sœurs et camarades de lutte dans la rue. La révolution menée de front par des leaders syndicalistes, l’UNEEM, mais aussi le Mouvement des Femmes, constituera un élan historique au Mali, du jamais vu depuis l’instauration de la charte du Kurukanfuga en 1235. Et C’est l’intervention du Général Amadou Toumani Touré, dans la nuit du 25 au 26 mars 1991, qui permettra de destituer Moussa Traoré et d’arrêter le bain de sang ! « C'est le vendredi 22 mars (jour des premières tueries, qui feront plus de trois cents morts, NDLR) que nous avons compris que Moussa avait atteint le point de non-retour et que nous devions intervenir (...) A partir du 22 mars, quand les gosses ont exposé leurs poitrines aux balles, suivis de leurs mères - nos sœurs, nos femmes -, on ne pouvait plus hésiter. (…) Et puis, nous avions déjà pris contact avec certaines organisations civiles, [en particulier, avec Me Demba DIALLO, président de l'Association des Droits de l'Homme, et le Secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs, Bakary KARAMBÉ, qui seront les premiers informés du succès de l'opération, NDLR](…),racontera ATT, dans une interview à l’ hebdomadaire Jeune Afrique.

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<b>Que reste t-il des idéaux du 26 Mars </b>

23 ans ont passé depuis les évènements sanglants du 26 mars 1991 ; Moussa Traoré a présenté ses excuses au peuple lors de la conférence nationale (…) et les partis politiques se sont multipliés au Mali, instaurant le pluralisme. Pour certains, la révolution de Mars 91 est un échec car le Mali souffre aujourd’hui de corruption et de clientélisme. L’état subit les méfaits d’une démocratie tronquée, jugent d’autres esprits. Quelles leçons faut-il alors tirer de cette révolution démocratique ? « A l’époque, j’étais un lycéen et j’ai marché avec les autres, mais nous sommes passés à côté des idéaux du pays! Le 26 mars représentait un repère. Cette date doit rappeler aux hommes politiques, qui ont confisqué le pouvoir l’importance du combat mené », explique oumar Haïdara ancien leader estudiantin. M. Baby, un jeune étudiant, membre de l’AEEM, estime que le coup d’état du 26 mars a assassiné la révolution : « On a stoppé le sang, mais noyé la révolution, alors que celle ci avait pour objectif de nettoyer le pays ! Les partis politiques ont accouru vers le pouvoir, les oppositions se sont multipliées mais tous, ont oublié jusqu’ à l’essence du combat du 26 mars ! ». Une vision plus nuancée, celle du chroniqueur et journaliste Adam Thiam : « Le 26 mars amorce un changement, dans l’histoire politique du Mali, celle de la volonté d’un renouveau, d’un état empreint de démocratie, malheureusement, certains leaders politiques ont déçu ».


Le 26 mars, une révolution confisquée ? Malgré les réminiscences et les blessures du peuple, le Mali est entré dans l’ère de la démocratie. Le pluralisme s’est installé de même que la liberté de la presse. A chaque scrutin électoral, le peuple peut choisir ses dirigeants et exprimer sa volonté. Dernièrement, les élections Communales ont fait apparaître, un désir d’alternance des élites au sommet depuis de nombreuses années et face à l’échec de leurs politiques. Après le Mouvement citoyen, l’apparition de formations indépendantes suscitent l’espoir chez les jeunes et les populations les plus démunies. Le parti SADI (…) d’Oumar Mariko, conquiert la voix des paysans à Koutiala. D’autres comme le CNID, l’ADEMA et le RPM ont déçu, et certains comme le CODEM, le nouveau parti de la Convergence pour le développement du Mali d’Housseiny Guindo, créent l’émulation… Le 26 mars 1991 restera toutefois une date symbolique pour les maliens. C’est l’occasion de rappeler les idéaux de justice et de prospérité, qui ont animé le combat des vrais patriotes du peuple !

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<b>26 mars 1991 26 mars 2014</b>

<b>Après 23 ans de dictature, de règne ‘’d’enfer’’, le lieutenant-colonel Amadou Toumani  Touré et ses amis ont libéré le Mali des mains de Moussa Traoré. Accueilli en messie, ATT bénéficia d’une popularité insoupçonnée. Sa réputation d’homme d’Etat franchît les frontières de l’Afrique. Comment et pourquoi ce coup d’état ? Le film des événements</b>.<b> </b>

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C’est à partir des années 80 et plus précisément à partir de 1985 que cinq officiers de l’armée  malienne (deux commandants et trois capitaines) commencèrent à mener des réflexions sur un changement de régime au Mali, celui de Moussa Traoré ayant atteint ses limites à leurs yeux. Ce petit groupe était piloté par les commandants Diabira et Amadou Toumani Touré.

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Dès 1986, le complot se précisait.  On parlait clairement de coup d’Etat au sein du groupe d’officiers. Mohamed Lamine Diabira se faisait trop remarquer par ses va et vient fréquents au camp Para de Djicoroni.

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Il fut interpellé et  interrogé, mais il n’a rien dit sur ce qui se mijotait. Malgré tout, il a été éloigné de Bamako, et nommé gouverneur à Tombouctou. Ce fut aussi le tour d’ATT d’être interrogé par les services de sécurité d’Etat. Mais cela ne découragea point les  quatre autres  officiers restés à Bamako, mais il fallait être prudent. Cependant le directeur de la sécurité d’Etat le colonel Tiécoura Doumbia  en savait déjà quelque chose, mais il ferma ses yeux pour deux raisons : premièrement parmi les officiers comploteurs, il y avait ses anciens élèves de l’école militaire  dont ATT à qui, il ne voulait pas créer des ennuis ; secundo il estimait peut-être la situation socio-économique  inconfortable pour le Mali. Quoiqu’il en soit, il laissa faire. Au fil des ans le petit groupe se renforça et se structura de plus bel. En Août 1989, ils décidèrent pour la première fois d’intervenir contre le régime. La date était fixée au 5 décembre 1989, ATT en tant que commandant du bataillon para devrait prendre la tête des opérations.

L’accord du commandant de la base aérienne 101 de Senou le commandant Mamadou Goïta  était acquis. C’était là un appui de taille pour les putschistes. Malheureusement, quelques jours avant la date fatidique du 5 décembre 1989 au cours d’un vol d’entraînement, un accident arriva à l’un des leurs. Chose qui obligea les comploteurs à surseoir à leur projet. Après 1989, ils arrivèrent à l’analyse suivante : il fallait laisser la situation pourrir davantage, jusqu’à ce que les conditions deviennent intenables pour le peuple, en ce moment l’armée devrait intervenir pour chasser les dirigeants au comble de l’impopularité. Pendant ce temps, les contacts entre ces militaires et ce qui était convenu d’appeler le mouvement démocratique s’intensifierait. L’un des hommes clés servant de croix de transmission entre les civils et les futurs  putschistes était Soumeylou Boubèye Maiga. Ce journaliste professionnel joua effectivement un rôle capital de « taupe » entre les deux camps.
Le 5 décembre 1989 ATT quitta Bamako pour l’école de guerre à Paris, et il fut remplacé à la tête des paras et de la garde présidentielle par le commandant Mahamane Touré. Comme son prédécesseur, le commandant Mahamane Touré était également acquis à la cause du coup d’Etat en gestation. En décembre 1990 ATT rentre à Bamako après sa formation. On le met en permission pendant quelques jours, il en profitât pour rendre visite à sa famille à Mopti. Et le 25 janvier 1991 il revient à Bamako. Le chef d’Etat major à l’époque le colonel <span style="text-decoration: underline">Ousmane</span> Coulibaly le reçoit et lui dit ceci «   <b><i>de votre départ en stage à</i></b> <b><i>votre retour, je n’ai eu connaissance d’aucune note mettant fin à votre mission. De ce fait, vous êtes sous l’autorité du ministre de la défense pour emploi à la présidence. Je vous demande donc de vous présenter  à cette autorité de tutelle pour la poursuite de votre mission</i></b><i> ».</i> Mais une source dit que le colonel l’affecta à l’Etat major sans bureau ni fonction. Mais quelque soit son lieu d’affectation, la seule personne qui pouvait le craindre  et préférait le voir mis à l’écart ne pouvait être que le chef de l’Etat lui-même Moussa Traoré. Il demanda à voir Moussa et obtient la rencontre. ATT lui expliqua sa situation en ses termes  « l’armée malienne n’aura-t-elle pas besoin d’un officier diplômé de l’école de guerre ? ». Moussa, après l’avoir écouté attentivement lui aurait répondu : <b><i>« je vais m’occuper de votre cas »</i></b>. Quinze jours après rien ne fut fait. ATT demanda à le voir à nouveau. Et cette fois- ci, il fut mis à la disposition du ministre de  la défense, le général Mamadou Coulibaly. Le 14 mars 1991, celui-ci autorisa ATT à reprendre le commandement de son bataillon des parachutistes composé de quatre compagnies de la garde présidentielle dont le système dépendait directement du commandant de bataillon. Cependant, le général Coulibaly en mettant ATT à la tête de cette unité d’élite lui fît savoir que désormais le bataillon des Commandos Para était directement rattaché au ministre de la défense en personne pour être mis à la disposition du président de la République. Par conséquent, ATT et son bataillon ne dépendaient plus du chef d’Etat major de l’armée de terre, mais du ministre de la défense. Consigné avec ses éléments dans le camp para de Djicoroni en alerte maximum. Entre temps Bamako était à feu et à sang. On ne pouvait plus compter le nombre de morts et de blessés.  ATT passa presque des nuits dans son bureau incapable de mesurer l’ampleur des dégâts, les gens défilèrent dans son bureau, parents, amis et d’autres personnes lui rapportaient ce qui se passait en ville. Les conditions étaient réunies pour enfin agir. Tout le monde attend qu’il se passe quelque chose, qui ne peut arriver sans le concours des paras dont ATT est le chef. On tue, on pille. L’Etat n’existait plus. Les choses s’accélèrent, il faut agir vite. Au bataillon para ATT et ses hommes décidèrent de passer à l’action. C’est  le branle bas de combats. Le commandant Chiaka Koné est chargé des préparatifs techniques. Un absent de taille le commandant Diabira, il était en mission au Burkina Faso alors que les tâches étaient reparties.

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Le mercredi 20 mars ATT va voir le chef d’Etat major de l’armée de terre le lieutenant –colonel Kafougouna Koné et lui dirait ceci <i>« Ce régime est aux aboies, les responsables se cachent, Moussa fait des discours, mais il est incapable de trouver les mots qu’il faut. Il annonce qu’il va faire un congrès du parti alors qu’il ne peut même pas sortir pour aller à la mosquée du vendredi. Nous militaires nous avons prêté serment de sauvegarder la dignité de notre pays. Nous devons prendre nos responsabilités. Il t’appartient de donner des ordres, je suis prêt à commander les unités qui interviendront, mais j’ai besoin de toi. Tu as été mon chef d’unité pendant plusieurs années. J’ai confiance en toi ».</i> Kafougouna lui demanda de l’accorder 48 heures de réflexion. Ce délai écoulé, le samedi 23 mars  ATT chercha à rencontrer Kafougouna, mais en vain. Le dimanche 24 mars 1991, au soir il  quitte le camp para de Djicoroni vêtu d’un vieux boubou accompagné de deux éléments en civil  à bord d’une vieille voiture, car à l’époque, il était impossible de circuler en ville en tenue militaire. Après avoir contourné les barrages des jeunes surexcités, ils arrivèrent à Dar-es Salam où logeait Kafougouna qui  était absent de sa maison. Mme Koné les reçoit au salon, ATT s’adresse à elle en ses termes : « il faut que tu nous aides à convaincre ton mari. Nous devons agir et Kafougouna doit participer à notre action. Mais il est trop discipliné, nous avons besoin de son concours. Au même moment Kafougouna Koné  arrive. Après les saluts usuels, il s’adressa à ses visiteurs «<i>  demain à 13h j’irais voir tes hommes, discuté avec eux et je donnerai ma réponse »</i> Pendant ce temps Moussa Traoré s’apprêtait à recevoir une délégation du mouvement démocratique. S’ils parvenaient à un accord, le coup d’Etat ne serait plus nécessaire. Le lundi 25 mars dans la matinée  les tâches furent reparties. Trois personnes auront des rôles déterminants. Il s’agit du capitaine Chiaka Koné, du capitaine Oumar Sissoko, et de l’adjudant chef Yacouba Diakité. Le même jour Kafougouna rend visite au camp para. ATT l’informa que la décision était prise et le coup était pour le soir. Kafougouna un peu médusé répond <i>: « on verra »</i> c’était sa façon de donner son accord. L’opération était prévue pour 2 heures du matin. Mais dans la nuit du 25 au 26 mars à 20 h 30, l’aide de camp de Moussa Traoré, le colonel Oumar Diallo téléphona à ATT et lui demanda de le rencontrer chez lui.  ATT lui promet qu’il arrive, mais il avisa ses hommes qui le dissuadèrent de ne pas y aller. Pour les convaincre ATT leur dit ceci <i>« je veux savoir ce que le colonel veut me dire cela peut nous être utile »</i>. Avant de partir, il avait donné des consignes fermes à ses hommes, il leur a demandé de renforcer l’unité de la garde rapprochée de l’aide de camp et de se tenir prêt à intervenir à tout moment <i>« si je ne reviens pas vous déclenchez les opérations exactement comme prévu »</i> Accompagné de son chauffeur Gaoussou Keita, il monte à Koulouba où il trouve le colonel Diallo en compagnie de deux capitaines et du commandant de la sécurité d’Etat, le colonel Tiécoura Doumbia. Oumar Diallo commença à tourner autour du pot en faisant savoir que le pays a des problèmes, que le pays était foutu, les gens mouraient dans la rue. Le président s’aveugle. L’opposition n’arrête pas le processus. Je souhaite connaître ton avis.  ATT lui dit « soyez clair, ou voulez vous en venir ?  Oumar lui répond nous voulions t’expliquer la situation. ATT lui dit alors puisque vous refusez de le dire je parle à votre place, vous voulez qu’on fasse un coup d’Etat ? Calme totale dans la salle Oumar et ses hommes ne répondirent pas. ATT continue c’est ça oui ou non ? Et Oumar de répondre « <b>et bien oui pourquoi pas ?</b> ». « Je vais le faire avec les paras, je vous demande une heure, seulement je ne sais pas où se trouve le président dans le palais Diallo tu peux nous conduire » lui dit ATT. Oui mais comment cela va-t-il se passer ? De retour à son bureau ATT informa sa troupe qu’il fallait agir maintenant et tout de suite et pas à 2h du matin. A 23h l’opération commença, les paras commando rentrent en jeu. Un groupe composé de l’armée de l’air  s’occupait de la RTM. Et les autres centres stratégiques de Bamako revenaient à l’armée de terre. Quant à ATT, il monte à Koulouba avec cinq paras commandos qui furent renforcés lors que Chiaka Koné les regagne avec neuf autres quelques minutes plus tard, ils devraient attendre le groupe d’ATT à côté des bureaux du protocole de la République. Il était 23h30 quand ATT arriva au palais. Le détachement de la garde présidentielle qui était en service fait savoir que les arrestations étaient en cours en ville. L’adjudant Diakité informa ATT que le président était en réunion avec certains dignitaires. ATT donna à l’adjudant Diakité des consignes fermes de ne laisser sortir personne du palais avant son retour, mais ceux qui voulaient y rentrer pouvaient passer. Et l’adjudant Diakité boucla toutes les issues du palais et ATT montent au camp de la garde présidentielle, il informe brièvement le jeune capitaine et son adjoint qui répondent qu’ils sont  prêts. ATT regroupe la garde et dit ceci « le pays est dans le chaos, le pouvoir actuel ne contrôle plus rien, notre devoir  de soldat est de sortir le pays du ridicule et de la violence. Ceux qui sont d’accord peuvent me suivre les autres peuvent retourner se coucher. Ils suivent tous ATT  qui retrouvent Burrus dans son bureau. Il conduit  ATT et ses hommes par l’ascenseur du deuxième étage et neuf autres passent par l’escalier. Le colonel Diallo leur indique le bureau fermé « <b>ils sont là ».</b> Un para ouvre la porte et les onze autres tous armés font irruption dans la salle. Aussitôt ils encerclèrent Moussa et ses compagnons assis autour de la table parmi eux le général Mamadou Coulibaly, le chef d’Etat major le colonel <span style="text-decoration: underline">Ousmane</span> Coulibaly, le fils du président Idi, M’bouillé Siby, Django Sissoko, Idrissa Traoré, Moulaye Haidara…ATT s’adresse à Moussa <b><i>« le Mali est à feu et à sang nos services financiers, nos usines, nos maisons de commerce, brûlent. Je vous prie monsieur le Président de vous considérer à partir de cet instant en état d’arrestation. Moussa le fixa, il poursuit, vous- vous rappelez les raisons qui vous ont conduit à faire le coup d’Etat en novembre 1968. La situation du Mali est bien pire maintenant qu’à cette époque. Je suis sûr qu’aujourd’hui, si vous étiez à ma place, vous feriez un coup d’Etat. Je suis responsable de votre arrestation.</i></b> Le général Coulibaly demande à ATT de préserver la vie de Moussa et son épouse. ATT lui rassure sur ce plan. Et Chiaka les conduit jusqu’au para y compris Sékou Ly  qui n’était pas dans la salle, mais quelque part dans la cour de même que madame Traoré qui fut arrêtée par un capitaine. Très vite à 2h du matin c’était fini presque. Et après ATT informa Demba Diallo  et Bakary Karembe respectivement président de l’association des Droits de l’Homme et secrétaire général de l’UNTM de la nouvelle situation qui prévalait désormais. Déjà à 2h 30 ; ils étaient dans le bureau d’ATT il leur a demande d’user de toute leur influence pour que l’ordre revienne dans le pays.  Après des mises au point sur plusieurs aspects de la Nation et après la rencontre avec les acteurs du mouvement démocratique le CTSP (Comité de Transition pour le Salut du Peuple) fut mis en place. Il était composé de quinze civils et de dix militaires qui dirigèrent le pays pendant quatorze mois aux  termes desquels une élection fut organisée.

&nbsp;

On comprend alors que le président Amadou Toumani Touré a sauvé le Mali. La Nation doit lui reconnaître éternellement, cet acte patriotique, digne des Hommes d’Honneur.

<b>Yatt</b>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>23 ans de répression sauvage : La liste des victimes de GMT</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/23-ans-repression-sauvage-liste-victimes-gmt-204689.html</link>
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<pubDate>Wed, 26 Mar 2014 03:40:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_56999" align="alignleft" width="344"]<a href="http://www.maliweb.net/armee/au-mali-les-anti-putschistes-manifestent-dans-les-rues-de-bamako-56997.html/attachment/untm" rel="attachment wp-att-56999"><img class="size-full wp-image-56999" alt="siege UNTM" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/03/Untm.jpg" width="344" height="257" /></a> Bourse de travail qui a servi de cadre pour le Mouvement démocratique[/caption]
<p align="left"><b><i>Le 20 Novembre 1968 le CMLN promettait, en plus des libertés démocratiques le retour de l’armée dans les casernes, dans les six mois à venir, le retour du pays à une vie constitutionnelle normale, des élections libres et démocratiques auxquelles tous les partis politiques constitués participeraient. La suite on le connaît et aucun discours, aucune propagande ne sauraient faire oublier les pratiques antidémocratiques du système. La liste des victimes est longue et certainement elle ne saurait être exhaustive. </i></b></p>
<p align="left"><b><i> </i></b></p>
<p align="left"><b><i> </i></b></p>
&nbsp;

<b>Les premières victimes de la junte : Modibo et ses compagnons :</b>

1-    Mahamane Alassane HAIDARA (Pdt de l’Assemblée Nationale)

2-    Yacouba MAIGA Vice-Pdt de l’Assemblée Nationale ?

3-    Mamadou DIARRAH (Commissaire Politique)

4-    Attahier MAIGA (Ministre du Commerce)

5-    Ousmane BA (Ministre des Affaires Etrangères)

6-    Mamadou DIABATE (Ministre de la justice)

7-    Mamadou Madéira KEITA (Ministre de la Justice)

8-    Seydou Bac Lian KOUYATE (Ministre du Dévelop. Et du Plan)

9-    Colonel Sékou TRAORE (Chef d’Etat Major de l’Armée)

10- Mamadou Famady SISSOKO (Secrétaire Général de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali)

11- Gabou DIAWARA (Responsable de la Jeunesse)

12- Koniba PLEAH (Conseiller Présidence République)

13- Amadou TRAORE (Directeur de la Librairie Populaire du Mali)

14- Harouna SOW (Inspecteur de la Jeunesse)

15- Kounandy TRAORE (Député)

16- Jules TRAVELE (Commissaire aux Arts et à la Culture)

17- Mamadou Bari DIALLO (Directeur du Stade Omnisport)

18- Mamadou DIA (Secrétaire permanent de l’US RDA)

19- Alioune DIAKITE (Conseiller à la Présidence)

20- Moussa DIRE (Employé à la Société Malienne d’Import-Export)

21- Samba Lamine TRAORE (Directeur de l’Office du Niger)

22- Koloko SIDIBE (Directeur des Transports Urbains de Bamako)

23- Albassa TOURE (Inspecteur à la Jeunesse)

24- Aliou DIALLO (Responsable à la Jeunesse)

25- Soungalo DEMBELE (Employé à l’Office du Niger)

26- Abdoulaye DICKO (Gouverneur de Ségou)

27- Madame KEITA Mariam TRAVELE (épouse du chef de l’Etat)

28- Mamadou CAMARA (Responsable à la Jeunesse)

29- Kansoro SOGOBA (Chef de cabinet du Ministre de la Défense)

30- Hamidou BA (Directeur du Service Civique)

31- Mamadou TALLA (Conseiller à la presse)

32- Lamine SOW (Ministre de Tutelle des Sociétés et entreprise d’Etat)

33- Mamadou SARR (Député)

34- Mamadou GOLOGO (Ministre de l’Information)

35- David COULIBALY (Responsable à la Jeunesse)

36- Birama CISSOKO (Inspecteur de la Jeunesse)

37- Bongoro COULIBALY (Haut commissaire Adjoint à la Jeunesse)

38- Moussa DRAME (Attaché de Cabinet du Ministre de la Justice)

39- Nama KEITA (Membre du bureau de l’Union des travailleurs du Mali) sont détenus dans les bagnes de Kidal et Taoudénit pour la plupart, sans jugement jusqu’en 1977.

40- Modibo KEITA est mort le 16 Mai 1977 au camp de Parachutistes de Djikoroni dans des circonstances encore non éclairées. Plusieurs de ses codétenus dont Jules TRAVELE, David COULIBALY, Mamadou DIARRAH, Lamine SOW meurent des suites de mauvais traitements.

41- 1969 : Le 17 Avril 1969, une importante grève est déclenchée par l’ensemble des étudiants et élèves de Bamako. Plutôt que de chercher à résoudre les véritables problèmes de l’enseignement, le Comité militaire accuse quelques civils d’être les instigateurs de ces événements.

Il fait arrêter entre le 16 et 20 Avril 1969 :

&nbsp;

42- Abderhaman Baba TOURE (Directeur de l’Ecole Normale Supérieure)

43- Bernard SISSOKO (Professeur à l’Ecole Normale Supérieure)

44- Bamba KADARI (Directeur de l’usine d’allumette)

45- Oumar YATTARA (Contrôleur des PTT)

46- Mamadou DOUCOURE (Professeur à l’école Nationale d’ingénieur)

47- Santigui MANGARA (Etudiant à l’Ecole Nationale Supérieure)

48- Monobem OGOGNANGALY (Ingénieur à la SONAREM)

49-

50- Le « Club Militaire » les accuse de :

51-

1-    Constitution d’association illégale

2-

3-    Offense au chef de l’Etat

4-

5-    Diffamation des membres du gouvernement

6-    Appel au peuple à le révolte.

7-

Sans jugement, ils sont maintenus au secret pendant cinq mois, humiliés et torturés parce qu’ils sont membres du Parti malien du travail (PMT), leur jugement intervient le 11 Mars 1970 avec la plaidoirie de Me Kaldor, Me Babacar Niang et Me Falilou Diop en présence de Me denis Langlois, avocat à la Cour de Paris, observateur délégué par la Fédération internationale des Droits de l’homme. Les sept militants du PMT sont condamnés à dix huit mois d’emprisonnement. Toujours en 1969, le capitaine Diby Silas Diarra et d’autres militaires sont accusés de tentative de coup d’Etat ; certains d’entre eux n’avaient jamais caché leur attachement au rétablissement d’une vie démocratique normale.

Une bonne partie des membres de ce groupe ont succombé dans les mines de Taoudenit, exploité à ciel ouvert avec des instruments dignes du Moyen-âge. Les détenus y travaillent pieds nus par 40°et plus.

&nbsp;

1970 : En Septembre 1970 le comité Militaire tente d’organiser la direction de l’Union Nation des Travailleurs du Mali pour la mettre à son service. La liste favorable au « Club Militaire » est mise en échec. Une direction démocratique élue est mise en place par le congrès de l’UNTM. Le Comite militaire dissout le bureau qui vient d’être formé, annule les décisions du congrès et confisque les biens de la Centrale Syndicale.

1971 : En  Janvier1971, la conférence syndicale panafricaine devant se réunir au Caire, le Comité Militaire met en demeure les membres du bureau qu’il vient de dissoudre, de constituer une délégation. Devant le refus des syndicalistes d’obtempérer, les membres du bureau sont arrêtés et torturés à la Compagnie des parachutes et certains déportés à Kidal :

52- Bougouri Diarra ( Secrétaire générale)

53- Zoumana Malga ( Secrétaire générale Adjoint)

54- Boïssé Traoré

55- Gouro Traoré

56- Eugène Dembélé

57- Birama Traoré

58- Germaine Diarra

59- Garan Konaré

60- El Moctar Mama Cissé

61- Niantigui Samaké

62- Yiriba Coulibaly

63- Séga Diallo

64- Ibrahima Coulibaly

65- Lassana Traoré

66- Ibrahima Cissé

67- Idrissa Traoré

Le Syndicat National de l’Education et de la Culture (SNEC) déclencha une grève pour revendiquer la libération de leurs camarades de l’UNTM. Elle fut suivie d’une répression barbare, d’arrestations et de tortures inhumaines d’un groupe d’enseignants détenu plus d’un mois dans différents camps militaires

68- Mamadou Sarr

69- Abdoulaye Barry

70- Mamadou Dabo

71- Moussa Fayinké

72- Mamadou Niambélé

73- Amara Cissé

74- Abdoulaye  Maïga

75- Bilal Kéïta

76- Sidi Diarra

77- Cheick Traoré

78- Mamadou Bathily

79- Salif Kanté

80- Moussa Coumaré

81- Sory Ibrahima Diakité

82- Diamoussa Kané

83- Amadou Tall

Rentrant le 16 Mai 1971 à Bamako en compagnie d’un contingent d’étudiants maliens expulsés de Dakar à la suite de mouvements de revendications, Cheick Oumar Tangara et ses camarades sont arrêté et incarcérés à la prison militaire de Djikoroni. Ils sont soumis à un régime d’exception.

Malgré les protestations et la production d’un certificat médical attestant son état cardiaque, l’officier attestant son état cardiaque, l’officier chargé de la répression, le lieutenant Soungalo Samaké soumet Cheick Oumar Tangaré aux mêmes conditions rigoureuses que ses camarades ; ce qui lui coûtera la vie.

En Mars 1971, le Capitaine Yoro Diakité, premier chef du gouvernement et le Capitaine Malick Diallo sont arrêtés, dégradés et condamnés aux travaux forcés pour tentative de Coupe d’Etat. Yoro Diakité meurt dans des conditions atroces, tandis que Malick Diallo est libéré en 1978 à l’expression de sa peine.

1974 : le 25 Avril 1974, le Comité Militaire rend public son projet de Constitution « appelle les Maliens à se prononcer le 2 Juin par référendum pour légaliser cette Constitution inique.

Un tract signé « Regroupement des Patriotes Maliens » appelant à voter Non est largement diffusé sur le territoire. Entre le 2 Juin et le 20 Octobre 1974, 18 personnes sont arrêtées et torturées.

Mais au 15 Juin, 15 personnes se trouvaient déjà en détention. Elles sont jugées le 2 Avril 1975 dans la présence de leurs avocats Me Louis Labady, Tierry Mignon, Kaldor et Bacacar Niang, qui n’ont pas été prévenus de la date du procès.

Les auteurs du tract et les complicités présumés :

84- Ibrahim Ly, Professeur à l’ENSUP

85- Adama Samassékou, Linguiste

86- Mouhamédou Dicko, Professeur au Lycée Askia Mohamed

87- Samba Sidibé, Ingénieur TP

88- Cheick Sadibou Cissé, architecte

89- Seydou Sadibou Cissé, Architecte

90- Seydou Thiero, Directeur du club sportif

91- Biruna Traoré, Urbaniste

92- Oumar Ly, ex-directeur de la Somiex

93- Cyr Mathieu Samaké, Directeur général du Liptako-Gourma

94- Bakari Koniba Traoré, Economiste

95- Jean-Etienne Djendéré, Financier

96- Mamadou Lamine Kouyaté, Directeur du stade omnisport

97- Mani Djénépo, Inspecteur général de la jeunesse et des sports

On ajoute à ce groupe trois jeunes de Dravela, arrêtés pour « avoir perturbé le déroulement des élections » :

98- Moussa Cissé, Infirmier d’Etat

99- Mamadou Kanté, Maître du 1<sup>er</sup> cycle

100-      Fodé Kéïta (libéré avant le jugement)

A l’occasion du 2 Juin, d’autres arrestations eûrent lieu notamment celles de Kari Dembélé Professeur à l’ENSUP et de Victor Sy, Professeur au Lycée Badala qui ont subi comme les autres des tortures aux séquelles souvent irréversibles.

Tous ont connu les dures conditions des bagnes de Kidal ou Taoudénit ou la prison militaire du camp de Djikoroni.

Le roman d’Ibrahim Ly « Toile d’araignée » rend bien compte du sort réservé aux pensionnaires des bagnes du Mali.

1976 : Bamako début Février 1977, un décret gouvernemental modifie profondément les conditions d’accès aux étudiants supérieurs en instituant le concours direct pour tous les étudiants.

Les élèves et étudiants demandent l’abrogation de ce décret.

Ils forment des commissions pour conférer avec les organisations dites démocratiques à savoir :

101-      le Syndicat National de l’Education et de la Culture (SNEC)

102-      l’Union National des Travailleurs du Mali (UNTM)

103-      l’association des parents d’élèves

104-      l’Union National des Femmes du Mali (UNFM)

Mais les négociations avec le pouvoir échouent.

Le lundi 7 Février, la guère des scolaires est déclenchée à l’échelon national.

De nombreux étudiants et élèves sont arrêtés dont Boniface Diarra, Responsable à l’Ecole Nationale d’Administration.

Le 13 Mars 1977, les élèves et étudiants profitant d’une relative accalmie mettent en place l’Union Nationale des élèves et étudiants du Mali, une organisation indépendante du pouvoir.

Le 21 Avril, les grèves reprennent avec comme mots d’ordre la libération de Boniface Diarra et l’abrogation du décret instituant les concours.

Le gouvernement par décret présidentiel ferme tous les établissements secondaires et supérieurs.

Le lundi 25 Avril, les établissements scolaires sont occupés par la police, l’armée et la gendarmerie.

A partir du 9 Mai, la répression monte d’un cran suite à des manifestations de rue. Les manifestants réclament la libération de Boniface Diarra et scandent les slogans favorables à l’ancien Président Modibo Kéïta, à sa libération et à son retour au pouvoir.

Le Comité militaire en réponse aux exigences et aux mouvements de la jeunesse réprime sauvagement, procède à des arrestations et des limogeages.

Le 16 Mai 1977, à 12 heures, Modibo Kéïta est mort au camp militaire de Djikoroni. Le 18 Mai, des dizaines de milliers de personnes assistent à son enterrement.

Dans les jours qui suivent, 35 personnes sont interpellées et torturées au camp de Djikoroni pendant 6 mois sans le moindre jugement :

- Ténéman TRAORE instituteur en retraite

105-      Ataher MAÏGA : Rédacteur d’Administration

106-      Bourama SIDIBE Adjoint Administratif en retraite

107-      Samba SOUMARE Sous-Directeur INPS

108-      Mavillani DIALLO Car Bamako

109-      Abdoulaye MACALOU, Transporteur Badialan III Bamako,

110-      Yamadou DIALLO, Officier en retraite Ouolofobougou Bamako

111-      Mamadou DIARRA, Ingénieur chimiste à la SEPOM

112-      Sidi TOURE Commis de PTT à la retraite Ouolofobougou-Boliblma

113-      Djigui DIARRA Médecin chef PMI central

114-      Bougari SACKO Contrôleur des PTT Bamacko

115-      Mahamane TOURE Officier de police en retraite

116-      Chieck KEITA Huissier à la Présidence de la République

117-      Maître Demba DIALLO Avocat défenseur Demda DIOP Technicien d’aviation AIR MALI

118-      Moussa KONATE Rédacteur d’Administrateur Gouvernorat Bamako

119-      Amara CISSE Directeur d’école N’tomikorobougou

120-      Abdoulaye BARRY Professeur d’Anglais Dar-salam

121-      Garan KOUYATE Rédacteur d’Administration

122-      Ibrahima DIAKITE, Inspecteur des Finances

123-      Mamadou Macalou, Rédacteur d’Administration Dar-salam

124-      Seyba Lamine TRAORE, cadre EDM en retraite

125-      Tiéblé DAME, Etudiant ENSUP

126-      Modibo KOUYATE, Lycée Askia

127-      Lamine M’BODJE, Ouvrier Grande Confiserie du Mali

128-      Fousséni DIBATE, Contrôleur INPS

129-      Mamari DIARRA, Déclarant en Douane

130-      Mamadou DIOLLO, Déclarant en Douane

131-      Jean-Marie, Me au pair, Lycée Askia

132-      Isac DIALLO, Ministère de l’Information

133-      Joseph COULIBALY, Employé à l’ITEMA

134-      Moctar GAKOU, Contrôleur des prix

135-      Moussa DRAME, Agent d’exploitation

136-      Abdoulaye SOW, Directeur ENA, Bamako

137-      Adama SISSOKO, Directeur ENSUP, Bamako

Durant l’année scolaire 1976-1977, des étudiants sont renvoyés des écoles supérieures du Mali.

Dans son numéro du 12-13 Juin 1977, le journal « Le Monde » indique que sept officiers et hommes de troupes et cinq nom des sont condamnés à mort le Vendredi 10 Juin par la Cour spéciale de Sûreté de l’Etat. Les militaires, poursuit le monde, sont accusés d’avoir tenté un coup d’Etat en 1976.

1978 : Le Février 1978, les rivalités internes au Comité Militaire aboutissent à l’élimination de la fraction de Tiécoro BAGAYOKO et Kissima DOUKARA.

Sont arrêtés, dégradés et déportés en même temps que Tiécoro et Kissima :

138-      Ténimba BAGAYOKO

139-      Karim DEMBELE

140-      Charles Samba SISSOKO

141-      Abdoulaye DIALLO dit DAX

142-      Mamadou MARIKO

143-      Alou TRAORE

144-      Sougalo SAMAKE

145-      Bacoroba DJIRE

146-      Youssouf TRAORE

147-      ISAC BALLO

148-      Check TOURE

149-      Mamadou Belko N’DIAYE

150-      Youssouf Balla SYLLA

151-      Yacouba COULIBALY

152-      Amadou TOURE

153-      Ousmane DOUMBIA

154-      Ifra N’DIAYE

155-      Gaoussou KEITA

156-      Bassirou DOUMBIA

157-      Moussa KANTE

158-      Noumoulé SIDIBE

159-      Gassiré KEITA

160-      Mahamadou DIARRA

161-      Moussa DEMBELE

162-      Nafi N’DIAYE

163-      Souleymane DIABATE

164-      Aboubacar DIARRA

165-      Nouhoum DIAWARA

166-      Attman DIALLO

167-      Bouréima MAÏGA

168-      Cheick COULIBALDY

169-      Lamine KEITA

170-      Toumani SIDIBE

171-      Ben CHAMOUD

172-      Mamadou Bobo SOW

173-      Namory TRAORE

174-      Simbo KEITA

175-      Abdoulaye Yousouf MAÏGA

Des civils sont également emprisonnés de longs mois sans jugement :

176-      Fambougouri DIANE, Directeur Général de la Comatex

177-      Seydou KONE, Directeur Général de la Sonatam

178-      Amadou Diatigui Diarra, Directeur Général de la Somiex

1979 : Au mois de Mars, lors du Congrès constitutif du parti unique UDPM, un tract dénonce ce parti politique « de type fasciste » et réclame de larges libertés démocratiques.

Ces auteurs présumés :

179-      Mamadou GOLOGO

180-      Idrissa DIANTE

181-      Abdou GATABA

182-      Papa Sékou SIDIBE

183-      Mamadou TOURE

184-      Modibo KEITA, Trésor Bamalco sont arrêtés et mis en prison.

185-      Mamadou GOLOGO et Idrissa DIAKITE sont condamnés à 4 ans de prison pour « Offense au Chef de l’Etat ». Les autres seront relâchés après de longs mois sans jugement.

1980 : Au mois de Janvier 1980,  l’Union Démocratique du Peuple Malien, interdit l’Union Nationale des Etudiants et Elèves du Mali (UNEEM).

En réponse à cette mesure antidémocratique, les étudiants et élèves organisent des manifestations dans toutes les villes du pays. En Février à Ségou, les forces de l’ordre tirent sur les manifestations, Moulaye DIARRA est blessé par balle et en deviendra aveugle.

Amadou KAN2 est condamné à 6 mois de prison. Au mois de Mars, lors d’une conférence-débats, les professeurs Victor SY, Mamadou DOUCOURE Mamadou Lamine TRAORE, Tiébilé DRAME et les étudiants qui assistent à la conférence sont interpellés à l’Ecole Nationale Supérieure.

Le 17 Mars, le Secrétaire Général de l’Union des Etudiants et Elèves du Mali, Abdoul Karim CAMARA dit Cabral, meurt la compagnie para de Djikoroni. Peu avant la fin de l’année scolaire, au mois de juillet, Sory Ibrahim THIOCARY a succombé à la suite des coups reçus.

Des membres de commission des enseignants sont arrêtés à cette même période. Douze d’entre eux sont jugés le 2 Septembre pour « opposition à autorité légitime ».

Onze sont condamnés à trois mois de prison et l’autre à quatre mois de prison. Ils sont tous conduits à Ménaka dans le Nord pour effectuer des peines de travaux.

Après avoir purgé leurs peines, ils sont à nouveau jugés, assignés à résidence surveillée et rayés de la Fonction Publique :

186-      Modibo DIAKITE

187-      Dioncounda TRAORE Fiysseyni CAMARA

188-      Abdoulaye TRAORE

189-      Abdramane DIALLO

190-      Kaourou DOUKOURE

191-      Harouna KONATE

192-      Adama DIARRA

193-      Yamoussa COULIBALY

194-      Tiéblé DRAME

195-      Victor SY

196-      Aliou DIARRA

Au même moment, vingt autre membres de la commission sont arrêtés et envoyés à Gao. Il s’agit de :

197-      Isac KONATE

198-      Oumar Djiguiba

199-      DOLO

200-      Moussa DIABY

201-      Idrissa DIALLO

202-      SYLLA Cheick Hamala

203-      SYMPARA Daouda

204-      ONGOIBA

205-      Hamalla BA etc.

206-      La même année, un ancien Secrétaire Général du Comité de Défense des Libertés Démocratiques du Mali, Ibrahim Samba Traoré dit Arhi est arrêté et détenu pendant un an sans inculpation. Il lui est reproché d’être en possession des documents du Comité de Défense des Libertés Démocratiques du Mali.

1981 : En Octobre 1982, le Syndicat interdit des étudiants et élèves, l’UNEEM publie un tract pour réclamer le paiement des bourses et des trousseaux de rentrée.

Des membres du bureau de coordinations sont arrêtés et gardés à la gendarmerie de Bamako pendant un mois, puis exclus des établissements scolaires.

Les victimes sont :

207-      Moussa Mary KEITA

208-      Harouna BARY

209-      Kalifa  DIAMOUTENE

210-      Ossiaka COULIBALY

1984 : En Septembre 1984, à la veille de l’anniversaire de l’indépendance, un tract dénonçât les mesures d’austérité imposées par le FMI et la Banque Mondiale est diffusé à Bamako. Ses auteurs présumés :

211-      Yoro DIAKITE

212-      Many CAMARA

213-      Issa N’DIAYE

214-      Mohamed TOUNKARA sont arrêtés puis libérés après 46 jours de détention préventive en l’absence de toute épreuve.

215-      1986 : A la suite de la guerre contre le Burkina Faso, le Général Moussa TRAORE accuse les enseignants d’être soutenus et financés par le Burkina pour mener des activités subversives.

Au même moment la police fouille, à l’aéroport de Bamako, un étudiant burkinabé, Géoffroy Koulediaty, porteur d’une lettre pour un militant de l’Union nationale des étudiants et élèves du Mali, Pérignama SYLLA.

Geoffroy est arrêté, mais Pérignama, informé du danger, a eu le temps d’entrer en clandestinité. La police possède alors à l’arrestation des amis et parents de Pérignama pour complicité et non dénonciation. Ainsi :

216-      Oumar MARIKO

217-      Madi TRAORE

218-      Bakary Dian DIARRA

219-      Dahirou DIA

220-      Bakary KEITA

221-      Soumaïla KEITA

Sont détenus pendant 10 mois à la prison centrale de Bamako et relâchés après un simulacre de procès.

1988 : A la suite des grèves de Janvier et Février 1988, organisés par le Syndicat National de l’Education et de la Culture pour le paiement des salaire en retard de 3 mois, 71 enseignants sont arbitrairement mutés.

Des mesures de suspension sont prises contre le professeur Issa N’DIAYE.

En signe de protestation, les étudiants organisent une marche silencieuse sur le ministère de l’Education Nationale. La police charge brutalement les marcheurs et plusieurs d’entre eux sont gravement blessées.

Deux professeurs de l’Ecole Normale Supérieure :

222-      Charles Abdoulaye DANIOKO

223-      Komakan KEITA et cinq étudiants, sont arrêtés et détenus à la police.

Les syndicalistes Issa N’DIAYE, Modibo Ganaba TRAORE, sont radiés de la Fonction Publique, tandis que vingt étudiants sont exclus de l’Ecole Normale Supérieure.

En 1988 : Samba DIALLo professeur à l’ENSUP est arrêté sur dénonciation et gardé pendant une semaine à Tombouctou.

Durant les vingt années écoulées, la répression n’a pas été seulement physique au Mali. Elle a été aussi morale par les licenciements collectifs et individuels (la fermeture de la Compagnie Air Mali, celle de la SOMIEX, les compressions successives de personnels à l a BDM), par les mutations arbitraires et le non paiement des salaries, les impositions de toutes sortes pour les paysans et commerçant.

Le 15 Octobre 1990, les initiateurs d’une marche pacifique dont Dramane TRAORE et Moussa KEITA ont été sauvagement battus. Le 3 Décembre la révolte légitime des petits détaillants a été réprimée sans ménagement.

&nbsp;

1- Lassina HAIDARA 21 ans

2- Amadou BALAM 50 ans

3- Ba COULIBALY 25 ans

8-    Souleymane BERTHE 15 ans

9-    Diakaridia KEITA 28 ans

10- Abou DANIOKO 18 ans

11- Mohamed KEITA 14 ans

12- Modibo KAMISSOKO 28 ans

10 Moussa SAMAKE

11 Bakary DEMBELE 61 ans

12 Tamba KEITA 36 ans

13 Aminata SANOGO

14 Lamine KANTE 31 ans

15 Alassane DIALLO 20 ans

16 Moussa DIALLO 18 ans

17 Bakary TRAORE 23 ans

18 Karim KOUHATE 23 ans

19 Diakaridia TRAORE 21 ans

20 Abdoulaye SARR 23 ans

21 Inconnu non identifié, brûlé vif

22 Inconnu non identifié, brûlé vif

23 Inconnu non identifié, brûlé vif

24 Inconnu non identifié, brûlé vif

25 Inconnu non identifié, brûlé vif

26 Inconnu non identifié, brûlé vif

27 Issa COULIBALY 20 ans

28 Moussa FOFANA 18 ans

29 Issiada Ballo 36 ans 30 ans

30 Mohamed KEITA 27 ans

31 Touri MONKORO 17 ans

32 Amara CAMARA 52 ans

33 Soungalo COULIBALY 30 ans

34 Boubacar TRAORE 17 ans

35 Bassala TOURE 30 ans

36 Fodé DANIOKO 18 ans

37 Inconnu, non identifié 22 ans

38 Malade mental

39 Dame GUEYE 12 ans

40 Alassane DIALLO 15 ans

41 Rokia DOUMBIA 45 ans

42 Ramatoulaye DEMBELE 22 ans (Source HGT)

P/S la liste est loin d’être exhaustive. Pour des raisons d’espace et de temps. Nous nous limitions à la présente.]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mars 1991&#45;Mars  2012 : L’un Révolutionnaire, l’autre régressif!</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mars-1991-mars-2012-lun-revolutionnaire-lautre-regressif-204415.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 25 Mar 2014 07:32:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>Notre Printemps</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<b><i>26 mars 1991-22 mars 2012, deux dates anniversaires qui se ressemblent mais qui ne s’assemblent pas. L’une est de l’émanation de la volonté populaire motivée par un désir de changement démocratique. Tandis que l’autre n’est qu’un mouvement d’humeur aboutit à une destabilisation pure et simple d’un régime du «peuple par le peuple et pour le peuple», de la part d’un groupuscule de mutins sans aucune motivation légitime ni l’aval du peuple souverain.</i></b>

&nbsp;

Décidément, le mois de mars restera longtemps gravé dans les annales de l’Histoire du Mali démocratique. Ainsi, le 22 mars 2012 et le 26 mars 1991 sont certes tous deux des dates inoubliables pour les Maliens. Seulement, nul n’a besoin d’être rappelé que mars 1991 est symbole de la Révolution politique la plus salutaire pour le peuple malien dans sa marche vers un Etat de Droit, de libertés fondamentales marquée par l’instauration d’un multipartisme intégral, l’avènement de l’ère démocratique. Tandis que mars 2012 c’est une date inoubliable advenue à la faveur d’un coup d’Etat militaire assortie d’une remise en cause tous les acquis de la révolution de mars 1991 et d’une destabilisation totale générale du pays. Les institutions républicaines et la dignité du Citoyen  malien ont été bafouées subitement et les critères de référence démocratique  qui faisaient du Mali, sur le plan continental, un exemple à suivre ont été sacrifiés pour des intérêts qui n’en valaient pas.

&nbsp;

En effet, en mars 1991, lors de l’avènement de l’ère démocratique, c’est tout un peuple qui s’est mobilisé comme un seul homme pour dire non au régime de parti unique fondé sur la dictature et la violation des Droits de l’Homme. La seule exigence faite au cours des différentes manifestations ayant mis fin au régime du Général Moussa Traoré était l’ouverture démocratique. En réalité, aucun manifestant n’avait réclamé le renversement du régime en place. Mais, c’est à la suite de la tournure dramatique des événements qu’il y a eu la chute du régime.  Et, aussitôt, une période de transition de 18  mois a été mise en place. Une transition démocratique à l’issue de laquelle des élections présidentielles et législatives ont été organisées. De façon démocratique, toutes les institutions républicaines ont été installées pour permettre le pays de repartir sur des nouvelles bases politiques. Un fait qui a été universellement apprécié et qui a permis au Peuple malien d’établir des liens de confiance avec la communauté internationale, ses partenaires techniques et financiers et d’offrir à son propre génie créateur une réelle possibilité de s’affirmer. De juin 1992  en juin 2002, le Professeur Alpha Oumar Konaré présida les destinées de la nation malienne.  Du 8 juin 2002 au 21 mars 2012, le Général Amadou Toumani Touré assure la continuité de l’Etat de Droit. Durant ces 20 ans de Démocratie, le Mali a pris un élan politique et économique encourageant. Cela, quoi qu’on dise du côté de ceux qui ne tenaient qu’à noyer leurs chiens sous prétexte qu’ils seraient enragés.

&nbsp;

Contre toute attente et à la grande surprise des Maliens et de la communauté internationale, voilà, arguant que le pouvoir d’ATT souffrait d’incompétences et de négligences face à la crise sévissant dans le Nord du pays, un bruit de bottes dégénère en une mutinerie abasourdissante. A quelques semaines seulement du premier tour de l’élection présidentielle, le système démocratique, le pays mis dans le trente-sixième dessous. Un crime qui n’a pas pu être digéré par la communauté internationale et la majeure partie de la classe politique nationale. Ainsi, l’avènement de mars 2012 a été vite perçu  comme une reculade intolérable pour le processus de démocratisation issue de la révolution de mars 1991. Pour ce faire, la situation du Mali sous la conduite du capitaine Amadou Haya Sanogo et ses copains a épousé des proportions inquiétantes et frisant une ère  dictatoriale, anti-démocratique, à bannir à jamais  et à tout prix. D’où l’intervention de la CEDEAO (communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest), de l’Union Africaine et de l’ONU pour restaurer l’ordre constitutionnel. C’est dans ce contexte qu’une mobilisation musclée des amis du Mali dont la France au devant du front aura permis de démanteler les forces d’occupation aux mains desquelles les trois Régions du Nord étaient tombées dès le renversement d’ATT.

&nbsp;

Certes, ces deux dates se ressemblent; mais, ne s’assemblent pas. Puisqu’elles n’ont pas la même teneur. La première (26 mars 1991) est une véritable révolution, une date historique à l’actif et au bénéfice de tout le peuple malien. En revanche, la seconde (22 mars 2012) est un recul démocratique, une avancée à reculons qui a rapidement montré ses limites. Tant sur le plan politique qu’économique et sécuritaire. Et les conséquences sont connues de tous.

<b>Habib Diallo et Alpha M. Cissé </b>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Histoire politique : Propos mémorables</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/histoire-politique-propos-memorables-2-202688.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 18 Mar 2014 03:09:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<b>Feu Modibo Keïta, Président de la République (19 Novembre 1968)</b>

<i>"Le Mali, ce n’est pas nous, ce n’est pas non plus ceux qui viennent de prendre le pouvoir. Le Mali, c’est vous !" [NDLR : s’adressant à la jeunesse]</i>

<i> </i>

<i> </i>

<i> </i>

<b>Général Moussa Traoré, Président de la République (1978) </b>

<i>"Cette fois-ci, le parti ne cèdera pas. Il ira jusqu’au bout. Autant de jours chômés, autant de 1000 F en l’air !"</i>

<i> </i>

<i> </i>

<i> </i>

<i> </i>

<b><i>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</i></b>

<i>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</i>

<i> </i>

<i> </i>

<i> </i>

<i> </i>

<b>Tiébilé Dramé, Secrétaire Général du Parena (Mars 1996)</b>

<i>"Quand on a été torturé ensemble, quand on a partagé les mêmes cellules de détention, qu’on ait fait partie des mêmes convois de déportation, d’exil intérieur, il est normal qu’on soit du même côté."</i>

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
<h2 align="left">Alpha O. Konaré Président de la République (Juin 1997)</h2>
« <i>Nous ne pouvons considérer comme une fatalité le fait que soit concentré aux mains d’une minorité le fruit de l’effort commun, pendant que la grande majorité du peuple est condamnée à la misère et au désespoir. »</i>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>

<h2 align="left">Me Mountaga Tall, Président du CNID 1997</h2>
<p align="left">« Un proverbe bambara tranche : que tout le monde se ligue derrière un seul homme, traduit toute la culpabilité de cet homme ».</p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>

<h2 align="left">Choguel Maïga, Président du MPR Mai 1999</h2>
<p align="left">« Les chefs d’Etat et les hommes politiques qui sont contre les coups d’Etat, doivent travailler de manière à ce que les conditions du coup d’Etat ne soient pas réunies ».</p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>

<h2 align="left">Ibrahim Traoré, Directeur de Publication Le Républicain Mai 1999</h2>
<i>« Qu’on l’aime, qu’on le haïsse, importe peu. Le Président Alpha Oumar Konaré, au cours de son mandat, a fait preuve d’une humilité déconcertante et d’un sens de l’Etat dont on trouverait difficilement la réplique ailleurs sur le continent ».</i>

<i> </i>

<i> </i>

<i> </i>

<i> </i>
<h2 align="left">Adama Thiam, chroniquer leur journal Le Républicain 1999</h2>
<p align="left">« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les points. Et que, quelque grande que soit la distance jusqu’au paradis, la descente aux enfers du pays est bien finie ».</p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<b>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </b>

<i>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</i>

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

<b>Choguel Maïga, Secrétaire général du MPR (Avril 2000)</b>
<p align="left">« Les témoignages et les contributions lors des débats le 9 Avril 2000 ont présenté ATT comme un militant de longue date du Mouvement Démocratique. Dans un pays où la loyauté est élevée au rang de culte, est-ce rendre service à l’officier ATT que de le présenter systématiquement comme un opposant qui a su gagner l’admiration, la sympathie et la confiance du Président Moussa Traoré en attendant de l’abattre, le moment venu ? ».</p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<b>Ibrahim Boubacar Kéïta, ancien Premier Ministre (2000)</b>

<i>« Dans une prospective, mon frère Alpha Oumar Konaré et nous-même avons échangé. Nous avons estimé que le mois de Février qui me verrait dans ma 6<sup>ème</sup> année de gestion gouvernementale, sera une bonne date pour que je passe le relais. Je n’y ai vu aucun inconvénient ».</i>

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

<b>Me Adame Bâ Konaré, épouse de l’ancien Président Alpha (Mars 2000)</b>

<i>« Les femmes sont encore confrontées à des problèmes de droit. Moi-même, je suis particulièrement sensible à cela. Je sais que les décisions de justice malheureusement ne sont pas toujours rendues à la satisfaction des femmes. J’enrage souvent de voir que les femmes sont les souffre-douleus dans les foyers par rapport aux lois. </i>

<i> </i>

<i> </i>

<i> </i>

&nbsp;

<b>Général ATT Président de la République (Juin 2003)</b>

<i>Quelque soit votre volonté de lutter contre la corruption, si vous avez une justice qui ne soit suit pas , vous perdez votre temps. »</i>

<i> </i>

<i> </i>

<b>Rassemblés par </b>

<b>Boubacar Sankaré</b>

<b> </b>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Histoire politique : Propos mémorables</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/histoire-politique-propos-memorables-198189.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/histoire-politique-propos-memorables-198189.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="" length="50828" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Tue, 25 Feb 2014 03:37:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><strong>Feu Me Demba Diallo </strong></p>
<p align="left">« Aujourd’hui, Moussa Traoré peut se targuer d’avoir été trop bien traité par rapport à ce qu’il a réservé à ses adversaires et même à ses amis, morts dans les conditions que l’on sait à Taoudénit ».</p>
 <i></i>

&nbsp;
<h2>Feu Mohamed Lamine Traoré, Vice-Président de l’ADEMA-PASJ sept 1994</h2>
<p align="left">« A ceux qui souhaitent dans la jubilation secrète que l’ADEMA éclate et ceux qui, dans un tremblement inquiet, craignent qu’il n’éclate pas, je dirai, l’ADEMA n’éclatera pas. A moins que les frelons n’envahissent la ruche, en chassant les abeilles ».</p>
&nbsp;

&nbsp;

<b>Chebane Coulibaly, Directeur bimensuel Cauris (Octobre 1994)</b>

<i>« Il y a eu plus de morts avec Moussa Traoré (1990 – 1991) que durant toute la rébellion des années 1962 – 1963 ».</i>

&nbsp;
<h3 align="left">Maître Waly Mamadou Diawara, Avril 1996</h3>
<i>« Me Tall est un brillant avocat, mais un piètre politicien ».</i>
<h1 align="left"></h1>
&nbsp;
<h3 align="left">Feu Me Demba Diallo, Avril 1997</h3>
<i>« S’il y a quelqu’un pour sauver le processus démocratique que nous avons instauré en 1991 au Mali, c’est bien nous et non ceux qui se réclament de l’héritage de Moussa Traoré et leurs alliés ».</i>

<b><i> </i></b><i></i>

&nbsp;
<h2>Ibrahim Traoré, Directeur de Publication Le Républicain Mai 1999</h2>
<i>« Qu’on l’aime, qu’on le haïsse, importe peu. Le Président Alpha Oumar Konaré, au cours de son mandat, a fait preuve d’une humilité déconcertante et d’un sens de l’Etat dont on trouverait difficilement la réplique ailleurs sur le continent ».</i>

&nbsp;

&nbsp;

<b>Choguel Maïga, Secrétaire général du MPR (Avril 2000)</b>
<p align="left">« Les témoignages et les contributions lors des débats le 9 Avril 2000 ont présenté ATT comme un militant de longue date du Mouvement Démocratique. Dans un pays où la loyauté est élevée au rang de culte, est-ce rendre service à l’officier ATT que de le présenter systématiquement comme un opposant qui a su gagner l’admiration, la sympathie et la confiance du Président Moussa Traoré en attendant de l’abattre, le moment venu ? ».</p>
&nbsp;

<b>Général ATT Président de la République (Juin 2003)</b>

<i>Quelque soit votre volonté de lutter contre la corruption, si vous avez une justice qui ne soit suit pas , vous perdez votre temps. »</i>

&nbsp;

<b>Rassemblés par  Boubacar Sankaré</b>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Histoire politiques : Propos mémorables</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 11 Feb 2014 12:38:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<h2>Alpha O. Konaré Président de la République : 8 Juin 1992</h2>
« <i>Nos frontières ne devraient plus être comme ces postes frontières, livrées aux seules forces de l’ordre, devenant à l’occasion forces de suspicion et de contrôle, ces zones où l’on cherche à se faire peur, où l’on veut marquer les différences. Ces espaces ont le plus besoin de gestion commune, concertée, de gestion à la base, où place devrait se faire à une participation et un contrôle populaire plus grand, à une mise en commun plus prononcée de nos potentialités, de nos capacités, à une revitalisation de notre fraternité</i> ».
<h2></h2>
<h2>Zeïdane Ag Sidalamin Conseiller technique Commissariat au Nord 1993</h2>
« <i>Le pacte National, conclu le 11 avril 1992 à Bamako, est un acte de réconciliation nationale au service de la sécurité, du développement et de la démocratie. Il constitue un symbole et une expérience. Expérience, car ce pacte constitue un bel héritage à léguer aux générations futures</i> ».

&nbsp;

<b>Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</b>

<i>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</i>

&nbsp;
<h2>Me Mountage Tall Président du CNID novembre 1994</h2>
« Il faut certainement mater la rébellion, mais là aussi, éviter toute surenchère, parce que, tout arabo-touarégue n’est pas rebelle ».

&nbsp;
<h2>Alpha O. Konaré Président de la République (Juin 1997)</h2>
« <i>Nous ne pouvons considérer comme une fatalité le fait que soit concentré aux mains d’une minorité le fruit de l’effort commun, pendant que la grande majorité du peuple est condamnée à la misère et au désespoir. »</i>

<i> </i>

<b>Moussa Kolon Coulibaly, Procureur (Novembre 1999)</b>

"Que le phénomène de la corruption touche toute la société, cela est réel, d’autant plus que la nature humaine est ainsi faite. Que dans toutes les couches socio-professionnelles, il peut exister des brebis galeuses.

<i>Mais je peux vous affirmer que c’est dans une moindre mesure que le phénomène se constate en réalité au niveau de la justice."</i>

&nbsp;

<b>Me Mountaga Tall, Président du CNID (2000)</b>

<i>« L’opposition est un exercice périlleux dans la mesure où on y joue sa liberté, sa carrière, sa fortune et parfois, sa vie ».</i>

&nbsp;
<h3>Sambi Touré, journaliste (Avril 2001)</h3>
<i>"Le Mali est l’un des pays qui a le plus grand nombre d’organes dans la sous-région. Mais, le problème de cette presse, c’est la qualité, pour parler de professionnalisme".</i>

&nbsp;

<b>Amadou Toumani Touré, Président de la République (Mars 2003)</b>

« <i>Le 26 Mars, c’est un peu moi ; on ne peut pas tout le temps parler de soi-même. Ma fille est née un 26 Mars</i>. »

&nbsp;

<b>Soumelylou Boubèye Maïga de convergence 2007 (2001)</b>

« <i>Je crois que souvent il faut que nous ne perdions pas de vue l’objectif visé. Je crois que la démocratie favorise l’expressions de contradictions, des opinions et en même temps donne des clés à notre action dans l’histoire</i>. »

&nbsp;
<p align="right"><b>rassemblés par</b></p>
<p align="right"><b>Boubacar Sankaré</b></p>

<h1 align="center"></h1>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Rétrospective sur l’année 2013 au Mali : faits politiques, sociaux et économiques majeurs</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/retrospective-sur-lannee-2013-au-mali-faits-politiques-sociaux-et-economiques-majeurs-189534.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 14 Jan 2014 17:00:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_161279" align="aligncenter" width="610"]<a href="http://www.maliweb.net/politique/koulouba-2013/malipresidentielle-aucun-trouble-de-lordre-public-ne-sera-tolere-president-par-interim-161278.html/attachment/dioncounda_traore-5" rel="attachment wp-att-161279"><img class="size-full wp-image-161279" alt="Les Maliens ont commencé à voter dimanche matin au premier tour de l’élection présidentielle, scrutin déterminant pour sortir le Mali de 18 mois de crise politique et militaire. " src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2013/07/Dioncounda_Traore1.jpg" width="610" height="390" /></a> Les Maliens ont commencé à voter dimanche matin au premier tour de l’élection présidentielle, scrutin déterminant pour sortir le Mali de 18 mois de crise politique et militaire.[/caption]

Confortablement installés depuis près de neuf mois dans le septentrion malien, les groupes armés ayant comme noyaux durs les combattants d’Ansardine, d’Aqmi et du Mujao se signalent très tôt en ce début d’année 2013 le long de la ligne de démarcation entre le Nord et le Sud. Ils ne cachent plus leur velléité de marcher sur le reste du pays pour la mise en place d’ un califat islamique et l’instauration de la charia. L’angoisse est dès lors palpable.

&nbsp;

********

3 janvier : La COPAM réclame tenue des Assises nationales
La Coordination des organisations patriotiques du Mali, mouvement dont fait partie ‘’IBK ! Mali 2012’’ de l’ancien Premier Ministre et ancien Président de l’Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Keita. Il dira ceci face à la situation qui prévalait « Aujourd’hui comme hier nous estimons, conformément à l’Accord cadre qu’il est nécessaire et incontournable de réunir les forces vives de la Nation malienne sous l’égide de ceux en charge de la transition, notamment le Président ».

&nbsp;

9 janvier : Tirs de sommation de l’armée malienne à Konna
Menés par l’armée malienne ces tirs ont pour but de dissuader les islamistes dans leur avancée vers Konna considérée comme la ligne de démarcation entre le Noird et le Sud. La tension continue à monter.


10 janvier : Attaque de Konna
Premiers combats entre les différentes parties. L’armée malienne contre laquelle les djihadistes ont coalisé se trouve en difficulté et se replie sur Sevaré. L’onde de choc se propage su! r Mopti, à tout juste 70 km. La psychose est sur le point de gagner Bamako.

11 janvier : Début de l’opération Serval
Elle fait suite à la demande faite par le Président de la transition Dioncounda Traoré au président François Hollande pour l’aider à contrer l’avancée des groupes terroristes. Les forces armées françaises effectuent leurs premières frappes sur le sol malien. La rue apprécie, le drapeau français est arboré partout. François Hollande s’exprime en ces termes : « Les forces armées françaises ont apporté cet-après midi leur soutien aux unités maliennes pour lutter contre ces éléments terroristes. Cette opération durera le temps nécessaire. J’informerai régulièrement les français sur son déroulement. Les Ministres concernés, celui des Affaires trangères - en liaison avec les Nations Unies, car nous intervenons dans le cadre de la légalité internationale -, comme le Ministre de la Défense, donneront également toutes les informations utiles à la population. Les terroristes doivent savoir que la France sera toujours là lorsqu’il s’agit non pas de ses intérêts fondamentaux mais des droits d’une population, celle du Mali! qui veut vivre libre et dans la démocratie ».
Quelques instants après le début de l’opération, le lieutenant Damien Boiteux, pilote d’hélicoptère est tué dans les combats. Des corps de djihadistes jonchent les rues de Konna.
Dioncounda Traoré, appelle à soutenir l’effort de guerre : « Mes chers compatriotes, notre histoire en tant que communauté des destins s’accélère. Nous avons le choix, soit de subir cette accélération, soit de la maitriser. Aux compagnies minières, téléphoniques et autres ainsi qu’à toute personne morale ou physique ayant quelque moyen, d’apporter leur contribution à cette lutte contre le terrorisme…Nos forces de sécurité doivent assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, singulièrement nos hôtes étrangers ».
L’opération Serval parvient en quelques jours à affaiblir considérablement! les djihadistes qui s’infiltrent par la suite à Diabaly, située à 400 km de Bamako.

&nbsp;

14 janvier : Bataille de Diabaly
Une colonne djihadiste de près de 400 hommes lourdement armes à bord de véhicules venant de la frontière mauritanienne attaque Diabaly et profite pour s’infiltrer au sein de la population. Le Togo et le Nigeria sont les premiers pays africains à venir en appoint. Malgré le renfort d’un hélicoptère, l’armée malienne se replie là encore en moins de 3 heures. La France intervient et de nombreux morts sont signalés dans les rangs des djihadistes. Diabaly est libérée et sécurisée.


18 janvier : Engagement de soldats tchadiens au Mali
Le Président Idriss Deby a informé le Premier ministre, les présidents des inst! itutions et des groupes parlementaires représentés à l’Assemblée nationale de sa décision d’envoyer 2 000 soldats aux forces internationales présentes sur le sol malien. «Le Tchad ne pourrait continuer à garder le silence. Il ne peut se soustraire à son obligation de solidarité vis-à-vis du peuple malien. C’est la raison pour laquelle j’ai donné l’accord du Tchad, à la demande des autorités françaises, pour que la mission « Epervier » puisse être mobilisée au profit de l’opération « Serval » à partir de notre territoire. En outre, nous avons pris la décision de déployer sur le sol malien un contingent de l’Armée nationale tchadienne pour soutenir les efforts de la communauté internationale en vue de la restauration de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République du Mali », a annoncé le Chef de l’Etat tchadien.

25 janvier : Libération de Gao
Après deux semaines d’intervention, les troupes françaises et maliennes prennent le contrôle de Gao. Il s’agit-là d’une étape importante dans la lutte contre les djihadistes qui occupent le Nord du Mali.

&nbsp;

27 janvier : Libération de Tombouctou
La prise de la ville par l’armée française, les forces maliennes et d’autres contingents africains a commencé par la sécurisation de Léré, (frontière mauritanienne), le contrôle de l’aéroport de Tombouctou et des voies d’accès de la ville.

&nbsp;

2 février : Visite historique de François Hollande
Elle a d’abord commencée par Mopti pour se poursuivre à Tombouctou et s’achever à Bamako. La foule était telle à Tombouctou que les deux présidents n’ont pas pu délivrer de discours. A l’étape de Bamako, François Hollande dit ceci : « Oui c’est vrai. J’ai pris une décision grave le 10 janvier d’engager les soldats français avec les soldats maliens. C’était l’appel que m’avait lancé le président Traoré. C’était le devoir de la France qui agissait au nom de la communauté internationale avec le soutien des pays européens dans le cadre des Nations Unies… Je m’exprime ici devant le monument de l’indépendance, pour rendre hommage à votre histoire mais aussi pour vous dire que votre pays va connaître une nouvelle indépendance qui ne sera plus, cette fois, la victoire sur le système colonial mais la victoire sur le terrorisme, l’intolérance et le fanatisme. Voilà votre indépendance».
Le président Hollande termine ainsi : « Et moi, je veux ici vous dire que je viens de vivre la journée la plus importante de ma vie politique. Parce que, à un moment, une décision doit être prise, elle en! gage la vie d’hommes et de femmes. Cette décision, je l’ai prise au nom de la France. Cette décision, elle honore la France et à travers les clameurs, la ferveur, le soutien que vous m’apportez, c’est à toute la France que vous donnez votre plus grand hommage ».

&nbsp;
Sur la place de l’indépendance, symbole de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale, le président Traoré déclare devant une foule toujours en liesse : « Voilà ce que j’aurais dit ce matin à Tombouctou. Population de Tombouctou, représentants de Tombouctou ici Bamako, dites à votre frère, dites à notre frère, François Hollande, qu’il est le très bienvenu parmi nous, le très bienvenu, chez lui, à Tombouctou ! Tombouctou la mystérieuse, Tombouctou la sainte que l’ignorance et l’obscurantisme ont cherché à profaner.

&nbsp;
Représentants de Tombouctou, dites à François Hollande, le Président de la France, la France de la Révolution de 1789, la Président de la France de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité, qu’il est le frère de toutes les Maliennes, de tous les Maliens, le frère de toutes les Sahéliennes, de tous les Sahéliens, l’ami sincère de l’Afrique toute entière. Dites-lui que ce jour – le 2 février 2013, où il est venu nous témoigner de la plus belle des manières sa solidarité et son engagement – sera inscrit en lettres d’or dans ce que cette partie du monde sait faire de mieux, à savoir consigner l’histoire des faits et des Hommes. Dites-lui qu’en répondant positivement et sans délai à notre demande d’assistance militaire – à un moment où le destin, à un moment où l’existence même de notre pays était menacée – il a réécrit avec l’engage! ment de l’armée tricolore et le sacrifice de Damien Boiteux, un nouveau chapitre de notre histoire ».

21 février : Mort de plusieurs soldats tchadiens
Les soldats tchadiens en opération contre les djihadistes dans l’Adrar des Ifoghas font leurs premières pertes en hommes. Ce sont exactement 38 soldat! s de Ndjamena qui trouveront la mort lorsque des djihadistes font usage de leurs ceintures d’explosifs. L’émoi est profond au Mali, au Tchad et ailleurs. Ces pertes n’entament pas la détermination de l’état-major tchadien à poursuivre le combat contre les groupes de djihadistes et les narcotrafiquants.
93 morts sont annoncés dans le camp des djihadistes.

&nbsp;
6 mars : Création de la Commission Dialogue! et Réconciliation
La Commission composée de 33 membres est créée par décret présidentiel pour une durée de 2 ans. Son mandat est de…La commission est présidée par Mohamed Salia Sokona, (nommé le 29 mars) ancien ministre et ancien ambassadeur.

&nbsp;
17 mars : Retour de l’Administration au Nord
Le gouverneur de Tombouctou, le colonel Mamadou Mangara et celui de Gao, le colonel Adama Diallo, ont fait leur retour dans les deux capitales régionales. Ces deux hauts gradés de l'armée malienne occupaient ces postes au moment de la chute des deux principales villes du nord après l'arrivée des groupes djihadistes et des narcotrafiquants. Après la fuite des djihadistes et l'arrivée des soldats maliens et français à la faveur de l'opération Serval, les municipalités étaient chargées de gérer les affaires courantes. Aujourd'hui, les gouverneurs, les préfets et sous-préfets sont de nouveau aux commandes. La tâche qui les attend est immense.
!

&nbsp;
21 mars : Création d’un mandat d'expert indépendant des droits de l'homme
Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a adopté ce jeudi, par consensus, une résolution créant un mandat d'expert indépendant sur le Mali pour une période d'un an.

&nbsp;
2 avril : Visite des sénateurs John McCain et Sheldon Whitehouse
Une délégation bipartisane de de! ux sénateurs américains, conduite par le républicain John McCain, ancien candidat à l’élection présidentielle, a effectué une visite de deux jours au Mali. Le deuxième sénateur est Sheldon Whitehouse, un démocrate de Rhode Island. La délégation est venue jauger la situation du Mali et avoir une meilleure compréhension des défis actuels auxquels le pays est confronté.

&nbsp;
10 avril : L’administration revient à Bourem
Le préfet du cercle de Bourem, Issa Koné, son adjoint et les sous-préfets sont de retour à leurs postes respectifs. Les administrateurs ont été accueillis avec joie et soulagement par la population. Leur premier geste a été de rencontrer les responsables locaux, les chefs de village et de fraction et les leaders religieux.

!

&nbsp;

12 avril : Deuxième prorogation de l'état d'urgence
Les députés maliens ont adopté vendredi 12 avril à l'unanimité le projet de loi autorisant une deuxième prorogation de l'état d'urgence au Mali. La décision de prorogation a été prise l’avant-veille, lors du conseil des ministres, réuni sous la présidence du président de la République par intérim du Mali, Dioncounda Traoré. Les députés maliens ont approuvé cette prorogation, qu! i prendra fin le 6 juin 2013, à 129 voix pour, zéro abstention et zéro contre. Cette deuxième prolongation de l’état d’urgence est jugée gênante par beaucoup de maliens.

&nbsp;

18 avril : Présentation des lettres de créance de l’Ambassadeur de France
S.E.M. Gilles Huberson, nouvel Ambassadeur de France a présenté ses lettres de créances au président de la République par intérim, le Pr Dioncounda Traoré. Il remplace Christian Rouyer en poste au Mali depuis mars 2011.

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19 avril : Réunion de Groupe de suivi et d’évaluation
Le ! Groupe de soutien et de suivi sur la situation au Mali se réunit ce vendredi à Bamako, Cette réunion à laquelle prendront part en plus des autorités maliennes, le commissaire de l’Union Africaine à la paix et à la sécurité, le président de la commission de la CEDEAO, le représentant de l’ONU, s’est penchée sur l’évolution du processus politique et de réconciliation. Elle a abordé aussi la préparation des élections, les situations sécuritaire et humanitaire. Les participants ont convenu sur le fait que la dissolution du MNLA et de toutes les autres milices va faciliter le processus de restauration de l’autorité de l’État malien sur l’ensemble du territoire national, de même qu’elle va renforcer la confiance, la sécurité et les perspectives de réconciliation nationale.

&nbsp;

22 avril : Vote par le Parlement français de la prolongation de l'opération Serval
Le Parlement doit se prononcer lundi sur la prolongation de l'opération militaire française au Mali, dont le dispositif est peu à peu allégé, près de quatre mois après le début des combats contre les groupes islamistes qui occupaient le nord du Mali. Le vote des parlementaires ne devrait pas réserver de surprise, députés et sénateurs ayant jusqu'à présent soutenu massivement l'intervention.

&nbsp;

25 avril : Adoption de la Résolutio! n 2100 (2013)
Le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé ce jeudi (Résolution 2100) la création d'une force de maintien de la paix de 12.600 Casques bleus chargés de stabiliser le nord du Mali après l'intervention française contre les islamistes qui contrôlaient cette région. Cette Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), prendra le relais de la Misma (force panafricaine), et sera déployée le 1er juillet pour une période initiale de 12 mois.

&nbsp;
Dans les 60 jours à venir, le Conseil devra déterminer si la sécurité sur le terrain est suffisante, indique la résolution, mise au point par la France et adoptée à l'unanimité. La Minusma comprendra au maximum 11.200 soldats et 1.440 policiers.

5 juin : Entrée en fonction du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali

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Albert Gérard Koenders (Pays-Bas) a été nommé au poste de Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Chef de la MINUSMA le 17 mai 2013 par le Secrétaire général de l’ONU.

&nbsp;
18 juin : Signature de l’Accord préliminaire de Ouagadougou
La signature intervient entre le Gouvernement d’union nationale de transition de la République du Mali, d’une part et la coordination du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) d’autre part. L’Accord de Ouagadougou n’est pas du gout du radical Oumar Mariko du SADI. Soumana Sacko,leader du CNAS-Faso here le dénonce aussi. A travers sa signature, 200 soldats seront par la suite présents à Kidal. L’accord préconise entre autre un cessez-le feu permettant la tenue des élections et la reprise des pourparlers inclusifs, 100 jours après la nomination du Gouvernement issu des élections. Cette disposition n’a toujours pas été mise en œuvre.

&nbsp;
29 juin : Validation des candidatures par la Cour constitutionnelle
Plusieurs personnalités politiques maliennes sont candidates à l’élection présidentielle du 28 juillet. La Cour reçoit 36 candidatures parmi lesquelles 2 femmes. 8 candidatures seront par la suite rejetées, soit pour défaut de paiement de la caution de 10 millions de francs CFA, soit pour insuffisance de parrainage.

&nbsp;
1er juillet : La MINUSMA aux commandes de l’opérations de stabilisation au Mali
Le transfert d’autorité entre les forces de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a eu lieu ce matin au cours d’une cérémonie à Bamako, marquant ainsi le lancement officiel des opérations des Casques bleus au Mali. La MINUSMA est la troisième plus importante opération de maintien de la paix de l’ONU parmi les seize actuellement déployées à travers le monde.

17 juillet : Tiebile Dramé retire sa candidature
Après avoir demandé un report du scrutin à la Cour constitutionnelle, le Président du PARENA reti! re sa candidature lors d’une conférence de presse estimant que « les conditions d’une élection régulière ne sont pas réunies ».

&nbsp;
28 juillet : 1er tour de l’élection présidentielle
De nombreuses polémiques avaient eu lieu sur l’organisation du scrutin. Le ! premier tour se déroule néanmoins dans le calme avec une participation massive.

&nbsp;
7 aout : Proclamation des résultats par la Cour Constitutionnelle
Les résultats donnent IBK vainqueur au 1er tour (39,79%) pour un taux de participation sans précèdent de 48, 98 %. Une campagne très courte pour le 2ème tour est aussitôt déclenchée. Soumaïla Cissé deuxième avec 19,7 % propose à son adversaire l'organisation d'un débat mais Ibrahim Boubacar Keïta décline la proposition, faute de temps dira son état-major de campagne.

&nbsp;
11 aout : 2ème tour de l’élection présidentielle
De nombreux candidats battus au premier tour ont appelé à voter pour Ibrahim Boubacar Keita. Le nouveau président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, a été élu avec un score de 77,6% contre 22,3% à son rival Soumaïla Cissé qui avait reconnu sa défaite dès le lendemain du scrutin du 11 août.


14 aout : Le Capitaine Sanogo reçoit le grade de Général
Promu Général de corps d’armée par le Conseil des ministres du 14 aout 2013 présidé par le Président de la République par intérim, Amadou Haya Sanogo devient ainsi l’officier le plus gradé de l’armée malienne.

27 août : IBK rend sa première visite au président Deby
Le président malien élu, Ibrahim Boubacar Keïta, a effectué une visite express au Tchad pour remercier son homologue, Idriss Déby. Le Tchad est le pays qui a perdu le plus d’hommes dans la libération du nord du Mali.


28 août : Inondations meurtrières à Bamako
Vingt-quatre morts ont été enregistrés dans les communes I et II du District à la suite des fortes pluies.

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4 septembre : Prestation de serment du Président de la République
Ibrahim Boubacar Keïta, ex-Premier ministre élu à l’issue du scrutin du 11 août, a prêté serment ce mercredi à Bamako comme président du Mali pour cinq ans devant la Cour suprême. "Je jure devant Dieu et le peuple malien de préserver en toute fidélité le régime républicain, de respecter et de faire respecter la Constitution et la loi, de remplir mes fonctions dans l’intérêt ! supérieur du peuple, de préserver les acquis démocratiques, de garantir l’unité nationale, l’indépendance de la patrie et l’intégrité du territoire national", a déclaré M. Keïta, selon la formule consacrée au cours d’une cérémonie solennelle.
Dans la série d’hommages rendus aux personnalités du pays, Ibrahim Boubacar Keïta, a créé la surprise en qualifiant de « grand républicain », l’ancien président de la République Moussa Traoré présent dans la salle. Un propos que beaucoup de maliens ont considéré comme une souillure de la mémoire des martyrs de la révolution de mars 1991.

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8 septembre : Nomination du nouveau gouvernement
Ce gouvernement est marqué par la création d’un Ministère de la Réconciliation nationale et du développement des régions du Nord. Autre fait nouveau, la préséance du Gouvernement revient au Ministre de la Justice comme pour souligner l’importance des questions de justice, de promotion et protection des droits de l’homme. Le Gouvernement est cependant conteste par une grande part! ie de la population et de l’électorat du président qui n’ont pas apprécié le retour aux affaires d’anciens collaborateurs du pouvoir ATT ou l’arrivée d’un ‘’ancien rebelle’’ a la tête de la diplomatie malienne.

&nbsp;
19 septembre : Investiture du Président de la République
Cette investiture à laquelle ont pris part de nombreux Chefs d’Etat et de Gouvernement va marquer le début du mandat du tout nouveau président du Mali, Ibrahim B! oubacar Keïta. Elle couronne sa victoire à près de 78 % au 2ème tour de l’élection présidentielle du 11 août dernier et après la prestation de serment.

&nbsp;
24 septembre : Libération par le MNLA de 30 personnes impliquées dans le conflit du Nord
Le MNLA a libéré ce jour 30 prisonniers qui ont par la suite été conduits à Mopti par la MINUSMA en vue de regagner leurs domiciles respectifs.

&nbsp;
30 septembre : Mutinerie du Camp Sundjata de Kati
Un des proches du général Sanogo dirige ce jour la mutinerie d’une trentaine de soldats. Se sentent léser par la situation de promotion exceptionnelle dont a bénéficié certains de leurs chefs, les mutins se sont mis à tirer partout.

&nbsp;
1er octobre : Visite du Ministre Britannique des territoires d’outre-mer à Tombouctou
Une délégation composée du Ministre britannique des territoires d’outre-mer (British Overseas Territories), Mark Simmonds, de la Responsable du PAM au Mali, Sally Haydock, et du Représentant spécial adjoint de la MINUSMA en charge des questions humanitaires, David Gressly ont effectué une visite à Tombouctou, ce mardi 1er octobre 2013. Le Mini! stre britannique a expliqué l’intérêt que son gouvernement manifeste pour aider le Mali à sortir de cette crise. Il a souligné le rôle important que les leaders religieux peuvent jouer dans le cadre de la réconciliation,

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2 octobre : Libération par Bamako de prisonniers liés à la crise du nord
En! application de l'article 18 de l'Accord préliminaire de Ouagadougou et dans le cadre des mesures de confiance, le gouvernement malien représenté par le Ministre de la justice et celui en charge de la réconciliation a libéré 23 détenus, parmi lesquels des personnes figurant sur la liste fournie par le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et le Haut Conseil pour l’unité de l'Azawad (HCUA).

3 octobre : Nomination du nouveau Médiateur de la république
Le Conseil des ministres d’hier présidé par IBK a procédé à la nomination de Baba Akhib Haidara en qualité de Médiateur de la République. Originaire de Tombouctou, militant de l’indépendance du Mali, Président d’honneur du parti Union soudanaise RDA (US-RDA), fondé en 1946, Baba Akhib Haidara est physicien de formation. Il a été candidat du parti US-RDA à la présidentielle de 1992. Il fut Coordonnateur régional de l’UNESCO pour l’Afrique. Inspecteur d’enseignement de physique il a produit des manuels scolaires qui ont fait leur preuve dans l’enseignement au! Mali. Il a joué un rôle actif dans l’inscription de Tombouctou sur la liste des Sept merveilles du monde.

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10 octobre : Manifestation à Gao
A l'appel de plusieurs associations de jeunes et de femmes, environ un millier de personnes se sont rassemblées ce jeudi, à Gao pour dénoncer pêle-mêle l'insécurité, l'absence de perspectives pour la jeunesse. Les populations locales ne demandent plus seulement le renforcement des mesures de sécurité pour faire face à certains jihadistes qui sont toujours à la périphérie de la ville. Les revendications sont désormais aussi d'ordre social.

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11 octobre : Naufrage de Koubi
L'accident survenu aux environs de Konna est dû vraisemblablement à un problème de surcharge de l'embarcation. Les autorités maliennes ont décidé de revoir les dispositions relatives à la sécurité des transports fluviaux pour qu'un tel drame ne puisse pas se reproduire. Selon un bilan communique par le Ministre malien de la Sécurité, le naufrage a fait 72 morts, 11 blessés et 210 rescapés.

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14 octobre : Levée des mandats d’arrêts contre les responsables des groupes armés
Dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de Ouagadougou, le gouvernement malien a procédé à la levée des mandats d’arrêt contre les responsables du MNLA du HCUA et du MAA. Le ministre de la justice en charge du dossier a indiqué que la levée des mandats entre dans le cadre d’un certain nombre de mesures dites de confiance en vue de leur permettre de participer aux discussions ultérieures devant se tenir dans la capitale. Ses expli! cations et autre argumentaire fournies à la fois en français et en langue nationale bamanan par le ministre de la justice, n’ont pas suffi à convaincre de nombreux maliens hostiles à ces mesures.

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21-23 octobre : États généraux de la décentralisation
Les Etats généraux de la décentralisation sont sans doute l’activité la plus importante que les nouvelles autorités organisent depuis le début du quinquennat. Après plus de 10 ans de mise en œuvre, les acteurs du domaine notent que le processus de décentralisation a enregistré des acquis importants, notamment dans les domaines de la fourniture des services de base (éducation, santé, eau potable, équipements marchands). Il est apparu néanmoins que le transfert des compétences et des ressources constitue les points faibles de cette réforme.

1-3 novembre : Assises nationales du Nord
Cette cérémonie, qui était placée sous la haute présidence d’Ib! rahim Boubacar Keita, président de la République, a enregistré la présence d’un millier de participants du nord, mais la région du Gao n’a pas fait le déplacement pour des problèmes inhérents à l’organisation organisation. Dans son discours d’ouverture le Président dira : « La résolution du problème du Nord demeure la priorité la plus pressante. Je veux réconcilier les cœurs et les esprits, rétablir une vraie fraternité entre nous, afin que chacun, dans sa différence, puisse jouer harmonieusement sa partition dans la symphonie nationale. Je veux rassembler toutes les composantes et toutes les générations de la société malienne, mobiliser les talents et les efforts en vue de l’avènement d’une société nouvelle basée sur l’Exc! ellence. Notre Nation a subi l’humiliation le plus grave de son histoire. Je veux rassembler les maliennes et les maliens pour que triomphent la justice et l’Equité sans lesquelles il n’y a pas d’avenir viable pour une Nation. Tant que j’ai la chance de diriger le Mali, le Mali sera un et indivisible».

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2 novembre : Enlèvement et assassinat de deux journalistes français a Kidal
Suite à cet assassinat les Nations Unies ont adopté une résolution sur la liberté fondamentale d’informer et d’être informe et ont retenu cette date comme Journée internationale pour mettre fin à l’impunité des crimes contre les journalistes.

4-5 novembre : Visite du Secrétaire général de l’ONU
M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies accompagné d’une délégation de haut niveau comprenant le président du groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, la présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, le Commissaire au développement de l’Union européenne, Andris Piebalgs, et le Président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka a effectué une visite au Mali les 4 et 5 Novembre 2013 qui l’a conduit également à Tombouctou.
Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une tournée dans la région du Sahel afin de discuter de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel avec les représentants des pays de la région. La délégation a eu l’occasion de rencontrer le Président de la République du Mali, S.E.M. Ibrahim Boubacar Keita ainsi que les membres de son gouvernement et échanger sur les questions sécuritaires, humanitaires et la mise en place d'un mécanisme de coordination de l'action à mener au Sahel. La visite au Mali fut aussi l’occasion pour! le Secrétaire général de constater le travail effectué par la MINUSMA depuis son établissement en juillet dernier.

14 novembre : Libération des locaux gouvernementaux à Kidal
Les groupes armés menés par le MNLA ont libéré le Gouvernorat et la station régionale de l’ORTM à Kidal, suite a une médiation entreprise par la MINUSMA. Lesdits locaux ont ensuite été soumis à une inspection de sécurité menée par la MINUSMA.


24 novembre : 1er tour des élections législatives
1087 candidats partants pour 147 sièges à pourvoir. D’une manière générale il faut noter la bonne organisation de ce scrutin du dimanche : les leçons ayant été tirées des imperfections de la présidentielle du mois d’aout. En dehors de quelques cas isolés, aucun incident majeur n’a été enregistré. Ce constat est général. Le taux de participation est moindre qu’ à la présidentielle.

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27 novembre : Arrestation du Général Sanogo
Après de nombreux faux bonds par lesquels il a défié la justice malienne, une partie de la classe politique et de l’armée, le Général Sanogo a fini par être arrêté et présenté au juge Yaya Karembe. Il devra répondre devant la justice de son rôle présumé dans les exactions commises par ses proches lors ! du contre-coup d’état d’avril 2012. La population malienne est partagée sur cette arrestation : certains y voient la fin de l’impunité, d’autres en revanche pensent que l’heure est plutôt à la réconciliation nationale et à la libération de Kidal.

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27 novembre : Montée de tension à Ménaka
La ville de Ménaka (foyer des rebellions qui ont secouées le Mali) est sous haute tension trois jours après les législatives du! 24 novembre. Cette situation est consécutive à la victoire dès le premier tour du candidat indépendant Bajan Ag Hamatou à qui il est reproché le bourrage des urnes, le trafic d’influence et la corruption. Son rival ...est du RPM

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27 novembre : Remise au président des rapports des structures de contrôle de gestion
Il s’agit des bulletins d’information 2011 et 2012 de la CASCA (Cellule d’Appui aux Structures de Contrôle de l’Administration) et du rapport du Vérificateur général. Le tableau décrit dans les deux documents est noir et les conclusions sont alarmantes. Les mauvaises pratiques ont en effet causé à l’état une perte financière de plus de plus de 50 milliards de FCA. Le Chef de l’Etat a rassuré que personne n’entravera le cours de la justice. Il a promis de sévir.

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28 novembre : Le Premier Ministre empêché de se rendre à Kidal
Le Premier ministre malien, Oumar Tatam Ly, a été contraint ce jeudi d'annuler une visite à Kidal, après l'intrusion de manifestants hostiles sur l'aéroport. Les forces de la Minusma sont accusées de n’avoir pas pu empêcher les manifestants de pénétrer sur la piste d'atterrissage. Le gouvernement est en colère.

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3-4 décembre : Découverte de charniers aux environs de Bamako.
Un charnier contenant 21 corps a été découvert dans la commune rurale de Diago. Les personnes décédées sont pressenties comme étant des bérets rouges qui auraient été fusillés dans la nuit du 2 au 3 mai 2012 par des hommes aux ordres du General Sanogo. Des investigations médicolégales ont aussitôt été entreprises au Centre hospitalo-universitaire Gabriel Toure, afin d’identifier les victimes.

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30 novembre-1er décembre : Forum régional de Gao
Organisé par le Ministère de la réconciliation nationale, était une réponse aux recommandations faites lors des Assises nationales notamment celle visant à approfondir le dialogue national à travers les rencontres intra et intercommunautaires. Tombouctou veut suivre l’exemple

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10 décembre : 18ème Edition de l’Espace d’interpellation démocratique (EID)
Le Jury d’honneur de cet évènement annuel qui se tient tous les 10 décembre (journée internationale des droits de l’homme) était présidé par le Médiateur de la République du Bénin.
De nombreux acteurs nationaux, organisations de la société civile ont pris part à cette journée de discussions. L’essentiel des débats a porté sur le problème foncier, la situation du Nord et les crimes y subséquents, les problèmes d’assainissement, la réforme des forces de défens! e et de sécurité.

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15 décembre : 2ème tour des élections législatives
Le taux de participation à ce deuxième tour est juge faible. Pour le processus électoral 2013 qui vient d’arriver à terme, la MINUSMA, en vertu de son mandat, a apporté à la fois aide logistique et technique aux structures maliennes en charge des élections que sont la CENI, la Cour Constitutionnelle, le Ministère de l’Administration territoriale et la Délégation générale aux Élections. Cet appui s’est notamment traduit la constitution du fichier électoral biométrique et le transport du matériel électoral lourd et sensible vers les centres de vote éloignés de la capitale. 127 députés ont été élus.

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Quoi qu’il en soit, l’on peut affirmer que le Mali a réussi son entrée dans l’ère de la biométrie dans les élections. En effet, la mise en place d’un fichier électoral fiable, soumis à l’actualisation et accepté par toute la classe politique, bien avant les élections, constitue un grand pas vers des élections transparentes, libres, apaisées et démocratiques.

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18 décembre : Pose de la première pierre du barrage de Gouina
Ce barrage dont les travaux prendront fin en fournira entre autre 140 MW d’électricité au Sénégal, au Mali, a la Mauritanie et à la Guinée réunis au sein de l’OMVS. Le Président IBK dira en cette occasion et en présence des Présidents Sénégalais, Mauritanien et du Premier ministre Guinéen ceci : « je ne négocierais plus avec un groupe armé. Ceux qui veulent la paix négocieront sans armes avec le Gouvernement du Mali. Aucun rebelle ne sa! urait se hisser en ma hauteur pour discuter d’égal à égal. Cela n’est admis nulle part et cela ne sera pas admis par le Gouvernement de la République du Mali, par le Chef d’Etat du Mali que je suis. Je le dis et je répète. » Un message de fermeté accueilli favorablement par la population.

23 décembre : Réintégration du Mali dans l’AGOA

Le président américain Barack Obama a décidé de réintégrer le Mali au sein de Africa Growth and Opportunity Act (AGOA). La mesure a été prise selon les officiels américains pour saluer "le retour à l'ordre constitutionnel ainsi que les progrès immenses réalisés par le pays en matière de démocratie". L’AGOA vise à soutenir le développement économique en Afrique en facilitant les exportations africaines vers les Etats-Unis. Il est également un soutien aux réformes démocratiques en Afrique subsaharienne. Les sociétés maliennes souhaitant explorer les opportunités liées à l’AGOA pourront désormais contacter la Section Économique et Commerciale de l’Ambassade des Etats unis d’Amérique sur place.

27 décembre : Demande de poursuites contre l’ex-président ATT
Un communiqué publié tard dans la soirée par le gouvernement du Mali fait état d’un certain nombre d’accusations retenues contre l’ex-président Amadou Toumani Touré, dont la haute trahison contre l’Etat malien. La citation fait suite à une lettre dont l’Assemblée nationale aurait été saisie à la date du 18 décembre 2! 013 par la Haute Cour de justice (juridiction d’exception jugeant les personnes astreintes a une discipline spéciale) siégeant en son sein. ATT vit actuellement au Sénégal qui possède, en vertu des règles de la CEDEAO, des accords d’extradition avec le Mali.

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29 décembre : Marche pour la libération de Kidal
La Coordination malienne des organisations démocratiques (COMODE) a organisé ce dimanche une marche de plusieurs milliers de personnes pour réclamer la libération de Kidal et son retour dans le giron de l’Etat malien. ! Les participants à la marche ont par ailleurs réclamé la présence de l’armée malienne à Kidal

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Partenaires du Mali en fin de mission


· Ambassadeur du Burkina Faso

Accrédité au Mali depuis avril 2003, Sanné Mohamed Topan s’est distingué au cours de son mandat par un esprit de solidarité et un caractère rassembleur. Sa bonne connaissance des dossiers maliens a fait de lui essentiel un acteur clé dans la médiation et les activités du Groupe de suivi et d’évaluation de l’Accord de Ouagadougou.

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· Représentante UNICEF

La Représentante de l’UNICEF Françoise Ackermans avait a pris fonction à un moment où le Mali! avait le plus grand besoin de tous ses partenaires et où l’intervention de l’Unicef était plus que nécessaire pour secourir les femmes et les enfants victimes innocentes de la crise.
· Ambassadeur de Palestine
Après avoir occupé ce poste pendant 33 ans, l’Ambassadeur de Palestine et doyen du corps diplomatique accrédité au Mali prend sa retraite. Il veut rester au Mali et consacrer le reste de sa vie a la recherche.

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· Chef de! s opérations de la Banque mondiale
Le Représentant résidant de la Banque mondiale au Mali, Ousmane Diagana, est en fin de mission après 50 mois passés au Mali. Ousmane Diagana prend poste en Côte d’Ivoire où il aura également en charge la Guinée et le Burkina Faso. !


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Nécrologie

· Décès à 84 ans de Mme Sira Diop, première bachelière du Mali, elle a travaillé toute sa vie pour la promotion des droits des femmes africaines. Mme Diop avait effectué en mai son dernier voyage à Addis Ababa pour la commémoration du cinquantenaire de l’Union Africaine.

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· Décès à 79 ans de l’ancien Président de la Cour constitutionnelle, Salif Kanouté . Grand juriste, connu pour son franc-parler, l’homme n’avait pas hésité à dire que tous les acteurs du processus électoral 2007 avai! ent fait usage de la fraude.

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· Décès à 62 ans de l’écrivain Moussa Konaté. Co-dirigeant ave! c Michel Le Bris du festival ‘’Étonnants voyageurs’’ et spécialiste malien du polar, Moussa Konate a consacré une partie de son œuvre aux thèmes sociaux et politiques.

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· Décès à 78 ans du Pr Yousouf Tata Cissé Anthropologue, enseignant-chercheur et éminent traditionnaliste, il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la littérature orale. A travers ses écrits et conférences, il contribua à l’enrichissement du débat contemporain sur le Mali et au rayonnement de la culture malienne dans le monde.

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<strong>Source: Oxfam GB Mali</strong>

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<title>19 novembre 1968–19 Novembre 2013 : Faut&#45;il oublier ?</title>
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<pubDate>Tue, 19 Nov 2013 03:24:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_51327" align="alignleft" width="309"]<img class="size-full wp-image-51327" alt="Modibo Keita, le 1er président du Mali " src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2012/02/Modibo_Keita1.jpg" width="309" height="246" /> Modibo Keita, le 1er président du Mali[/caption]

<strong><em>Le 19 novembre 2013 passera-t-il inaperçu ? Comme un jour banal, ordinaire ?</em></strong>

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Les Vieux « patriotes sincères » se réclamant jadis « amis intimes », « camarades de lutte », « hommes de confiance », « héritiers » ou compagnons fidèles » de feu Modibo Kéïta, ont, semble-t-il oublié cette date anniversaire du 19 novembre 1968.

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Les martyrs réels ou autoproclamés (aujourd’hui encore en vie) qui ont subi des humiliations, la prison, la torture à compter du 19 novembre 1968 ont-ils oublié ?

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Ceux qui ont mangé des araignées dans la prison de Taoudénit, partagé la prison de Kidal avec des cafards, salamandres et lézards et dont certains camarades y sont restés à jamais ; semblent aussi, avoir oublié.

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Enfin, Choguel Maïga, le digne héritier du « Boucher National », lui également oubliera de nous rappeler cet anniversaire du 19 Novembre 1968. Lui qui, il a quelques années, envisageaient même d’organiser un meeting avec tambours et trompettes, à l’occasion du 19 novembre.

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En somme, le 19 novembre est sur le point d’être effacé de la mémoire collective. Les raisons de cette amnésie presque nationale, sont simples et révoltantes.

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Comme le disait l’autre, depuis la chute de GMT, tout le monde est devenu héros ou martyrs. Et si d’un côté, nombre de ces vieux ex « compagnons fidèles » réels ou autoproclamés de feu Modibo Kéita voyaient en la chute de GMT un « droit légitime… » de gérer les affaires du pays, d’autres, les anciens prisonniers de la dictature se réservaient aussi le même droit. « Face donc à ces héritiers » traditionnels, il y a aussi la troupe des nouveaux héros actifs, les vrais tombeurs » de GMT en 1991 dont certains menaient le « combat » à partir de la France ou organisaient des marches dans leurs concessions pendant que les autres étaient dans la rue. Question de stratégie… Ces grands « démocrates » eux aussi, réclament le pouvoir qu’ils ont « conquis » en concédant « le sacrifice suprême », tout en restant… en vie.

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Tous, sont si obsédés par le pouvoir, l’argent et seulement cela, qu’ils ont fini par effacer de leur mémoire le passé pour ne voir que le présent et l’avenir. Enfin de compte, même ceux qui avaient leur « avenir derrière eux » , l’ont projeté, devant.

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Quant au « livre » d’histoire du Mali, ils l’ont piétiné car pour eux désormais, l’histoire de notre pays, commence à partir de 1991. Par la même occasion, ils ont aidé à ressusciter le Diable. Au nom d’une réconciliation nationale n’ayant comme objectif que de falsifier l’histoire à défaut de l’enterrer. Et dans toute cette histoire, les grands gagnants, ce sont les assassins et les voleurs d’hier qui sont devenus les nouveaux héros et leurs victimes mortes ou vivantes, les coupables.

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Les amnésiques, les aphasiques et les hypnotiseurs peuvent continuer de courir à grand bruit. Le Peuple malien se souviendra. Son histoire est écrite avec une encre indélébile. Et ne peut être ni avalée, ni dévorée. Encore moins brûlée ou assassinée.
<p align="right"></p>
<p align="right"><b>Boubacar Sankaré</b></p>
<p align="right"></p>
<p align="right"></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Anniversaire de l’Armistice à Bamako : Hommages et reconnaissance</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/anniversaire-de-larmistice-a-bamako-hommages-et-reconnaissance-2-180421.html</link>
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<pubDate>Tue, 19 Nov 2013 03:02:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le 11 novembre 1918 consacre la signature de l’armistice qui marque la fin des combats de la Première guerre mondiale (1914-1918). Ici, à Bamako, dans le cadre des activités commémorant l’événement, l’ambassadeur de France au Mali, Gilles Huberson a déposé une gerbe de fleurs sur une tombe anonyme au carré militaire français du cimetière de Bamako-Coura. Il a aussi rencontré des anciens combattants maliens (une vingtaine) ayant servi sous le drapeau français et le ministre de la Défense et des Anciens combattants, Soumeylou Boubèye Maïga. Cette rencontre s’est déroulée à la résidence de l’ambassadeur.

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Au cimetière de Bamako-Coura, après les notes de la sonnerie aux morts, le diplomate français a symboliquement déposé une gerbe de fleurs au carré du cimetière où reposent des combattants d’Afrique noire plus connus sous le nom de « tirailleurs sénégalais » tombés pour la France. Auparavant, dans une intervention, l’attaché de défense et chef de la mission de la coopération de défense à l’ambassade de France au Mali, le colonel Jean Paul Battesti, avait expliqué le sens du 11 novembre.

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« En nous recueillant ici en terre malienne, nous honorons nos frères d’armes d’Afrique qui ont répondu présents à l’appel de la France et nos camarades métropolitains tombés en terre africaine pour préserver les mêmes valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

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A travers cette cérémonie, nous voulons porter témoignage de notre attachement et notre profond respect à la mémoire des frères d’armes des nations alliées tombés sur le champ d’honneur », a témoigné le chef de mission de la coopération de défense à l’ambassade de France. dans les locaux de la résidence de l’ambassadeur, le capitaine Rossi du bureau de la coopération militaire à l’ambassade a lu un message d’hommage aux héros tombés sur le champ d’honneur, adressé par Kader Arif, le ministre français délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants et président de la Mission interministérielle française d’organisation des commémorations des anniversaires des deux guerres mondiales.

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Rappelons que Kader Arif était en visite dans notre pays il a seulement une dizaine de jours. Trois jeunes filles du lycée français « Liberté » ont ensuite récité un extrait du poème « Hosties noires » de Léopold Sédar Senghor dédié aux tirailleurs sénégalais. La rencontre a pris fin par un cocktail.

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</item>

<item>
<title>Coup d’Etat du 19 novembre 1968 : Le film de l’arrestation du Président Kéïta</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/coup-detat-du-19-novembre-1968-le-film-de-larrestation-du-president-keita-180427.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 19 Nov 2013 02:20:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_171257" align="aligncenter" width="609"]<img class="size-full wp-image-171257" alt="Défilé devant les troupes de l’armée le 20 janvier 1961 © maliweb.net" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2013/09/Modibo_Keita.png" width="609" height="373" /> Défilé devant les troupes de l’armée le 20 janvier 1961<br />© maliweb.net[/caption]

"<em>Monsieur le président, voulez-vous vous mettre à la disposition de l'armée ?</em>"

On est le 19 novembre 1968.

L'homme qui bégaye cette phrase est le lieutenant Tiecoro Bagayoko.

A qui s'adresse-t-il ? Au président Modibo Keita, qui, de retour d'un voyage à travers le Mali, est bloqué par un barrage à une quinzaine de kilomètres de la capitale, Bamako.

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A 11h35, Modibo Keita monte dans un blindé. C'est fini.

A Bamako, les militaires qui ont déjà bouclé toute la ville lui demandent une dernière fois de renoncer au socialisme et de se séparer de ses principaux collaborateurs.
Réponse de Modibo Keita :

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"<em>Pas question. Ici au Mali, nous sommes dans un pays de droit et de démocratie. Nous respectons depuis l'indépendance la volonté populaire. C'est le peuple qui a opté pour le socialisme, par le congrès extraordinaire du 22 septembre 1960. Le socialisme n'est donc pas mon choix à moi tout seul. Demandez au peuple ce qu'il en pense. Quant à mes collaborateurs, jusqu'à nouvel ordre, je leur fais confiance.</em>"

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Les heures passent. Tous les principaux officiers du pays et toutes les garnisons se sont ralliés aux putschistes. Alors, on entend sur les ondes de Radio-Mali : "<em>Maliens Maliennes. L'heure de la liberté a sonné : le régime dictatorial de Modibo Keïta et de ses valets a chuté. Le comité militaire de libération assume désormais tous les pouvoirs politiques et administratifs et promet des institutions démocratiques qui seront issues d'élections libres</em>".

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Modibo est aussitôt transféré dans un camp militaire à Kati, à quelques kilomètres de Bamako, puis, très vite à Kidal, dans l'extrême nord-est du Mali.

Ainsi s'achèvent les huit ans du régime du premier président du Mali, Modibo Keïta.

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<p style="text-align: left" align="center"><b>19 Novembre 1968 – 19 Novembre 2013: </b>Tristement mémorable</p>
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Sans vouloir réveiller des chagrins ou retourner le couteau dans des plaies, il est nécessaire de rappeler le sens dramatique du 19 Novembre 1968, l’une des dates les plus sombres de notre histoire contemporaine.

19 Novembre 1968, triste symbole de la prise du pouvoir par une junte militaire poussée par la soif de régner et animée par la haine pour le peuple malien.

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Pour tous ceux qui avaient subi les foudres du régime militaire de 1968 à 1991, l’évocation de cette date donne encore le frisson.

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Entrée par escalade dans l’histoire de notre pays, la junte militaire d’alors avait promis, dès le lendemain du coup d’Etat, plus de libertés démocratiques et son retour immédiat et imminent dans les casernes, dans les six mois qui suivraient. La suite est connue de tous.

Moussa Traoré et ses sbires vont tomber dans l’ivresse du pouvoir.

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Aucune propagande, aucune distraction ne feront oublier au peuple les atrocités commises par Moussa Traoré. Après avoir envoyé dans les bagnes mouroirs, le Président Modibo Kéïta et ses compagnons, Moussa Traoré et sa junte organisent, dès 1969, une véritable descente aux enfers pour les Maliens.

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Le 17 Avril 1969, une importante grève est déclenchée par les étudiants et élèves à Bamako.

Le Comité Militaire répond par une répression sauvage.

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Plus tard, Aberhamane Baba Touré, Bernard Sissoko, Kadari Bamba, Oumar Yattara, Mamadou Doucouré, Santigui Mangara et Monobem Ogognangaly sont accusés de : « constitution d’association illégale, offense au chef de l’Etat, diffamation des membres du gouvernement, appel au peuple à la révolte ».

&nbsp;

&nbsp;

Sans jugement, ils sont maintenus cinq mois dans les geôles, humiliés et torturés.

C’est seulement le 11 Mars 1970 que les 7 militants du PMT sont condamnés à 18 mois d’emprisonnement.

Toujours en 1969, le capitaine Diby Silas Diarra et d’autres militaires sont accusés de tentative de coup d’Etat. Beaucoup d’ente eux ont péri dans les salines de Taoudénit.

&nbsp;

&nbsp;

C’est le 16 Mai 1977, à 12 heures que le Président Modibo Kéïta est mort, manifestement assassiné au camp militaire de Djikoroni.

Le père de l’Indépendance et Premier Président de la République du Mali, a alors été réduit au statut de simple « instituteur à la retraite » !
<h2 align="left"></h2>
<h3>Boubacar Sankaré</h3>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables :   Maître Waly Mamadou Diawara, Avril 1996 : « Me Tall est un brillant avocat, mais un piètre politicien ».</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-maitre-waly-mamadou-diawara-avril-1996-me-tall-est-un-brillant-avocat-mais-un-pietre-politicien-178996.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 12 Nov 2013 03:08:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<b><i>Bakary Koninba Traoré (Juillet 1996) :</i></b>

<i>« Le parti ADEMA contraste d’avec beaucoup de partis se plaçant dans l’opposition politique par le sens de la mesure, de la courtoisie, alors qu’ailleurs le langage est obscène, injurieux, violent et irresponsable. Cette attitude est à approfondir, à cultiver, à continuer. C’est une chance pour le Mali ».</i>

&nbsp;
<h2>Me Mountaga Tall, Président du CNID 1997</h2>
« Un proverbe bambara tranche : que tout le monde se ligue derrière un seul homme, traduit toute la culpabilité de cet homme ».

&nbsp;
<h1>Me Demba Diallo, Avril 1997</h1>
<i>« S’il y a quelqu’un pour sauver le processus démocratique que nous avons instauré en 1991 au Mali, c’est bien nous et non ceux qui se réclament de l’héritage de Moussa Traoré et leurs alliés ».</i>

&nbsp;

<b>Mohamed Lamine Traoré, Secrétaire national du MIRIA (1999)</b>

<i>« Il est impossible de faire du neuf avec du vieux</i>

&nbsp;
<h2>Ibrahim Traoré, Directeur de Publication Le Républicain Mai 1999</h2>
<i>« Qu’on l’aime, qu’on le haïsse, importe peu. Le Président Alpha Oumar Konaré, au cours de son mandat, a fait preuve d’une humilité déconcertante et d’un sens de l’Etat dont on trouverait difficilement la réplique ailleurs sur le continent ».</i>

&nbsp;

Soumeylou Boubèye Maïga (2000)

<i>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</i>

&nbsp;

<b><i>Me Adame Bâ Konaré, épouse de l’ancien Président Alpha (Mars 2000)</i></b>

<i>« Les femmes sont encore confrontées à des problèmes de droit. Moi-même, je suis particulièrement sensible à cela. Je sais que les décisions de justice malheureusement ne sont pas toujours rendues à la satisfaction des femmes. J’enrage souvent de voir que les femmes sont les souffre-douleus dans les foyers par rapport aux lois.</i>

&nbsp;
<h3>Issé Doucouré, (avril 2001)</h3>
<i>"Les nouvelles générations sont venues au syndicalisme, parce qu’il y a des grands parleurs. Et le peuple ne croit qu’à celui qui crie haut.</i>

<i>Ils n’ont aucune formation, aucune expérience. Ils sont uniquement guidés par le profit. C’est pourquoi aujourd’hui, l’UNTM n’est que l’ombre d’elle-même".</i>

&nbsp;

<b>Fatoumata Siré Diakité, Présidente de l’APDF (Février 2003)</b>

« Je me sentirais frustrée d’envoyer mon enfant à l’école (NDLR : avec la pédagogie convergente) et qu’il vienne me dire, le matin, « Maman, i ni sôkoma » (bonjour, Maman).

&nbsp;

<b><i>Général ATT Président de la République (Juin 2003)</i></b>

<i>Quelque soit votre volonté de lutter contre la corruption, si vous avez une justice qui ne soit suit pas , vous perdez votre temps. »</i>

&nbsp;

<b>Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :</b>

&nbsp;

&nbsp;

<i>« Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées</i>,<i> </i><i>le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la </i>difficulté de le<i>s attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer ».</i>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-15-175501.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 22 Oct 2013 02:55:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<h3 align="left">Feu Modibo Keïta, Président de la République (19 Novembre 1968)</h3>
<p align="left"><i>"Le Mali, </i>ce n’est pas nous, <i>ce n’est pas non plus ceux qui viennent de prendre le pouvoir. Le Mali, c’est vous !"</i> [NDLR : s’adressant à la jeunesse]</p>

<h3 align="left"></h3>
<h3 align="left">Zoumana Sacko, ex-premier ministre (Juin 1993)</h3>
<p align="left"><i>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</i></p>
&nbsp;

<b>Alpha Oumar Konaré (Président de la République, 1996)</b>

« <i>Je suis hostile à la peine de mort, et durant mon mandat présidentiel, personne ne sera exécuté. Je souhaite que Moussa Traoré et ses amis vivent le plus longtemps possible pour qu’ils voient la démocratie fleurir au Mali. La plus belle leçon que je puisse leur infliger, c’est de voir le Mali démocratique de leur vivant ».</i>

&nbsp;
<h3 align="left">Alpha Oumar Konaré, Président de la République (Juin 1997)</h3>
<p align="left"><i>"Nous ne pouvons considérer comme une fatalité le fait que soit concentré aux mains d’une minorité le fruit de l’effort commun, pendant que la grande majorité du peuple est condamnée à la misère et au désespoir." </i></p>
&nbsp;
<p align="left"><strong>Me Mountaga Tall, président du CNID 1997</strong></p>
<p align="left">« Un proverbe bambara tranche : que tout le monde se ligue derrière un seul homme, traduit toute la culpabilité de cet homme ».</p>
&nbsp;

<b>Me Abdoulaye Garba Tapo (Président du RND, 1997)</b>

« Nous <i>avons toujours pensé que le Mali, c’est notre Mali à tous et que nous devons le construire. Pour cette raison, nous pensons qu’il fallait éviter qu’il y ait des camps ennemis qui soient là à s’affronter inutilement </i>».

&nbsp;
<p align="left"><strong>Thierno Hady Thiam, (prêcheur) 1999</strong></p>
<p align="left">« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu. Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».</p>
<b> </b>

<b>Moussa Kolon Coulibaly, Procureur (Novembre 1999)</b>
<p align="left">"Que le phénomène de la corruption touche toute la société, cela est réel, d’autant plus que la nature humaine est ainsi faite. Que dans toutes les couches socio-professionnelles, il peut exister des brebis galeuses.</p>
<i>Mais je peux vous affirmer que c’est dans une moindre mesure que le phénomène se constate en réalité au niveau de la justice."</i>

<b> </b>

<b>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </b>
<p align="left"><i>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</i></p>
&nbsp;

<b>Choguel Maïga, Secrétaire général du MPR (Avril 2000)</b>
<p align="left">« Les témoignages et les contributions lors des débats le 9 Avril 2000 ont présenté ATT comme un militant de longue date du Mouvement Démocratique. Dans un pays où la loyauté est élevée au rang de culte, est-ce rendre service à l’officier ATT que de le présenter systématiquement comme un opposant qui a su gagner l’admiration, la sympathie et la confiance du Président Moussa Traoré en attendant de l’abattre, le moment venu ? ».</p>
&nbsp;

<b><i>Professeur Yoro Diakité, Président du BARA 2003 </i></b>

<i>« L’élection du Président du Parlement le 16 Septembre 2002 a fini de révéler toute la pourriture de la classe politique et sa capitulation devant l’envie gloutonne de partager le gâteau national. Car, des gens qui, hier encore se détestaient royalement comme des pots pourris, ont fini par s’entendre sur le dos du peuple ».</i>

&nbsp;

<b><i>Général ATT Président de la République (Juin 2003)</i></b>

<i>Quelque soit votre volonté de lutter contre la corruption, si vous avez une justice qui ne soit suit pas , vous perdez votre temps. »</i>

&nbsp;
<p align="left"><b>Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :</b></p>
<p align="left"><i>« Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées</i>,<i> le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la difficulté</i> de le<i>s attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer ».</i></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title> Propos mémorables : Zoumana Sacko, ex&#45;premier ministre (Juin 1993)</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-zoumana-sacko-ex-premier-ministre-juin-1993-171803.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 25 Sep 2013 10:05:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><b><i>"Je souhaite que le jeu institutionnel, majorité présidentielle-opposition, se déroule dans le respect mutuel, surtout dans la prise en compte des intérêts de ce peuple qui a tant souffert mais qui comporte en son sein, d’énormes ressources morales et surtout qui a démontré par le passé, sa capacité extraordinaire à faire face aux défis."</i></b></p>
&nbsp;
<h3>Tiébilé Dramé, Secrétaire Général du Parena (Mars 1996)</h3>
<p align="left"><i>"Quand on a été torturé ensemble, quand on </i>a partagé les mêmes cellules de <i>détention, qu’on a</i>it<i> fait partie des mêmes convois de déportation, d’exil intérieur, il est normal qu’on soit du même côté."</i></p>
&nbsp;
<h1>Alpha Oumar Konaré, Président de la République 1997</h1>
« <i>Nous devons mettre le Mali au-dessus de tout, car le pouvoir ne reviendra qu’à celui que Dieu et le peuple auront choisi </i>».

&nbsp;
<h1>Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999</h1>
<p align="left">« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu. Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».</p>
<p align="left"></p>

<h2>Choguel Maïga, Président du MPR Mai 1999</h2>
<p align="left">« Les chefs d’Etat et les hommes politiques qui sont contre les coups d’Etat, doivent travailler de manière à ce que les conditions du coup d’Etat ne soient pas réunies ».</p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<p align="left"><strong><em>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </em></strong></p>
<p align="left"><i>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</i></p>
<p align="left"><b><i> </i></b></p>
<b>Me Mountaga Tall, Président du CNID (2000)</b>

« L’opposition est un exercice périlleux dans la mesure où on y joue sa liberté, sa carrière, sa fortune et parfois, sa vie ».

&nbsp;
<h3>Issé Doucouré, (avril 2001)</h3>
<i>"Les nouvelles générations sont venues au syndicalisme, parce qu’il y a des grands parleurs. Et le peuple ne croit qu’à celui qui crie haut. </i>

<i>Ils n’ont aucune formation, aucune expérience. Ils sont uniquement guidés par le profit. C’est pourquoi aujourd’hui, l’UNTM n’est que l’ombre d’elle-même".</i>

&nbsp;

<b><i>Professeur Yoro Diakité, Président du BARA 2003 </i></b>

<i>« L’élection du Président du Parlement le 16 Septembre 2002 a fini de révéler toute la pourriture de la classe politique et sa capitulation devant l’envie gloutonne de partager le gâteau national. Car, des gens qui hier encore se détestaient royalement comme des pots pourris, ont fini par s’entendre sur le dos du peuple ».</i>

<i> </i>

<b><i>Général ATT Président de la République (Juin 2003)</i></b>

<i>Quelque soit votre volonté de lutter contre la corruption, si vous avez une justice qui ne soit suit pas , vous perdez votre temps. »</i>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title> Mandats d’Alpha&#45; Att – Dioncounda : 3 Présidents, 11 Premiers ministres</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/mandats-dalpha-att-dioncounda-3-presidents-11-premiers-ministres-167690.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 04 Sep 2013 13:48:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Guido</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<b><em>Pendant les mandats (8 juin 1992 au 4 septembre 2013) des présidents Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré et Dioncounda Traoré, 11 personnalités se sont succédé au poste de Premier ministre. Alpha s’est attaché les services de 5 premiers ministres, ATT 4, Dioncounda 2. </em> </b>

<b> </b>

<img class="alignleft size-full wp-image-122720" alt="Ancien_president" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2013/01/Ancien_president.jpg" width="310" height="250" />Le premier président démocratiquement élu du Mali, Alpha Oumar Konaré, a collaboré avec 5 premiers ministres pendant ses 10 ans. Il s’agit de Younouss Touré (9 juin <a title="1992" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1992" target="_blank">1992</a> -12 avril <a title="1993" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1993" target="_blank">1993</a>) ; Me Abdoulaye Sékou Sow (avril 1993 – 2 février 1994) ; Ibrahim Boubacar Kéita (<a title="4 février" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/4_f%C3%A9vrier" target="_blank">4</a> <a title="Février 1994" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9vrier_1994" target="_blank">février</a> <a title="1994" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1994" target="_blank">1994</a>-février 2000) ; Mandé Sidibé ( <a title="20 février" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/20_f%C3%A9vrier" target="_blank">20</a> <a title="Février 2000" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9vrier_2000" target="_blank">février</a> <a title="2000" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/2000" target="_blank">2000</a>-<a title="28 avril" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/28_avril" target="_blank">28</a> <a title="Avril 2002" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Avril_2002" target="_blank">avril</a> <a title="2002" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/2002" target="_blank">2002</a>) ; et Modibo Kéita (18 mars 2002 -  7 juin 2002).

&nbsp;

&nbsp;

Quant au Président ATT (8 juin 2002-22 mars 2012), il a travaillé avec 4 premiers ministres. Il s’agit d’Ahmed Mohamed Ag Hamani (9 juin 2002-28 avril 2004) ; Ousmane Issoufi Maïga (<a title="29 avril" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/29_avril" target="_blank">29</a> <a title="Avril 2004" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Avril_2004" target="_blank">avril</a> <a title="2004" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/2004" target="_blank">2004</a>-27 <a title="Septembre 2007 en Afrique" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Septembre_2007_en_Afrique" target="_blank">septembre 2007</a>) ;  Modibo Sidibé (28 <a title="Septembre 2007 en Afrique" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Septembre_2007_en_Afrique" target="_blank">septembre 2007</a> - <a title="3 avril" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/3_avril" target="_blank">3</a> <a title="Avril 2011" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Avril_2011" target="_blank">avril</a> <a title="2011" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/2011" target="_blank">2011</a>) ; et <a title="Cissé Mariam Kaïdama Sidibé" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ciss%C3%A9_Mariam_Ka%C3%AFdama_Sidib%C3%A9" target="_blank">Cissé Mariam Kaïdama Sidibé</a> ( <a title="3 avril" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/3_avril" target="_blank">3</a> <a title="Avril 2011" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Avril_2011" target="_blank">avril</a> <a title="2011" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/2011" target="_blank">2011</a>- 22 mars 2012).

&nbsp;

Quant au président intérimaire, Dioncounda Traoré, (12 avril 2012-4 septembre 2013), il a eu deux premiers ministres pendant la transition :  Cheick Modibo Diarra (<a title="17 avril" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/17_avril" target="_blank">17 avril</a> au <a title="11 décembre" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/11_d%C3%A9cembre" target="_blank">11</a> <a title="Décembre 2012" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9cembre_2012" target="_blank">décembre</a> <a title="2012" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/2012" target="_blank">2012</a>) ; Diango Cissoko (11 décembre 2012-2 août 2013).

&nbsp;

Il faut souligner que Mme <a title="Cissé Mariam Kaïdama Sidibé" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ciss%C3%A9_Mariam_Ka%C3%AFdama_Sidib%C3%A9" target="_blank">Cissé Mariam Kaïdama Sidibé</a>, a été la seule femme à occuper ce poste. Parmi les 11 premiers ministres, Ibrahim Boubacar Kéita, a la palme de la longévité à ce poste. Il a fait 6 ans, contre 3 ans 7 mois pour Modibo Sidibé, et 3 ans 5 mois pour Ousmane Issoufi Maïga.

Quant à Modibo Kéita,  il n’a fait que 3 mois à la primature, suite à la démission de Mandé Sidibé, qui était candidat à la présidentielle d’avril 2002. Ils sont 6 premiers ministres à ne pas avoir fait une année à ce poste : Younnous Touré, Abdoulaye Sékou Sow, Modibo Kéita, <a title="Cissé Mariam Kaïdama Sidibé" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ciss%C3%A9_Mariam_Ka%C3%AFdama_Sidib%C3%A9" target="_blank">Cissé Mariam Kaïdama Sidibé</a>, Cheick Modibo Diarra et Diango Cissoko.

&nbsp;

A noter que pendant la transition de 1991, le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré avait comme premier ministre Soumana Sako.

Qui sera le nouveau patron de la Cité administrative ? La réponse dans quelques jours.

<b>A. Maïga</b>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>12 Avril 2012 – 4 Septembre 2013 : Chronique d’une transition chaotique</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/12-avril-2012-4-septembre-2013-chronique-dune-transition-chaotique-167126.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/12-avril-2012-4-septembre-2013-chronique-dune-transition-chaotique-167126.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 02 Sep 2013 04:36:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_167271" align="aligncenter" width="620"]<img class="size-full wp-image-167271" alt="Diango, Dincounda, Sanogo et Cheick Modibo les figures emblématiques de la transition malienne" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2013/09/Diango_Dincounda_Sanogox.png" width="620" height="315" /> Diango, Dincounda, Sanogo et Cheick Modibo les figures emblématiques de la transition malienne[/caption]

<em><strong>12 Avril 2012 - 4 septembre 2013, il aura fallu dix sept mois pour voir le bout du tunnel après que des putschistes aient plongé le Mali dans une situation (un coma ?) sans précédent dans son histoire. Dix sept mois au cours desquels plusieurs clichés multicolores auront défilé sous les yeux des Maliens qui ont vu leur territoire occupé par des terroristes islamistes, leur sort décidé hors du pays, leur président agressé et laissé pour mort et l’intégrité de leur territoire et la leur propres sauvées de justesse par la France. Mais, dans un dernier sursaut d’orgueil impulsé par l’énergie du désespoir, ils ont pu réagir pour aider les autorités de la transition à rétablir définitivement l’ordre constitutionnel avec l’élection d’un président de la République. Retour sur les temps forts d’une transition agitée, voire chaotique.</strong></em>

&nbsp;

&nbsp;

Ayant connu depuis le 17 janvier 2012 la plus grave crise de son histoire, marquée par des attaques puis l'occupation des 2/3 de son territoire par des groupes terroristes (Aqmi, Mujao, Mnla, Ansardine, Boko Haram, ...) et le coup d'Etat militaire du 22 mars de la même année ayant engendré une rupture de l'ordre constitutionnel normal et créé une crise institutionnelle et politique, le Mali est en passe d'avoir cette page sombre de son histoire contemporaine derrière lui.

Pour rappel, une insurrection militaire déclenchée à Kati dans la journée du mercredi 21 mars 2012 a conduit tard dans la nuit au renversement du pouvoir. Suite à la médiation de la Cedeao, le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (Cnrdre), regroupant les auteurs du coup d'état, s'est engagé, le 1er avril 2012, à travers une déclaration solennelle, à rétablir l'ordre constitutionnel normal.

&nbsp;

&nbsp;

La mise en œuvre de cette déclaration solennelle a fait l'objet de l'Accord-cadre du vendredi 6 avril 2012 qui prévoit, entre autres, la mise en place des organes de la Transition. L'Accord-cadre, validé par la Cedeao, l'Union africaine et le Conseil de sécurité des Nations unies, prévoit l'élaboration d'une feuille de route pour la transition.

&nbsp;

&nbsp;

Ainsi, le président de la République par intérim, Dioncounda Traoré (alors président de l’Assemblée nationale), et le gouvernement ont notamment été investis de deux missions spécifiques à réaliser au cours de la période transitoire. Il s'agit du rétablissement de l'intégrité du territoire national et l'organisation d'élections libres et transparentes.

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que ces deux missions ont été atteintes, en témoignent notamment les déclarations du président Dioncounda et celles de la communauté internationale qui a beaucoup aidé le Mali. En effet, aujourd’hui, le pays a recouvré ses territoires jadis occupés par les islamistes terroristes et organisé, sans conteste, les plus belles élections de l'ère démocratique depuis 1992. Mais le chemin a été long, et même très long avant d’en arriver là.

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<strong>Rétablissement de l’ordre constitutionnel</strong>

En effet, après la signature de l’Accord-cardre, le président sortant, Amadou Toumani Touré, démissionne de ses fonctions le dimanche 8 avril, ouvrant la voie au départ des putschistes, à la vacance de la présidence. Le président par intérim est investi le 12 avril.

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Dioncounda Traoré nomme Cheick Modibo Diarra, Premier ministre de transition le mardi 17 avril 2012.

Le mercredi 25 avril, l’astrophysicien et non moins président du Rpdm et candidat à la Présidentielle avortée de 2012, forme un gouvernement de 24 ministres, dont trois issus de l’armée et autant de femmes.

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Les partis politiques ayant été exclus de cette équipe, le président Dioncounda été amené à nommer un gouvernement d’union nationale de 32 membres, le 20 août 2012.

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Mais, à la tâche, l’homme de la Nasa oublie l’essentiel, à savoir les deux missions de la transition ; et œuvre plutôt à soigner son image et ses moyens et à renforcer sa popularité en vue de l’élection présidentielle.

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Le lundi 10 décembre, le Premier ministre est arrêté à son domicile par des militaires qui le contraignent à la démission. Cheick Modibo Diarra a annoncé lui-même à la télévision nationale sa démission et celle de son gouvernement, alors même que la nuit il s’apprêtait à aller à Paris, pour y passer un examen de santé.

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Dès le lendemain, le président Dioncounda Traoré nomme Diango Cissoko au poste de Premier ministre.

Le 15 décembre, Diango forme l’actuel gouvernement de 31 membres qui a mené l’ultime feuille de route de la transition, donc qui a rétabli l’intégrité du territoire national et organisé l’élection présidentielle. Et dont le mandat prend fin demain, mardi 3 septembre.

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<strong> </strong>

<strong>Entre temps, sous le règne de Cheick Modibo Diarra, un fait inédit s’était produit.</strong>

Le lundi 21 mai, le président par intérim Dioncounda Traoré, a été agressé physiquement dans son bureau par des manifestants hostiles à son maintien au pouvoir. La veille, le dimanche 20 mai, la Cedeao et les anciens putschistes avaient conclu un accord fixant à <a href="http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120521093712/djibrill-bassole-cedeao-amadou-toumani-toure-dioncounda-traorecrise-au-mali-accord-signe-pour-une-periode-de-transition-de-12-mois.html">douze mois la période de transition au Mali</a>. Le texte, qui donnait de fait au président par intérim le mandat pour diriger le pays pendant toute cette période, a déclenché la colère des adversaires du pouvoir en place, une grande partie d’entre eux demandant le retour au pouvoir du chef de l’ex junte militaire.

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<strong>Les résolutions 2056, 2071 et 2085</strong>

Après la mise en place des organes de la transition, il fallait œuvrer aussitôt au rétablissement de l’intégrité du territoire national. Ce qui passait forcément par l’implication de la communauté internationale, le Mali ne pouvant pas tout seul faire face à l’envahissement des djihadistes. Dans ce sens, la France a joué un rôle déterminant, avec des repères historiques. Le 5 juillet 2012, le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte la résolution 2056 sur le Mali, à l’initiative de la France.

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La résolution 2056, placée sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies, fixe le cadre d’une solution politique globale au Mali et témoigne de la mobilisation de la communauté internationale.
Le Conseil de sécurité fixe d’abord très clairement ses attentes pour avancer dans la mise en œuvre de la transition : il exige la dissolution de la junte et appelle les autorités civiles à élaborer une feuille de route en concertation avec l’ensemble des partis politiques maliens et la société civile pour consolider la transition au Mali. Il rappelle que l’intégrité territoriale du Mali ne peut pas être remise en cause et exige des groupes rebelles la cessation immédiate des hostilités, ainsi que le renoncement à leurs liens avec les groupes terroristes présents dans la région. Le Conseil de sécurité appelle tous les Etats à coordonner leurs efforts pour lutter contre le terrorisme d’Aqmi, du Mujao et de leurs soutiens et appelle à l’adoption de sanctions.

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La France relaie avec force cet appel : la communauté internationale doit mettre tout en œuvre pour lutter contre le terrorisme au Mali et au Sahel, qui menace de déstabiliser l’ensemble de la région. La France engage aussi tous les Etats de la région, au Nord comme au Sud du Sahara, à intensifier leur coopération pour lutter contre Aqmi.

Le<strong> 15 octobre 2012</strong>, soit deux semaines après la réunion de haut niveau sur le Sahel lors de laquelle le président Hollande avait<strong> </strong><strong>souligné l’urgence de la menace terroriste au Nord-Mali</strong>, le Conseil de sécurité des Nations unies <strong>adopte à l’unanimité la</strong><strong> résolution 2071</strong>, présentée par la France et coparrainée par les trois membres africains du Conseil de sécurité (Afrique du Sud, Maroc, Togo) et par l’Allemagne, l’Inde et le Royaume-Uni.

Cette résolution 2071, adoptée au titre du chapitre VII de la Charte des Nations unies, <strong>appelle les autorités maliennes à engager un dialogue politique avec les groupes rebelles maliens et les représentants légitimes de la population locale du Nord du Mali.</strong> Elle menace de <strong>sanctions </strong>les groupes armés au Nord-Mali qui ne se dissocieraient pas des mouvements terroristes.
Elle demande au Secrétaire général des Nations unies de présenter<strong> </strong><strong>un rapport</strong>, en concertation notamment avec la Cedeao et l’Union africaine, <strong>sur la base duquel le Conseil de sécurité pourra autoriser dans 45 jours le déploiement d’une opération africaine au Mali</strong>, avec pour objectif de permettre aux Maliens de recouvrer leur souveraineté et l’intégrité de leur territoire et de lutter contre le terrorisme international.

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Le 19 octobre, une réunion internationale sur le Mali se tient à Bamako. Car l<strong>a crise appelle des réponses urgentes dans les domaines politique, sécuritaire, humanitaire et de développement.</strong>
Le 24 octobre, le Mali réintègre l’Union africaine. La France salue cette décision, à laquelle elle n’est pas (totalement) étrangère<strong>.</strong>

<strong> </strong>
Le 12 décembre, la France prend note de la nomination de Diango Cissoko au poste de Premier ministre ; attend des autorités maliennes qu’elles adoptent<strong> une feuille de route ; </strong>demande à celles-ci de mettre en place <strong>une commission chargée des négociations avec le Nord </strong>; et rappelle enfin qu’il est <strong>impératif que la chaîne de commandement soit rétablie au Mali et que l’armée malienne soit subordonnée au pouvoir civil. </strong>

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Le 21 décembre, le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte<strong> le projet de résolution porté par la France sur le Mali </strong>: c’est la résolution 2085. Cette résolution<strong> autorise le déploiement d’une force africaine au Mali </strong>pour permettre au pays de recouvrer son intégrité territoriale par la reconquête du Nord, tombé aux mains des narcoterroristes et en proie à des fondamentalistes.

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Le déploiement de la Misma étant autorisé, la préparation du déploiement (génération de force, entrainement, déploiement effectif sur le terrain) doit s’engager sans tarder, avait laissé entendre Fabius après l’adoption de cette résolution. A cette initiative, l’Union Européenne a décidé<strong> d’apporter son soutien,</strong> financier et en termes de formation, à la Misma.
« L’opération sera conduite avec des <strong><i>troupes combattantes exclusivement africaines</i></strong> et une forte mobilisation de <strong><i>l’Union européenne sur les plans financier et logistique</i></strong>. Cette résolution est aussi l’occasion pour le Conseil de sécurité de rappeler clairement la nécessité de progresser sur le volet politique, que ce soit dans la poursuite de la transition ou dans<strong><i> la mise en place d’un processus de dialogue et de réconciliation inter-maliens,</i></strong> y compris vis-à-vis du Nord. La résolution prend enfin pleinement en compte <strong><i>les aspects de lutte contre l’impunité et de respect des droits de l’Homme </i></strong>auxquels la France attache une grande importance et au suivi desquels nous resteront très attentifs dans les mois à venir », précisera le ministre français des affaires étrangères.

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Le 21 décembre 2012 doit coller dans la mémoire des Maliens, car c’est la résolution 2085 qui permettra, comme nous le verrons plus bas, à la France d’intervenir au Mali pour éviter son annexion totale.

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<strong>La décision qui sauve</strong>

Le 11 janvier 2013, après un appel à l’aide du président par intérim <a title="Dioncounda Traoré" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dioncounda_Traor%C3%A9">Dioncounda Traoré</a> et en accord avec les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, François Hollande décrète une intervention des forces armées françaises pour stopper l’avancée vers le sud du Mali des groupes terroristes qui venaient d’annexer la ville de Konna, située à 70 km de Sévaré qui abrite le 2è aéroport du Mali. Ségou et Bamako étaient dans le viseur des islamistes, prêts à proclamer la République islamique du Mali dans les heures ou jours qui suivent.<strong> </strong>

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Cette décision du président français est saluée par l’ensemble du peuple et des autorités maliens et une grande partie de la classe politique française. François Hollande est également soutenu dans cette démarche par les pays d’Afrique de l’Ouest, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Allemagne et la Russie, l’Italie, le Canada etc. Le Mali, l’Afrique, l’Europe…le monde ne remercieront jamais assez ce « Sauveur du Mali » venu de Rouen.<strong> </strong>

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C’est le<strong> président de la République française lui-même qui a informé</strong> l’opinion internationale de<strong> </strong>cette décision <strong>dont l’importance et la portée historique pour le Mali n’ont d’égale et de repère dans la mémoire que la proclamation de l’indépendance du pays, le 22 septembre 1960. C’était à travers </strong>une déclaration qui restera à jamais gravée dans les annales de l’histoire contemporaine. Et dont voici la teneur : <em>« …Le Mali fait face à une agression d’éléments terroristes, venant du Nord, dont le monde entier sait désormais la brutalité et le fanatisme.</em>

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<em>Il en va donc, aujourd’hui, de l’existence même de cet Etat ami, le Mali, de la sécurité de sa population, et celle également de nos ressortissants. Ils sont 6 000 là-bas.</em>

<em> </em>
<em>J’ai, donc, au nom de la France, répondu à la demande d’aide du président du Mali appuyée par les pays africains de l’Ouest. En conséquence, les forces armées françaises ont apporté cet après-midi leur soutien aux unités maliennes pour lutter contre ces éléments terroristes.</em>

<em> </em>
<em>Cette opération durera le temps nécessaire. J’informerai régulièrement les Français sur son déroulement. Les ministres concernés, celui des Affaires étrangères en liaison avec les Nations unies, car nous intervenons dans le cadre de la légalité internationale, comme le ministre de la Défense, donneront également toutes les informations utiles à la population.</em>

<em> </em>
<em><b>Enfin, le parlement sera saisi dès lundi.</b></em>
<em>Les terroristes doivent savoir que la France sera toujours là lorsqu’il s’agit non pas de ses intérêts fondamentaux mais des droits d’une population, celle du Mali, qui veut vivre libre et dans la démocratie ».</em>

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Cette réaction « hollandaise » venait juste couronner le combat d’un « nouveau » chef d’Etat qui a pris l’engagement de faire du dossier Mali son cheval de bataille dans sa politique africaine. Pendant que les terroristes occupaient intégralement les trois régions du nord du Mali après le coup d’Etat du 22 mars, Hollande s’activait dans sa campagne électorale. Brillamment élu président de la République française le 6 mai 2012, l’homme connaissait peu ou proue l’Afrique, contrairement à son prédécesseur Nicolas Sarkozy qui s’est finalement avéré être le bourreau du continent.

Le nouveau locataire de l’Elysée a donc pris au bond « le cas Mali ». Aussitôt après sa prise de fonction, Hollande active sa diplomatie qu’il met au service du Mali pour trouver une solution définitive à la crise qui secoue le pays. Et la guerre diplomatique française commence dès juillet 2012 (sous la houlette du ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius) pour aboutir au déclenchement des frappes le 11 janvier 2013.

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<strong>10-11 janvier 2013: 24h chrono</strong>

L’année 2012 s’en va avec ses malheurs, mais aussi avec une décision salvatrice : la résolution 2085. Sans laquelle on se demanderait que serait devenu le Mali. Tout a basculé le jeudi 10 janvier 2013 quand à 11 heures, ­l’ambassadeur de France au Mali, Christian Rouyer appelle le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Tiéman Coulibaly, pour le prévenir que Hollande devrait donner son feu vert à l’engagement de la France au Mali. La veille, le président par intérim, Dioncounda Traoré, a envoyé un appel au secours à son homologue français. Car l’armée malienne est mise en déroute à Konna par les islamistes. « Pour la première fois, les terroristes entrent en pays bambara. S’ils s’éloignent de leur base, c’est qu’ils se sentent prêts à prendre Bamako. Un point de rupture », explique-t-on au ministère français de la Défense.

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Les diplomates français s’activent. Le Conseil de sécurité de l’Onu adopte une déclaration demandant un « déploiement rapide » de la force internationale. En fin de journée, Hollande appelle Obama. Il lui faut être sûr de son appui. Les derniers renseignements sont alarmants : la ville de Mopti pourrait tomber entre les mains des groupes islamistes. Sa chute est la ligne rouge. Vendredi en fin de matinée, devant l’avancée des islamistes, le ministre français de la Défense, Le Drian, préconise une intervention lors d’un Conseil restreint de sécurité. Hollande, avec un grand sang-froid, valide l’opération ­Serval. Et prépare et publie la déclaration dont vous connaissez la teneur. La classe politique derrière Hollande, y compris Nadine Morano, l’ex ministre Ump, la plus farouche opposante au gouvernement Ayrault. De même que Marine Le Pen du Front national. Selon le dernier sondage, l’opinion française approuve à 73%.

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C’était la «plus difficile décision que j’ai prise», confiera-t-il. En début d’après-midi de ce 11 janvier, l’intervention commence par l’attaque des hélicoptères français.

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Au cours du deuxième Conseil de défense, samedi 12 janvier dans l’après-midi, sont décidées une intensification des frappes et l’attaque des bases arrière des terroristes.

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Le président est pendu au téléphone : appels pour mobiliser les partenaires et messages de soutien. David Cameron, le Premier ministre britannique, promet de mettre à sa disposition des avions de transport, des C-17 pouvant contenir jusqu’à six blindés. Les Américains, les Belges, les Danois et les Canadiens se disent prêts à l’aider. Cette nuit-là, François Hollande dort dans les appartements privés de l’Elysée. Il s’y est installé pour la durée des opérations. Quelle détermination

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Dimanche 13 janvier dans la matinée, le président Hollande reçoit les représentants d’associations de la communauté malienne. François Hollande leur demande des précisions. Et les rassure. Vers 12 heures, quatre Rafale décollent de leur base de Saint-Dizier, en Haute-Marne. Quatre heures de vol avant de tirer sur les arrières des islamistes, dans le nord du Mali, notamment un camp d’entraînement et les installations des djihadistes. Hollande suit minute par minute les frappes. En temps réel, le ministère de l’intérieur lui communique les chiffres. Au Mali, tout le dispositif français est désormais opérationnel, avec la présence de milliers de militaires français sur le sol malien. Et d’autres attendus. Les partenaires (Etats) africains aussi ont entendu l’appel de Hollande. Les soldats nigérians, les togolais, béninois, tchadiens, guinéens, sénégalais, nigériens, ghanéens…sont au Mali. La France et Hollande sont décidés à en finir avec ces<strong> </strong>terroristes islamistes. Et pressés de rétablir un Etat malien libre et démocratique.

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Pour revenir sur le fil de la chronologie des événements, dans la nuit du 11 au 12 janvier, des frappes de <a title="Dassault Mirage 2000" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dassault_Mirage_2000">Mirage 2000</a> et d’hélicoptères Gazelles détruisent une demi-douzaine de véhicules ainsi qu’un centre de commandement, stoppant une colonne islamiste qui se dirigeait vers Mopti. Un pilote de Gazelle français, le lieutenant Damien Boiteux est tué pendant l’opération. Les autorités maliennes ont rendu un hommage mérité à cette première victime étrangère en l’élevant au grade d’Officier de l’ordre national du Mali.

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Le 12 janvier, les troupes maliennes reprennent la ville de Konna.

Le 13 janvier, les moyens aériens français bombardent les environs de <a title="Konna" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Konna">Konna</a>, <a title="Léré (Mali)" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9r%C3%A9_(Mali)">Léré</a> et <a title="Douentza" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Douentza">Douentza</a>. Des Mirages attaquent également les éléments islamistes à <a title="Gao" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gao">Gao</a>, provoquant le départ des troupes du Mujao de la ville.

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Le 14 janvier, les troupes islamistes contre-attaquent et prennent la ville de <a title="Diabaly" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Diabaly">Diabali</a>, à 400 km de Bamako, en passant par la Mauritanie pour éviter les attaques françaises. Le chef d’Aqmi à Tombouctou, Abou Zeid, dirige l’opération.

Au 16 janvier, la ville de <a title="Konna" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Konna">Konna</a> n’était pas totalement sous contrôle, avec la présence de quelques éléments islamistes. Dans le même temps, les troupes françaises et maliennes engagent directement le combat au sol à Diabali pour tenter de reprendre la ville aux rebelles.

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Le 17 janvier au soir, l’armée malienne reprend aux terroristes la ville de Konna, tuant des djihadistes, détruisant quelques véhicules et prenant possession de 8 autres véhicules.

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Le 21 janvier, le ministre français de la Défense, <a title="Jean-Yves Le Drian" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Yves_Le_Drian">Jean-Yves Le Drian</a>, annonce la reprise par les armées malienne et française des villes de Diabali et Douentza.

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Le 25, après des bombardements, les Français reprennent l’aéroport de Gao (au nord-est), important centre de logistique pour les islamistes, avant de s’emparer de toute la ville le 26 janvier.

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Le 27 janvier, l’aviation française bombarde des positions stratégiques islamistes sur <a title="Kidal" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Kidal">Kidal</a>, dans l’extrême nord-est du Mali, détruisant notamment la maison de Iyad Ag Ghaly, chef du groupe armé Ançardine.

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Le 28 janvier, les forces franco-maliennes reprennent Tombouctou, à l’issue d’une opération terrestre et aérienne menée dans la nuit pour contrôler les différents accès de la ville, et empêcher ainsi des exfiltrations ennemies.

Le 29 janvier, le Mnla annonce que les villes de Kidal, Tessalit, Léré, In Khalil, Anefis, Tinzawatène, Tessit et Talatayt sont sous son contrôle.

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Dans la nuit du 29 au 30 janvier, au cours d’une opération aéroportée, l’armée française prend position sur l’<a title="Aérodrome" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%A9rodrome">aérodrome</a> de <a title="Kidal" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Kidal">Kidal</a>, situé au sud-est de la ville.

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Le 30 janvier, la France appelle au dialogue avec la population du Nord du Mali.

Le 02 février, le président français, François Hollande effectue au Mali une visite de 24 heures qui l’a mené à Tombouctou (via Mopti-Sévaré) et à Bamako.

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<strong>Kidal et ses secrets</strong>

Quelques jours plus tôt, <strong>le 27 janvier 2013, le gouvernement avait adopté une feuille de route pour la </strong>transition<strong>, qui comprend un calendrier électoral et prévoit l’ouverture de négociations avec</strong> les représentants légitimes des populations du Nord (élus locaux, société civile) et les groupes armés non terroristes qui reconnaissent l’intégrité territoriale du Mali<strong>. </strong>Prévue par le Conseil de sécurité des Nations unies dans ses résolutions 2056, 2071 et 2085, la feuille de route conditionne la reprise de la coopération civile bilatérale entre le Mali et plusieurs pays ainsi que celle de l’Union européenne.

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Cette feuille de route, validée plus tard par l’Assemblée nationale s'articule autour de deux points essentiels : la restauration de l'intégrité territoriale et l'organisation d'élections transparentes et libres. Son coût était estimé à 112 milliards de Francs CFA.

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Comme on le constate, à l’adoption du document, la restauration de l'intégrité territoriale était quasiment réalisée à près de 100%, avec toutes les régions du nord libérées, à l’exception de la ville de Kidal où les groupes armées du Mnla et Hcua, « protégés » par les forces étrangères, continuent à faire leur loi.

Justement, c’est le cas particulier de Kidal qui a nécessité d’engager les négociations avec les rebelles afin de pouvoir tenir les élections sur toute l’étendue du territoire national.

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Le président Dioncounda nomme un émissaire spécial, en la personne de Tiébilé Dramé, pour mener les discussions sous l’égide du médiateur Blaise Compaoré.

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Après onze jours de négociations (6-18 juin), les autorités de transition et les groupes rebelles paraphent «<em> l'Accord préliminaire à l'élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali </em>». L'accord a été signé, pour le gouvernement, par le ministre de l'Administration territoriale, de la décentralisation et de l’aménagement du territoire, le général Moussa Sinko Coulibaly, et par Bilal Ag Acherif et Algabass Ag Intallah au nom des deux mouvements touaregs, en présence du président burkinabè, Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne. Cela n’a pas été facile pour parvenir à l’accord. Les négociations ont débuté dans un climat de grande méfiance. Le 6 juin, à la veille de l'ouverture des discussions entre les deux camps l'armée malienne prend Anéfis verrou stratégique tenu par les combattants touaregs à une centaine de kilomètres de Kidal. Le lendemain, l'émissaire du président malien Tiébilé Dramé demande que deux autres groupes armés du Nord, le mouvement arabe de l'Azawad et les milices Gandakoye participent aux négociations. Refus des touaregs et de la médiation burkinabè.

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La négociation démarre avec trois jours de retard et très vite, les questions sécuritaires suscitent des frictions. Le gouvernement veut un désarmement du Mnla dès l'entrée des troupes à Kidal. Les rebelles touaregs exigent la suspension des poursuites judicaires à l'encontre de certains de leurs membres. Bras de fer, blocage. Djibril Bassolé, le ministre des Affaires étrangères burkinabè vient à Bamako le 12 juin, accompagné des représentants de la communauté internationale pour convaincre le président Dioncounda que le désarmement est un processus de longue haleine.

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Après une série de versions corrigées, les deux délégations finissent par s'entendre sur un texte. Dioncounda exige encore de nouvelles modifications. C’est alors que les présidents François Hollande et Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire s'entretiennent par téléphone avec Dioncounda Traoré. L’épilogue est intervenue avec la signature de l'accord intérimaire qui n'est qu'une première étape sur le chemin de la réconciliation et de la paix.

Cet accord contient deux parties, deux phases distinctes. La première, gérer l'urgence et permettre la tenue de l'élection présidentielle à Kidal mais aussi dans toutes les régions du Nord dans un environnement sécuritaire stable.

Pour y arriver, il est prévu qu'une commission mixte, comprenant quatre membres de l'armée et quatre autres des groupes du Nord, se mette au travail pour définir les conditions et le calendrier d'un retour de l'armée et de l'administration dès la signature de l'accord. Les Nations unies, l'armée française et la Minusma sont également représentées dans cette commission. Leur rôle : encadrer le processus sécuritaire qui s'engage pour éviter toute reprise des hostilités.

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Ce processus prévoit un cessez-le-feu immédiat, un cantonnement des combattants du Nord et un redéploiement en parallèle des forces de sécurité du Mali et des agents de l'administration capables d'organiser le scrutin présidentiel.

Le gouvernement a dû renoncer cependant à son exigence d'un désarmement immédiat des combattants touaregs à Kidal. Le Mnla a dû, lui, accepter le déploiement de l'armée malienne dans son fief. Cette controverse a sans doute été l'obstacle le plus difficile à franchir.

Autre point de friction, le gouvernement malien s'opposait à ce que le mot Azawad, terme utilisé par les autonomistes touaregs pour désigner la région du nord malien, figure dans l'accord. Il n'a pas eu gain de cause. La délégation touarègue du Mnla et du Hcua qui réclamait que les poursuites judiciaires contre certains de ses membres soient suspendues n'a pas de son côté obtenu satisfaction.

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La seconde phase viendra 60 jours après l’élection présidentielle, le nouveau chef d’Etat, donc IBK, devra organiser des pourparlers plus consistants, notamment pour définir le statut administratif de l'Azawad et les stratégies de développement de la zone. Pour garantir le suivi et le respect de son application, les Nations unies, l'Union africaine et l'Union européenne sont signataires de l'accord.

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<strong>Un président démocratiquement élu</strong>

La seconde mission de la transition est sans conteste la plus réussie et fera date dans les annales de l’histoire démocratique du Mali, d’Afrique et du monde tant par l’ampleur du défi que par l’engouement autour de l’élection présidentielle et le pari relevé de main de maître. Avant d’y revenir, rappelons certains éléments fondamentaux. Tout d’abord, c’est le ministère de l'Administration territoriale qui est chargé de l'organisation du scrutin ; la bonne tenue du fichier électoral est confiée à la Délégation générale aux élections ; la Commission nationale électorale indépendante (Céni) veille au bon déroulement du scrutin.

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Ensuite, le fichier électoral biométrique est constitué à partir des données du recensement administratif à vocation d'état civil (Ravec) effectué en 2010. Sur ce fichier figurent les données d'état civil ainsi que la photo et l'empreinte digitale de chaque électeur. Ce sont les cartes Nina confectionnées sur la base de ces données qui ont servi de carte d'électeur.

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Quand en fin janvier 2013, après l’adoption de l’ultime feuille de route de la transition, le président par intérim Dioncounda Traoré annonçait la tenue du 1<sup>er</sup> tour de l’élection présidentielle pour le 7 juillet, le plus optimiste des Maliens n’y croyait pas. Personne d’ailleurs. Même les autorités françaises avaient dû lâcher cette date à titre de repère. Personne donc, à l’exception notoire de son ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de l’aménagement du territoire, général Moussa Sinko Coulibaly. Qui n’a plus raté aucune occasion, s’il n’en créait pas, pour réaffirmer que la date est tenable. Le duo Dioncounda-Sinko a pris alors la chose à bras le corps. Le ministre a engagé la surmultipliée dans la réalisation de cette ultime mission qui se dressait en défi personnel. Il multiplie les rencontres et campagnes d’information avec la classe et les acteurs politiques et fouette les autres structures en charge des élections afin que tous soient au même niveau d’information, prennent les décisions ensemble et fassent chemin ensemble.

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Dans cette dynamique, le Ceni évoque des soucis qui nécessitaient pour elle une rallonge de quelques semaines pour qu’elle soit prête. La nouvelle date de l’élection présidentielle est alors fixée au 28 juillet.

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Aux termes du décret enregistré sous le numéro 2013-478/P-RM du 27 mai 2013, le collège électoral est convoqué le dimanche 28 juillet 2013, sur toute l’étendue du territoire national et dans les missions diplomatiques et consulaires de la République du Mali à l’effet de procéder à l’élection du président de la République. Le conseil des ministre extraordinaire du lundi 27 mai 2013 qui précise qu’un second tour du scrutin aura lieu le dimanche 11 août 2013 si aucun candidat n’obtient la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour.
La campagne électorale à l’occasion du premier tour est ouverte le dimanche 7 juillet 2013 à zéro heure. Elle est close le vendredi 26 juillet 2013 à minuit. La campagne électorale, à l’occasion du second tour s’il y a lieu, est ouverte le lendemain de la proclamation des résultats définitifs du premier tour. Elle est close le vendredi 9 août 2013 à minuit.

36 candidats postulent, mais 28 candidats sont retenus par la Cour constitutionnelle le vendredi 5 juillet.

Huit candidats, dont une femme, ont vu leurs candidatures rejetées pour faute de paiement de caution et/ou parrainage insuffisant, a expliqué la Cour.

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Les candidats retenus sont : Cheick Modibo Diarra (Rpdm), Soumana Sako (Cnas-Faso Hèrè), Modibo Sidibé (Fare), Dramane Dembélé (Adema), Soumaïla Cissé (Urd), Ibrahim Boubacar Keïta (Rpm), Koninba Sidibé (Modec), Oumar Mariko (Sadi), Choguel Kokalla Maïga (Mpr), Yeah Samaké (Pacp), Haïdara Aïssata Cissé ( Chatto 2013), Jeamille Bittar (Umam), Moussa Mara ( Yelema ), Mountaga Tall (Cnid Fyt), Racine Thiam (Cap), Hamed Sow (Rtd), Cheick Keïta (Uda), Sibiri Koumaré (Sira), Cheick Boucadary Traoré (Care), Ousmane Ben Fana Traoré (Pcr), Alhousseiny dit Abba Maïga (Panafrik), Housséini Amion Guindo (Codem), Mamadou Bakary Sangaré ( Cds), Siaka Diarra (Ufd), Oumar Boury Touré (Gadm), Youssouf Cissé (Cic) et Oumar Ibrahim Touré (Apr).

<strong> </strong>

<strong>Premier tour : affluence des électeurs, bonne note des observateurs</strong>

Le 8 juillet, Tiébilé Dramé demande un report du scrutin à la Cour constitutionnelle, considérant qu'il y a violation de la loi électorale, le collège électoral ne pouvant être convoqué tant que les listes électorales ne sont pas établies sur l'ensemble du territoire national, ce qui serait le cas dans les 13 communes de la région de Kidal. Le 17 juillet, au cours d'une conférence de presse, il déclare retirer sa candidature <i>« parce que les conditions d'une élection régulière ne sont pas réunies »</i>.

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Le premier tour se déroule le 28 juillet dans le calme malgré de nombreux cafouillages, des électeurs cherchant désespérément leur bureau de vote.

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Les observateurs de l'<a title="Union économique et monétaire ouest-africaine" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_%C3%A9conomique_et_mon%C3%A9taire_ouest-africaine">Union économique et monétaire ouest-africaine</a> (Uemoa) se déclarent satisfait du déroulement du premier tour remarquant cependant la difficulté pour les électeurs à trouver leur bureau de vote ainsi que des dysfonctionnements comme le manque d'isoloirs dans certains bureaux de vote.

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La mission d'observation de l'<a title="Union africaine" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_africaine">Union africaine</a>, conduite par <a title="Edem Kodjo" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Edem_Kodjo">Edem Kodjo</a>, ancien Premier ministre togolais a constaté <i>« un scrutin homogène malgré quelques petites imperfections, qui cependant n'entachent pas la bonne tenue du scrutin »</i>.

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<a title="Catherine Ashton" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Ashton">Catherine Ashton</a>, haute représentante de l'Union européenne, <i>« malgré des conditions difficiles, l’administration malienne a fait preuve de détermination pour garantir la transparence et la crédibilité des élections »</i>.

Le président français <a title="François Hollande" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Hollande">François Hollande</a> s'est félicité du <i>« bon déroulement du scrutin présidentiel malien, marqué par une mobilisation importante et une absence d’incident majeur »</i>.

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Le 30 juillet, le ministre <a title="Moussa Sinko Coulibaly" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Moussa_Sinko_Coulibaly">Moussa Sinko Coulibaly</a> annonce que les premiers résultats officiels portant sur un tiers du dépouillement donne une avance importante au candidat Ibrahim Boubacar Keïta et affirme que « si ces écarts sont confirmés, il n'y aura pas de deuxième tour ». Ces résultats partiels sont immédiatement contestés par l'Urd de Soumaïla Cissé et décriés par une grande partie de la classe politique, et l’attitude de Sinko dénoncée par l’opinion nationale.

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Le 2 août, il annonce les résultats complets provisoires. Ibrahim Boubacar Keïta arrive largement en tête avec 39,24% des voix devant Soumaïla Cissé qui obtient 19,44% des suffrages exprimés. Le candidat de l'Adéma-Pasj Dramane Dembélé arrive en troisième position avec 9,59% des voix

Aussitôt après, prenant acte des résultats provisoires le plaçant deuxième, Soumaïla Cissé déplore la mauvaise organisation du premier tour en déclarant que <i>« l’arbre de la grande mobilisation du peuple malien, le 28 juillet, ne doit pas cacher la forêt de l’impréparation, de la mauvaise organisation de la fraude qui ont caractérisé le premier tour de l’élection présidentielle »</i> et demande que <i>« ces ratés, ces dysfonctionnements, cette mauvaise organisation dont la responsabilité incombe au seul gouvernement, soient corrigés avant le second tour »</i>.

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Le 7 août 2013, la Cour Constitutionnelle proclame les résultats définitifs donnant 39,79% à IBK et 19,70% à Soumaïla Cissé. Taux de participation : 51,54% (record absolu sous l’ère démocratique).

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<b> </b>

<b>11 août: plébiscite pour IBK</b>

L'annonce des résultats définitifs du premier tour le 7 août 2013 déclenche le début de la campagne officiel le lendemain, une campagne très courte de 48 heures alors que les Maliens, très majoritairement musulmans, célèbrent la fin du ramadan. Soumaïla Cissé propose à son adversaire l'organisation d'un débat télévisé, mais Ibrahim Boubacar Keïta décline la proposition, son état-major évoquant un problème de temps pour le préparer.

La plupart des candidats éliminés au premier tour ont rallié l'un de deux finalistes.

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Le 3 août, Dramane Dembélé, candidat arrivé en troisième position, appelle à voter pour Ibrahim Boubacar Keïta, contredisant la consigne donnée par son parti l'Adéma-Pasj. Il justifie ce ralliement par l'appartenance commune de l'Adéma-Pasj et du Rpm à l'<a title="Internationale socialiste" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Internationale_socialiste">Internationale socialiste</a> et le partage des « mêmes valeurs de gauche ».

Le 5 août, la Convergence pour le développement du Mali et son candidat Housseini Amion Guindo, apporte leur soutien à IBK. Le même jour, six candidats, Moussa Mara du parti Yelema, Racine Thiam de la Cap, Ousmane Ben Fana Traoré du Pcr, Sibiri Koumaré de Sira, Siaka Diarra de l’Ufd et Alhousseiny Maïga de Panafrik, forment un collectif appelant à voter pour IBK.

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Oumar Mariko et son parti Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi), Mamadou Blaise Sangaré, (Cds), Oumar Bouri Touré (Gadm), Mme Haïdara Aïchata Alassane Cissé (Chatto 2013), Mountaga Tall (Cnid-Fyt), Choguel Kokalla Maiga (Mpr), Cheick Keita (Uda), Hamed Sow (Rtd), Oumar Ibrahim Touré (Apr), Konimba Sidibé (Modec) ont également appelé à voter pour le candidat du Rassemblement pour le Mali.

Le même jour, se conformant à l'accord signé en mai, la plate-forme de l’Alliance pour la République et la Démocratie (Ard) qui lie les partis membres pour le soutien au candidat du Front pour la défense de la république (Fdr) le mieux placé pour le second tour, Modibo Sidibé apporte son soutien à Soumaïla Cissé pour le second tour. Jeamille Bittar et la direction de l'Adéma-Pasj, également membre du Fdr, apportent leur soutien à Soumaïla Cissé ; tout comme Tiébilé Dramé.

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<a title="Niankoro Yeah Samaké" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Niankoro_Yeah_Samak%C3%A9">Niankoro Yeah Samaké</a>, candidat du Parti pour l'action civique et patriotique (Pacp) et <a title="Cheick Boucadry Traoré (page inexistante)" href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Cheick_Boucadry_Traor%C3%A9&amp;action=edit&amp;redlink=1">Cheick Boucadary Traoré</a>, candidat de la Convergence africaine pour le renouveau (Care) ont déclaré ne pas donner de consigne de vote pour le second tour.

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La Convention nationale pour une Afrique solidaire (Cnas-Faso Hèrè) dont le candidat était <a title="Soumana Sako" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Soumana_Sako">Soumana Sako</a>, déclare invite, le 9 août, <i>« tous ses militants et sympathisants ainsi que l’ensemble de l’électorat à exercer leur libre choix pour le second tour en n’ayant à l’esprit que l’intérêt supérieur du Peuple (...) »</i>.

Le dimanche 11 août, les Malien sortent (moins massivement) et offrent un plébiscite historique à Ibrahim Boubacar Kéïta.

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Le lundi 12 août, Soumaïla Cissé reconnaît sa défaite avant la fin même des dépouillements et va nuitamment chez voir IBK pour le féliciter et lui souhaiter bonne chance pour le Mali.

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Les résultats officiels sont proclamés le 15 août 2013 : Ibrahim Boubacar Keïta est élu avec 77,6 % des voix contre 22,4 % pour Soumaïla Cissé.

<strong>Sékou Tamboura</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Des choses incroyables se passent au Mali : Fruit du hasard ou du destin?</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/des-choses-incroyables-se-passent-au-mali-fruit-du-hasard-ou-du-destin-165625.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 23 Aug 2013 08:06:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Zénith Balé</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<b>                <i>Après l'éclatement de la fédération du Mali avec le Sénégal, le premier jour de la naissance de la République du Mali, les troupes nouvellement libérées de l'armée française et transférées à la nouvelle République du Mali ont monté à l'envers le Vert-Jaune-Rouge soit Rouge-Jaune-Vert. C'était à la montée des couleurs du nouveau drapeau du Mali flambant neuf. C'est au milieu du parcours de la montée qu'on se rendit compte de l'erreur. Pour un nouvel Etat nouvellement indépendant c'est un mauvais présage.</i></b>

&nbsp;

Pour annihiler les effets de cette malédiction, les fils du Mali écriront le nom Mali par la première lettre de leur nom. Coïncidence ou pas, ou fruit d'un pure hasard, suivez la lecture.

&nbsp;

Le premier Président du Mali   Modibo Kéïta………….(M)

&nbsp;

Le deuxième Président du Mali…Moussa Traoré……….(M)

&nbsp;

Le troisième Président du Mali…Alpha O. Konaré……(A)

&nbsp;

Le quatrième Président du Mali…Amadou.T.Touré…….(A)

&nbsp;

Le cinquième Président du Mali…Ibrahim.B.Keïta………(I)

&nbsp;

En faisant la somme des premières lettres de ces noms, nous obtenons M-A(L)-I, donc il manque la lettre L pour écrire le Mali. Le sixième Président du Mali doit avoir comme première lettre un (L).

&nbsp;

Voyons du côté des épouses.

L'épouse du Président Modibo Kéïta s'appelle Mariam…………(M)

&nbsp;

L'épouse du Président Moussa Traoré s'appelle Mariam……..(M)

&nbsp;

L'épouse du Président Alpha.O.Konaré s'appelle Adam………(A)

&nbsp;

L'épouse du Président Amadou.T.Touré s'appelle Lobbo……….(L)

&nbsp;

L'épouse du Président Ibrahim B.Keïta s'appelle Aminata…..(A)

&nbsp;

&nbsp;

En faisant la somme des premières lettres, nous obtenons M-A-L(I), donc il manque la lettre I pour obtenir Mali

&nbsp;

Le sixième président doit avoir une épouse dont le nom commence par un (I).

Coïncidence ou destin, voyons les Papas des différents Présidents

&nbsp;

Le père du premier Président se nommait Daba.

&nbsp;

Le père du deuxième Président se nommait Kaba

&nbsp;

Le père du troisième Président se nommait Dougoukolo

&nbsp;

Le père du quatrième Président se nommait Toumani ou Tamani.

&nbsp;

L'analyse des différents noms montre la complémentarité, c'est-à-dire :

&nbsp;

Daba, Instrument de labour

&nbsp;

Kaba, la Semence

&nbsp;

Dougoukolo, la Terre

Tamani, Instrument de musique pour encourager les paysans

Boubacar Siddiq, celui qui détient la vérité.

&nbsp;

Au point de vue religieux aucun de ces noms ne vient du Coran sauf celui qui détient la vérité Aboubacar Siddiq.

&nbsp;

&nbsp;

Le Mali aura besoin d'un président dont le nom commence par un (L) et son épouse dont le nom commence par (I). Ainsi la malédiction finira. Le MALI sera le plus beau pays du monde où les Américains viendront chercher le travail, les Saoudiens pousseront la charrette dans les rues de Bamako, le Mali fera des dons aux pays Européens.

&nbsp;

La guerre qui opposait (I) contre (S) n'a pas duré car (I) la vérité a gagné sur (S)

(S)

La pluralité s'ajoute à tous et s'adapte à toutes les situations à cheval sur la période contemporaine. Moins agressif et très humain, l'homme est mondain mais a de la peine à maitriser ce monde qu'il dirige. Il a peur de son nom et se soucis beaucoup des critiques, au point de vouloir satisfaire l'ensemble. Très faible pour la famille et les proches.

(I).

Symbolise la vérité, la droiture, la force, déteste l'impunité, aime le pouvoir et partage difficilement ce dernier, car a peur d'être trahi (I) Symbolise le modernisme, l'éducation, le travail bien fait, ne regrette jamais ses actes, souvent impitoyable. Il est en réalité un vrais gardien car il est au début de tout processus et à la fin de peur d'être trahi par les siens.

Analyse numérique.

&nbsp;

Ibrahim.  7

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Boubacar 8

&nbsp;

Keïta. 5

&nbsp;

Soit.  7 + 8 + 5 = 20 ou 2.O ce qui implique deux mandats.

&nbsp;

Le président I.B.K est président à 68 ans plus certainement deux mandats, il aura si dieu le veut 68 + 10 = 78 ans. SOIT 78 = 7 + 8 = 15 ou 1 + 5 = 6

&nbsp;

6/2 = 3  3/2 = 1.5 en définitive il apportera globalement 1.5 de croissance durant ses mandats de dix ans  au  Mali. Il sera confronté au revanchard qui pèsera sur son résultat au finish. Il aura souvent des problèmes de santé et des crises de confiance.

&nbsp;

Réflexion du commandant à  la retraite

<b>MAMADOU TAWATI</b>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-14-162852.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-14-162852.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 07 Aug 2013 05:51:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Ibrahim Boubacar Kéïta, Président de l’Assemblée Nationale</strong>

<strong><i>« J’ai voté oui par loyauté, je pouvais voter non par dignité </i>» le projet de loi sur le vérificateur général.</strong>

&nbsp;

<strong>Me Mountaga Tall, Président du CNID 1997</strong>

« Un proverbe bambara tranche : que tout le monde se ligue derrière un seul homme, traduit toute la culpabilité de cet homme ».

&nbsp;
<h5><strong>Adam Thiam, chroniquer  journal Le Républicain 1999</strong></h5>
« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et que, quelque grande que soit la distance jusqu’au paradis, la descente aux enfers du pays est bien finie ».

&nbsp;

<b>Pr Mamadou Lamine Traoré, Secrétaire général du MIRIA (1999) </b>

<i>« Au MIRIA, nous restons convaincus que le changement ne saurait jamais être un simple slogan de circonstance et la lutte contre la corruption, un effet de mode ou de marketing politique ».</i>

&nbsp;

Soumeylou Boubèye Maïga (2000)

<i>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</i>

&nbsp;

<b>Me Mountaga Tall, Président du CNID (2000)</b>

« <i>L’opposition est un exercice périlleux dans la mesure où on y joue sa liberté, sa carrière, sa fortune et parfois, sa vie </i>».

&nbsp;

<strong>Ibrahima N’Diaye dit Iba, Maire du District : 2001</strong>

« Hier comme aujourd’hui, et sans doute demain, il n’y a pas eu de millionnaires, milliardaires ; il n’y en a pas ; il n’y aura pas parmi nous, sur le dos du peuple, en tout cas aussi longtemps que Bamako, les capitales régionales, le pays profond regorgeront de mendiants, d’injustement appauvris et misérabilisés qui tendront la main aux passants, toute honte bue ».

&nbsp;

&nbsp;

<b><i>Professeur Yoro Diakité, Président du BARA 2003 </i></b>

<i>« L’élection du Président du Parlement le 16 Septembre 2002 a fini de révéler toute la pourriture de la classe politique et sa capitulation devant l’envie gloutonne de partager le gâteau national. Car, des gens qui hier encore se détestaient royalement comme des pots pourris, ont fini par s’entendre sur le dos du peuple ».</i>

<i> </i>

<i> </i>

Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :

&nbsp;

« <i>Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées, le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la difficulté de les attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer </i>».

&nbsp;
<p align="right"><b>Rassemblés par </b></p>
<p align="right"><b>Boubacar Sankaré</b></p>
<p align="center"><b> </b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables :</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-13-161489.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-13-161489.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 30 Jul 2013 07:13:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<b>Ibrahim Boubacar Kéïta, Président de l’Assemblée Nationale</b>

<i>« J’ai voté oui par loyauté, je pouvais voter non par dignité </i>» le projet de loi sur le vérificateur général.

&nbsp;

&nbsp;

<strong> Me Mountaga Tall, Président du CNID 1997</strong>
<p align="left">« Un proverbe bambara tranche : que tout le monde se ligue derrière un seul homme, traduit toute la culpabilité de cet homme ».</p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<strong>Adam Thiam, chroniquer  journal Le Républicain 1999</strong>
<p align="left">« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et que, quelque grande que soit la distance jusqu’au paradis, la descente aux enfers du pays est bien finie ».</p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
&nbsp;

<b>Pr Mamadou Lamine Traoré, Secrétaire général du MIRIA (1999) </b>

<i>« Au MIRIA, nous restons convaincus que le changement ne saurait jamais être un simple slogan de circonstance et la lutte contre la corruption, un effet de mode ou de marketing politique ».</i>

<i> </i>

<b> </b>

<b>Soumeylou Boubèye Maïga (2000) </b>

<i>« Les causes profondes de la déchirure des partis et de la grande confusion politique actuelle sont dues au fait qu’au lendemain du 26 Mars, des gens qui ne devraient jamais se retrouver dans le même camp ont été mis ensemble ».</i>

&nbsp;

&nbsp;

<b>Me Mountaga Tall, Président du CNID (2000)</b>

« <i>L’opposition est un exercice périlleux dans la mesure où on y joue sa liberté, sa carrière, sa fortune et parfois, sa vie </i>».

&nbsp;

&nbsp;

<strong> Ibrahima N’Diaye dit Iba, Maire du District : 2001</strong>
<p align="left">« Hier comme aujourd’hui, et sans doute demain, il n’y a pas eu de millionnaires, milliardaires ; il n’y en a pas ; il n’y aura pas parmi nous, sur le dos du peuple, en tout cas aussi longtemps que Bamako, les capitales régionales, le pays profond regorgeront de mendiants, d’injustement appauvris et misérabilisés qui tendront la main aux passants, toute honte bue ».</p>
<p align="left"></p>
<b><i> </i></b>

<b><i>Professeur Yoro Diakité, Président du BARA 2003 </i></b>

<i>« L’élection du Président du Parlement le 16 Septembre 2002 a fini de révéler toute la pourriture de la classe politique et sa capitulation devant l’envie gloutonne de partager le gâteau national. Car, des gens qui hier encore se détestaient royalement comme des pots pourris, ont fini par s’entendre sur le dos du peuple ».</i>

<i> </i>
<p align="left"><b> </b></p>
<p align="left"><b>Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :</b></p>
« <i>Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées, le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la difficulté de les attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer </i>».

&nbsp;

<b>Rassemblés par  Boubacar Sankaré</b>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Gloire historique : IBK sur les traces de Winston Churchill</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/gloire-historique-ibk-sur-les-traces-de-winston-churchill-157693.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/histoire-politique/gloire-historique-ibk-sur-les-traces-de-winston-churchill-157693.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="" length="50828" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Wed, 10 Jul 2013 11:43:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bonne Lecture</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[La vie des nations est faite de haut et de bas. Il en est ainsi de celle de la nation britannique. Le pays de Margaret Tchatcher (paix à son âme), meurtri et blessé pendant la seconde guerre mondiale, a été sauvé grâce à l’audace d’un homme du nom de Winston Churchill, ancien premier ministre de la Grande-Bretagne. A l’époque, face aux dangers imminents de la guerre, il a préparé psychologiquement ses compatriotes à affronter l’ennemi et à braver l’adversité. Sa fameuse phrase prononcée pendant la guerre : <b>« There will happen tears. </b><b>There will happen blood. But there will happen also the victory » (Il y aura des larmes. </b><b>Il y aura du sang. Mais il y aura aussi la victoire),</b> galvanisa tout un peuple. Oui, il a fallu le courage et l’intrépidité d’un homme comme Winston Churchill pour que les anglais reprennent espoir et fonce tout droit vers la victoire. Osons le dire, cette victoire n’a pas été acquise ni dans la lâcheté, ni dans la peur. Les anglais ont eu de l’audace pour braver la supériorité de l’ennemi. Il y a de cela 73 ans dont l’Angleterre est sortie grandiose et victorieuse de la guerre. Cependant, après moult réflexions et analyses, nous nous sommes rendus compte qu’un homme politique malien du nom de Ibrahim Boubacar Keïta alias IBK, président du Rassemblement  Pour le Mali (<b>RPM</b>), est pétri de ces mêmes idéaux. Même si IBK n’a pas été un premier ministre de guerre, il fut quand même un premier ministre de combat. En 1994, sa nomination à la primature a sonné le glas de la crise socio-politique que traversait le Mali à l’époque. Il a su restaurer l’autorité de l’Etat et remettre le pays au travail. La chienlit grandissante s’effaçait petit-à-petit au profit du respect des Institutions de la République. L’homme n’hésitait pas à monter sur le créneau et  prenait des mesures draconiennes pour que l’Etat ait sa raison d’être. Finie cette période et nous sommes en 2013. Après plusieurs années d’apprentissage de la démocratie, notre pays a montré ses limites avec son corollaire de la dégringolade de l’Etat. Le Mali est tombé de si bas rendant du coup les maliens furieux et déshonorés. Mais, face à cette descente aux enfers, certains Hommes ont dit non, non et non. Parmi ceux-ci, il y a l’enfant prodige, le Kankeletigui  alias IBK pour les intimes. Le dimanche dernier, lors du lancement de sa campagne pour l’élection présidentielle du 28 juillet 2013, nous avons été tiqués par cette phrase de son discours : <b>« We will do it » (Nous le ferons).</b> Immédiatement, cette pensée nous a rappelé Sir Winston Churchill, ancien premier ministre de la Grande-Bretagne. Celui-ci aimait dire en des moments propices à ses compatriotes ceci : <b>« Give us the tools and we shall do the job » (Donnez-nous les outils et nous ferons le travail).</b> IBK, en disant : <b>« We will do it » (Nous le ferons)</b> se situe dans la même logique de conviction et de transcendance, vertu des grands hommes. Le Général Charles De Gaulle n’a-t-il pas dit que rien de grand ne peut se faire sans de grand.  Donc, laissons libre chemin à ceux qui sont dotés d’une certaine grandeur d’imprimer leur marque.

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Il est à noter que Sir Winston Churchill (1874-1965) est un homme politique britannique. Député en 1900, ministre, il fut premier Lord de l’Amirauté (1911-1915), préparant la Grande-Bretagne à la guerre. Après la guerre, il rallia le parti conservateur, qu’il avait quitté en 1904. Premier ministre (1940-1945) à la tête d’un cabinet d’union nationale, il conduisit la guerre contre l’Axe et joua un rôle actif en politique internationale. Battu lors des élections de 1945 ; il revint au pouvoir de 1951 à 1955. Ses mémoires de guerre (1948-1953) lui valurent le Prix Nobel de littérature en 1953.

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<b>Mamadou Macalou</b>

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<title>Chronique Internationale : L’héritage Mandela : Alpha Daye Diallo : Montréal, blogueur à Mondoblog</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/chronique-internationale-lheritage-mandela-alpha-daye-diallo-montreal-blogueur-a-mondoblog-157303.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 08 Jul 2013 14:51:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pays</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Depuis une semaine que les plus pessimistes spéculent sur sa mort imminente, Nelson Mandela, 94 ans, gravement malade et affaibli, s’accroche à la vie. Même à la fin, Madiba, ne peut que susciter l’admiration par son courage et sa destinée.  Son combat pour la liberté et la paix, dans son pays et plus loin dans le monde, a fait de lui – sans nul doute – l’être humain le plus célèbre de la planète.  Malgré les nouvelles alarmantes qui nous parviennent, j’espère que ce survivant de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Robben_Island" target="_blank">Robben Island</a> n’en est pas à son dernier combat.

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Dans l’histoire, Mandela restera dans le monde un exemple de courage, de pardon, de bon sens et d’humanité. Mais, pour nous Africains, quel héritage nous laisse le père de la nation sud-africaine post<a href="http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/apartheid/22047" target="_blank"> apartheid</a> ?  Que devons-nous retenir de lui et de son combat pour la paix et la prospérité de son peuple ?

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Pour moi Mandela est l’idéal vers lequel chaque dirigeant africain devrait tendre. Mais, force est de constater qu’actuellement sur le continent, on peut compter sur les doigts d’une seule main les gouvernants qui se rapprochent – et encore en sont très loin – de l’aura du Sud-africain. Tout au long de sa vie et surtout à son accession à la tête de la nation arc en ciel, Nelson Mandela a su prendre les bonnes décisions pour éviter le chaos à son pays.  Son humanité l’a conduit à ne pas se venger de ses anciens tortionnaires et à conduire une politique de réconciliation nationale  qui a, tant bien que mal, rapproché les différents Sud-africains. Son bon sens politique l’a conduit à instaurer une vraie démocratie où chacun peut s’exprimer librement et à doter le pays de l’une des constitutions les plus progressistes au monde. Nelson Mandela, déjà en âge avancé à la fin de l’apartheid, n’aura fait qu’un seul mandat présidentiel préférant laisser la place à la jeunesse pour conduire la destinée du pays. Combien de dirigeants africains se comporteraient de la sorte aujourd’hui ? Tout proche, à sa frontière nord, Mugabe  proche de la sénilité  - s’il ne l’est pas déjà depuis longtemps – s’accroche au pouvoir et est encore candidat à sa propre succession.

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Chers amis Africains, Chers présidents, si vous voulez ressembler à une icône de chez nous, je vous prie de choisir Nelson Mandela plutôt que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Mugabe" target="_blank">Robert Mugabe</a>. Ce Robert Mugabe qui aurait pu avoir un destin à la Mandela et dont aurait pu chanter aussi les louanges aujourd’hui, mais qui a plutôt choisi de prendre le chemin inverse. Cette voix de la facilité, de l’autocratie et de la corruption qui a mené le Zimbabwe vers la déchéance. Cette voix du déni qui impute tous nos tords, tous nos échecs à l’histoire et au bras long de l’impérialisme occidental alors que nous sommes les principaux responsables de nos choix et de nos déboires. Nelson Mandela, avec le triste passé qu’on lui connait a su en retenir les leçons et aller de l’avant. Il a prôné la paix, sage dans ses actes et ses choix politiques, il a fait de l’Afrique du sud la grande nation arc en ciel qu’elle est devenue.

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Nelson Mandela de par sa vie, son dévouement pour la liberté et ses actes emplis de lucidité, est et restera pour toujours une source d’inspiration pour des générations d’Africains. Le dicton dit : « Il y a de ces hommes qui n’apparaissent que tous les 1000 ans ». Puisse le futur africain montrer qu’il est erroné.  Le continent a besoin de gens comme Nelson Mandela. Mon grand espoir est que les prochaines années verront naître de nombreux Mandela qui créeront des institutions viables menant  leurs pays vers de la liberté et de vraies démocraties.

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<b>Droits de l’Homme</b>

<b>L’AMDH renforce les capacités de ses membres sur la méthodologie de la documentation</b>

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<b>Sous le haut patronage du ministre de la Justice, Garde des sceaux, Malick Coulibaly, l’Association Malienne des Droits de l’Homme, AMDH, a initié un atelier de formation dans le cadre de son programme conjoint FIDH-AMDH. Cette formation a pour objectif principal : « Renforcer les capacités des défenseurs des droits de l’homme au Mali sur la méthodologie à la  documentation et le traitement de l’information ».</b>

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Appuyée par la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme, FIDH, la coopération de la délégation de l’Union Européenne et de la Commission Africaine des droits de l’Homme et du Peuple CADHP, l’AMDH pour l’exécution du programme conjoint FIDH-AMDH, entend renforcer les capacités de ses membres. C’est pourquoi, dans son allocution, pour justifier le contexte de cette formation,  Me Moctar Mariko, s’est basé sur l’histoire récente de la crise sécuritaire et institutionnelle du Mali, qui comporte un douloureux chapitre, marquée par des évènements heurtant la sensibilité humaine. Selon lui, cette crise avec sa kyrielle de violations des droits humains au nord du pays s’est traduite  par des exécutions sommaires à Aguelhok, viols massifs des femmes et filles, enrôlement d’enfants soldats, amputations et destructions d’édifices civils et publics  ainsi que des mausolées. Sans oblitérer les atteintes aux libertés fondamentales au sud du pays : enlèvements et séquestrations des leaders politiques, agressions de journalistes, affrontements entre militaires etc. Il a aussi rappelé que l’année 2011 s’est achevée au Mali par l’adoption d’un code des personnes et de la famille assez critiqué par la majorité des organisations et ONG féminines et l’annonce d’une crise alimentaire. Et l’année 2012, qui devait être essentiellement électorale, a été perturbée par la rébellion touareg  conjuguée à l’invasion des djihadistes et au coup d’Etat du 22 mars 2012.

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« Heureux est celui qui connait les causes des choses », a martelé d’entrée de jeu, Malick Coulibaly, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux.  Pour souligner que le Mali a fait de la promotion et de la protection des droits de l’homme son cheval de bataille. Pour cela, le Mali a besoin de l’infatigable engagement des organisations du secteur afin de contribuer au retour à une vie démocratique pérenne et apaisée.  Il n’a pas manqué de signaler sa joie toute particulière au constat que cette activité se tient dans les nouveaux locaux de l’AMDH, symbole de l’évolution et du renforcement continu de l’association, qui représente encore et toujours une pierre angulaire de la mobilisation en faveur des droits de l’homme. Le projet est un  intitulé "Mobilisation de la société civile pour une réponse à la crise des droits humains au Mali".

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A en croire le  ministre, ce projet  revêt d’une importance particulière pour le gouvernement malien, en ce qui  vise à l’aider pour une observation attentive et indépendante de la situation des droits de l’homme dans le pays et plus largement dans la sous région.  Il a par ailleurs promis que  le gouvernement soutiendra aussi la nécessaire lutte contre l’impunité. Des actes ont été posés dans ce sens, singulièrement les nombreuses reprises en saisissant la cour pénale internationale. Le gouvernement malien attend de l’AMDH, de la FIDH et de toutes les organisations présentes aujourd’hui, leur implication et leur apport dans le processus  de réconciliation nationale. "  La paix est négociable mais l’impunité non», a conclu le ministre, Coulibaly.]]> </content:encoded>
</item>

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<title> Propos mémorables</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-12-157330.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 08 Jul 2013 13:36:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<h2 align="left">Alpha Oumar Konaré, Président de la République 1997</h2>
<p align="left">« Nous ne cèderons jamais à la provocation. Nous devons mettre le Mali au-dessus de tout, car le pouvoir ne reviendra qu’à celui que Dieu et le peuple auront choisi ».</p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<b> </b>

<b>Sambi Touré, Info-Matin (Août 1999)</b>
<p align="left">« IBK a fait ses preuves (?) en se faisant passer pour un dur qui, malgré les erreurs de parcours, se plait à cultiver son image de bourgeois à tout bout de champ et s’essaye à incarner sur la scène politique malienne le pouvoir divin dont il se croit investi ».</p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>

<h2 align="left">Sambi Touré, Directeur de Publication Info-Matin 19 Août 1999</h2>
<i>« Toujours est-il que, pour le commun des acteurs du 26 Mars, IBK demeure une recrue de la 25<sup>ème</sup> heure, parachutée à la tête du gouvernement ».</i>

<i> </i>

<i> </i>
<p align="left"></p>
<b>Mohamed Lamine Traoré, Secrétaire national du MIRIA (1999)</b>

<i>« Il est impossible de faire du neuf avec du vieux</i>

<i> </i>

<i> </i>

<i> </i>
<h1 align="left">Général Moussa Traoré, (ex-chef de l’Etat) 1999</h1>
<p align="left">« Au procès crimes politiques, on n’a pas pu démontrer que j’ai donné l’ordre de tirer sur la foule et au procès pour crimes économiques, on n’a trouvé nulle part la trace des prétendus milliards de dollars que j’aurais détournés ».</p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<b>N’Diaye Bah, Secrétaire général du CNID (Décembre 1999)</b>
<p align="left">« Le chef du gouvernement (NDLR : IBK) prélève des centaines de millions sur des fonds affectés à la lutte contre la pauvreté pour les opérations médiatiques du Premier Ministre ».</p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
<b>Mme Adame Bâ Konaré, Première Dame du Mali (2000) </b>
<p align="left">« Il faut que nous ayons le courage de reconnaître le positif, de faire la part du positif et du négatif pour pouvoir justement, mieux nous préparer et nous attaquer aux problèmes réels ».</p>
<p align="left"></p>
<p align="left"></p>
&nbsp;

<b>Ibrahim Boubacar Kéïta, ancien Premier Ministre (2000)</b>

<i>« Dans une prospective, mon frère Alpha Oumar Konaré et nous-même avons échangé. Nous avons estimé que le mois de Février qui me verrait dans ma 6<sup>ème</sup> année de gestion gouvernementale, sera une bonne date pour que je passe le relais. Je n’y ai vu aucun inconvénient ».</i>

<i> </i>

<i> </i>

&nbsp;

<b><i>Colonel Youssouf Traoré, Avril 2000 (à propos de IBK) </i></b>

<i>« Le nouveau Premier Ministre, ex-conseiller à la Présidence est peu connu sur la scène politique. Mais, au fil des mois et des ans, il se révèlera comme un homme sans foi et sans loi, ayant comme seuls moyens de gouverner, l’arrogance, l’injustice et la répression de type stalinien ».</i>

<i> </i>

&nbsp;
<h2 align="left">Djiguiba Kéïta dit PPR, PARENA : 2001</h2>
<i>« Le Mali nouveau, ce n’est pas le MPR qui peut le bâtir, c’est nous, c’est à dire les autres, ceux qui ont combattu le système dont le MPR se réclame ».</i>

<i> </i>

<i> </i>

&nbsp;
<p align="left"><b><i>Sambi Touré Dirpub, Info-Matin Mai 2002</i></b></p>
<p align="left">« Chassé de la Primature et de la Présidence de l’ADEMA, il (NDLR : IBK) ne pourra pas se relever avant 2002, avait-on calculé. Les voies du Seigneur sont impénétrables. Avril 2002, l’« ex frère et ami », est là en super favori de la présidentielle avec le parti et le pool politique le plus implanté au Mali. Les premières tendances provenant de tous les Etats-Majors politiques le donnent largement qualifié au second tour, à défaut de l’emporter au Takokelen ».</p>
<p align="left"></p>
<b>Rassemblés par </b>
<h3 align="left">Boubacar Sankaré</h3>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Georges Pompidou, ancien président de la République française : « Il ne suffit pas d’être un grand homme, il faut l’être au bon moment »</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/georges-pompidou-ancien-president-de-la-republique-francaise-il-ne-suffit-pas-detre-un-grand-homme-il-faut-letre-au-bon-moment-georges-pompidou-ancien-president-de-156661.html</link>
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<pubDate>Thu, 04 Jul 2013 10:13:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bonne Lecture</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[L’histoire de l’humanité est jalonnée par des faits de certains hommes qui ont marqué leurs époques soit de façon positive ou négative. Comme l’a dit le philosophe, la finalité de la vie sociale, c’est d’être heureux. Par conséquent, tous les hommes cherchent sur la terre le bien être. Parmi ces hommes, il y a ceux qui veulent faire quelque chose ; ceux qui ne veulent rien faire ; ceux qui veulent marquer leurs époques en bien ou en mal. Nous sommes tous unanime que le credo de chaque homme, c’est d’apporter sa touche à la construction de sa nation en particulier et du monde en général. Mais, comment pouvons-nous participer à cette œuvre noble et salvatrice ? Nous le pouvons par la mise en branle de l’esprit subtil et intelligent. Pour ce faire, un grand homme du nom de Georges Pompidou, le premier Agrégé de Lettres en France et ancien président de la République de cette nation a dit ceci : <b>« Il ne suffit pas d’être un grand homme, il faut l’être au bon moment. ».</b>  Nous savons tous que la grandeur d’un homme, c’est son parcours. Et ce parcours ne se force pas. Beaucoup d’hommes se disent grands, mais peu d’entre eux sont grands face aux épreuves. La traversée du désert n’est pas chose aisée rares sont les hommes qui peuvent s’y accommoder. De ce fait, entre le bien et le mal, il n’y a qu’un seul pont : le choix. Et il n’est pas du tout facile de choisir. Soit, on est là dedans ou on est dehors. Avec ces élections qui viennent, nous lançons un vibrant appel à tous les candidats d’être grands face aux résultats des urnes. Le vote passe et le pays demeure. Ils auront tout le loisir de faire la politique comme ils l’entendent le faire. La situation dans laquelle notre pays vit, recommande la transcendance de tout un chacun. Le même Georges Pompidou, dans la quintessence de ses réflexions aimait dire ceci : <b>« Dans la vie des nations alternent la grandeur et la médiocrité. ». </b>Il y a de cela un certain temps, le Mali était tombé de si bas que grâce à Dieu nous sommes parvenus à sortir du gouffre. Cependant, pour parer à d’éventuelle dégringolade de l’Etat malien, il faut que les uns et les autres soient capables de se regarder en face  et se dire la vérité. Sans le rétablissement de la vérité historique, le nouveau Mali qui se dessine n’ira pas loin. Georges Pompidou n’a-t-il pas affirmé que la fraude est à l’impôt ce que l’ombre est à l’homme. Soyons-nous-mêmes et conséquents avec nos actes puisque la grandeur d’un homme se trouve dans ses actes. Victor Hugo renchérit pour dire ceci : <b>« Les Grands Hommes font leur piédestal ; l’avenir se charge de la statue. ».</b> Dans le même sillage, Modibo Keïta, ancien président de la République du Mali à lui aussi dit ceci : <b>« Si les idées pour lesquelles un leader a combattu se renforcent et se développent, je considère que c’est la plus grande récompense que puissent recevoir un militant, un leader. ».</b>

Donc, soyons Grands face aux épreuves !

<b>Mamadou Macalou</b>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Propos d’un ancien président de la République : « La véritable école du commandement, c’est la culture générale », Général Charles De Gaulle</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-dun-ancien-president-de-la-republique-la-veritable-ecole-du-commandement-cest-la-culture-generale-general-charles-de-gaulle-156658.html</link>
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<pubDate>Thu, 04 Jul 2013 10:11:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Bonne Lecture</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[La vie d’un homme est caractérisée par des jours de gloire et des jours sombres. Il en est ainsi de celle du Général De Gaulle, ancien président de la République française. Celui-là même, suite l’occupation allemande de la France lors de la seconde guerre mondiale, se réfugie à Londres, la capitale britannique pour ensuite appelé les français au sursaut national. Son appel du 18 juin 1940, depuis le studio de la radio Londres, restera à jamais gravé dans la mémoire collective. Ce fameux discours prononcé par l’un des dignes héritiers des gaulois, invitant les français à ne pas baisser les bras face à l’envahisseur, est tombé dans les oreilles de l’arrières petit-fils de ceux-ci comme le message de la délivrance. Le discours a permis à la France meurtrie et affaiblie, de reprendre son destin en main et d’avoir confiance en l’avenir. Ce discours, écrit en un laps de temps, est la marque d’un homme pétri d’une immense culture générale. Oui, le Général Charles De Gaulle, au delà de son statut de militaire, était doté d’une immense culture générale et d’une capacité intellectuelle hors pair. Le libérateur de la France aimait toujours dire à ses compagnons ceci : « <b>La véritable école du commandement, c’est la culture générale ».</b> Le commandant suprême des forces armées françaises a su gérer avec tac, flair et intelligence les épreuves auxquelles la nation française était confrontée.

&nbsp;

Le Général Charles De Gaulle, ce grand lecteur infatigable, aimait aussi s’isoler à l’adolescence pour s’adonner à des exercices de lecture. Très tôt, il était conscient du rôle qui l’attend et ce qu’il devait jouer  au nom de la France. Partant du principe que c’est dans la solitude qu’on est grand, il en a fait son cheval de bataille. Ses notes de lecture et sa soif inextinguible d’apprendre lui ont ouvert le boulevard du prestige et du commandement. Convaincu que rien de grand ne peut se faire sans de grand, le Général Charles De Gaulle avait du génie et l’art de façonner les choses pour le rayonnement de la France, cette France qu’il a tant aimé. La grandeur de la France était la pièce maîtresse de ses idées. C’est pourquoi, à force d’éplucher les ouvrages d’histoire sur la France, il a finit par être un écrivain. Il a plusieurs livres à son actif.

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&nbsp;

Mais, que vaut l’écrit s’il n’est pas matérialisé par les actes ? C’est pourquoi, le Général Charles De Gaulle a fait du pragmatisme l’une de ses vertus cardinales. Le commandement était en quelque sorte quelque chose innée en lui dont il a jeté les étincelles à la face du monde. Osons le dire, on peut être un chef sans être un commandant car un chef donne des ordres tandis qu’un commandant instruit. De Gaulle était vraiment le premier instituteur de la France. Son métier le passionnait et sa fonction de président de la République le fascinait. Jacques Lamarche n’a-t-il pas dit ceci : <b>« Si tu veux un jour commander à des hommes, il faut apprendre et appliquer la première loi du commandement : chercher la vérité, la trouver et la défendre »</b>. A ce niveau, il est loisible de dire que la clairvoyance et la pugnacité du Général De Gaulle lui ont valu une stature internationale. Son aura personnelle, il le doit non seulement à son physique mais aussi à son immense culture générale. De Gaulle aimait les intellectuels et il savait là où il faut dénicher les talents. C’est le cas de Georges Pompidou, Agrégé de Lettres que De Gaulle nomma comme Directeur de son cabinet suite à un appel que lui-même a lancé dans la presse française. Du coup, on se rend compte que De Gaulle aimait l’excellence et la performance. Etait-il inspiré de cette partie de la Bible qui dit ceci <b>: « Le commandement est une lampe, la loi est une lumière, et la réprimande qui retient dans la discipline est la voie de la vie. » ?</b> Certainement oui, car De Gaulle était vraiment une lumière et une source d’inspiration. Alors, chers lecteurs et chères lectrices, cultivons-nous pour nous rendre service à nous-mêmes et aux autres.

Merci mon Général  de nous avoir mis à la réflexion.

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<b>Mamadou Macalou </b>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Propos mémorables</title>
<link>https://www.maliweb.net/histoire-politique/propos-memorables-11-154689.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 25 Jun 2013 09:02:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Alpha O. Konaré Président de la République : 8 Juin 1992</strong>
« Nos frontières ne devraient plus être comme ces postes frontières, livrées aux seules forces de l’ordre, devenant à l’occasion, des forces de suspicion et de contrôle, ces zones où, l’on cherche à se faire peur, où l’on veut marquer les différences. Ces espaces ont le plus besoin de gestion commune, concertée, de gestion à la base, où, place devrait se faire à une participation et un contrôle populaire plus grand, à une mise en commun plus prononcée de nos potentialités, de nos capacités, à une revitalisation de notre fraternité ».

<strong></strong>

&nbsp;

<strong>Saouti Maïdara, journaliste (Avril 1994)</strong>
« Depuis sa sortie du gouvernement le 5 Février dernier, le CNID n’avait cessé de jeter le trouble dans les esprits, y compris dans ses propos rangs où, bien de têtes pensantes et pas de moindres ne se retrouvaient plus dans la nouvelle démarche de leur Président, Me Mountag Tall

<strong></strong>

&nbsp;

<strong>Feu Mohamed Lamine Traoré, Vice-Président de l’ADEMA-PASJ sept 1994</strong>
« A ceux qui souhaitent dans la jubilation secrète que l’ADEMA éclate et ceux qui, dans un tremblement inquiet, craignent qu’il n’éclate pas, je dirai, l’ADEMA n’éclatera pas. A moins que les frelons n’envahissent la ruche, en chassant les abeilles ».

<strong></strong>

&nbsp;

<strong>Chebane Coulibaly, Directeur bimensuel Cauris (Octobre 1994)</strong>
« Il y a eu plus de morts avec Moussa Traoré (1990 – 1991) que durant toute la rébellion des années 1962 – 1963 ».

<strong></strong>

&nbsp;

<strong>Me Mountaga Tall, Président du CNID 1997</strong>
« Un proverbe bambara tranche : que tout le monde se ligue derrière un seul homme, traduit toute la culpabilité de cet homme ».

<strong></strong>

&nbsp;

<strong>Oumar Mariko, Secrétaire général SADI : 1998</strong>
« J’entends des gens dire, si Moussa Traové avait, c’est-à-dire accepté l’ouverture démocratique, le 26 Mars n’aurait pas eu lieu. Une chose est sûre. Ceux qui le disent, n’ont pas compris qui soutenait le mouvement estudiantin ».

<strong></strong>

<strong>Ibrahim Traoré, Directeur de Publication Le Républicain Mai 1999</strong>
« Qu’on l’aime, qu’on le haïsse, importe peu. Le Président Alpha Oumar Konaré, au cours de son mandat, a fait preuve d’une humilité déconcertante et d’un sens de l’Etat dont on trouverait difficilement la réplique ailleurs sur le continent ».
Adama Thiam, chroniquer Le Républicain 1999
« Que le MPR mesure seulement l’offre de liberté dont il profite aujourd’hui par rapport à un passé pas si lointain où, il n’y avait pas d’alternative au caporalisme. Que beaucoup d’eau a coulé sous les points. Et que, quelque grande que soit la distance jusqu’au paradis, la descente aux enfers du pays est bien finie ».

<strong></strong>

&nbsp;

<strong>Thierno Hady Thiam (prêcheur) 1999</strong>
« Le drame de l’islam au Mali, c’est que les leaders islamiques se sont préoccupés de problèmes d’homme à homme plutôt que de Dieu. Quand l’amour de ce bas monde prédomine, quand la crainte de la pauvreté assaille, alors le vrai message de l’islam est terni ».

<strong></strong>

&nbsp;

<strong>Mme Adame Bâ Konaré, Première Dame du Mali (Mars 2000)</strong>
« L’aventure humaine est une perpétuelle correction, une perpétuelle remise en cause. On n’atteindra jamais le stade du parfait. Moi, c’est ma philosophie des faits. Il faut rester humble ».

<strong></strong>

<strong>Me Adame Bâ Konaré, Première Dame du Mali (Mars 2000)</strong>
« Les femmes sont encore confrontées à des problèmes de droit. Moi-même, je suis particulièrement sensible à cela. Je sais que les décisions de justice malheureusement ne sont pas toujours rendues à la satisfaction des femmes. J’enrage souvent de voir que les femmes sont les souffre-douleus dans les foyers par rapport aux lois.

<strong></strong>

&nbsp;

<strong>Me Mountaga Tall, Président du CNID (2000)</strong>
« L’opposition est un exercice périlleux dans la mesure où on y joue sa liberté, sa carrière, sa fortune et parfois, sa vie ».

<strong></strong>

&nbsp;

<strong>Professeur Yoro Diakité, Président du BARA 2003</strong>
« L’élection du Président du Parlement le 16 Septembre 2002 a fini de révéler toute la pourriture de la classe politique et sa capitulation devant l’envie gloutonne de partager le gâteau national. Car, des gens qui hier encore se détestaient royalement comme des pots pourris, ont fini par s’entendre sur le dos du peuple ».

<strong></strong>

&nbsp;

<strong>Boya Dembélé, Président du Tribunal de Première Instance de Koutiala, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2003-2004 :</strong>
« Il est déplorable de constater que certains avocats, au mépris de la loi et de leur déontologie, s’adonnent à des négoces, entretiennent des rapports avec des partis adverses sur le dos de leurs clients ou prélèvent sur les sommes encaissées, le montant de leurs honoraires et même davantage, sans le consentement formel du client et sans autorisation du bâtonnier. En outre, à Bamako, nombre de citoyens se plaignent de ce que certains avocats se prévalent de leur qualité et de la difficulté de les attraire devant le juge pour refuser de payer les loyers des locaux abritant leurs études, si bien que, actuellement, un homme de droit, que vous soyez avocat, notaire, huissier ou magistrat, vous avez du mal à trouver un local à louer ».

<strong>Rassemblés par </strong>
<strong>Boubacar Sankaré</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Chronologie de la crise politique malienne</title>
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<pubDate>Tue, 04 Jun 2013 09:20:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le 26 Mars</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[- 17 janvier 2012, attaque de Ménaka par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA),

- 21/22 mars coup d’Etat

- 30 mars/1<sup>er</sup> avril 2012 : chute de Gao et de Tombouctou ;

- 5 avril 2012 : prise d’otages au Consulat d’Algérie à Gao ;

- 6 avril 2012 : accord-cadre signé entre le Président du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE), le Capitaine Sanogo, et le Représentant de la médiation de la CEDEAO (Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest), le Ministre Djibril Bassolé ;

- 6 avril 2012 : proclamation de l’indépendance de l’Azawad par le MNLA ;

- 12 avril 2012 : investiture du Président par intérim Dioncounda Traoré ;

- 17 avril 2012 : nomination de Cheick Modibo Diarra comme Premier ministre doté de "pleins pouvoirs", conformément à l’accord-cadre ;

- 25 avril 2012 : formation du premier gouvernement de transition ;

- 30 avril/1<sup>er</sup> mai 2012 : affrontements meurtriers entre bérets rouges (garde présidentielle) et bérets verts ;

- 21 mai 2012 : manifestation dégénérant en occupation du palais présidentiel et en agression grave contre le Président par intérim ;

- 23 mai 2012 : évacuation sanitaire sur Paris du Président Traoré ;

- 5 juillet 2012 : adoption de la résolution 2056 par le CSNU ;

- 27 juillet 2012 : retour du Président, suivi le 29, d’un discours à la Nation proposant une "nouvelle architecture de la Transition" ;

- 24 août 2012 : formation d’un Gouvernement d’union nationale (Cheick Modibo Diarra, Premier ministre) ;

- 26 septembre 2012 : poussée de fièvre au sein de la police, discours du Président François Hollande, lors de "l’événement de haut niveau sur le Sahel", à New York ;

- 12 octobre 2012 : adoption de la résolution 2071 par le CSNU ;

- 16 novembre 2012 : nouvelle poussée de fièvre dans la police ;

- 20 novembre : enlèvement de Gilberto Rodrigues Leal, ressortissant français, à Diéma par le MUJAO, portant à sept le nombre des otages français dans le Sahel ;

- 10 décembre 2012 : « démission » forcée du Premier ministre Cheick Modibo Diarra ;

- 12 décembre 2012 : nomination de Djago Cissoko, Médiateur de la République, au poste de Premier ministre ;

- 17 décembre 2012 : formation d’un nouveau gouvernement

- 20 décembre 2012 : adoption de la résolution 2085 par le CSNU ;

- 10 janvier 2013 : prise de Konna par les groupes terroristes (reprise le 18 janvier) sur fond de troubles dans la capitale depuis le début de la semaine ;

- 11 janvier 2013 : instauration de l’état d’urgence et début de l’opération Serval ;

- 25 janvier 2013 : adoption de la feuille de route du gouvernement en Conseil des ministres (entérinée par un vote des députés le 29) ;

- 27 janvier 2013 : libération de Gao ;

- 28 janvier 2013 : libération de Tombouctou ;

- 30 janvier 2013 : libération de 29 bérets rouges sur 53 ;

- 2 février 2013 : visite à Tombouctou et Bamako du Président François Hollande ;
<p align="left">- 8 février 2013 : incidents entre bérets rouges et forces de sécurité maliennes au camp para de Djicoroni ;</p>
- 13 février 2013 : investiture officielle du Capitaine Sanogo, comme Président du Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité (CMSRDS), nommé six mois plus tôt par décret présidentiel ;

- 6 mars 2013 : adoption du décret portant création de la Commission de dialogue et de réconciliation, et arrestation, le même jour, par la Sécurité d’Etat du Directeur de publication du quotidien "Le Républicain" qui a mis en cause les putschistes, (transféré huit jours plus tard dans des locaux de la police) ;

- 11 mars 2013 : réouverture du lycée Liberté, fermé depuis le 14 janvier 2013 ;

- 12 mars 2013 : lancement de l’opération "presse morte" (jusqu’au 18 au matin) ;

&nbsp;
<p align="left">- avril 2013 (prévisionnel) : adoption d’une nouvelle résolution par le Conseil de sécurité des Nations unies, relatif au déploiement d’une opération de maintien de la paix, la MINUSMA.</p>
<p align="left"></p>
<p align="left">-le 15 mai 2013 : réunis à Bruxelles à la conférence des donateurs sur le Mali, les bailleurs ont mobilisé environ 3,25 milliards d’euros pour aider le Mali à relancer son Economie et ses Institutions après la guerre.</p>
<p align="left"></p>
-le vendredi 17 mai 2013 : Le président Dioncounda Traoré est réussi à l’Elysée par le président Hollande.  A l’issue de entretien avec son homologue français, le président de la République par intérim a déclaré : « je suis sûr qu’au moment où je vous parle, le MNLA est prêt à s’engager dans un dialogue sincère et profond avec le reste du Mali ». Tout en insistant sur le fait « de ne pas s’accrocher sur des termes comme l’autonomie », il a affirmé que « Le MNLA est constitué de Maliens, de compatriotes à nous auxquels nous avons réservé un traitement différent de celui réservé aux jihadistes, et avec lesquels nous allons dialoguer, discuté ».]]> </content:encoded>
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